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lundi, 05 septembre 2011

LIBYE: LE BILAN DE LA «DICTATURE» DU COLONEL KADHAFI!

MOUAMMAR KADHAFI 7.jpg

Les observateurs occidentaux qualifient le «guide» libyen de «dictateur», information relayée par tous les médias occidentaux dit de «très sérieux». Pour l'équipe de Nicolas Sarkozy, «nous avons faillit en Tunisie, pour avoir cru, naïvement, aux merveilles de l'économie tunisienne, avoir plébiscité l'économie tunisienne comme modèle de référence en Afrique, cette fois-ci pour le cas de la Libye la diplomatie ne fera plus d'erreur, et elle soutiendra les démocrates libyens (Royalistes, tribus, Al-Qaïda, islamistes)». L'ambition affichée, est d'installer «la démocratie [1]» et la «liberté d'expression [2]» pour des lendemains meilleurs en Libye. Qu'en est-il réellement de la vie des libyens ?


01 - L'électricité à usage domestique est gratuite (Les entreprises payent l'électricité sauf la population) !

02 - L'eau à usage domestique est gratuite.

03 - Le prix d'un litre du carburant est de 0,08 à 0,14 euros.

04 - Le « coût de la vie » en Libye est beaucoup moins élevé que celui qui prévaut en France. Par exemple, le prix d'une demi baguette de pain en France est d'environ 0,40 Euros , tandis qu'en Libye il est de 0,11 Euros.

05 - Les banques libyennes accordent des « prêts » sans «intérêts».

06 - Les citoyens n'ont pas d'« impôts » à payer, et la « TVA » n'existe pas (Voir également le point 20).

07 - Chaque membre d'une famille reçoit une subvention de 1 000 dollars par an.

08 - Les chômeurs sont payés 730 euros par mois (Voir également le point 27).

09 - Le salaire d'une infirmière d'hôpital est de 1 000 dollars.

10 - Chaque nouveau-né, on reçoit 7 000 dollars.

11 - L'éducation nationale est gratuite.

12 - La médecine est gratuite.

13 - Les pharmacies offrent des fournitures gratuites.

14 - Pour chaque étudiant voulant faire ses études à l'étranger, le «gouvernement» attribue une bourse de 1.627,11 Euros par mois.

15 - Tout étudiant diplômé reçoit le salaire moyen de la profession du cursus choisi s'il ne trouve pas d'emploi.

16 - Les nouveaux mariés reçoivent 64 000 dollars pour acheter un appartement (Lorsqu'un couple se marie, l'état paie le premier appartement ou maison (150 mètres carrés).

17 - Pour créer une affaire privée, on bénéficie d'une aide financière de 20 000 dollars.

18 - Les « taxes » et « impôts » lourds sont interdits (Voir également le point 20).

19 - Si quelqu'un veut acheter une voiture, jusqu'à 50% du prix est réglé par l'État, 65% pour les miliciens de la garde.

20 - Le prix pour l'achat d'une voiture (Chevrolet, Toyota, Nissan, Mitsubishi, Peugeot, Renault...) est au prix d'usine (voitures importées du Japon, Corée du sud, Chine, États-Unis...). (Voir également le point 18).

21 - Une « jeep KIA » sud-coréenne neuve pour 7500 dollars.

22 - Le système a été appelé « la huitième merveille du monde ». Il fournit cinq millions de mètres-cube par jour à travers le désert et a considérablement augmenté le territoire irrigué. 4000 Km de pipelines sont profondément enterrés pour les protéger de la chaleur.

23 - Les Libyens bénéficiaient d'un « crédit » de 20 ans sans «intérêts» pour construire leurs maisons (Voir également le point 06).

24 - Le « PIB » parité nominale est de 96,100 milliards de dollar.

25 - Le « PIB » par habitant est de 14 192 dollars.

26 - La croissance du « PIB » est de 8,5%.

27 - L'inflation « IPC » est de 6,3%.

28 - Le « taux de chômage » 30% de la population active (Voir également le point 08).

29 - Population sous le « seuil de pauvreté » 7,4%.

30 - Le « déficit public » est nul (déficit public = Dépenses publiques - Recettes publiques).
31
- La « dette publique » est 4,267 mille milliards de dollar US (Ensembles des engagements pris par l'état et les comités populaires).
32
- La « dette extérieure » est nulle (dette extérieure = Emprunts extérieurs - Prêts extérieurs).

33 - La Libye est le dernier pays dans la liste des pays endetté ! La « dette publique » est à 3,3% du « PIB » ! En France, elle est à 84,5% Aux US, 88,9% ! Aux Japon à 225,8% !

34 - Kadhafi est resté avec son grade de « colonel », il ne s'est jamais autoproclamé « général » comme ailleurs.


NOTE :

[1] En 1977 y a été proclamée la « Jamahiriya » qui est une forme élevée de « démocratie » où les institutions traditionnelles du gouvernement sont abolies, et où le pouvoir appartient directement au peuple à travers ses « comités » et « congrès ». L'« état » est divisé en de nombreuses communautés qui sont des « mini-états autonomes » dans un État ayant autorité sur leur district, y compris l'allocation des fonds budgétaires.

[2] Les libyens peuvent s'exprimer au niveau des comités populaires pour faire des propositions ou débattre sur l'avenir et la gestion de leur « mini-états autonomes ». Cependant la « police politique » veille contre La critique, l'opposition, les manifestations et assure la sécurité.


Source: NERRATI.NET

00:56 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : monde, afrique, libye, le bilan de la dictature du colonel kadhafi | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 03 septembre 2011

LIBYE - PETROLE: L'ACCORD SECRET ENTRE LE CNT ET LA FRANCE DEVOILE


ACCORD SECRET CNT-FRANCE.PNG

La morale politique n'a rien à faire avec les affaires. C'est, en substance, ce que répète le gouvernement français depuis le 19 mars, jour du lancement de l'opération militaire contre les troupes du colonel Kadhafi. Paris n'a qu'un seul objectif : «Venir en aide à un peuple en danger de mort [...] au nom de la conscience universelle qui ne peut tolérer de tels crimes, déclare Nicolas Sarkozy lors d'un discours à l'Elysée, le 19 mars. Nous le faisons pour protéger la population civile de la folie meurtrière d'un régime qui, en assassinant son propre peuple, a perdu toute légitimité.» n'empêche, les entreprises pétrolières françaises pourraient largement profiter de cette campagne militaire. C'est en tout cas ce qui est écrit noir sur blanc dans un document que « Libération » s'est procuré.

 

Texte signé par le conseil national de transition (Cnt), autorité de transition créée par les rebelles libyens. Certes, il était de notoriété publique que les pays les plus engagés auprès des insurgés seraient les mieux considérés par le Cnt le jour venu, notamment en nombre de contrats pétroliers sonnants et trébuchants. Mais ce document montre clairement que des engagements chiffrés ont été donnés il y a déjà plusieurs mois.

«Soutien total»

Nous sommes le 3 avril. Dix-sept jours se sont écoulés depuis l'adoption de la résolution 1973 au conseil de sécurité de l'Onu, où la France a joué un rôle déterminant pour venir en aide aux insurgés. ce 3 avril, le Cnt signe donc une lettre (reproduite ci-dessus) dans laquelle il est précisé : «[...]S'agissant de l'accord sur le pétrole passé avec la France en échange de la reconnaissance de notre Conseil, lors du sommet de Londres, comme représentant légitime de la Libye, nous avons délégué le frère Mahmoud [Shammam, ministre en charge des médias au Cnt, ndlr] pour signer cet accord attribuant 35% du total du pétrole brut aux Français en échange du soutien total et permanent à notre Conseil.» A qui s'adresse cette missive ? Au cabinet de l'émir du Qatar. Et pour cause, ce pays sert depuis le début du soulèvement d'intermédiaire entre la France et le Cnt. Avec copie au secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa.

«Rétribution»

Cette lettre aurait-elle de quoi accréditer la thèse des islamistes, qui n'ont eu de cesse de répéter que cette guerre n'avait d'autre but que de faire main basse sur les ressources pétrolières du pays, dont les réserves frôlent les 44 milliards de barils, les premières du continent africain ? «Absolument pas, s'emporte Mathieu Guidère, professeur des universités et spécialiste du monde arabe. C'est ignorer la culture libyenne. Ce peuple n'est pas pauvre, il ne tend pas la main, car il a conscience de sa richesse. Pour les membres du Cnt, cet accord n'est que la juste rétribution, au sens culturel du terme, du soutien offert par la France et confirmé par le large vote des parlementaires français.» contacté, le Quai d'Orsay a expliqué qu'il n'avait «pas connaissance d'un tel document». Une chose semble évidente: l'application de cet accord dépendra du nouveau bureau du Cnt, élu le 8 août dernier.


In Liberation.fr

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE


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LE CNT ET LA FRANCE NIENT LE CONTRAT QU'ILS ONT GOUPILLE


RAFFINERIE DE ZAWIYA.jpg

La raffinerie de Zawiya, à l'ouest de Tripoli, en Libye.

 

Pétrole : les rebelles libyens ne feront pas de «favoritisme»


Le CNT aurait promis d'accorder 35% des nouveaux contrats pétroliers à la France, selon une lettre citée par Libération. Mais les rebelles libyens démentent, affirmant que ces contrats seront signés «sur la base du mérite».


La France pourrait tirer profit de son engagement en Libye. Alors que «la conférence des amis de la Libye», qui doit sonner la fin des opérations militaires dans le pays, a débuté ce jeudi matin à Paris, un document dévoilé par Libération indique qu'un accord secret sur le pétrole aurait été passé entre la France et les nouvelles autorités libyennes. Ce que le CNT dément.

Libération s'appuyait sur une lettre datée du 3 avril, soit 17 jours après l'adoption par l'ONU de la résolution sur une aide aux insurgés, les rebelles libyens auraient promis d'accorder 35% du pétrole brut produit par le pays aux Français «en échange d'un soutien total et permanent» au Conseil National de Transition (CNT), l'autorité créée par les rebelles libyens.

Or, les ressources pétrolières du pays sont particulièrement importantes. Les réserves pétrolières de la Libye sont estimées à 44 milliards de barils, souvent considérées comme sous-exploitées. Jusqu'au début de cette année, la Libye produisait environ 1,6 million de barils de pétrole par jour, ce qui la classait au 17e rang mondial. En 2010, la France était le deuxième acheteur de pétrole libyen, derrière l'Italie, avec plus de 15% de son or noir importé de Tripoli.

Les contrats conclus «de manière transparente»

Si l'accord en tant que tel n'était pas connu, le CNT n'a toutefois pas caché que la priorité pour la reconstruction et l'attribution des contrats pétroliers serait donnée aux pays qui ont soutenu le mouvement de révolte. Mais les futurs contrats sur l'exploitation du pétrole libyen seront accordés «sur la base du mérite et non par favoritisme politique, a affirmé jeudi le représentant en Grande-Bretagne du Conseil national de transition (CNT), Guma al-Gamaty. Les contrats seront conclus de manière transparente».

Du côté des compagnies pétrolières, on nie l'existence de cet accord révélé par Libération. En marge de l'Université d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines), le patron de Total, Christophe de Margerie a déclaré que la production des champs offshore exploités par Total en Libye pourrait redémarrer prochainement et que le groupe n'avait pas discuté des contrats pétroliers avec le pays. Le PDG du pétrolier français a également fait savoir que Total n'expédiait actuellement pas le moindre baril depuis la Syrie, alors que la répression de l'opposition par les forces du président Bachar al Assad se poursuit.

De son côté, BP, qui a dû suspendre ses projets dans le pays en début d'année, a dit vouloir reprendre ses explorations. Quant au groupe italien Eni devrait lui aussi continuer à être très présent sur le terrain. Le principal producteur étranger de pétrole en Libye sous le régime Kadhafi a déjà débloqué une aide de 350 millions d'euros pour la reconstruction libyenne. L'italien, dont les contrats de production pétrolière ont été conclus jusqu'en 2042, a en outre annoncé fin août la reprise de ses activités en Libye et le retour de ses employés.

Le CNT risque par ailleurs de se montrer méfiant à l'égard des compagnies de Russie, Chine ou Brésil, car les gouvernements de ces pays étaient opposés à la guerre contre le régime de Kadhafi.

Alain Juppé dit ne pas avoir eu connaissance de cette lettre

Un peu plus tôt dans la journée, Alain Juppé, le ministre des Affaires étrangères, a également indiqué au micro de RTL ne pas avoir «connaissance de cette lettre et ignorer l'existence d'un accord formel» avant d'ajouter ce que je sais c'est que le conseil de transition a dit très officiellement que, dans la reconstruction de la Libye, il s'adresserait de manière préférentielle à ceux qui l'ont soutenu. Ça me parait assez logique et assez juste.» Le numéro un du Conseil national de transition, Moustapha Abdeljalil a recémment indiqué que les États seraient récompensés «en fonction du soutien» apporté aux insurgés.

Dans la bataille économique qui s'annonce, les deux grands gagnants devraient être la France et le Royaume-Uni. Les deux pays sont en effet à l'initiative de la résolution 1973 de l'ONU qui a permis le recours à la force contre les forces de Kadhafi.

 

Source : LE FIGARO.FR

mercredi, 31 août 2011

COMMENT AL-QAEDA EST ARRIVE A REGNER SUR TRIPOLI (ASIA TIMES)


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Abdelhakim Belhaj, émir du GICL/AQMI


Par Pepe ESCOBAR

Son nom est Abdelhakim Belhaj. Certains au Moyen-orient ont peut-être entendu parler de lui mais en occident et ailleurs son nom est pratiquement inconnu.

Alors voici une séance de rattrapage. Parce que l'histoire de comment un agent d'Al-Qaeda a pu se retrouver haut-commandant militaire à Tripoli va - une fois de plus - briser l'immense champ de miroirs qu'est « la guerre contre le terrorisme » et compromettre sérieusement la propagande patiemment concoctée par l'OTAN sur son « intervention humanitaire » en Libye.

La forteresse de Kadhafi, Bab-al-Aziziyah, fut envahie et conquise la semaine dernière principalement par les hommes de Belhaj - qui ont été le fer de lance de la milice des Berbères dans les montagnes du sud-ouest de Tripoli. La milice est connue sous le nom de Brigade Tripoli et elle a été secrètement entraînée pendant deux mois par les Forces Spéciales US. Elle s'est révélée la milice la plus efficace au cours de ces six mois de guerre civile/tribale.

Mardi dernier, Belhaj jubilait déjà sur la victoire et racontait comment les forces de Kadhafi s'enfuyaient « comme des rats » (notez que Kadhafi emploie la même métaphore pour désigner les rebelles).

Abdelhakim Belhaj, alias Abu Abdallah al-Sadek, est un djihadiste libyen. Né en mai 1966, il a fait ses premières armes avec les moudjahidin lors du djihad anti-soviétique en Afghanistan dans les années 80.

Il est le fondateur du Groupe islamique combattant en Libye et de facto son émir - avec Khaled Chrif et Sami Saadi comme adjoints. Après la prise de pouvoir par les Taliban à Kaboul en 1996, le GICL a maintenu deux camps d'entraînement en Afghanistan ; un de ces camps, à 30 km au nord de Kaboul et dirigé par Abu Yahya, est strictement réservé aux djihadistes proches ou appartenant à Al-Qaeda.

Après le 11/9, Belhaj s'est installé au Pakistan et aussi en Irak, où il s'est lié d'amitié avec ni plus ni moins que l'ultra radical AbuMusab al-Zarqawi - tout ceci avant qu'Al-Qaeda en Irak ne prête allégeance à Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri et ne renforce radicalement ses actions.

En Irak, les Libyens constituaient le contingent étranger de djihadistes sunnites le plus nombreux, devancés uniquement par les Saoudiens. De plus, les djihadistes libyens ont toujours été des « super stars » dans les hauts échelons de l'Al-Qaeda « historique » - d'Abu Faraj al-Libi (commandant militaire jusqu'à son arrestation en 2005. A présent il fait partie des 16 prisonniers « importants » de la base militaire US à Guantanamo) à Abu al-Laith al-Libi (un autre commandant militaire, tué au Pakistan au début de 2008).

Le GICL a été sous la surveillance de la CIA depuis le 11/9. En 2003, Belahj a été finalement arrêté en Malaisie puis transféré, dans le plus pur style « rendition » dans une prison secrète à Bangkok où il était torturé quotidiennement.

En 2004, les Américains ont décidé d'en faire cadeau aux services secrets Libyens - jusqu'à sa libération par le régime de Kadhafi en mars 2010, en compagnie de 211 autres « terroristes », une opération publicitaire annoncée en grande fanfare.

Le chef d'orchestre était Saif Islam al-Kadhafi en personne - la figure moderne et éduquée au London School of Economics du régime. Les dirigeants du GICL - Belhaj et ses adjoints Chrif et Saadi - publièrent un confession de 417 pages intitulée « études correctives » où ils déclaraient que le djihad contre Kadhafi était terminé (et illégal), avant d'être finalement libérés.

Un compte-rendu fascinant de tout le processus est disponible dans un rapport intitulé "Combating Terrorism in Libya through Dialogue and Reintegration" (Combattre le terrorisme en Libye par le dialogue et la réinsertion) . [1] Notez que les auteurs, des « experts » en terrorisme basés à Singapour et qui furent accueillis et choyés par le régime, expriment leurs « chauds remerciements à Saif al-Islam Kadhafi et la Fondation Internationale Kadhafi pour la Charité et le Développement pour avoir rendu la visite possible ».

Puis en 2007, Zawahiri, le numéro 2 d'Al-Qaeda à l'époque, annonça officiellement la fusion entre la GICL et Al-Qaeda du Maghreb Islamique (AQMI). Depuis, GICL et AQMI sont la même organisation et Balhaj était et est le chef (émir).

Venons-en à février 2011, Belahj, en homme libre, décide de retourner à ses activités djihadistes et d'engager ses hommes dans le soulèvement planifié de la Cyrénaïque.

Tous les services de renseignement des Etats-Unis, de l'Europe et du Monde arabe savent qui il est. Il a déjà fait savoir que lui et ses hommes ne se contenteront de rien de moins que l'application de la charia en Libye.

On aura beau chercher partout et se raconter des histories, il n'y a rien de « démocratique » chez lui. Mais l'OTAN n'a pas voulu s'en séparer sous prétexte qu'il n'aimait pas beaucoup les « infidèles ».

L'assassinat fin juillet du commandant militaire rebelle, le général Abdel Fattah Younis, par les rebelles eux-mêmes semble être l'œuvre de Balhaj ou de gens très proches de lui.

Il est important de savoir que Younis - avant de se retourner contre le régime - avait dirigé les forces spéciales libyennes qui combattaient férocement le GICL dans la Cyrénaïque entre 1990 et 1995.

Le Conseil National de Transition (CNT), selon un de ses membres, Ali Tarhouni, raconte que Younis aurait été tué par une organisation obscure appelée Obaida ibn Jarrah (du nom d'un des compagnons du Prophète). Apparemment, le groupe a disparu sans laisser de traces.

Ce n'est pas un hasard si tous les hauts commandants militaires des rebelles sont du GICL/AQMI, de Balhaj à Tripoli à un certain Ismael as-Salabi à Benghazi en passant par Abdelhakim al-Assadi à Derna, sans oublier un membre important, Ali Salabi, qui siège au cœur du CNT. C'est Salabi qui a négocié avec Saif al-Islam Kadhafi la « fin » du djihad du GICL/AQMI, leur garantissant ainsi un nouvel avenir radieux sous l'étiquette de « combattants de la liberté ».

Pas besoin d'une boule de cristal pour imaginer les conséquences lorsque le GICL/AQMI - qui a remporté le pouvoir militaire et fait partie des « vainqueurs » - se montrera très peu disposé à céder son pouvoir juste pour satisfaire aux caprices de l'OTAN.

Pendant ce temps, dans les brouillards de la guerre, il n'est pas clair si Kadhafi veut entrainer la Brigade Tripoli dans une guerre urbaine ou forcer le gros des troupes rebelles à pénétrer l'immense zone de la tribu Warfallah.

L'épouse de Kadhafi fait partie de la tribu Warfallah, la plus grande tribu de la Libye d'une population de 1 million d'habitants et composé de 54 sous-tribus. On raconte dans les couloirs de Bruxelles que l'OTAN s'attend à ce que Kadhafi livre combat pendant des mois, sinon des années, ce qui explique la prime offerte, dans le plus pur style du Texas de George W. Bush, et le retour résigné de l'OTAN à son plan initial qui a toujours été celui d'éliminer Kadhafi.

La Libye fait peut-être face au spectre d'une guérilla à deux têtes ; les forces de Kadhafi contre le faible gouvernement central du CNT et les troupes de l'OTAN au sol ; et la nébuleuse GICL/AQMI dans un djihad contre l'OTAN (s'ils sont écartés du pouvoir).

Kadhafi est peut-être une relique dictatoriale du passé, mais on ne monopolise pas le pouvoir pendant 40 ans pour rien et sans que ses services de renseignement n'apprennent deux ou trois choses.

Depuis le début, Kadhafi a dit que l'opération était appuyée de l'étranger et par Al-Qaeda ; il avait raison (même s'il a oublié de dire que cette guerre était par dessus tout celle du président français néo-Napoléonien Nicolas Sarkozy, mais c'est une autre histoire).

Il a aussi dit que l'opération était un prélude à une occupation étrangère dont l'objectif était de privatiser et prendre le contrôle des ressources naturelles de la Libye. Il se pourrait qu'il ait - une fois de plus - raison.

Les « experts » de Singapour qui ont salué la décision du régime de Kadhafi de libérer les djihadistes de GICL/AQMI ont qualifié cette décision de « stratégie nécessaire pour réduire les menaces à l'encontre de la Libye ».

Désormais, le GICL/AQMI peut agir en tant que « force politique locale ».

Dix ans après le 11/9, il n'est pas difficile d'imaginer un certain crâne jeté au fond de l'océan sourire de toutes ses dents.

 

Pepe Escobar


Source: ASIA TIMES

LIBYE - TEMOIGNAGE D'UN ANCIEN LIEUTENANT-COLONEL RUSSE PRESENT SUR PLACE: L'OTAN COMMET UN MASSACRE A SYRTE ET RASE LA VILLE




BOMBARDEMENT OTAN SYRTE.jpg

Pour la troisième journée consécutive, des avions de l'OTAN lancent des missiles et bombardent massivement la ville de Syrte, ville natale de Mouammar Kadhafi, ne permettant pas à quiconque de s'échapper. Le périmètre de la ville est entouré de points de contrôle « rebelles », derrière lesquels se trouvent des unités des forces spéciales de la Grande Bretagne, de la France, du Qatar et des Émirats arabes unis.


La sortie de la ville est complètement bloquée. Ni les femmes, ni les enfants ne sont autorisés à la quitter. Les hommes qui tentent de quitter la ville avec leurs familles, sont capturés puis fusillés. Leurs familles sont renvoyées dans la ville sous les bombardements. « Il n'y a pratiquement aucun moyen d'enterrer les cadavres », a déclaré dans une lettre qui a été reçu à Argumenty.ru, ce matin. L'auteur est un ancien officier de l'armée soviétique et des services spéciaux russes, qui est maintenant à Syrte.

Ilya Korenev, cet ancien officier de l'URSS et des forces spéciales russes, est un ancien lieutenant-colonel, que la rédaction d'Argumenti.ru a précédemment qualifié de « source », et qui assume être proche du colonel Kadhafi, a décidé de mentionner son nom dans la lettre.

« Dans la ville, jusqu'à présent, pas de troupes (ndlr : pas « d'armée » loyaliste, stricto sensu) : les rebelles ou les forces spéciales n'ont pas osé entrer. Dans la nuit, il y avait beaucoup de petites provocations afin d'essayer d'établir la présence et l'emplacement de troupes gouvernementales. Plusieurs petites escouades de rebelles ont tenté une action pour sonder dans la nuit et les reconnaître, mais ils ont été détruits. En même temps, un avion de reconnaissance télécommandé d'espionnage sans pilote, « drone », qui était en l'air, répertoriait les défenses de la ville. Une heure après, les attaques aériennes ont commencé sur les cibles ainsi repérées. Cependant, les défenseurs de la ville avaient déjà quitté leurs positions pour d'autres endroits », écrit le lieutenant-colonel.

Selon lui, « la situation ressemble au terrible hiver de 1995 à Grozny, Tchétchénie, où tout ce qui bougeait était bombardé, sans aucun bon système de guidage ou sans coordonnées précises. La seule différence était que la Russie et l'armée de l'air n'avaient pas beaucoup de combustible, donc les vols n'étaient pas aussi intenses que ceux d'aujourd'hui. Pour le moment, les forces aériennes de l'OTAN sont en opération quasiment 24 heures sur 24. ».


Source : COMITE VALMY

mardi, 30 août 2011

L'ALGERIE ACCUEILLE UNE PARTIE DE LA FAMILLE DE MOUAMMAR KADHAFI


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C'est officiel, l'Algérie accueille une partie de la famille du guide libyen déchu. Par ailleurs, depuis l'entrée des Kadhafi en Algérie, c'est l'alerte aux frontières.


"L'épouse de Mouammar El Gueddafi, Safia, sa fille Aïcha, ses fils Hannibal et Mohamed, accompagnés de leurs enfants sont entrés en Algérie à 08 h 45 par la frontière algéro-libyenne", a déclaré le ministère dans un communiqué diffusé par l'agence APS, sans fournir d'indication sur l'ancien homme fort libyen. "Cette information a été portée à la connaissance du secrétaire général des Nations unies, du président du Conseil de sécurité et de M. Mahmoud Djibril, président du Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen", a ajouté le ministère.

Par ailleurs, Mouammar Kadhafi, lui, se trouverait à 100 km au sud-est de Tripoli, à Bani Walid avec ses fils Saadi et Saïf al-islam, affirme l'agence de presse italienne Ansa, qui cite des "sources diplomatiques libyennes autorisées".

Le CNT entend demander le retour des Kadhafi

Les rebelles libyens "vont demander à Alger de ramener" les membres de la famille Kadhafi, a déclaré, lundi, un membre de l'exécutif du Conseil national de transition. "Nous allons demander à l'Algérie de les ramener" en Libye, a indiqué Mohammed al-Allagy après l'annonce faite à Alger de l'arrivée sur le territoire algérien de l'épouse du colonel Mouammar Kadhafi et trois de ses enfants.

Alger avait démenti samedi l'iinformation relative à l'entrée en Algérie d'un convoi de cinq Mercedès blindées en provenance de Libye, rapportées par l'agence égyptienne Mena. Mais cette fois c'est l'agence officielle qui rend publique l'information. Reste à savoir comment va réagir la Libye et par delà l'Onu à cette offre d'asile, surtout concernant Mohammed et Hannibal, recherchés comme leurs autres frères.

L'Algérie, partage près de mille kilomètre de frontières avec la Libye. Ce week-end, Alger avait entamé des contacts avec les rebelles mais n'a pas reconnu le Conseil national de transition libyen (CNT), organe politique de la rébellion, et n'a jamais demandé officiellement le départ de Mouammar Kadhafi. En revanche, en respect de la résolution onusienne, Alger a néanmoins gelé les avoirs de la famille Kadhafi et de ses proches.

Alerte aux frontières algéro-libyennes

C'est l'alerte générale aux frontières Algéro-Libyenne, selon El Watan. L'Algérie a décidé unilatéralement de fermer ses frontières avec la Libye, apprend-on de sources sures. Un communiqué devait être adressé avant la soirée aux différentes administrations intervenant sur les frontières telles que l'Armée nationale populaire (ANP), la gendarmerie garde-frontières (GGF), la police des frontières et les douanes algériennes pour mettre en exécution cette décision. Cette fermeture intervient après l'annonce par le ministère des Affaires étrangères, de l'entrée en Algérie de plusieurs membres de la famille de Kadhafi. Selon des sources diplomatiques à Alger, qui confirme l'information, la fermeture ne concerne que la partie à l'extreme sud de la frontière.


Source: LE MATIN DZ

lundi, 29 août 2011

CE N’EST PAS «UNE AFFAIRE DE KADHAFI»

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Ainsi donc, nous devrions nous réjouir ! Pour ne pas être excommuniés du «cercle de la raison», nous devrions applaudir l'expédition de l'OTAN en Libye, glorifier la «benladinisation» de Muammar Kadhafi depuis la prise de Tripoli par les forces supplétives de la «communauté internationale» pro-occidentale, saluer ce prétendu dénouement qui relancera la dynamique des révolutions arabes, jouer les autruches face au chaos qui s'annonce... Mais voilà ! Nous préférons être minoritaires plutôt que de bêler avec le troupeau face à une des plus grosses mystifications de l'histoire contemporaine.

Ce qui se passe en Libye est inquiétant. Il ne s'agit pas d'une «guerre pour la démocratie». Qui a consulté le peuple libyen pour savoir s'il était prêt à accepter de voir son pays et ses acquis détruits pour pouvoir jouir d'hypothétiques libertés demain ? Il ne s'agit pas du dernier épisode du «printemps arabe», que les chaînes de télévision Al-Jazira, CNN et France 24, pour une fois d'accord, nous «vendent» comme elles le feraient pour la dernière telenovela à la mode. Comparer la révolte de la rue tunisienne aux manipulations de Benghazi reviendrait à mettre côte à côte Martin Luther King - apôtre du progressisme non-violent - et tous les théoriciens du chaos libérateur dont le siècle dernier a été fécond.

Ce qui se déroule en Libye n'est rien d'autre qu'une guerre illégale de l'Occident. Et la situation historique qui s'en rapproche le plus est la campagne d'Irak. L'évolution d'un certain nombre de gouvernements et d'opinions publiques est monstrueusement fascinante. Qui se souvient de Dominique de Villepin acclamé dans son pays et dans le monde arabe parce qu'il défendait, contre George W. Bush et le nouvel impérialisme américain, les principes de la légalité internationale ? Qui peut prétendre - sans rire ou emprunter le regard vitreux des porte-paroles officiels payés pour mentir en dépit des évidences - que c'est au nom de la résolution 1973 des Nations unies censée protéger les civils et créer une zone d'exclusion aérienne que les soldats des services spéciaux américains, français et britanniques combattent désormais au sol aux côtés des «insurgés» ? La ruse de l'OTAN, qui a enrobé son forfait dans un beau paquet cadeau onusien, rajoute au gangstérisme international une détestable malhonnêteté intellectuelle.

Les propagandistes «otaniens» pourront toujours dire qu'ils ont violé la Charte des Nations unies pour «sauver des vies», selon leur rhétorique habituelle. Seulement, l'expérience irakienne nous montre que le type de chaos qui vient est gourmand en sang humain... Il faut de toute urgence revenir aux fondamentaux et se demander quel monde nous prépare-t-on quand le droit international cesse d'être un référent admis par toutes les nations. Pour l'instant, l'OTAN ne fait face à aucune coalition résolue à mettre en échec ses visées. Mais demain ? La rage contenue des Chinois et - surtout ! - des Russes a de quoi inquiéter pour l'avenir.

Pour parler à l'ivoirienne, on dira que «ce n'est pas une affaire de Kadhafi». Il s'agit ici du destin de la Libye et de l'Afrique, malmenées au gré des caprices de véritables apprentis-sorciers. Depuis le 11 septembre 2011, les Etats-Unis ont remué la planète entière au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste. Maintenant que le CNT est quasiment sûr de l'emporter, tout ce que le monde compte de spécialistes de la Libye nous explique que les combattants qui sont en première ligne aux côtés de l'OTAN sont des... islamistes ! Devons-nous nous attendre à une «réplique» quelques mois après le «séisme», et à des règlements de compte meurtriers entre anciens alliés ? L'irresponsabilité des Occidentaux et leur volonté de faire des «coups» à très court terme au mépris de leurs conséquences nous confortent dans notre conviction : l'Afrique doit écrire elle-même sa propre histoire, et non se contenter d'être un jouet à la disposition des puissants.

En Côte d'Ivoire, le pouvoir Ouattara, installé par la «communauté internationale» au prix de milliers de morts, se réjouit du trépas de Kadhafi parce qu'il constitue un message subliminal à destination d'une potentielle opposition musclée. «Voyez comme nos protecteurs sont forts, comme ils sont fous, comme ils sont déterminés et tremblez» : tel est, en substance, ce que nos nouveaux maîtres voudraient laisser entendre. Le plus grotesque dans les articles de leur presse est qu'ils se plaisent à tancer le «dictateur» Kadhafi, assimilé sans nuances à Laurent Gbagbo et à Charles Taylor. Ils le font en trichant une fois de plus avec l'histoire récente de la Côte d'Ivoire. En effet, si Alassane Ouattara est aujourd'hui au pouvoir, c'est en partie grâce à Charles Taylor, qui a créé de toutes pièces le MPIGO et le MJP, avec la participation de Blaise Compaoré - selon la très sérieuse ONG britannique Global Witness. En septembre 2002, la presse française ne glosait-elle pas sur le soutien supposé du Guide libyen à la toute nouvelle rébellion ivoirienne ? L'on se souvient également de la jubilation avec laquelle Le Patriote, quotidien fondé par Hamed Bakayoko, prêtait ces propos à Kadhafi, au cours de la crise postélectorale : «Allez-y bombarder son Palais, lui et ses soldats, tuez-le s'il le faut. Mais ne laissez plus Gbagbo au pouvoir. Y en a marre. Je ferai face à la facture de la reconstruction».

Les alliances politiques se font et se défont au gré des intérêts des acteurs, c'est une évidence. Aujourd'hui, un certain camp en Côte d'Ivoire se réjouit d'être sous le parapluie occidental. Il ne faudrait pas que ses animateurs, dont certains sont assez jeunes pour voir l'Histoire se retourner, considèrent ce soutien comme une donnée permanente. Au-delà des calculs à courte vue, il est plus qu'urgent que le continent, militairement indigent et extrêmement riche de ses matières premières, plaide d'une seule voix pour le respect du droit international, notamment des chartes de l'ONU et de l'Union africaine. Et pour cause : si une deuxième guerre froide ou une troisième guerre mondiale commence, ce qui est aujourd'hui plus que probable, ses enfants seront les premiers à en mourir. Par dizaines de milliers.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

RECONNAISSANCE DES REBELLES LIBYENS: OUATTARA S'INVITE A LA «SOUPE POPULAIRE»



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Comme bien d'autres pays, la Côte d'Ivoire vient de reconnaître les rebelles libyens regroupés au sein du Conseil national de transition (Cnt). Dans l'ordre normal des choses.


Le bal des vainqueurs est à son climax. Et il ne fait pas bon de se tenir à l'écart quand on sait d'où on vient et grâce à qui on est là où on est. Les grandes capitales du monde, qui ont porté à bout de bras les rebelles libyens, saluent la «chute» du Guide libyen Mouammar Kadhafi. Certains pays comme la France, rappellent à qui veut l'entendre qu'ils ont été les premiers à reconnaître les rebelles. Ce n'est pas fortuit, le partage du gâteau est pour bientôt. Le chef des rebelles a dans ce sens promis récompenser, lors de la reconstruction du pays, les Etats ayant aidé les rebelles en '' fonction du soutien''. Il n'en fallait pas plus pour déclencher la course à la reconnaissance du CNT. Ainsi du gouvernement ivoirien qui, par la voix du ministre des Affaires étrangères Daniel Kablan Duncan, «décide en conséquence de reconnaitre le CNT comme seul représentant légitime du peuple libyen pour conduire une transition politique en Libye». En clair, la Côte d'Ivoire, pays de démocratie, reconnait la prise de pouvoir de rebelles. Doit-on s'en étonner ou s'en offusquer ? Certainement pas. Pour qui connaît les méthodes et le pedigree des nouveaux hommes forts d'Abidjan, c'est dans l'ordre normal des choses. Point besoin de rappeler qui a pris les armes contre la mère patrie en 2002, ou encore qui a financé la rébellion - de l'aveu d'un des commandants de la nouvelle armée qui a récemment donné des cours de «babiè» à des dames en détresse - pour s'en convaincre.

Pour justifier cette décision qui s'apparente à du suivisme, le régime Ouattara invoque entre autres, «la justesse et la pertinence du CNT dans la défense des intérêts du peuple libyen et dans sa quête du soutien de la Communauté internationale et du gouvernement ivoirien» ; «les massacres des populations civiles, les atteintes massives aux droits de l'homme». Des maux qu'on retrouve dans la Côte d'Ivoire d'après crise post-électorale, censée écrire une page blanche. Des maux dénoncés dans les deux pays par les organisations de défense des droits de l'homme comme Human Rights Watch et Amnesty international. C'est connu, les oiseaux de même plumage volent ensemble. Les Ivoiriens ne sont pas dupes.


Gérard Koné

 

Source : Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 27 août 2011

LES MEGA-MEDIA-MENSONGES ATTEIGNENT DES RECORDS: L'OTAN DANS SA GUERRE DES MENTEURS ET DES LACHES

 


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Par Mohamed Bouhamidi

Aujourd'hui, il apparaît bien que cette guerre oppose directement l'OTAN au peuple libyen et ses organisations actuelles de résistance. La jubilation de notre presse néocoloniale qui a - redisons-le - rivalisé dans les termes de mépris à l'endroit de Kadhafi montre surtout combien elle a eu peur d'un échec de l'OTAN qui aurait signifié la ruine de ses espérances ici même dans notre pays. La peur haineuse de nos apprentis chouans à la mode Benghazi est à la mesure de l'exploit réussi par l'Etat national libyen. Il a réussi à transformer au cours de sa résistance sa nature d'Etat avec ce qu'implique un Etat en mouvement de résistance. C'est déjà très difficile à réaliser cette mutation à cause des lourdeurs de  tout Etat et à cause de la mentalité des fonctionnaires d'un Etat qui restent des fonctionnaires. Il est évident que Kadhafi a joué un rôle central dans cette mutation en accentuant le césarisme qui caractérisait son régime. Alors, mort ou pas mort, Bab El Azizia tombée ou pas tombée, la résistance de l'Etat libyen s'est transmuée en résistance du peuple libyen en ce laps de temps très court. Le nombre insignifiant de soldats et d'officiers déserteurs peut déjà donner une indication de la détermination au combat de soldats et il est impossible que des soldats gardent un haut degré de fidélité et de courage face à une telle adversité - vous avez mesuré l'ampleur de la coalition, l'ampleur des moyens utilisés et la férocité des bombardements ? - sans cette capillarité avec le peuple qui vous donne le courage de résister à tous les adversités.

Les jubilations haineuses de la presse coloniale arriveront-elles à cacher cette question de politique élémentaire : comment des supplétifs que l'OTAN a si difficilement traînés à la «victoire» de Tripoli pourront-ils faire face au peuple libyen et à des adversaires qui ont montré leur détermination, leur pugnacité, leur courage et leurs hautes convictions nationales ? Notre propre presse néocoloniale est la dernière du monde à croire à une victoire des «rebelles» alors même que depuis lundi leurs maîtres occidentaux et leurs médias s'évertuent à expliquer que la «chute de Tripoli» est une prouesse de l'OTAN avec quand même une prime spéciale de triomphalisme cocardier pour la presse française. Combien de temps les forces aériennes de l'OTAN et spécialement celles de la France vont rester dans le ciel libyen pour protéger «une rébellion» incapable de se défendre, et la preuve irréfragable de son incapacité foncière est la présence de l'OTAN. Leur propre appel à une intervention étrangère reflète leur profonde et insurmontable nature factice. On peut arguer de la supériorité militaire des forces nationales libyennes pour justifier cet appel. A-t-on jamais vu une rébellion populaire ou une révolution authentique disposer des armes de l'adversaire ou craindre pertes et souffrances ?  Faut-il rappeler notre propre cas national et la disproportion des forces entre les bombardiers de l'OTAN - vous avez oublié les bombardements par l'OTAN de nos maquis et sa sollicitude pour l'action de la démocratie française ? - et nos fusils rudimentaires récupérés, justement, pour la plupart en Libye ? Vous n'avez quand même pas oublié les cas les plus récents - les plus immédiats devrait-on dire - de    l'Egypte et de la Tunisie ? Inutile de revenir sur les mégas-médias-mensonges et les fabrications d'images qui ont stupéfait une opinion publique occidentale - et ses assimilés indigènes - qui n'attendaient que le prétexte pour accompagner sur le mode symbolique la reconquête coloniale de l'Afrique du Nord. Le développement des faits montre suffisamment - et montre, même à l'envi - que l'OTAN avait engagé une vraie guerre de reconquête coloniale en Libye et qui doit s'étendre à l'Algérie après avoir réussi à détourner à son profit l'énergie et l'exaspération populaires en Egypte et en Tunisie.

Leur grande peur d'un retour des idées qui ont construit l'Etat national algérien

Leurs jubilations ont accompagné celles des bourses qui ont retrouvé des couleurs par le sang des Libyens. Il en a toujours été ainsi et depuis toujours la bourse revit du sang des colonies ou des néo colonies ou des territoires ouverts aux délocalisations. La bourse n'attend pour ses  profits que la dissolution des frontières devant les marchés comme nos intellectuels compradores et nos compradores tout court n'attendent que la dissolution des Etats nationaux  pour s'extraire mentalement de leur indigénat et se servir au passage aux miettes de futures royalties tirées d'un pétrole enfin rendu aux étrangers. Cette jubilation haineuse cache mal une attente fébrile. On lit presqu'en clair : «Maintenant que Sarkozy en a fini avec le dictateur, on va voir ce qu'on va voir !» Ils rêvent déjà de monter à El Mouradia derrière les bombes de l'OTAN et après ils vont nous montrer ce qu'ils vont nous montrer. En fait, ils l'ont déjà commencé. Ils ont recueilli et publié avec ferveur et un courage retapé à neuf les propos de proconsul tenus par le nouvel ambassadeur US. Ils nous resservent en pleine crise du capitalisme les «potions miracles» de l'économie de marché  en redoublant de conseils aux décideurs et en regrettant que le pouvoir ait raté les chances infinies de gagner en misant à la bourse mais en oubliant les chances de se planter sont tout aussi infinies que les possibilités de la martingale. Nous, nous imaginons, tout juste, ce que seraient devenus nos dollars investis dans des fonds qui auraient offert une vie de casino aux candidats flambeurs. Nous essayons d'imaginer à quelle monnaie de singe vont être réduits nos bons du trésor américain. Mais nous essayons d'imaginer encore plus simplement si - au contraire de la Chine grande puissance quand même et par ailleurs - nous aurions la témérité de demander au Trésor US de nous rembourser ou de nous laisser juste l'utiliser pour acheter quoi que ce soit aux USA. Que serait devenu notre argent en cas de conflit avec une puissance étrangère alors que dans le cas de l'Iran et de la Syrie, les USA gèlent des avoirs selon leur bon plaisir. La crise économique va bien accentuer ces tendances agressives.

La guerre de Libye - les historiens l'appelleront certainement comme cela car il s'agit d'une guerre et par sa durée et par l'ampleur des moyens mobilisés par des super puissances contre un petit pays - marque un tournant dans l'histoire du monde. Dès le départ, les Anglais et les Français ont refusé toute idée de médiation et toute initiative africaine qui aurait préservé l'unité de la Libye. Ils voulaient apparemment la tête de Kadhafi ; ils voulaient en réalité mettre fin aux ambitions d'indépendance de ce dirigeant avec ses projets de monnaie or, de développement de l'Afrique, de coopération accrue avec la Chine et avec son espoir que se développe la coopération sud-sud et interafricaine. La question de savoir si les supplétifs de Benghazi peuvent tenir la Libye sans l'OTAN a dû être pesée et soupesée par les puissances coloniales. Et ces puissances ne peuvent écarter le risque d'une somalisation de la Libye ; Il ne nous reste qu'une seule conclusion possible : ils visent délibérément cette somalisation, cette situation d'instabilité générale dans laquelle l'Algérie deviendra la cible de choix car elle représente au plus haut point, à cause de son histoire, l'idée d'Etat national et l'idée d'indépendance même si du cœur du pouvoir lui-même se développent des initiatives pour nous faire dégoûter sciemment de notre indépendance, mais tout comme hier nous nous sommes battus pour l'indépendance et pas pour nos chefs, nous nous battrons demain pour notre Etat indépendant et pas pour nos dirigeants dont certains auront rejoint une Benghazi algérienne. La Libye se bat pour l'indépendance de tous les pays du tiers monde. Elle se bat même pour celle des puissances émergentes y compris la Chine la cynique qui n'est pas loin d'inventer le social impérialisme. La Russie de Medvedev qui a donné à sa diplomatie la légèreté des dandys semble se réveiller à la grande arnaque qu'elle a cautionnée et se retrouve dindon de la farce - vous avez le choix de termes plus appropriés - et s'éveille à la réalité politique et sociale qui a donné à Kadhafi la force de tenir tête à une coalition conçue pour la pulvériser elle même. Pour cette Russie, Kadhafi était un homme fini il y a six mois. Il est aujourd'hui une force réelle sur le terrain. Cela veut beaucoup dire non sur la réalité de Kadhafi mais sur les intentions des USA d'élargir immédiatement son agression vers la Syrie puis l'Iran. L'Algérie aura le Qatar pour s'en occuper en supputant tous les ennuis que peuvent nous créer des pays désormais alliés de l'Emirat aux dents longues.

Quel bonheur alors pour les Bourses : le pétrole à celui qui sait le trouver, aucune frontière sur les mouvements des marchandises et des capitaux et beaucoup de postes de police pour les migrants illégaux ! Enfin débarrassée de l'Etat national, notre bourgeoisie compradore pourra accéder aux royalties sur le pétrole et les élites mondialisées  pourront prouver qu'elles sont sorties de l'indigénat en montrant aux maîtres du monde qu'elles savent tenir le souk et faire suer le burnous. Elles nous taperont sur la tête pour nous éveiller à l'erreur du patriotisme économique  et nous expliquer le «réalisme économique».A Tripoli, la bataille n'est pas gagnée du tout pour l'OTAN. En Libye, elle est déjà perdue pour elle et pour Sarkozy. Un peuple qui a tenu sous ce déluge de feu et une armée qui n'a pas connu de désertion dans cet enfer ne se réduisent pas avec quelques bombes supplémentaires. Avec ou sans Kadhafi, l'agression de l'OTAN butera sur la résistance d'un peuple héroïque, comme tous les peuples qui se battent pour leur indépendance. Serons-nous capables de développer de telles capacités à l'heure de vérité qui s'approche avec la politique du chaos, seule politique qui reste à des USA en déclin et à ces états vassaux face à la montée des BRICS et pour se sortir de la crise.


Par Mohamed Bouhamidi


Source : LA TRIBUNE ONLINE

INVASION DES MEDIAS OCCIDENTAUX: L'AFRIQUE PEUT-ELLE RELEVER LE DEFI?


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Les africains ont trop souvent tendance à pleurnicher sur le silence des média occidentaux. Qu'espèrent-ils en le faisant ? Que ces médias aux ordres de leurs dirigeants occidentaux, changent subitement de ligne de conduite? Et qu'ils dévoilent leurs nébuleuses intentions? Qu'ils se détrompent ! Mais alors très vite. En ce 21ème siècle, où la montée en force des pays émergents confirme un changement des équilibres économiques mondiaux, l'occident est en guerre. Une guerre sans merci pour la reconquête de l'Afrique. Avec pour enjeu, la survie des puissances occidentales. Dans cette guerre où les armes les plus sophistiquées sont mises à rude contribution, les politiques occidentaux allient à merveille puissance militaire et puissance médiatique. Le tout dans une stratégie parfaitement orchestrée. Avec ce schéma, les médias occidentaux occupent une place de choix et jouent un rôle plus que capital. A lumière des récents développements de l'actualité, suivons comment ces médias sont utilisés dans la bataille pour la recolonisation de l'Afrique, mais aussi pourquoi l'Afrique doit nécessairement apporter la riposte dans cette décisive bataille.


Les occidentaux ont vite fait d'occuper le terrain médiatique en Afrique. Pendant que les africains se livraient à des guerres fratricides à n'en point finir, ces prédateurs, quant à eux, inondaient le continent africain de leurs médias. De la télévision, aux NTIC, en passant par la presse écrite, et la radio, ces médias sont de plus en plus suivis en Afrique. La quasi-totalité des foyers africains en sont pourvus. Même dans les contrées les plus reculées. Ils ont déployé leur armada de moyens de diffusion de l'information à travers le monde. Satellites, chaînes de télé câblées, radios FM dans toutes les langues, sans compter des équipes impressionnantes de journalistes-reporters, véritables professionnels sur le terrain, qui se livrent même parfois, quand la cause l'exige, au jeu d'espionnage. Ils sont en effet pratiquement, les premiers sur tous les points chauds du continent.

Attisant les rancœurs, amplifiant ou déformant les faits, selon que leurs intérêts se trouvent dans l'un ou l'autre des parties en conflit : En Côte d'Ivoire, on a fait croire que la vérité se trouvait du côte des insurgés sanguinaires, et que ces derniers sont venus à bout d'une armée professionnelle. Que des rebelles criminelles, ignorant le sens même du mot ''démocratie'', ont combattu pour une soi-disant liberté du peuple ivoirien. Que Laurent Gbagbo président élu par les ivoiriens, proclamé comme tel par le Conseil Constitutionnel selon la Constitution de la Côte d'Ivoire, était un dictateur et qu'il refusait de reconnaitre sa défaite, qu'Alassane Ouattara l'économiste aux manières policées devrait être reconnu vainqueur de l'élection présidentielle, car l'Occident, sous la complaisante appellation de ''communauté internationale'', le souhaitait. Comme on peut le constater, l'information est orientée, biaisée, traitée de façon partisane et tendancieuse selon les intérêts en jeu.

Ces médias ne sont donc pas là que pour le business. Leurs objectifs vont bien au-delà de ce qu'ils veulent faire croire. Manipulant l'information à leur guise, tantôt ils décident de la surfaire ou même de l'inventer de toute pièce. Ces médias sont même utilisés à des fins de magie blanche ! : Ils peuvent à souhait, faire mourir et ressusciter un être humain: Blé Goudé Charles, leader des jeunes patriotes en est un exemple émouvant ! Déclaré et certifié mort dès les premières heures de la crise, il réapparait, quelques semaines plus tard au grand étonnement de tous.

Le lynchage médiatique

Ces médias occidentaux entrainent dans leur sillage, d'autres médias satellites à travers les 3 plus grandes agences de presse au monde: l'AFP (l'agence France presse), Reuters (de la Grande Bretagne) et l'AP (associated press des Etats-Unis): les dépêches de ces puissantes agences internationales constituent la ''sève nourricière'' de la quasi-totalité des médias internationaux. Scoop et dépêches se succèdent à un rythme effréné. Les informations sont reprises en boucle, débattues, commentées, ressassées à n'en point finir aux téléspectateurs, auditeurs et aux lecteurs jusqu'à leur abrutissement total. Un matraquage médiatique qui s'apparente à n'en point douter, à un véritable lavage de cerveau. L'information, à force de leur être répétée, fini par devenir à leurs yeux, une vérité divine. Pour la Côte d'Ivoire, ils n'ont cessés de dépeindre Gbagbo le populiste, comme le bourreau de son peuple. Jusqu'à ce que cela soit admis comme vrai, par des spectateurs obnubilés. A ce sujet, David Gakunzi, écrivain, auteur de l'œuvre ''Côte d'Ivoire le crime parfait'', affirme: « « Gbagbo a perdu les élections » : mensonge institutionnel, idée répandue, admise à force d'être martelée. Information reprise en boucle hors de toute vérification de la matérialité des faits.

Désinformation

La désinformation est un jeu de massacre contre la vérité ; elle martyrise, elle broie, elle réduit en miettes la vérité ; elle annonce parfois la guerre. Pis : elle l'accompagne et la justifie ; elle couvre la guerre et va jusqu'à en faire l'éloge ». Et la vérité se trouve ailleurs. Ces médias-là le savent pourtant. Ils savent que Ouattara a été imposé aux ivoiriens. Et que son pouvoir ne saurait prospérer tant que les ivoiriens vivront dans cette injustice.

Le silence complice

Et quand l'objectif fixé est atteint, c'est le silence complet. Et comme en Côte d'Ivoire, après la chute de Kadhafi on entendra plus parler de la Libye, du moins avec le même acharnement actuel. Ces médias se tairont, tant que leurs intérêts ne seront pas à nouveau menacés. Ils se tairont comme ils se taisent en Côte d'Ivoire. Malgré la nature et la barbarie du pouvoir installé à Abidjan. Ces médias savent pourtant que les ivoiriens souffrent en Côte d'Ivoire, que la situation devient tout simplement insupportable. Mais pourquoi donc se taisent-ils ? Parce que lever le voile sur les agissements du pouvoir installé en Côte d'Ivoire, serait nommer les responsabilités de la France et révéler, du coup, au monde et au citoyen lambda, ce que Paris, ce que Sarkozy a fait de ce pays africain. Pour mémoire, rappelons que les chiffres officiels, ceux de l'institut national de l'audio visuel (INAV - France), nous rapportent que les médias français ont abondamment couverts la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. En 2010, un quart (1/4), des reportages français consacrés à l'Afrique, portaient sur la Côte d'Ivoire.

Faut-il encore le rappeler ? L'occident a amorcé son déclin et s'accroche à l'Afrique, continent de l'avenir, comme à une bouée de sauvetage. La préservation de son hégémonie passe nécessairement par la soumission de l'Afrique. Qui, plus qu'eux-mêmes aura comprit cela ? Ils n'ont donc pas hésité à jeter tout leur dévolu dans cette conquête. Les occidentaux ont mis des moyens colossaux et puissants dans ces médias, pour atteindre leurs objectifs. Les journalistes occidentaux tués ou kidnappés un peu partout et ceux qui risquent encore leur vie dans tous les conflits à travers le monde, illustre cet état d'esprit. Ces médias y participent bien évidemment, à leur façon: convaincre l'opinion publique mondiale, afin de justifier toutes leurs interventions. Ces puissances qui se disent si démocratiques, tiennent par le bout du nez leurs mass-médias. Ces médias, en effet, sont plus ou moins dépendants de leurs gouvernements. Car très souvent, c'est ce dernier qui détient le capital. Certains médias perçoivent aussi des subventions publiques importantes directes ou indirectes de l'État. Cela entraine donc fort logiquement que ces médias soient à leur disposition. Les médias sont une arme de guerre redoutable et qui peut être utilisée insidieusement comme outil de propagande. Ces dirigeants occidentaux n'hésitent donc pas à s'en servir à leur guise. Voilà pourquoi lors des conflits armés, le contrôle de la télévision ou de la radio d'Etat est systématiquement l'un des objectifs des insurgés.

Face à cet impressionnant déploiement de force médiatique, les africains doivent se réveiller de leur torpeur. Il leur faut vaincre leurs complexes et comprendre une fois pour toute que les médias occidentaux à la solde de leurs gouvernants, sont en réalité utilisés comme arme de guerre en vue de l'assujettissement de l'Afrique. Et que l'avenir du continent noir se joue aussi sur ce terrain. Qu'ils abandonnent cette habitude qui consiste à ''ingurgiter'' sans discernement tout ce qui leur parvient comme information à travers ces médias. Mais bien plus encore, ils doivent répondre présent au défi médiatique à eux lancé par les occidentaux et engager la bataille. Cette lutte passe d'abord et surtout par la revendication de la liberté. La liberté de la presse et des médias en général. Obtenir la libéralisation et l'indépendance du secteur des médias en Afrique. C'est aussi en partie pour cette volonté politique affichée par Laurent Gbagbo et plus loin, Mouammar Kadhafi, que ces derniers sont aujourd'hui victimes de ce qui leur arrive. Il faut ensuite oser, aller plus loin. Nos chaines de télévision publiques exagérément ''pudiques'' ont souvent péché par leur manque '' d'agressivité'', au regard des occidentaux qui n'hésitaient pas à brandir des images dégradantes de l'Afrique et des africains et à véhiculer des informations souvent non-vérifiées et orientées. Le défi leur est lancé. Ils doivent le relever. Leur absence du terrain médiatique a joué et joue encore en leur défaveur, comme c'est le cas en Côte d'Ivoire. Chaque africain, doit être déterminé. Déjà à son humble niveau, il lui faut, à l'image des asiatiques, toujours prêts à faire usage de leurs appareils multimédia, filmer, photographier, enregistrer, écrire, noter avec précision les dates, les lieux, etc. Il faut sortir un temps soi peu de l'oralité. Arrêter de colporter des rumeurs, des ''on dit'' ou des ''il parait que''. Et apporter la contradiction aux médias occidentaux. Mettre à nu leurs mensonges en présentant à l'opinion nationale et internationale, des preuves solides et irréfutables. Ne surtout pas attendre que d'autres personnes viennent le faire à leur place. Mais alors l'Afrique, malgré tous ces dirigeants, tels qu'Alassane Ouattara et consorts, parachutés et parrainés par ces mêmes occidentaux, pourra t- elle tenir réussir ce difficile pari ? Ivoiriens, Africains, la balle est dans votre camp !


Marc Micaël

Source : Le blog ANGE EVERSE

CIA-OTAN: 7 PAYS A PRENDRE EN 5 ANS, APRES LA LIBYE L'ALGERIE


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Interview Internet avec Tiziana Gamannossi à Tripoli.

 

Par Smaïn Bédrouni, samedi 27 août 2011, à 00h27 :

Cet entretien Internet a subi de nombreuses coupures de connexion, de plusieurs minutes, entre les questions et les réponses et il a duré de 00h27 à 01h32.


Smaïn Bédrouni : Bonsoir, nous sommes très inquiets ici, peux-tu nous donner des infos, s'il te plaît?

Tiziana Gamannossi : Les rebelles sont dans tripoli. Il y a encore la zone de Buslim et celle de l'hôtel Rixos qui sont en train de combattre

Smaïn Bédrouni : c'est tout ce que tu peux me dire ?

Tiziana Gamannossi : Oui, car aujourd'hui je ne suis pas sorti et le mobile phone ne marche pas. Internet a recommencé à fonctionner depuis trois jours mais il marche très mal comme tu peux le voir.

Smaïn Bédrouni : oui

Tiziana Gamannossi : Mercredi 24 j'ai fait un tour de la ville: de Tajoura au Corinthia, je suis allée voir nos amis T. et M., les journalistes de TELESUR, ils étaient tous bien, ils ont été amenés au Corinthia par la Croix Rouge. Même les journalistes minables étaient bien !

Smaïn Bédrouni : oui c'est répugnant, car pendant ce temps, c'est le peuple qui souffre.

Tiziana Gamannossi : Et pendant la route, tout était sous le control des rebelles, beaucoup de barricades faites avec des containers MSC, des palmiers coupées, des matériaux de constructions et des voitures brulées

Smaïn Bédrouni : En fait les rebelles contrôlent tripoli ? Est ce que tu peux m'en dire plus stp ? les lecteurs de stcom.net sont inquiets et attendent des nouvelles de Tripoli.

Tiziana Gamannossi : Ils ne contrôlent pas entièrement Tripoli, les combats se poursuivent. Alors la chose plus terrible est que les rebelles à Tripoli sont a 90% des boys entre 10 et 25 ans, TOUS ARMES! Est-ce que tu t'en rends compte! ? Des gamins qui ont entre 15 et 20 ans avec des Kalachnikov entre les mains. Les rebelles de Tripoli tiennent maintenant soigneusement des check points et les rebelles de Misurata et de Montagnes Nafusa étaient sur les pickups en train de roder dans tout Tripoli ! Ils semblent arabes, mais j'ai vu des européens donner les instructions aux garçons tripolitains aux check points ! Mais pendant il y a des combats, qui ont commencé samedi et sont toujours en cours, il y avait soit les rebelles armés soit les garçons tripolitains la plupart sans armes et donc, ce sont eux qui sont morts surtout !

Smaïn Bédrouni : C'est ce crime contre l'humanité que les médias essaient de cacher. Est ce que tu veux donner un message aux lecteurs de La Voix des Opprimés ?

Tiziana Gamannossi : Oui, comme tu sais bien cette guerre était prévue depuis 2001 après l'attaque des Twin Towers ; je t'envoie le document, qui prévoie la prise de 7 pays en 5 ans! La NATO est en retard, mais veut prendre 7 Pays !
Tu sais bien que cette guerre pouvait être évité avec des négociations entre Kadhafi et les rebelles, de façons qu'on aurait évité des milliers de morts, la plus part des jeunes, un pays détruit et surtout maintenant des jeunes avec des armes dans les mains !

Mon message est les suivant : Si vraiment on s'appelle des gens civilisés, essayons d'empêcher les guerres qui n'amènent que destructions et morts ! Autrement même si en 2011 nous avons les portables le plus modernes, les machines les plus modernes, cela ne pourra jamais prouver qu'on est des gens civilisé car en 2011 ENCORE, ON RESOUD LES CRISES POLITIQUES AVEC DES GUERRES !
Voilà mon message.
Merci.

Smaïn Bédrouni : Nous sommes sur la même longueur d'onde, nous pensons exactement la même chose, c'est pour cela que notre journal existe afin d'utiliser les nouvelles technologies pour l'éveil des consciences des populations à la paix, montrer l'horreur de la guerre pour la refuser et travailler pour construire la paix.

Tiziana Gamannossi : Oui, il faut faire tout pour éviter les guerres! Elles sont la honte de la civilité !

Smaïn Bédrouni : La honte de l'Humanité !

Tiziana Gamannossi : Merci!

Smaïn Bédrouni : Je met quel nom ou pseudonyme pour tes réponses ?

Tiziana Gamannossi : TIZIANA GAMANNOSSI, mon nom. J'espère qu'être contre la guerre ne soit pas un motif pour être attaqué, car alors le monde est fini !

Smaïn Bédrouni : Je suis vraiment inquiet pour vous tous, j'aimerais être avec vous qui êtes dans la difficulté. C'est moins pire que de voir tout ça à distance sans pouvoir vous assister.

Tiziana Gamannossi : Mon cher, sois tranquille, je n'ai rien fait de mal et maintenant comme je ne peux plus me battre contre la guerre, je me battrais de façon à ce que ces jeunes gens laissent les armes et aient une vie normale ! Merci mon cher.... Très bien ! Il faut tout faire pour faire cesser cette manipulation des jeunes gens par la CIA/NATO ! (NDLR: NATO = OTAN) ! Je t'envoi le document maintenant.

Smaïn Bédrouni : Oui, merci à toi !

Tiziana Gamannossi: Une chose importante: Il semble qu'en Septembre ce soit le tour de l'Algérie...... Faites attention, ne permettez pas cela !

Coupure de connexion, à 01h32.

Il est maintenant 03h06, heure de Paris, et toujours pas de connexion internet à Tripoli, nous décidons de publier l'entretien tel quel.


Source : LA VOIX DES OPPRIMES

mercredi, 24 août 2011

LIBYE: LA RESISTANCE S'ORGANISE

MOUAMMAR KADHAFI 6.jpg

Diantre !

Je suis déçu, estomaqué, scié et groggy. Je ne comprends pas les chefs d'État arabes. Encore moins les leaders africains. Comment ont-ils permis ça ? Comme le désigne si bien mon ami posteur Ric, « les bouchers de Benghazi », finiront bien par tuer leurs parrains face à l'échec qui se présente. Pacifier la Libye ne sera pas une mince affaire. Pire, si le leader Mouammar Kadhafi meurt, le pire est à venir. Vous verrez. Pauvre Libye !

Ils construisent déjà des châteaux en  Libye alors qu'ils n'ont encore rien gagné. Se répartissent déjà sans vergogne un beau pays en portion comme un gâteau: pétrole, pétrole. L'action de l'OTAN s'apparente à l'œuvre d'un pizzaïelo face à une pizza. Non, Tripoli ou Paris ne peuvent être pris comme ça, sans qu'il n'y ait riposte ou résistance. Ce qu'on nous présente comme une victoire, un coup porté au régime parce que l'ex forteresse de Bab al-Azizia serait aux mains des « bouchers de Benghazi » est un leurre.

A quoi ça sert de « prendre » un champ de ruines et crier à la victoire ? Pour petit rappel, ce haut lieu a été bombardé... 64 fois par les soldats de l'apocalypse. Excusez du peu. Les terroristes de l'OTAN ont pourtant réaffirmé, hier, que, Mouammar Kadhafi n'était pas une cible. Cherchez l'erreur ! Mais, comme je l'avais dit le 23 juin sur le plateau de Télésud, la Libye risque de se transformer en véritable chemin de croix pour les voleurs occidentaux et les renégats de Benghazi. Pourquoi ? Simplement parce que la prise de l'Elysée, par exemple, ne veut pas dire qu'on a gagné Paris ou la France.

Mouammar Kadhafi a précisé hier, que, son repli était une tactique. Les chefs des fous de Benghazi, apeuré, Moustafa Abdeldjeïl a mis en garde contre le triomphalisme de certains. Il s'adressait probablement aux prédateurs européens en ces termes: « Il est prématuré de dire que la bataille de Tripoli est terminée. Ce ne sera pas le cas tant que Kadhafi et ses fils n'auront pas été capturés. » Dites-le à des assoiffés de pétrole !

Vous connaissez la Somalie ? Vous connaissez l'Irak ? Vous connaissez l'Afghanistan ? En Libye, ça va être pire. Tout le monde est armé et le danger est partout. Vous avez vu les manifestations à la place verte de ces vendus au Kit Kat américain ? Ils se comptaient au bout des doigts. Alors,  bienvenus chers amis prédateurs, à votre tentative de vol de pétrole et de recolonisation ! Kadhafi n'est ni Ben Ali ni Moubarak.

Tripoli est encerclé. Plus de 750 terroristes ont été capturés. Il y a plus de 3000 fidèles de Mouammar Kadhafi à l'aéroport international de Tripoli, armés jusqu'aux dents. Des volontaires affluent du pays pour porter main forte au peuple libyen pour mettre en déroute ceux qui bradent leur pays pour un plat de lentilles. Il sera maintenant difficile aux coalisés racistes, de bombarder car, c'est maintenant que la vraie bataille commence. ne dit-on pas très souvent que la nuit, tous les chats sont gris ? La guerre psychologique ne prendra pas.

Haut les cœurs !


Source : Le blog d'Allain Jules

LIBYE: UN JOURNALISTE PARLE DEPUIS SON HOTEL A TRIPOLI


MAHDI NAZEMROAYA.gif

Présentateur : Nous rejoignons Mahdi Nazemroaya à Tripoli. Quelle est la situation à l'hôtel où vous êtes ? La dernière fois que nous avons parlé vous avez mentionné des coups de feu devant l'hôtel et aussi plusieurs loyalistes qui sont arrivés pour recevoir des soins...

Mahdi Nazemroaya : la tension est montée. Quelques membres de plus du personnel de l'hôtel précédent, de la sécurité et du groupe des médias qui étaient chargés de nous protéger, sont revenus armés. A l'évidence ils s'étaient battus. Ce sont des volontaires, pas des soldats. Ils sont revenus avec des informations sur les combats, et le tableau qu'ils ont brossé n'est pas celui d'une défaite, ils sont confiants. Et je crois... je suis désolé, je n'ai pas pu aller plus loin... je crois que l'un d'entre eux a peut-être été tué devant l'hôtel. Je ne peux pas le confirmer à l'heure qu'il est parce qu'il y a encore des snipers dans l'hôtel. Nous avons été avertis par... ceux de CNN par exemple, de ne pas parler d'Al Qaeda parce que sinon nous serions tués. C'était une menace voilée qui m'a été adressée directement. C'est inacceptable, c'est de la censure, et c'est inacceptable.

Présentateur : on dirait effectivement que la tension est vive. Vous parlez de violences, s'agit de violences autour de l'hôtel où vous vous trouvez où s'agit-il de violences dans d'autres parties de la ville ? Entendez-vous d'autres violences dans d'autres parties de la ville ?

Mahdi Nazemroaya : Après les informations données par les médias occidentaux et US, les journalistes de CNN les ont reprises et je crois qu'ils ont pris contact avec les rebelles et l'OTAN. Ce sont des agents de sécurité, c'est ça qu'ils sont en réalité. Je pense que nous devons prendre des mesures très rapidement. Ils ont leur propre plan d'évacuation et je crois que ma vie et celle d'autres journalistes qui ne diffusent pas des informations dans le cadre de ce... consensus ... nos vies sont en danger. Ils ne sont vraiment pas contents à notre sujet et leurs regards sont très menaçants. Si quelque chose nous arrive... Si quelque chose nous arrive je crois qu'ils y seront pour quelque chose, sans aucun doute. Ils nous ont menacé, des ressortissants britanniques, français... C'est inacceptable. Juste parce que nous ne suivons pas la ligne de l'OTAN, parce que nous ne sommes pas d'accord avec la version donnée par l'OTAN. Ils ne sont pas en train de gagner et je crois qu'ils vont tenter de nous annoncer un bain de sang et intervenir militairement sous prétexte d'une « responsabilité de protéger » que je n'ai jamais vue s'appliquer dans le cas de Bahreïn ou l'Arabie Saoudite. On dit que des soldats du Qatar ont été capturés. Des gens que nous avons rencontrés ont vu des troupes Qataris, et ils étaient très confiants. Pour être honnête, j'étais très ému de voir un de ces jeunes, il travaillait ici, et un des... journalistes... était... était... très mécontent et il a eu des commentaires très désobligeants.

Présentateur : lorsque vous parlez de menaces à votre encontre, pardonnez-moi de vous interrompre, vous dites que vous vous sentez menacés. Vous êtes menacés par les forces rebelles ou aussi par les loyalistes ?

Mahdi Nazemroaya : non, non, pas par les loyalistes. Nous nous sentons menacés par les rebelles et par certains journalistes présents ici. Et je vais vous le dire franchement, nous avons été menacés par des journalistes parce que ce ne sont pas de véritables journalistes. Ce ne sont pas des journalistes du tout.

Présentateur : vous avez un endroit où vous réfugier ? Où pouvez-vous aller si jamais...

Mahdi Nazemroaya : l'ambassade de Russie a dit qu'elle nous accueillerait, mais on ne peut pas s'y rendre parce qu'il y a des combats autour. L'ambassade cubaine... (explosions) vous entendez les combats ? Ca commence, c'est très fort, ils arrivent. Dieu sait ce qui peut arriver. Il est important que la communauté internationale, la véritable communauté internationale, pas les pays membres de l'OTAN, prenne des mesures pour nous sortir d'ici...

Présentateur : qu'est-ce qu'on entend ? Ce sont des coups de feu ou des bombardements ?

Mahdi Nazemroaya : des coups de feu... je n'ai pas entendu de bombardements de l'OTAN... pour moi ce sont des coups de feu.

Présentateur : vous avez parlé de bombardements. Est-ce que votre quartier est assiégé ?

Mahdi Nazemroaya : Assiégé ? Il y a des snipers tout autour. Quelqu'un a été touché, je ne sais pas s'il est mort. Je suis désolé de le dire mais je ne peux pas aller vérifier. Ils ont tiré puis ils sont partis rapidement en voiture. Ils reviendront. Mais le message est que nous sommes ici... je vous informe que ce que nous entendons sur le terrain est en contradiction avec ce que racontent les médias, avec ce que racontent Al Jazeera et CNN. Et je crois qu'ils sont très contrariés... très contrariés... par la tournure des événements qui n'est pas conforme à ce qu'ils avaient prévu.

 

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EN COMPLEMENT :


Inquiétudes au sujet de nos confrères à Tripoli.

L'OTAN encercle les ambassades qui veulent secourir les journalistes en danger

Les combats autour de l'hôtel Rixos à Tripoli, empêchent les journalistes qui le veulent, de sortir. Quatre gouvernements sont maintenant impliqués dans une opération de secours destinée à protéger deux journalistes du Réseau Voltaire.

22 août 2011

Aux dernières nouvelles, ce sont quatre États qui offriraient une protection diplomatique aux deux journalistes Mahdi Darius Nazemroaya et Thierry Meyssan, ouvertement menacés de mort par de prétendus "journalistes" occidentaux. Ce ne sont pas les seuls journalistes menacés. Les ambassades qui sont disposées à les protéger sont actuellement inaccessibles parce qu'encerclées par les Forces de l'OTAN.


Silvia Cattori

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

12:34 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde arabe, afrique, libye, mahdi nazemroaya parle depuis tripoli | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LIBYE - BAIN DE SANG: LES APACHES S'EN OCCUPENT


HELICOPTERE APACHE.jpg

Lundi 22 août, le monde ne s'est pas réveillé avec la gueule de bois, alors qu'il aurait dû. Et pour cause, finalement le bain de sang qui devait se produire à Benghazi, provoqué par l'armée libyenne, se produit à Tripoli provoqué par les bombes très démocratiques de l'Alliance atlantique.

Le matin de ce seul jour, on dénombre 1300 morts et 5000 blessés, tombés sous les coups des hélicoptères Apache, qui nettoient le parcours des supplétifs vers la  «victoire» contre des cadavres. La presse très démocratique, fidèle à sa mission, titre triomphalement, «le régime de Kadhafi s'effondre» ou encore «les heures de Kadhafi sont comptés». Une façon de dire une vérité qui évite de dire la réalité. Cette réalité têtue qui veut qu'un peuple est massacré parce qu'il se bat et qu'il refuse d'accepter l'ignominie de l'occupation. Cette réalité que retiendra l'Histoire, que fabriquent des hommes et des femmes qui ont conservé leur dignité et qu'ils défendent au prix de leur vie, contre la plus puissante organisation criminelle que le monde ait connue. Oui ! Il s'agit bien d'un crime et la naïveté la plus profonde a fini par fondre devant les faits.

Le colonialisme a beau mettre en avant ses marionnettes, déguisées en «rebelles», elles ne cacheront pas ses bottes qui écrasent un pays pour le soumettre. Il a beau saboter la seule télévision qui dit autre chose que le discours de l'oppression, il a beau couper toute communication sur les assassinats de masse, il ne fera pas qu'ils n'existent pas. Inutile d'invoquer le droit à l'information, il n'est pas valable en tout temps et tout lieu. Quand les maîtres du monde en parlent, ce n'est pas pour les beaux yeux des infra humains, quel que soit le continent où ils se trouvent.

On a pu voir comment l'un des chefs de guerre qui sévit en Libye a traité, dans son pays, les informations sur la révolte populaire. Plus de journalistes, rien que des Ouvriers spécialisés qui produisent une information industrialisée, selon les critères définis par les spécialistes du marketing. Les clients n'étant plus les téléspectateurs, les auditeurs ou les lecteurs, mais les dieux du marché. Tant pis pour ceux qui s'échinent à chercher ce qu'il y a derrière le miroir. Ces artisans qui croient que leur échoppe peut résister à l'usine.

De toute façon, ils ne seront pas assez nombreux pour faire la différence. Au besoin, ils seront muselés, comme il se fait sur Internet où des blogs réfractaires à la doxa dominante sont bloqués, mis en difficulté ou supprimés, sous un prétexte ou sous un autre. Comme s'ils pouvaient par leurs seuls écrits arrêter les tirs meurtriers, qui ne cesseront ni avec le départ de Kadhafi, ni avec l'usurpation de la souveraineté des Libyens. Car la Libye a été plongée dans la spirale bien connue de cette violence où l'oppression, imbue du droit  de la force, ne comprend pas que les opprimés ne céderont jamais leurs droits à la force. On apprécie déjà les premiers résultats de la supposée  «protection des civils», on les appréciera plus longuement, durant tout le temps où les Libyens se dresseront contre le déni qui les frappe. Sans le préjudice du chaos possible, dont les démocratisations passées ont le secret et le label.


Par Ahmed Halfaoui


Source: LES DEBATS.COM

mardi, 23 août 2011

ENTRETIEN AVEC THIERRY MEYSSAN, LE DIMANCHE 21 AOUT 2011: «C’EST L’OTAN QUI FAIT TOUT LE TRAVAIL MILITAIRE, PAS LES REBELLES»

 



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Thierry Meyssan, à l'Hotel Rixos, à Tripoli

 

Par Silvia Cattori

En pleine attaque de l'OTAN sur Tripoli, Silvia Cattori a pu s'entretenir avec Thierry Meyssan, dimanche 21 août 2011 à 23 heures. Le président du Réseau Voltaire a aussi pu s'exprimer par vidéo à 2 heures du matin. Les communications sont depuis lors extrêmement difficiles. Alors, que l'OTAN, le CNT et les médias qui les soutiennent parlaient déjà de la chute de Tipoli, la situation semble avoir radicalement changé. Le dernier message de Thierry Meyssan, daté de 4h30 ce mardi 23 août, parle de grande « victoire » des loyalistes. Selon lui, les assaillants ont été écrasés, « des missiles sol-air ont été apportés en ville », tandis que « l'OTAN a du stopper les bombardements ». « Saïf al-Islam que l'on assurait arrêté a surgit du Rixos et a été acclamé par la foule à Bab Al Azizia. » La réalité paraît une nouvelle fois très éloignée de sa représentation médiatique.


Réseau Voltaire | 23 août 2011


Thierry Meyssan s'exprimant dans la nuit du dimanche 21 au lundi 22 août 2011 depuis Tripoli.


Silvia Cattori : D'ici on a le sentiment que Tripoli est en train de s'effondrer. Quel est votre avis ?

Thierry Meyssan : Nous sommes enfermés dans l'hôtel Rixos. On ne peut pas dire si tout va s'effondrer ou pas. Mais la situation est très tendue. Hier soir, au moment de la prière, plusieurs grandes mosquées ont été verrouillées. Tout de suite après des haut-parleurs ont lancé l'appel à l'insurrection. À ce moment là des groupes armés ont commencé à sillonner la ville et à tirer dans tous les sens. Nous avons appris que l'OTAN a amené un bateau, juste à proximité de Tripoli, d'où ont été débarquées des armes et des Forces spéciales. Depuis les choses vont de pire en pire.

Silvia Cattori : S'agit-il là de « Forces spéciales » étrangères ?

Thierry Meyssan : On peut le supposer. Mais je ne suis pas en mesure de le vérifier. Même si ces « Forces spéciales » sont formées de Libyens tout leur encadrement est étranger.

Silvia Cattori : Quelle est la nationalité de ces « Forces spéciales » ?

Thierry Meyssan : Ce sont des Français et des Britanniques ! Depuis le début, c'est eux qui font tout.

Silvia Cattori : Comment tout a-t-il soudain basculé ?

Thierry Meyssan : Le 21 août, en fin de journée, un convoi de voitures avec des officiels a été subitement attaqué. Pour se mettre à l'abri des bombardements les membres de ce cortège se sont réfugiés dans l'hôtel Rixos, où réside la presse internationale, et où par hasard je me trouve.

Depuis ce moment là l'hôtel Rixos est encerclé. Tout le monde porte des gilets pare-balles et des casques. On entend tirer dans tous les sens à l'entour de l'hôtel.

Les forces rentrées dans Tripoli depuis hier elles n'ont pris aucun bâtiment en particulier ; elles ont attaqué des cibles à certains endroits en se déplaçant. Il n'y à en ce moment aucun bâtiment occupé. L'OTAN bombarde de manière aléatoire pour terroriser toujours davantage. Difficile de dire si le danger est si important qu'il y paraît. Les rues de la ville sont vides. Tout le monde reste enfermé chez soi.

Nous, on est prisonniers dans l'hôtel. Cela dit on a l'électricité, l'eau, nous ne sommes pas à plaindre. Les Libyens oui. Il y a des tirs maintenant alentour, une intense bataille ; il y a déjà eu de nombreux morts et blessés en quelques heures. Mais, nous, on est préservés. Nous sommes tous regroupés dans la mosquée de l'hôtel. Vous entendez des tirs en ce moment.

Silvia Cattori : Combien d'assaillants encerclent en ce moment votre hotel ?

Thierry Meyssan : Je suis incapable de vous le dire. C'est un périmètre qui est assez grand parce qu'il y a un parc tout autour de l'hôtel. Je pense que s'il n'y avait que les assaillants ce ne serait pas si simple de prendre Tripoli. Mais s'il y a d'autres troupes de l'OTAN avec eux oui, ça change tout, le danger devient grand.

Silvia Cattori : Sur les images diffusées par les télévisions ici ce que l'on a vu au cours de ces six mois ce sont des excités qui tirent en l'air, et qui ne paraissent pas des professionnels...

Thierry Meyssan : On a vu en effet des bandes qui s'agitent et qui ne sont pas militairement formées. C'est de la pure mise en scène, ce n'est pas de la réalité. La réalité est que tous les combats sont menés par l'OTAN ; et quand leur objectif est terminé les troupes de l'OTAN se retirent. Alors de petits groupes arrivent - on voit à chaque fois une vingtaine de personnes - mais on ne les voit jamais en action en réalité. L'action ce sont les forces de l'OTAN.

C'est ainsi que cela s'est toujours passé dans les villes qui ont été prises, perdues, reprises, reperdues, etc. À chaque fois ce sont les Forces de l'OTAN qui arrivent avec des hélicoptères Apaches et mitraillent tout le monde. Personne ne peut résister, au sol, face à des hélicoptères Apaches qui bombardent ; c'est impossible. Donc ce ne sont pas les rebelles qui font le travail militaire, c'est de la blague ça ! C'est l'OTAN qui fait tout. Après ils se retirent, puis « les rebelles » viennent qui font de la figuration. C'est cela que vous voyez diffusé en boucle.

Silvia Cattori : Sait-on combien de « rebelles » en armes sont entrés dans Tripoli cette nuit ? Et si des cellules dormantes étaient déjà là ?

Thierry Meyssan : Forcément, oui, il y a des cellules dormantes dans Tripoli ; c'est une ville d'un million et demi d'habitants. Qu'il y ait des cellules combattantes à l'intérieur c'est tout-à-fait probable. Quant aux assaillants, encore une fois, je ne sais pas quelle est la proportion de l'encadrement par les forces l'OTAN. La vraie question est de savoir combien de Forces spéciales ils ont déjà déployées.

Il y a maintenant les forces militaires du colonel Kadhafi dans la ville. Elles sont arrivées assez tardivement depuis l'extérieur. Les assaillants encerclent l'hôtel. Je pense qu'il est impossible cette nuit de tenter un assaut contre l'hôtel.

Silvia Cattori : La panique a-t-elle gagné les gens qui résident à l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Oui les journalistes résidant ici à l'hôtel Rixos sont complètement paniqués. C'est une panique générale.

Silvia Cattori : Et vous comment vous sentez-vous ?

Thierry Meyssan : Moi j'essaie de rester zen dans ces situations !

Silvia Cattori : Combien de journalistes étrangers sont-ils retranchés dans l'hôtel ?

Thierry Meyssan : Je dirais entre 40 et 50.

Silvia Cattori : Les gens ignorent que, là où il y a des journalistes qui couvrent la guerre, il y a toujours bon nombre d'entre eux qui font du renseignement, qui sont des agents doubles, des espions...

Thierry Meyssan : Il y a des espions partout ; mais je pense qu'ils ne savent pas tout.

Silvia Cattori : On dit ici que le plan pour évacuer les étrangers est prêt. Ils vont donc pouvoir sortir...

Thierry Meyssan : L'Organisation internationale pour les migrations a un bateau qui est prêt à accoster dans le port de Tripoli pour évacuer les étrangers, notamment la presse, prioritaire, dans ces cas là.

Silvia Cattori : Et vous que comptez-vous faire ?

Thierry Meyssan : Pour le moment ce bateau est toujours au large ; il n'est pas rentré dans le port. C'est l'OTAN qui l'empêche d'accoster. Quand l'OTAN l'autorisera l'évacuation se fera.

Silvia Cattori : Cette évolution vous surprend-elle ?

Thierry Meyssan : Les choses se sont accélérées quand le bateau de l'OTAN est arrivé. Si ce sont des combattants appartenant aux Forces spéciales de l'OTAN qui sont ici au sol c'est évident que tout peut tomber rapidement...

Silvia Cattori : Les citadins sont-ils tous munis de fusils comme on l'a dit ?

Thierry Meyssan : Le gouvernement a distribué presque deux millions de kalachnikovs dans le pays pour assurer la défense face à une invasion étrangère. Dans Tripoli, tous les citoyens adultes ont reçu une arme et des munitions. Il y a eu un entraînement ces derniers mois.

Silvia Cattori : Les Libyens qui le voudraient ne sont donc pas en mesure de sortir manifester contre les forces de l'OTAN ?

Thierry Meyssan : Là les gens sont paralysés par la peur ; on tire de partout ; et en plus on bombarde.

Silvia Cattori : Votre position n'est pas facile. Parmi les journalistes vous devez avoir des ennemis qui veulent votre peau pour avoir contredit leurs versions des faits !

Thierry Meyssan : Oui. Déjà je suis menacé par des « journalistes » US qui ont dit qu'ils vont me tuer. Mais ensuite ils ont présenté leurs excuses... Je n'ai aucun doute sur leur intention.

Silvia Cattori : L'ont-ils proférée cette menace devant témoin ?

Thierry Meyssan : Oui en présence de [...].

 

Cet entretien a été réalisé par Silvia Cattori le dimanche 21 août 2011, à 23 heures. Il a été retranscrit par les soins de Marie-Ange Patrizio.

Silvia Cattori


Source: RESEAU VOLTAIRE

EST-CE QUE CE MONDE EST SERIEUX?

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Les taureaux qui sont «sacrifiés» au cours des moments de sadisme collectif que sont les corridas philosophent-ils au moment de s’éteindre ? Oui, l’on en croit un texte de Francis Cabrel, qui s’est mis pour les besoins de la cause poétique, dans la peau de l’un d’entre eux. Subissant la folie des hommes, qu’il entend rire lorsqu’il «râle», danser lorsqu’il «succombe», s’amuser «autour d’une tombe», il s’interroge, au sujet de la civilisation violente qui le met à mort : «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Ces derniers mois, alors que l’actualité internationale s’emballe et que la recolonisation violente de larges pans de la planète se masque derrière un storytelling qui abêtit une opinion occidentale encore plus anesthésiée en cette période estivale, les Africains devraient-ils avoir honte de s’identifier à des bovins ployant sous les lances d’impitoyables toreros ? A bien y réfléchir, pas forcément. En tout cas, il est légitime, en observant les différents épisodes de la guerre «au nom de la démocratie» lancée par un Occident quasi-ruiné en Afrique et dans le monde arabe, de se poser mille et une fois la question : est-ce que ce monde est sérieux ?

La démocratie, ça signifie que le parti au pouvoir organise des élections où il est juge et partie

De manière générale, les observateurs africains et occidentaux ont considéré, au fil du processus de démocratisation, que les administrations nationales étaient trop liées aux pouvoirs en place sur le continent et étaient disqualifiées pour organiser des élections. On a donc conçu les Commissions électorales indépendantes (CEI) pour en finir avec l’emprise de régimes tricheurs «par nature». En Côte d’Ivoire, une CEI mêlant représentants de l’administration, de la société civile, du gouvernement et des partis politiques existait avant les accords de Linas-Marcoussis. La « très très démocratique » communauté internationale a estimé qu’elle n’était pas assez équilibrée. L’opposition et son bras armé, soutenus par leurs alliés internationaux, ont exigé le contrôle de cette institution, notamment à travers une farce qui a consisté à créer trois sigles, donc trois «organisations», pour désigner un seul et même mouvement rebelle. Il n’était pas bon, disait-on, que le président d’alors – un vrai boulanger, n’est-ce pas ? – ait la haute main sur le processus électoral.

Au Cameroun, les Etats-Unis mettent la pression sur ELECAM, l’instance chargée des élections, et exigent la mise en place d’un «organe vraiment indépendant ». Matthew Miller, ambassadeur des Etats-Unis, a refusé d’honorer de sa présence la cérémonie de prestation de serment des membres d’ELECAM. «Nous sommes déçus par la composition de ELECAM. Elle n’est pas représentative de la société camerounaise dans son ensemble », a-t-il affirmé. Pendant ce temps, son «collègue» en service en Côte d’Ivoire, Philip Carter III, apporte son soutien enthousiaste à une CEI totalement monopolisée, aujourd’hui, par les partis et les mouvements rebelles faisant partie de la coalition qui a porté Alassane Ouattara au pouvoir. Ni l’opposition, ni la société civile n’y ont le moindre pouvoir décisionnel. En «dictature», c’est l’administration «corrompue» qui organise les élections. Après la «guerre pour l’installation de la démocratie» en Côte d’Ivoire, c’est la coalition au pouvoir, qui présentera bien entendu des candidats, qui est appelée à arbitrer entre ses poulains et «le reste du monde». Formidable, non ?

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Déstabilisation des Etats faibles : la doctrine d’Abidjan appliquée en Libye et en Syrie

Les officiers français ont toujours aimé théoriser, modéliser, expérimenter des schémas de belligérance susceptibles d’être mis en œuvre sur plusieurs fronts, en sacrifiant à quelques adaptations locales. C’est ainsi que la théorie de la «guerre révolutionnaire», conçue en Indochine, va être «exportée» (pour le pire) en Algérie, en Amérique latine et au Rwanda.

A bien y réfléchir, un «logiciel» d’un nouveau type n’a-t-il pas été expérimenté au cours de ces dernières années en Côte d’Ivoire ? En tout cas, en Libye comme en Syrie, le début des événements s’apparentent en certains points au 19 septembre 2002 d’Abidjan. Les concepts de rébellion armée et de révolution populaire sont ainsi amalgamés au profit des guerilleros pro-occidentaux, dont la cause improbable est «vendue» par les médias dominants, qui passent relativement sous silence les sources de leur approvisionnement militaire. Qui font comme si une «colère» plus ou moins partagée est capable «d’accoucher» toute seule d’armes provenant d’opportunes base-arrières, de camions de transport de troupes…

Les parallèles sont plus que troublants. En Libye, le CNT utilise des techniques expérimentées en Côte d’Ivoire pour saper les bases de l’Etat et créer ce que le philosophe Léo Strauss appelait avec cynisme «le chaos constructeur». En 2002 à Bouaké et en 2011 à Abidjan, les combattants pro-occidentaux ont ouvert les portes des prisons dans leur avancée, enrôlé les occupants des lieux et accentué l’insécurité. Les rebelles libyens ont fait de même à la prison de Maya, à 25 kilomètres de Tripoli. Les reporters qui font des analyses alternatives à celles des médias dominants expliquent également que des armes ont été larguées depuis plusieurs jours à Tripoli, à des membres de «cellules dormantes» de la rébellion et à des commandos des Forces spéciales étrangères infiltrés dans la capitale libyenne. On voit que les méthodes de la rébellion et du «commando invisible» d’Ibrahim Coulibaly, assassiné à la grande satisfaction des services spéciaux étrangers qui l’ont aidé à faire ce qu’il a fait d’Abobo avant d’y mourir, ont été reproduites de manière quasiment parfaite. Après-demain, la «doctrine d’Abidjan» sera étudiée dans les écoles de guerre !

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De qui le Bahreïn se moque-t-il ?

Avez-vous, vous aussi, ri aux éclats après avoir lu ou entendu que le Bahreïn, aux côtés de l’Arabie saoudite et du Koweit, a rappelé son ambassadeur en Syrie pour «protester» contre la «répression» du mouvement de contestation du régime de Bachar El-Assad ? Avez-vous voulu rappeler au rédacteur de la dépêche évoquant la question ou au présentateur du bulletin d’information annonçant la nouvelle que le Bahreïn lui-même avait violemment maté ses contestataires, avec l’appui militaire de l’Arabie saoudite et la complicité des Occidentaux, qui se sont gardé de demander «le départ immédiat» d’un régime «ami» ? Etre ami des pays les plus puissants du monde est-il un brevet de sainteté ? En tout cas, il y a mille et une raisons de se poser la question du taureau de Cabrel: «Est-ce que ce monde est sérieux ?»


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 22 août 2011

LIBYE: CONSEILS ANTI-MANIPS

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N'étant pas sur place en ce moment, nous ne pouvons fournir une info de première main. Nous diffusons ci-après quelques messages qui nous parviennent, directement ou indirectement de Tripoli de sources sûres. Mais, sur base des médiamensonges des précédentes guerres, nous appelons à la prudence envers les grands médias... Ils n'ont pas arrêté de nous mentir ou de nous cacher l'essentiel depuis le début de cette guerre : vont-ils, au moment d'un affrontement décisif, changer de méthodes ?


  1. Toute image peut être manipulée. Elle ne vous dit pas automatiquement : qui fait quoi, quand, où et pourquoi ? Tous ces éléments ne sont pas dans l'image, mais peuvent être interprétés et déformés par un commentaire que vous n'avez pas les moyens de vérifier. Un montage qui peut avoir pratiqué des coupes, des collages, des amalgames...

    Exemple : Lors de l'invasion de Bagdad, on a présenté en gros plan une « foule » en liesse abattant la statue de Saddam Hussein, mais un plan large montra ensuite qu'il n'y avait là que quelques dizaines de gens, qui en fait étaient des agents des USA.
  2. Donne-t-on les preuves ? Ou bien s'agit-il de rumeurs ? Quelles sont les sources ? Ai-je entendu la version de l'autre partie ? Correctement présentée ? Sinon, pourquoi la cache-t-on ?

    Exemple Irak : pas de preuves sur les armes de destruction massive. Exemple Afghanistan : pas de preuves sur l'implication des talibans dans les attentats du 11/09.

    Libye : on a dit que Kadhafi bombardait la population et avait fait 6000 victimes
    . Quelles preuves ?

    Pour le moment tous les journalistes des agences de presse occidentale, AFP, Reuters, sont retranchés dans un hôtel. Les seuls communiqués viennent de l'opposition libyenne et de l'OTAN.
  3. Parle-t-on des intérêts ? Nous présente-t-on la version de propagande d'une des parties en présence ou bien expose-t-on ses véritables intérêts économiques et stratégiques ?

    La fausse raison qui à mener à la guerre continue à faire la une des journaux : "Fuite ou procès du leader libyen et de sa famille. Enfin la liberté après 42 ans de règne absolu."


    Pourquoi libérer les libyens d'un côté et soutenir les dictatures de l'autre, en soutenant la répression au Bahreïn par exemple ?

Les bombardements de l'OTAN sèment peur et mort parmi les civils à Tripoli alors que son mandat est de les protéger :

Bilan des services médicaux libyens 1856 morts. Plus de 6.000 blessés, à 14H42 de très nombreux enfants parmi les victimes bilan de cette nuit. Les chirurgiens opèrent à la lampe de poche dans certains blocs en attendant le rétablissement de l'électricité, l'Otan s'attaquant aux installations électriques. Les hélicoptères de l'OTAN ont mitraillé la foule en panique, pendant que des hommes armés débarquaient depuis des bateaux de l'OTAN. L'hôpital central de Tripoli a été touché par des roquettes. Des scènes de massacre ont été décrites. Des femmes sont emportées comme « butin de guerre ».

Les bombardements ont repris vers 10h 20 ce matin. Ils sont dirigés sur quelques objectifs précis sur lesquels l'OTAN s'acharne. Les combats ont repris autour de l'hôtel où sont toujours retranché des dirigeants libyens et la presse étrangère.

Le Parti socialiste français favorable au massacre des civils de Tripoli :

Martine Aubry : "C'est avec plaisir que nous voyons les rebelles entrer dans Tripoli, la capitale où ils auraient pu entrer plus tôt, si la communauté internationale s'était mobilisée plus tôt comme je l'avais demandé".
"Nous avons soutenu l'intervention de la France derrière l'ONU, bien évidemment. Il fallait le faire"

Don d'ubiquité de Khadafi :

Difficile de localiser le dirigeant libyen car il est à la fois en Algérie, au Venezuela, en Angola, au Zimbabwe ou encore au fond d'un bunker (sa résidence), ou bien, il est à Syrthe, son "bastion. Pour les habitants de Benghazi, il a même été annoncé mort.

Des journalistes au travail menacés de morts, d'autres blessés :

L'ordre a été donné par de soi-disant "journalistes" US d'abattre Mahdi Darius Nazemroaya (Global Research Center - Canada) et Thierry Meyssan (Réseau Voltaire). Trois Etats ont offert leur protection diplomatique, aux collaborateurs du Réseau Voltaire. Cependant, piégés dans la ville, ces derniers n'ont aucun moyen de rejoindre leurs ambassades. Ils seraient sous la protection de l'agence de presse Xinhua.

Dr Franklin Lamb, directeur de Americains pour la Paix au Moyen-Orient, qui partageait des renseignements et des informations sur YouTube, a été touché à la jambe par un sniper près de son hôtel.

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Journalistes non-menacés

Hugo Chavez condamne à nouveau l'action de l'Otan :

Dans un communiqué datant de dimanche soir, le Président vénézuélien a à nouveau condamné l'action de l'OTAN. « Les gouvernements démocratiques européens (...) démolissent Tripoli avec leurs bombes »

Des convois camions remplis de milliers de volontaires et d'hommes armés se dirigent vers Tripoli pour protéger la capitale de la Libye :

Des milliers de volontaires des tribus de Ben Walid, Sirte, Sebha, Awlad Slimane, Al Mogarha, Worchafana, Tarhona, Al Siane, Al Ziyayna, Al Hsone, Worfala (1 500 000 d'habitants), ainsi que d'autres sont venus de partout de Libye pour soutenir les habitants de Tripoli ainsi que l'armée contre les attaques des rebelles et de l'OTAN.

GDF Suez et Total, ils signent les plus fortes hausses ce lundi à la Bourse de Paris (+5% et +4,1%).

Les deux titres caracolent en tête du CAC 40 ce lundi. Ils profitent de la perspective d'un rétablissement des exportations de pétrole et de gaz libyens en cas de victoire des insurgés, ainsi que de possibles futurs contrats. D'après des analystes interrogés par l'agence Reuters, les entreprises françaises et italiennes pourraient émerger comme les grands gagnants de la redistribution des cartes en Libye du fait du fort soutien dont ont fait preuve Paris et Rome à l'égard des rebelles. Ce malgré leurs liens avec le régime de Kadhafi. Source : EasyBourse

Possible démission du chef rebelle :

Le chef du Conseil national de transition (CNT), l'organe politique de la rébellion en Libye, a évoqué aujourd'hui sa possible démission pour protester contre les actes de vengeance perpétrés selon lui par certains combattants rebelles sur le terrain. "Je salue l'action des chefs des révolutionnaires, j'ai confiance en leur parole, mais certains actes de quelques-uns de leurs hommes m'inquiètent", a déclaré Moustapha Abdeljalil, évoquant "des actes de vengeance". AFP.

Informations réunies par Cédric Rutter - Investig'Action


Source: INVESTIG'ACTION

DE TRIPOLI, THIERRY MEYSSAN RELATE LE CARNAGE DONT IL EST TEMOIN


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Image d'archive de combat à Raz Lanouf entre les pro-Kadhafi et les insurgés, le 09 mars 2011.

 

L'offensive «Sirène», lancée samedi 20 août 2011 au soir se déroule en coordination entre le «CNT (l'organe politique de la rébellion à Benghazi)», les combattants dans et autour de Tripoli, et l'«OTAN».

 

Samedi 20 août 2011, à 20h, c’est-à-dire lors de l’« Iftar (la rupture du jeûne de Ramadan) », l’« Alliance atlantique » et le « CNT » ont lancé l’« Opération Sirène ».

Les Sirènes sont des hauts-parleurs de mosquées qui ont été utilisées pour lancer un appel d’« Al Qaeda » à la révolte. Immédiatement des cellules dormantes de rebelles sont entrées en action. Il s’agissait de petits groupes très mobiles, qui ont multiplié les attaques. Les combats de la nuit ont fait 350 morts et 3000 blessés.

La situation s’est stabilisée dans la journée de dimanche 21 août 2011.

Un bateau de l’« OTAN » a accosté à côté de Tripoli, livrant des armes lourdes et débarquant des jihadistes d’« Al Qaeda », encadrés par des officiers de l’« Alliance » dans les combats.

Les combats ont repris dans la nuit. Ils ont atteint une rare violence. Les drones et les avions de l’« OTAN » bombardent tous azimuts. Les hélicoptères mitraillent les gens dans les rues pour ouvrir la voie aux jihadistes.

Dans la soirée, un convoi de voitures officielles transportant des personnalités de premier plan a été attaqué. Il s’est réfugié à l’« hôtel Rixos » où séjourne la presse étrangère. L’« OTAN » n’a pas osé bombarder pour ne pas tuer ses journalistes. L’hôtel, dans lequel je me trouve, est assailli sous un tir nourri.

A 23h30, le ministère de la Santé ne pouvait que constater que les hôpitaux sont saturés. On comptait pour ce début de soirée 1300 morts supplémentaires et 5000 blessés.

L’« OTAN » avait reçu mission du « Conseil de sécurité » de protéger les civils. En réalité, la France et le Royaume-Uni viennent de renouer avec les massacres coloniaux.

Les Etats-Unis ont intensifié ces dernier jours leur activité aérienne autour de Tripoli en utilisant des « drones Predator » pour détecter, suivre et à l'occasion frapper les troupes du colonel. Ces raids ont détruit les infrastructures militaires du régime.

Seif al-Islam, l'un des fils du colonel Mouammar Kadhafi, a été « arrêté ». il fait l'objet d'un mandat d'arrêt de la « CPI » pour « crimes contre l'humanité » commis en Libye.

Lundi 22 août 2011, Tripoli est entièrement entre les mains des rebelles, sauf le quartier résidentiel de Mouammar Kadhafi où se déroule actuellement de violents combats. Une foule en liesse arborant les drapeau rouge, noir et vert au couleur de la rébellion, dansant au cri de « Allah Akbar ».

Tous les analystes de l'« OTAN » prédisent la chute de Kadhafi dans quelques heures.

 

Source: NERRATI.NET

samedi, 20 août 2011

LIBYE: VERS UNE PARTITION?

MOUAMMAR KADHAFI 5.jpg

Crise en Libye - La partition de la libye, une solution permettant à Seif El Islam de rester au pouvoir, serait avantageuse pour le pays. Depuis des mois, le sud-est tunisien est de plus en plus agité et instable, une situation imposée par le conflit libyen et par les puissances occidentales, soutenues par les riches pays du Golfe. Par le passé, quand la Tunisie avait prêté main-forte à l'Algérie, c'était pour soutenir sa résistance contre le colonialisme dans le cas de la Libye, c'est différent puisqu'il s'agit d'un conflit interne.


Au début de ce conflit, après quelques semaines de révolte «à la tunisienne», les Libyens ne réussissent pas à écarter Kadhafi, au pouvoir depuis plus de quarante ans.

Dans la foulée, des groupes armés de diverses fractions, formés de jeunes recrues sans formation militaire complète, entament à la hâte une offensive visant le contrôle de toutes les villes libyennes, y compris les installations pétrolières. Les forces aériennes françaises, suivies des forces anglaises et américaines se sont attribué la mission de couverture aérienne d'attaque d'objectifs terrestres.


Cependant, il semble que le but recherché de l'action de l'Otan n'est pas de renverser le régime de Kadhafi mais de mettre la main sur les puits et les vannes de pétrole et gaz libyens, comme ce fut le cas en Irak.


Quelques mois de conflit suffisent pour mettre à l'évidence la suprématie aéronavale de l'Otan, plus de la moitié du potentiel militaire de Kadhafi est détruit ou neutralisé.


La bataille terrestre est différente, les insurgés libyens bénéficiant de l'appui aérien réussissent difficilement à progresser vers Tripoli. Ils essuient de lourdes pertes en hommes et en matériels militaires face à une armée de métier libyenne entraînée. Les forces de Kadhafi repoussent les attaques terrestres, harcèlent les insurgés et sans l'appui militaire occidental, ces derniers ne seraient pas en mesure d'arriver aux confins de Tripoli.


Par ailleurs, Kadhafi et ses troupes loyales attirent la sympathie nationale libyenne et internationale par leur capacité d'agir partout en Libye avec de faibles moyens et par leur résistance à l'armada de l'Otan et aux «collaborateurs» libyens.


Le monde entier est aussi témoin de la discorde au sein des insurgés et du gouvernement provisoire qui s'avère non représentatif de tous les libyens et dénué d'autorité sur certaines fractions extrémistes qui lui échappent.


A l'heure actuelle, la situation est confuse et même si Kadhafi choisit l'exil, ou part pour une raison ou une autre, il restera du chemin à faire pour réunifier les libyens et pacifier le pays. Sachant que tout au long de son histoire, la Libye actuelle a toujours été divisée en deux provinces distinctes, la Cyrénaïque et la Tripolitaine elle ne s'est unifiée que sous l'occupation italienne.


En attendant le retour de la paix, les pays limitrophes de la Libye, et particulièrement la Tunisie, devraient prendre leur mal en patience car leur économie et leur sécurité continueraient à souffrir tant que le spectre de la guerre règne sur la région.


La guerre «internationalisée» en Libye menace l'indépendance de la Tunisie et sa sécurité intérieure parce qu'elle a démarré sans étude stratégique préalable globale, voire sur un «coup de tête» du président Sarkozy. La priorité était de devancer Kadhafi pour défendre la ville «rebelle» de Benghazi.


En effet, l'Occident se soucie peu de la partition de la Libye et de tout changement éventuel dans la géographie des Etats du Maghreb, mis à part le Maroc, pour le moment.


Tout faux pas de la part des Tunisiens durant ce conflit coûterait cher et ses conséquences persisteront des générations.


Depuis le 14 janvier, tous les pays riches sont plus rigoureux avec la Tunisie et la plupart des promesses sont au stand-by.


Pour cela, le gouvernement tunisien, fragilisé depuis le 14 janvier, devrait repenser sa stratégie, la guerre civile en Libye pourrait engendrer une situation de paix et un eldorado pour toute la région du sud-est, comme elle pourrait générer d'autres conflits de faible et moyenne intensité.


Dans tous les cas, la Tunisie bénéficierait mieux d'un scénario, exceptionnel, avec la partition de la Libye en deux Etats, la Cyrénaïque et la Tripolitaine où Seif El Islam serait le chef d'Etat de cette dernière.


Ainsi, Tunis et Tripoli qui partagent plus de huit siècles d'histoire commune, sous différents royaumes, se remettraient tout de suite à réparer les dégâts et reconstruiraient deux Etats voisins modernes.


Kilani Bennasr

La Presse, le 18 août 2011


Source: AFRIQUE EN LIGNE

LES VRAIS CHEFS D'AL QAÏDA SE TROUVENT A LA MAISON BLANCHE ET AU PENTAGONE


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Il me semble que pour bien comprendre la tragédie qui se joue en Libye, il faut partir de l'objectif initial de cette intervention qui bien entendu n'a rien à voir avec la démocratie.


Il y a la volonté d 'accaparement des avoirs et des ressources, mais je crois que les choses vont bien au delà et sont bien plus graves.

L'objectif était la dislocation d'une Nation et d'un État souverain pour en faire la proie de bandes armées et de chefs de guerre et devenir un foyer de déstabilisation de toute la région.

Compte tenu de la configuration politique et géographique de la région, l'intrusion des bandes armées n'a pu se faire qu'avec la complicité des généraux égyptiens sous le contrôle direct des puissances occidentales et de leurs services de renseignement.

Pour la première fois et le fait est important, les groupes terroristes salafistes combattent ouvertement sous les ordres d'Obama; après la mort de Ben Laden, il apparaît ouvertement que les véritables chefs d'Al Qaïda se trouvent à la Maison Blanche et au Pentagone; c'est toute une longue période de l'histoire de cette organisation criminelle qui s'achève et une autre qui commence, celle où les masques tombent.

Il faut accorder la plus grande importance au fait qu'en Syrie la même stratégie d'infiltration de groupes terroristes a été mise en œuvre dans le but d'exploser le pays entre ses différentes composantes ethniques et religieuses.

Si les sbires salafistes constituent la piétaille et la chair à canon des Vendées arabes, ils ne disposent ni de la base sociale ni de l'enracinement leur permettant de jouer le moindre rôle politique.

Regardons vers Damas. Le Caire ou Benghazi, nous voyons que la confrérie des Frères musulmans a mis toute sa puissance sociale et tous ses réseaux d'influence au service des plans de l'impérialisme, dont cette organisation est l'une des plus anciennes créations.

Ses plus hauts responsables multiplient les rencontres, sont de toutes les réunions, à Washington, à Paris ou à Antalya, partout où les chefs politiques et militaires de l'Otan planifient la destruction, le pillage et la guerre contre les Nations.

Il y a pourtant un fait politique majeur qui a une profonde signification pour tous les peuples du monde, pour tous les hommes de bonne volonté, pour tous ceux qui sont amis de la paix, ces plans de mort et de destruction sont partout mis en échec et se heurtent à la volonté farouche de résistance des peuples.

Beaucoup éprouvent un sentiment justifié de nausée devant le déchaînement de la propagande et des mensonges sur la situation en Libye et le silence sur la déroute politique et militaire des prétendus rebelles, mais le plus important est la signification politique profonde de ces mensonges et de ce silence.

Des nains politiques comme Sarkozy ont beau plastronner, ils ont perdu leur guerre des lâches, la Libye est toujours debout et vivante et leur CNT est aujourd'hui comme un corps étranger que tout un peuple est en train de vomir et de rejeter .

Il ne faut pas que le monde apprenne et sache que malgré les bombardements de terreur, la souffrance des populations livrées à des bandes terroristes, la coalition vient de subir un échec militaire et politique dont l'onde de choc va se répandre jusqu'à à Bagdad et Kaboul.

Il ne faut pas que le monde sache que dans aucun des pays de la coalition les gouvernements sont capables de réunir le consensus et les conditions politiques qui leur permettraient l'envoi de milliers de soldats pour des combats au sol.

Partout, à Washington, à Londres ou à Paris, ils craignent la colère et la mobilisation des peuples contre la guerre.

Lequel de ces gouvernements oserait se lancer dans un affrontement au corps à corps contre la population insurgée et les combattants défendant Tripoli, au prix de milliers de morts dans leurs rangs.

C'est une mauvaise nouvelle pour les maîtres du monde, mais pour gagner une guerre il faut parfois affronter des hommes courageux et capables de se défendre, il faut parfois affronter les couteaux, les fusils et les grenades et cela fait beaucoup plus de morts, des images plus atroces et des communiqués moins triomphants que des bombes larguées à 6000 m d'altitude.

Chacun peut faire semblant de ne pas comprendre la signification réelle des évènements en cours et pourtant il y a bel et bien une crise majeure qui déchire les sommets des grandes puissances et des plus petites.

Quoi de plus ridicule et dérisoire que d'entendre un Baroin intervenir pour calmer les marchés, un homme dont strictement personne dans ce pays et probablement à la Maison Blanche ne sait au juste de quoi il est ministre.

Les commentateurs ont été bien injustes avec les agences de notation, pour une fois qu'elles disaient la vérité, mais il est sans doute des vérités qui ne doivent pas tomber dans toutes les oreilles, les peuples ont beau être stupides, ils finissent toujours par comprendre.

Standard and Poor's l'a pourtant clairement indiqué dans son communiqué, l'abaissement de la note des États-Unis est motivé par un doute politique sur la capacité de l'Administration Obama a imposé la politique de réduction des déficits publics.

Les pires canailles n'en sont pas moins hommes et leur excès de pudeur nous contraint à un petit travail de traduction en langage simple et compréhensible par tous.

Le Congrès américain vient d'adopter un plan de réduction des déficits publics qui est une déclaration de guerre adressée au peuple américain par les Républicains qui n'en sont plus et les Démocrates qui ne l'ont jamais été.

Ce sont toutes les conditions d'existence, toutes les garanties d'une vie à peu près décente et normale qui vont être pulvérisées, des millions de familles qui vont rejoindre les 14 millions d'américains déjà chassés de leurs maisons, salaires, protection sociale, écoles publiques, tout est menacé, tout est condamné.

Tous, républicains ou démocrates, se posent la même question qui sous une autre forme se pose dans tous les pays d'Europe ; comment se préparer au choc inévitable avec la colère et la révolte sociale de millions et de millions, d'hommes et de femmes, comment affronter ceux qui ne voudront pas sacrifier leurs familles ou l'avenir de leurs enfants pour sauver les banques et les marchés financiers.

Autour de la nébuleuse que l'on appelle le Tea Party, une fraction importante des classes dirigeantes se dispose pour la guerre civile et pour l'affrontement brutal avec les travailleurs et les syndicats, pour la première fois se constitue aux États-Unis et au sein même de l'un des 2 grands partis institutionnels, l'embryon d'un parti de type fasciste.

La complexité et la difficulté de la position d'Obama tiennent à la nature même du Parti Démocrate et de ses liens avec l'AFL CIO, la grande centrale syndicale américaine.

Sur le plan personnel, il est certain que lui et les dirigeants de son Parti n'auraient aucune hésitation à plonger des millions d'hommes dans la déchéance, ce qu'il ont largement commencé à faire.

L'opposition à Obama ne se trouve pas au sein du Parti Démocrate, l'opposition à Obama, ce sont les millions de syndiqués qui cherchent la voie de la rupture avec le Parti Démocrate, ce sont les responsables syndicaux, y compris au plus haut niveau qui ne supportent plus la soumission imposée au mouvement syndical.

Les millions qui ont porté Obama au pouvoir, les militants des organisations noires, les militants pour les Droits civiques et contre la guerre, c'est avec ceux-là qu'a commencé un choc frontal avec la politique d'Obama.

Tout ce qui fondait le conservatisme politique du peuple américain, son attachement à l'American way of life, sa croyance au rêve américain, son attachement à ses institutions démocratiques, tout ce fatras confus d'illusions va se heurter avec la plus grande violence à la politique brutale des fossoyeurs de l'Amérique.

Le drapeau levé par Jefferson, son héritage, celui de Lincoln et de Martin Luther King, seuls les travailleurs américains sont aujourd'hui dignes de les recevoir et capable de les défendre.

Dans des conditions terriblement difficiles, face à toutes les formes de la ruse et de la violence que les classes dirigeantes n'hésiteront pas à employer, des millions d'hommes s'éveillent à la conscience politique, c'est cela la grande nouvelle de notre temps.

Nous pourrions prendre de multiples exemples de cette situation politique nouvelle qui sera de plus en plus marquée par la marche au chaos et des provocations sanglantes qui vont se multiplier pour terroriser les peuples et les faire reculer.

Le 11 Septembre n'a pas été suffisant et le Diable prépare sûrement une nouvelle tragédie a une échelle que le monde n'a sans doute jamais connue d'une ampleur telle qu'elle puisse justifier toutes les attaques contre la démocratie, toutes les mesures d'exception.

Il suffira d'attendre ; dans le crime, ces barbares ne nous ont jamais déçus.

J'ignore si comme le dit la Bible Jérusalem est au centre du monde, mais c'est ici et dans cette région, dans ce vieux foyer de civilisation plusieurs fois millénaire que va se jouer une grande partie du destin de notre monde.

Le mouvement en cours en Israël est pour beaucoup une découverte de ce qui est pourtant une évidence, il y a dans ce pays, comme dans tous les pays du monde, des exploiteurs et des exploités dont les intérêts sont inconciliables .

Comme partout dans le monde, un groupe de capitalistes s'est accaparé la richesse nationale réduisant la population à la misère sociale. (...)

Dans cette situation dangereuse, fluctuante et menaçante, la puissance sociale des travailleurs et des peuples du monde est la seule garantie contre le chaos et la barbarie qui vont surgir, cette puissance sociale qui leur tient encore la peur au ventre, malgré ce qu'ils en disent et l'arrogance et la morgue qu'ils affichent.


Rakosky - Paris 13ème.

jeudi, 18 août 2011

RESISTANCE AU ROYAUME-UNI

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Marc Duggan, tué par la police, qui a ensuite menti sur le drame. Sa mort est à l'origine des émeutes en Angleterre.

 

Pourquoi laissons-nous à nos enfants le soin de demander des comptes à la police et de redistribuer la richesse ? (The Rebel Griot).

The Rebel Griot:

Les émeutes et le pillage n'ont pas été les seules violences perpétrées par les Anglais dimanche soir. Quelques heures avant que Cameron n'apparaisse à la télévision et ne jure de se venger des jeunes Britanniques qui s'étaient soulevés, les pilotes de ses bombardiers revenaient d'une opération qui avait causé la mort de 33 enfants, 32 femmes et 20 hommes libyens à Zlitan un village près de Tripoli. Cameron et les dirigeants de France et des USA essaient désespérément d'enrayer la déroute économique de la même manière que d'habitude, en massacrant un peuple du tiers-monde et en lui volant ses ressources.

C'est le contexte dans lequel il faut replacer ces émeutes. Notre mode de vie occidental est fondé sur la violence et le pillage. Ceux qui ne s'en rendent pas compte n'ont qu'à regarder comment les forces d'occupation occidentales ont transformé l'Afghanistan en un gigantesque champ de pavots à héroïne avec l'une des espérances de vie les plus basses de la planète, comment elles ont fait de l'Irak un enfer pour ses habitants dans le seul but de lui voler son pétrole, comment elles préparent l'invasion de la Syrie qui servira de prélude à la "solution finale" du "problème" palestinien et comment elles volent déjà les revenus du pétrole de la Libye que Kadhafi avait destinés au développement de l'Afrique mais qui à la place iront tout droit dans les caisses des usines d'armement occidentales pour acheter des armes au rebelles racistes. Et je ne mentionne même pas l'extorsion du remboursement des prêts d'aide octroyés par l'Occident aux pays du tiers-monde dont les intérêts multiplient par 13 les sommes empruntées.

Nos jeunes ont été témoins de tout cela en grandissant. Ils voient très bien que l'Occident s'enrichit par de violents pillages. Ils voient bien aussi que plus de la moitié de leurs soi-disant "représentants" au Parlement ont systématiquement volé des télévisions, des produits électroniques, des vêtements et tout ce qu'ils croient pouvoir voler sans se faire prendre, en se livrant à des fraudes de grande envergure. Ils savent que la police tue des gens en toute impunité et que leurs communautés sont en permanence humiliées et harcelées par la police. Ils savent que les banquiers qui ont détruit les moyens d'existence de millions de personnes continuent à se verser des bonus prélevés sur les deniers publics.

Ils savent aussi qu'aucune de ces personnes ne sera sans doute jamais amené devant la justice pour y répondre d'un délit. La plupart des Membres du Parlement coupables de fraude sont toujours en place ou ont obtenu des postes lucratifs dans des entreprises à qui ils ont rendu des services quand ils étaient parlementaires. La police enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. L'armée enquête sur elle-même et ne se trouve aucune faute. Tony Blair enquête sur lui-même et ne se trouve aucune faute. Les riches et les puissants démontrent aux jeunes jour après jour que pour réussir il faut voler, frauder et se montrer violent. C'est le monde dans lequel ils sont nés. C'est la moralité dans laquelle ils baignent. C'est l'air qu'ils respirent.

En comparaison de leurs modèles, la vaste majorité des jeunes émeutiers se sont très bien conduits. Les attaques sur les petits commerces, les maisons et les civils ont été des exceptions et non la règle ; les principales activités ont été de piller des supermarchés appartenant à de grands groupes et d'assiéger les commissariats. En faisant cela, les jeunes ont réussi à faire ce que personne d'autre n'a pu faire : mettre la police et les multinationales devant leurs responsabilités. Le message à la police a été très clair : vous ne pouvez pas tuer, battre et humilier en toute impunité. Plusieurs commissariats ont été complètement incendiés et les vacances d'été de toute la police de Londres ont été annulées. Quand des incidents comme le meurtre de Mark Duggan se produisent, ce n'est jamais dû à une "pomme pourrie" ; le parti pris de couvrir les fautes est systématique et provient d'une collusion à tous les niveaux. Quelques officiers de police vont peut-être y réfléchir à deux fois avant de se laisser entraîner dans des affaires douteuses à l'avenir.

Quant aux multinationales, l'efficacité de leur exploitation et de leur esclavagisation du tiers-monde a crée une telle pauvreté sur toute la planète que les gens sont de plus en plus incapables d'acheter ce qu'ils produisent. C'est la principale cause systémique de la crise économique. Ils ne le savent peut-être pas mais les multinationales que nos enfants ont attaquées sont bien la cause principale de leur pauvreté. Qui plus est, ces firmes emploient des techniques publicitaires qui ciblent impitoyablement nos enfants et véhiculent le message cruel selon lequel leur statut social dépend de l'acquisition de marchandises ; ils ne devraient pas faire semblant d'être surpris que nos enfants essaient aussi de les acquérir.

Avec leur "pillages irresponsables" les jeunes privés de tout se sont en fait livrés à une forme primitive de redistribution de la richesse. Ce qu'ils ont fait d'une manière anarchique et spontanée est exactement ce que nous devrions faire d'une manière systématique et organisée. Nous avons besoin de créer des organismes qui se donneraient vraiment pour mission de mettre en place "un socialisme par la base" -en prenant le contrôle des usines, des chaînes de magasins et de terrains pour répondre aux importants besoins sociaux que le capitalisme est incapable de satisfaire. C'est cela la vraie Grande Société -celle qui fait si peur à Cameron et à sa clique.

Je ne blâme pas Cameron, ni les politiciens, ni les médias. Ce sont nos ennemis. Ils sont fidèles à leur classe sociale. Ils nous exploitent et nous mentent avec beaucoup de talent et d'efficacité. Ils font leur travail parfaitement bien. Je blâme ceux d'entre nous qui s'intéressent aux autres et qui veulent mettre fin aux privilèges de classe, au racisme et à l'impérialisme. Nous devrions nous lever, nous organiser et élire un leader et tant que nous ne le ferons pas, il sera vain et hypocrite de critiquer la jeunesse. Si nous nous déchargeons sur nos enfants de la tâche de rendre la police responsable de ce qu'elle fait et de répartir les richesses, il ne faudra pas s'étonner que, sans personne pour les guider et les conseillers, ils ne fassent pas du bon boulot.

 

Pour consulter l'original : http://rebelgriot.blogspot.com/2011/08/why-are-we-leaving...


Traduction : Dominique Muselet pour LGS

 

Source : LE GRAND SOIR.INFO