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vendredi, 21 juin 2013

KADHAFI A FINANCE SARKOZY: LA CONFIRMATION


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Sarkozy-Kadhafi : l'interprète confirme le financement

 

Le diplomate Moftah Missouri, ancien interprète de Kadhafi, révèle ce soir, dans l’émission Complément d’enquête (France 2), avoir appris que le régime libyen avait versé « une vingtaine de millions de dollars » à Nicolas Sarkozy, à l'occasion de sa campagne de 2007.

 


Financement libyen de Sarkozy : un témoignage... par Mediapart

 

Le diplomate confirme l’authenticité du document officiel libyen dévoilé par Mediapart le 28 avril 2012. Selon cette note datée du 10 décembre 2006, la Libye avait décidé «d’appuyer la campagne électorale» de M. Sarkozy.

 

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Source: MEDIAPART

mardi, 18 juin 2013

L'AGONIE DU COMPLOT OCCIDENTAL CONTRE LA SYRIE

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La salle se fait de plus en plus clairsemée à la Coalition nationale syrienne. L’avenir a changé de camp.

 

La victoire enregistrée par l’Armée arabe syrienne dans la région de Qoussair n’est pas une exception mais une tendance générale confirmée. Les gangs terroristes takfiristes s’effondrent en raison du recul du soutien populaire à la rébellion armée. La règle historique indiscutable est que toute force militaire, même s’il s’agit d’une armée puissante, nombreuse et bien équipée, perd ses capacités de résistance si elle ne jouit plus d’un environnement social favorable. Que dire alors de groupes de mercenaires assoiffés de sang, venus de 82 pays différents, qui commettent les pires crimes contre les populations locales. Le dernier en date étant, dimanche, l’exécution d’un enfant de 15 ans devant sa famille pour blasphème (Voir ci-dessous). Plus grave encore, le peuple syrien a découvert que ces groupes sont étroitement liés à Israël. Commentant la situation en Syrie, le chef des services de renseignement allemands, cité par le Der Spiegel [1], a reconnu que l’armée syrienne allait poursuivre son avancée pour reprendre le contrôle de la plupart des régions ces trois prochains mois. Cette évaluation rejoint les informations selon lesquelles le qatari Hamad Ben Jassem a exprimé devant le président Barak Obama ses craintes de voir une victoire de l’État syrien sur les gangs takfiristes que les dirigeants qataris ont créés, formés, entrainés et financés. 

Le grand déséquilibre des rapports de forces en Syrie, en faveur de l’État national, apparait de plus en plus clairement. La popularité croissante du président Bachar al-Assad n’est plus un secret. Même les rapports de l’Otan affirment que près des deux tiers des Syriens soutiennent leur président. Il est évident que ce sondage, commandé par des puissances membres de l’Otan, a été réalisé dans les zones qui échappent au contrôle de l’État. 

Ces réalités résultent de l’attachement d’une majorité de syriens à leur État, à l’indépendance de leur pays et à leur armée. Le fait que le projet hégémonique ait utilisé les groupes takfiris comme principal outil a permis aux Syriens de comprendre très vite la nature du complot occidental qui cible leur patrie, et qui vise à déchirer le tissu national des peuples de la région. Le projet occidental s’est brisé sur un bloc transcommunautaire, qui comprend une bonne majorité de sunnites et de chrétiens orientaux, qui affichent des choix arabes et nationaux. Si ce bloc n’existait, l’État se serait effondré depuis longtemps. 

Les événements en Turquie sont une expression supplémentaire des revers successifs subis par l’alliance anti-syrienne. Ils se reflètent dans l’impuissance et la confusion qui caractérisent l’action des États-Unis. La purge opérée par Barak Obama au sein de son administration en est la preuve : Hillary Clinton, David Petraeus, Robert Ford... autant de figures qui ont disparu de la scène ou sont en voie de disparition. 

Un an après l’accord de Genève, il est clair que les États-Unis et avec eux les monarchies rétrogrades du Golfe et le gouvernement du mirage ottoman, ont épuisé toutes les possibilités pour intensifier leur agression contre la Syrie. Mais en dépit des gigantesques moyens mis en œuvre, cette alliance s’est brisée sur la résistance de l’État national syrien, de son armé et du peuple, sans compter la détermination et la volonté d’acier du président Bachar al-Assad. Les solides alliances régionales et internationales bâties par la Syrie ces dernières décennies ont également constitué un atout majeur qui a renforcé les capacités de résistance de la Syrie.

 

Déclarations et prises de positions


Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie 
« Nous avons fourni notre évaluation concernant la décision adoptée la semaine dernière par les chefs de diplomatie de l’UE de lever l’embargo sur les livraisons d’armes à l’opposition syrienne. Je ne vous cacherai pas que cela nous a déçu. Toute tentative d’influer sur la situation en Syrie par la force, via une ingérence militaire, est vouée à l’échec et ne ferait qu’aggraver la situation, entraînant de lourdes conséquences humanitaires. Nous avons convenu de coordonner nos efforts afin de mieux promouvoir la conférence Genève 2. Nous craignons pour la sécurité de notre délégation des rebelles cannibales qui mangent leurs ennemis. »

Adnane Mansour, ministre libanais des Affaires étrangères 
« Les combattants du Hezbollah ont uniquement défendu leurs frères libanais dans la région de Qoussair. Certaines parties déforment le rôle du Hezbollah et veulent nous faire croire que ce qui se passe en Syrie depuis deux ans est sa faute. Le Hezbollah ne combat pas dans le sud syrien, ni à Daraa, ni à Idleb ou Qamichli. Seulement à Qoussair pour défendre ces Libanais qui ont été agressés par les rebelles et dont certains ont été tués, sans parler de leurs biens détruits. Le Hezbollah ne participera pas aux autres batailles et si nous disons que c’est lui qui mène le combat, c’est très réducteur pour l’armée syrienne qui est l’une des 20 armées les plus puissantes au monde, avec des effectifs de 400 000 hommes et autant de réservistes. »

Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda 
« Unissez-vous, entendez-vous et engagez-vous à ne pas déposer les armes et à ne pas quitter vos tranchées jusqu’à l’établissement au Levant d’un État islamique qui œuvrera pour le rétablissement du califat. Le jihad au Levant œuvre pour l’établissement d’un califat islamique combattant qui poursuivra les sacrifices jusqu’à ce que la bannière du jihad et de l’islam soit hissée à Jérusalem. »

Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah 
« On nous dit que le Courant du Futur tente de poser un certain nombre de règles concernant la formation du gouvernement. Ce courant semble toutefois avoir oublié qu’il n’est pas en position de distribuer les rôles ou de déterminer qui doit être au gouvernement et qui ne doit pas y être. »

Nawaf Moussaoui, député du Hezbollah 
« Si les groupes takfiristes remportent la victoire, il ne restera plus de Liban. Le pays sera morcelé, il y aura des massacres, et certaines de ses communautés seront déplacées. Si nous voulons défendre le Liban, nous ne devons pas permettre à ces groupes de prendre le contrôle de la Syrie. C’est la raison pour laquelle nous combattons là-bas, pour défendre l’unité de la Syrie et par le fait même pour défendre l’unité du Liban. La bataille en Syrie n’a rien d’une bataille pour la réforme politique ou pour la mise en place d’une démocratie. C’est bien plus grave que certains l’imaginent. Il s’agit d’une guerre américano-israélienne à laquelle participent des gouvernements européens et des régimes arabes, dans l’objectif de faire chuter l’État en Syrie, soit pour mettre en place un régime à la solde des États-uniens et des Israéliens, soit pour faire régner le chaos. »

Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste 
« Le fait d’enflammer la situation dans la ville de Tripoli ne changera rien à l’équation en Syrie, qui reste compliquée et va en s’aggravant. Si certaines parties politiques libanaises estiment qu’elles peuvent changer quoi que ce soit à la crise syrienne à partir de Tripoli, elles doivent se rendre compte que leur pari n’aboutira pas. À quoi sert de mettre la capitale du Nord à feu et à sang par le biais des règlements de comptes politiques de type sectaire et confessionnel, en exacerbant les instincts, la tension et la discorde. Il est temps que certains responsables à Tripoli ainsi que les autres parties locales et extérieures cessent d’alimenter le conflit par les armes et le financement organisé. »

Jamal al-Jarrah, député du Courant du futur 
« Du fait que le Hezbollah a soutenu le terrorisme et le meurtre et combattu aux côtés du régime syrien, il a perdu sur le plan éthique. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans une guerre régionale. Sa participation aux combats en Syrie constitue un crime contre le Liban et la Syrie. »

Evénements


• Des rebelles islamistes engagés contre le régime du président syrien Bachar el-Assad ont abattu devant sa famille un adolescent de 15 ans qu’ils accusaient de blasphème, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’adolescent vendait du café à Alep (nord) et les islamistes l’ont entendu prononcer une expression qu’ils ont jugée blasphématoire dans une conversation avec un ami. Il a été tué de deux balles, l’une dans la bouche, l’autre dans la nuque, devant ses parents et ses frères et sœurs, a précisé Rami Abdel Rahmane, le chef de l’OSDH, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales. Selon M. Abdel Rahmane, il s’agissait probablement d’un groupe de jihadistes étrangers. « Ils parlaient l’arabe classique, pas le dialecte syrien », a-t-il expliqué à l’AFP.

• « L’instrumentalisation du CDH de l’Onu au profit de l’une des parties en conflit en Syrie, dans ce cas l’opposition radicale, ne contribue guère à la recherche d’une issue à la crise ni à la préparation de la Conférence internationale sur la Syrie », souligne la diplomatie russe, commentant le rapport présenté par la commission indépendante d’enquête sur la situation en Syrie lors de la 23e session du Conseil. Selon le rapport, la responsabilité des violences en Syrie incombe uniquement à Damas. D’autre part, ses auteurs ne qualifient pas d’attentats terroristes les explosions perpétrées dans les villes syriennes par des kamikazes. Les auteurs du document reconnaissent toutefois que les groupes armés d’opposition, où les extrémistes sont de plus en plus nombreux, pratiquent des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des prises d’otages, utilisent des enfants-soldats et commettent d’autres crimes.

• L’imam de la mosquée al-Qods, dans la ville de Saïda au Liban-Sud, cheikh Maher Hammoud, a été la cible d’une tentative d’assassinat lorsque des inconnus ont ouvert le feu dans sa direction. Cheikh Hammoud, un proche de la Résistance, a déclaré que des assaillants avaient tiré près de 20 balles dans sa direction alors qu’il sortait de sa maison pour aller à la mosquée. « Des sympathisants de l’opposition syrienne ou tout autre parti cherchant à créer la discorde » pourraient être derrière cette tentative d’assassinat, a-t-il dit. Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont pu localiser la voiture utilisée dans l’attaque, un Datsun volée deux heures plus tôt.


SourceVOLTAIRENET.ORG

lundi, 17 juin 2013

ROLAND DUMAS CONFIRME LA PREPARATION DE LA GUERRE DE SYRIE DEPUIS 2010

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Intervenant dans l’émission « Ça vous regarde » (LCP), l’ancien ministre français des affaires étrangères, Roland Dumas, a indiqué avoir été démarché par les Britanniques en 2010 —c’est-à-dire avant le « printemps arabe »— pour soutenir une guerre contre la Syrie, dans l’intérêt d’Israël.
 
Les révélations de M. Dumas semblent confirmer notre hypothèse que l’attaque de la Syrie était prévue par les clauses secrètes du Traité de Lancaster House du 2 novembre 2010. Ce document, censé organiser la coopération militaire franco-britannique, comportait des clauses secrètes sur l’attaque de la Libye. Or, nous avons toujours souligné que les guerres de Libye et de Syrie avaient été planifiées simultanément.
 

 

DEROUTE DE L'ASL ET D'EL NOSRA A AL QSEIR, CONFUSION DES CONSPIRATEURS EN SYRIE


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Il est bon de faire quelques points d’ordre après ce qui s’était déroulé à Al Qseir suite au fiasco des groupes armés chargés, par les occidentalo-arabo-sionistes, de déstabiliser la Syrie.

Des politiciens et stratèges soutiennent, sur ce qui se passe en Syrie, ce genre d’analyse et de raisonnement:


- Que la guerre, par procuration, à la Syrie entrait dans le cadre du projet de domination du Moyen-Orient et des pays arabo-musulmans de l’axe de la résistance à la politique impérialo-sioniste qui consistait à réduire leurs armées pour ensuite recomposer ces États en entités géographiques sans puissance et maniables à merci. Ils semblent parvenir en Irak, en Libye, en Tunisie, en Égypte et au Yémen, mais en revanche, ils paraissent échouer en Syrie considérée nœud gordien difficile à trancher.

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement considéré Al Qseir aussi « stratégique » que ne le déclarent les agresseurs de la Syrie. Selon eux, Al Qseir était « stratégique » dans ‘leur’ vision et dans ‘leurs’ plans d’agression, car les conspirateurs avaient misé et concentré leurs efforts sur cette ville pour sa proximité avec Homs, les frontières libanaises et jordaniennes ; conditions géographiques favorables en vue d’envahir Damas. Sa chute a bien changé la nature de l’équation en la rendant complexe pour les agresseurs.

- Que l'armée syrienne était parfaitement informée des plans, objectifs et mouvements de l'ennemi dans Al Qseir et ses environs.

- Qu'il y avait des priorités et que la reprise de cette ville - objet d'observations continues et minutieuses des services de renseignements de l'armée syrienne – exigeait des tactiques, de la patience et de la pertinence pour réussir les objectifs militaires et politiques, fondamentaux.

- Qu’il fallait laisser faire croire à une importante victoire des groupes armés et n’intervenir que lorsque l'environnement politique serait favorable afin de faire admettre une défaite, franche et indiscutable, sur l’ennemi tout en réduisant le moral de ses troupes d’une part, mais aussi de briser les projets des commanditaires en anéantissant leur volonté et leurs atouts de pression politique d’autre part.

- Qu’après cette offensive ‘éclair’ sur les groupes armés engagés dans cette ville, leur défaite était tellement décisive et humiliante que même les Occidentaux impliqués l'ont reconnu telle ; alors qu’au même moment les groupes armés et leurs dirigeants, composés de wahabo-takfiriste tétanisés par la déroute, ne trouvaient plus quoi dire ou faire que de proférer des mensonges et balancer des propos contradictoires; qu’il s’agissait d’une ‘fausse’ reprise, que l'armée n'avait tué que des civils, qu’ils avaient affronté le Hezbollah en lieu et place de l'armée syrienne «défaite» selon eux, qu’ils avaient procédé à un retrait ’tactique’ et ce tout en appelant aux renforts.

- Que si ces groupes combattaient, comme ils l’attestent, le Hezbollah cela voudrait donc dire, conséquemment, qu’une poignée d’éléments du Hezbollah avaient pu défaire tous les groupes armés d’Al Qseir pourtant bien équipés par l’occident. Que leurs ‘maîtres-penseurs’ et commanditaires pourraient alors douter de leurs capacités à conquérir toute la Syrie face à toute l’armée syrienne expérimentée et bien armée qui n’a engagé, à ce stade, qu’une infime partie de ses forces.

- Que la déclaration de Nasrallah sur "l'implication" du Hezbollah était plus une tactique pour accabler et dérouter l’ennemi, car dans leur calcul l'on avait fait l’hypothèse que cette formation ne s'y compromettrait pas.

- Que le Hezbollah n'avait pas donné plus de précisions sur cette la nature de cette « implication » sûrement pour susciter les doutes et distraire d’autant qu’aucune preuve sur l’engagement des éléments du Hezbollah sur le territoire syrien n'avait été, à ce jour, prouvé (les 5 ou 6 personnes présentées aux médias, comme du Hezbollah fait prisonniers, sont des citoyens libanais vivants à Damas, des sunnites, qui avaient été kidnappés quelques jours plus tôt).

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement besoin d'une aide, en l’occurrence celle du Hezbollah, et que la seule « aide » était de bloquer la frontière pour empêcher et éventuellement éliminer, toute fuite vers le Liban. Ce qui a été fatal puisque les groupes armés étaient pris en étau sans possibilité de se dégager ou d’être appuyé. Il ne leur restait que la mort ou la reddition. Les centaines d’éléments qui avaient ‘réussi’ à rejoindre quelques villages proches n’étaient, en fait, qu’une tactique de l’armée syrienne ayant pour but de diviser les groupes pour mieux les anéantir avec le moins de résistance et de frais.

- Que tous leurs mensonges et diversions avaient pour but de pousser à une intervention occidentale (surtout israélienne) qui reste hypothétique au vu des conditions de tous les groupes armés et l’emprise des forces syriennes sur le théâtre des combats d’une part, mais également au regard du climat politique qui se dirige, inexorablement, vers un règlement du conflit selon les modalités du camp victorieux qui semble, en plus, disposer de redoutables armes de riposte d’autre part.

- Que toute intervention d’«Israël» ne pourra que mettre dans une drôle de confusion aussi bien les pays gouvernés par des islamistes et l’opposition syrienne de la ‘coalition’ que leurs soutiens occidentaux. En effet, s’ils acclament une offensive Israélienne, ils commettront une grave faute devant l’opinion arabe; s’ils observent le silence, ils seront frappés de suspicion ; s’ils condamnent, ils renieraient leur position, maintes fois rabâchée, contre le «régime» syrien. Un dilemme infernal que les EU, bons tacticiens et calculateurs, n’oserons pas introduire au risque d’embraser la région, voire au-delà et d’anéantir toute marge de manœuvre ou espoir de solution.  La Russie, par la force de la Syrie, son obstination et sa résistance, a réussi à faire changer les règles du jeu de l’adversaire tout en maintenant les siennes intactes.

- Que la révolte qui se déroule actuellement en Turquie n’est que l’expression d’un peuple qui refuse le suivisme et l’alignement de son pays à la politique américano-sioniste à l’endroit d’un peuple voisin auquel il est lié par l’histoire et l’économie. Il aurait été difficile aux Occidentaux de faire ce qu’ils font à la Syrie si Erdogan ne s’était pas lié à leurs projets de domination.

  - Que le projet hégémonique sur les pays entourant la méditerranée, que pilotait la France de Sarkozy dans le cadre de l’UMP avec l’appui des EU, que refusait alors l’Allemagne, est en passe de se transformer – grâce à la résistance farouche de la Syrie à l’agression et l’entrée en lice de la Russie et de l’axe antagoniste à l’occident – en projet d’équilibre stratégique.

- Que le «pragmatisme», cette philosophique américaine, qui n’admet de « vrai » que ce qui fonctionne réellement en s’adaptant à la réalité et en préférant la pratique apparait justement par la réalité et la pratique de son initiateur - dans ses relations, ses attitudes et ses objectifs avec le reste du monde - une doctrine insensée quand elle est expurgée de morale et de principes.

- Que le Capitalisme tel que conçu par l’impérialisme occidental, que dirige la grande industrie de concert avec les cartels financiers, mène droit aux crises économiques mondiales et aux guerres comme issue et corollaire.

À cette étape du conflit, la Syrie se trouve dans une position militaire et politique qui lui est favorable où toute recrudescence des menaces ne lui sera que bénéfique d’autant que le Hezbollah déclare solennellement que toute agression extérieure de la Syrie sera considérée aussi agression du Liban. L’Iran voit que son implication deviendra nécessaire pour des raisons de sécurité nationale. La Russie considère que la déstabilisation de cette partie importante du monde nuirait à ses intérêts suprêmes, mais aussi aux grands équilibres du monde!

Les conséquences prévisibles dans le cas d’un conflit généralisé, à partir de cette région, seraient donc inimaginables si le discernement ne tient pas lieu et place de la cupidité.


Djerrad Amar


Selon une source officielle américaine, Washington aurait demandé aux chefs de l'ASL (Armée syrienne libre) de quitter au plus vite le sol syrien. Game over!

vendredi, 14 juin 2013

USA-RUSSIE: DROGUE, PETROLE ET GUERRE

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Les USA ont émergé comme la grande puissance mondiale suite à la chute de l’Union soviétique. Imposer leur suprématie sur l'ex-URSS est devenu une de leurs priorités. Coups d'état, pressions, guerres : ils n'ont renoncé à rien pour y parvenir. Lors d'une conférence à Moscou, Peter Dale Scott a analysé cette stratégie de domination et son financement par les drogues et le pétrole. (IGA)

 

J’ai prononcé le discours suivant à une conférence anti-OTAN, qui fut organisée à Moscou l’année dernière. J’étais le seul intervenant états-unien lors de cet événement. On m’y avait convié suite à la parution en russe de mon livre Drugs, Oil, and War – un ouvrage jamais traduit en français, contrairement à La Route vers le nouveau désordre mondial et à mon dernier livre, La Machine de guerre américaine –. [1] En tant qu’ancien diplomate préoccupé par la paix, j’étais heureux d’y participer. En effet, il me semble que le dialogue entre les intellectuels états-uniens et russes soit moins sérieux aujourd’hui qu’il ne l’était au paroxysme de la guerre froide. Pourtant, les dangers d’une guerre impliquant les deux principales puissances nucléaires n’ont visiblement pas disparu.

En réponse au problème des crises interconnectées que sont la production de drogue afghane et le jihadisme salafiste narco-financé, mon discours exhortait les Russes à coopérer dans un cadre multilatéral avec les États-uniens partageant cette volonté —malgré les activités agressives de la CIA, de l’OTAN et du SOCOM (pour US Special Operations Command) en Asie centrale—. Cette position divergeait de celles des autres intervenants.

Depuis cette conférence, j’ai continué de réfléchir en profondeur sur l’état dégradé des relations entre la Russie et les États-Unis, et sur mes espoirs légèrement utopiques de les restaurer. Malgré les différents points de vue des conférenciers, ils avaient tendance à partager une grande inquiétude sur les intentions états-uniennes envers la Russie et les anciens États de l’URSS. Cette anxiété commune se fondait sur ce qu’ils savaient des actions antérieures des États-Unis, et de leurs engagements non tenus. En effet, contrairement à la plupart des citoyens de ce pays, ils étaient bien informés sur ces questions.

L’assurance que l’OTAN ne profiterait pas de la détente pour s’étendre en Europe de l’Est est un important exemple de promesse non tenue. Évidemment, la Pologne et d’autres anciens membres du Pacte de Varsovie sont aujourd’hui intégrés au sein de l’Alliance atlantique, tout comme les anciennes Républiques socialistes soviétiques de la Baltique. Par ailleurs, des propositions visant à faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN sont toujours d’actualité, ce pays étant le véritable cœur de l’ancienne Union soviétique. Ce mouvement d’extension vers l’Est fut accompagné d’activités et d’opérations conjointes alliant les troupes US aux forces armées et sécuritaires de l’Ouzbékistan —dont certaines furent organisées par l’OTAN—. (Ces deux initiatives commencèrent en 1997, sous l’administration Clinton.)

Nous pouvons citer d’autres ruptures d’engagements, comme la conversion non autorisée d’une force des Nations Unies en Afghanistan (approuvée en 2001 par la Russie) en une coalition militaire dirigée par l’OTAN. Deux intervenants critiquèrent la détermination des États-Unis à installer en Europe de l’Est un bouclier antimissile contre l’Iran, refusant les suggestions russes de le déployer en Asie. Selon eux, cette intransigeance constituait « une menace pour la paix mondiale ».

Les conférenciers percevaient ces mesures comme des extensions agressives du mouvement qui, depuis Washington, visait à détruire l’URSS sous Reagan. Certains des orateurs avec qui j’ai pu échanger considéraient que, pendant les deux décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, la Russie avait été menacée par des plans opérationnels des États-Unis et de l’OTAN pour une première frappe nucléaire contre l’URSS. Ils auraient pu être exécutés avant que la parité nucléaire ne soit atteinte, mais ils ne furent évidemment jamais mis en œuvre. Malgré tout, mes interlocuteurs étaient persuadés que les faucons ayant voulu ces plans n’avaient jamais abandonné leur désir d’humilier la Russie, et de la réduire au rang de tierce puissance. Je ne peux réfuter cette inquiétude. En effet, mon dernier livre, intitulé La Machine de guerre américaine , décrit également des pressions continuelles visant à établir et à maintenir la suprématie des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les discours prononcés à cette conférence ne se limitaient en aucun cas à critiquer les politiques menées par les États-Unis et l’Alliance atlantique. En effet, les intervenants s’opposaient avec une certaine amertume au soutien de Vladimir Poutine pour la campagne militaire de l’OTAN en Afghanistan, qu’il avait exprimé le 11 avril 2012. Ils étaient particulièrement révoltés par le fait que Poutine ait approuvé l’installation d’une base de l’Alliance atlantique à Oulianovsk, située à 900 kilomètres à l’est de Moscou. Bien que cette base ait été « vendue » à l’opinion publique russe comme un moyen de faciliter le retrait états-unien d’Afghanistan, l’un des conférenciers nous assura que l’avant-poste d’Oulianovsk était présenté dans les documents de l’OTAN comme une base militaire. Enfin, les intervenants se montraient hostiles aux sanctions onusiennes contre l’Iran, qui étaient inspirées par les États-Unis. Au contraire, ils considéraient ce pays comme un allié naturel contre les tentatives états-uniennes de concrétiser le projet de domination globale de Washington.

Mis à part le discours suivant, je suis resté silencieux durant la majeure partie de cette conférence. Cependant mon esprit, voire ma conscience, sont perturbés lorsque je songe aux récentes révélations sur Donald Rumsfeld et Dick Cheney. En effet, immédiatement après le 11-Septembre, ces derniers ont mis en œuvre un projet visant à faire tomber de nombreux gouvernements amis de la Russie —dont l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran—. [2] (Dix ans plus tôt, au Pentagone, le néoconservateur Paul Wolfowitz avait déclaré au général Wesley Clark que les États-Unis disposaient d’une fenêtre d’opportunité pour se débarrasser de ces clients de la Russie, dans la période de restructuration de ce pays suite à l’effondrement de l’URSS. [3]) Ce projet n’a toujours pas été finalisé en Syrie et en Iran.

Ce que nous avons pu observer sous Obama ressemble beaucoup à la mise en œuvre progressive de ce plan. Toutefois, il faut admettre qu’en Libye, et à présent en Syrie, Obama a montré de plus grandes réticences que son prédécesseur à envoyer des soldats sur le terrain. (Il a tout de même été rapporté que, sous sa présidence, un nombre restreint de forces spéciales US ont opéré dans ces deux pays, afin d’attiser la résistance contre Kadhafi puis contre Assad.)

Plus particulièrement, l’absence de réaction des citoyens des États-Unis face au militarisme agressif et hégémoniste de leur pays me préoccupe. Ce bellicisme permanent, que j’appellerais le « dominationisme », est prévu sur le long terme dans les plans du Pentagone et de la CIA. [4] Sans aucun doute, de nombreux États-uniens pourraient penser qu’une Pax Americana globale assurerait une ère de paix, à l’image de la Pax Romana deux millénaires auparavant. Je suis persuadé du contraire. En effet, à l’instar de la Pax Britannica du XIXe siècle, ce dominationisme conduira inévitablement à un conflit majeur, potentiellement à une guerre nucléaire. En vérité, la clé de la Pax Romana résidait dans le fait que Rome, sous le règne d’Hadrien, s’était retirée de la Mésopotamie. De plus, elle avait accepté de strictes limitations de son pouvoir dans les régions sur lesquelles elle exerçait son hégémonie. La Grande-Bretagne fit preuve d’une sagesse comparable, mais trop tard. Jusqu’à présent, les États-Unis ne se sont jamais montrés aussi raisonnables.

Par ailleurs, dans ce pays, très peu de monde semble s’intéresser au projet de domination globale de Washington, du moins depuis l’échec des manifestations de masse visant à empêcher la guerre d’Irak. Nous avons pu constater une abondance d’études critiques sur les raisons de l’engagement militaire des États-Unis au Vietnam, et même sur l’implication états-unienne dans des atrocités telles que le massacre indonésien de 1965. Des auteurs comme Noam Chomsky et William Blum [5] ont analysé les actes criminels des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ils ont peu étudié la récente accélération de l’expansionnisme militaire états-unien. Seule une minorité d’auteurs, comme Chalmers Johnson et Andrew Bacevich, ont analysé le renforcement progressif de la Machine de guerre américaine qui domine aujourd’hui les processus politiques des États-Unis.

De plus, il est frappant de constater que le jeune mouvement Occupy se soit si peu exprimé sur les guerres d’agression que mène ce pays. Je doute qu’il ait même dénoncé la militarisation de la surveillance et du maintien de l’ordre, ainsi que les camps de détention. Or, ces mesures sont au cœur du dispositif de répression intérieure qui menace sa propre survie. [6] Je fais ici référence à ce que l’on appelle le programme de « continuité du gouvernement » (COG pour « Continuity of Government »), à travers lequel les planificateurs militaires US ont développé des moyens de neutraliser définitivement tout mouvement antiguerre efficace aux États-Unis. [7]

En tant qu’ancien diplomate canadien, si je devais retourner en Russie, j’en appellerais de nouveau à une collaboration entre les États-Unis et ce pays afin d’affronter les problèmes mondiaux les plus urgents. Notre défi est de dépasser ce compromis rudimentaire qu’est la détente, cette soi-disant « coexistence pacifique » entre les superpuissances. En réalité, cette entente vieille d’un demi-siècle a permis —et même encouragé— les atrocités violentes de dictateurs clients, comme Suharto en Indonésie ou Mahamed Siyaad Barre en Somalie. Il est probable que l’alternative à la détente, qui serait une rupture complète de celle-ci, mène à des confrontations de plus en plus dangereuses en Asie —très certainement en Iran—.

Néanmoins, cette rupture peut-elle être évitée ? Voilà que je me demande si je n’ai pas minimisé l’intransigeance hégémoniste des États-Unis. [8] À Londres, j’ai récemment discuté avec un vieil ami, que j’avais rencontré durant ma carrière diplomatique. Il s’agit d’un diplomate britannique de haut rang, qui est un expert de la Russie. J’espérais qu’il aurait modéré mon évaluation négative des intentions des États-Unis et de l’OTAN contre ce pays. Or, il n’a fait que la renforcer.

Ainsi, j’ai décidé de publier mon discours agrémenté de cette préface, qui est destinée aussi bien aux citoyens US qu’au public international. Je pense qu’aujourd’hui, le plus urgent pour préserver la paix mondiale est de restreindre le mouvement des États-Unis vers l’hégémonie incontestée. Au nom de la coexistence dans un monde pacifié et multilatéral, il faut donc raviver l’interdiction par l’ONU des guerres préemptives et unilatérales.

Dans cet objectif, j’espère que les citoyens des États-Unis se mobiliseront contre le dominationisme de leur pays, et qu’ils en appelleront à une déclaration politique de l’administration ou du Congrès. Cette déclaration :

1) renoncerait explicitement aux appels antérieurs du Pentagone faisant de la « suprématie totale » (« full spectrum dominance ») un objectif militaire central dans la politique étrangère des États-Unis ; [9]

2) rejetterait comme étant inacceptable la pratique des guerres préventives, aujourd’hui profondément enracinée ;

3) renoncerait catégoriquement à tout projet états-unien d’utilisation permanente de bases militaires en Irak, en Afghanistan ou au Kirghizstan ;

4) réengagerait les États-Unis à mener leurs futures opérations militaires en accord avec les procédures établies par la Charte des Nations Unies.

J’encourage mes concitoyens à me rejoindre afin d’exhorter le Congrès à introduire une résolution dans ce but. Initialement, une telle démarche pourrait ne pas aboutir. Cependant, il est possible qu’elle contribue à recentrer le débat politique US vers un sujet qui est selon moi urgent et peu débattu : l’expansionnisme des États-Unis, et la menace contre la paix globale qui en découle aujourd’hui.

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Discours à la conférence d’Invissin sur l’OTAN
(Moscou, 15 mai 2012)

 

Avant tout, je remercie les organisateurs de cette conférence de me permettre de parler du grave problème qu’est le narcotrafic d’Afghanistan. Aujourd’hui, il constitue une menace aussi bien pour la Russie que pour les relations entre ce pays et les États-Unis. Je vais donc discuter de politique profonde selon les perspectives de mon livre Drugs, Oil, and War, mais aussi de mon dernier ouvrage (La Machine de guerre américaine ) et du précédent (La Route vers le nouveau désordre mondial ). Ces livres analysent notamment les facteurs sous-tendant le trafic de drogue international ainsi que les interventions US, deux phénomènes préjudiciables à la fois au peuple russe et au peuple états-unien. Je parlerai également du rôle de l’OTAN dans la facilitation des stratégies visant à établir la suprématie des États-Unis sur le continent asiatique. Mais d’abord, je voudrais analyser le trafic de drogue à l’aune d’un important facteur, qui s’avère déterminant dans mes livres. Il s’agit du rôle du pétrole dans les politiques asiatiques des États-Unis, et également de l’influence d’importantes compagnies pétrolières alignées sur les intérêts de ce pays, dont British Petroleum (BP).

Derrière chaque offensive récente des États-Unis et de l’OTAN, l’industrie pétrolière fut une force profonde déterminante. Pour l’illustrer, songeons simplement aux interventions en Afghanistan (2001), en Irak (2003) et en Libye (2011). [10]

J’ai donc étudié le rôle des compagnies pétrolières et de leurs représentants à Washington —dont les lobbies—, dans chacune des grandes interventions des États-Unis depuis le Vietnam dans les années 1960. [11] Le pouvoir des compagnies pétrolières US nécessiterait quelques explications à un public venant de Russie, où l’État contrôle l’industrie des hydrocarbures. Aux États-Unis, c’est pratiquement l’inverse. En effet, les compagnies pétrolières tendent à dominer aussi bien la politique étrangère de ce pays que le Congrès. [12] Ceci explique pourquoi les présidents successifs, de Kennedy à Obama en passant par Reagan, ont été incapables de limiter les avantages fiscaux des compagnies pétrolières garantis par la « oil depletion allowance » —y compris dans le contexte actuel, où la plupart des États-uniens sombrent dans la pauvreté—. [13]

Les activités US en Asie centrale, dans des zones d’influence traditionnelles de la Russie telles que le Kazakhstan, ont un fondement commun. En effet, depuis une trentaine d’années (voire plus), les compagnies pétrolières et leurs représentants à Washington ont montré un grand intérêt dans le développement, et surtout dans le contrôle des ressources gazières et pétrolières sous-exploitées du bassin Caspien. [14] Dans cet objectif, Washington a développé des politiques ayant eu comme résultat la mise en place de bases avancées au Kirghizstan et, pendant quatre ans, en Ouzbékistan (2001-2005). [15] Le but affiché de ces bases était de soutenir les opérations militaires des États-Unis en Afghanistan. Néanmoins, la présence états-unienne encourage aussi les gouvernements des nations avoisinantes à agir plus indépendamment de la volonté russe. Nous pouvons citer comme exemple le Kazakhstan et le Turkménistan, ces deux pays étant des zones d’investissements gaziers et pétroliers pour les compagnies US.

Washington sert les intérêts des compagnies pétrolières occidentales, pas seulement du fait leur influence corruptrice sur l’administration, mais parce que la survie de l’actuelle pétro-économie US dépend de la domination occidentale du commerce mondial du pétrole. Dans l’un de mes livres, j’analyse cette politique, en expliquant comment elle a contribué aux récentes interventions des États-Unis, mais aussi à l’appauvrissement du Tiers-Monde depuis 1980. En substance, les États-Unis ont géré le quadruplement des prix du pétrole dans les années 1970 en organisant le recyclage des pétrodollars dans l’économie états-unienne, au moyen d’accords secrets avec les Saoudiens. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et continuelle de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar US ; le second sécurisait le soutien permanent de ce pays dans la tarification intégrale du pétrole de l’OPEP en dollars. [16] Ces deux accords garantissaient que l’économie des États-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Le plus lourd fardeau pèserait au contraire sur les économies des pays les moins développés. [17]

Le dollar US, bien qu’étant en cours d’affaiblissement, dépend encore en grande partie de la politique de l’OPEP imposant cette monnaie pour régler le pétrole de cette organisation. Nous pouvons mesurer avec quelle force les États-Unis sont capables d’imposer cette politique en observant le destin des pays ayant décidé de la remettre en cause. « En 2000, Saddam Hussein insista pour que le pétrole irakien soit vendu en euros. Ce fut une manœuvre politique, mais qui augmenta les revenus récents de l’Irak grâce la hausse de la valeur de l’euro par rapport au dollar. » [18] Trois ans plus tard, en mars 2003, les États-Unis envahirent ce pays. Deux mois après, le 22 mai 2003, Bush décréta par un ordre exécutif que les ventes de pétrole irakien devaient s’effectuer de nouveau en dollars, et non en euros. [19]

Selon un article russe, peu avant l’intervention de l’OTAN en Libye début 2011, Mouammar Kadhafi avait manœuvré pour refuser le dollar comme monnaie de règlement du pétrole libyen, à l’instar de Saddam Hussein. [20] En février 2009, l’Iran annonça avoir « complètement cessé de conduire les transactions pétrolières en dollars US. » [21] Les véritables conséquences de cette audacieuse décision iranienne n’ont pas encore été observées. [22]

J’insiste sur le point suivant : chaque intervention récente des États-Unis et de l’OTAN a permis de soutenir la suprématie déclinante des compagnies pétrolières occidentales sur le système pétrolier global, donc celui des pétrodollars. Néanmoins, je pense que les compagnies pétrolières elles-mêmes sont capables d’initier, ou au moins de contribuer à des interventions politiques. Comme je l’ai mentionné dans mon livre Drugs, Oil, and Wars (p.8) :

« De façon récurrente, les compagnies pétrolières US sont accusées de se lancer dans des opérations clandestines, soit directement, soit par le biais d’intermédiaires. En Colombie (comme nous le verrons), une entreprise de sécurité états-unienne travaillant pour Occidental Petroleum participa à une opération militaire de l’armée colombienne, ‘qui tua 18 civils par erreur.’ »

Pour citer un exemple plus proche de la Russie, j’évoquerais une opération clandestine de 1991 en Azerbaïdjan, qui est un exemple classique de politique profonde. Dans ce pays, d’anciens collaborateurs de la CIA, qui étaient employés par une entreprise pétrolière douteuse (MEGA Oil), « se lancèrent dans des entraînements militaires, distribuèrent des ‘sacs remplis d’argent liquide’ à des membres du gouvernement, et mirent en place une compagnie aérienne […] qui permit bientôt à des centaines de mercenaires moudjahidines d’être acheminés dans ce pays depuis l’Afghanistan. » [23] À l’origine ces mercenaires, finalement estimés à environ 2 000, furent employés pour combattre les forces arméniennes soutenues par la Russie dans la région disputée du Haut-Karabagh. Mais ils appuyèrent aussi les combattants islamistes en Tchétchénie et au Daguestan. Ils contribuèrent également à faire de Bakou un point de transbordement de l’héroïne afghane à la fois vers le marché urbain de Russie et vers la mafia tchétchène. [24]

En 1993, ils participèrent au renversement d’Abulfaz Elchibey, le premier président élu de l’Azerbaïdjan, et à son remplacement par Heydar Aliyev. Ce dernier signa ensuite un important contrat pétrolier avec BP, incluant ce qui devint finalement l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan reliant ce pays à la Turquie. Il faut souligner que les origines états-uniennes des agents de MEGA Oil sont indiscutables. En revanche, nous ne savons pas exactement qui a financé cette entreprise. Il aurait pu s’agir des majors pétrolières, la plupart d’entre elles disposant (ou ayant disposé) de leurs propres services clandestins. [25] Certaines entreprises pétrolières importantes, incluant Exxon, Mobil et BP, ont été accusées d’être « derrière le coup d’État » ayant conduit au remplacement d’Elchibey par Aliyev. [26]

De toute évidence, Washington et les majors pétrolières pensent que leur survie dépend du maintien de leur actuelle suprématie sur les marchés pétroliers internationaux. Dans les années 1990, alors que l’on localisait généralement les plus grandes réserves non prouvées d’hydrocarbures dans le bassin Caspien, cette région devint centrale à la fois pour les investissements pétroliers des entreprises US et pour l’expansion sécuritaire des États-Unis. [27]

S’exprimant en tant que secrétaire d’État adjoint, Strobe Talbott, un proche ami de Bill Clinton, tenta de mettre en avant une stratégie raisonnable pour assurer cette expansion. Dans un important discours prononcé le 21 juillet 1997,

« Talbott exposa les quatre aspects d’un [potentiel] soutien des États-Unis pour les pays du Caucase et de l’Asie centrale : 1) la promotion de la démocratie ; 2) la création d’économies de marché ; 3) le parrainage de la paix et de la coopération, au sein et parmi les pays de la région et 4) leur intégration dans la plus vaste communauté internationale. […] Critiquant avec virulence ce qu’il considère être une conception dépassée de la compétition dans le Caucase et en Asie centrale, M. Talbott mit en garde quiconque envisagerait le ‘Grand Jeu’ comme grille de lecture de la région. Au contraire, il proposa une entente dans laquelle chacun sortirait gagnant de la coopération. » [28]

Mais cette approche multilatérale fut immédiatement attaquée par des membres des deux partis. Seulement trois jours plus tard, Heritage Foundation, le cercle de réflexion droitisant du Parti républicain, répondit que « [l]’administration Clinton, désireuse d’apaiser Moscou, rechignait à exploiter l’opportunité stratégique de sécuriser les intérêts des États-Unis dans le Caucase.  » [29] En octobre 1997, cette critique trouva son écho dans Le Grand Échiquier, un important ouvrage écrit par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale Zbigniew Brzezinski. Ce dernier est certainement le principal opposant à la Russie au sein du Parti démocrate. Admettant que « la politique étrangère [états-unienne devrait] […] favoriser les liens nécessaires à une vraie coopération mondiale », il défendait toutefois dans son livre la notion de « Grand Jeu  » rejetée par Talbott. Selon Brzezinski, il était impératif d’empêcher « [l]’apparition d’un concurrent en Eurasie, capable de dominer ce continent et de défier [les États-Unis] ». [30]

En arrière-plan de ce débat, la CIA et le Pentagone développaient à travers l’Alliance atlantique une « stratégie de projection » contraire aux propositions de Talbott. En 1997, dans le cadre du programme « Partenariat pour la Paix » de l’OTAN, le Pentagone démarra des exercices militaires avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Ce programme constituait « l’embryon d’une force militaire dirigée par l’OTAN dans cette région ». [31] Baptisés CENTRAZBAT, ces exercices envisageaient de potentiels déploiements de forces combattantes états-uniennes. Catherine Kelleher, une assistante du secrétaire adjoint à la Défense, cita « la présence d’énormes ressources énergétiques » comme justification de l’engagement militaire des États-Unis dans cette région. [32] L’Ouzbékistan, que Brzezinski distingua pour son importance géopolitique, devint un pivot pour les exercices militaires états-uniens, bien que ce pays ait l’un des pires bilans en matière de respect des droits de l’Homme dans cette région. [33]

De toute évidence, la « révolution des tulipes » de mars 2005 au Kirghizstan constitua une autre étape de la doctrine de projection stratégique du Pentagone et de la CIA. Elle s’est déroulée à une époque où George W. Bush parlait fréquemment de « stratégie de projection de la liberté ». Plus tard, alors qu’il visitait la Géorgie, ce dernier approuva ce changement de régime en le présentant comme un exemple de « démocratie et de liberté en pleine expansion ». [34] (En réalité, il ressemblait plus à un coup d’État sanglant qu’à une « révolution ».) Cependant, le régime de Bakiyev « dirigea le pays comme un syndicat du crime », pour reprendre les termes d’Alexander Cooley, un professeur à l’Université de Columbia. En particulier, de nombreux observateurs accusèrent Bakiyev d’avoir pris le contrôle du trafic de drogue local et de le gérer comme une entreprise familiale. [35]

Dans une certaine mesure, l’administration Obama s’est éloignée de cette rhétorique hégémoniste que le Pentagone appelle la « suprématie totale  » (« full-spectrum dominance »). [36] Toutefois, il n’est pas surprenant de constater que sous sa présidence, les pressions visant à réduire l’influence de la Russie se soient maintenues, comme par exemple en Syrie. En réalité, pendant un demi-siècle, Washington a été divisée en deux camps. D’un côté, une minorité évoluant principalement au Département d’État (comme Strobe Talbott), qui avait envisagé un avenir de coopération avec l’Union soviétique. De l’autre, les faucons hégémonistes, travaillant principalement à la CIA et au Pentagone (comme William Casey, Dick Cheney et Donald Rumsfeld). Ces derniers ont continuellement fait pression pour instaurer aux États-Unis une stratégie unipolaire de domination globale. [37] Dans la poursuite de cet objectif inatteignable, ils n’ont pas hésité à s’allier avec des trafiquants de drogue, notamment en Indochine, en Colombie et à présent en Afghanistan. [38]

Par ailleurs, ces faucons ont massivement employé les stratégies d’éradication narcotique de la DEA (Drug Enforcement Administration). [39] Comme je l’ai écrit dans La Machine de guerre américaine (p.43),

«  Le véritable objectif de la plupart de ces campagnes […] n’a jamais été l’idéal sans espoir de l’éradication de la drogue. Il a plutôt consisté à modifier la répartition du marché, c’est-à-dire à cibler des ennemis spécifiques pour s’assurer que le trafic de drogue reste sous le contrôle des trafiquants alliés à l’appareil de la sécurité d’État en Colombie et/ou à la CIA. » [40]

De manière flagrante, cette tendance s’est vérifiée en Afghanistan, où les États-Unis recrutèrent d’anciens trafiquants de drogue pour qu’ils soutiennent leur invasion de 2001. [41] Plus tard, Washington annonça une stratégie de lutte contre la drogue qui se limitait explicitement à attaquer les trafiquants de drogue qui appuyaient les insurgés. [42]

Ainsi, ceux qui comme moi se préoccupent de la réduction des flux de drogue venant d’Afghanistan se retrouvent face à un dilemme. En effet, pour être efficaces, les stratégies de lutte contre le trafic de drogue international doivent être multilatérales. En Asie centrale, elles nécessiteront une plus grande coopération entre les États-Unis et la Russie. Mais au contraire, les efforts des principales forces pro-US présentes dans cette région —notamment la CIA, l’US Army, l’OTAN et la DEA—, ont été jusqu’à présent concentrés non pas sur la coopération mais sur l’hégémonie états-unienne.

Selon moi, la réponse à ce problème résidera dans l’utilisation conjointe de l’expertise et des ressources des deux pays, dans le cadre d’agences bilatérales ou multilatérales qu’aucune partie ne dominera. Une stratégie anti-drogue réussie devra être pluridimensionnelle, comme la campagne qui a été menée avec succès en Thaïlande. De plus, elle nécessitera probablement que les deux pays envisagent la mise en œuvre de stratégies favorables à la population, ce que ni l’un ni l’autre n’a encore concrétisé. [43]

La Russie et les États-Unis ont beaucoup de caractéristiques communes, et ils partagent de nombreux problèmes. Tous deux sont des super-États, bien que leur prééminence s’affaiblisse face à la Chine émergente. En tant que superpuissances, ces nations cédèrent toutes deux à la tentation de l’aventure afghane, que de nombreux esprits mieux avisés regrettent aujourd’hui. Dans le même temps, ce pays ravagé qu’est devenu l’Afghanistan doit faire face à des problèmes urgents, qui le sont aussi pour ces trois superpuissances. Il s’agit de la menace que constitue la drogue, et du danger correspondant qu’est le terrorisme.

Il est dans l’intérêt du monde entier de voir la Russie et les États-Unis affronter ces périls de façon constructive et désintéressée. Et espérons que chaque progrès dans la réduction de ces menaces communes sera une nouvelle étape dans le difficile processus de renforcement de la paix.

Le siècle dernier fut le théâtre d’une guerre froide entre les États-Unis et la Russie, deux superpuissances qui se sont lourdement armées au nom de la défense de leurs peuples respectifs. L’Union soviétique a perdu, ce qui aboutit à une Pax Americana instable, à l’image de la Pax Britannica du XIXe siècle : un dangereux mélange de globalisation commerciale, d’accroissement des disparités de revenus et de richesses, et d’un militarisme brutalement excessif et expansif. Celui-ci provoque de plus en plus de conflits armés (Somalie, Irak, Yémen, Libye), tout en accentuant la menace d’une possible guerre mondiale (Iran).

Aujourd’hui, afin de préserver leur dangereuse suprématie, les États-Unis sont en train de s’armer contre leur propre population, et plus seulement pour la défendre. [44] Tous les peuples du monde, y compris aux États-Unis, ont comme intérêt l’affaiblissement de cette suprématie en faveur d’un monde plus multipolaire et moins militariste.

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jeudi, 13 juin 2013

PANIQUE DANS LA BASSE-COUR - FABIUS: «IL FAUT ARRETER LA PROGRESSION VERS ALEP» DES TROUPES SYRIENNES

 

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Le ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, a demandé mercredi à la «communauté internationale» d'arrêter la progression vers Alep des troupes syriennes qui préparent un assaut majeur contre les rebelles arabes et étrangers dans cette ville du Nord.

 

"Il faut qu'on puisse arrêter cette progression, avant Alep. C'est la prochaine cible à la fois du Hezbollah, des Iraniens", a déclaré le ministre, interrogé sur la chaîne de télévision France 2.

"Il faut un rééquilibrage (entre les troupes syriennes et les rebelles arabo-étrangers) parce qu'au cours des dernières semaines, les troupes de Bachar al-Assad (président syrien) et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable", a-t-il dit.

"Bachar (...) a utilisé de façon scandaleuse les armes chimiques" (Oh honte!, Ndlr), a-t-il encore prétendu.

"Il faut qu'on l'arrête parce que, s'il n'y a pas de rééquilibrage sur le terrain, il n'y aura pas de conférence de la paix à Genève car l'opposition n'acceptera pas d'y venir. Or il faut une solution politique."

"Derrière la question syrienne, il y a la question iranienne", a poursuivi M. Fabius.

Selon lui, "si on n'est pas capable d'empêcher l'Iran de prendre la main sur la Syrie, quelle crédibilité aura-t-on en exigeant qu'elle n'ait pas l'arme atomique? Donc tout est lié".

Tout en plaidant pour "que les résistants (rebelles extrémistes) puissent se défendre, qu'ils disposent d'armes", Laurent Fabius a ajouté: "Il nous faut respecter la réglementation européenne qui dit que c'est à partir du 1er août que des armes puissantes peuvent être données. Pour le moment, nous n'avons pas encore décidé".

"Et les Américains sont en train d'examiner leurs propres positions", a-t-il ajouté, précisant s'être entretenu mardi par téléphone avec son homologue américain, John Kerry.

"Il y a dans l'administration américaine des positions différentes. Les Américains auraient voulu se tenir à l'écart mais le conflit n'est plus local, c'est un conflit régional et même international", a-t-il dit.

 

Source: INFOS D'ALMANAR

mercredi, 12 juin 2013

AU PAYS DU WAHABISME

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Un chroniqueur saoudien: «Nos jeunes ont l’esprit pollué par une idéologie violente et sanguinaire»


En Arabie Saoudite, pays du wahhabisme, un courageux chroniqueur s’en prend aux religieux «maison» qui véhiculent la haine et polluent l’esprit des jeunes par une idéologie violente et sanguinaire.
 
Dans le quotidien saoudien Al-Jazirah, Abd Al-Aziz Al-Samari s’est ouvertement attaqué au lobby très puissant des religieux en Arabie Saoudite et leurs relais dans le monde arabe. Il les accuse d’avoir inculqué à des générations entières la culture de l’exclusion d’autrui, de l’extrémisme et de l’intolérance.
 
Pour lui, ce «printemps arabe» dont on ne cesse de parler est la preuve de l’intolérance des sociétés arabes envers autrui. Il considère que «la société saoudienne est encore rigide dans sa pensée et non réceptive face à la diversité – reflétant une tradition profondément ancrée d’exclusion et d'extrémisme». Une tradition née du wahhabisme qui sévit encore dans plusieurs pays arabes. «Nous sommes confrontés à un grave danger qui pourrait conduire à la catastrophe: le danger d’endoctrinement dans les écoles», relève-t-il non sans inquiétude.
 
Pour lui, l’une des conséquences de cette politique est le terrorisme religieux qui exclut autrui et peut conduire à la tuerie et à l’assassinat. Il estime qu’il est périlleux de croiser les bras et de transmettre cette culture de l’exclusion et de l’extrémisme aux générations futures. «Je charge certains religieux qui, jusqu’à récemment, ont prêché l’extrémisme, de s’excuser auprès de la société pour l'extrémisme qu'ils ont défendu ces dernières décennies. Ils ont, pendant de longues années, corrompu les esprits de nos jeunes avec une idéologie violente et sanguinaire.
 
Ensuite, ils ont quitté les cercles de l'extrémisme et gagné honneur et gloire, sans être tenus pour responsables de ce qu'ils avaient fait à notre pensée religieuse», a-t-il dénoncé, appelant les sociétés arabes à se réveiller et à prendre leur destin en main.


Sonia B.
 
 
Source: Algérie patriotique

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde arabe, Religion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : arabie saoudite, au pays du wahhabisme, sonia b., algérie patriotique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 10 juin 2013

MALI: LE TON MONTE CONTRE FRANÇOIS HOLLANDE

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Accueillis en libérateurs, les Français pourraient bientôt être perçus en colonisateurs.

 

La position conciliante de la France vis-à-vis des rebelles touaregs qui refusent l’autorité de l’État à Kidal est de plus en plus mal perçue par la population malienne. Comme par les partis politiques.

Les messages colportés par la foule, jeudi 30 mai, à Gao, sont à l’image du ressentiment d’une grande part de la population malienne envers les groupes armés touaregs qui se sont retirés à Kidal. « Nos pensées aux victimes et non aux bourreaux », « Pas d’élections sans confiance », « Président François Hollande, merci pour la liberté, maintenant la justice »…

Le président français, taxé de complaisance envers le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), groupe touarègue soupçonné de nombreuses exactions – notamment l’exécution d’une quarantaine de soldats à Aguelhok en janvier 2012 et plusieurs cas de viols à Gao entre mars et juin suivant.

« Les banderoles qui s’adressaient à François Hollande, c’était pour lui dire : tu as libéré le Mali des terroristes, maintenant libère Kidal, sinon avec toi, le Mali va divorcer brutalement », a commenté Ousmane Maïga, l’un des membres de la coordination de la jeunesse de Gao.

Négociations

Le premier tour de la présidentielle, prévu le 28 juillet, doit se tenir sur toute l’étendue du territoire malien, y compris Kidal, mais les groupes touaregs refusent de laisser l’administration et l’armée maliennes reprendre le contrôle de la ville. Des négociations sont actuellement en cours à Ouagadougou pour tenter de parvenir à un accord sur le vote à Kidal le 28 juillet.

>> Lire aussi : le dérapage de François Hollande

L’attitude de la France, soupçonnée de collusion avec le MNLA, est de plus en plus ouvertement critiquée dans la presse malienne et par certains hommes politiques. Le dernier en date est le candidat à la présidentielle Soumana Sacko, ancien Premier ministre de 1991 à 1992 et personnalité très respectée dans son pays.

Le 28 mai, un communiqué de son parti, la Convention nationale pour une Afrique solidaire (CNAS), a dénoncé « avec la dernière vigueur les récents propos mal inspirés du président François Hollande relatifs au sort de Kidal ».

"Paternalisme"

« Ni l’opération Serval, dont nous saluons l’efficacité, ni le mirage de milliards d’euros vaguement annoncés à Bruxelles (lors d’une conférence des donateurs le 15 mai) ne donnent au président François Hollande le droit de se substituer aux autorités maliennes et de déterminer en leur lieu et place la séquence temporelle du retour de l’administration civile et des forces armées et de sécurité du Mali à Kidal », affirmait le texte.

« À contre courant de l’Histoire, les propos anachroniques du président Hollande dénotent un certain paternalisme, voire une certaine velléité de transformation de Kidal, partie intégrante du Mali, en un protectorat français », avait conclu la CNAS.


(Avec AFP)


Source: JEUNE AFRIQUE

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Mali, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, mali, le ton monte contre françois hollande, dioncouda traoré, françois hollande | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 07 juin 2013

FRANCE-AFRIQUE - HOLLANDE COURONNE A L'UNESCO: LA FRANÇAFRIQUE CELEBRE LA PAIX EN REPANDANT LA GUERRE

 

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Communiqué de presse, Survie, 04 juin 2013
 

Hollande couronné à l'Unesco: la Françafrique célèbre la paix en répandant la guerre. François Hollande recevra mercredi le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. A travers ce prix de l’UNESCO, c’est un triple hommage qui est rendu par la Françafrique à son parrain feu le président kleptocrate ivoirien, à la guerre comme résolution des conflits, et aux dictateurs «amis de la France» qui entoureront le Président français.

 

Pour l'association Survie, la remise de ce prix au Président français est révoltante à plusieurs titres. En premier lieu, l’intitulé de ce prix, décerné chaque année par l'UNESCO, et l'hommage ainsi rendu à Houphouët-Boigny apparaissent tout à fait scandaleux si l'on se réfère au rôle joué par cet ancien président ivoirien dans le sabotage des projets indépendantistes et souverainistes en Afrique, la multiplication des conflits, la longévité des dictatures et dans le pillage des ressources de son propre pays, dirigé d'une main de fer pendant 30 ans.

En second lieu, la remise de ce prix au Président français, dans le contexte que connaissent le Mali et le Sahel sonne comme un étrange hommage à la guerre. Le Président français est en effet le chef militaire d'une opération massive, mobilisant un véritable arsenal offensif, lancée sans véritable mandat international, au bilan humain (victimes, prisonniers) à ce jour inconnu et dont les répercussions dans la sous-région (Niger, Algérie) et au-delà (Cameroun, Nigeria, Libye, Tchad) s'avèrent fort préoccupantes. Est-il possible à ce stade d'imaginer que cette guerre au Mali, instrumentalisée en «guerre contre le terrorisme» pour dissimuler des ambitions de puissance de la France en Afrique soit porteuse de valeurs de paix et de stabilité susceptibles d'être célébrées à l'UNESCO? 

Enfin, au moment de recevoir ce prix, François Hollande sera entouré de nombreuses personnalités africaines contestables, parmi lesquelles l'ancien président ivoirien Konan Bédié, chantre de l'ivoirité et le sénégalais Abdou Diouf, ex-garant de l'influence française au Sénégal et désormais dans tout l'espace francophone. Il sera surtout entouré par plusieurs chefs d'Etat en exercice dont la politique est marquée par la violence : Blaise Compaoré, dictateur du Burkina Faso, indirectement impliqué dans les conflits les plus sanglants d'Afrique de l'Ouest ; Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, imposé par les armes françaises ; Mohamed Ould Abdel Aziz, président putschiste de la Mauritanie ; Idriss Déby Itno, dictateur du Tchad, qui voit là une nouvelle marque de reconnaissance suite à son intervention au Mali aux côtés des forces françaises, malgré la nature de plus en plus répressive de son régime [1] .  

Devant ces chefs d'Etat « amis », François Hollande doit prononcer un discours annoncé comme «important» qui s'apparentera à un tour de chauffe, en prévision du Sommet sur la sécurité qui se tiendra à Paris en décembre. Le premier sommet « France-Afrique » d'un Président français qui a pris ses aises dans le décorum de la Françafrique. 

Survie demande à l'UNESCO, de supprimer le Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, dont l'appellation est une insulte aux démocrates et pacifistes africains, et à François Hollande, peu digne de recevoir une décoration vu son passif en matière de politique africaine depuis son élection [2], de décliner ce prix.[1]

http://survie.org/francafrique/article/makaila-et-les-autres-victimes-d-4469
 [2]

http://survie.org/francafrique/article/francafrique-un-engagement-non-4468


Danyel Dubreuil 
Association Survie 

danyel.dubreuil@survie.org 

Tél : 01 44 61 03 25
 Port : 06 52 21 15 61   
http://survie.org 

Danyel Dubreuil Relations Medias - Campagnes - Plaidoyer. 

Association Survie 107, Boulevard de Magenta 75010 Paris 
Tél : 01 44 61 03 25 Fax : 01 44 61 03 20

LE «WAHABO-TAKFIRISME», LA GRANDE ARNAQUE POUR ABRUTIR ET DOMINER!


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Pour contourner l’Islam qui interdit d’entrer en guerre sainte contre d’autres musulmans ou de tuer sans un motif certifié valable et autorisé, les ‘wahabites’ ont trouvé avec les ‘takfiristes’ l’alliance idéale et le moyen approprié pour combattre tous les pays musulmans qui n’entrent pas dans leur giron.
 
Le « Wahabisme » est une doctrine rigoriste en référence à Ibn Abdelwahab (1703-1792) qui est le fondateur. Elle combat tous les musulmans qui ne s’y soumettent pas en les considérant apostats. Après sa condamnation, il fuit en se fixant à Dariya où il trouve chez les ben Saoud un soutien. Ces derniers trouvent en lui et son idéologie un moyen de combattre les tribus afin de les assujettir à leur pouvoir politique et religieux. Ainsi se forma le Royaume d'Arabie Saoudite avec son système qui perdure jusqu'à nos jours.

Le « Takfirisme » est un mouvement sectaire fondé en 1971 par Moustafa Choukri. Il qualifie de mécréante la société musulmane et d’hérétiques tous les musulmans ne partageant pas leur point de vue. Leur assassinat est de ce fait licite.
 
Il n’est donc pas étonnant que ces deux idéologies similaires, violentes, se rejoignent pour faire union - en cohabitant en bonne intelligence - contre tout État musulman qui n’entre pas dans leur doxa. Les riches familles royales saoudiennes étant wahabites et alliées aux intérêts américains et sionistes, il est logique qu’elles s’accaparent ces mouvements pour en faire un instrument politique et un moyen militaire à leur service.
 
Pour l’Occident - dont les intérêts vitaux se situent principalement chez les arabo-musulmans, surtout pour ce qui est de l’énergie - il ne peut trouver meilleurs alliés, le moins couteux, pour sécuriser ses approvisionnements et maintenir son influence que les Arabes eux-mêmes. D’où leur division et leurs antagonismes qu’ils cachent derrière des organisations et ligues de façade qui se sont avérées des attrape-nigauds, des instruments dévoyant la cause, voire des moyens d’autodestruction.

Le ‘wahabo-takfirisme’ sert les intérêts occidentalo-sionistes. C’est la raison pour laquelle ils le soutiennent, l’encouragent et l’arment. Cette idéologie est un dispositif d’importance dans leur stratégie de domination.
 
Des séries de concepts, de qualificatifs et de termes ont été érigées ‘bons’ à utilisation ou ‘interdits’ d’usage afin de promouvoir ces groupes de tueurs et leurs ‘faits’ de guerre.

C’est ainsi que la majorité des médias occidentaux dits « mainstream » ont été mis au service de cette cause avec pour mission de mentir, berner, tromper, faire diversion, falsifier. Faire tout pour ne pas percevoir la réalité. Ces médias évitent d’utiliser, par exemple, à l’endroit des wahabo-takfiristes, les termes comme « terroristes », « assassins », « islamo-fascistes » ou tout autre qualificatif fort, mais qui étaient d’usage quand il s’agissait de les combattre. Ils font croire, sournoisement, que c’est pour ne pas froisser les musulmans sachant bien que ces derniers en utilisent de plus tranchants à leur égard. Il s’agit bien sûr d’une tromperie, car les décideurs occidentaux veulent cacher une stratégie consistant à instaurer le chaos dans certains États musulmans en manipulant les franges les plus ignorantes et les plus extrémistes par leurs comportements immondes et absurdes avec l’assistance, l’assentiment et la couverture religieuse de certaines monarchies arabes. Ces ‘wahabo-takfiristes’, pour l’écrasante majorité des musulmans, sont non seulement loin des préceptes de la religion islamique, mais encore loin de les représenter.

Ils utilisent, par contre des qualificatifs mesurés tels « opposants », « rebelles » , «dissidents» «groupes armés» ou « révolutionnaires », car ils sont leur création, leur moyen, leur produit, leurs ‘proxys’, leur ‘cheval de Troie’ pour dominer le monde arabo-musulman en utilisant leur religion, leurs cheikhs, leurs enfants, leur argent en maniant leurs frustrations et leurs penchants afin d’instaurer le chaos programmé.

Ces factions armées, pour la plupart affiliés à Al-Qaïda, sont organisés en brigades et groupes portant des noms en référence à l’histoire du monde musulman, surtout du temps du prophète, et ce, pour mieux tromper. Ce sont, en majorité, des mercenaires étrangers, de confession musulmane, dirigés par des cadres, sous contrat, venus en tant que «djihadistes» appuyés par une logistique militaire occidentale. Ces groupes sont armés et entrainés principalement par les États-Unis, la France, Israël, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Ils ne deviendront ce qu’ils sont réellement, c’est-à-dire danger, qu’une fois l’objectif atteint quitte, si nécessaire, à les réduire par l’autodestruction - sans les exterminer en vue d’un usage futur - avec les mêmes moyens.  

Beaucoup de médias hostiles à cette politique occidentale décrivent, en revanche, les choses comme elles se présentent en usant de qualificatifs appropriés. L’Iran qui est un pays musulman publie, sans discontinuer, des articles très critiques aussi bien contre la politique impérialo-sioniste de l’Occident que contre les fossoyeurs de l’Islam, fussent-ils musulmans ! C’est le cas aussi de beaucoup de médias Algériens, Syriens, Tunisiens, Égyptiens, Irakiens, Libanais en particulier.

Il s’agit d’une lutte d’intérêts et de pouvoir - où le bien et le mal ainsi que la vérité et le mensonge s’affrontent – sur une échelle mondiale usant et abusant de la morale, de la religion et des lois internationales. Il se trouve qu’un camp a trouvé en la religion musulmane et certains félons musulmans influant, la tactique et le moyen, les moins coûteux, pour atteindre ses objectifs et en sortir vainqueur.
 
L’« islamisme », l’« intégrisme»  le « wahabisme»  le « takfirisme»  le « salafisme»  et autres ne sont que des schismes - d’origine politique, pour le pouvoir et les intérêts - qui n’ont rien à voir avec l’essence de la religion islamique. Chacun de ces « schismes » à son but et ses tactiques. Ils n’existeraient pas s’ils ne sont pas financés par des forces influentes intéressées et riches. Souvent des régimes ploutocratiques et népotiques qui ont trouvé en ces « combattants de Dieu », ‘bon marché’, un moyen de protéger leurs intérêts, de régler des comptes à des États ou certains régimes arabes antagoniques.  Doha (Qatar) est le Quartier général de ces « combattants ». C’est là où se négocie tout avec les commanditaires.

Il n’y a pas dans l’histoire de l’humanité une religion, une philosophie, une morale pour prôner la violence, la cruauté ou la barbarie comme vertus.
 
Le monde connait mieux maintenant ces énergumènes qui ont choisi l’aliénation, pensant faire de bons actes en conformité avec leur foi. Certains pays musulmans les ont combattus et les combattent toujours après les avoir approchés, étudiés, mis à l’épreuve.

Ce sont des sectes - dont l’idéologie est diamétralement opposée à l’Islam – composées de gens ignorants, pour leur majorité, souvent des repris de justice, des paumés, des ratés, endoctrinés et manipulés par des têtes bien pensantes. Ils baignent dans un marécage d’ignorance qui les pousse à des comportements qui sortent du cadre humain. C’est un mélange de haine, de frustration, d’hypocrisie, de méchanceté, de cupidité, de perfidies, d’ignorance qu’ils expriment sous couvert d’une religiosité très mal assimilée. Quelle religion, philosophie, morale dans l’histoire de l’humanité permet, « au nom de Dieu », l’égorgement, la décapitation ou l’éviscération de celui qui ne partage pas vos idées ; rend licite et recommandé « par Dieu », le viol et le vol ; autorise cette folie qu’ils viennent d’inventer, qui est le « Djihad sexuel » où ils demandent aux femmes et aux filles de faire « l’effort » de se ‘‘donner’’ à ceux qu’ils élisent « djihadistes » (combattants pour une cause juste et licite au nom de Dieu). N’est-ce pas de l'aliénation ? À Raqa en Syrie un groupe de salafo -wahabistes ont kidnappé une fille de 5 ans pour faire "chanter" son père. Elle a été violée jusqu’à mort s’en suive. Sur la pancarte laissée, il est marqué «Dieu a voulu qu’elle soit sa martyre en procurant du plaisir à ses moudjahidines».


C’est dit et acté sur les médias des monarques par des Cheikhs de service qui ne cessent de lancer des « fatwas » folles, que la sagesse n’arrivera pas à saisir.
                                                          
Nous avons vu et entendu un pseudo cheikh répondre, à une question, que l’Islam, « autorise si c’est de bonne foi » (c’est vraiment éprouvant de devoir le rapporter) de se faire sodomiser pour faciliter l’introduction des explosifs dans le but d’un attentat-suicide (?!)


Et cette ‘fatwa’ de schizophrène qui recommande, à votre collègue de vous laisser téter son sein « cinq fois » afin « de nouer une relation de sein »! Une récente ‘fatwa’ interdit aux femmes de toucher certains fruits et légumes qui ressemblent au sexe masculin… Que dire de cet « éminent » cheikh qui ‘ordonne’ de tuer tous ceux qui soutiennent le « régime de Bachar », qu’ils soient militaires, civils, intellectuels, hommes, femmes, hommes de religion et que s’il y a erreur, «Dieu reconnaitra les siens». Ce même Karadhaoui vient d’en rajouter, dans son récent sermon du vendredi prononcé Doha, en s’en prenant aux Alaouites, au Hezbollah, à l’Iran et aux Russes ainsi « les alaouites sont plus impies que les chrétiens et les juifs », « le Hezbollah, la Russie et l’Iran sont des ennemis de dieu », « tous les musulmans doivent se diriger vers Al Qseir pour combattre le Hezbollah » (alkhabar press). Ajoutons les inepties de ce Abdelmalek Ramdani, cheikh d’Arabie Saoudite, qui interdit l’émeute et la révolte en déclarant que « tant que le dirigeant de la nation est un musulman, vous devez obéir et écouter et que s’il est non désiré, un musulman peut seulement prier et faire preuve de patience » ; mais elle ne s’applique qu’aux… monarchies. Oublions cet autre « avis » pervers de l’imam marocain Zamzami qui permet la nécrophilie à condition que le cadavre soit celui de l’épouse, mais « quelques heures » seulement après son décès. Il ajoute, après le tollé soulevé, que c’est « en référence au Coran qui dit que le mari et sa femme restent unis. [mais] un homme normalement constitué ne penserait pas à une chose pareille après la mort de sa femme » (lavieeco). À rire ou à pleurer ? Nous pouvons citer des centaines d’exemples aussi démentiels. Que des stupidités et des folies pour endormir et abrutir leurs peuples ! Que des « fatwas » qui n’expriment que des instincts bas, de la frustration, de la revanche, de la cupidité de ceux qui les ont émises ou commandées. Un dernier exemple sur leur façon de voir les choses. S’ils sont en prisons et qu’ils bénéficient d’une « grâce », après plusieurs années passées, ils interpréteront cette « grâce » ou ce « pardon » comme un signe de ‘récompense’ de Dieu pour l’acte qui les a conduits en prison. C’est donc un signal qu’ils sont dans le « vrai » et qu’ils doivent persévérer pour refaire plus et mieux !
                              
Ni l’Arabie saoudite, ni le Qatar ni d’autres ne représentent l’Islam ou les musulmans. Ils sont d’ailleurs considérés, par la majorité des musulmans, comme les fossoyeurs de l’Islam. Les ‘‘spécialistes’’ musulmans du verbiage vaseux, de l’endoctrinement et les manipulateurs occidentaux, qui partagent les mêmes intérêts, savent bien qui viser, à quel moment, par qui, dans quel but et comment!  Ces «Printemps arabes», prêchant la « démocratie », la « liberté » et les « droits de l’homme », qui ne visent que les ‘‘Républiques’’, mais jamais les ‘‘Monarchies’’, ne peuvent-ils pas réveiller toutes ces consciences dupées?

Des monarchies rétrogrades moyenâgeuses n’ayant ni vote, ni parlement, ni lois sociales qui veulent imposer aux républiques ce qu’elles ne peuvent jamais avoir chez elles ? Des monarchies qui veulent instaurer le chaos, puis instaurer le régime adéquat « l’Émirat » ou le « Khalifa », pour ne pas être contaminé par l’esprit « républicain ». Voilà le comble ! Voilà le but. Voilà ce qui arrange la politique impérialo-sioniste qui consiste à affaiblir par le désordre pour mieux dominer ! Ne pas comprendre cela est de l’aliénation, de la déchéance morale.
 
Là où passent les wahabo-takfiristes, ils ne laissent que désolation, mort et destruction contre toutes les confessions et au sein même de leur propre religion.
 
Terminons par cette citation du psychologue David Nazariyan (rapporté par IRIB) « Les terroristes salafistes … utilisent en effet la violence non pas à titre d'une réaction, mais en tant qu'un outil de guerre... ce qui relève de la pathologie. Les psychopathes sont incapables de compatir aux douleurs des autres, incapables de discerner leurs vrais besoins; à leurs yeux la violence est un outil de pouvoir, un outil qui les aide à parvenir à leurs objectifs. Un délinquant réagit à son environnement souvent incompréhensif par un acte violent puisqu'il se sent victime de cet environnement (victime de la pauvreté, de la précarité, de l'injustice sociale...) Mais un psychopathe takfiri opère par la volonté de domination et de puissance, la violence est une arme pour lui ».
 
Quelle science faudra-t-il inventer pour ces symptômes ? La psychiatrie ou la psychanalyse, qu’ils renient, n’a aucun effet sur eux.
 

Djerrad Amar

jeudi, 06 juin 2013

STRATEGIE DE COM' FRANÇAISE SUR L'UTILISATION D'ARMES CHIMIQUES PAR LE REGIME ASSAD - UNE PALE COPIE DE LA STRATEGIE RUSSE?


 

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On parle beaucoup, en France, des "échantillons" supposés de gaz sarin ramenés de Syrie par deux envoyés spéciaux du Monde, le journaliste Jean-Philippe Rémy et le photographe Laurent Van der Stockt. Des "échantillons" qui ont permis à Laurent Fabius de lancer une énième charge contre le régime de Bachar El Assad, suite aux résultats d'analyse fournis par un laboratoire français, et aussitôt transmis à l'ONU.

Mais les médias majoritaires parlent peu de la journaliste russe Anastasia Popova et de sa démarche, qui a précédé celle des envoyés spéciaux du Monde. On peut même penser que leur campagne est une sorte de contre-feu à celle que leur consoeur a lancée. Fin avril, elle a envoyé au secrétariat général de l'ONU des "preuves" de l'utilisation d'armes chimiques par les rebelles syriens. Des éléments recueillis lors d'un reportage sur le terrain. Les Nations unies ont refusé, après un certain nombre d'atermoiements, de prendre en compte les éléments... en prenant prétexte de problèmes techniques supposés, comme l'on peut le voir dans cette vidéo du site d'investigation spécialisé dans la couverture de la Maison de Verre Inner City Press.


C'est à la suite de ce feuilleton Popova que les journalistes du Monde ont surgi sur la scène diplomatique internationale. Il est en tout cas assez frappant de s'apercevoir que, désormais, c'est la presse qui est chargée d'administrer la preuve de l'utilisation d'armes non conventionnelles face à un ennemi que l'on tente de poser en adversaire de la paix et de la sécurité internationales pour mieux l'abattre. Il est vrai qu'après l'énorme manipulation de Colin Powell, qui avait brandi à la face du monde un "échantillon" (ah ! les échantillons !) de ce qui était censé être de l'anthrax utilisé par Saddam Hussein comme arme de guerre, plus personne ne croit les boniments de la propagande officielle. Mais en quoi des proclamations de journalistes, de toute façon "attestées" par des laboratoires dépendant de l'Etat, et dont se sert la diplomatie de leur pays dans le cadre d'une chorégraphie médiatique quasi-parfaite, diffèrent-elles fondamentalement de déclarations faites directement par des officiels ?

Une chose est sûre : s'il est normal, pour un journaliste, de se montrer circonspect voire carrément sceptique face à des informations provenant d'officiels, il est difficile de chipoter plus que de raison sur des "révélations exclusives" d'autres journalistes, sans courir le risque de l'accusation d'anti-confraternité.


Théophile Kouamouo


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

lundi, 03 juin 2013

DECLARATION FINALE DE L'ASSEMBLEE DES MOUVEMENTS SOCIAUX - FORUM SOCIAL MONDIAL, TUNIS 2013

 

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A titre d'information pour les lecteurs de Regards Croisés. Bon à savoir, même si nous sommes loin d'en partager toutes les positions et objets de lutte. Fernand Dindé.


Déclaration finale de l’Assemblée des mouvements sociaux, tenue lors du Forum social mondial 2013 à Tunis, le 29 mars 2013.

Nous, réunies et réunis lors de l’Assemblée des mouvements sociaux du Forum social mondial 2013 à Tunis affirmons l’apport capital des peuples du Maghreb-Mashrek (du Nord d’Afrique jusqu’au Moyen Orient) dans la construction de la civilisation humaine. Nous affirmons que la décolonisation des peuples opprimés reste pour nous, mouvements sociaux du monde entier, un grand défi à relever.

Au sein du processus FSM, l’Assemblée des mouvements sociaux est l’espace où nous nous réunissons dans le respect de notre diversité, pour construire nos agendas et luttes communes contre le capitalisme, le patriarcat, le racisme et toute forme de discrimination et d’oppression.

Nous avons construit une histoire et un travail communs qui a permis certaines avancées, notamment en Amérique latine, où nous avons réussi à freiner des politiques néolibérales et concrétiser plusieurs alternatives pour un développement socialement juste et respectueux de la nature.
Ensemble, les peuples de tous les continents mènent des luttes pour s’opposer avec la plus grande énergie à la domination du capital, cachée derrière des promesses de progrès économique et d’apparente stabilité politique.

Maintenant, nous nous trouvons dans un carrefour où les forces conservatrices et rétrogrades veulent arrêter les processus initiés il y a deux années par des soulèvements populaires dans la région du Maghreb-Mashrek qui ont permis de faire chuter des dictatures et de remettre en cause les politiques néolibérales imposées aux peuples. Ces soulèvements se sont étendus à tous les continents du monde en générant le mouvement des indignés et les occupations des places publiques d’Athènes à Wall Street.

Les peuples du monde entier subissent aujourd’hui l’aggravation d’une crise profonde du capitalisme dans laquelle ses agents (banques, transnationales, groupes de médias, institutions internationales et tous les gouvernements complices avec le néolibéralisme) cherchent à accroître leurs bénéfices au prix d’une politique interventionniste et néocolonialiste.

Guerres, occupations militaires, traités néolibéraux de libre-échange et «mesures d’austérité» se voient traduits en paquets économiques qui privatisent les biens communs et les services publics, baissent les salaires, réduisent les droits, augmentent le chômage, augmentent la surcharge des femmes dans le travail de soins et détruisent la nature.

Ces politiques affectent lourdement les pays riches du Nord, augmentent les migrations, les déplacements forcés, les expulsions de logements, l’endettement et les inégalités sociales comme on peut le voir tous les jours en Grèce, à Chypre, au Portugal, en Italie, en Irlande et dans l’Etat Espagnol. Elles renforcent le conservatisme et le contrôle sur le corps et la vie des femmes. En outre, ils tentent de nous imposer « l’économie verte » comme solution à la crise environnementale et alimentaire, ce qui non seulement aggrave le problème, mais débouche sur la marchandisation, la privatisation et la financiarisation de la vie et de la nature.
 
Nous dénonçons l´intensification de la répression des peuples rebelles, l’assassinat de leaders des mouvements sociaux, la criminalisation de nos luttes et de nos propositions.

Nous affirmons que les peuples ne doivent pas payer pour cette crise et qu’il n’y a pas d’issue possible au sein du système capitaliste. Ici, à Tunis, nous réaffirmons notre engagement avec la construction d’ une stratégie commune de lutte contre le capitalisme.  C’est pour ça que, nous, les mouvements sociaux luttons :

- Contre les transnationales et le système financier (FMI, BM et OMC),
 principaux agents du système capitaliste, qui privatisent la vie, les services publics et les biens communs comme l’eau, l’air, la terre, les semences, les ressources minérales, promeuvent les guerres et les violations des droits humains. Les transnationales multiplient l’exploitation frénétiques des ressources naturelles en portant atteinte à la vie, accaparent nos terres et développent les semences et les aliments transgéniques qui privent les peuples de leur droit à l’alimentation et détruisent la biodiversité.

Nous luttons pour l´annulation de la dette illégitime et odieuse qui est aujourd´hui un instrument global de domination, de répression et d´asphyxie économique et financière des peuples.

Nous refusons les accords de libre-échange que nous imposent les États et les transnationales et nous affirmons qu’il est possible de construire une mondialisation d’un autre type, par les peuples et pour les peuples, fondée sur la solidarité et sur la liberté de circulation pour tous les êtres humains.

- Pour la justice climatique et la souveraineté alimentaire. Nous savons que le réchauffement global est le résultat du mode capitaliste de production, de distribution et de consommation. Les transnationales, les institutions financières internationales et les gouvernements qui sont à leur service ne veulent pas réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Nous dénonçons l´« économie verte », et refusons les fausses solutions à la crise climatique comme les agrocarburants, les organismes génétiquement modifiés, la géoingénierie et les mécanismes de marché de carbone, comme le REDD (Réduction des Émissions liées à la Déforestation et à la Dégradation), qui font miroiter aux populations appauvries des progrès, tout en privatisant et transformant en marchandises les forêts et les territoires où ces populations ont vécu pendant des millénaires.

Nous défendons la souveraineté alimentaire et l’agriculture paysanne qui constituent une solution réelle à la crise alimentaire et climatique et permettent aussi l’accès à la terre pour celles et ceux qui la travaillent. Pour cela, nous appelons à une grande mobilisation pour stopper l’accaparement des terres et soutenir les luttes paysannes locales.

- Contre la violence envers les femmes qui est exercée régulièrement dans les territoires occupés militairement, mais aussi contre la violence dont souffrent les femmes quand elles sont criminalisées parce qu’elles participent activement aux luttes sociales. Nous luttons contre la violence domestique et sexuelle qui est exercée sur elles quand elles sont considérées comme des objets ou marchandises, quand leur souveraineté sur leur corps et leur spiritualité ne sont pas garanties. Nous luttons contre la traite des femmes, des filles et garçons.
Nous défendons la diversité sexuelle, le droit à l’autodétermination du genre, et nous luttons contre l’homophobie et les violences sexistes.

- Pour la paix et contre la guerre, le colonialisme, les occupations et la militarisation de nos territoires. Nous dénonçons les faux discours sur la défense des droits humains et le combat contre les intégrismes, qui souvent sont utilisés pour justifier des interventions militaires comme à Haïti, en Libye, au Mali et en Syrie. Nous défendons le droit à la souveraineté et à l’autodétermination des peuples notamment en Palestine, au Sahara Occidental et au Kurdistan.

Nous dénonçons l’installation des bases militaires étrangères pour fomenter des conflits, contrôler et piller les ressources naturelles et promouvoir des dictatures en divers endroits du monde.

Nous luttons pour la liberté de nous organiser dans des syndicats, des mouvements sociaux, des associations et toutes autres formes de résistance pacifique.

Renforçons nos instruments de solidarité entre les peuples comme le boycott, le désinvestissement et les sanctions contre Israël, la lutte contre l’OTAN et pour l’élimination de toutes les armes nucléaires.

- Pour la démocratisation des mass médias et la construction de médias alternatifs, qui sont fondamentaux pour combattre la logique capitaliste.

Inspirée par l’histoire de nos luttes et par la force rénovatrice des peuples quand ils se mobilisent dans les rues, l’Assemblée des mouvements sociaux appelle tous et toutes à développer des actions de mobilisation coordonnées au niveau mondial dans une journée globale de mobilisation à une date à définir.

Mouvements sociaux du monde entier, avançons vers une unité globale pour abattre le système capitaliste ! Assez d'exploitation, assez de patriarcat, de racisme et colonialisme ! Vive la révolution ! Vive la lutte de tous les peuples !


Source: FORUM SOCIAL 06

dimanche, 02 juin 2013

SYRIE: L'OCCIDENT PREPARE SON PLAN B POUR LE JOUR D'APRES!

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IRIB - L’ex vice-président du Conseil des ministres syrien pour les affaires économiques, M. Abdallah al-Dardari, se prépare à rejouer un rôle politique de premier plan dans «la Syrie de l’après guerre»!

 

M. Al-Dardari a tourné la page du soutien tacite aux groupes armés, et s’est porté volontaire pour coordonner un projet de financement [de plus de vingt milliards de dollars] pour la reconstruction de la Syrie après la guerre ; projet présenté comme le « Plan Marshall pour la Syrie » en référence au plan, du même nom, ayant aidé à la reconstruction de l'Europe après la Seconde Guerre mondiale [1].

C’est en tant que fonctionnaire international [2] que M. Al-Dardari a rencontré le président Bachar al-Assad ; lequel, d’après des témoignages de personnalités jordaniennes, n’aurait prêté aucune attention particulière à l’idée même du projet et l’aurait carrément rejetée lorsqu’il a été directement interrogé sur ce sujet. Des sources de presse ont rapporté que la réplique de certains milieux  diplomatiques occidentaux a consisté à déclarer que « M. Al-Assad n’avait pas de droit de veto sur un gouvernement dirigé par M. Al-Dardari, dans le cadre d'un règlement interne ! ».

L’important ici, n’est pas la personne de M. Al-Dardari. L’important est le projet qu’il annonce et qui commence à prendre forme dans les milieux occidentaux des affaires et des finances, milieux probablement en étroite collusion avec leurs homologues arabes et syriens.

Un projet ou « plan B » concocté suite à l'inéluctable défaite politique et militaire du plan précédent [3] destiné à renverser le gouvernement syrien. Sa mise en application ne fait que commencer et son schéma directeur se résume à profiter de l’épuisement infligé au gouvernement syrien en exploitant son nécessaire besoin de réconciliation interne et de reconstruction accélérée ; ce qui permettrait aussi bien à l’Occident qu’aux États du Golfe et à la Turquie de « renverser économiquement la Syrie » ! Un renversement censé aboutir au contrôle de ses ressources et richesses par l'imposition d’un « système néolibéral » sur tout son territoire et dans tous les domaines : privatisations à grande échelle, libéralisation du marché et de la circulation des capitaux, concentration des investissements étrangers dans les secteurs les plus rentables tels ceux de l’infrastructure, de l'immobilier, du tourisme et de la finance.

Les conséquences notoirement connues d’une telle approche sont l'endettement, les déficits budgétaires, la destruction des institutions industrielles et artisanales, le démantèlement de la production rurale et, par conséquent, la transformation de la Syrie d’un État national en plein développement en un « État comprador » ayant perdu son indépendance économique relative, avec tout ce que cela implique comme totale soumission aux forces du néolibéralisme et tout ce que cela engendre comme réseaux de corruption qui vont avec ! Dès lors, sa dépendance économique saperait nécessairement son indépendance politique.

Et c’est tout naturellement qu’une telle dynamique, nourrie par le capitalisme mondial et ses acolytes des Pays du Golfe, mènerait vers « la désintégration » des constantes politiques syriennes ; celles du financement et de l’équipement de son Armée nationale, de sa résistance politique et militaire à l’occupation du Golan, de son soutien à la Résistance libanaise et palestinienne… Bref, la politique syrienne se désintègrerait d’elle-même !

Finalement, c’est par le biais économique que le plan Marshall devrait imposer à Damas ce qu’il n’a pu lui imposer par la force des armes et des sanctions. Il a cependant le mérite de souligner le seul point positif de cette approche de « la Syrie d’après la guerre », celui de reconnaître tacitement que l’option guerrière est caduque et qu’il est désormais inévitable de traiter avec le gouvernement du Président Bachar al-Assad… en usant de tentations séductrices !

Ici, j'appelle les dirigeants syriens à se rappeler ce qui suit :

Tout d'abord, l'application partielle des politiques de privatisation et d’ouverture économique vers l'Occident, les États du Golfe et la Turquie - dont M. Al-Dardari fut le principal artisan lorsque, de par ses fonctions, il exerçait son contrôle sur les orientations et décisions économiques de la Syrie d’après  2005 - a été la principale raison ayant privé le gouvernement syrien de sa base sociale traditionnelle. Les paysans, artisans et ouvriers ont durement souffert du « choc néolibéral » au cours de la deuxième moitié de la dernière décennie. C’est en effet à partir de 2005 que sont apparues les pires manifestations de la pauvreté, du chômage et de la marginalisation. C’est sur cette frange de la société syrienne que se sont appuyés les forces réactionnaires hostiles à la Syrie. C’est à partir de ceux-là qu’ils ont  recruté les combattants ayant rejoint les groupes terroristes, après l’endoctrinement sectaire de milliers d’entre eux. Par conséquent, que pouvons-nous attendre si une politique néolibérale était appliquée pleinement et sans conditions ?

Deuxièmement, les forces qui ont versé leur sang et ont défendu la République arabe syrienne et son gouvernement légitime sont principalement :

1. Les officiers et soldats de l'armée arabe syrienne issus des classes laborieuses.

2. Les groupes de jeunes patriotes progressistes.

3. Les militants des courants gauchistes et nationalistes qui espéraient que la guerre, bien que douloureuse, puisse justement ramener la trajectoire socio-économique syrienne vers le développement national et la démocratie sociale.

4. Les forces de la bourgeoisie patriote et les industriels syriens qui ont suffisamment pâtis de l'ouverture vers la Turquie.

Ce sont là les quatre forces qui seront les plus touchées si la Syrie était acculée à devenir un « état comprador » menant inéluctablement à la réduction des dépenses militaires, à l’aggravation du chômage pour les classes populaires et moyennes, à la dégradation de la qualité de vie des jeunes de la classe moyenne, à la destruction des projets industriels… Le gouvernement syrien ne peut donc céder à une telle tentation, au risque de se retrouver devant un consensus national déjà prêt à s’y opposer.

La Syrie d’après la guerre, ne sera que pour ceux qui se sont battus pour sa défense ; pour ses jeunes, ses travailleurs et ses paysans ; pour ses industriels patriotes qui n’ont pas dévié de la ligne de l'indépendance, du développement et de la résistance. C'est ce que nous aimerions entendre, mais cette fois-ci « en public », de son Président !
 

Nahed Hattar

 
Notes :

[1] Le Plan Marshall / L’index historique
 
« A partir de 1947, le plan Marshall est une arme économique utilisée par les Américains pour combattre le communisme. Il correspond au côté économique de la doctrine Truman le Containment (endiguement). L'idée est que la misère fait le lit du communisme, le plan Marshall permet donc à la fois de combattre le communisme et de convertir l'économie de guerre américaine en économie de paix, nécessaires. Par le plan Marshall les Américains entendent rallier l'Europe. L'aide financière est assortie de conditions d'achat de produits américains. L'U.R.S.S. s'oppose à ce projet et empêche les pays de l'Europe de l'Est de bénéficier de ce plan. Par exemple, le plan Marshall d'abord accepté en Tchécoslovaquie par le gouvernement doit être refusé sous la pression de Moscou. En revanche 17 pays qui acceptent cette aide créent en 1948 l'Organisation Européenne de Coopération Économique (O.E.C.E.) qui deviendra O.C.D.E. [Organisation de Coordination et de Développement Économique). En mai 1949 est créé la R.F.A. Un ancien résistant à Hitler, le démocrate chrétien Konrad Adenauer en devient le premier chancelier. Il ancre solidement la R.F.A. dans le camp de l'ouest et accepte le plan Marshall. Le plan Marshall permet aussi d'effectuer des pressions sur les alliés des États-Unis. Ainsi, les Américains menacent les Pays-Bas de suspendre le plan si ceux-ci n'accordent pas l'indépendance à l'Indonésie (chose faite en 1949) ». [Ce site n’est peut-être pas une référence mais, puisque l’Histoire n’est écrite que par les vainqueurs, il n’est pas interdit de lire aussi le revers de certaines médailles, NdT].

[2] M. Abdallah AL DARDARI, Economiste en Chef et directeur de la division du développement économique et de la mondialisation et ESCWA [Economic and Social Commission for Western Asia].

[3] Comment le bloc atlantiste a construit la guerre en syrie
http://www.entrefilets.com/16_mois_pour_une_guerre.htm
 

 

SOUVENONS-NOUS DE CE QUE JEAN-LUC MELENCHON DISAIT SUR LA COTE D'IVOIRE LE 17 AVRIL 2011

 

JEAN-LUC MELENCHON 2.jpg

 

Ces propos sont une analyse juste de l'incroyable lâcheté d'un Parti socialiste pour qui ne comptent, en Afrique, que les "réseaux" et la realpolitik".


"Le parti de Laurent Gbagbo était membre de l’internationale socialiste. Quelle contribution a pris l’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucun. Quels ont été les membres de cette illustre organisation qui se sont interposés dans le drame ? Aucun. Pourtant le PS français assure la vice présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de l’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à faire des visites sur place ? Rien. Combien d’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, du moins, a-t-il assumé loyalement jusqu’au bout. Mais les autres ? Et euro RSCG, l’agence de communication de Dominique Strauss-Kahn, organisatrice de la campagne électorale de Laurent Gbagbo. Vont-ils rendre l’argent au nouveau pouvoir pur et sincère de monsieur Ouattara ? Non bien sur ! Sinon il faudrait rendre celui d’Eyadema, celui de Bongo et celui de combien d’autres ? Admettons. Admettons que chacun ait, en cours de route, découvert qu’ils ont soutenu par erreur un odieux tyran. Dans ce cas pourquoi ne demandent-ils pas à l’internationale socialiste une réunion pour prendre la mesure du nombre de ses membres qui viennent de perdre le pouvoir dans la violence ? Pourquoi n’ont-ils jamais demandé leur exclusion avant ? Pourquoi ont-ils gardé toutes leurs responsabilités dans cette organisation ?

Ces débats sur la nature et l’orientation de cette organisation m’ont été mille fois refusé, l’air excédé, par un François Hollande, du temps qu’il dirigeait le PS. Il n’y a pas eu une minute de débat quand leur ami De Larua fit tirer sur la foule argentine par ses policiers, ni quand leur ami président du Venezuela social démocrate fit tirer sur celle de Caracas, ni sur leur cher Alan Garcia élu président du Pérou avec l’aide de la droite qui fit massacrer paysans et prisonniers de droit commun. Aucune de mes mises en garde concernant cette organisation, faites de vive voix ou par écrit dans mes livres et articles, n’a jamais reçu un mot de réponse ni soulevé une minute de débat. Ils s’en moquent, ils ne savent pas où c’est, ils ne savent pas de qui il s’agit…. On connait la musique. Ils soutiennent n’importe qui, n’importe comment, du moment que l’intéressé a un tampon de l’Internationale Socialiste et paye le voyage. « Nous ne permettons pas aux autres de nous dire ce que nous devons faire, de quel droit irions-nous leur dire ce qu’ils doivent faire eux » m’avait lancé François Hollande. Après quoi ils sont prêts à abandonner leurs amis d’un jour à la mare aux caïmans, quand ça tourne mal.

Mais le cas de Laurent Gbagbo ne ressemble à aucun autre. Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. J’ai rencontré Simone Gbagbo du temps où elle était dans l’opposition. Je n’ai jamais été invité sous sa présidence. Je n’ai jamais participé à une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je n’ai pas eu de tache d’écriture rémunérée par euro RSCG. Gbagbo ne m’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. J’étais, pour lui aussi, ce que j’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas :

Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie sociale démocratie en Afrique. Qu’il ait échoué, dérivé ou ce que l’on voudra, mérite mieux que le lâche abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les ivoiriens méritaient au moins une tentative d’interposition politique. Aujourd’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne le feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et qu’on ne leur demande aucun compte.

Je crois bien que les images de « l’arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaire aux yeux rouges » des assaillants, l’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, l’évidente main mise de notre armée sur l’opération, rien ne ressemblait moins à une opération de protection de la population sous mandat de l’ONU. Mais, depuis le début, Laurent Gbagbo est l’homme à abattre pour les concessionnaires français qu’il a menacé dans leurs intérêts un temps même s’il les a bien cajolé ensuite. Cela n’excuse rien, mais cela explique tout. Et d’abord la réécriture de la personnalité d’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par l’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui l’avait empêché en son temps d’être candidat à l’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi disant « rebelle du nord », vrai seigneur de la guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus en place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. L’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps qu’il pouvait y avoir une perspective d’accord sur ce point entre les parties. Mais il n’y en avait pas.

Ne restaient donc en présence qu’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs d’urnes d’Alassane Ouattara revenait à prendre partie dans une guerre civile. Elle dure depuis 2003. La raconter obligerait à un récit qui prendrait trop de place. Aucune page n’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate. Car si l’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo n’a pas obéi aux injonctions de l’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara n’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires n’avaient pas désarmé pendant l’élection, contrairement à la demande de l’ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute les votes à 90 % en faveur de sa candidature dans les zones qu’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On l’avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin il faut se souvenir que le mandat de l’ONU était de "protéger les civils" et d’"empêcher l’utilisation d’armes lourdes" contre eux, pas d’aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel.

Mais qui s’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans le début d’une discussion et ou d’un vote de l’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec l’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus s’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices d’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires n’aient jamais leur mot à dire sur les expéditions militaires du pays. On n’a voté à l’Assemblée et au Sénat ni sur l’Afghanistan, ni sur la Libye, ni sur la Côte d’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, c’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quel genre de démocratie est donc la nôtre entre l’Europe qui nous dicte des lois et des astreintes jamais délibérées et un régime présidentiel qui déclenche des guerres à sa guise et sans mandat ni contrôle du parlement ? Il me semble qu’une commission d’enquête parlementaire sur cette intervention est seule capable de faire la lumière sur l’enchainement qui a conduit jusqu’à cette intervention militaire française dans la guerre civile ivoirienne."

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 01 juin 2013

NICOLE BRICQ ET L'ECONOMIE DE BROC

CHERIF RAHMANI ET NICOLE BRICQ.jpg


Il y a déjà quelques années le code algérien de l’investissement était considéré à juste titre d’ailleurs, comme l’un des plus attractifs au monde. Experts nationaux et étrangers et même des institutions économiques internationales ont régulièrement loué les facilitations que l’Algérie accorde aux investisseurs étrangers.
 
C’est une réalité bien établie et dans les textes. Il se trouve qu’on reparle encore du code de l’investissement qu’on doit réviser pour le mettre à niveau des disiderata sans cesse boulimiques de nos partenaires notamment les français. Pourquoi donc changer un code qui reçoit autant de bonnes notes?
 
A moins de vouloir donner le pays sur un plateau aux entreprises du CAC 40, rien ne justifie l’agitation de certains milieux en panne d’idées à revoir un texte qui se décline comme une invitation à l’eldorado pétrolier algérien.
 
Les voyages successifs de la ministre française du commerce extérieurs Nicole Bricq sont pour le moins suspects.
 
On remarquera qu’elle est chargée de développer le commerce et non pas l’économie. Et quand on sait que l’Algérie ne vend strictement rien sinon ses ressources vitales (le pétrole et le gaz), il est aisé de deviner la mission de Mme Bricq dans une économie de… bric et de broc.
 
L’Algérie un marché pour le CAC 40
 
A chacune de ses interventions devant nos responsables et les chefs d’entreprises, cette Dame d’affaires, donne la nette impression que son pays s’impatiente de prendre une grosse part du gâteau Algérie.
 
«L’Algérie n’est pas un marché, en tout cas, elle ne peut pas être que cela», disait-elle l’autre jour devant les chefs d’entreprises algériens à l’occasion d’une rencontre sur le partenariat bilatéral.
 
C’est tellement facile à le dire par commodité de langage pour titiller l’ego de nos responsables. Mais en y voyant de prés, on ne décèle aucune volonté de la France d’aider l’Algérie à construire une économie par un transfert de technologie mis à part les belles formules discursives de Mme Bricq et ses collègues.
 
La réalité est que les pétrodollars algériens font saliver d’envie la France qui n’est pas encore sortie de sa décrue économique. Il est alors de bon ton d’élever par la magie du discours, l’Algérie au rang de «partenaire». A moins de considérer la réalisation ou la gestion du métro d’Alger, des tramway, de l’aéroport Houari Boumediene, de l’eau dans les plus grandes villes comme un partenariat…
 
La France veut tout prendre
 
On l’aura compris, dans la bouche de Nicole Bricq et même de Raffarin, le partenariat avec l’Algérie est synonyme de bonnes affaires pour les entreprises françaises qui peinent à se placer ailleurs.
 
Il fallait donc rattraper le temps perdu durant les années Sarkozy quitte à sacrifier les formes…Et Nicole Bricq ne s’encombre même pas de formules pour mettre les pieds dans le plat :
 
«Il me paraissait invraisemblable que la France et ses entreprises ne soient pas mobilisées. Quatre entreprises françaises sont présélectionnées dans les appels d’offres en cours», a-t-elle lâché.
 
Cerise sur le gâteau : Le ministre de l’industrie, Chérif Rahmani a défendu publiquement la révision du code des investissement. Son objectif ? «Mettre à plat tout le système et de le rendre cohérent».
 
Il est à espérer qu’il ne s’agira pas de mettre à plat notre économie déjà à genoux…
 
 
Rafik Benasseur, le 29 mai 2013.

Source: ALGERIE1.COM

vendredi, 31 mai 2013

DECRYPTAGE OPERATION ARMES CHIMIQUES DU JOURNAL "LE MONDE" PAR UN MEDECIN SPECIALISTE

 

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A Homs, en Syrie. Les chefs de la diplomatie française et britannique s'inquiètent de voir le président Bachar al Assad recourir à des armes chimiques dans le conflit syrien, dans une lettre adressée à la porte-parole de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Photo prise le 16 mars 2013/REUTERS/Yazen Homsy (c) Reuters.


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Un correspondant du quotidien vespéral français aurait été témoin de l’emploi d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne.

La description des symptômes endurés par les miliciens « rebelles » évoquent ceux produits par des gaz neurotoxiques.

Signes ophtalmologiques avec troubles visuels et une pupille ‘rétractée’, signes digestifs, vomissements et signes respiratoires décrits comme raclements et suffocation.

Le récit, espéré digeste grâce à la petite touche littéraire avec le petit bruit de la canette non pas sur le comptoir d’étain mais un certain cliquetis à peine audible, produit des témoignages de ces combattants et d’un médecin.

Le photographe du journal le Monde (en lettres gothiques) aurait souffert de troubles visuels et respiratoires durant plusieurs jours.

Première invraisemblance du récit : les gaz neurotoxiques utilisés comme armes de guerre sont certes inodores et incolores, mais les signes digestifs sont sur le même plan que les signes respiratoires. L’antidote doit être immédiatement administré pour lever le blocage des terminaisons nerveuses sans quoi la paralysie est rapidement mortelle.

Deuxième incongruité. L’iconographie censée illustrer le texte montre un homme qui tente avec une seringue de prodiguer des instillations oculaires. Les effets des gaz neurotoxiques à pénétration cutanée et respiratoire n’ont aucune chance d’être levés par des lavages oculaires. Ceux-ci ne peuvent soulager qu’en cas de gaz irritants des muqueuses.

Troisième aberration. Le médecin rebelle rapporte le cas d’un combattant qui lui a été confié avec un rythme cardiaque fou. Le blocage enzymatique qui conduit à l’accumulation du neurotransmetteur l’acétylcholine induit surtout une bradycardie, et l’hypotension majeure par absence du tonus vasculaire est l’urgence absolue. On restitue une tension artérielle inexistante avant de vouloir contrôler un rythme cardiaque, même aberrant, même anarchique. Pour être rigoureux une phase d’hypertension avec tachycardie peut être observée dans les premières minutes de l’intoxication. Le délai nécessaire pour transporter un patient jusqu’à un centre de secours à travers le dédale imposé par une zone de guerre en milieu urbain exclut cette hypothèse.

Quatrième anomalie. La consultation de n’importe encyclopédie en ligne indique comme symptôme cardinal des effets neurotoxiques les convulsions. Le sujet mortellement atteint suffoque dans un contexte de crises cloniques spectaculaires. Ce type de manifestations est si impressionnant que leur absence dans le roman permet de qualifier le récit de faux témoignage.

L’auteur à la fin de son article prend une précaution rhétorique. Il émet la possibilité de l’usage de plusieurs variétés de gaz toxiques par l’armée gouvernementale, solution élégante pour brouiller les pistes de l’usage d’un gaz mortel prohibé qu’il suggère fortement tout au long de son histoire très arrangée.

Cependant, sensation de brûlure oculaire et toux irritatives se rencontrent lors de l’exposition à des gaz lacrymogènes. À chaque dispersion de foules ou de manifestations par les CRS en France ou aux USA où l’usage des gaz poivrés connaît un regain, il faudra mobiliser la Cour européenne des Droits de l’Homme.

La publication de cet épisode survient au moment où les pays incarcérés dans l’Union Européenne ont décidé de suspendre officiellement l’embargo sur la livraison des armes à la rébellion en Syrie. 

Elle est contemporaine également de la préparation des pourparlers en faveur d’un Genève II où devraient siéger les « belligérants » et les pays qui les arment et sans lesquels cette confrontation du bloc occidental avec les intérêts de puissances dites émergentes sur les décombres de la souveraineté de la Syrie n’aurait pas lieu.

Le régime syrien est explicitement accusé de crimes de guerre ou contre l’humanité au moment où plus de 15 000 soldats des armées impériales occidentales et de leurs vassaux subissent un entraînement intense en Jordanie. Cette préparation anormale sur le plan numérique indiquerait l’imminence d’une attaque type coalition contre l’Irak.

Déjà, les effets d’une dissémination du conflit au Liban se font ressentir.

Les escarmouches autour du plateau occupé du Golan entre Israël et des combattants du côté syrien signalent la possibilité d’un autre front. Un char d’assaut israélien y a été récemment détruit.

Ce que redoutent le plus les rares stratèges sionistes, c’est l’extension du chaos à la Jordanie. La version officielle de la neutralité israélienne est une légende de façade. Le soutien à la rébellion syrienne a pris de nombreuses formes, y compris sous celle d’une assistance logistique et médicale. Au-delà de leur crainte que des missiles russes S 300 soient opérationnels aux mains de la défense de la souveraineté syrienne, l’embrasement de la région aura un impact civil non négligeable sur une population israélienne prête à émigrer en cas de danger. En cas de conflit militaire généralisé, l’État-major sioniste n’oublie pas que les discours de Sayed Hassan Nasrallah ne sont pas des rodomontades. Le Hezbollah doit disposer d’un arsenal et d’un entraînement convaincants.

 

Badia Benjelloun

28 mai 2013

 

Source: PALESTINE SOLIDARITE.ORG

L'EUROPE ET LES FACTEURS FRANCO-ANGLAIS DE DIVISION

FABIUS ET HAGUE.jpg

 
Les ministres européens des affaires étrangères ont décidé la levée de l’embargo sur les armes au profit de l’insurrection syrienne. Constatons au passage que pour Fabius cette décision doit permettre de rétablir un rapport de forces susceptible de contraindre à la négociation le président syrien, El Assad, celui qui « ne mérite pas de vivre » et dont la chute est imminente depuis deux ans. Pourquoi choisir la voie des armes et se défier de la voie politique offerte par Genève II qui doit, selon lui, aboutir au même résultat? Son collègue anglais Hague confirme de son côté que les anglais sauront trouver les voies appropriées pour faire parvenir les armes aux insurgés avant cette espèce d’absurdité de date butoir du 1erAoût. Au cas où Fabius serait mal compris le porte parole de son ministère souligne que cette date du 1er août n’oblige pas la France. Ashton perd toute autorité devant le traitement fait par ces deux ministres à sa déclaration que les armes ne peuvent être fournies avant le 1er août pour, selon les « sources proches », laisser une chance à Genève de se tenir. Retenons quand même sa justification de l’envoi des armes par leur but : « défendre les civils ». C’était le but aussi en Libye. Entre Ashton qui veut défendre les civils et Fabius qui veut changer le rapport des forces et Hague qui les ajoute aux arguments de choc qui doivent obliger El Assad à partir, l’unité européenne risque de prendre des coups sérieux.

Le lendemain de ces déclarations qui semblent vouloir forcer le destin, la Belgique annonce  son intention de rester en retrait, l’Allemagne confirme son opposition à l’envoi des armes et l’Autriche rassure sur le maintien de ses soldats au sein des forces de l’ONU chargées de superviser le cessez-le-feu sur le Golan.

Car, précise le ministre autrichien, l’embargo est levé pour après le 1eraoût. Il n’y a aucune raison de croire que ce dernier ment et donc il existe plus que des désaccords entre pays européens. Il existe des divisions.

Nous constatons qu’à l’entente franco-allemande qui a donné tonus et chair à une construction européenne enracinée dans les crédos économiques, il s’est réellement substituée une connivence franco-britannique implantée dans les choix politiques et idéologiques d’un alignement sur les USA. Cette connivence a été officialisée dans un accord signé par les deux pays et préparé par Sarkozy pressé de donner des gages aux USA sur son alignement complet. Cet accord militaire présageait d’un déplacement de la France du centre de gravité franco-allemand au cœur de l’Europe, vers un axe aux frontières de l’Europe voire à sa tangente.

Sarkozy avait préparé et négocié ce déplacement par conviction : l’hyper puissance US était à ses yeux la source de tout pouvoir et de toute orientation. Ceux qui ont de la mémoire se souviendront du forcing pour séduire Bush juste après son élection. Ils peuvent aussi se souvenir de ces campagnes de basse propagande qui glorifiaient les USA et fustigeaient l’anti-américanisme « primaire », campagnes animées par les figures les plus marquantes et les plus marquées de la gauche « humanitaire » alliées, pour la circonstance, aux figures de la droite autour de la «défense des valeurs de démocratie et de liberté». Les français comprendront un jour qu’elles désignaient les « vertus du capitalisme » débridé. 

Cette même « gauche » du PS continue dans ce domaine comme dans d’autres, dans la lancée de cet alignement pro-US qu’on a tort de confondre avec l’atlantisme car il préfigure la prochaine étape de destruction de l’Europe par le grand accord de Libre Echange entre l’UE et les USA. Les socialistes français continuent cette politique d’alignement qui est de fait une politique pour se désaxer de l’ancienne conception d’une Europe Unie. C’est la course au titre de meilleur élève néocon.

Le gouvernement français a joué à fond cette carte de l’alignement dont on peut dire sans exagérer qu’elle précédait les ordres. Le zèle a poussé si loin la France que ni Hollande ni Fabius ne peuvent reconnaître leur échec en Syrie sans le transformer en défaite. En forçant la main à l’Europe, les français et les anglais renforcent un axe ouest-européen aligné sur les USA ouvertement hostile à un axe est-européen pour qui la Russie est un partenaire vital. Il faut y rajouter les fractures économiques et sociales Nord/Sud de l’Europe, aggravées et dévoilées au grand jour par la crise.

La guerre à la Syrie ne risque pas d'embrasser le seul Liban. Elle peut aussi ajouter aux fissures européennes. On sent arriver le moment que choisiront quelques pays européens pour dire à l’état français que l’Empire colonial est derrière eux.   
 

Mohamed Bouhamidi


In Reporters-Alger, le 30 mai 2013. 

jeudi, 30 mai 2013

SYRIE: L'ARMEE PRETE A LANCER UNE OFFENSIVE A QOUSSEIR, LE RETRAIT DU HEZBOLLAH EXIGE

 

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Le chef de la Coalition nationale de l'opposition syrienne, Mouaz al-Khatib.

 

L'opposition syrienne joue avec les nerfs de la communauté internationale. Réunie à Istanbul depuis près d'une semaine, la Coalition nationale peine à adopter une position en vue de la conférence sur la paix prévue à Genève en juin. Au grand dam de la communauté internationale. METRONEWS.FR

A Istanbul, plusieurs diplomates de pays soutenant l'opposition syrienne se sont rendus à la réunion de la Coalition nationale de l'opposition pour tenter de débloquer les débats. AFP

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Des tanks de l'armée syrienne prennent position près de la ville de Qousseir, le 25 mai 2013 (Photo AFP).

 

DAMAS — Washington a exigé "le retrait immédiat" du Hezbollah de Syrie, au moment où l'armée syrienne, épaulée par ce mouvement libanais, a annoncé s'être emparée de l'aéroport de Dabaa, prémice d'une offensive de tous les côtés contre les rebelles à Qousseir.

De son côté, la Russie, soutien de Damas, a estimé que la levée par l'Union européenne de l'embargo sur les livraisons d'armes aux insurgés posait "de sérieux obstacles" à la conférence internationale de paix sur la Syrie baptisée "Genève-2", qu'elle prépare pour juin avec les Etats-Unis.

Les Etats-Unis, la Russie et l'ONU n'ont toujours pas résolu de nombreuses questions relatives à cette future conférence internationale, y compris la date précise de cette réunion, a indiqué mercredi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Le régime a donné son accord de principe à cette conférence, et l'opposition, rongée par ses divisions, peine à prendre une décision, alors que les violences ont fait plus de 94.000 morts depuis mars 2011 selon une ONG, et ont poussé à la fuite plus de cinq millions de Syriens.

La Coalition nationale de l'opposition syrienne a indiqué qu'elle "accueille favorablement les efforts internationaux destinés à favoriser une solution politique au conflit", dans une déclaration publiée mercredi soir après sept jours d'âpres discussions à Istanbul.

Elle continue à exiger le départ du pouvoir du président syrien Bachar al-Assad et de ses chefs militaires mais n'en fait pas un préalable à une participation à une conférence de paix, selon un porte-parole qui s'est refusé à préciser si l'opposition participerait ou non à une telle réunion.

Comme ils l'avaient déjà fait, les opposants syriens ont formulé à nouveau mercredi trois exigences: "les massacres et destructions commises par le régime doivent cesser; les forces révolutionnaires doivent bénéficier d'armes pour se protéger; l'invasion de l'Iran et de la milice (chiite libanaise) du Hezbollah doit être arrêtée".

Outre sa participation à la conférence de Genève, la Coalition doit encore se prononcer sur son élargissement, le choix d'un nouveau président et la composition d'un gouvernement provisoire.

Le ministre des Affaires étrangères, Walid Mouallem, a répété mercredi que le président Assad resterait à son poste jusqu'en 2014 et se présenterait pour un troisième mandat "si le peuple le veut".

M. Mouallem a par ailleurs qualifié la France de "menteuse" à propos des accusations de Paris sur l'utilisation par Damas d'armes chimiques.

"L'arme chimique n'a été utilisée qu'une seule fois, à Khan al-Assal", par les rebelles, a déclaré le chef de la diplomatie syrienne à la chaîne de télévision arabe al-Mayadeen.

Le pouvoir syrien accuse la rébellion d'avoir eu recours à des armes chimiques le 19 mars à Khan al-Assal, près d'Alep (nord).

Sur le terrain, l'armée syrienne contrôle l'aéroport de Dabaa "à l'issue d'une opération militaire de plusieurs heures commencée dans la matinée", a affirmé une source militaire à l'AFP, précisant que l'opération a fait plusieurs dizaines de morts.

Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a diffusé des images de l'intérieur de cet ancien aéroport montrant des chars postés près des hangars et des soldats tirant vers l'extérieur.

L'armée contrôle désormais toutes les issues de Qousseir, stratégique tant pour le régime que pour les insurgés, et peut lancer une offensive sur tous les fronts contre le dernier carré d'insurgés dans cette ville du centre-ouest de la Syrie.

"Nous pouvons désormais nous diriger vers le quartier nord de Qousseir", où sont retranchés les insurgés, a déclaré un officier à al-Manar.

Cette avancée fait suite à l'envoi vers la ville de renforts du Hezbollah libanais et des forces spéciales de la garde républicaine, les mieux entraînées des troupes syriennes, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L'ONU condamne les combattants étrangers

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé que le Hezbollah, fer de lance de l'assaut lancé le 19 mai contre Qousseir, avait déployé 3.000 à 4.000 combattants en Syrie.

"Nous exigeons que le Hezbollah retire immédiatement ses combattants de Syrie" a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jennifer Psaki, dénonçant "une escalade inacceptable".

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné l'intervention de "combattants étrangers" aux côtés des forces armées syriennes à Qousseir, et a demandé une enquête de l'ONU sur les violences dans cette ville.

Une résolution en ce sens, présentée par les Etats-Unis, le Qatar et la Turquie, a été adoptée par le Conseil, par 36 voix contre 1 (le Venezuela). Huit pays se sont abstenus.

Le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme, Navi Pillay, a estimé que "le nombre croissant de soldats étrangers qui traversent la frontière de part et d'autre ne fait qu'encourager la violence confessionnelle".

Selon le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane, "des combattants sunnites libanais" se battent en outre du côté des rebelles, donnant au conflit "de plus en plus une dimension confessionnelle".

Le pouvoir en Syrie est tenu par la communauté minoritaire alaouite, une branche du chiisme, tandis que la majorité de la population syrienne et des rebelles sont des sunnites.

Le contrôle de Qousseir est essentiel pour la rébellion, car cette ville se trouve sur le principal point de passage des combattants et des armes en provenance et en direction du Liban, mais aussi pour le pouvoir car la cité est située sur la route reliant Damas au littoral, sa base arrière.

L'Iran, allié régional de la Syrie qui a indiqué avoir reçu une "invitation orale" à participer Genève-2 en dépit des réticences de la France, a dit souhaiter une "solution politique" en Syrie, lors d'une conférence sur le conflit syrien organisée par Téhéran.


Source: AFP

FACE A LA DECISION DE PARIS ET LONDRES D’ARMER LES REBELLES SYRIENS, MOSCOU DECIDE A SON TOUR DE LIVRER DES MISSILES A BACHAR AL ASSAD

 

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Londres et Paris ont annoncé qu’ils pourraient livrer des armes à l’opposition syrienne avant le mois d’août. La Russie indique, elle, qu’elle livrera des missiles S-300 à Damas pour dissuader toute velléité d’ingérence occidentale dans le conflit.

 

Alors que la levée de l’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens a été décidée, lundi 27 mai, par les 27 États membres de l’Union européenne, la Russie a annoncé par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, qu’elle ne renoncerait pas à ses projets de livraison de missiles sol-air au régime de Bachar al-Assad, en dépit des objections occidentales. La livraison de ces systèmes de défense, a-t-il poursuivi, contribuera à dissuader toute velléité d’ingérence dans le conflit en cours depuis mars 2011 que pourraient nourrir des “têtes brûlées”.

“Les livraisons n’ont pas eu lieu, et j’espère qu’elles n’auront pas lieu”, a déclaré, de son côté, le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon. “Mais si par malheur elles arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire”, a-t-il menacé. Les autorités israéliennes redoutent, en effet, que de telles armes ne finissent par tomber entre les mains du Hezbollah libanais ou des forces iraniennes. Tsahal a mené début mai une série de raids aériens en Syrie pour détruire, selon des sources israéliennes et occidentales, des armes destinées au mouvement chiite pro-iranien.

Levée de l’embargo sur les armes

Réunis lundi soir à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont, eux, décidé de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens et le maintien de toutes les autres sanctions votées depuis l’été 2011. “L’UE a décidé de mettre fin à l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien” prises il y a deux ans, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en milieu de nuit, à l’issue d’une réunion marathon.

Le chef de la diplomatie britannique a enfoncé le clou mardi, indiquant que Londres considérait qu’il n’était “pas exclu” d’armer les rebelles avant le 1er août, date d’expiration de l’embargo occidental, tout en ajoutant cependant que son pays n’agirait pas seul s’il choisissait d’aller dans ce sens. Le porte-parole du Quai d’Orsay, Philippe Lalliot, a déclaré peu après que la France se réservait elle aussi le droit d’armer rapidement les rebelles syriens mais qu’elle n’avait encore pris aucune décision en ce sens. Il a précisé que la décision prise lundi par l’UE de lever l’embargo sur les armes était une déclaration politique qui n’avait aucun fondement juridique.

“La décision de lever l’embargo n’est pas nécessairement une décision de livrer des armes”, a toutefois souligné le diplomate français qui rappelle que la France souhaite qu’une solution politique soit trouvée, notamment dans le cadre de la conférence Genève 2 prévue à la mi-juin à l’initiative des États-Unis et de la Russie. De plus, la question de la traçabilité des armes poussent Britanniques et Français à la prudence devant les divisions de l’opposition syrienne et la présence de brigades djihadistes en Syrie. 

“Genève 2″ au cœur des discussions américanos-russes

En évoquant la conférence Genève 2, Sergueï Lavrov a déclaré à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue américain John Kerry: “Nous avons discuté des moyens de procéder [...] pour que cette conférence ait lieu. Ce n’est pas une tâche facile, ce n’est vraiment pas une mince affaire”. La levée de l’embargo par l’Union européenne “porte un préjudice direct à la possibilité d’organiser une conférence internationale” sur le règlement du conflit en Syrie, a-t-il ajouté. Cette sixième rencontre entre les deux hommes depuis la prise de fonction de John Kerry en février avait pour objectif de fixer une date pour cette conférence de paix mais aussi de déterminer la liste des participants du côté syrien.

Reste que si Damas a donné son “accord de principe” pour participer à “Genève 2″, l’opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée.

En juin 2012, la première conférence de Genève avait rassemblé les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), des représentants de l’Irak, du Koweït, du Qatar, de la Turquie, et des responsables de l’ONU et de l’Union européenne ne s’est pas encore prononcée sur sa présence. La conférence de paix pourrait également être “élargie pour inclure tous les acteurs clefs” dans la région. Moscou souhaite de longue date que l’Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Sur le terrain, les combats font toujours rage entre les rebelles syriens et les forces de Bachar el-Assad, notamment autour de la ville stratégique de Qousseir, dans le centre du pays. Les insurgés défendent bec et ongle cette ville et ses environs, zone stratégique aussi bien pour les rebelles que pour le régime car elle se trouve sur le principal axe vers le Liban et sur la route reliant Damas au littoral, base arrière du régime.

 

Le 29 mai 2013. Lu sur france24.fr

Le titre est de la rédaction


Source: IVOIRENEWS INFO.NET

mercredi, 29 mai 2013

GEOPOLITIQUE - SELEKA ET CRISE EN CENTRAFRIQUE: LE DESSOUS DES CARTES

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Qui se cache derrière la Seleka et le nouveau président «élu» de Centrafique?


Luc MICHEL pour EODE Press Office

avec AFP – Cameroon Voice – APA – France 24 – RFI / 2013 04 15 /

http://www.facebook.com/EODE.monitoring

http://www.eode.org/category/eode-international-elections-monitoring/international-elections-survey/

Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Centrafrique le mois dernier en renversant le président François Bozizé, a reçu ce samedi « le vernis institutionnel qui lui manquait » en étant « élu président de la République » lors de la première session du Conseil national de transition (CNT), formé par toutes les composantes politiques du pays.

M. Djotodia, qui s'était autoproclamé président après la prise de Bangui le 24 mars par les rebelles du Séléka, était l'unique candidat. Il a été élu sous les applaudissements par acclamation, sans vote.

I - LA SELEKA « LEGITIMEE »

Selon une source diplomatique occidentale, l'élection était en effet un passage obligé pour "donner un peu de légitimité" à Michel Djotodia avec "un habillage institutionnel" alors que ses hommes contrôlent le pays et la capitale.

LE MYSTERIEUX MICHEL DJOTODIA

Formé en URSS, M. Djotodia a d'abord été fonctionnaire au Plan, puis consul de Centrafrique, avant d'échouer deux fois aux législatives. Il passe à la rébellion en 2005, connait l'exil puis rentre dans son pays où il fonde le Séléka ("alliance", en langue nationale sango) en juin 2012. Moins d'un an plus tard, ce maître en stratégie et communication est le nouveau président centrafricain.

Elu pour 18 mois, cet homme réservé, voire mystérieux né en 1949 sans qu'on sache à quelle date exactement, aura la charge de « conduire ce pays à l'histoire mouvementée vers des élections libres et démocratiques et une nouvelle constitution après les dix ans du régime Bozizé ».

"Je mesure à sa juste valeur la porté et l'importance de la charge que vous venez de me confier. Je ne ne ménagerai aucun effort pour assurer de manière concertée la transition qui vient de commencer", a-t-il déclaré dans son premier discours en tant que chef de l'Etat, se posant en rassembleur et soulignant qu'il s'agissait d'une "transition".

"J'en appelle au bon sens et au patriotisme de tout un chacun afin que nous puissions relever les défis importants qui s'imposent à tous", a-t-il poursuivi.

Il a énuméré "la reconstruction de l'unité nationale, la sécurité sur toute l'étendue du territoire national, la recherche de la paix sociale, le redémarrage de notre économie", comme les tâches fixées au nouveau pouvoir.

LA PROFONDE CRISE CENTRAFRICAINE

L'offensive rebelle lancée en décembre, accompagnée de pillages, de viols et de meurtres qui n'ont pas cessé, a déjà détruit une partie du tissu économique du pays qui figurait déjà parmi les plus pauvres de la planète.

La sécurisation de cette ancienne colonie française avec des hommes en armes partout paraît une gageure dans un pays de 5 millions d'habitants où l'administration en partie détruite n'a jamais vraiment réussi à étendre son pouvoir.

Il faudra aussi éviter tout dérapage sur le plan religieux. De nombreux chrétiens craignent désormais une domination de l'islam alors que les rebelles parvenus au pouvoir sont majoritairement issus du nord musulman. M. Djotodia est d'ailleurs le premier musulman à devenir président de ce pays à majorité chrétienne.

Par le passé, le nouveau dirigeant s'était engagé à respecter les accords signés en janvier à Libreville entre les composantes politiques de la Centrafrique et qui lui interdisent de révoquer le Premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'opposition au président Bozizé.

LE «CNT» CENTRAFRICAIN ET LA LEGITIMISATION DE LA REBELLION

La mise en place du CNT – le nom rappelle et c’est voulu l’opération occidentale en Libye – était l'une des recommandations du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale réunis à N'Djamena le 3 avril qui cherchaient à normaliser la situation après la victoire militaire de la rébellion.

Ce Conseil est composé à la fois de membres du Séléka, de l'ancienne opposition au président déchu, de partisans de l'ancien régime, ainsi que d'anciens rebelles et personnalités de la société civile.

Vendredi soir, la radio avait annoncé que le CNT était passé de 97 à 105 membres, apparemment pour satisfaire des demandes de la société civile et de certains partis politiques. Ce chiffre de 105 correspond au nombre de députés dans l'ancienne assemblée nationale, alors que le CNT est appelé non seulement à légiférer mais aussi à jouer un rôle d'assemblée constituante.

Les personnalités de la société civile composent l'essentiel du CNT qui compte également de nombreux anciens ministres et députés.

En répétant être attaché aux accords de Libreville et en acceptant les recommandations de N'Djamena, le président Djotodia, « désormais plus légitime », écrit sans rire l’AFP, devrait pouvoir convaincre de réintégrer son pays dans le concert international après qu'il eut été suspendu par l'Union africaine et eut vu les aides extérieures gelées.

II - QUI SE CACHE DERRIERE LA SELEKA?

MAIS QUI SONT OFFICIELLEMENT LES REBELLES DE LA SELEKA, NOUVEAUX MAITRES DE BANGUI ?

Les rebelles de la Séléka – qui signifie « Alliance » en langue Sango, parlée en Centrafrique – ont pris, fin Mars 2013, le contrôle de Bangui, la capitale de République centrafricaine. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils pris les armes contre le pouvoir de François Bozizé ?

Éléments de réponse apporté par le service Afrique de France 24 : « La Séléka est une coalition de petits mouvements qui s’opposent à François Bozizé », le président renversé. « Quand il a pris le pouvoir par la force en 2003, des mouvements rebelles hostiles au pouvoir sont nés, notamment l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR), puis trois ans plus tard, le mouvement rebelle Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Ils ont mené régulièrement des actions armées dans plusieurs régions du pays. En 2011, après la réelection de Bozizé à la tête de la Centrafrique, ces deux principaux groupes rebelles signent un accord de paix avec le gouvernement. Mais plusieurs factions dissidentes, issues des rangs de l’UDFR, du CPJP ainsi que de plusieurs autres petits groupes, se réunissent pour créer la Séléka, le 10 décembre dernier. Ils considèrent que les accords de paix conclus en 2011 n’ont pas été respectés par le clan Bozizé. »

La Séléka est dirigée par Michel Djotodia, « un ancien diplomate et fondateur de l’UFDR ». « Les porte-parole Djouma Narkoyo et Éric Massi sont également deux personnalités primordiales du mouvement. Éric Massi est le fils d’un ministre de François Bozizé qui a été tué après avoir fait défection ».

Entre décembre et janvier dernier, la rébellion est parvenue à contrôler les trois quarts du territoire centrafricain. « On peut se poser des questions sur l’importance du matériel dont ils disposent », réagit sur RFI Roland Marchal, chercheur au CNRS et spécialiste de la Centrafrique, pointant également du doigt « la bonne organisation militaire du groupe ». L’expert « suspecte le concours d’autres mouvements armés étrangers, notamment venus du Darfour et du Tchad ».

« La Séléka a pris les armes en décembre dernier et a alors entamé une "reconquête" du pays. De nouveaux accords de paix sont signés à Libreville, le 11 janvier 2013. Un gouvernement d’union nationale est formé, incluant plusieurs personnalités de la Séléka. Mais les rebelles ont de nouveau repris les armes, mercredi 20 mars ». « Les clauses essentielles de l'accord n'ont pas été respectées », estime Roland Marchal. Selon le chercheur, « le président centrafricain François Bozizé n’a pas mis en œuvre le partage des pouvoirs, ni la clause prévoyant l’intégration des insurgés dans l’armée ». Les promesses faites concernant la pacification n’ont pas non plus été tenues. « Sur ce point, les responsabilités sont beaucoup plus partagées », commente Roland Marchal.

ICI AUSSI DE «BONS ISLAMISTES» UTILES?

Mais derrière ces forces centrafricaines de la Seleka se cachent d’autres protagonistes.

« Rassemblement hétéroclite de différentes factions rebelles » selon l’APA.

Dans la galaxie Seleka, on trouve aussi l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) de Michel Djetodia qui guerroie contre Bozizé depuis 2006 dans le Nord Est. Djotodia, qui a été consul au Soudan et est musulman – son prénom de doit pas faire illusion -, « y a conservé de solides amitiés utiles à la Séléka aujourd'hui ».

On retrouve aussi dans cette galaxie « le fameux général Koumtamadji qui a été aux côtés de Kadhafi pendant ses derniers mois »,  a « rejoint en décembre, selon plusieurs sources, cette alliance. Koumtamadji, proche de Patassé, a pris les armes contre Bozizé depuis 2007 et s'est rapproché de lui grâce à la médiation libyenne pendant un temps ». Le général Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine est dans cette alliance sous la bannière de son mouvement le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC).

Comme les Touaregs du MNLA, instrumentalisés pour créer la crise malienne qui a permis l’intervention de l’OTAN avec la bénédiction de l’AFRICOM américain, eux aussi anciens protégés de la Jamahiriya libyenne, le FDPC a été récupéré par les Occidentaux et en particulier les Français de l’OTAN. C’était cela ou mourir et la politique a horreur du vide …

Le général Mahamat Moussa Dhaffane, « ancien Président de la Croix Rouge centrafricaine, guerroie aussi dans l'alliance sous la bannière de son mouvement ; la Convention patriotique pour la sauvegarde du Kodro (CSPK), Kodro signifiant la patrie en langue centrafricaine. Ce mouvement est de création récente : juin 2012 ».  « Le passé d'ancien étudiant en Arabie Saoudite du général Dhaffane est aujourd'hui exploité par le gouvernement de Bangui qui l'accuse de vouloir propager le wahhabisme », écrivait déjà Radio Cameroun avant la prise de Bangui.

« Mais la Seleka est-elle composée uniquement des Centrafricains ?, interrogeait encore Radio Cameroun, Rien n'est moins sûr ». Car il y a des miliciens tchadiens, de tendance islamiste, dans les rangs de la Séléka.

« Selon des sources sécuritaires tchadiennes, amplement reprises par le gouvernement centrafricain de Bozizé, de nombreux rebelles tchadiens issus des groupes du général Mahamat Nouri, du Colonel Ahmat Yacoub Kougou, de Timane Erdimi, d'Abdelwahid Aboud Mackaye, du Colonel Adouma Hassaballah guerroient dans les rangs centrafricains.

Différentes sources centrafricaines jointes par APA confirment la présence des Tchadiens dans les rangs rebelles ».

Enfin, il y a « la présence des Soudanais dans la rébellion centrafricaine », celle des milices islamistes Djandjawid, venues du Darfour voisin.

En janvier 2013, alors que s’amorçait l’offensive de la Séléka, Maurice Saramalé, de l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (Ocdh), exprimait déjà  ses doutes sur la présence islamiste au sein de la Séléka : « Depuis le 10 décembre dernier, une horde hétéroclite de mercenaires de tout poil, majoritairement pour ne pas dire exclusivement composée d’étrangers enturbannés, disciples de la charia, a attaqué la République Centrafricaine pour y instaurer un régime islamique (…) Ils se sont malheureusement laissés convaincre par les chants de sirène de ces adversaires du progrès du pays, devenant ainsi de simples instruments de cette volonté de marchandisation de la société centrafricaine. Cette soif du pouvoir est hélas une obsession de certains leaders centrafricains, depuis des années, que de tout faire pour mettre un terme de façon brutale à l’expérience démocratique du pays.

C’est à la foi inadmissible et incroyable, ce qui se passe sous nos yeux. En quelques jours, un État souverain, dirigé par un président de la République élu au suffrage universel, qui a donc, il faut le rappeler, la légitimité des urnes, devient ainsi la cible d’une bande de hors la loi qui bénéficient de la bienveillance et la complicité de certains pays dits de grande démocratie. »

DERRIERE LA SELEKA : LA FRANÇAFRIQUE

ET DERRIERE ELLE LES GENERAUX DE L’OTAN ET DE L’AFRICOM…

Une « marchandisation » qui concerne au premier chef les ressources géostratégiques du pays : pétrole et uranium, le « moteur et le catalyseur de cette guerre d’agression contre la République Centrafricaine », selon Maurice Saramalé.

On se rappellera alors trois choses :

* La première que le régime de Bozizé à commencé par être lâché par Paris. « La France ne défend que ses ressortissants et ses propres intérêts », lui avait rétorqué François Hollande fin décembre. « La coalition rebelle Séléka menaçait alors déjà son pouvoir, et Bozizé tentait de convaincre le gouvernement français d’intervenir pour le sauver. Or, à Paris, on a visiblement analysé que cela ne correspondait pas à son intérêt stratégique. »

* La seconde est le projet américain, celui des néocons de Bush réactivé par Obama, dit du « Grand Moyen Orient ». Au sens de plus en plus large et où l’Afrique est devenue l’arrière cour de ce « Grand Moyen Orient » remodelé et de sa cible géostratégique, le contrôle de l’Eurasie, clé d’un « XXIe siècle américain ». Dans ce projet la tactique est simple, toujours la même : allier dans un état faible ou fragmenté un pouvoir militaire et des forces islamistes, tous deux gagnés à l’économie libérale (la première caractéristique des Frères musulmans, par exemple, est leur hostilité absolue au Socialisme).

* La troisième est que la France formera la future armée centrafricaine, selon un accord avec la Séléka.

On comprend mieux alors le nom du pouvoir « de transition » installé au pouvoir en Centrafrique – et que Paris aurait pu balayer sans problème -, ce CNT inspiré du CNT libyen de Benghazi …

 

Luc MICHEL

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Lire aussi :

Luc MICHEL, GEOPOLITIQUE / L’INTERVENTION FRANCO-BELGE DECRYPTEE : TIRER LES MARRONS DU FEU MALIEN POUR WASHINGTON

http://www.elac-committees.org/2013/01/15/pcn-spo-geopolitique-l%e2%80%99intervention-franco-belge-decryptee-tirer-les-marrons-du-feu-malien-pour-washington/

Luc MICHEL SUR RADIO CAMEROUN : MALI, SAHEL, LIBYE, PROCHE-ORIENT … LA STRATEGIE DU CHAOS EN ACTION !

Un vaste tour d’horizon géopolitique sur 30 ans de Guerres américaines en Eurasie et en Afrique !

Parmi les sujets abordés par : Mali, Sahel, Cameroun, Nigeria, Somalie, Guinée-Bissau, Congo, Algérie, Libye, Syrie, Irak, Afghanistan, Proche-Orient, Iran, Chine, Russie, Groupe de Shanghai et OTSC, USA et OTAN, AQMI, djihadisme, Al-Qaida, Kadhafi, Panafricanisme, « Grand échiquier », « Grand Moyen-Orient », « Théorie du Chaos », « Somalisation » …

AUDIO / Première partie : https://vimeo.com/58326402

AUDIO /  Seconde partie : https://vimeo.com/58326404

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Source: EODE.ORG