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vendredi, 26 juin 2009

L'HOMME "SE" PROPOSE ET DIEU DISPOSE: MICHAEL JACKSON EST MORT!

                                  Michael Jackson à 13 ans, en 1971.

Annoncé pour donner une cinquantaine de concerts, en Angleterre, dans le mois de juillet 2009, Michael Jackson a tiré sa révérence à 50 ans, hier, jeudi 25 juin 2009 , à son somptueux domicile (loué à 50 millions de F CFA le mois), la maison hollywoodienne où il résidait, avant d'être transféré en urgence à l'Hôpital Universitaire de Los Angeles (Californie, Ouest des Etats-Unis), l'UCLA Medical Center, où sa mort a été cliniquement confirmée, à 14h26mn.

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Personnage énigmatique, controversé et tout à la fois idôlatré, Michael aura fait les beaux jours de la Pop Music mondial, avec plus 750 millions de disques vendus pendant sa longue, fructueuse et prolifique carrière (de 10 ans à 50 ans).

Mais, à mon sens, il aura vécu comme ne devant jamais mourir, comme devant vivre éternellement sur terre et en jouir sans limite, dans une enveloppe corporelle constamment modifiée et hyper traitée, au point d'en devenir totalement artificielle.

Or, les Ecritures disent, sans embages: "Prépare-toi à la rencontre de ton DIEU!" Amos 4: 12. Quoi que vous fassiez, de quelque gloire ou prestique que vous soyez auréolé, vous êtes appelé à disparaître, un jour. Tout être vivant doit le savoir et s'y préparer quotidiennement. L'homme aura beau vivre dans des caissons d'oxygène, manger la meilleure des nourritures, respirer l'air le plus pur, boire la meilleure des boissons, dormir dans le lit le plus somptueux et le plus moelleux, rouler la voiture la plus chère, habiter la résidence la plus luxueuse, fréquenter les milieux les plus huppés et avoir les relations les plus puissantes au monde, tout cela n'est que VANITE et POURSUITE DU VENT, dit l'Ecclésiaste, l'homme qui fut le plus riche et le plus sage de son temps: le roi Salomon! Oui, "Vanité des vanités, tout est vanité", comme il l'a si lumineusement asséné.

"La vie d'un homme ne dépend pas de ses biens, fut-il dans l'abondance" (mais de DIEU), nous déclare la Bible. La poussière est retournée à la poussière! Que cette disparition brutale de Michael Jackson soit porteuse d'enseignement et soit un message pour tous les vivants, pour tous les hommes de la terre, pour qu'ils ne s'enflent pas d'un vain orgueil et ne s'embarrassent pas d'une vanité aussi inutile que trompeuse, qui fait oublier l'essentiel de la vie: DIEU! "Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier s'il perdait son âme?", s'interroge avec beaucoup d'à propos le CHRIST.

Cher lecteur, ne l'oublie JAMAIS: Tu n'es que POUSSIERE, étranger et voyageur sur la terre! Ton tour arrivera bien un jour, quelque soit la grandeur de ton nom. Mais dans quelle condition? "Prépare-toi à la rencontre de ton DIEU"!


DINDE Fernand AGBO

12:26 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde, Musique | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : mort michael jackson, décès du roi de la pop, émoi à los angeles | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 04 juin 2009

ANGELINA JOLIE PLUS PUISSANTE QUE BARACK OBAMA

Angelina Jolie - Photo Reuters : Issei Kato

 

Les célébrités les plus puissantes du monde

 

"Selon le magazine Forbes, Angelina Jolie serait plus puissante que Barack Obama". Yahoo France.

 

Rédaction: Matthew Miller, Dorothy Pomerantz et Lacey Rose, le 06 mars 2009.

 

Angelina Jolie détrône Oprah Winfrey au sommet de la liste Celebrity 100 de cette année.

 

Elle est riche. Elle a du talent. Elle est belle. Et maintenant Angelina Jolie est la célébrité la plus puissante du monde.
Grâce à la sortie de plusieurs films à grand succès et un flot incessant d’intérêt de la part des médias, cette année Jolie a détrôné Oprah Winfrey au sommet de la liste Celebrity 100, le classement réalisé chaque année par Forbes des personnalités ultra-célèbres à travers le monde.
Jolie a empoché 19 millions de euros au cours des 12 derniers mois grâce à un calendrier de films qui incluait Kung Fu Panda, Wanted et le thriller d’espionnage Salt qui n’est pas encore sorti. Mais ce n’est pas tout : il y a aussi la publicité qu'elle a obtenue après la naissance de ses jumeaux, sans oublier sa présence continuelle dans les grands titres que lui doivent ses efforts philanthropiques et sa relation avec l’acteur Brad Pitt, qui termine en neuvième place dans notre liste.

Winfrey termine en seconde position. Cette experte des médias a empoché 192 millions de euros au cours des douze derniers mois, ce qui en fait la plus riche célébrité de la liste. Bien que le nombre de téléspectateurs de son émission quotidienne de débats, The Oprah Winfrey Show, continue à diminuer, ses revenus n’ont pas changé par rapport à l’an dernier. Outre son magazine mensuel, Winfrey a également signé un contrat de trois ans d’une valeur de 38 millions de euros avec XM Satellite Radio. Début 2010, cette milliardaire self-made dévoilera la chaîne Oprah Winfrey Network, axée sur l’art de vivre, en partenariat avec Discovery Communications.

Au cours d’une année marquée par les faillites des banques et de véritables séismes sur les marchés boursiers, les revenus des personnages célèbres figurant sur l’édition 2009 de la liste Celebrity 100 sont restés remarquablement intacts. Au total, ces 100 célébrités ont gagné 2,9 milliards de euros, soit une légère progression par rapport aux 2,8 milliards de l’an dernier.
La raison principale pour laquelle les célébrités continuent à se remplir les poches : de nombreuses stars ont signé des contrats à long terme pour leurs apparitions comme pour les promotions qu'elles soutiennent. Si l’économie ne s’améliore pas, la crise va certainement les toucher l’an prochain.
La liste Celebrity 100, qui rassemble des acteurs de cinéma et de télévision, des mannequins, des athlètes, des auteurs et des musiciens, mesure les revenus de divertissement et la visibilité dans les médias (présence dans la presse écrite, à la télévision, à la radio et en ligne). Les estimations des revenus correspondent aux revenus avant impôts entre juin 2008 et juin 2009. Les frais de management, d’agents et d’avocats ne sont pas déduits.

Les trois autres célébrités du peloton de tête sont la vedette pop Madonna (77 millions de euros), la chanteuse Beyoncé Knowles (61 millions de euros) et le golfeur Tiger Woods (77 millions de euros).

Madonna a réalisé la plus grande partie de ses revenus en tournée. Sa tournée « Hard Candy » était la tournée internationale la plus fructueuse de l’année 2008, avec 196 millions de euros de recettes dans 17 pays.

Knowles, quant à elle, s’est enrichie grâce aux ventes de ses albums, à ses concerts en tournée, à ses films, à une collection de mode et une longue liste de contrats de promotion.

Tiger Woods a surtout profité de contrats de promotion, de cachets et d’une activité lucrative - la conception de parcours de golfs. Il a passé la plus grande partie de l’année à l’écart des greens à cause d’une blessure au genou.

Nous accueillons plusieurs nouveaux sur la liste cette année : Stephanie Meyer (No. 26) auteur de Twilight et Taylor Swift (No. 69), crooner de country. Meyer, qui a vendu 29 millions d’exemplaires de ses livres et créé un véritable engouement pour les vampires, a gagné 35 millions de euros au cours de l’année. Swift, quant à lui, était l'artiste le plus vendu aux États-Unis en 2008, avec 13 millions de euros de recettes grâce à une tournée, aux ventes de ses albums et à des contrats de promotion.
Barack Obama rejoint notre liste. Il est le premier chef d’état en fonctions à figurer dans Celebrity 100. Son élection historique l’an dernier l’a aidé à vendre des millions de livres. Il fait ses débuts sur la liste de cette année au No. 49, avec des revenus de 2 millions de euros pour ses livres au cours de la période de 12 mois.
Pour faire de la place aux nouveaux arrivants, 37 stars ont dû disparaître. Parmi eux, citons J.K. Rowling et Johnny Depp. Rowling n’a pas publié de nouveau Harry Potter alors que Depp n'a pas sorti un nouvel épisode de Pirates des Caraïbes et n’a pas pu en empocher les recettes.

Méthodologie

La liste Celebrity 100 mesure le pouvoir des stars sur la base de leurs revenus et de leur célébrité. Les estimations des revenus, qui incluent les recettes des films, émissions télévisées, contrats de promotion, ventes de livres et autres projets de divertissement, couvrent la période de juin 2008 à juin 2009. Les chiffres ont été arrondis dans certains cas. Parmi nos sources, citons Billboard, Pollstar, Adams Media Research, Nielsen SoundScan, Nielsen BookScan, Nielsen Media Research et SNL Kagan. La célébrité est calculée d'après le nombre de recherches sur Internet calculé par Google Blog Search, le nombre de mentions à la télévision et à la radio calculé par LexisNexis, le nombre de mentions globales dans la presse calculé par Factiva et le nombre de fois où la photo d'une célébrité est apparue en couverture de 25 magazines de consommation.

Par Forbes

 

16:07 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : angelina jolie, barack obama, oprah winfrey, forbes, forbes.com | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 17 avril 2009

L'OCDE PUBLIE DEUX LISTES DE PARADIS FISCAUX

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L'OCDE a rendu publiques, le jeudi 2 Avril 2009, deux listes de paradis fiscaux - dont une liste noire qui compte le Costa Rica, la Malaisie, les Philippines et l'Uruguay - après la décision prise par le G20 à Londres d'agir contre les Etats fiscalement non coopératifs.

Cette liste inclut les pays qui ne se sont jamais engagés à respecter les standards internationaux, a précisé l'Organisation de coopération et de développement économiques sur son site internet.

Par ailleurs, une deuxième liste, incluant 38 pays dont Monaco, le Liechtenstein, la Suisse, le Luxembourg et la Belgique, recense les Etats qui se sont engagés à respecter les règles de l'OCDE mais ne les ont pas "substantiellement" appliquées, selon l'Organisation.

A l'issue du sommet de Londres jeudi, les pays du G20 se sont engagés à "agir" contre les juridictions non-coopératives, dont les paradis fiscaux, et laissant le soin à l'OCDE de publier la liste des pays concernés.

Sur son site, l'OCDE publie également une liste de pays qui appliquent "substantiellement" les règles internationales, dont la France, la Russie, les Etats-Unis et la Chine.

Dans une note de bas de page, l'OCDE précise toutefois que les "régions autonomes" chinoises (Hong Kong et Macao) ne figurent pas sur cette liste "blanche", en raison du fait qu'elles s'étaient seulement "engagées" à respecter les standards internationaux.

Selon un haut responsable américain, la Chine et la France ont croisé le fer lors du sommet du G20 autour de la liste des paradis fiscaux, Pékin craignant d'y voir figurer Macao et Hong Kong.

D'après cette source, un compromis a été arraché après "un grand nombre d'allers et retours" entre les deux parties et l'intervention du président américain Barack Obama.

La question des paradis fiscaux, "trous noirs de la finance", avait ressurgi en novembre 2008, au plus fort de la crise financière, lors d'une réunion de 17 pays à Paris, organisée à l'initiative de l'Allemagne et de la France.

Les Etats participants avaient demandé à l'OCDE de "réactualiser" d'ici à mi-2009 sa "liste noire" des paradis fiscaux non coopératifs, à laquelle Berlin souhaitait alors ajouter la Suisse.

Une précédente liste avait été publiée au début des années 2000 par l'OCDE. Mais elle ne comptait plus que trois pays - Monaco, Andorre et le Liechtenstein -, de nombreux Etats ayant, au fil des ans, été rayés de ce classement après avoir pris des engagements de transparence.

"Nous avons demandé à l'OCDE de compléter, de réactualiser, de totalement faire le ménage sur la liste", avait déclaré le ministre du Budget français, Eric Woerth.

Au cours des dernières semaines, plusieurs Etats dans le collimateur de la communauté internationale ont donné des gages de bonne conduite pour éviter de figurer sur cette liste "réactualisée".

La Belgique, l'Autriche, le Luxembourg ou la Suisse, mais aussi le Liechtenstein ou Andorre, ont ainsi annoncé coup sur coup un assouplissement de leurs législations nationales sur le secret bancaire.

La Belgique a elle annoncé sa suppression pure et simple dès 2010, au lieu de 2011 comme envisagé dans un premier temps.

Le Luxembourg et l'Autriche ont de leur côté accepté de coopérer avec les autres pays en échangeant des informations bancaires en cas de soupçons de fraude fiscale. Quant à la Suisse, elle a annoncé qu'elle allait se conformer aux standards de l'OCDE.

Quatre critères sont retenus par l'OCDE pour définir un paradis fiscal : des impôts insignifiants ou inexistants, l'absence de transparence sur le régime fiscal, l'absence d'échanges de renseignements fiscaux avec d'autres Etats et le fait d'attirer des sociétés écrans ayant une activité fictive.

SOURCE : AOL.COM


NOTRE REACTION A CHAUD :

Suite à ce qui vient d'être publié, à savoir le ciblage des Paradis fiscaux, notre question est celle de savoir si les Banques françaises (BNP-Paribas par exemple) vont-elles arrêter, cesser de recevoir (voire blanchir) les fonds provenant des Kleptocrates africains du pré carré (Françafrique) ? Nous parlons surtout de ceux que la France a placés elle-même à la tête de nos pays, comme Sassou Nguesso, entre autres. Dans ce contexte, en permettant aux prédateurs africains de placer le fruit de leurs prévarications et autres larcins dans ses Banques, la France est aussi un PARADIS FISCAL pour les pillards de l'Afrique.

Groupe Africdossier

16:18 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : paradis fiscaux, ocde, g20 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 03 avril 2009

LES PAYS PAUVRES GRANDS OUBLIES DU G20

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Communiqué de presse - Jeudi 2 Avril 2009.

Réaction du CCFD-Terre solidaire au communiqué du G20.

Le G20 a montré qu’avec un peu de volonté politique, on peut faire quelques avancées. Mais le sort des populations les plus pauvres du monde n’était manifestement pas sa priorité. Pour le CCFD-Terre solidaire, le G20 a manqué une occasion historique de faire du sort des 3 milliards de pauvres la boussole de l’économie mondiale.


Le G20 n’a pas servi à rien. Plusieurs demandes historiques du CCFD-Terre solidaire ont été actées par le G20, comme le principe d’une liste noire des paradis fiscaux et l’abandon de la mainmise de l’Union européenne et les Etats-Unis sur la direction du FMI et de la Banque mondiale. Avec les règles de prudence et les mécanismes de contrôle qu’il a décidé d’imposer aux banques, le risque d’une nouvelle crise financière telle que celle des subprimes est sérieusement amoindri. C’est le minimum qu’on pouvait attendre du G20, mais c’est déjà ça.

Toutefois, pour Antoine Malafosse, délégué général du CCFD-Terre solidaire, « le G20 a beaucoup parlé de régulation et de relance, mais il a complètement oublié un 3ème ‘R’ – la répartition des richesses. Le G20 passe à la trappe le sort des pays pauvres, qui sont pourtant les plus durement touchés par une crise dont ils ne sont aucunement responsables ».

Le CCFD-Terre solidaire en veut pour preuve que :

Ø Seuls les pays émergents ont été invités à négocier, laissant de côté les plus pauvres et l’ONU. Le G20 fait comme si l’ONU n’avait rien à proposer, alors que la Commission Stiglitz a formulé des propositions ambitieuses pour alimenter le sommet onusien sur la crise du 1er au 3 juin[1].

Ø Alors que les paradis fiscaux coûtent 900 milliards de dollars par an aux pays du Sud, les progrès annoncés ne serviront qu’aux pays riches. Avec la liste noire du G20, rien n’oblige les paradis fiscaux à être transparents avec les pays pauvres. Au contraire, le G20 confie le mandat d’évaluer les paradis fiscaux à l’OCDE, un club de pays riches.

Ø Le G20 condamne un peu vite le protectionnisme : il a sans doute raison de le faire pour les pays riches, mais il ne faut pas oublier que pour les pays pauvres, la protection des marchés agricoles est une condition sine qua non pour que des dizaines de millions de paysans puissent continuer à vivre de leur travail.

Ø Le G20 s’est focalisé sur les banques, mais il est resté muet sur le besoin de réguler les entreprises multinationales, qui n’ont aujourd’hui de comptes à rendre devant personne lorsque leurs filiales ou leurs fournisseurs commettent des violations des droits de l’Homme ou de l’environnement dans les pays pauvres.

Ø Le G20 annonce 1 000 milliards de dollars pour le FMI, la Banque mondiale et les banques de développement, mais le bénéfice qu’en tireront les pays pauvres reste flou. Selon le réseau Eurodad, l’aide annoncée par le G20 à l’intention des pays pauvres ne représente qu’1/20ème des besoins chiffrés par la Banque mondiale pour faire face à la crise[2].

Ø Le G20 annonce que les pays émergents auront plus de poids au sein du FMI et de la Banque mondiale, mais ce processus devrait encore laisser sur le carreau les pays les plus pauvres.

Ø Le G20 insiste pour règlementer le crédit, mais il oublie ses lourdes responsabilités dans le surendettement des pays pauvres.

Contact presse : Véronique de La Martinière – 01 44 82 80 64 – 06 07 77 05 80

11:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ccfd-terre solidaire, pays pauvres, g20, crise financière internationale, communiqué du g20 | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 02 avril 2009

LE SOMMET DU G 20 : LE MONDE VEUT SE FAIRE UN LIFTING ECONOMIQUE ET SE DONNER UNE BONNE CONSCIENCE, MAIS LE MAL EST FAIT !

PHOTO G20 AVRIL 2009.jpgQu'est ce qu'il en sort d'un sommet du G20 ? Tout d'abord, le Groupe des 20 (ou G20) est un forum économique qui a été créé en 1999, après la succession des crises financières dans les années 1990. Il vise à favoriser la concertation internationale, en intégrant le principe d'un dialogue élargi tenant compte du poids économique croissant pris par un certain nombre de pays. Le G20 représente les deux tiers du commerce et de la population mondiale et plus de 90 % du produit mondial brut (somme des PIB de tous les pays du monde).

Le 15 novembre 2008, pour la première fois de son histoire, ce sont les chefs d'État ou de gouvernement qui se sont réunis et non uniquement les ministres des finances. Les membres du G20 sont représentés par les Président accompagnés de leurs ministres des finances respectifs et les directeurs des banques centrales des 19 pays suivants : Allemagne, Afrique du Sud, Arabie saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, États-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie, Turquie.

L'Union européenne est représentée par le Président du conseil et celui de la Banque centrale européenne, ce qui explique le nom de G20. Les membres du G20 appartiennent au pays du G8 et à 10 pays à économies émergentes.

Le sommet du G20 à Washington de la mi-novembre 2008

D'après le communiqué final, la crise financière de 2008 résulterait d'un manque de coopération économique, de problèmes d'évaluation des risques, de normes comptables peu adaptées et disparates, et de déficiences quant à la surveillance des marchés. Le sommet du G20 de nombre 2008 avait condamné la tentation protectionniste et avait également recommandé dans son communiqué final " des mesures budgétaires pour stimuler la demande interne avec des résultats rapides ", il soulignait aussi " L'importance du soutien que la politique monétaire peut apporter dans les conditions appropriées à chaque pays "

Sur la question de la nouvelle architecture financière internationale, le G20 avait à son temps décidé de se réunir à Londres fin mars début avril et de lancer un certain nombre d'études visant :

" à améliorer la transparence et les systèmes comptables au niveau notamment du Bureau des standards comptables internationaux, plus connu sous son nom anglais d' International Accounting Standards Board (IASB), est l'organisme international chargé de l'élaboration des normes comptables internationales IAS/IFRS. Il remplace, depuis 2001, l'International Accounting Standards Committee.

à renforcer le contrôle prudentiel par une révision des normes régissant les agences de notation et par un examen des risques liés aux " dérivés sur événement de crédit " ou en anglais Credit Default Swaps (CDS) sont des contrats financiers de protection, entre acheteurs et vendeurs. L'acheteur de protection verse une prime ex ante " est une locution latine signifiant " au préalable " annuelle calculée sur le montant notionnel de l'actif (souvent dit de référence ou sous-jacent), au vendeur de protection qui promet de compenser ex-post les pertes de l'actif de référence en cas d'événement de crédit précisé dans le contrat. C'est donc, sur le plan des flux financiers, comme un contrat d'assurance.

Il s'agit d'une transaction non-financée : sans obligation de mettre de côté des fonds pour garantir la transaction, le vendeur de protection reçoit des primes périodiques et augmente ses avoirs sans nul investissement en capital si aucun événement de crédit n'a lieu jusqu'à maturité du contrat. Dans le cas contraire, événement plus ou moins probable mais très coûteux, il est contraint de faire un paiement contingent, donc de fournir des fonds ex post. Il s'agit donc d'une exposition hors-bilan.

" à améliorer la gestion du risque en mettant au point de nouveau modèle et en révisant les régimes de rémunérations des traders;

" à améliorer la supervision des marchés en renforçant la coopération entre les instances nationales et en renforçant la surveillance des grandes sociétés financières internationales,

à améliorer la régulation en demandant au FMI (Fonds Monétaire international) et au Forum de stabilité financière (Le Forum de stabilité financière (en anglais Financial Stability Forum) ou FSF est un groupe informel créé en 1999 à l'initiative du G7. Il regroupe 26 autorités financières nationales (banques centrales, ministères des finances, ...), plusieurs organisations internationales et groupements élaborant des normes dans le domaine de la stabilité financière. Ses objectifs relèvent de la coopération dans le domaine de la supervision et de la surveillance des institutions financières. Son secrétariat est hébergé par la Banque des règlements internationaux, à Bâle. En 2009, le forum est présidé par l'Italien Mario Draghi.

Le FSF devrait prochainement s'élargir aux membres du G20 qui n'y sont pas encore représentés.

" des formuler des recommandations pour limiter les effets cycliques de la finance,

" à renforcer la capacité des institutions financières internationales à aider les économies en difficulté.

Or, à la lumière de cette crise économique sans précédent plombée par des spéculations boursières, le groupe des 20 n'ont jamais décelé le moindre indicateur de crash mondial, par l'opacité de ces opérations hasardeuses de traders et banquiers sans scrupules assoiffés de glorioles. Résultat ; Faillites bancaires, des milliards de dollars envolés, une croissance mondiale en berne, des gouvernements impuissants. Le capitalisme financier est en crise. A titre indicatif, pour enrayer et vaincre la faim dans le monde il faudrait simplement une volonté politique internationale d'une enveloppe budgétaire de 15 à 20 milliards de dollars par an.

Un rapport semestriel de la Banque d'Angleterre donne une évaluation chiffrée du coût de la crise actuelle pour le système financier mondial. La Banque d'Angleterre estime le coût de la crise à 2.800 milliards de dollars soit 2.240 milliards d'euros. Un chiffre qui vous donne le tournis, et plaçant ces banques et institutions bancaires comme des organisations mafieuses et criminelles contre le développement et l'équilibre mondial. Certains spécialistes estiment que ce coût est en dessous de la réalité car les pertes continuent.

Quelles sont les causes de la crise financière mondiale ?

Etape 1 : La crise financière part des Etats-Unis en août 2007

La crise débute à l'été 2007 à cause des "subprimes", des prêts hypothécaires consentis à la classe moyenne américaine. En temps normal, un particulier qui souhaite acquérir un appartement peut emprunter en fonction de son salaire et de sa capacité à rembourser. Inconvénient du système : l'emprunt est proportionnel au salaire. Si vous ne gagnez pas beaucoup, vous ne pouvez pas emprunter beaucoup, donc vous ne pouvez pas acheter.

Les Américains ont donc créé des subprimes : vous empruntez ce que vous voulez (même si le salaire n'est pas très élevé) mais c'est la maison qui est en garantie. En clair, si vous ne pouvez pas rembourser, la banque récupère la maison et la vend. Mais quand les prix de l'immobilier baissent, les banques paniquent ! Cas de figure classique : un emprunteur ne rembourse plus, la banque décide donc de vendre sa maison et de tout récupérer. Mais comme les prix de l'immobilier ont baissé, la banque perd de l'argent sur la vente. C'est la crise des subprimes : certaines banques qui avaient eu trop recours à ce type de prêt se sont retrouvés dans une situation financière critique. Et plus de 2 millions de personnes se retrouvent ruinées aux Etats-Unis, faute de pouvoir rembourser les emprunts.

Etape 2 : Toutes les banques sont touchées à cause de la titrisation

Pour tenter de limiter les risques de ces crédits d'un nouveau genre, les banquiers ont eu recours à la titrisation. Ils ont transformé ces emprunts en titre sur les marchés boursiers. Concrètement, si un particulier emprunte 1000 euros, il doit en rembourser 1200 euros à la banque avec les intérêts. Pour gagner plus rapidement de l'argent, les banques ont émis des titres de dette, c'est-à-dire un papier donnant droit à ces 1200 euros. Ces titres de dette se sont échangés sur les places boursières.

Quel est l'intérêt pour les acheteurs de ces titres ? Si l'acquéreur achète son titre à 1100 euros, il sait qu'il a la garantie de recevoir 1200 euros. Or, à partir du moment où celui qui doit rembourser l'emprunt pour l'achat de sa maison ne peut plus payer, le titre n'a plus aucune valeur. Ce sont ces montages financiers complexes qui expliquent la chute de la bourse car toutes les banques étrangères, notamment européennes, se sont aperçues qu'elles possédaient des titres de subprime qui ne valaient plus rien. Tout le monde en avait mais personne ne savait vraiment combien.

Etape 3 : Les banques se méfient et ne se prêtent plus d'argent

Dans un premier temps, les banques étrangères se sont voulues rassurantes. En France, le directeur de la BNP a d'abord affirmé que la banque n'avait pas procédé à des placements risqués de ce type. Mais quelques jours plus tard, après analyse, la BNP réalise qu'elle possède des subprimes. Le jeudi 9 Août 2007, la BNP décide de geler la cotation de 3 fonds d'investissement. La panique gagne alors les marchés car plus personne ne se sent à l'abri. A partir de là, les banques vont se méfier les unes des autres et ne plus vouloir se prêter de l'argent entre elles. Cette crise de confiance des marchés interbancaires va entraîner la faillite de certaines banques, malgré l'injection de milliards de dollars de la réserve fédérale américaine. Vous n'avez rien compris ? Passez à l'étape suivante.

Etape 4 : Faute de liquidités, certaines banques sont asphyxiées dès 2007

Pour comprendre comment les banques ont fait faillite dès 2007, il faut expliquer comment fonctionne le système bancaire. Quand vous empruntez 100 000 euros à la Société Générale, celle-ci augmente la masse monétaire de 100 000 euros. Elle crée donc 100 000 euros. Mais pour éviter que la machine à billet ne s'emballe (créer de la monnaie sans contrôle), la Société Générale doit déposer une partie de la somme créée sur un compte de la Banque Centrale Européenne. C'est ce qu'on appelle les "réserves obligatoires". Si le taux de réserves obligatoires est de 1%, la société Générale doit donc déposer sur le compte de la Banque Centrale Européenne 1 000 euros. Ce système là permet à la banque centrale européenne de contrôler la création de monnaie.

Souvent les banques n'ont pas les liquidités nécessaires pour accorder des crédits (le flux entre l'argent déposé par des épargnants et l'argent prêté aux autres n'est jamais équilibré à l'instant T). Elles empruntent donc de l'argent à une autre banque pour pouvoir verser la "réserve obligatoire" à la BCE afin de pouvoir accorder le crédit au client. C'est une pratique courante : les banques se soutiennent et se prêtent de l'argent entre elles. Mais quand il y a une crise de confiance, c'est tout le système qui s'enraye. Pour éviter un effondrement général et des faillites en cascade, la banque centrale "injecte" des milliards, c'est-à-dire qu'elle permet aux banques de récupérer des liquidités à très faible coût.

Malgré cela, certaines banques se sont retrouvées asphyxiées très rapidement : elles ont perdu des sommes colossales avec les subprimes, et elles n'ont pas réussi à poursuivre leur activité de crédit car les autres banques, méfiantes, ont refusé de leur prêter des liquidités pour faire face. De nombreuses banques se sont donc retrouvées dans des situations difficiles : en Grande Bretagne, la Northern Rock a dû être nationalisée, sous peine de disparaître.

Etape 5 : La panique gagne les marchés financiers en 2008

La plupart des économistes pensaient que le gros de la crise était passé début 2008. Une fois que la crise des subprimes est bien identifiée, que les banques ont revendu ces titres à risques, la crise financière était sur le point de se terminer après un dernier soubresaut fin 2007. Mais la crise est repartie de plus belle en février 2008 quand les banques ont arrêté leurs comptes annuels. Les pertes se sont avérées plus importantes que prévu : entre la chute de l'immobilier, la crise des subprimes, les soubresauts de la bourse qui ont fait chuter les cours, les pertes d'actifs se sont montées à plusieurs dizaines de milliards de dollars pour certaines banques. C'est le cas de Citibank, qui était la première banque mondiale jusqu'à cette crise.

Dès lors, la crise financière qui était d'abord une crise bancaire va se transformer en krach boursier. A chaque mauvaise nouvelle ou publication des comptes d'une banque, le titre de la banque chute sur les marchés financiers. Les banques ont alors des pertes colossales, et comme en 2007, peinent à trouver des liquidités. Vue la situation de crise, comme en 2007, les banques ne se font plus confiance et le marché interbancaire se grippe. Certains établissements de crédit ont donc vu leur valeur boursière chuté en quelques semaines. Par exemple, AIG (numéro 1 de l'Assurance) a perdu 45% de sa valeur en une semaine et 79% sur un an. Lehman Brothers, la quatrième banque d'affaires de Wall Street, a perdu 45% de sa valeur en une seule journée et 94% sur un an. Jamais des chutes aussi vertigineuses n'avaient été constatées depuis la crise de 1929.

Etape 6 : Tentative de sauvetage à coût de centaines de milliards

Face à ce qui s'apparente à une banqueroute généralisée, les banques centrales et les Etats tentent de venir en aide à tous les établissements les plus fragiles pour éviter des faillites qui auraient des conséquences très importantes sur l'économie réelle. Trois sorties de crise sont exploitées :

1. Les banques centrales injectent de nouveau des liquidités pour que ces banques puissent emprunter. Mais cette solution a des limites : la création monétaire doit être fortement encadrée sinon, il y a un risque très élevé d'inflation. Les prix pourraient s'envoler et accélérer ainsi la propagation de la crise dans l'économie réelle.

2. Les banques centrales volent au secours de certaines banques en récupérant à leur compte les titres dépréciés, comme les subprimes. C'est ce qu'a fait la banque centrale américaine en mars pour sauver la banque d'investissement Bear Stearns. La banque centrale américaine a récupéré 29 milliards d'actifs toxiques (dépréciés et peu surs) et facilité la reprise de Bear Stearns par une autre banque JP Morgan. Là encore, cette solution a des limites. La banque centrale américaine ne peut effacer d'un seul coût des milliards de perte pour chaque banque en difficulté.

3. Le gouvernement américain tente de sauver certains établissements pour éviter un effondrement de tout le système bancaire. Par exemple, Freddie Mac et Fannie Mae, deux géants américains du crédit hypothécaire, ont été placés sous la tutelle du gouvernement. Le trésor américain va dépenser 200 milliards de dollars pour sauver ces deux établissements. Seulement, le gouvernement américain ne peut sauver toutes les banques en difficulté : d'abord parce que cela coûte des milliards de dollars aux contribuables, et ensuite parce que cela donnerait de très mauvais signes aux marchés financiers, qui auraient l'impression de bénéficier d'une certaine impunité. A quoi bon assainir le système si les Etats sont prêts à aider toute le monde à coût de plusieurs centaines de milliards de dollars ? Voilà pourquoi le Trésor américain a refusé de voler au secours de la banque Lehman Brothers, qui a donc fait faillite.

Et maintenant ? De nombreuses banques sont dans des situations difficiles. Le gouvernement américain tente de convaincre le congrès de voter un plan de sauvetage de 700 milliards de dollars. Les marchés financiers sont toujours aussi volatiles, la confiance n'est pas revenue. Tout ceci va avoir des conséquences sur l'économie réelle en France et en Europe : les banques vont durcir les conditions de crédit pour les particuliers (les prêts immobiliers sont plus difficiles à obtenir) et pour les entreprises (les investissements vont se ralentir). Le capitalisme financier connaît donc l'une des plus graves crises depuis le krach boursier de 1929.

Cette crise frappe par sa rapidité et son enchaînement : la crise immobilière américaine s'est transformée en crise financière et bancaire, elle-même entraînant une crise économique mondiale avec des risques de récession aux Etats-Unis, en Europe et partout ailleurs. Signe que la crise est sérieuse, la croissance française ne devrait être que de 1% en 2008, et les chiffres du chômage sont très mauvais au mois d'août : il y aurait entre 30 000 et 40 000 demandeurs d'emploi en plus. Il faut remonter à 1993 pour trouver une hausse aussi brutale du taux de chômage en France d'après politique.net


POURQUOI SARKOZY MENACE DE CLAQUER LA PORTE ?


À 48 heures de l'ouverture du très attendu sommet de Londres sur la crise internationale, Nicolas Sarkozy fait pression sur ses partenaires du G20. L'objectif poursuivi ? Que des avancées effectives découlent de cette réunion internationale. En déplacement à Châtellerault, dans la Vienne, mardi, pour défendre ses mesures sociales , il a estimé que la crise économique et financière était "trop grave pour que l'on se permette un sommet pour rien". Le président français veut toutefois rester optimiste : "J'ai eu Gordon Brown (le Premier ministre anglais) encore longtemps hier soir (lundi soir au téléphone, NDLR), il a une volonté d'avancer. J'ai eu Barack Obama (le président américain), j'ai vu ce qu'il a écrit aussi, il faut qu'on obtienne des résultats."

Le 18 mars dernier, à l'issue d'un conseil des ministres, le Président se serait fait beaucoup plus menaçant selon Le Figaro et The Times mardi : "Si ça n'avance pas, ce sera la chaise vide ! Je me lèverai et je partirai." "Rien ne serait pire qu'un G20 a minima, je préfère le clash au consensus mou", aurait-il glissé dans des propos rapportés à la veille de s'envoler pour la capitale britannique.

"Il faut des résultats"

"Je crois que le sommet de Londres doit parvenir à des résultats concrets et à des conclusions très importantes", positive pour sa part le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, qui prévient toutefois qu'on "ne peut pas attendre de solution miracle le 2 avril". Selon lui, "il sera utile d'avoir un autre sommet cette année". Une éventualité que le Premier ministre britannique Gordon Brown n'a pas non plus exclue.

Au coeur des préoccupations élyséennes, la régulation financière, jugée responsable en grande partie de la crise économique actuelle. Lors de son discours à Saint-Quentin, le 24 mars , Nicolas Sarkozy a prévenu que le G20 devrait aboutir à des "résultats" en la matière. "On ne peut pas tout changer d'un coup mais il faut des résultats (...) Je ne m'associerai pas à un sommet mondial qui déciderait de ne rien décider", a-t-il alors averti, assurant que la France allait "porter le combat pour la moralisation du capitalisme financier et pour la refondation d'un capitalisme mieux régulé" lors de ce sommet de Londres selon le point.


LES ALTERMONDIALISTES UN MAL NECESSAIRE POUR LA RESOLUTION DE CETTE CRISE


Le mouvement altermondialiste, ou altermondialisme, est un mouvement social composé d'acteurs très divers qui proposent pour l'essentiel un ensemble de valeurs " sociales " et soucieuses de l'environnement comme moteur de la mondialisation et du développement humain, en opposition à ce qu'ils analysent comme les " logiques économiques de la mondialisation néolibérale ".

Plusieurs milliers de personnes étaient attendues samedi à Londres pour une grande marche altermondialiste avant le sommet du G20 jeudi, un rassemblement qui pourrait être le plus important dans la capitale britannique depuis celui de 2003 contre la guerre en Irak.

Le défilé avec pour principal slogan "Put people first" ("Donnez la priorité aux gens"), a été préparé par une coalition de plus de 150 organisations dont le large éventail de sensibilités converge vers un intérêt commun: "l'emploi, la justice et le climat". Des manifestations similaires étaient prévues samedi à Berlin, Francfort ou encore Paris, tandis qu'entre lundi et jeudi, des protestations tous azimuts sont programmées à Londres (sommet alternatif, journée du poisson d'avril financier pour bloquer les établissements financiers de la City, campement dénonçant le réchauffement climatique).

Risques d'actions violentes à la City

Des membres de la coalition ont dénoncé le coût de l'organisation d'un tel évènement: entre 19 et 20 millions de livres (plus de 20 millions d'euros) pour le pays hôte. Rendez-vous a été donné à Victoria Embankment, sur les berges de la Tamise en bordure du quartier des affaires de la City, avant de défiler jusqu'à Hyde park qui devrait être rallié vers 15h30. La coalition -composée de syndicats, organisations caritatives, défenseurs de l'environnement, associations religieuses, groupes d'étudiants, militants pacifistes- table sur la participation de centaines de milliers de personnes. Mais certains pourraient être découragés par la bruine qui tombait par intermittence sur Londres et une température d'une dizaine de degrés seulement.

Des milliers de policiers ont été acheminés de la province anglaise vers Londres pour prêter main forte à Scotland Yard. La police craint en particulier des actions violentes dans la City, cœur de la finance britannique, notamment contre des établissements bancaires et autres institutions financières.

En l'état actuel des choses, les projets de conclusion du G20 ne conviennent ni à l'Allemagne ni à la France", a expliqué, dans la matinée, le président de la République Français, Ce sommet accouchera d'une petite souris qui fera fuir les grands de ce monde. Bis repetita ! Le monde servira ses richesses de plus bel aux nantis et les pauvres iront voir ailleurs sous un pont de la misère.

Rédacteur en chef
BONGOS Roger


Source: www.diasporacongolaisedefrance.com

22:09 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, crise financière internationale, bongos roger | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 24 mars 2009

DEBAT SUR LE PRESERVATIF: L'HOMME EST-IL UN ANIMAL COMME LES AUTRES?

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Par Alix Ducret. Le 19 Mars 2009, sur Historia Nostra.

L'homme est un animal. Mais n'est-il que cela ? Et n’est-il qu'un animal sexuel ? C'est ni plus ni moins la question que pose l'Eglise catholique depuis pas moins de vingt ans, depuis l'apparition du sida et la promotion du préservatif comme seul moyen d'échapper à cette maladie. Benoît XVI ne fait que réaffirmer la position de l'Eglise, celle de Jean-Paul II avant lui. Et comme son prédécesseur, voici que les foudres médiatiques s'abattent sur lui avec toujours le même discours, la même critique. Pourtant, on peut légitimement se poser la question de savoir qui des deux est le plus criminel : celui qui prône l'assouvissement de ses instincts, quel qu'en soit le prix ; ou celui qui prêche pour une sexualité dépassionnée ? Qui est le plus criminel : celui qui vante l'amour libre, consommable, multiple ; ou celui qui se fait le chantre de la fidélité ? Car c'est bien là la vraie question, le vrai débat pour l'Eglise catholique. Un débat que les sociétés civiles se refusent à admettre parce que la consommation -quelle soit sexuelle ou autre- prime sur tout ; parce qu'il semble aberrant de penser que les passions peuvent être maîtrisées… que l'on soit Européen ou Africain, Blanc ou Noir.
Il est étonnant de constater que ce que l'Eglise affirme depuis vingt ans à travers le monde entier, choque plus particulièrement lorsque ces propos sont tenus en Afrique. Serait-ce que le pape est le seul à considérer que, comme les Européens, les Africains sont capables de parvenir à "une humanisation de la sexualité, c'est-à-dire à un renouveau spirituel et humain qui apporte avec soi une nouvelle façon de se comporter l'un avec l'autre" ? Cette citation de Benoît XVI fait immédiatement suite à ses propos disant que "on ne peut pas résoudre ce problème par la distribution de préservatif" et que les médias ont abondamment relayés. De fait, il est évident que le discours axé uniquement sur le préservatif et son usage a montré ses limites. Pourquoi, dès lors, un autre discours serait-il impensable ? Pourquoi, aussi, les médias n’ont-ils donné qu'une information tronquée ? Pourquoi ont-ils volontairement -car on ne saurait les accuser de ne pas savoir faire leur métier, n'est-ce pas ?- oublié la demande papale pour la gratuité des soins concernant les malades du sida ?
Mais, contrairement au pape, les journalistes français ne semblent pas considérer que les Africains sont aptes à s'élever au-dessus de leurs instincts sexuels. L'infidélité et le multi-partenariat sont parmi les causes principales de l'extension du sida. Les médecins le savent, l'Eglise le sait et on peut supposer que les médias également. Serait-ce alors que ces mêmes médias considèrent que seul l'Européen -à qui l'Eglise tient le même discours, rappelons-le- est le seul à pouvoir atteindre à un niveau qui ne se cantonne pas à l'animalité ? Serait-ce que, contrairement au pape, qui appelait à Yaoundé les Africains à la responsabilité dans la lutte contre le sida, les médias, intellectuels et politiques français pensent que les Africains en sont incapables ? Serait-ce que, au fond d'eux, nos élites voient les Africains comme inférieurs aux Européens au point qu'ils aient besoin qu'on leur tienne des discours différents ?

Source: www.historia-nostra.com

17:24 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : benoît 16, sida, vih, afrique, cameroun, préservatif, vatican, tournée papale en afrique | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 19 mars 2009

LE PAPE BENOIT XVI A-T-IL RAISON DE DECONSEILLER LE PRESERVATIF ?

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En chemin pour une visite officielle au Cameroun s'inscrivant dans une tournée africaine, pendant un point de presse dans l’avion qui l’y conduisait, avant-hier, mardi 17 Mars 2009, le Pape Benoît XVI créé la polémique en déclarant, en substance, que l’argent seul ne pouvait pas régler le problème du sida, ni même le préservatif, qui l’aggraverait plutôt. Pour lui, il faudrait « un peu d’âme, un peu de spiritualité » pour arriver à juguler le mal. L’indignation ne se fait pas attendre, à travers le monde. C’est à un véritable tir groupé contre le Chef de l’Eglise Catholique qu’on assiste. Certains ne sont pas même loin de l’accuser de racisme contre l’Afrique. Un député français l’a même accusé de crime contre l’humanité. Au-delà de cette levée de bouclier générale qu’essaie d’amoindrir la cellule de communication du Vatican en se fendant en explications, que penser de cette déclaration ? Le Pape a-t-il raison de déconseiller le préservatif comme moyen de lutte contre le sida ?

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En tant que formateur de formateurs de l’Internationale de l’Education, Section Côte d’Ivoire, en matière de sida (anciennement IST/VIH/SIDA) et ex-Président Régional du REPMASCI, j’ai toujours recommandé les trois moyens de prévention contre le sida que sont l’abstinence pour les jeunes jusqu’au mariage, la fidélité pour les mariés et les personnes qui ont ou vivent avec une ou un partenaire sexuel et le préservatif pour tous ceux qui ne peuvent s’abstenir, qui sont sexuellement actifs et qui ont des rapports occasionnels ou à risque.
Mes convictions chrétiennes me font, naturellement, pencher pour l’abstinence et la fidélité qui constituent les moyens les plus sûrs et les plus fiables pour se mettre à l’abri du sida qui (rappelons-le), en Côte d’Ivoire, se contracte à 90 voire 95% par voie sexuelle et à y mettre plus l’accent. Tel est aussi le choix des chrétiens qui sont évangéliques comme moi et de bien de religieux.

De là à désavouer le préservatif, qu’en penser ? Ma pratique du milieu et mon analyse de la question, en tant que formateur et sensibilisateur, ne me permettent pas de jeter la pierre au Pape Benoît XVI (même si je n’éprouve aucune sympathie pour cet homme ni pour le système qu’il dirige).
Je ne peux non plus le taxer de racisme, sur cette question précise (même si c’est une pratique ordinaire au Vatican, contre les Noirs) ou l’accuser de crime contre l’humanité.

En tant que formateur, je sais que 30% au moins des préservatifs ne sont pas fiables : Défauts de fabrication, mauvaises conditions de conservation par les utilisateurs. Tous les sensibilisateurs sérieux et bien formés vous le diront. Malgré la promotion tous azimuts du préservatif, le taux de séroprévalence ne faiblit pas, dans le monde. Bien au contraire ! Cet indicateur est assez troublant. La situation aurait-elle été pire sans le préservatif ? Personne ne peut le dire de façon péremptoire.

Ajouté à cela, la mauvaise utilisation faite par les utilisateurs qui n’ont pas toujours la bonne manipulation ou la bonne pratique. Cette situation est pire chez les jeunes.
Et à leur niveau, la distribution de préservatifs, pendant nos campagnes de sensibilisation, s’apparente bien souvent à une incitation, une suggestion, un encouragement à avoir des rapports sexuels, même si notre souci premier a toujours été de les exhorter à en avoir de « protégés », au cas où.
Faut-il les encourager à se protéger quand il est plutôt recommandable qu’ils n’aient pas de rapports sexuels, à leur âge ? Du moins, avant le mariage ? Cela fait appel à la morale ou à l’éducation religieuse. Or, justement, la lutte mondiale contre le VIH ne s’en embarrasse pas, même si par souci de multisectorialité de la lutte, on a de plus en plus recours aux confessions religieuses et aux leaders d’opinion dans la sensibilisation et la prise en charge des personnes vivant avec le VIH.
Mais fait curieux, c’est le réveil spirituel, en Ouganda, qui a sauvé ce pays du sida. Ce réveil a déporté des millions d’ougandais vers les valeurs bibliques et spirituelles que sont l’abstinence avant le mariage et la fidélité dans le mariage, remettant ainsi la foi et le mariage au centre de l’échelle des valeurs de ce peuple dont on loue, aujourd’hui, unanimement, le net recul du taux de séroprévalence. Humblement, pourquoi ne pas copier ce qui a réussi, ailleurs ?

Je vous raconte juste une petite anecdote : Un jeune marié ivoirien a engrossé son épouse, à deux reprises, en utilisant avec elle le préservatif comme moyen de contraception. Leurs deux enfants sont issus de ces deux rapports « protégés ». Ils ne constituent certainement pas un cas isolé. Alors, imaginez un seul instant que ce soit dans une situation de rapports sexuels occasionnels à risque. Que serait-il advenu de nos deux tourtereaux ? La question reste posée.
Bien de préservatifs ont cédé, se sont déchirés, pendant des ébats amoureux. Mais, je tiens à préciser, ici, que ce n’est pas non plus une campagne contre le préservatif que je mène. Dire ces choses n’est pas saborder le travail de ceux qui se sont engagés dans la lutte, comme moi.

Certes, nous promouvons le préservatif comme moyen de lutte contre le sida mais nous devons aussi la vérité au monde entier, surtout quand il n’existe aucun traitement curatif contre cette redoutable pandémie. Certains y trouveront un mobile pour ne plus en porter ou certaines pour ne plus en négocier le port avec leurs partenaires sexuels. Ce ne serait pas la meilleure décision pour eux.

Il est tout de même juste de dire que même s’il existe des préservatifs défaillants, il en existe également des millions voire des milliards d’excellente qualité, qui ne comportent pas de risque pour les utilisateurs, du point de vue de leur structure moléculaire.

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L’aspect sur lequel je rejoins entièrement Benoît XVI, c’est le libertinage débridé que le préservatif favorise chez les jeunes, en particulier, et chez toutes les personnes sexuellement actives, en générale. Lorsqu’un jeune (ou toute autre personne) se met en tête qu’avec le préservatif, il ne risque ni grossesse ni infection sexuellement transmissible (IST), il peut se permettre beaucoup. L’effet induit, c’est qu’on lutte contre le sida tout en démultipliant le nombre de rapports occasionnels et en rapprochant, de plus en plus, la précocité des rapports sexuels chez les jeunes. Sans le vouloir, nous faisons ainsi la promotion du sexe et du libertinage. Tout l’inverse de l’effet escompté.
Finalement, le préservatif : un mal nécessaire ? C’est, malheureusement, ce que cela me semble être. Il existe, assurément, un dilemme cornélien dans le choix à faire entre le fait de préserver les partenaires sexuels du sida par le condom et celui tout à la fois de ne pas les brader au libertinage sexuel débridé, qui n’est pas le moindre mal de notre monde.

A côté de tout ceci, il y a les profits qui se chiffrent en nombre astronomique des fabricants de condoms et des ONG Internationales qui fourmillent dans le monde, dans le domaine de la lutte et qui pourraient sentir leurs intérêts pécuniaires mis en danger par les déclarations du Pape Benoît XVI, quand il condamne l’usage du préservatif dans la lutte contre le sida et recommande le recours à la morale et à la spiritualité comme la voie la plus viable. Remettant, du coup, les ecclésiastiques et les religieux de toute obédience au devant de la lutte, par le moyen de l’éducation morale et spirituelle. J’estime que, vu sous cet angle, ce n’est pas une mauvaise chose. C’en est même une très bonne !


DINDE Fernand AGBO



12:41 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : benoît 16, sida, vih, vatican, visite papale au cameroun | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 16 mars 2009

LE DOUBLE LANGAGE D'UN FMI DELEGITIME

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Lu sur SAOTI.OVER-BLOG.COM: Avec la crise internationale déclenchée à l'été 2008, tous les dogmes néolibéraux ont été battus en brèche et la supercherie qu'ils représentaient a été mise à jour. Ne pouvant nier leurs échecs, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) prétendent avoir abandonné les politiques néolibérales connues sous le nom de «consensus de Washington». Bien que discréditées, ces deux institutions profitent pourtant de la crise internationale pour revenir sur le devant de la scène.

Pendant des décennies, elles ont imposé aux forceps des mesures de déréglementation et des programmes d'ajustement structurel qui ont conduit immanquablement à l'impasse actuelle. C'est un réel fiasco pour la Banque mondiale et le FMI qui doivent maintenant répondre de leurs actes devant l'opinion publique mondiale.

De surcroît, leurs prévisions économiques ne sont pas fiables : en novembre 2008, le FMI pronostiquait une croissance mondiale à 2,2% pour 2009, avant de la revoir à la baisse à 0,5% en janvier, puis de l'estimer finalement négative en mars. En fait, ses experts défendent la cause des grands créanciers face aux citoyens dont les droits fondamentaux sont de moins en moins garantis.

Alors que la situation économique se détériore rapidement, les grands argentiers du monde s'efforcent de garder la main et de donner à un FMI discrédité et délégitimé le rôle du chevalier blanc qui va aider les pauvres à faire face aux ravages de cette crise. Or c'est tout le contraire qui se passe. Les principes défendus par le FMI depuis les années 1980 et combattus par le CADTM (Comité pour l'annulation de la dette du tiers monde) depuis sa création sont toujours de mise. Les gouvernements qui signent un accord avec le FMI pour se voir prêter des fonds doivent appliquer toujours les mêmes recettes frelatées, qui aggravent la dégradation des conditions de vie des populations.

Sous la pression du FMI dirigé par Dominique Strauss-Kahn, plusieurs pays confrontés aux effets de la crise s’en sont pris aux revenus des salariés et des allocataires sociaux. La Lettonie a imposé une baisse de 15% des revenus des fonctionnaires, la Hongrie leur a supprimé le 13e mois (après avoir réduit les retraites dans le cadre d’un accord antérieur) et la Roumanie est sur le point de s’engager aussi dans cette voie. La potion est tellement amère que certains gouvernements hésitent. C’est ainsi que l'Ukraine a récemment jugé « inacceptables » les conditions imposées par le FMI, notamment le relèvement progressif de l'âge de mise à la retraite et la hausse des tarifs du logement.

Il est temps de dénoncer le double langage du FMI et de Dominique Strauss-Kahn, qui, d’une part, demandent à la communauté internationale d’augmenter les efforts pour atteindre des objectifs de développement du millénaire déjà bien tièdes et, d’autre part, forcent les gouvernements ayant recours à ses services à baisser les salaires dans la fonction publique. Il s'agit là de l'exact opposé d'une vraie véritable politique destinée à faire face à la crise en défendant l'intérêt de ceux qui en sont victimes.

Pour répondre à la crise des années 1930, le président états-unien Franklin Roosevelt avait été amené par la mobilisation sociale à réduire le temps de travail tout en augmentant les salaires, les allocations sociales et les droits des travailleurs, notamment en garantissant le droit de syndicalisation. Avec le New Deal, Roosevelt avait mis en place une réforme fiscale qui augmentait les prélèvements sur le capital. Le «socialiste» Dominique Strauss-Kahn est bien loin d’avoir la carrure de Franklin Roosevelt et continue coûte que coûte à défendre l'intérêt des grands créanciers qui l'ont nommé à ce poste lucratif.

Le FMI démontre donc une fois de plus qu’il est un instrument docile au service de ceux-là mêmes qui ont provoqué la crise financière actuelle. Dans cette période de grande déstabilisation monétaire (comme les variations énormes de parité entre le dollar et l’euro depuis un an), le FMI se révèle incapable de proposer la mise en œuvre d’une taxe de type Tobin-Spahn qui réduirait les variations des cours de change en combattant la spéculation et qui permettrait de réunir enfin les fonds nécessaires pour éradiquer la pauvreté et libérer le développement. Pourtant depuis sa création en 1944, l’obligation de favoriser le plein emploi figure explicitement dans les missions du FMI qui agit donc en violation de ses propres statuts.

La crise financière et économique mondiale souligne la faillite de la déréglementation des marchés financiers et de l’abandon du contrôle sur les mouvements de capitaux, prônés par le FMI. Cela rend indispensable la recherche d'une nouvelle architecture internationale basée sur le Pacte international sur les droits économiques, sociaux et culturels (1966) et sur la Déclaration des Nations unies sur le droit au développement (1986). Mais une telle logique ne s'imposera pas sans inversion du rapport de force. Si, sous la poussée des mobilisations populaires, un nombre suffisant de gouvernements ne met pas en place une telle alternative, la Banque mondiale et le FMI seront en mesure de surmonter leur crise en mettant à profit la chute des prix des produits de base pour entraîner les pays exsangues vers une nouvelle dépendance envers leurs crédits, dont la substance visera davantage à sauver le système qu'à satisfaire des critères humains et écologiques.

Pour toutes ces raisons, la seule solution acceptable passe par l'abolition immédiate du FMI et de la Banque mondiale, et leur remplacement par des institutions radicalement différentes, centrées sur la satisfaction des besoins humains fondamentaux.

Par Damien Millet et Eric Toussaint le 10 mars 2009

12:19 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : fmi, saoti, crise financière internationale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 13 mars 2009

SERGE BILE: LE RACISME, UNE PRATIQUE ORDINAIRE AU VATICAN

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À deux semaines de la visite du pape Benoît XVI en Afrique, un essai de Serge Bilé relance la polémique sur la ségrégation raciale au sein de l’Église catholique.

« J’ai fait de la réhabilitation de l’image des Noirs un combat. » Après Noirs dans les camps nazis, La Légende du sexe surdimensionné des Noirs, Quand les Noirs avaient des esclaves blancs, Serge Bilé, qui passait pourtant pour un bon catholique, a publié en janvier Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican (éd. Pascal Galodé). Un ouvrage que le journaliste franco-ivoirien, actuellement en poste à RFO-Martinique, a coécrit avec un confrère camerounais, Audifac Ignace. Il suscite déjà une très vive polémique. Mgr Méranville, archevêque de Martinique, a appelé ses fidèles à ne pas acheter un ouvrage « stercoraire », adjectif qualifiant les espèces animales ou végétales se nourrissant d’excréments…

Vous attendiez la première visite du pape Benoît XVI en Afrique pour sortir votre livre ?

Non. J’ai rencontré Ignace Audifac lors d’une conférence à Rome début 2005. Nous partagions la même idée : écrire sur les trois papes africains de l’Histoire, Victor Ier (189-199), Miltiades (311-314), tous deux d’origine nord-africaine, et Gélase Ier (492-496), né à Rome de parents africains, alors que l’on commençait à évoquer l’idée d’un pape noir pour succéder à Jean-Paul II. Il m’a présenté quelqu’un qui nous a remis le télégramme envoyé par l’ambassadeur de Grande-Bretagne au Saint-Siège, sir d’Arcy Osborne, au commandement des forces alliées en 1944. Ce courrier demandait, sur requête de Pie XII, qu’aucun soldat noir ne soit déployé à Rome pour la libération. Cela nous a donné envie d’enquêter sur le racisme au Vatican à travers les siècles, ainsi que sur la vie des religieux africains dans la capitale italienne.

On doit néanmoins à Pie XII la nomination du Béninois Bernardin Gantin à la tête de l’évêché de Cotonou, faisant de lui le premier Noir à diriger, à 34 ans, un diocèse dans toute l’Afrique de l’Ouest…

C’est vrai. Mais cette nomination fut une réponse à la protestation d’un groupe de séminaristes antillais et africains, faisant leurs études à Rome, qui ont publié en 1956 un livre retentissant, Les prêtres noirs s’interrogent, pour dénoncer le manque de considération du Vatican à leur égard. En fait, Pie XII a toujours eu une attitude ambiguë. Quand il était nonce apostolique en Allemagne, il s’est associé à la campagne internationale de dénigrement, orchestrée par les nazis, de soldats noirs de l’armée française accusés d’être des violeurs et de répandre la syphilis. Ce n’est pas le seul pape à avoir eu des positions critiquables. Pie XI n’a lui, rien trouvé à redire aux lois raciales adoptées par Mussolini contre les Noirs en Italie et a fait marche arrière, après avoir dénoncé les exactions de l’armée italienne en Éthiopie, de peur de s’attirer les foudres du Duce.

Vous écrivez « l’Église est humaine jusque dans la curie ». La hiérarchie serait donc elle aussi minée par le racisme ordinaire ?

Ce n’est pas moi qui le dis. C’est l’ancien secrétaire de Gantin, l’évêque béninois Paul Vieira. Voir un Noir gravir les échelons est difficilement accepté en Italie. Gantin, comme l’évêque zaïrois Emery Kabongo, secrétaire particulier de Jean-Paul II, ont subi l’hostilité de prélats et citoyens européens qui n’ont aucune considération pour les ecclésiastiques africains ou asiatiques. Certains ont reçu des insultes, des courriers xénophobes et ont même été agressés par des inconnus, comme Kabongo, dans un passé récent. Gantin avait confié que les prélats africains devaient en faire deux fois plus pour être reconnus.

Autre révélation de votre ouvrage : il y aurait une centaine de prêtres africains « clochards » à Rome…

Ces prêtres, qui viennent compléter leur formation dans la capitale romaine, sont envoyés par leurs évêques avec une bourse qui suffit à peine pour payer leur nourriture et leur loyer. Ils sont amenés à faire des petits boulots, comme célébrer des messes dans les familles au détriment de leurs cours. Si bien que certains ne parviennent pas à finir leurs études et restent sans pouvoir renouveler leur carte de séjour.

Une cinquantaine de sœurs seraient également « en délicatesse avec leur vocation »…

Le sujet est tabou. Nous avons eu un mal fou à trouver des personnes qui ont bien voulu nous parler. Mais il y a effectivement des religieuses noires qui exercent le plus vieux métier du monde pour 50 ou 100 euros auprès d’hommes d’affaires mais aussi de prêtres blancs ou noirs. Cela pose le problème de la vocation. Beaucoup de filles entrent dans les ordres en Afrique pour échapper à la misère. Arrivées en Italie, elles se retrouvent souvent sans moyens, corvéables à merci. Elles ne résistent pas toujours aux avances d’un prêtre ou d’un évêque. Le Vatican n’est bien évidemment pas complice. Mais, dans certains cas, les autorités ferment les yeux. Il y a une filière congolaise que l’on peut difficilement ne pas connaître à Rome…

Vous dénoncez encore les discriminations quotidiennes à l’égard des religieuses et des prêtres africains…

Les sœurs noires sont souvent chargées des tâches ingrates quand leurs consœurs européennes se voient confier les fonctions administratives. Les prêtres africains qui enseignent dans les collèges catholiques mettent plus de temps à être titularisés que les Européens…

Pourquoi se murent-ils dans le silence ?

La peur des sanctions, le carriérisme…

On ne parle plus trop aujourd’hui d’africanisation des pratiques, d’acculturation…

C’est totalement vrai. On fait même marche arrière. Le pape vient de réintégrer toute la communauté de la fraternité Saint-Pie X, dont certains membres sont négationnistes. Tous sont opposés à Vatican II, qui a marqué l’ouverture de l’Église, notamment en matière d’acculturation, et la fin de la malédiction de Cham, utilisée pour justifier le racisme et l’esclavage des peuples d’Afrique noire. En réintégrant 100.000 intégristes, on les conforte dans leurs positions – n’oublions pas qu’ils frayent avec l’extrême droite en France et en Belgique – passéistes et intégristes. On peut se demander si le pape ne partage pas certaines de leurs idées quand on voit qu’il a remis au goût du jour la messe en latin et la prière de conversion aux juifs.

Benoît XVI a-t-il une politique africaine ?

J’espère que son voyage africain en mars nous permettra d’en savoir plus. Beaucoup pensent qu’il se désintéresse de l’Afrique et reste très centré sur l’Europe. Jean-Paul II s’est rendu treize fois sur le continent. On a presque l’impression que Benoît XVI y va à contrecœur quatre ans après son élection. Jusqu’à présent, son message s’est limité aux incantations habituelles contre la guerre ou le sida.

L’Afrique est pourtant le continent où la dynamique d’évangélisation est la plus forte…

C’est paradoxal, mais les Africains – qui ne comptent que quinze cardinaux contre quarante italiens – sont sous-représentés au sein de l’Église.

Avec l’élection d’Obama, on se remet à parler de pape noir…

Ce serait un symbole fort. Mais certains considèrent, comme feu le théologien camerounais Jean-Marc Ela, que cela ne change pas grand-chose, car les ecclésiastiques africains, à l’exception de certains, sont devenus plus romains que les Romains. Francis Arinze est, comme Benoît XVI, opposé à l’avortement, au préservatif et à l’ordination des femmes prêtres. Gantin l’était aussi.

Par : Propos recueillis par Pascal Airault
Source : Jeune Afrique l’Intelligent

15:39 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vatican, racisme, bénoît 16, serge bilé, serge grah, rfo-martinique, ségrégation raciale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 22 novembre 2008

LA CRISE FINANCIERE ACTUELLE, LA GOUTE D'EAU QUI FERA DEBORDER LE VASE DES INSTITUTIONS DE BRETTON WOODS?

LE DOLLAR ILLUMINATI.jpg
Par Fred NTOUTOUME. Economiste.

Depuis que le 28 Juillet 2007, deux importants fonds d’investissements appartenant à la banque américaine Bear Stearns se sont déclarées en faillite, l’onde de choc de l’éclatement de la bulle immobilière américaine - ou crise des subprimes, a fait tache d’huile dans le reste de l’économie mondiale. Cette crise des prêts hypothécaires immobiliers de l’Outre-atlantique, faisant elle-même suite à une série d’autres crises sur les places financières depuis le début du XXe siècle, est à l’origine des poussées de fièvre actuelles que connaissent les marchés financiers américains, européens et asiatiques.

Sous le vocable de crises financières actuelles, nous retiendrons les principaux phénomènes d’exubérance irrationnelle suivie d’éclatement de bulles spéculatives – appelé « krach » - qui sont intervenus depuis le début de la décennie. L’euphorie boursière du Nasdaq puis sa brutale chute du 10 Mars 2000, suite à un afflux massif d’ordres de vente des valeurs technologiques, venait préfigurer la crise dite de « l’éclatement de la bulle Internet ». Elle durera jusqu’en 2003. Tout juste quatre années plus tard, un autre krach, visiblement plus violent, tourmente de nouveau les places financières. Comment se manifeste cette nouvelle crise et quelles en sont les conséquences ? Comment revenir à un système financier international plus stable ?

I/ Ampleur de la crise financière actuelle

Au plan financier, l’ampleur de la crise actuelle s’avère préoccupante, selon les analystes. En effet, si l’on compare l'évolution du S&P 500, indice qui reflète la valeur de 500 grandes entreprises américaines cotées, ajusté de l'inflation, pendant les différentes crises qui ont émaillé la décennie, on remarquera que la crise actuelle est de loin la plus violente. En l’espace de 11 mois, en effet, l'indice a perdu 21%, alors que la crise Internet n'avait diminué la valeur du même indice que de 10% sur la même période. A ce sujet, A. Greenspan , l’ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), reconnaissait récemment "qu'il s'agit d'un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle" (interview accordée à la chaîne américaine ABC).

Sur un plan plus large, et selon le rapport semestriel de la Bank Of England (BoE) sur la stabilité financière, paru mi-octobre 2008, le montant global des financements mis à la disposition des marchés par les banques centrales et les Etats, depuis le mois d'avril 2008, se chiffre à 5.000 milliards de Livres Sterling (6.250 milliards d’Euros). Le coût de la crise, à proprement parler, avoisinerait les 2.800 milliards de dollars (2.240 milliards d’Euros), selon le même rapport. Une autre source assure que sur l’année 2008, les bourses occidentales auraient perdu, au total, 12.000 milliards de dollars US, dont 4.000 pour le seul mois de septembre (S. Garbi, Jeune Afrique N°2493/94, P.126).

Au plan socio-économique, les répercussions que l’on aurait pu attendre d’une crise économique aiguë, ont été circonscrites grâce aux mesures de refinancement entreprises d’urgence par les banques centrales américaines (700 milliards de dollars), européennes, britannique, et asiatiques. En substance, il s’agit pour ces « pompiers » de reprendre les actifs jugés risqués sur les bourses et délaissés par les investisseurs, en injectant une manne financière neuve sur les marchés. Ces rachats permettent aux banques de nettoyer leurs bilans d'actifs dévalorisés et de relancer l'offre de crédit, indispensable pour ramener la confiance chez les investisseurs. En outre, elles permettent de limiter les risques de faillite en cascade qui auraient pour conséquence de très nombreux licenciements, la hausse du chômage, la baisse des pouvoirs d’achat, le rationnement du crédit, le ralentissement de l’économie mondiale et donc une récession sans précédent.

Mais si les mesures pour essayer de contenir les effets de la crise financière ont le mérite d’exister, elles ne semblent pas en empêcher totalement les effets sur l’économie réelle. Aux USA d’où est partie la crise, la consommation s’essouffle. Les ventes ont chuté de 30 à 40% dans l’automobile, selon les marques, depuis 10 mois. La raison, les banques ne prêtent plus, ou alors elles demandent tellement de garanties que cela décourage les acheteurs. A ce rythme, la croissance de l’économie mondiale est attendue en baisse à 3,3% pour cette année, selon la Banque Mondiale. Ce qui risque d’augmenter considérablement le nombre de chômeurs de la planète, si l’on en croit les estimations préliminaires de l’Organisation Internationale du Travail (OIT). Pour le Directeur Général de l’organisation, Juan Somavia, le nombre de chômeurs pourrait, en effet, passer de 190 millions de personnes, en 2007, à 210 millions, à la fin de 2009.

Ainsi, l’ampleur de la crise actuelle demeure préoccupante et menace de s’aggraver si les quatre principales raisons des dérapages sur les marchés financiers (Ecofinance, Magazine Jeune Afrique, N°2431, p.63) ne trouvent pas de solution rapidement. L’absence de contrôle lié à la capacité des banques d’investissement à prendre des risques dans leur offre de produits financiers, la sophistication croissante des produits financiers (titrisation, produits dérivés,..) qui ajoute au flou des investisseurs-citoyens, la faillite des agences de Rating garantes de l’évaluation des risques des acteurs financiers et de l’information financière, et la valorisation des actifs au prix du marché qui renforcent la volatilité des comptes, sont autant de principes pointés du doigt. Une restructuration d’ordre systémique est nécessaire, pour améliorer les réglementations des marchés financiers et réduire les risques de crise.

II/ Des réformes urgentes

Au plus fort de la crise, le Président Français Nicolas SARKOZY a émis avec sa collègue la Chancelière Allemande Engela MERKEL, l’idée d’une refondation du système financier international. Le sommet de Washington tel qu’il a été organisé par l'administration américaine sur proposition donc européenne, a réuni, les 14 et 15 novembre 2008, les chefs d'Etat et de gouvernement du G20. Cette rencontre historique a été également précédée, les 8 et 9 novembre, d'une réunion des Ministres de l'Economie et des Finances du G20, à Sao Paulo, au Brésil. Ces concertations au plus haut niveau répondent à l’urgence de revisiter certains rôles auxquels étaient prédestinées les institutions de Bretton Woods.

A ce sujet, M. Hort Kohler, ancien Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) avertissait déjà, en l’an 2000, que « le FMI doit acquérir une meilleure maîtrise de la dynamique des marchés internationaux des capitaux et du fonctionnement des institutions financières privées pour s'acquitter plus efficacement de son mandat de surveillance du système monétaire international et de promotion de la stabilité financière internationale ».

Dans cette optique, sans verser dans les potions magiques, le FMI pourrait :
1) renforcer la détection et le contrôle de la vulnérabilité externe des économies, notamment à travers la mise au point de systèmes d’alertes avancés sous réserves que les Etats possèdent des données statistiques fiables,
2) renforcer l’harmonisation des normes et codes internationaux de bonnes pratiques telles que la norme spéciale de diffusion des données (NSDD) couvrant les principales catégories de données économiques,
3) renforcer la surveillance des mouvements de capitaux dans l’optique de circonscrire les effets déstabilisateurs,
4) réformer les mécanismes financiers du FMI liés aux prêts tels que les lignes de crédit préventives (LCP), tout en œuvrant pour une plus grande transparence dans la diffusion des informations économiques et financières.

Dans la même lancée, le rôle de la Banque Mondiale (BM) qui se résume aujourd’hui à accorder des prêts aux Pays les Moins Avancés (PMA) pourrait être revu. Alors qu’elle avait été créée, en 1944, pour reconstruire l’Europe et le Japon de l’après guerre, sur le modèle d’une banque classique qui prête de l’argent aux pays dans le besoin, elle a évolué peu a peu vers des missions de lutte contre la pauvreté. Or la récurrence des crises financières actuelles devraient la ramener à jouer un rôle plus catalyseur dans l’offre de crédit sur les marchés boursiers.

Enfin, la Banque des Règlements Internationaux (BRI) joue à la fois le rôle de banque des banques centrales de 49 pays, pour la gestion de leurs réserves internationales et de centre de coopération internationale sur tous les sujets relevant de leur compétence ou de leur intérêt. La BRI pourrait, aux cotés du FMI :

1) contribuer à élargir la couverture de ses statistiques bancaires internationales, en améliorant l’information réciproque,
2) renforcer la surveillance et la transparence des places financières off-shore dans l'application des standards internationaux,
3) concourir à la réduction de la volatilité des flux de capitaux par le levier des risques liés à l’endettement extérieur de court terme, entre autres.

Conclusion

Au sortir de notre analyse, il ressort que l’ampleur et les conséquences de la crise financière actuelle, en termes de réformes, resteront historiques. La première puissance mondiale, les Etats-Unis, a connu, en moins de huit années, deux crises majeures. La crise de l’éclatement de la bulle Internet a laissé place à celle des subprimes, dont les répercussions plongent actuellement les pays les plus développés dans une instabilité économique préoccupante.

La crise actuelle est telle que l’économie américaine, suivie des autres économies du nord et de certains pays émergents connaissent déjà le ralentissement de leur demande intérieur, principal facteur de croissance, via un « credit crunch » qui rend de plus en plus difficile l’accès au crédit. Pointés du doigt, la super spéculation pour le profit et le manque de transparence des marchés financiers sont les principaux facteurs d’explication de la formation des fameuses « bulles» qui précèdent les krachs boursiers.

Bien que pour parer au plus pressé, des mesures de compensation financière par injection de liquidités sur les marchés boursiers aient été entreprises par les Banques Centrales et les Etats, l’urgence d’une restructuration du fonctionnement de la finance internationale est indéniable, voire incontournable.

19:08 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : institutions de bretton woods, krach, subprimes, g20, crise financière | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 18 novembre 2008

SOMMET DU G20, A WASHINGTON: LES REACTIONS

Le G20 dessine les contours d'un plan de lutte anti-crise.
Voici les principales réactions au plan d'action du G20 adopté à Washington, le samedi 15 novembre 2008. Revue de presse:



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EN FRANCE

Nicolas Sarkozy, président de la République: "Je crois pouvoir dire que c'est un sommet historique, dans la mesure où pour la première fois, des pays aussi différents que ceux qui étaient rassemblés dans le G20, décident de prendre des initiatives en commun et que l'administration américaine accepte de faire mouvement sur des sujets où historiquement, toutes les administrations américaines avaient refusé de le faire . Le sommet apporte des réponses structurelles à la crise financière et des réponses à la crise économique. Il reste beaucoup de travail à faire mais c'est passionnant. L'année 2008 sera celle qui aura marqué l'entrée dans le 21è siècle". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

François Fillon, Premier ministre: "Le double écueil de la division entre pays développés et émergents et des réticences de certains de nos partenaires à réguler la sphère financière a été surmonté. La lutte contre les paradis fiscaux est relancée" et "comme l'ont souhaité l'Europe et la France, aucun acteur financier, aucune juridiction, aucun segment de marché" ne restera "à l'écart de la régulation et de la supervision. Ce sommet voulu par la France et le président de la République Nicolas Sarkozy envoie un double message au monde: face à la crise économique, les pays du G20, qui représentent plus de 80% de l'économie mondiale, s'engagent à prendre des mesures de soutien à l'économie coordonnées et concertées et à refuser tout recours au protectionnisme. Face à la crise financière, ils mettront en place avant le 31 mars 2009 une nouvelle régulation financière internationale pour qu'une telle crise ne puisse plus se reproduire". (communiqué, dimanche 16 novembre)

Christine Lagarde, ministre de l'Economie: "C'est un vrai succès pour la France et pour l'Europe car ce sommet, qui était un extraordinaire exemple d'unité et de concertation, c'est vraiment le président de la République qui l'a poussé. Voir des pays aussi différents que l'Arabie saoudite, la Chine, la Turquie, les Etats-Unis et la Russie tomber d'accord sur la nécessité d'un plan de relance et sur la rénovation du système financier, c'est une étape magnifique. J'ai la conviction que le président américain élu Barack Obama va valider les dispositions adoptées par le G20. Le gouvernement [français, ndlr] a déjà pris des mesures pour soutenir la consommation et l'investissement. (Déclaration dimanche sur France 2)

Hervé Morin, ministre de la Défense: "Le sommet du G20 marque la fin d'une époque: celle de l'impunité de la finance mondiale. Les engagements pris vont bien au-delà de simples déclarations d'intention et s'appuient sur un calendrier contraignant. Ces engagements constituent une première étape de la refonte du système financier mondial. Alors que le monde entre dans une période de récession sans précédent depuis 1945, il est plus que jamais indispensable de ne pas céder à la tentation du repli protectionniste et de promouvoir un système de gouvernance mondiale fondé sur une coopération accrue entre les Etats et les grandes organisations internationales". (communiqué, dimanche 16 novembre)


EN EUROPE

José Manuel Barroso, président de la Commission européenne: "Toute réforme de la gouvernance mondiale devra assurer la participation réelle des pays en développement, touchés en premier lieu par la crise". (Message enregistré à Washington à l'attention des participants aux Journées européennes du développement à Strasbourg, dimanche 16 novembre)

Gordon Brown, Premier ministre britannique: "Je crois que vous allez assister au cours des prochaines semaines à des annonces significatives d'un certain nombre de pays. Il est tout à fait clair que nous essayons de construire de nouvelles institutions pour l'avenir. Nous sommes déterminés à nous battre contre le protectionnisme. L'une des manières de signaler que le protectionnisme est inacceptable est de signer un nouvel accord commercial. Nous allons réformer le Fonds Monétaire International, la Banque Mondiale devrait aussi être réformée". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

Silvio Berlusconi, chef du gouvernement italien: "A partir du 1er janvier, nous aurons la présidence du G8, qui n'a pas été effacé par le G20. En réalité, certains problèmes doivent être discutés par des pays qui sont des démocraties accomplies alors que d'autres pays, qui font partie du G20, sont encore sur la voie de la démocratie" (intervention téléphonique dans un congrès politique à Vérone, dimanche 16 novembre)

Roland Meier, porte-parole du gouvernement suisse: La Confédération prend acte avec intérêt des mesures envisagées lors de ce sommet et souhaite que les principales places financières soient intégrées à ce processus. -La Suisse, qui n'a pas été invitée au G20, souhaite toutefois intégrer les groupes de travail prévus à l'issue du sommet.


DANS LE MONDE

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU: Le plan d'action du G20 permet "une nouvelle régulation des marchés pour éviter de futures crises, une nouvelle gouvernance économique plus complète et la nécessité d'éviter le protectionnisme sur le commerce et l'investissement. Il faudra associer tous les pays à la constitution d'une future gouvernance économique mondiale. Il faut une coordination internationale des plans de relance et l'importance de respecter les engagements d'aides pour éviter un ralentissement économique mondial, qui affecterait négativement la sécurité mondiale, la stabilité et le bien-être des pays pauvres et des populations démunies. (Communiqué, samedi 15 novembre)

Robert Zoellick, président de la Banque mondiale: "Ce sommet des dirigeants du G20 et la rencontre des ministres des Finances du G20 ce week-end ont commencé à jeter des bases productives de discussion, de résultats et d'entente. Je me félicite de la réaffirmation par les chefs d'Etat et de gouvernement de l'importance des Objectifs du millénaire pour le développement et de leur engagement à honorer leurs promesses d'aide internationale. Je salue également l'engagement à accroître la voix et la représentation des économies émergentes en développement dans la structure de gouvernance des institutions de Bretton Woods. Même si la direction peut faire des propositions, au final la décision sur la taille et le programme des réformes est entre les mains des actionnaires. J'espère que quelques pas courageux seront entrepris pour bâtir sur les réformes préliminaires adoptées à l'assemblée générale annuelle le mois dernier".

Pascal Lamy, directeur de l'Organisation mondiale du commerce: "Le G20 a donné l'impulsion politique très nécessaire au cycle de Doha. Cet engagement au plus haut niveau pour élargir le système commercial global est vital pour le succès de nos négociations. Nous avons désormais besoin que cette forte manifestation de soutien se traduise en action au niveau des tables de négociations à Genève". (Communiqué, lundi 17 novembre)

Dmitri Medvedev, président de la Russie: "La crise économique mondiale témoigne de l'obsolescence d'un nombre de principes de l'organisation économique du monde d'après-guerre. Nous constatons que beaucoup de structures et systèmes internationaux créés à cette époque sont dépassés. Il nous faudra reconstruire toute l'architecture financière mondiale, la rendre ouverte et juste, efficace et légitime. A notre avis, le G20 doit devenir le principal coordinateur de la réforme et du développement du système financier mondial. Dans le même temps les autres formats d'interaction entre les grands pays du monde doivent être conservés. Avant tout sur les questions de sécurité. Le FMI et les autres organisations internationales doivent se voir assurer les fonds nécessaires pour soutenir les pays les plus pauvres".

Luiz Inacio Lula da Silva, président du Brésil: "Je quitte Washington très heureux car la structure mondiale a acquis une nouvelle dimension géopolitique. Il ne serait pas logique de prendre des décisions politiques et économiques sans les membres du G20. Les pays en développement doivent être totalement associés à la solution de la crise financière mondiale". (Déclaration à la presse, dimanche 16 novembre)

Susilo Bambang Yudhoyono, président indonésien: "J'espère que le sommet du G20 sera le point de départ d'un processus qui mènera à la réforme de l'architecture financière internationale afin de refléter la réalité du XXIe siècle".

Qin Gang, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois: "Le sommet du G20 a été propice à la croissance de l'économie mondiale et à la réforme de système financier international. La Chine espère que tous les pays vont continuer à améliorer la coordination, à rechercher le consensus, à renforcer considérablement la régulation financière et à prévenir la récession économique mondiale". (Déclaration à l'agence Chine Nouvelle, dimanche 16 novembre)

Stephen Harper, Premier ministre canadien: "C'est un processus sans précédent où les pays développés et les pays en développement vont travailler ensemble pour gérer les problèmes actuels de l'économie mondiale. Le développement à mon avis le plus surprenant est qu'il y a eu un accord presque unanime sur tous les sujets majeurs. Tout le monde comprend les grands dangers de la situation actuelle et la nécessité de travailler ensemble. Les marchés vont comprendre que tous les gouvernements du monde comprennent la nécessité d'une action et d'une action en collaboration". (Déclaration à la presse, samedi 15 novembre)

Donald Kaberuka, président de la banque africaine de développement: "L'Afrique se sent exclue. Cela sera tentant pour le G8 ou le G20 de prendre derrière des portes fermées des décisions pour résoudre les problèmes du secteur financier, et c'est possible de le faire". Or, la crise concerne également l'accès à la nourriture et à l'eau, les migrations, la sécurité, "et je ne vois pas comment ces questions pourraient être réglées avec seulement une partie du monde autour de la table".

Jean Ping, président de la commission de l'Union africaine: "Il y a pour nous un problème, c'est qu'on a pris l'habitude de prendre les décisions à notre place, sans nous écouter, et de nous les imposer. L'Afrique demande à être entendue. Si nous ne sommes rien, nous voulons être quelque chose. Nous voulons être écoutés, nous voulons être entendus et nous souhaitons prendre part aux décisions qui vont engager notre destin. On nous a imposé un modèle que nous avons accepté mais que l'Asie a refusé. Les résultats sont là: en Asie un développement époustouflant, l'Afrique s'est effondrée". (Discours aux Journées européennes du développement à Strasbourg, dimanche 16 novembre).

Source: Challenges.fr>Monde>le 17.11.2008 | 15:33

10:46 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : g20, crise financière mondiale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 22 octobre 2008

L'EFFONDREMENT DU SYSTEME CAPITALISTE ? (2)

LE DOLLAR ILLUMINATI.jpg
Que faire ?

La question est bien revenue sur toutes les lèvres et a suffisamment hanté les nuits des plus grands argentiers de la planète. L’on sait que face à une crise d’une ampleur qu’ils n’avaient pas soupçonnée, les dirigeants du monde capitaliste ont d’abord eu recours à des thérapies de circonstance. D’abord recroquevillés dans des solutions se limitant à des appels au calme sur les marchés financiers et à quelques colmatages, les dirigeants se sont empressés, mais sans aucune cohérence, vers l’édiction de mesures de protection des épargnants. Il a fallu que trois grandes institutions financières américaines déclarent la faillite, en moins d’une semaine, y compris la plus grande caisse d’épargne américaine, pour que la Maison Blanche élabore précipitamment un plan de 700 milliards de dollars, PLAN PAULSON, du nom du Secrétaire d’Etat au trésor, pour soutenir les banques ; en fait, pour racheter les créances en difficulté de ces institutions. De façon désordonnée, l’Irlande a dégagé 100 millions d’euros pour soutenir ses institutions, pendant que les pays nordiques, en Europe, entraient en force dans le capital du mastodonte FORTIS. La Grande Bretagne quant à elle, a annoncé la mise à disposition de 200 millions d’euros pour les mêmes fins, et les ministres des finances de l’Union, tous ensemble, ont convenu, en dépit de la mésentente franco-allemande une fois de plus évidente, de garantir les épargnes des citoyens, jusqu’à un montant de 50.000 euros.

Il faut observer, ici, que contrairement à la belle démonstration de cohésion démontrée lorsqu’il a fallu soutenir les Etats-Unis dans son bras de fer contre la Russie, lors du conflit avec la Géorgie, l’Europe a offert un triste spectacle de division, apportant la preuve que le groupe, malgré les succès politiques dont on la crédite, manque cruellement de cohérence, en ce qui concerne les politiques budgétaires et monétaires.
Dans la pratique, tout ce qui a été fait par les Etats que l’on qualifie trop souvent de riches, relève d’une politique de nationalisation pure et simple, démentant les dogmes de la prééminence des marchés et des règles d’or d’autorégulation des rapports marchands. C’est un désaveu terrible que les Etats-Unis et leurs alliés du capitalisme triomphant ont infligé aux théories bruyantes sur lesquelles leur système économique a vécu, des siècles durant. Le problème, ce n’est pas que ces pays aient démontré leur capacité à intervenir dans le jeu des marchés avec les privilèges et les prérogatives de la puissance publique, car nous savions déjà qu’ils le font de temps à autre, sans crier fort. La vraie surprise vient des discours que l’on a entendus par-ci et par-là, sur la nécessaire protection des épargnes des ménages et la garantie du patrimoine des institutions financières. Des  journaux à travers le monde ne se sont pas gênés de considérer que Wall Street était devenue la plus belle place de la pratique du socialisme, du communisme, de tout ce qui incarne le totalitarisme économique et la planification bolchévique. Qui l’eut cru.
Au fond, le système capitaliste, pensé comme articulation des relations économiques, marchandes et financières laissée au libre jeu des acteurs privés, hors de toute tutelle publique, a vécu et n’a même sans doute jamais existé dans la plénitude du terme. En réalité, il est impossible d’un point de vue économique pur, en rapport avec les exigences du pouvoir régalien de l’Etat, de concevoir une société où les acteurs privés à travers les marchés, fixeraient définitivement et éternellement les règles du jeu. Laisser les mains libres aux acteurs privés spéculateurs, reviendrait fondamentalement à leur concéder le droit de battre monnaie. Il ne faut pas perdre de vue, que les bourses du monde parmi les plus importantes, influencent les politiques des banques centrales d’émission et orientent les politiques économiques des gouvernements.

Réformes, oui, mais quelles réformes ?

Ces observations conduisent à reposer le problème de la réforme des deux institutions majeures issues des négociations de Breton Wood que sont le FMI et la Banque Mondiale. Avec l’importance prise par ces deux institutions, l’on est en droit de s’interroger, aujourd’hui, sur leur rôle réel et leurs responsabilités effectives dans la conduite de l’économie mondiale. L’on sait que dans l’imagination populaire, le FMI et la BM sont des gendarmes dont le terrain de prédilection est devenu les pays pauvres, particulièrement Africains. D’ailleurs, il faut rappeler que de nombreux analystes et politiques, ne les avaient jamais considérés que comme des jouets au service de la première puissance économique du monde. Le Général De gaulle, lors de l’une de ses colères mémorables, ne se gêna pas de le dire publiquement et ouvertement, en dénonçant la dictature du dollar. Or, le dollar ne fut pas, pendant longtemps, autre chose que du papier gagé sur le rêve américain et la présomption d’une puissance économique éternelle et dominante, capable de couvrir le monde entier de biens industriels, en échange.
L’économiste camerounais Tchundjang Puémi, n’est pas allé chercher bien loin pour livrer la sentence. Son livre “MONNAIE, SERVITUDE ET LIBERTE“, sonne comme le chef-d’œuvre de l’accusation des peuples pauvres, des exclus de la périphérie, trompés et abusés par ce que cet autre génie, monté trop tôt au ciel, de Sankara, baptise FONDS DE MISERE INSTANTANEE.

Dans les années 1970, les droits de tirage spéciaux (DTS) qui consistaient en un panier de monnaies pondérées selon les mises des Etats membres dans le capital du FMI, fut conçu pour atténuer justement la perception d’un impérialisme américain relayé trop ouvertement par l’institution, mais cette idée opportuniste ne fut jamais en mesure d’anéantir les conséquences néfastes d’une gestion fondée sur la loi des puissants. L’évolution montre très nettement son impuissance dans un système capitaliste égocentrique,  et son incapacité à supplanter ou, à tout le moins, à orienter véritablement les politiques des banques centrales. Même le Comité des Vingt qui fut crée pour réfléchir sur une réforme de cette institution, dû se cantonner à des propositions superficielles dont les plus visibles étaient la révision du système de pondération, pour accroître les pouvoirs des nouvelles puissances financières, mais pas industrielles. La remarque est importante car contrairement aux assertions de départ, cela supposait que l’on tienne compte de la masse des réserves en devises des Etats et non leur amplitude économique globale. En fait, il fallait prendre en considération la richesse des monarchies du Golfe et trouver à mieux intégrer leurs pétrodollars dans les politiques de financement. Evidemment, le Japon connu une promotion, avec un Yen pris en compte, et conforme au rôle moteur de ce pays dans le commerce mondial.

LES DEBATS AU SEIN DE L’OMC ONT ETALE LA MEME REALITE TROUBLANTE.
LE NOUVEAU DIRECTEUR DU FMI, LE FRANÇAIS DOMINIQUE STRAUSS-KAHN, DESIGNE EN 2007, A REPRIS LE DISCOURS D’UN REEQUILIBRAGE DES INFLUENCES AU SEIN DE L’INSTITUTION POUR VALORISER LES APPORTS DES PAYS JADIS TENUS A LA MARGE DES POUVOIRS. COMME IL L’A LUI-MEME DECLARE, DES SON ENTREE EN FONCTION, IL FAUT METTRE FIN AUX FRUSTRATIONS LEGITIMES DES PAYS PAUVRES. EN REALITE, LE POIDS DES PAYS DITS EMERGEANTS DERANGE DORENAVANT ET IL FAUT EN TENIR COMPTE. CEPENDANT, QUOI QUE L’ON FASSE, IL N’EXISTE PLUS DE DYNAMIQUE UNIVERSELLE DANS LA PROJECTION DES RESPONSABILITES DE  LA BANQUE MONDIALE ET DU FMI, AUJOURD’HUI. ELLES ONT TROP FONCTIONNE COMME DES INSTRUMENTS DE L’IMPERIALISME FINANCIER ET MONETAIRE INTERNATIONAL ET ONT SECRETE, NATURELLEMENT, LE REJET POUR CERTAINS, ET UNE PRUDENCE NON MOINS ACCUSATRICE, POUR D’AUTRES.

Le FMI fut crée dans le but de servir d’institution de régulation des politiques monétaires des banques centrales. Non seulement elle a perdu cette prérogative, mais plus grave, elle a trop joué de complaisance ou de mercenariat, favorable à des choix politiques contestables. Avec la Banque Mondiale, qui elle n’était pas destinée à utiliser les crédits pour emprisonner les pauvres, le FMI a été accusé, certainement pas à tort, de jouer un rôle prépondérant dans la guerre froide, de soutenir les dictatures, et d’imposer des stratégies de développement suicidaires dans les pays du sud. L’on sait que les principaux conseillers de Pinochet, au Chili, furent de talentueux et cyniques cadres du FMI. Par ailleurs, le fait que les dirigeants de ces deux institutions ont toujours été originaires des Etats-Unis et de l’Europe capitaliste, a fait dire à des dirigeants des pays émergeants du Sud, qu’il était temps de les changer, de fond en combe. LE PRESIDENT VENEZUELIEN HUGO CHAVEZ A POUSSE LA LOGIQUE DE CETTE ACCUSATION A SON PAROXYSME, EN ANNONÇANT LE RETRAIT DE SON PAYS DE CES DEUX INSTITUTIONS.
Au-delà de la mise en accusation des institutions de Breton Wood, il se pose le problème de la réorganisation du système économique et financier international, si tant est qu’il est possible d’en concevoir un de plus équitable, moins sauvage et générateur de bien-être pour tous les peuples, pour toutes les nations. En 1974, l’Assemblée Générale de l’ONU avait adopté une résolution célèbre sur l’instauration d’un nouvel ordre économique international qui n’a jamais dépassé le stade de quelques débats houleux et des contestations théoriques, sans lendemain. LA LOI DU MARCHE SEMBLE AUJOURD’HUI S’IMPOSER A TOUTES LES VERTUS HUMANISTES DE LA PLANETE. MEME LES ANCIENS MARXISTES ONT PRIS PIED DANS LE GRAND JEU DES NEGOCIATIONS MERCANTILES. L’ON DECRIT D’AILLEURS LES CHINOIS COMME PLUS DANGEREUX DANS LE NEGOCE D’EXPLOITATION ET LES PLACEMENTS USURIERS.

Ce qui reste comme message universel incontournable, c’est sans aucun doute, le souhait d’une vision plus générale des concepts de bonne gouvernance, de démocratie participative, et d’alternance libre aux sommets des Etats. L’effondrement du système capitaliste devrait être relativisé, pour confiner l’affirmation à une faute dans la gestion des institutions, et non une incompatibilité de fond avec les notions de bien-être, de progrès et d’évolution de l’espèce humaine.
Le débat sur les choix des systèmes est clos depuis longtemps et il relève de la folie de discuter encore de la nécessité pour les individus de travailler et de vivre dans la liberté. Ce n’est pas que l’on ait choisi l’égoïsme ou l’individualisme, c’est que la liberté de l’individu est le fondement incontestable de toute réussite, que l’on se situe à l’échelle micro-économique ou à l’échelle macro-économique. MEME EN S’EN TENANT A LA THESE DE LAURENT GBAGBO, LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE COTE D’IVOIRE, QUI DANS UNE DECLARATION LORS DES MANIFESTATIONS DE LA JOURNEE EN HOMMAGE A AIME CESAIRE, INSINUAIT QUE L’ON NE DEVRAIT PAS SE REFERER AUX APPLICATIONS DEVIANTES DU MARXISME ET DU COMMUNISME POUR CONCLURE A L’ECHEC DU SOCIALISME, LE BILAN DES ANCIENS PAYS COMMUNISTES EST ELOQUENT DE FAILLITE.

La nécessaire relativisation de l’effondrement du système capitaliste

Même si personne ne peut plus discuter aujourd’hui le bien-fondé des thèses marxistes, personne ne peut non plus prononcer un réquisitoire de condamnation absolue à l’endroit du capitalisme. Ce qu’il est convenu de dénommer système capitaliste, c’est d’abord une philosophie de l’entreprise et de l’expression du pouvoir de la pensée et de l’action fondée sur la liberté, liberté du génie, liberté créatrice, liberté de mouvement, liberté d’échange. Et s’il fallait se fier à quelques comparaisons historiques et actuelles, rien dans les faits, les réalisations et les constructions systémiques, n’autoriserait de conclure à l’échec du capitalisme et à sa mise à mort. BIEN AU CONTRAIRE, TOUT MONTRE QUE LE SYSTEME CAPITALISTE EST DEMEURE LE MODELE ACCEPTABLE DE PROGRESSION ET DE VALORISATION DES COMPETENCES HUMAINES.
L’on aura beau s’appuyer sur la crise financière née des crédits hypothécaires pour s’en prendre aux Etats-Unis, rien ne pourra changer la réalité selon laquelle, c’est le pays le plus industrialisé de la planète, le plus inventif, le plus riche, le plus généreux, et le plus ouvert. Avec 300 millions d’habitants, soit 5% seulement de la population mondiale, les Etats-Unis offrent 20% de la production industrielle mondiale et un tiers du PIB. A titre de comparaison, il faut savoir que la Chine affiche exactement l’inverse, c’est-à-dire 20% de la population mondiale et 5% de la production industrielle. A ceux qui ont commencé à imaginer une Chine super puissance, dépassant les Etats-Unis, il vaudrait mieux les prévenir que l’attente d’une telle éventualité risque d’être longue. Internet, la téléphonie mobile et bien d’autres gadgets qui sont devenus la soupe planétaire de toutes les couches sociales et de toutes les programmations communicationnelles, sont nés aux Etats-Unis. Ils font, certes, partie de l’intelligence humaine, mais ils sont, d’abord, des inventions américaines. La moitié des laboratoires les plus performants du monde se trouvent encore aux Etats-Unis et l’on pourrait continuer de citer à l’infini, ce qui en fait un géant inégalable que le reste du monde est contraint de suivre, de subir aussi.

Ce qui est en cause dans la crise du système capitaliste actuel, c’est moins ses fondements qu’un ensemble de pratiques déviantes, décriées par les autorités monétaires et politiques américaines elles-mêmes. C’est encore aux Etats-Unis que l’on trouve les lois et les sanctions les plus sévères contre les délits d’initié, les détournements, les atteintes à la fortune publique, et les violations des codes éthiques gouvernant les transactions financières. Régulièrement, la Security and Exchange Commission (SEC), véritable police de la bourse qui n’a d’équivalent dans aucun autre pays au monde, conduit des enquêtes qui aboutissent à des révélations et des résultats sensationnels, dans l’intérêt des citoyens. Ces enquêtes ont déjà envoyé de nombreux pachas de la finance, que l’on croyait intouchables, derrière les barreaux. En 1983, au moins une douzaine de grosses pointures du genre dont un certain Yvan Boesky, fut arrêtée, jugée, sévèrement condamnée et jetée en prison, pour des dizaines d’années, avec des amendes, par-dessus tout, et des confiscations de biens.

A chaque crise, ses dégâts, ses malheurs, et ses remèdes. Nous sommes de ceux qui pensent que de façon peut-être plus raisonnable, les relations économiques et financières internationales devraient être encadrées par une éthique souple prenant effectivement en considération les intérêts de tous les peuples. IL Y A TROP LONGTEMPS QUE LE CONCEPT DE NOUVEAUX ESPACES INTERNATIONAUX DOMINES PAR DE NOUVEAUX ACTEURS PLUS RESPONSABLES, A ETE AVANCE. UN TEL CONCEPT SUPPOSE LA RECONSIDERATION ABSOLUE DES CRITERES D’ELIGIBILITE ET D’ELEVATION AU STATUT D’ACTEUR INTERNATIONAL, SELON DES TERMES DE REFERENCE A DEFINIR.
Mais au-delà, le dilemme d’une scène internationale dominée dorénavant par une multitude d’acteurs aux statuts et aux obligations contradictoires, ne peut pas être résolu avec la facilité que certains préfigurent, en théorie. Nous retrouvons la thèse marxiste reprise par les économistes, à l’instar de Rosa Luxembourg et Samir Amin implicitement, sur le règne du capitalisme monopoliste d’Etat. La question cruciale pour toute réflexion positive, devient alors celle-ci : Le capitalisme dans son essence, peut-il exister et prospérer sans le libre jeu des acteurs privés ? Que dire des Etats devenus très riches et qui agissent sur le marché financier international, exactement comme des firmes privées, en usant de leurs vastes réserves de devises appelées fonds souverains, pour dicter leur loi ?  Et si le capitalisme n’était qu’une affaire de démocratisation des relations globales de coopération entre les nations souveraines ? C’est une idée folle à abandonner car capitalisme ne rimera jamais avec puissance publique.

En fait, c’est le rôle que les petits pays sont appelés à jouer dans le concert marchand mondial, qui devrait constituer la source de toutes les réflexions, à long terme. Il n’y a aucun moyen d’empêcher l’enchevêtrement des puissances politiques et des puissances d’argent sur la scène internationale, de même qu’il est impossible, de ramener la gestion à long terme de la crise, à une opération de jalousie des pays pauvres contre les pays riches. Le capitalisme dans sa mécanique systémique et macroéconomique,  procède d’abord d’une capacité de travail, de production, d’invention et d’accumulation. Mécanique systémique d’excellence et de compétition donc, il devrait être analysé comme un défi pour des nations paresseuses trop habituées aux aides et aux dénonciations gratuites qui les confinent dans l’éternel position de marginaux périphériques.

Le système capitaliste n’est donc pas mort, et ne saurait être donné pour définitivement abattu. Les chefs des principales nations capitalistes réunis à Washington, le 10 octobre, soit plus d’un mois après le déclenchement de la crise, n’avaient pas à l’ordre du jour de changer le système, mais plutôt de mieux le structurer, mieux le protéger, et mieux le faire accepter. Certes, les dirigeants de la Banque Mondiale et du FMI présents, ont relevé la gravité de la situation, mais seulement pour déplorer l’absence d’harmonie dans les réponses des grands pays. Personne n’a douté de ce que la crise est grave, même très grave, mais personne n’a non plus, demandé de casser le système. Le président de la Banque Mondiale s’est d’ailleurs voulu plus rassurant sur la capacité des pays développés à juguler les effets de cette crise, à très brève échéance. Son seul souci, et il rejoint notre analyse, a semblé se concentrer sur le sort des quelques 50 millions d’enfants nécessiteux des 28 pays classés comme très pauvres, qui risquent de mourir dans les dix prochaines années, si l’aide internationale est frappée de réduction, consécutivement à la crise.

Concrètement, la réunion d’urgence de Washington a adopté un plan en cinq points qui reprennent pour l’essentiel, les mesures déjà engagées individuellement par presque tous les pays, par exemple la garantie des épargnes et le soutien actif des banques en difficulté, par le rachat des créances compromises. Ce qui y apparaît plus important, c’est l’engagement à joindre les efforts et à tout mettre en œuvre, y compris la nationalisation, pour éviter toute nouvelle faillite d’une grande banque. L’allusion est faite, ici, aux géants LEHMMAN BROTHERS, aux Etats-Unis, et FORTIS, en Europe, lesquels ont chuté avec des conséquences multiples pour des centaines d’autres institutions financières, à travers le monde.
Ce qui est encore plus encourageant sans doute, c’est le retournement des pays dits du Groupe des Sept. Ceux-ci ont, dès le début de la crise, géré la situation de façon presque sécrète, pour ne pas dire sectaire. Ils se sont ravivés et ont associé, lors d’une grande concertation au siège de la Banque Mondiale, à Washington, les pays émergeants, afin de mieux affirmer le caractère mondial de la catastrophe et d’obtenir leur adhésion aux solutions mises en œuvre. C’est le fameux Groupe des Vingt, incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le Nigéria, dont le poids équivaut à près de 95% de la production planétaire. Il faut, d’ailleurs, relever que les pays émergeants, mis ensemble, disposent aujourd’hui d’énormes réserves en devises, et sont l’objet d’une cour assidue, pour leur injection dans le capital de quelques institutions, en difficulté. Le Ministre argentin des finances n’a pas hésité à donner une réponse on ne peut plus simple : Nous n’étions pas associés aux causes. Comment voulez vous que nous prenions part aux solutions ?

Le système capitaliste est donc vraiment malade, mais pas mort. Vive le système capitaliste !

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21:22 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : capitalisme, communisme, shanda tonmé, crise des marchés financiers | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

L'EFFONDREMENT DU SYSTEME CAPITALISTE ? (1)

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A propos de l'auteur Shanda TONME
Jean-Claude SHANDA TONME est docteur en droit international, formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.



Octobre 12, 2008

La malédiction de septembre aura aussi eu raison de la redoutable citadelle capitaliste dont quelques célèbres places financières mondiales, à l’instar de New York, Londres, Zurich, Paris, Tokyo, ou Singapour, assuraient à la fois le triomphe et l’insolence, au point de laisser croire qu’elle était inébranlable.
LE MOIS DE SEPTEMBRE ENTRE, DORENAVANT, DANS LES RELATIONS INTERNATIONALES, COMME UN MOIS CHARGE DE DANGERS, DE SURPRISES ET DE BOULEVERSEMENTS EPOUSTOUFLANTS.

En septembre 1972, un groupe de combattants palestiniens fait irruption dans le village olympique à Munich et prends en otage des athlètes israéliens. Le dénouement sanglant qui s’en suit, annonce une ère nouvelle dans le conflit israélo-arabe et imprime une tournure jusque-là inconnue aux mouvements de libération, à travers le monde. La diplomatie est obligée de s’adapter tant bien que mal à cette nouvelle phase, pendant que le radicalisme qui voit le jour un peu partout dans le monde arabe, embrase les relations internationales, en exacerbant les positions déjà fortement tranchées et opposées.

En septembre 2001, la première puissance militaire et économique planétaire, l’île tranquille et paisible des Etats-Unis qui n’avait jamais connu la guerre sur son sol, assurée de vivre sous une des protections les plus garanties et les plus  sophistiquées que l’intelligence humaine ait pu construire, est brutalement et sévèrement frappée, contrariée et humiliée par l’audace d’une dizaine de jeunes terroristes au service du groupe islamiste fanatisé, Al Qaïda. Tous les experts des questions stratégiques internationales concluent, logiquement, que le monde ne sera jamais plus comme avant. Dorénavant, souligne t-on, les dangers sont globalisés et l’insécurité démocratisée. La nouvelle configuration de la géopolitique de la terreur, ne connaît ni frontières, ni limites technologiques, ni nationalité. Tous les peuples, toutes les nations, tous les Etats et toutes les personnes physiques ou morales, ont un égal intérêt à la réflexion sur les termes de référence et les conditions de l’organisation d’un monde meilleur, plus juste, plus équitable, et plus solidaire.

Septembre 2008 ne vient donc que logiquement jouer un rôle qui fut toujours le sien depuis le dernier siècle du précédent millénaire, en servant de support dans le temps, à l’implosion du capitalisme. La qualification de l’événement ne peut pas encore prendre toute la signification qu’il mérite, compte tenu en effet, du fait que les conséquences n’ont pas encore été entièrement étalées, et que par-ci et par-là, les Dieu de la finance publique à l’échelle des nations, continuer de balbutier, de s’embrouiller et de se contredire sur les solutions urgentes à mettre en œuvre, et que par ailleurs, les bandits en cols blancs, jusqu’à une date récente traités en talentueux richissimes, tiennent profil bas, en attendant les procès populaires.

Karl Marx ressuscité

A la réalité, il faudrait être injuste, plus que malhonnête, pour ne pas foncer dans la relecture des œuvres du plus grand penseur des révolutions sociales communistes. Le meilleur et le plus célèbre des penseurs qui a longuement et profondément réfléchi sur la nature, les mécanismes, les rapports marchands et spéculatifs du capitalisme, établit une relation dialectique entre le rayonnement et la décrépitude inéluctable du système capitaliste. Il en élabore même une philosophie qui au bout de la démonstration, et après avoir savamment présenté toutes les thèses et les antithèses, conclut à l’hypothèse d’une révolution du système par lui-même. Marx n’établit pas seulement que l’essence du capitalisme, c’est l’exploitation du travailleur, il établit aussi et surtout que ce système d’exploitation, par son obstination à rechercher le profit au détriment de la cohésion sociale et de la valorisation du facteur humain dans le travail, conduit à la ruine de toute sa construction et, finalement, à sa mort.
Pendant longtemps, les contradicteurs du savant ont voulu faire croire que ses analyses et ses conclusions étaient propres à la société industrielle embryonnaire de la fin du dix-huitième et du début du dix-neuvième siècle et que, par conséquent, il apparaissait comme une hérésie, de les transposer à la société capitaliste modernisée, ambitieuse, et conquérante du vingtième siècle. Le principe de l’exploitation, de l’égoïsme, du profit à tout prix qui est au centre de l’observation de Marx, n’a pourtant jamais changé et c’est la principale cause du mal qui vient de plomber toute l’économie mondiale.
En réalité, la lutte des classes n’a jamais été ni contestée ni évacuée dans aucune étude sérieuse, d’autant plus que les luttes syndicales amenées par les travailleurs ont dominé et dominent la vie sociale du monde industrialisé, depuis le dix-huitième siècle. Ce que l’on a cru ou voulu mettre en avant pour renier voire atténuer les thèses Marxistes, c’est la généralisation et l’extension de la société de consommation qui, en permettant l’accès d’un plus grand nombre des citoyens aux biens d’équipements courants, auraient réduit le fossé entre les classes sociales et anéanti les rancœurs.

En fait, il suffisait pour les usines de tourner à fond, y compris dans des conditions de travail peu regardant de l’intérêt et de la dimension humaine des travailleurs et de produire un maximum de biens qui seraient aussi écoulés par tous les moyens, et le plus largement possible.
Karl MARX ne perd pas cette manœuvre de vue et la considère d’ailleurs comme une pure tromperie du travailleur, une diversion. Le philosophe et économiste de tous les temps soutient que c’est la propriété des machines et la destination des profits qui font la différence et établissent, définitivement, le rapport d’exploitation et de brimade qui conduit à l’inéluctable soulèvement. L’on sait que les théoriciens communistes soutiendront à la suite de Marx, que la collectivisation et la centralisation permettent de mieux traiter le travailleur, de le responsabiliser en décrétant la propriété collective et le réinvestissement subséquent des bénéfices dans l’intérêt de la société.
Si, à l’évidence, personne n’a eu entièrement raison d’un côté comme de l’autre, il n’en demeure pas moins vrai que les thèses de l’ultralibéralisme positionnées par les adeptes du capitalisme outrancier se sont plantées. Il suffit de lire profondément dans les causes de la crise de septembre 2008.

Aux sources de la crise

Pour un esprit simple qui ne voudrait pas s’encombrer de mille théories démonstratives, il suffirait de s’interroger sur les raisons qui peuvent amener toutes les banques à s’effondrer, un matin. Pour celui qui a planté ses économies dans une de ces institutions de renom, comment va t-on lui faire comprendre que les mouvements d’humeur de quelques individus, à la bourse de Wall Street ou à Zurich, ont entraîné l’amenuisement de son patrimoine ? Comment faire croire à un honnête citoyen que le patron d’une grande entreprise multinationale continue de s’enrichir et de voir ses fonds propres augmenter, pendant que l’entreprise tombe, se déclare en faillite et, bientôt, ferme les portes ?
Tout le système capitaliste a fonctionné sur la fraude, le vol, et toutes sortes de manipulations qui dans tous les cas de figure, sont contraires au bon sens et à l’éthique morale. Le mythe de la société de consommation a dévoyé le capitalisme au lieu de le valoriser et de confirmer son triomphe. La rage des cartes de crédit, l’incitation à la consommation à outrance, et l’accélération de l’intégration des géants de la finance pour mieux encadrer les marchés, a construit une race d’esclaves et gadgétisé les valeurs.
La crise actuelle a commencé par l’incapacité des ménages à faire face à leurs endettements immobiliers. Or, ce que l’on appelle endettements immobiliers n’est qu’un jeu d’écritures des institutions financières qui se juxtaposent pour se soutenir et échanger des titres de créance, sur une longue chaîne, couvrant des centaines de milliers de personnes et de structures. Au bout de la chaîne, l’on retrouve des garanties factices, des cautions hasardeuses, et des gages superficiels dont le seul mérite est la capacité de spéculation.
La crise de septembre 2008 s’est mise en place avec une manœuvre aussi savante que diabolique et selon un processus qui a joué sur les cours des principales matières premières. L’on a vu le prix du baril de pétrole brut monter au-delà de 150 dollars, puis une crise alimentaire que les gouvernements à travers le monde n’ont rien fait pour stopper. De part en part, l’argument c’était que personne ne peut rien faire pour diminuer le cours du baril, lequel aggrave le coût des transports maritimes et aériens, et se répercute sur les produits de première nécessité. Partout, l’inflation a grimpé subitement, les prix dans les magasins ont flambé, et l’on a commencé à enregistrer le déséquilibre dans les cotations boursières.

Au moment où l’on annonce la naissance de la crise ouverte aux Etats-Unis, il est clair que beaucoup de spéculateurs à l’origine des mouvements incohérents soulignés plus haut, ont déjà empoché les bénéfices nets. Aussi, les images des maisons abandonnées par les familles incapables de payer leurs dettes, peuvent être assimilées à une pure hypocrisie, du sadisme des gouvernants complices, quoi que l’on en dise, des spéculateurs. Les gouvernements des grands pays industrialisés avaient tous les moyens d’éviter cette situation et d’en maîtriser les conséquences, mais ils ont accentué la crise par leur silence, leur mollesse intéressée, et une complicité non démentie avec les milieux de la spéculation.

Nous retrouvons, ici, l’une des thèses marxistes développées par les continuateurs du philosophe, notamment dans quelques thèses avancées du léninisme socialisant et anti-capitaliste. Si l’on prend le cas du consortium européen EADS qui construit le célèbre avion Airbus, notamment les problèmes qu’à connu l’entreprise en 2007, avec le retard dans le lancement de son avion vedette A380, le plus gros porteur commercial du monde, l’on s’aperçoit que le patron de la boîte a réalisé de très bonnes affaires avec toute sa famille. Dès l’annonce du retard dans la livraison des premiers appareils, les actions du consortium ont chuté à la bourse, occasionnant des pertes immenses pour les actionnaires dont certains sont des petites gens qui y ont placé toutes leurs économies. Mais l’on s’est aussi rendu compte, très vite, que le patron avait vendu des paquets d’action un mois seulement avant l’effondrement du cours de l’action EADS à la bourse. Ce schéma est courant et se répète tout le temps, sans que les gouvernements ne s’en émeuvent réellement et effectivement. Dans ce cas comme dans bien d’autres, des enquêtes ont été ouvertes, par la suite, et des poursuites engagées. Mais la réalité demeure bien loin de ces gesticulations. Le capitalisme, dans sa phase avancée, opère ce que les théoriciens marxistes considèrent comme la domination de l’Etat. Il s’agit du capitalisme monopoliste d’Etat.
Il est donc clair, que la fanfaronnade selon laquelle la société de consommation avancée allait gommer les disparités sociales et faire taire les contestations de l’ordre mercantile et exploiteur, n’a pas de sens au-delà d’une superbe tromperie. La lutte des classes est donc bien vivante. Ce ne sont pas les familles bourgeoises et aisées des magnats de la bourse qui sont défaillantes vis-à-vis des banques et qui voient leurs affaires jetées à la rue. LES FAMILLES BUSH, SARKOZY, ET BERLUSCONI NE RISQUENT RIEN, ET SONT BIEN EN COMPLICITE AVEC LES PROFITEURS DU DESORDRE ORGANISE QUE L’ON APPELLE CRISE.

Un réseau de complicités des classes dirigeantes politiques et financières

Officiellement, l’agitation des dirigeants américains et européens est destinée à protéger les petits épargnants, et sauver ce qui reste de l’intérêt public. La réalité est toute différente. Lorsque le président des Etats Unis s’empresse d’injecter près de 1.000 milliards de dollars dans la crise pour racheter les actions des banques défaillantes et reconstituer leurs fonds de garantie, ce n’est pas le citoyen ordinaire qui est sauvé, c’est la clique des spéculateurs et dirigeants indélicats qui sont des amis de toujours de la classe dirigeante qui gagnent sur toute la ligne. Le simple fait que la réaction des gouvernements, en Europe, soit clairement le recours à la nationalisation, devrait amener à réfléchir. Soit ils se trompent complètement et agissent, de fait, contre toutes les orientations économiques fondées sur le libre jeu des marchés qui ont été le moteur de leurs doctrines, depuis des lustres, soit ils se livrent à un jeu qui pourrait facilement être dépeint ainsi: QUI PERD GAGNE.

Il faut comprendre que l’argent public injecté dans les banques ne va rien changer dans la manière dont celles-ci sont gérées, ni dans la qualité, la nature et le statut des dirigeants. Les mêmes vont s’installer aux commandes et vont se comporter exactement comme avant. Il ne faudra pas trop longtemps pour déboucher à nouveau sur une autre crise, avec les mêmes manifestations, les mêmes effets, les mêmes acteurs, et les mêmes propositions de solution. Les classes dirigeantes des pays fortement industrialisés ont construit des systèmes de vol dont les conséquences sont ensuite supportées par les citoyens ordinaires et partagées dans le monde entier.

Dans ces conditions, la libre entreprise et le modèle triomphant de la rapidité et de la capacité d’innovation, ne servent pas réellement une doctrine saine, au service de l’humanité. Comment peut-on à la fois encourager des fusions, des délocalisations, et prôner le protectionnisme, le nationalisme, la réduction du chômage, et l’accès facile aux crédits ? TOUS LES LEVIERS DE COMMANDE DE L’ECONOMIE CAPITALISTE SONT VICIES PAR LE SEUL FAIT DE L’INCOHERENCE DES PROPOSITIONS DE BASE. L’argent donné au travailleur misérable, aux familles modestes, sous le couvert de salaires, est vite repris dans la spéculation, dans le formalisme fiscal, dans le processus d’endettement en vue d’accéder à la propriété d’une maison ou de valeurs en bourse. Tout cela s’écroule selon des mécanismes qui n’ont pas pitié et qui ne font pas de cadeaux. C’est la théorie de L’ESCLAVE ETERNEL que nous avons mis en exergue, tantôt.

Une observation attentive permet de se rendre compte que tous les dix ou quinze ans, la même situation se reproduit à des niveaux plus ou moins importants. Lorsque les analystes clament que la crise de septembre 2008 est seulement la première de cette importance, depuis la crise de 1929, ils ne disent pas la vérité. A diverses étapes de la croissance de l’économie mondiale au cours du dernier siècle du précédent millénaire, l’on a assisté à de grands désordres qui, certes, n’avaient pas la même amplitude, mais dont les effets étaient, à peu de chose près, similaires. Chaque fois que l’endettement des Etats-Unis qui détiennent, avec 15.000 milliards de dollars, le tiers du PIB de la planète, devient trop important, les autorités monétaires américaines provoquent la crise pour faire supporter le poids de leur bien-être excessif au reste du monde et obliger les autres à les refinancer. C’EST LA LOGIQUE SELON LAQUELLE, SI VOUS NOUS LAISSER TOMBER, LES CONSEQUENCES VOUS EMPORTERONT.

Sur les implications internationales réelles

Plusieurs analystes ont pratiquement brouillé les pistes en déclarant tantôt que la crise n’aurait pas des incidences planétaires, tantôt que celle-ci ne serait qu’un malheur pour les entreprises, et enfin que ce sont les valeurs boursières concernant les parts détenues sur les firmes financières uniquement qui en souffriraient. L’on a même pu entendre des responsables des banques centrales au plus niveau pour ce qui est de l’Afrique, tenter de minimiser les conséquences pour leurs économies. Il importe de clarifier les données à ce sujet.

Premièrement, il est incontestable que l’effondrement des valeurs boursières résulte d’abord des politiques d’endettement irresponsables et intéressées pratiquées aux Etats-Unis, politiques élaborées, contrôlées, et gérées de façon indirecte par la FED, la banque centrale américaine. Les ménages américains ruinés et surendettés sont inévitablement les premières victimes. L’interconnexion entre les économies capitalistes a entraîné l’effet de contagion, par le simple fait que l’argent circule électroniquement et ne connaît presque plus de frontières. Une banque qui s’écroule aux Etats-Unis emporte donc forcément toute la chaîne et ce sont des liquidités, des capitaux qui se perdent dans la spéculation féroce. Avec cette conséquence, aucune monnaie n’est plus stable, et aucun titre n’est plus sûr.

Qu’en est-il des ménages européens ? Ils subiront à peu de chose près, le sort des ménages américains, avec la nuance que les fonds de réserve et de garantie sont, ici, mieux protégés par les gouvernements. L’Europe aussi prête ardûment, mais pas au rythme ni aux conditions de légèreté observés aux Etats-Unis. Le dénominateur commun entre les vautours de la finance des deux côtés de l’Atlantique, c’est justement cette insouciance déjà évoquée s’agissant du sort des ménages et des petits épargnants. La peur des uns, les plus riches, contraste avec l’assurance des plus pauvres, des familles moyennes.

Deuxièmement, pour ce qui est de l’Asie, il est impossible de soutenir que les conséquences seront perceptibles tout de suite. Parce que le rythme de consommation et, par conséquent, d’endettement des ménages est à l’opposé de ce que l’on constate, en Europe ou aux Etats-Unis, la crainte concerne plus les partenaires de grande taille et surtout les entreprises impliquées dans des capitalisations avec les firmes américaines et européennes. En Chine ou en Inde, pays dont les réserves en devises ont gonflé de façon exponentielle, être propriétaire de son habitation n’est pas encore la chose la plus répandue et le crédit n’est pas à la portée de la majorité des populations. Les causes profondes de l’enfermement du citoyen sont absentes et les risques de plongeon dans la galère créés par les spéculateurs boursiers, également. L’on pourrait dire « pas de dette, pas de problème », pourtant, les dangers ne sont pas si loin et sont susceptibles de se produire sous la forme de dommages collatéraux.

Troisièmement, et c’est ici qu’intervient le sort des pays Africains, la crise mettra à mal tous les projets financés selon le système BOT (Built, Operate and Transfert). Il s’agit du système qui permet à une entreprise d’apporter, de financer entièrement un projet, de l’exploiter durant un certain temps, et de restituer sa propriété au pays. Dans le contexte de la restriction des financements sur le marché international, d’où viendra les milliards indispensables pour ces réalisations ? Le continent demeure très sous-équipé en infrastructures de première nécessité. Routes, barrages hydroélectriques, adductions d’eau, logements sociaux, hôpitaux et écoles font cruellement défaut et les gouvernements ont, dans certains cas, engagé des projets pour commencer à pallier ces insuffisances. Un pays comme le Cameroun doit réaliser, d’ici dix ans au moins, dix barrages hydroélectriques et engager une vingtaine d’exploitations minières. Les aéroports et les salles d’attente des ministères en Angola, au Gabon, en Centrafrique, à Yaoundé, Brazzaville et Dakar, ressemble à des foires de marchands pressés. Il s’agit, en fait, de représentants de grandes entreprises multinationales qui viennent proposer de prendre en charge tel ou tel projet.
En fait, les démarcheurs qui se proposent pour les projets BOT, sont conditionnés par les disponibilités de l’argent sur les marchés financiers internationaux, un marché devenu exsangue, frileux et recroquevillé, par peur d’aggraver une situation déjà désespérée. Les banques américaines et européennes ne vont pas donner le peu de cash qui leur reste, à des pays lointains, pour le plaisir des profits de quelques entreprises qui vivent d’exportations. Il est déjà possible de prévoir des modifications importantes dans le montage financier de plusieurs projets. Il n’est d’ailleurs pas exclu que certains de ces projets soient tout simplement abandonnés ou renvoyés à plus tard. Pour les effets induits directs et indirects, il faut entrevoir les contentieux qui naîtront des commissions déjà encaissées d’une part, et des manques à gagner pour les nouveaux emplois d’autre part.

Il convient de souligner que la construction d’un barrage électrique de taille moyenne mobilise pendant cinq ans, en moyenne 500 emplois directs et près de 2000 emplois indirects, dont environ 50 emplois de cadres, 100 emplois de contremaître ou d’agent de maîtrise et nourrit plus de dix mille personnes. Quand aux vastes exploitations minières projetées par-ci et par-là, les grands conglomérats occidentaux qui sont positionnés et dont certains ont dépassé le stade des tests de production et de rentabilité, ce sont justement leurs actions qui dégringolent, aujourd’hui, sur les places boursières à une allure étourdissante, les plongeant dans le doute absolu. Ce qui les intéresse maintenant au premier chef, c’est de préserver ce qui reste de leurs trésoreries propres et la stabilisation des engagements antérieurs. Pas question donc d’aller ouvrir de nouveaux chantiers.

L’autre retombée négative que n’ont pas pu ou su voir les ministres africains des finances de la zone Franc, réunis précipitamment à Yaoundé, c’est la chute du flux financier positif issu des transferts de fonds provenant de l’immigration. La crise financière entraîne la compression des activités des entreprises et la fragilisation subséquente de la main-d’œuvre. Or, c’est connu que lorsque les choses vont mal, les millions de travailleurs immigrés sont les premiers sinon les plus fragiles parmi ceux qui en payent le prix. Comment vont-ils continuer à envoyer les mêmes montants qui se chiffrent en milliards de dollars dans leurs pays s’ils ne sont pas sûrs du lendemain ou si, du coup, ils sont mis à la porte de leur boulot ? Pour un pays comme le Mali, les transferts opérés par les travailleurs immigrés représentent le quart du PIB et c’est énorme.
Il convient, s’agissant toujours des manques à gagner, de mettre en exergue, ce que nombre d’experts, par inadvertance ou par étroitesse d’esprit, n’ont pu évoquer. Il s’agit de la diminution du volume des financements en provenance des institutions philanthropiques. Pour avoir une idée claire sur cet aspect, il faudrait savoir que l’aide publique au développement, multilatérale et bilatérale, ne représente plus que 60% du volume total, contre 40% pour l’aide privée dans laquelle sont rangées toutes les opérations des organismes humanitaires très actives non seulement en Afrique, mais partout dans le monde. A titre d’exemple, l’organisation humanitaire internationale SOS-Kinderdorf qui prend en charge les enfants déshéritées à travers un réseau de plus de 500 villages techniques appropriées, est présente dans 143 pays, aussi bien en Afrique, en France, en Asie qu’aux Etats Unis.

Comme Kinderdorf, Care International, Médecins sans frontières, le Comité International de la Croix Rouge (CICR) et bien d’autres, reçoivent l’essentiel de leurs financements de donateurs individuels, souvent des hommes et des femmes qui puisent dans leurs revenus directs ou dans leurs épargnes. Il est incontestable qu’avec la crise financière qui a fragilisé toutes les petites épargnes et fragilisé durablement les économies, les dons vont connaître une stagnation pendant une période dont il est, pour l’instant, difficile de situer la durée. La seule chose à peu près certaine, c’est que dans de nombreux pays d’Afrique où les organisations humanitaires ont développé des projets, des difficultés apparaîtront inévitablement.  L’on pourrait assister à la compression voire à l’abandon de certains projets, et les conséquences courantes que sont les pertes d’emploi et autres effets collatéraux, deviendront évidentes. D’ailleurs, il importe de signaler à ce propos, que ces organisations versent généralement des salaires plus confortables et offrent une meilleure protection de leurs employés, contrairement au secteur public et au secteur privé locaux.

21:07 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : capitalisme, communisme, shanda tonmé, crise des marchés financiers | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 20 octobre 2008

OBAMA, LES NOIRS, LES JUIFS ET L'AFRIQUE

Barack Obama et sa famille du Kenya.jpg
A propos de l'auteur TENE Thierry:
Thierry TENE est fondateur et directeur d’A2D Conseil spécialisé dans le conseil et la formation sur le développement durable.


Octobre 13, 2008

Le 4 novembre, OBAMA sera « probablement » le prochain président des Etats-Unis d’Amérique, si on en croit les derniers sondages. Un autre indicateur est la crise économique qui frappe actuellement l’Amérique et le reste du monde. En effet, les américains font plus confiance aux démocrates, pour les questions économiques, et aux républicains, pour celles de la sécurité. Quel que soit le résultat de l’élection présidentielle, l’Obamania a pris une telle ampleur, notamment dans la communauté noire, qu’on peut légitimement s’interroger sur les marges de manœuvres du sénateur de l’Illinois pour répondre aux attentes du monde entier.

Quand on est noir, faut-il être prophète chez les blancs avant de le devenir chez les noirs ?

La mobilisation actuelle des noirs américains, de l’Afrique et sa diaspora pour Obama est si forte (une visite des sites et forums communautaires permet de mesurer cet engouement) qu’on oublierait presque qu’il y a à peine 9 mois, le sénateur métisse ne faisait pas l’unanimité surtout chez les afro-américains. Il existe chez la plupart des noirs, une idéologie assez incroyable qui voudrait qu’on ne soit reconnu pour son talent et ses compétences que lorsqu’on est apprécié par les autres communautés, particulièrement les blancs. L’examen de passage d’Obama a donc lieu le 3 janvier 2008, lorsque à la surprise générale, il remporte les caucus (première élection des primaires démocrates) dans l’Iowa. Cet état a la particularité d’être très conservateur et peuplé majoritairement de blancs. L’impact médiatique de cette victoire symbolique sur Hillary Clinton va pousser certains électeurs afro-américains à croire aux chances d’Obama. Les remarques subtiles et frôlant parfois le racisme de Bill Clinton vont contribuer à consolider le vote des noirs pour Obama. L’ancien président américain avait même été déclaré « président des noirs » par ces derniers. Paradoxalement, au début des primaires, Obama a eu du mal à mobiliser l’électorat noir. En effet, le débat a fait rage chez les afro-américains pour savoir si Obama, qui n’est pas descendant d’esclaves (du moins directement) et qui est métis, faisait réellement partie de leur communauté.

Obama, candidat des noirs ou des juifs ?

Il est toujours un peu risqué de s’autodéclarer ou de désigner quelqu’un comme le représentant d’une communauté, surtout lorsque celui-ci n’a rien demandé et s’en défend. L’humoriste Dieudonné peut être cité en exemple. Suite au sketch « controversé » de celui-ci et de l’impact médiatique que cela a eu, la majorité des membres de la diaspora africaine va prendre fait et cause pour ce dernier. Les critiques de la presse, de certaines associations communautaires et des hommes politiques français vont contribuer à l’élever en martyr et défenseur de la cause noire. Lorsque le comédien va prendre des positions plus polémiques et fréquenter des personnalités (comme Jean-Marie Le Pen) dont certains propos à l’encontre des noirs sont clairement racistes, ces derniers vont se retrouver face à un véritable dilemme. On peut aussi citer Harry Roselmack dont la promotion aux commandes du journal le plus regardé d’Europe était présentée comme une réelle avancée pour les noirs. Qui peut réellement évaluer cet impact ? Cette nomination a-t-elle modifié le contenu rédactionnel du journal ou le nombre d’articles positifs sur les noirs et l’Afrique ? Citons enfin la Secrétaire d’Etat Rama Yade dont l’ascension devrait être un évènement pour les noirs. Madame Yade influence-t-elle la politique africaine de la France ? Sous son impulsion, quelles sont les initiatives qui ont été prises pour améliorer le quotidien des français d’origine africaine ?

Ces exemples montrent bien qu’il est important que les noirs se posent la question suivante : Est-ce que la réussite personnelle de l’un d’eux, sans leur soutien, en fait une réussite collective et, par corollaire, un représentant de leur communauté?
Barack Obama est-il donc le candidat des noirs ? Pour répondre à cette question, suivons le parcours politique du candidat et l’origine de ses principaux collaborateurs. Après son diplôme à Columbia, Obama décide de s’investir dans le social à Chicago. Il y rencontre Gerald Kellman, un juif qui a besoin d’un afro-américain afin de faciliter la mise en place de projets sociaux auprès de cette communauté. Diplômé également de l’Université d’Harvard, il épouse Michelle Robinson, en 1992. Le rabbin Capers C. Funnye Jr, cousin de celle-ci, est le premier afro-américain membre du Conseil des rabbins de Chicago et a été ordonné rabbin, en 1985. Il œuvre activement pour le rapprochement entre les différentes communautés et particulièrement entre juifs et noirs.

Dans le premier et deuxième cercle du candidat démocrate, à l’exception de quelques personnalités afro-américaines comme Susan Rice (ancienne Secrétaire d’Etat aux Affaires Africaines, sous la présidence de Clinton), Valerie Jarrett (l’amie et confidente de la famille) et Cornell Belcher (l’un des rares noirs qui réalisent des sondages, aux Etats-Unis), les principaux stratèges et conseillers d’Obama sont issus de la communauté juive. Nous ne pouvons tous les citer mais une recherche sur Internet permet de se faire une idée. Evoquons tout de même David Axelrold, qui peut être considéré comme l’un des principaux artisans du succès d’Obama. Il a la particularité de s’être spécialisé dans l’émergence des élus afro-américains comme Harold Washington, le premier maire noir de Chicago, John Street de Philadelphie, Anthony Williams de Washington, Dennis Archer de Detroit, Michael White de Cleveland, Lee Brown de Houston et surtout Patrick Deval, le premier gouverneur noir du Massachusetts.

La milliardaire afro-américaine Oprah Winfrey, reine de la télé américaine peut également être citée comme l’une des actrices du succès d’Obama. Engagée à ses côtés depuis le début (participation à des meetings et organisation des collectes de fonds), une étude de l’université du Maryland démontre qu’elle aurait rapporté près d’un million de voix au sénateur de l’Illinois, au cours des primaires démocrates. Il faut dire qu’elle à une côte de popularité très forte auprès de ses téléspectateurs qui sont majoritairement blancs. Il suffit par exemple qu’elle parle d’un livre dans son émission et le résultat se traduit par une explosion des ventes.
Lors de la tournée internationale du candidat démocrate, on peut regretter qu’il n’ait pas choisi (comme le sénateur McCain) de visiter un pays africain. Par ailleurs, de sa visite en Israël à l’intervention devant l’ AIPAC « American Israel Public Affairs Committee » qui est un puissant groupe de pression sur le gouvernement américain pour la défense d’Israël, Obama a donné toutes les garanties pour la poursuite des relations particulières qu’entretiennent ces deux Etats. C’est également un passage obligé pour de nombreux dirigeants politiques du monde lors de leur séjour, aux Etats-Unis. On entend souvent tout et n’importe quoi sur la communauté juive. Ils ont le mérite de se compter et de le faire savoir. Ainsi dans chaque Etat, ils savent exactement leur nombre et n’hésitent pas brandir la menace d’un vote sanction si leurs doléances n’étaient pas écoutées. Les noirs ne peuvent ils pas seulement s’en inspirer ?

L’hebdomadaire Le Point du 18 septembre 2008 publie un article de Bernard-Henri Lévy (le philosophe français le plus médiatique) dont des extraits méritent réflexion « comment il (Obama) est le seul - parce qu’il représente une minorité visible mais n’en défend pas moins l’idéal citoyen - à pouvoir arracher l’Amérique au mauvais démon de la guerre des minorités, de l’enfermement dans les ghettos, des communautarismes en rivalité, voir en guerre… Pourquoi il est le seul, encore, à pouvoir résorber la fracture qui s’annonce et qui, si elle se creusait, serait une catastrophe culturelle, métaphysique, donc politique, pour l’Amérique : cette fracture entre juifs et noirs, cette rupture de la grande Alliance nouée, dans les années 60, entre les deux minorités et qui a été l’honneur, le moteur et l’aiguillon de la grande Amérique réformatrice et de ses batailles… » Alors, Obama : une réussite juive ou afro-américaine ? Obama est il le candidat afro-juif ? Peut-il concilier ces deux communautés ? A chacun de se faire une idée…

L’Obama français ou le syndrome NIMBY ?

Aux Etats-Unis, comme en France, à l’exception de quelques personnalités, les leaders politiques noirs sont peu nombreux, contrairement à d’autres communautés dont le pourcentage dans la population globale est parfois inférieur à celui des noirs.
L’ascension d’un politique noir est, dans ce contexte, un évènement et celui du sénateur Obama est d’autant plus symbolique qu’il est le premier noir à représenter l’un des grands partis à l’élection présidentielle et surtout, il pourrait être le premier président noir ou métis des Etats-Unis. Vu la côte de popularité dont il bénéficie dans plusieurs pays et notamment en France, on peut légitimement s’interroger sur les chances réelles d’un candidat noir d’accéder à l’Elysée. Le sénateur de l’Illinois est apprécié aussi bien à droite qu’à gauche de l’échiquier politique français.
L’opinion publique et les politiques de l’Hexagone se livrent au NIMBY (Not In My Back Yard) ou OMA (Oui Mais Ailleurs). Un candidat noir aux portes de la Présidence de la République, très bien, mais aux Etats-Unis. D’ailleurs, aussi bien au Parti Socialiste qu’à l’UMP, combien de ses politiques sont prêts à choisir un leader noir pour les représenter. Ils répondront avec hypocrisie et sans blague que l’opinion n’est pas prête. La personnalité préférée des français est un métis. C’est peut-être les politiques qui ne sont pas prêts. Il serait également facile de rejeter toute la faute sur les politiques sans balayer devant sa porte. Ils sont nombreux ces français d’origine africaine qui utilisent le succès d’Obama pour stigmatiser la France.

En 2002, lorsque la députée Guyanaise Christiane Taubira était candidate à la Présidence de la République, combien des 5 millions de noirs ont voté pour elle ?
Quelles leçons les noirs devraient tirer de l’ascension d’Obama :

1. Le travail et la croyance en ses rêves ;
2. L’histoire n’est jamais écrite d’avance ;
3. La vie n’est pas une fatalité ;
4. Même face à certains commentaires et/ou comportements racistes, ne pas s’enfermer dans ce débat et puiser dans le positivisme pour avancer ;
5. Eviter les réactions du « noir en colère » qui est toujours en train de renvoyer la faute aux autres.

Barack Obama a réussi a s’imposer face à l’une des familles les plus puissantes du parti démocrate. Même Martin Luther King, dans son « dream », n’avait pas imaginé un tel scénario. Le sénateur de l’Illinois sera peut-être dans un mois, le prochain président des Etats-Unis d’Amérique. En tout cas, nous le souhaitons vivement. Par ailleurs, Obama ne fera pas grand-chose pour l’Afrique et les africains ne devraient d’ailleurs rien attendre du candidat démocrate. Par contre, qu’à travers son exemple, les africains comprennent que tout est possible et qu’on peut partir de zéro et se retrouver au sommet du monde. Il y a là une source de motivation qui devrait habiter toute une génération d’africain, loin de l’image misérabiliste répandue et des clichés sur le continent noir. Il est, également, très important de se définir soi-même comme modèle, ce qui oblige inconsciemment à travailler dur pour réussir et se motiver.
Quelque soit votre domaine d’activité, votre niveau d’étude ou votre situation sociale, avec pour devise « travail, confiance en soi et positivisme », YES YOU CAN !

Lu pour vous sur www.20mai.net

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lundi, 06 octobre 2008

L'AFRIQUE ET LA CRISE DES MARCHES FINANCIERS

LOTA DABIO TAMINI.jpgL’administration américaine a dévoilé, le vendredi 19 septembre 2008, les premiers éléments d’un vaste plan d’assainissement du secteur financier dont le coût se chiffre à 700 milliards de dollars, provoquant un rebond général des marchés d’actions. Les principales bourses mondiales sont passées d’une déprime profonde à un rebond historique en fin de semaine. Les experts s’accordent à dire que cette crise est la pire depuis le crash boursier de 1929.

Tout est parti du crash retentissant, de Lehmann Brothers, la quatrième banque d’affaires américaine, qui s’est placée sous la loi sur les faillites, et de American international group (AIG), un des principaux assureurs mondiaux, renfloué par la Banque centrale américaine. Lota Dabio Tamini économiste, chercheur en économie de l’environnement et des ressources naturelles et chargé de cours de commerce international à l’Université Laval au Canada explique ici les ressorts de cette crise financière et ses conséquences pour l’Afrique…

Comment expliquer cette crise financière mondiale?

De la crise des «primes de risque»…

La plupart des experts financiers s’entendent sur le fait que la crise actuelle a pour point de départ le marché des «primes de risque» («subprimes »). Ce marché est constitué de prêts hypothécaires (immobiliers), cartes de crédit et autres prêts accordés à une clientèle peu solvable. Ces prêts accordés à des personnes ayant une cote de crédit insuffisante ont participé à la création d’une bulle immobilière qui, elle-même, nourrissait la bulle de crédits.La pérennité de ce système dépendait cependant de deux conditions: des taux d’intérêt bas et relativement stables, et une appréciation régulière de l’immobilier. Ces conditions ont commencé à disparaître en 2004.


Les emprunteurs se retrouvèrent confrontés à une hausse de leurs mensualités alors que la valeur de leur bien diminuait, et les plus fragiles furent incapables de faire face à leurs remboursements. Ainsi, pour les établissements de crédit, la vente des biens saisis ne suffisait plus à couvrir leurs pertes. L’afflux de mises en vente des biens saisis a même aggravé le déséquilibre du marché immobilier, où les prix se sont effondrés. L’insolvabilité des débiteurs et la chute des prix de l’immobilier ont provoqué la chute ou la faillite de plusieurs entreprises de prêts hypothécaires à risque.

… à une crise de l’ensemble des marchés financiers

Les titres associés aux «primes à risque» offrent des rendements élevés dus au paiement par l’emprunteur d’un taux d’intérêt plus élevé. Les investisseurs ont donc exercé une forte demande de ce type de produits. Ces fonds d’investissement appartenant ou ayant été financés par les banques classiques, celles-ci reprennent donc, par ce biais, les risques qu’elles avaient dans un premier temps confiés aux marchés. Par ailleurs, la plupart des banques se refinancent et réduisent leurs risques grâce à la revente des créances à risque groupées avec d’autres valeurs.


L’ensemble du système bancaire s’est donc mis à supporter des risques de crédits dans les fonds que les banques finançaient ou qu’elles géraient. Les incertitudes sur les engagements directs et indirects des établissements financiers en matière de crédit à risque, mais aussi la crainte d’un ralentissement général des activités des banques de financement et d’investissement, très rentables et qui ont été les moteurs de la croissance au cours des années précédentes, ont fini par entraîner une véritable crise de confiance entre banques et un effondrement des marchés financiers.


Dans ce contexte, l’American international group représente une victime «collatérale» de la présente crise. En effet, cette société, classée troisième assureur mondial, a un réseau qui s’étend à plus de 130 pays et des activités touchant les particuliers, les entreprises et les institutions. L’AIG a subi de très fortes pertes liées aux garanties qu’il accordait sur des dérivés de créances immobilières. Les agences de notation (Standard & Poor’s, Moody’s, Fitch) ont été ainsi accusées d’avoir mal évalué le risque de ces produits et, partant, la notation associée à ces produits.


Et la dégringolade des marchés financiers semble avoir été aggravée par les ventes à découvert. En bourse, habituellement, les actions sont achetées en espérant que leur valeur va augmenter. La vente à découvert, c’est exactement l’inverse. Dans une opération de vente à découvert, l’investisseur mise sur la baisse d’un titre: il va vendre des titres qu’il ne détient pas et s’engage à les acheter plus tard, en espérant que leur valeur aura baissé. Spéculer sur la baisse des valeurs, comme la vente à découvert le permet, peut donc contribuer à entraîner les marchés vers le bas, notamment dans un contexte tendu. C’est la raison pour laquelle les autorités financières britannique et américaine ont décidé, cette semaine, de suspendre cette pratique.

Quelles solutions ont été apportées à cette crise?

“A big package because it’s a big problem…” - George W. Bush
Depuis le début de la crise, les autorités bancaires nord-américaines, européennes et asiatiques font preuve d’un activisme qui fait dire à certains décideurs économiques et politiques que cette semaine a sonné le glas du libéralisme économisme et du laisser-faire sur les marchés financiers. D’importants fonds ont été mis à la disposition du système bancaire afin de juguler sa crise de liquidité. De plus, des entreprises ont été nationalisées aux États-Unis et en Grande Bretagne.
Et, last but not least, les autorités américaines ont annoncé la création d’un fonds de 700 milliards de dollars afin de racheter et de gérer les «actifs toxiques». Ce fonds, financé par le contribuable américain, devrait contribuer à creuser le déficit budgétaire déjà abyssal des Etats-Unis. En plus de ces interventions financières directes, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer une mise à jour de la réglementation encadrant les activités des marchés financiers.

Quelles sont les conséquences de la crise pour les économies africaines?

Pour l’essentiel, les économies africaines ont été à l’abri des effets directs de la présente crise des marchés financiers, en raison de la faible taille de leur économie et du fait que leurs économies reposent essentiellement sur les matières premières. Cependant, avec des économies chaque jour un peu plus ouvertes, les pays africains subiront sans aucun doutes les contrecoups de cette crise financière.


La crise de liquidité bancaire et le resserrement des conditions de crédit…

Bien qu’encore jugés insuffisants, les investissements privés représentent des portions de plus en plus importantes des fonds mobilisés pour l’atteinte des objectifs de croissance et de développement en Afrique. Ces fonds proviennent d’entreprises localisées dans des pays ayant subi de plein fouet la présente crise financière. Un resserrement des conditions d’acquisition du crédit d’investissement pourrait affecter les pays qui connaissaient une croissance régulière des investissements directs étrangers.
Plusieurs études ont montré que les pays ayant un indice de développement moyen, et riches en matières premières (Côte d’Ivoire, Cameroun, Ghana, Nigeria,…) sont ceux qui attirent le plus les investissements directs étrangers. Ces pays pourraient donc subir un contrecoup du resserrement des conditions de crédit et de taux d’intérêt plus élevés. De plus, le «bradage» actuel de certaines des entreprises américaines auquel nous assistons pourrait détourner certains investisseurs, notamment chinois, des marchés africains.
Plus que jamais, il sera donc important pour les pays africains, d’offrir aux investisseurs un milieu d’affaires incitatif; l’objectif étant de mobiliser l’épargne intérieure disponible et d’être suffisamment attractif pour maintenir la croissance des investissements directs étrangers.

… Les conséquences sur les marchés internationaux

Cette crise a, par ailleurs, des effets sur d’autres marchés, et notamment sur celui des matières premières. L’assèchement des liquidités sur les marchés de capitaux, oblige plusieurs fonds d’investissement à quitter certains marchés de matières premières afin de disposer de ressources financières. Les cours de ces matières connaîtront donc une dégringolade. C’est l’une des explications à la baisse des cours du pétrole observée cette semaine, plusieurs investisseurs ayant liquidé leurs positions.
Certaines matières premières, comme l’or ou même les produits agricoles transigés sur les marchés internationaux, restent des valeurs refuges. Leurs cours pourraient donc s’envoler. Le mécanisme de spéculation sur les marchés à terme de produits agricoles observés depuis quelques mois pourrait donc se poursuivre et maintenir les prix des produits agricoles à un niveau élevé. De fait, les pays africains producteurs de matières premières disposeront là d’opportunités à saisir, ces hausses de prix pouvant partiellement ou totalement compenser les effets des conditions de resserrement du crédit.

… Conséquences sur les économies du continent

Les craintes que la crise financière n’affecte l’économie réelle des pays développés est bien présente et cela par le biais notamment de la baisse du moral des ménages et des chefs d’entreprises, des difficultés rencontrées par les banques, du resserrement des conditions de crédits. La consommation des ménages, l’investissement des entreprises et donc la croissance du produit intérieur brut pourraient être affectés. Le Fonds monétaire international (FMI) a ainsi réduit ses prévisions de croissance économique pour les prochains mois. Cette baisse de la croissance en Amérique, en Europe ou en Asie se traduirait ainsi par une baisse de la demande pour certains produits en provenance des pays africains.


De plus, le plan concocté par le gouvernement américain implique une augmentation du déficit budgétaire américain. À court ou moyen terme, il n’est pas insensé de penser que des politiques de réduction des dépenses de l’Etat devront être mises en œuvre. Et les expériences passées ont montré qu’en période difficile, les premiers postes de coupes budgétaires portent sur les programmes d’aide au développement (aux Etats ou par le biais des institutions multilatérales). La crise financière actuelle, avec les risques de ralentissement économique, pourrait donc avoir des conséquences sur le niveau de l’aide au développement.


LOTA DABIO TAMINI

22:36 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : marchés financiers, crise, lehmann brothers, subprimes, lota dabio tamini | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 18 septembre 2008

LA PROBLEMATIQUE IDEOLOGIQUE COMME AXE DE JUSTIFICATION DES CRIMES (2)

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A propos de l'auteur Shanda TONME

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.




II- TRIBUNAUX NATIONAUX CONTRE TRIBUNAUX INTERNATIONAUX

L’étalage argumentaire de nos premières interpellations, prouvent à suffire, que la construction des relations internationales depuis 1945, s’est faite dans un presque mouchoir de poche machiavélique et pour la consécration des normes juridiques entièrement ou partiellement biaisées. Les puissances dominantes avaient certes imaginé par exemple le Tribunal de Nuremberg ou encore la Cour permanente d’Arbitrage et la Cour internationale de justice, mais il est essentiel de rappeler que toutes ces instances n’ont reçu que des compétences relatives. Il demeure non seulement écrit, mais défendu ardûment en doctrine, que les Etats restent libres de reconnaître ou de ne pas reconnaître la compétence de ces Tribunaux.

En fait, derrière les expressions de moralisation du monde, se cache en permanence, le défi des puissants et des nantis qui ne reconnaissent de règle que pour autant que leurs intérêts vitaux ne sont pas menacés.

La Cour internationale de Justice n’est donc ni le prétoire universel attendu, ni le moule judiciaire universel espéré. Les Etats Unis ont si bien démontré et réaffirmé cette réalité élémentaire, qu’ils ont simplement dénié à la Cour pénale internationale, toute validité dès lors qu’un citoyen américain pouvait être mis en cause.

Il faut maintenant tirer les conséquences de ce qui ressemble à une tromperie permanente, voire un abus de confiance aggravé organisé par des pays qui clament leur très grande avance morale et la supériorité de leur civilisation. Les pays de la périphérie doivent faire preuve d’audace et pousser la logique d’une indépendance d’esprit jusqu’au bout. Cela suppose que le concept de la compétence universelle fasse l’objet d’une large appropriation par ces pays et une intégration conséquente dans leur système judiciaire.

Si la Belgique ou la France peut arrêter un dirigeant d’Afrique et le traduire devant les tribunaux français au nom de la compétence universelle, pourquoi le Sénégal ne feraient-ils pas autant pour un dirigeant français ?

Les auteurs des plus grands crimes commis dans les pays de la périphérie sont encore vivants et ils méritent d’être poursuivis devant des tribunaux spéciaux ou ordinaires constitués dans ces pays. La Cour pénale internationale ne lancera jamais des enquêtes et des poursuites contre les assassins de Ruben Um Nyobè et des génocides au Cameroun. C’est au peuple camerounais, agissant dans le cadre d’institutions politiques nationales, indépendantes, et souveraines, qu’il reviendra tôt ou tard de conduire cette action.

L’évolution du monde épouse dorénavant une somme de complexités qui rendent plutôt possibles, la rupture avec des dogmes de faiblesse et de subordination. Si hier les Etats Unis pouvaient encore aller arrêter un Chef d’Etat au Panama et le traduire devant leurs tribunaux, ils ne peuvent plus le faire avec une égale facilité aujourd’hui, sans redouter des implications insurmontables. Certes, il a été possible d’envahir l’Irak et de renverser son président sous de fallacieux prétextes plus tard dévoyés, mais la jurisprudence qui est construite à travers ce hold up moderne, est de nature comme nous en la preuve chaque jour depuis cinq ans, de donner plus d’arguments aux ennemis de Washington.

L’autre aspect de la question réside dans la nature des régimes locaux qui ne sont pas assez forts ou nationalistes pour créer des dynamiques internes d’attaque envers les grands pays regorgeant d’auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. L’on n’imagine pas le régime de Paul Biya au Cameroun engageant des poursuites contre les auteurs de l’assassinat de Ruben Um Nyobè, ni même le régime du sanguinaire Comaporé mettant en place une commission d’enquête pour élucider l’assassinat de Thomas Sankara.

En l’absence de cadres institutionnels et politiques viables ou appropriés, les peuples représentés par leurs sociétés civiles, devraient constituer les tribunaux pour traquer et juger les criminels des pays Occidentaux. L’avenir des peuples africains passe absolument par ce sursaut de révolte et de contestation qui permettrait de combler momentanément l’inaction ou l’incapacité des régimes corrompus du continent.

Notre propos tends à soutenir que les burkinabés devraient constituer un tribunal pour juger les auteurs de l’assassinat de Thomas Sankara. Ce tribunal ne devrait pas forcément statuer publiquement ou absolument sur le territoire national. Les camerounais devraient faire autant pour tous leurs martyrs.

20:02 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cpi, tpi, crimes de guerres, crimes contre l'humanite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA PROBLEMATIQUE IDEOLOGIQUE COMME AXE DE JUSTIFICATION DES CRIMES (1)

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A propos de l'auteur Shanda TONME

Jean Claude SHANDA TONME est docteur en droit international formé en France et aux Etats-Unis, diplomate de carrière, professeur de relations internationales et conseiller juridique de nombreuses organisations humanitaires de premier plan dans le monde.




I- DE LA RELATIVITE DES CRIMES DE GUERRE ET DES CRIMES CONTRE L'HUMANITE

1- Même si le témoignage d’un ancien chef de guerre devant la commission vérité et réconciliation du Libéria a pu établir que Sankara fut assassiné par un gang de mercenaires internationaux commandités de loin avec la participation active de Compaoré, cela ne veut rien dire pour l’Occident et cela ne peut pas émouvoir la Cour pénale internationale.

2- Même si une commission d’enquête tchadienne a pu établir l’implication de monsieur Idriss Déby dans l’assassinat du chef de la coordination des partis d’opposition, cela ne vaut rien aux yeux des Etats Unis, de la France et de la Grande Bretagne.

3- Et lorsque le premier Ministre italien présente ses excuses au peuple libyen et accepte de verser des compensations pour des décennies d’occupation, tout cela ne change pas du tout les humeurs des dirigeants de la France.

Nous sommes en présence de la dure réalité du subjectivisme qui caractérise la démarche des Etats dans les relations internationales, et particulièrement les pays occidentaux. C’est à un petit groupe de pays et à eux seuls, qu’il revient de décider ce qui est crime contre l’humanité et ce qui est crime de guerre. Parce qu’ils contrôlent les médias, parce qu’ils tiennent la finance internationale, parce qu’ils ont la main mise sur les trois quarts des richesses du monde et dictent la conduite à tenir à de nombreux gouvernements impopulaires, les Pays Occidentaux tiennent les martyrs des autres peuples pour des chiens errants qui ne méritent aucune récitation de mémoire. La Cour pénale internationale est leur outil par excellence pour l’instrumentalisation des emmerdements contre les tenants des idéologies et des doctrines contraires à leurs aspirations mercantiles. Cette espèce bizarre de tribunal sectaire est devenue le compas qui permet de dessiner toutes les figures d’intrigues, d’inquisition, et de forfaiture diplomatique.

En Géorgie, celui qui a déclenché la guerre sera absout, pendant que ceux qui n’ont fait que réagir seront mis en cause. Il suffit d’un coup de canon, et voilà l’autre machin à la solde de Washington que l’on appelle Union européenne qui tient réunion et se fend en déclaration pour décider de la création d’une commission d’enquête internationale. En Afghanistan, le corps expéditionnaire de l’OTAN peut déverser des bombes sur de paisibles citoyens célébrant un mariage, mais aucune voix ne se lèvera pour demander une enquête internationale. Au Liban, il suffit de la mort certes regrettable par attentat du premier Ministre Rafik Hariri, et voilà le Conseil de sécurité vite convoqué pour mettre sur pied une commission d’enquête internationale. Mais, le vice président du Soudan peut décéder dans un accident d’hélicoptère plutôt bizarre, et il n’y aura jamais de commission d’enquête internationale.

Nous pouvons aller plus loin dans la démonstration pour observer que des personnes considérées comme criminels nazis ou traîtres de la guerre de 1939-1945 continuent d’être recherchées, traquées, jugées et sévèrement condamnées en Occident, quand en Afrique, il n’est même pas question de porter un regard sur les crimes contemporains. Cette manière d’envisager l’ordre du moral du monde en plusieurs poids et plusieurs mesures, traduit la plus inacceptable des escroqueries anthropologiques et déontologiques. Nous vivons dans une mécanique juridique et intellectuelle qui produit une idéologie de profonde discrimination entre les cultures. En fait, les maîtres du monde ont installé mais à leur défaveur, une base de contestation qui prépare la guerre et annonce l’apocalypse.

Lorsque les pays Africains sont invités à se soumettre à la Cour pénale internationale, ils sont loin de douter que l’Occident à simplement à cœur de cristalliser leur soumission éternelle à des lois et des règlements qui sont de purs prolongements des normes antiques d’avilissement.

Nous avons régulièrement soutenu et défendu la thèse selon laquelle l’Union Africaine n’est qu’un piètre syndicat de potentats et d’affairistes disqualifiés pour parler au nom des peuples du continent. Pourtant, sur la réaction de cette institution après l’annonce par le procureur de la Cour pénale internationale de la mise en cause du président soudanais El Béchir, nous n’avons pas hésité à saluer l’argumentaire qui a consisté pour elle, à émettre le doute sur l’impartialité de la Cour.

Il y a en effet lieu de demander à ce fameux Procureur pourquoi n’avait-elle pas enquêté sur les morts qui ont marqué l’accession de Eyadema fils au pouvoir au Togo, ou sur les quelques dizaines de morts officiels des émeutes de la vie cher au Cameroun.

Même les esprits les plus tordus sont bien renseignés sur la relativité avec laquelle un certain Bernard Kouchner, ministre des affaires Etrangères de la France, traite des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre. En réalité il en va chez ces idéologues de l’esclavagisme moderne à propos des crimes, comme à propos de la démocratie et des démocrates. Les Um Nyobè, Biko, Cabral, Lumumba et autres, n’ont jamais été et ne pouvaient pas être des démocrates, le qualificatif est réservé dans leur vision aux Bongo, Déby, Musseveni et quelques amis inconditionnels.

Si Mandela peut être célébré en Occident au point de se voir consacré au plus haut des panthéons de son vivant, c’est qu’il représente très bien ce que l’Occident n’a pas pu obtenir des autres traités de terroristes, de communistes, d’agités, d’empêcheurs de tourner en rond et de chiens errants. Mandela a pu accepter le compromis qui lui fut imposé de voir la majorité noire accéder au pouvoir à condition que les traîtres qui avaient collaboré avec le régime raciste ne soient pas punis, que le dossier de la coopération nucléaire avec l’Occident soit gardé secret, que les mécanismes qui permettaient de violer l’embargo de l’ONU ne soit pas révélé, et enfin que l’Afrique du Sud sous la conduite de la majorité noire, s’abstienne d’encourager ou de soutenir les mouvements révolutionnaires sur le continent. Voilà une réalité bien trop cruelle que beaucoup d’africains ne connaissent pas, et qui ne souffre pourtant d’aucun doute pour ceux qui maîtrisent les négociations sécrètes de ce marché.

Une autre vérité troublante est de dire que à bien observer, la Cour pénale internationale peut être considérée comme un instrument de police planétaire contre les sauvages et les indésirables. C’est le principe même de la juridiction mondiale qui est ainsi profondément et raisonnablement remis en cause. Tous les tribunaux spéciaux qui ont été constitué l’ont été d’abord parce que l’Occident n’était pas et ne pouvait pas être mise en cause. Il en est ainsi du tribunal spécial pour le Rwanda, de celui pour l’ex Yougoslavie, de celui pour la Cambodge et plus récemment de celui pour le Liban.

19:54 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (12) | Tags : cpi, tpi, crimes de guerres, crimes contre l'humanite | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 16 septembre 2008

TROIS RAISONS FONDAMENTALES POUR DISSOUDRE LE FMI

FMI, BANQUE MONDIALE.jpg
Par Cheikh Sidiya DIOP

Photo: Le FMI, la Banque Mondiale et la BAD faisant le point avec le Premier Ministre ivoirien, SORO Kigbafori Guillaume, lors d'une séance de travail qui a porté sur le financement de la sortie de crise et la gestion de la situation post-crise.

Après la seconde guerre mondiale, il nécessitait de réorienter les relations économiques, financières et monétaires internationales. Dans ce contexte, sous l’égide des Etats Unis et de la Grande Bretagne, fut organisée en juillet 1944, dans la ville de Bretton Woods, une conférence internationale. A l’issue de celle-ci, furent créés le Fonds Monétaire International et la Banque internationale pour la reconstruction plus connue sous le nom de la Banque Mondiale. A la base, le FMI a été produit pour être une institution monétaire qui œuvre pour la stabilité du système monétaire international. Il veille au respect des grands équilibres macro-économiques, budgétaires et financiers. Il assiste les pays en développement en leur apportant des aides financières surtout à ceux qui ont des difficultés pour redresser leurs balances des paiements. Mais de nos jours, une critique exigüe du FMI révèle qu’il ne remplit pas son rôle d’institution neutre conçue pour fournir des crédits volumineux aux économies délabrées, tronquant ainsi le premier article de ses statuts : « Encourager la coopération monétaire internationale; faciliter l'expansion et l'accroissement harmonieux du commerce mondial; promouvoir la stabilité des changes; aider à établir un système multilatéral de paiements; mettre temporairement, moyennant des garanties adéquates, ses ressources générales à la disposition des États membres qui font face à des difficultés de balance des paiements ». Autrement dit, le FMI faille à sa responsabilité d'assurer la stabilité du système financier international et de l’émergence économique. Pis, il cautionne, étouffe et camoufle la mondialisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable dans un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Ce qui est sur le Fmi est confronté à plusieurs aléas de sur montage liés à plusieurs facteurs. Ce pour cela que certains Economistes, experts du développement et quelques dirigeants des PED soutiennent que cette institution mérite une reforme en profondeur tant sur le plan structurel que conjoncturel. Pour mieux comprendre cette remise en cause, les altermondialistes et la nouvelle génération de jeunes économistes se focalisent sur trois raisons fondamentales et techniques qui permettent d’argumenter la dissolution définitive du FMI : l’échec des politiques d’ajustements structurels que le Fonds Monétaire International avec la Banque Mondiale avaient édicté aux pays du Tiers Monde, ensuite les dysfonctionnements du FMI face aux récurrentes crises financières qui ont attaqué l’économie mondiale, et enfin, le négationnisme du FMI face à la globalisation de l’économie internationale.

Primo, les politiques d’ajustement structurels édictées par la Banque Mondiale et le FMI n’ont pas relancé les économies du Tiers Monde. Au contraire, ces plans ont enfoncé ces pays pauvres dans un pépin économique. En effet, ces institutions de Bretton Woods ont imposé aux pays du tiers monde qui avaient déjà une économie délabrée, de libéraliser les entreprises productives en se désengageant de leur capital. Soit une baisse de dépenses publiques face à une rentrée de recettes. Ensuite de réorienter leurs économies vers le commerce international en exportant vers les pays industrialisés des matières premières contre des technologies légères, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ce piège a constitué un facteur bloquant puisque ces pays sont marginalisés dans le jeu des échanges globaux où leur part constitue 1,2 % du marché mondial unifié. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud subsistent antagoniques parce que les prix des matières premières sont cotés sur les marchés boursiers de Wall Street, Chicago et de la City, et, ne cessent de baisser constamment, contrairement aux cours des produits manufacturés. En conséquence, ces pays se voient disqualifiés par des fluctuations ostensibles, à vendre des matières premières sans valeur ajoutée. Par exemple, le continent africain a vu le déficit de sa balance commerciale passer de 600 millions de dollars en 1990 à prés de 25 milliards de dollars en 2005. En conséquence, ces règles remèdes appliquées à la lettre ont buté à un fiasco puisqu’elles sont bardées de lacunes, et, qui ont compliqué d’avantage la tentative de stabiliser les balances de paiements, d’équilibrer les politiques budgétaires et de maitriser le déficit des finances publiques. D’ailleurs les Economistes du développement et les altermondialistes interprètent ces plans de relance comme un piège du libéralisme sauvage.

Secundo, l’immobilisme du FMI face aux récurrentes crises financières, dégage l’impression que cette institution a perdu son rôle de gardien de la stabilité des échanges financiers et monétaires. D’abord pour le choc pétrolier de 1973, le Fmi est resté impuissant face à l’OPEP qui a décidé brusquement de former un puissant cartel et de quadrupler les prix du pétrole et qui eu pour effet l’augmentation vertigineuse des coûts de nombreux produits de consommation dans les pays industrialisés et, par conséquent, une inflation mal gérée. Afin de maîtriser celle-ci, les pays industrialisés ont élevé les taux d'intérêts, ce qui a ralenti de façon sensible la croissance mondiale en provocant une récession généralisée. Ensuite, plus tard, le FMI a mal administré la crise asiatique de 1997 par une gestion exagérément restrictive sur le plan monétaire que budgétaire, malgré que l’organisme ait cherché à éviter la contagion sur les marchés financiers. Le FMI en tant que gardien du système monétaire et financier international n’a pas su prévenir. De facto, on peut dire que son système de prévention et de contrôle des marchés financiers est inefficace. L'économiste libéral Milton FRIEDMAN, a même déclaré que « sans le FMI, il n'y aurait pas le problème de l'Asie ». Concernant la crise des subprimes, le FMI n’a pas su avertir avec des indicateurs précis le gouvernement étasunien d’une éventuelle récession économique qui serait due à l’incapacité prochaine des ménages américains de payer leurs dettes.

Tertio, le FMI a toujours camouflé l’iniquité de la mondialisation qui est un système d’exploitation injuste. Au contraire, le FMI cautionne le jeu pipé des échanges internationaux où par exemple le continent africain entier n’est impliqué qu’à 1,2% et ne reçoit que 1,3% des investissements directs à l’étranger. Malgré cela les plans de relance du FMI dirigent les pays du Tiers monde à se spécialiser dans le commerce international. Or, l’Afrique perd plus en exportant vers le Nord des matières premières contre des technologies, des produits manufacturés et une partie des céréales de base. Ces termes de l’échange entre le Nord et le Sud sont contradicteurs. Par exemple, une économie agricole à 70 % comme le Sénégal et qui exporte 90 % de ses produits primaires subit un désavantage des chocs externes. Le président Hugo Chavez a eu raison de retirer le Venezuela de la Banque Mondiale et du Fonds Monétaire International en les qualifiant de « mécanismes de l'impérialisme destinés à exploiter les pays pauvres ».

Pour conclure, le Fonds Monétaire International est par définition une organisation appartenant à 185 nations libres. En tant que gardien des marchés financiers, son rôle est d’assurer la stabilité du système monétaire et financier international de même que l’émergence économique. Il doit non seulement prévenir mais contrecarrer les crises financières en apportant une assistance technique et financière aux économies pauvres. Pour cela, il se doit de se reformer en profondeur en changeant sa réglementation, ses droits de vote et en associant davantage les pays émergents et les pays en développement. Il doit accorder des crédits volumineux aux pays pauvres pour endiguer définitivement la précarité tout en ayant un droit de regard sur l’utilisation efficience des créances allouées. Malheureusement, il avalise la globalisation qui n’est rien d’autre qu’un système d’exploitation et de distribution très inéquitable avec un processus ne conduisant pas à une intégration des flux commerciaux, des ressources scientifiques et technologiques, des systèmes productifs et des marchés financiers. Pis, ses plans de relance ont hypothéqué les économies des pays pauvres dans une crise concave sans issue. En sus, le FMI continue d’ignorer royalement les schémas d’action proposés et élaborés par des experts du continent noir.


Cheikh Sidiya DIOP
Analyste Auditor JJW France,
Doctorant ès Sciences Economiques
Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
csdiop.audit@jjwhotels.com
Cheikh-Sidiya.Diop@malix.univ-paris1.fr



23:40 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Monde | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : fmi, banque mondiale | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

lundi, 01 septembre 2008

L'EUROPE DOIT DEFENDRE UNE NOUVELLE PRATIQUE DES DROITS DE L'HOMME

ONU 3.jpgL'EUROPE DOIT DEFENDRE UNE NOUVELLE PRATIQUE DES DROITS DE
L'HOMME (Note personnelle: Même si certains pays européens, champions des droits de l'homme,
sont à mille lieues d'être des modèles, eux-mêmes. Notamment en Afrique):

PROPOSITION: " TOUT MEMBRE DU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU QUI NE LUI
SOUMETTRAIT PAS SES LITIGES TERRITORIAUX ET LES REGLERAIT PAR LA FORCE, DEVRAIT ÊTRE SUSPENDU ".



L'invasion de l'Irak, en 2003, par les Etats-Unis, la répression de ses
minorités nationales par la Chine, en 2008 et l'invasion de la Géorgie
par la Russie, ont au moins une caractéristique commune. Ces trois pays
sont membres du Conseil de sécurité de l'ONU et, pour le dernier,
membre du Conseil de l'Europe. Le pays envahi, la Géorgie, également.
Et c'est une triste première.


La communauté internationale, concept juridique assez imprécis pour
tout suggérer et ne rien dire, ne peut trouver là aucun motif de
réconfort si l'on admet que les membres du Conseil de sécurité sont
les premiers gardiens du traité des Nations unies. LEUR VALEUR
D'EXEMPLE EST A TERRE ET LE PIRE EST VENU DES ETATS-UNIS
car, à la
différence des deux autres, c'est une démocratie accomplie. QUAND
L'AMERIQUE SE PARJURE, LES ETATS VOYOUS, GRANDS OU PETITS, S'EMPARENT
DE LEUR BUTIN
. Guantanamo est une aubaine pour eux. Et si nous avons
tant critiqué les Etats-Unis dans ce bourbier inhumain qu'est l'Irak
c'est que lorsqu'ils trébuchent, c'est la démocratie qui tombe.
Souhaitons que les prochaines élections redonnent un pas ferme à ce
pays.

Les contempteurs du "droit-de-l'hommisme,", néologisme venu des
soutes de la nouvelle droite, formule qui pour ses utilisateurs
englobe des ONG hystériques ou des professeurs chiffonnés, n'ont, en
attendant, guère de souci à se faire. Ils peuvent ricaner : le
principe de réalité est en pleine forme. Comment en sommes-nous
arrivés là ?

Les ralliements opportunistes aux traités, la cécité ou la
pusillanimité des démocraties ont peu à peu transformé des principes
de droit puissants et actifs, sortis pour l'essentiel des charniers de
la seconde guerre mondiale, en paravent commode pour tyrannies en
quête d'honorabilité.

Cassin affirmait que tant que les droits de l'homme seraient
maltraités il n'y aurait pas de paix dans un seul coin de la planète.
Il liait les droits de l'homme, ceux des peuples, la paix, la guerre.
Pour lui c'était un tout. C'est d'ailleurs le sens du préambule de la
Déclaration des droits de l'homme des Nations unies de 1948. " Battre
sa femme, c'est un autre jour tuer son voisin ", dit le proverbe. Il y
a une continuité entre la violence domestique et l'agression des
autres. C'est vrai pour les Etats comme pour les personnes.

Il faut reprendre une nouvelle pratique des droits de l'homme, plus
exigeante, plus concrète et plus efficace. L'Europe, et d'abord la
France et la Grande-Bretagne, membres permanents du Conseil, devraient
élever le débat, au nom de l'Union européenne, sur une réforme du
statut des membres du Conseil de sécurité de l'ONU, à l'aube de
l'adhésion de nouveaux membres.

Tout membre du Conseil qui ne soumettrait pas un litige relatif à une
question de souveraineté territoriale et le réglerait unilatéralement
par l'emploi de moyens militaires serait suspendu du Conseil.
La Cour Internationale de Justice verrait sa compétence accrue et
serait seule apte à le trancher.


FOYER MISSIONNAIRE

De nombreux Etats, notamment d'Afrique, y recourent déjà. Mais cette
solution arbitrale de la Cour n'est que facultative. Elle doit devenir
la règle pour les Etats membres du Conseil. A haut niveau de
responsabilité, haut niveau de devoirs. Sinon le droit de veto
continuera à être un laissez-passer aux exactions, un viatique
d'impunité. Un rêve ? C'est ce que les cyniques opposaient à Briand.
On découvrit trop tard qu'ils étaient experts en cauchemar.

Chaque ministre européen en visite dans un pays signalé devrait
rituellement poser la question et réclamer des informations sur le
sort des prisonniers d'opinion. Pas seulement aux autorités à qui il
incombe de répondre en premier mais aussi aux organisations civiles,
sociales et professionnelles. Il devrait se constituer, peut-être sous
les auspices du commissaire européen aux droits de l'homme, un
secrétariat chargé de compiler le bilan de ces visites. Il y a 27
Etats membres qui composent l'Union. Imaginons que chaque ministre de
chaque Etat accorde une heure de son temps aux droits de personnes
persécutées lors de ses déplacements. Voilà un vrai bouclier pour les
démocrates menacés et persécutés et des marges de manoeuvre réduites
pour les Etats liberticides.

Le traité de l'OMC conditionne l'entrée de membres à la signature et à
la ratification du pacte international relatif aux droits civils et
politiques de l'ONU de 1966. C'est parfait mais que le traité de l'OMC
aille plus loin. Qu'il fasse un véritable travail de vérification des
engagements pris pour démasquer les signatures opportunistes. Doutons
qu'une justice indépendante en matière de commerce voit le jour là ou
l'on torture dans des caves. C'est un tout et l'OMC gagnerait en
estime.

Enfin, la confection des traités eux-mêmes devrait associer les
sociétés à leur processus. La très récente initiative de l'Union pour
la Méditerranée fait côtoyer d'authentiques démocrates avec des
personnalités qui n'ont rien à voir dans le champ des droits de
l'homme, sinon qu'elles y braconnent. M. Kadhafi a eu le bon goût de
décliner.

On dira que ce traité ne concerne pas les personnes, que l'on mélange
tout et que l'on va tout faire échouer. Ah bon, mais alors il sert à
quoi ? Rien n'empêche qu'un sommet régulier des sociétés civiles des
Etats signataires se réunisse pour contribuer à faire vivre le traité,
l'enrichir et veiller au respect de ses clauses. Les organisations
professionnelles, les universités, les ONG, les chambres de commerce,
les syndicats auraient leur mot à dire. Les sommets mondiaux sur le
sida ou l'Internet en sont des illustrations. On y entendrait des
choses désagréables ? Tant mieux. Ce serait le signe d'un véritable
échange.

Dernière objection, je la pressens. Pourquoi l'Europe serait-elle le
foyer missionnaire de cette entreprise car elle n'est pas parfaite ?
Loin de là en effet, nos centres de rétention seront un jour des
camps, et j'entends même les catholiques italiens du centre-droit
s'inquiéter d'un risque de résurgence du fascisme dans leur pays.

Je dirais d'abord parce que la guerre aux portes de l'Europe rend
cette réaffirmation volontaire et sans concession des droits de
l'homme comme un objectif géopolitique indispensable. Ensuite, plus
prosaïquement, parce que s'intéresser aux droits de l'homme chez les
autres, c'est un des plus sûrs moyens de les prendre au sérieux chez
nous. A force de s'agenouiller on finit par croire, disait Pascal.
Pour les droits de l'homme relevons-nous. Il est plus que temps.



Jean-Pierre Mignard

Avocat à la cour

20:56 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Europe, Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |