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mardi, 27 décembre 2011

JEAN ZIEGLER PREND POSITION: «JE METTRAI MA MAIN AU FEU POUR LAURENT GBAGBO»


JEAN ZIEGLER.gif

Traduction d'une partie de l'entretien de Jean Ziegler, le lundi 19 décembre 2011, avec le quotidien suisse « zuerichsee-zeitung ».


Zs-zeitung. Vous dites que les occidentaux sont méchants, font les gentils seulement  dans les pays en voie de développement?

Jean-ziegler: Pas du tout. Il existe des criminels de grands chemins qui tiennent le pouvoir  dans les pays africains.

Prenons le cas du Cameroun, un pays vachement riche et dans ce pays,  les gens meurent de faim. La corruption, le népotisme et la dictature ont causé la misère dans ce pays. Les gens ne mangent pas à leur faim. La responsabilité première de cette misère incombe aux grandes multinationales, qui exploitent les ressources de ces  pays et qui sont servis par ces grands criminels au pouvoir.

Zs-zeitung
: Vous êtes l'ami de l'un d'entre eux : Laurent Gbagbo, le Président déchu de la Côte d'Ivoire, qui a été livré à la Haye  à la Cour Pénale Internationale. On l'accuse de crime contre l'humanité?

Jean ziegler
: Je suis à 100% d'accord avec le président Laurent Gbagbo....

Zs-zeitung
. Comment, s'il vous plait?

Jean ziegler
: Je mettrai ma main au feu pour lui. Son arrestation est un complot du Président français Nicolas Sarkozy, le fruit d'une stratégie organisée par les Etats-Unis et la France. Laurent Gbagbo a été démocratiquement élu en 2000 après avoir passé des années en exil, entre autre aussi à Genève.

Il est l'unique dirigeant ivoirien à avoir conduit des réformes gouvernementales et avoir voulu mener une politique d'assurance maladie dans son pays. Ces réformes ont été bloquées par les grandes multinationales de pharmacie. Les services secrets français ont ficelé, en 2002, un coup d'état contre Gbagbo et depuis ce temps, le pays est divisé, une partie chrétienne au Sud et l'autre musulmane au Nord. Son successeur Alassane Ouattara est une marionnette des services secrets français.

Zs-zeitung
: Quels intérêts pour l'occident, l'installation d'une marionnette au pouvoir ?

Jean ziegler
: La Côte d'Ivoire est le plus grand producteur de cacao au monde. Le pays dispose d'énormes réserves de pétrole. Gbagbo luttait pour un état souverain et nationaliste.

Zs-zeitung
: Pourriez-vous témoigner pour lui  à la Cour pénale internationale?

Jean ziegler
. Bien sûr, je comparaîtrais en qualité de témoin pour le défendre. Je suis convaincu qu'il sera déclaré non coupable dans le cadre de l'accusation. Le tribunal ne le chargera pas du tout. Ce sont les soldats français  qui l'ont bombardé avec des hélicoptères, l'ont  pris, mis en captivité et enfin l'ont  livré à la Haye. Laurent Gbagbo retournera dans son pays et sera réélu.


In le journal suisse, zürichsee-zeitung, du lundi 19 décembre 2011.

www.zurichsee-zeitung.ch


Michèle Laffont


Source : ABIDJAN DIRECT.NET

lundi, 26 décembre 2011

«DECOLONISEZ L'AFRIQUE»: BERNARD LUGAN CENSURE SUR I-TELE


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Après un véritable psychodrame, la direction d’I-Télé a censuré un entretien que Robert Ménard avait enregistré avec l’africaniste Bernard Lugan dans le cadre de son émission quotidienne « Ménard sans interdit ». Bernard Lugan avait été invité pour présenter son essai « Décolonisez l’Afrique » qui vient de paraître chez Ellipses.


Cette décision relève de la censure et de l’atteinte à la liberté d’expression dont se réclament pourtant les journalistes. Une telle mesure montre que ceux qui se permettent de donner des leçons de démocratie, de tolérance et de « droits de l’homme » au monde entier ne supportent pas le parler vrai.

Quelle était donc la teneur des propos « scandaleux » tenus par Bernard Lugan ? Robert Ménard, avait posé à ce dernier quatre grandes questions:

1) Dans votre livre vous écrivez que les Africains ne sont pas des « Européens pauvres à la peau noire » ; selon vous, c’est pourquoi toutes les tentatives de développement ont échoué en Afrique ?

Le refus de reconnaître les différences entre les hommes fait que nous avons imposé à l’Afrique des modèles qui ne lui sont pas adaptés. Nous l’avons fait avec arrogance, comme des jardiniers fous voulant greffer des prunes sur un palmier et noyant ensuite le porte-greffe sous les engrais. C’est ainsi que depuis 1960, 1000 milliards de dollars d’aides ont été déversés sur l’Afrique, en vain. De plus, nous avons voulu européaniser les Africains, ce qui est un génocide culturel. De quel droit pouvons-nous en effet ordonner à ces derniers de cesser d’être ce qu’ils sont pour les sommer d’adopter nos impératifs moraux et comportementaux ? L’ethno-différentialiste que je suis refuse cette approche relevant du plus insupportable suprématisme. Contre Léon Blum qui déclarait qu’il était du devoir des « races supérieures » d’imposer la civilisation aux autres races, je dis avec Lyautey qu’il s’agit de pure folie car les Africains ne sont pas inférieurs puisqu’ils sont « autres ».

2) Dans votre livre vous proposez de supprimer l’aide.

Oui, car l’aide, en plus d’être inutile, infantilise l’Afrique en lui interdisant de se prendre en main, de se responsabiliser. Dans la décennie 1950-1960, les Africains mangeaient à leur faim et connaissaient la paix tandis que l’Asie subissait de terribles conflits et d’affreuses famines. Un demi siècle plus tard, sans avoir été aidées, la Chine et l’Inde sont devenues des « dragons » parce qu’elles ont décidé de ne compter que sur leurs propres forces, en un mot, de se prendre en charge. Au même moment, le couple sado-masochiste composé de la repentance européenne et de la victimisation africaine a enfanté d’une Afrique immobile attribuant tous ses maux à la colonisation.

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3) Vous dénoncez l’ingérence humanitaire que vous définissez comme un hypocrite impérialisme et une forme moderne de la « guerre juste », mais n’était-il pas nécessaire d’intervenir en Libye pour y sauver les populations ?

Parlons-en. Nous sommes en principe intervenus pour « sauver » les populations civiles de Benghazi d’un massacre « annoncé ». En réalité, nous avons volé au secours de fondamentalistes islamistes, frères de ceux que nous combattons en Afghanistan. Cherchez la logique ! Violant le mandat de l’ONU et nous immisçant dans une guerre civile qui ne nous concernait pas, nous nous sommes ensuite lancés dans une entreprise de renversement du régime libyen, puis dans une véritable chasse à l’homme contre ses dirigeants. Or, le point de départ de notre intervention reposait sur un montage et nous le savons maintenant. Que pouvaient en effet faire quelques chars rouillés contre des combattants retranchés dans la ville de Benghazi ? On nous a déjà « fait le coup » avec les cadavres de Timisoara en Roumanie, avec les « couveuses » du Koweït ou encore avec les « armes de destruction massive » en Irak. A chaque fois, la presse est tombée dans le panneau, par complicité, par bêtise ou par suivisme.

Mais allons plus loin et oublions un moment les incontournables et fumeux « droits de l’homme » pour enfin songer à nos intérêts nationaux et européens, ce qui devrait tout de même être la démarche primordiale de nos gouvernants. Nos intérêts étaient-ils donc menacés en Libye pour que nos dirigeants aient pris la décision d’y intervenir ? Etaient-ils dans le maintien au pouvoir d’un satrape certes peu recommandable mais qui, du moins, contrôlait pour notre plus grand profit 1900 kilomètres de littoral faisant face au ventre mou de l’Europe ? Nos intérêts étaient-ils au contraire dans la déstabilisation de la Libye puis son partage en autant de territoires tribaux livrés aux milices islamistes ? Sans parler des conséquences de notre calamiteux interventionnisme dans toute la zone sahélienne où, désormais, nos intérêts vitaux sont effectivement menacés, notamment au Niger, pays qui fournit l’essentiel de l’uranium sans lequel nos centrales nucléaires ne peuvent fonctionner…

4) Votre conception du monde n’a-t-elle pas une influence sur vos analyses et prises de positions ?

J’ai une conception aristocratique de la vie, je dis aristocratique et non élitiste, la différence est de taille, et alors ? Depuis 1972, soit tout de même 40 ans, je parcours toutes les Afriques, et cela du nord au sud et de l’est à l’ouest, ce qui me donne une expérience de terrain unique dans le monde africaniste ; c’est d’ailleurs pourquoi mes analyses ont du poids. Dès le mois de décembre 2010, dans ma revue, l’Afrique Réelle, j’ai annoncé ce qui allait se passer en Egypte trois mois plus tard. De même, dès le début, j’ai expliqué que le « printemps arabe » n’était qu’un mirage, un miroir aux alouettes autour duquel tournaient les butors de la sous-culture journalistique cependant que, méthodiquement et dans l’ombre, les Frères musulmans préparaient la construction du califat supranational qui est leur but ultime.


Voilà les propos que les téléspectateurs d’I-Télé n’ont pas eu le droit d’entendre.

Comment riposter à cette censure ?

1) En rejoignant les centaines de milliers d’internautes qui ont visité le blog officiel de Bernard Lugan : www.bernard-lugan.com

2) En s’abonnant à la revue mensuelle par PDF L’Afrique Réelle, la seule publication africaniste libre.

3) En achetant « Décolonisez l’Afrique » (Ellipses, novembre 2011).

4) En faisant savoir autour de vous que dans la « Patrie des droits de l’homme », un directeur de chaîne de télévision peut impunément censurer un universitaire auteur de plusieurs dizaines de livres consacrés à l’Afrique, conférencier international et expert de l’ONU.


10:23 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, france, bernard lugan, robert ménard, décolonisez l'afrique, direction d'i-télé, éditions ellipses | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

ENQUETE DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE: A QUI PROFITE LE CRIME?


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La Cour Pénale Internationale (CPI) a autorisé une enquête sur les crimes présumés relevant de sa compétence et commis en Côte d'Ivoire lors de la crise postélectorale. Qu'elle décide ou non d'étendre cette enquête à 2002 comme sollicité par la plupart de ceux qui connaissent la situation politique en Côte d'Ivoire, elle se prononcera sur les présumés auteurs.

Le Procureur Ocampo, a indiqué à cet effet, lors de son dernier passage à Abidjan,  qu'il s'intéressera  à un maximum de six personnes, réservant les autres aux juridictions nationales. Depuis cette annonce, les supputations vont bon train pour connaître ceux qui figureront sur cette liste restreinte. Et sauf à commettre la plus grande injustice du siècle, les observateurs attendent de lui qu'ils s'intéressent au camp du duo Ouattara-Soro, comme il n'a pas l'intention de le faire.

Pourquoi ? Tout simplement parce que c'est cette réponse qui coule de source lorsqu'on se pose la question banale que les grands détectives de la littérature policière, de Sherlock Holmes à Colombo, se posent lorsqu'ils sont à la recherche d'un coupable dans un crime à élucider: à qui profite le crime ? Oui, à qui donc profitent tous ces crimes commis en Côte d'Ivoire depuis plus d'une décennie ? Le Procureur Ocampo ne devrait pas ignorer cette question, dans la mesure où elle lui permet de cerner les motivations profondes de ces crimes et de remonter par voie de conséquence les criminels.

En effet, depuis 1999 à ce jour, les violences que la Côte d'Ivoire a connues sont imputables aux ambitions d'un seul homme : Alassane Ouattara. Elles sont liées à son combat personnel en vue d'accéder au pouvoir et surtout à son refus obstiné de se soumettre à la loi et aux décisions des instances judiciaires de la Côte d'Ivoire.

Des crimes commis pour porter Ouattara au pouvoir

C'est en 1993 qu'il faut retourner pour trouver le fil conducteur des crimes commis en Côte d'Ivoire. Après le décès du Président Félix Houphouët-Boigny, M. Ouattara, alors Premier ministre s'oppose à l'application de la Constitution qui prévoit que le Président de l'Assemblée nationale termine le mandat présidentiel. « Hésitant quoi qu'il en dise, à tenter un coup de force pour s'emparer du pouvoir, il finit par démissionner de son poste le 9 décembre ». Le Président Henri Konan Bédié peut commencer son office présidentiel. Mais une lutte sans merci s'engage alors entre les deux hommes.

Car, en 1999 les choses sérieuses commencent avec le rebondissement du conflit entre les deux. Revenu de Washington où il avait travaillé au Fonds Monétaire International (FMI), M. Ouattara se fait désigner non seulement Président du Rassemblement Des Républicains (RDR), mais en même temps candidat de ce parti aux échéances présidentielles d'octobre 2000. A cette occasion, il présente des pièces d'identité nationale qui vont être par la suite contestées par le régime du Président Bédié, alors Président de la République.

Un mandat d'arrêt est alors délivré contre lui pour "faux et usage de faux documents administratifs". La direction du RDR neutralisée du fait de l'emprisonnement de ses principaux leaders, le RDR et M. Ouattara n'eurent leur salut que dans le coup d'Etat de décembre 1999 qui porta le Général Robert Guéï au pouvoir.

Manifestement, ce coup d'Etat vient mettre fin à une série noire pour M. Ouattara, le sort d'une très mauvaise passe et lui fait reprendre l'initiative. De toute évidence, le coup d'Etat qui a été perpétré lui profite. L'éclat de voix du Président Laurent Gbagbo à l'occasion de la formation du premier gouvernement Guéï prend tout son sens. « C'est un gouvernement RDR. Si c'est un coup d'Etat RDR, qu'on nous le dise », déclare-t-il à propos du putsch. M. Ouattara lui-même avait annoncé les couleurs en déclarant auparavant : « Nous  frapperons ce pouvoir au bon moment et il tombera ».

Cependant, de grosses divergences apparaissent entre les partisans de M. Ouattara et le Général Robert Guéï qui refuse de conduire la transition militaire selon les desiderata de M. Ouattara à qui devait échoir le pouvoir.  Les partisans de ce dernier se retirent des organes de la transition, y compris le gouvernement. Ce qui n'empêche pas le général Robert Guéï de respecter le calendrier référendaire et électoral. Si M. Ouattara reconnaît plus tard que la Constitution qui est adoptée à la fin du mois de juillet 2000 le vise en son article 35, même s'il ne se sent pas concerné, les observateurs constatent qu'elle l'écarte de la course à la présidence. Ce que la décision d'octobre 2000 de la Cour suprême ne manquera pas de faire pour « nationalité douteuse ».

Dans un tel contexte, le Général Robert Guéï n'eût plus de répit. Les mêmes militaires qui avaient opéré le coup d'Etat de décembre 1999 tentent de le déloger de la tête de la transition. Plusieurs tentatives de coup d'Etat le viseront de juillet à octobre, dont le plus connu est le « complot du cheval blanc » du 18 septembre 2000. Quant à la direction politique du RDR de M. Ouattara, elle demandera le boycott de l'élection présidentielle d'octobre 2000.

Mais le Général Guéï Robert, candidat, sentant sa défaite après les premiers décomptes de la Commission Nationale Electorale, se précipita pour dissoudre la Commission Nationale Electorale et se faire proclamer vainqueur de  l'élection présidentielle. Une crise électorale s'ensuit puisque, à l'appel de Laurent Gbagbo, ses partisans descendent dans les rues pour arracher sa victoire.

C'est le moment que choisit le RDR qui qualifie d' « illégitime » cette élection, pour réclamer un nouveau scrutin avec la participation de tous les candidats ».  Monsieur Ouattara demande à ses partisans de prendre la rue, sous le prétexte que le pouvoir y était et qu'il fallait le chercher. C'est dans cette explosion de violences que M. Ouattara annonce lui-même la découverte d'un charnier.

Le rejet de la candidature de M. Ouattara le 1er décembre 2000 par la Cour suprême à l'occasion des législatives est encore l'occasion d'une nouvelle explosion de violences. Tout en se retirant du scrutin, le RDR appelle ses partisans à des manifestations dont la violence conduit le Président Laurent Gbagbo à décréter l'état d'urgence et à imposer un couvre-feu le 4 décembre.

A défaut de créer une situation insurrectionnelle lors de ces manifestations électorales pour prendre le pouvoir, M. Ouattara et ses hommes vont s'engager dans d'autres voies. En janvier 2001, une tentative de coup d'Etat est éventrée et connue sous l'appellation de « complot de la Mercédès noire ». En septembre 2002, une autre tentative échoue et se mue en rébellion. L'objectif poursuivi et reconnu par plusieurs acteurs de la rébellion est de porter M. Ouattara au pouvoir.

A partir de ce moment, avec un pays coupé en deux, les accords que cette situation impose (Linas-Marcoussis, Accra, Pretoria, Ouagadougou), auront pour objectif de satisfaire les revendications de la coalition RDR-Rébellion. Elle obtient non seulement un  poste de Premier ministre et un quota automatique des postes ministériels dans le gouvernement, mais aussi des réformes législatives et constitutionnelles, particulièrement l'assouplissement des conditions d'acquisition de la nationalité, et des conditions d'accès au foncier rural et surtout l'éligibilité de M. Ouattara à l'élection présidentielle. En réalité, il s'agit de revenir sur les modifications législatives et constitutionnelles qualifiées d'« ivoiritaires » qui avaient été introduites par le Président Henri Konan Bédié lors de son mandat présidentiel.

De telles évolutions n'ont eu d'autre but que de préparer en fait l'estocade. Car, pendant que le Président Laurent Gbagbo faisait toutes ces concessions, la coalition RDR-Rébellion qui préparait une fraude gigantesque sur la liste électorale et le jour du scrutin n'a pas satisfait la seule exigence qui lui avait été demandée, à savoir le désarmement.

Et le plan qui avait été longtemps mûri fut appliqué. En dépit d'une décision du Conseil constitutionnel proclamant le Président Laurent Gbagbo vainqueur de l'élection présidentielle, M. Ouattara la contesta encore une fois et engagea, avec l'appui des forces militaires françaises et onusiennes, une guerre contre le régime qui réussit à l'imposer à la tête de la Côte d'Ivoire.

Ainsi qu'il est loisible de le constater à travers cette genèse, les violences que la Côte d'Ivoire a connues depuis une décennie, notamment à partir de septembre 2002 ainsi que les crimes dont la CPI recherche les auteurs ont été commis pendant les manifestations qui visaient à installer coûte que coûte M. Ouattara au pouvoir.

Peut-on mener une enquête impartiale sans chercher à tourner le regard vers son côté ? N'est ce pas parce que c'est à lui qu'ont profité tous ces crimes qu'il peut être le premier à avoir intérêt à les voir commettre ?

Ouattara récompense les auteurs des crimes

C'est en effet parce que c'est à lui que profitent tous ces crimes qui ont été commis qu'il faut donner du crédit aux déclarations des chefs rebelles qui ont avoué avoir pris les armes pour qu'il soit candidat et avoir reçu des vivres et subsides de  M. Ouattara au cours de leur exil - formation.

C'est aussi ce qui peut expliquer les nominations scandaleuses qu'un Etat normal n'aurait jamais accepté. En effet, tous les chefs militaires de la rébellion ont connu une promotion sous M. Ouattara, certainement pour les récompenser d'avoir mené le bon combat qui l'a conduit au pouvoir.

C'est encore ce qui peut expliquer que les cadres civils de la rébellion aient bénéficié de maroquins au Gouvernement et qu'ils s'apprêtent à bénéficier de postes de députés taillés sur mesure sous la bannière du RDR, le parti dont M. Ouattara est le Président.

En définitive, quand on a été aussi froid dans la mise en œuvre d'un plan aussi machiavélique, en agissant avec autant de constance dans la contestation de la loi, de l'ordre établi et des autorités judiciaires, on ne peut que conclure à la responsabilité de M . Ouattara. « Élémentaire, mon cher Watson !» aurait pu paraphraser M. Ocampo si tant est que son intention est de découvrir les auteurs des crimes commis en Côte d'Ivoire.

Gbagbo une posture de légitime défense et un devoir de défense de l'intégrité territoriale

De surcroît, ce sont les troupes du duo Ouattara-Soro qui ont toujours attaqué. Les crimes de guerre et contre l'humanité ainsi que le génocide commis à l'occasion de ces attaques l'ont été dans le cadre d'une politique bien pensée, planifiée, organisée et mise en œuvre de façon méthodique, relevée bien souvent par les rapports d'enquête[1] et sont imputables aux troupes du duo-Soro- Ouattara.

Le Président Laurent Gbagbo et les forces de défense et de sécurité n'ont été qu'en situation de légitime défense. L'article 8 paragraphe 3 du Statut de Rome instituant la Cour Pénale Internationale, leur reconnaît d'ailleurs des droits en la matière, en précisant, à l'occasion de la définition des crimes, que rien « n'affecte la responsabilité d'un gouvernement de maintenir ou rétablir l'ordre public dans l'Etat ou de défendre l'unité et l'intégrité territoriale de l'Etat par tous les moyens légitimes ». Ajoutons aussi que selon l'article 31 du Statut de Rome, « une personne n'est pas responsable pénalement si, au moment du comportement en cause ... elle a agi raisonnablement pour se défendre, pour défendre autrui ou, dans le cas des crimes de guerre, pour défendre des biens essentiels à sa survie ou à celle d'autrui ou essentiels à l'accomplissement d'une mission militaire, contre un recours imminent et illicite à la force, d'une manière proportionnée à l'ampleur du danger qu'elle courait ou que couraient l'autre personne ou les biens protégés ».

On se retrouve ainsi dans une situation à la ubuesque et cocasse et qui explique son caractère dramatique : M. Ouattara et ses troupes commettent des crimes passibles de la CPI pour assouvir une soif de pouvoir. Plutôt que de chercher à les traduire devant la juridiction sensée rendre justice, c'est ceux qui ont défendu bec et ongle leur Etat et ses institutions comme le Statut de Rome leur en donne le droit qui courent le risque d'être transférés pour répondre on ne sait de quels actes ?

Il s'agit manifestement d'une situation injuste dont le caractère scandaleux n'échappe à personne. Qui peut prévoir les conséquences d'une telle injustice sur les ivoiriens et les réactions qu'elle peut susciter dans un contexte déjà explosif de gestion de pouvoir par un régime ethno-génocidaire qui s'empare de tous les leviers de l'Etat tout en privant la majorité de la population de tous les droits au travail, à la propriété, à la sécurité et à la vie? Est-ce vraiment la loi du plus fort que l'on veut instaurer dans ce pays? Dans cette hypothèse, aucun pouvoir, aucune domination n'étant éternels comme nous l'enseigne l'histoire des peuples, les dirigeants actuels sont-ils entrain de donner les recettes pour leur traitement lors de l'inéluctable alternance ?

Assurément, il y a péril en la demeure. Car aucune parade ne semble s'opposer à la multiplication des  ingrédients d'une explosion sociale en Côte d'Ivoire. La réconciliation nationale a du plomb dans l'aile parce que l'un des acteurs incontournables de la crise en est écarté. Des élections législatives non inclusives et non transparentes vont mettre en place un parlement monocolore. La justice des vainqueurs qui a cours au plan national semble étendre ses tentacules au plan international.



Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant

 

http://www.infodabidjan.net/contribution/enquete-de-la-co... du 28 novembre 2011 ; http://cotedivoirebienaime.over-blog.com/articles-blog.html du 30 novembre 2011; Le Nouveau courrier, N°378 du mardi 29 novembre 2011 ; Notre voie, n°3996 du mercredi 30 novembre 2011



[1] Rapport de la Commission d'enquête internationale mise en place par  l'ONU, 25 mai 2004.

dimanche, 25 décembre 2011

COUR PENALE INTERNATIONALE: LIBERTE PROVISOIRE POUR LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO

 


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Le 5 décembre 2011, le Président Laurent Gbagbo a fait sa première comparution devant les juges de la Cour Pénale Internationale (CPI). Sollicité pour intervenir sur les conditions de son transfèrement le 29 novembre, Le président Laurent Gbagbo a dénoncé la violation répétée de ses droits. Il n'a eu de cesse d'attirer l'attention des juges sur la nécessité d'un respect scrupuleux des procédures. « On peut faire les choses de façon... plus normale... on peut faire mieux », a-t-il clamé tout au long de son intervention.

C'est donc une véritable leçon de droit qu'il a donnée devant une juridiction censée assurer la justice à l'échelle planétaire pour dénoncer les conditions de son arrestation, de sa détention et de son transfèrement qui ne se sont pas faites selon les règles prescrites aussi bien par le Statut de Rome instituant la CPI que par la législation nationale à laquelle le Statut de Rome renvoie  d'ailleurs de manière constante. En réalité, le Président Laurent Gbagbo a été capturé, séquestré et enlevé.

Une capture dramatique

Le Président Laurent Gbagbo a affirmé avoir été arrêté après douze jours de bombardement de sa résidence par les forces françaises. Ceux-ci continuaient au moment de son arrestation alors même qu'une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence. « C'est l'armée française qui a fait le travail, et elle nous a remis aux forces d'Alassane Ouattara qui n'étaient pas encore les forces régulières de la Côte d'Ivoire, parce que les forces régulières travaillaient avec moi ».

Ces propos du Président Laurent Gbagbo informent que c'est bien l'armée française qui a remis Laurent Gbagbo aux forces d'Alassane Ouattara après avoir fait le travail de destruction du palais, et notamment de massacre des jeunes patriotes qui étaient venus lui apporter leur soutien en musique. Une telle arrestation ne pouvait être conforme aux exigences du Statut de Rome dont l'article 59 exige que toute personne suspectée dans le cadre d'une enquête de la CPI soit « arrêtée selon la procédure régulière ». Les moyens militaires déployés en font une véritable capture.

La résolution 1975, adoptée le 30 mars 2011 par l'ONU, est souvent exhibée comme le texte de référence ayant servi de fondement à l'intervention des forces françaises. Mais, en dépit d'une lecture attentive, on n'y trouve pas trace d'une seule disposition qui autoriserait les forces françaises à procéder au bombardement du palais présidentiel et y opérer des arrestations. Au contraire, l'autorisation donnée aux forces dites impartiales, d'« utiliser tous les moyens nécessaires » était destinée à «  protéger les civils menacés d'actes de violence physique imminente.., y compris pour empêcher l'utilisation d'armes lourdes contre la population civile  ». C'est d'ailleurs ce que reconnaît, la ministre des Affaires étrangères de l'Afrique du sud, Madame Maite Nkoana-Mashabane qui a participé au vote de cette résolution : « Je ne me rappelle pas avoir donné un mandat à quiconque pour un bombardement aérien sur la Côte d'Ivoire. Nous ne soutenons pas nécessairement ce que nous n'avons pas voté. »[1]. Les forces françaises ont ainsi outrepassé les droits à eux conférés par une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU, à l'endroit d'un Etat plus faible, comme elles l'ont d'ailleurs fait aussi en Lybie avec d'autres puissances occidentales.

Aucune disposition ne les autorisait non plus à arrêter le Président Laurent Gbagbo et à le remettre aux forces de son adversaire, des forces rebelles et non régulières. Faut-il rappeler à ce propos qu'après avoir été déclaré vainqueur de l'élection présidentielle par le Conseil constitutionnel qui a recueilli son serment de façon solennelle,  le Président Laurent Gbagbo a reçu les forces militaires de Côte d'Ivoire qui sont venues lui faire allégeance ? Ainsi, au moins au moment de son arrestation, les forces alliées à M. Ouattara demeuraient des forces rebelles, hors-la-loi. L'arbitraire qui a présidé à cette arrestation laissait présager les conditions de détention peu amènes.

Une séquestration inhumaine et dégradante

Le Président Laurent Gbagbo a ensuite affirmé que lors de sa détention à Korhogo, il « ne voyai(t) pas le soleil. Je ne savais ce qui se passe dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit ... Les quelques rares fois où j'ai vu le soleil, (c'est)... quand ... mes avocats... sont venus... L'enfermement, sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel, sans pouvoir sortir a fait que j'ai eu de nouvelles pathologies en plus de celles que j'avais déjà... aujourd'hui j'ai mal à l'épaule, j'ai mal ... à tous les poignets ».

Les propos du Président tendent à dénoncer le traitement dégradant et inhumain dont il a été victime. Maintenu au secret, empêché de faire des exercices physiques, le Président  développe actuellement de nouvelles pathologies à l'occasion de cette séquestration que les autorités ont voulu habiller en « mise en résidence surveillée », alors même que le décret qui devrait lui servir de fondement n'a pas été produit à ce jour ni même notifié au concerné.

Ce traitement relève de la torture au sens de l'article 7 du Statut de Rome, à savoir « le fait d'infliger intentionnellement une douleur ou des souffrances aiguës, physiques ou mentales, à une personne se trouvant sous sa garde ou sous son contrôle ».

Un tel régime n'est pas celui que l'on applique à un prisonnier. Divers textes protègent les détenus à travers l'édiction de règles conformes aux droits de l'homme et aux libertés fondamentales. Parmi ceux-ci, les principes fondamentaux relatifs aux détenus imposent qu'ils soient « traités avec le respect dû à la dignité et à la valeur inhérentes à l'être humain ». Même au sujet des prisonniers du Camp de Guantanamo dont le statut de « combattants illégaux » justifiait un régime d'exception, la Cour suprême des Etats-Unis[2] a jugé en 2006 qu'il fallait leur appliquer la Convention de Genève, c'est-à-dire un traitement humain et conforme au droit.

Le Président Laurent Gbagbo n'a pas eu droit à un traitement conforme au droit et à des égards dus à son rang. C'est d'ailleurs pour dénoncer cet enfermement arbitraire qu'à l'époque, Me Altit, son avocat avait trouvé qu'il était un « otage maltraité ». Le simple suspect qu'il demeure à ce jour, à l'encontre de qui les charges demandent à être confirmées, ne devrait pas être privé de ses droits humains les plus fondamentaux.

Qu'est ce qui peut autoriser que le Président Laurent Gbagbo soit détenu au secret, enfermé des jours entiers, avec possibilité de voir la lumière du jour uniquement à l'occasion des rares visites de ses avocats ? A-t-on idée de la torture morale que représente le fait de confier sa surveillance à un chef de guerre (Fofié) sanctionné par l'Onu pour avoir fait mourir des prisonniers asphyxiés dans un container et qui pouvait, à lui seul, refuser de déférer aux ordres d'un juge d'instruction ?

Et dire que cette résidence de détention du Président Laurent Gbagbo appartenait à Soro Guillaume, Premier ministre de M. Ouattara! C'est donc reconnaître que ces conditions de détention étaient non seulement connues des plus hautes autorités du pays, mais mieux, voulues par elles. A quelle fin ? Que de nouvelles pathologies s'ajoutant aux anciennes, entraînent l'irréparable ? Le supplice de l'homme de soixante six (66) ans  ne s'est pas arrêtée à cette détention abusive.

Un enlèvement

Au sujet du transfert à la CPI, le Président Laurent Gbagbo dénonce une audience improvisée par  les juges ivoiriens dont ni ses avocats, ni lui-même n'ont été informés auparavant, alors même que ses avocats avaient été attirés là dans le cadre d'une autre affaire.

Pourquoi cette ruse ? Pourquoi cette « rapidité suspecte » ? Pourquoi une audience aussi précipitée alors même que selon l'article 89 du Statut de Rome, lorsque la coopération d'un Etat est demandée à l'occasion de l'arrestation d'une personne, ledit Etat doit y répondre conformément « aux procédures prévues par (sa) législation nationale ».  Celles-ci sont organisées par la loi fondamentale pour ce qui est d'un Président en exercice au moment de la commission des faits qui lui sont reprochés. Pourquoi les organes compétents n'ont-ils pas été sollicités ? Pourquoi la procédure spéciale prévue n'a pas été suivie ? Nous l'avons déjà écrit : quelque soit l'angle sous lequel ce problème peut être abordé, la Haute Cour de Justice ou tout au moins le Conseil Constitutionnel aurait dû être sollicité pour autoriser les poursuites et donc le transfèrement, si tant est que la Constitution le permet.

Ces écarts avec la procédure prévue expliquent certainement pourquoi la défense n'y a pas été associée. Le sort réservé aux avocats à l'occasion de cette audience « volée », rappelle  la façon dont la défense a été traitée depuis l'incarcération du Président Laurent Gbagbo, comme il le reconnaît lui-même : « Mes avocats... sont venus avec des difficultés... Me Altit est allé́ jusqu'à Korhogo. Il a fait deux jours. On l'a empêché de me rencontrer. Et ça été́ tout le temps, comme ça, une bataille entre les avocats et mes geôliers ».

Les avocats avaient auparavant dénoncé le fait que les droits de la défense étaient  bafoués. Car, même lorsqu'ils disposaient de l'autorisation écrite des autorités judiciaires, ils ne pouvaient accéder à leur client pour organiser sa défense et plaider sa cause.  Ils ne pouvaient pas le rencontrer dans des conditions de confidentialité.

Le vice de forme est incontestable puisque le Statut de Rome, en son article 55, impose que dans le cadre d'une enquête ouverte, la personne suspectée soit « interrogée en présence de son conseil ». Une exigence minimale qu'on n'aurait pas dû rappeler à des magistrats qui savent que le droit de la défense est une prérogative que possède toute personne à l'occasion d'un procès et qui commence dès le stade de l'enquête et que plusieurs textes reconnaissent, comme la déclaration universelle des droits de l'homme en son article 11.

Une logique juridique ne peut justifier cette procédure. Seule une logique politique peut expliquer de telles conditions de transfèrement. L'instrumentalisation de la CPI longtemps critiquée apparaît ici. Le mandat d'arrêt lui-même présente des lacunes, car certaines mentions n'y sont pas explicitées.

On est d'autant plus sidéré par ces comportements que, à ce jour, le Président Laurent Gbagbo n'est qu'un suspect, « soupçonné d'avoir joué un rôle » dans la commission des crimes portés à sa charge par un Procureur, dont les soupçons peuvent être remis en cause par la défense, à charge pour le juge de décider en définitive lors de l'audience de confirmation des charges. A ce stade de simples allégations, peut-on se permettre de faire subir autant d'épreuves au Président Laurent Gbagbo ?

Au total, depuis sa capture jusqu'à son enlèvement pour la CPI, nous n'avons assisté qu'à une violation répétée des droits du Président Laurent Gbagbo. De telles irrégularités commises dans une procédure qui implique une juridiction internationale censée rendre une justice planétaire, ne devraient-elles pas être sanctionnées ? Le minimum qu'on puisse offrir à un homme qui a subi un tel déni de droit n'est-il pas la liberté provisoire ?

Mais la CPI est-elle prête à y accéder lorsque l'on prend la pleine mesure des obstacles qu'elle met au travail de la défense et qui sont apparus lors de la Conférence de mise en état du 14 décembre 2011 ? En effet, privée d'aide judicaire pour mener ses enquêtes, ainsi que des indispensables appuis logistique et financier, la défense ne s'est pas encore vue remettre la requête rédigée par le Procureur pour justifier son mandat d'arrêt et les preuves qu'elle est censée contenir. Il s'y ajoute les trafics d'influence qui se sont multipliés depuis le début au niveau de la CPI, au grand dam de l'impartialité dont les juges devraient faire preuve. La diplomatie française s'est trop impliquée de manière voyante à la CPI aussi bien à la veille de la décision d'ouverture d'enquête en Côte d'Ivoire que lors du transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Haye pour qu'on ne soupçonne pas une influence coupable.   Comment justifier ces entretiens entre le Procureur Ocampo et le duo Ouattara-Soro dans une affaire dans laquelle ces derniers apparaissent comme les premiers suspects ?

Cette collusion entre le Procureur de la CPI et ces suspects jettent manifestement un discrédit sur cette juridiction internationale. Elle conforte dans l'idée que le rôle assigné à la CPI est d'accueillir les résistants et nationalistes africains qui, autrefois étaient déportés  dans des pays étrangers (au Gabon (Samory Touré) ou en Martinique (Béhanzin) par le pouvoir colonial alors même que leurs « collabo » locaux étaient promus à de hauts postes (chefs de cantons hier Président de la République et premier ministre aujourd'hui). Après avoir « livré bataille » pour installer son « préfet » Ouattara en Côte d'Ivoire, pendant combien de temps le Président français Nicolas Sarkozy compte-t-il le maintenir au pouvoir après le taux d'abstention record enregistré aux dernières législatives, la preuve parfaite de son illégitimité ? Va-t-il réussir à maintenir le Président Laurent Gbagbo qu'il veut à tout prix punir pour insoumission à l'ordre néocolonial, en déportation à la Haye, sans compromettre définitivement les rapports à long terme de son pays avec la Côte d'Ivoire ? Comment pense-t-il pouvoir maintenir la paix sociale en Côte d'Ivoire ? Comment pense t-il réconcilier les ivoiriens sans 80% d'entre eux ? Comment pense t-il installer la démocratie sans 80% du peuple ?


Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant



[1] http://www.jeuneafrique.com (12/12/2011).

[2] Hamdan v. Rumsfeld

COTE D'IVOIRE: COUP D'ETAT CONTRE LAURENT GBAGBO?


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Un coup d’Etat contre Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire ? Jusqu’à présent la thèse prospérait surtout dans les milieux proches du président déchu, désormais entre les mains de la Cour pénale internationale (CPI), et dans quelques cercles panafricanistes dont l’audience dépasse rarement les réunions de la gauche radicale. Elle fait aujourd’hui l’objet d’un livre réclamé par un nombre croissant de libraires, du moins en France, puisqu’il semble en revanche quasiment introuvable à Abidjan.

Au terme d’une enquête de plusieurs mois, le journaliste franco-camerounais Charles Onana entend démontrer que la chute de Laurent Gbagbo était programmée de longue date : par Paris, par certains chefs d’Etat voisins étroitement liés à la France, notamment Blaise Campaoré, le président burkinabé peu réputé pour sa fibre démocratique, et enfin par les ex-rebelles du Nord sur lesquels Alassane Ouattara s’est appuyé pour prendre le pouvoir. À ceux qui lui reprocheront une vision trop « complotiste », Onana rétorque qu’il ne s’agit pas en l’occurrence d’une vulgaire barbouzerie, comme l’Afrique en a connu tant, mais d’une option d’Etat : un président trop indépendant à la tête d’un pays considéré, à bien des égards, comme stratégique, gênait. Il fallait donc le « dégager ».

Auteur de plusieurs ouvrages sur l’Afrique et notamment le Rwanda et la RDC (Congo-Kinshasa), le journaliste ne nourrissait aucun préjugé particulier à l’égard des divers acteurs du drame. S’il attaque durement la France dans le cas ivoirien, il a refusé d’enfiler les patins de la pensée unique lors du génocide rwandais et, ainsi n’assimile-t-il pas le rôle de l’armée française à celui de la Wermarcht.

Le livre décortique plusieurs épisodes troublants des relations franco-ivoiriennes et dresse un portrait très à charge contre le nouveau maître de la Côte d’Ivoire. Alassane Ouattara y est croqué sous les traits d’un opportuniste, intrigant et cynique, prêt à toutes les alliances pour parvenir à ses fins. On peut ne pas adhérer à l’ensemble mais l’ouvrage d’Onana a le mérite d’éclairer différemment la crise ivoirienne dont les racines remontent aux lendemains de l’indépendance.

Il paraît au moment où la victoire militaire de Ouattara, acquise uniquement grâce à l’intervention de la France, se double d’un triomphe politique aux élections législatives qui se sont tenues le 11 décembre dernier. Avec 127 députés sur 255, le Rassemblement des Républicains de Côte d’Ivoire (RDR), son parti, obtient la majorité absolue dans la nouvelle Assemblée et pourrait le cas échéant se passer de l’aide du PDCI, le vieux parti houphouëtiste d’Henri Konan Bédié, son allié à la présidentielle. Ce peut être une source de tension. Il y a en bien d’autres dans le pays. Le 19 décembre, plusieurs civils ont ainsi été abattus par des membres des FRCI, le nouveau nom donné aux ex-forces rebelles, dans une commune de l’ouest du pays.

Après les massacres à grande échelle commis par les ex-rebelles lors de leur offensive au mois d’avril dernier, la région n’a toujours pas retrouvé la paix. Et en dépit de promesses répétées, Alassane Ouattara n’a toujours pas validé l’arrestation de ceux de ses anciens alliés qui se seraient rendus coupables de crimes de guerre. La lecture du livre d’Onana tombe donc à point nommé pour mieux comprendre le parcours et les motivations de celui qui rendra visite à son ami Nicolas Sarkozy au début de l’an prochain. Marianne2 vous propose de larges extraits de deux chapitres.

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Le 6 novembre 2004, deux avions Sukhoï 25 appartenant aux forces armées ivoiriennes (FANCI) et pilotés par des mercenaires biélorusses bombardent le camp militaire français du lycée Descartes à Bouaké causant la mort de neuf soldats français et d’un civil américain. Trente-huit soldats français seront également blessés au cours de cette attaque. À Paris, on accuse immédiatement le chef de l’Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, d’être à l’origine de cet acte criminel.

Une décision du président Jacques Chirac est aussitôt transmise par Michèle Alliot-Marie au chef d’état-major des armées, le général Henri Bentegeat, l’autorisant à détruire l’aviation ivoirienne. Peu après, deux MI 24 et deux Sukhoï 25 sont rendus inopérants. Tout laisse croire à cet instant que la riposte française est légitime. Simplement, un problème se pose. Au lieu de rechercher les auteurs de l’attaque contre les soldats français afin de les mettre à la disposition de la justice, les autorités françaises les laissent s’enfuir vers le Togo puis hors d’Afrique.

Dans la période qui précède le bombardement, la Côte d’Ivoire est coupée en deux. Toute la partie nord du pays se trouve sous le contrôle des forces rebelles pro-Ouattara. Le Sud, incluant Abidjan, est la seule zone placée sous l’autorité des forces gouvernementales. Entre les deux, il y a ce qu’on qualifie de « zone de confiance », placée sous le contrôle de l’armée française. Malgré ce grave problème de partition de fait du pays et d’occupation illégale d’une partie du territoire par les rebelles, « la communauté internationale », c’est-à-dire essentiellement pour l’occasion les Etats-Unis et la France, presse néanmoins Laurent Gbagbo dont le mandat arrive à expiration d’organiser les élections présidentielles en 2005. (…)

L’accord d’Accra III du 30 juillet 2004 exige pourtant que les rebelles procèdent au désarment au plus tard le 15 octobre de la même année. Lorsque la date butoir arrive, les rebelles d’Alassane Ouattara ne sont ni blâmés ni sanctionnés pour non respect de leurs engagements. Laurent Gbagbo comprend alors qu’il n’a plus le choix. Le président choisit de reconquérir militairement le Nord du pays devenu un bastion des forces rebelles.
Le 2 novembre 2004, le colonel Mangou qui dirige les opérations des forces gouvernementales sur le terrain, informe un officier supérieur français de l’imminence d’une offensive contre les rebelles.

Dans la même journée, on assiste à un déploiement des avions Soukhoï 25 à l’aéroport de Yamoussoukro. À quelques pas de là, un avion Antonov 12 immatriculé TU VMA procède au déchargement du matériel de combat. Il effectue plusieurs rotations entre Abidjan et Yamoussoukro pour livrer des armes et des munitions aux soldats de l’armée ivoirienne. C’est alors que l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Gildas Le Lidec, et le général de la force Licorne, Henri Poncet, décident de se rendre chez le président Gbagbo pour essayer de le dissuader de mener cette offensive contre les rebelles. Ils essuient un refus : le chef de l’Etat ivoirien n’a pas l’intention de reculer. Le lendemain, 3 novembre vers 11h15, peu après le conseil des ministres à Paris, le président Jacques Chirac, déjà informé, téléphone directement au président Laurent Gbagbo pour le mettre en garde contre le risque d’incidents graves entre les troupes ivoiriennes FANCI et les forces françaises de la Licorne.

Mécontent de la fermeté qu’affiche son homologue Laurent Gbagbo, le président Chirac élève la voix oubliant vite que son interlocuteur est attentif à la fois à la forme et au contenu de son propos. Soudain, le président Gbagbo, qui l’écoute depuis un moment, l’interrompt et lui dit que sa décision de lancer l’offensive est déjà prise, qu’il souhaitait simplement l’en informer. Il raccroche le combiné. Le président Gbagbo explique : « Après cet échange avec Jacques Chirac, nous avons décidé de conduire l’attaque contre les rebelles avant la date effective afin que la France ne puisse pas réagir contre notre initiative militaire ».

Pourtant, quelques jours avant l’offensive de l’armée ivoirienne, les officiers français étaient déjà au courant, du fait des indiscrétions des officiers ivoiriens, des préparatifs de l’attaque contre les rebelles (….)

Dans la matinée du 4 novembre 2004, l’offensive est donc lancée contre les rebelles. Elle porte exclusivement sur des objectifs militaires des Forces Armées des Forces Nouvelles situés dans la région de Bouaké.

Le lendemain, l’offensive ivoirienne se poursuit dans la zone des rebelles. Les Sukoï 25 et les MI 24 pilonnent les positions militaires rebelles. Un rapport confidentiel de l’ONUCI daté du 9 novembre 2004 souligne que les bombardements de l’armée ivoirienne ont atteint des cibles militaires. Selon des sources proches de l’ONUCI, « il suffisait d’un jour supplémentaire de bombardements de l’armée ivoirienne et la rébellion du Nord aurait été complètement anéantie ». Cette perspective était inacceptable pour l’Elysée.

C’est dans ce contexte de tension et de parti pris politique que survient l’attaque contre le cantonnement français le 6 novembre 2004 à Bouaké.

Qui a donné l’ordre de bombarder le camp français de Bouaké et dans quel objectif ? Selon les informations en notre possession, le président Laurent Gbagbo semble n’avoir pas même été informé de ce qui allait réellement se produire ce jour-là (….) Le bombardement du camp français fut un acte délibéré et fortement suggéré aux pilotes mercenaires pour incriminer monsieur Gbagbo. Dans quel intérêt Laurent Gbagbo, qui cherchait des voies d’apaisement avec la France, aurait-il poussé ses soldats à commettre un tel acte contre des militaires français ? Il est évident que même un piètre sous-officier rongé par la mégalomanie n’aurait jamais envisagé de bombarder un campement de soldats français à ce moment-là.

Le général Poncet, contrairement à ce qu’il a avancé un temps dans la presse, sait qui a donné l’ordre de tirer sur le lycée Descartes à Bouaké.

Revenons sur le déroulement des faits et l’on comprendra davantage l’étrange attitude des autorités françaises. Dès le 2 novembre 2004, lorsque les Sukhoï 25 arrivent à l’aéroport de Yamoussoukro, un détachement de recherche du 2ème régiment de Hussards reçoit l’ordre de les surveiller. Deux équipes, se relayant chaque jour, auront ainsi les yeux rivés sur le tarmac. Elles notent, filment et relèvent tous les détails susceptibles de fournir des indications sur les actions des Sukhoï 25. Les Français réussissent même à photographier les pilotes des Sukhoï 25 ainsi qu’une partie du personnel navigant. Toutes ces données sont envoyées au bureau de renseignement G2 du PCIAT (Poste de Commandement Interarmées de Théâtre) à Abidjan. Les mêmes informations sont également transmises au bureau du chef d’état-major des armées à Paris ainsi qu’à la DGSE (Direction Générale de la Sécurité Extérieure) et à la DRM (Direction du Renseignement Militaire). Nul ne peut donc prétendre que l’information n’est pas disponible sur les Sukhoï 25 et sur leur personnel.

Lorsque l’attaque est achevée, la première décision qui vient de Paris est la destruction des Sukhoï 25 et pas une demande d’arrestation du commando qui vient de liquider les militaires français et d’en blesser d’autres. D’ailleurs, l’ordre de destruction des Sukhoï ivoiriens a été diversement apprécié au sein de la Force Licorne.

Dans la tension et la confusion qui règnent autour de la mort des soldats français à Bouaké, certains officiers se rendent vite compte, à leur grand étonnement, que le pouvoir politique n’est pas très intéressé de voir une enquête s’ouvrir sur cette attaque particulièrement brutale.

Le lendemain, 7 novembre, le général Poncet et ses hommes arrêtent neuf ressortissants ukrainiens, quatre ressortissants biélorusses et deux ressortissants russes. Au total, quinze personnes suspectes sont immédiatement placées en rétention dans un hangar par les militaires français.

Alors qu’un gendarme du commandement des opérations spéciales tente, avec quelques militaires, de les interroger pour en savoir davantage sur leur responsabilité éventuelle dans le bombardement contre le lycée Descartes, un ordre venant du Quai d’Orsay exige la libération immédiate des mercenaires slaves détenus par les Français. « Pour demander l’extradition de ces ressortissants, il aurait fallu qu’un mandat international soit délivré. Cela n’a pas été le cas. A l’époque, nous n’avions aucun élément de preuve, les photos par exemple n’étaient pas déterminantes. Nous n’avions donc rien à leur reprocher » expliquera le ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie. Ses propos font bondir les experts et certains militaires (…)

Prétendre que la France avait besoin d’un mandat d’arrêt international pour procéder à l’arrestation des suspects n’est pas totalement exact car la loi du 14 avril 2003 réprimant l’activité des mercenaires offrait une singulière opportunité d’auditionner ces personnes qui avaient, pour certaines, participé au transport de munitions de l’avion Antonov 12 et pour d’autres, des liens avec les pilotes des Sukhoï 25. En outre, affirmer qu’il n’y avait rien à leur reprocher signifie au moins que les informations accumulées par les militaires et les services de renseignements français étaient sans intérêt, au plus qu’elles n’avaient aucun lien avec le bombardement de Bouaké.

Le 11 novembre 2004, à la demande expresse de l’ambassadeur de France, les Français remettent, sans trop renâcler, les quinze mercenaires aux autorités consulaires russes. Après cet épisode particulièrement confus, les autorités françaises s’illustrent à nouveau en laissant, cette fois, les pilotes du Sukhoï 25 s’évader. Que s’est-il passé ? Quelques jours après le bombardement, les auteurs s’éclipsent clandestinement vers le Togo, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Au cours d’un contrôle routier à la frontière du Ghana et du Togo, ils sont arrêtés à bord d’un car par les forces de police togolaises (…)

Au vu des éléments, le ministre de l’Intérieur togolais, qui remarque la fébrilité des services de renseignement français à l’annonce de ces arrestations, cherche à comprendre pourquoi la France ne s’empresse pas d’exiger l’extradition des suspects biélorusses afin que la justice française fasse la lumière au plus vite sur cette étrange affaire. Ne voyant rien venir, les autorités togolaises se lassent de garder indéfiniment les Biélorusses en prison.

Selon certains observateurs, le comportement des autorités françaises dans ce dossier est plus que troublant. Elles vont d’ailleurs multiplier à l’infini les obstacles au travail des juges. Ceci nous a été confirmé par la juge Brigitte Raynaud qui était chargée, dès le début, du dossier (…)

La première personne qui ne montre pas une franche détermination à connaître les auteurs et les commanditaires de l’attaque du lycée Descartes est bien la ministre Michèle Alliot-Marie.

Pourquoi la ministre, Michèle Alliot-Marie, a-t-elle laissé s’évader les auteurs du bombardement de Bouaké alors qu’ils étaient arrêtés par les autorités togolaises et mis à la disposition des autorités françaises ? Pourquoi n’a-t-elle pas facilité le travail de la justice française alors que celle-ci était disposée à tirer cette affaire au clair ? Pourquoi avoir refusé de faire une autopsie des corps des militaires pour aider la justice à démasquer éventuellement le président Gbagbo ? Pourquoi avoir inversé les corps des soldats dans les cercueils au point d’ajouter à la douleur des familles, un traumatisme inutile ? Pourquoi ne veut-on pas connaître qui a ordonné le bombardement de Bouaké ? Pourquoi l’Elysée n’a jamais encouragé la déclassification de tous les documents demandés par les juges s’il n’y a rien à craindre de son côté ? A qui la vérité sur cette affaire pose réellement problème ?

Il faut avouer que ce n’est certainement pas au président Laurent Gbagbo. Il nous a confié : « Nous ne savons pas dans quelles circonstances précises les neuf Français ont trouvé la mort. L’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, Monsieur Le Lidec m’avait téléphoné pour m’annoncer que les Biélorusses avaient été arrêtés à Abidjan par les militaires français. J’étais donc très heureux de savoir qu’ils étaient aux arrêts et surtout que la vérité allait éclater. Nous avons cru que nous allions savoir pourquoi les soldats français avaient été tués et qui avait donné l’ordre de commettre un tel acte. J’ai finalement appris qu’ils avaient été libérés par les Français et nous n’avons jamais reçu le moindre procès-verbal d’audition les concernant ni des éléments d’une enquête préliminaire sur leur arrestation en Côte d’Ivoire. J’ai par la suite appris qu’ils avaient été arrêtés au Togo et que le ministre de l’Intérieur du Togo les avait entendus. Ce dernier aurait essayé en vain de joindre les ministres français de la Défense et de l’Intérieur pour obtenir l’extradition des suspects biélorusses. Jusqu’ici, nous ne savons toujours pas qui a tué les soldats français ni pourquoi ils ont été tués. Ceci signifie qu’on peut formuler des hypothèses sur cette affaire ».

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LE CACAO, ARMAJARO, L’ARGENT ET LES OUATTARA

L’arrivée de monsieur Alassane Ouattara, « candidat reconnu par la communauté internationale », au pouvoir en Côte d’Ivoire répond aussi bien aux aspirations personnelles du président Sarkozy qu’à celles des spéculateurs de la filière café-cacao et du clan Ouattara dont Madame Ouattara née Dominique Nouvian et son fils, Loïc Folloroux, sont des piliers indispensables.

Le rôle de madame Ouattara est capital à la fois dans l’ascension de monsieur Alassane Ouattara et dans le soutien dont il bénéficie dans les milieux, politiques, financiers et médiatiques occidentaux. Selon le député Ben Soumahoro, voisin et ami de longue date de madame Ouattara en Côte d’Ivoire, « Dominique Nouvian a tout fait pour Alassane Ouattara. Sans elle, dit-il, il ne serait jamais devenu Premier ministre ni même président de la Côte d’Ivoire. »

Dirigeante d’entreprises et « tigresse du business » comme la qualifie la presse économique, Dominique Nouvian a réellement commencé à gagner beaucoup d’argent lorsqu’elle s’est emparée des biens immobiliers du président Houphouët-Boigny avec qui elle entretenait des relations intimes. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée à gérer, à travers sa société AICI, le patrimoine personnel du chef de l’Etat ivoirien et, d’une certaine façon, celui de l’Etat ivoirien.

Elle l’admet du bout des lèvres dans une correspondance du 22 juillet 1997 adressée à l’huissier de la fille d’Houphouët-Boigny, Hélène Houphouët-Boigny, qui lutte depuis des années contre ceux qui ont spolié voire escroqué son père : « En effet, dit Dominique Ouattara, du vivant de monsieur le président Houphouët-Boigny, la société AICI International a assumé la gestion de divers biens immobiliers appartenant à certains membres de sa famille et a procédé à des transactions tant à Paris qu’à Abidjan pour des personnes proches de son entourage. À la demande du président, nous avons géré plusieurs patrimoines immobiliers appartenant à des membres de sa famille. (...) Le seul bien immobilier que j’ai géré au nom de monsieur le président est l’ensemble de villas sises à Marne-la-Coquette en France (…) ».

Profitant des faiblesses du vieux président dont l’âge et la maladie ne permettaient plus une grande résistance ni sur le plan politique ni sur le plan physique, Dominique Nouvian, qui était déjà, selon Ben Soumahoro, à la même époque, la compagne d’Alassane Ouattara, impose ce dernier à Houphouët-Boigny (…)

Pendant les trois ans qu’ils passent à la tête du gouvernement ivoirien (1990-1993), Ouattara et sa compagne Dominique Nouvian travaillent à consolider leurs affaires et leurs relations avec les milieux financiers occidentaux. À ce moment-là, le cacao attire déjà les spéculateurs internationaux et différents investisseurs étrangers qui deviendront peu après des proches du clan Ouattara.

Houphouët-Boigny avait tout de même essayé de faire plier ces nouveaux prédateurs en décrétant un embargo sur le cacao à la fin des années 80, peu avant l’arrivée d’Alassane Ouattara au poste de Premier ministre (…)

Premier producteur mondial de cacao pendant des décennies, la Côte d’Ivoire a été longtemps sous le contrôle exclusif des hommes d’affaires français et de la classe politique française. La disparition d’Houphouët-Boigny et surtout l’entrée d’Alassane Ouattara sur la scène politique ivoirienne ont sensiblement modifié cette situation.

Dans le domaine du cacao, d’autres acteurs anglo-saxons plus influents mais plutôt discrets ont gagné du terrain. Il y a par exemple la société anglaise Armajaro et les deux géants mondiaux de l’agro-alimentaire que sont la société américano-hollandaise Cargill et l’Américaine Archer Daniels Midland (ADM). Différentes sociétés comme la Suisse Barry Callebaut et Olam sont également présentes en Côte d’Ivoire. Ces entreprises ont installé des comptoirs d’achat à proximité des plantations, imposant leurs prix parfois supérieurs à ceux du marché mondial et anéantissant complètement le tissu des entreprises locales qui servaient jusque-là d’intermédiaires entre les planteurs et les gros exportateurs.

Sous l’influence du FMI et de la Banque Mondiale, monsieur Alassane Ouattara livre la Côte d’Ivoire à l’ultralibéralisme entre 1990 et 1993. Ecarté du pouvoir à la mort d’Houphouët-Boigny, il commence à agir dans l’ombre en attendant de revenir aux affaires pour achever le travail qu’il avait commencé avec l’aide de sa compagne. Le dossier du cacao en est une parfaite illustration.

En moins d’une décennie, le géant anglais Armajaro devient le leader mondial du chocolat. Il pénètre le marché ivoirien et obtient son agrément en 2000 par le canal d’Alassane Ouattara qui l’avait demandé au président Gbagbo. Le fils de Dominique Nouvian est devenu le directeur de la branche Afrique d’Armajaro à Abidjan. Il est également actionnaire de la société de sa mère AICI international.

Lorsque Laurent Gbagbo est victime d’un coup d’Etat fomenté avec l’aide du Burkina Faso en 2002, le cacao ivoirien prend immédiatement le chemin de Ouagadougou, la capitale burkinabé. Ne possédant pourtant pas de véritable plantation de cacao et dépendant économiquement de la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso devient, à cette période, exportateur de cacao sous le regard complice de « la communauté internationale ». Des convois nocturnes et bien surveillés par les rebelles d’Alassane Ouattara transportent, via la frontière nord placée sous leur contrôle avec l’aval des autorités burkinabés et le silence bienveillant des forces françaises, des centaines de milliers de tonnes de cacao ivoirien à destination du Burkina Faso. Divers négociants peu scrupuleux, établis dans ce pays, orientent des centaines de remorques remplies de cacao ivoirien vers les ports de Lomé au Togo et de Monrovia au Libéria. Plusieurs cargaisons contenant des milliers de tonnes de cacao ivoirien seront ainsi régulièrement acheminées vers l’Europe et les Etats-Unis (...)

Certains acteurs de la filière café-cacao remarqueront la présence d’un personnage clé de la rébellion proche du clan Ouattara : monsieur Adama Bictogo. C’est lui qui avait été chargé pour le compte de la rébellion de vider la Côte d’Ivoire de son cacao. Il en faisait ainsi sortir clandestinement plusieurs tonnes via la frontière avec le Burkina Faso et acheminait le cacao vers la ville burkinabé de Bobo-Dioulasso où les cabosses étaient conditionnées dans une usine pouvant traiter jusqu’à 500 tonnes par jour. Le cacao ainsi traité était ensuite conditionné puis acheminé vers le port de Lomé par camions et chargé sur les navires de la SDV (groupe Bolloré). Monsieur Adama Bictogo va devenir par la suite un homme important dans le processus électoral en Côte d’Ivoire pour le compte de la rébellion et d’Alassane Ouattara. Fondateur en octobre 2007 de la société SNEDAI chargée de l’identification des électeurs en Côte d’Ivoire, il sera tour à tour conseiller diplomatique du chef rebelle Guillaume Soro puis directeur de campagne d’Alassane Ouattara pour la région de l’Agnéby (…)

Pendant qu’Adama Bictogo s’implique beaucoup pour le clan Ouattara dans le secteur du cacao, Alassane Ouattara, lui, ne tarde pas à sortir complètement du bois dès qu’il croit possible son retour au pouvoir à Abidjan. Et l’on peut observer l’évolution du clan Ouattara à travers les réactions de son principal allié : le spéculateur Antony Ward, cofondateur du fond spéculatif britannique Armajaro, lequel est particulièrement actif dans la fluctuation des cours mondiaux du cacao.

En août 2002, soit moins d’un mois avant le coup d’Etat raté du 18 septembre de la même année contre le président Laurent Gbagbo, Antony Ward surnommé « chocolate finger » ou « doigt en chocolat » achète par anticipation près de 200 000 tonnes de fèves de cacao et réalise un bénéfice de plus de 60 millions d’euros pendant que le sang coule en Côte d’Ivoire. Dans les milieux proches du président Gbagbo, on soupçonne Armajaro de financer la rébellion avec le cacao ivoirien. Le spéculateur se tait.

Dès le 24 janvier 2011, un communiqué du chef rebelle Guillaume Soro, venant du bunker de l’hôtel du Golf où campent monsieur Ouattara et les rebelles, demande aux opérateurs économiques d’arrêter immédiatement « toute exportation de café et de cacao à compter du 24 janvier 2011 et ce jusqu’au 23 février 2011 ». La réaction du président Gbagbo est, elle aussi, immédiate. Dans la même journée, le ministre délégué au Budget, monsieur Justin Koné Katinan, aujourd’hui porte-parole du président Gbagbo, déclare le communiqué des rebelles pro-Ouattara nul et non avenu. Il tente de rassurer les exportateurs de café-cacao et les exhorte à poursuivre leurs activités en Côte d’Ivoire. En réalité, la machine de guerre économique, accompagnée de pressions politiques, en faveur du clan Ouattara, est lancée.

Son appel est entendu par la société anglo-hollandaise Cargill qui suspend aussitôt l’achat du cacao ivoirien par sa filiale basée à Abidjan. « Nous avons arrêté les achats ce matin (ndlr, 24 Janvier 2011) pour une période indéterminée. Il s’agit d’une décision de la direction. »

À l’annonce de ces décisions, les cours du cacao s’envolent au Nyse Liffe prenant 7% lors des premiers échanges. Soulignons que Cargill achète environ 15% de la production du cacao ivoirien et que cette décision est donc un coup dur infligé au régime du président Gbagbo. La décision de Cargill, qui est à la fois politique et économique, vise simplement à priver le chef de l’Etat Laurent Gbagbo, rejeté et condamné non pas par les Ivoiriens mais par « la communauté internationale », de moyens financiers pour gérer son pays.

Monsieur Alassane Ouattara, sachant qu’il a le soutien non pas des Ivoiriens mais des multinationales agro-alimentaires anglo-saxonnes et des milieux d’affaires et politiques français, déclare sur une chaîne de télévision française que Laurent Gbagbo tombera « comme un fruit mûr». La bataille pour la présidence en Côte d’Ivoire devient l’objet d’une guerre violente sur le plan militaire et d’une spéculation boursière pour les leaders mondiaux du cacao. Le porte-parole du président Gbagbo, Justin Konan Katinan, explique ce qui s’est réellement passé dans les coulisses avant la chute du président Gbagbo :

« En ce qui concerne la suspension des exportations du cacao de janvier 2011, il est clair que sous le couvert des sanctions de l’Union Européenne, se cachait une vaste opération spéculative sur le cacao menée par Armajaro. En effet, en juillet 2010, tout juste avant les élections de novembre, cette société a acheté un fort tonnage de cacao, au-delà de ses achats habituels. Les services de la filière café cacao parlent de plus de 200 000 tonnes de produits achetés par ladite société. Ces énormes achats ont fait réagir les autorités chargées de gérer la filière café cacao. La crise née des élections devait logiquement entraîner une augmentation des prix sur le marché international. Cette embellie allait bénéficier à ladite société qui avait décidé d’écouler le cacao à prix d’or. Ainsi, la décision du 24 juillet, en provoquant une pénurie du produit sur le marché international, a donné l’occasion d’écouler à un prix ultra élevé le stock monumental constitué par la société Armajaro. Donc Loïc Folloroux, bénéficiant d’informations de première main de la part de ses parents (Dominique et Alassane Ouattara) sur les différentes actions de déstabilisation en cours dans le pays, a probablement informé ses partenaires et la société Armajaro a pu constituer des stocks à des fins spéculatives.

C’est exactement ce qu’elle avait fait en 2002, un an seulement après avoir obtenu son agrément en Côte d’Ivoire. Cette spéculation lui avait permis de financer la rébellion. Ce que je peux dire sur cette affaire, c’est que les achats et la constitution de stocks étaient des pratiques méconnues des sociétés d’exportation en Côte d’Ivoire jusqu’à l’avènement d’Armajaro.

Il faut dire de façon générale que la quasi-totalité des exportateurs ont triché avec l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, dans le cadre de l’enquête demandée par le président Laurent Gbagbo sur les supposées malversations dans le secteur du café-cacao, des experts commis par le tribunal étaient arrivés à des conclusions très graves impliquant la quasi-totalité des exportateurs. Les experts ont établi des fraudes qui portaient à la fois sur la quantité des produits exportés déclarés et la quantité réelle recoupée par les experts. Ils ont également établi une fraude sur l’exportation du cacao en sous grade. Il s’agit en principe d’un produit qui ne remplit pas les conditions d’exportation pour lesquels l’État consent un abattement sur les droits de douane à l’exportation au profit de l’exportateur.

Ces malversations ont occasionné un manque à gagner pour l’Etat de plus de 1300 milliards de francs CFA soit 2 milliards d’euros sur huit ans de 2002 à 2009. Bien que certains points de ce rapport soient de mon point de vue exagérés, il révèle néanmoins des cas graves de fraude. Certaines sociétés dont Armajaro avaient même signé des engagements pour payer les rappels qui relevaient de leurs manquements à la loi.

Je retiens que même informé, le ministre de l’Economie et des finances d’alors, monsieur Charles Diby, n’a jamais actionné les services de son ministère pour recouvrer ces sommes. Tous les exportateurs étaient conscients que ce dossier allait ressurgir. D’où leur alignement sur le camp Ouattara. »

Tout au long de la période de tension entre le président Laurent Gbagbo et monsieur Ouattara, on verra les cours du cacao fluctuer au gré des « victoires militaires des rebelles » d’Alassane Ouattara (…)

Une fois le président Gbagbo renversé, la première décision de monsieur Ouattara a été de réouvrir le port d’Abidjan pour permettre la reprise des exportations de cacao. Une décision saluée par Armajaro, l’Elysée et autres géants du cacao. L’armée française a été réquisitionnée pour assurer la sécurité du port afin que les principaux « actionnaires » de la crise ivoirienne bénéficient de leurs dividendes une fois le gênant président Gbagbo écarté du pouvoir.

Côte d’Ivoire, Le coup d’Etat de Charles Onana, Editions Duboiris, 20€


Jeudi 22 Décembre 2011


Alain Léauthier - In le journal français "Marianne".



Source :
CAUSES.COM


samedi, 24 décembre 2011

JOYEUX NOËL!



JOYEUX NOËL A TOUS!

20:13 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Informations diverses, Monde, Voeux de Nouvel An | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : monde, fête de noël, joyeux noël, merry christmas | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 22 décembre 2011

PERIODES, LIEUX ET FAITS DES CRIMES ET GENOCIDES EN COTE D'IVOIRE

 

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Crimes commis par les forces du duo Ouattara-Soro. Notre Voie n° 4009 du 15 décembre 2011.


PERIODE ALLANT DU 18 SEPTEMBRE 2002 A L'ELECTION PRESIDENTIELLE DE NOVEMBRE 2010


FAITS CONSTITUTIFS DE: GENOCIDE (Art. 5 et  6  DU STATUT DE ROME DE LA COUR  PENALE INTERNATIONALE)


Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


A Compter d'octobre 2002 Novembre 2002 (OUEST DE C.I.) MAN, TOULEPLEU, BLOLEQUIN, BANGOLO

ASSASSINAT MASSIF DES MEMBRES DU GROUPE WE

Dès qu'ils prirent pied dans les localités désignées ci-contre, les rebelles et des mercenaires libériens et sierra léonais se livrèrent à des massacres des populations wê plus particulièrement dans les villes de Kouibly, Toulepleu, Bangolo, le village de Dah... Ainsi certains corps étaient jetés dans des puits tandis que d'autres dans des rivières. Aussi, apparait-il extrêmement difficile d'avoir une idée exacte du nombre de personnes assassinées. Toutefois, quoi qu'indéterminé, le nombre de tués est effarant au regard du nombre de villages entièrement rasés, donnant ainsi une idée de l'ampleur du désastre. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Human Right watch, Amnesty International & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPIGO & MJP,démembrements du MPCI, appuyés par les supplétifs sierra-léonais, libériens, burkinabés, maliens, guinéens.


FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES  CONTRE L'HUMANITE (Art. 5 et 7  DU STATUT DE ROME DE LA COUR  PENALE INTERNATIONALE)


Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


DU 18 AU 19/09/2002 A ABIDJAN

ASSASSINAT DU MINISTRE BOGA DOUDOU

Aux environs de 4 h du matin du 19 septembre 2002, des rebelles puissants armés prenaient d'assaut la résidence du Ministre BOGA DOUDOU Emile. Aussi, était-il froidement abattu de plusieurs coups d'armes lourdes, alors même qu'il avait pu trouver refuge dans la cour de son voisin en en escaladant la clôture. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Un groupe d'assaillants membres du MPCI de SORO Guillaume


A BOUAKE DU 18 SEPTEMBRE AU 6/10/2002

ASSASSINAT DE MILITAIRES ET GENDARMES DESARMES AINSI QUE DES MEMBRES DE LEURS FAMILLES

Les bases militaires de Bouaké ayant été concomitamment attaquées avec celles d'Abidjan et Korhogo, des militaires et gendarmes étaient froidement tués lorsque plusieurs étaient faits prisonniers avec leurs enfants de sexe masculin.

Parmi les militaires assassinés aux premières heures de l'attaque figurait le colonel DAGROU LOULA. Il avait été tué à son domicile de plusieurs balles tirées dans le dos.

Les gendarmes arrêtés avec leurs enfants étaient tous gardés dans des cellules de cette base militaire. Mais finalement, 131 d'entre eux sinon tous, à savoir 61 gendarmes + 61 enfants et 07 autres personnes étaient exécutés dans leurs cellules.


Mais pour tenter de masquer ces crimes odieux, les rebelles transportaient les corps des victimes à bord des camions, et les enterraient sommairement dans deux (02) fosses comunes au cimetière du quartier DAR ES-SALAM.


Par ailleurs, les danseuses traditionnelles d'Adjanou ressortissantes du département de Sakassou étaient également torturées avant d'être assassinées à leur tour. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Human Right Watch, Amnesty Interntional & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPCI dirigés par SORO Guillaume

 

A KORHOGO DU 18 SEPTEMBRE

A JUIN 2004

ASSASSINATS DE MILITAIRES DESARMES, ET DE CIVILS

A la suite des affrontements entre factions rebelles, des charniers étaient découverts dans la ville de Korhogo. L'un de ces charniers contenait 99 corps. La plupart des corps étaient nus. Il ressort des constatations sur ces corps des amputations de membres des victimes étaient constatées. D'autres corps avaient les mains attachées dans le dos. Au total, on dénombrait 31 corps par armes à feu, 02 par armes blanches et 66 par asphyxie dans des conteneurs placés au soleil à la Compagnie Territoriale de KORHOGO  (C.T.K). (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guere en C.I. regroupant 27 Associations)

Ces crimes sont l'œuvredes rebelles du MPCI de SORO Guillaume, et plus précisément, de ceux de la Compagnie Territoriale de Korhogo dirigée par KOUAKOU FOFIE

 

Novembre 2002 ( OUEST DE C.I.)

MAN, TOULEPLEU, BLOLEQUIN, BANGOLO

ASSASSINAT MASSIF DE POPULATIONS CIVILES

Courant novembre 2002, les villes, villages et campements des localités de l'Ouest mentionnées ci-contre étaient assiégés par des individus armés, parlant majoritairement l'anglais et le malinké. Ceux-ci assassinaient systématiquement plusieurs personnes du groupe wê, à savoir les guérés et wobés. Les crimes étaient tantôt réalisés par l'incendie de cases où les victimes étaient regroupées, tantôt par armes blanches ou à feu. Ici, les motivations avouées des assassins furent politiques et foncières. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I, Amnesty International., Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPCI de SORO Guillaume et de ses démembrements, le MPIGO & le MJP, appuyés par leurs

mercenaires sierra-Léonais, libériens,burkinabés, maliens et guinéens.

 


FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES DE GUERRE (Art. 5 et 8 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)


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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


A BOUAKE DU 18 SEPTEMBRE AU 6/10/2002

ASSASSINATS DE MILITAIRES ET GENDARMES DESARMES, CASSE DE LA BCEAO, EXPLOITATION FRAUDULEUSE DES PLANTATIONS DE TECK APPARTENENANT A L'ETAT DE C.I., VOL DES ATTRIBUTS ROYAUX A  SAKASSOU, PILLAGES ET VOLS DES BIENS MEUBLES, VEHICULES, MOTO ET AUTRES BIENS PERSONNELS  DES AGENTS DE L'ETAT EN SERVICE DANS LA LOCALITE.

Après l'attaque surprise de toutes les bases militaires de Bouaké dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, plusieurs militaires, gendarmes, policiers et autres éléments des forces de l'ordre et de sécurité étaient assassinés dont le colonel DAGROU LOULA, tué à son domicile de plusieurs balles tirées dans le dos.

Par la suite, les rebelles procédaient à l'arrestation de plusieurs militaires et notamment gendarmes et des membres de leurs familles de sexe masculin, qu'ils emprisonnaient dans des cellules de la base militaires. Ces personnes étaient privées d'aliments et d'eau pendant plusieurs jours avant d'être finalement exécutées froidement dans leurs cellules.

Les corps étaient par la suite transportés dans des camions et enterrés sommairement dans deux (02) fosses communes au cimetière de DAR-ES-SALAM. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Les rebelles du MPCI de SORO Guillaume

 

A KORHOGO DU 18 SEPTEMBRE

A JUIN 2004

ASSASSINAT DE MILITAIRES DESARMES, PILLAGES, VOL DES BIENS ABANDONNES PAR  DES CIVILS POURCHASSES

L'assaut lancé par les rebelles contre les sites militaires de Korhogo, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002,  se soldait par l'assassinat systématique de plusieurs militaires et autres forces de sécurité en service dans la ville.


Les biens personnels de ces victimes et ceux abandonnés par les agents de l'Etat chassés de toutes les villes du Nord, étaient emportés par les rebelles. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch &  Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

LES REBELLES DU MPCI de SORO GUILLAUME SOUS LE COMMANDEMENT DE KOUAKOU FOFIE DU MPCI

 

Novembre 2002 ( OUEST DE C.I.) MAN, TOULEPLEU, BLOLEQUIN, BANGOLO

Viols, traitements cruels et inhumains, pillages de villes et villages, expulsion forcée des populations, enrôlement de mineurs, casse BCEAO, exploitation frauduleuse de mines d'or, café, cacao et bois

Au nombre des crimes crapuleux commis par les rebelles à l'Ouest de la Côte d'Ivoire figuraient en bonne place les viols et autres sévices sexuels. Après ces crimes, suivent les incendies de quartiers entiers, des villages et des campements dont la plupart ont disparu de la carte de C.I. C'est le lieu de relever la multitude de cas d'incestes que les rebelles ont voulu la perpétration afin que les intéressés aient la vie sauve. C'est par exemple le cas d'un père qui, après avoir assisté à l'exécution, par les rebelles, de ses enfants en compagnie desquels il fuyait, était contraint de coucher avec sa propre fille en présence de la mère, sa femme. Apres l'acte, la mère, l'épouse donc, est atteinte de démence jusqu'à ce jour.


En outre, les rebelles s'étaient approprié les plantations de cacaoyers des paysans, de sorte qu'ils s'opposent à ce jour à leur retour sur leurs terres.


Il faut aussi relever la razzia dont les infrastructures sanitaires et éducatives étaient l'objet. Certaines infrastructures étaient même incendiées après le vol des équipements.


Quant aux enfants soldats auxquels recouraient les rebelles, lesdits enfants soldats sont visibles un peu partout à Man et dans les autres localités.


Par ailleurs, à l'instar de l'Agence BCEAO de Bouaké, celle de Man était l'objet de braquage.

Enfin, tout le cacao et le café de la région étaient recueillis et vendus par les rebelles dans les pays limitrophes pour leurs comptes.

L'extraction frauduleuse de l'or relevait de l'une de leurs prérogatives. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch & Fédération Nationale des victimes de la guerre en C.I. regroupant 27 Associations)

Des mercenaires sierra-Léonais, libériens, burkinabés, maliens, guinéens, supplétifs des factions rebelles


 

PENDANT  ET  APRES L'ELECTION PRESIDENTIELLE DU 28 NOVEMBRE 2010


FAITS CONSTITUTIFS DE: GENOCIDE (Art. 5 et 6 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)


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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS

A Compter janvier 2011 A BANGOLO, DUEKOUE, GUIGLO, BLOLEQUIN, TAI, TOULEPLEU,

EXTERMINATION DES MEMBRES DU GROUPE WE

Courant janvier 2011, invoquant l'implication d'un jeune guéré dans une attaque à mains armées dans laquelle avait péri une femme malinké, les ressortissants du Nord, appuyés par les burkinabé, les maliens, les guinéens et des rebelles en faction à Bangolo, faisaient une descente musclée dans le quartier wê. On dénombrait de nombreuses pertes en vies humaines. Plusieurs maisons des guérés étaient incendiées et d'autres pillées. Les biens des victimes étaient emportés.


C'est dans ce contexte conflictuel que les rebelles, à l'occasion de la crise post-électorale, prenaient pieds dans la quasi-totalité des localités de l'Ouest vers la fin du mois de mars 2011.

Aussi, accusant les populations wê, d'une part de soutenir le pouvoir GBAGBO, et d'autre part, d'exproprier les allogènes, assistait-on à des assassinats en règle des membres du groupe ethnique guéré. Il importe de relever que les victimes étaient d'abord l'objet d'un contrôle identitaire méticuleux avant d'être exécutées. Ainsi, jeunes, vieux, valides ou malades d'ethnie guéré étaient systématiquement exécutés. Officiellement, l'on avait annoncé le chiffre 800 au titre des wê assassinés. Mais la réalité est tout autre d'autant que des puits regorgeant encore de corps foisonnent dans la région. L'objectif poursuivi était manifestement d'exterminer les membres du groupe wê pour des raisons politiques et foncières. (Voir rapports Enquêtes Amnisty International, le C.I.R, ONUCI, Human Right watch & la national, nationale et internationale)

 

 

FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES CONTRE L'HUMANITE (Art. 5 et  7 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)


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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS

A Compter du 28 novembre 2010

ASSASSINAT MASSIF DES FORCES DE L'ORDRE, DES POPULATIONS CIVILES ET TRAITEMENTS HUMILIANTS ET DEGRADANTS

Exécutant le mot d'ordre de Messieurs Alassane OUATTARA et GUILLAUME SORO tendant à l'installation aux forceps d' un nouveau Directeur Général à la RTI, les rebelles transformés à l'occasion en forces républicaines, s'attaquaient aux institutions et aux populations civiles faisant ainsi plusieurs blessés graves et des pertes en vies humaines.


C'est dans cette logique qu'une faction des forces républicaines s'érigeait en commando dit invisible et s'établissait à Abobo où ses éléments surprenaient chaque nuit les patrouilles des policiers pour en assassiner plusieurs dizaines. Le même commando dit invisible faisait irruption nuitamment dans le village Ebrié d'ANONKOI à Abobo, et y sémait la désolation en assassinant plusieurs dizaines de villageois surpris dans leur sommeil dont certains par le feu. Des maisons étaient incendiées. Plusieurs disparitions de villageois étaient signalées.


Dans la même foulée, l'antenne de la RTI à Abobo était attaquée et plusieurs personnes civiles commises à la surveillance des lieux étaient surprises dans leurs tâches, ligotées et brûlées vives.


Après l'arrestation du Président GBAGBO le 11 avril 2011, les Forces Républicaines de Mr ALASSANE OUATTARA soumettaient cette Haute personnalité ayant assuré les destinées de la nation ivoirienne pendant plus de 10 ans, son épouse et plusieurs hautes autorités du pays à des traitements dégradants et humiliants.


S'en était suivi des tueries systématiques et massives de nombreux jeunes, motif principalement pris de leur appartenance au clan GBAGBO, tout d'abord, dans le quartier d'Anono à Cocody. Ils étaient également accusés d'être des étudiants-miliciens de la FESCI.


Ensuite, les autres quartiers étaient pris d'assaut à la recherche de soi-disant miliciens de GBAGBO.


Enfin, c'est dans le quartier de Yopougon où vivent majoritairement les ressortissants de l'Ouest et, de notoriété publique l'électorat de GBAGBO que des massacres des populations civiles ont été massivement perpétrés. Une telle situation a occasionné un exode massif des membres de certains groupes ethniques qui ont trouvé refuge dans les pays frontaliers comme l'ont d'ailleurs attesté plusieurs rapports des Organisations Internationales des Droits de l'Homme, tels HWR, les médias internationaux et des O.N.G. nationales tel le MIDH


Le traitement particulier subi par le Premier Ministre AFFI N'guessan, GBAGBO Michel et les autres pendant leur détention à Bouna, et dont les images ont fait le tour du monde, ne peut s'analyser autrement que comme humiliant et dégradant. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I., Amnesty International, Human Right Watch et la presse nationale et internationale)

LES FORCES REPUBLICAINES DE COTE D'IVOIRE


FAITS CONSTITUTIFS DE: CRIMES DE GUERRE (Art. 5 et 8 DU STATUT DE ROME DE LA COUR PENALE INTERNATIONALE)

 

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Période & LIEU

FAITS

CIRCONSTANCES DE

PERPETRATION

AUTEURS


APRES LE 11 AVRIL 2011 DANS TOUTES LES LOCALITES NE FAISANT PAS L'OBJET D'OCCUPATION DE LA REBELLION DEPUIS SEPTEMBRE 2002


Homicide intentionnel, torture ou traitement inhumain, viols. Destruction et appropriation des biens non justifiées, déclaration qu'il ne sera pas fait de quartier. Atteinte à la dignité. Privation délibérée des populations ivoiriennes de produits pharmaceutiques. Attaque de la résidence du Président de la République alors qu'elle ne fait pas un objectif militaire

Pillages des villes, villages, campements, vols des biens de toutes natures, occupations illégales des maisons et résidences.


Après un largage suivi de bombes sur la résidence du Président de la République, le Ministre TAGRO Désiré, alors Secrétaire Général de la Présidence au moment des faits était chargé de notifier la reddition. Mais alors qu'il se présentait aux forces républicaines pour accomplir cette mission, celles-ci l'abattaient à vue.


Ensuite, il est établi que lesdites forces avaient soumis toutes les personnes trouvées en compagnie du Président GBAGBO, y compris le Président lui-même, à des traitements dégradants et inhumains comme l'attestent éloquemment leurs images ayant fait le tour du monde.


Plusieurs destructions de résidences étaient enregistrées sur l'ensemble du territoire, notamment au détriment des personnes soupçonnées proches du Président GBAGBO. La résidence du Président de la République dans son propre village n'avait point échappé à ces agissements extrêmement dommageables.


La résidence de la Première dame à Grand-Bassam, celle du Premier Ministre Pascal AFFI N'GUESSAN n'avaient pas non plus échappé à ces destructions et pillages.


Au motif qu'en privant les populations de médicaments pharmaceutiques, il parviendrait à bout de son adversaire, Monsieur Alassane OUATTARA n'avait pas hésité à exiger l'interdiction de la livraison de produits pharmaceutiques aux populations ivoiriennes depuis le mois de février jusqu'en avril 2011.


Il est tout aussi constant que toutes les villes, tous les villages et campements, naguère inoccupés par la rébellion de 2002, étaient pris d'assaut par les FRCI courant mars 2011, ce, à la demande de Monsieur Alassane OUATTARA. Dans ces localités, ces forces tuent, violent les femmes et mineures. Elles rançonnent les populations, les volent et les exproprient.


Le compte rendu quotidien de la presse internationale et surtout nationale l'atteste à suffisance. Plusieurs plaintes des victimes corroborent également cette triste réalité. (Voir rapports Enquêtes Commission internationale sur la guerre en C.I Amnesty International, Human Right watch, la presse nationale et internationale et  ONUCI)

LES FORCES REPUBLICAINES DE COTE D'IVOIRE


In le blog RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LA LIBYE, UN PAYS EN DECOMPOSITION AVANCEE


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Libye - Le chaos s'installe peu à peu, lentement mais sûrement!

 

Alors que les nouvelles autorités libyennes ne savent plus où donner de la tête, c'est maintenant au tour du peuple de constater qu'il s'est trompé. Les soi-disant rebelles  défilent chaque jour dans les rues. Pas seulement en Libye, mais, au Maroc, en Grèce, en Turquie, en Tunisie et en Égypte. Ils lancent des cris d'orfraie, disent qu'ils sont maltraités dans les hôpitaux, ne sont pas payés, etc. Vous pouvez remarquer que ces gens ne sont soutenus nulle part.

C'est le visage hideux de ces bandits qui s'exprime dans toute sa splendeur. Pour le peuple donc, rien ne se passe. Syrte est complètement détruit. Ce n'est une découverte pour personne. Il n'y a rien sur les marchés, dans les hôpitaux. La tuberculose s'est déclarée, la typhoïde aussi, bref, de nombreuses maladies, suite à l'insalubrité des villes. Au temps de Kadhafi, la Libye était propre, même dans les coins les plus reculés. Les pauvres libyens voient dans leurs maisons aujourd'hui, des rats affamés, de vrais rats.

Selon nos informations, de nombreux renégats volent et s'enfuient vers les pays voisins. De nombreux veulent même présenter des excuses pour le mal qu'ils ont fait. Il se peut que de nombreux djinns aient prévu le pire pour les renégats. Du coup, ils sont convaincus que leurs péchés retombent sur eux. Sur le terrain, il ne se passe pas un jour sans que les félons aient des pertes humaines. Ce n'est que justice, d'autant plus que la bestialité de ces criminels et de leurs amis impérialistes de l'OTAN ont causé du tort à la Libye. Un bilan désastreux: 100.000 morts, 240.000 blessés, 78.000 disparus, 10.300 viols et 350.000 réfugiés.

C'est ainsi que de  Tarhunah à Tripoli, en passant par Bani Walid, Zentan, Tobruk, Benghazi,  Misrata, Sabha ou Gadhames, ce n'est plus la joie pour le CNT. Demain la chute ? Nous l'espérons bien.


Source: Le blog d'Allain Jules

mercredi, 21 décembre 2011

COFINANCEMENT DE LA DEFENSE DE GBAGBO: LA LEVEE DE FONDS OFFICIELLEMENT LANCEE

 

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Après la première comparution du président Gbagbo à la Haye, devant les juges de la CPI, les Ivoiriens, les patriotes et les démocrates du monde entier ont émis le voeu de contribuer au financement de sa défense, qui nécessite de gros moyens financiers. Le porte-parole du président Gbagbo, le ministre Koné Katinan, était même monté au créneau pour faire des précisions et désigner Bernard Houdin comme personne ressources devant conduire l'opération.

Aujourd'hui tout est fin prêt. La levée de fonds est officiellement lancée. "Depuis le 29 novembre dernier, la juste lutte du Président Laurent Gbagbo pour la souveraineté et la dignité de la Côte d'Ivoire est entrée dans une nouvelle, et décisive, phase avec son transfèrement inique et illégal à la CPI. Compte tenu du fait qu'aucune procédure légale n'a été respectée dans le processus de transfert, il est vain de polémiquer sur la capacité de la Défense du Président à empêcher qu'un tel acte soit commis par les autorités installées depuis le 11 avril 2011. Puisque celles-ci nous imposent de nous battre dans le cadre de la CPI, cela va être l'occasion unique de démontrer au monde entier la justesse de la lutte du Président et, à lui-même, de faire découvrir, ou redécouvrir, qui est vraiment Laurent Gbagbo.

A cet égard, sa première apparition devant la Cour, le 5 décembre 2011, a permis de comprendre, en un instant, que le Président est debout, sûr de son Bon Droit et fermement décidé à « aller jusqu'au bout » pour faire triompher la Vérité. Dans ce combat qui peut paraitre disproportionné contre des grandes puissances financières et économiques qui, on l'a expérimenté, n'hésitent et n'hésiteront pas à utiliser tous les moyens pour nous barrer la route, nous devons nous mobiliser avec conviction et chasser toute forme de doute qui pourrait nous envahir.

Ce combat, au-delà de l'engagement personnel des uns et des autres, va nécessiter de recueillir des fonds importants pour assurer le financement de tous les besoins qu'il va faire naitre. Les conditions de collecte de ces fonds doivent être totalement claires et vérifiables. On comprend mieux aujourd'hui le choix du Président Laurent Gbagbo dans la personne du Ministre Justin Koné Katinan pour exercer le rôle de son Porte-parole, choix qui souligne une nouvelle fois le sens de l'anticipation du Président.

En effet, le Président savait que le volet financier de la lutte serait un paramètre primordial du succès et il a ainsi confié au ministre du Budget de son dernier gouvernement, qui avait brillamment répondu au défi de la fermeture des banques françaises en Côte d'Ivoire pendant la crise postélectorale, le soin de maitriser toutes les levées de fonds qui s'avéreraient nécessaires. Face à la « prolifération » des « initiatives » dans ce domaine, qui vont en s'accélérant depuis le 29 novembre dernier, le Porte-parole a rappelé, dans un communiqué officiel, les conditions dans lesquelles ces appels de fonds devaient se faire et, en particulier, dans la zone où il m'a donné la lourde tache de le représenter.

Un compte bancaire a été ouvert, sous ma responsabilité, pour répondre aux innombrables demandes venant de toute la Diaspora pour savoir comment aider au financement de notre combat commun. Il va être largement diffusé à travers tous les types de médias pour faciliter les conditions de la collecte. Les fonds recueillis seront utilisés, en tant que de besoin, sous l'autorité du Porte-parole, pour le combat du Président.

Il est clair, cependant, que chaque association ou organisation locale ou régionale, devra, dans le même temps, subvenir à ses propres besoins de fonctionnement. Il revient, dans ce cas, à chaque association ou organisation, de trouver en son sein les moyens de se financer, en toute responsabilité et sous le contrôle vigilant de ses adhérents. Le Porte-parole et moi-même, collaborateurs de longue date du président Laurent Gbagbo, savons sa philosophie par rapport à l'argent et c'est dans le respect de sa position que, les uns et les autres, nous devons nous situer en affichant un comportement exemplaire et ne pas nous laisser «distraire» par des opérations douteuses au relent affairiste.

Au nom du Président Laurent Gbagbo, le Porte-parole et moi-même vous remercions pour votre engagement dans le combat pour la vraie Côte d'Ivoire et nous saluons aussi tous les amis de cette vraie Côte d'Ivoire qui voudront bien apporter leur part, aussi modeste soit-elle".

 

Vive la Côte d'Ivoire!


Fait à Paris, le 17 décembre 2011

 

Bernard Houdin, Conseiller spécial du Président

Représentant du porte-parole Europe et Amériques

 

COMPTE BANCAIRE : Banque CIC Paris La Villette 9 Avenue de Corentin Cariou 75019 PARIS

ORDRE : ONG Effort Humanitaire

Compte n°: 3006/10751/00020110401/95

IBANK : FR 7630066/10751/00020110401/95 (pour virement depuis l'étranger)

mardi, 20 décembre 2011

L'ALIBI TRES CONVENABLE D'OCAMPO

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Maintenant que la partialité d'Ocampo a été établie et qu'il subit des pressions de toutes parts afin que soient enquêtés les crimes commis par tous les protagonistes de la crise ivoirienne, le juge de la Cour pénale internationale se trouve un alibi convenable pour se dérober à sa tâche, et annonce subitement que des difficultés budgétaires pourraient l'empêcher de conduire des enquêtes sur les crimes commis par le camp de Ouattara.

Cette déclaration arrive après la rencontre à New York entre Ocampo et Soro Guillaume, cet homme reconnu par de nombreux observateurs comme l'un des criminels de guerre les plus impitoyables, dont l'inculpation établirait un semblant d'intégrité au sein de la CPI. L'alibi méprisable d'Ocampo continue d'offrir une licence au meurtre et à l'impunité aux voyous armés de Soro Guillaume.

Ce week-end, les FRCI ont tiré sur une foule de civils à Vavoua et fait 6 morts. Ils ont dû apprendre de Soro qu'Ocampo ne les inquièterait jamais.


M. Frindéthié

 

Source: Le blog de Frindéthié

dimanche, 18 décembre 2011

CHARLES ONANA SUR 3A TELESUD POUR SON LIVRE «COTE D'IVOIRE, LE COUP D'ETAT»

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Cette vidéo a été censurée par l'Etat français. Elle n'est plus du tout disponible sur YouTube. Pour l'heure, vous ne pouvez la visionner qu'ici ou sur LE GRI-GRI INTERNATIONAL!!! Profitez-en!


CPI: LA PREUVE QUE GBAGBO PEUT ETRE LIBERE D'ICI QUELQUES MOIS



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Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) Louis Moreno Ocampo a réussi à transférer le président Gbagbo à la Haye comme l’ont demandé ses maîtres. Mais il peine à présenter ses preuves. Ce qui pourrait jouer lors de la prochaine audience et favoriser la libération de Gbagbo.

C’est une sorte de message d’encouragement et surtout d’appel à ne pas baisser les bras et à travailler inlassablement aux points de vue juridique et politique que le destin semble lancer aux avocats du président Laurent Gbagbo et à ses soutiens politiques. Alors que l’on considère généralement que la Cour pénale internationale est une sorte de mouroir pour vaincus de l’Histoire, et que l’on ne peut avoir qu’un aller simple vers son centre de détention, une information vient démontrer qu’on peut en sortir libre – et assez rapidement.

Calixte Mbarushimana, rebelle hutu soupçonné de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre dans le Kivu, en République démocratique du Congo en 2009, et arrêté le 11 octobre 2010 à Paris et transféré à La Haye le 25 janvier 2011, vient de bénéficier d’une ordonnance de remise en liberté signée des juges de la CPI. «La majorité de la Chambre a conclu qu’il n’y avait pas suffisamment d’éléments de preuve donnant des motifs substantiels de croire que Calixte Mbarushimana pouvait être tenu pénalement pour responsable de huit chefs de crimes de guerre et de cinq chefs de crimes contre l’humanité portés contre lui par le Procureur», indique la décision publiée par la Cour.

C’est à l’occasion de l’audience de confirmation des charges, qui s’est déroulée du 16 au 21 septembre, que les avocats de Mbarushimana ont détruit, une à une, les prétendues preuves présentées par Louis Moreno-Ocampo. L’audience de confirmation de charges dans l’affaire le Procureur c. Laurent Gbagbo aura lieu le 18 juin 2012. Elle peut, comme l’on s’en rend compte, ouvrir la voie à une relaxe pure et simple du premier président de la Deuxième République. Et l’on comprend aisément l’absence de fair-play du bureau d’Ocampo, qui tente d’handicaper la défense de son «adversaire» en refusant de transmettre à temps ses «preuves» et la requête aux fins de transfèrement qu’il a faite devant les juges de la Cour.

Pendant que le greffe tarde à accorder à la défense du plus célèbre prisonnier de La Haye les commodités logistiques nécessaires à un travail efficace. Le désaveu que les juges de la CPI ont opposé à Ocampo sur le dossier de Mbarushimana en rajoute au discrédit de ce procureur sous influence d’un certain nombre de lobbies, qui n’est arrivé, en huit ans, à boucler aucune des procédures qu’il a lancées, visant uniquement des Africains. La parole du magistrat argentin, présentée complaisamment comme vérité d’Evangile par les médias occidentaux, est ébranlée. C’est de bon augure pour le président Gbagbo. Mais il faudrait être naïf pour penser que les choses seront aussi aisées dans son cas.

Poursuivi par la vindicte de la France officielle et accessoirement de l’administration Obama, Gbagbo doit mettre l’édifice de la CPI en crise de manière profonde. En présentant des éléments juridiques en béton armé, ce qui est possible si ses avocats, munis de moyens conséquents et véritablement soudés autour de lui, se concentrent comme jamais sur son dossier, en ne méprisant aucun détail. Mais également si ses soutiens politiques, en Afrique et dans la diaspora, continuent de se mobiliser de jour comme de nuit pour tailler en pièces l’édifice mensonger qui l’a conduit à La Haye. Les défis sont grands, et le temps est compté.

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 394 du samedi 17 décembre 2011.

 

Source: INFO D'ABIDJAN.NET

CALIXTHE BEYALA: QUAND LES PRO-OUATTARA MENACENT DE MORT


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"De quoi comprendre pourquoi l'ensemble des africains et de sa diaspora les rejettent !!!"

 

Oui, ils sont venus sur mes pages, avec des surnoms d'oiseaux ridicules, de quoi faire trembler une grand-mère ? Même pas ! Un enfant de six ans penserait qu'il s'agit d'un nom emprunté par un débile mental pour Halloween ! On va exécuter tous les pro-Gbagbo, les gens du FPI ainsi que Calixthe Beyala.

Voyons donc ! En quoi les empêcherai-je de gouverner la Côte d'Ivoire ? Je n'ai pas une armée à ma connaissance ; je n'intrigue contre personne, à ma connaissance ; je ne suis pas dans des réseaux mafieux pouvant les atteindre, à ma connaissance... Serait-ce la faute à mon écriture ? La plume, diantre fait-elle si ma!, plus mal que la guerre ? Tout donne à le penser.

Ils disent qu'ils me recherchent... Je ne me suis jamais cachée et si tous ceux à qui j'ai envoyé mes mots moqueurs, ironiques, parce que c'est cela un de mes traits d'écriture, devaient tous me rechercher pour me tuer, je serais morte depuis des lustres, pas une fois, mais des millions de fois.

J'en pleure de rire en écrivant ces mots. Même leur mentor Sarkozy me connaît, et connaît l'acidulé de mes écrits... Car combien de fois ne l'ai-je pas expédié cueillir des mangues pourries, me moquant de ses talonnettes, disant qu'il est le moins intégré de tous les Français ?

Parce que si mon petit Président Nicolas, Premier Empereur de l'Afrique, fout le bordel à travers son empire colonial de l'Afrique, il respecte sur notre territoire, la liberté d'expression... Et la démocratie.

Je l'ai insulté maintes et maintes fois. Ce qui ne l'a pas empêché, de me décorer de la Légion d'honneur et reconnaît non seulement mon talent littéraire mais mon apport intellectuel en France...

Ce qui ne l'empêche nullement de m'inviter lors des grandes festivités de la France...

Parce qu'on a beau dire, beau faire, les Ivoiriens Ouattaristes ne comprennent pas une seule chose : ils ne sont pas les compatriotes de Sarkozy, que malgré l'opposition de nombre de français à sa politique, il ne fera jamais passer un étranger avant un Français, ne bradera pas la France pour un Ivoirien, ne sacrifiera pas la vie d'un français, qu'il soit noir ou blanc, pour les beaux yeux de Ouattara.

Parce que, que les Ouattara le veuillent ou pas, il en a toujours été ainsi en France. La France est un pays bâti par les Africains.

Nous sommes des contestataires, mais la France nous aime !!!!


Calixthe Beyala, Ecrivaine franco-camerounaise.

samedi, 17 décembre 2011

TAUX DE PARTICIPATION DE 36,56% AUX LEGISLATIVES: LA GROSSE ARNAQUE DE LA CEI


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Le taux de participation aux législatives livré officiellement par la Cei reflète-t-il la réalité du scrutin ? 36,56% des 5,7 millions d’électeurs ivoiriens inscrits sur les listes électorales se sont-ils effectivement déplacés dans les urnes, dimanche dernier? Les réponses à ces questions à l’aune d’éléments liés au déroulement du scrutin et aux témoignages recueillis sur le terrain inclinent à croire, à l’analyse, que le taux donné par la Cei est loin d’être celui des législatives du 11 décembre dernier largement boycotté par les Ivoiriens.

Le président de la Commission électorale indépendante (?), Youssouf Bakayoko, a annoncé officiellement, jeudi nuit, les résultats provisoires des législatives du 11 décembre dernier et le taux de participation du scrutin. Le Rdr d’Alassane Dramane Ouattara, comme il fallait s’y attendre, grâce au découpage électoral biaisé par le pouvoir, s’est taillé la part du lion avec 127 sièges. Devançant largement son «allié», le Pdci-Rda de Bédié, qui totalise 77 sièges. De nombreux candidats du Pdci dont Konan Konan Denis à Bouaké crient à la fraude orchestrée par le Rdr. Quant au taux de participation, Youssouf Bakayoko le situe à 36,56%. Au grand dam des millions d’électeurs ivoiriens qui ont boycotté le vote législatif et des observateurs électoraux qui ont tous reconnu, dans leurs différents rapports, que le taux de participation était très faible. Certains observateurs qu’une équipe de Notre Voie a surpris à l’hôtel Novotel-Plateau faisant le point du vote, lundi 12 décembre dernier, ont même situé ce taux entre 20 et 25%. A la surprise générale, la Cei brandit un taux de 36,56%.

Les bureaux de vote étaient déserts

Tout le monde est unanime sur cette question y compris les observateurs électoraux et même le chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara. Les Ivoiriens ne se sont pas bousculés dans les bureaux de vote, dimanche dernier. Les élections législatives ont donc pâti par leur manque criant d’affluence. Après avoir accompli son devoir civique, dimanche dernier, à 12h, au lycée Sainte-Marie d’Abidjan-Cocody, M. Ouattara a reconnu qu’il n’y avait pas d’affluence. Il s’est alors senti obligé de lancer un appel aux Ivoiriens pour qu’ils aillent voter. Cet appel a-t-il été entendu ? Visiblement, non. Puisqu’à moins de 2h de la fermeture des bureaux de vote fixée à 17h, ce 11 décembre 2011, les électeurs se faisaient toujours rares dans les dix communes d’Abidjan. A l’EPP Sicogi-Est de Koumassi, sur les 13 bureaux de vote, moins de cent électeurs avaient accompli leur devoir. Adjamé, Cocody, Abobo, Treichville, Marcory etc., c’était l’indifférence totale des Ivoiriens. «Les gens ne sont pas chauds pour voter. Je suis venu et je n’ai trouvé personne. J’ai voté et je m’en vais sans laisser personne», a confié un électeur que l’équipe de Notre Voie a rencontré dans un centre de vote à Yopougon Niangon-nord. Zié Daouda, un des candidats qui représentent le PDCI à Yopougon, et qui contestent les résultats donnés par la CEI Yopougon, parle d’un taux officiel d’un peu plus de 19%. Au groupe scolaire d’Anono de l’inspection de l’enseignement primaire de Cocody, tous les responsables rencontrés ont déploré le manque d’engouement des électeurs pour le scrutin. Quand on sait qu’Abidjan, la capitale économique, totalise la plus forte concentration d’électeurs au plan national au niveau des villes avec 30,11 % des électeurs soit 1.944.482 personnes inscrites, on comprend aisément que «le désert électoral» (l’expression est de la télévision France 24) constaté, dimanche dernier, dans la mégalopole, a eu indubitablement des conséquences dramatiques sur le taux de participation national. En tournée sur le terrain à Aboisso dans le Sud-Comoé, région qui a un très faible taux de concentration d’électeurs, le président de la Cei, Youssouf Bakayoko, a souligné, la mort dans l’âme, que «les chiffres que nous avons sont en baisse par rapport aux chiffres que nous avions à la même période (la mi-journée du dimanche 11 décembre dernier, ndlr) pour l’élection présidentielle».

Les observateurs indexent le manque d’engouement

Dans le nord du pays, favorable à Ouattara et à son parti politique, le Rdr, le vote a été globalement mitigé, a-t-on appris. Il était timide dans certaines localités et intensif dans d’autres. Cependant, au plan des statistiques valables depuis les présidentielles 2010 et validées par la Cei, les régions du nord figurent parmi les régions disposant d’un faible taux de concentration d’électeurs. A titre d’exemples : le Denguélé totalise 1,36% du corps électoral national ; le Bafing = 0,68% ; le Worodougou = 1,99% etc. Si le vote dans le nord du pays a mobilisé largement plus de 50% des électeurs inscrits dans la zone, il ne saurait influer sur le taux de participation national étant donné que la zone nord totalise à peine 13% de l’électorat. Il faut préciser que la région des savanes qui totalise 6,55% de l’électorat a un pied dans le nord et un autre dans le sud. Les cinq régions ayant une forte concentration d’électeurs sont toutes dans la zone sud du pays. Ce sont la région des lagunes (33,96%), le Haut-Sassandra (5,1%), les Montagnes (5,39%), la vallée du Bandama (6,48%) et la région des savanes (6,55%). Or, les populations ont boudé à plus de 80% les législatives dans la zone sud du pays. C’est au su de tout cela que le Fpi, ex-parti au pouvoir, dont l’appel au boycott des législatives a été largement suivi par les Ivoiriens, suivant le rapport de ses structures internes, a officiellement parlé d’un taux de participation qui tourne autour de 14,33%. Une évaluation qui n’est fondamentalement pas loin du constat fait par des observateurs électoraux nationaux et internationaux. Le mardi 13 décembre dernier, face à la presse à l’hôtel Pullman-Plateau, les observateurs de l’Union africaine (Ua) conduits par l’ex-Premier ministre nigérien, Seini Ouamarou, ont indexé le manque d’affluence aux législatives et souligné que «l’appel au boycott par l’ancien parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien, a certainement eu des répercussions sur les élections législatives du 11 décembre dernier». Même son de cloche pour les observateurs du Cpi-Uemoa dont le porte-parole, Abdouramane Sow, a souligné «la participation plutôt faible des citoyens électeurs aux législatives».

Comme pour la présidentielle 2010…

Comment expliquez que la Cei affecte un taux de participation confortable de 36,56% à un scrutin législatif pour lequel tout le monde est unanime à reconnaître qu’il a été un flop ? En 2001, le taux de participation était de 33,1%, donc faible, alors que la fracture socio-politique était aussi profonde qu’elle l’est aujourd’hui. Aujourd’hui où des millions d’Ivoiriens sont réfugiés internes et externes, des Ivoiriens sont contraints à l’exil, l’insécurité orchestrée par les forces pro-Ouattara est inquiétante et frappe toutes les couches sociales, Laurent Gbagbo et certains de ses partisans sont détenus illégalement, le processus de réconciliation nationale est plombé, la colère et la rancœur sont dans tous les cœurs, les Ivoiriens en veulent à leurs leaders politiques… c’est curieusement à ce moment-là que la Cei voit un taux de participation de 36,56% à une élection. Peut-on être surpris de ce «miracle» de la Cei version Youssouf Bakayoko ? Assurément, non. Puisqu’en novembre 2010, cette Commission avait fait passer curieusement le taux de participation au second tour de la présidentielle de 70 à 81%. M. Gérard Latortue, le chef de la délégation des observateurs de la Francophonie, affirmait le 29 novembre 2010, selon le site www.africa-times-news.com, que «même si le taux de participation au second tour était inférieur à celui du premier, il pourrait avoisiner les 70%». Cette information est confirmée, le même jour, par France 24 sur son site. Deux jours plus tard, Youssouf Bakayoko s’est rendu au QG de campagne de Ouattara au Golf hôtel pour y annoncer un taux de participation de 81%. Ces chiffres contradictoires ont jeté le discrédit sur la Cei et les résultats provisoires de la présidentielle donnés par Bakayoko. La suite, on la connait. Le schéma actuel des législatives est quasiment calqué sur celui des présidentielles. Et Youssouf Bakayoko est toujours à la manette.


Didier Depry didierdepri@yahoo.fr

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" N° 4011 du samedi 17 décembre 2011.


Source: IVORIAN.NET

CPI: LES MANOEUVRES CONTRE LA DEFENSE DE GBAGBO ONT COMMENCE


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Ocampo, très en verve tant qu'il s'agissait de déverser des généralités accusatrices sur le président Gbagbo, traîne des pieds pour transmettre les prétendues preuves dont il dispose à ses avocats, qui ne disposent pour l'instant pas des moyens généralement donnés par la CPI pour permettre aux accusés d'organiser leur défense.

La prévisible danse de sorciers autour de la procédure opposant, devant la Cour pénale internationale (CPI), le président Laurent Gbagbo à l'accusation représentée par Louis Moreno-Ocampo, a déjà commencé. L'avocat du plus célèbre prisonnier de La Haye a levé, hier, un coin du voile sur ces manoeuvres, lors d'une audience de «mise en état». En filigrane, l'on comprend que des obstacles logistiques mais surtout juridiques et judiciaires sont posés sur le chemin de la défense du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI). «Nous n'avons pas encore pu commencer nos enquêtes en raison de l'absence d'aide judiciaire», a expliqué Maître Altit. «En ce moment, nous n'avons pas de bureau, pas d'ordinateur, pas accès au système informatique de la Cour, pas de moyens», a-t-il précisé.

Le porte-parole de la CPI, Fadi el-Abdallah, questionné par l'AFP, a affirmé que le greffe n'avait pas encore rendu de décision «quant à l'éventuelle indigence de M. Gbagbo». Très clairement, le greffe de la CPI se demande encore si un homme dont les biens, réels et supposés, ont été officiellement gelés en Côte d'Ivoire et à l'étranger, et dont les soutiens ont été persécutés et pourchassés à la fois par le régime Ouattara et par l'Union européenne, a les moyens financiers de se battre contre une machine politico- judiciaire constituée par la CPI ellemême, le régime Ouattara, et des grandes puissances comme la France et les Etats-Unis.

Au-delà de la question financière, qui peut être réglée par la mobilisation des patriotes ivoiriens et africains, qui attendent le top départ officiel pour mettre la main à la poche, ces lenteurs orchestrées et ces tracasseries administratives - il est en effet élémentaire que les avocats de Gbagbo aient accès au système informatique de la CPI, par exemple - témoignent une fois de plus d'une volonté de prendre de court l'adversaire, de l'empêcher de s'organiser à temps.

Les prétendues preuves d'Ocampo invisibles

Plus fondamentalement, Louis Moreno Ocampo traîne les pieds pour remettre à la défense du président Gbagbo des pièces clés, qui devraient notamment édifier tout le monde sur la solidité du dossier qu'il a ficelé pour obtenir le transfèrement du «prisonnier de la communauté internationale» à La Haye. «Nous n'avons pas reçu la requête du procureur aux fins de la délivrance de mandat d'arrêt. Nous n'avons pas reçu non plus les éléments de preuve qui appuient cette demande», explique Maître Altit. Qui ajoute quelque chose de fondamental : «ces éléments nous permettront de contester la légalité de la détention du président Gbagbo». Et appelle l'accusation à communiquer «au plus vite» à la défense les éléments de preuve dont elle dispose.

Dans une interview exclusive publiée par Le Nouveau Courrier du 6 décembre dernier, Maître Altit annonçait les couleurs. «Le procureur a obligation légale de nous transmettre tous les éléments en sa possession le plus vite possible». Le bureau d'Ocampo, pour faire diversion, affirme avoir déjà communiqué 36 documents au président Gbagbo. Des documents de toute évidence secondaires, et qui excluent la fameuse requête aux fins de la délivrance de mandat d'arrêt, visiblement goupillée à la hâte. Cette bataille judiciaire est d'une importance capitale. En effet, il est plus que vraisemblable qu'Ocampo et ses alliés français et américains, pour satisfaire à l'agenda de Ouattara, ont goupillé à la hâte un dossier quasiment vide contre le président Gbagbo.

Un dossier qu'ils comptent «remplir» au fur et à mesure d'ici le 18 juin prochain. Il faut donc perdre du temps pour empêcher la défense de tailler en pièces les éléments fragiles - voire fabriqués - présentés à la juge Silvia Fernandez de Gurmendi. Cette méthode de la prise par surprise a été, rappelons-le, utilisée pour empêcher les avocats de Gbagbo de contester, alors qu'il se trouvait encore à Korhogo, son transfèrement express maquillé sous de fausses procédures ivoiriennes.

Aujourd'hui, une audience à huis clos, durant laquelle la défense et le greffe discuteront des modalités de l'organisation de la défense du président Gbagbo, aura lieu. A la suite d'un ordre de la juge Fernandez de Gurmendi. Plus que jamais, la vigilance est de mise.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 392 du jeudi 15 décembre 2011.

vendredi, 16 décembre 2011

MAGIE A LA CEI: LE DESERT ELECTORAL SE TRANSFORME EN FORET ELECTORALE!


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Hallucinant, ce que nous avons pu entendre de la CEI de Youssouf Bakayoko, hier, et lire de la presse, ce matin: le désert électoral certifié par France 24, RFI, Euronews et TV5 Monde à la clôture des bureaux de vote, le dimanche 11 décembre dernier, a subitement mué en savane arborée, si ce n'est en forêt! 36,56% de taux de participation à un scrutin où l'électeur était aussi rare que l'or fin! Mieux qu'en 2000 où on avait au moins une savane!

Franchement, Poutine même (en Russie) n'aurait pas réussi pareil exploit. Des indiscrétions à l'ONUCI attestent que le véritable taux de participation à cette élection législative est de 8%!!! Où le régime Ouattara a-t-il trouvé les 28 autres pour cent de voix pour atteindre un tel score?

Et puis, comment se fait-il que le RDR a EXACTEMENT, comme par enchantement,  la moitié des sièges du parlement, lui assurant ainsi une majorité stricte lui permettant de faire passer toutes les lois les plus impopulaires, sans l'aval du PDCI-RDA, son allié et dauphin électoral? Hautement suspect que tout ceci.

Le monde entier comprendra, enfin, par quelle technologie ouattarandienne le Président Laurent Gbagbo aura été floué de sa victoire éclatante à la Présidentielle de 2010. Le chien n'a jamais changé sa manière de s'asseoir, comme aiment à le dire les Ivoiriens. Ouattara vient de remettre ça!

Ci-gît, la démocratie! Vivent la fraude et la dictature!


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

DE LA LEGITIMITE EN QUESTION

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Les législatives ivoiriennes viennent de s'achever avec une abstention record qui ne devrait pas se situer en dessous des 80% (à moins de falsification de chiffres), aux dires de biens des observateurs du scrutin électoral, en mission dans diverses zones de la Côte d'Ivoire, sous le regard médusé de tous les soutiens d'Alassane Ouattara qui pariaient sur la popularité du chef de l'Etat ivoirien. Ce qui avait, un moment, justifié la guerre faite à Laurent Gbagbo, accusé de s'accrocher au pouvoir et de ne pas reconnaître sa défaite électorale. Aujourd'hui prisonnier international élevé au rang d'icône africaine et même plus, Laurent Gbagbo, le grand absent se trouve être, malgré lui, l'indiscutable vainqueur de l'élection législative du 11 décembre 2011.

D'autres ont parlé, à juste titre, de « désert électoral », y compris France 24, qui ne peut être précisément soupçonnée de soutenir l'ex-président ivoirien, tant les bureaux de vote ont été évités et les urnes, éludées. Le mot d'ordre du FPI-CNRD est passé par là. Et les Ivoiriens qui se reconnaissent dans le combat du Président Laurent Gbagbo pour la démocratie, la souveraineté et l'indépendance véritable de la Côte d'Ivoire, ont massivement répondu à l'appel. Y a-t-il démonstration de force plus éclatante ?

Comment pouvait-il d'ailleurs en être autrement ? Avec le Président Laurent Gbagbo bombardé, renversé par la France et déporté en prison loin de son pays, des milliers de nos compatriotes en exil, des autorités, cadres et militaires ivoiriens injustement détenus dans les goulags du Nord par Alassane Ouattara, une CEI entièrement de coloration RHDP, un découpage électoral proprement scandaleux (un exemple hautement révélateur : seulement 5 sièges de députés pour Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, la deuxième circonscription la plus peuplée du pays après Abobo, et 10 sièges injustifiables pour Korhogo qui vaut à peine la moitié du poids électoral de Yopougon), une insécurité consternante, avec des FRCI - régulièrement coupables d'exactions et de crimes - dans tous nos villages et villes, et une tolérance zéro du point de vue politique à l'égard des partis issus de La Majorité Présidentielle et particulièrement du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, dont les meetings sont persécutés et dispersés par les FRCI et les militants du RDR, avec à la solde des blessés par balles et par armes blanches.

Quand donc la presse RHDP titre : « Le FPI absent, la violence aussi », à la fin des législatives, elle se trouve être très mal inspirée et peu objective. Elle oublie, par mauvaise foi, de relever que la campagne électorale de ces législatives a enregistré 5 morts et des blessés graves, ainsi que des scènes ubuesques de bastonnades entre alliés. Nous en aurions ri, s'il ne s'agissait pas de frères Ivoiriens dont la vie a été ainsi mise en danger.

Ainsi, à Grand-Lahou, une grenade offensive lancée par des hommes armés dans une réunion de campagne du PDCI, au domicile d'un militant, a fait plusieurs morts. Le domicile du colistier du candidat Mabri Touakeusse, à Man, à été mis à sac par des militants du RDR. Sans oublier, dans la même ville, les propos d'un tribalisme primaire d'un certain ministre de Ouattara. A Koumassi, la presse nous a rapporté que le ministre candidat du RDR, Cissé Bacongo, a pointé, menaçant, un pistolet contre un élément du cortège de son adversaire du PDCI-RDA, N'dohi Raymond, si ce n'est contre l'adversaire lui-même, selon certaines versions. On a frôlé le pire entre les deux camps. Tant l'animosité la plus basse a été de rigueur entre les deux « alliés » jusqu'à la dernière minute de la campagne. Des menaces et intimidations graves ont été dénoncées à Bouna par le MFA d'Anaky Kobena contre le Commandant Wattao. Le MFA, le RDR et les FN y étaient à couteaux tirés. A Yamoussoukro, des militants PDCI battant campagne se sont faits copieusement rosser par leurs alliés du RDR, avec de nombreux blessés. Le PDCI avait même promis porter plainte. Des dissensions de toutes sortes, des tensions et des attaques rangées ont été ainsi relevées, un peu partout dans le pays.

Le Premier ministre Soro Guillaume avait, à ce propos, tapé sur la table en exigeant que les violences de la campagne cessent. Les violences de qui ? Les rédactions arrimées au RHDP l'ont même rapporté dans leurs différents organes. Y compris la promesse du ministre délégué à la défense, Paul Koffi Koffi, de faire mettre aux arrêts les FRCI coupables de violences électorales, et rappelant à l'ordre tous ses soldats. Alors, objectivement, de quelle violence du FPI parle-t-on ? A qui la violence colle-t-elle indécrottablement à la peau ? La réponse ne souffre d'aucune espèce d'ambiguïté : le RHDP, et particulièrement, le RDR.

En revanche, nous pouvons avancer sans risque de nous tromper, que c'est même l'absence du FPI-CNRD qui a sauvé les statistiques sanitaires et hospitalières de ce scrutin. Car c'est sur cette famille politique que se sont toujours exercées les violences du RDR, de la rébellion ivoirienne et des FRCI, depuis le 19 septembre 2002. Son poids politique impressionnant (dont il vient encore de donner la preuve et de faire usage) leur fait justement perdre toute sérénité, justifiant les dérives inacceptables commises contre ses membres et ses leaders. Sur la question, on ne peut tromper les Ivoiriens et faire du révisionnisme.

La participation à ce scrutin - le monde entier a pu le constater - est un flop retentissant. Et ceux qui clament leur majorité à tout bout de champ n'ont pas même réussi à faire sortir leurs propres militants - si propres militants il y a vraiment, dans les proportions dont ils se targuent depuis au moins une dizaine d'années ! Etayons notre pensée. Le collège électoral ivoirien compte 5,7 millions d'inscrits, avec 4,7 millions de votants à la présidentielle. Selon le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Youssouf Bakayoko, Alassane Ouattara, candidat du RHDP, a été élu avec 54,10% des voix, en tenant compte des abstentions et des bulletins nuls. Ce qui lui donne un bénéfice d'environ 2,5 millions de voix sur 4,6 millions de votants ayant effectivement exprimé leurs suffrages. Comment comprendre que malgré l'appel pressant lancé par lui sur les antennes de la RTI, depuis son lieu de vote de Cocody Lycée Sainte-Marie, « personne » ne soit sorti et qu'on ait enregistré la participation de moins de la moitié de ses propres électeurs - tous les partis du RHDP compris - à ce scrutin ?

Au moins, ses 54,10% d'électeurs effectifs devaient avoir voté pour son groupement politique le 11 décembre, si on considère que l'abstention de la présidentielle est partagée entre tous les partis politiques alors engagés dans la course au fauteuil présidentiel, chacun ayant ses abstenus, et que, ce faisant, celle des législatives ne peut pas en être si radicalement différente. Un écart même de 10 points du score du RHDP aux présidentielles, soit 44,10% de taux de participation, aurait pu être encore compréhensible même s'il est déjà énorme. Mais moins de 20% ? C'est une énigme, une curiosité à étudier. Relativement aux inscrits, notamment. Le message est, en réalité, très simple et on ne peut plus clair : c'est un désaveu cinglant des Ivoiriens. Qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir en place et ne cautionnent pas ses actions contre la réconciliation nationale à travers le transfèrement du président Gbagbo à La Haye.

Pour en venir à la légitimité, le ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko en a une définition bien singulière, lui qui a déclaré sur les antennes de France 24 : « Il n'y avait aucune agressivité, les gens ont voté librement, sans violence, c'est ça la légitimité ! ». Sacrément bien curieuse sémantique donnée à ce mot, Monsieur le Ministre ! En démocratie, la légitimité s'acquiert par l'aval du peuple et cette caution se traduit par le vote. Quel aval le peuple vous a-t-il donné dans cette élection, Monsieur le Ministre ? Aucun ! Plus de 80% d'Ivoiriens vous l'ont refusé. Cela s'appelle de l'illégitimité. Ces élections doivent donc être reprises. Le parlement à venir n'est pas représentatif des Ivoiriens et est donc dépouillé de toute légitimité. Mieux, avec ce score, le RHDP peut-il objectivement et mathématiquement avoir remporté les présidentielles de 2010 ? Nous laissons le soin à la sagacité de chacun d'y répondre.

Nous comprenons mieux pourquoi les ambassadeurs des Etats-Unis, Philip Carter 3, et de la France, Jean-Marc Simon, ont tant tenu à la participation de l'alliance FPI-CNRD ou de La Majorité Présidentielle (LMP). S'agissait-il pour eux de donner à la famille politique de Laurent Gbagbo un rôle d'accompagnateur pour parachever leurs cabales contre notre pays, depuis 2010 ? Le FPI-CNRD a eu la lucidité de ne pas mordre à l'appât. L'actualité brûlante lui donne raison. Il reste, indiscutablement, la première force politique de notre pays.

En outre, mon Dieu !, que de contorsions et de circonlocutions pour justifier la débâcle ! On aura tout entendu : « Il n'y avait plus d'enjeu », « les électeurs ne connaissaient pas le rôle d'un député », « les Ivoiriens ont été traumatisés par la crise postélectorale », « le vote leur a fait peur à cause de la présidentielle » et tutti quanti. Ce qui est vrai, c'est que ce score représente le véritable poids électoral de l'alliance Bédié-Ouattara. L'enjeu, il existait bel et bien : celui, pour Ouattara, de prouver qu'il a été porté à la présidence par la majorité des Ivoiriens et de se constituer une assemblée nationale représentative du peuple de Côte d'Ivoire. Il l'a lui-même dit : « Cette élection est essentielle » pour notre pays. Y a-t-il enjeu plus grand ?

Quant à l'argument de la connaissance du rôle des députés, c'est de la diversion. On vote les députés en Côte d'Ivoire depuis 1960. Les Ivoiriens savent bien de quoi il s'agit. A défaut, ils votent leur parti politique ou leur mentor, plus du tout le candidat. Et puis, tout compte fait, à quoi ont servi les pré-campagnes et la campagne électorale. Qu'ont-ils raconté aux populations pendant une semaine, ces candidats ? Au reste, à quoi sert l'éducation citoyenne financée par la CEI et les organisations internationales ? Les deux derniers arguments sont tout aussi fallacieux que les deux premiers. Le régime Ouattara ne clame-t-il pas à l'envi que la Côte d'Ivoire est « rassemblée » et que la réconciliation est « en marche » ? Qu'est-ce qui traumatise encore à ce point les électeurs du RHDP - abstraction naturellement faite de ceux de La Majorité Présidentielle ayant volontairement opté pour le boycott pur et simple d'un scrutin dans lequel ils ne se reconnaissent pas ?

On peut ainsi voir la vacuité de l'argumentaire brandi par le régime Ouattara pour justifier sa banqueroute électorale. L'Histoire le retiendra : les Ivoiriens ne se reconnaissent pas dans les actions du nouveau pouvoir ivoirien et ont refusé de lui donner un blanc-seing lui permettant de continuer à s'enorgueillir, les brimer - avec en prime l'arrogance - et prospérer dans la justice des « vainqueurs ». Tous les acteurs politiques ivoiriens devraient en tirer toutes les conséquences.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 392 du jeudi 15 décembre 2011.

UN ANCIEN PASTEUR DE L'EGLISE REFORMEE DE FRANCE ECRIT A NICOLAS SARKOZY


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Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Président de la République Française

(1er avril 2011)

 

Cette lettre est absolument à lire, malgré son actualité décalée!

 

« Aux cadavres jetés, ce manteau de paroles... » (Louis Aragon)

Monsieur,

Entendez-vous, Monsieur Sarkozy - je devrais dire Monsieur le Président, mais vous n'êtes plus à mes yeux digne de ce titre, encore que, aveuglé par la bêtise et l'ignorance, j'aie pu une fois, une fois de trop, et puisse Dieu me le pardonner, voter pour vous -; entendez-vous, Monsieur Sarkozy, le gargouillis du sang dans la bouche de ceux qui aujourd'hui, par centaines, par milliers, sont égorgés sur vos ordres, aux quatre coins de ce qui fut le "paradis" de l'Afrique de l'Ouest, par une armée de bandits - grossie aujourd'hui du flot de tous les droits communs hâtivement libérés par vos "rebelles", au fur et à mesure de leur progression dans les localités placées sous le signe de leur - votre ! - criminel arbitraire; droits communs également sortis des prisons de Ouagadougou par la volonté de votre "créature" au Burkina voisin, Blaise Compaoré; tout ce beau monde puissamment armé par vos soins, avec la complicité active d'une Onuci par vous corrompue et dévoyée, au mépris de toutes les règles du droit international et ivoirien ?

Jusques à quand croyez-vous pouvoir aveugler le peuple de France sur les dessous inavouables de vos sales menées africaines, sur les dessous de ces sales menées africaines qui ont, je vous le concède, commencé bien avant que vous occupiez ce fauteuil maculé du sang de la France coloniale et postcoloniale, et cela sans interruption depuis la guerre, quel qu'en ait été l'occupant, droite et gauche confondues dans la même abjection ? Jusques à quand pensez-vous pouvoir cacher à tous la gravité de ce cancer du mensonge et de l'injustice dont les métastases rongent et gangrènent la vie et l'âme de notre nation ?

Priez, priez vous-même pour que cet aveuglement se dissipe au plus vite, avant que le pays tout entier doive payer d'un prix trop élevé pour s'en remettre les conséquences de votre méchanceté, et de celle de vos sbires d'ici ou d'ailleurs, le prix du sang de toutes les victimes innocentes sacrifiées sur l'autel des intérêts vampiriques d'une France moribonde en mal d'argent frais. La France, je le crois, guérira, mais à la condition d'être d'abord guérie de vous comme de l'emprise de cette pieuvre étatique aux ramifications trivialement mercantiles, dont vous êtes aujourd'hui, à votre tour, à la fois le jouet et l'animateur : animateur sans âme - à propos, vous attendra-elle encore longtemps au vestiaire ? -, et donc nécessairement habité, manipulé par ce qui n'est pas lui.

Quoi qu'il en soit, vous êtes aujourd'hui, avec vos confères d'une scène internationale sur laquelle on ne sait plus qui manipule qui; vous êtes aujourd'hui mon ennemi, comme vous l'êtes de Mouammar Kadhafi ou de Laurent Gbagbo, deux dirigeants inspirés qui n'ont jamais cherché à paraître ce qu'ils n'étaient pas, en se drapant comme vous dans le manteau d'une dignité morale parfaitement hypocrite. Leur seul crime, à tous deux, est d'avoir osé vous tenir tête, à vous, à votre arrogance de caporal au service d'un Occident plus que jamais déterminé à asservir les peuples relevant de sa dernière chasse gardée, l'Afrique, et ce par le truchement de marchés honteux. L'attentat de Lockerbie ? Même les preuves de l'implication de la Libye dans ce crime ne sont toujours pas établies, quoi qu'on en dise. Et je ne vois pas en quoi les dirigeants du Bahreïn, du Yémen ou de Syrie menacent moins leurs populations que le régime libyen, qui, loin de tirer comme eux sur des foules désarmées, a du faire face à une insurrection armée fomentée et armée par vos soins!

Oui, vous êtes mon ennemi, l'Ennemi de tous ceux qui consentent à ouvrir les yeux sur l'atroce réalité des complots ourdis et des crimes perpétrés à leur insu et en leur nom, au nom d'une République dont vous contribuez à souiller à tout jamais la mémoire et l'honneur. Avec vous, la France, après s'être couverte d'une gloire de pacotille avec ses "rafales" - qui les veut, mes avions, qui les veut ? - et son savoir-faire guerrier, se retrouvera à court terme, et comme toujours, couverte de ridicule, puis de honte. Il est vrai que relayés à plaisir par vos services - secrets ou non -, et par la cohorte de vos valets du gouvernement, de l'Assemblée, du Sénat, de l'opposition, de l'intelligentsia parisienne, ainsi que de la presse française toutes tendances confondues, vos innombrables mensonges, en dépit de leur caractère ignoble et monstrueux, semblent tellement bien digérés par l'opinion que l'on peut à bon droit se demander si la démocratie française est en meilleure santé que celle de Kim Jong Il !

Lorsque vous vous regardez dans la glace, je vous souhaite, comme dans les films d'épouvante, dont l'horreur n'a rien à envier à celle du chaos dont vous êtes aujourd'hui le principal artisan, en Libye et en Côte d'Ivoire, de vous voir soudain environné par le reflet glacé de ces milliers de visages dont les regards se sont éteints, s'éteignent et vont s'éteindre par votre faute : pour chacun d'eux, compte vous sera demandé, comme à un petit Hitler en col blanc et aux velléités humanitaires. Pour chaque forfaiture maquillée en vertu, compte vous sera demandé, et compte triple: pour la perpétration du crime, pour sa dissimulation - en l'imputant lâchement à d'autres -, et pour sa négation assumée et réitérée jusqu'à la nausée.

Je vous ferai grâce du procès que l'on pourrait vous intenter pour tous les cas avérés de conflits d'intérêts dans lesquels vous et les vôtres vous êtes trouvés impliqués : ces délits sont mineurs, au regard des meurtres de masse qui vous rendent justiciable, plus que tout autre, de cette "Cour pénale internationale" par vous promise à Kadhafi et à Gbagbo, compétente pour qualifier et juger les crimes contre l'humanité. A moins que cette cour, elle aussi, fasse partie de la vôtre ? Certes, vous pouvez encore - mais c'est un mot dont vous avez affirmé avoir horreur, je le comprends mieux aujourd'hui, vous pouvez encore vous repentir. Mais en tout état de cause, la réparation des torts et des dommages irréversibles par vous causés à la France et au monde nécessiteront un temps de purgatoire beaucoup plus long que la permanence de votre trace dans l'histoire.

Ma prière aujourd'hui, c'est que Laurent Gbagbo et Mouammar Kadhafi vous survivent longtemps, ainsi qu'à ce système dont vous et toutes vos confréries pourvoyeuses de cimetières peuplés de beaux discours incarnez la perversion.


Respectueusement,

Un ancien pasteur de l'Eglise Réformée de France.

 

« Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d'aurore... » (Louis Aragon)

L'IVOIRIEN KAHOU BI TOKALO ECRIT A CHARLES KONAN BANNY


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Ce frère ivoirien, citoyen anonyme, tenait à faire entendre sa voix, sur une plate-forme élargie, au milieu du tumulte des joutes verbales et des démêlées politiques. Une voix pas discordante, mais différente. En démocrate convaincu, nous lui avons offert la tribune de notre blog, pour lui permettre de faire passer son message, qui ne manque pas de pertinence. Aussi singulier soit-il. Le texte que vous allez lire, ci-dessous, a été publié en intégralité, tel qu'il nous est parvenu par ses soins, sans modification aucune. Bonne lecture à tous et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

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Lettre ouverte à Monsieur Charles Konan Banny, Président de la Commission Dialogue-Vérité-Réconciliation de la République de Côte d'Ivoire.

 


Réconciliation nationale : Contribution d'un ivoirien.



Monsieur le président,


Le Président de la République de Côte d'Ivoire, son excellence Monsieur Alassane OUATTARA vient de vous placer sa confiance en vous confiant, le 29 novembre 2011, la lourde charge de réconcilier les ivoiriens divisés par une multitude de crises.

Les ivoiriens, dans leur très grande majorité, ont approuvé ce choix.

Cependant, si le chef de l'Etat ne s'est pas trompé, ils sont nombreux vos compatriotes qui pensent que vous risquez de vous faire tromper.

Il est plus difficile de réconcilier des adultes que de réconcilier des enfants. La réconciliation est un processus difficile. S'il y a réconciliation, c'est qu'il y a problème entre des hommes. C'est donc l'affaire de tous. C'est pour cette raison que je m'autorise à vous apporter ma petite contribution, puisse-t-elle servir à la paix que les ivoiriens cherchent.

Les mauvaises langues disent que vous écrire relève d'une audace adossée à une bonne dose de courage, parce qu'on est jamais sûr de se voir lu, encore moins répondu.

Si, donc, cela est un risque à prendre je le prend ici devant Dieu pour mon pays, pour son peuple et pour tous les enfants de ce pays, notamment ces millions qui n'ont jamais été déclarés sur le registre de l'état civil.

Ma contribution s'articule autour de quatre points, à savoir : la nature du problème de la Côte d'Ivoire, ses possibles origines, ses manifestations et ses probables solutions :

1- LE PROBLEME

J'estime que le problème de la Cote d'Ivoire est un PROBLEME JURIDICO-SOCIAL qui, par pure récupération, semble être aujourd'hui un problème politique.

Il s'agit du phénomène de la non-déclaration des naissances à l'état civil qui a favorisé l'émergence d'ivoiriens  « sans papiers » en Côte d'Ivoire, toutes ethnies confondues.

A mal d'informations (et de bonne foi bien entendu) ces ivoiriens répartis d'ailleurs sur toute l'étendue du territoire national ont été dressés inutilement contre leur Police et leur Gendarmerie au point de devenir allergiques aux contrôles d'identité.

Cette carence vient du fait que la loi n° 64-374 du 7 octobre 1964, relative à l'état civil n'a jamais été expliquée aux populations ivoiriennes depuis 1969, date de sa dernière explication.

2- LES MANIFESTATIONS

Il s'est manifesté par l'immobilisme, le dysfonctionnement et la mauvaise tenue de l'état civil de notre pays, puis notamment  le développement du phénomène des sans papiers en Côte d'Ivoire.

Enfin il est à noter que les agents de l'état civil de notre pays n'ont jamais été formés pour manipuler un outil aussi important pour un Etat. Les ivoiriens ennemis de la Côte d'Ivoire ont profité de cette faiblesse pour faire de l'état civil un instrument propice à toutes formes de fraudes, malheureusement impunies au mépris de l'article 386 de notre code pénal.

3- LES ORIGINES DES CRISES, SELON MOI

Ce problème date des années 1980.

Chronologie des successives crises en Côte d'Ivoire, avec l'état civil comme terreau:

- 1983-1990 : les populations ivoiriennes toutes régions, toutes ethnies, toutes religions, toutes classes sociales confondues, confrontées au quotidien vital, commencent à se désintéresser de l'état civil suite à la grave crise alimentaire qui s'est installée du fait de ces grands feux de brousses qui ont dévasté les exploitations vivrières des paysans.

- 1990 : l'avènement du multipartisme a fait des mécontents;

- 1993 : le décès du premier président de la Côte d'Ivoire a fait des indignés ;

- 1993-1994 a fait des frustrés ;

- 1995 : le boycott actif des frontistes et des républicains a faits des aigris ;

- 1995-1999 : les conflits fonciers qui enflamment les régions de Duékoué, San-Pédro et de Gagnoa font des frustrés ;

- 1999 : le coup d'Etat a créé des incompréhensions ;

- 2000 : les élections présidentielles ont fait des frustrés ;

- 2002 : apparition de la phase armée de toutes ces crises non résolues. Cette phase laisse des séquelles dans le cœur des populations ivoiriennes ;

- 2010-2011 : les évènements et leurs conséquences ne constituent que le visage réel de ce que tout le monde a laissé pourrir.

4- LES CONSEQUENCES

Un faisceau de conséquences a fait passer les populations ivoiriennes du stade de la pauvreté à celui de l'indigence absolue.

Ils sont devenus des « Prêts à Assister ».

5- DE PROBABLES SOLUTIONS

Des pistes de solutions existent. Parce que le problème de fond est social, la recherche de solutions doit se faire dans la société pour qu'elles soient utiles à toutes les populations ivoiriennes.

Première proposition de solution :

- Réhabiliter et moderniser notre dispositif institutionnel de suivi de l'évolution démographique, c'est-à-dire ; l'état civil, après l'opération de reconstitution des registres.

- Pour traiter le problème à la source et de façon durable, il y a lieu d'instruire et d'éduquer les populations à la culture de la déclaration des faits à l'état civil pour, à terme, les familiariser avec celui-ci. Car, un Etat moderne est un Etat qui a des statistiques démographiques fiables.

Toutes les solutions doivent reposer sur ce fondement.

A cet effet, j'ai personnellement interpellé les pouvoirs publics dès 2003 à travers le quotidien Fraternité Matin en son N° 11714 du jeudi 27 novembre 2003, page 8.

N'ayant pas été entendu, j'ai écrit en 2007 un manuel de sensibilisation et d'éducation d'une cinquantaine de pages dans un langage très accessible à toutes les couches sociales. Il s'intitule :

« Comment et pourquoi déclarer une naissance et un décès à l'état civil ? », pour vulgariser la loi N° 64-374 du 7 octobre 1964 relative à l'état civil contenu dans notre Code de la Famille..

Bien que déposé en manuscrit auprès d'un éditeur de la place, il peine à être sur la bonne voie.

J'ai toujours souhaité un soutien institutionnel de l'Etat pour qu'il soit édité, diffusé large puis distribué gratuitement aux ivoiriens pour les instruire sur la procédure relative à la déclaration de faits à l'état civil.

Deuxième proposition de solution :

L'Etat de Côte d'Ivoire forme des Assistants Sociaux diplômés en sciences humaines, en droit, en sciences sociales et surtout en andragogie (enseignée par Dr Koné Issiaka). Oui, l'andragogie peut vous aider à sauver notre pays.

Ces experts en investigations sociales, au moyen d'un diagnostic social très fin, sont outillés pour déblayer le champ de la réconciliation pour votre institution aux fins de vous donner des repères.

En effet, leur approche basée sur l'intervention rapprochée permettra de dégager les pistes à explorer, les cibles à atteindre, les motivations des populations, leurs craintes, leurs attentes et leurs propositions pour une paix durable.

J'en veux pour preuve :

- Le forum de la réconciliation nationale tenu en 2001 n'avait pas été précédé d'une phase préliminaire de sensibilisation, il n'a pas produit le résultat escompté.

- En 2008, l'opération des audiences foraines n'a pas été non plus précédée de cette même phase de sensibilisation des populations, elle a connu un début très difficile qui a coûté des milliards supplémentaires à notre pays.

Elle a donné des résultats politiques dans lesquels les populations, dans leur grande majorité, ne se sont pas reconnues parce que ayant exclus leurs enfants en âge d'aller à l'école. Le seul péché de ces enfants : n'avoir pas l'âge requis pour voter. Ils se comptent, aujourd'hui, par millions sur toute l'étendue du territoire national.

Monsieur le président de la Commission Dialogue-Vérité-Réconciliation (CDVR), si vous voulez conduire la Côte d'Ivoire à une paix solide et définitive, vous devez avoir une vue rétrospective de tous les évènements qui, par leur gravité, ont écorché la dignité, l'honneur ou l'intégrité physique de tout individu établi sur cette terre de nos ancêtres, quelque soit sa classe sociale, sa communauté d'appartenance ou sa nationalité.

Au regard de tout ce qui précède, j'ai toujours estimé que notre police et notre gendarmerie, institutions en charge du contrôle d'identité des personnes sur le territoire national, n'ont jamais été la cause-souche de tous les déboires de la Côte d'Ivoire.

C'est de la même façon que j'ai toujours trouvé que les FANCI, les FDS, les FN d'alors ou les FRCI d'aujourd'hui, qui se sont tant affrontées, n'ont jamais été responsables de ce qui est sensé être à l'origine des problèmes de notre pays.

Monsieur le président, des frères africains qui ont connu une situation similaire (Rwanda, Afrique du Sud) peuvent vous aider à nous aider. Autant que les institutions onusiennes (ONUCI, PNUD, UNICEF ou autres) sont outillées pour nous aider. Il n'y a pas d'experts en réconciliation.

Ils sont nombreux, ici, ces experts en stratégie de la réconciliation et en médiation sociale, qui connaissent mieux nos problèmes, nos cultures, nos coutumes, nos traditions et nos valeurs sociales ; ce sont notamment, nos chefs religieux, nos dignes chefs traditionnels longtemps négligés et qui représentent un appui incontournable dans ce processus auxquel peuvent s'ajouter des professeurs de sciences sociales et humaines, des professeurs d'andragogie.

La réconciliation n'est pas une discipline académique. Ce n'est pas une affaire de diplômés, car aucune école ne décerne de diplômes en réconciliation. C'est pourquoi, elle se fait sur le terrain par les victimes des frustrations, parce qu'elles en sont les seules véritables bénéficiaires. Les ivoiriens vous conseillent de vous méfier des hypocrites et des opportunistes.

Evitez-les : Evitez de vous laisser emporter par ces vautours touchés par la crise économique chez eux, toujours embusqués sur les médias internationaux en quête d'opportunité et se passant pour des spécialistes de la Côte d'Ivoire ou des experts en réconciliation pour venir absorber votre budget, l'argent du contribuable ivoirien pour aller régler leurs dettes familiales, chez eux. Ce serait d'ailleurs perçu comme une insulte pour les ivoiriens, car la réconciliation des ivoiriens ne se fera pas en avion. Ces malins personnages se cachent derrière ce terme « adhésif » de spécialistes des pays africains pour se faire une place au soleil.

Il n'y a pas plus spécialistes de la Côte d'Ivoire que les ivoiriens. Là encore les ivoiriens savent qu'il n'y a aucune école dans ce monde qui forme des spécialistes de pays.

Evitez-les : Evitez ces « grands intellectuels » qui craignent la poussière, qui sont avides de missions et de séjours dans des hôtels 5 étoiles, en compagnie de prostituées, prêts à rédiger des compte-rendus de missions dans ces chambres climatisées.

Evitez-les : Evitez ces cadres qui viennent organiser des journées dites de la réconciliation sous une (ou deux) bâche meublée d'enfants mineurs, au chef-lieu du département (craignant pour leur sécurité et celle de leurs belles 4X4 climatisées), des missions supposées les avoir conduit dans tous les villages et campements de la région, assorties de compte-rendus à vous rassurer à jamais.

Monsieur le président, les ivoiriens concernés par la réconciliation sont dans les Sous-préfectures, les quartiers précaires de nos villes, les villages et dans les campements de notre pays. Ce sont les paysans, les victimes, les indigents mais aussi les plus prêts à vous dire la vérité que vous recherchez. Ils sont prêts à tolérer, pourvu qu'ils soient écoutés et compris. Ils veulent parler pour se libérer et vivre en paix.

Les ivoiriens sont devenus extrêmement pauvres, qu'ils soient travailleurs du privé, fonctionnaires, commerçants ou paysans. Ils sont partout dans ce pays qui attendent vos collaborateurs devant leurs maisons ou leurs cases, pour écouter et se faire écouter dans un langage qui leur est bien familier, un langage qui ne continuera pas de les marginaliser.

Les ivoiriens veulent vous aider, venez vers eux. Le président Félix HOUPHOUET-BOIGNY a semé la graine du don de soi. Le président Alassane OUATTARA vous offre, ici, la belle occasion de l'entretenir pour qu'elle produise cette vraie paix du cœur qui va constituer le socle du vrai développement économique et social de ce pays.

Attention:

Un Etat de droit est un Etat dont les citoyens sont des sujets de droit.

A ce jour, environ 66% des ivoiriens existent officiellement sur le registre de l'état civil de Côte d'Ivoire (si ce dernier existe encore) pour environ 25% des décès déclarés.

Si la réconciliation se fait seulement sur le plan politique, la même cause risque de produire les mêmes effets, plus tard.

Que Dieu vous aide!

 


KAHOU Bi Tokalo, Assistant Social Diplômé d'Etat,

en service au Ministère de la Justice.

Contacts : E-mail : tokalonan@yahoo.fr

Mobile : (225) 05.05.40.64

mercredi, 14 décembre 2011

L'ONU APPELLE A UN RECOMPTAGE DES VOIX EN RD CONGO


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Alors qu'elle a soutenu la voie des armes en Côte d'Ivoire, l'ONU appelle à un recomptage des voix en RD Congo.


Comme la Côte d'Ivoire, la République démocratique du Congo est un pays d'Afrique subsaharienne où, à la suite d'une élection présidentielle, deux candidats se sont considérés vainqueurs.

Comme en Côte d’Ivoire, institutions nationales et observateurs internationaux s’emmêlent les pinceaux. Comme en Côte d’Ivoire, l’ONU est présente en République démocratique du Congo et impliquée dans le processus électoral. Mais après avoir bombardé en Côte d’Ivoire le camp qui demandait le recomptage des votes et la vérification des procédures, l’ONU exhorte la Commission électorale congolaise, qui a déjà livré des résultats, à effectuer un nouveau décompte, plus transparent, pour mettre tout le monde d’accord. L’ONU, qui a plébiscité un schéma guerrier en Côte d’Ivoire, demande que la crise postélectorale congolaise trouve sa solution de manière pacifique, dans le cadre des institutions, notamment celles spécialisées dans la médiation.

Là où en Côte d’Ivoire, un incroyable flou artistique et des généralités étaient opposées au camp qui avait décidé de recourir à la voie légale du contentieux, l’ONU demande, en RDC, un traitement exhaustif et transparent de toutes les réclamations. On croit rêver. Et l’on se convainc une fois de plus de ce que la «communauté internationale» est une girouette cynique qui n’a aucun principe, mais qui se «cale» sur l’agenda des différentes grandes puissances dans leur aire d’influence. Et qui justifie l’injustifiable, comme on le voit aujourd’hui avec la glorification, par l’ONU, d’un scrutin qui a été tout sauf inclusif, et que les Ivoiriens ont boudé, par voie de conséquence…

Nous diffusons, ici, le communiqué intégral de la Mission des Nations unies en RDC (MONUSCO), plaidant pour un recomptage des voix.

«La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) a appelé lundi la Commission électorale nationale indépendante de la RDC (CENI) à garantir que le décompte, la compilation et la vérification des résultats des élections de l'Assemblée nationale soient menés de manière transparente».

«En outre, en vue d'éviter des problèmes tels que ceux identifiés lors des élections présidentielles, la MONUSCO recommande à la CENI de prendre des mesures correctives pour les élections futures», a dit la Mission onusienne dans un communiqué de presse.

La Mission onusienne a pris acte des déclarations publiées le 10 décembre dernier par la Mission d'observation électorale du Centre international Carter en RDC et d'autres missions d'observation sur les résultats provisoires de l'élection présidentielle tels que proclamés le 9 décembre par la CENI, donnant le Président sortant Joseph Kabila en tête du vote. Selon la presse, Joseph Kabila a été déclaré vainqueur avec 48,95% des voix, face à l'opposant Etienne Tshisekedi qui a obtenu 32,33% des voix. La MONUSCO a noté « avec une vive préoccupation les conclusions de ces Missions d'observation relatives aux irrégularités relevées dans la gestion du processus des résultats, en particulier le décompte et la compilation des voix ».

La MONUSCO a exhorté la CENI à « entreprendre urgemment un examen rigoureux des problèmes relevés par les Missions d'observation, en associant pleinement les témoins et les observateurs y compris les groupes d'observateurs étrangers, qui pourraient donner un avis technique à cet effet ». La Mission a de nouveau appelé les parties à résoudre toute dispute par des voies pacifiques à travers les institutions établies à cet effet, y compris le Comité national de médiation, et a souligné l'importance d'un traitement exhaustif et transparent de tout contentieux électoral par la Cour suprême de justice. La MONUSCO a également réitéré son appel aux acteurs politiques « de s'abstenir de tout acte d'incitation à la violence et à la confrontation » et a exhorté « les services de sécurité et les institutions judiciaires à exercer leurs fonctions avec retenue, de se conformer aux principes internationaux des droits de l'homme lors de la gestion des manifestations publiques ».


Source: un.org


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 390 du mardi 13 décembre 2011.