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lundi, 15 octobre 2012

NOBEL D'ACHARNEMENT THERAPEUTIQUE ATTRIBUE AU SYSTEME

 

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Brillant article lu sur le blog d'un résistant européen et tiré du site "De defensa.org". Même combat. Bon vent, cher frère, Lucien Pons et bonne lecture à tous!

 

Déjà, le Prix Nobel de La Paix attribué en 2009 à un président qui n’avait encore rien fait et qui s’est avéré être un président-tueur valant bien son prédécesseur, et même sans l’excuse de la pauvreté d’esprit de son prédécesseur, déjà ce Nobel-là avait quelque chose d’une mesure comme pour se rassurer. Il ne nous semble nullement assuré, – c’est une hypothèse, comme disent les scientifiques dont nous ne sommes certainement pas, – que le très cool BHO aurait reçu ce Prix sans aucun doute très officiellement émouvant s’il n’avait été Africain-Américain. Cette hypothèse qui s’est imposée à nous comme une évidence réduisait l’initiative à ce qu’elle est sans aucun doute : une opération d’auto-exaltation du Système pour se rassurer soi-même, comme pour se dire, “après tout, c’est vrai, tout ce que nous forçons à écrire et à dire de nous-mêmes est bien vrai, nous sommes vraiment très bons et l’achèvement même, hautement moral, de notre civilisation et de nos valeurs, est avéré, – la preuve, ce Prix que nous nous attribuons à nous-mêmes”.

Le raisonnement vaut aussi bien, mais multiplié disons par trois pour faire bonne mesure et mesure logique (le nombre d’années écoulées avec autant de catastrophes renouvelées, confirmées, amplifiées, depuis 2009). Donner le Prix à cette UE en lambeaux, caricature de ce qu’elle prétendit et continue à prétendre être, organisme clef de notre paralysie et de notre impuissance, pratiquant quotidiennement l’inversion pateline et bureaucratique de tout ce qu’elle prétend être, droit des peuples, bonheur économique, démocratie sourcilleuse, respect des droit divers, etc., représentée par de tels visages que ceux de Barroso ou de Ashton (pas de “délit de faciès” mais tout de même…), – lui donner le Prix, c’est pratiquer le grotesque presque comme un art, jusqu’à dire que le grotesque à ce compte c’est presque du sublime.

(Il nous semble que l’extraordinaire complexité et l’étrange ambiguïté du mot “sublime” nous autorise, dans ces temps de subversion et d’inversion, à prendre la liberté de l’employer dans le sens objectif de la bassesse absolue, lorsque cet artefact de type “machin” d’une bassesse absolue pour lequel il est employé, – le Système, dans ce cas, – prétend aussi désespérément être le seul possible contre toutes les évidences catastrophiques des évènements métahistoriques qui saluent son gouvernement. Nous employons donc, dans ce cas, “sublime” dans un sensméphistophélique, c’est-à-dire certes “diabolique” mais aussi “sardonique” et “sarcastique”, du type “le diable en rit encore”…)

Alimentons cette note de quelques avis mesurés et un peu plus sérieux que nos commentaires. En effet, il s’agit du Très Grand Evènement du jour et, comme tel, honoré de nombre de réactions. Saluons l’émotion de l’excellent et héroïque monsieur Schultz («Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a été le premier à réagir à cette annonce et s'est dit “profondément ému et honoré” après l'attribution du Nobel de la paix à l'UE»). Observons que l’on a surtout une avalanche d’avis sarcastiques, étonnés, scandalisés, etc., tout cela évidemment à cause de l’énormité (sublime ?) de la situation : l’UE plongée dans une crise sans précédent, économique, politique, existentielle (de confiance) dans laquelle elle a la plus grande part de responsabilités, dispensant souffrances et mesures absurdes de contraintes, et soudain saluée parce qu’elle a établi la paix en Europe. (Ce dernier jugement, si évidemment absurde qu’il ne requiert que quelques mots : depuis 1945, la paix officielle nous exemptant de guerres générales comme celles qu’il y eut en Europe existe dans le monde et non pas en Europe seule, parce qu’il est apparu que cette guerre-là, la vraie, la mondiale, est devenue infaisable, parce qu’elle impliquerait une catastrophe où pourraient disparaître toutes les choses au moins de constitution moderniste et capitaliste de notre monde. La guerre a donc été remplacée par le chaos grandissant, de désordres, de troubles, de diverses non-guerres sporadiques et fort sanglantes auxquelles participe à différents degrés le bloc BAO [le pays le plus activement belliciste, les USA, n’a plus été officiellement en guerre depuis 1945] ; cela formant une dynamique chaotique de déstructuration, de dissolution et d’effondrement de la civilisation, – toutes choses où l’UE est une très active compétitrice.)

Mentionnons donc, pour la chronique, tel texte d’A.P., le premier à apparaître sur Google ce matin lorsque vous tapiez “UE Nobel”, du 12 octobre 2012, sous le titre de «EU detractors slam Nobel Peace Prize decision». (Même Google qui ouvrait sa sélection, ce matin, sur un texte critique… A surveiller, ces mauvaises tendances.)

«Nigel Farage, head of the U.K. Independence Party — which wants Britain to withdraw from the union — called Friday's peace prize “an absolute disgrace.” “Haven't they had their eyes open?” he said, arguing that Europe was facing "increasing violence and division,” with mass protests from Madrid to Athens over tax hikes and job cuts and growing resentment of Germany, the union's rich and powerful economic anchor.

»Dutch populist lawmaker Geert Wilders scoffed: “Nobel prize for the EU. At a time (when) Brussels and all of Europe is collapsing in misery. What next?”

»In France, euroskeptics assailed the prize from the far left — where critics see the euro and the EU as capitalist tools — to the anti-immigrant far right. Marine Le Pen, leader of the far-right National Front, said the Nobel committee has to “come down from their ivory tower and see what is going on on the ground. They should measure the suffering of the people and see the growing revolt.”»

Le Monde (le 12 octobre 2012) nous entretient du “coup de force des europhiles” au comité Nobel, – car figurez-vous qu’il fallut un “complot” pour parvenir à cette nomination. Cette précision-là est certainement un des aspects les plus charmants dans le genre cocasse de l’aventure, – pas du tout “sublime”, non, – de s’imaginer quelques rudes guerriers de l’europhilie manoeuvrant comme des apparatchiks d’un Politburo de fortune pour parvenir à faire triompher cette initiative si grotesque qu’elle en devint sublime. Mesure pour mesure, on s’occupe comme on peut, lorsqu’il s’agit de lutter contre la crise d’effondrement du Système ; alors, on complote…

Russia Today consacre un texte (le 13 octobre 2012) recueillant l’un ou l’autre témoignage. S’il fallait le qualifier, nous nous exécuterions et qualifierions ce texte, nous semble-t-il, de quelque peu interloqué… Un député de la Douma, vice-président de cette honorable assemblée, juge la décision des Nobel “inattendue et étrange” (le qualificatif “étrange” est bienvenu). Il substantive la chose :

«Giving the Nobel Peace Prize to an economic and political block with just a secondary role in peacekeeping is a strange step, says the MP in charge of CIS relations. “Apparently, someone decided to curtsey to Brussels,” said State Duma deputy and PACE vice president Leonid Slutskiy. “To put it mildly, this was unexpected and non-standard”.»

Madame Svetlana Gannushkina n’est pas contente, quoiqu’elle en rit puisqu’elle juge la décision “risible”. Son mécontentement, notamment parce qu’elle espérait avoir elle-même le Prix, mais aussi pour des raisons plus honorables, comme on peut le lire : «Another possible 2012 Nobel Peace Prize nominee from Russia, the head of the Civil Assistance Committee Svetlana Gannushkina, said straightforwardly that she was disappointed by the committee’s decision. “The award has been depersonalized to such an extent. It has been given to a state, bureaucratic structure,” Gannushkina said. “This is just laughable,” she added.»

Madame Svetlana Gannushkina n’a pas tout à fait raison, quoiqu’elle n’a pas tout à fait tort non plus. Ce n’est pas la première fois que le Nobel est remis à une “structure… bureaucratique”, quoique non étatique dans ce cas. En 2005, le Prix alla à l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) et à son directeur Mohamed ElBaradei (Egypte). Il est vrai, on le reconnaît, qu’il y avait personnalisation, et que c’était surtout ElBaradei qu’on voulait distinguer, pour ses efforts très loyaux pour tenter de résoudre d’une façon équilibrée le crise nucléaire iranienne. (Ce pourquoi, Nobel ou pas Nobel, il n’a pas été question de le reconduire dans ses fonctions une fois son mandat achevé… Mesure pour mesure, n’est-ce pas.)

"Nobélisation" et autodestruction du système

… Donc, cette fois, effectivement, c’est à une “structure étatique et bureaucratique”, sans visage, surtout sans aucun visage, que le Prix est attribué. Il n’y a là rien de plus vrai et rien de plus juste, car finalement ce récipiendaire “sans visage” n’est même pas lui-même ce qu’il prétend être. Ce n’est évidemment pas à l’UE qu’est attribué le Nobel, mais au Système lui-même, le Système qui s’attribue illico presto le Nobel. Les petits comploteurs et europhiles de Stockholm n’y ont vu que du feu. Cela donne toute sa véritable dimension à l’événement, – et alors, sans aucun doute, il s’agit d’un Très Grand Évènement.

…Ah ! Que leur psychologie est transparente… Déblayons d’abord. Certes nous confirmons ; il ne s’agit pas une seconde de l’UE, ni même du bloc BAO, mais plus sûrement et en majestébombastique (en effet, nous venons de découvrir que l’ équivalent français du bombastic anglais que nous affectionnons, existe, quoique d’un emploi très rare), – il s’agit du Système dans toute son universalité, cette entité, voire cette égrégore née du “déchaînement de la Matière”, qui règle notre contre-civilisation et qui règne sans partage sur elle. C’est lui, le Système, qui est “nobélisé”, ce qui renvoie le cas de notre président africain-américain aux poussières incertaines de ses discours de campagne, en lui substituant un acte beaucoup plus grandiose et significatif. Cet événement qui nous paraît à première vue absolument improbable et totalement insaisissable, entre une majesté absolument vide et une dérision au-delà du descriptible, est pourtant d’une importance significative pour notre compréhension de l’avancement des choses, – notamment l’avancement des choses du Système…

Écartons tous les aspects dérisoires et grotesques, même s’ils peuvent être sublimes à force de grotesque, comme peut l’être un comique de l’absurde, tous ces aspects que nous avons suggérés, mentionnés ou rapidement décrits, et nous gardons la substantifique moelle de l’événement. Nous avançons alors l’hypothèse qu’il y a dans ce même événement du Nobel de la Paix 2012 une dimension importante et significative, et qu’il importe de la distinguer. On n’organise pas, même par intrigue, une telle démarche si complètement vulnérable, voire soumise éventuellement et irrésistiblement à la dérision et au ridicule, voire même potentiellement source d’exacerbation de la colère dans une Europe pulvérisé par la catastrophe économique, sans quelque bonne raison. Nous nous tournons vers leur psychologie pour proposer une explication, – et, effectivement, cette explication nous conduit de l’UE au Système, c’est-à-dire considérant que cet acte a été posé au nom du Système et non de l’UE, par UE interposée peu importe.

Il s’agit d’un acte de communication, d’un acte symbolique, voire d’un acte incantatoire, pour affirmer la vertu nécessaire et fondamentale du Système, contre toutes les évidences catastrophiques qui l’assaillent, contre les reflux divers qu’il suscite de tous les côtés, à cause des monstrueuses mesures qu’il développe, contre la colère populaire que l’on sent monter, – en fait, que l’on craint tant de voir monter, que l’on arrive à la susciter par de telles craintes autant que de s’alarmer justement de la voir monter… Bien entendu, ce “on” représente les élites, les directions politiques asservies au Système, qui espèrent ainsi servir le Système en en faisant sa promotion bombastique par la plus grande distinction qu’elles puissent imaginer.

Ce Prix Nobel est donc le produit de ces psychologies terrorisées des élites et des directions politiques asservies au Système. Ce qui est remarquable dans ce cas est que cette terrorisation des psychologies de nos élites que nous décrivons comme étant l’effet des pressions du Système sur elles dans le texte référencé, devient dans ce cas un signe que cette terrorisation a désormais également, comme cause nouvelle qui s’inscrit parallèlement à la première, la crainte des réactions antiSystème des diverses populations, ensembles, organisations, etc., qui subissent les effets des mesures et des “politique” exécutées sous l’empire du Système. Il y aurait donc ainsi une extension de la terrorisation des psychologies des élites, puisqu’à la terrorisation de ces psychologies par le Système s’ajouterait désormais une terrorisation de ces psychologies par la crainte des effets antiSystème que les politiques imposées par le Système entraîneraient dans les populations, les ensembles, les organisations, etc. Nous entrons dans le cycle vertueux du cercle extrêmement vicieux. C’est dans tous les cas, à notre sens, l’interprétation qu’il est intéressant et enrichissant de donner à cette décision si extraordinaire lorsqu’elle est jugée avec la raison et l’expérience, par rapport à l’impopularité formidable de la chose ainsi exaltée. Il s’agit d’une tentative forcenée pour chercher à convaincre toutes les entités et populations potentiellement antiSystème, et subissant les effets du joug du Système, de la vertu exceptionnelle du Système.

D’autre part, nous avons vu, dans le même texte référencé, que cette terrorisation des psychologies des élites et directions politiques était accomplie bien entendu sans aucun conscience de la chose de la part de ces élites et directions politiques. Il n’y a aucune raison pour que cette absence de conscience ne caractérise pas, également, l’autre terrorisation, la terrorisation nouvelle que nous distinguons. Cela revient à dire que l’acte de “nobéliser” l’UE, c’est-à-dire le Système, a été conduit sous l’influence du Système, sans que les commentateurs et comploteurs de la chose réalisent exactement la signification de leur démarche. On comprend aisément le processus, que ces élites et directions politiques n’ont aucune conscience claire de tous ces problèmes, s’attachant simplement à leur tâche quotidienne de l’application en termes d’idéologie et de politique des impulsions et consignes venues du Système. Par conséquent, on en vient à conclure que cette seconde terrorisation, des psychologies, venue de la crainte des réactions antiSystème sous la poussée du Système, vient de l’influence du Système lui-même, donc que le Système est lui-même de plus en plus préoccupé, voir extrêmement alarmé par les réactions qu’il suscite du fait des actions qu’il impose.

D’où cette mesure, qui est la “nobélisation” du Système par lui-même, venue alors du Système lui-même, opérationnalisée par les psychologies terrorisées des élites et directions politiques, ces populations choisies pour leur loyalisme et qui lui sont complètement asservies… L’acte va loin, si on le considère dans toute sa puissance symbolique et incantatoire. En se “nobélisant” lui-même, par l’intermédiaire d’un processus qui lui appartient absolument, à lui-même, qui en est le reflet sans un pli, qui paraît être le plus symbolique, le plus vertueux et le plus haut dans la cause proclamée (la “Paix”), le Système voudrait s’exonérer de tous les soupçons portés contre lui et auxquels il apparaîtrait ainsi particulièrement sensible. Cela signifierait que, désormais, le Système doute de lui-même, c’est-à-dire qu’il doute de la capacité de sa surpuissance à vaincre à elle seule ce qui s’oppose à sa marche, qu’il entend se justifier par une apparence vertueuse, fût-elle cousue de fil blanc comme peut l’être un Prix Nobel. Ainsi entend-il orner sa dynamique de surpuissance de la vertu “nobélisé” de type Paix-UE.

Ce qui est enfin caractéristique du Système dans toute sa sublimité invertie, c’est que la mesure qu’il fait prendre pour ce qu’il croit être à son avantage, pour tenter de renverser cette résistance qu’il croit être ou qu’il sent croître contre lui-même, est en réalité une mesure contre-productive. L’effet de dérision, que l’on détermine aisément dans cet acte grotesque, est assuré de durer, de grandir, de s’amplifier, de contribuer à discréditer encore plus le Système, qu’il s’agisse de l’UE, de ses élites, etc. On retrouve là, pour compléter le dispositif d’explication que nous avançons, l’aspect dynamique d’autodestruction complémentaire de tout acte du Système activant d’une façon ou l’autre sa dynamique de surpuissance ; la parure vertueuse de la “nobélisation” mise sur le Système dans sa dynamique de surpuissance contient toutes les caractéristiques de l’autodestruction.


Lu sur Le blog de Lucien Pons


Source: DE DEFENSA.ORG

dimanche, 14 octobre 2012

PATERNALISME INSUPPORTABLE ET INSULTANT!

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L'actualité africano-française de ces derniers jours ne m'a pas laissé indemne. Elle m'a fait bouillir les veines. Un coup de gueule était de rigueur et s'imposait.

Dites-moi, pourquoi les présidents français se croient-ils obligés de venir faire de "beaux discours", creux et ennuyeux, en Afrique et en commençant par Dakar au Sénégal, quand dans les faits, ils ne bougent pas du doigt la Françafrique, franchement?

Plusieurs fois dans son discours de Dakar, François Hollande insiste: "LA FRANCE VOUS Y AIDERA". C'est justement cela notre problème, Monsieur Hollande, nous ne voulons plus de votre tutelle écrasante et infantilisante et de votre paternalisme insultant. "Lâchez-nous les baskets", comme on dit, nous voulons notre indépendance et revendiquons notre souveraineté et notre liberté de choisir les partenaires internationaux que nous voulons. VOUS N'AVEZ ENCORE RIEN COMPRIS A L'AFRIQUE!!!

"Le temps de la Françafrique est révolu"? Ok, commencez par démanteler vos bases militaires dans nos pays pour faire faire quelques économies à votre pays, la France, en faillite et nous rendre notre souveraineté.

"Les émissaires, les intermédiaires, les officines trouvent désormais porte close à l'Elysée". Ah bon? Charmant, ce discours! Mais nous vous attendons sur les actes. En attendant, devons-nous vous faire remarquer, cher Monsieur, que dès votre accession au pouvoir, c'était le ballet des chefs d'Etats africains parmi les moins recommandables, reçus à l'Elysée, notamment les sieurs Ouattara et Compaoré, actuels piliers de la françafrique triomphante. Mauvais signal envoyé aux Africains!

Comme le dit Thierry MBEPGUE, Combattant de la liberté, sur sa page Facebook, parlant de vous, "CET HOMME N'A RIEN COMPRIS DE NOS REVENDICATIONS!". Avant d'ajouter: "De passage à Dakar où il va rejoindre par la suite Kinshasa, François Hollande, a déclaré sans détour: "La volonté de la France est d’être toujours à vos cotés". Voilà que lui aussi n'a rien compris de ce que veut l'Afrique actuellement, il n'a rien compris du sens du mot LIBERTE, il fait semblant de ne pas comprendre que l'Afrique ne veut plus être considérée comme son élève ou son enfant. La seule véritable chose que nous attendons de la France, c'est notre indépendance POLITIQUE et ECONOMIQUE. La fin de l'ASSISTANAT". C'est très clair! 

Et quand François Hollande décoche, au XIVème Sommet de la francophonie, à des nègres obséquieux, dans une salle acquise à sa cause, ce samedi 13 octobre 2012 à Kinshasa en République Démocratique du Congo (RDC), "la francophonie doit porter la démocratie, les droits de l'homme, le pluralisme et le respect de la liberté d'expression", nous ne pouvons manquer l'occasion de l'inviter à venir jeter un oeil en Côte d'Ivoire, au pays de son obligé Alassane Ouattara. Aucune de ces valeurs démocratiques n'y a cours, en ce moment. L'a-t-on entendu à ce sujet, depuis 6 mois qu'il a été élu à la tête de la France et qu'il la proclame amie de l'Afrique?

Il n'est pas sans savoir que le chef de l'Etat ivoirien y écrase son opposition, jette en prison ses leaders, musèle sa presse, enlève et torture ses militants et condamne les anciens partisans et soutiens de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, dans des procès portés par une justice des vainqueurs. En outre, il cautionne le massacre de populations innocentes comme les réfugiés du camp de Nahibly, à Duékoué, dont les auteurs ne font l'objet d'aucune espèce d'enquête judiciaire. Une prime absolue au crime et à l'impunité. Hier encore, 3 charniers de cet affreux carnage qui avait fait plus de 230 morts viennent d'être découverts. La justice ivoirienne s'oppose à leur exploration pour que la vérité sur ces plus de deux centaines de morts (seulement 12, selon le gouvernement Ouattara) éclate au grand jour. Nous n'avons pas encore eu droit à un pépillement de sa part sur ces questions brûlantes d'actualité!

Et même qu'un citoyen français, Monsieur Michel Gbagbo, croupit dans les geôles de Ouattara, plus exactement dans ses goulags du Nord, pour délit de patronyme. A-t-il même daigné faire allusion au dossier, ne serait qu'un jour en passant? Facile de dire aux Salafistes du Nord Mali et à AQMI: "Nous ferons notre devoir: libérer nos compatriotes et ne rien céder au terrorisme". Ah bon? Qu'en est-il alors du français Michel Gbagbo? Y aurait-il deux catégories de français? D'un côté, ceux pour qui on écume le monde et de l'autre, ceux qui ne valent pas la balle pour les abattre?

Cher Monsieur François Hollande, ne nous prenez pas pour des imbéciles!!!

Il fallait que je le dise.


Salut à tous et que DIEU bénisse l'Afrique et la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

Résolument anti-impérialiste

FRANCOPHONIE A KINSHASA: LA FRANCE DANS SA BASSE-COUR!

 

 

Alors que des problèmes sérieux se posent à l’Afrique, les dirigeants des pays (anciennes) colonies françaises de ce contient n’en finissent pas de s’acoquiner avec les autorités de Paris, à la recherche d’un nouveau souffle pour l’asservissement à une France incapable de renoncer aux pratiques les plus avilissantes du colonialisme. Et ce n’est pas parce que le président français joue sur les mots en disant qu’à Kinshasa, lors du sommet de la Francophonie « il y aura la France et l’Afrique, et qu’il ne sera pas question d’associer la France et l’Afrique » qu’il faudrait croire que la Francafrique, ce système de relations de dupes entre la France et ses (anciennes) colonies aura vécu. Pour faire bien, on tente parfois de donner à la francophonie les allures du Commonwealth. Et pourtant, l’histoire a montré depuis toujours que les conceptions des relations avec les colonies n’ont jamais été les mêmes selon qu’il s’agisse de la France ou de l’Angleterre. Même si dans les deux cas on recherche le profit, les Français ont toujours eu un comportement qui tend à nier aux Africains toute personnalité, toute dignité ! Aujourd’hui, malgré les indépendances, le regard des Français sur l’Afrique n’a pas varié d’un pouce.

L’Afrique francophone : la basse-cour de la France !

L’image de la basse-cour, c’est ce qui convient le mieux, lorsqu’on veut parler des relations de la France avec les pays francophones d’Afrique. Aujourd’hui encore, les pratiques dégradantes de la francafrique font de ceux qui sont à la tête des Etats africains des responsables régionaux, de sortes de préfets de seconde zone, et leurs peuples subissent le dédain raciste, pendant qu’on parle de partenariat. Tout le monde sait que, non contente d’être un marché captif à maints égards pour la France, l’Afrique francophone va jusqu’à loger ses devises dans le Trésor de la France ; cela fait que l’Etat français a un contrôle exclusif absolu sur les économies des Etats de cet espace africain. Le Franc cfa, cette monnaie coloniale, est aujourd’hui la plus grossière arnaque qui puisse exister en matière de relations internationales. Le plus dramatique, c’est qu’on s’échine à faire croire que les Etats africains trouvent leur compte dans cette grotesque duperie. C’est un paternalisme avilissant que subit l’Afrique par la cupidité de dirigeants sans envergure, qui ne doivent souvent leur place qu’aux coups bas de la France des réseaux qui est en Afrique cette Francafrique ! Et ce n’est pas parce qu’un certain Abdou Diouf, après avoir dirigé le Sénégal, n’a pas pu se faire à l’idée d’une retraite méritée, et s’est retrouvé avec ce strapontin peu flatteur de Secrétaire Général de ce machin néocolonial, qu’il faudrait y voir une institution de coopération entre Etats. La francophonie est aujourd’hui le pilier visible le plus actif de l’action colonialiste de la France en Afrique. Pour la petite histoire, Monsieur Bernard B. Dadié, homme de lettres ivoirien bien connu, s’est vu refuser le visa par la France, en 2010, alors qu’il devait prendre part, en tant que membre à part entière, à une réunion important de la francophonie à Paris. La raison : ses prises de positions dans le complot électoral franco onusien en Côte d’Ivoire déplaisaient aux autorités de la France. D’ailleurs on a vu après, sans surprise, Abdou Diouf, le Secrétaire Général de cette institution, voler au secours de la France, dans sa guerre en Côte d’Ivoire, par des prises de positions indignes de l’ex chef d’Etat qu’il est !...

A quand donc « l’âge d’or » pour l’Afrique?

Nous entendons par « âge d’or », le temps où les Africains auront acquis le respect des autres. Le temps où sera abandonnée cette vision réductrice qui présente les Africains comme les dindons d’une farce grotesque. Le fait est que pendant que dans les Etat africains non francophones, on peut sentir comme un vent de dignité, dans la partie francophone, c’est l’aplatissement total, avec des comportements à faire honte même à l’idiot du village.

Il y peu, Tabo Mbeki, l’ex chef d’Etat sud africain, donc d’un pays anglophone, fustigeait la caducité des textes de l’ONU, et tançait durement l’Ua et les Africains pour leur tiédeur (le mot est faible) quand il s’agit de prendre position pour défendre un Etat africain. Cette semaine, c’est Paul Kagamé, un ex francophone qui a tourné vers la langue de Shakespeare, qui déclare que « l’Afrique n’a de leçon à recevoir de personne ! » A côté de cela on a vu, il n’y a pas longtemps, les chefs d’Etats francophones d’Afrique, Laurent Gbagbo (alors chef d’Etat) excepté, s’aligner pour aller faire la fête nationale en France. Et il y a quelques jours, ce sont les ministres des finances de  ces mêmes Etats francophones qui sont allés à Paris, avec au premier rang, Alassane Ouattara, le « préfet de seconde zone » que la France a placé au pouvoir en Côte d’Ivoire, après avoir chassé Laurent Gbagbo avec des bombes. Ils sont allés fêter l’esclavage financier que subissent leurs pays, avec le franc cfa.

Ces exemples pour dire que pendant que dans les pays anglophones, des voix s’élèvent pour parler de dignité de l’Afrique, dans les pays francophones, c’est toujours le statu quo colonial. On continue de s’aplatir devant la France, et on n’a pas honte de se ridiculiser avec des attitudes et parfois des propos aussi niais que lâches. Comme cette réponse de l’Ivoirien Charles Konan Banny, ancien gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) : à l’occasion de la fête des 40 ans du cfa, fête de l’esclavage financier, dernièrement à Paris, un journaliste s’est hasardé à demander à l’ancien gouverneur de la BCEAO si et quand les Etats africains envisageaient de créer leur propre monnaie. Monsieur Banny, à la manière de « Toto » qui voudrait faire de l’esprit, a demandé au journaliste de quoi il parlait. Puis il a poursuivi, à peu près en ces termes : «  nous avons une monnaie à nous,  qui est le franc cfa ! Et si c’est une affaire de mot, on peut, pour vous faire plaisir, remplacer cfa pour autre chose ; mais nous, nous n’avons pas du tout le sentiment de ne pas avoir une monnaie à nous… » Voilà, sans commentaire, le propos d’un ex haut fonctionnaire de l’esclavage financier que la France exerce sur l’Afrique francophone. Avec çà, on a de quoi être sceptique devant les campagnes pour la francophonie, et se demander avec insistance : à quand « l’âge d’or » ?

Que Dieu nous protège !


Nda Adjoua Suzanne, Enseignante

samedi, 13 octobre 2012

MEDIA-MENSONGES: CESSER DE PLEURNICHER ET PASSER A L'OFFENSIVE

 

 
Jusqu’à quand entendrons et verrons-nous des africains, notamment des ivoiriens pleurer et se lamenter sur leur sort, tout en ignorant qu’ils le font en vain ? En effet, personne ne leur viendra en aide, le comprendront-ils un jour, une bonne fois pour toutes ?

Au risque de répéter ce que plusieurs avant nous ont – probablement – dit, mais qui semble tombé dans des oreilles de sourds, sachons que le monde actuel est en guerre. Une guerre impitoyable. Une guerre de positionnement et de survie dans laquelle les « grandes nations » de l’occident ou encore « puissances mondiales » mènent - depuis toujours - la danse au détriment des plus petites. Les réalités de cette guerre sont telles que toutes les nations du monde actuel, qu’elles le veuillent ou non, y sont engagées. Chacune, contrainte à lutter pour sa propre survie.

L’observation attentive de la tactique de guerre employée par les puissances occidentales – ces derniers temps, à travers le monde - nous apprend surtout que cette lutte pour la survie se fait, très souvent au mépris du bon sens, de l’entendement, des Droits humains et même de la vérité, si simple, si accessible soit-elle. 

D’ailleurs qu’est-ce que la vérité dans un monde littéralement dominé par les puissants média aux ordres, dictant ou imposant – partout à leur guise - « leur vérité », pour que triomphe et perdure l’hégémonie occidentale ?

C’est dans ce cadre – sans doute – que s’inscrit le récent pavé lancé dans la marre par Radio France Internationale (RFI) – et relayé par ses média alliés - à propos des - supposées – connexions établies, ces derniers mois entre des exilés ivoiriens, notamment des cadres du FPI et la junte malienne, mais aussi avec les djihadistes d'Ansar Dine, dans un rapport - dit-on - d’experts de l’Onu. Le FPI, parti populiste, nationaliste et souverainiste à souhait, fondé par Laurent Gbagbo, constituant – certainement - le dernier obstacle aux acquis occidentaux, notamment français en Côte d’ivoire. Une simple évaluation de l’engagement sans faille de la France, de son armée, de ses services de renseignements, de sa diplomatie aux côtés de monsieur Ouattara, dans la course au pouvoir et dans son maintien à la tête de ce pays, achèvera de convaincre plus d’un.

Pourquoi le régime de monsieur Ouattara, malgré les graves et massives violations des droits de l’Homme, perpétrées par ses hommes en Côte d’Ivoire, contre des civils, notamment ceux du camp Gbagbo, ne subit-il pas la même ampleur – ou presque pas – des critiques et dénonciations que celui de ses opposants, les pro-Gbagbo de la part des média occidentaux, notamment français ? Pourquoi n’est-il pas - lui et son régime – accablé alors que des charniers, après le massacre des réfugiés du camp de Nahibly, viennent – encore - tout fraichement d’être découverts ?

Pourquoi ces média, si prompts dans l’affaire Katinan, si empressés contre, le FPI, ses cadres et Laurent Gbagbo, l’empêcheur de tourner en rond, ferment-ils les yeux sur l’insécurité galopante en Côte d’Ivoire, sur la réconciliation nationale torpillée par les partisans de Ouattara, sur la justice à double vitesse dans la crise socio-politique ivoirienne ? Pourquoi se refusent-ils de voire que – manifestement – monsieur Ouattara n’est pas un rassembleur, le rassembleur qu’il faut aux ivoiriens ? Pourquoi feignent-ils d’ignorer que sous le règne de ce dernier le tissu social s’est considérablement dégradé et que, plus que jamais, les ivoiriens se regardent en chien de faïence ? Pourquoi, dans le scénario ivoirien, ce qui est juste et vrai doit être nié, considéré comme faux ? Pourquoi… ?²

Que de questions inutiles. Que de lamentations vaines qui sont loin d’être entendues, dans le rapport de forces déséquilibrées entre occidentaux et africains. Un rapport de forces médiatiques où les plus puissants s’imposent à tout prix, quand bien même ils sont dans l’erreur, le faux ou l’intox. Ces puissants média qui n’hésitent pas véhiculer le mensonge quand il le faut, se nourrissant notamment des complexes de l’africain, de sa propension à donner du crédit à tout ce qui arrive de l’extérieure, à tout ce qui vient des média occidentaux. 

Derrière ces média de propagande, se cachent – en réalité - ceux qui se veulent les – seuls - maîtres du monde et dont le but est d’abrutir ceux qui, noyés dans le flot de leurs mensonges repris en boucle finissent par y croire. Des média qui ont fini par tisser leur toile sur un auditoire ciblé et de plus en plus large.

Les média sont donc une force avec laquelle il faut compter, dans cette lutte de plus en plus âpre. Ne soyez donc pas étonné que l’occident - en déclin - en use au maximum, avec toute l’énergie possible. C’est – pour l’occident – une question de vie ou de mort. 

Soutenir, protéger, appuyer, caresser dans le sens du poil, les chefs d’Etats africains, plus que soucieux de préserver les intérêts occidentaux et leur fauteuil, en leur garantissant l’appui médiatique, participe du vaste plan de sauvegarde de l’hégémonie occidental sur l’Afrique. 

Pas donc étonnant que le FPI, parti aux velléités souverainistes, ses militants et ses cadres soit logiquement épinglé au compte des organisations terroristes par la bande de média occidentaux et leur lèche-bottes africains.

Que les africains et les ivoiriens ne s’y trompent donc pas. Ni leurs « pleurs », ni leurs jérémiades ne pourront émouvoir ces gens, résolus à accomplir la mission à eux assignée : tenir haut et pour longtemps encore, l’étendard de la suprématie occidentale. 

Ces gens, ces occidentaux osent-ils reconnaitre – pour une fois – qu’ils ont mal agit ? Rassurez-vous, vous aurez droit à quelques petites excuses et ce, lorsqu’ils veulent bien. Hélas, bien entendu, quand le pire, l’irréparable – comme au Rwanda – aura fini de se dérouler, pas plus. 

D’ailleurs ne connaissent-ils que trop bien nous autres, ces africains si complexés. Toujours prompts à pleurnicher, à se plaindre et à accuser tout le temps – même à raison – les blancs et leurs média. Des africains qui ne se limitent qu’à ceci: pleurs, jérémiades et accusations, rien de plus.

Pourtant, il faut aller plus loin, dans cette guerre déclarée. Il faut aller au-delà même des plaintes et des pleurnichements, dans cette guerre médiatique. Au lieu de rester là à s’apitoyer sur son sort. Car personne n’aura pitié de nous, personne n’entendra nos cris de détresse au milieu des bruits effroyables de ces « machines de guerre » que sont les puissants média occidentaux.

Il est donc temps d’essuyer nos larmes et de passer à l’offensive dans cette lutte, où il doit y avoir – nécessairement - vainqueurs et vaincus. Le processus est certes irrémédiable. En effet, ce n’est pas les ressources, ni les hommes qui manquent à l’Afrique pour mener cette « guerre » contre l’abrutissement et l’asservissement aux média occidentaux. 

A force d’insister, de combattre sans répit le média-mensonge par la racine, tout en tâchant de se montrer de plus en plus présents, « agressifs », envahissants et solidaires par-dessus tout, sur toutes les plates-formes d’expression possibles, le flagrant déséquilibre médiatique peut être réparé. 

Pour ce faire, il faudra s’armer de volonté et de détermination. Car rien n’est perdu, bien au contraire, tout est à gagner. 



Marc Micael
zemami1er@yahoo.fr

POURQUOI LES MALIENS ONT RAISON D'AVOIR PEUR

 

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 Ville de Gao, nord du Mali, le 10 septembre 2012. REUTERS


Une intervention militaire dans le nord du Mali pourrait avoir des conséquences catastrophiques pour ce pays.

 

Le «Malian bashing» est à la mode dans le petit cercle des commentateurs de l’actualité africaine. Si on n’écoutait que certains d’entre eux, on se convaincrait assez rapidement que le seul et unique problème du Mali est sa classe politique irresponsable, bien décidée à se battre jusqu’à la dernière goutte de sang pour des lambeaux de pouvoir. Ou alors que la malédiction de ce pays est son armée, qui refuse de verser son sang pour Tombouctou ou pour Kidal, mais qui s’arc-boute sur son orgueil outragé quand les âmes vertueuses de la communauté internationale veulent venir mettre de l’ordre là où il y a le chaos.

Cette façon de voir les choses a «l’avantage» d’éluder une question fondamentale: le scepticisme profond d’une grande partie de l’opinion publique malienne quant à la capacité et à la volonté des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de la France et plus globalement la communauté internationale, d’aider sincèrement le pays sinistré de Soundjata à se tenir de nouveau sur ses deux jambes. De nombreux Maliens se méfient, et ils ont des raisons de se méfier.

Raison numéro un: la sécession du Nord-Mali a d’abord été une perspective acceptable pour la France

Souvenons-nous. Tant que c’était le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA, estampillé laïc) qui faisait la conquête du Nord du pays et y installait sa loi, tout ce que Paris compte d’officiels, d’analystes et de brillants rhéteurs considérait qu’il n’y avait pas de solution militaire à la crise malienne.

Qu’il fallait entendre le message des Touaregs, dont le lamento identitaire était reçu avec compassion et commisération. Il a fallu que le MNLA se fasse rouler dans la farine par ses alliés circonstanciels islamistes pour que les points de vue changent du tout au tout et que la diplomatie hexagonale se démène pour débarrasser son pré carré d’un impérialisme concurrent du sien sur ce terrain particulier: celui du salafisme international. Mais, vu de Bamako, la question fondamentale était l’intégrité territoriale, et rien ne ressemble plus à un barbu d’AQMI (Al Qaïda au Maghreb islamique) qu’un imberbe azawadien dont le visage buriné est camouflé par le burnous bleu.

Raison numéro deux: la CEDEAO a été maladroite voire sadique avec le Mali

Très clairement, pour les chefs d’Etat de la région – en tout cas pour certains d’entre eux –, l’avancée des rebelles était moins importante que l’urgence d’imposer un «nouvel ordre politique», à la fois sans Amadou Toumani Touré (l’ex-président renversé en mars 2011) dont ils ont regretté le règne avec de trop apparentes larmes de crocodile et sans la junte dirigée par Amadou Sanogo, qu’il fallait marginaliser afin de placer les petits et les grands copains réunis dans le cadre d’un gouvernement de transition. Afin de gouverner le Mali par procuration. Afin, ont dit certains intellectuels mauvais coucheurs, de «recoloniser» le Mali pour le compte de grandes puissances en embuscade.

Pour arriver à ses fins, le chef de l’Etat de Côte d’Ivoire Alassane Ouattara est même allé jusqu’à fermer d’autorité la frontière avec le Mali pendant quelques jours. Ce qui revenait à asphyxier, dans tous les sens du terme, le pays qu’il prétendait sauver. Il est vrai que Ouattara peut considérer que cette méthode sadique lui a réussi dans sa guerre de quatre mois contre son prédécesseur, Laurent Gbagbo. Mais tout de même! Difficile de faire du chantage à vos voisins, même si c’est pour leur bien à vos yeux, sans vous aliéner définitivement un grand nombre d’entre eux.

Raison numéro trois: les forces d’interposition règlent fort mal les crises

Fort peu solidaires pour une majorité d’entre eux de Laurent Gbagbo quand il subissait sa rébellion à lui, les Maliens se sont tout de même rendu compte que la MICECI (on parle aujourd’hui de MICEMA (Mission de la Cedeao au Mali), ancêtre de l’ONUCI, n’a rien réglé mais a coupé la Côte d’Ivoire en deux pendant près de dix ans, laissant macérer les racines de la haine et d’une confrontation finale (?) qui a été bien plus violente que celle du 19 septembre 2002.

Et si les «forces impartiales», étaient, comme on dit à Treichville (quartier d’Abidjan), des «aggravaffaires»? En plus, quand elles viennent, elles ne partent plus. L’ONU et ses fonctionnaires surpayés sont toujours là au Liberia, en Sierra Leone, en Côte d’Ivoire, en République démocratique du Congo, au Soudan… Conflit internationalisé un jour, conflit internationalisé toujours?

Raison numéro quatre: la France et les islamistes ont les mêmes «meilleurs amis»

Si la Côte d’Ivoire a été l’obsession des exécutifs Chirac et Sarkozy (au pouvoir jusqu’en mai 2012), la «reconquête» du Sahel malien semble être la priorité des priorités de l’administration Hollande. Il n’empêche qu’il est difficile de ne pas tiquer lorsque l’on sonde la profondeur des alliances des uns et des autres. C’est un secret de polichinelle : la France réac et la France baba cool se retrouvent unies dans une fascination pour les «hommes bleus» des dunes dont le MNLA est la figure emblématique.

Mais alors que Paris hausse le ton contre les islamistes liés à la nébuleuse Al Qaida qui coupent les mains et manient le fouet plus que de raison, comment oublier tout à fait que, selon de nombreux spécialistes du renseignement, une partie de l’approvisionnement des salafistes provient de réseaux qataris? Ce n’est pas un détail, puisque le Qatar d’aujourd’hui est dans le monde arabe, pour Paris, ce qu’était la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny dans les années 1960 et 1970 en Afrique: un allié sûr, un pivot stratégique, un partenaire central.

Le Qatar est même plus que cela, puisqu’il met la main à la poche pour financer le Paris-Saint-Germain (club de foot de la capitale française) ou pallier aux défaillances de l’Etat français dans les banlieues.

Mais pourquoi, au lieu de financer une invasion militaire du pays qui pourrait le transformer en une sorte de lieu de cristallisation de longue durée des forces en présence dans le cadre d’une guerre froide qui ne dit pas son nom, François Hollande – qui n’a pas un sou en poche, dit-on – ne prend-il pas son téléphone pour appeler ses amis les émirs? Pourquoi les Etats-Unis ne sont pas «chauds» pour une intervention? Iront-ils jusqu’à la saboter si elle a lieu?

Pourquoi les salafistes sont-ils les alliés, voire la force virile de l’Occident en Syrie, comme hier en Libye, quand il s’agit de chasser de vieux régimes «laïcs», et deviennent en Afrique subsaharienne la menace absolue?

Les Maliens ont l’impression d’être les victimes d’un grand jeu qui les dépasse. Ils n’ont pas sollicité la guerre de Libye menée par l’OTAN sans aucun souci de l’après-Kadhafi, mais ils sont obligés d’en subir les conséquences, dans un contexte où ils sont divisés, mal préparés militairement, et persuadés d’avoir fort peu d’amis dans la grande épreuve qui les étreint. C’est pour cette raison qu’ils se méfient. Et ils ont bien raison.


Théophile Kouamouo

 

Source: SLATE AFRIQUE

vendredi, 12 octobre 2012

DEBUT 2013, OUATTARA AUGMENTE LE PRIX DU CARBURANT ET DE L’ELECTRICITE

 

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 Mines des mauvais jours!!! Lundi 1er octobre 2012. Abidjan. Palais de la présidence. Alassane Ouattara accorde une audience à une mission du FMI conduite par M. Michel Lazare, Sous-Directeur du Département Afrique.

 

C’est l’un des rarissimes sujets qui met d’accord toutes les sensibilités médiatiques ivoiriennes. Dans leurs livraisons d’hier (mardi 2 octobre 2012, Ndlr), la presse ivoirienne, toutes tendances confondues, a parlé d’une même voix: les prix de l’électricité et du carburant vont connaitre une hausse!

L’information émane de la rencontre entre les autorités ivoiriennes et les envoyés du Fmi avant-hier lundi 1er octobre. Michel Lazare, sous-directeur Afrique dudit organisme et tête de la délégation hôte a en effet signifié à Alassane Ouattara qu’il doit absolument augmenter le prix du pétrole et du courant électrique. Et cette exigence des puissances économiques qui régentent le monde doit entrer en vigueur dès 2013. 

« Des efforts supplémentaires sont nécessaires pour faire face aux pressions exercées par la hausse mondiale des prix de l’énergie notamment sur les mécanismes d’ajustement, de fiscalisation et de subvention des prix des produits pétroliers (...) », professe Michel Lazare. Traduisons en des termes simples les exigences de la délégation du Fonds monétaire international. Il y a une hausse mondiale du prix de l’énergie, le courant électrique y compris.

Par conséquent, l’Etat de Côte d’Ivoire doit faire des « efforts supplémentaires », c’est-à-dire augmenter le prix du courant, afin de pouvoir faire face aux exigences de cette hausse. Comment augmenter le courant? Michel Lazare donne la recette: augmenter la fiscalité, faire des ajustements, etc. Autrement dit, dès 2013, la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), filiale de la multinationale française Bouygues, va augmenter le prix du courant. Ça va chauffer dans les poches!

Il ressort des échanges avec le régime d’Abidjan que les envoyés de Christine Lagarde ne sont pas contents des autorités ivoiriennes car les augmentations devraient être faites depuis bien longtemps. Mais elles ont trainé jusqu’à ce jour. D’où la « nécessité » des efforts qui doivent être faits début 2013.

Face à ces exigences, le gouvernement  Ouattara, qui n’a d’autre choix que de se conformer aux desiderata des puissances économiques, a montré son embarras. Les autorités sont en effet coincées entre le marteau des institutions de Bretton Woods et le soulèvement populaire que pourraient entrainer des telles mesures. « Le choix est difficile pour le gouvernement, nous voulons faire un choix conséquent », a avoué l’Argentier ivoirien. Qui s’est tout de même plié à la volonté de Michel Lazare et de sa délégation : «Ces mesures seront certes impopulaires mais elles seront comprises avec le temps», s’est-il résigné.

Les bénéfices engrangés par ces augmentations visent, si l’on en croit M. Michel, à « assurer un financement adéquat et pour l’accroissement de la production et l’extension du réseau de distribution, l’introduction de la flexibilité dans la détermination des prix des carburants, la maitrise de la masse salariale, etc. » Disons ça aussi en des termes accessibles à tous: les bénéfices serviront à la multinationale détentrice exclusive de l’exploitation de l’électricité en Côte d’Ivoire, la CIE, ainsi qu’aux exploitants du pétrole ivoirien à étendre leur réseau, et asseoir leur influence.

Hormis cela, la délégation du Fonds monétaire a aussi donné dans la mystification en pondant des chiffres qui ont fait sourire plus d’un dans la salle. En effet, selon le communiqué de presse de fin de mission, les experts occidentaux ont affirmé que « les résultats économiques au cours de la première moitié de l’année 2012 ont été meilleurs que prévus. » Mais l’Ivoirien lambda se demande de quels meilleurs résultats parlent ses hommes. On a du mal à se nourrir par manque d’argent, et quand il y en a, les prix des denrées alimentaires sont hors de portée des bourses.

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui » du mercredi 3 octobre 2012.

jeudi, 11 octobre 2012

BARACK OBAMA SERA-T-IL LUI AUSSI ATTEINT PAR LA MALEDICTION DE KADHAFI?


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BREVE - Le sondage Pew, dévoilé hier (lundi 8 octobre 2012, Ndlr), serait dévastateur, simplement dévastateur, selon des proches du président Barack Obama qui ne croit plus vraiment à une victoire. Il a visiblement oublié que Pew n’est qu’un sondage parmi tant d’autres. Mais, ce qui lui fait mal semble-t-il, c’est de voir la remontée spectaculaire de Mitt Romney. Car, avant le premier débat, Obama plafonnait parfois à 51% tandis que Mitt Romney, son challenger, se contentait de 43 %.  Maintenant, le mormon Romney passe à 49% et Barack Obama chute à 45%.

 

C’est tout simplement un renversement sans précédent pour un candidat en plein mois d’octobre, de mémoire d’Américain. Auparavant, Barack Obama dominait sur tous les tableaux, en matière économique, politique ou sociale. Maintenant, c’est Mitt Romney qui mène le débat, dans la quasi-totalité d’entre eux. La dernière performance de Barack Obama au débat dernier, a donné un élan mirifique de 12 points à Mitt Romney.

La question est de savoir qui est mieux que l’autre? Romney n’a pas encore dirigé mais il s’avère que ses déclarations sont un danger pour la planète entière même s'il n’a pas les moyens de sa politique. L’Amérique, endettée, ne peut ouvrir un nouveau front. Quant à Barack Obama, il a fait preuve de brutalité durant son mandat. Suivra-t-il le chemin de la bande à «Bono» à l’origine de l’assassinat de Mouammar Kadhafi et qui ont tous perdus une élection présidentielle?

 

Source: Le blog d'Allain Jules

HUGO CHAVEZ: LES LEÇONS D'UNE VICTOIRE

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La victoire d’HUGO CHAVEZ est la victoire du socialisme de marché et de la démocratie participative qui constituent en réalité l’idéologie émergeante dont le leadership est assuré par la Chine.

L’aveuglement de l’impérialisme occidental qui le conduit à diaboliser systématiquement tous ceux qui n’empruntent pas la voie sans issue du libéralisme, l’isole de plus en plus de l’aspiration profonde des masses populaires pour être un simple marchant d’armes et un instrument d’endettement de leur population aux profit des détenteurs de paradis fiscaux.

En déclarant stratégique un certain nombre de secteurs économiques dont le secteur pétrolier sous contrôle de l’Etat, le Venezuela a pu redistribuer les richesses du pays et créer un tissu industriel dont les facteurs de productions sont internes.

Le contrôle par l’Etat a touché les secteurs suivants :

• La nationalisation du secteur des pétroles est un choix aussi idéologique que stratégique. La ressource, représente 30 % du PIB et 85 % des exportations. L’Etat détient 60 % des projets menés par Petroleum PLC, américaines Exxon Mobil, Chevron, Conoco Phillips, la française Total et Statoil.

• Les secteurs des télécommunications et de la production d'électricité ont également été nationalisés. Les sociétés refusaient par exemple d'investir dans des régions jugées peu rentables. 

• Au début de l'année 2008, le gouvernement vénézuélien annonce la nationalisation de la production de ciment, montrée comme une réponse au choix des sociétés étrangères d'exporter une partie de leur production en situation de pénurie de logements. 

• En 2010, le commerce de détail est nationalisé, avec la chaîne Exito détenue par le groupe français Casino accusée de contribuer à la hausse des prix. La filiale locale de l'américain NorPro, fabricant un produit pour les forages pétroliers est étatisée et intégrée à l'entreprise publique PDVSA qui détient les parts pétrolières pour le compte de l’Etat. Le groupe sidérurgique italien Tenaris Dalmine est exproprié de ses actifs, n'ayant trouvé un accord financier avec le gouvernement. 

Conséquence, le taux de croissance a atteint dans la période CHAVEZ des pics de 17% avec une réduction continue du niveau de pauvreté passant de 67% à 27% de 97 à 2011. Cette réélection confirme ce choix stratégique contre le désir de quelques multinationales qui rêvaient d’un retour triomphal par une diabolisation démesurée.

Le Venezuela a été l’initiateur de l’OPEP ayant permis aux pays producteurs de pétrole de contrôler le marché international du pétrole au profit des producteurs.

Avec CHAVEZ la révolution bolivarienne est passée du rêve à la réalité servant d’exemple à plusieurs pays d’Amérique du Sud et une leçon pour ceux qui veulent émerger de la dépendance.


DON MELLO Ahoua

Dr Ingénieur des Ponts et chaussées,
Ancien Ministre

mardi, 09 octobre 2012

COTE D’IVOIRE: POURQUOI OUATTARA N’Y ARRIVE PAS


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Le président ivoirien enregistre des réussites sur les plans économique et financier, mais le climat politique reste toujours délétère. Ce qui inquiète les investisseurs. Faute d’une véritable volonté de réconciliation, la Côte d’Ivoire risque de rechuter.

 

«Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire.

«Il», c’est Alassane Ouattara, le successeur de Laurent Gbagbo. Après dix-sept mois à la tête de son pays, le président ivoirien a réduit la dette, lancé de grands chantiers, mais il est loin d’avoir pacifié le pays.

Pire, plus le temps passe, plus les antagonismes semblent s’exacerber, plus la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une crise politique dont on ne voit pas l’issue, plus les investisseurs doutent de sa capacité à restaurer la sécurité.

Pourtant, Ouattara, qui bénéficie de la confiance de toutes les institutions internationales (FMI, Banque mondiale), dispose de nombreux atouts pour réussir dans sa mission de reconstruction du pays.

Mais, les milliards ne peuvent suffire à guérir les traumatismes, à rebâtir un consensus et une volonté de vivre ensemble. Pour sept raisons.

1— Une justice à géométrie variable

Lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara avait promis la fin de l’impunité. On peut évidemment se féliciter qu’enfin, en Côte d’Ivoire, on inculpe, on juge et on condamne les responsables d’assassinats politiques, comme ceux du colonel Dosso (un proche du nouveau président) ou du général Robert Guéï, mais les investigations de la justice se limitent à traquer les pro-Gbagbo.

Recherche-t-on ceux qui ont abattu Emile Boga Doudou, le ministre de l’Intérieur de Gbagbo, lors du coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002, ceux qui ont exécuté plusieurs dizaines de gendarmes «loyalistes», à Bouaké, en octobre 2002, ceux qui ont asphyxié dans des conteneurs plusieurs dizaines de partisans d’Ibrahim Coulibaly, le chef rebelle dissident, en 2004 à Korhogo (nord du pays)?

Selon une commission d’enquête mise en place par le nouveau pouvoir lui-même, les forces armées pro-Ouattara seraient responsables de la mort de 727 personnes lors des violences postélectorales de fin 2010 et 2011. Contre 1.452, attribués aux pro-Gbagbo. Soit 2.179 victimes au total, un bilan nettement sous-estimé.

Cette comptabilité macabre prend-elle aussi en compte les centaines de Guérés (une ethnie de l’Ouest, à la frontière avec le Liberia) exécutés dans l’ouest du pays, en avril 2011 par des milices pro-Ouattara, un massacre dont aucun auteur n’a été arrêté à ce jour?

Pourquoi enfin des ex-ministres de Gbagbo, des responsables du FPI, le parti de l’ancien président, continuent-ils d’être détenus sans jugement, dix-sept mois après leur arrestation?

2— Une base électorale qui s’effrite

Alassane Ouattara a été porté au pouvoir par un scrutin électoral dont la communauté internationale a jugé les résultats «incontestables»: 54,1% contre 46,9% à son adversaire.

Mais, tel qu’il a été proclamé, il ne prend pas en compte les fraudes constatées par de nombreux observateurs en zone ex-rebelle, dans le Nord et le Centre du pays.

Faute d’avoir obtenu un recomptage des bulletins, les partisans de Gbagbo, qui s’estiment floués, refusent aujourd’hui d’admettre leur défaite électorale.

De plus, Ouattara (32,08% au premier tour) a dû sa victoire au soutien de l’ex-président Henri Konan Bédié et du PDCI, l’ex-parti unique.

Une formation aujourd’hui traversée par des courants contradictoires que Bédié s’efforce d’annihiler en restant, à 78 ans, assis sur le couvercle de la marmite.

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3— Des soutiens militaires en grande partie acquis à Soro

L’ossature des FRCI (Forces Républicaines de Côte d’Ivoire) est constituée de com-zones, ces chefs militaires de l’ex-rébellion qui se sont partagés le pays et les quartiers d’Abidjan.

Pendant huit ans, ils ont tenu le Nord du pays sous les ordres de leur chef politique Guillaume Soro, désormais président de l’Assemblée nationale.

Ce sont eux qui, en avril 2011, ont marché sur Abidjan pour déloger Gbagbo avec l’aide des dozos, ces chasseurs traditionnels venus du Nord et de pays voisins, et de soldats étrangers, en majorité burkinabè.

Ils ont conquis la capitale ivoirienne grâce aux bombardements des hélicoptères français et de l’ONU,  et au renfort décisif dans la matinée du 11 avril 2011 des blindés français.

Depuis son entrée en fonction, le président ivoirien, qui a pris les fonctions de ministre de la Défense, s’est efforcé, sans grand succès, de réduire leur pouvoir. Et de les contrôler en les propulsant à des postes de chefs dans la nouvelle armée ou même en leur donnant des casquettes de préfets.

Mais, c’est Soro qui reste le patron effectif de la plupart d’entre eux. Et donc, maître du jeu.

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4— L’ombre de Gbagbo

Eloigné à La Haye, où il est détenu depuis le 29 novembre 2011, l’ex-président continue de hanter la politique ivoirienne.

Ses partisans exigent toujours sa libération comme préalable à une éventuelle réconciliation. La Cour Pénale Internationale n’a toujours pas organisé l’audience de confirmation des charges.

Elle tergiverse, en attendant que des pro-Ouattara, responsables de massacres, lui soient livrés. Ce qui l’absoudrait d’une accusation de partialité et de pratiquer, elle aussi, la «justice des vainqueurs».

Comme Ouattara fait la sourde oreille aux demandes de la CPI, on ne voit pas comment Gbagbo pourrait s’asseoir seul au banc des accusés. Et l’ex-président a été tellement diabolisé, notamment dans les médias français, qu’il paraît difficile à la CPI de le remettre en liberté sans autre forme de procès et sans perdre la face.

5— La menace d’une crise sociale

Même s’il n’a pas réussi à collecter auprès des bailleurs de fonds internationaux tous les milliards promis lors de sa campagne électorale, Alassane Ouattara, qui ne cesse de parcourir le monde, est parvenu à renflouer les caisses exsangues de son pays. C’est même ce qu’il fait de mieux.

Les routes défoncées sont réparées, l’université, qui était devenue une jungle, est rénovée, de grands chantiers sont lancés. On nettoie les rues des ordures qui les encombraient sous Gbagbo. On débarrasse les trottoirs des baraques de commerçants dioulas installés là sans autorisation. Bref, c’est le grand ménage et la Côte d’Ivoire est de retour.

Mais, derrière les apparences, l’extrême pauvreté gagne du terrain. Les prix de denrées de base comme le riz, flambent. A cause d’une inflation mondiale mais aussi de circuits de production ou de distribution défectueux ou corrompus.

De nombreux miliciens pro-Ouattara ne sont toujours pas désarmés. Les braquages et l’insécurité empêchent l’activité économique de décoller. Les jeunes sont sans travail.

Un contexte social qui pourrait rapidement devenir explosif. Ouattara saura-t-il alors trouver les mots et les actes pour le désamorcer?

6— La réconciliation en panne

La crise postélectorale a gravement traumatisé les Ivoiriens qui n’avaient jamais vraiment connu la guerre.

L’irruption de combattants étrangers (français, ouest-africains, dozos) dans le conflit a profondément déséquilibré une communauté d’une soixantaine d’ethnies qui avaient réussi à trouver un modus vivendi, malgré des tensions croissantes depuis les années 90.

Le traumatisme est sans doute aussi profond que celui provoqué par la conquête coloniale et il faudra des années pour le guérir.

Pour remettre le pays en route, il était urgent d’engager de fortes actions de réconciliation comme l’Afrique du Sud en a connu à la fin de l’apartheid (Nelson Mandela a été élu en 1994). Mais Ouattara n’est pas Mandela.

Au lieu de tendre la main aux vaincus, il s’est crispé dans une vindicte judiciaire souvent nécessaire, mais toujours partisane.

Les pro-Gbagbo sont sommés de demander pardon, de faire amende honorable comme si c’était une faute inexpiable d’avoir soutenu le président déchu.

Résultat, des dizaines de milliers d’entre eux sont toujours en exil et refusent de rentrer au pays. Et certains, parmi les plus radicaux, mènent des actions de guérilla avec, semble-t-il, le renfort de partisans d’Ibrahim Coulibaly.

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7— Un Etat de droit un peu tordu

Les FRCI, qui ont beaucoup rançonné les pro-Gbagbo, sont perçus comme une force partisane, à l’unique solde du pouvoir en place.

La corruption continue à régner. Des chefs militaires se promènent au volant de véhicules de type Hummer.

L’instauration d’un véritable Etat de droit apparaît bien lointaine, même si Ouattara ne cesse de mettre en garde ses ministres contre des actes de prédation et de prévarication.

Or, le nouveau président a installé à certains postes clés des hommes, certes d’une fidélité irréprochable, mais d’une moralité parfois douteuse.

Beaucoup de partisans de Gbagbo rasent les murs dans leur propre pays, se gardant de s’exprimer publiquement.

Des journaux d’opposition sont régulièrement suspendus et des artistes interdits d’antenne à la RTI (Radio-Télévision ivoirienne).

Deux des principaux chefs du FPI (Front Populaire Ivoirien) sont détenu à la Maca, la maison d’arrêt d’Abidjan.

Pourtant, pour sortir de la lourde crise politico-militaire qu’elle vient de vivre, la Côte d’Ivoire a besoin de la mobilisation de toutes ses énergies.


Philippe Duval


Source: SLATE AFRIQUE.COM

lundi, 08 octobre 2012

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL SUITE AU RAPPORT D’EXPERTS INDEPENDANTS DE L’ONU DIFFUSE PAR RFI

 

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Le samedi 6 octobre 2012, la Radio Française RFI annonçait un rapport de l’ONU qui ferait état d’une réunion des pro-GBAGBO au Ghana dans la ville de TAKORADI le 12 juillet 2012 visant à déstabiliser le régime OUATTARA. Ce rapport ferait état du soutien politique et financier de pro-GBAGBO en exil dont KONE KATINAN, GOSSIO Marcel, Charles BLE GOUDE,  Damana PICKASS, KORE Moise, Nady BAMBA.

Cette rencontre aurait eu pour objectif la préparation d’une entreprise de déstabilisation de la Côte d’Ivoire  à partir du Ghana en relation avec l’ex-junte militaire au Mali et les Jihadistes d’Ansar Dine.

Ce rapport intervient dans un contexte marqué par la faillite de la gestion des problèmes sécuritaires, socio-économiques et du refus de la réconciliation des ivoiriens par le régime OUATTARA. Ce régime fait donc face à un  mécontentement généralisé aggravé par une justice sélective et une répression de plus en plus féroce. Enfin le conseil de sécurité a décidé d’une diminution des effectifs  de l’Onuci pour obliger OUATTARA à mettre en place une véritable armée nationale et ramener la paix.

Ce rapport qui ne mentionne nulle part le refus de OUATTARA d’aller à la réconciliation et les graves violations des droits de l’homme vise en réalité à :

-Sauver le régime OUATTARA en difficulté

-Maintenir les effectifs de l’ONUCI

-Mettre la pression sur le Ghana afin de livrer les exilés ivoiriens vivant sur son territoire

 - Créer des circonstances aggravantes à la détention du Président Gbagbo en incriminant son porte-parole, ses proches et son parti politique par une diabolisation allant de crimes économiques, crimes de sang à la déstabilisation en liaison avec l’ex-junte malienne et les Jihadistes d’Ansar Dine.

Le caractère grossier, mensonger et fumant de ce rapport nous interpelle car depuis l’avènement de  Laurent GBAGBO au pouvoir en 2000 et la crise qui a éclaté en Côte d’Ivoire en 2002 par des rebelles pro-OUATTARA venus du Burkina-Faso, il y a une constance dans la production et la certification du faux contre le régime GBAGBO et ceux qu’on appelle les pro-GBAGBO.

Dès l’élection du Président GBAGBO en 2000, un charnier fabriqué par Ouattara a été attribué à Laurent GBAGBO; les images ont  fait le tour du monde.

En 2010, suite au deuxième tour des élections présidentielles, le réseau françafricain en Côte d’Ivoire fabrique de faux résultats du deuxième tour des élections présidentielles. La trilogie médiatique françafricaine : France 24, AFP, RFI diffusent en boucle, ce résultat qui sera ensuite certifié par l’ONU sur présentation de la France.

En pleine crise postélectorale, ce même réseau avec la même méthode, fabrique des violations des droits de l’homme systématiquement attribuées au régime du Président GBAGBO et certifiées par l’ONU pour justifier l’intervention de l’armée française et de l’ONUCI. Il s’en est suivi l’arrestation du Président GBAGBO, l’installation de OUATTARA, l’arrestation de tous les hauts responsables du FPI avec la complicité de l’ONUCI qui avait en charge la protection d’une partie d’entre eux à l’hôtel Pergola d’Abidjan.

Pour justifier aux yeux des autorités ghanéennes la nécessité de livrer les partisans de GBAGBO au Ghana, un faux complot financé par le régime OUATTARA est monté par l’intermédiaire d’un lugubre affairiste ghanéen d’origine nigériane, le nommé TAHO TCHICATA pour servir de preuve. Complot ayant entrainé l’arrestation du Colonel Katé à Abidjan et du Ministre d’Etat Moïse Lida Kouassi  au Togo et extradé. L’enquête conduite par le régime ghanéen a aboutit à l’arrestation de ce sinistre personnage.

Une auto attaque du post frontalier de Noé est organisée entrainant la fermeture de toutes les frontières avec le Ghana avec d’énormes conséquences socio économiques  pour l’ensemble de la CEDEAO. Le village ivoirien de Nougoua d’où seraient partis les assaillants est présenté pour les besoin du faux comme un village ghanéen.

Non satisfait de tous ces faux complots, Interpol est sollicité pour procéder à l’enlèvement du Porte-parole du Président GBAGBO pour crime économique. La justice ghanéenne attend encore les preuves de ce crime. Dans l’impossibilité de prouver le crime économique, il est accusé de meurtre sur la personne d’un vieillard de 83 ans sans preuve.

Des  infiltrés de ouattara se faisant passer pour des pro-GBAGBO venus acheter des armes, sont arrêtés par la police ghanéenne et remis à leur commanditaire.

Après avoir échoué dans ces entreprises antérieures, le régime ouattara va fabriquer  une fausse réunion à Takoradi visant à  monter un faux complot.

Dans le même souci le représentant de l’ONU à Abidjan est dépêché à ACCRA pour convaincre le gouvernement ghanéen de l’existence d’un tel complot dont les ramifications vont jusqu’à Ansar Dine qui occupe le Nord du Mali.

Lorsqu’on connait le drame que ces différents faux, certifiés par l’ONU avec la bénédiction du réseau françafricain a causé à la Côte d’Ivoire, la coordination FPI ne peut se taire devant un tel faux.

Les personnes citées par ce rapport ont tous démenti leur soutien politique et financier  aux prétendues opérations armées qui seraient menées depuis le Ghana et le Liberia.

Il apparait manifestement surréaliste que des pro-GBAGBO aient réussi l’exploit de rapprocher l’ex-junte militaire malienne et les jihadistes d’Ansar Dine en conflit ouvert, pour un projet de déstabilisation du régime OUATTARA.

La coordination FPI en exil tient donc :

-A dénoncer cette escalade de la diabolisation du Président GBAGBO, de ses proches et de son parti.

-A dénoncer publiquement cette tentative de certification  par l’ONU d’un faux complot pour livrer les exilés ivoiriens à la torture 

-A dénoncer RFI pour s’être illustré une fois encore comme un instrument de diabolisation des pro-GBAGBO.

-A dénoncer le réseau françafricain dont le seul objectif est la création d’une insécurité permanente en Afrique de l’ouest pour réaliser le commerce odieux armes contre matière première.

La coordination rappelle son attachement à la transition pacifique à la démocratie et aux méthodes pacifiques de résolution des  conflits et invite donc :

-M. OUATTARA à abandonner la voie sans issue du faux et à s’engager dans la recherche d’une réconciliation sincère, effective et durable. Cette réconciliation passe par la libération  du président Laurent Gbagbo, de tous les prisonniers politiques civils et militaires, du retour sécurisé des exilés.

-Invite l’ONU dont le crédit dans l’opinion ivoirienne est  fortement entaché à revenir aux  valeurs cardinales qui ont été au fondement de sa création  et à œuvrer pour l’apaisement et la réconciliation nationale.

-Rassure les autorités ghanéennes et toute la communauté internationale de notre volonté de trouver une issue politique à la crise ivoirienne par la négociation.

La Coordination du FPI en Exil lance un appel pressant à tous les ivoiriens pour l’avènement d’un état de droit en vue d’éviter encore des drames à notre pays.

 

Pour la Coordination du FPI en Exil,

Le Porte parole

 

Dr Assoa Adou

LA FRANCE, ARTIFICIELLEMENT RICHE PAR L'ESCLAVAGE MONETAIRE DE L'AFRIQUE

 

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Le Franc CFA a été créé le 25 décembre 1945 par la France selon l'article 3 du décret n° 45-0136 et publié au Journal Officiel français du 26 décembre 1945. Un bien curieux cadeau de Noël aux Africains.

Jean Boissonnat, membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France (1994-1997) disait ceci en parlant du Franc CFA:

«Pratiquement toutes les décisions étaient prises à Paris. La zone franc a permis à la France de se fournir en certaines matières premières (plomb, zinc, manganèse, nickel, bois, phosphate, oléagineux, uranium...) sans débourser des devises. On a calculé qu'elle représentait (pour la France) 250 millions de dollars par an d'économies de devises. La métropole a acheté, en 1954, pour 365 milliards de marchandises (principalement des produits). On a estimé que 500.000 Français de la métropole tiraient leur moyens d'existence de l'ensemble économique de la zone franc». "La Zone Franc: Survivance du Passé ou Promesse d'Avenir" dans La Croix, 17 février 1960.

Quelques décennies plus tard, strictement rien n'a changé et les Africains continuent d'approvisionner l'économie française gratuitement comme les Français, sous occupation, le faisaient jadis en direction de l'Allemagne nazie.

«L’institution et le fonctionnement du soi-disant accord de compensation valurent à l’Allemagne des avantages considérables. Grâce à lui, elle put acheter gratuitement et sans limitation toutes les ressources françaises nécessaires à la poursuite de la guerre et à la subsistance de sa population». Pierre Arnoult (Inspecteur général des Finances), "Les finances de la France et l’occupation allemande (1940-1944)", p.192 (1951).

C'est en 1963 que les Accords de Yaoundé I marque le début de la coopération entre l'Europe et 18 États africains dont ceux de la zone CFA. Au fil du temps, ces accords vont connaitre nombreuses mutations, mises à jour, et une adhésion progressive d'autres États au concept:
 
-Accords de Yaoundé II en 1969;
-Accords de Lomé I en 1975;
-Accords de Lomé II en 1979;
-Accords de Lomé III en 1984;
-Accords de Lomé IV en 1989;
-Accords de Cotonou en 2000;
-Et aujourd'hui les fameux APE (accords de partenariats économiques).

Le mot "coopération" fait partie de la quincaillerie des mots mielleux qui caractérisent le discours philanthropique de l'Occident pour placer un écran de fumée sur la logique de prédation dans laquelle cet Occident entraine toute l'Afrique. 

Jean Foyer, ministre de la coopération française (1961-1962) et ancien garde des Sceaux du général de Gaulle et connu pour être l'un des artisans de la Constitution française de 1958, déclara: «On a passé avec eux (les pays africains de la zone CFA) des accords (dits de coopération) sur les matières premières stratégiques. Ces accords sur les matières premières stratégiques les obligeaient tout simplement à nous proposer à nous en premier lieu de nous accorder des concessions mais en ne les obligeant d'ailleurs pas à le faire». "Cameroun: Autopsie d'une indépendance", film réalisé par Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (2009).

Le dénominateur commun de ses accords est, pour le cas de la France étudié ici, l'exportation des matières premières vers la France sans tarifs douaniers et l'importation en Afrique, sans barrière douanière, des produits finis qui ont été manufacturés en France. 

L'achat, si on peut l'appeler ainsi, par la France de ses matières premières se fait en créditant les comptes d'opérations des pays africains de la zone CFA (ces comptes sont en France) sans pour autant les payer concrètement. En clair, cette approvisionnement en matière première est gratuite pour la France. C'est ainsi que les pays africains de la zone CFA sont pris en otage par la France dans la mesure où leur argent est supposé être dans ses nébuleux comptes d'opérations dont seul la France connaît le secret.

«En 1966... le gain total de 1.220,3 millions de franc français résulte d'un apport de 221 millions de la France, d'un apport de 1.218,6 millions des États africains et malgache et d'un apport de 193,3 millions des autres pays de la zone franc (Mali excepté), soit 1 632,3 millions de francs». Journal officiel de France du 15 avril 1970 page 209.

Donc, l'apport concret des pays africains est 6 fois plus élevé que celui de la France.

Qui développe qui? Qui aide qui?

La France utilise les capitaux des pays africains de la zone Franc CFA pour couvrir ses déficits budgétaires et rembourser ses dettes publiques.

«L’avantage que représente pour le Trésor français l’existence de soldes créditeurs aux comptes d’opérations est réel, car ils sont l’une des ressources qu’utilise le Trésor français pour financer la charge qui résulte pour lui des découverts d’exécution des lois de finances et de l'amortissement de la dette publique». Xavier de La Fournière, "La zone Franc", Presses Universitaires de France. Collection «Que sais-je?» n° 868, 1971.

«Nous sommes dans la zone franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent? la France». Omar Bongo dans Libération, 18 septembre 1996, p.6.

Jacques Chirac d'avouer ce qui suit: «On oublie une chose... C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. Pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique! Alors il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité, mais de bon sens, de justice pour rendre aux Africains, … Je dirai... ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire si l’on veut éviter les pires convulsions ou les difficultés avec les conséquences politiques que ça comporte dans le proche avenir». Dans le documentaire "10 mai Africaphonie", 2008.

C'est ainsi que le professeur Nicolas Agbohou dit avec raison que: «LE FRANC CFA EST L'ÉPINE DORSALE DE LA FRANÇAFRIQUE».

Bref, tous ceux qui parlent de mettre fin à la Françafrique, aux relations sulfureuses avec la France, sans tuer le Franc CFA, sont simplement des mystificateurs, des marchands d'illusions.
 
 
 
Source: La page Facebook de Uhem Mesut

dimanche, 07 octobre 2012

L'ONU DEMENT L'INTOX DE RFI: «NOUS N'AVONS PAS EU CONNAISSANCE D'UN TEL RAPPORT»

 

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L’information donnée par RFI a été démentie par Sylvie van den Wildenberg, une porte-parole de l'ONU, dans le journal de 12h00 (du 06 octobre 2012) de la Radio BBC–Afrique.

côte d'ivoire,l'onu dément l'intox de rfi,"nous n'avons pas eu connaissance d'un tel rapport",la page facebook ma patrie

En effet, l'ONU a indiqué qu'elle n'a pas eu connaissance d'un tel rapport et qu'il s'agit d'un rapport d'un groupe d'experts indépendants qui n'engage pas l'ONU. 

Rappelons que la radio de propagande France-africaine "RFI" avait annoncé dans son édition du 06 octobre 2012 qu'un rapport de l'ONU mettait en cause le FPI et les exilés pro-Gbagbo du Ghana, dans la déstabilisation du régime Ouattara et de la CEDEAO, avec la complicité des groupes rebelles maliens Ançar-dine du Nord et ceux du Capitaine Sanogo du Sud du Mali : 

Information donc démentie par une porte-parole de l'ONU sur BBC-Afrique.

 http://www.bbc.co.uk/afrique/

Il faut réecouter le journal de 12h00 sur la BBC:

http://www.bbc.co.uk/afrique/audio_console.shtml?programm...

 

Source: La page Facebook Ma Patrie

LES RAISONS FRANÇAISES DE LA DESTABILISATION DU MALI


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Déjà lu, relu et toujours d'actualité. Bonne (re)lecture! 


La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques: les intérêts « français » et « individuels ».

 

Des intérêts français, la découverte du pétrole au Mali en est le déclencheur des hostilités. Bamako, 12 mai 2002, aussitôt élu président de la République avec 64,35% des voix au deuxième tour, Amadou Toumani Touré (ATT pour les intimes) fait un rêve, celui de faire du Mali un pays producteur du pétrole. Mais le rêve ne dit pas que l’or noir est un or du diable, qui insère son producteur au rang de la malédiction où d’autres anciennes colonies françaises comme le Congo Brazzaville, le Gabon... sont depuis, tenus en laisse par Paris. Le Mali peut toujours jouer le jeu de la démocratie en organisant des élections crédibles et en assurant des alternances dans la paix tant qu’une goutte de pétrole ne coule pas encore du bassin de Taoudéni dans le nord du pays. Taoudéni ? C’est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 m d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 km², soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale, qui s’étend hors du Mali au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Algérie. Cette précision est d’une importante capitale à noter pour la suite de l’analyse.

Il est de bon augure pour ATT de créer, dès 2004, l’Autorité pour la promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP). Des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur cinq bassins sédimentaires sont signées entre le gouvernement malien (9 blocs) et les sociétés de recherche pétrolière pour les 20 autres blocs. Parmi ces sociétés, il y a la compagnie italienne d’hydrocarbure ENI (50%), l’australienne Baraka Petroleum (25%) et l’Algérienne SIPEX (25%), dont les opérations de sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 sont assurées par l’Entreprise Nationale Algérienne de Géophysique (ENAGEO), une filiale de SONATRACH qui est la première des douze sociétés pétrolières d’Afrique. Sans oublier l’apport de 46 milliards de FCFA par PetroPlus Angola, destinés à la promotion de la recherche pétrolière, à l’exploitation, au transport, au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeux, et à la formation du personnel technique malien.

Très bien tout cela ! Sauf que dans l’Eden du pétrole d’un pays tenu en laisse par la France, citer ou ne pas citer le nom de Total/Elf est synonyme de consommation d’un fruit qui rend ivre et provoque de grands changements aux consommateurs. Car, présent ou non auprès d’eux, Total/Elf est un serpent toujours présent dans l’Eden du pétrole et dont on ne peut qu’être pénétré de son influence. L’ivraie s’introduit parmi le bon grain ; d’où le péché originel qui expose d’ores et déjà, pour de nombreuses décennies, des générations maliennes entières à en payer le prix.

Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale.

Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.

Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.

Comme en Côte d’Ivoire ou en Libye, le principe de « diviser pour mieux régner » est parfaitement sous orbite au Mali. Objectif : commencer par diviser le Mali en zones nord et sud avec, au milieu des deux zones, des armées étrangères d’interposition (genre Licorne, Casques blancs, Casques bleus…) qui, au nom de la réunification du pays, les occuperont progressivement pour s’y implanter quasi-définitivement, le temps que la France installe durablement ses larbins et s’assure de la mainmise de l’or noir annoncé afin de procéder au pillage avec autant de cruauté que d’avidité. Ficelle de la scission tirée dans la clandestinité depuis Paris et bien d’autres capitales occidentales, les rebelles se sont déjà constitués dans le nord du Mali en un mouvement tribal appelé Azawad. Équipés par les maîtres occidentaux d’une quantité impressionnante d’armes, de munitions et autres matériels de guerre en provenance d’Europe et de la Libye, ils ont lancé les attaques contre les garnisons militaires de la région et occupe actuellement toute la partie nord du pays. Pour affiner la stratégie de la déstabilisation du Mali, le Quai d’Orsay peut sans gêne recevoir à visage ouvert les membres voilés de cette rébellion d’autant que toute forme d’aide qui leur est due ne peut que relever du bon sens, le prétexte étant tout trouvé : le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, le laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger de faire appel à l’éternel sauveur, la France.

Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.

En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.

 

Calixte BANIAFOUNA


Source: MEDIAPART

LE MALI, NOUVELLE VICTIME DESIGNEE D'ACTIVES INGERENCES NEOCOLONIALES FRANÇAISES

 

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François Hollande, au nom de la France, prit la parole lors de la 67ème session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU le jour de son ouverture, le mardi 25 septembre 2012, demandant entre autres choses un mandat international pour une intervention militaire étrangère au Mali, dont le nord du pays est occupé par des rebelles. Il qualifia d’”insupportable, inadmissible, inacceptable” l’occupation du vaste territoire du nord malien “par des groupes terroristes” en annonçant que la France soutiendra toutes les initiatives qui seront prises par les Africains. (1)

Pour rappel, la France de M.Chirac et de M.Sarkozy ne trouvait pas insupportable, inadmissible ni inacceptable l’occupation du nord ivoirien par des rebelles sanguinaires, putschistes ratés, depuis septembre 2002 et cela jusqu’à avril 2011, car ces rebelles soutenaient l’homme adoubé par Paris, l’ancien fonctionnaire du FMI Alassane Dramane Ouattara (ADO), aujourd’hui hissé au pouvoir en Côte d’Ivoire. Et droites et gauches françaises se donnaient la main durant cette période dans une union sacrée assurant cette collusion où J. Chirac et N. Sarkozy assuraient un soutien militaire français aux rebelles pour agresser l’Etat ivoirien. Ici la France soutient des rebelles, là-bas elle fait la guerre pour les combattre. Allez comprendre ! Les rebelles semblent bons s’ils sont en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, à un moment donné et contre l’ennemi désigné des intérêts occidentaux (réel ou supposé). La géométrie variable est bien  visible. La ficelle est grossière.

La France s’immisce à présent de façon aiguë et accélérée au Mali. Le néocolonialisme décomplexé se manifeste une fois de plus. L’ingérence politique et « diplomatique » devient ouvertement militaire. La crise interne, politique et militaire, au Mali veut être résolue militairement par la seule France et ses alliés africains, ses anciennes colonies ouest africaines. Dans un élan désintéressé ?

Les origines d’une crise sans précédents : Touaregs et islamistes contre le Mali, plus affaibli que jamais.

Cette crise au Mali est due aux rébellions, (2) sécessionnistes et/ou fondamentalistes, touarègues ou islamistes, qui réussirent à attaquer, occuper et contrôler le nord du pays avec ses villes principales, Gao, Kidal, Tessalit et la légendaire Tombouctou, depuis janvier 2012. Ceci provoqua un putsch fin mars 2012 pour déposer du pouvoir le général Amadou Toumani Touré, dit « ATT », impuissant et visiblement incompétent, président élu, lors de son  élection contestée fin avril 2007 (comme lors de sa première élection, en mai 2002), et en fin de mandat car une élection présidentielle était prévue pour le 29 avril 2012. Le coup d’Etat fut populaire, et eut un fort soutien politique et citoyen exprimé publiquement. (3) Une description fine, avec une tentative d’analyse pertinente, ultérieure, devrait aborder le richissime sujet d’actions et réactions au Mali face au ‘pronunciamiento’ militaire, des partis, mouvements politiques, syndicats, associations, communautés, musulmans non-intégristes, soutiens et opposants des jeunes officiers révoltés, et des consensus et clivages.

Faut rappeler que la déstabilisation du Sahel, de toute la bande sahélo saharienne, donc du nord du Mali à présent occupé par des rebelles, est l’une des conséquences directes de la guerre de l’OTAN contre la Libye, dont la France de N. Sarkozy fut l’initiatrice. Ce conflit provoqua la prolifération et le renforcement de bandes armées djihadistes et, à la chute du régime libyen et après l’exécution de Mouammar Kadhafi, la débandade de l’armée libyenne et la dissémination accélérée d’armes de tout genre et d’hommes armés dans le Sahel. Parmi les Touaregs rebelles et les islamistes au Mali il y a des vétérans de la guerre en Libye de 2011.

Après les offensives rebelles de janvier 2012 et la chute de tout le nord du pays suite au retrait de l’armée malienne au mois d’avril dernier, à présent les mouvances islamistes chercheraient, avec les crimes commis au nom de la charia et une lente poussé vers le sud-ouest, l’affrontement afin de galvaniser et d’unifier les groupes djihadistes probablement pour internationaliser le conflit dans le but d’« afghaniser » la région. Le MLNA touareg  ayant été à l’heure actuelle largement submergé par les groupes islamistes. L’arroseur arrosé ? Qui tire les ficelles occultes de ces mouvances ? L’offensive du MLNA permettait à ses parrains un scénario d’eaux troubles où l’ingérence politique et militaire étrangère était autant cause que conséquence. Certains avancent les thèses bien plausibles, et démontrables, de l’implication française -sarkozyste- ainsi que des burkinabés (Blaise Comparé ayant facilité son pays comme base arrière) avec le MNLA, qui a pignon sur rue à Paris avec un siège qui agit ouvertement sans entrave. D’autres spéculent  sur l’implication et accointances du Qatar -voire de quelques services algériens- avec des islamistes. Le « médiateur » Compaoré veut inclure le Qatar dans la table des négociations ! Les pompiers pyromanes n’ont pas des scrupules. Les hommes de paille et agents doubles semblent être partout. Et l’intoxication, la désinformation, reste une efficace arme de guerre. (4)

Une junte militaire prit le pouvoir le 22 mars 2012 à Bamako. Des jeunes militaires ayant formé un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat » (CNRDRE) avec le capitaine Amadou Haya Sanogo (formé aux Etats-Unis entre 2004 et 2010) à sa tête. Sous pression de la France, par l’entremise de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) représentée par le burkinabé Blaise Compaoré, le CNRDRE céda le pouvoir le 12 avril 2012 à Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale qui nomma le 17 avril Cheick Modibo Diarra au poste de premier ministre intérimaire. Tout cela eut lieu après que l’Etat malien soit frappé d’un embargo total et que des sanctions politiques et économiques lourdes soient décidées par la CEDEAO, la France, l’Union Africaine  et l’Union Européenne. Des élections présidentielles auraient dû avoir lieu pour que M. Traoré, président intérimaire, transfère le pouvoir à un président élu lors d’un scrutin régulier après la période de transition allant de trois semaines à quarante jours tel que le prévoyait la constitution malienne. (5) Mais le mandat intérimaire de quarante jours de D. Traoré fut prolongé pour une période d’un an de plus par Ouagadougou et entériné par la CEDEAO.

Rappelons qu’« ATT » fut déposé par les jeunes officiers d’une armée malienne qui lui reprochait son incompétence, son incurie et le manque des moyens pour lutter contre les rebelles touaregs et islamistes au nord du pays. Suite au coup d’Etat, l’embargo organisé par le couple France-CEDEAO empêcha l’armée malienne d’avoir des nouvelles armes, matériel militaire et munitions importées, pour lutter contre les rebelles  sécessionnistes. Et la conquête rebelle de territoires du nord put ainsi s’élargir et se consolider au mois d’avril dernier. La junte céda le pouvoir rapidement mais l’embargo continue encore aujourd’hui. A Bamako les Maliens ont déjà vivement manifesté leur mécontentement et impatience, comme le 21 mai dernier lorsque ils manifestèrent contre Dioncounda Traoré. Ce dernier fut alors blessé. (6)

Le rôle néfaste de la CEDEAO, efficace instrument français.

La CEDEAO, avec la France, organise activement l’impuissance de l’armée malienne pour mieux justifier l’envoi d’un corps expéditionnaire formé surtout d’un noyau ivoiro-burkinabé. Dans le port de Conakry, en Guinée, le matériel militaire destiné à l’armée malienne reste bloqué encore aujourd’hui et cela depuis des mois. (7)

L’ingérence française dans le conflit interne malien se concrétise avec le « consentement » de la victime, à savoir le propre Mali, car le président intérimaire malien a demandé le lundi 24 septembre au secrétaire général de l’ONU une intervention militaire étrangère. Étonnamment c’est le ministre français L. Fabius qui annonce cela à New York, à savoir que M. Traoré a demandé à Ban Ki-moon, une résolution du Conseil de sécurité autorisant “l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées”‘ en rajoutant que le “Mali souhaite la présence immédiate de cette force». (8) Mais ce n’est peut-être pas exactement si consenti que ça. Faut se demander si ce « consentement »  est totalement libre et complètement éclairé. Pour preuve, le journal Le Monde dit dans son article sur le sujet daté du mardi 25 septembre « Dimanche [24 septembre], le Mali a finalement cédé à la pression de la Cédéao qui, depuis des mois, soutient le principe d’une intervention militaire au nord du Mali . ». (9)

Faut se demander aussi si ceux qui ont demandé cette intervention sont légitimes et mandatés pour cela. Au Mali, Cheick Modibo Diarra (ayant une double nationalité, malienne et états-unienne) est le premier ministre d’un régime non issu des urnes. Et Dioncounda Traoré est un président intérimaire imposé aux Maliens par Ouagadougou. Il fut imposé par une France interventionniste ayant mandaté pour cela le peu démocrate militaire burkinabé Blaise Compaoré, ancien putschiste, au pouvoir dans son pays depuis vingt-cinq ans.

Dans le meilleur des cas D. Traoré et C. M. Diarra sont, soit des mannequins ventriloques forcés, portant la parole de Paris, soit victimes d’une naïveté sidérante.  Dans le pire de cas ils sont complices et activement partisans profrançais, Françafricains, bradant la souveraineté malienne, si petite soit-elle, manquant ainsi à leur devoir de défense de la souveraineté de l’Etat et du peuple maliens. C’est une affaire dans l’affaire. Un coup de force, un coup d’Etat en douce, à retardement, opéré, gagné pour l’instant sur le tapis vert d’une table lointaine, entre Ouagadougou, Paris et New York.

Ce n’est pas un jeu de pions ? Ce n’est pas un jeu de dupes ? Il est notoire que Paris -le président F. Hollande et le ministre des affaires étrangères L. Fabius-  a pressé Bamako -Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra- pour qu’il demande ouvertement une intervention militaire étrangère sur le sol malien. Et Paris se presse pour dire que ce n’est pas l’armée française qu’y interviendra mais un corps expéditionnaire africain de la CEDEAO. La France assurant bien sûr les moyens financiers, le renseignement, les armes et la logistique.

Comme l’OEA -Organisation des Etats Américains- qui fut des décennies durant le masque interventionniste des Etats-Unis en Amérique Latine, la CEDEAO est l’un de pseudonymes  de la France en Afrique. Elle est l’instrument de blanchiment et de légitimation, des décisions politiques, économiques et militaires françaises destinées à l’ensemble de la région, de l’Afrique de l’Ouest, et à l’égard de chaque pays qu’y se trouve, exception faite du Ghana et du Nigeria, de la sphère anglophone où les Britanniques « ont la main ». C’est une chambre d’enregistrement des desseins et impératifs de la métropole néocoloniale française concernant ses anciennes colonies ouest africaines. La banque centrale de l’union monétaire de la CEDEAO, l’UEMOA, à savoir la BCEAO, est contrôlée par. la Banque de France ! Et la monnaie, le franc CFA, signifiait franc des « Colonies françaises d’Afrique », terme devenu « Communauté financière africaine », plus politiquement correct.

Le cas « édifiant » de la Côte d’Ivoire et sa guerre de neuf ans. Chirac et Sarkozy réinventent « la coloniale »

Dans l’incroyable guerre -souterraine puis ouverte- déclarée contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo par la France depuis le 18 septembre 2002, lors d’une tentative ratée de putsch suivie de l’occupation du nord ivoirien par des rebelles partisans de A. Ouattara, choyés et sanctuarisés par l’armée française, la CEDEAO joua dès le début le rôle de relais de la France pour tenter de mettre à bas le président élu, L. Gbagbo, et in fine asseoir sur le fauteuil présidentiel A. Ouattara, l’homme du FMI. Ils réussirent cela seulement neuf longues années après, moyennant d’énormes souffrances du peuple ivoirien et suite à quatre mois et demi de guerre intense, décembre 2010-avril 2011, avec à la fin de cette période encore plus des souffrances, massacres généralisés, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces rebelles déferlant vers le sud du pays qui était resté sous contrôle de l’Etat ivoirien. Le président Gbagbo se faisant arrêter par des soldats français dans la résidence présidentielle d’Abidjan le 11 avril 2011. Séquestré puis emprisonné illégalement pendant des longs mois dans le nord de son propre pays par ADO, L. Gbagbo est aujourd’hui consigné, en prison, à la Cour Pénale Internationale à La Haye où son statut de prisonnier politique devrait lui  être reconnu un jour.

Pour couvrir ses agissements contre la Côte d’Ivoire de L. Gbagbo depuis le 18 septembre 2002, la France mobilisa la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’ONU. Elle fit signer de force les plus hauts responsables de l’Etat ivoirien à Paris des pseudos accords politiques en janvier 2003 (Linas Marcoussis / Kléber) où la rébellion pro Ouattara pas seulement était blanchie mais même récompensée. J. Chirac et Dominique de Villepin nommaient les ministres ivoiriens à l’Elysée et au quai d’Orsay ! La France fit voter plusieurs mandats onusiens par le Conseil de sécurité pour couvrir ses agissements militaires, dont l’envoi d’un corps expéditionnaire, l’opération « Licorne » d’octobre 2002 devenue ensuite « Force Licorne », élargissant amplement sa présence militaire sur le sol ivoirien au-delà de sa base militaire d’Abidjan./Port-Bouët, le 43ème BIMA. Elle fit aussi créer une mission militaire onusienne spéciale, l’ONUCI, déployée en avril 2004, composée  de casques bleus et d’autres policiers et fonctionnaires civils. (10) Le tout visant à grignoter et à anéantir ce qui restait de la souveraineté de l’Etat ivoirien. Visant aussi à acculer le gouvernement légal dans le sud du pays, en sanctuarisant tout le nord ivoirien occupé par les rebelles pro-ADO qu’y régnaient et sévissaient en toute impunité. La mise sous tutelle d’un Etat souverain, avec intervention militaire étrangère directe, sous mandat onusien obtenu par l’ancienne puissance coloniale, pour obtenir in fine un changement de régime, voilà ce que fut le plan accompli de la France depuis septembre 2002 en Côte d’Ivoire. L’objectif était de mettre au pouvoir celui qui était l’adoubé de Paris, M.Ouattara, un riche homme d’affaires et ex-fonctionnaire du FMI, ami et relais françafricain de J. Chirac, de N. Sarkozy et de milliardaires français.

Le rappel et le parallèle que nous faisons avec le drame ivoirien des dix dernières années, qui est loin d’être fini avec la sanglante accession au pouvoir de Ouattara en avril 2011, nous semble pertinent dans la mesure où existe et se reproduit un schéma de mise sous tutelle, une recolonisation masquée, d’Etats indépendants mais affaiblis du Sud, surtout en Afrique, commise par les anciennes puissances coloniales, les Etats-Unis et ses alliés, avec la compromission d’organisations régionales interétatiques vassalisées et du Conseil de sécurité de l’ONU. Le cas de la Côte d’Ivoire se rajoute au cas d’Haïti où en février 2004 un véritable coup d’Etat militaire franco-étatsunien fut commis pour déposer du pouvoir et envoyer à l’exil le président élu Jean-Bertrand Aristide.

Le Mali d’aujourd’hui est la nouvelle victime désignée des ingérences néocoloniales de la France. Droites et gauches françaises se relayent le témoin dans cette politique transversale, d’ingérences et d’immixtions grossières ou subtiles, qui s’opère notamment contre  les anciennes possessions coloniales françaises d’Afrique. Le principal pion de la FrançAfrique en Côte d’Ivoire à présent, A. Ouattara, est l’un des personnages le  plus agité de la sous région pour envoyer ses troupes au Mali. Blaise Compaoré, militaire, président du Burkina Faso depuis octobre 1987 à la suite d’un putsch et de l’assassinat du président Thomas Sankara, est le « médiateur » imposé par la CEDEAO, donc par la France, pour « gérer »  la crise malienne. Cela ne s’invente pas. Il est aussi pressé que Ouattara pour envoyer des troupes burkinabés.

La France fait la guerre ou paye. Or, qui paye commande.

M. Ouattara fut reçu à l’Elysée le 26 juillet 2012. A la fin de l’entretien M. Hollande annonça que la France accordait à la Côte d’Ivoire l’effacement de sa dette publique envers l’Etat français, à savoir un montant de plus de trois milliards d’euros ! (11) Le richissime homme d’affaires Ouattara obtint pour son régime ce cadeau au titre de la procédure dite PPTE, pour « pays pauvre très endetté ». (12) Son régime n’a pas les moyens pour payer la dette souveraine ivoirienne envers la France mais à une ambition inébranlable pour envoyer des milliers de ses  militaires, ses anciens rebelles, au Mali. Sous prétexte de lutter contre une rébellion et réunifier le Mali. De qui se moque-t-on ?

Du contribuable français. Car c’est lui qui devra payer les générosités de M. Hollande et les aventures militaires de la FrançAfrique. Et il payera double. Trois milliards d’euros donnés en cadeau par F. Hollande à M. Ouattara, à la tête d’un régime tyrannique et archi corrompu, où les droits de l’homme sont piétinés tous les jours. L’aventure guerrière en perspective de M. Ouattara et de M. Compaoré, cotitulaires de la CEDEAO, sur le territoire du Mali, avec leurs soldatesques surtout avides de toucher des soldes exceptionnelles et des primes, sera payée par Paris.

Au moment où le gouvernement français annonce un projet de budget 2013 avec une hausse d’impôts et de taxes de dix milliards d’euros pour les ménages et autant pour les entreprises, qui se rajoutent à d’autres dix milliards d’euros de baisse du budget des ministères (13), en somme trente milliards d’euros « d’effort budgétaire », Hollande décide du renoncement aux créances de l’Etat français et s’engage au financement d’une expédition militaire ivoiro-burkinabée. L’aventure sera payée par le contribuable français, aucun doute.

Dans ce tableau grotesque le peuple malien est, et sera encore, la première et la plus grande victime, car le théâtre d’affrontements militaires est, et sera, le Mali, les morts seront des Maliens. Il est prévu que les soldats maliens servent de chair à canon pendant que les étrangers occupent Bamako .  Mais les peuples burkinabé et ivoirien sont aussi des victimes, victimes de leurs propres régimes, corrompus et tyranniques, de Compaoré depuis 1987 sans interruption  et de Ouattara,  depuis 2002 avec sa rébellion et depuis avril 2011 suite à son accession au pouvoir grâce l’armée française et à l’ONUCI. Le peuple français est aussi victime car les moyens financiers et les armes pour la guerre seront donnés et payées respectivement par leurs contribuables, et tout cela sera fait en son nom, sans qu’il n’en soit nullement consulté.

En 2010 et 2011 la France commit des ingérences flagrantes devenues guerres ouvertes contre la Côte d’Ivoire et la Libye. La finalité étant de provoquer le changement de régime dans ces pays, en installant dans le deux cas des rébellions soutenues sournoisement voire ouvertement par Paris et ses fondés de pouvoir africains. Dans les deux cas la France obtint un  mandat onusien pour faire la guerre. Contre la Libye l’instrument fut l’OTAN, qui bombarda le pays du 19 mars au 20 octobre 2011. Pendant sept mois ! En Côte d’Ivoire la mission onusienne, ONUCI, fit directement la guerre contre l’Etat ivoirien à côté des rebelles et de l’armée française ! En Syrie à présent la France essaye aussi de mettre à bas le régime d’un Etat indépendant, en installant au pouvoir une rébellion armée sanglante, d’orientation islamiste, avec l’Union Européenne,  l’OTAN et ses relais régionaux tels la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie, qui financent et/ou servent de base arrière aux rebelles.

Les obstacles, les défis et les luttes incontournables du peuple malien.

Les Maliens devraient se douter qu’une conjoncture politique et militaire tellement complexe et grave, ne peut se résoudre aisément. Mais les compromissions et les renoncements militaires et politiques n’aboutiront certainement qu’à plus  de drames et des pertes des vies humaines et de souveraineté, le peu qui reste à un pays dépendant, pauvre, avec un Etat faible. Et aux souffrances du peuple malien qui subira, qui subit déjà, ce sanglant conflit interne s’ajoutera la guerre intense et les exactions, autant des rebelles que celles, prévisibles, des « libérateurs » de la CEDEAO. Rappelons-nous du parcours édifiant, des exactions, de l’ECOMOG au Libéria et en Sierra Léone !

L’acceptation sur le sol malien d’une force militaire étrangère, avec des soldats venant des pays frontaliers non exempts d’ambitions vénales et sous l’égide de l’ancienne puissance coloniale, n’est qu’un suicide national par chapitres annoncé. Annonciateur d’une nouvelle mise sous tutelle et même d’une  vassalisation par ses voisins immédiats. Le remède proposé sera pire que la maladie. Rappelons le néfaste rôle de Blaise Compaoré dans la sous-région pour déstabiliser des pays entiers comme la Sierra Léone, le Libéria et tout récemment la Côte d’Ivoire où il imposa au pouvoir son protégé et compatriote Alassane Ouattara. Rappelons qu’existe aussi à présent l’ambition de Ouattara d’avoir un rôle régional, et il est pressé à ses 70 ans, alors même qu’il n’est pas maître du pays qu’il a conquis en 2011 grâce à la France. En Côte d’Ivoire aujourd’hui l’Etat n’existe guère et l’arbitraire, les exactions et les crimes de sang et massacres pour motifs politiques et ethniques sont commis toujours en toute impunité. ADO garde toujours le pouvoir grâce à l’armée française, toujours très présente sur le sol ivoirien.

Le Mali risque ainsi d’échanger la rébellion du nord par une vassalisation au profit du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, devenant le hinterland asservi de ces deux pays. Devenant concomitamment un territoire néocolonial chronique, avec des régimes fantoches, encore plus fantoches, à Bamako, aliénés plus que jamais à la France.  Où celle-ci sera (l’est déjà) concurrencée par les USA et la Chine pour le contrôle des territoires et des matières premières. Contrôler le Mali c’est contrôler en partie le Sahel, mais aussi l’ouest africain et le Maghreb. L’Algérie, le grand voisin au nord du Mali, reste discrète ce qui ne signifie pas qu’elle n’agit pas ou fait agir des tiers.

Justement à propos de la concurrence géopolitique pour le contrôle des pays et des matières premières en Afrique, la vitesse/précipitation de la France et de ses obligés ouest africains concernant la crise au Mali crée des réticences internationales et les rivalités inter impérialistes apparaissent au grand jour. Le mercredi 26 septembre à l’ONU, lors de la réunion de haut niveau sur le Sahel en marge de l’Assemblée générale, Mme. H. Clinton fait une étonnante déclaration. (14) Elle dit que le Mali est une “poudrière” et que seul “un gouvernement démocratiquement élu aurait la légitimité de négocier un accord politique au nord du Mali, de mettre fin à la rébellion et de restaurer l’Etat de droit”. Ah les postures ! L’art de l’hypocrisie n’a pas des limites. On l’aurait dit porte-parole légitimiste des pays non-alignés par exemple. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Ceci dit, les Maliens se font voler des analyses et des alternatives pouvant être pertinentes et les concernant.

Le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain, ainsi que les principes de sauvegarde de la souveraineté, de la paix et la recherche impérative des solutions pacifiques aux conflits entre Etats, sont ouvertement piétinés. Par la France, mais pas seulement. Par ses pions tels le Burkina Faso de B. Compaoré, la Côte d’Ivoire d’A. Ouattara et la CEDEAO. Prenant l’exécrable exemple des Etats-Unis et de ses alliés de l’OTAN, qui s’amusent à parler au nom de toute la planète en portant la casquette « communauté internationale » (autoproclamée).

Quelques exemples dramatiques et encore sans solution définitive, étant des plaies ouvertes, sont là pour nous le rappeler. Haïti depuis 2004 est encore sous tutelle de l’ONU avec la MINUSTHA. La RDC, ayant les deux dernières décennies la série de conflits internes les plus meurtriers en Afrique, avec plus de quatre millions de victimes et des pans entiers de son territoire national occupés et pillés par des rébellions soit autochtones soit venues et/ou soutenues par les pays voisins de son nord-est, sous les bavures et le regard impuissant ou rendu volontairement impuissant de la mission de l’ONU, la MONUC/MONUSCO avec actuellement dix-sept mille casques bleus y déployés. La Côte d’Ivoire et la Libye, victimes toutes les deux en 2011 de guerres ouvertes visant le changement forcé de régimes sous le leadership de la France, de N. Sarkozy. La Syrie aujourd’hui où l’Occident, la France en tête encore, arme, finance et justifie une rébellion sanglante contre un Etat indépendant visant à mettre à bas son régime, militarisant jusqu’à la folie meurtrière les affrontements d’une complexe dialectique politique. La « démocratie » à coup des bombes et des rebellions ? L’Irak, l’Afghanistan, la Libye. etc. sont des cas « exemplaires ».

Le Mali s’inscrit à présent dans ce schéma déjà bien rodé d’ouvertes ingérences politiques et militaires de l’ancienne puissance coloniale et de l’Occident et d’abandon « volontaire » de souveraineté. Le Mali est la nouvelle victime désignée et titularisée des ingérences néocoloniales de la France et de ses propres voisins avides, ivoiriens et burkinabés, pions de la FrançAfrique.

Au Mali, l’alibi français avancé pour justifier l’ingérence politique et militaire actuelle, directe et par pions interposés, est l’urgence (15) de chasser des rebelles sanguinaires, islamistes, tout en empêchant l’armée malienne par exemple de le faire elle-même et en méprisant le peuple malien, privé de  décider et d’assumer ses droits -et ses devoirs- souverains. La défense de la souveraineté populaire malienne d’abord, ainsi que la souveraineté de l’Etat autant que l’intégrité territoriale, n’est pas, ne devrait pas, être négociable.

 

Luis Basurto

Paris, 27 septembre 2012

 

(1) «Le discours très balisé de François Hollande devant les Nations unies» in LE MONDE,  26.09.2012

(2) Des Touaregs avec le «Mouvement national de libération de l’Azawad» (MNLA) ; la nébuleuse islamiste Ançar Dine («protecteurs de la religion»); le « Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest» (MUJAO); la nébuleuse islamiste nigériane Boko Haram a aussi été signalée; Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), sous ce nom depuis 2007. Les sécessionnistes touaregs ont été largement débordés par les islamistes, plus expérimentés, sanguinaires et ragaillardis par les armes libyennes, les rançons et les trafics de tout genre. Voir :

http://www.algerie360.com/algerie/aqmiansar-edinemujao-et-boko-haram-font-le-forcing-pour-lobtenirles-ingredients-dune-intervention-etrangere-dans-le-sahel/

(3) Voir : «Le Mali: chronique d’une recolonisation programmée». Déclaration politique à Bamako du 04.04.2012 

http://www.foram-forum-mali.org/index.php/non-classe/le-mali-chronique-dune-recolonisation-programmee/.

Voir aussi : «Déclaration du pari SADI suite au changement de Régime intervenu au Mali le 22 Mars 2012» 26.03.2012

http://www.partisadi.net/2012/03/declaration-du-parti-sadi-suite-au-changement-de-regime-intervenu-au-mali-le-22-mars-2012/;

«Marche de soutien au CNRDRE et aux Forces Armées et de sécurité» 11.04.2012

http://www.partisadi.net/2012/04/marche-de-soutien-au-cnrdre-et-aux-forces-armees-et-de-securite/

(4) Voir: 

http://www.nord-mali.com/index.php/nord-du-mali/1404-nord-du-mali–mnla-ancar-eddine-al-qaida–du-pareil-au-meme- 

Voir : «Le Temps d’Algérie entre à Kidal (nord du Mali) Quatre jours en compagnie d’Ançar Eddine» 29-07-2012. Voir : 

http://www.letempsdz.com/content/view/77676/1/ 

Voir : «Les défis du Sahel : focus sur la crise malienne par Laurent BIGOT»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Rn67xaLPCBM

(5) Voir : 

http://afrique.blog.lemonde.fr/2012/04/07/laccord-de-bamako-texte-suite-details-interrogations/

(6) Voir :  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-le-president-interimaire-dioncounda-traore-frappe-par-des-manifestants_1117043.html?xtmc=dioncounda_traoré&xtcr=10

(7) «Crise politico-sécuritaire: La COPAM exige la libération des armes bloquées à Conakry et l’organisation de la concertation Nationale souveraine» in LE FLAMBEAU 26.09.2012 Voir :

http://www.maliweb.net/news/politique/2012/09/26/article,94312.html

(8) Voir : 

http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/25/le-mali-en-appelle-a-l-onu-pour-reconquerir-le-nord_1765265_3212.html

(9) Ibid.

(10) Voir: http://www.onuci.org/spip.php?rubrique18

(11) Voir: 

http://www.liberation.fr/monde/2012/07/26/echange-d-amabilites-entre-ouattara-et-hollande-a-l-elysee_835734

(12) Voir: http://fr.allafrica.com/stories/200904030179.html

(13) «Budget: l’Etat va devoir amputer ses dépenses de 10 milliards» in LE MONDE, 28.09.2012

(14) «Le volontarisme de Paris sur le Mali se heurte à des réticences à l’ONU» in LE MONDE, 27.09.2012

(15) «Il n’y a pas de temps à perdre» dit F. Hollande à l’ONU le 25.09.2012 in LE MONDE, 26.09.2012

 

Source: MONDIALISATION.CA

samedi, 06 octobre 2012

40ème ANNIVERSAIRE DES ACCORDS DE COOPERATION MONETAIRE DE LA ZONE FRANC: ALASSANE DRAMANE OUATTARA, SEUL CHEF D'ETAT PRESENT




FRANC CFA - 40EME ANNIVERSAIRE EN FRANCE.jpg

Alassane Dramane Ouattara et Pierre Moscovici, hier à la tribune de l'ouverture 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc.



Aussi bizarre que cela puisse paraître, Alassane Dramane Ouattara, chef de l’Etat ivoirien, était le seul chef d’Etat présent à la célébration du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone franc. Il partageait la tribune officielle avec Pierre Moscovici, ministre français de l’Economie et Finances, et hôte du colloque.
 
Etaient également présents, les gouverneurs des banques centrales africaines BCEAO et BEAC et même d’anciens gouverneurs.
 
On notait ainsi la présence de Casimir Oyé Mba, gouverneur de la BEAC (1978-1990), de Charles Konan Banny gouverneur de la BCEAO (1990, comme intérimaire d’abord, à 2005) et ancien premier ministre de Côte d’Ivoire, d’Abdoulaye Bio Tchané ancien ministre de l’Economie et des Finances de Mathieu Kérékou, ex-président de la BOAD (2008-2011), du Camerounais Jean Nkuete, secrétaire exécutif de la CEMAC (1999-2006) économètre particulièrement brillant et proche de Paul Biya qui en a fait un ministre d’Etat, de Michel Camdessus gouverneur de la Banque de France (1984-1987) directeur général du FMI (1987-2000) et ami de Ouattara, de Sylviane Guillaumont-Jeanneney professeure émérite de l’Université d’Auvergne et spécialiste de la zone franc, de Jean-Claude Trichet gouverneur de la Banque de France (1993-2003), président de la Banque centrale européenne (2003-2011), de Christian Noyer gouverneur de la Banque de France, de Saïd Mohamed Mshangama, directeur général de l’Institut des Comores (1977-1981), pour ne citer que ceux-là.
 
L’absence des treize autres chefs d’Etat africains ayant en partage le Franc CFA comme monnaie hier à ce colloque de Bercy, dont le thème est « Regards croisés sur 40 ans de zone franc », est la preuve selon plusieurs analystes, du peu d’intérêt accordé par les africains à ce colloque, et d’une célébration au rabais des 40 ans du F CFA.
 
Par ailleurs, de plus en plus de voix s’élèvent en Afrique sur ce arrimage du FCFA à l’Euro, arrimage aujourd’hui totalement dépassé, car condamnant l’Afrique à la stagnation sans croissance sur l’autel de la lutte contre l'inflation menée par la banque de France, alors que des pays comme le Ghana, le Nigeria, qui ont leur propre monnaie, attirent beaucoup plus de capitaux que les pays membres de la zone franc.
 
Deux tables rondes seront néanmoins organisées à ce colloque : une première consacrée à « la zone franc et le tournant des accords de coopération monétaire des années 1970 », et une seconde intitulée « De l’intégration monétaire à l’intégration économique ».
 
Hier lors de la cérémonie d’ouverture, Alassane Dramane Ouattara a fait une déclaration fleuve dont nous vous livrons la teneur. ICI.
 
 
Christian Vabé


vendredi, 05 octobre 2012

CAPTURE ET MORT DE KADHAFI: DES OFFICIELS LYBIENS SOUPÇONNENT LES SERVICES SECRETS FRANÇAIS


france,libye,Capture et mort de Kadhafi, des officiels libyens soupçonnent les services français,slate.fr

Mouammar Kadhafi. REUTERS/Vasily Fedosenko

 

Que s’est-il vraiment passé le 20 octobre 2011, lors de la capture du colonel Mouammar Kadhafi, le dictateur libyen déchu? Alors qu’officiellement, ce sont les rebelles des brigades révolutionnaires qui ont arrêté —et tué d’une balle dans la tête dans des circonstances qui demeurent floues— l’ancien chef d’Etat en fuite près de la ville de Syrte, le quotidien italien le Corriere della Serra donne crédit à la théorie selon laquelle les services secrets français seraient responsables de sa mort.

Il y a quelques jours, Mahmoud Jibril, ancien Premier ministre du gouvernement de transition et président du Conseil exécutif du Conseil national de transition libyen (CNT), a affirmé sur la chaîne égyptienne Dream TV «que beaucoup de parties avaient intérêt à ce que Kadhafi se taise à jamais, car il avait plusieurs secrets et avait noué d’étroites relations avec de nombreux régimes occidentaux et arabes.»

Sous couvert d’anonymat, un agent diplomatique européen en poste à Tripoli poursuit dans le Corriere:

«Sarkozy avait toutes les raisons d'essayer de faire taire le colonel le plus rapidement possible».

Alors que son convoi était bombardé par l'OTAN, Kadhafi avait tenté avec quelques gardes du corps de se réfugier dans une canalisation en béton. Selon l’ancien responsable des relations avec les agences de renseignement étrangères du CNT, les communications par téléphone satellite entre Kadhafi et le régime syrien auraient permis à l’OTAN de le localiser très facilement.

En mars 2011, peu après que la France ait reconnu le conseil national de transition libyen, l’agence du régime encore en place avait déclaré avoir «appris qu'un grave secret va entraîner la chute de Sarkozy, voire son jugement en lien avec le financement de sa campagne électorale». L’entourage du colonel menaçait alors de dévoiler ce «secret».

En avril dernier, juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, le site Médiapart révélait une «preuve» de la participation de Kadhafi au financement de la campagne de 2007 de Nicolas Sarkozy pour un montant de 50 millions d’euros. Des affirmations jugées à l’époque «grotesques» par le candidat.

 
 
Source: SLATE.FR

jeudi, 04 octobre 2012

24ème CONGRES DE L'INTERNATIONALE SOCIALISTE: LE PARTI DU PRESIDENT GHANEEN DEVOILE LE COMPLOT CONTRE GBAGBO

 

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Pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, l’Internationale Socialiste n’a pas eu le courage de défendre un de ses membres, le Fpi qui faisait face à une adversité féroce. C’est bien ce que lui a rappelé le Pr. Kofi Awoonor, chef de la délégation du parti ghanéen Ndc lors du 24ème congrès de l’IS, à Cape Town (Afrique du Sud), du 30 août au 14 septembre 2012. Ci-dessous l’intervention intégrale.

 

Camarade Président, M. Georges PAPENDREO

Camarade Secrétaire Général, M. Louis AYALA

Camarades, Membres du Présidium.

Qu’il me soit permis, en premier lieu, d’exprimer la profonde appréciation par la délégation du Ghana, de l’honneur rendu à la mémoire du disparu Président du Ghana, feu John Atta Mills. L’hommage rendu par ce Congrès à travers cette minute de silence renforce et s’ajoute aux nombreux messages de condoléances exprimés par divers peuples du monde à notre parti, le Congrès Démocratique National (NDC), à l’occasion du décès de son leader. Nous aimerions brièvement informer le Congrès, que conformément à la Constitution de notre pays, notre Vice-président, le camarade John Mahama a prêté serment en tant que Président, la même nuit suivant le décès du Président Mills, le 24 Juin 2012. Quelques jours après, un nouveau Vice-Président en la personne du camarade Amissah-Arthur, précédemment Gouverneur de la Banque Centrale, a été nommé, confirmé et investi par le parlement a prêté serment en tant que Vice-président.

Chers camarades, au moment où je vous parle aujourd’hui, notre parti, le NDC, tient un congrès pour entériner la nomination du Président John Mahama comme son candidat aux élections présidentielles du 7 décembre 2012. Nous invitons les représentants de notre mouvement à envoyer des observateurs à cette élection cruciale.

Camarades, nous prenons la parole cet après-midi, non pour parler de la situation politique ou économique du Ghana; mais nous la prenons, pour attirer l’attention de notre mouvement sur la situation dans un pays voisin: la Côte d’Ivoire. Nous la prenons, en liaison avec le thème du Congrès: Le Combat pour les Droits et les Libertés: Renforcer la Démocratie et en Gagner de Nouvelles de par le Monde.

Camarades, il faut que nous nous souvenions de la vraie version des faits en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, dont le parti (le FPI) a été un des membres irréductibles de notre mouvement, a vu son gouvernement attaqué en 2002 par une rébellion commanditée par la France et organisée par des infiltrés à l’intérieur de l’armée nationale. Cette rébellion a causé une division de fait du pays en deux, une partition qui a duré à peu près plus de neuf ans. Quels étaient les objectifs de cette rébellion? La France, qui avait gardé le contrôle de presque tous les aspects de l’économie ivoirienne après la soi-disant indépendance de ce pays, n’a pas accepté les modestes efforts consentis par le Président Gbagbo pour redonner un tant soit peu au peuple ivoirien l’exercice d’un pouvoir de contrôle. J’étais personnellement en Côte d’Ivoire, comme observateur des élections au nom de mon parti, le NDC. Les élections se sont généralement déroulées dans la paix et dans l’ordre, quand, soudain, est née une dispute quant à qui a gagné? Dans le litige, la Cedeao, sous l’emprise évidente des forces pro-Ouattara et pro-françaises de la sous-région, a pris une position tranchée. Gbagbo a demandé le recomptage des voix dans les circonscriptions électorales les plus contestées. Cette modeste requête du Président Gbagbo, qui fait généralement partie de la pratique et de l’usage dans la résolution juste des contentieux électoraux partout dans le monde, eut pour réponse une attaque musclée, menée et orchestrée par l’armée française. Une guerre civile éclata.

Le résultat fut la victoire de la partie la mieux armée, celle qui fut appuyée par la conspiration internationale dirigée par la France de Sarkozy. Cette France, en y mêlant le Conseil de Sécurité, encore flanquée qu’elle était de la carte blanche que ce Conseil avait donnée à l’Otan, s’en prévalut pour écraser la Lybie de Kadhafi, la Cedeao, l’UA; ces organisations qui devraient pourtant être les derniers bastions de la démocratie africaine et de la pleine auto-détermination sur le continent. Dans ce chaos, le Président Gbagbo fut capturé et transféré à La Haye de façon expéditive.

Camarades, notre délégation est indignée de savoir que, le Présidium de l’Internationale Socialiste, affichant de l’impatience et sans un examen complet de la vraie nature des faits dans la situation ivoirienne, ait décidé de suspendre le FPI, un parti au premier plan de la lutte dans notre institution internationale depuis de longues années.

Camarades, comment parvient-on à la vérité quand ceux qui sont victimes d’une agression impérialiste crue sont privés du droit de se défendre par le seul canal que devait leur accorder une tribune? Le camarade Gbagbo, un homme qui, à plusieurs reprises, a fait l’objet d’emprisonnements multiples, sous un long régime néocolonialiste depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, croupit maintenant dans une geôle à La Haye. Il semble n’avoir aucun portevoix, ni pour lui, ni pour son parti, et cela, au sein même de l’Internationale Socialiste, son premier amour. Nous en appelons à l’UA et particulièrement à son nouveau Président Madame Zuma, pour jeter à nouveau un coup d’oeil sur le Rapport Mbeki concernant la situation ivoirienne. Le Président Mbeki fut l’envoyé de l’UA, qui a soumis un rapport objectif à tous points de vue sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

De toute évidence, l’UA, profondément manipulée par la Cedeao et les forces anti-Gbagbo, a entièrement ignoré le rapport du camarade Mbeki. Nous en appelons aussi au Présidium de l’Internationale Socialiste, pour que le nouveau gouvernement français dirigé par le camarade François Hollande et le Parti Socialiste français, s’engagent immédiatement à accorder en urgence, une large attention à la situation ivoirienne. Ceci devrait conduire à porter un nouveau regard sur la situation par la France socialiste, pour que soit réparé le terrible destin imposé à la Côte d’Ivoire par M. Sarkozy et ses alliés du Conseil de Sécurité. Nous en appelons encore à l’Internationale Socialiste, pour qu’elle oeuvre sans relâche à la libération du camarade Gbagbo de sa prison de La Haye. Surtout encore, nous exigeons que soient relâchés de nombreux camarades du FPI, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, son Président, qui croupissent dans les geôles de Ouattara. Nous exigeons qu’il soit mis fin aux arrestations et à toutes formes de torture, de tuerie et de répression en Côte d’Ivoire, et que soit mise sur pied une commission internationale pour enquêter sur la situation dans ce pays frère.

Ne laissons pas le Mouvement de l’Internationale Socialiste venir en aide et en appui à ces mêmes forces impérialistes contre lesquelles nous luttons pour l’avènement d’une liberté sans compromission et de la démocratie vraie; et ce, en cédant à leurs machinations déguisées sous forme de sollicitude humanitaire, et en nous hâtant, en conséquence, à suspendre ces partis-là mêmes qui ont œuvré à l’avènement de la démocratie dans leurs pays.

Enfin, nous en appelons à la direction de notre mouvement à œuvrer fort pour restaurer la vraie démocratie pleinement en Côte d’Ivoire, et pour la démolition du système néo-colonialiste dans ce pays. Nous lançons cet appel, en tant que citoyens d’un pays voisin de la Côte d’Ivoire, et qui jusqu’à présent, est le lieu d’asile de milliers de réfugiés ivoiriens.

Notre déclaration de cet après-midi est motivée par le fait que le FPI est un parti frère, non seulement du NDC, notre parti, mais aussi de tous les partis rassemblés ici sous le parapluie du Mouvement de l’Internationale Socialiste, qui comprend le Parti Socialiste français, qui est maintenant aux affaires dans ce pays européen, dont la grande histoire se distingue par son engagement pour la Liberté, la Fraternité et l’Egalité. Que la Justice et la Liberté vraie l’emportent sur tout. Que notre mouvement, l’Internationale Socialiste, soit le champion de cette œuvre historique.

Je vous remercie de votre attention.

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 03 octobre 2012.


Source: IVORIAN.NET

dimanche, 30 septembre 2012

L’ETAT IVOIRIEN DECLARE LA CPI INCOMPETENTE A JUGER GBAGBO

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Est-ce une gaffe pour le moins inédite ou un simple souci d’affronter la réalité face à la polémique qui atteint jusqu’au cœur la CPI elle-même ? En tout cas, la présidence ivoirienne a promis, hier (mercredi 26 septembre 2012, Ndlr), d’appeler officiellement à la ratification du traité de Rome instituant la CPI au risque d’ajouter sa voix à celles des avocats de Gbagbo qui affirment depuis plusieurs mois que Gbagbo ne peut pas être jugé par elle parce que la Côte d’Ivoire ne l’a pas ratifié?

 

Selon un communiqué de la présidence ivoirienne, le gouvernement va demander au parlement de ratifier le traité de Rome instituant la Cour pénale internationale. Une telle décision n’est pas sans conséquence avec ce qui se passe actuellement à la Cour pénale internationale où un huis-clos bien gardé autour du cas Gbagbo a eu lieu du 24 au 25 septembre, soit deux jours plus tôt. Les avocats du président Gbagbo qui ont été entendus à cette occasion plaident depuis longtemps la relaxe pure et simple de leur client parce que la CPI est incompétente pour deux raisons fondamentales. A savoir les mauvais traitements infligés au Président Gbagbo qui deviendrait, du coup, inapte à être jugé par la CPI et l’absence de ratification qui ne permet pas à la CPI de garder Gbagbo dans ses prisons.

Jusque-là, la CPI avait allégué qu’elle était compétente pour juger le Président Gbagbo en raison d’un courrier que celui-ci lui avait envoyé en 2002 pour demander d’enquêter sur les crimes de cette année-là. Mais la CPI avait aussi estimé que le fait que Ouattara qui lui ait envoyé un autre courrier depuis son QG du Golfe Hôtel est un autre acte de reconnaissance tacite. C’est finalement cette partie de la polémique que la décision de la présidence ivoirienne referme. Car elle montre que la Côte d’Ivoire n’a jamais ratifié le traité. Or comme la loi n’est pas rétroactive, c’est-à-dire qu’elle ne s’applique pas aux délits qui avaient été commis avant qu’elle ne soit créée, cette ratification officielle qui fait entrer le traité dans le champ des lois ivoiriennes ne peut pas s’appliquer au Président Gbagbo. C’est donc un coup de pouce inespéré pour le camp Gbagbo et particulièrement pour ses avocats qui s’évertuent depuis de longs mois à l’expliquer aux juges de la CPI. Désormais, celle-ci ne peut plus continuer à harceler le Président Gbagbo sans se discréditer et faire penser à un sordide règlement de comptes de la communauté internationale.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui ».

samedi, 29 septembre 2012

EXISTE-T-IL ENCORE DES ORGANISATIONS DE DEFENSE DES DROITS HUMAINS?

 

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Faut-il encore accorder du crédit aux organisations internationales de défense des droits de l’Homme, des organisations créées de toutes pièces par les puissances impérialistes dont elles sont des bras séculiers dans les conflits mondiaux? Nombreux sont ceux qui se posent cette question aujourd’hui, face à leurs comportements douteux, suspects parfois même criminels. C’est pourquoi, il faut tenter de répondre à cette question pour aiguiller la curiosité et attirer l’attention de toute personne sur les actes macabres et le rôle néfaste de ces organisations censées défendre les droits de l’Homme. 

Plus le temps passe, plus les manigances, de la soi disant communauté internationale, en fait le Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux (CSVIO) et tous ses appendices d’ONG de défense des droits humains, sont mises à nu; en réalité, ces organisations ne sont que des clubs de soutien masqués des basses manœuvres déshumanisantes des puissances impérialistes qui les manipulent pour installer leur domination dans le monde. 

Comment pouvait-il en être autrement quand on sait que plutôt que de défendre les droits de l’Homme, ces organismes sont créés et financés par ces super puissances pour déstabiliser sournoisement les pays sous développés, contrôler, exploiter astucieusement et à vils prix leurs richesses. Ainsi, les actes les plus ignobles de ce CSVIO ne font-ils l’objet d’aucune condamnation (tueries massives des ivoiriens en Novembre 2004 devant l’Hôtel Ivoire et dans beaucoup d’autres endroits de la Côte d’Ivoire, génocide des Wè en Mars 2011 à Duékoué, massacre de plusieurs centaines de réfugiés du camp de Nahibly en Juillet 2012, pour ne citer que trois exemples). Ces organismes fantoches appelés abusivement organisations internationales de défense des droits de l’Homme ferment les yeux sur les agissements inhumains de leurs maîtres qui divisent des peuples, installent des rébellions et autres actions déstabilisatrices dans les pays bien choisis selon les besoins de la cause. Ces organisations confirment de plus en plus qu’elles sont le relais de dénigrement des dignes fils d’Afrique, ces Présidents qui nourrissent de nobles ambitions pour leurs populations, leurs pays et pour le continent noir. 

Après que leurs maîtres eurent brocardé ces dirigeants patriotes africains, les qualifiant par de grossiers mensonges de dirigeants-dictateurs exerçant un pouvoir antidémocratique, elles prennent le relai pour continuer de calomnier ces dirigeants souverainistes et patriotes à travers les organes de communication propagandistes au service des pays occidentaux néo-colonialistes. 

Le cas du Président Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire, est très patent pour éclairer les vrais démocrates de ce Monde. Que n’a-t-on pas entendu dire sur son compte ? Voici un Président qui n’entrait pas dans le système de spoliation de la Côte d’Ivoire établi par la France. A ce sujet, l’homme politique, ancien Président de l’Assemblée Nationale française, Henri Emmanuelli disait de Gbgabo: « Ce Président sait ce qu’il veut pour son pays ». Cet homme qui, pendant plus de 40ans a mené une opposition démocratique et pacifique en Côte d’Ivoire, sans jamais recourir aux armes pour obtenir le pouvoir d’Etat, est traité de dictateur, de Président infréquentable, xénophobe. Quel mensonge honteux! 

A partir de l’an 2000 où il parvint à la Magistrature Suprême après une brillante élection, les complots de la France vont se succéder contre lui avec des assassinats, des charniers fabriqués par ceux-là-mêmes qu’elle a installés aujourd’hui au pouvoir. 
C’est alors que ces ONG de droits de l’Homme vont entrer en transe pour hurler aux massacres, des militants de l’opposition et engager ainsi la déstabilisation de la Côte d’Ivoire (CI). 

Inventer des raisons farfelues pour vilipender Gbagbo et aider une rébellion à s’installer, tel fut le rôle exercé par ces ONG en Côte d’Ivoire. Ainsi, la France de Chirac en Septembre 2002, va-t-elle déclencher contre le pouvoir du Président Gbagbo, une rébellion préparée et entretenue par le Burkina Faso de Blaise Compaoré, au vu et au su de Human Right Watch (HRW), Amnesty International (AI), la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH) et bien d’autres organisations aux objectifs semblables ; ces organisations dites humanitaires sont toujours promptes à vilipender les dignes Présidents du continent noir pour les objectifs cruels de leurs mandants, les membres du CSVIO. 

Ces rébellions seront pourvues en armements et en ressources financières pour déstabiliser les régimes réfractaires au néo-colonialisme. Ainsi pendant dix longues années, les rebelles du couple « infernalissime » Ouattara-Soro, avec la bénédiction de la France et de l’ONU, vont semer la terreur au sein des populations et s’enraciner au Nord, au Centre et à l’Ouest de la Côte d’Ivoire. Ils y feront régner une justice expéditive pour massacrer des pro-Gbagbo et de nombreuses populations innocentes: les gendarmes désarmés de Bouaké, les danseuses d’Adjanou de Sakassou, de nombreux sacrifices rituels humains, etc. 

C’est bien avec les armes offertes par la France que des tueries vont être perpétrées sans que ces crimes ne soient véritablement dénoncés par la soi-disant Communauté Internationale et les ONG à sa solde. Il faut rappeler que cette Communauté Internationale a été pleinement actrice dans ces événements douloureux de Côte d’Ivoire éloquemment attestés par les actes destructeurs de l’ONUCI et de la Licorne pourtant venues en CI pour y restaurer la paix. Les rapports sur les atrocités vécues par les ivoiriens rédigés par ces organisations de l’ONU et de défense des droits humains, au lieu d’être véridiques et équitables, vont toujours indexer le Président Gbagbo, l’accusant d’être le plus grand criminel de tous les temps, lui qui a été la victime de la barbarie de la communauté internationale dirigée par la France. 

HRW, AI, FIDH…. savent aujourd’hui l’issue de ce complot ourdi contre celui que les ivoiriens avaient élu et réélu pour les sortir du sous développement par son programme audacieux de gouvernement. Laurent Gbagbo, après avoir miraculeusement échappé aux milliers de tonnes de bombes et de missiles de l’armée française, a été déporté manu militari à La Haye, pendant que les vrais criminels Chirac, Sarkozy, Ban ki Moon, Choi et leurs larbins ivoiriens Ouattara, Soro et autres quasi analphabètes, promus Préfets de régions pour services rendus aux nombreux ivoiriens, aujourd’hui dans les cimetières, ne sont guère inquiétés pour leurs nombreux crimes. Patissanganan !!! La partie fut vraiment sanglante. 

Ces organisations dites de défense des droits humains savent très bien que l’occident est à la base de tous les conflits qui déchirent le monde. En Lybie, Sarkozy et son ami Obama se sont solidarisés dans le mal pour devenir les bourreaux de Kadhafi. Par cet assassinat, ce pays est devenu une proie à toutes sortes de groupuscules équipés d’armes, à eux offertes par ces deux gendarmes, en réalité les pyromanes pompiers des conflits dans ce monde. C’est avec ces mêmes armes que le Nord du Mali est aujourd’hui sous le contrôle d’une horde d’intégristes religieux et de plusieurs bandes de voyous sans cesse soutenus par ces mêmes impérialistes. Le deal était qu’ils combattent Kadhafi pour obtenir le Nord du Mali. 

Voilà donc des comportements inhumains à dénoncer au lieu de hurler sur les antennes des télévisions, la pratique obligée de la charia et les destructions de monuments historiques qui n’ont aucune importance devant les massacres d’êtres humains que l’OTAN a perpétrés en Lybie, tout comme les nombreux crimes de l’ONUCI et de la Licorne en Côte d’Ivoire. Oh ! Un crime n’est-il crime que quand Sarkozy et Obama en décident ainsi. A eux a été donné, par on ne sait qui, le permis de tuer. C’est pourquoi HRW, AI, FIDH et autres organismes de même acabit se taisent sur leurs crimes odieux en Irak, en Côte d’Ivoire, en Lybie, en Syrie. 

Ainsi, aujourd’hui en Côte d’Ivoire, ce régime tyrannique installé par la France commet les crimes les plus inimaginables. 

Il n’est pas exagéré de noter que le programme des gouvernants actuels se résume à la traque, l’emprisonnement, l’expropriation et à l’assassinat des pro-Gbagbo. Malheureusement, au lieu d’être sanctionnés, ces miliciens du RDR, sont plutôt promus dans le silence de ces organisations qui voient bien les affidés de leur poulain commettre ces crimes et exactions. Bien sûr que les puissances financières ont rendu aphones ces organisations qui claironnent à tout moment leur autonomie. Heureusement qu’il y a Dieu qui jugera leurs crimes et leurs perfidies pour que chaque membre coupable de ces ONG subisse la punition éternelle en enfer. 

De même, voici une révolution, baptisée « Printemps Arabe »comme si tuer des être humains était annonciateur de bonnes nouvelles, inventée de toutes pièces par ces mêmes impérialistes pour déstabiliser les pays arabes, prendre le contrôle de leur pétrole et y installer leurs voraces multinationales. Toujours dans le même style, ces cyniques ONG de défense des droits de l’Homme se fourvoient actuellement en Syrie. Après avoir dénigré injustement le régime de Bachar El Assad, le CSVIO a créé une opposition fictive pour envahir la Syrie de mercenaires recrutés par ses soins à partir de la Turquie, croyant réussir aussi facilement son coup de force contre le Président syrien. 

Comme en Côte d’Ivoire où la rébellion a été affectueusement dénommée « Forces Nouvelles », elle appellera la coalition des mercenaires occidentaux « Armée Libre de Syrie » (ALS). Comme pour dire que celle qui défend le peuple syrien est une armée esclave d’El Assad. OH Honte ! Qu’une rébellion contre un régime légalement installé dans un pays ne puisse émouvoir les membres d’une organisation Internationale de défense des droits humains parce qu’elle a la caution des maîtres du monde est tout simplement ahurissant. 

Y a-t-il aujourd’hui lieu de prendre au sérieux ces satellites de la Communauté Internationale que sont ces organisations des droits humains? Car à la vérité, elles sont au début et à la fin des processus de déstabilisation des pays avec leur rôle de pyromanes et pompiers. Elles installent le lit du désastre en accompagnant les maîtres impérialistes qui n’ont d’yeux que pour les richesses des petits pays. 

Comment faire pour échapper à leur manège désormais dévoilé? Beaucoup de pays sous développés vivent encore une pauvreté accrue que les populations n’arrivent pas à juguler, à cause des nombreux besoins que la société occidentale leur impose à travers tous leurs instruments de communications actuels. Alors, au niveau de certains politiciens véreux, la tentation est grande quand ils sont sollicités pour servir d’instrument de déstabilisation de leurs propres pays, par des propositions faramineuses de promotion politique et d’enrichissement illicite et rapide. 

Tant qu’il y aura cette espèce de politiciens, il sera difficile de fermer la porte aux déstabilisateurs ; il n’est cependant pas impossible d’y arriver. Il faut alors une prise de conscience collective, comme en Syrie, où la véritable armée du peuple a compris qu’il n’est pas question de renoncer à cette lutte et qu’elle doit aller jusqu’au bout. Chaque citoyen doit normalement comprendre qu’il doit être un résistant permanent, face aux impérialistes qui veulent maintenir le monde sous domination, en privant les faibles de la liberté vivre et de jouir de leurs richesses. Il est seulement regrettable de constater que les organisations de défense des droits humains ne les y accompagnent. Pour les Africains, ces ONG méritent-elles de continuer d’exister ? Assurément non. 

 
NANWOULET G. Simone 
 
 
Source: AFRIK53.COM

vendredi, 21 septembre 2012

GUERRE A L’AFRIQUE: LA FRANCE EN RETARD D’UNE DECOLONISATION

 

CASQUE DE COLON FRANçAIS.gif

 

A force de critiques et d’enterrements annoncés, on pourrait croire finie la « Françafrique », ce système d’exploitation et de violence qui a régi les relations internationales entre le continent et l’ancien colonisateur. Des changements de langage et d’hommes ne suffisent pas, comme le démontre déjà la gestion de la crise malienne par le président Hollande - et l’intervention militaire annoncée risque d’être son premier acte marquant en politique extérieure. Comme ses prédécesseurs, depuis un demi-siècle…

L’arrivée au pouvoir d’un nouveau président à Paris marque aussi le début d’une série de rituels et de signaux destinés à l’Afrique francophone: qui reçoit-on le premier, et qui ne reçoit-on pas? Quel voyage fondateur effectuera en Afrique le nouvel élu, quel discours et quelles promesses affichera t-il? A cette aune, que les africanistes détaillent avec gourmandise comme autrefois les kremlinologues savouraient les détails de la Nomenklatura, que de changements symboliques! Le démocrate Macky Sall du Sénégal reçu le premier, fraîchement élu contre Abdoulaye Wade à Dakar par un scrutin incontestable. Début juin, le tapis rouge déroulé à M. Yayi Boni du Bénin, président en exercice de l’Union Africaine, consulté es qualité pour la résolution de la guerre au Nord Mali. Encore plus significatifs ceux que l’Elysée se refuse à inviter, malgré leurs demandes réitérées: ni Bongo du Gabon, non plus qu’Eyadema du Togo, tous deux héritiers de dynasties autoritaires; non plus que Blaise Compaoré du Burkina, autoproclamé sage et doyen de l’Afrique de l’Ouest, non plus que l’ivoirien Ouattara, orphelin du sarkosysme et pourtant actuel président de la Cedeao.

Mais qu’importent les symboles et les discours, si les actions restent les mêmes, notamment l’envoi de l’armée française à chaque crise? Quel Etat en effet maintient des bases militaires permanentes en Afrique (Sénégal, Djibouti, Gabon)? Quel pays est capable de lancer en quelques heures des « opérations extérieures » (Epervier au Tchad, Licorne en Côte d’Ivoire)? Qui contrôle la masse monétaire de ses anciennes colonies par le jeu d’une monnaie issue de la colonisation, le franc CFA[i]? Baptisé laudativement « Françafrique » par le président ivoirien Félix Houphouët Boigny, dénoncé dès les années 1990 par le fondateur de « Survie », François Xavier Vershave, ce système occulte de domination, violent et pervers, a survécu à ses fondateurs.

En 1960 le premier ministre Michel Debré a vendu la mèche en déclarant à Léon M’Ba, président du Gabon: la France « donne l’indépendance à condition que l’État une fois indépendant s’engage à respecter les accords de coopération signés antérieurement. Il y a deux systèmes qui entrent en vigueur simultanément: l’indépendance et les accords de coopération. L’un ne va pas sans l’autre [ii]. » Et de fait, cette sujétion étatique, à la fois militaire et économique, est déclinée par des « accords de défense » aussi secrets que sommaires, entre les gouvernements français et africains – accords en fait à géométrie variable et parfois non appliqués selon l’opportunité décidée à Paris. Ainsi, les troupes françaises sont intervenues pour conforter des régimes souvent douteux comme au Tchad, Togo, Zaïre, Gabon tandis qu’elle se refusait à des interventions conformes aux accords, comme au Congo en 1963, au Niger en 1974, au Tchad en 1975, ou au début de la rébellion ivoirienne contre le régime du président Laurent Gbagbo, téléguidée depuis le Burkina Faso en septembre 2002… Et cette série d’interventions devient une sorte de conflit permanent, en continuité avec les guerres coloniales : selon l’historien italien Chalci Novati1, un décentrage nécessaire par rapport à un débat trop français montre une longue « guerre à l’Afrique » continue, dont les relations franco-africaines – et ses scandales récents ne sont qu’une partie.

Après le « containment » du communisme dans les années cinquante 2 (ou « endiguement », cette doctrine officielle des administrations américaines successives), n’assiste t on pas à la même politique de l’Europe devant les migrations du continent noir d’une part, et contre ses velléités d’autonomie de l’autre? Il faudrait replacer alors exploitation des matières premières, coups d’Etats et soutien des « dictatures à la française »du pré carré – l’ancien espace colonial, dans un système d’actions comprenant aussi la répression des flux humains vers l’Europe, la répression de la piraterie maritime à l’Est, le combat interminable contre les mouvements fondementalistes anti- occidentaux. Tout cela dans une désinformation continue et des « rideaux de fumée » médiatiques: « défense des ressortissants », si ce n’est des «intérêts français». Les médias français, privés ou publics, ne participent-ils pas plus souvent qu’à leur tour de cette Françafrique aussi discrète que puissante? L’ordinaire du « journaliste spécialiste de – l’Afrique » n’est-il pas trop souvent de voyager dans l’avion ministériel ou présidentiel français, de recueillir confidences et parfois subsides du dictateur local – le maréchal président zaïrois Joseph Mobutu s’en vantait, lui qui avait d’abord été journaliste – quand ils ne sont pas invités dans les palais des despotes africains? Sans compter la corruption ordinaire de tel hebdomadaire panafricain bien connu des dirigeants du Sud – qui ont investi volontiers dans la radio Africa N°1 ou plus récemment la télévision Africa 24[iii] Car la « conquête des coeurs et des esprits » passe par des médias sous contrôle, rebaptisant « fasciste » un régime populiste, et « démocrates » les dictateurs.

Ainsi, en juillet 2011, une campagne sourde a commencé à Paris [iv] au moment où le nouveau président guinéen, le politologue Alpha Condé, a failli être abattu à coups de roquettes dans le palais présidentiel de Conakry. Les éditoriaux vertueux de la presse parisienne condamnent-ils l’attaque qui a failli tuer le premier président élu de Guinée? Bien au contraire, ils sont axés sur le refus du nouveau pouvoir d’autoriser la presse guinéenne d’envenimer la situation (l’interdiction a été très vite levée). A croire qu’il y un rapport avec la volonté de M. Condé de renégocier les contrats léonins avec les sociétés étrangères et de se tourner, à son tour, vers la Chine…

Au moment où la crise électorale ivoirienne focalisait l’attention de la « communauté internatinale », M. Blaise Compaoré se succédait à lui-même au Burkina Faso, avec un score de 80 % en novembre 2010, tandis que M. Paul Biya du Cameroun, qui gouverne depuis la Suisse la moitié de l’année, vient d’être « réélu » à Yaoundé après 29 ans de règne (octobre 2011), sans que l’Elysée, l’Union africaine ou la presse occidentale y trouve à redire… Il est vrai que les pseudo-élections des dictateurs à vie sont souvent cautionnées par des juristes ou des hommes politiques complaisants venus de Paris. Ainsi la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) a-t-elle vertement tancé, en 2009, le député Jacques Toubon et… le président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et vice-président de la commission des droits de l’homme au Parlement européen, M. Patrick Gaubert, dépêchés sur place pour cautionner le régime du président congolais Denis Sassou N’Guesso ! [v]

Bien sûr tous les « chevaliers blancs » ne sont pas exempts de partialité, y compris les organisations internationales comme Reporter sans frontières (RSF) pour la presse et « Transparency international » pour la corruption. Leurs liens financiers ou politiques avec le département d’Etat américain sont bien connus des spécialistes [vi]. La crise en Cote d’Ivoire a fait toucher du doigt « l’honneur perdu d’ « Human Right Watch », ouvertement financée pour ce pays par la « Fondation Soros » – et menant de manière éhontée campagne sur campagne en faveur de M. Ouattara, identifié comme le défenseur de l’«open society» contre le contestataire Laurent Gbagbo, dès lors voué aux gémonies. Pour ne pas parler des silences d’Amnesty International sur les milliers de morts sudistes du régime Ouattara depuis avril 2011(Plus de 3000 « victimes oubliées »), ou la présence à la FIDH du négationniste Florent Geel qui refusant de dénoncer le millier de morts guérés de Duékoué, ville de l’Ouest ivoirien martyrisée à deux reprises par les milices ethniques pro Ouattara – est dénoncé de manière récurrente par les associations de victimes! L’Histoire jugera-t-elle ceux qui gardent les yeux fermés devant les massacres, qui savent et ne protestent pas? Trafic d’influence et corruption ne sont-ils pas que la conséquence de la doctrine du « pré carré » et du monopole de ses richesses? Ce qui est au fond l’équivalent de la « doctrine Monroe » pour les Etats-Unis sur le continent américain serait au fond soutenable si sa pratique était équitable pour les deux parties et si elle n’était violemment imposée par des interventions armées à répétition: quarante-trois depuis 1960!

Entre violence militaire et mise en condition médiatique le système françafricain subsiste aussi par une perversion continue des institutions démocratiques. Bien évidemment, la corruption ordinaire va bien plus loin que les mallettes de billets qui circulent dans les deux sens [vii] : le financement des campagnes électorales françaises n’est que la contrepartie des pourcentages sur les contrats ou les versements dans les paradis fiscaux sur les ventes de matières premières, en faveur des dirigeants africains.

L’association Sherpa, qui s’est fait une spécialité de la dénonciation des « biens mal acquis » des autocrates africains, a par exemple détaillé, selon une instruction en cours, le patrimoine de la famille Bongo du Gabon: «Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M. Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d’une piscine [viii]»…

Mais les richesses du couple Ouattara sont curieusement des « taches blanches pour Sherpa, cornaquée par Maître William Bourdon, comme si certaines indignations étaient très selectives… Les néoconservateurs français (chiraquisme et sarkosysme ne sont sur ce point que des bushistes néocoloniaux…) ont contribué à adapter un « modèle interventionniste », qui fait se succéder attaques médiatiques puis « humanitaires », enfin diplomatiques: les corps expéditionnaires – où l’ONU est désormais impliquée: l’ONUCI, combien de mort civils en 2011 à Abidjan? – sont bien l’ultima ratio de la Françafrique jettant son masque dans la terreur et sous les bombes! Le continent attend-il trop d’une révolution sur le modèle arabe, qui briserait d’abord le lien ambigu avec l’ancien colonisateur? Sur cette contagion démocratique éventuelle, mettant fin à la Françafrique, la Toile africaine fourmille de théories et de rumeurs: « descente » depuis l’Afrique du Nord de mouvements de libération, aide de démocrates occidentaux via les nouvelles technologies, et plus probablement insurrections de jeunesses urbaines au chômage, alliés à des paysans sans terre et des cadres nationalistes trouvant insupportable le train de vie des nouveaux maîtres. Le risque serait grand alors pour la France – et les ressortissants français, de « perdre l’Afrique » –, et les matières premières convoitées.

C’est sans doute cette inquiétude de se couper de ressources essentielles tout autant que d’alliés historiques qui pousse le gouvernement de M. Hollande à s’ingérer certes avec précaution, dans la crise malienne. L’embrasement du Nord Mali est tout d’abord l’héritage prévisible du reflux des guerriers touaregs de Libye, tandis que l’armement bradé aux factions combattantes permettait aussi aux groupes islamistes de s’étendre. Et certes l’héritage est lourd: à la fin du régime précédent, les stratèges du café de Flore ont été relayés par des machiavels manqués, au Quai d’Orsay ou à la défense qui ont voulu jouer les touaregs pour «liquider Aqmi».

Mais l’intervention militaire prônée par les relais de la Françafrique habituels, rhabillée par le président français aux couleurs de l’Union africaine et de l’ONU aurait , même appuyée par des supplétifs ouest africains le plus grand mal à lutter sur deux fronts: réduire les putschistes de Bamako-qui ont trouvé une certaine base populaire indignée par la corruption de la classe politique, et mettre fin à l’alliance MNLA/Ansar el Dine/Acqmi qui contrôle l’Azawad, ce foyer national touareg qui est aussi le no-man’s-land de djihadistes attirés de loin par ce nouvel « Afghanistan nomade ». Pourtant des responsables politiques civils, comme Ibrahim Boubacar Kéita – leader de l’opposition civile, ou Aminata Traoré – sociologue de renom et ancienne ministre de la culture, mettent en garde contre une intervention qui mettrait à bas la légitimité de l’Etat, comme déjà en Libye ou en Cote d’Ivoire. Déjà affaiblis par une corruption généralisées et des élections de façade, ces Etats déjà fragilisés et appauvris par des décennies d’ajustement n’ont vraiment pas besoin d’une recolonisation armée ! D’autant que poussé par des présidents africains mal élus ou arrivés au pouvoir par des rebellions sanglantes, le gouvernement français semble ne pas se rendre compte d’une extension probable du domaine des luttes sahariennes.

Le Niger et la Mauritanie seraient sans doute les premiers concernés, comme le Nord du Nigéria, le Sud de la Libye et même l’Algérie: après les armes libyennes, veut-on vraiment disséminer indépendantistes touaregs et combattants islamistes ? Se rend on vraiment compte à Paris que devant ces interventions anachroniques – de pareilles interventions militaires britanniques dans leurs anciennes colonies sont impensables!, le système de violence la Francafrique développe une détestation, voire une haine croissante envers la France et ses ressortissants, dont tous pâtissent, jusqu’aux missions humanitaires? L’élection de François Hollande, si elle suscite bien des espérances sur le continent, amènera-t-elle bien rupture et changement, ou une « Françafrique repeinte en rose »?

François Mitterand, et même Nicolas Sarkozy avaient déjà annoncé en leur temps la fin de ce système maffieux: un an après 1981, les chefs d’Etats africains les plus corrompus avaient obtenu la tête de Jean Pierre Cot, tandis qu’en 2008 le président Bongo avait provoqué la chute de Jean Marie Bockel, deux ministres chargés de la Coopération qui se targuaient -autant pour la droite que pour la gauche, de mettre fin à la « Françafrique »! Sans souhaiter à Pascal Canfin, le tout nouveau « ministre du développement », le sort de ses prédécesseurs, si rapidement biodégradables, on peut s’inquiéter des amitiés africaines des hiérarques du P.S. (illustrées par la visite au Gabon, en janvier dernier, de Laurent Fabius…)

Le temps où une réelle rupture est possible risque d’être bref et demande des décisions courageuses – comme le retrait des forces militaires françaises, ou la répudiation publique des dictatures. Le nouveau régime va-t-il, selon son slogan, décider le changement maintenant… ou jamais? Révolutions africaines à venir ou non, les vraies ruptures et les changements efficaces viendront certainement du continent lui-même: il n’y aurait qu’un mot à dire à Paris pour les encourager et provoquer des évolutions majeures.


Michel Galy

Politologue, Paris.


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[i] François Kéou Tiani, Le Franc Cfa, La Zone Franc Et L’Euro, l’Harmattan, Paris, 2002.

[ii] Lettre du 15 juillet 1960 de M. Debré, citée par Albert Bourgi : « La crise globale et l’Afrique : quels changements ? », colloque de la fondation Gabriel Péri à Dakar les 18 et 19 mai 2010.

[iii] Respectivement avec des capitaux étatiques du Gabon et de Guinée équatoriale.
[iv] Cf. par exemple : « Guinée: sévère rappel à l’ordre de la France au président Alpha Condé » , L’Express, 28 juillet 2011.

[v] « Congo-Brazzaville, que cherche Patrick Gaubert ?», communiqué de la FIDH du 3 mars 2005.

[vi] Voir pour Transparency International : Une ONG contestée, par Pierre Abramovici, Monde diplomatique, novembre 2000 ; pour RSF : Financements sans frontières, Monde diplomatique, Hernando Calvo Ospina, juillet 2007.

[vii] Lire Pierre Péan, La République des mallettes, Fayard, Paris, 2011.

[viii] Sherpa, « Restitution des avoirs détournés : Chronique 2009-2010 d’un engagement qui patine », novembre 2010.

1- «Aujourd’hui, c’est l’intervention néo-impériale qui est l’instrument utilisé pour «contenir» les pays qui peuvent fuir le contrôle du système capitaliste mondial» Gian Paolo Chalchi Novati, L’héritage de la colonisation, in « les défis de l’Etat en Afrique », Michel Galy et Elena Sanella eds., l’Harmattan, 2007.

2 - Dont on peut trouver une curieuse analyse, idéaliste, in : Raymond Aron, « En quête d’une philosophie de la politique étrangère », Revue française de science politique, 1953, Volume 3, Numéro 1.


Michel Galy, Politologue, Paris

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie» du 19 septembre 2012.

 

Source: IVORIAN.NET