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mercredi, 26 juin 2013

GENEVE II: EST-CE POUR PREPARER LA PAIX?

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© Robert King/ Polaris/ Starface. Syrie, le 13 mai 2012. À Al Qusayr, des membres de l'armée syrienne libre (FSA) combattent l'armée syrienne. Avant la déculotée.


Chaque jour qui passe sur le terrain des combats, en Syrie, révèle que la guerre contre ce pays n’est pas ce que l’on rabâche depuis plus de 2 années, à savoir «un soulèvement populaire spontané» contre ses dirigeants pour recouvrer sa dignité et sa liberté, mais bien d’un complot pour déstabiliser cet Etat, considéré comme gênant les objectifs et les visées impérialistes dans la région.

 
 
Pour ce faire, les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, le Qatar, la Turquie, l'Arabie Saoudites et Israël ont engagé tous les moyens pour permettre aux groupes armés affublés «thouar» (révolutionnaires) - la plupart mercenaires islamistes - pour mener une guerre, sans merci, contre l’État syrien et renverser son gouvernement, dans le but d’affaiblir l’axe de résistance, en admettant pour cela les pires atrocités.
 
Par l’origine diverse des groupes armés islamistes, hier «terroristes», métamorphosés, aujourd’hui, momentanément «révolutionnaires» rétribués sous la fausse bannière «djihadistes» ; par la provenance de l’armement en leur possession ; par les objectifs visés ; par les agissements et les réactions des pays manipulateurs engagés, il est indéniable que cela obéit à un plan réfléchi, destiné à instaurer le chaos sur une géographie déterminée, pour ensuite recomposer selon les désidératas et objectifs prévus. Ce projet américain est consacré dans ce qui est appelé le «Grand Moyen-Orient» auquel est intégré le projet israélien dit «Yinon» destiné à assurer la supériorité d’Israël.
 
Deux années de guerre, de destructions de toutes natures, de sanctions et de pressions - contre un État souverain où tous les moyens illégaux, même les plus immoraux et abjects, ont été utilisés - n’ont pas permis de venir à bout d’un peuple résistant, d’une armée forte et unie. Deux années sans voir l’effondrement prévu malgré les sommes colossales engagées par les bailleurs arabes vassaux ainsi que la formidable guerre médiatique soutenues par d’éminents hommes de cultes, corrompus, chargés de l’endoctrinement des masses musulmanes par la religion. L’échec de l’aventure semble bien consommé et les cartes jouées.
 
Depuis les derniers développements avec la récupération d’Al Quseir et de sa banlieue - localité hautement stratégique pour les planificateurs américano-sionistes qui devait aboutir à la prise de Damas - par l’armée syrienne des mains des «insurgés», tous les calculs ont été bouleversés et les objectifs compromis. Avec cette récupération surprise, suite à une offensive ‘éclair’ et décisive, de cette petite ville où se sont solidement concentrées les forces ''wahabo-takfiristes'', on annonce déjà des échecs sur d’autres fronts. Cette bataille d’Al Quseir a été particulièrement déterminante par l’appui, à la frontière libanaise, des éléments du Hezbollah qui n’ont laissé, aux groupes armés, aucune possibilité d’infiltration, d’exfiltration ou d’approvisionnement. Une assistance inattendue qui a été condamnée par la… Ligue arabe. L’autre élément est que l’armée syrienne a su se convertir, en la circonstance, en une redoutable force contre-guérilla.

Les résultats d’Al Quseir sur le plan militaire et tactique, avec ses effets ravageurs sur les autres groupes, ont créé un climat de défaite, une situation d’impasse mettant les groupes armés dans un état de déroute et les commanditaires dans une profonde confusion. C’est donc bien les résultats sur le terrain des combats qui dictent ou imposent la nature des changements.
 
Il ne restait que l’annonce par les deux «Grands», les USA et la Russie, d’une conférence «internationale» sur la Syrie, prévue à Genève, qui se veut l’ultime round pour sceller cet encombrant et dangereux dossier par la voie politique, malgré l’agitation et les élucubrations des autres protagonistes qui soutiennent une solution militaire.

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Tant que l’on pouvait encore financer et remplacer les groupes anéantis, tant que l’on disposait encore de ‘cartes’ de pressions politiques et économiques, tant que les étapes du Plan tracé avançaient, il n’était pas envisageable de négocier quoi que ce soit. Avec la bataille d’Al Quseir, qui avait bouleversé, les données les commanditaires étaient contraints, dans la précipitation, d’adopter une série de manœuvres aussi insensées que dangereuses. Dès que les principaux groupes armés, que domine Al Nosra, ont été laminés ou réduits, il ne restait aux stratèges américano-sionistes et leurs suppôts arabo-monarchiques que de présenter du «réchauffé» en rabâchant les mensonges éculés, sans preuve voire sans conviction, ou tenter d’autres diversions et agissements dans l’espoir de disposer d’arguments et de moyens de pression consistants lors de cette Conférence dite de «Genève II». Mais le reste du monde connait ces manœuvres, s’en méfie, les réprouve.
 
Voyant leurs plans foirer, on réitère la fallacieuse histoire de l’utilisation, par l’armée syrienne, des armes chimiques que réfute Carla del Ponté en affirmant que ce sont les groupes armés qui les ont utilisés contre l’armée syrienne et les civils. Même la demande syrienne d’une enquête, in-situ, de l’ONU a été capotée par les EU qui voulaient l’étendre à tous les endroits de stockage éventuels de ce genre d’armes. En dépit de toutes les preuves filmées montrant des scènes de préparation de ces armes par les groupes armés, rien n’y fait, les EU accusent l’armée syrienne en concoctant un autre plan de communication sur les armes chimiques depuis la Jordanie en le faisant coïncider avec les exercices militaires en préparation dans ce pays. La France a été chargée par le biais du journal «Le Monde» de lancer la propagande, d’en fournir les éléments de preuves, même inconsistantes, pour en faire un motif d’intervention militaire extérieure. La Russie rejette ces accusations d’utilisation d’armes chimiques par les troupes gouvernementales syriennes, mais annonce par Poutine, en conférence de presse, lors du sommet du G8 à Lough Erne (Irlande du Nord), que son pays était prêt à participer à la vérification des cas d’utilisation de ces armes en Syrie et à soumettre les résultats au Conseil de Sécurité.
 
On tente aussi de relancer le projet illégal et dangereux d’une zone d’exclusion aérienne depuis la frontière jordanienne cette fois, qui serait de 40 km, pour permettre, en fait, de recomposer les groupes anéantis, faciliter l’acheminement des armes et des ravitaillements. Ce ‘no-fly zone’, qui coûterait 50 millions de dollars/jour, sera non seulement une violation d’un pays souverain, s’il ne passe pas par le Conseil de sécurité, mais est de nature à enflammer la région, car la Syrie sera en droit de riposter à toute violation de son territoire et son espace aérien sera très risqué aux pilotes qui s’y aventureront surtout si elle dispose des redoutables missiles S300, en plus de son arsenal offensif. 
 
On relance, tambour battant, le désir d’armer les groupes avec des armes modernes comme si les armes utilisées, jusque-là, venaient du néant ! La question qui les effraye est le risque de voir ces armes se retournent contre eux une fois le problème de la Syrie réglé dans les deux cas de figure. De ce fait, classer ‘Al Nosra’ organisation terroriste était le seul moyen de faire éliminer cet encombrant groupe. L’autre crainte est de voir aussi ces armes récupérées par l’armée syrienne comme toutes celles laissées par les groupes éliminés.
 
Au même moment, au vu des difficultés à recruter, on fait organiser, en Égypte, une conférence des oulémas musulmans à leur tête Al Qaradhaoui pour, essentiellement, lancer un appel demandant aux musulmans du monde de venir faire le Djihad en Syrie contre le «régime de Bachar» ; chose qui n’a jamais été faite contre le régime sioniste d’Israël qui ne cesse depuis plus de 60 ans de spolier et d’assassiner les palestiniens. Ce projet d’armer est condamné par la Russie qui y voit une volonté de poursuivre les tueries et donc contraire au but de la Conférence qui veut instaurer la paix. La Russie réfute le pendant fait avec sa livraison d’armes défensives qui obéissent, selon elle, à des contrats légaux avec un gouvernement légitime, telles les batteries antimissiles russes S-300 qui ne peuvent pas servir à réprimer l’opposition armée.
 
Toutes ces agitations et gesticulations ne seraient pas apparues s’il n’y avait pas domination par l’armée syrienne du terrain des combats. Lorsque les groupes armés occupaient des pans entiers de territoire, imposant leurs lois en martyrisant les populations, détruisant les infrastructures économiques, sociales et culturelles, foulaient des pieds les lois internationales et la morale, l’Occident encourageait en espérant la généralisation du chaos sur toute la Syrie pour le projeter à tous les États de l’axe de la résistance avec en ligne de mire l’Iran, mais lorsque la situation s’est renversée par la reprise en main des choses par l’armée syrienne avec risque d’anéantissement de toute la stratégie tracée pour ce Moyen-Orient, le voilà exhiber les «lois internationales» pour faire condamner la Syrie de crimes de guerre non avérés ou commis par leurs hommes pour en accuser l’adversaire.
 
La Conférence dite de "Genève II" a pour but de trouver une solution politique à la crise syrienne que soutiennent de nombreux pays. S’y présenter sans éléments de pression serait absurde. D’où l’activisme de l’Occident à vouloir s'y présenter forts d'arguments leurs permettant de soutirer un maximum de dividendes. Ce qui explique qu'en même temps les Américains s’activent, parallèlement, à vouloir armer plus et mieux les «rebelles» et à instaurer une zone d'exclusion aérienne. Ce contraste ne peut que viser à éloigner l’échéance de la Conférence dans l’espoir, sans aucun doute, de gagner du temps afin de glaner des cartes de pression politique plus avantageuses, via leurs troupes. Un certain Driss Salim, du commandement de l’ASL, aurait promis de défaire les forces armées syriennes en… six mois si l’Occident lui fournit les armes nécessaires. Les Américains n’étant pas dupes, il est fort probable que leur Plan prévoit une option plus handicapante visant à éterniser la présence des terroristes à l'intérieur et autour de la Syrie en créant un foyer permanent prêt à en faire usage à tout moment et ce, à défaut de la victoire immédiate souhaitée.

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Nous avons donc, après plus de deux ans:
 
-  Une Syrie engagée dans une guerre sanglante contre une «rébellion» hétéroclite composée de milliers d’éléments étrangers soutenus militairement et financièrement par une coalition de pays impérialistes pro-sionistes, la Turquie, le Qatar et l’Arabie Saoudite appuyés par des ONG affidées et des milieux religieux musulmans sectaires.

-  Une domination de l’armée syrienne sur le terrain des combats et des groupes armés, composés de plusieurs nationalités, en débandade.

- Un camp agresseur dans une grande confusion et indécis qui veut armer, pour «équilibrer les forces» dit-il, des groupes dont il craint qu'ils se retournent contre lui tout en spéculant sur une intervention militaire directe hasardeuse.

- Une Turquie d’Erdogan qui se retrouve dans la situation de «l’arroseur-arrosé» qui n’arrive plus à finir sa mission de déstabilisation de la Syrie.  

- Une Égypte de Morsi - empêtrée dans des problèmes économiques, sociaux et institutionnels - qui se permet de suggérer sa disposition à assumer le rôle de la Turquie par des signaux en coupant toute relation avec la Syrie et en affichant son intention d’impliquer son armée. Chose que les hautes instances militaires jugent irréalisables contre tout pays «frère».

- Deux puissants ‘blocs’ qui s’affrontent pour un partage d’influence et d’intérêts. L’un croyant à la force militaire pour pouvoir étendre son hégémonie et l’autre qui veut montrer que le monde n'est plus unilatéraliste et qu’il est vain d'en nier l’évidence au risque d’un conflit généralisé.
 
Il faut être aveugle pour ne pas voir, à travers la guerre imposée à la Syrie de l’extérieur, une volonté de tailler à la hache toutes les  nations de la région pour les affaiblir, les piller, les assujettir pour des siècles de « transition démocratique ».
 

Djerrad Amar

samedi, 22 juin 2013

LE MINISTRE TOURE AMARA SANS DETOURS: JUSQU’OU IRA OUATTARA AVEC CETTE DICTATURE DE L’EPEE?


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Le Docteur Touré Amara


Dans une interview exclusive parue à  «le quotidien d’Abidjan» du 10 Juin 2013, le Docteur Touré Amara, médecin, ancien Ministre, membre du secrétariat général du FPI, s’exprime sans détours sur la situation sociopolitique ivoirienne. Tout y passe: politique de rattrapage de Ouattara, la grande fracture sociale dans le pays, les déclarations malheureuses de Mamadou Koulibaly , le rôle de la France dans la crise ivoirienne et les conditions du retour des exilés. Une interview à lire et à partager.


Depuis que vous avez quitté le territoire ivoirien, l'on ne vous a plus entendu. Devrait-on comprendre que l'actualité de votre pays ne vous intéresse plus?

Je voudrais tout d’abord vous dire merci pour l’opportunité que vous m’offrez pour m’adresser à vos lecteurs. Votre question m’amène à me demander si vous appréciez à sa juste valeur l’ampleur de la question de notre exil. Les responsables politiques que nous sommes dépassions le nombre de 200 cadres et chacun ne peut pas se lever et dire n’importe quoi et n’importe quand. Cela n’est pas responsable et c’est pour cela que nous sommes organisés en coordination du FPI en exil pour éviter la cacophonie. Nous sommes une quarantaine de Ministres, on trouve ici des PCA, DG, Directeurs Centraux et cadres supérieurs de différentes qualifications de l’administration ivoirienne. On ne peut pas avoir servi le pays à un tel niveau et dire que nous nous désintéressons de l’évolution de la vie publique chez nous à l’occasion d’un exil forcé malgré les dispositions pertinentes de notre constitution. Tout ce que je dis a été déjà dit et très souvent bien dit avant moi. Nous sommes en train d’écrire une page de l’histoire de notre pays et il ne faut pas laisser les amalgames de certains aventuriers troubler notre lecture. Je voudrais aussi vous rappeler que l’exil fait malheureusement partie de l’histoire des Peuples et des Hommes.

Vous qui avez appartenu au dernier gouvernement du président Gbagbo, que pouvez-vous dire aux Ivoiriens relativement à sa libération? En d'autres termes, Gbagbo sera-t-il libéré après cette vigoureuse sortie de l'Union africaine contre la CPI?

En tant que Ministre du dernier gouvernement du Président Gbagbo, la pire des choses que je lui souhaite est sa libération qui va en même temps LIBERER la Côte d’Ivoire. La sortie de l’Union Africaine (UA) contre la CPI intervient à un moment opportun mais je la trouve timide et pas très engagée. A mon sens, il aurait fallu réfuter ce Machin Raciste créé dans la logique dominatrice de l’Occident pour asservir l’Afrique et perpétrer  l’exploitation coloniale du continent. La précédente déclaration de Mme Zuma D. O. affirmant que la CPI ne fait pas partie de nos Normes Institutionnelles (UA) me sied mieux. Ainsi, l’UA devait demander la libération de tous les prisonniers Africains de cette prison Impérialiste et néo-colonialiste de La Haye. L’UA doit adopter la méthode chinoise qui consiste à se retirer et ne pas reconnaitre toutes ces organisations qui la méprise.

En tant que fils du nord, quels commentaires faites-vous de la politique de rattrapage initié par le régime Ouattara?

C’est une politique catastrophique et inacceptable pour la nation ivoirienne et pour les peuples du nord. En tant que fils du nord et musulman il y a un peu plus d’un an avant la déportation du Président élu Laurent Gbagbo, j’ai interpellé tous les imams et toutes les associations musulmanes du danger lié à ce transfèrement  forcé et illégal du CHEF, du FAMA à La Haye. J’ai rappelé tout ce que le président Gbagbo a fait pour la communauté musulmane et que leur silence n’était pas juste et justifié car le Révérend Evêque Desmond Tutu disait que dans une situation d’injustice si tu choisis d'être neutre, c’est que tu as choisi le camp de l’oppression. Aucun président, depuis Houphouët jusqu’à Laurent Gbagbo en passant par Bédié et Guéi, n’a eu à appliquer une telle orientation ethniciste, tribaliste, régionaliste et religieuse du pouvoir en Côte d’Ivoire. C’est vraiment malheureux et inapproprié pour un pays qui cherche à se réconcilier depuis une décennie. Je me demande pourquoi??? Il est de notoriété que Mr Ouattara ne connait pas la Côte d’Ivoire, son anthropo-sociologie, ses alliances, ses tabous, interdits et totems mais il est entouré des amis de son parti, de ses alliés et tout ce monde le laisse conduire une politique aussi ignoble. Dieu durcit de plus en plus le cœur de Pharaon. Est-ce pour le perdre? Le Pharaon Ivoirien est-il si inaccessible aux paroles des humains que nous sommes? L’histoire bégaie-t-elle? Veut-il reproduire 1963 car Houphouétiste ? Jusqu’où ira-t-il avec cette dictature de l’épée? L’adage ancien nous enseigne les limites de cette politique de l’épée.

Pour tous les cadres conscients du nord sans distinction de parti et de religion et au-delà d’eux tous les peuples du nord, il faudrait réfléchir aux conséquences néfastes de cette politique hasardeuse dite de rattrapage de Ouattara. Il faut avoir en mémoire que toute médaille a deux faces et s’attendre malheureusement au retour du bâton et rester humble et digne. Chez nous les Malinké, on dit: La vie, c’est aujourd’hui et demain et que le soleil d’un roi ne peut briller toute l’éternité. Nous avons à construire une NATION multi-ethnique, multiraciale, multiconfessionnelle et donc nous ne pouvons nous accommoder avec des pratiques archaïques de «rattrapage». La Côte d’Ivoire a besoin de toutes ses filles et de tous ses fils sans distinction aucune pour un développement harmonieux équitable et durable.

Tout récemment, Mamadou Koulibaly a fait une sortie dans un journal Camerounais où il a déclaré que Gbagbo n'a pas gagné les élections présidentielles de 2010. Vous qui l'avez côtoyé, quelle analyse faites-vous de cette déclaration?

La récente déclaration de Mamadou Koulibaly dans le journal camerounais n’est pas une surprise, elle est dans l’ordre qu’il s’est fixé et qu’il poursuit. Pour essayer de le comprendre, il faut suivre un tout petit peu sa carrière politique fulgurante. Mamadou Koulibaly, un illustre inconnu dans le milieu politique Ivoirien, nous est présenté au niveau du Secrétariat Général du Front Populaire Ivoirien comme un nouveau membre de cette instance de direction du parti par le président Gbagbo. Il a été coopté par le président après le congrès de 1994 et il était le seul membre de la direction non investi par le congrès. A peine 5 ans plus tard, il fait de lui un Ministre de la république dans le gouvernement de Guéi. Un an après, il est élu député de Koumassi sans y mettre le pied. Et par la volonté de Laurent Gbagbo, il est bombardé président de l'Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire.

Enfin, il est nommé 3ème Vice-Président du parti. Mamadou a gravi tous ces echelons sans faire ses classes et le FPI est une école avec sa culture de lutte. Le petit Madou jouit de la confiance absolue et de l’amitié du Président de la république et de la première dame Simone Ehivet Gbagbo. Mais paradoxalement, il n’est pas enthousiaste au travail. Au niveau du parti, il est absent pratiquement à toutes les réunions du secrétariat général, du secrétariat exécutif, du comité central. Au niveau du parlement, Madame la 1ère Vice-Présidente Agoh Marthe a assuré l’intérim tout le temps. Dans sa circonscription électorale, il n’y mettait jamais les pieds. Mamadou est un solitaire instable et ambitieux, disent ses contemporains. Il croit avoir la science infuse à cause de son agrégation en science économique et ne tolère pas la contradiction et il se croit le nombril du monde, il se croit un infaillible. Il affirme de manière péremptoire que Gbagbo n’a pas gagné les élections. Pourquoi n’a-t-il pas gagné les élections présidentielles de 2010? Aucune preuve scientifique pour un agrégé d’Université. Je ne suis pas le juge des élections, dit-il? Mais dans notre pays, il n'y a qu’un seul juge constitutionnel des présidentielles qui s’est prononcé et a déclaré Gbagbo vainqueur. Pourquoi met-il en cause le verdict du juge? Il se réfère a un panel réclamé par le président pour faire un recomptage des voix, pour éclairer les résultats. Ce recomptage des voix a-t-il été fait, oui ou non? C’est seulement ce résultat qui devait s’imposer à lui et non des décisions politiques farfelues. Cette sortie de Mamadou intervient à un moment qui n’est pas fortuit.

Regarder la période après le coup de Sarkozy; c’est lui qui annonce l’arrivée de Paul Yao Ndré pour la 1ère investiture de Ouattara. Ensuite, il tente en vain la caporalisation du FPI pour accompagner Ouattara. Et aujourd’hui, à quelques heures du verdict de l’audience de confirmation des charges, il fait cette sortie de route. Comme quoi, à chaque fois que Ouattara est en difficulté, il court au secours. Mamadou Koulibaly n’est pas le bouc émissaire de qui que ce soit. Depuis longtemps, il cherche à s’imposer comme alternative au président Gbagbo. C’est ce qui explique son comportement à Marcoussis et sa discourtoisie vis-à-vis d’Affi N’guessan, président du FPI. Peu après Marcoussis, son imam attitré, Doumbia et feu son père géniteur organisent des sacrifices et des prières pour qu’il devienne le prochain président de Côte d’Ivoire. Dès lors, le parricide du père Gbagbo a commencé. Comme Britus, il faut tuer le père et prendre la place. Il faut analyser et comprendre les déclarations et les actes posés par Mamadou Koulibaly sous le prisme de cette nouvelle vision à lui. Pourquoi a-t-il un tel comportement? Il semblerait qu’il soit soutenu par les Occidentaux comme alternative à Ouattara. Après avoir bénéficié 11 années durant de privilèges et honneurs du régime FPI, Mamadou ne peut ni vilipender le Président Gbagbo ni accuser le parti pour quelque raison que ce soit car dauphin constitutionnel, il était au cœur de l’appareil de décision et il n’a pas démissionné. Après la chute du régime, il est facile de jeter l’opprobre sur les autres et se présenter comme le leader parfait et infaillible. Si le président Gbagbo est à La Haye, Mamadou doit être dans la cellule voisine.

Si Simone se retrouve a Odienné dans mon village, Mamadou ne doit pas être loin de là. Si Affi et Sangaré sont en prison, Mamadou doit être aussi en prison. Si par la grâce divine, il est dehors, il devrait normalement se sentir dans les liens de la détention, moralement et psychologiquement tout au moins. Il ne faut pas vendre son âme au diable parce qu’on veut devenir quelqu’un. Il ne faut pas trahir son propre pays parce qu’on aspire à faire partie des servants de l’Occident. ALLAH, le très Miséricordieux, l’Omniscient, l’Omnipotent récompense toujours le bienfait et le bienfaiteur, il n’aime pas les ingrats et leur réserve un châtiment ici-bas et dans l’au-delà. Amina!

Quand est-ce que vous envisagez rentrer dans votre pays ?

Cette question est intimement liée à l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Côte d'Ivoire. En septembre 2002, mon domicile a été pillé à Bouaké par la rébellion. Ils ont emporté tout ce qui s’y trouvait et cinq véhicules. Ma clinique, l’une des plus grande et moderne de Bouaké, a subi le même sort. Tout a été vandalisé et aujourd’hui, il ne reste que des ruines. Le 30 novembre 2010, avant la proclamation des résultats du second tour des élections présidentielles, je répète: avant la proclamation des résultats, mes deux domiciles d’Odienné sont pillés et vandalisés par les mêmes rebelles et ils sont partis avec deux véhicules. Puis à la suite de la guerre postélectorale, mon domicile d’Abidjan est pillé en partie et est actuellement occupé par un chef rebelle, à la Riviera Synacassci. Trois véhicules ont été emportés. Tous mes comptes bancaires sont gelés. Je dois rentrer pour faire quoi? Comme tous les exilés, nous attendons l’aboutissement heureux et raisonnable des discussions entre le parti et le gouvernement pour revenir assumer notre rôle.

Quel est pour vous l'avenir de la Côte d'Ivoire avec Ouattara?

L’avenir de la Côte d’Ivoire avec Ouattara n’est pas du tout prometteur. C’est du remake. Politiquement, on veut nous ramener au monopartisme avec un parti unique tout-puissant et un chef qui a droit de vie et de mort sur ses sujets. Ce qui est inacceptable dans le contexte ivoirien actuel. Sur le plan économique, il s’agit de nous imposer encore une politique d’austérité comme en 1990-1993, avec la destruction de ce qui reste comme biens publics dans le portefeuille de l’Etat. On ne peut pas devenir un pays émergent en limitant de manière drastique le recrutement des enseignants, des médecins, des infirmiers et des sages-femmes à la Fonction publique. On ne peut pas se développer sans la création d’usines, or aujourd’hui, ce n’est pas le cas dans notre pays. On parle plutôt de licenciement massif et abusif. La politique d’endettement et des PAS ne peut nous conduire bien loin. Il s’agit de nous maintenir dans la politique de dépendance du FMI et de la Banque Mondiale, instruments de domination du capitalisme international. Il nous faut sortir de la philosophie occidentale du développement. Socialement, nous avons un pays divisé entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara et entre Musulmans et Chrétiens et la réconciliation ne bouge pas car on refuse d’affronter de manière courageuse les problèmes réels et on joue à un jeu de diversion. Il faut un forum de discussion directe entre le Président Gbagbo et Mr Ouattara pour tout mettre à plat et repartir du bon pied. L'ampleur de la fracture sociale est telle qu’il ne faut pas se leurrer.

Je vais terminer en vous racontant cette histoire réelle vécue à Accra, entre nous, exilés. Un jour, deux amis décident d’aller rendre visite à un autre. Comme par hasard, les deux qui ne sont pas malinké, s’habillent en boubou, portent un bonnet sur la tête et sont tous barbus, comme c’est quelquefois le cas, ici. Ils arrivent chez leur ami et trouvent au salon, son fils de 10 ans. Ils lui demandent où est son père. Le petit hésite à parler et ensuite leur répond que son papa est absent. Ensuite, il s’enfuit dans la chambre de sa tante pour lui dire que les assaillants en boubou sont venus demander après son papa et conseille à sa tante de ne pas dire où se trouve son père. Voilà jusqu’où peut nous amener cette lamentable politique de Ouattara.

Pensez que-vous que la France peut un jour lâcher celui qu'elle a imposé aux Ivoiriens?

L’adage dit que chaque peuple mérite le chef qu’il a. L’histoire de la France devrait plutôt nous inspirer dans la lutte que nous menons pour les libertés, la justice et la démocratie. Votre question nous ramène à la problématique du Maitre et de l’Esclave. Est-il possible que, pour se libérer de ses servitudes, l’Esclave demande au Maitre de l’aider à se libérer? Chaque peuple à son histoire et nous devons assumer la nôtre. Dieu bénisse la Côte d’Ivoire, notre pays!


Propos recueillis par Simplice  Zahoui.


In le quotidien ivoirien "Le Quotidien d'Abidjan".

vendredi, 21 juin 2013

UNE MINISTRE BELGE CONFIRME: AL QAIDA EST NOTRE ALLIE INDIRECT EN SYRIE


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Des milliers d'Européens se rendent en Syrie pour combattre le gouvernement de Damas et à fortiori le peuple syrien. La ministre belge de l'intérieur Madame Joëlle Milquet s'est engagée à aider les familles des jeunes Belges embrigadés par les recruteurs terroristes. Ce jeudi soir à l'émission « Face à l'info » d'Eddy Caekelberghs, la ministre nous a donnés la confirmation que l'Etat belge a abandonné nos jeunes à leur sort mais qu'il serait ferme à leur égard en cas de retour chez nous. En d'autres termes, nos concitoyens enrôlés dans les bataillons d'Al Qaïda sont utiles et efficaces là où ils se trouvent tant qu'ils servent notre guerre contre la Syrie.

 
Le journaliste Eddy Caekelberghs a invité quatre intervenants pour parler des jeunes Belges partis en Syrie : une maman anonyme dont les deux garçons se trouvent sur le front, le député MR (libéral) Daniel Ducarme, la ministre de l'intérieur Joëlle Milquet et moi-même.
 
Jointe par téléphone, la ministre s'est taillée la part du lion avec une intervention ininterrompue de 12 minutes sur un total de 30 minutes de débat.
 
Pour saboter l'échange d'idées, Mme Milquet a misé sur le procès d'intention, m'envoyant une petite phrase assassine sur mon prétendu soutien au régime d'Assad. 
 
Nous n'épiloguerons non pas sur ce procédé déloyal et mesquin de la ministre mais sur le bilan de son inaction en matière de rapatriement de nos jeunes concitoyens égarés sur le chemin de Damas.

N'allons surtout pas déranger Al Qaïda !

 Dans son intervention radiophonique, Madame Milquet a implicitement reconnu que ses officiers de liaison en poste en Turquie ont brassé du vent. Du vent parce que, d'après elle, pour retrouver les jeunes Belges, l'on ne peut aller au delà de Bab el Hawa, littéralement la Porte du Vent en arabe, le principal poste-frontière turco-syrien situé dans la province du Hatay.
 
Rappelons tout de même que Bab el Hawa est aux mains de Jabhet al Nosra, c'est-à-dire de la section syrienne d'Al Qaïda. Les bataillons terroristes syriens et étrangers les plus cruels y font la pluie et le beau temps. Al Qaïda détient ainsi un point de passage situé en territoire turc, c'est-à-dire dans une zone sous contrôle de l'OTAN et à fortiori des Etats-Unis. Mais on ne peut rien faire, paraît-il. En d'autres termes, Madame la Ministre et ses alliés européens, étasuniens et turcs laissent faire Al Qaïda au nom de la guerre contre la Syrie.
Passons. Passons et citons la ministre :
 
"J'ai été voir longuement le ministre de l'intérieur turc, le chef de la sûreté de l'Etat turc. J'ai vu Monsieur Erdogan. J'ai vu le ministre de la justice. J'ai redonné aussi (au-delà de ce que nos services ont fait) les photos que j'avais eues des mamans et les numéros de téléphone pour qu'ils tentent de les localiser, les différents éléments... Ils étaient apparemment sortis par Bab El Hawa. [Ils] devraient se situer plus ou moins dans le Nord de la Syrie.
Ils (les Turcs Ndr) ont dit et promis qu'ils mettaient tout en œuvre pour pouvoir les localiser s'ils se retrouvaient en Turquie. (...) L'ambassade est au courant. Elle est prête à aller jusqu'à la frontière. (...) les autorités (turques NDR) [peuvent] retrouver un des deux ou les deux (enfants de la maman invitée à l'émission Ndr) s'ils se trouvent sur le sol turc. Mais évidemment, ils ne peuvent pas entrer en Syrie."
 
Evidemment, souligne-t-elle. Bein voyons. Entrer en Syrie ? Quelle idée ! Des criminels venus du monde entier, des violeurs, des coupeurs de route et de gorges, des malfrats à la petite semaine, quelques romantiques révolutionnaires, des aventuriers attirés par l'odeur du sang, des Talibans afghans, daghestanais, yéménites ou bosniaques, des journalistes français, britanniques ou israéliens, des fondations caritatives salafistes, le sénateur US républicain John McCain, des agents arabes de la CIA, du Mossad, les députés koweïtiens Abdel Halim Mourad et Adel al Mawada, le prédicateur génocidaire Adnan Arour et bien d'autres chefs de guerre religieux bref toutes les composantes de la Croisade anti-syrienne passent par la Turquie pour pavaner en Syrie. Mais d'après la ministre Milquet, les autorités turques ne peuvent "évidemment" pas entrer en Syrie. Croit-elle vraiment que nous allons avaler cette fable ?
 
Madame Milquet devrait d'abord nous expliquer ce que faisaient alors les quelques dizaines d'agents turcs capturés par l'armée arabe syrienne à Idlib, Lattaquié, Raqqah et Alep et qui serviront bientôt de monnaie d'échanges lorsque l'Etat turc aura calmé ses ardeurs guerrières contre la Syrie. Ne sait-elle donc pas que tous les chefs rebelles influents du Nord de la Syrie sont des agents turcs en puissance placés sous le commandement et la protection directe de l'armée turque ? Pendant plus d'un an, l'ex-chef de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) Riyad Assaad ne pouvait même pas accorder d'interview à la presse sans l'autorisation préalable du ministre turc des affaires étrangères Ahmet Davutoglu.
 
D'autre part, l'Etat turc sait exactement où se trouvent les 9 otages chiites enlevés à Azaz ainsi que les deux évêques chrétiens Mgr Paul Yazici et Mgr Youhanna Ibrahim. Les familles des victimes passent d'ailleurs par la Turquie pour contacter les ravisseurs. Autrement dit, le trousseau de clés jalousement gardé par Erdogan permettrait la libération de biens des otages en Syrie, y compris nos jeunes embrigadés par les maffias sectaires qui rêvent de convertir la Syrie en un califat wahhabite.
 
Madame la ministre parle à plusieurs reprises de la guerre de Syrie comme s'il s'agissait d'un différend entre Damas et Ankara, comme si notre pays n'avait pas contribué au pourrissement de la situation en Syrie en votant des sanctions économiques, en encourageant la surenchère militaire, en durcissant les pressions sur l'axe de la résistance pro-palestinienne dont la Syrie est le pivot.
 
Quoiqu'en pense Madame la Ministre, l'engagement de nos concitoyens dans cette guerre n'est ni plus ni moins un engagement de la Belgique en tant qu'Etat dans la guerre de Syrie. Et disons-le encore plus franchement : la moindre négligence de la Belgique en la matière est un signe de complicité de nos autorités avec le djihadisme anti-syrien.
 
Madame Milquet découvre que la rupture avec Damas empêche le contact avec nos jeunes
 
Poursuivons le décryptage du discours de Madame la ministre :
 
Le gros problème au niveau de la localisation téléphonique, c'est que pour les localiser, vous devez avoir un lien évidemment avec l'opérateur national qui est évidemment l'opérateur syrien et par rapport à des personnes en lutte avec le régime, il y a un danger et un problème de collaboration. (...)
La Turquie soutient l'opposition et l'armée libre syrienne (ASL) (...) Il y a aussi parfois ce problème de technologie. Moi, j'avais demandé si, à partir de la Belgique, on pouvait localiser via les numéros belges. Mais ce n'était pas possible parce que nous avions besoin du lien avec l'opérateur syrien (...).
 
Madame Milquet sous-entend que si nous avions eu un lien avec l'opérateur téléphonique syrien donc avec les autorités syriennes, nous aurions pu retrouver les enfants belges. Mais qu'attend-elle donc au nom de la sauvegarde de nos enfants et de leurs victimes syriennes pour rétablir la ligne avec Damas ?
 
Madame Milquet poursuit sur un aveu d'impuissance :
 
On est un peu hélas dépendant (notre compétence s'arrêtant à la sortie de la frontière) des services turcs qui pourtant nous ont assurés, et je pense qu'ils sont sincères sur la manière avec laquelle ils ont mis cela dans leurs banques (de données Ndr) et leurs différents signalements lorsqu'ils sont à la frontière (...) Nous n'avons plus d'ambassade en Syrie. (...) Nous avons un gros problème d'accès au territoire (...).
 
Nous nous passerons de tout commentaire sur la candeur de Madame la ministre concernant la sincérité du gouvernement turc à laquelle elle croit, elle aussi, avec sincérité. Notons juste qu'en ce moment même, des centaines de milliers de manifestants turcs doutent de la sincérité d'un régime qui depuis deux semaines, utilise la matraque, les gaz, les balles en plastique, les menaces, la prison et la torture et affiche un mépris total face aux doléances du peuple.
 
Ceci étant, si l'on suit le raisonnement de Madame la ministre, on arrive à la conclusion que la réouverture de notre ambassade en Syrie nous offrirait une opportunité pour retrouver nos enfants. En voilà une excellente idée ! Pourquoi pas si l'on peut sauver la vie de Belges partis en Syrie et celle des Syriens victimes des Belges.
 
La vice-présidente du groupe socialiste européen, Madame Véronique de Keyser a eu le courage de proposer de reparler avec le président syrien après avoir exigé son départ avec acharnement (Le Vif, 19 avril 2013).
 
Aujourd'hui même, une autre voix lucide du paysage médiatique belge, le journaliste Vincent Braun de La Libre a plaidé en faveur d'une résolution pacifique du conflit syrien. La conclusion de son éditorial est sans appel : "Il faut impliquer l'Iran dans la résolution de ce conflit".
 
La sagesse de ces paroles se situe en parfaite opposition avec le radicalisme et l'extrémisme de notre politique étrangère laquelle n'a d'égal que le radicalisme et l'extrémisme des volontaires belges partis en Syrie.
 
"Oui Madame la Ministre, oeuvrons pour la paix et la réconciliation et nos enfants reviendront peut-être sains et saufs" a-t-on envie de lui dire si la fin du conflit syrien eut été sa réelle intention.

Pendant ce temps, la fabrique du terrorisme tourne à plein régime

Au début du mois d'avril 2013, le Centre international pour l'étude de la radicalisation (ICSR) du King's College de Londres annonçait que 140 à 600 jeunes ont été recrutés par des cellules djihadistes actives dans des pays européens comme la France, l'Angleterre, la Belgique, le Danemark ou les Pays-Bas.
 
Trois semaines plus tard, le spécialiste européen de l'antiterrorisme Gilles de Kerchove évoquait la présence de 500 djihadistes européens en Syrie (Martine Gozlan, Marianne, 25 avril 2013).
 
Le 21 mai 2013, Georges Malbrunot, le journaliste du Figaro estimait à 800 le nombre de djihadistes européens actifs en Syrie.
 
Aujourd'hui, d'après de nouveaux éléments d'enquête, les Européens seraient entre 1.500 et 2.000, soit deux à trois fois plus que les estimations publiées il y a trois semaines à peine (Pierre Beyleau, Le Point, 14 juin 2013).
 
Ils sont sans doute bien plus nombreux à partir en Syrie.
 
Vu l'ampleur du phénomène, une question s'impose : N'est-il pas pour le moins suspect que des apprentis sorciers rêvant de commettre à Damas des attentats semblables à ceux de Madrid, Londres ou New York puissent se rendre aussi massivement en Syrie sans être inquiétés dès leur départ ?
 
Imagine-t-on un seul instant ce que feraient les polices européennes si des prédicateurs actifs en Europe mobilisaient des légions musulmanes pour aller égorger les Juifs d'Israël ?
 
Que le Mossad se rassure, la Maison des Saoud et l'émir du Qatar, grands sponsors du djihad en Syrie, ne sont pas prêts de trahir leur alliance avec Tel Aviv.
 
Quant aux terroristes européens, conformément aux directives qui leur parviennent de Riyad ou Doha, ils préfèrent de loin verser le sang de musulmans sunnites, chiites ou alaouites que de s'en prendre à l'Etat hébreux.
 
Mais sait-on jamais, si un jour, Al Qaïda se mettait à acheminer des djihadistes en Israël ce qui, à ce jour, n'est jamais arrivé, il est certains que nos gouvernements neutraliseraient les jeunes volontaires européens avec une violence extrême. Le Mossad userait sans détour de son droit d'ouvrir le feu sur des suspects dans les aéroports occidentaux comme il l'a très souvent fait durant les années 70 et 80.
 
Nous sommes dès lors en droit de nous demander pourquoi l'Occident est si laxiste quand nos jeunes partent en Syrie et si ferme quand ils en reviennent.
 
La décision du bourgmestre d'Anvers Bart de Wever de radier de son registre de population les candidats djihadistes de retour de Syrie illustre bien cette stratégie d'accompagnement passif et de confinement du djihadisme en Syrie.
 
Monsieur De Wever, Madame Milquet et nombre de leurs homologues européens espéraient sans doute que la guerre internationale contre la Syrie par djihadistes interposés allait conduire à l'implosion du pays, gage de réussite de la théorie du chaos constructif permettant de remodeler les nations selon nos intérêts à court terme.
 
Mauvais calcul. Etant donné la connectivité complexe du corps politique et social syrien avec les lignes de fracture qui traversent notre monde multipolaire, toute tentative de déstabilisation de ce pays hautement inflammable ne conduit pas à son implosion mais bien à son explosion.
 
Si Madame Milquet nous avait écoutés dès le début du conflit, nous aurions peut-être pu sauver la vie de nombreux Syriens et de nombreux Belges.
 
Aujourd'hui, elle peut encore se rattraper. Mais pour cela, nous pensons qu'elle doit impérativement se concerter avec ses homologues européens et les convaincre à :
 
- promouvoir un message de paix en Syrie, le dialogue intercommunautaire en Europe et lutter contre la désinformation et la propagande sectaire qui contribuent à la radicalisation de nos jeunes
 
- lever toutes les sanctions européennes qui pèsent contre la Syrie et normaliser nos relations avec le gouvernement de Damas
 
- présenter nos excuses au peuple syrien pour avoir laissé les djihadistes européens contribuer à la destruction de leur pays et pour avoir armé les terroristes actifs en Syrie
 
- contraindre nos agents syriens de la Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution à saisir la chance offerte par la Russie et le gouvernement syrien de résoudre pacifiquement le conflit.
 
- poursuivre légalement les vétérans belges qui ont commis des crimes de guerre, de génocide ou des crimes contre l'humanité en Syrie et assurer un accompagnement psychologique adapté aux volontaires belges non terroristes,
 
Nous cesserons de penser que Madame Milquet roule pour Al Qaïda le jour où elle militera concrètement pour la paix et contre le terrorisme en Syrie.
 
 

KADHAFI A FINANCE SARKOZY: LA CONFIRMATION


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Sarkozy-Kadhafi : l'interprète confirme le financement

 

Le diplomate Moftah Missouri, ancien interprète de Kadhafi, révèle ce soir, dans l’émission Complément d’enquête (France 2), avoir appris que le régime libyen avait versé « une vingtaine de millions de dollars » à Nicolas Sarkozy, à l'occasion de sa campagne de 2007.

 


Financement libyen de Sarkozy : un témoignage... par Mediapart

 

Le diplomate confirme l’authenticité du document officiel libyen dévoilé par Mediapart le 28 avril 2012. Selon cette note datée du 10 décembre 2006, la Libye avait décidé «d’appuyer la campagne électorale» de M. Sarkozy.

 

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Source: MEDIAPART

jeudi, 20 juin 2013

DEBAT SUR LA CPI: LE RWANDA HUMILIE FATOU BENSOUDA

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A l’occasion d’un débat consacré à «l’indépendance» en Afrique, lors de la deuxième édition du New York Forum Africa 2013 à Libreville, au Gabon, le rôle joué par la Cour pénale internationale (Cpi) a été remis en question par la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. Présente au débat qui a eu lieu le 15 juin dernier, la procureure de la juridiction internationale Fatou Bensouda a tenté de défendre l’institution judiciaire qu’elle dirige.



«La Cour pénale internationale a été créée par la communauté internationale qui n’est pas sous la houlette des grandes puissances». Cette déclaration est celle de Fatou Bensouda, la procureure de la Cpi, lors du débat placé sous le thème de «La route vers une nouvelle indépendance», au New York Forum Africa 2013, à Libreville, au Gabon, le 15 juin dernier. L’évènement, fondé et dirigé par Richard Attias, a rassemblé, pour cette deuxième session, pas moins de 1500 personnes, selon les organisateurs.

Présente au débat, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a accusé les dirigeants de la Cpi d’être une organisation judiciaire créée spécialement pour traduire en justice les dirigeants et figures politiques africains. « Il n’est pas honnête de dire que la Cpi ne s’acharne pas contre l’Afrique. Je ne suis pas d’accord avec ma sœur Fatou Bensouda lance le chef de la diplomatie rwandaise. Un grand nombre d’Africains croit fortement à cette Cpi, mais il y a un vrai problème aujourd’hui». Un problème qui, selon elle, vient directement d’Europe. Elle accuse les Européens d’utiliser «cette Cpi» pour manipuler la politique africaine. Elle regrette que la Cpi «limite» son champ d’action en Afrique et affirme qu’en dehors des pays africains qui auraient fait appel à la Cpi, seuls deux pays du continent sont visés directement par la Cpi, dont le Soudan.

Fatou Bensouda reprend la parole après les applaudissements de la salle suite au discours de Mushikiwabo : «C’est malheureux qu’un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique». Selon la procureure, des dirigeants africains, au Mali, en Côte d’Ivoire ou encore en République démocratique du Congo, auraient fait appel à la Cpi pour intervenir dans leur pays. «Avec tout le respect que je dois à mon interlocutrice précédente (Louise Mushikiwabo, ndlr), nous savons que l’Afrique a poussé à la création de la Cpi !», a-t-elle lancé, avant de rappeler que «le premier pays à avoir ratifié le traité de Rome est un pays africain et il s’agit du Sénégal».

Pas question de baisser la garde. Après de telles affirmations, Mushikiwabo rebondit : «Ne dites pas que les Africains viennent vous voir (la Cpi) pour être jugés. C’est faux, car l’Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire !», a-t-elle rétorqué sur un ton énervé. Suite à cette conclusion, Bensouda a démenti l’exercice d’un colonialisme judiciaire de la part de la Cpi en Afrique.

Des personnalités de la société civile et politique en Afrique accusent l’Occident d’avoir créé la Cpi dans l’unique but de traquer les bêtes noires de l’Afrique. Fatou Bensouda a, au contraire, assuré que la Cpi a ouvert des dossiers dans d’autres pays hors du continent africain. Oui mais combien comparé aux nombreux dossiers judiciaires ouverts en Afrique par la Cpi ?

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: AFRIK53.COM

mardi, 18 juin 2013

L'AGONIE DU COMPLOT OCCIDENTAL CONTRE LA SYRIE

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La salle se fait de plus en plus clairsemée à la Coalition nationale syrienne. L’avenir a changé de camp.

 

La victoire enregistrée par l’Armée arabe syrienne dans la région de Qoussair n’est pas une exception mais une tendance générale confirmée. Les gangs terroristes takfiristes s’effondrent en raison du recul du soutien populaire à la rébellion armée. La règle historique indiscutable est que toute force militaire, même s’il s’agit d’une armée puissante, nombreuse et bien équipée, perd ses capacités de résistance si elle ne jouit plus d’un environnement social favorable. Que dire alors de groupes de mercenaires assoiffés de sang, venus de 82 pays différents, qui commettent les pires crimes contre les populations locales. Le dernier en date étant, dimanche, l’exécution d’un enfant de 15 ans devant sa famille pour blasphème (Voir ci-dessous). Plus grave encore, le peuple syrien a découvert que ces groupes sont étroitement liés à Israël. Commentant la situation en Syrie, le chef des services de renseignement allemands, cité par le Der Spiegel [1], a reconnu que l’armée syrienne allait poursuivre son avancée pour reprendre le contrôle de la plupart des régions ces trois prochains mois. Cette évaluation rejoint les informations selon lesquelles le qatari Hamad Ben Jassem a exprimé devant le président Barak Obama ses craintes de voir une victoire de l’État syrien sur les gangs takfiristes que les dirigeants qataris ont créés, formés, entrainés et financés. 

Le grand déséquilibre des rapports de forces en Syrie, en faveur de l’État national, apparait de plus en plus clairement. La popularité croissante du président Bachar al-Assad n’est plus un secret. Même les rapports de l’Otan affirment que près des deux tiers des Syriens soutiennent leur président. Il est évident que ce sondage, commandé par des puissances membres de l’Otan, a été réalisé dans les zones qui échappent au contrôle de l’État. 

Ces réalités résultent de l’attachement d’une majorité de syriens à leur État, à l’indépendance de leur pays et à leur armée. Le fait que le projet hégémonique ait utilisé les groupes takfiris comme principal outil a permis aux Syriens de comprendre très vite la nature du complot occidental qui cible leur patrie, et qui vise à déchirer le tissu national des peuples de la région. Le projet occidental s’est brisé sur un bloc transcommunautaire, qui comprend une bonne majorité de sunnites et de chrétiens orientaux, qui affichent des choix arabes et nationaux. Si ce bloc n’existait, l’État se serait effondré depuis longtemps. 

Les événements en Turquie sont une expression supplémentaire des revers successifs subis par l’alliance anti-syrienne. Ils se reflètent dans l’impuissance et la confusion qui caractérisent l’action des États-Unis. La purge opérée par Barak Obama au sein de son administration en est la preuve : Hillary Clinton, David Petraeus, Robert Ford... autant de figures qui ont disparu de la scène ou sont en voie de disparition. 

Un an après l’accord de Genève, il est clair que les États-Unis et avec eux les monarchies rétrogrades du Golfe et le gouvernement du mirage ottoman, ont épuisé toutes les possibilités pour intensifier leur agression contre la Syrie. Mais en dépit des gigantesques moyens mis en œuvre, cette alliance s’est brisée sur la résistance de l’État national syrien, de son armé et du peuple, sans compter la détermination et la volonté d’acier du président Bachar al-Assad. Les solides alliances régionales et internationales bâties par la Syrie ces dernières décennies ont également constitué un atout majeur qui a renforcé les capacités de résistance de la Syrie.

 

Déclarations et prises de positions


Vladimir Poutine, président de la Fédération de Russie 
« Nous avons fourni notre évaluation concernant la décision adoptée la semaine dernière par les chefs de diplomatie de l’UE de lever l’embargo sur les livraisons d’armes à l’opposition syrienne. Je ne vous cacherai pas que cela nous a déçu. Toute tentative d’influer sur la situation en Syrie par la force, via une ingérence militaire, est vouée à l’échec et ne ferait qu’aggraver la situation, entraînant de lourdes conséquences humanitaires. Nous avons convenu de coordonner nos efforts afin de mieux promouvoir la conférence Genève 2. Nous craignons pour la sécurité de notre délégation des rebelles cannibales qui mangent leurs ennemis. »

Adnane Mansour, ministre libanais des Affaires étrangères 
« Les combattants du Hezbollah ont uniquement défendu leurs frères libanais dans la région de Qoussair. Certaines parties déforment le rôle du Hezbollah et veulent nous faire croire que ce qui se passe en Syrie depuis deux ans est sa faute. Le Hezbollah ne combat pas dans le sud syrien, ni à Daraa, ni à Idleb ou Qamichli. Seulement à Qoussair pour défendre ces Libanais qui ont été agressés par les rebelles et dont certains ont été tués, sans parler de leurs biens détruits. Le Hezbollah ne participera pas aux autres batailles et si nous disons que c’est lui qui mène le combat, c’est très réducteur pour l’armée syrienne qui est l’une des 20 armées les plus puissantes au monde, avec des effectifs de 400 000 hommes et autant de réservistes. »

Ayman al-Zawahiri, chef d’Al-Qaïda 
« Unissez-vous, entendez-vous et engagez-vous à ne pas déposer les armes et à ne pas quitter vos tranchées jusqu’à l’établissement au Levant d’un État islamique qui œuvrera pour le rétablissement du califat. Le jihad au Levant œuvre pour l’établissement d’un califat islamique combattant qui poursuivra les sacrifices jusqu’à ce que la bannière du jihad et de l’islam soit hissée à Jérusalem. »

Naïm Kassem, secrétaire général adjoint du Hezbollah 
« On nous dit que le Courant du Futur tente de poser un certain nombre de règles concernant la formation du gouvernement. Ce courant semble toutefois avoir oublié qu’il n’est pas en position de distribuer les rôles ou de déterminer qui doit être au gouvernement et qui ne doit pas y être. »

Nawaf Moussaoui, député du Hezbollah 
« Si les groupes takfiristes remportent la victoire, il ne restera plus de Liban. Le pays sera morcelé, il y aura des massacres, et certaines de ses communautés seront déplacées. Si nous voulons défendre le Liban, nous ne devons pas permettre à ces groupes de prendre le contrôle de la Syrie. C’est la raison pour laquelle nous combattons là-bas, pour défendre l’unité de la Syrie et par le fait même pour défendre l’unité du Liban. La bataille en Syrie n’a rien d’une bataille pour la réforme politique ou pour la mise en place d’une démocratie. C’est bien plus grave que certains l’imaginent. Il s’agit d’une guerre américano-israélienne à laquelle participent des gouvernements européens et des régimes arabes, dans l’objectif de faire chuter l’État en Syrie, soit pour mettre en place un régime à la solde des États-uniens et des Israéliens, soit pour faire régner le chaos. »

Walid Joumblatt, chef du Parti socialiste progressiste 
« Le fait d’enflammer la situation dans la ville de Tripoli ne changera rien à l’équation en Syrie, qui reste compliquée et va en s’aggravant. Si certaines parties politiques libanaises estiment qu’elles peuvent changer quoi que ce soit à la crise syrienne à partir de Tripoli, elles doivent se rendre compte que leur pari n’aboutira pas. À quoi sert de mettre la capitale du Nord à feu et à sang par le biais des règlements de comptes politiques de type sectaire et confessionnel, en exacerbant les instincts, la tension et la discorde. Il est temps que certains responsables à Tripoli ainsi que les autres parties locales et extérieures cessent d’alimenter le conflit par les armes et le financement organisé. »

Jamal al-Jarrah, député du Courant du futur 
« Du fait que le Hezbollah a soutenu le terrorisme et le meurtre et combattu aux côtés du régime syrien, il a perdu sur le plan éthique. Le Hezbollah a entraîné le Liban dans une guerre régionale. Sa participation aux combats en Syrie constitue un crime contre le Liban et la Syrie. »

Evénements


• Des rebelles islamistes engagés contre le régime du président syrien Bachar el-Assad ont abattu devant sa famille un adolescent de 15 ans qu’ils accusaient de blasphème, a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). L’adolescent vendait du café à Alep (nord) et les islamistes l’ont entendu prononcer une expression qu’ils ont jugée blasphématoire dans une conversation avec un ami. Il a été tué de deux balles, l’une dans la bouche, l’autre dans la nuque, devant ses parents et ses frères et sœurs, a précisé Rami Abdel Rahmane, le chef de l’OSDH, qui s’appuie sur un réseau de militants et de sources médicales. Selon M. Abdel Rahmane, il s’agissait probablement d’un groupe de jihadistes étrangers. « Ils parlaient l’arabe classique, pas le dialecte syrien », a-t-il expliqué à l’AFP.

• « L’instrumentalisation du CDH de l’Onu au profit de l’une des parties en conflit en Syrie, dans ce cas l’opposition radicale, ne contribue guère à la recherche d’une issue à la crise ni à la préparation de la Conférence internationale sur la Syrie », souligne la diplomatie russe, commentant le rapport présenté par la commission indépendante d’enquête sur la situation en Syrie lors de la 23e session du Conseil. Selon le rapport, la responsabilité des violences en Syrie incombe uniquement à Damas. D’autre part, ses auteurs ne qualifient pas d’attentats terroristes les explosions perpétrées dans les villes syriennes par des kamikazes. Les auteurs du document reconnaissent toutefois que les groupes armés d’opposition, où les extrémistes sont de plus en plus nombreux, pratiquent des exécutions extrajudiciaires, des actes de torture et des prises d’otages, utilisent des enfants-soldats et commettent d’autres crimes.

• L’imam de la mosquée al-Qods, dans la ville de Saïda au Liban-Sud, cheikh Maher Hammoud, a été la cible d’une tentative d’assassinat lorsque des inconnus ont ouvert le feu dans sa direction. Cheikh Hammoud, un proche de la Résistance, a déclaré que des assaillants avaient tiré près de 20 balles dans sa direction alors qu’il sortait de sa maison pour aller à la mosquée. « Des sympathisants de l’opposition syrienne ou tout autre parti cherchant à créer la discorde » pourraient être derrière cette tentative d’assassinat, a-t-il dit. Les Forces de sécurité intérieure (FSI) ont pu localiser la voiture utilisée dans l’attaque, un Datsun volée deux heures plus tôt.


SourceVOLTAIRENET.ORG

lundi, 17 juin 2013

ROLAND DUMAS CONFIRME LA PREPARATION DE LA GUERRE DE SYRIE DEPUIS 2010

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Intervenant dans l’émission « Ça vous regarde » (LCP), l’ancien ministre français des affaires étrangères, Roland Dumas, a indiqué avoir été démarché par les Britanniques en 2010 —c’est-à-dire avant le « printemps arabe »— pour soutenir une guerre contre la Syrie, dans l’intérêt d’Israël.
 
Les révélations de M. Dumas semblent confirmer notre hypothèse que l’attaque de la Syrie était prévue par les clauses secrètes du Traité de Lancaster House du 2 novembre 2010. Ce document, censé organiser la coopération militaire franco-britannique, comportait des clauses secrètes sur l’attaque de la Libye. Or, nous avons toujours souligné que les guerres de Libye et de Syrie avaient été planifiées simultanément.
 

 

DEROUTE DE L'ASL ET D'EL NOSRA A AL QSEIR, CONFUSION DES CONSPIRATEURS EN SYRIE


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Il est bon de faire quelques points d’ordre après ce qui s’était déroulé à Al Qseir suite au fiasco des groupes armés chargés, par les occidentalo-arabo-sionistes, de déstabiliser la Syrie.

Des politiciens et stratèges soutiennent, sur ce qui se passe en Syrie, ce genre d’analyse et de raisonnement:


- Que la guerre, par procuration, à la Syrie entrait dans le cadre du projet de domination du Moyen-Orient et des pays arabo-musulmans de l’axe de la résistance à la politique impérialo-sioniste qui consistait à réduire leurs armées pour ensuite recomposer ces États en entités géographiques sans puissance et maniables à merci. Ils semblent parvenir en Irak, en Libye, en Tunisie, en Égypte et au Yémen, mais en revanche, ils paraissent échouer en Syrie considérée nœud gordien difficile à trancher.

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement considéré Al Qseir aussi « stratégique » que ne le déclarent les agresseurs de la Syrie. Selon eux, Al Qseir était « stratégique » dans ‘leur’ vision et dans ‘leurs’ plans d’agression, car les conspirateurs avaient misé et concentré leurs efforts sur cette ville pour sa proximité avec Homs, les frontières libanaises et jordaniennes ; conditions géographiques favorables en vue d’envahir Damas. Sa chute a bien changé la nature de l’équation en la rendant complexe pour les agresseurs.

- Que l'armée syrienne était parfaitement informée des plans, objectifs et mouvements de l'ennemi dans Al Qseir et ses environs.

- Qu'il y avait des priorités et que la reprise de cette ville - objet d'observations continues et minutieuses des services de renseignements de l'armée syrienne – exigeait des tactiques, de la patience et de la pertinence pour réussir les objectifs militaires et politiques, fondamentaux.

- Qu’il fallait laisser faire croire à une importante victoire des groupes armés et n’intervenir que lorsque l'environnement politique serait favorable afin de faire admettre une défaite, franche et indiscutable, sur l’ennemi tout en réduisant le moral de ses troupes d’une part, mais aussi de briser les projets des commanditaires en anéantissant leur volonté et leurs atouts de pression politique d’autre part.

- Qu’après cette offensive ‘éclair’ sur les groupes armés engagés dans cette ville, leur défaite était tellement décisive et humiliante que même les Occidentaux impliqués l'ont reconnu telle ; alors qu’au même moment les groupes armés et leurs dirigeants, composés de wahabo-takfiriste tétanisés par la déroute, ne trouvaient plus quoi dire ou faire que de proférer des mensonges et balancer des propos contradictoires; qu’il s’agissait d’une ‘fausse’ reprise, que l'armée n'avait tué que des civils, qu’ils avaient affronté le Hezbollah en lieu et place de l'armée syrienne «défaite» selon eux, qu’ils avaient procédé à un retrait ’tactique’ et ce tout en appelant aux renforts.

- Que si ces groupes combattaient, comme ils l’attestent, le Hezbollah cela voudrait donc dire, conséquemment, qu’une poignée d’éléments du Hezbollah avaient pu défaire tous les groupes armés d’Al Qseir pourtant bien équipés par l’occident. Que leurs ‘maîtres-penseurs’ et commanditaires pourraient alors douter de leurs capacités à conquérir toute la Syrie face à toute l’armée syrienne expérimentée et bien armée qui n’a engagé, à ce stade, qu’une infime partie de ses forces.

- Que la déclaration de Nasrallah sur "l'implication" du Hezbollah était plus une tactique pour accabler et dérouter l’ennemi, car dans leur calcul l'on avait fait l’hypothèse que cette formation ne s'y compromettrait pas.

- Que le Hezbollah n'avait pas donné plus de précisions sur cette la nature de cette « implication » sûrement pour susciter les doutes et distraire d’autant qu’aucune preuve sur l’engagement des éléments du Hezbollah sur le territoire syrien n'avait été, à ce jour, prouvé (les 5 ou 6 personnes présentées aux médias, comme du Hezbollah fait prisonniers, sont des citoyens libanais vivants à Damas, des sunnites, qui avaient été kidnappés quelques jours plus tôt).

- Que l'armée syrienne n'avait aucunement besoin d'une aide, en l’occurrence celle du Hezbollah, et que la seule « aide » était de bloquer la frontière pour empêcher et éventuellement éliminer, toute fuite vers le Liban. Ce qui a été fatal puisque les groupes armés étaient pris en étau sans possibilité de se dégager ou d’être appuyé. Il ne leur restait que la mort ou la reddition. Les centaines d’éléments qui avaient ‘réussi’ à rejoindre quelques villages proches n’étaient, en fait, qu’une tactique de l’armée syrienne ayant pour but de diviser les groupes pour mieux les anéantir avec le moins de résistance et de frais.

- Que tous leurs mensonges et diversions avaient pour but de pousser à une intervention occidentale (surtout israélienne) qui reste hypothétique au vu des conditions de tous les groupes armés et l’emprise des forces syriennes sur le théâtre des combats d’une part, mais également au regard du climat politique qui se dirige, inexorablement, vers un règlement du conflit selon les modalités du camp victorieux qui semble, en plus, disposer de redoutables armes de riposte d’autre part.

- Que toute intervention d’«Israël» ne pourra que mettre dans une drôle de confusion aussi bien les pays gouvernés par des islamistes et l’opposition syrienne de la ‘coalition’ que leurs soutiens occidentaux. En effet, s’ils acclament une offensive Israélienne, ils commettront une grave faute devant l’opinion arabe; s’ils observent le silence, ils seront frappés de suspicion ; s’ils condamnent, ils renieraient leur position, maintes fois rabâchée, contre le «régime» syrien. Un dilemme infernal que les EU, bons tacticiens et calculateurs, n’oserons pas introduire au risque d’embraser la région, voire au-delà et d’anéantir toute marge de manœuvre ou espoir de solution.  La Russie, par la force de la Syrie, son obstination et sa résistance, a réussi à faire changer les règles du jeu de l’adversaire tout en maintenant les siennes intactes.

- Que la révolte qui se déroule actuellement en Turquie n’est que l’expression d’un peuple qui refuse le suivisme et l’alignement de son pays à la politique américano-sioniste à l’endroit d’un peuple voisin auquel il est lié par l’histoire et l’économie. Il aurait été difficile aux Occidentaux de faire ce qu’ils font à la Syrie si Erdogan ne s’était pas lié à leurs projets de domination.

  - Que le projet hégémonique sur les pays entourant la méditerranée, que pilotait la France de Sarkozy dans le cadre de l’UMP avec l’appui des EU, que refusait alors l’Allemagne, est en passe de se transformer – grâce à la résistance farouche de la Syrie à l’agression et l’entrée en lice de la Russie et de l’axe antagoniste à l’occident – en projet d’équilibre stratégique.

- Que le «pragmatisme», cette philosophique américaine, qui n’admet de « vrai » que ce qui fonctionne réellement en s’adaptant à la réalité et en préférant la pratique apparait justement par la réalité et la pratique de son initiateur - dans ses relations, ses attitudes et ses objectifs avec le reste du monde - une doctrine insensée quand elle est expurgée de morale et de principes.

- Que le Capitalisme tel que conçu par l’impérialisme occidental, que dirige la grande industrie de concert avec les cartels financiers, mène droit aux crises économiques mondiales et aux guerres comme issue et corollaire.

À cette étape du conflit, la Syrie se trouve dans une position militaire et politique qui lui est favorable où toute recrudescence des menaces ne lui sera que bénéfique d’autant que le Hezbollah déclare solennellement que toute agression extérieure de la Syrie sera considérée aussi agression du Liban. L’Iran voit que son implication deviendra nécessaire pour des raisons de sécurité nationale. La Russie considère que la déstabilisation de cette partie importante du monde nuirait à ses intérêts suprêmes, mais aussi aux grands équilibres du monde!

Les conséquences prévisibles dans le cas d’un conflit généralisé, à partir de cette région, seraient donc inimaginables si le discernement ne tient pas lieu et place de la cupidité.


Djerrad Amar


Selon une source officielle américaine, Washington aurait demandé aux chefs de l'ASL (Armée syrienne libre) de quitter au plus vite le sol syrien. Game over!

dimanche, 16 juin 2013

LE COLLECTIF DES VICTIMES DE DUEKOUE EN COLERE: «IL FAUT QUE MME FATOU BENSOUDA ARRETE DE CHOISIR "SES" VICTIMES A ELLE»

 

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Le collectif des victimes de Duékoué interpelle la Cour pénale internationale.



En arguant d’une insuffisance flagrante de preuves contre le Président GBAGBO, la chambre préliminaire 1 de la Cour pénale internationale de La Haye a pris une décision juste et courageuse qui dévoile à la face du monde entier toute la laideur de la méchanceté et de la haine que des hommes peuvent nourrir à l’endroit de leur prochain.

Prenant acte d’une si judicieuse et importante décision, le collectif des victimes de Duékoué voudrait saluer ici la juge de la CPI, son courage et son sens de l’honneur car s’agissant d’honneur, celui de la CPI même est largement entamé dans les consciences et dans les cœurs de l’opinion internationale. Nous voulons saluer ici aussi la détermination et l’expertise de Maître ALTIT, de son équipe et de toutes ces bonnes volontés des quatre coins du monde qui n’ont point ménagé leurs efforts pour qu’on en arrive là, avant la victoire finale. Leur refus de cautionner l’immoralité est, selon notre perception, un vibrant hommage aux grands hommes que sont Abraham LINCOLN, Victor SCHOELCHER, Martin L. KING, Kwame NKRUMAH ou plus près de nous, Nelson MANDELA.

Cela étant dit, à Madame la Procureure de la CPI, nous réitérons notre pressant appel de Duékoué: il faut que Madame Fatou BENSOUDA arrête de choisir «ses» victimes à elle. Le sang des innombrables victimes de la rébellion ivoirienne continue de crier, à n’en point finir, en nos cœurs et en nos consciences.

Dernièrement, nous sommes revenus de Duékoué avec d’autres images d’horreur : à Duékoué, à l’entrée de cette ville (en venant de Daloa), à seulement quelques mètres du poste des Frci et du camp des soldats marocains de l’ONU, gît un charnier (de nombreux ossements sous une bâche), juste derrière un campement d’allogènes (cf. vidéo ci-jointe). Sous un acacia, à deux cents mètres sur la droite de l’usine de cacao COPASAG, vue de face (cf. photo ci-jointe). De quand date un tel charnier? Mars ou Avril 2011, massacre de Nahibly en Juillet 2012 ou exécutions sommaires par des dozo ou des Frci? Attendons le carbone de datation de la CPI pour le savoir, si cette Cour veut bien se décider enfin d’entendre le cri des victimes que nous sommes. Néanmoins, des investigations que nous avons faites, il ressort, à quinze kilomètres à la ronde de ce sinistre charnier qu’en Mars et Avril 2011, beaucoup de personnes d’ethnie guéré qui fuyaient les massacres de Duékoué ont été descendues des véhicules de transport public par les rebelles, emmenées dans les brousses et sont portées disparues à ce jour.

En outre, les ossements sous la bâche sont tellement nombreux, dont certains dispersés par les bêtes sauvages que nous en avons conclu, à la vue de seulement trois crânes humains, que ce sont plus de trois personnes qui ont été froidement exécutées en cet endroit. Des personnes restées à ce jour sans sépulture, dans une totale indifférence d’allogènes vivant près de ce charnier mais aussi au nez et à la barbe des Frci et des soldats marocains qui bien des fois, ont hâtivement joué les croque-morts à Duékoué pour masquer l’ampleur des dégâts humains commis par leurs rebelles d’amis. Notre étonnement et notre indignation s’adressent aussi à ces O.N.G. tellement instrumentalisées, qui ont été informées de l’existence de ce charnier mais se sont tues jusqu’ici sans rien faire d’autre, quand on sait naguère leur activisme et leur nuisance en faveur de la rébellion que refusaient le Président GBAGBO et le peuple ivoirien, depuis 2002.

Oui, Madame la Procureure de la CPI, de grâce, nos appels à vous sont si nombreux que nous nous en trouvons dérangés. Dérangés au point de ne plus vouloir vous laisser dormir. Sinon, nous-mêmes, nous n’aurons pas de repos, tellement nos morts sont nombreux et que refusant toute sorte de vengeance encore moins de résignation, nous attendons toujours que justice soit faite pour tous ceux-là qui sont tombés là où un simple recomptage des voix électorales en Décembre 2010 aurait suffi et bien avant eux, toutes ces nombreuses victimes occasionnées par une rébellion sauvage que la France et l’ONU ont créée, entretenue et protégée pendant au moins dix ans! Et puis, tenez, Madame la Procureure de la CPI, il faut que vous sachiez que ce dernier charnier découvert est bien peu par rapport à tous ces nombreux compatriotes qui ont été exterminés dans les forêts et les brousses de l’ouest ivoirien par les rebelles que vous refusez d’interpeller, mangés qu’ils ont été par les bêtes sauvages et leurs ossements dispersés, n’ayant pas eu la chance, eux, d’avoir été recouverts par une bâche comme c’est ici le cas, dans la vidéo ci-jointe.

Pourtant, c’est bien vous, Fatou BENSOUDA, qui déclariez, en Février dernier sur un ton péremptoire, ceci : «Nous ne sommes pas ici pour savoir qui a gagné les élections de 2010 en Côte d’Ivoire ou qui les a perdues!», comme si cela avait été dicté à la personnalité judiciaire que vous êtes, par on ne sait quel quidam. Or le monde entier vous regarde et s’étonne que vous vous acharniez sur une personnalité que vous accusez d’assassinats contre cent soixante six (166) personnes sur votre total mensonger et inacceptable de trois mille (3000) morts. Quand entendrez-vous les vrais responsables des autres morts dont le nombre réel est honteusement sous-évalué par la communauté internationale qui a attaqué notre pays? Une communauté internationale qui a applaudi quand ici, en Février 2011, l’Union Européenne et l’Organisation Mondiale de la Santé ont occasionné des morts par centaines en décrétant un embargo sur les médicaments à destination de la Côte d’Ivoire et que des banques françaises, par le banditisme colonial, se sont permises de ne pas donner aux travailleurs de ce pays leur propre argent, s’immisçant grossièrement dans le contentieux électoral ivoirien?

Madame la Procureure, les occasions pour réhabiliter la Cour Pénale Internationale existent et elles foisonnent en Côte d’Ivoire : libérez GBAGBO maintenant et venez vite en Côte d’Ivoire, menez des enquêtes dignes de ce nom et réconciliez l’opinion internationale tout vrai démocrate avec votre Cour et ce sera déjà ça de gagné pour tous ces esprits ténébreux qui considèrent nos vies pour moins que rien, sans quoi nous serons toujours fiers, en tant que victimes de la méchanceté des hommes, d’être des humains mais alors profondément déçus et gênés d’être des Africains noirs, comme vous.

En méditant la décision de la juge de la CPI à l’endroit du Président GBAGBO, veuillez bien, Madame la Procureure, faire ce bond qualitatif qu’attendent les démocrates du monde entier pour se réconcilier avec les terminologies lexicales que tous ces néo-impérialistes accordent sous nos yeux aux mots de justice, de paix, de démocratie et de civilisation car leurs faux concepts, plus que jamais, sont les vrais problèmes de l’humanité. Seules de vraies enquêtes de votre part peuvent aider ou contribuer à la restauration de ces principes violés par la pensée et l’action nuisibles des impérialistes qui veulent nous imposer leur vision fâcheuse, dérangeante et décadente du monde.

Tout sauf votre respect, Madame la Procureure, nous vous remercions de votre attention pour cet autre appel à votre endroit.

 

Pour les victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly)

Emmanuel CALEB, le 10 Juin 2013.

vendredi, 14 juin 2013

MANDELA, LE SYMBOLE D'UN «OECUMENISME» AMBIGU, PAR THEOPHILE KOUAMOUO

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« Il est temps de le laisser partir ». La « Une » de l’hebdomadaire sud-africain Sunday Times traduit très clairement l’état d’esprit des compatriotes de Nelson Mandela alors qu’il semble cheminer lentement vers sa destination éternelle. Dans une atmosphère d’effervescence médiatique assez glauque, les télévisions du monde entier multiplient les directs devant l’hôpital dans lequel il est interné. Le décès à venir de Nelson Mandela – comme hier celui du pape Jean-Paul II ou du leader palestinien Yasser Arafat – est un événement programmé depuis de nombreuses années par les plus grands médias de la planète, qui ont déjà préparé des centaines de minutes de biographies et de papiers d’angle pour les uns, et des hors-série quasiment prêts à être mis sur le marché pour les autres.

Normal, d’un certain point de vue. Nelson Rolihlala Mandela est une icône globale. De son vivant, il a été érigé au rang d’icône laïque universelle. Il le mérite amplement. Cela dit, l’œcuménisme politique qui l’entoure a quelque chose de profondément ambigu. Certes, un seul homme peut jouir du respect et de l’admiration de personnes qui ont des points de vue opposés sur quasiment tous les sujets. Mais en grattant un peu, l’on s’aperçoit vite, en général, que ce ne sont pas les mêmes raisons qui motivent les différentes cohortes de «fans».

- L’Afrique révère Nelson Mandela, le héros intransigeant du combat contre l’apartheid, acceptant de rester en prison durant 27 longues années et refusant d’abandonner la lutte armée tant que l’inique système de ségrégation raciale qui règne sur son pays n’aura pas été démantelé. Que pensait le leadership occidental du Mandela de ces années-là ? Les Etats-Unis se hâtaient d’inscrire le nom de son parti sur la liste des organisations terroristes – l’ANC n’en sera ôtée qu’en 2008. Un député britannique conservateur Teddy Taylor affirmait sans sourciller que Mandela devait « être abattu ». Jacques Chirac, maire de Paris, traitant l’ANC de parti tribal xhosa, quelques mois après l’assassinat aujourd’hui classé sans suites de Dulcie September, sa représentante à Paris. Au moins jusqu’à la fin des années 1980, le premier président de l’Afrique du Sud non raciale était loin d’être un symbole consensuel en Occident. Certes, des progressistes courageux comme l’ancien président Jimmy Carter combattaient, en cohérence avec leurs valeurs, l’odieuse politique ayant cours en Afrique du Sud. Mais les conservateurs de tout poil soutenaient, expliquaient, toléraient ou « comprenaient » l’inacceptable.

- L’Afrique admire le Nelson Mandela qui, en 1997, brave l’embargo aérien qui frappe la Libye de Muammar Kadhafi. Et qui répond aux critiques de Washington par une phrase catégorique et emplie de dignité : « Aucun Etat ne peut s’arroger le rôle de gendarme du monde, et aucun Etat ne peut dicter aux autres ce qu’ils doivent faire. » Que pensent donc de ce Mandela ceux qui, aujourd’hui, estiment qu’ils sont dans leur bon droit quand ils « interviennent » en Libye, en Côte d’Ivoire, en Syrie, semant au passage un chaos qu’ils font semblant de ne pas voir ? Il est évident qu’ils sont plus « confortables » avec le symbole muet auprès duquel ils ont tous accouru ces dernières années pour une photo-souvenir. Dans l’espoir d’attirer à eux un peu de lumière.

- L’Afrique respecte Nelson Mandela parce qu’il a su partir, contrairement à ses «tyrans éternels» accrochés au pouvoir après plusieurs décennies, et alors qu’ils sont tellement sclérosés qu’ils ne peuvent plus rien apporter à leurs peuples. Mandela a su passer la main et a, par voie de conséquence, renforcé son parti et fait avancer les notions d’alternance et de modernité politique dans son pays. En principe, l’Occident n’a rien contre cet « art de savoir partir ». Mais il se trouve que les alliés sûrs de la diplomatie française en Afrique – pour prendre un exemple –  sont souvent des hommes qui ont détricoté la Constitution de leurs pays pour pouvoir s’imposer au-delà des termes légaux. En Afrique de l’Ouest, le médiateur attitré est le Burkinabé Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 suite à un coup d’Etat doublé d’un assassinat politique. L’homme fort de l’Afrique centrale est le Tchadien Idriss Déby Itno, qui a conquis le pouvoir à la suite d’une rébellion victorieuse en 1990. Et les Africains se demandent pourquoi la permanence du Zimbabwéen Robert Mugabe à la tête du Zimbabwe irrite plus, au-delà de la mer Méditerranée, que celle du Camerounais Paul Biya.

- La question de la gestion de la réconciliation en Afrique du Sud concentre à elle seule un grand nombre de « malentendus » au sujet de la perception de Mandela. Les Africains ont plébiscité la formule « vérité-pardon-réconciliation » parce qu’elle leur semblait à même de triompher du cycle de la violence, des représailles et des affrontements à caractère plus ou moins ethnique. En restituant aux peuples, dans la sérénité, la complexité de leur Histoire. Les Occidentaux ont, eux aussi, glorifié la formule de « sortie de crise » sud-africaine. Et pourtant, ils considèrent qu’ailleurs en Afrique, la « justice transitionnelle » telle que pratiquée par Mandela, reviendrait à consacrer « l’impunité ». Inspirés par l’Occident et ses ONG, les tribunaux pénaux internationaux spécialisés sur le Rwanda et la Yougoslavie puis la Cour pénale internationale sont-ils autre chose (et en dehors de toute référence morale) que des « petits Nuremberg » viciés dès le départ, chargés de professer un « plus jamais ça » sélectif et de graver dans le marbre des « récits nationaux » faussés toujours favorables à ceux auprès de qui la « communauté internationale » s’est battue ? Si Mandela avait, à l’image d’un Alassane Ouattara, arrêté son prédécesseur, laissé scalper sa blanche épouse dans sa Résidence, jeté tous les ministres du gouvernement précédent dans des prisons sommaires loin des leurs, pillé les biens de ses opposants, fait occuper leurs résidences, traqué leurs soutiens financiers… aurait-il été adoubé comme l’actuel chef de l’Etat ivoirien l’a été et continue de l’être ? En réalité, Mandela est devenu un héros consensuel en Occident tout simplement parce qu’il a épargné les Blancs et a préservé leurs intérêts économiques. C’est pourtant cette modération qui a préservé la paix et le « vivre ensemble » que certains Africains réprouvent et voudraient voir « corrigée ».

« Pourquoi aimez-vous Nelson Mandela et que lui reprochez-vous éventuellement ? » : posée à un maximum d’hommes politiques, de capitaines d’industrie et de citoyens ordinaires du monde entier, cette question mettrait en lumière le grand malentendu qui flottera sur le concert de louanges excessif donc insignifiant qui commencera dès que Dieu rappellera à Lui « Madiba ».


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

USA-RUSSIE: DROGUE, PETROLE ET GUERRE

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Les USA ont émergé comme la grande puissance mondiale suite à la chute de l’Union soviétique. Imposer leur suprématie sur l'ex-URSS est devenu une de leurs priorités. Coups d'état, pressions, guerres : ils n'ont renoncé à rien pour y parvenir. Lors d'une conférence à Moscou, Peter Dale Scott a analysé cette stratégie de domination et son financement par les drogues et le pétrole. (IGA)

 

J’ai prononcé le discours suivant à une conférence anti-OTAN, qui fut organisée à Moscou l’année dernière. J’étais le seul intervenant états-unien lors de cet événement. On m’y avait convié suite à la parution en russe de mon livre Drugs, Oil, and War – un ouvrage jamais traduit en français, contrairement à La Route vers le nouveau désordre mondial et à mon dernier livre, La Machine de guerre américaine –. [1] En tant qu’ancien diplomate préoccupé par la paix, j’étais heureux d’y participer. En effet, il me semble que le dialogue entre les intellectuels états-uniens et russes soit moins sérieux aujourd’hui qu’il ne l’était au paroxysme de la guerre froide. Pourtant, les dangers d’une guerre impliquant les deux principales puissances nucléaires n’ont visiblement pas disparu.

En réponse au problème des crises interconnectées que sont la production de drogue afghane et le jihadisme salafiste narco-financé, mon discours exhortait les Russes à coopérer dans un cadre multilatéral avec les États-uniens partageant cette volonté —malgré les activités agressives de la CIA, de l’OTAN et du SOCOM (pour US Special Operations Command) en Asie centrale—. Cette position divergeait de celles des autres intervenants.

Depuis cette conférence, j’ai continué de réfléchir en profondeur sur l’état dégradé des relations entre la Russie et les États-Unis, et sur mes espoirs légèrement utopiques de les restaurer. Malgré les différents points de vue des conférenciers, ils avaient tendance à partager une grande inquiétude sur les intentions états-uniennes envers la Russie et les anciens États de l’URSS. Cette anxiété commune se fondait sur ce qu’ils savaient des actions antérieures des États-Unis, et de leurs engagements non tenus. En effet, contrairement à la plupart des citoyens de ce pays, ils étaient bien informés sur ces questions.

L’assurance que l’OTAN ne profiterait pas de la détente pour s’étendre en Europe de l’Est est un important exemple de promesse non tenue. Évidemment, la Pologne et d’autres anciens membres du Pacte de Varsovie sont aujourd’hui intégrés au sein de l’Alliance atlantique, tout comme les anciennes Républiques socialistes soviétiques de la Baltique. Par ailleurs, des propositions visant à faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN sont toujours d’actualité, ce pays étant le véritable cœur de l’ancienne Union soviétique. Ce mouvement d’extension vers l’Est fut accompagné d’activités et d’opérations conjointes alliant les troupes US aux forces armées et sécuritaires de l’Ouzbékistan —dont certaines furent organisées par l’OTAN—. (Ces deux initiatives commencèrent en 1997, sous l’administration Clinton.)

Nous pouvons citer d’autres ruptures d’engagements, comme la conversion non autorisée d’une force des Nations Unies en Afghanistan (approuvée en 2001 par la Russie) en une coalition militaire dirigée par l’OTAN. Deux intervenants critiquèrent la détermination des États-Unis à installer en Europe de l’Est un bouclier antimissile contre l’Iran, refusant les suggestions russes de le déployer en Asie. Selon eux, cette intransigeance constituait « une menace pour la paix mondiale ».

Les conférenciers percevaient ces mesures comme des extensions agressives du mouvement qui, depuis Washington, visait à détruire l’URSS sous Reagan. Certains des orateurs avec qui j’ai pu échanger considéraient que, pendant les deux décennies suivant la Seconde Guerre mondiale, la Russie avait été menacée par des plans opérationnels des États-Unis et de l’OTAN pour une première frappe nucléaire contre l’URSS. Ils auraient pu être exécutés avant que la parité nucléaire ne soit atteinte, mais ils ne furent évidemment jamais mis en œuvre. Malgré tout, mes interlocuteurs étaient persuadés que les faucons ayant voulu ces plans n’avaient jamais abandonné leur désir d’humilier la Russie, et de la réduire au rang de tierce puissance. Je ne peux réfuter cette inquiétude. En effet, mon dernier livre, intitulé La Machine de guerre américaine , décrit également des pressions continuelles visant à établir et à maintenir la suprématie des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les discours prononcés à cette conférence ne se limitaient en aucun cas à critiquer les politiques menées par les États-Unis et l’Alliance atlantique. En effet, les intervenants s’opposaient avec une certaine amertume au soutien de Vladimir Poutine pour la campagne militaire de l’OTAN en Afghanistan, qu’il avait exprimé le 11 avril 2012. Ils étaient particulièrement révoltés par le fait que Poutine ait approuvé l’installation d’une base de l’Alliance atlantique à Oulianovsk, située à 900 kilomètres à l’est de Moscou. Bien que cette base ait été « vendue » à l’opinion publique russe comme un moyen de faciliter le retrait états-unien d’Afghanistan, l’un des conférenciers nous assura que l’avant-poste d’Oulianovsk était présenté dans les documents de l’OTAN comme une base militaire. Enfin, les intervenants se montraient hostiles aux sanctions onusiennes contre l’Iran, qui étaient inspirées par les États-Unis. Au contraire, ils considéraient ce pays comme un allié naturel contre les tentatives états-uniennes de concrétiser le projet de domination globale de Washington.

Mis à part le discours suivant, je suis resté silencieux durant la majeure partie de cette conférence. Cependant mon esprit, voire ma conscience, sont perturbés lorsque je songe aux récentes révélations sur Donald Rumsfeld et Dick Cheney. En effet, immédiatement après le 11-Septembre, ces derniers ont mis en œuvre un projet visant à faire tomber de nombreux gouvernements amis de la Russie —dont l’Irak, la Libye, la Syrie et l’Iran—. [2] (Dix ans plus tôt, au Pentagone, le néoconservateur Paul Wolfowitz avait déclaré au général Wesley Clark que les États-Unis disposaient d’une fenêtre d’opportunité pour se débarrasser de ces clients de la Russie, dans la période de restructuration de ce pays suite à l’effondrement de l’URSS. [3]) Ce projet n’a toujours pas été finalisé en Syrie et en Iran.

Ce que nous avons pu observer sous Obama ressemble beaucoup à la mise en œuvre progressive de ce plan. Toutefois, il faut admettre qu’en Libye, et à présent en Syrie, Obama a montré de plus grandes réticences que son prédécesseur à envoyer des soldats sur le terrain. (Il a tout de même été rapporté que, sous sa présidence, un nombre restreint de forces spéciales US ont opéré dans ces deux pays, afin d’attiser la résistance contre Kadhafi puis contre Assad.)

Plus particulièrement, l’absence de réaction des citoyens des États-Unis face au militarisme agressif et hégémoniste de leur pays me préoccupe. Ce bellicisme permanent, que j’appellerais le « dominationisme », est prévu sur le long terme dans les plans du Pentagone et de la CIA. [4] Sans aucun doute, de nombreux États-uniens pourraient penser qu’une Pax Americana globale assurerait une ère de paix, à l’image de la Pax Romana deux millénaires auparavant. Je suis persuadé du contraire. En effet, à l’instar de la Pax Britannica du XIXe siècle, ce dominationisme conduira inévitablement à un conflit majeur, potentiellement à une guerre nucléaire. En vérité, la clé de la Pax Romana résidait dans le fait que Rome, sous le règne d’Hadrien, s’était retirée de la Mésopotamie. De plus, elle avait accepté de strictes limitations de son pouvoir dans les régions sur lesquelles elle exerçait son hégémonie. La Grande-Bretagne fit preuve d’une sagesse comparable, mais trop tard. Jusqu’à présent, les États-Unis ne se sont jamais montrés aussi raisonnables.

Par ailleurs, dans ce pays, très peu de monde semble s’intéresser au projet de domination globale de Washington, du moins depuis l’échec des manifestations de masse visant à empêcher la guerre d’Irak. Nous avons pu constater une abondance d’études critiques sur les raisons de l’engagement militaire des États-Unis au Vietnam, et même sur l’implication états-unienne dans des atrocités telles que le massacre indonésien de 1965. Des auteurs comme Noam Chomsky et William Blum [5] ont analysé les actes criminels des États-Unis depuis la Seconde Guerre mondiale. Cependant, ils ont peu étudié la récente accélération de l’expansionnisme militaire états-unien. Seule une minorité d’auteurs, comme Chalmers Johnson et Andrew Bacevich, ont analysé le renforcement progressif de la Machine de guerre américaine qui domine aujourd’hui les processus politiques des États-Unis.

De plus, il est frappant de constater que le jeune mouvement Occupy se soit si peu exprimé sur les guerres d’agression que mène ce pays. Je doute qu’il ait même dénoncé la militarisation de la surveillance et du maintien de l’ordre, ainsi que les camps de détention. Or, ces mesures sont au cœur du dispositif de répression intérieure qui menace sa propre survie. [6] Je fais ici référence à ce que l’on appelle le programme de « continuité du gouvernement » (COG pour « Continuity of Government »), à travers lequel les planificateurs militaires US ont développé des moyens de neutraliser définitivement tout mouvement antiguerre efficace aux États-Unis. [7]

En tant qu’ancien diplomate canadien, si je devais retourner en Russie, j’en appellerais de nouveau à une collaboration entre les États-Unis et ce pays afin d’affronter les problèmes mondiaux les plus urgents. Notre défi est de dépasser ce compromis rudimentaire qu’est la détente, cette soi-disant « coexistence pacifique » entre les superpuissances. En réalité, cette entente vieille d’un demi-siècle a permis —et même encouragé— les atrocités violentes de dictateurs clients, comme Suharto en Indonésie ou Mahamed Siyaad Barre en Somalie. Il est probable que l’alternative à la détente, qui serait une rupture complète de celle-ci, mène à des confrontations de plus en plus dangereuses en Asie —très certainement en Iran—.

Néanmoins, cette rupture peut-elle être évitée ? Voilà que je me demande si je n’ai pas minimisé l’intransigeance hégémoniste des États-Unis. [8] À Londres, j’ai récemment discuté avec un vieil ami, que j’avais rencontré durant ma carrière diplomatique. Il s’agit d’un diplomate britannique de haut rang, qui est un expert de la Russie. J’espérais qu’il aurait modéré mon évaluation négative des intentions des États-Unis et de l’OTAN contre ce pays. Or, il n’a fait que la renforcer.

Ainsi, j’ai décidé de publier mon discours agrémenté de cette préface, qui est destinée aussi bien aux citoyens US qu’au public international. Je pense qu’aujourd’hui, le plus urgent pour préserver la paix mondiale est de restreindre le mouvement des États-Unis vers l’hégémonie incontestée. Au nom de la coexistence dans un monde pacifié et multilatéral, il faut donc raviver l’interdiction par l’ONU des guerres préemptives et unilatérales.

Dans cet objectif, j’espère que les citoyens des États-Unis se mobiliseront contre le dominationisme de leur pays, et qu’ils en appelleront à une déclaration politique de l’administration ou du Congrès. Cette déclaration :

1) renoncerait explicitement aux appels antérieurs du Pentagone faisant de la « suprématie totale » (« full spectrum dominance ») un objectif militaire central dans la politique étrangère des États-Unis ; [9]

2) rejetterait comme étant inacceptable la pratique des guerres préventives, aujourd’hui profondément enracinée ;

3) renoncerait catégoriquement à tout projet états-unien d’utilisation permanente de bases militaires en Irak, en Afghanistan ou au Kirghizstan ;

4) réengagerait les États-Unis à mener leurs futures opérations militaires en accord avec les procédures établies par la Charte des Nations Unies.

J’encourage mes concitoyens à me rejoindre afin d’exhorter le Congrès à introduire une résolution dans ce but. Initialement, une telle démarche pourrait ne pas aboutir. Cependant, il est possible qu’elle contribue à recentrer le débat politique US vers un sujet qui est selon moi urgent et peu débattu : l’expansionnisme des États-Unis, et la menace contre la paix globale qui en découle aujourd’hui.

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Discours à la conférence d’Invissin sur l’OTAN
(Moscou, 15 mai 2012)

 

Avant tout, je remercie les organisateurs de cette conférence de me permettre de parler du grave problème qu’est le narcotrafic d’Afghanistan. Aujourd’hui, il constitue une menace aussi bien pour la Russie que pour les relations entre ce pays et les États-Unis. Je vais donc discuter de politique profonde selon les perspectives de mon livre Drugs, Oil, and War, mais aussi de mon dernier ouvrage (La Machine de guerre américaine ) et du précédent (La Route vers le nouveau désordre mondial ). Ces livres analysent notamment les facteurs sous-tendant le trafic de drogue international ainsi que les interventions US, deux phénomènes préjudiciables à la fois au peuple russe et au peuple états-unien. Je parlerai également du rôle de l’OTAN dans la facilitation des stratégies visant à établir la suprématie des États-Unis sur le continent asiatique. Mais d’abord, je voudrais analyser le trafic de drogue à l’aune d’un important facteur, qui s’avère déterminant dans mes livres. Il s’agit du rôle du pétrole dans les politiques asiatiques des États-Unis, et également de l’influence d’importantes compagnies pétrolières alignées sur les intérêts de ce pays, dont British Petroleum (BP).

Derrière chaque offensive récente des États-Unis et de l’OTAN, l’industrie pétrolière fut une force profonde déterminante. Pour l’illustrer, songeons simplement aux interventions en Afghanistan (2001), en Irak (2003) et en Libye (2011). [10]

J’ai donc étudié le rôle des compagnies pétrolières et de leurs représentants à Washington —dont les lobbies—, dans chacune des grandes interventions des États-Unis depuis le Vietnam dans les années 1960. [11] Le pouvoir des compagnies pétrolières US nécessiterait quelques explications à un public venant de Russie, où l’État contrôle l’industrie des hydrocarbures. Aux États-Unis, c’est pratiquement l’inverse. En effet, les compagnies pétrolières tendent à dominer aussi bien la politique étrangère de ce pays que le Congrès. [12] Ceci explique pourquoi les présidents successifs, de Kennedy à Obama en passant par Reagan, ont été incapables de limiter les avantages fiscaux des compagnies pétrolières garantis par la « oil depletion allowance » —y compris dans le contexte actuel, où la plupart des États-uniens sombrent dans la pauvreté—. [13]

Les activités US en Asie centrale, dans des zones d’influence traditionnelles de la Russie telles que le Kazakhstan, ont un fondement commun. En effet, depuis une trentaine d’années (voire plus), les compagnies pétrolières et leurs représentants à Washington ont montré un grand intérêt dans le développement, et surtout dans le contrôle des ressources gazières et pétrolières sous-exploitées du bassin Caspien. [14] Dans cet objectif, Washington a développé des politiques ayant eu comme résultat la mise en place de bases avancées au Kirghizstan et, pendant quatre ans, en Ouzbékistan (2001-2005). [15] Le but affiché de ces bases était de soutenir les opérations militaires des États-Unis en Afghanistan. Néanmoins, la présence états-unienne encourage aussi les gouvernements des nations avoisinantes à agir plus indépendamment de la volonté russe. Nous pouvons citer comme exemple le Kazakhstan et le Turkménistan, ces deux pays étant des zones d’investissements gaziers et pétroliers pour les compagnies US.

Washington sert les intérêts des compagnies pétrolières occidentales, pas seulement du fait leur influence corruptrice sur l’administration, mais parce que la survie de l’actuelle pétro-économie US dépend de la domination occidentale du commerce mondial du pétrole. Dans l’un de mes livres, j’analyse cette politique, en expliquant comment elle a contribué aux récentes interventions des États-Unis, mais aussi à l’appauvrissement du Tiers-Monde depuis 1980. En substance, les États-Unis ont géré le quadruplement des prix du pétrole dans les années 1970 en organisant le recyclage des pétrodollars dans l’économie états-unienne, au moyen d’accords secrets avec les Saoudiens. Le premier de ces accords assurait une participation spéciale et continuelle de l’Arabie saoudite dans la santé du dollar US ; le second sécurisait le soutien permanent de ce pays dans la tarification intégrale du pétrole de l’OPEP en dollars. [16] Ces deux accords garantissaient que l’économie des États-Unis ne serait pas affaiblie par les hausses de prix du pétrole de l’OPEP. Le plus lourd fardeau pèserait au contraire sur les économies des pays les moins développés. [17]

Le dollar US, bien qu’étant en cours d’affaiblissement, dépend encore en grande partie de la politique de l’OPEP imposant cette monnaie pour régler le pétrole de cette organisation. Nous pouvons mesurer avec quelle force les États-Unis sont capables d’imposer cette politique en observant le destin des pays ayant décidé de la remettre en cause. « En 2000, Saddam Hussein insista pour que le pétrole irakien soit vendu en euros. Ce fut une manœuvre politique, mais qui augmenta les revenus récents de l’Irak grâce la hausse de la valeur de l’euro par rapport au dollar. » [18] Trois ans plus tard, en mars 2003, les États-Unis envahirent ce pays. Deux mois après, le 22 mai 2003, Bush décréta par un ordre exécutif que les ventes de pétrole irakien devaient s’effectuer de nouveau en dollars, et non en euros. [19]

Selon un article russe, peu avant l’intervention de l’OTAN en Libye début 2011, Mouammar Kadhafi avait manœuvré pour refuser le dollar comme monnaie de règlement du pétrole libyen, à l’instar de Saddam Hussein. [20] En février 2009, l’Iran annonça avoir « complètement cessé de conduire les transactions pétrolières en dollars US. » [21] Les véritables conséquences de cette audacieuse décision iranienne n’ont pas encore été observées. [22]

J’insiste sur le point suivant : chaque intervention récente des États-Unis et de l’OTAN a permis de soutenir la suprématie déclinante des compagnies pétrolières occidentales sur le système pétrolier global, donc celui des pétrodollars. Néanmoins, je pense que les compagnies pétrolières elles-mêmes sont capables d’initier, ou au moins de contribuer à des interventions politiques. Comme je l’ai mentionné dans mon livre Drugs, Oil, and Wars (p.8) :

« De façon récurrente, les compagnies pétrolières US sont accusées de se lancer dans des opérations clandestines, soit directement, soit par le biais d’intermédiaires. En Colombie (comme nous le verrons), une entreprise de sécurité états-unienne travaillant pour Occidental Petroleum participa à une opération militaire de l’armée colombienne, ‘qui tua 18 civils par erreur.’ »

Pour citer un exemple plus proche de la Russie, j’évoquerais une opération clandestine de 1991 en Azerbaïdjan, qui est un exemple classique de politique profonde. Dans ce pays, d’anciens collaborateurs de la CIA, qui étaient employés par une entreprise pétrolière douteuse (MEGA Oil), « se lancèrent dans des entraînements militaires, distribuèrent des ‘sacs remplis d’argent liquide’ à des membres du gouvernement, et mirent en place une compagnie aérienne […] qui permit bientôt à des centaines de mercenaires moudjahidines d’être acheminés dans ce pays depuis l’Afghanistan. » [23] À l’origine ces mercenaires, finalement estimés à environ 2 000, furent employés pour combattre les forces arméniennes soutenues par la Russie dans la région disputée du Haut-Karabagh. Mais ils appuyèrent aussi les combattants islamistes en Tchétchénie et au Daguestan. Ils contribuèrent également à faire de Bakou un point de transbordement de l’héroïne afghane à la fois vers le marché urbain de Russie et vers la mafia tchétchène. [24]

En 1993, ils participèrent au renversement d’Abulfaz Elchibey, le premier président élu de l’Azerbaïdjan, et à son remplacement par Heydar Aliyev. Ce dernier signa ensuite un important contrat pétrolier avec BP, incluant ce qui devint finalement l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan reliant ce pays à la Turquie. Il faut souligner que les origines états-uniennes des agents de MEGA Oil sont indiscutables. En revanche, nous ne savons pas exactement qui a financé cette entreprise. Il aurait pu s’agir des majors pétrolières, la plupart d’entre elles disposant (ou ayant disposé) de leurs propres services clandestins. [25] Certaines entreprises pétrolières importantes, incluant Exxon, Mobil et BP, ont été accusées d’être « derrière le coup d’État » ayant conduit au remplacement d’Elchibey par Aliyev. [26]

De toute évidence, Washington et les majors pétrolières pensent que leur survie dépend du maintien de leur actuelle suprématie sur les marchés pétroliers internationaux. Dans les années 1990, alors que l’on localisait généralement les plus grandes réserves non prouvées d’hydrocarbures dans le bassin Caspien, cette région devint centrale à la fois pour les investissements pétroliers des entreprises US et pour l’expansion sécuritaire des États-Unis. [27]

S’exprimant en tant que secrétaire d’État adjoint, Strobe Talbott, un proche ami de Bill Clinton, tenta de mettre en avant une stratégie raisonnable pour assurer cette expansion. Dans un important discours prononcé le 21 juillet 1997,

« Talbott exposa les quatre aspects d’un [potentiel] soutien des États-Unis pour les pays du Caucase et de l’Asie centrale : 1) la promotion de la démocratie ; 2) la création d’économies de marché ; 3) le parrainage de la paix et de la coopération, au sein et parmi les pays de la région et 4) leur intégration dans la plus vaste communauté internationale. […] Critiquant avec virulence ce qu’il considère être une conception dépassée de la compétition dans le Caucase et en Asie centrale, M. Talbott mit en garde quiconque envisagerait le ‘Grand Jeu’ comme grille de lecture de la région. Au contraire, il proposa une entente dans laquelle chacun sortirait gagnant de la coopération. » [28]

Mais cette approche multilatérale fut immédiatement attaquée par des membres des deux partis. Seulement trois jours plus tard, Heritage Foundation, le cercle de réflexion droitisant du Parti républicain, répondit que « [l]’administration Clinton, désireuse d’apaiser Moscou, rechignait à exploiter l’opportunité stratégique de sécuriser les intérêts des États-Unis dans le Caucase.  » [29] En octobre 1997, cette critique trouva son écho dans Le Grand Échiquier, un important ouvrage écrit par l’ancien conseiller à la Sécurité nationale Zbigniew Brzezinski. Ce dernier est certainement le principal opposant à la Russie au sein du Parti démocrate. Admettant que « la politique étrangère [états-unienne devrait] […] favoriser les liens nécessaires à une vraie coopération mondiale », il défendait toutefois dans son livre la notion de « Grand Jeu  » rejetée par Talbott. Selon Brzezinski, il était impératif d’empêcher « [l]’apparition d’un concurrent en Eurasie, capable de dominer ce continent et de défier [les États-Unis] ». [30]

En arrière-plan de ce débat, la CIA et le Pentagone développaient à travers l’Alliance atlantique une « stratégie de projection » contraire aux propositions de Talbott. En 1997, dans le cadre du programme « Partenariat pour la Paix » de l’OTAN, le Pentagone démarra des exercices militaires avec l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Kirghizstan. Ce programme constituait « l’embryon d’une force militaire dirigée par l’OTAN dans cette région ». [31] Baptisés CENTRAZBAT, ces exercices envisageaient de potentiels déploiements de forces combattantes états-uniennes. Catherine Kelleher, une assistante du secrétaire adjoint à la Défense, cita « la présence d’énormes ressources énergétiques » comme justification de l’engagement militaire des États-Unis dans cette région. [32] L’Ouzbékistan, que Brzezinski distingua pour son importance géopolitique, devint un pivot pour les exercices militaires états-uniens, bien que ce pays ait l’un des pires bilans en matière de respect des droits de l’Homme dans cette région. [33]

De toute évidence, la « révolution des tulipes » de mars 2005 au Kirghizstan constitua une autre étape de la doctrine de projection stratégique du Pentagone et de la CIA. Elle s’est déroulée à une époque où George W. Bush parlait fréquemment de « stratégie de projection de la liberté ». Plus tard, alors qu’il visitait la Géorgie, ce dernier approuva ce changement de régime en le présentant comme un exemple de « démocratie et de liberté en pleine expansion ». [34] (En réalité, il ressemblait plus à un coup d’État sanglant qu’à une « révolution ».) Cependant, le régime de Bakiyev « dirigea le pays comme un syndicat du crime », pour reprendre les termes d’Alexander Cooley, un professeur à l’Université de Columbia. En particulier, de nombreux observateurs accusèrent Bakiyev d’avoir pris le contrôle du trafic de drogue local et de le gérer comme une entreprise familiale. [35]

Dans une certaine mesure, l’administration Obama s’est éloignée de cette rhétorique hégémoniste que le Pentagone appelle la « suprématie totale  » (« full-spectrum dominance »). [36] Toutefois, il n’est pas surprenant de constater que sous sa présidence, les pressions visant à réduire l’influence de la Russie se soient maintenues, comme par exemple en Syrie. En réalité, pendant un demi-siècle, Washington a été divisée en deux camps. D’un côté, une minorité évoluant principalement au Département d’État (comme Strobe Talbott), qui avait envisagé un avenir de coopération avec l’Union soviétique. De l’autre, les faucons hégémonistes, travaillant principalement à la CIA et au Pentagone (comme William Casey, Dick Cheney et Donald Rumsfeld). Ces derniers ont continuellement fait pression pour instaurer aux États-Unis une stratégie unipolaire de domination globale. [37] Dans la poursuite de cet objectif inatteignable, ils n’ont pas hésité à s’allier avec des trafiquants de drogue, notamment en Indochine, en Colombie et à présent en Afghanistan. [38]

Par ailleurs, ces faucons ont massivement employé les stratégies d’éradication narcotique de la DEA (Drug Enforcement Administration). [39] Comme je l’ai écrit dans La Machine de guerre américaine (p.43),

«  Le véritable objectif de la plupart de ces campagnes […] n’a jamais été l’idéal sans espoir de l’éradication de la drogue. Il a plutôt consisté à modifier la répartition du marché, c’est-à-dire à cibler des ennemis spécifiques pour s’assurer que le trafic de drogue reste sous le contrôle des trafiquants alliés à l’appareil de la sécurité d’État en Colombie et/ou à la CIA. » [40]

De manière flagrante, cette tendance s’est vérifiée en Afghanistan, où les États-Unis recrutèrent d’anciens trafiquants de drogue pour qu’ils soutiennent leur invasion de 2001. [41] Plus tard, Washington annonça une stratégie de lutte contre la drogue qui se limitait explicitement à attaquer les trafiquants de drogue qui appuyaient les insurgés. [42]

Ainsi, ceux qui comme moi se préoccupent de la réduction des flux de drogue venant d’Afghanistan se retrouvent face à un dilemme. En effet, pour être efficaces, les stratégies de lutte contre le trafic de drogue international doivent être multilatérales. En Asie centrale, elles nécessiteront une plus grande coopération entre les États-Unis et la Russie. Mais au contraire, les efforts des principales forces pro-US présentes dans cette région —notamment la CIA, l’US Army, l’OTAN et la DEA—, ont été jusqu’à présent concentrés non pas sur la coopération mais sur l’hégémonie états-unienne.

Selon moi, la réponse à ce problème résidera dans l’utilisation conjointe de l’expertise et des ressources des deux pays, dans le cadre d’agences bilatérales ou multilatérales qu’aucune partie ne dominera. Une stratégie anti-drogue réussie devra être pluridimensionnelle, comme la campagne qui a été menée avec succès en Thaïlande. De plus, elle nécessitera probablement que les deux pays envisagent la mise en œuvre de stratégies favorables à la population, ce que ni l’un ni l’autre n’a encore concrétisé. [43]

La Russie et les États-Unis ont beaucoup de caractéristiques communes, et ils partagent de nombreux problèmes. Tous deux sont des super-États, bien que leur prééminence s’affaiblisse face à la Chine émergente. En tant que superpuissances, ces nations cédèrent toutes deux à la tentation de l’aventure afghane, que de nombreux esprits mieux avisés regrettent aujourd’hui. Dans le même temps, ce pays ravagé qu’est devenu l’Afghanistan doit faire face à des problèmes urgents, qui le sont aussi pour ces trois superpuissances. Il s’agit de la menace que constitue la drogue, et du danger correspondant qu’est le terrorisme.

Il est dans l’intérêt du monde entier de voir la Russie et les États-Unis affronter ces périls de façon constructive et désintéressée. Et espérons que chaque progrès dans la réduction de ces menaces communes sera une nouvelle étape dans le difficile processus de renforcement de la paix.

Le siècle dernier fut le théâtre d’une guerre froide entre les États-Unis et la Russie, deux superpuissances qui se sont lourdement armées au nom de la défense de leurs peuples respectifs. L’Union soviétique a perdu, ce qui aboutit à une Pax Americana instable, à l’image de la Pax Britannica du XIXe siècle : un dangereux mélange de globalisation commerciale, d’accroissement des disparités de revenus et de richesses, et d’un militarisme brutalement excessif et expansif. Celui-ci provoque de plus en plus de conflits armés (Somalie, Irak, Yémen, Libye), tout en accentuant la menace d’une possible guerre mondiale (Iran).

Aujourd’hui, afin de préserver leur dangereuse suprématie, les États-Unis sont en train de s’armer contre leur propre population, et plus seulement pour la défendre. [44] Tous les peuples du monde, y compris aux États-Unis, ont comme intérêt l’affaiblissement de cette suprématie en faveur d’un monde plus multipolaire et moins militariste.

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FRANÇAFRIQUE, LE FEU DANS LA SOUPE!

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François Hollande a reçu mercredi dernier à Paris au siège de l’UNESCO, en présence d’une dizaine de Chefs d’Etat africains, le Prix Félix Houphouët-Boigny, pour sa "contribution considérable à la paix et à la stabilité en Afrique", nous révèle l’agence de presse africaine.

 

Le prix pour la recherche de la paix est un prix ivoirien. Or lors de la cérémonie de remise du prix, certains regards critiques, au vu des photos et reportages de l’événement, ont décelé que les liens unissant naguère Paris et Abidjan s’étaient distendus. Ainsi, la photo souvenir des couples Ouattara et Hollande nous révèle des sourires gentillets ; mais à y regarder de plus près, madame Ouattara n’arbore pas le sourire éclatant de sa séance de pose avec Bill Clinton il y a trois semaines de cela. Ce dernier avait su la réjouir en la louant pour son abnégation et sa générosité (financées, rappelons-le, sur le trésor Ivoirien), et lui avait dit le plus grand bien de son génial économiste de mari. Mais sur la photo souvenir du 5 juin à l’Unesco, Madame Ouattara ne semble partager avec madame Trierweiler aucune affinité, si ce n’est la blondeur commune de leurs cheveux ! Elle, ordinairement tout sucre et béatitude sur les photos de la Présidence, fixe penaudement le sol, visiblement gênée, un peu absente… Ah, si la remise du prix avait eu lieu ne serait-ce que 48h plus tôt, comme elle aurait pu rayonner de bonheur et de confiance ! Fatou Bensouda, procureure à la Cour Pénale Internationale tenait encore les choses bien en main !

L’unique photo de groupe disponible permet de découvrir un Alassane Ouattara venu honorer son mentor français pour la circonstance, avec d’autres présidents africains. Il a fait un long et beau discours, charmeur, enjôleur, comme de coutume quand il est à l’étranger, lui le Président anticonstitutionnel de la république de Côte d’Ivoire et président en exercice de la CEDEAO; lui qui ne cesse de parcourir les océans et les terres à la recherche de fonds pour sauver "son" "cher" pays complètement en ruine, qui prend l’eau de partout et risque de mourir noyé si l’argent qui circule n’arrive pas à se stabiliser et travailler à colmater des brèches de plus en plus profondes.

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Mais les apparences sont sauves : des poches d'un pays mis en banqueroute par ses soins diligents, l’illusionniste en Economie parvient à sortir, de sous le chapeau du "fonds ivoirien au nom de la Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny", une valise de 150 000 Dollars pour honorer le chef d’état français. Sur l’unique photo présentant les huiles africaines autour du roi Hollande, notre Ivoirien d’importation n’est plus assis auprès de son maître ; il a eu son content de caresses et d’os à moëlle ! Il y a maintenant des toutous plus méritants que lui, assis plus près du chef, qui ont à leur tour besoin d’être dressés, à grand renfort de caresses dans le sens du poil : les vassaux du Bénin, du Tchad, du Burkina et de Mauritanie. Ouattara est assis plus loin, à côté du «Protecteur du Prix, l'ancien Président ivoirien, A. H. Konan Bédié» comme le souligne encore l’agence de presse africaine.

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Bédié et son épouse ont eu droit à une photo de famille avec Hollande, flanqué de sa go, beaucoup plus chaleureuse. Autre détail révélateur : le patron du PDCI occupe durant la cérémonie un fauteuil de cuir, alors qu’Alassane, les roitelets, le Roi et la présidente de l’Unesco doivent se contenter du velours, « empire » certes, mais probablement moins confortable. Atmosphère fin de règne, velours rouge et fauteuils en cuir pour les perpétuateurs de la françafrique, et pourtant la galerie de photos de la cérémonie ne présente guère de visages heureux, joyeux… L’ombre du prisonnier de Scheveningen est parvenue à s’infiltrer jusque-là, alourdissant encore cette ambiance poussive et décadente : les économies occidentales sont à bout de souffle, et la paix est célébrée dans une atmosphère de chaos et de guerre partout dans le monde.

«Grâce à la politique d’ouverture, d’accueil et d’hospitalité de Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire peut légitimement s’enorgueillir d’être devenue les Etats-Unis d’Afrique en miniature, le « pays de la vraie fraternité » comme le proclame l’Abidjanaise, notre hymne national. » dira Ouattara dans son discours. Et le pyromane ADO de poursuivre la flatterie en direction du pompier Hollande, qui vient paraît-il de sauver le Mali, « Vous avez manifestement fait vôtre le proverbe africain qui dit que "si vous n’aidez pas votre voisin à éteindre le feu qui brûle sa case, la vôtre ne sera pas épargnée par les flammes" ».Quelle mascarade !

Le feu, on en parle beaucoup, il est très à la mode ! Il ya eu d’abord la supercherie des images kényanes brandies par la Procureure de la CPI, retirées en catimini, mais reprises il y a quelques jours pour la deuxième fois par « Le Patriote », la voix du régime ivoirien, pour enfoncer une fois de plus le président Gbagbo; Puis Le Patriote, ce torchon littéraire cracheur de feu continue sur sa lancée: voici que notre quotidien incendiaire titrait il y a quelques jours : « Libérer Gbagbo c’est brûler la Côte d’Ivoire ! ». Et aujourd’hui il remet le couvert en affichant sur sa manchette « FPI : ils veulent brûler le pays !» En d’autres termes, il faut que LG reste en prison, que la moitié de la population qui a voté pour lui reste muselée, aux arrêts parce que le "salut" de la Côte d’Ivoire et cette "paix" que tout le monde a chantée à Paris dans les locaux de l’Unesco sont à ce prix ! Il faut que le soi-disant pyromane d'avant le 11 avril donne au vrai pyromane l’occasion de louer le Pompier, encore et encore !

Koua Justin, arbitrairement incarcéré sans même une trace de mandat d’arrêt, a-t-il donc été surpris lors d’un meeting une boîte d'allumettes à la main, pour que ce régime aux abois en vienne à en recourir à de tels arguments ? L'implantation, au cœur des forêts classées de l'ouest ivoirien, de milices étrangères surarmées qui, avec l'aval du gouvernement et sous la supervision des forces françaises d'occupation, déforestent à grande échelle et commercialisent l'ivoire de contrebande, n'illustre-elle pas, parmi tant d'autres dénis de justice, la nature d’un régime  capable de mettre le feu SANS ALLUMETTES et de désertifier la Côte d'Ivoire en la bradant ? Et notre ministre de la communication Affoussiata Bamaba-Lamine qui s’inquiète le 6 juin de la violence verbale chez les jeunes : "Il faut, à travers l’école et les médias inculquer  à cette jeunesse la culture de la paix et de la non-violence", commente-t-elle. N’est-ce pas pathétique ? Les pères et les grands-pères «rattrapés» de cette jeunesse rebelle mais libre jouent aux allumettes à longueur de jour, et il faudrait qu’aux enfants des autres, de ceux qui sont morts, en exil, au cachot, ces jeunes sans emplois, sans argent pour étudier, on inculque encore la paix et la non violence par la terreur ? Comment un régime qui assassine, emprisonne et rançonne les gens, pourrait-il parler de paix et de non-violence ?

Et Alassane Ouattara de terminer ainsi son discours : « Nous réitérons notre ferme volonté de promouvoir, avec le concours de l’UNESCO et de la communauté internationale, la culture de la paix et du développement humain en Afrique et partout dans le monde. » La paix ne se cultive pas avec des semences OGM stériles, -comme celles dont Monsanto et ses acolytes sont en train d’inonder le pays - elle n’est pas le résultat d’un processus d’écrasement et d’anéantissement d’un faible par un plus fort épaulé par la dite "communauté internationale"! Avant de cultiver et de récolter, encore faut-il semer cette paix ! Une réconciliation vraie se bâtit à deux, les yeux dans les yeux, main dans la main, en marchant dans la même direction – ce qu'a toujours désiré le président Gbagbo ! –, mais sans que le charognard françafriconusien ne s’invite par la force dans le paysage! Une fois semé ce germe de paix, le développement de la plante ne peut qu'aller de soi si les bonnes conditions sont réunies : oxygène, lumière, eau. Ce n’est pas en asphyxiant les populations, en les emprisonnant dans de sombres cachots, en les exilant, en les privant de travail, de nourriture et de soins que le développement humain se fera !

Ce n’est pas pour rien que le judaïsme parle du « shelom bait », la paix du foyer (dans le couple) qui rejaillit sur la famille, sur l’entourage, puis, de proche en proche, de cercle en cercle. Et que dire du « développement humain » ? J’ai eu froid dans le dos en lisant cette phrase d’Alassane ou de son scribe français. L’humain est beau, crée à l’image de D.ieu, il peut se développer sainement dans une atmosphère saine où les lois des hommes sont en harmonies avec celles du Créateur, et cela quelque soient nos convictions religieuses. Même ceux qui l’appellent le Grand architecte ne diront pas le contraire ! Malheureusement, « Le prix de la recherche de la paix devient ainsi le prix de recherche de la guerre dans les mains d'une Françafrique à l'agonie. » écrit aujourd’hui le ministre Ahoua Don Mello. Le développement humain ne peut se concrétiser qu’à partir de semences de paix : or la bande à Ouattara, au fil de dix ans de rébellion et de deux années de dictature, n’a cessé de semer des graines de haine gratuite, "rattrapage" aidant.

Au lieu de provoquer incendie sur incendie,  “de brûler jusqu’aux cendres qui nous restent” comme l’écrit Eric Kahé, autre exilé sous le coup d'un mandat d’arrêt international – alors que ses dernières fonctions officielles aux côtés du Président Gbagbo remontent à 2005 ! -, ne faudrait-il pas enfin se résoudre à observer les vents, à entendre les cris des agonisants, à ouvrir les yeux sur le désastre humain, l'économie en ruines, et prendre la mesure du feu qui couve! La couverture jetée pour étouffer toute velléité de révolte n’asphyxiera pas le feu, parce que sous la terre, c’est un volcan qui couve; un volcan ivoirien, africain. “Il y a mieux que la haine, c’est la nation” écrit encore cet ancien ministre de Laurent Gbagbo. Jusques à quand l’endurcissement du petit pharaon au service de la France pourra-t-il se développer sur ce terreau de haine? « La Côte d’Ivoire peut légitimement s’enorgueillir d’être devenue les Etats-Unis d’Afrique en miniature, le « pays de la vraie fraternité » Qui peut, sans frémir, accueillir cette phrase de la bouche de Ouattara ? La Côte d'Ivoire, ce désormais ancien phare économique de l’Afrique de l’Ouest, aujourd'hui supplanté par le Ghana, n'a nullement besoin d'un granguignolesque "Obama" local autoproclamé... Tout ce qui reste à Ouattara, en fait d'"Obama", ce sont des cendres au bas mot fumantes, qui ne devront qu'à de vrais gestes d’apaisement et de réconciliation de ne pas se retransformer en brasier au moindre coup de vent à venir ! Comment les membres d'un gouvernement responsable peuvent-il se comporter en loubards, sans foi ni loi? Comment une nation constituée d’hommes et de femmes, de vieux et de jeunes, de pauvres et de riches, d’instruits et d’analphabètes peut elle se construire quand on ne lui propose que la mort, l’exil, l’expropriation, la prison, le chômage? De quelle fraternité s’agit-il? Celle de quelques pseudo-élus africains, maniant la brosse à reluire pour cirer à domicile les pompes d'un roi de France qui avec son peuple se retrouvera bientôt nu, privé de cette couverture que L'Afrique aura enfin à son tour décidé de tirer à elle ?

« Il serait temps de rendre aux africains ce qu’on leur a pris pour éviter les convulsions à venir »: c’est en ces termes que Jacques Chirac s’exprimait lucidement il y a quelques années. A quoi bon trembler encore et se mettre au garde à vous devant une «françafrique à l’agonie»? Le vent tourne, amis ivoiriens et africains. Osez le respirer, l'entendre et déjà le voir à l'œuvre ! C’est maintenant le moment d’éteindre le feu, d'organiser ensemble cette noria de seaux remplis d'une eau capable, non seulement d'achever l’incendie, mais d’arroser la fragile semence d'une paix garantie sans "ingérence humanitaire" et sans "communauté internationale". Pour qu’elle puisse à présent germer, cette semence, puis très bientôt lever, et permettre l'épanouissement d'une culture harmonieuse, prometteuse d'une moisson de vrais lendemains!


Shlomit Abel, le 12 juin 2013


Source: RESISTANCE COTE D'VOIRE ISRAEL

jeudi, 13 juin 2013

UN GOUVERNEMENT DES BANQUES, PAR LES BANQUES ET POUR LES BANQUES

 

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Cinq ans après l’effondrement financier de 2008, la spéculation et la fraude qui ont causé le crash ont fait un retour en force aux États-Unis. Conséquence des 85 milliards de dollars imprimés et livrés aux banques chaque mois par la Réserve fédérale, les affaires sont en plein boom au casino de Wall Street. Les valeurs des actions atteignent des niveaux record comme les profits des banques, dans un contexte de salaires en déclins et de pauvreté massive.

Dans ces conditions, les banques ont poussé à ce que soient levées les restrictions pourtant très modestes qui pèsent sur la spéculation financière, tout en élargissant le domaine d’applicabilité des lois sur le renflouage public. Le but est simple: donner aux banques une capacité maximale à spéculer sans contraintes, tout en obtenant un maximum d’aides de l’État si, et quand, la bulle éclatera.

L’emprise des banquiers sur le gouvernement est tellement ferme qu’ils ne se contentent plus de laisser leurs politiciens vendus écrire les lois, ils ont commencé à les écrire eux-mêmes.

Ce fut le cas pour un projet de loi qui est passé devant la Commission aux services financiers de la chambre des députés ce mois-ci, le projet HR 992, qui étend significativement le nombre d’institutions financières pouvant être couvertes par la Federal Deposit Insurance Corporation [FDIC – créée au départ pour garantir les dépôts des particuliers, elle garantit les dettes des banques depuis 2008, ndt]. La loi qui est passée avec le soutien des démocrates et des républicains modifie une loi précédente empêchant les institutions financières qui font le commerce des «swaps» (un ensemble de produits dérivés dangereux et largement déréglementés) d’être couverts par le FDIC.

Le New York Times a fait savoir vendredi que, d’après des e-mails examinés par le journal, 70 des 85 lignes du projet étaient tirées de recommandations faites par Citigroup, l’une des plus grandes banques américaines. Deux paragraphes ont été insérés pratiquement mot à mot depuis un email envoyé par la banque aux législateurs.

Cette loi restreint les dispositions de la loi Dodd-Frank de réforme de Wall Street et de protection des consommateurs signée le 21 juillet 2010. Celle-ci était déjà en grande partie un geste de publicité du gouvernement Obama, qui tentait de donner l’impression de s’en prendre à la spéculation financière tout en autorisant en réalité les banques à poursuivre leurs habitudes.

Au lieu d’imposer des règles, la loi Dodd-Franck n’a fait qu’imposer qu’une série de règles soient appliquées plus tard par les autorités de régulation. Près de trois ans après le passage de cette loi, la grande majorité de ces règles n’a pas été créée.

Sur les 135 dispositions de régulation des banques imposées par la loi Dodd-Franck, seules 40 ont été effectivement appliquées. La disposition la plus mise en avant à l’époque, qui exigeait la création d’une «règle Volcker» qui aurait empêché les institutions d’épargne de se livrer à la spéculation financière, reste lettre morte.

De plus, un grand nombre de ces dispositions, pourtant peu menaçantes, ont été encore réduites par les décisions suivantes du Congrès, comme la HR 992 précitée.

Même les dispositions qui ont été appliquées ont été affaiblies par la suite par les autorités de régulation à la demande des banques. La semaine dernière, la Commodity Futures Trading Commission [qui régule les bourses de commerce pour les matières premières, ndt], a voté l’application de règles sur les produits dérivés – des produits financiers spéculatifs dont la valeur dépend d’autres produits – qui sont significativement plus faibles que celles qui sont proposées par la loi Dodd-Franck.

Cette commission avait initialement proposé que les acheteurs de produits dérivés doivent contacter cinq banques avant d’établir le prix d’un contrat. Avec les nouvelles réglementations, les acheteurs n’ont qu’à contacter deux banques, ce qui renforce le monopole d’une poignée d’institutions qui dominent ce marché largement dérégulé des produits dérivés, lequel représente plusieurs milliers de milliards de dollars.

Ce projet proposait au départ que les produits dérivés soient échangés de manière électronique comme les actions, pour que les acheteurs puissent avoir une meilleure compréhension des prix sur l’ensemble du marché, ce qui aurait rendu la surévaluation des prix plus difficile. Mais les règles finalement adoptées permettent à la plupart des échanges de dérivés d’avoir lieu par téléphone, ce qui rend le marché pratiquement impossible à réguler.

En dépit d’une montagne de preuves – dont un volumineux rapport de 2011 de la sous-commission permanente du Sénat sur les enquêtes – indiquant que le crash financier de 2008 était directement lié aux infractions constantes de Wall Street, pas un seul responsable d’une grande banque n’a été poursuivi en justice, sans parler d’aller en prison.

Les géants de Wall Street émergent de la crise financière plus grands et plus puissants que jamais, et, comme le montrent les enquêtes du gouvernement sur les pertes de 6 milliards de dollars de JPMorgan l’an dernier, leurs activités ne sont que spéculatives et parasitaires, comme avant le crash.

Ces facteurs, combinés avec la vaste quantité d’argent frais injecté dans les marchés financiers par les banques centrales rendent un nouveau crash financier quasi inévitable.

Dans tout cela, le rôle du gouvernement a été de couvrir et de faciliter les crimes des banques, cherchant à créer une apparence de régulation tout en permettant à Wall Street d’agir en toute impunité.

La principale connexion entre les banques et le gouvernement, c’est le gouvernement Obama lui-même, qui, avec chaque nouvelle nomination, devient encore plus un gouvernement de, par, et pour l’oligarchie financière.

En janvier, Obama a nommé au poste de ministre du trésor, Jacob Lew, qui a gagné des millions de dollars en tant que directeur de l’unité d’investissements alternatifs de Citigroup, qui pariait contre le marché de l’immobilier pendant que celui-ci s’effondrait.

Ce mois-ci, Obama a nommé Penny Pritzker, l’héritière d’une chaîne d’hôtels et une opératrice d’un fonds d’investissement, comme secrétaire d’État au Commerce. Avec un capital net de 1,85 milliard de dollars, Pritzker est la personne la plus riche de l’histoire des États-Unis à être membre du gouvernement.

Ces développements démontrent l’impossibilité de maîtriser les criminels financiers dans le cadre très limité du système politique actuel. Le gouvernement et les deux grands partis ne sont qu’à peine plus que des valets des banquiers, lesquels exercent une dictature sur la vie politique des États-Unis.


Andre Damon

Article original, WSWS,paru le 25 mai 2013


Source: MONDIALISATION.CA

PANIQUE DANS LA BASSE-COUR - FABIUS: «IL FAUT ARRETER LA PROGRESSION VERS ALEP» DES TROUPES SYRIENNES

 

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Le ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, a demandé mercredi à la «communauté internationale» d'arrêter la progression vers Alep des troupes syriennes qui préparent un assaut majeur contre les rebelles arabes et étrangers dans cette ville du Nord.

 

"Il faut qu'on puisse arrêter cette progression, avant Alep. C'est la prochaine cible à la fois du Hezbollah, des Iraniens", a déclaré le ministre, interrogé sur la chaîne de télévision France 2.

"Il faut un rééquilibrage (entre les troupes syriennes et les rebelles arabo-étrangers) parce qu'au cours des dernières semaines, les troupes de Bachar al-Assad (président syrien) et surtout le Hezbollah et les Iraniens, avec les armes russes, ont repris un terrain considérable", a-t-il dit.

"Bachar (...) a utilisé de façon scandaleuse les armes chimiques" (Oh honte!, Ndlr), a-t-il encore prétendu.

"Il faut qu'on l'arrête parce que, s'il n'y a pas de rééquilibrage sur le terrain, il n'y aura pas de conférence de la paix à Genève car l'opposition n'acceptera pas d'y venir. Or il faut une solution politique."

"Derrière la question syrienne, il y a la question iranienne", a poursuivi M. Fabius.

Selon lui, "si on n'est pas capable d'empêcher l'Iran de prendre la main sur la Syrie, quelle crédibilité aura-t-on en exigeant qu'elle n'ait pas l'arme atomique? Donc tout est lié".

Tout en plaidant pour "que les résistants (rebelles extrémistes) puissent se défendre, qu'ils disposent d'armes", Laurent Fabius a ajouté: "Il nous faut respecter la réglementation européenne qui dit que c'est à partir du 1er août que des armes puissantes peuvent être données. Pour le moment, nous n'avons pas encore décidé".

"Et les Américains sont en train d'examiner leurs propres positions", a-t-il ajouté, précisant s'être entretenu mardi par téléphone avec son homologue américain, John Kerry.

"Il y a dans l'administration américaine des positions différentes. Les Américains auraient voulu se tenir à l'écart mais le conflit n'est plus local, c'est un conflit régional et même international", a-t-il dit.

 

Source: INFOS D'ALMANAR

mardi, 11 juin 2013

ARRESTATION DE KOUA JUSTIN: LE VUVUZELA DES GENOCIDAIRES FACE AU DESARROI!

 

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«Oh rage! Oh désespoir!», disait DON RODRIGUE in le «Cid».


De même que le Cid a pu arrêter l’envahissement de l’Europe par les tout puissants almoravides en 1092, les combattants africains pour la souveraineté ne seront pas vaincus par le désespoir, mais vaincrons par les armes de la vérité sur le mensonge.

De même que la CPI a été instrumentalisée par les plus grands pourvoyeurs de crimes au monde pour devenir la Cour de Punition des Innocents, la lutte contre l’impunité en Côte d’Ivoire a tourné à la lutte contre les innocents avec le fallacieux nouveau prétexte que l’État n’est pas encore reconstitué pour faire face à ses engagements contre l’impunité des vrais criminels.

Paradoxalement, ce même État trouve de la force et des moyens contre les innocents.

La gifle reçue par la Françafrique par les juges de la CPI dernièrement, lancera le rouleau compresseur avec de nouvelles victimes, comme l'arrestation de la voix des sans voix : KOUA Justin !

En effet, le régime OUATTARA, qui a été jugé incompétent par ses parrains face au dossier GBAGBO, malgré la dictée préparée et servie par la résolution de l’ONU présentée par la France qui affirmait avoir vu GBAGBO tirer sur son peuple, est aux abois.

En constituant le maximum de prisonniers, ce régime pense pouvoir arracher sous la torture des témoignages et des aveux contre GBAGBO venant de son propre camp. Cela reste leur unique porte de sortie après l’appui raté de Mamadou Koulibaly qui n'a pas pu donner son propre avis sur les élections présidentielles de 2010 et s'est aligné sur un avis imaginaire du "PANEL" des chefs d'Etat de l’UA, sachant, avec la lucidité qu’on lui connait, que c’est le vaincu des élections qui est le responsable des crimes. C’est le lieu de rappeler que l’UA avait simplement décidé de trouver une solution négociée à la crise face au dilemme que constituait la certification de l’ONU et la décision du Conseil Constitutionnel. Certification qui constitue le premier gros mensonge de l’ONU avant celui sur GBAGBO tirant sur son peuple démenti par sa propre justice. C’est en attendant le représentant de l’UA que, par mépris pour cette institution, la France a attaqué la Côte d’Ivoire en exterminant tous les jeunes mobilisés à la Résidence du Chef de l’Etat.

C’est là où les Ivoiriens attendent BENSOUDA pour ses enquêtes complémentaires ! Chaque famille ayant perdu de vue un fils pendant le massacre de la résidence pense que ce dernier  est en exil. C’est d’ailleurs dans la perspective de ce massacre qu’un appel d’offre avait été lancé par l’ONUCI pour recruter des sociétés de pompes funèbres en prélude au plan de massacre de la résistance patriotique qui a mis en déroute l’armée française en 2004.

Où sont tous ces jeunes ?

On n’espère que BENSOUDA nous donnera la réponse après son enquête !

Chers Africains dignes, aucune preuve criminelle ne justifie la détention de KOUA Justin et des 700 prisonniers sans jugement en Côte d’Ivoire ; comme, il n’en existe point contre Laurent GBAGBO !  Le silence de la fameuse communauté internationale pour la démocratie planétaire contre ces violations graves des droits de l’Homme, est la preuve des motifs inavoués de ce honteux scandale. L’impérialisme français qui combat en Syrie aujourd’hui avec les mêmes  prétextes utilisés pour la version françafricaine de ses guerres, continue sa route pavée de crimes impunis en attendant le «Cid».

Les Ivoiriens ont choisi comme « Cid », l’arme de la vérité face au « VUVUZELA » des agents de l’impérialisme comme BENSOUDA et son clone ivoirien pour la promotion de la lutte contre l’impunité qui s’est muée en lutte pour la punition des innocents.

Cette situation ouvre une page blanche sur l’avenir de l’Afrique et un nouvel ordre mondial qui consacrera la souveraineté du continent.

A l’image des peuples d’Amérique du Sud, si nous, nos chefs d’État dignes et tous les combattants d’un nouvel ordre mondial n’écrivons rien sur cette page par des paroles et des actes pour faire éclater la vérité aux yeux du monde entier, elle sera remplie par des évènements comme la détention sans motif du Président GBAGBO, de 700 pro-GBAGBO et  celle de KOUA Justin !

De même que l’esclavage a commencé en un point du continent et progressivement s’est généralisé, la colonisation a démarré en un point et s’est généralisée.

La recolonisation a commencé en Côte d’Ivoire, puis en Libye et a atterri au Mali. Le combat contre les terroristes qu’ils  forment et surarment pour qu’ils soient les seuls à les freiner, constitue le prétexte idéal de la grande marche vers la recolonisation comme solution de sortie de crise de l’impérialisme. Chaque impérialiste, avec une parfaite solidarité face aux crimes engendrés,  joue son rôle dans son pré-carré avec ses propres terroristes qu’il transporte d’un pays à coloniser vers de nouveaux pays.

Par le passé, les crises de l’impérialisme se résolvaient à visage découvert par des conquêtes  de nouveaux continents. N’ayant plus de continent à coloniser pour sortir de cette crise, il lui reste une seule solution : la recolonisation de l’Afrique, le seul continent sans parole et droit de veto à l’ONU. Pour éviter  de présenter le visage hideux du colonialisme pouvant réveiller les souvenirs affreux, cette recolonisation se réalise sous le masque de l'ONU comme visage politique, le FMI et la Banque Mondiale, les bras financier et économique, la CPI et les soldats de l’ONU, les geôliers pour mater les récalcitrants qui ne veulent pas céder au diktat de l'impérialisme avec la complicité des divers prédateurs dont le réseau françafricain pour le pillage économique et financier  vers les métropoles et les paradis fiscaux.

«Tant que les lions n’auront pas leurs historiens, l’histoire de la chasse sera toujours à la gloire du chasseur» Chinua Achebe, in «Le monde s’effondre». Suivez mon regard sur les récentes glorifications du Chef suprême des armées Françafricaines au nom d’Houphouët-Boigny par les africains !

GBAGBO est vraiment en otage !


DON MELLO Ahoua

Docteur Ingenieur des ponts et chaussées.

lundi, 10 juin 2013

CPI - FATOU BENSOUDA RETICENTE A APPORTER DE NOUVELLES PREUVES CONTRE GBAGBO

FATOU BENSOUDA.jpg


CPI - Rebondissement: Fatou Bensouda refuserait d’apporter de nouvelles preuves contre Gbagbo. Elle préfère juste faire appel.


Fatou Bensouda refuse d’enqueter et d’apporter de nouvelles preuves.

 

Selon les informations en notre possession, la procureure de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, pourrait abandonner la piste des enquêtes afin d’apporter de nouvelles preuves à charge contre le Président Laurent Gbagbo. Information confirmée par notre confrère « Le Nouveau Courrier » dans son édition d’aujourd’hui.

Echaudée par le scandale de fausses preuves du Kenya contre Gbagbo, lequel a considérablement nui à sa crédibilité, la procureure de la CPI semble ne plus vouloir prendre de risques. Elle sait pertinemment qu’en l’état des choses, il lui est quasiment impossible d’apporter de nouvelles preuves sans prendre le risque d’être induite en erreur par le régime Ouattara.

Par ailleurs, madame Bensouda sait plus que quinconque que toutes les nouvelles preuves qu’elle apportera contre Gbagbo seront scrutées au peine fin par Me Altit et son équipe. Et en cas de découverte de nouvelles fausses preuves, ce sera pour elle l’humiliation suprême et la fin de sa carrière.

Comme on le voit, en l’absence de preuves, Fatou Bensouda joue la carte de la sagesse et de l’humilité, car le dossier Gbagbo est devenu planetaire et très explosif. Chose qu’elle avait semblé sousestimer. Elle préfère maintenant la prudence en faisant juste Appel de la décision des juges.

Aura-t-elle gain de cause ? Rien n’est moins sûr. Selon plusieurs analystes, en empruntant cette voie, la procureure sait pertinemment qu’elle risque de ne pas être suivie par la Cour qui en a assez du dilatoire et des accusations farfelues, et qui préfère désormais qu’on lui apporte les preuves des accusartions portées contre Laurent Gbagbo.

Va-t-on alors vers une liberation du Président Gbagbo pour absence de preuves et vacuité du dossier? Selon plusieurs analystes, cela paraît logique.

Ce qui l’est moins, c’est quand est ce que Laurent Gbagbo récouvrera réellement la liberté.


Michèle Laffont,

Correspondante permanente aux Pays Bas


Source: IVOIREBUSINESS.COM

LE PATRIOTE: «LIBERER GBAGBO, C'EST BRULER LA COTE D'IVOIRE» - LE MINISTRE ERIC KAHE S'INDIGNE


UNE LE PATRIOTE DU 6 JUIN 2013.jpg


Dans un titre chaotique servi par un quotidien ivoirien qui a rapporté des propos de représentants de victimes sélectives et qui rappelle malheureusement une certaine carte de la Côte d'Ivoire qui a préfiguré la partition de l’après-septembre 2002, nous lisons que «Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d'Ivoire».

En raison du caractère hautement dangereux d’un tel titre, il nous pose problème. Il pose aussi la question de savoir pourquoi une telle haine envers un homme avec lequel on avait naguère bâti le Front Républicain, ancêtre du combat pour la non exclusion? Peut-on être du côté du pouvoir et distiller tant de haine? Laurent Gbagbo fait-il donc si peur? L’auteur d’une telle politique ne dessert-elle pas l’image extérieure de son propre mentor et celle du régime que l’on tente parallèlement de construire à coup de milliards? Pour tout occidental, ce titre est haineux car la libération de Gbagbo ne devrait reposer que sur l’exactitude des faits à lui reprochés.

Natif d’une région où, en une seule nuit, j’ai perdu des milliers de compatriotes, je ne peux continuer de me taire face à ceux qui promettent encore de brûler les cendres qui nous restent! Je ne serais pas surpris du mépris de ceux qui ne regardent qu’au contenu de leur assiette plutôt qu’à l’avenir de la nation. Ceux-là me répondront que je suis laid, chef d’un "parti politique dont les militants ne peuvent remplir une boîte d’allumettes", indigent car n’ayant profité d’aucun casse de la Bceao, ni rien détourné pendant mon passage au gouvernement! Mais est-ce là le vrai débat? Mon indigence n’intéresse pas les Ivoiriens! Seul compte le débat des idées. À tous ceux qui seraient tentés de répondre au messager, de grâce, répondez au message car il y a mieux que la haine: la nation.

côte d'ivoire,le patriote «libérer gbagbo,c'est brûler la côte d'ivoire»,le ministre éric kahé s'indigne,kahé éric

«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d'Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d'Ivoire ne cesse de brûler du feu de l’injustice, servi par une justice des vainqueurs! Je m’incline chaque jour devant la cause des victimes parce que porteur des mêmes douleurs, mais doit-on encore accepter d’instrumentaliser nos terribles souffrances à des fins de haine? Brandir le feu n’est-il pas un moyen d’avouer une incapacité à faire justice aux victimes?

«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d'Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d'Ivoire ne cesse de brûler. Laurent Gbagbo n’était-il pas à la CPI quand, parlant de la région de l’Ouest, Amnesty International a écrit: «Cette région, la plus meurtrie par la décennie d’instabilité qu’a connue le pays, a une nouvelle fois été le théâtre de violences lors de l’attaque, en juillet 2012, du dernier camp de personnes déplacées situé à Nahibly, à proximité de la ville de Duékoué (à 450 km d’Abidjan). Cette attaque a été perpétrée par des populations locales soutenues par des Dozos, une milice de chasseurs traditionnels soutenue par l’État et par l’armée. De nombreux témoignages recueillis par Amnesty International font état d’arrestations, de disparitions forcées, d’exécutions extrajudiciaires et d’une volonté des assaillants de raser ce camp de personnes déplacées». Le rapport poursuit d’ailleurs par cet autre constat: «Aucun des auteurs des violations et atteintes très graves aux droits humains décrites dans le présent rapport n’a été traduit en justice ni même relevé de ses fonctions. Cela illustre l’échec des autorités ivoiriennes à instaurer un état de droit près de deux ans après l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités. Loin de répondre aux espoirs d’une justice impartiale, les autorités ont exclusivement ciblé les partisans avérés ou présumés de l’ancien président Laurent Gbagbo et ont amorcé à leur encontre des procédures judiciaires dilatoires qui ne respectent pas les normes internationales d’équité. (…) l’instruction est faite uniquement à charge sans qu’il y ait eu, à ce jour (février 2013), ni confrontation avec des victimes ni aucun élément de preuve matériel communiqué à la défense».

«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d'Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d'Ivoire ne cesse de brûler, même quand des alliés organisent une élection à laquelle ne participe pas l’opposition et qui, mettant en compétition biaisée les alliés du régime, dégénère en violences malgré un "désert électoral".

«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d'Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d'Ivoire ne cesse de brûler avec une corruption galopante reconnue par le pouvoir comme difficile à combattre et une gouvernance de communication qui ne laissent aux populations que le choix de la misère!

côte d'ivoire,le patriote «libérer gbagbo,c'est brûler la côte d'ivoire»,le ministre éric kahé s'indigne,kahé éric

«Libérer Gbagbo, c’est brûler la Côte d'Ivoire»! Et pourtant depuis deux ans que Laurent Gbagbo est privé de liberté, la Côte d'Ivoire ne cesse de brûler, avec des personnalités de haut niveau qui promettent le cimetière à leurs adversaires politiques au point de se faire surnommer "Cimetière"!

La justice que l’on réclame, à juste titre, pour les victimes ne peut leur être profitable que dans un climat de paix et de cohésion sociale. Nous avons le choix entre plusieurs solutions dont celle à la sud-africaine, celle à la Nuremberg, etc. Notons toutefois qu’à Nuremberg ce ne sont pas les Allemands qui ont jugé les Allemands. Nous sommes tous les enfants d’un même pays.

Avec une Côte d'Ivoire humiliée sur la scène internationale et défigurée, apprenons à faire profil bas et surtout à envisager un avenir à notre pays au travers d’un pacte républicain qui n’effacerait pas les rapports de force! La Côte d'Ivoire brûle déjà. Et c’est sans doute en faisant justice à Laurent Gbagbo, un compatriote à nous tous, que nous libérerons notre pays et que nous ferons tomber une pluie sur toutes ces braises ardentes ! Que nous éteindrons ce volcan qui couve!

La paix, ce ne sont pas seulement des déclarations d’intention ou des mots mais aussi des non-mots! Surtout des actes d’amour!

Nous sommes allés trop loin dans la haine pour aller plus loin. Ici, doit s’achever la course! BORIBANA[1]!


Le ministre Eric KAHE

Président en exil de l’AIRD



[1] Expression Malinké signifiant « la course se termine ici »

BRUNO NESTOR AZEROT: «CE N'EST PAS LE DROIT QUI REFUSE AUX HOMOSEXUELS D'AVOIR UN ENFANT, C'EST LA NATURE»

 

BRUNO NESTOR AZEROT.jpg

 
Extrait du beau discours prononcé le mercredi 29 Janvier 2013 par Bruno Nestor AZEROT Député (de gauche) de la Martinique:
 
 
"Moi, homme issu d’un peuple opprimé, réduit en esclavage, où le système social était un système qui refusait à un homme et à une femme de pouvoir avoir un enfant et de se marier légitimement, où le mariage était interdit et fut une conquête de la liberté, j’affirme le droit à l’égalité dans la différence et non dans le même, le semblable, l’unique ! Car enfin, au nom de l’égalité, du refus des discriminations, peut-on établir une équivalence entre tous les couples?
 
Je crois au contraire que l’on ne peut mettre fondamentalement sur le même plan hétérosexualité et homosexualité. Un homme et une femme, ce n’est pas pareil que deux hommes ou deux femmes ensemble. Etablir une équivalence, une nouvelle égalité, une nouvelle norme, c’est nier la réalité; c’est rétablir une oppression en confondant genre, sexe, et pratique. C’est un diktat de la pensée contre l’humanité vitale… et les Droits de l’Homme,… et de la femme. Refuser cette différence naturelle, c’est refuser la différence sexuée. C’est déjà revenir sur l’oppression de la femme et de ses droits émancipés. C’est instaurer une nouvelle contrainte! Oui, car il sera interdit de faire la différence désormais entre un homme et une femme, au risque d’être discriminatoire….
 
Et l’enfant! puisque deux hommes ou deux femmes ne peuvent procréer, que va t-on faire?
 
Car pour procréer, il faut bien un homme et une femme. Donc, inéluctablement, il y aura recours à la procréation médicale assistée car ce désir d’enfants est légitime. Mais ce n’est pas le Droit qui refuse aux homosexuels d’avoir un enfant: c’est la Nature. Alors, pour pallier ce problème de stérilité et d’incompatibilité, on aura recours à la PMA… Où est donc le progrès social? Où est la liberté nouvelle? Comment voulez-vous qu’un homme dont les ancêtres ont été vendus et « chosifiés » ne soit pas inquiété par cela? La Gauche a le pouvoir dans cette assemblée. Je suis un homme de Gauche. Mais parce que je suis de Gauche, je préfère l’humain et l’humanisme à ce que sous-tend ce texte.... A mon grand regret, mais avec ma conviction d’homme engagé et libre de Gauche, je ne voterai pas ce projet qui est attentatoire aux libertés et ne répond pas aux aspirations profondes du peuple. En particulier Outre-mer…
 
Je vous remercie."
 
 
Bruno Nestor AZEROT, Député.
 

dimanche, 09 juin 2013

CPI - LA FABRICATION DES PREUVES CONTRE GBAGBO A COMMENCE

 

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Pour sauver le soldat "Bensouda-Ouattara", la fabrication des preuves contre Gbagbo a commencé.


La décision des juges de la Chambre préliminaire I de la CPI du lundi 3 juin 2013, de renvoyer la procureure à sa copie – illisible – a plus que sonné le régime Ouattara, qui tente le tout pour le tout pour sauver la face. Les officines sont à pied d’oeuvre pour la fabrication de «preuves supplémentaires » qui selon le régime devraient «couler définitivement » Gbagbo.

C’est la peur-panique dans le camp Ouattara. C’est peu de le dire. Ses partisans s’attendaient à tout sauf à un tel scénario dans lequel, les preuves minutieusement emmagasinées par le régime pour le Bureau du procureur, se sont avérées insuffisantes, plutôt insignifiantes au regard des chefs d’accusation. Et depuis, c’est la course à la fabrication de nouvelles preuves. Mais là où deux ans ont produit des «preuves insuffisantes», quelques 2 à 3 mois peuvent-ils «enfanter» des preuves suffisantes ?

Là est la grande interrogation à laquelle tente de répondre le régime Ouattara. L’instrumentalisation des victimes (?) de la crise post-électorale bat son plein. Des victimes qui se sont dit indignées et choquées par la décision de la Cpi. Comme si les victimes étaient une section du RDR, le parti de Ouattara. Le régime a-t-il fait le décompte de victimes pour identifier les siens ? Des victimes, parlons-en ! Il y en a eu depuis septembre 2002, où la rébellion de Guillaume Soro a défiguré la Côte d’Ivoire. Mais, encore les victimes de la récente crise post-électorale. Qui mieux que les victimes du massacre des Wê par les Frci en mars 2011, peuvent se sentir oubliés de la Cpi?

Depuis quelques jours, toutes sortes d’associations de victimes donnent de la voix, pour servir de «preuves vivantes », selon leurs propres termes. Et comme si cela ne suffisait pas, le régime tente – malhonnêtement – de faire croire, par la presse qui lui est proche, qu’il s’agit exclusivement de militants du Rdr tués, à travers l’opération d’exhumation des corps entamée à Yopougon. Par quelle magie les officines du régime Ouattara ont pu deviner que des restes humains exhumés à Yopougon sont des victimes de Gbagbo ? Il faut bien être sorcier pour le savoir n’est-ce pas ? Si la honte pouvait tuer, le Rdr serait bien mort depuis belle lurette.

Au lendemain de la décision de la Cpi, le porte-parole du Rdr, Joël N’guessan, commentant l’actualité a révélé que trouver des preuves supplémentaires étaient chose facile. Faisant allusion à la hiérarchie des ex-Fds à l’époque. On devine aisément que les généraux Philippe Mangou, Edouard Kassaraté, Detho Léto et bien d’autres pourraient bien être mis à rudes épreuves, pour «acculer » Laurent Gbagbo. N’était-ce pas là aussi, les clauses d’un deal secret entre eux et Alassane Ouattara ? En tout cas, la machine à fabriquer les preuves du régime est bien en branle. Comme s’il s’agissait de faire un décompte macabre.


Gérard Koné


Source: CAMEROON VOICE

samedi, 08 juin 2013

DISCUSSION - REPONDRE UTILEMENT A MONSIEUR ROBERT LACAILLE


ROBERT LACAILLE. PROFIL FACEBOOK.jpg

Couverture du profil Facebook de Robert Lacaille. Révélateur des traits psychologiques de l'individu?

 

La réplique hallucinante d'un français, Robert Lacaille, à notre frère Léandre Sahiri, Docteur ès Lettres, au cours d'une discussion relative aux relations entre la France et l'Afrique, et la réponse pleine de pertinence du togolais François Fabrégat du CVU Diaspora. Appréciez!

 

Léandre Sahiri: Lisez ci-dessous la lettre reçue, ce mercredi 5/6/13, de Monsieur Robert Lacaille: 

"Cher Léandre ... je n'ai jamais eu la prétention d'être un ange ...et faire honte à mes parents est le cadet de mes soucis, je suis un européen,je ne suis pas chrétien, ne l'oublie pas .Quant à tes conseils d'Africain tu devrais savoir ce que j'en pense ...De la considération pour vous les Africains , vous qui vivez encore à nos crochets ...tu plaisantes j'espère ... Combien la France a donné l'année dernière à la Côte d'ivoire, l'intervention de l'armée française pour y rétablir la démocratie et virer ton petit roi de Bagdo ...le coût de l'intervention au Mali , plus d'un million d'euro pour éviter que ce pays tombe sous la charia ...Tout ce que doit faire la France alors que vous avez l'indépendance depuis 50 ans ...On commence en avoir marre de gaspiller de l'argent pour vous tous ... et je ne parle pas de vos bons à rien qui vivent de l'aide sociale ou se retrouvent en prison pour trafic de drogue ...Vous n'avez même pas la reconnaissance du ventre . Que serait l'Afrique s'il n'y avait jamais eu les blancs ? Nous ne sommes pas sur le même pied d'estale Léandre ... et n'oublie pas que je ne suis pas chrétien ... Bonne continuation, salut."

 

Robert Lacaille (Page Facebook)

La réponse de François Fabrégat


"Bonjour,

Pour répondre utilement à Monsieur Lacaille (membre du parti UMP dont le Président Sarkozy traitait en son temps les jeunes de racaille), consacrons quelques instants à la compréhension des phénomènes qui sont la cause de nos maux africains contemporains. Et parmi ceux-ci le regard d'une partie de certains peuples d'Europe à l'égard de l'Afrique.

Malheureusement ce Monsieur exprime tout haut les idées d'une frange importante des populations européennes qui confrontées à la crise sévère qui frappe ces pays, ont perdu leurs repères politiques traditionnels. Notamment en raison de leur impossibilité aujourd'hui, de distinguer des perspectives cohérentes de choix politiques. Ceci, dans la mesure ou les partis de gouvernement (en France de droite UMP ou de gauche PS) qui se succèdent au pouvoir au gré des alternances politiques électorales, pratiquent à quelques nuances et avec parfois des habillages différents, exactement les mêmes politiques néolibérales.

Ainsi, situer notre réflexion sur le panafricanisme en ignorant la montée des extrémismes de toutes obédiences dans le monde qui nous entoure serait une erreur fondamentale.

Le point de vue des idées exprimées par M. Lacaille est directement issu des fondements idéologiques véhiculés actuellement par les droites traditionnelles en France et partout en Europe. Aujourd'hui, le discours et la réflexion politique de ces droites traditionnelles se confond - quand il ne l'épouse pas carrément - avec celui des extrêmes-droites européennes, dont certaines sont déjà au pouvoir dans certains pays membres de l'Union européenne.

Pour vous en convaincre je vous adresse Le manifeste Antifasciste européen qui vient de naitre ainsi qu'un article de fond sur cette question écrit par Yorgos Mitralias.

Et ceci se passe au sein d'une Union Européenne totalement silencieuse devant de telles dérives politiques qui sont contraires à l'essence même du Traité de Rome.

Il y a une raison fondamentale à cela.

L'Union Européenne (ex CEE) s'est bâtie sur les décombres de la seconde guerre mondiale et cette Union Européenne s'est toujours construite sur un malentendu. Celui de la libération des économies au détriment de la question centrale de la construction  politique par le moyen de la démocratie et surtout de l'harmonisation sociale par le haut.

La construction politique de l'Europe est un leurre dans la mesure où 55 ans après les débuts de la construction du conglomérat européen aucune de ses institutions ne fonctionne démocratiquement et le lobbying économique et politique y est roi. Ainsi, la toute puissante « Commission Européenne » n'est toujours pas une instance démocratiquement élue,  quant au Parlement Européen il ne dispose - à part celui d’émettre des avis -,  pratiquement d'aucun pouvoir, même pas celui de voter en dernier ressort le Budget de l'Union Européenne ou l'aide au développement.

Ainsi du « Traité CECA » du 18 avril 1951, au « Traité sur le fonctionnement de l'Union européenne » du 25 mars 1957 entré en vigueur le 1er janvier 1958 qui institue le « Marché Commun européen », puis à l' « Acte unique européen » (AUE) du 28 février 1986 entré en vigueur le 1er juillet 1987 qui consacre le processus d'intégration européenne, la question économique a primé sur toutes les autres. Cet édifice  institutionnel a été  couronné par le « Traité établissant une Constitution pour l'Europe » de 2005, récusé par référendum par les peuples de cinq pays européens (dont les Français qui ont dit non à hauteur de 54,68%) mais auxquels on  l'a imposé quand même, sous la forme du traité de Lisbonne du 13 décembre 2007, directement voté par les parlements et non plus approuvé par référendum populaire. (En France ce traité a été approuvé par le parlement réuni en congrès à Versailles le 4 février 2008 : UMP et PS ont voté de conserve ce traité : 560 voix pour, 181 contre, 152 abstentions.)

Comment dès lors s'étonner que cette Union Européenne - tout entière dévouée à la satisfaction des intérêts privés au détriment de l'intérêt public et de celui des peuples -, dont la plupart des pays  sont perclus de dettes, laisse monter et s'installer les extrémismes dans le champ politique sans rien dire ni  surtout faire.

Le pire peut-être, est que cela ne semble aujourd’hui choquer personne que le "gouvernement" de la première puissance économique du monde souffre d’un déficit démocratique d’une profondeur abyssale! Si cela ne semble choquer personne, c’est que les puissances économiques et financières qui constituent les oligarchies régnantes y trouvent leurs avantages.

Mais les peuples eux n’y trouvent pas leur compte et c’est pour cela qu’ici et là on voit des réactions brutales à ce mode de gestion antidémocratique des affaires publiques. Malheureusement les réactions des Peuples ne sont pas encore à la hauteur des enjeux.

Comment dès lors s'étonner de l'émergence de réactions assumées telles celle de ce Monsieur Lacaille qui n'honore pas le débat d'idées et la réflexion politique.

 En espérant avoir contribué à notre réflexion collective,

Cordiales salutations militantes."

 

François FABREGAT

6 juin 2013