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jeudi, 30 mai 2013

FACE A LA DECISION DE PARIS ET LONDRES D’ARMER LES REBELLES SYRIENS, MOSCOU DECIDE A SON TOUR DE LIVRER DES MISSILES A BACHAR AL ASSAD

 

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Londres et Paris ont annoncé qu’ils pourraient livrer des armes à l’opposition syrienne avant le mois d’août. La Russie indique, elle, qu’elle livrera des missiles S-300 à Damas pour dissuader toute velléité d’ingérence occidentale dans le conflit.

 

Alors que la levée de l’embargo sur les armes à destination des rebelles syriens a été décidée, lundi 27 mai, par les 27 États membres de l’Union européenne, la Russie a annoncé par la voix de son vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, qu’elle ne renoncerait pas à ses projets de livraison de missiles sol-air au régime de Bachar al-Assad, en dépit des objections occidentales. La livraison de ces systèmes de défense, a-t-il poursuivi, contribuera à dissuader toute velléité d’ingérence dans le conflit en cours depuis mars 2011 que pourraient nourrir des “têtes brûlées”.

“Les livraisons n’ont pas eu lieu, et j’espère qu’elles n’auront pas lieu”, a déclaré, de son côté, le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon. “Mais si par malheur elles arrivent en Syrie, nous saurons quoi faire”, a-t-il menacé. Les autorités israéliennes redoutent, en effet, que de telles armes ne finissent par tomber entre les mains du Hezbollah libanais ou des forces iraniennes. Tsahal a mené début mai une série de raids aériens en Syrie pour détruire, selon des sources israéliennes et occidentales, des armes destinées au mouvement chiite pro-iranien.

Levée de l’embargo sur les armes

Réunis lundi soir à Bruxelles, les ministres européens des Affaires étrangères ont, eux, décidé de lever l’embargo sur les armes pour les rebelles syriens et le maintien de toutes les autres sanctions votées depuis l’été 2011. “L’UE a décidé de mettre fin à l’embargo sur les armes pour l’opposition syrienne et de maintenir les autres sanctions contre le régime syrien” prises il y a deux ans, a annoncé le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, en milieu de nuit, à l’issue d’une réunion marathon.

Le chef de la diplomatie britannique a enfoncé le clou mardi, indiquant que Londres considérait qu’il n’était “pas exclu” d’armer les rebelles avant le 1er août, date d’expiration de l’embargo occidental, tout en ajoutant cependant que son pays n’agirait pas seul s’il choisissait d’aller dans ce sens. Le porte-parole du Quai d’Orsay, Philippe Lalliot, a déclaré peu après que la France se réservait elle aussi le droit d’armer rapidement les rebelles syriens mais qu’elle n’avait encore pris aucune décision en ce sens. Il a précisé que la décision prise lundi par l’UE de lever l’embargo sur les armes était une déclaration politique qui n’avait aucun fondement juridique.

“La décision de lever l’embargo n’est pas nécessairement une décision de livrer des armes”, a toutefois souligné le diplomate français qui rappelle que la France souhaite qu’une solution politique soit trouvée, notamment dans le cadre de la conférence Genève 2 prévue à la mi-juin à l’initiative des États-Unis et de la Russie. De plus, la question de la traçabilité des armes poussent Britanniques et Français à la prudence devant les divisions de l’opposition syrienne et la présence de brigades djihadistes en Syrie. 

“Genève 2″ au cœur des discussions américanos-russes

En évoquant la conférence Genève 2, Sergueï Lavrov a déclaré à l’issue d’un entretien à Paris avec son homologue américain John Kerry: “Nous avons discuté des moyens de procéder [...] pour que cette conférence ait lieu. Ce n’est pas une tâche facile, ce n’est vraiment pas une mince affaire”. La levée de l’embargo par l’Union européenne “porte un préjudice direct à la possibilité d’organiser une conférence internationale” sur le règlement du conflit en Syrie, a-t-il ajouté. Cette sixième rencontre entre les deux hommes depuis la prise de fonction de John Kerry en février avait pour objectif de fixer une date pour cette conférence de paix mais aussi de déterminer la liste des participants du côté syrien.

Reste que si Damas a donné son “accord de principe” pour participer à “Genève 2″, l’opposition syrienne, réunie depuis jeudi à Istanbul, apparaît profondément divisée.

En juin 2012, la première conférence de Genève avait rassemblé les chefs de la diplomatie des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France et Grande-Bretagne), des représentants de l’Irak, du Koweït, du Qatar, de la Turquie, et des responsables de l’ONU et de l’Union européenne ne s’est pas encore prononcée sur sa présence. La conférence de paix pourrait également être “élargie pour inclure tous les acteurs clefs” dans la région. Moscou souhaite de longue date que l’Iran, soutien du régime de Damas, participe aux négociations, ce que les Occidentaux refusent.

Sur le terrain, les combats font toujours rage entre les rebelles syriens et les forces de Bachar el-Assad, notamment autour de la ville stratégique de Qousseir, dans le centre du pays. Les insurgés défendent bec et ongle cette ville et ses environs, zone stratégique aussi bien pour les rebelles que pour le régime car elle se trouve sur le principal axe vers le Liban et sur la route reliant Damas au littoral, base arrière du régime.

 

Le 29 mai 2013. Lu sur france24.fr

Le titre est de la rédaction


Source: IVOIRENEWS INFO.NET

mercredi, 29 mai 2013

GEOPOLITIQUE - SELEKA ET CRISE EN CENTRAFRIQUE: LE DESSOUS DES CARTES

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Qui se cache derrière la Seleka et le nouveau président «élu» de Centrafique?


Luc MICHEL pour EODE Press Office

avec AFP – Cameroon Voice – APA – France 24 – RFI / 2013 04 15 /

http://www.facebook.com/EODE.monitoring

http://www.eode.org/category/eode-international-elections-monitoring/international-elections-survey/

Michel Djotodia, chef de la coalition rebelle qui a pris le pouvoir en Centrafrique le mois dernier en renversant le président François Bozizé, a reçu ce samedi « le vernis institutionnel qui lui manquait » en étant « élu président de la République » lors de la première session du Conseil national de transition (CNT), formé par toutes les composantes politiques du pays.

M. Djotodia, qui s'était autoproclamé président après la prise de Bangui le 24 mars par les rebelles du Séléka, était l'unique candidat. Il a été élu sous les applaudissements par acclamation, sans vote.

I - LA SELEKA « LEGITIMEE »

Selon une source diplomatique occidentale, l'élection était en effet un passage obligé pour "donner un peu de légitimité" à Michel Djotodia avec "un habillage institutionnel" alors que ses hommes contrôlent le pays et la capitale.

LE MYSTERIEUX MICHEL DJOTODIA

Formé en URSS, M. Djotodia a d'abord été fonctionnaire au Plan, puis consul de Centrafrique, avant d'échouer deux fois aux législatives. Il passe à la rébellion en 2005, connait l'exil puis rentre dans son pays où il fonde le Séléka ("alliance", en langue nationale sango) en juin 2012. Moins d'un an plus tard, ce maître en stratégie et communication est le nouveau président centrafricain.

Elu pour 18 mois, cet homme réservé, voire mystérieux né en 1949 sans qu'on sache à quelle date exactement, aura la charge de « conduire ce pays à l'histoire mouvementée vers des élections libres et démocratiques et une nouvelle constitution après les dix ans du régime Bozizé ».

"Je mesure à sa juste valeur la porté et l'importance de la charge que vous venez de me confier. Je ne ne ménagerai aucun effort pour assurer de manière concertée la transition qui vient de commencer", a-t-il déclaré dans son premier discours en tant que chef de l'Etat, se posant en rassembleur et soulignant qu'il s'agissait d'une "transition".

"J'en appelle au bon sens et au patriotisme de tout un chacun afin que nous puissions relever les défis importants qui s'imposent à tous", a-t-il poursuivi.

Il a énuméré "la reconstruction de l'unité nationale, la sécurité sur toute l'étendue du territoire national, la recherche de la paix sociale, le redémarrage de notre économie", comme les tâches fixées au nouveau pouvoir.

LA PROFONDE CRISE CENTRAFRICAINE

L'offensive rebelle lancée en décembre, accompagnée de pillages, de viols et de meurtres qui n'ont pas cessé, a déjà détruit une partie du tissu économique du pays qui figurait déjà parmi les plus pauvres de la planète.

La sécurisation de cette ancienne colonie française avec des hommes en armes partout paraît une gageure dans un pays de 5 millions d'habitants où l'administration en partie détruite n'a jamais vraiment réussi à étendre son pouvoir.

Il faudra aussi éviter tout dérapage sur le plan religieux. De nombreux chrétiens craignent désormais une domination de l'islam alors que les rebelles parvenus au pouvoir sont majoritairement issus du nord musulman. M. Djotodia est d'ailleurs le premier musulman à devenir président de ce pays à majorité chrétienne.

Par le passé, le nouveau dirigeant s'était engagé à respecter les accords signés en janvier à Libreville entre les composantes politiques de la Centrafrique et qui lui interdisent de révoquer le Premier ministre Nicolas Tiangaye, issu de l'opposition au président Bozizé.

LE «CNT» CENTRAFRICAIN ET LA LEGITIMISATION DE LA REBELLION

La mise en place du CNT – le nom rappelle et c’est voulu l’opération occidentale en Libye – était l'une des recommandations du sommet des chefs d'Etat d'Afrique centrale réunis à N'Djamena le 3 avril qui cherchaient à normaliser la situation après la victoire militaire de la rébellion.

Ce Conseil est composé à la fois de membres du Séléka, de l'ancienne opposition au président déchu, de partisans de l'ancien régime, ainsi que d'anciens rebelles et personnalités de la société civile.

Vendredi soir, la radio avait annoncé que le CNT était passé de 97 à 105 membres, apparemment pour satisfaire des demandes de la société civile et de certains partis politiques. Ce chiffre de 105 correspond au nombre de députés dans l'ancienne assemblée nationale, alors que le CNT est appelé non seulement à légiférer mais aussi à jouer un rôle d'assemblée constituante.

Les personnalités de la société civile composent l'essentiel du CNT qui compte également de nombreux anciens ministres et députés.

En répétant être attaché aux accords de Libreville et en acceptant les recommandations de N'Djamena, le président Djotodia, « désormais plus légitime », écrit sans rire l’AFP, devrait pouvoir convaincre de réintégrer son pays dans le concert international après qu'il eut été suspendu par l'Union africaine et eut vu les aides extérieures gelées.

II - QUI SE CACHE DERRIERE LA SELEKA?

MAIS QUI SONT OFFICIELLEMENT LES REBELLES DE LA SELEKA, NOUVEAUX MAITRES DE BANGUI ?

Les rebelles de la Séléka – qui signifie « Alliance » en langue Sango, parlée en Centrafrique – ont pris, fin Mars 2013, le contrôle de Bangui, la capitale de République centrafricaine. Qui sont-ils ? Pourquoi ont-ils pris les armes contre le pouvoir de François Bozizé ?

Éléments de réponse apporté par le service Afrique de France 24 : « La Séléka est une coalition de petits mouvements qui s’opposent à François Bozizé », le président renversé. « Quand il a pris le pouvoir par la force en 2003, des mouvements rebelles hostiles au pouvoir sont nés, notamment l’Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UDFR), puis trois ans plus tard, le mouvement rebelle Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP). Ils ont mené régulièrement des actions armées dans plusieurs régions du pays. En 2011, après la réelection de Bozizé à la tête de la Centrafrique, ces deux principaux groupes rebelles signent un accord de paix avec le gouvernement. Mais plusieurs factions dissidentes, issues des rangs de l’UDFR, du CPJP ainsi que de plusieurs autres petits groupes, se réunissent pour créer la Séléka, le 10 décembre dernier. Ils considèrent que les accords de paix conclus en 2011 n’ont pas été respectés par le clan Bozizé. »

La Séléka est dirigée par Michel Djotodia, « un ancien diplomate et fondateur de l’UFDR ». « Les porte-parole Djouma Narkoyo et Éric Massi sont également deux personnalités primordiales du mouvement. Éric Massi est le fils d’un ministre de François Bozizé qui a été tué après avoir fait défection ».

Entre décembre et janvier dernier, la rébellion est parvenue à contrôler les trois quarts du territoire centrafricain. « On peut se poser des questions sur l’importance du matériel dont ils disposent », réagit sur RFI Roland Marchal, chercheur au CNRS et spécialiste de la Centrafrique, pointant également du doigt « la bonne organisation militaire du groupe ». L’expert « suspecte le concours d’autres mouvements armés étrangers, notamment venus du Darfour et du Tchad ».

« La Séléka a pris les armes en décembre dernier et a alors entamé une "reconquête" du pays. De nouveaux accords de paix sont signés à Libreville, le 11 janvier 2013. Un gouvernement d’union nationale est formé, incluant plusieurs personnalités de la Séléka. Mais les rebelles ont de nouveau repris les armes, mercredi 20 mars ». « Les clauses essentielles de l'accord n'ont pas été respectées », estime Roland Marchal. Selon le chercheur, « le président centrafricain François Bozizé n’a pas mis en œuvre le partage des pouvoirs, ni la clause prévoyant l’intégration des insurgés dans l’armée ». Les promesses faites concernant la pacification n’ont pas non plus été tenues. « Sur ce point, les responsabilités sont beaucoup plus partagées », commente Roland Marchal.

ICI AUSSI DE «BONS ISLAMISTES» UTILES?

Mais derrière ces forces centrafricaines de la Seleka se cachent d’autres protagonistes.

« Rassemblement hétéroclite de différentes factions rebelles » selon l’APA.

Dans la galaxie Seleka, on trouve aussi l'Union des Forces Démocratiques pour le Rassemblement (UFDR) de Michel Djetodia qui guerroie contre Bozizé depuis 2006 dans le Nord Est. Djotodia, qui a été consul au Soudan et est musulman – son prénom de doit pas faire illusion -, « y a conservé de solides amitiés utiles à la Séléka aujourd'hui ».

On retrouve aussi dans cette galaxie « le fameux général Koumtamadji qui a été aux côtés de Kadhafi pendant ses derniers mois »,  a « rejoint en décembre, selon plusieurs sources, cette alliance. Koumtamadji, proche de Patassé, a pris les armes contre Bozizé depuis 2007 et s'est rapproché de lui grâce à la médiation libyenne pendant un temps ». Le général Koumtamadji alias Abdoulaye Miskine est dans cette alliance sous la bannière de son mouvement le Front Démocratique du Peuple Centrafricain (FDPC).

Comme les Touaregs du MNLA, instrumentalisés pour créer la crise malienne qui a permis l’intervention de l’OTAN avec la bénédiction de l’AFRICOM américain, eux aussi anciens protégés de la Jamahiriya libyenne, le FDPC a été récupéré par les Occidentaux et en particulier les Français de l’OTAN. C’était cela ou mourir et la politique a horreur du vide …

Le général Mahamat Moussa Dhaffane, « ancien Président de la Croix Rouge centrafricaine, guerroie aussi dans l'alliance sous la bannière de son mouvement ; la Convention patriotique pour la sauvegarde du Kodro (CSPK), Kodro signifiant la patrie en langue centrafricaine. Ce mouvement est de création récente : juin 2012 ».  « Le passé d'ancien étudiant en Arabie Saoudite du général Dhaffane est aujourd'hui exploité par le gouvernement de Bangui qui l'accuse de vouloir propager le wahhabisme », écrivait déjà Radio Cameroun avant la prise de Bangui.

« Mais la Seleka est-elle composée uniquement des Centrafricains ?, interrogeait encore Radio Cameroun, Rien n'est moins sûr ». Car il y a des miliciens tchadiens, de tendance islamiste, dans les rangs de la Séléka.

« Selon des sources sécuritaires tchadiennes, amplement reprises par le gouvernement centrafricain de Bozizé, de nombreux rebelles tchadiens issus des groupes du général Mahamat Nouri, du Colonel Ahmat Yacoub Kougou, de Timane Erdimi, d'Abdelwahid Aboud Mackaye, du Colonel Adouma Hassaballah guerroient dans les rangs centrafricains.

Différentes sources centrafricaines jointes par APA confirment la présence des Tchadiens dans les rangs rebelles ».

Enfin, il y a « la présence des Soudanais dans la rébellion centrafricaine », celle des milices islamistes Djandjawid, venues du Darfour voisin.

En janvier 2013, alors que s’amorçait l’offensive de la Séléka, Maurice Saramalé, de l’Observatoire Centrafricain des Droits de l’Homme (Ocdh), exprimait déjà  ses doutes sur la présence islamiste au sein de la Séléka : « Depuis le 10 décembre dernier, une horde hétéroclite de mercenaires de tout poil, majoritairement pour ne pas dire exclusivement composée d’étrangers enturbannés, disciples de la charia, a attaqué la République Centrafricaine pour y instaurer un régime islamique (…) Ils se sont malheureusement laissés convaincre par les chants de sirène de ces adversaires du progrès du pays, devenant ainsi de simples instruments de cette volonté de marchandisation de la société centrafricaine. Cette soif du pouvoir est hélas une obsession de certains leaders centrafricains, depuis des années, que de tout faire pour mettre un terme de façon brutale à l’expérience démocratique du pays.

C’est à la foi inadmissible et incroyable, ce qui se passe sous nos yeux. En quelques jours, un État souverain, dirigé par un président de la République élu au suffrage universel, qui a donc, il faut le rappeler, la légitimité des urnes, devient ainsi la cible d’une bande de hors la loi qui bénéficient de la bienveillance et la complicité de certains pays dits de grande démocratie. »

DERRIERE LA SELEKA : LA FRANÇAFRIQUE

ET DERRIERE ELLE LES GENERAUX DE L’OTAN ET DE L’AFRICOM…

Une « marchandisation » qui concerne au premier chef les ressources géostratégiques du pays : pétrole et uranium, le « moteur et le catalyseur de cette guerre d’agression contre la République Centrafricaine », selon Maurice Saramalé.

On se rappellera alors trois choses :

* La première que le régime de Bozizé à commencé par être lâché par Paris. « La France ne défend que ses ressortissants et ses propres intérêts », lui avait rétorqué François Hollande fin décembre. « La coalition rebelle Séléka menaçait alors déjà son pouvoir, et Bozizé tentait de convaincre le gouvernement français d’intervenir pour le sauver. Or, à Paris, on a visiblement analysé que cela ne correspondait pas à son intérêt stratégique. »

* La seconde est le projet américain, celui des néocons de Bush réactivé par Obama, dit du « Grand Moyen Orient ». Au sens de plus en plus large et où l’Afrique est devenue l’arrière cour de ce « Grand Moyen Orient » remodelé et de sa cible géostratégique, le contrôle de l’Eurasie, clé d’un « XXIe siècle américain ». Dans ce projet la tactique est simple, toujours la même : allier dans un état faible ou fragmenté un pouvoir militaire et des forces islamistes, tous deux gagnés à l’économie libérale (la première caractéristique des Frères musulmans, par exemple, est leur hostilité absolue au Socialisme).

* La troisième est que la France formera la future armée centrafricaine, selon un accord avec la Séléka.

On comprend mieux alors le nom du pouvoir « de transition » installé au pouvoir en Centrafrique – et que Paris aurait pu balayer sans problème -, ce CNT inspiré du CNT libyen de Benghazi …

 

Luc MICHEL

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Lire aussi :

Luc MICHEL, GEOPOLITIQUE / L’INTERVENTION FRANCO-BELGE DECRYPTEE : TIRER LES MARRONS DU FEU MALIEN POUR WASHINGTON

http://www.elac-committees.org/2013/01/15/pcn-spo-geopolitique-l%e2%80%99intervention-franco-belge-decryptee-tirer-les-marrons-du-feu-malien-pour-washington/

Luc MICHEL SUR RADIO CAMEROUN : MALI, SAHEL, LIBYE, PROCHE-ORIENT … LA STRATEGIE DU CHAOS EN ACTION !

Un vaste tour d’horizon géopolitique sur 30 ans de Guerres américaines en Eurasie et en Afrique !

Parmi les sujets abordés par : Mali, Sahel, Cameroun, Nigeria, Somalie, Guinée-Bissau, Congo, Algérie, Libye, Syrie, Irak, Afghanistan, Proche-Orient, Iran, Chine, Russie, Groupe de Shanghai et OTSC, USA et OTAN, AQMI, djihadisme, Al-Qaida, Kadhafi, Panafricanisme, « Grand échiquier », « Grand Moyen-Orient », « Théorie du Chaos », « Somalisation » …

AUDIO / Première partie : https://vimeo.com/58326402

AUDIO /  Seconde partie : https://vimeo.com/58326404

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Source: EODE.ORG

mardi, 28 mai 2013

COALITION DE L'OPPOSITION SYRIENNE: AMERTUME ET «DELIRE DE VICTOIRE»

 

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La Coalition nationale des forces de l'opposition et de la révolution syrienne (opposition extérieure) à Istanbul


La coalition de l’opposition extérieure de la Syrie réitère, à partir d’Istanbul, son exigence de réaliser  par Genève II ce qu’elle n’a pu obtenir par l’insurrection. Elle croit avoir beaucoup concédé en acceptant que la conférence se réunisse pour consacrer le départ d’El Assad au lieu de se réunir après ce départ. Moaz El Khatib, bon prince, propose même au président syrien de prendre une suite de cinq cent personnes et de quitter la Syrie, certainement par un de ces couloirs humanitaires que rêvait la France de Sarkozy dans sa superbe, sans lui garantir d’immunité contre une éventuelle action devant la justice internationale. En clair Moaz El Khatib met les pieds dans le plat et offre à un chef d’état laïc et plutôt moderne l’Aman Moyenâgeux des traditions bédouines qui constituent le fond de sa « pensée politique», alors qu’il est censé porter avec la caution française un projet de république citoyenne moderne. Ne cherchez pas dans la presse meanstream française une quelconque interrogation sur ces curieux mariages – c’est le cas de le dire depuis Taubira – entre le boniment démocratique de Fabius et les fantasmes bédouins ressuscités dans la tête de chefs avouant leur inféodation à des Emirats et des royaumes moyenâgeux.

La coalition a promptement refusé la largesse « royale » de Moaz El Khatib. Elle risquait de faire croire aux miliciens et aux mercenaires un manque de fermeté et de détermination de la part de  l’opposition « cinq étoiles », comme l’appellent désormais les syriens, en référence aux fastes de leur vie dans les grands hôtels. Les  dirigeants de la coalition savent d’instinct et d’expérience que ces « révolutions » enveloppées dans le langage et dans les motivations religieuses ne se reconnaissent que dans l’ultime et impossible identité de la politique à la religion. Par nature, les groupes islamistes, eux, fonctionnent au « plus radical » jusqu’à l’identité de l’acte humain à la prescription divine. Derrière la rodomontade, toute discussion doit porter sur les modalités du départ d’El Assad – et non sur la construction d’une autre Syrie, qui de toutes les façons est en train de naître – se dessine implacable la réalité de la défaite. Elle cherche à donner une impression de toute puissance et de gains tangibles en demandant, en exigeant comme préalable –en implorant en réalité – que le pouvoir montre « la sincérité de ses intentions »  par des « gestes simples » comme « cesser le feu » unilatéralement, se retirer de « certaines villes etc. Nous pouvons comprendre cette prolongation du « délire de la victoire »  chez des dirigeants syriens dont la survie politique est désormais grevée par la réalisation du seul but politique formulé jusqu’à présent, si on considère qu’il s’agit d’un but politique : le départ d’El Assad. Plus ce but est contrarié, plus la politique, elle, refait surface et avec elle la question soigneusement refoulée: Quelle Syrie veulent les syriens ? Premier accroc, les quarante mille djihadistes étrangers dont a parlé Lakhdar Brahimi, soixante quinze mille selon d’autres sources, les huit cents djihadistes européens dont parle la presse européenne, sont-ils concernés par la question et qu’ont-ils à faire dans la conférence de Genève II et qu’ont-ils à en faire ? La coalition ne peut espérer désarmer politiquement cette force étrangère qui fait l’essence de la « révolution syrienne » qu’en présentant à la masse considérable de miliciens syriens qui s’agglomèrent autour d’eux, des victoires plus évidentes que celles d’El Nosra, et donc au minimum l’expulsion de l’armée syrienne des « certaines villes », c'est-à-dire Alep et Homs essentiellement. Les sponsors de cette révolution –France, Angleterre, Qatar, Arabie Saoudite, Israël en douce - hors les USA qui se sont rendus à la réalité – subissent cette logique jusqu’au bout : ils ne peuvent réclamer ni proclamer moins que les djihadistes : le départ d'El Assad. Et partant, gêner les USA qui ne pourront qu’au prix de mille difficultés entraîner leurs comparses à accepter la nouvelle réalité et réduire de l’ampleur de la défaite.   

Les américains, eux, méditeront longtemps ce principe de précaution en politique : « on peut rattraper un retard, jamais une avance ».  Ils auraient quand-même besoin de fouiller dans les textes de Mao Tsé Toung pour se convaincre des bienfaits de l’autocritique même si, au fond, ils risquent de trouver à côté des vertus de cette méthode d’évaluation et d’espérance pour révolutionnaires cet axiome que dédaigne l’Hybris comme l’arrogance des puissants : « Nul rapport de force n’est immuable ».  
                    

Mohamed Bouhamidi

In Reporters-Alger, le 27 mai 2013.

HAILEMARIAM DESALEGN: «LA CPI MENE UNE SORTE DE CHASSE RACIALE ENVERS LES AFRICAINS»


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Le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn. © AFP


Déclaration du président en exercice de l'Union Africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

 

La Cour pénale internationale (CPI) mène une sorte de chasse raciale en ne poursuivant que des Africains, a affirmé lundi le président en exercice de l'Union africaine (UA), le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn, après la clôture du sommet des chefs d'Etat de l'organisation à Addis Abeba.


Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toute sorte d'impunité, mais désormais le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale, a-t-il déclaré, à l'issue d'un sommet qui a réclamé le transfert à la justice kényane des poursuites engagées par la CPI contre les président et vice-président kényans, pour crimes contre l'humanité.

Les dirigeants africains ne comprennent pas les poursuites contre ces présidents (les deux chefs de l'exécutif kényan), je pense donc que la CPI doit bien voir qu'elle ne devrait pas pourchasser des Africains, a-t-il poursuivi devant la presse.

Uhuru Kenyatta et William Ruto, élus respectivement en mars président et vice-président du Kenya, sont poursuivis par la CPI pour leur rôle présumé dans l'organisation des terribles violences ayant suivi le scrutin présidentiel de décembre 2007 au Kenya.

Ces violences s'étaient rapidement muées en affrontements entre communautés, accompagnés de meurtres brutaux, viols et mutilations, faisant plus de 1.000 morts et des centaines de milliers de déplacés en quelques semaines.

Le procès d'Uhuru Kenyatta doit commencer le 9 juillet à La Haye, siège de la CPI. Celui de William Ruto aurait dû débuter ce mardi, mais a été reporté sine die début mai.

99% des inculpés de la CPI sont Africains, cela montre donc que quelque chose est biaisé au sein du système de la CPI et nous contestons cela, a poursuivi le Premier ministre éthiopien.

Depuis sa création, la CPI a en fait inculpé une trentaine de personnes, tous des Africains, pour des crimes survenus dans huit pays d'Afrique (République démocratique du Congo, Centrafrique, Ouganda, Soudan (Darfour), Kenya, Libye, Côte d'Ivoire, Mali).

Mais les enquêtes ouvertes en RDC, Centrafrique, Mali et Ouganda l'ont été à la demande des Etats concernés, parties au Statut de Rome, fondateur de la CPI. Les affaires concernant le Darfour et la Libye - non signataires - l'ont été à la demande du Conseil de sécurité de l'ONU, tandis que le procureur de la CPI s'est autosaisi sur les dossiers kényan et ivoirien.

La CPI avait autorisé en 2010 le procureur à engager des poursuites en raison de l'inaction des autorités kényanes en vue d'établir les principales responsabilités dans les violences post-électorales de fin 2007-début 2008.

Plusieurs chefs d'Etat africains ont récemment accusé la CPI de cibler exclusivement des Africains.


Source: AFP

lundi, 27 mai 2013

LES PUISSANCES EUROPEENNES FINANCENT AL QUAIDA EN ACHETANT DU PETROLE PILLE EN SYRIE


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D’après un article paru le 19 mai dans le journal britannique Guardian, l’Union européenne (UE) finance directement des terroristes islamistes sunnites soutenus par les États-Unis et luttant en Syrie contre le régime du président Bashar El-Assad. Ces groupes sont en train de piller le pétrole dans certaines parties de la Syrie orientale qu’ils contrôlent et de le revendre aux pays européens à des prix défiants toute concurrence.

Le Guardian écrit : « La décision de l’UE de retirer les sanctions contre le pétrole syrien pour aider l’opposition a accéléré une ruée pour le contrôle des puits et des pipelines dans les zones contrôlées par les rebelles et a aidé à consolider l’emprise des groupes jihadistes sur des ressources essentielles du pays. »

D’après le Guardian, les principaux bénéficiaires de la levée des sanctions de l’UE sont le Front Al Nusra et d’autres groupes terroristes islamistes du même genre. « Jabhat al-Nusra, affilié à Al Quaïda et d’autres groupes islamistes extrémistes, contrôle la majeure partie des puits de pétrole dans la province de Deir Ezzor, ils ont fait fuir des tribus sunnites locales, parfois par la force. Ils ont également pris le contrôle d’autres champs de pétrole contre des groupes kurdes plus loin au Nord-Est, dans le gouvernorat d’al-Hasakah. »

La décision de l’UE de reprendre le commerce avec des champs de pétrole tenus par Al Nusra dément complètement le mensonge selon lequel les puissances impérialistes mènent une guerre en Syrie pour obtenir un changement du caractère répressif du régime syrien. En fait, ils construisent et soutiennent des forces profondément réactionnaires qui oppriment la population.

Ces événements montrent également que la prétendue « guerre contre le terrorisme » — l’affirmation que Washington et l’UE luttent contre Al Quaïda, qui a servi de justification pour les invasions décidées par les États-Unis de l’Irak et de l’Afghanistan – est un mensonge. L’impérialisme arme et finance des groupes terroristes liés à Al Quaïda qui commettent de terribles crimes contre la population syrienne, livrant ses richesses à l’UE et à Washington.

La revue allemande Spiegel Online a récemment fait un reportage sur la manière dont les islamistes fournissent les marchés mondiaux en pétrole syrien à des prix sacrifiés : « Depuis février, le groupe rebelle Liwa al-Islam contrôle le champ pétrolifère d’al-Thaura dans le gouvernorat d’ar-Raqqah […] les rebelles d’al-Thaura vendent dix cargaisons de camions-citernes chaque jour. Ils se font de l’argent facile et demandent environ 13 dollars du baril. Sur le marché mondial, cependant, un baril se vend 100 dollars, mais cela n’a pas grande importance ici. »

Abu Saif, un autre combattant islamiste de la brigade Ahar, liée aux Frères musulmans donne une autre version de la façon dont les islamistes pillent la Syrie. Jabhat al Nusra investit dans l’économie syrienne pour renforcer sa position en Syrie et en Irak. Les combattants d’al-Nusra vendent tout ce qui leur tombe sous la main, du blé aux pièces archéologiques en passant par l’équipement industriel, les outils de forage, les voitures, les pièces détachées et le pétrole brut.

Pour sécuriser le pétrole, les terroristes assassinent toute personne qui leur barre la route. Dans un cas très connu, les combattants d’Al Nusra ont rasé le village d’al-Musareb près de Deir Ezzor, tuant 50 de ses habitants après une dispute avec des membres des tribus locales au sujet d’un pétrolier. Les meurtres de masse par lesquels les groupes terroristes contrôlent le territoire dont ils ont besoin pour approvisionner en pétrole l’impérialisme européen sont prouvés par des vidéos disponibles sur YouTube.

Les puissances impérialistes s’appuient sur des groupes terroristes dans le cadre de leur stratégie pour contrôler les vastes ressources énergétiques du Moyen-Orient et d’Asie centrale. Ces intérêts fondamentaux sous-tendent les guerres menées contre l’Afghanistan, l’Irak, et la Libye, ainsi que les préparatifs en cours d’une guerre contre l’Iran chiite – auquel le régime d’Assad à dominante alaouite est étroitement lié. Comme la Syrie, l’Iran a longtemps été sur la “liste noire” de l’impérialisme, depuis que Washington et ses alliés d’Europe et du Moyen-Orient le considèrent comme l’un des principaux obstacles au contrôle du commerce du pétrole dans le Golfe persique, et par conséquent du monde entier.

Ce viol de la Syrie arrache son voile à la décision cynique des organisations de la pseudo-gauche des classes moyennes – comme l’International Socialist Organisation (ISO), le parti allemand Die Linke, le Nouveau Parti anticapitaliste (NPA) en France, ou encore le Socialist Workers Party (SWP) de Grande-Bretagne – de présenter la guerre en Syrie comme une « révolution ». Leur position de classe émerge clairement maintenant : elles applaudissent le pillage du pétrole syrien pour faire monter les profits des groupes pétroliers et en font une « révolution » et elles présentent les pillards comme des « révolutionnaires. »

Le soutien étranger de plus en plus fort accordé aux forces islamistes sunnites est accompagné de nouvelles menaces de la part de l’impérialisme américain et de ses alliés pour faire fuir Assad, et accélérer les préparatifs pour une intervention militaire directe.

Lors d’une conférence de presse avec le premier ministre turc Reccep Tayyip Erdogan jeudi dernier à Washington, le président américain Barack Obama a promis « d’exercer une pression de plus en plus forte sur le régime d’Assad et de travailler avec l’opposition syrienne. Nous sommes d’accord sur le fait qu’Assad doit partir. »

Vendredi, le chef de la CIA, John Brennan, a rencontré le premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, le ministre de la Défense Moshe Ya’alon, le chef d’état-major de l’armée israélienne Benny Gantz, et le chef du Mossad Tamir Pardo pour discuter de la Syrie. Lors d’une réunion du gouvernement le lendemain, Netanyahou a menacé de lancer de nouveaux raids aériens contre la Syrie, disant qu’Israël agirait « avec détermination […] pour garantir les intérêts suprêmes de l’Etat d’Israël et empêcher le transfert d’armes sophistiquées au Hezbollah et à d’autres éléments terroristes. »

Israël a déjà bombardé Damas il y a deux semaines, ostensiblement pour empêcher des armes d’être transférées de la Syrie au Hezbollah. La milice chiite libanaise est un allié proche de la Syrie et de l’Iran et est considérée comme un des principaux obstacles à la domination militaire d’Israël au Proche-Orient.

Samedi, le président Syrien Bashar el-Assad a accordé un entretien au journal argentin Clarin et à l’agence de presse argentine Telam, depuis son palais de la capitale syrienne, Damas. Il a juré de rester au pouvoir, accusant Israël et d’autres « puissances étrangères » de soutenir l’opposition islamiste. « Israël soutient directement les groupes terroristes de deux manières, premièrement il leur accorde un soutien logistique, et il leur dit également quels sites attaquer et comment les attaquer, » a-t-il dit.

Il a nié que son gouvernement ait utilisé des armes chimiques, disant que « l’Occident » pourrait orchestrer une intervention en s’appuyant sur de fausses accusations : « L’Occident ment et invente des preuves pour déclencher des guerres ; c’est dans ses habitudes. »

Il a dit qu’une intervention est « une probabilité claire, en particulier maintenant que nous avons réussi à faire reculer les groupes armés dans de nombreuses régions de Syrie. » Cependant, il a ajouté « nous sommes prêts à parler à toute personne qui veut bien parler, sans exception. »

Assad a clairement dit qu’il espérait rester au pouvoir en convainquant Washington qu’il est un garant des intérêts américains plus fort et plus fiable qu’Al Quaïda dans la région : « l’Amérique est pragmatique. S’ils se rendent compte qu’ils sont battus et que le régime est vainqueur, les Américains trouveront un accord avec le pouvoir réel. »

Cette soumission à Washington montre la faillite du nationalisme arabe. En fait, comme le dit clairement le reportage du Guardian, Washington et ses alliés impérialistes européens financent et soutiennent l’opposition islamiste pour faire tomber le régime.

Le gouvernement d’Obama est également en train d’augmenter ses efforts pour parvenir à un accord avec Moscou, le principal allié de la Syrie. Le week-end dernier, le ministre des Affaires étrangères Russe Sergei Lavrov est tombé d’accord avec son homologue Américain John Kerry pour négocier une fin de la guerre syrienne. Au cours d’une telle conférence, Washington insisterait pour une sortie « négociée » d’Assad et son remplacement par un pantin plus manipulable approuvé par Moscou.

Lavrov cherche également à calmer les inquiétudes américaines et israéliennes concernant les possibles ventes de missiles russes à la Syrie. Il a insisté pour dire que ces armes « n’altéraient en aucun cas l’équilibre des forces dans cette région ou ne donnaient un avantage dans la lutte contre l’opposition. »

La Russie ne fournirait à la Syrie que des missiles de défense côtière SS-N-26, mais aucun SA-21 anti-aérien, dans le cadre d’une vente conclue en 2011. Lavrov a également juré que la Russie ne signerait aucun nouvel accord avec la Syrie.


Johannes Stern


Article original, WSWS,paru le 20 mai 2013


Source: MONDIALISATION.CA

AMADE OUEREMI: LES LEÇONS ET LES QUESTIONS D’UNE ARRESTATION

 

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Amadé Ouérémi (premier plan), lors d’un rassemblement des FRCI à Duékoué, dans l’Ouest de la Côte d'Ivoire.

 

«Ce chef de guerre qui défiait depuis une dizaine d’années l’autorité de l’État de Côte d’Ivoire, (depuis son fief de la forêt classée du Mont Péko en pays Wè, en pleine boucle du cacao), en y interdisant l’accès et en y cultivant du cacao, a été arrêté sans violence et devrait être transféré à Abidjan. Amadé OUREMI est soupçonné par des ONG internationales d’être impliqué dans les tueries survenues à Duékoué en Mars 2011, durant la crise postélectorale de Décembre 2010 à Avril 2011 qui a fait quelques 3 000 morts dans le pays.» (AFP)


Leçon 1 : Enfin ! Pour la première fois, un auteur direct des massacres en Côte d’Ivoire reconnu sans ambiguïté comme pro-OUATTARA par la communauté internationale et par les pro-Ouattara eux-mêmes, est arrêté, confirmant la leçon de Laurent GBAGBO, le 28 février 2013 à 16h59 à la Haye : « c’est ceux qui perdent les élections qui font la guerre ».

Question 1 : Pour une fois qu’on a un auteur direct des massacres post-électoraux qui fait l’unanimité, et que tout sachant sait que dans la forêt classée du Mont Péko, il n’y a pas d’usine d’armes, pas d’établissement bancaire, ni d’école de guerre,la Françafrique dans la toge de la CPI et les treillis de l’ONUCI aurait-elle le courage de faire arrêter les vrais co-auteurs indirects qui ont armé, financé et entraîné OUEDRAOGO Amadé Rémi dit Amadé Ourémi et son armée qui ont causé la mort de plus de 3000 Ivoiriens ?

Non ! Et d’ailleurs, en Côte d’Ivoire, personne ne sera surpris si OUEDRAOGO Amadé Rémi venait à disparaître ou à être  substitué par un « fou » devant le tribunal pour éviter de dérouler le fil d’Ariane ; ou encore si on l’accusait de tout sauf des crimes commis !

Question 2 : La Françafrique, ses juges et ses journalistes auront-ils le courage de reconnaître qu’il n’existe aucun lien entre cet unique auteur direct indexé par la clameur internationale qui est OUEDRAOGO Remi et le présumé co-auteur indirect, Laurent GBAGBO, le Président élu de la Côte d’ivoire, qui est pris en otage à la CPI ?

En effet, ce sont les vrais co-auteurs indirects des massacres post-électoraux qui dirigent aujourd'hui le peuple de Côte d'Ivoire et qui continuent de le massacrer. Cela a été publié dans tous les rapports des ONG qui ont voix à l'ONU, puisque la voix des Pro-Gbagbo reste inaudible.

Questions 3 : Tout le monde sait que OUEDRAOGO Amadé Rémi, grand criminel, responsable de crimes économiques et écologiques, est devenu un grand producteur de cacao, un vendeur d’ivoires et de bois. La guerre en Côte d’Ivoire qui est, en réalité, une guerre pour la mainmise des prédateurs de la filière françafricaine sur le cacao ivoirien a créé des centaines voire des milliers de OUREMI. Mais, OUEDRAOGO Amadé Rémi pour son infidélité à la Françafrique, ces derniers temps, causée par sa propension à vouloir vendre plus cher son butin de guerre, s'est détourné du réseau pour aller sur de nouveaux marchés.

N’est-ce pas la vraie raison qui fait du « démocrate » d’hier un dangereux terroriste aujourd’hui? Est-il plus terroriste que ses compagnons de guerre et leurs chefs politiques et militaires ?

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Leçon 2 : « La vérité est d’or et le mensonge de paille ». La vérité sur les élections en Côte d’Ivoire a fini par éclater. Le «  bénéficiaire » des fameux "54%" des voix des électeurs ivoiriens aux élections présidentielles de 2010, a été incapable de déplacer aux urnes, pendant les élections législatives, communales et régionales, la moitié de ceux-là mêmes qui sont supposés l’avoir porté au pouvoir et qui avaient intérêt à faire mentir les pro-GBAGBO en le prouvant à nouveau massivement dans les urnes. Avec l’arrestation de OUEDRAOGO Remi, et l’unanimité qui se dégage autour de ses crimes contre l’humanité, ses crimes écologiques et économiques depuis dix ans, le mensonge sur les pro-GBAGBO, considérés comme auteurs ou co-auteurs, soutenu par des films et des images dignes des  studios de cinéma internationaux les plus réputés, fait place à la vérité sur l'identité des véritables auteurs des crimes de l’histoire récente de la Côte d’ivoire.

Leçons 3 : La Françafrique, depuis les indépendances, a besoin, pour les basses besognes, de se déguiser pour prendre la couleur locale avant de se présenter aux Africains. En Libye après s’être déguisée en rebelles libyens, avec dans une main la bible des droits de l’Homme et dans l’autre les fusils de l’OTAN, elle s’est donnée le droit de massacrer en silence les Noirs de Libye et de traquer « l’infidèle » Kadhafi à grand bruit médiatique pour mettre la main sur le pétrole libyen et ses réserves financières dans les banques occidentales. Cela a, aujourd'hui, comme conséquence  l'instabilité en Libye où un groupe armé peut contraindre le gouvernement à un remaniement. Où est la démocratie ? Elle se trouve dans le pétrole pompé par le réseau françafricain. Mais, chut ! Silence, on pille démocratiquement!

L'autre leçon est le cas du Mali. Les « démocrates en arme de la Libye » qui se sont repliés au nord du Mali sont brusquement devenus de dangereux terroristes. Là encore, les coauteurs d'hier de la triste modification de cette région du Mali, ont revêtu leurs habits de libérateurs en fixant des zones de non droit et des dates d'élection en dépit du bon sens dans ce contexte très instable. Comme en Libye et au Mali, après avoir formé et armé des « démocrates » dont les OUEDRAOGO Remi dans l’ouest de la Côte d’ivoire pour massacrer le peuple Wê, la Françafrique se transforme en libérateur du peuple, après le génocide, en arrêtant un de ses « démocrates en arme » devenu terroriste parce qu’infidèle !

Leçons 4 : Depuis les guerres contre les « armes de destruction massive en IRAK », de destruction du « terrorisme » en Afghanistan, d'installation de la démocratie en Libye, en Côte d’ivoire et maintenant en Syrie, le mensonge est devenu une valeur démocratique, les rebelles sont des démocrates quand ils sont fidèles et terroristes quand ils deviennent infidèles et la protection du droit de pillage des matières premières est érigée en protection des droits de l’Homme. Les énormes butins de tous ces pillages sont enfermés dans les paradis fiscaux pour financer des rebellions au nom des « droits de l’Homme ». En Occident, ces mêmes détenteurs de paradis fiscaux qui fuient leur responsabilité dans la prise en charge  de la dette qui étouffe l’Europe, financent des élections pour porter au pouvoir ceux qui peuvent poursuivre cette prédation. Ces guerres sont cofinancées avec l’argent des contribuables occidentaux qui, en même temps qu'ils découvrent avec stupéfaction ces paradis, ploient sous le poids des dettes et du chômage, conséquences de ces guerres utiles uniquement pour les prédateurs et inutiles pour le reste de l’humanité. Malheureusement une partie de ces contribuables continue de croire que ces guerres poursuivent l’œuvre « civilisatrice » de l’Occident avec la déclaration des droits de l’Homme à la place de la Bible.

Ce monde serait plus heureux si les conflits pouvaient se résoudre selon le vœu des pères fondateurs de l’ONU, sans coup de canon et pour ainsi épargner des vies humaines.

Si les complices et co-auteurs indirects de OUEDRAOGO Remi  avaient accepté la solution pacifique de recomptage des voix au lieu du comptage des morts, la Côte d’Ivoire multiethnique et multiraciale n’aurait pas disparue au profit d’une Côte d’Ivoire dirigée par un pouvoir ethnique et génocidaire où les compétences militaires, policières et civiles sont traquées pour faire prospérer des chasseurs traditionnels et des compétences semi-finies.

 

DON MELLO Ahoua

Docteur Ingénieur des Ponts et chaussées,

Ancien Ministre.

LIBYE: LA BOITE DE PANDORE DE L'OTAN

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Attentats au Niger: «Les assaillants venaient de Libye», selon le président nigérien Mahamadou Issoufou…

 

C’était fin février 2011, quelques jours après le début du coup d’état insurrectionnel de Benghazi, organisé par la CIA et l’OTAN, avec ses kollabos « libyens ».  Moammar Kadhafi, qui avait déjà pris la mesure de ses adversaires, venait de dénoncer la présence des djihadistes d’al-Qaida à Benghazi, Derah et Tripoli, affirmant « ce sera moi ou le chaos islamiste ». Soulevant l’ironie de tous ces analystes, experts et journalistes qui aujourd’hui – toujours après l’événement -, deux ans plus tard, daubent sur la « guerre au terrorisme » et le « danger djihadiste ». Kadhafi avait raison !

LA LIBYE MADE IN NATO EPICENTRE DE LA DESTABILISATION DU MAGHREB ET DU SAHEL

L’exemple nigérien, après ceux de Libye et du Mali, est là, à nouveau, pour le démontrer.

Les auteurs des deux attentats-suicide perpétrés jeudi au Niger, contre un camp militaire à Agadez et contre un site du groupe nucléaire français Areva à Arlit, « venaient de Libye », a en effet affirmé ce samedi le président nigérien Mahamadou Issoufou, interrogé par France 24. « Les assaillants, selon toutes les informations que nous avons eues, venaient de Libye, du Sud libyen », a déclaré M. Issouffou, confirmant des informations déjà avancées par des responsables nigériens sitôt après les attentats, revendiqués par le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), groupe islamiste armé chassé du Mali par l’intervention des forces militaires françaises et africaines.

Ces attaques confirment que « la Libye continue d’être une source de déstablisation pour les pays du Sahel », a ajouté M. Issoufou qui s’exprimait à l’issue d’une rencontre avec le patron du groupe Areva – un des fers de lance de la Françafrique -, Luc Oursel, dont un employé a été tué et 14 blessés dans l’attentat d’Arlit.

A Agadez, l’attaque a fait 24 morts, et au total, une dizaine de jihadistes ont été tués, selon le dernier bilan de Niamey.

« J’avais déjà prévenu depuis le déclenchement de la crise libyenne (…) qu’il fallait éviter que les solutions après la défaite de Kadhafi soient pires que le mal et j’avais précisé que si l’Etat libyen se somalisait ou tombait entre les mains d’intégristes, la solution serait pire », a-t-il souligné.

« Aujourd’hui la situation est très difficile, les autorités libyennes font le maximum pour la contrôler, mais le fait est là: la Libye continue d’être une source de déstablisation pour les pays du Sahel », a-t-il dit.

Des autorités libyennes dont le pouvoir se limite à quelques quartiers de Tripoli ou Benghazi. Des régions entières, tombées sous la coupe de milices islamistes, véritables armées régionales, – Derah, Zlinten, Misratta … – échappant totalement à leur pouvoir débile.

Selon de nombreux experts – que l’on aurait aimé entendre il y a deux ans -, le Sud libyen est devenu au cours des derniers mois l’un des sanctuaires où se sont reformées les cellules d’Al-Qaïda au Maghreb islamiste (Aqmi) et autres groupes islamistes armés après l’offensive française au Mali. Ils y trouvent relais, arsenaux et sanctuaires, sous la protection de leurs épigones des milices islamistes, issues des katibas djihadistes du CNT. Et jusqu’au sommet de ce qui reste de l’état libyen en voie de somalisation.

Sitôt après les attentats, les autorités nigériennes avaient déjà pointé la Libye voisine: « les kamikazes viennent effectivement de Libye », « un sanctuaire des terroristes », avait ainsi assuré un haut responsable civil de la région d’Agadez.

On se souviendra que la Libye était aussi directement impliquée dans l’attaque terroriste du site gazier de Tigantiroune (In Amenas, Algérie) (1).

LE MAUVAIS SIGNAL DES USA ET DE L’OTAN

Le déclencheur de l’activisme terroriste des djihadistes au Sahel et au Maghreb comme en Europe est en effet la réponse à un signal fort, et extrêmement irresponsable, donné depuis plus de deux ans par les USA et l’OTAN : la collaboration des services spéciaux de l’OTAN, et singulièrement de la CIA, des français et des britanniques, avec des leaders d’Al-Qaida et d’AQMI, sa branche nord-africaine, en Libye, en Syrie et en Algérie.

La vision, exemple emblématique, d’un ancien de Guantanamo, Abdelhakim Belhadj, adoubé par les généraux de l’OTAN, français en tête, comme « gouverneur militaire de Tripoli » en Août 2011 est un mauvais signal donné à tous les djihadistes. Relire les déclarations délirantes des généraux français de l’OTAN lors de la prise de Tripoli en Août 2011…

Le même Abdelhakim Belhadj fut ensuite chargé de mission contre Damas en novembre 2011, à la tête d’une brigade en Syrie, basée en Turquie, et dont les camps d’entrainement étaient précisément organisés en Libye avec la bénédiction du CNT et de ses protecteurs de l’OTAN.

LE PROJET GEOPOLITIQUE DES USA ET LE SCENARIO DU DIABLE

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Les USA, l’OTAN et singulièrement la France payent cash le prix fort pour cette politique aventuriste et irresponsable.

Et ce n’est que le début. Les djihadistes ont le vent en poupe, disposent maintenant de relais forts et de gouvernements favorables en Libye, Egypte, Tunisie et Maroc. Où les Salafistes et les Frères musulmans dominent maintenant la vie politique. Toujours sous la protection de généraux « arabes » protégés des USA et de l’OTAN.

A cela s’ajoutent le pillage des arsenaux libyens par les « katibas » djihadistes du CNT et la vente par les dirigeants corrompus du CNT libyen d’un impressionnant arsenal à AQMI aux début du coup d’état en Libye, en mars-mai 2011 (notamment des ventes de missiles exposées par le CANARD ENCHAINE à Paris, à l’époque).

Sans oublier aussi la Centrafrique, où les occidentaux, pas échaudés apparemment par les désastres libyen et malien, ont rejoué le scénario maudit, le scénario du diable, installant au pouvoir la Séléka et ses islamistes ; via un nouveau CNT (2). On comprend mieux alors le nom du pouvoir « de transition » installé au pouvoir en Centrafrique – et que Paris aurait pu balayer sans problème -, ce CNT inspiré du CNT libyen de Benghazi …

Derrière ce scénario du diable, il y a le projet géopolitique américain, celui des néocons de Bush réactivé par Obama, dit du « Grand Moyen Orient ». Au sens de plus en plus large et où l’Afrique est devenue l’arrière cour de ce « Grand Moyen Orient » remodelé et de sa cible géostratégique, le contrôle de l’Eurasie, clé d’un « XXIe siècle américain ». Dans ce projet la tactique est simple, toujours la même : allier dans un état faible ou fragmenté un pouvoir militaire et des forces islamistes, tous deux gagnés à l’économie libérale (la première caractéristique des Frères musulmans, par exemple, est leur hostilité absolue au Socialisme). Pour arriver cela, il faut évidemment s’allier au diable djihadiste !

LA SCHYZOPHRENIE DES USA ET DE L’OTAN

La politique des USA et de l’OTAN, dont la France des Sarkozy et Hollande – qui a enterré la politique du générale de Gaulle aussi bien au niveau européen qu’arabe – réintégrée dans l’OTAN est le bon élève servile, peut être qualifiée de schizophrénique. Chaque jour de jeunes soldats sont sacrifiés en Afghanistan, en Irak ou au Mali pour combattre des djihadistes. Que par ailleurs on a armés et organisés, comme allié principal, en Libye ou en Syrie. Incohérence ou cynisme …

Schizophrénie qui touche aussi les services spéciaux de l’OTAN. Ainsi les branches Sécurité intérieure des Services français, britanniques ou belges, qui doivent suivre les djihadistes et autres salafistes en Europe, doivent regarder d’un drôle d’œil leurs collègues des branches Action extérieure et du Service Action qui ont encadré et armé les mêmes islamistes en Libye ou le font encore contre la Syrie. En particulier les barbouzes française qui ont organisé les livraisons d’armes aux Brigades de Zenten et de Tripoli en juin 2011, avant de remettre la capitale libyenne à leur chef Abdelhakim Belhadj.

La participation de la France et de nombreux pays de l’OTAN au projet américain dit du « Grand Moyen-Orient », celui de Bush et des Neocons réactivé par Obama, où les Européens se chargent par ailleurs de tâches que même les généraux du Pentagone refusent d’accomplir, à un prix. Celui ci est aujourd’hui élevé. Il le sera encore plus demain !

Les USA, qui ont aidé Ben Laden à organiser Al-Qaida au début des Années 80 en Arabie Saoudite et en Afghanistan contre les Soviétiques, puis les mêmes réseaux en Bosnie au milieu des Années 90 contre la Yougoslavie de Milosevic, connaissent bien ce prix. Washington le paye depuis plus de 15 ans.

Les leçons de l’Histoire semblent ne jamais être comprises des politiciens occidentaux.

En Libye, l’Occident – USA, NATO, Françafrique -, en détruisant la Jamahiriya de Kadhafi, facteur de stabilité, de paix et de sécurité, amie de la Grande-Europe, a ouvert sa boîte de Pandore. Il va le payer longtemps et jusqu’au cœur des capitales de l’UE …

Avec AFP – France 24 – PCN-SPO – ELAC Website / 2013 05 25 /


Luc MICHEL


http://www.lucmichel.net/2013/05/25/elac-alac-committees-libye-la-boite-de-pandore-de-lotan/

https://www.facebook.com/notes/elac-committees/-elac-alac-committees-libye-la-bo%C3%AEte-de-pandore-de-lotan/315731048556824

___________________

(1) Cfr. ELAC & ALAC Committees / LA LIBYE DU CNT MADE IN NATO IMPLIQUEE DANS L’ATTAQUE D’IN AMENAS EN ALGERIE !

sur:

http://www.elac-committees.org/2013/02/18/elac-alac-committees-la-libye-du-cnt-made-in-nato-impliquee-dans-l%e2%80%99attaque-d%e2%80%99in-amenas-en-algerie/

(2) Cfr. Luc MICHEL, SELEKA ET CRISE EN CENTRAFRIQUE: LE DESSOUS DES CARTES

sur:

http://www.eode.org/eode-think-tank-geopolitique-seleka-et-crise-en-centrafrique-le-dessous-des-cartes/

__________________

Photo: Dessin de Chapatte pour Le Temps.

Le sénateur américain John McCain, en visite dans le bastion du CNT à Benghazi en mai 2011. « USA you have a new ally » (sic).

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Source: TSIMOKI GASIKARA

samedi, 25 mai 2013

LA DEFAITE IMPERIALE EN SYRIE ET LA NAISSANCE D'UN MONDE BIPOLAIRE

 

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Par petites touches et sur le terrain, se dévoile la réalité des discussions entre Poutine, Lavrov et Kerry. Malgré son apparence de gag ou d’euphorie inopinée, l’idée de Hollande d’expliquer à  Poutine où se trouvent les intérêts de la Russie, participe à ce dévoilement : l’accord russo-américain a surpris le pouvoir français. De nombreuses analyses, sur les sites alternatifs, démontraient pourtant une nette répugnance de l’exécutif américain à intervenir directement dans la guerre faite à la Syrie. L’option américaine, depuis l’arrivée d’Obama, d’une « stratégie par l’arrière » comme l’a exposée Hillary Clinton dans l’agression de la Libye n’était pas une option intermittente  mais une nécessité des buts assignés à Obama par le système après les dégâts considérables financiers et de communication ou d’image de la guerre de démolition de l’Irak et d’occupation de l’Afghanistan.  Cette « stratégie par l’arrière » ne signifiait  pas l’absence US ni du théâtre d’opération ni de la direction des opérations. Sans la destruction des défenses aériennes  libyennes et sans la fourniture des bombes et munitions US les avions anglais et français n’auraient pu mener leurs attaques avec autant de facilité.
 
L’annonce d’une conférence Genève II sur la Syrie a d’abord porté ce premier message que les USA avaient décidé quelque chose avec les Russes sans  prévenir personne. Beaucoup d’observateurs et d’analystes attiraient l’attention que la ligne de résistance qui s’organisait autour de la Syrie à la politique d’agression US signifiait la fin du monde unipolaire issu de la fin de l’URSS et de la chute du mur de Berlin. Bien sûr la presse aux ordres continuait à expliquer le véto russo-chinois par le ressentiment et le désir de vengeance.  La presse des oligarques n’a pas pour mission d’ouvrir les yeux des opinions publiques mais de droguer leurs cerveaux. Il n’était pas dit, cependant, que la fin pressenti de ce monde unipolaire allait déboucher aussi brutalement  sur un monde bipolaire. L’accord Russo-américain sur la Syrie n’est pas un nouveau Yalta et n’a pas l’ambition de l’être dans cette forme et en l’état actuel mais il change substantiellement la donne. Il la change tellement que Cameron puis Netanyahou se sont précipités à Sotchi, que Cameron a prolongé le voyage vers Washington suivi d’Erdogan et que Hollande a mis ses conditions à l’application de l’entente :  Genève II doit enregistrer la reddition honteuse d’El Assad ou ne sera pas et hors de question d’enregistrer la présence de l’Iran. On pourrait en rire si cette dénégation de la réalité n’était aussi triste pour le pays France.
 
Pourtant quelques heures après les discussions, Kerry confirmait la demande américaine de départ d’El Assad... de façon un peu vague, sans mettre de calendrier et surtout sans en faire une condition de Genève II.  Obama récidive en recevant Erdogan. Quel élément a échappé à Hollande qui a réagi comme le partenaire trahi, le partenaire qu’on a poussé devant pour le lâcher au milieu des flots ? Qu’est-ce qu’Obama a expliqué à Erdogan pour que ce dernier continue à exiger le départ du président syrien en oubliant les armes chimiques pièce essentielle pour une éventuelle intervention US ? Qu’est-ce que Netanyahu a compris pour oublier ces mêmes armes chimiques mais continuer à menacer ?
 
Il semble bien que Poutine, Kerry et Lavrov se sont entendus pour cerner la crise syrienne dans ses dimensions régionales et exclure par cet accord toute extension vers une crise mondiale. Il n’y aura donc pas d’implication américaine directe et par conséquent, pas d’intervention de l’OTAN. L’accord prend acte, par contre, de la dimension régionale.  Israël, Turquie, Arabie Saoudite, pourront continuer à agir contre l’état syrien et soutenir la subversion rebelle. L’Iran et le Hezbollah, voire une partie de l’état irakien pourront soutenir la résistance de l’armée et du peuple syriens. Les USA et la Russie pourront évidemment soutenir et coordonner les forces de leurs camps respectifs et poursuivre leurs propres buts mais en s’excluant tout acte pouvant les entraîner comme acteurs directs et donc risquer un conflit mondial. Là dedans la France et l’Angleterre sont évidement hors jeu en dehors de l’action des forces spéciales ou des aides militaires et financières.  
 
Nous sommes entrés dans une phase de bipolarisation par la mise en place d’un dispositif de guerre contrôlée. La conférence « Genève II » sera le cadre ouvert d’une négociation régionale qui accompagnera la guerre sur le terrain jusqu’à ce que cette dernière finisse par convaincre l’un des acteurs de sa défaite. C’est déjà un pas immense des USA vers la reconnaissance de leur statut de puissance cogérante du monde.  Et un pas vers la reconnaissance de leur échec en Syrie.    
 
 
Mohamed Bouhamidi
             
 
In Reporters-Alger, le mardi 21 mai.

vendredi, 24 mai 2013

SYRIE - DE LA DEROUTE IMMINENTE DES FORCES ARABO-OCCIDENTALES A GENEVE II

 

REUNION SUR LA SYRIE A AMAN. JOHN KERRY ET LES PARTICIPANTS.jpg

 

Une lecture politique de ce qui se déroule actuellement en Syrie montre un bouleversement des données, des visions et des objectifs, mais également un effondrement visible des projets et espérances des agresseurs.


Les ballets diplomatiques surtout vers la Russie et les réponses de Poutine et de Lavrov qui ne souffrent d’aucune ambiguïté, ainsi que les déclarations, devenues plutôt sensées, des responsables américains - par leurs références à la réalité et à la légalité, quoique encore équivoques, sûrement pour ne pas contrarier ses alliés en inquiétude - montrent que pour l’Amérique la limite est atteinte sans percevoir le minimum de ce qui est planifié, comme résultat sur la Syrie, se réaliser.

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Deux années de guerre contre un peuple, son armée, ses institutions et son histoire sans l’apparition ne serait-ce qu’une faille significative dans l’édifice syrien ; deux années de destruction des infrastructures de toutes natures sans voir la déliquescence prévue malgré les dizaines de milliards de dollars «investis» dans un contexte de récession ou de faillite des économies occidentales sachant que les bailleurs sont de riches monarchies arabes sous tutelle américaine. La volonté d’exister, la détermination et la patience des syriens ont eu raison sur l’agresseur, ses ruses et son aliénation.

En arriver à mobiliser des groupes terroristes intégristes disséminés à travers le monde, surtout musulmans, que l’on traquait hier, pour en faire aujourd’hui, contre de l’argent, des combattants «de la liberté» et «de la justice» sous la fausse bannière de l’Islam, au motif fallacieux du ‘‘Djihad’’, sans résultats probants, ne peut qu’obliger les puissants commanditaires, aussi déraisonnables qu’ils soient, au pragmatisme et au renoncement de cette aventure belliqueuse, onéreuse et sans horizon, qui virait vers une déflagration régionale, voire mondiale !

L’échec de l’aventure semble bien consommé et les cartes jouées au regard surtout des résultats militaires sur le terrain des combats. Depuis l’annonce, par les deux «Grands», les USA et la Russie, d’une conférence «internationale» sur la Syrie, prévue à Genève, qui se veut ultime round pour celer cet encombrant et dangereux dossier, il ne reste plus chez les autres protagonistes, impliqués dans le versement du sang syrien, que de s’aligner malgré leurs murmures, leurs agitations trahissant une profonde désillusion. Quand Moscou et Washington ont décidé que la conférence aura lieu les 14 et 15 juin à Genève, au niveau des ministres et vice-ministres des Affaires étrangères, suivi de Ban Ki-Moon, position que Berlin ‘partage’, les autres seront contraint de suivre, y compris la funeste et félonne «Ligue arabe»que dirige le Qatar.

En effet, dans le cas d’une guerre, toutes les décisions d’ordre politique s’inspirent ou se réfèrent aux résultats sur le terrain des combats; c’est une condition sine qua non. Et ces résultats c’est l’armée syrienne qui les imprime.   Il n’y a que la France, inféodée à Israël, qui dévoile, sans pudeur, son incompétence. C’est précisément au moment où les deux «Grands» envisagent d’y mettre fin, suite à un accord, en y convoquant cette Conférence, pour juste entériner la décision, que la France, honteuse et confuse, se sentant marginalisée, s’incruste pour manifester sa présence par un ‘m’as-tu-vu’ en déclarant, pour la galerie, que «l’Iran ne doit pas participer» tout en reprenant le refrain désuet «Bachar al-Assad doit partir», narguant la Russie qui trouve sa participation essentielle. L’Iran, qui est aussi visé, est lié par un accord de défense mutuel avec la Syrie.

Selon Reuters, Lavrov a haussé le ton ainsi : «La chose principale est que l’Occident veille à la participation à la conférence des groupes d'opposition sans condition préalable et de faire pression pour que les adversaires d'Assad n’exigent pas des choses irréalistes» ajoutant «aucun doute qu'il est obligatoire d'inviter tous les voisins de la Syrie, sans exception. L’Iran, comme vous le savez, est un pays voisin de la Syrie». La France justifie sa position par une tromperie (qui s’appliquerait plutôt sur elle) en claironnant : «Il y a un enjeu de stabilité régionale, on voit mal qu’un pays [l'Iran] qui représente une menace pour cette stabilité participe à cette conférence ».

Prôner la paix en refusant les principaux protagonistes est non seulement insensé, mais motif de disqualification. C’est la France aussi qui soutient et arme les terroristes en Syrie en éloignant la solution. C’est donc la France qui représente une menace à la paix dans cette région, qui lui est étrangère, dont la participation est superflue, voire problématique, par ses accointances douteuses! Elle persiste encore, à reconnaitre un CNS, issu du néant, sans ancrage et sans élection, comme «le seul représentant légitime du peuple syrien». Quel cynisme ! Surprise de taille, au même moment, elle ‘perd’ une de ses colonies, la Polynésie, par un vote de l’assemblée générale de l’ONU qui l’inscrit territoire à décoloniser par une résolution - présentée par trois minuscules pays - affirmant «le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l’autodétermination et à l’indépendance».

Elle crie maintenant à «l’ingérence flagrante…un détournement des objectifs que les Nations Unies se sont fixées en matière de décolonisation» (rien que ça ?) alors qu’elle ne cesse de s’immiscer dans les affaires des autres peuples, en s’employant à choisir à leur place, tels la Côte d’Ivoire, la Libye, le Mali, la Syrie est bien d’autres !

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Finalement, cela n’arrive pas qu’aux autres. La France se rend compte, à ses dépens, qu’elle ne vaut pas grand-chose sur la scène internationale. Le front ‘Ennosra’ qui constitue le groupe «djihadiste», composé de wahabo-takfiro-sionistes, le plus puissant de Syrie semble en débâcle, selon les derniers développements sur le terrain militaire, sous les coups de boutoir de l’armée syrienne et/ou en s’entre-tuant suite à des conflits intestins et sur le terrain politique en déchéance puisqu’il vient d’être classé désormais, perfidement , par son parrain, groupe «terroriste» après avoir misé sans succès sur lui en lui ‘‘déléguant’’ sa sale besogne par le truchement d’une «opposition syrienne à l’étranger» fragmentée, aux intérêts antinomiques.

Les Américains, qui ne visent que leurs intérêts, y verraient certainement d’un bon œil l’armée syrienne la débarrasser de toute cette racaille au risque de les voir retourner dans leurs pays poursuivre leurs méfaits. Les services européens de sécurité demandent même l’aide des services syriens pour les identifier, d’autant que le ministre allemand de l’Intérieur reconnaît l’existence d’environ 700 terroristes.La Syrie avait, en effet, présenté à l’ONU une liste de terroristes, issues de 28 pays (dont EU et Européens), actifs en Syrie. Ces terroristes ne peuvent être traqués sans une coordination étroite avec, surtout, les services syriens, libanais et iraniens. 

A Al Qseir, dans la banlieue de Homs près de la frontière libanaise et à 15 km de Homs, est considéré point hautement stratégique pour les américano-sionistes - par sa position de carrefour et importante porte d’entrée des groupes armés et des armes venant de l’étranger - pour envahir Damas, est finalement sur le point de tomber entre les mains de l’armée syrienne ainsi que 36 villages situés dans sa banlieue. Toutes les voies d'approvisionnements d' «Ennosra» seraient coupées. Le député libanais, Assam Ghansou, a confié à ‘‘Al Nachra’’ que des dizaines d’officiers français, britanniques, belges, hollandais, qataris auraient été capturés. Ne reste important, selon lui, que la libération de l'aéroport Al Zabgha qui permettra d'annoncer zones sûres les frontières syro-libanaises. La chute d’Al Qseir sera un tournant décisif de la guerre; un coup rude à l’axe wahabo-takfiro-occidentalo-sioniste.

Du coup, le Conseil national syrien appelle  à une réunion urgente de la Ligue arabe pour arrêter cette«tentative de faire disparaître la ville et ses habitants de la carte» suivie de cris d’orfraie des commanditaires dont les EU qui ‘‘condamnent’’ l’assaut de l’armée syrienne pour libérer cette ville. Ce qu’ils autorisent chez eux, ils le dénient à la Syrie. De la fantaisie ?  On parle aussi de «nettoyage» par ratissages, depuis quelques semaines,  des zones et autres banlieues de Damas, d'Idleb, de Lattaquié, d'Alep,  de Deir Ezzor, de  Daraa  et de Hama essentiellement - beaucoup sont déjà sous leur contrôle - où l’on rapporte des centaines de tués par jour parmi les groupes armés composites pour la plupart des mercenaires étrangers et ce, sans possibilités d’être approvisionnés, remplacés ou renforcés.

Un enfer où il ne reste que la mort ou, avec chance, la fuite ou la reddition. Cette dernière, qui est considérée trahison, a pour réponse l’exécution immédiate par les pairs. Cependant, devant la mort certaine, des milliers ont choisi de se rendre. Cette bataille d’Al Qseir précipitera, sans aucun doute la tenue de cette Conférence que les analystes syriens assurent qu’elle sortira avec un résultat en deçà de ce qui est programmé par les autorités syriennes.  Forcément !

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Selon les observateurs, l´armée syrienne, majoritairement sunnite, qui a une doctrine et l’expérience, aidés par les forces de «défense nationale », procède par intelligence, discernement, méthode et patience : informations, étude, stratégie, contre stratégie, tactiques, contre-tactique, offensive contre-offensive contrairement à la horde mercenaire, hétéroclite, indisciplinée, sans conviction, qui répond par les assassinats de civils, le lancement des obus sur les villes, les attaques des concentrations de personnes par des voitures piégées, les destructions des infrastructures économiques, sociales et culturelles, les attentats-suicides, l’éviscération des cadavres, les kidnapping dont des vieillards amnésiques pour les utiliser sûrement comme monnaie d'échange, l’embrigadement des enfants. Ils s’autorisent aussi de décréter le‘‘Djihad sexuel’’ (forme de prostitution), de rendre licite le viol et le vol. Les planificateurs de cette conquête de la Syrie doivent être atteints d’une grave déchéance mentale pour engager et compter sur ces barbares-là ! 

Dans ces situations, la guerre contre la Syrie ne peut que toucher à sa fin, en faveur de la Syrie, au regard de la débandade qui règne dans leurs rangs d’une part et de la fébrilité et l’agitation sur le plan diplomatique qui saisit les États impliqués d’autre part. Cette certitude se vérifie d’abord par les incontestables succès de l’armée syrienne, ensuite par le «coup de grâce» porté suite à l’acquisition récente par la Syrie de moyens de défense redoutables - tels les S300 et les nouveaux missiles de pointe, sol-mer, du type ‘Yakhont’, des antinavires équipés de radars sophistiqués - qui ont ôté tout espoir de poursuivre la guerre encore moins de la gagner ! Le tout pris en tenaille par une armada de navires de guerre russes dont 12, au moins, ont accosté récemment au port Tartus.

Ceci a fait réagir de façon curieuse le général Martin Dempsey, chef de l’état-major interarmes américain, qui estime que cela «risquait d’encourager l’armée régulière syrienne et de prolonger le conflit» (?!). Plutôt mettre fin aux provocations si l’on se réfère à Nick Brown, rédacteur en chef de la revue IHS Jane’s, qui fait autorité en matière de défense, qui affirme que ces missiles sont «difficiles à détecter et encore plus difficiles à abattre…[qu’ils sont] de taille pour tenir les bâtiments de guerre à distance des rivages syriens». L’intention cachée est révélée par d’autres responsables US qui pensent que ces engins«empêchent un blocus maritime de la Syrie et bloquent toutes possibilités de ravitaillement des groupes armés via la mer».

La dissonance, toutefois, vient du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel qui a déclaré que les États-Unis allaient «continuer à discuter avec la Russie» et que les deux pays «ont un intérêt commun à empêcher une guerre régionale potentiellement explosive». Les autres éléments qui ont accéléré les choses vers leurs fins sont notamment le raid israélien qui a eu pour conséquence un effet inverse de celui projeté; une aggravation de la «sécurité» d’Israël par l’ouverture du front du Golan - auquel adhère l’Irak avec l’annonce, par le conseiller de Maliki, Heydar Al Lami, de la création de comités pour la libération de ses hauteurs occupées par les sionistes - la fourniture d’armes plus sophistiquées au redoutable Hezbollah et, enfin, la sortie fortuite de Carla Del Ponte qui a démoli l’argument de l’utilisation, par l’armée syrienne, des armes chimiques qui allait justifier une intervention militaire extérieure.

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C’est les groupes armés, que soutient l’Occident, qui l’ont utilisé affirme-t-elle, sans ambages, après enquête. La dernière menace d’Israël d’user d’un autre raid sur la Syrie a non seulement reçu déjà la mise en garde ferme de la Russie, mais fait réagir l’ex-chef du renseignement sioniste, Amos Yadlin (photo), qui a mis en doute le succès des raids prochains en affirmant que  «cette entreprise ne peut être couronnée…de succès vu les tensions que créerait une telle campagne…et les réactions que le camp d'en face manifesterait» ajoutant que «les S300 sont capables de viser les avions israéliens à des dizaines de kilomètres». Selon ‘Haaretz’, une autorité militaire aurait confié qu’Israël a«sous-estimé la puissance militaire du régime syrien et l'attitude à suivre fait toujours débat au sein de la hiérarchie militaire». Il faut toutefois rester vigilant avec cet Israël connu pour sa vilénie et ses coups tordus! 

On ‘’réfléchit’’ même à un ultime (?) stratagème qui consiste en l’envoi de «Casques bleus» afin, dit-on, de «rassurer certains groupes ethniques» et «aider à stabiliser le pays», alors que ce genre de force ne se déploie qu’en cas d’accord de paix d’une part et lorsqu’il y a conflit entre groupes ethniques d’autre part ; ce qui loin d’être le cas en Syrie contrairement à la propagande de l’Occident ! Et puis, le monde connaît maintenant le rôle des «Casques bleus» de l’ONU…des espions déguisés onusiens pour la plupart ! Rien n’y fera. Tout est fini.

Il n’y aura plus d’hégémonie américaine sur la région ni de supériorité sioniste. Le multilatéralisme est désormais établi. Le couplet monotone rabâché à la nausée «communauté internationale» ne prendra plus, l’attrape-nigaud «Ligue des États arabes» ne piégera et ne trompera plus. Nous verrons que le monde reconnaîtra, l’héroïsme, les sacrifices et la résistance du modeste peuple syrien face à la puissante alliance qui voulait le sacrifier pour l’intérêt et la suprématie.

L’écrivain et philosophe russe, proche de Poutine, Alexander Prokhanov fait cette remarque d’importance«ceux qui ne veulent pas voir l’occupation rampante de la planète par les Américains feraient bien d’observer la Syrie et le rôle qu’y joue l’Occident » ( ‘hebdo.ch’, du 16 mai 2013). 

Terminons par un extrait de l’entretien donné, par Bachar al-Assad, au journal argentin ‘Clarin’ qui nous renseigne sur les principes qu’il ne faudra pas toucher et sur des faits qui battent en brèche les versions tronquées occidentales: «Je ne sais pas si Kerry ou les autres ont reçu un pouvoir du peuple syrien pour parler en son nom, à savoir, qui devrait partir et qui devrait rester. Cela sera déterminé par le peuple syrien par les élections…la présence d’observateurs est une décision nationale».

Sur le terrorisme, il a déclaré «soyons clairs…il y a confusion dans le monde entre la politique et la solution au terrorisme. Ils estiment qu’une conférence politique peut arrêter le terrorisme sur le terrain. C’est irréel».

Sur les armes chimiques et les accusations, il explique ainsi «ces déclarations de nos ennemis…changent tous les jours. Les armes chimiques sont des armes de destruction massive. Ils disent que nous les avons utilisés dans des zones résidentielles. Si je vous dis qu’une bombe nucléaire a été larguée sur la banlieue et qu’il a dix ou vingt personnes victimes, vous allez me croire ? L’utilisation des armes chimiques dans les zones résidentielles signifie…des dizaines de milliers de personnes tuées en quelques minutes. Qui pourrait cacher une telle chose ?».

On comprend, en effet, pourquoi les Américains corrigent l’accusation en disant, maintenant, «en petite dose» à défaut de se renier. Dans peu de temps, il ne restera que les stigmates et les ondes d’une guerre psychomédiatique sans précédent, perfide, mensongère et vengeresse qui nourriront, durablement, plus de haine surtout pour les États compromis dans cette guerre injuste et prédatrice. Une haine, bien sûr envers tous ces pseudos politiciens, ces pseudos journalistes ou chroniqueurs avec leurs médias-mensonges, ces pseudos organisations dites des «droits de l’homme», ces pseudos philanthropes qui font passer ces assassins,  ces gueux, ces lâches, ces ignorants, ces obscurantistes, ces dégénérés pour des vertueux ou de «bons samaritains», des épris de justice, de paix et de liberté.


Djerrad Amar


Source: CAMEROON VOICE

jeudi, 23 mai 2013

QUI GOUVERNE REELLEMENT LA FRANCE ET L'EUROPE?

europe,france,Qui gouverne réellement la France?,Qui gouverne réellement la France et l’Europe, une conférence de François ASSELINEAU, président de l’Union Populaire Républicaine (UPR), le 27 avril 2012 à Saint Amour


Qui gouverne réellement la France et l’Europe, une conférence de François ASSELINEAU, président de l’Union Populaire Républicaine (UPR) version entièrement réenregistrée et remontée présentée le 27 avril 2012 à Saint Amour.

Comment la France a transféré la majeure partie de ses pouvoirs aux responsables européens et aux lobbies? Comment une poignée de groupes contrôle les médias?


Vidéos à voir absolument, à partager et à conserver ! ! !

europe,france,qui gouverne réellement la france?,qui gouverne réellement la france et l’europe,une conférence de françois asselineau,président de l’union populaire républicaine (upr),le 27 avril 2012 à saint amour


Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 1/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 2/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 3/4



Qui gouverne la France et l'Europe? - François ASSELINEAU 4/4

 

Source: UNION POPULAIRE REPUBLICAINE (UPR)

mercredi, 22 mai 2013

COMPETITIVITE DES ECONOMIES AFRICAINES: LA COTE D'IVOIRE PASSE DU 129ème AU 131ème RANG

 

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Produit conjointement par la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale et le Forum Économique Mondial, ce rapport 2013 sur la compétitivité de l’Afrique identifie le renforcement de l’intégration régionale comme un moteur important pour améliorer la compétitivité.

 

Les progrès réalisés par les économies africaines pour parvenir à la croissance économique doivent s’accompagner d’efforts visant à stimuler leur compétitivité à long terme, si l’on veut que le continent parvienne à des améliorations durables ». C’est là une des déductions du Rapport 2013 sur la Compétitivité de l’Afrique rendu public le jeudi 09 mai 2013 au Cap (Afrique du Sud).

Ayant pour thème « Connecter les marchés africains de manière durable », le document est une œuvre conjointe de la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Mondiale et le Forum Économique Mondial (FEM). Il examine « les barrières à l’accroissement du commerce y incluant, aussi bien l’état des infrastructures sur le continent que l’environnement juridique et réglementaire qui y prévaut ». Et, au terme de cet exercice, la Côte d’Ivoire classée 129ème lors de l’évaluation 2011-2012 perd cette année deux places, se positionnant au 131ème rang sur un total de 144 pays passés au crible.

La Côte d’Ivoire devra accélérer les réformes

« Le gouvernement vient d’adopter en Conseil des ministres la loi sur la concurrence, seulement ce 02 mai 2013 et cela, en réponse à une recommandation forte de la dernière mission conjointe Fmi-Banque mondiale-BAD au titre de l’article IV ; nos zones industrielles qui en réalité sont de simples lotissements industriels eu égard au niveau de dégradation de leurs infrastructures, n’apportent nullement le « plus » en matière de compétitivité que les entreprises qui y sont installées sont en droit d’attendre, l’administration des marchés publics, ces derniers années, est loin de satisfaire le monde industriel… c’est donc dire si la Côte d’Ivoire a de sérieux efforts à faire en terme de réformes, situation que traduit notre rang actuel de 131ème sur l’échelle de la compétitivité de notre économie au plan mondial » fait noter, le Directeur Général de la Fédération Nationale des Industries et Services de Côte d’Ivoire (FNISCI), Louis S. Amédé, commentant le Rapport 2013.

L’intégration, un sésame de choix

Ainsi donc, comme les pays africains indexés dans ce rapport, la Côte d’Ivoire doit accroître sa compétitivité, sinon elle risque de compromettre la belle dynamique de croissance sur laquelle elle surfe. Les auteurs du rapport prescrivent aux économies africaines, à cet effet, l’intégration régionale. Ils en font « un instrument essentiel pour aider l’Afrique à accroître sa compétitivité, diversifier sa base économique et créer suffisamment d’emplois pour sa population jeune et en rapide voie d’urbanisation ». Et faisant le point sur les principaux problèmes politiques posés par la réalisation d’une intégration régionale plus poussée, ils appellent les États du continent à « combler le retard de compétitivité, faciliter les échanges, mettre en place de meilleures infrastructures et à investir dans des pôles de croissance ».


Documents annexes: Télécharger le Rapport Complet (7 Mo)

 

Source: FEDERATION NATIONALE DES INDUSTRIES ET SERVICES DE COTE D'IVOIRE (FNISCI.NET)

dimanche, 19 mai 2013

CONFERENCE DE MICHEL COLLON: «AVONS-NOUS LE DROIT A LA VERITE?»

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"Avons-nous le droit à la vérité?" est le thème de la conférence qui s'est déroulée le 25 Avril 2013 à l'ISFSC de Bruxelles.

Intervention de Michel Collon sur le rôle des médias dans les guerres "humanitaires", et sur le projet atlantiste USA-OTAN.

A voir absolument, chers lecteurs ! ! !



Conférence de Michel Collon: 1ère partie

 


Conférence de Michel Collon: 2ème partie

samedi, 18 mai 2013

VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE: LES ETATS-UNIS ACCABLENT OUATTARA

 

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C'est un rapport qui fera certainement grand bruit. Et pour cause, il apparaît accablant pour le régime Ouattara alors qu'il est produit par les Etats-Unis, qui passent pour être un «ami» des tenants actuels du pouvoir.

 

Le document, qui fait l'état des lieux des droits de l'homme en Côte d'Ivoire durant l'année 2012, ne passe pas sous silence ce qui ne va pas, deux ans après l'accession de Ouattara au pouvoir. Le rapport dénonce notamment les arrestations arbitraires, les détentions au mépris de tout cadre juridique, auxquelles se sont livrées l'année dernière les forces de sécurité, les « Forces républicaines de Côte d'Ivoire » (Frci) et les dozos (toutes des forces pro-ouattara). « Au cours de l’année il y a eu des cas où des éléments des forces de sécurité ont agi en toute indépendance du contrôle civil », dénoncent les Etats-Unis. Les attaques récurrentes contre le régime ont, selon les auteurs du rapport, favorisé les nombreuses violations des droits de l'homme dont se sont rendues coupables les forces pro-ouattara, les Frci.

«Les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), l’armée du pays, se sont rendues coupables d’exécutions extrajudiciaires, d’actes de torture et de détentions arbitraires », accusent les Etats-Unis.  Reprenant à leur compte, les allégations de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (Onuci), les Américains avancent que « des éléments Frci ont torturé et maltraité des prisonniers et des détenus pour extorquer des aveux ou des informations dans les centres de détention informels ». Outre les Frci, le rapport produit par les Etats-Unis pointent du doigt la Direction de la surveillance du territoire (Dst), accusée de procéder à des détentions arbitraires ; mais aussi les chasseurs traditionnels dozo.

L'IMPUNITE, LA SOURCE DU MAL

Voici ce que le document dit d'eux dans un passage : « Bien qu’originaires du Nord du pays, les Dozos, des chasseurs traditionnels qui assumaient souvent des rôles de sécurité non officiels, se retrouvaient dans tout le pays et étaient impliqués dans des violations des droits humains, notamment des meurtres et des cas de détention arbitraire au cours de l’année ». Ces arrestations et détentions, opérées souvent en toute illégalité, sont, dans bien des cas, motivés par une extorsion de fonds et autres rackets, du moins à en croire les auteurs du rapport.

A ce sujet d'ailleurs, voici ce qu'ils disent : « Les Frci et les Dozos ont été impliqués dans le racket, souvent à des postes de contrôle illégaux partout dans les grandes villes et sur les axes routiers ».Comme pour insister sur cette plaie des forces de sécurité, le rapport renchérit en ces termes : « L’impunité et la corruption étaient endémiques, et les postes de contrôle de sécurité dans tout le pays étaient souvent utilisés pour extorquer de l’argent ». Plus cinglant, le document ajoute : « La détention par les Frci prenait parfois la forme de rafles, ou rafles massives de personnes de quartiers particuliers, soit pour extorquer des pots-de-vin ou pour obtenir des informations ou des aveux. ».

Au dire des Américains, il en va ainsi parce que les autorités n'arrivent pas à lutter contre l'impunité en dépit des déclarations de bonnes intentions. « Le gouvernement a rarement pris des mesures pour poursuivre les responsables qui ont commis des violations, que ce soit dans les services de sécurité ou ailleurs au sein du gouvernement. L’impunité des forces de sécurité, en particulier pour les crimes commis durant la crise postélectorale de 2011, a été un problème », déplore le gouvernement américain. Les Etats-Unis semblent même s'offusquer qu'aucun gros bonnet du régime Ouattara, supposé s'être rendu coupable de violations des droits de l'homme durant la crise post-électorale, n'ait été inquiété jusque-là. Sur la question, ce passage du rapport est fort éloquent:

«Aucune arrestation ou autres actions judiciaires n’ont été engagées contre des personnalités de premier plan proches de l’actuel gouvernement pour des actes commis durant la crise postélectorale, notamment plusieurs personnes qui ont été accusées d’avoir commis de graves violations des droits de l’homme. Dans certains cas, des auteurs présumés de violations des droits humains ont conservé de hauts postes au sein des forces de sécurité». Par ailleurs, le pays de Barack Obama s'insurge contre ce qu'il considère comme le manque d'indépendance de la justice et la corruption qui gangrène l'appareil judiciaire. « La corruption a persisté dans l’appareil judiciaire, qui était inefficace et manquait d’indépendance », accuse le gouvernement américain, qui assène : « L’absence de mises en accusation civiles contre les éléments pro-Ouattara pour les crimes présumés commis durant la crise postélectorale indiquait que les poursuites judiciaires faisaient l’objet d’influence politique. De nombreux rapports faisaient également état de corruption judiciaire, et de pots-de-vin qui ont souvent influencé les décisions de justice ». Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'avec ce rapport, les Américains se posent comme des gardiens des principes démocratiques, au nombre desquels le respect des droits de l'homme.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LE FPI REPOND AU GROUPE D'EXPERTS DE L'ONU - DECLARATION

 

côte d'ivoire,groupe d'experts de l'onu,rapport du groupe d'experts de l'onu sur la côte d'ivoire,le fpi répond au groupe d’expert de l’onu,déclaration n°0052013 du fpi,le secrétaire général par intérim & porte-parole du fpi,dr kodjo richard,afrik53.com,eventnews tv


Dans une déclaration pondue ce mercredi 15 mai, le FPI monte au créneau une fois encore et dénonce le parti pris des experts de l’Onu en Côte d’Ivoire. Selon Miaka Ouretto et ses camardes, le dernier Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU serait un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara . Eventnews Tv.

 
Déclaration N°005/2013

Relativement au rapport du groupe d'experts de l'ONU sur la Côte d'Ivoire en date du 12 avril 2013


I. Rappel du contexte politique: Etat des lieux

Depuis les bombardements franco-onusiens qui ont éjecté le président élu Laurent Gbagbo du pouvoir, le 11 avril 2011, pour – nous avait-on répété à l’envi – instaurer la démocratie, le président Alassane Ouattara, au nom de qui et par qui – dixit Koné Zakaria un de ses chefs de guerre – la rébellion a pris le armes, s’est méthodiquement engagé dans une politique de la terre brûlée pour effacer le Front Populaire Ivoirien de la scène politique ivoirienne.

2011:

- Déclenchement d’une gigantesque chasse aux sorcières qui se poursuit encore par des arrestations au quotidien de militants, sympathisants du FPI ou tout citoyen pour toujours la même rengaine "d’atteinte à la sureté de l’Etat". Résultats, 671 prisonniers politiques civils et militaires détenus dans les pires conditions, sans jugement. A eux s’ajoutent les milliers de détenus des prisons clandestines disséminées sur l’ensemble du territoire national ;

- Confiscation des médias publics et des libertés de manifestations réprimées avec constance dans la terreur et le sang ;

- Exclusion du Front Populaire Ivoirien de l’Assemblée Nationale par des élections législatives aussi précipitées qu’injustes et non transparentes ;

2012:

- Organisations ciblées d’attaques du régime et de l’ONUCI par la branche armée du RDR, sous la houlette du chef de la rébellion Guillaume SORO, en désignant automatiquement du doigt le FPI comme responsable, sans la moindre enquête ;

- Rédaction, le 15 Octobre 2012 par les officines du pouvoir Ouattara, d’un rapport prétendument attribué à des experts indépendants de l’ONU où le FPI est accusé d’avoir partie liée avec tous les camps opposés dans la guerre au Mali: Quelle absurdité!

2013:

Tout ce montage grotesque s’effondre. Le château de cartes « Ouattarien » s’écroule et se réduit à rien, face à la pugnacité du Front Populaire Ivoirien à l’international. Le pouvoir Ouattara est de ce fait contraint par ses alliés au dialogue – dont il n’a jamais voulu – avec son opposition significative, le FPI. Premier revers.

Deuxième revers, la quasi-totalité des ONG des droits de l’Homme brocardent le régime Ouattara présenté unanimement comme un état de non droit, caractérisé par des violations massives des droits de l’Homme, et qui est tout sauf une démocratie.

Troisième revers, l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre Laurent Gbagbo à la Haye tourne quasiment au drame pour le pouvoir Ouattara avec le laminage par la défense du président Laurent Gbagbo, des actes d’accusations, pour faux et usage de faux.

Du coup, le vrai visage du "messie démocrate" sorti tout droit des cuisses du couple Jupiter FMI / Banque Mondiale, se révèle dans toute sa vérité et nudité : mensonges et incapacité politique notoire. Le demi-dieu de la haute finance internationale, "le wari fatchê" pour parler comme les "ADOrateurs" se révèle bien incapable de faire la politique en Côte d’Ivoire, et donc de diriger ce pays.

Un pays qu’il n’a eu cesse d’attaquer depuis qu’il y a mis le pied en 1989, pour, selon ses propres termes, le rendre ingouvernable, avant de se l’approprier au terme de plus d’une décennie de guerre qu’il a menée tambour battant, avec à la clé des milliers de morts.

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire politique est coupée en deux. Le tissu social est déstructuré. La pauvreté et le chômage galopants, la réconciliation au point mort, le front social instable, avec le feu du mécontentement qui couve, l’insécurité rapprochée devenue chronique, la démocratie en panne. Les citoyens étouffent sous l’arbitraire, la répression au quotidien et les discriminations ethno-tribales érigés en système de gouvernance.

C’est à ces problèmes fondamentaux que le chef de l’Etat devait s’attaquer sans délai, hic et nun, ici et maintenant. Tournant le dos à ces impératifs nationaux et déjà en campagne pour les présidentielles de 2015, le président Alassane Ouattara choisit de commanditer un rapport auprès d’un "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire pour polir son image personnelle en détruisant celles de ses adversaires potentiels en vue d’une gouvernance solitaire et absolue de la Côte d’Ivoire.

II. Le Rapport du "groupe d’experts" sur la Côte d’Ivoire, au Conseil de Sécurité de l’ONU: un pamphlet de campagne électorale au profit d’Alassane Ouattara

2.1 Un rapport de diversion fondé sur de malsains partis pris

Le rapport final, dit du groupe d’experts sur la Côte d’Ivoire, établi en application du paragraphe 16 de la résolution 2045 (2012) du Conseil de Sécurité, a été publié le 17 avril 2013, et se structure autour de onze chapitres. Ce rapport, parce qu’il biaise à la fois avec la réalité et la vérité, mérite qu’on y prête attention pour que l’opinion nationale et internationale qu’il vise à abuser soit prémunie contre les subterfuges et évidents partis pris qu’il recèle. Qu’on en juge.

Le premier constat que révèle l’examen de ses différents volets, est que ce rapport dont la prétention affichée est de porter sur la Côte d’Ivoire, ne porte nullement sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire qu’on vient de mettre en évidence. Il ne s’intéresse qu’à l’embargo sur les armes, en rapport avec le contrôle douanier, et les finances que généreraient les trafics d’or et de diamants, sous l’angle principal des menaces de déstabilisation que représentent l’usage des armes contre le régime Ouattara. Ce rapport vise in fine à protéger ce pouvoir.

De ce fait, ce document ne parle que de tous ceux qui peuvent faire ombrage au poulain de l’ONU Alassane Ouattara. C’est-à-dire de ceux qui peuvent s’opposer, ou s’opposent à sa gouvernance jugée satisfaisante par ces experts. Ils affirment avoir « constaté que les autorités ivoiriennes, sous la houlette du président Alassane Ouattara, avec la précision "élu démocratiquement" – comme pour s’en convaincre – ont fait des progrès notables en matière de sécurité, avec l’arrestation des membres du gouvernement Gbagbo qui opéraient depuis le Ghana ». (Paragraphe 3 page 5).

Flagrant délit de parti pris. Pro Gbagbo = insécurité, FRCI/Dozo = sécurité.

Concernant les progrès accomplis en matière de lutte contre l’impunité : le procès du Général Dogbo Blé Brunot, qualifié de procès majeur par ces experts, est à leurs yeux "une avancée non négligeable" (Paragraphe 9 page 6). L’impunité dont jouissent tous les criminels de guerre pro-Ouattara n’est donc pour ces experts, que justice.

Par ailleurs, ce groupe d’experts a "constaté que la réconciliation politique entre les partis ivoiriens était en progrès" (Paragraphe 3 page5). C’est à se demander s’ils parlent de cette même Côte d’Ivoire où nous vivons, et où la réconciliation, de l’avis de tous, est en panne sèche. Ces experts à l’évidence ne voient et ne disent que ce qui peut faire plaisir à leur commanditaire.

Mais il n’y a pas que ces incongruités. Dans le traitement même qu’ils font de la question centrale de leur rapport, l’embargo sur les armes, le déséquilibre des informations est tel que l’on en vient à se demander si ce travail est véritablement l’œuvre d’intellectuels dignes de ce nom, ou de mercenaires de la plume recrutés à la petite semaine, pour accomplir de basses œuvres sans scrupules et état d’âme.

Le chapitre VI du rapport intitulé "Armes" comprend au total cinq volets développés sur douze pages (page 9 à 22), et comporte 74 paragraphes dont 44, soit plus de 60% du texte, consacrés aux violations de l’embargo dont se seraient rendus coupables depuis 2009 le président Laurent Gbagbo et ses partisans après la chute de son régime. Seulement 10 chapitres sur 74 concernent les Forces Nouvelles, soit 12% ; les violations du gouvernement Ouattara sont traitées dans 13 chapitres soit 18% et 7 chapitres aux particuliers, soit 9%.

C’est là le premier aspect de ce déséquilibre que révèle la production linéaire du texte, et qui montre déjà à ce niveau, l’acharnement de ces "experts" sur les pro-Gbagbo.

En poussant un peu plus la réflexion, l’on s’aperçoit très vite que dans leur désir forcené de démontrer que les pro-Gbagbo constituent une espèce politique vénéneuse à exterminer, ils se sont employés avec force détails à décrire, les allées et venues des membres de ce qu’ils ont baptisés "l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo". Pour étayer leurs affirmations péremptoires ils ne s’appuient que sur des formules vagues, passe partout, du genre "selon des sources fiables" sans les identifier, ou "d’après les informations fournies par l’ONUCI, ou celles dont dispose le groupe d’experts".

S’agissant de ses sources d’informations, le chapitre deux du rapport indique relativement à la méthodologie de l’enquête, au paragraphe 10 que "le groupe d’experts a, en priorité, mené des enquêtes de terrain, en Côte d’Ivoire et dans les Etats voisins. Il a également examiné les éléments de preuves fournis par les organisations nationales, régionales et internationales, et entreprises privées". Et pour tenter de montrer sa bonne foi, le groupe d’experts souligne au paragraphe 12 de son rapport ceci " ses conclusions relatives à des Etats, des particuliers et des entreprises, ont été autant que possibles, portées à l’attention des intéressés et qui ont eu la possibilité d’y répondre ".

Deuxième aspect du déséquilibre de l’information, le groupe d’experts avoue avoir contacté toutes les sources possibles d’information, à l’exclusion du Front Populaire Ivoirien, le parti fondé par le président Laurent Gbagbo et qui a inspiré toute sa politique et les actes posés. Pourquoi le Front Populaire Ivoirien en particulier et les pro-Gbagbo sur qui porte l’enquête, ont été à priori considérés comme des sources non fiables par le groupe d’experts?

Toute démarche judiciaire ordinaire exige que tout présumé coupable soit entendu avant d’être condamné s’il y a lieu. Or la constance des rapports prétendument établis par des experts de l’ONU sur la Côte d’Ivoire, est que les pro-Gbagbo sont des coupables à priori, qu’ils évitent soigneusement d’approcher encore moins d’entendre, d’écouter et de comprendre. Là se trouve le parti pris fondamental de l’ONU en Côte d’Ivoire et qui explique que, de forces dites impartiales, l’ONUCI soit devenue et reste encore aujourd’hui, une force belligérante, donc non crédible et ses experts disqualifiés pour parler de la Côte d’Ivoire.

2. 2 De la diabolisation permanente du FPI à celle du rebelle Soro et ses com-zones

De fait, les officines du pouvoir Ouattara, commanditaires et inspiratrices de ce rapport ont désormais fait leur choix dans la guerre larvée de succession à Alassane Ouattara, en optant de brocarder et de vouer aux gémonies Guillaume Soro et ses com-zones des Forces Nouvelles, mis dans le même sac que le FPI, comme des comploteurs.

Voici ce que dit à cet effet le rapport dans son paragraphe 30 page 10 «Au moment de l’attaque du camp militaire d’Akouédo, le 06 août 2012, le groupe d’experts a reçu des informations fiables sur les constats établis entre le commandement militaire de l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo au Ghana et de hauts représentants des ex-Forces Nouvelles, notamment leur ancien Secrétaire Général, Guillaume Soro, actuellement président de l’Assemblée Nationale et son proche conseiller et directeur du protocole, Kamagaté Souleymane, alias "Soul to Soul"».

Voilà le Front Populaire Ivoirien désormais allié des Forces Nouvelles de Guillaume Soro, alors que dans le précédent rapport de l’ONU, ce même parti avait été associé à tous les camps qui s’opposent dans la guerre au Mali, tout cela par la seule volonté des experts commandités par Alassane Ouattara.

Si l’attaque du 6 août 2012 du camp d’Akouédo, qui a servi de déclencheur au pouvoir pour opérer des arrestations massives au sein des pro-Gbagbo à commencer par Laurent Akoun, Secrétaire Général du FPI, a été opérée de concert avec les Forces Nouvelles, le pouvoir Ouattara devrait pouvoir tirer les conséquences de cette nouvelle donne et agir équitablement.

Mais il ne le peut parce que, comme le note aussi ce rapport (paragraphe 4 page 5) de 2011 à 2012, «d’anciens combattants des Forces Nouvelles ont étendu leur influence économique et politique: d’anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire, ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sur le coup de sanction de l’ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias "Wattao"), Hervé Touré (alias "Vetcho"), Koné Zakaria et Chérif Ousmane, ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d’importantes quantités d’armes (et de matériel connexe) entre leurs mains ; (…) sans pour autant que ceux-ci abandonnent leurs activités économiques prédatrices de seigneurs de guerre, qu’ils ont à présent étendus à l’ensemble du territoire ivoirien (paragraphe 5 page5).

Comment procèdent-ils ? Les rédacteurs du rapport précisent (paragraphe 102 page 23) que « la raison en est l’existence d’un réseau militaro-économique au sein de l’administration, qui profite de la contrebande et d’un système d’imposition parallèle ». Le réseau, souligne le rapport (paragraphe 151 page 29) « a adopté des méthodes de taxation analogues à celles utilisées par "La Centrale", l’ancien organisme responsable du trésor au sein des Forces Nouvelles, bien qu’il opère de manière plus discrète».

«Le réseau (paragraphe 152 page 30) maintient un monopole sur l’utilisation des armes par l’armée nationale. Il entrave la capacité des autres autorités, comme la police, la gendarmerie, les services de douanes et la police maritime et forestière de s’acquitter efficacement de leurs responsabilités».

Pour le fonctionnement de son système de taxation parallèle pour différents types d’activités commerciales, en ce qui concerne l’agriculture (cacao, coton, noix de cajou), le transport, l’or le diamant, «le réseau a fait appel dans toutes les grandes villes du pays à des anciens étudiants de la ville de Bouaké pour gérer ses recettes (Cf. chapitre 7 paragraphe 153 page 30)».

Notons enfin que ce que ce rapport indique bien que ce «réseau n’hésiterait pas à recourir à la force s’il en jugeait le besoin (paragraphe 102 page 23)».

L’enjeu est de taille parce que le paragraphe 103 page 23 précise que «la croissance limitée des taxes et droits sur les marchandises exportées par la Côte d’Ivoire, tient pour partie aux effets de la contrebande. Entre 2011 et 2012, la contrebande de cacao a représenté 153 000 tonnes soit des pertes de 400 millions de dollars environ 25 milliards de francs CFA (paragraphe 112 page 24)».

En d’autres termes, le pouvoir Ouattara à travers ces experts, dénonce l’existence d’un Etat bis en Côte d’Ivoire dirigé par Guillaume Soro et ses com-zones qui sont forts économiquement, militairement et politiquement.

Mais curieusement si sur le chapitre achat des armes et financement des activités, les auteurs du rapport se sont montrés très prolixes s’agissant des pro-Gbagbo avec même des indications sur les origines soudanaise, iranienne, israélienne, chinoise, russe des armes etc. et force détails sur même le calibre des munitions et leur nombre, pour ce qui est de l’armement des Forces Nouvelles, le rapport est quasiment muet. Il se limite à dire que les armes sont venues du Burkina Faso «début 2011 transportées par au moins six camions jusqu’à la zone de Katiola» (paragraphe 70 page 18).

Mais il n’est un secret pour personne que le Burkina Faso, qui n’a pas d’usine d’armement, n’a été qu’une couverture, un lieu de transit d’armes durant toute cette guerre. Alors questions. D’où viennent ces armes? De quels pays? Qui en a assuré le financement? Avec quels moyens?

Et cela avant et depuis le déclenchement de la guerre en septembre 2002. Ce sont là les questions essentielles qui s’attaquent à l’origine de la guerre, et non à ses effets que sont entre autres l’embargo sur les armes.

Le groupe des experts esquivent ces questions dont les réponses risquent d’emporter le commanditaire de ce rapport qui veut se débarrasser d’une rébellion qui l’a porté au pouvoir.

D’ailleurs que peut faire Alassane Ouattara, même devenu aujourd’hui président de la République, contre la contrebande des Forces Nouvelles et leur réseau militaro-économico-politique. Cette contrebande existe depuis 2002, il ne l’a jamais dénoncé, l’ONU non plus. C’est la contrebande en tout genre, cacao, diamant, or, coton qui équilibre le budget du Burkina Faso depuis 2002. Ce pays sahélien est devenu producteur de cacao, mais le rapport n’en parle pas. C’est la contrebande orchestrée par "La Centrale" qui a pris le relais du financement de la guerre dont Alassane Ouattara a profité pour accéder au pouvoir d’Etat. Avec l’existence de cette contrebande dans une Côte d’Ivoire coupée en deux, et que dénonce aujourd’hui Ouattara et ses experts, Laurent Gbagbo a gouverné pendant plus d’une décennie la Côte d’Ivoire avec des budgets sécurisés.

Le président Ouattara est donc très mal placé pour dénoncer la contrebande des Forces Nouvelles par ses experts interposés. C’est un juste retour des choses, l’arroseur arrosé.

De même que peut faire l’ONU contre une rébellion qu’elle a couvée, adoubée et portée au pouvoir. Rien.

Ce rapport des prétendus experts sur la Côte d’Ivoire relève en définitive d’une diversion. Il s’agit de divertir, au sens de distraire, détourner l’attention de l’opinion nationale et internationale sur les vrais problèmes de la Côte d’Ivoire énoncés plus haut dans l’état des lieux.

Publié curieusement au même moment où Alassane Ouattara annonce sa candidature aux présidentielles de 2015, il constitue un élément de campagne visant à disqualifier dans le même élan celui qui l’a fait roi, Guillaume Soro d’une part, et de l’autre le Front Populaire Ivoirien dont il a si viscéralement peur qu’il s’obstine, dans sa diabolisation devenue une rengaine, à voir le FPI dans des élections auxquelles il n’a pas participé.

A cet effet il est frappant de constater que ce rapport ne fait nullement état du moindre reproche encore moins de la moindre faute commise par Alassane Ouattara durant ces deux ans de gouvernance pourtant désastreux. Il fuit en permanence son peuple, les travailleurs en particulier en se réfugiant dans l’esbroufe pour cacher sa peur. L’esquive et la communication internationale mensongère dont ce rapport en sont une preuve patente.


Fait à Abidjan, le 15 mai 2013


Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard



Source: AFRIK53.COM

jeudi, 16 mai 2013

COTE D'IVOIRE: OUATTARA AUSSI POPULAIRE ET EFFICACE QUE FRANÇOIS HOLLANDE EN FRANCE

 

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Les présidents Ivoiriens et Français ont énormément de points en communs. En particulier ceux de ne plus représenter grand monde et d’avoir lassé leurs populations par leurs mensonges et les violences qui se poursuivent dans leurs pays. Les récentes élections en Côte d’Ivoire confirment la division du pays et l’isolement de son dirigeant, illustrant le manque de confiance pour ce président imposé, après le putsch de l’Armée Française. Le parti de l’ex-président Laurent Gbagbo a appelé à boycotter les élections régionales et municipales, les qualifiant de farce électorale. Et au vu du très faible taux de participation, moins de 30%, l’appel semble avoir été largement suivi. Ce vote a en outre été entaché de nombreuses fraudes et disputes postélectorales, qui n’ont pas tardé à dégénérer en incidents violents partout dans le pays.

Malgré l’aveu de ses échecs, nonobstant la manne du FMI, de son impuissance et les dissensions au sein de son propre camp, le Président Ouattara briguera un second mandat. Cependant, l'insécurité persiste et aucune avancée notable n’a été faite pour une véritable réconciliation nationale. Au contraire, on note une mobilisation des partisans de Laurent Gbagbo, qui réclament sa libération à la Cour pénale internationale.



Plus inquiétant, le pays semble livré à une nouvelle oligarchie spoliatrice. En effet, des experts des Nations unies ont décrit un système de prédation des ressources naturelles, au profit d’un “réseau militaro-économique” mis en place par les anciens chefs des Forces nouvelles, alliés de l’actuel président, Alassane Ouattara, lui même ancien cadre du FMI. Environ 10% de la récolte de cacao pour la période 2011-2012 aurait été ainsi détournée, soit la bagatelle de 153.000 tonnes. Même chose pour la noix de cajou, dont plus de 30% de la production est allée dans d’autres poches. Mais c’est également le cas pour le coton, le bois, l’or ou encore les diamants.

Les sommes détournées sont loin d’être anecdotiques. Rien que pour le cacao, il est question de 400 millions de dollars (soit 1,6% du PIB ivoirien en 2012) de pertes pour l’économie locale et de 76 millions de dollars de rentrées fiscales en moins. Comme d’habitude, ce sont les mêmes méthodes qui sont à l’œuvre sur tous les continents. Pour contenter certains, on sacrifie un pays et sa population en les plongeant dans une anarchie durable mais profitable aux trafics en tout genre. Alors, comment réagirait la France, et plus largement l’Union Européenne, si du fond de son cachot de la Haye, l’ex-Président Laurent Gbagbo, remportait les élections présidentielles de 2015? Les ivoiriens seraient bien capables de faire ce joli pied de nez aux donneurs de leçons occidentaux.

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Source: PRORUSSIA.TV

mercredi, 15 mai 2013

JEAN-LUC MELENCHON: «IL EST TEMPS POUR NOTRE PAYS D’EXIGER LA LIBERATION SANS CONDITION DE NOTRE COMPATRIOTE MICHEL GBAGBO»

 

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Sur son blog, Jean-Luc Mélenchon, Président du Parti de Gauche et Coprésident du Front de Gauche, dénonce vigoureusement l’interventionnisme militaire de la France qui, sous couvert de défense des droits de l’homme, a installé en Côte d’Ivoire le régime dictatorial d’Alassane Ouattara. Une nouvelle fois, il interpelle le Président François Hollande et le Ministre Laurent Fabius afin qu’ils exigent sans délai la libération du franco-ivoirien Michel Gbagbo détenu arbitrairement depuis deux ans. Le site "Soutien et Liberté".

Malheur aux ivoiriens vaincus

 

Le service après-vente des interventions militaires de nos présidents successifs est un devoir qui dépasse les temporalités médiatiques. Quand la guerre a lieu, l’armée transporte les journalistes et les installe dans des points d’observations choisis par elle. Pendant quelques jours les « reporters » filment librement ce qu’il est prévu de les voir filmer et commentent librement en direct « sur place, depuis le terrain » leurs collègues en plateau à Paris qui leur lisent les dépêches de l’armée et du gouvernement. Jusque-là tout va très bien. En effet il ne saurait être question de laisser de tels énergumènes pourrir une guerre avec leurs inévitables otages ou leurs morts mis en exergue chaque jour au journal de vingt heures. Surtout que sur ces plateaux tournent avec suavité deux ou trois experts directement liés à nos Etats-Majors, revues et colloques savants, qui commentent des cartes du meilleur effet. De cette façon tout se déroule, avec une magnifique précision d’horloge, selon le plan prévu. Premier temps on intervient au nom des droits de l’homme comme le prouvent des images « tournées en caméras cachées au péril de notre vie ». Deuxième temps on commente les droits de l’homme bafoués avant notre glorieuse présence vu qu’il n’y a plus rien à montrer en image car les zones de combat sont interdites d’accès. Troisième temps la guerre est finie, les droits de l’homme sont rétablis, la population sort les drapeaux français tout neufs qu’elle cousait en cachette depuis des semaines. Les télés rentrent à la maison, les commentaires s’interrompent car le sujet est vite épuisé (surtout dans le désert où il n’y a vraiment personne). Depuis peu il y a une nouvelle séquence imposée : la visite sur place du président très bon très grand qui vient écumer la joie du peuple libéré. « Merci la France » « Sarkozy ! Sarkozy ! » à Benghazi. « Merci papa Hollande » à Tombouctou. Les sceptiques reçoivent le coup de grâce. Quoi qu’il en soit, quatrième temps, la guerre continue. Peu importe qu’elle continue. Le cirque est parti, le spectacle a lieu ailleurs. Les droits de l’homme retournent donc au présentoir de la bonne conscience, entre la tête de buffle empaillé et le portrait du Dalaï Lama. A partir de cet instant on ne peut revenir sur la scène de ces exploits guerriers qu’avec un masque et des gants, car il s’agira de fouiller dans la charogne.

En Côte d’Ivoire, comme hier au Kosovo, comme à présent en Lybie et très bientôt, c’est certain, au Mali et en Syrie, nos chers alliés politiques « amis des droits de l’homme » que nous sommes venus secourir s’avèrent être « à la longue », c’est-à-dire hors de la quinzaine pendant laquelle les médias montrent quelque chose, d’odieux pourris et parfois même des criminels notoires. Voyez comment les prétendus « combattants de la liberté » du Kosovo trafiquaient les organes des prisonniers serbes qu’ils prélevaient pour les revendre. Motus. Le serbe était le méchant du film. Puis ils menacèrent de mort la présidente du Tribunal Pénal International. Silence : aucun d’entre eux ne sera donc jugé. En Lybie et en Syrie aujourd’hui les « insurgés » combattent un despote avec des méthodes aussi répugnantes que les siennes et parfois même pire. C’est ce que vient de montrer le recours aux armes chimiques par les « rebelles » en Syrie. Etrange : la femme qui le révèle pour l’ONU est celle qui a été menacée déjà pour le Kosovo. Encore elle ! Heureusement, les nord-américains sont là pour révéler qu’ils disposent de preuves solides montrant que le despote a usé de ces armes chimiques. Et patati et patata. La vie, quoi. Je ne crois pas surprendre beaucoup de mes lecteurs en écrivant tout cela. Je les invite pourtant à suivre avec attention ce qui leur est dit sur ces sujets quand ils en entendent parler. Car il nous faut tous tirer parti de chacun de ces épisodes. C’est nécessaire pour améliorer notre compréhension du monde et pour éduquer nos réflexes face à la machine de propagande quand elle se met en mouvement. Sinon comment assumer notre dignité de citoyens ? Nous devons exercer en esprit libre nos pouvoirs de discernement. Il est essentiel, là encore de prendre d’abord conscience du rôle d’illusionnistes (souvent distrayants, j’en conviens) des médias officialistes.

En Côte d’Ivoire, des criminels de toutes sortes, massacreurs de civils, tortureurs de prisonniers civils, bourreurs d’urnes patentés, occupent dorénavant les postes clefs du régime « ami des droits de l’homme » que Nicolas Sarkozy a installé au pouvoir. Un rapport de l’ONU, non commenté aux journaux de 20 heures français pourtant tellement actifs dans le service de vente directe de la belle guerre de Côte d’Ivoire note : « D'anciens commandants de zone ayant à leur actif un nombre notable de violations du droit international humanitaire ont rejoint les rangs ordinaires des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire. Des individus comme Martin Kouakou Fofié (qui est sous le coup de sanctions de l'ONU depuis 2006), Ouattara Issiaka (alias ì Wattao), Hervé Touré (alias ì Vetcho ), Koné Zakaria et Chérif Ousmane ont tous été promus à des postes stratégiques de commandement. Ils ont également des contingents sous leurs ordres et d'importantes quantités d'armes (et de matériel connexe) entre leurs mains. » Ces gens sont impliqués dans des crimes dont le récit vous fait dresser les cheveux sur la tête. Qui cela va-t-il empêcher de dormir ici, au pays des droits de l’homme qui n’hésite pas à s’engager militairement pour défendre nos principes ? Personne ! Et sûrement pas François Hollande. Il a confirmé la marionnette présidentielle Alassane Ouattara qui est venue lui faire acte d’allégeance à domicile. J’ai alors demandé si ce noble guerrier se souvenait de notre compatriote Michel Gbagbo détenu dans des conditions infra humaines par les vainqueurs qui l’ont d’abord copieusement tabassé. Michel Gbagbo est citoyen français. Il a été détenu sans jugement ni même inculpation pendant des mois. Puis il a été détenu dans des conditions qui l’ont amené aux portes de la mort. Il ne faisait pas de politique. J’ai interpellé le gouvernement. Personne ne m’a répondu. Il faut quand même dire, sans doute, que s’appeler Gbagbo et être le fils de son père, même si on n’a pas d’activité politique n’est pas bien malin. Fabius qui a eu ses petites entrées auprès de Laurent Gbagbo du temps où il était puissant devrait pouvoir s’en émouvoir. Non. Dans la mesure où l’ennemi est vaincu, les vainqueurs ont tous les droits. Notamment celui de martyriser les vaincus. Bien sûr cela se fait en toute bonne conscience au nom des droits de l’homme qui ont été méprisés par les vaincus, cela va de soi.

« Vae victis » dit l’adage des romains, malheur aux vaincus. Tout est alors permis contre eux. Je ne veux pas gâcher vos rêves avec des cauchemars venus de Côte d’Ivoire. Mais le sort réservé aux six cent soixante dix membres du Front Populaire Ivoirien détenus par les officiels actuels pourraient vous faire très peur. Passons sur celui réservé à madame Simone Gbagbo qui vient d’être enlevée de l’hôpital où il avait bien fallu la conduire. Battue en public sous les yeux des caméras par des soudards, elle est pourtant réclamée par le tribunal pénal international. Sa défense ne sait rien d’elle. Elle est vivante et martyrisée. Qui s’en soucie à Paris parmi ceux qui dînaient avec elle du temps où elle était la « première dame » ? Moi, je n’ai jamais dîné avec les Gbagbo du temps où ils étaient puissants. Ils ne m’ont ni reçu, ni invité. J’étais à la gauche du PS et de l’Internationale socialiste. Mais je sentais le souffre pour eux. Ils recevaient Henri Emmanuelli, et d’autres beaucoup moins à gauche. Au bureau national du PS des gens comme le renégat Eric Besson réclamaient des sanctions contre les Gbagbo sans beaucoup de succès car nombreux étaient ceux qui regardaient la pointe de leurs chaussures. Ils ont fini par applaudir l’intervention militaire de Nicolas Sarkozy. Tous sont devenus muets depuis. Défendre leurs droits humains aujourd’hui ajoute aux croix qu’il me faut porter devant la meute. Mais pourtant je le fais. Quand je vois un « ministre de la justice et des droits de l’homme » refuser l’accès de tout avocat auprès de mon compatriote Michel Gbagbo, je me souviens que lui et son ministère ne seraient rien ni personne sans l’accord de François Hollande. Quand Simone Gbagbo est enlevée de son hôpital à la faveur d’une anesthésie générale et interdite de contact avec ses conseils, je suis juste soulevé de dégoût par la lâcheté de ceux qui autorisent ces exactions à Paris. Et je ne voudrais pas que les ivoiriens croient que « c’est ça la France ». Et je ne voudrais pas qu’ils montrent mon pays du doigt. Exactement comme moi, je ne crois pas que Alassane Ouattara, ce soit la Côte d’Ivoire et je ne montre pas le pays du doigt à cause des bourreaux des milices nordistes.    

Il y a eu des élections municipales il y a trois semaines en Côte d’Ivoire. Evidemment, vu la situation, le Front Populaire Ivoirien et ses alliées ont appelé au boycott. Selon eux, la participation a été de 15%. Le président « élu », Alassane Ouattara dit qu’elle a été de… 30%. Pas de quoi pavoiser ! Mais selon les observateurs internationaux ce serait 20%. Rien qui évoque la joie et la mobilisation d’un pays « libéré ». Cette très faible participation, due au boycott et à la lassitude générale de la population, montre au contraire un pays prostré et abusé. Et dans ce naufrage, le parti d’Alassane Ouattara a subi une sévère débâcle. A peine 20% des nouveaux maires sont issus de ses rangs et ils viennent des régions déjà sous contrôle de ses milices partisanes sécessionnistes sous l’ère légale de Laurent Gbagbo. La moitié des nouveaux maires sont des « indépendants ». 30% environ sont issus du très ancien parti présidentiel des lendemains de la décolonisation, le PDCI ! Sur le terrain de nombreux incidents ont eu lieu entre les deux partis. Là encore pas de trace du « pays libéré », juste une exaspération généralisée et une tension rappelant à tous les conditions politiques qui prévalaient à la veille de l’intervention militaire française.

Monsieur Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, a officiellement invité François Hollande à se rendre dans son pays. Peut-être qu’il ira. Je ne sais pas. Mais je sais qu’il est temps pour notre pays d’exiger la libération sans condition de notre compatriote Michel Gbagbo. Juste parce que c’est notre compatriote et que nous ne devons pas accepter que son nom soit un motif de persécution. C’est pourquoi je prends le temps d’écrire ces lignes pour rappeler que le retour à un état de droit qui avait été promis passe nécessairement par le respect des droits attachés à la personne de tous les prisonniers politiques ! Et enfin j’affirme que le renvoi devant les tribunaux des personnes proches de Monsieur Ouattara suspectées d’avoir commis de graves crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire est une urgence centrale dans un contexte où nos armes sont intervenues sous le prétexte de la restauration des droits de l’homme. Je sais très bien que ce n’était pas vraiment le sujet. Mais ce pourrait être une opportunité. Même après coup.

Je ne veux pas finir ce chapitre sans revenir aux questions de couverture médiatique de nos guerres. Tout le monde ne se contente pas d’occuper avec sérieux son rôle de marionnette. Quelques courageux vont pourtant plus loin, sans la laisse ni la gamelle fournie par le service de communication des armées en campagne. Mais le temps qu’ils arrivent là où les choses se passent, le temps qu’ils recoupent leurs informations, bref le temps qu’ils fassent le travail de journaliste, la guerre officielle est finie. Ils n’accèdent donc plus à l’antenne. Ou alors seulement pour le magazine spécialisé qui diffusent leur travail entre deux reportages voyeuristes sur la prostitution aux îles Boudijis et le trafic des escargots en voie de disparition en république centre Afroucha. Ceux-là se font tuer aussi parfois. Leur mort, n’est pas filmée. Mais elle sert de prétexte à d’émouvantes auto-célébrations de la corporation par des hommes et des femmes troncs qui ne quittent jamais leurs studios bien chauffés. Leurs images, leurs lignes sont tout ce qu’il nous reste de la part de vérité qu’ils ont pu capter. Mais comme ce sont des parts de vérité, il faut pour en disposer aller les chercher soi-même. Mais peut-être est-ce un devoir à leur égard aussi.


Jean-Luc Mélenchon


Source: Le blog de Jean-Luc Mélenchon

mardi, 14 mai 2013

BANGLADESH: LA TERREUR DU CAPITALISME

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Dans les décombres du Rana Plaza. Photo de Taslima Akhter.

 

Mercredi 24 Avril. Au lendemain de la demande faite par les autorités aux propriétaires de faire évacuer leur usine de confection, l’immeuble s’est écroulé. Le bâtiment, le Rana Plaza, situé dans la banlieue de Dhaka, à Savar, confectionnait des vêtements pour la chaîne de fabrication qui prend forme dans les champs de coton en Asie du Sud et finit dans les enseignes de distribution occidentales. Les vêtements de marques célèbres y sont cousus, comme le sont les habits que l’on retrouve disposés sur les étagères sataniques de Wal-Mart. Les secours ont pu sauver deux mille personnes à l’heure où nous écrivons, confirmant ainsi la mort de trois cents autres. Le bilan devrait inéluctablement s’alourdir (on en est à plus de 1100 aujourdhui, ndlr). Il est intéressant de mentionner que le tribut payé lors de l’incendie de la Shirtwaist Factory de New York en 1911 s’élevait à cent quarante-six personnes. Le bilan est à ce stade deux fois plus élevé à Dhaka. Cet « accident » survient cinq mois après l’incendie de l’usine de confection de Tazreen (le 24 Novembre 2012) qui a coûté la vie à cent douze travailleurs au moins.

  

La liste des « accidents » est longue et insoutenable. En Avril 2005, une usine de confection s’est effondrée à Savar, tuant soixante-quinze salariés. En Février 2006, une autre usine a connu le même sort, tuant dix-huit personnes. En juin 2010, un bâtiment s’est effondré à Dhaka, tuant 25 personnes. Telles sont les « usines » de la Mondialisation de ce 21e siècle – des abris à peine construits où la production s’opère lors de longues journées de travail, à l’aide de machines de piètre qualité et réalisée par des travailleurs dont les vies sont soumises aux impératifs de la production en « just in time ». Ecrivant alors sur le régime de production en Angleterre au 19e siècle, Karl Marx soulignait « Dans sa quête aveugle et sans limites, face à son appétit insatiable de productivité toujours accrue, le capital a non seulement outrepassé le seuil moralement acceptable, mais aussi les limites physiques d’une journée de travail. Il usurpe le temps nécessaire au développement, à la croissance et à l’entretien sain du corps. Il vole le temps requis à la consommation d’air frais et de soleil…sa seule préoccupation est d’utiliser uniquement et simplement le maximum de main-d’œuvre possible au cours d’une journée de travail. Il atteint son but en écourtant la durée de vie du travailleur, à la manière d’un fermier trop gourmand qui arracherait une production accrue de la terre en réduisant sa fertilité » (Capital, Chapitre 10).

Ces usines du Bangladesh sont un exemple du paysage offert par la mondialisation et qui est reproduit dans ces usines le long de la frontière Américano-Mexicaine, à Haïti, au Sri Lanka, et à d’autres endroits qui ouvrent leurs portes au nouvel ordre de production et de commerce de l’industrie de la confection des années 1990. Des pays soumis, qui n’ont ni la volonté patriote de se battre pour leurs citoyens ni le moindre intérêt dans l’affaiblissement de leur ordre social à long-terme, se sont précipités pour accueillir la production textile. Les gros fabricants de textile ne voulaient plus investir dans des usines – ils se sont tournés vers les sous-traitants en proposant des marges très faibles et les forçant ainsi à gérer leurs usines comme de véritables prisons du travail. Ce modèle de la sous-traitance a permis à ces firmes de nier toute responsabilité pour ce que faisaient les vrais patrons de ces petites usines, leur permettant de profiter des bénéfices des produits à bas prix sans que leur conscience ne soit entachée par la sueur et le sang des travailleurs. Cela a aussi permis aux consommateurs occidentaux d’acheter d’énormes quantités de biens, souvent à crédit, sans qu’ils se soucient des méthodes de production. Une vague d’indignation ponctuelle pourra voir le jour contre telle ou telle enseigne, mais ce sera sans une appréciation globale des méthodes de production que des entreprises comme Wal-Mart ont introduites, sans appréciation non plus des pratiques commerciales qui ont été normalisées et qui sont à l’origine de telle ou telle campagne d’indignation.

Les travailleurs bangladais ne sont pas aussi bien placés que les consommateurs occidentaux pour le faire. Pas plus tard qu’en Juin 2012, des milliers de travailleurs de la zone industrielle d’Ashulia, à l’extérieur de Dhaka, ont manifesté pour réclamer des augmentations de salaire et des meilleures conditions de travail. Pendant plusieurs jours, ces travailleurs ont fermé plus de 300 usines, bloquant l’autoroute Dhaka-Tangali à Narasinghapur. Les travailleurs gagnent entre 3000 taka (35$) et 5500 taka (70$) par mois ; ils demandaient une augmentation comprise entre 1500 taka (19$) et 2000 taka (25$) par mois. Le gouvernement a envoyé trois mille policiers pour sécuriser la zone, et le Premier Ministre a vaguement promis qu’elle se pencherait sur leur cas. Un comité composé de trois membres a été créé, mais rien de substantiel n’en a est ressorti.

Conscients de la futilité des négociations avec un gouvernement entièrement acquis à la logique de la chaîne de fabrication, Dhaka a connu une explosion de violence à mesure que les informations en provenance de l’usine de Rana survenaient. Les travailleurs ont bouclé le secteur de Dhaka, bloquant les routes et vandalisant des voitures. L’insensibilité de l’Association des Fabricants de textile du Bangladesh (BGMEA) a également contribué à jeter de l’huile sur le feu. A la suite des manifestations de Juin, Mr Shafiul Islam, à la tête de la BGMEA, a accusé les travailleurs d’être impliqués dans « une conspiration  ». Il a argué du fait qu’il n’y avait « aucune raison logique pour augmenter le salaire de travailleurs  ». Cette fois-ci, le nouveau Président de la BGMEA, Mr Atiqul Islam, a suggéré que le problème n’était pas la mort des travailleurs ou des mauvaises conditions d’exercice des travailleurs, mais « l’arrêt de la production causé par le mécontentement et les hartals (grèves) ». Ces grèves, a-t-il dit, sont « juste un coup dur porté au secteur de la confection  ». Il ne fait dès lors plus aucun doute que ceux qui sont descendus dans la rue n’ont plus foi en les sous-traitants et en leur gouvernement.

Les tentatives pour solutionner l’exploitation ont été mises à mal par une pression continue de la part des autorités et par le recours au meurtre. Toute approche visant à faire évoluer le Code du travail au Bangladesh est éclipsée par une exécution très sommaire de la part du Service d’Inspection du Ministère du Travail. On dénombre en tout et pour tout 18 inspecteurs et inspecteurs-adjoints pour contrôler 100 000 usines sur la zone de Dhaka, où sont situées la plupart des usines de confection. Si une infraction est détectée, les amendes sont trop faibles pour initier une quelconque réforme. Quand les travailleurs essaient de se regrouper en syndicat, la répression féroce de la part de la Direction suffit à réduire tout effort à néant. La Direction préfère le recours anarchique à la violence plutôt que le maintien durable de la main-d’œuvre. En effet, la violence a conduit le Gouvernement bangladais à créer une Cellule de Gestion de Crise ainsi qu’une Police Industrielle, non pas en vue de contrôler les violations au Code du Travail, mais pour surveiller les leaders syndicaux. En Avril 2012, des agents de la capitale ont kidnappé Aminul Islam, un des organisateurs clés du Centre pour la Solidarité des Travailleurs au Bangladesh. Il a été retrouvé mort quelques jours après, son corps présentant de nombreuses marques de torture.

Le Bangladesh est secoué ces derniers mois par des vagues de protestation historiques – la violence terrible qui s’est abattue sur les combattants pour la liberté de la Jamaat-e-Islami en 1971 a entraîné l’arrivée de milliers de personnes à Shanbagh à Dhaka ; cette protestation s’est transformée en une guerre civile entre les deux principaux partis, laissant de côté les appels à la justice pour les victimes de ces violences. Cette contestation a enflammé le pays, avec pour conséquence, une répression assez sanguinaire et une terreur quotidienne contre les travailleurs du secteur de l’habillement. L’accident du Rana Building peut constituer un moment charnière du mouvement de protestation. Sans quoi, il partira à la dérive.

L’Occident, quant à lui, est bien trop absorbé par les Guerres contre le terrorisme et la crise économique pour espérer une introspection profonde sur le mode de vie qui repose sur une consommation alimentée par le crédit et qui se fait au détriment des travailleurs de Dhaka. Les personnes ayant trouvé la mort dans l’accident de Rana sont les victimes non seulement de la malfaisance de sous-traitants, mais aussi de la mondialisation du 21e siècle.


Vijay Prashad

  

Vijay Prashad est l'auteur de The Poorer Nations : A Possible History of the Global South, paru chez Verso Books.

In counterpunch.org

Traduit de l'anglais par M. Bahman pour Investig'Action.


Source: INVESTIG'ACTION

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lundi, 13 mai 2013

INTERVENTION EN LIBYE: OUI, LES MEDIAS OCCIDENTAUX ONT TROMPE L'OPINION

 

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Dépêché en Libye au début de l'année 2012 par un groupe d'investisseurs asiatiques, Samuel Laurent a pour mission de parcourir le pays afin d'évaluer les risques et les opportunités de cette révolution. Il découvre alors une nation à l'agonie, rongée par la violence et l'anarchie. Extrait de "Sahelistan".


"La couverture des événements par les médias occidentaux a suivi une logique très partiale, depuis le début, en décrivant les mouvements de protestations comme non violents, et en suggérant de façon répétée que les forces du régime massacraient aveuglément des manifestants qui ne présentaient aucun risque pour la sécurité. » Ainsi s'exprime Donatella Rovera au sujet de la Libye, dans le bulletin d'Amnesty International de mars 2012.

Les médias occidentaux ont fait feu de tout bois pour souligner l'urgence de la situation et la nécessité d'une intervention militaire en Libye : ils ont dénoncé la menace des mercenaires étrangers, le Viagra offert aux soldats, les viols en série, la graisse à fusil distribuée en guise de lubrifiant, les massacres et bombardements indiscriminés… Or ils nous ont trompés, comme George Bush avait tenté de le faire pour l'Irak à propos des armes de destruction massive. La propagande qui sous-tend notre entrée en guerre repose sur une série de petits mensonges dont des « conseillers » officieux du président vont s'emparer pour leur donner de l'importance dans les médias. Avec le recul, nous pouvons plus facilement lever le voile sur certains d'entre eux. Que penser, par exemple, des prétendus mercenaires et de leur présence massive sur le territoire ? S'agit-il d'une légende ou d'une réalité ?

En février 2011, au début du soulèvement, Kadhafi promet de faire appel à des renforts venus d'Afrique. La peur s'installe et les médias alimentent l'hystérie collective, renforçant la crédibilité d'une menace qui s'avérera sans le moindre fondement. Peter Bouckaert, de Human Rights Watch, explique comment la rumeur progresse au fur et à mesure de la révolution : « De nombreux journalistes s'introduisent dans les zones de détention. Ils prennent des photos de prisonniers puis les présentent comme des mercenaires dans leurs articles et dans leurs reportages. Mais c'est faux ! […] Jusqu'à présent, nous n'avons pas trouvé le moindre mercenaire dans l'est du pays, après des centaines d'interviews et des semaines d'enquête. » Bouckaert se rend par exemple à Beida1 pour rencontrer cent cinquante-six « mercenaires », arrêtés par les révolutionnaires. En réalité, il s'agit de soldats libyens appartenant aux tribus noires du pays. Aucun d'entre eux ne vient de l'étranger. Il en ira de même tout au long de son périple.

Donatella Rovera, la responsable d'Amnesty International dans ce pays, ne trouvera « aucune information concrète sur la présence de mercenaires ». Selon elle, « au tout début du conflit, quelques ouvriers clandestins venus d'Afrique subsaharienne furent présentés à la presse étrangère comme des mercenaires, avant qu'on les relâche dans la plus grande discrétion. L'absence de toute déclaration publique sur leur innocence a permis au CNT de maintenir l'ambiguïté, en brandissant le spectre du “mercenaire” tout au long de ce conflit, dès que le besoin s'en faisait sentir ». Un ressort commode, tant la haine de l'Africain s'enracine profondément au coeur de la société libyenne : « Les révolutionnaires capitalisent sur la xénophobie ambiante », explique Diana Eltahawy, une autre membre de l'équipe d'Amnesty.

Quand le New York Times parle de « relent raciste » chez les rebelles, il est encore bien loin de la vérité. Dans un excellent article du Gardian intitulé : « La spectaculaire révolution libyenne déshonorée par le racisme », Richard Seymour décrit un slogan peint sur les murs de Misrata, saluant « la brigade qui purge le pays de ses esclaves noirs ! ». Au terme de cette révolution censée promouvoir la justice et la liberté, la haine et le rejet de l'autre demeurent plus vivaces que jamais. Le fossé creusé par cette guerre sépare non seulement les Africains des Libyens, mais aussi les Noirs et les Arabes de ce même pays. Il ne s'agit plus seulement de nationalité ou de politique, mais bien d'un problème lié à la couleur de la peau. Un nouvel apartheid se met lentement en place, sous le prétexte fallacieux d'anciennes sympathies kadhafistes plus ou moins avérées. Dans le nouvel ordre du pays, on considère les Noirs comme les ennemis de la révolution. Tous. Sans exception. D'ailleurs, le mythe des mercenaires africains déferlant sur la Libye ne constitue pas le seul mensonge du conflit. L'histoire des viols et des containers de Viagra, plus grotesque encore, révèle une tendance récurrente à la manipulation de la part de la France et de ses alliés libyens, qui exploitent les peurs et l'ignorance de la population des deux côtés de la Méditerranée.

Au mois de juin 2011, le procureur du Tribunal pénal international, Luis Moreno Ocampo1, affirme disposer de preuves concernant l'achat et la distribution de pilules type Viagra par les autorités libyennes, dans le cadre d'une campagne officielle de viol à grande échelle. Quand une institution indépendante comme le TPI adopte une position si tranchée sur un sujet aussi grave, on peut raisonnablement penser qu'elle dispose d'arguments solides pour l'étayer, par exemple des preuves obtenues au terme d'une enquête impartiale et rigoureuse… Mais faut-il vraiment y croire ? En particulier quand les rapports d'Amnesty International ou de Human Rights Watch infirment cette conclusion, au terme d'une investigation nettement plus fouillée que celle du TPI ? En effet, ces deux organisations, difficilement soupçonnables de complaisance envers les soldats de Kadhafi, se pencheront en détail sur ce dossier. Elles dépêcheront des équipes de professionnels sur le terrain, qui recueilleront des centaines et des centaines de témoignages pendant des mois. Pourtant, au terme de leurs enquêtes respectives, elles ne trouveront strictement aucune trace de ces viols à grande échelle. Ainsi, soit le Viagra n'a pas fonctionné, soit le TPI et le CNT ont menti…

À ce sujet, Donatella Rovera explique : « Nous n'avons pu trouver aucune victime [de viol] en trois mois d'enquête sur le terrain. Ni même rencontrer des gens qui en connaissaient une. Sauf la doctoresse libyenne (pro-CNT) qui s'était déjà abondamment exprimée sur le sujet dans les médias. Pourtant, même cette femme a été incapable de nous mettre en contact avec ne serait-ce qu'une seule des victimes qu'elle prétend avoir rencontrées1. » Même son de cloche à l'organisation Human Rights Watch, lorsque Liesel Gerntholtz2, responsable des droits de la femme, déclare qu'elle ne dispose d'« aucune preuve » concernant les viols imputés aux troupes de Kadhafi. Pourtant, de telles atrocités commises à grande échelle, si elles existent, laissent forcément des traces. Il apparaît donc clairement que ces « viols de masse » et ces « distributions de Viagra » constituent une manipulation de plus dans la guerre de propagande menée par le CNT. Tout comme cette graisse à fusil distribuée par Kadhafi à ses hommes, pour « faciliter » leurs ébats : une rumeur sans le moindre fondement, pourtant reprise par Bernard-Henri Lévy dans son livre !


Samuel Laurent


Extrait de "Sahelistan" (Editions du seuil), 2013. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

 

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Source: ATLANTICO.FR

00:00 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Etats-Unis d'Amérique, Europe, France, Grande-Bretagne, Libye, Monde, Monde arabe | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

dimanche, 12 mai 2013

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL RELATIVE AU RAPPORT FINAL DU GROUPE D'EXPERTS DE L’ONU

 

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Le groupe d'experts de l’ONU en charge de la surveillance de l’embargo sur les armes en direction de la Côte d’Ivoire et de l’application des sanctions contre certaines personnalités conformément à la Résolution CS/1572/2004, vient de rendre public son rapport final (S/2013/228, 17 avril 2013). Il est bon de noter que, suite à ce rapport, le Conseil de sécurité a adopté la Résolution 2101/du 25 avril 2013, qui pour l’essentiel se résume aux mesures qui suivent :

- Reconduction de l’embargo sur les armes jusqu’au 30 avril 2014 ;

- Reconduction des mesures individuelles, financières et limitant les voyages jusqu’au 30 avril 2014 ;

- Interdiction de toute importation de diamant en provenance de Côte d’Ivoire jusqu’au 30 avril 2014.

Il en ressort clairement que le Conseil de sécurité n’a pas cru devoir suivre les experts du comité des sanctions dans leurs allégations mensongères contre les proches du Président Laurent Gbagbo en exil au Ghana, presque tous accusés « d’entreprise de déstabilisation » du régime d’Alassane Ouattara.

Contre ce rapport qui ne diffère pas fondamentalement de la copie servie à mi-parcours (S/2012/766, 15 octobre 2012), au regard des intentions cachées, de la méthode de travail ou d’investigation partiale, des informations livrées à la légère, des allégations affirmées mais non démontrées, la Coordination du Front Populaire Ivoirien (FPI) en exil au Ghana, en collaboration avec les personnes citées se contentera d'abord de renvoyer à deux publications y relatives (I), de faire quelques observations (II), avant de  dénoncer (III) une fois de plus un tel rapport partisan.

I- RENVOI  A DES PUBLICATIONS UTILES

Deux documents qui détaillent nos positions peuvent être utilement consultés :

1- La déclaration de la Coordination, suite à la diffusion par RFI le 6 octobre 2012 du rapport de mi-mandat des experts indépendants.

2- L’ouvrage collectif qui a pour titre : « Laurent Gbagbo au centre d’un complot. Le rapport des experts de l’ONU mis à nu », paru en avril 2013, à Paris aux éditions l’Harmattan.

Dans ces textes produits pour dénoncer les mensonges et la manipulation de l’opinion entreprise par lesdits experts, le lecteur découvrira à travers les écrits et analyses, le nouveau mal auquel les démocrates africains souverainistes sont confrontés : la fabrication ex nihilo par de prétendus experts, de complots imaginaires en vue de les neutraliser, par des mandats d’arrêt internationaux, des sanctions décidées par des organes des Nations-Unies, ou de l’Union européenne, etc.

Pour appuyer les remarques générales ci-dessus, l’on fera quelques observations.

II- OBSERVATIONS

Souci d’équilibrisme ou volonté de diversion, les experts reviennent sur les trafics en tous genres et l’accaparement, par la rébellion, d’importantes ressources financières détournées des caisses de l’État, à titre personnel ou au travers de sa centrale financière, qui continue de sévir, malgré la fin de la coupure en deux du pays en avril 2011. Ils écrivent même que le pillage autrefois limité à la zone nord, s’est aujourd’hui impunément étendu à l’ensemble du territoire. Mais cela, tout le monde  le sait, et savait, y compris la communauté internationale, que c’est ainsi et pas autrement, que le pouvoir Ouattara gouvernerait pour permettre à la rébellion de se payer sur le dos de l’État et des citoyens.

De même, les révélations sur les différentes violations manifestes de l’embargo sur les armes, par le pouvoir Ouattara, le Burkina Faso, des entreprises françaises ou non, dûment identifiées, ne sont toujours pas assorties de demandes de sanctions ciblées alors même que c’est l’unique mission des experts : surveiller le respect de l’embargo sur les armes et l’application des sanctions.

En revanche, c’est contre les proches de Laurent Gbagbo exilés au Ghana, que ce rapport final est principalement dirigé. Visiblement, les réactions énergiques des mis en cause à l’occasion de la publication du rapport d’étape, ont quelque peu freiné les ardeurs des experts.  Agissant manifestement pour le compte du ministre de l’intérieur de Ouattara, Hamed Bakayoko, dont ils ont endossé, sans analyse, les arguments habituels, les experts ont continué d’agiter le péril sécuritaire qui serait lié aux velléités déstabilisatrices des exilés proches du Président Gbagbo, au prix de mensonges éhontés. Notamment, ces derniers dont ils disaient qu’ils étaient en rapport avec les djihadistes d’Ansar Dine au Mali, sont à présent en complicité avec Soro Guillaume, le Chef de la rébellion ivoirienne.  Que croire?

Pour le régime Ouattara, la manœuvre poursuit en fait plusieurs objectifs :

-   Continuer d’avoir à disposition des milliers de casques bleus et éviter ainsi de remettre sur pied l’armée nationale de Côte d’Ivoire, désarmée au profit de la rébellion, des mercenaires et des Dozos à sa solde ;

-  Obtenir la levée de l’embargo sur les armes pour réarmer officiellement toutes les factions précitées ;

-  Exhiber le rapport comme fondement « crédible » pour lancer des mandats d’arrêt contre tous les proches du Président Gbagbo (car tous sont cités à un titre ou à un autre) ou des mesures d’interdiction ;

-  Mettre une pression plus forte venant des « Nations Unies » sur le Ghana, pays d’accueil, afin que celui-ci livre sans procédure judiciaire les personnes citées à Alassane Ouattara ;

-  Accabler plus que jamais le Président Laurent Gbagbo, le « bénéficiaire de la prétendue déstabilisation », dont le verdict de l’audience de confirmation des charges est incessamment attendu.

Alors que l’on s’attendait à un rapport final étayé par des preuves et des documents irréfutables concernant les allégations de déstabilisation, qui soit redit en passant n’entrent pas dans le mandat des experts, l’achat, l’importation ou l’exportation d’armes en direction de la Côte d’Ivoire et de traces de décaissements ou de paiements financiers effectués par les financiers « supposés », ce sont les mêmes ragots qui sont servis en lieu et place.

Alors même qu’ils n’ont pas réussi à apporter la preuve d’un quelconque financement par les exilés, les experts, au lieu d’avouer que cette piste d’investigation était infructueuse, sans se soucier d’entretenir une position contradictoire, vont tenter l’argument de la peur : « si les groupes officiant au Ghana et au Libéria ont un soutien financier conséquent, ils peuvent affaiblir le régime… » (rapport paragr. 19). En quoi une telle mention concerne t-elle  la mission de surveillance de l'embargo sur les armes et du régime de sanctions ?

D’autres fois, ce sont des demi-informations qui sont exposées pour tenter d’établir l’existence de plan de déstabilisation contre Ouattara, impliquant la diaspora et des exilés proches de Laurent Gbagbo ; tel le cas d’un e-mail effectivement adressé à un proche du Président Laurent Gbagbo mais dont la réponse n’a cependant pas été divulguée dans le rapport à dessein ; pour ne pas ruiner la thèse du plan de déstabilisation.

Mieux, faute d’arguments et de preuves, justifiant leur incursion dans l’espionnage au profit de Ouattara, les experts estiment que des opérations militaires auraient été menées sur le territoire ivoirien à partir du Ghana sans preuve, et que ces opérations seraient des violations de l’embargo (rapport paragr. 25).

Les experts, écrivent qu’à la suite de différentes arrestations, les exilés, qu’ils considèrent on ne sait à partir de quoi, comme étant l’aile radicale du FPI, se sont réorganisés en cinq (5) factions politico-militaires, auxquelles ils affectent des personnes sans justifications, sans preuves de leur adhésion ou participation à des réunions ou activités desdits groupes dont, au demeurant, l’existence effective n’est pas démontrée. Ces groupes ou factions, fabriqués pour les besoins du rapport n’existent que dans l’imagination d’Hamed Bakayoko qui les  a servis gracieusement au groupe d'experts de l’ONU.

D’ailleurs, il est permis de douter de la crédibilité de la plupart des informations qui constituent la toile de fond de ce rapport. Fournies par les services d’Hamed Bakayoko, elles ont été obtenues sous la torture. Le groupe d’experts sait-il que le ministre Lida Kouassi, extradé du Togo en Côte d'Ivoire, a subi des tortures par décharges électriques afin d'obtenir de lui des aveux ? Le groupe d’experts sait-il dans quel état mental se trouve le commandant Séka Séka, après les sévices qui lui ont été imposés pour obtenir de lui des aveux contre des proches du Président Gbagbo ? Le groupe d’experts s’est-il inquiété des raisons pour lesquelles, en dépit de son insistance, il n’a pu s’entretenir avec le ministre Blé Goudé (rapport, paragr.  286) ? Le groupe d'experts sait-il dans quel état se trouvent le colonel Katé Gnatoa, le commandant Abehi et nombre de personnes  arrêtées  pour tentative de coup d'état?

Des aveux ou autres confessions obtenues sous la torture par les services de Ahmed Bakayoko, voilà le menu que nos experts servent comme preuves de l'implication des proches du Président Gbagbo dans la déstabilisation du régime Ouattara. Mais, c'est le lieu d'exiger du groupe d'experts de présenter le mandat de l'ONU qui lui confie la mission de surveiller la déstabilisation du régime Ouattara, surveillance devenue la partie principale de ses préoccupations et investigations.

Comment accepter des contrevérités évidentes donnant certains des proches du Président Gbagbo, comme ayant participé à des réunions en 2012 au Ghana alors qu'ils n'y ont que transité en Avril 2011 pour d'autres destinations. Ces contrevérités sont en réalité distillées par le groupe d'experts du comité de sanctions pour mieux masquer la couverture des rebelles et de leur mentor qui ont fait l'acquisition d'armes lourdes malgré l'embargo qu'ils sont censés surveiller.

Nos experts ne semblent certainement pas s’émouvoir des conséquences humanitaires  désastreuses de cet armement lourd, pourtant acquis en violation de l’embargo, grâce auquel un génocide à l’ouest ( Duekoué, Nahibly entre autres ) continue d’être perpétré par les troupes rebelles auxquelles Ouattara s’est officiellement rallié en mars 2011 en créant les FRCI.

Pourquoi ce rapport est-il muet sur l’occupation par la force, des forêts de l’ouest, par des hordes de Burkinabés armés de kalachnikovs et d’armes lourdes fournies par Alassane Ouattara et Blaise Compaoré ? Pourquoi les experts de l’ONU n’ont-ils pas jugé utile ou convenable « d’investiguer » sur la provenance de cet armement, en rapport avec la surveillance de l’embargo sur les armes ? Tout simplement parce que ces crimes ainsi que la dotation en armes des rebelles mettent  en cause personnellement M. Ouattara qui a créé les FRCI en Mars 2011 de son QG de l’Hôtel du Golf, leur intimant  l'ordre d'attaquer sur tous les fronts les forces loyalistes et de renverser le Président Gbagbo par les armes.

Nous avons trop bien compris depuis longtemps le jeu et l'objectif de ses experts. Que l'on ait à l'esprit cette question fondamentale : pourquoi lesdits experts n'ont jamais pris la précaution méthodologique élémentaire d'entendre la version de ces proches du Président Gbagbo, mis en cause ?

Le parti-pris de ces experts pour le régime Ouattara et ses alliés et leur harcèlement contre le Président Gbagbo et ses proches sont si choquants, révoltants qu'ils ne peuvent qu'être dénoncés avec force.

III- DENONCIATION DU RAPPORT

Pour les raisons ci-dessus développées, la coordination FPI en exil, tient à nouveau à dénoncer vigoureusement le rapport final des experts du comité des sanctions de l’ONU, en ce qu’il persiste dans un travail toujours méthodologiquement approximatif, partial dans le fond, délibérément orienté contre le Président Laurent Gbagbo et ses proches en exil, et faisant étalage de mensonges en lieu et place de preuves.

La coordination observe que le contenu de ce rapport n’est pas reflété dans la résolution 2101 du Conseil de sécurité et s’en félicite. La coordination du FPI en exil restera cependant vigilante, et se réserve le droit de dénoncer, toute utilisation malveillante de ce rapport dans le but de nuire à ses membres, au Président Laurent Gbagbo ou à ses proches. N'oublions pas que la CPI s'était servie malicieusement du rapport de mi-mandat, pourtant décrié, pour refuser la liberté provisoire au Président Gbagbo.

La coordination voudrait s’adresser aux experts de l’ONU mais également à tous ceux qui souhaitent aider le régime « tortionnaire » d’Alassane Ouattara à s’en sortir, pour leur dire que le salut n’est pas à rechercher dans la manipulation, le mensonge et dans la répression contre tous ceux qui n’épousent pas les vues de leur poulain, mais plutôt dans un État de droit, dans la vraie démocratie et dans une réconciliation sincère.


Fait à Accra le 9 mai 2013.


Pour la coordination FPI en exil

 

Dr. Assoa Adou

Coordonnateur et Porte parole

samedi, 11 mai 2013

CE RAPPORT ALLEMAND QUI ETRILLE L'ECONOMIE FRANÇAISE

 

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Un rapport interne du ministère allemand de l'Economie, dirigé par le libéral Philipp Rösler (à gauche sur la photo), analyse en termes peu flatteurs la situation économique de la France. REUTERS/Fabrizio Bensch

 

Perte de compétitivité, délocalisations, coût élevé du travail, manque d'investissements... Un rapport non officiel du ministère allemand de l'Economie dresse un bilan au vitriol de l'économie française.

 

Voilà un rapport qui devrait mettre de l'huile sur le feu dans dans les relations du couple franco-allemand, déjà bien échaudé par la polémique suscité en France par le PS. Dans un projet de texte sur l'Europe publié la semaine dernière, les socialistes français accusent Angela Merkel d'être la "chancelière de l'austérité" à "l'intransigeance égoïste".

Réponse - non officielle - de l'Allemagne: la France menace de devenir "l'homme malade de l'Europe". C'est en tout cas ce qui serait écrit noir sur blanc dans un rapport au virtriol sur l'économie française qui circulerait dans les couloirs du ministère allemand de l'Economie, révèle le Handelsblatt. Le quotidien allemand de référence du monde des affaires en publie des extraits en Une de son édition de mardi 30 avril.

"L'industrie française perd de plus en plus en compétitivité, la délocalisation à l'étranger des entreprises se poursuit, la marge des entreprises est faible", est-il écrit dans ce rapport compilé par les fonctionnaires du ministère du libéral Philipp Rösler (FDP), selon le journal. Le document en question est "une note à usage exclusivement interne, pas destinée à être publiée", compilée par un service "qui analyse régulièrement la compétitivité des pays de la zone euro", a précisé plus tard à l'AFP le ministère, confirmant donc indirectement l'existence de ce rapport.

Le document fait état des "coûts du travail en forte hausse" en France, "du temps de travail le plus faible d'Europe", de "pression fiscale la plus élevée de la zone euro" ou encore d'un manque d'investissement dans la recherche et le développement, écrit le Handelsblatt, en général bien renseigné sur tout ce qui provient des services de Philipp Rösler. Le journal conclut sur deux pages d'analyse sur la France en notant que "le fier voisin" français "menace de devenir l'homme malade de l'Europe".

Berlin inquiet du rythme poussif des réformes en France

La publication de ce rapport intervient dans un contexte tendu des relations franco-allemandes, après les attaques frontales du Parti socialiste français contre la politique de la chancelière Angela Merkel, accusée d'étouffer la croissance en Europe pour des motifs "égoïstes". Berlin a tenté de minimiser la portée de ces critiques, et s'abstient de manière générale de montrer la France du doigt ces derniers temps.

Mais la presse allemande et nombre d'observateurs ont vu dans les attaques du PS une tentative de détourner l'attention du rythme poussif de mise en oeuvre de réformes en France. Dans le quotidien régional Kölner Stadtanzeiger mardi, le commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günther Oettinger, appelle Paris à passer à la vitesse supérieure. "Ma position est: nous sommes prêts à accepter le (déficit public) de 2013 seulement si des réformes structurelles sont mises en oeuvre. Des réformes du marché du travail, un temps de travail allongé, un plafonnement de la croissance des retraites, des suppressions de postes dans le secteur public", a dit le conservateur.

Paris ne respectera pas cette année le plafond de déficit public imposé par les règles européennes, et espère la clémence de ses partenaires en promettant des réformes et un respect du pacte de stabilité l'an prochain. Le gouvernement allemand a plusieurs fois signalé à demi-mot qu'il était prêt à faire ce geste vis-à-vis de son plus important partenaire.

 

L'Expansion.com avec AFP, publié le 30/04/2013.

 

Source: L'EXPANSION.COM