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mardi, 14 août 2012

LE PIEGE DE LA CPI SE REFERME SUR LE CAMP OUATTARA

 

ALASSANE OUATTARA ET LUIS MORENO OCAMPO.jpg

 

Le régime Ouattara croyait trouver en la Cpi, une arme fatale contre Laurent Gbagbo et ses partisans qu’il veut voir disparaitre à jamais de la vie politique nationale. Obnubilé par ce noir dessein, le nouveau pouvoir s’est empressé de transférer le Président Gbagbo à La Haye. L’opération a nécessité de gros moyens (avion présidentiel) et s’est faite avec une rare célérité qui traduit éloquemment la détermination du régime Ouattara à vouloir sceller définitivement le sort d’un adversaire redoutable, l’ancien chef de l’Etat.

Mis en confiance par leurs parrains et convaincus qu’ils ne se seront jamais poursuivis pour les nombreux crimes commis par leurs hommes, Ouattara et son régime ont promis de coopérer pleinement avec la juridiction internationale dans la gestion du dossier ivoirien. « Toute personne mise en cause devra répondre de ses actes devant la justice qu’elle que soit son bord », se plaisait à affirmer l’actuel chef de l’Etat à ceux qui doutait de sa capacité à garantir l’indépendance de la justice tout en le soupçonnant de protéger ses partisans.

Mais depuis quelque temps, cette disponibilité vis-à-vis de la Cpi s’est transformée en une hostilité. La complicité du début a tourné au vinaigre. La raison est que le parquet de la juridiction internationale, s’appuyant sur les résultats des enquêtes menées par ses services ainsi que ceux des organisations de défense des droits humains, réclame la tête des hommes de Ouattara qui ont commis des crimes graves dont le massacre de 1000 civils dans l’ouest du pays. Un rapport relatif aux conclusions des juges de La Haye sur le dossier ivoirien mentionne que des forces armées pro-Ouattara ont bel et bien commis des crimes de guerre ainsi que des crimes contre l’humanité et devront comparaitre devant leur Cour.

Des sources concordantes indiquent qu’au nombre des personnes recherchées figureraient en bonne place Guillaume Soro Kigbafori, chef de l’ex- rébellion armée de septembre 2002 rebaptisée Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ; les chefs de guerre Chérif Ousmane, Fofié Koffi et Losseni Fofana. Face à retournement spectaculaire de situation, Ouattara et son régime voient le danger venir. Subitement, ils ne sont plus prêts à collaborer avec la juridiction internationale et ont changé de discours. Il faut plutôt trouver le moyen de contourner la Cpi. D’où la remise en selle de la justice nationale, présentée comme étant désormais apte à connaitre tous les crimes y compris ceux de génocide commis en Côte d’Ivoire.

La justice nationale déclarée ainsi compétente pourra juger les criminels du régime dont les têtes sont réclamées par la justice internationale. Les nouvelles inculpations infligées aux pro-Gbagbo détenus dans les camps de torture au nord du pays procèdent donc de cette volonté du régime Ouattara de contourner la Cpi. Alassane Ouattara pourra-t-il éviter la prison de La Haye à ses hommes ? En attendant le verdict de l’histoire, il apparait très clairement que la Cpi est devenue une source d’inquiétude pour le camp Ouattara. Autant dire que le piège se referme, de jour en jour, sur son auteur.



Jean Khalil Sella 

 

Source: NOTRE VOIE

vendredi, 10 août 2012

CRISE POST-ELECTORALE: POLEMIQUE SUR LE RAPPORT D'ENQUETE DE LA CNE

 

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A peine est-il disponible que le Rapport de la Commission nationale d'enquête (CNE) fait déjà débat. Le document remis officiellement, le mercredi 8 août 2012, au chef de l'Etat, Alassane Ouattara, doit-il être publié en intégralité dans sa mouture initiale?

 

Telle est la polémique qui semble naître de ce Rapport ; polémique ouverte par un journal américain, le Washington Post. Faut-il le signaler, ce quotidien généraliste très influent aux États-Unis d'Amérique, a été fondé en 1877, et tire à  750.000 exemplaires par jour. Ce journal a notamment révélé le scandale du « Watergate », qui a valu la démission du président américain Richard Nixon, en 1972. Dans son édition en ligne du mercredi 8 août (avec Associated Press, AP), le Washington Post traduit les différentes opinions qui se sont exprimées concernant la mise de ce Rapport à la disposition du grand public.

Deux opinions s'affrontent. D'une part, il s'agit des organisations de défense des droits de l'Homme, dont Human Rights Watch se fait le porte-voix, qui réclament la publication intégrale du Rapport de la Commission nationale d'enquête sur les événements post-électoraux en Côte d'Ivoire (période de référence de la CNE : du 31 octobre 2010 au 15 mai 2011). « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité », a estimé Matts Wells, chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch.

En face, des voix officielles du Gouvernement ivoirien, notamment le ministre des Droits de l'Homme et des Libertés Publiques, s'opposent à la publication du rapport intégral. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité. Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles », s'est justifié Coulibaly Gnénéma Mamadou. Le débat est donc ouvert. Et afin de permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion de cette controverse, nous publions ci-dessous, l'article en question du Washington Post (seulement les trois derniers paragraphes ont été amputés, car n'ayant pas un rapport direct avec le sujet).

 

Anassé Anassé

 

Ci-dessous, l'article publié sur le site Internet du Washington Post, daté du mercredi 08 août 2012 (avec Associated Press, AP) et traduit en français.


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Un rapport détaille les crimes commis par des forces pro-Ouattara durant la crise post-électorale en Côte d'Ivoire

 

ABIDJAN, Côte d'Ivoire (Washington Post, avec Associated Post) – Plusieurs centaines d'éléments des forces fidèles au président (ivoirien) Alassane Ouattara ont commis des crimes, dont des exécutions sommaires et des actes de torture durant les violences consécutives à la récente crise post-électorale (décembre 2010 – mai 2011) dans le pays, selon le Rapport final de la Commission nationale d'enquête (CNE) officiellement remis au président le mercredi (08 août 2012).

Malgré le fait que le rapport (de la CNE) n'a pas encore été publié, son contenu mérite d'être salué par les organisations de défense des droits de l'Homme, qui ont accusé l'administration du président Ouattara de pratiquer une justice à sens unique. Les crimes commis par les forces pro-Ouattara ont été bien documentés aussi bien par les ONG internationales de droits de l'Homme et par les journalistes qui se sont intéressé au conflit (post-électoral ivoirien). Mais en dépit de nombreux rapports détaillant ces violations, après un an de pouvoir du président Ouattara, seul les partisans du président déchu (Gbagbo) ont jusqu'à ce jour été arrêtés.

Mme Paulette Badjo, la présidente de la Commission, a déclaré mercredi que les enquêtes ont révélé que 545 éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), l'armée créée et installée par Ouattara, ont commis des exécutions sommaires, dont 54 actes de torture. A l'opposé, le Commission a découvert que 1.009 éléments des forces pro-Gbagbo ont également commis des exécutions sommaires et 136 cas de torture. Le Rapport documente aussi plusieurs autres crimes, dont des viols et des destructions ou extorsions de biens.

En définitive, plus de 3.000 personnes ont été tuées suite aux violences qui ont éclaté après (...) l'élection présidentielle de novembre 2010 (2nd tour). Laurent Gbagbo (le président sortant, Ndlr) a été arrêté en avril 2011 et transféré à la Cour Pénale internationale à La Haye (en novembre 2011), où il attend l'audience de confirmation des charges de crimes contre l'humanité alléguées contre lui. Depuis lors, plus de 100 partisans de Gbagbo, dont le fils de l'ex-chef de l’État ivoirien et son épouse (Simone Gbagbo), sont détenus en Côte d'Ivoire (…). Pendant ce temps, aucun soldat pro-Ouattara n'a encore fait l'objet de procédure judiciaire, ce que dénoncent certains comme étant une « justice des vainqueurs ».

Des membres du Gouvernement (ivoirien) ont justifié l'absence de poursuites contre les forces pro-Ouattara, par la nécessité de laisser la Commission finir son travail. Mme Badjo a déclaré que la Commission (qu'elle préside) n'a pas de prérogatives judiciaires et n'a pas pour objectif de poursuivre qui que ce soit. « Notre rôle n'est pas d'engager des poursuites judiciaires contre les auteurs de crimes », a-t-elle affirmé. « Notre rôle est d'identifier les auteurs de ces crimes afin que la justice puisse faire son travail ».

Cependant, après la cérémonie de mercredi la ministre déléguée à la Justice, Matto Loma Cissé, a fait savoir que des poursuites pourraient être engagées très rapidement. « Maintenant que les enquêtes sont terminées, nous pouvons faire le lien entre les enquêtes et les poursuites », a-t-elle indiqué. Le président Ouattara s'est encore prononcé en faveur de poursuites contre des présumés criminels des deux camps. « C'est en laissant la justice faire son travail que nous pouvons combattre l'impunité », a-t-il réaffirmé.

L'intégralité du rapport n'a pas été rendu public mercredi, mais le président Ouattara a déclaré que cela sera fait sous peu. Toutefois, dans une récente interview, le ministre (ivoirien) des droits de l'Homme, Gnénéma Coulibaly a précisé que le Rapport ne sera pas mis à la disposition du grand public, sans y apporter de retouches significatives (nouvelle rédaction), en vue de protéger l'identité des personnes qui ont fait des témoignages à la Commission. « Le Rapport ne sera pas publié en intégralité », a-t-il déclaré. « Nous devons prendre en compte la sécurité des témoins. Ce ne sera pas une bonne chose de les exposer à d'éventuelles représailles ».

Matts Wells, Chercheur pour l'Afrique de l'Ouest pour Human Rights Watch, et auteur d'un rapport sur les violences post-électorales (en Côte d'Ivoire), a quant à lui déclaré que le Rapport devrait être mis à la disposition du grand public dans son entièreté, et que cela devrait déboucher sur les poursuites à l'encontre des forces pro-Ouattara. La crédibilité de la Commission sera déterminée par les suites judiciaires qui seront promptement accordées aux crimes commis par les pro-Ouattara, ce qui assurera une justice impartiale – et non une justice à sens unique », a-t-il indiqué. « Pour garantir la transparence et contribuer à l'éclatement de la vérité au profit des victimes du conflit, le Rapport doit être publié dans son intégralité » (…).

 

Traduction réalisée par Anassé Anassé


Source: L'INFODROME.COM

jeudi, 09 août 2012

GUERRE A LA TERREUR: VOUS NE L’AVEZ PAS REMARQUE, MAIS AL-QAIDA EST MAINTENANT NOTRE ALLIEE!

 

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S’il y a une chose que le conflit en cours en Syrie aura sans doute permis de révéler au grand public, c’est bien le côté parfaitement orwellien de la prétendue "Guerre à la terreur" menée depuis le 11-Septembre par les Etats-Unis et ses alliés de l’OTAN, France incluse. En effet, les médias ne parviennent plus à cacher ce fait incompréhensible à priori : des militants d’al-Qaïda sont aujourd’hui nos alliés en Syrie, et aident l’opposition dans sa tentative de renverser Bachar el-Assad. Mais alors, contre qui se bat-on ?

A y regarder de plus près, comme le fait cet article paru sur le Washington’s Blog – et c’est d’ailleurs le thème développé dans le film ONE – Enquête sur al-Qaïda -, la collaboration entre les USA et al-Qaïda n’a vraisemblablement jamais cessé depuis les années 1980 et la création de "la base" par la CIA pour aller combattre les Soviétiques en Afghanistan. Après la Somalie, la Bosniele Kosovo, mais aussi la Libye l’an dernier, des milices islamistes ont été formées par la CIA et d’autres services secrets occidentaux, puis utilisées pour renverser des régimes et occasionnellement les remplacer par des dirigeants "amis". Alors pourquoi cela s’arrêterait-il?

REOPEN911 - AL QAIDA EN SYRIE.jpg

Il est maintenant reconnu qu’al-Qaïda aide l’opposition syrienne

 

Par GeantVert



 

La “Guerre au terrorisme” a changé, et pas un Américain sur 1000 ne l’a remarqué : nous combattons désormais aux côtés d’al-Qaïda


Paru sur le Washington’s Blog, le 31 juillet 2012

Traduit de l’anglais par GV pour ReOpenNews

 

Ce que vous devez savoir sur ce revirement impensable…

Dans le roman de George Orwell, 1984, le pays dénommé Océania est en guerre contre l’Eurasia depuis des années.

Océania change soudain de camp, désigne l’Eastasia comme son ennemi mortel et fait de l’Eurasia son nouvel allié.

Le gouvernement utilise la propagande pour convaincre le peuple que « Nous avons toujours été en guerre contre l’Eastasia. » Le peuple abruti ne remarque même pas qu’ils ont changé de camp et se rallie aveuglément à l’Eurasia qu’il considère comme son allié historique.

La même chose se produit dans le monde réel avec "al-Qaïda".

Les gouvernements occidentaux et les médias "mainstream" ont admis le fait qu’al-Qaïda combattait contre le gouvernement syrien, et que l’Occident soutenait l’opposition en Syrie… quicollabore avec al-Qaïda.

De la même façon, l’opposition qui a renversé Kadhafi en Libye était essentiellement issue d’al-Qaïda… et elle semble maintenant avoir pris le contrôle du pays (et ses éléments sont essentiels dans les combats en cours en Syrie).

Les USA financent également des groupes terroristes sur le sol iranien.

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Par conséquent, le fait que nous considérions maintenant les combattants d’al-Qaïda comme nos alliés, quelle que soit la forme que cela prenne, est une chose tout à fait orwellienne.

Rappelez-vous, le conseiller à la Sécurité nationale de Jimmy Carter l’avait admis sur CNN, nous avons formé et soutenu Ben Laden et les autres chefs d’al-Qaïda dans les années 1970 afin d’aller combattre les Soviétiques. (Il a aussi déclaré devant le Sénat en 2007 que la guerre à la terreur était "un conte mythique historique").

Et, comme le professeur en stratégie au Collège naval, ex-analyste de la NSA et officier de contreterrorisme John Schindler l’a écrit, les USA ont soutenu Ben Laden et d’autres terroristes d’al-Qaïda en Bosnie. [Se référer aussi au livre ci-contre, en français - NdT]

Mais évidemment, nous avons perdu le contrôle et ils se sont retournés contre nous… et ensuite il nous a fallu des années pour chasser et finalement abattre Ben Laden. OK ?

Peut-être bien. Toutefois :

- L’officier en chef chargé de la capture de Ben Laden durant l’invasion de l’Afghanistan a affirmé que les USA avaient laissé celui-ci s’échapper d’Afghanistan.

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- Des soldats français insistent pour dire qu’ils auraient pu facilement capturer ou tuer Ben Laden, mais que le commandement américain les en a empêchés.

- Un membre du Congrès américain affirme que l’administration Bush a intentionnellement laissé s’échapper Ben Laden de manière à justifier la guerre en Irak.

Mais les magouilles avaient commencé bien avant le 11-septembre :

- L’enquête conjointe du Congrès sur le 11/9 a découvert qu’un informateur du FBI avait accueilli et loué un appartement à deux des pirates de l’air en 2000, et que, lorsque l’enquête a demandé à interroger cet informateur, le FBI a refusé tout net, et l’a caché dans un lieu secret, et qu’un haut-responsable du FBI a déclaré que ces manœuvres de dissimulation étaient menées suite à des ordres émanant directement de la Maison Blanche (ce qui est confirmé ici par le coprésident de l’enquête conjointe et ex-chef du Comité du Renseignement au Sénat, Bob Graham ; et lisez aussi cet article de Newsweek).

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- Non seulement le gouvernement écoutait les conversations de Ben Laden, mais ils connaissaient les plans des pirates de l’air de leur bouche même.

- Un officier haut-gradé du renseignement militaire a déclaré que son unité – chargée de traquer Ben Laden avant le 11/9 – a été écartée de cette tâche, et que leurs avertissements comme quoi le World Trade Center et le Pentagone allaient être la cible d’attentats ont été ignorés.

- Plusieurs employés bien placés au département de la Défense ont affirmé que le gouvernement avait volontairement écarté leur témoignage sur la traque de Mohammed Atta avant le 11-Septembre.

- Un des formateurs d’al-Qaïda travaillait avec les Bérets verts et la CIA, et était un informateur du FBI.

- La CIA semble avoir aidé la plupart des pirates de l’air du 11/9 à obtenir un visa d’entrée aux USA.

Et aussi :

- D’après l’un des plus importants journaux français [Le Figaro - NdT], des agents de la CIAont rencontré Ben Laden deux mois avant le 11/9, alors que celui-ci était recherché pour l’attentat contre l’USS Cole.

- Sibel Edmonds – une ancienne traductrice du FBI, jugée extrêmement crédible par l’Inspecteur général du département de la Justice et plusieurs sénateurs – affirme qu’Oussama Ben Laden travaillait pour les USA pratiquement jusqu’au jour du 11 septembre 2001, et que ce fait est tenu caché, tout simplement parce que les USA sous-traitent les opérations de terrorisme à al-Qaïda et aux talibans depuis de nombreuses années.

Nous avons toujours été en guerre avec l’Eastasia…


 

Source: REOPEN911

LE DOGME DE L’INFAILLIBILITE DEMOCRATIQUE

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Excellent article, à lire absolument. Bonne lecture!

 

Comme nous le montrent les conflits en Libye et en Syrie, les démocraties occidentales peuvent instrumentaliser le terrorisme islamique avec leurs alliés d’Arabie saoudite et du Qatar, provoquer et entretenir des guerres civiles dans des pays en paix, se rendre coupables de crimes contre l’humanité pour accomplir les objectifs géostratégiques de leurs élites libérales, sans que leurs opinions publiques ne s’en émeuvent outre mesure. Cette atonie de l’opinion publique occidentale s’explique en partie par la force d’un dogme tout puissant qui structure l’idéologie démocratique et l’âme de ceux qui jouissent de ses bienfaits : le dogme de l’infaillibilité démocratique.

D’après ce dogme, la démocratie occidentale ne peut jamais mal agir. Toutes ses actions sont empruntesd’une sorte de grâce qui transforme un crime en acte héroïque, une guerre de conquête des ressources naturelles d’un pays en une épopée pour la liberté, l’asservissement de populations au libéralisme le plus dur en libération des peuples opprimés, un vote contrôlé en expression de la volonté populaire(Irak, Soudan, Libye).

Dès que vous questionnez l’innocence de vos dirigeants (sur des sujets comme le 11-Septembre, l’Irak, la Libye, la Syrie) qui incarnent, semble-t-il, à eux seuls, la démocratie et ses valeurs supposées, les défenseurs de ce dogme lâchent contre vous leurs inquisiteurs chargés de le faire respecter (de BHL à Botul et de Botul à Bernard-Henri Lévy). Ainsi, prêter aux démocraties occidentales de mauvaises intentions dans les relations internationales, c’est contester ce dogme et s’exposer à faire l’objet d’un lynchage médiatique. Se poser des questions sur les arrières pensées de ses dirigeants, c’est remettre en cause ce dogme et risquer de se faire diffamer (vous devenez un paranoïaque, un révisionniste, un antisémite, un anti-américain, etc.). Penser que ses élites puissent commettre des crimes contre l’humanité de manière répétée, c’est manquer de respect à l’égard de ce dogme et s’attirer les mauvaises grâces du pouvoir et de ses gardiens.

L’opinion publique occidentale qui baigne, sans nécessairement le savoir, dans le dogme de l’infaillibilité démocratique, est prompte à prendre la défense de l’inquisiteur en qui elle voit l’honnête homme, le défenseur des vertus démocratiques, celui qui porte la règle et sa légitimité. L’effronté qui oserait, par exemple, jeter toute la force de sa réflexion contre ce dogme dans les conflits libyen et syrien et qui mettrait en avant l’instrumentalisation par l’Occident du terrorisme islamique à l’origine du chaos politique, économique, social et humanitaire que connaissent ces deux pays, se verrait accusé immédiatement de soutenir les dictateurs massacreurs de leur peuple. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun défenseur du dogme que l’on puisse honnir les dictateurs laïques tout autant que ceux qui veulent les faire tomber afin de les remplacer par mille tyrans wahhabites et islamistes au service d’élites occidentales massacreuses d’innocence et fauteuses de guerre. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun lecteur assidu du Monde, du Guardian ou du New York Times de douter de la présentation des événements par ces quotidiens qui dépeignent les insurgés syriens sous les traits des combattants de la liberté, alors que la quasi-totalité d’entre eux ne sont pas Syriens (mais Jordaniens, Irakiens, Libyens, etc.), qu’ils tentent d’imposer la charia par le terrorisme de masse, qu’ils défendent le salafisme façon wahhabite et sa vision obscurantiste de l’Islam, qu’ils massacrent systématiquement tous ceux qui ne partagent pas leur point de vue ou appartiennent aux minorités religieuses, qu’ils répondent à des donneurs d’ordres basés en Turquie, en Arabie saoudite, au Qatar et aux États-Unis et, enfin, qu’ils portent les couleurs d’Al-Qaïda.

Le citoyen occidental ne veut ou ne peut pas croire que ses dirigeants et ses médias puissent à ce point le manipuler et lui cacher la vérité. Cette pensée est au-dessus de ses forces ou de ses défenses immunitaires psychologiques et contraires au dogme qui est encré dans son cerveau de bourgeois cultivé depuis sa plus tendre enfance. Car s’il devait admettre qu’une telle manipulation était possible, il viendrait immanquablement à perdre ses repères, à douter de la nature réellement démocratique de son régime politique et il verrait, alors, toutes ses croyances dans les vertus de son système s’effondrer sur leur base. Reconnaître les crimes de nos élites, qu’il s’agisse de crimes politiques ou des crimes médiatiques, requiert de se projeter hors de soi et de son ethnocentrisme occidental pour penser que ‘l’autre’ n’est pas nécessairement un ‘barbare’ et pour effleurer l’idée que ses dirigeants, pourtant élus démocratiquement, puissent être des démocrates aux mains sales.

Les inquisiteurs du dogme ne peuvent pas s’élever au-dessus de leur aveuglement sans perdre leur foi dans leur système, sans perdre aussi tous les bienfaits personnels qu’ils peuvent tirer de leur position au sein de la hiérarchie des défenseurs du dogme. Ne vous attendez donc pas à ce que les profiteurs du dogme répondent aux arguments soigneusement étayés que vous pourriez développer, ils ne détestent rien tant que la réalité. Ils n’ont, par ailleurs, pas plus de conscience morale que les profiteurs de guerre et ne méritent sans doute pas que nous engagions avec eux un dialogue courtois : ce sont, à vrai dire, les mêmes. Mais qui sont-ils au juste ? Ils ont un nom : on les appelle les Atlantistes.

Ce qui unit les élites politiques, culturelles, financières occidentales, c’est cette idéologie atlantiste qui ne souffre la contestation qu’à la marge. Si les hommes politiques ou les journaux de droite et de gauche peuvent s’étriper à loisir sur le droit à l’avortement ou l’abolition de la peine de mort, ils retrouvent toujours la voie de l’unanimisme lorsqu’il s’agit de défendre l’atlantisme dans ses fondements : ils seront ainsi unanimes pour défendre les traités européens qui ne font qu’entériner la doctrine libérale imposée par Washington ; ils seront unanimes également pour laisser l’Occident s’allier avec l’islamisme radical afin d’orienter les Printemps arabes selon les intérêts particuliers de leurs élites tout en prétendant, en même temps, défendre les valeurs des Lumières.

Pour tout démocrate sincère, celui qui croit davantage aux valeurs démocratiques qu’au système qui est sensé les mettre en œuvre, il est impératif de s’attaquer avec force à ce dogme parce qu’il est l’un des plus meurtriers qui soit : il permet, avec une impunité déconcertante, les actions les plus criminelles de la part des démocraties occidentales qui sont, si on y prête bien attention, les régimes les plus violents et les plus meurtriers de la planète depuis la chute du mur de Berlin et la disparition de la menace communiste.

Il est nécessaire de s’acharner contre les bases de ce dogme pour le faire crouler avant qu’il ne nous emporte tous, démocrates d’ici ou d’ailleurs, dans le chaos sans fin d’une guerre des peuples et des civilisations, voulue par une élite indigne de gouverner nos destinées. Les dogmes, comme les dictatures et leurs représentants, sont faits pour être renversés. Et comme le Krak des Chevaliers, cette forteresse imprenable en terre syrienne, ils ont leurs failles.


Guillaume de Rouville, in LE GRAND SOIR

Auteur de "La Démocratie ambiguë", Éditions Cheap, juillet 2012


A lire également sur le croustillant site L'IDIOT DU VILLAGE


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mercredi, 08 août 2012

COTE D'IVOIRE: SUR LA PISTE DES ASSAILLANTS DE LA CASERNE D'AKOUEDO


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Patrouille de soldats des Forces républicaines (FRCI) à Bingerville, près d’Abidjan, le 6 août © Issouf sanogo/AFP

 

Qui sont les assaillants de la caserne d'Akouédo, une attaque qui a fait sept morts dans la nuit de dimanche à lundi ? Miliciens pro-Gbagbo ou supplétifs des FRCI, mécontents de leur sort ? Comment ont-ils disparu sans laisser aucune trace ? Éléménts de réponse.

Quelque 24 heures après l’attaque contre la caserne militaire du premier régiment d’infanterie d’Akouédo, près d’Abidjan, on en sait un peu sur le mode opératoire du commando puissamment armé qui a pu agir en toute impunité - et presque sans combattre - dans un quartier stratégique surveillé en permanence par les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, armée nationale).

Selon plusieurs sources militaires de haut rang, les assaillants étaient au nombre d’une centaine, vêtus en treillis ou en civils et circulant à bord d’une dizaine de pick-up. Ils ont fait irruption simultanément aux entrées principale et annexe de la caserne aux environs de 3 heures 30 GMT, lundi matin. Dès son entrée, le commando a abattu les cinq sentinelles en faction au poste de contrôle.

Au cours du bref échange de tirs avec les soldats, les assaillants perdent un homme mais ne se découragent pas. Ils mettent aussitôt le cap sur la poudrière du camp. Dans l’armurerie, ils récupèrent 240 fusils AK-47 non enchaînés – contrairement aux usages - et disposant de leurs percuteurs. Il était prévu de les utiliser lors du défilé militaire de la célébration du 52e anniversaire de la fête de l’indépendance, mardi 7 juillet sur l'esplanade du palais présidentiel.

"Les assaillants semblaient connaître le secteur"

« C’est curieux, les assaillants semblaient connaître le secteur. Ils n’ont pas emporté les armes plus lourdes qui étaient stockées, notamment les obus de mortiers. Ils se sont contentés des Kalachnilovs comme s’ils voulaient délivrer un message », commente une source haut placée, proche du ministère délégué à la Défense.

Après son forfait, durant lequel il n’a rencontré presque aucune opposition, le commando prend tranquillement l’axe Abidjan-Bingerville et s’évapore dans la nature. C’est seulement à 5 heures du matin que les hommes de la garde républicaine du commandant en second, Issiaka Wattara, alias « Wattao », arrivent sur le terrain. Mais les agresseurs sont déjà loin.Et le ratissage intensif de la zone ne donne rien.

Dans la matinée, plusieurs autres unités des anciens chefs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), aujourd’hui intégrés au sein de l’armée nationale, rallient la caserne d’Akouédo. Celle-ci abrite pourtant déjà près 2 000 militaires, qui n’ont ni lancé l’alerte, ni réagi à l'assaut… Essentiellement en raison de leur manque d’équipements et de capacité opérationnelle.

« Il y a un véritable scandale d’autorité de commandement au sein des FRCI. Plus d’un an après la fin de la crise postélectorale, la caserne d’Akouédo n’est toujours pas opérationnelle et ne possède aucune section d’alerte. Pourtant c’est le foyer d’où provient, depuis plus de 10 ans, l’instabilité à Abidjan. En plus, la caserne est située à environ 25 minutes de la résidence du chef de l’État », s’indigne un proche du président Alassane Ouattara.

Lundi 6 août, à la présidence, Ouattara convoque une réunion d’urgence. Y assistent le ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, son collègue de la Défense, Paul Koffi Koffi, les généraux Gervais Kouasssi (gendarmerie), Bredou M’Bia (police), Soumaila Bakayoko (armée) et Michel Gueu (chef d’état major particulier du chef de l’État). « Le président a exprimé son mécontentement sur l’immobilisme, la porosité et la passivité des FRCI qui n’ont pas vu venir trois attaques en moins de 24 heures. Même si les autorités militaires privilégient pour le moment - sans enquête aboutie - la piste des miliciens et ex-Forces de défense et de sécurité (FDS, pro-Gbagbo), le chef de l’État a donné des instructions fermes pour colmater les brèches du système sécuritaire », indique une source proche de la présidence.

Thèse peu crédible

Un système sécuritaire qui repose essentiellement sur les 3000 à 4000 ex-rebelles membres des FRCI (qui sont sur le papier 55 000 hommes), ainsi que sur environ 40 000 dozos, chasseurs traditionnels venus du Nord, et sur quelque 110 000 supplétifs non encore démobilisés ni déssarmés. Pour les milieux diplomatiques d’Abidjan, c'est d'ailleurs de ce côté qu'il faut chercher. « L'attaque ressemble bien à une action de supplétifs FRCI qui n’ont toujours pas été pris en compte par le pouvoir. C’est une sorte de signal qu’ils donnent au gouvernement pour accélérer la réforme du système de sécurité et de l’armée (RSSA), en panne depuis plusieurs mois », affirme un diplomate européen.

Autre détail troublant : « Les assaillants ont bénéficié de complicités internes au camp, confie Paul Koffi Koffi à Jeune Afrique. Des arrestations de pensionnaires de la caserne ont été effectuées et nous poursuivons l'enquête », ajoute-t-il.

Fin juillet, des combats avaient déjà opposés des supplétifs de l’armée aux FRCI dans la commune d’Abobo, l’un des fiefs du chef de l’État à Abidjan. « Tous les supplétifs sont laissés pour compte. Aujourd’hui, seuls les éléments des Forces armées des forces nouvelles (FAFN, armée de l’ex-rébellion du Nord), ainsi que quelques éléments des ex-FDS constituent l’ossature du système de sécurité. Cela crée des frustrations », explique un militaire onusien.



Baudelaire Mieu, à Abidjan


Source: JEUNE AFRIQUE

mardi, 07 août 2012

SYRIE: DEMASQUE, LE PRESIDENT DU CONSEIL DES MINISTRES S'ENFUIT

 

RIAD HIJAB - EX PREMIER MINISTRE SYRIEN.jpg

 

Se sentant démasqué, le président du Conseil des ministres syriens, Riad Hijab, a été exfiltré par l’OTAN vers le Liban, dimanche 5 août 2012.

L’agence de presse nationale syrienne (SANA) n’a pas rendu compte de l’événement, se contentant de signaler qu’il avait été « démis de ses fonctions ».

La Syrie étant un régime présidentiel (comme les États-Unis), les ministres sont nommés directement par le président de la République et cette vacance n’a pas d’incidence sur le reste du gouvernement. Le président Bachar el-Assad a demandé à l’un des quatre vice-présidents du Conseil, Omar Ghalawanji, d’exercer les fonctions de président du Conseil des ministres.

Le chef de l’Armée syrienne libre a annoncé que M. Hijab avait fait défection avec d’autres ministres. La télévision syrienne a montré des images panoramiques de la réunion du Conseil des ministres sous la présidence d’Omar Ghalawanji afin que chacun puisse constater que nul ne manque à l’appel. En outre, le ministre des Biens cultuels –dont le nom avait été cité par une agence de presse- a fait une déclaration à la télévision sur un sujet secondaire afin de mettre un terme aux rumeurs de la presse occidentale le concernant.

La trahison de Riad Hijab est la première d’importance depuis le début de la crise. Selon son porte-parole, Mohamed Otri, qui s’est exprimé depuis la Jordanie, M. Hijab travaillait secrètement au renversement de Bachar el-Assad bien avant d’accepter les fonctions de président du Conseil des ministres, il y a six semaines, le 23 juin.

Le président du Conseil des ministres coordonne la mise en œuvre de la politique intérieure, mais n’a aucun pouvoir en matière de Politique étrangère et de Défense, « domaines réservés » du président de la République.

Comme dans le système constitutionnel états-unien, les principaux pouvoirs de nomination reviennent au président de la République. Le président du Conseil des ministres n’a donc pas pu placer des hommes à lui à des postes stratégiques de l’État.

À ce stade de l’enquête, il semble que l’opération « Volcan de Damas et séisme de la Syrie », qui a échoué, devait consister en un coup d’État militaire auquel Riad Hijab aurait donné une onction civile. Washington et ses alliés pensaient qu’après la décapitation du commandement militaire (attentat du 18 juillet), des généraux et leurs régiments s’empareraient du pouvoir avec l’aide des mercenaires entrant depuis la Jordanie, puis ils l’auraient remis dans les mains de M. Hijab. Le département d’État aurait alors applaudi à la victoire de la « démocratie ».

On ignore à quel moment les services de sécurité ont commencé à douter de la loyauté du président du Conseil des ministres. Celui-ci n’avait pas été inquiété et participait encore hier à une inauguration officielle, mais il avait évité de retourner à son bureau depuis deux jours.

Bien qu’ayant exercé des fonctions au sein du Baas, Riad Hijab était un technocrate, pas un leader politique. Ancien préfet de Lattaquié, jouissant d’une excellente réputation d’administrateur, il avait été nommé ministre de l’Agriculture, puis président du Conseil des ministres parce que n’étant pas lié à un courant politique, il semblait plus apte que d’autres à œuvrer à l’unité nationale. C’est le contraire qui s’est produit. N’étant lié à aucun groupe, il a pu changer de bord sans être retenu par un engagement.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Information, Omrane al-Zohbi, a souligné que -à la différence de l’Arabie saoudite- la Syrie est un État, et que la disparition d’un homme ne peut affecter la marche de l’État.

 

Source: RESEAU VOLTAIRE

ATTAQUE DU CAMP D'AKOUEDO: LE GOUVERNEMENT S'EN PREND A L'ONUCI


BERT KOENDERS - ONUCI.jpg

Bert Koenders, Représentant du Secrétaire Général de l'ONU en Côte d'Ivoire, patron de l'ONUCI


Dans la nuit d’hier, des mutins se sont attaqués au camp militaire d’Akouédo dans le quartier de Cocody à Abidjan où après plusieurs échanges de tirs, ils ont réussi à occuper les lieux pendant un moment avant d’en être délogés. Cependant, dans leur retraite, ces éléments frondeurs des FRCI ont accompli la prouesse d’emporter tout l’armement qui était gardé dans la poudrière dudit camp. Les premières images diffusées prouvent clairement que les soldats qui gardaient le camp ont détalé à la vue des mutins, permettant à ceux-ci de surprendre leurs collègues en plein sommeil.

Le gouvernement ivoirien, surpris par la dureté de l’attaque, a mis du temps à s’en remettre surtout à la veille de la Fête de l’indépendance (?) qui est aussi une célébration militaire.

Ce n’est cependant pas la couardise des soldats fuyards qui provoque l’ire du gouvernement mais plutôt le fait que les soldats de l’organisation des nations unies (ONUCI) logés dans le camp n’aient pas réagit à l’attaque. Le camp d’Akouédo abrite en effet un contingent des soldats togolais en mission en Côte d’Ivoire pour le compte de l’ONU.

De sources diplomatiques, le gouvernement Ouattara s’en serait ouvertement plaint au représentant du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire, Bert Koenders, avant de saisir les ambassadeurs de France et des Etats-Unis sur les bords de la Lagune Ebrié.

L’on se souvient cependant que le camp de refugiés de l’ethnie guéré de Nahibly à Duékoué gardé par des soldats de l’ONU avait été attaqué le 20 juillet par les Dozo et les militants du RDR faisant des dizaines de morts et plusieurs blessés par balles et armes blanches. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, le gouvernement dans ce massacre avait plutôt choisi de justifier l’inertie des soldats de la paix (?).

La réforme de l’armée est l’un des grands défis du pouvoir, qui a promis de mettre en place un programme de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) des ex-combattants non intégrés dans les FRCI. Ce chantier s’annonce hautement sensible et coûteux.

La Côte d’Ivoire traverse une situation sécuritaire délétère depuis la crise post-électorale née du refus de Dramane Ouattara, soutenu par la communauté internationale, de reconnaître sa défaite aux élections présidentielles ivoiriennes, et de son installation à la tête du pays par les armes.

Le vainqueur, Laurent Gbagbo, est détenu jusqu’à ce jour à La Haye, tandis qu’aucun membre du camp Ouattara n’a été inquiété près de deux ans après ces événements.


Source: Le blog de Steve Beko

lundi, 06 août 2012

ATTAQUE DES CAMPS MILITAIRES: UN CERTAIN GENERAL TIMOTHEE SEKONGO REVENDIQUE L'EXPEDITION

 

CASQUES BLEUS ONUCI AU CAMP D'AKOUEDO.jpg

Les FRCI gardés par les casques bleus de l'ONUCI. Et qui nous garde, nous, les populations?


Le responsable des attaques contres les différents camps militaires en Côte d'Ivoire, ces derniers temps, aurait finalement un nom: le Général Timothée Sékongo.

 

Dans la nuit du Dimanche au Lundi, le nouveau camp d’Akouédo a été attaqué par un commando bien armé. Le Général Timothée Sékongo qui a revendiqué l’attaque dit être satisfait de ce premier essai.

Dans le même temps, ce Général Sékongo dit donner 72 heures à Dramane Ouattara et ses hommes pour quitter le pouvoir. Il dit ne pas être là pour discuter avec qui que ce soit car la nation Ivoire a suffisamment souffert.

côte d'ivoire,le responsable des attaques contres les différents camps militai,le général timothée sékongo

Selon le Général, ils ne sont pas encore venus au combat, ils sont venus s’essayer à la bête et maintenant qu’ils ont pris la mesure de la bête, alors ils vont en découdre. Il continue pour dire que ses hommes ont fait un repli sous ses ordres après avoir totalement pris le contrôle du nouveau camp d’Akouédo.

C’est quelques temps après le repli de ses hommes que les locataires ont commencé à tirer dans tous les sens.

côte d'ivoire,le responsable des attaques contres les différents camps militai,le général timothée sékongo

Les sources officielles disent ne pas être informées sur l’identité des assaillants, tandis que d’autres sources nous apprennent que se seraient des éléments des FRCI mécontents du traitement à eux infligé.


Source: Page FACEBOOK de Khalil Ali Kéita

ATTAQUE DES CAMPS MILITAIRES D'AKOUEDO: REUNION D'URGENCE ENTRE OUATTARA ET L'ARMEE

 

GENERAUX DE L'ARMEE - CI.jpg


Le président ivoirien Alassane Ouattara a convoqué une réunion d’urgence avec la haute hiérarchie militaire face à la situation sécuritaire qui prévaut dans le pays, rapportent des médias.

 

Le chef de l’Etat ivoirien devra rencontrer lundi dans l’après-midi les ministres en charge de la sécurité et de la défense ainsi que les responsables des grands commandements militaires, indique l’agence Xinhua, qui précise qu’une "importante" déclaration est prévue dans la soirée à l’issue de la rencontre.

La Côte d’Ivoire subit ces derniers jours une vague d’attaques d’inconnus armés contre des casernes militaires qui ont fait au total 11 morts.

Dimanche peu avant 4 heures du matin, cinq soldats avaient été tués dans des attaques menées contre un commissariat de police et poste militaire dans le quartier de Yopougon (ouest d’Abidjan).

Le même jour et quasiment à la même heure, une caserne avait été attaquée à Abengourou dans l’est du pays (220 km nord-est d’Abidjan), où des rumeurs d’attaque circulaient de plus en plus dans la ville, ces derniers jours.

Un important camp militaire d’Abidjan (le camp militaire d’Akouédo) situé à l’est de la ville a subi tôt lundi un assaut des assaillants non encore identifié, faisant sept morts et plusieurs blessés.

côte d’ivoire,réunion d’urgence entre ouattara et l’armée,le camp militaire d’akouédo attaqué,7 morts dans les attaques de camps militaires

Eléments FRCI abattus par le commando invisible au camp d'Akouédo


Dans un communiqué, le chef de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), Bert Koenders, a indiqué que le bilan provisoire de l’attaque est d’environ sept morts et une dizaine de blessés graves dans les rangs des Frci (Forces républicaines, armée ivoirienne).

Aucune information n’était dans l’immédiat disponible sur l’identité des assaillants d’Akouédo, ni sur un éventuel lien avec les attaques de Yopougon dimanche. Nous n’en savons rien, nous sommes en train de mener nos enquêtes, j’espère qu’on sera situé d’ici demain (mardi), a répondu Paul Koffi Koffi, cité par l’Afp.

La rébellion du 19 septembre 2002 et la crise meurtrière née de la lutte du pouvoir entre l’ex-président Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, traduite sur le théâtre des opérations par un affrontement armé entre Forces régulières (FDS) pro-Gbagbo et l’ex-rébellion des Forces nouvelles pro-Ouattara, ont ouvert le boulevard de la circulation et la prolifération des armes en Côte d’Ivoire.

Selon des observateurs, le ressentiment des ex-combattants mécontents de leur sort nourrit ces incidents meurtriers dans le pays.

 

SourceAFRISCOOP

dimanche, 05 août 2012

COMMENT 30 ANS DE LIBERALISME ONT DETRUIT NOS SOCIETES


BOURSE - FOULE DE TRADERS.jpg


La crise actuelle est partie des "subprimes" mais il s'agit en fait d'une crise systémique qui aurait eu lieu de toute façon car elle est l'aboutissement de 30 ans de déséquilibres profonds créés par le libéralisme, ou plus exactement l'ultralibéralisme, cette idéologie fabriquée sur mesure par les élites économiques pour servir leurs intérêts et satisfaire leur avidité sans limite.

Le libéralisme avait déjà été appliqué dans les années 20, avec notamment une dérèglementation du secteur bancaire. Il en a résulté la crise de 1929 et la grande dépression qui a suivi et dont le monde n'est sorti que "grâce" à la guerre.

Suite au désastre qu'il avait engendré, le libéralisme avait été mis au placard, remplacé par le keynésianisme, c'est à dire une intervention régulatrice et stimulatrice des états dans l'économie.

FRIEDRICH VON HAYEK.jpgMais dès la fin de la seconde guerre mondiale, un groupe de personnes inspirées et réunies par Friedrich von Hayek (le pape de l'ultra-libéralisme, en photo ci-contre) ont fondé la "Société du Mont-Pèlerin", un club de réflexion dont le but était de convertir à nouveau les états au libéralisme.

36 personnalités étaient présentes lors de la première conférence le 10 avril 1947, dont Hayek bien sûr, Milton Friedman (prix Nobel d'économie et l'un des principaux théoriciens du libéralisme), Karl Popper, Maurice Allais, et Bertrand de Jouvenel(politicologue et économiste libéral, controversé pour son passé pendant l'occupation et son interview complaisante d'Adolf Hitler en 1936, il est aussi le fondateur du think tank de prospective "Futuribles").

Pour promouvoir l'idéologie libérale et la diffuser dans les cercles dirigeants, les membres de la Société du Mont Pélerin ont fondé une centaine d'autres think tanks et réseaux d'influence, comme la Heritage Foundation, le Cato Institute ou le Manhattan Institute.

Leur stratégie a atteint son but dans les années 80 avec l'arrivée au pouvoir de personnalités politiques entièrement acquises au libéralisme, en particulier Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Dès lors, les états ont progressivement abdiqué de leur pouvoir au bénéfice des multinationales et des banques. Ils ont privatisé et déréglementé massivement l'économie, en faisant disparaitre la quasi totalité des contraintes et des contrôles, laissant se développer les paradis fiscaux afin de faciliter l'évasion fiscale, et permettant aux grandes entreprises et aux plus fortunés d'échapper presque totalement à l'impôt. Les états se sont également désengagés de l'économie, abandonnant toute politique industrielle, cessant de préparer le long-terme, et privatisant tout ce qui pouvait devenir une source de profit pour le secteur privé, détruisant ou abandonnant les services publics.

Parmi les mesures inspirées par le libéralisme, il y eut en particulier la dérégulation du système bancaire aux Etats-Unis où l'administration Clinton avait supprimé le garde-fou mis en place par Roosevelt suite à la crise de 1929 pour interdire aux banques de dépot d'être en même temps des "banques d'investissement", c'est à dire de spéculer en bourse avec l'argent des déposants.

Mais la mesure clé a été la suppression des barrières douanières et du contrôle des changes. C'est ce qui a rendu possible la "mondialisation", c'est à dire la libre circulation des marchandises et des capitaux, permettant aux entreprises de "délocaliser" pour exploiter la main d'oeuvre à bas coût dans les pays du tiers-monde, et augmenter ainsi la concurrence sur un marché du travail désormais mondialisé lui aussi.

Cela a été possible grâce à la complicité des dirigeants de droite et de gauche, du fait de leur liens avec les multinationales et les banques, directement ou à travers les think tanks ou "clubs de réflexion" où se retrouvent l'élite des pouvoirs financiers, économiques, politiques et médiatiques.

Les délocalisations massives qui s'en sont suivi ont provoqué la désindustrialisation des pays occidentaux et un appauvrissement sans précédent de la population ordinaire, au point de faire disparaître les classes moyennes par le chomage, la précarité généralisée et la baisse des salaires réels. Dans le même temps, les délocalisations favorisaient l'essor spectaculaire de la Chine et quelques autres "pays émergents" où se concentraient les délocalisations, bouleversant au passage les équilibres géopolitiques.

Mais pendant qu'une majorité de la population s'est appauvrissait, la minorité bénéficiaire de la mondialisation s'enrichissait, dont une extrême minorité de façon astronomique, ce qui permettait à des statistiques en trompe-l'oeil d'afficher une hausse moyenne des revenus de 2% par an.

L'effondrement du pouvoir d'achat des classes moyennes est la véritable cause de la dépression économique actuelle dont la "crise des subprimes" n'a été que le déclencheur.

Une hyper inflation masquée

La baisse des salaires réels est aussi le résultat d'une hyper inflation, elle aussi masquée dans des statistiques officielles dont les produits de référence ne sont pas du tout représentatifs des dépenses ordinaires d'un ménage. Cette hyper inflation résulte de la baisse de la valeur intrinsèque de la monnaie, du fait de la monnaie créée en excès par les banques et les marchés financiers. En transformant les variations boursières en profit, les "investisseurs" créent de la monnaie sans contrepartie en biens nouveaux dans l'économie réelle. C'est ce qui crée l'inflation, car chaque dollar ou chaque euro correspond à une fraction plus petite des biens disponibles. C'est ainsi que se sont envolés les prix du logement, de l'alimentation et de l'énergie (les 3 biens réels les plus essentiels), une hausse amplifiée par la spéculation immobilière et la spéculation boursière sur les matières premières industrielles et agricoles. 

Cette spéculation qui a attisé l'inflation est elle-même le résultat de l'excès d'enrichissement des plus riches. Car ceux qui ont déjà tout placent leurs masses de capitaux en excès sur les marchés financiers et dans l'immobilier, créant des "oscillations destructrices" et des bulles spéculatives qui explosent en faisant à chaque fois des dégâts dans l'économie réelle.

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Les causes de la crise financière

Conformément aux commandements de l'idéologie libérale, les états avaient laissé se développer sans aucun contrôle le marché des "produits dérivés", ces titres financiers complexes qui permettent de démultiplier les variations boursières, à la hausse comme à la baisse, grâce à des "effets de levier" cumulés pouvant atteindre 100 (en clair, permettant de jouer 100 millions en bourse avec un capital de seulement 1 million). En seulement 15 ans après leur création au début des anées 1990, les produits dérivés ont pu se développer sans aucun controle, jusqu'à atteindre le montant astronomique de 683.000 milliards de dollars en 2008. A elles toutes seules, les banques Citigroup et Bank of America détiennent chacune 17.500 milliards en produits dérivés, dont une part importante a perdu toute valeur mais reste inscrite dans les bilans à la valeur d'achat, dissimulant ainsi des pertes abyssales.

Ce sont les effets de levier des produits dérivés qui expliquent comment les banques ont pu perdre des dizaines de milliards au point de se retrouver en faillite.

Parmi ces produits dérivés, il y avait les fameux "subprimes", des emprunts immobiliers titrisés qui transféraient des banques vers les acheteurs de titres le risque de non remboursement. De plus, la collusion entre les banques et les agences de notation chargées d'évaluer les risques a conduit à leur sous-estimation délibérée.

La phase finale de la crise financière

Les banques et les assurances ont joué au casino boursier des sommes colossales qu'elles ne possédaient pas, et elles ont perdu.

Dans un premier temps, les pertes ont été transférés aux états, selon le principe du libéralisme qui consiste à privatiser les bénéfices et nationaliser les pertes. 

Les états ne disposant pas réellement de l'argent qu'ils avaient prêté aux banques, ils l'ont emprunté... aux banques, celles-ci ayant le pouvoir de créer de la monnaie par le simple fait de prêter de l'argent (voir le film "L'argent-dette" de Paul Grignon).

Le renflouement des banques ainsi que la baisse des recettes fiscales (du fait de la crise) ont fait exploser la dette publique des pays occidentaux, alors qu'elle avait été préalablement creusée par la désindustrialisation, la baisse des revenus (causée par la stagnation des salaires, le chômage et la précarité), l'effondrement de la consommation, l'évasion fiscale et les allègements d'impôts pour les riches et les grandes entreprises.

La plupart des pays occidentaux sont maintenant au bord de la faillite, avec des niveaux d'endettement de près de 100% du PIB, voire davantage.

Le transfert des pertes des banques sur des états déjà affaiblis n'était pas tenable très longtemps. C'est pourquoi nous en arrivons aujourd'hui à la phase finale du grand hold-up: le transfert des pertes bancaires vers les citoyens de base.

Les uns après les autres, les gouvernements de droite et de gauche sont en train d'adopter des plans "d'austérité" qui vont diminuer les revenus et les prestations sociales (retraites, allocations chômage, systèmes d'assurance maladie) tout en augmentant les impots et les taxes. On peut aussi prévoir que la crise servira de prétexte à finir de privatiser ce qui peut encore l'être, principalement dans les secteurs encore publics et semi-publics (énergie, poste, santé, éducation, justice, police, forces armées...).

Le libéralisme a sappé la démocratie, ruiné les classes moyennes, abandonné les citoyens au bon vouloir des multinationales, et transformé les ex pays riches en "pays en voie de sous-développement". Au final, le libéralisme aura entièrement détruit nos sociétés par l'anéantissement des états-nations et l'explosion des inégalités, nous faisant revenir aux conditions sociales du Moyen-Age avec une minorité de très riches et la misère pour le plus grand nombre.



En complément à cet article...

MAURICE ALLAIS.jpg- Maurice Allais était un membre fondateur de la Société du Mont Pélerin. Agé de 99 ans, il prend aujourd'hui position contre l'ultra-libéralisme. Dans "Réalités industrielles", une revue publiée par le ministère des finances, le seul français à avoir reçu le prix Nobel d'économie écrit: "Le libéralisme ne saurait être un laisser faire". Il dénonce les responsabilités du système né de "la conséquence de la libéralisation inconsidérée du commerce international". "Nous avons été conduits à l’abîme par des affirmations économiques constamment répétées, mais non prouvées. Par un matraquage incessant, nous étions mis face à des vérités établies, des tabous indiscutés, des préjugés admis sans discussion. Cette doctrine affirmait comme une vérité scientifique un lien entre l’absence de régulation et une allocation optimale des ressources. Au lieu de vérité il y a eu, au contraire, dans tout ceci, une profonde ignorance et une idéologie simplificatrice. (...)

L’enjeu capital actuel est le risque d’une destruction de l’agriculture et de l’industrie françaises. Ce danger est réel et j’emploie le mot destruction car il est représentatif de la réalité. Un tel risque provient du mouvement incessant des délocalisations, elles-même dues aux différences de salaires entre, d’une part, des pays développés tels que ceux de l’Amérique du Nord ou d’Europe de l’Ouest, et, d’autre part, ceux d’Asie ou d’Europe orientale, par exemple la Roumanie ou la Pologne. Un écart de salaire élevé, aussi extrême qu’un rapport de un à six par exemple, n’est pas supportable sur le long terme par les entreprises des pays où le revenu est plus élevé. (...) Cela ne veut pas dire que j’oppose entre elles ces différentes régions, qui me semblent toutes des victimes actuelles ou à venir du libre-échangisme voulu par l’OMC, le FMI et par Bruxelles en ce qui concerne l’Europe."

Voir l'article "Maurice Allais flingue le néo-libéralisme dans une revue financée par Bercy"


- A lire sur Agora Vox, "Les mauvaises raisons de la supériorité chinoise"

Extrait: "Sur la question du déficit commercial, rappelons cette simple donnée: alors que le déficit commercial de l’UE avec la Chine était déjà de 33 milliards d’euros en 1999, il atteignait 7 ans plus tard 131 milliard? 400 % de hausse ! On trouvait alors le chiffre énorme, impensable, inacceptable... Oui, mais voilà: en 2008, il bondissait à 170 milliards ! Et on sait déjà que le chiffre pour 2010 sera encore pire. (...) La situation est donc claire: dans un marché totalement dérégulé, tel qu’il existe aujourd’hui, il est presque impossible de fabriquer sur le sol européen des produits manufacturés de grande consommation. Seuls les Allemands y parviennent encore, dans certaines conditions et dans certains secteurs. La concurrence des produits chinois est irrésistible. Ce qui est vrai pour l’Europe l’est aussi pour les Etats-Unis, qui offrent sans doute le cas le plus caricatural de cette évolution délétère. La concurrence chinoise nous tue. Toutefois Alain Minc sera content: nous mourrons guéris."

- A voir, "Le capitalisme depuis 1975" est un documentaire de Jean Druon (réalisateur de "Alerte à Babylone") sur la totale victoire idéologique du libéralisme et la façon dont il a pris le pouvoir dans le monde, avec notamment une interviews de Milton Friedman réalisée au Mont Pélerin près de Genève, lors d'une réunion de la société du même nom...
voir le film

- A voir également, "Le malheur est dans le prêt", documentaire à propos d'un système financier devenu fou...
voir le film

Pour finir en musique cette série d'articles sur le nouvel ordre économique et en prélude à une session d'été plus légère, le clip d'Alain Souchon, "Parachute doré"...


http://www.youtube.com/watch?v=fweOwiwTNKA

 

Source: SYTI.NET

UN MEMBRE DU STAFF JURIDIQUE DE GBAGBO EXPLIQUE: «CPI, POURQUOI LE NOUVEAU REPORT DE L'AUDIENCE EST UNE VICTOIRE»

 

LAURENT GBAGBO EN FAMILLE.jpg

 

La nouvelle est tombée hier matin comme un couperet, sous la forme d’un communiqué publié sur le site Internet de la Cour pénale internationale (CPI). «Le 2 août 2012, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé de reporter l’audience de confirmation des charges dans l’affaire à l’encontre de Laurent Gbagbo jusqu’à ce que l’évaluation médicale de son aptitude à y participer soit faite. L’ouverture de l’audience était initialement programmée le 13 août 2012.A la demande de la Défense, la Chambre avait, le 26 juin 2012, désigné trois experts médicaux pour procéder à un examen médical de M. Gbagbo dans le but d’évaluer son aptitude à participer à la procédure portée contre lui. Les rapports médicaux confidentiels ont été communiqués le 19 juillet.

Dans sa décision du 2 août, la Chambre a ordonné au Procureur et à la Défense de soumettre leurs observations sur les rapports médicaux, respectivement, les 13 et 21 août. Au vu de l’importance de cette question, la Chambre a reporté l’audience de confirmation des charges jusqu’à ce que cette question soit tranchée», a-t-on pu lire.

Les patriotes ivoiriens et africains qui avaient prévu de se rendre en masse à La Haye le 13 août sont quelque peu contrariés, même si nombre d’entre eux veulent rééditer «l’exploit» du 18 juin, date du premier report de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges. Ils s’étaient tout de même réunis à La Haye pour une manifestation de soutien au président Laurent Gbagbo. Et ils pourraient bien le faire une fois de plus. Mais au-delà de ces questions d’ordre pratique, une sorte d’angoisse a parcouru une partie de l’opinion publique. A quoi riment ces reports répétés ? Pendant ce temps, Gbagbo est toujours en prison ! La stratégie de la Défense ne vient-elle pas à la rescousse de ses adversaires en ralentissant la procédure et en retardant la fin du calvaire qui pourrait passer par une infirmation des charges à la suite d’une confrontation âprement menée ? Quitte à être jugé par une juridiction éminemment politique, ne vaut-il pas mieux donner à Gbagbo la tribune nécessaire à la manifestation de la vérité sur la crise ivoirienne ?

"Il faut regarder cette procédure avec du recul"

Le Nouveau Courrier a pu entrer en contact avec un membre du premier cercle du think-tank juridique du président Laurent Gbagbo. Qui accueille la nouvelle du report avec satisfaction. «C’est plus qu’une bonne nouvelle, c’est une excellente nouvelle, c’est une grande nouvelle», jubile-t-il. «Il faut regarder toute cette procédure avec du recul. Il faut se souvenir que la Défense a fait, dans un premier temps, une demande de report fondée sur la fatigue du président, consécutive aux traitements inhumains et dégradants qu’il a subis à Korhogo et sur l’inégalité de moyens entre l’Accusation et nous. La Défense a dit que pour ces raisons, le procès ne serait pas équitable. La Juge a admis l’argument de l’inégalité des moyens en nous attribuant des moyens supplémentaires, et s’est gardée de se prononcer sur l’état de santé du président. Par la suite, la Défense a basé sa demande de liberté provisoire sur trois piliers.

Une argumentation juridique, d’abord : les éléments qui justifient le maintien en détention ne sont pas réunis au regard du statut de Rome. Les garanties de représentation ensuite : la Défense a énuméré toutes les raisons qui justifiaient le fait qu’on puisse être sûr que le président ne se déroberait pas, ne fuirait pas. Troisièmement, la question de l’état de santé du président, c’est-à-dire des séquelles de son incarcération inhumaine à Korhogo, a été mise sur le tapis. Le procureur n’a pas vraiment répondu aux arguments de la Défense, mais a utilisé une stratégie de la «terreur». En gros, il a tenté de démontrer que, même si les éléments de maintien en détention ne sont pas réunis, Gbagbo va mettre la Côte d’Ivoire à feu et à sang s’il obtient la liberté provisoire. Il a un réseau, des gens qui le soutiennent, il y a eu 140 000 appels à la CPI. Bref, il terrorisait la juge, pour ne pas répondre juridiquement à l’argumentaire adverse. La juge l’a suivi, et n’est pas entrée dans le fond du dossier dans sa décision de refus à la demande de mise en liberté provisoire», explique-t-il.

Trois nouvelles expertises médicales confirment que Gbagbo a été torturé

C’est au regard de ce contexte que la dernière décision de la Chambre préliminaire I doit donc être analysée. «Que dit la juge ? En gros, que les nouveaux éléments présentés par la défense sont préoccupants, qu’ils sont pertinents. Il faut donc qu’on pose ouvertement la question de l’état de santé du président. La Cour ne peut plus échapper à ce débat. La juge doit prendre ses responsabilités, se déterminer par rapport à cette question brûlante», explique notre interlocuteur. Qui fait une révélation.

«Après la première expertise d’un expert assermenté sollicitée par la Défense, et qui attestait que l’état de santé de Gbagbo témoignait de traitements assimilables à de la torture, trois autres médecins ont été sollicités pour des contre-expertises. La Défense en a désigné deux et l’Accusation un. Au final, toutes les quatre expertises indiquent qu’il a été maltraité. On a désormais une preuve, et non des allégations. On a la preuve des mauvais traitements subis par Gbagbo».

Et le fait que ces mauvais traitements soient désormais au centre des observations que la Défense et l’Accusation sont appelées à transmettre à la juge, et au centre de la décision qu’elle rendra, n’est pas sans conséquence. «Il est désormais prouvé que ceux qui ont dit et écrit que le président Gbagbo a été bien traité, ont trompé la Cour et le monde entier. De qui s’agit-il ? Du procureur Louis Moreno-Ocampo ainsi que des avocats de Ouattara, Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoît. Ils sont placés face à leurs omissions et à leurs mensonges. Quant à la juge, elle est très clairement devant ses responsabilités», tranche notre interlocuteur. Interrogé par Le Nouveau Courrier, Emmanuel Altit, avocat principal du président Gbagbo, va dans le même sens. «Gbagbo devait arriver au procès chargé de tous les péchés du monde. Ils ne pourront plus occulter le fait qu’il est un homme qui a souffert, et qu’ils sont, eux, ceux qui ont couvert ces souffrances d’une chape de plomb», nous a-t-il indiqué. «Cette décision matérialise le changement du rapport de force. La Défense est désormais maîtresse du calendrier. Et elle a l’avantage psychologique», souligne un observateur.

Une chose est sûre : la situation ressemble à s’y méprendre à une situation de blocage et de double neutralisation – Gbagbo est toujours incarcéré, et l’Accusation se retrouve en situation d’accusée. Mais comment en sortir ? «Des ouvertures existent. Je ne peux pas en dire plus», conclut mystérieusement notre interlocuteur.


Frank Toti et Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 04 août 2012

SYRIE: IL FAUT JUGER MERKEL, OBAMA, HOLLANDE ET CAMERON POUR APOLOGIE DU TERRORISME

 

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Avec la morgue habituelle, les eulogies perpétuelles pour soutenir des rebellions ailleurs, ce qu’elles ne feront jamais chez elles, les ONG sont alarmistes et n’arrivent surtout pas à dire la vérité puisqu’elles dépendent en grande partie des pays qui veulent la destruction de la Syrie. Vous avez dit “amis de la Syrie ?” Jusqu’à 30.000 Syriens ont fui au Liban durant les dernières 48 heures, a déclaré hier, vendredi 20 juillet à… Genève la porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). DE vrais yeux de lynx depuis la Suisse. Quant à la Croix-Rouge, elle fait état de 18.000 réfugiés. Cherchez l’erreur !

Très intérressant. Ces chiffres étonnent et détonnent. La contradiction, avec cet écart conséquent est un indicateur sur la falsification générale relative à ce conflit qui prend une dimension morbide avec la non-condamnation des attentats perpétrés par Al Qaïda. le Qatar, via sa chaîne de désinformation mondiale Al-Jazeera soutient les terroristes syriens médiatiquement, mais aussi financièrement, matériellement et militairement, avec la bénédiction du quatuor Obama-Hollande-Merkel-Cameron. Nous nous taisons en Europe mais ne sommes pas à l’abri de grosses surprises car, ces lâches se retournent toujours contre leurs maîtres. On sait ce qu’il est advenu des talibans créés de toutes pièces pour combattre la Russie en Afghanistan.

Oui, il faut juger Merkel, Obama, Hollande et Cameron pour apologie du terrorisme. Ce quatuor approuve le terrorisme international dans la mesure où, aujourd’hui, ceux qui combattent en Syrie ne sont pas des enfants de coeur. Ce sont des djihadistes rompus au maniement des armes. Ils viennent d’Irak, de Libye ou encore d’Afghanistan. Hélas, qui peut engager des procédures contre ces nouveaux désinformateurs juges et parties ? 120.000 réfugiés syriens se trouvent en Jordanie, au Liban, en Turquie et en Irak, nous dit-on. Savez-vous combien de réfugiés libyens se retrouvent éparpillés dans le monde ?

Les dirigeants occidentaux sont nus. L’incohérence de leur combat contre le “terrorisme islamique” selon la formule consacrée a pris une sacré ride en Syrie. Leur discours se révèle être à géométrie variable. Eux, qui disent être inflexibles, intransigeants et contre toute forme de terrorisme l’approuve honteusement en Syrie. Mais bien sûr, quand ça touche d’autres pays, notamment la Syrie, ils sont affables, compréhensifs voire bienveillants. Et que fait le peuple de France, des Etats-Unis et autres ? Rien. Une association de baltringues, de pleutres,  de voyous et d’hypocrites qui se taisent, dictés par leur ethno-centrisme abscons. C’est simplement du racisme.

Il faut néanmoins ajouter dans ce quatuor, les affreux souverains du Qatar et d’Arabie Saoudite, qui financent le terrorisme. N’a-t-on pas dit que Seif Al-Islam finançait le terrorisme en recrutant des terroristes et des mercenaires ? Où est donc la CPI quand ils s’agit des personnes qui sont mentionnées dans ce texte ?

Pas de justice, pas de paix !


 

COUR PENALE INTERNATIONALE: ZONES D'ESPOIR

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L’audience de confirmation des charges censée mettre formellement en accusation le président Laurent Gbagbo, qui fait l’objet d’une inique déportation à La Haye, a connu, hier encore, un deuxième coup d’arrêt. Selon le communiqué officiel publié par la cour pénale internationale, « la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé de reporter l’audience de confirmation des charges dans l’affaire à l’encontre de Laurent Gbagbo jusqu’à ce que l’évaluation médicale de son aptitude à y participer soit faite ». A la demande de la Défense, la Chambre avait, le 26 juin 2012, désigné trois experts médicaux pour procéder à un examen médical du président  Gbagbo à l’effet  d’évaluer son aptitude à participer à la procédure portée contre lui. « Les rapports médicaux confidentiels ont étés communiqués le 19 juillet. Dans sa décision du 2 août, la Chambre a ordonné au Procureur et à la Défense de soumettre leurs observations sur les rapports médicaux, respectivement, les 13 et 21 août. Au vu de l’importance de cette question, la Chambre a reporté l’audience de confirmation des charges jusqu’à ce que cette question soit tranchée », stipule le communiqué. Donc, tout va bien ; on est encore dans la routine du tribunal international qui joue notamment sur les nerfs des millions d’Ivoiriens et de démocrates Africains qui espèrent que le droit soit dit et que la vérité soit enfin sue sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire..

Cela dit, le contexte international mérite qu’on s’y attarde. Il a été notamment marqué par la tournée sino-européenne du chef de l’Etat ivoirien et par l’étape française au terme de laquelle Ouattara a eu un entretien de 75 minutes avec le président Hollande  à l’Elysée. Même si Alassane Ouattara ne veut en retenir que la cérémonie de signature officielle de l’annulation d’une partie de la dette ivoirienne, conformément aux promesses du ppte, et le fait de retrouver un partenaire commercial idéologique en dépit des changements majeurs intervenus en France, la diplomatie française n’a pas su user des circonlocutions habituelles pour masquer les exigences hexagonales en matière de réconciliation nationale. Ouattara, selon d’ailleurs ce que lui rappelle depuis hier l’universitaire Michel Galy, avait promis, à cette occasion, à François Hollande de libérer les prisonniers politiques. Mais aussi de mettre en place un gouvernement d’union nationale devant enclencher la réconciliation nationale. Et assurer la stabilité et la sécurité dans le pays.  Après les tueries de Duékoué et l’échec du désarmement qui a fait exploser toutes les statistiques de l’insécurité en Côte d’Ivoire, Ouattara ne peut  plus continuer à botter en touche. Ses propres soutiens n’en n’ont plus le temps et sont désormais d’avis qu’aucune réconciliation ne peut être possible sans Gbagbo.

Mais Ouattara comprend aussi sur le tard que la déportation de la quasi-totalité de la direction du FPI dans les goulags du nord n’a pas eu pour effet d’émietter la chaîne de commandement du parti et que les cadres du front populaire ivoirien ont continué à  voir en  Laurent Gbagbo leur unique chef. C’est donc dans ce contexte qu’intervient le deuxième report de l’audience de confirmation. Soit quelques jours seulement après l’intervention musclée de la nouvelle présidence de la commission de l’Union Africaine contre la CPI. L’opinion africaine ne supporte plus la position presqu’idéologique de la CPI qui semble destinée à juger les chefs d’Etat africains. Les aventures meurtrières de Georges Bush en Iraq, Nicolas Sarkozy et Barack Obama en Libye et en Côte d’Ivoire, où leurs avions ont semé la mort, n’ont pas l’air d’intéresser les juges de la CPI. En revanche, la CPI continue de demander aux chefs d’Etat Africains à coopérer pour l’arrestation puis le transfèrement d’Omar Al Béchir sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par ses soins. La position de la sud-africaine Dlamini Zuma rejoint largement l’opinion répandue parmi les chefs d’Etats africains.

C’est certainement l’ensemble de ces soutiens qui portent leurs fruits. A priori, on devrait aller vers une libération conditionnelle du président Gbagbo parce que les conditions de sa détention à Korhogo sont aujourd’hui admises comme celle d’une torture physique et morale. Il faudrait alors lui donner le temps de se soigner avant de répondre à une autre convocation. Mais au plan technique, l’absence d’auteurs à la barre de la CPI rend illusoire toute compréhension de ce qui s’est passé pendant la crise postélectorale. Dans les deux cas, il devient presque difficile de juger l’ivoirien. Surtout que sa détention n’a toujours pas apporté un début de paix et de réconciliation. Bien au contraire. A lundi peut-être, n’est-ce pas ?

                                                                                                                                                      

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" des samedi 4 et dimanche 5 août 2012.

jeudi, 02 août 2012

APRES LA COTE D'IVOIRE ET LE MALI, C'EST A PRESENT AU TOUR DU BURKINA FASO DE CONNAITRE LA GUERRE, SELON UN DIPLOMATE FRANÇAIS


 

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Burkina Faso, prochain pays dans la tourmente!


Côte d'Ivoire, Mali, Burkina Faso... Un responsable du Quai d'Orsay fait des révélations.

 

Laurent Bigot, sous-directeur pour l’Afrique de l’ouest au ministère des Affaires Etrangères (au Quai d’Orsay) de France, a fait de graves révélations, le 2 juillet dernier lors d’un colloque sur la crise au Sahel à l’Institut français des relations internationales (Ifri). L’intervention du diplomate français à ce colloque censé restreint a fini par atterrir dans le «domaine public». Nous vous proposons quelques extraits d’un speech de vérité !

Le Sous-directeur pour l’Afrique de l’ouest du Quai d’Orsay, Laurent Bigot, dans son intervention «à titre personnel», préciset-il, plante le décor de la situation latente qui prévalait depuis une dizaine d’années au Mali, avec sa «démocratie de façade». Et ne manque pas dans son développement de relever la cruelle injustice dont a été l’objet le président Laurent Gbagbo à l’occasion de la crise dite post-électorale. Selon lui, c’est l’ex-président malien, Alpha Omar Konaré qui avait décidé de ce que Amani Toumani Touré fût président de la république après lui.

«C’est Alpha Oumar Konaré (le président sortant, ndlr) qui a décidé qu’Amadou Toumani Touré (ATT) deviendrait président en 2002. A l’issue du premier tour, ATT arrive en tête en 2002, avec une marge de 1% devant Soumaïla Cissé, dans un mouchoir de poche. Et la commission électorale annule 500.000 votes, environ 10% du corps électoral. Pour 300.000 votes de plus, on a déclenché le feu sur Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire l’année dernière. (…) Il y a eu des manipulations pour que ce soit Soumaïla Cissé et non Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) qui arrive en seconde position.

Des missions d’observation des élections étaient là, mais on s’est contenté des résultats. (…) En 2007, rebelote. ATT est élu dès le premier tour avec près de 70% des suffrages et un taux de participation de 30%, ce qui veut dire que 21% des électeurs maliens l’ont choisi. Cela fait une légitimité extrêmement faible. Et même sur ce scrutin, nous savions très bien que les fraudes ont été très importantes. C’est ça, la démocratie malienne», explique-t-il méthodiquement et magistralement dans son intervention.

Laurent Bigot glisse judicieusement le paradoxe ivoirien, avec l’injustice faite à Laurent Gbagbo pour montrer combien de fois le système peut être cynique. Concernant la crise malienne, il fait savoir que seule la façade est tombée. «Les déterminants de la crise étaient là depuis longtemps : corruption impliquant toutes les sphères, au plus haut niveau, jusqu’au palais présidentiel de Koulouba, une économie largement informelle (…), des trafics en tout genre», révèle le diplomate français. Qui juge sévèrement la classe politique malienne.

«C’est pathétique, le discours de la classe politique malienne est pathétique! Pas un homme ne sort du lot… Les deux tiers du territoire échappent à la souveraineté de l’Etat malien et on a une classe politique qui se bat encore pour entrer au gouvernement», fait savoir ce responsable au Quai d’Orsay. Le Burkina qui mène des médiations tout azimut dans la sous-région n’est pas élément étranger dans les dites crises. Notamment les crises ivoirienne et malienne. Il ne manque de relever, sur la base d’informations en sa possession, que le Burkina Faso pourrait être le prochain pays à s’écrouler. Le Burkina, «élément perturbateur dans la médiation qui a aggravé la crise au Mali» en imposant l’actuel gouvernement de transition, selon lui, pourrait être le prochain à s’effondrer.

Le Burkina, prochain pays à s’effondrer

«Ce n’est pas passé loin il y a un an (lors de la mutinerie des militaires, ndlr), ça peut tout à fait se reproduire. Il n’y a pas d’armée, pas de classe politique, une société civile plus ou moins organisée et surtout une économie en coupe réglée par le clan présidentiel, une corruption qui dépasse l’entendement, une implication dans les trafics de la sous-région jusqu’au proche entourage du président», dépeint-il la situation au pays dit des hommes intègres.

Faisant ainsi le procès du pays de Blaise Compaoré qui selon ses dires n’est pas loin de basculer. Il estime à juste titre pour lui donc que le Burkina Faso sera le prochain Etat à s’effondrer après le Mali. Une intervention du diplomate français qui continue de faire jaser. Surtout au pays des hommes intègres, où les autorités n’ont pas manqué récemment d’élever une protestation auprès de l’ambassadeur de France à Ouaga, le Général Emmanuel Beth.

 

Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

mardi, 31 juillet 2012

ALASSANE OUATTARA, LE TEMPS DE L'ISOLEMENT DIPLOMATIQUE

 

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Au-delà des flonflons de la communication officielle et des images de poignées de main avec les grands de ce monde, il est aujourd’hui évident que le régime d’Alassane Ouattara vient d’entrer dans une nouvelle phase dans son rapport avec ce qu’il est convenu de nommer «la communauté internationale». Très clairement, l’actuel maître d’Abidjan est mis à l’épreuve par les puissances qui l’ont soutenu et ont participé à le hisser sur le trône sur lequel il siège depuis le 11 avril 2011. Le temps des complaisances est fini. Vient celui du doute, de la prise de distance voire de l’isolement.

Alors que tous les regards ivoiriens étaient fixés sur Paris, scrutant avec angoisse les moindres paroles de François Hollande, c’est de New York, le siège des Nations Unies, que sont venus les signes les plus pertinents. Ainsi, le Conseil de sécurité a refusé d’accéder au souhait du régime d’Abidjan de voir maintenus les 10 968 Casques bleus présents sur le sol ivoirien, et a réduit leur nombre à 8 837. Le message est limpide : «Débrouillez-vous pour assurer progressivement les missions régaliennes dévolues à chaque Etat. Nous en avons fait assez pour vous. Prenez vous désormais en main.» En cette époque de crise financière mondiale, le gaspillage de l’argent du contribuable mondial au profit d’un exécutif qui préfère armer des milices ethniques – les Dozos – plutôt que de travailler à la mise en place des conditions d’une paix durable est de plus en plus difficile à admettre.

Une feuille de route impérative du Conseil de sécurité

Vendredi dernier, il s’est passé quelque chose d’assez inhabituel. Lors d’un point de presse, Bert Koenders, le patron de l’ONUCI, a utilisé un ton particulièrement dur pour transmettre «les grands messages du Conseil de sécurité de l’ONU». Des messages qui ont tout l’air d’une feuille de route impérative.

- Le Conseil de sécurité «prie instamment le Gouvernement ivoirien de veiller le plus rapidement possible à ce que, quels que soient leur statut ou leur appartenance politique, tous les auteurs de violations graves des droits de l’homme ou d’atteintes au droit international humanitaire, en particulier celles commises pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, soient traduits en justice, comme le lui imposent ses obligations internationales». Haro sur la justice des vainqueurs ! Le régime doit désormais livrer, pour sa survie, ses propres enfants ! Tous aux abris !

- Le Conseil de sécurité prie également le Gouvernement de veiller, le plus rapidement possible, «à ce que tous les détenus soient informés de leur statut en toute transparence et engage le Gouvernement ivoirien à continuer de coopérer avec la Cour pénale internationale». Koenders précise : «Je lance donc un appel au Gouvernement ivoirien à mettre fin à l’impunité». Guillaume Soro et les com’zones ont du souci à se faire ! Ils risquent de payer par leur incarcération le choix de Ouattara d’envoyer Gbagbo à La Haye.

- Le Conseil de sécurité estime qu’il faut en faire plus pour la réconciliation. «Il y a une certaine demande du Conseil de sécurité d’accélérer le processus», commente Koenders. Il faut faire «participer activement les groupes de la société civile», pour «remédier aux causes profondes des crises que connaît la Côte d’Ivoire». Il faut «dégager un large consensus national sur la façon de régler les questions d’identité et de propriété foncière», ce qui signifie que l’Assemblée nationale monopolisée par la coalition au pouvoir n’est pas l’endroit le mieux indiqué pour trancher ce sujet. Le gouvernement doit «ménager un espace politique à l’opposition», en particulier celle qui n’est pas représentée à l’Assemblée nationale. Il doit clarifier ses intentions en matière de DDR, et l’ONUCI doit avoir un droit de regard sur ce chantier.

- Pour les élections locales et régionales, le gouvernement doit favoriser «la représentation politique», c’est-à-dire convaincre l’opposition d’y participer. Il doit faire «les réformes électorales utiles», notamment, on l’imagine, en rééquilibrant la Commission électorale indépendante (CEI). Il doit faire régner la «sécurité» et choisir une «date opportune». La participation de l’opposition représentative, c’est-à-dire le FPI, est clairement un enjeu.

C’est l’ONU qui a accompagné la mascarade électorale qui s’est déroulée lors des dernières législatives, alors que ce qu’elle décrie aujourd’hui était déjà en place ; c’est l’ONU qui s’est félicitée de ce scrutin vicié d’avance ; c’est l’ONU qui reprend aujourd’hui implicitement à son compte les arguments de l’opposition complètement ignorés hier. Ainsi, dans une récente dépêche, IRIN, service de nouvelles dépendant du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies (OCHA) évoque les «enlèvements», les «arrestations» et les mauvais traitements infligés par les FRCI et les Dozos à des jeunes, notamment ceux qui ont été présentés comme «des mercenaires fomentant un coup d’Etat».«Nous n'avons pas vu la lumière du soleil pendant dix jours. Des hommes armés nous ont attaché les mains et les pieds. Parfois, nous n'avions que de l'eau et des biscuits (…) Lorsque nous sommes arrivés, une dizaine d'autres personnes étaient enfermées dans une autre cellule dans des conditions difficiles (…) Les deux premières fois, j'ai eu de la chance, car j'avais ma carte d'identité professionnelle, mais cette fois-ci, mon nom était associé avec la région de l'ancien président. Les soldats nous ont humiliés. Je ne crois pas à la réconciliation dans notre pays dans les conditions actuelles», témoignent des personnes dont les propos sont repris par la dépêche de l’agence onusienne. N’est-ce pas ce type de récits qu’une partie de la presse ivoirienne, notamment Le Nouveau Courrier, relaie depuis des mois dans l’indifférence internationale ?

Profiter des frémissements en cours pour re-démocratiser le pays

Pourquoi la «communauté internationale» se rebiffe-t-elle aujourd’hui ? Les changements à la tête de l’ONUCI y sont sans doute pour quelque chose. Le temps de Young Jin Choi, qui aurait pu prendre sa carte au RDR tant il roulait pour Ouattara, est passé ; et un certain nombre d’informations remonte jusqu’à New York désormais. Les mauvaises manières du régime, qui s’est défaussé sur l’ONUCI lors du massacre de Nahibly, y sont aussi pour quelque chose. Au sein de la communauté diplomatique d’Abidjan, l’ambassadeur américain, Philip Carter III, a pris ses distances depuis plusieurs mois, même s’il envoie épisodiquement des signaux contraires. La France a désormais «honte» de son «homme à Abidjan», même si des réseaux puissants continuent de le soutenir, y compris et surtout au Quai d’Orsay, où règne le Françafricain Laurent Fabius.

Plus profondément, l’incapacité pratique de Ouattara à stabiliser durablement la Côte d’Ivoire et à servir – comme Félix Houphouët-Boigny hier – d’efficace relais en Afrique de l’Ouest le rend, au fond, presque «inutile». Dans un premier temps, les Occidentaux lui ont donné tous les moyens pour réussir une pacification «à l’ancienne», c’est-à-dire par la terreur puis la fabrication de «l’unité nationale». Mais il n’a réussi qu’à établir un système violent, porteur de risques pour l’avenir proche, garanti par une force armée disparate, illettrée et criminalisée, et qui ne peut survivre en dehors de la présence structurelle de forces internationales mises en situation de soutien à une dictature qui n’est plus si naissante que cela. Intronisé chef de la Françafrique par Nicolas Sarkozy, il n’a pas d’armée et ne peut donc pas fournir de troupes pour aller, par exemple, au Mali – et doit subir les sarcasmes d’un Idriss Déby qui explique très clairement qu’il faut arracher le dossier à la CEDEAO donc au couple ivoiro-burkinabè si l’on veut qu’il envoie ses hommes au combat. Au-delà des aspects «logistiques», Ouattara ne semble pas particulièrement briller par son habileté manœuvrière et sa capacité à trouver des solutions ingénieuses aux problèmes sous-régionaux en dehors d’un bellicisme de mauvais aloi. L’insécurité et la corruption compromettent une véritable reprise économique dans l’ancien poumon de l’Afrique de l’Ouest francophone. «Tout ça pour ça ?», soupirent les chancelleries.

Les mois qui viennent s’annoncent politiquement passionnants en Côte d’Ivoire. Le régime peut-il abandonner sans s’affaiblir profondément la «gouvernance par la violence» décryptée avec talent par le politologue Michel Galy, et qui lui a jusqu’ici si bien réussi ? Alors qu’il est mis au pied du mur par ses alliés internationaux, peut-il s’en sortir par la pratique de la seule politique et de la négociation, qu’il répugne profondément ? Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), d’abord soudé par une allégeance commune à la France et à la «communauté internationale», survivra-t-il alors que le PDCI se soumet au RDR d’abord et avant tout parce qu’il croit que c’est ce que Paris veut de tout son cœur ?

Alors que des signes montrent qu’une partie de la «communauté internationale» parie désormais sur une normalisation démocratique, n’est-il pas temps qu’une vaste coalition allant des partis politiques aux activistes des droits de l’Homme, en passant par les syndicats et les associations de jeunesse, se mette en place sur la base d’une plateforme minimale de re-démocratisation du pays afin de profiter au maximum des frémissements que l’on peut observer sur l’échiquier diplomatique ? Le débat est ouvert.

 

Théophile Kouamouo

 

SourceLE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 29 juillet 2012

QUAND L'AFP RECONNAIT QUE LES BEAUX REVOLUTIONNAIRES SYRIENS SONT DES ISLAMISTES

 

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Il y a comme ça des pépites de vérité que l'on trouve, par hasard, dans le fumier de la guerre de l'information. Alors qu'en Occident tous ceux qui émettent des doutes sur le soutien sans équivoque à "l'Armée syrienne libre", aux démocrates armés syriens spécialistes des attentats terroristes, etc... sont considérés comme des infréquentables défenseurs d'une tyrannie, une dépêche de l'AFP vient nous en dire plus sur l'identité de ces beaux combattants de la liberté. Que nous apprend-elle ?

"Tout le quartier est cerné. Les combattants sont des opposants syriens et des étrangers qui affirment appartenir au "Liwa Tawhid al-Moujahidine", la Brigade de l'unification des Moujahidines (combattants islamistes). Il y a des Tchétchènes, des Algériens et même des Suédois et des Français de confession musulmane. 

Une vidéo diffusée par des militants sur internet montre des rebelles montés sur une fourgonnette rouge - sur laquelle est écrit en blanc le nom de la "Brigade de l'unification des Moujahidines" - qui tirent à la mitrailleuse en direction des hélicoptères de l'armée, des salves saluées par les cris d'autres rebelles postés dans les rues.

Dans une autre vidéo, un immeuble est en flammes tandis que retentissent des tirs nourris et des sourates du Coran récitées par le muezzin d'une mosquée."

Fort intéressant tout cela.

Les "Français de confession musulmane" qui se trouvent là-bas, jumeux idéologiques de l'ennemi public numéro un d'il y a quelques mois, Mohammed Merah, sont-ils en contact avec les forces spéciales françaises qui soutiennent la rébellion syrienne ? Dans la mesure où ils nourrissent le même grand dessein que leur pays et ont strictement les mêmes alliés, seront-ils en cas de victoire décorés voire intégrés dans les Forces spéciales ? Vont-ils a contrario être jetés en prison ou mis sur la liste noire des "terroristes" à surveiller de très près ?

Alors que le chef de la diplomatie française Laurent Fabius appelle au déploiement de forces africaines "capables" et "organisées" pour chasser du Nord-Mali les "islamistes armés" qui y sont installés, on aimerait lui poser une question: quelle est la différence entre les "islamistes armés" qui sont au Mali et les "révolutionnaires" salafistes qui sont en Syrie ? Ils sont de la même obédience idéologique et jouissent des largesses des mêmes financiers, notamment l'émir du Qatar, qui leur envoie sans doute des Western Union entre deux Conseils d'administration du PSG.

Au fait, de qui se moque-t-on ?


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 28 juillet 2012

FRANCE, ANGLETERRE… OUATTARA PRIS EN CHASSE PAR LA DIASPORA AFRICAINE

 

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 Une vue des patriotes de Londres, sortis massivement devant l'hôtel "Chatham House" où Ouattara donnait une conférence de presse. La mobilisation était si forte que Ouattara a dû quitter les lieux par une porte dérobée.


Sitôt sa visite en France achevée, le chef de l’Etat ivoirien a mis le cap sur la Grande-Bretagne où il est arrivé hier. Précédé par la diaspora africaine qui hante désormais ses nuits et ses voyages.

Sans que l’hallali n’ait véritablement sonné pour Alassane Ouattara, la diaspora africaine le suit à la trace dans ses pérégrinations européennes. A l’Elysée où il était jeudi, la police française a eu du mal à se débarrasser de ses adversaires qui se sont constitués en une véritable meute et qui hurlaient des slogans hostiles à sa venue en France. Finalement, elle n’a trouvé de répit qu’en la garde à vue de la totalité de la tête du mouvement pendant plusieurs heures. Mais moins de vingt-quatre heures plus tard, voilà encore le chef de l’Etat ivoirien assailli par un autre groupe qui lui reproche sa dictature, l’emprisonnement de la plupart des cadres du FPI et les massacres de Duékoué sur lesquels ONUCI et gouvernement ivoirien se rejettent la responsabilité de l’incurie.

Selon des sources à la Chatham house, le chef de l’Etat ivoirien a quitté la Chatham house, où il animait une conférence, par une porte dérobée pour éviter de faire face à ses adversaires qui faisaient face à un groupe de pro-Ouattara. Les services de sécurité anglais ont jugé, selon plusieurs sources relayées abondamment par des réseaux sociaux, qu’il était inopportun de laisser le conférencier abondamment chahuté, quitter les lieux par l’entrée principale, occupée par les manifestants anti-Ouattara. L’un des organisateurs de la manifestation a indiqué sur un ton ironique que le « champion de la communauté internationale qui est par ailleurs capable de larguer des bombes, a eu peur de passer devant nous. C’est une victoire pour les patriotes qu’en lieu et place d’un tapis rouge triomphal, Ouattara passe par une porte de service cachée. O honte!! ».

Mais comme à ses habitudes, le régime de Ouattara a lancé depuis quelques jours la contre-offensive médiatique en accusant le front populaire ivoirien d’être le principal artisan de ces massacres. Un peu comme si le FPI lui avait fait un pont d’or puisque le gouvernement rechigne toujours à voir se réinstaller le camp de Nahibly dont les rescapés n’ont pas encore obtenu la moindre compassion. Alors que le gouvernement parlait de six morts, l’ONU est venue à son secours hier dans un communiqué qui souligne la mort de six personnes dans le camp de Nahibly, assiégé selon le rapport d’un de ses soldats, tôt le matin de l’horreur par trois cent personnes dont des FRCI et des dozos armés jusqu’aux dents pour venger la mort de cinq ressortissants malinké dans le quartier Kôkôma.

La fronde au niveau de la Grande-Bretagne est dirigée par le Cpad, l’association qui prend en charge l’organisation des voyages à La Haye des pro-Gbagbo. Cette association regroupe aussi des panafricains dont les Camerounais restent aujourd’hui encore les plus enthousiastes avec les Congolais. Leur présence est symbolique puisque cela ne devrait pas changer ni l’ordre protocolaire ni l’agenda personnel de Ouattara qui est attendu, selon ses thuriféraires sur place, par les plus hautes autorités du pays. Cela dit, du point de vue de l’image, Ouattara enregistre ses plus grands revers postélectoraux. Jusque-là, le chef de l’Etat ivoirien avait réussi à se donner, surtout auprès des pays occidentaux, une image d’homme qui n’aime pas les extrêmes. En partie parce que ses adversaires sur place sont peu enclins à ce genre de coups déloyaux en parfaite combine avec les médias internationaux mais parce que croyaient-ils, seul le jugement des Ivoiriens feraient le reste.

Alassane Ouattara devrait aussi se rendre au Japon où il espère glaner les lauriers promis depuis avant l’élection présidentielle. Les derniers voyages en Chine puis en France n’ont pas tenu la promesse de la fleur, notamment à Pékin où le chef de l’Etat a réussi à se faire recevoir avant le sommet Chine-Afrique. M. Ouattara s’est contenté d’appeler les investisseurs chinois à venir à Abidjan où la présence des FRCI terrorise toujours les étrangers. Quant à la France, elle s’est contentée de parapher des accords annulant une partie de la dette ivoirienne consentie dans le cadre du ppte. Pour le reste, le pays est toujours exsangue, plus d’un an après l’arrivée de Ouattara au pouvoir. L’année universitaire annoncée depuis septembre est compromise, surtout après que ses autorités aient publié les nouveaux frais d’écolage à l’Université d’Abidjan qui a repeint ses vieilles tuiles mais à qui il faut beaucoup de milliards pour faire face aux pillages des dernières heures de l’offensive anti-Gbagbo à Abidjan.


Joseph Titi, in le quotidien "Aujourd’hui" du 28 juillet 2012.

mercredi, 25 juillet 2012

DECLARATION DES MILITANTS DU PARTI DEMOCRATIQUE DE COTE D’IVOIRE EN EUROPE ET EN AMERIQUE

 

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Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, leaders du RHDP

 

Le PDCI-RDA, ce Grand Parti qui a conduit notre pays à l’indépendance, formé la grande majorité des cadres qui font aujourd’hui la fierté de la Côte d’Ivoire, posé les fondements de l’Etat ivoirien, commencé la construction de la nation ivoirienne et propulsé notre pays au rang des nations reconnues et respectées, est aujourd’hui à la croisée des chemins.

En effet, depuis le malencontreux coup d’Etat de 1999, ce Parti donne l’impression de s’étioler à cause de ses inlassables querelles intestines, de certaines de ces décisions politiques qui laissent pantois le plus ordinaire de ses militants et sympathisants. Pour ces raisons, nous avons le devoir de donner de la voix afin d’attirer l’attention des dirigeants actuels sur l’avenir de ce Parti qui nous interpelle tous: Anciens, Doyens, Intellectuels, Cadres, Jeunes du Parti, Femmes du Parti ainsi que sympathisants.

Le dernier élément d’appréciation des décisions prises par les responsables du Parti qui nous met tous en demeure de réagir ici et maintenant est cette alliance dénommée Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) et son but inavoué.

Bien que toute alliance politique pour l’avancement de la démocratie véritable soit un acte politique de haute stratégie, il convient de reconnaître que le RHDP qui n’est HOUPHOUETISTE que de nom, dessert les objectifs et la vision du président Houphouët, fondateur du PDCI-RDA, parce qu’à l’épreuve de l’action politique, le RHDP s’est révélé aux antipodes de la philosophie principale d’Houphouët-Boigny qui est la paix, le respect de la vie et de la parole donnée. En outre, le PDCI-RDA en tant que parti politique, avant même la perte du pouvoir d’Etat en 1999, avait déjà renoncé à l'application du projet de développement économique et social du président Houphouët-Boigny pour la Côte d’Ivoire.

Que nous est-il donc donné de constater avec le RHDP?

Un groupement politique hétéroclite qui s’est appuyé sur une rébellion armée pour parvenir au pouvoir alors qu’Houphouët-Boigny nous a toujours enseigné le dialogue pour la résolution de tout conflit.

En sus, l’unité nationale devient un lointain souvenir avec les actes que pose quotidiennement le gouvernement du RHDP: les arrestations arbitraires d’Ivoiriens, les enlèvements et détentions injustifiées, les bastonnades et mauvais traitements que subissent les jeunes raflés partout sur toute l’étendue du territoire jusqu’à ce que mort s’en suive parfois.

En fait, un régime de répression et de torture avec les meurtres et assassinats à répétition dans notre pays aujourd’hui transformé en un véritable Far-West. En particulier à l'Ouest du pays où les autochtones sont pourchassés, déplacés et parqués pendant qu'un mouvement continu de populations venues d'ailleurs occupe leurs terres illégalement créant ainsi une situation insupportable.

Devant de tels actes, nous, militants du PDCI-RDA, nous nous interrogeons sur la nécessité de nous maintenir dans cette alliance qui constamment viole notre éthique morale et politique mais aussi notre idéal humain et avons donc décidé de prendre nos responsabilités.

Concernant la vie du Parti, nous joignons nos voix à celles des membres du Bureau Politique du PDCI-RDA dont la dernière rencontre a suscité beaucoup d’espoir pour l’avenir du Parti pour leur demander de poursuivre la réflexion afin de sortir notre pays du marasme politique dans lequel il s’enfonce de jour en jour, en plus d’une gestion partisane voire ethniciste du pouvoir d’Etat.

C’est pourquoi, considérant les éléments énumérés ci-dessus qui ne sont d’ailleurs pas exhaustifs, nous militants et militantes du PDCI-RDA,

Exigeons:

-Le retrait du PDCI-RDA de cette alliance du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix ;

-La publication de la date du prochain Congrès ordinaire de notre Parti qui a été repoussée à plusieurs reprises afin de permettre le renouvellement des structures du PDCI-RDA mais surtout de revenir aux fondamentaux du projet de société du président Houphouët Boigny notamment l'action à l'endroit du monde paysan et la promotion de la jeunesse par la formation et préparer notre Parti aux futurs défis qui se présentent au pays et qui doivent être relevés pour le bonheur des Ivoiriens et repositionner la Côte d’Ivoire sur l’échiquier international ;

-Lançons un appel à la communauté internationale: l’ONU et ses agences très impliquées en Côte d’Ivoire, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la France, les Etats-Unis, la Russie et tous les pays amis et alliés qui continuent de soutenir ce pays, la Côte d’Ivoire, pour demander au gouvernement RHDP au pouvoir:

*La restauration de l'autorité de l'Etat central sur l'ensemble du territoire national en s'appuyant sur l'armée régulière la gendarmerie, et la police et dans le même temps le désarmement de toutes les milices et le démantèlement de tous les trafics organisés par les chefs de guerre dans toutes les régions du pays ;

*La libération de tous les prisonniers d’opinion en Côte d’Ivoire, le retour immédiat et libre de tous les réfugiés Ivoiriens des pays voisins et lointain dans leur pays sans qu’aucun d’entre eux ne soit arbitrairement poursuivi ;

*Plus généralement, la restitution de tous les biens et avoirs aux personnes morales et physiques injustement spoliées.

 

Fait, le 13 juillet 2012

En Côte d’Ivoire, en France, en Suisse, en Suède, aux Etats-Unis, et au Canada.


SIGNEE:


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Côte d’Ivoire,
Le Coordonnateur: Beugré Jérôme


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en France,
Le Coordonnateur: Kouakou Kouassi Bernard


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suisse,
La Coordonnatrice: Tra Brigitte


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA en Suède,
La Coordonnatrice: Silué Maïlé


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA aux Etats-Unis,
Le Coordonnateur: Essis Mel Antoine


Les Militants et Militantes du PDCI-RDA au Canada,
Le Coordonnateur: Tia Oulai Ferdinand


AMPLIATION:


- Secrétariat Général du PDCI-RDA

- Secrétariat Général de l’ONU

- Présidence de la Commission Européenne

- Présidence de l'Union Africaine

- Présidence de la Commission de l'Union Africaine

- Présidence de la République Française

- Présidence des Etats-Unis

- Gouvernement du Canada

- Présidence de Russie

- Confédération Helvétique

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

MASSACRES DE DUEKOUE: TEXTE INTEGRAL DU POINT DE PRESSE DU FPI, CE MERCREDI 25 JUILLET 2012

 

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Mesdames et messieurs les journalistes de tous les médias de la presse nationale et internationale.


La Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002, vit une tragédie sans fin marquée par des exécutions de populations dont la dernière a eu lieu le vendredi 20 juillet 2012 à Duékoué. Le drame que vit Duékoué mérite l’interpellation de la communauté nationale et internationale pour que des mesures appropriées soient prises pour mettre fin aux traumatismes des Ivoiriens.

Il y a peu plus d’un mois, précisément le 15 juin 2012, le Front Populaire Ivoirien vous conviait à une conférence de presse, en ces mêmes lieux, pour vous informer et attirer votre attention sur les massacres des autochtones Wê perpétrés dans l’Ouest de notre pays par les FRCI l’armée privée de M. Alassane Ouattara.

Avant la présentation des nouveaux faits, leur analyse, et les dispositions qu’exige cette situation d’une extrême gravité, il importe de rappeler dès l’abord, le contexte socio économique dramatique ivoirien que nous soulignions à notre conférence de presse du 15 juin dernier.

1. La vérité sur la réalité à l’Ouest : massacrer tous les Wê et vider cette zone des planteurs ivoiriens

La mainmise des multinationales du négoce sur le cacao ivoirien, qui est l’un des fondements de la guerre faite à notre pays, passe par l’expropriation des planteurs nationaux (wê, baoulé). Cela au profit de colons étrangers burkinabé, malien plus malléables qui exerceront comme des ouvriers agricoles dans les plantations industrielles des multinationales à créer.

Ce qui se passe à l’Ouest est une terreur orchestrée par le pouvoir pour accélérer l’expropriation des paysans autochtones dont déjà des milliers d’entre eux ont été froidement exécutés ou se sont exilés. Les maîtres d’œuvre de cette sale besogne au profit du pouvoir et de la colonisation des terres de l’Ouest sont connus de l’ONUCI et des FRCI. Leur chef de file Amadé Ouremi qui a participé à la guerre pour la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, contrôle au vu et au su des nouvelles autorités toute la région ouest, à la tête d’une armée très lourdement équipée. Ils sont au total sept chefs de guerre burkinabé portant des tenues militaires estampillées FRCI, en liaison avec des supplétifs Dozos vivant de prébendes, rançonnant les populations, s’adonnant quotidiennement à des actes de brigandages, coupures de routes, vols à mains armées, assassinats…

Le président de la République, Alassane Ouattara dont la promptitude est devenue légendaire dans la persécution, les accusations fantaisistes, extraditions et détentions extra judiciaires des pro Gbagbo, s’avoue curieusement incapable de faire la différence entre un vrai et un faux FRCI.

De même, le secrétaire général par intérim de son parti le RDR, Amadou Soumahoro qui nous a si funestement habitués à ses surenchères totalitaires avec ses discours ethnocidaires et fpicides, se mure dans un silence, satisfait certainement de pouvoir alimenter les cimetières promis aux pro Gbagbo pendant que son patron poursuit allégrement son séjour à l’étranger.

Ces aveux d’impuissance et/ou de complicité font de M. Alassane Ouattara, en plus de tous les massacres qui ont jalonné sa course au pouvoir, le coupable de tous les crimes commis contre les citoyens de tous ordres de notre pays depuis son accession au pouvoir d’Etat, dans le bain de sang que l’on sait.

Et le récent drame de Duékoué porte tout autant la marque de sa pleine et entière responsabilité.

2. Le drame de Duékoué : les faits, et les responsabilités

Dans la nuit du jeudi 19 au vendredi du 20 juillet 2012, le quartier Kokoma, sécurisé en permanence par les FRCI et les dozos a été agressé par des hommes armés non identifiés. Cela a occasionné la mort de quatre (04) personnes identifiées, dès le lever du jour, comme des membres de la communauté malinké majoritaire dans ce quartier.

Sans aucune forme de procès, des pensionnaires du camp de refugiés de Nahibly sont accusés d’être les auteurs de ces tueries. S’en suit alors une expédition punitive des FRCI et des dozos appuyés par des centaines de personnes armées (armes de guerre, armes blanches, bidons remplis d’essence, allumettes, etc.). Sur les lieux, une colonne de FRCI, de dozos encercle le camp des réfugiés, tandis qu’une autre colonne y pénètre. Le camp est mis à feu, les occupants tués à vue, ceux qui voulaient fuir sont rattrapés et exécutés soit brûlés vifs. L’on assiste alors à un véritable massacre des femmes, enfants et vieillards, jeunes gens et jeunes filles.

Cette tuerie massive commencée dès neuf (09) heures du matin, s’est poursuivie jusqu’à 16 heures sous le regard et donc la présence des autorités administratives dont le préfet Monsieur Effoli Benjamin, des agents de police et de gendarmerie médusés, écœurés, mais impuissants car dépourvus du minimum de moyens d’intervention. Pis, le détachement des forces de l’ONUCI, posté depuis toujours devant ce camp assiste impassiblement à cette barbarie digne de l’Inquisition (tribunal chargé de réprimer les hérétiques).

Le forfait accompli, les acteurs paradent dans la ville avec les armes en signe de victoire entonnant des chants guerriers et vantant leurs prouesses. A ce jour, le camp de Nahibly est détruit, incendié, ses locataires massacrés, les plus chanceux sont soit blessés, soit contraints à se cacher en brousse où des patrouilles de FRCI/dozos sont à leurs trousses.

Le bilan provisoire indique 211 morts (sources diverses concordantes), une centaine de blessés et des centaines de personnes disparues.

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Suite à ce massacre à grande échelle, le Gouvernement Ouattara, dans une mise en scène ignoble et coupable parle de six (06) morts et de quelques blessés.

Il organise un reportage télévisé visant à minimiser l’ampleur du drame qu’il qualifie de difficultés humanitaires à la place de tueries massives.

Face à ces faits d’une extrême gravité, les autorités nationales et l’ONUCI complices dans le drame ivoirien, n’ont trouvé rien de mieux que de se jeter mutuellement la responsabilité dans un jeu macabre de ping pong.

Alors que le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi déclarait sur les antennes de la RTI « le camp de Nahibly était gardé depuis sa création par les casques bleus de l’ONUCI », Arnauld Akodjenou le numéro 2 de l’ONUCI affirmait pour sa part que « la responsabilité primaire pour la sécurité du camp en incombait aux autorité ivoiriennes. Cela avait été arrêté lors de l’établissement du camp. A aucun moment la sécurité du camp n’a été sous la responsabilité de l’ONUCI ».

Face à la flagrance des faits qui les accablent tous, ils n’ont pas cette fois entonné en chœur leur sempiternelle litanie coup d’étatienne, mais certains thuriféraires du régime que ne visitent jamais, les scrupules, la honte, encore moins la compassion, ont trouvé là matière de dire que les réfugiés pro Gbagbo se sont auto-massacrés. 

Quel délire morbide !

Ceux qui nous dirigent sont-ils encore des humains ?

Pour le Front Populaire Ivoirien aussi bien les autorités ivoiriennes que l’ONUCI sont responsables de ce drame par leur légèreté, pour ne pas dire leur connivence dans la gestion de ces évènements. Complices dans le génocide Wê de mars 2011, les FRCI et l’ONUCI le sont également à fond dans l’expropriation et les massacres des populations autochtones Wê à l’ouest du pays. Et ces forces armées coalisées doivent rendre des comptes pour crimes contre l’humanité.

De nombreux villages et campements Wê ayant été rasés, brûlés durant la guerre, et les plantations occupées par les FRCI et Dozos, les survivants ont été parqués dans le camp de Nahibly situé au milieu de nulle part entre Duékoué et Guiglo, pour être massacrés le moment venu, à l’abri de tout regard, et dans la plus grande discrétion et complicité entre les FRCI et l’ONUCI qui, pour distraire l’opinion nationale et internationale, se rejettent la faute.

Le camp de Nahibly unique refuge des populations Wê détruit, saccagé, anéanti, il ne reste plus aux Wê qu’à fuir massivement leurs terres, abandonnant ainsi l’Ouest du pays aux colons burkinabé, qui une fois bien établis, poursuivront leurs chevauchées macabres vers le sud-est du pays pour assujettir tous les autres peuples ivoiriens. Ce qui se passe à l’ouest n’est que le début, d’une colonisation totale du pays.

Cette assertion repose de manière intangible sur des faits graves qui incriminent au premier chef M. Alassane Ouattara, son régime et son Gouvernement. Relativement aux récents massacres de Duékoué, le FPI rappelle que lors de la visite d’Etat effectué à l’ouest en avril 2012, M. Alassane Ouattara avait publiquement annoncé sa ferme volonté « d’en finir avec le camp des refugiés de Nahibly ». A sa suite et prenant prétexte de l’attaque de Taï, M. Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (parti de Alassane Ouattara) et de surcroît Ministre - Conseiller du président Ouattara avait promis : « l’Ouest sera nettoyé et aseptisé… ». Le préfet de Duékoué, représentant institutionnel du chef de l’Etat semble être soulagé par la disparition du camp des réfugiés et de ses occupants car selon lui « le site est un nid de malfrats ». Ces trois (3) déclarations sont révélatrices d’une action planifiée, de destruction du camp et de ses occupants, sinon comment comprendre que le Gouvernement n’ait jamais mis en place des mesures concrètes et efficaces pour le retour sécurisé des occupants de ce site, pourtant autochtones Wê, dans leurs villages.

Pour le FPI, le traitement infligé aux refugiés du camp de Nahibly, doit être analysé dans le même registre que les massacres de Sabra et Chatila au Liban, en septembre 1982.

Voilà de quoi se rendent coupables depuis le 11 avril 2011 M. Alassane Ouattara et ses alliés de l’ONUCI, dans le génocide programmé des peuples ivoiriens.

Le Front Populaire Ivoirien, accuse de ce fait, Alassane Ouattara, président de la République, ministre de la défense, son gouvernement et l’ONUCI de génocide en Côte d’Ivoire.

3. Pour la fin des massacres et l’avènement d’un état de droit en Côte d’Ivoire : les exigences du FPI

Face à ces douloureux événements, le Front Populaire Ivoirien s’incline devant la mémoire de tous les morts, victimes de la barbarie et de l’incompétence du régime Ouattara. Il adresse ses condoléances les plus attristées à toutes les familles endeuillées et leur témoigne de sa sympathie et de son soutien. Il exprime sa compassion aux blessés à qui il souhaite un prompt rétablissement.

Le FPI condamne avec la dernière énergie les attaques meurtrières perpétrées contre les populations civiles innocentes du camp des refugiés de Nahibly. 

Il s’indigne de l’attitude désinvolte et de la surprenante indifférence du Gouvernement tendant à minimiser cette tragédie qui ajoute au martyr du peuple wê déjà durement éprouvé. 

Il réaffirme que le président Ouattara porte l’entière responsabilité du drame récurrent qui se déroule à l’Ouest avec le massacre ciblé et donc du génocide du peuple wê. 

C’est pourquoi, le Front Populaire Ivoirien :

1- Dans l’immédiat exige :

- des sanctions contre les autorités ministérielles et administratives en charge de la sécurité et de la défense ;

- la mise en place d’une commission d’enquête crédible sur la tragédie de Duékoué;

- la démission du Gouvernement pour incompétence avérée ;

- le démantèlement de la bande à Ouremi, véritable nœud de la sécurité et de la défense ;

2- En appelle à la clairvoyance et à la haute attention du Président de la République Française, M. François Hollande, qui s’apprête à recevoir M. Alassane Ouattara, à l’Elysée pour prendre la pleine mesure de la tragédie des populations ivoiriennes et de tous les habitants de la Côte d’Ivoire du fait de l’insécurité organisée par l’armée ethnocentrique instituée par le régime Ouattara par ordonnance le 17 mars 2011.

3- Réitère son appel :

- au désarmement des ex-combattants et à l’encasernement des militaires ;

- à la démobilisation immédiate des personnes non éligibles à la fonction militaire et à la mise à la retraite de tous les « com’zones » ;

- au désarmement des dozos et leur retrait dans leur aire culturelle ;

- à la réhabilitation de la police et de la gendarmerie nationales dans leur mission régalienne de sécurisation du territoire national ;

- à la création d’une armée véritablement républicaine au service de toute la Nation ;

- à l’application effective de la loi sur le foncier rural de décembre 1998, résultat d’un consensus national.

La Côte d’Ivoire doit cesser d’être l’Etat de non droit qu’elle est devenue depuis le 11 avril 2011. Cela passe inévitablement par l’arrêt immédiat de tous les massacres, persécutions, extraditions, détentions extrajudiciaires, la libération de tous les détenus, à commencer par le Président Laurent Gbagbo, le retour de toutes les filles et de tous les fils de ce pays en exil pour délit d’opinion et d’appartenance politique.

La réconciliation nationale par un vrai et non un simulacre de dialogue républicain, pour la mise en œuvre d’un jeu démocratique juste, équitable et transparent sont des impératifs auxquels nul ne peut se dérober.

Tous unis nous sortirons, avec notre pays libéré de ses prédateurs de tout acabit, vainqueurs de cette douloureuse et tragique situation qui nous est imposée.

Mesdames et messieurs les journalistes, merci de votre aimable attention.



AKOUN Laurent

Secrétaire Général par intérim

mardi, 24 juillet 2012

CE QUI S'EST REELLEMENT PASSE A DUEKOUE

DUEKOUE - CAMP DES REFUGIES 3.jpg

Chers tous, Chers Citoyens du monde,

 

Nous, Ivoiriens, sommes vraiment abattus et malheureux pour ce qui arrive à nos frères Wè, dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire. Vous imaginez vous? Les Dozos (chasseurs traditionnels, supplétifs de l'armée d'Alassane Dramane Ouattara) ont encerclé le camp des réfugiés pendant que les FRCI, les jeunes malinkés et d'autres Dozos se sont introduits dans le camp tuant, brûlant, assommant et tirant à bout portant.

Une fois le camp dispersé, la chasse s'est poursuivie dans les brousses environnantes où les réfugiés sont allés se réfugier pour sauver leur vie. Plusieurs portés disparus y ont été découverts morts.

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Comme si cela ne suffisait pas, un frère nous rapporte de source sûre (son épouse, qui était à DUEKOUE ce vendredi-là pour des obsèques et qui a dû fuir la ville en voiture, précipitamment) que la battue s'est transportée ensuite dans la ville où, maison après maison, ils ont traqué les réfugiés et tué d'innocentes personnes. Bon nombre d'entre eux ont pris le chemin de l'exode pour se réfugier dans les villes environnantes.

Et tout ceci, au nez et à la barbe du Préfet Benjamin Efoly et ses collaborateurs présents sur le site selon des témoins, ainsi que des soldats de l'ONUCI.

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Le décompte de 11 morts effectué par le pouvoir Ouattara est une arnaque, une escroquerie morale. La vérité, c'est que le nombre de morts dépasse largement les 100 morts (il faudrait envisager plus de 200 morts), selon des témoignages personnellement reçus dès le premier jour de l'opération d'épuration ethnique (vendredi 20 juillet 2012). La plupart des corps ont été volés et enterrés précipitamment pour empêcher l'éclatement de la vérité.

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Ce qui se passe en ce moment en Côte d'Ivoire est EXTRÊMEMENT grave, chers Ivoiriens et chers Citoyens du monde!!! Les tueurs sont connus, depuis mars 2011. Ce sont les mêmes qui ont récidivé. Et aucune action n'est engagée contre eux.

Ce monde est-il sérieux? Ce monde est-il tombé sur la tête?

 

Que DIEU ait compassion de la Côte d'Ivoire!