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mercredi, 31 octobre 2012

A LA SUITE D'AMNESTY INTERNATIONAL: MELENCHON DENONCE LES VIOLATIONS DES DROITS DE L'HOMME SOUS OUATTARA EN COTE D'IVOIRE

 

 

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Le leader du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon, a une fois encore dénoncé la politique française en Afrique, au cours de son entretien sur la radio France Inter. Selon lui, les autorités françaises ont tout fait sauf de la politique en Afrique, préférant maintenir des relations infantilisantes aux conséquences désastreuses.

 

Mélenchon a surtout insisté sur le rôle néfaste des dirigeants français de l’époque dans la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. «En Afrique, il faut faire de la politique. Chaque fois que nous avons fait autre chose, nous sommes allés à un désastre. Regardez ce que nous avons fait en Côte d’Ivoire», interpelle le leader du Front de Gauche.

Avec comme conséquence, les violations continuelles des droits de l’homme sous Ouattara, une justice partisane et partiale, le transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye. «Vous étiez tous à faire des sauts périlleux arrière, à la démocratie, les droits de l’homme… C’était Gbagbo l’abominable homme des neiges.

D’accord ! Il est là bas maintenant, au tribunal international. Des centaines de gens sont en prison, qui ne sont ni jugés et qui ne donnent lieu à aucune espèce de travail judiciaire. Le fils de Gbagbo a pour unique motif d’inculpation d’être le fils de Gbagbo - ce type (Michel Gbagbo, ndlr) n’a jamais eu aucune espèce d’activité politique. Il a été détenu des mois et des mois dans une fosse et personne ne l’a défendu parce qu’il s’appelle Gbagbo», s’est indigné Jean-Luc Mélenchon. Qui fustige une fois encore les incessantes violations des droits de l’homme sous Ouattara.

Avec des détenus politiques maintenus depuis plus d’un an dans les cachots du régime sans procédures judicaires ni assistance juridique. Et parfois survivent dans des conditions quasi-inhumaines. L’invité de La Radio France Inter n’a pas manqué l’occasion de dénoncer une fois encore les agissements de la France en Côte d’Ivoire.

Une attitude qui a contribué à instaurer dans le pays un climat d’insécurité et de terreur. «Qu’avons-nous fait en Côte d’Ivoire? Qu’est-ce que nous avons rétabli? Qu’est ce nous avons fait de si beau pour que ça vaille la peine qu’on s’en vante aujourd’hui?», s’est interrogé l’ex-candidat à la présidentielle de 2012.

Selon lui, la France n’a rien fait d’agréable en Côte d’Ivoire pour s’en vanter aujourd’hui. «Eh bien, maintenant ça suffit ! La politique à l’égard de l’Afrique doit aider à ce que l’on se parle, à ce qu’il y ait de la démocratie et à ce qu’on vote», a fait savoir Mélenchon.

Qui s’est par ailleurs prononcé sur divers sujets de l’actualité française et internationale. Jean-Luc Mélenchon n’est pas à son premier coup de gueule contre la politique française en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, et surtout contre le régime Ouattara, qui pour lui est loin d’être un régime démocratique.



Source: La page Facebook de André Tameghe

AUDIENCE PUBLIQUE A LA HAYE POUR LA MISE EN LIBERTE PROVISOIRE DE LAURENT GBAGBO: LE BRILLANT PLAIDOYER DE MAITRE ALTIT

 

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"Bravo à Maître Emmanuel Altit, l'avocat principal du président Laurent Gbagbo, pour cette brillante prestation. Encore une fois, le monde entier a pu découvrir en direct que ouattara et ses parrains ont la facilité d'accusation mais l’incapacité d'apporter un début de preuves à toutes leurs accusations. Nous savons la CPI politique et elle ne dira sans doute pas le droit, aujourd'hui. Mais au moins, les écailles vont tomber des yeux de ceux qui refusaient de voir la vérité."

 
Sur la page Facebook de La Majorité Présidentielle

 

 

Argument de l'accusation pour demander le refus de la mise en liberté provisoire du Président Laurent Gbagbo:

"Monsieur Gbagbo a beaucoup de supporters... Ils vont l'installer au pouvoir". Que croyiez-vous donc? N'aviez-vous pas dit qu'il était un dictateur sanguinaire? Or donc aujourd'hui, le dictateur sanguinaire est tellement aimé par son peuple, qu'il risque d'être réinstallé au pouvoir? Donc conclusion? Conclusion: C'est lui, le vrai vainqueur de la présidentielle de 2010!!! Elle est vraiment intéressante, cette affaire de Gbagbo à la CPI!

Mieux, l'accusation ne fait que des allégations et ne produit aucune preuve. Comme au Ghana dans l'affaire Koné Katinan (c'est finalement une habitude et un état d'esprit, chez le régime Ouattara et ses officines). Sur la question, Me Altit a été doctoral: Pour les hommes de droit qu'ils sont tous à l'audience, les allégations et autres hypothèses ne sont pas valables. Ils le savent bien. Voilà qui est très clair!

Nous attendons maintenant la conclusion du huis clos qui s'éternise depuis lundi, 16 heures GMT.


A bientôt et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

mardi, 30 octobre 2012

LA PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L'UA, MME DLAMINI ZUMA DEMANDE LA LIBERATION DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 

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Trois mois après son accession à la Présidence de l'Union Africaine, Mme Dlamini Zuma par cette initiative, réoriente complètement la vision de l'organisation dont elle a pris les commandes en juillet dernier. La requête adressée auprès des juges de la CPI, demandant la libération de Laurent

 Gbagbo est une affirmation de la volonté qu'elle n'a jamais cachée, que les résolutions des problèmes africains doivent revenir aux africains. Cette démarche renvoie nécessairement à la résolution de la crise malgache et préfigure la mise en application des décisions prises par les chefs d'état membres de la Sadc au mois d'août dernier à Maputo.

La diplomatie pragmatique et préventive, telle que prônée par la toute nouvelle présidente de la Commission de l’Union africaine, est en train de prendre corps et passe à la vitesse supérieure. Les grands dossiers, tels que la crise malienne, la crise en Rdc, la crise au Soudan, et naturellement, celui du célèbre prisonnier de la Haye, Laurent Gbagbo, sont dans la besace de Dlamini Zuma.

Qui donne des signaux forts, et non des moindres, depuis son investiture officielle le lundi 15 octobre 2012, à la tête de l’Union. Et en termes d’actions tangibles, Outre le mini sommet qu’elle a convoqué sur la crise malienne, qui a lieu en terre malienne, vendredi 19 octobre 2012, la première personnalité de l’Ua va plus loin.

Le règlement de la crise ivoirienne, notamment le contour de l’incarcération de Laurent Gbagbo et les relents politiques liés à cet état de fait, dans la stabilité et le retour de la paix, sont, tout autre dossier brûlant dont elle s’est saisie avec diligence. Une prérogative que s’est octroyée Mme Zuma, sur laquelle revient François Soudan, éditorialiste à Jeune Afrique, sur les ondes de Rfi.

Selon le confrère, en faisant sienne la crise ivoirienne, la présidente s’est attachée les services de plusieurs chefs d’Etats africains, y compris ceux qui seraient encore réticents, pour constituer un groupe de pression qui va peser de tout son poids, en faveur de la libération de Laurent Gbagbo.

Toujours selon l’éditorialiste, la matriarche africaine s’est attelée en amont, à envoyer un courrier aux juges de la Cpi. Pour leur décliner sa vision de la crise, assortie de propositions, dont ils doivent tenir compte, dans le rendu du verdict du 30 octobre prochain. A en croire François Soudan, qui prétend ne pas être imprégné du contenu total de la missive, mais qui assure avoir eu une idée de la partie liminaire dudit courrier, Dlamini Zuma s’est voulue très formelle dans le règlement de la crise qui secoue la Côte d’Ivoire.

Et, écrit-elle en substance : «Sans m’ériger en Avocate défenseur de M. Laurent Gbagbo, encore moins m’immiscer dans les affaires judicaires qui ne sont pas de mon ressort, en tant que première responsable de l’Institution africaine, je prie le collège des juges de s’approprier mes propositions. Etant attendu que la réconciliation en Côte d’Ivoire est étroitement liée à la libération du chef de l’ex-régime». Pour lui, le fait que Dlamini associe à son projet, plusieurs chefs d’Etat, n’est ni moins ni plus une volonté avérée de la Sud-africaine, d’éteindre tous les brasiers qui consument l’Afrique et freinent son développement.

Et dans le répertoire, figurent les plus influents. Qui ne sont autres que Jacob Zuma, Goodluck Jonathan, le Ghanéen John Dramani, le Béninois Yayi Boni, pour ne citer que ceux-là. Et le moins qu’on puisse dire, la nouvelle dirigeante ouvre une nouvelle ère diplomatique, dans le mode de gestion concrète des crises qui minent l’Afrique. Elle qui ne cesse de clamer, haut et fort, et avec fermeté, citant Patrice Lumumba, que l’Afrique n’est «ni française ni russe ni portugaise ni américaine», mais bien africaine.

Réputée rigoureuse et efficace, Dlamini Zuma, a largué cette mise en garde : «Nos décisions ne seront facteurs de changement que si elles sont appliquées. Il faut des solutions africaines aux problèmes africains».

De célèbres phrases prononcées au cours de la cérémonie d’investiture, qui magnifient celle dont la débauche d’énergie en faveur de Laurent Gbagbo, est une réalité, et qui ne ménage aucun effort pour faire appliquer sa vision. Un pari qu’elle est en phase de gagner.Une belle leçon à inculquer aux avatars de l’affranchissement de l’Afrique, adeptes de l’afro pessimisme, qui militent en faveur de l’asservissement de tout un continent.


Source: La page Facebook de André Tameghe

L'ARTISTE IVOIRIEN BILLY BILLY: «LES POPULATIONS DEMANDENT LA LIBERATION DES PRO-GBAGBO POUR UNE VRAIE RECONCILIATION»

 

 

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L'icône africaine, Laurent Gbagbo


 

Une caravane de la réconciliation, organisée par le pouvoir Ouattara, qui se fait avec en marge toute une frange de la société ivoirienne. Mieux, ici et là des mécontentements dans ladite caravane, des clash retentissants entre les artistes pour des questions d'argent et de leadership (notament entre Alpha Blondy et Tiken Jah). Comme le dit Ken Adamo: "C'est honteux pour ces artistes". Tant et si bien que le jeune rasta Fadal Dey n'a pu s'empêcher d'exploser dans la presse: "La caravane est nulle!". Et pour cause: les stades sont désespérément vides, là où l'un de ces artistes à lui tout seul prestait à guichets fermés des jours à l'avance. Comme on peut le constater, cette caravane, prétendument de la réconciliation, qui coûte des centaines de millions de francs au contribuable ivoirien, est un parfait fiasco! D'où l'appel de Billy Billy.

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Pour notre part, les choses sont très claires: Que Ouattara gouverne tranquillement et qu'il arrête de parler de réconciliation nationale. Sans Gbagbo, c'est tout simplement impossible. Pas besoin d'être un partisan pour le comprendre. C'est juste une question de bon sens! 


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

lundi, 29 octobre 2012

LA CPI DECERNE A LAURENT GBAGBO LE PRIX NOBEL DE MEDECINE ET DE PHYSIQUE 2012

 

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 La juge botswanaise Sanji Mmasenono Monageng de la Chambre d'appel de la CPI a rejeté la demande de mise en liberté provisoire du Président Laurent Gbagbo

 

Après la grande révolution de la machine à remonter le temps découvert par les experts indépendants de l’ONU pour accabler les pro-GBAGBO, la Cour Pénale Internationale vient de certifier de très grandes découvertes en médecine et en physique faites par le plus célèbre des prisonniers: Laurent GBAGBO.

En effet, suite à la séance en appel de la demande de mise en liberté provisoire de Laurent GBAGBO, la juge en charge du dossier a opposé un refus catégorique car dit-elle, Laurent GBAGBO est capable de fuir compte tenu de  «ses réseaux importants et bien organisés de supporters, de ses contacts politiques étrangers et de ses moyens financiers».

Laurent GBAGBO, détenu à Korhogo avec les mêmes réseaux importants et bien organisés de supporters, ses contacts politiques étrangers, ses moyens financiers, n’a pas fui malgré sa bonne santé initiale et les conditions de détentions insupportables qui pouvaient inciter à la fuite ; mieux, sous une pluie de bombe de l’armée française et onusienne pendant les derniers moments de la crise postélectorale, il a fait le choix de vivre sous des bombes qui pouvaient l’exterminer.

Avec un état de santé amoindrie par les tortures de Korhogo et de meilleures conditions de résidence en cas de liberté provisoire, sans que ses réseaux de supporters, ses contacts politiques étrangers et ses moyens financiers n’aient changé, il serait prêt à fuir en se rendant invisible aux systèmes de surveillances électroniques fixes et mobiles les plus modernes.

Pour la CPI, Laurent GBAGBO est donc plus dynamique malade qu’en bonne santé. En plus, il détient la technologie de l’invisibilité aux systèmes de surveillances électroniques fixes ou mobiles. Ces technologies performantes qui ont des caractéristiques de traçabilité, d’inviolabilité, de détectabilité à distance  ou par satellite, d’alerte en cas de tentative de désactivation que même le tout puissant ex- DG du FMI, Dominique STRAUSS-KAHN, avec des moyens plus importants, un réseau de contacts politiques étrangers plus fourni, en tête des sondages aux élections présidentielles avec un réseau de supporters plus nombreux en France et dans le monde, n’a pas pu violer lorsqu’il était en liberté provisoire aux USA et potentiel Président de la République Française!

Si Laurent GBAGBO, détenu à la Haye a fait de si importantes découvertes lui permettant d’être plus dynamique malade qu’en bonne santé, indétectable par les moyens les plus modernes de surveillance électronique, il mérite plutôt le prix Nobel de médecine et de physique qu’une prison.

La science fiction a atteint un niveau spectaculaire avec la crise ivoirienne.

 

Dr Cheick DIABATE, Chercheur

Université de Colorado, USA

LA CPI, CETTE COUR AUX ORDRES: VOUS AVEZ DIT COUR DE JUSTICE OU COUR DE POLITIQUE INTERNATIONALE?

 

Fichier:International Criminal Court logo.svg 

 

Nous savons tous que la déportation de Laurent GBAGBO à La Haye, aux Pays-Bas, a été faite sur injonction de Nicolas Sarkozy, ancien président français et ami intime d'Alassane Dramane Ouattara. Toutefois, nous avons cru en la capacité des hommes et femmes qui animent cette institution internationale de dire le droit rien que le droit afin de permettre au monde entier de connaitre définitivement la vérité sur le dénouement de l'élection présidentielle qui s´est déroulée en Côte d'Ivoire en fin d´année 2010.

Aujourd'hui, après le rejet de la décision en appel de libérer provisoirement le président Laurent Gbagbo, il est indéniable que les arguments justificatifs de ce rejet sont fortement politiques que juridiques. Notamment quand la juge Sanji Mmasenono Monangeng, présidente de la séance de ce vendredi 26 octobre 2012, affirme que Laurent Gbagbo dispose d'un réseau très solide de sympathisants ou que son parti politique lie à sa libération l'aboutissement du processus de réconciliation nationale et de paix sociale en Côte d'Ivoire. Ici, l'on est en droit de se demander si nous sommes dans une cour de justice ou dans les bureaux d'un chef de parti politique ivoirien à la solde du régime fasciste et nazi en place à Abidjan.

Pis, vous soutenez madame la présidente pour justifier votre rejet que Laurent Gbagbo est capable de fuir une fois qu'il bénéficie d'une quelconque liberté provisoire. Non, madame la présidente. Je me demande si vous n'avez pas suivi la crise ivoirienne. Cette crise qui a secoué tout le continent noir et le reste du monde. Laurent Gbagbo n'a pas la posture d'un fuyard. Il a été kidnappé par l'armée française aidée de l'armée de l'ONU en Côte d'Ivoire entre les débris du palais présidentiel à Abidjan. C'est un homme qui a suffisamment conscience de sa responsabilité. Il est resté digne dans l'humiliation tout en demandant à son armée de cesser la guerre pour permettre au peuple de passer à la phase civile de la crise que son pays connait.

Pour rappel, madame la juge présidente, Laurent Gbagbo, déporté à La Haye, est aujourd'hui soumis à votre arbitrage parce que l'on l'accuse d'avoir perdu l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire et de ne pas vouloir céder le pouvoir à son adversaire. Pourtant vous reconnaissez implicitement la victoire de Laurent Gbagbo à ladite élection par le fait qu'il est majoritaire. Car on ne peut disposer d'un très solide réseau de sympathisants à cette étape de sa vie que si l'on n'est majoritaire. Mieux, que si l'idéal que l'on défend dans sa vision politique n'est partagé par la majorité de ses concitoyens. Depuis la création de votre juridiction internationale, c'est la première fois dans toute son histoire qu'un homme aussi incriminé et accusé de tous les maux de la condition humaine est soutenu et défendu par son peuple. Jamais un dictateur-criminel ne saurait bénéficier d'autant de soutien et d'affection de ses concitoyens. À moins que tous ceux qui le soutiennent soient des adeptes du crime abominable comme ceux reprochés à Laurent Gbagbo par votre institution. Bientôt deux ans que Laurent Gbagbo croupit sous le poids de l'accusation de crimes de sang, de crimes contre l'humanité, de crimes économique et de viols. Depuis bientôt deux ans aussi que ses concitoyens battent le pavé pour réclamer sa libération pure et simple. C'est un signe que vous devez savoir interpréter pour corriger le tort à lui fait au nom d’intérêts économico-idéologiques.

Madame la présidente, comment voulez-vous que le parti politique de Laurent Gbagbo appelle ses militants et autres sympathisants à aller à la réconciliation nationale et à la paix sociale en Côte d'Ivoire alors que leur champion croupit injustement et arbitrairement dans les goulags inféodés à l'impérialisme français? Oui madame la présidente, Laurent Gbagbo se trouve à La Haye non pas parce que les crimes à lui reprochés sont de son fait mais bien pour des raisons idéologiques, économiques et politiques. Laurent Gbagbo se trouve aujourd'hui déporté à La Haye dans cette prison construite par les occidentaux pour l'empêcher de mener de front la lutte pour la souveraineté et l'indépendance vraie des Etats Africains.

Laurent Gbagbo se trouve exposé à votre jugement parce que la France ancienne puissance colonisatrice n'est pas prête à accepter que la Côte d'Ivoire prenne le chemin de son autonomie. Elle se suffit et se plait dans l'utilisation de ses valets nègres pour perpétuer sa prépondérance et exploiter illicitement les ressources économiques de ses anciennes colonies. Elle se suffit et se plait dans l'enfantillage des africains pour leur faire porter la responsabilité de ses crimes qu'elle commet sous le faux manteau d'une soi-disant mission humanitaire. Et vous le savez autant que moi, madame la présidente. Laurent Gbagbo est en prison et bizarrement les crimes contre l'humanité se multiplient en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire est bloquée depuis l'avènement de Dramane Ouattara à la tête de ce pays. Toutes les régions susceptibles d'avoir voté pour Laurent Gbagbo font l'objet de représailles et leurs populations sont contraintes à l'exode et à l'exil. À l'Ouest de la Côte d'Ivoire, région d'origine de Laurent Gbagbo, le régime actuellement au pouvoir pratique une politique d'expropriation, une politique d'extermination systématique et de génocide programmé, une politique de repeuplement sous les yeux des nations unies pour lesquelles vous êtes sensée agir. Les rebelles, qui depuis 2002 jusqu'à maintenant tuent les Ivoiriens et commettent les pires formes de crimes contre l'humanité, connaissent chaque jour des promotions dans l'administration civile et militaire en Côte d'Ivoire. Et ça n'intéresse personne pourvu que les puissances occidentales trouvent leur satisfaction dans le malheur des africains.

Le 30 octobre 2012, se tiendra une autre audience. Je pense que ce sera l'occasion pour votre juridiction de se rattraper en vue de rectifier le tir. Parce que je crois qu'il n'est pas encore tard pour bien faire.

La CPI doit libérer Laurent Gbagbo le mardi 30 octobre prochain. En plus de ce que sa crédibilité est engagée dans ce procès contre Laurent Gbagbo, il se jouera à La Haye ce jour le destin de tout le continent Africain. Libérer Laurent Gbagbo, c'est donner espoir aux générations futures en Afrique de croire en la lutte pour la souveraineté et l'autonomie des Etats africains. Libérer Laurent Gbagbo le mardi 30 octobre 2012, c'est briser les chaines de la soumission et de l'assujettissement qui maintiennent nos pays Africains dans le sous-développement, la misère sociale et la précarité. Libérer Laurent Gbagbo, c'est faire comprendre au reste du monde que le combat des dignes fils d'Afrique pour une Afrique libre et souveraine n´était pas vain. Ce sera votre pierre à la construction d'une Afrique prospère et unie dans le destin. En ce moment les Africains comprendront la nécessité pour eux d'appliquer des modèles de développement économique et structurel qui génère la richesse et le bien-être social pour leurs populations. Vous verrez que l´humiliation que vivent de nombreux africains au quotidien connaîtra une fin certaine.

Je termine mon propos sur cette citation : «Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, mais parce que nous n'osons pas que les choses sont difficiles». Dites le droit et rien que le droit en libérant Laurent Gbagbo purement et simplement. Vous aurez ainsi participé à faire bouger les lignes dans le dénouement des relations internationales qui mènent notre monde d'aujourd'hui. L'Afrique tout entière et le reste du tiers-monde vous en seront reconnaissants.

Amoungnan !

 

Jean-Marie Dekpaï

MME DLAMINI ZUMA FAIT DE LA LIBERATION DE GBAGBO UNE CONDITION NON NEGOCIABLE DE LA PAIX EN COTE D'IVOIRE


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Madame Zuma, Présidente de la commission de l'Union Africaine, fait de la libération de Laurent Gbagbo une condition non négociable pour le retour de la paix en Côte d'Ivoire! Vive les femmes Africaines!


Selon des informations toujours à vérifier, Madame ZUMA, Président de la commission de l'UA, fait de la libération de Laurent Gbagbo, une priorité absolue. Elle aurait écrit à la CPI formulant cette demande, arguant que c'est une condition essentielle à l'instauration de la paix en Côte d'Ivoire, que cette libération est primordiale à toute réconciliation nationale.

Il fallait une femme, une femme de poigne pour enfin exprimer ce que l'ensemble des panafricains pense, à savoir, les affaires des Africains doivent être réglées par les Africains eux-mêmes. Courage à Madame Zuma qui partage nos points de vue et dont nous partageons les points de vue sur la gestion du continent. Et si elle ne sert pas d'exemple à ceux qui veulent présider à la destinée des Nations africaines, alors, il n'y aura plus rien à faire.
 
Bravo, Madame!

 
Calixthe Beyala,

Ecrivaine franco-camerounaise

dimanche, 28 octobre 2012

LETTRE OUVERTE A SON EXCELLENCE MADAME LA PRESIDENTE DE LA COMMISSION DE L’UNION AFRICAINE

 

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L’Afrique n’a rien à faire dans une ONU qui méprise ses Etats!

 

Ayant salué du fond du cœur, avec de nombreux autres Africains, votre avènement à la tête de la commission de l’Union Africaine, cette institution qui regroupe tous les Etats d’Afrique, je me permets de vous écrire ces mots qui sont d’une importance vitale pour moi. Je dois avouer que je ne croyais plus en cette Union Africaine, jusqu’à votre élection. Je ne vous connais pas, mais je connais votre pays, et je sais qu’il y a une très grande différence d’approche des questions internationales entre les (ex)colonisés de la France en Afrique, nous les francophones, et les autres que vous êtes. Et le fait pour moi, Ivoirien, que vous veniez du Pays de Thabo Mbeki est une raison d’espérer, en tout cas, jusqu’à ce que le temps et les évènements me donnent tort. 


Je vous écris à propos de l’Organisation des Nations Unies (ONU), cette institution créée en 1945, au lendemain de la Deuxième Guerre Mondiale. L’ONU, depuis sa création, n’a cessé de se comporter comme le bras séculier de l’impérialisme. Aujourd’hui, les intentions de ceux qui ont créé cette organisation sont apparues clairement à tout le monde: leur jeu consiste à se donner les moyens d’exploiter et de dominer tous les autres, à travers des artifices de toutes sortes. On a fini par comprendre que la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International (FMI), l’UNESCO et autres, sont des pièges dans lesquels les créateurs de l’ONU entraînent les autres pour mieux les exploiter, en vue de renforcer leur domination. Ils ont créé en plus de nombreuses superstructures, «les Organisations Mondiales» de ceci et de cela, qui leur servent de cheval de Troie dans les Etats. Il y aurait beaucoup à dire sur cette institution que le général de Gaulle, cet homme d’Etat français, a très tôt eu raison d’appeler «machin», c'est-à-dire une chose à utilité variable, selon les intérêts et intentions de celui qui la tient. Mais j’ai conscience de l’immensité de votre tâche, ce qui rend précieux votre temps, et je me limiterai à l’essentiel. 

La nuisance de l’ONU sur l’Afrique et les Africains a atteint aujourd’hui des proportions inacceptables. C’est une chose que l’ONU veuille se mettre au service des nations de sa création! Mais c’est une autre chose que les Africains se laissent malmener par cette institution, sans réagir! Je rappelle que votre élection à la tête de l’Union Africaine a suscité beaucoup d’espoir, et c’est au nom de cet espoir que je vous adresse cette lettre. 

L’ONU, une institution dans laquelle les Etats africains sont sous tutelle coloniale! 

En 1945, au moment où se créait l’Organisation des Nations Unies, les Etas Africains, dans leur réalité actuelle, n’existaient pas. On pouvait à peine parler du Libéria et de l’Ethiopie. Tous, nous étions des citoyens(!) de seconde zone des Etats colonisateurs, sur des territoires qui leur appartenaient et où ils disposaient des terres (sol et sous-sol), mais également de la vie des êtres sur ces terres. En 1960, lorsque furent proclamées les indépendances arrangées, à l’ONU rien ne changea: l’Afrique a continué d’être la chose des colonialistes. Plus d’un demi-siècle après, ce sont toujours les nations colonisatrices qui décident du sort des Etats africains dans cette institution. C’est ainsi que la France, dans sa guerre colonialiste contre la Côte d’Ivoire, a fait et continue de faire voter des résolutions qu’elle rédige, contre les Ivoiriens. Pendant plus de dix ans d’agression du pays, face à la résistance farouche du peuple de Côte d’Ivoire, les dirigeants français ont utilisé l’ONU à toutes les besognes, allant jusqu’aux massacres d’innocents aux mains nues. De ces massacres, on retiendra que les points culminants furent ceux de novembre 2004, avec les tueries racistes des ponts et de l’Hôtel Ivoire à Abidjan, les massacres de Duékoué en 2010, perpétrés par les miliciens de l’imposteur que la France et les USA ont imposé aux Ivoiriens, avec la participation avérée de l’ONUCI, l’armée de l’ONU dans le pays, puis les bombardements qui ont fait plusieurs milliers de morts (plus que les 3.000 annoncés) et détruit le palais présidentiel, en mars-avril 2011. Et ce Coréen, représentant de l’ONU qui, adossé aux armes du «machin» et de la France, s’arrogea le pouvoir de décider du gagnant des élections à la place du peuple ivoirien! Tous ces crimes sont accompagnés par les rapports fantaisistes des agents de cette ONU aux ordres. En définitive, Cette institution est l’arme fatale du néocolonialisme! Elle est l’outil de la manipulation avilissante que l’occident exerce sur l’Afrique!

Comme pour ce «machin», l’Afrique en tant qu’ensemble d’Etats souverains n’existe pas, comment l’ONU peut-elle poser un acte qui empêche la France de faire ce qu’elle veut en Côte d’Ivoire? Il y a certes la faiblesse des dirigeants africains, qui s’aplatissent devant les dirigeants français! Mais la vérité, c’est que, toujours dans la logique de la négations d’entités étatiques en Afrique, ce sont les dirigeants français qui ont placés ceux qui ont la charge des Etats en Afrique francophone; alors attendre des chefs d’Etats de la CEDEAO qu’ils disent autre chose que ce que veut la France, dans un problème en Afrique de l’ouest, est tout simplement un leurre. Et ce n’est pas la crise malienne, qui a tout l’air d’un complot français pour la partition du pays, parce qu’on aurait découvert des richesses dans le nord, qui donnerait l’occasion de prouver le contraire! Le complot ayant, vraisemblablement, échappé à ses auteurs, les pantins africains n’ont qu’à amplifier la voix de leurs maîtres à l’ONU, et la suite se verra… Le scénario semble le même, quand on pense au Soudan et à la Somalie, pour les Etats ex-colonies anglaises, portugaises ou espagnoles… 

A présent, le temps est venu pour que prenne fin ce mépris indicible que subit l’Afrique. Il faut que cesse le paternalisme infantilisant, mais surtout assassin que l’occident exerce sur l’Afrique! 

Être reconnu en tant qu’ensemble d’Etats souverains ou se retirer de l’ONU!

En écoutant, à la dernière Assemblée Générale de l’ONU, Monsieur Macky Sall, le nouveau président du Sénégal, on est comme soulagé de ce que quelque chose de pertinent soit dit: le chef d’Etat sénégalais a expliqué qu’il fallait, pour une juste appréciation des choses, qu’à l’ONU, l’Afrique qui est le continent le plus grand et le plus représenté, en terme de nombre d’Etats, soit présente au nombre des Etats membres permanents du Conseil de Sécurité. Cela est ce qu’il y a plus logique! Car, il n’est plus admissible que l’Asie soit représentée, même si c’est par la seule Chine, que l’Amérique soit représentée par les USA et l’Europe par la France, l’Angleterre et la Russie, et que l’Afrique soit snobée, avec tous les viols sur tous les plans. Si vraiment l’Afrique vaut pour rien dans la marche du monde, qu’on laisse les Africains s’organiser et gérer leur existence comme ils l’entendent et on verra. Ou alors s’accrocherait-on à ces idées reçues, d’un atavisme délirant, qui voudrait que les Africains soient de grands enfants qu’il faudrait toujours tenir par la main. Il y a en Afrique, comme partout ailleurs, des incapables qui ont besoin de tuteurs pour exister; mais il ya également, comme partout, des personnes de valeur, qui feraient avancer l’humanité, si les Etats colonialistes d’Europe n’imposaient pas aux Africains des médiocres, juste pour se faire servir et nuire à l’Afrique. Le fait est que cela retarde l’Afrique mais également et l’humanité toute entière! Car le continent le plus riche de la terre est ainsi entravé dans ses possibilités de faire avancer l’humanité, et c’est seulement quelques Etats tricheurs qui se servent avec la complicité de médiocres à leur service, qui empêchent le véritable rendement, sous l’œil complice de l’ONU.

Madame la présidente, engagez une bataille capitale: celle de faire entrer trois Etats africains, en tant que membres permanents, au Conseil de Sécurité de l’ONU, avec droit de veto ! Je dis trois en l’état actuel des choses, si aucun autre Etat n’est ajouté. Mais s’il doit être question d’une véritable réforme, tous les Etats étant égaux à l’ONU, que le nombre d’Etats membres permanents avec droit de veto, par continent, soit proportionnel au nombre d’Etats membres de l’ONU, par continent. Et en attendant que cela soit obtenu, que plus jamais aucun Etat tiers ne produise de résolutions dirigées contre un Etat africain, ainsi que le font la France, l’Angleterre et certainement d’autres Etats occidentaux, depuis que l’ONU existe ! Dans le même temps, mettez en marche une procédure de retrait de l’Afrique de ce «machin», si rien n’est fait, et faites de l’Union Africaine une véritable organisation de fédération des forces de notre continent. 

Que Dieu vous assiste! 

Veuillez agréer, Madame la présidente, l’assurance de ma très respectueuse considération.

 
 
BEDI HOLY 

Professeur d’Ens. Sec., Ecrivain 
Ancien Directeur national de l’Alphabétisation en Côte d’Ivoire

RAPPORT DU GROUPE D’EXPERTS DE L’ONU: UN MANQUE DE RIGUEUR METHODOLOGIQUE

 

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Le rapport de mi-mandat du Groupe d’experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire publié le 15 octobre 2012 (S/2012/766) affirme enquêter sur l’implication directe ou indirecte de pro-Gbagbo dans des «violations du régime des sanctions ivoirien». Ces pro-Gbagbo, nommément cités, seraient les soutiens politiques et financiers des opérations de déstabilisation entreprises en Côte d’Ivoire depuis quelques mois, auraient établi des connexions avec des groupes islamistes au Mali ainsi qu’avec la junte militaire dirigée par le capitaine Sanogo tout en faisant partie d’un commandement stratégique.

Pour un rapport destiné au comité de sanction du conseil de sécurité de l’ONU, on s’attendait à ce que des accusations aussi graves soient soutenues par des preuves tangibles. Malheureusement, à l’analyse, les affirmations se caractérisent par leur caractère gratuit. En cause, l’on peut aisément subodorer les positions partisanes des sources, que les experts n’ont pas daigné contrebalancer avec le point de vue des mis en cause, du fait de leur manque de rigueur.

En effet, dans sa méthodologie de travail, le groupe d’experts soutient avoir cherché, à chaque fois, à «étayer ces affirmations par des preuves documentaires irréfutables», et, à défaut, «retenu les seuls faits corroborés par au moins deux sources indépendantes et crédibles» (§ 9). Dans le cas de la liste des personnes indexées, en dépit de ces 96 pages d’annexes, aucune preuve documentaire n’a pu être fournie. En toute logique, elle a été établie par les experts eux-mêmes, en fonction des informations qui leur ont été communiquées. Ce qui pose le problème de la crédibilité et de l’indépendance (par rapport à qui?) de leurs sources d’informations. Quelles sont-elles?

Si l’on s’en tient  aux résolutions du Conseil de sécurité qui ont institué le comité des sanctions qui a mandaté le groupe d’experts, il s’agit des Etats membres de l’ONU (particulièrement les voisins de la Côte d’Ivoire), de l’ONUCI et des forces françaises. Outre ces entités, le groupe d’experts a aussi le droit de demander des informations au groupe d’experts sur le Libéria.

Malheureusement, ces différentes entités n’ont pas toujours fait preuve d’impartialité dans la crise ivoirienne. L’actuel gouvernement ivoirien s’est illustré à plusieurs reprises dans la production de faux, dès qu’il s’agit des pro-Gbagbo. L’affaire Justin Katinan Koné, du nom de l’ex-ministre du budget du Gouvernement Aké N’gbo, accusé d’un meurtre inventé de toutes pièces, juste pour obtenir son extradition du Ghana est encore présente dans les mémoires pour s’autoriser à douter du crédit des informations qui pourraient lui être demandées. 

Quant à l’ONUCI, elle n’est pas exempte de tout reproche quant à la fiabilité des informations qu’elle diffuse. Souvenons-nous de ce député norvégien, Lars Rise qui, pendant la crise postélectorale, arriva en Côte d’Ivoire à la suite de la publication sur le site internet de l’ONUCI par sa division des Droits de l’homme, d’une information relative à la constitution de charniers dans des zones qui lui auraient été interdites d’accès. Lorsque, bénéficiaire d’un laissez-passer délivré par le ministère de l’intérieur pour se rendre partout en Côte d’Ivoire, il se rendit au siège de la mission onusienne en Côte d’Ivoire pour solliciter de se faire accompagner par les auteurs de l’information sur les lieux supposés de constitution de charniers, il s’entendit dire par ceux-ci que l’information n’était pas fondée. C’est avec beaucoup d’amertume qu’il dénonça la «manipulation médiatique de l’ONUCI» à l’occasion d’une conférence de presse:

(http://revuedepressecigbagbo.over-blog.com/article-l-ex-depute-norvegien-lars-rise-accuse-l-onu-de-mensonge-en-cote-d-ivoire-73428563.html).

Le non-respect du contradictoire

On ne saurait donc trop recommander la vigilance extrême à tous ceux qui sont destinataires des informations dans le contexte de la crise postélectorale ivoirienne où des entités, a priori impartiales comme l’ONUCI et les forces françaises, ont manifestement pris position pour le camp Ouattara. Pour ne s’être pas imposé le devoir de traitement des informations recueillies, la Cour Pénale Internationale (CPI) est tombée dans le travers de la collusion avec le gouvernement ivoirien. Lors de la confection du document de charges contre le Président Laurent Gbagbo par Ocampo Moreno, l’ex-procureur de la CPI, Matt Wells, chercheur sur la Côte d'Ivoire à Human Rights Watch, révèle que «le gouvernement Ouattara (a apporté un appui à la CPI pour) monter rapidement un dossier contre Gbagbo» (le monde.fr, le 19 juillet 2012). Le résultat est que ce fameux document reprenait les accusations sans fondement distillées par les officines du camp Ouattara, sans aucune analyse juridique.

Dans le cas du rapport de l’ONU, le groupe d’experts est tombé dans le même piège pour n’avoir pas respecté sa propre méthodologie de travail. En effet, devant  «dans la mesure du possible, porté ses conclusions à l’attention des … individus … concernés, leur ménageant ainsi la possibilité d’y apporter leur réponse» (§10), le groupe ne s’y est pas astreint. Aucun contact n’a été établi avec ceux qu’il qualifie de pro-Gbagbo afin que ceux-ci puissent discuter les graves accusations qui pèsent sur eux. Pourquoi en lieu et place de cette procédure à laquelle est soumis un bon rapport d’expertise, le groupe a plutôt choisi la médiatisation d’une accusation non fondée, en organisant une «fuite» par l’intermédiaire de Radio France Internationale (RFI)?

Pis, en publiant des SMS «captés», le groupe d’experts a manifestement violé le secret de correspondance, qui est un droit en vertu du respect de la vie privée. Certes, des atteintes peuvent y être portées par l’autorité publique, mais en général dans les seuls cas de nécessité d’intérêt public (sécurité nationale, prévention du terrorisme) prévus par la loi et dans les limites qu’elle fixe et selon des procédures précises. Par exemple, en Côte d’Ivoire, il peut y être porté atteinte par l’autorité judiciaire (article 162 alinéa 2 de l’ordonnance 2012-293 du 21 mars 2012). Cette procédure judiciaire a-t-elle été respectée pour la «captation» de ces SMS? Le groupe d’experts est-il soucieux des conditions d’obtention des informations mises à sa disposition?

Au total, le groupe d’experts a péché par un manque de rigueur, d’autant plus dommageable qu’il ne met pas à l’abri de dénonciation calomnieuse. Il reste donc à espérer que le rapport final qui ne sera produit qu’en avril 2013 sera expurgé de ces allégations qui, pour le moment, ne reposent sur aucun fondement sérieux et qu’une analyse sérieuse de la géopolitique régionale ne permet pas d’accueillir. Le fait que le groupe d’experts ne fait aucune recommandation spécifique à l’encontre des personnes citées, peut être considéré comme la preuve supplémentaire que l’enquête n’a pas encore réussi à établir des preuves irréfutables de leur culpabilité.

 

Dr Kouakou Edmond

Juriste consultant

samedi, 27 octobre 2012

QUI VEUT LA PEAU DU PROFESSEUR MAMADOU KOULIBALY?


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Le dimanche 21 octobre 2012, en début de soirée, à Cocody Ambassades, le Professeur Mamadou Koulibaly, Président de LIDER (Liberté et Démocratie pour la République), en compagnie de sa Conseillère exécutive, Nathalie Yamb, a été victime d'un grave accident de la circulation qui a vu son véhicule 4X4 littéralement réduit en épave, comme l'atteste ces images et ce témoignage de Nathalie Yamb sur sa page Facebook:

"Après une sortie de route à Cocody Ambassades, la voiture a heurté un poteau électrique, fait des tonneaux, glissé sur 29 mètres avant d’arrêter sa course couchée sur le côté gauche en heurtant un deuxième poteau électrique. La roue avant droite, le cardan, la crémaillère, le moyeu du véhicule ont été nettement sectionnés et complètement arrachés, les deux poteaux électriques totalement déracinés et le véhicule est une épave. Nous avions mis nos ceintures de sécurité, ce qui a été d’autant plus salvateur que les airbags ne sont pas sortis. Dieu est grand".

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L'épave de la 4X4 du Professeur Mamadou Koulibaly

Cause de l'accident: les premières informations sur le Net parlaient de l'explosion du pneu avant droit du bolide. Mais les précisions de la Conseillère exécutive nous situent plus exactement sur les raisons de cette sortie de route qui a failli leur coûter la vie:

"Ce n'est pas la roue qui a éclaté, c'est tout le dispositif qui a été "nettement sectionné" pour reprendre la formulation des agents de police qui ont procédé au constat. Le cardan, la crémaillère, le moyeu, tout a été arraché".

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Le dispositif sectionné de la roue: une véritable chirurgie du sabotage

Qui a donc "sectionné" le dispositif de la roue avant droite de la 4X4 du Professeur Mamadou Koulibaly? Qui veut, par cet acte évident de sabotage criminel, avoir la peau de l'ancien Président de l'Assemblée Nationale de la République de Côte d'Ivoire sous l'ère Gbagbo, actuellement Président de LIDER, parti qu’il a créé après avoir rompu avec le FPI de Laurent Gbagbo?

Après un bref séjour à la PISAM (Polyclinique Internationale Sainte Anne-Marie) de Cocody, où il a été opéré du bras gauche, le Professeur Mamadou Koulibaly s'en tire à plutôt bon compte avec sa Conseillère exécutive, grâce à DIEU.

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Indéracinables.

Si l'intention était de le neutraliser pour de bon ou d'intimider ce franc-parleur, éminence grise en économie internationalement reconnue, l'effet escompté a été un flop, comme en témoigne, ici, Nathalie Yamb: "Indéracinables. Deux jours après l'accident de voiture dont ils ont été victimes, le Pr. Mamadou Koulibaly et la Conseillère exécutive Nathalie Yamb se remettent au travail et assistent à une réunion des partis de l'opposition membres du Cadre Permanent de Dialogue à l'hôtel Belle Côte. Ils étaient accompagnés de Messieurs Lancina Karamoko et Stéphane Vangah, membres du Bureau du Président de LIDER".

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Quand on a souvenance des sorties caustiques de l'homme politique contre le régime actuel (la dernière en date, dans l'article "Mamadou Koulibaly déshabille Ouattara: le régime Ouattara dans toute sa laideur", à lire, ICI), on ne peut manquer de lorgner du côté du pouvoir que les diatribes de l'universitaire dérangent au plus au haut point et au plus haut niveau.

MK reste un grand-frère dans la lutte politique, quoi qu'on dise. Il est une valeur sûre de notre pays. Malgré tout.

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Toutes nos compassions au Professeur Mamadou Koulibaly et à Nathalie Yamb. YAKO!!!

 

DINDE Fernand AGBO

vendredi, 26 octobre 2012

MISE EN LIBERTE PROVISOIRE DE LAURENT GBAGBO: LA CPI A PARLE ET A FAIT SON DENI DU DROIT

 

côte d'ivoire,la cpi a parlé et a fait son déni du droit

Me Emmanuel Altit, avocat du Président Gbagbo, à La Haye


La Chambre d'appel de la Cour pénale internationale (CPI) a rejeté la demande de mise en liberté provisoire du Président Laurent Gbagbo. Il fallait s'y attendre. Cette institution ne dit pas le Droit mais fait de la politique. Morceau choisi: "Si nous accordons à Monsieur Gbagbo ne serait-ce qu'une liberté provisoire, il retourne au pouvoir. Un témoin l'a même confirmé (lequel, entre nous soit dit?). Il a de nombreux sympathisants". Arguments aussi légers qu'ahurissants. N'est-ce pas là une lumière crue jetée sur la victoire du Président Gbagbo à l'élection présidentielle de 2010?

Le message est désormais clair pour les Ivoiriens: C'est la politique qui a emmené Laurent Gbagbo à La Haye, c'est la politique qui l'en ramènera. On se comprend. 


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

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Quelques réactions sur Facebook, après la décision de la Chambre d'appel de la Cour pénale internationale:


Théophile Kouamouo:

"Une Cour pénale où les victimes ne peuvent pas venir porter plainte n'est pas une Cour pénale. Dans n'importe quel pays du monde, si on tue votre frère, vous déposez une plainte devant un tribunal. Mais la CPI, elle, "se saisit" de ce qui l'intéresse et ne se saisit pas de ce qui la gêne, notamment au regard des rapports de force internationaux et des desiderata des Etats qui la financent (une poignée d'Etats). Si la France arrête de financer la CPI, la CPI meurt. Elle ne jugera jamais un homme que la France soutient. Point final."

Grégory Protche:

"La décision, prévue et convenue, de la CPI n'a aucune importance.
Les conditions politiques doivent continuer d'évoluer (ne négligeons pas la nouvelle UA, qui réintègre le Mali au nez et à la barbe de la Gaule).
Ce sont elles qui ont amené Gbagbo là où il est.
Pas le droit.
Ce sont des décisions politiques extérieures qui ont mis Gbagbo devant la CPI.
Ce seront des décisions politiques extérieures qui l'en sortiront.
Pas le droit.
Pas celui-là.
Pas celui de la CPI.
Il ne saurait y avoir de défaite lorsqu'il n'y a pas match.
Le seul terrain de "jeu" de La Haye n'est pas juridique, il est politique, c'est celui sur lequel les Ivoiriens manifestent."

Maïga Awa Esther:

"Tu es triste pourquoi???
Tu vas faire quoi avec "liberté provisoire"?
Moi, mon Dieu ne délivre pas provisoirement, mais Il délivre totalement et pour toujours et Il dit: Ces égyptiens que tu vois-là, tu ne les reverras plus jamais!!! QUE YESHOUA SOIT LOUE."

Saint-Claver Oula:

"Bon, la CPI conclu que Gbagbo à de nombreux sympathisants, qu'il est populaire... Du coup la CPI soulève la question du verdict des urnes. N'est-ce pas celui qui a le plus fort taux de militants, de sympathisants, donc qui est populaire pour ne pas dire préféré par le plus grand nombre qui est à la tête d'une association, d'un parti politique, d'un pays? Pourquoi aller à une assemblée générale élective, à une élection présidentielle si l'on doit négliger la popularité, la préférence du plus grand nombre? Merci à la CPI qui vient de révéler qu'il demeure encore un flou sur les résultats du 2ème tour des élections présidentielles en Côte d'Ivoire."

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Steve Beko:

"C'est un changement de réalité sur le terrain à Abidjan qui va entrainer la libération du Président Gbagbo. Tout le reste n'est que pure distraction.
Comment certains ont pu imaginer que ces gens vont se dédire, libérant quelqu'un contre qui ils ont eux-mêmes monté toutes les allégations mensongères possibles?"

Gbagbo Kafissa

"Laurent Gbagbo a été offert à la CPI par les impérialistes. Ce sont ces mêmes impérialistes qui financent la CPI. Donc nous ne devons pas croire que la libération de Gbagbo se fera aussi facilement qu'on se rend à un bal populaire. Retenons qu'il s'agit d'un procès politique et que seul un changement des rapports de force politiques pourra inverser la donne. Aucun des arguments des juges ne repose sur le Droit. Tout a une coloration politique. Alors, ne lâchons rien. Envahissons les réseaux, communiquons, que chacun joue son rôle et vous verrez si le soleil se lève toujours à l'Est."

Fier Ivoirien

"Puisqu'il n'y a pas de justice pour les faibles de ce monde, nos regards sont donc à présent tournés vers les DEBOULONNEURS. Où que vous soyez, qui que vous soyez, sachez que les prières de tout un peuple vous accompagnent. On veut en finir! C'est à vous de jouer!"

François Bérenger

"La Libération de Laurent GBAGBO se joue à Abidjan pas à La Haye."

Serges Kassy

A tous les frères et soeurs de lutte, ce message que je vous envoie est très important. Ce procès d'appel ne nous intéressait pas du tout. Au moment où nous nous concentrions pour la libération totale, on nous annonce le procès d'appel, alors retenez ceci: Qu'elle soit acceptée ou refusée, cette liberté provisoire ne nous intéresse pas. C'est le procès du 30 (octobre 2012), notre objectif. Tous donc à La Haye et personne, je dis bien personne, ne doit se décourager pour une liberté provisoire car c'est la liberté totale et définitive que Gbagbo attend et que Dieu a programmé. Tous donc à La Haye pour montrer au monde entier que nous sommes venus chercher notre président et que jamais nous n'accepterons qu'il reste dans cette prison où il n'a pas sa place. VENONS DEMONTRER NOTRE MOBILISATION COMME NOUS SAVONS LE FAIRE: A 100.000, 200.000, 300.000 ET PLUS. Je compte sur vous, Gbagbo compte sur vous. TOUS A LA HAYE POUR LA LIBERATION DEFINITIVE DE NOTRE PRESIDENT. Haut-les-coeurs!!!

Théophile Kouamouo:

"Gbagbo reste en détention. Dans ce contexte, rien à attendre du 30 (octobre 2012), à mon avis."


Bien à tous!


DINDE Fernand AGBO

REFUS DE CEDER AUX CAPRICES DE LA FRANÇAFRIQUE, LA SORCELLERIE CONTRE LE PRESIDENT GHANEEN A COMMENCE

 

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Selon le site internet ghanaweb.com, la banque mondiale et le FMI accusent l'actuel président du Ghana John Mahama Dramani et son épouse Mme Mahama Lordina d’avoir détourné la somme 170 millions de dollars de prêts et de subventions donnés au Ghana depuis 2010. Ces sommes auraient été déposées dans des comptes bancaires en Suisse. Selon ce site, le défunt président John Atta Mills aurait lui-même de son vivant écris à ces institutions pour se plaindre de l’attitude de son vice président. 

Donc le président découvre que son vice détourne de l’argent et il ne le convoque pas devant le sénat mais il s’en plaint auprès de la Banque Mondiale et du FMI. Mieux, il le choisit comme son colistier pour les élections présidentielles de décembre prochain.

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La communauté internationale vient de déclencher sa machine infernal contre ce pays pour certainement son assistance aux réfugiés ivoiriens.
 
Prions pour le Ghana!
 

Pris sur la page Facebook de Steve Beko
 
 
Source: GHANA WEB

AMNESTY INTERNATIONAL - COTE D'IVOIRE: IL EST TEMPS DE METTRE FIN AU CYCLE DE REPRESAILLES ET DE VENGEANCE

 

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Gaëtan Mootoo, chercheur d'Amnesty International, de retour de mission et basé à Paris, est disponible pour des interviews.

 

AMNESTY INTERNATIONAL
COMMUNIQUE DE PRESSE

26 octobre 2012


 
COTE D'IVOIRE: IL EST TEMPS DE METTRE FIN AU CYCLE DE REPRESAILLES ET DE VENGEANCE
 

Plus de 200 personnes, dont des membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de l'ancien président Laurent Gbagbo, ont été arbitrairement détenues et torturées et beaucoup croupissent toujours derrière les barreaux, révèle aujourd'hui Amnesty International au retour d'une mission d'un mois en Côte d'Ivoire.
 
« Nous avons pu rencontrer des dizaines de détenus qui nous ont raconté comment ils avaient été torturés à l'électricité ou avaient subi des brûlures au plastique fondu, deux d'entre eux ont été victimes de sévices sexuels » a déclaré Gaëtan Mootoo, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International. « Certains ont été détenus pendant plusieurs mois sans pouvoir contacter leurs proches ni accéder à des avocats. »
 
Laurent Gbagbo a été Président de la Côte d'Ivoire de 2000 à 2010 avant d'être chassé du pouvoir suite à une élection contestée qui a dégénéré en affrontements violents.
 
Après un conflit de quatre mois qui a fait plus de 3 000 morts, Laurent Gbagbo a été arrêté en avril 2011 puis transféré à la Cour pénale internationale à La Haye pour des inculpations liées aux violences postélectorales.
 
Durant sa mission, Amnesty International a rencontré quatre détenus dans un lieu de détention non-reconnu comme tel, le Génie militaire, une caserne à Abidjan. Ces personnes avaient été détenues au secret pendant plus d'un mois.
 
Dans de nombreux cas, malgré des demandes et des efforts inlassables pour retrouver leur proche dans différents lieux de détention, des familles ont été laissées sans aucune information et n'ont appris le sort de leur parent que par le biais d'Amnesty International.
 
Parmi les personnes détenues dans des lieux de détention non-reconnus comme tels à Abidjan, certaines ont été inculpées d'atteinte à la sûreté de l'État. D'autres ont été remises en liberté sans inculpation ni jugement. Dans certains cas, les remises en liberté ont fait suite à des rançons versées à des membres de l'armée.
 
Tel a été le cas pour un membre du FPI, qui a été arrêté à Abidjan le 27 août 2012, car accusé d'être un milicien.
 
Il a été libéré deux jours plus tard contre une rançon. Il a déclaré à Amnesty International : « Mes parents ont d'abord versé 50 000 francs CFA (environ 75 euros), puis après ma libération, mes geôliers sont venus chez moi et ont exigé une somme plus élevée. Je leur ai dit que je ne pouvais pas payer une telle somme et ils ont accepté de recevoir 20 000 CFA (30 euros) ».
 
Dans un autre cas, un policier est décédé des suites de torture. Serge Hervé Kribié a été arrêté à San Pedro le 21 août 2012 par les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI, l'armée nationale) et interrogé sur de récentes attaques. Il a été déshabillé, attaché à un poteau, aspergé d'eau puis a reçu des décharges électriques. Il est mort quelques heures plus tard.
 
Au cours de la mission, Amnesty International a rencontré de hauts responsables proches de Laurent Gbagbo qui sont détenus dans quatre villes du centre et du nord du pays, notamment son épouse, Simone Gbagbo, détenue à Odienné, son fils, Michel Gbagbo, emprisonné à Bouna, et des personnalités majeures de l'administration précédente, détenues à Boundiali et Korhogo.
 
Tous sont inculpés de plusieurs infractions dont des atteintes à la sûreté de l'État et l'assassinat.
 
« Certains d'entre eux nous ont dit que, bien que détenus depuis avril 2011, ils n'ont vu le juge d'instruction que deux fois, et ce pour quelques heures », a déclaré Gaëtan Mootoo.
 
La délégation a rencontré l'un des juges chargés de ce dossier. Celui-ci a déclaré qu'en raison de la confidentialité des enquêtes, il ne pouvait donner aucune information sur les dossiers, mais qu'il clôturerait son enquête avant la fin de l'année.
 
La délégation d'Amnesty International s'est également rendue à Duékoué et dans les villages environnants dans l'ouest du pays où des fosses communes ont récemment été découvertes.
 
Amnesty International s'est entretenue avec des personnes déplacées ayant vécu dans le camp de Nahibly qui a été attaqué par des Dozos (chasseurs traditionnels qui sont une milice soutenue par l'État) et des membres des FRCI en juillet 2012 en représailles à la mort de quatre personnes.
 
Amnesty International a recueilli des témoignages crédibles de nombreuses personnes relatant des détentions arbitraires, des disparitions et des exécutions extrajudiciaires suite à ces événements.
 
Cette attaque et les violations qu'elle a entraînées se sont produites alors que les soldats de maintien de la paix de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) étaient stationnés à l'extérieur du camp et bien que la police des Nations Unies était postée à l'intérieur.
 
« Bien que reconnaissant que le gouvernement ivoirien fait face à une vague d'attaques, nous craignons fortement que les arrestations et la répression en cours ne découlent d'une volonté de représailles et de vengeance », a déclaré Gaëtan Mootoo.
 
« Plus de dix-huit mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo en avril 2011, il est grand temps pour le Président Alassane Dramane Ouattara d'aller au-delà des promesses et de placer le respect des droits humains au sommet des priorités de son gouvernement. »
 

Amnesty International France

Service presse - Aurélie Chatelard / Laure Delattre +33 1 53 38 65 77 - 65 41 - 65 75 / +33 6 76 94 37 05

Créée en 1961, Amnesty International est un mouvement mondial et indépendant de plus de 3 millions de personnes qui œuvrent pour le respect, la défense et la promotion de tous les droits inscrits dans la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Amnesty International a reçu le Prix Nobel de la paix en 1977. Amnesty International France (AIF) a été créée en 1971. Son financement repose sur la générosité du public (plus de 180 000 donateurs), sur les ventes de produits de soutien et les cotisations de ses membres (plus de 18 000). AIF est agréée par le Comité de la charte du don en confiance.





Compte Twitter: @amnestypresse

PROCES DE GBAGBO - FADI EL-ABDALLAH, PORTE-PAROLE DE LA CPI: «LE 26 PEUT ANNULER LE 30»

 

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L’annonce pour ce vendredi 26 octobre 2012 de la décision du jugement en appel, concernant la mise en liberté provisoire de Laurent Gbagbo (rejetée le 13 juillet) n’a pas attendu pour alimenter à nouveau les commentaires après l’euphorie provoquée par l’autre annonce du maintien en détention ou non de l’ancien président ivoirien prévue pour le 30 octobre prochain.

Et si ce deuxième communiqué de la CPI s’est voulu claire : « Veuillez noter que cette audience est distincte de l’audience prévue pour le 30 octobre 2012 par la Chambre préliminaire I de la CPI dans cette même affaire » ; Il n’en demeure pas moins qu’elle revêt d’une importance capitale et devrait être prise au sérieux bien plus que l’audience du 30 qui reste du ressort de la « routine ».

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Joint au téléphone ce matin, Fadi El-Abdallah, porte parole de la cour pénale internationale (CPI) s’est voulu très sincère:

« Effectivement l’audience du 26 qui est tenue par la chambre d’appel, donc une autre chambre différente de celle qui a rejeté la demande de mise en liberté, pourrait tout changer. Si le juge de la chambre d’appel casse la décision de la chambre préliminaire, alors l’audience du 30 octobre n’aura plus lieu, car c’est bien chaque 120 jours que les juges de la chambre préliminaire examinent le maintien en détention ou la liberté provisoire du détenu. Ce qui signifie que, soit Gbagbo est libéré le 26 ou bien il faudra compter à partir du 26, encore 120 jours pour réexaminer le dossier ».

Voilà qui est précis. Trêve donc aux jubilations et place aux prières pour les pro-Gbagbo afin que la décision du 26 octobre soit en leur faveur. Le contraire signifierait le maintien et la prolongation de la détention du prisonnier le plus célèbre de Scheveningen.

 
Philippe Kouhon


Source: La page Facebook de Rocky Côte d'Ivoire

jeudi, 25 octobre 2012

CLIMAT DES AFFAIRES SOUS OUATTARA: LA COTE D'IVOIRE DANS LE TROU

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L’information est tombée hier (mardi 23 octobre 2012, Ndlr) aux environs de 15h. «La Côte d’Ivoire est passée du 167ème rang sur 185 en 2012, au 177ème rang sur 185 pays pour l’année 2013». La révélation vient de la Société financière internationale (SFI) et de la Banque mondiale. Ces institutions de la haute finance internationale ont publié leur classement hier mardi. L’information a été aussitôt reprise par l’organe d’information expresse Alerte Info qui l’a vulgarisée pour ses abonnés.

Ainsi, selon la SFI et la Banque mondiale, la Côte d’Ivoire vient de reculer de 10 points en un an, au niveau de l’environnement des affaires sous le régime de Dr. Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat, grand commis, devant l’Eternel, de la haute finance internationale.

Qui l’eût cru !? Comment en est-on arrivé là?

Renseignements pris auprès des spécialistes de la question, il ressort grosso modo qu’un grand nombre de critères sont pris en compte par la SFI et la Banque mondiale pour établir le classement mondial de l’environnement des affaires. Ces critères, selon nos sources, partent de la qualité des acquis démocratiques à l’environnement sécuritaire, en passant par plusieurs autres lignes rouges à ne pas violer : bonne gouvernance, corruption, temps mis par un investisseur qui débarque pour obtenir les papiers pour créer sa société, la qualité de l’arsenal juridique pour le règlement des conflits et pour garantir la protection des affaires, le niveau des dessous de tables exigés pour fournir les documents administratifs, etc.

Or, sur toutes ces questions, les rares hommes d'affaires étrangers qui font semblant de s’entêter à investir dans notre pays ne cessent de se joindre aux Ivoiriens pour se plaindre. Dans toutes les chancelleries occidentales, les notes diplomatiques qui remontent vers leurs pays d’origine, parlant de l’environnement économique en Côte d’Ivoire, soulignent avec une rare virulence que le régime de Ouattara se caractérise par «un étonnant appétit d’enrichissement rapide, comme si chacun veut vite faire avant qu’il ne soit trop tard».

Trop tard !? Motus et bouche cousue.

Mais le plus dramatique est l’environnement sécuritaire.

Le pays toujours coupé en deux

Qui ne le sait ? Depuis le 11 avril 2011, date marquant l’arrivée au pouvoir de M. Alassane Dramane Ouattara sous le crépitement des armes et le largage des bombes, en guise de solution à un conflit électoral autour de la présidentielle ivoirienne, la Côte d’Ivoire reste coupée en deux blocs antagonistes. Cette guerre de quatre mois, préférée par la «Communauté internationale» à un «recomptage des voix» sollicité par un des belligérants, a fait 3.000 morts (officiels).

Certes, la guerre est finie, mais pas la crise. Et le pays reste divisé en deux blocs : d’un côté, le régime organise des spectacles politiques et musicaux et s’en sert pour préciser, à chaque coup, que «sous Alassane Ouattara, la deuxième chance de la Côte d’Ivoire après feu Félix Houphouët-Boigny, tout va bien dans le pays». Un taux de croissance «à deux chiffres» est annoncé, à chaque occasion, alors que les Etats européens donateurs croulent eux-mêmes sous le poids des crises économiques et monétaires chez eux. En face, bon nombre d’Ivoiriens constatent que, contrairement aux promesses électorales, la vie devient de plus en plus chère. Et pour couvrir les rengaines émanant de cette grande partie de la Côte d’Ivoire, Ouattara et son régime ont choisi d’étouffer toute contradiction démocratique interne.

A commencer par les médias. A eux seuls, sept (7) quotidiens de l’opposition totalisent un semestre de suspensions cumulées en quinze mois. Le Conseil national de la Presse est passé par là. Des journalistes sont soit envoyés en prison pour « délit non constitué », soit enfermés quelques heures aux violons de la Direction de la Surveillance du Territoire (Dst, police politique) pour des articles non au goût du pouvoir. Le DG de la Rti a perdu son poste après un banal ratage du retour du chef de l’Etat d’un voyage à l’étranger.

Cette censure institutionnelle doublée d’intimidations et de menaces d’incarcération est complétée par les attaques et/ou incendies des sièges des rédactions des journaux de l’opposition. Mais il paraît que les médias ont même beaucoup de chance. Car, sous Ouattara, le pluralisme politique, bien que constitutionnalisé, est supprimé dans la pratique. La démocratie est étranglée. La preuve ? Le plus grand parti de l’opposition, voire du pays, le Front populaire ivoirien (Fpi) du président Laurent Gbagbo (38% de l’électorat au premier tour de la présidentielle d’octobre 2010 contre 34% au Rdr d’Alassane Ouattara et 25% au Pdci-Rda d’Henri Konan Bédié) ne peut plus s’exprimer : toutes ses manifestations sont soit interdites, soit attaquées à coups de fusil ou à l’arme blanche par les miliciens à la solde du pouvoir.

Le Secrétaire général par intérim du Fpi, Laurent Akoun, est écroué à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (Maca) en compagnie de son adjoint, le ministre Alphonse Douaty. Ils y attendent M. Mady Bouabré, ex-député du Plateau, cadre de leur parti, détenu depuis près de 90 jours à la Dst alors que la garde à vue légale est de 48h. M. Etienne N’Guessan, Secrétaire exécutif d’un petit parti proche du Fpi, croupit, quant à lui, depuis plus d’une semaine, dans les violons de la Police économique au Plateau, sans aucun délit précis. Ces détentions sans jugement portent à près de cinq cent (500), peut-être même plus, le nombre de prisonniers politiques, civils et militaires confondus, dans les prisons du Sud (Abidjan) et du Nord (Bouna, Katiola, Korhogo, Odienné et Boundiali). Chaque jour, le régime opère des arrestations dans un seul camp, celui des partisans du président Gbagbo, et se félicite de «la fin de l’impunité», mais protège et fait la promotion des auteurs de crimes épinglés par les défenseurs des droits de l’Homme et par l’Onu dans son propre camp.

Dans cette atmosphère de justice des vainqueurs et de réconciliation ratée, l’environnement sécuritaire s’est totalement dégradé dans le pays. Les attaques armées se multiplient au rythme de la répression contre les opposants au régime.

Bongouanou (220 km de la capitale, à l’Est du pays), dans la nuit du 21 au 22 octobre 2012, Samo et Bonoua (70 km d’Abidjan, 150 km de la frontière ghanéenne, au Sud du pays), puis la centrale thermique d’Azito à Yopougon, dans la nuit du 14 au 15 octobre 2012 ; Noé (frontière ghanéenne), mais surtout à l’Ouest (frontière libérienne) avec, entre autres victimes, les sept (7) Casques bleus nigériens de l’Onuci (Mission de l’Onu en Côte d’Ivoire). Faut-il noter les attaques spectaculaires de Yopougon et du camp militaire d’Akouédo (Abidjan), celle de Dabou et de Jacqueville, deux bourgs de la banlieue abidjanaise, contre les positions des Frci ? A chaque attaque, des armes et des munitions sont emportées par les assaillants, faisant planer de lourdes incertitudes sur l’avenir du pays.

L’atmosphère sécuritaire est d’autant plus lourde que le pouvoir Ouattara a réussi de challenge deretourner ses propres combattants contre lui-même. Des sources lorgnent vers Guillaume Soro, ancien chef rebelle, successivement Premier ministre de Gbagbo et de Ouattara, devenu président de l’Assemblée nationale, soupçonné d’organiser des coups de feu pour empêcher Ouattara de le livrer à la Cpi. D’autres sources lient ces attaques à la «frustration» de milliers de mercenaires et supplétifs des rebelles enrôlés pour combattre Laurent Gbagbo et qui, abandonnés à eux-mêmes, après la guerre postélectorale, continuent d’attendre sans espoir les 5 millions FCFA (7.600 euros) de prime promis à chacun.

Dans ce groupe de frustrés de Ouattara, ces sources rangent les prisonniers libérés et armés par le camp Ouattara, ainsi que de nombreux Dozos, des chasseurs traditionnels transformés en chasseurs d’hommes pour «combattre pour la bonne cause» et qui, à la fin, se plaignent de plus en plus ouvertement d’avoir été délaissés. S’ajoutent à ce cocktail explosif de pro-Ouattara frustrés, toutes les victimes de déguerpissements forcés, sans mesure d’accompagnement, dont l’étape du quartier pro-Ouattara d’Abobo a montré que les populations civiles détiennent des armes de guerre.

Enfin, dernier groupe non moins frustré, tous ces professionnels des armes (soldats, gendarmes, policiers et autres corps habillés, tous grades confondus) issus de l’armée régulière du pays (Fanci ou Fds) qui, bien que non en exil, ont perdu qui leurs emplois, qui leurs postes, quand leurs comptes bancaires ne sont pas gelés, depuis que Ouattara a pris le pouvoir.

Rien ne montre encore une connexion entre tous ces frustrés mais personne ne sait où va le pays. Et en entendant le chaos social, c’est l’environnement des affaires qui dégringole sous Ouattara. La Côte d’Ivoire est dans le trou.

 

César Etou

DG/DP Notre Voie


Sur la page Facebook de Djagoyouwle Ogbawoli


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

ALBERT BOURGI - MALI: LES RISQUES D'UNE INTERVENTION MILITAIRE EXTERIEURE

 

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La gravité de la situation dans le Nord du Mali justifie, sans aucun doute, la tenue, le 26 septembre 2012, en marge de la session de l’Assemblée générale des Nations Unies, d’une Conférence internationale consacrée exclusivement à la menace que font peser sur toute la région sahélo-saharienne, et même au-delà, les activités des mouvements terroristes. L’urgence d’un tel sommet à New York s’impose d’autant plus que l’avancée et la violence des groupes armés qui, désormais, occupent plus de 800 000 Km2 des 1 240 000 Km2 que couvre le territoire malien, se sont accompagnés d’exactions multiples à l’encontre des populations civiles.

Un tel chaos est, de toute évidence, exacerbé par le vide politique et institutionnel qui prévaut au Mali depuis le coup d’État du 22 mars 2012 qui a renversé le Président Amadou Toumani Touré. Si, dans un premier temps, les Maliens ont cru voir dans les militaires qui ont pris le pouvoir, sous la conduite du capitaine Sanogo, un moyen de laver l’humiliation subie par leur armée lors de l’invasion des trois régions du Nord (le 24 janvier 2012, dans la localité d’Aguelhok, une centaine de militaires a été purement et simplement exécutée), ils ont très vite déchanté.

Elément déclencheur, voire amplificateur du coup d’État du 22 mars 2012, l’irruption brutale et criminelle des groupes armés dans le Nord, a mis à nu l’état de délitement des structures étatiques du pays, dont a témoigné, entre autres, la déroute de l’armée malienne face aux rebelles. Cette évanescence de l’Etat malien n’était que le corollaire des limites d’une expérience politique longtemps érigée en modèle, sur le Continent. En réalité, et c’est certainement là l’une des causes de l’effondrement du mythe malien, la prétendue démocratie consensuelle voulue par le Président déchu a eu pour effet de discréditer la classe politique, et de casser ainsi les ressorts du pluralisme qui aurait pu faire obstacle à la rupture de l’ordre constitutionnel par la junte militaire.

C’est précisément ce vide politique provoqué par le mode d’exercice du pouvoir  qui a facilité le coup d’État militaire, et entretenu la confusion dans laquelle s’est inscrit le schéma institutionnel dit de la transition qui répond davantage à des compromis politiques échafaudés par un médiateur autoproclamé, le  Président burkinabé Blaise Compaoré, qu’à une volonté de restauration de la légalité constitutionnelle. Les combinaisons politiciennes qui ont sous-tendu, depuis maintenant six mois, la mise en place des structures de la transition au Mali, sous l’égide officielle de la CEDEAO qui s’était auparavant faite remarquer par des oukases de rétorsion économique et financière, ont discrédité aux yeux des Maliens l’organisation ouest africaine.

Ainsi, en dépit du bons sens, l’attelage institutionnel de la transition, d’ailleurs bien éloigné de ce que prévoit la Constitution malienne de 1992 en cas de vacance du pouvoir se caractérise par l’existence de trois pôles de pouvoirs qui se neutralisent et se combattent. Le Président « intérimaire » durant les quarante jours prévus par la Constitution, devenu par la suite un Président de transition par la seule volonté des Chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO, mais qui a finalement conservé le titre de Président intérimaire, brille aujourd’hui par son effacement au profit du Premier ministre. Ce dernier détient désormais les pleins pouvoirs, et sous l’apparence d’un homme résolu à remettre son pays sur les rails de la normalisation institutionnelle, il semble surtout vouloir remettre en selle les partisans de l’ancien Président Moussa Traoré, renversé par la révolte populaire du 26 mars 1991 et réunir les conditions politiques de sa candidature à la prochaine élection présidentielle. Quant à la junte militaire elle est bel et bien là, et continue de peser de manière décisive sur le cours des événements.

Cet imbroglio institutionnel, inapte à sortir le pays de la crise, sert surtout les intérêts politiques du médiateur, Blaise Compaoré,  en quête permanente de leadership dans la région, dans le but de masquer la défiance dont il est l’objet dans son propre pays. Tout cela conduit à craindre que les Maliens, faute de consensus national sur le cadre de la transition, ne se retrouvent pas dans  l’actuelle architecture du pouvoir pour relever le double défi de la reconquête du Nord et de la reconstruction de l’État. Ces mêmes craintes pourraient surgir au cas où certaines modalités de l’intervention militaire  extérieure seraient perçues comme une ingérence manifeste dans les affaires intérieures du Mali. Ce type de réaction est d’autant plus possible que le peuple malien est très sensible à tout ce qui touche à sa souveraineté nationale. 

Il est pourtant plus qu’urgent de mettre fin à la terreur instaurée par les mouvements terroristes dans le Nord du pays, et d’extirper une présence  terroriste qui constitue une menace non seulement pour l’unité nationale du Mali mais pour la paix dans tout le Sahel. Mais une fois cet objectif fixé, il reste à en déterminer les conditions de mise en œuvre qui doivent obéir à de multiples paramètres géostratégiques et militaires, rendus  très complexes par les différences d’approche des pays de la région. A cela s’ajoutent les doutes qui subsistent dans l’opinion africaine en général sur les capacités d’action de la CEDEAO depuis les fâcheux précédents du Liberia et de la Sierra Leone. Dans ces deux pays, l’ECOMOG, la force ouest africaine, presqu’exclusivement composée de contingents nigérians, s’était livrée à des violences et à un pillage en règle des pays où elle était censée rétablir la paix. 

                                    

Albert BOURGI                               

Professeur émérite de droit public à l’Université de Reims

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 24 octobre 2012

LE MEGASYNDICAT INTERNATIONAL DU CRIME - 1ère et 2ème PARTIE


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1ère PARTIE

Les pires criminels savent se donner bonne apparence. Les Hells Angels n’installent pas leur repaire devant un bar de danseuses. La famille Rizutto ne vend pas de stupéfiants dans ses résidences luxueuses. Parlez-en aux voisins, à Cartierville, et ils vous diront que les mafiosos sont des gens paisibles qui ne dérangent personne. Beaucoup plus polis et souriants, en fait, que la police de Montréal lorsqu’elle rend visite aux «rats mangeux de marde et gratteux de guitare», pour reprendre une expression à la mode au Québec.


Dans la seconde partie, demain, il sera particulièrement question de la venue à Québec du chef de guerre et terroriste ivoirien Guillaume Soro, auquel Ottawa accorde gentiment un visa, comme si de rien n’était. 

Les Québécois d’origine ivoirienne et leurs sympathisants seront dimanche à 15 heures devant l’Assemblée nationale, à Québec, pour manifester leur ras-le-bol à l’égard de l’injustice institutionnalisée par des criminels comme Nicolas Sarkozy, François Hollande et Stephen Harper, qui protègent de sombres individus comme Soro, qui n’hésitent pas à faire assassiner des innocents, tant que ça se passe loin de leur pays, et qui monopolisent les tribunes médiatiques au nom d’une certaine «communauté internationale» dont le seul argument est le mensonge. Joignez-vous à nous.


Le mégasyndicat international du crime ne fait pas exception. À l’instar des Hells Angels et de la mafia, les membres du mégasyndicat ménagent leur voisinage et envoient leurs hommes de main commettre leurs crimes à l’abri des regards, pour que l’odeur de la mort ne les atteigne pas. Ils ont l’air éminemment respectables aux yeux de ceux qui ne font pas partie de leurs victimes. Ils font, dans leur pays, la chasse à des terroristes qu’ils encouragent pourtant à terroriser ailleurs, par exemple, en Syrie.

Qui sont les barons de ce mégasyndicat? Ce sont des individus comme Benyamin Netanyahou, George Bush, Tony Blair, Bill Clinton, Barack Obama, David Cameron, Nicolas Sarkozy, Angela Merkel, François Hollande et Stephen Harper. Auteurs de crimes de masse contre l’humanité, ils ont des millions de victimes à leur tableau de chasse et sont les funestes héritiers d’une tradition barbare de carnages qui remonte au moins aux croisades et qui connait un nouvel essor depuis le démembrement de l’Union soviétique. Autrement dit depuis que plus personne ne semble pouvoir les arrêter par la force, seule logique qu’ils comprennent.

Psychopathes avérés, les barons préparent actuellement d’autres crimes immondes, notamment la guerre contre l’Iran, un pays qui n’attaque personne et qui ne possède pas l’arme atomique, contrairement à Israël. Cette guerre risque de durer de nombreuses années, de se propager dans une grande partie du monde et de causer des massacres spectaculaires. À votre petit écran prochainement. De quoi stupéfier certaines consciences endormies.

Le mégasyndicat international du crime a ses pourvoyeurs de fonds: les oligarques du grand capital apatride, patrons des barons. Ce sont des magnats comme les Desmarais, par exemple, actionnaires de référence de Total, qui se sont réjouis en secret du massacre de milliers d’Ivoiriens par Nicolas Sarkozy, grâce auquel ils ont pu reprendre tranquillement le pompage du pétrole du golfe de Guinée. Ce sont également George Sorros et les dirigeants de Goldman Sachs, qui tirent les ficelles du capitalisme financier un peu partout pour saigner les États à blanc et qui, avec le complexe militaro-industriel, sont parmi les principaux instigateurs du terrorisme pratiqué par Israël, les États-Unis et leurs vassaux en vue de supprimer les empêcheurs d’endetter en rond.

Le mégasyndicat international du crime a aussi un grand nombre d’exécutants de diverses natures, du soldat aventurier qui explose sur une bombe artisanale en Afghanistan au dictateur d’une néocolonie africaine, en passant par le chef de guerre cupide et cruel, parrainé par Washington ou Paris, et l’agent de relations publiques grassement rémunéré pour répandre des écrans de fumée, dans un média, une université ou une fausse ONG. Les agents de relations publiques sont particulièrement importants, car ce sont eux qui maintiennent les électeurs occidentaux dans un coma profond les empêchant de prendre conscience des crimes des barons.

Le système des vérités officielles

Même si les preuves des manipulations passées de l’opinion publique sont abondantes, le peuple peut encore être facilement berné par des manipulations semblables. En effet, les moyens de diffusion énormes des médias ont un effet structurant sur la pensée. Après avoir pris connaissance de cas patents de désinformation massive, beaucoup de gens continuent de gober les mensonges fabriqués en série par les salles de rédaction parce qu’ils ont peine à concevoir le monde autrement que selon le schéma de pensée qui a pris racine en eux et dont ils sont devenus très dépendants, à force d’être intoxiqués quotidiennement. Je n’arriverai certainement pas à convaincre tous les sceptiques qui trouvent que j’exagère, mais, vu la gravité de l’enjeu, ma conscience m’ordonne d’expliquer et de démontrer encore. 

Les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime ont pour fonction, entre autres, de cultiver des croyances sur une longue période pour en faire des vérités officielles. Ainsi, même les pourfendeurs des bombardements de l’OTAN en Libye se sentiront obligés de commencer leurs réquisitoires contre les crimes de masse de l’Occident en se dédouanant à l’avance: «quoique Kadhafi fût un dictateur sanguinaire…», disent-ils. Ils craignent à raison de subir l’inquisition médiatique s’ils osent contester une vérité officielle.

Pourtant, il devrait être normal de rappeler que, jamais, du temps de Kadhafi, un diplomate étasunien n’a été assassiné en Libye comme ce fut le cas le 11 septembre 2012 à Benghazi. Un groupe armé, paradoxalement aidé par les États-Unis à ravager la Libye en 2011, a tué l’ambassadeur Chris Stevens et trois autres Étasuniens. En 2006, les États-Unis avaient même retiré la Libye de leur liste d’États terroristes, ce qui était du reste la moindre des choses, puisque Kadhafi n’a jamais eu quoi que ce soit à voir avec l’attentat de Lockerbie et puisqu’en 1986, ce sont les États-Unis eux-mêmes qui ont commis un attentat terroriste à Tripoli, c’est-à-dire un bombardement qui a entrainé la mort de la petite fille adoptive de Kadhafi et qui a été ordonné par Ronald Reagan.

Mais, dans l’univers des vérités officielles, il n’est pas normal de penser librement et de parler honnêtement. Les chasses aux sorcières existent bel et bien. Pendant la dernière campagne électorale, au Québec, un jeune candidat d’Option nationale, Mikaël Saint-Louis, a gouté à la médecine que réservent les agents de relations publiques du mégasyndicat international du crime à toute personne qui acquiert une certaine notoriété et qui remet en question des vérités officielles.

«Kadhafi et Staline s’invitent dans la campagne électorale québécoise!», titrait le Journal de Montréal, dans le blogue de Taïeb Moalla, lui-même meneur de claque des rebelles intégristes dépeints naguère comme des combattants de la liberté en Libye, mais devenus rapidement assassins de diplomates. Les journalistes étant protégés par le corporatisme médiatique, M. Moalla n’a jamais eu à répondre à des questions embarrassantes sur ses accointances islamistes. En revanche, Mikaël Saint-Louis, lui, s’est vu harcelé par la presse pour avoir remis en question des fictions élevées au rang de vérités.

Évidemment, les journalistes n’agissent pas toujours machiavéliquement, pour intimider, bâillonner ou dénigrer les objecteurs. Ils ont une autre motivation. Le système des vérités officielles est une mine d’or pour eux puisqu’il leur permet de fabriquer aisément des scandales qui font vendre de la copie, qui plaisent au patron et qui sont un facteur d’avancement. Quand il faut pondre un article tous les jours, en retour d’un généreux salaire, on doit saisir les occasions au passage, faute de pouvoir vraiment enquêter.

Par ailleurs, on dit souvent que les journalistes sont simplement paresseux et qu’ils ne prennent pas le temps d’aller au fond des choses. On dit aussi qu’ils sont ignorants ou incompétents. C’est sans doute vrai dans certains cas, mais cette incompétence est instrumentalisée par des manipulateurs qui savent très bien ce qu’ils font.

Un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence pour désinformer

J’ai enregistré un cas flagrant d’utilisation de l’incompétence journalistique le 1er avril 2011 à 14 h 34. Une journaliste, Mélanie Bourgeois, interviewait Jean-Hilaire Yapi au sujet de la crise ivoirienne, sur les ondes du Réseau de l’information (RDI), une chaine télé de Radio-Canada. Vous trouverez cette entrevue ci-bas, sous la rubrique «Cinéma-vérité».

Dans la vidéo, on voit bien Mme Bourgeois consulter son portable pour y trouver les questions tendancieuses qu’on lui souffle. Quelqu’un avait préparé le scénario. Il fallait premièrement montrer que M. Yapi était un partisan de Laurent Gbagbo, présenté en introduction comme un dictateur qui résistait dans son bastion grâce à ses troupes d’élite, donc que M. Yapi n’était pas crédible. 

Deuxièmement, Radio-Canada voulait faire ressortir les méthodes prétendument violentes et antidémocratiques de M. Gbagbo, qui avait, dit-on, choisi d’encercler son adversaire, de le menacer et de le garder prisonnier dans un hôtel, ce qui était du reste totalement faux. Troisièmement, on voulait laisser entendre qu’en «s’accrochant au pouvoir», Laurent Gbagbo entrainait ses compatriotes dans un bain de sang auquel il aurait pu mettre fin en obéissant à la «communauté internationale», nom que Radio-Canada emploie pour désigner le mégasyndicat international du crime. 

Toutefois, Jean-Hilaire Yapi s’est révélé plus convaincant que RDI ne l’avait prévu. Lorsqu’il a commencé à rappeler les vérités officielles invoquées dans un passé récent par la «communauté internationale» pour raser des pays comme l’Irak et l’Afghanistan, le réalisateur a abruptement mis fin à l’entrevue, faite en direct et jamais rediffusée. Prenez six minutes et trente-cinq secondes pour visionner ce morceau d’anthologie de la désinformation par l’incompétence; vous n’en reviendrez pas.

Pendant toute la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, du 28 novembre 2010 au 11 avril 2011, date de l’enlèvement de Laurent Gbagbo, président dument élu de la Côte d’Ivoire, sous les bombes françaises, Radio-Canada s’est livrée à une intense campagne de désinformation inversant totalement la réalité. Elle a participé à un coup d’État et aux activités criminelles des terroristes à la solde d’Alassane Ouattara, qui ont mis la Côte d’Ivoire à feu et à sang à partir de 2002, avec l’aide de la France et des mercenaires onusiens. 

Depuis le renversement de Laurent Gbagbo, Radio-Canada occulte volontairement le drame quotidien vécu en Côte d’Ivoire. Sous la férule de Ouattara, ce pays magnifique est devenu une dictature brutale et génocidaire alors que Sarkozy, Obama, Harper et cie prétendaient y faire régner la démocratie. Même affaire qu’en Libye, quoi. Ayant écrit un certain nombre de fois sur la Côte d'Ivoire, spécialement à l’intention du public québécois, qui ne suit pas nécessairement de manière assidue l’actualité africaine, j’invite mes compatriotes qui souhaitent en savoir davantage à regarder le documentaire Laurent Gbagbo, un homme une vision et à consulter les textes suivants:

Si beaucoup de journalistes sont incompétents, paresseux ou coincés dans les exigences de leur employeur, je suis d’avis que nombre de leurs collègues, notamment des spécialistes, des correspondants à l’étranger, des affectateurs, des réalisateurs et des directeurs de l’information, sont parfaitement conscients de leur mission de désinformation et n’hésitent pas à manipuler leurs collègues et à organiser le mensonge en toute connaissance de cause.

Les légendes d’épouvante

Que le comportement des journalistes s’explique par la paresse, l’incompétence ou la complicité, le résultat est le même: les vérités officielles s’incrustent lorsqu’elles sont façonnées au fil de milliers de reportages. Elles peuvent même acquérir leurs lettres de noblesse dans des livres ou d’autres œuvres primées et encensées par la critique — par exemple, les écrits de la blogueuse cubaine Yoani Sánchez, coqueluche de Radio-Canada —  et dans les travaux des universitaires serviles, qui ne manqueront pas de sources concordantes à citer puisque les reportages pleuvent et reprennent tous les mêmes mensonges.

Museler ou marginaliser tout contradicteur n’est pas le but principal des vérités officielles. Elles servent surtout à créer des monstres qui deviennent les personnages principaux des légendes d’épouvante. Comme leur nom l’indique, ces légendes ont pour fonction d’épouvanter le bon peuple et de le rendre malléable. Les médias occidentaux avaient fait de Kadhafi le monstre d’une légende d’épouvante, ce qui a permis aux barons de commettre les pires crimes en Libye tout en se faisant passer pour de preux chevaliers.

Aujourd’hui, Kadhafi étant hors d’état de nuire aux bénéfices de Wall Street, son fantôme n’est plus présent dans les médias que pour discréditer d’autres indésirables, comme les candidats d’un parti préconisant l’indépendance du Québec. Les agents de relations publiques s’affairent au façonnement d’autres légendes, qui servent à justifier des agressions en cours, notamment en Syrie, ou qui serviront un jour ou l’autre à attaquer d’autres adversaires économiques. Nous en reparlerons dans la deuxième partie.

 

Bernard Desgagné

 

Source 1: ORGANISATION DU QUEBECOIS

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mardi, 23 octobre 2012

RAPPORT D’EXPERTS DE L’ONU: LES GRAINS DE SABLE IMPREVUS

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Le groupe d’experts de l’ONU a livré son rapport d’étape sur la Côte d’Ivoire. Ce rapport accable les pro Gbagbo, sur de nombreux paragraphes, principalement et explicitement, du paragraphe 3 au paragraphe 41. L'annexe 9, qui restituerait des « SMS échangés entre » un présumé pro Gbagbo et son interlocuteur en Côte d’Ivoire, a le plus retenu notre attention.

Nous souhaitons nous interroger, à propos de ces SMS, d'abord sur le problème juridique que pose cette violation de la correspondance privée et ensuite démontrer que ces SMS, annexés au Rapport des experts de l'ONU, relèvent d’une manipulation et de faux. Nous le ferons à partir de ce que nous avons convenu d’appeler les grains de sable imprévus . Pourquoi avoir choisi les Annexes, nous dira-t-on?

Nous savons que la partie Annexes est habituellement la partie la plus riche d’un  document de travail, de recherche ou simplement d’enquête, car l’essentiel, dans tous les sens du terme, s’y  trouve à l'état brut. Le chercheur ou l’enquêteur ne fait pas toujours attention à tout ce qui s’y trouve, et,  qui peut, oui ou non, consolider sa thèse ou ses démonstrations. C’est à partir des annexes que l’on remonte plus facilement au texte ou au rapport pour s’assurer de sa rigueur ou de sa faiblesse. Nous avons  effectué un exercice simple, familier aux psychologues cliniciens, à partir des actes manqués (par exemple, on veut dire Ouattara, mais c’est le nom de Gbagbo qu’on dit) et le niveau de langue pour démonter le faux en montrant que  ces SMS sont faussement attribués à un pro-Gbagbo. Un dernier élément s'y ajoute, non des moindres, le fait livré par le journaliste de Notre Voie, et qui vient confirmer notre thèse.

1- Le groupe d'experts de l'ONU a-t-il le droit de violer le secret des correspondances privées des pro-Gbagbo ?

Avec les SMS produits, il y a une violation manifeste du secret des correspondances. Pourquoi le groupe d'experts ne mentionne-t-il pas le document juridique l'autorisant à violer ainsi des  correspondances privées? Les pro-Gbagbo ont-ils encore des droits en Côte d'Ivoire ? 

2- Les grains de sable prouvant l'usage de faux par le groupe d'experts de l'ONU

1er grain de sable : l’acte manqué ; le nom, le mot ou la phrase de trop qui trahit

9èmeSMS: « L!action de nos troupes mené par le colonel sera total du nord au sud du pays c!est pr cela le plus grand soucis du colonel c!est d!évité à la population d!en etre les sacrifiés tout comme Alassane en a fait depuis 1999 en tromatisant et tuant la population tout en ce servant de nous pretre au pouvoir. »

Ici, c’est simplement un bout de phrase qui trahit son auteur : « tout en ce servant de nous pr etre au pouvoir ».  De qui, le nommé, Alassane, s’est-il servi pour être au pouvoir? Il ne s’est certainement pas servi des pro Gbagbo. Celui qui parle, ne peut qu’être, un, parmi les combattants pro-Ouattara, déçu. Son intention, dans ce SMS, n’était pas de confesser qu’ils ont été utilisés ou que Ouattara s’est servi d’eux pour arriver au pouvoir; mais cela lui a échappé. C’est  souvent ainsi que l’inconscient parle, en livrant le fond de la pensée que l'on voulait cacher, en divulgant l'identité réelle que l'on voulait dissimuler.  Dans ce SMS, l'on note deux choses: Ouattara Alassane, a non seulement sacrifié, traumatisé et tué la population, mais, de plus, s’est servi de nous, (nous, ses combattants) pour être au pouvoir. Comment l’auteur d’un tel SMS, peut-il être un pro-Gbagbo en exil au Ghana? La vérité qui éclate de ce  SMS est que son émetteur ne peut qu’être sorti du sérail de M. Ouattara: un de ses combattants, un de ses sauveurs.

2ème grain de sable : le bas  niveau de langue et  les fautes de 9 SMS sur les 10

Tous ceux dont les noms ont été cités, comme membres ou financiers de la déstabilisation du régime Ouattara, n’ont pas ce bas niveau de langue que les SMS ont servi. Le niveau de langue, les fautes de français et d’orthographe sont tels que l’on imagine difficilement ces hautes personnalités s’exprimer ainsi, même si ce ne sont que des SMS. Voyons ces nombreuses fautes, soulignées ici :

1er SMS: Cela fait un laps de temps que je vous ai pas contacté juste pour preuve de sécurité.

2ème SMS : Le colonel a prévu une date précise et l!endroit sur l!accord de certains devenciés puisque certains y seront lors de la rencontre afin de rencontré

4ème SMS : … afin de rassemblé … et bombardé tous les camps génie des troupe de nos confrère chefs rebelles, aussi attaqué la prison surtout la maca Afin de libéré certains gens, ces tant ci là bas à Yopougon il y aura une attaque aux camp BAE.

5ème SMS : En ce moment sur le territoire ivoirien ns avions des hommes qui opère discrètement, précisement à Abidjan, le colonel a donné l!ordre le dimanche pour que nos hommes aillent prendre de force des moyens militaire dans certain camps militaire, donc si vous etre à Abidjan ces temps ci restez chez vs avc votr famille.

Sixième SMS : Si vs en aviez des choses à lui transmettre, faitemoi part afin que je lui transmettre

cela quant je lui en ferai le rapport de tout ces appels et sms recu de toute cette journée.

Septième SMS :  J!en feré parti de la délégation qui ira avec eux

Huitième SMS :  Le colonel ce rendra…ce soir avec certains devanciés du djihad et touareg pour encontre discrèt.

Neuvième SMS :  L!action de nos troupes mené par le colonel sera total du nord au sud du pays c!est pr cela le plus grand soucis du colonel c!est d!évité à la population d!enetre les sacrifiés tout commeAlassane ena fait depuis 1999 en tromatisant et tuant la population tout en ce servant de nous pr etre au pouvoir.

Dixième SMS :  Pour la libération de la cote d!ivoire, il y aura un nouveau genre d!action militaire des forces islamique, touareg etc. La population ne sera pasmeutrière tel est le plus grand pari c!est de metre la population hors de ce chaos militaire c!est pour cela le colonel est beaucoup occupé.

3ème grain de sable: l’excellent niveau de langue d’un seul SMS sur les 10

Troisième SMS: «le colonel ordonnera ces jours-ci une attaque musclée contre un camp des FRCI, donc restez chez vous avec votre famille et soyez prudent. »

Le niveau de langue est excellent. Quelle prouesse en si peu de temps? Mais, c’est ici qu’apparaît le deuxième acte manqué (le retour du refoulé comme dirait l'autre). Ce SMS, rédigé par la même personne, dans le même intervalle de temps, de 12H53 à 12H12 (?), et envoyé au même destinataire, l’est dans un français limpide et sans écorchure de langue. Y aurait-il eu un dédoublement de personnalité? L'auteur du montage a oublié qu'il aurait fallu garder à tous les SMS le même niveau de langue et les mêmes types de faute pour mieux brouiller les pistes. Le manque de vigilance dans un seul SMS, sur les 10, a suffi à le perdre. Le crime parfait n'existe pas.

4ème grain de sable : l'oubli de mentionner le numéro expéditeur

Pourquoi ce rapport a-t-il passé sous silence le numéro de téléphone de l’émetteur des sms? Pour démontrer en effet, qu'un SMS émane  de quelqu'un, il faut montrer le numéro expéditeur, car il est facile, avec l'évolution actuelle de la technologie, de  fabriquer des sms et les attribuer à quelqu'un. Des sms peuvent même être émis de votre poste, à votre insu, et adressés à un destinataire que vous ne connaissez même pas. L'oubli de cette mention ne peut pas être innocent; on l'appelle scotomisation, acte conscient ou inconscient d'effacer un fait pour servir une cause.

5ème grain de sable : le temps s'accelère et s'inverse anachronologiquement

La conversation par SMS aurait  commencé à 12H53 pour se terminer anachronologiquement à 12H12 ; ceci est matériellement impossible. Mais qui plus est, lorsque l’on voit le niveau de la personne qui a écrit ces SMS, l’on ne peut qu’être surpris de la rapidité de sa rédaction. Le temps qui sépare chaque SMS d’un autre, dit temps de latence  est,  en moyenne de 3,8 minutes (soit 10 SMS sur une durée de 41mn). Le troisième SMS est d'une durée plus courte, et envoyé rien que deux minutes après le précédent, soit à 12h 40. N’est-ce pas extraordinaire pour quelqu'un dont nous connaissons maintenant le niveau, par son expression écrite?

3- La  preuve directe de l'usage de  faux par le Groupe d'experts est donnée par Benjamin Koré de Notre Voie

Selon Benjamin Koré (in Notre Voie N° du mardi 23 octobre 2012), le N° 40 00 79 45, auquel neuf des 10 SMS sont adressés, appartient à Germain Séhoué, journaliste au quotidien Le Temps; écrivain et auteur du livre d’investigation intitulé «Le commandant invisible ». Joint, au téléphone, dit M. Koré, Germain Séhoué est formel: « les sms en question ne proviennent pas de pro-Gbagbo en exil, mais de combattants pro-Ouattara (en l'occurence, d’un certain « colonel » Sékouba) qui ont mené la lutte pour Alassane Ouattara dans la commune d’Abobo dans la crise postélectorale.

Conclusion 

De tout ce qui précède, l'on peut conclure sereinement que les SMS ici en question proviennent de quelqu'un, parmi ceux, dont Ouattara s’est  servi pour être au pouvoir. Il faut donc retenir la thèse, des attaques des positions FRCI par des FRCI, de la déstabilisation du régime Ouattara par ses sauveurs d’hier, mécontents. Le reste n'est que manipulation. On le voit donc, c’est toujours maladroitement que l’on fait porter le chapeau aux souffre-douleurs, les pro-Gbagbo. Hier, après le complot avorté, monté artificiellement par M. Hamed Bakayoko pour accuser les pro-Gbagbo, en utilisant un ressortissant ghanéen du nom de Tchikata (aux arrêts en ce moment au Ghana), après l'attaque de Noé et la version des assaillants venus du Ghana, servie pour accuser les partisans du Président Gbagbo en exil dans ce pays; aujourd’hui, ce sont des SMS, encore, de pro Gbagbo.  Pourquoi l'ONU se croit-elle obligée de prendre part au faux et au mensonge aux côtés des pro-Ouattara dont c'est la spécialité? Ce sera quoi demain?

 

Dassi Okpetiblioua

Historien

dimanche, 21 octobre 2012

CHARNIERS DECOUVERTS EN COTE D'IVOIRE - UNE VIDEO PLUS QUE PARLANTE DE FRANCE 24

 

côte d'ivoire,charniers decouverts en cote d'ivoire,une video plus que parlante de france 24

 

Massacres du camp des réfugiés de Nahibly, en Côte d'Ivoire - Reportage de France 24

 

Le 20 juillet 2012, des partisans et des militaires pro-Ouattara investissent le camp de réfugiés de Nahibly à Duékoué, en Côte d'Ivoire. Les casques bleus chargés de protéger le camp l'abandonnent, livrant ainsi entre les mains de leurs assassins des civils qui s'y étaient réfugiés, à la suite d'autres massacres ayant eu lieu dans la même zone, en mars-avril 2011.

Un premier bilan dressé par les rescapés du 20 juillet parle de 213 morts et plusieurs disparus, pour la plupart des hommes enlevés par les militaires pro-Ouattara.

Ce sont les corps de ces hommes qu'une équipe de France 24, chaîne de télé proche de Ouattara a retrouvé dans des charniers, grâce à l'un des rescapés de ses massacres. Vidéo.


 

Source: YOU TUBE

mardi, 16 octobre 2012

UN RAPPORT DU MINISTERE FRANÇAIS DE LA DEFENSE FAIT FROID DANS LE DOS


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Un rapport du ministère français de la défense fait froid dans le dos - Le nationalisme africain et le panafricanisme présentés comme des menaces pour l'Occident!


Et si les rapports des experts en questions stratégiques, dans toute leur aridité, étaient plus à même de nous éclairer sur les vrais enjeux de notre monde que le storytelling des médias occidentaux dominants dégoulinants de «bons sentiments» manipulatoires ? En tout cas, le dernier rapport édité par le ministère français de la Défense, et qui est plus que jamais «à la mode» alors que le sommet de la Francophonie de Kinshasa se prépare fiévreusement [cet article a été publié pour la première fois le 10 octobre 2012, ndlr], gagne à être lu et analysé. Le rapport prospectif à 30 ans dénommé «Horizons stratégiques» décrit les tendances lourdes de la politique extérieure et de défense française à long terme. Ce qui signifie qu’il est, peu ou prou, endossé par les deux principaux partis de gouvernement qui dirigent alternativement la France – et qui se prémunissent avec une solidarité exemplaire contre toute menace qui viendrait troubler leur confortable jeu de ping-pong.

Bertrand Badie, un des plus éminents spécialistes des relations internationales de l’Hexagone, qui dirige L’Etat du monde, encyclopédie géopolitique de référence et enseigne à Sciences-Po Paris, ne s’y est pas trompé. «Hollande est dans la continuité de Sarkozy. Pas tellement sur le verbe et la forme, car les deux hommes n'ont pas le même tempérament, mais sur le plan thématique, sur la ligne politique, François Hollande n'a pas montré de volonté forte de rupture. La politique étrangère a été la grande absente de la campagne électorale, aucun thème n'a été soumis au débat public, il n'est donc pas étonnant que Hollande n'ait annoncé ni proposition nouvelle, ni initiative spectaculaire, ni virage politique. (…) Depuis le début de la Vè république, la gauche n'a jamais fait l'effort de définir ce qu'est une politique étrangère de gauche. François Mitterrand qui avait vilipendé la politique étrangère du général de Gaulle s'est finalement aligné lorsqu'il a accédé à l'Elysée en 1981. Et ses successeurs ne se sont pas beaucoup intéressés à la politique étrangère. Il y a là un manque. Le travail de critique et de réflexion en profondeur n'est pas mené. D'ailleurs, la politique étrangère de Nicolas Sarkozy a été très peu critiquée par la gauche. Il n'y a pas eu de débat sur l'intervention en Libye. Celui sur la réintégration de la France dans l'Otan a été extraordinairement discret», a-t-il expliqué le 27 septembre dernier dans Le Journal du dimanche.
Le style change, mais le fond demeure, donc. Du coup, le document stratégique du ministère de la Défense, visiblement finalisé fin avril dernier – avant donc la débâcle de Nicolas Sarkozy – reste d’actualité. Que dit ce document sur le monde, la France et l’Afrique ?
 
Le déclin de l’Occident anticipé… et redouté
 
Le texte indique que parmi les «lignes de force» des décennies qui viennent, il y a «la fin de la domination occidentale». Nous nous dirigeons manifestement vers «un monde post-américain». Il existe «un risque de déclassement de l’Europe», et «l’affirmation de nouvelles grandes puissances, aux trajectoires toutefois incertaines» (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), devrait se poursuivre. «L’accélération de la mondialisation» est également une ligne de force dans un contexte de «transition géopolitique marquée par une instabilité et une volatilité croissantes». Tout cela, on s’en doutait un peu…
Qu’anticipe donc le document stratégique français en ce qui concerne l’Afrique subsaharienne ? «Vingt ans après la fin de la guerre froide, le continent devrait continuer à voir son importance géopolitique s’accroître sous l’effet de la concurrence économique entre puissances émergentes «du Sud» (Chine, Inde, Brésil) et puissances en déclin relatif (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie). Néanmoins, les sous-régions d’Afrique pourraient évoluer distinctement en fonction de leur environnement extérieur (systèmes Corne/péninsule arabique), Sahel/Maghreb/Europe, Afrique de l’Est/sous-continent indien». Est-ce à dire que, de par la proximité géographique, l’Europe a un «rôle à jouer» bien plus important en Afrique de l’Ouest et en Afrique du Nord qu’ailleurs ? Sans doute. La question qui se pose est la suivante : par quels moyens, dans ces zones spécifiques, les Occidentaux déclinants mèneront-ils la «guerre économique» contre leurs nouveaux concurrents émergents ? L’actualité nous fournit quelques débuts de réponse à cette interrogation, et ils peuvent paraître effrayants.
 
Des «printemps arabes» en Afrique ? Non merci
 
Pourquoi la presse française se passionne-t-elle pour les processus de changements de régime dans le Moyen-Orient, tout en s'indignant si peu des dénis démocratiques dans les pays d’Afrique francophone, où Paris a pourtant les moyens de faire avancer les choses dans le bon sens, à coups d’amicales pressions, loin de la «démocratie des bombes» à laquelle la Côte d’Ivoire, par exemple, a payé un lourd tribut ? Pourquoi, en plein printemps arabe, Ségolène Royal débarque-t-elle à Ouagadougou pour apporter un soutien sans équivoque à un Blaise Compaoré qui veut modifier la Constitution et fait face à la colère de son peuple ? Peut-être parce que les «policy-makers» français ne croient pas en l’avènement d’une émancipation démocratique au sud du Sahara. La pauvreté et le tribalisme seraient des facteurs bloquants. «Une extension généralisée en Afrique subsaharienne des poussées démocratiques arabes paraît peu probable. Si certains éléments structurels (alternance bloquée, jeunesse diplômée au chômage, marginalisation d’une partie de l’armée) peuvent constituer un terreau favorable à un soulèvement populaire, plusieurs caractéristiques limitent de fait les évolutions politiques en Afrique à court et à moyen terme : l’absence de classe moyenne, les divisions identitaires et la faible institutionnalisation de l’État, notamment. Seuls quelques pays, dans lesquels une société civile solide, produit de l’histoire locale (syndicats, églises, chefferies traditionnelles), fait face à un État fort ou à un pouvoir bloqué, sont susceptibles de suivre la voie arabe, si certaines circonstances sont réunies (crise économique, élection grossièrement truquée…)», indique le document. L’analyse n’est pas tout à fait dénuée de fondement, mais les références obsessionnellement ethnographiques de la France officielle quand il s’agit de l’Afrique, par exemple, indiquent d’une certaine manière qu’elle n’est pas pressée que la situation change. Les pouvoirs qu’elle soutient n’encouragent pas, généralement, une plus forte institutionnalisation de l’Etat. N’accompagne-t-elle pas avec enthousiasme un régime Ouattara qui a substitué des milices tribales à une armée nationale et n’a-t-elle pas longtemps soutenu une rébellion ivoirienne qui détruisait l’Etat pour le remplacer par des baronnies féodales dont les «Com'zones» sont des figures emblématiques ?
 
Sécessions et migrations
 
«La remise en cause des frontières actuelles pourrait aboutir à la création de nouveaux États ou à des redécoupages plus ou moins violents (Sud-Soudan, Somalie…). La rupture du tabou de l’intangibilité des frontières pourrait avoir des effets en cascade sur l’ensemble du continent, voire au-delà», anticipe le rapport. L’on se souvient forcément qu’à Paris, la perspective d’une sécession du Nord-Mali, tant qu’elle ne disait pas son nom et qu’elle était incarnée par le MNLA, était une option sérieuse. Le soutien à des irrédentismes ou à des séparatismes sera-t-il demain, plus que jamais, un moyen de peser sur des situations géopolitiques ou de «semer l’effroi» parmi des nations africaines désireuses de s’affranchir ou de tester certaines formes d’indocilité? «Des catastrophes écologiques majeures liées aux premiers effets du changement climatique, notamment dans les zones les plus fragiles, pourraient déboucher sur de vastes mouvements de populations, intra et intercontinentaux, sources de déstabilisation majeure», écrit l’étude. Ce qui se passe dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, militairement conquis par des hommes faisant face chez eux à l’avancée du désert, est-il une préfiguration de ce type de «catastrophes» ? Les grandes villes de la côte ouest-africaine, épuisées par l’exode rural et de «l’abandon» d’une partie du Sahel, pourraient-elles vraiment, en partie, être noyées dans les flots de l’érosion côtière ? Ces questions interpellent les pouvoirs et l’intelligentsia du continent.
 
Le nationalisme africain… menace pour l’Occident !
 
Ce qui est inédit dans ce rapport produit par les experts du ministère français de la Défense, c’est qu’il classe désormais les souverainistes africains comme des ennemis potentiels. «Des crises dites «identitaires», fruit de l’instrumentalisation de catégories communautaires par certains acteurs politiques et économiques (partage du pouvoir et des richesses), pourront encore survenir. Le fondamentalisme, voire le radicalisme, religieux, tant musulman que chrétien, pourrait progresser, en l’absence de perspective d’intégration économique et politique des populations les plus pauvres et, surtout, des jeunes. Parallèlement – et paradoxalement – les sentiments nationalistes et/ou panafricains pourraient se développer, parfois au détriment des intérêts occidentaux». Vous avez bien lu ! Ceux qui pensent une Afrique forte, indépendante, libre de ses choix, y compris en matière économique, sont des menaces pour l’Occident ! Et cela est dit de manière «décomplexée», dans un pays où le discours ambiant, certes souvent en contradiction avec les actes et les pratiques, tient, de Charles de Gaulle à Dominique de Villepin, l’indépendance des nations pour une sorte d’absolu ! Comme si cela n’était pas assez clair, le journaliste Adrien Hart, dans un article publié par Slate Afrique, précise la pensée des rédacteurs du rapport : «Tout le monde garde à l’esprit les violents appels anti-français de leaders politiques pro-Gbagbo lors de la crise postélectorale en Côte d’Ivoire. L’avenir africain verra-t-il la multiplication de clones de leaders populistes comme Charles Blé Goudé ou de Julius Malema ? On ne le souhaite pas.» Et si ce background structurel était une clé permettant de comprendre la structure intellectuelle de ceux qui ont «pensé» l’assimilation grotesque du groupe islamiste Ançar Dine et de l’opposition ivoirienne en exil ? N’était-il pas question, au final, d’assimiler deux types d’acteurs qui représentent les menaces absolues ? Et si, au fond, la France officielle «préférait» d’une certaine manière les salafistes, dont la dangerosité est facile à «vendre», aux nationalistes africains, contre qui les opinions européennes comprendraient moins que l’on aille en guerre ? Ce débat n’est pas superficiel. Dès lors que l’on se convainc de ce que la principale menace identifiée par les stratèges officiels de l’Hexagone est le réveil de ce que nous appelons volontiers «l’Afrique digne», il devient évident que l’alliance avec des forces représentant la féodalité tribale voire le fanatisme religieux peut être envisagée contre les souverainistes africains. Les guerres civiles et les sécessions deviennent dans ce contexte des «problèmes» certes. Mais des «problèmes» qui légitiment une présence militaire, donc stratégique, accrue et vertueusement présentée. Puisqu’il s’agit de sauver l’Afrique contre elle-même en «empêchant les massacres».
 
La France veut continuer d’occuper militairement l’Afrique
 
Il y a une quinzaine d’années, la mode était aux concepts mettant en avant le retrait progressif de l’armée française du continent au profit de forces africaines de maintien de la paix. Ce n’est plus le cas. Ainsi, le rapport «Horizons stratégiques» met en valeur deux tendances lourdes attendues : un affaiblissement économique de l’Europe et un maintien plus que jamais d’actualité de la présence militaire française. L’amoindrissement de la part relative de l’Europe en tant que principal fournisseur d’aide publique au développement est susceptible d’affecter le tropisme européen des pays d’Afrique subsaharienne au profit des puissances émergentes majeures», peut-on ainsi lire. «Résultant de l’incapacité des États à contrôler leur territoire, la multiplication et l’extension des « zones grises », concentrant groupes criminels organisés (trafiquants, terroristes) et groupes rebelles, pourraient nécessiter des interventions occidentales auxquelles des pays européens, et la France en particulier, pourraient être amenés à participer», indique le rapport. La France a l’intention, dans les prochaines décennies, d’investir plus que jamais l’Afrique, qui «restera une zone de convoitises et de confrontations potentielles et une zone d’intérêt stratégique prioritaire pour la France». Le rapport trace les contours d’un mode d’intervention qui n’entend pas changer en Afrique, y compris au cœur des grandes villes. «Le renouvellement des accords de défense avec plusieurs partenaires africains confère à la France des responsabilités particulières en matière d’assistance, appelées à s’inscrire dans la durée. La présence de nombreux ressortissants français dans les villes, dans un contexte de forte insécurité, devrait renforcer la nécessité de disposer de capacités d’évacuation adaptées. Celles-ci devront de plus en plus être coordonnées au niveau international et avec les acteurs locaux, notamment privés», écrivent les rapporteurs. Qui préfèrent nourrir la perplexité quant aux capacités de l’Union africaine qu’il est plus que jamais question de contourner, voire de délégitimer. Au profit, sans doute, d’institutions vassales (comme la CEDEAO) ou d’institutions en partie contrôlées par Paris : Union européenne, ONU, etc… «La France continuera d’accompagner les organisations continentales et sous-régionales africaines dans le développement des instruments de sécurité collective, en privilégiant les cadres multilatéraux (UE, Onu, etc.). L’insuffisance probablement persistante des instruments de sécurité collectifs placés sous l’égide de l’Union africaine, quels qu’en soient les progrès en termes capacitaires, renforcera le besoin de politiques globales alliant sécurité, développement et gouvernance selon des axes bilatéraux et multilatéraux ad hoc et la mise en place de partenariats régionaux efficaces», écrivent les rapports. Voilà qui est clair. Il revient désormais au leadership africain «non aligné» d’en tirer toutes les conséquences. Froidement.
 


Théophile Kouamouo