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mardi, 12 juillet 2011

LEÇON DE LULA DA SILVA AUX DIRIGEANTS AFRICAINS: «CESSEZ DE BAISSER VOTRE PANTALON DEVANT LES OCCIDENTAUX»

 

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L'ex-président brésilien Luis Ignacio Lula da Silva au 17ème sommet de l'«Union Africaine» à Malabo en Guinée Equatoriale le 30 juin 2011, en train de faire une leçon de morale politique aux dirigeants africains.


Suivant l'exemple de l'«Amérique Latine», l'Afrique devrait décider de prendre sa vraie indépendance qui est aux mains des occidentaux, Le «continent africain» qui est riche de gisement minéral et de terre fertile, aurait en effet toutes le potentialités pour devenir le première puissance économique planétaire, mais elle est encore opprimée sous la coupole coloniale des grandes puissances de la terre.


Lula a invité les chef d'État à ouvrir les yeux sur ce qui se passe en Afrique ces derniers mois, en Libye et en Côte d'Ivoire : l'interférence de la France et des Etats-unis constitue un sérieux danger pour la « souveraineté Africaine » et pour les futures générations.

Durant l'« assemblée générale » sur le rôle des jeunes africains, une session détachée de la réunion avec pour thème la crise libyenne, Lula a accusé les chefs d'états africains d'être avides, assoiffés de pouvoir, de trahir leurs propres pays et surtout d'être des servants de l'occident qui saccage le continent noir et décime sa souveraineté. La devise de ces chefs d'états étant : « Chacun pour soi, Dieu pour tous », elle ne portera pas loin l'Afrique. Il faut le sens de la responsabilité, de l'humilité, de la dignité et de l'unité pour bien gouverner ! Critiquant le fait que des leaders africains qui soient arrivés au pouvoir par un coup d'état ou pour le vouloir des puissances occidentales, il a ensuite critiqué et dénoncé le monopole de 5 pays du monde. Ajoutant que : l'« Union Africaine » compte 1,4 milliard d'habitants, l'« Amérique Latine » 400 millions d'habitants et que c'est inconcevable que les USA, la France, la Chine, la Russie et la Grande Bretagne dictent la loi au « Conseil de sécurité de l'ONU » !!!! Surtout que la « crise économique mondiale » provient des Etats-unis.

Et il a déploré le fait que l'« Union Africaine » soit financée seulement par 5 pays africains, le reste des ressources provenant des dons occidentaux. Par conséquent, pour cela, l'« UA » ne peut pas privilégier les intérêts de l'Afrique et avoir un poids au niveau international. C'est cette même « UA » qui légitime les coups d'états, les rebellions ou actions illégales pour l'obtention du pouvoir en Afrique, ignorant la volonté du peuple et la finalité des élections.

Beaucoup de chefs d'états présents avaient la tête basse, à qui il a réitéré l'« invasion française » dans le continent noir. La France nourrit et arme les rebelles dans les pays qui ont cessé d'être leurs colonies. Avec des interférences dans les affaires internes des autres pays africains. C'est clairement la référence au cas de la Côte d'Ivoire, où Paris, avec l'utilisation de la force, a enlevé le président Gbagbo pour mettre à son poste Ouattara.

Et si pour la Côte d'Ivoire rien n'a été fait pour arrêter le coup d'Etat, l'« Union Africaine » peut demander le « cessez-le-feu » immédiat en Libye. En soutien, s'est ajouté le président Jacob Zuma, un des chefs opposants qui tient tête à l'occident, disant qu'ils n'ont pas le droit d'assassiner Kadhafi.

Un silence d'ombre dans la salle de l'« UA » où les présidents qui sont les talons de l'occident étaient nombreux, en l'occurrence Abdoulaye Wade du Sénégal, qui a séjourné à Benghazi pour reconnaître le gouvernement des rebelles, Blaise Campaoré du Burkina Faso, qui a soutenu la rébellion de Ouattara en Côte d'Ivoire contre Gbagbo, Yoweri Museveni de l'Uganda qui combat les « Al Shabaab » en Somalie, Paul Kagame du Rwanda qui saccage pour le compte de l'occident et puis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, Idriss Deby du Tchad, Paul Biya du Cameroun, Faure Gnassingbé du Togo, Ali Ondimba Bongo du Gabon et le dernier recruté qui s'est ajouté à la dépendance des puissances de l'oppression, Alassane Dramane Ouattara de la Côte d'Ivoire !

Ce sont les paroles de l'ex-président brésilien Lula da Silva, qui était la semaine dernière en Guinée équatoriale pour la réunion des chefs d'états africains.


Texte en italien, traduit en français par Kouamé Célestin N'Brah


Lien du journal officiel italien: RINASCITA

 

Source: NERRATI.NET

dimanche, 10 juillet 2011

RIEN NE VA PLUS CHEZ LES ARABES

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Le royaume saoudien, «ce pays (qui) n'a jamais connu un bureau de vote. Même pas un parti unique !» comme le décrit si bien Georges Stanechy. En tout cas  comme il se présente aux yeux de tous, sauf de toute évidence aux yeux de la «communauté internationale», ce royaume montre tous les signes de vouloir jouer son va-tout en Afrique du Nord. Et comble de l'époque, sous la bannière de la démocratisation et assuré de la puissance de feu de l'OTAN.

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A Riadh, la justice ne change pas ses méthodes. Le 18 juin 2011, Ruyati binti Saoubi, une indonésienne de 54 ans, est décapitée en public, au sabre. Son corps suspendu à un hélicoptère survole longtemps la ville à basse altitude pour être vu. Inutile de chercher l'information dans les lignes de la presse du «Monde libre» ou dans les journaux télévisés qui déroulent en boucle la «révolution» en Libye.

L'Arabie saoudite n'est pas un terrain pour les «printemps» en cours, elle en est un parrain, un acteur, un soutien, tout ce que vous voulez, mais pas un terrain pour une «révolution». La monarchie triomphante a même décidé de refaire le monde dit arabe. L'hebdomadaire britannique, The Guardian, s'est intéressé à ce nouveau cours suivi par les Saoud. D'après l'hebdo, les pétromonarchies ont d'abord récupéré les deux monarchies non pétrolières de ce monde, la hachémite et la chérifienne, dont les rois se réclament d'ascendance arabe, pour les inclure dans le Conseil de coopération du Golfe (CCG). Les autres pays qui ont accaparé l'arabité contre l'Histoire et contre la culture de leurs peuples, n'y auront pas droit, ils ont été mis de côté en tant que «peuples conquis». Le Maroc bénéficierait aussi du souci des Arabes de maintenir un lien avec «l'Occident arabe», c'est-à-dire avec «l'Andalousie perdue».

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Ce mouvement inédit des monarques de la péninsule serait dû à leurs appréhensions vis-à-vis de la fin du pétrole et de la montée en puissance de l'ennemi héréditaire, la Perse. Cette même peur est présente chez les Israéliens, qui auraient déterminé le processus euro-étasunien de recolonisation de la région, en s'appuyant sur les révoltes populaires et la déstabilisation des Etats. En Afrique du Nord, l'Algérie (toujours selon The Guardian) représente une menace en tant que puissance régionale à fort potentiel de développement, tant sur le plan des ressources naturelles que sur celui des ressources humaines.

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Des plans existeraient pour provoquer son effondrement, en «faisant croire aux Marocains qu'ils seront le noyau de l'empire Almohade reconstitué». D'où le soutien éhonté à la Constitution absolutiste et la mise sous l'éteignoir des manifestations massives qui agitent le royaume alaouite. Les syndromes libyen et soudanais apparaissent immédiatement comme des répétitions de ce qui va être étendu à l'Algérie. Le chaos, suivi du démembrement.

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Du coup, on comprend mieux pourquoi l'Arabie saoudite a préféré renforcer de ses recettes faramineuses les économies occidentales et éviter celles de ses «frères» d'adoption, comme l'Egypte, qui se font saigner à blanc par les prêteurs et dont les peuples dépérissent dans le sous-développement quand les centaines de milliards de dollars suivent les chemins détournés des intérêts bien compris.


Badis Guetaff, L'édito du jour (10 juillet 2011)


Source: LE JOUR D'ALGERIE

samedi, 09 juillet 2011

LA FRANCE S'ISOLE EN LIBYE

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Par Armin Arefi

Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est au tour du Congrès américain de prendre ses distances avec l'initiative française d'armer les rebelles.


Après avoir fustigé l'intervention américaine en Irak, la France jouerait-elle désormais le mauvais rôle en Libye ? Paris se trouve en tout cas chaque jour davantage isolé auprès de ses alliés, en dépit de l'annonce mardi de l'abandon du parachutage français d'armes aux rebelles libyens. Après la Russie et le Royaume-Uni, c'est maintenant au tour des États-Unis de prendre leurs distances avec l'initiative française. En effet, la Chambre américaine des représentants a voté jeudi un amendement interdisant au Pentagone de fournir tout équipement, entraînement ou soutien militaire aux opposants de Muammar Kadhafi, sans pour autant couper les fonds nécessaires à la poursuite de la guerre en Libye. À l'origine du vote, le représentant républicain Tom Cole, qui a insisté sur la "responsabilité du Congrès (...) à mettre fin à cette aventure irréfléchie en Libye".

Pour Jean-Vincent Brisset, directeur de recherche à l'Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) et ancien militaire de haut rang dans l'armée de l'air, ce vote possède à la fois des portées intérieures et internationales. "Il s'agit d'une réaction logique du Congrès américain qui n'a pas été consulté au moment de l'engagement américain en Libye", explique le chercheur. "Mais c'est aussi un sérieux rappel à l'ordre vis-à-vis de la France et de son interprétation extrêmement limite de la résolution 1973 de l'ONU."

Des missiles en guise d'aide

Les résolutions 1970 et 1973, qui ont ouvert la voie à une intervention occidentale en Libye, sont notamment censées, d'une part, prévoir une zone d'exclusion aérienne visant les forces du colonel Kadhafi et, de l'autre, mettre en oeuvre "tous les moyens nécessaires" pour éviter des exactions contre les populations civiles. Des "moyens" qui ont donc pris la forme de lance-roquettes, de fusils d'assaut, de mitrailleuses et de missiles antichars parachutés par avion dans la région montagneuse du djebel Nefoussa, au sud de Tripoli, a-t-on appris le 28 juin dernier dans les colonnes du Figaro.

Or, c'est avec des mots très durs que Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères, a condamné publiquement le 1er juillet l'initiative française, devant un Alain Juppé médusé. Pour le chef de la diplomatie du Kremlin, qui a dénoncé une "violation grave de la résolution 1970", cette résolution permettrait en réalité "à n'importe qui de faire n'importe quoi, n'importe quand". Faux, répond le ministre français des Affaires étrangères, qui met en avant la situation "extrêmement précaire" des populations attaquées par Kadhafi pour expliquer le geste français, qui, selon lui, rentre donc "exactement dans le cadre des résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU". Mais Paris était loin de se douter que la gronde irait jusqu'à gagner son principal partenaire en Libye, c'est-à-dire le Royaume-Uni.

"Une guerre civile"

"Cette résolution ne prévoyait pas d'armer un camp contre un autre dans une guerre civile, à l'intérieur d'un pays dont on avait oublié qu'il n'avait pas vocation à rester uni", estime Jean-Vincent Brisset, qui pense que l'on sous-estime les soutiens dont dispose encore Muammar Kadhafi dans le pays. Tandis que le conflit va bientôt entrer dans son quatrième mois et que Tripoli est toujours aux mains du colonel Kadhafi, cette dernière polémique ne symbolise-t-elle pas l'enlisement d'une coalition dont l'intervention ne devait pourtant pas dépasser la quinzaine de jours, dixit les membres du Conseil national de transition libyen, réunis en mars à Paris ? Et l'ancien pilote de chasse de mettre en cause certaines décisions politiques : "Peut-être les gouvernements engagés auraient-ils dû se concerter avec de véritables connaisseurs de la Libye avant de s'engager."


Source : LE POINT.FR

vendredi, 08 juillet 2011

ADAMA CHAMPION FAIT DES REVELATIONS SUR LE ROLE DE L'ARMEE FRANÇAISE LE 11 AVRIL


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De nouvelles révélations à couper le souffle d'Adama Champion - dont la femme a été enlevée après ses premières confidences au Nouveau Courrier - sur ce qui s'est passé lors des derniers jours de résistance à la Résidence présidentielle de Cocody. Sur le rôle actif des forces spéciales françaises, les soldats des FRCI présents sur les lieux... Et sur le jeu trouble du Général Mangou.


Après votre témoignage exclusif sur l'arrestation du président Gbagbo, votre femme a semble-t-il été victime d'un enlèvement ?

Je suis vraiment peiné par un tel comportement et nous nous rendons de plus en plus compte que les nouvelles autorités ne sont pas prêtes à accepter la contradiction. Quand un chef d'Etat se met devant la Nation pour raconter ce qui n'est pas vrai et que quelqu'un qui a été témoin des faits, vienne apporter la contradiction, je ne crois pas que cela puisse poser problème. Puisque ce chef de l'Etat en question n'était pas sur les lieux. C'est ce qu'on a dû lui rapporté qu'il dit et moi qui étais sur les lieux, c'est ce que j'ai vécu à la résidence du président Gbagbo que j'ai raconté. En effet, ma femme a été enlevée aux alentours de 8h le jour de la publication de mon témoignage dans les colonnes de votre journal, c'est-à-dire le lundi dernier. Les hommes du commandant Soudja des Frci établis au 16ème arrondissement de Yopougon ont débarqué à bord d'un pick-up au Terminus 40, le quartier où vivait mon épouse et ont encerclé la cour. Ils ont fouillé toute la maison sans rien trouver et ont emmené ma femme avec eux.

Et que s'est-il passé par la suite ?

Elle a été séquestrée et bastonnée 24 heures durant dans les locaux du 16ème arrondissement avant d'être relâchée le lendemain, avec un message clair pour moi : «si on attrape ton mari, c'est un homme mort». Aujourd'hui, elle porte encore sur tout son corps, les séquelles de cette torture.

Revenons une fois encore sur les évènements d'avril dernier. Dans votre témoignage, vous aviez dit qu'il y a eu beaucoup de morts...

Oui, il y a eu énormément de morts de civils surtout, mais également de militaires. Les morts, on en voyait un peu partout. Depuis chez le président Mamadou Koulibaly (dont la résidence est à quelques pas de la résidence présidentielle) jusqu'à chez le président. Sur toute la voie, il y avait des cadavres de civils. Mais également devant le camp de la Garde républicaine qui se trouve à proximité de la résidence du président. Il y avait des tentes dressées là pour les civils qui affluaient à la résidence du président Laurent Gbagbo. Ils sont presque tous morts, je ne peux pas me hasarder sur les chiffres, mais ce sont des centaines de cadavres. Les cadavres étaient un peu partout dans ce périmètre-là jusqu'à l'intérieur de la résidence du chef de l'Etat. Et la Croix Rouge en sait quelque chose parce que c'est elle qui se chargeait de ramasser tous ces cadavres. Si les volontaires de la Croix Rouge, sur les lieux, sont honnêtes, ont une conscience professionnelle et un respect profond pour la mémoire de ces martyrs, ils ne diront pas le contraire de ce que je révèle dans les colonnes de votre organe de presse. Tous ces morts sont le fait des hélicoptères de l'armée française qui, durant plusieurs jours, tiraient sans retenue sur la résidence du président Laurent Gbagbo.

Vous, en ce moment là, où étiez-vous ?

Nous étions cachés sous les murs déjà tombés. Tantôt on rentrait à l'intérieur de la résidence, tantôt on se retrouvait sous un abri de fortune dehors. Mais on se rend compte aujourd'hui que c'est une grâce que Dieu nous a faite d'avoir eu la vie sauve. Nous aurions pu connaître le même sort que ces nombreux jeunes Ivoiriens tués par l'armée française depuis ses hélicoptères.

Quels sont les commandants Frci que vous avez pu identifier chez le président Gbagbo le 11 avril dernier ?

Il y en avait certainement plusieurs. Etant dans le feu de l'action, on ne pouvait pas prendre le temps de reconnaître tout le monde. Mais, en réalité ceux que j'ai pu voir, ce sont Wattao, puisque c'est lui-même qui s'est interposé entre ses éléments et le président Laurent Gbagbo, Delta, qui était à l'époque le chef de la sécurité de Guillaume Soro, je ne sais pas s'il l'est encore. Il y avait également Atchengué de Bouna (Morou Ouattara, ndlr). Ce sont les quelques-uns que j'ai pu identifier. En tout cas, je n'ai pas fait attention à Vétcho que j'ai découvert après dans les médias, puisque je ne pouvais pas tout voir, d'autant plus que je m'évertuais à sauver ma peau.

Y a-t-il eu un affrontement entre les Fds et les Frci à la résidence du chef de l'Etat ?

Je suis formel et catégorique. Il n'y a pas eu d'affrontement entre Frci et les éléments des Fds qui étaient à la résidence présidentielle, ni dans les alentours. Parce que depuis 6 heures du matin, les chars de l'armée française étaient déjà garés devant la résidence de l'Ambassadeur de France. Et depuis cette heure, ils (soldats français, ndlr) ont commencé à faire des manoeuvres au moment où les hélicos bombardaient la résidence du président Gbagbo. Les éléments des Fds étaient presque tous partis. Ceux qui sont restés, pour la plupart, ce sont les cadavres des soldats tués par l'armée française. Et quand les éléments des Frci ont été informés et rassurés qu'il n'y avait plus de résistance, c'est en ce moment là qu'ils sont venus tranquillement rentrer dans la cour, faire ce qu'ils avaient à faire. Sinon dire que les Frci ont échangé des tirs avec les Fds, c'est archifaux. Les Frci même sont conscientes que n'eût été le concours de ces gens-là (les forces spéciales françaises, ndlr), elles ne pouvaient rien dans la capture du président Laurent Gbagbo.

Vous qui étiez à la résidence, qu'est-ce qui s'est passé le jour où le président recevait les Généraux, avec à leur tête le Général Mangou?

Le jour où le président recevait les Généraux, nous avons été tous surpris de voir le Cema, le Général Mangou, qui avait trouvé refuge quelques jours plutôt chez l'Ambassadeur d'Afrique du Sud. Il a dit être venu présenter ses excuses au chef de l'Etat et aux jeunes patriotes qui y étaient. Il a été hué par les jeunes. On lui a même dit que nous ne voulons pas d'un chef d'état-major traître, d'un fuyard. Mangou nous a dit, pour se justifier, qu'il y est allé (chez l'Ambassadeur d'Afrique du sud, ndlr) contre sa volonté et que la pression s'était accentuée sur lui. C'est ce qui l'avait poussé à se réfugier. Et qu'il était de retour, présentant ses excuses à l'ensemble des Ivoiriens. Nous avions cru en ces propos. Après ce jour, il n'a plus jamais remis les pieds à la résidence.

La dizaine de jours passés chez le président, un fait particulier vous a-t-il marqué?

Tout le temps que j'ai passé à la résidence, ce qui m'a le plus marqué, c'est le dimanche 10 avril aux alentours de 8 heures, à l'heure du petit déjeuner, où le président Gbagbo est sorti avec une serviette au coup pour nous retrouver dehors. Il nous a dit : «ah je vous ai dit de rentrer, vous êtes encore ici ?». Et il s'est approché de moi et m'a dit ceci en souriant: «toi, ils ne vont pas te tolérer, parce que tu es du nord. Donc est-ce que tu ne vas pas partir ?». Je lui ai dit : «non monsieur le président, je vais rester.» J'ai été profondément marqué par cet échange entre lui et moi. Et, jusqu'à ma mort, je n'oublierai jamais cet instant d'intimité entre le président et moi. Et ce qui était aussi intéressant, c'est que chaque soir, il organisait des séances de prière pour qu'on pardonne à ceux qui nous tuent. Il est resté humble, serein et toujours souriant jusqu'à la minute même de son arrestation.

Les nouvelles autorités semblent déterminées à allier réconciliation et justice...

Pour que la réconciliation soit vraiment une réussite, il faudrait qu'Alassane Ouattara dise la vérité sur certains aspects de la crise que traverse notre pays. S'il tient vraiment à la réconciliation, qu'il s'arrange aussi à retirer les mandats d'arrêts internationaux contre ceux qui sont en exil pour leur survie et leur demander de rentrer au pays. On ne peut pas menacer d'arrêter les Ivoiriens qui sont dehors et parler de réconciliation. S'ils rentrent au pays, ils seront arrêtés ou tués, nous le savons tous. Il ne faut pas que Ouattara oublie que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets. Le président Bédié avait lancé un mandat d'arrêt international contre lui en 1999, il y a eu le coup d'Etat. Le Général Guéi, à son tour, a voulu arrêter un certain nombre de personnes, dont les sergent-chef IB et compagnie qui se sont retrouvés hors du pays. On sait ce qui est arrivé par la suite, il y a eu septembre 2002. Si Ouattara aspire réellement à une réconciliation vraie comme il le dit, qu'il mette fin à sa justice des vainqueurs. Qu'il fasse la part belle à une justice impartiale. Je pense que nous pourrons parvenir à cette réconciliation.

Ne voyez-vous pas qu'on se dirige vers le rétablissement de l'ordre aussi bien à Abidjan qu'à l'intérieur du pays ?

Quand vous-même vous regardez, vous voyez quel ordre qui est rétabli ? Les Frci sont partout dans les villes, villages et campements avec des armes. Des gens qui ne doivent pas avoir des armes qui ont des armes. On parle d'encasernement, mais est-ce qu'ils sont réellement encasernés ? Ils sont dans la ville, ils sèment la terreur partout. Aucun jour ne passe sans qu'on entende que les Frci ont fait ci, les Frci ont fait ça. Où est l'ordre en ce moment. C'est une comédie qu'on nous sert, il faut que les Ivoiriens comprennent cela. La preuve en est que l'unicité des caisses n'est pas encore une réalité en Côte d'Ivoire. Le nord n'est toujours pas rallié à la zone gouvernementale, le cacao continue toujours de prendre la direction du Burkina Faso. Si Ouattara contrôlait la situation, au moins il aurait pu mettre fin aux activités de la centrale des Forces nouvelles. Où va cet argent? Bien sûr dans les poches de Soro et ses hommes.

Votre parti, le Fpi continue de se chercher...

Oui, en effet ! Le Fpi est décapité. C'est en cela que moi j'appelle les uns et les autres à s'unir autour du président Mamadou Koulibaly qui assure en ce moment l'intérim. Il faudrait pour cela, mettre fin aux querelles inutiles et réorganiser le parti. Si possible, convoquer rapidement un congrès et désigner un président, en la personne de Mamadou Koulibaly pourquoi pas, qui aura les pleins pouvoirs, pour faire face aux problèmes auxquels nous sommes confrontés. Notamment, oeuvrer pour la libération de nos camarades, préparer les futures échéances électorales... Tout le monde connait la force de frappe du Fpi et c'est ce qui fait peur à Ouattara. Il ne veut pas que le Fpi s'organise et, nous aussi, nous n'allons pas tomber dans son jeu. Il faudrait qu'on se réorganise pour se mettre en ordre de bataille. C'est pourquoi, j'invite tout le monde à l'union et à l'entente autour de l'idéologie et des autorités actuelles du parti pour repositionner très vite le Fpi.


Gérard Koné, in Le Nouveau Courrier N° 261 du jeudi 7 juillet 2011.


Source : INFO D'ABIDJAN.NET

jeudi, 07 juillet 2011

L'HOMME A LA CRAIE EST DE RETOUR!

Cet homme continue de surprendre le monde avec ses dessins faits à la craie sur les trottoirs, et ce, en 3D. C'est hallucinant, le talent artistique qu'il possède et qui nous fait dépasser nos imaginations visuelles!


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N’oubliez pas: ces images sont dessinées à plat sur le sol!

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Tout simplement époustouflant ! ! !

dimanche, 03 juillet 2011

ADO SOLUTION, J’AI DES PROBLEMES POUR VOUS!




 

La chronique de Hassane Magued

La Solution. C’est votre nouveau nom. Vous respirez les solutions. Vous mangez les solutions. Vous vivez de solutions. Vous êtes la Solution. Alors, je pense que je frappe à la bonne porte en vous sollicitant. Moi, j’ai plutôt des problèmes. De nombreux problème en divers gabarit et doses. Avec vous, c’est une question de dose. Votre spécialité nous y oblige. Pour un professionnel des solutions sans solution, il faut des problèmes surdosés. Cependant aujourd’hui, je veux commencer avec vous par un petit problème. Il est certes bien dosé à l’Ivoirienne, mais il demeure un tout petit problème pour vous.

Toutefois, avant de commencer cet Article 21ème de la Révolution Permanente, j’aimerais que vous et moi vidions un petit malentendu que certains Ivoiriens ont pu entretenir dans la Presse proche de vous. J’ai cru lire, à moins que je ne trompe, que plusieurs chefs d’Etat se bousculeraient pour vous rencontrer en Guinée Equatoriale, au 17ème sommet des chefs d’Etat de l’UA (Union Africaine) tenu à Malabo où grâce à quelques coups de canons français, vous vous trouviez être celui qui représenta le peuple de Côte d’Ivoire.

Sur la question, je vais être direct et rapide. Je vous y ai vu. Vous étiez assis derrière au fin fond de la salle, exactement à l’avant dernière rangée en bout de sièges, à côté du délégué du Burundi avec dans votre dos, celui de la Mauritanie. Les chefs d’Etat de l’UA étaient eux, assis sur les rangées de devant. De vous à moi, quelqu’un que des éminentes personnalités d’Afrique se bousculeraient pour rencontrer ne s’assoit pas là où les organisateurs vous ont laissé tout triste. Pour être honnête, vous avez compris lors de ce sommet, tout le bien que les autres participants pensent de vous et la considération qu’ils ont pour vous. Votre place occupée en dit très long. C’est pourquoi, je vous ai demandé en toute amitié d’arrêter de demander de l’argent à n’importe qui, n’importe comment et n’importe où. Sinon, le monde entier finira par vous traiter n’importe comment. Il y a quelque temps, c’est une de vos inconditionnelles, Henriette Diabaté qui vous traitait officiellement de “Préfet”. Aujourd’hui, c’est au tour des organisateurs du sommet de l’UA de vous installer au fond, dans la rangée des chefs venant des petits pays. Bientôt, on vous installera à la place des vigiles quand il y aura des réunions officielles. Le monde est petit et les gens se parlent. Alors, arrêtez de tirer la Côte d’Ivoire vers le bas. Je vous en prie.

Cette mise au point faite, je reviens sur le sujet qui nous met face à face ce matin. Avez-vous besoin de problèmes ? Ou bien vous en avez déjà assez, Monsieur ADO Solution?

J’ai lu des articles parus dans vos organes de presse et j’ai compris que vous avez besoin de problèmes complémentaires. Alors, pour faire bien les choses, j’ai voulu vérifier avec vous si la cagnotte à problèmes était vide ou déjà pleine. Bien entendu, je me mettrai en colère contre vous, si vous me répondez que vous avez suffisamment de problèmes déjà. Vous êtes ADO Solution et je pense que vous vivez de problèmes compliqués. Alors, essayons de voir ensemble, quelques uns des problèmes qui se posent à vous afin que je puisse les compléter. Et après moi, des bonnes volontés suivront. Je l’espère.

Cela dit, j’ai noté que votre premier problème en Côte d’Ivoire, actuellement, c’est le problème d’argent. Sur ce point, je vous ai dit de laisser tomber. Vous n’en aurez pas. Et comme vous ne savez pas comment produire de l’argent, je vous ai recommandé de laisser les fils du pays s’en charger après la Révolution qui vous soulagera de vos angoisses têtues et intraitables. Alors passons à autre chose.

Un de vos problèmes coriaces, c’est votre milice armée baptisée FRCI. Pour gérer leur situation, il vous faut à la fois de l’argent, des infrastructures militaires ou civiles et surtout de l’audace. Ces gars ne vous comprennent plus. Ils ne se reconnaissent plus en vous. Vous leur aviez promis les salaires et les maisons des FDS (Forces de Défense et de Sécurité). Pour preuve, il y a deux semaines, ils ont essayé d’emménager dans des locaux occupés par la Gendarmerie dans un sous-quartier de Yopougon. Ils ont été mitraillés intensément par les Gendarmes. Ils sont retournés avec plusieurs plombs dans le corps. Plus grave, la plupart d’entre eux continuent de dormir à même le sol, sur leurs vieux treillis. Ils continuent d’utiliser les mêmes serviettes déchirées, de porter les mêmes culottes perforées, de garder les mêmes débardeurs raccommodés. Ils ont faim et ils mendient eux aussi. Vous le savez mieux que moi-même. Un homme armé qui a faim, à qui vous devez de l’argent, du confort et un statut, peut à tout moment vous trouer la peau. Mais vous êtes ADO Solution, donc je n’ai pas peur pour vous. Sauf que les promesses, quand elles tardent à se réaliser, ceux à qui vous devez leur réalisation peuvent faire de vous une victime innocente, surtout quand ils sont des éléments notoirement incontrôlés comme vos hommes en armes. Alors, wait and see.

Un tout petit problème pour lequel vous vous moquerez de moi très certainement, le pays hanté que vous avez décidé de diriger contre vents et marrées. Eh oui! Pour ceux qui ne le savent pas, la Côte d’Ivoire est un pays hanté, non pas par un fantôme, mais par un homme vivant. On le voit partout. Eveillé comme endormi. On le voit roder. Son ombre plane sur tout. On parle de lui partout. On lui attribue tout. On veut qu’il paie pour tout. Et finalement, il est devenu un cauchemar pour vous. Vous l’avez déjà mis en prison. Mais vous voulez le mettre beaucoup plus en prison. Vous voulez le mettre en prison à la fois en Côte d’Ivoire et dans une prison de la communauté dite internationale. Comme cela est humainement impossible, je ne peux que compter sur votre don d’avoir des solutions pour y arriver. A moins que vous le mettiez en prison en Côte d’Ivoire et que vous mettiez ses photos et portraits en prison ailleurs. On ne sait jamais, avec ADO Solution, tout est possible. Mais quoi que vous fassiez, ce pays restera hanté par Laurent GBAGBO qui s’est déjà immortalisé par ses choix panafricanistes et son combat anticolonialiste. Ne perdez pas votre temps. Laurent GBAGBO rythmera toujours votre vie en Côte d’Ivoire et ailleurs dans le monde. Vous-mêmes l’avez remarqué à Malabo. Pour jouer l’intéressant, vous avez été obligé de photocopier le projet de GBAGBO Laurent demandant la mise en place d’un fonds africain, sans même citer l’auteur de ce projet. C’est votre plus belle qualité. Vous savez être le père de la réussite des autres.

Et cet autre problème gravissime. Un homme normal en serait altéré. Mais vous êtes ADO Solution.

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Le problème, c’est que tout se gâte, tout se détruit, tout devient cher, tout devient invivable, tout devient compliqué : règlement de comptes dans les entreprises, licenciements abusifs de cadres pro-GBAGBO, gèle des avoirs des pro-GABGBO, mise en examen des officiers qui ont liquidé les 317 légionnaires français et débarrassé le plancher lorsque vos analphabètes en armes ont débarqué à Abidjan croyant que la trahison des officiers supérieurs avait créé un boulevard pour eux. Tout ça crée tellement d’incertitudes quant à vos chances de vous en sortir vivant, que j’en ai des céphalées à votre place. Mais vous êtes comme une bactérie. Vous prospérez en environnement malsain, en environnement problématique. Alors, je croise les doigts pour vous et j’attends de voir la fin de tout ça.

Les problèmes, il y en a un peu trop à mon avis. Mais vous êtes ADO Solution. Je vous interdis de penser comme moi. Cela dit, voici mon cocktail maison de problèmes pour vous. J’ai noté pour vous que personne ne vous aime et personne n’a besoin de vous en Côte d’Ivoire, en tout cas, depuis que les Ivoiriens ont commencé à mieux vous connaître. Alors je vous soumets ce problème tout simple mais très bien dosé.

La Côte d’Ivoire est en train de perdre tous ses fondamentaux. Il faut mettre en urgence fin à la débâcle. Libérez Laurent GBAGBO. Proposez l’organisation de nouvelles élections dans six mois. Mettez-vous à l’écart et laissez les Ivoiriens se mesurer entre eux. Et après, faites vous inviter à la réconciliation nationale que la nouvelle autorité qui sortira de ces élections organisera. C’est le petit problème que j’aimerais vous soumettre ce matin.
La solution la plus simple à ma préoccupation serait que vous refusiez d’accéder à ma requête. Mais vous n’aimez pas les choses simples. Donc je sais que vous allez l’accueillir favorablement. Néanmoins ADO Solution reste imprévisible. Vous pourriez prendre l’option la plus inattendue de ma part, c’est-à-dire, le refus. Au fait, je sais que vous vous croyez malin et que vous refuseriez, ne serait-ce que par pur bon sens. Chez les Illuminati, le pouvoir ne se prend pas pour être rendu. Je le sais.

Mais j’aimerais attirer votre attention sur ce que vous risquez en n’accédant pas à ma requête. Des personnes pourraient décider de vous mettre devant des solutions et non devant des problèmes comme je le fais. Et comme vous avez été formé pour ne trouver que des solutions, je sais que vous ne saurez pas inventer des problèmes nouveaux qui correspondront à toutes les solutions qui seront mises devant vous. Vous serez emportez par ces solutions avant d’avoir le temps de les examiner. Rien ne pourra vous aider à y échapper. Une Révolution comme celle que je vois venir est un condensé de solutions qui vous laissera perplexe. Mon cher ADO Solution, réfléchissez par deux fois avant de décréter votre Solution à ma requête. Je reviendrai vers vous. Si entre temps, les solutions révolutionnaires ne vous ont pas emporté.

A très bientôt.


Hassane Magued


In La Révolution Permanente N° 0021/07/11


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SENEGAL : DES MERCENAIRES DEBARQUENT A DAKAR (PRESSE)


Environ 150 mercenaires recrutés par des responsables proche du président de la République du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, ont débarqué mardi nuit à Dakar, rapporte le journal sénégalais « Le Quotidien ».

Selon des informations recoupées par « Le Quotidien », ces mercenaires qui seraient d’origine nigériane et ghanéenne auraient pour mission d’« infiltrer les prochaines manifestations pour, par la suite, aiguillonner les manifestants vers les domiciles de leaders d’opposition, de journalistes, d’entreprises de presse ». Certains parmi les sources contactées précisent que « ceux qui sont à la base de tout cela n’excluent pas des kidnappings dans ces moments-là, si toutes les conditions sont réunies ».

Selon la même source, lors des différentes réunions qui se sont tenues au palais de la République, des membres du parti au pouvoir et leurs alliés ont martelé qu’il faut savoir rendre coup pour coup, n’ayant pas digéré l’humiliation subie suite aux différentes manifestations de ces derniers jours.

Par ailleurs, le président d’honneur du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), Amath Dansokho, a révélé mercredi sur les ondes de la Radio Futur media (RFM) que « des gens sont recrutés hier (mardi, ndlr) dans la salle de commission de l’Assemblée nationale pour attaquer les maisons des dirigeants de l’opposition ». « Je mets en garde Abdoulaye Wade et Bennoo le tient pour responsable de tout ce qui va se passer après avoir ouvertement déclaré qu’ils vont faire œil pour œil dent pour dent », a-t-il ajouté.

Le Sénégal est plongé dans une grave crise socio-politique, née de la création par le chef de l’Etat Abdoulaye Wade d’un poste de vice-président taillé sur mesure pour son fils Karim, selon ses détracteurs. La contestation, dont l’allure fait de plus en plus songer au printemps arabe, a lieu dans plusieurs villes du pays.

Depuis le 23 juin 2011, plusieurs bâtiments publics et des domiciles de responsables du régime ont été incendiés. La police et la gendarmerie étant débordées, le gouvernement a eu recours à l’armée pour mettre fin aux émeutes.


In Le Quotidien/RFM

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FRANCE: SIX MOIS DE PRISON AVEC SURSIS POUR HERMANN FUSTER L’AGRESSEUR DE SARKOZY


L’homme qui a agrippé le président hier lors de sa visite dans le Lot-et-Garonne est donc sorti libre du tribunal.

Hermann Fuster, l’homme d’une trentaine d’années qui a violemment agrippé le président de la République Nicolas Sarkozy jeudi à Brax (Lot-et-Garonne) a été condamné à six mois de prison avec sursis, vendredi 1 juillet après-midi, en comparution immédiate par le tribunal d’Agen.

Il est donc sorti libre du tribunal, le visage fermé, et s’est engouffré dans une voiture avec sa mère, sans faire de déclaration.

La condamnation a été assortie de 3 ans de mise à l’épreuve, d’une obligation de soins en milieu hospitalier et d’un stage de citoyenneté de 2 jours.

Le procureur avait requis neuf mois de prison, dont six avec sursis. Pascal Prache avait également requis un mandat de dépôt ainsi qu’une obligation de soins et un stage de citoyenneté de deux jours à l’encontre du prévenu.

Un “tabou brisé”

“En vous en prenant au président de la République, c’est un tabou qui a été brisé, celui de l’intégrité physique de celui qui est la clé de voûte des institutions”, a lancé Pascal Prache dans son réquisitoire d’une vingtaine de minutes, ajoutant: “La base de la démocratie, c’est le respect et l’absence de violence physique, c’est un enjeu démocratique que vous avez mis en péril”.

Le prévenu avait assuré avoir plutôt voulu pousser “un coup de gueule” que “mettre un poing dans la gueule” du président, allusion à plusieurs SMS envoyés à son ex-épouse juste avant son geste, et mentionnant son intention de donner un coup à Nicolas Sarkozy. Hermann Fuster a expliqué qu’il fallait lire ces SMS avec humour.

Son avocat Me Laurent Bruneau avait estimé que son client “fait partie de ceux qui s’indignent”, et que son geste signifiait “y’en a marre”.

Hermann Fuster, employé municipal au Conservatoire de musique et de danse d’Agen, est apparu dans le box habillé de noir, avec des motifs de style gothique à base de têtes de morts sur son tee-shirt, et les cheveux ramenés en long catogan.

3 ans de prison encourus

Il était jugé pour “violences sur personne dépositaire de l’autorité publique” n’ayant pas entraîné d’incapacité, des faits passibles de 3 ans de prison et 45.000 euros d’amende. Il avait passé la nuit en garde à vue dans les locaux de la Section de recherches (SR) de la gendarmerie d’Agen.

Il avait été immédiatement maîtrisé par des officiers de sécurité et Nicolas Sarkozy n’a pas porté plainte. C’est la première fois depuis son accession à l’Elysée que celui-ci était ainsi pris à partie physiquement.

Aux termes de l’article 222-13 du code pénal, Hermann Fuster encourait trois ans de prison et 45.000 euros d’amende.



In Le Nouvel Observateur


Source des articles : IVORIAN.NET

GUERRES ETASUNIENNES: LE COUT


L’évolution de la dette américaine
(en milliers de milliards de $ US !)

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Par Maurizio Matteuzzi


Voir : L’horloge de la dette des USA


Des pays surendettés comme la France et, notamment, les USA, en mal de ressources pour redresser leurs économies déclinantes et pour rebondir, mettent le monde en danger. Il faut trouver dans la gestion chaotique de leurs déficits budgétaires, véritables gouffres financiers, l'explication de ces nombreuses crises et guerres entretenues dans le monde (Irak, Afghanistan, Pakistan, Libye, Côte d'Ivoire) avec leurs cortèges de morts, de destruction et d'instauration du chaos. En réalité, tout juste une couverture pour mettre en place la nouvelle régence de la planète Terre. Le Nouvel Ordre Mondial est en marche. DIEU garde l'humanité! Fernand Dindé.


La dette américaine (plus de 13 000 milliards de $ US !) :

Horloge de la dette


Première question : les Etats-Unis d'Amérique pourraient-ils vivre sans que quelque guerre n'alimentât, surtout en temps de crise économique, leur puissant système militaro-industriel ?

Seconde question (ingénument rhétorique) : que pourraient faire les Etats-Unis d'Amérique s'ils destinaient les colossales ressources économiques utilisées pour les guerres à leurs problèmes sociaux ?

Questions qui surgissent à la lecture de l'étude produite par l'Université Brown de Providence, dans le Rhode Island, de la prestigieuse chaîne universitaire Ivy-league. On peut se reporter pour ce faire au site de l'université : « Cost of war, 250.000 lives and up to £4 trillion » et sur le site du quotidien londonien The Independant, qui y a consacré hier un article, synthétisé ainsi : « La guerre au terrorisme s'apprête à dépasser le coût de la seconde guerre mondiale ».

Le coût total pour l'Amérique ( !? pour les Etats-Unis d'Amérique, NdT), des guerres post-11 septembre contre l'Irak et l'Afghanistan, et des opérations militaires corrélées au Pakistan (genre l'Opération Jeronimo contre -le présumé, NdT- Ben Laden), est en voie, étant donné qu'elles ne sont pas encore finies, de dépasser les 4 trillions de dollars (4 mille milliards). Non seulement les guerres les plus longues de l'histoire des Usa, non seulement plus du triple des financements attribués par le Congrès dans la décennie suivant le 11 septembre 2001 (George Bush avait dit que la guerre en Irak coûterait 50-60 milliards), mais aussi déjà quasiment équivalentes au coût de la seconde guerre mondiale, qui pour le Bureau du budget du Congrès se monte, selon les chiffres connus aujourd'hui, à 4.1 trillions de dollars. Et le chiffre ne comprend pas le coût de la nouvelle guerre en Libye, « mineure » par rapport aux deux autres, mais quand même toujours lourde.

Face à cette somme épouvantable, les 1.3 trillions officiellement attribués par le Congrès ne sont que la pointe de l'iceberg. Il faut y ajouter le paiement des intérêts sur l'argent nécessaire pour financer les deux guerres (financées, contrairement aux précédentes guerres étasuniennes, quasiment entièrement avec de l'argent emprunté et qui tôt ou tard devra être restitué) ; les 400 milliards de dollars du coût estimé à l'intérieur des Etats-Unis pour la « guerre au terrorisme » ; les coûts relatifs aux vétérans et aux invalides (de guerre, NdT). A la fin, le compte total estimé par le Watson Institute for International Studies de l'Université Brown atteint les 3.7-4.4 trillions.

Une étude analogue de 2008 conduite par d'autres universitaires (parmi lesquels J. Stieglitz) pour l'Université Harvard s'était arrêtée à 3 trillions. Mais depuis lors, les choses ont empiré car la situation financière des Etats-Unis est beaucoup plus critique du fait de la crise économique globale et d'un déficit du budget fédéral qui tourne autour d'1.5 trillions par an.

Et puis il y a les coûts humains. L'étude de la Brown calcule qu'il y ait entre 250.000 et 258.000 morts. Une petite tranche de ce calcul -6.100- sont les militaires étasuniens, puis viennent les 125.000 morts (civils, NdT) en Irak (chiffre probablement sous-estimé), les 140.000 morts en Afghanistan (sans compter ceux du Pakistan, plusieurs milliers), et les morts indirects (des blessures, épuisement, manque de soins, etc.). Enfin les réfugiés (qui essaient de fuir où ?), entre 7-8 millions.

Il faudrait aussi calculer quelles issues politiques ont produit ces coûts économiques colossaux. Ici le résultat est plus insidieux et incertain. Mais certaines données sont sûres : le monde « s'est libéré » de régimes brutaux comme ceux de Saddam Hussein et des Talibans (en attendant Kadhafi) (on laisse au lecteur le soin de faire une comparaison entre la brutalité de ces régimes et celle des Etats-Unis d'Amérique, NdT) ; mais les Talibans sont encore là, et pour la démocratie « exportée », on ne peut pas dire qu'elle ait fleuri en Irak et Afghanistan (et on verra en Libye) ; et on peut dire, sans controverse (pour l'auteur, NdT), que le plus grand vainqueur de la guerre en Irak est l'ennemi le plus coriace pour les Etats-Unis : l'Iran.

Dernier détail. Ces 4 trillions et quelques ne sont pas le coût total des guerres en Irak et Afghanistan. Seulement celui des Usa...

 

Edition de vendredi 1er juillet 2011 de « il manifesto ».

 

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2...

Traduit de l'italien par Marie-Ange Patrizio.



Source: COMITE VALMY

samedi, 02 juillet 2011

NAFISSATOU DIALLO EST-ELLE UNE «BANDIT GUINEE»?


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La crédibilité de la jeune femme de chambre guinéenne qui accuse de viol l'ex-patron du FMI s'effondre. Mais ses écarts avec la vérité et la légalité sont banals.


Rebondissement dans l'affaire DSK: l'accusation menace de s'effondrer, en raison du manque de crédibilité de Nafissatou Diallo. La jeune femme aurait menti à plusieurs reprises, selon des enquêteurs cités par le New York Times. Une audience surprise est attendue ce vendredi 1er juillet à New York, à 17h30 heures de Paris.

Le procureur de New York, Cyrus Vance, aurait perdu confiance en Nafissatou Diallo, la femme de chambre guinéenne du Sofitel de New York qui accuse Dominique Strauss-Kahn de l'avoir agressée sexuellement, le 14 mai, dans la suite qu'il occupait. Les collaborateurs du procureur, d'abord sûrs de tenir des preuves à charge contre DSK, affirment aujourd'hui avoir des «problèmes avec le dossier», selon le New York Times. Des preuves récoltées par la médecine légale montrent qu'il y a bien eu un rapport sexuel entre les deux protagonistes de l'affaire. Mais l'accusation pourrait s'effondrer en raison des mensonges répétés qu'aurait fait Nafissatou Diallo.

Décrite par ses proches et connaissances comme une femme tranquille et sans histoire, Nafissatou Diallo serait-elle en fait une «bandit Guinée»? C'est le surnom qu'on donne à Conakry aux jeunes filles prêtes à tout avec les hommes, pour se faire payer un verre, une nouvelle paire de chaussures, ou récolter quelques billets de francs guinéens.

Des mouvements d'argent troublants

Ses mensonges portent notamment sur les conditions dans lesquelles la jeune femme a demandé l'asile politique aux Etats-Unis et ses liens avec des criminels impliqués dans le trafic de drogue et le blanchiment d'argent. Dans la journée qui a suivi les faits, alors qu'elle était sur écoute, Nafissatou Diallo a passé un coup de téléphone à un détenu pour discuter de l'éventuel parti financier à tirer d'une plainte contre DSK. Cette homme avait été arrêté pour détention d'une grosse quantité de cannabis. Il fait partie des différentes personnes à avoir versé d'importantes sommes en liquide, totalisant 100.000 dollars (67.000 euros) au cours des deux dernières années, sur le compte bancaire de la jeune femme. Des transferts d'argent effectués depuis l'Arizona, la Géorgie, New York et la Pennsylvannie. Nafissatou Diallo aurait par ailleurs versé des centaines de dollars par mois à cinq sociétés différentes de télécommunications. Elle affirme n'avoir qu'un seul téléphone et ne rien savoir de ces paiements, faits par des hommes qu'elle décrit comme son fiancé et ses amis.

D'autre part, elle aurait affirmé aux enquêteurs de la police avoir déjà été victime d'un viol, qu'elle aurait mentionné lors de sa demande d'asile politique aux Etats-Unis. Seul problème: son dossier aux services de l'immigration n'en porte pas la trace. Elle aurait aussi raconté avoir subi une excision, mais son récit aux enquêteurs ne correspond pas non plus à celui qu'elle a fait à l'immigration.

«C'est une pagaille, une pagaille des deux côtés», a affirmé un officiel du bureau du procureur au grand quotidien new-yorkais. Les magistrats pourraient lever dans la journée du 1er juillet l'assignation à résidence imposée à Dominique Strauss-Kahn, 62 ans.

Qui n'a jamais menti?

Le fait que Nafissatou Diallo, immigrée guinéenne, se soit empêtrée dans les versions de son parcours prend une importance cardinale dans le dossier en cours, mais paraît relativement banal dans les démarches tentées par les immigrés africains en Europe et aux Etats-Unis. Beaucoup, pour décrocher le permis de séjour, sont prêts à enjoliver leurs récits et à insister sur des faits qui relèvent parfois de la pure fiction. La députée néerlandaise d'origine somalienne, Ayan Hirsi Ali, avait été temporairement déchue de sa nationalité néerlandaise, après diffusion, en mai 2006, d'une enquête fouillée par la télévision néerlandaise sur son passé. Les Pays-Bas avaient ainsi appris qu'elle avait menti sur son nom (en réalité Ayaan Megan), son itinéraire (elle a vécu au Kenya pendant dix ans en tant que réfugiée et n'a pas subi les horreurs de la guerre civile en Somalie, d'où elle a prétendu venir directement) et un mariage forcé (ses propres parents ont affirmé qu'elle était consentante). En chemin pour le Canada, où résidait son mari somalien, elle s'est arrêtée en Allemagne puis aux Pays-Bas, où sa demande d'asile a été accordée sur la base de plusieurs mensonges. Cette femme partie en croisade contre l'islam et l'excision n'avait retrouvé son passeport néerlandais qu'après un vote des députés au Parlement pour la soutenir, peu avant de démissionner de son siège de députée et de quitter les Pays-Bas pour les Etats-Unis.

Quand aux femmes africaines qui laissent leur compte en banque servir à des amis ou connaissances, quitte à se faire dévaliser par leur propre mari, frère ou cousin, la pratique ne paraît pas, là encore, si exceptionnelle. A Paris, une Sénégalaise peule ayant ouvert l'un des premiers restaurants africains de la capitale, en 1968, s'est ainsi vue dépouiller de toutes ses économies par des hommes de sa propre famille. Des individus dont elle ne savait rien des activités, à qui elle faisait confiance, et qui prétendaient vouloir l'aider.

 

Sabine Cessou


Source: SLATE AFRIQUE

 

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STRAUSS-KAHN RESTE UN VIOLEUR PRESUME


Par Claude Ribbe

Selon le New York Times, la crédibilité de l'accusatrice aurait été entamée par des faits relevés par deux enquêteurs dont l'identité n'a pas été révélée. Quels sont ces faits ? Après son agression, et donc après avoir déposé plainte, Nafissatou Diallo aurait eu une conversation avec un détenu accusé d'avoir été en possession de 200 kg de marijuana. Cet homme, avec des amis, aurait fait des dépôts sur des comptes ouverts au nom de Nafissatou Diallo, pour un montant de 100 000 dollars au cours des deux dernières années. Dans la conversation, enregistrée par la police, Nafissatou Diallo aurait évoqué les indemnités qu'elle pourrait obtenir à la suite de sa plainte.

Qu'en conclure ? Si ces faits sont avérés (ce qui reste à démontrer) dans le pire des cas, Nafissatou aurait parmi ses amis un trafiquant de marijuana qui aurait déposé, en deux ans, 100 000 dollars sur des comptes à son nom. Nafissatou aurait gardé des relations avec cet ami, son « fiancé » peut-être, malgré son arrestation. Elle l'aurait appelé pour lui dire qu'elle avait été violée, ce qui n'est sans doute pas une révélation facile à faire. Elle lui aurait dit que le seul aspect positif de cette histoire, c'est qu'elle aurait peut-être droit à des dommages-intérêts. Si Nafissatou a parlé au téléphone sans penser qu'elle était écoutée, cela révèle de sa part une certaine naïveté qui plaide plutôt en sa faveur. A-t-elle profité de ces 100 000 dollars déposés sur des comptes à son nom ? Etait-elle informée des dépôts ? A-t-elle rendu service à son ami en connaissance de cause ? Autant de questions auxquelles elle pourra certainement apporter des réponses. Au pire que son petit ami, un petit trafiquant de shit peut-être, aurait pu être mieux choisi, qu'il l'a mise dans le pétrin en se servant d'elle pour blanchir de l'argent. Choisit-on toujours bien ceux qu'on aime ? Une question qu'il faudrait poser à Anne Sinclair, à supposer qu'elle agisse par amour.

Du blanchiment d'argent : pas des millions de dollars. Cent mille dollars en deux ans ! Quelques journées d'argent de poche pour Dominique Strauss-Kahn. Si les comptes étaient à son nom, étrange que Nafissatou n'ait jamais été inquiétée pour complicité de blanchiment, alors que son petit ami, lui, est en prison. Etrange qu'une conversation téléphonique enregistrée par la police voici cinq semaines ne soit révélée que maintenant au procureur. Quant à avoir évoqué les possibles réparations pour le crime qu'elle affirme avoir subi, même avec un petit trafiquant incarcéré, où est le problème ? Comme Anne Sinclair, elle espérait peut-être avoir assez d'argent pour le faire sortir de prison. Avec cette différence qu'elle est noire, pauvre, et musulmane. De quoi Strauss Kahn, qui, lui, a demandé que la teneur de ses conversations téléphoniques précédant son arrestation, ne soient pas communiquées, peut-il bien parler, sinon de sexe, d'argent et de pouvoir ? Strauss-Kahn n'a certainement que des amis en règle. Aucun voyou, c'est sûr, dans ses relations. Et, bien entendu, il n'a jamais déposé d'argent liquide sur aucun de ses comptes. Le fait que son lieutenant François Pupponi règle ses frais de bouche avec la carte bleue de la SEM chaleur de Sarcelles n'est évidemment pas de nature à affaiblir ses dires.

Un trafiquant de shit ! Peut-être noir, en plus ! C'est bien pire qu'un violeur présumé de négresses. Un tiers des Français entre 18 et 64 ans (soit plus de 13 millions) admettent pourtant - selon une enquête publiée la semaine dernière - avoir fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie, 4 % au cours du dernier mois : Il faut bien que ce cannabis vienne de quelque part. Eh oui : il y a des trafiquants. Des gros et des petits. C'est sans doute très vilain, mais pour le moment, la marijuana n'a encore tué personne. On n'en dira pas autant de l'alcool. Voire du Viagra dont certains obsédés sexuels font une consommation peut raisonnable et qui pourrait expliquer bien des débordements. Continuons la liste des turpitudes de Nafissatou invoquées par les enquêteurs anonymes. Elle aurait affirmé aux policiers avoir mentionné un viol et une excision dans sa demande d'asile aux USA et, vérification faite, on ne trouve pas trace de ces éléments dans son dossier. Damned ! Quelle affaire ! Cela voudrait dire qu'elle n'aurait jamais été violée ni excisée ?

Qu'y a-t-il dans tout cela qui exonère Strauss Kahn des graves accusations portées contre lui ? Rien ! Un Strauss-Kahn aurait le droit de violer impunément une femme parce qu'elle serait la copine d'un dealer de shit et qu'elle se serait embrouillée dans ses déclarations pour obtenir le droit d'asile ? Faut-il être une sainte (comme Anne Sinclair) pour être crue sur parole quand on affirme avoir été violée ? Intéressant pour un homme qui se dit de gauche.

La révélation de ces broutilles, compte tenu du système de procédure pénale américain, a permis à Strauss-Kahn, quasi-mécaniquement, d'obtenir illico une libération sur parole et de récupérer la caution versée par sa femme. On s'en réjouit pour elle. On s'en réjouit pour lui. Sa vie sexuelle va s'en trouver plus épanouie. En espérant qu'il n'y aura pas de nouvelles plaintes. Cependant, les accusations sont bien maintenues par le procureur. Strauss-Kahn n'a pas récupéré son passeport et se trouve toujours inculpé de crimes très graves. Il est libre d'être sur le territoire américain, le FBI aux fesses. La réhabilitation tant espérée par les amis zélés du violeur présumé, son élection à la présidence de la République en 2012, restent pour l'instant assez hypothétiques. Quel dommage ! On aurait tant aimé voir Strauss-Kahn débarquer, plus triomphant encore qu'un otage libéré, et, fort de sa supériorité naturelle, annoncer sa candidature à la primaire socialiste, malgré ce « troussage de domestique» d'autant moins important qu'il ne s'agissait que d'une négresse. Et tout le monde sait que "les négresses sont plus chaudes que les blanches" (Flaubert, Dictionnaire des idées reçues). En somme l'exercice anodin, j'oserais presque dire à la sarcelloise, d'un droit de cuissage sur une indigène qu'Anne Sinclair- ah la sainte femme ! - aurait, une fois de plus, pardonné.


Source: Le Blog de Claude Ribbe

vendredi, 01 juillet 2011

REGRETS CHEZ LES SOUTIENS DE OUATTARA : L’UNION EUROPEENNE DESAVOUE LE POUVOIR


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Le temps du soutien aveugle passé, c'est actuellement le temps des regrets chez les alliés de Ouattara qui reconnaissent à chaque occasion qu'ils «se sont trompés sur son compte» et qui ne manquent plus de l'exprimer ouvertement.


Ce n'est plus un secret pour personne. Les relations ne sont plus au beau fixe entre Ouattara et ses soutiens extérieurs, après le coup d'Etat de l'armée française qui a renversé Laurent Gbagbo le 11 avril 2011. Dans les milieux diplomatiques et les chancelleries européennes, des sources crédibles reviennent chaque jour sur la désillusion de Paris et des capitales européennes quant aux capacités à gouverner efficacement la Côte d'Ivoire pour relever les défis nées de l'anéantissement de économie du pays par la «coalition alliée» contre le président Gbagbo. Déjà, un diplomate français, notant les atermoiements, les tâtonnements, les ratés et le manque de lisibilité qui entourent les actions approximatifs de Ouattara, ne cachait pas que la France s'est mépris sur les aptitudes réelles de son pion à  diriger et la popularité dont il était censé jouir dans le pays. «Certes Paris fait un constat bien tardif mais qui n'est pas moins vrai. Mais les parrains du mentor du Rdr ont sans doute de mérite de reconnaître leur erreur et il n'y a pas de honte à le faire. Le drame est que trop d'innocents sont morts pour rien, trop de choses ont été détruites inutilement», regrette un observateur proche des troupes françaises qui ont perpétré le dernier coup d'Etat de la France en Afrique. «Un coup pour rien», semblent dire les personnalités françaises désabusées qui rejoignent aujourd'hui ceux qui avaient déconseillé ce coup de force au président français qui «...est allé trop loin dans la crise ivoirienne, il n'aurait pas dû en arriver là».

Mais le mal est fait. Et la triste réalité est que  «Ouattara n'est pas à la hauteur de la tâche», murmurent beaucoup de conseillers dans l'entourage de Nicolas Sarkozy, à en croire certaines indiscrétions.

Les capitales européennes excédées...

A l'Elysée, c'est le profil bas pour les comploteurs. Dans la mesure où la crise ivoirienne risque de peser lourd pour le candidat Sarkozy lors de la prochaine campagne de l'élection présidentielle 2012 en France. Surtout après l'affaire Strauss Kahn, ex-Dg du Fmi. Un homme qui inquiète Sarkozy et qui pourrait en savoir beaucoup sur certaines choses...

Pis, «le Trésor français qui éprouve lui-même des difficultés n'est pas prêt à débourser  un rond pour les nouveaux maîtres d'Abidjan», confient des diplomates français, sous cape. Surtout  tant que leurs  gens en armes circuleront à travers le pays. Mais le malaise créé par le nouveau pouvoir ivoirien ne s'arrête pas qu'à Paris. Dans les capitales européennes où le pouvoir en place a effectué des démarches pour demander des aides et des prêts, «les milieux financiers sont excédés par la propension du régime actuel à tendre la main à tout bout de champ». Même si ceux-ci restent courtois dans le ton de leurs vagues promesses à Ouattara, une autorité européenne «irritée  par le harcèlement» des demandeurs, leur aurait, selon nos sources, répondu ce qui suit de façon cinglante: «Laurent Gbagbo a dirigé la Côte d'Ivoire pendant que le pays était occupé en partie par les ex-rebelles en mettant en place un budget basé sur les ressources de son pays.

Jamais il n'a demandé un centime à qui que ce soit». En fait, celui-ci n'a fait que dire tout haut ce que les Européens pensent tout bas de leurs alliés ivoiriens. La réalité est que l 'Union européenne, confrontée elle-même à une crise économique et budgétaire accrue, n'a pas d'argent à donner  à un chef d'Etat africain actuellement. Pour s'en convaincre, il suffit de comprendre que des pays comme la Grèce, le Portugal, l'Irlande pour ne citer que les plus malades sont au bord  de la faillite. Chaque jour, ces pays en difficulté pleurent et sollicitent l'aide financière de l'Ue qui, jusque-là, n'a pas encore trouvé un sou pour les sauver de ce  naufrage collectif imminent. Une situation qui menace dangereusement l'union au plan économique et «qui risque d'ébranler financièrement l'Europe et même les Etats-Unis», ont averti  les hautes autorités grecques qui sont aujourd'hui confrontées à des vagues de manifestations syndicales et populaires. Nul n'est donc besoin de sortir de la plus grande université du monde pour comprendre que les soutiens de Ouattara se cherchent eux-mêmes. Et on ne voit pas comment ils trouveraient à l'heure où nous parlons, 13.000 milliards de F pour Ouattara, alors qu'ils n'ont pas encore résolu les problèmes de pays européens, membres de l'Ue. En clair, ce n'est pas  à un pays africain que l'Ue donnera de l'argent au moment où elle a du mal à sortir ses propres membres des problèmes financiers qui les secouent actuellement. Les rêves du nouveau pouvoir quant au déluge de milliards promis par Ouattara lors de sa campagne électorale et attendus par ses électeurs, si elle repose sur une aide de l'Europe et du Fmi, relèverait tout simplement de la chimère. La désillusion est donc grande pour «les preneurs de crédité» qui essuient actuellement un cinglant revers de la part des leurs alliées qui, comble du désamour, les renvoient à l'école de Laurent Gbagbo.

Les bailleurs de fonds renvoient Ouattara à l'école de Gbagbo

En effet, les partenaires de Ouattara lui auraient poliment demandé de s'inspirer de l'exemple de Laurent Gbagbo qui, au moment où il était au pouvoir, a su réaliser une prouesse économique dans une situation difficile. En d'autres termes, «les Blancs ont conseillé au nouveau pouvoir d'aller demander à Laurent Gbagbo comment il a fait pour diriger un pays en guerre pendant 10 sans prendre crédit», a dit, pour ironiser, un observateur de la scène économique ivoirienne. Avant de rappeler que le président Gbagbo était même sur le point de sortir la Côte d'Ivoire de l'endettement car il a réussi, par sa bonne gestion, à atteindre le «Point d'achèvement de l'initiative Pays pauvre très endetté». Et il aurait réussi si Ouattara et ses alliés ne lui avaient pas mis les bâtons dans les roues. Ce qui aurait permis à la Côte d'Ivoire d'économiser au moins 500 milliards de F par an. Car, avec Laurent Gbagbo, c'était du concret, sur la base des ressources propres et du travail des fils et filles de la Côte d'Ivoire. Et non d'hypothétiques pluies de milliards, sur la base de l'aide qu'on attend des autres. «Cette remarque sur la bonne gestion de l'économie ivoirienne par Laurent Gbagbo, l'on s'en doute, n'aurait pas été du goût du nouveau pouvoir qui en aurait été vexé et frustré», selon nos sources. Car l'ombre de Gbagbo, dont les Ivoiriens attendent la libération, plane, plus épaisse que jamais sur le pays, au fur et à mesure que les nouvelles autorités montrent leurs limites.



K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien "Le Temps"


Source: TELEDIASPORA.NET

dimanche, 26 juin 2011

DRAMANE OUATTARA ET L'ILLUSION DU DEVELOPPEMENT

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La chronique de Hassane Magued

J'ai lu comme vous, avec beaucoup d'émotion mais aussi, avec beaucoup d'étonnement, certains commentaires postés par certains lecteurs des Articles de la Révolution Permanente demandant l'appui de tous à Monsieur Dramane OUATTARA pour mener à bien son programme de développement pour la Côte d'Ivoire au lieu de formuler contre lui, des critiques acerbes. Certains d'entre vous ont répondu sans porter gant, à ces lecteurs des Articles de la Révolution Permanente que je remercie et encourage du fond du cœur.

Comme vous et moi, ces personnes soucieuses du bien-être des Ivoiriens depuis l'intrusion de Dramane OUATTARA en Côte d'Ivoire, n'ont, de cesse, souffert le martyr. Je vous invite par conséquent, Patriotes et amis de la Côte d'Ivoire, à voir en ces réactions, un cri du cœur mal formulé, ou béatement exprimé. Aussi ai-je jugé bon, de consacrer l'Article N°0011 de la Révolution Permanente, à la question du Développement, telle qu'elle se pose aujourd'hui en Côte d'Ivoire.

Sans entrer dans les théories économiques de type académique qui ne vous apporteront rien de nouveau, permettez-moi de partager avec vous, une bien sobre définition de la notion de Développement. En règle générale, le Développement pourrait se définir comme la capacité pour une cité humaine, de satisfaire les besoins primaires de la collectivité qui l'habite, grâce à un système stable de production de richesses, dont l'accès est garanti pour tous, selon le niveau d'instruction, de la force de travail, des mécanismes solidaires mis en place, pour assurer le bien être social, matériel et spirituel de tous. Le Développement est donc à la fois social et économique. Et en tant que tel, il s'apparente à un processus dynamique, qui évolue avec l'environnement social, culturel et le marché de la consommation locale ou internationale. Bref. Au-delà de la difficulté qu'il y a de donner une définition technique ou sociologique raisonnable de la notion de Développement, il importe de relever à l'attention de tous, que la question du Développement en Côte d'Ivoire, s'est inscrite depuis les années coloniales, dans une dynamique de "production pour compte de".

En effet, à la différence des colonies de peuplement comme le Sénégal, la Côte d'Ivoire est une Colonie de production dont l'essentiel de la production agricole, a été réalisé pour le compte du colon qui devait développer son industrie. Depuis cette période jusqu'à la recolonisation actuelle de la Côte d'Ivoire, le pays n'a fait que produire pour l'industrie française et occidentale. Chose qui, si elle s'inscrivait dans un environnement de souveraineté nationale effective, constituerait un accélérateur de progrès économique pour la Côte d'Ivoire, car l'argent qui enrichi est celui qui vient des autres pays. Mais à quoi assistons-nous ? Examinons ensemble les grandes époques du processus de développement de la Côte d'Ivoire.

L'époque d'Houphouët Boigny et le "miracle ivoirien"

Ce fut l'époque de l'âge d'or du commerce du cacao et du café. Houphouët Boigny, par un jeu savant, a su encourager la production agricole et faciliter l'accès aux terres cultivables sans une véritable politique agraire. Bien entendu, cela allait entrainer les problèmes de terres dans les régions cacaoyères. Mais en attendant, il fallait produire et enrichir le pays. L'homme était lui-même paysan, et il connaissait les secrets de la terre. La balance commerciale extérieure de la Côte d'Ivoire fut et demeura excédentaire pendant des années. C'était normal. Le pays exportait plus qu'il n'importait. Ce fut dans les années 1970. La Côte d'Ivoire avait atteint le niveau d'un pays émergent. Il avait les mêmes indicateurs du développement que la Chine et la Corée du Sud. Mais la Bourse du cacao était à Londres. Et c'est le colonisateur qui fixait les règles du marché. Il créa une inflation de l'offre en encourageant une forte production de cacao et de café de moindre qualité gustative en Asie, notamment dans les pays comme le Vietnam, la Thaïlande ... Le prix des instruments de la puissance économique de la Côte d'ivoire s'effondra brutalement. La Côte d'Ivoire fut dès lors plongée dans une conjoncture économique désastreuse. C'était la fin du miracle Ivoirien.

L'époque de Laurent GBAGBO et le développement autocentré

Enseignant et politicien, l'Homme ne s'est jamais présenté comme un paysan ni même comme un intellectuel. Son métier, c'est la politique. La politique pour gouverner des hommes dans un environnement de développement axé sur le potentiel national. Sur la question des piliers du Développement de la Côte d'Ivoire, il a très vite concentré son espérance sur le monde agricole. Il avait très vite compris que ce n'était pas en vain qu'Houphouët disait que « le succès de ce pays repose sur l'agriculture ». Mais l'Homme GBAGBO est dans une dynamique de Refondation. Il oriente sa stratégie du développement autocentré sur deux axes : d'une part, il confie la gestion de la filière agricole aux agriculteurs, encourage la transformation locale des matières premières et réussit à obtenir des prix d'achat record pour le cacao. Au moment où la France le capturait pour installer Dramane OUATTARA à la tête de la Côte d'Ivoire, le cacao s'achetait au prix bord champ à 1200 francs CFA (soit 1.83 euros) le kilogramme. Avec les ressources tirées du cacao et du café, Laurent GBAGBO paie les dettes contractées par ses prédécesseurs. Il supporte les charges publiques de l'Etat. Et initie des actions de développement en direction des jeunes. Mais Laurent GBAGBO n'est pas vigilant. Ou il est attentiste. Des paysans dirigeant la filière se partagent des deniers collectifs et soulèvent la question cruciale de la bonne gouvernance. Laurent GBAGBO fait réaliser des audits qui aboutiront à l'incarcération des patrons de la filière café-cacao. Mais le mal était presque déjà fait, faute de vigilance.

D'autre part, Laurent GBAGBO invente un mécanisme de financement des infrastructures publiques à partir des ressources pétrolières. Avec l'architecte Pierre Fakhouri, le partenariat public-privé fonctionne et permet aux grands projets comme le Transfert de la Capitale à Yamoussoukro, le Palais Présidentiel de Yamoussoukro, l'extension du Port d'Abidjan à l'Ile Bouley, de voir le jour. Laurent GBAGBO n'emprunte pas 1 franc à qui que ce soit. Toutes les avances de trésoreries qui lui sont accordées sur ses projets sont garanties par les ressources du sous-sol immensément riche de la Côte d'Ivoire.

En effet, il était en disgrâce. Frappé d'anathème parce que la rébellion que la France lui a offerte, peine à le vaincre. Sans ami dans les loges des réseaux d'influence, passant ses vacances auprès de sa mère dans son village à Mama, ce fils de pauvre qui s'est invité à la politique ne pouvait que compter sur le potentiel du peuple ivoirien. Il a payé très cher, cette indépendance économique en filigrane de son action de développement. Depuis le 11 avril 2011, il a été fait prisonnier au profit de Dramane OUATTARA et il attend dans le silence, comme un agneau abandonné, un orphelin méprisé, le temps de la délivrance par le Père des orphelins, l'Eternel des Armées. Combattant de la liberté, nous sommes à la tâche. Tiens bon. Ce n'est plus qu'une question de ...

L'époque de Dramane OUATTARA et l'art de développer sans production de richesses

C'est l'épopée des pluies de milliards. A maintes reprises, Dramane OUATTARA l'a dit. Il ne veut pas que les jeunes aillent à l'école. Il les a invités, pendant sa période d'incubation à l'Hôtel du Golf, à ne plus aller à l'école. Il a des armes pour eux, à quoi bien peut leur servir l'école ? La richesse est au bout du canon. Et les pluies de milliards tomberont drues et soutenues.

Mieux, Dramane OUATTARA n'a pas besoin d'impôt. Il fait cadeau à tous les transporteurs, de la fiscalité liée à leur secteur d'activité. Il ne veut d'aucun impôt. En droit économique, pour supprimer un impôt, une ressource acquise à l'Etat, il faut proposer une ressource de substitution. Cela s'appelle l'amendement compensé. Mais OUATTARA a plus d'un tour dans son sac. Abracadabra ! Les caisses de l'Etat seront pleines. Il est féticheur de naissance et bouddhiste doublé d'un statut très convoité d'illuminati. C'est le summum du spiritualisme luciférien.

Plus important, Dramane OUATTARA va construire 5 universités sans étudiants pour les occuper, 2000 écoles par an, créer 20 000 emplois également par an. Mais il ne compte pas sur l'argent du cacao ou du café. De 1200 francs CFA par kilogramme au moment où il enjambait les corps des Ivoiriens pour s'asseoir sur son fauteuil virtuel de Président, il ramène le prix du kilogramme de cacao bord-champ à 300 francs CFA. Les paysans avaient commencé à s'enrichir. Cela poserait problème à moyen terme. Il fallait y mettre fin.

Dramane OUATTARA ne veut pas que les fonctionnaires se fatiguent à la tâche. Des pluies de milliards arrivent. Ils ne doivent pas travailler pour assurer la continuité de l'Etat. S'ils le font, ils passeront de longs séjours en prison ou perdront leurs emplois. Là encore, l'Homme surprend par l'originalité de son approche du développement.

Mieux Dramane OUATTARA croit que les coupures du franc CFA attachées à la Côte d'Ivoire, notamment les fameux billets « A » doivent être démonétarisés. Il paie son armée d'indigènes venus du Nord avec des faux billets. Chez ce monétariste, l'argent est meilleur pour les autres, quand il n'a pas de valeur monétaire.

Enfin, pour réaliser ses projets pharaoniques, il ne propose aucune stratégie de production de richesse. En tout cas, je ne m'en souviens pas. Il veut juste dépenser. C'est cela l'essentiel de son programme de Gouvernement.

Alors question. C'est l'argent de qui que Dramane OUATTARA veut dépenser ? Un humoriste ivoirien vous dira : il y a deux cas. Soit, c'est de l'argent emprunté, soit c'est de l'argent falsifié. Si c'est l'argent emprunté, là aussi, il y a deux cas : soit c'est une dette qui sera accordée, soit refusée. Si la dette est accordée, là aussi il y a deux cas : soit elle le sera entièrement en tenant compte de la capacité de remboursement du pays, soit elle le sera au prorata de la capacité réelle de remboursement du pays. Mais si le prêteur veut être exigeant, là encore, il y aura deux cas : soit il refusera d'accorder le prêt parce que tous les indicateurs de production sont au rouge, soit, il acceptera à condition de conduire des réformes pour rendre visible la stratégie de production durable de richesse.

Mais OUATTARA n'a aucune stratégie de production de richesse. Il veut vivre de dette. Il veut endetter la Côte d'Ivoire. Il utilise le nom de la Côte d'Ivoire et ses richesses comme une carte de crédit. C'est cela l'illusion du Développement. Elle est l'art de dépenser à crédit ou de formuler des projets pharaoniques en comptant sur une entrée d'argent peu probable. Soyons sérieux ! Il s'agit de gérer un pays tout de même ! En théorie économique, le réflexe de dépenser ou de projeter de dépenser l'argent qu'on n'a pas encore reçu, s'appelle "l'illusion monétaire". Côte d'Ivoire, tu es en danger. Tu es en pleine illusion économique. Tu es victime d'arnaque. Si tu ne fais rien, tu seras plus qu'appauvrie. Tu seras réduite à rien. Tu es abusée et en pleine illusion du Développement avec Dramane OUATTARA. Réveille-toi !

A très bientôt.

Hassane Magued

La Révolution Permanente N°0011/06/11

Source: IVORIAN.NET

samedi, 25 juin 2011

MICHEL GALY: «ARRETONS LA FAUSSE SYMETRIE ENTRE LES DEUX CAMPS: CES MASSACRES SONT BIEN LE FAIT DES PRO-OUATTARA»



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Côte d'Ivoire: l'état des massacres

 

Villages incendiés, habitants brûlés vifs, paysans traqués en brousse - par centaines. Et parfois plus: un millier, lors de l'entrée des pro-Ouattara à Duékoué, à l'ouest du pays: crime de guerre ou crime contre l'humanité?

Mais aussi des quartiers entiers d'Abidjan pillés, des militants pro-gbagbo assassinés tous les jours pour leur nom, leur âge, leur ethnie (l'ethnocide au Sud concerne en particulier les bété, attié et guéré): par centaines, sans compter les torturés ou les liquidés de l'Hôtel du Golf, siège du nouveau pouvoir et base de ses escadrons de la mort.

Trois fois plus de morts - de 3000 à 5000 cadavres - pour les deux mois d'Alassane Ouattara, ce héros de l'Occident, que pendant les 10 ans de la gouvernance de Laurent Gbagbo! Où sont les humanitaires et leurs relais, les dénonciations politiques à Paris et les résolutions de l'ONU?

Arrêtons la fausse symétrie entre les deux camps: ces massacres sont bien le fait des pro-Ouattara, cautionnés par l'armée française et onusienne, dans une complicité implicite ou passive. Chacun sait maintenant que les hélicoptères d'assaut de la force Licorne et ses supplétifs onusiens ont réalisé la pire intervention coloniale depuis la répression de l' UPC au Cameroun et la guerre d'Algérie.

Décapiter l'élite politique et intellectuelle sudiste, proche de Laurent Gbagbo et du Front populaire ivoirien au profit d'un « mercenaire » des intérêts occidentaux - selon l'expression de Jean Ziegler. Bombarder les lieux de pouvoir d'un pays qui n'a plus de souverain que le nom: présidence, résidence, camp militaire, télévision... La leçon est terrible: 50 ans après les Indépendances formelles, il n'y plus que sujétion et humiliation!

Et voilà qui remet en cause bien des analyses à la mode: à l'aune du coup d'Etat franco-onusien, on n'est pas encore en « post-colonie », ni prêt à sortir de la nuit coloniale. Décidément, chaque fois que l'homme africain s'essaie à rentrer dans l'histoire, on lui écrase le visage à coup de bottes!

Malgré un formatage médiatique et une certaine lâcheté chez des analystes patentés qui ont cautionné ces massacres, la vérité se fait jour. Il faut arrêter la fausse symétrie entre les deux camps et la politique d'occultation des « spécialistes des droits de l'homme » : depuis la prise du pouvoir du camp Ouattara, c'est bien eux qui massacrent, en fonction des cartes d' identité - comme au Rwanda -, qui torturent ou massacrent, embastillent ou déportent les opposants, tandis que les journalistes pro-Gbagbo sont traqués et que l'« Etat Dioula » s'est mis en place: tout le reste est révisionnisme.

Quel recours à Yopougon, quartier martyr, quand les tueurs font des « patrouilles communes » avec la force Licorne et l'ONUCI ? Plus qu'au Rwanda, notre institution militaire est complice ou coupable: où est la fameuse « éthique » dont se targuent les philosophes en kaki - notamment l'obligation de désobéir à des ordres illégaux?

A qui a sillonné le pays depuis 20 ans, suivi les élections sur le terrain et mené de récentes missions en zone rebelle, le doute n'est pas permis: oui, les élections largement truquées au Nord ont bien été « la continuation de la guerre par d'autres moyens » (Bertrand Badie). Oui, l'ambassade de France a été et reste une officine anti-Gbagbo. Et oui, la déportation en terre ennemie et l'incarcération à la Lumumba, dans des conditions ignobles, des responsables pro-Gbagbo ont été autant planifiée que la désinformation continue ou l'armement des rebelles - jusqu'à la logistique, les pick-up ou les uniformes !

C'est pourquoi, les responsables onusiens ou français, donneurs d'ordre illégaux, en regard des résolutions onusiennes, risquent la Haute cour de justice ou les juridictions internationales, tandis que Guillaume Soro et Alassane Ouattara sont passibles de la CPI, pour ce qui se passe en Cote d' Ivoire!

A propos, comment s'appelle-t-il, un régime qui massacre sa propre population, qui est arrivé au pouvoir dans les fourgons (pardon, les hélicoptères!) de l'étranger, qui n'a de forces que des bandes armées incontrôlables et des délinquants sans foi ni loi? Sans Parlement ni Cour constitutionnelle, contrôlé par deux corps expéditionnaires, en train de brader les richesses du pays sans contrôle et de tuer, comme au Rwanda, sur des bases ethniques? Vous avez dit « dictature »?



Michel Galy
Politologue,
Paris

Source: M.LVDPG.COM

vendredi, 24 juin 2011

EXCLUSIF - ARRESTATION DE LAURENT GBAGBO : L’EX-DAME DE COMPAGNIE DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS (SUITE ET FIN)

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Après nous avoir livré, dans un entretien précédent, les derniers instants dans le bunker et l'arrestation du Président Gbagbo, Mme TANOH Agnès nous raconte comment les personnes arrêtées au Palais présidentiel ont été conduites à l'Hôtel du Golf et traitées dans cette prison.

 

Abidjandirect.net : Comment avez-vous été traités au Golf hôtel ?

Mais avant d'arriver au golf, il fallait traverser la cour de la résidence. Déjà, dans la salle où les militaires nous ont trouvés, ils ont pris tout ce que nous avions : téléphones, ordinateurs portables, argent, pièces d'identité, clefs de voitures, sac à main. A chaque étape, on vous prenait ce qui restait sur vous. Ma montre bracelet m'a été prise par une rebelle quand je m'apprêtais à monter à bord du KIA et mon alliance de mariage m'a été enlevée par un autre quand nous étions entassés dans la camionnette. Le seul pagne qui me restait m'a été enlevé quand je suis arrivée au Golf.

Pour décider de notre destination, les soldats de la force licorne dont les chars étaient positionnés depuis la résidence jusqu'au boulevard de France « Carrefour Konan Banny » et les forces rebelles ont discutés longuement. J'en ai été informé par un jeune militaire français qui était à coté de notre camionnette. Nous attendions à ce carrefour sous le soleil. Je lui ai ensuite posé la question. «Pourquoi, ne nous emmèneraient-ils pas dans une Ambassade». Il m'a répondu attendons la fin de leur discussion. La suite, c'était le golf !

Arrivés au Golf, nous avons été accueillis par une cohorte de rebelles. C'est là que beaucoup d'entre nous ont pris des coups. Le Ministre Jean Jacques BECHIO et un autre monsieur ont été blessés à la tête. Le maire Adèle DEDY a été aussi blessée à la tête et à l'arcade sourcilière. Des militaires ont été blessés, tous avec des points de suture. Une des nounous, qui s'appelle Oumou, a reçu une balle dans la jambe. Le Ministre Geneviève BRO GREBE, fut piétinée par les rebelles avec leurs godasses à telle enseigne que pendant trois jours, elle ne pouvait ni s'asseoir, ni se lever. C'est après qu'elle a pu marcher, à l'aide de béquilles. L'Ambassadeur Boubacar KONE, lui, a pris des balles avant de monter dans le KIA. C'est certainement dans les mêmes conditions que le Ministre TAGRO Désiré a subi le sort dramatique.

Après être entrés dans la pièce où nous étions au nombre de 59, nous n'avons plus été battus. Ce nombre va être complété par les serveurs, les infirmiers, un médecin-colonel, qui ont fait quelques jours sur le terrain de tennis. Cependant, les deux premiers jours, chaque nuit, il y avait un groupe de personnes qui entrait dans notre cellule pour nous insulter et qui menaçaient de nous tuer. C'est suite à la plainte du ministre BECHIO à celui qui disait avoir notre charge que nous avions eu la paix. Nous avons eu trois gardes dont un de l'ONUCI et deux FAFN qui avaient le brassard « Sécurité ». Ces gardes nous accompagnaient pour les toilettes ou nous allions en groupe de 5 ou 10. Cela n'a pas empêché qu'un jour, Diabaté Bèh soit battu dans les toilettes. Nous dormions à même le sol, les uns collés aux autres comme dans un carton de poissons.

Hormis quelques-uns qui voulaient se donner de l'importance comme un certain Mr. Porquet et la Dame du PDCI à la grosse perruque, les autres nous traitaient avec humanisme. Une Dame nous a acheté des sandales parce que nous sommes arrivés au Golf nu-pieds. Une autre a apporté également du coton hygiénique aux jeunes dames et des habits pour ceux qui étaient nus car tous les hommes sont arrivés presque nus. La secrétaire de Soro a envoyé quelques effets à la secrétaire du Président, Mme OBODOU, et une Bible pour moi. Les médecins que nous avons eus ont été très aimables sauf un (rires). C était le second du médecin qui n'était pas content quand on n'avait pas aimé le repas ou quand on ne finissait pas notre assiette. Nous ne nous sommes pas lavés pendant tout le temps que nous sommes restés là-bas. Nous n'avions pas droit au téléphone et aux visites.

Abidjandirect.net : Qu'en était-il des autres dans d'autres cellules?

Je suis chrétienne catholique convaincue et je ne peux témoigner que de ce que j'ai vu. Nous n'avions aucune nouvelle d'eux, seule la jeune dame dont j'ai parlée plus haut nous disait qu'ils allaient bien. Il ne faut pas oublier que nous étions en prison, comme se plaisait à nous rappeler un commissaire qui nous visitait. Et, en prison, je crois savoir qu'on ne rend pas visite à ses co-détenus. Et j'ai été surprise de voir Mme KACOU Rolande sur la liste des personnes libérées parce que, pour moi, elle était avec la Première Dame dans le nord du pays car pendant notre séjour, ils sont venus la chercher en disant que la Première Dame avait besoin d'elle.

Abidjandirect.net : Comment est intervenue votre libération ?

Quand nous sommes arrivés, deux équipes ont fait notre identification: un commissaire et un responsable des rebelles. Un jour, avant notre libération, les militaires (gardes et autres personnels militaires de Gbagbo, Ndlr) qui étaient avec nous ont été déportés au nord, alors qu'il nous avait été dit qu'ils rentraient chez eux. Nous avons donc été quelque peu surpris par notre libération car auparavant, M. Porquet, un monsieur très zélé, est passé nous rappeler que nous étions des prisonniers. Un autre jour, M. Ahoussou Koffi est venu nous dire que nous serions jugés. C'est dans l'attente de notre jugement que le matin de notre libération, un monsieur a informé la secrétaire du Président, Mme OBODOU, que les membres de la famille présidentielle devraient se tenir prêts à quitter le Golf. La Première Dame leur avait demandé de les déposer à Moossou. Mme OBODOU a dit aux membres du Cabinet que nous sommes, de partir en tant que membres de cette famille. Depuis 10 heures, heure à laquelle nous avions eu l'information, nous étions prêts. C'est à 13 heures que nous avons été exfiltrés par l'arrière-porte.

Abidjandirect.net : Pourquoi avez-vous quitté le pays ?

Avec tout ce que j'ai subi (maison pillée, prison ...) et ce qui se passait à Bonoua, mon village, les domiciles de Major Amangoua, du Président du Conseil général, du Ministre Adjobi saccagés, les assassinats à Larabia où j'allais souvent, les parents ont insisté que je m'éclipse un peu.

Abidjandirect.net : Etes-vous prêtes à continuer la lutte ?

C'est une question qui ne se pose pas à moi. Naturellement, la lutte continue car l'idéal pour lequel je me suis engagée au FPI, en 90, alors que j'avais été sollicitée par l'AFI (Association des femmes ivoiriennes, Ndlr) de mon quartier, n'est pas encore atteint.

Vous savez, être née d'une ethnie ne se choisit pas. Les ethnies et les langues sont du Divin. Et c'est ce qui définit notre appartenance à une portion de la terre dans ce monde. Est-ce que vous me comprenez ? L'ethnie wolof est du Sénégal ; le peuple Juif est d'Israël. Le Mossi est du Burkina Faso. Le Fon est du Bénin, le Zoulou de l'Afrique du Sud. Le Sénoufo, l'Abouré, le Bété, l'Alladian, l'Ebrié, et d'autres ethnies sont de la Côte d'Ivoire. C'est Divin et l'homme ne peut effacer ce que Dieu lui a donné. Dieu m'a faite Abouré. Il ne m'a pas faite Peulh. L'Abouré est en Côte d'Ivoire, mon pays, alors je me battrai pour mon pays, tant que Dieu m'en donnera la force.

Je continue la lutte parce que je rêve d'une Côte d'Ivoire libérée de la tutelle du colon, je rêve d'une Côte d'Ivoire souveraine. Je rêve d'une Côte d'Ivoire démocratique. Pour les 63 ethnies que nous sommes, chacune à sa manière d'accéder au pouvoir suprême dans sa communauté. Seule la démocratie, importée soit-elle, peut résoudre ce problème. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où tous les enfants ont la même chance de réussite. D'une Côte d'Ivoire dont les paysans, comme mon père, ne meurent pas pauvres mais avec une retraite assurée par le fruit de leur dur labeur. Où la décentralisation aura un effet réel et de bien-être. Une Côte d'Ivoire où dans le petit campement comme celui de mon père, l'on pourra regarder la télévision. Je rêve d'une Côte d'Ivoire solidaire où le pauvre peut se soigner, boire de l'eau potable. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où le nom n'est pas sujet de stigmate. Ma fille mariée à un Koné du Nord; ma grande sœur est avec un Thé de l'Ouest, mon neveu avec Sarah de Korhogo ne pose pas problème, Soro marié a une Tagro, Ottro Laurent à Feue Sarata Touré.

Je rêve de la Côte d'Ivoire qui m'a été proposée par Laurent GBAGBO, le FPI et tous les ivoiriens qui n'ont de patrie que ma chère Côte d'Ivoire. Je rêve d'une Côte d'Ivoire où l'on pourra chanter le travail de mille générations.

Abidjandirect.net : Bientôt les élections locales; avez-vous des projets dans ce sens ?

Bien sûr que oui, quelles que soient les difficultés. Sinon, la démocratie que nous voulons tant pour notre pays ne viendra pas. Il ne faut plus retourner à la pensée unique, mais plutôt laisser nos différences nous enrichir. Alors, aussi difficile que cela puisse paraître, si rien ne change dans la conduite des nouveaux tenants du pouvoir, il faudra quand même y aller ; c'est l'occasion pour moi d'adresser toute ma compassion et mes encouragements aux prisonniers de la Pergola qui ont été libérés. Particulièrement, nos représentants à l'Assemblée. Le président Laurent GBAGBO nous a déjà ouvert la voie en se présentant aux présidentielles de 1990. Mais chaque chose à son temps, et la discipline du parti est une contrainte.

Abidjandirect.net : Un mot à l'endroit des lecteurs d'Abidjandirect?

Je voudrais remercier très sincèrement Abidjandirect.net et ses responsables, car ils m'ont donné de revivre et de reprendre la lutte. Ma première intervention, une note adressée au Président Koulibaly, a été sur ce site. Je voudrais vous encourager à persévérer, quelles que soient les difficultés. Je vous aime et l'Eternel, Dieu créateur qui a décidé de faire de nous des Ivoiriens et non une autre nationalité, nous garde. Dieu bénisse la Côte d'Ivoire!

 

Source : ABIDJANDIRECT.NET

jeudi, 23 juin 2011

LA COTE D’IVOIRE, UN PAYS SINISTRE - TAUX DE CROISSANCE PREVISIONNEL 2011: - 7,3% !


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De mémoire d’Ivoiriens et d’économistes, jamais la Côte d’Ivoire ne se sera portée aussi mal, après l’expédition punitive sarko-onusienne de mars-avril 2011 qui aura ouvert la boîte de Pandores d’un véritable désossement de notre pays : le pillage systématique des FRCI, forces pro-Ouattara, qui n’ont rien épargné sur leur passage.

Le nouveau régime ivoirien et sa soldatesque nous ont donné le net sentiment qu’ils ne venaient pas pour régner mais tout juste pour casser du Gbagbo et s’en aller. Sinon, comment comprendre qu’ils aient pu tout détruire et piller avec autant de minutie ? Commerces, entreprises, micro-finances, domiciles, véhicules de luxe, véhicules utilitaires (4x4), installations électriques, canalisations d’eau, administrations, églises, pharmacies, stations d’essence, universités, cités universitaires, commissariats, casernes de police, camps militaires, centres émetteurs, matériels de diffusion et de production (RTI), prisons. Tout y est passé. Tant et si bien qu’aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tout est à refaire.

Comme le dit une analyste politique ivoirienne : « Presque tous les voyants sont au rouge après la tempête de pillages systématiques qui a marqué le changement de régime et mis à genoux la plupart des entreprises exerçant dans le pays. Même son de cloche dans l’administration publique, paralysée après le passage des troupes FRCI dans les différents services. Tout est à refaire là où les chefs d’entreprise n’ont pas encore mis la clé sous le paillasson. Une situation chaotique qui selon les spécialistes, porte les prévisions de croissance pour cette année au chiffre record de – 7,3% contre 3% l’année dernière (sous Gbagbo, Ndlr). Un chiffre jamais atteint, même pendant la dure crise économique des années 80 et la décennie de guerre que vient de vivre la Côte d’Ivoire ».

Faut-il s’en étonner ? Non ! Les forces pro-Ouattara sont d’un illettrisme souverain. Comment pourraient-elles donc savoir qu’il ne faut pas piller les universités, par exemple, ou l’appareil de production, qui devait aider leurs mentors à bien reprendre en main le pays, après la victoire ? Boule de gomme !

Alassane Ouattara qui sait parfaitement ce qu’il a fait subir à la Côte d’Ivoire et entièrement conscient du drame, s’en est allé en Occident, à la faveur du dernier G8 en France, en quête de 13.000 milliards de francs CFA auprès des bailleurs de fonds internationaux. La récolte a été maigre à en pleurer : des promesses, rien que de vagues promesses. Or la Côte d’Ivoire ne peut se satisfaire actuellement de promesses. Il faut de la liquidité. Beaucoup de liquidité. Ici et maintenant. Alassane Dramane Ouattara nous avait certifié, pendant sa campagne présidentielle, que son métier était de trouver des fonds. Qu’il nous les trouve donc pour relancer notre économie. En attendant, la Côte d’Ivoire vit à crédit. Même les salaires sont payés à crédit, faute d’entrée de recettes significatives dans les régies financières de l’Etat. Comme le disait trivialement un ami : « On ne s’endette pas pour manger. On s’endette pour investir. Un pays qui s’endette pour son quotidien est un pays en faillite ». Il ne croit pas si bien dire. Plus de 400 entreprises en dépôt de bilan ou en grande difficulté, 120.000 emplois détruits, selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. Monsieur Jean Kacou Diagou, Président du Patronat ivoirien enfonce le clou : « Tout le monde porte des treillis. Il y a entre 2.000 et 3.000 prisonniers qui errent dans la ville et menacent nos activités. On ne fait plus la différence entre les FRCI et les bandits ». Quant à Monsieur Farikou, Président de la Fédération des Commerçants de Côte d’Ivoire, il ne décolère pas : « Le racket s’est aggravé comme jamais auparavant sur nos routes nationales. Tout le monde est en treillis ! ».

Il faut donc désarmer les FRCI et les faire entrer en caserne. Ils s’y refusent tout net. Leur hiérarchie ne les maîtrise pas. La force Licorne entre donc en lice, comme en avril, pour les y contraindre et – pour ne rien arranger à la situation économique de la Côte d’Ivoire – les tirs à l’arme lourde reprennent à Abidjan, entre FRCI et entre FRCI et Licorne, à Abobo et à Yopougon. Vous parlez d’une armée républicaine ! Quelle poisse ! Le chef de guerre et Com-zone d’Anyama, le commandant Bauer, pro-IB invétéré, est très clair en ce qui le concerne : « J’attends de pied ferme celui qui viendra me déloger ». A bon entendeur, … ! Ça promet pour la sérénité des populations!

Mais là où la malhonnêteté est poussée à son comble, c’est quand le pouvoir Ouattara veut faire imputer ce désastre économique au Président Laurent Gbagbo. Un membre illustre du gouvernement RHDP clame, pince sans rire : « C’est Gbagbo qui a mis le pays en faillite avant de partir. Ils ont commis des crimes économiques. Ils doivent en répondre ». Eh bien, Monsieur le Ministre, vous aller devoir répondre à 10 petites questions pas si idiotes que cela, que nous vous posons pour nous éclairer, un tant soit peu, sur le sujet :

1- Qui a donné à la Côte d’Ivoire un taux de croissance de 3% en pleine crise, en 2010 ?

2- Qui a payé les salaires des fonctionnaires, fin mars 2011, sans aucun appui extérieur et en pleine offensive militaire (virement bancaire que vous vous êtes indûment attribué, au paiement des deux mois de salaire de la fin du mois d’avril 2011) ?

3- Qui a pillé les entreprises et déboulonné leurs machines de production, en avril 2011, au moment où Gbagbo avait été renversé et ses partisans, traqués et assassinés, avaient fondu dans la nature ?

4- Qui a libéré et enrôlé les 6.000 prisonniers de la MACA (Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan) et les milliers d’autres de nos villes, qui sèment la terreur à Abidjan et à l’intérieur du pays ?

5- Qui a instauré une économie parallèle au Nord du pays depuis 2002, encore en place à ce jour ?

6- Qui a exploité les minerais et pierres précieuses de la zone CNO (Centre, Nord et Ouest du pays), instauré un trafic en règle du bois, du café et du cacao ivoiriens (ce qui a d’ailleurs fait du Burkina Faso, un pays désertique, un gros exportateur de cacao) pour acheter des armes et financer la guerre contre la Côte d’Ivoire ?

7- Qui a procédé au casse des agences ivoiriennes de la BCEAO à Bouaké, Korhogo et Man pour ce constituer un fonds de guerre contre Gbagbo ?

8- Les coupables de ces crimes économiques ont-ils été poursuivis devant les tribunaux ?

9- Le seront-ils, un jour, sous vos auspices ?

10- Qui a nous promis une pluie de milliards, qui n’honore toujours pas sa parole pour permettre à la Côte d’Ivoire de rebondir, et qui se cherche des boucs émissaires ?

Si vous répondez en toute honnêteté à ces questions, Monsieur le Ministre d’Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, vous saurez sans coup férir qui a commis des crimes économiques contre notre pays, qui l’a mis en faillite et qui doit en répondre devant les instances judiciaires.

Oui, la Côte d’Ivoire va mal. Alassane Dramane Ouattara et les FRCI l’ont mise en faillite. Il lui faudra un traitement de choc pour se remettre des effets induits de la sanglante alternance d’avril 2011 qui plombent sa croissance et, partant, son développement. Une seule porte de sortie possible : la maîtrise de la question sécuritaire et la remise à flot des caisses de l’Etat par la reprise économique, sur la base d’une réconciliation vraie et non pas celle des vainqueurs, triomphaliste et justicière.

« La solution » (surnom d’Alassane Ouattara, émanant de son slogan de campagne) pourra-t-il relever le défi ? Une gageure à forts relents de suspense ! En ce qui nous concerne, nous nous astreindrons à une posture d’attente et d’observation patiente, pour nous faire ensuite une opinion définitive sur la question et sur l’individu. « Wait and see », comme disent les anglophones.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 22 juin 2011

COTE D’IVOIRE: DES DETENTIONS ARBITRAIRES SOUS LES YEUX DE L’ONU (AMNESTY)


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Amnesty International a dénoncé mercredi la détention sans aucune charge de dizaines de partisans de l'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, dont certains ont été "battus" par les forces d'Alassane Ouattara dans un hôtel devant lequel sont postés des Casques bleus.

"La présence de soldats de l'ONU devant l'hôtel où des partisans supposés de Laurent Gbagbo sont détenus arbitrairement soulève de troublantes questions", déclare Véronique Aubert, directrice adjointe d'Amnesty pour l'Afrique, citée dans un communiqué de l'ONG.

"C'est loin d'être un début encourageant pour la présidence d'Alassane Ouattara", ajoute Mme Aubert.

L'organisation de défense des droits de l'homme affirme que "les autorités ivoiriennes détiennent au moins 50 personnes sans charge, parmi lesquelles figurent des hommes politiques de haut rang", deux mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les forces armées (FRCI) de M. Ouattara à l'issue d'affrontements sanglants.

Au moins "21 personnes" sont retenues à l'hôtel La Pergola d'Abidjan, la capitale économique, selon l'ONG.

Plusieurs d'entre elles "ont été battues par les FRCI (...) au moment de leur arrestation, dont l'une assez violement pour avoir perdu connaissance", poursuit le texte.

"Des soldats français (de la force Licorne déployée sans la bannière de l'ONU) et de l'ONUCI (Mission de l'ONU en Côte d'Ivoire) étaient présent au moment de ces arrestations et du transfert des détenus à l'hôtel, mais n'ont rien fait pour empêcher ces mauvais traitements", déplore l'ONG.

Amnesty relève que les FRCI sont en charge de la sécurité à l'intérieur du complexe hôtelier de La Pergola, mais que des Casques bleus de l`ONUCI sont postés devant l'hôtel pour la sécurisation à l'extérieur du bâtiment. "Cela signifie qu'ils (les Casques bleus) exercent un degré de supervision concernant les personnes autorisées à y entrer."

Amnesty appelle les autorités ivoiriennes à inculper les personnes détenues ou à les "libérer immédiatement", et appelle l'ONUCI à s'assurer que ses soldats ne sont pas impliqués "dans la sécurisation de centres où des personnes sont détenues illégalement".


AFP

Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN


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DEPUIS SON EXIL, LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: "OUATTARA N'A PAS GAGNE LES ELECTIONS!"


Lazare Koffi Koffi était ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts dans le gouvernement d’Aké N'gbo. Depuis le 11 avril 2011, il est en exil suite à l'offensive des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Il nous a accordé cette interview par le truchement d'Internet.



Où êtes-vous depuis la chute de Laurent Gbagbo ?

Lazare Koffi Koffi : Je suis au Ghana, un pays devenu depuis quelque temps, le pays où l'on savoure la liberté. J'y suis arrivé deux jours après l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Je bénis Dieu et je le loue chaque jour de m'avoir préservé d'une mort certaine puisque du lieu où je m'étais réfugié après la destruction et le pillage systématique de mon domicile à Abidjan, j'ai côtoyé la mort. J'ai vu des gens sauvagement abattus comme des animaux sans raison. Aujourd'hui, grâce à Dieu, je me porte bien. Mon moral est au beau fixe ainsi que toutes mes facultés pour apprécier sainement les événements douloureux que vit notre pays depuis mars 2011. Je tiens à dire également qu’après avoir attaqué et pillé ma résidence d'Abidjan, les rebelles ont investi mon domicile du village d'Eboué (dans la nouvelle sous-préfecture d'Adjouan). Après avoir à coups de kalachs et machettes porté atteinte à l’intégrité physique de mes parents (ma mère a été molestée et Koffi Amichia mon petit frère a été rudoyé et tailladé à la machette, il a été abandonné dans un état comateux), ils ont tout pris dans la maison y compris les habits et autres ornements sacerdotaux de l'Abbé Koffi Gnassou Bruno, mon jeune frère prêtre défunt. Récemment encore, dans la nuit du 6 au 7 juin dernier, pour la troisième fois, les Frci sont encore venues chez moi au village pour tout briser. Tout le village se trouve aujourd'hui choqué même parmi les pro-Ouattara qui ne comprennent pas cet acharnement contre ma personne et qui s'interrogent sur cette manière de gouverner. Mais moi, je reste serein, habité par l'esprit de Job de la Bible. La perte de ces biens, du reste périssables, n'est pas importante. Ce qui est important, c'est d'avoir la vie.

Le Procureur de la République a gelé vos avoirs. Comment arrivez-vous à vivre?

L.K.K : Le Procureur de la République a gelé nos avoirs sans une décision de justice. C’est une grave atteinte aux droits de l’Homme. Et le plus cocasse dans cette affaire, c'est qu'il vise des décisions du Conseil de l'Union européenne. Pour le reste, comment je vis ? Dieu a dit que je vaux mieux que les passereaux ; donc il me demande de ne pas me soucier du lendemain.

Regrettez-vous d'avoir accepté d'être ministre dans le gouvernement d'Aké N'Gbo?

L.K.K : Et pourquoi devrais-je le regretter ? J'ai appartenu à un gouvernement légal dans lequel les Ivoiriens se sont reconnus et identifiés. Pendant quatre mois, j'ai été accueilli partout dans la liesse populaire et non sous la baillonnette. J'ai échangé avec les Ivoiriens en toute liberté dans le respect mutuel en ayant toujours à l’esprit que c'est le peuple qui détient la réalité du pouvoir. C'est pourquoi je ne comprends pas ceux des nôtres qui pensent que nous avons tout perdu, allant même jusqu'à renier toute légitimité à Gbagbo. Ils sont devenus des démarcheurs quotidiens pour faire reconnaitre Ouattara comme un Président légal et légitime.

De qui parlez-vous ?

L.K.K : De tous ceux qui, dans nos rangs, pensent que leur heure est venue pour se faire une place au soleil.

Comment avez-vous vécu les derniers moments du règne du Président Gbagbo?

L.K.K : J'ai été traversé simultanément par trois sentiments. D'abord la nausée. Face à l'acte criminel perpétré par la France contre notre pays, un pays indépendant et souverain. J'ai été écœuré de voir comment nuitamment, dans la lâcheté, les Institutions républicaines ont été renversées et notre Armée détruite. La France, depuis, n'est plus pour moi un pays de référence en matière de respect du droit international et de droit de l'Homme. Ensuite, j'ai éprouvé de l'admiration pour le Président Laurent Gbagbo qui a fait montre d'un courage exceptionnel qui fera date dans l'histoire. Face au déluge de feux sur Abidjan et particulièrement sur sa résidence de Cocody, il est resté digne. Il a montré encore une fois que pour la confiance placée en lui par les Ivoiriens, il était prêt à défendre le pays même au prix de sa vie. Enfin, j'ai été horrifié, meurtri et franchement dégouté de constater que ce sont ceux qui se disent héritiers d'Houphouët, regroupés au sein du Rhdp, qui, avec l'appui de la France et de l'Onu, ont détruit ce que Houphouët, toute sa vie durant, a construit, et qui constitue aujourd'hui l'âme de la Côte d'Ivoire moderne. Le Palais présidentiel, la Rti, l'Atci, les bases militaires et, scandale des scandales, la résidence mythique d'Houphouët, symbole de notre souveraineté, tout a été détruit par les enfants d'Houphouët. Un véritable parricide. Ce que Gbagbo, le célèbre opposant à Houphouët, n'a osé faire, sinon que chercher à restaurer ce qui tombait en ruine, Ouattara, Bédié et leurs alliés l'ont fait pour satisfaire leur volonté de venir au pouvoir.

A quel moment avez-vous senti que c'était la fin de votre régime?

L.K.K : Je n'ai jamais senti la fin de notre régime et même encore aujourd'hui, je crois en sa survie. Car tout le monde le sait, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Face aux canons de la France, il a crié cette phrase : « Mais Ouattara n’a pas gagné les élections !» Cette phrase retentira pendant longtemps dans les esprits des démocrates. Gbagbo n'a pas été vomi par son peuple. Bien au contraire, celui-ci reste fidèle et uni à sa personne. Non, Gbagbo n'a pas perdu les élections. Il a seulement perdu la guerre contre la France, une guerre qui n'a jamais été ouvertement déclarée, une guerre lâche dans laquelle la France sous Sarkozy a démontré toute sa laideur sur la question du droit des peuples à s'autodéterminer. La conséquence de tout cela, c'est qu'Abidjan ayant (re) perdu son indépendance et sa souveraineté, titube dans les décisions à prendre.

Vous avez dit que vous croyez en la survie de votre régime. Mais plusieurs cadres de votre parti dont Mamadou Koulibaly ont fait allégeance. Ce qui fait dire que c’est fini pour le Fpi…

Ceux de nos camarades qui ont fait allégeance à Ouattara savent ce qu'ils font. Nous serons tous jugés par l'Histoire. Le peuple ivoirien est mature. Il sait discerner. Il sait que la vérité est de notre coté. Même ceux de nos frères qui ont soutenu honnêtement Ouattara commencent à déchanter face aux pillages, aux assassinats sommaires dont ils sont témoins au quotidien.

Que pensez-vous des menaces de Koulibaly à quitter le Fpi et créer son parti politique ?

L.K.K :C’est son droit et il ne sera pas le premier. Seulement s’il veut partir, il faut qu’il le fasse dans l’élégance et non donner l’impression qu’il a eu mission de mains noires pour « tuer » le Fpi. Il ne réussira pas. Il ne faut pas qu’il donne de lui, dans l’opinion, l’image d’un homme inconstant qui a abandonné ses camarades et surtout Gbagbo et Simone qui l’ont fait, dans les geôles de Ouattara dont il est devenu l’admirateur attitré. S’il part, il ne nous reste qu’à lui souhaiter bonne chance. En toute camaraderie.

Selon vous est-il possible pour les Ivoiriens de se réconcilier?

L.K.K : Vous avez dit réconciliation? Que signifie ce mot aujourd'hui? Réconciliation entre qui et qui? En tout cas, pas entre les Ivoiriens. Il n'y a jamais eu de problèmes entre les Ivoiriens. Même quand on a voulu les opposer de manière artificielle, les sentiments forts qui les unissent ont bravé toutes les adversités. Les Ivoiriens s'entendent bien entre eux. Mais s'il s'agit de réconcilier le peuple au nouveau pouvoir qui lui a été imposé alors qu'on le dise. Donc, j'attends de voir comment il va procéder pour se réconcilier avec les Ivoiriens encore traumatisés par toutes les pertes en biens matériels et en vies humaines de leurs proches à cause du pouvoir à conquérir.

Charles Konan Banny a été nommé à la tête de la commission Dialogue vérité et réconciliation. Quels commentaires ?

L.K.K : Laissons Charles Konan Banny là où il est. Il ne réconciliera personne. Il ne peut réussir une mission dans laquelle juge, il a pris déjà parti. Dans plusieurs déclarations, il a déjà condamné Gbagbo et ses partisans. De plus, tout le monde sait qu'on l'a nommé à ce poste juste pour l'éloigner de la Primature.

Que pensez-vous de la décision du président Ouattara de faire juger Gbagbo par la Cpi?

L.K.K : Ouattara ne fera jamais juger Gbagbo par la Cpi (Cour pénale internationale, Ndlr) parce que le faisant, il s'exposera lui-même à des poursuites internationales ainsi que tous ceux qui l'ont soutenu c'est-à-dire Bédié, Soro, Mabri, et autres. ainsi que tous les chefs de guerre. Envoyer Gbagbo devant la Cpi, c'est se faire hara-kiri.

Pourquoi ?

L.K.K : S'il accepte de faire juger Gbagbo par la Cpi, ce dernier poursuivra immanquablement Soro, ainsi que les chefs qui ont tué en son nom. Ouattara se gardera bien de présenter Gbagbo devant la Cpi. D’ailleurs, ces derniers temps, les Frci ne manquent pas de donner de la voix lorsqu’on évoque cette question ou lorsque les organisations humanitaires les épinglent.

Monsieur le ministre, vous êtes très dur dans vos propos. Ne craignez-vous pas pour votre retour en Côte d’Ivoire ? Comptez-vous rentrer au pays un jour ?

L.K.K : En quoi suis-je dur dans mes propos? Je ne fais que dépeindre la situation actuelle que tous les Ivoiriens vivent. Pour ma vie, il ne faut pas vous en faire. Il faut bien mourir un jour mais au moins pour une bonne cause. Moi, depuis 1990, je me bats auprès du Président Gbagbo pour qu'il y ait un nouvel ordre démocratique en Côte d'Ivoire. Cette démocratie doit s'enraciner pour le bonheur de notre peuple. Je me bats pour que les Ivoiriens soient respectés. C'est pourquoi il faut parler, il faut dénoncer, il ne faut pas se rendre complice de quelque manière que ce soit de ce qui se déroule sous nos yeux. Pour ce qui est de mon retour au pays, tout dépend de Dieu.



Réalisée via Internet

K.A.Parfait


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

EXCLUSIF - ARRESTATION DE LAURENT GBAGBO : L’EX-DAME DE COMPAGNIE DE SIMONE GBAGBO FAIT DES REVELATIONS


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Chef de Service chargé des Finances et Moyens Généraux au cabinet de la Première dame, et membre du comité de contrôle du Front populaire Ivoirien (Fpi) jusqu'au 11 Avril 2011, Mme Agnès TANOH, fut anciennement Secrétaire particulière et Dame de compagnie de Simone Gbagbo. Elle a été respectivement secrétaire nationale adjointe de l'Offpi, membre du secrétariat chargé des Fédérations d'Abidjan. Présente à la résidence présidentielle lors de l'arrestation du président Laurent Gbagbo, elle nous livre dans cet entretien les derniers instants dans le bunker...


Abidjandirect.net : Vous étiez à la résidence présidentielle avec la Président Laurent GBAGBO jusqu'à sa capture. Pouvez-vous nous raconter comment se sont passés les derniers moments?

Il faut dire que depuis un mois, pour les habitants d'Angré que nous sommes, ce n'était pas du tout le repos car la nuit c'était les bruits d'armes en provenance d'Abobo. Cela ne nous empêchait pas de vaquer tranquillement comme tous les abidjanais (habitants d'Abidjan, ndlr) à nos occupations habituelles.

Ainsi, le 30 mars je suis allée au travail comme d'habitude. Ce jour là, vers 11 heures, mes enfants, de la maison ont appelé ma fille avec qui j'ai été arrêtée, pour nous demander de ne pas revenir à la maison car des rebelles étaient postés devant notre maison ; surtout que la semaine d'avant nous avions été informés que j'étais sur une liste dressée par le RHDP de mon quartier, lieu où j'habite depuis 1998. Nous avons donc passé la nuit à la résidence.

Le 31 Mars, j'apprends que non seulement ma maison a été pillée la veille mais que les rebelles ont établi leur barrage à la pharmacie des ''Allées'' et aussi que les combats se sont déportés sur le boulevard des martyrs vers SOCOCE qui est sur le trajet qui mène à mon domicile. Depuis lors, je suis restée à la résidence jusqu' à l'arrestation du Président Gbagbo. D'ailleurs, je préférais être sur les lieux dans ces circonstances.

Le 19 septembre 2002, je me suis retrouvée dans les mêmes circonstances et je me suis rendue utile. J'ai ouvert les bureaux de la Première dame pour permettre au ministre Lida Kouassi d'être en contact avec le couple présidentiel alors en Italie. Ensuite, est arrivé le Ministre TAGRO et Paul Dokoui pour la Radio et la Télé. J'étais là quand Dr Tabley a ramené le corps du Ministre BOGA à la résidence.

Revenant à votre question, le mot capture est inapproprié car Laurent GBAGBO n'était pas en fuite. J'ai même appris que le ministre Alcide DJEDJE a entrepris des démarches auprès de l'Ambassadeur de France en Côte d'Ivoire et obtenu le départ du Président Laurent GBAGBO en exil sans l'accord de ce dernier mais tout naturellement, il a refusé.

Pour ce qui s'est passé, il faut noter qu'avant le 11 avril, date fatidique, il y a eu plusieurs tentatives de prise de points stratégiques et d'arrestation du Président qui avait échoué avant que la force Licorne ne rentre en action. Ainsi, il y a eu l'attaque de l'école de gendarmerie, la RTI, du Palais de la République, la Garde Républicaine, le camp de gendarmerie d'Agban (etc).

Constatant ces échecs, la force Licorne prétextant du bombardement de l'Ambassade du Japon, a détruit les chars de la Garde Républicaine à la résidence du chef de l'Etat et bombardée les patriotes qui campaient depuis quelques jours à l'entrée de la résidence. C'est à partir de ce moment que la force LICORNE est entrée officiellement dans l'arène et a mené des actions offensives.

Le 04 avril, un hélico détecteur de son avec à son bord des snippers voulant abattre le Président, se positionne au dessus de la résidence, juste au-dessus de sa chambre alors qu'il y était pour téléphoner. La sécurité a donc demandé à tous ceux qui étaient dans les appartements de descendre au deuxième sous sol. Depuis cette date, nous dormions tous au sous-sol car c'est la nuit que la force Licorne faisait ses grandes manœuvres.

D'autres manœuvres vont se dérouler du 07 au 10 avril 2011. Toutes les nuits, de 21 heures à 05 heures du matin, la Licorne lançait les obus sur la résidence et elle disparaissait au lever du jour. Le bureau de la Première dame, le bâtiment D et sa chambre ont été atteint. Dans la nuit du 09 au 10 avril, ils ont tenté sans succès de forcer le tunnel qui relie la résidence de l'Ambassadeur de France à la résidence présidentielle. Rappelons que le Président GBAGBO avait fait fermer l'accès à sa résidence quelques années plutôt. Je crois que c'est cet énième échec qui a déclenché le bombardement continu jusqu'à l'arrestation du Président.

En effet, ce jour du 10 avril, alors que nous, nous attendions 21 heures pour la ''pluie de feux'', comme cela était de coutume depuis quelques jours, ils ont commencé un peu plutôt. Dès 17 heures déjà et cela s'est poursuivi jusqu' à 11 heures du matin. La résidence a pris feu et les voitures du coté du plan lagunaire aussi. Le feu, cependant n'a pas atteint l'intérieur du sous-sol.

Vers midi, ils ont mis le feu et du gaz lacrymogène par les sorties d'égouts. Cela s'est transformé en une fumée opaque. Ils l'ont fait à dessein pour nous calciner car les conduits de gaz et d'électricité étaient à cet endroit. Le commandant Séka nous à donc demandé, avec la garde rapprochée du Président de remonter au premier sous-sol pour éviter de mourir asphyxiés ou cramés.

Une fois à ce niveau, nous avons été repartis dans plusieurs salles. Dans la nôtre, il n'y avait que des civils : des femmes et trois hommes (Sidjiri Vakaba, le pasteur Adjé Nzi et un autre Monsieur). Le Président était dans une autre avec ''certainement'' la Première dame, le Ministre Aboudramane Sangaré, etc.

Le Ministre Tagro s'est proposé à la négociation. Je l'ai vu et entendu téléphoner à quelqu'un. Il a dit un numéro dans lequel il y avait le nombre 936 ou 906. Il a dit à cette personne, «demandez leur d'arrêter de tirer, je viens discuter». J'ai appris plus tard que cette personne était l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire. Ce dernier a coordonné personnellement l'attaque de la résidence présidentielle car après le départ du Président, alors que nous sortions en file indienne du sous-sol, il était encore à l'entrée de la résidence, téléphone à l'oreille.

Pour aller à la discussion, le ministre Tagro a demandé un drapeau blanc en signe de paix. Nous lui avons donné une nappe blanche. A peine a-t-il mis le nez dehors qu'il est revenu sur ses pas en criant, « ils ont tiré sur moi, ils ont tiré sur moi ». Des militaires adverses qui étaient sans doute à la porte des escaliers se sont engouffrés derrière lui. Je ne sais pas combien ils étaient, toutefois trois d'entre eux sont entrés dans notre salle. Ils nous ont demandé où se trouvait le Président. Nous avons répondu que nous sommes des civils et que nous ne savions pas grand'chose. Quelques instants après, d'autres (soldats rebelles, ndlr) ont retrouvé Michel GBAGBO (fils de Laurent Gbagbo, ndlr) qu'ils ont emmené dans notre salle. Ils lui ont dit qu'ils abattraient les civils, femmes et hommes que nous sommes, s'il ne disait pas où se trouve son père. Il leur a répondu : « Si c'est mon père que vous êtes venu arrêter, il est dans la pièce à coté ». Ils ont emmené Michel avec eux en laissant d'autres garder notre porte. La suite de l'arrestation, vous l'avez vu par les images qu'ils ont voulu vous montrer.

Une fois hors de la résidence, nous autres, le gouverneur de la BCEAO Dakoury, le Ministre Adjobi Christine, l'ambassadeur Boubacar Koné qui avait reçu une balle juste en-dessous de l'aisselle et une autre dans le pied, étions entassés devant la maison du Président de l'Assemblée nationale Koulibaly Mamadou quand nous avons vu venir le ministre TAGRO Désiré, titubant, complètement trempé de son sang. Il est allé s'adosser au mur de la résidence de l'Ambassadeur de France quand notre camionnette a démarré, encadrée par les chars de la force Licorne.

Nous avions eu beaucoup de chances car l'un d'eux nous a rapporté ceci : « La mission était pour la mort. L'objectif des deux groupes (forces Licorne et des forces rebelles, ndlr) était de tuer le Président Laurent GBAGBO et d'éliminer tous les témoins ». Fort heureusement, aucun d'entre eux ne voulait porter cette responsabilité. Les français étant arrivés les premiers sur les lieux ont attendu les Fafn (Forces armées des forces nouvelles, ndlr) pour commettre l'exploit de l'assassinat de plus d'une centaine de personnes avec le Président Gbagbo, mais ceux qui répondaient aux ordres de Soro, n'ont pas voulu prendre cette responsabilité. La France qui travaille avec et pour Alassane Ouattara pourrait retourner ces meurtres contre eux. C'est Dieu qui a travaillé en notre faveur, Psaume 23.

Abidjandirect.net : Qu'en est-il des jeunes patriotes qui étaient rassemblés devant le palais ?

Entre le 7 et le 10 Avril, il nous a été déconseillé de sortir de l'enceinte de la résidence. Je me rappelle que lorsque la gouvernante et la Dame de compagnie parties prendre des nouvelles d'une des cuisinières qui a été projetée au sol par le souffle d'un obus la veille, n'ont pu traverser la cour à cause des manœuvres des hélicos. Je sais qu'après la destruction des chars de la Garde Républicaine à la résidence du Président liée aux soi-disant bombardements de l'Ambassade du Japon, ils étaient moins nombreux quand je suis sortie de la résidence.

Abidjandirect.net : Le quartier présidentiel était déjà encerclé, comment les jeunes leaders présents à la résidence ont pu s'échapper ?

Ceux qui sont partis ont pu le faire dans la matinée du 10 Avril s'ils y étaient encore parce que comme je le disais plus haut, dans la matinée, il y avait un répit. C'est comme cela que la deuxième secrétaire du Président bloquée depuis une semaine a pu rejoindre son bébé qu'elle avait laissé, contrainte à rester à la résidence à cause des combats dans la commune de Cocody. Aussi, les jeunes n'étaient pas dans la même enceinte que nous. Ce que je peux affirmer c'est qu'il y avait plusieurs chars de la Licorne à la résidence du chef de l'Etat. Ils ont jalonnés notre parcours jusqu' au golf.

 

Réalisé par AbidjanDirect.Net


Source: Blog Emile Constant Bombey



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COTE D'IVOIRE, LA JUSTICE A SENS UNIQUE


Human Rights Watch a signalé, le mercredi, la justice à sens unique en Côte d'Ivoire, en disant: Personne dans le camp de Mr Alassane Ouattara, n'avait encore été arrêté pour les abus dans le conflit postélectoral.


L'agence des droits de l'Homme a exhorté Ouattara à répondre aux exigences d'une commission d'enquête onusienne pour les enquêtes impartiales sur les violations, y compris les meurtres politiques et ethniques et les viols commis par les deux camps durant les cinq mois de bataille.

«Il y a un fossé croissant entre la  rhétorique du gouvernement Ouattara qui dit que nul n'est au-dessus des lois et la réalité qui montre que la justice apparaît unilatérale et retardée», a déclaré dans un communiqué le chercheur principal en Afrique de l'ouest, Corinne Dufka.

L'enquête de l'ONU présentée mercredi, a été appuyée d'autres conclusions selon lesquelles les deux camps ont été impliqués dans des abus de violence déclenchée par le soi-disant refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre à 2010.

Il s'agit notamment de potentiels crimes de guerre  et crimes contre l'humanité, avec des dizaines de femmes violées et un nombre de morts estimé à au moins 3 000, indique la déclaration.

Gbagbo a été kidnappé de sa résidence, le 11 avril, et mis en résidence surveillée, permettant à Ouattara à travers ce putsch, d'occuper son bureau. Toutefois, aucune accusation n'avait été portée contre lui ou des dizaines de ses alliés, dit Human Right Watch.

Il a été recommandé aux putschistes "de mettre fin à ce vide juridique et à engager des poursuites rapidement contre les personnes en détention, conformément au droit, ou à les libérer".

Se référant aux forces armées de Ouattara, il a déclaré: "À l'opposé, aucun membre des forces républicaines n'a été arrêté ou détenu pour de graves crimes commis pendant la crise postélectorale».

Plusieurs Ong des droits de l'homme les ont (Ouattara et ses troupes) impliqués dans des atteintes graves.

«Si  la Côte d'Ivoire veut faire le break du passé promis par Ouattara, une justice impartiale pour les milliers de victimes est  essentielle", a déclaré Mme Dufka.

Ouattara a promis une enquête impartiale sur les violences dans le cadre d'un effort pour ramener une réconciliation compromise par la guerre, dans le premier pays producteur mondial de cacao.

Comment peut-on laisser un criminel mener des enquêtes sur des crimes qu'il a commis ?

L'évidence même de cette justice à sens unique est que la première personne à condamner, Mr Ouattara, sur laquelle les enquêtes doivent se porter n'a jamais été cité par Human Right Watch comme responsable. En gros, il y a déjà une distorsion de la réalité, et en plus quand on parle des droits de l'homme. Et quand on ne condamne pas des arrestations et détentions sans motifs, on ne peut s'empêcher de dénoncer la complicité de cette ONG, qui donne indirectement des indications à leur complice, concernant le mobile de l'accusation. Du coup, on a un pseudo procureur de la République du nom de Simplice Kouadio Koffi, qui saisit la perche au bond et nous déclare que le motif de l'arrestation du Président Laurent Gbagbo est "le refus de céder le pouvoir à Ouattara, après avoir perdu les élections en Novembre 2010". Quelqu'un disait une fois, "le diable se pend très souvent", une expression pour dire qu'il s'expose à tous les coups; car cette accusation débouchera à tout prix sur la vérification des résultats. En un mot, on revient à la case départ que les terroristes ont voulu éviter : le recomptage des voix. Qu'est ce qu'ils sont plouk!


Patrick Cohen, un coup de gueule sur sa page Facebook.

lundi, 20 juin 2011

LES GROS BRAS GATES ET RASMUSSEN TENTENT UNE NOUVELLE EXTORSION DE FONDS

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Par Lucille Baume

Les caisses du complexe militaro-industriel US sont vides. Le Pentagone a donc envoyé ses gros bras, Robert Gates et Anders Fogh Rasmussen, pour presser ses alliés. Comme tous les racketteurs, ils assurent garantir la « protection » de leurs interlocuteurs.

 

Bien que saisonnière, l'offensive conduite par Robert Gates et Anders Fogh Rasmussen au sein de l'OTAN surprend par son déphasage d'avec la réalité.

Dans son discours d'adieu, prononcé le 10 juin devant le Security & Defense Agenda [1], le secrétaire à la Défense des États-Unis, Robert M. Gates, a souligné que les membres européens de l'Alliance voulaient bénéficier de la protection US, mais étaient pour la plupart incapables d'apporter une contribution significative aux opérations en cours. Il les a donc exhortés à augmenter leurs budgets militaires.

Dans un entretien au Guardian, publié le 15 juin [2], le secrétaire général de l'Alliance Anders Fogh Rasmussen en a rajouté : « L'élargissement de ce fossé économique peut conduire également à un agrandissement du fossé technologique risquant d'entraver les capacités opérationnelles de nos forces entre elles. Les Américains continuent de fournir des équipements militaires plus perfectionnés tandis que les Européens sont loin derrière. Il pourrait devenir éventuellement difficile de coopérer même en ayant la volonté politique de le faire en raison du fossé technologique ».

Au premier abord, ces jérémiades ne sont pas nouvelles. De manière à peu près régulière, le Pentagone sonne l'alarme, annonce que la situation est critique... et tend sa sébile. Habituellement, les Alliés font d'abord la sourde oreille et finissent par mettre la main à la poche. Jusqu'à la prochaine fois. Si le discours n'est pas nouveau, le contexte - lui - a changé, il en résulte un étrange décalage.

Résumons les faits : les États-Unis sont au bord de la faillite. Ils financent leurs armées avec une monnaie de singe, le dollar. Le complexe militaro-industriel s'avérant incapable de se remettre en question et de diminuer son train de vie, le Pentagone entend contraindre ses alliés à s'engager dans des conflits qui ne les concernent pas pour qu'ils y perdent des matériels et des munitions qui leur seront facturés au prix fort.

Rappelons le contexte : en 2010, un État membre de l'OTAN, de l'UE et de la zone euro (la Grèce) ne parvient plus à rembourser ses emprunts. Pour le sauver, il a été convenu non pas de réduire sa dette, mais de l'accroître. Les Etats-Unis, l'Allemagne et la France l'ont renfloué, par le biais de l'UE et du FMI, tout en le contraignant à acheter des avions de combat et des sous-marins pour se défendre contre un autre État membre de l'OTAN (la Turquie). Alors qu'Athènes ferme ses services publics et brade ses entreprises d'État, il se voit obligé d'entretenir un budget de Défense délirant, presque double (en proportion) de celui de la France. Résultat : un an après le pays implose.

Sur le fond, les choses sont limpides : l'OTAN ne protège pas ses membres, mais les rackette - la preuve par la Grèce face à la Turquie -. Et en cette période de crise économique occidentale, le racketteur est plus violent encore.

Le seul à s'en être ému publiquement est, comme à l'habitude, un Français. L'amiral Pierre-François Forissier, chef d'état-major de la Marine, a répliqué que la mobilisation des forces françaises contre la Libye obérerait rapidement leur capacité à défendre le pays. Une déclaration en forme de préavis qui doit se comprendre en se souvenant que l'amiral était opposé à l'engagement du porte-avions Charles-de-Gaulle dans ce conflit.

Le chef d'état-major de la Marine est dans son rôle. Comme l'était celui de l'armée de Terre, le général Bruno Cuche lorsqu'il s'interrogeait sur l'engagement français en Afghanistan et s'opposait au déploiement des chars Leclerc. Cuche a été contraint à la démission par le président Sarkozy à l'occasion d'un accident meurtrier dans une caserne, gageons que le premier prétexte venu sera utilisé par l'Élysée pour se débarrasser de Forissier.

En définitive, la seule question qui se pose est celle formulée par Vladimir Poutine à la conférence de Munich en 2007 [3] : mais pourquoi donc les Européens restent-ils membres d'une alliance qui va à l'encontre de leurs intérêts ?

Lucille Baume

[1] « Farewell speech on Nato », par Robert Gates, Voltaire Network, 10 juin 2011.

[2] « Nato chief Anders Fogh Rasmussen warns of 'two-tier' force », par Julian Borger, The Guardian, 15 juin 2011.

[3] « La gouvernance unipolaire est illégitime et immorale », par Vladimir V. Poutine, Réseau Voltaire, 11 février 2007.

 

Source : RESEAU VOLTAIRE

jeudi, 16 juin 2011

LIBYE: AMNESTY ACCUSE LES REBELLES DE TORTURE ET D'EXACTIONS

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Par Zineb Dryef

 

Quatre mois après le début du conflit en Libye, la confusion règne toujours à l'ouest du pays, en proie à de violents affrontements entre les forces pro-Kadhafi et les rebelles. Aucune organisation humanitaire n'a accès à cette région du pays, les déplacements n'étant possibles que dans les villes libérées par l'opposition.

Donatella Rovera, conseillère sur la réaction aux crises à Amnesty International, est rentrée de Libye après trois mois passés à arpenter les villes de Misratah, Benghazi, Ajdabiya et Ras Lanouf. Son témoignage éclaire certaines zones d'ombres. Entretien.

Rue89 : Vous avez pu rencontrer des mercenaires dans les centres de détention tenus par l'opposition.

Donatella Rovera : Il y a eu une certaine hystérie de la part des médias autour de la question des mercenaires. Le Conseil national de la transition (CNT) a organisé des visites dans les prisons pour que les journalistes « voient » les mercenaires, mais il s'agissait surtout de pauvres jeunes gens terrorisés, pas forcément liés au conflit. Mais ils ont été filmés, photographiés, ils étaient reconnaissables.

Ils ont été libérés puisqu'il n'y avait pas de preuves contre eux. La plupart ont d'ailleurs quitté la Libye. Il n'en reste quasiment plus en détention, peut-être quatre ou cinq à Misrata. J'ai rencontré un jeune Algérien dans une prison de Misrata. Il n'était pas du tout mercenaire, il travaillait dans une pâtisserie. Son patron a dû faire une lettre pour prouver qu'il ne mentait pas.

Vous voulez dire qu'il n'y avait pas de mercenaires ?

On n'a pas vu de mercenaires, sauf si cela s'est passé dans l'ouest où nous n'avons pas accès. Nous avons rentré des étrangers et des Libyens noirs qui ont été pris pour cible par les anti-Kadhafi. Le comportement des combattants de l'opposition à leur égard pose question. Ils ont commis des violations graves.

Quel type d'exactions ?

Les rebelles sont responsables de nombreuses attaques contre les étrangers et les Libyens noirs, soupçonnés d'être des mercenaires. Certains ont été assassinés.

Certains soirs, des raids ont été menés contre toutes les personnes soupçonnées d'avoir été proches du régime et contre celles dont on savait qu'elles avaient travaillé pour le régime de Kadhafi, notamment à la Sécurité intérieure. On a retrouvé des notes près de certains cadavres disant : « C'est le sort réservé aux chiens de Kadhafi. »

Enfin, on a eu connaissance d'actes de torture sur des prétendus mercenaires et sur des soldats faits prisonniers.

Il faut agir maintenant. Les gens du CNT sont contre ces pratiques, je les crois sincères mais ils ne contrôlent pas la situation. Ont-ils vraiment la volonté politique de demander des comptes aux combattants rebelles ?

Sur la question des mercenaires, par exemple, le CNT en a beaucoup parlé au début du conflit, notamment sur Al Jazeera qui est très regardée en Libye. Ces accusations n'étaient pas fondées et ils ont constaté les conséquences de cette légende. Il devraient avoir le courage de retourner sur Al Jazeera et sur la nouvelle chaîne d'opposition libyenne pour démonter cette rumeur et condamner les violences. Mais ils ne le font pas, ce n'est pas une priorité pour eux.

Les enquêteurs de la Cour pénale internationale (CPI) disent avoir des preuves que Mouammar Kadhafi a encouragé les viols en Libye.

On n'a pas pu vérifier ces accusations de viols systématiques. On n'en conclut rien, on continue à chercher.

On a parlé d'un bilan humain très lourd. Plusieurs milliers de personnes tuées par les forces loyalistes.

Je suis arrivée fin février, ce n'était pas encore la guerre mais c'était le plus fort de la répression des manifestations. A Al-Baïda, une soixantaine de personnes sont mortes et à Benghazi, entre 100 et 110 personnes ont été tuées. C'est beaucoup, c'est grave mais ce ne sont pas les milliers de morts annoncés.

Les civils ont surtout payé un lourd tribu à Ajdabiyah, notamment quand ils essayaient de fuir les combats. A Misrata, c'était le pire : les roquettes pleuvaient sur la ville à la fin du mois d'avril. Des centaines de roquettes sont tombées sur les quartiers résidentiels. Des bombes à fragmentation ont été utilisées et éparpillées sur une zone habitée très étendue. Les forces pro-kadhafistes en ont utilisé dans le centre-ville de Misrata. Il y a aussi des mines antipersonnel aux abords d'Ajdabiyah et dans des quartiers résidentiels de Misrata.

Il y a également eu beaucoup d'enlèvements d'opposants au début du conflit et ça continue. Tous ne sont pas combattants. A Misrata, ce sont parfois tous les hommes d'une même famille qui ont été enlevés à leur domicile, même lorsqu'ils n'étaient pas impliqués dans les combats. On en recense plusieurs centaines. Leurs familles n'ont pas de nouvelles. Parfois, on en a vu réapparaître à la télévision libyenne, ils font des aveux forcés du type « j'étais drogué » ou « je suis membre d'Al Qaeda ».

Que peut faire la communauté internationale ?

La communauté internationale n'est pas en mesure d'exiger quelque chose de la part de Kadhafi - sur les disparitions par exemple - mais elle peut user de son influence auprès de l'opposition pour faire en sorte que les tortures et les violences cessent dès aujourd'hui. Même s'il ne s'agit pas d'une pratique généralisée, il faut faire quelque chose.

Photo : des rebelles libyens à Zlitan, près de Misrata, le 13 juin 2011 (Zohra Bensemra/Reuters).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89

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Source: RUE89

mercredi, 15 juin 2011

LE CACAO DESORMAIS ACHETE A 250 FCFA, AU LIEU DE 1000 FCFA SOUS GBAGBO


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Les planteurs de Côte d'Ivoire n'ont plus que leurs yeux pour pleurer. Particulièrement les planteurs djoulas et baoulés qui ont voté Alassane Ouattara à la présidence de la République, sur les conseils d'Henri Konan Bédié, président du Pdci-Rda, le parti d'houphouët Boigny.

Laurent Gbagbo leur achetait le cacao à 1000 Fcfa. Au lieu de l'aider à continuer dans sa tâche ardue de donner le pouvoir aux planteurs de Côte d'Ivoire, ils ont préféré donner leurs voix à Alassane Ouattara, qui les remercie aujourd'hui en monnaie de singe en achetant leurs cacao à 250 Fcfa, pour les plus chanceux.

C'est le cas du vieux Aboulaye, riche planteur bien connu dans la forêt de l'Ouest qui n'a aujourd'hui que ses yeux pour pleurer. Les tonnes de cacao qu'il a produites ne valent plus rien. Car on lui a acheté le kilo de son produit au prix dérisoire de 150 Fcfa. Même pas à 250 Fcfa, le prix officiel. Alors qu'au même moment,  les multinationales font d'énormes profits. C'est aussi le cas du vieux Kouassi Kan, riche planteur baoulé à Issia dont la récolte de cacao a été achetée à 250 Fcfa le kilo et qui rumine déjà sa colère contre Ouattara et Bédié qu'il accuse de trahison.

Notre vieillard qui n'aimait pas Gbagbo, regrette déjà son époque où le kilo de cacao était acheté à 1000 Fcfa. Ce Président-là se faisait du souci pour le monde paysan. Gbagbo disait à l'envi que le temps était l'autre nom de Dieu. C'est justement ce qui se passe en ce moment.

Les paysans djoulas et baoulés ont compris, malheureusement un peu tardivement que leurs intérêts se trouvaient avec Laurent Gbagbo. Ce n'est que justice et reconnaissance pour ce dernier.


Eric Lassale, in IvoireBusiness.Net


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

DSK: LE SCENARIO DU COMPLOT!

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Depuis longtemps déjà, le Président Français redoutait une candidature de Dominique Strauss-Kahn aux présidentielles de 2012.

Il avait peur de ne pas « faire le poids » par rapport au Directeur Général du FMI comme cela a été le cas lors d'une ancienne confrontation :



Les choses se sont accélérées dès le début avril 2011 avec la possible candidature de DSK aux présidentielles 2012.

Un grand péril, au vu des sondages, mais également au vu des sommes colossales que DSK pourrait investir en propagande, grâce à la fortune d'Anne Sinclair.

Comment mettre son rival KO ?

Très simplement en l'attaquant par sa grande faiblesse (pour ne pas dire sa tare) :

sa passion irraisonnée pour les femmes et le sexe !

Il fallait marquer un grand coup, non pas sur le territoire Français, trop complaisant en ces affaires de moeurs, mais bien sur le territoire Américain beaucoup plus répressif en la matière, surtout s'il y a dans l'acte, une quelconque violence...


En grand secret, le Président convoqua la DCRG (Direction Centrale des Renseignements Généraux), afin de mettre sur pied une opération, certes risquée, mais qui mettrait définitivement DSK hors course si elle venait à réussir.

D'emblée, la scène coulait de source : l'hôtel Sofitel de New York où Strauss Kahn avait ses habitudes.

Parmi ses habitudes, et lorsqu'il venait seul, il y a avait parfois appel discret à une call girl, bien que cela ne rencontrait pas les plus secrets de ses fantasmes.

Il fallait trouver autre chose.

Contact secret fut pris avec la direction de l'hôtel.

Il se trouve qu'y travaillait de temps en temps et en tant que femme de chambre, une certaine Ophelia Famotidina, 32 ans, guinéenne, à la plastique parfaite.

Elle n'avait jamais été affectée aux suites VIP du 28ème étage, et donc n'était pas drillée aux règles du jeu en vigueur.

Une fille sans histoires, polie, mais certainement pas corruptible.

Il n'y avait plus qu'à tendre la souricière et attendre le bon moment.

Coup de théatre : le 11 mai 2011, DSK téléphone au Sofitel pour réserver une suite au 28ème étage : la suite 2806 lui fut réservée, pour une seule nuit.

Il précisa qu'il viendrait seul et devrait partir le lendemain vers 12h30...

Dominique Strauss Kahn arriva en taxi en fin de soirée.

Comme d'habitude, on lui demanda s'il voulait « un petit extra ».

Il répondit : Pourquoi pas, mais demain fin de matinée, ce soir, je suis trop fatigué.

Le lendemain matin, la direction l'appela en lui annonçant qu'une nouvelle et jeune femme de chambre, pas du tout farouche... le rejoindrait en fin de matinée, ajoutant : « à vous de faire le reste... »

La pauvre Ophelia Famotidina n'était pas du tout informée de ce qui l'attendait.

11h45 : l'employé du « room service » est envoyé en éclaireur, pour débarrasser  le petit déjeuner, ayant soin de laisser la porte de la suite entr'ouverte.

DSK était sous la douche, sa valise pas encore bouclée, des vêtements traînant sur le sofa...

11h47 : Ophelia Famotidina arrive avec son chariot, voit la porte ouverte :

Le « room service » lui dit : entre, il n'est pas là !

11h52 : DSK sort de sa douche, nu comme un vers, et croyant Ophelia bonne à prendre, lui saute dessus sans méfiance...

Celle-ci repousse ses avances, ce qui a le don d'exciter DSK, croyant naïvement que cela « fait partie du jeu »...

12h15 : La Femme de chambre, ayant subi, à juste titre, des sévices sexuels graves, quitte la suite et, affolée, va se plaindre à son supérieur hiérarchique.

12h25 : Dominique Strauss Kahn, qui n'a pas encore retrouvé tous ses esprits, mais pressé de retrouver sa fille dans un restaurant proche, boucle sa valise (en oubliant des vêtements et un de ses portables) règle sa note et part, sans précipitation.

13h25 : La direction du Sofitel appelle la police, qui arrive dans les 10 minutes.

14h15 : DSK, qui s'est rendu compte du manque de l'un de ses portables, appelle le Sofitel, depuis le taxi qui l'emmène à l'aéroport.

On lui répond que des vérifications allaient être faites, en lui demandant de rappeler un peu plus tard...

14h35 : DSK rappelle le Sofitel: on a retrouvé le portable.

Il demande qu'il lui soit apporté à l'aéroport.

14h40 : La Police New-yorkaise appelle l'aéroport, fait bloquer l'avion d'Air France à destination de Paris... et vient cueillir « le coupable » sur place...

Et la descente en enfer est enclenchée, inexorablement !!!


ATTENTION: ceci n'est qu'un scénario purement imaginaire !!!


Dans un tel cas, Ophelia n'aurait été qu'une sorte de chèvre de Mr Seguin, offerte aux appétits sexuels insatiables de Mr Strauss-Kahn...

C'est bien malheureux pour cet homme pourtant doué, à cette exception près, d'une intelligence exceptionnelle !


A voir (cliquer ICI) : un mail adressé par un certain Mel Cooper au Directeur du Sofitel New York



Source: VEILLE CITOYENNE LIBRE

mardi, 14 juin 2011

LE RETOUR A LA NORMALITE ET LA RECONCILIATION NE SE DECRETENT PAS, PAS PLUS QUE LA REPRISE ECONOMIQUE



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Voici deux mois que le Président Laurent Gbagbo a été renversé par la coalition Licorne-ONUCI-FRCI. Nous étions en droit de nous attendre à une reprise en main rapide de la situation sécuritaire en Côte d'Ivoire et à une amorce véritable de la réconciliation nationale et de la reprise économique. Nous sommes restés sur notre faim et les signes actuels ne nous inclinent pas à davantage d'espoir, vu que les actes attendus ne sont encore qu'au stade des vœux pieux et des décrets d'intention.

D'abord l'aspect sécuritaire : les FRCI occupent encore et toujours nos commissariats, nos brigades de gendarmerie et nos casernes et camps militaires, malgré la promesse d'Alassane Dramane Ouattara de nous ramener à la normalité en 2 mois. Une nouvelle promesse non tenue parmi des dizaines d'autres telles qu'un gouvernement de 25 ministres et la Primature au PDCI-RDA. Ce sont eux, d'authentiques et illustres analphabètes, qui disent et font le droit. Selon leurs humeurs. Tandis que les vrais professionnels de la sécurité et de la sûreté de l'Etat que sont les policiers, gendarmes et militaires, sont désarmés et bien souvent en civils, réduits en « Reine d'Angleterre », à inaugurer les chrysanthèmes.

L'appareil judiciaire ne s'est pas encore remis, depuis la sanglante alternance d'Avril qui a laissé pantois même les militants pro-Ouattara. Certains parmi eux n'ont pu réprimer une larme ou s'empêcher d'éclater en sanglots à la vue d'un président de la République de Côte d'Ivoire, bombardé, capturé et humilié comme un vulgaire bandit. Jamais pareille horreur n'aura été vue dans ce pays. Ça, ça marque les esprits, comme dirait l'autre. Ouattara ne le sait peut-être pas : cette carte politique du résistant joué par Gbagbo jusqu'au bout est celle qui lui a enlevé toute crédibilité et détruit son image policée d'économiste aristocrate et démocrate. Malgré tous les sourires obséquieux, les allégeances trompeuses et même les jets de fleurs des médias internationaux (qui commencent d'ailleurs et se raviser), il passe, dans les causeries de salon, pour être un goujat et un boucher. Cette image-là n'est pas près de lui passer.

Les greffes des tribunaux ont été pillés, de nombreux commissariats incendiés ou occupés, les prisons défoncées ou brûlées, des milliers de prisonniers dans la nature, bien souvent enrôlés par les FRCI, les brigades de gendarmerie devenues les bases des forces pro-Ouattara. Tout naturellement, dans ce décor apocalyptique, les magistrats ne font plus office que de meubles dans nos institutions judiciaires. Aucun Etat au monde, aucune république sérieuse ne peut se payer ce luxe. Mais la Côte d'Ivoire d'Alassane Ouattara, abusivement - ou à raison -  appelée « la nouvelle Côte d'Ivoire » (peut-être parce que totalement en rupture avec la vraie), si ! Elle ne s'en gêne guère. Bien au contraire ! L'informel a pris le pas sur la légalité et la régularité. C'est au point où la sécurité présidentielle est assurée par l'armée burkinabé et la force française Licorne. Quel crédit peut-on accorder à un tel régime ? Quel investisseur s'aventurerait-il dans un tel bourbier et dans un tel Etat de non droit où des bidasses règnent en maîtres, quand les magistrats rasent les murs et sont dans leurs petites chaussures. Les combattants de Ouattara recensés seraient au nombre de 26.000 mais Hamed Bakayoko, son ministre de l'Intérieur  qui nous annonce la nouvelle, n'y reconnaît que 9.000 FRCI. Les 17.000 restants, qu'est-ce qu'on en fait ? Ne pas les reconnaître est enfantin et dangereux. Qui les a armés ? Ont-ils combattu, oui ou non ? Il ne faut pas jouer avec la sécurité et les nerfs des Ivoiriens. Monsieur le ministre, assumez vos actes. Ceux de votre régime. Vous nous avez promis une pluie de milliards dès que vous seriez installés et, à eux, 5 millions de francs CFA par combattant ; payez-leur leur dû pour qu'ils retournent chez eux et débarrassent nos rues de leur présence incommodante. Ne rusez pas avec ces jeunes gens au péril de nos vies. Et surtout, vous avez à redouter une rébellion au sein des FRCI qui risque de nous replonger dans une violence aveugle et plus meurtrière encore. Vous êtes avertis !

Pour ce qui est de la réconciliation, pas davantage de progrès. On continue de tuer à l'Ouest et au Sud, dans les villes et villages réputés pro-Gbagbo. On a encore frais en mémoire, les tueries de Yakassé-Mé, Bécouéfin, Anandjé, Domolon, du 5 au 7 juin 2011, dénoncées par la Division des Droits de l'Homme de l'ONUCI, l'organisation même qui a aidé à installer ce chaos. Hypocrisie, quand tu nous tiens ! Deux pasteurs ont été froidement abattus à Cocody Angré et à Yopougon Camp militaire pour leurs activités évangéliques. A Yopougon et Abobo, on continue de terroriser les pasteurs et les chrétiens pour les empêcher de se réunir. A Akouédo, les pasteurs Bohui et Sépé de l'Eglise Evangélique des Assemblées de DIEU ont été proprement pillés par les FRCI, en représailles à leur activisme chrétien. Le Président Gbagbo est toujours en résidence surveillée avec son épouse, déclarés coupables par Ouattara sur les chaînes étrangères avant même d'avoir été jugés. Cela promet pour la suite de l'affaire ! Ses collaborateurs et proches sont incarcérés dans le Nord du pays dans des conditions inhumaines. De quelle réconciliation parle-t-on alors ? Ce que le régime RHDP ne doit jamais oublier, c'est que la réconciliation des plus forts qu'il veut instaurer n'est pas de la réconciliation mais une bombe à retardement. Elle leur explosera un jour à la face, au moment où ils s'y attendront le moins. Just wait and see !

Quand à la reprise économique, elle se fait voire se fera encore attendre et pour cause : l'appareil de production qui est essentiellement tenu par les entreprises a été en partie détruite, à l'exemple de la Parfumerie Ghandour  où tout l'outil informatique a été emporté et des machines déboulonnées et vendues à l'étranger. Orange et Côte d'Ivoire Télécom ont perdu plus de 200 véhicules et le Groupe SODECI-CIE, plus de 400. Leurs agences et bureaux pillés dans la quasi-totalité des villes de la partie Sud de la Côte d'Ivoire. 80 à 90% des commerces, des pharmacies, boutiques, supermarchés, salons de coiffure, ateliers de couture, magasins divers et stations d'essence de Yopougon ont été cassés à la Kalachnikov ou au RPG et pillés, les pompes à essence électriques des distributeurs démontées et emportées, la Mairie détruite. Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, a été presque anéantie du point de vue économique, comme s'il n'y vivait que des pro-Gbagbo. Totalement renversant ! Le comble est mis quand s'y ajoutent l'insécurité et le racket sauvage aux barrages et corridors FRCI, en Abidjan et sur nos routes nationales. Les opérateurs économiques étrangers, essoufflés, accablés, se tournent, tout naturellement vers les ports des pays de la sous-région et vers d'autres marchés. Ce qui aggrave le mal ivoirien. D'où tirer donc les indispensables impôts et taxes douanières salvatrices qui doivent garantir le paiement des salaires et nous permettre de nous assumer, comme cela a toujours été le cas sous Gbagbo ?  Surtout quand on a fait la promesse incongrue et à effet boomerang d'offrir les vignettes auto 2011 aux usagers de la route, depuis l'Hôtel du Golf, dans le secret espoir de faire mal à Gbagbo et au gouvernement Aké N'Gbo en asphyxiant l'économie ivoirienne ?

Monsieur Farikou, président de la Fédération Nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire (FENACCI), va pour sa part jusqu'à demander 6 mois d'exonération d'impôts pour les aider, sa corporation et lui, à relever leurs activités, après tous les torts subis dans le dénouement de la crise électorale et dans l'observation de l'arrêt de travail demandé par Ouattara depuis son QG du Golf. Résultat logique, les caisses de l'état sont sinistrées. Avec quels fonds restaurer les administrations mises à sac à Abidjan et à l'intérieur du pays qui paralysent la reprise effective du travail dans bien des ministères ? Le plus logiquement du monde, Ouattara se tourne vers la France - marraine du chaos ivoirien - et les Institutions de Bretton Woods. Manque de pot. La première doit faire face au financement budgétairement assommant des agriculteurs sinistrés par la sécheresse historique de cette année, trouver des financements pour les élections de 2012 et gérer une croissance à l'équilibre précaire d'à peine 0,5% (en réalité, moins de 0% ; les français ont toujours su se mentir à eux-mêmes et au monde entier). En somme, une économie en grave récession et en quasi faillite (plus de 15 ans de déficit budgétaire), qui attendrait plutôt les dividendes de la sanglante campagne ivoirienne, pour reprendre un peu de souffle. Pas donc tout à fait encline à jouer les philanthropes forcenées. Quant aux secondes, elles sont attendues comme les pompiers de la débâcle financière grecque, irlandaise, portugaise et espagnole. Et la liste est loin d'être exhaustive. Toute chose qui n'arrange pas les affaires du nouveau régime ivoirien. D'autant moins que les effets induits de la crise du concombre et des légumes provoquée par la bactérie E-coli vient ouvrir un nouveau front budgétaire en Europe. Le tout aggravé par une croisade libyenne qui s'éternise, injustement menée par l'OTAN contre le très atypique et nationaliste Kadhafi, croisade européenne (ou plus exactement occidentale ultralibérale) dont la facture s'alourdit dangereusement et grève tous les budgets. Ouattara est dans les cordes. La pluie de milliards attendue manquera le train à la gare, c'est sûr. Il y aura tout juste quelques appuis financiers ici et là, sans plus. Il le sait. Pour l'heure, il faut donner l'illusion au peuple et au monde que tout va désormais pour le mieux dans le meilleur des mondes, en Côte d'Ivoire. Nous sommes bien loin de cette réalité.

Morale de l'histoire : il faut compter sur soi-même. Mais comment y parvenir quand on a soi-même tout détruit pour s'installer sur des ruines ? Comment y parvenir quand l'économie ne reprend pas ? Et comment reprendrait-elle quand personne n'a plus le cœur au travail avec tout ce que les Ivoiriens continuent de subir comme exactions ? Des cœurs meurtris par le deuil et engourdis - si ce n'est tétanisés - par la désolation et l'angoisse dues aux nombreux assassinats, crimes d'épuration ethnique et pillages qui ont réduit à néant des entreprises (plus de 400) et détruits des milliers d'emplois (au moins 80.000 selon une enquête récente et 120.000 selon Monsieur Jean-Louis Billon, Président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Côte d'Ivoire). Comment y parvenir quand on ruse avec des FRCI laissés en rade au nom de calculs budgétaires déprimants ? Comment y parvenir quand des dizaines de milliers d'Ivoiriens partis en exil n'osent plus revenir dans leur propre pays ? Dur, dur, la réalité du pouvoir ! Il fallait réfléchir plus d'une fois avant de faire ce qu'on a fait à la Côte d'Ivoire. Les regrets ne serviraient à rien, il faut assumer. Ainsi est faite la vie !

En définitive, nous retiendrons qu'il ne suffit pas de décréter la normalité, la réconciliation et la reprise économique pour que tout reparte de plus bel, comme par enchantement. Il y a des actes à poser. Des actes de responsabilité et d'honnêteté, des actes de rapprochement sincère et de compassion, des actes de repentance et de pardon, des actes de vérité et de grandeur. Ouattara s'y refuse ! Ou plus exactement, n'en est pas capable. On ne se décrète pas grand homme. On l'est ou on ne l'est pas. La vengeance est une mauvaise conseillère. La haine, pire encore. Il l'apprendra à ses dépends. Néanmoins, souhaitons-lui de retrouver la raison et de parvenir à conduire la Côte d'Ivoire vers des jours meilleurs. Si DIEU le veut.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


 

DINDE Fernand AGBO