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lundi, 02 septembre 2013

LES AFFIRMATIONS DISANT QUE LA SYRIE MENE UNE GUERRE CHIMIQUE ONT POUR OBJECTIF DE PROVOQUER UNE INTERVENTION OCCIDENTALE


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Les accusations non fondées selon lesquelles le régime syrien du président Bachar al-Assad a perpétré une attaque aux armes chimiques près de Damas et qui a tué un grand nombre de civils présentent toutes les caractéristiques d’une provocation montée de toutes pièces visant à déclencher une intervention occidentale.

Des adversaires du régime d’Assad soutenus par l’occident ont fait état de l’attaque, mercredi matin de bonne heure, au moment même où une équipe d’inspecteurs de l’ONU chargés d’examiner l’utilisation d’armes chimiques allaient commencer leur travail. Ils avaient été autorisés, 72 heures plus tôt, par le gouvernement à se rendre en Syrie,.

En effet, selon les sources de l’opposition qui ont signalé les attaques chimiques, celles-ci ont eu lieu à l’est de Ghouta, dans la banlieue est de Damas, à quelques kilomètres à peine du lieu où se trouve le siège de l’équipe des inspecteurs de l’ONU.

Les rapports contradictoires initiaux concernant cette attaque supposée venir du gouvernement établissaient le nombre de victimes entre une vingtaine et 1.300.

Aucune des vastes couvertures médiatiques de ces allégations non vérifiées n’a expliqué pourquoi le régime d’Assad aurait choisi un tel moment pour déclencher des attaques chimiques à grande échelle – sous le nez des inspecteurs de l’ONU – ni quel motif il aurait eu pour le faire dans une situation où son armée a infligé une série de défaites aux « rebelles » qui sont soutenus par les Etats-Unis.

Néanmoins, les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN, principaux partisans de la guerre sanglante en faveur d’un changement de régime en Syrie, n’ont pas perdu de temps pour publier des condamnations et exiger une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU qui s’est tenue mercredi après-midi à huis clos à New York.

La Maison Blanche a publié un communiqué où elle déclarait être « profondément préoccupée par les informations que des centaines de civils syriens ont été tués dans une attaque des forces gouvernementales syriennes perpétrée en recourant à des armes chimiques. » Avec ses alliés à Londres et Paris, elle a demandé à ce que la séance du Conseil de sécurité et l’équipe de l’ONU se trouvant sur le terrain en Syrie ouvrent tous deux immédiatement une enquête sur ces informations.

Les partisans d’une intervention américaine directe dans la guerre civile syrienne sont allés plus loin. Le Washington Post s’est empressé de publier un éditorial sur son site web disant : « Si les allégations d’une nouvelle attaque massive sont confirmées, la faible mesure adoptée par le président Obama en juin, à savoir la livraison de petites armes aux forces rebelles, s’est avérée totalement inadaptée. »

Le journal conclut qu’Obama doit réagir aux attaques chimiques présumées en « ordonnant des représailles directes des Etats-Unis contre les forces militaires syriennes responsables et en adoptant un plan visant à protéger les civils du sud de la Syrie par une zone d’exclusion aérienne. »

Le gouvernement syrien et son armée, qui ont répété à maintes reprises qu’ils n’utiliseraient pas d’armes chimiques contre la population, ont démenti les accusations faites par des organisations soutenues par les Etats-Unis, tel que le Centre d’opposition syrien.

Le ministère des Affaires étrangères syrien a publié un communiqué soutenant que la coopération entre Damas et l’équipe d’inspecteurs de l’ONU « n’avait pas plu aux terroristes et aux pays les soutenant ce qui explique pourquoi ils ont avancé de nouvelles fausses allégations selon lesquelles les forces armées ont utilisé du gaz toxique dans l’arrière-pays de Damas. »

L’ambassadeur syrien à Moscou, Riyad Haddad, a dit à l’agence d’information russe ITAR-TASS que les accusations étaient fausses et visaient à reproduire le « scénario irakien, » c’est-à-dire une intervention militaire directe des Etats-Unis en Syrie.

« Nos forces armées n’ont jamais utilisé d’armes chimiques et toutes les concoctions montées de toutes pièces à cet égard visent à désorienter les observateurs internationaux et à faire dévier leurs efforts pour atteindre les objectifs fixés, » a dit Haddad.

« Ce n’est un secret pour personne que toutes ces falsifications qui surgissent de temps en temps au sujet du recours aux armes chimiques ne sont rien d’autre qu’une tentative de réitérer le scénario utilisé par le passé concernant les armes de destruction massive en Irak, » a ajouté l’ambassadeur.

Le ministère russe des Affaires étrangères a qualifié les accusations d’une attaque gouvernementale aux armes chimiques de « provocation préméditée. »

Citant des sources anonymes en Syrie, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Aleksander Lukashevich, a affirmé que l’attaque aux armes chimiques à l’est de Damas était l’œuvre des « rebelles » eux-mêmes qui sont soutenus par les Etats-Unis.

« Une fusée de fabrication artisanale avec une substance toxique qui n’a pas encore été identifiée, et qui ressemble aux roquettes utilisées par les terroristes le 19 mars à Kahn al-Assal, a été tirée tôt le matin du 21 août à partir d’une position occupée par les insurgés, » a-t-il dit.

L’attaque de mars dernier à Khan al-Assal, près d’Alep, est l’un des incidents sur lesquels l’équipe d’inspecteurs de l’ONU est venu enquêter en Syrie. Le gouvernement a affirmé que cette attaque, qui avait tué 26 personnes dont 16 soldats du gouvernement, était l’œuvre de milices armées soutenues par l’Occident et combattant pour un changement de régime.

Ces forces se sont publiquement vantées d’avoir accès à des armes chimiques et d’être prêtes à en faire usage. A la fin de mai dernier, les médias turcs avaient rapporté que des membres du Front Al Nusra, milice affiliée à al Qaïda et qui est le fer de lance de l’attaque contre le gouvernement, avait été interpellés et qu’ils étaient possession d’une certaine quantité de gaz sarin.

Si l’on se demande à qui profite un tel crime, il est clair que ce n’est pas au régime d’Assad mais aux forces dirigées par les islamistes et qui combattent pour le renverser. Ces accusations de crimes de guerre perpétrés par le gouvernement syrien sont faites au moment où ces forces sont confrontées à une crise croissante et à une série de défaites militaires.

Le coup d’Etat en Egypte a contraint le Conseil national syrien à fuir ce pays pour aller se réfugier en Turquie au moment où la junte militaire égyptienne retirait l’aide qui lui avait été précédemment fournie par le président islamiste déchu Mohamed Morsi.

Les forces d’Al Nusra, force combattante dominante particulièrement dans le nord de la Syrie, se sont retrouvées elles-mêmes impliquées dans un violent conflit armé contre les milices kurdes qui s’opposent à l’empiètement des combattants islamistes syriens sur leurs villages. L’émergence des Kurdes en tant qu’importante force combattante dans la guerre civile syrienne et leur revendication d’autonomie ainsi que le flux de dizaines de milliers de réfugiés kurdes fuyant les combats dans l’Irak voisin, fait aussi réfléchir le gouvernement en Turquie qui redoute les retombées sur sa propre population kurde.

La dernière vague d’indignation internationale au sujet des armes chimiques syriennes avait eu lieu en juin dernier, après la défaite des forces soutenues par l’Occident, dans la ville stratégique de Qusayr, près de la frontière libanaise, et qui avait coupé une ligne d’approvisionnement clé des milices anti-régime. C’est en réponse directe à ces revers que le gouvernement Obama avait publié ses conclusions infondées selon lesquelles le gouvernement Assad avait utilisé des armes chimiques. Après avoir précédemment déclaré que le recours à de telles armes était « une ligne rouge » qui conduirait à un changement de la politique américaine en Syrie, le gouvernement Obama avait annoncé que son intention est de commencer à armer directement les « rebelles ».

Alors que les récentes allégations ont, comme on pouvait s’y attendre, entraîné des appels à une intervention militaire américaine directe, le commandement du Pentagone ne semble guère enthousiaste quant à une telle perspective.

L’Associated Press a fait état mercredi d’un courrier adressé par le président du Conseil des chefs d’état-major interarmées américain, le général Marin Dempsey, à un représentant démocrate du Congrès qui préconise une telle intervention, mettant en garde que ce serait contre-productif vu que les soi-disant rebelles ne serviraient pas les intérêts américains s’ils réussissaient à renverser Assad.

« J’estime que le côté que nous choisissons doit être prêt à promouvoir ses intérêts et les nôtres lorsque la balance penchera en sa faveur. Actuellement, ce n’est pas le cas, » a écrit Dempsey au membre du Congrès Eliot Engel de New York.

« Nous pouvons détruire la force aérienne syrienne, » a dit le général. « La perte de la force aérienne d’Assad anéantirait sa capacité à attaquer les forces d’opposition dans l’air mais elle intensifierait aussi et engagerait potentiellement davantage les Etats-Unis dans ce conflit. En d’autres termes, ce ne serait pas décisif sur le plan militaire mais cela nous engagerait de façon décisive dans le conflit. »

Le commandant américain conclut en disant: « Le recours à la force militaire américaine peut modifier l’équilibre militaire mais il ne peut pas résoudre les questions historiques ethniques, religieuses et tribales sous-jacentes qui sont en train d’attiser ce conflit. »

Sur ce point le général n’est pas honnête ; l’amer conflit sectaire en Syrie n’est pas simplement le résultat de questions « historiques sous-jacentes », mais bien plutôt la conséquence directe du conflit armé fomenté par l’impérialisme américain et ses alliés régionaux et de l’acheminement par leurs soins de dizaines de milliers de combattants islamistes étrangers dans le pays. La crise à laquelle ces forces sont actuellement confrontées n’a rien à voir avec des armements inadéquats mais plutôt avec l’hostilité grandissante de la population à l’égard du bain de sang sectaire qui est déchaîné en Syrie.


Bill Van Auken

Article original, WSWS, paru le 22 août 2013


Source: MONDIALISATION.CA

MOHAMED BOUAMIDI SUR LA SYRIE: «LES AMERICAINS NEGOCIENT AVEC LA RUSSIE, L'IRAN ET LA SYRIE»


 

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Un texte intéressant transmis par Mohamed Bouhamidi à son camarade Jacques Tourtaux. Bonne lecture!


Rebonjour Jacques,

D'ici samedi (31 août 2013, Ndlr) se passeront beaucoup de choses. Ceci dit les américains essayent de négocier avec les russes, les iraniens et les syriens pour que ces derniers acceptent une frappe américaine suffisamment sévère pour passer pour de la fermeté en échange du principe de non changement du régime syrien et d'allègement des sanctions contre l'Iran. Russes, Iraniens et Syriens ont refusé cette combine. Depuis Obama, Cameron et Hollande essayent de "mouiller" leurs parlements pour se donner la légitimité de leurs "opinions publiques" pour une frappe qu'ils essayent de faire accepter comme "raisonnable" et "moralement" indispensable. D'où l’urgence d'une action anti guerre qui leur mettra les bâtons dans les roues.  

La raison de fond ? C'est l'échec patent des mercenaires et autres takfiris. Ils recevaient la pile à la Ghouta de Damas (une région agricole fortement peuplée) dans la réponse préventive de l'armée syrienne la veille de l'offensive sur Damas programmée par les USA et le saoudien Bandar Ben Soltane  avec de nouvelles troupes renforcées par des unités sur armées et sur entrainées par les forces spéciales US, anglaises et  en Jordanie. C'est le désastre pour eux. L'histoire des armes chimiques et l'envoi en urgence des enquêteurs (ce que la France, les USA et la Grande-Bretagne avaient refusé pour Khan el Assel) devait tout à la fois offrir un répit aux mercenaires en obligeant l'armée arabe syrienne à un cessez-le-feu sur ce théâtre des opérations dernière base pour tout projet militaire contre Damas.

Bandar avait promis aux américains de renverser le rapport de forces en envoyant des quantités ahurissantes d'armes et des effectifs en surnombre dans l'offensive de "libération des côtes" (Lattaquié montagnes et plages) et celle de Damas, offensive qui bouleverserait la donne et ne laisserait à Assad et à l'armée arabe syrienne que le choix  de la reddition dans "Genève II".

Cette frappe contre la Syrie reste leur seule issue pour changer le rapport de forces et éviter la débâcle. Alors ils négocient la mise en scène de la sortie avec les honneurs. Le refus des russes, des syriens et des iraniens de cette diplomatie secrète les met face à leur échec de fanfarons qui parlaient avec autant d’impudence de la chute imminente d'El Assad.

Voilà à quoi sont confronté Obama, Cameron et Hollande: "Le 26 août 2013 l’agence Ria Novosti  rapportait ces propos de Mac Cain tenus à Séoul: « Si les Etats-Unis se mettent en retrait et ne décident pas de véritables actions - il ne s’agit pas de juste lancer quelques missiles de croisière - alors notre crédibilité dans le monde sera encore plus entamée, si nous en avons encore". 
 
S'ils ne font plus peur aux peuples et à leurs adversaires, c'en est fini de leur hégémonie et de la terreur qu'ils inspirent. Alors il est urgent d'abord de leur enlever cette "légitimité de leurs parlements" en appelant à manifester en masse et pas seulement par la signature de pétitions qui n'ont aucun effet visible dans cette urgence.

 
Tu peux publier cet échange amical, si tu le juges utile et profitable.


Mohamed Bouhamidi


Source: Le blog de Jacques Tourtaux

dimanche, 01 septembre 2013

LES REBELLES SYRIENS AVAIENT DEJA UTILISE DU GAZ SARIN LE 19 MARS 2013, QUE LEUR A-T-ON FAIT?


CARLA DEL PONTE.jpg

Carla-Del-Ponté enquêtrice des Nations-unies en Syrie


Ce n'est pas la première fois que les rebelles syriens et les islamistes drogués de Washington utilisent du gaz sarin contre la population syrienne. Ils l'avaient déjà fait, le 19 mars 2013, près d'Alep. Et avec l'aide des médias caniches de l'Occident, ils ont tenté de faire endosser leur acte ignoble au régime de Bachar Al-Assad, appuyés par les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. L'histoire n'a fait que se répéter le 21 août 2013 dernier, à Al Ghouda. Avec les mêmes gesticulations honteuses de l'Occident qui s'en prévaut pour s'arroger le droit inique de préparer une intervention militaire contre un peuple attaqué et foulé au pied. Une honte pour toute l'humanité! Un vrai monde de sauvages! Retour sur un rapport onusien qui avait déjà épinglé les terroristes sanguinaires et cannibales soutenus par Washington, Paris et Londres, en Syrie. Fernand Dindé.

Syrie: c’est tranché, ce sont les rebelles qui ont utilisé du gaz Sarin de combat


Selon les Nations-unies, c’est l’opposition soutenue par les Etats-Unis et non le régime syrien qui a utilisé du gaz sarin.


Son rapport fait voler en éclats les mensonges sur lesquels Washington et ses alliés européens fondent leur campagne pour une guerre avec la Syrie, et selon lesquels les Etats-Unis et leurs alliés se préparent à attaquer la Syrie pour protéger la population syrienne des armes chimiques d’Assad. En fait, les preuves disponibles concernant l’utilisation de gaz sarin mettent en cause les « rebelles » dominés par les islamistes et qui sont armés par des pays du Moyen-Orient, alliés aux Etats-Unis et sous la supervision de la CIA.

Les déclarations de Del Ponte coïncident avec les frappes aériennes totalement illégales d’Israël contre la Syrie et qui ont été approuvées par le président Obama. Ces actes de guerre représentent une intensification majeure de la guerre sectaire, instiguée et soutenue par les Etats-Unis, pour un changement de régime en Syrie, guerre qui est elle-même une préparation à des attaques contre le principal allié du régime syrien dans la région, à savoir l’Iran.

Del Ponte a été précédemment procureur général du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie ainsi que du Tribunal pénal international pour le Rwanda, tous deux soutenus par l’Occident. Elle siège actuellement dans une commission d’enquête des Nations-unies sur la Syrie. Dans une interview accordée dimanche à la chaîne italiano-suisse RSI, elle a dit, « D’après les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont eu recours à des armes chimiques, et ont utilisé du gaz sarin. »

Elle a expliqué, « Nos enquêteurs sont allés dans des pays voisins pour interviewer des victimes, des médecins et dans les antennes chirurgicales et d’après leur rapport de la semaine dernière que j’ai vu, il existe des suspicions fortes et concrètes, mais pas encore de preuve incontestable de l’utilisation de gaz sarin, d’après la manière dont les victimes ont été traitées. Et c’est de l’opposition, des rebelles, que cela venait, et non des autorités gouvernementales. »

Elle a ajouté, « Ce n’est pas surprenant, puisque les opposants [c'est à dire l'opposition anti-Assad] sont infiltrés par des combattants étrangers. »

Dans une Vidéo interview à la BBC, del Ponte a dit, « Nous avons rassemblé des témoignages qui laissent penser que des armes chimiques ont été utilisées, en particulier du gaz de combat. Ce qui a émergé de notre enquête c’est que cela a été utilisé par les opposants, par les rebelles. Nous n’avons aucune, absolument aucune indication que le gouvernement, les autorités du gouvernement syrien, aient utilisé des armes chimiques. »

Ces déclarations démasquent la campagne des Etats-Unis sur les armes chimiques en Syrie comme étant une série de mensonges concoctés pour justifier une guerre d’agression au Moyen-Orient. Cette campagne a commencé fin mars, au moment où l’armée américaine annonçait les projets d’une intervention intensifiée en Syrie lorsque le régime d’Assad avait accusé l’opposition d’avoir lancé une roquette avec une ogive chimique à Khan al-Asal, près d’Aleppo. Elle avait tué 26 personnes, dont 16 soldats syriens, selon des sources de l’opposition.

L’opposition avait réagi en alléguant que c’était le régime d’Assad qui avait tiré cette roquette chimique. C’était fort peu probable étant donné que la roquette visait des forces pro-Assad.

Néanmoins l’establishment politique et médiatique américain a pris les allégations de l’opposition pour argent comptant, exigeant une intensification de l’intervention en Syrie, sur la base des remarques d’Obama d’août 2012 selon lesquelles l’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien serait une « ligne rouge » incitant les Etats-Unis à attaquer.

Le 26 avril, la Maison Blanche a approuvé cette campagne dans une lettre au Congrès déclarant: « La communauté américaine du renseignement, avec différents degrés de certitude, est parvenue à la conclusion que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle, en Syrie, en particulier du gaz sarin. »

Cette déclaration n’avait en fait aucun fondement et était d’évidence fabriquée sans tenir compte des témoignages rassemblés par les Nations-unies. Même après les interviews de del Ponte, des responsables américains ont continué à faire des déclarations incendiaires laissant entendre qu’ Assad utilisait des armes chimiques. Un conseiller du gouvernement Obama a dit auNew York Times hier, «Il apparaît tout à fait clairement à tous qu’Assad est en train de faire des calculs pour voir si ces armes pourraient le sauver. »

L’utilisation de gaz sarin par l’opposition islamiste sunnite soutenue par les Etats-Unis, liée à al Qaïda et qui organise régulièrement des attaques terroristes en Syrie, soulève aussi la question de savoir comment elle a obtenu ce gaz. Le conseil américain des relations internationales décrit le sarin comme un produit «très dangereux et complexe à confectionner, » bien qu’il puisse être fait « par un chimiste formé avec des produits chimiques disponibles pour le grand public. »

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Dans un hôpital d'Alep, après un bombardement, le 19 mars - AP/Uncredited

Que les islamistes aient reçu le gaz sarin de leurs partisans étrangers, puis l’aient synthétisé eux-mêmes peut-être sous la surveillance de l’extérieur, ou qu’ils l’aient volé dans les stocks syriens, une chose est claire : son utilisation montre clairement la nature criminelle et téméraire du soutien des Etats-Unis à l’opposition islamiste.

Tout au long de la guerre syrienne, l’Etat et les médias américains ont agi suivant l’hypothèse qu’il est possible de manipuler la population par les mensonges les plus outranciers. Il importait peu que ces mensonges soient même vaguement plausibles, car on pouvait compter sur les médias pour les présenter de façon à ce qu’ils justifient l’attaque contre la Syrie.

A maintes reprises, lors du massacre de Houla en mai 2012 et du meurtre du journaliste Gilles Jacquier en janvier 2012, les médias ont fait porter sur le régime d’Assad la responsabilité des atrocités perpétrées par l’opposition, puis ont laissé tomber l’affaire lorsqu’il est apparu que c’était l’opposition qui en était responsable. Même l’annonce du gouvernement américain en décembre dernier que des forces d’opposition liées à Al Qaïda avaient perpétré des centaines de bombardements terroristes en Syrie n’ont pas affaibli le soutien des média pour la guerre.

A présent les médias américains sont en train d’enterrer la nouvelle de l’interview de del Ponte, au moment où Washington se prépare à une intervention directe en Syrie. Il n’a été fait aucune mention hier de son interview dans aucun des programmes d’information du soir des trois principaux réseaux.

Au contraire, après les frappes aériennes d’Israël contre des cibles syriennes jeudi et dimanche, des responsables et des experts des médias américains se sont vanté que les forces américaines étaient en mesure d’attaquer les défenses aériennes syriennes en faisant peu de victimes. (voir Les frappes israéliennes en Syrie)

Reprenant les mensonges concernant les armes de destruction massive (ADM) utilisés pour justifier la guerre contre l’Irak, l’élite dirigeante américaine place les armes chimiques au centre de sa propagande de guerre contre la Syrie. Hier le Washington Post écrivait: « Les frappes israéliennes, suite aux reportages de ces dernières semaines disant que les forces d’Assad déployaient probablement des armes chimiques en quantité inconnue, semblaient étayer la position de ceux qui pensent depuis longtemps que les Etats-Unis devraient apporter un soutien direct aux rebelles. »

Le New York Times a fait remarquer qu’Obama pourrait utliser les armes chimiques comme prétexte pour faire la guerre s’il attaquait sans l’autorisation des Nations-unies. Il écrit : « Il est presque certain que la Russie mettrait son veto à tout effort visant à obtenir l’autorisation du Conseil de sécurité de l’ONU pour une action militaire. Jusqu’à présent, M. Obama a évité de rechercher une telle autorisation et c’est donc une raison pour laquelle l’utilisation passée ou à venir d’armes chimiques pourrait servir d’argument juridique pour mener des frappes. »

Le journal n’a pas fait remarquer que, dans un tel cas, la guerre d’Obama contre la Syrie serait tout aussi illégale du point de vue du droit international que l’invasion de l’Irak par Bush, il y a dix ans. Cette guerre-là qui a coûté la vie à un million d’Irakiens et a fait des dizaines de milliers de morts et blessé américains, et a aussi coûté des milliers de milliards de dollars, est profondément détestée par la classe ouvrière américaine et internationale.

Ce besoin de l’élite dirigeante américaine de minimiser la guerre en Irak au moment où elle se prépare à lancer un bain de sang similaire en Syrie sous-tend l’article du New York Times d’hier écrit par l’ancien chef de la rédaction du Times, Bill Keller, et intitulé « La Syrie n’est pas l’Irak. » Déplorant le fait que l’expérience de la guerre en Irak, que lui-même et le Times avaient promue avec de faux reportages sur les armes de destruction massive de l’Irak, l’avait rendu «réticent vis à vis des armes », Keller a carrément affirmé, « Pour ne pas se tromper en Syrie, il faut commencer par se remettre de l’Irak. »

Par « se remettre de l’Irak », Keller veut dire surmonter les inquiétudes concernant l’action militaire et les massacres de masse pour écraser ceux qui s’opposent à la politique américaine. Il écrit que, « En Syrie, je crains que la prudence ne soit devenue du fatalisme… Notre réticence à armer les rebelles ou à défendre les civils pour qu’ils ne soient pas massacrés dans leur maison a convaincu le régime d’Assad (et le monde) que nous ne sommes pas sérieux. »

Déclarant que Washington est en train de préparer des plans militaires « au cas où l’utilisation par Assad d’armes chimiques nous force la main, » il demande une intervention rapide et écrit, « Pourquoi attendre la prochaine atrocité? »

L’article va-t-en guerre de Keller est un exemple particulièrement clair de la manière dont la promotion par les médias d’une politique impérialiste est coupée de la réalité. Le fait qu’il n’existe aucune preuve qu’Assad ait utilisé des armes chimiques, ou que la prochaine atrocité en Syrie sera probablement perpétrée par les forces soutenues par les Etats-Unis, importent peu au Times. La seule chose qui compte est de bien présenter la prochaine guerre américaine, et tant pis pour la réalité des faits.

La faillite intellectuelle et morale collective des médias et de l’élite dirigeante explique le fait que les révélations explosives de del Ponte puissent être enterrées sans commentaire. Enivrée par sa propre propagande mensongère, prête à tout pour effacer les conclusions que la population a tirées de la dernière débâcle sanglante de Washington, la classe dirigeante américaine est en train de se précipiter à tombeau ouvert vers une nouvelle catastrophe.

 

Alex Lantier


Source: MONDIALISATION.CA

samedi, 31 août 2013

L’HOMME QUI EN SAVAIT TROP SUR LE 11 SEPTEMBRE 2001, PHILIP MARSHALL, A ETE RETROUVE MORT CHEZ LUI AVEC SES DEUX ENFANTS, TOUS TUES PAR BALLE

 

 

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Un ancien enquêteur de l’Agence nationale américaine de sécurité, Wayne Madsen, qui a passé huit jours sur place pour enquêter sur les circonstances exactes du décès, le 2 février dernier, de l’auteur du livre The Big Bamboozle Philip Marshall, a contesté la thèse officielle du suicide lors d’une entrevue radiophonique avec Kevin Barrett.

 

Philip Marshall a été trouvé mort chez lui avec ses deux enfants, tous tués par balle. Un voisin avait trouvé les trois corps (plus celui de leur chien) dans une maison laissée porte ouverte, chose inhabituelle pour un auteur de livres portant sur des questions aussi sensibles. Madsen a également expliqué dans l’interview que l’ordinateur de Marshall n’a toujours pas été localisé, et qu’il avait de plus confié à un ami qu’il travaillait sur un quatrième livre comportant des révélations encore plus « choquantes ». 

Philip Marshall a été pilote de Boeing pendant plus de vingt ans, et avait publié en novembre 2012 un livre-enquête, The Big Bamboozle : 9/11 And the War on Terror (La grande tromperie : le 11 septembre et la guerre au terrorisme), documentant l’implication des autorités saoudiennes dans l’entraînement des quatre pilotes responsables des attentats du 11 septembre 2001. Marshall a piloté des Boeing 727, 737, 747, 757 et 767 à titre de capitaine et était convaincu, en raison de son expérience, que les quatre pirates de l’air avaient dû bénéficier d’une formation poussée, dans des conditions réelles et au-delà de celle qu’ils avaient reçue dans les écoles de pilotage habituellement citées dans les médias, et ce jusqu’aux derniers jours avant les attentats. 

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Marshall avait conclu que ces séances d’entraînement supplémentaire n’auraient pu avoir lieu que sur la base de Pinal Airpark, située entre Las Vegas et Tucson en Arizona, et souligne que seuls les quatre pilotes chargés de mener les attaques avaient été envoyés à Las Vegas au cours des six derniers mois précédant les attentats. Des Boeing 757 et 747 étaient disponibles sur place au moment de leur séjour, et ce site est connu pour avoir été utilisé par des agents de la CIA et des entreprises privées de mercenariat comme Blackwater

Marshall ajoute que nombre de Saoudiens étaient sur place ou plus largement dans le pays à l’époque des attentats, dont des membres de la famille Ben Laden et plus particulièrement plusieurs membres de l’entourage du prince Turki al Faisal, l’ancien ministre des renseignements saoudien. Lui-même avait séjourné près de Las Vegas et se trouvait dans le pays le jour même des attentats. 

Marshall écrit que des pilotes-instructeurs auraient pu bénéficier de la couverture fournie par cette vaste suite princière pour entrer et sortir du pays sans être interrogés. A titre d’exemple, il souligne que le Prince Bandar, alors ambassadeur d’Arabie saoudite aux Etats-Unis et actuel dirigeant des services de renseignement saoudien, était le chef de son unité de chasseurs lorsqu’il était dans les forces aériennes saoudiennes dans sa jeunesse, et que deux agents saoudiens opérant à San Diego et en contact avec les terroristes du 11 septembre, Bayoumi et Bassan, étaient attachés à la Direction de l’aviation civile saoudienne

Ces quelques éléments montrent, ainsi que de nombreux autres développés dans le livre, qu’une telle opération ne pouvait pas avoir été montée par une organisation terroriste clandestine, aussi riche et organisée soit-elle, mais qu’il fallait des moyens que seul un pays bénéficiant d’une large couverture diplomatique, de services de renseignements sophistiqués et de nombreux contacts pouvait mobiliser. 

Quant aux raisons pour une telle implication des saoudiens, Marshall cite un document publié par la PNAC (Projet pour un nouveau siècle américain), intitulé « Reconstruire les défenses de l’Amérique », en particulier le passage où on explique que « la transformation prendrait un long moment – nonobstant quelque événement catastrophique ayant un effet catalyseur – comme un nouveau Pearl Harbour ». 

De plus, en blâmant les attaques sur Osama ben Laden, on pourrait par la suite justifier une politique de guerre préventive contre l’Irak (qui n’avait pourtant rien à voir avec ben Laden), et éventuellement la Syrie et l’Iran, des pays traditionnellement opposés à la culture Wahhabite et ne partageant pas la même vision géopolitique sur l’avenir de l’Asie centrale. 

Dans l’introduction de son livre, Marshall montre comment la version finale du Rapport d’enquête parlementaire sur le 11 septembre a été rédigée de manière à passer sous silence le rôle saoudien, en particulier par l’omission du chapitre classifié de 28 pages (retiré du rapport par l’administration Bush) consacré exactement à cette question. Marshall était en contact non officiel avec l’ancien Sénateur Bob Graham, et ancien co-président de la Commission conjointe d’enquête du Congrès américain, qui a exigé à de multiples reprises la publication de ces 28 pages. Une chose qu’a refusé de faire Barack Obama en dépit des promesses qu’il avait faites personnellement aux familles des victimes des attentats lors de sa campagne de 2008.

 

In Solidarité & Progrès


Source: WIKISTRIKE

vendredi, 30 août 2013

IRAK, LIBYE, SYRIE DES «PREUVES» ET DES AGRESSIONS

SYRIE - ETATS-UNIS. RECHERCHE DE PREUVES CONTRE LA SYRIE.jpg

Les services de renseignements américains cherchent des preuves


L’impérialisme a-t-il jamais eu besoin de preuves pour agresser un peuple, un pays? Et s’il en a invoquées étaient-elles réellement crédibles et justifiaient-elles son ingérence dans les affaires intérieures des Etats concernés? La seule histoire récente, des interventions militaires des Etats-Unis, est implacable plutôt de preuves sur l’arrogance et le cynisme de la Maison-Blanche et de sa suite de vassaux.

A chaque crime correspond une montagne de mensonges qui sont immédiatement « oubliés » pour en resservir d’autres, à l’occasion d’autres entreprises de prédation. Les « preuves » ont toujours trait aux atteintes aux « droits de l’homme », à la « démocratie », à la « sécurité des Etats-Unis ou à leur way of life (sic !) ».

En face et autour le monde assiste impuissant et passif à sa mise en coupe réglée. Une « communauté internationale » bienveillante sert de caution « morale » au jeu de massacre. Elle est chargée d’applaudir au discours dominant à la demande. Les Nations unies, quand elles ne sont pas « paralysées » par un veto, peuvent ne plus servir à assurer la légalité internationale comme en Yougoslavie et en Irak. La Syrie pourrait-être ainsi la prochaine victime d’une ignominieuse attaque, à laquelle se prépare l’alliance atlantiste forte du silence sidéral de l’écrasante majorité des gouvernements du monde.

Le scénario est en place, le « régime de Damas » a utilisé des gaz mortels contre la population de son pays, les principaux membres de l’OTAN l’ont affirmé et n’ont pas eu besoin d’attendre le résultat des expertises. Pourquoi faire ? Pourrions-nous nous demander. Ce type de décret a déjà servi et a pu autoriser que deux peuples soient précipités dans un cauchemar sans fin, les Irakiens et les Libyens qui ne sont pas appelés à la barre pour témoigner sur le résultat de leur « libération de la tyrannie » et sur la « démocratie » que les bombardiers atlantistes leur ont larguée.

Pourtant il serait bien de les interroger, chose qui ne semble pas être à l’ordre du jour des médias de la bête. Et pour cause, aujourd’hui, ils sont trop occupés à resservir la soupe sur la Syrie. Cette soupe qui justifiera, le cas échéant, des « frappes chirurgicales » contre Bachar Al Assad ou plus s’il en faut, jusqu’à la « victoire » des « révolutionnaires » de la CNS/ALS. Le gouvernement syrien lui-même se situe dans la rhétorique en vigueur. Son représentant à l’ONU endosse la robe du défenseur: « Beaucoup de données tendent à prouver l'innocence du gouvernement syrien qui fait l'objet d'une accusation fallacieuse ». Il feint de croire au bon sens et à l’utilité de cette organisation, au moment même où se confirme le peu de cas fait des données, puisque Washington a demandé à l'ONU de mettre fin à la mission de ses inspecteurs sur les sites où les attaques chimiques se seraient produites. A la suite de quoi les inspecteurs ont cessé leurs activités pour « raison de sécurité ».

Un seul doute persiste, si les Etats-Unis envoient leurs avions, sur la nature des assurances qu’ils auraient eu auprès des Russes et des Chinois et en échange de quelle contrepartie. Si, toutefois, Moscou ou Pékin ou les deux réunies ne réagissent pas à la hauteur de l’outrecuidance étatsunienne.   
 
 
Ahmed Halfaoui


LONDRES N'INTERVIENDRA PAS EN SYRIE - LE PARLEMENT BRITANNIQUE A VOTE «NON» A UNE INTERVENTION MILITAIRE


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C'est non pour Londres. La Grande-Bretagne ne participera pas à une éventuelle intervention militaire contre la Syrie après le cinglant revers infligé par les députés britanniques au Premier ministre David Cameron, jeudi 29 août. Par 285 voix contre 272, la Chambre des communes a rejeté le "principe" d'une action armée en Syrie.

"Il est tout à fait clair ce soir (29 août, Ndlr), alors que la Chambre n'a pas adopté cette motion, que le Parlement britannique, reflétant l'opinion du peuple britannique, ne veut pas d'une action militaire britannique: j'ai reçu le message, et le gouvernement agira en conséquence", a aussitôt réagi le Premier ministre britannique.

Son secrétaire à la Défense, Philip Hammond, a confirmé que l'armée britannique ne serait pas engagée dans une éventuelle opération militaire contre le régime de Bachar al Assad.

Washington cherche toujours une "coalition internationale"

A Washington, la Maison blanche a pris note du retrait de son allié britannique en soulignant que Barack Obama prendrait sa décision "au mieux des intérêts des Etats-Unis".

Les Etats-Unis continuent de chercher à constituer une coalition internationale pour agir en Syrie malgré la défection de la Grande-Bretagne, a déclaré vendredi 30 août le secrétaire à la Défense, Chuck Hagel.

Les perspectives d'une frappe imminente semblent s'être éloignées, au moins jusqu'à samedi 31 août, date à laquelle les experts en armes chimiques de l'Onu quitteront la Syrie après s'être rendus sur les lieux où, selon l'opposition syrienne, les forces de Bachar al-Assad ont gazé des civils dans leur sommeil, le 21 août dernier.

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Le président syrien promet de se défendre


Le président syrien est invisible mais selon la télévision nationale syrienne, il est plus déterminé que jamais à lutter contre une intervention étrangère. Bachar Al-Assad aurait ainsi déclaré, samedi dernier, à des hommes politiques yéménites: "Les menaces d'agression directe contre la Syrie ne feront qu'accroître notre attachement aux principes solidement enracinés qui sont les nôtres et à la volonté d'indépendance de notre peuple. La Syrie se défendra en cas d'agression, quelle qu'elle soit".

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Déploiement de navires


La Russie va envoyer en Méditerranée orientale un navire anti sous-marins, ainsi qu'un croiseur équipé de missiles, selon l'agence de presse russe Interfax, qui cite des sources militaires russes. Les deux navires quitteront leur port d'attaches dans les jours à venir, car la situation 'nécessite que nous procédions à des ajustements' des forces navales, selon cette source. Le ministère de la Défense n'a fait aucune déclaration officielle à ce sujet.

La marine russe a démenti par la suite que ce déploiement avait un rapport avec la situation en Syrie, et qu'il s'inscrivait dans le cadre d'une rotation prévue de longue date de ses navires en Méditerranée. La marine n'a pas précisé quels types de navires, et combien de bâtiments, étaient en route pour la région.

Les Etats-Unis ont fait savoir ces derniers jours que l'US Navy allait renforcer sa présence en Méditerranée avec un quatrième navire de guerre armé de missiles de croisière. La Grande-Bretagne vient quant à elle de faire savoir qu'elle envoyait à la base britannique d'Akrotiri, à Chypre, six avions intercepteurs Typhoon.

 

Source: MSN NEWS

GUERRE EN SYRIE: ENTRETIEN AVEC AMMAR BAGDASH, SECRETAIRE DU PARTI COMMUNISTE SYRIEN

 

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Lors d’une rencontre publique à Rome avec le secrétaire du Parti communiste syrien, Ammar Bagdash et une interview collective pour connaître les causes, le déroulement et les conséquences de la guerre civile en Syrie. Ou autrement dit de la tentative de déstabilisation d’un pays qui ne fait pas partie des plans pour le contrôle impérialiste du Moyen-Orient.

 

Pourquoi cette attaque contre la Syrie?

La Syrie constitue une digue contre l’expansionnisme nord-américain au Moyen-orient, surtout après l’occupation de l’Irak. Mais le véritable protagoniste de ce projet se trouve être en réalité le président israélien Peres, qui poursuit cet objectif depuis les années 1980. Les communistes syriens ont donné un nom à ce projet : la grande Sion. La Syrie a refusé tous les diktats des Etats-unis et d’Israël au Moyen-orient, a soutenu la résistance irakienne, celle libanaise et le droit national du peuple palestinien.

Mais comment est née la révolte, la crise et la guerre civile en Syrie?

Dans l’analyse des communistes syriens, les conditions ont été posées également par les mesures libérales adoptées en 2005. Cette politique a eu trois effets négatifs : une augmentation des inégalités sociales ; l’exclusion sociale de plus en plus diffuse dans les banlieues de Damas ; la dégradation des conditions de vie de la population. Cela a favorisé les forces réactionnaires, comme les Frères musulmans, qui se sont appuyées sur le sous-prolétariat, surtout rural. Quand nous avons dénoncé tout cela jusqu’au Parlement, on nous a accusé d’adopter une posture idéologique et d’être des idiots.

En Syrie, ils veulent refaire ce qui s’est passé en Égypte et en Tunisie. Mais là il s’agissait de deux pays philo-impérialistes. Dans le cas de la Syrie, c’était différent. Ils ont commencé par des manifestations populaires dans les régions rurales de Daraa et d’Idleb. Mais dans les villes, il y eut immédiatement de grandes manifestations populaires de soutien à Assad. Par ailleurs, au début, la police ne tirait pas, ce sont certains éléments parmi les manifestants qui ont commencé les actions violentes. Dans les sept premiers mois, il y eut plus de morts du côté de la police et de l’armée que dans l’autre camp. Quand la méthode des manifestations ne marchait plus, ils sont passés au terrorisme avec des assassinats ciblés de personnes en vue (dirigeants, hauts fonctionnaires, journalistes), attentats et sabotages d’infrastructures civiles. Le gouvernement a réagi en adoptant certaines réformes comme celle sur le multi-partisme et sur la liberté de la presse, réformes que nous avons soutenu. Mais les forces réactionnaires ont rejeté ces réformes. Communistes, nous avons réalisé cette équation : les discours et les actes doivent être confrontés aux discours et aux actes. Mais le terrorisme doit être confronté par la souveraineté de la loi, en rétablissant l’ordre.

Ensuite, on est passé à la troisième phase. La véritable révolte armée. Attentats et assassinats ciblés étaient le signal pour commencer l’attaque contre Damas. Puis les attaques se sont concentrées contre Alep, qui par sa position géographique rend plus facile le trafic et le ravitaillement depuis l’étranger. Le gouvernement a réagi en imposant l’hégémonie de la loi. Il convient de dire que l’intervention de l’armée et les bombardements aériens se sont produits dans une zone où l’essentiel des civils avaient déjà fui. A la contre-offensive de l’armée syrienne, les rebelles ont réagi de façon barbare, y compris dans les zones où il n’y avait pas de combattants. Et puis ils ont assiégé Alep.

Pourquoi la Syrie résiste, que cela signifie-t-il?

Ces dix dernières années au Moyen-orient, l’Irak a été occupé, la Libye a dû capituler, la Syrie au contraire non. Par sa plus grande cohésion interne, ses forces armées plus puissantes, des alliances internationales plus solides ou parce qu’il n’y a pas encore eu d’intervention militaire directe des puissances impérialistes ?

En Syrie, à la différence de l’Irak et de la Libye, il y a toujours eu une forte alliance nationale. Les communistes travaillent avec le gouvernement depuis 1966, sans interruption. La Syrie n’aurait pas pu résister en comptant seulement sur l’armée. Elle a résisté parce qu’elle a pu compter sur une base populaire. En outre, elle a pu compter sur l’alliance avec l’Iran, la Chine, la Russie. Et si la Syrie reste debout, des trônes vont tomber parce qu’il deviendra clair qu’il existe d’autres voies. Notre lutte est internationaliste. Un expert russe m’a dit : « Le rôle de la Syrie ressemble à celui de l’Espagne contre le fascisme ».

Quels effets peuvent avoir les événements en Égypte sur la situation actuelle en Syrie?

Il y a un rapport dialectique entre ce qui s’est passé en Égypte et ce qui se passe en Syrie. La base commune, c’est le mécontentement populaire, mais la résistance syrienne a accéléré la chute du régime des Frères musulmans en Égypte et cela aidera beaucoup la Syrie car cela montre que les Frères musulmans ont été rejetés par le peuple.

Dans un entretien récent, la président syrien Assad a affirmé : « En Syrie, nous avons mis en échec l’offensive de l’islamisme politique ». Qu’en pensez-vous?

Nous, communistes syriens, n’utilisons pas la catégorie d’Islam politique. L’Islam connaît une certaine diversité en son sein. Il y a des réactionnaires pro-impérialistes comme les Frères musulmans et des progressistes comme le Hezbollah et même l’Iran. Je ne suis pas un admirateur du modèle iranien mais ce sont nos alliés dans la lutte contre l’impérialisme. Depuis notre V ème Congrès, nous avons jugé l’Iran sur la base de sa position sur l’impérialisme. Notre mot d’ordre est : pour un Front international contre l’impérialisme.

En Italie, une grande partie de la gauche pense que les rebelles combattent un régime fasciste, celui d’Assad. Que pouvez-vous répondre à cette position?

Si nous partons de la définition du fascisme – un mouvement réactionnaire qui use de moyens violents dans les intérêts du capitalisme monopoliste – en Syrie, ce n’est pas le capitalisme monopoliste qui domine. Ce sont plutôt les rebelles qui représentent les intérêts du grand capital. Les révoltes, comme nous l’enseigne l’histoire, ne sont pas toujours des révolutions. Pensons aux Contra au Nicaragua, aux franquistes en Espagne et il y en a d’autres.

Mais l’opposition à Assad est-elle toute réactionnaire ? Ou, comme le démontrent les affrontements internes entre Armée libre syrienne et militants djihadistes, ou ces derniers jours entre kurdes et djihadistes, existent-ils des éléments progressistes avec qui on peut entamer un dialogue?

Parmi les opposants, certains ont passé plusieurs années dans les prisons syriennes et nous avons réclamé et nous sommes battus pour leur libération. Ces opposants à Assad sont toutefois contre toute ingérence, intervention étrangère. Certains vivent à Damas et nous travaillons ensemble pour le dialogue national. Même Haytham Menaa de la Coordination démocratique condamne l’usage de la violence de la part de l’opposition armée ainsi que les ingérences extérieures. D’autres comme Michel Kilo viennent de la gauche, mais ont trahi ces idées mais ils ne peuvent de toute façon pas changer la nature réactionnaire de la rébellion.

Comment expliquez-vous l’intensification des divergences entre Arabie saoudite et Qatar, et qui se répercute également dans les divisions au sein des milices rebelles?

C’est vrai, l’influence et le rôle du Qatar diminuent, ceux de l’Arabie saoudite augmentent. L’affaire des affrontements avec les kurdes, c’est une autre histoire. Il y a eu des affrontements entre kurdes de l’Union démocratique kurde et les militants djihadistes d’Al Nusra, mais il y a eu également des affrontements entre divers groupes kurdes.

Que se passe-t-il pour les Palestiniens qui vivent dans les camps de réfugiés en Syrie?

J’ai rencontre récemment le responsable de l’OLP et il m’a dit : « Si la Syrie tombe, adieu la Palestine ». Le Hamas a agi parfois dans la précipitation, il a fait beaucoup d’erreurs et a causé des problèmes. Nous pouvons dire que l’organisation, qui appartient au monde des Frères musulmans, est revenue à ses origines et elle est désormais sous l’aile du Qatar. Mais c’est dangereux également pour eux. Maintenant, après ce qui s’est passé en Egypte, que se passera-t-il à Gaza ? La majorité des militants qui sont entrés dans les camps de réfugiés palestiniens en Syrie n’étaient pas palestiniens. La majorité des Palestiniens est totalement contre toute ingérence dans les affaires syriennes.

A Yarmouk, 70% des habitants sont syriens car les camps de réfugiés en Syrie ne sont pas des ghettos comme dans les autres pays. Il y a encore des combats à Yarmouk mais la population syrienne est partie. Le Comité exécutif de l’OLP s’est rendu deux fois en Syrie pour poser la question de la protection des camps de réfugiés. Yarmouk a été assiégé par Al Nusra avec l’aide du Hamas qui a cherché à provoquer l’armée, laquelle a reçu l’ordre de ne pas réagir.

On en parle peu, mais quel rôle joue la Jordanie dans la crise et la guerre civile en Syrie?

La monarchie jordanienne a toujours collaboré avec l’impérialisme et il y a une intense activité des Frères musulmans. La Jordanie a accepté la présence de militaires états-uniens sur son territoire et la quatrième attaque contre Damas est partie justement du territoire jordanien.

Et quel jeu joue Israël en Syrie?

Israël soutient les rebelles armés, mais quand ils n’arrivent pas à toucher leurs objectifs, ce sont les avions de combat israéliens qui prennent le relais. Cela s’est passé à Damas mais aussi il y a quelques jours à Latakia.

Comment sortir de la tragédie?

On ne peut réaliser aucun progrès social, ou la démocratie, si on est soumis à des forces extérieures. Le mot d’ordre est de défendre la souveraineté nationale et les conditions de vie de notre peuple. Comme je l’ai déclaré à l’ANSA, le principal moyen de sortir du massacre syrien passe d’abord par un arrêt des aides à l’opposition armée de la part des pays réactionnaires et impérialistes. Une fois que les aides extérieures seront arrêtées, on pourra mettre un terme à toutes les opérations militaires, y compris de la part du gouvernement syrien. Et relancer un processus démocratique avec des élections législatives et des réformes politiques, ce qui n’est évidemment pas possible dans cette phase de la lutte armée. L’avenir politique de la Syrie se décidera par les élections, notamment celles présidentielles de 2014.

 

Source: PCF

PROPAGANDE DE GUERRE POUR LEGITIMER LE CONFLIT SYRIEN

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Interviewé par la chaîne Russia Today sur l'utilisation des armes chimiques en Syrie (et par qui?), Michel Collon expose brièvement les 5 principes de la propagande de guerre, qui permettent à chacun de repérer la désinformation, les intérêts cachés, la diabolisation de l'adversaire et le refus du débat public. Pourquoi, informés par les satellites russes qui montreraient que ce sont les rebelles qui ont employé ces armes, les Etats-Unis, la France et leurs alliés tirent leurs conclusions avant même toute enquête... Michel Collon.

 


 

Source: MICHEL COLLON.INFO

ATTAQUE A L'ARME CHIMIQUE? AYSSAR MIDANI DECRYPTE LA PROPAGANDE

 

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Damas, le 27 août. Sous l’œil de Bachar al-Assad, le ministre des Affaires étrangères Walid Mouallem maintient une attitude de fermeté face à la menace d'une intervention internationale. "Nous avons deux options : soit nous rendre, soit nous défendre (...). La seconde alternative est la meilleure : nous nous défendrons." (Youssef Badawi/EPA/MAXPPP)


Depuis les attaques à l’arme chimique du 21 août dernier dans la banlieue Est de Damas et qui a fait entre 355 et 1300 morts, les gouvernements et appareils médiatiques des pays occidentaux pointent tous du doigt le régime syrien.

Si le Président français François Hollande pense que « tout conduit » [1] à croire que Bachar est le responsable, son ministre des affaires étrangères Laurent Fabius n’émet aucun doute quant à l’implication du régime syrien. L’administration Obama a quant à elle déjà déployé en mer Méditerranée ses navires de guerre, armés de missiles « Tomahawk » [2].

Devant toute cette agitation anti-Bachar, nous avons assisté coup-sur-coup à la découverte par l’armée syrienne de tunnels appartenant aux rebelles, possédant des matières premières pour la fabrication de bombes chimiques, des masques à gaz et des antidotes. La Russie, quant à elle, a délivré au Conseil de Sécurité de l’ONU des images satellitaires montrant que les deux missiles avaient été tirés à partir de zones sous contrôle des rebelles [3].

Mais qu’importe ! Laurent Fabius et Bernard-Henry Levy [4] continuent d’affirmer que c’est le régime syrien qui en est le responsable, et qu’il est temps de recourir à la force, sans prendre en compte le véto – presque probable – des russes et des chinois.

Pour plus de détails, le Cercle des Volontaires s’est entretenu avec Ayssar Midani, membre et fondatrice du Comité de Coordination pour la Défense de la Syrie, et qui se trouve actuellement à Damas.

 

 


 

Source: INVESTIG'ACTION

jeudi, 29 août 2013

LES PETITS SOLDATS DE LA GUERRE MEDIATIQUE MONTENT AU FRONT SYRIEN

 

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Pour justifier par avance les bombardements de Damas, la presse a lancé le pilonnage médiatique. Les rumeurs sur l’utilisation des armes chimiques par le régime syrien sont devenues une vérité révélée.


 
En Grande-Bretagne, la presse britannique somme David Cameron de bien réfléchir avant de jouer au Tony Blair conservateur en fonçant tête baissée sur la Syrie. En Italie, tout le monde prend l’affaire des attaques chimiques avec des pincettes. En Allemagne, la prudence est de mise, au gouvernement comme dans les médias. 
 
Aux Etats-Unis, nonobstant les déclarations d’un Obama que l’on a connu plus inspiré (c’était il y a longtemps, c’est vrai), certains éditorialistes, à l’image de l’opinion américaine, sont très sceptiques sur le soudain virage de la Maison Blanche. D’aucun vont même jusqu’à regretter qu’Obama se soit ligoté les mains en déclarant que l’usage des armes chimiques constituait « une ligne rouge. »  
 
En France, rien de tel. A de très rares exceptions, la presse et les éditocrates se sont rangés derrière la version officielle comme des soldats derrière leur lieutenant. Chacun, à sa manière, reprend un discours répété en boucle. La fameuse « ligne rouge » a été franchie avec l’utilisation d’armes chimiques par Bachar Al-Assad. Il faut donc le « punir » - élément de langage conçu dans les agences de com de la Maison Blanche et repris tel quel par un François Hollande transformé en petit messager.
 
Vous avez aimé les faux charniers de Timisoara (Roumanie) ? Les bébés assassinés dans leurs couveuses du Koweït par Saddam Hussein ? Les massacres arrangés de Racak (Kosovo) ? Les fioles exhibées par Colin Powell à l’ONU comme preuves de l’existence des armes de destruction massive de l’Irak ? Vous adorerez l’utilisation d’armes chimiques. 
 
D’ailleurs, la confirmation de leur usage est imminente. Elle ne viendra pas de Damas où l’ONU a envoyé ses experts, mais de Washington, où la Maison Blanche a les siennes. Enquêter dans les rues de la capitale américaine, c’est quand même plus sûr que dans les quartiers de la capitale syrienne. Colin Powell aurait-il repris du service à l’insu de son plein gré ?  
 
Que la Syrie possède des armes chimiques, nul n’en doute. Qu’elle puisse les utiliser, c’est possible. Bachar Al-Assad est capable de tout, surtout du pire. Son passé comme son présent sont là pour en témoigner. Mais pour l’heure, sur ce sujet explosif – au sens plein du terme –  nul ne sait rien.  
 
Le régime peut avoir utilisé ces armes prohibées par le droit international. Mais une partie des rebelles peut en avoir fait autant. Un dépôt où étaient entreposées ces bombes toxiques peut aussi avoir été touché involontairement. Aucune de ces hypothèses n’est à exclure. Mais aucune preuve formelle n’a pu être apportée. Et, dans tous les cas, l’important est de se demander si une éventuelle intervention étrangère servirait ou non à servir la cause de la paix.    
 
Or, pour les va-t-en guerre du cirque médiatique, la cause est entendue. BHL s’est aussitôt exhibé sur les écrans pour dire tout le bien qu’il pensait d’une opération inspirée de celle qui a permis de tuer Kadhafi mais aussi de livrer la Libye au chaos. Bernard Kouchner a expliqué qu’il aurait fallu lancer l’assaut depuis longtemps.
 
Laurent Joffrin, du Nouvel Obs, ex-soutien enthousiaste de la guerre du Kosovo, a appelé à la mobilisation générale. Il a même expliqué dans un éditorial que « Saddam Hussein mis à part, aucun pays n’a fait l’usage de l’arme chimique au combat depuis près d’un siècle ». On en déduira donc que l’agent orange déversé par les Etats-Unis sur le Vietnam avait vocation à permettre l’embellie printanière de la flore locale, ou que l’aide apportée par la CIA à l’Irak de Saddam Hussein pour gazer les Iraniens lors de la guerre entre les deux pays relevait de l’intoxication au gaz de la désinformation. 
 
Comme l’a écrit Nathalie Nougayrède dans un éditorial du Monde digne de passer à la postérité : « Le crime de trop appelle une riposte ». 
 
Passons sur le « crime de trop », comme si 100.000 morts depuis mars 2011, ce n’était pas assez.  Selon la directrice du Monde, l’emploi d’armes chimiques « ne fait guère de doute ». C’est donc qu’il y a doute. Mais tout le reste du propos consiste à expliquer qu’il n’y en a pas, qu’un « tabou » a été levé, que « le crime chimique d’ampleur change la donne », qu’il s’agit d’un « Srebrenica syrien » (sic), et qu’il faut agir au plus vie puisque de toute façon « le régime syrien s’est employé à détruire, depuis le 21 août, les éléments de preuve ».
 
En quelques lignes, on est passé du doute à la certitude, du conditionnel au présent. En fonction de quoi ? Des seuls éléments fournis par la faction intégriste des « rebelles » syriens contre qui l’Occident a mené la guerre en Afghanistan ou au Mali en expliquant qu’elle représentait le Mal absolu. Et aujourd’hui, par la grâce de Jésus et de Mahomet réunis, ils deviennent soudain fiables, crédibles,  honnêtes ? 
 
Comprenne qui pourra. En vérité, les adeptes de l’intervention humanitaire à géométrie variable sont retombées dans le schéma binaire qu’ils adorent par-dessus tout : les Bons contre les Méchants, le Bien contre le Mal. 
 
Si l’on est contre Bachar Al-Assad (et il n’y a aucune raison d’être pour) il faut soutenir ceux qui le combattent, même s’il y a parmi eux de futurs Bachar Al-Assad en puissance. Toute approche circonstanciée est à bannir. Toute interrogation sur les conséquences d’un engrenage incontrôlable dans la région est hors de saison. Il faut in-ter-ve-nir, comme si la seule forme d’action possible était le bombardement, avec sa cohorte de morts civils.
 
On a pourtant entendu des voix fort diverses mettre en garde contre les dangers de l’intervention, de Jean-Luc Mélenchon au Pape François en passant par François Bayrou, Pierre Lellouche, François Longuet, Pierre Laurent, ou l’évêque catholique d’Alep. Des analystes ont resitué le conflit dans son contexte régional et son héritage historique, rappelant qu’en Syrie, la France et la Grande-Bretagne, les deux anciennes puissances coloniales, pouvaient vite susciter un phénomène de rejet. 
 
Un homme comme Zbigniew Brzezinski, ancien conseiller de Jimmy Carter, a relevé non sans raison que l’occident mobilisait son armada au moment même où Damas semblait prendre le dessus face à ses adversaires. Enfin, l’opposition laïque à Bachar Al-Assad a rappelé qu’elle s’opposait fermement à toute intervention étrangère. 
 
Dans les médias, ces commentaires et ces réactions ont été balayés comme poussière après l’explosion de la bombe. Ne reste que la voix des adeptes de la guerre rajoutée à la guerre. « Ce n’est pas le doute qui rend fou, c’est la certitude », disait Nietzsche. Certains sont fous de leur certitude.
 
 
Jack Dion
 

Damas, 24 août 2013 - STR/AP/SIPA


Source: MARIANNE.NET

BOMBARDEMENT IMMINENT CONTRE LA SYRIE? POUTINE MENACE D'ATTAQUER L'ARABIE SAOUDITE EN REPRESAILLES

 

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Selon le quotidien The European Union Times (édité conjointement aux États-Unis et au Canada), le président russe Vladimir Poutine a distribué Mardi aux forces armées russes un « ordre d’action urgente » autorisant « une frappe militaire de grande envergure contre l’Arabie Saoudite au cas où les menaces occidentales contre la Syrie seront exécutées».

La situation internationale est particulièrement tendue. Les gouvernements américain, français et britannique soufflent le chaud et le froid depuis la soit-disant « attaque chimique du président syrien contre son peuple ». Plusieurs sources (russes, israéliennes, syrienne, américaines) indiquent que les frappes pourraient commencer dès demain jeudi 28 août, à l’aide de missiles Tomahawks. Ces missiles sont de type « sol-sol », c’est-à-dire qu’ils sont conçus pour être tirés du sol (en l’occurrence, depuis des destroyers américains), pour viser une cible également au sol.

En cas d’attaque contre la Syrie, Poutine attaquerait l’Arabie Saoudite. Il faut préciser que, auparavant, l’Arabie Saoudite avait fait une « proposition qu’on ne peut pas refuser » à la Russie : ou bien la Russie lâche Damas, et obtient ainsi des gains et des avantages sur le contrôle du marché pétrolier mondial, ou bien c’est l’Arabie Saoudite qui lâchera ses hordes de terroristes tchétchènes sur les J.O. d’hiver en Russie. L’information peut paraître surprenante, mais elle tout de même révélée par le journal britannique The Telegraph.

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Carte du proche et moyen-orient

A noter que l’Égypte a annoncé, par le biais du général Abdel-Fattah al-Sissi, qu’aucun bateau de guerre n’aurait le droit de passer par le canal de Suez, pour attaquer la Syrie.

Aujourd’hui, le Conseil de Sécurité de l’ONU examinait une résolution rédigée par la Grande-Bretagne à l’encontre de la Syrie. La Chine et la Russie ont claqué la porte du conseil en cours de session. D’après le règlement de l’ONU, cette absence ne devrait pas empêcher un vote ; pire : la Russie et la Chine ne pourront pas opposer leur véto…

 

Raphaël Berland


Source: CERCLE DES VOLONTAIRES

mardi, 27 août 2013

GUERRE HUMANITAIRE AU MALI: AUCUNE VICTIME?

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Au cours des longues heures passées à fouiller l'hémérothèque online, jamais je n'avais vu d'intervention militaire aussi réussie que celle de la France au Mali. D'après les sources consultées, celle-ci n'a fait aucune victime civile ou innocente, tout en permettant de neutraliser des centaines de terroristes. Voyons ce qu'il en est de la seule victime que j'ai pu attester : la vérité.

 

Pour prendre la mesure de cette guerre ouverte dans le nord de l'Afrique, j'ai tenté de faire le décompte des victimes innocentes sur la base des informations publiées par les médias nationaux maliens. J'ai découvert que près de 99% d'entre elles proviennent de médias français, notamment l'Agence France-Presse (AFP) et Radio France internationale (RFI).

À en croire ces sources, seuls sont morts des soldats des troupes alliées et islamistes, djihadistes ou terroristes. Les rares civils mentionnés ont été abattus par les terroristes. On ne peut que s'étonner puisque depuis le 11 janvier dernier, lorsque la France "a répondu à l'appel au secours lancé par le Malí", sa stratégie a consisté en un bombardement intensif.

Un exemple. Le 15 janvier, il est dit que 5 djihadistes ont péri dans les bombardements nocturnes intensifs de Dialbaly par l'aviation française. La veille, l'information selon laquelle les islamistes avaient attaqué ou pris le contrôle de cette localité avait fait le tour du monde, mais sans aucun chiffre quant aux victimes civiles tuées par les terroristes. Aucun chiffre non plus concernant la population de ce lieu apparemment peu peuplé, ni aucune image. L'AFP explique que les terroristes s'étaient cachés parmi la population, qu'ils avaient prise en otage. Dans ce cas, le bilan officiel de cinq terroristes et aucun civil articulé après les bombardements n'est guère crédible. Selon le témoignage d'un voisin habitant une ville située à 20 kilomètres, des islamistes qui fuyaient les bombardements dans un véhicule tout terrain ont eu un accident qui a coûté la vie à certains d'entre eux. Cinq ? Et les bombardements n'ont pas tué une seule personne ?

Le 18 janvier, l'agence de presse chinoise Xinua, à laquelle se réfère également le site Malijet, cite un haut responsable malien. D'après les estimations de celui-ci, les troupes alliées (maliennes et françaises) auraient tué "de nombreux" terroristes qui fuyaient Konna. Qui battaient en retraite ? En leur tirant dans le dos ? Ils n'ont pas fait de prisonniers ? Ne faudrait-il pas enquêter sur ce type d'actions ?

Le bilan du ministre de la Défense, fourni le 5 février, est celui qui répond le mieux à ces doutes. Il fait état de plusieurs centaines de djihadistes tombés sous les bombes dans les régions de Konna et Gao. À un journaliste qui lui a demandé s'il y avait des prisonniers, le ministre a répondu par un laconique "quelques-uns". Avant d'avoir lu la moitié du texte, on ignore s'il s'agit du ministre malien ou du ministre français, mais on découvre qu'il s'agit bel et bien du Français Jean-Yves Le Drian. Quant à l'information, elle provient de l'AFP.

Le 9 février, deux soldats maliens viennent s'ajouter à la liste, bien qu'ils n'aient pas perdu la vie au combat, mais dans l'un des nombreux affrontements internes entre bérets rouges (partisans d'Amadou Toumani Touré, le président démis destitué en 2012) et bérets verts (partisans du capitaine putschiste Amadou Sanogo).

Le 19 février, plus de 20 islamistes sont morts au cours de l'un des combats les plus durs, dans les montagnes d'Adrar des Ifoghas, après l'opération Panthère, menée par des soldats maliens et français. Un parachutiste français est également décédé – soit le deuxième au Mali, un premier ayant péri dans un accident d'hélicoptère. Selon des informations postérieures, également fournies par l'AFP, ces combats n'auraient finalement coûté la vie qu'à 15 djihadistes, qui ont été "neutralisés".

Le 3 mars, Europe 1, qui cite l'AFP et qui sera relayée par Malijet, annonce la mort d'au moins 50 islamistes, à 60 kilomètres au nord de Gao. Aucune victime parmi les alliés.

Le 27 mars, le porte-parole du ministère de la Défense malien, le lieutenant-colonel Souleeymane Maïga, trans-met à l'AFP un bilan général de 63 soldats maliens, 2 Togolais, 1 Burkinabé, 36 Tchadiens et 600 combattants, islamistes probablement. Pour expliquer ce chiffre arrondi – ce qui se fait souvent –, il avance que généralement, les islamistes emportent leurs morts pour les enterrer, comme pour souligner une particularité sordide des ces protagonistes.

On peut trouver une autre explication à cette approximation. Le 19 février, l'AFP informe, via Malíjet, que les habitants de Gao ont lynché un leader islamiste, lequel avait tué le journaliste Kader Touré, "qu'il accusait de travailler pour l'ennemi" (RFI). Le supposé lynché est en réalité Alioune Touré, chef de la "police" islamique de Gao. Mais n'allons pas trop vite en besogne et n'ajoutons pas son nom à la liste des défunts, car RFI a ensuite annoncé que Kader était vivant. Le 10 mai, Alioune Touré lui-même revendique un double attentat suicide au nord du pays, dans les villes de Ménaka et Gossi, selon RFI. Cinq personnes ont péri : quatre à Gossi et une à Ménaka, toutes des kamikazes. Apparemment, au Mali, les auteurs d'attentats suicides n'interviennent pas seuls. Ils vont par deux, par trois, voire par quatre, comme à Gossi, où l'explosion n'a pourtant fait aucune victime.

Autre terroriste revenu à la vie, le fameux Mokhtar Belmokhtar, à qui l'on impute la responsabilité des attentats avec prise d'otages à In Amenas, en Algérie, puis au Mali, où des militaires tchadiens ont assuré à la presse internationale qu'ils l'avaient tué. Une photographie du cadavre a été publiée dans le monde entier – les droits revenant à RFI, bien entendu. Or, le 24 mai, le mort-vivant, comme certains l'appellent au Mali, commet un attentat suicide… au Niger !

Difficile de croire qu'il n'y a pas eu d'autres victimes civiles hormis les 23 personnes tuées par les rebelles touaregs du MNLA (20 dans le village de Bougoumi, dans la région de Mopti, le 20 mars et 3 à Kidal, le 24 avril) et celles dont on ignore encore le nombre, qui ont perdu la vie dans les exactions commises par les soldats maliens lors de leur percée au nord, en répression contre les islamistes. D'autres que moi ont une connaissance plus approfondie et plus directe de l'histoire et de la culture du Mali. L'analyse que je mène repose sur mon expérience et sur le terrain qui m'est familier : les médias et l'information. La première chose que je mets en doute est que l'entrée de la France au Mali, le 11 janvier, ait été une réaction rapide à l'appel au secours lancé par le président Dioncounda Traoré – dont les Maliens disent que la seule et unique décision qu'il ait jamais prise était de porter une écharpe blanche et dont le régime est qualifié de système d'"ATT sans ATT". Pour accorder un certain crédit à cette version officielle, il faudrait considérer comme le fruit d'un heureux hasard le fait qu'étaient déjà positionnés au Mali des troupes françaises du premier régiment d'infanterie de la marine, un régiment de parachutistes, des hélicoptères d'opérations spéciales, trois Mirage 2000D, deux Mirage F-1, trois C135, un Hercules C130 et un Transall C160, comme l'a révélé en janvier le journaliste français Thierry Meyssan.

La France n'est intervenue que pour assurer ses intérêts économiques au Mali et dans la région. Personne n'en doute plus, pas même les Maliens, qui ont accueilli les soldats français lors de leur "entrée triomphale, en agitant des drapeaux français et en criant Merci la France !" (AFP, 16 janvier). Désormais, leurs doutes portent sur les "véritables intentions de la France" et ils s'irritent de la voir faire des concessions aux Touaregs du MNLA, qui ont gardé le contrôle de Kidal, protégés par l'Hexagone bien que les Maliens ne veulent pas envisager de leur laisser une seule région. Le conflit a tourné à la guerre de guérilla et aucune issue ne se profile. Officiellement, la région a pratiquement été libérée et la France considère qu'elle pourrait se retirer, si ce n'est que selon elle, personne au Mali n'est capable de diriger le pays. "À qui allons-nous remettre les clefs ?", s'est lamenté Pierre Lellouche à l'Assemblée nationale française, le 22 avril.

N'oublions pas le rôle des États-Unis. Dans les années 60 déjà, il était question, dans certains documents du gouvernement américain aujourd'hui déclassés, de faire pression sur les pays ("amis") européens pour les inciter à intervenir en Afrique dans la lutte pour le contrôle des matières premières, tout donnant à voir à l'opinion publique une attitude "d'observateurs préoccupés". Aujourd'hui, les États-Unis sont à nouveau bluffant dans ce rôle, mais il est désormais de notoriété publique – bien que le fait ne soit pas très médiatisé – que l'aide militaire apportée en Afrique est colossale et que sans elle, même la France n'aurait pas pu mener les guerres en Côte d'Ivoire, en Lybie et au Mali. Par exemple, quand l'OTAN s'est embourbée dans des combats contre les forces de Kadhafi en Lybie, un sous-marin américain "en observation" en Méditerranée l'USS Florida, a lancé 100 missiles de croisière contre les forces de défense aériennes de Kadhafi en une seule nuit, ouvrant ainsi un corridor par lequel la France et d'autres pays européens de l'OTAN allaient pouvoir passer pour poursuivre leur conquête de la Libye.

N'oublions pas non plus le rôle des dirigeants africains de la région, qui ont copieusement démontré leur ineptie ou leur manque d'intérêt pour les véritables problèmes des peuples. Quand enfin ils se sont réunis afin de débattre de la situation au Mali, leur principale conclusion a été qu'il fallait demander davantage d'argent. Lors de la réunion de l'ECOWAS ou CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest) du 25 février, ils avaient à porté de main une aide à la guerre de 455 millions de dollars, promise par les "donateurs" internationaux en janvier. Après des débats menés immanquablement dans un hôtel de luxe, ils ont déclaré que les coûts du conflit correspondraient au double, soit au moins 950 millions de dollars, et ils se sont mis à demander publiquement des fonds supplémentaires. Ce procédé n'a plus surpris les Africains, qui en ont assez de leurs dirigeants et de leurs chers "donateurs", et qui se retrouvent criblés de dettes illégales qu'ils ne pourront jamais rembourser. Et où donc est passé l'argent demandé au nom du peuple aux "partenaires occidentaux" ? Probablement qu'il est allé grossir la dette, mais rien de tangible ni de payable.

Face aux critiques qui remettent en question ces interventions militaires, on entend souvent "Mais alors, quoi faire ? Quelle est la solution ? Ils souffraient !". Lorsque les Maliens ont appelé à l'aide, ils ne demandaient certainement pas que leurs villes et leurs villages soient bombardés. Les Européens qui souhaitons aider les Maliens, peut-être devrions-nous regarder de plus près en quoi consiste l'aide fournie par nos gouvernements et payée par nos impôts : des bombardements intensifs. Est-ce là le soutien que nous souhaitons apporter ? Cette méthode a-t-elle jamais aidé quelqu'un ? Répond-elle à ce qui était demandé ? Cette militarisation occidentale a-t-elle amélioré la situation des Maliens ?

Difficile de répondre à ces questions dans un contexte où l'information sur la réalité de la guerre au Mali est manipulée et tronquée par les "intervenants" eux-mêmes. Comment pouvons-nous avaler une version des faits totalement extravagante, irresponsable et fausse ? Dans un article d'une grande dureté intitulé "Le naufrage et l'offense. Le Mali à rendre aux Maliens", la Malienne Aminata Traoré l'explique par "le credo de Margaret Thatcher -There Is No Alternative (TINA)". Les médias nous l'ont prêché et rabâché, tant et si bien que nous croyons désormais qu'il n'y a effectivement pas d'autre solution que de bombarder les populations pour les aider.

 

Traduction : Collectif Investig'Action

In RevistasPueblos

 

Source: MICHELCOLLON.INFO

samedi, 24 août 2013

SYRIE: LE MASSACRE CHIMIQUE D’AL GHOUTA - LA RUSSIE FOURNIT LES PREUVES SATELLITES AUX NATIONS UNIES SUR LES AUTEURS DU MASSACRE

 

 

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La Syrie sous gaz sarin


INHFR - La Russie qui fournit aux Nations Unies les images satellites, irréfutables, des 2 missiles chargés de produits chimiques qui se sont abattus sur Al Ghouta faisant des centaines de morts, dont la plupart des enfants, ont été lancés depuis la région de Douma en Syrie, sous contrôle des rebelles! Information relayée par d’autres médias.

Russie - Le Ministre des Affaires Étrangères Russe : «Nous détenons plus de nouvelles preuves que cet acte criminel était d’une nature provocatrice», a-t-il souligné. "Et en particulier, des rapports ont circulé sur Internet,  que les matériaux de l’incident et l’objet des accusations contre les troupes gouvernementales, avaient été publiés pendant plusieurs heures à l’avance de l’attaque en question . Ainsi, il s’agissait bien d’une action planifiée à l’avance ". Suite de l’article sur RT

Que dit la Presse occidentale ? Blackout totale ! La France, mise en difficulté fait allusion, et pour la première fois depuis le début de cette insurrection, Le Figaro, très connu pour le soutien qu’il apporte à Fabius et aux rebelles, se pose pour la première fois des questions jamais vues auparavant, même si le titre est 100% sioniste, le texte en dit long:

"Quel intérêt aurait eu Bachar el-Assad à lancer une attaque non conventionnelle au moment précis où il venait d’autoriser des inspecteurs de l’ONU ?" – Le Figaro 22/08/2013 CQFD !

Source Journal Al Khabar le martyre de centaines de Syriens, à Al-Ghouta près de Damas, dont la plupart étaient des enfants, a soulevé l’opinion publique mondiale, ce mercredi dernier (21/08/2013), et notamment avec la propagation des images d’enfants et de civils martyrs, qui ont péri dans ce massacre. Les médias de l’opposition Syrienne ont accouru accusant le régime d’avoir commis ce massacre, dans une pression sur le Conseil de sécurité, qui s’est rapidement réuni, avant que la surprise survienne.

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Le Conseil de sécurité réuni vient de rendre son rapport avec la mention «fragile», et la déclaration claire  «Nous voulons découvrir la vérité sur l’accusation du régime syrien qu’il aurait utilisé les armes chimiques sur la campagne de Damas, et nous accueillons la décision de l’Organisation des Nations Unies pour enquêter sur cette affaire", une déclaration qui vient s’ajouter à celle de la délégation Italienne qui rapporte  «la délégation syrienne a présenté une vision qui mérite que l’on s’attarde dessus ! ». Et pour la première fois de son genre,  la déclaration également de la délégation française, connue pourtant pour être la plus radicale et enclin en faveur de l’opposition.

La délégation française avait fournit tout ce qu’elle possédait en informations sur le massacre qui a coûté la vie, selon les dernières statistiques neutres, à environ 800 syriens, dont la plupart étaient des enfants. Mais c’est la première fois que la délégation attribue ces informations à la coalition de l’opposition et à son Président "Awinnen Jarba," dans une tentative française de se soustraire à ces renseignements et d’en porter la responsabilité à " Awinnen Jarba".

A quoi est du ce revirement ?

Une source diplomatique syrienne de haut niveau, a révélé à la Tlévision d’Al Khabar, que la délégation Russe a rendu la version sur les faits qui se sont produits, en fournissant des documents irréfutables, extraits des images satellites qui viennent appuyer de ce fait la version officielle syrienne. Qu’effectivement des militants armés ont bien bien lancé les deux rockettes remplies de produits chimiques, depuis la zone rurale de Douma, toujours sous contrôle des rebelles, ce qui a laissé toute l’assemblée (du Conseil de Sécurité) sans voix et les a obligés à revoir leurs positions.

La source, qui a préféré garder l’anonymat, a déclaré à la Télévision d’AlKhabar, que la version officielle syrienne sur le massacre (présentée au Conseil de Sécurité), a confirmé que les militants ont effectivement tiré deux roquettes chargés de produits chimiques depuis la zone rurale de Damas, encore sous contrôle des Rebelles, et cela en fournissant les images des satellites russes, qui confirment les faits.

Le diplomate a souligné, à cet égard, que la position russe était, ce jour-là, exceptionnellement la seule position la plus radicale de toutes, que se soit celle des pays européens ou des Etats Unis, à exiger de faire procéder à une enquête sur ce massacre. Il a ensuite  expliqué par ces mots que «La position de la Russie est basée sur des images satellites illustrant de manière incontestable que les militants sont effectivement ceux qui ont utilisé le chimique."

Sur la raison pourquoi les militants de l’opposition ont commis ce massacre, la source diplomatique a précisé qu’«une faction des militants, ont tiré ces roquettes pour exploiter la présence de la Commission d’enquête et accroître les documents (en leur faveur), et cela en collaboration avec l’un des pays arabes, mais sans avoir cette fois-ci, préalablement informé les pays occidentaux sur une telle étape à franchir."

La source a également rapporté la précision donnée dans la version de la délégation syrienne, que les États membres n’ont pas demandé les images aux satellites américains, comme à leur habitude dans les cas précédents, se contentant des images russes, qui se sont révélées identiques aux images des Etats Unis, établissant ainsi une preuve définitivement irréfutable" .

Le diplomate a ajouté que ce massacre aura désormais des effets politiques majeures sur la position des pays qui soutiennent l’insurrection, à commencer par la France, qui devra réévaluer sa position, d’autant plus que ce crime a été commis sans que ses renseignements généraux en aient été préalablement informés, ce qui la place aujourd’hui dans une position critique".

Le diplomate a ajouté que la faction armée, des rebelles qui ont lancé ces deux roquettes, est une faction radicale qui œuvre sous les ordres d’un État arabe du Golfe, sans indiquer son nom, sachant que l’Arabie saoudite est le plus grand partisan des militants de l’opposition et des factions militantes en particulier.

Ce massacre a touché plusieurs villages d’Al-Ghouta Est, et a causé, sur estimation des recensement des organismes neutres, le martyre d’environ 800 syriens, dont la plupart des enfants, et plusieurs milliers de blessés.

Source Journal Al Khabar

- voir video de la TV Russe en duplex avec les Etats Unis, sur l’ancienne attaque chimique de khan Al Assal, en bas de page
- Toujours sur l’ancienne attaque chimique à khan Al Assal. Conférence de Presse à New York New-York / Le délégué permanant de la Russie auprès de l’ONU, Vitali Tchourkin, a affirmé que son pays déploie des efforts avec le Conseil de sécurité pour faciliter l’entrée des experts onusiens en Syrie et enquêter sur l’usage par "l’opposition syrienne" des armes chimiques à Khan al-Assel dans la banlieue d’Alep. 11 juillet 2013

INHFR  Un autre mensonge est la publication sur youtube, la veille de l’attaque chimique qui a couté la vie à des centaines d’innocents syriens, d’une video d’un enfant entre la vie et la mort, avec un titre sur le massacre qui allait se produire le lendemain !

La video a été publiée par le site des rebelles, et titrée du massacre de l’attaque chimique sur AL Ghouta le 21/08/2013, le lien video sur Youtube atteste encore de sa publication réelle, en date du 20/08/2013, soit la veille !

Al Ghouta a réellement été attaquée, et des centaines de syriens ont succombé à une mort chimique,

Comment un enfant montré sur cette video peut-il mourir le lendemain ? Et comment les rebelles peuvent-ils savoir la veille qu’une attaque chimique allait se produire le lendemain sur Al Ghouta, pour titrer à l’avance leur video de la date du massacre, c’est à dire du 21/08/2013, alors que Youtube atteste automatiquement de la date réelle de la publication, qui est clairement indiquée au 20/08/2013 ?

La video en question a donc été publiée sur youtube, la veille de ce massacre, elle ne peut pas correspondre à un évènement du lendemain, ce qui indique qu’une ancienne video a été attribuée au massacre du lendemain, dans un loupé de timing entre youtube et le site qui publie cette video  ! Une véritable fabrication de l’information avant qu’elle ne se produise ! C’est la seule explication à ce loupé qui a manifestement échappé à la vigilance du site de l’opposition qui a publié cette video !

Titre de la video : Ghouta Est le 21/08 – Dernier soupir d’un enfant sans que personne puisse le sauver.

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Lien de la Video sur Youtube.

INHFR – L’Islam se désavoue de ces khawaridjes Takfiristes, de leur Takfir, et de la terreur qu’ils sèment sur Terre. Le Prophète nous a prévenu de ce qu’ils allaient commettre en meurtres et en Takfir, et nous a prévenus des procédés qu’ils utilisent en se servant de l’Islam,  selon leurs passions et leurs idéologies pour arriver à leur fin!

Et ce n’est pas la peine de chercher à dire que nous sommes pour la politique d’untel ou d’untel, notre modèle de politique est la khilafa à venir du Mahdi, et non celle des Khawaridjes ni d’aucune politique moderne. Mais il est hors de question que nous restions silencieux face aux massacres des innocents qui paient de leurs vies, pour ces mensonges de Khawaridjes Takfiristes qui n’ont fait que cumuler les preuves des mensonges depuis le début de cette sortie kharidjite. Une cupidité pour le pouvoir, et prêts à  tous les sacrifices pour y arriver, jusqu’à se servir de Fatwas et de mensonges sur le Coran qui n’ont aucune base Coraniques. Le Coran est innocent des Fatwas et des actes barbares des khawaridjes, et nous nous en désavouons totalement ! 

Nous condamnons tous les pays complices de ce complot mondiale à l’encontre de la Syrie, arabes et occidentaux ! L’Union Européenne, aux côtés du gouvernement américain et Israélien, ont tout fait pour légaliser l’envoie des armes à ces rebelles terroristes, qui viennent des quatre coins du globe envahir la Syrie et massacrer son peuple, sunnites, shiaas et chrétiens. Un peuple dont la majorité s’oppose à cette révolution !

Aussi, nous appelons à tous les esprits justes et qui refusent de cautionner le mensonge, ce complot et cet acharnement à l’encontre du peuple syrien, musulmans ou chrétiens ou autres, de dénoncer tous d’une même voix haute, ce complot et ce génocide humain qui a lieu en Syrie en toute impunité, depuis plus de deux ans maintenant !

Nous publions une video d’un laboratoire chimique des djihadistes rebelles de la Syrie, qui ne cache pas avoir recours au chimique, et cela  depuis les débuts de cette sédition, qu’ils ont provoquée en Syrie. Ce recours au chimique montre l’horrible mort que ces victimes syriennes ont du en souffrir avant de mourir, lors de cette attaque chimique sur les populations rurales d’Al Ghouta, en Syrie. Plus d’articles seront joints également.

Laboratoire chimique des Djihadistes Rebelles de Syrie.


Article Les Djihadistes de Syrie arrêtés en Turquie avec 2 kg de gaz sarin.

L’ancienne attaque chimique sur Khan Al Aassal en Syrie déjà reconnue avoir été perpétrée par les rebelles.

Plus d’articles et de publications sur notre page Facebook.

 

Source: IMRAN HOSEIN.FR

vendredi, 23 août 2013

COINCE, OUATTARA VEUT CROISER GBAGBO: VOICI SES EMISSAIRES

GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE.jpg

On ne verra jamais ceci avec Ouattara. La différence est déjà là!


«C’était un morceau de choix. Mais il s’avère dur à avaler. Ce n’est pas de gastronomie qu’il est ici question, mais des problèmes de digestion d’une certaine justice (…) Fin novembre 2011, la Cpi s’est donc offert une pièce d’exception : pas un quelconque chef de milice ou un demisolde du crime de masse comme elle en a déjà jugé, mais le Président Laurent Gbagbo, 68 ans, ancien membre de l’Internationale socialiste, ami de Jack Lang et d’Henri Emmanuelli, opposant historique de Félix Houphouët-Boigny, historien et président déchu de la Côte-d’Ivoire après avoir dirigé pendant dix ans, ce qui fut un des pays les plus riches et prometteurs de l’Afrique de l’Ouest», ce ne sont pas les écrits d’un journal bleu ivoirien, mais de Marianne, l’une des publications les plus respectées en France.
 
Cette révélation traduit toute la gêne qui s’est installée à la Cpi avec ce procès du Président Gbagbo. Ouattara aujourd’hui coincé dans ce dossier, veut directement négocier avec le Président Gbagbo. Il fait désormais mains et pieds pour rencontrer le prisonnier politique de l’Onu à la Cpi. C’est vrai qu’au niveau international, il fait appel à certains amis très proches et très écoutés par le Président Gbagbo pour faciliter cette rencontre. Saura-t-il convaincre Gbagbo ? Le temps le dira.
 
Mais en Côte d’Ivoire, Ouattara a appelé au secours, deux cadors de la politique ivoirienne qui se disent amis du prisonnier politique le plus célèbre du monde. Il s’agit en effet, de Charles Konan Banny, le président de la Cdvr et de Laurent Dona Fologo, l’homme qui avec son parti le Rpp, a fait partie des hommes de confiance du Président Gbagbo au plus fort de l’ex-rébellion. La mission qui leur est assignée est très claire : convaincre l’ami Gbagbo à accepter une rencontre avec Ouattara à la Cpi. Car depuis sa déportation à la Cpi, tout se complique pour Ouattara, mais aussi pour la Côte d’Ivoire. Assailli par les difficultés de toutes sortes, Ouattara se résout finalement à faire ce que plusieurs guides religieux lui demandaient depuis longtemps; à savoir négocier directement la sortie de crise avec le Président Gbagbo. C’était bien avant sa déportation à la Cpi. Plusieurs guides religieux, (musulmans comme chrétiens) l’avaient ouvertement déconseillé de déporter le Président Gbagbo à La Haye. Mais Ouattara est resté ferme sur sa position.
 
A cette époque, il y avait un certain Sarkozy à l’Elysée. Et le régime ivoirien ne jurait que par lui. Mais bien plus que ça, Ouattara se sentait obligé de faire la volonté du parrain Sarkozy qui tenait par tous les moyens, à se venger de Gbagbo, l’empêcheur de piller. Pour venir à bout de Gbagbo, la Droite française alors au pouvoir, s’est ouvertement substituée à l’Etat ivoirien. C’est le ministère français de la Justice qui fait toutes les démarches au niveau de la Cpi avant la déportation du Président Gbagbo. Coulibaly Gnénéma, en ce moment ministre des Droits de l’Homme n’a été là, rien que pour la forme.
 
Il a fallu que la Droite française dise que «le transfèrement de Gbagbo à la Cpi va faciliter la réconciliation en Côte d’Ivoire», pour que cela soit repris en choeur par le régime d’Abidjan. Sarkozy n’avait pas de preuves contre le Président Gbagbo. Il savait aussi qui avait réellement gagné les élections en Côte d’Ivoire. Mais il ne voulait pas de Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire. Il utilise donc l’Etat français pour régler des comptes personnels à un homme qu’il ne porte pas dans son coeur pour sa probité intellectuelle et morale.
 
A l’Elysée, Sarkozy décide donc à la place des Ivoiriens. C’est pourquoi au plus fort de la crise postélectorale, lors d’un voyage en Chine, il se permet de dire que «le Président de la Côte d’Ivoire s’appelle Ouattara». De l’Elysée, il téléphone plus d’une dizaine de fois à Goodluck, le Président Nigérian, maitre d’oeuvre de l’option militaire contre la Côte d’Ivoire. Lorsque Michel Dénisot, en ce moment, présentateur du Grand journal sur la chaîne Canal+ offre un plateau au Président Gbagbo pour expliquer la crise ivoirienne, il pique une colère noire. Et demande le même plateau pour Ouattara, son poulain en ce moment réfugié volontaire au Golf Hôtel. L’homme était hanté par Gbagbo. Après le 11 avril 2011, lorsque la France réussit le coup parfait, l’option est de tenir Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Même pire, de détruire son image dans l’opinion ivoirienne, africaine et occidentale.
 
La presse hexagonale aux ordres de Sarko s’y met à fond. Le confrère Paris-Match plus à Droite, consacre alors plusieurs pages photos à la «capturation» de Gbagbo à la résidence. L’objectif est simplement de l’humilier au niveau mondial, quand on sait que ce journal fait partie des plus grands tirages dans l’espace francophone. C’est en plus, la Droite française qui monte le dossier de sa déportation à la Cpi. Toute la procédure est escamotée. Le dossier d’accusation montée dans les officines de l’Elysée, est une compilation de mensonges ressassés depuis le début de la rébellion armée dans la nuit du 19 septembre 2002. Pour Sarkozy, le plus important est de tenir le Président Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Il peut gérer le reste après, depuis son palais de l’Elysée. N’était-il pas à la tête de l’une des plus grandes puissances du monde. Mais c’était sans compter avec le temps, l’autre nom de Dieu, comme le dit le Président Gbagbo.
 
Et comme le reconnait aujourd’hui Rfi. Le 05 mais 2012, tout s’écroule. Sarkozy est battu à plate couture par François Hollande, le candidat socialiste. Il quitte l’Elysée par la petite porte.
 
C’est là que les difficultés commencent pour Ouattara désormais obligé de faire mains et pieds pour se faire recevoir par le nouveau pouvoir français. La Gauche française qui par moment, marche sur des principes, lui dit ce qu’il n’a pas envie d’entendre. A savoir la libération des prisonniers et la normalisation de la vie politique. «Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du Quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire», écrit à ce propos sur le site Slate Afrique, le confrère français Philip Duval, auteur du livre Fantôme d’Ivoire, un excellent essai consacré à la crise ivoirienne.
 
Les regards changent en plus dans la gestion du dossier Gbagbo à la Cpi. Certains diplomates français le conseillent même en privé, d’organiser une rencontre avec le Président Gbagbo à la Cpi. Cependant, Ouattara qui croyait encore en son affaire avec la complicité de Bensouda s’entête. Mais le 03 juin 2013, il reçoit un coup de massue sur la tête à la Cpi. La Cour déclare les preuves contre le Président Gbagbo insuffisantes. Le dossier d’accusation est même démonté pièces par pièces par la Défense. Au point de dévoiler à la face du monde entier, une vidéo en provenance du Kenya dans le dossier. Grand désaveu pour Sarkozy et toute la mafia qui ont installée le chaos en Côte d’Ivoire.
 
Coincé, Ouattara envoie finalement Banny en mission auprès de son «frère Laurent». Le lundi 12 août 2013, Karim Ouattara, le conseiller chargé de la Jeunesse au niveau de la Cdvr donnait déjà le ton lors d’un point de presse. «Le Président Laurent Gbagbo, fait-il savoir, détient de nombreux secrets. Il a des conseils à donner. Il a des choses à dire à l’Occident, à ses proches et à ses adversaires. Ce serait dommage qu’il reste à La Haye. Nous avons donc l’opportunité de calmer la situation, afin de lui permettre de dire sa part de vérité sur la crise. On ne doit pas encourager le musellement du Président Laurent Gbagbo». Tout est clair. On pourrait même dire qu’il dévoile un secret. En 2011, Karim Ouattara ne pouvait pas se permettre de tels propos. Les temps ont changé.
 
 
Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

FACEBOOK: UN HACKER CRAQUE LE COMPTE DE MARK ZUCKERBERG

 

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Khalil Schreateh, un professeur palestinien âgé de 30 ans, a démontré qu'il existait des failles dans le système de sécurité de Facebook. La société octroie d'ordinaire 500 dollars aux hackers qui trouvent des failles ou des anomalies sur le réseau social. Toutefois, l'entreprise a refusé de rémunérer le Palestinien. Pour quelle raison ? Retour sur cette incroyable histoire.

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Quelle faille a découvert Khalil Schreateh ? Le professeur a démontré qu'il pouvait se rendre sur tous les murs privés des utilisateurs de Facebook, qu'ils soient amis ou non avec lui, et usurper leur identité en postant des messages à leur place et en leur nom. Il a prévenu le réseau social de cette brèche... seulement, il n'a pas été pris au sérieux pas les employés de l'entreprise. Pour démontrer à ces derniers qu'il avait raison, il a frappé un coup fort... en postant un message sur le mur de Mark Zuckerberg, qui n'est autre que le créateur de Facebook. « Cher Mark Zuckerberg, je suis désolé d'avoir enfreint la confidentialité de votre page et affiché un message sur votre mur, mais je n'avais pas d'autre choix », a écrit le Palestinien le 15 août dernier.

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La réponse du réseau social a été immédiate : « En moins de deux minute, j'ai reçu un message de la part d'un ingénieur de la sécurité du programme qui me demandait d'envoyer tous les détails par mail », a déclaré Khalil.

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Seulement Khalil va vite être déçu par la réaction du réseau social. L'entreprise a refusé de lui octroyer les 500 dollars de récompense, sous prétexte qu'il avait violé une clause de la charte. Piqué dans son amour-propre, Mark Zuckerberg a-t-il été vexé par ce coup magistral du jeune informaticien ?

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Dans son village de Yatta, en Cisjordanie, le jeune hacker est devenu une vraie célébrité. Les habitants soutiennent sa démarche et souhaiteraient que Facebook assume cette brèche et récompense Khalil. Dans une ville où le chômage touche plus de 20% de la population, 500 dollars représentent une somme non négligeable.

KHALIL SCHREATEH PIRATE MARK ZUCKERBERG PATRON DE FACEBOOK 6.jpg

Des spécialistes de l'informatique du monde entier ont lancé une véritable collecte pour récompenser le jeune hacker. Plus 10.000 dollars ont été déjà réunis, bien plus que la somme habituellement allouée par Facebook aux pirates bienveillants.


Source: MSN.NEWS

jeudi, 22 août 2013

«L'OCCIDENT JOUE AVEC LE FEU EN SYRIE»

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Photo: Veronica Canino

Raimundo Kabchi est avocat et un bon connaisseur des questions internationales. Libanais de par sa naissance, depuis 52 ans sa patrie est le Venezuela, comme il le fait remarquer. Durant de nombreuses années, Kabchi a exercé en tant que conseiller du président Hugo Chavez pour les sujets liés au Proche Orient, ce qui fait de lui une référence pour se renseigner sur cette région du monde qui demeure agitée depuis assez longtemps.


Au cours de cette conversation avec Resumen Latinoamericano, Kabchi met en évidence la complexité des problèmes liés au Proche Orient. Mais il a le mérite d’analyser le monde arabe suivant une approche de gauche et anti-impérialiste, et en même temps d’expliquer ce qui se passe de façon simple et toujours en pointant du doigt le pays qui génère les conflits dans cette partie du monde : les Etats-Unis.

La crise interne qui dure depuis plus de deux ans en Syrie sera l’une des questions principales durant cette interview. Kabchi parlera aussi de la situation au Liban, pays dans lequel il existe un réel danger de contagion du conflit syrien, provoqué notamment par des groupes terroristes financés par Washington et ses alliés afin de renverser le gouvernement du président Bachar Al Assad. L’attitude de l’organisation politico-militaire Hezbollah, la réalité de l’Egypte, et les différences entre la Lybie et la Syrie seront aussi présentes dans ce dialogue éclairant.

 Quelle analyse peut-on faire sur la situation en Syrie, après plus de deux années d’agressions contre ce pays ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale. Premièrement : face aux plans impérial-sionistes et de la droite arabe, la Syrie fait partie d’un système que nous, au Moyen Orient, appelons un système de résistance. C'est-à-dire, elle résiste aux plans impérialistes, sionistes et de la droite arabe dans la région. Comment détruire ce pays pour ensuite s’occuper d’un autre maillon de la chaîne, formée par l’Iran, l’Irak après le départ des américains, le Liban, la Palestine, etc.

Deuxièmement, il y a un objectif constant pour l’Occident au Moyen Orient : l’existence, la sécurité et l’expansion de l’Etat d’Israël. La Syrie, comme l’Iran, s’avère être un obstacle pour atteindre ce but.

Troisièmement, il y a l’exploitation des richesses nationales dans le monde arabe, et la Syrie est également un obstacle sur le chemin. Le pétrole, le gaz, les pétrodollars qui sont recyclés pour les sociétés occidentales, accablées par une crise économique structurelle et internationale. La Syrie représente aussi un chaînon manquant dans la chaîne que les Etats-Unis et l’Otan veulent construire face à la Russie et la Chine. Si l’on jette un coup d’œil à la carte du monde, on trouvera une chaîne de bases militaires qui s’étendent depuis la mer de Barent jusqu’à la Turquie, et ensuite elle atteint le Golfe Persique. Si l’on regarde vers l’Orient, on voit les Philippines, la Corée du Sud, Taïwan, Guam, et même le Japon. L’ensemble de la chaîne se trouve brisée, en quelque sorte, par la Syrie, le Liban, l’Iran et l’Irak. En détruisant la Syrie, on crée pratiquement un système complet de bases militaires autour de la Russie et de la Chine. Ce n’est pas la peine d’expliquer pourquoi les Etats-Unis veulent encercler la Russie et la Chine, des pays considérés émergents dans le monde. Emergents dans un moment où l’impérialisme occidental, néolibéral et capitaliste se trouve en déclin. Ce sont quelques-unes des raisons fondamentales expliquant comment cette Syrie courageuse, avec l’unité de ses dirigeants, de l’armée et du peuple, a réussi à tenir tête à une conjuration internationale de presque trente pays du monde, et à un terrorisme international que l’Occident dit combattre, mais qu’en réalité il encourage, arme, en lui offrant une couverture et une légitimité en Syrie.

Comment peut-on expliquer cette unité du gouvernement, du peuple et de l’armée en Syrie ?

J’accuse l’opposition vénézuélienne d’être toujours prête à extrapoler des circonstances d’autres pays, d’autres situations spécifiques et d’autres réalités, au Venezuela et de les encourager, bien que les conditions ne soient pas les mêmes. C’est l’une des erreurs de l’Occident par rapport à la Syrie. Ils ont pensé que la Syrie et la Libye représentaient la même chose, et que la Russie et la Chine auraient une attitude faible, comme cela fut le cas en Libye. Or, Mouammar Al Kadhafi n’est pas Bachar Al Assad, la Libye n’est pas la Syrie, et la situation internationale de la Syrie est différente aussi. Kadhafi fut la victime de ses propres erreurs, provoquées par ses fils. Les dernières années de sa vie, Kadhafi suivit une orientation politique conduite par ses fils, notamment par Saif Al Islam. Il ouvrit les portes à l’Occident, augmenta ses échanges avec les Etats -Unis de 300 millions de dollars à presque 7 milliards de dollars, il ouvrit ses portes aux pays de l’Otan en Europe. Pas seulement en fournissant du pétrole mais également en offrant de l’argent aux candidats présidentiels et premiers ministres européens, ce que tout le monde sait aujourd’hui.

Si cela ne suffisait pas, le pétrole que Kadhafi avait nationalisé dans les années soixante, fut mis à nouveau à la disposition des grands consortiums internationaux. Il y eut une double rupture en ce qui concerne la réalité dans ce pays. D’abord, il y eut une rupture entre le Kadhafi du vingt-et-unième siècle et celui du vingtième. Ensuite, une rupture par rapport à son parcours politique : le Kadhafi nationaliste, progressiste et rassembleur fit place à un pragmatisme en politique internationale. Et l’impérialisme ne pardonne pas, n’a pas d’amis, l’impérialisme a des vassaux ou des ennemis. Il utilise son vassal comme un objet jetable et il fait tout pour détruire son ennemi. En Syrie, la situation est différente, en raison de sa position historique, par le parcours du parti au gouvernement, du président, de l’armée et du peuple. Vingt-huit mois de résistance à une offensive internationale des pays les plus dangereux - ainsi que des groupes terroristes - que l’histoire et le genre humain aient jamais connus, c’est la meilleure preuve qu’en Syrie il y a quelque chose de différent que l’on ne retrouve pas ailleurs.

Comment expliquer la position des Etats-Unis et de leurs alliés européens face à ce qui se déroule au Moyen Orient ?

Comment comprendre le fait que l’Occident partage quelque chose avec des pays qui n’ont jamais eu de Constitution fixant leurs réalités, qui n’ont pas de partis politiques d’opposition et non plus au gouvernement, n’ont pas de syndicats, où les droits de l’homme ne sont pas respectés ? Ce sont ces pays qui sont les alliés de l’Occident, du même Occident qui dit vouloir apporter la démocratie au Moyen Orient. Comment comprendre cela et comment l’expliquer ?

Parlez-vous des monarchies du Golfe Persique ?

Je parle d’une série de monarchies ou dictatures imposées par les Etats-Unis et l’Otan au Moyen Orient durant les dernières cinquante années. Comment considérer Israël comme un modèle et un exemple de démocratie et de civilisation tandis que c’est un pays complètement agresseur, belliqueux, raciste, exclusiviste et excluant ? Pourtant, le Palestinien qui essaie de retourner dans sa patrie et qui voudrait avoir droit à la même résolution des Nations Unies qui accorda un permis de vivre à Israël, et qui aurait dû être accordé aussi aux Palestiniens, est persécuté, traité en tant que terroriste et assassiné par Israël. Et l’Occident soutient cela.

C’est difficile à admettre, mais ces valeurs et ces principes sont complètement disparus, pas seulement dans les territoires du Moyen Orient, mais aussi dans les médias internationaux. Comment est-il possible que des gouvernements occidentaux, comme celui d’Obama, de Sarkozy à l’époque, de Cameron, de Merkel, puissent dire à un pays que son chef d’Etat, élu par le peuple, est illégitime et qu’il doit partir ?

La Syrie est aujourd’hui l’objet d’une conjuration internationale où l’on fait appel à tout, sauf à la démocratie, aux libertés publiques et aux droits de l’homme, parce que, au cours des derniers vingt-huit mois qui se sont écoulés depuis le début de l’agression à la Syrie, l’on ne trouve pas un pays au Moyen Orient qui ait avancé autant de réformes constitutionnelles, autant de transformations en faveur du respect des droits de l’homme et des libertés publiques, comme le gouvernement syrien. Qui a eu accès à ces informations ? Qui a dit au gouvernement syrien : « C’est bien fait, c’est un geste fort pour une meilleure démocratie », celle qu’ils prétendent apporter ? Personne.

Les combats en Syrie peuvent-ils se déplacer au Liban ?

Depuis les premiers jours de l’agression internationale en Syrie tout le monde a prévenu l’Occident : jouer avec le feu en Syrie pourrait enflammer les pays voisins, surtout la Turquie, qui s’est embourbée dans le terrain marécageux de l’agression contre la Syrie. On nous avait prévenus : ce qu’ils essaient de mettre en place en Syrie, c’est le gouvernement des Frères Musulmans, ces islamistes récalcitrants qui ne connaissent de l’Islam que le nom, pour s’en servir dans leurs tentatives de prendre le pouvoir.

Est-ce le fruit du hasard ? Ceux qui avaient dit que le président Assad allait durer deux ou trois semaines et qu’il partirait, sont partis les premiers ? Comme Madame Clinton ? Ou comme Monsieur Sarkozy, rejeté par le peuple français ? L’Europe et la Turquie, et le problème qui existe dans ce pays, qui menace d’augmenter en proportion, dû à son importance par la proximité des centres de décision européens, peuvent également être atteints par les flammes de la guerre et de la confrontation. L’un des objectifs de la conjuration en Syrie c’est d’affaiblir l’organisation nationaliste de résistance au Liban, le Hezbollah. Une organisation qui ne commit jamais un seul acte terroriste, qui a seulement résisté à un Israël agresseur.

Pourtant, ces grands civilisateurs et démocrates de l’Occident considèrent le Hezbollah comme une organisation terroriste. Quelle est sa faute ? Repousser l’agression israélienne. L’agresseur devient un civilisateur démocrate et l’agressé passe pour le méchant terroriste. Voici le regard de l’Occident sur les peuples du Moyen Orient. La vérité c’est que les gouvernements qu’ils avaient imposés au Moyen Orient, comme en Egypte, sont tombés en moins d’un an. En Libye, il y a une angoisse totale, les pays du Golfe ont leurs propres problèmes, des changements structurels.

Pensez-vous que le Hezbollah aura un rôle décisif pour contenir l’arrivée des terroristes au Liban ?

Les problèmes au Moyen Orient sont très complexes et il faut être très familiarisé avec les sujets. Je suis Libanais chrétien et en même temps je suis du côté du Hezbollah, non pas parce qu’ils l’accusent de terrorisme, mais pour sa lutte de libération au Liban. Après avoir libéré notre territoire, nous les Libanais pouvons continuer à vivre comme nous vivons depuis des milliers d’années.

Mais il y a un danger imminent pour le Liban, venant de ceux qui disent qu’ils veulent l’apaisement et le calme au Moyen Orient. Mon pays d’origine était un exemple de démocratie au Moyen Orient et ils y apportèrent le chaos. Comment est-il possible qu’un terroriste aux Etats Unis soit un terroriste, de même que dans le Sud de la France c’est un terroriste, et au Nord du Mali c’est un terroriste, et qu’il faille le combattre en tant que tel ? Mais, dès que ces terroristes se trouvent au Liban et qu’ils sont en train de menacer, pas le Hezbollah, mais notre pays, la Syrie et d’autres nations…pourquoi les aide-t-on ?

Au nom de quels principes moraux, de quels droits, de quel humanisme les aider ? Alors, l’impérialisme nous traite comme il l’a toujours fait, pas seulement en tant que ses vassaux, mais comme des eunuques intellectuels. Alors, par l’intermédiaire de sa presse et de ses cinquièmes colonnes dans nos sociétés, l’on nous vend le noir et le blanc, ou le blanc et le noir. Au Liban, il y a un danger imminent de la part des terroristes, ces mêmes terroristes qui agissent aujourd’hui en Egypte, en Syrie, en Irak. Ils vont tenter de détruire le Liban, la Turquie, la Jordanie, ou encore beaucoup d’autres pays si l’Occident ne change pas sa stratégie et son agenda au Moyen Orient. Ces terroristes ne travaillent pas seuls. Depuis l’Afghanistan, à l’époque de l’Union soviétique, jusqu’à aujourd’hui, ces terroristes sont protégés, aidés, armés, financés et assistés médiatiquement, avec pour but de massacrer et de faire tomber des gouvernements qui ne sont pas fidèles aux intérêts de l’Occident, que ce soit au Moyen Orient, en Amérique latine, ou dans le monde entier.

Les Etats Unis et leurs alliés ont-ils une notion du danger réel de cette situation ? 

L’Occident, qui est dans l’erreur dans sa politique au Moyen Orient, se rend compte qu’il est en train de jouer avec le feu dans une région qui regorge de pétrole inflammable et du pétrole qui est la garantie pour résoudre les problèmes économiques de l’Occident. Aujourd’hui, plus personne ne parle du départ de Bachar Al Assad, plus personne ne parle d’une victoire de ces terroristes internationaux protégés par l’Occident. Que disent-ils, Obama et Kerry, Cameron et les autres ? Qu’est-ce ce qu’ils demandent à présent pour la Syrie ? Continuer à armer et envoyer de l’aide aux terroristes afin d’obtenir un équilibre sur le terrain, pour que ces représentants du terrorisme international aient une carte afin de peser sur la table de négociations… Revenir à ce qu’a proposé le gouvernement syrien au début du conflit. L’on ne peut faire face au problème syrien avec des armes, de la destruction et du sang. La Syrie doit trouver une solution, d’abord entre les Syriens, et ensuite, à caractère politique et pacifique.

Comment pourrait-on expliquer les facteurs qui interviennent aujourd’hui en Egypte ?

Aujourd’hui en Egypte, on ne retrouve pas ces facteurs. Si l’on veut une analyse sincère, profonde et objective, on doit dire qu’en Egypte il existe deux courants, comme on les retrouve dans n’importe quel pays du Proche Orient. Il existe un courant qui souhaite servir les intérêts de l’Occident, des gens qui sont présentés comme libérateurs et démocrates, ce qui est loin d’être vrai.

Et puis, il y a les forces nationalistes qui prônent la souveraineté, l’indépendance, la liberté, la revendication des richesses nationales au profit du peuple. Combien de fois a-t-on appris que ce gouvernement acquis à l’Occident, celui de Moubarak, qui dura trente années, avait laissé le pays avec plus de 50% de la population en dessous du seuil de la pauvreté ? Qui permit aux Frères Musulmans de prendre le pouvoir ? Cette organisation fut créée en Egypte en 1928. Après quatre-vingt-cinq ans d’une très mauvaise opposition partout dans le monde arabe, ils arrivent au pouvoir. Ce qu’ils avaient réussi à faire échouer durant quatre-vingt-cinq ans d’opposition, ils l’ont mis en place en douze mois : ils ont augmenté la pauvreté, l’analphabétisme, l’économie est tombée, ils se sont occupés d’éliminer l’un des revenus les plus importants de l’Egypte qui est le tourisme…Quand on lit les déclarations de Kerry, on se pose des questions. Kerry a dit que l’armée a dû intervenir afin de redresser la démocratie en Egypte.

Ils auraient pu empêcher leur laquais, Monsieur Morsi, de mettre en œuvre une politique complètement biaisée, avec une Constitution complètement opposée à la sensibilité de l’écrasante majorité des Egyptiens. N’oublions pas que Morsi obtint, lors du premier tour électoral cinq millions et demi de voix, sur un total de cinquante-cinq. Lors du deuxième tour, il obtint onze millions, c'est-à-dire qu’il ne représentait pas la majorité pour faire cette Constitution taillée sur mesure et au service de son parti qui est excluant, à caractère islamique, mais d’un Islam qui n’a rien à voir avec le Coran. C’est un Islam rétrograde qui ne sert qu’aux intérêts politiques d’un secteur de la population.

Kerry et son gouvernement auraient pu empêcher ces manifestations massives qui ont rempli les rues, demander à Monsieur Morsi de mettre en place un gouvernement plus large, car les autres aussi ont des droits, que ce soient les nasséristes, les socialistes, les unionistes, des autres partis. En Egypte,l ? il existe deux façons de voir la politique interne et internationale. Une façon de voir la politique comme une soumission aux intérêts de l’Occident et un autre point de vue, celui de la plupart de la population, qui veut une Egypte souveraine, indépendante, qui puisse mettre au profit ses richesses nationales et surtout, revenir à son rôle historique de leadership au Moyen Orient, et d’équilibre dans une région pleine de contradictions et de conflits locaux.


Leandro ALBANI, Raimundo KABCHI, 19 août 2013.


Traduction: Collectif Investig’Action

In Contrainjerencia


Source: MICHEL COLLON.INFO

mercredi, 21 août 2013

EGYPTE, REVOLUTION ET CONTRE-REVOLUTION, SUITE

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Une foule compacte de civils est rassemblée et proteste contre un coup d’État militaire qui a destitué un gouvernement élu selon les critères de la démocratie représentative occidentale. Elle se fait encercler par l’armée. Quelques grenades lacrymogènes sont lancées puis le massacre commence.

 

Plusieurs centaines de morts et des milliers de blessés civils contre une poignée de soldats lynchés, d’aucuns ont tôt fait moyennant quelques vidéos sur internet publiés par un organe de presse hostile aux Frères Musulmans (1) ou par l’armée elle-même (2) de qualifier la tuerie programmée par les hauts gradés égyptiens de ‘guerre civile’.

L’Égypte va revenir à la situation du statu quo ante, un état d’exception avec à la clé des couvre-feux, une interdiction de manifester et pas même un semblant de truc avec les falbalas coûteux de députés impuissants et de Parlement qui ne légifère pas.

L’armée, du moins ses dignitaires, abondamment perfusés par les aides étasuniennes et irrigués par des biens publics privatisés, c’est 40% du PIB, dans les secteurs du tourisme, de la promotion immobilière et du textile en particulier, au point qu’elle est créancière de l’État égyptien.

Le mouvement Tamarrod (Rébellion) s’est nourri durant les mois qui ont précédé la grande manifestation du 30 juin des frustrations d’un peuple qui attendait du changement de régime bien plus que les maigres aménagements des Frères. La confrérie structurée comme une société de bienfaisance n’a rien entrepris ni annoncé en terme de politique sociale et économique qui eût été à la hauteur de l’insurrection populaire pour réparer le délabrement social et économique. Elle était limitée dans ses ambitions de réformes économiques. La composition des deux gouvernements formés en un an par Hicham Qandil, ingénieur agronome hydraulicien de 50 ans a fait appel essentiellement à des technocrates, même si la deuxième équipe nommée en janvier 2013 comportait 8 affiliés au Parti de la Liberté et de la Justice que la précédente. (3)

Elle était cantonnée dans un cadre institutionnel où l’Armée concédait au Président sorti des urnes juste une petite place au-devant de la scène.

Les événements de janvier 2011, ces millions de personnes qui convergeaient quotidiennement sur la place Tahrir, avaient sidéré les capacités de réaction du gendarme du monde.

L’armée avait perçu son absence de réactivité à une situation inédite et non prévue par les multiples agences de renseignements et de conseils en manipulations géostratégiques.

Elle avait le contrôle des affaires placées entre ses mains par le dictateur éconduit. Pendant plus d’un an, elle a traîné des bottes, retardant autant que faire se pouvait des élections et la passation du pouvoir à un gouvernement mené par des civils.

Le 30 juin 2013 a été l’occasion pour les larrons de se débarrasser d’acteurs encombrants qui ne maîtrisaient pas un processus d’insurrection permanente. Les FM se sont comportés comme de vrais bleus, incapables d’intégrer l’expérience politique subie par le Hamas lui aussi élu à la ‘régulière’ et très vite marginalisés par des procédés d’étouffement insidieux. La mise à l’écart polie du Maréchal Tantaoui ne réduisait pas la capacité de nuisance de l’oligarchie rompue aux coups à quintuple détente par la fréquentation assidue du Mossad.

Le commerce (l’hôtellerie surtout) en pâtissait. Un processus révolutionnaire réussi de plus risquait d’être contagieux dans la région et au-delà. Un sentiment très fort d’anti-américanisme et surtout d’anti-sionisme soude le peuple égyptien. (4)

L’armée a adroitement dévoilé un plan qui aurait été élaboré par Morsi, probablement négocié entre le Qatar de l’émir père destitué au nom du fils et l’amie de toujours Tzipi Livni pour céder 40% du Sinaï à l’ennemi voisin pour y placer les Palestiniens en quête de pays. Le régime sioniste ne prend plus aucune précaution pour afficher son intention de judaïser toute la Palestine. Toutes les conjectures sont permises pour attribuer à cette information le statut d’un faux vrai, d’un vrai faux ou d’un faux vrai faux jusqu’à épuisement des signes plus et moins. Il se trouve qu’il a mobilisé les consciences dans le sens voulu par les généraux.

Barack Obama a sans doute raison quand il déclare que ce massacre-ci n’est pas imputable aux US(a). Lors de la récente visite de William Burns au Caire à la mi-juillet, Abd Elfattah Sissi s’est permis de lui affirmer que l’aide militaire américaine menace la relation entre les deux pays et a un effet néfaste sur la partie récipiendaire. Les généraux font sans doute bien leurs comptes, la Fed imprime du dollar à usage interne désormais pour racheter la dette publique.

Sissi et sa bande ne se sont pas concertés avec l’exécutif étasunien pour se garantir les coudées franches. Si les aides étasuniennes représentaient au lendemain de Camp David, la plus grande défaite arabe, plus de 70% des ressources de l’armée égyptienne, à ce jour, le 1,5 milliard de dollar US alloué annuellement ne sont plus que les 20% du budget militaire égyptien. Cette relative autonomie financière est l’un des facteurs qui a conforté les généraux dans leur choix de pratiquer d’abord un coup d’État puis de le prolonger par un massacre et la déclaration de l’état d’exception. Parmi les autres éléments qui ont pesé dans l’élimination des FM mais surtout de l’écrasement de la tension du peuple vers un idéal démocratique, l’appui des Saoud versus un Qatar mis hors jeu compte pour beaucoup, quelques milliards d’aide directe et de salaires des expatriés.

1 000 ou 2 000 morts de civils supplémentaires vont-elles terroriser un peuple qui n’a pas encore trouvé d’issue à sa révolution inachevée ? 1 000 morts, c’est le résultat de la moisson du mois de Ramadan en Irak sans que nul démocrate et nul média du système ne s’en émeuve.

En revanche, les milliers de morts syriens devenus au fil des mois plusieurs centaines de mille ont rapidement été pris en charge et recyclés comme arme de propagande contre le gouvernement de Assad. Le reliquat du mouvement socialiste et laïc Baath syrien est disqualifié dès 2003 et remonté en tête de liste du prochain à abattre par les likudniks bushistes. Il soutient de plus le Hezbollah lui-même coupable de « terrorisme » pour vouloir faire respecter la frontière du Sud Liban des intrusions sionistes.

L’équation égyptienne et arabe n’est pas de celles qui puissent se transformer en quelques formes reconnaissables et aisées à résoudre.

La Libye se ressent déjà de l’instabilité telle qu’elle se présente au Caire et bientôt à Alexandrie. Le gouvernement installé par l’OTAN à Tripoli se révèle incapable de désarmer les milices et les tribus. La guérilla couve toujours, un attentat à la voiture piégée a failli coûter la vie au colonel de la ville de Benghazi ce 14 août. Les postes de police et les représentations étrangères sont la cible d’attaques régulières.

L’exploitation des ressources pétrolières est entravée. En un mois la Libye aurait perdu plus d’un milliard de dollars en raison d’actes de sabotage.

Les ondes de turbulence n’épargnent pas la Tunisie. Elles ont affecté les relations avec la Turquie, elle-aussi désormais dans une politique pleine d'ambiguïtés à l’égard de Tel Aviv, rompant un certain arc qui enserrait Israël et favorisait la réunification entre la terre palestinienne sise sur la rive occidentale du Jourdain et la prison de Gaza.

Les US(a), c’est-à-dire la pléthore de congressistes élus grâce à l’activisme ou simplement au laisser-faire non malveillant de l’AIPAC, est constitué par la sécurité de l’entité sioniste et donc par la situation au Sinaï.

De manière presque ostentatoire, le Conseil Militaire Suprême a autorisé l’armée d’occupation sioniste à frapper en territoire égyptien des citoyens égyptiens dans le Sinaï. Un drone israélien a tué vendredi 9 août cinq « terroristes » que les renseignements ont identifié à la forme de leur ombre en plein midi et un lance-roquette qui aurait menacé la sécurité des estivants qui parfont leur hâle sur la plage d’Eilat.

La coopération militaire renforcée avec Israël avait été annoncée à Hagel et constitue le gage suffisant pour que vaquent à leur mise en ordre les généraux égyptiens.

Aucune preuve consistante n’a été trouvée pour étayer l’existence d’une coordination militaire entre le Hamas et des Frères basée à Gaza. Des allégations fantaisistes citées par Debka en situent même le QG dans un hôtel Gaza Beach Hotel, sa direction serait assurée par Izzat Ibrahim n°4 dans la hiérarchie des FM et surnommé l’homme de fer. Une insurrection armée serait conduite depuis le Sinaï et viendrait jusqu’au Caire renverser le gouvernement transitoire. (5)

Un acte d’accusation est en train d’être dressé par le régime des militaires, de quoi permettre l’application de la mode étasunienne elle-même copiée et collée des techniques d’intimation du peuple palestinien par Israël, une détention illimitée sans jugement des ‘suspectés de vouloir accomplir des actes de terrorisme’.

Il semble que s’amorce un mouvement de protestation d’officiers au sein de l’armée égyptienne qui contestent la destitution du président élu. (6) Ils considèrent que le devoir de l’armée est de défendre la patrie, la religion et les valeurs de la nation et non de disperser par des armes létales des rassemblements de civils.

Parmi les 500 000 soldats et la dizaine de divisions (7), il doit exister assez d’éléments formés techniquement et éduqués politiquement pour constituer une force antagoniste à l’oligarchie militaire qui s’appuie sur les intérêts des Saoud pour mettre 85 millions d’Égyptiens au pas.

L’équation arabe est complexe, mais en aucun cas, au Yémen, au Bahrein, en Arabie, en Syrie, en Libye, en Tunisie la motivation du soulèvement ne peut être lue comme d’essence religieuse.

Pas plus que le problème de la Palestine ne peut se réduire à un conflit religieux entre Musulmans et Juifs alors qu’il s’agit d’un pur problème colonial.

La lutte contre l’oppression et pour la dignité est un devoir sacré, il incombe à chacun. Il ne peut aboutir que s’il prend une forme collective. Les Arabes s’efforcent de reconquérir leurs droits, leur victoire sera un gain pour toute l’humanité.


Badia Benjelloun

 

Source: Investig'Action - michelcollon.info

 

(1)http://www.youtube.com/watch?v=OkXd...;;feature=player_embedded

(2)http://www.youtube.com/watch?v=q-JR...

(3)http://www.egyptindependent.com/new...

(4)http://www.egyptindependent.com/new...

(5)http://www.debka.com/article/23189/...;;s-Muslim-Brotherhood-goes-underground-hides-command-structure-in-Gaza-

(6)http://www.israelnationalnews.com/N...

(7) http://www.israelvalley.com/news/20...

COTE D'IVOIRE: DE L’INEVITABLE REFERENDUM POUR LA NATIONALITE ET LE FONCIER

ALASSANE OUATTARA.jpg


Quel crédit accorder à un référendum qui serait organisé par un régime totalitaire? Pour annexer l’Autriche en 1938 (Anschluss), Hitler avait organisé un referendum après y avoir fait un coup d’état (comme en Côte d'Ivoire) pour cacher ses visées hégémoniques et tromper la communauté internationale. 

Toutefois, en préconisant la voie référendaire en Côte d'Ivoire dans les conditions actuelles, nous optons pour un moindre mal devant la précipitation législative de Ouattara et espérons ouvrir le débat sur les dispositions préalables à cette consultation: la révision des listes électorales après la réconciliation nationale, pour que seuls les ivoiriens aient la pleine maîtrise du processus référendaire. Le référendum n’est donc pas une solution infaillible. Mais quand devant nous sont organisées des élections législatives, régionales et municipales se prévalant du suffrage d’une minorité pour se légitimer, mieux que le silence, l’exigence du référendum participe de cette résistance démocratique prévue par nos textes. En démocratie, tout projet à grandes répercussions sociales est soumis au référendum.

En Côte d’Ivoire, devant la gravité des problèmes de la nationalité et du foncier, le peuple ne saurait déléguer son droit souverain de décider. La loi 98-752 du 23 Décembre 1998 adoptée à l’unanimité des députés, reconnait aux seuls citoyens Ivoiriens, sans remettre en cause les droits d’usage (exploitation,  louage) concédés aux étrangers, la capacité de prétendre à la propriété foncière. Le législateur, sachant que plus de 80% de la population et des revenus nationaux sont liés à l’agriculture, a voulu garantir la souveraineté du pays par la maîtrise de sa terre. Le lien entre la nationalité et le foncier, établi au-delà des appartenances partisanes, exprime sa force dans l’unanimité du vote. L’absence d’une impérieuse nécessité de légiférer dans le sens contraire crée des doutes sur l’opportunité du projet actuel dont l’histoire nous fait craindre les conséquences sociologiques. La naturalisation en cours de plus d’un million d’étrangers principalement Burkinabés crée de toute pièce une nouvelle réalité sociologique qui vient bouleverser l’équilibre ethno-religieux des 60 ethnies relativement égales entre elles qui composent la Côte d'Ivoire. La préférence de naturaliser les Burkinabés, peuple appartenant à une contrée géographiquement définie et ayant en commun une histoire et une culture séparée va nécessairement créer, par solidarité culturelle et au détriment de notre jeune démocratie, une majorité ethnique importée.

Les visées hégémoniques de la Charte du Nord au détriment des peuples du Sud, comme l’attestent déjà la composition ethno-religieuse du présent parlement et l’administration Ouattara, pourront désormais avoir une base légale, exactement comme Hitler l’a eue. Pourquoi des citoyens issus d’une récente naturalisation de masse, devraient-ils avoir automatiquement plus de droits que des citoyens naturels les ayants précédés et accueillis dans cette citoyenneté? Quelle logique voudrait que des citoyens d’origine accueillent de nouveaux pour en faire leurs maîtres? Les USA, pays de l’immigration, n’intègrent que 55.000 immigrants (non citoyens et sans droit de vote) chaque année dans le cadre de leur programme de Green Card Lottery. Ce pays doté naturellement et institutionnellement des capacités d’accueil et de gestion de la forte immigration et suffisamment riche et fort pour absorber  et contenir les dérives de cette immigration choisie, mettrait près de 18 ans pour atteindre le nombre d'un million d’immigrants (non citoyens) que Ouattara atteint et naturalise en une signature. En tenant compte de l’exigence péremptoire de résidence, qui varie de deux à cinq ans selon que l’immigrant s’est marié ou non à un conjoint américain et la période moyenne d’un an d’évaluation de l’aptitude à la nationalité américaine (sans tenir compte des recalés et des morts), le million d’immigrants mettrait entre 55 et 110 ans pour être citoyen.

Ce temps mis, malgré les énormes richesses de ce pays, répond au besoin de ne pas heurter le seuil de tolérance, de faciliter l’absorption des nouveaux citoyens dans la culture américaine et de polir les aspérités des individualités culturelles pour vivre ensemble et non côte à côte. Une fois citoyens, ils n’ont pas tous les droits: Ils ne seront jamais Président des Etats-Unis, ils ne peuvent être éligible à la candidature au Sénat que 9 ans après et à celle de la Chambre des Représentants que 7 ans après. Pourquoi agir au mépris de ces précautions règlementaires nécessaires au profit d’une naturalisation de masse dans un pays pauvre? Les architectes de la constitution américaine craignaient le danger qui en découlerait: une combinaison injuste des majorités. Pire en Côte d'Ivoire, les combinaisons majoritaires craintes sont ethniques, donc insusceptibles d’alternance, parce que les humains ne changent pas d’ethnie. Pourquoi ajouter un défi ethnique supplémentaire à une jeune démocratie, encore submergée dans les sables mouvants de la désunion nationale et qui définit encore la démocratie comme le règne d’une majorité plutôt tribale qu’idéologique?

De tout temps, le problème de distribution de terres entre majorités et minorités ethniques, raciales et religieuses a toujours été à la base des malheurs publics: le génocide des Amérindiens et la redistribution des terres aux Noirs après l’abolition de l’esclavage aux Amériques, le génocide Rwandais (les Hutus et des Tutsis), le présent litige entre Mugabe et l’occident. Quand la nationalité (la race) et la religion s’en mêlent (Irlande, Cachemire, Palestine), la situation sociale sort de tout cadre prévisible. Même aux Etats-Unis, fort étonnamment, le programme national d’insertion forcée des Nègres dans l’administration publique et l’emploi (Affirmative Action) a subi des revers judiciaires aux motifs que l’avènement de B. Obama au pouvoir prouve l’égalité de fait des Blancs et Noirs.

Les préjudices nés des litiges fonciers, ethniques et religieux sont d’autant plus graves qu’ils sont inaccessibles à la réparation humaine, laissant toujours dans la mémoire du peuple une cicatrice qui constitue un rappel aux guerres futures. Dans une Côte d'Ivoire de Ouattara, où la démocratie à une définition voisine de l’injustice contre la minorité, pourquoi forger de toutes pièces une majorité issue de l’étranger pour le malheur des autochtones? Même si la marche vindicative de l’histoire nous donne de nombreux exemples de reconquêtes de leurs territoires perdus par les autochtones (après 600 ans l’Espagne chasse les Maures et Arabo-Musulmans d’Afrique du Nord, après 40 ans les Coréens arrachent Séoul au Japonais, après plus de 150 ans la Chine arrache Hong Kong aux Anglais…), cet espoir doit en Côte d'Ivoire commencer par l’exigence d’un référendum. Après le référendum, la lutte continue.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste).

mardi, 20 août 2013

LA FRANCE DOIT SE REINVENTER OU PERIR

côte d'ivoire,la france doit se réinventer ou périr,dindé fernand agbo in le quotidien ivoirien "le nouveau courrier,"le nouveau courrier" du lundi 19 août 2013

 

Des voix plus autorisées et des éminences plus techniques pourront certainement traduire en des chiffres et termes plus appropriés ce que nous allons exposer en des mots simples, sans prétention savantes.
 
La France est en récession et ne fait pratiquement plus de croissance, nous apprennent quotidiennement les médias français. Mais en vérité, c’est peu dire. La France connait une grave crise économique et sociale qui menace de l’emporter. Comment un état européen, régnant encore sur un véritable empire colonial resté intact, si on s’en tient aux profits à moindre frais qu’il continue d’en tirer sans discontinuer, peut-il ainsi partir en vrille ? Incompétence, mauvaise gestion, rythme de vie au-dessus des moyens objectifs ?, pourrait-on s’interroger.
 
Pour pallier les effets de la descente aux enfers, une seule et même méthode frappée de péremption, un seul et même moyen séculaire : la prédation, la rapacité et le carnage. Encore et toujours. Contre des nations plus faibles. Comme si le monde n’avait pas évolué depuis un siècle. D’autres peuples sont contraints de faire les frais de la gabegie et du train de vie bourgeois d’une France qui rechigne à réinventer autrement son développement.
 
La question ou le problème de la France, aujourd’hui en pleine dérive sociale, économique et financière, n’est pas de mettre toujours plus de pays ou d’ex-colonies africaines dans sa besace en y menant la guerre, des guerres prétendument « humanitaires », pour les droits de l’homme et la démocratie, ou en fomentant des coups d’Etat contre des nationalistes et des souverainistes africains, ou des chefs d’Etat insoumis à l’exécutif français ou devenus récalcitrants, pour y installer des pantins prêts à brader leur pays et ses ressources à vil prix, sous des dehors d’élections démocratiques encadrées par l’Elysée, comme cela a dernièrement été le cas au Mali. Et comme c’est le cas dans la plupart des pays africains, anciennement (?) colonies françaises : Côte d’Ivoire, Niger, Togo, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Guinée, Gabon, Centrafrique, Congo Brazzaville, Cameroun, Bénin, Sénégal.
 
Le problème de la France, c’est qu’elle fait montre d’une absolue incapacité à se réinventer, prise en otage et dirigée qu’elle est par un groupuscule de francs-maçons complètement sclérosés et une oligarchie occulte qui ne rêve que, non pas de servir les français et de les rendre heureux, mais de mettre la France et l’Europe au service des ambitions nouvel-ordre-mondialistes des américains dont le scandale du programme de méga-surveillance et de contrôle planétaire, PRISM, dévoilé par le jeune informaticien transfuge de la NSA, Edward Snowden, n’est que la pointe de l’iceberg des projets obscurs états-uniens contre l’humanité.
 
Les exécutifs successifs de la France continuent de recourir à des recettes du moyen-âge (guerres de conquête et de reconquête, butins de guerre) pour gouverner un état moderne (dont la gestion nécessite invention, management et travail), en pleine mondialisation, devant une concurrence aussi intelligente que virulente des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ils n’ont pas de réponses aux problèmes des français, bondissent au plafond pour une croissance (somme toute médiatique) de 0,1% (qui en réalité est de zéro, si ce n’est bien moins) quand tous les indicateurs sociaux et économiques virent au rouge sang, font du surplace et enrobent cette incompétence notoire dans des campagnes médiatiques (guerres « humanitaires et démocratiques ») destinées à polir l’image de chefs d’Etat en réalité franco-dépressifs pratiquants – puisque ne croyant qu’en leurs seules thèses et solutions – et aussi désespérants les uns que les autres. Singulièrement les deux derniers, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE.
 
Français, ces deux pro-américains-là, authentiques fantoches si l’on peut dire, n’ont rien pour vous. Reprenez en main votre destinée aux prochaines élections, ou vous pouvez tirer un trait sur la « grandeur » de la France. Ouvrez enfin les yeux et voyez l’inéluctabilité de votre déclin, de votre déchéance, si une nouvelle « révolution » n’a pas lieu. Une vraie, cette fois. Pas une du genre de celle qui vous a enfermés dans cette prison dorée appelée REPUBLIQUE qui n’est en fait que l’émanation d’un pouvoir occulte qui vous oppresse et qui vous conduit dans le mur, en vous chantant des sérénades. Pays des droits de l’Homme ? C’est à reconsidérer. N’est-ce pas juste une illusion, une entourloupe sémantique ? Quand on a encadré un génocide au Rwanda et quand on a installé et qu’on soutient militairement et diplomatiquement des dictateurs en Afrique qui oppriment et pillent leurs peuples, encore et toujours, quand on sème mort et désolation en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie, sous des prétextes fallacieux et franchement indignes, avec l’appui ou sous les ordres de l’ogre américain, peut-on y prétendre ? Certainement pas, à notre avis.
 
Un de vos illustres chefs l’avait dit : « Les français sont des veaux ! ». Nous laissons la déclinaison de son identité à votre sagacité. C’est malheureusement ainsi qu’ils continuent à vous percevoir, quand ils vous regardent, enfoncés dans vos canapés douillets, à déguster vins et fromages, attachés à un confort factice qui vous sera bientôt ôté avec une France en chute libre morale et économique (nous n’avons pas l’intention de vous être désobligeants mais souhaitons sincèrement fouetter votre orgueil). Rendez-vous enfin compte que vous êtes « la prochaine Grèce » ! Ce n’est pas nous qui le disons, mais le magazine hebdomadaire britannique « The Economist ». Et ce sera bien pire, croyez-nous. Parce qu’on vous ment sur tout – c’est un secret de polichinelle – et vous cache tout. Les chiffres de votre économie et vos déficits – c’est encore ce journal qui le dit – sont trafiqués, pour vous donner le sentiment que votre situation n’est pas aussi désespérée. Elle l’est parfaitement !
 
Sauriez-vous renverser l’implacable tendance ? L’Histoire nous le dira. Pour l’heure, réveillez-vous ! Parce que l’on ne peut comprendre qu’un pays comme l’Allemagne, sorti exsangue de la deuxième guerre mondiale et presqu’entièrement détruit, se relève après seulement un demi siècle pour devenir en une soixantaine d’années, la première puissance européenne, elle qui n’a ni pré-carré, ni chasse-gardée, ni prébende, ni monopole, ni chefs d’autres Etats aux ordres comme les marionnettes africaines aux pieds de l’exécutif franc-maçon français, ni départements et territoires d’Outre-mer. Mais qui a une inventivité et une capacité d’innovation incroyable, une force de travail hallucinante et une rigueur de gestion implacable. Quand on se sait sorti de guerre, c’est une exigence prioritaire. Et le mérite de l’Allemagne est encore plus grand et plus éclatant quand on note qu’elle a d’abord dû rattraper un retard abyssal dû à l’immensité de la désolation d’après-guerre, reconstruire tout ce qui a été détruit, avant de prendre un envol fulgurant.
 
Mais, nous semble-t-il, la France, tout aussi brisée par la guerre, mais adoubée vainqueur avec les alliés, n’en a pas tiré les mêmes leçons. Puisqu’elle s’est contentée de partager avec les libérateurs de l’Europe d’alors le gâteau du monde et de vivre du lait, non pas de son travail et de sa propre sueur, mais de celui des mamelles de ses ex-colonies (?), comme à une source intarissable. La poule aux œufs d’or et la vache à lait ont été et continuent à être pressées à souhait. Jusqu’à l’étouffement.
 
Malheureusement, la France a changé et n’est plus tout à fait la même, sa population s’est considérablement accrue depuis lors, ses besoins aussi dans les mêmes proportions, tout naturellement. Il faut donc plus de richesses, plus de ressources minières et de matières premières bon marché, plus d’argent. Plus de lait et d’or, en somme. La vache à lait et la poule aux œufs d’or durent-elles périr, à force d’exploitation et d’abus. Elle n’en a cure !
 
Il se trouve justement que chaque état, même vassal, a aussi sa prétention à « l’émergence à l’horizon X » (suivez notre regard). Comment donc continuer à les vampiriser et manger leur chair sans mettre à mal leurs économies et leur développement, et sans déstructurer gravement la configuration géopolitique régionale ou sous-régionale, au péril de tous, Africains comme Occidentaux (cas de la Libye et du Mali) ? Pas si sûr que ces nombreux Etats africains acceptent indéfiniment – du moins, leurs peuples – de se laisser tondre ad vitam aeternam et de rester éternellement dans les liens du sous-développement. Ce lait cessera bien de couler un jour, et cette manne, de vous être gracieusement donnée, très chère France. Et peut-être, sera-ce d’une façon absolument brutale.
 
On a trop tiré sur la corde. Elle va bientôt craquer. Malgré cela – c’est-à-dire malgré toutes les richesses volées à nos peuples, nos devises et gains à l’exportation engrangées avec une désinvolture scélérate dans les comptes d’opérations criminels du Trésor français, nos recettes budgétaires transportées chaque semaine (sans laisser de traces comptables) dans des mallettes en Hexagone pour aider au fonctionnement de l’Elysée, pour financer les partis politiques français, pour enrichir plus que de nature leurs responsables (Droite et Gauche, de façon indifférenciée) et se payer au passage des biens mal-acquis – la France continue à sombrer.
 
C’est ce type de relation-là entre la France et l’Afrique, judicieusement baptisé par Houphouët-Boigny, FRANÇAFRIQUE, qui tue l’Afrique… et qui tue la France ! Qui fait qu’elle n’a pas appris à innover économiquement, commercialement et technologiquement, à réétudier son marketing et sa force de vente, à accepter de perdre stratégiquement quelques recettes aujourd’hui pour en gagner davantage demain, à se battre à armes égales avec ses adversaires dans l’impitoyable concurrence commerciale internationale (où elle est gravement défaillante, ayant toujours tout reçu sur un plateau d’or à travers monopoles, prébendes, contrats léonins et prédation, et ayant fini par en être totalement sclérosée).
 
Une ligne d’esprit (au final) qui fait qu’elle est impuissante sinon incapable d’explorer de nouvelles pistes de développement, de se remettre fondamentalement en cause et d’impulser la douloureuse mais combien indispensable refonte de son modèle social et économique, inutilement couteux et désormais inadapté (coût de production élevé et peu concurrentiel, coût de la vie et de l’habitat facticement élevé à cause d’impôts excessifs, démesurés, et aussi à cause de la préservation injuste de privilèges de quelques familles milliardaires – onze ou douze en tout – qui tiennent la quasi-totalité de l’économie française, qui ont toujours plus de profit, qui embauchent peu et qui s’enrichissent outrageusement).
 
La France devra également reconsidérer sa perception actuelle du travail, dans un monde globalisé où la quête de productivité et de rentabilité et la conquête des marchés sont infernales ; un monde globalisé qu’elle appelle curieusement de tous ses vœux, sous l’égide américaine. Cette globalisation qu’elle peine à suivre et qui menace justement de la phagocyter. Et avec elle, une partie de l’Europe.
 
Que fait la France du fruit de tout ce pillage organisé et de cette prédation scandaleuse en Afrique, depuis des décennies, et dans nos pays exsangues, pour être aussi mal en point, aujourd’hui ? L’Allemagne en aurait eu le quart que nous n’osons pas imaginer ce qu’elle serait devenue dans le monde. Voyez ce qu’elle fait avec si peu ! A la vérité, ce n’est pas la raréfaction ni même l’insuffisance (au regard des besoins actuels hexagonaux) de cette manne financière à moindre coût directement déversé dans l’économie française ou les comptes privés français qui est en cause (elle n’a jamais manqué), mais la gestion qui en est faite. « La France n’est grande que montée sur les épaules de l’Afrique », c’est vrai, on le sait tous et on ne le dira jamais assez. Elle ne serait rien du tout sans l’Afrique. C’est à nous que la France doit son prestige. Que ce soit économiquement, militairement ou diplomatiquement (ONU). Même sous ce cliché, elle fait pitié à voir. Parce que malgré tout ce dont elle spolie l’Afrique, elle est quand même dans les cordes du déclin. Qu’en serait-il alors advenu d’elle si elle n’avait pas la mainmise sur les destinées de ces ex-colonies (?). Rien qu’à y penser, on est saisi d’effroi. Tant la médiocrité de la gestion hexagonale sidère.
 
Mais en France, ce sont les mêmes qui s’enrichissent. Et toujours plus. Ce sont eux qui sont, en réalité, montés sur nos épaules et qui sont, à dire vrai, les seuls véritables bénéficiaires de cette manne africaine (marchés gré à gré, pots-de-vin, rétro-commissions, mallettes privées, ventes et trafics d’armes, exploitations pétrolières et minières). Le français moyen n’en voit pas la couleur ni n’en sent l’odeur. Lui qui devrait créer la richesse nationale et l’accroître. Pas étonnant donc qu’il s’appauvrisse toujours davantage. A ce rythme, il n’y a pas grand-chose à espérer de la France, parce que sa chute sera lourde et dévastatrice. C’est juste une question de timing. A moins qu’elle ne se réinvente et ne soit plus gérée comme un petit club d’amis, affairistes insatiables, enfants gâtés et capricieux, bourgeois arrogants et sans âme.
 
 
Que DIEU aie pitié de la France !
 
 
DINDE Fernand AGBO
 
 
In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du lundi 19 août 2013.

dimanche, 18 août 2013

SI OUATTARA PEUT «LIBERER», POURQUOI PAS LA CPI?

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Pour la libération provisoire de membres influents du FPI par Ouattara, nous devons nous réjouir avec Martin L. King d’avoir taillé ‘‘une pierre d’espoir dans une montagne de désespoir’’; et dire avec Richard Wright, qu’une ‘‘lueur d’espoir peut poindre même des nuits les plus désespérément noires’’. Un acte tardif de décrispation qui s’impose au dictateur comme le jour s’impose à la nuit. Baudelaire n’insinue-t-il pas que même le Mal puisse produire des Fleurs? Combien plus forte raison la CPI, symbole superlatif de Justice?

Dans une admission explicite de culpabilité, Ouattara dit, en libérant ses victimes accusées des mêmes délits que GBAGBO, qu’il n’est pas bon que des gens de «ce rang» restent en prison. Lui l’accusateur dit ainsi à la CPI, non seulement que GBAGBO, d’un rang supérieur et accusé des mêmes délits, doit être libéré; mais il atteste aussi que la ‘‘justice’’ fonctionne en CI. En conséquence, la CPI ne saurait se substituer à elle en tant que Tribunal Subsidiaire (selon le Statut de Rome), sans le constat d’une triple faillite des tribunaux nationaux, liée à leur capacité fonctionnelle, à leur refus de poursuivre ou à la complaisance de leur verdict.

A la lumière de l’insuffisance des preuves constatée par la CPI elle-même, en plus de la viabilité soudaine des tribunaux ivoiriens, la CPI devrait accorder au moins la liberté provisoire à GBAGBO à ce stade où son procès n’a pas encore commencé. La libération provisoire des pro-GBAGBO pour la paix, atteste non seulement de l’aspect politique des accusations, mais aussi et surtout, de l’impossible paix en CI sans GBAGBO. La CPI qui avait motivé son refus d’accorder la liberté provisoire à GBAGBO par un besoin de paix en CI, doit en tirer les leçons. Cet argument est dangereux: il met la CPI en plein dans la politique et confirme des craintes. Prendre en otage la liberté d’autrui pour obtenir la rançon politique de l’apaisement dans un pays est contraire à toute notion élémentaire de Justice.  Tout homme ne doit être tenu responsable que de ce qu’il fait et non maintenu en prison pour ce qu’un autre homme libre et loin de lui fait (peut-être pour l’y maintenir). La responsabilité des faits d’autrui dans cette acception est une invention dangereuse, qui au-delà des critères juridiques pertinents inclus des considérations sociales subjectives.

Les tribunaux Sud-Africains, qui condamnèrent Nelson Mandela pour obtenir la paix sociale avaient perdu toute crédibilité sans jamais avoir la paix sociale tant recherchée. La paix sociale procède de la Justice. Quand les architectes de la démocratie moderne construisirent avant nous, le grand moule dans lequel furent coulées nos conceptions actuelles de la démocratie, c’est à dessein qu’ils mirent à part,  par un mécanisme de verrou et de contrepoids, le Judiciaire; de sorte que, ainsi hissé sur le roc solide des choses éternelles et libéré de l’emprise des choses passagères (politiques, guerres…), il ne fût pas captif  du présent, mais redevable à sa Conscience et à Dieu. C’est ainsi qu’en 1954, la Cour Suprême des Etats Unis d’Amérique, dans un revirement historique (Brown v. Board of Education et Bolling v. Sharpe) mis fin à plus de 150 ans de tergiversations juridiques relatives aux droits civiques des Noirs au mépris des réalités. Pour preuve, malgré l’injonction de sa mise en œuvre ‘‘en toute hâte réfléchie’’, cette décision ne fut exécutée qu’en 1964, soit 10 ans plus tard, après l’embrasement sociale causé par  son étincelle (Martin L. King, Malcom X).

Si la Cour Suprême avait craint les embrasements sociaux aux USA, comme vous les craignez aujourd’hui en CI, Obama ne serait jamais président. Le mot Magistrat (Juge) vient du latin magister, qui veut dire Maître, une âme imprégnée de Connaissance à laquelle Révérence est due. Dans la Bible, Dieu nomme d’abord pour diriger son peuple, non des rois; mais des Juges, parce que de leurs décisions découle la stabilité prévisible tant recherchée. Leurs décisions, quand elles sont fondées sur la Vérité, sont naturellement investies d’une force exécutoire intangible, affranchie de la corruptibilité qui limite les actes de l’exécutif.

C’est à juste titre que dans les saintes écritures, le Messie est appelé Maître, être qui se confond avec un idéal de Justice. La culture judiciaire française n’appelle-t-elle pas maître tout auxiliaire de justice? La détention provisoire du suspect, en tant qu’une exception au principe de la présomption d’innocence, repose sur la crainte d’irrémédiablement faillir à l’administration de la justice autrement; elle doit être annulée dès lors qu’après examen, les indices de culpabilité craints n’existent pas et que l’accusé peut, sous le control judiciaire d’un pays d’accueil, comparaître librement. GBAGBO fuirait peut être, s’il était libéré? Sous des bombardements intensifs où Kadhafi, Bozizé, Mobutu, Ben Laden et Saddam Hussein (tous des militaires et prétendument aguerris aux armes), ont fui; GBAGBO n’a pas fui. Ce n’est pas la Vérité, son allié, qu’il fuirait. C’est la vérité et la libération de GBAGBO qui ramèneront ce que la CPI semble étonnamment rechercher plus que ceux mêmes qui en ont le plus besoin dans leur propre pays: la Paix. La crédibilité et la survie de la CPI sont en jeu.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste)