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dimanche, 09 octobre 2011

LE MAL-ETRE SPIRITUEL DES NOIRS DE TIBURCE KOFFI: UN APPEL A LA RENAISSANCE SPIRITUELLE DE L'AFRIQUE NOIRE

 

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Cette analyse critique de l'ami Etty Macaire relative à la toute nouvelle oeuvre de l'écrivain Tiburce Koffi (photo), dont je partage assez rarement les thèses, est excellente. Elle m'a tout simplement séduit. Je ne pouvais pas manquer de vous la faire partager. Bonne lecture!


Tiburce Koffi vient de publier chez NEI-CEDA, un essai : Le mal-être spirituel des Noirs. Un livre qui va faire date et fouler la rate. Le thème est d'une extrême délicatesse : la spiritualité des noirs. Le projet philosophique de l'écrivain ivoirien  est vaste. Il interpelle nos consciences d'Africains de cette Afrique éclopée, qui tâtonne encore pour  se comprendre. L'essayiste, sur un ton satirique, commence par stigmatiser les errements de la société africaine moderne. Il fustige sa tendance à l'oisiveté, son goût maladif pour l'argent facile, sa paresse impénitente, son accoutumance à l'insalubrité, sa servilité atavique, son incroyable naïveté. La plume du penseur se veut inquisitorial, impitoyable, féroce même. Logique : il fallait au préalable faire « l'état des lieux ».

De quelle « mal » souffre l'Afrique noire? Telle est la problématique qui sous-tend le discours de l'auteur. Elle n'est pas nouvelle et ce ne sont pas les diagnostics qui ont manqué. Le constat est que le mal persiste et s'exacerbe. « C'est que le mal ne se trouve peut-être pas où l'on croyait l'avoir localisé ; c'est qu'aussi, la nature de ce mal a sans doute échappé à l'intelligence des soigneurs faussant ainsi le diagnostic » (P18) lance Tiburce. Son diagnostic à lui est tout autre : si l'Afrique a du mal à décoller, si l'Afrique (surtout noire) patauge encore dans les périphéries du monde évolué, c'est parce qu'elle est sevrée d'une spiritualité sienne. L'islam et le christianisme dont elle se nourrit (vainement d'ailleurs) ne sont que de malheureuses béquilles spirituelles. Selon sa vision, l'Afrique se porterait mieux si elle n'avait pas, de gré ou de force,  sacrifié sa tradition spirituelle, l'animisme (le bossonisme, dira JM Adiaffi)  au profit de ces deux religions, cause, pourtant, des plus grandes tragédies de l'histoire : « Religions de conquête, l'islam et le christianisme ont dépouillé les Noirs de leur spiritualité » (P.93).   De ce fait, l'Afrique noire a perdu son âme et ne saurait en conséquence connaitre le progrès. Car« c'est connu : un peuple privé de sa spiritualité devient fragile et manque de confiance en soi ; il devient un peuple dont l'imaginaire est étouffé, un peuple stérile donc... » (P.93). Il est venu le temps, semble dire l'auteur, d'envisager une thérapie spirituelle : « c'est une véritable opération d'ajustement spirituel que devront s'atteler les Africains, s'ils veulent sortir de leur état de dépendance choquante» (P.145). Par ailleurs, notre essayiste, accuse : « ...la traite négrière n'aurait jamais été possible, ou du moins, elle n'aurait pas connu l'ampleur que les témoignages oraux et les livres ont décrite, sans la complicité des Africains à l'expansion de cette odieuse pratique. Oui, les Africains ont vendu les leurs aux Blancs » (P.99). Pour notre philosophe, tant que ce terrible péché historique n'est pas avoué, reconnu et exorcisé, l'Afrique ne connaitra ni paix, ni progrès. Telle est la substance du propos de Tiburce Koffi.

Polémique, le livre l'est en effet. Et à dessein ! Certaines  des thèses de Tiburce Koffi frisent la provocation et parfois l'outrance. L'Afrique serait-elle devenue meilleure si elle était restée fidèle à sa religion sienne qui est l'animisme ?  Interrogation utile et pour cause. Il y a des tribus en Afrique qui ont su conserver leur pureté spirituelle ; elles sont paradoxalement encore arriérées. Les bamiléké au Cameroun, les adeptes du vodou au Bénin, les pygmées en Afrique centrale, les Massaïs de Burundi, les Fang de la forêt équatoriale de l'Afrique centrale, les indigènes des Caraïbes, peuples jaloux de leurs pratiques spirituelles séculaires sont, économiquement et technologiquement, des peuples très peu évolués. Une autre interrogation : l'animisme est elle une religion spécifiquement africaine ? Nous croyons intuitivement que tous les peuples sont intrinsèquement animistes. Les grandes religions actuelles me semblent une sublimation, une transcendance de l'animisme. La question mérite d'être approfondie.

Tiburce Koffi soutient à la page 142 également que le christianisme est une religion des Occidentaux (« A la question du salut des âmes, l'Asie répond par les solutions pensées par Bouddha, les peuples du monde arabe et du Moyen Orient par les enseignements de Mahomet ; l'Occident par ceux de Jésus Christ »). Cette affirmation est discutable, car le christianisme est né au Moyen Orient, plus prés de l'Egypte et de l'Afrique du nord et bien loin de l'Europe. Il a fallu attendre 15 ans après la mort de Jésus-Christ pour voir l'évangile être prêchée en Europe. Ainsi, le christianisme est une religion d'emprunt autant pour les Occidentaux que pour les Africains.

Je reproche à cet ouvrage son trop plein d'émotivité empressée. Des citations de certains noms (des compatriotes, des « frères » africains p 38, la personne qui me tient ce discours p 40, un ami qui vit aux Etats-Unis p 57, l'un de mes oncles p 69, mon amie Caumaueth p84) et les propos qui leurs sont prêtés relèvent de la complaisance. Je me garderai d'évoquer tous les sempiternels cris de fureur de l'auteur, dans le style qu'on lui connait, contre Laurent Gbagbo et son régime comme si nous étions dans un belliqueux pamphlet. Une véritable métaphore obsédante ! En outre, je m'étonne que Tiburce Koffi après avoir dit : la Négritude « a vécu, et nous devons en faire le deuil définitif...il n'existe aucun groupe humain à n'avoir pas connu d'âge d'or » puisse comme un Senghor exalté chanter de sa plume enchantée cette Afrique d'hier que nous aurions « trahi » (P. 65), cette Afrique où  le travail est déifié, où l'écologie est sacralisée, où le silence et la justice sont cultivés. Le paradis quoi ! Oubliant ainsi que c'est cette même Afrique d'hier, cette Afrique qu'il a crucifiée, qui, selon ses dires, a vendu ses enfants (P.99- 102) aux Blancs qu'il est entrain de célébrer. L'Afrique d'hier, il ne faut pas en rougir, c'est aussi les sacrifices humains, l'assassinat du dixième enfant, les rapts de femmes, les funérailles interminables, la mauvaise gestion du temps, la superstition, la phallocratie, l'excision, etc.

Au-delà de ces quelques « réserves », Le Mal-être spirituel des Noirs est une superbe invite à la repentance et au réveil. Loin des sentiers battus, l'essayiste avec une audace arrogante brise des tabous, trouble des sommeils sacrés, s'engage sur des voies interdites. Le rôle de l'intellectuel, n'est-ce pas de fendre la brousse pour tracer un nouveau chemin au peuple et faciliter sa marche vers l'avenir ? C'est à cet exercice périlleux que l'écrivain s'essaie dans cet essai.

Celui qui a l'habitude de lire Tiburce Koffi, comprendra aisément que cet essai est un approfondissement  de la plupart de ses réflexions éparpillées dans ses contributions et autres ouvrages. L'impasse spirituelle de l'Afrique, à coup sûr,  hante l'esprit du créateur depuis des décennies. Il lui a fallu qu'il la crache comme dans une séance d'exorcisme pour se dépêtrer de ses angoisses en vue d'être en paix avec lui-même. Le grand mérite de Le mal-être spirituel des Noirs de Tiburce Koffi est qu'il ouvre des pistes fécondes de réflexions  dans la quête effrénée des racines du mal qui ronge l'Afrique noire. L'écrivain ne prétend pas proposer des solutions miracle pour sortir l'Afrique noire de la fange du sous-développement. Son but est de soulever des questions, susciter des réflexions, faire douter, choquer même. L'on ne manquera pas de pointer du doigt sa propension à accabler l'Afrique de tous les péchés. Doit-on parler d'auto-flagellation et d'auto-culpabilité ? Que non ! Ce qu'il veut est que l'Afrique se regarde en face ; car, la puanteur vient de nos dents cariées. Que l'Afrique quête ses chemins nulle part ailleurs qu'en elle-même. Une exhortation à l'introspection en somme.

Malgré la faiblesse de la documentation (voir « les livres cités » à la page 179) par rapport à l'ampleur de la question spirituelle africaine, cet essai de Tiburce Koffi est « un coup de semonce assourdissant et majestueux qui (va)  mettre en branle toutes les énergies productives de la race ». Autant l'ouvrage est riche en questionnements autant il ébranlera des convictions établies. Une chose est sûre : il fait partie des livres qui, après lecture, vous habitent, vous hantent, vous obligeant ainsi à philosopher.


ETTY Macaire

Critique littéraire

ethimacaire@yahoo.fr

jeudi, 20 janvier 2011

POURQUOI LA COTE D'IVOIRE EST DANS L'OEIL DE L'OURAGAN ?

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Prof. Jean-Paul Pougala, enseignant à l'Université de la Diplomatie de Genève en Suisse (co-auteur de «L'Afrique, l'Europe et la Démocratie Internationale» (Ed. Federop)), le 11 janvier 2011. Extraits.

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"Le dessous des cartes - La crise ivoirienne ou le prélude de la guerre Chine-Occident"

Depuis le début de la crise ivoirienne, tout et son contraire ou presque ont été dits. Les Occidentaux soutiennent presque tous M. Ouattara qu'ils appellent "Président élu" alors que les Africains soutiennent presque tous le président sortant Gbagbo qu'ils désignent par "Président Réélu". Au-delà des choix partisans pour l'un ou l'autre président élu ou réélu, il est intéressant de constater qu'il y a une autre bataille celle là à distance qui est en train de se jouer entre la Chine et l'occident en Côte d'Ivoire. A travers des appuis militaires directs ou indirects.

L'Occident défend une vieille idée de l'Afrique dans laquelle il contrôle tout à travers ses hommes de mains et s'accommodent volontiers d'une misère de masse. La Chine est celle qui veut changer la donne et faire de l'Afrique la vitrine de sa puissance économique et militaire hors d'Asie. Ce qui froisse fortement l'Union Européenne et les USA.

Mais ces derniers ont-ils la force et l'énergie pour résister longtemps au rouleau compresseur chinois qui a malencontreusement décidé de faire de l'Afrique un des piliers de sa superpuissance en construction ?

Laurent Gbagbo, meilleur symbole des frustrations des Européens et des Africains

Pour les Africains, les deux personnages de notre feuilleton symbolisent deux conceptions opposées de la politique africaine. M. Ouattara, se définit comme «Houphouëtiste», c'est-à dire quelqu'un qui était ouvertement contre les États-Unis d'Afrique. En 1963, son mentor Houphouët Boigny était avec l'ancien président Sénégalais Léopold Sédar Senghor un principal fossoyeur du rêve de Kwame Nkrumah de créer immédiatement les États-Unis d'Afrique. Pour Senghor et Houphouët la relation avec la France était plus importante que toute nécessité d'autonomie africaine. Ce dernier avait alors prononcé la célèbre phrase: «Ils disent qu'ils vont unir l'Afrique du Cape au Caire. Ils le feront sans nous, sans ma Côte d'Ivoire». La suite on la connaît : l'OUA est née comme une nullité avec un seul programme cher à Senghor et Boigny : «intangibilité des frontières héritées de la colonisation européenne» et adieu le vieux rêve de Nkrumah contenu dans son livre prémonitoire publié en 1961 du titre : Africa must unite (l'Afrique doit s'unir si elle ne veut pas connaître famine, pauvreté et guerres).

Mettre fin à la triste parenthèse de l'OUA était une priorité pour Gbagbo dès son arrivée au pouvoir en 2000 pour passer à la nouvelle Union Africaine (en 2002) comme étape intermédiaire vers la création des États-Unis d'Afrique. Aujourd'hui, M. Ouattara continue dans la même voie : il ignore les institutions de la Côte d'Ivoire (le conseil Constitutionnel) et préfère attendre sa légitimité de Paris ou de Washington. Il demande à une partie du monde de venir faire la guerre pour tuer une partie du peuple ivoirien. Il demande d'affamer les fonctionnaires ivoiriens en les privant de leur salaire. Il demande à la France d'organiser des commandos sous le couvert de la CEDEAO, et comme Houphouët, il n'a jamais expliqué ce qu'il compte offrir à la France en retour.

Aux apprentis sorciers de la théorie des guerres éclair, j'ai envie de dire : aucune élection, aucune personne ne mérite qu'il y ait une seule vie de perdue. Les hommes passent, les empires disparaissent. Mais les cicatrices d'une guerre ne finissent jamais. L'Irak peut-il nous servir de leçon ?

Trois exemples hors d'Afrique pour élucider mes propos :

  • Le 19 décembre 2010, on a voté en Biélorussie, le président sortant a proclamé qu'il a gagné avec 72% et a aussitôt mis en prison les dirigeants de l'opposition. Y-a-t-il un seul pays Européen qui a menacé ce pays d'utiliser la force pour déloger Alexander Loukachenko au pouvoir depuis 16 ans ? L'Union Européenne n'a prévu aucun plan militaire pour aller déloger le dictateur. La raison est simple : les 27 pays de l'Union Européenne ont à cœur la valeur de la vie de leurs frères et sœurs de la Biélorussie. C'est à chacun de soigner ses intérêts et les Européens considèrent la vie humaine en Biélorussie plus importante qu'un dictateur qui s'en ira tôt ou tard.
  • Le Secrétaire Général des Nations Unies M. Ban Ki-Moon et le Représentant de l'ONU en Côte d'Ivoire M. Y Choi sont tous les deux citoyens d'un pays divisé en deux, la Corée. Il y a un des deux présidents Kim Jong-Il qu'ils disent fou et un danger permanent pour sa propre population et pour ses voisins. Mais pour Kim, M. Y Choi et M. Ban Ki-Moon ont toujours justement prôné la retenue. A ceux qui veulent faire la guerre en Côte d'Ivoire, j'ai deux questions : En quoi la vie d'un Coréen serait-elle plus précieuse à préserver que celle d'un Ivoirien ? En quoi la mort des populations civiles en Côte d'Ivoire serait-elle moins grave qu'en Corée ? En quoi Laurent Gbagbo est-il plus dangereux pour ses voisins que le dirigeant Nord-Coréen M. Kim Jong-Il, au pouvoir hérité de son père depuis 17 ans et qui lui-même l'avait exercé pendant 46 ans jusqu'à sa mort et qu'il s'apprête à passer à son fils ?
  • En Birmanie (Myanmar) en 2000 un vainqueur des élections présidentielles a été privé de sa victoire, pire, privé de liberté pendant 10 ans. Mme Aung San Suu Kyi s'est contentée en silence d'un prix Nobel de la paix, sans jamais exiger une quelconque intervention de l'extérieur pour aller déloger les usurpateurs du pouvoir. La victoire de Mme Aung San Suu Kyi validée par la Cour Constitutionnelle Birmane est-elle moins importante que la défaite de M. Ouattara déclarée perdant par le Conseil Constitutionnel de son pays ?

M. Laurent Gbagbo entrera-t-il dans l'histoire comme un dirigeant médiocre, méchant, valeureux ou éclairé ? Nul ne pourra le dire. Ce que nous savons par contre, c'est qu'il est l'homme qui symbolise le mieux les frustrations des Européens et des Africains. La crise Ivoirienne s'est vite transformée en une crise raciale entre les Blancs et les Noirs, entre l'Afrique et l'Europe. Avec cette fois-ci un 3ème larron, la Chine en embuscade.

L'Angola, premier partenaire africain de la Chine sur le plan commercial et militaire, soutient indéfectiblement Laurent Gbagbo

Le jour précis (17/12/2010) où l'Union Européenne annonçait avoir à l'unanimité choisi le camp de Ouattara dans la crise ivoirienne, contre Laurent Gbagbo, la Chine nous annonçait être devenue le premier partenaire commercial du continent africain en publiant les chiffres de 10 mois d'échanges avec les pays Africains. Il en ressort une augmentation du volume d'affaires à 20 milliards de dollars avec l'Angola faisant de ce pays son premier partenaire africain sur le plan commercial, mais aussi militaire.

Et le hasard veut justement que l'Angola soit le pays qui soutient militairement les Forces de Défense et de Sécurité de Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire. Et c'est ce même jour que le général Chinois de division Jia Xiaoning, directeur adjoint du bureau des affaires étrangères au ministère chinois de la Défense était reçu en audience au Cameroun par le Président Biya.

Ont-ils parlé de la crise ivoirienne ? La Chine peut-elle aider financièrement l'Europe pour sortir de la crise économique et accepter qu'elle utilise cet argent pour la combattre en Afrique ? Ce qui est sûr, c'est que c'est un scénario que l'Europe n'avait pas prévu.

C'est aussi le prélude d'une longue saison tumultueuse entre l'Afrique et l'Europe qui peine à accepter l'inexorable autonomie effective de l'Afrique, 50 ans après la parodie d'indépendance. Les généraux de l'armée chinoise sont en train de défiler un peu partout en Afrique pour tisser des accords de partenariat militaire ; à Pékin, on ne cache plus que le vrai but est de neutraliser toutes les rebellions que l'Europe organisera sur le sol Africain pour les freiner et retarder cette autonomie. L'arrivée de la Chine sur la scène politique, économique et militaire africaine est en train de se transformer en cauchemar pour l'Europe qui en perd toute sa lucidité.

L'Union Africaine doit reprendre la main en Côte d'Ivoire pour que le gouvernement invisible de l'Europe n'entrave, ne déstabilise et n'enlève pas à l'Afrique une des pièces maîtresses du puzzle (la Côte d'Ivoire). Si aujourd'hui la Côte d'Ivoire est sacrifiée pour offrir à l'Europe une consolation de répit dans sa guerre commerciale et industrielle perdue d'avance avec la Chine (comme le diktat chinois sur les terres rares), demain à qui le tour ?

La crise ivoirienne aura pour le moins, le mérite de nous donner plusieurs enseignements :

  • L'ONU est une boîte vide qui nécessite une complète refonte. Cette organisation est en train de se transformer en instrument de déstabilisation des nations et l'initiatrice des guerres civiles plutôt que d'être un instrument de pacification des peuples comme elle a été originellement conçue.
  • L'entraînement pour la première guerre mondiale du 21ème siècle entre l'Occident (Europe/USA) et la Chine se fera très probablement sur le sol africain. Le déclin des premiers ne les prive pas de l'instinct d'arrogance habituelle pour continuer d'humilier la seconde en lui intimant ce qu'elle doit faire en Afrique, sur la dévaluation du Yuan. Le ridicule ne tue pas. Ce sont les pays qui se sont de trompés de politique et sont responsables d'une crise financière mondiale, qui prétendent donner des leçons à la Chine qui elle a été vertueuse dans sa gestion. Il y a une ligne rouge que tôt ou tard l'Occident va traverser et ce jour là, cela va faire: boum ! Et c'est pour ce boum que l'Afrique sert aujourd'hui à l'un et à l'autre de terrain d'entraînement.

Gbagbo, enjeu du contrôle de l'Eldorado pétrolier du Golfe de Guinée

«Derrière le maintien ou non de Gbagbo au pouvoir se joue le contrôle du Golfe de Guinée, cet Eldorado pétrolier que Français ou Américains, en perte de vitesse dans le monde arabe, et unis pour cette fois, ne souhaitent pas voir passer en d'autres mains. A leurs yeux, Alassane Ouattara, ami personnel de Sarkozy, ancien directeur du FMI et gestionnaire libéral, représente un interlocuteur beaucoup plus crédible que Gbagbo le nationaliste». Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le Soir, elle collabore aussi au "Monde Diplomatique".



Source: IVOIREVOX.COM

mardi, 11 janvier 2011

MONNAIE, SERVITUDE ET LIBERTE: LA REPRESSION MONETAIRE DE L'AFRIQUE


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Un livre de Joseph Tchundjang Pouemi

Genre : Essai

Editions Menaibuc, Paris

Présenté par RST

« Monnaie, Servitude et liberté », sous-titrée « La répression monétaire de l'Afrique » ,une œuvre monumentale, est le fruit d'une réflexion sur les institutions de Bretton Woods, notamment le FMI où l'auteur, le camerounais Joseph Tchundjang Pouemi, professeur agrégé de Droit et Sciences économiques - option sciences économiques et gestion, a été fonctionnaire. Ce livre, dédié « A tous les enfants d'Afrique que l'intolérance a privés de la joie de servir la terre nourricière », marque une rupture radicale avec cette institution que l'auteur a quittée volontairement après avoir constaté qu'elle appauvrit l'Afrique plus qu'elle ne contribue à son développement.

Nous en proposons ci-dessous un compte-rendu de lecture. Je viens de terminer un livre remarquable, découvert tout à fait par hasard, l'un des plus enrichissants qu'il m'ait été donné de lire sur la monnaie et l'impact qu'a son fonctionnement sur la société humaine.

En effet, "Monnaie, servitude et liberté" de Joseph Tchundjang Pouemi, économiste Camerounais, disciple de Maurice Allais, est, selon moi, une œuvre majeure qui mérite d'être largement diffusée. Bien que sous-titrée "La répression monétaire de l'Afrique" et écrite il y a exactement 30 ans, le propos reste universel et intemporel.

Quiconque s'intéresse à l'économie et fait sienne cette citation de Jacques Rueff proposée en couverture : "Le destin de l'homme se joue sur la monnaie", doit lire d'urgence "Monnaie, servitude et liberté".

A travers la dénonciation lucide et argumentée de la dictature monétaire exercée sur l'Afrique - forme pervertie de la colonisation qui ne veut pas dire son nom - par le monde occidental et ses organisations, avec le FMI en tête, Joseph Tchundjang Pouemi nous offre une leçon de macroéconomie et d'économie monétaire. Il nous alerte : « Aujourd'hui, faute d'accorder aux questions monétaires l'attention qu'elles méritent, l'Afrique inflige à ses enfants, et plus encore à ceux qui ne sont pas encore nés des souffrances tout à fait gratuites. ».

Les problèmes soulevés concernent en premier lieu l'Afrique et les Africains, à la fois et, d'une certaine manière, responsables et victimes.

Le grand mérite de l'auteur est de dévoiler, de manière tout à fait compréhensible pou profane, le fonctionnement réel de la monnaie qu'il définit comme « une créance à vue sur le système bancaire » - et de montrer comment, la méconnaissance de ce fonctionnement, y compris chez les experts, est un frein puissant au développement de l'Afrique où « on croit ou on fait croire que la banque prête de l'argent qu'elle a ou quelle importe d'ailleurs, ou qu'elle collecte d'on ne sait où (...).

Joseph Tchundjang Pouemi nous explique la monnaie, « bien vide » dont la création précède la production et qui se transforme en revenu, en « bien rempli ». Il nous donne sa conception du rôle de la banque centrale qui doit être indépendante « au sein du gouvernement et non à l'égard du gouvernement». Il nous parle aussi de ce qu'il appelle les techniques répressives comme l'autofinancement et dénonce les discriminations dans l'allocation du crédit nom de la monnaie » - ou le mythe des théories du sous-développement. Il analyse le rôle des taux d'intérêts, et notamment le taux d'intérêt marché monétaire qui est « un thermomètre qui permet de voir dans quelle mesure l'économie est convenablement alimentée en monnaie

Il explique pourquoi l'inflation mondiale « c'est essentiellement (...) le refus par monnaie interposée d'un changement inéluctable (...). »

Ce ne sont que quelques exemples choisis arbitrairement parmi la multitude des concepts abordés et illustrés au travers de l'étude pratique et chiffrée de la situation économique d'un certain nombre de pays africains comme le Mali ou la d'Ivoire. Dans tous les cas, la même conclusion s'impose, clairement exprimée ici par Kovalin Tchibinda : "le Franc CFA est en fait un instrument de la permanence de la colonisation française en Afrique. Dans ce même ordre d'idées, Tchundjang Pouemi affirme : «La France est, en effet, le seul pays au monde à avoir réussi l'extraordinaire exploit de faire circuler sa monnaie, et rien que sa monnaie dans des pays politiquement libres». Et, bien que trente années se soient écoulées, la situation de dépendance de l'Afrique demeure, comme on peut le constater en lisant les livres « La zone Franc CFA dans la crise internationale publié par CADTM et « Le franc CFA et l'Euro contre l'Afrique » du professeur Nicolas Agbohou.

La richesse de l'ouvrage est telle que, en faire un résumé, ce ne ferait qu'amoindrir la portée du propos...

Pour conclure, je laisse la parole à Joseph Tchundjang Pouemi qui, au début du livre, écrit

« Il convient qu'en Afrique la monnaie cesse d'être le territoire du tout petit nombre de "spécialistes" qui jouent aux magiciens (...).

 


In LE FILAMENT N° 11 du 15 décembre 2010


Source: ECO DEMYSTIFICATEUR

Visitez le site de : LE FILAMENT.INFO

jeudi, 23 décembre 2010

LEANDRE SAHIRI: LETTRE OUVERTE AUX NOIRS QUI NE LISENT PAS


LEANDRE SAHIRI 2.jpg

Léandre Sahiri

Lettre ouverte

aux Noirs

qui

ne lisent pas

Editions Kasimex

Lisez ce livre, attentivement, entièrement. Offrez-le. Mettez-le à la disposition de toutes les personnes que vous aimez ou à qui vous voulez faire un beau cadeau. La lecture de ce livre leur fera tellement de bien que ces personnes vous témoigneront, tôt ou tard, leur reconnaissance. Les témoignages recueillis, les résultats déjà obtenus par les nombreuses personnes, hommes ou femmes, jeunes ou moins jeunes, qui ont eu la primeur ou le privilège de lire ce livre sont un garant sûr que ce livre plaît, dérange et instruit.

___________

L'auteur, Léandre Sahiri est professeur de littérature, critique littéraire et écrivain. Il a collaboré à de nombreux journaux, magazines et revues. Il a déjà publié plusieurs livres dont La victoire par la voie des urnes (essai) ; Contes d'actualité (recueil de contes) ; Les obsèques de Bahi Oromé (théâtre) ; Le Code noir de Louis XIV (théâtre) ; Jonathan Livingston le goéland (roman traduit de l'anglais) ; Monica ou De l'injustice de la justice (roman) ; Accusations (poèmes), etc.


EAN : 9782847160055                     ISBN : 978-2-84716-005-5

14:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, livre, léandre sahiri, lettre ouverte aux noirs qui ne lisent pas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 26 mai 2010

"LOUVERTURE EST RESSUSCITE..."

JOSUE GUEBO.jpg

Pour vous, l'interview de Josué GUEBO, auteur de L'or n'a jamais été un métal , un livre de poésie de 103 pages.

Henri N’KOUMO: Vous êtes présent dans le paysage littéraire ivoirien depuis plusieurs années. Cependant, vous n'êtes pas toujours connu du grand public. Qui est Josué Guébo ?

Pas connu du grand public ? C’est un sort que je partage avec d’illustres devanciers. On le sait, la littérature en Côte-d’Ivoire n’est pas une garantie de célébrité. On n’a pas à s’en plaindre. Je suis Josué Guébo, poète et auteur de « L’or n’a jamais été un métal », un texte paru il y a quelques mois aux éditions Vallesse. En 2000, un jury m’a fait l’honneur de me décerner la première place du concours national de poésie initié par l’Association des Ecrivains de Côte-d’Ivoire, pour mon texte intitulé « Noel, un fusil nous est né ». En 2007, double manuscrit d’or, avec mon poème « C’était hier » et ma nouvelle « Confidences d’une pièce de 25 F », primés et publiés en un ouvrage collectif sous le titre de « Ecrire pour la paix ».


Henri N’KOUMO : "L'or n'a jamais été un métal" est-il le résultat d'une longue maturation ou est-ce un texte écrit d'un jet?

Le livre est composé de quatre parties. Certaines sont le fruit d’un jet unitaire et d’autres plutôt des mosaïques, réalisées sur un temps relativement étendu. La pièce « L’or n’a jamais été un métal » qui donne son titre à l’œuvre est le fruit d’un long cheminement. Ce qui n’est pas le cas d’un fragment comme « sept et deux font soixante quatre », qui reste l’expression d’un jet, juste retouché à quelque chose près. Mais c’est certain que même un texte écrit d’un seul jet porte toujours la marque d’une maturation larvée.


Henri N’KOUMO : Le souffle poétique mis en branle dans "L'or n'a jamais été pas un métal" est comme retenu: les vers sont brefs, vous gardez prisonnière votre parole, vous optez pour une économie de mots...

C’est un choix d’écriture. La marque d’une poétique individuelle, évolutive, dynamique et donc susceptible d’être fécondée. Il y a qu’à un moment du cheminement on perçoit que la suggestion est première sur la démonstration en poésie. Ce caractère allusif me parait appeler une quête permanente de l’ellipse, non pas pour emprisonner la parole mais pour encaserner le terme. Un mot n’est jamais aussi explosif que comprimé ! Le paradigme stylistique qui a donc présidé à la naissance de « L’or n’a jamais été un métal » est imprégné de trois évidences: d’abord que le mot n’est jamais qu’un « civil » de façade. Deuxièmement qu’il faut rendre le mot à une sorte de grande muette lexicale pour le réconcilier avec la force de l’ordre suggestif. Troisièmement que le champ de l’allusion reste la seule et unique fréquence d’émission du discours poétique.


Henri N’KOUMO : Avez-vous des affinités, du point de vue de l'écriture ou de la pensée, avec certains auteurs d'ici ou d'ailleurs?

Je suis un communiant tardif à la messe surréaliste. Et puis il y a ensuite une fascination pour Césaire, Zadi Zaourou, Bohui Dali, Joseph Anouma, René Depestre, Kokoun Lares, Tati-loutard, Grobli Zirignon et Séry Bailly. Le dernier cité, sans être officiellement un auteur de textes poétiques est pour moi, avant tout, un poète implicite à qui, je pense, mon écriture doit un nombre importants de ses accents. Hors de la sphère négro-africaine, je me dois principalement à Verlaine, à Prévert, à l’inévitable Hugo et au cher Baudelaire de nos années scolaires !

Henri N’KOUMO : C'est à votre initiative que les écrivains de Côte d'Ivoire consacrent un livre aux Haïtiens. Pouvez-vous nous dire un mot concernant cette initiative?

Une seule phrase peut résumer ma démarche, je la tiens du divin Césaire : « Un homme qui crie, n’est pas un ours qui danse ». Je crois qu’il y a eu autour d’Haïti depuis le 12 janvier 2010 des élans de solidarité véritable, mais aussi du folklore pur jus, sans sucre ni colorant. Or le drame en Haïti nous interpelle au moins à double titre. Premièrement, au nom de la solidarité universelle qui doit tous nous animer quand l’humanité souffre en quelque lieu que ce soit, mais aussi pour des raisons historiques. Haïti nous le savons, est la première née des Républiques du monde noir. Au plan symbolique, Haïti est ainsi le lieu où est contesté, de manière concrète, tout le bavardage de mythomanes comme Arthur Gobineau ou Paul Broca. Dans l’imagerie de l’histoire de l’émancipation, Haïti porte ainsi, depuis les origines, l’étendard du Noir. Chacun de ses succès est nôtre, chacune de ses chutes est nôtre. Nous ne pouvions pas nous taire, quand la terre tremblait en Haïti, surtout, nous ivoiriens. Je ne délire pas : Louverture est ressuscité et vit depuis un certain temps déjà en Côte-d’Ivoire, riche d’une expérience historique qui le rend invulnérable aux méthodes surannées de la prédation. Le Fort-de-Joux garde toute sa nocivité, mais les temps ont changé et les chaines même ont perdu la mémoire des chevilles de Louverture. Le texte collectif qui paraitra très bientôt est la marque de notre solidarité, voire notre identité, avec ce peuple qui comme dit le poète Alain Tailly, « nous ressemble et nous rassemble ».


Henri N’KOUMO : Avez-vous d'autres projets? Des titres en phase d'édition?

Je préfère communiquer sur des produits. Les projets je ne vois pas l’opportunité d’en parler. Un « produit » sort de mes forges ces mois-ci. L’œuvre est déjà réalisée. C’est un texte poétique qui parait simultanément en France, en Belgique en Suisse et au Canada et s’intitule « D’un mâle quelconque ». C’est un coup de boutoir à la tyrannie du mâle. Le mâle qu’il soit noir ou blanc, à bien y regarder, reste le plus vieux des esclavagistes !

Interview parue dans le magazine "Point de Lecture" N° 6, mai 2010.

00:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : côte d'ivoire, livre, josué guébo | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 22 mars 2010

BLANCHISSEZ-MOI TOUS CES NEGRES!

SEANCE DE BLANCHIMENT DE LA PEAU.jpg

 

 

 

De Serge Bilé, un de mes amis sur Facebook: "Je voudrais vous raconter l’histoire de cette photo qui figure dans mon nouveau livre "Blanchissez-moi tous ces nègres", qui sort le jeudi 25 mars (2010) en librairie en France et que l’on peut également acquérir sur le net.

C’est une photo qui a été prise en 1908, aux Etats-Unis, chez un vieux médecin de Philadelphie, qui se livrait à des expériences de "bleaching" de nègres. À l’aide de rayons x, il s’attachait, en effet, à blanchir les Noirs, qui se pressaient dans son cabinet et qui étaient prêts, quitte à endurer de graves brûlures, à dépenser des fortunes pour se décolorer, dans l’espoir d’être acceptés dans la société blanche et de ne plus souffrir du racisme.

Un article de l’époque raconte qu’au bout de "la dixième séance d’exposition aux rayons x, le teint très foncé d’Africains pur sang tournait déjà au marron clair. En prolongeant le traitement, le docteur obtenait chez ses patients une teinte olivâtre. Avec certains sujets il aurait même obtenu la matité, qui caractérise le créole de pure race blanche. Enfin, en multipliant les expositions jusqu’à la limite permise par la force du sujet, il serait parvenu à décolorer complètement la peau par plaques, et à substituer au brun foncé une teinte que les témoins définissent par ces mots : un blanc maladif."

Le procédé, si l’on en croit l’article, fit la renommée du vieux docteur. "Sa clinique devenait le point de mire, le suprême espoir de tout nègre (et cette catégorie est nombreuse) ambitieux de se distinguer de ses congénères, en exhibant une pâleur de bonne compagnie".

Si les Noirs se bousculaient ainsi chez les médecins-blanchisseurs et chez les vendeurs de pommade dépigmentante, aux Etats-Unis, en Europe, et même aux Antilles, où le phénomène de blanchiment a démarré, dès 1849, c’est parce que les anciens esclaves avaient intégré l’idée qu’on leur avait tant serinée, au temps de la servitude, à savoir que leur âme et leur peau étaient sales et laides.

Ils avaient, dès lors, fini par idéaliser le Blanc et chercher à lui ressembler, en étant persuadés que la dépigmentation effacerait leur prétendue souillure et leur permettrait de changer de condition et de rang social.

C’est ainsi, aussi étonnant que cela puisse paraitre, qu’a commencé le fléau du blanchiment de la peau, qui touche aujourd’hui des millions de gens, en majorité noire, à travers le monde".

 

 

Source: Facebook Serges Bilé

jeudi, 18 mars 2010

LIVRE: LA THESE DU COMPLOT CONTRE L'AFRIQUE. POURQUOI L'AFRIQUE NE SE DEVELOPPE PAS

LIVRE. LA THESE DU COMPLOT CONTRE L'AFRIQUE.jpg

Le complot contre l'Afrique consiste à affaiblir les Etats afin que les puissances étrangères et les firmes transnationales influencent négativement l'évolution de ce continent. C'est en refusant la reconduction des pactes coloniaux préjudiciables au développement du continent tout en luttant contre les tyrans locaux que l'Afrique parviendra à décourager les stratèges occidentaux qui entretiennent astucieusement la sujétion des Africains.

 

 

Vient de paraître aux Editions L'Harmattan : « La thèse du complot contre l’Afrique. Pourquoi l’Afrique ne se développe pas », Paris, L’Harmattan, mars 2010, 318 pages.

 

 

 

Le texte d'annonce:

 

Si vous n’avez jamais su les raisons profondes pour lesquelles l’Afrique ne se développe pas et si vous souhaitez connaître les remèdes pour sortir l’Afrique de l’impasse, le politologue Fweley Diangitukwa vous donne tous les éléments de réponse dans ce livre magistral : Voici, à titre indicatif, quelques thèmes traités :

 

►Comment l’Europe occidentale contribua au sous-développement des pays d’Afrique. Parmi les facteurs externes du sous-développement, il faut souligner l’ignorance des mécanismes de production de la domination et de la pauvreté, les programmes scolaires qui ne répondent pas prioritairement aux besoins des Africains. L’Afrique a perdu ses industries traditionnelles là où la Chine les a gardées et modernisées. L’Afrique est géographiquement située loin de principaux centres financiers du monde.

 

►Parmi les causes historiques du sous-développement, il est à retenir : l’homme noir a été humilié et infériorisé au cours de l’histoire, l’esclave et la traite négrière ont duré plus de trois siècles et ont marqué profondément l’homme noir, l’histoire africaine été volontairement falsifiée par l’Occident alors qu’avant la colonisation, l’Afrique était un continent dynamique. Avec la colonisation, les Africains ont perdu ce qu’ils avaient de précieux et de sacré. Il y a, et on ne le dira jamais assez, le pillage systématique des richesses du continent par les firmes occidentales. L’Occident refuse de reconnaître ses cruautés et ses crimes commis en Afrique pour ne pas réparer ses fautes monstrueuses.

 

►Parmi les causes structurelles du sous-développement, il y a entre autres : une formation et une préparation insuffisantes des leaders au moment où les pays africains ont accédé à l’indépendance ; l’absence d’une accumulation de capital ; l’idéologie de la division internationale du travail défavorable à l’Afrique ; la convoitise du continent africain par tous les États puissants et par toutes les entreprises transnationales ; les investissements directs étrangers (IDE) ne contribuent pas au développement des pays africains ; l’Afrique se développe avec des langues d’emprunt qu’elle ne maîtrise guère ; l’absence de techniciens bien formés et de centres de recherche adaptés aux besoins des Africains ; les dirigeants des États africains sont devenus les représentants attitrés de la Françafrique et de la mafia internationale.

 

►Parmi les causes conjoncturelles du sous-développement, l’auteur avance : la dette étrangle les pays d’Afrique ; il y a la persistance de la monoculture ; l’Africain a perdu sa personnalité ; l’État importé en Afrique est inadapté ; l’Afrique souffre d’un excès de théories de développement ; l’Afrique est un continent encerclé et surveillé à partir de points stratégiques ; les frontières artificielles héritées de la colonisation n’ont pas réussi à créer des États-nations viables ; les droits de l’homme sont bafoués par ceux qui prétendent les défendre dans les assises internationales ; les institutions internationales défendent les intérêts des États puissants qui financent leur fonctionnement contre ceux des États faibles ; l’aide publique occidentale crée une dépendance avilissante en Afrique parce qu’elle participe au complot contre l’Afrique ; les banques occidentales refusent de coopérer pour restituer l’argent détourné par les hommes politiques africains.

 

►Dans le chapitre sur la corruption qui paralyse les caisses de l’État, l’auteur s’attarde sur l’impunité des cadres dirigeants qui est à l’origine de la grande corruption. Pour combattre la corruption, il faut lutter à la fois contre le corrupteur et contre le corrompu. La captation de l’État est la forme de corruption la plus subtile et la plus pernicieuse. Beaucoup de dirigeants africains assoiffés d’argent facile ne savent pas négocier.

 

►Quant à la thèse du complot, il faut dire que la presse occidentale participe au complot contre l’Afrique. La France refuse de poursuivre les tyrans africains avec lesquels elle a toujours collaboré. L’Afrique n’a pas de leçons de morale, de démocratie ou de bonne gouvernance à recevoir de l’Occident. Le G8 complote en secret pour planifier, contrôler et orienter les affaires du monde. Les chefs d’État des pays du Sud sont généralement choisis et soutenus par les réseaux mafieux du Nord. La Somalie est devenue le pays modèle du complot contre l’Afrique.

 

4ème page de couverture :

Les grandes puissances, qui tiennent les anciennes colonies en laisse comme des chiens de compagnie, freinent délibérément le développement des pays africains afin de les rendre fortement dépendants et de refuser ainsi toute concurrence. Le développement de l’Afrique est bloqué à cause de la division internationale du travail dans laquelle les pays africains sont contraints à produire et à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. La transformation de ces matières premières est souvent faite à l’étranger et beaucoup de pays africains sont incapables d’acheter leurs propres produits après leur transformation.

Le complot contre l’Afrique consiste à affaiblir les États afin que les puissances étrangères et les firmes transnationales influencent négativement l’évolution de l’Afrique. Il consiste à « endormir » les Africains tout en faisant croire qu’on s’intéresse à eux afin de faciliter la soumission des hommes et l’exploitation des ressources naturelles car il est plus facile d’exploiter des femmes et des hommes qui ne sont pas fiers d’eux-mêmes. Ce complot s’explique également par la vente des armes démodées aux pays africains. Des armes qui ne servent pas à gagner une guerre mais à terroriser uniquement les populations pour asseoir des régimes tyranniques et pour s’enrichir rapidement et illicitement. Ce complot se manifeste concrètement dans le pillage des ressources naturelles et des produits agricoles comme le cacao, dans la manière de traiter l’information et de gérer les conflits armés (Darfour, RDC), ainsi que dans la destruction des langues nationales qui ont été supplantées par les langues coloniales. La mondialisation, telle qu’elle fonctionne, est au service de cette stratégie car elle s’emploie à favoriser l’affaiblissement des États africains. Le G8 et certaines organisations travaillent aussi dans le même sens.

C’est en refusant la reconduction des pactes coloniaux préjudiciables au développement du continent et en faisant d’autres choix qui privilégient le développement du continent tout en luttant contre les tyrans locaux que l’Afrique parviendra à décourager les stratèges occidentaux qui entretiennent astucieusement la sujétion des Africains.

 

Ce livre, dans lequel Fweley Diangitukwa déverse son amour infini pour l’Afrique, dérange profondément parce que la vérité y est dite ouvertement, sincèrement et directement, sans détour, sans recourir à la langue de bois. Ce livre va faire date dans la mesure où la prise de conscience des Africains ne sera plus la même. A partir de cette publication, il y aura un avant et un après complot contre l’Afrique.

 

Les associations et groupes qui souhaitent organiser un débat avec Fweley Diangitukwa sur les questions traités dans ce livre peuvent contacter directement l’auteur. Une tournée de débats aura lieu en France, en Suisse, en Belgique et en Grande-Bretagne mais aussi dans d’autres pays sur invitation. Si votre association est intéressée, veuillez le signaler, dès que possible, à l’auteur en lui envoyant un e-mail : afriquenouvelle@bluewin.ch

Merci pour votre intérêt !

 

« Le complot contre l’Afrique » est un livre fondamental dans lequel se trouvent des clés qui permettent de comprendre les raisons pour lesquelles l’Afrique ne développe pas.

 

Pour se procurer ce livre, veuillez contacter Mme Virginie ROBERT, éditions L’Harmattan, Tél. : 00 33 (0)1 40 46 79 23 ou vous adresser directement à l’auteur : afriquenouvelle@bluewin.ch ou aux éditions Afrique Nouvelle, case postale 112, 1806 Saint-Légier, Suisse ou encore adresser directement votre demande à une grande librairie de votre ville d’habitation en indiquant le numéro ISBN : 978-2-296-11202-5.

 

 

Les publications de l’auteur aux éditions L’Harmattan :

 

- « Les grandes puissances et le pétrole africain. Etats-Unis – Chine : une compétition larvée pour l’hégémonie planétaire », Paris, 2009, 200 pages

- Migrations internationales, codéveloppement et coopération décentralisée (essai), Paris, 2008, 290 pages. Préface de M. Mohamed Sahnoun, Ancien envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies dans la région des Grands Lacs.

- Les fraudes électorales. Comment on recolonise la RDC, Paris, 2007, 226 pages.

- Le règne du mensonge politique en RD Congo. Qui a tué L.-D. Kabila ?, Paris, 2006, 135 pages.

- Géopolitique, intégration régionale et mondialisation (essai), Paris, 2006, 319 pages.

- Qu’est-ce que le pouvoir ? (essai), Paris, 2004, 276 pages

- Pouvoir et clientélisme au Congo-Zaïre-RDC (essai), Paris, 2001, 308 pages.

- Qui gouverne le Zaïre ? La République des copains (essai), Paris, 1997, 337 pages. Préface de Jean-Claude Willame, ancien professeur à l’Université catholique de Louvain, Belgique.

mercredi, 13 janvier 2010

LIVRE-NOUVELLE PARUTION: "AGIR POUR LA VICTOIRE DE LAURENT GBAGBO"

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Auteurs : Léandre Sahiri, Sylvain de Bogou et Serge Grah

Editions Kasimex

Couverture : Quadri Recto / Verso, pelliculé. Format  A5, 56 pages.

 

Léandre Sahiri : C’est avec un grand et réel plaisir que je vous annonce la sortie de mon nouveau livre intitulé : « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo », écrit en collaboration avec Sylvain de Bogou, journaliste et écrivain à Londres et Serge Grah, journaliste et chargé d’édition, Chroniqueur littéraire, à Abidjan. Ce livre est paru aux Editions Kasimex, en France, et imprimé pour les besoins de la cause en Côte d’Ivoire. Il est disponible en librairie depuis le 08 janvier 2010.

Pourquoi ce livre ?

Nous publions ce livre, à l'approche de l'élection présidentielle, en vue de mieux faire connaître le candidat Laurent Gbagbo, ses actions, ses idées, sa vision de la Côte d'Ivoire, de l'Afrique et du monde. Et ce, à travers sa biographie, ses interviews, ses discours, ainsi que des témoignages et des prises de position de personnalités diverses. Parce que nous estimons que, de tous les candidats, M. Laurent Gbagbo est, inexorablement, en dépit des errements et des imperfections de son régime, le Président idéal pour diriger notre pays, dans l'état actuel où il se trouve.

En effet, faisant fi des sirènes de milliards qu’on nous promet, nous avons choisi de publier ce livre pour convier nos compatriotes à soutenir M. Laurent Gbagbo, à agir, à participer activement à sa campagne électorale, et, par-dessus tout, à lui accorder leurs voix pour sa victoire, notre victoire. Car, un autre choix nous défavoriserait.

Mais, au fait, qu’entendons-nous par : « agir » ? Pourquoi agir pour la victoire de Laurent Gbagbo? Comment agir pour gagner ? Faut-il désespérer de la « refondation » ? Pourquoi un choix autre que Laurent Gbagbo nous défavoriserait-il ?...

Vous aurez toutes les réponses à ces questions, en lisant « Agir pour la victoire de Laurent Gbagbo ».

Par la même occasion, nous vous annonçons que la présentation officielle du livre et des séances de Dédicace sont prévues. Nous vous en tiendrons informé(es).

Avec mes compliments.

Léandre Sahiri

 

Les auteurs :

 

Léandre Sahiri. Docteur ès lettres de l'Université de la Sorbonne, Paris. Professeur de Littérature. Critique littéraire... Il a enseigné dans plusieurs établissements et institutions en France, en Côte d'Ivoire et au Canada. Il est l’auteur de : La victoire par la voie des urnes, essai ; Contes d'actualité, contes ; Les obsèques de Bahi Oromé, théâtre ; Le Code noir de Louis XIV, théâtre ; Jonathan Livingston le goéland, roman traduit de l'anglais ; Monica ou De l'injustice de la justice, roman ; Accusations, poèmes, etc.

 

Sylvain de Bogou est journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l'anglais et le français. Il est titulaire d'un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d'enseignant-chercheur. Il est l'auteur de plusieurs articles de presse et d'un recueil de poèmes Unfinished Symphony qui vient de paraître aux Editions AuthorHouse, en Angleterre.

 

Serge Grah est journaliste et chargé d’édition dans une maison d’édition en Côte d’Ivoire. Chroniqueur dans le magazine littéraire ivoirien Point de Lecture. Ambassadeur Universel de la Paix. Il est l'auteur, de Kolou le chasseur (Littérature enfantine) et Une saison au purgatoire (poèmes).

 

Distribution / Diffusion :

Librairie Carrefour Siloe (Cocody Saint-Jean)

22 Boulevard de France – 08 BP 326 ABIDJAN 08 (Côte d’Ivoire)

Tél. 00 225 22 44 23 70 / 00 225 22 44 81 71

Fax : 00 225 22 44 54 96

 

Contact :

Pour plus d’informations et pour commander ce livre, contacter : Mlle Honorine Koudou 

Par Tél. : 00 225 07 21 57 70 / 00 225 01 17 38 55

jeudi, 07 janvier 2010

POURQUOI LE TIERS-MONDE NE SE DÉVELOPPE PAS ?

Samedi, 25 Juillet 2009



Dans son livre « A Farewell to Alms » [ou « Adieu l'aumône »], l’économiste Gregory Clark examine les conditions nécessaires pour qu’un pays accède au développement économique. Après avoir étudié la transformation des mentalités en Angleterre entre le 13e et le 19e siècle, Clark énumère quatre critères qui, selon lui, doivent être réunis avant qu’une économie ne commence son ascension : travailler dur, penser au lendemain, maîtriser les savoirs de base (lire/écrire/compter), et régler les différends autrement que par la violence.  Selon G. Clark, les pays du « Tiers-monde » ne se développent pas car leurs populations ne sont pas prêtes. Par François Desouche.

 

A FAREWELL TO ALMS.png 

Livre de Gregory Clark : A farewell to Alms qui veut dire: Adieu l'aumône

Le développement économique est un phénomène récent à l’échelle de l’humanité. De la Préhistoire au 19e siècle, c’est l’ensemble de la planète qui reste dans un état de sous-développement. Longévité, taille moyenne de la population (indicateur de santé), revenu réel par habitant… : les chiffres sont à peu près les mêmes en 10 000 av. J.-C. et en l’an 1800 de notre ère. Coté nutrition par exemple, l’Anglais moyen consommait 2 322 calories par jour en 1790 (les plus pauvres devaient même se contenter de 1 508 calories/j). Par comparaison, les tribus de chasseurs-cueilleurs consommaient 2 300 calories par jour, voire plus ; et leur régime était bien plus varié. « L’homme primitif était bien nourri par rapport à l’une des sociétés les plus riches du monde en 1800 », écrit l’auteur.

La raison de cette stagnation est bien appréhendée : jusqu’en 1800, tout progrès technologique s’est traduit non par une « augmentation du niveau de vie » mais par un « accroissement du nombre d’habitants ».

Tout change à partir du 19e siècle. Le niveau de vie moyen commence à croître à un rythme prodigieux, jusqu’à aujourd’hui. Pourquoi ? Pour Gregory Clark, la réponse se trouve dans les archives médiévales qu’il étudie depuis vingt ans. »

Selon lui, « l’Angleterre du 13e siècle n’était pas prête pour le développement économique en raison de quatre handicaps, partagés par tous les peuples » :

1.      une vie tournée vers le présent et l’incapacité à  consentir des sacrifices immédiats pour un mieux-être ultérieur ;

2.      une maîtrise très approximative du calcul, de la lecture et de l’écriture. Et une volonté insuffisante de développer ces compétences ;

3.      la résolution des conflits par la violence physique plutôt que par la négociation ;

4.      une quantité de travail insuffisante.

Il est, selon l’auteur, impossible qu’une population présentant ces caractéristiques puisse engendrer les progrès technologiques rapides et continus nécessaires au développement économique. En 1800, en revanche, les Anglais travaillent 60 heures par semaine, pensent à l’avenir, savent suffisamment bien lire, écrire et compter, et commettent peu de crimes. Une population ayant ces qualités est alors en mesure d’inventer la Révolution Industrielle, ou au moins d’en copier les meilleures idées avec succès.

Que s’est-il passé entre 1200 à 1800 pour que s’opère ce changement radical en Angleterre ?

Gregory Clark apporte une réponse fort simple.

En 1200, seule une fraction de la population possède les quatre qualités évoquées précédemment : ceux qui se sont enrichis. Exemples : le poissonnier qui a plus de clients que son concurrent, le cordonnier qui vend ses chaussures plus cher mais parce qu’elles sont de meilleure qualité, le paysan qui produit plus de blé. Cette fraction de la population a « plus d’enfants » ayant survécu jusqu’à l’âge adulte que les autres (avoir des enfants est coûteux : nourriture, soins, éducation… Seuls les plus riches peuvent subvenir aux besoins d’une famille nombreuse).

Léguant à leurs enfants leurs valeurs et leurs traits de caractère, les familles porteuses de valeurs positives se sont multipliées, répandant ces valeurs au travers de la société. A l’inverse, celles qui en étaient dépourvues ont progressivement disparu. « La population de l’Angleterre moderne descend principalement des classes socio-économiques supérieures du Moyen Âge, » conclut Gregory Clark. « Être économe, prudent, travailleur et négocier sont devenus les valeurs de communautés qui auparavant étaient dépensières, impulsives, violentes et paresseuses. »

Il a donc fallu 600 ans  pour que les traits de caractère nécessaires au développement économique du pays se répandent peu à peu, et en 1800, l’Angleterre était prête pour la Révolution Industrielle. D’autres zones géographiques étaient dans cette configuration : la France et le reste de l’Europe, les colonies européennes (Etats-Unis, Canada, Australie, etc.), l’Asie du Nord-Est (Japon, Corée du Sud, Taiwan, etc.).

Les autres pays ne l’étaient pas. Ces pays-là sont aujourd’hui appelés « pays sous-développés » ou «Tiers-monde ». C’est de ces pays que proviennent la majorité des immigrés qui s’installent en France.

Pouvons-nous les aider à se développer ?

Gregory Clark répond par la négative.

Nous pouvons leur montrer nos innovations, mais ils ne les utilisent pas aussi bien que nous. Et Clark soutient qu’il n’y a rien à faire pour accélérer leur développement. Contrairement à ce que croient la Banque Mondiale ou le Fonds Monétaire International, il ne s’agit pas d’un problème de capitaux, d’encadrement, d’institutions, d’éducation, d’infrastructures ou de techniques. Si tel était le cas, ces déficiences pourraient être comblées avec suffisamment de temps et de générosité. Le vrai problème, selon Clark est d’une nature beaucoup plus profonde. C’est ce qu’il appelle pudiquement : « la qualité des travailleurs ».

Cette conclusion est d’autant plus significative que Gregory Clark n’est pas un marginal. C’est au contraire un chercheur réputé. A Farewell to Alms est un best-seller qui a reçu un accueil très favorable dans les milieux intellectuels, du New York Times au prix Nobel d’économie 2001 George Akerlof. Ses données sont inattaquables. La publication de ce livre, en 2007, a suffi pour propulser son auteur au rang de superstar de l’économie, en l’espace de quelques mois.

Gregory Clark conclut par ce jugement sévère : « L’Histoire démontre, comme nous l’avons vu encore et encore dans ce livre, que l’Occident n’a aucun modèle de développement économique à offrir aux pays du monde qui sont encore pauvres. Il n’y a pas de remède économique simple qui garantira la croissance, et même des interventions économiques complexes n’offrent pas de chance claire de guérison pour les sociétés atteintes de pauvreté. Même les dons directs destinés à les assister ont prouvé qu’ils étaient inefficaces pour stimuler la croissance. »

Auteur de l’article : François Desouche

Source : http://nerrati.net/afrique-dossier

16:22 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre, Monde | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : a farewell to alms, gregory clark, adieu l'aumône, afrique-dossier, nerrati.net, f.desouche | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 14 décembre 2009

LE PARIS MAÇONNIQUE DECRIPTE

LOUVRE.jpg

Libération.fr, 10 Décembre 2009. Texte: Gabriel Alphen-Ginet.

Les lecteurs du Symbole perdu, le dernier livre de Dan Brown, auteur du Da Vinci Code, vont adorer ce nouveau guide.

Pourquoi y a-til un zodiaque à la Grande arche? Que cachent les pyramides du parc Monceau, que trouve-t-on dans les chapelles des Invalides? Pourquoi certains murs et bâtiments sont-ils ornés de mystérieux triangles, compas et équerres? Et que signifient tous ces yeux de pierre qui scrutent les passants? Un livre édité par les éditiions Dervy répond à toutes ces questions en décryptant le Paris maçonnique, omniprésent dans les rues de la ville.

francmacEpimetheus.gif

Après avoir rappelé ce qu'est cette institution méconnue, objet de tous les fantasmes, Raphaël Aurillac, son auteur, retrace l'impact et la place de la franc maçonnerie dans l'architecture parisienne, en revisitant les lieux et monuments créés, commandés ou décorés par les initiés. On découvrira à cette occasion pourquoi l'Observatoire de Paris fut créé ou encore ce qu'était le Champ-de-Mars avant d'être ce qu'il est actuellement.

Les dix chapitres de ce petit guide, organisés par arrondissements, sont agrémentés de dessins, photos et cartes (certains plans de bâtiments et schémas auraient d'ailleurs mérité un agrandissement).

 

A lire pour découvrir la face obscure de la ville lumière. Guide du Paris maçonnique,Paris décrypté
Auteur: Raphaël Aurillac. Edition Dervy. 295 pages; (22 x 11 cm) 19 euros.

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Retrouvez cet article sur Libération.fr

15:12 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans France, Livre | Lien permanent | Commentaires (9) | Tags : dan brown, franc-maçonnerie, le paris maçonnique, le symbole perdu, libération.fr | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 24 novembre 2009

SERGE BILE, INVITE DU PROCHAIN CAFE LITTERAIRE

INVITATION CAFE LITTERAIRE.JPG

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10:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : serge bilé, 25ème café littéraire, case des arts, nid de cocody, abidjan évènement littéraire | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 21 novembre 2009

ET DE SEPT POUR LEANDRE SAHIRI!

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Léandre Sahiri, un auteur prolifique! Et de sept pour le brillant homme de lettres ivoirien. Pour vous donner une idée de la grande richesse et de la qualité de cette dernière production, je vous en propose (ci-dessous) la préface. Un texte signé Sylvain de Bogou*. Bonne lecture!

 

 

 

Il est d’abord à remarquer que Léandre Sahiri a pondu une oeuvre dense, intéressante à lire et à enseigner.

 

Au total, 43 poèmes mis à notre disposition et qui révèlent l’une des multiples facettes de cet éternel insatisfait, de cet écrivain prolixe et iconoclaste aux sources d'inspiration variées, spécifiquement intéressé par la promotion des valeurs humaines et rêvant du meilleur des mondes possibles...

 

Au commencement, le poète, en une réflexion interrogative, accuse, nous accuse et s’accuse lui-même,  dans le premier poème éponyme qui justifie bel et bien du titre du recueil « Accusations » :

« Pourquoi toujours trouver

En autrui

Le responsable de nos maux ? »

 

Et, comme répondant, lui-même, à cette interrogation, il lance une invite à chacun et à chacune de nous : face à toutes crises, nous devons  effectuer, en toutes circonstances, une réelle introspection individuelle et, si besoin est,  collective, en vue de trouver les causes de nos maux et les cures idoines :

« Au lieu d’accuser les autres

Accusons-nous 

Nous-même

D’abord ».

 

Dans le même ordre d’idées, et utilisant la parole de Zarathoustra, du moins feignant de se dissimuler derrière ce personnage mythique, Léandre Sahiri nous somme instamment de puiser résolument en nous-mêmes les ressources suffisantes et nécessaires pour trouver les solutions à toute crise que nous vivons. En d’autres termes,      

« … chacun de nous… (doit)

… se confronter à

Sa propre guerre intérieure… ».

 

Le deuxième poème du recueil, notamment « Zarathoustra », ouvre la page des dénonciations des manipulations politiques, domaine dans lequel d’ailleurs Léandre Sahiri excelle.

 

De ce point de vue, on lira avec intérêt les poèmes suivants : « Il n’y aurait pas de guerre » où il accuse les dirigeants d’avoir beau jeu d’allumer partout des foyers de tension (guerres, rebellions…), pour ensuite envoyer à l’abattoir les enfants des autres et faire semblant de jouer aux pompiers, alors que c’est eux les pyromanes ; « Mal à l’Afrique » où il accuse les Africains d’être les premiers ennemis de l’Afrique et de favoriser, consciemment ou inconsciemment, la spoliation et la paupérisation du continent, berceau de l’humanité et de la civilisation, terre qui, on ne peut le nier, regorge de ressources et de richesses (or, diamant, cacao, bauxite, manganèse, coltan, agrumes...) et qui, cependant, est en proie, on ne peut le nier non plus, à d’énormes difficultés… :  trop de problèmes, trop de manques, trop de souffrances, etc.

 

Dans un tel contexte environnemental, on en vient à se demander : la vie a-t-elle encore un sens ? (Ou plutôt) comment donner du sens à la vie ?

 

Cette question fondamentalement existentielle, Léandre Sahiri nous invite à la reposer dans ses poèmes « Zégloubèdè», « Comme des moutons », « Là-bas dans mon pays », « Insomnie », « L’Inutile », « Décrétale d’exil », « A mon peuple »…, dont les personnages pourraient être l’un ou l’une ou l’autre d’entre nous.

 

LEANDRE SAHIRI.JPG

 

Par exemple, on pourrait imaginer aisément que, lorsqu’il nous accuse d’encombrer nos vies de choses  inutiles et de nous accommoder de « l’inutile », lorsqu’il célèbre l’idéal politique dans « A Gabriel Péri »…, ou bien lorsqu’il stigmatise les dérives de la jouissance du pouvoir dans « Nguur » et « Inconscience », Léandre Sahiri fait un clin d’œil particulier, voire donne une griffe, à ses camarades de lutte d’hier, parvenus à la haute marche de l’échelle sociale et étatique, aujourd’hui aux commandes dans son pays d’origine, qu’il accuse de

« Brader

Nos idéologies communes

Hier avec hargne défendues

Et aujourd’hui

Par les réalités de la jouissance du pouvoir

A rude épreuve mises »

Par-delà les thèmes, ce qu’il nous paraît intéressant de souligner dans « Accusations », c’est l’abondance des symboles et des images ; c’est également la grande maîtrise de la langue, ainsi que la qualité du langage de l’auteur.

En effet, Léandre Sahiri refuse volontiers le langage ésotérique qui empêche bien souvent de s’immerger dans une œuvre poétique. Il  a, dans « Accusations », choisi de s’exprimer dans un langage simple et accessible à tous. Il brise ainsi les « murs sécurisés » qui entourent la poésie classique.

Sans doute, veut-il, en procédant ainsi, loin d’enlever à la poésie son essence et sa substantifique moelle, faire de ce genre d’écriture quelque chose qui rime avec notre temps et nos réalités.

 

Sans doute, veut-il, en sa qualité de professeur de Lettres et critique littéraire, prôner une poésie d’actualité qui aborde directement les sujets, sans détours, sans faux-fuyant, sans accroche-cœur, sans sourciller, en toute liberté…

 

Le recueil est, comme nous l’avons souligné plus haut, immense et dense. Et, il n’est pas dans nos forces de prétendre en épuiser la présentation en quelques pages. D’ailleurs, tel n’est pas l’objet d’une préface.

 

Cependant, il nous semble impérieux et important de préciser  qu’on ne sort pas vierge de la lecture de cet amas d’« accusations ». C’est une machine qui transforme et façonne, profondément, positivement, du moins à notre avis. Chacun ou chacune s’y retrouve. On y est parfois surpris par des révélations qui nous touchent, qui nous concernent singulièrement, au point qu’on est, de temps à autre, amené à se demander si, avant d’écrire, Léandre Sahiri, éventuellement, ne nous espionne pas, ou n’enquête pas sur nos vies privées.

 

En tout cas, ceci, entre autres aspects, impose « Accusations » comme une grande oeuvre littéraire que nous apprécions et dont nous avons plaisir à recommander la lecture.

Sylvain de Bogou*

Londres, mai 2009

 

* Sylvain de Bogou est  journaliste (radio et presse écrite) et consultant, parlant couramment et sans distinction l’anglais et le français. Il est titulaire d’un Master en Droit des Relations Internationales. Il prépare une carrière d’enseignant-chercheur. Pour son franc-parler dérangeant, son non-conformisme, son engagement politique…, ou on l’approuve, ou on le réprouve. Sa soif de savoir le « contraint » à s’intéresser à presque tous les domaines de la connaissance. Il déclare avoir deux ennemis jurés qu’il combat de toutes ses forces, à savoir l’ignorance et l’injustice. Il est l’auteur de plusieurs articles de presse et d’un recueil de poèmes qui vient de paraître « Unfinished Symphony ».

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LA DERNIERE OEUVRE DE FODJO KADJO ABO

 

 

LIVRE FODJO KADJO ABO.jpg Résumé

 

Le vent de la démocratie qui souffle sur la planète depuis les années 1990 avait suscité beaucoup d'espoirs chez les populations des pays en développement qui, dans leur immense majorité, aspiraient à un vrai changement. Près de deux décennies après le déclenchement de cet ouragan qui a entraîné de nombreux bouleversements, son bilan reste très mitigé.

Que ce soit en Afrique ou en Asie et en Amérique du Sud, dans nombre de pays, opposants comme gouvernants ne jurent que par la démocratie pour arriver au pouvoir. Malheureusement, les premiers soutenus dans bien des cas par de grandes puissances - lorsque les seconds deviennent indociles - usent de la violence pour arriver à leurs fins. Les gouvernements, alors soucieux du maintien de l'ordre et de leur pouvoir, n'hésitent pas à réprimer sévèrement leurs déstabilisateurs supposés.

L'on se retrouve ainsi dans une situation où des acteurs prétendent tous lutter pour un même idéal et ne regardent pas dans la même direction. C'est ce paradoxe que l'auteur dénonce dans cet essai. II déplore notamment que la démocratie, censée apporter la délivrance, la liberté, le bien-être et la joie de vivre deviennent source de malheur et de souffrances.

 

L’auteur

 

Ecrivain résolument engagé, Fodjo Kadjo Abo est le premier lauréat du Prix Haut de Gamme de la littérature, qui a récompensé le meilleur écrivain ivoirien en 2008. Né en 1959 à Adounkro, en Côte d’Ivoire, il a occupé de nombreuses fonctions dans la magistrature, au ministère de la Justice et au Ministère de la Sécurité. En outre, il a été membre de la Commission supérieure des recours auprès de l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle.

 

Table des matières

 

Introduction

 

Chapitre 1 : La conquête du pouvoir par la violence au nom de la démocratie

L'accession au pouvoir par les armes

La conquête du pouvoir par des manœuvres de déstabilisation

Les manifestations déstabilisatrices

Les grèves politiques

Chapitre 2 : La conservation du pouvoir par la terreur au nom de la démocratie

L'instrumentalisation de la force publique

L'instrumentalisation de la rue

Chapitre 3 : La promotion de la démocratie par la terreur

La sponsorisation de la violence au nom de la démocratie

La promotion de la démocratie érigée en fondement de l'impérialisme

 

Conclusion

_______________________________________________________________________________________________________

Vous pouvez commander cet ouvrage directement à votre libraire habituel
ou sur notre site internet :
http://editions-harmattan.fr

EDITION L'HARMATTAN.jpg

19:38 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : fodjo kadjo abo, pratique de la terreur, démocratie, éditions harmattan | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 17 novembre 2009

PROSPER NDOUBA: LE JOURNAL D'UN CAPTIF DES "LIBERATEURS"

L'OTAGE DU GENERAL REBELLE CENTRAFRICAIN 1.jpg

 

DES REALITES  INSAISISSABLES !

En République centrafricaine, les avatars de la guerre ont conduit à la captivité un acteur politique,  en l’occurrence, Prosper N’douba, auteur du livre « L’otage du Général rebelle centrafricain François Bozizé, Journal d’un captif   des libérateurs » publié chez l’Harmattan en 2005.

 Sous le régime de Ange-Félix Patassé de la République centrafricaine, Prosper N’douba  a servi comme porte-parole.

Dans  ce livre, il  nous parle de sa captivité et des conditions de vie dans les mains de ses ravisseurs durant trente-huit jours.

 Ainsi, ses trente-huit jours de détention par les rebelles lui ont permis d’être en face des réalités socio-économiques de son pays. Car, détenu, au fin fond du pays, Prosper N’douba a pu constater les ravages de la gestion économique de la Centrafrique par les régimes successifs à la tête de l’Etat depuis l’indépendance.

Là en tant qu’acteur, à un moment donné, précisément sous Patassé, il a pu se rendre à l’évidence que les pouvoirs se succèdent mais n’apportent rien de différent sur tous les plans.

Les dirigeants politiques ainsi que lui-même ont vécu dans une bulle qui ne leur permettait pas de connaitre en fait ce qu’est la réalité du peuple centrafricain.

Il n’y a  pas que l’amour pour rendre aveugle, le pouvoir aussi conduit à la cécité croissante : c’est ce que Prosper N’douba démontre à travers son livre.

Cette lumière lui a été donnée à cause de la captivité dont il a été victime. La leçon de captivité qu’il nous donne peut arriver à chacun de nous. N’attendons pas que cela nous arrive pour comprendre, car il ce serait alors trop tard.

 

NOTE DE LECTURE DE

L’otage du Général rebelle centrafricain François Bozizé

Journal d’un captif «  des libérateurs ».Editions l’Harmattan en 2005.

Maurice Mouta  W  GLIGLI-AMORIN 

L'OTAGE DU GENERAL REBELLE CENTRAFRICAIN 2.jpg

 

 

AFRIQUE: JONCTION ENTRE LUTTE POLITIQUE ET PAUVRETE
 
La lutte politique en Afrique est loin de disparaitre dans le discours sociétal.
En dépit des déclarations sur les avancées démocratiques faites lors des séminaires et autres colloques internationaux, l'idée du combat politique sur ce continent inspire bien encore des auteurs et  penseurs africains.
C'est notamment le cas de l'écrivain Loro Mazono.


Dans son dernier livre, La quatrième poubelle édité chez L'Harmattan, le Burkinabé revient sur les maux de la société et la manière de les résoudre.
En faisant d'une poubelle, le lieu de résistance, l'auteur attire l'attention sur la prise de conscience des conditions de vie .Et celle-ci devient inéluctablement moteur de changement.
La quatrième poubelle symbolise la jonction entre la résistance et la pauvreté à Korodogou. Ainsi, comme la plupart des villes africaines, Korodougou est-elle une ville qui compte beaucoup de pauvres encore appelés " damnés" ou "déchets sociaux".
Ces derniers pour survivre se nourrissent dans les poubelles disséminées dans la ville et surtout dans la quatrième, la plus connue. Peut-être, c'est là que les nantis de la ville viennent y déposer les miettes tombées de leurs tables.
 La quatrième poubelle se transforme en un terreau où germent les idées de lutte pour le changement.

Les intellectuels  - Did et Dan, étudiants de l'université de Korodogou; Bâ, sociologue au chômage - ont pris conscience de la gravité de la situation dans leur pays. Pour cette raison, ils ont crée des cellules clandestines de résistance.
 C'est ainsi que La quatrième poubelle, symbole de tous les malheurs de la ville, est choisie par ces intellos comme poche de résistance. Ce choix montre que les leaders du mouvement de changement ont identifié la couche sociale la mieux préparée pour les accompagner dans la lutte. C'est cela le plus grand mérite de ce livre. Il nous apprend qu'une chose est de comprendre les maux de sa société ou expliquer les causes de la misères, mais une autre est d'identifier ses alliés.
 
 
Note de lecture
La quatrième poubelle de Loro Mazono
Editions L'Harmattan.
 
Maurice Mouta  W  GLIGLI-AMORIN
Bruxelles. (BELGIQUE) 

vendredi, 30 octobre 2009

AU SECOURS, LE PROF EST NOIR!

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Peut-on être noir et enseignant en France ? La question a de quoi surprendre. Et pourtant nombreux sont les profs antillais et africains, de la maternelle à la terminale, qui se la posent chaque matin en se rendant dans leur salle de classe.

Confrontés à des élèves qui moquent leur accent ou leur couleur, des parents qui les déconsidèrent et des collègues qui doutent de leur compétence, ils doivent également surmonter bien des obstacles pour obtenir leur titularisation.

Un quotidien que ces enseignants vivent particulièrement mal d’autant que l’Education nationale ne fait rien, selon eux, pour les aider. Bien au contraire ! Elle les envoie en priorité dans les banlieues chaudes à majorité black et beur.

Profs noirs dévalorisés pour élèves noirs défavorisés. S’achemine-t-on vers des ghettos, comme au Canada ou en Angleterre, où existent déjà des écoles pour Noirs dans lesquelles élèves et professeurs se retrouvent entre eux ?

Ce livre, véritable plongée au cœur du système scolaire, donne la parole, pour la première fois, à des hommes et des femmes qui souffrent de ne pas être reconnus à leur juste valeur dans un monde toujours persuadé que le savoir est blanc.

Source: Le Blog de Serge Grah

mardi, 06 octobre 2009

UN LIVRE A T-IL INFLUENCE VOTRE VIE?


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Lu pour vous sur ABIDJAN TRIBUNE.

Un livre a-t-il influencé, voire changé votre vie ? Comment ? Nous avons posé cette question à des écrivains, des journalistes, des étudiants, etc. Ils nous ont aidés à établir ce constat : oui, un livre peut avoir un impact sur un individu au point de modifier le cours de son existence. Parfois de façon radicale.

Le livre procède comme d'un lieu vide qui lui a été obscurément aménagé pour réaliser ses prouesses. Celles-ci sont variées. Elles ont toutes les dimensions, toutes les formes, toutes les couleurs. L'impact peut être minuscule et mal discernable ou bien fracassant. Parfois, il s'apparente à une lente érosion. Ou bien c'est l'éclair, le déchirement. C'est du moins ce que pensent les personnes interrogées.

Henry N'koumo, critique d'art et, par ailleurs Directeur du Musée de Cocody, se rappelle avec émotion la lecture de Cahier d'un retour au pays natal de Césaire. " Ce livre m'a ébranlé par la force de ces images. Ces dernières sont porteuses d'émotions qui m'ont habité profondément... Il y a des livres comme ça, qui restent en soi ".

Le livre peut être plus héroïque encore : il trace les chemins d'une vocation ou il modifie un engagement. Marguerite Dago, lit passionnément le Livre de la vie de Sainte Thérèse d'Avila. Elle se convertie au catholicisme. Certaines personnes ont avoué ne trouver le courage de persévérer dans leur vie ou tout simplement dans leur métier qu'en puisant des leçons d'énergie dans les livres. Il en est ainsi de Yéo Sita, photographe. Elle a été éblouie par Martin Gray dont les livres influencent énormément son existence. A travers ceux-ci, elle a acquis " une maîtrise de soi et un optimisme sans borne... Ne pas s'apitoyer sur ses problèmes, mais plutôt les braver. Savoir écouter les autres et juger l'homme selon l'acte qu'il pose. "

Le livre remplit aussi bien souvent une mission de nettoyage. Il agit comme un éboueur. Il fait table rase. Il détruit les forteresses qu'une éducation a construites autour d'un individu. Ainsi le livre écarte-t-il les voiles et fait scintiller un paysage qui était là, déjà, mais qu'on ne voyait pas. Combien de chants de gratitude à un livre, rencontré au bon moment, et qui a percé, dans un destin, l'issue de secours, le tunnel de l'évasion n'attend-on pas entendu ici et là ?

Ambroise Favier, informaticien, a croisé sur son chemin Fragments d'un enseignement inconnu de P.D. Ouspensky. Son témoignage : " Il y est question d'un homme qui suivait un enseignement ésotérique de G.I. Gurdjieff. Le thème de cet enseignement est que l'être humain "dort" - même s'il se croit " réveillé " - qu'il ne se connaît pas lui-même, et n'est pas maître de ses propres énergies intérieures ainsi que des influences extérieures qui agissent sur lui régulièrement... Ce livre a donc été pour moi, le point de départ d'une quête essentielle et permanente et, d'un nouveau regard sur le sens de la vie en général. "

Pour Véronique Duchesne, anthropologue-chercheur, " il est difficile de dire qu'un livre, spécialement, a changé ma vie. Chaque livre que j'ai lu m'a apporté un changement puisqu'il est porteur d'idées, qui en trottant dans la tête influencent la manière de voir, d'agir aussi, sans aucun doute... Et pourtant, L'étranger de Camus reste le livre qui fait un peu partie de moi-même. Il est lié à mes années d'adolescence, pleine de questions sur la vie... et sur la mort. L'étranger m'a paru alors si proche : se sentir en décalage, en léger décalage par rapport au monde qui va, aux autres qui vont. Se sentir parfois légèrement à côté... Ce livre m'a aidé à vivre tout simplement. "

" J'ai lu Discours de la méthode de René Descartes, dit Pierre-David Koffi Koukoua, Délégué Pédagogique. Et j'ai eu l'impression d'être déniaisé. D'une part, l'oeuvre m'indiquait les limites de ma propre expérience, d'autre part, cela me montrait le ridicule de la raison que je faisais mienne pour me battre dans l'existence ". Il arrive qu'un destin soit capturé par un autre, à travers un livre, comme un cours d'eau est capturé par un autre cours d'eau. " Sans doute, confesse Dezo Ferdinand, étudiant, ne serais-je pas celui que je suis si en classe de quatrième, je n'avais pas découvert, lu, dévoré, La carte d'identité de Jean Marie Adiaffi et, en m'identifiant totalement à Méledouman le personnage principal. Aujourd'hui encore, dix ans après, Méledouman demeure mon modèle conscient et inconscient.

Les écrivains aiment parler de l'éveil de leur vocation. Et celle-ci est l'effet de leurs noces avec un livre. L'écrivain Désiré Anghoura a, quant à lui, été fortement influencé par, La vie et demi de Sony Labu Tansi et D'éclairs et de foudres de Jean-Marie Adiaffi. " Le style tout nouveau que ces livres inauguraient, leur capacité à aller au-delà du réel, la force que chaque mot même ordinaire porte pour conférer un souffle presque palpable aux textes et aux personnages ont totalement changé mon approche de l'écriture. Ces deux auteurs sont de vrais inventeurs de mondes, des faiseurs d'univers ", reconnaît-il. C'est Le monde s'effondre de Chinua Achebe qui a eu raison du président des écrivains, Foua Ernest de Saint-Sauveur : " ce livre m'a séduit " dit-il avec joie. Mais, c'est plutôt Sony Labu Tansi, par son écriture qui m'a véritablement façonné ...Pourtant, une seule raison m'a conduit à l'écriture : retrouver ma mère que j'ai perdue à l'âge de trois ans. "

Quand on lui pose la question, Adjé Yed Noelie, étudiante, se souvient immédiatement d'un seul livre : Les erreurs de maman de Joslin Kalla. " Ce livre, dit-elle, m'a appris qu'on ne récolte que ce qu'on a semé. Et cela, en bien ou en mal. Ce livre aujourd'hui est la boussole qui oriente ma vie. Dorénavant. " Marie-Therèse Ahogny, assistance d'édition, s'est abreuvé dans Les oiseaux se cachent pour mourir. " Ce livre est la preuve, si besoin encore est, de la puissance de l'Amour. C'est une démonstration de la faiblesse de l'être humain devant l'Amour. On pourrait donc se demander : Qu'est-ce qui peut encore résister à l'Amour ?… Et pour moi, c'est une grande leçon dont je fais mienne. "

Comme on le voit, le livre n'est pas seulement un objet, mais un riche interlocuteur avec qui nous discutons et, qui nous apporte, très souvent, quelque chose de fabuleux. Il joue le rôle d'un ami qui nous prête une oreille attentive. A n'importe quel moment, le livre nous éduque, nous façonne et nous modèle. Beaucoup plus que n'importe qu'elle autre éducation. Et pourtant, le livre reste encore absent chez bien de personnes qui parviennent malheureusement à l'âge adulte sans jamais avoir connu les joies et les bouleversements que provoquent certains ouvrages… transformant si heureusement les âmes.

Serge Grah

21:17 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : serge grah, livre, influence du livre, culture | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 08 septembre 2009

MAL A L'AFRIQUE!

Jentends crier :

«Des serres des faucons du pouvoir

Pouvoir de l’argent

L’argent sale mal blanchi

Aux odeurs nauséabondes

Gagné sans verser une goutte de sueur

Libérons l’Afrique ! ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

J’entends crier :

«Des mains des rois

Les rois nègres collabos corrompus

Présidents-à-vie,

Présidents-aux-serments-farce-et-attrape-nigauds

Candidats à leurs propres successions

Aux élections gagnées sans élection 

Sauvons l’Afrique ! ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

J’entends crier :

«L'Afrique a tant donné

L'Afrique a tout donné

L'Afrique a trop donné

Que justice soit ici et maintenant faite

Que la paix à jamais règne

Pour l’Afrique, mon Afrique ! ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

J’entends crier :

«Place à la vérité !

Voici venue l’heure de la vérité

Oui ! La vérité sur les dettes à payer

Pour savoir en réalité :

Qui doit quoi à qui ? ».

 

J’ai mal

Mal à l’Afrique

Ma terre-mère  bafouée

Ma terre-mère humiliée

Ma terre-mère pillée.

 

Léandre Sahiri

 

EXTRAIT DE « ACCUSATIONS », recueil de poèmes qui vient de paraître aux Editions Menaibuc

20:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : léandre sahiri, mal à l'afrique, accusations, recueil de poèmes, éditions menaibuc | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 01 juillet 2009

LEADERSHIP ET DEVELOPPEMENT AFRICAIN, EURAFRIQUE OU LIBRAFRIQUE: LES NOUVELLES OEUVRES DU Pr MAMADOU KOULIBALY

 

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LEADERSHIP ET DEVELOPPEMENT AFRICAIN

Les défis, les modèles et les principes

 

Que ce soit dans les entreprises privées ou à l’échelle des nations, le dénominateur commun de la réussite est le capital humain. Le facteur de succès de tout pays prospère réside dans la qualité des hommes et en particulier de ceux qui le dirigent et leur capacité à adopter des politiques de liberté qui permettent l’exploitation intelligente des ressources, la création et la stimulation de valeurs et des normes intangibles propres aux sociétés ouvertes.

 

Dans un monde en compétition permanente, où le capital naturel est limité, ce facteur de différenciation, aussi appelé capital intangible, peut même aller jusqu’à pallier efficacement le manque total de richesses naturelles lorsque les principes de la liberté et de la propriété privée sont respectées. Quel modèle de leadership pourrait conduire les nations et les entreprises sur cette voie ?

 

Le professeur Mamadou Koulibaly, économiste et actuel président de l’assemblée nationale de Côte d’Ivoire, expose, dans cet ouvrage, les défis et modèles de fonctionnement auxquels est confrontée l’Afrique et partage sa vision du leadership nécessaire à la sortie de la trappe à pauvreté durable dans laquelle les peuples de ce continent se trouvent depuis trop longtemps déjà.

 

Professeur Mamadou KOULIBALY, Leadership et développement africain. Les défis, les modèles et les principes, Ed. L’Harmattan, Paris, 2008. – ISBN : 978-2-296-06201-6

  

 

 

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EURAFRIQUE OU LIBRAFRIQUE

L’ONU et les non-dits du pacte colonial

  

En Afrique, bien des choses se déroulent souvent en marge des normes internationalement admises. Depuis quelques années, une nouvelle définition du mot « démocratie » semble prendre forme et se répandre sur tout le continent, avec la bénédiction des plus grandes organisations internationales. Doit-on se résigner à une version tropicalisée de la démocratie dans nos pays ? Une démocratie africanisée qui se résume à l’équation : multipartisme + élection = Démocratie !

 

Alors qu’en Occident, les gouvernants et autres élites s’entendent dans leurs pays respectifs pour ce qui concerne leurs intérêts collectifs, en Afrique, deux écoles continuent de s’affronter. Une, moins confiante qui est sécrétée par les partis uniques – installés au lendemain des indépendances – qui considère que la tutelle de l’ancienne puissance coloniale est nécessaire. Et l’autre qui se veut plus épanouie, émancipée et qui entend assumer pleinement l’indépendance.

 

Le professeur Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, déplore cette « cacophonie ». Il résume les raisons fondamentales de cette situation ainsi :

« … ni les chefs d’Etat africains, généralement en place depuis plusieurs décennies, ni les puissances occidentales qui les soutiennent envers et contre tout, ne veulent perdre le bénéfice que leur procure l’absence de réelle démocratie dont naissent des institutions solides qui protègent les citoyens et les intérêts des populations… ». Il s’agit dans ce livre d’inviter les Africains à s’assumer entièrement.

 

Professeur Mamadou KOULIBALY, Eurafrique ou Librafrique. L’ONU et les non-dits du pacte colonial, Ed. L’Harmattan, Paris, 2009. – ISBN : 978-2-296-07956-4

dimanche, 07 juin 2009

L'AUTEUR DU CODE NOIR REMET çA!

Léandre Sahiri, l'auteur du livre "Le Code Noir de Louis XIV", remet ça très bientôt avec "De mémoire de Klaniste", sa nouvelle oeuvre. En exclusivité sur votre blog, la couverture de sa prochaine publication. En attendant le contenu, l'auteur attend vos avis, remarques et suggestions sur la couverture que vous voudriez bien juger, avant la sortie de l'ouvrage. La pertinence de vos observations lui permettra d'en améliorer la présentation, la couleur, le graphisme, l'image, etc. A vos plumes!

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Rafraîchissez-vous la mémoire avec le premier post concernant Léandre Sahiri que j'ai fait, le samedi 19 avril 2008, sur ce blog, relativement à son premier livre du genre, "Le Code Noir de Louis XIV", suivi d'une interview donnée par l'auteur, qu'il m'a personnellement transmise par e-mail, pour publication sur votre blog préféré. Bonne (re)lecture!

7bfe5b5680ddc0e6350fe362191607be.jpgConnaissez- vous le « Code Noir » ? Ou bien êtes-vous de ceux ou celles qui, malgré de nombreuses publications, malgré leur degré d’instruction, n’en savent encore rien ou pas grand-chose ?

Savez-vous que le « Code Noir » demeure un document d’« incontournable référence » ? Savez-vous que le « Code Noir » est au cœur même de l’histoire de la France, de l’Afrique, de l’esclavage, de la colonisation, de toute l’humanité ? ...

Léandre Sahiri propose dans ce livre, « Le Code noir de Louis XIV », de faire connaître, par le théâtre, pourquoi et comment le « Code Noir » a été conçu, fabriqué et par la suite officialisé, promulgué par Louis XIV, Roi de France...

« Un livre qui a l’avantage d’être écrit dans un langage de très bon niveau et d’expliquer plus clairement ce qui, dans le Code Noir, paraît implicite et inaccessible à tous... ». Elie Liazéré, Dramaturge et critique littéraire.

"Il me semble qu’exhumer le Code Noir, [...] c’est extrêmement urgent... pédagogiquement urgent..." Louis Sala Molins, Interview, Nantes le 14/04/1993.

« Le Code Noir permet d’apprendre beaucoup sur l’esclavage. » André Castaldo, de l’esclavage à l’abolition, éd. Dalloz, 2006.

 

Interview de Léandre Sahiri.
Article publié le 2 avril 2008
.

Reçu de l'auteur, le Lundi 14 Avril 2008, pour publication. Dindé.

LEANDRE SAHIRI : « C’EST UNE ABOMINATION QUE D'IGNORER LE CODE NOIR ! ».

« Le code Noir de Louis XIV » est le titre du livre que vous venez de publier aux Editions Menaibuc en France. Et, vous dites dans l’avant-propos : « je rêvais d’écrire ce livre ».Quel est l’enjeu qui sous-tend la publication d’un tel ouvrage ?

Léandre Sahiri : L’enjeu qui sous-tend la publication de mon livre « Le Code Noir de Louis XIV » comporte un triple aspect. Le premier aspect, c’est que beaucoup d’Africains se demandent souvent pourquoi, malgré ses richesses incommensurables l’Afrique va mal et demeure sous-développée ? On entend souvent les gens se demander pourquoi les Noirs sont généralement les plus défavorisés dans la vie ? Et puis, beaucoup d’entre nous s’adonnent à l’autodestruction, allant jusqu’à conforter les autres dans leurs préjugés de mépris sur les Noirs. Par ailleurs, quelles que soient leurs zones de vie et leurs valeurs intrinsèques, quels que soient leurs degrés de réussite, les Noirs sont vilipendés, brimés, dénigrés, discriminés… pourquoi ? Les Noirs n’ont pas la force de construire ensemble dans leurs riches diversités, ni d’entreprendre ensemble dans la complémentarité, ni de vivre ensemble dans le respect des uns et des autres ; de même, nos organisations ne sont ni manifestes, ni fiables, pourquoi ? Sommes-nous maudits, à jamais condamnés ? Comment faire et que faire pour nous en sortir, pour ne pas laisser perdurer ces états de servitude ? Etc. Moi, en tant que chercheur, j’ai mis tous mes efforts à trouver des réponses à ces interrogations. Et c’est après avoir lu le Code Noir que j’ai trouvé quelques éléments de réponse à nombre de ces questions brûlantes... Le deuxième aspect, c’est que, en Occident circule une thèse selon laquelle, seuls les Africains sont responsables de la « traite négrière ». Pour les tenants de cette thèse, ce sont les Africains qui ont vendu leurs frères et, que les Européens n’ont eu, au bout du compte, qu’un rôle exclusivement passif. On va même quelques fois jusqu’à mettre sur le même plan, l’esclavage que pratiquèrent jadis les Africains, les trafics négriers que développèrent les Arabes, et le commerce triangulaire (réglementé par le « Code Noir ») qu’instituèrent les Européens, en englobant les trois, sous le même vocable : la traite. Et qui, dit-on, avec chiffres à l’appui, a généré plus d’esclaves et a été plus horrible que la traite européenne. Il s’agit là, comme dit Serge Bilé, d’un « révisionnisme dangereux » qui n’a pas manqué de susciter ma curiosité et qui m’a fait penser qu’on n’a pas encore tout dit sur l’esclavage, du moins qu’il restait encore des zones d’ombre à éclairer... Le troisième aspect concerne l’abolition de l’esclavage et sa commémoration. Le bicentenaire de l’abolition de l’esclavage, le 10 mai dernier, a donné lieu, ici et ailleurs, à de multiples commémorations et célébrations. Vous savez aussi que l’abolition de l’esclavage en 1886, était censé marquer l’avènement de la réintégration des « hommes et femmes de couleur » dans la famille humaine d’où ceux-ci avaient été éjectés, plusieurs siècles durant, par l’esclavage, qui fut institutionnalisé, réglementé par le Code Noir promulgué en 1685 par Louis XIV, Roi de France. Cependant, force est de reconnaître que, malgré cette abolition, l’esclavage, demeure encore de nos jours une réalité. En effet, des millions d’enfants, d’hommes et de femmes en sont encore victimes à travers le monde, sous des formes diverses.

C’est donc là ce qui vous a poussé à écrire « Le Code Noir de Louis XIV » ?

L S : En effet, l’intérêt de mon livre c’est de faire connaître le contenu du Code Noir, pour comprendre notre humaine condition, pour appréhender les subtilités des relations Nord/Sud... En fait, il s’agit de montrer comment et pourquoi le Code Noir a été conçu. Il s’agit également et surtout d’en dévoiler la face cachée et de mettre en lumière ses incidences et ses influences dans nos vies quotidiennes aujourd’hui.

Alors, qu'est-ce donc que le Code Noir dans ses principes et dans son fonctionnement ?

L S : Le Code Noir est un recueil de lois. En un mot, une réglementation. Et cette réglementation concerne spécifiquement l’esclavage des Africains noirs. Elle comporte, à sa base, un principe clair et précis : « les gens de couleur et plus précisément les gens à la peau noire doivent être, pour toujours et partout, vus et traités comme des biens meubles transmissibles et négociables » (Article 44). Autrement dit, dès lors qu’on est un homme de couleur, comme ils disent, on n’est ni plus ni moins qu’un objet dont les Occidentaux peuvent et doivent disposer, à loisir, pour leurs commodités et leurs besoins. C’est ce principe-là du Code Noir qui a sous-tendu la traite négrière, la colonisation, et qui aujourd’hui sous-tend la Françafrique.

Quel intérêt y avait-il à codifier l’esclavage des Noirs ?

L S : C’est que le Code Noir constitue le socle pour faire des Noirs, en toute bonne conscience, les outils de travail, les instruments de production, les produits marchands des Français. Il a été promulgué, pour qu’il existe désormais, à l’image de la Bible ou du Coran, un document de référence incontournable, qui institutionnalise l’esclavage des Noirs. Le Code Noir a donc été conçu comme un document juridique qui rend légitime et normal le commerce des Noirs, étant donné que le Noir est défini, dans le Code Noir, d’abord comme une chose domestique et ensuite comme une marchandise. Et donc, comme tout objet de commerce, le Noir pouvait être soumis aux lois du marché. Codifier l’esclavage légiférait que, dès lors, il n’y a ni crime, ni délit au négoce des Noirs.

Dans quel contexte historique et politico-économique « le Code Noir » a-t-il été rédigé ?

L S : Les raisons sont d’abord d’ordre économique. On sait qu’après avoir bâti de toutes pièces et de toute beauté le Château de Versailles et l’Hôtel des Invalides, après les multiples guerres pour étendre la suprématie de Louis XIV sur le monde, la situation économique de la France était bien critique et, partout en France, il y avait la misère et des révoltes. Et, c’est justement cela qui a conduit les Français, non seulement à promouvoir, à une très grande échelle, le commerce triangulaire des esclaves noirs, mais aussi et surtout à l’organiser et à le codifier. Car, après étude, l’on a trouvé que c’est là que résidait véritablement le salut de la France. Jean Baptiste Colbert disait, à juste titre : « Il n’y a aucun commerce dans le monde qui produisît tant d’avantages que celui des Nègres. Il n’est rien qui contribuerait davantage à l’augmentation de l’économie que le laborieux travail des nègres »...

Est-ce seulement pour des raisons économiques qu’on a eu besoin de réglementer le commerce des Noirs ?

L S : Bien sûr que non ! A ces raisons commerciales évidentes, s’ajoutent d’autres raisons d’ordre politico-démographique : il s’agissait à cette époque de limiter la puissance des Noirs, laquelle puissance résultait de leurs ressources incommensurables, de leurs activités débordantes et de leurs grandes forces de travail. En effet, à cette époque, les Africains étaient trois fois plus nombreux que les Occidentaux. Il y avait donc une puissance latente présageant la suprématie des Noirs sur les Blancs durant plusieurs siècles. On avait donc perçu cela comme une menace, voire un péril. Le professeur Elikia M'Bokolo a démontré clairement qu’au début du commerce triangulaire, l'Afrique n'était pas un continent inférieur à l'Europe. M'Bokolo a aussi démontré que l'ordre mondial de cette époque n'était pas une donnée naturelle, mais historique et culturelle. De ce fait, il est impossible de nier que la déstructuration provoquée par l'esclavage a été très grave et très profonde, et d’ailleurs, les conséquences sont encore visibles aujourd'hui... Et puis, aux considérations commerciales et aux préoccupations d’ordre politico-démographique dont je viens de parler, s’ajoute également le souci capital de renforcer le pouvoir central, d’étendre le pouvoir de Louis XIV sur le monde entier. Il y a aussi des raisons d’Etat, à savoir garantir la sécurité publique par la suppression des révoltes, des attentats et insurrections fomentés par les « Nègres marron » et quelques Noirs instruits dans la langue et la culture françaises. Et puis, il y a enfin les raisons religieuses : le préambule et les dix premiers articles du Code Noir tendent à proclamer et à imposer la primauté, voire la prééminence de l’église catholique, apostolique et romaine en France et dans le monde.

Que pensez-vous des arguments bibliques auxquels certains évêques et prêtres se sont référés pour légitimer l’esclavage ?

L S : Ces arguments n’ont aucun fondement, quoique s’appuyant sur la Bible. Il faut préciser que les évêques de l’époque étaient non seulement nommés par le Roi, mais aussi et surtout ils étaient à la charge du Roi et donc acquis, par redevance, à sa cause. De plus, leur niveau d’instruction était tel qu’ils n’avaient pas assez d’éléments pour s’élever au-dessus de certaines contingences intellectuelles ; par exemple, ils se trouvaient incapables d’expliquer ce que signifie « être fait à l’image de Dieu ».

Vous parlez du « Code Noir » comme d’un document important à connaître absolument pour la libération mentale du Noir. Et, vous dites même que c’est une abomination que de l’ignorer…

L S : C’est vrai que c’est une abomination que d’ignorer le Code Noir. Parce que l’ignorance du Code Noir favorise la continuité, voire la pérennité de l’esclavage, ne serait-ce qu’au plan mental. C’est pourquoi, de mon point de vue, nous devrions, tous et toutes, absolument connaître le Code Noir, afin d’enrayer de notre mental le complexe d’infériorité pour les uns et le complexe de supériorité pour les autres. Il faut absolument connaître le Code Noir afin de tuer en nous les germes du racisme, du larbinisme, de la dépréciation et des discriminations de tous genres. En effet, c’est notre ignorance du Code Noir qui nous maintient dans des situations de défavorisés, de sous-hommes. C’est notre ignorance du Code Noir qui justifie, pour nombre de Noirs, le mépris d’eux-mêmes, au point d’en arriver à se détester et à s’autodétruire. Autant j’ai compris que ce n’est pas confortable d’ignorer ce que d’autres savent, autant je déplore qu’il ne soit pas du tout fait cas du Code Noir dans la plupart de nos programmes et manuels scolaires...

Pensez-vous que le destin de l’Afrique aurait été différent si les Africains avaient eu depuis longtemps connaissance du Code Noir ?

L S : Bien sûr que oui ! Le destin de l’Afrique aurait été totalement différent si les Africains avaient, depuis longtemps, eu connaissance du Code Noir. Parce que tout simplement les rapports entre Nord et Sud auraient été différents, on aurait instauré un autre type de relation entre la France et l’Afrique que le commerce triangulaire ou la colonisation, etc.

Qu’est-ce qui explique le lourd silence des descendants d’esclaves et des Africains au sujet du Code Noir ?

L S : Simplement parce que le Code Noir est un document qui a été longtemps tenu secret. Car comme le dit le professeur Louis Sala-Molins, « c’est le texte le plus monstrueux que l’histoire ait jamais produit ». De ce fait, il a généralement circulé sous manteau ; on parle à ciel ouvert du Code Napoléonien, du Code de la nationalité, mais pas autant du Code Noir, eu égard à sa nocivité. On a même bien souvent tenté de noyer le poisson dans l’eau, par exemple en créant un parfum de luxe dénommé « Code Noir »... Par ailleurs, il faudrait savoir la part très importante prise dans l’esclavage des Noirs par l’Eglise qui devait « inculquer aux Noirs la soumission et la subordination sous prétexte de recevoir en échange le paradis céleste ». Il ne faut pas non plus perdre de vue les missions de pacification ou de civilisation pour soi-disant sortir les Noirs de la sauvagerie et de la barbarie, étaient, en réalité, destinées à perpétuer l’esclavage et éviter toute velléité de prise de conscience et toute initiative de révolte des Africains contre le système de l’esclavage des Noirs.

Pourquoi avoir choisi le genre dramatique pour poser ce problème ?

L S : La plupart des textes sur le Code Noir sont des essais ou des discours. Or, comme je l’ai dit dans l’Avant-propos, je rêvais de faire quelque chose de différent. C’est non seulement l’une des originalités de mon œuvre, mais c’est d’abord et avant tout un choix idéologique et esthétique. En effet, j’ai choisi le genre dramatique, parce que, pour moi, le théâtre est primordial. Le théâtre, dans toute sa splendeur, a un pouvoir majestueux, comme le cinéma, de nous renvoyer des images fortes pour nous faire percevoir la réalité des choses, des êtres et des faits. Le théâtre a la magie des images qu’on a peine à rendre dans un roman ou dans un essai. Et puis, le théâtre, c’est le point de rencontre entre le réel et l’imaginaire, c’est un art total, en tant que prolongation et synthèse de tous les arts, notamment la peinture, la décoration, la chorégraphie, la danse, la musique, la mimique, la gestuelle, etc.

A quoi correspond le fait de faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa ?

L S : Pour moi, une œuvre littéraire n’est jamais vraiment achevée. Je veux laisser la liberté au metteur en scène d’approfondir le texte et d’y apporter les innovations comme celles-ci qui sont parfois osées certes, mais nécessaires pour produire un spectacle original, grandiose, prodigieux, à la seule condition de ne pas trahir les idées de l’auteur. Et puis, au-delà de cet aspect purement chorégraphique, faire tenir les rôles des personnages noirs par des personnages blancs et vice-versa vise à donner une dimension cathartique à mon œuvre, c'est-à-dire la fonction de nous libérer des tensions psychiques, des complexes, des frustrations, des choix inconscients, etc. En d’autres termes, il s’agit, comme dit un des personnages de la pièce, en l’occurrence le propriétaire d’esclaves Willie Lynch, de savoir ce que les uns « éprouveraient eux-mêmes dans une situation d’esclavage ». Et puis, je me réfère à cette citation de Marivaux dans L’Île des esclaves : « Eh bien ! Iphicrate, on va te faire esclave à ton tour ; on te dira aussi que cela est juste ; et nous verrons ce que tu penseras de cette justice… Quand tu auras souffert, tu sauras mieux ce qu’il est permis de faire souffrir aux autres… ».

Au-delà de tout ça, quel message voulez-vous adresser aux lecteurs ?

L S : Je voudrais préciser que mon intention n’est nullement de dresser les Noirs contre les Blancs ! Il ne s’agit pas non plus de blanchir ni d’innocenter les Africains, en ce qui concerne l’esclavage et la situation de misère que vit aujourd’hui l’Afrique ; car, nul ne saurait nier que les Africains ont effectivement pratiqué l’esclavage ou le servage, comme tant d’autres peuples de la terre… En outre, nul ne saurait nier la part de responsabilité des Africains dans la mauvaise gouvernance, les détournements des deniers publics, la corruption des régimes au pouvoir, les retournements de veste, les fraudes électorales, les rebellions, les génocides et autres guerres tribales qui, soit dit en passant, sont loin de nous honorer... J’ai écrit ce livre pour inviter à parler de ce document plus ou moins tabou, le Code Noir, à en débattre pour combattre le mensonge, l’ignorance, la discrimination, les complexes, et surtout afin de situer les responsabilités des uns et des autres… Mon objectif, c’est aussi de faire saisir la racine profonde du mépris terrible que certaines personnes portent sur les autres, ou que d’autres personnes se portent sur elles-mêmes, au point de se sous-estimer, de se détester, de se haïr, de s’abandonner au fatalisme, de vouloir changer de peau. Mon souhait, c’est, par-dessus tout, de contribuer, à mon humble niveau, à réveiller les consciences, ainsi que de participer à l’édification d’une humanité nouvelle, débarrassée de toutes les affres des idéologies négatives, néfastes.

Interview réalisée par Serge Grah, Journaliste - Correspondant DirectAbidjan (Côte d'Ivoire) serge.grah@directabidjan.com

Article rédigé le 31/03/2008.

Editions Menaibuc : www.menaibuc.com E-Mail: menaibuc@wanadoo.fr

19:01 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Livre | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : léandre sahiri, le code noir, klaniste | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 14 février 2009

LE DROIT FACE A LA SORCELLERIE EN COTE D'IVOIRE

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Une erreur de publication de Frat-Mat m'avait fait poster sur ce blog, le 18 Septembre 2008, dans l'article "Sorcellerie et traditions africaines", ceci: "Le droit face à la sorcellerie en Côte d’Ivoire est le sujet de la thèse de doctorat en droit privé, brillamment soutenue, hier, à l’université d’Abidjan Cocody, par M. Legré Okou Henri". En réaction, le vrai impétrant, Monsieur GALE Gbagbé Jean-Pierre, a posté un rectificatif sur ledit article et m'a fait parvenir le résumé de sa thèse pour rétablir la vérité. Je vous propose donc de lire: « Le Droit face à la sorcellerie, en Côte d’Ivoire », sa Thèse de Doctorat (nouveau régime) en Droit privé, soutenue publiquement, le 25 juillet 2008, à l’Université de Cocody (Abidjan)- Résumé.


Comment le droit ivoirien appréhende t-il la sorcellerie ? Telle est la problématique de notre étude qui s’intitule « le droit face à la sorcellerie en Côte d’ Ivoire ».

De la confrontation « Droit et sorcellerie », il ressort que le droit se voulant gardien de l’ordre social ne tolère pas la sorcellerie qui constitue un fait susceptible de mettre en mal cette harmonie. Il a à son égard la réaction que commande tout fait anti-social : il la poursuit et la réprime. Eu égard à la spécificité de l’infraction, la poursuite et la répression se font non sans difficultés. Un regard rétrospectif dans l’histoire nous donne de constater que le législateur est allé de tâtonnements en balbutiements pour la mise en place d’un dispositif légal qui au demeurant est très lacunaire. Le législateur ordonne la poursuite de cette pratique sans donner à l’accusation les moyens d’ y parvenir. Il garde un mutisme quant aux actes à poursuivre. A l’image du législateur colonial et de ses homologues africains, le législateur ivoirien opte pour le silence. Ce mutisme est on ne peut plus préjudiciable aux justiciables. Le juge répressif invité ainsi à combler ce vide n’ y est pas parvenu. La sorcellerie doit être perçue comme une force immatérielle ayant pour objet de nuire à autrui. Doivent être considérés comme actes de sorcellerie, l’envoûtement, la métamorphose, en somme tout acte visant à nuire à autrui par le biais d’une force métaphysique.

Par ailleurs, force est de constater que la donnée psychologique de l’infraction qui nous occupe est présumée comme c’est le cas pour bien d’autres. De ce qui précède, il se dégage que la structuration de l’infraction qui nous occupe constitue un véritable casse tête. Aussi des obstacles se dressent-ils sur la voie de sa poursuite.

En effet, alors que dans la mentalité collective africaine presque tous les décès sont attribués à la sorcellerie, les poursuites sont relativement rares en la matière. Des facteurs d’ordre sociologue jalonnent le chemin de l’accusation. A cela, il faut ajouter des obstacles d’ordre judiciaire. C’est après avoir franchi toutes ces entraves qu’il faudra envisager la répression. La preuve qui en est la condition sine qua non constitue une épineuse question. Les moyens classiques de preuve ne sont pas d’une grande utilité. De l’examen des décisions de justice recueillies, il ressort que le juge ivoirien a tendance à dénier tout crédit probatoire aux épreuves de vérité. La procédure toute entière semble tourner vers la recherche de l’aveu. Le juge prononce la condamnation dès qu’il l’obtient. Il ne recourt à la preuve testimoniale que rarement. En absence de l’aveu, la question de la preuve constitue un nœud inextricable. Il en résulte une répression à une portée on ne peut plus limitée. Ni la peine d’emprisonnement, ni l’arsenal répressif qui est du reste caractérisé par une étonnante légèreté ne permet au Droit d’atteindre ses buts classiques.

Il y a donc lieu de perfectionner les outils usités par la science du Droit. Cela nécessite inéluctablement une réforme de fond en comble. Dans cette perspective, le législateur devra clairement définir la pratique de sorcellerie. En ce qui se réfère à la preuve, nous recommandons que les producteurs et les acteurs du droit fassent une jonction de la science et de notre tradition. Dans cette optique, les modes de preuve ordaliques peuvent être d’un secours inestimable. En outre, nous recommandons l’instauration des chambres coutumières dans chaque juridiction ou tout au moins que la pratique qui nous occupe relève de la compétence de la cour d’assises qui aura l’avantage de comprendre outre les magistrats professionnels, des jurés experts de la matière dont l’apport sera considérable pour l’éclatement de la vérité.


GALE Gbagbé Jean-Pierre

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (18) | Tags : sorcellerie, thèse doctorat, dr galé jean-pierre | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |