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vendredi, 10 juin 2011

COTE D'IVOIRE: L'ONU DENONCE LA MULTIPLICATION DES VIOLENCES DES FORCES DE OUATTARA



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L'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire (Onuci) s'est déclarée, jeudi 9 juin, "particulièrement préoccupée" par la "multiplication" récente des violences commises par des éléments des forces armées du président Alassane Ouattara dans le sud du pays. L'Onuci "est particulièrement préoccupée par la multiplication d'incidents violents et d'attaques conduites par des éléments des FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) contre plusieurs villages", a déclaré Guillaume Ngefa, de la division des droits de l'homme de l'Onuci, lors d'une conférence de presse à Abidjan.

Déplorant l'usage d'"armes lourdes" pour le maintien de l'ordre, il a exigé des "enquêtes immédiates et impartiales" sur ces incidents survenus ces derniers jours dans des localités des environs d'Abidjan, du sud-ouest et du centre-ouest du pays, régions réputées compter de nombreux partisans de l'ex-président Laurent Gbagbo. L'ancien chef de l'Etat a été arrêté le 11 avril à l'issue d'une offensive des FRCI, soutenues par l'ONU et la France, après plus de quatre mois d'une crise née de son refus de céder le pouvoir après sa défaite au scrutin de novembre 2010.

A Becouesin (50 km au nord d'Abidjan), des éléments des FRCI "ont investi le village et ont fait usage de la force mortelle. Ils ont ensuite arrêté une vingtaine de jeunes (...). En cours de route, ils ont battu une autre personne, qui est morte des suites de ses blessures", a expliqué M. Ngefa. A Yakassé-Mé (50 km au nord de la capitale économique), "un vieillard s'est écroulé et est mort lorsqu'il tentait de fuir en brousse par crainte d'être arrêté par des éléments des FRCI qui avaient lancé une opération de ratissage", a-t-il poursuivi. "Ces incidents ont fait au moins quarante-cinq blessés dont trois par balle", a précisé le responsable onusien. Selon lui, "des renforts des FRCI lourdement armés (...) ont pris d'assaut le village en tirant et en tabassant les jeunes", poussant les habitants à fuir dans les forêts.

A Domolon (55 km au sud-est d'Abidjan), une incursion de FRCI "s'est soldée par une trentaine de blessés à coups de machette et de crosse", "des pillages à grande échelle" et un exode massif de la population dans la brousse. Le rétablissement de la sécurité est l'un des chantiers les plus urgents du gouvernement Ouattara. A l'issue d'un conseil des ministres, mercredi, il s'est engagé à faire entrer les FRCI "le plus rapidement possible" dans des casernes. Il doit parallèlement accélérer le retour sur le terrain des policiers et des gendarmes.

 

Source: LE MONDE.FR

L'ONCTION DU SANG A ABIDJAN: AVEC DIX JOURS DE RETARD, BRAVO L'HUMANITE!

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Le rapport d'Amnesty International va gâcher la fête normande. Nicolas Sarkozy devait, devant le G8, dérouler un tapis rouge sous les pas d'Alassane Ouattara. On sait désormais que la laine ne sera pas teinte d'amarante mais du sang de centaines de civils massacrés sous les yeux de l'armée française et sans un geste de l'Onuci. Les assassins tenaient des armes fournies par Paris; ils étaient guidés et formés par les services spéciaux occidentaux; ils bénéficiaient du coup de pouce indispensable des frappes françaises pour parachever leur victoire à Abidjan. L'Humanité l'écrivait sans écho, hélas, de ses confrères, début avril, quand les premiers charniers étaient exhumés à Duékoué. Ils n'étaient que les prémices de l'horreur et pourtant celle-ci est restée ignorée des festivités d'installation du nouveau président de la Côte d'Ivoire, en présence du président français et des grands patrons de la Françafrique. Parmi ces derniers, certains n'avaient pas tenu rigueur à Gbagbo des massacres perpétrés par ses hommes...

«Je pleure, écrivait Jaurès, sur les morts innombrables dont la puanteur arrive jusqu'à nous comme un remords...» Pas sûr que cela troublera les senteurs marines humées à Deauville par les grands de ce monde. Lequel d'entre eux saura s'indigner que l'ONU, dont la mission est la démilitarisation des relations internationales, ait été dévoyée? De pareils fourvoiements menacent le rôle fédérateur qui doit être celui de l'organisation internationale, alors que la dimension mondiale des défis contemporains appelle une nouvelle coopération des peuples et des États. Comment ne pas juger également que l'intervention d'hélicoptères en Libye, après les frappes visant Kadhafi et sa famille, puis l'expédition de barbouzes occidentaux pour former les troupes rebelles, viole explicitement la résolution 1973, prise par le Conseil de sécurité le 17 mars dernier, qui ne prévoyait qu'une zone d'exclusion aérienne pour protéger les populations civiles libyennes d'un massacre? Désormais l'Otan mène la danse sur des objectifs bien différents, sans que l'ONU dise mot ni que le moindre effort soit conduit pour aboutir à un cessez-le-feu et à une solution à la crise. La résolution 1973 avançait une nouvelle ambition pour la « communauté » internationale, la « responsabilité de protéger » contre d'éventuels génocides... La Libye est en guerre civile et des flots de sang ont coulé en Afrique sans un doigt levé par les casques bleus. La légitimité, la crédibilité, l'efficacité de l'ONU viennent d'en prendre un coup en couvrant de grandes déclarations éthiques des menées au parfum d'impérialisme. Nul ne peut s'en réjouir: la planète a besoin de l'ONU, d'une autre ONU, de plus d'ONU.

Les mystères de l'hôtel Sofitel de New York éclipseront-ils les drames ourdis à l'hôtel du Golf d'Abidjan? Il faut à toute force l'éviter et encore plus quand on lit les exaltations bellicistes de Bernard-Henri Lévy, reconverti en conseiller militaire de l'Élysée, qui proclame dans le dernier Nouvel Observateur: « Après Kadhafi, Assad! » Va-t-on bombarder Damas aux premiers jours de juin? Dans le langage de son temps, Jaurès écrivait en 1903 que l'Europe unie « devra se garder de toute intervention provocatrice; oui, elle devra répudier cette philanthropie hypocrite qui n'est si souvent qu'un prétexte pour exploiter "les peuples inférieurs" que l'on prétend défendre ». Qui prétendra que ces lignes ont pris une seule ride?


Patrick Apel-Muller in L'HUMANITE.FR


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 07 juin 2011

COLERE DES CHEFS DE GUERRE FRCI APRES LE DERNIER RAPPORT DE HUMAN RIGHTS WATCH LES ACCUSANT: CHERIF OUSMANE MENACE OUVERTEMENT LE MINISTRE HAMED BAKAYOKO

 

 

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L'interview du ministre Hamed Bakayoko publiée le 05 juin sur RFI, après la publication du dernier rapport d'Human Right Watch sur la Côte d'Ivoire, continue de faire des vagues au sein de certains chefs de guerre FRCI qui ne veulent pas entendre parler d'enquête ou de Cour pénale internationale.

Un chef de guerre nommément cité dans ce rapport aurait particulièrement été attentif aux propos du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko à RFI: Il s'agit du célèbre chef de guerre, Cherif Ousmane, Com'zone de Bouaké, qui avait dirigé l'expédition punitive à Abobo contre Ibrahim Coulibaly dit IB, pour le neutraliser.

Selon une source, Chérif Ousmane ne comprend toujours pas que son nom soit mêlé à ces rapports de HWR, et aurait ouvertement menacé ses patrons, Guillaume Soro et Hamed Bakayoko, qu'il mettrait désormais dans son collimateur. Et exigerait d'eux qu'ils montrent patte blanche en affichant leur loyauté envers lui dans toutes leurs déclarations.

Jeudi 2 juin dernier, Human Rights Watch affirmait dans un rapport que 149 personnes avaient été tuées à Abidjan par les FRCI fidèles à Alassane Ouattara, depuis le 11 avril, date de l'arrestation de Laurent Gbagbo, et demandait aux autorités ivoiriennes de sanctionner au moins trois commandants de zone, dont Cherif Ousmane.

L'interview d'Hamed Bakayoko avait donc pour Chérif Ousmane, valeur de test en loyauté envers sa personne. Et il le lui aurait fait savoir, selon cette source.
Le ministre, menacé par le redoutable chef de guerre, lui a effectivement apporté des gages au micro de RFI. Il a royalement blanchi Cherif Ousmane, allant jusqu'à dire que ce dernier était d'une probité morale incontestable, qu'il le connaissait personnellement, et qu'il n'était ni de prêt ni de loin mêlé à ces massacres de Yopougon.

En outre, Hamed Bakayoko s'est montré sceptique quant aux conclusions du rapport de HWR et a prévenu que les témoignages ne suffisaient pas, qu'il lui fallait des preuves tangibles.
Mais conscient de la gravité de ces accusations, le ministre Bakayoko a promis qu'une enquête serait diligentée par la justice et qu'il n'y aurait pas d'immunité si les faits étaient avérés. Ce dernier point aurait particulièrement fâché Cherif Ousmane et d'autres chefs de guerre, qui ne veulent pas entendre parler d'enquête.

Le gouvernement Ouattara va-t-il reculer devant la menace de certains de ses chefs de guerre qui l'ont porté au pouvoir ? Rien n'est moins sûr. Du rififi dans l'air dans les jours à venir.
Nous suivons de prêt le coup de sang du redoutable chef de guerre Cherif Ousmane, dont l'accès d'humeur peut porter un coup fatal à Ouattara en cas de division au sein des FRCI.


Patrice Lecomte


Source: IVOIREBUSINESS.NET

dimanche, 05 juin 2011

LES CHEMINS INCERTAINS DE LA CONVERGENCE DES LUTTES DES PEUPLES


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Dans un grand silence l'OTAN décide de frapper encore en Libye


Par Mohamed Bouhamidi


Dans les désormais très lointains cours de philosophie qui ne s'arrêtait pas au syllogisme, les candidats bacheliers pouvaient apprendre que les sociétés primitives vivaient sans Etat et que ce dernier pouvait exister à l'état embryonnaire ou à des stades sophistiqués.

Mais qu'il existe dès qu'un groupe d'hommes, se distingue par une supériorité économique et symbolique sur les autres par ou pour différentes raisons. Mais l'Etat existe dès que ce groupe d'hommes devient capable de s'octroyer le monopole de la violence, de régenter la vie sociale et économique des autres groupes et de «dire le droit». Dans ses formes embryonnaires l'Etat, comme dans ses formes les plus sophistiquées,  consiste à s'assurer un monopole de la violence combinée à une parole appelée le «droit», légitimant la violence et, dans le même mouvement, user de cette force «légitimée» pour faire de cette parole un monopole de l'état.

A la base l'Etat naît dans cette équivoque qui a besoin à son tour de nouvelles équivoques pour perdurer comme expression d'une volonté commune, celle de tous, quand il n'exprime que la volonté de quelques uns d'opprimer le reste en faisant passer cette volonté particulière pour la volonté générale. L'affaire libyenne a porté cette problématique de la volonté de quelques pays d'être le gouvernement de toute la planète mais comme une dame porte le bébé arrivé à terme tout visible dans un  ventre grossi. La décision de l'OTAN de prolonger son agression coloniale en Libye concentre le problème dans un troublant impensé.

Ainsi quelques pays concentrent les moyens militaires considérables et monopolisent le droit de dire le «droit», ils se réunissent en G8 et décident pour le reste du monde en invitant quelques présidents pour faire passer l'impression qu'ils agissent pour le bien de tous - sans se donner trop de peine quand même - et mènent les guerres selon le droit qu'ils ont écrit tous seuls. La régularité des réunions du G8, l'usage d'une force militaire mobilisée en permanence et le monopole de dire le droit à travers le cosmétique de la démocratie sont les éléments fondamentaux d'une gouvernance mondiale en marche depuis la chute du mur de Berlin. Les côtés équivoques ne pèsent plus très lourds de cette gouvernance mondiale qui s'installe avec ses parlements de Davos, ses conseils de ministres du G8 (sous présidence américaine quand même !), ce Tribunal Pénal International. Mais ils restent quand même. Cette gouvernance doit agir et fonctionner sous le signe de la dénégation permanente mais d'une dénégation confirmative. Les dirigeants de ces grandes puissances doivent constamment répéter qu'ils agissent en vertu d'une morale qu'ils espèrent transcrire en «droit».

Mais qui aurait du légiférer ? Quelle instance représentative  universelle ou quel parlement mondial a discuté de ces principes oraux ou a légiféré pour dire ce droit ? Evidemment, aucun parlement. Car la référence à l'ONU gêne par l'origine de cette institution : elle reflète des compromis et des accords entre des «Etats nationaux» disposant de droits égaux et souverains dans leurs pays. Ces ententes qui ont permis de créer l'ONU restent, en leur principe, antinomiques avec cette image que nous brandissent les USA et leurs puissances vassales d'agir au nom d'une « volonté générale». Nous assistons à une phase historique, réellement historique et réellement formidable au sens étymologique. À la légalité internationale née des rapports de forces entre nations après la deuxième guerre mondiale les grandes puissances du G8 veulent opposer la légitimité de principes moraux qu'ils se donnés le droit de proclamer universels. L'«Affaire libyenne» a aussitôt commencée, aussitôt investie de cette fonction : désormais aucun dictateur - lequel, celui qui interdit aux femmes de conduire ? - ne pourra réprimer son peuple - lequel de peuple, celui de Bahreïn ? -  ne pourra réprimer son peuple.

Bien sûr aucun texte juridique, aucun texte de droit, ne vient définir avec précision qui est ou non un dictateur comme hier aucune texte juridique ne précisait la notion de terreur et de terroriste. Une puissance qui a assassiné un million d'irakiens et en a déplacé près de deux millions peut ainsi émettre annuellement un rapport sur les droits de l'homme dans le monde ! Et un rapport attendu dans le monde mais avec une impatience particulière par la presse ultra libérale algérienne en vue de frapper le pouvoir pour mieux frapper l'idée de l'Etat national algérien. Car au fond de quel droit, les USA, même exemplaire sur ce plan là, s'ingèrent-ils dans la vie des autres nations et qu'en dire quand on met Somoza dans la balance ? On peut rétorquer avec facilité : par les liens que les humains se sont tissés dans leurs échanges, par les rapports qu'ils entretiennent. Parlons-en de ces liens ! Ils furent des liens de violence, de pillage, de vols, de cruauté, de soumission.Cette période tragique - tragique pour eux, car cela ne nous concerne que comme victimes - met ces dirigeants impérialistes devant le dilemme de l'habillage des idées. Le maquillage de leurs crimes et leurs mobiles de plus en plus apparents pour les opinions publiques  ne tiennent pas la route bien longtemps.  Très vite le pétrole se met à puer derrière les grands mots de démocratie. Alors la guerre tout court devient tributaire de la guerre des mots, de la guerre de la parole.

De ce point de vue et depuis l'invasion de l'Irak, il faut noter que les grandes puissances ont marqué des points, beaucoup de points. Nous avions assisté à de grandes manifestations contre l'agression américaine sur l'Irak. Nous avions ensuite assisté à moins de protestation pour la Yougoslavie. Nous n'avons assisté qu'à de faibles et épisodiques contestations de l'agression sur la Libye. Que s'est-il passé entre temps ? Comment la conscience des gens en est venue à s'accommoder de ce genre d'intervention aussi bien en Libye qu'en Côte d'Ivoire ? Beaucoup de facteurs entrent en jeu et malheureusement les forces dominantes feront tout pour empêcher la publication d'études sérieuses sur cet aspect des choses. Nous sommes nous fait à l'idée d'une supériorité morale du modèle libéral et de ses corollaires politiques ? Nous sommes nous faits à l'idée d'une légitimité mondiale des USA et des dirigeants européens les plus acquis au capitalisme financier ?  Peut-être. Une information anodine vient de nous apprendre que le tiers des africains appartient désormais aux couches moyennes. s'en suit une analyse qu'on peut accepter ou pas mais dont la ligne de fond est la monétisation de la notion de couche moyenne comme le FMI avait déjà monétisé la notion de pauvreté avec les conséquences dramatiques sur la perception des dirigeants africains de la question de la pauvreté par sa «désocialisation». Aminata Traoré a écrit deux très beaux livre sur cette question («L'Afrique humiliée» et le «Viol de l'imaginaire», disponibles à Alger). La monétisation de cette notion est évidemment importante et singulièrement trompeuse. Découvrir aujourd'hui que le tiers des africains appartiennent aux couches moyennes fait d'abord oublier qu'avant les agressions coloniales et parfois malgré elles les biens disponibles en Afrique et pour les africains ne le cédaient pas de beaucoup aux bien disponibles en Europe ; c'est le pillage colonial qui a creusé la différence. Quoi qu'il en soit l'accès d'un tiers d'africains aux niveaux de couches moyennes  aiguise l'appétit des marchands.

Mais cette info nous éveille aussi que cette notion monétarisée de couches moyennes veut dire aussi couches mondialisées. Dans notre expérience politique algérienne la plus immédiate nous sentons combien ces couches mondialisées sont sensibles aux sirènes ultra libérales et tellement désireuses de se «mondialiser idéologiquement et politiquement». Combien elles aspirent à une intervention étrangère qui les débarrassera des contraintes des frontières nationales et de cette idée surannée de nation. Une deuxième information moins anodine nous apprend que le gouffre financier que les banquiers - ou banksters - ont creusé pour la Grèce dépassera les 300 milliards d'euros.  Même le trésor libyen ne suffira pas à combler le trou.  Partout en Europe l'inquiétude monte et le mécontentement aussi. La peur s'installe chez les gens ; la peur de l'autre aussi. Le nègre, le basané, le jaune, le peau-rouge. Tout ce qui peut cristalliser et donner à la peur du lendemain une image et une possibilité d'exutoire. Alors que les grands dirigeants impérialistes craignent comme la peste la convergence des luttes du Tiers Monde avec celles des classes ouvrières des pays développés ce serait plutôt l'avènement de la conjonction aujourd'hui entre les aspirations «assimilatrices» des couches moyennes mondialisées des pays du sud  avec les peurs des couches moyennes des pays du nord.  Cela veut dire que les convergences révolutionnaires tardent à se produire et que face à cet état mondial du G8 et de l'OTAN l'internationale des peuples d'Egypte à Madrid n'a pas encore tout à fait trouvé sa voie.


Source: LA TRIBUNE ONLINE

samedi, 04 juin 2011

COTE D'IVOIRE: «149 PERSONNES PROCHES DE GBAGBO TUEES PAR LES COMBATTANTS D'ALASSANE DEPUIS SON INSTALLATION» (HRW)

 

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Au moins 149 partisans  du Président ivoirien Laurent Gbagbo ont été tués par les combattants d'Alassane Ouattara depuis son installation au pouvoir  mi-avril par la coalition ONUCI-Licorne-FRCI, a affirmé jeudi l'organisation Human Rights Watch.

Plusieurs personnalités ainsi que les populations civiles jugées proches du Président Gbagbo, font l'objet de représailles malgré les nombreux appels à la retenue des organisations internationales.

A Yopougon, considéré comme un bastion du Président Gbagbo., des familles entières ont été exterminées. Selon le quotidien ivoirien « L'Inter », l'on assiste à une « chasse aux sorcières » des sympathisants du Président déchu par la coalition Licorne-ONUCI-combattants pro-Ouattara.

Une vague de violences dirigées principalement contre ses proches s'était abattue suite à la capture le 11 avril du Président ivoirien investi selon les lois constitutionnelles du pays. Des centaines de personnes avaient été arrêtés « arbitrairement » puis déportées dans des camps au nord du pays.

Plusieurs centaines d'autres sont portées disparues. De nombreux témoignages rapportent des massacres et exécutions sur indication. A l'ouest, toutes les organisations internationales présentes sur le terrain s'accordent sur l'existence « de massacres d'envergure dirigés contre les ressortissants Guéré proches  de Laurent Gbagbo et commises par les forces d'Alassane Ouattara»


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COTE D'IVOIRE : APRES AMNESTY ET HUMAN RIGHT, L'ONU DOS AU MUR


La Commission d'enquête de l'ONU chargée de conduire les investigations sur les violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010 (date du second tour de la présidentielle) rendra jeudi son rapport au Conseil de sécurité, a appris DirectScoop.

Selon certaines indiscrétions, ce rapport pourrait citer nommément « des responsables présumés de haut rang, et apporter les premiers éléments de preuves pour une éventuelle procédure devant la justice internationale. » Un pas qu'ont déjà franchi les organisations internationales de droit de l'homme.

Dans son rapport rendu public le 2 juin, Human Right Watch parle d' « exécutions extra-judiciaires » auxquelles auraient participé de façon active les chefs de guerre, Chérif Ousmane et Ousmane Coulibaly.

Amnesty Internationale, quant à elle, a estimé dans son rapport du 27 mai qu'à partir du moment où « les liens de subordination entre les forces armées des Forces nouvelles et Alassane Ouattara ont été définitivement éclaircis [par décret présidentiel pris le 17 mars et créant les FRCI, nouvelle armée sensée réunir la rébellion des Forces Nouvelles et les Forces de Défense et de Sécurité] », celui-ci devrait assumer « la responsabilité de tous les actes commis ou tolérés par ces forces armées ».

La Commission dirigée par le thaïlandais Vitit Muntabhorn assisté de la béninoise Reine Alapini Gansou et du soudanais Souleïmane Bado, a conduit ses recherches sur le terrain, pendant un mois, voyageant à travers le pays à la rencontre des victimes ou autres survivants des massacres.

Elle avait pour mandat  de mener une « investigation sur les faits et les allégations de violations des droits de l'hommes commis en Côte d'Ivoire suite à l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 dans le but d'identifier les responsables de crimes graves et de les traduire en justice».


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BURKINA FASO : LES FORCES SPECIALES DE COMPAORE INTERVIENNENT CONTRE DES MILITAIRES MUTINS


BOBO DIOULASSO - Des éléments de la sécurité du président burkinabè Blaise Compaoré sont intervenus vendredi matin à Bobo Dioulasso (sud-ouest), contre les militaires mutins, a constaté un correspondant de DirectScoop.

Selon des habitants, des hommes du Régiment de sécurité parésidentielle (RSP), qui avaient rejoint la ville dans la soirée, sont passés à l'action aux environs de 10 heures.

Ils « ont pratiquement encerclé le camp, ils occupent toutes les voies qui mènent au camp et sont entrés pour chercher les militaires qui y sont », a déclaré un résident.

« J'ai vu des éléments du RSP qui tiraient en l'air en allant vers le camp. On a vraiment peur », a ajouté un autre.

Des « tirs d'arme lourde » retentissaient vers le gouvernorat et l'hôpital, non loin du camp Ouezzin Coulibaly où sont basés les mutins, selon un témoin.

C'est la première fois, depuis le début de la grogne des militaires en mars, que le Blaise Compaoré emploie la manière forte pour mater l'une des protestations des militaires, généralement motivées par des revendications financières.

Le Burkina Faso est en proie depuis le mois de février à une crise sociale généralisée. Amorcée par les élèves et étudiants suite au décès dans des conditions non encore élucidées de l'élève Justin Zongo, elle a fini par gagner toutes les autres couches jusqu'aux militaires de la garde prétorienne.

Cette crise avait conduit fin avril à la nomination d'un nouveau gouvernement dans lequel le porte-feuille revenait au Président Compaoré et dirigé par Luc-Adolphe Tiao en remplacement de Tertius Zongo.

Arrivée au pouvoir suite à un coup d'état sanglant qui emportera le père de la révolution en 1987, Thomas Sankara, Blaise Compaoré s'est fait réélire, dans un contexte électoral controversé, pour la 4ème fois. L'opposition exige son départ.


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SENEGAL : «WADE DOIT QUITTER LE POUVOIR AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD» (LEADER D'OPPOSITION)


DAKAR - Le leader du Rassemblement des travailleurs africains / Sénégal (Rta-S), Momar Samb, a reclamé samedi, dans un communiqué, le départ de Wade pour permettre au Sénégal d'avoir une stabilité.

« Il faut tourner le dos définitivement à l'illusion selon laquelle Wade peut entendre la douleur du peuple » a-t-il laissé entendre.
Pour Momar Samb, Abdoulaye Wade entend, au prix de la violence et du meurtre, dérouler son plan machiavélique pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire.

« Abdoulaye Wade prépare pour la Présidentielle de 2012 un hold-up électoral » mentionne le communiqué.
Momar Samb et ses camarades ont demandé immédiatement le retrait des décrets de redécoupage administratif des collectivités locales.



Source: DIRECTSCOOP.NET

jeudi, 26 mai 2011

LES SOUS-MARINS QUE CACHENT LES WIKIBRUITS

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Par Bernard Desgagné

Les histoires de sous-marins et les opérations psychologiques dont j'ai donné un exemple frappant dans mon article précédent, sur la crise des prétendus sous-marins soviétiques en Suède, en 1981 et 1982, n'appartiennent pas qu'à l'époque de la rivalité entre les États-Unis et l'URSS. Les wikibruits font partie des opérations psychologiques, eux aussi. Ils nous cachent des bruits de bottes quelque part. Comme c'est presque toujours le cas, les suivistes médiatiques ne font preuve d'aucun esprit critique et se montrent friands des potins potentiellement générateurs de bonnes cotes d'écoute.

Les journalistes ont le regard fixé là où leurs patrons les envoient, alors que des évènements majeurs se produisent parallèlement à leurs romans-savons. Ils n'accordent qu'une importance secondaire à ces évènements, quand ils ne les déforment pas ou ne les ignorent pas totalement. Comme nous n'avons pas envie de demeurer prisonniers de l'univers fantaisiste auquel les médias de la ploutocratie veulent confiner nos esprits, jetons un coup d'oeil du côté de la Corée, car il s'y est passé récemment des choses inquiétantes, mais largement occultées, qui expliquent peut-être qu'on veuille tant que le public s'intéresse à Julian Assange, en guise de dérivatif. Mais d'abord, un peu d'histoire.

La guerre de Corée

Le 25 juin 1950 débute la sanglante guerre de Corée, qui fera trois-millions de morts, dont 516 soldats canadiens. Le Sud prétend qu'il est envahi par le Nord, mais le Nord prétend exactement l'inverse. Le Nord n'a aucune raison d'attaquer, mais le dirigeant du Sud, Syngman Rhee, est très impopulaire et a toutes les raisons de vouloir se servir d'une guerre avec l'appui des États-Unis pour rester au pouvoir.

Les États-Unis et leurs laquais n'ont jamais fourni la moindre preuve que le Nord avait attaqué le Sud et ainsi déclenché la guerre. En fait, nous avons aujourd'hui de très bonnes raisons de douter de la version étasunienne de l'histoire, puisque, depuis 1945, les États-Unis ont systématiquement menti pour justifier chacune de leurs guerres et de leurs opérations militaires, d'Hiroshima à l'Irak, en passant par le Vietnam.

En 1950, la Chine entre en guerre, elle aussi, non pas pour conquérir la Corée, mais plutôt parce que les centrales hydroélectriques coréennes alimentant la Mandchourie sont attaquées. Les États-Unis et leurs laquais ont souvent prétendu que la Chine voulait conquérir la Corée, mais, encore une fois, n'en ont jamais eu la moindre preuve. À l'inverse, il y a de très bonnes raisons de croire que la volonté d'attaquer l'autre venait des États-Unis, plus précisément du coeur du commandement étasunien, où s'activait le fanatique MacArthur, avec ses bombes nucléaires. C'est lui qui voulait attaquer la Chine au départ, et non l'inverse. La guerre de Corée fut en somme une guerre impérialiste d'agression étasunienne.

À la fin de la guerre, la Corée est séparée en deux États, l'un communiste et l'autre, inféodé à l'Empire. Depuis ce temps, la tension persiste, et la Corée du Nord fait l'objet d'une campagne constante de diffamation dans les médias occidentaux. Récemment, ces tensions se sont accrues, dans le cadre de la politique d'encerclement et d'agression indirecte de la Chine pratiquée par les États-Unis. N'oublions pas que sont les États-Unis qui envoient leurs soldats aux portes de la Chine, et non l'inverse, toujours en invoquant le besoin d'installer ou de protéger la supposée démocratie dans un pays, c'est-à-dire, en réalité, le besoin, pour la ploutocratie, de s'enrichir sans limites et de devenir propriétaire du régime.

La lutte de l'Empire en déclin contre la Chine

Les États-Unis ne veulent pas évidemment d'une guerre ouverte avec la Chine, qui est devenue l'usine du monde et dont ils ont besoin. Une telle guerre serait de toute manière sans issue. Ils cherchent plutôt à contenir la sphère d'influence de la Chine et à conserver leurs bons clients, acheteurs de monnaie de singe et d'avions d'attaque Lockheed-Martin. Si les États-Unis n'arrivaient plus à imposer leur dollar pour l'achat du pétrole dans le monde, ils seraient rapidement acculés au pied du mur par leurs créanciers, compte tenu de leur énorme dette publique et de leur déficit commercial. Ils perdraient beaucoup de plumes et s'appauvriraient considérablement. Compte tenu des habitudes de consommation des Étasuniens et des inégalités scandaleuses qui minent de plus en plus leur confiance en leurs dirigeants, de graves troubles internes se produiraient vraisemblablement et pourraient entrainer la dislocation du pays, dont les divers composants, du Texas au Vermont, en passant par la Pennsylvanie, sont passablement disparates.

Mais la Chine est devenue une puissance de plus en plus indomptable pour les États-Unis. Il n'y a qu'à voir comment Shangaï a complètement déclassé Manhattan par ses réalisations architecturales et son aménagement. La Chine est un immense chantier, alors que l'Empire est déjà très avancé sur la pente du déclin. Que faire ? En fait, les États-Unis ne savent pas du tout quoi faire. Pris de panique, ils se comportent de façon complètement erratique et, puisque leurs usines ne peuvent plus concurrencer celles des Chinois depuis longtemps, ils ont fait de la guerre leur principale industrie. C'est une industrie mafieuse, qui se nourrit non seulement des deniers publics étasuniens, mais aussi de ceux des pays qui acceptent de payer le parrain « pour la protection » et de participer à ses montages bellicistes. Mieux vaut payer et sacrifier quelques soldats que se faire casser la gueule soi-même. En tant que membre de la fédération canadienne, le Québec est rançonné par cette mafia, à laquelle Ottawa verse des milliards de dollars chaque année pour ne pas vexer le parrain et pour préserver supposément des emplois.

C'est dans ce contexte de déclin de l'Empire et d'ascension de l'Asie que les États-Unis ont convaincu les dirigeants sud-coréens d'asticoter la Corée du Nord et la Chine au moyen de prétendus exercices militaires près de leurs frontières. En entretenant la peur de la Corée du Nord, ils s'assurent de maintenir au pouvoir, en Corée du Sud et au Japon, des dirigeants de droite, qui leur obéissent au doigt et à l'oeil. En même temps, ils se livrent à des opérations psychologiques en Occident pour y rallier le public et justifier la guerre éventuelle. L'inoffensive Corée du Nord n'est manifestement qu'un autre épouvantail. Comment en être sur ? Comment savoir que Pyongyang n'est pas le dangereux régime qu'on prétend, dirigé par un fou prêt à se servir de son arsenal nucléaire ? Comment savoir qui dit vrai ?

Demandons-nous plutôt comment il est possible de croire des gens qui mentent sans arrêt depuis 1945. Pourquoi faudrait-il croire l'Empire, cette fois ? Voilà la vraie question. Voilà la question que ne semblent pas se poser certains médias, en particulier Radio-Canada, qui se sert de l'argent de nos impôts pour nous retransmettre machinalement les communiqués du Pentagone.

La corvette Cheonan et le sous-marin nucléaire

S'il y a eu, autour de l'an 2000, une amorce de réconciliation entre les deux Corées, les relations se sont considérablement refroidies depuis quelques années, et le prix Nobel Obama ne semble pas y avoir changé grand-chose, au contraire. Le 26 mars 2010, alors qu'a lieu dans la mer Jaune un exercice naval conjoint des États-Unis et de la Corée du Sud, un bâtiment de guerre sud-coréen, la corvette Cheonan, explose et coule à environ 2 kilomètres au sud de l'ile de Baengnyeong (environ 5 000 habitants), qui appartient à la Corée du Sud, mais qui se trouve à 20 kilomètres seulement de la Corée du Nord. L'armée sud-coréenne affirme n'avoir détecté aucun navire de guerre nord-coréen dans les parages. La Corée du Nord, elle, nie toute implication.

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La section avant de la corvette Cheonan, rapportée sur une barge après son repêchage


À la mi-avril, les deux sections de l'épave sont remontées à la surface, et une enquête a lieu. Les experts constatent qu'une forte explosion externe à proximité de la corvette a causé son sectionnement. Effectivement, le navire est complètement coupé en deux, plutôt que d'avoir un trou dans la coque, comme le ferait normalement une torpille. Par ailleurs, il est peu probable qu'un sous-marin nord-coréen ait pu s'approcher de la corvette sans être détecté, puisque la corvette elle-même était spécialisée dans la lutte anti-sous-marine.

Puis, coup de théâtre, le 20 mai, une supposée commission d'enquête internationale, composée essentiellement d'Étasuniens et de laquais des États-Unis (Corée du Sud, Australie, Royaume-Uni et Suède) déclare aux médias que c'est une torpille nord-coréenne qui a coulé le Cheonan. C'est le déchainement médiatique, et le président sud-coréen, Lee Myung-bak, annonce des représailles. À l'approche des élections régionales du 2 juin, cette affaire est pour lui et son parti une véritable aubaine puisqu'ils préconisent la ligne dure envers Pyongyang.

La Corée du Nord décide de rompre ses relations avec la Corée du Sud et met fin à un accord de prévention des conflits maritimes. La question est portée à l'attention du Conseil de sécurité de l'ONU. Encore une fois, les médias se comportent généralement en suivistes, notamment Radio-Canada, qui fait figure de véritable antenne de propagande du Pentagone. Malgré les contradictions et la mise en scène grossière, où des militaires de l'Empire déguisés en commission d'enquête internationale présentent comme preuve un morceau de torpille portant un numéro de série écrit au crayon-feutre, les journalistes gobent tout. Ils semblent avoir perdu tout sens critique. Du reste, en ont-ils déjà eu un ?

Mais le pire, dans tout cela, c'est que pratiquement personne ne s'aperçoit, malgré les reportages diffusés au début par la télévision sud-coréenne KBS, qu'un autre navire a coulé en même temps près de la corvette Cheonan. Il s'agit vraisemblablement d'un sous-marin nucléaire étasunien, ayant à son bord des missiles à tête nucléaire. La bouée indiquant l'emplacement de l'épave se trouve à quelques centaines de mètres des falaises de l'ile de Baengnyeong et non à plus de deux kilomètres, où ont sombré les deux parties de l'épave de la corvette.

C'est le branlebas de combat. Les militaires étasuniens n'ont pas l'intention de laisser des têtes nucléaires au fond de l'eau sans en connaitre l'état, ni de permettre aux médias de diffuser cette information. Comme ils commandent dans les faits le gouvernement et l'armée sud-coréens, ils n'ont pas de difficulté à obtenir et la censure, et la participation forcée des plongeurs de l'armée sud-coréenne pour localiser et inspecter l'épave subito presto. Des plongeurs coréens bien entrainés, qui ne sont pas du genre à subir normalement de bêtes accidents de décompression, sont obligés de se jeter au fond de l'océan dans des conditions dangereuses, sans attendre les compartiments hyperbares. Les plongeurs perdent connaissance les uns après les autres. Certains officiers de l'unité des plongeurs diront que « les plongeurs étasuniens ont refusé de faire le travail, car le danger était trop grand ». L'un des plongeurs coréens meurt. Il s'agit de Han Joo-ho, qui aura des funérailles de héros national. La cérémonie commémorative n'a pas lieu près de l'une des deux bouées marquant l'emplacement des deux sections de la corvette, mais près de la troisième bouée, où se trouve l'épave du sous-marin.

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Des recherches sont effectuées à partir d'un bâtiment de guerre sud-coréen, à l'emplacement de la troisième bouée, où se trouve l'épave du sous-marin nucléaire étasunien, c'est-à-dire à quelques centaines de mètres des falaises de l'ile de Baengnyeong.


Mais que faisait donc le sous-marin nucléaire étasunien à cet endroit ? Comment a-t-il été coulé ? Participait-il à l'exercice naval ? Mais non, il avait vraisemblablement une mission beaucoup plus cruciale, dont l'équipage de la corvette Cheonan n'était pas au courant. Les eaux près des falaises au sud de l'ile de Baengnyeong sont profondes et constituent l'endroit idéal pour cacher un sous-marin nucléaire, qui peut rester sous l'eau pendant un mois sans faire surface. À cet endroit, il était indétectable pour la Corée du Nord. Mais surtout, cette ile est la partie de la Corée du Sud située la plus près de Pyongyang, soit à environ 170 km. Les salopards de l'Empire se préparaient à frapper, comme à leur habitude, en prétextant une quelconque urgence ou une quelconque provocation. Comme au bon vieux temps de la chasse aux sorcières communistes et de MacArthur.

Et comme au temps de l'invasion de l'Irak, les frappes supposément chirurgicales des paranos de Washington pour détruire des armes de destruction massive imaginaires auraient fait des milliers de morts et de blessés parmi les civils. Peut-être même des dizaines, voire des centaines de milliers de victimes puisqu'il se serait agi de bombes nucléaires. Une sorte de reprise préventive d'Hiroshima, pour « sauver des vies ».

Malheureusement ou heureusement, selon le point de vue, il est arrivé ce qui finit par arriver quand on joue avec le feu, à l'instar des sous-mariniers insolents qui jouaient à cachecache avec la marine suédoise en 1982 et qui ont fini par frapper une mine. Sauf qu'ils ont été encore moins chanceux et qu'au lieu d'une mine, ils ont frappé une corvette qui leur a balancé une pluie de grenades sous-marines sur la tête. Est-ce l'explosion du sous-marin qui a causé la perte de la corvette ou un tir quasiment simultané ? Difficile à dire. Mais les généraux des deux pays alliés n'ont pas dû en être très heureux. Revenus de leur profond malaise, le 20 mai, ils auront décidé de récupérer l'accident pour relancer les opérations psychologiques contre la Corée du Nord.

Un sous-marin chinois lance un missile devant Hollywood

Évidemment, les Chinois et les Coréens du Nord ont appris ce qui s'était passé. Les Chinois, fidèles à leur habitude, ont fait preuve de beaucoup de réserve. Mais ils préparaient la riposte. Elle est venue quelques mois plus tard, en pleine visite de Barack Obama, qui faisait la tournée de ses clients d'Asie, du 4 au 14 novembre. Le matin du 10 novembre, l'empereur a dû se lever de bien mauvais poil et perdre pour un bout de temps l'envie de jouer au basket en apprenant que, la veille, le 9 novembre, au coucher du soleil, les Chinois lui avaient fait un petit coucou ! spectaculaire à quelques encablures de Hollywood, où sont fabriqués tant de navets faisant partie intégrante des opérations psychologiques du Pentagone.

Figurez-vous que la Chine est allée lancer un missile balistique intercontinental à partir d'un sous-marin, à une soixantaine de kilomètres au large de Los Angeles. Les Chinois ont déjoué tout le système de détection anti-sous-marin étasunien dans le Pacifique Nord et ont surpris le Pentagone, dont les laveurs de cerveau professionnels se sont mis à bégayer et à raconter n'importe quoi, allant même jusqu'à prétendre que le spectacle hallucinant visible en pleine heure de pointe par toute la population de la ville était un avion, un jouet ou une illusion d'optique ! Le lancement a été diffusé pratiquement en direct par la station de télévision KCBS. Heureusement pour les Étasuniens, le missile, qui aurait pu, dans d'autres circonstances frapper et raser Los Angeles en moins de deux minutes, est parti vers la Chine et ne transportait pas d'ogive nucléaire.

L'avertissement chinois est sévère. Il constitue la réplique directe à la présence du sous-marin nucléaire étasunien au sud de l'ile de Baengnyeong, en mars 2010. Les États-Unis sont profondément humiliés, eux qui n'ont pas l'habitude d'être menacés si près de leur territoire et qui doivent maintenant s'apercevoir que les Chinois ont les moyens de leur faire énormément mal. Le message des Chinois est sans équivoque : « Remballez votre attirail de GI avec lequel vous jouez à la guerre dans la mer Jaune et allez vous bombarder vous-mêmes si ça vous chante. Vous répandez la guerre et la terreur aux quatre coins de la planète depuis 65 ans et vous allez finir par gouter à votre propre médecine si vous insistez pour nous provoquer.

Comme on s'y attendait, et pour la énième fois, Radio-Canada n'a rien dit de toute cette histoire. Trop occupée avec Wikileaks et d'autres singeries du genre. La propagande a repris de plus belle lorsque, le 23 novembre, des obus nord-coréens ont frappé l'ile de Yeonpyeong après une provocation de la Corée du Sud. Radio-Canada n'a pas donné la version des faits de la Corée du Nord. Seulement celle de la Corée du Sud et de leurs maitres désinformateurs étasuniens. Quelle bande de menteurs ! Falardeau les appelait Radio-Cadenas, et ce n'est pas pour rien. Ils nous gardent dans la prison de l'ignorance avec nos impôts.

D'autres exercices militaires ont eu lieu après le bombardement de l'ile de Yeonpyeong. Actuellement, la mise en scène se poursuit. Un ballet diplomatique est en cours. Les Chinois vont peut-être chercher à donner une porte de sortie aux États-Unis, qui pourront dire que leurs amis chinois ont fait entendre raison aux dictateurs nord-coréens. Mais il y a l'affaire du prix Nobel de la paix décerné à Liu Xiaobo, une nouvelle provocation manifeste. Xiaobo est un criminel de droit commun, et non un prisonnier politique. Les Chinois sont loin d'être isolés. Ils ont avec eux les Russes et beaucoup de mauvais clients de l'Empire, notamment l'Iran, l'Irak et l'Afghanistan. La situation reste très tendue.

Pendant ce temps, Radio-Canada et les autres journaleux à gages de Desmarais jouent à Wikileaks et traquent les petits escrocs provinciaux. Jamais la démocratie véritable ne sera possible dans de pareilles conditions, où le peuple est systématiquement trompé et tenu dans l'ignorance des parties qui se jouent à Washington ou à Ottawa et qui ont une incidence déterminante sur son avenir. Le peuple abreuvé de commissions Bouchard-Taylor ou Bastarache protestera à gauche ou à droite en élisant le PQ ou l'ADQ, puis en revenant au PLQ, mais il continuera de ne pas voir les enjeux fondamentaux, le premier étant qu'il n'est pas du tout maitre de son destin. Obsédé par les fripouilles amateurs, il ne s'aperçoit pas des vices systémiques qui rongent la société en toute légalité. Réaliser l'indépendance du Québec et nationaliser l'information pour la confier à des agences indépendantes financées directement par les contribuables et relevant de l'Assemblée nationale seraient sans doute les meilleurs choix à faire à moyen terme pour commencer à changer chez nous ce monde de pourris et de menteurs.


Épilogue

Sans avoir étudié dans les moindres détails le phénomène Wikileaks, j'ai fait au début de la présente série deux constats qui me paraissent difficilement contestables : 1) La vague récente de divulgations de Wikileaks concorde avec la politique étrangère des États-Unis et d'Israël ; 2) Wikileaks a une énorme résonance médiatique qui est loin d'être typique des « médias alternatifs ». Des révélations beaucoup plus graves et parfaitement vérifiables n'ont jamais été reprises par les grands médias, du moins pas avec un tel battage.

Ces deux constats ont alimenté grandement ma suspicion, et je ne suis pas le seul. Michel Chossudovsky, lui, a poussé l'enquête plus loin et il arrive à des conclusions qui renforcent mes deux constats. Si vous lisez l'anglais, je vous suggère de prendre connaissance de l'article qu'il a publié le 13 décembre 2010 dans son site Web, GlobalResearch.ca/Mondialisation.ca. L'article s'intitule « Who is behind Wikileaks ». Il sera peut-être traduit en français bientôt. Si c'est le cas, j'ajouterai un lien ici même.


Source: VIGILE.NET

mercredi, 25 mai 2011

REVOLUTIONS ARABES: L'HEROÏSME SE DEVALUE AU CHANGE

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La «révolution» tunisienne s'est  rapidement invitée dans le débat sur  les frontières intérieures de l'Union européenne (UE). Ils sont des milliers à affluer en Italie, ces Tunisiens plus ou moins  jeunes, à la rencontre du paradis que les polices déchues de Ben Ali et de Kadhafi protégeaient  jalousement. Dès les premiers craquements, ils se sont préparés. Ensuite, ils ont fendu les flots de  la Méditerranée. Mais, y avait-il que l'opportunité de le faire, de fuir la mal- vie et la misère ? Il semble que  non, parce que ceux qui ont eu accès aux médias ont interloqué plus d'un. La première à réagir a été Marine Le Pen qui, cyniquement, a rappelé que les «clandestins» n'avaient plus de raisons de fuir leur pays.

Et des réactions plus explicites ont commencé à fuser, comme celle-ci : «L'espoir est bien là chez eux alors quelles motivations réelles incitent ces personnes à rejoindre notre pays ?» Ou encore celle-ci : «Souci démocratique ? Mais la démocratie naissante en Tunisie n'est pas assez bonne à leurs yeux ?» Ou encore celle-là : «Trouver du travail? Mais la Tunisie va avoir besoin de tous leurs bras pour se construire   sur des schémas nouveaux !» La réponse, inattendue et apparemment incompréhensible, nous vient de l'un des harraga : «Je pensais que je serais accueilli en héros».  Rien que ça !

A Lampedusa, accueilli par la police des frontières, il est conduit tout droit dans un centre de rétention. Des jours et des semaines à attendre, sans égard, sans couverture ni matelas.  Ce qui doit lui traverser l'esprit doit être assez terrible. Il est venu en «héros» et il est traité comme un «moins que rien». Et puis, qu'est-ce qui a  fait qu'il ait cru à ce statut ? Ce sont ces journalistes des télévisions qui parlaient de lui et de tous ceux qui, comme lui, se sont insurgés. Les images étaient belles et les mots ronflants et colorés. Il n'y avait alors aucun doute, il était bien un «héros» puisqu'on le lui a dit. Et là, il est réduit  à un problème dont on ne veut pas. L'Italie d'abord, qu'il veut quitter de toutes façons, car c'est en France qu'il veut se rendre, et la France, ensuite, qui refuse de l'accueillir.

Au point qu'une crise assez intense est née entre ces deux pays. Le premier pour se débarrasser de «ses» Tunisiens leur a tout simplement délivré le sésame qu'il faut, un permis de séjour, la clé de l'Europe, sachant par avance la ruée qu'il allait observer  vers la frontière française. Le permis devant, légalement,  permettre la libre circulation dans l'espace Schengen. Notre harrag et ses amis ne sont pas au bout de leur calvaire. La France installe, immédiatement,  un dispositif  policier quasi hermétique et décrète qu'il faut  avoir un passeport valide et justifier de ressources suffisantes pour pouvoir séjourner dans un autre pays de l'espace Schengen.

«L'Europe ne va nulle part si on érige des murs», s'offusque les Italiens. Peine perdue, la Commission européenne approuve la décision française et rappelle  aux Italiens que les permis de séjour temporaires n'étaient en aucun cas une autorisation de voyager dans les autres pays de l'espace Schengen. Ailleurs, la Belgique prend des mesures similaires alors que l'Allemagne et l'Autriche projettent de faire de même.

Les «héros» doivent comprendre, tel que l'a dit Le Pen pour les «arabes», qu'on ne les aime que chez eux.



Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

AMNESTY INTERNATIONAL DENONCE LES EXACTIONS DES COMBATTANTS DE OUATTARA

Amnesty international a dénoncé mercredi dans son rapport, les exactions des combattants de Ouattara Alassane contre des populations notamment celles du Président Laurent Gbagbo.

Selon l'organisation, les combattants de Ouattara continuent de pourchasser les partisans du président Laurent Gbagbo. Amnesty international a demandé aussi à Alassane Dramane Ouattara, président installé par la coalition, ONUCI-Licorne- FRCI, à mettre un terme aux exactions qui se poursuivent dans certaines communes.

Dans son dernier rapport l'organisation des défenses des droits de l'homme demande à Alassane Ouattara  » de donner un ordre immédiat à ses forces afin de mettre un terme à ce qui se passe et à juger les auteurs ».

Amnesty international prévient que si Ouattara ne prend pas ses responsabilités, la Côte d'Ivoire risque de basculer vers de nouvelles violences. « On est loin d'une réconciliation. Que Ouattara reconnaisse la responsabilité de ses forces et qu'il suspende les responsables dans l'attente d'un procès. Qu'il protège la population encore en brousse dans les camps de déplacés qui n'osent pas rentrer chez elles, » averti, Salvador Sagès, porte-parole de l'organisation.

Revenant sur l'implication des combattants d'Alassane Ouattara dans les massacres de Duekoué, ouest de la Côte d'Ivoire, Salvador a été ferme. « Nous avons interrogé plus de 100 personnes. Elles ont tous dit que les gens qui ont tué avaient des uniformes des rangers avaient des voitures. Le jour du massacre de Duékoué, le 29 mars, toute la ville était aux mains des Frci. Ils étaient responsables de ce qui se passait là. La responsabilité des Frci n'est plus aucun doute ».

Ce rapport d'Amnesty international intervient alors que les combattants d'Alassane Ouattara sont indexés par l'association française reporter sans frontière (RSF)  dans l'assassinat d'un journaliste à Yopougon. RSF affirme que Sylvain Gagnéto journaliste de « radio Yopougon », connu pour être proche de l'ancien régime, aurait été arrêté et tué avec d'autres personnes par des éléments des FRCI.

 

Source: DIRECTSCOOP.NET

UN JOURNALISTE ASSASSINE, UN JOURNAL D'OPPOSITION TRAQUE, LES REGLEMENTS DE COMPTE SE POURSUIVENT EN COTE D'IVOIRE

 

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Reporters sans frontières est choquée d'apprendre l'assassinat de Sylvain Gagnetaud, membre au bureau de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire, rédacteur-adjoint et présentateur d'émissions à la Radio de Yopougon, commune d'Abidjan, théâtre ces derniers mois de violents affrontements entre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) du Président Alassane Ouattara et des miliciens de l'ancien président, Laurent Gbagbo. Sylvain Gagnetaud était connu pour sa proximité avec le Front Populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, manifestée lors de ses activités journalistiques. Selon des sources convergentes, il aurait été arrêté lors d'une opération de ratissage des forces pro-Ouattara dans le quartier de Koweït à Yopougon, aux environs du 8 mai, et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d'être des miliciens. Cette nouvelle accablante est inquiétante pour l'avenir des médias en Côte d'Ivoire, où les journalistes et les médias affiliés à l'opposition sont traqués par les bandes armées. Ce mardi 24 mai, Nina Bolou, directrice de la société éditrice du quotidien d'opposition Le Temps, dont la réouverture est prévue dans les jours qui viennent, a été arrêtée dans les locaux du journal par des hommes armés.

Reporters sans frontières constate avec une grande déception que l'heure semble plus que jamais aux règlements de compte en Côte d'Ivoire, où la situation demeure toujours tendue et délicate pour de nombreux journalistes. La capacité des forces de l'ordre à faire la lumière sur ce crime aura valeur de test pour les autorités nouvellement investies. Reporters sans frontières exhorte la justice ivoirienne à retrouver et à juger les commanditaires de cet assassinat afin de mettre un terme à l'impunité. L'organisation appelle ainsi le gouvernement du président Alassane Ouattara à tenir ses promesses et à créer les conditions d'une presse libre et indépendante.

Après la chute de Laurent Gbagbo, la radio Yopougon avait été attaquée puis incendiée dans la nuit du 13 au 14 avril 2011. Craignant pour ses jours, Sylvain Gagnetaud avait tenté de fuir, à cette date, alors que le quartier de Yopougon était le lieu de violents combats. Les circonstances de son arrestation et de sa mort restent floues. Malgré la nouvelle encourageante du retour en kiosques de la presse d'opposition, et les promesses faites, les journalistes politiquement engagés auprès de Gbagbo lors des violences électorales, sont traqués. Nina Bolou, directrice des ressources de Cyclone, la société éditrice du journal Le Temps, a été arrêtée ce matin par des hommes armés inconnus. Elle s'était rendue dans les locaux du journal afin de dresser l'état des lieux avec un avocat et un huissier, en vue de la réouverture prochaine du quotidien.


Source: REPORTERS SANS FRONTIERES

mardi, 24 mai 2011

HYPOCRISIE: KADHAFI, LA «COMMUNAUTE INTERNATIONALE» ET NOUS


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Cette photo est introuvable sur le site de l’Elysée. Selon L'Express.fr (cliquer pour lire), il n'y a plus aucune trace de la visite du leader libyen en France sur le site Elysée.fr. Certains accusent les administrateurs dudit site d'avoir supprimé les photos. La présidence de la République Française dément. Vous avez dit hypocrisie et perfidie ? Fernand Dindé.


[Quand je pense, qu'un certain président de la RF disait que : "l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire..." il y a de quoi rire, les arriérés ne sont pas là où il pense ! L'Afrique, bruissant d'âmes et d'énergies, est en train de laisser sur place les vieux réacs d'Occident, ses birbes et ses contempteurs, et il n'y a qu'à se promener sur Internet pour s'en faire une idée. J-J].


Il faut faire attention au «Baobab qu'on abat» en utilisant des arguments ridicules qui cachent mal des manœuvres d'encerclement.

Je suivais la télévision cette nuit de Dimanche 1er Mai, dans mon salon à New York, lorsqu' à 23H, en Breaking News, le Président Américain est apparu sur l'écran pour annoncer, qu' après qu'il ait donne le feu vert d'agir, Ossama Bin Laden avait été tué dans un raid d'une unité d'élite de l'armée américaine au Pakistan. Une décision politique donc. Une idée m'a tout de suite traversé l'esprit : les militaires de l'OTAN ne pouvaient pas avoir pris l'initiative de bombarder pour tuer, la veille, la résidence familiale de Kadhafi, le Chef d' Etat de la Libye, sans que cela n'ait été en exécution d'un ordre politique de Sarkozy et autres. Il est donc fort probable que le week-end du 1er Mai devait voir être annoncée la liquidation de Ossama Ben Laden et ...de Mouammar El Kadhafi, le caractère absolument criminel de l'assassinat de Kadhafi, dirigeant d'un pays souverain, par les forces coalisées des pays occidentaux devant être couvert par les clameurs de la mort de Ben Laden.

Dieu merci, ce but n'a pas été atteint, sauf la mort sous le bombardement du fils et des trois petits enfants de Kadhafi, qui n'a d'ailleurs suscité aucune expression de regrets à Paris, Londres, Washington... Les bombardements à répétition du Palais de Kadhafi qui sont autant de tentatives d'assassinat, sont le signe d'un échec politique et stratégique, la manifestation d'une impatience enragée de ceux qui ont engagé cette guerre qu'ils croyaient finir en 72 heures.

Malheureusement pour eux, en dépit des moyens technologiques et des systèmes d'armement sophistiqués utilisés, Kadhafi résiste et son régime ne s'est pas effondré. Nos envahisseurs cachés derrière les soit- disant rebelles, pour sortir de l'enlisement, croient tenir la solution en assassinant Kadhafi, pariant ainsi que sa mort entraînera l'effondrement instantané de son régime.

L'objectif de la guerre en Libye, préparée de longue date par les Services secrets français et ayant utilisé le fallacieux prétexte de la protection de civils, en réalité des rebelles armés, n'est pas seulement la prise du contrôle du pétrole et du gaz naturel de ce pays. Dans le viseur des envahisseurs, il y avait les Fonds Souverains Libyens, ces capitaux que l'État libyen a investis à l'étranger. Ils sont gérés par la Libyan Investment Authority (LIA) et sont estimés à plus de 150 milliards de dollars- soit 75. 000 milliards de francs.

Les cercles dominants américains et européens, avant d'attaquer militairement la Libye pour mettre la main sur sa richesse énergétique, se sont approprié ces fonds, dans le plus grand acte de piraterie et de rapine de tous les temps. Cette opération a été favorisée par le représentant même de la Libyan Investment Authority, Mohamed Layas qui, comme le révèle un câble diplomatique publié par WikiLeaks, le 20 janvier, a informé l'ambassadeur américain à Tripoli que la LIA avait déposé 32 milliards de dollars dans des banques américaines. Cinq semaines plus tard, le 28 février, le Trésor Américain les a soi-disant «gelés».

Selon les déclarations officielles, c'est «la plus grosse somme d'argent jamais bloquée aux États-Unis», que Washington garde «en dépôt pour l'avenir de la Libye». Elle servira en réalité pour une injection de capitaux dans l'économie américaine toujours plus endettée. Quelques jours plus tard, l'Union européenne a «gelé» de son coté environ 45 milliards d'euros de fonds libyens, pour en faire un usage similaire.

Martyr du Panafricanisme

Le ''premier crime'' que les nouveaux maîtres du monde imputent à Kadhafi et tentent d'en corriger férocement les manifestations est son Panafricanisme militant. Ainsi, il était connu que l'assaut sur les fonds libyens aura un impact particulièrement fort en Afrique. Ici, la ''Libyan Arab African Investment Company'' a effectué des investissements dans plus de 25 pays, dont 22 en Afrique sub-saharienne, et programmait de les augmenter dans les cinq prochaines années dans les secteurs minier, manufacturier, touristique et dans celui des télécommunications, où la Libye a contribué de manière décisive à la réalisation du premier satellite de télécommunications de la Rascom (Regional African Satellite Communications Organization), qui permet aux pays africains de se rendre indépendants des réseaux satellitaires occidentaux, et de réaliser des économies annuelles de centaines de millions de dollars.

Beaucoup plus importants encore auraient été les investissements libyens dans la réalisation des trois organismes financiers lancés par l'Union africaine et qui auraient contribué à asseoir l'émancipation monétaire et financière du continent noir: la Banque africaine d'investissement, dont le siège est à Tripoli ; le Fonds monétaire africain, basé à Yaoundé (Cameroun) ; la Banque centrale africaine, installée à Abuja (Nigeria). Le développement de ces organismes devait permettre aux pays africains d'échapper au contrôle de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, tous deux instruments de domination néocoloniale, et devait marquer la fin du franc Cfa, la monnaie que sont obligés d'utiliser 14 ex-colonies françaises.

Le gel des fonds libyens assène un coup très dur à tout le projet. Notamment, si la Banque Centrale Africaine voit le jour, les dépôts au compte d'opération des réserves des pays de la zone CFA cesseront et les positions du Trésor Français en seraient fragilisées. L'hystérie interventionniste du Président Français, Nicolas Sarkozy, et du Premier ministre Britannique David Cameron dont le pays est lié inextricablement à la France s'explique donc, non pas par l'amour des ''civils- rebelles- armés'' libyens, mais par les conséquences qu'auraient pour leurs pays l'émancipation monétaire de nos nations, dont Kadhafi était l'architecte et l'artisan.

Le second ''crime'' imputé à Kadhafi est qu'il est en passe de gagner la guerre de l'Eau et de se présenter comme un réel challenger du Grand Capital. La Libye et l'Egypte se partagent un véritable océan souterrain d'eau douce, le ''Nubian Sandstone Aquifer'' dont les réserves s'élèvent à 200 années de débit du Nil en haute saison. Depuis plus de 25 ans, Kadhafi a lancé le '' GMMRP- Great Man-Made River Project'', qui est un réseau de 4000 km de pipeline qui procure de l'eau à toutes les villes côtières libyennes, de Tripoli a Benghazi en passant par Syrte.

Dans une deuxième phase, il est prévu que le GMMRP alimente un système d'irrigation en direction du Sud qui rendra vert le désert du Sahara et le Sahel, ouvrant ainsi des possibilités insoupçonnées de production agricole dans ces immenses régions qui pourraient devenir le grenier du monde au 22eme siècle, arrachant a l'Occident sa place de premier producteur de céréales et de produits alimentaires du monde.

Kadhafi a engagé 85 milliards de dollars dans cette entreprise pharaonique sans en solliciter un seul de la Banque Mondiale- quel mauvais exemple !!!- et en défiant les ''trois sœurs'' - Veolia (autrefois Vivendi), Suez Ondeo (autrefois Générale des Eaux) and Saur - les compagnies françaises qui contrôlent 40% de la production mondiale de l'eau.

Quand on met côte à côte ce pari titanesque et sa contribution décisive dans la mise en place de RASCOM, ces cas font que pour le Grand Capital Occidental, Kadhafi est devenu l'homme à abattre à tout prix autant pour ses velléités d'indépendance que pour son audace et son impertinence.

Le troisième ''crime'' de Kadhafi est de n'avoir jamais voulu s'enrôler dans toute organisation qui affaiblirait ou freinerait la mise en place de l'Union Africaine. Son refus de participer à l'Union pour la Méditerranée en a enragé la France de Sarkozy - à qui par ailleurs, il a refusé d'acheter les avions Rafales- car un espace méditerranéen intégré est l'un des leviers sur lequel compte ce pays pour se redonner du souffle, lui qui est si impuissant à résoudre le problème du déclassement de son économie et n'entrevoit d'autre issue que les reconquêtes coloniales. Les Anglo-saxons sont prêts à lui concéder au détriment de notre continent quelques os à ronger. C'est ainsi qu'il faut comprendre sa férocité manifestée hier en Côte d' Ivoire, et que l'on revoit aujourd'hui en Libye.

Les Nouveaux Barbares

L'agression contre la Libye est l'illustration du monde sans loi que ceux que nous appellerons : "l'empire"- en minuscule s'il vous plait ! - instaure de manière éhontée. Certains chroniqueurs en verve les appelleraient d'ailleurs sans trop abuser '' Les Nouveaux Barbares''.

L'empire, "puissante machine du mensonge" qui s'affuble du nom usurpé de ''la Communauté internationale'' et dont l' ONU est désormais le bras séculier, a deux objectifs clairement discernables : Premièrement, détruire tout dirigeant de l'espace afro-arabe qui pourrait initier et soutenir un projet politique qui affranchirait nos pays de sa domination ; deuxièmement, s'accaparer des ressources financières et imposer à la tête des pays riches en matières premières, des dirigeants qui lui sont, non pas seulement acquis, mais soumis.

Ce n'est pas seulement Kadhafi que les ''Blancs'' veulent tuer, c'est le symbole qu'il représente. C'est le rêve d'émancipation réelle de nos peuples qui est entrain d'être assassiné. C'est l'Afrique dont les richesses ont toujours nourri les convoitises de l'Occident. C'est ce Baobab qu'on abat, pour voir nos enfants hériter de pays qui ne seraient souverains que de nom. C'est la réécriture à l'envers de l'Histoire des 100 dernières années, où se retrouvent à la manœuvre deux des maîtres colons d'hier, la France et l'Angleterre. Triste perspective qui constitue pour le peuple africain un nouveau défi, ou à nouveau un défi, si on croyait l'avoir relevé.

Ultime recours

Et pourtant, les faits et les chiffres parlent et rendent un verdict irréfutablement positif sur une gestion politique, financière et économique exemplaires de la Libye par Kadhafi. En Libye, il n'y avait ni prisonnier politique, ni dissident crédible. S'il en existait un, son nom serait claironné sur tous les médias de l'empire en nouveau Lech Walesa ou Vaclav Wavell. Ce pays était entrain de réussir, avec la Jamarhiya, un système de démocratie directe organisée en comités populaires, un modèle politique et économique original, avec 0% de taux de chômage à comparer aux taux de 9.9% de l'Union Européenne et de 8.8% des USA. C'est un pays où les soins de santé et l'éducation sont gratuits, à comparer aux Etats Unis où plus de 40 millions de personnes n'ont aucune couverture maladie ; un pays où tout adulte est propriétaire de sa maison et de sa voiture.

En Libye, 7.5% de la population vit en dessous de la ligne de pauvreté contre 14,3 % aux USA et... 48% au Cameroun. Ces chiffres confirment que les causes de la '' rébellion'' ne sont pas endogènes, mais d'essence extérieure.

Fait le plus remarquable, Kadhafi a su éviter à son pays le '' syndrome hollandais'', ce grave déséquilibre économique causé par un apport massif de ressources financières par l'exploitation du pétrole ou du gaz naturel. Des pays aussi variés que les Pays Bas, le Royaume Uni, et tous les pays pétroliers d'Afrique Centrale en ont été, à un moment donné, victimes.

Les pays et les peuples africains se retrouvent sans une organisation établie en pacte de défense collective qui pourrait les soutenir populairement, diplomatiquement, les protéger militairement. La créer serait donc la mission du nouveau panafricanisme dont l'esprit, la doctrine et les actes étaient inscrits dans les actions de Kadhafi.

C'est ce qui doit prévaloir aujourd'hui dans nos pensées, notre discours et notre démarche, c'est un engagement total pour l'avènement des structures et des institutions africaines, une Union Africaine des Peuples qui, seule, peut être notre bouclier contre les convoitises prédatrices des ''nouveaux barbares''. Tel devrait être notre message aux générations futures.


Célestin BEDZIGUI

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/
Economiste, Poète, Essayiste
Chairman, Global Democratic Project,
En exil aux USA
BIOGRAPHIE


Autres articles intéressants de l'auteur :

Guerre contre la Libye : Prétexte humanitaire et Volonté de domination impériale :

http://celestinbedzigui.blogs.nouvelobs.com/archive/2011/...

LE VRAI DEBAT :

http://www.cameroon-info.net/stories/0,26302,@,le-vrai-de...


Pour développer son info :

Emeutes de février 2008 : Célestin Bedzigui demande une enquête de l'Onu :
http://www.africapresse.com/actualite/news-50/25/02/2010/

17:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : monde, afrique, libye, kadhafi et nous, célestin bedzigui | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 21 mai 2011

INVESTITURE D'ALASSANE OUATTARA: LA GRAND'MESSE DE LA FRANÇAFRIQUE, DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

 

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Spectacle désolant que celui qu'il nous a été donné de voir, ce jour tristement historique du samedi 21 mai 2011 : les valets africains de la françafrique, de la franc-maçonnerie, du Nouvel Ordre Mondial et du gouvernement fédéral africain (en formation), au grand complet, dans leurs plus beaux apparats du jour, avec à leur tête le Grand prêtre Nicolas Sarkozy, Président de la République française et son âme damnée internationale, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, venus célébrer leur victoire sanglante contre la jeune démocratie ivoirienne, contre les velléités d'émancipation et d'indépendance du digne peuple ivoirien et contre la légitime aspiration des peuples africains à choisir par eux-mêmes leurs dirigeants et à décider souverainement de leur destinée.

Ce funeste tableau festif peint de l'encre du sang des Ivoiriens nous a laissé apparaître les silhouettes non moins sinistres de tous les comploteurs africains et internationaux de la crise ivoirienne (sans les grands maîtres Barack Obama et Hillary Clinton) parmi lesquels : les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Goodluck Jonathan du Nigéria, Blaise Compaoré du Burkina faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Alpha Condé de la Guinée (nouvelle recrue), Paul Biya du Cameroun, Mahamadou Issoufou du Niger (nouveau venu sous peu), Ali Bongo du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, Helen Johnson Sirleaf du Libéria, Denis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, le Premier Ministre Raïla Odinga du Kenya, Young Jin Choï de l'ONUCI et Youssouf Bakayoko de la CEI de Côte d'Ivoire.

Les dignes fils de l'Afrique se sont abstenus d'effectuer le voyage de Yamoussoukro. En tout cas, ceux qui ont sondé le secret du complot international contre la Côte d'Ivoire, parmi lesquels les présidents Jacob Zuma d'Afrique du Sud, Edouardo Dos Santos d'Angola, Yahya Jammeh de Gambie et Pedro Pires du Cap Vert.

Le tout, macéré et malaxé dans un reportage en direct de près de 4 heures (du jamais vu, en Afrique) de France 24, un média aux ordres qui n'a de professionnel que le nom, qui nous a servi et ressassé au fil des heures, avec deux consultants acquis à la cause dont le journaliste ivoirien Soro Solo, et une envoyée spéciale - Vanessa Burggraf, toujours au rendez-vous des messes noires contre la Côte d'Ivoire! - tous les mensonges éculés de la crise ivoirienne de 2002, du coup d'état électoral de la France et de la communauté internationale contre le Président Laurent Gbagbo et de la crise post-électorale ivoirienne. Comment le dire autrement quand un journaliste de cette presse de triste renom impute, dans les commentaires de son élément filmé, le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, en 2000, au camp Gbagbo ? Oui, vous avez bien lu ! C'est à y perdre son équilibre mental! Soit dit en passant, Laurent Gbagbo n'était même pas encore au pouvoir. Comment aurait-il donc pu réussir une telle prouesse ! Un tel révisionnisme est tout simplement nauséeux et écoeurant, et dessert grandement ses auteurs, même si - il faut l'avouer - la cause impérialiste l'emporte largement sur l'éthique, la morale et la déontologie, en Occident. iTélé n'a pas manqué à l'appel de la comédie internationale et de la grand'messe françafricaine maçonnique.

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Quant au nouvel investi, Alassane Dramane Ouattara, il a disserté pendant 20 minutes sur la réconciliation - sans jamais prononcer le mot « pardon » à l'adresse des Ivoiriens - et l'avenir de la Côte d'Ivoire retrouvée et rassemblée, à chaque problème de laquelle il aurait une solution, pendant que par sa faute des millions d'Ivoiriens sont au comble du désastre, n'ont pas l'âme à la fête parce qu'ayant tout perdu, pleurent leurs morts par milliers, sont dénoncés et tués à Abidjan et dans d'autres villes du pays, épurés à l'Ouest, s'ils ne sont tout bonnement pillés ou systématiquement rackettés par des rebelles incontrôlés, analphabètes, dépenaillés, déguenillés, aux tenues bigarrées. Des milliers d'autres sont carrément exilés à cause de la chasse implacable à l'homme qu'on orchestre sciemment et savamment et qu'on veut couvrir par des discours et des sourires protocolaires.

Le tout, dans une Côte d'Ivoire dont l'appareil de production est grippée et à genoux par la faute de la rébellion qui a volé, pillé, détruit des entreprises et même déboulonné des machines-outils dans les zones industrielles d'Abidjan, une Côte d'Ivoire où la sécurité est inexistante - le Droit l'étant encore plus -, les libertés une vue de l'esprit, l'administration un rêve ancien (avec des com'zones proprement illétrés qui font autorité devant des préfets, parchemins d'énarques émérites en main), les médias à la pensée unique, la presse pro-Gbagbo muselée et traquée, l'armée un vœu pieux, le pardon et la réconciliation proclamés religieusement sur les antennes mais dans les mots et les comportements relégués aux calendes grecques, la compassion due à ceux qui souffrent le cadet des soucis - la célébration de la victoire tant attendue et souhaitée prenant le pas sur tout le reste -, humanité et solidarité nationale étant désormais inopérantes.

Vive la Côte d'Ivoire françafricaine, maçonnique, dernière ponte du Nouvel Ordre Mondial et vive l'Afrique asservie, bafouée, recolonisée et vassale de l'Occident impérialiste !


Que DIEU délivre et restaure la Côte d'Ivoire! Que DIEU garde et sauve l'Afrique!



DINDE Fernand AGBO

vendredi, 20 mai 2011

L'OTAN PEINE A ATTEINDRE SES OBJECTIFS: LA PANNE DE LA DETTE AMERICAINE ET L'EUROPE VASSALE

 

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Par Mohamed Bouhamidi



Dimanche et lundi de cette semaine qui s'écoule,  deux informations se côtoyèrent sans se télescoper. La première nous apprenait que le gouvernement américain, dont l'idéologie économique inspire si profondément nos ultralibéraux locaux ou expatriés, avait atteint le plafond de l'endettement autorisé. Ce plafond culmine à plus de quatorze mille deux cent quatre-vingt-quatorze milliards (vous avez bien lu 14 294 milliards) de dollars. Il reste une seule option pour le gouvernement américain : diminuer ses dépenses et fermer des écoles, des centres de santé, des centres sociaux et des centres d'aide aux plus pauvres. Des pauvres, de plus en plus il en existe aux Etats-Unis et les expulsions des familles de leurs logements ont atteint des records et se comptent en centaines de milliers. Ces pauvres n'ont pas encore leur Charlie Chaplin et ses films poignants sur leur détresse. Ils n'ont plus ces syndicats-courage qui affrontaient les milices de la maffia (vous avez aussi oublié que le patronat et les gouvernements américains ont utilisé la maffia pour mater puis tuer les syndicats de classe ? Revoyez vite Sur les quais et relisez vite Manhattan Transfert). Les travailleurs américains n'en sont pas moins capables de retrouver le chemin des luttes sociales et des luttes de classes.

Et tout le dispositif de pillage planétaire qui payait, sur le dos des autres peuples, le niveau de vie qui permettait aux Américains de base de se satisfaire d'une vie à crédit. La somme astronomique du plafond d'endettement de l'Etat avait permis et permet encore aujourd'hui de faire des Etats-Unis la principale base militaire et politique du capitalisme mondial. Les autres grandes puissances ont aussi servi de base à leurs capitalismes locaux devenus des «capitalismes dominés» à la suite de la Seconde Guerre mondiale, des capitalismes sous protection face à la «menace soviétique» ; entendez par là face à la menace de leurs propres peuples en butte à la surexploitation capitaliste. Les colonies avaient permis aussi à ces puissances de payer un niveau de vie qui éloignait les menaces internes et cela explique largement, par ailleurs, la vocation coloniale et l'impérialisme humanitaire à plusieurs géométries variables de socialistes ou socio-démocrates européens. Même sans le grand Charlot, même sans de puissants syndicats de classes, les travailleurs américains peuvent retrouver les chemins de la lutte et se doter d'organisations de classes - partis et syndicats. Les dernières luttes du Wisconsin  pour la préservation du droit des travailleurs à mener des négociations collectives (eh, oui !) nous le montrent bien.

Dans la grande démocratie américaine, un Etat interdit désormais aux travailleurs  de mener des négociations collectives et enlève toute signification à l'existence des syndicats dont c'est la seule justification sociale ! L'idéologie du management aura triomphé jusqu'au bout dans cet Etat. Le feu est donc dans la maison américaine, et il constitue une sérieuse menace. Cette interdiction de lever de nouveaux crédits pour le fonctionnement des services de base transformerait les Etats-Unis en pays du tiers-monde sur le plan social et induirait une quasi-faillite accompagnée d'un effondrement du dollar. Les Républicains finiront par accepter un arrangement avec les Démocrates en imposant certaines de leurs conditions car, comme Obama et les siens, ils sont là pour sauver le capitalisme et lui assurer encore plus de chances pour des profits encore plus élevés. Les Républicains, comme les démocrates, n'ont d'ailleurs pas le choix, face à la gravité de la crise,  que d'aller vers une gestion politique unique. Les grands centres financiers qui ont rassemblé les sommes délirantes de la campagne électorale d'Obama savaient déjà que la profondeur et la gravité de la crise exigeaient une convergence des deux grands partis américains. Maintenant, nous apparaît dans toute son étendue la signification du maintien de Républicains dans des postes clés de cette administration démocrate. Comme se trompaient les éditorialistes et analystes qui voyaient dans la volonté consensuelle d'Obama le trait d'un caractère hésitant et porté à la conciliation. Même Fidel Castro et bien d'autres dirigeants du monde se sont laissés induire en erreur par l'image qu'Obama s'est construite.

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En fait, derrière le prix Nobel de la paix se dévoile jour après jour un intraitable homme de guerre en charge de couvrir de son sourire charmeur la politique de Bush agressive. Obama défendra le leadership mondial des USA avec la dernière et donc la seule carte qu'ils possèdent encore : la suprématie militaire. Obama doit mener une politique guerrière en vue de faire payer les déficits américains au monde entier et les alliés des USA doivent la faire à la place des Etats-Unis pour ces mêmes considérations budgétaires qui obligent la Chine et d'autres pays à payer pour les USA leur déficit, leur endettement et leurs emplois. Les USA ne peuvent plus attendre une solution à la crise ; ils doivent aller chercher eux-mêmes et au besoin la faire chercher par leurs alliés. L'évolution de la position italienne en reste le meilleur indice : Berlusconi n'avait pas à exprimer des intérêts italiens dans l'affaire libyenne mais s'aligner sur les Américains. Il l'a fait avec quel sens du rapport de force et quel sens de l'obéissance ! L'Italie cherchera autrement qu'avec El Kadhafi les contrats qui peuvent alléger ses dettes et la crise qui frappe à sa porte. Dans cette affaire libyenne on a voulu nous faire avaler bien des couleuvres, de l'«influence» de BHL qui a rendu de bien grands services à ses maîtres du capital, à la fiction d'une révolution. Une nouvelle vérité planétaire en sortira pourtant toute crue : l'Europe menée par les deux sionistes Cameron et Sarkozy, c'est-à-dire par les deux plus pro-Américains des dirigeants actuels de l'Europe, est passée officiellement de statut d'alliée des USA à celui de vassale. En clair, il n'existe plus pour les Européens de solution européenne. Ni monnaie unique, ni défense commune, ni économie commune, ni diplomatie commune. La solution pour tous, c'est l'alignement sur les USA. Et c'est une bien grosse erreur que de se laisser impressionner par cette Europe vassale même dans les négociations sur l'accord d'association.

L'Europe peut-elle faire face à la crise qui la secoue sans les USA ? Evidemment, non. Le gouffre grec a déjà englouti plus de 120 milliards d'euros et le pays se débat dans de nouvelles difficultés. Le Portugal, l'Espagne, l'Italie ne sont pas à meilleure enseigne. Le gouvernement français multiplie les mesures préventives dont le symbole est aujourd'hui moins de classes pour plus d'élèves. L'Angleterre ne va pas mieux. Pour elle comme pour les USA l'équation est la même et elle est simple : pour garder des taux de profits élevés pour le capital il faut réduire toutes les structures sociales, de l'hôpital à l'école publique et empêcher que le mécontentement des citoyens ne se retourne contre le capital. Alors l'argent qui manque, il faut le chercher ailleurs. (Nos enfants apprennent-ils que l'occupation française commença exactement de cette façon, par une histoire de dettes et de crise financière en France ?). Le chercher ailleurs par la force en s'emparant directement des richesses comme en Irak ou en mettant un peu partout des Ouattara et des Karzai.Au même moment que la Réserve fédéral et l'administration américaine cherchaient des solutions au problème de cessation de paiement, le chef de l'état-major britannique demandait l'élargissement des cibles militaires en Libye. Dans les médias dominants on nous raconte tous les jours la belle histoire d'avions qui mènent des «frappes» ouvrant la voie aux partisans de la liberté. Ces médias font tout pour faire croire à un bon déroulement de l'agression et inventent des exploits là où  l'Otan ne commet que des crimes. Pour les dirigeants des grandes puissances, la manipulation est devenue vitale. L'opinion publique doit croire aux exploits de ses soldats et trouver au moins un motif de satisfaction dans la conduite de la guerre, consumer leur agressivité sur des bicots-nègres et retrouver le sentiment de supériorité du petit Blanc qui laisserait à la fois du répit à Sarkozy et consorts européens et donnerait au petit citoyen européen du coin le sentiment de naviguer plus haut que l'Arabe. Le chef militaire anglais avoue quand même que les bombardements n'ont pas produit les effets escomptés. Nous sommes passés d'une estimation guerrière de trois jours pour liquider Kadhafi, à quelques jours ou semaines, puis à quelques semaines mais pas des mois, à quelques mois puis maintenant à une demande de bombardements «élargis».

L'aviation et les missiles de croisière mobilisés pour abattre Kadhafi ont théoriquement la capacité de détruire n'importe quel autre pays. Et aucun, absolument aucun dictateur n'aurait tenu sous ce déluge de feu. La guerre des mots et des concepts qui est l'autre versant de cette guerre des colonisateurs-croisés (comme elle l'est de toutes les guerres) commence à atteindre ses limites. Approfondissement de la crise du capitalisme avec ses conséquences guerrières et belliqueuses, d'une part, et impuissance des organisations politiques et militaires (Etats capitalistes plus l'Otan) de mener des guerres asymétriques, de l'autre. La fin de l'hégémonie américaine ressemble à s'y méprendre à l'agonie de l'Empire romain qui a rendu l'âme sur notre sol sous le coup d'une insurrection commencée avec Donat et Cyprien et achevée après Gédéon. Pour faire face à sa crise financière, il fallait à Rome des impôts et des tributs plus lourds que seules des guerres pouvaient assurer mais qui coûtaient plus cher que les revenus générés. Comme dans la Rome antique, il faut aujourd'hui du pain et des jeux pour calmer les frondes sociales. La télévision et le football  assurent les deuxièmes mais il est de plus en plus difficile d'assurer le premier.

Comme dans la Rome antique, le sexe et l'argent tiennent lieu d'exorcisme quotidien à des populations en perte de statut social partout en déchéance et en déshérence sociales.En Libye le «Bédouin» a tenu tête aux puissances occidentales coalisées ; à toutes ces puissances occidentales. Il est devenu le grain de sable qui bloque la machine de l'agression et de la rapine et l'empêche de nous toucher tout de suite. Le «Bédouin» suscite aujourd'hui la haine viscérale de tous les ultra libéraux et particulièrement les ultra libéraux algériens tapis dans le pouvoir politique, économique ou médiatique qui espéraient un «traitement» de l'Algérie dans la foulée des «trois jours» que s'accordaient les coalisés pour descendre Kadhafi comme Israël s'était donné une semaine pour descendre le Hezbollah. La haine de Kadhafi grandira en fonction de sa résistance. La coalition a déjà perdu une bataille en échouant dans son  objectif de se débarrasser rapidement de Kadhafi. Medvedev s'est mis dans la partie et il veut intimider le dirigeant libyen et obtenir son départ pour complaire aux Américains et bénéficier de leur soutien dans la course prochaine au Kremlin qui l'opposera à Poutine. Dans ce total isolement, le peuple libyen continue de résister.

L'histoire jugera ceux qui en Algérie ont fait des pieds et des mains pour nous entraîner dans l'immobilisme en croyant faire œuvre de «théorie» en renvoyant dos à dos Kadhafi, «le dictateur», et les agresseurs coalisés. La même astuce avait réussi pour Saddam Hussein mais on ne pourra plus demander d'avis à un million d'Irakiens morts de démocratie. Face au CNT, composé essentiellement d'anciens responsables libyens gagnés à la religion du libéralisme qui veulent aller plus vite et plus loin  dans la communion mondialisante avec les Camdessus et autre Dominique Strauss-Kahn, le peuple libyen et ses dirigeants, dont El Kadhafi, sont en train de défendre aussi une idée : celle de l'Etat national alors qu'on nous annonçait le temps venu de refaire les frontières des indépendances. Les femmes et les hommes honnêtes prendront-ils la pleine conscience de l'enjeu planétaire qui se joue en Libye entre un capitalisme en crise structurelle et avide de profits et de ressources, d'une part, et, d'autre part, des nations plus que jamais en nécessité de leurs ressources et de leur autonomie politique ? Nous le saurons quand du monde entier, et d'abord de notre pays directement menacé, se lèveront les protestations et les masses mobilisées contre l'agression colonialiste-croisée et pour le soutien à la nation et à l'Etat libyens  dans la défense de son indépendance et de son intégrité contre l'impérialisme et ses agents du CNT.


Source: LA TRIBUNE ONLINE.COM

dimanche, 15 mai 2011

PRESIDENTIELLE FRANÇAISE 2012: L'AGENT DE LA CIA, NICOLAS SARKOZY, S'OFFRE LA TETE DE DOMINIQUE STRAUSS-KHAN



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L'on a encore en mémoire les méthodes peu catholiques utilisées par Nicolas Sarkozy, selon les révélations de Wikileaks qui a publié une biographie peu enviable de l'agent de la CIA qu'est le Président français, pour éjecter de la course à la présidentielle 2007 ses rivaux les plus sérieux, dont notamment Dominique de Villepin avec l'affaire Clearstream, montée de toutes pièces par les agents secrets américains pour porter leur poulain à la tête de l'Etat français, comme cela a été le cas en Côte d'Ivoire avec Alassane Ouattara. L'axe du mal Washington-Paris est en ce moment en état de grâce et en plein printemps avec les révolutions arabes en Tunisie, en Egypte, en Libye, en Syrie, au Barhein et au Yémen, les crises interminables d'Afghanistan et d'Irak, la crise ivoirienne, l'affaire Strauss-Khan et les dossiers d'Al Qaeda dans le monde et au Maghreb islamique. Que DIEU garde l'humanité contre le Nouvel Ordre Mondial!


PLUTOT EN RIRE QU'EN PLEURER!


Affaire Strauss-Kahn : « La bombe a été actionnée à distance », selon le Lieutenant Colombo.


Le Président du FMI a été arrêté par la police à New-York au moment où son avion s'apprêtait à décoller vers la  France. Strauss-Kahn est accusé d'agression sexuelle sur la personne de « Miss Monde», pardon, une femme de ménage. Vraiment, c'est n'importe quoi !

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Lieutenant Colombo : «La bombe » de la chambre de l'Hôtel Sofitel situé sur la 44ème Rue Ouest de Manhattan a été actionnée à distance».


Le scénario dont le Président du FMI a fait l'objet est digne d'un film érotique. La scène : Strauss-Kahn qui était sous la douche, aurait aperçu une splendide jeune femme en train de ranger son lit. M. Strauss-Kahn quitta brusquement la douche nu avant de plonger directement sur la «bombe». Au diable le Sida, il n'a même pas eu le temps de mettre un préservatif. La femme résista sur le lit chose qui a fait enrager M. Strauss-Kahn. Elle est traînée de force dans la salle de bain et agressée une deuxième fois. Le directeur du FMI aurait même forcé la femme à lui faire une fellation, tout en tentant de la déshabiller. La jolie et courageuse jeune femme a réussie à s'enfuir après avoir été blessée par le «méchant» Strauss-Kahn. Quelle horreur ?

L'alerte est donnée, la police New-yorkaise a fait appel au Lieutenant Colombo, pour élucider cette affaire. Peter-Falk a réussi non seulement à identifier le coupable mais à le localiser, en un laps de temps. «C'est lui, j'étais sûr. M. Strauss-Kahn est un récidiviste, il a déjà fait ça, avec une fonctionnaire du FMI», a déclaré M. Colombo à la presse internationale. Les aiguilleurs du ciel ont été alertés avec instruction de suspendre l'ensemble des vols vers la France. Strauss-Kahn s'est rendu à la police sans résistance et fut débarqué de son avion. Accusé de tentative de viol, agression, séquestration et de tentative de fuite, M. Strauss-Kahn ne sera certainement libre qu'après 2012. Tenant un cigare, Colombo a expliqué à sa femme que «La bombe » de la chambre de l'Hôtel Sofitel situé sur la 44ème Rue Ouest de Manhattan a été «actionnée à distance».


Source: LE NOUVEL OBSERVATEUR

vendredi, 13 mai 2011

GUERRE CONTRE LE TERRORISME: LE RENSEIGNEMENT FRANÇAIS (ET LES AUTRES) SAIT QU'AL QAEDA EST UNE PSYOP (OPERATION PSYCHOLOGIQUE) AMERICAINE

 



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Al Qaeda: la base de données.

Par Pierre-Henri Bunel

Url de l'article original:

http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid...


~ Traduit de l'anglais par Résistance 71 ~


Peu de temps avant son décès prématuré, l'ancien secrétaire aux affaires étrangères britanniques Robin Cook déclara à la chambre des députés qu'Al Qaeda n'est pas vraiment un groupe terroriste, mais plutôt une base de données des moudjahidines internationaux et des trafiquants d'armes utilisés par la CIA et les Saoudiens pour canaliser les guérilleros, les armes et l'argent dans l'Afghanistan occupé par les soviétiques. Grâce au journal de New Delhi World Affairs, le Wayne Madsen Report peut aujourd'hui vous rapporter un long extrait d'un article publié dans le numéro de Juin 2004, article de Pierre-Henri Bunel, un ancien agent des services de renseignement français.


~ Wayne Madsen Report ~

 

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"J'ai entendu parler pour la première fois d'Al Qaeda lorsque j'étais au cours de commandement et de gestion en Jordanie. J'étais un officier de l'armée française à l'époque et les forces armées françaises avaient des rapports très proches avec celles de Jordanie... Deux de mes collègues jordaniens étaient des experts en informatique. Ils étaient officiers à la défense aérienne. Utilisant un langage informatique argotique, ils introduisirent une série de plaisanteries concernant les punitions des élèves.

Par exemple, quand l'un d'entre nous était en retard à l'arrêt de bus pour quitter le collège, les deux officiers prirent l'habitude de nous dire: 'Vous serez marqué au Q eidat il-Maaloonaat, ce qui veut dire: vous serez marqués dans la base de donnés. Ce qui voulait dire, vous recevrez un avertissement... Si le cas était plus grave, ils avaient l'habitude de parler de Q eidat i-Taaleemaat, ce qui réfère à une base de données décisionnaire. Ce qui voulait dire que nous serions punis. Pour le pire des cas, ils référaient à Al Qaeda."

"Dans les années 1980, la Banque Islamique de Développement, qui est à Jeddah en Arabie Saoudite, tout comme le secrétariat permanent de l'Organisation de la Conférence Islamique, a acheté un nouveau système informatique afin de gérer la demande accrue de comptabilité et de communication. A cette époque, le système était plus sophistiqué que nécessaire pour leurs réels besoins.

Il fut décidé d'utiliser une partie de la mémoire de ce système pour héberger la base de données de la conférence islamique. Il était possible pour les pays membres d'accéder à la base de données par téléphone: un intranet, en langage moderne. Les gouvernements ainsi que les pays membres et quelques unes de leurs ambassades dans le monde étaient connectés à ce réseau.

Comme le rapportait un commandant pakistanais, la base de données était divisée en deux parties, le fichier information d'où les participants à une réunion pouvaient retirer et envoyer les informations dont ils avaient besoin et le fichier décisionnaire, celui où les décisions prises dans les réunions précédentes étaient enregistrées et archivées. En arabe, ces fichiers étaient appelés 'Q eidat il -maaloomaat' et 'Q eidat i-Taaleemaat'. Ces deux fichiers étaient contenus dans un grand fichier appelés en arabe 'Q eidat ilmu'ti'aat' qui est la traduction exacte pour base de donnée; mais les Arabes de manière usuelle y référaient par le mot 'Al qaida' qui en arabe est le mot pour 'base'. La base aérienne de Riyadh en Arabie Saoudite est appelée 'Q eidat riyadh al askariya'. Q eidat veut dire 'une base' et 'Al Qaida' veut dire 'la base'.

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A la moitié des années 1980, Al Qaida était une base de données localisée dans un ordinateur et qui servait à la communication du secrétariat de la Conférence Islamique.

Au début des années 1990, j'étais un officier du renseignement militaire au QG de la FAR française (Force d'Action Rapide). A cause de mes capacités avec la langue arabe, mes fonctions comprenaient aussi la traduction de beaucoup de faxes et de lettres saisis ou interceptés par nos services de renseignement... Nous interceptions souvent des documents envoyés par les réseaux islamiques opérant en Grande-Bretagne ou en Belgique.

Ces documents contenaient des directives envoyées aux groupes islamiques armés en Algérie ou en France. Les messages faisaient référence aux sources des déclarations qui devaient être exploitées dans la rédaction des tracts et des pamphlets, ou qui devaient être introduits dans des enregistrements audio ou vidéo. Les sources les plus souvent citées étaient les Nations Unies, les pays non-alignés, la haute commission de l'ONU pour les réfugiés et... Al Qaida.

Al Qaida est demeurée la base de donnés de la conférence islamique. Pas tous les membres de la conférence sont des TMétats renégats" et beaucoup de groupes islamiques pouvaient prendre de l'information dans les bases de données en archive. Il était tout à fait naturel pour quelqu'un comme Ben Laden d'être connecté à ce réseau. Il est membre d'une famille importante dans le monde de la banque et des affaires.

A cause des états renégats, il devint facile pour des groupes terroristes d'utiliser le système d'email de la base de donnés; ainsi le système de courrier électronique d'Al Qaida fut utilisé au moyen de quelques systèmes d'interface conservant le secret des identités, par les familles des moudjahidines afin de garder le contact avec leurs enfants en phase d'entrainement en Afghanistan, en Libye ou dans la plaine de la Bekaa au Liban; ou qui étaient en action dans les combats où les extrémistes sponsorisés par les états "renégats" combattaient. Ces états renégats incluaient l'Arabie Saoudite. Quand Ben Laden était un agent américain en Afghanistan, l'intranet d'Al Qaida était un excellent système de communication par le moyen de messages codés."

A la rencontre d'Al Qaida

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"Al Qaida n'a jamais été un groupe terroriste ni la propriété d'Oussama Ben Laden... Les actions terroristes perpétrés en Turquie en 2003 ont été faites par des turcs et les motifs étaient locaux et non pas internationaux, unifiés ou communs. Ces crimes mirent le gouvernement turc dans une position difficile vis à vis des britanniques et des israéliens. Mais ces attaques étaient sûrement dédiées à punir le premier ministre Erdogan d'être politicien islamique trop tiède...

... dans le tiers monde, l'opinion générale est que les pays qui utilisent des armes de destruction massive pour des raisons économiques au service de l'impérialisme sont en fait "des états renégats', spécifiquement les Etats-Unis et les pays membres de l'OTAN.

Quelques groupes de pression islamique conduisent une guerre contre les lobbies économiques libéraux. Ils utilisent des groupes terroristes locaux qui clament agir au nom d'Al Qaida. D'un autre côté, des armées nationales envahissent des pays indépendants sous les bons auspices de conseil de sécurité de l'ONU et conduisent des guerres préventives. Les véritables sponsors de ces guerres ne sont pas les gouvernements mais les lobbies, groupes de pression économiques qui sont derrière ces gouvernements.

La vérité est qu'il n'y a pas d'armée islamiste ou de groupe terroriste appelé Al Qaida. Tout agent de renseignement sait cela; mais il y a une campagne de propagande pour faire croire au public à la présence d'un groupe, d'une entité identifiée et représentant le 'diable', seulement dans le but de conduire les spectateurs de télévision à accepter un leadership unique international pour lutter contre le terrorisme. Le pays derrière cette propagande sont les Etats-Unis et ceux qui pressent pour la guerre américaine contre le terrorisme ne sont intéressés qu'à faire de l'argent."

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Toujours en exemple de ce qui arrive à ceux qui défient le système, en Décembre 2001, le commandant Pierre-Henri Bunel fut reconnu coupable par une cour de justice militaire d'avoir transmis des documents qui identifiaient des cibles potentielles de bombardement de l'OTAN en Serbie à un agent serbe durant la guerre du Kosovo en 1998. Le cas Bunel fut transféré d'une cour de justice civile à une cour militaire afin de garder certains éléments confidentiels. Par dessus tout, et quoi que purent en dire les témoins et les psychologues, le système l'épingla pour avoir dit la vérité à propos d'Al Qaida et qui était en fait derrière les attaques habituellement blâmées sur ce groupe. Il convient aussi de noter que le gouvernement serbe, le même avec qui Bunel est accusé par le gouvernement français d'avoir comploté et partagé des informations vitales, déclare que les guérilleros albanais et bosniaques dans les Balkans étaient aussi supportés par Al Qaida. Nous savons maintenant que ces groupes de guérilla étaient financés par de l'argent émanant du fond de défense bosniaque, une entité établie en tant que fond spécial par la banque sous influence de Bush, la banque Riggs et dirigée par Richard Perle and Douglas Feith.

Le commandant Pierre-Henri Bunel, qui savait la vérité à propos "d'Al Qaida"... Une autre cible des néo-conservateurs.


Source: RESISTANCE 71

LA BALKANISATION DE LA LIBYE: LES PLANS DES ETATS-UNIS ET DE L'OTAN

 

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Mahdi Darius Nazemroaya


Cet entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya réalisé le 26 avril 2011 traite de l'impasse de la guerre en Lybie, et de la stratégie du Pentagone et de l'OTAN pour diviser ce pays. Il aborde également le rôle de la Turquie et de l'Allemagne, ainsi que les plans de l'Union européenne d'envoyer une force de maintien de la paix. Il souligne l'importance économique de Misrata.


XU JINGJING : Il semble que la coalition occidentale ait ralenti ses actions durant les trois dernières semaines. À votre avis, quelles sont les raisons de cette impasse ?

NAZEMROAYA : L'impasse en Libye est calculée. Les États-Unis et l'OTAN veulent maintenir une impasse stratégique entre le Gouvernement libyen à Tripoli et le Conseil transitoire à Benghazi. Ils se servent de cette impasse pour manipuler à la fois Tripoli et Benghazi. Plus les parties seront fatiguées et affaiblies, plus elles seront disposées à se tourner vers les États-Unis et ses partenaires de l'OTAN pour mettre fin au conflit. Le Conseil transitoire sera également enclin à faire davantage d'offres aux États-Unis et à l'UE. Le régime libyen à Tripoli demandera aux États-Unis et a l'UE de mettre fin au conflit et fera aussi des concessions. Les États-Unis et l'UE veulent que les deux côtés, à Benghazi et à Tripoli, soient plus dépendants de Washington et de Bruxelles comme arbitres de la situation en Libye.

Le résultat final sera que la Libye va se transformer en ce que les États-Unis et l'Europe de l'Ouest voulaient qu'elle soit depuis la fin de la seconde guerre mondiale en 1945. Leur objectif est de faire de la Libye un pays divisé. Ils sont experts en cela. Ce sont des experts à dresser les gens les uns contre les autres et à détruire des nations.

Ils ont divisé les Arabes qui devraient n'être qu'une seule nation. Ils ont contribué à diviser le peuple de l'Inde. Ils ont divisé les Slaves du sud dans les Balkans. Ils ont divisé les peuples de l'Asie du Sud-est. Ils ont travaillé à diviser l'île de Taiwan de la Chine continentale. Ils ont œuvré pour que l'Ukraine se batte contre la Russie. Avec Israël et l'Arabie Saoudite, ils ont divisé politiquement les Palestiniens et les Libanais. Maintenant les États-Unis et l'UE ont l'intention de diviser davantage les Arabes, et de créer aussi des divisions dans les pays d'Afrique et d'Amérique du Sud. Et ils continuent à diviser les musulmans en les identifiant comme chiites ou sunnites. Ils continuent aussi à travailler d'arrache-pied pour diviser la Russie, l'Iran et la Chine.

Avant 1951, les États-Unis, la France, l'Italie et la Grande-Bretagne avaient tous des accords entre eux pour diviser la Libye en sphères d'influence et ils ont même tenté d'empêcher la Libye de devenir un pays uni et indépendant. Ces puissances impérialistes voulaient à l'origine que la Libye soit divisée en trois territoires distincts. Le peuple libyen s'y est farouchement opposé.

Washington, Londres et Paris ont même eu des entretiens avec l'URSS sur l'établissement de trois mandats des Nations Unies appelés tutelles en Libye. Un de ces mandats aurait concerné la Cyrénaïque sous contrôle britannique, un autre le Fezzan sous contrôle français et le dernier la Tripolitaine sous contrôle italien. Les États-Unis supervisant l'ensemble. Mais les Soviétiques avaient des idées différentes sur la question et désiraient le mandat en Tripolitaine ou le partager avec l'Italie. Finalement, aucun accord ne put être conclu et la Libye devint indépendante après un débat à l'ONU.

Quand les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Italie tombèrent d'accord pour donner l'indépendance à la Libye, il fut décidé que cela se ferait sous la forme d'un État fédéral sous la férule du roi Idris. Idris fut placé comme chef de l'État libyen par les Britanniques et les puissances coloniales et, dans le cadre de ce système fédéral, les autres petits émirs dirigeraient la Cyrénaïque et le Fezzan et seraient les représentants non-élus de ces deux territoires.

En Tripolitaine, où se concentrait la vaste majorité de la population libyenne, les représentants libyens seraient choisis par le peuple, mais dans le cadre d'un système fédéral qui donnerait une importance équivalente à la Tripolitaine, à la Cyrénaïque et au Fezzan. Les représentants choisis par le peuple libyen seraient ainsi placés en minorité face aux émirs et aux cheikhs.

Dans le système fédéral souhaité par Washington, les émirs non élus représentant les populations plus réduites de la Cyrénaïque et du Fezzan seraient majoritaires dans l'Assemblée nationale libyenne. Ce que les États-Unis et leurs alliés essayaient de faire était d'éliminer toute forme d'auto-détermination de la part des Libyens. Les États-Unis et leurs alliés tentaient de transformer la Libye en un émirat comme le Bahreïn, le Qatar, le Koweït ou les Émirats Arabes Unis.

Aujourd'hui les États-Unis et l'UE sont en route pour imposer un nouveau système fédéral en Libye ou pour diviser le pays entre au moins deux administrations, à Tripoli et à Benghazi. Ces pays poussent à une guerre tribale en Libye, ce qui transformerait le pays en une seconde Yougoslavie. Les guerres tribales en Libye se répandraient au-delà des frontières de la Libye dans le reste de l'Afrique, de l'Afrique de l'Ouest à l'Afrique centrale et à l'Afrique de l'Est.

XU JINGJING : Les négociations politiques sont-elles dans une impasse ou au-delà ? Comment voyez-vous ces pays attribuer les obligations de la guerre et les intérêts de l'après-guerre ?

NAZEMROAYA : Les Britanniques ont élaboré un schéma selon lequel les membres arabes de la coalition contre la Libye enverront leurs troupes en Libye ou financeront une armée massive de mercenaires étrangers.

Une invasion terrestre partiellement privatisée de la Libye aura lieu. À cet égard, les Britanniques veulent que les pays arabes comme le Qatar et les Émirats Arabes Unis financent des mercenaires britanniques et américains en Libye. Comme les Britanniques l'ont déjà fait à Oman il y a plusieurs années, Londres va même autoriser des membres de l'armée britannique à quitter temporairement l'armée pour aller travailler ou combattre en Libye comme mercenaires. Voilà pourquoi les États-Unis étaient contre l'inclusion d'un article dans la résolution de l'ONU 1973, qui aurait permis de poursuivre en justice des mercenaires étrangers qui ne sont pas parties à la cour internationale de justice.

Alors que les États-Unis ont été chargés de diriger l'attaque contre la Libye, ce seront les Européens de l'Ouest qui se chargeront de l'occupation.

L'UE veut maintenant occuper la Libye. Ils le feront sous la couverture d'un mandat d'une force de maintien de la paix. Ceci ne fera que diviser la Libye plus avant. Et ce sera sous les yeux d'une force de maintien de la paix de l'UE que les deux gouvernements de Tripoli et de Benghazi s'éloigneront irrémédiablement l'un de l'autre. Très probablement, la Libye sera gouvernée par deux gouvernements séparés ou dans le cadre d'un système fédéral.

Les États-Unis et l'UE ont contribué à créer à Benghazi une nouvelle banque centrale, ainsi qu'une nouvelle compagnie pétrolière nationale. Les États-Unis veulent sans doute se positionner militairement en Libye et peut-être même essayer d'y établir plus tard le QG de l'AFRICOM. Wall Street et les grosses banques européennes géreront également les finances de la Libye. Le secteur de l'énergie sera partagé entre les États-Unis et l'UE, avec l'inclusion du Qatar en récompense à son émir pour les services rendus. Celui-ci est déjà responsable de l'accord entre la nouvelle compagnie pétrolière nationale à Benghazi et Al Jazeera a également contribué à créer les stations médiatiques du Conseil national transitoire.

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XU JINGJING : Voyez-vous des dissensions au sein des pays de la coalition se battant contre Kadhafi ? Ont-ils des buts et des intérêts nationaux différents ?

NAZEMROAYA : Je ne vois aucune preuve de dissensions majeures entre les États-Unis et leurs alliés. S'il y en avait cela ne pourrait se produire qu'entre la partie anglo-américaine d'un côté et franco-allemande de l'autre. Ce sont les deux piliers de l'OTAN. Tout le monde au sein de l'OTAN suit un de ces fronts.

Il a été dit que l'Allemagne et la Turquie ont des vues opposées à celles des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France. Avec Rome quelque part entre les deux. Mais les actions des dirigeants de ces pays en disent plus long que leurs paroles. Le gouvernement allemand a soutenu la guerre dès le début. Parce que le peuple allemand ne l'aurait pas permis, Berlin n'a pas pu prendre directement part à l'attaque contre la Libye. Ce que le gouvernement allemand a fait en revanche, est d'envoyer plus de ressources militaires en Afghanistan de façon à ce que davantage de ressources de l'OTAN puissent être consacrées à la Libye.

La Turquie et l'Allemagne auraient pu empêcher l'utilisation de l'OTAN si elles avaient vraiment été contre cette guerre. Un des QG opérationnel de cette guerre est basé en Turquie. La Turquie est aussi l'autorité administrative à l'aéroport de Benghazi et elle fournit une aide dans les opérations navales contre la Libye.

Oui, il y a des intérêts divergents entre le bloc américano-britannique et le bloc franco-allemand, surtout en ce qui concerne le contrôle des réserves énergétiques en Libye et en Afrique du Nord. Contrairement aux États-Unis, les pays de l'UE sont dépendants de l'énergie libyenne, en particulier l'Italie. Il est dans leur intérêt stratégique de contrôler les ressources pétrolières et gazières en Afrique du Nord. Si Washington et Londres gagnent le contrôle majeur de ces réserves, ils contrôleront la sécurité énergétique de l'UE. Mais je crois que les États-Unis et l'UE travaillent en associés en Afrique du Nord et coordonnent en fait des opérations contre la Chine et ses alliés en Afrique.

XU JINGJING : Les combats dans la ville de Misrata attirent toute l'attention maintenant. Que pensez-vous de l'importance de cette ville ? Comment le résultat de cette bataille peut-il influer sur les mouvements de l'opposition libyenne ?

NAZEMROAYA : La ville de Misrata est le Shanghai de la Libye. Pour le Conseil transitoire ce serait une victoire économique majeure. Elle est une importante base industrielle et commerciale pour la Libye et l'Afrique. Certaines des plus grosses compagnies africaines sont basées à Misrata, y compris la Libyan Iron and Steel Company. Misrata est aussi un port très important. Beaucoup de compagnies nationales libyennes et d'industries ont leur siège à Misrata et dans les districts avoisinants.

Voilà pourquoi l'Allemagne et l'UE veulent envoyer des troupes à Misrata sous prétexte de maintien de la paix. L'UE veut envoyer des militaires là-bas pour des raisons purement stratégiques et économiques et pas du tout pour des raisons humanitaires. La force de l'UE est composée des mêmes pays qui font partie de l'OTAN. Ils utilisent simplement un autre nom. La différence entre la force de l'UE et l'OTAN est purement technique.

Ceci qui est aussi ridicule, c'est que les pays qui veulent envoyer leurs soldats comme soldats de la paix, sont des combattants de cette guerre. De fait, parce que l'OTAN est entrée en guerre de manière collective, toute nation faisant partie de l'OTAN est une nation combattante. Ceci inclut l'Allemagne. Ceci devrait disqualifier l'ensemble des nations européennes comme force de paix en Libye. Seules des parties neutres et non combattantes peuvent faire office de force d'interposition et de maintien de la paix.

Des nations comme la Russie, la Chine, l'Algérie, le Kazakhstan, l'Ukraine, l'Iran, la Biélorussie, le Brésil, la Malaisie et le Venezuela devraient envoyer des forces de maintien de la paix. Les Russes et leurs partenaires militaires dans l'espace post-soviétique pourraient tous jouer un rôle majeur en tant que gardiens de la paix. Même l'Organisation de Coopération de Shangai pourrait jouer un rôle. Il est dans l'intérêt stratégique de la Chine et ses alliés de s'assurer que la Libye ne soit pas colonisée ou victimisée comme l'est l'Afghanistan sous les forces d'occupation de l'OTAN. Pour l'alliance militaire occidentale, les évènements de Libye sont des préalables dans sa politique d'isolement et de confrontation vis-à-vis de l'Iran, de la Russie, et de la Chine et de l'Eurasie.

XU JINGJING : Pensez-vous que les États-Unis sont toujours l'acteur décisif ? Pourquoi ?

NAZEMROAYA : Oui, sans l'ombre d'un doute.

Pour répondre à cette question, définissons en premier lieu la coalition qui est impliquée dans cette guerre d'agression contre la Libye. Le Pentagone a transféré les opérations militaires à l'OTAN après quelques jours. Ainsi la guerre est officiellement pilotée par l'OTAN. Quelques autres pays comme le Qatar, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis et la Suède, sont aussi partenaires sous commandement de l'OTAN.

Dès lors et avant que je n'analyse l'OTAN, voyons de plus près une autre alliance militaire datant de la guerre froide appelée le Pacte de Varsovie. Washington et l'Europe occidentale avaient l'habitude de critiquer l'ancienne Union soviétique en disant que le Pacte de Varsovie était en fait une organisation fictive, qu'en fait ce n'était que l'Armée Rouge soviétique. En d'autres termes que la Bulgarie, la Roumanie, l'Allemagne de l'Est, la Pologne, la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l'Albanie n'avaient pas de force réelle au sein du Pacte de Varsovie et que ce Pacte n'était que l'Union soviétique agissant sous le masque du multilatéralisme en Europe de l'Est. Je ne discuterai pas ce point.

L'OTAN est bien plus compliquée que le Pacte de Varsovie et n'est pas gérée par un seul pays. Les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne sont les piliers de cette force et ils sont le vrai pouvoir décisionnaire à Bruxelles. La Turquie, à cause de l'héritage de Kemal Atatürk a aussi une certaine indépendance au sein de l'OTAN. Toutes les autres nations ou bien suivent les anglo-américains ou bien suivent le bloc franco-allemand. Mais dans tout cela, l'OTAN est juste un Pacte de Varsovie plus sophistiqué Les États-Unis devraient se regarder dans le miroir. L'argument critique de Washington envers le Pacte de Varsovie s'applique à eux-mêmes et à l'OTAN.

L'OTAN d'aujourd'hui n'est pas très différente de ce que les États-Unis qualifiaient le Pacte de Varsovie d'être, à savoir l'Union soviétique sous un drapeau multilatéral. L'OTAN elle-même et les commandants du Pentagone disent que l'OTAN n'est presqu'exclusivement constituée que de l'armée états-unienne. En d'autres termes, l'OTAN est l'armée états-unienne, renforcée par la Grande-Bretagne, la France, l'Allemagne, la Turquie, le Canada, l'Italie et quelques autres pays européens comme auxiliaires. Les États-Unis font la guerre, puis envoient ces pays pour occuper les pays défaits, pour privatiser leurs économies sous contrôle étranger. Au bout du compte, l'OTAN est en réalité l'armée états-unienne avec le soutien politique et financier de ces autres pays. Le sénateur MC Caïn et le Sénat états-unien ont demandé il y a quelques semaines que le reste de l'OTAN finance les États-Unis pour la guerre contre la Libye. La plupart des membres de l'OTAN sont en fait des pays satellites des États-Unis.

L'OTAN sans les États-Unis n'aurait jamais pu faire la guerre en Yougoslavie et en Afghanistan, sans même parler de lancer une guerre dévastatrice contre la Libye. Il suffit de regarder le rôle que les États-Unis ont joué dans les bombardements en Libye. Ils y ont fait l'essentiel des bombardements et du pilonnage. En fait, réellement, les États-Unis se cachent derrière l'image de multilatéralisme offerte par l'OTAN. Ils ne veulent pas apparaître comme étant en charge de tout ce qui se passe. Washington a peur de l'opinion publique. C'est pourquoi Obama, Clinton et Gates ont prétendu publiquement que le gouvernement états-unien était contre la création d'une zone d'exclusion aérienne au dessus de la Libye et ce jusqu'au tout dernier moment lorsque les véritables objectifs des États-Unis sont devenus transparents. Dans le même temps où l'Administration Obama disait être contre la zone d'exclusion, les États-Unis se préparaient pour attaquer la Libye. Paris et Londres ont juste joué les rôles principaux sur la scène publique.

Je désire ici faire une remarque finale et importante. Le président Obama, le premier ministre Cameron, le président Sarkozy se cachent tous derrière le paravent de l'OTAN ; parce que l'OTAN est une organisation internationale qui échappe à toute forme de responsabilité politique. Il n'existe aucune circonscription d'électeurs vis-à-vis desquels l'OTAN doive rendre des comptes. Les États-Unis et la Grande-Bretagne peuvent bombarder la Libye pendant des mois et clamer que tout cela est dans les mains de l'OTAN, que l'OTAN est en charge de la guerre. De fait. Obama, Cameron et Sarkozy essaient tous d'échapper à leurs responsabilités d'hommes politiques vis-à-vis du public en laissant l'OTAN faire la guerre et en se cachant derrière elle pour se protéger.


Entretien avec Mahdi Darius Nazemroaya spécialiste du Moyen-Orient et de l'Asie Centrale, réalisé le 26 avril 2011 par Xu Jingjing pour le magazine chinois Life Week Magazine.


Source: INVESTIG'ACTION / MICHEL COLLON.INFO



Mahdi Darius Nazemroaya est chercheur associé du "Centre for Research on Globalization" (CRG), spécialisé en géopolitique et stratégie.


Source : silvaicattori.net

Source originale : globalresearch

Traduit de l'anglais par resistance71 révisée par JPH

jeudi, 12 mai 2011

ALAIN TOUSSAINT, CONSEILLER DE GBAGBO, A BAN KI MOON

 

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« Vous portez l'entière responsabilité des massacres et crimes économiques commis par les bandes armées de M. Ouattara, la Licorne et l'ONUCI, deux forces d'occupation ! ».


Monsieur le Secrétaire Général,


Il y a un mois, les forces spéciales françaises enlevaient, avec la complicité des soldats de l'Opération des

Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), le Président de la République, Monsieur Laurent Gbagbo, pour le livrer aux forces rebelles de Monsieur Alassane Ouattara. Depuis le 11 avril 2011, le Président Gbagbo est l'otage de M. Ouattara au terme d'un putsch militaro-électoral orchestré par la France, les États-Unis et l'ONU.

Le 13 avril 2011, vos Casques bleus ont déporté le Chef de l'État à Korhogo (au Nord), où il a été remis au chef de guerre Fofié Kouakou, pourtant sous sanctions de l'ONU depuis 2006 pour de graves atteintes aux droits humains. Par la force des armes et la volonté franco-américaine, M. Alassane Ouattara contrôle désormais mon pays. Rien ne peut justifier le maintien illégal en "résidence surveillée" du Président Gbagbo, de son épouse, de son fils et d'environ deux cents (200) personnalités civiles et militaires. Je demande votre intervention auprès des autorités de fait pour la libération immédiate de tous ces prisonniers politiques. Je vous informe que pour échapper à une épuration de type politique, ethnique et religieux opérée par le régime tyrannique de M. Ouattara, plusieurs dizaines de milliers de mes compatriotes vivent actuellement en exil dans les pays voisins.

Des centaines de milliers d'autres sont contraints à la clandestinité. Munis du "mandat de l'ONU", les combattants de M. Ouattara tuent, pillent, volent et violent en toute impunité. Je condamne la lâcheté de l'ONUCI, en particuliers Division des droits de l'Homme, et son "deux poids deux mesures". D'un côté, elle dénonce les exactions imputées à des présumées forces pro-Gbagbo, de l'autre, elle tait celles commises par les troupes rebelles, la Licorne et l'ONUCI.

A Duékoué, plus d'un millier de civils ont été massacrés fin mars 2011 par les milices de M. Ouattara. Exécutions extrajudiciaires, enlèvements, tortures et disparitions sont aussi le lot quotidien des populations d'Abidjan, Daloa, Gagnoa, Soubré, San Pedro, Sassandra, Divo, Lakota, Tiassalé, etc. Pis, il n'y a aucun début d'investigation pour rechercher et punir les auteurs de ces crimes barbares. Les droits fondamentaux de dizaines de milliers de citoyens sont violés. Des familles entières ont été délestées de leurs biens mobiliers et immobiliers sans que cela émeuve les bien-pensants. A Yopougon, suite à votre "ordre de détruire les armes lourdes", d'autres ont vu leurs maisons entièrement ou partiellement détruites par les bombardements des hélicoptères de combat de l'ONUCI et Licorne.

Les maisons de milliers de compatriotes ont été pillées et saccagées par les forces de M. Ouattara. Et, à l'intérieur du pays, des dizaines de villages, dont celui du célèbre footballeur Didier Drogba, incendiés, rayés de la carte ; les villageois ont trouvé refuge dans la forêt. La raison : leur appartenance politique ou ethnique. Des dizaines d'exploitations agricoles ont été pillées puis occupées par les forces de M. Ouattara, le bétail décimé ou emporté, les récoltes brûlées ou vendues. Je plaide en faveur d'une indemnisation des victimes et/ou parents de victimes de votre étrange croisade pour la "démocratie" doublée d'une guerre de peuplement.

Je vous accuse d'avoir dévoyé la mission de l'ONU en faisant prévaloir un droit d'ingérence à géométrie variable. Vous portez l'entière responsabilité des massacres et crimes économiques commis par les bandes armées de M. Ouattara, la Licorne et l'ONUCI, deux forces d'occupation. Ces dernières affirmant agir sous le couvert de la résolution n°1975 du Conseil de sécurité. En sacrifiant sa Charte de l'ONU sur l'autel des intérêts géostratégiques franco-américains, vous avez gravement nui aux Nations unies dont les principes fondateurs prônent un règlement pacifique des conflits. Vous avez préféré le pétrole, le cacao et les immenses richesses du sous-sol de mon pays à la "protection" de ses 22 millions d'habitants. Vous êtes définitivement le déshonneur des Nations Unies. Je vous accuse d'avoir pris le parti de M. Alassane Ouattara, le père d'une rébellion sanguinaire depuis septembre 2002, contre le Président Laurent Gbagbo, le père de notre jeune démocratie, outrancièrement diabolisé par une communication infâme consécutive aux rapports tronqués de vos représentants successifs en Côte d'Ivoire. L'ONU s'est muée en agent de déstabilisation. Dans mon pays, vous avez ôté à la paix sa valeur suprême en banalisant le recours à la guerre. A cause de votre duplicité et votre soumission aveugle aux grandes puissances - France, États-Unis - et à la ligue anti-Gbagbo (médias et lobbyistes), la Côte d'Ivoire traverse de nouvelles perturbations.

Pour espérer panser durablement les blessures et réparer les torts faits à mes compatriotes et à mon pays, vous devez exiger de M. Alassane Ouattara qu'il rétablisse, sans délai, l'État de droit et les libertés avant de s'aventurer dans un quelconque processus de "réconciliation nationale".

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Secrétaire Général, l'expression de mes salutations les meilleures.



Monsieur Toussaint Alain,

Conseiller du Président Laurent Gbagbo

Paris (France)

E-mail : fnsp.abidjan@gmail.com


Monsieur Ban Ki-moon

Secrétaire Général de l'Organisation des Nations unies (ONU)

New York, NY (USA)


Paris, le 11 mai 2011


 

Source: RESISTANCE CI-ISRAEL

COTE D'IVOIRE: CRIMES D'ETAT, TERREUR TOTALE ET SILENCE COMPLICE DES MEDIAS FRANÇAIS

 

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Un article de David Gakunzi


Il sera dit un jour que l'obscur Ouattara fut un homme qui a versé beaucoup de sang ivoirien. Il sera dit un jour que cet homme était en contrat, en alliance, et ce, depuis ses débuts, avec les pires ennemis de l'Afrique, les mitrailleurs et les renifleurs aux griffes de feu, les fauves renifleurs et avaleurs d'or et de diamant, de cuivre et d'uranium, de cacao et de café, de coton et de pétrole... Il sera dit un jour qu'il y avait dans ce Ouattara-là une résonnance de ces hommes qui se battent non pas pour le triomphe d'un quelconque héroïque et majestueux principe, mais pour autre chose ; tout à fait autre chose.


Ouattara. L'homme n'a manifestement ni vision ni charisme, ni épaisseur ; pis, lorsqu'il parle des Ivoiriens, on ne sent, dans sa voix monocorde de bureaucrate de la bourse mondiale, nulle présence de celui qui veut unir le passé, le présent et l'avenir. Impossible unité, impossible liaison donc de cet homme avec cette terre, avec ce peuple de Côte d'Ivoire. On ne l'imagine pas sur le trône ; et pourtant le voilà Président. Mais comment donc ? A coup de bombes larguées par la France sur Abidjan. Paris débarque, brûle Abidjan, se saisit de Gbagbo et de la fumée des buchers, Ouattara s'élève Président. Ere nouvelle : droit de la force et terreur totale sur la Côte d'Ivoire.

Assassinats, enlèvements, viols, pillages. Simone Gbagbo trainée dans la poussière, martyrisée dans sa féminité ; cruauté innommable : la différence qui sépare l'homme de la bête tout simplement franchie. La mère de Laurent Gbagbo, Mamie Koudou Gbagbo, âgée de 90 ans, arrêtée ; elle aussi ! Arrêtée, séquestrée et malmenée. Désiré Tagro, ancien ministre, assassiné : l'homme négocie la fin des hostilités avec les troupes françaises et se présente un tissu blanc à la main ; à quoi aura-t-il droit ? A une balle plantée dans la bouche. Et Duékoué. Les habitants de Duékoué, génocidés : les hommes, tous les hommes, y compris des gamins de deux ans, alignés massacrés à coup de fusils et de machettes. Et Yopougon, Yop l'insoumise, bombardée, saccagée, pillée, déshabillée, violée, massacrée. Perquisitions cour après cour, parents mis à genou devant leurs enfants ; exécutions sommaires sur indication, chasse aux Guérés et Bétés. Combien de morts ? Combien de corps ramassés par la Croix-rouge ? Combien de corps ? Et le village de Sassandra brulé ; et les villages de Abedem et de Drago rayés de la carte.

Meurtres collectifs, meurtres sélectifs, meurtres génocidaires, épuration ethnique ; rafles et torture instituées en règle de gouvernance. Henri Dacoury Tabley, l'ancien gouverneur de la BCEA0, arrêté, tabassé, torturé ; son corps exposé nu, nié dans son humanité, l'enfer total, enfer filmé ; Affi N'guessan, secrétaire général du FPI et tous ceux qui refusent la soumission, kidnappés, séquestrés, embastillés, frappés, torturés, bestialisés ; les militants de l'opposition traqués, traqués listes à la main, traqués jour et nuit, battues organisées, les militants de l'opposition traqués et assassinés tous les jours ; comme si on voulait rendre impossible tout avenir à l'opposition politique. Echos mussoliniens : « L'opposition n'est pas nécessaire au fonctionnement d'un système politique sain. L'opposition est stupide et superflue dans un régime totalitaire comme le régime fasciste ».

Eliminés donc d'abord les proches de Gbagbo ; éliminés ensuite ses sympathisants ; éliminés encore ceux qui pourraient éventuellement devenir ses sympathisants, tous ceux-là qui ne sont pas en allégeance, qui ont eu l'impudence de ne pas accourir pour embrasser comme il se doit, c'est-à-dire avec fougue et flamme soudaine, le nouveau pouvoir. Eliminés tous ces autres-là qui ne sont ni de l'ethnie ni du parti des vainqueurs. Eliminés pour un oui ou pour un non. Eliminés même les alliés d'hier. Ibrahim Coulibaly, dit IB, abattu. L'homme de tous les mauvais coups depuis plus de dix, le compagnon d'hier, celui qui a ouvert les portes d'Abidjan à Ouattara avec ses commandos invisibles, IB encerclé, sommé de se rendre, torturé puis abattu comme un chien. Dynamique fasciste.

C'est qu'il s'agit de semer la terreur ; c'est qu'il s'agit non seulement de châtier, de faire gémir les ivoiriens d'avoir voulu l'émancipation, mais aussi de faire perdre conscience à la société ivoirienne, de la briser, de la modeler dans la terreur ; c'est qu'il s'agit de ramener les Ivoiriens à la case départ, la case esclave avec des méthodes dignes de la gestapo ; c'est qu'il s'agit de faire comprendre à tous les Africains que la liberté est cause de malheur, de grand malheur et que seule la servitude, que seul l'esclavage est porteur d'avenir !
Ouattara plante donc son trône dans le sang. Un trône mugissant et prompt au sacrifice humain. Les Ivoiriens sont désormais, de nouveau, bons à dévorer. A dévorer avec leur pétrole, avec leur cacao, avec leur café. Alors à Paris, on se tait. Jour après jour, on tue à Abidjan et Paris se tait ; et lorsque la terreur s'incruste jusque dans les corps violés de Yopougon, l'un de ces illustres quotidiens de la place parisienne, toute honte bue, parle de « traitement de Yopougon ». C'est écrit : rayer des humains, c'est les « traiter ». Summum d'inhumanité, insensibilité absolue face aux supplices infligés aux Ivoiriens ; silences.

Silence dans la quasi-totalité de la presse de France. Meurtres collectifs, assassinats politiques et emprisonnements enfermés dans le non advenu, embastillés dans le silence. Ce qui est advenu, ce qui est en train d'advenir n'est pas advenu ! Silence sur ces familles condamnées à errer dans les forets, sans nourritures, pour fuir l'anéantissement, pour fuir les tueurs de Ouattara ; silence sur Bloléquin, ville autrefois habitée par 30 000 personnes, aujourd'hui cité fantôme aux rues désertes ; silence sur ces journalistes et avocats poursuivis, pourchassés comme du gibier à abattre ; silences sur ces cabinets d'avocats brulés ; silence sur ces journalistes et musiciens arrêtés, torturés ; silence sur ces jeunes poursuivis car coupables d'être « nés du mauvais côté », l'Ouest du pays... La Côte d'Ivoire de Ouattara exhale, empeste, pue la mort, les corps sont enfouis dans des conteneurs car les morgues sont débordées, mais ... silence dans la presse de l'autoproclamée patrie des Droits de l'Homme. Douleur sans fond des Ivoiriens niée, douleur redoublée par ce déni, ce refus de reconnaissance, cette expulsion dans le non existant, dans le hors langage, dans le « n'ayant pas lieu ».

Mais qu'est donc devenue la presse de France ? A quoi sert cette presse qui n'est plus affirmation de la liberté de tous les hommes et qui n'ose plus nommer par son nom, la terreur concrète contre l'homme, contre les hommes ? Pourquoi ce renoncement ? Pourquoi ? Cette presse-là sait pourtant ; elle sait, elle est bien informée, elle est au courant de la terreur qui règne à Abidjan, elle sait qu'on étouffe à Abidjan, que l'air est devenu tout simplement irrespirable et que fait-elle ? On attend qu'elle s'insurge, qu'elle dénonce au nom de la défense des droits de l'homme mais elle fait l'inverse, le contraire : elle se tait. Elle sait que la Côte d'Ivoire vit sous la terreur mais elle ne parle pas. Pourquoi ? Pour quelles raisons ? Parce que tout simplement lever le voile sur la nature et la barbarie du pouvoir installé à Abidjan, serait nommer les responsabilités de la France et révéler, du coup, au monde et au citoyen lambda, ce que Paris, ce que Sarkozy a fait de la Côte d'Ivoire : une terre brutalisée, torturée, massacrée. Crime d'Etat postcolonial.

Or pourquoi nommer ce crime ? Que vaut le destin, la vie des Ivoiriens face aux intérêts suprêmes de la France ? Pas grand-chose. Mépris cynique et vicieux de la vie humaine. Latitude totale donnée ainsi au pouvoir de Ouattara de torturer et de tuer ! Impunité assurée d'avance pour les tueurs et les tortionnaires de l'homme installé à Abidjan. Et où, oui, où le refus inconditionnel et universel de l'assassinat politique, de l'arbitraire, de la torture, de la dictature, de la férocité de la dictature ? Où ? « L'école française d'Alger » est de retour sur le continent africain ; elle fait des ravages au bord de la lagune Ebrié ; on le sait, et pourtant, silences ; on fait bloc dans le silence autour de l'homme de la France à Abidjan. Rien vu ; rien entendu.

Mais qu'importe. Qu'importe le jour, le mois ou l'année : Ouattara, l'homme de Paris à Abidjan, partira un jour. Il partira. Le temps de Ouattara finira. Il n'y a pas d'avenir dans l'histoire de l'Afrique pour ce nom-là, Alassane Ouattara ; il n'y a d'autre avenir pour ce nom-là que celui d'un Mobutu et d'un Bokassa, eux-aussi tueurs de leurs propres peuples et morts abandonnés de tous. Ouattara partira un jour, et il sera dit ce jour-là, que cet homme faible qui n'avait de force que venue de Paris ; il sera dit que cet homme de la démesure dans la cruauté, aura planté et porté la violence à son paroxysme au cœur de la société ivoirienne. Il sera dit qu'en un seul mois de règne, il aura arrêté et exécuté plus de monde que durant les quarante ans de règne d'Houphouët-Boigny et de Gbagbo réunis ! Il sera dit et rappelé que s'il a pu ainsi sévir impunément, ce fut en parti, grâce, au silence de ceux qui, à Paris, devaient parler et qui ont refusé d'élever la voix. Il sera rappelé que non, ceux-là ne dormaient pas, qu'ils savaient et que leur silence, chacun de leur silence, fut coupable. Martin Niemöller : « Car il est des silences coupables, plus assassins qu'aucune parole, qu'aucune arme peut-être. Car il est des silences complices dont le nombre fait la force, et la force la loi. Celle des majorités silencieuses qui sert de caution et d'alibi aux crimes contre l'humanité. »


 

David Gakunzi est l'auteur de Côte d'Ivoire : le crime parfait


Source: MICHEL COLLON.INFO

mercredi, 11 mai 2011

COTE D'IVOIRE: CLARIFICATIONS ATTENDUES DE LA PART DE LA FRANCE ET DE L'ONU



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Ong Survie: Communiqué, le 10 mai 2011


L'attention internationale semble s'être détournée de la Côte d'Ivoire, beaucoup considérant que l'arrestation de Laurent Gbagbo a mis un terme à la crise ivoirienne. Pourtant, les menaces sur les populations de l'ouest et d'Abidjan n'ont pas cessé et le processus de réconciliation qui se dessine ne laisse pas présager la fin de l'impunité. L'association Survie signale l'existence de documents qui jettent le trouble sur le rôle de la France et de l'ONU dans la crise ivoirienne et invite les représentants concernés à donner les clarifications nécessaires.

L'association Survie s'inquiète du contenu des documents publiés, les 8 et 13 avril, par le juriste et journaliste Matthew Lee sur son blog Inner City Press[1]. Ces documents - d'origine française selon le journaliste - jettent le discrédit sur l'action de la France et de l'ONU en Côte d'Ivoire. Charles Konan Banny et Kofi Annan, aujourd'hui impliqués dans le processus de réconciliation, s'y retrouvent mêlés à une « opération non confirmée » que devaient préparer « Licorne et les casques bleus », destinée à « contrer les partisans du processus de paix »[2]. La nomination, à la tête de la « Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation », de Charles Konan Banny, homme politique aux ambitions présidentielles, au détriment d'un juriste reconnu ou d'un représentant de la société civile, n'offre aucune garantie d'indépendance. En outre, l'absence du mot « Justice » dans le libellé de cette commission est un très mauvais signe adressé aux populations qui sont toujours en grand danger.

Par ailleurs, si l'on note la publication du rapport S/2011/271 du Groupe d'Experts de l'ONU, dont l'association Survie signalait, dans son communiqué du 6 avril, le blocage depuis le mois de septembre, il convient de dénoncer le retard inacceptable avec lequel il est rendu public. À la lecture de ce rapport, on regrette que le Comité des sanctions de l'ONU n'ait pas alerté le Conseil de Sécurité des conditions inappropriées dans lesquelles le scrutin présidentiel allait se dérouler. Les experts montrent que, loin de se préparer au désarmement avant les élections, comme l'exigeaient les accords de Ouagadougou, les Forces Nouvelles favorables à Alassane Ouattara préparaient la reprise du conflit armé qu'elles avaient déclenché en 2002. Le désarmement faisait pourtant partie intégrante du mandat des casques bleus et de la force française Licorne. Il devait aussi être un élément essentiel de la certification de l'ONU dans le processus de sortie de crise. Le réarmement des Forces Nouvelles et leur refus croissant des inspections de l'ONU avaient d'ailleurs amené les experts à suggérer la prise de sanctions contre deux commandants de zone[3] . Loin d'être inquiétés, l'un a mené l'offensive récente dans l'ouest et l'autre des combats dans Abidjan sans que personne ne s'en émeuve[4] ! Lors de la révision de la liste des personnes sanctionnées le 30 mars, le Conseil de Sécurité a ignoré ces suggestions du Groupe d'Experts.

Il semble, par ailleurs, que le Conseil de Sécurité de l'ONU n'a toujours pas rendu public le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains au début de la crise ivoirienne[5], remis au Conseil en décembre 2004. Celui-ci permettrait pourtant de savoir si des exactions ont alors été commises ou couvertes par certains des acteurs politiques et militaires actuels : il en va de la lutte contre l'impunité et de la crédibilité de l'Organisation des Nations Unies.

Aussi, l'association Survie :

* demande des explications à la diplomatie française et l'ONU sur le contenu des documents diffusés par Inner City Press les 8 et 13 avril. En l'absence de réaction, ces documents, qui ternissent l'action de la communauté internationale et des forces impartiales en Côte d'Ivoire, seront tenus pour authentiques.

* salue, enfin, la publication du rapport du Groupe d'Experts S/2011/271, discrètement bloqué depuis le mois de septembre, mais regrette que le Comité des Sanctions de l'ONU n'ait pas alerté le Conseil de sécurité de l'ONU que, loin du désarmement prévu avant les élections, les belligérants se réarmaient, et s'inquiète que lors de la révision de la liste des personnes sanctionnées, le même Comité ait ignoré les suggestions du Groupe d'Experts (cf. S/2011/271 §443).

* exhorte le Conseil de Sécurité de l'ONU à rendre public le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits humains au début de la crise ivoirienne, établi suite à la déclaration S/PRST/2004/17, qui lui a été remis en décembre 2004.

 

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[1] http://www.innercitypress.com

[2] Charles Konan Banny est un ancien président de la Banque Centrale des États d'Afrique de l'Ouest, propulsé Premier Ministre «  aux pouvoirs élargis » le 4 décembre 2005. L'un des documents publiés par Inner City Press fait d'abord état, deux jours avant cette nomination, d'un « accord négocié », par « le service », « avec Guillaume Soro en personne ». Cet accord assurait à Konan Banny le soutien du leader de la rébellion. On y apprend plus loin que « Konan Banny avait appartenu à un comité de sages développant des relations et un réseau important mais discret entre membres de la CEDEAO, RDR de Ouattara, et quelques anciens houphouëtistes du RHDP. » Surtout, le dernier paragraphe, titré « Vu de New York : le départ de Gbagbo » est particulièrement explicite : «  Selon le Secrétaire général des Nations Unies [Kofi Annan], les moyens dont va disposer le nouveau Premier Ministre [Charles Konan Banny] sont suffisants pour mettre en place une politique de rigueur et de fermeté afin de contrer les partisans [sic] du processus de paix en Côte d'Ivoire et devrait notamment permettre la mise en place dans les tout prochains mois d'un plan d'action pour déstabiliser Laurent Gbagbo et provoquer des élections présidentielles anticipées. À charge pour Licorne et les casques bleus sur place de préparer cette mission de sécurité dans les meilleures conditions (Opération non confirmée). »

[3] Cf. Rapport S/2011/271, §443.

[4] Voir l'article de Billets d'Afrique de mai : http://survie.org/billets-d-afrique...

[5] Établi suite à la déclaration S/PRST/2004/17.

Association Survie
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http://survie.org/francafrique/cote-d-ivoire/article/cote...



Source : MILLE BABORDS.ORG

L'AMBITION DEMESUREE ET CRIMINELLE DES ETATS-UNIS: LE CONTROLE MILITAIRE DE LA PLANETE

 

ARMEE AMERICAINE.jpg

Lundi, le 17 février 2003, par Samir AMIN

 

Je viens de lire un article de Samir Amin datant de 2003. Lu à son époque, il est fort probable que beaucoup d'entre nous y auraient vu un raisonnement trop unilatéral et excessif...
Lu aujourd'hui, à la lumière des évènements en cours, avec une attention aiguisée chez nous tous, le texte de Samir Amin paraît d'une pertinence et d'une clarté étonnantes. En tout cas c'est comme cela que je le perçois.
A chacun de voir...  Omar.

 

Dès les années 1980, alors que s'annonce l'effondrement du système soviétique, se dessine une option hégémoniste qui gagne l'ensemble de la classe dirigeante des États-Unis (ses establishments démocrate et républicain). Emportés par le vertige de leur puissance armée, désormais sans concurrent capable d'en tempérer les fantasmes, les États-Unis choisissent d'affirmer leur domination d'abord par le déploiement d'une stratégie strictement militaire de « contrôle de la planète ». Une première série d'interventions - Golfe, Yougoslavie, Asie Centrale, Palestine, Irak - inaugure dès 1990 la mise en œuvre de ce plan de « guerres made in USA », sans fin, planifiées et décidées unilatéralement par Washington.

 

La stratégie politique d'accompagnement du projet en prépare les prétextes, qu'il s'agisse du terrorisme, de la lutte contre le trafic des narcotiques ou de l'accusation de production d'armes de destruction massive. Prétextes évidents quand on connaît les complicités qui ont permis à la CIA de fabriquer un adversaire « terroriste » sur mesure (les Taliban, Ben Laden - la lumière sur le 11 Septembre n'ayant jamais été faite ...) ou de développer le Plan Colombie dirigé contre le Brésil. Quant aux accusations de production éventuelle d'armes dangereuses, portées contre l'Irak, la Corée du Nord et demain n'importe quel Etat, elles font pâle figure face à l'usage effectif de ces armes par les Etats Unis (les bombes de Hiroshima et Nagasaki, l'emploi d'armes chimiques au Viet Nam, la menace avouée de l'utilisation d'armes nucléaires dans les confits à venir ...) . Il ne s'agit donc là que de moyens qui relèvent de la propagande au sens que Goebels donnait au terme, efficaces peut être pour convaincre l'opinion niaise aux Etats Unis mais de moins en moins crédibles ailleurs.

La « guerre préventive » formulée désormais comme un « droit » que Washington se réserve d'invoquer, abolit d'emblée tout droit international. La Charte des Nations Unies interdit le recours à la guerre, sauf dans le cas de légitime défense ; et soumet sa propre intervention militaire éventuelle à des conditions sévères, la riposte devant être mesurée et provisoire. Tous les juristes savent que les guerres entreprises depuis 1990 sont parfaitement illégitimes et donc qu'en principe ceux qui en ont pris la responsabilité sont des criminels de guerre. Les Nations Unies sont déjà traitées par les Etats Unis, mais avec la complicité des autres, comme le fut naguère la SDN par les Etats fascistes.

L'abolition du droit des peuples, déjà consommée, substitue au principe de leur égalité celui de la distinction entre un « Herrenvolk » (le peuple des Etats Unis, accessoirement celui d'Israël) qui a le droit de conquérir « l'espace vital » qu'il juge nécessaire et les autres, dont l'existence même n'est tolérable que si elle ne constitue pas une « menace » pour le déploiement des projets de ceux appelés à être les « maîtres du monde ».

Quels sont donc ces intérêts « nationaux » que la classe dirigeante des Etats Unis se réserve le droit d'invoquer comme bon lui semble ?

A vrai dire cette classe ne se reconnaît que dans un seul objectif - « faire de l'argent » - l'Etat nord américain s'étant ouvertement mis au service prioritaire de la satisfaction des exigences du segment dominant du capital constitué par les transnationales des Etats Unis.

Nous sommes donc tous devenus, aux yeux de l'establishment de Washington, des « Peaux Rouges », c'est à dire des peuples qui n'ont droit à l'existence que dans la mesure où ils ne gênent pas l'expansion du capital transnational des Etats Unis. Toute résistance sera réduite par tous les moyens allant jusqu'à l'extermination si nécessaire, nous promet-on. Quinze millions de dollars de sur profits supplémentaires pour les transnationales américaines, en contre partie trois cents millions de victimes, aucune hésitation. L'Etat « voyou » par excellence, pour reprendre le langage des Présidents Bush père, Clinton et Bush fils, c'est bel et bien celui des Etats Unis.

Ce projet est certainement impérialiste au sens le plus brutal, mais il n'est pas « impérial » au sens que Negri donne à ce terme, car il ne s'agit pas de gérer l'ensemble des sociétés de la planète, pour les intégrer dans un système capitaliste cohérent, mais seulement de piller leurs ressources. La réduction de la pensée sociale aux axiomes de base de l'économie vulgaire, l'attention unilatérale portée à la maximisation de la rentabilité financière à court terme du capital dominant, renforcée par la mise à la disposition de celui-ci des moyens militaires qu'on connaît sont responsables de cette dérive barbare que le capitalisme porte en lui, dès lors qu'il s'est débarrassé de tout système de valeurs humaines auquel il a substitué les exigences exclusives de la soumission aux prétendues lois du marché. Par l'histoire de sa formation le capitalisme nord américain se prêtait à cette réduction mieux encore que celui des sociétés européennes. Car l'Etat américain et sa vision politique ont été façonnés pour servir l'économie et rien d'autre, abolissant par là même le rapport contradictoire et dialectique économie/politique. Le génocide des Indiens, l'esclavage des Noirs, la succession de vagues des migrations substituant la confrontation des groupes partageant de prétendues identités communautaires (manipulées par la classe dirigeante) à la maturation de la conscience de classe, ont produit une gestion politique de la société par un parti unique du capital, dont les deux segments partagent les mêmes visions stratégiques globales, se partageant la tâche par leurs rhétoriques propres à l'adresse de chacune des « constituencies » de la petite moitié de la société qui croit suffisamment au système pour se donner la peine d'aller voter. Privée de la tradition par laquelle les partis ouvriers sociaux démocrates et communistes ont marqué la formation de la culture politique européenne moderne, la société américaine ne dispose pas des instruments idéologiques qui lui permettraient de résister à la dictature sans contre poids du capital. C'est au contraire celui-ci qui façonne unilatéralement le mode de pensée de la société dans toutes ses dimensions, et en particulier reproduit en le renforçant son racisme fondamental qui lui permet de se voir en « Herrenfolk ». « Play boy Clinton, Cow boy Bush, same policy » ; se slogan entendu en Inde à juste titre place l'accent sur la nature du parti unique qui gère la prétendue démocratie américaine.

De ce fait le projet nord américain n'est pas un projet hégémoniste banal qui partagerait avec d'autres, qui se sont succédé dans l'histoire moderne et ancienne, les vertus d'une vision d'ensemble des problèmes permettant de leur donner des réponses cohérentes stabilisatrices, fussent-elles fondées sur l'exploitation économique et l'inégalité politique. Il est infiniment plus brutal par sa conception unilatérale simple à l'extrême et, de ce point de vue, se rapproche davantage du projet nazi, également fondé sur le principe exclusif du « Herrenfolk ». Ce projet des Etats Unis n'a rien à voir avec ce qu'en disent les universitaires libéraux américains, qualifiant cette hégémonie de « benign » (« indolore ») !

S'il doit se déployer pendant encore un certain temps ce projet ne pourra générer qu'un chaos grandissant appelant une gestion de plus en plus brutale au coup par coup, sans vision stratégique de long terme. A la limite Washington ne cherchera plus à renforcer des alliés véritables, ce qui impose toujours savoir faire des concessions. Des gouvernements fantoches, comme celui de Karzai en Afghanistan, font mieux l'affaire tant que le délire de la puissance militaire permet de croire à « l'invincibilité » des Etats Unis. Hitler ne pensait pas autrement.

L'examen des rapports de ce projet criminel aux réalités du capitalisme dominant constitué par l'ensemble des pays de la triade (Etats Unis, Europe, Japon) permettra d'en mesurer les forces et les faiblesses.

L'opinion générale la plus courante, véhiculée par ceux des médias qui n'appellent pas à réfléchir, est que la puissance militaire des Etats Unis ne constituerait que le sommet de l'iceberg, prolongeant une supériorité de ce pays dans tous les domaines, notamment économiques, voire politiques et culturels. La soumission à l'hégémonisme auquel il prétend serait donc de ce fait incontournable.

L'examen des réalités économiques infirme cette opinion. Le système productif des Etats Unis est loin d'être « le plus efficient du monde ». Au contraire presque aucun de ses segments ne serait certain de l'emporter sur ses concurrents sur un marché véritablement ouvert comme l'imaginent les économistes libéraux. En témoigne le déficit commercial des Etats Unis qui s'aggrave d'année en année, passé de100 milliards de dollars en 1989 à 450 en 2000. De surcroît ce déficit concerne pratiquement tous les segments du système productif. Même l'excédent dont bénéficiaient les Etats Unis dans le domaine des biens de haute technologie, qui était de 35 milliards en 1990, a désormais laissé la place à un déficit. La concurrence entre Ariane et les fusées de la Nasa, Airbus et Boeing témoigne de la vulnérabilité de l'avantage américain. Face à l'Europe et au Japon pour les productions de haute technologie, à la Chine, à la Corée et aux autres pays industrialisés d'Asie et d'Amérique latine pour les produits manufacturés banals, à l'Europe et au cône sud d'Amérique latine pour l'agriculture, les Etats Unis ne l'emporteraient probablement pas sans le recours à des moyens « extra économiques » qui violent les principes du libéralisme imposés aux concurrents !

En fait les Etats Unis ne bénéficient d'avantages comparatifs établis que dans le secteur des armements, précisément parce que celui-ci échappe largement aux règles du marché et bénéficie du soutien de l'Etat. Sans doute cet avantage entraîne-t-il quelques retombées pour le civil (Internet en constitue l'exemple le plus connu), mais il est également à l'origine de distorsions sérieuses qui constituent des handicaps pour beaucoup de secteurs productifs. L'économie nord américaine vit en parasite au détriment de ses partenaires dans le système mondial. « Les Etats Unis dépendent pour 10 % de leur consommation industrielle des biens dont l'importation n'est pas couverte par des exportations de produits nationaux » (E. Todd, Après l'Empire, p. 80).

La croissance des années Clinton, vantée comme étant le produit du « libéralisme » auquel l'Europe aurait malheureusement trop résisté, est en fait largement factice et en tout cas non généralisable, puisqu'elle repose sur des transferts de capitaux qui impliquent la stagnation des partenaires. Pour tous les segments du système productif réel, la croissance des Etats Unis n'a pas été meilleure que celle de l'Europe. Le « miracle américain » s'est exclusivement alimenté de la croissance des dépenses produites par l'aggravation des inégalités sociales (services financiers et personnels : légions d'avocats et de polices privées etc ...). En ce sens le libéralisme de Clinton a bel et bien préparé les conditions qui ont permis l'essor réactionnaire et la victoire ultérieure de Bush fils. De surcroît, comme l'écrit Todd (p. 84) « gonflé par les fraudes le PNB américain commence à ressembler, pour la fiabilité statistique, à celui de l'Union soviétique » !

Le monde produit, les Etats-Unis (dont l'épargne nationale est pratiquement nulle) consomment. « L'avantage » des Etats Unis est celui d'un prédateur dont le déficit est couvert par l'apport des autres, consenti ou forcé. Les moyens mis en œuvre par Washington pour compenser ses déficiences sont de nature diverses : violations unilatérales répétées des principes du libéralisme, exportations d'armements (60 % du marché mondial) largement imposées à des alliés subalternes (qui de surcroît - comme les pays du Golfe - n'utiliseront jamais ces armements !), recherche de sur-rentes pétrolières (qui supposent la mise en coupe réglée des producteurs, motif réel des guerres d'Asie centrale et d'Irak). Il reste que l'essentiel du déficit américain est couvert par les apports en capitaux en provenance de l'Europe et du Japon, du Sud (pays pétroliers riches et classes compradore de tous les pays du tiers monde, plus pauvres inclus), auquel on ajoutera la ponction exercée au titre du service de la dette imposée à la presque totalité des pays de la périphérie du système mondial.

Les raisons qui rendent compte de la persistance du flux des capitaux qui alimente le parasitisme de l'économie et de la société américaine et permettent à cette super puissance de vivre au jour le jour sont certainement complexes. Mais elles ne résultent en rien de prétendues « lois du marché » à la fois rationnelles et incontournables.

La solidarité des segments dominants du capital « transnationalisé » de tous les partenaires de la triade est réelle, et s'exprime par leur ralliement au néo-libéralisme globalisé. Les Etats Unis sont vus dans cette perspective comme les défenseurs (militaires si nécessaire) de ces « intérêts communs ». Il reste que Washington n'entend pas « partager équitablement » les profits de son leadership. Les Etats Unis s'emploient au contraire à vassaliser leurs alliés, et dans cet esprit ne sont prêts à consentir à leurs alliés subalternes de la triade que des concessions mineures. Ce conflit d'intérêts du capital dominant est-il appelé à s'accuser au point d'entraîner une rupture dans l'alliance atlantique ? Pas impossible, mais peu probable.

Le conflit prometteur se situe sur un autre terrain. Celui des cultures politiques. En Europe une alternative de gauche demeure toujours possible. Cette alternative imposerait simultanément une rupture avec le néo-libéralisme (et l'abandon de l'espoir vain de soumettre les Etats Unis à ses exigences, permettant ainsi au capital européen de livrer bataille sur le terrain non miné de la compétition économique), comme avec l'alignement sur les stratégies politiques des Etats Unis. Le surplus de capitaux que l'Europe se contente jusqu'à ce jour à « placer » aux Etats Unis pourrait alors être affecté à une relance économique et sociale, à défaut de quoi celle-ci restera impossible. Mais dès lors que l'Europe choisirait, par ce moyen, de donner la priorité à son essor économique et social, la santé artificielle de l'économie des Etats Unis s'effondrerait et la classe dirigeante américaine serait confrontée à ces propres problèmes sociaux. Tel est le sens que je donne à ma conclusion « l'Europe sera de gauche ou ne sera pas ».

Pour y parvenir il faut se débarrasser de l'illusion que la carte du libéralisme devrait - et pourrait- être jouée « honnêtement » par tous et que dans ce cas tout irait mieux. Les Etats Unis ne peuvent pas renoncer à leur option en faveur d'une pratique asymétrique du libéralisme, parce que celle-ci est le seul moyen pour eux de compenser leurs propres déficiences. La « prospérité » américaine a pour prix la stagnation des autres.

Pourquoi donc, en dépit de ces évidences, le flux des capitaux au bénéfice des Etats Unis se poursuit-il ? Sans doute pour beaucoup le motif est-il simplement que les Etats Unis sont « un Etat pour les riches », le refuge le plus sûr. C'est le cas pour les placements des bourgeoisies compradore du tiers monde. Mais pour les Européens ? Le virus libéral - et la croyance naïve que les Etats Unis finiront par accepter « le jeu des marchés » - opère ici avec une puissance certaine auprès des grandes opinions publiques. Dans cet esprit le principe de « libre circulation des capitaux » a été sacralisé par le FMI, en fait simplement pour permettre précisément aux Etats Unis de couvrir leur déficit par le pompage des surplus financiers générés ailleurs par les politiques néo-libérales, auxquelles ils ne se soumettent, eux, que très sélectivement ! Néanmoins pour le grand capital dominant l'avantage du système l'emporte sur ses inconvénients : le tribut qu'il faut payer à Washington pour en assurer la permanence.

Il y a des pays qualifiés de « pays pauvres endettés », qui sont contraints de payer. Mais il y a aussi un « pays puissant endetté », dont on devrait savoir qu'il ne remboursera jamais ses dettes. Ce véritable tribut imposé par le chantage politique des Etats Unis demeure, de ce fait, fragile.

Le choix militariste de l'establishment des Etats Unis se situe dans cette perspective. Il n'est rien d'autre que l'aveu que les Etats Unis n'ont pas d'autres moyens à leur disposition pour imposer leur hégémonie économique.

Les causes qui sont à l'origine de l'affaiblissement du système productif des Etats Unis sont complexes. Elles ne sont certainement pas conjoncturelles, pouvant de ce fait être corrigé par exemple par l'adoption d'un taux de change correct, ou par la construction de rapports salaires/productivités plus favorables. Elles sont structurelles. La médiocrité des systèmes de l'enseignement général et de la formation, produit d'un préjugé tenace favorisant systématiquement le « privé » au détriment du service public, est l'une des raisons majeures de la crise profonde que traverse la société des Etats Unis.

On devrait s'étonner donc que les Européens, loin de tirer les conclusions que le constat des insuffisance de l'économie des Etats Unis impose, s'activent au contraire à les imiter. Là également le virus libéral n'explique pas tout, même s'il remplit quelques fonctions utiles pour le système, en paralysant la gauche. La privatisation à outrance, le démantèlement des services publics ne pourront que réduire les avantages comparatifs dont bénéficie encore la « vieille Europe » (comme la qualifie Bush). Mais quels que soient les dommages qu'elles occasionneront à long terme, ces mesures offrent au capital dominant, qui vit dans le court terme, l'occasion de profits supplémentaires.

L'option militariste des Etats Unis menace tous les peuples. Elle procède de la même logique qui fut naguère celle d'Adolf Hitler : modifier par la violence militaire les rapports économiques et sociaux en faveur du « Herrenfolk » du jour. Cette option, en s'imposant au devant de la scène, surdétermine toutes les conjonctures politiques, car la poursuite du déploiement de ce projet fragiliserait à l'extrême toutes les avancées que les peuples pourraient obtenir par leurs luttes sociales et démocratiques. Mettre en échec le projet militariste des Etats Unis devient alors la tâche première, la responsabilité majeure pour tous.

Le combat pour mettre en échec le projet des Etats Unis est certainement multiforme. Il comporte ses aspects diplomatiques (défendre le droit international), militaires (le réarmement de tous les pays du monde pour faire face aux agressions projetées par Washington s'impose - ne jamais oublier que les Etats Unis ont utilisé les armes nucléaires quand ils en avaient le monopole et y ont renoncé pendant le temps où ils ne l'avaient plus) et politiques (notamment pour ce qui concerne la construction européenne et la reconstruction d'un front des Non Alignés).

Le succès de ce combat dépendra de la capacité des esprits à se libérer des illusions libérales. Car il n'y aura jamais d'économie mondialisée « authentiquement libérale ». Et pourtant on tente et on continuera à tenter par tous les moyens de le faire croire. Les discours de la Banque mondiale opérant comme une sorte de Ministère de la propagande de Washington concernant la « démocratie » et la « bonne gouvernance », ou la « réduction de la pauvreté » n'ont d'autres fonction comme le bruit médiatique organisé autour de Joseph Stiglitz, découvrant quelques vérités élémentaires, affirmées avec autorité arrogante, sans néanmoins en tirer la moindre conclusion remettant en cause les préjugés tenaces de l'économie vulgaire. La reconstruction d'un front du Sud, capable de donner à la solidarité des peuples d'Asie et d'Afrique et à la Tricontinentale, une capacité d'agir sur le plan mondial, passe, elle également, par la libération des illusions d'un système libéral mondialisé « non asymétrique » qui permettrait aux nations du tiers monde de surmonter leurs « retards ». N'est-il pas ridicule de voir des pays du Sud réclamer « la mise en œuvre des principes du libéralisme ; mais sans discrimination aucune », bénéficiant alors des applaudissements nourris de la Banque mondiale ? Depuis quand la Banque mondiale a-t-elle défendu le tiers monde contre les Etats Unis ?

Le combat contre l'impérialisme des Etats Unis et son option militariste est celui de tous les peuples, de ses victimes majeures d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, des peuples européens et japonais condamnés à la subordination, mais tout également du peuple nord américain. Saluons ici le courage de tous ceux qui « au cœur de la bête », refusent de se soumettre comme leurs prédécesseurs ont refusé de céder au Mac-Carthisme des années 1950. Comme ceux qui ont osé résister à Hitler ils ont conquis tous les titres de noblesse que l'histoire peut décerner. La classe dominante des Etats Unis sera-t-elle capable de revenir sur le projet criminel auquel elle s'est ralliée ? Question à laquelle il n'est pas facile de répondre. Peu, sinon rien, dans la formation historique, de la société des Etats Unis l'y prépare. Le Parti unique du capital dont le pouvoir n'est pas contesté aux Etats Unis n'a jusqu'ici pas renoncé à l'aventure militaire. Dans ce sens la responsabilité de cette classe prise dans son ensemble ne peut être atténuée. Le pouvoir de Bush junior n'est pas celui d'une « clique » - les pétroliers et les industries de l'armement. Comme dans toute l'histoire moderne des Etats Unis le pouvoir dominant n'a jamais été autre que celui en particulier d'une coalition d'intérêts segmentaires du capital (mal qualifiés de « lobbies »). Mais cette coalition ne peut gouverner que si les autres segments du capital l'acceptent. A défaut tout arrive dans ce pays d'autant moins respectueux en fait du droit qu'il paraît l'être en principe. Evidemment quelques échecs politiques, diplomatiques, et peut être même militaires, pourraient encourager les minorités qui, au sein de l'establishment des Etats Unis, accepteraient de renoncer aux aventures militaires dans lesquelles leur pays s'est engagé. Espérer plus me paraît aussi naïf que pouvaient l'être les attentes qu'Adolf Hitler finisse par s'assagir !

S'ils avaient réagi en 1935 ou 1937, les Européens seraient parvenus à arrêter le délire hitlérien. En réagissant seulement en Septembre 1939, ils se sont infligés les dizaines de millions de victimes. Agissons pour que face au défi des néo-nazis de Washington, la riposte soit plus précoce.


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DEBUT DE PANIQUE A L'ELYSEE - SARKOZY EXIGE QUE OUATTARA NOMME UN PREMIER MINISTRE LMP PRO-GBAGBO EN LIEU ET PLACE DE GUILLAUME SORO




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Plus d'un mois après avoir été porté par la France à la tête de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara peine véritablement à décoller. L'hebdomadaire français « Le nouvel observateur » dans sa parution du 04 mai lève un coin de voile sur la panique qui commence à s'emparer de l'Elysée où on commence à devenir nerveux devant les contre-performances du Gouverneur Ouattara.


"Le nouvel observateur" fait en effet un clin d'œil à la grosse impasse politique ivoirienne actuelle, et confirme la thèse selon laquelle les arrestations arbitraires et les assassinats continuent toujours en Côte d'Ivoire malgré le fait que le Président "Gbagbo" et son épouse soient en résidence surveillée respectivement à Korhogo et à Odienné dans le nord du pays.

De sources concordantes, deux militaires des forces de défense et de sécurité (Fds) venus faire allégeance à "Ouattara" au Golf hôtel, y auraient été exécutés sans autre forme de procès. Mais, "Alassane Ouattara" a d'autres problèmes à gérer. Entre autres dossiers brûlants, le Premier ministre "Guillaume Soro" dont le remplacement exigé par la France pourrait créer des problèmes au Président "Ouattara"...

"Alassane Ouattara" a peut-être commis l'erreur de promettre la primature à tour de bras. Alors que le Pdci-Rda "d'Henri Konan Bédié" attendait tout sagement ce qui lui revient au terme de la campagne présidentielle,"M. Ouattara" a maintenu "Soro" qui ne serait plus prêt à perdre son poste de Premier ministre. De sources diplomatiques, la France ferait une impressionnante pression suivie de menaces à peine voilées sur "Alassane Ouattara" afin que celui-ci nomme un cadre de la majorité présidentielle(Lmp) " proche du Président "Gbagbo» au poste de Premier ministre.

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Il est difficile à "Alassane Ouattara" de faire partir "Guillaume Soro" contre son gré du poste de Premier ministre. Ce dernier a fait irruption en politique avec des hommes chargés de fusils d'assaut, lui-même arborant un ensemble vert treillis et chaussé en brodequins. Le premier de ses atouts reste et demeure son armée. Les forces nouvelles toujours prêtes à lui obéir à l'image des "Issiaka Ouattara" alias "Watao", "Touré Hervé" alias "Vétcho", "Morou Ouattara", "Fofié Kouakou" et bien d'autres chefs de guerre qui ont jusqu'ici constitué l'épine dorsale des stratégies de pression de "Guillaume Soro" dans toutes les négociations et accords politiques."Guillaume Soro" se serait retranché avec son cabinet politique à "Bouaké", son fief du nord où il peaufine sa stratégie, laissant en base arrière à Abidjan quelques fidèles en arme dont "Wattao", sous chef d'état major des "Fafn". C'est un signal fort que le secrétaire général des forces nouvelles entend ainsi envoyer à quiconque voudrait le priver de son butin de guerre. En attendant que le couple "Sarkozy-Ouattara" trouve la solution à l'énigme "Soro", des nouvelles boites de pandores se sont ouvertes béantes les unes après les autres. Parmi elles, l'insécurité ambiante dans le district "d'Abidjan" et toutes les villes de Côte d'Ivoire.

Tout le monde s'en inquiète même les guerriers venus du nord. Bien que "Laurent Gbagbo" ne soit plus à la tête de l'Etat ivoirien tel que l'a voulu la communauté internationale pilotée par "Nicolas Sarlozy", "Barack Obama","Ban Kimoon", "YJ Choi", l'Union africaine, la Cedeao et les militants du "RHDP", l'ombre de "Laurent Gbagbo" continue de planer sur la Côte d'Ivoire. Un coup d'Etat ne semble pas suffire pour effacer "Laurent Gbagbo" de l'esprit des ivoiriens... "Ainsi la France politique sarkoziste semble être rattrapée par le piège de ses contradictions idéologiques néocoloniales. Plus que jamais sa volonté manifeste de planifier une Côte d'Ivoire sans "Gbagbo" semble malheureusement voler en éclats... wait and see!!! (Attendons pour voir, disent les anglo-saxons)!


Yves T. Bouazo


Source: IVOIREBUSINESS.NET