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jeudi, 10 avril 2014

POURQUOI LES PAYS AFRICAINS PAYENT UN IMPOT COLONIAL EN FRANCE MALGRE LEUR INDEPENDANCE?

 

FRANC CFA. 1000 F.jpg

 

Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Pour les pays nouvellement indépendant il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d’Afrique), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état menée par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus:

  • Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

  • Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta,  aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

  • Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

 

Nombre de Coups en Afrique par pays

Ex-colonies françaises

 

Autres pays africains

 

Pays

Nombre de coup d’état

Pays

Nombre de coup d’état

Togo

1

Egypte

1

Tunisie

1

Libye

1

Côte d’Ivoire

1

Guinée Equatoriale

1

Madagascar

1

Guinée-Bissau

2

Rwanda

1

Libéria

2

Algérie

2

Nigéria

3

Congo – RDC

2

Ethiopie

3

Mali

2

Ouganda

4

Guinée Conakry

2

Soudan

5

Sous-TOTAL 1

13

   

Congo

3

   

Tchad

3

   

Burundi

4

   

Centrafrique

4

   

Niger

4

   

Mauritanie

4

   

Burkina Faso

5

   

Comores

5

   

Sous-TOTAL 2

32

   

TOTAL (1 + 2)

45

TOTAL

22

 

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré:

"Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]"

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que: "Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle".

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France . Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état. Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré: « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement «indépendants» doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961: Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français . Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourris des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

BASES MILITAIRES FRANçAISES EN AFRIQUE.png

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé «Francophonie» qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelés dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question: « Jusqu’à quand “

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

“Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”. SEKOU TOURE

 

Mawuna  Remarque Koutonin

 

Article original : 

http://www.siliconafrica.com/france-colonial-tax/

Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

 https://www.facebook.com/dossou.gaglozoun

lundi, 28 octobre 2013

LIBYE: DE KHADAFI A AL-QAIDA. EN REMERCIANT LA CIA

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Les États-Unis sont-ils sérieusement en guerre contre le terrorisme en Afrique ou le suscitent-ils au contraire pour servir leurs intérêts ? Enquête de Marc Vandepitte.

 

État défaillant

Le 11 octobre, le Premier ministre libyen a été brutalement enlevé avant d’être libéré quelques heures plus tard. Ce kidnapping est symptomatique de la situation dans le pays. Le 12 octobre, une voiture piégée a explosé près des ambassades de Suède et de Finlande. Une semaine auparavant, l’ambassade russe fut évacuée après avoir été envahie par des hommes armés. Il y a un an, la même chose s’était produite à l’ambassade américaine. L’ambassadeur et trois collaborateurs y avaient trouvé la mort. D’autres ambassades avaient été par le passé également prises pour cibles.

L’intervention occidentale en Libye, comme en Irak et en Afghanistan, a instauré un État défaillant. Depuis l’éviction et le meurtre de Kadhafi, la situation sécuritaire du pays est hors de contrôle. Attentats sur politiciens, activistes, juges et services de sécurité sont monnaie courante. Le gouvernement central exerce à peine le contrôle sur le pays. Des milices rivales imposent leur loi. En février, le gouvernement de transition a été forcé de se réunir sous des tentes après avoir été expulsés du parlement par des rebelles en colère. Le bateau qui a coulé près de Lampedusa, noyant 300 réfugiés, provenait de Libye. Etc.

La Libye détient les plus importantes réserves de pétrole d’Afrique. Mais suite au chaos qui règne dans le pays, l’extraction du pétrole est quasiment à l’arrêt. Désormais, le pays doit importer du pétrole pour assurer ses besoins en électricité. Début septembre, l’approvisionnement en eau vers Tripoli a été saboté, menaçant la capitale de pénurie.

Bases pour terroristes islamistes

Mais le plus inquiétant est la jihadisation du pays. Les islamistes contrôlent des territoires entiers et placent des hommes armés aux checkpoints des villes de Benghazi et Derna. Le personnage de Belhadj en est une parfaite illustration. Cet ancien (pour ainsi dire) membre éminent d’Al-Qaïda était impliqué dans les attentats de Madrid en 2004. Après la chute de Kadhafi, il devint gouverneur de Tripoli et envoya des centaines de jihadistes libyens en Syrie pour combattre Assad. Il travaille désormais à l’instauration d’un parti conservateur islamiste.

L’influence de la jihadisation s’étend bien au-delà des frontières du pays. Le Ministre tunisien de l’Intérieur décrit la Libye comme « un refuge pour les membres nord-africains d’Al-Qaïda. » Suite à l’effondrement du pouvoir central libyen, des armes lourdes sont tombées dans les mains de toutes sortes de milices. L’une d’entre elles, le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), dont Belhadj était le dirigeant, a conclu une alliance avec les rebelles islamistes du Mali. Ces derniers sont parvenus, avec les Touaregs, à s’emparer du Nord du Mali pendant quelques mois. La prise d’otage de grande ampleur sur un site gazier algérien en janvier a été réalisée au départ de la Libye. Aujourd’hui, la rébellion syrienne est contrôlée depuis la Libye et la tâche d’huile jiadhiste s’étend vers le Niger et la Mauritanie.

En remerciant la CIA

À première vue, les États-Unis et l’Occident semblent se faire du souci à propos de cette recrudescence d’activité jihadiste en Afrique du Nord. Ajoutons-y aussi le Nigéria, la Somalie et plus récemment, le Kenya. Mais à y regarder de plus près, la situation est plus compliquée. La chute de Kadhafi fut rendue possible par une alliance entre d’une part des forces spéciales françaises, britanniques, jordaniennes et qataries, et d’autre part des groupes rebelles libyens. Le plus important de ceux-ci était bel et bien le Libyan Islamic Fighting Group (LIFG), qui figurait sur la liste des organisations terroristes interdites. Son leader, le susmentionné Belhadj, avait deux à trois milles hommes sous ses ordres. Sa milice eut droit à des entraînements américains juste avant que ne commence la rébellion en Libye.

Les États-Unis n’en sont pas à leur coup d’essai en la matière. Dans les années 80, ils s’occupèrent de la formation et de l’encadrement des combattants islamistes extrémistes en Afghanistan. Dans les années 90 ils remirent le couvert en Bosnie et dix ans plus tard au Kosovo. Il n’est pas à exclure que les services de renseignements occidentaux soient directement ou indirectement impliqués dans les activités terroristes des Tchétchènes en Russie et des Ouïgours en Chine.

Les États-Unis et le France ont feint la surprise lorsque les Touaregs et les islamistes ont occupé le Nord du Mali. Mais ce n’était qu’une façade. L’on peut même se demander s’ils ne l’ont pas provoquée, comme ce fut le cas en 1990 avec l’Irak vis-à-vis du Koweït. Vu l’activité d’Al-Qaïda dans la région, n’importe quel spécialiste en géostratégie savait que l’élimination de Kadhafi provoquerait une recrudescence de la menace terroriste au Maghreb et au Sahel. Comme la chute de Kadhafi a été provoquée en grande partie par les milices jihadistes, que les États-Unis ont formées et encadrées, l’on peut commencer à se poser de sérieuses questions. Pour plus de détails à ce propos je vous renvoie vers un article précédent.

Agenda géopolitique

Quoi qu’il en soit, la menace terroriste islamiste dans la région et ailleurs sur le continent arrange bien les États-Unis. Cela constitue l’excuse parfaite pour être présent militairement et intervenir sur le continent africain. Il n’a pas échappé à Washington que la Chine et d’autres pays émergents sont de plus en plus actifs sur le continent et constituent de ce fait une menace envers leur hégémonie. La Chine est aujourd’hui le plus important partenaire commercial de l’Afrique. D’après le Financial Times, « la militarisation de la politique américaine après le 11 septembre est controversée depuis longtemps puisque elle est considérée dans la région comme une tentative des États-Unis de renforcer leur contrôle sur les matières premières et de contrecarrer le rôle commercial exponentiel de la Chine. »

En novembre 2006, la Chine a organisé un sommet extraordinaire sur la coopération économique où étaient présents au moins 45 chefs d’État africains. Précisément un mois plus tard, Bush approuvait la mise sur pied d’Africom. Africom est le contingent militaire américain (avions, navires, troupes, etc.) consacré au continent africain. Nous l’avons vu à l’œuvre pour la première fois en Libye et au Mali. Africom est désormais en activité dans 49 des 54 pays africains et les États-Unis ont dans au moins dix pays des bases ou installations militaires permanentes. La militarisation des États-Unis sur le continent ne fait que s’étendre. Ci-dessous vous trouverez une carte de leur présence sur le continent ces deux dernières années. Elle est assez éloquente.

CARTE

Sur le terrain économique, les pays du Nord perdent du terrain face aux pays émergents du Sud, et c’est certainement aussi le cas en Afrique, un continent riche en matières premières. Il semble de plus en plus évident que les pays du Nord combattront ce rééquilibrage par des moyens militaires. Ça promet pour le continent noir.

 

In Investig'Action

Traduit du néerlandais par Thomas Halter pour Investig'Action


Source: MICHEL COLLON.INFO

dimanche, 27 octobre 2013

SOMALISATION DE LA LIBYE: LA CYRENAÏQUE SE DOTE DE SON PROPRE GOUVERNEMENT!

 

 
 
 
Ce 25 octobre 2013, la Cyrénaïque s’est dotée de son propre gouvernement et de son drapeau. Noir avec croissant et étoile blanche, d’une inspiration islamiste nette (les drapeaux d’al-Qaida ou des salafistes sont du même type) …
 
La région libyenne de Cyrénaïque riche en pétrole a annoncé la formation de son propre gouvernement. Un cabinet composé de 24 ministres a été présenté à el-Adabiya, ancienne capitale d'un Etat autrefois indépendant.
 
Sous la Jamahiriya de Kadhafi, les trois provinces du colonialisme – Tripolitaine, Cyrénaïque et Fezzan – avaient été remplacées par 34 ‘méga’ municipalités autonomes, bases régionales de la Démocratie Directe jamahiriyenne, imitées de la Commune de Paris de 1792-93 (Kadhafi étant un grand adminrateur de la révolution jacobine), les ‘Chabiattes‘. Dans la Libye made in NATO d’après 2011, les trois provinces  ont été rétablies.
 
La soi-disant « révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi » - en fait un coup d’état insurrectionnel organisé par les USA et l’OTAN avec des complicités dans l’aile islamo-libérale apparue en Jamahiriya dès 2003 - avait commencé précisément en Cyrénaïque par la mise en place d'un Conseil national de transition à Benghazi. L’Est de la Cyrénaique (Benghazi, Derah) était depuis les Années 80 une zone rebelle où les islamistes organisaient une subversion alimentée spécialement par les services secrets britanniques MI6 et MI5 depuis Londres, capitale du « Londonistan » islamiste. En 1996 avait éclaté une grande insurrection armée difficilement écrasée.
 
Après la prise de Tripoli et le martyr  de Syrte – le ‘Guernica’ libyen – par l’OTAN et ses supplétifs djihadistes du CNT, la Cyrénaïque avait proclamé son autonomie qui n'a pas été reconnue par les autorités de Tripoli. Derrière cette autonomie, les monarchistes libyens, chassés par Kadhafi et sa révolution du 1er septembre 1969, directement tenus en main par les britanniques du MI6.
 
Et avec les monarchistes, les fameuses « confréries Senoussi » (proche des confréries religieuses islamistes turques qui forment la base de l’AKP), le roi fantoche Idriss cassé en 1969 était un Senoussi. Et le leader de la nouvelle « Cyrénaique autonome » de 2013 est encore un Senoussi, cousin du roi.
 
Quand au leader du CNT, Mustapha Abdeljalil (aujourd’hui en fuite en Tunisie car inculpé pour le meurtre en juillet 2011 du général félon Younès, chef des katibas du CNT), c’était un islamiste radical, imprudemment placé au gouvernement comme ministre de la Justice de la Jamahiriya par sail al-Islam, et … l’un des chefs de ces Confréries Senoussi, interdites sous Kadhafi. La Jamahiriya a été trahie de l’intérieur par son aile islamo-libérale bien avant que l’OTAN porte le coup de grâce …
 
Aujourd’hui, le prix de cette trahison c’est la Somalisation de la Libye !
 
 
Luc MICHEL
 
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PAGE OFFICIELLE Facebook  https://www.facebook.com/Pcn.luc.Michel
 

vendredi, 25 octobre 2013

L’ESCROQUERIE DU «PRINTEMPS ARABE»: LA DESILLUSION ENVAHIT LES MEDIAS DE L’OTAN

 

Le Caire, Égypte, le 4 février – La réaction d'un jeune homme à la rumeur de démission de Moubarak. Le dictateur tombera finalement le vendredi suivant, le 11 février. (Photo Ron Haviv / VII)

 
La Libye made in NATO voit en cette fin octobre deux années d’anarchie violente succéder à la prospère Jamahiriya de Kadhafi. Années interminables … « La Libye, plongée dans une transition chaotique émaillée de violences, marque mercredi sans faste ni enthousiasme le deuxième anniversaire de la chute du régime de Mouammar Kadhafi. » Quel aveu …
 
Il faut lire les médias de l’OTAN pour prendre la mesure de la désillusion qui envahit les professionnels de l’information aux ordres à propos du soi-disant « printemps arabe ». Prenons Le Temps, quotidien suisse de référence et partenaire du Monde et du Soir (Bruxelles), éperdu d’amour pour tous les barbus ‘rebelles ». En Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie …
 
Il nous explique aujourd’hui, sans remord ni mea-culpa, la destruction et le désenchantement du monde arabe. A propos de la Tunisie, le quotidien genevois décrit « Les électeurs dégoûtés par les politiciens » : « Manifestation fin septembre pour demander la dissolution du gouvernement de coalition dirigé par le parti islamiste Ennahda. Deux ans après les premières élections législatives libres, les citoyens critiquent une classe politique plus intéressée par les luttes de pouvoir que par leur quotidien, qui s’est nettement dégradé »…
 
Sur l’Egypte, au bord de la guerre civile entre factions pro-américaines, même constat d’échec. A voir « les points de vue Armée, Frères musulmans, libéraux… les fronts paraissent plus tendus que jamais, et l’Egypte semble au bord de l’explosion. Faut-il craindre une guerre civile, un scénario à l’algérienne, à la syrienne même? » interroge Le Temps. Un éditorialiste analyse avec inquiétude qu’«En Egypte, un tragique scénario «à l’algérienne» se dessine». L’Algérie du FIS et de la décennie noire de la guerre terroriste.
 
Pourtant l’histoire de la dernière décennie ne pouvait laisser aucun doute sur le résultat de la nouvelle vague de « démocratisation » du « Grand Moyen-Orient ». Car « apporter la démocratie » c’était déjà le prétexte de la propagande de Bush II et de ses neocons pour s’emparer de l’Irak ba’athiste.
 
Et les médias de l’OTAN connaissent parfaitement le bilan de la « démocratisation » de l’Irak. Le Temps, précisément, commentait récemment : « Irak: une décennie de guerre en chiffres Il y a dix ans, les Etats-Unis envahissaient l’Irak. Quel pays ont-ils laissé derrière eux? Combien de morts dénombre-t-on et quels ont été les impacts de l’occupation américaine et britannique? ». La réponse tient en un chiffre : 650.000 civils morts. Et une réalité géopolitique : la « Prusse du Moyen-Orient » du Ba’ath devenue un état semi-failli, livré aux américains et à ses voisins. En voie d’éclatement. De « somalisation ». Comme l’est la Libye. Et comme on voudrait que la Syrie le devienne.
Les journalistes ? Aveugles, idiots ou complices ?
 

Luc MICHEL




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lundi, 14 octobre 2013

POUVOIR EN ALGERIE: ENTRE L'IVRESSE, LA CUPIDITE ET LE PATRIOTISME

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Plusieurs sites que l’on peut classer d’anti-Algérie ont été créés précisément pour attenter à l’Algérie et à ses institutions.  Ils sont tous administrés par d’ex-dirigeants ou pontes qui ont gouté aux bienfaits du pouvoir et à ses abus. Ils se définissent, une fois évincés pour diverses raisons, comme « opposition algérienne à l’étranger ». Ils ont des réseaux jusqu'en Algérie, des sites, des TV pour diffuser leur propagande et des forces qui les soutiennent politiquement et financièrement. Leur objectif est de prendre le pouvoir par la force et le désordre s’il le faut.

Certains se sont spécialisés dans le dénigrement de  l’armée algérienne en s’attaquant à son puissant service de sécurité qui a mis en échec tous les complots depuis 1962, ourdis par les milieux « nostalgiques » et les pays dont le ‘système algérien’ est antinomique au leur.  Nos cocos, pour la plupart sans gloires, sont en fait de vulgaires hypocrites ou félons dont le parcours est connu. Leurs tactiques qui paraissent défendre les « droits » et la « liberté » des Algériens ne sont que mensonges et manipulations. Ils n’avaient rien fait de ce qu’ils fustigent maintenant lorsqu’ils tenaient les règnes du pouvoir. Dévoilés par leurs manigances et leur vanité lorsqu’ils gouvernaient sans partage, puis évincés pour changement de pouvoir, gabegie ou incompétence, les revoilà convoiter à nouveau le pouvoir pour eux-mêmes ou leurs proches, à l’occasion de la maladie du président, en espérant revenir à leurs affaires douteuses et disposer des énormes réserves reconstituées, mais mises en sécurité, après avoir vidé les caisses de l’État à la faveur de la décennie de trouble. Ils usent dès lors de toutes leurs influences extérieures, surtout françaises et arabo-monarchiques, pour fragiliser les institutions et pour agiter le peuple. Par leurs méthodes et les moyens dont ils usent, on décèle aisément leur condition de « bougnoules » de services et leur prédisposition à la servilité pourvu qu’ils confisquent le pouvoir!

En observant bien leurs tactiques, leurs propagandes, leurs thèmes, on apprend qu’ils ne nous expliquent rien ; qu’ils font dans le dénigrement, le mensonge, le clabaudage, la diffamation et les stupidités pour satisfaire un égo entaché de frustration et de cupidité.  Des énergumènes souvent grossiers qui incitent à une « révolution », par procuration, en poussant nos enfants à la faire en lieu et place de leurs rejetons qu’ils tiennent en réserve pour diriger ou gouverner. C’est du « prête-moi ton fils mourir à la place du mien ». 

Parmi tous les meneurs, propagandistes, manipulateurs, financiers qui «dirigent » ces « révolutions arabes », qui occupent tous ces sites et télés étrangères de propagande, aucun n’a envoyé son fils sur le terrain des combats. Oui aucun de tous les pays arabes!! C’est toujours le pauvre ignorant qui se fait avoir et qui s’engage pour se faire tuer à leur place ! Après les avoir rendus pauvres et ignorants, on veut maintenant leur sang !

Le monde sait que l’Algérie est un pays prospère et que les « décideurs » algériens (expression utilisée pour montrer que le pays s’appuie sur des personnes et non les institutions) ne sont pas bien sûr tous ‘intègres’ et ‘honnêtes’, comme partout dans le monde, mais faire de ceux-là  un « système » de gouvernance propre à l’Algérie est une tromperie. Arriver à accuser les cadres supérieurs de l’armée d’être aux services de forces extérieures,  en particulier du sionisme, n’est ni réaliste, ni logique, ni mériter réponse, car ce matraquage contre les « généraux » et par ricochet l’armée algérienne on nous le rabâche depuis 1962 (avant, c’était contre les colonels). De plus, le « Général » qui est âgé actuellement de 70 ans avait 18 ans à l’indépendance ; il est donc loin des querelles de pouvoir issues d’avant l’indépendance. 

Les officiers les plus âgés qui avaient participé à la révolution contre le colonialisme, auxquels l’on prête ces querelles, sont soit en retraite soit décédés. On ne peut donc reprocher ni aux uns ni aux autres une quelconque trahison surtout avec l’ex-ennemi.  Certains ex-officiers post indépendance, en effet, le sont devenus mais après avoir été radiés pour malversations, mais ils sont négligeables. Les autres retrouvent la « bonne parole », depuis l’étranger, mais une fois écartés du pouvoir après avoir ‘baigné’ dans les « sept péchés capitaux » pour certains. Parions qu’au vu de leurs prestations sur les plateaux télés étrangères, ils seront les premiers à soutenir une expédition contre l'Algérie comme en Libye ou en Syrie. Ils répèteront les mêmes propagandes, les mêmes idioties et se comporteront, comme les félons libyens et syriens. Ils diront qu’ils défendent « les intérêts du peuple », en criant aussi bien «vive l’Algérie » et « Allah akbar », tout en le voyant se faire tuer.  Ils dénigreront toutes les personnalités qui ne sont pas de leur bord ou qui bloquent leur projet funeste, même les plus patriotes, comme ils le font actuellement, entre autres, contre le président alors qu'ils savent qu’il était ministre des AE à l’âge de 27 ans à l’indépendance, au moment au l’Algérie ne disposait de rien, après avoir été commandant de l’Armée de Libération Nationale et ami de Boumediene. Les diplomates et chefs d’État du monde reconnaissent ses capacités et ses compétences.

C’est lui aussi qui a arrêté l’effusion de sang de la décennie dite « noire » - qui arrangeait certains intérêts - par des mesures politiques, sociales et juridiques. Il est jugé comme le plus habile président que l'Algérie ait connu après Boumediene. Il n’est pas juste de dire qu’il n’a rien fait de bon ou n’a pas fait mieux. On ne peut pas, en quelques lignes, faire le bilan de sa gouvernance. Des spécialistes le feront. Autre stupidité ; on demande à l’armée, avec un relent d’esprit de parti unique, de destituer le président, car, selon eux, il s’emploierait à la déstabiliser par la « déstructuration » des services de sécurité. Alors qu’hier, on vouait le DRS (Département du renseignement et de la sécurité) aux gémonies, voilà aujourd’hui nos hypocrites le défendre en voulant faire croire, par tromperie, à une volonté de déstabilisation de l’armée, après sa restructuration (sur proposition de l’armée) pour plus d’efficacité suite aux événements d’In Amenas et aux menaces dans le voisinage. Curieusement ce sont ceux qui vantent la période Chadli avec ses troubles, qui sont les plus offensifs et les plus virulents critiques de la période Bouteflika!
 
Il y a bien sûr des insuffisances, mais elles sont beaucoup moins pénibles et insurmontables que celles que l’on subissait lorsqu’ils gouvernaient. Ils étaient bien la cause de la décennie dite « noire » et ses conséquences jusqu’à nos jours ! En ces temps-là, ils étaient sourds et aveugles, car préoccupés par les privilèges et leur maintien au pouvoir, mais aussi bien protégés (ici ou à l’étranger), pendant que les simples citoyens subissaient les frayeurs du terrorisme!

Beaucoup de 'lobotomisés' qui les écoutent, sans discernement, ne peuvent pas voir et comprendre à cause des œillères qu’ils ont ou du fait de leur ignorance des enjeux et de la chose politique. L’un d’eux pousse son  délire jusqu’à qualifier le président de « " demi-dieu " qui veut parachever à tous prix ses noirs desseins ».

Nos citoyens doivent savoir qu’il s’agit de querelles pour des intérêts, pour des privilèges, pour le pouvoir. Pour ces raisons, ils doivent être vigilants, ne pas se laisser entrainer dans des conflits qui nuisent au pays ; en se gardant d’écouter les discours catastrophiques ou le chant séduisant des sirènes !


NASSER

23:21 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Algérie, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, algérie, pouvoir en algérie: entre l'ivresse, la cupidité et le patriotisme, nasser | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 05 octobre 2013

LE DJIHAD DE L'INTOX

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En réaction à la vague d’indignation qu’ont suscité les révélations sur l’ampleur qu’a pris le djihad du sexe (nikah) en Syrie, le journal français Le Monde a pris sur lui de plaider la cause des islamistes, combattants et prédicateurs, mis en cause dans cette histoire. Mais ne pouvant assumer une telle plaidoirie, ce journal a préféré le faire à travers un article publié dans la page Blogs, signé par Ignace Leverrier, un ancien diplomate en poste à Damas, connu pour être le principal pourvoyeur du journal de référence des Français en informations provenant de la Syrie et certainement toujours liés aux services de renseignements de son pays. Avec un titre sciemment provocateur, «Vous allez être déçus : le djihad du sexe en Syrie n’a jamais existé !», l’auteur de l’article veut faire croire que ce concept est «la dernière invention de la propagande du régime». Comme si tous les autres crimes, tout les drames que vivent les Syriens depuis plus de deux ans étaient le fait de la propagande. Il explique : «Rendu public pour la première fois sur la chaîne de télévision libanaise Al-Jadid (…) et immédiatement repris par certains médias favorables au pouvoir en place à Damas, ce nouveau concept était destiné comme les autres à heurter et paralyser les opinions publiques occidentales».
 
Il faut comprendre donc que si les opinions publiques occidentales n’étaient pas paralysées, les gouvernements occidentaux trouveraient plus de difficulté à justifier la croisade qu’ils s’étaient promis de déclencher contre le régime syrien. Comme si, là encore, les puissances occidentales pouvaient s’offusquer d’une raison morale pour passer à l’action. Poursuivant son raisonnement par l’absurde, l’auteur estime que «pour lui donner du crédit, cette idée était imputée à un cheikh saoudien ultraconservateur, un certain Mohammed Al-Arifi, dont le nom n'avait pas été choisi par hasard.
 
L'intéressé s'était fait remarquer par la promulgation d'avis juridiques montrant un rigorisme radical et un mépris certain pour les femmes. Le cheikh a immédiatement nié ce qu'il était censé avoir diffusé sur les réseaux sociaux... mais qui ne figurait nulle part sur sa page internet. Il a expliqué qu'un imposteur avait utilisé son compte Twitter, où il comptait plus de 3 millions de followers, pour lui imputer ce qu'il n'avait jamais dit». Encore plus effronté, l’article réfute les déclarations du ministre tunisien de l’Intérieur qui a récemment donné des détails sur ce réseau de prostitution islamiste, au motif qu’aucun témoignage n’est venu corroborer ses propos. Le diplomate feint d’ignorer que le gouvernement islamiste tunisien serait bien le dernier à vouloir ternir l’image de la «rébellion» syrienne.
 
Son seul argument, sa seule référence sont, au bout du compte, les dénégations de l’Armée syrienne libre et Jabhat Al-Nosra, exprimées dans des communiqués : «Devant le scandale provoqué par ces affaires, l'Armée syrienne libre et la Coalition nationale syrienne ont réagi. Même Jabhat Al-Nosra y est allée de son communiqué. Tous ont affirmé que le djihad al-nikah, qui était contraire aux législations divines et humaines n'avait jamais existé en Syrie et que les prétendues victimes, tunisiennes ou syriennes, dont les témoignages avaient été colportés par les médias du régime (…) n'avaient été que les comparses plus ou moins consentantes d'une machination contre eux qui les dépassaient». Il faut les croire, puisqu’ils l’ont dit dans des communiqués !


Par R. Mahmoudi


00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Algérie, Europe, France, Monde, Monde arabe, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, syrie, le djihad de l'intox | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 03 octobre 2013

MICHEL COLLON: «LA GUERRE EN SYRIE EST UN PLAN DE RECOLONISATION DONT FAIT PARTIE L'ALGERIE»


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Algeriepatriotique: Comment évaluez-vous le développement de la situation en Syrie en ce moment?

Michel Collon: Je crois que l’on assiste à un tournant historique. On voit que les Etats-Unis, qui ont été, jusqu’à présent, très arrogants et se permettaient de déclencher des guerres assez facilement, sont maintenant face à une résistance très forte en Syrie, face aussi à un refus de la Russie et face à la résistance croissante des pays du Sud. Le sentiment qui se développe en Amérique latine, en Afrique, dans le monde arabe aussi et en Asie bien entendu, est que les Etats-Unis sont une puissance déclinante, qu’ils mènent une politique égoïste visant seulement à voler les richesses pendant que les peuples restent dans la pauvreté, et qu’il est donc temps de résister à ces guerres qui sont purement économiques, des guerres du fric, et qu’il faut construire un front par rapport aux Etats-Unis et à leurs alliés européens, puisque l’Europe suit les Etats-Unis de manière très docile et hypocrite et est impliquée dans ce système.


Nous avons réalisé une série d’entretiens avec des personnalités aussi divergentes les unes que les autres, notamment Paul Craig Roberts qui fut conseiller de Reagan. Un point revient souvent : dans le monde occidental, aujourd’hui, les anti-guerre par rapport à ceux qui dénonçaient la guerre du Vietnam, par exemple, sont à droite. Pourriez-vous nous faire un commentaire à ce sujet ?

Nous avions, en Europe, un mouvement anti-guerre extrêmement puissant qui s’était développé justement pendant la guerre du Vietnam. Ce mouvement a été très affaibli. On en a vu encore une pointe en 2003 au moment où Bush a attaqué l’Irak et où nous étions des millions dans la rue, mais il faut bien constater que quand les Etats-Unis ont attaqué la Libye, quand ils sont intervenus en Yougoslavie et en Afghanistan, il n’y a pas eu de forte résistance. Je pense qu’il faut analyser le problème en se demandant comment la Gauche européenne qui avait toujours été en principe anti-guerre, anti-coloniale, anti-injustices sociales, se retrouve maintenant, à de très rares exceptions, aux côtés des Etats-Unis et de l’Otan, dans une grande alliance qui englobe Israël, l’Arabie Saoudite, le Qatar et toutes ces dictatures épouvantables qui prétendent qu’elles vont apporter la démocratie en Syrie. Et la gauche européenne marche avec ça ? C’est une comédie et il est très important d’expliquer d’où cela provient. Je pense qu’on a perdu le réflexe de se méfier du colonialisme, de refuser la guerre et de rechercher des solutions politiques aux problèmes. On a perdu cette idée que les nations ont le droit de décider de leur système social, de leur avenir, de leurs dirigeants et que ce n’est pas à l’Occident colonial de dire qui doit diriger tel ou tel pays. Nous avons un grand examen de conscience et une analyse à faire : comment se fait-il que ceux qui devraient être à gauche se retrouvent avec ceux que je considère, moi, comme l’extrême droite, à savoir Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar ?

D’après les informations que nous avons récoltées à travers nos entretiens et qui se confirment, Barack Obama serait otage du lobby israélien, notamment via l’Aipac et ses partisans, comme Susan Rice, Lindsay Graham, etc., et les néo-conservateurs pro-israéliens. Qu’en pensez-vous ?

C’est une thèse très répandue que les Etats-Unis sont dirigés par Israël et je ne suis pas d’accord avec cette position. Je pense, en fait, que c’est le contraire. Ce n’est pas le chien qui commande à son maître, c’est le maître. Quand vous regardez l’économie israélienne et son budget, vous voyez bien que la force est aux Etats-Unis et qu’Israël est ce que j’appelle le « porte-avions » des Etats-Unis au Moyen-Orient. Bien sûr, le lobby est un phénomène qui joue, mais le jour où l’élite des Etats-Unis décidera qu’Israël ne nous est plus utile ou qu’il nous fait du tort parce que tout le monde arabe est en train de résister et nous allons perdre notre crédit et notre marge de manœuvre au Moyen-Orient, ce jour-là, les Etats-Unis lâcheront Israël. Il y a des fantasmes sur le lobby juif qui dirigerait le monde, mais je ne crois pas à cette théorie.

L’Aipac n’est pas une vue de l’esprit…

Nous sommes dans un monde dirigé par les multinationales. Quand vous voyez qui a le pouvoir de contrôler les richesses, de décider l’économie, de contrôler Wall Street, la City, Frankfurt, etc., ce sont des multinationales. Et le fait qu’il y ait quelques patrons juifs n’est pas le problème. Je pense vraiment que l’on doit s’en prendre au système des multinationales et ne pas prendre la conséquence pour la cause.

Vous avez dit dans l’émission de Taddéï : « Vous m’inviterez un jour car ce sera au tour de l’Algérie d’être ciblée par une frappe ou une guerre. » Le pensez-vous toujours ?

Oui, je pense que ce qu’il se passe en Tunisie et au Mali et l’attaque contre la Syrie annoncent qu’effectivement les Etats-Unis sont en train d’exécuter un plan de recolonisation de l’ensemble du monde arabe et des pays musulmans – puisqu’il y a l’Iran aussi – qui ont échappé au colonialisme classique. Clairement, l’Algérie fait partie des cibles, comme l’Iran, et donc il est très important de voir qu’en défendant l’autodétermination du peuple syrien, on empêche les Etats-Unis d’attaquer les cibles suivantes. Ce que je dis dans ce cas, c’est que, en fait, il s’agit toujours de la même guerre. Nous sommes dans les différents chapitres d’une même guerre de recolonisation.

Entretien réalisé par Mohsen Abdelmoumen


Michel Collon pour Algérie Patriotique

 

Source: INVESTIG'ACTION

vendredi, 27 septembre 2013

LA COUR PENALE INTERNATIONALE N'A PLUS LA COTE EN AFRIQUE


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Le Parlement Kenyan vient de voter le retrait du pays, du protocole de Rome, à l’origine de la Cour Pénale internationale (CPI). Bien que ne prenant effet que dans 12 mois, ce retrait est une mauvaise publicité pour la CPI. Les raisons de son fiasco résident dans l’impression qu’elle donne de n’être qu’une émanation des puissances occidentales dominatrices, quand elle s’en prend la plupart du temps, qu’aux vaincus de ses grandes. En effet, elle est incapable de lancer la moindre enquête sur les centaines de morts survenues en Égypte, en Lybie ou en Côte d’Ivoire. Certains criminels de guerre ou contre l’humanité avérés, sont ressortis blancs comme neige, malgré les preuves accablantes des dossiers d’instructions. Quand ces derniers n’ont pas disparus tout bonnement. Ce précédent historique pourrait servir d’exemple, pour de nombreux autres États africains. Les récentes déclarations du président somalien de l’O.U.A, lors du dernier congrès à Alger, illustraient le malaise de ces pays africains, qui après plus d’un demi-siècle d’indépendance, ont le sentiment de s’être faits dépossédés, par les puissances colonisatrices de naguère, de leurs libertés ou de l’organisation des conditions de justice de leurs propres concitoyens.
 
Avec l’invasion et l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan par les Etats-Unis des Bush père et fils, qui se sont soldées respectivement par près de 2 millions et un million de morts, à quoi avons-nous eu droit de la part de la CPI ? A aucune poursuite, car Washington qui encourage la CPI à traquer les criminels de guerre à travers le monde, quitte à les lui livrer, protège ses propres ressortissants. Comment l’expliquer ? Très simplement. La Cour Pénale Internationale est une juridiction permanente, chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d’agression et de crime de guerre. En 1998, 121 États sur les 193 États membres de l’ONU, ont ratifié le Statut de Rome et accepté l’autorité de la CPI. Trente-deux États supplémentaires, dont la Russie et les États-Unis d’Amérique, Israël, l’Irak, la Libye, le Qatar et le Yémen, ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié.
 
Prenons le cas des USA qui ont signé également avec 180 pays, l’ABI : l’Accord Bilatéral d’Immunité. Grâce à ces accords bilatéraux, les États-Unis obtenaient l’exclusion de la compétence de la CPI, à l’égard des ressortissants et des militaires nord américains, interdisant ainsi leur transfert devant le tribunal de la Haye. Les pays signataires de cet accord bénéficient en contrepartie, d’une aide financière et militaire des Etats Unis. C’est la raison pour laquelle la CPI ne peux intervenir en Israël, en Irak, en Libye, au Qatar ou au Yémen pour ne citer que ceux-la. Et l’article 98(2) du statut de Rome le dit clairement.

Ce qui veut dire, que si un citoyen américain est arrêté, dans l’un des pays signataire de l’accord ABI, pour que ce citoyen, auteur de crime contre l’humanité, soit remis a la CPI, il faut que l’Etat concerné  consente dans un premier temps a transférer le criminel et dans un deuxième temps, que cela soit compatible avec les accords bilatéraux internationaux.

En conséquence, on ne peut poursuivre les dirigeants Américains ou les alliés des Etats-Unis pour crime de guerre. Qu’importe le nombre de morts, les voilà absous par avance.
 
Cette puissance impériale se permet de porter le fer et le feu sur la planète en toute impunité. Voilà pourquoi les responsables des massacres ethniques, consécutifs à la destitution du président ivoirien Laurent Gbagbo, ne seront jamais jugés. Comme ceux de Sago en 2011 lorsque les hommes de la FRCI d’Alassane Ouattara, accusèrent les populations civiles d’avoir contribué à la fuite des dernières troupes loyalistes vers le Libéria mais aussi de cacher des armes en vue de venger le président Laurent Gbagbo. Fuyant dans la forêt, les moins heureux ont été rattrapés, fusillés et/ou égorgés et parfois brulés vifs. Les soldats d’Alassane Ouattara, avec l’aide de populations civiles étrangères au pays, massacrèrent ainsi, tout ceux de l’ethnie Godié qu’ils croisèrent sur leur chemin et cela pendant plusieurs jours. Des journalistes occidentaux, alertés par des cyber-activistes, viendront constater les massacres, mais minimiseront la portée de ceux-ci. Cela ne collant certainement pas avec la version officielle, commandée par leurs rédactions. Il est en effet difficile d’accepter la vérité, lorsque les mensonges sont exactement ce que l’on veut entendre. Comme en Bosnie, au Kossovo, en Lybie ou en Syrie de nos jours, en quelque sorte.
 
Ni le gouvernement Ouattara, ni la cour pénale internationale n’ont jusqu’à ce jour ouvert d’enquêtes, afin de déterminer qui furent les responsables de ces atrocités. Et les victimes attendent encore que justice leur soit rendue, comme pour tant d’autres crimes, commis sous couvert de la toute puissance occidentale, qui se sert du droit et de la morale pour effacer ses propres assassinats. Mais si la vérité est plus lente que le mensonge, elle finit toujours par arriver.


Source: PRORUSSIA.TV

mardi, 17 septembre 2013

SYRIE: POUR EN FINIR AVEC LA BHLISATION DES ESPRITS

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On se croirait revenu plusieurs années en arrière, au temps de l’éclatement de l’ex Yougoslavie ou du conflit au Kosovo. Comme à cette époque, les médias sont investis par deux sortes de personnages : des « experts » de la chose militaire transformés en commentateurs, et des éditorialistes prompts à chausser leurs rangers pour régler un conflit complexe au moyen de solutions simplifiées à l’extrême. Le « Moyen Orient compliqué »(De Gaulle) ? Foutaises. « Y’a qu’à » bombarder Assad et tout sera réglé.

C’est la forme supérieure de la BHLisation des esprits. Elle consiste à ériger l’émotion en guide suprême, à vider l’ONU de son contenu et à faire de quelques va-t-en guerres les shérifs attitrés d’une nouvelle police internationale autoproclamée. Bernard-Henri Lévy écrit dans sa dernière chronique du « La force est le dernier recours pour faire entendre raison aux assassins ». Au nom de quoi il faut « faire bloc autour du chef des armées ». A vos ordres, mon général. Ces paroles viriles sont dignes des chambrées nationalistes de 1914.

Certes, l’émotion face aux révélations sur le recours probable au gaz par Assad ou l’un de ses sbires est légitime, même si l’échelle des responsabilités reste peu claire. Mais on ne peut laisser BHL écrire de ceux qui ne partagent pas son entrain guerrier comme unique riposte possible que cette histoire d’attaque au gaz ne leur fait « ni chaud, ni froid ». Personne n’a le monopole de l’indignation. Encore faut-il voir plus loin que le bout d’un missile Tomahawk et se demander comment apporter une réponse qui ne peut se résumer à une simple « punition », pour reprendre l’expression puérile de François Hollande.

« La loi internationale » existe, écrit BHL. Justement. Si elle existe, il faut la faire respecter par les instances habilitées, aussi lourdes soient-elles à manœuvrer, et ne pas se laisser aller à une riposte à la hussarde.

Or c’est ce qu’ont fait les Etats-Unis et la France, relayés par quelques potentats arabes rêvant de déstabiliser la Syrie à des fins inavouables. Barack Obama et François Hollande ont brandi l’étendard de la guerre contre l’avis de l’Onu, de la plupart des pays européens, et de la totalité des Brics. Mine de rien, ça fait du monde.

BHL aime à se déchaîner contre la Russie de Poutine (au demeurant fort critiquable), ou contre la Chine. Mais il oublie de relever que l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du sud sont également contre une intervention. Va-t-on nous expliquer que c’est parce qu’ils soutiennent eux aussi l’infâme Assad ? En vérité, ces pays mesurent peu ou prou les risques d’un engrenage dont nul ne sait à quelles extrémités il peut conduire.

L’historien Edward Luttwak, qui fut pourtant conseiller en stratégie de Reagan et de Bush père, dit de Barack Obama, dans Le Point : « Il s’est fait piéger en nommant autour de lui des gens qui sont des interventionnistes enthousiastes…des droits-de-l’hommiste, des Bernard-Henri Lévy, en somme ». Et de poursuivre : « Aucun d’entre eux ne comprend quelque chose à l’armée, aucun n’a jamais revêtu l’uniforme, mais ils poussent le président à utiliser la force armée à toute occasion ».

On connaît très bien cette engeance. On se gardera de la confondre avec tous ceux qui prônent une intervention ponctuelle, même s’ils font fausse route. Il y a parmi eux des gens fort respectables. Tous ne sont pas des clones de BHL ou de Bernard Guetta, soudain transformé en conseiller militaire matinal de France Inter. On comprend la nécessité de ne pas laisser la Syrie se transformer en champ d’expériences attentatoires à des principes universellement reconnus. Mais rien ne serait plus périlleux que de succomber aux sirènes de l’aventurisme au nom des bons sentiments.

C’est ce qu’a fait Sarkozy en Libye, naguère, déjà téléguidé par BHL. Résultat : Kadhafi a été éliminé, ce dont personne ne se plaindra, mais la Libye est devenu un foyer de terrorisme qui a débordé au Mali, forçant la France à intervenir afin de déloger des fous de Dieu qui attendent qu’elle vienne les aider en Syrie en bombardant cet autre fou qu’est Assad. Dans l’art d’avancer en s’embourbant, il est difficile de faire mieux. Renouveler l’opération en Syrie pourrait avoir des conséquences incalculables.

 

Source: MARIANNE.NET

UN GENERAL FRANÇAIS: «FRANÇOIS HOLLANDE NOUS MANIPULE»

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Dans une analyse, le général français Dominique Delawarde, ancien chef du bureau situation-renseignement-guerre électronique de l’état-major interarmes de planification opérationnelle en région parisienne, rejoint le clan des opposants à une frappe militaire contre la Syrie en mettant en cause les accusations formulées par les services de renseignement français contre le régime syrien, seul responsable, selon eux, d’avoir gazé la population. Pour lui, il n’y a aucun doute : les preuves présentées par le Premier ministre aux députés ne sont «ni convaincantes ni crédibles». Le militaire français rappelle, à cet effet, la présentation du général Colin Powell aux Nations unies de «fausses preuves indubitables» établies par la CIA sur l’existence d’armes de destruction massive en Irak pour justifier l’intervention militaire qui a suivi. «Personnellement, j’ai la conviction intime que nous sommes en présence d’une nouvelle manipulation avec le massacre au gaz chimique de Damas», affirme-t-il. Pour cet ancien officier, l’utilisation de l’arme chimique par Bachar Al-Assad «est une affirmation absurde et ne tient pas la route».
 
Selon lui, le président syrien n’aurait jamais pris un tel risque, sachant qu’une intervention occidentale suivrait de facto. «Il (Bachar Al-Assad) possède un arsenal suffisant pour frapper ses adversaires sans faire appel au gaz. Aurait-il pris un tel risque à un tel moment pour tuer seulement quelques centaines d’adversaires en banlieue de Damas, capitale du pays, à une relative proximité des délégations diplomatiques étrangères ?» se demande-t-il, dubitatif.
 
Ce «massacre», continue le militaire dans son analyse, ne profite qu’aux deux autres parties en cause dans cette affaire. «D’abord aux opposants à Bachar El-Assad qui, si intervention il y a, ont toutes les chances de gagner rapidement leur combat et de prendre le pouvoir en Syrie. Ensuite, aux Etats-uniens et aux Franco-Britanniques qui souhaitent depuis longtemps affaiblir le Hezbollah libanais, mais surtout l’Iran (cible principale en raison du nucléaire), en supprimant leur allié de toujours : la Syrie de Bachar Al-Assad», a-t-il expliqué.
 
Pour corroborer son argumentation, le général Delawarde rappelle des précédents de ce genre de manipulation dans la ville roumaine de Timisoara, en décembre 1989, où les médias avaient repris pendant plusieurs semaines la fausse information d’un prétendu «massacre» de 4 600 personnes juste pour faire tomber Nicolae Ceausescu. «Il y a eu deux autres manipulations de ce type en Bosnie et au Kosovo lorsque j’étais en fonction. Elles ont été réalisées avec succès et l’opinion et les médias n’en ont jamais connu les tenants et les aboutissants», a-t-il révélé.
 
Le général Dominique Delawarde conteste les renseignements français, selon lesquels les rebelles syriens «n’ont pas le savoir-faire pour mettre en œuvre les gaz». «C’est oublier un peu vite que les rebelles sont soutenus et conseillés par des services spéciaux étrangers qui, eux, ont toutes les connaissances nécessaires», a-t-il avancé. Fustigeant la politique étrangère française en faveur d’une intervention militaire en Syrie pour faire respecter, selon elle, les conventions de Genève, le général Delawarde s’est demandé pourquoi la France n’a pas proposé d’intervenir militairement lors du massacre de Gaza en 2009: «Il y avait, lors du massacre de Gaza, 1 300 morts, bien réels ceux-là, dont 900 civils et 300 enfants. L’armée israélienne avait alors utilisé des bombes au phosphore interdites par les conventions de Genève (…) Y aurait-il deux poids et deux mesures ? Des massacres autorisés ou tolérés et des massacres interdits ?» s’est-il encore demandé, en concluant avec ironie : «Cette utilisation de gaz dans la ville de Damas n’est tout simplement pas crédible. Il est vrai que plus c’est énorme, plus ça passe. Mais, là, la ficelle est un peu grosse.»
 
 
Mohamed El-Ghazi
 
 

VERS UNE GUERRE FROIDE QUE VERS UNE GUERRE MONDIALE!

monde,syrie,vers une guerre froide que vers une guerre mondiale!,par cheikh si mimoun


En Russie, il y a et il y a toujours eu un camp pro-occidental, et ce, au moins depuis Pierre le Grand… Tous les dirigeants successifs du plus haut niveau au 4ème ou 5ème cercle étaient si l’on peut dire russo-centristes et plus tournés vers l’est et le sud.
 
La catastrophe a commencé avec le Pape polonais et le roi Fahd (succédant à Fayçal… assassiné par un neveu), instruments de Reagan, le premier pour faire craquer l’empire à partir de la Pologne catholique et le second pour le faire sombrer économiquement au moyen du prix du baril, qui a touché le fond vers la mi-année 80 à tel point qu’il suffisait à peine pour couvrir les frais de production, consécutivement à la nouvelle politique des prix appelés "net back" mise en place après l’éviction de Zaki Yamani et son remplacement par un membre de la famille royale.
 
Nous avons fait les frais aussi de cette politique, dont octobre 88 (conflit réformateurs/aile dure du FLN) et tout ce qui a suivi en est la conséquence (*).
 
Et l’Afghanistan a été le coup de grâce.
 
Dès que l’empire soviétique a explosé, qui voit-on apparaître aux manettes de la nouvelle Russie arrivés dans les bagages du clochard Eltsine?
 
Des chacals à la solde de la City et de Wall Street qui se sont mis à se partager les dépouilles en se tournant vers l’occident et tournant le dos à leurs anciens alliés notamment arabes qui de leur côté avaient déjà senti la nouvelle musique dès l’ère Gorbatchev.
 
D’où le sursaut des nationalistes russo-centristes représentés par Poutine et qui devait dans un premier temps composer avec le camp pro-occidental dont Medvedev est le pion visible au sein du pouvoir russe.

Je pense que Poutine n’est pas pour que la Russie devienne un satellite d’une autre grande puissance, il a d’autres ambitions.
 
Et s’il fait la preuve de sa fermeté et sa capacité à offrir un soutien solide à ses alliés potentiels contre les prédateurs, … et qu’il a définitivement pris le dessus chez lui, il y a de fortes chances que tous les anciens "alliés" ou protégés de l’URSS, y compris l’Égypte, reprennent le chemin de … Moscou.
 
Ce qui se passe avec la Syrie joue en sa faveur et à mon avis ce qui fait le plus enrager le trio US/GB/Fr, en plus du coup de frein à leurs plans, c’est l’évolution probable des évènements sur un plan plus large que la Syrie.
 
Il est plus juste de parler de guerre froide ou guerre tiède, sur le dos du monde arabe (richesses du sous-sol et position stratégique en méditerranée) que de guerre mondiale vu qu’il y a 2 puissances qui peuvent effacer 20 fois la planète et 6 ou 7 autres qui peuvent en effacer le 1/4, le 1/3 ou la moitié.
 
Et ça, à mon avis, ce n’est pas encore à l’ordre du jour.

S’il y a un théorème à tirer de tout ça, c’est celui-ci : pour les Républiques arabes, leurs intérêts et leurs souverainetés sont mieux respectés par la Russie en échange de leur non-alignement à l’ennemi de celle-ci : les monarchies arriérées, féodales, anti-démocratiques où les richesses du pays sont entre les mains de 2 douzaines de familles ne peuvent avoir pour protecteurs que des prédateurs et maquereaux qui assurent leur survie, malgré leurs vices et turpitudes qui ne dérangent en rien ces souteneurs, contre la possibilité de disposer à volonté de 90% de ces richesses.

 

Cheikh Si Mimoun

lundi, 16 septembre 2013

POUTINE, L'HOMME QUI LES REND TOUS FOUS

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Vladimir Poutine, G20, Saint Petersbourg, septembre 2013 - Host Photo Agency/CNP/AdM/SIPA


Les Occidentaux étaient persuadés que sur le front syrien, on ne pouvait rien attendre de la Russie. Et voilà que Poutine lance une initiative diplomatique qui fait bouger les lignes. Comment expliquer ce tête à queue?

 
 
Ce sont les aléas d’une actualité mouvante mais aussi les conséquences des esprits formatés par des a priori idéologiques. Dans son numéro de cette semaine, L’Express publie un article fort circonstancié titré: «Poutine ou les calculs de « M. Niet ». Décryptons la formule pour les plus jeunes et pour ceux qui ne sont pas férus de Kremlinologie. En somme, à l’instar de feu Andreï Gromyko, ministre des affaires étrangères de l’époque soviétique, l’actuel président d’un pays appréhendé comme un remake de l’URSS ne peut que dire Non à tout. 

Manque de chance, il n’a pas dit « Niet » mais « Da » à la suggestion de John Kerry sur les armes chimiques de la Syrie. Patatras. C’est le monde à l’envers. Du coup, l’analyse de L’Express tombe complètement à plat (ce n’est pas exceptionnel) tout comme les clichés véhiculés dans les médias occidentaux pour qui Poutine est à la fois un Diable, un Soviétique en peau d’ours et un imbécile. 

Certes, on ne peut comprendre la Russie sans son passé soviétique ou même tsariste. Et pourtant, rien ne ressemble moins à l’URSS que la Russie d’aujourd’hui, convertie aux dogmes de l’hyper capitalisme fou. De même, si Poutine n’a rien d’un petit Saint orthodoxe, s’il perpétue des traditions antidémocratiques tenaces, il est absurde de le réduire à une marionnette de l’ex KGB, comme on le lit en permanence dans Le Monde ou dans les écrits des nostalgiques de la guerre froide. Quand Bush père était à la Maison Blanche, on ne rappelait pas en permanence son passé de dirigeant de la CIA. 

La Russie a donc pris tout le monde à contre-pied en ouvrant une porte diplomatique. Surprise dans les chaumières. Quoi ? Les Russes, ces rustres que l’on dit incapables de sortir de l’obstruction permanente au Conseil de sécurité de l’ONU peuvent reprendre une suggestion américaine afin d’ouvrir une alternative à la guerre ? Comment est-ce possible ? Manifestement, ça l’est. On ne peut d’ailleurs exclure que Barack Obama en soit fort satisfait, lui qui voyait arriver l’hypothèse d’un Waterloo politique au Congrès comme un Tomahawk mal dirigé tombant sur la Maison Blanche. On peut même penser que des discussions secrètes ont été menées depuis plusieurs jours entre les représentants des deux pays. 

Certes, la question de la Syrie n’est pas réglée pour autant. Certes, il faut s’assurer de la faisabilité du projet. Certes, on peut douter de la bonne volonté de Bachar El Assad. Certes, on peut penser que dans les rangs de la rébellion, certains auront tout intérêt à faire capoter l’opération. Certes, il ne sera pas facile d’aller chercher les armes chimiques dans un pays déchiré par la guerre civile. Bref, le plus dur est à venir. 

Reste que le pire a été (peut-être) évité, à savoir l’engrenage guerrier aux lendemains indécis. Force est de reconnaître que la Russie y aura pris une part non négligeable, prouvant ainsi qu’elle ne se réduit pas aux raccourcis manichéens en vogue dans les gazettes. Les adeptes de la diplomatie du missile diront qu’une telle perspective aurait été inenvisageable sans la menace militaire exhibée par les Etats-Unis et la France. C’est possible, mais ce n’est pas certain. On peut aussi y voir la volonté de ne pas rajouter la guerre à la guerre dans un pays d’ores et déjà éclaté. 

Dans ce conflit, rien ne pourra se faire sans la Russie et a fortiori contre elle. Ses liens avec la Syrie sont connus. On peut sans doute les critiquer compte tenu de ce qu’est le régime en place à Damas, mais ils ne sont guère différents de ceux entretenus par les Etats-Unis avec l’Arabie Saoudite et le Qatar, qui ne sont pas vraiment des modèles de démocratie. Quoi qu’on pense de Poutine, il ne fait que dire à haute voix ce que disent les dirigeants de nombre de pays (comme l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Afrique du sud, la Chine et la plupart des membres de l’Union Européenne). 

Evitons les raccourcis, les diabolisations et les procès d’intention qui font écrire au Monde que « la nouvelle donne diplomatique suscite des inquiétudes ». Ah bon ? Parce que l’ancienne donne, celle qui devait déboucher sur les bombardements suscitait de l’espoir ? Si, pour l’heure, le risque d’un aventurisme guerrier a été écarté, c’est parce que certains pays, à commencer par la Russie, ont su trouver une voie que d’autres, aveuglés par la folie guerrière, n’ont pas voulu étudier. 

 
Cela ne change rien à la nature du régime syrien. Cela n’enlève rien à la nécessité de faire toute la lumière sur des exactions qui ont conduit la Commission d’enquête de l’ONU à dénoncer les « crimes contre l’humanité » commis par les forces gouvernementales et les « crimes de guerre » perpétrés par une opposition gangrenée par les djihadistes, comme en témoigne le journaliste de La Stampa, Domenico Quirico, détenu cinq mois en Syrie. Mais cela devrait amener à regarder le monde avec les lunettes d’aujourd’hui et non avec des clichés hérités d’une époque révolue.

 

Jack Dion - Marianne

 

Source: MARIANNE.NET

SYRIE: LA GUERRE BALISTIQUE US/RUSSIE A BIEN EU LIEU!

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Un diplomate bien informé vient de faire d'importantes révélations au sujet de la crise syrienne, informations propres à prouver la maîtrise dont fait preuve la Russie dans le dossier syrien. "C'est cette maîtrise politique et militaire dont font preuve les russes qui a poussé les Etats-Unis à mettre de l'eau dans leur vin. Les Etats-Unis se sentent désemparés face à une Russie plus que jamais attachée au respect des principes éthiques, une Russie au calme et au sang froid sibérien dont les dirigeants voient juste et maîtrisent les règles du jeu"; selon AsSafir, "la guerre américaine contre la Syrie a commencé dès le tir de deux missiles balistiques en Méditerranée et elle s'est achevée au même moment. Les deux missiles qu'Israël a fini par revendiquer et que les radars russes ont bien détectés".  

"Israël a prétendu avoir tiré ces deux missiles dans le cadre d'un exercice militaire commun avec les Etats-Unis, indépendamment de ce qui se passait en Syrie. Or la réalité est toute autre chose: ces deux missiles ont été tirés par les Etats-Unis depuis une base de l'Otan en Espagne. Les radars russes les ont détectés immédiatement et ce sont les systèmes de défense anti-missile russes qui ont intercepté et détruit l'un d'entre eux en plein air et ont dévié l'autre de sa trajectoire, de façon à ce qu'il s'abîme en mer". Et AsSafir d'ajouter: "Dans le communiqué qu'il a publié, le ministère russe de la Défense a omis de mentionner deux choses: la base à partir de laquelle les missiles avaient été tirés et l'interception et la destruction de ces deux missiles. Mais pourquoi? En effet, aussitôt après le tir de ces missiles, les services du renseignement russe ont contacté leurs homologues US pour leur dire que "toute attaque contre Damas est comme si Moscou était pris pour cible". Le renseignement russe a également indiqué aux américains sa décision de supprimer dans son communiqué la partie qui précise "la destruction des missiles US" pour éviter que les tensions s’accroissent. "Nous vous demandons de revoir vos politiques et votre ligne de conduite à l'égard de la Syrie et, soyez-en sûrs, vous ne pouvez pas empêcher notre présence en Méditerranée".

"Ce face à face non déclaré Moscou/Washington a ajouté à la confusion de l'administration Obama qui s'est aperçue du sérieux de Poutine dans le dossier syrien et de sa volonté d'aller jusqu'au bout. Obama a compris qu'il n'existe pas de voie de sortie autre que la proposition russe". "L'entrée en scène d'Israël s'est effectuée en second lieu. Aussitôt après l'attaque, Israël a dit ne pas savoir qui en est l'origine, ce qui était vrai mais les américains ont demandé à Tel-Aviv de revendiquer le double tir de missile Anchor, ce qu'Israël a fait pour éviter à Washington une perte irréparable de crédit. Bref, Obama voulait se rendre au G20 en chef de guerre, il s'y est rendu en président désœuvré et en quête d'une échappatoire!". Et AsSafir de poursuivre: "Après ce face à face, Moscou a envoyé un nombre plus important de ses experts militaires en Syrie ainsi qu'une armada de navires. Le plan russe a été élaboré en concertation avec le vice-ministre iranien des Affaires Etrangères, Amie Abdollahoyan, le ministre syrien des Affaires Etrangères, Walid Moallem, et les russes ont remis à l'après-G20 la signature d'un accord destiné à éviter à Damas toute action armée en échange du contrôle de son arsenal chimique. La première et dernière guerre missilière US/Russie a eu pour effet le vote négatif du parlement britannique à la guerre, vote qui a fait des émules puisque la chancelière allemande a elle aussi refusé le principe d'une guerre".


Source: IRIB RADIO FRANCOPHONE

dimanche, 15 septembre 2013

SYRIE: LA LETTRE D'UN ANCIEN AMBASSADEUR DE FRANCE A FRANÇOIS HOLLANDE

 

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Diplomate de carrière de 1972 à 2009, Pierre Charasse fut ambassadeur, notamment au Pakistan, en Uruguay et au Pérou, et a représenté la France dans de nombreuses instances internationales. Depuis le Mexique où, retraité, il réside, il vient d'adresser une lettre aussi ironique que cinglante à François Hollande sur la crise syrienne.
 
 
 
Mexico, le 2 septembre 2013

Monsieur le Président de la République,


Dans l’épreuve que subit actuellement l’humanité du fait de la présence d’armes chimiques en Syrie, vous avez pris la tête d’un grand mouvement mondial au nom de « l’obligation de protéger » les populations civiles menacées. Vous avez très bien expliqué dans votre discours du 27 août devant vos Ambassadeurs que c’était là la vocation de la France, comme elle l’a fait en Libye récemment, et qu’elle ne manquerait pas à son devoir. Votre détermination exemplaire devrait rapidement convaincre vos partenaires européens flageolants et les opinions publiques pleutres, en France, en Grande Bretagne, aux Etats-Unis et partout dans le monde, du bien-fondé d’une  intervention militaire chirurgicale en Syrie.

Naturellement, comme vous l’avez rappelé le 27 août, « l’obligation de protéger » s’inscrit dans une démarche très réglementée par les Nations Unies et incombe en premier lieu aux Etats concernés : protéger leur propre population. En cas de défaillance de leur part, c’est au Conseil de Sécurité qu’il appartient de décider des modalités de mise en œuvre de ce principe. Sous votre conduite, la France s’honorera si elle fait respecter à la lettre cette avancée importante du droit international. Je suis sûr que le Président Poutine sera sensible à vos arguments tout comme le Président Xi Jiping et qu’ils ne feront pas obstacle à vos projets en opposant un veto au Conseil de Sécurité. Peu importe que l’objectif final soit encore un peu flou, ce qui compte c’est la défense énergique de principes clairs.

De même, je suis sûr que d’autres pays suivront la France dans son intention de livrer des armes aux rebelles syriens, malgré les risques que cela comporte. M. Laurent Fabius, Ministre des Affaires Etrangères, a annoncé qu’il exigerait des destinataires des armes françaises qu'ils signent un « certificat d’utilisateur final ». Avec une telle fermeté nous aurons l’assurance que nos armes ne tomberont pas entre les mains des combattants Jihadistes du Front Al Nusra-Al Qaeda, qui font partie de la Coalition rebelle (encore très hétéroclite mais que avez le mérite de vouloir unifier, bon courage !) et ne se retourneront pas contre les pays occidentaux qui les ont aidé ou leurs rivaux au sein de la Coalition, voire des populations civiles.

Nous voilà rassurés. Al Qaeda devrait comprendre le message fort que vous lui envoyez. Il est important de bien expliquer que notre ennemi reste le Terrorisme International, même si de temps en temps il faut se montrer pragmatique, comme disent nos amis anglo-saxons, et tendre la main à ceux qui veulent notre perte. Ceux-ci  ne devraient pas être insensibles à nos gestes amicaux. Vos services devraient pouvoir sans peine démentir l’information diffusée par l’agence Associated Press selon laquelle des armes chimiques livrées par notre allié l’Arabie Saoudite (le Prince Bandar Bin Sultan, chef des services saoudiens de renseignement) au Front Al Nusra-Al Qaeda auraient été manipulées maladroitement par ces apprentis-sorciers.

Une fois ce point éclairci vous aurez les mains libres pour agir sur la base des informations fournies par les Etats-Unis et Israël qui ont toute votre confiance. Toutefois il ne serait pas inutile d’éviter que se reproduise le scénario de 2003 aux Nations Unies lorsque Colin Powell a exhibé des photos truquées et un flacon de poudre de perlimpinpin comme preuves irréfutables de la présence d’armes de destruction massive en Irak ! Principe de précaution élémentaire. On vous fait confiance, c’est la crédibilité de la France qui est en jeu.

Quand aux objectifs militaires de cette opération, il paraît évident qu’ils doivent être en priorité de détruire par des moyens aériens les dépôts d’armes chimiques sans les faire exploser au nez de la population civile, ce qui serait un véritable désastre,  et de neutraliser tous les engins qui permettent leur utilisation (missiles, chars, lance-roquettes etc.), sans mettre en péril la vie de nos soldats sur un terrain incertain. Si les Américains ont du mal à identifier les cibles, les services français de renseignement se feront un plaisir de leur fournir toutes les informations dont ils disposent, de telle sorte que l’opération soit courte et cinglante et que grâce à vous les armes chimiques soient définitivement éradiquées de la planète.

Les populations que nous allons protéger auront un prix à payer pour le service rendu et doivent accepter d’avance les quelques centaines ou milliers de morts que peuvent provoquer les effets collatéraux de cette opération et leurs conséquences en cascade. Mais c’est pour leur bien. Si vous prenez la tête de la manœuvre à la place de vos collègues Obama et Cameron, qui semblent rétropédaler avant même que le coup d’envoi ait été donné, Bashar Al Assad comprendra très vite à qui il a affaire. L’Occident ne doit pas de mollir, ce serait un mauvais signal au reste du monde, on compte sur vous pour tenir la barre fermement.

Lorsque cette mission humanitaire sera terminée et que Bashar Al Assad aura fait amende honorable après la tripotée qu’on va lui mettre tout en le laissant au pouvoir, vous aurez la satisfaction d’avoir contribué à appliquer en Syrie la théorie du « chaos constructif » élaborée par des « think tanks » américains à l’époque de George Bush, en espérant que les grandes entreprises américaines, principales bénéficiaires du chaos, auront  la bonté de laisser  aux entreprises françaises la possibilité de tirer quelques avantages du désordre institutionnalisé qui a désormais vocation à se substituer à des Etats forts comme c’est le cas en Irak ou en Libye. Quelques contrats pétroliers feraient bien l’affaire de nos grands groupes.

Après cette victoire  pratiquement acquise d’avance, il vous appartiendra de porter ailleurs le message humanitaire universel de la France. Les crises sont nombreuses dans le monde, la liste des dictateurs sanguinaires est longue, et des millions d’hommes, de femmes et d’enfants attendent avec joie que la France puisse les protéger comme elle s’en est donnée la mission. On pense toujours à l’Afrique qui arrive au premier rang de nos préoccupations. Mais il y a le feu dans de nombreuses régions du monde. Une intervention humanitaire en Palestine serait la bienvenue, vous y songez certainement.

Au Mexique, on estime à 70.000 les morts provoqués par  la violence des groupes criminels et des forces de sécurité et 26.000 disparus durant de sexennat du Président Calderón (2006-2012). Après la première année  du mandat du Président Peña Nieto, on dénombre déjà 13.000 morts. En toute logique avec de tels chiffres la population civile mexicaine devrait être éligible aux bénéfices du programme  « obligation de protéger » concocté par la « communauté internationale », même si celle-ci se réduit aujourd’hui à la France seule. Au point où nous en sommes, il faut bien qu’un pays  se dévoue pour être l’avant-garde agissante d’une communauté internationale amorphe et irresponsable, « ensemble gazeux et incertain » comme a dit Hubert Védrine à propos de l’Union Européenne. Mieux vaut être seul que mal accompagné. S’agissant du Mexique, on pourra tirer les leçons de l’intervention militaire française de 1862 et ne pas répéter l’erreur qui a conduit à la déconfiture les armées de Napoléon III : déclencher des opérations militaires injustifiées et lointaines qui dépassent nos forces.

Pour cela il faudra, mais vous l’avez évidement prévu, programmer davantage de  moyens budgétaires, par exemple pour la construction de nouveaux porte-avions nucléaires, les avions et missiles qui vont avec. Le « Charles de Gaulle » rend de brillants services lorsqu’il n’est pas immobilisé dans nos arsenaux pour de trop longues périodes de révision, mais il aura du mal à répondre seul à toutes les demandes d’intervention surtout lorsqu’il devra croiser dans des mers lointaines, exotiques et dangereuses.  Je suis sûr que vous saurez persuader nos compatriotes que dans les circonstances actuelles, le monde occidental, pour poursuivre sa mission civilisatrice, pilier de la globalisation, devra s’en donner les moyens budgétaires.

On se souvient des contraintes qui ont empêché les forces françaises de frapper encore plus massivement la Libye. Leurs stocks de missiles se sont rapidement épuisés et le budget de la Défense n’avait pas prévu que l’abominable Khadafi, pourtant ami intime de votre prédécesseur,  serait aussi peu sensible à nos problèmes budgétaires en opposant une résistance aussi farouche qu’inutile. La population, si elle est  bien informée, acceptera certainement de bon gré l’augmentation des impôts et les coupes dans les dépenses publiques, notamment sociales, comme les bourses scolaires pour les français de l’étranger, ainsi que la réduction  des moyens  du réseau diplomatique, consulaire, éducatif et culturel français dans le monde si c’est le prix à payer pour que la France garde son statut de grande puissance mondiale. Tout est question de pédagogie.

Monsieur le Président, vous n’êtes pas sans savoir que nos amis et alliés américains n’ont pas toujours une très bonne image dans le monde. La France, avec les Présidents De Gaulle, Mitterrand et Chirac, a joui d’un grand prestige international, justement parce ce qu’elle parlait d’une voix différente de celle de ses alliés occidentaux. Le Président Sarkozy a mis fin à cette tradition diplomatique, pensant que la France avait tout intérêt, dans le contexte de la mondialisation et face à la montée en puissance de nouveaux acteurs, à se fondre dans « la famille occidentale » et à réintégrer l’appareil militaire de l’OTAN, c’est à dire à mettre ses forces conventionnelles sous le commandement américain.

« O tempora ! O mores ! » comme a dit Ciceron en son temps. Mais vos Ambassadeurs ont déjà du vous signaler  que dans de nombreux pays la France est désormais perçue comme un relais servile de la politique américaine. Des épisodes récents, comme l’affaire Snowden avec l’interception du Président Evo Morales lors de son survol de l’Europe, ont pu donner cette impression fâcheuse, mais je suis convaincu que vous n’aurez  aucun mal à persuader vos interlocuteurs du monde entier que cette perception est erronée, car c’est en toute indépendance que vous avez confirmé l’ancrage de la France dans sa « famille occidentale ».

Enfin, je pense que vous avez réfléchi à la meilleure manière de protéger les populations mondiales des catastrophes humanitaires provoquées  par le capitalisme mafieux et prédateur à l’origine des dernières crises économiques et financières. Il est probablement dans vos intentions de proposer à vos collègues du G7 et du G20 que vous allez rencontrer au Sommet de Saint Pétersbourg de changer de cap pour  mettre fin à l’économie-casino et à l’empire de la finance sans contrôle. L’opinion publique mondiale, les chômeurs en Grèce, au Portugal, en Espagne, en France et ailleurs, apprécieraient vraisemblablement des frappes chirurgicales sur le FMI, la Banque Centrale européenne, la City de Londres, quelques paradis fiscaux « non-coopératifs » ou d’improbables agences de notation qui font plier les gouvernements.

Une telle cohérence dans l’application de « l’obligation de protéger » honorera la France et son Président. En continuant sans relâche sur cette voie et en défendant comme vous le faites le droit international et les normes fixées par les Nations Unies, il ne fait aucun doute qu’avant la fin de votre mandat vous rejoindrez votre collègue et ami Barack Obama dans le club très sélect des Prix Nobel de la Paix. Vous l’aurez bien mérité.

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma très haute et respectueuse considération.


Pierre Charasse, Français de l'étranger, contribuable et électeur.


jeudi, 12 septembre 2013

LETTRE AUX FRERES ET SOEURS SYRIENS - OBJET: «I HAVE A DRONE»

                                                              

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Chers frères et sœurs syriens, j’ai décidé de vous écrire car comme hier mon pays, la Côte d’Ivoire, a été attaquée par la France Sarkozienne avec la complicité des Etats Unis d’Obama après avoir épuisé 8 ans durant une liste impressionnante de faux prétextes et aujourd’hui, si le congrès américain l’autorise, ses deux pays  s’apprêtent à livrer bataille contre vous quel que soit le temps que cela prendra pour trouver le bon prétexte. Il est vrai que je continue, quand je n’ai pas le choix, de consommer français ou américain et donc je contribue au financement des armes qui s’apprêtent à vous « protéger » en vous tuant et vous poussant à l’exil pour occuper votre pays avec des  apatrides armés qui seront demain plus syriens que vous. Ayant vécu en direct la crise ivoirienne, je constate que les arguments utilisés par les initiateurs de la guerre (courte guerre, frappes ciblées, pas de troupe au sol) pour tromper les opinions publiques  pour arracher leur soutien, reviennent en force. Finalement, ils ont fait tout le contraire de ce qu’ils avaient promis et sont allés au-delà de ce que la résolution onusienne autorisait en Côte d’Ivoire.

En Côte d’Ivoire après les bombardements illégaux et injustifiés de Sarkozy qui ont ciblé les armes d’origine russe et laissé intact les armes d’origine française, le nombre de massacres et d’exécutions sommaires, d’emprisonnements arbitraires se sont multipliés sous le gouvernement de l’obligé de Sarkozy qui utilise des armes exclusivement françaises sans que la même émotion contre Laurent GBAGBO ne visite les champions de l’impunité et les protecteurs du peuple ivoirien. Hollande a-t-il tiré les bonnes leçons de la crise ivoirienne malgré le geste en faveur de la libération de quelques prisonniers politiques célèbres dont le Président du principal parti d’opposition ou applique-t-il la règle du pompier pyromane ? On se pose la question au regard de son attitude sur la question syrienne.

Ainsi, je m’en voudrais terriblement de ne pas vous faire partager l’expérience ivoirienne. J’ai donc décidé de vous écrire cette lettre…

Comme hier en Côte d’Ivoire,  il était question de frappes ciblées, de courte durée, contre les armes lourdes que le Président légitime, légal de la République de Côte d’Ivoire était supposé utiliser contre son peuple c’est-à-dire ses propres électeurs.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le Président Laurent GBAGBO aurait tué sept (7) femmes avec « ses armes lourdes » ; il est apparu que c’était un film tourné avec de vrais acteurs de cinéma pour émouvoir l’opinion publique et arracher une résolution de l’ONU.

 Je suis convaincu que la fameuse ligne rouge franchie par votre Président avec des armes chimiques qu’il aurait utilisées contre son peuple est encore un film sorti des studios d’Hollywood et que même s’il y a eu utilisation d’armes chimiques, l’auteur direct n’est pas obligatoirement un pro-Bachar.

 Je vous informe qu’en Côte d’Ivoire pendant la guerre de huit (8) ans de la France contre la Côte d’Ivoire, la France de Chirac n’a eu aucun scrupule à bombarder ses propres soldats à Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire, pour faire porter la responsabilité au Président GBAGBO et détruire toute la flotte aérienne d’origine russe de l’Etat ivoirien.

Je vous informe aussi que le Président GBAGBO a été arrêté, déporté à la Cour Pénale Internationale depuis  2011. Mais, jusqu’aujourd’hui, les accusateurs que sont la France, les USA, l’Union Européenne avec la contribution de tous les services secrets qui ont brandi aux yeux du monde entier les preuves du massacre des sept (7) femmes par Laurent GBAGBO, n’ont pas pu apporter, après trois ans d’enquête, le moindre élément factuel solide pour convaincre les Juges de la CPI attestant la culpabilité de Laurent GBAGBO d'avoir tué ces femmes et encore moins à l'arme lourde.

Comme hier en Côte d’Ivoire, ils ont tous criés que le crime contre ces femmes ne peut rester impuni mais par contre leur agent installé au pouvoir a massacré 800 personnes de même ethnie avec des armes d’origine française, un véritable génocide qui reste aujourd’hui impuni.

Comme hier en Côte d’Ivoire, Laurent GBAGBO  a été désigné comme co-auteur indirect du massacre de son peuple, mais jusqu’aujourd’hui les auteurs directs n’ont toujours pas été identifiés pour qu’ils désignent leur donneur d’ordre. De même, Bachar Al Hassad est désigné comme responsable d’utilisation d’armes chimiques sans qu’aucun coupable ne soit formellement identifié pour qu’il indique Bachar Al Hassad comme le donneur d’ordre. L’occident, parti pris au conflit, s’est érigé en juge du droit international contre le principe sacro-saint de la présomption d’innocence  et décide de frapper la Syrie en ne faisant même pas l’hypothèse de la réaction des alliés de Bachar en cas de propagation des dégâts collatéraux comme au Mali ou pire, comme Pearl Harbour qui a précipité les USA dans la seconde guerre mondiale malgré leur neutralité initiale.

Ainsi les Etats occidentaux jouent avec le feu et  hiérarchisent en grands frères et petits frères les Etats où les premiers jugent et frappent les seconds mettant de côté les institutions et règles qu’ils se sont librement données pour gérer les relations internationales entre Etats souverains. Nous constatons que ces pays, les USA, la France et la Grande Bretagne qui se sont érigés "Shérifs planétaires" font partie du Top 10 des plus gros exportateurs d'armes au monde.  Avouons-le tout net, l’ONU comme hier la société des nations, est aujourd’hui incapable de régler pacifiquement les relations entre nations souveraines face à la poussée des industries d’armement qui alimentent le nazisme économique : occupation militaire, domination monétaire et économique, consommation forcée, soumission, exécution ou contrainte à l’exil des populations.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la première cible frappée par la France n’était plus uniquement les armes lourdes d’origine russe mais la télévision ivoirienne, l’Université d’Abidjan et le palais présidentiel qui a reçu à lui seul 50 bombes dont une qui a frappé le mur de la chambre du Président, heureusement il n’était pas dans sa chambre.

Je suis convaincu que ça sera les mêmes cibles chez vous avec le même objectif : Eliminer  les seules armes lourdes qu’ils recherchent : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien ; détruire tout l’arsenal militaire d’origine non occidentale. L’arrestation du Président GBAGBO ayant permis de mettre à nu le complot et les mensonges d’Etat servis à la communauté internationale, je suis convaincu d’une chose : Bachar Al Assad et l’Etat Syrien subiront le même sort que KADHAFI ou SADDAM HUSSEIN et leurs états respectifs si le monde entier continue de rester sourd et aveugle au nazisme économique de l’occident en crise.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le terme « courte période » n’étant pas normalisé par l’ONU seul le temps pour arrêter ou tuer Bachar et décimé l’Etat Syrien, sera le temps que prendront les bombardements. En une seule journée, plusieurs cibles peuvent être atteintes par les missiles Tomahawk. En Libye, pour la seule journée du 19 mars 2011, l’OTAN a tiré 124 missiles Tomahawk et touché une vingtaine de cibles. En Côte d’Ivoire, ces bombardements par la France ont commencé le 28 Mars 2011 pour se terminer le 11 Avril 2011, date de l’arrestation du Président Laurent GBAGBO mais la guerre des rebelles armés par la France de Chirac et de Sarkozy a démarré le 19 septembre 2002 pour prendre fin le 11 avril 2011.

Comme hier en Côte d’Ivoire, le 11 avril 2011, contrairement aux déclarations initiales qui ne prévoyaient pas de troupes au sol, ce sont les troupes françaises qui sont descendues sur le terrain à bord d’une cinquantaine de chars pour prendre possession du palais présidentiel ayant résisté à la pluie de bombes pour arrêter le Président Laurent GBAGBO.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs que pendant cette « courte période », tout l’appareil d’Etat sera détruit, le peuple syrien sera enfermé chacun chez lui sans eau, sans électricité, sans gaz avec tous les hôpitaux, pharmacies et commerces fermés. Les malades mourront dans les hôpitaux, les femmes enceintes  accoucheront à domicile et celles qui auront besoin d’une césarienne mourront, les bébés seront privés de lait. La faim, la soif, la maladie seront vos amis. Les toilettes  de vos maisons seront remplies et vous dormirez avec vos urines et vos déchets. Les missiles Tomahawk, équipées souvent d’ogives nucléaires ne feront pas la différence entre pro et anti-Bachar. Les cadavres seront ramassés, incinérés et les cendres jetées à la mer pour effacer les traces et faire croire que les frappes étaient des frappes chirurgicales sans effet collatéral. Tout cela se passera hors caméra.

Paradoxe des paradoxes, punir un « présumé coupable » reviendra à punir des innocents. Autre paradoxe : punir un chef d’état supposé avoir violé le droit international passera par la violation de ce même droit édicté par la charte des Nations Unies qui recommande l’accord du conseil de sécurité pour l’usage de la force dans les relations entre états souverains sauf en cas de légitime défense. Sommes-nous dans un cas de légitime défense ? Certainement pas. Quel est l’avenir de l’ONU en cas de « frappes punitives » sans son aval ? Un machin qui risque de disparaitre comme son géniteur : la SDN. Quel est l’avenir de de la Syrie en cas de frappes ? Une poudrière djihadiste.

Chers frères et sœurs, sachez que quand l’industrie militaire a soif de profit, la vie, la morale et le droit ont  peu d’utilité et les commerçants de la mort n’ont pas  de limites.

Comme hier en Côte d’Ivoire, la destruction de l’appareil d’Etat exposera le pays à un pillage sans précédent des commerces et des domiciles.

Comme hier et aujourd’hui en Côte d’Ivoire la destruction de l’appareil d’Etat ouvrira tout le pays à une foule de rebelles sans foi ni loi, qui se proclameront Syriens à la place des Syriens, exécutant sur dénonciation tous ceux qui seront de loin ou de près désigné pro-Bachar. Une foule de Syrien sera contrainte à l’exil, sans protection contre la faim ou d’un simple abri de la part de ceux qui sont soi-disant, venus  vous protéger, abandonnant ainsi champs, commerces, usines, domiciles entre les mains de rebelles sans identité fixe qui s’en approprieront à souhait.

Comme hier en Côte d’Ivoire, même les bénéficiaires du complot qui seront à la tête du pays n’auront pas la main mise sur cette foule de rebelles et le pays sera exposé à une insécurité permanente. La punition frappera donc tous les innocents qui vivront au rythme des exécutions sommaires, des arrestations arbitraires, des tortures et des emprisonnements. Tout ceci se passera hors camera.

Comme hier en Côte d’Ivoire, tous ceux qui étaient venus avec le prétexte de vous protéger, ne parleront plus de vous dans leurs medias. Ils fermeront les yeux sur les massacres quotidiens des nouveaux seigneurs de guerre et leurs parrains installeront les principes du nazisme économique pour vous vendre de nouvelles armes sous prétexte de reconstruction de l’armée et  pomper en silence sans taxe ni autorisation toutes les richesses du sol et du sous-sol au nom de la démocratie et des droit de l’homme.

Comme hier en Côte d’Ivoire, cette guerre intervient au moment où les USA sont proches de la cessation de payement. La France, quant à elle, recherche désespérément une croissance économique et vient de recevoir, comme par enchantement, une commande de un (1) milliard d’Euros de l’Arabie Saoudite, principal financier et allié de la rébellion Syrienne et des USA dans la crise syrienne. Est-ce pour acheter la participation de la France et son  soutien indéfectible à la guerre ? Car l’histoire n'avait-elle pas donné raison à la France quant à sa position de "non participant" à la 2ème guerre américaine contre l’Irak ? Secret d’État. Cette hésitation dans le camp européen montre à quel point cette guerre pour punir Bashar, est difficilement  justifiable.

La défection européenne est venue de là où personne ne l’attendait : Londres.

Comme hier en Côte d’Ivoire, sachez, chers frères et sœurs, que cette guerre n’est pas pour vous protéger mais pour protéger l’industrie d’armement de ces pays « shérifs de la terre » qui maquille leur commerce de la mort par une action humanitaire. Sinon, ils allaient commencer par protéger les millions d’exilés sans toit et ils n’auraient pas craint la présence des experts de l’ONU qu’on pressait de quitter les lieux pour cause de bombardement imminent. C’est pour protéger l’industrie d’armement en prenant possession de votre économie par la force après  avoir accompagné certains d’entre vous au cimetière ou en exil.

Comme hier pour le cacao ivoirien, le financement de cette guerre sera fait par l’étranglement du marché du pétrole pour faire flamber les prix au profit des pétrodollars qui soutiennent et financent la rébellion. Tout le monde entier sera puni en payant cette guerre pour le malheur des syriens et pour le bonheur éphémère de l’industrie militaire américaine qui sera momentanément sauvée de la faillite, le temps d’une autre cible et d’une autre crise de surproduction d’armes.

Chers frères et sœurs syriens, sachez que la Côte d’Ivoire a souffert et souffre encore, comme plusieurs autres pays, de ce nazisme économique et que vous pouvez l’éviter si vous opter franchement et sincèrement pour un compromis politique quel que soit le temps que prendront les négociations afin de préserver le  bien le plus précieux d’un pays : l’Etat.

Je sais que certains de vous n’aiment pas Bachar,  mais je vous en prie, aimez votre pays et évitez de mettre sous la guillotine la tête de Bachar, en même temps que votre pays !

 Vous le regretterez comme c’est le cas aujourd’hui pour beaucoup d’Ivoiriens, entre autres, qui ont soutenus la rébellion et ses alliés. Car demain, ce seront leurs experts (militaires, économistes, santé, etc.) qui viendront vous dicter la gestion de votre pays, alors vous découvrirez que la Syrie est sous tutelle.

Si le besoin de punir peut faire avancer la résolution du conflit, il ne revient pas à l’exécutif d’un autre pays de faire justice, le mode d’identification des coupables et leur punition peut faire partie de la solution politique.

Chers frères et sœurs, Obama s’était battu contre la guerre de Bush en Irak parce qu’il avait jugé les preuves insuffisantes et l’intervention sans l’ONU illégale. Il se présente comme l’héritier du plus pacifique des américains : Martin Luther KING qui avait lancé la fameuse formule « I have a dream ». Obama peut être fier de l’héritage en lançant  « I have a drone ». De même Hollande s’est opposée à la guerre de Bush contre l’Irak pour les mêmes raisons et s’est retiré de l’Afghanistan pour faire des économies. Ils étaient tous deux convaincus que la crise économique et la réduction du chômage pouvaient être résolues sans faire la guerre comme Bush. Face à la concurrence des pays émergents, l’économie de marché ne marche plus pour l’occident. Le secteur de l’industrie des armes est le seul sauveur. La guerre suivie de l’occupation militaire et économique en accompagnant des citoyens du pays occupé au cimetière et en exil, restent l’unique alternative pour réduire le chômage, le déficit de la balance commerciale, le déficit budgétaire et  financer la croissance. Même cette solution est devenue éphémère et ne profite qu’aux paradis fiscaux et quelques intérêts privés. Ironie du sort, Obama, prix Nobel de la paix, héritier de Martin Luther King, fait la guerre avec Hollande dans les mêmes conditions que Bush pour tenter de redresser leur économie. Ils font leur devoir de Président élu pour donner de l’emploi à leurs concitoyens et protéger leurs industries stratégiques.

Chers frères et sœurs, faites le vôtre en disant non à la guerre et oui à une solution politique pour protéger vos domiciles, vos activités économiques et vos emplois. Je vous préviens, vous regretterai tout autre choix.

Chers frères et sœurs Syriens,

Je sais que vous n’aurez pas cette lettre car aucune presse internationale n’osera la publier. Je la considère comme une  bouteille à la mer.


Par le  Dr Cheick DIABATE

Enseignant chercheur, Université du Colorado

(USA)

mardi, 10 septembre 2013

SYRIE: DES PREUVES ACCABLANTES CONTRE LES AMIS DE FRANÇOIS HOLLANDE ET LAURENT FABIUS

 

HOLLANDE ET FABIUS.jpg

 

Les Etats-Unis et leurs alliés semblent être devenus les prisonniers de leurs propres mensonges. Abraham Lincoln avait pourtant déclaré qu’aucun homme n’avait assez de mémoire pour réussir dans ce domaine. En février 2003, Colin Powell avait prononcé son fameux discours, présentant les prétendues preuves des liens du régime irakien avec Al-Qaïda, ainsi que la détention d'armes de destruction massive, justifiant ainsi, l’invasion puis l’occupation du pays. Deux millions de morts plus tard, on les cherche toujours. Dix ans après, la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis viennent enfin de publier leurs rapports tentant de démontrer l’utilisation de gaz en Syrie.
 
Première impression: une partialité manifeste et leur manque de consistance. Après deux ans d’une collecte intensive d’informations, par les services de renseignements les plus compétents, aucune preuve matérielle concrète n’y est rapportée. Constitués d’une dizaine de pages tout au plus, ils ne sont qu’une pâle réponse, au rapport circonstancié et détaillé de plus d’une centaine de pages, remis par la diplomatie russe au conseil de sécurité de l’ONU en juillet dernier. De son côté Moscou précise, preuves à l’appui, la provenance et le type de munition utilisée, grâce à l’utilisation de radars de contre-batteries, d’imagerie satellite, ainsi que de relevés chimiques et biologiques incriminant les terroristes islamistes de l’ASL. Les américains, très doués pour espionner la planète entière, sont donc incapables de présenter le plus petit commencement de preuves. Tout comme ils n’ont su prévenir les attentats contre leurs ambassades ou celui du 11 septembre 2001. Etrangement, leurs faisceaux de présomptions reposent, comme en 2003 d’ailleurs, sur un pseudo échange téléphonique entre responsables syriens. C’est tout et c’est peu.
 
Deuxième impression, l’incohérence entre les rapports. En effet, les trois documents font état d’un nombre de victimes différent : 281 pour les Français, 350 pour les Britanniques et 1429 pour les Américains. Evidemment on ne conservera que l’hypothèse la plus haute que l’on arrondira à 1 500. Idem pour le nombre d’attaques et le gaz utilisé : 14 attaques au neurotoxique pour les Britanniques, 2 au sarin pour les Français et … beaucoup pour les américains ! Autant simplifier. D’autant qu’une contradiction majeure subsiste mais qui semble parfaitement partagée dans la version commune: l’utilisation de gaz de combat dans des zones urbaines confinées avant l’intervention de l’infanterie. Or, dans ce cas, les soldats syriens auraient eux-mêmes dû en être les victimes collatérales, sans décontamination des bâtiments ou des victimes, comme l’auraient été les membres du personnel hospitalier, selon des témoignages prétendument recueillis dans des hôpitaux syriens et rapportés dans les dits rapports (page 7 du document français).
 
Malgré l’accumulation de preuves et les documents vidéo diffusés, l’abject est cependant atteint lorsque l’on nie les capacités des terroristes et de leur encadrement à élaborer et à utiliser des armes chimiques. L’arrestation en Turquie de terroristes avec du gaz sarin, ou la découverte de stocks en Syrie dans les zones contrôlées par les islamistes, sont pourtant des faits avérés. L’horreur atteint son comble quand, sur les photos d’enfants gazés diffusés par les services secrets français et américains, des familles alaouites de Lataquié, ont reconnu leurs propres enfants, enlevés deux semaines avant le gazage par les rebelles islamistes. Ces enfants, de familles fidèles au régime légal syrien de Bachar-al-Assad, ont donc été assassinés par les amis de Laurent Fabius et de François Hollande. Dans leur précipitation, les assassins ont oublié de masquer un détail qui choque : les enfants ne correspondent pas à un échantillon de population: ils ont presque tous le même âge et ont les cheveux clairs. Ils ne sont pas accompagnés par leur famille en deuil. Ce sont bien les enfants enlevés à Lattaquié. Alors François Hollande et Laurent Fabius devront-ils un jour répondre de ce crime de guerre ?
 
Cette énième campagne de communication, tente une fois encore, de minimiser les vraies responsabilités et bien sûr de justifier l’intervention militaire. Un autre motif fallacieux est celui de l’épuisement des recours diplomatiques et du blocage de l’ONU par le véto de la Russie et de la Chine. C’est vite oublier, les nombreuses résolutions votées depuis 1948, contre l’occupation de la Palestine et la politique de colonisation des territoires occupés par Israël, qui se sont vu opposées le véto systématique américain, délivrant un blanc seing permanent, aux opérations militaires de l’Etat Hébreu, notamment sur des populations civiles. Il est vrai que le puissant lobby de l’AIPAC conditionne pour beaucoup la politique américaine. Confrontés à leurs mensonges, les Etats-Unis et leurs alliés, en sont réduits à inverser les rôles. Ils tentent aujourd’hui d’accuser la Russie de fournir les armes chimiques à la Syrie. C’est oublier encore l’histoire récente comme l’utilisation massive de l’agent orange au Viet Nam ou l’assistance apportée par les USA et la France à l’Irak pour gazer l’Iran.

La concentration de troupes aux frontières et au large de la Syrie, illustre le mécanisme infernal, créé par les responsables politiques occidentaux, qui les empêche de reculer sans craindre de perdre la face.
 
La vérité attend et normalement seul le mensonge est pressé. Cependant, cet empressement manifeste se trouve contrarié par un isolement croissant et une opinion mondiale fermement opposée à la guerre. Et ceci jusque dans les rangs mêmes de leurs forces militaires, comme l’illustre cette campagne de soldats qui affichent leur refus de se battre pour des terroristes et qui ne comprennent plus à quel ennemi se louer. Dans l’affolement général, le secrétaire d’état aux affaires extérieures, John Kerry, a dû avouer que cette opération était financée par les pays arabes, bailleurs de fond des terroristes, et que son véritable objectif était d’entrer en guerre contre l’Iran.

Comme le sénateur Mac Cain, qui semble plus absorbé par les parties de pokers que les débats au sénat sur la Syrie, les américains ont abattu leur jeu. A moins que tout ceci ne soit qu’un gigantesque bluff visant à détourner l’opinion publique de la crise financière internationale et de l’économie américaine moribonde.
Il serait peut-être temps que l’Amérique apprenne à gérer ses relations autrement qu’en menaçant ou en imposant la guerre.
 
La France, qui fut jadis aimée et respectée pour sa position si singulière et courageuse, jouissait récemment encore d’un grand prestige international. Mais en sacrifiant son indépendance, elle apparait aujourd’hui comme le chien servile des intérêts américains, en remplacement du bouledogue anglais. Une position malheureusement plus proche du roquet aboyeur que du mâle dominant. Alors, les Français ne doivent pas s’étonner de constater, que quand les chiens aboient, la flotte russe passe.


Source: PRORUSSIA.TV

SYRIE: LA MORALE PIETINEE

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Après avoir lu la " Synthèse nationale de renseignement déclassifié ", de la République Française, portant " Programme chimique syrien-Cas d'emploi passé d'agents chimiques par le régime-Attaque chimique conduite par le régime le 21 août 2013 " et visionné les vidéos jointes, un ami, Hafid de son prénom, a tenu à faire certaines remarques. D'ordinaire devant un document aussi solennel, émanant de la présidence de l'une des prétendues plus grandes puissances mondiales, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies, le quidam est figé dans un respect quasi religieux, mais la perspicacité a été plus forte. Se documentant sur le sujet à propos des " fumées blanches " signalées, il constate ceci: " un débutant en chimie affirmera sans l'ombre d'un doute que le SARIN, à température ambiante, est incolore, inodore et liquide " Il ajoute qu'à l'utilisation " Il s'évapore rapidement sous la forme d'un nuage incolore et inodore également ".

Mieux encore, dans son investigation, Hafid se rend très vite à l'évidence que les vidéos " déclassifiées " (un grand mot) sont en fait les mêmes qui figurent sur Youtube depuis un certain temps. Dans ces vidéos les corps d'enfants, supposés morts, sont propres et ne présentent aucune crispation des muscles, ni d'autres caractéristiques physiques, consécutives à une exposition au gaz Sarin. Là, notre ami, cite la réaction d'une pédopsychiatre étatsunienne qui considère que cela ressemble fort à " une mise en scène de cours d'école ", tout en jugeant du caractère " pédopornographique " des images exhibées.
 
Ainsi le pouvoir français n'a pas seulement abusé de son autorité morale pour tromper son peuple et le monde entier, mais a démontré le peu de cas qu'il fait de sa réputation. A telle enseigne que la prestation du secrétaire d'Etat étatsunien, Colin Powell devant le Conseil de sécurité, à propos des armes de destruction massive en Irak, peut paraître moins ridicule. Powell doit même en être soulagé de ne plus se trouver seul dans ce cas. Autre constat de Hafid, l'incapacité des " révolutionnaires ", à utiliser le gaz faute de moyens, est rapportée à l'affaire du métro de Tokyo où des illuminés ont pu réaliser l'opération, sans " fumées blanches " ironise-t-il.
 
Mais faut-il croire que le gouvernement français se préoccupe de la vérité ? Même si cela était, de quelle autorité morale dispose-t-il pour se porter en justicier ? Celle peut-être de la longue série de cadavres qui jalonnent l'histoire de la France coloniale où les " socialistes " avec leurs " pouvoirs spéciaux " ont su faire, il n'y a pas si longtemps ? Question crédibilité, le plus cynique reste quand même le prix Nobel de la paix, Barak Obama, qui nous sert un couplet pathétique: "Ce n'est pas ma crédibilité qui est en cause. La crédibilité de la communauté internationale est en cause, et la crédibilité des Etats-Unis et du Congrès est en cause". Lui qui devrait mériter aussi se voir plonger la tête dans les mares de sang versé partout dans le monde, presque exclusivement par son pays. Histoire qu'il use, peut-être, d'un peu plus de circonspection en matière d'humanisme outré et qu'il affiche franchement la barbarie qu'il représente. 
 
 
Ahmed Halfaoui


00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Monde, Monde arabe, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, états-unis, france, syrie : la morale piétinée, ahmed halfaoui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 09 septembre 2013

LE BELGE LIBERE EN SYRIE: «CE N'EST PAS LE GOUVERNEMENT AL-ASSAD QUI A UTILISE LE GAZ»


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L'enseignant belge Pierre Piccinin da Prata, kidnappé en Syrie au mois d'avril et libéré ce dimanche (en même temps que son confrère Domenico Quirico, journaliste italien), a accordé une interview à RTL-TVI ce lundi matin. Il a indiqué que le gaz sarin n'avait pas été utilisé par le régime de Bachar Al-Assad.

 
"C'est un devoir moral de le dire. Ce n'est pas le gouvernement de Bachar Al-Assad qui a utilisé le gaz sarin ou autre gaz de combat dans la banlieue de Damas. Nous en sommes certains suite à une conversation que nous avons surprise. Même s'il m'en coûte de le dire parce que depuis mai 2012 je soutiens férocement l'armée syrienne libre dans sa juste lutte pour la démocratie", a-t-il déclaré à Luc Gilson dans une interview enregistrée à Gembloux pour RTL-TVi.
 
"Trahi par l'armée libre"

L'enseignant belge a également indiqué comment il était arrivé en syrie et comment il avait été arrêté. "Nous sommes entrés en Syrie par le Liban, le 6 avril, avec toutes les garanties nécessaires que je prends chaque fois avec l'armée libre. C'était mon 8e voyage en Syrie. Sous la protection de l'armée libre, nous sommes allés jusqu'à Al-Qusayr qui était une ville en partie assiégée. Notre objectif était de rester une journée pour éviter que le siège se referme sur nous. Malheureusement, en quittant le 8 avril au soir, peu avant 20h, nous avons été assaillis par un groupe de bandits à coloration islamiste qui nous ont gardés deux mois dans Al-Qusayr parce que le siège s'était refermé sur eux-mêmes. C'était une trahison de l'armée libre qui nous a livrés à ce groupe".
 
Victime de "fausses exécutions"

Ce lundi matin, il avait déjà répondu aux questions de Vincent Lorge en direct sur Bel RTL. Il a détaillé ses conditions de détention. "Cela  a été une odyssée terrifiante à travers toute la Syrie. On a été beaucoup déplacé à de nombreux moments dans de nombreux endroits. Et disons qu'à certains moments on s'est retrouvé avec des groupes. Ce n'était pas toujours le même groupe qui nous détenait, avec des groupes très violents, très anti-occidentaux et des islamistes anti-chrétiens. Cela a été parfois des violences physiques très dures", a-t-il indiqué.

Il a ajouté qu'il avait été victime "d'humiliations, de brimades, de fausses exécutions. Domenico a subi deux fausses exécutions au revolver. A un moment on a cru qu'ils allaient nous tuer parce qu'il nous ont dit que nous étions devenus un problème et qu'ils allaient se débarrasser de nous".
Pour son confrère Domenico Quirico, détenu avec lui, c'était "comme avoir vécu pendant 5 mois sur mars"
 
Arrivé à 05h40 en provenance de Rome

L'enseignant belge Pierre Piccinin da Prata est arrivé à Bruxelles ce lundi matin à 05h40, en provenance de Rome, indique le Centre de crise. Enlevé en Syrie en avril dernier, il a été libéré dimanche soir avec l'Italien Domenico Quirico, journaliste au quotidien La Stampa. Pierre Piccinin a été accueilli à Melsbroek par ses parents, la ministre de l'Intérieur Joëlle Milquet, le directeur du centre de crise Jaak Raes ainsi que des représentants de la police fédérale. L'enseignant "est en bonne santé et va maintenant prendre quelques heures de repos", a précisé le Centre de crise.


MEMORANDUM D'ANCIENS DU RENSEIGNEMENT A OBAMA: «LA SYRIE EST-ELLE UN PIEGE?»

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Veteran Intelligence Professionals for Sanity

Traduction exclusive : Memorandum d'anciens du renseignement à Obama : "Nous avons le regret de vous informer que certains de nos anciens collègues nous disent, catégoriquement, que [...] l'intelligence la plus fiable montre que Bachar al-Assad n'était pas responsable..."

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Malgré le "haut degré de confiance" de l’Administration américaine sur la responsabilité du régime syrien dans l’attaque chimique du 21 août, une douzaine d’anciens militaires et responsables du renseignement livrent des éléments qui les amènent à conclure à une toute autre histoire que l’histoire officielle.

"MEMORANDUM FOR : The President
FROM : Veteran Intelligence Professionals for Sanity (VIPS)
SUBJECT : La Syrie est-elle un piège? (Is Syria a Trap?)
Priorité : IMMÉDIATE

Nous avons le regret de vous informer que certains de nos anciens collègues nous disent, catégoriquement, que contrairement aux affirmations de votre administration, l’intelligence la plus fiable montre que Bachar al-Assad n’était pas responsable de l’incident chimique qui a tué et blessé des civils syriens le 21 août, et que les services de renseignement britannique savent aussi cela. En écrivant ce bref rapport, nous choisissons de croire que vous n’avez pas été pleinement informé parce que vos conseillers ont décidé de vous donner l’opportunité pour ce qui est communément connu comme le "déni plausible" [NDT : la légère incertitude, le flou décisionnaire, qui fait que l’on ne peut prouver formellement l’implication directe et réfléchie du sommet de l’Etat et par conséquent que l’on pourra nier de manière plausible (cela vient du langage informatique et du déni de chiffrement)].

Nous avons déjà emprunté cette voie avant - avec le président George W. Bush, à qui nous avions adressé nos premiers VIPS memorandum immédiatement après le discours de Colin Powell le 5 février 2003 à l’ONU, dans lequel il a colporté une "intelligence" frauduleuse pour soutenir l’attaque de l’Irak. Puis, également, nous avons choisi de donner au président Bush le bénéfice du doute, pensant qu’il avait été induit en erreur - ou, à tout le moins, très mal conseillé.

La nature frauduleuse du discours de Powell était une évidence. Et donc, cet après-midi là nous avions vivement exhorté votre prédécesseur d’élargir le débat au-delà du cercle de ces conseillers clairement arc-boutés sur ​​une guerre pour laquelle nous ne voyions aucune raison impérieuse et dont nous pensions que les conséquences imprévues seraient susceptibles d’être catastrophique". Nous vous offrons le même avis aujourd’hui.

Nos sources confirment qu’un incident chimique d’une quelconque sorte a causé des morts et des blessés le 21 Août dans la banlieue de Damas. Ils insistent, cependant, sur le fait que l’incident n’était pas le résultat d’une attaque menée par l’armée syrienne employant des armes chimiques de type militaire de son arsenal. C’est le fait le plus saillant, selon les agents de la CIA travaillant sur la question syrienne. Ils nous disent que le directeur de la CIA John Brennan est en train de commettre une fraude (escroquerie), du type de celle ayant précédé la guerre en Irak, sur les membres du Congrès, les médias, le public - et peut-être même vous.

Nous avons observé John Brennan attentivement au cours des dernières années et, malheureusement, nous constatons que ce que nous disent maintenant nos anciens collègues est facile à croire. Plus triste encore, cela tombe à pic (this goes in spades) pour ceux d’entre nous qui ont travaillé avec lui personnellement, nous lui donnons zéro crédibilité. Et cela vaut, aussi, pour son patron titulaire (titular boss), le directeur du renseignement national James Clapper, qui a admis qu’il a témoigné sous serment de manière "manifestement erronée" au Congrès concernant les écoutes de la NSA sur les Américains.

Résumé du renseignement ou stratagème politique?

Que le secrétaire d’État John Kerry fasse valoir le nom de Clapper cette semaine devant le Congrès, dans une tentative apparente pour renforcer la crédibilité de l"Évaluation du Gouvernement » de 4 pages nous paraît étrange. D’autant plus, parce que, pour une raison inexpliquée, ce n’est pas Clapper mais la Maison Blanche qui a publié l’« Évaluation » (Assessment).

Ce n’est pas un bon point. Nous savons comment ces choses sont faites. Bien que l’« évaluation du gouvernement » est vendu aux médias comme un « résumé de l’intelligence », c’est un document politique, et pas d’intelligence. Les rédacteurs, communicants (NDT : massagers dans le texte (lié à mon sens à l’ouvrage de philosophie des médias Message et Massage)), et intermédiaires ont évité de présenter le détail essentiel. En outre, ils ont concédé d’emblée que, bien qu’ils affichent une "grande confiance" sur l’évaluation, ils sont encore "loin d’une confirmation."

Déjà Fraud (Déjà vu ?) : Cela nécessite un flashback sur les célèbres Minutes de Downing Street du 23 Juillet 2002 [NDA : cf Downing Street Memo], sur l’Irak, le procès-verbal a enregistré les déclarations de Richard Dearlove, alors chef du renseignement britannique, rapportant au Premier ministre Tony Blair et d’autres hauts fonctionnaires que le président Bush avait décidé d’éliminer Saddam Hussein par une action militaire qui serait "justifiée par la conjonction du terrorisme et des armes de destruction massive." Dearlove avait eu l’information par le directeur de la CIA, George Tenet, qu’il avait rencontré au siège de la CIA le 20 Juillet.

La discussion qui a suivi a porté sur la nature éphémère de la preuve, ce qui pousse Dearlove à expliquer: « Mais le renseignement et les faits étaient préétablis autour de la politique." [NDT : "But the intelligence and facts were being fixed around the policy" // On peut donner le sens, sont établis en fonction de la politique, ont été construit autour des déclarations politiques] Nous craignons que ce soit précisément ce qui s’est passé avec "l’intelligence" sur la Syrie.

L’Intelligence

Il y a un nombre croissant de preuves provenant de nombreuses sources dans le Moyen-Orient - principalement affiliés à l’opposition syrienne et ses partisans - offrant une forte preuve circonstancielle que l’incident chimique du 21 août était une provocation planifiée à l’avance par l’opposition syrienne et ses soutiens turcs et saoudiens. Le but aurait été de créer le genre d’incident qui amènerait les Etats-Unis dans la guerre.

Selon certains rapports, des boîtes contenant des agents chimiques ont été introduites dans une banlieue de Damas, où elles ont été ouvertes. Certaines personnes dans le voisinage immédiat sont mortes, d’autres ont été blessées.

Nous ne sommes au courant d’aucune preuve fiable qu’une fusée militaire syrienne capable de transporter un agent chimique ait été tirée dans la région. En fait, nous ne connaissons aucune preuve matérielle fiable pour appuyer l’allégation qu’il s’agissait des suites d’une frappe par une unité militaire syrienne disposant d’une expertise en matière d’armes chimiques.

En outre, nous avons appris que les forces de l’opposition occidentale parrainées par la Turquie ont commencé le 13 et 14 août 2013 à se préparer à l’avance pour un majeur, et anormal renforcement de leurs effectifs militaires [NDT : "a major, irregular military surge" Cela peut être également une poussée militaire majeure et anormale ou irrégulière]. Les premières rencontres entre les hauts commandants militaires de l’opposition et les responsables du renseignement qataris, turcs et américains ont eu lieu à la garnison militaire turc aménagée d’Antakya, dans la province d’Hatay, actuellement utilisée comme centre de commandement et siège de l’Armée syrienne libre (ASL) et de leurs sponsors étrangers. [NDT : ces informations proviennent (du moins ont été relayées par Yossef Bodansky notamment)].

Les commandants supérieurs de l’opposition qui sont venus d’Istanbul ont pré-informés les commandants régionaux d’une escalade imminente dans les combats grâce à « un développement qui changerait la guerre » ("a war-changing development"), ce qui, à son tour, conduirait à un bombardement mené par les américains en Syrie.

À la réunion de coordination des opérations à Antakya, fréquentée par les hauts responsables turcs, qataris et des responsables du renseignement américain ainsi que les commandants supérieurs de l’opposition syrienne, les syriens ont affirmé que le bombardement commencerait dans quelques jours. Les leaders de l’opposition ont été condamnés à préparer leurs forces rapidement pour exploiter les bombardements américains, marcher sur Damas, et renverser le gouvernement de Bachar al-Assad.

Les responsables du renseignement du Qatar et de la Turquie ont assuré aux commandants régionaux syriens qu’ils seraient très bien fournis en armes pour la prochaine offensive. Et ils le furent. Une opération de distribution d’armes d’une ampleur sans précédent a commencé dans tous les camps de l’opposition entre le 21 et le 23 août. Les armes ont été distribuées à partir des entrepôts contrôlés par les renseignements du Qatar et de la Turquie sous la supervision étroite d’agents du renseignement américain.

Cui bono?

[Dans quel intérêt ? Dans l’intérêt de qui ?]
Que les divers groupes qui tentent de renverser le président syrien Bachar al-Assad ont amplement intérêt à obtenir que les États-Unis soient plus profondément impliqués dans le soutien de cet effort est clair. Jusqu’à présent, il n’a pas été aussi clair que le gouvernement Netanyahu en Israël ait également un intérêt puissant pour obtenir que Washington soit plus profondément engagé dans une nouvelle guerre dans la région. Mais au vu des exhortations véhémentes à l’intervention en provenance d’Israël et ces américains qui font du lobbying pour les intérêts israéliens, la priorité de cet objectif israélien devient limpide.

Le reporter Judi Rudoren, écrivant depuis Jérusalem, dans un article important paru dans le New York Times de vendredi aborde la motivation israélienne d’une manière inhabituellement candide. Son article, intitulé « Israël soutient une frappe limitée contre la Syrie", note que les Israéliens ont fait valoir, tranquillement, que la meilleure solution pour les 2 années et demi de guerre civile en Syrie est, au moins pour le moment, qu’il n’y ait pas de solution. Rudoren poursuit:

"Pour Jérusalem, le statu quo, aussi horrible que cela puisse être d’un point de vue humanitaire, semble préférable soit à une victoire du gouvernement de M. Assad et ses partisans iraniens soit à un renforcement des groupes rebelles, de plus en plus dominé par les sunnites djihadistes."

« C’est une situation éliminatoire (a playoff situation) dans laquelle vous avez besoin que les deux équipes perdent, mais qu’au moins vous ne voulez pas que l’une d’elle gagne - nous nous contenterons d’un match nul », a déclaré Alon Pinkas, ancien consul général d’Israël à New York. « Laissez-les saigner tous les deux, faire des hémorragies jusqu’à la mort : c’est la réflexion stratégique ici. Tant que cela persiste, il n’y a pas de menace réelle de la Syrie ».

Nous pensons que c’est la façon dont les dirigeants actuels d’Israël regardent la situation en Syrie, et qu’une implication américaine plus profonde - quoiqu’au départ, par des frappes militaires "limités" - est susceptible d’assurer qu’il n’y ait pas de résolution rapide du conflit en Syrie. Plus les sunnites et les chiites se déchirent les uns les autres en Syrie et dans la région, plus Israël fait le calcul que ce sera sûr [NDT : Le sens est mieux retranscrit en anglais : "The longer Sunni and Shia are at each other’s throats in Syria and in the wider region, the safer Israel calculates that it is."]

Que le principal allié de la Syrie soit l’Iran, avec lequel il a signé un traité de défense mutuelle, joue également un rôle dans les calculs israéliens. Il est peu probable que les dirigeants iraniens soient en mesure d’avoir un impact militaire plus important en Syrie, et Israël peut faire ressortir cela comme un embarras [honte, gêne] pour Téhéran.

Le rôle de l’Iran

L’Iran peut facilement être blâmé par association et accusé de toutes sortes de provocations, réelles et imaginaires. Certains ont vu la main d’Israël à l’origine des accusations les plus dommageables contre Assad en matière d’armes chimiques et notre expérience nous donne à penser que cela est extrêmement possible.

Possible est aussi une attaque sous faux drapeau d’une partie intéressée entraînant le naufrage ou l’endommagement, par exemple, de l’un des cinq destroyers américains maintenant en patrouille à l’ouest de la Syrie. Nos médias grand public pourraient tirer de cela le maximum [Our mainstream media could be counted on to milk that for all it’s worth], et vous vous retrouveriez encore plus sous pression pour élargir l’engagement militaire américain en Syrie - et peut-être au-delà, contre l’Iran.

L’Iran a rejoint ceux qui accusent les rebelles syriens pour l’incident chimique du 21 Août, et n’a pas tardé à mettre en garde les Etats-Unis contre le fait de s’impliquer davantage. Selon la chaîne anglophone iranienne Press TV, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a affirmé : « La crise en Syrie est un piège tendu par les groupes de pression sionistes aux [Etats-Unis]."

En fait, il n’est peut-être pas loin de la vérité. Mais nous pensons que vos conseillers peuvent être circonspects dans la réception de cette idée. Ainsi, nous voyons comme notre responsabilité de continuer à essayer de partager des informations avec vous afin d’assurer que vous et d’autres décideurs disposez d’une vision complète.

Représailles inévitables

Nous espérons que vos conseillers vous ont averti que les représailles pour les attaques contre les syriens ne sont pas une question de si, mais de où et de quand. Les représailles sont inévitables. Par exemple, des attaques terroristes contre les ambassades des États-Unis et d’autres installations sont susceptibles de faire ressembler ce qui est arrivé aux Etats-Unis à la "Mission" à Benghazi le 11 septembre 2012 à un accrochage mineur en comparaison. L’un de nous a abordé directement cette considération clé il y a une semaine dans un article intitulé "Conséquences possibles d’une attaque militaire américaine contre la Syrie - se souvenir de la destruction des casernes des marines américains à Beyrouth en 1983." [Référence]


For the Steering Group, Veteran Intelligence Professionals for Sanity

Thomas Drake, Senior Executive, NSA (former)
Philip Giraldi, CIA, Operations Officer (ret.)
Matthew Hoh, former Capt., USMC, Iraq & Foreign Service Officer, Afghanistan
Larry Johnson, CIA & State Department (ret.)
W. Patrick Lang, Senior Executive and Defense Intelligence Officer, DIA (ret.)
David MacMichael, National Intelligence Council (ret.)
Ray McGovern, former US Army infantry/intelligence officer & CIA analyst (ret.)
Elizabeth Murray, Deputy National Intelligence Officer for Middle East (ret.)
Todd Pierce, US Army Judge Advocate General (ret.)
Sam Provance, former Sgt., US Army, Iraq
Coleen Rowley, Division Council & Special Agent, FBI (ret.)
Ann Wright, Col., US Army (ret) ; Foreign Service Officer (ret.)


Paru initialement en anglais sur Consortiumnews.com


 
 

dimanche, 08 septembre 2013

SYRIE: LES PREUVES QUE LE DUO OBAMA ET HOLLANDE MENT EFFRONTEMENT


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Barack Obama et François Hollande suivent un calendrier qui leur a probablement été imposé. Mais, par qui ? Ont-ils vraiment le pouvoir ? Voir ces deux hommes patauger telles des mouches dans la bouse laisse songeur. Forçant le trait, mentant comme des arracheurs de dents avec leur fabrique improbable de "preuves", ils sont mis à nus par des hackers, qui révèlent des e-mails où, les Américains sont satisfaits de leur false flag. François Bayrou, ce matin, sur I>Télé, a encore déclaré qu’il n’y avait pas de preuves.Vladimir Poutine le président russe a encore demandé aux Occidentaux de présenter des preuves indiscutables. Hélas, ces pousse-au-crime n’en ont pas.


On peut retrouver, via Pastebin, les mails compromettants que les Anonymous ont révélé, et qui prouvent bien que l’attaque au gaz en Syrie est bel et bien l’œuvre du Pentagone pour accuser la Syrie. Les défenseurs autoproclamés des droits de l’homme sont prêts à tout, quitte à tuer des innocents pour justifier leur guerre en Syrie.

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La situation en Syrie est toujours au centre des médias du monde. Les experts prévoient une nouvelle agression américaine avec les prétextes de protection des « droits de l’hommiste ». Washington est prompt pour attaquer la Syrie. Selon la version officielle, il s’agit de punir le président syrien Bachard Al-Assad et l’armée arabe syrienne, accusés d’usage d’armes chimiques contre la population civile.

En attendant, les médias ont diffusé de nouvelles preuves de la participation effective des services secrets américains dans l’attaque chimique près de Damas. Un pirate informatique a obtenu frauduleusement l’accès à la correspondance des services secrets américains et en publiant les courriels du colonel Anthony J. Macdonald (photo), directeur de l’état-major des opérations et de la planification des activités de l’armée américaine.  C’est au sujet de l’attaque chimique en Syrie.

Dans un message datant du 22 août 2013, le lendemain de l’attaque, Eugene Furst félicite le colonel sur la réussite de l’opération et le renvoie à la publication du Washington Post au sujet de l’attaque chimique en Syrie. Du dialogue de l’épouse d’Anthony et de son ami, il est clair que la vidéo avec les enfants tués dans l’attaque chimique près de Damas a été mise en ligne par les services secrets des États-Unis.

Les données éditées indiquent que Washington est prêt à tout, pour atteindre ses objectifs dans le Moyen-Orient. Son soutien à l’opposition syrienne avec des moyens politiques et des armes n’a pas apporté les résultats prévus alors, il faut passer à la vitesse supérieur en mentant effrontément son peuple. John Kerry n’a pas hésité à mettre des photos d’Irak pour émouvoir son auditoire.

Avec cette nouvelle falsification donc, les États-Unis sont prêts, de nouveau, à violer le droit international en attaquant la Syrie sans approbation du Conseil de sécurité des Nations Unies. D’ailleurs, Ban ki-moon a encore mis en garde les belliqueux en affirmant qu’une expédition punitive aggravera la crise. Hélas, rien de nouveau, la politique n’est faite que de bombes.

 Captures d’écran de la boite mail du Colonel Anthony  J. Macdonald  :

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> Comme vous le savez, c’est maintenant  loin derrière moi mais, je sais que nos gars on fait de leur mieux.

> J’ai apprécié cette remise à niveau avec vous. J’espère vous rencontrer à nouveau bientôt.  

> A propos, j’ai vu votre récent succès, toutes mes félicitations, bon travail.

CAPTURE 2.jpg

> Vous savez, je ne peux m’empêcher de penser à cette terrible attaque au gaz en Syrie. Avez vous vu ces enfants ? J’ai réellement pleurer.  Que vous a dit Tony à ce sujet ?

> Ils ont été empoisonnés et ils sont morts. Quand est ce que cela se terminera ? Je vois leur visage quand je dors. 

CAPTURE 3.jpg

> Vous voyez, je continue à penser à ces enfants syriens, grâce à Dieu ils sont en vie, J’espère qu’ils auront une sorte de cadeau, ou de l’argent liquide.

>j’ai vu ça aussi et j’ai eu très peur. Mais tony m’a conforté, il a dit que les enfants n’avait pas été touché, cela as été fait pour les caméras, alors vous n’avez pas à vous en faire ma chère.

Résultats des courses, nous sommes en face d’un false flag. D’ailleurs, les chiffres, de Washington à Paris, sont contradictoires. Obama et Hollande mentent effrontément et commettrons en toute impunité un crime de guerre car, ne passant pas par le Conseil de sécurité de l’ONU. Ne l’oublions pas. Hélas, la presse mainstream, va-t-en-guerre, refuse de le dire et élude le droit international volontairement.  Ce matin, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que les livraisons des missiles S300 à la Syrie sont suspendus. Est-ce une façon de dire aux Américains d’attaquer en toute sécurité ou les envoyer au casse-pipe? Nous ne saurions répondre mais, il a encore mis en garde l’Occident…

Allain Jules

Faites tourner!


Le 4 septembre 2013.

 

Source: Le blog d'Allain Jules