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mercredi, 19 septembre 2012

FILM ANTI-ISLAM: LE COUP D'ETAT DE ROMNEY CONTRE OBAMA?

 

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Le film blasphématoire  «Innocence of Islam» dont la projection a embrasé à raison le monde de l’Islam va au-delà d’un simple acte islamophobe. Il y a là du complot bien mijoté, du dessin bien prémédité et tout porte à croire que les républicains y sont pour quelque chose. 11 ans après le 11 septembre, le monde assiste à un nouveau coup républicain qui survient, étrange hasard, au lendemain de l’anniversaire des attentats contre les tours jumelles.

Le scénario est écrit en plusieurs actes.

Acte I: Obama et la guerre contre l’Iran

Il n’est certes pas question de rendre hommage au président Obama dont la politique de quatre n’a été qu’une suite de promesses non tenue, de violences maintenue, de guerre et de crimes de guerre. Obama est le président qui a durci les sanctions contre l’Iran, a refusé tout compromis avec ce pays sous l’auspice turco-brésilienne, a intensifié les  raids aux drones US en Asie, en Afrique. Mais Obama n’a pas accepté d’entrer en guerre contre la RII, une guerre à tous point de vue imprévisible et dont l’issue est plus qu’incertaine. Si L’actuel locataire de la Maison Blanche a refusé de céder à l’appel des sirènes bellicistes; à sortir armes et munition contre l’Iran, c’est parce qu’il sait que ses chances de succès dans une entreprise aussi périlleuse que la guerre contre l’Iran sont infinitésimales. Obama est un rationaliste.

Mais dans le camp d’en face, Mitt Romney, le mormon républicain a prouvé à plus d’une reprise que la politique à ses yeux ne relève que de la passion. Aucun rationalisme ne frôle ce millionnaire aventuriste dont l’argent «sale» a servi depuis le début de la campagne électorale à séduire l’Amérique conservatrice raciste et xénophobe. N’oublions pas que le premier déplacement de Romney l’a conduit en Israël, et  en Amérique c’est cela qui fait la différence. Les liens entre Netanyahu et Obama n’ont jamais été cordiaux. Sur l’Iran les dissensions sont dorénavant si profondes que le président US refuse de rencontrer le premier ministre d’Israël. Et que dire de l’AIPAC qui appelle désormais très clairement les Américains à voter Romney.

Acte II: un coup d’état hollywoodien

La convention démocrate n’a pas seulement consacré la candidature du président sortant à sa propre succession mais a aussi servi à  booster Obama dans les sondages qui lui donnent à présent quatre points d’avance sur son rival républicain. Il fallait donc qu’une riposte républicaine se mette sur place et de toute urgence: la riposte devait être spectaculaire comme les attentats du 11 septembre pour pouvoir miner l’avancée d’Obama d’une part et de le fragiliser de l’autre.

Cinq millions de dollars auront suffi pour peaufiner la riposte: un film dont la première est projeté dans une salle vide. Les dialogues des acteurs sont doublés en arabe et le réalisateur et ses collègues savent bien où mettre quoi pour susciter la colère des musulmans.  Ce réalisateur est pour le reste occulté du regard du public et personne ne sait rien ni de son parcours ni de sa biographie.

Acte III: Libye, Etat inexistant

Aucun pays ne saurait mieux que la Libye servir de décor à ce scénario satanique. Un pays carrément ruiné, inexistant, où personne ne gouverne et où l’Etat n’est plus que l’ombre de lui-même. Pour Romney et son équipe, il n’était pas très difficile de trouver des relais locaux en Libye et de d’acheter des gardiens du consulat US à Benghazi, foyer de la «révolution anti-Kadhafi» et qui accueillent en ce moment des centaines d’occidentaux. Les témoignages venant de la Libye confirment d’ailleurs cette version des faits: les Libyens disent ne pas avoir eu l’intention de pénétrer le bâtiment, de tuer l’ambassadeur et ses collègues. Ils ne cherchaient, comme en Egypte, qu'à prendre d’assaut le drapeau et à le brûler. «Ce sont les Américains qui nous ont tiré dessus en premier», aurait dit l’un des manifestants. Le prophète n’a pas besoin que les innocents meurent pour protéger sa sacralité.

Que ce soit les salafistes extrémistes ou les agents républicains, l’assassin de Chris Stevens a grandement rendu service à Romney

Acte IV: Coup d’état républicain

Dans les premières heures suivants la mort de l’ambassadeur Stevens, un premier mort de ce genre depuis trente ans, Obama et sa secrétaire d’état n’ont pu souffler tant fut grand le choc subi. Ils ont affirmé de concert vouloir arrêter les criminels et dit ne pas approuver l’offense contre la religion musulmane.

Réaction immédiate de Romney: «Obama n’a pas à s’excuser puisqu’un américain vient d’être tué». Le discours qui plait fort à l’Américain lambda, qui a à l’esprit les images des attentats du 11 septembre, d’ailleurs récemment célébré en toute sobriété.  A ceci s’ajoute ces centaines de milliers d’autres images qui montrent  les drapeaux américains brûlés, les «musulmans en furie», criant «mort à l’Amérique», et le corps profané de Chris Stevens qui est sorti on ne sait comment du consulat US,  et passé entre les mains de ses présumés assassins.

La presse occidentale parle déjà de la victoire de Romney: «le coup ressemble à celui de la prise d’otages en Iran, affaire qui a couté à Carter son fauteuil présidentiel», titre La Republica.

Acte V: PNAC (Project for a New American Century)

Si Romney arrive au pouvoir, «le projet pour l’Amérique du siècle nouveau» pourra se concrétiser. La guerre avec l’Iran aura lieu, tout comme celle qui a ruiné l’Irak et l’Afghanistan. Israël lui, mènera ses frappes contre les sites nucléaires iraniens sans avoir à se heurter à la résistance et les réserves de Washington….. D’ores et déjà, deux navires de guerre US sont en route pour la Libye et la force spéciale américaine y débarque pour, dit-elle, protéger les diplomates américains…… et Romney rit dans son coin !!!


Davoud Abbasi

 

SourceABIDJAN DIRECT.NET

mercredi, 29 août 2012

SYRIE: VLADIMIR POUTINE SONNE LE TOCSIN ET LA FIN DE LA RECREATION

 

POUTINE ET ASSAD.jpg

 

Derrière les plis de l’actualité, les non-dits, l’escroquerie intellectuelle et médiatique, la ruse et le mensonge, de cet impérialisme meurtrier, accompagné toujours d’un discours humanitaire, qui est en train de vouloir rééditer ses exploits passés, il faut dire non. Mais, derrière cette façade triturée du bien se cache en fait, le bruit et la fureur. Le refus permanent de tendre la main, le diktat, la violence et le perpétuel logos morbide et mortifère.

Il n’est pas utile de revenir ici sur les exploits de prêcheurs de haine qui s’habillent d’oripeaux élogieux pour semer la misère, la détresse et la mort. Comment un Américain peut-il, aujourd’hui, parler d’humanitaire avec les exploits de son pays à Hiroshima et Nagazaki (Japon), au Vietnam, en Irak ou en Afghanistan, pour ne citer que ceux-là ? Avec un tel parcours jonché de macchabées, il serait plus intelligent de se taire sur le dossier syrien et rechercher la paix au lieu d’attiser les tensions en mettant de l’huile sur le feu.

Dans son dernier démiurge, qu’il veut sain et moral, le président russe Vladimir Poutine dit, « stop ». Au mensonge, à la falsification, au diktat, à la haine. Pour ceux qui doutent encore du complot ourdi par de nombreux pays contre la Syrie, la Russie propose un plan de sortie de crise que ceux qui aiment véritablement la Syrie ne peuvent refuser. Le Gouvernement syrien lui-même se dit prêt à discuter “sans conditions”. Or dans le bruit et la fureur occidentale, on n’entend que le sempiternel refrain maladif « Assad doit partir ».

A défaut de se prendre pour Nostradamus pour savoir que ce départ de Bachar Al-Assad est la solution à tout, pour qui se prennent ceux qui l’exigent ? Dieu ? De quel droit, nous souhaitons le savoir, Barack Obama, François Hollande, David Cameron, les Turcs et les « démocraties » du Golfe disposent-ils pour exiger un changement dans un pays souverain tiers ? Faut-il changer le droit international pour les beaux yeux de ces hommes et ces femmes ? Ce serait inique, quoique, la Libye a été le laboratoire, la zone d’expérimentation, de la raison du plus fort qui échappe à tout contrôle.

Furieux et désabusés après cet épisode qui a vu des personnes, sous prétexte de protéger des civils, sont allés détruire un pays, la Chine et la Russie refusent désormais de se faire à nouveau entuber. La Libye qui était l’un des pays les plus sûrs d’Afrique et le plus riche, est aujourd’hui à la remorque. Plus dangereux et vivant désormais de l’aide internationale. Hier, le ministre de l’Intérieur a déposé le stylo, pour s’opposer à ceux qui refusent de déposer les armes. Ici, désormais, ce sont les bandes armées qui font la loi, d’où, les élections et l’instauration d’une démocratie d’exclusion en sont le résultat. Faut-il parler du Mali ? Visiblement, les Occidentaux préfèrent avoir la même situation en Syrie.

Poutine est conscient que la bête immonde rôde et ne laissera pas un seul espace, une seule erreur, pour passer à l’acte. Il réitère son soutien à la Syrie, expliquant le sens des 3 vétos russes, que semble ne pas vouloir admettre les ennemis de la Syrie. Une façon simple, et avec grande conviction, de dire à ceux qui sont en train de déstabiliser la Syrie que leurs actions unilatérales sont vouées à l’échec…

Dans le texte, s’adressant à ceux qui ne veulent pas entendre raison sur la situation et la position russe, il a dit ceci :

« Il faut que tout le monde prenne en considération sans sous-évaluer cette équation de la réaction russe qui peut aller plus loin que l’on n’imagine. L’utilisation du droit de veto à trois fois consécutives au Conseil de sécurité est, en définitive, un message clair pour tous.”

C’est dit !

 

Source: ALLAIN JULES

samedi, 18 août 2012

LE CHANGEMENT, EST-CE VRAIMENT MAINTENANT?

 

LAURENT FABIUS 2.jpg


«Le régime de Bachar Al-Assad doit être ABATTU (sic!), et rapidement», dixit le Ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, il y a de cela quelques jours. Quelle impertinence! «Le changement, c’est maintenant!», «Le changement, c’est maintenant»! Où est-il, ce fameux changement?

La France ne changera jamais, croyez-moi. Digne fille de la franc-maçonnerie la plus ténébreuse, elle est et restera toujours impérialiste, criminelle et sanguinaire comme la dépeint d’ailleurs son hymne national, «La Marseillaise», authentique chant de guerre, digne des Croisées et des pires heures de l’Inquisition romaine.


Ainsi va notre monde!

20:43 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, France, Monde, Monde arabe, Syrie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : france, monde, le changement, est-ce vraiment maintenant, laurent fabius, syrie, bachar al-assad | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 09 août 2012

GUERRE A LA TERREUR: VOUS NE L’AVEZ PAS REMARQUE, MAIS AL-QAIDA EST MAINTENANT NOTRE ALLIEE!

 

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S’il y a une chose que le conflit en cours en Syrie aura sans doute permis de révéler au grand public, c’est bien le côté parfaitement orwellien de la prétendue "Guerre à la terreur" menée depuis le 11-Septembre par les Etats-Unis et ses alliés de l’OTAN, France incluse. En effet, les médias ne parviennent plus à cacher ce fait incompréhensible à priori : des militants d’al-Qaïda sont aujourd’hui nos alliés en Syrie, et aident l’opposition dans sa tentative de renverser Bachar el-Assad. Mais alors, contre qui se bat-on ?

A y regarder de plus près, comme le fait cet article paru sur le Washington’s Blog – et c’est d’ailleurs le thème développé dans le film ONE – Enquête sur al-Qaïda -, la collaboration entre les USA et al-Qaïda n’a vraisemblablement jamais cessé depuis les années 1980 et la création de "la base" par la CIA pour aller combattre les Soviétiques en Afghanistan. Après la Somalie, la Bosniele Kosovo, mais aussi la Libye l’an dernier, des milices islamistes ont été formées par la CIA et d’autres services secrets occidentaux, puis utilisées pour renverser des régimes et occasionnellement les remplacer par des dirigeants "amis". Alors pourquoi cela s’arrêterait-il?

REOPEN911 - AL QAIDA EN SYRIE.jpg

Il est maintenant reconnu qu’al-Qaïda aide l’opposition syrienne

 

Par GeantVert



 

La “Guerre au terrorisme” a changé, et pas un Américain sur 1000 ne l’a remarqué : nous combattons désormais aux côtés d’al-Qaïda


Paru sur le Washington’s Blog, le 31 juillet 2012

Traduit de l’anglais par GV pour ReOpenNews

 

Ce que vous devez savoir sur ce revirement impensable…

Dans le roman de George Orwell, 1984, le pays dénommé Océania est en guerre contre l’Eurasia depuis des années.

Océania change soudain de camp, désigne l’Eastasia comme son ennemi mortel et fait de l’Eurasia son nouvel allié.

Le gouvernement utilise la propagande pour convaincre le peuple que « Nous avons toujours été en guerre contre l’Eastasia. » Le peuple abruti ne remarque même pas qu’ils ont changé de camp et se rallie aveuglément à l’Eurasia qu’il considère comme son allié historique.

La même chose se produit dans le monde réel avec "al-Qaïda".

Les gouvernements occidentaux et les médias "mainstream" ont admis le fait qu’al-Qaïda combattait contre le gouvernement syrien, et que l’Occident soutenait l’opposition en Syrie… quicollabore avec al-Qaïda.

De la même façon, l’opposition qui a renversé Kadhafi en Libye était essentiellement issue d’al-Qaïda… et elle semble maintenant avoir pris le contrôle du pays (et ses éléments sont essentiels dans les combats en cours en Syrie).

Les USA financent également des groupes terroristes sur le sol iranien.

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Par conséquent, le fait que nous considérions maintenant les combattants d’al-Qaïda comme nos alliés, quelle que soit la forme que cela prenne, est une chose tout à fait orwellienne.

Rappelez-vous, le conseiller à la Sécurité nationale de Jimmy Carter l’avait admis sur CNN, nous avons formé et soutenu Ben Laden et les autres chefs d’al-Qaïda dans les années 1970 afin d’aller combattre les Soviétiques. (Il a aussi déclaré devant le Sénat en 2007 que la guerre à la terreur était "un conte mythique historique").

Et, comme le professeur en stratégie au Collège naval, ex-analyste de la NSA et officier de contreterrorisme John Schindler l’a écrit, les USA ont soutenu Ben Laden et d’autres terroristes d’al-Qaïda en Bosnie. [Se référer aussi au livre ci-contre, en français - NdT]

Mais évidemment, nous avons perdu le contrôle et ils se sont retournés contre nous… et ensuite il nous a fallu des années pour chasser et finalement abattre Ben Laden. OK ?

Peut-être bien. Toutefois :

- L’officier en chef chargé de la capture de Ben Laden durant l’invasion de l’Afghanistan a affirmé que les USA avaient laissé celui-ci s’échapper d’Afghanistan.

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- Des soldats français insistent pour dire qu’ils auraient pu facilement capturer ou tuer Ben Laden, mais que le commandement américain les en a empêchés.

- Un membre du Congrès américain affirme que l’administration Bush a intentionnellement laissé s’échapper Ben Laden de manière à justifier la guerre en Irak.

Mais les magouilles avaient commencé bien avant le 11-septembre :

- L’enquête conjointe du Congrès sur le 11/9 a découvert qu’un informateur du FBI avait accueilli et loué un appartement à deux des pirates de l’air en 2000, et que, lorsque l’enquête a demandé à interroger cet informateur, le FBI a refusé tout net, et l’a caché dans un lieu secret, et qu’un haut-responsable du FBI a déclaré que ces manœuvres de dissimulation étaient menées suite à des ordres émanant directement de la Maison Blanche (ce qui est confirmé ici par le coprésident de l’enquête conjointe et ex-chef du Comité du Renseignement au Sénat, Bob Graham ; et lisez aussi cet article de Newsweek).

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- Non seulement le gouvernement écoutait les conversations de Ben Laden, mais ils connaissaient les plans des pirates de l’air de leur bouche même.

- Un officier haut-gradé du renseignement militaire a déclaré que son unité – chargée de traquer Ben Laden avant le 11/9 – a été écartée de cette tâche, et que leurs avertissements comme quoi le World Trade Center et le Pentagone allaient être la cible d’attentats ont été ignorés.

- Plusieurs employés bien placés au département de la Défense ont affirmé que le gouvernement avait volontairement écarté leur témoignage sur la traque de Mohammed Atta avant le 11-Septembre.

- Un des formateurs d’al-Qaïda travaillait avec les Bérets verts et la CIA, et était un informateur du FBI.

- La CIA semble avoir aidé la plupart des pirates de l’air du 11/9 à obtenir un visa d’entrée aux USA.

Et aussi :

- D’après l’un des plus importants journaux français [Le Figaro - NdT], des agents de la CIAont rencontré Ben Laden deux mois avant le 11/9, alors que celui-ci était recherché pour l’attentat contre l’USS Cole.

- Sibel Edmonds – une ancienne traductrice du FBI, jugée extrêmement crédible par l’Inspecteur général du département de la Justice et plusieurs sénateurs – affirme qu’Oussama Ben Laden travaillait pour les USA pratiquement jusqu’au jour du 11 septembre 2001, et que ce fait est tenu caché, tout simplement parce que les USA sous-traitent les opérations de terrorisme à al-Qaïda et aux talibans depuis de nombreuses années.

Nous avons toujours été en guerre avec l’Eastasia…


 

Source: REOPEN911

LE DOGME DE L’INFAILLIBILITE DEMOCRATIQUE

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Excellent article, à lire absolument. Bonne lecture!

 

Comme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.

D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntesd’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire(Irak, Soudan, Libye).

Dès que vous questionnez l’innocence de vos dirigeants (sur des sujets comme le 11-Septembre, l’Irak, la Libye, la Syrie) qui incarnent, semble-t-il, à eux seuls, la démocratie et ses valeurs supposées, les défenseurs de ce dogme lâchent contre vous leurs inquisiteurs chargés de le faire respecter (de BHL à Botul et de Botul à Bernard-Henri Lévy). Ainsi, prêter aux démocraties occidentales de mauvaises intentions dans les relations internationales, c’est contester ce dogme et s’exposer à faire l’objet d’un lynchage médiatique. Se poser des questions sur les arrières pensées de ses dirigeants, c’est remettre en cause ce dogme et risquer de se faire diffamer (vous devenez un paranoïaque, un révisionniste, un antisémite, un anti-américain, etc.). Penser que ses élites puissent commettre des crimes contre l’humanité de manière répétée, c’est manquer de respect à l’égard de ce dogme et s’attirer les mauvaises grâces du pouvoir et de ses gardiens.

L’opinion publique occidentale qui baigne, sans nécessairement le savoir, dans le dogme de l’infaillibilité démocratique, est prompte à prendre la défense de l’inquisiteur en qui elle voit l’honnête homme, le défenseur des vertus démocratiques, celui qui porte la règle et sa légitimité. L’effronté qui oserait, par exemple, jeter toute la force de sa réflexion contre ce dogme dans les conflits libyen et syrien et qui mettrait en avant l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à l’origine du chaos politique, économique, social et humanitaire que connaissent ces deux pays, se verrait accusé immédiatement de soutenir les dictateurs massacreurs de leur peuple. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun défenseur du dogme que l’on puisse honnir les dictateurs laïques tout autant que ceux qui veulent les faire tomber afin de les remplacer par mille tyrans wahhabites et islamistes au service d’élites occidentales massacreuses d’innocence et fauteuses de guerre. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun lecteur assidu du Monde, du Guardian ou du New York Times de douter de la présentation des événements par ces quotidiens qui dépeignent les insurgés syriens sous les traits des combattants de la liberté, alors que la quasi-totalité d’entre eux ne sont pas Syriens (mais Jordaniens, Irakiens, Libyens, etc.), qu’ils tentent d’imposer la charia par le terrorisme de masse, qu’ils défendent le salafisme façon wahhabite et sa vision obscurantiste de l’Islam, qu’ils massacrent systématiquement tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue ou appartiennent aux minorités religieuses, qu’ils répondent à des donneurs d’ordres basés en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et aux États-Unis et, enfin, qu’ils portent les couleurs d’Al-Qaïda.

Le citoyen occidental ne veut ou ne peut pas croire que ses dirigeants et ses médias puissent à ce point le manipuler et lui cacher la vérité. Cette pensée est au-dessus de ses forces ou de ses défenses immunitaires psychologiques et contraires au dogme qui est encré dans son cerveau de bourgeois cultivé depuis sa plus tendre enfance. Car s’il devait admettre qu’une telle manipulation était possible, il viendrait immanquablement à perdre ses repères, à douter de la nature réellement démocratique de son régime politique et il verrait, alors, toutes ses croyances dans les vertus de son système s’effondrer sur leur base. Reconnaître les crimes de nos élites, qu’il s’agisse de crimes politiques ou des crimes médiatiques, requiert de se projeter hors de soi et de son ethnocentrisme occidental pour penser que ‘l’autre’ n’est pas nécessairement un ‘barbare’ et pour effleurer l’idée que ses dirigeants, pourtant élus démocratiquement, puissent être des démocrates aux mains sales.

Les inquisiteurs du dogme ne peuvent pas s’élever au-dessus de leur aveuglement sans perdre leur foi dans leur système, sans perdre aussi tous les bienfaits personnels qu’ils peuvent tirer de leur position au sein de la hiérarchie des défenseurs du dogme. Ne vous attendez donc pas à ce que les profiteurs du dogme répondent aux arguments soigneusement étayés que vous pourriez développer, ils ne détestent rien tant que la réalité. Ils n’ont, par ailleurs, pas plus de conscience morale que les profiteurs de guerre et ne méritent sans doute pas que nous engagions avec eux un dialogue courtois : ce sont, à vrai dire, les mêmes. Mais qui sont-ils au juste ? Ils ont un nom : on les appelle les Atlantistes.

Ce qui unit les élites politiques, culturelles, financières occidentales, c’est cette idéologie atlantiste qui ne souffre la contestation qu’à la marge. Si les hommes politiques ou les journaux de droite et de gauche peuvent s’étriper à loisir sur le droit à l’avortement ou l’abolition de la peine de mort, ils retrouvent toujours la voie de l’unanimisme lorsqu’il s’agit de défendre l’atlantisme dans ses fondements : ils seront ainsi unanimes pour défendre les traités européens qui ne font qu’entériner la doctrine libérale imposée par Washington ; ils seront unanimes également pour laisser l’Occident s’allier avec l’islamisme radical afin d’orienter les Printemps arabes selon les intérêts particuliers de leurs élites tout en prétendant, en même temps, défendre les valeurs des Lumières.

Pour tout démocrate sincère, celui qui croit davantage aux valeurs démocratiques qu’au système qui est sensé les mettre en œuvre, il est impératif de s’attaquer avec force à ce dogme parce qu’il est l’un des plus meurtriers qui soit : il permet, avec une impunité déconcertante, les actions les plus criminelles de la part des démocraties occidentales qui sont, si on y prête bien attention, les régimes les plus violents et les plus meurtriers de la planète depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de la menace communiste.

Il est nécessaire de s’acharner contre les bases de ce dogme pour le faire crouler avant qu’il ne nous emporte tous, démocrates d’ici ou d’ailleurs, dans le chaos sans fin d’une guerre des peuples et des civilisations, voulue par une élite indigne de gouverner nos destinées. Les dogmes, comme les dictatures et leurs représentants, sont faits pour être renversés. Et comme le Krak des Chevaliers, cette forteresse imprenable en terre syrienne, ils ont leurs failles.


Guillaume de Rouville, in LE GRAND SOIR

Auteur de "La Démocratie ambiguë", Éditions Cheap, juillet 2012


A lire également sur le croustillant site L'IDIOT DU VILLAGE


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 07 août 2012

SYRIE: DEMASQUE, LE PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES S'ENFUIT

 

RIAD HIJAB - EX PREMIER MINISTRE SYRIEN.jpg

 

Se sentant démasqué, le président du Conseil des ministres syriens, Riad Hijab, a été exfiltré par l’OTAN vers le Liban, dimanche 5 août 2012.

L’agence de presse nationale syrienne (SANA) n’a pas rendu compte de l’événement, se contentant de signaler qu’il avait été « démis de ses fonctions ».

La Syrie étant un régime présidentiel (comme les États-Unis), les ministres sont nommés directement par le président de la République et cette vacance n’a pas d’incidence sur le reste du gouvernement. Le président Bachar el-Assad a demandé à l’un des quatre vice-présidents du Conseil, Omar Ghalawanji, d’exercer les fonctions de président du Conseil des ministres.

Le chef de l’Armée syrienne libre a annoncé que M. Hijab avait fait défection avec d’autres ministres. La télévision syrienne a montré des images panoramiques de la réunion du Conseil des ministres sous la présidence d’Omar Ghalawanji afin que chacun puisse constater que nul ne manque à l’appel. En outre, le ministre des Biens cultuels –dont le nom avait été cité par une agence de presse- a fait une déclaration à la télévision sur un sujet secondaire afin de mettre un terme aux rumeurs de la presse occidentale le concernant.

La trahison de Riad Hijab est la première d’importance depuis le début de la crise. Selon son porte-parole, Mohamed Otri, qui s’est exprimé depuis la Jordanie, M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres, il y a six semaines, le 23 juin.

Le président du Conseil des ministres coordonne la mise en œuvre de la politique intérieure, mais n’a aucun pouvoir en matière de Politique étrangère et de Défense, « domaines réservés » du président de la République.

Comme dans le système constitutionnel états-unien, les principaux pouvoirs de nomination reviennent au président de la République. Le président du Conseil des ministres n’a donc pas pu placer des hommes à lui à des postes stratégiques de l’État.

À ce stade de l’enquête, il semble que l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », qui a échoué, devait consister en un coup d’État militaire auquel Riad Hijab aurait donné une onction civile. Washington et ses alliés pensaient qu’après la décapitation du commandement militaire (attentat du 18 juillet), des généraux et leurs régiments s’empareraient du pouvoir avec l’aide des mercenaires entrant depuis la Jordanie, puis ils l’auraient remis dans les mains de M. Hijab. Le département d’État aurait alors applaudi à la victoire de la « démocratie ».

On ignore à quel moment les services de sécurité ont commencé à douter de la loyauté du président du Conseil des ministres. Celui-ci n’avait pas été inquiété et participait encore hier à une inauguration officielle, mais il avait évité de retourner à son bureau depuis deux jours.

Bien qu’ayant exercé des fonctions au sein du Baas, Riad Hijab était un technocrate, pas un leader politique. Ancien préfet de Lattaquié, jouissant d’une excellente réputation d’administrateur, il avait été nommé ministre de l’Agriculture, puis président du Conseil des ministres parce que n’étant pas lié à un courant politique, il semblait plus apte que d’autres à œuvrer à l’unité nationale. C’est le contraire qui s’est produit. N’étant lié à aucun groupe, il a pu changer de bord sans être retenu par un engagement.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi, a souligné que -à la différence de l’Arabie saoudite- la Syrie est un État, et que la disparition d’un homme ne peut affecter la marche de l’État.

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

samedi, 04 août 2012

SYRIE: IL FAUT JUGER MERKEL, OBAMA, HOLLANDE ET CAMERON POUR APOLOGIE DU TERRORISME

 

HOLLANDE-OBAMA-MERKEL-CAMERON.jpg

 

Avec la morgue habituelle, les eulogies perpétuelles pour soutenir des rebellions ailleurs, ce qu’elles ne feront jamais chez elles, les ONG sont alarmistes et n’arrivent surtout pas à dire la vérité puisqu’elles dépendent en grande partie des pays qui veulent la destruction de la Syrie. Vous avez dit “amis de la Syrie ?” Jusqu’à 30.000 Syriens ont fui au Liban durant les dernières 48 heures, a déclaré hier, vendredi 20 juillet à… Genève la porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). DE vrais yeux de lynx depuis la Suisse. Quant à la Croix-Rouge, elle fait état de 18.000 réfugiés. Cherchez l’erreur !

Très intérressant. Ces chiffres étonnent et détonnent. La contradiction, avec cet écart conséquent est un indicateur sur la falsification générale relative à ce conflit qui prend une dimension morbide avec la non-condamnation des attentats perpétrés par Al Qaïda. le Qatar, via sa chaîne de désinformation mondiale Al-Jazeera soutient les terroristes syriens médiatiquement, mais aussi financièrement, matériellement et militairement, avec la bénédiction du quatuor Obama-Hollande-Merkel-Cameron. Nous nous taisons en Europe mais ne sommes pas à l’abri de grosses surprises car, ces lâches se retournent toujours contre leurs maîtres. On sait ce qu’il est advenu des talibans créés de toutes pièces pour combattre la Russie en Afghanistan.

Oui, il faut juger Merkel, Obama, Hollande et Cameron pour apologie du terrorisme. Ce quatuor approuve le terrorisme international dans la mesure où, aujourd’hui, ceux qui combattent en Syrie ne sont pas des enfants de coeur. Ce sont des djihadistes rompus au maniement des armes. Ils viennent d’Irak, de Libye ou encore d’Afghanistan. Hélas, qui peut engager des procédures contre ces nouveaux désinformateurs juges et parties ? 120.000 réfugiés syriens se trouvent en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Irak, nous dit-on. Savez-vous combien de réfugiés libyens se retrouvent éparpillés dans le monde ?

Les dirigeants occidentaux sont nus. L’incohérence de leur combat contre le “terrorisme islamique” selon la formule consacrée a pris une sacré ride en Syrie. Leur discours se révèle être à géométrie variable. Eux, qui disent être inflexibles, intransigeants et contre toute forme de terrorisme l’approuve honteusement en Syrie. Mais bien sûr, quand ça touche d’autres pays, notamment la Syrie, ils sont affables, compréhensifs voire bienveillants. Et que fait le peuple de France, des Etats-Unis et autres ? Rien. Une association de baltringues, de pleutres,  de voyous et d’hypocrites qui se taisent, dictés par leur ethno-centrisme abscons. C’est simplement du racisme.

Il faut néanmoins ajouter dans ce quatuor, les affreux souverains du Qatar et d’Arabie Saoudite, qui financent le terrorisme. N’a-t-on pas dit que Seif Al-Islam finançait le terrorisme en recrutant des terroristes et des mercenaires ? Où est donc la CPI quand ils s’agit des personnes qui sont mentionnées dans ce texte ?

Pas de justice, pas de paix !


 

dimanche, 29 juillet 2012

QUAND L'AFP RECONNAIT QUE LES BEAUX REVOLUTIONNAIRES SYRIENS SONT DES ISLAMISTES

 

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Il y a comme ça des pépites de vérité que l'on trouve, par hasard, dans le fumier de la guerre de l'information. Alors qu'en Occident tous ceux qui émettent des doutes sur le soutien sans équivoque à "l'Armée syrienne libre", aux démocrates armés syriens spécialistes des attentats terroristes, etc... sont considérés comme des infréquentables défenseurs d'une tyrannie, une dépêche de l'AFP vient nous en dire plus sur l'identité de ces beaux combattants de la liberté. Que nous apprend-elle ?

"Tout le quartier est cerné. Les combattants sont des opposants syriens et des étrangers qui affirment appartenir au "Liwa Tawhid al-Moujahidine", la Brigade de l'unification des Moujahidines (combattants islamistes). Il y a des Tchétchènes, des Algériens et même des Suédois et des Français de confession musulmane. 

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre des rebelles montés sur une fourgonnette rouge - sur laquelle est écrit en blanc le nom de la "Brigade de l'unification des Moujahidines" - qui tirent à la mitrailleuse en direction des hélicoptères de l'armée, des salves saluées par les cris d'autres rebelles postés dans les rues.

Dans une autre vidéo, un immeuble est en flammes tandis que retentissent des tirs nourris et des sourates du Coran récitées par le muezzin d'une mosquée."

Fort intéressant tout cela.

Les "Français de confession musulmane" qui se trouvent là-bas, jumeux idéologiques de l'ennemi public numéro un d'il y a quelques mois, Mohammed Merah, sont-ils en contact avec les forces spéciales françaises qui soutiennent la rébellion syrienne ? Dans la mesure où ils nourrissent le même grand dessein que leur pays et ont strictement les mêmes alliés, seront-ils en cas de victoire décorés voire intégrés dans les Forces spéciales ? Vont-ils a contrario être jetés en prison ou mis sur la liste noire des "terroristes" à surveiller de très près ?

Alors que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius appelle au déploiement de forces africaines "capables" et "organisées" pour chasser du Nord-Mali les "islamistes armés" qui y sont installés, on aimerait lui poser une question: quelle est la différence entre les "islamistes armés" qui sont au Mali et les "révolutionnaires" salafistes qui sont en Syrie ? Ils sont de la même obédience idéologique et jouissent des largesses des mêmes financiers, notamment l'émir du Qatar, qui leur envoie sans doute des Western Union entre deux Conseils d'administration du PSG.

Au fait, de qui se moque-t-on ?


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 14 juillet 2012

CRISE SYRIENNE: FRANÇOIS HOLLANDE, LE PANTIN AMERICAIN, PASSE EN TRAVERS

 

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Thierry Meyssan sur l’agression de la Syrie et la diplomatie de François Hollande

 

Dans une interview pour la radio La voix de la Russie que nous reproduisons dans nos colonnes, Thierry Meyssan revient sur les développements récents de l’opération de déstabilisation de la Syrie et la position du nouveau gouvernement français.

Dans la continuité de l’ère Juppé-Levy-Kouchner, le Quai d’Orsay s’obstine jusqu’à présent à prendre la communication de guerre pour la réalité. Alors que la France ne brille que lorsqu’elle sait jouer de l’équilibre entre les grandes puissances, elle se prive de toute marge de manœuvre en s’enferrant dans un parti-pris à courte vue.


La Voix de la Russie. Monsieur Meyssan, merci d’être avec nous sur les ondes de la Voix de la Russie. Vous êtes au cœur de l’actualité proche-orientale. Vous voyez les choses évoluer au jour le jour et pouvez témoigner de la situation à Damas. Que pensez-vous de la mise en pratique du plan de Kofi Annan qui, d’après vous, a largement puisé dans l’initiative d’un Serge Lavrov, chef du Quai d’Orsay russe ?

Thierry Meyssan. Le plan Kofi Annan est la reprise du plan Lavrov. On a juste modifié une clause qui concerne le statut de la presse. Et c’était une bonne manière de faire puisque M. Lavrov avait réussi à trouver un accord avec la Ligue arabe. Donc cela pouvait paraître une plateforme de discussion correcte. Cependant au moment même où Monsieur Lavrov avait négocié cela avec la Ligue arabe, le président de séance de la Ligue à ce moment-là, c’est-à-dire le représentant qatari avait donné une conférence de presse, quelques minutes après celle de M. Lavrov en tenant des propos en totale contradiction avec le contenu du plan. Et aujourd’hui on est toujours dans la même situation, c’est-à-dire que tout le monde se réclame du plan Lavrov, maintenant du plan Annan, mais certaines parties au conflit s’expriment d’une manière qui ne laisse aucun doute sur leur refus de l’appliquer. Parce que les bases de cette idée, du plan de paix, est que tout le monde doit cesser le feu de manière unilatérale. On ne doit pas attendre que les autres fassent une démarche et descendre progressivement. Chacun doit s’arrêter de tirer. Or, l’armée syrienne a fait des efforts considérables, s’est retirée des grandes villes malgré les protestations des gens, des manifestations – non pas contre l’armée mais des manifestations pour l’armée ; des gens réclamant la protection militaire face aux groupes des mercenaires. Et puis en face il n’y a pas du tout d’arrêt, les actions commandos continuent. Il y a beaucoup d’actions ciblées soit pour détruire l’infrastructure, soit assassiner des responsables de l’État ou des personnes qui ont manifesté leur soutien au pays.

Est-ce que d’après vous, il subsiste ne serait-ce qu’une infime chance de pacification de la Syrie ?

Oui ! La chance, elle est toute simple ! Si les armes et l’argent arrêtaient d’arriver de l’étranger… Si on arrêtait d’envoyer des mercenaires… Il y a constamment des mercenaires qui franchissent la frontière avec la Turquie comme l’a souligné le représentant russe au Conseil de Sécurité. On a transféré des combattants qui étaient en Libye vers la Turquie en utilisant d’ailleurs les moyens des Nations Unies. On a installé un camp de prétendus réfugiés qui est en fait une base arrière de cette pseudo-armée syrienne libre. Et puis constamment ces gens franchissent la frontière et viennent pour commettre des crimes sur le territoire syrien. Donc si on arrêtait ce soutien extérieur aux bandes armées, il ne resterait plus rien ! Après on va se retrouver dans une situation normale avec un gouvernement qui est largement majoritaire, une opposition qui existe, qui a les moyens de s’exprimer, qui fait sont travail d’opposition, qui propose des nouvelles choses, etc. Il y aurait un débat démocratique comme cela existe dans de nombreux pays. Là quand se réunit maintenant le groupe de contact initié par la Russie, la question est : est-ce que les États-Unis qui sont la puissance titulaire à la fois de l’Occident et du Conseil de Coopération du Golfe, est-ce que les États-Unis vont demander leurs alliés d’arrêter ce jeu en sous-main ? Ou est-ce qu’ils vont au contraire continuer à les encourager à jeter de l’huile sur le feu?

Une autre question, cette fois-ci beaucoup plus délicate, plusieurs de nos confrères, journalistes d’une télévision locale, ont été sauvagement assassinés par la prétendue Armée libre syrienne soutenue par la Turquie et les Occidentaux. Croyez-vous qu’on s’attaque à la presse pour créer un blocus médiatique, pour priver les citoyens des pays occidentaux et arabes de toute information véridique ? Quels ont été les mobiles de ces criminels ?

Je pense qu’il y a deux éléments qui vont ensemble. D’une part, au cours des vingt dernières années, nous avons vu les mêmes scènes se reproduire successivement en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak, en Libye et maintenant en Syrie. Il y a des puissances qui systématiquement détruisent les médias des pays qu’ils attaquent. Et c’est simple. Il y a constamment derrière cela les États-Unis et l’OTAN. Personne d‘autre ne se comporte comme ça dans le monde. Il n’y a pas de plus grand ennemi de la liberté d’expression que les États-Unis et l’OTAN. Quoi qu’on en dise, ce sont les faits qui le montrent.

Deuxièmement, il était prévu dans le cas particulier de la Syrie une immense campagne en décrochant des satellites les canaux syriens et en leur substituant des canaux qui étaient des programmes qui ont été fabriqués par la CIA qui a créé plusieurs chaînes satellitaires au cours des derniers mois. Donc l’idée c’était qu’on allait diffuser des images fictionnelles tournées dans les studios, des images de synthèse pour faire croire à l’effondrement de l’État syrien et pour que les gens en Syrie quand ils avaient branché leur télévision, au lieu de voir leur chaîne habituelle, ils auraient vu autre chose avec de fausses images. Et ils auraient pensé – « Voilà ! C’est trop tard ! Il faut se résigner, la patrie est perdue, elle est occupée par des forces étrangères. »

Eh bien ça, ça n’a pas été possible parce qu’il y a eu d’abord une mobilisation incroyable dans le monde entier. Il y a des dizaines de très grands journaux qui ont consacré des pages entières à ce sujet. Il y a eu des centaines de sites internet qui ont véhiculé tous les détails de cette opération. Finalement NileSat avait refusé d’enlever les chaînes syriennes de son satellite. La Ligue arabe a été forcée de reculer avec ArabSat. Les Syriens ont installé sur de nouveaux satellites leur télévision. Enfin ils ont saisi le Conseil de Sécurité avec une lettre très importante sur ce sujet. Et surtout M. Lavrov a inscrit comme point numéro un à l’ordre du jour de la réunion du groupe de contact l’arrêt immédiat de la guerre médiatique contre la Syrie.

Alors l’OTAN s’est vengée comme ça. Ils ont envoyé un commando. Cette télévision était installée à une quinzaine de kilomètres à la sortie de Damas, à la campagne, en fait. C’était un lieu pas du tout défendu. Le commando était arrivé – des gens avec des systèmes de visée nocturne, avec tout ce qu’il faut. Ils ont tué les gardiens. Il y avait juste 4 gardiens. Ils sont rentrés. Ils ont arrêté 3 présentateurs qu’ils ont ligotés et qu’ils ont exécutés sur place. Et puis après ça ils ont mis le feu. Ils ont fait tout sauter. Maintenant il ne reste que des gravas à cet endroit-là. Il y a juste un bâtiment qui est encore debout.

Encore une fois ce n’est pas nouveau. Les États-Unis et l’OTAN font ça partout depuis 20 ans. C’est quelque chose d’incroyable. Parce que ce sont les mêmes personnes qui pratiquent ces actes barbares et qui dans les organisations internationales se présentent comme les défenseurs de la liberté d’expression ! C’est le monde à l’envers ! La réalité nous dit l’inverse de leurs paroles ! Et pour nous, journalistes, ceci devient impossible à vivre. C’est bien clair. Si toute personne qui veut s’opposer à cet impérialisme et qui se retrouve dans un pays qui n’a pas les moyens importants pour se défendre est désormais en danger.

Et qu’en est-il de la position de la France par rapport à la Syrie. On voit François Hollande louvoyer à tous les vents et zigzaguer sans cesse comme s’il ne savait à quel saint se vouer… Qu’est-ce que vous en dites ?

Comme vous dites : François Hollande zigzague et louvoie. C’est-à-dire qu’il ne sait pas quelle est sa politique ; Il essaie de suivre son mouvement. Il se rend bien compte que la position officielle sur la Syrie n’est pas tenable. Mais en même temps il n’est pas capable d’en dégager une autre. Il n’est pas capable de ça parce qu’il n’a pas de marge de manœuvre. Il accepte que la France continue comme au cours du mandat de Nicolas Sarkozy à être le suiveur des États-Unis. Comment pourrait-il énoncer une nouvelle politique dans ces conditions ? Il a à côté de lui l’administration du Quai d’Orsay, les diplomates français qui ne cessent de lui répéter que nous commettons une erreur très grave avec la Syrie. Que normalement la France et la Syrie devraient être alliés comme c’était le cas dans le passé. La France a été la puissance mandataire pendant l’entre-deux-guerres ici. Il y a une incapacité à s’adapter.

Cette incapacité, elle s’est exprimée clairement lors de la première rencontre de François Hollande et de Vladimir Poutine à Élysée. C’était quelque chose d’un peu grotesque en fait ! Les deux Chefs d’État ont fait une liste de sujets à aborder dont la Syrie qui occupait une grande part de la discussion. Et ils n’ont trouvé aucun point d’accord. C’est honteux ! Aucun point d’accord ! Pourquoi ? Parce que sur chaque sujet Vladimir Poutine exprimait les demandes de la Russie en les argumentant. Nous voulons ceci parce que cela… Et il donne ses arguments. Et en face il y avait un François Hollande qui lui répondait : « Nous pensons que… » Sans arguments... ! C’est-à-dire il n’y a rien à négocier. C’est juste l’affrontement d’un point de vue borné en face d’une position ouverte. Et quand on a abordé plus précisément la question syrienne, ceci est devenu encore plus ridicule ! Puisque le Président français a évoqué seize mille morts dont serait responsable le gouvernement, etc. Le Président Poutine lui demanda : « Mais d’où tenez-vous ces chiffres ? De l’Observatoire syrien des droits de l’homme ? Mais nous avons envoyé notre ambassadeur à Londres. Il a vu ces gens –là : c’est un marchand de kebab avec une petite échoppe. C’est ça la source des renseignements français ? La Russie pendant ce temps, nous avons cent mille Russes qui sont déployés sur l’ensemble du territoire syrien ! Rien ne nous échappe ! Nous pouvons tout vérifier ! Et nous pouvons vous affirmer évidemment que ce que raconte ce marchand de kebab à Londres n’a aucune valeur ! ».


Source: VOLTAIRENET

jeudi, 12 juillet 2012

LA REUNION DU 6 JUILLET A PARIS DES « AMIS DE LA SYRIE »: UNE AUTRE AUDACE DE L’IMPERIALISME INSATIABLE DES OCCIDENTAUX

 

côte d'ivoire,la reunion ce 6 juillet a paris des « amis de la syrie »,une autre audace de l’imperialisme insatiable des occidentaux

Les participants à la troisième réunion des Amis du peuple syrien, lors du discours de François Hollande, vendredi, à Paris, au ministère des Affaires étrangères. Crédits photo: FRANCOIS BOUCHON/FRANCOIS BOUCHON 

 

Extrait de l'article "Syrie: A Paris, l'insurrection appelle à l'aide" du FIGARO, daté du 6 juillet 2012:

«La défection du général Tlass, un proche d'el-Assad, a été annoncée à la conférence des Amis de la Syrie.

En ouvrant la troisième réunion des Amis du peuple syrienFrançois Hollande a demandé vendredi une minute de silence pour les 16.000 victimes d'une répression dont le terme n'est toujours pas en vue. «Le régime de Bachar ne tiendra pas, sa chute est inéluctable, le plus tôt sera le mieux», a dit le chef de l'État devant la centaine de pays et d'organisations présents à Paris - ils étaient une soixantaine à Tunis, en février dernier, et 80 environ à Istanbul en avril, lors des deux premières conférences».

 

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Ils ne renonceront jamais ! Ils n’abandonneront jamais leurs réflexes de prétentieux boulimiques, ces occidentaux ! Non contents de tirer en sous-terrain les ficelles de la désagrégation des Etats arabes, après avoir désorganisé la Libye et la Côte d’Ivoire, et ouvert la voie à la destruction du Mali,  les Etats occidentaux s’acharnent toujours sur la Syrie. Leur prétexte, « sauver ce pays du dictateur Bachar El Assad». Alors, avec des dirigeants de pays sous leur contrôle, ils usent de la manipulation de leur presse aux ordres, pour commettre une autre forfaiture contre l’ordre de justice et d’égalité, l’ordre de dignité et de liberté, un ordre contre lequel ils sont montés depuis de nombreuses décennies. L’ambition de soumettre l’humanité à leurs choix, pour le règne du plus pervers, la domination sans partage du plus fort, la prédominance du mal sur la terre est si forte sur eux que rien ne les arrête. Ils n’hésitent pas à soutenir des dictateurs sanguinaires dans certains pays, en même temps qu’ils prétendent défendre la démocratie dans d’autres, en occasionnant des massacres de populations et des destructions massives, la dégradation des institutions et la destruction de l’Etat de droit.

A Paris, on reçoit des fossoyeurs de démocraties sur le tapis rouge pendant qu’on arme des rebelles, et  cela serait la marque de pays des Droits de l’homme:

Comme si tous les droits, y compris celui de massacrer des populations et celui d’être contre la démocratie, étaient à exercer pour elle, la France est partisane de tout. Vain espoir que celui qui habita de nombreuses personnes, en Afrique et certainement en Europe, de voir la France prendre véritablement des habits de pays des Droits de l’Homme, à la défaite du président de tous les excès que fut Nicolas Sarkozy. C’était ignorer le côté hypocrite de la politique française, qui n’a jamais fait que tirer profit de façon malicieuse des autres. Tant de choses ont montré que la France reste ce pays des déboires de l’humanité, ce pays où le sort de notre monde s’est vu si souvent malmené. Sous le prétexte de se prémunir contre de graves dérives, on a embrigadé l’humanité dans des projets aux contours sombres : de la première guerre dite mondiale à la deuxième, tout est parti de la France, et ce tout a façonné le visage actuel du monde. Le monde a été aiguillé sur des voies de souffrance quel que fût la personne qui se retrouva à la tête de l’Etat français. On a donc eu tort de croire que Sarkozy était la mauvaise personne. Certes, on trouvera difficilement quelqu’un de pire que ce Sarkozy-là. Mais les faits nous montrent, avec les deux guerres mondiales, que la France, dans ce monde, est le pays d’où partent les pires souffrances de l’humanité. Hier, on a vu Nicolas Sarkozy sur la scène internationale, mener des actes criminels, notamment en Afrique. A peine s’est-il retiré que son successeur, a qui on a volontiers attribué des a priori favorables, parce qu’il est socialiste, se fait leader de positions va-t-en- guerre : On se réunit sous son autorité, à Paris, pour donner des armes aux rebelles de Syrie (comme on le fit en Lybie)…Et on veut faire croire au monde entier que c‘est en armant des rebelles pour faire partir du pouvoir un chef d’Etat, fût-il un mauvais dirigeant, qu’on travaille pour la démocratie ! On se gargarise de la défection des soldats en faveur de la rébellion. Mais on se garde bien de montrer comment on persuade ces hommes-là de trahir leur pays, leur peuple, leur patrie, en s’alliant à une rébellion dont les ficelles sont tirées de l’extérieur, par les occidentaux.

Les dirigeants occidentaux sont pressés de faire partir le président Bachar de la tête de la Syrie avant que ne se découvrent les coups tordus qu’ils font dans ce pays, pour des raisons très loin des intérêts des Syriens :

L’excitation des Hillary Clinton et autres dirigeants occidentaux contre le président syrien et l’empressement de ces occidentaux démontre au moins deux choses.

La première, c’est que le départ de Bachar El Assad n’est qu’un élément d’un programme qu’ils ont besoin d’exécuter absolument. Et l’intérêt de ce programme n’a rien à voir avec les arguments avancés publiquement. A la vérité, il s’agit d’avoir à la tête de la Syrie des hommes à leur solde, pour la réalisation d’un projet inavouable. Lequel ? Nous pouvons seulement dire que ce projet servira la domination de l’occident sur le reste du monde.

La deuxième, c’est que plus le temps passe, plus il devient possible de découvrir tous les coups tordus que les occidentaux ont fait dans cette partie du monde où se trouve la Syrie. Une telle découverte compromettrait la suite des plans de l’occident dans son ambition de soumettre l’humanité à ses choix et désirs : il faut donc aller vite.

Pour ces deux raisons et certainement d’autres, les occidentaux sont pressés. Ils ont même essayé de donner dans la provocation, histoire de mesurer de quoi était capable l’armée syrienne qu’ils ont baptisée «  l’armée de Bachar », afin d’apprêter les armes indiquées pour leur forfait : l’avion turque abattu est une preuve sans ambages que militairement le coup n’est pas si facile ! Ils savent maintenant avec une certaine précision à quoi s’en tenir militairement. Mais les occidentaux ne peuvent pas attendre. Et la réunion prévue à Moscou, non seulement ne leur garantit rien, mais elle est trop loin. Ils sont pressés ! On comprend dès lors que la Russie et la Chine qui, quoi qu’on dise, demeurent des acteurs majeurs dans la situation ne se sentent pas concernées par la réunion de Paris.

Au demeurant, la Russie et la Chine ne font pas partie du dispositif de l’occident pour manipuler l’humanité à sa guise et ne sont pas les bienvenus à cette réunion des « amis de la Syrie » qui se tient à Paris. En fait d’ « amis », il faudrait plutôt parler des « ennemis », et chercher les « amis de la Syrie » du côté de la chine, de la Russie, de l’Iran et ailleurs.

Que Dieu nous protège.


Une Contribution de Nda Adjoua Suzanne

mercredi, 09 mai 2012

UNE AUTRE AFRIQUE EST POSSIBLE!

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Et maintenant ? Passée l'illusion lyrique du soir de la victoire, il devient urgent de réévaluer l'impact de l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement de gauche à Paris sur les relations internationales, particulièrement africaines. Même si l’Afrique, et singulièrement la Cote d'ivoire, n'a pas été citée durant la campagne et durant les débats entre les deux principaux candidats.

Trois écueils me semblent à éviter: celui d'une évaluation de la situation franco-africaine en soi - alors que la politique étrangère est toute d’interdépendance. Celui d'un optimisme excessif - quand l'histoire d'une persistance de la Françafrique à travers les régimes pourrait désespérer les adeptes de l'incantation du changement, maintenant et partout ! Mais aussi celui d'un afropessimisme exagéré, car rien ne sera pire que la présidence précédente, et que de nouveaux acteurs peuvent forcer le destin de l'Afrique.

UNE NOUVELLE POLITIQUE ETRANGERE FRANÇAISE ...

Moins atlantiste, plus progressiste ? Plus européenne, moins africaine ? Plus démocrate, moins françafricaine ? Sans doute, mais encore ?

Un premier constat : celui d'un désengagement progressif, lent et chaotique de l'Afrique - au profit des intérêts européens, d'autant qu'un François Hollande, contrairement à Ségolène Royal n'a pas de passé ni de tropisme africain - non plus que de passif ou de volonté interventionniste, comme son prédécesseur. Et ce désengagement peut être une chance.

En effet, le désengagement en question s'inscrit en principe dans une opposition au courant « néoconservateur » et interventionniste, tant américain que français, qui prétend imposer « la démocratie par les bombes », si ce n'est procéder à des « guerres humanitaires » - en Irak, en Libye, en Côte d'Ivoire, et peut être bientôt en Iran.

Mais que ce soit sur le plan militaire, économique (par exemple la suppression du franc CFA), la diplomatie d'un pays européen se réoriente lentement : le retrait d'Afghanistan, le renouveau d'une relation équilibrée entre Israël et le monde arabe, la redéfinition d'une politique envers les pays du Sud prennent du temps, des années sans doute.

De la retenue, de la neutralité, voire du retrait: voilà ce qu'on peut raisonnablement espérer, sans trop d'illusion, d'un pouvoir socialiste à Paris. Ce que Jospin avait maladroitement baptisé « ni ingérence, ni indifférence », et qui lui avait permis, à la chute de Bédié, de s'opposer à Jacques Chirac – alors que ce dernier aurait voulu - déjà !, faire intervenir pour le pire le 43ème BIMA. Ce qui n'est pas rien. Qui ne voit ce qu'un retrait ou une neutralisation de la Force Licorne permettrait comme évolution à Abidjan ?

... OU UNE FRANÇAFRIQUE REPEINTE EN ROSE ?

Pour autant, l’expérience mitterandienne rappelle, hélas, qu'attendre des socialistes un bouleversement dans les rapports avec l'Afrique participe plus des promesses électorales que des réalités. En 1984, trois ans après la prise de pouvoir de la gauche, l'africaniste Bayard dénonçait « la politique africaine de François Mitterrand » : pour le « noyau dur » francophone africain, les réseaux « à la Foccard » et les liens de sujétion s’étaient maintenus.

Les affaires continuent, certes - et sous Laurent Gbagbo les intérêts des grands groupes français comme Bouygues et Bolloré ont été maintenus, et les structures de dépendance persistent, ou au mieux évoluent lentement. C'est aussi qu'ils sont portés par des hommes : des liaisons sulfureuses existent autour de Hollande;ainsi l'avocat Jean Pierre Mignard et ses fructueux contacts africains ; ou Maître Jean-Paul Benoît, défenseur de Ouattara. La « commission Afrique » du PS est tenue par la droite du Parti, notamment un certain Melonio, employé de son état à l' « Agence française de développement », grande institution progressiste comme on le sait... L'ancien premier ministre Laurent Fabius (ami personnel d'ADO autant que Strauss Kahn) s'il était nommé aux Affaires étrangères terminerait de dresser un tableau très sombre des dérives potentielles des socialistes à venir.

Car nous ne nous y trompons pas : au delà des anecdotes et des individus, c'est une dérive constante, à certains moments de notre histoire, des socialistes les plus droitiers vers le néocolonialisme, voire la répression armée. Le nom de Guy Mollet est attaché à cette politique paradoxale, qui peut tenir un discours progressiste, voire marxisant, et mener une répression féroce comme ce dernier l'a fait en Algérie.

Déjà Laurent Fabius n'a t-il pas fait un voyage exploratoire au Gabon ? Est ce par hasard - et je parle d’expérience, jusqu’à en prendre congé ! - que la « commission Afrique » du PS se refuse à nommer dictature une dictature et à faire une analyse politique des régimes francophones africains ?

DES ALLIANCES TRANSNATIONALES POUR LE CHANGEMENT

Alors, que faire ? Quoi d’autre que de combattre ces forces de l'ombre et de passer des alliances, définition même du politique. Partant des recherches novatrices de Marc Augé, anthropologue des alladian ivoiriens, j'ai proposé une « politologie des mondes contemporains » qui replace les enjeux nationaux ou de relations internationales dans un aller et retour constant entre l'ici et le là bas, entre l'Afrique et l’Europe, la Côte d'Ivoire et la France pour l'exemple.

Oui, il y a des internationalistes et des démocrates français opposés aux réseaux Foccard et à un retour impérial dans la terreur et les massacres, au Sud du Sahara, - comme en avril 2011 à Abidjan, mais aussi dans les 47 interventions armées françaises depuis 1960, sous des prétextes divers et variés !

Non, François Hollande ne sera pas seul à décider : lui aussi, dans la perspective des législatives, doit passer des alliances et prendre des engagements : avec la gauche du PS comme Benoît Hamon. Avec le Front de gauche et Jean-Luc Melenchon, qui ont soutenu la résistance ivoirienne, appelé à la libération des déportés politiques des geôles nordistes et à la dissolution des milices tribales FRCI, condamné l'intervention de la Licorne et de l'ONUCI et l'arrestation par les Forces spéciales françaises du président Laurent Gbagbo.

Et tout cela, après un an, va sortir dans les grands médias français, et devant l'opinion publique africaine : cette vérité politique que l'on nous a trop caché va être révélée - maintenant que les dossiers vont être découverts par le nouveau pouvoir et que l'ancien président ne sera plus là pour travestir les réalités de la guerre franco-ivoirienne.

Quant au pouvoir ivoirien, ce n'est pas par hasard si son éminent représentant nomadise entre hôpital et résidence, entre Mougins et Paris, entre XVIème arrondissement et Élysée. Cette fébrilité n'indique pas seulement une panique certaine devant l’alternance à Paris, ne signifie pas seulement que sa sécurité est plus assurée dans la capitale française que parmi ses compatriotes abidjannais, ni que ses affinités sont plus occidentales qu’africaines.

Car on peut caractériser la relation sarko-outtariste comme un pouvoir hybride, transcontinental, un pouvoir double. Non pas « en double », comme aiment le dire les africains se référant à la sorcellerie (quoique à décrypter les massacres d'avril, on se demande de quel exorcisme relèvent leurs auteurs - faute de justice), mais duel, caractérisé par « l'assimilation réciproque des élites », pour repolitiser une formule politologique à succès.

C'est une des premières choses que la gauche doit faire cesser : un général français à la présidence ivoirienne, un Serey Eiffel grand maître de la coopération, une force Licorne en pleine régression coloniale. Tout cela est aussi dangereux qu'anachronique et devra s’arrêter au plus vite.

Au delà, les démocrates africains et occidentaux demanderont des comptes au pouvoir socialiste pour que soient retirés au plus vite les corps expéditionnaires franco-onusiens, que soient jugés les crimes de guerre de quelque bord ou nationalité qu'en soient leurs auteurs.

Que les élections ne soient plus sous tutelle et la « continuation de la guerre par d'autres moyens » - et que des négociations s'engagent sérieusement avec l'opposition, le retour de Laurent Gbagbo et des formes d'union nationale que les intéressés définiront eux mêmes. Que les fauteurs de guerre, comme l'actuel responsable du Burkina, soient arrêtés dans leur déstabilisation de l'Afrique de l'Ouest - si son propre peuple ne se charge pas de l'alternance à Ouagadougou.

En Mai 1981, nous nous souvenons que François Mitterrand n'avait qu'un mot à dire pour encourager les oppositions démocratiques et que tombent les partis uniques et les dictatures africaines : il ne l'a pas dit, et tout a continué.

En Mai 2012, François Hollande n'a qu'un mot à dire, et il n'est pas sûr qu'il le dise. Et ce n'est pas grave : c'est nous tous qui le dirons, au nom des révolutions africaines encore à venir.

 

Michel Galy

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: Le blog de Delugio

mercredi, 02 mai 2012

SARKOZY-KADHAFI: LA PREUVE DU FINANCEMENT

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Sarkozy rattrapé par sa voyousie internationale


Selon un document officiel libyen, le régime de Kadhafi a décidé de débloquer une somme de 50 millions d'euros pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007. Le chef des services libyens d'alors y évoque des réunions préparatoires avec Brice Hortefeux et l'intermédiaire Ziad Takieddine. « Ce document prouve qu'on est en présence d'une affaire d'Etat », confirme ce dernier.


Pour voir tous les articles sur le sujet, cliquer sur:

Sarkozy-Kadhafi: dix mois d’investigations (6/19)

 

Source: MEDIAPART

vendredi, 27 avril 2012

L’OTAN, AVEC LES USA EN TETE, PREPARE LE TERRAIN POUR UNE GUERRE CONTRE LA SYRIE

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PressTv- Un analyste américain dit que les Etats-Unis ont dépêché des escadrons de la mort en Syrie qui se sont constitués en gangs armés pour attaquer des groupes de population avant que Washington n’envahisse la Syrie.


« Ces escadrons de la mort sont la principale cause des problèmes en Syrie » a déclaré l’auteur et historien Webster Griffin Tarpley dans un interview avec Press TV. Il a ajouté que chaque fois que les Etats-Unis veulent envahir un pays, ils commencent par envoyer des escadrons de la mort pour attaquer des groupes de population. Tarpley a expliqué que Washington avait envoyé des escadrons de la mort en Irak en 2006 et 2007 parce que la situation était intenable et avait instigué une guerre civile dans le seul but de maintenir sa présence dans la région.


 

Il a ajouté que les escadrons de la mort envoyés en Syrie avaient été recrutés dans plusieurs parties du monde. « La Syrie faisait partie du même plan (de “pacification” ndt) que l’Irak et donc ce qu’ils ont fait en Irak établissait un schéma qu’ils n’avaient plus qu’à reproduire ailleurs » selon l’analyste. Pour Tarpley, la situation actuelle en Syrie est le signe que l’OTAN cherche à « intervenir militairement » dans le pays. ”Les puissances de l’OTAN essaient de déclencher une guerre civile à partir de l’extérieur”, selon lui. La Syrie connaît des troubles depuis la mi-mars 2011 et beaucoup de gens, y compris des membres des forces de sécurité, ont été tués dans la tourmente. L’Occident et l’opposition syrienne accusent le gouvernement de tuer les opposants.

Mais Damas accuse « les hors la loi, les saboteurs et les groupes terroristes armés » d’être responsables de l’agitation qui, affirme Damas, est orchestrée de l’étranger.

 

Source: ELECTION 2012

mercredi, 18 avril 2012

LES RAISONS FRANÇAISES DE LA DESTABILISATION DU MALI

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La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause ? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques : les intérêts «français» et «individuels».

Des intérêts français, la découverte du pétrole au Mali en est le déclencheur des hostilités.

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Bamako, 12 mai 2002, aussitôt élu président de la République avec 64,35% des voix au deuxième tour, Amadou Toumani Touré (ATT pour les intimes) fait un rêve, celui de faire du Mali un pays producteur du pétrole. Mais le rêve ne dit pas que l’or noir est un or du diable, qui insère son producteur au rang de la malédiction où d’autres anciennes colonies françaises comme le Congo Brazzaville, le Gabon… sont depuis, tenus en laisse par Paris. Le Mali peut toujours jouer le jeu de la démocratie en organisant des élections crédibles et en assurant des alternances dans la paix tant qu’une goutte de pétrole ne coule pas encore du bassin de Taoudéni dans le nord du pays. Taoudéni ? C’est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 m d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 km², soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale, qui s’étend hors du Mali au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Algérie. Cette précision est d’une importante capitale à noter pour la suite de l’analyse.

Il est de bon augure pour ATT de créer, dès 2004, l’Autorité pour la promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP). Des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur cinq bassins sédimentaires sont signées entre le gouvernement malien (9 blocs) et les sociétés de recherche pétrolière pour les 20 autres blocs.

Parmi ces sociétés, il y a la compagnie italienne d’hydrocarbure ENI (50%), l’australienne Baraka Petroleum (25%) et l’Algérienne SIPEX (25%), dont les opérations de sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 sont assurées par l’Entreprise Nationale Algérienne de Géophysique (ENAGEO), une filiale de SONATRACH qui est la première des douze sociétés pétrolières d’Afrique. Sans oublier l’apport de 46 milliards de FCFA par PetroPlus Angola, destinés à la promotion de la recherche pétrolière, à l’exploitation, au transport, au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeux, et à la formation du personnel technique malien.

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Très bien tout cela ! Sauf que dans l’Eden du pétrole d’un pays tenu en laisse par la France, citer ou ne pas citer le nom de Total/Elf est synonyme de consommation d’un fruit qui rend ivre et provoque de grands changements aux consommateurs. Car, présent ou non auprès d’eux, Total/Elf est un serpent toujours présent dans l’Eden du pétrole et dont on ne peut qu’être pénétré de son influence. L’ivraie s’introduit parmi le bon grain ; d’où le péché originel qui expose d’ores et déjà, pour de nombreuses décennies, des générations maliennes entières à en payer le prix.

Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale. Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.

Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.

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Comme en Côte d’Ivoire ou en Libye, le principe de « diviser pour mieux régner » est parfaitement sous orbite au Mali. Objectif : commencer par diviser le Mali en zones nord et sud avec, au milieu des deux zones, des armées étrangères d’interposition (genre Licorne, Casques blancs, Casques bleus…) qui, au nom de la réunification du pays, les occuperont progressivement pour s’y implanter quasi-définitivement, le temps que la France installe durablement ses larbins et s’assure de la mainmise de l’or noir annoncé afin de procéder au pillage avec autant de cruauté que d’avidité. Ficelle de la scission tirée dans la clandestinité depuis Paris et bien d’autres capitales occidentales, les rebelles se sont déjà constitués dans le nord du Mali en un mouvement tribal appelé Azawad. Équipés par les maîtres occidentaux d’une quantité impressionnante d’armes, de munitions et autres matériels de guerre en provenance d’Europe et de la Libye, ils ont lancé les attaques contre les garnisons militaires de la région et occupe actuellement toute la partie nord du pays. Pour affiner la stratégie de la déstabilisation du Mali, le Quai d’Orsay peut sans gêne recevoir à visage ouvert les membres voilés de cette rébellion d’autant que toute forme d’aide qui leur est due ne peut que relever du bon sens, le prétexte étant tout trouvé : le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, le laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger à faire appel à l’éternel sauveur, la France.

Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.

En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.


Calixte Baniafouna

 

Source: MWINDA.ORG

mardi, 17 avril 2012

COPE ET L'UMP CAUTIONNENT-ILS LES APPELS AU MEURTRE DU RDR AVEC QUI ILS PACTISENT?

 

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L'UMP, parti de Nicolas Sarkozy, actuellement dirigé par Jean-François Copé a signé samedi 14 avril à Paris un accord de partenariat avec le Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara. Cette signature est intervenue dans le cadre d'une manifestation intitulée "La France avec les printemps africains", en présence de divers représentants et personnalités, comme Mahmoud Saleh, représentant le nouveau président sénégalais Macky Sall, les anciens Premiers ministres guinéens Cellou Dallein Diallo, Sydia Touré et Lansana Kouyaté ...

De quels printemps africains est-il question ici? Du coup d'État, certes printanier, réalisé en Côte d'Ivoire par la France afin d'y installer le futur président de la Cédéao Ouattara le 11 avril 2011 ? Des réélections dans des fauteuils (parfois presque roulants) de toutes les vieilles barbes de la Françafrique à part Wade (Déby, Compaoré, Sassou)? Du récent coup d'État au Mali ? De celui, encore plus récent, en Guinée Bissau?

Les printemps africains, c'est-quoi-c'est-où-c'est-quand-c'est comment (comment)?

Comment le président Guinéen Alpha Condé (tenu pour un chanteur de reggae par Alexandre Adler) doit-il interpréter l'invitation faite à son principal opposant Dallein Diallo?

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Jean-François Copé, l'homme qui ignorait le sens de l'expression "conflit d'intérêts", a paraphé cet accord "de coopération et d'amitié" avec son homologue ivoirien, Amadou Soumahoro et déclaré "Les putschs militaires n'ont plus d'avenir" Au lendemain de la Guinée Bissau et quelques mois seulement après la tentative par balles sur le palais du même Alpha Condé à Conakry, la formule n'était-elle pas superfétatoire ? Au regard du rôle, une fois encore, pénible attribué à la France dans la crise malienne, était-il judicieux d'assurer : "L'échec très rapide du putsch lamentable au Mali ne fait que renforcer ma conviction. Ce type d'opération est condamné par avance" ? Pour JFC, "la nouvelle politique africaine de la France, c'est Nicolas Sarkozy qui la conduit" alors que "la Françafrique, celle de 'Papa m'a dit', c'est celle du PS et de son candidat", François Hollande. Amen.

Il est un point sur lequel aucun journaliste présent n'a manifestement songé à questionner l'ami Copé, ce sont les propos, les menaces même, proférées régulièrement, et encore il y a quelques jours par M.Soumahoro à l'encontre du parti de Laurent Gbagbo : « Désormais, nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane (Dramane Ouattara). Nous n’allons plus accepter les arrogances du Fpi. Oui, nous allons les mater. Ils oublient que tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. »

Lorsque la polémique éclatera, Soumahoro reculera en prétextant avoir en fait voulu parler de "cimetière politique". Avant de se lancer dans une nouvelle furieuse diatribe contre les journalistes cette fois... À une semaine du premier tour de la présidentielle française, quoi de plus rassurant : le Secrétaire général de l'UMP signe un partenariat avec un homme qui menace de mort les opposants politiques et se moque du tiers comme du quart de la liberté de la presse ! 

Photo - dr   Texte - J.O.


PS : On murmure aussi ici et là que cette manifestation n'aurait en fait eu pour fonction que de contrer médiatiquement le Congrès du Mouvement des Africains de France, initié par Calixthe Beyala le même jour... cela expliquerait peut-être l'étonnante présence au milieu des Ouattaristes d'un ancien très bien vu sous Gbagbo, l'actuel Délégué interministériel à l'égalité des chances pour les Français de l'Outre-mer, Claudy Siar...


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 16 avril 2012

PREMIER CONGRES DU MOUVEMENT DES AFRICAINS-FRANÇAIS: LE DISCOURS INTEGRAL DE CALIXTHE BEYALA

 

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Chers amis,

Merci d’être venus aussi nombreux, d’être venus quelquefois de si loin, d’Allemagne ou de Dakar, de l’Italie ou de Ouagadougou pour assister à ce premier Congrès extraordinaire du Mouvement des Africain-français.

Etre Africain-français, c’est clamer son attachement à la France, c’est  l’aimer et la chérir, mais aussi d’avoir une passion pour l’Afrique, pour sa culture et se soucier de son avenir. 

Etre Africain-Français c’est se reconnaître dans des valeurs de paix universelle, d’égalité universelle et de fraternité universelle

Etre Africain-français,  c’est réaffirmer son attachement aux valeurs de la République.

Etre Africain-français c’est être fiers d’être français, tout aussi fiers de puiser ses racines dans l’Afrique Ancestrale, cette Afrique berceau de l’humanité et de la civilisation, mais qui en ce troisième millénaire a décidé de sortir de son berceau.

Etre Africain-français, c’est se réclamer aussi bien des Lumières que de l’Africain Wilhem AMO, d’APULEE DE MADAURE que de Condorcet.

Etre Africain-français c’est être fiers d’avoir pour ancêtre le berbère Saint-Augustin d’Hippone un des pères fondateurs de l’église, que d’Olympe de Gouge, la révolutionnaire qui a combattu l’esclavage  et rédigé la déclaration universelle des droits de la femme et de la citoyenne.

Etre Africain-français c’est être cette double combinaison, d’Occident et d’Afrique dont l’un ne saurait se prévaloir sur l’autre.

Etre Africain-français, c’est accepter son métissage culturel, ethnique et géographique qui est un atout pour la France 

Etre Africain-français c’est contribuer à la civilisation française dans sa vocation universaliste.

Chers amis, Honorables invités, 

Etre Africain-français n’est pas une question de couleur de peau étant donné que l’Afrique est le continent de toutes les couleurs, de toutes les nuances … Etre Africain-français est avant tout une vision, une manière de concevoir l’humanité comme un tout indissociable au-delà des différences culturelles, ethniques ou religieuses,

Etre Africain-français est un art de vivre.

Etre Africain-français, c’est faire partie sans nul doute du dernier carré des Républicains porteurs des idéaux de Liberté, d’Egalité et de Fraternité

C’est pourquoi chers amis,

Les Africain-français ont le privilège aujourd’hui, dans ce lieu mythique en cette date du 14 avril de l’année 2012 d’annoncer l’abrogation du décret Royal du 5 avril et 9 août 1777 interdisant aux Noirs, mulâtres et autres hommes de couleur, l’entrée sur le territoire Français et les mariages interraciaux.

Etre Africain-Français, c’est proclamer l’abrogation de ce décret Royal, avec effet immédiat, d’autant qu’il est censé être toujours en vigueur. 

Etre Africain-français, c’est s’interroger  sur ce curieux oubli qui donne une légitimité aux partis de l’extrême droite française dont les programmes portent en eux la gangrène du racisme, les nécroses du rejet de l’Autre et dont les discours nauséabonds se résument à faire de l’immigration-intégration, un couple indissociable, responsable des tous les malheurs de la France, responsable de l’insécurité, du chômage et de la déliquescence de notre identité française.   

Qu’ils sont ridicules ces partis xénophobes qui se donnent tant de mal  pour exprimer de telles inepties, de telles stupidités !

Chers amis, Honorables invités, mes frères et sœurs, 

Nous, Africain-français tenons à dire à ces politiques xénophobes et racistes qu’ils sont indignes de représenter notre si belle République car elle est  fondée sur des principes humanistes.

Nous leur disons d’une seule et même voix  que, la générosité, l’altruisme, la bonté, l’hospitalité sont les socles de la République française !

Nous leur disons avec virulence que la haine,  l’égoïsme et l’individualisme qu’ils prônent sont contraires à notre tradition judéo-chrétienne. 

Nous leurs disons que nous ne nous tairons plus face à leurs diatribes ignobles, à leurs libelles infâmes, à leurs palabres hideuses.

Nous affirmons d’une seule et même voix, à ceux qui préconisent la haine et le rejet,  nous crions à Marine Le Pen,  que pour nous Africain-français donner à boire à celui qui a soif est pour nous un besoin et non une obligation, que donner à manger à celui qui a faim est pour nous une nécessité, qu’offrir un coin de feu pour se réchauffer à celui qui a froid est pour nous une aspiration aussi forte que celle de vivre. Car générosité et hospitalité fondent notre identité africaine et chrétienne. Nous  soignerons le malade et l’indigent tel que l’exigent les préceptes que nous épousons. Nous nous battrons pour que notre cher pays la France et nos HLM demeurent des lieux d’accueil pour tous  les nécessiteux sans distinction de race, de couleur ou de religion !

Parce que donner nous enrichit, parce que donner nous donne sens, parce que donner nous distingue de l’animal car cet acte fait de nous des hommes

Nous affirmons cela avec d’autant plus de force que les valeurs d’égalité et de fraternité si chères à notre République, vont chaque jour en s’effilochant. 

Nous mettons en garde, les partis politiques Républicains tentés de reprendre à leur compte ce discours honteux pour des raisons électoralistes, ceux-là qui quelques mois encore nous proposaient un misérable débat sur l’identité nationale, un débat somme toute passionnant, mais étriqué et douteux dans sa formulation. 

Nous affirmons qu’une identité est comme une planète, en perpétuelle mouvement… ce qui fait toute sa beauté, toute sa richesse, toute sa magnificence n’en déplaise aux tenants d’une identité française figée qui serait exclusivement  d’extraction européenne et judéo-chrétienne.

Nous sommes convaincus que,  l’identité géographique des peuples  est plus importante que l’identité raciale. 

Nous sommes convaincus que les hommes appartiennent plus à leur époque et à leur espace géographique qu’à leur origine ethnique. 

Ce constat établi, nous appelons - d’une seule et même voix tous les partis -politiques à travailler ardemment au renforcement de la cohésion sociale, mise à mal depuis cinq ans par moult discours et propositions clivant 

Honorables invités, chers amis,

Plaider la cause d’un peuple devant une nation à laquelle il est censé appartenir voilà qui n’est pas aisé ; ceci est d’autant plus difficile que ce peuple a depuis des siècles accepté par la force ou par facilité les épithètes les plus saugrenues qu’on lui accole ; Il arrive quelquefois qu’il utilise lui-même  certaines épithètes qui le disqualifient en tant qu’être social, en tant que entité culturelle ayant une pensée, une capacité d’analyse et finalement en tant que personne physique ayant des droits et des devoirs.

La dernière trouvaille en date pour désigner les Africain-français est le mot « diversité. » Et nul n’argue que s’il existe bel et bien une diversité dans la faune et la flore, il n’existe qu’une seule race humaine, celle des hommes.

Pourtant, personne ne s’étonne d’entendre d’éminents politiques ou intellectuels hautement instruits, de grands journalistes et d’importants économistes qualifier les africain-français de « diversité » Et sans esprit de polémique, nous invitons le lecteur à se référer au Petit Larousse qui propose d’autres mots de la même famille, dont il ne serait point vain d’en faire un rapprochement avec « diversité » à savoir, divergent, divers, diversifier …. Jusqu’à divertissement !

L’utilisation du mot « diversité » à l’égard de l’Africain-français est-elle une manière de le considérer comme une quantité négligeable au sein de la Nation ? Est-ce une tournure linguistique pour lui signifier qu’en tant que « diversité » il n’est pas une nécessité absolue ? Est-ce un contournement pour lui notifier qu’il n’est pas essentiel au fonctionnement d’une économie, d’une administration et encore moins de la politique exclusivement réservée à une certaine élite ? Le « divers » n’est pas le centre de préoccupation d’une société ; il est son accessoire, sa périphérie… Et l’on peut s’en passer sans que n’intervienne un bouleversement dans l’établi.

Chers amis, honorables, nous ne sommes pas une diversité, nous sommes des Africain-français.

Des Français se définissant comme des Africain-français représentent près de 20 % de la population nationale.

Pourtant, aucun Africain-français ne dirige une entreprise du CAC 40, aucun  Africain-français n’occupe un haut poste de responsabilité dans les instances politiques.  Le taux de chômage dans cette frange particulière des Français y est de 40 % alors que sur le plan national il oscille autour de 10 %. Comment s’en étonner si nous sommes considérés comme une diversité ?

Cette absence des Africain-français dans les sphères politiques, économiques et culturelles est liée à l’incapacité des dirigeants de cette cinquième République à veiller à l’application de notre constitution qui stipule que l’on ne saurait discriminer un citoyen en fonction de sa couleur, de ses origines, de sa croyance religieuse ou de son sexe…

Et le Mouvement des Africain-français s’est créé  pour obliger la République à revenir à ses fondamentaux, à respecter ses principes, tous ses principes sans exception. 

En ce sens, le Mouvement des Africain-français usera de tous les moyens légaux dont il dispose pour obtenir gain de cause.

Honorables invités, Chers amis,

Nous sommes aujourd’hui réunis pour dire notre malaise face à de telles injustices, pour exiger notre part du gâteau Républicain. Nous exigeons que sortent de nos rangs des députés, des ministres, d’imminents industriels et d’hommes et femmes de culture et nous disons d’une seule et même voix : assez de l’exclusion ! Assez des discriminations ! Assez de ces formes d’occultations subtiles mais réelles d’une grande frange de la population française. 

Africain-français : D’une seule et même voix nous disons

Que Nous sommes des métis et non des métèques.

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Premier congrès du Mouvement des Africains-Français (MAF)

D’une seule et même voix nous exigeons que des mesures d’urgence soient prises afin que le mot égalité devienne une réalité pour chaque homme, chaque femme ! Nous exigeons une égalité de fond et non seulement de forme comme c’est encore le cas jusqu’à ce jour.

Parce que nous en avons assez de voir nos CV rejetés à cause de la consonance ou de la couleur de notre peau; parce que nous en avons assez de n’avoir point accès à un logement  décent du fait de nos origines…. 

Chers amis, Honorables invités, ces discriminations dont nous sommes victimes ne s’expriment pas seulement sur le territoire national, mais également à l’extérieur. C’est ainsi que nous constatons avec tristesse, que le sort d’un Africain-français emprisonné dans les geôles des pays étrangers n’intéresse personne, fût-il innocent. Michel Gbagbo, un Africain-français innocent emprisonné depuis plus d’un an en Côte d’Ivoire en est la parfaite illustration alors qu’au même moment, l’Etat déploie des moyens colossaux pour libérer nos compatriotes emprisonnés en Amérique Latine.

Nous disons, ça suffit ! Assez ! Assez !

Africain-français !!!!!!

D’une seule et même voix, nous appelons au respect les tenants du discours universaliste qui n’ont cesse de dénoncer toute manifestation de nos revendications, toute tentative de regroupement des populations africain-françaises en nous accusant de communautaristes.

D’une seule et même voix nous les enjoignons de nous accepter dans notre totalité.

D’une seule et même voix, nous leurs signifions que nous connaissons leur manœuvre qui ont pour but de nous acculer au silence, alors que dans le même temps nous avons observé de leur part une acceptation sans aucune forme de procès, de l’expression des cultures d’extractions européennes alors même qu’elles se définissent comme une communauté. 

Leurs tentatives d’occultation de notre présence explique sans doute pourquoi, la population africain-française n’a pas donné lieu à des études scientifiques approfondies susceptibles d’en cerner les contours démographiques, les aspirations, les attentes, les pensées, les parcours socioprofessionnels, le niveau de vie, le taux de chômage, les maladies spécifiques dont elle souffre etc.… Pourtant on se rend compte que dans le même temps, ces experts sont à même de produire des statistiques des jeunes Africain-français emprisonnés dans les geôles de la République ou leur taux d’échec scolaire.

Chers amis, honorables invités, nous dénonçons ces travers, cette manière différentielle de nous traiter non dans un esprit de polémique, mais de rapprochement.

Nous sommes intimement convaincus que les mots, la connaissance, l’éthique et la pensée peuvent conquérir le chaos, venir à bout de l’ignorance et transformer le mépris d’hier en admiration d’aujourd’hui.

Chers amis, Honorables invités, avez-vous comme nous constatez oh, combien est absente la politique étrangère de la France dans les débats de ces présidentielles ? 

 Existe-t-il réellement une politique Africaine de la France ? 

A cette question, la réponse est non. Il n’existe aucune lisibilité, aucune ligne directrice de la politique de la France en Afrique. Celle-ci varie en fonction des intérêts de petits groupes et autres obscures officines.

Politiques et médias nous ont justifié  les interventions armées de l’année 2011 sur le continent noir par le souci de nos dirigeants occidentaux d’instaurer la démocratie dans les pays africains. 

Nous rétorquons que la démocratie n’est pas un produit exportable. Il appartient à chaque peuple de construire la sienne en fonction de son histoire et de son évolution.

Nous disons que notre si belle République a tant d’atouts, qu’elle n’a pas besoin de mener des croisades çà et là pour s’imposer dans un univers mondialisé. Nous ne saurons soutenir ces guerres de conquête et de recolonisation d’un nouveau genre.

Nous exigeons le retrait rapide de nos soldats de plusieurs pays, parmi lesquels l’Afghanistan, la Côte d’Ivoire, la RCA, le Tchad et le Gabon.

Au Mouvement des Africain-français, nous aimons la paix, la fraternité, la solidarité et la justice. Nous disons qu’avec les pays émergeants, la France se doit d’entretenir des relations de partenariat et de respect mutuel.

Chers amis, Honorables invités, les pays d’Afrique, notre continent d’origine n’est pas seulement victime des guerres meurtrières menées contre ses populations pour la captation de ses matières premières. Il est également de nouvelles formes des pressions juridiques spécifiquement conçues.

C’est ainsi que la dernière trouvaille des dirigeants du Nord pour mieux soumettre les gouvernements du Sud à travers des ONG complices est la notion de « Biens Mal acquis ».

Nous constatons :

A – Que les pays concernés par la question des « biens mal acquis » sont les pays pétroliers du Golfe de Guinée, de la Guinée Equatoriale au Cameroun, du Gabon en passant par le Congo.  Quid des Emirats ? Quid du Qatar ? Quid de la Russie ? Pourquoi les dirigeants de ces pays ne sont pas eux aussi mis au banc des accusés alors qu’ils achètent palaces et yachts de luxe en France ? S’agirait-il de faire chanter les dirigeants Africains pour les rendre encore plus dociles ? S’agirait-il de fragiliser ces Etats pour ensuite justifier des interventions militaires comme en Côte d’Ivoire ou en Libye ? 

Où sont donc passés les milliards soit disant volés par Mobutu ? Qu’en est-il de la fortune Libyenne ? Quant à ceux de la Côte d’Ivoire, nous savons aujourd’hui que Laurent Gbagbo est indigent et que la Cour Pénale Internationale est obligée de payer ses avocats.

Chers amis, Honorables invités, 

Nous venons de  nommer la Cour Pénale Internationale.

Il est curieux de constater que la plupart des puissances occidentales qui ne reconnaissent pas la compétence de cette cour pour juger leurs propres ressortissants, sont les mêmes qui exigent à cors et à cris que les Africains y soient envoyés pour y être jugés et ceci pour des crimes commis en Afrique contre les Africains. Il est temps de dénoncer cette fumisterie au nom des droits universels de l’homme.

L’existence de la Cour Pénale Internationale est pour chaque Africain descendant une humiliation. Elle nous rappelle les périodes sombres de l’esclavage lorsqu’on expédiait les résistants Noirs mourir loin de la chaleur de leur terre natale, loin de leur soleil. Il en avait été ainsi de Toussaint Louverture, de Jean-Jacques Dessalines,  de Boukman Duty,  de Makandal pour ne citer que ceux-là, paix à leur âme !

Nous ne préjugeons pas de l’innocence ou de la culpabilité de ceux qui sont enfermés dans cette prison pour nègre. Nous demandons pour eux un traitement humain, à savoir celui d’être jugés dans leur pays, sur la terre de leurs ancêtres et par les leurs. 

Ceci explique pourquoi, le Mouvement des Africain-français demande la fermeture de la cours pénale Internationale, cette prison qui porte en elle les germes de l’esclavage et de la colonisation, cette prison qui ressemble étrangement en un purgatoire pour Africain récalcitrant, ce goulag pour peuple dominé.

Nous, au Mouvement des Africain-français déclarons, que dorénavant nous serons l’interface entre la France et l’Afrique parce que nous sommes les héritiers naturels de l’Afrique en Occident, parce que nous sommes les mieux fondés à défendre les intérêts des peuples d’Afrique.

Chers amis, Honorables Invités,

Nous ne saurons conclure ce congrès sans vous parler des objectifs à court long et moyen terme de notre Mouvement.

Le Mouvement des Africain-français, n’est pas  un mouvement de contestation, mais de construction et de responsabilisation. 

Oui, les Africain-français ont décidé en se réunissant, en formant un tout indissociable, de prendre leur responsabilité devant les hommes et devant la République.

Oui, nous voulons exister au sein de la République par nous-mêmes et non sous forme d’assistanat. Nous n’accepterons jamais une subvention sous une forme ou sous une autre. Nous tenons à rester autonomes, à financer nous-mêmes nos différentes activités et nos différents projets.  

Etre au MAF, c’est être une femme ambitieuse,  c’est être un homme extrêmement courageux.

Au Mouvement des Africain-français, nous suscitons les ambitions et nous les accompagnons. Nous voulons des postes et nous allons les conquérir afin d’apporter notre contribution à la construction Républicaine.

En matière économique, grâce au nombre de nos adhérents qui nous l’espérons atteindront 1 000 000 de personnes en une année, voire au plus tard  dans deux ans, nous générerons de l’argent. Nous serons alors en mesure de prêter des fonds à nos entrepreneurs afin qu’ils puissent créer des entreprises et des emplois, améliorant ainsi la condition sociale des Français.

Et nous y arriverons. 

Sur le plan culturel, le MAF a pour projet la création des MAISONS DES CULTURES AFRICAIN-FRANCAISES. Et ce, grâce aux cotisations, à la bonne de volonté de chaque adhérent et aux divers dons. Nous ne tendrons plus jamais la main, car la main qui donne est au dessus de celle qui reçoit. 

Dans les 10 prochaines années, nous envisageons d’acheter un bien immeuble à Paris, Lille, Marseille, Lyon et Bordeaux.

Ces lieux seront des endroits d’éducation de nos jeunes, de lecture, d’apprentissage des langues africaines, de prise en charge de ceux qui ont été déscolarisés, un lieu de formation à une véritable citoyenneté. 

Oui, nous y réussirons, nous le ferons, ensemble, main dans la main, comme un seul homme !

En matière politique… fort de l’engouement que suscite notre Mouvement, fort de l’approbation et du crédit que lui porte chaque Africain-français dans l’hexagone, à travers l’Afrique, l’Europe et même l’Amérique, le Mouvement des Africain-français sera dans un futur très proche, le premier Mouvement politique de France. Il compte peser lourdement sur les prochaines échéances électorales en France.

Pour les élections régionales, municipales ou législatives, nous voterons au coup par coup, selon l’esprit des candidats à partir des accords préétablis avec les différents candidats au-delà des partis.

Il n’est pas question pour le MAF de nous contenter du saupoudrage habituel où l’on nous jette çà et là, sur des listes électorales quelques Noirs, quelques arabes sans que l’on sache d’où ils viennent, où ils vont, ce, juste pour capter nos voix. Aussi, les seuls qui feront parti des listes et pour lesquels nous voterons seront d’abord et avant tout des membres du MAF. Les Africain-français sont d’abord du MAF avant d’être au PS, à l’UMP ou au Parti communiste. Le MAF vote pour le MAF.

Le MAF est d’abord le MAF car il contient en son sein tous les ingrédients pour bâtir une vie meilleure, une société de paix et de respect telle que l’ont imaginé les grands humanistes, les grands hommes de paix et les grands universalistes. 

Au cas où nous n’aurions pas d’accord avec les partis classiques, fort de notre mobilisation en France, nous présenterons nos propres candidats aux diverses élections.

Parce que nous en avons assez de souffrir.

Parce que nous en avons assez d’être méprisés.

Parce que nous en avons assez d’être exclus. Nous nous inclurons dans la République avec l’amour qui nous caractérise, avec le sens d’équité et de justice que nous ont légué nos ancêtres Africains et Français.

Dimanche 22 avril,  les Africain-français voteront d’une seule et même voix lors des Présidentielles pour le candidat de gauche ou de droite, qui répondra de manière claire aux doléances des Africain-français et prendra des engagements ferme avec le MAF

Et en ce sens, notre candidat est François Hollande.

Nous tenons à remercier tous les africain-français pour leur forte mobilisation, pour leur sens aigu des responsabilités dans l’organisation de cette rencontre exceptionnelle. Chacun de nous, chacun de vous à donner le meilleur de lui-même pour que plus jamais, il ne soit dit que nous n’existons pas, que nous ne savons pas faire foule

Merci à tous et que la Mobilisation Continue ! Vive les Africain-français. Vive la France !

 

Calixthe Beyala


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

AFRIQUE - MALI: LA CONSPIRATION SE POURSUIT

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Richard (Attias) coeur d'or noir au secours de l'Afrique

 

Dans un récent article que l'on croirait tout droit sorti de la plume du puissant ex-mari de sa femme actuelle, Cécilia, l'homme d'affaires Richard Attias – publiciste et organisateur, entre autres, du “forum économique de Davos” depuis 1994 : c'est tout dire…–, nous brosse le portrait idyllique d'une Afrique à l'en croire bien près d'atteindre son PMP – Point de Maturité Politique – à l'aune des critères de la jet set des maîtres du monde. A l'origine de ce satisfecit : le succès de l'arbitrage mené par la CEDEAO, ayant abouti au désistement du capitaine Sanogo en faveur du président de l'assemblée nationale Dioncounda Traoré, dont le retour providentiel avait été curieusement “prophétisé” par le ministre français de la coopération Henri de Raincourt, lors d'une interview dans le cadre de l'émission “internationales” de TV5monde-Rfi-Le Monde, le dimanche 25 mars 2012.

Commençant par une allusion émue au pauvre “Amadou Toumani Touré (ATT), qui était pourtant un exemple démocratique dans la région” – alors que, ce n'est un secret pour personne, les gouvernants français n'avaient pardonné à ce dernier ni ses sympathies pour le Président Gbagbo et sa modération lors de la crise ivoirienne, ni son refus d'installer une base militaire française à Sévaré –, Monsieur Richard Attias feint de s'émerveiller devant la “médiation ferme et efficace qui a permis, pour la première fois en Afrique, de faire plier (par le dialogue et des menaces de mesures de rétorsion), la junte qui avait pris le pouvoir à Bamako”, avant d'évoquer en termes judicieusement réprobateurs – sur l'air de “vous voyez, je n'ai rien à voir avec ces gens-là”– “le silence assourdissant du ministère des affaires étrangères français” à l'occasion de cette crise.

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Cecilia Sarkozy et Richard Attias

Il fait ainsi mine de croire à la fois que la France n'a rien à voir avec les bouleversements subis par le Mali, et que les initiatives de la CEDEAO échappent au contrôle de la France. Une France, pourtant, – la “leur”, celle des copains fortunés de son actuel Président, celle de BHL et de Monsieur Attias – dont nul n'ignore qu'au travers de son ignoble guerre du pétrole en Lybie, elle a sciemment et puissamment contribué à armer la rébellion touareg, et, par delà, les extrémistes musulmans d'Aqmi; une CEDEAO plus que jamais soumise aux “diktats” de l'Élysée, depuis qu'elle s'est vu imposer pour président un sous-préfet “ivoirien” qui est aujourd'hui à Nicolas Sarkozy ce que Philippe Pétain était au chancelier du Reich...

Monsieur Attias fait également mine de croire que le premier enjeu de la crise malienne résidait dans le coup d'État d'une “junte” dont il s'avère aujourd'hui qu'elle n'était qu'un leurre destiné à servir les intérêts stratégiques de la rébellion nordiste, en éliminant tout risque d'un éventuel échec dans sa prise de contrôle de la moitié du pays (régions pétrolifères incluses). En effet, tout le monde l'a compris, les pressions exercées par la France – par CEDEAO interposée – n'ont fait que porter le coup de grâce à toute velléité de résistance nationale à l'irruption d'une catastrophe annoncée, non seulement prévisible, mais ardemment souhaitée par les vautours que l'on sait.

Fidèle à la rhétorique du vœu pieu, – sédatif de prédilection d'une opinion internationale sous influence –, Monsieur Attias ne manque pas de nous servir l'impeccable couplet soulignant la nécessité de “restaurer la souveraineté nationale dans le nord du pays”, préoccupation soi-disant partagée par l'Europe et les États-Unis, deux entités prédatrices qui, de fait, unissent et multiplient actuellement leurs efforts pour accélérer le démantèlement par étapes de tous les états africains.

Tout cela ne serait évidemment rien si Monsieur Attias avait oublié de prononcer le mot magique : la “menace” liée à l'émergence d'Aqmi. Comme si les quelques otages occidentaux – évoqués à point nommé par ce chantre de la Cause confraternelle – pesaient plus lourd que les 100 000 morts de la récente tuerie occidentale en Libye, les 20 000 morts de la rébellion dirigée depuis plus de dix ans par le burkinabé Ouattara contre l'intégrité et la souveraineté de la Côte d'Ivoire, et les d'ores et déjà innombrables viols et assassinats objectivement commandités par les autorités Françaises – ces grandes pourvoyeuses de violence guerrière – au Nord-Mali, sans parler des millions de morts d'Irak et d'Afghanistan.

Mais Monsieur Richard Attias ne s'en tient pas là. En comparant la “crise politique” malienne, née du renversement d'ATT par le capitaine Sanogo, et celle selon lui “imposée” à la Côte d'Ivoire par SEM le Président Gbagbo, Monsieur Attias réussit un double tour de force :

- mettre sur le même plan l'incontestable légitimité d'un président élu et officiellement reconnu par la plus haute juridiction d'un État souverain – confronté aux menées d'un putschiste soutenu par une “communauté internationale” prise en otage par la France et les États-Unis –, et l'anti-constitutionnalité foncière du coup d'État de Bamako;

- noyer au passage l'énorme poisson des criantes similitudes entre la rébellion Ouattaro-sorienne et la rébellion touarego-aqmienne, la seconde inscrivant son programme de déstabilisation, de purification ethnique et de destruction “sur commande” dans le sillage de la première.

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Nicolas Sarkozy et Richard Attias

Et que dire du vibrant plaidoyer auquel se livre Monsieur Attias en faveur d'une plus grande implication de l'Europe et des États-Unis dans la lutte des Africains contre le “terrorisme” – un terrorisme dont chacun sait que toutes les ficelles de démagogie manipulatrice sont depuis longtemps déjà tirées depuis Paris, Londres ou Washington, trois capitales d'un Empire qui fonde sa stratégie de prise de contrôle planétaire sur l'utilisation parfaitement cynique de ce commode épouvantail – ? Nul doute que des millions d'Africains sauront retrouver, dans ce “morceau de bravoure” d'hypocrite ironie, l'écho de leur pire cauchemar : celui de l'assassin protecteur, paternaliste en diable et humanitaire à souhait, dégoulinant de compassion feinte pour les quelques rescapés d'entre la masse anonyme de ses victimes.

En formulant le souhait que les États-Unis et l'Europe – entendez la France, exécutrice des basses besognes de l'Empire dans cette région du monde – “s'associent à la démarche” d'une Afrique “officielle”– désormais capable d'après lui “de se réunir pour faire face à des enjeux globaux”, Monsieur Attias demande en somme aux colonisateurs esclavagistes d'avant-hier, mués entre hier et aujourd'hui en tueurs et montreurs de sanglantes marionnettes – ces chefs d'état à la solde des maîtres, grassement rétribués en pourcentage sur les richesses volées à leurs propres peuples –, d'accroître la pression sur les Africains jusqu'à leur voler leur âme, celle au fond de laquelle résonne cette vérité fort simple : la première des menaces – bien réelle celle-là – à laquelle doivent faire face les peuples d'Afrique – une Afrique méthodiquement mise à sac par les mêmes prédateurs, et cela sans interruption depuis trois siècles et demi –, c'est précisément celle que font peser sur son avenir et sa simple survie ces “parrains” occidentaux prêts à tout pour entraîner dans la spirale infernale de leurs conquêtes mortifères des populations entières scientifiquement condamnées à disparaître.

Heureusement, et nous ne pouvons que l'en remercier, Monsieur Attias contribue à trahir les projets inavouables de ses frères de pouvoir. Au moment où il évoque “l’émergence d’Aqmi" et "ses liens avec les indépendantistes Touaregs”, Monsieur Attias lève un pan du voile sur ce qui aurait dû rester secret : contrairement à la version relayée par les médias des marchands d'armes – celle d'une rébellion Touareg malencontreusement débordée par les extrémistes d'Al-Qaïda –, nous apprenons par sa plume que les deux ne forment qu'un seul et même “ennemi” : celui précisément dont la France a tout fait, depuis un an, pour favoriser la victoire, avant que ne vienne le moment de le brandir dans sa version “croque-mitaine-prêt-à-dévorer-nos-démocraties”.

Sous les dehors irréprochables d'un discours lénifiant, Monsieur Attias cache mal son jeu de représentant de commerce des terroristes en col blanc d'un Occident pillard assoiffé d'or noir ou jaune, de café et de cacao, de bois précieux et de métaux rares, comme du sang de tous ceux qui s'opposent à la réalisation de ses projets de domination sans partage de l'Afrique, cet immense coffre-fort de ressources naturelles. Souffrez, Monsieur Attias, que de cet “accompagnement” évoqué dans le titre de votre article, une immense majorité d'Africains, dès longtemps abreuvés des crimes de vos pairs, ne veuillent surtout pas. Car si l'effroyable cortège d'exactions, de mensonges, et les fleuves de sang qui ont précédé le début de cette ère nouvelle appelée de vos vœux caractérisent pour vous le temps de l'“absence” des occidentaux de la scène africaine, que pourrait représenter pour l'Afrique l'avènement d'un tel accompagnement, sinon la garantie à terme de son anéantissement pur et simple ?

Mais rassurez-vous : L'Afrique ne pourra plus longtemps faire l'économie d'une confrontation ouverte avec ses maîtres d'hier, grands sorciers d'aujourd'hui. L'Afrique ne se relèvera qu'au prix d'une union sans retour, passant par l'expulsion des chasseurs de sa chair; l'Afrique debout, c'est celle qui sera parvenue à interdire jusqu'au dernier d'entre ces arrogants l'accès à ses terres sacrées, terres depuis trop longtemps profanées, violées et piétinées. Alors, les cœurs de ses milliers de peuples et de langues battront à l'unisson de ses inépuisables ressources, sous le signe désormais inaltérable des promesses de DIEU pour elle.



Eliahou Abel


Jérusalem, le 15 avril 2012, 23 Nissan 5772.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 12 avril 2012

EN CONTACT DIRECT AVEC LA RESIDENCE BOMBARDEE – GUY LABERTIT RACONTE SON 11 AVRIL

 

GUY LABERTIT - RESIDENCE PRESIDENTIELLE BOMBARDEE.gif

Un an après le «grand choc», Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et ami de longue date du président Laurent Gbagbo, raconte comment il a vécu les heures douloureuses qui ont conduit à la victoire militaire sanglante d'un Alassane Ouattara et de ses troupes soutenues à la fois par les bombes et les chars de l'armée française. Et il évalue le chemin parcouru en un an, sans oublier d'éventrer le mythe indécent du «retour à la démocratie» en Côte d'Ivoire.

 

Le 11 avril 2011 est une journée que vous avez vécue bien évidemment très douloureusement, et en prise directe avec les événements. Vous avez progressivement senti venir l'inéluctable...

J'étais en contact avec des amis très proches qui se trouvaient à la Résidence et qui m'appelaient, notamment pour me faire entendre les bombardements qui avaient commencé sur Abidjan durant la nuit du 4 au 5 avril. Plus les jours passaient, et plus l'étau se resserrait sur la Résidence du président. J'ai eu quelques contacts avec le directeur du protocole d'Etat, Koné Boubacar, le 5 avril, et avec un ami très proche, que j'ai plusieurs fois eu au téléphone, notamment le 11 au matin. Il était sept heures à Abidjan. Selon ce que je savais qui s'était passé dans la nuit, et après les bombardements que j'avais ressenti à travers le téléphone, je lui dis : «Je pense que la Résidence est en partie détruite.» Il me répond : «Ce n'est pas en partie, elle est totalement détruite. Cela brûle même. Moi-même, je n'ai plus d'habit. Je suis en treillis.» Cela a été mon dernier contact avec la Résidence le 11 avril au matin. Peu avant 15 heures en France, les médias ont annoncé l'arrestation du président Gbagbo, de son épouse Simone et de la plupart des gens qui étaient à la Résidence. Je dois dire que j'ai eu un moment d'incrédulité. Je redoutais terriblement - ce qui allait être le cas - l'humiliation dont a été en particulier victime Simone Gbagbo. Ce qui montrait bien que ceux qu'on appelait les chantres de la démocratie ont eu un comportement quasi-animal ce jour-là. En humiliant de cette façon la présidente du groupe parlementaire du FPI. Et en la présentant comme un trophée.

Très rapidement, la nouvelle s'est confirmée. J'ai eu beaucoup de contacts avec les médias qui me téléphonaient, sachant ma relation très ancienne avec le président Gbagbo.  J'ai fait beaucoup d'interviews au téléphone (I-Télé, BFM, Africa 24, TV5, France Info...) Le soir, j'ai été sur un plateau d'I-Télé.

Est-ce qu'on peut dire que le 11 avril, les médias français vous ont ouvert des portes qui vous étaient fermées dans la mesure où tout était terminé et que tout ce que vous auriez pu dire ne pouvait pas changer l'ordre des choses ?

Je dois reconnaître que pendant les jours qui ont précédé, les radios comme RTL, Europe 1, France Inter et France Info m'ont interviewé. Mais je dois dire qu'il y avait des personnes interviewées qui passaient en boucle. Nous, on passait une fois, et puis c'était terminé.

Certains médias comme RFI et France 24 m'ont interviewé à plusieurs reprises et décommandé au dernier moment. Le 10 avril, je devais être l'invité du journal de 13 heures et on m'a annoncé à 11 heures que c'était annulé. Je pense qu'il devait y avoir des pressions, des formes d'autocensure de ces médias à diffuser des points de vue marquant une condamnation de la politique de la France. C'était ça aussi l'enjeu. Et à gauche, nous étions quand même très peu nombreux à condamner cette politique. Il y avait quelques parlementaires comme Henri Emmanuelli et François Loncle. Il y avait aussi des dirigeants du Parti communiste, et moi-même longtemps responsable du Parti socialiste. Et on ne peut pas dire que nos points de vue ont été ignorés, mais c'était une sorte de léger contrepoint au tsunami médiatique diabolisant Laurent Gbagbo et laissant apparaître Alassane Ouattara et Guillaume Soro comme les chantres de la démocratie.

D'ailleurs, pendant toute l'année qui a suivi, le gouvernement et le président français n'ont cessé de dire que la démocratie avait été restaurée en Côte d'Ivoire. Je crois que pour ceux qui analysent la situation aujourd'hui, on se rend compte que l'opposition est terriblement muselée, que la plupart de ses leaders sont soit en prison soit en exil. D'ailleurs, l'opposition n'a pas participé aux élections législatives. Il y a une forme de retour au parti unique ! Mais on parle très peu de cette situation en France, en Europe, puisqu'on veut rester attacher à cette image fausse de la démocratie instaurée en Côte d'Ivoire avec le départ de Laurent Gbagbo.

Ce n'est pas le moindre paradoxe, puisque c'est précisément Laurent Gbagbo qui a été l'acteur-symbole de l'avènement du pluralisme politique en Côte d'Ivoire et qui a réellement essayé jusqu'au bout de maintenir ce processus. Je me souviens d'ailleurs qu'entre les deux tours, les médias avaient des mots bien doux pour ce fameux débat qui a opposé Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara et qui était une sorte de première en Afrique.

Vous avez, quelques jours avant le 11 avril, dit que Laurent Gbagbo n'en sortirait pas vivant. Des propos qui ont inquiété à la fois ses adversaires et ses partisans. Dans quel état d'esprit étiez-vous quand vous teniez ces propos ?

Je dois dire aujourd'hui que des très proches de Laurent Gbagbo m'ont dit alors qu'ils partaient à la Résidence soutenir ce qui allait être un siège : «On ne peut pas faire moins qu'Allende» [le président socialiste du Chili qui a trouvé la mort le 11 septembre 1973 dans sa résidence assiégée par les troupes de Augusto Pinochet, soutenu par les Occidentaux, et qui allait se révéler comme un impitoyable tyran, ndlr]. Je peux dire aujourd'hui que c'est certainement cela qui m'a fait dire qu'il se pourrait que Laurent Gbagbo ne sorte pas vivant de la Résidence. Quand j'ai tenu ces propos, j'ai eu des coups de fil de gens qui n'ont pas compris, et ont dit que je racontais n'importe quoi. D'autres ont pris peur et ont dit : «Il ne faut pas faire de Laurent Gbagbo un martyr.» A partir de ce moment-là, à un très haut niveau politique en France, on a commencé à entendre un discours selon lequel il fallait absolument sauvegarder la vie de Laurent Gbagbo. Lui-même dans ses dernières interviews a dit qu'il aimait la vie, et qu'il ne tenait pas à mourir martyr. Je me souviens que quand j'ai connu Laurent Gbagbo lors de son exil, il m'avait dit : «Guy, tu sais, en Europe, on aime bien la gauche martyre.» Il faisait allusion au Chili. «Moi, je n'ai pas cette vision de la gauche. Je veux moi une gauche qui prend le pouvoir, qui transforme, qui vit».

Mes propos ont été diversement interprétés, mais au fond, ils ont fait prendre conscience que par rapport à l'histoire de la Côte d'Ivoire, faire de Gbagbo un martyr desservirait complètement les puissances occidentales qui avaient voulu le diaboliser.

Le temps est passé. De longs mois sans contact avec un Laurent Gbagbo coupé du monde à Korhogo. Quand vous le revoyez pour la première fois à son procès puis dans sa prison, est-ce que vous vous dites «on a évité le pire, il est tout de même vivant». Qu'est-ce qu'on peut ressentir quand on rencontre son ami qu'on n'imaginait plus revoir en vie ?

Votre question est très forte. J'ai parlé pour la première fois à Laurent Gbagbo le 31 mars 2011. Et je lui ai reparlé le 19 janvier de l'année suivante. Je dois dire que je craignais terriblement l'humiliation. Et c'est cette humiliation qu'on lui fait vivre en le conduisant devant cette Cour pénale internationale (CPI) dont j'ai dit qu'elle ne disait pas le droit puisqu'un an après, on voit bien que lui seul est jugé devant cette juridiction. Lui-même m'a dit en janvier : «Mon épouse et mon fils sont des otages. Celui qu'on veut détruire, c'est moi.» Je crois que cette analyse est très juste puisqu'on voit bien que le procureur Louis Moreno-Ocampo et son adjointe Fatou Bensouda se heurtent visiblement à certaines résistances des autorités ivoiriennes pour d'autres transferts.

Aujourd'hui, Laurent Gbagbo est vivant. Il a dit, devant la CPI le 5 décembre, «nous irons jusqu'au bout». L'enjeu des futures audiences, ce n'est pas seulement le sort de Laurent Gbagbo, c'est la crédibilité de l'institution. Je voudrais faire une remarque : je ne peux pas prendre au sérieux une Cour pénale internationale dont l'autorité n'est même pas reconnue par la première puissance du monde, les Etats-Unis. D'ailleurs, la Côte d'Ivoire n'avait pas ratifié le traité de Rome instituant cette institution.

Avec le recul d'un an, la mouvance politique que Laurent Gbagbo représente a-t-elle remonté la colline ou est-elle descendue dans les profondeurs ?

Pour répondre à cette question, il faut intégrer une perspective historique. Elu en 2000, Laurent Gbagbo n'a en fait gouverné que pendant dix-huit mois. Il portait un projet social-démocrate, et il s'est attaqué à trois dimensions : l'éducation en la rendant libre et gratuite dans le primaire pour ce qui est des écoles publiques, la santé en faisant voter la loi sur l'assurance maladie universelle, qui n'a malheureusement pas pu être appliquée mais qui a été votée, et la modernisation de l'Etat, avec des élections départementales réussies en juillet 2002.

Il avait donc fait beaucoup de choses en dix-huit mois et je dois dire que le coup d'Etat qui va échouer en septembre 2002 et qui va entraîner une partition du pays et cette crise dont on n'est toujours pas sorti est réalisé alors même que Laurent Gbagbo a mis en place un gouvernement où siègent toutes les forces politiques représentatives, notamment le RDR d'Alassane Ouattara. Contrairement à ce que l'on dit, Laurent Gbagbo chef d'Etat se veut rassembleur, alors qu'on l'a présenté comme un homme qui excluait. Aujourd'hui, un an après, celui qu'on présentait comme un exclu, est en train d'exclure. Il a tenu lui-même des propos assez extravagants sur le «rattrapage». Même s'il nie aujourd'hui ces propos, le constat est évident au regard des nominations et même de la représentation de l'Etat à son plus haut niveau - le président, le président de l'Assemblée nationale, la première vice-présidente de l'Assemblée nationale sont tous du Nord. Plus que jamais, on a une déconstruction de la Nation. Ce qui a été très grave dans la politique de la France, c'est que n'admettant pas que Laurent Gbagbo gouverne avec son projet, elle a tout fait pour l'exclure du champ politique alors même que lui tentait de bâtir une Nation autour d'un Etat moderne.

Les interventions extérieures ont brisé cet élan et fait revenir la Côte d'Ivoire en arrière.

Aujourd'hui, c'est la «justice des vainqueurs» et un peu «la revanche du Nord» qui sont à l'œuvre en Côte d'Ivoire. Avec ce qui se passe au Mali en ce moment, on voit que les Nations en construction sont aujourd'hui mises en danger par les politiques conduites par les puissances occidentales. Ce qui se passe aujourd'hui au Mali est la conséquence de la politique de l'OTAN, de la France, de la Grande-Bretagne, des Etats-Unis en Libye. En Libye même, l'Etat est déliquescent. Il y a de nouveau l'émergence très forte au plan politique de ce qu'on appelle les «tribus». Et l'une des conséquences va être de déstabiliser le Sahel avec des remises en cause du processus de construction des Nations. Je crois que c'est ce qu'on vit en Côte d'Ivoire aujourd'hui. Il faudra un peu plus de recul historique pour s'en apercevoir.

Assez piteusement, les nouvelles autorités ivoiriennes cassent cette politique de réforme de Laurent Gbagbo. La communalisation a été remise en cause. L'assurance maladie universelle est remplacée par des ersatz de politique sociale. On voit que ce que l'on a présenté comme une restauration de la démocratie en Côte d'Ivoire est totalement faux. Mais le Front populaire ivoirien (FPI) incarne une véritable opposition, notamment à travers son dernier meeting de Yopougon qui a été très sévèrement réprimé. On sent qu'il incarne encore non seulement une forme de résistance, bien que la quasi-totalité de ses leaders sont soit en prison soit en exil mais aussi que se dessinera peu à peu la reconquête du pouvoir. D'autant que le sort de Laurent Gbagbo n'est pas encore réglé. Et l'on sent que malgré toute son ardeur à appliquer la volonté de la France et des puissances occidentales, le procureur de la CPI s'est mis dans un mauvais pas, au point de risquer aujourd'hui de remettre en cause la crédibilité de son institution.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 07 avril 2012

MALI: CHRONIQUE D'UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE


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Le touareg Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA

 

« Que les chèvres se battent entre elles dans l'enclos est préférable à l'intermédiation de l'hyène ». Proverbe bamanan.

 

1. Le Mali dans l'ordre cynique du monde

Mis en lumière par l'amputation des deux tiers de son territoire, le coup d'Etat du 22 mars 2012 et l'embargo total de la CEDEAO, l'extrême vulnérabilité du Mali tient d'abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l'intervention directe de l'OTAN en moins.

L'impérialisme collectif avait besoin d'exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d'une partie de la population qui a le sentiment d'être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l'affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) vient d'être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».
L'os malien étant bien moins dur à briser que l'os libyen, il suffisait de mettre à profit l'état de déliquescence de l'armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d'armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s'est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n'ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l'honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l'inviolabilité de l'intégrité territoriale du Mali. Or, c'est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu'ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d'Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n'ont pas vu venir et que certains d'entre eux refusent toujours d'admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l'Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n'a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l'émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l'opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l'idée d'être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l'embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

C'est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte d'Ivoire) que l'organisation sous-régionale a pris la décision d'envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l'ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d'Etat comme une délivrance. C'est à l'aéroport d'Abidjan que les Chefs d'Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s'exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu'à l'issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d'une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l'ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n'était pas suffisante pour certains des Chefs d'Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s'agit se traduisent en autres par :


- la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,


- le rappel des ambassadeurs de l'organisation pour consultation,


- la fermeture des frontières,


- le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,


- la suspension des programmes d'aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité... " Plus importants que l'aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d'Etat s'aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l'occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d'une fois, des comptes. La dégradation de la situation s'est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l'ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l'origine du soulèvement d'Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d'Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s'est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l'occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d'Etat qu'elle juge d'autant plus inacceptable qu'il survient dans l'un des « pays phare de la démocratie » à la veille d'une élection présidentielle à laquelle ATT n'était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu'ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l'ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d'ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n'en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d'une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d'Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l'élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :


- Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d'idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s'est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d'habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l'aide au développement » et des opportunités d'affaires que le système néolibéral offre.


- Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s'apprêtaient à se disputer la place d'ATT en achetant tout ce qui peut l'être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.


- « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l'illusion de l'exemplarité démocratique.


- Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l'indignation des jeunes déshérités qui n'ont droit ni à une école de qualité ni à l'emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.


- Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd'hui d'une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l'exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.


- La société civile, dont le rôle est d'éduquer, de contrôler et d'interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C'est en évitant les sujets qui fâchent, qu'elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).


- La liberté d'expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l'existence d'un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l'unique chaine de télévision nationale, l'ORTM, elle est « la voix de son maître ».


- Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d'investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n'y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n'est pas en danger du fait d'un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n'ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l'expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l'Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l'actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :


- mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l'avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l'ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;


- repenser l'indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s'imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d'autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;


- privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l'occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l'achat d'armement ou de faire appel à la force d'interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;


- gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d'abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu'ils planétarisent : pendant que le Mali s'enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l'or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d'être perspicaces dans l'analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;


- faire du Mali un cas d'école pour la CEDEAO, dont les chefs d'Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d'être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l'ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;


- rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d'assujettissement et de pillage qui sont à l'origine de l'émigration « clandestine », l'intégrisme religieux et les attentats qu'ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu'il n'appartient pas aux Chefs d'Etat de la CEDEAO d'être juges et partie en statuant sur l'état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.


La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu'à leurs électeurs.


Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l'embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l'initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.


Fait à Bamako, le 04 Avril 2012.

 

Forum pour un Autre Mali (FORAM)


SIGNATAIRES


AMINATA D. TRAORE (ANIMATRICE DU FORAM, ESSAYISTE) ; SEYDOU BADIAN KOUYATE (ECRIVAIN) ; ASSETOU FOUNE SAMAKE (ENSEIGNANTE) ; KARAMOKO BAMBA (MOUVEMENT NKO) ; ISMAEL DIABATE (ARTISTE PEINTRE) ; DOUMBI FAKOLY (ECRIVAIN) ; JEAN BOSCO KONARE (HISTORIEN) ; MANDE ALPHA DIARRA (ECRIVAIN) ; MADANI KOUMARE ( ECONOMISTE) ; BORIS BOUBACAR DIOP (ECRIVAIN) ; ABDOULAYE NIANG (ECONOMISTE) ; BOUBACAR COULIBALY (EXPERT COMPTABLE) ; NDO CISSE (UNIVERSITE DES LETTRES) ; NATHALIE MDELA MOUNIER (ECRIVAIN) ; AISSATA CISSE (COMMUNICATRICE) ; MARIAM KANAKOMO (COMMUNICATRICE) ; SAFI SY (EDUCATRICE) ; SYLVIE SANOGO (EDUCATRICE) ; HAOUA KEITA ; ABDOULAYE SANGARE (AVOCAT)


Source: AFRIK.COM

vendredi, 06 avril 2012

LA CPI: TRIBUNAL POUR AFRICAINS SEULEMENT

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La C.P.I. ne juge que les Africains. Triste palmarès. Certains répondront, avec beaucoup de naïveté d'ailleurs: « C'est en Afrique que sont commis les crimes les plus horribles contre l'humanité». La simplicité de cette affirmation ne mérite ni le temps, ni l'examen d'un homme sage. Mais si pour les besoins actuels de notre réflexion nous élevions cette incongruité à la dignité d'une vérité axiomatique; qui seraient alors, comme l'est le Président GBAGBO dans la crise ivoirienne, les co-auteurs indirects de ces crimes contre l'humanité ?

La C.P.I. condamne pour la nature du crime et non pour son lieu de commission. C'est en raison de cette prétention à l'universalité, qu'elle peut traduire le Président GBAGBO dont le pays n'a pas encore ratifié les statuts instituant la C.P.I. C'est pour ces mêmes raisons qu'OMAR  EL BECHIR du Soudan, et plus récemment son ministre de la défense, se voient inculpés par cette même cour  sans que leur pays ait reconnu sa compétence.

Voilà des exemples de co-auteurs indirects dans les crises du monde : Georges Bush en Irak, dont le pays n'a pas ratifié les statuts de Rome comme GBAGBO, et dont l'engagement militaire en Irak contre le veto onusien à fait un million de victimes. Une plainte a osé être déposée contre lui dans un tribunal belge dit à compétence universelle. La fermeté de la mise en garde américaine contre la Belgique a entrainé la dissolution de ce tribunal par le parlement de ce pays.

Il faut rappeler ici que ce tristement célèbre tribunal, en devenant le réceptacle de toutes les plaintes des partisans du devoir d'ingérence, a tant inquiété des dirigeants africains (HISSEN HABRE...) dont les pays n'ont pas été pourtant parties à sa constitution. La liste suivante de co-auteurs indirects n'est pas exhaustive, elle est plutôt indicative: CHIRAC, SARKOZY, ALLIOT MARIE sont des co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité dans la crise en Cote d'Ivoire. SARKOZY, JUPPE et DAVID CAMERON sont co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité pour la LYBIE. OBAMA est aussi coupable en SYRIE et dans le monde arabe.

Pour les africains qui en sont restés à l'idéalisme de l'enfance juridique, il faut qu'il soit su ce qui suit. Au fond, ce n'est jamais l'acte matériel commis qui  nous condamne, mais bien plutôt celui qui le qualifie (l'apprécie). Voilà pourquoi, différents juges peuvent porter un jugement différent sur un même acte commis. Ce sont alors ces juges (ceux de la chambre III de la C.P.I. devenue maintenant la chambre I dans le cas de la C.I.), qui déterminent au fond (en réalité) qui est criminel.

Et c'est justement parce que ces juges là ne sont pas toujours saints que les recueils d'erreurs judiciaires ne cessent de croître en volume. Le droit français est clair: la qualification juridique des faits appartient souverainement au juge (son intime conviction). Aux Etats Unis, c'est pire : John Marshall, ancien président  de la cour suprême,  dit que l'interprétation juridique est du ressort exclusif de l'autorité judiciaire, et que le droit est ce que le juge en dit (JUDICIAL REVIEW). Ces enthousiastes africains doivent alors apporter un peu de relativisme dans leur notation de l'infaillibilité de la C.P.I.

Quand un homme, par le biais d'une déportation, sort de l'orbite de ses juridictions naturelles, de ses repères (le droit civil français requiert la comparution obligatoire de ses justiciables devant leurs seuls tribunaux naturels), et est exposé  à l'étranger à des juges et à des procédures inconnus de sa culture, de sa cause, il subit une dislocation psychologique, un malaise de fond qui ne peut faire l'objet d'une estimation objective, tant le dommage se trouve situé dans des domaines inaccessibles à la réparation humaine. Et quand il est un chef d'Etat, en l'occurrence le premier dans ce cas, il connait triplement la solitude du pionnier, dépourvu de tous les attributs et prérogatives de son rang, au point  de sentir un point d'ironie même dans les politesses des gardes pénitentiaires.

Sachez qu'aucune forme d'esclavage n'est possible sans dislocation psychologique, donc sans déportation. Ce transfèrement dit judiciaire, est en fait un acte politique, une  déportation qui en rappelle d'autres ; celle de TOUSSAINT LOUVERTURE (à Fort de Joux, dans le Jura, l'Architecte de l'indépendance de l' Haïti) ; celle de  L'ALMAMY SAMORY TOURE (au Gabon, Chef de la résistance anti coloniale), celle de GBEANZIN AHIDJERE (en Martinique, Roi du Dahomey).

Quand les projecteurs de l'histoire se poseront un jour sur ce pan de notre histoire, nous en aurons honte, comme nous avons honte aujourd'hui de ce que nos ancêtres ont fait à nos frères les noirs du continent américain. AIME CESAIRE avait raison, notre vision doit cesser d'être « partial, partiel et parcellaire ». Ces déportations récurrentes ne sont pas le fait d'un hasard, elles sont conformes à un dessein : la décapitation psychologique par dislocation et l'esclavage.

Observez vous-mêmes les manigances ci-dessous : Sous forte pression française la C.P.I. arrête GBAGBO, mais elle ne doit pas arrêter pour l'instant SORO; SARKOZY en serait contrarié. Pour éviter un peu cette forte pression la C.P.I. place le procès le 18 Juin 2012, soit quelque temps après les élections françaises, après le départ de SARKOZY. Seulement après ces élections peuvent ils décider du sort de la paire OUATTARA-SORO, et voir quel verdict les nouvelles autorités françaises demanderaient pour GBAGBO. La France est contributrice au budget de la C.P.I. La C.P.I., comme tout autre institution internationale  (O.N.U, U.A., la LIGUE ARABE...) doit vivre avant de prendre des décisions. Pour cela, leur processus décisionnel est empreint de réalisme. Et pourtant, la vérité, elle, n'est pas réaliste. Et Gandhi dit que ce n'est pas parce qu'on s'en détourne qu'elle devient mensonge.


Séry Zadi Gboziagnon

Juriste, Politologue, Traducteur.