topblog Ivoire blogs

lundi, 19 novembre 2012

LE SECRETAIRE GENERAL DU PC SYRIEN: «ILS NE POURRONT PAS NOUS VAINCRE!»


monde,syrie,otan,initiative communiste,le mensuel du pôle de renaissance communiste en france,le secrétaire général du pc syrien,ils ne pourront pas nous vaincre,le journaliste cubain ernesto gómez abascal,ammar bagdache,ginette hess skandrani,la voix de la syrie

Dr Ammar Bagdache


A paraître dans le prochain numéro d’Initiative Communiste, mensuel du Pôle de Renaissance Communiste en France.


Dans un entretien avec le journaliste cubain Ernesto Gómez Abascal, Ammar Bagdache, secrétaire général du Parti communiste Syrien, explique quelle est sa position par rapport au régime syrien:
 
«C’est un gouvernement patriotique, anti-impérialiste et antisioniste, bien qu’il applique un modèle économique clairement capitaliste. Même si le Parti Baas, qui était et est toujours la force dirigeante du gouvernement, a proclamé le socialisme arabe en Syrie, il n’est pas socialiste au sens marxiste du terme. Cependant, le PCS fait partie du Front Progressiste composé aujourd’hui de dix partis. (…) Nous avons un ministre dans le gouvernement et nous considérons, qu’à ce niveau du parcours, c’est la meilleure option. Nous sommes et nous avons toujours été disposés à améliorer le système. En 2005 nous nous sommes opposés à des changements calqués sur le modèle néolibéral, nous avons la preuve aujourd’hui qu’ils ont été le terreau d’une catégorie marginale que l’opposition armée a su s’attirer. Des erreurs ont été commises, maintenant il faut les corriger.»
 
«Le gouvernement que nous avons en Syrie a une position constructive pour réaliser des changements importants, rappelle Bagdage - ils commençaient à être adoptés mais l’intervention armée étrangère empêche, pour le moment, leur mise en application normale.»
 
Les raisons d'être optimiste
 
«Si le gouvernement actuel venait à être renversé, la seule éventualité serait la prise du pouvoir par les Frères Musulmans, rappelle Bagdache, ce qui constituerait un grand bond en arrière pour un peuple qui, depuis pas mal d’années, bénéficie d’un système laïque moderne, ne connait pas le sectarisme et n’a jamais vécu avec de telles tensions. Mais nous sommes optimistes, même si la lutte dure encore un certain temps, nous sommes certains qu’ils ne pourront pas nous vaincre.»
 
Interrogé sur les chances de victoire des rebelles, le secrétaire général du PCS est catégorique: « Plus le temps passe, plus il est clair qu’ils ne pourront pas nous vaincre. Ils n’ont pu prendre le contrôle d’aucune ville importante, malgré leur plan initial et l’arrivée de milliers de mercenaires extrémistes et salafistes, assistés des services spéciaux US et leurs alliés de l’OTAN qui travaillent depuis la Turquie, pays avec qui nous partageons une longue frontière. Le Qatar et l’Arabie saoudite leur apportent également le soutien économique et militaire. Bien sûr, notre gouvernement est soutenu par la majorité de la population. Les forces armées de la nation et les milices populaires restent unies et en ordre combatif. Malgré la situation compliquée dans laquelle se trouve le pays, les institutions fonctionnent.»


Ginette Hess Skandrani


jeudi, 08 novembre 2012

L’ABOMINABLE IMPOSTURE DU MARIAGE GAY

MARIAGE GAY.jpg


Cellule44: "Cet article nous semble intéressant, même si nous ne sommes pas en accord avec tout ce qui est dit, et que son style et sa «forme expressive» nous pose problème. Nous avons jugé utile de le publié malgré tout pour les éclairages  qu’il apporte". Philippe Ehua.

Pour ma part, pour m'inscrire dans la droite ligne de l'actuel débat français sur le mariage pour tous, l'homosexualité et le mariage gay, c'est la pire imbécillité que le monde ait jamais enfantée. Désolé, mais impossible de le dire autrement. En plus, ils veulent adopter des enfants. Renversant! Pour comprendre cette dégénérescence au pas de course du genre humain, projet s'inscrivant dans le programme global pour l'avènement du Nouvel Ordre Mondial, sous la bénédiction et l'instigation de la franc-maçonnerie et de cercles ésotériques tels que les illuminati, lire cet article édifiant: Cliquer ICI. Trêve de commentaire. Bonne lecture et bien à tous! Fernand Dindé.

 

Dans quel monde vit-on? Dans quelle société voulons-nous vivre? Le progrès humain doit-il être automatiquement soumis aux lobbys avant-gardistes? Où ceux-ci veulent-ils nous mener? Bref on est en droit de se poser toute sorte de question existentielle à propos de l’empressement du gouvernement de gôôôche pour nous pondre une loi sur le mariage gay. Est-ce la priorité absolue en ces temps de crise? Cela semble être le cas pour ce gouvernement corrompu.

MARIAGE GAY.jpg

Combien sont payés les acteurs pornos pour promouvoir le mariage gay pour le compte du lobby pédophile?

 

Le mariage gay rejeté par toutes les religions.

Pour une fois nous avons un consensus religieux contre « l’effroyable supercherie du mariage gay » selon André23 (Lire ICI), « c’est se mettre en marge de l’Islam » selon Dalil Boubakeur (Lire ICI), ou refuser « la domination d’une minorité imposée à tous » comme le dit, savoureusement (lol), le grand rabbin de France (Lire ICI).

L’homosexualité dans la Bible est plutôt considéré comme un acte déviant car « Un couple implique nécessairement, dans l’esprit biblique, une différenciation sexuelle. » (Lire ICI)

Donc dans notre république qui est tout sauf laïque, la laïcité étant elle-même une religion, le pouvoir religieux rejette le mariage gay.

Qu’en est-il pour la franc-maçonnerie qui est la vraie religion sous-jacente de notre république? Pour elle la fraternité est une expression de l’homosexualité latente qui est en chacun de nous:

Vous leur confierez sans problème un enfant?

On peut donc penser que le mariage gay est une offensive maçonnique contre le pouvoir des religieux visant à détruire dans les esprits l’image de la famille reposant sur le couple parentale ( homme et femme, père et mère) et donc détruire le fondement de la loi naturelle qui nous dit que l’humanité provient d’Adam et Eve. L’une n’allant pas sans l’autre et vice-versa. Il faut préciser que tous les maçons ne partagent pas cette hérésie anti-naturelle bien que le mouvement maçonnique repose largement sur l’homosexualité. Rappelez-vous comment les francs-maçons à l’époque de Jacques Molay ont été accusés de cracher trois fois sur la croix et de pratiquer la sodomie pour justifier de leur éradication…

La franc-maçonnerie est-elle un mouvement homosexuel? L’élite en tout cas pratique des rituels sexuels sataniques mettant en jeu la pédérastie et, pire encore, la pédophilie (Aleister Crowley entre autres).

Ce qui revient à dire que le mariage gay est un outil au service de la destruction du noyau familial naturel qui participe à l’éradication de toutes normes sociales reposant sur la loi naturelle pour les remplacer par de nouvelles normes anti-naturelles justifiant la procréation génétiquement assistée, l’avortement, l’euthanasie,…toute norme amenant à l’eugénisme c’est-à-dire le contrôle totale sur la population mondiale qui est le rêve ultime de cette élite maçonnique mondiale.

Lire: L’eugénisme: l’idéologie de la culture de la mort.

Voilà donc on y est, le mariage gay qui n’est pas une demande des homosexuels, comme le sionisme n’est pas la volonté de l’ensemble des juifs de France, est en fait le fruit d’une élite visant à instaurer l’eugénisme dans les lois de la république. Refuser toute supériorité de la loi naturelle, donc loi divine, pour la remplacer par des lois contrôlant la vie et la mort donc se prendre pour Dieu. Qui doit décider de la vie et mort d’un enfant?

Et puis si on s’enfonce un peu plus dans l’abject on découvre derrière le lobby minuscule qui pousse au mariage gay, le lobby pédophile qui veut pouvoir assumer sa soif de chair fraiche sans susciter le rejet et le dégoût. Vous trouvez normal vous alors que l’adoption est de plus en plus féroce et lente pour les couples hétérosexuels qu’on l’ouvre à des couples homosexuels? Ca ne vous choque pas de voir un enfant élevé par deux hommes sodomites ou deux femmes? Quel impact sur sa propre sexualité? Et ne servira-t-il pas lorsqu’il sera en âge de partenaire sexuel au lobby pédophile qui rejoint le satanisme de réseau et qui se circonscrit à l’oligarchie dominante comme nous le dit avec vigueur et force Alain Soral et à laquelle je souscris sans réserve:

Que devient Stan Maillaud cet ancien gendarme qui enquêtait sur les réseaux pédophiles et qui a disparu. La police française défend-t-elle le lobby pédophile ou le droit des enfants? (Lire ICI)

N’oublions pas que les mêmes qui veulent le mariage gay sont les mêmes qui ont défendu avec véhémence le droit au ministre de la culture Mitterrand à faire du tourisme sexuel auprès de petits garçons en Thaïlande, et sont les mêmes qui ont défendu avec véhémence Polanski qui avait pratiqué la sodomie sur une petite fille de 13 ans.

Nous sommes dirigées par une élite satanique complétement déconnectée des lois naturelles et donc divines des choses. Ils veulent tellement le pouvoir sur nous qu’ils entendent se substituer à Dieu pour devenir des dieux eux-mêmes. Pôvres larves humaines que vous êtes…En attendant ce sont eux qui sont au pouvoir et qui tentent de nous imposer leur vision eugéniste et sataniste du monde. Allons-nous nous soumettre ou allons-nous résister à la décrépitude morale dans laquelle ils veulent nous entrainer? Le mariage gay sera un bon marqueur sociétal de notre capacité de résistance.

Non à l’eugénisme! Non à la pédophilie! Non au satanisme! Non au mariage gay!

Note: A noter que je n’ai rien personnellement contre les homosexuels. Ceux-ci peuvent pratiquer leurs loisirs sexuels comme ils l’entendent mais je refuse que cela se fasse dans la rue ou dans les écoles! La sodomie n’est pas un projet sexuel viable pour l’humanité et la femme est vouée à procréer n’en déplaise au lobby féministe.

Retrouvez toutes les infos engagées dans un flux actualisé ICI.


Source: LE CITOYEN ENGAGE

mercredi, 07 novembre 2012

LIBYE: LA GRANDE ARNAQUE FRANÇAISE SUR «LE FONDS LIBYEN ET PETROPLUS»


MOUAMMAR KADHAFI - KADHAFI DAY.jpg

 

Comme par hasard, alors que le délai pour déposer des offres expire ce lundi (5 novembre 2012, Ndlr) à 17H00, le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a annoncé avoir reçu une lettre du fonds souverain libyen, qui veut «examiner le dossier» de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne et «éventuellement investir» dans ce site proche de Rouen, en liquidation, raffinerie qui emploie 470 salariés.

 

Pour ceux qui doutaient encore, la Libye a été démantelée simplement pour que certains mettent le grappin dessus, notamment les Occidentaux. Les Libyens sont donc le dernier de leurs soucis. Seul Mammon parle, c’est leur Dieu et rien d’autre. Dans un cynisme sans limite, ces gens ont assassiné ou fait assassiné un homme qui, par les fonds souverains libyens, avait mis à l’abri, ses compatriotes pour… 40 ans. Ah, ce dictateur qui pense à son peuple!

A noter que, le tribunal de commerce avait rejeté le 16 octobre dernier, les deux seules offres de reprise qui étaient en lice, déposées respectivement par le consortium chinois Alafandi Petroleum Group (APG), basé à Hong-Kong, et NetOil, dont le siège est à Dubaï. Du coup, seul le fonds libyen reste dans la course. Bizarrement, personne ne s’interroge sur quel fonds libyen. En effet, les fonds d’investissement libyens sont éparses et multiples. La Libye a les plus grandes réserves de pétrole en Afrique avec 42 milliards de barils de pétrole et plus de 1,3 billions de mètres cubes de gaz sous Kadhafi. Ce n’est plus le cas. Or, aujourd’hui, seulement 25% de son territoire sont explorés. La multitude des fonds d’investissement libyens s’appuyaient sur la Jamahiriya National Oil Corporation (NOC). Sur lequel s’appuie Arnaud Montebourg et qui n’a visiblement pas de nom?

On peut noter que ces fonds n’ont pas été trappés alors que c’est le contraire qui était divulgué dans les médias qui avaient accusé l’ex-leader libyen de s’accaparer de toutes les richesses de son pays. Le pot aux roses est donc dévoilé. Le frère Guide Mouammar Kadhafi en mettant en place la Libya Arab Africa Investment Company (LAAICO) ou encore le fonds Libya Africa Portfolio (LAP) ou encore la Oil Libya voyait loin. C’est ainsi que Oil Libya avait racheté le pétrolier anglo-néerlandais Shell. Au Soudan, en Éthiopie et à Djibouti, le groupe public libyen poursuivait son expansion continentale dans l’aval pétrolier (raffinage et distribution). ExxonMobil a chuté de 67% en Afrique. Et au cours de la même période, la présence de Chevron a régressé de 37% et celle de Shell de 20%. Oil Libya, dont le réseau de stations-service a explosé de 596% en cinq ans sur le continent faisait même de l’ombre à Total…

Alors que la Libye est en pleine décrépitude, et à l’approche de cet hiver qui découvre la dette, les sans domicile fixe (SDF), la faim et l’insécurité, elle investit en France? Cherchez l’erreur! Quand nous disions ici même que ce conflit était une guerre de prédation, le seul argument à faire valoir des nazillons qui ont tué la Libye était que nous soutenions un… dictateur. Plus un investissement en Afrique donc. A qui profite ce revirement? Surtout pas aux Africains et encore moins aux Libyens mais bien à l’Occident. Mais où le bât blesse, c’est de voir certains pseudo intellectuels africains s’aligner sur la dialectique morbide et mortifère de l’Occident, ce continent de prédateurs qui a déjà éliminé 21 présidents africains assassinés. Chef «killer»: la France, depuis 1963.

 

Source: Le blog d'Allain Jules

mardi, 06 novembre 2012

OBAMA, PUR PRODUIT DU CAPITALISME ETATSUNIEN NE DEFENDRA JAMAIS LES INTERETS DE L'AFRIQUE


BARACK OBAMA ILLUMINATI.jpg


A l’approche de l’élection présidentielle aux USA, certains africains lancent  des plaidoyers  pour la réélection le 6 novembre prochain du président sortant et candidat à la présidentielle M. Barack Obama. Cette personnalité politique au pouvoir depuis quatre ans, pur produit du capitalisme aurait-il fait du bien à l’Afrique, dont son père Obama du Kenya était originaire? Dans l’affirmatif, quelles seraient ses actions aux conséquences positives sur le processus de paix, de démocratie, de développement économique de l’Afrique? Pourquoi un tel engagement et engouement en faveur du président Obama? Les élections présidentielles dans les pays occidentaux ont-elles permis de sortir l’Afrique de la domination, des pillages de l’exploitation impérialiste ou de mettre un terme aux humiliations récurrentes?


L’attribution du prix Nobel de la Paix à Barak Obama, un blasphème à la mémoire des morts africains.

A l'appui de leur thèse de soutien au président Barack Obama, certains africains évoquent  notamment la prétendue paix mondiale qu’aurait instaurée Obama depuis 4 ans, suite aux multiples guerres déclenchées par ses prédécesseurs, les Présidents Bush (père et fils) dans «le Golfe, en Iran, Irak et en Afghanistan».

Pour notre part, nous avions contesté d'emblée l’immoralité du prix Nobel de la paix attribué au président  Barak Obama le 9 octobre 2009. En effet, c'est  bien sous sa présidence que les guerres de recolonisation  et de balkanisation de l'Afrique ont connu leur  essor actuel. Ces  drames  qui frappent l’Afrique, ne doivent jamais réjouir aucun africain conscient que ce premier président noir de l’histoire des Usa, a été intronisé par le cercle des puissants capitalistes pour servir leurs intérêts présents et futurs au cours de son mandat de quatre ans.

Les puissances impérialistes envoient leurs petits nègres de service exécuter leurs crimes en Afrique et  au moyen orient: Le président Paul Kagamé en RD Congo, l’Ex Secrétaire général de l’Onu Kofi Annan  et  l’Ex Secrétaire d’état américain Colin Powell pour la destruction de l’Irak. Au demeurant, rappelons que l’ancien Secrétaire d’état américain Colin Powell a menti au cours d’une réunion du 5 février 2003 devant le Conseil de sécurité de l’ONU, que l’Irak de Saddam Hussein détenait des armes de destruction massives (ADM) et que les USA frapperaient militairement le pays afin de détruire ces ADM. A cet effet, il avait exhibé ridiculement un tube à essai contenant une poudre de couleur blanche. Depuis l’invasion de l’Irak en mars 2003 par l’armée étatsunienne forte d’environ 200.000  hommes sur le terrain, elle n’a trouvé aucune trace minime soit elle d’ADM que le président Saddam Hussein détiendrait. De plus, la démocratie qu’ils prétendaient instaurée n’est pas au rendez-vous et le pays est toujours secoué par des affrontements et autres attentats faisant chaque jour des centaines de morts.

La diplomatie de mensonges institutionnalisés dans les relations internationales par les puissances impérialistes, ont depuis lors repris le haut du pavé: après l’assassinat du président Saddam Hussein  en 2003, ce fut le tour du Guide Kadhafi le 20 octobre 2011. Quant au président Laurent Gbagbo insoumis aux diktats des impérialistes comme Saddam Hussein et Kadhafi, il fut capturé et déporté par l’armée d’occupation française à la Haye pour y être jugé par la CPI, un tribunal  foncièrement raciste au service des impérialistes, qui est plutôt spécialisé dans le jugement des africains.

Une brève historique des événements tragiques auxquels le Président Obama a été l’un des principaux acteurs pendant ces quatre dernières années, battrait en brèche le faux visage idyllique et pacifique que ce dernier s’attribuerait ou que les crédules lui décerneraient.

1- Le président Obama a soutenu le président français Sarkozy dans sa guerre de recolonisation de la Côte d'Ivoire. Ce dernier a initié et fait adopter la résolution scélérate N°1975 du Conseil de sécurité qui a légitimé les bombardements du palais du président légitime Laurent Gbagbo par l'armée coloniale française. Ces troupes d'occupation ont capturé  puis déporté le président Laurent Gbagbo à La Haye pour y être jugé par la CPI, un tribunal créé et dominé par les impérialistes. Il conviendrait d’insister que ce la CPI s’est de surcroît spécialisée dans le jugement des africains. Ce comportement raciste ne pourrait échapper à aucune personne animée de peu d'esprit d'observateur soit-il, car elle est aveugle et s’oppose à tout jugement des dirigeants des puissances impérialistes, auteurs des crimes contre l'humanité en Irak, en Afghanistan, en Côte d'Ivoire, en Libye, en l'occurrence  les présidents Bush, Sarkozy, Obama, Tony Blair, Cameron. Ces criminels de guerres se pavent en toute quiétude à travers le monde  sans qu'aucun mandat d'arrêt international ne soit lancé contre eux par la CPI. Des millions de victimes ont péris sous les bombes de leurs aviations. Cette forfaiture intellectuelle des impérialistes est insupportable. 

2- Le président Obama a apporté le même soutient au président français Sarkozy et à l'Otan dans la croisade guerrière contre la Libye. Le résultat de cette tragédie est l'assassinat du héros et digne fils d'Afrique, le Guide Mouammar Kadhafi. Plus de 100.000 libyens ont été tués suite à ces bombardements otaniens de 8 mois de la Libye. Ce trophée macabre ne militerait jamais en faveur  d’un soutien africain à sa réélection le 6 novembre prochain.

3- C'est bien sous la présidence d'Obama, que le M 23, mouvement rebelle de la RD Congo (créature du Rwanda), a déclenché sa dernière offensive au Kivu depuis avril 2012 contre la patrie de Patrice Lumumba. Au demeurant, il serait judicieux de rappeler la terrible coïncidence de cette offensive rebelle avec la période où la Secrétaire d’état américain Hillary Clinton était en tournée dans la sous région de l’Afrique orientale. Cette guerre d'occupation du Kivu ou de balkanisation de la RD Congo menée par le Rwanda et l'Ouganda soutenus par les USA, ont permis aux deux pays agresseurs d'échapper à toutes condamnations, et ce malgré le dernier rapport du 26 juin 2012 accablant le Rwanda  pour son agression militaire  caractérisée contre la RD Congo  pour son soutien au M23.

Le comble de ce soutien des USA au Rwanda, a permis d'octroyer à ce pays belliqueux le siège de membre non permanent  pour l'Afrique au Conseil de sécurité en octobre 2012. Une prime attribuée  par Obama au Général-Président Kagamé pour le génocide des congolais. Cela est insupportable!

4- En Afghanistan, la guerre a été déclenchée et entretenue par les présidents Bush. Cependant, Obama qui avait promis  lors de sa première campagne 2008, d’arrêter immédiatement la guerre en rapatriant les troupes étatsuniennes, n’a pas tenu ses engagements. Il a en effet, plutôt renforcé de 30000 soldats les troupes en Afghanistan retirés d’Irak. Les lourdes pertes infligées par les afghans aux troupes d’occupation, ont contraint  le président Obama  qui a promis  de rapatrier tous ses soldats à partir de 2014 du bourbier afghan.

5- Sur le plan économique, la présidence d’Obama n’a pas conduit aux investissements importants pour le développement de l’Afrique comme c’est le cas de la Chine dont les investissements sont en constante progression.

De plus, les multinationales étatsuniennes, qui pillent les richesses minières du Kivu occupé par le Rwanda, chien de garde des Usa, n’ont jamais été empêchées par le président Obama pour leurs activités criminelles en symbiose avec le M23. La guerre de rapine continue à l’Est de la RD Congo avec  comme lourd bilan entre 5 millions et 7 millions de morts depuis 1995. Alors, quelle paix dans le monde aurait instaurée Obama pour pouvoir mériter le prix Nobel de la paix?

De ce qui précède, l’Afrique ne doit rien attendre de positif de la part des dirigeants occidentaux, quelle que soit leur option politique. En effet, ces derniers sont imposés par le système capitaliste à la magistrature suprême. Ils doivent par conséquent continuer à soutenir le mécanisme d’exploitation, de pillages des ressources naturelles et humaines de l’Afrique.

Si certains africains soutiennent Obama dans cette campagne inter capitaliste pour la couleur de sa peau noire, c’est faire preuve d’une myopie politique dangereuse pour l’avenir de  l’Afrique car Obama défend les intérêts des multinationales prédatrices capitalistes.

Ce qui  devrait guider notre choix politique, serait avant tout la réponse à la question suivante: Quels intérêts de classe sociale servira ou sert un homme politique? Evidemment, nous ne soutiendrons jamais la classe des prédateurs capitalistes qui voudrait maintenir pour l’éternité l’asservissement  colonial de l’Afrique.

La crise économique qui frappe les puissances impérialistes depuis 2008, perdure. Afin de maintenir leur niveau de vie et leurs rangs de puissances sur la scène politique internationale, les prédateurs capitalistes se lancent aujourd’hui dans des croisades guerrières de recolonisation de l’Afrique, illustrées  notamment  par  les cas ivoirien et libyen.

Quel africain conscient de ces humiliations et de cette domination impérialiste, infligées à notre continent, continuerait-il à faire l’apologie du système capitaliste, de ses dirigeants politiques formatés pour perpétrer  la servitude coloniale de l’Afrique?

Ces mêmes africains qui font l’apologie de la présidence du candidat Obama et du capitalisme, affirment aussi leur hostilité à l’égard de la coopération Sino-africaine.

A propos de la prétendue «colonisation» de l’Afrique par la Chine, il serait  judicieux de savoir  la genèse de cette expression. En effet, ce sont bien les puissances impérialistes capitalistes, qui depuis la traite négrière à nos jours continuent de dominer le monde, en pillant l’Afrique. Ayant perdu progressivement leur marché exclusif africain  face à la Chine émergeante, ces puissances occidentales se sont lancé dans une campagne de guerre médiatique de dénigrement de la Chine, en stigmatisant sa «colonisation de l’Afrique», de «concurrence déloyale».

Pourquoi ces impérialistes occidentaux  qui se seraient mus subitement en avocats de l’Afrique contre la Chine ne l'ont pas été pendant leur période faste où ils avaient l’exclusivité du marché africain?  Pourquoi n’avaient-ils pas été des mécènes de développement de l’Afrique pendant la période coloniale? Dans l’affirmatif, pourquoi persistent-ils à piller nos ressources naturelles, à imposer militairement  des dictateurs aux peuples grâce aux interventions de leurs armées? Dans ces derniers cas, il conviendrait de citer  les interventions de l’armée française  au Tchad  qui ont permis de sauver le tyran Déby face  aux révoltes des masses populaires et l’expédition coloniale punitive des troupes de l’hexagone  pour introniser Outtara en Côte d’Ivoire...

Selon la doctrine du système capitaliste qui est basée sur la libre entreprise et concurrence, la compétitivité, le profit…, n’est-il pas ridicule pour ces puissances occidentales de lancer une campagne de dénigrement économique contre la Chine alors que ce pays émergeant applique leur propre doctrine commerciale en Afrique? Ne devraient-ils pas au contraire se réjouir que leur doctrine économique a fait un émule de taille alors qu’ils combattaient la doctrine économique du communisme?

L’économie chinoise est compétitive sans  que ce pays ait  colonisé l’Afrique ni piller notre continent. Les Africains ne doivent pas se laisser prendre au piège de cette campagne anti chinoise des puissances occidentales qui voient leurs intérêts menacés par la puissance émergeante chinoise. Nous ne devons pas hurler avec les loups prédateurs qui voudraient maintenir pour l’éternité l’Afrique dans la servitude coloniale occidentale, d’où qu’elle vienne.

Les puissances occidentales s’opposent aux investissements directs chinois en Afrique, cependant, elles les accueillent à bras ouvert.  Voici ce que nous livre l’hebdomadaire français l'Express: «Malgré la détérioration des perspectives économiques dans la zone euro, les investissements directs de la Chine en Europe ont plus que doublé en 2011 pour atteindre 6,7 milliards de dollars» [Cf.L’Express du 05/02/2012]. 

Toujours dans le même journal, les états européens doivent de l’argent à la Chine: [La Chine détiendrait pour plus de 550 milliards de dollars de dette souveraine européenne]    

Les puissances occidentales acceptent de coopérer avec la Chine mais sont par contre foncièrement hostiles que cette dernière fasse la même chose avec l’Afrique. Il appartient à l’Afrique de se débarrasser de la domination coloniale occidentale afin d’amorcer un tournant décisif dans son développement.     

L’Afrique ne doit pas se laisser prendre au piège des colonisateurs d’hier qui s’autoproclament subrepticement « avocats » de la cause africaine pour garantir leurs intérêts. Nous devons choisir librement nos partenaires et leurs investissements conformément à nos intérêts de développement économiques et politiques.

Il appartient donc aux africains de tirer profit de la coopération impulsive de développement avec la Chine.

Nous avons une seule certitude, c’est que la  coopération chinoise en Afrique a permis la réalisation des grandes infrastructures (ponts, Autoroutes, chemins de fer, constructions des établissements scolaires et universitaires, hôpitaux, des usines de productions, des fermes agricoles…). La Chine aide aussi à la formation de quelques 30.0000 cadres africains dans tous les domaines et offre plus de 18.000 bourses d’études aux jeunes africains. [ Le Nouvel Observateur du 25-07-2012]

En guise d’illustration des résultats de la coopération chinoise avec l’Afrique, nous pouvons citer le chemin de fer «Tanzam» entre La Tanzanie et la Zambie, construit en 1970 et long de 1 860 kilomètres. Grâce à la Chine, le Tchad dispose depuis juin 2011 sa première raffinerie de pétrole,  en mars 2012 sa première cimenterie et enfin en 2015 le pays sera désenclavé par sa première ligne de chemin de fer d’une longueur de 1.344 kilomètres …

Combien de ces structures de bases indispensables à l’amorçage du développement des pays africains ont été construites par ces puissances impérialistes occidentales  depuis la traite négrière  à nos jours en passant par la période coloniale? Si ces colonisateurs occidentaux étaient si soucieux du développement de l’Afrique et du bien-être de ses populations, alors  pourquoi n’avaient-ils pas posé les bases élémentaires dans les territoires dominés  pendant des siècles de domination et d’occupation?

En si peu de temps, la Chine qui n’a jamais colonisé l’Afrique a considérablement investi dans des projets concrets, utiles au bien-être des populations et au développement des états africains. En effet, les investissements directs de la Chine (deuxième puissance économique mondiale depuis 2010) en Afrique  ont atteint 30 milliards de dollar  entre 2000 et 2005.

Il appartient aux Africains  de tirer les leçons des affres de la domination des impérialistes occidentaux  depuis la traite négrière à nos jours afin  d’éviter toute nouvelle colonisation d’où qu’elle vienne.

Les investissements chinois dans les infrastructures lourdes sont une véritable opportunité et  fondements  sur lesquels les africains devraient s’appuyer pour impulser un début de développement accéléré de notre continent à l’instar de celui de la Chine. Grâce à la Chine, l’Afrique obtient d’importants  capitaux à des taux très bas, tans dis que les banques occidentales refusent de lui prêter ou l’accordent à des taux très élevés.  Ces liquidités, ont permis aux états africains de réaliser  de nombreux projets. La coopération Afrique-Chine est une coopération « gagnant-gagnant » car la patrie de Mao qui a une croissance économique à deux chiffres a besoin des matières premières de l’Afrique notamment du pétrole et inversement l’Afrique qui a besoins des capitaux pour investir à besoin de la Chine.

Les africains devraient plutôt  profiter de la coopération avec les chinois  en s’appropriant de leur savoir faire  qui a fait ses preuves dans l’accélération inédite du développement de leur pays. Nous devons apprendre à construire, à maîtriser les sciences et technologies que les chinois apportent à l’Afrique afin que notre continent ne soit pas seulement maintenu au rang de consommateur des produits fabriqués ailleurs, mais que l’Afrique soit aussi capable d’exporter les produits « Made in africa ».

Afin de faire face à la mondialisation, il serait indispensable que nous œuvrions pour la création des Etats-Unis d’Afrique (EUA), projet cher au Guide Kadhafi et qui fut aussi l’une des causes de son assassinat par les puissances impérialistes occidentales (France-Usa-Grande Bretagne). Les dirigeants criminels: Sarkozy-Obama-Cameron qui ont lancé la croisade guerrière contre la Libye luttent pour maintenir l’Afrique dans la servitude coloniale occidentale.

Les dirigeants politiques des puissances impérialistes occidentales, issus de la matrice du système capitaliste qui maintient dans la servitude coloniale l’Afrique, ne doivent jamais bénéficier d’un quelconque soutien des africains. En effet, quelle que  soit  leur étiquette politique,  et les alternances  des présidents, notre continent  demeure exploité, pillé et humilié par ces puissances  occidentales.

En conséquence, l'élection présidentielle aux USA, avec l’affrontement des candidats démocrate  Barak Obama et républicain Mitt Romney, sont un non-événement. Le marathon électoral inter-impérialiste n’est autre chose que le choix du meilleur défenseur de l’exploitation capitaliste de l’Afrique pour les quatre années à venir.

 

Le 3 Novembre 2012, ALAC (African-Libyan Action Committees).


Le Secrétaire Général 

 Dr LEY-NGARDIGAL Djimadoum

E-mail: alac.africa@hotmail.com

lundi, 05 novembre 2012

RECONNAISSANCE DES CRIMES COLONIAUX: LONGUET REPOND PAR UN BRAS D'HONNEUR

 

france,algérie,reconnaissance des crimes coloniaux,longuet répond par un bras d'honneur

 

Un bras d’honneur sur une chaîne de télévision. C’est par ce geste inélégant que Gérard Longuet, ancien ministre de la Défense de Nicolas Sarkozy, a réagi, ce mercredi 31 octobre, à la publication d’une dépêche de l’agence AFP reprenant les propos de Mohamed Cherif Abbas, ministre des Moudjahidine, appelant à «une reconnaissance franche des crimes perpétrés à leur encontre par le colonialisme français». Gérard Longuet, également sénateur UMP (opposition de droite), a réagi sans savoir qu’il était filmé par les caméras de la chaîne Public Sénat à la fin d’une émission.


Gérard Longuet, ancien ministre français de la défense dans le dernier gouvernement du président Sarkozy, était l’invité, hier mardi, de la chaîne de télévision Public Sénat.

L’interview de l’ancien ministre a tourné autour de la demande du gouvernement Algérien d’une reconnaissance franche des crimes du colonialisme français.

Ne pouvant pas exprimer à l’antenne ses sentiments profonds concernant cette question, pensant qu’il n’était plus filmé, Gérard Longuet s’en est allé jusqu’à commettre un geste indigne en faisant le bras d’honneur.

Contacté par une chaîne de télévision française ce mercredi, Gerard Longuet confirme son geste qu’il qualifie de “populaire” et exécuté selon lui “de bon cœur”. Ne regrettant pas ce geste stupide, le sénateur de l’UMP dit ne rien “renier”.

Mardi, dans un entretien à l’agence APS, Mohamed Cherif Abbas a appelé à une reconnaissance franche des crimes coloniaux commis en Algérie. Au «regard des crimes perpétrés par ce colonisateur contre un peuple sans défense et compte tenu de leur impact dans l’esprit même des générations qui n’ont pas vécu cette période, sachant que tout un chacun connaît les affres subies par notre peuple du fait de la torture, des mutilations et de la destruction, les Algériens veulent une reconnaissance franche des crimes perpétrés à leur encontre», a expliqué le ministre des Moudjahidine.

Interrogé par la chaîne BFM TV, il a n’a pas renié son geste, même s’il a avoué regretter «d’avoir été filmé» par les caméras de la chaîne Public Sénat. C’est «un geste populaire», s’est‑il contenté de répondre. Cette réaction intervient après les propos tenus il y a quelques jours par un député proche de Nicolas Sarkzoy. Le 20 octobre, à la fin d’un discours, Christian Estrosi, député‑maire de Nice (sud de la France) a lancé: «Vive l’Algérie française!» M. Estrosi s’exprimait devant des anciens combattants et des harkis de sa ville.

Interrogé par TSA, un haut responsable algérien a déclaré: «Ce geste indigne et outrageant est la marque de fabrique de ce nostalgique de l’Algérie française, mal dégrossi et fascisant. En tant qu’Algériens, fiers et indépendants, nous ne pouvons que le braver et l’accabler de notre mépris. Il ne mérite pas plus. Laissons le donc dans son milieu naturel : le caniveau des voyous de la République».

«Il m’arrive d’être réactif, et j’ai eu ce geste de mauvaise humeur bien connu des Français». Ainsi Gérard Longuet justifie-t-il son bras d’honneur, à la fin de l’émission "Preuves par 3" sur Public Sénat.

L’explication officielle, tant de la chaîne que de l’ancien ministre, est la suivante: le sénateur rebondissait à la publication d’une dépêche AFP, indiquant que l’Algérie demande «une reconnaissance franche des crimes perpétrés à leur encontre par le colonialisme français». A quoi il aurait réagi un peu promptement: «Il n’y a que les gens sans caractère qui ne réagissent jamais».

Joint par L’Express, l’ancien ministre de la Défense a expliqué que «la France n’a pas à avoir honte de sa présence en Algérie pendant la colonisation, en tout cas c’est ma conviction». «Refaire l’histoire, 182 ans plus tard, ne permet pas d’aller de l’avant. Je souhaite une relation apaisée entre la France et l’Algérie, mais cela paraît impossible si à chaque fois que l’on se rencontre, on refait le procès de la colonisation.»

 

 

http://www.tsa-algerie.com/divers/l-ancien-ministre-de-la-de…
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/gerard-longuet-s-…
http://www.algerie1.com/actualite/reconnaissance-des-crimes-…


URL d'origine de cet article sur le site de "LE GRAND SOIR":



dimanche, 04 novembre 2012

LA GUERRE QUI VIENT - DE LA CONTRE-INSURRECTION RURALE A LA CONTRE-INSURRECTION URBAINE

 

côte d'ivoire,claude luchetta,gérard deneux,la guerre qui vient,de la contre-insurrection rurale à la contre-insurrection urbain,la guerre qui vient un débat à poursuivre,les amis de l'émancipation sociale

 
1 - Une nouvelle configuration géostratégique
 
«La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens» (Clausewitz). La technologie la plus sophistiquée constitue la modalité contemporaine de la guerre. Il n'y a pas une essence supra-temporelle de la guerre. Une essence qui échapperait à ses déterminations historiques. La guerre est un phénomène social total qui connaît de profondes métamorphoses. Aujourd'hui on parle même de guerres propres. De frappes chirurgicales. Orwell dirait la paix c'est la guerre et réciproquement.
 
La gauche radicale n'a pas l'habitude de s'intéresser à la politique militaire. Pourtant la guerre est partout. Non seulement sur les champs de bataille. Mais aussi sur les écrans et les consoles de jeux. A tel point qu'on pourrait parler d'un complexe militaro-industriel-ludique. La guerre est devenue un divertissement à part entière. Nos villes s'équipent insidieusement pour la guerre. Une guerre de classe. La mondialisation marchande est une mondialisation armée.
 
Ce que je voudrais montrer c'est qu'une nouvelle stratégie militaire se met en place à l'ombre des états impérialistes. Stratégie qui construit ses propres cibles et délimite un nouvel espace géographique et mental. Pour contrer la baisse  tendancielle du taux de profit, le capital investit massivement dans les  armes de haute technologie. Cette réorientation stratégique de l'impérialisme s'inscrit dans un contexte marqué par:
 
- La fin de la guerre froide.  L'effondrement de l'URSS semble dégager l'horizon pour une l'hégémonie américaine. Une hégémonie aujourd'hui fragilisée. Du même coup, l'ancien ennemi s'évapore (le péril rouge). Il faut reconstruire un  ennemi adaptée à la nouvelle donne géostratégique et incarnant le mal absolu.
 
- L'approfondissement de la crise provoquée par la financiarisation de l'économie. A noter qu'aux Etats-Unis le taux de profit décline dès septembre 2006. C'est à dire bien avant la crise. Il y a conjonction entre une crise économique mondiale et une crise de la domination américaine.
 
- Le développement exponentiel des nouvelles technologies qui permettent de classer, repérer, poursuivre et cibler. Ces nouvelles technologies constituent l'un des vecteurs de la mondialisation libérale.
 
- Le déplacement des conflits des zones rurales vers les zones urbanisées ou semi-urbanisées des grandes métropoles en voie d'expansion. Bref du Vietnam on passe à Bagdad, Kaboul, Gaza. Demain: Téhéran? J'y reviendrai.
 
Depuis 2001, La notion de «guerre illimitée au terrorisme» a pour horizon une guerre civile impitoyable et sans fin. La guerre est à elle-même son propre but. La guerre devient permanente et se fragmente en guerres régionales. Guerres régionales qui mettent en oeuvre des forces non-étatiques. La guerre recourt de plus en plus aux troupes mercenaires. Ces dernières représentaient en 2005, la deuxième force d'occupation en Irak.
 
Si la guerre devient illimitée dans l'espace et dans le temps, l'ennemi n'est plus qu'un monstre insaisissable. Un monstre qu'il faudra finir par exterminer. Aucune paix n'est possible. Le terroriste  échappe à tout statut juridique ou social. Il est un criminel pathologique. Rien ne s'oppose à sa liquidation. La notion de guerre au terrorisme permet d'évacuer toute dimension politique des conflits. La mondialisation libérale suscite d'ailleurs une crise sans précédent du politique. Non pas que l'intervention de l'Etat soit devenue inutile. Etat qui serait réduit à son rôle purement régalien. Au contraire. «La concurrence libre et non faussée» ne peut s'exercer qu'à partir de l'intervention de l'appareil d'Etat. Intervention législative, juridique, policière, militaire. L'économie de marché n'est pas une donnée naturelle mais une construction étatique. Dans le cadre du néolibéralisme, le capital financier s'associe à l'Etat afin d'élaborer de nouvelles règles de fonctionnement.
 
Dans un premier temps je montrerai comment on est passé du rural à l'urbain. Les cibles militaires de l'impérialisme ne sont plus directement situées dans les rizières, les forêts ou les terres arides mais plutôt dans les villes, les banlieues, les ghettos, bidonvilles et favelas. Puis dans un deuxième temps, je montrerai comment la capital financier a structuré un nouvel urbanisme placé en permanence sous contrôle. La guerre robotique met en oeuvre les nouvelles technologies permettant de cibler et de tuer ce nouvel ennemi abrité dans les profondeurs des nouvelles mégalopoles. Enfin, nous verrons justement comment «la stratégie du choc» parfaitement analysée par Naomi Klein permet d'éclairer la nouvelle politique militaire de l'impérialisme.
 
2 - Du rural à l'urbain
 
Les guerres coloniales se déroulent dans un environnement principalement rural (Indochine, Algérie, Vietnam). L'ennemi est un indigène-partisan (Viêt, guérilléro, fellagha) enraciné dans son milieu. Cet ennemi ne se distingue guère du civil. Il est caché au sein d'une population essentiellement rurale. Il se fait à la fois invisible et omniprésent. Durant la guerre d'Algérie, la DGR (Direction Générale du Renseignement) propose de quadriller le territoire algérien. Quadrillage qui consiste à répertorier l'ensemble des habitants, leurs lieux de vie et leurs mouvements pour les surveiller en permanence. L'objectif est de couper la population du maquis. Lors de la bataille d'Alger en 1957, le Dispositif de protection urbaine (DPU) a pour objectif de rationaliser l'emploi de l'armée en ville en mettant en oeuvre un quadrillage de la ville et, plus particulièrement, des quartiers musulmans. Ce dispositif devait éviter le retour en ville du FLN et favoriser la mobilisation en cas de crise. C'est d'ailleurs ce dispositif qui a constitué un des points d'appui du coup d'Etat du 13 mai 1958.
 
Face à la guerre froide, paniquée par la perte de l'Empire et la menace révolutionnaire, une partie de la classe dominante est convaincue de la nécessité du contrôle total de la population. La guerre coloniale devient le laboratoire de ce projet. Le général Allard déclarait en 1956 : «L'étude de la guerre révolutionnaire n'est pas, ne doit pas être l'apanage des seuls militaires, car la guerre révolutionnaire n'est pas dans son essence une guerre militaire de conquête territoriale, mais une lutte idéologique de conquête des esprits, des âmes.» La propagande devient une arme essentielle dans la contre-révolution.
 
Ce qui s'est passé à Paris le 17 octobre 1961 constitue un tournant. La manifestation de la  population musulmane a été gérée comme une véritable émeute armée. La police elle-même était armée. Il y eut planification systématique de la répression. La figure de l'indigène-partisan a été détruite  symboliquement et physiquement. A partir des années 1970, on reconstruit la figure de l'ennemi intérieur sur une base socio-ethnique. Désormais, l'espace urbain sera quadrillé par un dispositif militaro-policier qui va ouvrir la porte au modèle sécuritaire. A partir de 1990, à la suite des révoltes dans les quartiers populaires (Vaulx-en-Velin, Sartrouville, Mantes-la-Jolie et Meaux) les renseignements généraux se reconvertissent dans la surveillance «des subversions cachés dans les cités».
 
La défense opérationnelle du territoire (DOT) planifie la poursuite et l'élimination de l'ennemi intérieur depuis 1962. L'instauration du plan Vigipirate en 1978 accentue le quadrillage et la surveillance du territoire, intensifie les niveaux d'alerte, les patrouilles en armes et la psychose de peur. Il s'agit d'une politique délibérée de mise en condition de l'opinion publique.
 
Le colonel Jean-Louis Dufour, spécialiste de la guerre en milieu urbain écrit en 1992 dans la revue Défense nationale: «Terroriser et démoraliser l'adversaire et donc détruire ses cités sont deux exigences de la guerre totale... la ville est l'objectif majeur des guerres civiles.». Du 25 au 28 février 2008 se tient au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie  un exercice commun gendarmerie-police-pompiers permettant de tester plusieurs opérations de maintien de l'ordre en milieu périurbain sensible. Sont employés: tireurs d'élite et véhicules blindés. Désormais c'est la vie urbaine qui est progressivement placée sous surveillance et militarisée. Ce phénomène va se développer et s'amplifier dans toutes les grandes métropoles américaines et européennes. Il s'agit maintenant de contrôler et de criminaliser les populations des grandes métropoles. Les banlieues françaises sont désormais considérées comme des «colonies intérieures».
 
Les années 1990 constituent un tournant. De 1989 à 2000, 23 émeutes dans le monde ont été déclenchées par la mort d'un jeune. La responsabilité des forces de l'ordre a toujours été engagée. On peut citer la France, les Etats-Unis, la Chine. La mondialisation et la hausse des prix alimentaires sont au coeur des émeutes à Kinshasa en décembre 1990. Les grandes villes de la république du Congo en septembre 1991 et janvier 1993, du Venezuela de mars à juin 1992, du Brésil, etc. sont le théâtre,  d'émeutes de la faim. En novembre 1999, le mouvement altermondialiste affronte les forces de police à Seattle. En 2001, c'est la manifestation contre le G8 à Gênes. Manifestation contre laquelle les forces de l'ordre mettent en place une véritable stratégie militaire. En France, c'est l'embrasement des banlieues de novembre 2005, les émeutes de Cergy, Saint-Dizier, Vitry-le-François et le Champ-de-Mars de Juin  2008, d'Asnières le 14 juillet. Entre 2006 et 2008, l'Etat assiège la ville d'Oaxaca au Mexique. Le port marocain de Sidi Ifni a fait l'objet d'un raid militaire à la suite d'un banal conflit sur l'emploi. La ville de Redeyef dans le sud tunisien, à la merci du monopole des mines de phosphate, a connu des émeutes alternant avec des offensives militaires pendant six mois, de janvier à juin 2008. Silence total des médias. Une nouvelle configuration de la révolte  se met en place. L'intervention des forces de l'ordre se militarise.
 
«Guerre aux frontières, ennemis à l'intérieur. Ennemis aux frontières, guerre à l'intérieur. La confusion des genres qui ouvre à la militarisation de l'action publique et à la déqualification symbolique de pans entiers de la population peut alors se généraliser. C'est exactement la logique qui a été adoptée par la politique du gouvernement français vis-à-vis des banlieues.»  Alain Bertho.

3 - Le nouvel urbanisme
 
L'espace urbain devient progressivement un point de focalisation déterminant de la lutte politique et de la guerre de classes. La ville constitue le lieu de valorisation par excellence du capital financier et symbolique. La financiarisation libérale colonise l'espace urbain. Au centre ville, on cherche à se retrouver entre soi. C'est le phénomène de gentrification combiné au développement des banques, bureaux, commerce de luxe, musées et  quartiers réservés. La mégalopole se construit ainsi par l'exclusion. David Harvey montre comment aux Etats-Unis, en 2007, «quelques deux millions de personnes, principalement des mères célibataires et leur famille, des Afro-Américains vivant dans les grandes villes  et des populations blanches marginalisées,  de la semi-périphérie urbaine, se sont vus saisir leur maison et se sont retrouvés à la rue. C'est ainsi que de nombreux quartiers des centres-villes et que des communautés périurbaines entières ont été dévastées à cause des prêts consentis par les prédateurs des institutions financières». Dans les mégalopoles des pays pauvres et émergents, les agences de développement financées par la banque mondiale bâtissent et protègent des «îlots de cyber-modernité au milieu des besoins urbains non satisfaits et du sous-développement général.» (Mike Davis). La mégalopole monstrueuse devient un lieu de relégation sociale. Elle est perçue comme une obscure menace par les classes dominantes. Désormais, la doctrine de la guerre sans fin renforce la militarisation de la vie urbaine. Les grandes métropoles mondiales organisent les flux financiers, façonnent le territoire et le développement géographique. «Avec leurs marchés boursiers, leurs technopoles, leurs salons de l'armement et leurs laboratoires d'Etat dédiés à la recherche sur de nouvelles armes, ces villes sont les cerveaux du processus actuel de mondialisation dans lequel la militarisation joue un rôle majeur.» (Stephen Graham). Les nouvelles techniques militaires urbaines  favorisent un urbanisme de plus en plus prédateur et permettent de mettre en place des infrastructures hypermodernes dédiées à la financiarisation, à la consommation de luxe et au tourisme. Du même coup, «les forces ennemies» se dissimulent dans l'environnement urbain et les zones industrielles. Il faut domestiquer la ville. Cette domestication passe par la mise en place d'une technologie hypersophistiquée. Ces techniques élaborées dans les laboratoires militaires transforment les armées occidentales en forces contre-insurrectionnelles high-tech. Chaque citoyen est une cible potentielle pouvant être identifiée et surveillée en permanence. Les grandes agglomérations mondiales deviennent potentiellement les principaux champs de bataille.
 
A noter que dans de nombreux pays occidentaux, les zones rurales et périurbaines sont devenues le coeur du militarisme et du patriotisme le plus archaïque. Stephen Graham remarque que les ruraux sont majoritaires au sein de l'armée américaine. Entre 2003 et 2004, 44,3% des soldats morts au combat au cours des opérations en Irak étaient issus des agglomérations de moins de 20 000 habitants. La culture militaire américaine se caractérise par la haine des villes imaginées comme des lieux de décadence. Mutatis mutandis, on peut rapprocher ce phénomène de l'implantation rurale et périurbaine du vote Front National en France. L'isolement géographique, la fragmentation sociale, la dissolution des rapports de solidarité favorisent la construction des réflexes de peur et des crispations identitaires.
 
Le nouvel urbanisme libéral doit tout à la fois valoriser et consolider les grands pôles économiques et financiers tout en contenant dans d'étroites limites les populations considérées comme dangereuses, capables de mobilisation sociales ou de terrorisme infrastructurel. Il faut séparer les grandes villes du nord des multitudes menaçantes situées au-delà des barrières urbaines. Les manifestations, la désobéissance civile, le militantisme syndical sont criminalisés et considérés comme des actes de guerre urbaine nécessitant une réponse militaro-policière adaptée.  D'où la mise en place des projets de guerre high-tech. Une guerre propre et vertueuse!
 
4 - Les villes sous contrôle
 
La puissance militaire doit se déployer aussi dans l'espace urbain. Pour les experts du Pentagone, il faut pouvoir identifier et suivre les «cibles de guerre non conventionnelles», telles que «les individus et les groupes insurgés ou terroristes qui ont la particularité de se mêler à la société».
 
La surveillance et le renseignement se concentrent désormais sur des techniques d'extraction de données, de pistage et de surveillance. La vidéosurveillance se démultiplie. Par exemple, les anglais sont surveillés par près de 2 millions de caméras. En France, les drones surveillent les Cités depuis plusieurs années. La biométrie, l'iriscopie, l'ADN, la reconnaissance de la voix, du visage, de l'odeur et de la démarche permettent de coder et de pister toute personne suspecte ou tout individu qui passera les frontières. Une agence américaine liée à la défense (Darpa) envisage de mettre au point un programme de détecteurs censés rendre les édifices urbains transparents. D'autres branches de la recherche militaire développent de nouveaux radars intégrés à d'énormes dirigeables qui survoleraient en permanence les villes occupées afin de réaliser des collectes massives de données. Des essaims de micro et nano-capteurs pourraient être lâchés dans les villes pour fournir de l'information aux armes automatisées. Des robots tueurs son déjà à l'oeuvre sur les terrains d'opération. En 2006, les premiers robots armés de mitrailleuses et contrôlés à distance ont été utilisés à Bagdad. En 2007, l'armée israélienne annonce que la frontière entre  Israël et Gaza sera la «première frontière automatisée» au monde avec des snipers robotisés.
 
L'armée américaine se concentre désormais sur les techniques de ciblage et de  géo-localisation par satellite. Une guerre appuyée sur les réseaux est envisageable. Cette guerre devient une guerre propre et indolore pour la domination militaire américaine. Bref, on assiste à un tournant high-tech et urbain de la guerre. Les systèmes de surveillance doivent permettre de scruter tous les détails de la vie quotidienne dans les zones urbaines. La première étape est constituée par la surveillance permettant d'alimenter les bases de données. Une deuxième étape est caractérisée par «le développement d'armes terrestres et aériennes robotisées qui, une fois connectées aux systèmes de surveillance et d'identification (…) seront déployées pour (…) détruire sans relâche et de manière automatique.» (Stephen Graham). Les chercheurs de l'armée américaine développent déjà le concept d'insectes robotisés et armés qui reproduiraient le vol des insectes biologiques. On pourrait même envoyer des essaims de micro-robots volants qui pourraient s'attaquer à l'ADN d'un individu et lui injecter des armes biologiques dans le sang. Il est vrai que la mentalité  américaine est fascinée par la littérature science-fictionnelle. Cette fascination est largement exploitée par le complexe militaro-industriel et par l'industrie du divertissement. La guerre robotique est partout. Dans les jeux vidéo, les films et les  romans.
 
Cette préparation à la guerre construit également des simulacres urbains destinés à conditionner et entraîner les futures troupes de l'impérialisme dominant. Une centaine de villes en miniature sont en construction autour du globe. La majeure partie se trouve aux Etats-Unis. D'autres sont situées au Koweït, en Israël, en Angleterre, en Allemagne et à Singapour. Elles simulent les villes arabes et les villes du tiers monde.  Ces villes artificielles mobilisent tous les clichés racistes: orientalisme de pacotille, magma labyrinthique, absence de société civile. Les insurgés sont coiffés de keffiehs et armés de kalachnikovs AK47 et de lance-roquettes. Ces villes ne sont que des théâtres opérationnels aptes seulement à recevoir les marchandises produites par les multinationales. En quelque sorte, ce sont des villes poubelles dépourvues de toute humanité. Il existe un simulacre électronique de Jakarta. Une portion de la ville de vingt kilomètres carrés a été numérisée dans tous ses détails avec une reproduction en trois dimensions. Une ville palestinienne a été reconstituée par des ingénieurs américains dans le désert du Néguev. Des jeux vidéo proposent même une réplique virtuelle de Bagdad. «L'armée américaine considère que jouer aux jeux vidéo est une forme d'entraînement militaire préalable tout à fait efficace.». Les systèmes de contrôle des drones s'inspirent directement des consoles Playstation. D'une certaine façon, la robotisation rend la guerre acceptable et la violence propre. La mort, le sang, la souffrance et les cris s'évaporent au profit du divertissement.
 
L'armée américaine s'inspire directement des pratiques israéliennes. La bande de Gaza est devenue un véritable laboratoire. L'armée israélienne y a expérimenté des nouvelles techniques de contrôle et de guerre anti-insurrectionnelle. Cette guerre s'accompagne du déni total des droits accordés aux populations palestiniennes. Le mur de béton érigé en Cisjordanie sert de modèle aux troupes américaines afin de quadriller les quartiers de Bagdad. Israël se pose en exemple planétaire de l'urbanisme militaire contre-insurrectionnel et devient le quatrième plus gros exportateur d'armes et d'équipement de sécurité au monde. A la suite de la guerre au Liban en 2006, Israël a connu l'une de ses meilleures années au plan économique. La bourse de Tel-Aviv a gagné 30%.
 
Il faut noter que cette hyper-sophistication de la guerre se combine avec une accélération de la tendance à la privatisation. La guerre est sous-traitée. En Irak, les services de santé, les hébergements, l'approvisionnement et le soutien logistique  sont privatisés. Il y a convergence entre le gouvernement américain obsédé par les nouvelles technologies de l'information et les industries de la sécurité. Naomi Klein considère qu'il s'agit de «la définition même du corporatisme: la grande entreprise et le gouvernement tout puissant combinant leurs formidables puissances respectives pour mieux contrôler les citoyens.»
 
5 - Le capitalisme du désastre
 
Cette domination médiatico-sécuritaire relève à la fois d'une machine à commander et d'une machine à produire du spectacle. Machine à commander parce qu'elle exerce un pouvoir réel d'injonction et de contrôle sur les populations. Machine à spectacle parce qu'elle cherche à mettre en scène les menaces pour susciter peur et résignation. En France, les quartiers populaires sont soumis à une surveillance et à une répression expérimentales liées à la mise en place, à l'échelle mondiale, du capitalisme sécuritaire.
 
La guerre qui vient cherche à créer un enfer urbain. C'est à dire à démoderniser, en particulier, les villes et les sociétés du Moyen-Orient. C'est à dire à détruire leurs infrastructures vitales, à rejeter les habitants au-delà du centre ville et à leur dénier tout droit. L'US Air Force proclamait qu'elle bombarderait l'Afghanistan  jusqu'à ce qu'il «retourne à l'âge de pierre». A propos de l'Irak, le sous-secrétaire général des Nations-Unis Martti Ahtisaari, faisant état de sa visite en Irak en mars 1991, déclare: «Presque tous les moyens de subsistance de la vie moderne ont été détruits ou  fragilisés. L'Irak a été relégué, pour encore quelques temps, à l'ère préindustrielle, mais avec tous les handicaps liés à une dépendance postindustrielle reposant sur une utilisation intensive d'énergie et de technologie». La majorité des décès (111 000 personnes) sont attribués aux problèmes de santé de l'après-guerre. L'UNICEF a estimé qu'entre 1991 et 1998, il y avait eu plus de 500 000 morts excédentaires parmi les enfants irakiens de moins de cinq ans.
 
L'ultralibéralisme met à contribution crises et désastres naturels pour imposer partout la loi du marché et la barbarie spéculative. C'est ce que Naomi Klein appelle «le capitalisme du désastre». La guerre en Irak est exemplaire de ce point de vue. Elle accouche d'un «modèle de guerre et de reconstruction privatisée». Ce modèle est exportable dans le monde entier. Toute entreprise liée à la haute technologie (biotechnologie, informatique, télécom) peut facilement se présenter comme dédiée à la sécurité et justifier des mesures draconiennes en termes de ciblage et de surveillance. On peut penser que la guerre sans fin finisse par éradiquer la démocratie elle-même. Rien ne peut rester extérieur à la guerre totale. 
 
Mais la guerre robotisée se heurte à ses propres limites. La crise de l'hégémonie américaine est accentuée par les échecs en Irak et en Afghanistan. Les effets dramatiques de la crise économique amplifient la menace de déstabilisation intérieur. Un ancien officier de l'armée de terre notait en 2008: «L'extension massive de la violence à l'intérieur des Etats-Unis contraindrait l'appareil de défense à réorienter ses priorités en urgence afin de défendre l'ordre intérieur fondamental et la sécurité humaine». L'espace urbain virtuel,  numérisé par les laboratoires militaires, ignore la dimension humaine. Il  néglige l'homme dans sa dignité, dans sa capacité de résistance et de solidarité. Il ne prend pas en compte l'opinion publique internationale. De New-York à Athènes et de Madrid au Caire, la vieille Taupe poursuit son travail: Hic Rhodus, hic salta !...


Claude Luchetta, Septembre 2012.


Lire la suite

jeudi, 01 novembre 2012

AL-QAIDA AU MAGHREB (AQMI) APPARTIENT AUX SERVICES SECRETS FRANÇAIS

 

AQMI.jpg


Un article du site ALTER INFO paru l'année dernière (2011), absolument édifiant et d'une actualité toujours aussi criante!


Al-Qaïda au Maghreb, c’est le nouveau nom du GSPC, qui était lui-même le nouveau nom du GIA. Il y a des preuves comme quoi ce groupe, originellement localisé en Algérie, est manipulé par les services secrets français. Tout ce que fait Al-Qaïda au Maghreb est par conséquent commandité par l’État français!
 
Lire les articles suivants : 

GIA - 1995 - le Gouvernement français et la DST savaient où les bombes allaient être posées: 

http://mai68.org/ag/926.htm 

12 avril 2007 - ELECTIONS PRÉSIDENTIELLES - Les attentats en Algérie peuvent-ils favoriser Sarko? 

http://mai68.org/ag/1132.htm 

11 avril 2007 - ATTENTATS D’ALGER - Les journalistes ont trouvé le coupable en une demi-heure! 

http://mai68.org/ag/1131.htm 

Les dessous de l’affaire des moines de Tibéhirine: 

http://mai68.org/spip/spip.php?article335 

Sachez aussi une chose essentielle pour bien comprendre: l’Algérie, c’est encore et toujours la France!: 
 
Une visite de ce site (MAOL) vous en convaincra: 

http://www.anp.org 
PROPAGANDE ET MANIPULATIONS - FRANCE.png
Il est très important de parcourir en détail le site du MAOL, le site du "Mouvement Algérien des Officiers Libres", qui dénonce à peu près toutes les manipulations du terrorisme en Algérie: 

http://www.anp.org/frenindex/frentree.html 
 
Lire en particulier cette page qui dénonce que les généraux qui gouvernent actuellement l’Algérie sont d’«anciens» harkis au service de la France: 

http://www.anp.org/etatdediscorde/cancerdz.htm 
 
OU bien lire ce texte beaucoup plus court et très explicite: Le serment des membres du MAOL (Mouvement Algérien des Officiers Libres): 

http://www.anp.org/frenindex/altragedyfr1.htm 
 
Extrait: 

«L’Armée Nationale Populaire a de tout temps été le symbole de l’honneur et du sacrifice, mais l’avènement d’officiers supérieures (ex-officiers de l’armée française ou relatifs) à ses commandes, nous a reconduit plus de quarante ans en arrière. Les pendules sont à l’heure de l’occupation.« Pour toutes ces raisons et pour suivre l’exemple de nos frères officiers et sous-officiers lâchement exécutés dès les premières heures de la guerre civile par d’autres membres de l’Armée Nationale Populaire sous les commandes de Mariane, nous combattrons ces nouveaux harkis et leurs alliés jusqu’à la dernière goutte de notre sang.» 
 
Maintenant, regardez les vidéos suivantes: 
 
 
 
Cliquer sur l’image pour voir cette vidéo de 2 minutes. 
Extrait d’un 19-20 de France 3 en février 2007 

  
 
Cliquer sur l’image pour voir cette vidéo de 13 minutes. 
Extrait d’une émission de Canal + en mars 2007 
 

 http://mai68.org/spip/spip.php?article1372 


Source: ALTER INFO.NET

jeudi, 25 octobre 2012

ALBERT BOURGI - MALI: LES RISQUES D'UNE INTERVENTION MILITAIRE EXTERIEURE

 

ALBERT BOURGI 2.jpg

 

La gravité de la situation dans le Nord du Mali justifie, sans aucun doute, la tenue, le 26 septembre 2012, en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une Conférence internationale consacrée exclusivement à la menace que font peser sur toute la région sahélo-saharienne, et même au-delà, les activités des mouvements terroristes. L’urgence d’un tel sommet à New York s’impose d’autant plus que l’avancée et la violence des groupes armés qui, désormais, occupent plus de 800 000 Km2 des 1 240 000 Km2 que couvre le territoire malien, se sont accompagnés d’exactions multiples à l’encontre des populations civiles.

Un tel chaos est, de toute évidence, exacerbé par le vide politique et institutionnel qui prévaut au Mali depuis le coup d’État du 22 mars 2012 qui a renversé le Président Amadou Toumani Touré. Si, dans un premier temps, les Maliens ont cru voir dans les militaires qui ont pris le pouvoir, sous la conduite du capitaine Sanogo, un moyen de laver l’humiliation subie par leur armée lors de l’invasion des trois régions du Nord (le 24 janvier 2012, dans la localité d’Aguelhok, une centaine de militaires a été purement et simplement exécutée), ils ont très vite déchanté.

Elément déclencheur, voire amplificateur du coup d’État du 22 mars 2012, l’irruption brutale et criminelle des groupes armés dans le Nord, a mis à nu l’état de délitement des structures étatiques du pays, dont a témoigné, entre autres, la déroute de l’armée malienne face aux rebelles. Cette évanescence de l’Etat malien n’était que le corollaire des limites d’une expérience politique longtemps érigée en modèle, sur le Continent. En réalité, et c’est certainement là l’une des causes de l’effondrement du mythe malien, la prétendue démocratie consensuelle voulue par le Président déchu a eu pour effet de discréditer la classe politique, et de casser ainsi les ressorts du pluralisme qui aurait pu faire obstacle à la rupture de l’ordre constitutionnel par la junte militaire.

C’est précisément ce vide politique provoqué par le mode d’exercice du pouvoir  qui a facilité le coup d’État militaire, et entretenu la confusion dans laquelle s’est inscrit le schéma institutionnel dit de la transition qui répond davantage à des compromis politiques échafaudés par un médiateur autoproclamé, le  Président burkinabé Blaise Compaoré, qu’à une volonté de restauration de la légalité constitutionnelle. Les combinaisons politiciennes qui ont sous-tendu, depuis maintenant six mois, la mise en place des structures de la transition au Mali, sous l’égide officielle de la CEDEAO qui s’était auparavant faite remarquer par des oukases de rétorsion économique et financière, ont discrédité aux yeux des Maliens l’organisation ouest africaine.

Ainsi, en dépit du bons sens, l’attelage institutionnel de la transition, d’ailleurs bien éloigné de ce que prévoit la Constitution malienne de 1992 en cas de vacance du pouvoir se caractérise par l’existence de trois pôles de pouvoirs qui se neutralisent et se combattent. Le Président « intérimaire » durant les quarante jours prévus par la Constitution, devenu par la suite un Président de transition par la seule volonté des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, mais qui a finalement conservé le titre de Président intérimaire, brille aujourd’hui par son effacement au profit du Premier ministre. Ce dernier détient désormais les pleins pouvoirs, et sous l’apparence d’un homme résolu à remettre son pays sur les rails de la normalisation institutionnelle, il semble surtout vouloir remettre en selle les partisans de l’ancien Président Moussa Traoré, renversé par la révolte populaire du 26 mars 1991 et réunir les conditions politiques de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Quant à la junte militaire elle est bel et bien là, et continue de peser de manière décisive sur le cours des événements.

Cet imbroglio institutionnel, inapte à sortir le pays de la crise, sert surtout les intérêts politiques du médiateur, Blaise Compaoré,  en quête permanente de leadership dans la région, dans le but de masquer la défiance dont il est l’objet dans son propre pays. Tout cela conduit à craindre que les Maliens, faute de consensus national sur le cadre de la transition, ne se retrouvent pas dans  l’actuelle architecture du pouvoir pour relever le double défi de la reconquête du Nord et de la reconstruction de l’État. Ces mêmes craintes pourraient surgir au cas où certaines modalités de l’intervention militaire  extérieure seraient perçues comme une ingérence manifeste dans les affaires intérieures du Mali. Ce type de réaction est d’autant plus possible que le peuple malien est très sensible à tout ce qui touche à sa souveraineté nationale. 

Il est pourtant plus qu’urgent de mettre fin à la terreur instaurée par les mouvements terroristes dans le Nord du pays, et d’extirper une présence  terroriste qui constitue une menace non seulement pour l’unité nationale du Mali mais pour la paix dans tout le Sahel. Mais une fois cet objectif fixé, il reste à en déterminer les conditions de mise en œuvre qui doivent obéir à de multiples paramètres géostratégiques et militaires, rendus  très complexes par les différences d’approche des pays de la région. A cela s’ajoutent les doutes qui subsistent dans l’opinion africaine en général sur les capacités d’action de la CEDEAO depuis les fâcheux précédents du Liberia et de la Sierra Leone. Dans ces deux pays, l’ECOMOG, la force ouest africaine, presqu’exclusivement composée de contingents nigérians, s’était livrée à des violences et à un pillage en règle des pays où elle était censée rétablir la paix. 

                                    

Albert BOURGI                               

Professeur émérite de droit public à l’Université de Reims

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 24 octobre 2012

LE MEGASYNDICAT INTERNATIONAL DU CRIME - 1ère et 2ème PARTIE


monde,chroniques de bernard desgagné,le mégasyndicat international du crime 1ère et 2ème partie

1ère PARTIE

Les pires criminels savent se donner bonne apparence. Les Hells Angels n’installent pas leur repaire devant un bar de danseuses. La famille Rizutto ne vend pas de stupéfiants dans ses résidences luxueuses. Parlez-en aux voisins, à Cartierville, et ils vous diront que les mafiosos sont des gens paisibles qui ne dérangent personne. Beaucoup plus polis et souriants, en fait, que la police de Montréal lorsqu’elle rend visite aux «rats mangeux de marde et gratteux de guitare», pour reprendre une expression à la mode au Québec.


Dans la seconde partie, demain, il sera particulièrement question de la venue à Québec du chef de guerre et terroriste ivoirien Guillaume Soro, auquel Ottawa accorde gentiment un visa, comme si de rien n’était. 

Les Québécois d’origine ivoirienne et leurs sympathisants seront dimanche à 15 heures devant l’Assemblée nationale, à Québec, pour manifester leur ras-le-bol à l’égard de l’injustice institutionnalisée par des criminels comme Nicolas Sarkozy, François Hollande et Stephen Harper, qui protègent de sombres individus comme Soro, qui n’hésitent pas à faire assassiner des innocents, tant que ça se passe loin de leur pays, et qui monopolisent les tribunes médiatiques au nom d’une certaine «communauté internationale» dont le seul argument est le mensonge. Joignez-vous à nous.


Le mégasyndicat international du crime ne fait pas exception. À l’instar des Hells Angels et de la mafia, les membres du mégasyndicat ménagent leur voisinage et envoient leurs hommes de main commettre leurs crimes à l’abri des regards, pour que l’odeur de la mort ne les atteigne pas. Ils ont l’air éminemment respectables aux yeux de ceux qui ne font pas partie de leurs victimes. Ils font, dans leur pays, la chasse à des terroristes qu’ils encouragent pourtant à terroriser ailleurs, par exemple, en Syrie.

Qui sont les barons de ce mégasyndicat? Ce sont des individus comme Benyamin Netanyahou, George Bush, Tony Blair, Bill Clinton, Barack Obama, David Cameron, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, François Hollande et Stephen Harper. Auteurs de crimes de masse contre l’humanité, ils ont des millions de victimes à leur tableau de chasse et sont les funestes héritiers d’une tradition barbare de carnages qui remonte au moins aux croisades et qui connait un nouvel essor depuis le démembrement de l’Union soviétique. Autrement dit depuis que plus personne ne semble pouvoir les arrêter par la force, seule logique qu’ils comprennent.

Psychopathes avérés, les barons préparent actuellement d’autres crimes immondes, notamment la guerre contre l’Iran, un pays qui n’attaque personne et qui ne possède pas l’arme atomique, contrairement à Israël. Cette guerre risque de durer de nombreuses années, de se propager dans une grande partie du monde et de causer des massacres spectaculaires. À votre petit écran prochainement. De quoi stupéfier certaines consciences endormies.

Le mégasyndicat international du crime a ses pourvoyeurs de fonds: les oligarques du grand capital apatride, patrons des barons. Ce sont des magnats comme les Desmarais, par exemple, actionnaires de référence de Total, qui se sont réjouis en secret du massacre de milliers d’Ivoiriens par Nicolas Sarkozy, grâce auquel ils ont pu reprendre tranquillement le pompage du pétrole du golfe de Guinée. Ce sont également George Sorros et les dirigeants de Goldman Sachs, qui tirent les ficelles du capitalisme financier un peu partout pour saigner les États à blanc et qui, avec le complexe militaro-industriel, sont parmi les principaux instigateurs du terrorisme pratiqué par Israël, les États-Unis et leurs vassaux en vue de supprimer les empêcheurs d’endetter en rond.

Le mégasyndicat international du crime a aussi un grand nombre d’exécutants de diverses natures, du soldat aventurier qui explose sur une bombe artisanale en Afghanistan au dictateur d’une néocolonie africaine, en passant par le chef de guerre cupide et cruel, parrainé par Washington ou Paris, et l’agent de relations publiques grassement rémunéré pour répandre des écrans de fumée, dans un média, une université ou une fausse ONG. Les agents de relations publiques sont particulièrement importants, car ce sont eux qui maintiennent les électeurs occidentaux dans un coma profond les empêchant de prendre conscience des crimes des barons.

Le système des vérités officielles

Même si les preuves des manipulations passées de l’opinion publique sont abondantes, le peuple peut encore être facilement berné par des manipulations semblables. En effet, les moyens de diffusion énormes des médias ont un effet structurant sur la pensée. Après avoir pris connaissance de cas patents de désinformation massive, beaucoup de gens continuent de gober les mensonges fabriqués en série par les salles de rédaction parce qu’ils ont peine à concevoir le monde autrement que selon le schéma de pensée qui a pris racine en eux et dont ils sont devenus très dépendants, à force d’être intoxiqués quotidiennement. Je n’arriverai certainement pas à convaincre tous les sceptiques qui trouvent que j’exagère, mais, vu la gravité de l’enjeu, ma conscience m’ordonne d’expliquer et de démontrer encore. 

Les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime ont pour fonction, entre autres, de cultiver des croyances sur une longue période pour en faire des vérités officielles. Ainsi, même les pourfendeurs des bombardements de l’OTAN en Libye se sentiront obligés de commencer leurs réquisitoires contre les crimes de masse de l’Occident en se dédouanant à l’avance: «quoique Kadhafi fût un dictateur sanguinaire…», disent-ils. Ils craignent à raison de subir l’inquisition médiatique s’ils osent contester une vérité officielle.

Pourtant, il devrait être normal de rappeler que, jamais, du temps de Kadhafi, un diplomate étasunien n’a été assassiné en Libye comme ce fut le cas le 11 septembre 2012 à Benghazi. Un groupe armé, paradoxalement aidé par les États-Unis à ravager la Libye en 2011, a tué l’ambassadeur Chris Stevens et trois autres Étasuniens. En 2006, les États-Unis avaient même retiré la Libye de leur liste d’États terroristes, ce qui était du reste la moindre des choses, puisque Kadhafi n’a jamais eu quoi que ce soit à voir avec l’attentat de Lockerbie et puisqu’en 1986, ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont commis un attentat terroriste à Tripoli, c’est-à-dire un bombardement qui a entrainé la mort de la petite fille adoptive de Kadhafi et qui a été ordonné par Ronald Reagan.

Mais, dans l’univers des vérités officielles, il n’est pas normal de penser librement et de parler honnêtement. Les chasses aux sorcières existent bel et bien. Pendant la dernière campagne électorale, au Québec, un jeune candidat d’Option nationale, Mikaël Saint-Louis, a gouté à la médecine que réservent les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime à toute personne qui acquiert une certaine notoriété et qui remet en question des vérités officielles.

«Kadhafi et Staline s’invitent dans la campagne électorale québécoise!», titrait le Journal de Montréal, dans le blogue de Taïeb Moalla, lui-même meneur de claque des rebelles intégristes dépeints naguère comme des combattants de la liberté en Libye, mais devenus rapidement assassins de diplomates. Les journalistes étant protégés par le corporatisme médiatique, M. Moalla n’a jamais eu à répondre à des questions embarrassantes sur ses accointances islamistes. En revanche, Mikaël Saint-Louis, lui, s’est vu harcelé par la presse pour avoir remis en question des fictions élevées au rang de vérités.

Évidemment, les journalistes n’agissent pas toujours machiavéliquement, pour intimider, bâillonner ou dénigrer les objecteurs. Ils ont une autre motivation. Le système des vérités officielles est une mine d’or pour eux puisqu’il leur permet de fabriquer aisément des scandales qui font vendre de la copie, qui plaisent au patron et qui sont un facteur d’avancement. Quand il faut pondre un article tous les jours, en retour d’un généreux salaire, on doit saisir les occasions au passage, faute de pouvoir vraiment enquêter.

Par ailleurs, on dit souvent que les journalistes sont simplement paresseux et qu’ils ne prennent pas le temps d’aller au fond des choses. On dit aussi qu’ils sont ignorants ou incompétents. C’est sans doute vrai dans certains cas, mais cette incompétence est instrumentalisée par des manipulateurs qui savent très bien ce qu’ils font.

Un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence pour désinformer

J’ai enregistré un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence journalistique le 1er avril 2011 à 14 h 34. Une journaliste, Mélanie Bourgeois, interviewait Jean-Hilaire Yapi au sujet de la crise ivoirienne, sur les ondes du Réseau de l’information (RDI), une chaine télé de Radio-Canada. Vous trouverez cette entrevue ci-bas, sous la rubrique «Cinéma-vérité».

Dans la vidéo, on voit bien Mme Bourgeois consulter son portable pour y trouver les questions tendancieuses qu’on lui souffle. Quelqu’un avait préparé le scénario. Il fallait premièrement montrer que M. Yapi était un partisan de Laurent Gbagbo, présenté en introduction comme un dictateur qui résistait dans son bastion grâce à ses troupes d’élite, donc que M. Yapi n’était pas crédible. 

Deuxièmement, Radio-Canada voulait faire ressortir les méthodes prétendument violentes et antidémocratiques de M. Gbagbo, qui avait, dit-on, choisi d’encercler son adversaire, de le menacer et de le garder prisonnier dans un hôtel, ce qui était du reste totalement faux. Troisièmement, on voulait laisser entendre qu’en «s’accrochant au pouvoir», Laurent Gbagbo entrainait ses compatriotes dans un bain de sang auquel il aurait pu mettre fin en obéissant à la «communauté internationale», nom que Radio-Canada emploie pour désigner le mégasyndicat international du crime. 

Toutefois, Jean-Hilaire Yapi s’est révélé plus convaincant que RDI ne l’avait prévu. Lorsqu’il a commencé à rappeler les vérités officielles invoquées dans un passé récent par la «communauté internationale» pour raser des pays comme l’Irak et l’Afghanistan, le réalisateur a abruptement mis fin à l’entrevue, faite en direct et jamais rediffusée. Prenez six minutes et trente-cinq secondes pour visionner ce morceau d’anthologie de la désinformation par l’incompétence; vous n’en reviendrez pas.

Pendant toute la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, date de l’enlèvement de Laurent Gbagbo, président dument élu de la Côte d’Ivoire, sous les bombes françaises, Radio-Canada s’est livrée à une intense campagne de désinformation inversant totalement la réalité. Elle a participé à un coup d’État et aux activités criminelles des terroristes à la solde d’Alassane Ouattara, qui ont mis la Côte d’Ivoire à feu et à sang à partir de 2002, avec l’aide de la France et des mercenaires onusiens. 

Depuis le renversement de Laurent Gbagbo, Radio-Canada occulte volontairement le drame quotidien vécu en Côte d’Ivoire. Sous la férule de Ouattara, ce pays magnifique est devenu une dictature brutale et génocidaire alors que Sarkozy, Obama, Harper et cie prétendaient y faire régner la démocratie. Même affaire qu’en Libye, quoi. Ayant écrit un certain nombre de fois sur la Côte d'Ivoire, spécialement à l’intention du public québécois, qui ne suit pas nécessairement de manière assidue l’actualité africaine, j’invite mes compatriotes qui souhaitent en savoir davantage à regarder le documentaire Laurent Gbagbo, un homme une vision et à consulter les textes suivants:

Si beaucoup de journalistes sont incompétents, paresseux ou coincés dans les exigences de leur employeur, je suis d’avis que nombre de leurs collègues, notamment des spécialistes, des correspondants à l’étranger, des affectateurs, des réalisateurs et des directeurs de l’information, sont parfaitement conscients de leur mission de désinformation et n’hésitent pas à manipuler leurs collègues et à organiser le mensonge en toute connaissance de cause.

Les légendes d’épouvante

Que le comportement des journalistes s’explique par la paresse, l’incompétence ou la complicité, le résultat est le même: les vérités officielles s’incrustent lorsqu’elles sont façonnées au fil de milliers de reportages. Elles peuvent même acquérir leurs lettres de noblesse dans des livres ou d’autres œuvres primées et encensées par la critique — par exemple, les écrits de la blogueuse cubaine Yoani Sánchez, coqueluche de Radio-Canada —  et dans les travaux des universitaires serviles, qui ne manqueront pas de sources concordantes à citer puisque les reportages pleuvent et reprennent tous les mêmes mensonges.

Museler ou marginaliser tout contradicteur n’est pas le but principal des vérités officielles. Elles servent surtout à créer des monstres qui deviennent les personnages principaux des légendes d’épouvante. Comme leur nom l’indique, ces légendes ont pour fonction d’épouvanter le bon peuple et de le rendre malléable. Les médias occidentaux avaient fait de Kadhafi le monstre d’une légende d’épouvante, ce qui a permis aux barons de commettre les pires crimes en Libye tout en se faisant passer pour de preux chevaliers.

Aujourd’hui, Kadhafi étant hors d’état de nuire aux bénéfices de Wall Street, son fantôme n’est plus présent dans les médias que pour discréditer d’autres indésirables, comme les candidats d’un parti préconisant l’indépendance du Québec. Les agents de relations publiques s’affairent au façonnement d’autres légendes, qui servent à justifier des agressions en cours, notamment en Syrie, ou qui serviront un jour ou l’autre à attaquer d’autres adversaires économiques. Nous en reparlerons dans la deuxième partie.

 

Bernard Desgagné

 

Source 1: ORGANISATION DU QUEBECOIS

Lire la suite

jeudi, 18 octobre 2012

JEUNE AFRIQUE: RACISME, CHANTAGES, ESCROQUERIES, MERCENARIAT, RACKETS... - PERQUISITIONS D'UNE MAISON CLOSE

 

BECHIR BEN YAMED.jpg

Béchir Ben Yahmed, fondateur de Jeune Afrique.

 

Un bel article de 2011 à visiter et à revisiter pour comprendre le rôle nuisible et les intrigues de cet organe françafricain nommé "Jeune Afrique". Il est certes un peu long, mais donnez-vous de la peine, lisez-le. Vous en apprendrez des choses!


Depuis presque un demi siècle, des générations entières d’Africains subissent la tyrannie, le mépris de M. Béchir Ben Yahmed  et de son groupe de presse, et ce n’est pas fini, car ses rejetons sont là à l’œuvre et travaillent à pérenniser l’œuvre de colonisation de nos esprits et de dépouillement de nos deniers publics. Qu’a-t-il apporté ce groupe de presse aux Africains ? La question mérite d’être posée, tellement cette famille s’est enrichie plus que de raison sur le dos des Africains. Bras armé de la françafrique, la ligne éditoriale du « sac à merde » comme l’a qualifié un homme politique malien, s’est toujours alignée sur les positions néocolonialistes françaises. Les violons s’accordaient régulièrement entre BBY et Jacques Foccart qui révéla dans ses mémoires qu’il avait un rituel d’un dîner par mois avec le propriétaire de J.A. La complicité entre les deux hommes était telle qu’à sa mort, Jacques Foccart désigna BBY comme son légataire testamentaire universel. Que peuvent attendre les Africains du légataire de Foccart ? Que peut-il leur offrir ? A part, les maintenir autant et aussi longtemps que possible dans les liens du  pacte colonial ?

« BBY devenait le gardien et, en fait, l’agent de commercialisation des mémoires de l’homme ayant, outre des opérations telles que le débarquement des mercenaires en 1977 au Bénin, perpétué la présence néocoloniale de la France dans ses ex colonies et ainsi permis à la France de partir pour mieux rester » releva  Antoine Glaser. Le groupe JA faisait bel et bien partie du réseau Foccart.

BBY a-t-il  convaincu  de son indépendance ?

Ou bien a-t-il tout simplement réussi à convaincre qu’il était un sous fifre de la Françafrique, informé, managé et exécutant toutes les missions qui pouvaient aller de la terreur médiatique à la mise à mort,  programmées dans les sous-sols de la Foccardie, puis de ses successeurs ; l’empire  JA  puise ici sa source et le fondement de sa puissance ; une puissance dont l’expression première est sa capacité de nuisance, sa détermination à salir, à insulter les dirigeants et Chefs d’Etat de la seule Afrique Noire.  Car de mémoire d’homme, on n’a jamais vu BBY traiter ou qualifier un Chef d’Etat arabe, de dictateur, de tueur, et pourtant certains ont instauré de monstrueuses tyrannies qui, pour le moins, n’ont rien à envier à toutes les « dictatures » africaines qu’il n’a cesse de dénoncer et de brocarder en des termes orduriers et racistes.

« Aboul le fric » est la devise du groupe, les Chefs d’Etat Africains doivent payer pour qu’on les épargne, s’ils refusent, ils se font descendre, et  leur entourage de souligner le tirage de J.A. à X...Exemplaires, de  prévenir  que leur avidité non satisfaite se transformerait en haine et en  poursuite infernale contre eux ; alors de grâce, payez pour avoir la paix, payez pour qu’il vous lèche les bottes, plutôt que de le voir vous déverser sa bile. C’est le discours qu’on entend régulièrement dans les couloirs des présidences africaines.

Ainsi donc, à cette opération de chantage bien menée, s’ajoute une escroquerie qui consiste en ce que chaque semaine, le journal est vendu deux fois ; une première fois à l’annonceur - Chef d’Etat ou homme politique - puis une seconde fois au pauvre lecteur que nous sommes qui, perdons notre temps à acheter et à enrichir depuis plus de 60 ans une famille qui n’a aucune considération pour nous si ce n’est que de s’appliquer à vider les  poches  de nos responsables sans aucun scrupule.

Quoi de plus convaincant que des exemples concrets, entrons donc dans les égouts du journal et faisons la lumière sur ses pratiques douteuses. Du Cameroun au Gabon, en passant par la Côte d’Ivoire, le Sénégal, tout le monde est logé à la même enseigne ; seule la  rapide docilité de certains à allonger le blé aux  journalistes commerciaux de J.A, explique la différence de traitement.

C’est ainsi qu’aux dossiers incendiaires dont le but est de maintenir la pression plutôt que d’informer, succéderont des reportages qui sont, en fait, des publi-reportages de même que l’enquête journalistique est en fait une quête publicitaire. Aujourd’hui, JA fait face  dans l’arène médiatique à une presse privée africaine qui devient très audacieuse et dynamique, vous comprendrez pourquoi la vénalité de cette famille la pousse au chantage, aux menaces dans leur course de rattrapage. Véritable outil de propagande, l’hebdomadaire n’accepte ni la concurrence ni le refus d’adhérer à ses idées mercantiles. Exemples :

Le Cameroun

Un contrat portant sur la somme de 650 millions de FCFA à verser chaque année permet au régime de Paul Biya de bénéficier d’un traitement de faveur.  Le Gouvernement paya sans râler pendant 4 ans, puis en a eu marre, surtout que l’impact positif des articles de JA n’a jamais été prouvé,  de même que  les retombées en termes d’image sont une belle arnaque et personne n’y croit. Aussi, malgré plusieurs relances, on fit la sourde oreille à Yaoundé. Pendant ce temps, à Paris, la famille BY affute ses couteaux, et pond un dossier sur les 50 personnalités qui comptent en Afrique et, bien entendu, Paul BIYA est  zappé et sérieusement critiqué sur tous les angles.

Le Gabon

Véritable vache à lait, le Gabon a toujours les plus lourdes factures au groupe JA. Selon les anciens du journal, Bongo assurait les fins de mois de l’hebdomadaire à lui tout seul. Il serait fastidieux de lister 40 ans de collaboration fructueuse ; aussi citons les scandales encore fumants comme celui souligné par la Lettre du Continent : Le groupe Jeune Afrique a édité, via sa régie publicitaire Difcom dirigée par Danièle Ben Ahmed, un bon de commande à l’attention de la présidence de la République gabonaise pour la réalisation d’un guide “Ecofinance” sur le « +Gabon ». Mais, selon la même Lettre confidentielle, depuis cette date, il n’y a aucun retour du côté gabonais. Le directeur exécutif de la rédaction, Marwane Ben Yahmed, fils de BBY, a donc enfilé sa casquette de VRP. Il est monté au créneau pour rappeler  à la ministre gabonaise de la communication, Laure Olga Gondjout, la “longue collaboration” entre Jeune Afrique et l’ancien président Omar Bongo Ondimba… Des menaces à peine voilées.

Le Sénégal

La presse sénégalaise s’offusque régulièrement des sommes astronomiques dépensées pour fermer la bouche au journal J.A. qui n’a pas bonne presse malgré le fait que de nombreux sénégalais aient travaillé dans la maison. De vives tensions avaient opposé le régime de Diouf à BBY au sujet de la couverture de la crise qui a opposé le Sénégal à la Mauritanie en 1989. Les premiers papiers de JA étaient une véritable lapidation médiatique du régime de Diouf. L’élite sénégalaise avait bien compris le message, BBY avait choisi le camp de ses frères arabes. Le régime de Diouf paniqua et envoya une délégation pour négocier à coups de millions, non pas le respect de la Vérité ou une certaine éthique professionnelle dont le journal n’en a que faire, mais plutôt un équilibre dans la présentation des évènements. Le Sénégal avait  parfaitement à l’esprit le racisme du propriétaire de  l’hebdomadaire mais aussi la connaissance de l’octroi de licences de pêche à certains responsables du groupe par le régime de Ould TAYA.

Le Tchad

On peut dire que le cas du Tchad peut se résumer à la personne du président Habré, à son combat contre Khadafi et à la position de BBY. La façon dont BBY, un vieillard de 83 ans s’occupe personnellement, avec une haine féroce, à démolir l’image de Hissein Habré (HH), a poussé  ses propres collaborateurs à s’interroger sur cette attitude. 

Au début, était le contrat qui le liait à Kadhafi, conclu pour accompagner et maquiller la politique expansionniste de la Libye au Tchad et dans la sous-région. Toutefois, les milliards encaissés par la famille BY n’expliquaient pas toute cette folie en continu depuis plus de 30 ans. Le 14 juillet 1988, le président HH fut l’invité d’honneur de la fête nationale française, durant sa visite à Paris dans le cadre de ces festivités BBY adressa une invitation  au Président HH au siège de J.A. Ce dernier déclina l’invitation. Le Roi Béchir le prit très mal, lui qui se considérait comme l’égal de ces Excellences, selon les confidences d’anciens de la maison. Un coin du voile fut levé grâce à une grande dame de la politique sénégalaise, ancienne ministre, elle donna une clé pour comprendre la haine qu’il éprouvait pour HH

BBY 
avait été profondément traumatisé par les évènements Tchado-libyens. Elle expliqua que «  lors de la  chute de Ouadi-Doum, elle était en train de dîner avec le couple Ben Yahmed dans leur domicile ; les télévisions françaises étaient déchaînées sur l’actualité brulante de l’heure à savoir, la totale déconfiture de la puissante armée libyenne ; des milliers de soldats libyens venaient d’être faits prisonniers par l’armée nationale tchadienne, tout l’état major libyen avait été fait prisonnier et quelques instants plus tard, les images de soldats libyens menottés, certains assis, d’autres à genoux, défilèrent sur les écrans … Silence lourd et pesant, BBY blême, accuse le coup, au bord des larmes, il contient difficilement son émotion, sa rage plutôt; il se sent humilié jusqu’au plus profond de son être. D’une voix éteinte, oubliant qu’il n’était pas seul, il balbutie : « Jamais, jamais des Noirs n’ont mis à genoux des Arabes. Comment ont-ils osé ? Je consacrerai ma vie à le leur faire regretter amèrement …. » Et c’est ainsi que le Président Hissein Habré paie depuis plus de 30 ans,  pour le courage qu’il a eu  d’affronter Khadafi, d’avoir mobilisé son peuple, son armée pour mettre fin à une barbarie sans nom. Des troupes  libyennes ont semé la terreur, envahi le pays, commis des crimes horribles, il est vrai avec la complicité active d’hommes politiques tchadiens. Malgré cette horrible réalité  vécue par le peuple tchadien, l’esprit enfiévré et raciste de BBY n’a enregistré que la dernière séquence pour monter son propre film  pour nourrir et alimenter sa haine et son désir de vengeance qu’il lèguera à ses fils déjà positionnés pour pomper à leur tour l’argent des Africains.

A cette vanité raciste, il faut ajouter qu’il lui revient de brasser du vent pour la françafrique à laquelle il appartient ; d’où  son engagement inlassable dans l’affaire HH qui lui permet, par ailleurs, d’en imposer au désormais sur-liquide Deby qui arrose abondamment les différents envoyés spéciaux de J.A. A fonds perdus, vue sa désastreuse image tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Le pauvre ! Avec les catastrophiques résultats du Tchad, dernier du peloton dans plusieurs domaines, avec l’échec du Projet Pétrole, les rapaces de J.A. auraient de quoi écrire pendant 30 ans.

La Mauritanie

C’est François Soudan qui a le dossier Mauritanie, lui qui dit : On aurait des racines dans ce pays. L’équipe de J.A. a joué à fonds la carte Ould Taya en dressant un portrait très flatteur : « A 62 ans, Ould TAYA est plus habile, plus déterminé que jamais… » et invitant les lecteurs à ne jamais le sous estimer…. Puis c’est le coup d’Etat de Mohammed El Vall , le nouveau Président après avoir fait refouler François Soudan, temporise et sort son chéquier, du coup virage à 90° pour nos experts pour qui selon le bon mot du journaliste Hugueux  «l’analyse du contenu de J.A. atteste une souplesse d’échine que ne renierait pas le plus talentueux des contorsionnistes. Quand l’appel de titre devient appel de fonds. » (Nous vous invitons à lire l’ouvrage du journaliste). Le coup d’Etat en Mauritanie est donc une divine surprise pour J.A. (500.000 euros encaissés selon la presse). Quant au pauvre Ould TAYA, il est perçu désormais comme « timide, distant, cassant, enfermé dans une logique sécuritaire et fonçant dans le mur … ».

Le Rwanda

Pendant longtemps, le régime de Juvenal Habiarimana a signé les contrats publicitaires les plus importants, J.A. a fait des affaires en or avec les auteurs du génocide. Désormais, on fait la cour à Kagamé, signature d’un contrat de 350 000 dollars, Francois Soudan exalte Paul  Kagamé,  désormais décrit comme ayant fait de son pays un paradis sécuritaire etc.

Ainsi dans le royaume de J.A, la boussole qui guide la ligne éditoriale a pour balancier l’appétit de l’argent. Lequel explique que la somme des sujets tenus à distance est égale à celle des non sujets matraqués en permanence. C’est la parfaite illustration de la coïncidence entre les intérêts des dictatures avec ceux de l’information comme l’ont souligné avec pertinence des journalistes camerounais. Les journalistes de J.A. bombent le torse, arrogants, ils ont le droit de se croire puissants et de travailler à la légende dorée de leur indépendance… Personne n’est dupe.

Quelques esprits pourraient néanmoins ne pas croire au racisme de BBY, pour se faire une idée, écoutons les journalistes africains noirs qui ont travaillé avec lui pendant parfois de longues années et qu’il a foutu à la porte ou poussé à la démission ou bien qui ont préféré partir (comme Marie Roger BILOA ou Blaise Pascal TALLA).

Le journaliste Jean Baptiste PLACCA a eu un clash avec BBY au sujet de Nelson Mandela, plus précisément, lors de la libération de Mandela  et de la couverture de l’évènement du siècle. BBY refuse d’envoyer un reporter couvrir ce qui est pour lui un non évènement. On peut le faire depuis Paris maintient-il. Son collaborateur est choqué,  le Roi Béchir est nu, sa face hideuse explose  au grand jour, M. Placca quitte le groupe JA.

Francis KPATINDE, journaliste depuis 19 ans à  J.A. assiste, ce jour de novembre 2004, à une conférence de rédaction à laquelle prend part  l'ancien journaliste français Henri Marque (RTL), ami de Ben Yahmed et invité par ce dernier à assister aux débats de son équipe.  M. Marque déclare  sans sourciller que la «paresse est congénitale chez les Africains.»

Outré, Kpatindé juge ces propos inadmissibles et dénonce  le racisme du vieil ami de son patron, lequel ami menace de quitter les lieux si l'impertinent Noir ne présente pas ses excuses. «Jamais de la vie !», répond Kpatindé face à l'insistance de son «boss» qui tient à ses relations avec Henri Marque. BBY prend la chicotte et les coups pleuvent sur Kpatindé ; réprimandes, harcèlements, retraits de rubriques, et voilà que le journaliste béninois présente sa lettre de démission à BBY. En voici un extrait :

« …  Votre ire s'est accrue, en novembre dernier, après ma réaction, en conférence de rédaction, contre les propos racistes - à l'égard des Africains - de l'un de vos collaborateurs. Au lieu de m'apporter votre soutien,  vous avez semblé prendre le parti de l'intéressé. Il est évident que je ne puis accepter cette façon de faire et le harcèlement continu dont je fais l'objet depuis plusieurs mois. Je me réserve donc le droit de donner une suite à ces comportements pour le moins inadmissibles au sein d'une entreprise qui tire profit, plus que de raison, de l'Afrique. »

Que dire du journaliste SENNEN qui, ravagé par un cancer de l’intestin en phase terminale, recevait de BBY, sur son lit de mort à l’hôpital, des lettres de mises à pied pour causes d’absences prolongées… !

Ou encore du journaliste Sénégalais Elimane Fall, jeté, repris, rejeté, cent fois humilié. La machine à broyer de BBY tourne à plein régime et pour lui, les Noirs ne connaissent que la chicotte. Cela s’applique dans le cadre professionnel avec ses employés africains qui lui doivent obéissance, soumission et doivent s’exécuter et surtout la fermer et garder  yeux et tête baissés.

C’est la conception coloniale du « BOYE » noir, homme à tout faire, que dis-je, bête de somme. Illustration : Vous êtes journaliste, diplômé, connaissant votre travail et le faites sérieusement. Mais, BBY exige que vous vous transformiez en agent collecteur de bons de commande auprès d’entreprises africaines, auprès d’hommes politiques dans le pays où vous êtes en mission. Au besoin, une ridicule petite commission est concédée pour justifier cette substantielle et unilatérale modification de votre contrat de travail. Mais vous estimez ne pas être intéressé par cette commission n’ayant pas une formation de commercial ; Comme s’exprimait ainsi Francis Kpatindé dans sa lettre précitée : «….Laissez-moi, vous rappeler une de vos correspondances dans laquelle vous me proposiez 5% de commission si, au cours de mes voyages, je vous ramenais des contrats commerciaux et des actionnaires. Je peux également citer ces étranges correspondances, auxquelles je n'ai jamais donné suite, d'une responsable de l'entreprise me demandant de lui faire parvenir des listes de prospects pour l'actionnariat et l'abonnement patrimoine. J'ai, bien entendu, les moyens de prouver ce que j'avance. »

L’extraordinaire imagination de BBY ferait des jaloux.

Des articles payés rubis sur ongle font suite à des insertions publicitaires d’entreprises, mais aussi des abonnements à tarifs spéciaux, sans compter des achats d’actions du groupe. Constatons  que presque tous les Chefs d’Etat  africains, beaucoup d’hommes politiques opposants ou non, des chefs d’entreprise ont été démarchés pour acheter des actions, et bien sûr l’arnaque consiste à ne pas être considéré comme un actionnaire normal à qui les résultats de la société  sont communiqués et qui peut légitimement s’attendre à toucher des dividendes de l’empire BBY. Mais, il ne faut pas rêver !

Selon, le Canard Enchaîné, le bouchon a été même poussé plus loin quand un chef d’entreprise tunisien ayant acquis, sur injonction de la présidence de son pays, des actions du groupe, exprima par écrit, le souhait de les revendre après 10 ans, BBY refuse et lui répond : « Comme vous le savez l’achat des 263 actions l’ont été dans le cadre d’un achat fait par 41 sociétés tunisiennes à la demande de la présidence tunisienne (Ben Ali). Cet achat a été coordonné et centralisé par les deux directeurs de cabinet respectifs. Donc pour la revente, vous devez suivre la même procédure à rebours. » Incroyable, non seulement les dictatures africaines amies de BBY obligent leurs sociétés à acheter des actions du groupe J.A. pour renflouer leur caisse, opération financière en pure perte puisqu’aucun dividende ne vous est jamais versé, mais en plus impossible de revendre les foutues actions, même à vil prix ! Y a-t-il une posture plus  déshonorante que celle-ci ?

Le groupe a pourtant une situation florissante, une affaire extrêmement rentable, qui ne peut être que rentable vu ses méthodes managériales sui generis. La preuve c’est qu’aucun des fils de BBY n’a essayé de faire ses preuves dans une autre activité, pourquoi aller vers l’inconnu quand on a une mine d’or entre les mains, et qu’il suffit d’en faire une affaire familiale pour en garder tous les bénéfices.

Imaginez une seconde, la razzia que fait ce journal sur les comptes de nos pauvres Etats : La grande interview-propagande politique d’un Président tourne autour de 800.000 euros selon les finances du pays, 940.000 euros pour la Guinée Equatoriale, plus la collecte d’insertions publicitaires à 10.000 euros la page ; toutes les entreprises du pays  y passent et l’envoyé spécial de J.A. y veille avec le Cabinet présidentiel ; et, en plus l’abonnement spécial obligatoire pour les entreprises, et encore l’achat d’actions qui ne produiront aucun versement de dividendes.

Sans compter ce qui pourrait figurer dans le livre Guinness des idées les plus diaboliques, à savoir : l’abonnement à vie à Jeune Afrique avec la touche spéciale c'est-à-dire que l’abonnement est transmissible avec votre héritage à vos enfants. Il fallait y penser. N’oublions pas les fameux Atlas, revues touristiques qui coûtent au bas mot 100.000 euros tirés à un nombre important d’exemplaires, faites le calcul !

Ce n’est pas fini, il arrive que les experts de J.A. vous tiennent la main pour écrire, comme par exemple, le président Obiang Nguéma de Guinée Equatoriale pour son livre « My life for my People » !

Constatez la saignée à blanc de nos Etats par des donneurs de leçons sans égal. Que pensent les institutions internationales préoccupées par la bonne gouvernance de ces dépenses inappropriées ? Tout cet argent dépensé à engraisser des maîtres chanteurs, aurait pu être plus judicieusement utilisé ! Il est vrai que le groupe est un démembrement de la Françafrique, entre copains, c’est toujours le renvoi d’ascenseur.

De plus, la fragilité des pouvoirs en Afrique dope les actions de communication, c’est en quelque sorte leur terreau fertile.

Les rares visites de BBY sur le continent Noir sont à relever, cela participe de la distance nécessaire qu’il met pour contenir, loin de lui, les responsables africains qu’il méprise et avec qui, il ne souhaite  partager aucune familiarité, ne parlons pas d’amitié.

Dans cette logique, il refuse leurs médailles mais accepte leurs chèques. Il n’est pas question pour S Y Béchir de se rabaisser au niveau d’un roitelet nègre. Quelques petites exceptions, il lui est arrivé d’aller quémander le président Houphouet à domicile ainsi que le président Bongo quand les temps étaient cailloux pour lui. Récemment, il était prêt à abandonner son actionnaire Ouattara pour se rendre à Abidjan sceller une réconciliation avec Gbagbo et faire main basse sur un pactole, mais les conditions fixées par Gbagbo furent jugées trop draconiennes. Au Sénégal, il avait obtenu un crédit bancaire pour renflouer les caisses de J.A. avec l’aval du président Diouf, la presse sénégalaise rappelle souvent au propriétaire de J.A. qu’il n’a pas remboursé le prêt consenti.

C’est ainsi que la terreur médiatique qu’il inspire, son appartenance d’abord au Réseau Foccart, puis à la Françafrique lui a permis, malgré les insultes régulières, les diffamations multiples et ce pendant plus de 60 ans, excusez du peu, de n’avoir eu aucune plainte dirigée contre lui et jugée. Absolument renversant. La seule exception est la plainte introduite par les avocats du président Hissein Habré pour un faux grossier à savoir, une pseudo interview que leur aurait accordée l’ancien président Tchadien.

BBY a estimé que cette initiative relevait de l’audace et qu’il ne devait pas permettre à d’autres de suivre cet exemple. D’où les multiples gesticulations de ses avocats pour demander aux réseaux françafricains de ne pas oublier de lui renvoyer l’ascenseur, à lui membre de la confrérie au nom des bons et loyaux services rendus pour servir les intérêts de la France. La décision de justice rendue mérite le détour : le juge français a déclaré que « le président Hissein Habré n’apportait pas la preuve qu’il n’a pas accordé d’interview à J.A. et BBY aussi, n’a pas pu apporter la preuve que HH leur a accordé une interview…!». Tout le monde a compris, car, la charge de la preuve incombait bien à J.A. qui a prétendu que Hissein Habré leur avait donné une interview ; et, tous les journalistes le savent, dans un cas pareil, on a des courriers, des échanges, des supports audio même pour une interview dans un journal. Or, JA et Ben Yahmed n’avaient rien. Pour les sortir du pétrin, le renvoi d’ascenseur avait fonctionné avec des grincements bruyants. Partie remise ?

BBY est un habitué des sollicitations pour le tirer d’un pétrin, selon la presse française, les arriérés de son groupe à l’URSSAF étaient astronomiques, il demanda une faveur au PM d’alors, français Balladur qui la lui accorda. Il en sera ainsi avec les prud’hommes dans le cas des conflits avec ses employés. On peut relever que la presse française ne s’intéresse pas beaucoup à lui, mais ne l’épargne guère à l’occasion. Toutefois, l’arrogant BBY la joue balle à terre et adopte un profil très bas et évite la confrontation avec les journalistes français, comme on dit chez nous « les grenouilles ne sautillent pas dans l’eau chaude. »

Le mépris, le manque de considération de J.A. se constate quand Deby se fait interviewer en casquant plus 300 millions de F CFA et insulte copieusement les rebelles tchadiens en les traitant de mercenaires.

Le représentant des rebelles et porte parole M. Acheikh Ibn Oumar écrit un droit de réponse qui, selon les règles professionnelles, devait être publié dans le journal. Niet catégorique de J.A, on balance le droit de réponse sur le site du journal, le temps d’une rose et basta. Aucune indignation de la part de l’intéresse qui ne dénonce pas ce mauvais traitement, s’en accommode même. C’est normal que BBY tienne toujours sa chicotte à la main, si chacun (et tout le monde) baisse yeux et tête.

Toujours sur le Tchad, et le refus de publier les droits de réponse à lui envoyés par les avocats de Habré; ceux-ci dénoncèrent cette attitude  et firent  publier dans d’autres médias les droits de réponse en question, provoquant la fureur de BBY et quelques insultes avec les responsables des journaux ayant publié les droits de réponse. Des méthodes de mafiosi en fin de compte.  Selon BBY, à ses  insultes, il ne faut ni opposer une plainte, ni exercer un droit de réponse et pire, il ne faut pas non plus tenter de réagir par d’autres voies !  Est-ce le comportement de quelqu’un qui respecte les gens ou est-ce le comportement d’un maître vis-à-vis de ses valets ?

Le racisme de BBY a explosé, aussi, en ce qui concerne la Tunisie de Ben Ali.  BBY est tunisien, cela lui suffisait à lui et ses enfants pour dire « Touche pas  à mon pays ». Ainsi, parlait Zyad Liman, fils de la femme de BBY, lors d’une émission sur TV5 à propos de la modification constitutionnelle faite par Ben Ali pour s’assurer une présidence à vie : « D’abord, le régime de Ben Ali réunit autour de lui la majorité des Tunisiens qui ne sont pas intéressés par d’autres questions, le régime leur offre une vie bien meilleure à celle d’autres pays. De plus, je m’interdis de dire du mal d’un pays qui est le mien et dont je détiens le passeport même si ma mère est savoyarde. » Dans ces quelques mots, tout a été dit. Le fils de Ben Yahmed a une conception bien curieuse du journalisme indépendant ! Il n’a pas démérité de son père adoptif. Mais ne nous laissons pas divertir par ce camouflage. Des solides liens d’argent unissaient BBY et Ben Ali.

Ainsi, dans un article du 17 février, le journal « Le Monde » monte au créneau et accuse BBY et son équipe « d’avoir abondamment contribué à empêcher de connaître le vrai régime de Ben Ali. Ils n’ont jamais consacré des dossiers comme ils le faisaient sur Mobutu et Kabila fils. » N’est ce pas édifiant?

Et la presse française de poursuivre, « BBY était subjugué par Leila Ben Ali qu’il a dépeint en 2009 comme une femme politique énergique, déterminée et fonceuse, elle est la générosité discrète, percutante d’esprit, d’humour et d’humanisme ». En fait constate, le Canard Enchaîné, JA a habilement oscillé entre flagornerie et critique mouchetée de courtisan. Par rapport à la situation économique tunisienne en 2009, JA écrivait : « Le pays jouit d’une paix sociale. On l’a dit et répété depuis plus de 20 ans, la liste des progrès réalisés ne cesse de s’allonger ».

La saga de BBY a permis de prendre conscience qu’un groupe de presse, c’est capital pour décrocher des commandes de toutes sortes. C’est malheureusement ce que beaucoup de personnes ont retenu et le créneau suscite aujourd’hui beaucoup d’intérêt auprès d’hommes d’affaires, chanteurs, avocats, etc… qui espèrent  ainsi imiter l’équipe de JA et s’enrichir les doigts de pieds en éventail. BBY mérite t-il d’être copié ? Lui qui, répondant à une remarque sur l’absence d’une ligne éditoriale dans son journal, a rétorqué « les cimetières sont pleins de journaux qui en avaient ! ». En 2010, il revendiquait 60.000 exemplaires distribués en France et à l’étranger (combien d’invendus ?), autrement dit une dégringolade, une perte d’audience et de crédibilité constantes, le torchon ne fait plus recette. Il était temps !

Certains anciens de l’hebdomadaire surnomment BBY, le Gourou, l’assimilent à un roi ayant sa cour, ses bouffons et ses esclaves ; toujours est-il que le personnage à la peau fripée et submergée de millions de rides porte sur lui les affres du temps et de toutes ses forfaitures, compromissions, trahisons, inscrites comme des scarifications indélébiles.

Ayons le courage de dire STOP, de ne plus dépenser notre CFA dévaluée à enrichir une famille qui a bâti une fortune colossale en nous exploitant sans honte tout en affichant son souverain mépris. A la jeunesse africaine  de s’interroger sur ce que  peut bien  apporter la plume d’un homme qui, du haut de toute son expérience  politique, a assumé haut et fort que la libération de Nelson Mandela ne représentait pas un évènement assez important pour qu’il daigne envoyer un  seul reporter.

La meilleure réponse à cette attitude raciste, c’est d’arrêter de l’enrichir, de prendre conscience  que son appétit de notre argent, lui a apporté  puissance et arrogance mais que notre soumission  nous  a, en même temps, et  par ricochet, avili.

Le groupe de BBY, selon les mots de Lapham « apprend à réagir avec la souplesse accommodante d’un majordome anglais qui apporte des toasts beurrés au Prince de Galles ». C’est nous, les princes ! Alors, les majordomes, on peut les virer ou en changer, n’est ce pas?

 
 
Source: ZOOM TCHAD

samedi, 13 octobre 2012

POURQUOI LES MALIENS ONT RAISON D'AVOIR PEUR

 

GAO - NORD DU MALI.jpg

 Ville de Gao, nord du Mali, le 10 septembre 2012. REUTERS


Une intervention militaire dans le nord du Mali pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour ce pays.

 

Le «Malian bashing» est à la mode dans le petit cercle des commentateurs de l’actualité africaine. Si on n’écoutait que certains d’entre eux, on se convaincrait assez rapidement que le seul et unique problème du Mali est sa classe politique irresponsable, bien décidée à se battre jusqu’à la dernière goutte de sang pour des lambeaux de pouvoir. Ou alors que la malédiction de ce pays est son armée, qui refuse de verser son sang pour Tombouctou ou pour Kidal, mais qui s’arc-boute sur son orgueil outragé quand les âmes vertueuses de la communauté internationale veulent venir mettre de l’ordre là où il y a le chaos.

Cette façon de voir les choses a «l’avantage» d’éluder une question fondamentale: le scepticisme profond d’une grande partie de l’opinion publique malienne quant à la capacité et à la volonté des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de la France et plus globalement la communauté internationale, d’aider sincèrement le pays sinistré de Soundjata à se tenir de nouveau sur ses deux jambes. De nombreux Maliens se méfient, et ils ont des raisons de se méfier.

Raison numéro un: la sécession du Nord-Mali a d’abord été une perspective acceptable pour la France

Souvenons-nous. Tant que c’était le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, estampillé laïc) qui faisait la conquête du Nord du pays et y installait sa loi, tout ce que Paris compte d’officiels, d’analystes et de brillants rhéteurs considérait qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise malienne.

Qu’il fallait entendre le message des Touaregs, dont le lamento identitaire était reçu avec compassion et commisération. Il a fallu que le MNLA se fasse rouler dans la farine par ses alliés circonstanciels islamistes pour que les points de vue changent du tout au tout et que la diplomatie hexagonale se démène pour débarrasser son pré carré d’un impérialisme concurrent du sien sur ce terrain particulier: celui du salafisme international. Mais, vu de Bamako, la question fondamentale était l’intégrité territoriale, et rien ne ressemble plus à un barbu d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique) qu’un imberbe azawadien dont le visage buriné est camouflé par le burnous bleu.

Raison numéro deux: la CEDEAO a été maladroite voire sadique avec le Mali

Très clairement, pour les chefs d’Etat de la région – en tout cas pour certains d’entre eux –, l’avancée des rebelles était moins importante que l’urgence d’imposer un «nouvel ordre politique», à la fois sans Amadou Toumani Touré (l’ex-président renversé en mars 2011) dont ils ont regretté le règne avec de trop apparentes larmes de crocodile et sans la junte dirigée par Amadou Sanogo, qu’il fallait marginaliser afin de placer les petits et les grands copains réunis dans le cadre d’un gouvernement de transition. Afin de gouverner le Mali par procuration. Afin, ont dit certains intellectuels mauvais coucheurs, de «recoloniser» le Mali pour le compte de grandes puissances en embuscade.

Pour arriver à ses fins, le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara est même allé jusqu’à fermer d’autorité la frontière avec le Mali pendant quelques jours. Ce qui revenait à asphyxier, dans tous les sens du terme, le pays qu’il prétendait sauver. Il est vrai que Ouattara peut considérer que cette méthode sadique lui a réussi dans sa guerre de quatre mois contre son prédécesseur, Laurent Gbagbo. Mais tout de même! Difficile de faire du chantage à vos voisins, même si c’est pour leur bien à vos yeux, sans vous aliéner définitivement un grand nombre d’entre eux.

Raison numéro trois: les forces d’interposition règlent fort mal les crises

Fort peu solidaires pour une majorité d’entre eux de Laurent Gbagbo quand il subissait sa rébellion à lui, les Maliens se sont tout de même rendu compte que la MICECI (on parle aujourd’hui de MICEMA (Mission de la Cedeao au Mali), ancêtre de l’ONUCI, n’a rien réglé mais a coupé la Côte d’Ivoire en deux pendant près de dix ans, laissant macérer les racines de la haine et d’une confrontation finale (?) qui a été bien plus violente que celle du 19 septembre 2002.

Et si les «forces impartiales», étaient, comme on dit à Treichville (quartier d’Abidjan), des «aggravaffaires»? En plus, quand elles viennent, elles ne partent plus. L’ONU et ses fonctionnaires surpayés sont toujours là au Liberia, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Soudan… Conflit internationalisé un jour, conflit internationalisé toujours?

Raison numéro quatre: la France et les islamistes ont les mêmes «meilleurs amis»

Si la Côte d’Ivoire a été l’obsession des exécutifs Chirac et Sarkozy (au pouvoir jusqu’en mai 2012), la «reconquête» du Sahel malien semble être la priorité des priorités de l’administration Hollande. Il n’empêche qu’il est difficile de ne pas tiquer lorsque l’on sonde la profondeur des alliances des uns et des autres. C’est un secret de polichinelle : la France réac et la France baba cool se retrouvent unies dans une fascination pour les «hommes bleus» des dunes dont le MNLA est la figure emblématique.

Mais alors que Paris hausse le ton contre les islamistes liés à la nébuleuse Al Qaida qui coupent les mains et manient le fouet plus que de raison, comment oublier tout à fait que, selon de nombreux spécialistes du renseignement, une partie de l’approvisionnement des salafistes provient de réseaux qataris? Ce n’est pas un détail, puisque le Qatar d’aujourd’hui est dans le monde arabe, pour Paris, ce qu’était la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny dans les années 1960 et 1970 en Afrique: un allié sûr, un pivot stratégique, un partenaire central.

Le Qatar est même plus que cela, puisqu’il met la main à la poche pour financer le Paris-Saint-Germain (club de foot de la capitale française) ou pallier aux défaillances de l’Etat français dans les banlieues.

Mais pourquoi, au lieu de financer une invasion militaire du pays qui pourrait le transformer en une sorte de lieu de cristallisation de longue durée des forces en présence dans le cadre d’une guerre froide qui ne dit pas son nom, François Hollande – qui n’a pas un sou en poche, dit-on – ne prend-il pas son téléphone pour appeler ses amis les émirs? Pourquoi les Etats-Unis ne sont pas «chauds» pour une intervention? Iront-ils jusqu’à la saboter si elle a lieu?

Pourquoi les salafistes sont-ils les alliés, voire la force virile de l’Occident en Syrie, comme hier en Libye, quand il s’agit de chasser de vieux régimes «laïcs», et deviennent en Afrique subsaharienne la menace absolue?

Les Maliens ont l’impression d’être les victimes d’un grand jeu qui les dépasse. Ils n’ont pas sollicité la guerre de Libye menée par l’OTAN sans aucun souci de l’après-Kadhafi, mais ils sont obligés d’en subir les conséquences, dans un contexte où ils sont divisés, mal préparés militairement, et persuadés d’avoir fort peu d’amis dans la grande épreuve qui les étreint. C’est pour cette raison qu’ils se méfient. Et ils ont bien raison.


Théophile Kouamouo

 

Source: SLATE AFRIQUE

jeudi, 11 octobre 2012

BARACK OBAMA SERA-T-IL LUI AUSSI ATTEINT PAR LA MALEDICTION DE KADHAFI?


BARACK OBAMA 3.jpg

 

BREVE - Le sondage Pew, dévoilé hier (lundi 8 octobre 2012, Ndlr), serait dévastateur, simplement dévastateur, selon des proches du président Barack Obama qui ne croit plus vraiment à une victoire. Il a visiblement oublié que Pew n’est qu’un sondage parmi tant d’autres. Mais, ce qui lui fait mal semble-t-il, c’est de voir la remontée spectaculaire de Mitt Romney. Car, avant le premier débat, Obama plafonnait parfois à 51% tandis que Mitt Romney, son challenger, se contentait de 43 %.  Maintenant, le mormon Romney passe à 49% et Barack Obama chute à 45%.

 

C’est tout simplement un renversement sans précédent pour un candidat en plein mois d’octobre, de mémoire d’Américain. Auparavant, Barack Obama dominait sur tous les tableaux, en matière économique, politique ou sociale. Maintenant, c’est Mitt Romney qui mène le débat, dans la quasi-totalité d’entre eux. La dernière performance de Barack Obama au débat dernier, a donné un élan mirifique de 12 points à Mitt Romney.

La question est de savoir qui est mieux que l’autre? Romney n’a pas encore dirigé mais il s’avère que ses déclarations sont un danger pour la planète entière même s'il n’a pas les moyens de sa politique. L’Amérique, endettée, ne peut ouvrir un nouveau front. Quant à Barack Obama, il a fait preuve de brutalité durant son mandat. Suivra-t-il le chemin de la bande à «Bono» à l’origine de l’assassinat de Mouammar Kadhafi et qui ont tous perdus une élection présidentielle?

 

Source: Le blog d'Allain Jules

HUGO CHAVEZ: LES LEÇONS D'UNE VICTOIRE

HUGO CHAVEZ.jpg


La victoire d’HUGO CHAVEZ est la victoire du socialisme de marché et de la démocratie participative qui constituent en réalité l’idéologie émergeante dont le leadership est assuré par la Chine.

L’aveuglement de l’impérialisme occidental qui le conduit à diaboliser systématiquement tous ceux qui n’empruntent pas la voie sans issue du libéralisme, l’isole de plus en plus de l’aspiration profonde des masses populaires pour être un simple marchant d’armes et un instrument d’endettement de leur population aux profit des détenteurs de paradis fiscaux.

En déclarant stratégique un certain nombre de secteurs économiques dont le secteur pétrolier sous contrôle de l’Etat, le Venezuela a pu redistribuer les richesses du pays et créer un tissu industriel dont les facteurs de productions sont internes.

Le contrôle par l’Etat a touché les secteurs suivants :

• La nationalisation du secteur des pétroles est un choix aussi idéologique que stratégique. La ressource, représente 30 % du PIB et 85 % des exportations. L’Etat détient 60 % des projets menés par Petroleum PLC, américaines Exxon Mobil, Chevron, Conoco Phillips, la française Total et Statoil.

• Les secteurs des télécommunications et de la production d'électricité ont également été nationalisés. Les sociétés refusaient par exemple d'investir dans des régions jugées peu rentables. 

• Au début de l'année 2008, le gouvernement vénézuélien annonce la nationalisation de la production de ciment, montrée comme une réponse au choix des sociétés étrangères d'exporter une partie de leur production en situation de pénurie de logements. 

• En 2010, le commerce de détail est nationalisé, avec la chaîne Exito détenue par le groupe français Casino accusée de contribuer à la hausse des prix. La filiale locale de l'américain NorPro, fabricant un produit pour les forages pétroliers est étatisée et intégrée à l'entreprise publique PDVSA qui détient les parts pétrolières pour le compte de l’Etat. Le groupe sidérurgique italien Tenaris Dalmine est exproprié de ses actifs, n'ayant trouvé un accord financier avec le gouvernement. 

Conséquence, le taux de croissance a atteint dans la période CHAVEZ des pics de 17% avec une réduction continue du niveau de pauvreté passant de 67% à 27% de 97 à 2011. Cette réélection confirme ce choix stratégique contre le désir de quelques multinationales qui rêvaient d’un retour triomphal par une diabolisation démesurée.

Le Venezuela a été l’initiateur de l’OPEP ayant permis aux pays producteurs de pétrole de contrôler le marché international du pétrole au profit des producteurs.

Avec CHAVEZ la révolution bolivarienne est passée du rêve à la réalité servant d’exemple à plusieurs pays d’Amérique du Sud et une leçon pour ceux qui veulent émerger de la dépendance.


DON MELLO Ahoua

Dr Ingénieur des Ponts et chaussées,
Ancien Ministre

L'EDITORIAL DE HENRY AGRE: MAGOUILLES JUDICIAIRES ET NEOCOLONIALISME FRANÇAIS EN COTE D'IVOIRE

 

JEAN-MARC SIMON 2.JPG

Jean-Marc Simon 

 

«J'ai fait mon travail en défendant le président élu de la république, en l'occurrence Monsieur Laurent Gbagbo, reconnu par notre constitution et les institutions de la Côte d'Ivoire. Je ne regrette pas le travail accompli. Je suis en paix avec moi-même et avec Dieu car je n'ai jamais trahi»; les propos tenus à la Cour par le vaillant général Dogbo Blé Bruno sont clairs et nets.

En réponse à ceux qui veulent réinventer la vérité et réécrire les doctrines judiciaires en Côte d'Ivoire, l'officier supérieur leur a rabattu le caquet de façon intelligible et très intelligente. Que l'être humain soit un descendant de quelque primate ou bien encore d'Adam et Eve comme l'ont stipulé sur ce dernier point tous les trois rameaux du monothéisme abrahamique, il est une structuration corporelle, idéelle, idéologique puis spirituelle qu'on ne peut enlever à tout le monde.

L'ancien ambassadeur de France à Abidjan, le néo-esclavagiste et criminel Jean-Marc Simon dont les missions dans notre pays ont consisté à remodeler notre paysage politique et ramener de force la Côte d'Ivoire dans le giron de l'Afrique Occidentale Française (AOF) en reconstruction doit être tout petit dans ses souliers là où il se trouve. De ce pseudo procès dirigé à charge contre les patriotes, rien ne sortira qui puisse faire baisser pavillon au vaisseau patriotique ivoirien. Parce que la raison appartient au général Dogbo Blé Bruno puis à tous ceux, hommes et femmes, petits et grands, borgnes et aveugles qui savent ce que veut dire la liberté individuelle d'abord et ensuite, l'indépendance totale d'une nation en devenir. Jean-Marc Simon est homme avec ce manque crucial qu'est la morale, celle-là même qui conditionne l'entrée de l'être humain dans l'humanité.

Ce monsieur est-il resté en dehors des temps? J'en suis persuadé. Envoyé par son pays dans le but de parfaire le plus long coup d'état de l'histoire, nous l'avions vu sur les chaînes de télé du monde entier, le téléphone en main, diriger les opérations militaires françaises ayant abouti au kidnapping du président Laurent Gbagbo. La justice ivoirienne ou plutôt ce qu'il en reste ne jouit d'aucune considération depuis que le rattrapage ethnique a été imposé en sous-main par la France dans notre pays. S'inquiéter à juste titre de cette justice aux ordres est un devoir patriotique lorsque le bourreau, le rebelle en armes, celui qui a assassiné durant des années s'ingénie à dicter la magouille comme article de loi. Là où j'aurais convoqué en tant que témoins Michèle Alliot-Marie, Nicolas Sarkozy et Jean-Marc Simon devant nos tribunaux; car ils sont des témoins précieux de ce qu'il s'est passé dans notre pays, les juges commis d'office depuis Paris dans sa nouvelle zone d'influence ivoirienne ont poussé la caricature du nègre soumis aussi loin que l'Elysée l'a ordonné. 

Au soir du verdict que prononceront ces messieurs du rattrapage ethnique, le droit n'aura pas été dit, mais la Côte d'Ivoire déjà en recul socio-éducatif et économique, aura grimpé dans le véhicule de l'esclave qui refuse de s'affranchir. Pour autant, à l'instar du président Laurent Gbagbo et du général Dogbo Blé Bruno pour ne citer que ces deux-là, une seule certitude règne dans l'enclave patriotique ivoirienne. Celle-ci, aux avant-postes de nos décisions affirme que nous avons le devoir légal de renverser le renversement de notre histoire.

Monsieur Mohamed Azab est un éminent intellectuel égyptien ayant exercé son métier d'enseignant-chercheur à travers le monde et surtout en Europe. Ceux qui ont eu le privilège d'assister à un de ses cours en France à la Sorbonne ou à une de ses conférences en sortent richement dotés en connaissances. Depuis octobre 2010, il fait office de conseiller du grand imam de la mosquée Al-Azhar du Caire, lieu cultissime d'échanges et de débats de haute volée intellectuelle. Ce vénérable sachant, comme on aimait à décrire les personnes de grande culture il y a quelques siècles de cela, s'est prononcé à propos des fièvres obsidionales qui secouent l'Europe en ce moment et les haines que cela engendre contre les peuples non blancs et leurs religions. Dans l'interview peu vulgarisée qu'il a donnée à un quotidien européen la semaine dernière, en s'adressant aux Européens, il a dit ceci en réponse à une des questions : « Est-ce que vous connaissez le droit à la différence? Vous faites des lois contre l'antisémitisme et la Shoah et cela est tout à fait normal. Nous souhaitons un traitement équivalent pour tout ce qui excite la haine des peuples. Nous avons nos valeurs, vous avez les vôtres. [...] J'accepte les critiques mais, acceptez la mienne très amicale. Nous avons le droit de demander des améliorations dans nos rapports. Nous sommes ensemble sur la terre. »

Encore une fois, on ne peut être plus clair. Monsieur Mohamed Azab à qui je demande de recevoir tous mes respects a résumé la pensée de beaucoup de personnes à travers le monde. Oui, nous respectons les valeurs des Européens et de tous leurs alliés qu'ils appellent les Occidentaux. Quand bien même beaucoup de leurs valeurs sont discutables, nous les leur laissons avec. Effectivement, ils ne sont pas seuls sur la terre, ils n'ont ni créé le ciel ni les éléments de la nature. Et nous leur demandons de respecter nos valeurs. Aux Français, nous demandons de respecter notre indépendance ; s'ils ne sont pas de cet avis, nous irons la chercher par tous les moyens nécessaires.

 

Source: IVOIRE-POLITIQUE, le blog de Henry Agré

mardi, 09 octobre 2012

MALI: CHRONIQUE D'UN DESASTRE ANNONCE


MALI - CARTE 2.jpg


De la déliquescence de l’État à la régression nationale

Jamais un pays n’aura connu pareille décélération, où, en moins d’un semestre, du début des dernières hostilités séparatistes, le Mali s’est vu projeter dans une vertigineuse phase de fragmentation accélérée par la déliquescence de l’État et la régression morale de la société.

Depuis le 6 avril 2012 et suite au coup-d’État du 22 mars, le Mali, jadis cité en exemple de stabilité, a été amputé des 2/3 nord de sa superficie, soumis désormais à une loi divine dans la pure tradition talibane de Kaboul, étrangère aux mœurs africaines.

Havre de tolérance et de coexistence, le septentrion fait ainsi l’apprentissage de la loi d’airain de la religiosité obscurantiste avec fermeture des écoles publiques et leur remplacement par des "écoles coraniques", fermeture des échoppes de tabac, le tout agrémenté par une cascade d’interdictions: interdiction des jeux du hasard (loteries), interdiction aux femmes de sortir sans accompagnement, interdiction des chants, danses et des rites de transmissions séculaires, dont les premières victimes sont la jeunesse et la gent féminine, supposées être la relève de la nation et la matrice de la culture africaine, mais vivant confinées dans ces quartiers faute d’écoles, de loisirs, d’espaces de transmissions y compris dans les familles.

Tous les grands secteurs de l’État sont en panne : l’économie est en chute libre avec une perte de l’ordre de dix milliards de F CFA par mois rien que pour les recettes douanières.

Une chute imputable tout autant aux destructions et aux pillages infligées aux infrastructures de l’administration par des soldats mutins qu’au refus des compagnies d’assurances de garantir les transferts financiers des opérateurs économiques maliens, en raison du climat d’insécurité.

L’administration douanière a dû d’ailleurs entreprendre, en toute urgence, la remise en état de son réseau informatique dont les serveurs et les câbles de liaison avaient tous été volés ou détruits lors des pillages qui ont suivi le coup-d’État.

Le secteur du BTP pâtit aussi de l’insécurité et de l’incertitude ambiantes : les chantiers de modernisation de l’aéroport international de Bamako-Sénou, tout comme le "Millenium Challenge Account"(MCA), un programme d’investissement spécial des Etats-Unis, ont été suspendus dans l’attente de la restauration de la démocratie.

A cela s’ajoute une crise alimentaire du fait de la sécheresse prolongée dans le nord du pays, se superposant au marasme économique consécutif d’une crise alimentaire générée par le refus des banques de financer les importations des produits alimentaires de première nécessité (sucre, riz et autres produits de grande consommation).

Cependant, nul ne devrait plaider la surprise !

Nul ne saurait être surpris, tant la chronique de ce désastre était annoncée, même pour l’observateur le moins avisé.

En cinquante ans d’indépendance, le Mali n’aura connu qu’un seul mandat de bonne gouvernance, celui du premier président du Mali indépendant, Modibo Kéïta (1960-1968).

Au cours de cette gouvernance, toutes les grandes institutions formatrices de la conscience nationale se sont déployées avec l’aide des pays de l’Est, notamment l’École Normale Supérieure, don du parti communiste de l’URSS (PCUS) au parti socialiste malien (US-RDA) et l’École Nationale d’Administration, ainsi que les grandes coopératives de production mises sur pied avec l’aide de la Chine, de la Yougoslavie, de l’URSS, de Cuba, entre autres : conserveries, coopératives de distribution des produits alimentaires, usine d’égrenage du coton, huilerie, usine textile, centre d’odontostomatologie, etc.

Le renversement de Modibo Kéïta par un coup-d’État d’un lieutenant fantasque - Moussa Traoré, va inaugurer une ère de plus de quarante années de mensonges et de corruption, dont le Mali ne connaitra l’épilogue tragique qu’avec le régime calamiteux de Amadou Toumani Touré (ATT) et le coup-d’État pathétique du capitaine Ahmadou Haya Sanogo.

Plus de quarante années de mensonges et de corruption à la cadence militaire et en tenue para, camouflée en civile sur la dernière décennie, aussitôt après un intermède "franchement civil"sous Alpha Oumar Konaré (AOK) de 1992 à 2002.

Puis, la sanction inévitable de tant de dérives !

Les non-dits et la fuite en avant

Tout Bamako, de même que tous les Maliens conscients, savaient que les élections présidentielles du 29 avril 2012 n’auraient pas lieu. Pourtant, tous, ou du moins la plupart, faisaient semblant d’y croire toujours.

Tous, ou les principaux acteurs, savaient que le Pouvoir était déconnecté des réalités du pays, que l’armée était démotivée par le népotisme et le formidable étalage de sa cupidité, que la classe politique, enfiévrée devant les privilèges du pouvoir, n’était intéressée que par l’avidité, tandis que la population demeurait plongée dans la désespérance.

Mais tout ce monde était taiseux avec le secret espoir d’y parvenir à son tour et de jouir au sommet des bienfaits du vœu d’or.

Avec la prévision démoniaque, une fois leur forfait accompli, de se prémunir d’un sauf conduit vers l’exil et le pardon, loin du peuple et ses lamentations.

Le dictateur (1968-1991) Moussa Traoré, parricide du symbole de l’indépendance malienne, deux fois condamnés à mort, puis gracié, vit aujourd’hui une retraite pieuse mais très confortable aux frais de l’État, à Bamako, narguant de sa présence aux cérémonies les proches de ses victimes, sans s’encombrer de leurs fantômes ou de remords.

Son Excellence Alpha Oumar Konaré (AOK): 2 mandats successifs de 5 ans. Le professeur – enseignant de son État, démolisseur attitré de l’éducation nationale et des mœurs, qui, après avoir transformé son parti politique en groupement d’intérêt économique (GIE) et modifié tous les seuils de concession (de gré à gré) des marchés publics, concéda à la corruption ses lettres de noblesses en élevant le clanisme, la perversion et la trahison à un tel degré de raffinement qu’un chroniqueur politique national titra à son sujet «Pourquoi, l’Histoire ne retiendra pas Alpha Oumar Konaré» (Quotidien Sud-Info N° 59 du 24 avril 1998)

Pour sa propre succession, AOK finit par nier au parti qui l’a porté au pouvoir la qualité et les capacités de promouvoir et soutenir une candidature à l’élection présidentielle, préférant s’en remettre à un "non-partisan" – le général ATT.

Et, du 17 janvier à ce jour, nul n’a encore entendu AOK placer un seul mot sur l’actualité si brûlante du Mali, de laquelle il est tout de même directement et personnellement comptable au moins pour 10 ans!

Qu’en sera-t-il du colonel Gamou, en charge de la base de Kidal jusqu’à sa chute en février 2012, actuellement réfugié au Niger avec cinq-cents soldats prêts pour le combat à ce qu’il paraît? Pour quel bord entend-il combattre?

Quid du colonel Maydoun, qui assumait, dans les mêmes circonstances, des prérogatives similaires à Gao?

Ces officiers supérieurs sont-ils toujours dans "le repli tactique ou stratégique"recommandé à l’époque ou recèlent-ils des caractéristiques de l’irrédentisme, sans le courage et l’honnêteté de l’affirmer?

Enfin, dernier et non le moindre, le mytique général stratège ATT, principal responsable de ce chaos absolu, en retraite tranquille à Dakar.

La mafia politico-militaro-administrative à l’œuvre

Un procès aurait sans doute démontré l’incurie administrative et l’impéritie politico-militaire :

Que le dispositif militaire déployé dans le Nord du Mali était factice avec des chars désarmés. De crainte d’un coup-d’État contre le pouvoir à Bamako?

Que l’armée constituait le principal ascenseur social et le principal prédateur du pays, avec une poignée d’officiers généraux affectés à des postes diplomatiques sensibles dans les pays du BRIC disposant d’un droit de véto (Russie, Chine) et la ceinture névralgique de la périphérie du Mali (Burkina Faso, Côte d’Ivoire). D’autres, en faction dans chaque ministère, ombre portée du ministre, en tant que contrôleur occulte pour le compte de l’institution militaire.

Que d’anciens diplomates en poste dans le Golfe, par endoctrinement ou lubrification par les pétromonarchies (?), s’étaient transformés en chefs rebelles, tels Abder Rahman Galla, ancien diplomate du Mali en Arabie saoudite, et Iyad Aghaly, ancien Consul général à Djeddah, chef actuel du mouvement "Ansar Eddine", interpelé en Arabie saoudite pour trafic de drogue, puis relâché en raison de son immunité diplomatique, sans qu’il ait été établi si les stupéfiants étaient destinés à son usage personnel ou au financement de son futur mouvement.

Que le MLNA, le vecteur d’une certaine revendication touarègue dans le Nord du Mali, ne fait pas le poids face à la mobilité des partisans expérimentés de l’AQMI. Que ses tentatives, soutenues par des chaînes de télévision et radios étrangères, d’offrir une image moderniste de tolérance à son combat se heurteront à la rigidité dogmatique du MUJAO - une branche sahélienne d’Al-Qaida.

Les larmes des victimes toisent les armes des rebelles

L’accord de paix de 1992 prévoyait l’intégration des rebelles Touaregs dans les rangs de l’armée en signe de réconciliation nationale entre la province dissidente et le pouvoir central. Il a donné lieu à la plus formidable opération de recyclage d’une classe politique dévoyée dans l’affairisme, au sein des deux seules institutions nourricières (l’administration publique et l’armée), pour lesquelles la paie était régulièrement versée à la fin de chaque mois. Sans le moindre souci de pacification des esprits.

L’accord d’Alger de 2006, décrié en son temps par la jeunesse malienne comme un accord de haute trahison, a suscité des manifestations de contestation dans les rues de Bamako, de Paris et d’ailleurs, au motif que l’État malien s’était "totalement aplati" en signant pour se désengager militairement des régions du nord au profit des seuls militaires Touaregs.

Ainsi, comme on pouvait s’y attendre, les prébendes et les sinécures ont mission de calmer les appétits, mais jamais vocation à forger une conscience nationale!

Ah, quel extraordinaire sens de l’État qu’un aspirant bachelier soit propulsé, sans la moindre protestation, à la tête des douanes avec le titre de Major (commandant)!

Quel remarquable sens de l’État que cette flopée de combattants Touaregs directement intégrés dans l’armée au rang de Major! D’autres, déserteurs en Libye, récupérés sans le moindre questionnement, mais plutôt avec tous les égards: galons, vivres, indemnités en sus!

Que l’on ne s’étonne pas ensuite que des groupes de jeunes officiers maliens formés jusqu’à ce jour dans les académies militaires étrangères (France, Allemagne, États-Unis, Russie, Chine) aient décliné l’offre du nouveau chef militaire du Mali de rejoindre actuellement les rangs!

Quelle vigoureuse et vertueuse jeunesse que celle-ci, née dans les milieux de magouille d’État et nourrie au seul lait avarié des spéculations foncières, des détournements de deniers publics et des trafics d’influence!

Bruyante jeunesse, lisse et incolore, à l’apparence courageuse et combative, déployée selon les besoins comme chargé de mission (dans un tel ou tel département ministériel) ou responsable du club de soutien d’un candidat recommandé suivant l’épaisseur de son portefeuille ou le clinquant de ses extravagances!

La vénération de la divine corruption

Les Évêques du Mali, dans un message circonstancié, questionnaient déjà en 2002 : «Peuple du Mali, dis-moi qui est ton Dieu!» (Pâques 2002, Message des Évêques du Mali à l’occasion des élections générales 2002).

À l’évidence, le Dieu des travailleurs maliens, honnêtes et entreprenants, n’est pas un Dieu de corruptions, de vols ou de mensonges, ni de surfacturations et encore moins d’escroqueries et de guerres. Ce Dieu, est-il le même que celui qui est adoré par ceux qui ont dirigé ou prétendent guider le Mali vers le bonheur?

Osons l’affirmation sans fausse honte: la corruption gangrène toutes les strates de la société. «Le virus est déjà implanté dans le fœtus à peine constitué dans le ventre de sa mère», selon le constat désabusé le plus fréquent dans nombre de conversations privées au Mali. Terrible constat, couvrant un lourd aveu de culpabilité!

Viennent ensuite se rajouter les dommages collatéraux de la déstabilisation de la Libye par l’alliance atlantique.

Le Mali est, là aussi, victime des turpitudes de sa propre classe politico-militaire, qui aura été, dans une belle inconscience, le meilleur terreau au prosélytisme dogmatique de la branche la plus obscurantiste de l’islam pétro monarchique - le meilleur propagateur, par ricochet, de l’islamophobie à travers le monde.

Dans ces conditions, quoi de moins étonnant que de jeunes soldats malmenés et désappointés, mal conseillés et très souvent manipulés, déferlent dans les rues, avec la molle prétention de s’arroger le droit de se servir de ce gâteau de la République (le pouvoir et ses privilèges), dont ils ne percevaient, jusques ici, que la couleur tout en ignorant aussi bien la consistance que la saveur?

Quoi de plus prévisible que, dans la foulée, de vieux charognards bataillant de jeunes hyènes haussent ensemble le hurlement et montrent leurs serres et crocs, au détriment du peuple et sa quiétude? Que, ce faisant, ils s’entourent des mêmes caméléons et pique-assiettes, puis s’entredéchirent au sujet d’une légitimité politique qui, de toutes les façons, n’échoira aux uns à l’exclusion absolue des autres?

Que des "religieux" en manque de spiritualité et d’inspiration s’imaginent que ce pourvoir reste à ramasser, puisque mis à terre et ne semblant plus appartenir à personne, et concluent en se pourléchant que "l’affaire est dans le sac"?

Osons espérer que ces faiblesses de la chair et ces crises cumulées aboutissent, cette fois, à la consécration de la véritable Nation du futur au Mali par la formation d’une conscience nationale.

Une conscience nationale toujours laïque et authentiquement démocratique, à l’abri des intégristes de tout bord, des corrompus de tout poil et de leurs insatiables appétits.

Ce ne sera certes pas la chose la plus aisée à réaliser par les temps qui courent, mais c’est sans doute la seule qui vaille d’être retenue pour cible!


P/FNC

La Coordination


Source: Le blog de Afrohistorama 

dimanche, 07 octobre 2012

LES RAISONS FRANÇAISES DE LA DESTABILISATION DU MALI


CALIXTE BANIAFOUNA.jpg

Déjà lu, relu et toujours d'actualité. Bonne (re)lecture! 


La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques: les intérêts « français » et « individuels ».

 

Des intérêts français, la découverte du pétrole au Mali en est le déclencheur des hostilités. Bamako, 12 mai 2002, aussitôt élu président de la République avec 64,35% des voix au deuxième tour, Amadou Toumani Touré (ATT pour les intimes) fait un rêve, celui de faire du Mali un pays producteur du pétrole. Mais le rêve ne dit pas que l’or noir est un or du diable, qui insère son producteur au rang de la malédiction où d’autres anciennes colonies françaises comme le Congo Brazzaville, le Gabon... sont depuis, tenus en laisse par Paris. Le Mali peut toujours jouer le jeu de la démocratie en organisant des élections crédibles et en assurant des alternances dans la paix tant qu’une goutte de pétrole ne coule pas encore du bassin de Taoudéni dans le nord du pays. Taoudéni ? C’est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 m d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 km², soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale, qui s’étend hors du Mali au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Algérie. Cette précision est d’une importante capitale à noter pour la suite de l’analyse.

Il est de bon augure pour ATT de créer, dès 2004, l’Autorité pour la promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP). Des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur cinq bassins sédimentaires sont signées entre le gouvernement malien (9 blocs) et les sociétés de recherche pétrolière pour les 20 autres blocs. Parmi ces sociétés, il y a la compagnie italienne d’hydrocarbure ENI (50%), l’australienne Baraka Petroleum (25%) et l’Algérienne SIPEX (25%), dont les opérations de sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 sont assurées par l’Entreprise Nationale Algérienne de Géophysique (ENAGEO), une filiale de SONATRACH qui est la première des douze sociétés pétrolières d’Afrique. Sans oublier l’apport de 46 milliards de FCFA par PetroPlus Angola, destinés à la promotion de la recherche pétrolière, à l’exploitation, au transport, au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeux, et à la formation du personnel technique malien.

Très bien tout cela ! Sauf que dans l’Eden du pétrole d’un pays tenu en laisse par la France, citer ou ne pas citer le nom de Total/Elf est synonyme de consommation d’un fruit qui rend ivre et provoque de grands changements aux consommateurs. Car, présent ou non auprès d’eux, Total/Elf est un serpent toujours présent dans l’Eden du pétrole et dont on ne peut qu’être pénétré de son influence. L’ivraie s’introduit parmi le bon grain ; d’où le péché originel qui expose d’ores et déjà, pour de nombreuses décennies, des générations maliennes entières à en payer le prix.

Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale.

Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.

Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.

Comme en Côte d’Ivoire ou en Libye, le principe de « diviser pour mieux régner » est parfaitement sous orbite au Mali. Objectif : commencer par diviser le Mali en zones nord et sud avec, au milieu des deux zones, des armées étrangères d’interposition (genre Licorne, Casques blancs, Casques bleus…) qui, au nom de la réunification du pays, les occuperont progressivement pour s’y implanter quasi-définitivement, le temps que la France installe durablement ses larbins et s’assure de la mainmise de l’or noir annoncé afin de procéder au pillage avec autant de cruauté que d’avidité. Ficelle de la scission tirée dans la clandestinité depuis Paris et bien d’autres capitales occidentales, les rebelles se sont déjà constitués dans le nord du Mali en un mouvement tribal appelé Azawad. Équipés par les maîtres occidentaux d’une quantité impressionnante d’armes, de munitions et autres matériels de guerre en provenance d’Europe et de la Libye, ils ont lancé les attaques contre les garnisons militaires de la région et occupe actuellement toute la partie nord du pays. Pour affiner la stratégie de la déstabilisation du Mali, le Quai d’Orsay peut sans gêne recevoir à visage ouvert les membres voilés de cette rébellion d’autant que toute forme d’aide qui leur est due ne peut que relever du bon sens, le prétexte étant tout trouvé : le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, le laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger de faire appel à l’éternel sauveur, la France.

Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.

En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.

 

Calixte BANIAFOUNA


Source: MEDIAPART

LE MALI, NOUVELLE VICTIME DESIGNEE D'ACTIVES INGERENCES NEOCOLONIALES FRANÇAISES

 

MALI - CARTE.jpg

 

François Hollande, au nom de la France, prit la parole lors de la 67ème session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU le jour de son ouverture, le mardi 25 septembre 2012, demandant entre autres choses un mandat international pour une intervention militaire étrangère au Mali, dont le nord du pays est occupé par des rebelles. Il qualifia d’”insupportable, inadmissible, inacceptable” l’occupation du vaste territoire du nord malien “par des groupes terroristes” en annonçant que la France soutiendra toutes les initiatives qui seront prises par les Africains. (1)

Pour rappel, la France de M.Chirac et de M.Sarkozy ne trouvait pas insupportable, inadmissible ni inacceptable l’occupation du nord ivoirien par des rebelles sanguinaires, putschistes ratés, depuis septembre 2002 et cela jusqu’à avril 2011, car ces rebelles soutenaient l’homme adoubé par Paris, l’ancien fonctionnaire du FMI Alassane Dramane Ouattara (ADO), aujourd’hui hissé au pouvoir en Côte d’Ivoire. Et droites et gauches françaises se donnaient la main durant cette période dans une union sacrée assurant cette collusion où J. Chirac et N. Sarkozy assuraient un soutien militaire français aux rebelles pour agresser l’Etat ivoirien. Ici la France soutient des rebelles, là-bas elle fait la guerre pour les combattre. Allez comprendre ! Les rebelles semblent bons s’ils sont en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, à un moment donné et contre l’ennemi désigné des intérêts occidentaux (réel ou supposé). La géométrie variable est bien  visible. La ficelle est grossière.

La France s’immisce à présent de façon aiguë et accélérée au Mali. Le néocolonialisme décomplexé se manifeste une fois de plus. L’ingérence politique et « diplomatique » devient ouvertement militaire. La crise interne, politique et militaire, au Mali veut être résolue militairement par la seule France et ses alliés africains, ses anciennes colonies ouest africaines. Dans un élan désintéressé ?

Les origines d’une crise sans précédents : Touaregs et islamistes contre le Mali, plus affaibli que jamais.

Cette crise au Mali est due aux rébellions, (2) sécessionnistes et/ou fondamentalistes, touarègues ou islamistes, qui réussirent à attaquer, occuper et contrôler le nord du pays avec ses villes principales, Gao, Kidal, Tessalit et la légendaire Tombouctou, depuis janvier 2012. Ceci provoqua un putsch fin mars 2012 pour déposer du pouvoir le général Amadou Toumani Touré, dit « ATT », impuissant et visiblement incompétent, président élu, lors de son  élection contestée fin avril 2007 (comme lors de sa première élection, en mai 2002), et en fin de mandat car une élection présidentielle était prévue pour le 29 avril 2012. Le coup d’Etat fut populaire, et eut un fort soutien politique et citoyen exprimé publiquement. (3) Une description fine, avec une tentative d’analyse pertinente, ultérieure, devrait aborder le richissime sujet d’actions et réactions au Mali face au ‘pronunciamiento’ militaire, des partis, mouvements politiques, syndicats, associations, communautés, musulmans non-intégristes, soutiens et opposants des jeunes officiers révoltés, et des consensus et clivages.

Faut rappeler que la déstabilisation du Sahel, de toute la bande sahélo saharienne, donc du nord du Mali à présent occupé par des rebelles, est l’une des conséquences directes de la guerre de l’OTAN contre la Libye, dont la France de N. Sarkozy fut l’initiatrice. Ce conflit provoqua la prolifération et le renforcement de bandes armées djihadistes et, à la chute du régime libyen et après l’exécution de Mouammar Kadhafi, la débandade de l’armée libyenne et la dissémination accélérée d’armes de tout genre et d’hommes armés dans le Sahel. Parmi les Touaregs rebelles et les islamistes au Mali il y a des vétérans de la guerre en Libye de 2011.

Après les offensives rebelles de janvier 2012 et la chute de tout le nord du pays suite au retrait de l’armée malienne au mois d’avril dernier, à présent les mouvances islamistes chercheraient, avec les crimes commis au nom de la charia et une lente poussé vers le sud-ouest, l’affrontement afin de galvaniser et d’unifier les groupes djihadistes probablement pour internationaliser le conflit dans le but d’« afghaniser » la région. Le MLNA touareg  ayant été à l’heure actuelle largement submergé par les groupes islamistes. L’arroseur arrosé ? Qui tire les ficelles occultes de ces mouvances ? L’offensive du MLNA permettait à ses parrains un scénario d’eaux troubles où l’ingérence politique et militaire étrangère était autant cause que conséquence. Certains avancent les thèses bien plausibles, et démontrables, de l’implication française -sarkozyste- ainsi que des burkinabés (Blaise Comparé ayant facilité son pays comme base arrière) avec le MNLA, qui a pignon sur rue à Paris avec un siège qui agit ouvertement sans entrave. D’autres spéculent  sur l’implication et accointances du Qatar -voire de quelques services algériens- avec des islamistes. Le « médiateur » Compaoré veut inclure le Qatar dans la table des négociations ! Les pompiers pyromanes n’ont pas des scrupules. Les hommes de paille et agents doubles semblent être partout. Et l’intoxication, la désinformation, reste une efficace arme de guerre. (4)

Une junte militaire prit le pouvoir le 22 mars 2012 à Bamako. Des jeunes militaires ayant formé un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat » (CNRDRE) avec le capitaine Amadou Haya Sanogo (formé aux Etats-Unis entre 2004 et 2010) à sa tête. Sous pression de la France, par l’entremise de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) représentée par le burkinabé Blaise Compaoré, le CNRDRE céda le pouvoir le 12 avril 2012 à Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale qui nomma le 17 avril Cheick Modibo Diarra au poste de premier ministre intérimaire. Tout cela eut lieu après que l’Etat malien soit frappé d’un embargo total et que des sanctions politiques et économiques lourdes soient décidées par la CEDEAO, la France, l’Union Africaine  et l’Union Européenne. Des élections présidentielles auraient dû avoir lieu pour que M. Traoré, président intérimaire, transfère le pouvoir à un président élu lors d’un scrutin régulier après la période de transition allant de trois semaines à quarante jours tel que le prévoyait la constitution malienne. (5) Mais le mandat intérimaire de quarante jours de D. Traoré fut prolongé pour une période d’un an de plus par Ouagadougou et entériné par la CEDEAO.

Rappelons qu’« ATT » fut déposé par les jeunes officiers d’une armée malienne qui lui reprochait son incompétence, son incurie et le manque des moyens pour lutter contre les rebelles touaregs et islamistes au nord du pays. Suite au coup d’Etat, l’embargo organisé par le couple France-CEDEAO empêcha l’armée malienne d’avoir des nouvelles armes, matériel militaire et munitions importées, pour lutter contre les rebelles  sécessionnistes. Et la conquête rebelle de territoires du nord put ainsi s’élargir et se consolider au mois d’avril dernier. La junte céda le pouvoir rapidement mais l’embargo continue encore aujourd’hui. A Bamako les Maliens ont déjà vivement manifesté leur mécontentement et impatience, comme le 21 mai dernier lorsque ils manifestèrent contre Dioncounda Traoré. Ce dernier fut alors blessé. (6)

Le rôle néfaste de la CEDEAO, efficace instrument français.

La CEDEAO, avec la France, organise activement l’impuissance de l’armée malienne pour mieux justifier l’envoi d’un corps expéditionnaire formé surtout d’un noyau ivoiro-burkinabé. Dans le port de Conakry, en Guinée, le matériel militaire destiné à l’armée malienne reste bloqué encore aujourd’hui et cela depuis des mois. (7)

L’ingérence française dans le conflit interne malien se concrétise avec le « consentement » de la victime, à savoir le propre Mali, car le président intérimaire malien a demandé le lundi 24 septembre au secrétaire général de l’ONU une intervention militaire étrangère. Étonnamment c’est le ministre français L. Fabius qui annonce cela à New York, à savoir que M. Traoré a demandé à Ban Ki-moon, une résolution du Conseil de sécurité autorisant “l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées”‘ en rajoutant que le “Mali souhaite la présence immédiate de cette force». (8) Mais ce n’est peut-être pas exactement si consenti que ça. Faut se demander si ce « consentement »  est totalement libre et complètement éclairé. Pour preuve, le journal Le Monde dit dans son article sur le sujet daté du mardi 25 septembre « Dimanche [24 septembre], le Mali a finalement cédé à la pression de la Cédéao qui, depuis des mois, soutient le principe d’une intervention militaire au nord du Mali . ». (9)

Faut se demander aussi si ceux qui ont demandé cette intervention sont légitimes et mandatés pour cela. Au Mali, Cheick Modibo Diarra (ayant une double nationalité, malienne et états-unienne) est le premier ministre d’un régime non issu des urnes. Et Dioncounda Traoré est un président intérimaire imposé aux Maliens par Ouagadougou. Il fut imposé par une France interventionniste ayant mandaté pour cela le peu démocrate militaire burkinabé Blaise Compaoré, ancien putschiste, au pouvoir dans son pays depuis vingt-cinq ans.

Dans le meilleur des cas D. Traoré et C. M. Diarra sont, soit des mannequins ventriloques forcés, portant la parole de Paris, soit victimes d’une naïveté sidérante.  Dans le pire de cas ils sont complices et activement partisans profrançais, Françafricains, bradant la souveraineté malienne, si petite soit-elle, manquant ainsi à leur devoir de défense de la souveraineté de l’Etat et du peuple maliens. C’est une affaire dans l’affaire. Un coup de force, un coup d’Etat en douce, à retardement, opéré, gagné pour l’instant sur le tapis vert d’une table lointaine, entre Ouagadougou, Paris et New York.

Ce n’est pas un jeu de pions ? Ce n’est pas un jeu de dupes ? Il est notoire que Paris -le président F. Hollande et le ministre des affaires étrangères L. Fabius-  a pressé Bamako -Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra- pour qu’il demande ouvertement une intervention militaire étrangère sur le sol malien. Et Paris se presse pour dire que ce n’est pas l’armée française qu’y interviendra mais un corps expéditionnaire africain de la CEDEAO. La France assurant bien sûr les moyens financiers, le renseignement, les armes et la logistique.

Comme l’OEA -Organisation des Etats Américains- qui fut des décennies durant le masque interventionniste des Etats-Unis en Amérique Latine, la CEDEAO est l’un de pseudonymes  de la France en Afrique. Elle est l’instrument de blanchiment et de légitimation, des décisions politiques, économiques et militaires françaises destinées à l’ensemble de la région, de l’Afrique de l’Ouest, et à l’égard de chaque pays qu’y se trouve, exception faite du Ghana et du Nigeria, de la sphère anglophone où les Britanniques « ont la main ». C’est une chambre d’enregistrement des desseins et impératifs de la métropole néocoloniale française concernant ses anciennes colonies ouest africaines. La banque centrale de l’union monétaire de la CEDEAO, l’UEMOA, à savoir la BCEAO, est contrôlée par. la Banque de France ! Et la monnaie, le franc CFA, signifiait franc des « Colonies françaises d’Afrique », terme devenu « Communauté financière africaine », plus politiquement correct.

Le cas « édifiant » de la Côte d’Ivoire et sa guerre de neuf ans. Chirac et Sarkozy réinventent « la coloniale »

Dans l’incroyable guerre -souterraine puis ouverte- déclarée contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo par la France depuis le 18 septembre 2002, lors d’une tentative ratée de putsch suivie de l’occupation du nord ivoirien par des rebelles partisans de A. Ouattara, choyés et sanctuarisés par l’armée française, la CEDEAO joua dès le début le rôle de relais de la France pour tenter de mettre à bas le président élu, L. Gbagbo, et in fine asseoir sur le fauteuil présidentiel A. Ouattara, l’homme du FMI. Ils réussirent cela seulement neuf longues années après, moyennant d’énormes souffrances du peuple ivoirien et suite à quatre mois et demi de guerre intense, décembre 2010-avril 2011, avec à la fin de cette période encore plus des souffrances, massacres généralisés, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces rebelles déferlant vers le sud du pays qui était resté sous contrôle de l’Etat ivoirien. Le président Gbagbo se faisant arrêter par des soldats français dans la résidence présidentielle d’Abidjan le 11 avril 2011. Séquestré puis emprisonné illégalement pendant des longs mois dans le nord de son propre pays par ADO, L. Gbagbo est aujourd’hui consigné, en prison, à la Cour Pénale Internationale à La Haye où son statut de prisonnier politique devrait lui  être reconnu un jour.

Pour couvrir ses agissements contre la Côte d’Ivoire de L. Gbagbo depuis le 18 septembre 2002, la France mobilisa la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’ONU. Elle fit signer de force les plus hauts responsables de l’Etat ivoirien à Paris des pseudos accords politiques en janvier 2003 (Linas Marcoussis / Kléber) où la rébellion pro Ouattara pas seulement était blanchie mais même récompensée. J. Chirac et Dominique de Villepin nommaient les ministres ivoiriens à l’Elysée et au quai d’Orsay ! La France fit voter plusieurs mandats onusiens par le Conseil de sécurité pour couvrir ses agissements militaires, dont l’envoi d’un corps expéditionnaire, l’opération « Licorne » d’octobre 2002 devenue ensuite « Force Licorne », élargissant amplement sa présence militaire sur le sol ivoirien au-delà de sa base militaire d’Abidjan./Port-Bouët, le 43ème BIMA. Elle fit aussi créer une mission militaire onusienne spéciale, l’ONUCI, déployée en avril 2004, composée  de casques bleus et d’autres policiers et fonctionnaires civils. (10) Le tout visant à grignoter et à anéantir ce qui restait de la souveraineté de l’Etat ivoirien. Visant aussi à acculer le gouvernement légal dans le sud du pays, en sanctuarisant tout le nord ivoirien occupé par les rebelles pro-ADO qu’y régnaient et sévissaient en toute impunité. La mise sous tutelle d’un Etat souverain, avec intervention militaire étrangère directe, sous mandat onusien obtenu par l’ancienne puissance coloniale, pour obtenir in fine un changement de régime, voilà ce que fut le plan accompli de la France depuis septembre 2002 en Côte d’Ivoire. L’objectif était de mettre au pouvoir celui qui était l’adoubé de Paris, M.Ouattara, un riche homme d’affaires et ex-fonctionnaire du FMI, ami et relais françafricain de J. Chirac, de N. Sarkozy et de milliardaires français.

Le rappel et le parallèle que nous faisons avec le drame ivoirien des dix dernières années, qui est loin d’être fini avec la sanglante accession au pouvoir de Ouattara en avril 2011, nous semble pertinent dans la mesure où existe et se reproduit un schéma de mise sous tutelle, une recolonisation masquée, d’Etats indépendants mais affaiblis du Sud, surtout en Afrique, commise par les anciennes puissances coloniales, les Etats-Unis et ses alliés, avec la compromission d’organisations régionales interétatiques vassalisées et du Conseil de sécurité de l’ONU. Le cas de la Côte d’Ivoire se rajoute au cas d’Haïti où en février 2004 un véritable coup d’Etat militaire franco-étatsunien fut commis pour déposer du pouvoir et envoyer à l’exil le président élu Jean-Bertrand Aristide.

Le Mali d’aujourd’hui est la nouvelle victime désignée des ingérences néocoloniales de la France. Droites et gauches françaises se relayent le témoin dans cette politique transversale, d’ingérences et d’immixtions grossières ou subtiles, qui s’opère notamment contre  les anciennes possessions coloniales françaises d’Afrique. Le principal pion de la FrançAfrique en Côte d’Ivoire à présent, A. Ouattara, est l’un des personnages le  plus agité de la sous région pour envoyer ses troupes au Mali. Blaise Compaoré, militaire, président du Burkina Faso depuis octobre 1987 à la suite d’un putsch et de l’assassinat du président Thomas Sankara, est le « médiateur » imposé par la CEDEAO, donc par la France, pour « gérer »  la crise malienne. Cela ne s’invente pas. Il est aussi pressé que Ouattara pour envoyer des troupes burkinabés.

La France fait la guerre ou paye. Or, qui paye commande.

M. Ouattara fut reçu à l’Elysée le 26 juillet 2012. A la fin de l’entretien M. Hollande annonça que la France accordait à la Côte d’Ivoire l’effacement de sa dette publique envers l’Etat français, à savoir un montant de plus de trois milliards d’euros ! (11) Le richissime homme d’affaires Ouattara obtint pour son régime ce cadeau au titre de la procédure dite PPTE, pour « pays pauvre très endetté ». (12) Son régime n’a pas les moyens pour payer la dette souveraine ivoirienne envers la France mais à une ambition inébranlable pour envoyer des milliers de ses  militaires, ses anciens rebelles, au Mali. Sous prétexte de lutter contre une rébellion et réunifier le Mali. De qui se moque-t-on ?

Du contribuable français. Car c’est lui qui devra payer les générosités de M. Hollande et les aventures militaires de la FrançAfrique. Et il payera double. Trois milliards d’euros donnés en cadeau par F. Hollande à M. Ouattara, à la tête d’un régime tyrannique et archi corrompu, où les droits de l’homme sont piétinés tous les jours. L’aventure guerrière en perspective de M. Ouattara et de M. Compaoré, cotitulaires de la CEDEAO, sur le territoire du Mali, avec leurs soldatesques surtout avides de toucher des soldes exceptionnelles et des primes, sera payée par Paris.

Au moment où le gouvernement français annonce un projet de budget 2013 avec une hausse d’impôts et de taxes de dix milliards d’euros pour les ménages et autant pour les entreprises, qui se rajoutent à d’autres dix milliards d’euros de baisse du budget des ministères (13), en somme trente milliards d’euros « d’effort budgétaire », Hollande décide du renoncement aux créances de l’Etat français et s’engage au financement d’une expédition militaire ivoiro-burkinabée. L’aventure sera payée par le contribuable français, aucun doute.

Dans ce tableau grotesque le peuple malien est, et sera encore, la première et la plus grande victime, car le théâtre d’affrontements militaires est, et sera, le Mali, les morts seront des Maliens. Il est prévu que les soldats maliens servent de chair à canon pendant que les étrangers occupent Bamako .  Mais les peuples burkinabé et ivoirien sont aussi des victimes, victimes de leurs propres régimes, corrompus et tyranniques, de Compaoré depuis 1987 sans interruption  et de Ouattara,  depuis 2002 avec sa rébellion et depuis avril 2011 suite à son accession au pouvoir grâce l’armée française et à l’ONUCI. Le peuple français est aussi victime car les moyens financiers et les armes pour la guerre seront donnés et payées respectivement par leurs contribuables, et tout cela sera fait en son nom, sans qu’il n’en soit nullement consulté.

En 2010 et 2011 la France commit des ingérences flagrantes devenues guerres ouvertes contre la Côte d’Ivoire et la Libye. La finalité étant de provoquer le changement de régime dans ces pays, en installant dans le deux cas des rébellions soutenues sournoisement voire ouvertement par Paris et ses fondés de pouvoir africains. Dans les deux cas la France obtint un  mandat onusien pour faire la guerre. Contre la Libye l’instrument fut l’OTAN, qui bombarda le pays du 19 mars au 20 octobre 2011. Pendant sept mois ! En Côte d’Ivoire la mission onusienne, ONUCI, fit directement la guerre contre l’Etat ivoirien à côté des rebelles et de l’armée française ! En Syrie à présent la France essaye aussi de mettre à bas le régime d’un Etat indépendant, en installant au pouvoir une rébellion armée sanglante, d’orientation islamiste, avec l’Union Européenne,  l’OTAN et ses relais régionaux tels la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie, qui financent et/ou servent de base arrière aux rebelles.

Les obstacles, les défis et les luttes incontournables du peuple malien.

Les Maliens devraient se douter qu’une conjoncture politique et militaire tellement complexe et grave, ne peut se résoudre aisément. Mais les compromissions et les renoncements militaires et politiques n’aboutiront certainement qu’à plus  de drames et des pertes des vies humaines et de souveraineté, le peu qui reste à un pays dépendant, pauvre, avec un Etat faible. Et aux souffrances du peuple malien qui subira, qui subit déjà, ce sanglant conflit interne s’ajoutera la guerre intense et les exactions, autant des rebelles que celles, prévisibles, des « libérateurs » de la CEDEAO. Rappelons-nous du parcours édifiant, des exactions, de l’ECOMOG au Libéria et en Sierra Léone !

L’acceptation sur le sol malien d’une force militaire étrangère, avec des soldats venant des pays frontaliers non exempts d’ambitions vénales et sous l’égide de l’ancienne puissance coloniale, n’est qu’un suicide national par chapitres annoncé. Annonciateur d’une nouvelle mise sous tutelle et même d’une  vassalisation par ses voisins immédiats. Le remède proposé sera pire que la maladie. Rappelons le néfaste rôle de Blaise Compaoré dans la sous-région pour déstabiliser des pays entiers comme la Sierra Léone, le Libéria et tout récemment la Côte d’Ivoire où il imposa au pouvoir son protégé et compatriote Alassane Ouattara. Rappelons qu’existe aussi à présent l’ambition de Ouattara d’avoir un rôle régional, et il est pressé à ses 70 ans, alors même qu’il n’est pas maître du pays qu’il a conquis en 2011 grâce à la France. En Côte d’Ivoire aujourd’hui l’Etat n’existe guère et l’arbitraire, les exactions et les crimes de sang et massacres pour motifs politiques et ethniques sont commis toujours en toute impunité. ADO garde toujours le pouvoir grâce à l’armée française, toujours très présente sur le sol ivoirien.

Le Mali risque ainsi d’échanger la rébellion du nord par une vassalisation au profit du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, devenant le hinterland asservi de ces deux pays. Devenant concomitamment un territoire néocolonial chronique, avec des régimes fantoches, encore plus fantoches, à Bamako, aliénés plus que jamais à la France.  Où celle-ci sera (l’est déjà) concurrencée par les USA et la Chine pour le contrôle des territoires et des matières premières. Contrôler le Mali c’est contrôler en partie le Sahel, mais aussi l’ouest africain et le Maghreb. L’Algérie, le grand voisin au nord du Mali, reste discrète ce qui ne signifie pas qu’elle n’agit pas ou fait agir des tiers.

Justement à propos de la concurrence géopolitique pour le contrôle des pays et des matières premières en Afrique, la vitesse/précipitation de la France et de ses obligés ouest africains concernant la crise au Mali crée des réticences internationales et les rivalités inter impérialistes apparaissent au grand jour. Le mercredi 26 septembre à l’ONU, lors de la réunion de haut niveau sur le Sahel en marge de l’Assemblée générale, Mme. H. Clinton fait une étonnante déclaration. (14) Elle dit que le Mali est une “poudrière” et que seul “un gouvernement démocratiquement élu aurait la légitimité de négocier un accord politique au nord du Mali, de mettre fin à la rébellion et de restaurer l’Etat de droit”. Ah les postures ! L’art de l’hypocrisie n’a pas des limites. On l’aurait dit porte-parole légitimiste des pays non-alignés par exemple. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Ceci dit, les Maliens se font voler des analyses et des alternatives pouvant être pertinentes et les concernant.

Le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain, ainsi que les principes de sauvegarde de la souveraineté, de la paix et la recherche impérative des solutions pacifiques aux conflits entre Etats, sont ouvertement piétinés. Par la France, mais pas seulement. Par ses pions tels le Burkina Faso de B. Compaoré, la Côte d’Ivoire d’A. Ouattara et la CEDEAO. Prenant l’exécrable exemple des Etats-Unis et de ses alliés de l’OTAN, qui s’amusent à parler au nom de toute la planète en portant la casquette « communauté internationale » (autoproclamée).

Quelques exemples dramatiques et encore sans solution définitive, étant des plaies ouvertes, sont là pour nous le rappeler. Haïti depuis 2004 est encore sous tutelle de l’ONU avec la MINUSTHA. La RDC, ayant les deux dernières décennies la série de conflits internes les plus meurtriers en Afrique, avec plus de quatre millions de victimes et des pans entiers de son territoire national occupés et pillés par des rébellions soit autochtones soit venues et/ou soutenues par les pays voisins de son nord-est, sous les bavures et le regard impuissant ou rendu volontairement impuissant de la mission de l’ONU, la MONUC/MONUSCO avec actuellement dix-sept mille casques bleus y déployés. La Côte d’Ivoire et la Libye, victimes toutes les deux en 2011 de guerres ouvertes visant le changement forcé de régimes sous le leadership de la France, de N. Sarkozy. La Syrie aujourd’hui où l’Occident, la France en tête encore, arme, finance et justifie une rébellion sanglante contre un Etat indépendant visant à mettre à bas son régime, militarisant jusqu’à la folie meurtrière les affrontements d’une complexe dialectique politique. La « démocratie » à coup des bombes et des rebellions ? L’Irak, l’Afghanistan, la Libye. etc. sont des cas « exemplaires ».

Le Mali s’inscrit à présent dans ce schéma déjà bien rodé d’ouvertes ingérences politiques et militaires de l’ancienne puissance coloniale et de l’Occident et d’abandon « volontaire » de souveraineté. Le Mali est la nouvelle victime désignée et titularisée des ingérences néocoloniales de la France et de ses propres voisins avides, ivoiriens et burkinabés, pions de la FrançAfrique.

Au Mali, l’alibi français avancé pour justifier l’ingérence politique et militaire actuelle, directe et par pions interposés, est l’urgence (15) de chasser des rebelles sanguinaires, islamistes, tout en empêchant l’armée malienne par exemple de le faire elle-même et en méprisant le peuple malien, privé de  décider et d’assumer ses droits -et ses devoirs- souverains. La défense de la souveraineté populaire malienne d’abord, ainsi que la souveraineté de l’Etat autant que l’intégrité territoriale, n’est pas, ne devrait pas, être négociable.

 

Luis Basurto

Paris, 27 septembre 2012

 

(1) «Le discours très balisé de François Hollande devant les Nations unies» in LE MONDE,  26.09.2012

(2) Des Touaregs avec le «Mouvement national de libération de l’Azawad» (MNLA) ; la nébuleuse islamiste Ançar Dine («protecteurs de la religion»); le « Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest» (MUJAO); la nébuleuse islamiste nigériane Boko Haram a aussi été signalée; Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), sous ce nom depuis 2007. Les sécessionnistes touaregs ont été largement débordés par les islamistes, plus expérimentés, sanguinaires et ragaillardis par les armes libyennes, les rançons et les trafics de tout genre. Voir :

http://www.algerie360.com/algerie/aqmiansar-edinemujao-et-boko-haram-font-le-forcing-pour-lobtenirles-ingredients-dune-intervention-etrangere-dans-le-sahel/

(3) Voir : «Le Mali: chronique d’une recolonisation programmée». Déclaration politique à Bamako du 04.04.2012 

http://www.foram-forum-mali.org/index.php/non-classe/le-mali-chronique-dune-recolonisation-programmee/.

Voir aussi : «Déclaration du pari SADI suite au changement de Régime intervenu au Mali le 22 Mars 2012» 26.03.2012

http://www.partisadi.net/2012/03/declaration-du-parti-sadi-suite-au-changement-de-regime-intervenu-au-mali-le-22-mars-2012/;

«Marche de soutien au CNRDRE et aux Forces Armées et de sécurité» 11.04.2012

http://www.partisadi.net/2012/04/marche-de-soutien-au-cnrdre-et-aux-forces-armees-et-de-securite/

(4) Voir: 

http://www.nord-mali.com/index.php/nord-du-mali/1404-nord-du-mali–mnla-ancar-eddine-al-qaida–du-pareil-au-meme- 

Voir : «Le Temps d’Algérie entre à Kidal (nord du Mali) Quatre jours en compagnie d’Ançar Eddine» 29-07-2012. Voir : 

http://www.letempsdz.com/content/view/77676/1/ 

Voir : «Les défis du Sahel : focus sur la crise malienne par Laurent BIGOT»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Rn67xaLPCBM

(5) Voir : 

http://afrique.blog.lemonde.fr/2012/04/07/laccord-de-bamako-texte-suite-details-interrogations/

(6) Voir :  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-le-president-interimaire-dioncounda-traore-frappe-par-des-manifestants_1117043.html?xtmc=dioncounda_traoré&xtcr=10

(7) «Crise politico-sécuritaire: La COPAM exige la libération des armes bloquées à Conakry et l’organisation de la concertation Nationale souveraine» in LE FLAMBEAU 26.09.2012 Voir :

http://www.maliweb.net/news/politique/2012/09/26/article,94312.html

(8) Voir : 

http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/25/le-mali-en-appelle-a-l-onu-pour-reconquerir-le-nord_1765265_3212.html

(9) Ibid.

(10) Voir: http://www.onuci.org/spip.php?rubrique18

(11) Voir: 

http://www.liberation.fr/monde/2012/07/26/echange-d-amabilites-entre-ouattara-et-hollande-a-l-elysee_835734

(12) Voir: http://fr.allafrica.com/stories/200904030179.html

(13) «Budget: l’Etat va devoir amputer ses dépenses de 10 milliards» in LE MONDE, 28.09.2012

(14) «Le volontarisme de Paris sur le Mali se heurte à des réticences à l’ONU» in LE MONDE, 27.09.2012

(15) «Il n’y a pas de temps à perdre» dit F. Hollande à l’ONU le 25.09.2012 in LE MONDE, 26.09.2012

 

Source: MONDIALISATION.CA

vendredi, 05 octobre 2012

CAPTURE ET MORT DE KADHAFI: DES OFFICIELS LYBIENS SOUPÇONNENT LES SERVICES SECRETS FRANÇAIS


france,libye,Capture et mort de Kadhafi, des officiels libyens soupçonnent les services français,slate.fr

Mouammar Kadhafi. REUTERS/Vasily Fedosenko

 

Que s’est-il vraiment passé le 20 octobre 2011, lors de la capture du colonel Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen déchu? Alors qu’officiellement, ce sont les rebelles des brigades révolutionnaires qui ont arrêté —et tué d’une balle dans la tête dans des circonstances qui demeurent floues— l’ancien chef d’Etat en fuite près de la ville de Syrte, le quotidien italien le Corriere della Serra donne crédit à la théorie selon laquelle les services secrets français seraient responsables de sa mort.

Il y a quelques jours, Mahmoud Jibril, ancien Premier ministre du gouvernement de transition et président du Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT), a affirmé sur la chaîne égyptienne Dream TV «que beaucoup de parties avaient intérêt à ce que Kadhafi se taise à jamais, car il avait plusieurs secrets et avait noué d’étroites relations avec de nombreux régimes occidentaux et arabes.»

Sous couvert d’anonymat, un agent diplomatique européen en poste à Tripoli poursuit dans le Corriere:

«Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel le plus rapidement possible».

Alors que son convoi était bombardé par l'OTAN, Kadhafi avait tenté avec quelques gardes du corps de se réfugier dans une canalisation en béton. Selon l’ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères du CNT, les communications par téléphone satellite entre Kadhafi et le régime syrien auraient permis à l’OTAN de le localiser très facilement.

En mars 2011, peu après que la France ait reconnu le conseil national de transition libyen, l’agence du régime encore en place avait déclaré avoir «appris qu'un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale». L’entourage du colonel menaçait alors de dévoiler ce «secret».

En avril dernier, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, le site Médiapart révélait une «preuve» de la participation de Kadhafi au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy pour un montant de 50 millions d’euros. Des affirmations jugées à l’époque «grotesques» par le candidat.

 
 
Source: SLATE.FR

samedi, 29 septembre 2012

EXISTE-T-IL ENCORE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS?

 

monde,côte d'ivoire,existe-t-il encore des organisations de défense des droits humai,hrw,ai,fidh,irak,lybie,syrie,otan,onuci,laurent gbagbo,nicolas sarkozy,barack obama,jacques chirac,ban ki moon,young jin choi,alassane ouattara,soro guillame


Faut-il encore accorder du crédit aux organisations internationales de défense des droits de l’Homme, des organisations créées de toutes pièces par les puissances impérialistes dont elles sont des bras séculiers dans les conflits mondiaux? Nombreux sont ceux qui se posent cette question aujourd’hui, face à leurs comportements douteux, suspects parfois même criminels. C’est pourquoi, il faut tenter de répondre à cette question pour aiguiller la curiosité et attirer l’attention de toute personne sur les actes macabres et le rôle néfaste de ces organisations censées défendre les droits de l’Homme. 

Plus le temps passe, plus les manigances, de la soi disant communauté internationale, en fait le Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux (CSVIO) et tous ses appendices d’ONG de défense des droits humains, sont mises à nu; en réalité, ces organisations ne sont que des clubs de soutien masqués des basses manœuvres déshumanisantes des puissances impérialistes qui les manipulent pour installer leur domination dans le monde. 

Comment pouvait-il en être autrement quand on sait que plutôt que de défendre les droits de l’Homme, ces organismes sont créés et financés par ces super puissances pour déstabiliser sournoisement les pays sous développés, contrôler, exploiter astucieusement et à vils prix leurs richesses. Ainsi, les actes les plus ignobles de ce CSVIO ne font-ils l’objet d’aucune condamnation (tueries massives des ivoiriens en Novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire et dans beaucoup d’autres endroits de la Côte d’Ivoire, génocide des Wè en Mars 2011 à Duékoué, massacre de plusieurs centaines de réfugiés du camp de Nahibly en Juillet 2012, pour ne citer que trois exemples). Ces organismes fantoches appelés abusivement organisations internationales de défense des droits de l’Homme ferment les yeux sur les agissements inhumains de leurs maîtres qui divisent des peuples, installent des rébellions et autres actions déstabilisatrices dans les pays bien choisis selon les besoins de la cause. Ces organisations confirment de plus en plus qu’elles sont le relais de dénigrement des dignes fils d’Afrique, ces Présidents qui nourrissent de nobles ambitions pour leurs populations, leurs pays et pour le continent noir. 

Après que leurs maîtres eurent brocardé ces dirigeants patriotes africains, les qualifiant par de grossiers mensonges de dirigeants-dictateurs exerçant un pouvoir antidémocratique, elles prennent le relai pour continuer de calomnier ces dirigeants souverainistes et patriotes à travers les organes de communication propagandistes au service des pays occidentaux néo-colonialistes. 

Le cas du Président Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire, est très patent pour éclairer les vrais démocrates de ce Monde. Que n’a-t-on pas entendu dire sur son compte ? Voici un Président qui n’entrait pas dans le système de spoliation de la Côte d’Ivoire établi par la France. A ce sujet, l’homme politique, ancien Président de l’Assemblée Nationale française, Henri Emmanuelli disait de Gbgabo: « Ce Président sait ce qu’il veut pour son pays ». Cet homme qui, pendant plus de 40ans a mené une opposition démocratique et pacifique en Côte d’Ivoire, sans jamais recourir aux armes pour obtenir le pouvoir d’Etat, est traité de dictateur, de Président infréquentable, xénophobe. Quel mensonge honteux! 

A partir de l’an 2000 où il parvint à la Magistrature Suprême après une brillante élection, les complots de la France vont se succéder contre lui avec des assassinats, des charniers fabriqués par ceux-là-mêmes qu’elle a installés aujourd’hui au pouvoir. 
C’est alors que ces ONG de droits de l’Homme vont entrer en transe pour hurler aux massacres, des militants de l’opposition et engager ainsi la déstabilisation de la Côte d’Ivoire (CI). 

Inventer des raisons farfelues pour vilipender Gbagbo et aider une rébellion à s’installer, tel fut le rôle exercé par ces ONG en Côte d’Ivoire. Ainsi, la France de Chirac en Septembre 2002, va-t-elle déclencher contre le pouvoir du Président Gbagbo, une rébellion préparée et entretenue par le Burkina Faso de Blaise Compaoré, au vu et au su de Human Right Watch (HRW), Amnesty International (AI), la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et bien d’autres organisations aux objectifs semblables ; ces organisations dites humanitaires sont toujours promptes à vilipender les dignes Présidents du continent noir pour les objectifs cruels de leurs mandants, les membres du CSVIO. 

Ces rébellions seront pourvues en armements et en ressources financières pour déstabiliser les régimes réfractaires au néo-colonialisme. Ainsi pendant dix longues années, les rebelles du couple « infernalissime » Ouattara-Soro, avec la bénédiction de la France et de l’ONU, vont semer la terreur au sein des populations et s’enraciner au Nord, au Centre et à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ils y feront régner une justice expéditive pour massacrer des pro-Gbagbo et de nombreuses populations innocentes: les gendarmes désarmés de Bouaké, les danseuses d’Adjanou de Sakassou, de nombreux sacrifices rituels humains, etc. 

C’est bien avec les armes offertes par la France que des tueries vont être perpétrées sans que ces crimes ne soient véritablement dénoncés par la soi-disant Communauté Internationale et les ONG à sa solde. Il faut rappeler que cette Communauté Internationale a été pleinement actrice dans ces événements douloureux de Côte d’Ivoire éloquemment attestés par les actes destructeurs de l’ONUCI et de la Licorne pourtant venues en CI pour y restaurer la paix. Les rapports sur les atrocités vécues par les ivoiriens rédigés par ces organisations de l’ONU et de défense des droits humains, au lieu d’être véridiques et équitables, vont toujours indexer le Président Gbagbo, l’accusant d’être le plus grand criminel de tous les temps, lui qui a été la victime de la barbarie de la communauté internationale dirigée par la France. 

HRW, AI, FIDH…. savent aujourd’hui l’issue de ce complot ourdi contre celui que les ivoiriens avaient élu et réélu pour les sortir du sous développement par son programme audacieux de gouvernement. Laurent Gbagbo, après avoir miraculeusement échappé aux milliers de tonnes de bombes et de missiles de l’armée française, a été déporté manu militari à La Haye, pendant que les vrais criminels Chirac, Sarkozy, Ban ki Moon, Choi et leurs larbins ivoiriens Ouattara, Soro et autres quasi analphabètes, promus Préfets de régions pour services rendus aux nombreux ivoiriens, aujourd’hui dans les cimetières, ne sont guère inquiétés pour leurs nombreux crimes. Patissanganan !!! La partie fut vraiment sanglante. 

Ces organisations dites de défense des droits humains savent très bien que l’occident est à la base de tous les conflits qui déchirent le monde. En Lybie, Sarkozy et son ami Obama se sont solidarisés dans le mal pour devenir les bourreaux de Kadhafi. Par cet assassinat, ce pays est devenu une proie à toutes sortes de groupuscules équipés d’armes, à eux offertes par ces deux gendarmes, en réalité les pyromanes pompiers des conflits dans ce monde. C’est avec ces mêmes armes que le Nord du Mali est aujourd’hui sous le contrôle d’une horde d’intégristes religieux et de plusieurs bandes de voyous sans cesse soutenus par ces mêmes impérialistes. Le deal était qu’ils combattent Kadhafi pour obtenir le Nord du Mali. 

Voilà donc des comportements inhumains à dénoncer au lieu de hurler sur les antennes des télévisions, la pratique obligée de la charia et les destructions de monuments historiques qui n’ont aucune importance devant les massacres d’êtres humains que l’OTAN a perpétrés en Lybie, tout comme les nombreux crimes de l’ONUCI et de la Licorne en Côte d’Ivoire. Oh ! Un crime n’est-il crime que quand Sarkozy et Obama en décident ainsi. A eux a été donné, par on ne sait qui, le permis de tuer. C’est pourquoi HRW, AI, FIDH et autres organismes de même acabit se taisent sur leurs crimes odieux en Irak, en Côte d’Ivoire, en Lybie, en Syrie. 

Ainsi, aujourd’hui en Côte d’Ivoire, ce régime tyrannique installé par la France commet les crimes les plus inimaginables. 

Il n’est pas exagéré de noter que le programme des gouvernants actuels se résume à la traque, l’emprisonnement, l’expropriation et à l’assassinat des pro-Gbagbo. Malheureusement, au lieu d’être sanctionnés, ces miliciens du RDR, sont plutôt promus dans le silence de ces organisations qui voient bien les affidés de leur poulain commettre ces crimes et exactions. Bien sûr que les puissances financières ont rendu aphones ces organisations qui claironnent à tout moment leur autonomie. Heureusement qu’il y a Dieu qui jugera leurs crimes et leurs perfidies pour que chaque membre coupable de ces ONG subisse la punition éternelle en enfer. 

De même, voici une révolution, baptisée « Printemps Arabe »comme si tuer des être humains était annonciateur de bonnes nouvelles, inventée de toutes pièces par ces mêmes impérialistes pour déstabiliser les pays arabes, prendre le contrôle de leur pétrole et y installer leurs voraces multinationales. Toujours dans le même style, ces cyniques ONG de défense des droits de l’Homme se fourvoient actuellement en Syrie. Après avoir dénigré injustement le régime de Bachar El Assad, le CSVIO a créé une opposition fictive pour envahir la Syrie de mercenaires recrutés par ses soins à partir de la Turquie, croyant réussir aussi facilement son coup de force contre le Président syrien. 

Comme en Côte d’Ivoire où la rébellion a été affectueusement dénommée « Forces Nouvelles », elle appellera la coalition des mercenaires occidentaux « Armée Libre de Syrie » (ALS). Comme pour dire que celle qui défend le peuple syrien est une armée esclave d’El Assad. OH Honte ! Qu’une rébellion contre un régime légalement installé dans un pays ne puisse émouvoir les membres d’une organisation Internationale de défense des droits humains parce qu’elle a la caution des maîtres du monde est tout simplement ahurissant. 

Y a-t-il aujourd’hui lieu de prendre au sérieux ces satellites de la Communauté Internationale que sont ces organisations des droits humains? Car à la vérité, elles sont au début et à la fin des processus de déstabilisation des pays avec leur rôle de pyromanes et pompiers. Elles installent le lit du désastre en accompagnant les maîtres impérialistes qui n’ont d’yeux que pour les richesses des petits pays. 

Comment faire pour échapper à leur manège désormais dévoilé? Beaucoup de pays sous développés vivent encore une pauvreté accrue que les populations n’arrivent pas à juguler, à cause des nombreux besoins que la société occidentale leur impose à travers tous leurs instruments de communications actuels. Alors, au niveau de certains politiciens véreux, la tentation est grande quand ils sont sollicités pour servir d’instrument de déstabilisation de leurs propres pays, par des propositions faramineuses de promotion politique et d’enrichissement illicite et rapide. 

Tant qu’il y aura cette espèce de politiciens, il sera difficile de fermer la porte aux déstabilisateurs ; il n’est cependant pas impossible d’y arriver. Il faut alors une prise de conscience collective, comme en Syrie, où la véritable armée du peuple a compris qu’il n’est pas question de renoncer à cette lutte et qu’elle doit aller jusqu’au bout. Chaque citoyen doit normalement comprendre qu’il doit être un résistant permanent, face aux impérialistes qui veulent maintenir le monde sous domination, en privant les faibles de la liberté vivre et de jouir de leurs richesses. Il est seulement regrettable de constater que les organisations de défense des droits humains ne les y accompagnent. Pour les Africains, ces ONG méritent-elles de continuer d’exister ? Assurément non. 

 
NANWOULET G. Simone 
 
 
Source: AFRIK53.COM

vendredi, 21 septembre 2012

GUERRE A L’AFRIQUE: LA FRANCE EN RETARD D’UNE DECOLONISATION

 

CASQUE DE COLON FRANçAIS.gif

 

A force de critiques et d’enterrements annoncés, on pourrait croire finie la « Françafrique », ce système d’exploitation et de violence qui a régi les relations internationales entre le continent et l’ancien colonisateur. Des changements de langage et d’hommes ne suffisent pas, comme le démontre déjà la gestion de la crise malienne par le président Hollande - et l’intervention militaire annoncée risque d’être son premier acte marquant en politique extérieure. Comme ses prédécesseurs, depuis un demi-siècle…

L’arrivée au pouvoir d’un nouveau président à Paris marque aussi le début d’une série de rituels et de signaux destinés à l’Afrique francophone: qui reçoit-on le premier, et qui ne reçoit-on pas? Quel voyage fondateur effectuera en Afrique le nouvel élu, quel discours et quelles promesses affichera t-il? A cette aune, que les africanistes détaillent avec gourmandise comme autrefois les kremlinologues savouraient les détails de la Nomenklatura, que de changements symboliques! Le démocrate Macky Sall du Sénégal reçu le premier, fraîchement élu contre Abdoulaye Wade à Dakar par un scrutin incontestable. Début juin, le tapis rouge déroulé à M. Yayi Boni du Bénin, président en exercice de l’Union Africaine, consulté es qualité pour la résolution de la guerre au Nord Mali. Encore plus significatifs ceux que l’Elysée se refuse à inviter, malgré leurs demandes réitérées: ni Bongo du Gabon, non plus qu’Eyadema du Togo, tous deux héritiers de dynasties autoritaires; non plus que Blaise Compaoré du Burkina, autoproclamé sage et doyen de l’Afrique de l’Ouest, non plus que l’ivoirien Ouattara, orphelin du sarkosysme et pourtant actuel président de la Cedeao.

Mais qu’importent les symboles et les discours, si les actions restent les mêmes, notamment l’envoi de l’armée française à chaque crise? Quel Etat en effet maintient des bases militaires permanentes en Afrique (Sénégal, Djibouti, Gabon)? Quel pays est capable de lancer en quelques heures des « opérations extérieures » (Epervier au Tchad, Licorne en Côte d’Ivoire)? Qui contrôle la masse monétaire de ses anciennes colonies par le jeu d’une monnaie issue de la colonisation, le franc CFA[i]? Baptisé laudativement « Françafrique » par le président ivoirien Félix Houphouët Boigny, dénoncé dès les années 1990 par le fondateur de « Survie », François Xavier Vershave, ce système occulte de domination, violent et pervers, a survécu à ses fondateurs.

En 1960 le premier ministre Michel Debré a vendu la mèche en déclarant à Léon M’Ba, président du Gabon: la France « donne l’indépendance à condition que l’État une fois indépendant s’engage à respecter les accords de coopération signés antérieurement. Il y a deux systèmes qui entrent en vigueur simultanément: l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre [ii]. » Et de fait, cette sujétion étatique, à la fois militaire et économique, est déclinée par des « accords de défense » aussi secrets que sommaires, entre les gouvernements français et africains – accords en fait à géométrie variable et parfois non appliqués selon l’opportunité décidée à Paris. Ainsi, les troupes françaises sont intervenues pour conforter des régimes souvent douteux comme au Tchad, Togo, Zaïre, Gabon tandis qu’elle se refusait à des interventions conformes aux accords, comme au Congo en 1963, au Niger en 1974, au Tchad en 1975, ou au début de la rébellion ivoirienne contre le régime du président Laurent Gbagbo, téléguidée depuis le Burkina Faso en septembre 2002… Et cette série d’interventions devient une sorte de conflit permanent, en continuité avec les guerres coloniales : selon l’historien italien Chalci Novati1, un décentrage nécessaire par rapport à un débat trop français montre une longue « guerre à l’Afrique » continue, dont les relations franco-africaines – et ses scandales récents ne sont qu’une partie.

Après le « containment » du communisme dans les années cinquante 2 (ou « endiguement », cette doctrine officielle des administrations américaines successives), n’assiste t on pas à la même politique de l’Europe devant les migrations du continent noir d’une part, et contre ses velléités d’autonomie de l’autre? Il faudrait replacer alors exploitation des matières premières, coups d’Etats et soutien des « dictatures à la française »du pré carré – l’ancien espace colonial, dans un système d’actions comprenant aussi la répression des flux humains vers l’Europe, la répression de la piraterie maritime à l’Est, le combat interminable contre les mouvements fondementalistes anti- occidentaux. Tout cela dans une désinformation continue et des « rideaux de fumée » médiatiques: « défense des ressortissants », si ce n’est des «intérêts français». Les médias français, privés ou publics, ne participent-ils pas plus souvent qu’à leur tour de cette Françafrique aussi discrète que puissante? L’ordinaire du « journaliste spécialiste de – l’Afrique » n’est-il pas trop souvent de voyager dans l’avion ministériel ou présidentiel français, de recueillir confidences et parfois subsides du dictateur local – le maréchal président zaïrois Joseph Mobutu s’en vantait, lui qui avait d’abord été journaliste – quand ils ne sont pas invités dans les palais des despotes africains? Sans compter la corruption ordinaire de tel hebdomadaire panafricain bien connu des dirigeants du Sud – qui ont investi volontiers dans la radio Africa N°1 ou plus récemment la télévision Africa 24[iii] Car la « conquête des coeurs et des esprits » passe par des médias sous contrôle, rebaptisant « fasciste » un régime populiste, et « démocrates » les dictateurs.

Ainsi, en juillet 2011, une campagne sourde a commencé à Paris [iv] au moment où le nouveau président guinéen, le politologue Alpha Condé, a failli être abattu à coups de roquettes dans le palais présidentiel de Conakry. Les éditoriaux vertueux de la presse parisienne condamnent-ils l’attaque qui a failli tuer le premier président élu de Guinée? Bien au contraire, ils sont axés sur le refus du nouveau pouvoir d’autoriser la presse guinéenne d’envenimer la situation (l’interdiction a été très vite levée). A croire qu’il y un rapport avec la volonté de M. Condé de renégocier les contrats léonins avec les sociétés étrangères et de se tourner, à son tour, vers la Chine…

Au moment où la crise électorale ivoirienne focalisait l’attention de la « communauté internatinale », M. Blaise Compaoré se succédait à lui-même au Burkina Faso, avec un score de 80 % en novembre 2010, tandis que M. Paul Biya du Cameroun, qui gouverne depuis la Suisse la moitié de l’année, vient d’être « réélu » à Yaoundé après 29 ans de règne (octobre 2011), sans que l’Elysée, l’Union africaine ou la presse occidentale y trouve à redire… Il est vrai que les pseudo-élections des dictateurs à vie sont souvent cautionnées par des juristes ou des hommes politiques complaisants venus de Paris. Ainsi la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a-t-elle vertement tancé, en 2009, le député Jacques Toubon et… le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et vice-président de la commission des droits de l’homme au Parlement européen, M. Patrick Gaubert, dépêchés sur place pour cautionner le régime du président congolais Denis Sassou N’Guesso ! [v]

Bien sûr tous les « chevaliers blancs » ne sont pas exempts de partialité, y compris les organisations internationales comme Reporter sans frontières (RSF) pour la presse et « Transparency international » pour la corruption. Leurs liens financiers ou politiques avec le département d’Etat américain sont bien connus des spécialistes [vi]. La crise en Cote d’Ivoire a fait toucher du doigt « l’honneur perdu d’ « Human Right Watch », ouvertement financée pour ce pays par la « Fondation Soros » – et menant de manière éhontée campagne sur campagne en faveur de M. Ouattara, identifié comme le défenseur de l’«open society» contre le contestataire Laurent Gbagbo, dès lors voué aux gémonies. Pour ne pas parler des silences d’Amnesty International sur les milliers de morts sudistes du régime Ouattara depuis avril 2011(Plus de 3000 « victimes oubliées »), ou la présence à la FIDH du négationniste Florent Geel qui refusant de dénoncer le millier de morts guérés de Duékoué, ville de l’Ouest ivoirien martyrisée à deux reprises par les milices ethniques pro Ouattara – est dénoncé de manière récurrente par les associations de victimes! L’Histoire jugera-t-elle ceux qui gardent les yeux fermés devant les massacres, qui savent et ne protestent pas? Trafic d’influence et corruption ne sont-ils pas que la conséquence de la doctrine du « pré carré » et du monopole de ses richesses? Ce qui est au fond l’équivalent de la « doctrine Monroe » pour les Etats-Unis sur le continent américain serait au fond soutenable si sa pratique était équitable pour les deux parties et si elle n’était violemment imposée par des interventions armées à répétition: quarante-trois depuis 1960!

Entre violence militaire et mise en condition médiatique le système françafricain subsiste aussi par une perversion continue des institutions démocratiques. Bien évidemment, la corruption ordinaire va bien plus loin que les mallettes de billets qui circulent dans les deux sens [vii] : le financement des campagnes électorales françaises n’est que la contrepartie des pourcentages sur les contrats ou les versements dans les paradis fiscaux sur les ventes de matières premières, en faveur des dirigeants africains.

L’association Sherpa, qui s’est fait une spécialité de la dénonciation des « biens mal acquis » des autocrates africains, a par exemple détaillé, selon une instruction en cours, le patrimoine de la famille Bongo du Gabon: «Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M. Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine [viii]»…

Mais les richesses du couple Ouattara sont curieusement des « taches blanches pour Sherpa, cornaquée par Maître William Bourdon, comme si certaines indignations étaient très selectives… Les néoconservateurs français (chiraquisme et sarkosysme ne sont sur ce point que des bushistes néocoloniaux…) ont contribué à adapter un « modèle interventionniste », qui fait se succéder attaques médiatiques puis « humanitaires », enfin diplomatiques: les corps expéditionnaires – où l’ONU est désormais impliquée: l’ONUCI, combien de mort civils en 2011 à Abidjan? – sont bien l’ultima ratio de la Françafrique jettant son masque dans la terreur et sous les bombes! Le continent attend-il trop d’une révolution sur le modèle arabe, qui briserait d’abord le lien ambigu avec l’ancien colonisateur? Sur cette contagion démocratique éventuelle, mettant fin à la Françafrique, la Toile africaine fourmille de théories et de rumeurs: « descente » depuis l’Afrique du Nord de mouvements de libération, aide de démocrates occidentaux via les nouvelles technologies, et plus probablement insurrections de jeunesses urbaines au chômage, alliés à des paysans sans terre et des cadres nationalistes trouvant insupportable le train de vie des nouveaux maîtres. Le risque serait grand alors pour la France – et les ressortissants français, de « perdre l’Afrique » –, et les matières premières convoitées.

C’est sans doute cette inquiétude de se couper de ressources essentielles tout autant que d’alliés historiques qui pousse le gouvernement de M. Hollande à s’ingérer certes avec précaution, dans la crise malienne. L’embrasement du Nord Mali est tout d’abord l’héritage prévisible du reflux des guerriers touaregs de Libye, tandis que l’armement bradé aux factions combattantes permettait aussi aux groupes islamistes de s’étendre. Et certes l’héritage est lourd: à la fin du régime précédent, les stratèges du café de Flore ont été relayés par des machiavels manqués, au Quai d’Orsay ou à la défense qui ont voulu jouer les touaregs pour «liquider Aqmi».

Mais l’intervention militaire prônée par les relais de la Françafrique habituels, rhabillée par le président français aux couleurs de l’Union africaine et de l’ONU aurait , même appuyée par des supplétifs ouest africains le plus grand mal à lutter sur deux fronts: réduire les putschistes de Bamako-qui ont trouvé une certaine base populaire indignée par la corruption de la classe politique, et mettre fin à l’alliance MNLA/Ansar el Dine/Acqmi qui contrôle l’Azawad, ce foyer national touareg qui est aussi le no-man’s-land de djihadistes attirés de loin par ce nouvel « Afghanistan nomade ». Pourtant des responsables politiques civils, comme Ibrahim Boubacar Kéita – leader de l’opposition civile, ou Aminata Traoré – sociologue de renom et ancienne ministre de la culture, mettent en garde contre une intervention qui mettrait à bas la légitimité de l’Etat, comme déjà en Libye ou en Cote d’Ivoire. Déjà affaiblis par une corruption généralisées et des élections de façade, ces Etats déjà fragilisés et appauvris par des décennies d’ajustement n’ont vraiment pas besoin d’une recolonisation armée ! D’autant que poussé par des présidents africains mal élus ou arrivés au pouvoir par des rebellions sanglantes, le gouvernement français semble ne pas se rendre compte d’une extension probable du domaine des luttes sahariennes.

Le Niger et la Mauritanie seraient sans doute les premiers concernés, comme le Nord du Nigéria, le Sud de la Libye et même l’Algérie: après les armes libyennes, veut-on vraiment disséminer indépendantistes touaregs et combattants islamistes ? Se rend on vraiment compte à Paris que devant ces interventions anachroniques – de pareilles interventions militaires britanniques dans leurs anciennes colonies sont impensables!, le système de violence la Francafrique développe une détestation, voire une haine croissante envers la France et ses ressortissants, dont tous pâtissent, jusqu’aux missions humanitaires? L’élection de François Hollande, si elle suscite bien des espérances sur le continent, amènera-t-elle bien rupture et changement, ou une « Françafrique repeinte en rose »?

François Mitterand, et même Nicolas Sarkozy avaient déjà annoncé en leur temps la fin de ce système maffieux: un an après 1981, les chefs d’Etats africains les plus corrompus avaient obtenu la tête de Jean Pierre Cot, tandis qu’en 2008 le président Bongo avait provoqué la chute de Jean Marie Bockel, deux ministres chargés de la Coopération qui se targuaient -autant pour la droite que pour la gauche, de mettre fin à la « Françafrique »! Sans souhaiter à Pascal Canfin, le tout nouveau « ministre du développement », le sort de ses prédécesseurs, si rapidement biodégradables, on peut s’inquiéter des amitiés africaines des hiérarques du P.S. (illustrées par la visite au Gabon, en janvier dernier, de Laurent Fabius…)

Le temps où une réelle rupture est possible risque d’être bref et demande des décisions courageuses – comme le retrait des forces militaires françaises, ou la répudiation publique des dictatures. Le nouveau régime va-t-il, selon son slogan, décider le changement maintenant… ou jamais? Révolutions africaines à venir ou non, les vraies ruptures et les changements efficaces viendront certainement du continent lui-même: il n’y aurait qu’un mot à dire à Paris pour les encourager et provoquer des évolutions majeures.


Michel Galy

Politologue, Paris.


---------------------------------


[i] François Kéou Tiani, Le Franc Cfa, La Zone Franc Et L’Euro, l’Harmattan, Paris, 2002.

[ii] Lettre du 15 juillet 1960 de M. Debré, citée par Albert Bourgi : « La crise globale et l’Afrique : quels changements ? », colloque de la fondation Gabriel Péri à Dakar les 18 et 19 mai 2010.

[iii] Respectivement avec des capitaux étatiques du Gabon et de Guinée équatoriale.
[iv] Cf. par exemple : « Guinée: sévère rappel à l’ordre de la France au président Alpha Condé » , L’Express, 28 juillet 2011.

[v] « Congo-Brazzaville, que cherche Patrick Gaubert ?», communiqué de la FIDH du 3 mars 2005.

[vi] Voir pour Transparency International : Une ONG contestée, par Pierre Abramovici, Monde diplomatique, novembre 2000 ; pour RSF : Financements sans frontières, Monde diplomatique, Hernando Calvo Ospina, juillet 2007.

[vii] Lire Pierre Péan, La République des mallettes, Fayard, Paris, 2011.

[viii] Sherpa, « Restitution des avoirs détournés : Chronique 2009-2010 d’un engagement qui patine », novembre 2010.

1- «Aujourd’hui, c’est l’intervention néo-impériale qui est l’instrument utilisé pour «contenir» les pays qui peuvent fuir le contrôle du système capitaliste mondial» Gian Paolo Chalchi Novati, L’héritage de la colonisation, in « les défis de l’Etat en Afrique », Michel Galy et Elena Sanella eds., l’Harmattan, 2007.

2 - Dont on peut trouver une curieuse analyse, idéaliste, in : Raymond Aron, « En quête d’une philosophie de la politique étrangère », Revue française de science politique, 1953, Volume 3, Numéro 1.


Michel Galy, Politologue, Paris

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie» du 19 septembre 2012.

 

Source: IVORIAN.NET