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lundi, 04 avril 2011

EPURATION ETHNIQUE ANTI WE A DUEKOUE: LE TEMOIGNAGE D'UN HUMANITAIRE DE LA REGION

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Ce témoignage est celui d'un habitant de Duékoué exerçant dans l'humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l'anonymat. Mais qui s'engage sur l'honneur et se dit prêt à témoigner devant n'importe quelle juridiction à l'avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d'être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l'histoire de la guerre en Côte d'Ivoire.


La prise de Duékoué par les FRCI (ainsi se sont baptisées les troupes de Ouattara) a eu lieu le lundi 28 mars 2011. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leurs parutions de lundi et mardi. De même que l'intervention d'Alain Lobognon, porte-parole de Soro. Une depêche de l'AFP est disponible à ce sujet.

Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d'éventuelles exactions. Il en est de même des populations des villages Wê de Dahoua, Bahé, Pinhou et Glaou.

Jusqu'à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Bloléquin (occupée par les FRCI) et Duékoué (également occupée), et sans défense aucune (les FDS ont décroché vers le Sud en passant par Taï) n'était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations. On le comprendra dans ce qui suit.

Les FRCI tenaient à massacrer les populations du quartier « Carrefour », soupçonné d'abriter un groupe d'autodéfense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier « Diaye Bernard » communément connu sous le nom de « Carrefour ». En regardant une carte Google Earth, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 000 réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à Duékoué.

Il est situé à l'entrée de la ville de Duékoué, le long de l'axe Issia-Duékoué-Man. Il est limité à l'Est (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l'ONUCI. A l'Ouest, le quartier est bordé par les marécages du Guémon. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre-ville. Le Nord du quartier est traversé par la route non-bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le Sud du quartier est la voie bitumée Issia-Duékoué-Man.

Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29. Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. L'hôtel en construction de l'homme politique Séa Honoré, pourtant proche de Ouattara, a été pillé à partir du jeudi. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo. Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d'origine malienne, ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appelés « remorques » et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l'Imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Malick Coulibaly, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.

Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le carré du quartier Carrefour. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l'axe Duékoué-Issia (au Sud) et d'occuper de la même façon le Nord du Quartier. Les zones Est et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l'exécution de tout mâle ne parlant pas malinké. Les Wê, autochtones de Duékoué, ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse, portent ce nombre à au moins 1200 personnes. L'objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques.

Il convient de signaler que, devant l'ampleur des massacres et l'émoi créé, l'ONUCI s'est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. « Pourquoi, tuez-vous tant de personnes? », s'est exclamé l'officier marocain de l'ONUCI. A Petit-Duékoué, le même samedi vers 14 heures, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l'ONUCI.

 

 Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

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De la même source, les deux articles ci-dessous:

Ce sont les forces pro-Ouattara qui ont libéré les 6000 prisonniers de la Maca

 

Qui a pris la responsabilité politique de libérer les prisonniers de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, entraînant mécaniquement une recrudescence de l'insécurité et de la confusion dans un contexte déjà troublé ? Les dépêches des agences de presse (dont l'AFP) se refusent à trancher. Le camp Gbagbo accuse le camp Ouattara. Alain Lobognon, conseiller spécial de Guillaume Soro, a rejeté cette accusation sur son compte Twitter, attribuant ce choix pour le moins irresponsable à l'adversaire. Les FDS l'auraient fait pour couvrir leur fuite.

Anciens pensionnaires de la MACA, disposant donc de bons informateurs parmi les prisonniers, le journaliste Saint-Claver Oula (rédacteur en chef du Nouveau Courrier) et moi avons enquêté sur le sujet. Nos conclusions, après vérification et recoupements.

- Ce sont « les hommes d'IB » (Ibrahim Coulibaly, qui passe pour être la tête du « commando invisible » pro-Ouattara à Abidjan) qui ont libéré les prisonniers. Les détenus de droit commun, les prévenus et les bandits de grand chemin.

- Les prisonniers ont été conduits à Abobo PK 18, où les combattants pro-Ouattara ont tenté de les convaincre de s'enrôler auprès d'eux parce que c'est sous le régime Gbagbo qu'ils auraient été emprisonnés. Ceux qui ont dit « oui » ont pris les armes et sont aujourd'hui au nombre des combattants. Ce qui explique (en partie) les pillages très graves enregistrés à Angré, le quartier de Cocody le plus proche d'Abobo.

- Certains prisonniers ont été « libérés » de toute forme d'obligation militaire et ont tenté de joindre qui leur famille qui des amis dans un district d'Abidjan déserté et où la méfiance règne. Bien entendu, ils seront tentés, alors qu'ils n'ont pas un sou vaillant et que les déplacements massifs font qu'ils ne retrouveront pas forcément leurs familles, de se payer sur le dos de la bête.

 

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Qui sont les dozos, accusés des massacres à Duékoué ?

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« Il y a eu 330 personnes tuées à Duékoué de lundi à mercredi [...]. La plupart ont été exécutés par les "dozos", des FRCI ». Cette accusation provient de l'ONUCI, considérée comme "très compréhensive" vis-à-vis desdites FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, pro-Ouattara. Mais elle n'explique pas pour les profanes qui sont ces fameux "dozos", qui font partie des combattants du "président reconnu par la communauté internationale".

Les dozos sont les membres d'une confrérie ancestrale de chasseurs traditionnels en pays malinké (Nord de la Côte d'Ivoire, mais aussi Burkina Faso et Mali). Une confrérie à caractère ethnique, donc. Ils sont craints pour leurs supposés pouvoirs mystiques. Ils seraient invulnérables aux balles et créeraient l'effroi chez les militaires de l'armée ivoirienne. Les dozos sont en général analphabètes et frustes. Confinés dans un univers tribal, ils n'ont qu'une faible compréhension des concepts républicains.

Depuis le déclenchement de la rébellion le 19 septembre 2002, ils ont été accusés de nombreux massacres, mais ils n'ont jamais été démobilisés ni désarmés. Leurs dérives étaient prévisibles. Durant la guerre en Sierra Leone, leurs alter ego, les kamajors, se sont rendus coupables de graves crimes contre l'humanité.

Les massacres perpétrés par les dozos de Ouattara mettront forcément en lumière la nature réelle et le parcours des combattants des FRCI, qui se pose déjà en armée "officielle" de la Côte d'Ivoire. En dehors des dozos, on retrouve une majorité de jeunes civils, enrôlés sur une base ethnique après le 19 septembre 2002, des mercenaires "prêtés" par des Etats étrangers comme le Burkina Faso voisin et quelques officiers ou sous-officiers déserteurs des FDS, quasiment tous issus du Nord de la Côte d'Ivoire - ils sont désormais "secourus" par des déserteurs plus récents, sortis du rang des loyalistes lors de la crise postélectorale.

Est-il possible de faire d'un agglomérat de combattants soudés par le "revanchisme ethnique" une armée nationale, respectueuse de tous les individus et de toutes les ethnies du pays ? Difficile de répondre à cette question. Beaucoup plus difficile que de vanter le "professionnalisme" de l'assaut des FRCI sur Abidjan.

 

Théophile Kouamouo

jeudi, 31 mars 2011

LE CHANGEMENT BIEN ORDONNE

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Tout laisse croire que l'Algérie est en train de changer, par le bas, sans que les  «changeurs» à la mode «arabe», sponsorisés par les «grandes démocraties», trouvent un quelconque ancrage dans cette lame de fond, qui pose les vraies questions des citoyens réels. Il n'y a qu'à observer que toutes les revendications révèlent les véritables dérives et non pas les noumènes, en vogue dans les menaces aéroportées que lancent Hillary Clinton et ses clercs européens.

La première et la plus déterminante de ces dérives est l'abandon de la souveraineté nationale au profit des marchands internationaux. C'est elle qui explique le plus que les richesses nationales ne contribuent pas au développement du pays (pays riche, peuple pauvre), mais à la prospérité des fournisseurs étrangers et de leurs relais locaux, quand  l'investissement public peut résoudre un grand nombre de problèmes, dont ceux de la croissance et de l'emploi. La pression populaire pousse surtout dans ce sens, qui ne se satisfera pas des mesurettes «patriotiques» qui, de toutes façons, ne peuvent suffire à inverser ou à refondre une économie extravertie et livrée aux vents capricieux du marché mondial. S'ouvriront, bientôt, les débats concrets sur le sujet. Parce qu'il n'y a pas une autre réponse économique que celle-ci. L'utilisation pleine  et entière de nos ressources dans l'industrialisation du pays et la dynamisation  de notre agriculture.

La deuxième dérive, qui a beaucoup à voir avec la première, est le climat propice aux «affaires» qui s'est créé (l'euphorie libérale et la panique de rester sur le carreau) et qui a provoqué une course effrénée à l'accumulation, avec tout ce que cela suppose comme «dessous de table» nécessaires pour se frayer le chemin, vers les contrats juteux,  dans la jungle des tractations commerciales et irrésistibles pour des fonctionnaires et des bureaucrates aspirés par le délire de l'enrichissement. On appelle cela la corruption, pour la dissocier, du point de vue moral, du système  qui la nourrit et sans lequel elle ne pourrait exister.

La troisième dérive est d'avoir cru que le peuple croit à l'économie de  marché et qu'il allait en accepter les règles, alors qu'aucun peuple au monde ne l'a fait de son propre gré. Ce qui fait qu'on soit devant ce qu'il pense et qu'il exprime dans différents modes opératoires. Le personnel politique au pouvoir essaie de réagir au coup par coup. Mais, la dynamique semble en route pour que le changement soit une révision complète des données politiques qui ont exclu ceux pour qui les mots démocratie et droits de l'homme veulent dire autre chose que le «chacun pour soi» dans une course à armes inégales où les déjà nantis et les «bras longs» sont en pole position. Le minima requis se trouve dans  la rupture des accords internationaux léonins et la libération complète de l'initiative économique de l'Etat, qui compensera les chimériques IDE. Il y a un pays à reconstruire et un peuple qui attend.

En Tunisie, le débat est ouvert, et on fait peur aux Tunisiens. Le patron des patrons de ce pays,  M. Ben Sedrine, lance l'alarme : «Le recours obsessif à l'Etat Mama, au niveau de l'emploi, est une chimère... Car les pansements et les charpies étatistes ne servent à rien dans les tranchées de la crise sociale...». Son argument : «un monde où les forces du marché et les agences de notation dominent la planète. Organisent la compétition entre les nations. Contrôlent les richesses. Assurent la gouvernance mondiale». Soit exactement ce qui a été dit pour que l'Algérie détruise ses capacités de production, démantèle les dispositifs de protection de son marché et sombre dans l'apathie, en quête inassouvie d'investissements illusoires.

Par Ahmed Halfaoui

Source: LES DEBATS.COM

lundi, 28 mars 2011

LIBYE: UNE AGRESSION IMPERIALISTE !

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Par Demba Moussa Dembélé, Economiste, Dakar, jeudi 24 mars 2011


Depuis samedi 19 mars 2011, la Libye est soumise à un bombardement intensif de la part des Etats-Unis, de la France et de leurs alliés de l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN). Si l'on en croit les dirigeants de cette organisation, véritable bras armé de l'impérialisme occidental, ces attaques visent à imposer une zone d'exclusion aérienne pour « protéger » les populations libyennes contre les armées de Kadhafi ! En vérité, la prétendue protection des civils n'est qu'un prétexte pour envahir la Libye.

 

Le rôle des membres africains du Conseil de Sécurité

Et pour légitimer cette invasion, les Etats-Unis et leurs alliés subalternes ont cherché l'aval du Conseil de Sécurité des Nations-Unies. La Résolution 1973 votée le jeudi 17 mars 2011 donnait ainsi les mains libres aux pays occidentaux pour mettre en application leur plan qui n'a rien à voir avec le mandat conféré par cette Résolution. Les critiques de la Chine, de la Russie et même de certains membres de la Ligue Arabe, comme son Secrétaire Général, l'Egyptien Amr Moussa, montrent bien que les Etats-Unis et leurs alliés ne cherchaient qu'une couverture légale à leur plan préparé de longue date.

En légitimant une telle expédition impérialiste, les Nations-Unies ont montré une fois de plus qu'elles ne sont qu'un jouet entre les mains des grandes puissances. Elles ne peuvent être d'aucun secours pour les peuples, comme le prouvent leurs échecs partout, en Afghanistan, Côte d'Ivoire, Haïti et République démocratique du Congo.

Ce qui est encore plus choquant et même honteux dans cette Résolution c'est le soutien apporté aux pays occidentaux par trois pays africains, l'Afrique du Sud, le Gabon et le Nigeria, contre la Libye ! Ceci est d'autant plus choquant que même l'Allemagne s'est abstenue et que ce sont les pays africains qui ont donné les voix nécessaires qui valident la Résolution ! Si deux d'entre eux seulement s'abstenaient, la Résolution ne passerait pas ! Même si l'extravagant Colonel libyen suscite peu de sympathie de la part de nombre de ses pairs du continent, il est tout de même inadmissible et révoltant de voir des pays africains soutenir les plans de destruction d'un autre pays africain par les pays occidentaux. Si les deux pays africains les plus susceptibles d'avoir des positions plus indépendantes vis-à-vis des puissances occidentales peuvent capituler aussi facilement sur une question aussi cruciale, c'est vraiment à désespérer du leadership africain !

Il est vrai que depuis son arrivée au pouvoir, le président actuel du Nigeria, Goodluck Jonathan, a cherché à être dans les bonnes grâces de Washington. Mais l'attitude de l'Afrique du Sud est d'autant plus étonnante et incompréhensible qu'elle a raté l'occasion de montrer aux pays BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine), qui se sont tous abstenus, qu'elle est digne de faire partie de leur groupe. En effet, elle a été invitée par la Chine à devenir membre à part entière de ce groupe lors de la réunion prévue à Beijing le mois prochain.

En tout cas, ce vote augure mal du rôle que pourrait jouer l'Afrique du Sud ou le Nigeria si l'une ou l'autre arrivait à disposer d'un siège permanent au Conseil de Sécurité. Ce vote de deux pays africains-clés constitue une gifle à l'égard de l'Union africaine et fragilise davantage celle-ci. En effet, il est affligeant de voir deux de ses membres, et non des moindres, ignorer l'appel lancé par l'UA pour la résolution pacifique de la crise libyenne pour aller soutenir les pays occidentaux contre un autre pays africain ! Pauvre Afrique ! Mais au moins, l'Union africaine a maintenu son honneur sauf en condamnant les attaques occidentales, en appelant à un cessez-le-feu immédiat et en refusant d'assister à la réunion convoquée par la France le samedi 19 mars. Cette attitude sonne à la fois comme un désaveu de la position des pays africains au Conseil de Sécurité, surtout de l'Afrique du Sud et du Nigeria, et comme un appel pressant à l'union sacrée autour de la question libyenne.

Les vraies raisons de l'intervention : le contrôle des ressources libyennes

Les déclarations d'Obama, Sarkozy et autres ne sont qu'un tissu de mensonges destinés à masquer les vrais desseins de cette croisade impérialiste, dont le véritable et unique objectif est de faire tomber le régime de Kadhafi et de mettre la main sur les immenses ressources de ce pays, notamment sur son pétrole.

En effet, depuis quand Sarkozy et ses semblables se soucient-ils du sort des peuples africains, surtout ceux d'origine arabe ? Depuis quand le président des Etats-Unis se soucie-t-il du sort des peuples ? Mais alors, si ces Messieurs ont une seule petite fibre « humanitaire », que faisaient-ils quand le peuple palestinien était écrasé par les bombes à fragmentations de l'Etat sioniste ? Qu'ont-ils fait face au blocus illégal et inhumain imposé par Israël contre Gaza ? Face à ces crimes contre l'Humanité perpétrés par l'Etat sioniste, que font Obama, Sarkozy et les autres qui prétendent aujourd'hui voler au secours du peuple libyen ?

En vérité, ce sont des dirigeants cyniques et dont la seule préoccupation est de maintenir l'hégémonie de leur système économique et politique : l'impérialisme. C'est un système qui est l'ennemi juré de la liberté, de l'indépendance et de la souveraineté des peuples et nations, partout dans le monde. Il est le principal obstacle à l'émancipation des peuples. C'est un système despotique, tyrannique, totalitaire et sanguinaire, qui a des millions de victimes sur la conscience. Comment les tenants d'un tel système peuvent-ils prétendre « protéger » les populations libyennes ? Les seuls droits qui importent au système impérialiste sont les droits de propriété d'une minorité d'exploiteurs et de criminels sans foi ni loi. La rhétorique sur les droits humains n'est qu'un vernis destiné à masquer les desseins d'une entreprise de conquête, de rapine et de pillage contre les peuples.

La vérité est que cette guerre, tout comme celle de l'Irak, est une guerre pour le contrôle des ressources de la Libye. Les pays occidentaux, les Etats-Unis en particulier, étranglés par une crise sans précédent qui confine à une crise de civilisation, voient leur hégémonie sur les affaires du monde s'effriter face à la montée de pays du Sud, comme la Chine, le Brésil et l'Inde. Et tous les moyens sont bons pour arrêter, ou du moins, ralentir le processus de leur déclin inéluctable et la redistribution des cartes en cours à l'échelle mondiale. D'où le projet de militarisation de la planète, au nom de « l'ingérence humanitaire » ou de « la lutte contre le terrorisme » pour occuper des pays riches en ressources naturelles, notamment en pétrole.

C'est cela qui explique cette guerre impérialiste contre la Libye dont les immense ressources pétrolières ont fini de faire perdre toute décence et retenue aux dirigeants occidentaux. Et la prétendue « protection » de son peuple n'est que le prétexte servant de couverture à une expédition purement impérialiste et destructrice. Leur objectif est de faire tomber le régime de Kadhafi pour le remplacer par un régime plus accommodant pour les intérêts occidentaux.

La manière dont leur campagne se déroule le montre clairement : destructions de toutes les infrastructures du pays (ponts ; routes ; usines ; etc.), bombardement de la résidence de Kadhafi, destruction de tout ce qui peut s'apparenter à une « cible militaire ». Et cette entreprise de destruction sauvage sera inévitablement accompagnée de massacres de populations civiles -bavures collatérales, dira-t-on- celles-là même qu'Obama, Sarkozy et toute la meute de chiens impérialistes étaient censés « protéger » !

Soutien à une authentique révolution populaire en Libye

La dénonciation de l'expédition impérialiste doit aller de pair avec le soutien à une authentique révolution populaire contre le régime de Kadhafi. Les aspirations du peuple libyen à la liberté et à la démocratie et son désir de mettre fin à plus de 40 ans de règne sont légitimes et dignes d'être soutenus. C'est pourquoi quand la révolte en Libye a commencé, nous l'avions considérée comme la suite logique de ce qui s'était passé dans la Tunisie voisine. C'est-à-dire une révolution populaire visant à mettre fin au régime de Kadhafi - un dirigeant mégalomane, extravagant et imprévisible- et à ses plans de dévolution monarchique du pouvoir pour instaurer à sa place un régime démocratique. C'est pourquoi nous avions souhaité de tout cœur la réussite de cette révolte.

Mais notre enthousiasme fut refroidi quand nous avons vu des rebelles brandir des drapeaux de la monarchie qui avait été balayée par le coup d'état de Kadhafi. Cela montrait bien que des forces réactionnaires avaient essayé d'utiliser les revendications légitimes du peuple libyen à d'autres fins. Cela a été renforcé quand ceux qui se présentent comme les dirigeants de cette révolte ont demandé aux pays occidentaux d'intervenir !

Un message que les dirigeants des monarchies arabes et des pays occidentaux ont vite décrypté. En effet, Sarkozy a vite fait de reconnaître « le Conseil National » créé par les opposants au régime de Kadhafi et de demander une intervention militaire contre lui. Et la Ligue Arabe, sous la houlette de l'Arabie Saoudite et d'autres monarchies du Golfe, se pressa de convoquer une session extraordinaire pour appuyer une telle demande.

Cela montre bien que la révolte populaire en Libye est en train d'être instrumentalisée par des forces et des pays dont les objectifs sont très éloignés des aspirations fondamentales du peuple libyen. En effet, qui peut réellement croire un seul instant que les monarchies moyenâgeuses d'Arabie Saoudite et des pays du Golfe vont soutenir une révolte réellement populaire et l'instauration de la démocratie en Libye ? Le régime saoudien n'a-t-il pas accueilli le dictateur sanguinaire Ben Ali ? N'a-t-il pas envoyé des troupes au Bahreïn pour protéger une monarchie en butte à une révolte populaire ?

Ces faits montrent bien que les pays occidentaux et leurs alliés arabes ne sont pas entrés en Libye pour soutenir les aspirations véritables du peuple libyen à la liberté et à la démocratie. Au contraire, ils cherchent à canaliser ces aspirations à leur seul et unique profit.

Tout en soutenant le combat légitime des véritables forces démocratiques en Libye, l'Afrique doit dénoncer avec la dernière énergie la furie sauvage des hordes impérialistes lancées contre ce pays dont le seul et unique but est de contrôler ses ressources au détriment du peuple que l'on prétend « protéger ».

APRES LE BOMBARDEMENT DE LA LIBYE: OBAMA ESSUIE DES CRITIQUES AU CONGRES AMERICAIN


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In Le Nouveau Courrier N°234 du 24 Mars 2011, © afreekelection.com


Barack Obama aurait-il fait cavalier seul dans son choix de soutenir l'expédition militaire des forces occidentales contre Kadhafi ? Les membres du Congrès s'interrogent, d'autant qu'ils ne savent pas à quelle logique répond cette initiative prise au nom de leur pays.


Décidée dans l'urgence, l'intervention des forces occidentales pour détruire le dispositif militaire de Kadhafi est de plus en plus contestée en Europe et aux Etats-Unis. Dès le départ, l'Allemagne n'était pas convaincue de la justesse de l'opération et avait émis des doutes quant à son opportunité et son efficacité. L'Italie timidement engagée dès l'initiative prise par Nicolas Sarkozy, fait maintenant marche arrière et ne veut plus exposée ses troupes, dans une aventure à l'issue incertaine.

Le Congrès américain ne ménage non plus, depuis hier Barack Obama qui à ses yeux, a unilatéralement « autorisé des frappes sur la Libye ». Même dans son propre, la décision d'Obama est incomprise et Michael Honda, un démocrate, pointe le caractère « profondément dysfonctionnel » de ces frappes. D'ailleurs seul le Congrès est habilité à faire le choix de la déclaration de guerre au nom des Etats-Unis. La républicaine Candice Miller, elle, a jugé « inacceptable » la décision d'Obama sans un accord préalable du Congrès. Mais l'opinion américaine surprise, voudrait à son tour comprendre le bien-fondé d'une telle initiative et se pose deux questions fondamentales à l'instar du sénateur républicain John Barrasso sur une chaîne américaine : « nous demandons à Obama quel est le but de ce choix et quel est notre rôle ? ». L'opinion américaine redoute, qu'en voulant jouer encore une fois les gendarmes du monde, les Etats-Unis s'enlisent dans un conflit dont ils pourraient faire l'économie.

Dans un courrier adressé hier lundi à John Boehner et Daniel Inouye, respectivement président républicain de la Chambre des Représentants et au président par intérim du Sénat, Barack Obama a pourtant bien expliqué que son initiative libyenne « est dans l'intérêt de la sécurité nationale des Etats-Unis. Puis il poursuit : « sans une intervention, l'instabilité croissante en Libye pourrait conduire à une instabilité plus grande au Moyen-Orient avec des conséquences dangereuses pour les intérêts de sécurité nationale. » Mais ce que ne dit pas le président américain, c'est que la Libye est le 7ème pays producteur de pétrole au monde et reste, une réserve non négligeable pour les besoins énergétiques pour les USA. Mais Obama ne rassure toujours pas son opinion quand bien même il promet que les frappes sur les cibles libyennes « seront limitées dans leur nature, durée et étendue ».

Les américains qui redoutent les représailles du Guide libyen n'ont pas oublié l'explosion d'un avion de la PanAm sur Lockerbie (en Ecosse) qui a coûté la vie à 270 passagers dont une majorité d'Américains. Mouammar Kadhafi serait derrière cet attentat.


NB : La titraille est de la rédaction


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 26 mars 2011

ADAME BA KONARE: «NOUS SOMMES DANS UNE LOGIQUE DE RECOLONISATION DU CONTINENT»


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L'historienne et ex-Première dame du Mali, Adame Ba Konaré, a qualifié de « carnaval macabre » l'opération militaire menée en Libye par la coalition internationale. Elle appelle les Africains à se mobiliser pour défendre leur « continent meurtri et bafoué ». Elle répond aux questions de RFI.


RFI : Dans une lettre ouverte, intitulée « Cris aux Africains », vous faites part de votre inquiétude. Vous dénoncez le « carnaval macabre des Occidentaux » en Libye. Qu'est-ce qui vous choque le plus, dans cette opération militaire ?

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Adame Ba Konare : C'est le principe même de l'intervention des puissances étrangères sur le sol africain. On a l'impression que nous avons en face de nous des pays et des chefs d'Etat vertueux, alors que ne sont-ils intervenus en Tunisie, en Egypte, où le peuple était effectivement dans la rue, sans armes ? Et pourquoi n'interviennent-ils pas en Palestine, où le peuple est dans la rue ? Sans oublier que toutes ces puissances coalisées ont un lourd passif colonial.

Vous savez, c'est avec de tels discours que l'aventure coloniale a commencé. Ne l'oublions pas. Les « vertueuses et généreuses nations » avaient pour mission de voler au secours des pauvres Africains, pour les débarrasser de leurs méchants dirigeants. Tout ça, ça sent un peu l'invasion coloniale.

RFI : Ce que disent les Occidentaux, mais aussi un certain nombre d'hommes politiques africains, c'est que sans les frappes aériennes de samedi dernier, la ville de Benghazi aurait été reconquise par l'armée libyenne et il y aurait eu un bain de sang.

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A.B.K : Oui, mais il ne faut être suffisamment naïf pour faire croire qu'une intervention des armées étrangères ne fera pas de dégâts non plus parmi la population civile. Et puis, moi je crois qu'il n'y a pas de transparence dans cette affaire-là. Qui dirige la mission ? Qui ordonne ? Qui contrôle ? Il y a un dépassement des mandats. Il va falloir que quelqu'un réponde de ces actes.

Et puis je dis qu'à ce rythme-là, partout il y aura des contestations, partout où il y aura des mouvements, on verra « toutes ces nations généreuses » voler au secours des populations africaines. Il ne faut pas confondre le peuple avec des mouvements de contestation. Et à ce rythme-là, moi je dis : nous assisterons au dépècement progressif de l'Afrique, à sa balkanisation, donc à sa fragilisation. Nous sommes dans une dynamique de recolonisation du continent, à mon avis.

RFI : Dans plusieurs discours, la semaine dernière Mouammar Kadhafi a lancé des menaces très claires aux insurgés de Benghazi : « Nous irons vous chercher dans chaque maison, dans chaque pièce, dans chaque placard ! ». Concrètement, Adame Ba Konare, qu'est-ce qu'il fallait faire pour épargner aux habitants de Benghazi le glaive vengeur de Mouammar Kadhafi ?

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A.B.K : Honnêtement, je ne partage pas du tout, évidemment, ces propos tenus qui sont effectivement insupportables, il faut le reconnaître. Mais moi je dis qu'il faut recentrer le débat. Je ne suis pas du tout sûr que l'intervention menée par cette puissance occidentale soit beaucoup moins mortelle que les bombardements de Kadhafi. Je pense qu'il y a beaucoup de fanfaronnades dans les déclarations de Mouammar Kadhafi. Je ne suis pas sur le terrain, mais ces forces coalisées, comment voulez-vous qu'elles puissent bombarder avec discernement ? Ce sont des histoires !

RFI : Alors vous parlez des « fanfaronnades » du colonel Kadhafi, mais n'y a-t-il pas eu les attentats de Lockerbie et du DC10, et puis la répression d'une mutinerie en 1996, qui a fait plus de 1 200 morts ?

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A.B.K : Oui... Je ne dédouane pas du tout le colonel Kadhafi pour ses actes dans le passé, et puis même pour une certaine violence qu'on a notée récemment. Mais je dis que cette intervention, elle se fait uniquement dans le but de servir les intérêts, à la fois économiques, et de politique intérieure, de ces chefs de guerre. Je pense qu'il y a évidemment le pétrole et le gaz libyen, qui sont forts, mais il y a aussi des besoins de politique intérieure.

Tous ces chefs de file sont en situation pré-électorale. N'oublions pas le président français, qui est en baisse dans les sondages. Donc, ce n'est pas aux Africains qu'on va faire croire qu'on est là pour libérer des peuples. On n'a qu'à aller libérer d'autres. On a qu'à aller libérer les Palestiniens par exemple.

RFI : Si l'opération avait été lancée par des Africains, est-ce que vous l'approuveriez ?

A.B.K : Vous savez, ce que je reproche à l'Afrique et aux chefs, notamment aux chefs africains, c'est leur pusillanimité. L'Afrique est timorée. On est encore engoncé dans ces peurs coloniales et nous n'arrivons pas à les dépasser. C'est sûr qu'il y a une faillite des nos élites politiques, notamment au niveau du leadership, et même une incapacité de l'Union africaine à anticiper. Le silence des continents a été lourdement préjudiciable dans cette affaire.

Je crois que s'ils s'étaient exprimés très tôt, ces chefs-là, ils auraient pu anticiper sur le cours des événements. Et puis désamorcer même la bombe des Nations unies. Les Africains doivent exiger l'arrêt immédiat des bombardements, exiger tout de suite qu'on ouvre les négociations.

RFI : Cheikh Tidiane Gadio, l'ancien ministre sénégalais, a dit cette phrase : « Il n'est pas normal que la responsabilité de protéger les populations civiles soit l'apanage des pays occidentaux ».

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A.B.K : Oui, mais c'est clair ! On ne voit pas du tout ce que les pays occidentaux viennent faire dans cette affaire. Il y a une institution continentale. Pourquoi on ne leur demanderait pas d'intervenir dans ce conflit ? Il faut une mobilisation continentale pour dire « ça suffit ! ». Moi, j'ai donné, sans prétention, le tempo, et j'aimerais vraiment que tout le continent se mette debout pour s'occuper des problèmes qui le concernent.

RFI : Vous souhaitez une solution politique en Libye, mais les insurgés de Benghazi ne croient pas une seconde dans la bonne foi du colonel Kadhafi. Qu'est-ce qu'il faut faire ?

A.B.K : Moi, je respecte la légitimité des opposants de Benghazi. Je reconnais la légitimité de leurs droits, plus de liberté d'expression... Mais avec cette intervention « des Croisés », je me demande même s'ils ont la victoire, quel va être le goût de cette victoire pour eux. Est-ce que ce sera honorable pour les opposants libyens, de voir le drapeau français flotter sur le fronton de leurs édifices, et d'entendre le nom de Sarkozy scandé dans les rues de Benghazi ? Donc il y a là, des interrogations.


In Le Républicain


Source: TELEDIASPORA.NET

vendredi, 25 mars 2011

COTE D'IVOIRE: L'ONUCI VA MAL

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Les « départs annoncés la semaine dernière en cascade » de 3 hauts responsables de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) suscitent, selon une source proche de l'institution, un malaise au sein de la mission.


« Les mensonges de Choï sur le charnier imaginaire et sur les supposés avions biélorusses ainsi que la présence de mercenaires au sein des forces » seraient à la base de cette situation. Une source militaire note par ailleurs « un mécontentement de plus en plus récurrent chez les contingents ghanéen, marocain, béninois et bangladais ».

Le contingent Ghanéen avait déjà menacé de se retirer si sa mission initiale de paix était transformée. « Depuis, ils sont mis à l'écart des manœuvres de l'ONUCI contre les FDS », assure notre source.

Quant aux autres contingents, la grogne semble s'être manifestée ses derniers jours suite au débarquement du Tchadien Abou Moussa (n°2 de l'ONUCI) et des Généraux Affiz et Amouzou du commandement militaire de l'ONUCI. Officiellement, ils seraient en fin de mission.

Une version que conteste notre source au sein de l'organisation qui révèle qu' « il leur était reproché d'être les taupes qui ont livré à la maison de production  O. Cétaril,  les informations troublantes sur la collusion entre l'ONUCI et la rébellion ».

L'ONUCI a déjà été accusée par le gouvernement ivoirien de prêter main forte aux rebelles pro-Ouattara. « L'ONUCI précède toutes les attaques de nos positions », ont révélé plusieurs sources militaires. Lors de l'attaque du centre émetteur, un hélicoptère de l'ONUCI a été aperçu survolant les positions des forces de défense et de sécurité (FDS).

Certains témoins font état de la participation de chars onusiens aux attaques des positions des FDS à Zouan-Hounien. Le jeudi 16 décembre, des images des télévisions françaises révélaient la collusion entre les casques bleus et les rebelles pro-Ouattara lors de la marche insurrectionnelle  organisée par le RHDP, coalition politico-armée, proche d'Alassane Ouattara.

Les heurts se sont multipliés depuis entre l'ONUCI et les populations qui les récusent. Le Chef de l'Etat ivoirien a réclamé depuis décembre 2010 le départ de l'ONUCI et de Licorne, qui tentent d'imposer par diverses manœuvres Alassane Ouattara, candidat malheureux au scrutin de novembre.

Le représentant spécial du Secrétaire Général de l'Onu, Choï Young-Jin, par une « certification » controversée, a créé la confusion sur les résultats de l'élection présidentielle et replongé le pays dans une grave crise. Le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs, a proclamé et investi Laurent Gbagbo, Président de la république.


Source : DIRECT SCOOP

APRES UN MOIS DE GUERILLA, POURQUOI LE CAMP OUATTARA APPELLE L'ONUCI AU SECOURS


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In Le Nouveau Courrier N°235 du 25 Mars 2011 par Gilles Naismon

 

Quand ils avaient leur commando dit invisible qui régnait encore en maître à Abobo et dont des éléments semaient la terreur dans d'autres quartiers à Abidjan, le camp Ouattara justifiait ces actes par des reflexes de défense de la population. Sans en appeler à une intervention des Casques bleus de l'Onuci. Aujourd'hui, c'est tout à fait le contraire. Ouattara crie au loup. Voici les raisons.


Guérilla contre guérilla ! Les rebelles d'Alassane Ouattara qui se font appeler commando invisible, et dont la stratégie de prise du district d'Abidjan était basée sur une guérilla urbaine, perdent considérablement du terrain. À Abobo où ce commando a établi son quartier général, c'est la psychose depuis que les maîtres des lieux se sont rendus compte qu'ils opèrent désormais sur leur «territoire» avec un autre commando invisible qui neutralise leurs éléments. Si bien que la situation devient incontrôlable.

A Abobo, Williamsville, Adjamé, Attécoubé, Koumassi... c'est le branle-bas dans le camp des rebelles d'Alassane Ouattara. Au sein de la hiérarchie politique et militaire de l'Hôtel du Golf, c'est le désarroi. Le commando invisible du commandant Fokker, un ancien militaire à la retraite, qui a rejoint les rebelles sur le terrain de la guérilla urbaine, semble porter ses fruits. La terreur et la peur ont changé de camp. Face à cet échec militaire de l'opposition politico-armée, la seule alternative pour Ouattara qui voit tous ses plans déjoués, c'est d'appeler au secours l'Onuci et ses mercenaires.

Ainsi, dans un communiqué produit à l'Hôtel du Golf, Ouattara a appelé les Casques bleus au «recours immédiat à la force légitime» pour «protéger les populations civiles» victimes des violences post-électorales. « Compte tenu de l'ampleur et de l'urgence de la situation (...), le gouvernement demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution pour autoriser le recours immédiat à la force légitime en vue de protéger les populations civiles en danger imminent (...) La mise en place de check-points permanents dans les quartiers d'Abidjan les plus exposés à la violence et l'intensification des patrouilles» et «l'installation de bases militaires de l'Onuci à Abobo et à Yopougon.»

Il s'agit clairement pour Ouattara, à décrypter ce communiqué, de sécuriser sa rébellion d'Abobo, qui perd du terrain, et de déstabiliser Yopougon, le cœur de la résistance, avec l'appui de ses alliés de l'Onuci. Le numéro un de la «République de l'Hôtel du Golf», veut une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui pourrait modifier la mission de l'Onuci afin qu'elle exerce désormais à visage découvert. Et il met dans la balance pour avoir gain de cause.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 24 mars 2011

FACE CACHEE: LA TECHNIQUE DU COUP D'ETAT COLORE


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Par John Laughland (*)

 

La technique des coups d'État colorés trouve son origine dans une abondante littérature du début du XXe siècle. Elle a été mise en application avec succès par les néo-conservateurs états-uniens pour « changer les régimes » de plusieurs États post-soviétiques. Elle a par contre échoué dans des univers culturels différents (Venezuela, Liban, Iran). John Laughland, qui couvrit certaines de ces opérations pour le Guardian, revient sur ce phénomène.

Au cours de ces dernières années, une série de « révolutions » ont éclaté en différents endroits du monde.

Géorgie

En novembre 2003, le président Edouard Chevardnadze a été renversé à la suite de manifestations et d'allégations d'élections truquées.

Ukraine

En novembre 2004, des manifestations - la « Révolution orange » - commencèrent au moment où des accusations similaires d'élections truquées étaient formulées. Il en résulta que le pays perdit son ancien rôle géopolitique de pont entre l'Est et l'Ouest et fut poussé vers une adhésion à l'OTAN et à l'UE. Étant donné que la Rus de Kiev fut le premier État russe et que l'Ukraine s'est maintenant tournée contre la Russie, il s'agit là d'un événement historique. Mais, comme le disait George Bush, « vous êtes soit avec nous soit contre nous ». Bien que l'Ukraine ait envoyé des troupes en Irak, elle était manifestement considérée comme trop amie de Moscou.

Liban

Peu après que les États-Unis et l'ONU aient déclaré que les troupes syriennes devaient se retirer du Liban et suite à l'assassinat de Rafik Hariri, les manifestations de Beyrouth ont été présentées comme la « Révolution du Cèdre ». Une énorme contre-manifestation du Hezbollah, le plus important parti pro-syrien, fut passée sous silence alors que la télévision montrait sans fin la foule anti-syrienne. Exemple particulièrement énorme de mauvaise foi orwellienne, la BBC expliqua aux téléspectateurs que « le Hezbollah, le plus grand parti politique du Liban, est jusqu'ici la seule voix dissidente qui souhaite que les Syriens restent au Liban ». Comment la majorité populaire peut-elle être une « voix dissidente » ? [1]

Kirghizistan

Après les « révolutions géorgienne et ukrainienne, nombreux sont ceux qui prédisaient que la vague de « révolutions » allait s'étendre aux anciens États soviétiques d'Asie centrale. Et c'est ce qui arriva. Les commentateurs semblaient divisés sur la question de savoir quelle couleur attribuer au soulèvement de Bichkek : révolution « citron » ou « tulipe » ? Ils n'ont pas pu se décider. Mais ils étaient tous d'accord sur un point : ces révolutions sont cool, même quand elles sont violentes. Le président du pays, Askar Akaïev, fut renversé le 24 mars 2005 et les contestataires prirent d'assaut le palais présidentiel et le mirent à sac.

Ouzbékistan

Lorsque des rebelles armés s'emparèrent des bâtiments gouvernementaux, libérèrent des prisonniers et prirent des otages dans la nuit du 12 au 13 mai dans la ville ouzbek d'Andijan (située dans la vallée de Ferghana où les troubles avaient également commencé au Kirghizistan voisin), la police et l'armée encerclèrent les rebelles et il en résulta une impasse de longue durée. On entreprit des négociations avec les rebelles qui ne cessèrent d'augmenter leurs revendications. Quand les forces gouvernementales les attaquèrent, les combats firent quelque 160 morts dont 30 parmi les forces de la police et de l'armée. Pourtant les médias occidentaux présentèrent immédiatement ces affrontements violents de manière déformée, prétendant que les forces gouvernementales avaient ouvert le feu sur des contestataires non armés, sur « le peuple ».

Ce mythe sans cesse répété de la révolte populaire contre un gouvernement dictatorial est populaire à gauche comme à droite de l'éventail politique. Autrefois, le mythe de la révolution était manifestement réservé à la gauche, mais lorsque le putsch violent eut lieu au Kirghizistan, le Times s'enthousiasma à propos des scènes de Bichkek qui lui rappelaient les films d'Eisenstein sur la révolution bolchévique ; le Daily Telegraph exalta le « pouvoir pris par le peuple » et le Financial Times eut recours à une métaphore maoïste bien connue lorsqu'il vanta la « longue marche du Kirghizistan vers la liberté ».

Une des idées clés à la base de ce mythe est manifestement que le « peuple » est derrière les événements et que ces derniers sont spontanés. En réalité, bien sûr, ce sont des opérations très organisées, souvent mises en scène pour les médias et habituellement créés et contrôlés par les réseaux transnationaux d'« ONG » qui sont des instruments du pouvoir occidental.

La littérature sur les coups d'État

Le mythe de la révolution populaire spontanée perd de sa prégnance en raison de l'ample littérature sur les coups d'État et les principales tactiques utilisées pour les provoquer. C'est bien entendu Lénine qui a développé la structure organisationnelle vouée au renversement d'un régime que nous connaissons maintenant sous le nom de parti politique. Il différait de Marx en ce qu'il ne pensait pas que le changement historique était le résultat de forces anonymes inéluctables. Il pensait qu'il fallait le provoquer.

Mais ce fut probablement Curzio Malaparte qui le premier, dans Technique du coup d'État, donna une forme célèbre à ces idées [2]. Publié en 1931, ce livre présente le changement de régime comme une technique. Malaparte était en désaccord avec ceux qui pensaient que les changements de régime étaient spontanés. Il commence son livre en rapportant une discussion entre des diplomates à Varsovie au printemps 1920 : La Pologne a été envahie par l'armée rouge de Trotski (la Pologne avait elle-même envahi l'Union soviétique, prenant Kiev en avril 1920) et les bolcheviques étaient aux portes de Varsovie. La discussion avait lieu entre le ministre de Grande-Bretagne, Sir Horace Rumbold, le Nonce papal, Monseigneur Ambrogio Damiano Achille Ratti (lequel fut élu pape deux ans plus tard sous le nom de Pie XI). L'Anglais disait que la situation politique intérieure de la Pologne était si chaotique qu'une révolution était inévitable et que le corps diplomatique devait fuir la capitale et se rendre à Poznan. Le Nonce n'était pas d'accord, insistant sur le fait qu'une révolution était tout aussi possible dans un pays civilisé comme l'Angleterre, la Hollande ou la Suisse que dans un pays en état d'anarchie. Naturellement, l'Anglais était choqué à l'idée qu'une révolution pût éclater en Angleterre. « Jamais ! » s'exclama-t-il. Les faits lui ont donné tort car il n'y eut aucune révolution en Pologne et cela, selon Malaparte parce que les forces révolutionnaires n'étaient pas suffisamment bien organisées.

Cette anecdote permet à Malaparte d'aborder les différences entre Lénine et Trotski, deux praticiens du coup d'État. Il montre que le futur pape avait raison et qu'il était faux de dire que certaines conditions sont nécessaires pour qu'il y ait révolution. Pour Malaparte, comme pour Trotski, on peut provoquer un changement de régime dans n'importe quel pays, y compris dans les démocraties stables d'Europe occidentale à condition qu'il y ait un groupe d'hommes suffisamment déterminés à l'effectuer.

Fabriquer le consentement

Cela nous amène à d'autres textes relatifs à la manipulation médiatique. Malaparte lui-même n'aborde pas cet aspect mais celui-ci est a) très important et b) constitue un élément de la technique utilisée pour les changements de régime aujourd'hui. À vrai dire, le contrôle des médias durant un changement de régime est si important qu'une des caractéristiques de ces révolutions est la création d'une réalité virtuelle. Le contrôle de cette réalité est lui-même un instrument du pouvoir, si bien que lors des coups d'États classiques des républiques bananières, la première chose dont s'emparent les révolutionnaires est la radio.

Les gens éprouvent une forte répugnance à accepter l'idée que les événements politiques, aujourd'hui, sont délibérément manipulés. Cette répugnance est elle-même un produit de l'idéologie de l'ère de l'information qui flatte la vanité des gens et les incite à croire qu'ils ont accès à une somme considérable d'informations. En fait, l'apparente diversité de l'information médiatique moderne cache une extrême pauvreté de sources originales, de même qu'une rue entière de restaurants sur un rivage grec peut cacher la réalité d'une seule cuisine à l'arrière. Les informations sur les événements importants proviennent souvent d'une source unique, souvent une agence de presse et même des diffuseurs d'informations comme la BBC se contentent de recycler les informations reçues de ces agences tout en les présentant comme étant les leurs. Les correspondants de la BBC sont souvent dans leurs chambres d'hôtel lorsqu'ils envoient leurs dépêches, lisant souvent pour le studio de Londres l'information que leur ont transmise leur collègues en Angleterre, qui les ont à leur tour reçues des agences de presse. Un second facteur expliquant la répugnance à croire à la manipulation des médias est lié au sentiment d'omniscience que notre époque de mass média aime flatter : critiquer les informations de la presse, c'est dire aux gens qu'ils sont crédules et ce message n'est pas agréable à recevoir.

La manipulation médiatique a plusieurs aspects. L'un des plus importants est l'iconographie politique. C'est un instrument très important utilisé pour défendre la légitimité des régimes qui ont pris le pouvoir par la révolution. Il suffit de penser à des événements emblématiques comme la prise de la Bastille le 14 juillet 1789, l'assaut du Palais d'Hiver pendant la révolution d'octobre 1917 ou la marche de Mussolini sur Rome en 1922 pour se rendre compte que certains événements peuvent être élevés au rang de sources presque éternelles de légitimité.

Cependant, l'importance de l'imagerie politique va bien au-delà de l'invention d'un emblème pour chaque révolution. Elle implique un contrôle beaucoup plus rigoureux des médias et généralement ce contrôle doit être exercé sur une longue période, pas seulement au moment du changement de régime. Il est vraiment essentiel que la ligne du parti soit répétée ad nauseam. Un aspect de la culture médiatique d'aujourd'hui que de nombreux dissidents dénoncent à la légère est que les opinions dissidentes peuvent être exprimées et publiées, mais c'est précisément parce que, n'étant que des gouttes d'eau dans l'océan, elles ne représentent jamais une menace pour la marée propagandiste.

Willy Münzenberg

Un des maîtres modernes du contrôle des médias fut le communiste allemand avec qui Goebbels apprit son métier, Willy Münzenberg. Il n'est pas seulement l'inventeur de la manipulation mais aussi le premier à avoir mis au point l'art de créer un réseau de journalistes formateurs de l'opinion qui propagèrent des idées correspondant aux besoins du Parti communiste allemand et à l'Union soviétique. Il fit fortune en édifiant un vaste empire médiatique.

Il était très impliqué dans le projet communiste dès le début. Il appartenait aux proches de Lénine à Zurich et en 1917, il accompagna le futur chef de la révolution bolchévique de la gare centrale de Zurich à la gare de Finlande à Saint-Pétersbourg dans un train plombé, avec l'aide des autorités impériales allemandes. Lénine demanda à Münzenberg de combattre la publicité épouvantable suscitée par le fait qu'en 1921, 25 millions de paysans de la région de la Volga commencèrent à souffrir de la famine qui frappait l'État soviétique nouvellement créé. Münzenberg, qui était alors rentré à Berlin où il fut plus tard élu député communiste au Reichstag, fut chargé de créer une œuvre de bienfaisance ouvrière factice, le Foreign Committee for the Organisation of Worker Relief for the Hungry in Soviet Russia dont le but était de faire croire que les secours humanitaires provenaient d'autres sources que de la Herbert Hoover's American Relief Administration. Lénine craignait non seulement que Hoover utilise son projet humanitaire pour envoyer des espions en URSS (ce qu'il fit) mais également - chose peut-être plus importante - que le premier État communiste au monde ne souffre fatalement de la publicité négative due au fait que l'Amérique capitaliste lui venait en aide à quelques années de la Révolution.

Après s'être fait la main en « vendant » la mort de millions de personnes causée par les bolcheviques, Münzenberg se tourna vers des activités de propagande plus générales. Il édifia un vaste empire médiatique connu sous le nom de Trust Münzenberg qui possédait deux quotidiens de masse en Allemagne, un hebdomadaire de masse et avait des intérêts dans d'autres publications dans le monde. Il s'illustra particulièrement en mobilisant l'opinion mondiale contre l'Amérique lors du procès de Sacco et Vanzetti (deux immigrés italiens anarchistes condamnés à mort pour meurtre dans le Massachusetts en 1921) et pour contrebalancer l'idée propagée par les nazis selon laquelle l'incendie du Reichstag en 1933, était l'œuvre d'un complot communiste. Rappelons que les nazis prirent prétexte de cet incendie pour procéder à des arrestations et à des exécutions en masse de communistes. (On pense maintenant que le feu a en réalité été mis à titre individuel par l'homme qui fut arrêté dans le bâtiment à l'époque, le pyromane Martinus van der Lubbe). Münzenberg réussit à convaincre une partie importante de l'opinion d'un mensonge opposé à celui des nazis, c'est-à-dire que ceux-ci avaient mis le feu eux-mêmes afin d'avoir un prétexte pour se débarrasser de leurs principaux adversaires.

Le fait le plus significatif pour notre époque est que Münzenberg comprit combien il est important d'influencer les faiseurs d'opinion. Il avait essentiellement pour cible les intellectuels, partant de l'idée qu'ils étaient faciles à influencer en raison de leur grande vanité. Il avait notamment des contacts avec un grand nombre de personnalités littéraires des années 1930. Il en encouragea beaucoup à soutenir les Républicains lors de la guerre civile espagnole et d'en faire une cause célèbre de l'anti-fascisme communiste. La tactique de Münzenberg revêt une grande importance dans la manipulation de l'opinion en faveur du Nouvel ordre mondial aujourd'hui. Plus que jamais, des « experts » apparaissent sur nos petits écrans pour nous expliquer les événements et ils sont toujours des véhicules de la ligne officielle du parti. On les contrôle de différentes manières, généralement avec de l'argent ou par la flatterie.

Psychologie de la manipulation de l'opinion

Il existe une série d'ouvrages qui mettent le doigt sur un aspect un peu différent de la technique spécifique mise au point par Münzenberg. Il concerne la manière d'amener les gens à agir collectivement en recourant à des stimuli psychologiques. Peut-être que le premier théoricien important en fut le neveu de Freud, Edward Bernays, qui écrivait dans son ouvrage Propaganda, paru en 1928, qu'il était tout à fait naturel et justifié que les gouvernements façonnent l'opinion publique à des fins politiques [3]. Le premier chapitre porte le titre révélateur suivant : « Organiser le chaos ». Pour Bernays, la manipulation consciente et intelligente des opinions et des habitudes des masses est un élément important des sociétés démocratiques. Ceux qui manipulent les mécanismes cachés de la société constituent un gouvernement invisible qui représente le vrai pouvoir. Nous sommes dirigés, nos esprits sont façonnés, nos goûts formés, nos idées suggérées essentiellement par des hommes dont nous n'avons jamais entendu parler. C'est la conséquence logique de la manière dont notre société démocratique est organisée. Un grand nombre d'êtres humains doivent coopérer afin de vivre ensemble dans une société qui fonctionne bien. Dans presque tous les actes de notre vie quotidienne, qu'il s'agisse de la sphère politique, des affaires, de nos comportements sociaux ou de nos conceptions éthiques, nous sommes dominés par un nombre relativement réduit de personnes qui connaissent les processus mentaux et les caractéristiques sociales des masses. Ce sont elles qui contrôlent l'opinion.

Pour Bernays, très souvent les membres du gouvernement invisible ne savent même pas qui en sont les autres membres. La propagande est le seul moyen d'empêcher l'opinion publique de sombrer dans le chaos. Bernays continua de travailler sur le sujet après la guerre et a publié, en 1947, The Engineering of Consent [4], titre auquel Edward Herman et Noam Chomsky faisaient allusion lorsqu'ils publièrent leur ouvrage majeur La fabrique du consentement en 1988 [5]. Le rapport avec Freud est important parce que, comme nous allons le voir, la psychologie est un outil capital pour influencer l'opinion publique. Selon deux des auteurs ayant collaboré à La fabrique du consentement, Doris E. Fleischmann et Howard Walden Cutler écrivent que chaque chef politique doit faire appel à des émotions humaines de base afin de manipuler l'opinion. L'instinct de conservation, l'ambition, l'orgueil, la faim, l'amour de la famille et des enfants, le patriotisme, l'esprit d'imitation, le désir de commander, le goût du jeu ainsi que d'autres besoins sont les matières brutes psychologiques que chaque leader doit prendre en compte dans ses efforts pour gagner l'opinion publique à ses idées. Pour préserver leur confiance en eux, la plupart des gens ont besoin d'être certains que tout ce qu'ils croient est vrai.

C'est ce que Münzenberg avait bien compris : le besoin fondamental des hommes de croire ce qu'ils veulent croire. Thomas Mann faisait allusion à ce phénomène quand il attribua l'ascension d'Hitler au désir collectif du peuple allemand de croire à un « conte de fées » dissimulant la laide réalité.

À ce sujet, d'autres ouvrages méritant d'être mentionnés concernent moins la propagande électronique moderne que la psychologie des foules. Les classiques, ici, sont Psychologie des foules de Gustave Le Bon (1895) [6], Masse et puissance d'Elias Canetti (1960) [7] et Le viol des foules par la propagande politique de Serge Tchakhotine (1939) [8]. Tous ces livres font abondamment appel à la psychologie et à l'anthropologie. Il y a également le magnifique ouvrage de l'anthropologue René Girard dont les écrits sur la logique de l'imitation (mimesis) et sur les actions violentes collectives sont d'excellents outils pour comprendre pourquoi l'opinion publique peut si facilement être amenée à soutenir la guerre et d'autres formes de violence politique.

Technique de formation de l'opinion

Après la guerre, un grand nombre des techniques mises au point par le communiste Münzenberg furent adoptées par les États-uniens, comme le montre magnifiquement l'excellent ouvrage de Frances Stonor Saunders Qui mène la danse ? La CIA et la Guerre froide culturelle [9]. Saunders explique de manière extrêmement détaillée comment, au début de la Guerre froide, les États-uniens et les Britanniques commencèrent une importante opération clandestine destinée à financer des intellectuels anti-communistes [10]. L'élément fondamental est qu'ils concentrèrent leur attention sur des personnalités de gauche, surtout des trotskistes qui n'avaient cessé de soutenir l'Union soviétique qu'en 1939 lorsque Staline signa le Pacte de non-agression avec Hitler et qui avaient souvent travaillé auparavant pour Münzenberg. Un grand nombre de ces personnes qui se situaient au point de jonction entre le communisme et la CIA au début de la Guerre froide sont devenus des néo-conservateurs de premier plan, en particulier Irving Kristol, James Burnham, Sidney Hook et Lionel Trilling [11].

Les origines gauchistes, voire trotskistes, du néo-conservatisme sont connues, bien que je continue d'être surpris par de nouveaux détails que je découvre, par exemple que Lionel et Diana Trilling ont été mariés par un rabbin qui considérait Felix Dzerjinski, fondateur de la police secrète bolchévique (ancêtre du KGB) et pendant communiste de Himmler, comme un modèle d'héroïsme. Ces origines gauchistes entretiennent un rapport particulier avec les opérations clandestines évoquées par Saunders car l'objectif de la CIA était précisément d'influencer les opposants de gauche au communisme, c'est-à-dire les trotskistes. L'idée de la CIA était simplement que les anti-communistes de droite n'avaient pas besoin d'être influencés et encore moins d'être payés. Saunders cite Michael Warner lorsqu'elle écrit que pour la CIA, la stratégie consistant à soutenir la gauche anticommuniste allait devenir le fondement théorique des opérations politiques de la CIA contre le communisme pendant les deux décennies suivantes.

La stratégie était décrite dans The Vital Center : The Politics of Freedom d'Arthur Schlesinger (1949) [12], ouvrage qui constitue une des pierres angulaires de ce qui devint plus tard le mouvement néoconservateur. Saunders écrit que l'objectif consistant à soutenir des groupes gauchistes n'était ni de détruire ni de dominer ces groupes mais plutôt de maintenir une discrète proximité et de diriger leur pensée, de leur procurer un moyen de se défouler et, à la limite, de s'opposer à leurs actions au cas où ils deviendraient trop « radicaux ». Les manières dont cette influence de gauche fut ressentie furent nombreuses et variées. Les États-Unis étaient décidés à donner d'eux-mêmes une image progressiste, en contraste avec l'Union soviétique « réactionnaire ». Autrement dit, ils voulaient faire exactement ce que faisaient les Soviétiques. En musique, par exemple, Nicolas Nabokov (le cousin de l'auteur de Lolita) était l'un des principaux agents du Congrès pour la liberté de la Culture. En 1954, la CIA finança un festival de musique à Rome au cours duquel l'amour « autoritaire » de Staline pour des compositeurs comme Rimski-Korsakov et Tchaïkovski fut « contré » par de la musique moderne non orthodoxe inspirée du dodécaphonisme de Schoenberg. Pour Nabokov, promouvoir une musique qui abolissait manifestement les hiérarchies naturelles, c'était délivrer un message politique clair. Un autre progressiste, le peintre Jackson Pollock, ancien communiste, fut également soutenu par la CIA. Ses barbouillages étaient censés représenter l'idéologie américaine de la « liberté » opposée à l'autoritarisme de la peinture du réalisme socialiste. (Cette alliance avec les communistes a précédé la Guerre froide : le fresquiste communiste mexicain Diego Rivera fut parrainé par Abby Aldrich Rockefeller mais leur collaboration prit fin subitement lorsque Rivera refusa de retirer un portrait de Lénine d'une scène de foule peinte sur les murs du Rockefeller Center en 1933.)

Ce mélange entre la culture et la politique fut encouragé explicitement par un organisme de la CIA qui avait un nom très orwellien, le Bureau de stratégie psychologique. En 1956, il parraina une tournée européenne du Metropolitan Opera dont l'objectif politique était d'encourager le multiculturalisme. Son organisateur, Junkie Fleischmann, déclara : « Nous, aux États-Unis, nous sommes un melting-pot et par là nous prouvons que les peuples peuvent s'entendre indépendamment des races, des couleurs de peau ou des confessions. En utilisant le terme de « melting-pot » ou toute autre expression accrocheuse, nous pourrions présenter le Met comme un exemple de la manière dont les Européens immigrés peuvent s'entendre aux États-Unis et suggérer que, par conséquent, une espèce de fédération européenne est tout à fait possible. »

Soit dit en passant, c'est exactement l'argument utilisé notamment par Ben Wattenberg qui, dans son ouvrage The First Universal Nation, soutient que les États-Unis possèdent un droit particulier à l'hégémonie mondiale parce qu'elle réunit toutes les nations et races de la planète. La même idée a été exprimée par Newt Gingrich et d'autres néoconservateurs.

Parmi les autres sujets mis en avant, certains sont au centre de la pensée néoconservatrice d'aujourd'hui. Le premier d'entre eux est la croyance authentiquement libérale à l'universalisme moral et politique. Elle a été au centre de la philosophie de la politique étrangère de George W. Bush. À de nombreuses occasions, il a déclaré que les valeurs politiques sont les mêmes dans le monde entier et il a utilisé cette affirmation pour justifier l'intervention militaire en faveur de la « démocratie ». Au début des années 1950, Raymond Allen, directeur du PSB (le Bureau de stratégie psychologique fut rapidement désigné uniquement par ses initiales, sans doute afin de cacher son vrai nom) était déjà parvenu à la conclusion suivante : « Les principes et idéaux contenus dans la Déclaration d'indépendance et la Constitution sont destinés à être exportés et constituent le patrimoine des hommes partout dans le monde. Nous devrions nous adresser aux besoins fondamentaux de l'humanité qui, je crois, sont les mêmes pour l'agriculteur du Texas que pour celui du Pendjab. »

Certes, il serait faux d'attribuer la propagation des idées uniquement à la manipulation clandestine. Elles s'inscrivent dans de vastes courants culturels dont les causes sont multiples. Mais il ne fait pas de doute que la domination de ces idées peut être considérablement facilitée par des opérations clandestines, en particulier parce que les gens des sociétés d'information de masse sont étonnamment influençables. Non seulement, ils croient ce qu'ils lisent dans les journaux mais ils s'imaginent qu'ils sont arrivés aux conclusions par eux-mêmes. Par conséquent, l'astuce pour manipuler l'opinion publique consiste à appliquer ce qui a été théorisé par Bernays, mis en place par Münzenberg et élevé au rang d'un grand art par la CIA. Selon l'agent de la CIA Donald Jameson, en ce qui concerne les attitudes que l'Agence désirait susciter par ses activités, il est évident qu'elle voulait produire des gens qui étaient intimement persuadés que tout ce que faisait le gouvernement était juste.

Autrement dit, ce que la CIA et d'autres agences ont fait pendant cette période fut d'adopter la stratégie que nous associons au marxiste italien Antonio Gramsci qui affirmait que l'« hégémonie culturelle » était essentielle pour la révolution socialiste.

Désinformation

Enfin, il existe une quantité énorme de textes sur la technique de désinformation. J'ai déjà mentionné le fait important, formulé à l'origine par Tchakhotine, que le rôle des journalistes et des médias est fondamental pour s'assurer que la propagande est constante. Il écrit que la propagande ne saurait s'interrompre, formulant ainsi une des règles fondamentales de la désinformation moderne qui est que le message doit être répété très souvent pour passer. Avant tout, Tchakhotine dit que les campagnes de propagande doivent être dirigées de manière centralisée et très organisée, ce qui est devenu la norme à l'ère de la « communication » politique moderne. Les membres travaillistes du Parlement britannique, par exemple, ne peuvent pas parler aux médias sans l'autorisation du Director for Communications du 10, Downing Street.

Sefton Delmer était à la fois un praticien et un théoricien de la black propaganda (désinformation). Il créa une fausse station de radio qui, pendant la Seconde Guerre mondiale, diffusait de la Grande-Bretagne vers l'Allemagne et répandit le mythe qu'il y avait de bons Allemands patriotes qui s'opposaient à Hitler. On maintint le mythe qu'il s'agissait en réalité d'une station allemande clandestine et on la fit émettre sur des fréquences proches de celles des stations officielles. Ce genre de « black propaganda » fait maintenant partie de l'arsenal de la « communication » gouvernementale états-unienne. Le New York Times a révélé que le gouvernement faisait des bulletins d'informations favorables à sa politique qui étaient ensuite diffusés sur les chaînes ordinaires et présentés comme s'ils émanaient de ces chaînes.

Il y a de nombreux autres auteurs qui ont écrit sur le sujet et j'ai parlé de certains d'entre eux dans ma chronique All News Is Lies mais peut-être que l'ouvrage qui correspond le mieux au débat actuel est celui de Roger Mucchielli, La Subversion, publié en français en 1971 et qui montre que la désinformation, autrefois tactique auxiliaire pendant la guerre, est devenue une tactique principale [13]. Selon lui, la stratégie s'est développée au point que l'objectif est maintenant de conquérir un pays sans même l'attaquer physiquement, en particulier en recourant à des agents d'influence à l'intérieur. C'est essentiellement l'idée proposée et discutée par Robert Kaplan dans son essai publié dans The Atlantic Monthly en juillet/août 2003 et intitulé « Supremacy by Stealth » [14]. Un des plus sinistres théoriciens du Nouvel ordre mondial et de l'Empire américain, Robert Kaplan, défend explicitement l'utilisation illégale et immorale de la force pour permettre aux États-Unis de contrôler le monde entier. Son essai concerne le recours aux opérations secrètes, à la force des armes, aux coups tordus, à la désinformation, aux influences clandestines, à la formation de l'opinion, voire aux assassinats politiques, tous moyens relevant d'une « éthique païenne » et destinés à assurer la domination US.

Un autre point à souligner à propos de Mucchielli est qu'il fut un des premiers théoriciens du recours à de fausses ONG ou « organisations de façade » pour provoquer un changement politique interne dans un autre pays. Comme Malaparte et Trotski, Mucchielli avait compris que ce n'étaient pas des circonstances « objectives » qui faisaient le succès ou l'échec d'une révolution mais la perception de ces circonstances créée par la désinformation. Il avait également compris que les révolutions historiques, qui se présentaient invariablement comme le produit de mouvements de masse, étaient en réalité l'œuvre d'un tout petit nombre de conspirateurs très bien organisés. Comme Trotski, Mucchielli insistait sur le fait que la majorité silencieuse devait être absolument exclue du mécanisme de changement politique, précisément parce que les coups d'État sont l'œuvre d'un petit nombre de personnes et non de la masse.

L'opinion est le « forum » où l'on pratique la subversion et Mucchielli montre les différentes manières d'utiliser les mass médias pour créer une psychose collective. Selon lui, les facteurs psychologiques sont extrêmement importants à cet égard, particulièrement dans la poursuite de stratégies importantes comme la démoralisation d'une société. L'adversaire doit être amené à perdre confiance dans le bien-fondé de sa cause et tous les efforts doivent être tentés pour le convaincre que son adversaire est invincible.

Rôle des militaires

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mercredi, 23 mars 2011

COTE D'IVOIRE, UNE CRISE POUR LA CREATION D'UN BLOC CONTINENTAL AFRICAIN

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Le « gentil » Ouattara, va  t-il triompher du « méchant » Gbagbo ? Ouattara, alias ADO pour les intimes, est un pote de DSK au FMI, mais serait aussi lié à la CIA. Beaucoup de sigles en 3 lettres non ? Derrière l'habituel catéchisme des médias, on retrouve tous les ingrédients du Mondialisme le plus carnassier. Dernier gibier dans la ligne de mire : la Côte d'Ivoire. Une nation africaine forte, possédant d'immenses ressources naturelles, qui est priée de laisser sa place à la construction d'un Bloc Africain unifié, pour le plus grand bonheur des marchés, multinationales et autres vampires apatrides.

Conte de Noël Ivoirien

Difficile d'échapper au nouveau matraquage qui agite la médiacratie française en ce moment sur la Côte d'Ivoire. Comme d'habitude avec nos journalistes, la situation est simple et se découpe entre les gentils emmenés par le très gentil Alassane Ouattara, contre les méchants, avec à leurs têtes, le très méchant Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir comme une sangsue à sa proie. Les « défenseurs de la démocratie occidentaux », Naboléon en tête, sont bien sûr là pour que la liberté l'emporte. Cette belle histoire, vous la connaissez, on nous l'a assez servie comme « conte de Noël » entre deux diatribes contre la neige qui empêche nos bons français de « consommer » leurs vacances dans des contrées exotiques et pas chères. Une unanimité qui ne souffre d'aucune nuance. Au passage, nous pouvons admirer et tirer notre chapeau à l'ensemble de la presse française qui se distingue encore une fois par sa profonde inutilité et malhonnêteté. Ont-ils une seule fois donné la parole au camp adverse ? Donner la parole aux Ivoiriens ? Les envoyés spéciaux sont-ils sortis de l'Hôtel de luxe dans lequel campe le camp de Ouattara ?

Bref, avant même de commencer à se renseigner, un esprit habitué aux fourberies du Système aura déjà ressenti la puanteur de la manipulation à grande échelle qui s'exhale des dossiers médiatiques servis aux français sur ce sujet. Nos médias sont sûrement trop occupés à relayer benoîtement les gesticulations du nain de l'Elysée, lui-même dernier wagon de la locomotive Américaine en matière de politique étrangère.

Donc Gbagbo est le « mal » incarné en Afrique, accusé de fraudes électorales, et ne veut pas quitter le pouvoir, ce serait le Roi « illégitime », qui empêche le bon ADO de mener les réformes réclamée par cette fameuse « Communauté Internationale ». D'abord fraude, il y a eu des deux côtés, l'une est elle plus grave que l'autre ? Gbagbo serait illégitime ? Plus qu'un Moubarak régulièrement élu avec 95 % des voix et dont le régime ne tient que par perfusion de dollars US. Bien sûr, Moubarak n'a pas son pareil pour maintenir la bande de gaza hermétiquement close, et son musellement des Frères Musulmans arrange tout le monde Washington à Tel-Aviv en passant par Paris.... Bref, Gbagbo est un « dictateur » qui ne sert plus à rien, qu'il est temps de remplacer par quelqu'un de plus « attentif » aux intérêts  « internationaux ». Plusieurs forces travaillent de manière souterraine dans ce conflit. Des « forces » que nous ne connaissons que trop bien et qui travaillent inlassablement au même but : la construction de  cinq blocs continentaux unifiés, appelés à devenir le squelette du futur gouvernement mondial qu'ils appellent de leurs vœux.

La « FrancMacAfrique »

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Bien sûr, nous venons vite aux intérêts économiques en Afrique et ils sont énormes, suscitant les appétits et la convoitise de toutes les organisations supranationales qui se repaissent des cadavres des Nations. Ainsi la Franc Maçonnerie, véritable appellation de la Françafrique et dont on retrouve les traces de tabliers mal lavés dans cette crise ivoirienne. Certains africains, voir le site ivoirebusiness.com, parlent de guerre maçonnique contre la Côte d'Ivoire : « Au plan africain, les ennemis les plus acharnés du régime de Laurent Gbagbo sont des francs-maçons très actifs. » (...) Certains analystes pensent qu'il est exagéré de penser que les francs-maçons sont les ennemis objectifs de la Côte d'Ivoire républicaine. Pour eux, le fait principal est qu'après la disparition des réseaux Foccart et l'atonie des réseaux Pasqua, le « club » le plus efficace utilisé par la « Françafrique » est celui de la « maçonnerie ». Ainsi, il n'est pas inutile de noter l'imbrication historique entre les services secrets français et les « frères de lumière » : deux patrons du « Grand Orient », ces dernières années, ont été des hommes du renseignement : Michel Baroin et Philippe Guglielmi. En Côte d'Ivoire aussi, des francs-maçons ont souvent été des « honorables correspondants »...

Comme on le voit l'activité des Frères .: en Afrique est pour le moins visible et puissante, les réseaux français qui ont perpétués le pillage des ressources dans un contexte de Post-colonisation sont les intérêts financiers, servis par les relais maçonniques. Evidemment, on ne peut passer sous silence les intérêts de Bolloré en Côte d'Ivoire, ami proche de Sarkozy, voir à ce propos cet entretien très instructif de Philippe Evanno (chercheur à la Sorbonne, directeur de l'Institut de Prospective Africaine). Celui-ci va plus loin : « Philippe Evanno souligne que cette affaire traduit «une opposition entre l'ONU et une nation. Plus généralement, on peut se demander si nous ne sommes pas en train d'assister à un renversement de situation concernant la gestion des dossiers africains et leur domination actuelle par les organisations internationales contrôlées par les États-Unis». En réalité, «cette crise a eu pour mérite de manifester au grand jour le fait que les organisations africaines étaient sous contrôle américain ».

ADO, l'homme lige des élites internationalistes

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Ce système de domination s'appuie sur des réseaux, la Franc Maçonnerie, les multinationales, les organisations non gouvernementales, les organisations supranationales et sur des pions que l'on couvre de titres ronflants qui permettent d'infuser ce sentiment d'unanimité partout. Alassane Ouattara est l'homme de la situation, depuis ses débuts de jeune économiste au FMI dont il a gravit les échelons jusqu'a devenir directeur adjoint de l'institution, en passant par un poste de ministre et celui de Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), ADO a vraiment le profil Mondialiste type. A ce titre, il pratique le copinage, les intrigues et les « petits arrangements entre amis » comme un précepte quasi « religieux ». Son épouse Dominique Ouattara, juive séfarade de Constantine (Algérie) est fidèle aux « valeurs » de son mari. Cette « femme fatale » n'a cessé d'agir dans l'ombre des chefs d'Etat africains, allant de manigances en combines financières pour se hisser, ainsi que son mari, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Ce qui permet à ce même bloggeur ivoirien de conclure après avoir décrit les nombreux « business » de Madame : « Le cumul des activités très rémunératrice d'ADO et l'empilement de « pompes à fric » de Dominique supposent des moyens de réintégration « légale » sur des comptes en banques des fortunes ainsi dégagées. Il faut donc couvrir cela sous une apparence inattaquable. C'est donc l'humanitaire qui devient la priorité. Tout d'abord, à partir 1980, elle effectue des missions « humanitaires » en Côte d'Ivoire. Les flux financiers prenant de l'ampleur, elle décide, en 1998, de créer la fondation Children of Africa. Quoi de plus imparable ? Qui croirait que les enfants d'Afrique sont la couverture d'un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l'a fait ! »

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Un couple modèle avec de bonnes relations dans les cercles de pouvoir et notoirement lié à la CIA, si l'on en croit Jean-François Probst, l'ancien bras droit de Jacques Chirac, qui est un éminent spécialiste de l'Afrique : « il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara ».

On retombe toujours sur les péchés mignons des mondialistes : les ONG, les organisations supranationales, les « think thank », CIA,  l'humanitaire... Jamais les voies de l'Enfer n'avaient été aussi bien pavées de toutes leurs bonnes intentions.

Il serait injuste de clôturer ce chapitre sur ADO, sans le citer dans le texte. A l'instar de ses amis, il pratique l'Open Conspiracy et a déjà livré ses intentions et ses objectifs dans des discours. Il est à ce titre utile de remonter un petit peu en arrière lorsque le jeune Ouattara faisait l'espoir de ses maîtres au FMI. Ainsi, ce discours tiré du site du FMI est éloquent à plus d'un titre sur ce qu'il se passe vraiment en Afrique et dont la Côte d'Ivoire n'est que la terrible illustration :

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L'Intégration Régionale en Afrique: Une Étape Importante vers l'Intégration Mondiale

Allocution de M. Alassane D. Ouattara
Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International
à la 1ère Conférence des Ministres de l'Économie
et des Finances de la Francophonie

Monaco, le 14 avril 1999

 

Le discours n'est qu'un recyclage africain des poncifs mondialistes : « l'Afrique n'échappera pas à la Mondialisation, il ne faut pas essayer de s'y soustraire » ... « les pays en voie de développement n'ont pas vraiment le choix ... ils devront s'intégrer aux marchés internationaux s'ils veulent réussir... » On peut noter aussi l'exaltation du modèle de l'Union Européenne comme voie à suivre ses « succès depuis les années 50 sont une preuve des avantages de l'intégration régionale ». On retrouve aussi ce discours récurrent des mondialistes, à savoir que de toute façon nous n'avons pas le choix, il y a une seule solution et ce sont eux qui nous la proposent et de toute façon nous l'imposeront !

C'est le mécanisme bien connu de mise en place du Nouvel Ordre Mondial par la création de Blocs Continentaux Unifiés. Les références à ce sujet ne manquent pas : Pierre Hillard, Aldous Huxley.... Ainsi que Robert Muller : » Une Union mondiale pourrait être construite comme une superstructure et un système commun de politiques des cinq continents. On pourrait concevoir cinq Unions continentales: l'Union européenne, union Américaine, union Africaine, union Asiatique et une  Union Australienne. »

Vers l'Union Africaine et vers le Nouvel Ordre Mondial

Une fois que les mondialistes auront eu la peau de Gbagbo, ils vont pouvoir installer leur domination d'une manière plus efficace. Une grande Nation comme la Côte d'Ivoire, doit être mise à genoux pour laisser place à l'Union Africaine, calquée sur le modèle de l'UERSS. Les calendriers étant décidément bien fait le Fonds Monétaire Africain sera sur les rails en 2011 avec un budget de 42.68 milliards de dollars. Le but serait de faciliter l'intégration effective et prévisible des économies africaines à travers notamment l'harmonisation des politiques économiques et financières, l'élimination progressive des taux de change différents et des entraves à la production et au commerce, ainsi que l'octroi de ressources financières nécessaires pour assurer la stabilité des fondements macroéconomiques des États parties.

On touche donc là la vraie signification de toute cette mascarade, de cette « croisade » médiatique et politique contre le « mal ». Selon Philippe Evanno« Aujourd'hui, c'est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c'est sur cette présidentielle que l'on joue l'annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Une perte de souveraineté des Etats pour l'accélération des plans de « fusion/acquisition » des Continents par les internationalistes. Peut être, aussi que les immenses richesses naturelles de Côte d'Ivoire (pétrole, cacao, bois, café, ressources minières...) les rendent aussi impatients?  Surtout dans un contexte de rivalité avec les chinois, bien décidés eux aussi à profiter des richesses de l'Afrique.

En tout cas, le grand mouvement est lancé...

Les derniers bastions de souverainetés nationales sont en train de tomber, le Nouvel Ordre Mondial est en marche, et comme il nous l'avait promis, Sarkozy nous y entraîne sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. Ici comme ailleurs, les derniers Etats souverains doivent faire allégeance au futur pouvoir mondial, ceux qui refusent sont les « méchants », l'histoire retiendra surtout qu'ils furent les pions usés d'un pouvoir supranational qui n'a pas d'amis, mais qui n'a que des esclaves. Cela ne vous rappelle personne ?


 

Source : INFOGUERILLA

EMBARGO SUR LE CACAO IVOIRIEN: LE FRONT ANTI-GBAGBO DANS LA TOURMENTE

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Financial Times

 

Un article paru dans le Financial Times de ce matin (mardi 22 mars 2011), à la page 34, dans  la rubrique « Companies and Markets », sous les plumes de Jack Farchy et Javier Blas, dit que l'un des gros exportateurs de cacao de Cote d'Ivoire, le trader Noble Group a déclaré qu'il acceptait d'écouler son stock avant le 31 mars, et qu'il allait dorénavant payer les taxes au gouvernement Aké N'Gbo. Ce groupe chinois de Hong Kong se désolidarise ainsi du front anti-Gbagbo des traders européens et américains que sont Barry Callebaut, Archer Daniels Midland, Cargill, Olam, Touton, Ecom Agroindustrial et Armajaro, qui continuent la résistance mais avec la peur au ventre. Selon l'article du FT, des responsables de ces groupes européens et américains disent que si jusqu'au 31 mars Gbagbo a encore la réalité du pouvoir, ils n'auront plus d'autre choix que de lui payer les taxes afin de sortir le cacao.

On se rappelle que le gouvernement du Président Gbagbo avait donné jusqu'au 31 mars aux exportateurs de cacao qui faisaient de la rétention de stock d'écouler le cacao qui se trouvait dans leurs entrepôts, faute de quoi ces stocks seraient saisis et vendus par le gouvernement. Ces exportateurs obéissaient ainsi à l'interdiction d'exporter le cacao dans le but de ne pas payer la taxe sur l'exportation à l'Etat, dans le plan d'asphyxie financière que le locataire du Golf voulait appliquer, avec la complicité de l'Union Européenne qui avait interdit aux bateaux immatriculés dans l'espace européen de desservir les ports ivoiriens.

C'est donc une très grande victoire du peuple de Côte d'Ivoire qui vient de faire échec au plan diabolique de blocage du cacao. Après la victoire sur les banques, vient s'ajouter celle du cacao. Félicitations à tout le gouvernement Aké N'Gbo qui travaille d'arrache-pied pour résoudre les problèmes auxquels est confronté notre pays et donner espoir aux ivoiriens.
Contrairement aux apparences, les golfeurs sont acculés, ils ne savent plus quoi faire.


Vigilance donc d'ici le 31 mars !


Source : Facebook Apollos Dan Thé

mardi, 22 mars 2011

LES RACINES DE LA REVOLTE ARABE ET LES CELEBRATIONS PREMATUREES

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Un texte de James Petras, professeur (à la retraite) de sociologie à l'université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux  USA, et assistant professeur à l'Université  Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse  au Canada. Il écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l'Amérique latine et du Moyen Orient .


Les racines de la révolte arabe et les célébrations prématurées

La plupart des informations  sur les  révoltes  arabes  d'Egypte, Tunisie, Libye, Maroc, Yémen, Jordanie, Bahreïn, Irak et d'ailleurs se sont focalisées sur les causes les plus  immédiates : dictature politique, chômage, répression, blessure  et meurtre de manifestants. La plupart  se sont consacrées à la « classe moyenne »  aux jeunes   militants éduqués,  à  leurs communications sur internet et, dans le cas d'Israël et de ses théoriciens  sionistes du complot  à la  « main cachée » des  extrémistes islamistes.

Est ici absent  tout effort visant à fournir un cadre pour la révolte, qui fournirait une explication de l'étendue de   la  structure socio-économique à moyen et long  terme ainsi que du détonateur immédiat de  l'action politique. L'étendue  et la profondeur des soulèvements populaires et la diversité des forces politiques et sociales, qui sont entrés  dans le  conflit, excluent toute explication, qui ne  voit qu'une seule dimension des  combats.

L'essence des économies arabes

À l'exception de  la Jordanie, la  plupart  des   économies arabes, où  se déroulent les révoltes,   sont  fondées    sur les  « rentes » du pétrole, du  gaz, des ressources minérales  et du  tourisme, d'où proviennent  la plupart des recettes d' exportations et des revenus  de l'Etat.

Ces branches  sont en réalité  des enclaves  exportatrices,  employant une infime partie de la population active et délimitant une  économie hautement spécialisée.  Ces branches n'ont pas aussi d'articulation  avec   une  économie productive  domestique   diversifiée : le  pétrole est exporté et tous les produits finis , ainsi que les services financiers  et les services  de  technologie de pointe, sont importés et  contrôlés  par les entreprises multinationales étrangères  et  par les  expatriés liés à  la classe dirigeante Le  tourisme renforce le « loyer » en quelque sorte de branches   qui fournit  des devises étrangères et des recettes fiscales  au  clan familial de classe  de l'État. Pour les revenus fiscaux, l'Etat compte  sur  l'investissement  des capitaux étrangers subventionnés  par l'Etat et des investisseurs locaux  politiquement connectés,  dans l'immobilier et  sur  les travailleurs de la construction importés de l'étranger. Les  revenus  basés sur les concessions  peuvent  créer  une  grande richesse d' autant que les prix de l'énergie s'envolent, mais ces fonds  vont à la classe des « rentiers », qui ne sont pas en mesure d'approfondir et d'élargir le processus de développement économique et l'innovation ou bien  n'y inclinent pas. Les  rentiers se spécialisent dans la spéculation financière, l' investissement outre mer  à travers les  sociétés détenues par des capitaux privés,   la  consommation de gaspillage et la consommation de produits de luxe et les milliards de dollars et d'euros  placés sur  les comptes privés secrets dans les banques d' outre-mer. L' économie rentière n'offre,  en matière d'activité  productive moderne,   que  peu d'emplois ;  son extrémité supérieure  est  contrôlée  et élargie par les membres des clans familiaux et par  les sociétés financières étrangères  à travers des experts   dans  émigration ; les travaux techniques et le travail  qui  comble  l'emploi  de l'extrémité inférieure  de l'axe social  imaginaire  sont  pris par la main-d'œuvre contractuelle  étrangère, avec des niveaux de  salaires  et des conditions de travail pires, que ceux que  les travailleurs qualifiés locaux  sont  prêts à accepter. L'économie rentière fermée   débouche sur une  classe dirigeante fondée  sur des clans, qui introduit la confusion   des biens publics et privés ; en fait en haut, il y a  les  monarques absolus,  leurs  familles    et leurs clients,  les chefs de  tribus, l'entourage  politique  et  les technocrates au milieu. Ce sont des classes régnantes fermées. L'entrée est limitée à certains membres du clan ou  à  des dynasties familiales  et un petit nombre d'individus-entrepreneurs, qui peuvent accumuler les   richesses en servant la classe régnante. Ce cercle étroit  vit   des   rentes  des locations, s'offre un revenu du partenariat dans la   possession des terres, où une expertise n'est pas requise, mais  seulement une autorisation officielle, de la  cession de terres, des   licences d'exportation et  de l'exonération fiscale.

En plus du pillage des caisses de l'Etat,  la classe dirigeante pratique la liberté du commerce -, c'est-à-dire. l'importation de produits finis  bon marché c'est-à-dire la destruction de toute mise en exploitation d'origine domestique dans la transformation productive, le secteur agricole et technique..Le résultat est qu'il n'existe pas de capitaliste national-entrepreneur ou  de  classe moyenne. Sont, la plupart du temps,  considérés classe  moyenne les employés du secteur public (enseignants, professions   médicales, fonctionnaires, pompiers, policiers, officiers de l'armée), qui  dépendent  de leurs salaires,  lesquels  à  leur  tour dépendent  de la subordination de ces salariés au  pouvoir absolu. Ils n'ont pas la moindre  chance d'accéder aux  couches supérieures,  ni de voir  leurs enfants instruits  s'ouvrir des perspectives  économiques.

La concentration du pouvoir économique, social et politique dans un  clan de classe  fermé, qui contrôle le système, conduit à une énorme concentration de la richesse. Résultat de  la différence sociale entre  dirigeants et dirigés cette   richesse    fruit  des prix élevés des produits de base produit une image fortement déformée de la « richesse »par habitant ;En comptant    les milliardaires et les  millionnaires au sommet dune  masse de jeunes  à faible revenu et mal employée, on  donne un revenu moyen  élevé trompeur.

Le gouvernement des rentiers: par les  armes et les aumônes

Pour contrebalancer  ces grandes inégalités dans la société et  protéger sa  position de classe dirigeante rentière parasitaire  celle-ci choisit des alliances  avec des  entreprises d'armement  à coups  de  milliards de dollars et la  protection  militaire  de la   puissance  impériale dominante (USA). Les dirigeants s'engagent à  offrir la  « néocolonisation  sur  invitation » les sites  pour les bases militaires  ainsi que  les aéroports et les  ports maritimes  pour les  opérations militaires,  des accords secrets  pour le financement  de mercenaires  contre  ceux qui s'opposent à  l'impérialisme et la  soumission à  la domination sioniste dans la région (hormis   la  petite  critique  occasionnelle vide de sens.).

Sur  le  moyen terme  le  gouvernement par la force est complété par l'allocation autoritariste paternaliste dispensée  à la pauvreté rurale et  aux  groupes tribaux ; les livraisons de vivres à la pauvreté urbaine ; la voie sans issue des travaux d'urgence pour les chômeurs instruits. L'achat d'armements couteux  et les  allocations paternalistes  autoritaires  reflètent  l'incapacité de lancer   tout investissement productif. Plutôt que de donner  les  milliards à la relance de l'économie on les donne à   la course aux armements .Des centaines de millions sont donnés aux allocations autoritaires exceptionnelles et paternalistes plutôt que  dans des investissements à long terme créateurs d'emplois productifs. La « colle » qui maintient le système ensemble, est une combinaison  de  pillage moderne  des richesses publiques et des sources d'énergie naturelles et d'utilisation de mercenaires et de  recrues néocoloniales  pour contrôler et opprimer la population. Des systèmes d'armes américains modernes sont au service de  monarchies et de  dictatures anachroniques et absolutistes, fondées sur les principes du règne dynastique du  18ème siècle L'émergence et la propagation des  systèmes de communication les plus récents et  de  centres commerciaux à l'architecture ultramoderne pour la satisfaction des consommateurs de l'élite,  et qui forment un contraste aigu vis-à- vis de l'écrasante majorité des jeunes instruits au chômage, en haut  exclus et en bas repoussés par   les travailleurs  contractuels d' outre-mer  sous- rémunérés.

La déstabilisation  néolibérale

Les clans  de classe rentiers sont poussés par  les institutions financières internationales et les banquiers locaux  à « réformer »  leurs économies: à  « l'ouverture » du marché intérieur et des entreprises publiques pour les investisseurs étrangers  à  réduire les déficits, résultant de la crise mondiale et  à mettre en œuvre  des réformes néolibérales. Le résultat des « réformes économiques »  a été  de réduire ou de cesser la fourniture d'aliments pour les pauvres et la réduction de l'emploi dans le secteur d'Etat, ce  qui a bloqué une des rares possibilités d'emploi  pour les jeunes instruits. On augmente les  impôts  pour les   consommateurs  et  les travailleurs salariés et   les titulaires de   revenus fixes  tandis que les commerçants de l'immobilier,  les spéculateurs financiers immobilier  et  les importateurs sont  exonérés d'impôts . La déréglementation a renouvelé  la  corruption massive, non seulement  au sein de  la classe rentière  dirigeante, mais aussi dans son  environnement commercial  immédiat. Le  « cordon » paternaliste autoritaire qui  liait  la   classe moyenne à la classe régnante, a été  perturbé par les réformes néo libérales  suscitées  par les   pays étrangers Des réformes  qui combinent l'exploitation étrangère moderne avec les formes traditionnelles déjà existantes de l'exploitation   privée domestique. Les régimes claniques de classe ne peuvent plus compter sur des mouvements syndicaux, estudiantins, de petits entrepreneurs et d'un secteur d'Etat sous-payé, isolés les uns des autres pour tenir   les  fidèles des  clans, des  tribus, cléricaux et clientélistes.

La rue contre le palais

Les causes immédiates de la révolte arabe sont concentrées dans les contradictions  démographiques de  classe d'une  économie rentière sous direction clanique de classe. L'oligarchie au pouvoir règne sur la masse des chômeurs et  des  jeunes travailleurs peu employés  qui constituent dans la tranche des  moins de 25 ans, 50 à 60 % de la population.  L'économie rentière  « moderne » dynamique   n'accepte pas  d'employer  des jeunes fraîchement formés. Elle les chasse vers   l'économie de la rue, du jour le  jour,   non protégée et sous payée comme marchands  ambulants,  contractuels dans  les transports et  dans les services aux  personnes.

Les  secteurs ultramodernes  tels que le pétrole, l'immobilier,  le  tourisme et les centres commerciaux dépendent de l'appui politique et militaire  des chefs traditionnels retardataires  cléricaux, des tribus et des  clans qui  sont  entretenus  mais jamais  intégrés  dans la  sphère de la production moderne. La  classe ouvrière industrielle urbaine moderne avec des  petits syndicats  indépendants  est interdite  Les  associations  citoyennes  de la classe moyenne sont soit sous le contrôle de l' État,  soit  se limitent  juste  à se plaindre  à l' État absolutiste.

Le développement insuffisant des organisations sociales  liées  aux classes sociales impliquées  dans des activités de production modernes, signifie que l'axe de l'action sociale et politique est  la  rue .Les jeunes chômeurs  e les jeunes  partiellement occupés dans le secteur du jour le jour, se rencontrent sur  les places, dans les kiosques, les cafés  dans des cercles   aux  coins des rues et sur les marchés, ils  tournent autour et à l'écart  des  centres du  pouvoir administratif absolutiste. Les  masses urbaines n'occupent pas  de positions stratégiques dans  le système économique. mais ils sont  à portée de mains pour  des mouvements de foule, capables  de paralyser les rues et les places, par lesquelles sont acheminés les biens et services  et réalisés les bénéfices. De même qu'est important le fait  que les mouvements de masses mis en action par la jeunesse au chômage  fournissent l' occasion pour les syndicalistes et pour  les travailleurs opprimés dans le secteur public, pour les petits entrepreneurs  et  les travailleurs indépendants, de participer à des actions de  protestations  sans  être  victimes de représailles dans  leur  lieu de travail- détournant ainsi le  « facteur de peur » de la perte d'emploi.

La confrontation politique et sociale  tourne  autour des pôles opposés : l'oligarchie clientéliste  et les masses  exclues  (la rue arabe). Les premiers dépendent directement de l'Etat  (l'appareil militaire et policier) et les seconds  d'organisations non structurées, locales, informelles, ouvertes, improvistes. L'exception est la minorité étudiante  universitaire, qui  agit par le biais  d'Internet. Les syndicats industriels organisés  sont entrés dans   la mêlée récemment et  mettent  surtout  l'accent sur les revendications économiques de branche, avec quelques exceptions-en particulier dans les entreprises publiques, contrôlées  par les copains- oligarques, où les travailleurs  exigent  des changements dans la direction.  La résultante  des caractéristiques sociales des États rentiers , c'est que les  soulèvements  ne prennent  pas les formes de lutte des classes entre la force de travail salariée  et les capitalistes-industriels .En  émergent comme des révoltes politiques de masse   contre l'État oligarchique .Les  mouvements  sociaux basés sur la rue  démontrent  leur capacité de déclarer l' autorité étatique illégale, de paralyser l'économie et peuvent   conduire  à l'expulsion   des gouvernants  autocrates .

Mais la spécificité  naturelle  de ces  mouvements  de masse de  rue c'est de remplir  relativement facilement les places, mais aussi de  se disperser lorsque  sont évincés  les symboles de l'oppression Les mouvements basés sur la rue  manquent d'organisation et d'un   leadership  qui  proposerait et  encore moins  instaurerait  un nouvel ordre politique ou social. Leur force réside dans leur  capacité à développer des pressions sur les élites  et les institutions existantes, pas à  remplacer l'État et l'économie. D'où,  la surprenante légèreté   avec laquelle l'armée égyptienne a pu avec l'aide des États-Unis, d Israël et de  l'Union européenne  s'emparer du pouvoir et  protéger l'ensemble de l'Etat  rentier  et la structure économique et en même temps  maintenir  les liens avec  son  conseiller impérial.

Les conditions rapprochées  et l'«effet de démonstration»

La propagation des révoltes arabes  à travers l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et les États du Golfe est en premier lieu le   produit de conditions historiques et sociales similaires : Les Etats rentiers   dirigés  par les clans familiaux des oligarques, dépendant  des  « rentes » tirées de l'exportation forte du  pétrole  et de l'énergie, ce  qui réduit la grande majorité des jeunes aux  activités économiques courantes  basées sur la rue.« La force  de l'exemple » et «l'effet de démonstration » ne  peuvent être qu'en reconnaissant les mêmes conditions socio-économiques-politiques dans chaque pays. La force de la rue - les  mouvements urbains de  rue - supposent  la rue comme  scène économique des principaux acteurs et  prendre la place comme le lieu  de  l'exercice du pouvoir politique et  de la présentation  des  revendications s sociales.

Sans aucun doute les  succès partiels  en Egypte et en Tunisie ont conduit à l'explosion du mouvement ailleurs. Mais ils n'ont pu le faire  que dans   les pays ayant le même  héritage historique, les  mêmes  polarités sociales  entre le clan des  dirigeants-rentiers  et la force de travail marginale de la rue  et surtout, là  où  les gouvernants  ont été fortement  impliqués  et subordonnés aux groupes d'intérêts impériaux économiques et  militaires. . .


Conclusion

Les dirigeants-rentiers régentent à travers  leurs  liens avec les institutions militaires et financières des États-Unis et de l'Union européenne.Ils  modernisent leurs enclaves aisées et marginalisent   la jeunesse  qui  vient de  terminer sa formation la  confinant   dans les  emplois faiblement rémunérés, principalement dans le  secteur informel, concentrés dans les rues des grandes villes. La privatisation néolibérale, la réduction des prestations publiques (prestations de chômage, nourriture, huile comestible,  gaz,  transports,  la santé et  l' éducation), ont détruit  les liens paternalistes  grâce auxquels les gouvernants   contenaient  le mécontentement de la jeunesse et la  pauvreté ainsi que celui des élites cléricales et des chefs tribaux. L'agrégat de  classes et de  masses, modernes et traditionnelles, était un résultat direct du processus de neolibéralisation  par le haut et d'exclusion par le bas.

La promesse des «  réformateurs »  néo-libéraux  que le marché allait apporter des emplois biens payés  à la place  des subventions paternalistes, était un faux. La politique néolibérale  a  raffermi  la concentration de la richesse, mais a affaibli le contrôle de l'État sur les masses.

La crise économique capitaliste mondiale a entraîné les Etats-Unis à l'Europe à durcir  les  contrôles de l'immigration et ont éliminé l'une des soupapes de sureté des régimes-les départs massifs  de jeunes chômeurs  instruits, demandeurs d'emploi à l'étranger. L'émigration n'est plus une alternative à choisir. Le choix s'est rétréci à  lutte ou souffre. Des  études  montrent que ceux qui ont émigré,  ont tendance à être plus ambitieux,  mieux  instruits (dans le cadre  de leur  catégorie) et qui prennent le plus de risques. Maintenant,  attirés vers leur   leur mère patrie, avec   de  petites  illusions seulement  sur les possibilités outre-mer, ils sont contraints de se battre pour la mobilité individuelle chez eux par l'action collective politique et sociale.

De même qu'est important  le fait qu'au sein de la   jeunesse politique, les USA garants en quelque sorte des régimes rentiers sont vus comme une puissance impériale  déclinante  : sur le plan économique, ils  sont menacés par la Chine sur les marchés mondiaux Ils font face à  une défaite, comme  gouvernants coloniaux en Irak et en Afghanistan ; ils sont méprisés comme  le servant flagorneur et menteur d'un Israël de plus en plus discrédité Israël  malgré ses agents sionistes dans le régime d'Obama et dans  le Congrès. Tous ces éléments de déclin et de la honte de l'empire   ajoutent du courage  aux  mouvements  pour la démocratie, pour aller de l'avant contre les satellites américains et atténue sa crainte que la puissance de l'armée américaine  va  frapper et dresser  un  troisième front militaire.

Les mouvements de masse considèrent   leurs  oligarques comme des régimes de « troisième  ordre »: des Etats  rentiers  sous la domination des États-Unis, lesquels,   par contre,  sont sous le contrôle israélien-sioniste. 131 pays dans l'Assemblée générale des NATIONS Unies et l'ensemble du Conseil de sécurité, sauf les États-Unis condamnent l'expansionnisme colonial israélien ; avec le Liban, l'Egypte, Tunisie et  la montée   prochaine  de nouveaux régimes au Yémen et  à Bahreïn,  promettant   une  politique étrangère démocratique, les mouvements de masse découvrent que tous les  680 000 soldats  Israéliens avec leur  armement  moderne  ne lui  sont d'aucune utilité  en raison de son isolement diplomatique total, de la  perte de ses  clients rentiers  locaux  et  du  discrédit  total de  ses dirigeants militaristes boursouflés et de leurs agents sionistes dans le corps diplomatique des Etats-Unis.

Les structures socio-économiques et les conditions politiques elles mêmes  qui  ont  déclenché les mouvements de masse pro-démocratiques, les jeunes sans emploi et sous-employés, organisés dans la rue, représentent à présent  le plus gros problème :  Cette masse non structurée et non organisée peut elle devenir une force politique et sociale organisée qui s'empare du pouvoir d'Etat, démocratise le régime et en même temps crée une économie nouvelle, productive qui offre des emplois stables bien rémunérés  , l' économie qui manque jusqu'à présent dans l'économie rentière ? La conclusion politique actuelle n'est pas claire : les démocrates et les socialistes  rivalisent  avec  les forces néolibérales, cléricales et monarchistes   financées par les États-Unis.

Il est un peu trop tôt pour célébrer la révolution démocratique du peuple.


James Petras

James Petras est  professeur (à la retraite) de sociologie à l'université de Binghamton dans SUNY Etat de New York, aux USA, et assistant  professeur à l' Université Sainte Marie à Halifax, Nouvelle Ecosse au Canada. Il écrit beaucoup sur les problèmes politiques de l'Amérique latine et du Moyen Orient.

PAYS ARABES: SAVOIR VERS QUOI «CHANGER»

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Ça bouge drôlement ces jours-ci, en Algérie, dans pas mal d'endroits. Je ne parle pas des marcheurs  qui animent la matinée du samedi, mais de ceux qui ne sont pas contents du changement qu'a subi le pays depuis 1988 et qui ne marchent pas. On ne les trouve pas sur Facebook, ils ne parlent pas de «démocratie» et ignorent tout de ce qui agite les partis politiques et les associations qui les accompagnent. Ils sont les étudiants qui n'aiment pas du tout les «réformes» qui ont affecté les performances de l'université, dont personne ne reconnaît le bien- fondé, sauf leurs concepteurs. Ils sont les chômeurs qui ne comprennent pas pourquoi il n'y a pas d'investissements, donc de création d'emplois, alors que le pays a de l'argent. Ils sont ceux que l'Etat a abandonnés, depuis qu'il a accepté que ce soit au marché de s'occuper du développement national. Ils sont ceux que le marché a laissés-pour-compte pour ne s'occuper que de ceux qui savent tirer leur épingle du jeu. Sans parler de changement, ils le proposent concrètement. Certains ne doivent pas les aimer en disant d'eux qu'ils sont des «tubes digestifs», mais des «opérateurs» du marché ont bien saisi le message et commencé à réfléchir aux réponses économiques qu'il faut donner.

Le seul problème est que le paysage politique n'exprime pas clairement «qui est pour quoi». On n'a droit qu'à des appels au «changement» sans que l'on nous précise ou que l'on sache vers où on déménage. Ce serait le minimum de voir vers où on veut nous emmener, car toutes les destinations ne sont pas verdoyantes pour tout le monde. Car le «changement» est bizarrement scandé par les puissants de ce monde. On le constate, en Libye, où les acteurs du «changement» ont trouvé grâce auprès des pires ennemis des peuples et ont opéré une jonction militaire avec eux. Ce n'est certainement pas pour les recettes du pétrole et du gaz de ce pays qui sont utilisées pour le bien-être du peuple dans son ensemble. Le peuple, lui, peut le savoir, mais personne ne lui a demandé son avis.

Comme il a toujours suivi les promesses, il s'est divisé entre fidèles de Kadhafi et pro-insurgés, alliés de l'Otan et parrainés par Sarkozy. Les deux pans sont à des lieux de distinguer le bout du chemin, tracé en dehors d'eux, sur lequel ils se sont engagés. Probablement celui de la destruction de l'Etat national symbole de résistance, au seul profit de la mondialisation libérale, sous les coups des F16 et des Rafale. En Tunisie et en Egypte, les peuples perçoivent déjà le sens du «changement Facebooké», ils n'en veulent pas et le disent tous les jours. Alors que ceux qui ont eu le «changement» escompté sont revenus à leurs affaires et s'indignent que le peuple continue de ne pas voir que le «changement» est réalisé.

En Tunisie, Hillary Clinton a dû sentir le vent de la contestation à son encontre. Les manifestants contre sa visite avaient envie de lui dire en face, ce qu'elle va lire dans la presse : «Nous avons fait la révolution tous seuls, sans que personne ne nous aide. Les Américains ont pendant longtemps soutenu le dictateur (Ben Ali) et ils veulent maintenant récolter les fruits de notre révolution». Un parler vrai sur ce qu'elle est venue faire. Un jour enverra-t-elle, peut-être, ses bombardiers à la place de sa souriante frimousse. Elle peut compter sur la «Ligue arabe», qui a tenu à réitérer  «son soutien à une zone d'exclusion aérienne en Libye», comme si la décision de l'ONU en avait encore besoin.


Par Badis Guettaf


Source : LE JOURNAL D'ALGERIE

lundi, 21 mars 2011

DESASTRE POLITIQUE ET SOCIAL A MADAGASCAR

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Andry Rajoelina

Par José Ribeaud, le samedi 19 mars 2011

 

José Ribeaud, journaliste, spécialiste de la grande île, tire un bilan des deux ans au pouvoir de l'autocrate Andry Rajoelina, qui prétendait démocratiser le pays. Résultat, les caisses sont vides, le pillage des ressources et la terreur règnent en maître.


Le 17 mars 2009, un putsch mené par un quarteron d'officiers malgaches contraignit l'ex-homme d'affaires Marc Ravalomanana à abandonner le pouvoir et à s'exiler. Pendant sa présidence (2002 à 2009), il s'était attiré l'antipathie de la France, l'ancienne puissance coloniale, et la colère d'une large frange de ses concitoyens qui lui reprochaient de confondre ses propres intérêts avec ceux de la nation. Un jeune francophile à l'ego démesuré, Andry Rajoelina (36 ans), maire de la capitale Tananarive et instigateur du coup d'Etat, s'empressait de monopoliser le pouvoir. Il voulait, clamait-il, gérer la transition et organiser des élections. En deux ans de gouvernance chaotique, de promesses reniées, d'accords non appliqués, cet «enfant capricieux» comme le qualifie un diplomate français a précipité la grande île de l'océan Indien dans une crise économique, sociale, humanitaire et écologique sans précédent.

Le pouvoir d'achat de la population régresse, le chômage de masse explose, l'analphabétisme progresse, les caisses de l'Etat sont vides, les grèves du personnel enseignant et administratif s'étendent, les prix des produits de première nécessité augmentent, la santé publique se dégrade, le tourisme stagne.

Les bailleurs de fonds internationaux et les investisseurs étrangers désertent l'île en raison de l'insécurité, du racket, des pillages et de la corruption omniprésente. Plusieurs gouvernements retirent ou ne remplacent pas leurs ambassadeurs. L'Union européenne, l'Union africaine et les Etats-Unis ont pris des sanctions à l'encontre de Rajoelina et de ses affidés. Le FMI a suspendu son aide et la Banque mondiale a abandonné le pays à son sort. La France joue, dans cette tragédie, un rôle ambigu. Le président Sarkozy a convenu qu'il s'agissait d'un coup d'Etat mais, sans la complaisance des diplomates français, le président putschiste aurait déjà dû plier bagage.

Toutes les tentatives de médiation de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) mandatée par l'Union africaine et toutes les propositions malgaches de sortie de crise achoppent sur l'intransigeance de l'impulsif et versatile autocrate. Quiconque s'enhardit à suggérer des solutions pour un retour à l'Etat de droit est traîné devant la justice. Ainsi, le professeur Raymond Ranjeva, ancien vice-président de la Cour internationale de justice et ancien recteur de l'Université de Tananarive, doit répondre de «complicité dans un complot pour atteinte à la sûreté de l'Etat». Son délit: la publication d'une feuille de route pour sortir de la crise. Ce sexagénaire intègre bénéficie d'une exceptionnelle aura internationale. Il pourrait former un gouvernement d'union nationale constitué de techniciens et de technocrates sans appartenance politique. Cette équipe serait chargée de gérer les affaires courantes, de rétablir l'ordre constitutionnel et d'organiser des élections parlementaires et présidentielles libres, transparentes et supervisées par des observateurs étrangers. Un tel processus démocratique est irréalisable avec les quatre mouvances qui se disputent la présidence, les ministères et les quelque trois cents formations politiques qui aspirent à des postes rémunérateurs. Pour preuve, les bisbilles et refus provoqués par la plus récente feuille de route négociée ces jours derniers par le médiateur africain.

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Récemment, le président autoproclamé a prétendu avoir échappé à un attentat. Mais personne, à part son chauffeur, n'a été témoin de cet inoffensif guet-apens. La psychose du complot est prétexte à des arrestations arbitraires, des inculpations fantaisistes, des perquisitions brutales, des interrogatoires musclés de journalistes et de leaders de l'opposition. L'armée est désorganisée, divisée, politisée. La récompense promise aux officiers supérieurs aux ordres du pouvoir arrive sous forme d'étoiles de général. Certains se mutinent. D'autres s'adonnent à un trafic illicite de bois précieux: bois de rose, de palissandre et d'ébène. La direction du zoo de Zurich, qui finance depuis 15 ans la protection d'un parc national sur la péninsule de Masoala, affirme que des milliers de personnes détruisent et pillent la forêt pluviale en toute impunité. L'agence américaine pour le développement international (USAID), principal donateur pour la protection de la biodiversité à Madagascar, constate que des centaines d'arbres sont coupés chaque jour dans des forêts protégées puis exportés vers la Chine.

Il y a eu en novembre dernier l'adoption par référendum unilatéral d'une nouvelle Constitution qui légitime le coup d'Etat et fait de la justice un instrument du pouvoir. Mais ce n'est pas la proclamation de la IVe République qui soulagera la misère des quelque 20 millions de Malgaches. Ceux-ci attendent des autorités qu'elles rétablissent les libertés civiques et l'ordre constitutionnel, relancent l'économie, luttent contre les injustices sociales et fassent bénéficier la population des produits de l'exploitation par des compagnies étrangères des hydrocarbures et des gisements de minerais précieux.

En deux ans, Andry Rajoelina a fait la démonstration de son incompétence dans la gestion des affaires publiques et de sa répulsion à consentir des compromis pour rassembler les forces vives du pays. Avant-hier, il a reconduit au poste de premier ministre Camille Vital, un général à ses ordres. Il l'a chargé de former un gouvernement prétendument d'union nationale. Ce remaniement ministériel est boycotté et déjà contesté par les principales mouvances de l'opposition. La classe politique démontre une fois de plus son incapacité à surmonter ses dissensions et à s'unir pour sortir Madagascar du cycle infernal du sous-développement, de l'insécurité et de la misère.


Source : TIM MADAGASCAR.ORG

CINQ REMARQUES SUR L'INTERVENTION CONTRE LA LIBYE

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Par Michel Collon, le 20 mars 2011.

1. Humanitaire, mon œil ! 2. Qui a le droit de «changer un régime» ? 3. Les buts cachés. 4. La «communauté internationale» existe-t-elle ? 5. Apprendre des précédents médiamensonges.


1. Humanitaire, mon œil !

Vous croyez aux raisons humanitaires ? Obama, Cameron et Sarko sauveurs des Libyens alors qu'ils envoient des troupes saoudiennes massacrer les démocrates du Bahreïn ? L'Occident soucieux de démocratie alors qu'il protège la répression du dictateur au Yémen ?

Vous croyez que Bernard-Henri Lévy se soucie vraiment de « sauver des Arabes », lui qui applaudissait aux bombardements sur les civils de Gaza ? « Le plus remarquable dans l'affaire, le vrai sujet d'étonnement, ce n'est pas la « brutalité » d'Israël. C'est, à la lettre, sa longue retenue » avait-il affirmé.

2. Qui a le droit de « changer de régime » ?

Le peuple libyen mérite certainement un meilleur leader qu'un dictateur qui a rempli les comptes suisses de toute sa famille. Kadhafi a aussi soutenu quelques dictateurs africains détestés.

D'un autre côté, il a fermement soutenu les Palestiniens et nationalisé le pétrole pour assurer des services sociaux à sa population. Le contraire de Moubarak et Ben Ali. Et c'est pour ça que l'Empire voudrait le remplacer par une parfaite marionnette.

Si demain, les Libyens étaient dirigés par un Chavez ou un Evo Morales, pour une véritable démocratie avec une justice sociale, qui n'applaudirait pas ? Mais si c'est pour le remplacer par des agents US comme Karzaï ou Al-Maliki et plonger ce pays dans le chaos pour des décennies comme l'Irak et l'Afghanistan... Comment appeler ça un progrès ?


Chaque peuple a le droit de se débarrasser de dirigeants qui ne lui conviennent pas, mais ce droit n'appartient pas aux grandes puissances impériales : USA, France et Grande-Bretagne. Celles-ci ne poursuivent que leurs intérêts propres. En fait, les intérêts de leurs multinationales.


3. Les buts cachés.


S'il n'y avait pas de pétrole en Libye, jamais l'Occident ne serait intervenu. Il faut quand même rappeler que la plupart des dictateurs africains ont été mis en place et sont protégés par les Etats-Unis ou la France, ou les deux ensemble.


Le véritable but de cette guerre, comme en Irak, c'est de conserver le contrôle du pétrole. A la fois source de profits énormes et instrument de chantage pour contrôler toutes les économies. En fait, les USA n'utilisent pas eux-mêmes le pétrole du Moyen-Orient, mais veulent contrôler l'or noir dans le monde entier. Comme instrument d'hégémonie.


Pour garder ce contrôle, il leur faut absolument sauver Israël. Et pour ça, lui assurer un cordon protecteur de régimes arabes corrompus mais présentant trois qualités :

  • Dociles envers Washington
  • Conciliants avec Tel-Aviv
  • Refusant d'appliquer la volonté de leurs peuples de faire respecter les droits des Palestiniens.

4. La « communauté internationale » existe-t-elle ?

Manipulé par l'argent et les chantages des USA, l'ONU n'est pas démocratique et ne représente pas les peuples. Les grandes puissances (néo)coloniales - USA, France et Grande-Bretagne - prétendent parler au nom de la « communauté internationale ».

Mais leur agression n'est soutenue ni par l'Allemagne, ni par la Russie, ni par la Chine. De plus, le Conseil de l'Europe avait exigé que l'Union africaine donne son accord, pour une intervention en Libye ; or, celle-ci a rejeté l'intervention.

Et toute l'Amérique latine a soutenu l'idée d'une médiation lancée par Hugo Chavez. Pourquoi les Occidentaux ont-ils refusé ? Parce que ce qui les intéressait n'était pas de sauver des gens, mais de s'emparer du pétrole.


En fait, les agresseurs sont une minorité. Comme par hasard, il s'agit des puissances les plus riches et les plus coloniales, et le terme « communauté internationale » est juste un terme de marketing. Car la politique des multinationales (vol des matières premières, surexploitation de la main d'œuvre, destruction de l'agriculture locale et des ressources naturelles, maintien de dictatures, provocation de guerres civiles) maintient dans la pauvreté une grande partie de l'humanité. Les intérêts sont donc entièrement opposés. Parler de « communauté internationale » est donc une imposture politique. Quand les médias reprennent cette expression, ils se rendent complices.


Si un peuple est uni et déterminé contre un dictateur, il trouvera la force de le renverser. Mais s'il s'agit d'une guerre civile (et personne ne nie que Kadhafi a également des soutiens importants), la solution de ce conflit n'est pas dans l'agression par les grandes puissances. Partout où elles sont intervenues (Irak, Afghanistan, Yougoslavie), la situation s'est aggravée. Elles ne poursuivent que leurs intérêts indignes, et s'ils l'emportent, le peuple libyen sera appauvri et plus exploité.


Dans le tiers monde, on comprend tout ceci beaucoup plus facilement. Mais dans les pays riches, non. Pourquoi ?


5. Chaque guerre est précédée d'un grand médiamensonge.

Même dans la gauche européenne, on constate une certaine confusion : intervenir ou pas ? L'argument - massue « Kadhafi bombarde les civils » a pourtant été démenti par des sources occidentales et des sources de l'opposition libyenne. Mais répété des centaines de fois, il finit par s'imposer.


Etes-vous certains de savoir ce qui se passe vraiment en Libye ? Quand l'Empire décide une guerre, l'info qui provient de ses médias est-elle neutre ? N'est-il pas utile de se rappeler que chaque grande guerre a été précédée d'un grand médiamensonge pour faire basculer l'opinion ? Quand les USA ont attaqué le Vietnam, ils ont prétendu que celui-ci avait attaqué deux navires US. Faux, ont-ils reconnu des années plus tard. Quand ils ont attaqué l'Irak, ils ont invoqué le vol des couveuses, la présence d'Al-Qaïda, les armes de destruction massive. Tout faux. Quand ils ont bombardé la Yougoslavie, ils ont parlé d'un génocide. Faux également. Quand ils ont envahi l'Afghanistan, ce fut en prétendant qu'il était responsable des attentats du 11 septembre. Bidon aussi.


S'informer est la clé


Il est temps d'apprendre des grands médiamensonges qui ont rendu possibles les guerres précédentes.

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Source : MICHEL COLLON.INFO

PIERRE FRANKLIN TAVARES: LETTRE OUVERTE A STEPHANE HESSEL SUR LES MALADES IVOIRIENS


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Stéphane Hessel

POURQUOI JE M'INDIGNE ?

Je vous souhaite à tous, à chacun d'entre vous, d'avoir un motif d'indignation. C'est précieux. Quand quelque chose vous indigne comme j'ai été indigné par le nazisme, alors on devient militant, fort et engagé [1].

Aristote signale qu'une colère est vertueuse ou juste, quand elle s'élève contre une injustice. J'ajouterai que la colère doit être d'autant plus grande que l'injustice l'est. C'est dans le sillage de cette tradition philosophique et de celle, théologique, de saint Jean Chrysostome[2], que vous avez rappelé la force, la puissance de l'indignation[3], qui fait tant défaut à notre époque et à notre France. Au vrai, notre capacité d'indignation s'est considérablement émoussée. Excipons d'un exemple ce qui est affirmé. Dans l'un de ses cours, Hegel, dont vous étiez un fervent disciple[4], grand interprète des événements français, dira à ses étudiants : les Français ont le bonnet près de la tête. Par cette image, pour le moins phrygienne, le penseur entendait dire que les Français agissaient alors aussi vite qu'ils pensaient juste. Être Français, c'était encore être capable d'indignation, comme l'atteste cette révolte contre Valentinien, qui nous réaffirma Francs, c'est-à-dire non pas « seulement » libres, mais « d'abord » libres. En effet, c'est notre indignation face à l'obligation de payer un tribut[5] non dû, qui nous afficha libres et organisa notre séjour en Gaule. Et depuis, au nom de la Liberté, l'injustice nous est intolérable. Le motif de base de la Résistance, écrivez-vous, était l'indignation[6]. Ce mobile est une origine, une fondation, parce que répétition de l'acte initial. Mais cette vertu de colère, nous l'avons amoindrie, peut-être même perdue. Aussi, vous inscrivant dans la tradition, vous réclamez à chacun de nous la recherche d'un motif d'indignation, comme indiqué dans l'épigramme. Parmi tant d'autres, il en existe un qui, par nature, diffère et à ce titre interpelle. Car, plus que bien d'autres, il heurte au plus profond la conscience morale universelle, en brisant de façon simultanée et en pleine irresponsabilité un double « droit naturel » : le secours dû aux malades (ivoiriens) et le droit des malades (ivoiriens) aux soins.

Pourquoi je m'indigne ? Autrement dit, quel est le fondement et à quelle destination s'élève mon indignation ? Le fondement est un fait : le manquement de l'Union Européenne au devoir de solidarité. La destination un droit, que vous rappelez avec un grand appétit intellectuel, en citant la Déclaration universelle de 1948 que vous avez contribué à rédiger : Je ne résiste pas à l'envie, dites-vous, de citer [...] l'article 22 :[7]. « toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la Sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des doits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays »

Ce fait particulier et ce droit universel sont les deux lames de ma dé-cision, c'est-à-dire les ciseaux de mon indignation, de ce sentiment de colère que soulève la décision d'embargo de l'Union Européenne qui, de facto, interdit toute livraison de produits pharmaceutiques en Côte d'Ivoire par le port d'Abidjan. Et cela heurte ma conscience morale et éveille en moi le sentiment de justice[8]. Et ma colère juste est d'autant plus grande que le combat entre les malades ivoiriens et l'Union Européenne est inégal, trop inégal. Plus encore que celui fameux entre David et Goliath. Offusquez-vous monsieur Stéphane Hessel, à leur place, parce qu'ils n'en ont pas la force. Indignez-vous ! Parce que les indignations sont inégales. La vôtre compte plus que la mienne. Plus que tout autre, elle peut faire entendre la cause de ces malades qui meurent déjà, faute de soins et par manque de produits pharmaceutiques. Aidez à la contagion universelle des indignations. Je m'indigne, comme ce Français qui, depuis Abidjan où il vit depuis longtemps, s'indigne :

Cher Pierre Tavares,

Ceux qui imposent l'embargo sur les médicaments aux Ivoiriens sont les mêmes qui associent démocratie, droits de l'homme, causes humanitaires, plans d'ajustement, etc. pour imposer tous ces concepts aux « populations en voie de développement » (comme on disait dans le temps) sans se rendre compte que nombre de ces grands principes ont pour la plupart raté depuis cinquante ans. Ils ne s'interrogent même pas sur les causes de leurs échecs. Pire avec ce que vous dénoncez. Après avoir maintenu le déséquilibre des échanges, ont fait fi de la survie des pauvres en les privant du seul bien qui leur reste parfois, la préservation de leur santé.

Honte à ceux qui veulent donner des leçons, à la terre entière, dont les actes aboutissent à l'inverse de ce qu'ils voudraient imposer.

Que votre engagement permette de débloquer ce génocide par procuration qui est en train de se passer en Côte d'Ivoire par ces mesures iniques prises à l'encontre, non pas des dirigeants et des nantis, mais au détriment des pauvres.

Très respectueusement.

Cette lettre, en réponse à une indignation que j'ai poussé récemment, montre bien ce qu'est être Français. La vie sous les Tropiques ne change rien à la Liberté et au goût de justice qui nous habitent. Mais combien est-il frappant que ce soient les Français de la société civile, l'opinion publique, qui s'indignent et aucun homme politique français ? Le président Nicolas Sarkozy, par exemple, ne semble pas être ému par le sort des malades ivoiriens. Comment se l'expliquer ? Car la France, dont il préside l'État, ne saurait concourir à la mort de malades et de patients en Côte d'Ivoire. L'Union Européenne, porte-étendard des libertés, exhibe l'oriflamme de la mort. Comment se l'expliquer ? Madame Catherine Aston, Haute représentante de l'Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de la sécurité, et vice-présidente de la Commission, une femme, continuera-t-elle d'éprouver les malades ivoiriens ? N'entend-elle pas les gémissements, les pleurs et les complaintes ? Ne sent-elle pas cette odeur de mort exhaler des hôpitaux ? L'Union Européenne veut sanctionner le régime en place. Soit ! Mais alors pourquoi punir des malades ? L'Union Européenne ne devrait-elle pas faire des exceptions, notamment pour les médicaments dont la quasi-totalité vient d'Europe et qui sont livrés au port d'Abidjan par des navires européens ou venant d'Europe ? Cette conséquence collatérale est une indignité européenne. Laissons les malades ivoiriens souffrir dans la dignité, ne rajoutons pas une indignité européenne à leur souffrance. C'est pourquoi, répondant à votre exigence d'indignation, je vous adresse mon indignation afin que, pour les malades de Côte d'Ivoire, vous vous indigniez. Une fois de plus. Ne restez point insensible au sort des malades ivoiriens[9]. Indignez-vous, comme le Nonce apostolique Ambrose de Madtha, en Côte d'Ivoire, qui affirme sans ambages : C'est un vrai désastre provoqué par l'Union Européenne[10]. Et Médecins Sans Frontières qui condamne : « Pénurie de médicaments, MSF accuse la communauté internationale»[11]. Le titre du quotidien L'Inter, qui autant que je le sache n'est pas pro-Gbagbo, est éloquent : Le crime silencieux de l'Union Européenne contre les Ivoiriens[12]. Partout des voix commencent à se lever. Soyez un levain dans ce froment d'indignation. Ou pour reprendre votre slogan : soyez le levain pour que la pâte se lève[13]. Comme les enseignants que vous citez en modèle, en refusant une loi inique[14], apprêtons-nous à désobéir à l'Union Européenne.

Si vous rencontrez quelqu'un qui n'en bénéficie pas [des Droits, dont la Déclaration universelle a rédigé le programme en 1948], plaignez-le, aidez-le à les conquérir[15], avez-vous écrit. J'en ai rencontré. Mais dans mon engagement, Monsieur Hessel, il ne s'agit pas de défendre l'Ordre des Pharmaciens de Côte d'Ivoire. Elle est assez grande pour le faire, par elle-même. Je ne suis donc aux ordres d'aucune corporation. Il s'agit encore moins de défendre un camp politique contre un autre. Je l'ai toujours dit, cette crise durera, tant que les partis politiques ivoiriens aidés, par leurs voisins, placeront la Côte d'Ivoire au-dessus de leurs idéologies et intérêts[16]. Je ne suis engagé dans aucun parti politique ivoirien. Il s'en faudrait de beaucoup ! Non, monsieur Hessel, mon philosophe préféré, celui de l'espoir, est le même que le vôtre : Hegel, le philosophe du débat et du combat[17], comme dit l'éminent Jacques D'Hondt que je connais bien. Non monsieur Hessel, mon indignation est le parti-pris des malades. Au fond, tout engagement pour des causes justes repose sur la Liberté. Et le secours que nous devons aux plus faibles rend concrète et donne sens à notre humanité.

En espérant avoir suscité votre indignation,

Je vous prie de recevoir, Monsieur, mes salutations les plus respectueuses.


Dr Pierre Franklin Tavares

Mobile : 06-87-34-21-22




[1] Stéphane Hessel, Indignez-vous !, Indigène éditions, 11ème édition, Paris, janvier 2011, p. 12.

, http://www.lumenc.org/malcolere.php.

[3] Le titre de votre ouvrage.

[4] S. Hessel, Op. Cit., p. 13.

[5] Colette Beaune, Trojani aut Galli ?, in Naissance de la nation France, Gallimard, Paris, 1985, p. 25.

[6] S. Hessel, Op. Cit., p. 11.

[7] S. Hessel, Op. Cit., p. 16.

[8] Paul Robert, Le Petit Robert, société du nouveau Littré, Paris, 1977.

[9] P. F. Tavares, Pourquoi l'Union Européenne punit-elle les malades ivoiriens ?, www.Ubiznews.com

[10] Le Nouveau Courrier, n° 229, 18 mars 2011.

[11] DirectScoop.net, agence panafricaine de presse, MSF Accuse la communauté internationale, 16 mars 2011.

[12] L'Inter, Le crime silencieux de l'UE contre les Ivoiriens, n° 3855, 18 mars 2011.

[13] S. Hessel, Op. Cit., p. 12.

[14] S. Hessel, Op. Cit., p. 11.

[15] S. Hessel, Op. Cit., p. 12.

[16] P. F. Tavares, Sur la Crise Ivoirienne, considérations éparses, NEI, Abidjan 2005.

[17] Jacques D'Hondt, Hegel, Le philosophe du débat et du combat, Librairie Générale Française, Paris, 1984.

dimanche, 20 mars 2011

SOUVERAINETE DE LA COTE D'IVOIRE: LES VERITES CRUES DE PAUL YAO-N'DRE (PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL DE COTE D'IVOIRE)



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A la faveur des journées portes ouvertes de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) à Abidjan, Paul YAO-N'DRE, parrain de la 49ème promotion de ladite école, a prononcé un important discours qui tranche avec la langue de bois.


«Depuis dix ans, avec la crise du 19 septembre 2002, la Côte d'ivoire est à la croisée des chemins. Assurément, les Ivoiriens sont à la recherche d'un Etat démocratique, moderne et souverain aux fondements solides avec des acteurs compétents, producteurs de développement durable, pour son accomplissement total.

Bâtir un Etat démocratique, moderne et souverain

Cette option est aux antipodes du parti unique, donc du monolithisme ou du jacobinisme. Toutefois, cette quête de la civilisation multidimensionnelle, libre et souveraine, rencontre depuis la chute du mur de Berlin en 1989 d'énormes difficultés.

Les survivances du parti unique en Afrique sont des obstacles à l'émergence d'un Etat démocratique, moderne et souverain. Ceux-ci se situent tant au plan interne qu'au niveau international. L'évolution du processus démocratique en Afrique, notamment francophone noire depuis le « vent de l'Est » et ses corollaires la «Pérestroïka » et la «glasnost», révèle des survivances monolithiques. C'est dire que le processus démocratique en Afrique rencontre des oppositions et des résistances depuis sa mise en œuvre. Sans nier les entraves internes, il y a lieu de noter que celles extérieures restent majeures aux plans économique, financier et politique. La dialectique de l'alliance dans la dépendance fait apparaître deux composantes intimement liées: la protection des privilèges étrangers est la condition d'existence et de maintien de certains chefs d'Etat africains et de leur régime. En d'autres termes, la préservation du statut quo et ses mécanismes régulateurs se fondent sur des relations d'échange très personnalisées.

A ce niveau, la politique et l'économie s'interpénètrent et se réalisent par des circuits de pots de vin, de passe-droits, de faveurs individuelles et, dans certains cas précis, des contributions aux campagnes électorales des partis politiques et candidats des ex-pays colonisateurs. D'où le rejet des dirigeants africains des nouvelles générations dont le discours reflète les aspirations des populations. Il s'agit donc pour l'extérieur d'éviter tout changement ou toute forme de développement du processus de démocratisation susceptible de mettre en équation les «positions acquises». La nécessité de construire un Etat démocratique, moderne et souverain passe par la conception et la mise en œuvre de la politique de Refondation. Aussi, l'Etat démocratique requiert-il changement de vision et d'horizon, de mentalités et de comportements. Il suscite raisonnement, approches plurielles des problèmes et solutions consensuelles. Il exhorte à l'unité et à l'identité nationales par les sensibilités diverses aux fins d'un progrès économique, social et culturel engendré par le travail de tous dans la solidarité pour le bonheur partagé de tous.

En d'autres termes, l'édification d'un Etat démocratique en Côte d'ivoire nécessite la mise en œuvre d'actions et d'activités aux plans politique, économique et social par rapport au pouvoir politique et relativement au peuple. Il faut, d'abord, la voie de la transition pacifique à la démocratie, c'est-à-dire des élections justes et transparentes sans entraves, ni violences. Ainsi, l'accession au pouvoir par le suffrage universel légitime le pouvoir d'Etat et son dépositaire. Ensuite, l'avènement d'un Etat démocratique requiert un environnement propice et la mise en place d'institutions fortes, ointes par la légitimité et la légalité, et l'existence de règles devant favoriser l'intervention des citoyens dans toutes les cellules sociales quant à la prise des décisions. Enfin, la reconnaissance et l'exercice des droits et libertés des citoyens concrétisent la démocratie et favorisent l'évolution positive de l'Etat démocratique moderne. Il s'agit de l'égalité politique, l'égalité des chances:

-          L'égalité politique désigne un droit égal à élire et à se faire élire. L'égalité de suffrage comporte le droit d'accès au lieu de vote, la libre expression de l'opinion par le vote et l'élection à une fonction publique de tout individu qui jouit du droit de vote.

-          L'égalité devant la loi signifie que tout le monde sera traité de la même manière par le système juridique.

-          L'égalité économique permet à tous les citoyens de jouir d'un minimum de sécurité économique. Un niveau de pauvreté extrême étant un obstacle à la participation de l'individu à la vie de la société.

-          La liberté de parole, la liberté de presse, la liberté de circulation et la liberté de religion sont essentielles dans un Etat démocratique.

-          L'éducation est un principe fondamental de la démocratie. Le citoyen appelé à faire des choix, à trancher différentes questions doit être capable de lire, écrire, compter juger et décider.

Le règne de la loi, notamment la Constitution, est concomitant à l'émergence d'un Etat démocratique et moderne. Les producteurs de la loi, tous les citoyens et tous ceux qui vivent sur le territoire national doivent être soumis à la loi. C'est l'Etat de droit. Cet Etat démocratique et moderne doit reposer sur des fondements solides pour sa viabilité.

La souveraineté et la Constitution, fondements d'un Etat démocratique moderne

La souveraineté et la Constitution sont à l'Etat ce que représentent le cœur et les poumons dans la régulation du corps humain. L'Etat démocratique et moderne à bâtir doit être souverain et reposer sur une Constitution solide. La spécificité de l'Etat, par opposition aux autres sujets de droit, tient à la faculté de se prononcer dans tous les domaines avec le pouvoir du dernier mot : cela s'appelle la souveraineté. La souveraineté est le pouvoir exclusif que possède tout Etat mais dont la limitation ne procède que du droit national et international. La notion de souveraineté est étroitement liée à celle d'indépendance. On peut même dire que la souveraineté, fondement anthropologique de l'Etat, est une notion qui se confond avec celle d'indépendance:

-          Au plan interne, l'Etat est maître chez lui. Il a l'exclusivité ou le monopole des compétences à l'intérieur de ses frontières: il exerce des compétences autonomes et dispose de la liberté totale de décision, il a la plénitude des compétences, c'est-à-dire celles dont le contenu ne souffre d'aucune limitation. Tous les problèmes économiques, sociaux, culturels et politiques sont du domaine d'intervention de l'Etat.

-          Au niveau international, la souveraineté implique la non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Etat, outre le droit de légation, le droit de conclure des traités, le droit de réclamation internationale et le droit de protection diplomatique. Les immixtions graves présentes dans les affaires domestiques de la Côte d'Ivoire dépassent tout entendement civilisationnel. Le principe de l'indépendance qui consacre l'émergence de l'Etat sur la scène internationale conforte son existence.

L'indépendance est un processus et une situation. C'est d'abord l'acte par lequel une collectivité étatique accède à la qualité de sujet de droit international. C'est ensuite la position d'un Etat dans les relations internationales et dont les organes dirigeants ne sont soumis à aucune autorité extérieure. Dans son application, la notion d'indépendance revêt également deux aspects: l'indépendance politique et l'indépendance économique.

L'indépendance politique

L'exercice du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes conduit à l'indépendance politique. Le principe de non-intervention protège et garantit l'indépendance politique. Naguère considéré comme un principe politique, le principe de l'autodétermination, du point de vue de sa juridicité, ne soulève aucune difficulté actuellement. Non seulement, il repose sur une base coutumière mais également il a été consacré par des traités (article 1er commun aux Pactes internationaux du 19 décembre 1966 relatifs aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels). Le droit pour un groupement humain de se constituer en Etat, donc de témoigner de lui-même, a une signification particulière dans le cadre territorial:

Il permet, d'une part, à un peuple de déterminer librement son statut international. La charte des Nations unies et le problème colonial en offrent un exemple. Par sa résolution du 14 décembre 1960 (1514 XV), l'Assemblée générale de l'Onu proclame solennellement «la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et dans ses manifestations. Elle réaffirme la légitimité de la lutte que les peuples, sous domination, mènent pour l'exercice de leur droit à l'autodétermination et à l'indépendance et prie tous les Etats de leur apporter une aide matérielle et morale ».

D'autre part, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes affirme la liberté pour chaque entité, parvenue au stade de juger d'elle-même, de choisir sans contrainte son système politique, économique et social et sa forme de gouvernement. Ce qui implique la non-intervention dans ses affaires intérieures. Le principe de non-intervention ou non-ingérence postule l'obligation de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures d'un Etat. Aussi sont-elles interdites les ingérences politiques, économiques ou militaires. Mais, l'histoire des relations internationales montre que les cas d'intervention sont beaucoup plus fréquents que ceux de non-intervention. D'où la légalité douteuse de telles interventions. Aussi, pour certains Etats, l'indépendance devient-elle relative. C'est le cas de notre pays, la Côte d'Ivoire, depuis le coup d'Etat de décembre 1999 et coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002, mué en rébellion. La conquête de l'indépendance économique n'échappe pas aussi à toutes ces pesanteurs.

L'indépendance économique

Elle passe nécessairement par l'autodétermination économique. Aussi l'indépendance économique se présente-t-elle comme le pendant de l'indépendance politique. Le principe de la souveraineté permanente de chaque Etat sur ses richesses et ressources naturelles est l'un des moyens d'accession à l'indépendance économique. Il est aujourd'hui, pleinement consacré.

Les Etats latino-américains ont joué un rôle dans la formulation du principe. Le Mexique, l'Uruguay et le Chili, par leurs actions successives, ont amené l'Assemblée générale de l'Onu à adopter le droit de souveraineté permanente de chaque Etat sur ses richesses et ressources naturelles. Il s'agit des Résolutions du 21 décembre 1952, du 14 décembre 1962 et la charte des droits et devoirs économiques des Etats du 12 décembre 1974. Ce principe vise à mettre un terme à l'exploitation sans partage des ressources naturelles par les puissances étrangères.

Ainsi, les résolutions de 1952 et de 1962 prévoient le libre exercice par chaque Etat de son droit souverain sur ses ressources naturelles. La résolution du 1er mai 1974 relative à l'instauration d'un nouvel ordre économique international va dans le sens des préoccupations des Etats en développement: une souveraineté permanente intégrale de chaque Etat sur ses ressources naturelles et sur ses activités économiques; un contrôle de l'Etat sur ses ressources et leur exploitation. Le principe de la souveraineté permanente de chaque Etat sur ses ressources naturelles est juridiquement acquis désormais par le mode coutumier de formation des normes. Malgré les tentatives de la doctrine et de la jurisprudence occidentales de vider le principe de son contenu, son insertion dans l'ordre juridique positif ne fait plus de doute, aujourd'hui. Ainsi, le principe de la souveraineté permanente revêt une portée impérative plutôt qu'une force obligatoire. La souveraineté et la Constitution ont un rapport de caractère dialectique. De la souveraineté résulte la Constitution. Celle-ci conforte et protège celle-là. Les deux consolidant la viabilité d'un Etat démocratique moderne.

La Constitution, fondement juridique de l'Etat, est l'ensemble des règles écrites ou coutumières qui déterminent, d'une part, la forme de l'Etat, la dévolution et l'exercice du pouvoir et, d'autre part, les Institutions qui incarnent ce pouvoir. Il est donc indispensable que la souveraineté, la Constitution ainsi que les Institutions soient respectées et, au besoin, protégées pour inscrire l'Etat démocratique dans la modernité pour le développement durable. Et c'est ce que les Ivoiriens ne cessent de faire depuis la crise du 19 septembre 2002. D'où l'importance du potentiel humain pour restituer à un Etat démocratique, moderne et souverain sa vertu dans son évolution positive.

Le potentiel humain, notamment les élèves de la 49ème promotion (de l'ENA, ndlr), vecteur de la réalisation d'un Etat démocratique, moderne et souverain

Les agents de l'Etat, en particulier les fonctionnaires, constituent le fleuron de l'Administration ivoirienne. Celle-ci doit être davantage au diapason de l'évolution pour son adaptabilité constante aux fins de bâtir un Etat démocratique, moderne et souverain. Aussi, les agents de l'Etat, notamment les fonctionnaires de cette 49ème promotion, doivent-ils accomplir trois missions essentielles: garantir les valeurs républicaines, défendre l'intérêt général et promouvoir le progrès économique et social. En d'autres termes, les agents de l'Etat et les fonctionnaires de la 49ème promotion doivent être auréolés d'une éthique et d'une philosophie nouvelles de la modernisation de l'Administration, c'est-à-dire mettre en œuvre une politique de relations de travail rénovée, une politique de développement des responsabilités, une politique d'accueil et de service à l'égard des usagers.

C'est pourquoi, j'encourage les fonctionnaires et agents de l'Etat à redoubler d'effort, compte tenu de la situation de crise que traverse notre pays, la Côte d'Ivoire. De manière particulière à vous mes filleuls, de la 49ème promotion (2009-2010), je vous exhorte à la pondération pour mener à bien une carrière fructueuse. La vie sociale doit entrer en symbiose avec la vie professionnelle pour vous conférer l'équilibre et la stabilité. Au plan professionnel, le respect de la hiérarchie, la compétence, la probité et la bonne humeur doivent guider vos actions comme valeurs cardinales dans l'Administration. C'est à ce prix que nous bâtirons ensemble, dans un élan collectif, un Etat démocratique, moderne et souverain ivoirien pour un respect de sa loi fondamentale, de sa Constitution, de l'état de droit, des droits humains et de sa souveraineté. C'est un impératif dû par tout citoyen ivoirien. C'est pourquoi, nous devons résister et résister, lutter et lutter pour vaincre.

Cet Etat démocratique, moderne et souverain en appelle à une coopération nationale et internationale, librement consentie, avec des avantages comparatifs équitables au profit des concitoyens pour un développement durable. En d'autres termes, aucun Etat ne peut vivre en autarcie. La Côte d'Ivoire reste donc ouverte au partenariat aux plans bilatéral, sous-régional, continental et universel. Cette collaboration doit reposer sur des avantages mutuels afin que les ivoiriens puissent également en tirer profit pour leur épanouissement total et leur bonheur.

Chers Ivoiriens, quelles que soient nos convictions idéologiques, philosophiques, politiques et confessionnelles, nous n'avons tous qu'un patrimoine: la Côte d'Ivoire. Nous avons donc l'impérieux devoir de la préserver. Puisons en nous, dans nos consciences, des énergies, des connaissances, des expertises, un savoir-faire pour trouver une solution pacifique négociée à cette crise. C'est à nous tous, Ivoiriens, de prendre d'abord nos responsabilités dans le règlement de ce différend. Les apports extérieurs ne seront ensuite que complémentaires. Il est encore temps d'agir. Agissons maintenant. C'est en cela que nous montrerons notre capacité à nous affirmer. Selon l'évangile (Psaumes 42/7-11), David a traversé des circonstances très difficiles et les a décrites comme des vagues et des flots passant sur lui. Alors, il se posa la question suivante: Pourquoi es-tu abattue, mon âme? Et pourquoi es-tu agitée au-dedans de moi? Il répondit lui-même: «Attends-toi à Dieu». S'attendre à Dieu, c'est se reposer sur ses promesses, c'est-à-dire, «il ne te laissera pas, il ne t'abandonnera pas» (Hébreux 13/5).

Ivoiriens, ne craignons point, car Dieu est avec nous. Il nous fortifiera, oui il nous aidera, oui il nous soutiendra par la droite de sa justice. En d'autres termes, s'attendre à Dieu, c'est nous amarrer à une «ancre de l'âme, sûre et ferme» (Hébreux 6/19). C'est une ancre qui nous préserve d'être ballotés par les tempêtes de la vie dans un monde dont Satan est le prince (Jean 14/30). Nos cœurs sont troublés par les incertitudes des temps pénibles dans lesquels nous vivons, par des nouvelles contrariantes et décourageantes. Mais, nous ne serons pas ballotés si nos vies sont ancrées dans l'espérance de Dieu. Dans la mesure où nous gardons cette espérance devant nous, elle nous aidera à vivre une vie qui glorifiera le Seigneur; elle apportera joie et paix dans nos vies et dans nos maisons pour une Côte d'Ivoire réconciliée avec elle-même, solidaire et prospère pour tous.

Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et nous garde. Je vous remercie».


Propos recueillis par Renaud Djatchi.


Source : Le blog de Benoît Boéhi

LIBYE: UNE GUERRE EN PREPARATION DEPUIS NOVEMBRE 2010?


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Par Gilles Munier, le samedi 19 mars 2011

Sarkozy voulait sa guerre, il l'a - au forceps - grâce à Bernard-Henri Lévy, Alain Juppé, et au gouvernement conservateur anglais. Un exercice militaire de grande ampleur franco-britannique, planifié en trois mois - au lieu de six habituellement - va lui faciliter la tâche. Il est prêt pour attaquer« Southland »... entre le 21 et le 25 mars, un pays affublé d'un « régime dictatorial » au sud de la Méditerranée (1). Nom de code de l'opération « Southern Mistral », et celui de la première frappe : « Desert Storm » ! Elle est aujourd'hui programmée pour de vrai, quel que soit le nom qui va lui être attribué pour donner le change. Pour attaquer la Libye, donc, il ne manquait que l'habillage diplomatique de l'intervention occidentale, c'est-à-dire la caution du Conseil de sécurité de l'ONU et la constitution d'une coalition comprenant « nos bons vieux amis arabes ». C'est fait, en urgence.

On s'en souvient : « Desert Storm - Tempête du désert » était le nom choisi en janvier 1991 par le Pentagone, de l'attaque de l'Irak ordonnée par George Bush (père). L'opération avait été précédée par un exercice quasi identique à « Southland », dirigé quelques mois plus tôt au Koweït, par le général Norman Schwarzkopf. Le régime de Saddam Hussein était déjà clairement désigné comme l'ennemi.

Bye-Bye Kadhafi ?

On ne peut que s'interroger sur l'origine des informations alarmistes publiées dans les médias depuis le soulèvement de plusieurs tribus libyennes soutenues - pour des motifs en partie différents - par le courant islamique djihadiste. Le colonel Kadhafi n'est pas un ange, mais on a l'impression d'assister à un copier-coller de la campagne de diabolisation du Président Saddam Hussein : le Guide libyen « bombarde son propre peuple » - des diplomates et des ministres font défection - des massacres de civils sont dénoncés- les Berbères du djebel Nefousa sont menacés de génocide ; le tout repris en boucle sur la chaîne qatari Al-Jazeera.

A quand un tribunal spécial pour la Libye ? Il ne manque que les armes de destruction massive. Pas de chance : Kadhafi s'en est débarrassé, en 2004, sur les conseils de son « ami », Sir Mark Allen, chef du service Moyen-Orient du MI6, ex Intelligence Service. Un autre de ses « amis », le Premier ministre britannique Tony Blair, a pu ainsi lui décerner, en 2007, le titre de « solide partenaire de l'Occident » ! Comme dit Saïf-al-islam : « c'est vrai que quand tu es fort, tout le monde est tout gentil. Par contre, quand tu es sur le point de t'effondrer, c'est bye-bye... » (2).


(1) Site de « Southern Mistral » : http://www.southern-mistral.cdaoa.fr/

(2) Interview de Saïf-al-islam par Paris Match (9/3/11).


Source: OUMMA.COM

IMPACTS DE LA GUERRE SUR L'ECONOMIE IVOIRIENNE: LES AVEUX ET REVELATIONS DE CERTAINS PATRONS FRANÇAIS



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Plus la guerre s'installe dans la durée en Côte d'Ivoire, plus les langues se délient. Dernier fait en date, les aveux et révélations de certains patrons français au cours d'une réunion secrète à l'Elysée. «Quand la Côte d'Ivoire tousse, c'est toute la sous-région qui s'enrhume », dit-on.


Depuis plus de quatre mois, la Côte d'Ivoire vit la première guerre ouverte de son histoire depuis 50 ans. Les effets néfastes de l'interdiction d'exporter le cacao d'origine Côte d'Ivoire, ordonnée par l'Ue et voulue par Ouattara Alassane candidat malheureux à la dernière présidentielle de 2010, et l'embargo de l'Ue sur les ports d'Abidjan et de San Pedro, se traduisent par une baisse drastique des activités à l'import et à l'export au niveau des deux ports. Par ricochet, disons que c'est un véritable temps de vache maigre pour les transitaires et tous les acteurs du secteur maritime ivoirien. Mais aussi et surtout les douanes ivoiriennes dont quelques-unes des missions sont de non seulement collecter l'impôt sur les cordons douaniers pour l'Etat, mais aussi assurer la protection de l'industrie locale contre l'invasion des marchandises prohibées qui viendraient concurrencer les produits «Made in Côte d'Ivoire» sur le marché ivoirien.

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Si les pertes sont énormes pour l'économie ivoirienne (pas de données chiffrées pour l'instant), il n'en est pas moins pour les entreprises françaises qui opèrent aussi bien dans le secteur maritime que de la banque. C'est très conscients des effets néfastes de la guerre montée de toutes pièces par Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire pour aider son poulain Ouattara, que des chefs d'entreprise français ont pris part à une réunion secrète qui s'est tenue récemment à l'Elysée sur la situation en Côte d'Ivoire. Au menu de cette réunion, à laquelle a assisté un aréopage hétéroclite de personnalités françaises, la question économique en priorité.

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Au cours de cette rencontre, « Bouygues, les responsables de Bnp Paribas et la Société Générale de banque, d'un commun accord, sont allés voir Sarkozy et se plaindre de ce que cette crise postélectorale qui s'est installée dans la durée alors qu'elle avait été programmée pour durer 48 heures, avait des conséquences graves sur les affaires en Côte d'Ivoire en particulier, mais aussi dans toute la zone africaine. Par conséquent, il fallait faire quelque chose d'urgence pour endiguer les pertes financières énormes qui prenaient, à tout point de vue, l'allure d'une catastrophe irréversible. Pis, les dirigeants des banques fermées, par leur seule volonté, voudraient venir à Abidjan pour prendre attache avec le pouvoir en place. Ce qui aurait été ressenti par Sarkozy et son gouvernement comme un camouflet ».

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Par ailleurs, au niveau de l'espace Uemoa, les effets de la guerre en Côte d'Ivoire sont également ressentis aussi bien au Burkina Faso, au Mali qu'au Niger. Si au Burkina Faso, ça grogne sous le manteau contre le régime de Blaise Compaoré, la Mauritanie dont les nationaux contrôlent jalousement et gèrent officiellement 30.000 boutiques de détaillants en Côte d'Ivoire n'est pas épargnée. Il est à préciser que bon nombre de ces boutiques sont fermées du fait de la persistance de la guerre à peine larvée en Côte d'Ivoire.


Elisée Koffi

 

Source : GBAGBO.CI


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Intervention de l'Ecomog en Côte d'Ivoire : La Cour de justice de la Cedeao dit non

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Les 15 Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont reçu l'ordre de la Cour de justice régionale de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire vendredi. Le tribunal, qui avait été saisi d'une requête déposée au nom du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, « ordonne aux Etats membres et aux institutions de la Communauté de se conformer strictement à l'article 23 du règlement de la Chambre », a indiqué la présidente de la Cour, Awa Daboya Nana. « Cet article, a-t-elle précisé, prévoit que, quand un conflit vient devant la Chambre, les Etats membres doivent s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver le conflit ». L'affaire sera jugée sur le fond, le 9 mai.

Laurent Gbagbo avait saisi, en février, la Cour de justice de la Cedeao pour contester la décision de la Communauté économique d'exiger son départ de la présidence de Côte d'Ivoire. Le 7 décembre, un sommet de la Cedeao avait exigé le retrait du pouvoir du chef de l'Etat sortant ivoirien, reconnu son rival Alassane Ouattara vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre et suspendu la Côte d'Ivoire de l'organisation régionale.

La Cedeao avait également menacé de déloger M. Gbagbo par la force, s'il refusait. L'avocat de Laurent Gbagbo, Mohamed Faye, s'est félicité de cette décision, soulignant qu'« aucune institution de la Cedeao ne devrait prendre quelque initiative que ce soit, susceptible d'aggraver la situation, tant que le tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond ». « La Cedeao est une communauté économique qui a décidé de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un Etat membre, ce qui est hors de sa juridiction », avait argumenté en février un porte-parole de Monsieur Gbagbo, Ahoua Don Mello.

La décision de la Cour de justice n'aura cependant pas d'implication immédiate, la Cedeao semblant avoir écarté un éventuel usage de la force en Côte d'Ivoire. Le Nigeria, pays dont le président, Goodluck Jonathan, est le président en exercice de la Cedeao, a souligné le 24 février que toute action militaire pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir devait être placée « sous l'égide de l'Onu ».


Source : AFP

samedi, 19 mars 2011

LIBYE, UNILATERALISME ET NATIONS UNIES

 

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Par Alain Gresh, le dimanche 13 mars 2011

Alors que les rebelles perdent du terrain en Libye, une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe au Caire le 12 mars a décidé de demander aux Nations unies d'imposer une zone d'exclusion aérienne au-dessus de ce pays (« Arab states seek Libya no-fly zone », Al Jazeera English, 12 mars). L'Algérie et la Syrie ont exprimé leurs réserves. La Ligue arabe a aussi confirmé que le gouvernement de M. Mouammar Kadhafi avait perdu sa légitimité et qu'elle ouvrait un dialogue avec l'opposition. Cette position est sans précédent dans l'histoire de la Ligue arabe : suspendre la participation d'un gouvernement à la suite de sa politique « intérieure » et entamer des contacts avec l'opposition. Par ailleurs, la Ligue s'est opposée aussi à toute intervention militaire en Libye, alors que de nombreuses inquiétudes s'expriment dans le Sud face à toute décision unilatérale occidentale.

Un sommet de l'IBAS (Inde, Brésil, Afrique du Sud) s'est tenu le 8 mars à New Delhi. Cette organisation, dont les activités sont peu couvertes par les médias occidentaux, symbolise pourtant la naissance de nouveaux acteurs sur la scène internationale (dans le cadre de sa série sur « les alliances insolites », Le Monde diplomatique de mars y consacre une double page). Déjà, on s'en souvient, le Brésil et la Turquie avaient tenté, sans succès, de contribuer à résoudre le dossier du nucléaire iranien (lire « Iran, vers une "communauté internationale" post-occidentale ? »).

Cette fois-ci, les trois puissances émergentes se sont penchées sur le Proche-Orient et la crise libyenne. Elles ont affirmé que toute mesure supplémentaire par rapport à la résolution 1970 du Conseil de sécurité (qui avait décidé de sanctions contre le régime de Kadhafi) ne pouvait être décidée que dans le cadre de la charte des Nations unies (lire Ranjit Devraj, « IBSA Together in Resisting No-fly Zone », IPS, 9 mars).

Le ministre brésilien des affaires étrangères a expliqué que la déclaration reflétait ce que pensait le monde non occidental : « Il est problématique d'intervenir militairement dans des troubles internes. Toute décision d'intervention militaire doit être considérée dans le cadre des Nations unies et en coopération étroite avec l'Union africaine et la Ligue arabe. » Une zone d'exclusion aérienne risque, a-t-il ajouté, de nourrir des sentiments anti-américains et anti-occidentaux qui ne sont pas présents pour l'instant (lire M K Bhadrakumar, « Arab revolt reworks the world order », Asia Times, 10 mars).

D'autre part, les trois pays ont souligné que la question palestinienne était au cœur des problèmes du Proche-Orient et qu'il fallait aller vers la création d'un Etat palestinien « souverain, indépendant, uni et viable, coexistant pacifiquement avec Israël, avec des frontières sûres sur les lignes de juin 1967 et avec Jérusalem-Est comme capitale ».Enfin, les trois pays ont confirmé leur volonté de coopération. L'Inde et le Brésil ont décidé de porter leur commerce de 7,8 milliards de dollars à 10 milliards et identifié des secteurs de complémentarité : l'énergie, le pétrole, le tourisme, l'industrie pharmaceutiques, les mines et l'agro-alimentaire. Les deux pays ont aussi signé un accord pour lever les restrictions sur leur compagnie aérienne respective.


Source: BLOG MONDE DIPLOMATIQUE.NET

COTE D'IVOIRE - PENURIE DE MEDICAMENTS: MSF ACCUSE «LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE»


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Médecins Sans Frontières (MSF) a signalé mardi les « grandes difficultés pour se faire soigner » que rencontraient les victimes des violences en Côte d'Ivoire « du fait de l'insécurité mais aussi des ruptures d'approvisionnement en médicaments résultant des sanctions internationales ».

« Pour peser sur la crise politique, la communauté internationale a imposé des sanctions commerciales et financières qui, ajoutées aux difficultés de transport, provoquent des ruptures d'approvisionnement en médicaments et matériel médical », commente l'organisation sur son site internet.

Cette situation, selon l'organisation, fait que « dans plusieurs régions du pays, des structures de santé manquent de médicaments de base et aussi de traitements pour soigner des maladies chroniques ou aiguës, notamment pour faire des dialyses rénales».

La ministre de la Santé Publique, Christine Adjobi, a dénombré le 7 mars, « 24 décès » pour la période de janvier à février chez les personnes dialysées consécutivement à la décision de l'Union Européenne d'infliger à la Côte d'Ivoire un embargo sur les bateaux à destination de ce pays y compris ceux transportant des médicaments.

Les étudiants du SYNESS (Syndicat National des Etudiants en Science de la  Santé de Côte d'Ivoire) ont organisé, le 24 février, une marche sur le siège de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) à Abidjan suivie d'un sit-in devant l'édifice. Ils se sont insurgés contre cette mesure « arbitraire » qui prive les malades de médicaments.

Selon le SYNACASCI (Syndicat National des Cadres de la Santé), il ne faut pas faire d'amalgame entre politique et affaires sociales. Le syndicat a par ailleurs menacé de poursuivre l'OMS et l'UE (Union Européenne) devant les tribunaux pour « crime contre l'humanité ».

Le Dr Christine Adjobi, Ministre ivoirien de la Santé publique, avait elle-même condamné le 26 février l'embargo sur les médicaments imposé à la Côte d'Ivoire par l'Union Européenne. « Qu'est-ce que la santé a à voir dans cette situation?  », s'était écriée la ministre qui a dénoncé « un crime contre l'humanité ».

Cette mesure d'embargo fait partie d'une série de décisions de l'Union Européenne visant à asphyxier le pays à tous les niveaux, notamment au plan économique, diplomatique et sanitaire. L'UE espère obtenir ainsi le départ du président Laurent Gbagbo du pouvoir et imposer à la tête du pays l'opposant Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs de l'élection présidentielle a proclamé Laurent Gbagbo, élu (51, 45%) contre son adversaire Alassane Ouattara (48%).


Source: IVOIREVOX