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samedi, 11 décembre 2010

"FRANÇAFRIQUE, LA RAISON D’ETAT", POUR MIEUX COMPRENDRE LA CRISE IVOIRIENNE

 

SARKOZY-BONGO. FRANçAFRIQUE 2.jpg

Documentaire. Réalisé par Patrick Benquet. Scénario de Patrick Benquet. Produit par Compagnies des Phares et Balises. Avec la participation de France Télévisions. Conseiller historique : Antoine Glaser.

Film documentaire diffusé ce jeudi 9 décembre, à 23h10, sur France 2. Première partie : La Raison d'Etat.

 

Pendant plus d'un an, Patrick Benquet a enquêté avec l'aide précieuse d'Antoine Glaser, spécialiste unanimement reconnu dans ce domaine. Il montre dans ce film qu'à travers les présidences successives qu'avaient connues la France, de droite et de gauche, les bouleversements mondiaux entraînés par la chute du mur du Berlin et la mondialisation, il existe une étonnante cohérence dans la politique française à l'égard de ses anciennes colonies.

Que tous les grands événements africains dont les français gardaient le souvenir, le Biafra, les diamants de Giscard, l'action du mercenaire Bob Denard, les coups d'États à répétition, les assassinats politiques, l'affaire Elf et ses valises de billets, le licenciement de Jean-Marie Bockel..., étaient reliés par une logique implacable : la mise en œuvre d'une politique occulte dont la motivation principale était l'approvisionnement énergétique de la France, en particulier en pétrole.


Françafrique révèle un monde secret où, en dehors de tout contrôle parlementaire ou gouvernemental, tous les coups sont permis pour maintenir au pouvoir des chefs d'État africains dévoués à la France. Un monde ou des sommes d'argent colossales irriguent clandestinement des réseaux d'enrichissement personnel et de financements de partis politiques. Le film donne la parole aux hommes de l'ombre, chefs des services secrets français, hommes de main au service de la République, baroudeurs du continent noir et à des acteurs historiques français qui ne s'étaient jamais exprimés : "Messieurs Afrique" de l'Élysée, ambassadeurs, ministre de la coopération, etc. Avec, par ordre d'apparition :


Maurice Delaunay : Formé à la Coloniale, l'École Nationale de la France d'Outre-mer, Maurice Delaunay fut le prototype de ces serviteurs de l'État qui ont géré l'empire africain sans état d'âme, justifiant les opérations illégales au nom de la " raison d'État ". Se définissant lui-même comme un homme de Foccart, il fut en charge de la grande répression des indépendantistes au Cameroun à la fin des années 50.


Ambassadeur au Gabon à deux reprises, il organisa la montée au pouvoir d'Omar Bongo. Il géra depuis Libreville l'intervention française au Biafra. Il dirigea et protégea le mercenaire Bob Denard en particulier pour les opérations de déstabilisation au Bénin. Il fut le témoin des mouvements de fonds clandestins entre l'Afrique et les responsables français.


Maurice Robert : En tant que responsable du secteur Afrique, il fut l'homme de main de Jacques Foccart au sein du SDECE, les services secrets français. De l'intervention de la France au Biafra à la déstabilisation de la Guinée ou du Bénin en passant par la mise au pouvoir de Bongo, il fut l'exécuteur en chef de la politique secrète de la France en Afrique. Débarqué des services secrets français, il fut immédiatement embauché dans les services de renseignements chez Elf et finira par être nommé ambassadeur au Gabon à la demande exprès d'Omar Bongo avant de terminer sa carrière de nouveau chez Elf.


André Lewin : Ambassadeur de France en Guinée de 1975 à 1979, il est la mémoire de la violente rupture entre le Général de Gaulle et Ahmed Sékou Touré et des tentatives de déstabilisation de ce pays par les services secrets français.


Bob Maloubier : Ancien responsable du service Action des services secrets français, c'est lui qui organisa, à la demande de Jacques Foccart, la garde présidentielle du président gabonais Léon M'Ba, victime d'une tentative de coup d'État en 1964. Il fut ensuite embauché par la compagnie Elf au Nigéria.


Jacques Pigot : Jacques Pigot a fait partie de ces hauts fonctionnaires que la France nomma pour encadrer les nouveaux présidents africains. Il passa 50 ans dans l'entourage direct du premier président gabonais Léon M'ba puis d'Omar Bongo.


Jacques Thiebaut : Pilote d'avion, baroudeur au Gabon, il participa au ravitaillement en armes du Biafra en guerre contre le Nigéria, sous les ordres de Maurice Delaunay afin de renverser le pouvoir en place puis de placer à la tête du Nigéria le rebelle Odjuku, dont le premier fils fut adopté par Omar Bongo.


Martin Kirsch : Il fut le "Monsieur Afrique" de Valéry Giscard d'Estaing de 1980 à 1981. Symbole de la continuité de la politique africaine, sa nomination avait été recommandée par Jacques Foccart.


Albin Chalandon : PDG d'Elf de 1977 à 1983, il conforta le rôle du Gabon comme premier fournisseur de pétrole de la France et entreprit de fructueuses négociations avec le Congo-Brazzaville, pourtant dirigé par le procommuniste Denis Sassou Nguesso. Il distribua généreusement les enveloppes pour le financement des campagnes électorales de tous les grands partis politiques aussi bien de droite que de gauche.


Jacques Salles : Chef des services secrets français au Zaïre puis au Gabon, il eut à connaître de la décision française de renverser le président Bokassa. En poste à Libreville, il fut le témoin privilégié des manipulations électorales et des prodigalités financières corruptrices du président Bongo.


Jean-Pierre Cot : Vingt deux ans avant Jean-Marie Bockel, Jean-Pierre Cot connaîtra la même mésaventure. Nommé en mai 1981 ministre de la Coopération par François Mitterrand, il prônait la transparence dans les relations avec l'Afrique et la fin des réseaux secrets. Il sera démissionné au bout de 20 mois et remplacé par Christian Nucci.


Pierre Marion : Directeur de la DGSE de 1981 à 1982, il échoua dans sa tentative de nettoyer les services secrets français de l'influence des réseaux Foccart et des hommes de Elf. Désavoué par le président Mitterrand qui l'avait nommé, il démissionna.


Jean-Christophe Mitterrand : "Monsieur Afrique" de son père à l'Élysée, de 1986 à 1992, il hérita du surnom de "Papa m'a dit" auprès des chefs d'État africains.


Loïk Le Floch-Prigent : Président-directeur général d'Elf, du 28 juin 1989 au 3 août 1993, il fut l'instrument consentant du président François Mitterrand qui poursuivit la pratique des financements occultes des partis politiques par l'argent secret du pétrole. Dans le scandale de l'affaire Elf, il fut la victime collatérale de la tentative balladurienne de prise du pouvoir présidentiel. Au nom de la raison d'État, il justifia les pratiques occultes de la compagnie pétrolière et en particulier le financement par Elf des guerres civiles au Congo Brazzaville et en Angola dans le cadre de la stratégie pétrolière de sa compagnie.


Eva Joly : Juge d'instruction de l'affaire Elf, elle démonta les mécanismes de la corruption et des financements occultes générés par l'argent du pétrole.


Robert Bourgi : Avocat d'affaires, conseiller personnel de plusieurs présidents du continent noir, il travailla dans l'ombre des relations franco-africaines d'abord pour Jacques Chirac et Dominique de Villepin puis pour Nicolas Sarkozy qu'il initia aux réseaux africains. Se définissant lui-même comme le fils spirituel de Jacques Foccart, il est considéré aujourd'hui comme l'homme de plus influent des réseaux françafricains.


Michel de Bonnecorse : Ambassadeur dans plusieurs pays africains, il fut le conseiller aux affaires africaines de Jacques Chirac de 2002 à 2007. Pourfendeur des réseaux il assista à leur remontée en puissance après l'élection de Nicolas Sarkozy.


Dominique Pin Adjoint de l'ambassadeur de France en Côte d'Ivoire de 2002 à 2005, il fut ensuite directeur d'Areva au Niger.


François Stifani : Il est le Grand-maître de la Grande Loge nationale de France (GLNF) qui procéda à l'intronisation d'Ali Bongo, fils d'Omar Bongo, comme Grand-maître de la Grande Loge gabonaise.


Et en archives, dans la première partie de ce grand film documentaire, apparaissent successivement : le Général de Gaulle, Pierre Guillaumat, Jacques Foccart, Ahmed Sékou Touré, Pierre Mesmer, Ahmadou Ahidjo, Félix Mounier, William Bechtel, Léon M'ba, Omar Bongo, le Colonel Benjamin Adekunlé, Valéry Giscard d'Estaing, René Journiac, Mathieu Kérékou, Bob Denard, Denis Sassou Nguesso, Jean-Bedel Bokassa, David Dacko, François Mitterrand, Guy Penne, Pascal Lissouba, Eduardo Dos Santos, Edouard Balladur, Philippe Jaffré, Roland Dumas, Bernard Kouchner, Laurent Gbagbo, Vincent Bolloré, Francis Bouygues, Félix Houphouët-Boigny, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Marie Bockel, Alain Joyandet , Mamadou Tandja et Ali Bongo.



Sources : France 2, Décembre 2010 et AFRIK53

lundi, 08 novembre 2010

PRESIDENTIELLE IVOIRIENNE : ABIDJAN CONTRE DAKAR

 

WADE-SARKOZY.jpg

 

Accusant Dakar de conspiration, Abidjan a rappelé, hier (vendredi 5 novembre), son ambassadeur au Sénégal. Les enjeux d'un esclandre.


«La Côte d'Ivoire a rappelé son ambassadeur au Sénégal. L'ambassadeur du Sénégal en Côte d'Ivoire a été convoqué au ministère des Affaires étrangères et a reçu une lettre de protestation des autorités ivoiriennes», a déclaré hier le conseiller diplomatique du président de la République de Côte d'Ivoire, monsieur Alcide Djédjé. Que s'est-il passé ?

Quelques heures après l'annonce des résultats du 1er tour de l'élection présidentielle ivoirienne, Abdoulaye Wade, chef de l'Etat sénégalais, a dépêché un avion à Abidjan pour venir chercher Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, respectivement en deuxième et troisième position à l'issue du scrutin, et par ailleurs alliés contre le président Gbagbo au sein du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix.

Ce comportement, considéré comme une ingérence intolérable du Sénégal dans les affaires intérieures ivoiriennes, intervient en pleine préparation du 2nd tour de l'élection présidentielle, prévu le 21 novembre 2010. Ne s'y trompant d'ailleurs pas, Henri Konan Bédié, grand perdant du scrutin au profit de Dramane Ouattara, a refusé d'obtempérer aux desiderata d'Abdoulaye Wade et de prendre part à une conspiration en vue de déstabiliser la Côte d'Ivoire.

Le Sénégal est l'un des pays les plus pauvres d'Afrique en ressources naturelles. Ses devises proviennent principalement de la pêche, du tourisme, de la culture de l'arachide et du soutien financier de la diaspora. En effet, confrontés à la misère ambiante, des milliers de Sénégalais choisissent chaque année la voie de l'exil, constituant une des plus fortes populations immigrées au monde. La gestion népotiste et approximative du pays par le géronte Wade, âgé de 84 ans et dont la dernière lubie consiste à vouloir imposer son fils pour lui succéder à la tête de l'Etat, a aggravé la situation économique déjà peu reluisante du pays de la Teranga.

Depuis quelques années, Abdoulaye Wade entretient des relations difficiles avec Laurent Gbagbo, difficultés décuplées par le refus du chef de l'Etat ivoirien de donner son accord à la requête insistante du patriarche sénégalais de puiser dans les réserves de la BCEAO à des fins autres que celles prévues. Il est donc impératif pour Wade d'avoir un homme à sa solde aux manettes à Abidjan. D'où son soutien peu discret à Ouattara, bien connu pour être très sensible aux intérêts géostratégiques, financiers et économiques français, burkinabés et sénégalais.

Faut-il rappeler que grâce à la guerre en Côte d'Ivoire et pour avoir accepté de servir de base arrière aux rebelles, le Burkina Faso, pays d'origine de Ouattara, est devenu un important exportateur de cacao sans que cette matière première ne soit cultivée sur son territoire ?!

Bien qu'il n'ait aucune intention de remettre en cause la politique étrangère néocolonialiste de la France en Afrique, Nicolas Sarkozy ne peut, à l'heure actuelle, se permettre d'avancer à visage découvert comme son prédécesseur Jacques Chirac l'a fait, en envoyant l'armée française bombarder les populations ivoiriennes à Abidjan et Bouake il y a exactement 6 ans, en novembre 2004. Empêtré dans des scandales politico-financiers et ratatiné sur le plan intérieur, Sarkozy, au vu de l'engagement grandissant des Etats Unis et de la Chine en Afrique, ne voit d'autre solution, pour financer la croissance française, que de maintenir les états africains de son «pré carré» loin de la mondialisation. En dehors des innombrables ressources naturelles dont dispose la Côte d'Ivoire, les immenses gisements de pétrole découverts au large des côtes ivoiriennes et ghanéennes suscitent d'autant plus sa convoitise que les entreprises françaises du secteur voient leurs concurrents russes, américains, brésiliens et chinois rafler la mise.

Blaise Compaoré, à qui Laurent Gbagbo avait habilement décidé de confier le rôle de médiateur pour l'empêcher de nuire, sur les conseils avisés de l'ancien président sud africain Thabo Mbeki, n'étant plus disponible, et Omar Bongo ayant passé l'arme à gauche, Sarkozy a trouvé son sous-traitant pour mener à bien son entreprise de déstabilisation d'un régime jugé récalcitrant en la personne d'Abdoulaye Wade, qui a certainement obtenu une contrepartie intéressante pour accepter d'être la face visible du complot visant à faire main basse sur la Côte d'Ivoire.

En se rendant toutes affaires cessantes à Dakar pour prendre les instructions de son mentor, Alassane Dramane Ouattara semble, quant à lui, décidé à tomber le masque, donnant ainsi raison au président Gbagbo qui l'a désigné tout au long de la campagne électorale comme «le candidat de l'étranger». Stratégie payante ? La Côte d'Ivoire au service de Wade, Compaoré  et Sarkozy: pas sûr que les Ivoiriens acceptent de confier les rênes du pouvoir à un homme qui ne se cache plus d'être la marionnette de la France, du Burkina Faso et du Sénégal.


Mahalia Nteby

 

Source: SAOTI, le blog de Mahalia Nteby

mardi, 19 octobre 2010

LES DONNEURS DE LEÇON A L'EPREUVE DE LA REALITE ET DE LA VERITE

 

NICOLAS SARKOZY GUIGNOL.jpg


Il y a de cela quelques années, la Côte d'Ivoire en pleine guerre était traitée de « xénophobe » et de « fasciste » parce qu'en démêlées avec les étrangers vivant sur son sol, dont certains ont été des acteurs de première ligne de la crise ivoirienne. Et ceux qui tenaient de tels propos contre notre pays, ce sont les ténors de l'exécutif français d'alors, parrainés par un déprimant Jacques CHIRAC. Appuyés en cela par des chefs d'états africains aux conceptions panafricanistes qui laissent à désirer.

Parmi ceux-ci, il faut citer le Président sénégalais, Abdoulaye WADE qui en son temps avait dit à peu près ceci : « A l'heure où je vous parle, des étrangers sont traités en Côte d'Ivoire comme dans aucun pays au monde ». Tout naturellement, sans tenir aucun compte du contexte et des circonstances particulières qui accablaient notre pays.

Comme DIEU sait bien faire les choses, voici aujourd'hui la France au pied du mur, avec la honteuse affaire de l'expulsion des Roms, citoyens itinérants roumains, vivant dans des camps précaires en Hexagone, vidés comme des malpropres. Une affaire qui lui a valu d'avoir échappé, aujourd'hui, à une procédure d'infraction contre les lois européennes en la matière.

Pour bien faire, l'Allemagne, à travers la Chancelière Angela MERKEL, se mêle à la danse et intime l'ordre à ses émigrés d'intégrer le modèle allemand ou « de débarrasser le plancher ». Voici l'Europe en train de reconsidérer ses premières convictions vis-à-vis des étrangers, droit qu'elle nous avait royalement dénié pendant la crise de 2002, nous qui comptons plus de 26% d'étrangers sur notre sol. Cas unique au monde.

Mieux, on n'entend curieusement plus le Président Abdoulaye WADE, qui aurait dû casser la baraque (tant il y a matière) et qui, du reste, se livre à des dérives népotistes sans nom dans son pays, œuvrant d'une façon scandaleuse à imposer son fils comme son successeur à la tête de l'état sénégalais. Vous l'avez devinez, on se croirait dans une monarchie.

Voici donc que les donneurs de leçons ne font guère mieux, à l'épreuve de la réalité et de la vérité ! Comme dit l'adage : « C'est au pied du mur qu'on voit le vrai maçon ». Et les donneurs de leçons ont échoué. Lamentablement. Nous osons espérer que prochainement, ils ne s'aviseront plus de ruer dans les brancards et s'empresser de charger la Côte d'Ivoire, et souhaitons qu'ils « tourneront sept fois la langue dans la bouche » avant de clouer quiconque au pilori. Au demeurant, nous sommes en pleine campagne électorale présidentielle. Nous les prions de se tenir bien à l'écart de notre chemin et de nous laisser assumer nos responsabilités face à l'histoire et face à la destinée de notre nation.

En attendant la proclamation des résultats du scrutin du 31 octobre en Côte d'Ivoire, nous souhaitons aux donneurs de leçons de sortir intacts de l'écheveau de la fronde sociale française contre la loi de retraite à 62 ans, qui paralyse en ce moment leur pays.

Que chacun s'occupe de ses oignons et tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes !

 

DINDE Fernand AGBO

jeudi, 19 août 2010

LA NOTION DU TEMPS ET DU FUTUR AU SENEGAL ET EN AFRIQUE

 

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Le temps doit être perçu comme une denrée précieuse, une ressource, un moyen d'action, de production, de réalisation, au même titre que l'homme (la force physique, les aptitudes intellectuelles, mentales, morales), au même titre que l'argent et d'autres moyens matériels et immatériels. D'où les questions suivantes : Comment l'Africain conçoit‐il, comprend‐il, apprécie‐t‐il le temps ? Comment l'Africain utilise le temps, cette denrée quotidienne, précieuse, naturelle ? Quel est le rapport de l'Africain avec le temps ? D'aucuns disent que les réponses à ces trois questions fondamentales restent plutôt négatives pour l'Africain. Celui‐ci aurait une « mauvaise appréciation et une mauvaise utilisation du temps », ce qui aboutit naturellement à des « mauvais rapports» avec le temps. Qu'en pensez‐vous ?

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La notion du temps et du futur au Sénégal et en Afrique


Si l'homme pouvait disposer d'une machine à remonter le temps, il n'aurait aucune difficulté à vaincre la mort... Malheureusement, le propre du temps, c'est son mouvement définitif vers l'avant : le temps passe toujours, il ne s'arrête point, il ne recule jamais. Au Sénégal et en Afrique noire, on ne semble pas avoir compris que si l'écoulement du temps est fatal en soi, la trajectoire du futur est parfaitement maîtrisable. Cheikh Yérim Seck constate que : «Ayant toujours du mal à entrer dans une culture de la production, l'Afrique n'attache aucune valeur au temps... Des comportements irrationnels, laxistes et amateurismes sont justifiés par une référence à ce qu'il est convenu d'appeler l'heure africaine. Ce qui doit être fait à 10 h en temps réel, va être fait à midi, heure africaine. En d'autres termes, les Africains ont choisi d'être les plus grands retardataires de l'humanité et de rester éternellement à la traîne ». La défunte compagnie Air Afrique avait fini par prendre l'éloquente appellation : «Air peut‐être»... Vieux Savané admet, malgré lui, qu'«une conception élastique du temps a forcément des conséquences sur le rendement ».

«Le refus de la tyrannie du temps» n'est peut‐être pas totalement blâmable. Anne Cécile Robert défend que «refuser la cadence ou la dictature du temps ne signifie pas refuser de travailler ou l'incapacité de travailler sérieusement ou avec dévouement. Cela signifie que l'acte de travail s'inscrit dans un rapport à la vie et à la sociabilité tout à fait différent ». Elle est donc loin de partager le constat paradoxal de Cheikh Yérim Seck, selon lequel «les Africains sont, sur la planète, les plus pauvres, les moins développés et plus réticents au travail ».

La postérité se prépare, l'avenir se construit, le futur s'invente. Le destin n'existe que lorsque toutes les voies de recours humainement possibles ont été épuisées ; le cas de force majeure ne peut être légitimement invoqué que lorsque l'événement incriminé est anormal, imprévisible, irrésistible et extérieur à la volonté de l'acteur. Le recours abusif à la sorcellerie et au fétichisme est un aveu d'impuissance face à la contingence présumée du futur. Il est révélateur d'une incapacité à mettre la raison et l'action au service d'un objectif rationnel et d'une tendance aléatoire et laxiste à obtenir un résultat voulu sans endurer les sacrifices correspondants.

La nonchalance de l'Africain face à l'épreuve et à l'urgence estelle une forme de résilience ou une marque de résignation ?

Le fatalisme suffit‐il à expliquer la léthargie de la culture africaine, «sa passivité, son manque d'ardeur à aller à la rencontre des autres cultures avant que ces dernières ne s'imposent à elle et ne l'écrasent, son incapacité, une fois le mal fait, à évoluer à leur contact, sans tomber dans un mimétisme abject ». Cette attitude irrationnelle de l'Africain face au temps et au futur mérite d'être diagnostiquée dans une optique curative.

De l'inertie et l'insouciance

La gestion optimale du temps, loin d'être une question de capacité ou de niveau d'instruction, relève d'abord de la culture individuelle et collective. Tout est lenteur en Afrique : la démarche, les salutations, la cuisson, le langage, etc. Et, l'on persiste dans l'inertie et l'insouciance «comme si l'espoir du bonheur à venir l'emportait sur les enseignements de l'histoire ». C'est cet espoir et cette attente pieuse de lendemains meilleurs qui poussent certains à faire un nombre élevé d'enfants, alors qu'ils n'ont même pas les moyens de se nourrir eux‐mêmes.

L'environnement et les conditions d'existence constituent aussi un facteur déterminant. La misère et la précarité réduisent les âmes à la recherche du minimum quotidien : il faut survivre aujourd'hui ; pour demain, on verra. La terrible pression des besoins vitaux finit d'ailleurs par grignoter la rationalité et imposer la formule : «Agir d'abord, réfléchir après». Dans ces conditions, la spéculation sur les futurs possibles s'égare dans les réalités de la débrouille quotidienne. Certains putschistes arrivent au pouvoir par l'épée, sachant parfaitement qu'ils risquent, eux aussi, de périr par l'épée. Mais, pour eux, la question de leur propre sécurité est une question future, l'essentiel est d'accéder aux délices du pouvoir dans l'immédiat, pour s'extirper d'une pauvreté acquise depuis la naissance.

Le dirigeant africain est très peu favorable à des investissements à long terme. Il préfère les actions tapageuses susceptibles de donner des fruits immédiats auxquels il va lui‐même goûter.

Au Sénégal, suite aux fortes pluies qui ont provoqué des inondations dans certains quartiers de la capitale notamment, on parle de report des élections législatives de 2006 pour le financement d'urgence des secours aux sinistrés. Les quantités de pluies recueillies sont certes inhabituelles, mais elles ne sont ni inédites, ni excessives outre mesure. Les causes véritables des inondations sont à rechercher dans la vétusté et la faiblesse des systèmes d'évacuation des eaux de pluie, l'imprévoyance des services chargés de l'assainissement, la construction de cités ou de bâtiments clandestins dans des zones de captage et d'accumulation d'eau, dans des bas‐fonds et des marigots temporairement asséchés. Ces causes sont sciemment ignorées au profit d'opérations ostentatoires de recasement. La prospective est donc sacrifiée sous l'égide d'options purement conjoncturelles. On reste confiné à l'immédiateté au lieu de s'ouvrir à une gestion anticipative et prévisionnelle. Qu'adviendra‐t‐il des élections combinées a venir, si de nouvelles inondations arrivaient en ce moment ?...

Dans le cas sinistre du bateau Le Joola, la déroute des services responsables à l'annonce de la catastrophe montre bien qu'aucun plan d'urgence véritable n'avait été conçu par anticipation, alors que le bateau, régulièrement surchargé et manifestement déséquilibré, portait, depuis sa mise en circulation, les germes du drame. En Gambie, pays au large duquel le bateau a chaviré, avec des corps retrouvés çà et là sur la plage, le ferry continue à faire la navette sur le Fleuve, sans distribution de gilets de sauvetage aux passagers...

Le Sénégal est l'un des pays d'Afrique les plus prolixes en matière de planification. La plupart des secteurs de la vie économique et sociale (santé, population, éducation, environnement, jeunesse, etc.) ont fait l'objet de documents de planification et de stratégie. Mais, peu d'efforts sont consentis dans la mise en oeuvre et le suivi de ces plans. Les séminaires d'évaluation et de capitalisation dans ce domaine sont généralement taillés sur la mesure d'un projet vorace de détournement d'une partie du budget affecté à l'organisation de la manifestation.

Il est évident que vouloir changer radicalement une attitude devenue habitude, un mode de vie devenu culturel, est une entreprise aussi prétentieuse que vaine. Mais, dans l'intérêt du rattrapage du retard économique et social de l'Afrique, le rapport de l'homme au temps ainsi que sa vision du futur gagneraient à s'insérer dans le cadre d'une culture du résultat efficient. Les défis urgents du développement doivent être relevés, avec diligence, afin que le capital temps épargné soit réinvesti dans d'autres combats. Les différents plans de développement pilotés par l'Etat devraient être conçus dans une mouvance réellement participative, afin que les populations bénéficiaires se les approprient et s'investissent activement dans leur mise en oeuvre. Les opérations d'exécution des contrats administratifs, des missions de service public, des plans de développement, des budgets régulièrement adoptés par l'autorité compétente, devraient être astreintes à des délais rigoureux sanctionnés par des pénalités de retard à l'encontre des responsables. Cela suppose que pour chaque tâche prévue, un responsable soit désigné avec précision et pertinence.

La gestion du temps n'est généralement enseignée que dans les écoles de management, comme si elle n'était qu'une exigence économique. La rationalisation du rapport de l'homme au temps est une condition du progrès. Elle intéresse donc tous les aspects de l'existence et mérite d'être érigée en préoccupation fondamentale dans les stratégies d'éducation populaire. Au vieux proverbe «Time is money», on pourrait ajouter «Time is life»...


Rosnert Ludovic Alissoutin

(in LE FILAMENT, N° 6 du 15 Juillet 2010)


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mardi, 13 juillet 2010

LE QUAI D'ORSAY EST UN MINISTERE SINISTRÉ

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Jean-Christophe RUFIN au journal "Le Monde"

"Le Quai d'Orsay est un ministère sinistré"


L'écrivain Jean-Christophe RUFIN, que Nicolas SARKOZY avait nommé ambassadeur de France à Dakar (Sénégal) en août 2007, a quitté ses fonctions le 30 juin 2010 après que le président Abdoulaye WADE a demandé à la France son départ, et l'a obtenu. Quittant la diplomatie, il a retrouvé sa liberté de parole et s'exprime sur la politique africaine de la France.

Jean Christophe RUFIN : "Le Quai d'Orsay ne pèse plus rien dans les affaires"

Qui dirige aujourd'hui la politique africaine de la France ?

Ces dernières années, un mode de gouvernance particulier s'est construit : les affaires africaines les plus sensibles sont tranchées par Claude GUÉANT, qui est un préfet et n'a pas une connaissance particulière de l'Afrique. Dans ce domaine qu'il s'est réservé, le secrétaire général de la présidence agit d'autant plus librement qu'il n'en répond ni devant l'Assemblée ni devant le gouvernement. Il dépend du seul président de la République, dont j'ignore s'il est complètement informé des initiatives de son collaborateur.

Que s'est-il passé depuis trois ans ?

Il s'est passé que Bernard KOUCHNER n'a pas souhaité ou pas pu s'imposer dans ce domaine et, plus généralement, en politique étrangère. Etant donné son parcours que nous admirons tous, il est difficile de comprendre comment il peut avaliser des décisions prises par d'autres sur des bases qui ne sont pas les siennes.

D'un côté, il y a un Quai d'Orsay qui sert de vitrine à la fois "people" et morale, et, de l'autre, une realpolitik faite par-derrière et par d'autres. Bernard KOUCHNER a réorganisé le ministère des affaires étrangères à la manière d'une organisation non gouvernementale (ONG). Le Quai d'Orsay est aujourd'hui un ministère sinistré, les diplomates sont dans le désarroi le plus total, car ils ne se sentent pas défendus.

Vous mettez en cause l'influence auprès de l'Elysée de "réseaux occultes" sur la politique de la France en direction de l'Afrique. De quoi s'agit-il ?

Ces réseaux sont construits à l'inverse des réseaux Foccart qui existaient du temps du général DE GAULLE et étaient censés servir les intérêts de la France. Aujourd'hui, il s'agit de réseaux de lobbying qui cherchent à faire valoir les intérêts de tel ou tel régime africain auprès des autorités françaises.

Le pire est qu'ils parviennent à faire croire en haut lieu que leurs analyses sont plus désintéressées que celles fournies par les ambassadeurs, alors qu'ils sont stipendiés et ne font qu'exprimer l'opinion de leurs clients.

On les disait amis, ils semblent désormais sérieusement brouillés. L'écrivain Jean Christophe RUFIN, ex-ambassadeur de la France au Sénégal, se livre à une charge sévère contre Bernard KOUCHNER, ministre des Affaires étrangères.

Décrivant dans un entretien au "Monde" un Quai d'Orsay "complètement marginalisé et sinistré", des diplomates dans le "désarroi le plus total", RUFIN regrette que le co-fondateur de Médecins sans frontières se laisse dicter sa politique africaine par Claude GUÉANT, secrétaire général de l'Elysée, et des "réseaux de lobbying".

Le fond de l'affaire n'est pas nouveau. L'impuissance de l'ancien french doctor aux Affaires étrangères a déjà été décrite, notamment par le journal Libération. Bernard KOUCHNER lui-même a reconnu qu'il devait s'accommoder d'influences parfois contraires....

Bernard KOUCHNER devrait "savoir partir" : "On n'est jamais trahi que par les siens"

Le ministre a d'abord répondu par l'ironie aux critiques de l'ancien ambassadeur, jugeant que ce dernier "boudait" et qu'il avait su "s'alimenter à la bonne source" pour écrire son dernier livre. Puis, interrogé à l'Assemblée nationale, il s'est fait plus offensif: "J'espère- on n'est jamais trahi que par les siens - que cet homme ne s'étouffera pas de haine"

"Nous sommes fiers de la politique qui a été menée, aussi bien pour la Guinée qui vient de voter pour la première fois depuis 59 ans, pour le Rwanda (avec lequel la France a repris depuis six mois des relations diplomatiques)", a rétorqué le ministre.

"Nous sommes fiers de ce que nous avons fait après les coups d'Etat en Mauritanie, au Niger, ou à Madagascar", a-t-il ajouté.

Mais les temps sont décidément compliqués pour Bernard KOUCHNER, puisque deux de ses prédécesseurs, Hubert VÉDRINE et Alain JUPPÉ, viennent de publier dans "Le Monde" une tribune dénonçant "l'affaiblissement sans précédent (des) réseaux diplomatiques et culturels de la France".

 

http://mampouya.over-blog.com/

FRANÇAFRIQUE : TANGO A DAKAR

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Par Marc Schindler

Photo: Jean-Christophe RUFIN

Voilà ce qui arrive quand on nomme ambassadeur un écrivain célèbre au lieu d'un diplomate. Son Excellence Jean-Christophe RUFIN, ambassadeur de France au Sénégal, a été remplacé, après trois ans à Dakar. Bien sûr, au Quai d'Orsay, on affirme qu'il ne s'agit que d'un mouvement diplomatique normal.

En fait, l'éviction de Jean Christophe RUFIN a été décidée après une féroce bataille d'influence à Paris, qui s'inquiète de la lutte pour la succession du vieux président WADE, qui risque de provoquer une explosion sociale à Dakar. Le Quai d'Orsay n'a proposé aucun autre poste à son ambassadeur. Choqué par les pressions auxquelles il a été soumis depuis trois ans, RUFIN a décidé de quitter son poste à la fin du mois de juin

Jean Christophe RUFIN n'est pas diplomate de métier, même s'il a occupé des postes d'attaché culturel. Il est surtout médecin, l'un des pionniers de Médecins sans frontières, il a consacré vingt ans à travailler dans des ONG. C'est aussi un écrivain célèbre pour ses essais (La dictature libérale, Un léopard sur le garrot) et surtout ses romans (Sauver Ispahan, Rouge Brésil, Le parfum d'Adam), qui lui ont valu plusieurs prix dont le Goncourt. Un écrivain bardé de titres et France et à l'étranger, élu à l'Académie française, il y a deux ans.

Evidemment, pour Bernard KOUCHNER, l'ancien French Doctor, devenu ministre des Affaires étrangères, avoir un bijou aussi brillant au Quai d'Orsay, c'était une aubaine. En août 2007, RUFIN est nommé ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie. Et c'est là que les choses se gâtent.

Dans toutes ses carrières, RUFIN n'a jamais pratiqué la langue de bois. En décembre 2008, à Dakar, il déclare lors d'une conférence de presse : "Au Sénégal, il est très difficile de garder des secrets. Tout le monde sait tout, ou tout le monde croit tout savoir, donc dit n'importe quoi, et donc nous préférions dire les choses comme elles sont, le dire de façon transparente"

Aïe, aïe, aïe ! Incident diplomatique. On lui demande des excuses publiques. L'ambassadeur Rufin, avec ce sens bien à lui de l'humour, affirme "le caractère ironique et affectueux" de ces paroles "tenues sur le ton de la plaisanterie". Broutilles.

Mais le président du Sénégal Abdoulaye WADE, un grand ami de la France, explose quand il apprend que l'ambassadeur RUFIN déconseille à Paris d'accorder une aide financière au Sénégal sans une réforme profonde de son système politique. Et les télégrammes de RUFIN sont bien peu diplomatiques. Il écrit qu'une aide sans condition reviendrait à "fournir à un toxicomane la dose qu'il demande, mais qui le conduit un peu plus sûrement vers sa fin". A Paris, KOUCHNER a dû en avaler son chapeau. Et à Dakar, WADE demande la tête de Rufin.

Au Sénégal, la corruption publique au plus haut niveau est institutionnelle. Le président WADE, élu il y a dix ans à la tête du Sénégal, joue au sage africain, à 84 ans. Il jongle allègrement avec ses premiers ministres, il modifie la Constitution quand ça lui chante, il décapite l'opposition et emprisonne les journalistes.

En comparaison internationale, en 2007, le Sénégal était classé 166e sur 182 pays pour les indicateurs du développement humain. Le président WADE a fait ériger une gigantesque statue "La Renaissance africaine" bâtie par la Corée du Nord, qui a coûté 15 millions d'euros. Wade a annoncé, selon l'opposition, que 35% des retombées financières de l'opération lui reviendraient, puisqu'il était l'auteur du monument. Bref, encore un intellectuel africain formé par l'Université française, auquel le pouvoir a fait perdre la tête !

Le président du Sénégal pratique aussi la corruption à la mode de la Francafrique, du genre BOKASSA. En septembre 2009, il a fait remettre un "cadeau d'adieu" au représentant du FMI à Dakar, une valise contenant 100 000 euros et 50 000 dollars. Pas pour l'influencer ni pour remercier le FMI pour son aide. Juste un simple cadeau ! Ca ne vous rappelle pas les diamants de Giscard ?

Autre affaire de corruption : WADE vient de limoger son ministre de la Justice, remplacé par un proche du président. Cet ami serait impliqué, selon la presse sénégalaise, dans une affaire de dessous-de-table de 40 millions de dollars pour l'attribution d'une licence de téléphonie mobile à un groupe soudanais. On ne change pas une équipe qui gagne !

Il n'y a pas que l'ambassadeur de France qui subit les foudres de WADE. L'ambassadrice des Etats-Unis a, elle aussi, eu droit à une violente diatribe présidentielle. Elle avait osé affirmer que "La corruption, voire même la perception de la corruption, ainsi que les politiques exécutées de façon inefficace, peuvent facilement ruiner les efforts de développement, détourner les fonds des services de santé, d'éducation et d'autres services vitaux de la communauté, portant préjudice à ceux qui en ont le plus besoin".

Le vieux président, que son opposition appelle méchamment "le sénégâteux", s'est emporté : il n'y a que les Etats-Unis pour ternir l'image du Sénégal. L'Europe, la Chine, l'Arabie saoudite aident le pays sans jamais parler de corruption.

Pourtant, SARKOZY a pris ses distances avec ce personnage encombrant : au sommet France-Afrique de Nice, WADE a été isolé par les autres chefs d'Etat africains, lui qui se vante d'avoir contribué à la libération de la Française Clotilde REISS, détenue en Iran.

Pour la France, le Sénégal n'est pas seulement l'un des principaux bénéficiaires de l'aide au développement pour quelques dizaines de milliards. Dakar est aussi un enjeu stratégique en Afrique. Paris a accepté symboliquement de restituer au Sénégal les bases militaires françaises. Mais la France veut garder 300 hommes et obtenir des facilités logistiques.

On souhaite bien du plaisir au nouvel ambassadeur de France, Nicolas NORMAND qui devra apprendre à danser le tango à Dakar sans marcher sur les pieds du président WADE.

Ancien ambassadeur de France au Congo Brazzaville, Nicolas NORMAND est rompu à toutes les combines de la Francafrique

A Brazzaville, Nicolas NORMAND a appris à avaler des couleuvres sans jamais broncher. La plus grosse étant l'assassinat devant ses yeux le 21 janvier 2009 du franco-congolais Bruno OSSEBI alors qu'il s'apprêtait à le faire évacué en France suite à l'incendie criminel de sa maison ; incendie dans lequel avait périt madame OSSEBI et ses deux filles.


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15:31 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, France, Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afrique, france, françafrique, marc schindler, dakar, sénégal, jean-christophe rufin | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

samedi, 17 avril 2010

INSTABILITE POLITIQUE ET CREATION MONETAIRE

 

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La théorie de la croissance endogène nous enseigne que la croissance ne dépend pas que des seuls comportements des agents et des variables macroéconomiques. En clair, il existe plusieurs facteurs pouvant faire apparaître des externalités positives et par conséquent être source de croissance pour la collectivité. Au nombre de ces facteurs, on cite l’investissement en capital physique, l’investissement en capital public, l’investissement en capital humain, l’apprentissage par la pratique, la division du travail, la recherche et innovations technologiques.

La monnaie, nous avons démontré tout au long de nos écrits qu’elle est au centre du système productif, elle joue le rôle que joue le sang dans le corps humain. Le système monétaire est donc « le système sanguin » de l’économie d’un pays.

Dans une interview accordée à trois journaux français (Rfi, Le Monde et Tv5), le samedi 3 Avril 2010 au cours d’un débat radiotélévisé,  le chef de l’Etat du Sénégal a exprimé son exaspération vis-à-vis du franc CFA, cette monnaie coloniale. Il l’a dit en ces termes « Nous sommes un certain nombre d’africains à être déçus de l’évolution de notre projet continental. Nous réfléchissons à la possibilité de revenir à un projet régional avec sa propre monnaie. Les autorités françaises le savent ».

Le président Wade a dit officiellement ce que nous disions depuis, c’est-à-dire que  «Si nous récupérons notre pouvoir monétaire, nous allons gérer mieux».

Sans nous tromper, nous pouvons dire que le franc CFA est déjà derrière nous et qu’il faut maintenant matérialiser sa disparition en établissant son certificat de décès.   Avec la volonté politique des gouvernants des pays africains de la zone franc (PAZF), l’esclavage monétaire prendra fin dans un court terme. Mais les pays africains doivent savoir certaines vérités en matière d’économie monétaire de production. Cette dernière  pouvant être définie comme une économie dans laquelle la monnaie est créée à l’occasion de prêts octroyés par les banques aux entreprises pour le financement des frais de production.

Si bientôt, les pays africains  de la zone franc accéderont à la souveraineté monétaire, alors il faudra qu’ils s’habituent aux rouages de la monnaie car il est trop facile et surtout oiseux de disserter sur la monnaie, alors que les africains ne savent même pas son modus operandi. 

Les faits économiques qui plaident en faveur d’une telle présentation sont légions : les contrevérités de certains analystes de la monnaie et l’inculture monétaire des populations de la zone franc, puisqu’on entend, le plus souvent les questions du genre «qui garantira notre monnaie sans la tutelle française?».

La référence obsessionnelle à cette crainte montre bien qu’on connait mal les mécanismes de la création monétaire et ses non-dits. Ainsi donc, l’ambition de notre présente réflexion est double : d’une part, revenir sur les vraies raisons de la création monétaire et montrer que l’un des « péchés » des pays africains, « l’instabilité politique », décourage  la création monétaire.

Plutôt que de nous livrer à un exercice purement théorique, nous essayer d’illustrer notre point de vue à partir de ce mal qui mine l’Afrique, c’est-à-dire, le désordre politico-social.

D’abord, il nous faudra essayer de dire ce qu’est la monnaie. Faisant suite à cette tentative de définition de la monnaie, il sera ensuite aisé de faire le lien entre la création monétaire et le développement.

Avec toutes ces connaissances, nous verrons que l’instabilité politique nuit à l’économie monétaire de production.

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La monnaie et ses multiples définitions

La définition exacte de la monnaie est une œuvre gigantesque, prétentieuse, qui débouche sans doute sur une réponse balbutiante. C’est la raison pour laquelle, il existe autant de définition de la monnaie que de courants de pensée. La monnaie n'est pas simple à définir, car elle comporte plusieurs dimensions. C'est d'abord un bien privé au sens où, comme les autres marchandises, elle fait l'objet d'une offre et d'une demande et que sa détention a un prix, en l'occurrence un coût d'opportunité: elle coûte ce qu'elle ne rapporte pas, à savoir le taux d'intérêt qui rémunère les placements moins liquides  et plus risqués qui auraient pu être faits avec la même somme. Mais la monnaie est aussi un bien public ou collectif, car sa disponibilité, sa circulation et la préservation de sa valeur sont indispensables au bon fonctionnement des échanges. Mais le plus souvent, les économistes ne font que reprendre des distinctions opérées par les philosophes grecs notamment Aristote. Ce dernier donne à la monnaie trois fonctions : celle d’unité de compte, d’instrument d’échange et de réserve de valeur.

 

Cette définition nous dit ce que la monnaie fait tout en restant muette sur ce qu’elle est. Elle est donc incomplète comme définition, donc inacceptable. Selon, les anthropologues, la monnaie est tellement imbriquée dans les relations sociales, pour la réduire à ses fonctions. Elle participe par exemple à la structuration de la société et à ses relations avec les autres groupes : elle permet la création des liens. C’est donc carrément un fait social évident.

 

Les marxistes, eux, estiment qu’elle est nécessaire  à l’échange marchand, puisqu’elle est l’équivalent général et « sert à exposer la valeur réciproque des marchandises ». Cette dernière définition  montre bien que la monnaie participe à la production de plus-value. Et la monnaie ne sera légitime que si elle contribue au bien commun des membres de la société.

 

La monnaie est décidément sacrée. Et pourtant, les crises à répétition au cours de l’histoire récente montre bien qu’il est difficile de concevoir la monnaie en dehors du système monétaire. De ce lien, il peut en résulter une définition qui nous va : celle qui conçoit la monnaie comme une créance à vue sur le système bancaire. C’est un droit de rembourser sur le système bancaire. La monnaie qui est en réalité une créance sur la collectivité, permet à son détenteur du moment, de s’approprier une fraction de la richesse nationale. Il existe donc une relation entre la création monétaire et le développement économique.


La création monétaire et le développement économique

 

Il existe au moins un point qui ne fait pas débat au sein de la tribu des économistes : l’importance de la monnaie dans le processus de développement d’un pays.

 

Un système financier solide est un sésame permettant d’accéder à un monde économique nouveau que la paresse bancaire rendrait incompréhensible. Si le développement économique  a une dimension monétaire alors il  y a là, quelque chose de déroutant pour les africains. Comment les africains arrivent-ils à lier leur sort au colonisateur d’hier alors même que les germes d’un développement autocentré sont présents ?

 

Le premier facteur découle de l’inaccessibilité de la phraséologie monétaire à tous. C’est ce que nous tentons de faire, à la suite des dignes fils comme Tchundjang Pouemi, Mamadou Koulibaly, Agbohou Nicolas et biens d’autres.

 

Le second facteur et non le moindre réside dans le peu de courage de nos hommes politiques à accorder à la monnaie son rôle de moteur du développement.

 

L’activité économique est fondée sur la mobilisation de capitaux qui permettent entre autre le développement de nouvelles activités. Cependant, les agents qui souhaitent engager des capitaux pour financer de nouvelles activités ne disposent pas nécessairement des moyens suffisant pour le faire.

 

La banque est donc cette pourvoyeuse de fonds, cette tour de contrôle qui ratifie les projets des investisseurs. La création et la circulation monétaire sont directement liées au fonctionnement de l'économie : elles sont endogènes  à l'économie. Il y a, en particulier, un lien direct entre l'offre de monnaie des banques et les besoins de financement du secteur productif (les entreprises).

 

La monnaie est un instrument indispensable à l’activité économique puisqu’elle facilite les transactions. La masse monétaire en circulation représente le pouvoir d’achat dont dispose les agents économiques à un moment donné. Il va s’en dire que l’accroissement de la masse monétaire est synonyme de croissance économique puisqu’il permet le financement d’investissements additionnels. Le fonctionnement bancaire est donc essentiel.

 

Dans la conception traditionnelle, la banque se situait par construction sur le chemin  que doit emprunter l’argent dont certains n’ont pas besoin, mais que d’autres réclament. C’est le point primordial qu’on a voulu imposer à notre intelligence, même si les choses étaient en pratique plus compliquées que ça. Les économistes modernes ne répètent plus ce « catéchisme obsolète ». Ils savent que la banque offre des crédits au-delà du montant des ressources qu’on lui confie. L’histoire de faits économiques nous enseigne que les premiers banquiers entendaient ainsi répondre à des besoins  économiques qui s’accroissaient  déjà sensiblement bien avant la phase dite de « décollage  économique ».

 

La banque a un pouvoir que lui donnent les forces vives, celui de la création monétaire. Et la seule et unique contrainte à la production est la contrainte monétaire.

 

Dans une économie monétaire de production, trois sphères économiques sont liées pour le développement.

 

La première dite, productive, est celle où agissent toutes les entreprises qui produisent et vendent les biens et services courants sur le marché. La production des  biens et services occasionne des coûts de production, qui doivent être couverts par les consommateurs, ex-post, mais avant la production, par les banques.

 

La deuxième sphère, est monétaire et financière. Elle comprend les agents qui apportent des ressources nouvelles ou des services monétaires et financiers aux agents de la sphère productive. Les banques commerciales  constituent le cœur de cette deuxième sphère.

 

Enfin, la troisième sphère, est celle des ménages, ceux qui fournissent leur force de travail en contrepartie d’un salaire.

 

Créée par le système bancaire, la monnaie circule entre les agents économiques en fonction de leurs comportements de financement, de placement et de dépense. La circulation de la monnaie dans l'économie est ainsi déterminée par les principales opérations économiques (production, consommation et épargne).

 

Pour que le système bancaire réponde favorablement aux diverses demandes de financement des entrepreneurs, il faudra un environnement politique et social stable, pour bien ancrer les anticipations.


L’instabilité politique et l’économie monétaire de production

 

La présentation habituelle du principe de la demande effective insiste sur les deux dernières fonctions, décision et mise en œuvre de la production, distribution et utilisation du revenu, dépenses et retour à la production, mais la demande effective est en fait la conjonction des anticipations des entrepreneurs et des banques.

 

L’instabilité politique et sociale d’un pays, la fiabilité de son administration (notamment son éventuel indice de corruption), ainsi que l'étendue de la réglementation et son respect (en particulier en ce qui concerne le droit de la propriété intellectuelle), ont une influence sur la décision d’investir et la ratification des projets par les banques.  

 

Il est donc indiscutable que la stabilité politique peut produire de multiples effets sur la croissance économique. Selon certains spécialistes, le déficit institutionnel est une source profonde de l'instabilité de celle-ci. Ce qui est prouvé par les performances économiques de plusieurs Etats du monde. Car les pays moins bien gouvernés sont ceux qui ont obtenu les taux de croissance les plus négatifs. En période d'instabilité politique, les activités économiques se déroulent au ralenti. En conséquence, le produit intérieur brut (PIB) décroît, ce qui réduit le niveau de bien être de la collectivité. Il est nécessaire de rendre solides les institutions politiques pour le bénéfice d'une meilleure stabilité politique. Ce qui va favoriser le déroulement des activités économiques, via l'accroissement de l'investissement qui, à son tour, va entretenir la croissance économique. L’Afrique doit s’y atteler.


Les pays africains doivent créer un climat favorable à l’investissement

 

Commençons par définir le climat de l’investissement afin de mieux lutter contre le peu d’enthousiasme à investir dans nos pays. Le climat de l’investissement est l’ensemble des facteurs propres à la localisation de l’entreprise, qui influent sur les opportunités de marché ou le désir des entreprises d’investir à des fins productives, de créer des emplois et de développer leurs activités. Les politiques et le comportement des pouvoirs publics ont une influence très importante en raison de l’incidence qu’ils ont sur les coûts, les risques et les obstacles à la concurrence.

 

Dans une ère où la notion de stabilité politique rime avec des garanties d’investissements et coopération au niveau international, et vu les besoins économiques et sociaux du continent, cette notion de stabilité se doit d’être longuement réfléchie. En matière d'environnement des affaires (corruption, insécurité juridique et judiciaire, harcèlement fiscal...), plusieurs réformes sont en cours dans le cadre des programmes nationaux de Gouvernance sur le continent. Pour mieux assurer le développement économique, les pays africains dans leur quasi-totalité, ont mis en place des dispositifs d’incitation à l’investissement. Il s’en est suivi une forme de concurrence entre pays, relevant souvent du même espace économique, ce qui a créé dans certains cas des distorsions dans l’application des législations communautaires ou l’ineffectivité de ces dispositions, soit par le code général des impôts, soit par des textes spécifiques (code des investissements, code minier, code pétrolier, code forestier, conventions internationales, loi d’orientation fiscale…). Mais l’investissement tarde à s’emballer en raison des résultats qui sont  loin d’être satisfaisants.

 

La défaillance de la gouvernance démocratique n’est guère démontrer. En dépit des énormes points positifs, les coups d’état sont devenus sur le continent, la règle pour accéder au pouvoir et les urnes, une exception.

 

Il est aujourd’hui démontré que la qualité des politiques d’investissement influe directement sur les décisions de tous les investisseurs, petits ou grands, nationaux ou étrangers. Il est donc temps que les pays africains s’engagent résolument, à l’instar d'autres pays émergents, dans un processus de définition et de conduite d’une politique visant à créer des conditions favorables à l’investissement pour une croissance, à la fois forte et pérenne.

 

Si l’acte d’investir doit être un levier stratégique de la croissance socio-économique du pays alors la transparence, la protection de la propriété et la non-discrimination sont les principes fondateurs de la politique d’investissement. Notre continent doit compter sur lui-même pour son développement en accordant une place prépondérante à la dimension monétaire. C’est ce que nous avons tenté de montrer tout au long de cet article. Cependant, aucune économie ne peut se développer sans une stabilité : telle est la moralité de notre contribution car le développement économique et social est lié à la pacification et l’atténuation des conflits.  La paix est une variable que les économistes intègrent aujourd’hui dans leur modèle de telle sorte qu’on ne peut la mépriser. Certains pays d’Afrique subsaharienne (Bénin, Sénégal, Mali) se sont dotés d’un système démocratique progressif où l’on observe l’état de droit, le multipartisme, l’alternance électorale, la progression des libertés civiles, de même que la consolidation des sociétés civiles. Ces pays doivent servir d’exemple aux autres.

 

Parce que nous ne sommes pas de ceux qui frappés du découragement intellectuel et politique, désespèrent de l’Afrique, nous devons aller de l’avant sans jamais nous renier, Dieu nous aidera certainement dans cette œuvre de « conversion des esprits ».

 

Dieu bénisse l’Afrique !

  

Dr Séraphin PRAO


Président de l’ATAM

Spécialiste de la zone franc 

www.mlan.fr

http://atamsouv.e-monsite.com/ 

contact@mlan.fr

atamsouv@yahoo.fr

lundi, 20 juillet 2009

L'EPOUSE FRUSTREE DIFFUSE SUR LE NET LES PHOTOS NUES DE LA MAITRESSE DE SON EPOUX

 

sénégalaise.jpgQuelle est donc cette affreuse manie de se faire prendre en photo ou filmer pendant les ébats sexuels, qui s'est emparée de nos soeurs africaines? Encore un scandale du genre mais, cette fois, dans le pays frère du Sénégal.


Source: senegalonline

Soupçonnée d’être la maîtresse de son mari, l’épouse frustrée diffuse sur le net les photos nues de sa rivale.
Depuis quelques temps, certaines personnes ont reçu dans leurs boîtes e-mails, des photos d’une femme photographiée en tenue d’Eve. Les photos incriminées seraient envoyées par une femme qui se venge de la maîtresse de son époux infidèle. Elle aurait pris les photos à partir du téléphone portable de son mari.


« La vengeance est un plat qui se mange froid », a-t-on l’habitude de dire. Cet adage vient de se vérifier avec la diffusion par email des photos d’une femme nue, accusée d’être la « maîtresse de l’époux d’une de ses connaissances ». La femme trompée et meurtrie dans sa chaire n’a trouvé d’autres moyens de se venger que de prendre les photos de la femme « voleuse de mari » que son époux avait photographiée et qu'il a gardées dans son téléphone cellulaire, pour les diffuser dans le net via les adresses électroniques.

L’affaire n’a pas encore fait grands bruits, mais elle risque d’avoir des conséquences dramatiques sur la vie des mis en cause surtout que les photos continuent de circuler dans la toile. L’on s’attend d’ailleurs à des répercussions sur le plan professionnel, si l’on sait que la femme photographiée en tenue d’Eve serait cadre dans une très compagnie d’assurance et est d’une grande beauté qui lui a toujours conféré un grand respect.

Selon les indiscrétions, tout est parti d’un appel téléphonique que le mari a reçu alors qu’il était dans son bain, laissant sur sa table de chevet, son téléphone portable. S’approchant du téléphone pour identifier l’appelant et informer son mari à son retour, elle voit affiché le nom d’une femme. Son sang n’a fait qu’un tour; elle vient d’être éclairée sur les supposées rumeurs qui faisaient état de la relation adultérine de son mari avec la fille qui est, par ailleurs, une de ses connaissances . Elle va pousser plus loin sa curiosité en fouillant dans la messagerie et les photos de son mari.

sénégalaise 2.jpgElle a failli tomber à la renverse en voyant la fille toute en exhibition, étalant gracieusement sa beauté sur 4 belles photos. En effet, elle est prise sur 4 positions différentes, les plus osées, toute nue. Dans la première, elle est montrée nue, debout. Dans la deuxième, elle est étalée, montrant ses fesses et jambes bien galbées. Dans la troisième, elle est debout, ouvrant les bras dans sa totale nudité, les yeux, fixant l’objectif de l’appareil qui l’immortalise. La dernière photo est sans doute la plus excentrique, la plus osée. La jeune fille, est montée sur un tambour, un djembé, dans une belle nudité, ouvrant ses jambes. Elle est prise en plongée, ce qui donne une vue très large de son corps,

A en croire nos sources, depuis l’éclatement de l’affaire, c’est le silence radio, aussi bien du côté de la femme que du côté des deux époux. Dans tous les cas, les conséquences seront très graves!

19:07 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (164) | Tags : sénégal, photos nues de la maîtresse, senegalonline | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 07 mai 2009

SENEGAL : KARIM WADE, SUPER-MINISTRE PAR LA VOLONTE DE SON PERE

 

 Karim Wade, super-ministre par la volonté de son père

 

 

 

 

 

 

 Abdoulaye Wade récuse les allégations selon lesquelles il prépare son fils à lui succéder à la tête du Sénégal. Seulement, Karim a hérité vendredi d'un ministère très important après le remaniement du gouvernement. Le même Karim que le peuple avait désavoué lors des élections locales...

Le président sénégalais Abdoulaye Wade, 82 ans, qui se défend de promouvoir son fils Karim pour lui succéder, a relancé les spéculations et controverses en lui confiant un ministère de premier plan, incluant la Coopération et les Infrastructures.

A 40 ans, Karim Wade est devenu vendredi  « le premier fils d'un président de la République à faire partie d'un gouvernement au Sénégal », souligne samedi le quotidien pro-gouvernemental Le Soleil, tandis que le journal privé L'As ironise: « Le Gabon a son Ali Bongo (fils du président et ministre de la Défense, ndlr), le Sénégal son Karim Wade ».

Entrant dans l'équipe formée par le nouveau Premier ministre Souleymane Ndéné Ndiaye, Karim Wade est devenu d'emblée « ministre d'Etat, ministre de la Coopération internationale, de l'Aménagement du territoire, des Transports aériens et des Infrastructures ». Un poste stratégique puisqu'il sera chargé de mettre en oeuvre les grands chantiers et de solliciter l'aide de partenaires étrangers.

NOMINATION  « INDÉCENTE »

« On a l'impression que le président lui a dit 'qu'est-ce qui t'intéresse, mon fils?' et qu'il a ensuite accolé les choses les unes après les autres », a protesté le secrétaire national aux élections du Parti socialiste (PS), Serigne Mbaye Thiam. « En principe, dans une République, la décence commande qu'on ne prenne pas son propre fils dans son gouvernement », a fortiori quand il vient de perdre une élection, a-t-il ajouté.

Métis de mère française, Karim Wade a fait ses études à Paris. Analyste financier de profession, il est réputé très libéral et plus particulièrement proche des investisseurs du Moyen-Orient.

Elu en 2000, le président Wade avait dès 2001 placé son fils à son côté comme conseiller.

Il lui avait ensuite confié la présidence du conseil de surveillance de l'Anoci, agence nationale chargée de préparer l'organisation de la conférence islamique qui a eu lieu l'an dernier à Dakar.

La polémique a enflé sur les retards et les dépassements de budget des travaux engagés, et l'opposition a maintes fois réclamé un audit de cette agence brassant beaucoup d'argent. Mais Karim Wade est à présent décrit par Le Soleil comme l'homme qui « a à son actif la construction d'importantes infrastructures routières et aéroportuaires ».

LA  CLAQUE  DES  ÉLECTIONS  LOCALES :

Durant la campagne pour les municipales à Dakar, en mars, il était présenté, à l'image de son père, comme « Un bâtisseur ».

Mais le débat sur une éventuelle « succession monarchique père-fils » en 2012 bouillonnait déjà, le malaise social était profond, et l'opposition a finalement remporté une victoire sans appel dans la capitale.

Battu dans son propre bureau électoral, Karim Wade est devenu un simple conseiller municipal d'opposition.

« Le président voulait conquérir le pouvoir pour son fils à partir de Dakar. Maintenant, il le fait à partir du gouvernement », juge le porte-parole de l'Alliance pour la République (APR), parti d'opposition de l'ex-Premier ministre Macky Sall. « Alors que les Sénégalais voulaient un gouvernement qui prenne en charge les souffrances sociales, le président forme un gouvernement de reconquête du pouvoir », accuse encore Seydou Guèye, interrogé par l'AFP.

Le Parti démocratique sénégalais (PDS) au pouvoir appelle lui à « raison garder » et  « à juger Karim Wade sur ses résultats ».

Pour Le Quotidien, « voir à l'oeuvre un homme si contesté, si mystérieux, mais qui s'est incrusté au coeur de l'Etat depuis une dizaine d'années, permettra peut-être d'en mesurer les vraies capacités ».

Source : AFP

15:04 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Sénégal | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : abdoulaye wade, karim wade, sénégal | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mercredi, 11 juin 2008

LA RESSUSCITEE OU LA CONJUGAISON DES TRADITIONS ISLAMIQUES AUX COUTUMES ANCESTRALES AFRICAINES NOIRES

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Abdou Latif Coulibaly, l’enfant terrible des lettres sénégalaises atterrit dans la fiction.  La ressuscitée,  publiée chez l’Harmattan en 2007, est son premier roman, sa première incursion dans ce genre littéraire. Journaliste d’investigation de renom, Abdou Latif Coulibaly ne met pas de gants pour dénoncer les dérives de sa société. Ses différentes publications éditées chez l’Harmattan (1), ont déjà fait trembler le monde politique sénégalais. A titre d’illustration, la parution d’un de ses ouvrages avait provoqué un remaniement ministériel au Sénégal (2).
Dans  ce premier roman de fiction, il s’attaque à l’épineux problème des mutilations sexuelles des femmes en Afrique où l’hypocrisie des leaders politiques soi-disant modernes encourage des pratiques inhumaines et dégradantes appartenant à un autre âge.
 
Commençons une petite promenade dans l’univers ténébreux raconté par Abdou Latif : à la suite d’une morsure de serpent rouge, contrairement à la tradition, Diakher est amenée dans un dispensaire par sa  famille. L’accident s’est passé dans son village Wohna et les sages préconisaient sa mise en quarantaine afin qu’elle succombe à sa blessure. Mais le centre médical est dépourvu de tout. C’est l’inconcevable. C’est ce qui explique la présence des  « maladies dites orphelines : la malaria, la tuberculose, la malnutrition qui déciment plus les populations africaines. Ces maladies ne sont  parfois que des sources d’enrichissement facile, des créneaux d’accaparement des ressources de l’Etat et de celles des bailleurs de fonds bilatéraux ou multilatéraux ». Page 22.
 
C’est grâce à un groupe de touristes européens en visite dans la région que Diakher recevra un premier traitement.  Ces touristes avaient quelques sérums dans leurs bagages à titre préventif. On peut se demander pourquoi, la société a refusé de traiter Diakher? La plupart des gens pensent comme Wanini, l’oncle du  mari de Sira, l’héroïne du roman et la copine de Diakher : « la science des hommes ne peut en aucune façon  triompher de la puissance des esprits. »
 
Dans la première partie de La ressuscitée  le narrateur donne  la parole au jeune médecin du centre médical du village où a été admise  Diakher Celui-ci dénonce l’incohérence de la politique sanitaire, l’absence d’une vraie politique de santé publique, en l’occurrence, le manque criant de médicaments et le délabrement complet des infrastructures d’accueil : «Le centre médical ne dispose pas de sérum, le produit vital dont dépend la survie de la femme. Personne ne peut dans l’immédiat en informer la famille… La rupture de stocks a été signalée depuis deux mois. Les autorités compétentes n’ont jamais réagi. Les crédits destinés à l’achat de certains médicaments sont épuisés. Depuis fort longtemps.» Page 7
 
            Par manque de soins,  Diakher. meurt des suites de la morsure du serpent rouge. Dans cette contrée, lorsque le serpent rouge mord une personne, c’est un mauvais signe, une manifestation de la colère des dieux  et des ancêtres : Le serpent rouge n’est pas un reptile ordinaire. Il est la réincarnation des ancêtres. Ceux –ci parlent à travers lui. Il l’envoie délivrer un message aux vivants. La morsure de ce reptile indique, en effet aux vivants les exigences et désirs des morts. Page 8- 9.
 
Par ailleurs, ce roman touche du doigt la problématique de la conjugaison des traditions islamiques aux coutumes ancestrales africaines noires. On le voit à travers les obsèques de Diakher, son histoire familiale et son environnement dans son luxuriant village natal.
 
Qui était Diakher ? Femme généreuse, mère de quatre enfants, Diakher était une militante pour le triomphe des droits de la femme. Tout comme Yandé, la monitrice de la localité, et Sira, une amie de Diakher Mais ce sont surtout Diakher et son amie Yandé  qui vont s’engager dans la campagne de sensibilisation contre les mutilations génitales féminines. Régulièrement, elles aident les victimes de ces pratiques à recourir aux progrès de la science et de la médecine moderne pour retrouver leur identité perdue, sacrifiée. Finalement, ce combat trouve des échos favorables au sein de la population. C’est ainsi qu’elles seront invitées à une conférence internationale sur le sujet. Malheureusement, Diakher ne pourra pas y prendre part. C’est là que Yandé apprendra la mort de sa co-combattante. Sur les conseils de Yandé et de Diakher., Sira s’est décidée à se faire opérer en vue de la réparation de son organe génital mutilé. La mort empêchera Diakher  de voir les résultats de son combat. Mais la guérison de Sira influencera son mari à s’engager à son tour dans ce combat. La peur des esprits ne l’a pas définitivement quitté, et il prend conseil auprès de son oncle Wanini au sujet de la nouvelle situation de sa femme.
A l’instar de ses précédents livres, on retrouve dans La ressuscitée les qualités d’écriture, la fermeté des idées, la générosité de l’engagement et la passion des combats propres à Abdou Latif Coulibaly.
 
Note de lecture de La ressuscitée de Abdou Latif Coulibaly
Publié aux Editions l’Harmattan .2007.

Maurice Mouta W. GLIGLI
Bruxelles, le 09 juin 2008.

 
1) - LOTERIE NATIONALE SÉNÉGALAISE. Chronique d'un pillage organisé
Lettre au président de la Commission nationale de lutte contre la corruption. Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Septembre 2007.
- SÉNÉGAL AFFAIRE ME SÈYE : UN MEURTRE SUR COMMANDE. Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Janvier 2006. 
- LE SENEGAL A L'EPREUVE DE LA DEMOCRATIE
Enquête sur 50 ans de lutte et de complots au sein de l'élite socialiste Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Novembre 1999 .
2) UNE DÉMOCRATIE PRISE EN OTAGE PAR SES ÉLITES
Essai politique sur la pratique de la démocratie au Sénégal. Abdou Latif Coulibaly Editions l’Harmattan Novembre 2006 .

16:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Livre, Sénégal | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |