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mardi, 08 novembre 2016

THEOPHILE KOUAMOUO: LE REFERENDUM CONSTITUTIONNEL DE OUATTARA, UN PENIBLE SIMULACRE

 

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En juin prochain, j'aurai 40 ans. Et mon diplôme de journalisme aura 18 ans. L'âge de la "majorité". En m'efforçant de prendre un peu de recul, je suis taraudé par une angoissante question : "ai-je mal choisi mon métier, ou du moins ma spécialisation ?"

Il y a des jours comme ça, où j'ai l'impression que pour faire carrière dans le journalisme spécialisé sur l'Afrique, il faut posséder ou acquérir des talents que je n'ai pas. Des talents de faux monnayeur, disons. Pourquoi ? Il faut pouvoir présenter sous les traits d'une réalité objective et digne d'être racontée ce qui n'est qu'un pénible simulacre.

Et sans rire, s'il vous plaît.

Prenons le cas du référendum constitutionnel qui vient de se dérouler en Côte d'Ivoire. Voici ce qu'il est de bon ton d'en dire si l'on veut être un journaliste raisonnable, recommandable et propre sur lui, lors d'un plateau d'éditorialistes par exemple.

- Cette nouvelle Constitution marque la fin de l'ivoirité, mais il aurait fallu mieux l'expliquer au peuple.

- 42,42% de taux de participation, c'est bas et c'est dommage. Certes, ce type de scrutin n'est en général pas très populaire, surtout dans des pays aux forts taux d'analphabétisme. En plus, dans ce cas, la campagne a été très courte.

- Un nouveau contrat social est en place. Et de nouveaux équilibres avec les législatives qui viendront.

- Il faut tout de même noter que la nouvelle Constitution insiste sur la protection de l'environnement, et le fait qu'elle soit adoptée juste avant la COP 22 est un bel hasard.

- Bla. Bla. Bla.

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Ce qui prouve que je ne suis pas assez formaté pour ce métier sur ce terrain particulier est que la chose que je considère comme la plus importante de toutes quand il s'agit d'analyser ce scrutin, c'est le taux de participation délirant de départements comme Séguélon (99,50%), Samatiguila (96,54%), Gléléban (96,45%) ou Kani (98,10%). Pour une raison simple. Les listes électorales qui ont servi de base pour ce scrutin datent de 2009.

Sachant que l'Institut national de statistique (INS) affirme très officiellement que le taux brut de mortalité en Côte d'Ivoire est de 10 pour 1000, donc de 1%, donc d'au moins 7% sur la période qui nous concerne, on peut tenir pour certain que soit les morts ont voté, soit les bêtes sauvages ont voté, soit il y a eu une fraude électorale tellement sûre de son impunité qu'elle ne prend plus la peine de se cacher.

Dans n'importe quelle démocratie normale, ces taux de participation qui relèvent de LA PREUVE ABSOLUE seraient au centre des débats, à l'intérieur comme à l'international. Si demain les morts votaient lors du scrutin américain en cours, le monde entier ne parlerait que de cela. Mais en Afrique, cela n'a d'importance que s'il s'agit d'un régime "mal vu" par la "communauté internationale", et qu'on veut "se faire". Ce type de comportements, s'il vient de nos "copains", ne doit faire l'objet d'aucun commentaire.

Et pourtant : ce défi lancé aux lois mathématiques par la Commission électorale qui a organisé l'élection présidentielle contestée de 2010 au bout de laquelle au moins 3000 personnes sont mortes et le président sortant a été conduit à la Cour pénale internationale devrait forcer tout le monde à s'interroger et à revisiter douloureusement certaines certitudes.

Et pourtant. Insister sur un tel sujet n'est pas raisonnable, et vous sort du cercle des journalistes convenables. Une telle insistance fait de vous un "journaliste militant", voire un "militant écrivant", voire un "pro-quelque chose de pas recommandable". Tiens, "un pro-Gbagbo".

J'aurais dû, après l'école de journalisme, me spécialiser sur les pays d'Europe du nord. L'attachement à la vérité m'y semble moins dangereux.

 

Source: PAGE FACEBOOK THEOPHILE KOUAMOUO

mardi, 01 novembre 2016

COMMUNIQUE DU FRONT DU REFUS RELATIF AUX RESULTATS DU REFERENDUM

 

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Le tournant historique de la vie politique dans notre pays est que le dimanche 30 octobre 2016, le peuple de Côte d’Ivoire a rejeté, à 95%, le projet d’une nouvelle constitution de monsieur Alassane Ouattara.

Malgré cela, depuis le 31 octobre, le peuple de Côte d’Ivoire constate que des résultats fantaisistes sont publiés par la commission centrale de la Cei.

Le Front du refus, dont certains membres ont des représentants à la Cei, est informé que de nombreux commissaires supervisant le référendum dans des régions du pays n’ont pas encore fait valider leurs résultats par la commission centrale de la Cei.

Le Front du Refus constate que dans beaucoup de localités, les résultats sont en train de faire l’objet de falsifications grossières, qui visent à gonfler le taux de participation, en violation des dispositions légales et réglementaires en vigueur.

Le Front du Refus déclare dès lors que les résultats actuellement publiés par la Cei, en flagrante violation des procédures légales et réglementaires en vigueur, sont frappés de nullité absolue.

Les partis membres du Front du Refus, refusant de se faire complices des tripatouillages auxquels monsieur Ouattara tente de contraindre la Cei, par des pressions et des menaces inacceptables, invitent les représentants de l’opposition à se retirer de la Cei.

Le Front du Refus invite aussi instamment les représentants de la société civile et des confessions religieuses à se mettre du côté du peuple et à se retirer de la Cei.

Le Front du Refus, en raison de tout le mal que monsieur Ouattara a déjà fait à la Côte d’Ivoire, ne peut accepter cette énième forfaiture qui consiste à imposer sa constitution à notre pays par un passage en force.

Par le vote référendaire du dimanche 30 octobre, qui s’est soldé par moins de 5% de taux de participation, le peuple de Côte d’Ivoire a rejeté définitivement et sans équivoque monsieur Ouattara, qui avait tenté de se faire plébisciter à travers ce référendum.

ll est de ce fait devenu évident que monsieur Ouattara a perdu toute légitimité à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire.

En conséquence, le Front du Refus demande au peuple de rester vigilant et mobilisé pour faire barrage à cette imposture, dès l’annonce des résultats truqués que la Cei s’apprête à publier.

LE POUVOIR AU PEUPLE!

 

Fait à Abidjan, le 1er novembre 2016.

 

Pour le Front du Refus

La Porte-parole, Danièle Boni Claverie.

 

Source: LIDER-CI.ORG

lundi, 31 octobre 2016

DESERT ELECTORAL AGGRAVE AU REFERENDUM: SEULEMENT 3 A 5% DE TAUX DE PARTICIPATION

 

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Front du Refus et Coalition du Non

 

Déclaration relative au Référendum du dimanche 30 octobre 2016 en Côte d’Ivoire
 


Le Président Alassane Ouattara recevant les partis politiques de l’opposition, le 7 juin 2016 à la Présidence de la République, a lancé un processus d’élaboration d’une nouvelle Constitution destinée à faire rentrer le Pays dans la 3ème République. Le 30 juin dernier, réunis au sein du Collectif de l’Opposition Démocratique (CODE), 23 partis politiques de l’opposition avaient manifesté publiquement leur refus de cautionner la démarche solitaire et antidémocratique du président de la république. Ce collectif a évolué et a donné naissance à la Coalition du NON, tout en gardant les mêmes objectifs.

Au début du mois d’octobre, des partis politiques et des personnalités exprimant les mêmes réticences et la même défiance vis-à-vis du projet de la nouvelle Constitution proposée par le Président de la République, ont créé le Front du Refus. Les deux groupements politiques, ayant le même objectif, ont décidé de mutualiser leurs forces et ont, par divers canaux, adressé au régime Ouattara une demande insistante et argumentée pour le retrait pur et simple de ce projet. Face à l’entêtement de monsieur Ouattara et au mépris qu’il a affiché vis-à-vis des acteurs politiques, ces groupements ont engagé une série d’actions d’information, de sensibilisation et de mobilisation pour appeler le Peuple à vigilance et à prendre toutes les mesures pour faire échec à la forfaiture constitutionnelle en préparation.

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C’est dans ce cadre que, malgré mille et une tracasseries du pouvoir Ouattara destinée à empêcher la libre expression de la volonté du Peuple, les populations, déterminées à ne pas se voir voler leurs suffrages, sont sorties en masse sur toute l’étendue du territoire à l’occasion des meetings et marches organisés par l’opposition réunie au sein de ces deux groupements. Malgré ces signaux on ne peut plus clairs, qui traduisent le refus des Ivoiriens d’accepter le travestissement de leurs aspirations fondamentales et le rejet du coup d’Etat constitutionnel en cours, le pouvoir Ouattara demeuré dans la logique d’un passage en force pour imposer son projet, s’est entêté à appeler le Peuple de Côte d’Ivoire au référendum ce dimanche 30 octobre 2016.

Au moment où les bureaux de vote vont fermer, le constat est le suivant : Il est bon de préciser qu’à travers leurs structures de base, les deux organisations se sont donné les moyens de surveiller le déroulement des opérations de vote de ce référendum. Sur toute l’étendue du territoire, et malgré les tentatives désespérées du Pouvoir de tromper les Ivoiriens, les électeurs ne se sont pas déplacés pour ne pas cautionner la mascarade. Dans de nombreuses localités, pour des raisons diverses, le vote n’a pas eu lieu, selon des estimations concordantes.

En conséquence, le Front du Refus et la Coalition du NON sont en mesure d’affirmer que  le taux de participation oscille entre 3 et 5%. Le peuple s’est clairement exprimé en réaffirmant sa souveraineté, renvoyant ainsi  Monsieur Ouattara à sa copie. Une fois de plus, Monsieur Ouattara vient de subir un échec cuisant et retentissant. C’est le lieu pour nous, Front du Refus et Coalition du NON de saluer le digne Peuple de Côte d’Ivoire, et d’adresser nos vives félicitations à nos militants pour leur détermination et leur engagement.

Le Front du Refus et La Coalition du NON, en ces instants de haute gravité, tiennent à adresser à monsieur Alassane Ouattara une sévère mise en garde contre toute tentative de travestir l’expression de la volonté du Peuple souverain de Côte d’Ivoire.

Le Front du Refus et La Coalition du NON, demandent solennellement à monsieur Alassane Ouattara de tirer toutes les conséquences de cette situation.

LE POUVOIR AU PEUPLE !

Fait à Abidjan, le 30 octobre 2016.

 

Pour la Coalition du Non
et pour le Front du Refus

La ministre Danièle Boni Claverie, Porte-parole.

mercredi, 26 octobre 2016

PEUPLE DE COTE D'IVOIRE: SI LE «OUI» L'EMPORTE, OUATTARA METTRA VOS TERRES SOUS HYPOTHEQUE

 

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Pour éviter que Ouattara ne mette les terres ivoiriennes sous hypothèque comme il l’a fait avec l’immeuble CCIA et les tours A et B, il faut s’opposer à sa Constitution dès le jeudi 20 Octobre 2016.

 

Pour lire la vidéo annexe des vérités et révélations du doyen Abou Cissé, oncle d'Alassane Ouattara, sur la constitution qu'il nous a pondue et le référendum, cliquer:

ICI

 

Selon l’article 12 du projet de constitution de Ouattara, “seuls l’Etat, les collectivités publiques et les personnes physiques ivoiriennes peuvent accéder à la propriété foncière rurale”.

Le danger d’une telle formulation est que c’est justement l’Etat qui devra fixer les règles relatives à la propriété, à la concession et à la transmission des terres du domaine foncier rural. Ce qui veut dire que l’Etat pourra prendre les dispositions pour rendre ces règles tellement floues et exorbitantes seuls lui, les collectivités publiques (un rallongement de l’Etat) et les personnes riches pourront être propriétaires.

On l’a déjà vu avec les privatisations lancées par Ouattara. Tous les marchés ont été cédés à travers un système de gré à gré favorable aux seules pontes du régime qui sont en même temps cessionnaires et repreneurs.

Le cas du Burkina Faso

Ce système flou a été expérimenté par le régime autocrate et compradore de Blaise Compaoré au Burkina Faso. En effet, une enquête parlementaire a porté sur les lotissements effectués de 1995 à 2015 dans les grandes agglomérations urbaines du Burkina notamment dans les deux communes à statut particulier que sont Ouagadougou et Bobo-Dioulasso.

Les résultats de ladite enquête parlementaire rendu public la semaine dernière indique que les collectivités publiques que représentent les mairies ont abusé de leur position pour rrétrocéderles titres fonciers à des pontes du pouvoirs Compaoré.

Le rapport de l’enquête parlementaire révèle notamment que 105.408 parcelles ont été irrégulièrement attribuées ou illégalement occupées. La majeure parties des bbénéficiairesétaient la famille de Blaise Compaoré lui-même et plusieurs de ses proches.

Le rapport souligne expressément la gourmandise dont a fait preuve la famille Compaoré et celle de nombreux proches.

A titre d’exemples, le rapport révèle que SATMO SA de Alizéta Gando Ouedraogo (la belle-mère de François Compaoré) a acquis illégalement 8.000 parcelles de 300m2 chacune de la SONATUR. Dans le même temps, la même Alizéta Gando Ouédraogo permettait à la SOCOGIB qu’elle dirigeait de spoiler les populations de Yagma et de Nioko II de plusieurs milliers de parcelles. Grâce à la SOCOGIB de Alizéta Gando Ouédraogo, l’ex-maire Pascal Ouédraogo détient illégalement 60.000 parcelles à Yagma et 24.690 parcelles à Nioko II.

Que feront les pontes du régime Ouattara des terres expropriées ?

Il faut d’abord rappeler que Ouattara a fait voter en 2012 une loi qui donne 10 ans à tous les ivoiriens pour borner les terres. Or pour plusieurs populations rurales, la propriété foncière est basée sur le droit coutumier. L’habitude de faire borner les terres n’est pas encore entrer dans les mœurs. Ce qui rend très délicate l’affaire. Car cela veut dire que au delà du delais des 10 années, toutes ces terres reviennent à l’Etat. Il a deux possibilités de les mettre en valeur.

L’Etat peut attribuer ces terres à tout Ivoirien qui en fait la demande dans le but de le mettre en valeur. Et puisque c’est l’Etat qui fixe les conditions de cession comme le précise le projet de Constitution, alors bonjour la magouille. Car l’Etat n’a qu’à fixer des prix prohibitifs pour le citoyen normal pour que les seuls acquisiteurs soient les prédateurs du régime. On retrouve un peu la métode burkinabé décrite plus haut.

La deuxième possibilité à craindre, c’est que Ouattara mette sous hypothèque les terres expropriées au bénéfice de multinationales étrangères. L’exemple existe déjà avec la mise sous hypothèque de la Cité Administrative du Plateau.

On sait en effet que dans le cadre de l’emprunt obligataire de l’Etat de Côte d’Ivoire auprès de la Banque islamique de développement (dénommé Sukuk), le régime Ouattara a mis l’immeuble CCIA et les tours A et B sous hypothèque comme garantie.

Quand on sait que le foncier rural continue d’être source de conflits inter-communautaires dont le dernier en date a fait de nombreuse victimes dans le Zanzan, il est à craindre que le pire n’arrive si les populations ne s’opposent pas à la Constitution de Ouattara.

Tanoh

 

Source: EBURNIE NEWS

mardi, 25 octobre 2016

LE POUVOIR AU PEUPLE: MAMADOU KOULIBALY OVATIONNE A YOPOUGON (VIDEO)

 

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Le pouvoir au peuple: Mamadou Koulibaly (Lider) ovationné à Yopougon

 

 

Le président de LIDER a soulevé l'enthousiasme des 12.000 personnes présentes au meeting du Front du refus, avec un réquisitoire sans pitié contre le projet de nouvelle constitution de Ouattara, dont il a exigé le retrait pur et simple.

 

Nathalie YAMB (Communication - Lider)

jeudi, 20 octobre 2016

NE PAS IMPOSER AUX AUTRES CE QUE L’ON REFUSE POUR SOI !

 


 

La constitution ivoirienne n’est pas une serpillière sur laquelle Ouattara et ses commanditaires occidentaux peuvent s’essuyer les pieds en bafouant la souveraineté du peuple et en lui imposant des présidents criminels véritables servants locaux de la prédation occidentale. 13 ans après Marcoussis qui visait déjà à imposer les rebelles au pouvoir avec à leur tête Ouattara, le projet de reforme de l’article 35 de la constitution ivoirienne[1] facilite les reformes constitutionnelles selon le bon vouloir du prince, institue  un vice-président qui remplacerait le président en cas de vacance du pouvoir, supprime la limite d’âge actuellement établie à 75 ans pour briguer un mandat présidentiel,… et on voudrait nous faire croire que ce serait pour raffermir l’unité du peuple, le réconcilier avec lui-même au nom d’une démocratie apaisée. De qui se moque-t-on ?

 
 
 
Pour parachever sa conquête du pouvoir par la force et dans le sang et surtout se maintenir –lui ou l’un de ses proches- à la tête de la Côte d’Ivoire, OUATTARA cherche par tous les moyens à modifier la Constitution. C’est ainsi qu’un projet de Constitution vient d’être adopté par l’Assemblée Nationale ivoirienne monochrome et sera soumis à l’approbation du peuple par voie référendaire le 30 octobre 2016. En supprimant la date limite d’âge des conditions d’éligibilité du Président de la République ivoirienne posée par l’actuel article 35[2], de même qu’en acceptant des candidats dont un des parents au moins pourra être étranger, en facilitant la modification constitutionnelle par un Parlement aux ordres, il est clair que l’objectif visé n’a rien à voir avec une quelconque exigence démocratique, mais bien de se tailler une Constitution sur mesure !

Jugé « ivoiritaire », l’actuel article 35 de la Constitution ivoirienne ne fait pourtant que reprendre ce que de nombreuses constitutions prévoient pour encadrer l’accès à la plus haute fonction d’un Etat.
 

 
 
Ainsi, à force d’entendre que cet article 35 de la Constitution ivoirienne – rappelons qu’elle a été adoptée par voix référendum à plus de 80% des voix en 2000, y compris avec celles du RDR le parti de OUATTARA qui avait appelé à voter pour ce texte- à force d’entendre répéter qu’il serait xénophobe, discriminant, « confligène », on en oublie de constater que les dispositions de cet article existent à l’identique dans de nombreux textes fondamentaux, à commencer par le BURKINA FASO voisin dont M. OUATTARA a été le national pendant de nombreuses années (notamment dans les années 80 lorsqu’il se prévalait de la nationalité de cet Etat pour officier en tant que représentant du FMI[3]).

En vertu des conditions d’éligibilité à la Présidence de la République posées par leurs Constitutions respectives, OUATTARA n’aurait jamais pu être candidat non seulement au BURKINA FASO voisin, le pays de son grand ami COMPAORE qui a trouvé refuge en CÔTE D’IVOIRE et a adopté la nationalité ivoirienne pour échapper aux poursuites judiciaires du pays des hommes intègres de Thomas SANKARA dont il reste le meurtrier présumé en sus du principal bénéficiaire. Au Burkina Faso donc,  OUATTARA n’aurait jamais pu devenir Président dans la mesure où l’article 38 de la Constitution burkinabé pose des conditions tout aussi draconiennes que la Constitution ivoirienne pour devenir Président de la République. Je ne sache pas qu’on ait poussé des cris d’orfraie en accusant le BURKINA FASO d’être un peuple xénophobe… Et pourtant le Président burkinabé doit être « de père et de mère Burkinabè de naissance et né de parents eux-mêmes Burkinabè » [4] pour pouvoir être candidat aux élections présidentielles.
 
  
 
 
Force est de constater que les standards démocratiques de l’Occident varient d’un pays à l’autre selon leurs intérêts du moment. L’article 38 de la Constitution burkinabé avait bien défrayé la chronique quand COMPAORE avait essayé de le modifier pour pouvoir briguer un« troisième » mandat (rappelons qu’il était au pouvoir depuis près de 30 ans à sa chute).
 
La même démonstration pourra se faire avec les ETATS-UNIS[5] qui imposent aux candidats d’être nés américains ce qui aurait exclu d’emblée tout candidat né hors des USA. Sans oublier les conditions très draconiennes de résidence permanente dans le pays dont on convoite la Présidence, soit 15 ans pour les ETATS-UNIS et autres conditions très spartiates qui auraient exclu OUATTARA notamment en vertu de l’exigence de non-participation à des mouvements rebelles contre l’Etat dont on brigue la magistrature suprême[6].
 
 
 
 
OUATTARA aurait-il pu passer entre les mailles du filet quand on se rappelle sa paternité dans la rébellion de 2002 ? Et ce n’est pas nous qui le disons mais bien un de ses fidèles lieutenants Koné ZAKARIA en 2005[7]. Au BURUNDI également, le candidat président doit être de nationalité burundaise de naissance[8].
 

 
 
 
Cette exigence de posséder la nationalité de naissance du pays dont on brigue la présidence se retrouve dans les Constitutions congolaise (Congo Brazzaville)[9], nigérienne[10], portugaise[11], brésilienne[12]. Au GABON[13] comme en CÔTE D’IVOIRE dans l’article 35 sous sa forme actuelle, ne peuvent être candidats à la Présidence que les citoyens gabonais de naissance n’ayant pas exercé de responsabilités politiques ou administratives dans un autre pays, ce qui de fait aurait exclu OUATTARA de la Présidence de ce pays au vu de ses états de service burkinabé.
 

 
 
A l’issue de ce rapide tour du monde des dispositions qui restreignent l’accès aux fonctions présidentielles, il semble difficile de continuer de reprocher aux Ivoiriens ce que la plupart des autres pays prévoient pour eux-mêmes à savoir des limites d’âge, des conditions de nationalité, de résidence,…
 

 
 
A noter ainsi que COMPAORE pourrait bientôt briguer un mandat présidentiel ivoirien si ce n’est qu’il ne remplit pas la condition d’être exclusivement de nationalité ivoirienne, sachant qu’il n’y a plus de limite d’âge dans le projet de constitution ivoirienne… Il suffit que COMPAORE soit déchu et/ou ait renoncé à sa nationalité burkinabé au profit de la nationalité ivoirienne pour remplir la condition d’être « exclusivement » Ivoirien. Le fait de ne pas jouir de la double nationalité est désormais suffisant dans le projet de constitution ivoirienne là où l’actuelle loi fondamentale interdit de se porter candidat à la Présidence celui qui s’est déjà prévalu d’une autre nationalité). A noter là encore que le projet de réforme de la Constitution fait la part belle au couple maudit OUATTARA/COMPAORE dès lors que l’ancienne restriction à la magistrature suprême qui stipulait que ne pouvait être candidat à la magistrature suprême celui qui s’était prévalu d’une autre nationalité a disparu. CQFD !

Ce système permanent d’inversion des victimes et des bourreaux, de maximisation de l’intérêt des nantis au détriment de l’intérêt général par guerres humanitaires, manipulations électorales, rébellions et asservissement aussi bien économique, politique ou encore culturel interposés peut se résumer sous cette formule lapidaire qui fait le buzz sur les réseaux sociaux en ce moment : « si on découvrait du pétrole sur la lune, on irait y installer la démocratie » !
 
 
 
 




[2] Voici l'article 35 de la Constitution ivoirienne du 23 juillet 2000 :
 « Le Président de la République est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Il n'est rééligible qu'une fois. Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante-quinze ans au plus. Il doit être Ivoirien d'origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Il doit n'avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s'être jamais prévalu d'une autre nationalité. Il doit avoir résidé en Côte d'Ivoire de façon continue pendant cinq années précédant la date des élections et avoir totalisé dix ans de présence effective. L'obligation de résidence indiquée au présent Art. ne s'applique pas aux membres des représentations diplomatiques et consulaires, aux personnes désignées par l'État pour occuper un poste ou accomplir une mission à l'étranger, aux fonctionnaires internationaux et aux exilés politiques. Le candidat à la Présidence de la République doit présenter un état complet de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins désignés par le Conseil constitutionnel sur une liste proposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins. Ces trois médecins doivent prêter serment devant le Conseil constitutionnel. Il doit être de bonne moralité et d'une grande probité. Il doit déclarer son patrimoine et en justifier l'origine. »
 
[3] Dans cet article nous reprenons les travaux de l’excellentissime Charles ONANA qui dans son livre Coup d’Etat notamment produit les différents documents qui attestent de la nationalité burkinabé de OUATTARA et du faux certificat de nationalité établi par sa créature épiphanienne en 1999 sur la base d'un extrait d'acte de naissance falsifié avant l’exfiltration dudit petit juge Epiphane ZORO BI BALLO par la FIDH acquise à OUATTARA : http://contrepoids-infos. blogspot.fr/2014/10/le-petit- juge-epiphane-zoro-bi-la.html
 
[4] Article 38 de la Constitution burkinabé : « Tout candidat aux fonctions de Président du Faso doit être Burkinabè de naissance et né de parents eux-mêmes Burkinabè [...], être âgé de trente cinq  ans révolus à la date du dépôt de sa candidature et réunir les conditions requises par la loi. »
 
[5] Selon la Constitution américaine : « Nul ne pourra être éligible à la fonction présidentielle s'il n'est par la naissance citoyen des Etats-Unis ou s'il ne l'est au moment de l'adoption de cette Constitution. Personne ne pourra être éligible à cette fonction s'il n'a trente-cinq ans révolus et résidé quatorze ans aux Etats-Unis. »
 
[6] Il faut également que vous n'ayez jamais participé à une rébellion contre l'État pour être candidat aux élections présidentielles américaines.
 
[7] Extrait d’un discours de Koné ZAKARIA chef rebelle en Dioula (avec traduction en français) qui rappelle le rôle de OUATTARA dans la rébellion dont il n’est autre que le principal commanditaire et bénéficiaire direct :https://www.youtube.com/watch? v=dVeWog4WIKM
 
[8] Au Burundi, l'article 186 du code électoral dispose que le candidat aux fonctions du Président de la République doit :
« Avoir la qualité d'électeur dans les conditions précisées aux articles 4 et 10 du présent code ; Etre de nationalité Burundaise de naissance ; Etre âgé de 35 ans révolus au moment des élections [...] » ;
 
[9] Au Congo Brazzaville : « Nul ne peut être candidat aux fonctions de Président de la République s’il n’est de nationalité congolaise d’origine, ne jouit de ses droits civils et politiques, n’est de bonne moralité ; n’atteste d’une expérience professionnelle de huit (8) ans au moins ; n’est âgé de trente (30) ans révolus ; ne jouit d’un état de bien-être physique et mental dûment constaté par un collège de trois médecins assermentés désignés par la Cour constitutionnelle.»
 
[10] « Sont éligibles à la Présidence de la République, les Nigériens des deux (2) sexes, de nationalité d'origine, âgés de trente-cinq (35) ans au moins au jour du dépôt du dossier, jouissant de leurs droits civils et politiques. Nul n'est éligible à la Présidence de la République s'il ne jouit d'un bon état de santé physique et mental, ainsi que d'une bonne moralité attestée par les services compétents. »
 
[11]L'article 122 dispose que, pour être éligible à la fonction de président, une personne doit être citoyen portugais de naissance et âgé de plus de 35 ans.
 
[12] Selon la Constitution brésilienne, le président doit être né citoyen du Brésil, être âgé d'au moins 35 ans, résider au Brésil, jouir de ses droits électoraux et être membre d'un parti politique.
 
[13]Sont éligibles à la Présidence de la République tous les gabonais des deux sexes jouissant de leurs droits civils et politiques, âgés de quarante (40) ans au moins et résidant au Gabon depuis 12 mois au moins.
Tout gabonais bénéficiant d’une autre nationalité au titre de laquelle il a exercé des responsabilités politiques ou administratives dans un autre pays, ne peut se porter candidat.
Toute personne ayant acquis la nationalité gabonaise ne peut se présenter comme candidat à la Présidence de la République. Seule sa descendance ayant demeuré sans discontinuité au Gabon le peut, à partir de la quatrième génération.

mardi, 11 octobre 2016

NOUVELLE CONSTITUTION: LA COTE D'IVOIRE N'A PAS DE PROPRIETAIRE ET NE DEVRAIT PAS EN AVOIR ?

 

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Débat sur la Constitution - Jean Enoc Bah répond à Docteur Doumbia Major.

 

« A mon avis, et ce, après lecture de plusieurs constitutions dont celle des grandes démocraties, en l'occurrence la France et les USA, aucune constitution n’est écrite pour être inclusive à tous points de vue. Et le point focal de toutes ces constitutions reste les dispositions relatives à l'éligibilité à la magistrature suprême.

Ainsi aux USA, nul, américain ne peut être éligible à la Présidence de la République s'il n'est né sur le sol américain.

Quand je reviens en Afrique, la constitution du Burkina Faso stipule en la même disposition constitutionnelle, que ne peut être candidat à la Présidence du Burkina Faso, que tout citoyen burkinabé, né de père et de mère Burkinabé eux-mêmes Burkinabé d'origine.

Donc textuellement la même formulation que l'article 35 de la constitution ivoirienne. Pourquoi donc mettre en cause forcément la constitution ivoirienne et la traiter le plus souvent de constitution haineuse, qui exclut une partie d'ivoiriens à la course présidentielle alors que toutes les constitutions au monde en font autant ?

Deuxièmement, dans un pays de forte immigration comme la Côte d'Ivoire, où même il n'y a jusque-là pas de politique efficace de contrôle et de suivi de cette immigration, pourquoi des ivoiriens peuvent-ils se plaindre de ce que leur constitution protège exclusivement cette fonction ?

Qui peut-il aujourd'hui me citer deux pays au monde où la nationalité s'acquiert par simple déclaration du pétitionnaire, en dehors de la Côte d'Ivoire de l'après-guerre de conquête ?

Pourquoi au Burkina Faso, seul un burkinabé né de père et de mère eux-mêmes burkinabé d’origine doivent-ils briguer la magistrature suprême alors qu'en Côte d'Ivoire cette disposition doit être mise en cause ? Où alors comme le dirait l'autre, la Côte d'Ivoire n'a pas de propriétaire et elle ne doit pas en avoir ?

Même en Occident, aujourd'hui, la politique de lutte contre l’immigration se corse de jour en jour. Mais en Côte d'Ivoire, malgré le flux incontrôlé d'immigrants, il est quasi impossible à l'Etat de mettre en place une réglementation en la matière. Dans quel pays au monde les citoyens ne sont pas catégorisés en termes de citoyens d'origine et de nationalité ?

Pourquoi des frères ivoiriens veulent-ils jouer à la place des ambassadeurs et autres représentations consulaires en matière de défense de leurs compatriotes ?

Toutes ces questions méritent que des réponses soient données. Mais en attendant, je tiens à souligner que mon parti (le Congrès pour la Renaissance Ivoirienne, CRI, Ndlr) reproche clairement à l'avant-projet de constitution actuelle de consacrer nettement un véritable recul démocratique.

A ce 21ème siècle, abrogé la disposition constitutionnelle relative à la limitation d'âge, ouvrir la possibilité au Président de la République de manipuler le pays et ses institutions, refuser de consacrer une véritable séparation des pouvoirs à travers des institutions fortes, n'est rien d'autre que revenir à la monarchie. C'est un déni de démocratie que nul citoyen de notre temps ne peut accepter (...). »

 

Jean Enoch Bah

 

Source: PAGE FACEBOOK SAINT-CLAVER OULA

lundi, 10 octobre 2016

LA CONSTITUTION IVOIRIENNE DANS TOUS SES ETATS - LES REACTIONS

 

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UN FOURRE-TOUT


L'avant-projet de loi portant Constitution de la République de Côte d'Ivoire est touffu et confus. Élaboré par un comité dit d'experts de dix membres présidé par Pr Ouraga Obou Boniface, il a répondu à des impératifs politiques.

L’État ivoirien aura un Exécutif à trois têtes avec un président tout puissant, un vice-président choisi qui aura une fonction purement "décorative", un premier ministre désigné qui est sous la coupe du chef tout puissant. 

Les conditions d'éligibilité à la tête de l’État de Côte d'Ivoire sont copiées sur celles des associations de ressortissants de village. Le critère de loyauté vis-à-vis de l’État est dissous et plus grave, un vieillard de 90 ans ou plus, peut briguer la magistrature suprême de Côte d'Ivoire. 

Ce texte, qui a voulu, selon Ouraga Obou, s'inspirer des Constitutions d'autres pays, n'est ni moderne ni impersonnel. C'est un fourre-tout avec des arrière-pensées politiques, comprenant des Institutions taillées sur mesure comme le Sénat et une Cour suprême composée d'un Conseil d’État et d'une Cour de cassation. Mon opinion? Ce texte, alors que nous visons l’Émergence, est un retour en arrière.

 

Ferro Bi BAILLY, le 02 Octobre 2016.

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NOUVELLE CONSTITUTION: MON AVIS

 

J'ai lu par-ci, par-là, des points de vue sur cette autre tentative de passage en force de Dramane. 
Quelle attitude face à cette forfaiture? 

Je vois que deux points de vue se dégagent:

-Ceux qui choisissent de voter "NON"
-Ceux qui optent pour un boycott

Voici ce que j'en pense.

VOTER "NON"

Je voudrais faire remarquer que dans un contexte de démocratie et de liberté, cette option -voter "non"- serait dans l'absolu, la bienvenue. Cependant, les adeptes du "NON" sont quasiment persuadés que leurs suffrages seront à tous les coups détournés au profit du "OUI". On connaît cette commission électorale et on sait comment Dramane et son gang sont arrivés au pouvoir. Ils ont probablement tout bouclé tranquillement. Ne pas le reconnaître, c'est faire preuve de cécité politique.

LE BOYCOTT

Dans un contexte tel que nous le vivons, à quoi servirait un boycott? J'entends souvent des gens me dire qu'aller à des élections pipées, c'est légitimer le pouvoir. Et ne pas y aller, qu'est-ce que c'est?

En Côte d'Ivoire, voter n'est pas obligatoire. De fait, le taux de participation n'a absolument aucune incidence sur le résultat d'une élection. Celui qui est élu dans ces conditions est donc de facto légitime et légal, car issu des urnes. Point. Il n'a besoin de personne pour le légitimer. C'est pourquoi dans notre pays, le boycott profite toujours au pouvoir. TOUJOURS! Si vous n'y allez pas, ses militants eux, iront et réaliseront un score tranquille. Cela n'est susceptible d'aucun recours.

Et Dramane est en passe de nous blouser avec ce système toute la durée de son pouvoir en nous maintenant en dehors du système politique. Pour toutes les élections. Pendant qu'il verrouille à l'aise le système au profit des siens. 

Je crois donc que ceux qui légitiment le plus ce pouvoir sont ceux qui choisissent de boycotter dans l'absolu.

QUE FAUT-IL FAIRE ?

Dans un tel contexte, il est clair qu'il faut trouver une solution. L'opposition s'oppose comment quand elle est en dehors du système? Surtout quand elle n'a aucun autre moyen? Ni diplomatique (on sait qui a mis ces gens là), ni militaires. Les petits soubresauts sur le terrain se résumant à quelques petits rassemblements de l'opposition pour se donner bonne conscience.

Il faut donc agir courageusement. Soit l'opposition s'organise, va aux élections ensemble, met en place un système de contrôle efficace sur le terrain pour collecter les résultats (le FPI l'a fait en 2000 contre Guéi) de sorte à bousculer l'adversaire et ainsi avoir le prétexte de mobiliser ses partisans sur le territoire national, soit, elle opte pour un boycott actif. C'est à dire, empêcher par TOUS LES MOYENS, la tenue des élections.

Il n'y a que ces deux éventualités qui peuvent donner un résultat. Le reste n'est que plaisanterie. 
Je rappelle que ceci n'est que mon avis. 

MERCI!

 

Isidore SIROBOIS ALLAH, le 02 Octobre 2016.
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ROGER BANCHI SE PRONONCE

 

J’ai lu le projet de nouvelle Constitution. Je ne suis pas fan de ça du tout. C’est flagrant, à visée personnelle. Ce texte ne résout rien et complique tout. La vaste majorité des têtes pensantes du pays sera contre. Le pouvoir opèrera un passage en force, et personne n’y pourra rien.

En Côte d’Ivoire, ne vous gênez pas, parlez… c’est la seule liberté qui vous demeure, après que vous l’ayez arrachée de justesse: dites tout haut ce que vous pensez!

Dites, car cela ne sert strictement à rien, à part vous soulager.

Le maître du pays y a le droit absolu de faire tout ce qu’il veut, comme il le veut, quand il le veut, sans votre consentement, ni participation. Vous êtes encore là pour la décoration, dans ce qui fût votre pays.

Maintenant, c’est son pays pour lui tout seul, et les quelques élus choisis pour l’accompagner.

Que voulez-vous faire contre sa puissance ? Rien !

Regardez-le seulement faire ses choses… il n’a pas besoin de vous. Ils vont régler ça ensemble dans leur petit groupe.

Comportez-vous en éléments de décoration, car c’est ce qui est attendu de vous.

Celui parmi vous, le peuple, qui estime que sa position d’élément de décoration lui rapporte quelque chose…Je suis le premier à l’encourager à se constituer partie prenante de cette affaire.

Personnellement, je ne me sens pas faire partie de leur république, donc les affaires de leur république ne me concernent pas.

Je ne peux aussi rien faire pour protester, à part m’exprimer. Ils ont la force brutale et n’hésitent pas à l’employer. Et personne ne veut lever le doigt pour nous défendre…donc on va parler…et ils vont continuer à faire ce qu’ils veulent du pays qu’ils ont conquis…avec ma participation, malheureusement.

Dieu est Grand !

 

Roger BANCHI, Ancien ministre, le 03 octobre 2016.
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EN VERITE - CONSTITUTION… RECENTRONS LE DEBAT

 

Ouattara et Bédié, dans ce qui apparaît comme un deal parfait, veulent changer la constitution de la Côte d’ivoire. Le premier a des contentieux personnels à vider avec la constitution de 2000. Si en 2000 Guéi Robert et les ivoiriens avaient remporté la bataille référendaire entre le  « et » et le « ou  », Ouattara tient désormais sa revanche en imposant le « ou » après avoir « pacifié les esprits ». L’ancien article 35 est désormais vidé de toute sa substance.Il n’est plus nécessaire pour le candidat à la magistrature suprême d’être ivoirien d’origine. Ouattara veut également  caser une armée de suiveurs qui lui ont dressé l’échafaud pour accéder par la force au pouvoir. Aussi, en plus du conseil économique et social il lui faut un Sénat. Sans plus. Bédié, quant à lui, par tous les artifices, les compromis et surtout les compromissions, veut revenir au pouvoir. Un pouvoir qu’il a toujours considéré, dans la pure tradition Akan, comme la chaise royale léguée par Houphouët, devant par conséquent lui revenir de plein droit. Pourquoi pas cette fois-ci par un poste de vice- président ? La limite d’âge ayant, entre temps malicieusement sautée, pourquoi ne pas se voir cadeauter du  pouvoir exécutif en 2020 en bradant le PDCI RDA, s’il le faut ? Ce sont donc ces deux personnes qui ont leurs problèmes avec la constitution de la Côte d ivoire votée en 2000 à plus de 80 %. Eux seuls, pas les ivoiriens. Aucune disposition pertinente de la constitution  en vigueur ne gêne l’ivoirien.

Dans ce concert de sons qui fait débat, des voix se font entendre. En réalité, pour couvrir des calculs politiciens aux contours brumeux ou tout simplement pour masquer maladroitement un subtil jeu de rôle. Il faut vite faire la part des choses.

En démocratie, bien sûr, lorsqu’on n’est pas d’accord on dit non. C’est à cet exercice que les pseudo-démocrates au pouvoir en Côte d’ivoire s’empressent à dessein de nous inviter avec une forte dose d’hypocrisie. « Allons au référendum, votez non, nous, nous voterons oui et on fera le point. » Or, nous ne sommes pas dans un processus démocratique en Côte d’ivoire. Avec qui fera t-on le point ? Voici le débat. Et une internaute, avec un sens  de reparti, a  lancé en pâture ceci sur la toile : « …tu cries partout que la CEI n'est pas impartiale mais en même tant  tu appelles à aller au référendum pour voter "Non" ... quand on va te dire que c'est le "Oui" qui a remporté alors que toi même tu sais que c'est faux, ce sera quoi la suite? »

C’est donc à ce niveau qu’il faut nécessairement recentrer le débat. Dans notre pays, le débat n’est pas de savoir si oui ou non il faut modifier la constitution. S’il doit y avoir un référendum à ce sujet, comment les voix des ivoiriens peuvent-elles être effectivement prises en compte ? Qui surveillera un tel scrutin dans toute la partie septentrionale  du pays ou déjà Hamed Bakayoko invite les populations à ne pas réfléchir parce que « c’est trop complexe » mais à se demander tout simplement qui propose les changements dans la constitution ? Nous sommes malheureusement dans un système ou les uns et les autres sont plus préoccupés par leur sécurité physique et alimentaire en se contentant des miettes de la table garnie du festin royal, qu’à faire triompher une cause nationale. Aussi les propos incantatoires appelant à aller voter non, révèlent-ils tous avec cruauté leur inanité. Le débat doit donc être recentré sur les moyens à développer à court, moyen  et long terme par une classe sociopolitique responsable et engagée, pour imposer les fondements durables d’une Côte d’ivoire libre, souveraine et  démocratique.

 

Aristide SILUE, In "La Voie Originale" du 04 octobre 2016.
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UNE CONSTITUTION POUR GUATEMALTEQUE

 

Miguel Guardado est né d’un père guatémaltèque et d’une mère ivoirienne. Il a toujours vécu au Guatemala où ses parents se sont établis, en exploitant une entreprise. Miguel Guardado a toujours été intéressé par la politique. Il s’est essayé à la députation sans succès à deux reprises. A 36 ans, rien n’est encore tard pour lui dans le domaine politique, mais après deux échecs successifs, il commence à s’interroger sérieusement sur son avenir politique dans le pays de son père. Ne faut-il pas tenter une autre aventure ? 

En pensant et repensant à cette question, une idée lui traverse l’esprit. Tiens, et s’il tentait de se présenter dans le pays d’origine de sa mère ! Il se souvient alors que durant les quelques rares vacances passées au pays, l’accueil a toujours été chaleureux partout où il est passé dans la région d’origine de sa mère. La Côte d’Ivoire lui a présenté un visage très hospitalier. Et puis, des amis français lui avaient fait comprendre que s’il avait été candidat en Côte d’Ivoire où ils ont leurs affaires, ils auraient financé sa campagne. 

De fil en aiguille, la petite idée commence à devenir fixe, une obsession. Surtout que le pays vient d’adopter une nouvelle Constitution qui dit clairement en son article 55 que « le candidat à l’élection présidentielle doit jouir de ses droits civils et politiques et doit être âgé de trente-cinq ans au moins. Il doit être exclusivement de nationalité ivoirienne, né de père ou de mère ivoirien d'origine ». Agé de 36 ans et disposant d’un casier judiciaire vierge, il lui suffit donc de solliciter la nationalité ivoirienne, de renoncer à la nationalité guatémaltèque dont il jouissait jusqu’à présent. Et comme sa mère est ivoirienne d’origine, le tour est joué. Et voici Miguel Guardado dans le starting block pour une nouvelle aventure politique en Côte d’Ivoire. ¡ Vamos !

 

Eddy KOUA, le 04 Octobre 2016.
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LE TROPISME DU N’ZASSA CONSTITUTIONNEL


Nos tropiques laissent bien souvent observer des faits intéressants pour les commentateurs et autres observateurs de notre vie politique. Dans le quotidien tout comme dans nos vies institutionnelles, l’inventivité achève de convaincre que nous sommes le continent de tous les possibles. La Côte d’Ivoire et son fameux «N’zassa » est un bel exemple de créativité.

Avec des morceaux disparates de tissus, les couturiers de nos quartiers arrivent à nous confectionner des vêtements, le «N’zassa » fait donc partie de notre vécu, ainsi que les tailleurs, ces couturiers qui allègent les charges pécuniaires  de nos ménagères ; et inspirent nos chefs d’État. Plusieurs d’entre eux se sont taillés une réputation de tailleur de Constitution, bien entendu à leurs mesures, et pour des raisons diverses.

La nouvelle Constitution porte les caractères du N’zassa

La nouvelle constitution qui devrait être soumise à l’approbation des Ivoiriens dans les jours à venir porte en elle des caractères du fameux N’zassa en plus d’être source de conflits. Qualifiée « d’aube d’une nouvelle espérance » par un des hérauts du régime qui l’a confectionné, la nouvelle constitution semble ne pas s’embarrasser des règles élémentaires qui devraient guider sa rédaction.

La mouture actuelle dont nous disposons, est le fruit du travail d’un comité d’experts nommé le 31 mai 2016 par le chef de l’État ivoirien, or lors de sa mise en place il reçoit une lettre de mission, il accompagne les idées constitutionnelles d’un politique, qui à travers ce type de procédé cherche une légitimité dont il est convaincu qu’il ne dispose pas.

Les travaux qui sont usuellement confiés aux comités d’experts relèvent de révisions, alors que confier la rédaction d’une nouvelle Constitution à un comité d’experts plutôt qu’à une Assemblée constituante, est un viol à la Constitution d’août 2000. Le Parlement au regard de l’article 125 de notre actuelle Constitution ne peut qu’approuver ou réprouver le projet en cours, hors l’Assemblée nationale actuelle n’est pas représentative de toutes les forces politiques en présence sur l’échiquier politique ivoirien, ce qui malheureusement ne permettra pas l’émergence d’un débat de qualité dans l’adoption définitive de ce projet de loi.

Mélange incompréhensible d’institutions

Le caractère bigarré de cet arrangement constitutionnel tient aussi à ce mélange incompréhensible d’institutions ; un vice-président nommé, ou coopté par le président de la République dans un régime présidentialiste présenté comme présidentiel ou ce dernier est un roi ; une cohabitation de ce dernier avec un Premier ministre, chef de gouvernement… Nous assisterons donc, du seul fait du Prince à la naissance d’une tétrarchie à la tête de l’exécutif ivoirien. Alors que, même dans les  régimes parlementaires à forte influence présidentielle, le pouvoir exécutif n’est partagé qu’entre le président de la République et le Premier ministre.

Le Parlement devrait également faire peau neuve, une seconde chambre s’ajoutera à la Chambre basse déjà en place. Aucun des présidents des deux Assemblées n’est désigné comme dauphin constitutionnel, alors que leurs membres sont censés être des élus du peuple ivoirien. Ce sont donc de nombreuses incohérences institutionnelles qu’aucun filtre ne va tamiser qui seront bientôt soumises à l’approbation des Ivoiriens dont bon nombre s’interrogent sur l’opportunité d’un référendum devant les préoccupations actuelles de nos compatriotes.

Vice-président

Une loi est impersonnelle par nature et prévoit les situations à venir, elle n’a point d’effets rétroactifs, l’empressement de l’actuel chef de l’État à vouloir nommer un vice-président dès la promulgation de la Constitution en cas d’adoption montre que ce « N’zassa » constitutionnel a été taillé sur mesure pour servir sa cause.

 

Cédric KONE, juriste, le 04 octobre 2016.

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

jeudi, 06 octobre 2016

NOUVELLE CONSTITUTION DE OUATTARA - MARTIAL AHIPEAUD, PHD: «L'AVANT-PROJET INSTAURE UN REGIME DE ROYAUTE CONSTITUTIONNELLE»

 

 

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Constitution Ouattara: Du Dauphin au Régent constitutionnel! La copie que nous avons de l’avant-projet de constitution instaure un régime présidentialiste qui tourne à la royauté. Car le Roi est celui qui gère un pays sans contre-pouvoir. Lorsqu’il a un pouvoir absolu constitutionnalisé, on appelle cela la royauté constitutionnelle. Le régime que le Président Ouattara veut introduire dans notre pays, est différent de tout ce que nous avons connu jusqu’à ce jour.

En effet, la royauté constitutionnelle anglaise donne la gestion du pouvoir au parlement qui désigne le Premier Ministre issu de la majorité. Dans le cas du projet Ouattara, le Premier Ministre est nommé par le Président et ce dernier entretien des rapports de cour d'enregistrement des décisions présidentielles avec le parlement puisqu’il est dilué avec un sénat dont le tiers est nommé par le Roi-Président ou le Président-Roi. Avec la possibilité pour ce dernier d’avoir au moins un tiers des députés, il lui suffira alors de s’allier à quelques courtisans en quête de prébendes et le tour est joué. Et comme pour revoir sa copie il faut au moins les deux-tiers du parlement que personne ne pourra avoir puisqu’il nomme déjà un tiers du sénat, toute réforme ou déverrouillage interne du système est impossible par la voie démocratique.

Mais ce qui est absolument hallucinant, c’est que l’Etat devient un instrument qui sert le Président-Roi. Son Vice-Président qui sera nommé dès la promulgation de cette constitution, le remplacera quand il sera hors du pays ou empêché et pourra même présider le conseil des ministres. Le Premier Ministre remplacera le président quand ce dernier et son régent-puisque c’est de cela qu’il s’agit- ne seront pas disponibles. Mais attention, désormais, il y a la possibilité, une fois le projet voté, que le Président-Roi ne passe plus par le peuple pour des modifications de la constitution car cela peut se faire par le parlement réuni en congrès!!! Entre temps, comme les députés sont élus au scrutin majoritaire ( sans précision du nombre de tour comme dans le cas du potentiel prochain président-roi), alors le jeu des tribus triomphe avec clameur. Les bastions politiques qui sont en fait des bastions tribaux, formellement interdits par la constitution actuelle comme celle qui arrive, va encore s’imposer. En un mot, la république tribalisée se dote enfin d’un cadre légal, avec le chef de la tribu en puissance militaire et financière comme le nouveau roi que son régent et son ministre en premier aideront à gérer le pays. Ce chef aura le soutien de tous les chefs et rois et comme il n’y a plus de limite d’âge, le président-roi, vers la fin de son deuxième mandat, peut réunir le congrès et hop, une réforme est passée qui lui permet de continuer encore pour deux autres mandats! N’importe quoi en somme!!!

Au total, toutes les souffrances endurées du Nord au Sud, d’Est en Ouest en passant par le centre, avaient pour but d’introduire ce projet inique de perpétuation du pouvoir d’un individu et garantir à sa cour une gestion permanente du pouvoir longtemps après son départ. J’applaudis des deux mains Son Mentor qui aura démontré qu’il avait raison depuis le départ de vouloir l’écarter même s’il s’y est mal pris. Chez nous on dit c’est quelqu’un que tu ne connais pas que tu appelles par « hey »!!! L’ancien connaissait son type et il voulait en finir. Les kpakpato se sont mis au milieu et aujourd’hui, seize ans après qu’il ait été chassé par lui, il montre à tous pourquoi il ne fallait pas permettre à ce petit-frère de dérouler son jeu. Même si cela n’était pas démocratique. Mais alors doit-on laisser un tyran tirer profit de la démocratie pour tuer la démocratie???

En tout cas, comme mon jeune frère l’a dit, « on est serein ». En tout cas, on est serein et imperturbable parce que nous aurons tous les yeux sur les députés le 5 octobre. Leur position sera déterminante. On attendra donc officiellement qu’ils se prononcent pour que chacun d’entre nous soit situé sur les fondements idéologiques et politiques de l’engagement en politique de chacun de notre génération, de celles qui nous ont précédées et encore plus, de la jeunesse de notre pays qui est désormais devant une alternative claire: valider le régent et son président-roi, ou alors faire barrage dans les urnes pour imposer la démocratie pour laquelle nombreux sont tombés, handicapés et désespèrent encore plus d’une certaine classe politique ivoirienne.

 

AHIPEAUD Martial Joseph, PhD

 

Pour télécharger et lire l'avant-projet de constitution d'Alassane Ouattara, cliquer: ICI

 

Source: AFRICA NEWS QUICK.NET

lundi, 26 septembre 2016

FOLLE RUMEUR RELATIVE AU PRETENDU DECES DE NOTRE SŒUR, LA JOURNALISTE AWA EHOURA

 

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Chers lecteurs, trouvez ci-dessous le démenti du décès de notre soeur, la journaliste TABITHA AWA EHOURA, publié sur Facebook depuis le vendredi 23 septembre 2016, à 13H44. Ce post a été rendu nécessaire par la tournure que prenait la rumeur; elle se répandait comme un feu de prairie amplifié et personne ne semblait détenir la bonne information ni avoir le réflexe de publier une réplique dans la bonne forme et sur la plate-forme appropriée. Une fois posté, ledit démenti s'est répandu aussi vite que la rumeur et a permis d'en atténuer considérablement la propagation.

A l'instant où je le relaie sur mon blog, 3 jours après son post sur Facebook, il enregistre 545 J'aime, 846 partages et 358 commentaires (je n'ai pas pu les lire tous !). AWA et nous-même, avons reçu des appels de toute la Côte d'Ivoire et du monde entier, au point où depuis le jeudi 22 septembre, date à laquelle est partie cette rumeur, elle ne peut passer 5 mn sans que ne sonne son portable, et ce, du matin au soir. Merci à tous de manifester un si grand amour à AWA; elle vous en remercie de tout coeur.

Votre soutien matériel et financier lui feront également le plus grand bien. Merci pour toutes vos promesses d'appui.

Que la grâce de DIEU soit sur vous ! Fernand Dindé.

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Bonjour chers frères et soeurs, chers amis et donateurs,

Merci pour le souci que vous vous donnez pour notre soeur AWA EHOURA, merci pour vos appels et vos messages.

Effectivement, depuis hier jeudi 22 septembre 2016, une folle rumeur s'est emparée du Net et d'ABIDJAN, la donnant pour morte après sa longue maladie.

Je peux vous rassurer, pour l'avoir eue au téléphone, hier après-midi: elle est bien en vie, joviale et pleine de vie. Je suis donc au courant de cette énième scabreuse et malheureuse affaire. De malins individus prennent un plaisir funeste à répandre le faux et à semer confusion et désolation.

Voici ses numéros. AWA EHOURA: 57818281 et 01377075. Vous pouvez l'appeler pour vous en assurer.

Elle n'est plus à MPOUTO où elle louait un appartement au premier étage d'un immeuble mais à KOUMASSI, dans une famille d'accueil, une famille bienfaitrice qui a bien voulu la recevoir, pour ceux qui souhaitent lui rendre une petite visite fraternelle afin de lui apporter leur soutien, de quelque nature qu'il puisse être.

Bien à vous et à tous ceux qui seront mis en copie de ce post, partout dans le monde ! Bien vouloir le relayer immédiatement pour éteindre cette rumeur qui n'honore pas ses auteurs.

Que DIEU vous bénisse richement !

 

Dindé Fernand Agbo

Initiateur de l'opération "Soutien à Awa Ehoura" (depuis 2012).

Cell. 07047111 et 03930701.

 

Source: Page Facebook Fernand Agbo Dindé

jeudi, 22 septembre 2016

MICHEL GBAGBO: DE LA TORTURE EN COTE D'IVOIRE

 

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INTRODUCTION

Le présent Rapport sur la situation des prisonniers politiques en Côte d’Ivoire est le troisième produit par le Secrétariat National chargé de l’Administration Pénitentiaire et des Prisonniers Politiques du Front Populaire Ivoirien (F.P.I.) pour l’année 2016.

Ce Rapport aborde d’une part la question de la situation générale des détenus politiques en Côte d’Ivoire et d’autre part dénonce les pratiques pouvant être assimilées à des actes de torture à leur encontre.

Le Front Populaire Ivoirien (F.P. I.), sous la haute autorité du Président Laurent GBAGBO, travaille à l’instauration d’une Nation souveraine, pluraliste et démocratique, où nul ne devrait être inquiété du fait de son ethnie, sa religion ou de ses opinions politiques supposées ou avérées.

1.   SITUATION GENERALE DES DETENUS POLITIQUES EN CÔTE D’IVOIRE

Au 30 mars 2016, la situation générale des détenus politiques sur l’ensemble du territoire ivoirien se présentait de la manière suivante :

TABLEAU N°1 : PRISONNIERS POLITIQUES AU 30 MARS 2016

 

LIEUX DE DETENTION

NOMBRE DE DETENUS  MILITAIRES

NOMBRE DE DETENUS CIVILS

TOTAL

1

MACA

31

159

190

2

MAMA

 1 

7

3

KATIOLA

0

7

7

4

DIMBOKRO

1

5

6

5

CAMP PENAL DE BOUAKE

2

4

6

6

BOUNA

0

5

5

7

TOUMODI

3

2

5

8

SEGUELA

2

2

4

9

MAN

2

1

3

10

ECOLE DE GENDARMERIE

2

1

3[1]

11

BOUNDIALI

0

3

3

12

DABOU

0

2

2

 

TOTAL  GENERAL

49

192

241

 

[1] Ce chiffre de trois (3) est susceptible de devoir être modifié car nous n’avons pu effectuer de vérification concluante.

 

Au 20 septembre 2016, cette situation, six mois après, se présente comme suit :

 

TABLEAU N°II : PRISONNIERS POLITIQUES AU 30 SEPTEMBRE 2016

 

LIEUX DE DETENTION

DETENUS  MILITAIRES

DETENUS CIVILS

TOTAL

1

MACA

44

129

173

2

MAMA

3

1

4

3

DIMBOKRO

 

6

6

4

C. PENAL DE BOUAKE

4

4

8

5

BOUNA

 

1

1

6

TOUMODI

1

3

4

7

SEGUELA

2

3

5

8

MAN

3

 

3

9

ECOLE GENDARMERIE

2

2

4

10

BOUNDIALI

 

3

3

11

DABOU

 

2

2

12

Hôpital BINGERVILLE

1

 

1

13

Non parvenus

 

11

11

 

TOTAL  GENERAL

60

165

225

 

Malgré les déclarations de Monsieur le Président de la République, notamment celle du 1er mai 2016 évoquant l’inexistence de prisonniers politiques liés à la crise postélectorale ivoirienne de 2011, les faits nous semblent montrer le contraire. Trois points permettent de soutenir cette thèse.

En premier lieu, selon le Front Populaire Ivoirien, il faut entendre par le concept de « prisonniers politiques », la catégorie de prisonniers qui sont considérés comme tels par l’Administration ivoirienne elle-même du fait de leurs opinions politiques supposées et dont l’incarcération est liée à des activités politiques avérées ou présumées. Le nom courant qui leur est attribué est celui de prisonniers « pro-Gbagbo ». Le concept ne recouvre certes pas de réalité juridique au sens où le terme n’existe pas en droit interne ivoirien, mais désigne communément une catégorie bien précise de prisonniers dans la vie politique ivoirienne.

En second lieu, selon le Front Populaire Ivoirien, le nombre de ces prisonniers politiques correspond aujourd’hui – sauf erreur - à une population de 225 personnes.

Enfin, à ne considérer que les années 2011 et 2012 comme étant des années spécifiquement liées à la crise postélectorale, le Tableau n° III (page suivante) intitulé « Années de mandat de dépôt des prisonniers politiques», nous indique que les centres de détention ivoiriens paraissent renfermer à ce jour au moins :

- 37 prisonniers mis sous mandat de dépôt depuis 2011.

- 82  prisonniers mis sous mandat de dépôt depuis 2012.

Aussi, de notre point de vue, il apparaît plus juste de dire qu’à ce jour, et sur un total de 225 prisonniers politiques, 119 personnes (soit 52.88 %)  – donc plus de la moitié - sont retenues dans les liens de la détention pour des faits directement liés à la crise postélectorale.

La libération de l’ensemble des prisonniers politiques, six années après le drame qu’a connu la nation ivoirienne, l’arrêt de toutes les poursuites intentées ça et là et tendant à restreindre la liberté d’expression et de réunion, ainsi que le retour sécurisé des exilés de la crise postélectorale dans leur pays, la Côte d’Ivoire, constituent pour le Front Populaire Ivoirien, des éléments essentiels et majeurs du processus de réconciliation nationale et de normalisation souhaitée de la vie sociopolitique ivoirienne.

 

TABLEAU N°III : ANNEE DE MANDAT DE DEPOT DES PRISONNIERS POLITIQUES

 

Année de Mandat de dépôt

Nombre de détenus

Pourcentage

2011

37

16.44 %

2012

82

36.44 %

Années postérieures

119

52.88 %

Nombre de détenus au 20/09/16

225

100 %

 

S’il faut se réjouir que depuis six mois, une trentaine de personnes semblent avoir pu recouvrer la liberté, il faut cependant regretter l’insignifiance de ce chiffre – qui ne représente que 12 % de l’ensemble des prisonniers de mars 2016. Eut égard aux attentes des populations et des familles, et de la nécessité politique d’œuvrer pour la réconciliation et la stabilité, le Gouvernement devrait prendre des mesures plus courageuses en matière de décrispation et de respect des libertés publiques.

Pour aller plus loin encore, le Tableau n° IV suivant permet d’indexer le problème spécifique de la durée excessive de la prévention. On note par exemple que les quelques dix personnes libérées en septembre 2016 sont toutes des prévenues ayant majoritairement connu quatre années de détention sans jugement. Or de telles pratiques constituent à notre avis des violations flagrantes du droit des détenus à un procès rapide et équitable. Ces personnes innocentes, une fois libérées, devraient pouvoir bénéficier de compensations, eut égard aux préjudices subis.

 

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Grève de la faim de prisonniers politiques détenus à la MACA, sans jugement, depuis des années. Décembre 2014.

 

TABLEAU N°IV : PRISONNIERS LIBERES EN SEPTEMBRE 2016

 

ORDRE

MD

CABINET

LIEU DE DETENTION

STATUT

DATE DE LIBERATION

1

15/10/2012

10E

MACA

PREVENU

Libéré le 07/09/2016

2

01/01/2012

8E

KATIOLA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

3

29/04/2015

10E

MACA

PREVENU

Libéré le 02/09/2016

4

01/01/2012

8E

KATIOLA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

5

02/07/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

6

29/06/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

7

21/12/2015

10E

MACA

PREVENU

Libéré le 02/09/2016

8

03/07/2012

8E

KATIOLA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

9

02/07/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

10

29/06/2012

8E

BOUNA

PREVENU

Libéré le 05/09/2016

 

Ces pratiques consistant à détenir sans jugement des années durant des personnes soupçonnées de militer dans des partis politiques d’opposition pourraient constituer des actes graves de violations des droits humains. Il s’agirait également de comportements relevant de la mauvaise gouvernance sur le plan du respect des principes de la démocratie pluraliste puisqu’ils viseraient à l’intimidation des populations. Dans certains cas, du fait même des conditions d’interpellation, d’interrogatoire et de détention, il serait possible, à notre avis,  de les assimiler à des actes relevant de la torture. 

2.   LA TORTURE EN CÔTE D’IVOIRE

2.1. Les tortures physiques

En Côte d’Ivoire, des dizaines de personnes, depuis 2011, semblent avoir été victimes de diverses formes de torture, d’après des témoignages recueillis.  Les bourreaux présumés, agissant au nom de la force publique, n’auraient jamais eu à répondre de leurs actes. Et les conséquences de tels actes s’avèrent parfois irréversibles pour des victimes, lesquelles ne bénéficient d’aucune protection ni compensation.

D’une manière générale, en ce qui concerne les prisonniers politiques, on peut retenir que le fait d’arrêter une personne avec une violence disproportionnée allant jusqu’à tirer à la kalachnikov dans son domicile ou à violenter les femmes présentes, le fait de suspendre un prisonnier par les mains et les pieds et de lui administrer des coups de bâton sur les membres inférieurs, de le battre avec des bois ou des lanières, de le mutiler, de le brûler, ou simplement de détenir des personnes dans des cellules surpeuplées et dans des conditions d’hygiène déplorable en leur fournissant une nourriture insuffisante et de mauvaise qualité, sans soins, constituent, à notre avis, des actes de torture physique.

Ces actes, s’ils sont avérés, s’expliquent par le climat d’impunité qui règne encore en Côte d’Ivoire, six années après l’accession de Monsieur Ouattara à la tête de l’Etat, et entraînent humiliation, déshumanisation et désespoir chez les victimes. Ils constituent des violations graves des droits humains.

« Ils sont arrivés chez nous, et ont demandé après ma femme, vendeuse au marché. Je leur ai demandé qui ils étaient ; ils m’ont dit qu’ils sont les renseignements généraux. Je leur ai dit de me présenter un papier pour le prouver et dire où ils l’emmènent. Leur chef a dit qu’ils n’ont pas que ça à faire. Il m’a giflé, m’a battu quand je suis tombé. Puis ils s’en sont pris à ma belle-sœur qui était là. La pauvre, elle ne fait que pleurer depuis… Ils ont tiré dans le plafond, ont pris ma femme qui sortait de la chambre, l’ont copieusement battue en disant qu’il y a longtemps qu’ils la cherchaient, et l’on traînée dehors comme un sac. Elle était presque nue quand ils l’ont emportée. »

Témoignage de Monsieur Gabriel Meho, époux de Mme Antoinette Mého, enlevée le 10/08/16 vers 16 heures par la DST.

Ces actes de torture peuvent s’étendre jusqu’à porter atteinte à la dignité des dépouilles, à faire disparaître les traces de sévices subis et ainsi empêcher toute autopsie.

« Les jeunes dansaient au village. Il était allé se soulager dans la brousse. Ils l’ont arrêté sous prétexte que c’est un couvre-feu. … Un couvre-feu qu’eux-mêmes ont décrété sans avertir personne et sans instruction du Préfet ? Les FRCI l’ont torturé dans leur camp et lui ont coupé trois orteils. Mais il a été mis à la MACA après être passé à la DST pour attentat à la sûreté de l’Etat.  Il pleurait, il pleurait, il était malade, son pied s’est infecté mais personne n’a pu le soigner vraiment…. Et il est mort à la MACA le 05 décembre au matin. Ils ont refusé de nous donner le corps, parce que c’est politique. Hors leur morgue ne fonctionne pas bien. …Quand son corps était décomposé, ils nous ont dit on va l’enterrer rapidement derrière et puis c’est bon. Voilà comment un enfant innocent a été enterré comme un chien et que le village fait des funérailles sans corps. »

Témoignage d’un oncle de Monsieur Kouya Gnépa Eric, décédé le 5 décembre 2015 à la MACA.        

Il est important de noter que cinq prisonniers politiques au moins sont décédés en prison faute de soins médicaux appropriés et qu’aucun responsable administratif, à notre connaissance, n’a jamais été inquiété au sujet de ce grave problème :

- Monsieur Koffi N'Dri Boniface, décédé en 2013.

- Monsieur Pékoula Joël décédé, en 2013.

- Monsieur Assémian Mathurin, décédé en 2014.

- Monsieur Kouya Gnépa Eric, décédé en 2015.

- Monsieur Djékouri Aimé décédé en 2016

L’absence de réaction, à notre connaissance, des plus hautes institutions de l’Organisation des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) en la matière nous est toujours apparue incompréhensible, sauf à supposer la partialité comme relevant de sa mission.

En principe, et selon toutes les Conventions internationales liées à la protection des droits des détenus, l’Etat de Côte d’Ivoire a la charge de veiller à la santé tant physique que mentale des détenus, quels qu’ils fussent. Or, les prisonniers politiques malades, issus de familles pauvres le plus souvent, ne bénéficient pas de soins appropriés d’après de nombreux témoignages récoltés auprès des détenus eux-mêmes et/ou de leurs familles.

Le tableau qui suit récapitule, à la date du 20 septembre 2016, la situation de vingt détenus politiques n’ayant pu, selon les témoignages, accéder à des soins adéquats.

 

TABLEAU N°V : DETENUS POLITIQUES MALADES

 

MD[1]

MALADIES

1

28/12/2012

Adenome Hypophysaire,sinusite chronique,Colopathie Fonctionnelle,ulcère gastrique

2

09/12/2011

Hypertension artérielle, troubles visuels, Palpitations

3

 

08/05/2012

Hypertension artérielle, beri beri

4

08/02/2012

Hypertension artérielle, palpitations

5

31/12/2012

Colopathie fonctionnelle, sinusite chronique, ulcère gastrique

6

31/12/2012

Beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

7

13/12/2013

Beri beri, asthme, Dyspnée Respiratoire

8

31/12/2013

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

9

14/01/2014

 Fracture du pied droit, hypertension artérielle

10

31/03/2014

Hydrocele très  volumineux. Hypertension artérielle

11

31/03/2014

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

12

29/01/2015

Beri beri, asthme, Dyspnée respiratoire

13

21/10/2015

Hypertension artérielle, Beri beri Palpitations, Diabète,Dyspnée respiratoire

14

19/11/2012

Beri beri,palpitations,Asthme

15

17/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri

16

04/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

17

12/08/2012

Hypertension artérielle, beri beri,ulcere Gastrique

18

12/08/2012

Hypertension artérielle  Beri beri

19

08/02/2012

Troubles Mentaux, hypertension artérielle, Aphasie

20

04/03/2014

( beri beri, colopathie, ulcere et palpitations

 

[1] MD : Mandat de dépôt : Date d’écrou.

 

Même si elles reçoivent des soins appropriés après-coup, les personnes ayant subies des actes de cruauté peuvent connaître des troubles psychiatriques aigus ou chroniques (bouffées délirantes, délires paranoïaques, confusion mentales, schizophrénies…) nécessitant un traitement lourd, un internement. Elles traversent parfois, eut égard à la culture dominante et à la pauvreté des parents, de graves difficultés ensuite à réintégrer le milieu de vie. 

« X ne parlait que des tortures qu’il avait subi lors de son arrestation… Cet autre là il semble qu’il a été libéré mais c’est sa famille qu’il faut pour aller le prendre à l’hôpital psychiatrique de Bingerville. En 2015 il a commencé à faire de la démence. Finalement on l’a envoyé à Bingerville. On dirait ensuite qu’ils l’ont libéré. Mais l’hôpital ne peut pas le laisser comme ça. Et depuis fort longtemps nous courons derrière sa famille. Ils ont fait une réunion mais ils n’ont pas pu s’entendre. Donc finalement chacun est retourné chez lui et personne ne veut le prendre. L’Hôpital ne peut pas le laisser tant qu’un parent n’est pas aller le chercher. C’est un civil. Non seulement il ne sait pas bien parler mais il est franchement devenu un peu bizarre.»

Témoignage en septembre 2016 d’un codétenu de X interné à l’hôpital psychiatrique de Bingerville.

2.2. Les tortures psychologiques

Les exemples cités plus haut n’épuisent pas l’ensemble des méthodes de ce que nous considérons comme relevant de la torture.

Au titre des techniques documentées de torture psychologique en Côte d’Ivoire on peut citer la réglementation excessivement stricte de tous les aspects de la vie du détenu, le changement intempestif du règlement intérieur applicable aux prisonniers politiques faisant que ceux-ci ne savent plus quoi faire pour avoir la paix avec l’administration pénitentiaire, l’incarcération ou les déportations subites dans des pénitenciers implantés dans d’anciennes zones rebelles réputées favorables au Gouvernement -  ce d’autant plus que ces lieux de détention se trouvent éloignés et inaccessibles aux familles ainsi qu’aux avocats - le surpeuplement et l’interdiction de toute promenade, les menaces et intimidations verbales, avec ou sans armes, de la part d’anciens combattants des FRCI reconvertis en gardes pénitentiaires et la privation de toute stimulation visuelle et sensorielle pouvant induire chez certaines personnes des troubles instrumentaux ou psychosomatiques irréversibles.

 Toutes ces techniques produisent un fort impact sur les personnes, leur famille et le tissu social. Elles constituent des procédés de destruction de la personne humaine, laissant sur elle et l’entourage des séquelles et des traumatismes parfois profonds.

« Nous étions assis, toute la journée, toute la journée, là, à ne rien faire. On pouvait marcher, mais bon, pour aller où ? Il n’y avait pas grande place pour cela. Manger, dormir, être assis, se lever, dans le même coin, jour après jour, comme ça… Et puis je sors et je me rends compte que ma vue est foutue. Je porte ces lunettes maintenant, je ne vois plus…Le médecin dit que le fait d’avoir été enfermé comme ça sans possibilité de voir au-delà de dix à quinze mètres pendant des années a détruit ma vue… En plus j’ai été acquitté… En fait je n’ai jamais été entendu par un juge. On m’a juste libéré un matin… Les gars du Commandant sont venus, ils ont crié mon nom, j’étais libre. »

Témoignage du Lieutenant-colonel X

Au dénombrement de ces techniques de torture blanche, il est encore possible d’ajouter celle consistant au maintien de la personne dans l’incertitude sur son sort des années durant en prison. Et elle, et sa famille, et ses enfants sont alors affectés par une situation d’insoutenable incertitude qui tend à pouvoir diffuser dans le corps social une forme peut-être voulue de terreur vis-à-vis de l’Etat.

L’absence de jugement dans un délai raisonnable d’une personne incarcérée – notamment dans de telles conditions - constitue à notre avis, et selon les standards internationaux, une violation grave des droits humains.

Le tableau qui suit présente la situation de près de cent cinquante personnes détenues politiques prévenues, (149 prévenues exactement) en Côte d’Ivoire. Elles n’ont jamais été jugées six années après l’installation du nouveau pouvoir. Certaines disent même n’avoir jamais été entendues par un juge d’instruction depuis leur incarcération.

 

TABLEAU N°VI : DETENUS POLITIQUES PREVENUS

 

MD[1]

MALADIES

1

28/12/2012

Adenome Hypophysaire,sinusite chronique,Colopathie Fonctionnelle,ulcère gastrique

2

09/12/2011

Hypertension artérielle, troubles visuels, Palpitations

3

 

08/05/2012

Hypertension artérielle, beri beri

4

08/02/2012

Hypertension artérielle, palpitations

5

31/12/2012

Colopathie fonctionnelle, sinusite chronique, ulcère gastrique

6

31/12/2012

Beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

7

13/12/2013

Beri beri, asthme, Dyspnée Respiratoire

8

31/12/2013

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

9

14/01/2014

 Fracture du pied droit, hypertension artérielle

10

31/03/2014

Hydrocele très  volumineux. Hypertension artérielle

11

31/03/2014

Hypertension artérielle, Dyspnée respiratoire

12

29/01/2015

Beri beri, asthme, Dyspnée respiratoire

13

21/10/2015

Hypertension artérielle, Beri beri Palpitations, Diabète,Dyspnée respiratoire

14

19/11/2012

Beri beri,palpitations,Asthme

15

17/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri

16

04/10/2012

Hypertension artérielle, beri beri, Colopathie fonctionnelle, ulcère Gastrique

17

12/08/2012

Hypertension artérielle, beri beri,ulcere Gastrique

18

12/08/2012

Hypertension artérielle  Beri beri

19

08/02/2012

Troubles Mentaux, hypertension artérielle, Aphasie

20

04/03/2014

( beri beri, colopathie, ulcere et palpitations

 

[1] MD : Mandat de dépôt : Date d’écrou.

 

Au titre de cette forme de torture psychologique consistant à arrêter une personne et à la laisser des années durant dans l’incertitude sur son sort, on note qu’en Côte d’Ivoire :

- 17 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2011 dont 6 qui ne sont référés à aucun juge d’instruction.

- 62 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2012

- 16 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2013

- 36 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2014 dont 5 qui ne sont référés à aucun juge d’instruction.

- 18 prisonniers politiques sont sans jugement depuis 2015

C’est dire autrement que sur les 225 prisonniers politiques incarcérés en Côte d’Ivoire, les deux-tiers, soit 66%, demeurent encore des prévenus. Il importe que soient accélérées les procédures judiciaires afin que dans un délai raisonnable la Nation, ces citoyens ivoiriens et leurs familles soient situés sur leur sort.

 

CONCLUSION

Le Gouvernement ivoirien semble n’éprouver aucun scrupule à provoquer une dégradation continue du tissu social en Côte d’Ivoire. Les arrestations brutales et les emprisonnements accompagnant la cherté de la vie et la destruction des PME en zone urbaine semblent ne profiter qu’à des intérêts particuliers et à certaines multinationales au détriment de la paix sociale et de l’économie locale.

Quelque soit le coût pour le peuple ivoirien, ce qui ressemble à une instrumentalisation de l’Autorité judiciaire ajoutée au népotisme avéré et aux obstructions en vue d’organiser des élections transparentes et inclusives indiquent un sournois retour du Parti unique : la paix, pour ce Gouvernement, paraissant signifier la disparition de toute société civile indépendante et de toute opposition représentative.

Ce qui est tenté en Côte d’Ivoire, est la mainmise d’un groupement d’intérêts sur l’Etat et les richesses du Pays pour une longue durée et les moyens utilisés pour atteindre cet objectif vont jusqu’à des pratiques que nous assimilons à des actes de torture.  

Le Front Populaire Ivoirien (FPI), sous la haute autorité du Président Laurent GBAGBO, continue de plaider instamment auprès du Gouvernement ivoirien et des Pays frères du nôtre afin que soient mis fins aux exactions contre les populations, que tous les prisonniers politiques soient remis en liberté dans les plus brefs délais et que les exilés soient assurés d’un retour sécurisé dans leur patrie bien-aimée.

 Nous plaidons auprès des autorités ivoiriennes afin que les droits humains, sociaux, politiques, économiques, territoriaux et culturels des Ivoiriens soient respectés.

Le Front Populaire Ivoirien (FPI) continue pour sa part, et auprès du peuple ivoirien souverain, d’œuvrer pour l’avènement d’une société stable, juste, pluraliste, démocratique et respectueuse des libertés individuelles. 

 

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Pour le Front Populaire Ivoirien (FPI)

Michel K. GBAGBO

 

Secrétaire National chargé de l’Administration Pénitentiaire et des Prisonniers Politiques

 
[1] Ce chiffre de trois (3) est susceptible de devoir être modifié car nous n’avons pu effectuer de vérification concluante.
[2] MD : Mandat de dépôt : Date d’écrou.

mardi, 06 septembre 2016

LES EVENEMENTS AU GABON: PETITE VERSION POUR NULS

 

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Une amie française me demandant quelques explications sur ce qui se passe au Gabon, mais dans un langage simple, voici ce que je lui ai écrit... Shlomit.

 

Il y a eu des élections au Gabon dimanche dernier. Les résultats devaient être donnés par la commission électorale mardi en fin d’après-midi. Mais déjà lundi en fin de matinée Robert Bourgi, un des pions de la françafrique avait depuis l’ambassade  gabonaise de Paris donné les résultats ; Jean Ping gagnant dans 6 des 9 régions. 

Ali Bongo et Ping sont tous deux des pions de la françafrique. Sarkozy aurait aimé qu’Ali, -qui s’appelait Alain avant que son père n’embrasse l’islam- prenne la succession de son père. On se souvient
 
En fait Ali Bongo cherche des poux à certaines entreprises françaises comme Total auxquelles il a imposé –des arriérés d’impôts non négligeables, se chiffrant à des centaines de milliers d’Euros… Il va sans dire que les lobbies financiers n’apprécient pas cette exigence, payer le pétrole et les produits du sol et sous sol à sa juste valeur, alors qu’on pouvait jusqu’à présent tout avoir presque gratuitement. Jean-Ping qui a été le gendre d’Omar Bongo est un vieux monsieur, bien soumis à la France ; c’est lui qui présidait l’Union Africaine en 2011, et Laurent Gbagbo lui avait demandé de le soutenir en demandant le recomptage des voix, mais il avait refusé, affirmant sans détour que le véritable gagnant était Ouattara.  Aujourd’hui il semble récolter la monnaie de sa pièce.
 
En fait Ali Bongo, connaissant le jeu de la France a joué au plus fin, trichant encore mieux que Ping. Alors que Ping bénéficie du support des Français, Ali Bongo a cherché de l'aide en Côte d'Ivoire, et des hackers très professionnels, et toute une logistique abidjanaise bien rodée a suivi. L’ancien chef d’état major de Gbagbo, devenu ambassadeur au Gabon grâce à sa traîtrise, est aussi mentionné parmi les ivoiriens ayant aidé le camp Ali Bongo. 

La France a soutenu Ping, mais elle est très mal à l'aise aujourd'hui, l’affaire ivoirienne peu glorieuse refaisant surface avec cette histoire de décompte des voix qui est accepté semble-t-il aujourd'hui avec Ping et qui a été injustement refusée à LG, il y a 5 ans. La France essaie donc de faire profil bas, appelant à calmer le jeu par cette attitude conciliante de l'attente des vrais résultats issus d'un recomptage des voix. Mais ne nous illusionnons pas, quel que soit le candidat, il sera totalement inféodé à la France.

Ali Bongo a joué rusé, plus rusé que la France; Ping joue son va-tout, il va sur ses 74 ans et ne veut pas perdre sa dernière chance d'accéder au sommet de l'état. Le 2 septembre, il s'est autoproclamé président du Gabon, invitant le président Hollande à s'ingérer dans les affaires gabonaises. Il vient d'appeler le peuple à une grève générale... Quant à son programme, rien n'est promis aux Gabonais. Ils seraient bien fous de se passionner pour cette joute dont ils ressortiront perdants à tous les coups. Le candidat de l'alternance évidemment, et pour la seconde fois n'arrive que troisième, ses vrais chiffres à lui, ont été très certainement revus à la baisse pour gonfler les voix des deux autres.

Hier, le quai d’Orsay a fait savoir que plusieurs franco gabonais étaient portés disparus, voilà, s'il le fallait, une excuse toute trouvée pour une prochaine « ingérence humanitaire » à la française, comprenez un coup d’état pour placer celui qui saura au mieux servir les intérêts de la France ou plutôt de ses lobbies financiers et industriels…


Shlomit Abel

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 05 septembre 2016

L’EXIGENCE DU «RECOMPTAGE DES VOIX» DE LA PRESIDENTIELLE GABONAISE, UNE PREUVE DE PLUS DE LA NUISIBLE DUPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE !

 

 

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Il faut vraiment que la France, les USA, l’ONU et leurs complices de l’ordre du crime imposé à l’humanité à travers une certaine « Communauté Internationale », prennent les autres peuples du monde pour moins que des « bouts de bois de Dieu ». Ce sont ces gens-là qui, en 2011, se sont opposés avec un acharnement démentiel, à Laurent Gbagbo, lorsqu’il demandait que soient recomptées les voix de la présidentielle ivoirienne, juste pour démontrer que le protégé de « la Communauté Internationale » Alassane Ouattara, porté à bouts de bras par la France, les USA et l’ONU, n’avait pas pu gagner l’élection en Côte d’Ivoire, ce pays où, en réalité, Ouattara était connu comme indigne de confiance.

Le Secrétaire Général du « machin de New York », le sieur Ban Ki Moon, avait même osé déclarer sans sourciller, que « recompter les voix de l’élection était faire honte à Alassane Ouattara », l’homme qu’on avait décidé d’imposer aux Ivoiriens, par tous les moyens, y compris en les bombardant, avec les armes de l’ONU, de la France et des USA, après avoir usé de tout, y compris de la mesquine lâcheté, pour priver le pays du moindre outil de défense.

Dans la foulée, un obligé de cet ordre inique imposé à l’humanité, un certain Jean Ping, alors au premier rang de l’Union Africaine, déclara, à la 16ème session ordinaire de cette Union, le 28 janvier 2011, à propos du contentieux électoral en Côte d’Ivoire, que « la réouverture des résultats de l’élection serait une grave injustice et un précédent fâcheux (…) L’UA ne reviendra pas en arrière. Il y a des gens qui demandent de recompter les voix. Les opinions sont libres. Les gens sont libres de dire ce qu’ils veulent. Mais nous, notre position est claire ». Voilà ce que clamait Monsieur Jean Ping, adossé à ses maîtres dans la falsification de l’Histoire.

Ce sont aujourd’hui, ces mêmes falsificateurs de l’Histoire, pour placer leur pion, qui demandent qu’au Gabon, l’on recompte les voix de l’élection présidentielle ! C’est vrai que depuis longtemps, ces gens-là ont montré et démontré qu’ils n’ont aucun scrupule pour torde le cou à la vérité et à la justice. C’est également vrai que, convaincus d’être les plus forts, ils ne respectent rien qui soit aux autres sur la terre. Mais devraient-ils continuer de massacrer et faire massacrer tous les autres peuples de la terre, il faudra toujours leur opposer une résistance, aussi faible puisse-t-elle être, pour leur rappeler leur laideur morale et intellectuelle.

Apparemment, ils trouvent toujours dans les pays, des égoïstes vénaux, des corrompus sans état d’âme, appuyés par de soi-disant experts qui sont en réalité des agents de la falsification, dans un monde qu’ils ont pourri et continuent de détruire chaque jour un peu plus, un monde où les valeurs cardinales qui fondent l’humanité sont foulées au pied. La résistance, aussi minime soit-elle, est la voie qui permettra d’arrêter la progression de la destruction de l’harmonie entre les peuples. 

Pour l’observateur qui a suivi les crimes de la « Communauté Internationale » en Côte d’Ivoire, crimes qui ont conduit le président élu par les Ivoiriens, le président Laurent Gbagbo, à la prison de La Haye, où il est maintenu depuis des années sans aucune preuve de quelque culpabilité que ce soit, rien de ce qui peut  venir de cette communauté du crime ne peut rien présager de bon pour les Africains.

Même si Jean Ping avait pu gagner l’élection au Gabon, la posture de ses « amis » de la « Communauté Internationale » est une preuve que les Gabonais, pourvu qu’ils soient lucides, doivent se rendre compte que ce Jean Ping-là ne peut être que le « Cheval de Troie » des prédateurs occidentaux, qui se sont autoproclamés « Communauté Internationale ».

Notre propos n’est pas fondé par une quelconque haine de qui que ce soit. Nous n’exprimons pas non plus un sentiment de dépit : nous sommes bien au-delà de cela ! Ces gens nous ont rassasiés de l’usage qu’ils font, sans aucun discernement, du mensonge, de la falsification, des armes et de tous, pour s’approprier indûment ce qui appartient aux autres. Et ce serait cela être « une grande puissance ! ». De quoi susciter du dégoût, comme celui qu’on a du gangster qui écume les quartiers ! Non ! Ils ne peuvent plus nous étonner, ni susciter de ressentiment fort en nous. Sans être blasés, nous les prenons comme ils sont : des manipulateurs, que chacun peut qualifier comme il veut, et que le temps dévoilera au grand jour, un jour prochain, pour le bonheur de l’humanité !

 Nous réagissons ici, pour soutenir le peuple gabonais, afin qu’il reste ferme, non pas parce que Monsieur Ali Bongo, élu selon les lois du pays, est le meilleur d’entre eux, mais simplement parce que son adversaire ne peut pas être meilleur que lui. Même si les deux hommes peuvent avoir des tares identiques, le fait que l’autre soit soutenu par les prédateurs occidentaux, au point de vouloir que les Gabonais s’entretuent, fait de ce dernier un pion, le pire possible.

Il n’y a pas longtemps, les Nigériens ont fait barrage à la France qui avait misé sur l’ancien président de l’Assemblée Nationale en fuite à Paris ; en Centrafrique, le peuple a récusé celui que la France avait choisi ; au Bénin, l’homme de la France a été retourné à ses affaires ; au Burkina Faso, le peuple a mis en congé Blaise Compaoré, le coursier des occidentaux dans la déstabilisation des pays africains ; au Tchad, le rejet de Déby n’a pas marché, malgré le déploiement de gros moyens. Il semble que c’est seulement au Congo Brazza que l’argent des Congolais a servi à permettre à la France de contrôler le jeu de la présidentielle. Pour ce qui est du Mali, de nombreuses questions restent encore sans réponse, tandis que la Côte d’Ivoire va à vau l’eau avec le pion des prédateurs, en dépit d’une communication bien arrangée…

Nous avons choisi de taire pour le moment notre opinion sur les autres pays (ex)colonies françaises en Afrique. La réalité, c’est que chacun des pays, surtout en Afrique, où la France est profondément enracinée, a besoin de savoir que cette puissance occidentale ne peut rien lui apporter de positif. Comme d’un serpent dont on se méfie même s’il est endormi, il faut craindre tout ce qui vient de ce pays, quand bien même cela paraîtrait sans danger.

 

BEDI HOLY, Enseignant.

vendredi, 26 août 2016

DOSSIER: OUATTARA ET LE MYTHE DE LA CROISSANCE

 

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Côte d'Ivoire: Du maquillage des résultats électoraux au maquillage des taux de croissance du produit intérieur brut (PIB).

Dr DON MELLO Ahoua.

 

«En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif du PIB (Produit Intérieur Brut) de -8,5% en 2015, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe. Cela était trop gros. Même si en 2015 on prend en compte l’appréciation du dollar US (+13,2%), on n’obtient dans le meilleur des cas qu’un taux de croissance de 3,7%, ce qui serait un ralentissement de la croissance que les autorités ivoiriennes ne semblent pas disposées à accepter». Ainsi s’exprima Jean-Charles THIEMELE, Expert Économiste Financier ivoirien sur le Produit Intérieur Brut et le taux de croissance 2015 non encore certifiés par la communauté internationale.

Dis-moi comment tu gagnes le pouvoir et je te dirai comment tu gagnes tes taux de croissance.

En faisant certifier de faux résultats électoraux par l’ONU, le Dr Alassane Dramane OUATTARA dit ADO accède au pouvoir en promettant d’étonner le monde. Malgré le point d’achèvement de l’Initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) qui permettait de disposer de ressources suffisantes pour faire face à la pauvreté, les ivoiriens crient famine; pendant ce temps, le Dr ADO aligne au fil des années des PIB et les taux de croissance les plus spectaculaires:

- 2012 : PIB 27,1 milliards de dollars US, taux de croissance 9,8%

- 2013 : PIB 31,06 milliards de dollars US, taux de croissance 8,7%

- 2014 : PIB 34,25 milliards de dollars US, taux de croissance 8,5%

En 2015, c’est avec une assurance démesurée, que le Dr ADO et son honorable et dévoué Premier Ministre Daniel KABLAN DUNCAN attendaient un PIB de 37 milliards de dollars et un taux de croissance à deux chiffres, soit 10,3%.

Avec la certification par le respectable Fonds Monétaire International (FMI), une autre branche de L’ONU, les ivoiriens étaient gavés de beaux chiffres que leur quotidien ne reflète pas du tout. « L’argent travail mais ne circule pas » répondait le Docteur ADO aux Ivoiriens qui cherchaient en vain le fruit de la croissance dans le panier de la ménagère transformé en « sachet de la ménagère » selon un humour bien ivoirien ; comme si l’argent pouvait travailler sans circuler.

La confiance que le FMI accordait aux chiffres présentés par le Dr ADO n'excluait pas quelques réserves. En effet, des réserves étaient régulièrement émises par le FMI et des promesses sans lendemain étaient régulièrement faites par le régime Ouattara pour les lever.

En illustration, le rapport de mission du FMI de Juin 2014, rapporte :

« Les services du FMI ont néanmoins regretté qu’on ne se soit pas attaqué aux points faibles des comptes nationaux de 2012 avant la finalisation en cours de ceux de 2013 » (Rapport FMI 2014)

Il a fallu la crise de l’Attiéké (semoule à partir du manioc) en 2016 pour découvrir la vérité sur le taux de croissance réel du PIB.

DE LA CRISE D’ATTIEKE AU REJET DES CHIFFRES DE 2015 DU Dr ADO

Du 24 juin au 7 juillet 2016, une délégation du FMI arrive en Côte d’Ivoire pour certifier le taux de croissance à deux chiffres proposé par les alchimistes du Dr ADO. Comme on ne prête qu’aux riches, un PIB mirobolant et un taux de croissance à deux chiffres constituaient les clés pour ouvrir le ciel pour une seconde pluie de milliards des bailleurs de fonds après le jackpot de l’initiative des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

Auréolé par l’exécution des projets conçus sous la Présidence de Laurent GBAGBO mais en révisant à la hausse les coûts des travaux pour gonfler le PIB et rembourser sa dette vis-à- vis des sponsors de la guerre qui l’a porté au pouvoir (le pont HKB évalué à 60 milliards de FCFA par les experts chinois sans péage, a été révisé à 180 milliards de FCFA avec péage, la rénovation et l’équipement de l’Université d’Abidjan expertisée à 40 milliards de FCFA sous GBAGBO, a été révisée à 110 milliards de FCFA sans équipements de laboratoire), le Dr ADO voulait cette fois-ci s’affranchir en faisant concocter durant 5 bonnes années, 114 projets (cf. site web du Comité National de Pilotage des Partenariats Public-Privé (CNPPPP) logé au BNETD) évalués à 14 000 milliards de FCFA.

La ligne rouge de la dette étant fixée à 70% du PIB, il fallait donc un PIB élevé avec une croissance forte pour forcer le coffre-fort des bailleurs de fonds à défaut de pouvoir utiliser contre eux la force armée comme il l’a fait pour la BCEAO de Bouaké pour financer sa rébellion armée. La certification du PIB de 37 milliards de dollars avec un taux de croissance de 10,3% était la clé du coffre-fort. Les experts du FMI font remarquer:

«Le secteur public reste le fournisseur principal des infrastructures publiques, mais étant donné les besoins d’infrastructures considérables et dans le contexte du PND (Programme National de Développement 2016-2020), les autorités cherchent à impliquer davantage le secteur privé au moyen de partenariats public-privé (PPP). Le portefeuille inclut aujourd’hui 114 projets pour un montant total d’environ 14 000 milliards de FCFA (environ 75 % du PIB de 2015), principalement dans les secteurs du transport, de l’énergie, de la faune et de la pêche, et du tourisme. » (Rapport de Mission du FMI, juin 2016)

Malheureusement pour le Dr ADO, la crise de l’ATTIEKE a donné rendez-vous aux experts du FMI.

En effet, la délégation découvre avec stupéfaction le cri des Ivoiriens sur la cherté de la vie en général et en particulier le manque de manioc sur le marché pour fabriquer de l’Attieké alors qu’elle arrivait pour certifier une croissance du PIB de 10,3% tirée par une croissance record de 12% de la production du vivrier dont le manioc seul battait le record de 74% de croissance (lettre d’intention du gouvernement au FMI 19 MAI 2015). Cette croissance extraordinaire devait répondre donc en abondance au besoin de la population et à prix accessible. La réalité était l’exact opposé des chiffres du Dr ADO : les prix doublaient sur le marché et le manioc se faisait rare.

Lisons ensemble cet extrait du rapport de mission du FMI qui exprime leur stupéfaction:

«La croissance du PIB réel est estimée à 7,9 %, tirée par les excellents résultats des services et de l’agriculture qui ont compensé la timide expansion du secteur secondaire (à cause en partie d’une baisse de la valeur ajoutée du secteur de l’énergie). Cependant, la précision des estimations du PIB de 2014 est quelque peu incertaine en raison de lacunes dans la collecte des données sur l’agriculture de subsistance. En particulier, les autorités ont signalé une récolte de manioc exceptionnelle (hausse de 74 % qui a contribué à hauteur de 1,3 point de pourcentage à une croissance totale de 7,9 % du PIB). » (Rapport 2016, Mission du FMI)

Le doute s’installe et le FMI propose son assistance à l’Institut Nationale de la Statistique (INS) le temple du maquillage des chiffres qui permettent le calcul du PIB. Son rapport de fin de mission, écrit dans un langage propre aux diplomates est éloquent :

« Faute de données finales de l'Institut national de la statistique, les autorités et les services du FMI ont utilisé une série d'indicateurs de l'activité pour obtenir des estimations préliminaires de l'expansion de la production. Pour 2015, les autorités estiment que la croissance du PIB réel a atteint 10,3 %. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016 »

Le rapport souligne avec plus de diplomatie, la médiocrité des données économiques :

« Les administrateurs invitent en outre les autorités à redoubler d’efforts pour améliorer la production et la diffusion de données économiques de qualité » (Rapport du FMI juin 2016)

Cette nouvelle interpellation fait suite à celle de 2015 qui soulignait :

« Les graves faiblesses du système statistique qui empêchent de mesurer avec précision la croissance de l’activité économique. Le manque de données de base dans quelques secteurs (agriculture de subsistance, bâtiment et travaux publics, services immobiliers, par exemple) amène à utiliser des approximations ou à recourir à des méthodologies statistiques (groupes échantillons) qui ne donnent que des résultats imprécis. Ces difficultés sont aggravées par : (i) des contraintes en matière de dotation en personnel et de capacités de l’Institut national de la statistique (INS) et (ii) les erreurs occasionnelles dans le calcul des comptes nationaux. En 2014 notamment, les services du FMI ont recensé dans les comptes nationaux de 2012, dernière année pour laquelle des estimations définitives avaient été produites, des lacunes dans le calcul des taxes nominales sur les produits, parallèlement à certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels, ce qui modifie directement la croissance du PIB. Étant donné les faiblesses notables du système statistique, les perspectives de croissance récentes et à moyen terme risquent d’être quelque peu optimistes, ce qui pourrait compliquer la gestion des finances publiques en 2015. (Rapport FMI 2015)

Les choses se compliquèrent effectivement en 2015 avec la crise de l’ATTIEKE.

Ahuris par l’absence de bases de données solides sur les activités économiques dans plusieurs secteurs d'activités, les experts du FMI s’en remettent à leur hiérarchie pour la certification de la croissance à deux chiffres et du PIB de 37 milliards de 2015 en émettant de sérieuses réserves. La délégation constate qu’à l’INS les prix sont stables alors que le prix de l’ATTIEKE double chaque année. Dans n’importe quel quartier d’Abidjan il est difficile de trouver 4 jeunes sur 100 ayant un emploi là ou l’INS affirme que seul 4 jeunes sur 100 n’ont pas de travail. Alors que les enfants sont devenus des « microbes » envahissant les rues d’Abidjan, l’INS estime les dépenses pro-pauvres à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014.

Bref, l’échantillon d’Ivoiriens que fréquente l’INS semble être sur un autre territoire différent du territoire ivoirien.

Les experts du FMI ne se laissent pas distraire, pour autant, par les alchimistes du Dr ADO sur leur prétendue lutte contre la pauvreté. Le rapport ci-dessous le fait remarquer dans un langage tout aussi maquillé :

«La croissance s’est accompagnée d’une baisse modérée de la pauvreté et d’une lente amélioration des autres indicateurs du développement humain. Cependant, il subsiste des disparités considérables au niveau national sur le plan du niveau d’éducation, de l’emploi et du revenu (Annexe I). Selon le Rapport sur le développement humain 2015, la Côte d’Ivoire se situe à la 172e place sur 188 pays, avec un indice global de développement humain inférieur à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. » (Rapport de Mission du FMI, Juin 2016)

Les remarques inquiétantes et les réserves incessantes des experts du FMI n’ont pas empêchés le conseil d’administration de cette institution de certifier régulièrement les faux PIB et les faux taux de croissance.

Si les experts avaient eu le temps de faire un audit du PIB et du taux de croissance, le Dr ADO aurait été pris la main dans le sac. Il suffisait simplement d’auditer les coûts réels des grands travaux et de jeter un coup d’œil sur les chiffres du port autonome d’Abidjan. Ils se seraient aperçus que sous le beau maquillage des chiffres, se cache la laideur palpable d’un maquillage économique à l’instar du maquillage électoral permanent. Il a refusé le recomptage des voix en 2011, mais cette fois-ci, il lui sera très difficile de refuser le comptage des marchandises qui passent par le port et qui donnent donc le pouls et le visage vrai et non maquillé de l’économie ivoirienne.

En effet, le caractère extraverti de notre économie fait que la croissance du PIB est intimement liée à la croissance du trafic du port d’Abidjan. Les économètres diront qu’il existe une forte corrélation entre le PIB et le trafic marchandises du port d’Abidjan et les mathématiciens diront que les deux courbes qui traduisent le PIB et le trafic marchandises au Port d’Abidjan évoluent dans le même sens. En termes simples, plus l’économie croit, plus le trafic du port augmente en volume. Dans le langage Nouchi (créole ivoirien), on dira qu’entre le PIB et le trafic marchandise au port d’Abidjan c’est une combinaison qui marche concomitamment, c’est ton pied mon pied. Si l’un monte l’autre monte et si l’un descend l’autre descend avec lui. Rendons-nous donc sur le site du Port Autonome d’Abidjan pour la vérité sur la croissance du PIB ivoirien :

Année                                  2007    2008    2009    2010    2011    2012    2013    2014    2015

Trafic (million de tonnes)  21.37   22.08   24.03   22.4     16.6     27.7     21.4     20.8     21.4

Taux de croissance en %   1.77     2.54     3.25     2.02     -4.39    9.8       8.7       8.5       8.5

Ce tableau démontre qu’entre 2007 et 2012 la croissance du trafic au port d’Abidjan et la croissance du PIB ont évolué dans le même sens. De 2009 à 2010 le trafic a chuté de 24.3 millions de tonnes à 22.4 millions de tonnes, cela a entraîné une chute du taux de croissance de 3.25 à 2.02. De 2010 à 2011, le trafic a chuté de 22.4 millions de tonnes à 16.6 millions de tonnes et concomitamment le taux de croissance a enregistré sa plus forte chute passant de 2.02% à -4.39% pour faire une forte remonté à 9.8% en 2012, entraînant une forte remontée du trafic à 27.7 millions de tonnes. La chute du trafic de 2012 à 2014 ne peut qu’entraîner la chute de la croissance du PIB dans les mêmes proportions selon la règle « ton pied mon pied ». Au regard du tableau ci-dessus, les taux de croissance du PIB de 2013 et 2014 ne sont pas en corrélation avec le trafic portuaire. La chute brutale du trafic entre 2012 et 2013 devait s’accompagner d’une chute brutale du taux de croissance, ce qui n’est pas le cas selon le Dr ADO. Cette inadéquation n’est justifiable que si la Côte d’Ivoire avait réussi avec la pluie de milliards à restructurer son économie de telle sorte qu’elle produise ce qu’elle consomme et consomme ce qu’elle produit, ce qui n’est pas encore le cas.

La seule année de croissance ou la richesse créée, même surfacturée, est supérieure à celle créée les années précédentes, est celle de 2012 avec la relance des chantiers qui avaient été initiés sous Laurent GBAGBO. Depuis 2012 l’économie ivoirienne est en décroissance. Le niveau de richesse réelle exportée et importée à partir de 2013 (21.4 millions de tonnes) est proche de celle de 2007 (21.37 millions de tonnes) ce qui veut dire que le PIB réel de la Côte d’Ivoire en 2015 devait être proche de celui de 2007. Le trafic au port autonome d’Abidjan n’a pas retrouvé son trafic de 2009 (24.03 millions de tonnes) alors que les chiffres de croissance du Dr ADO indiquent que le développement accéléré de la Côte d’Ivoire a fait doubler les importations et a donné un coup d’accélérateur à l’exportation. Au regard du trafic du Port Autonome d’Abidjan que nos alchimistes n’ont pas pris la peine de maquiller pour coller avec le maquillage du PIB, le niveau de richesse de la Côte d’Ivoire est plus proche de celle de 2007 avec une population qui est passée de 19 millions d’habitants à 23 millions (chiffres de l’INS à prendre avec des réserves). La pauvreté ne peut que croître et c’est cette réalité qui est le quotidien des Ivoiriens.

Pour maquiller cette réalité et jeter la poudre aux yeux des experts, le gouvernement ivoirien a fait croire que la croissance est tirée par le secteur vivrier qui lui ne passe pas par le port d’Abidjan et qui aurait atteint un chiffre de croissance de 12% en 2015. Cette croissance, selon les alchimistes, est dérivée de celle du manioc qui a grimpé de 74%. La crise de l’ATTIEKE est venue compromettre ce maquillage. En langage humoristique Nouchi on dira : « y a rien en face comme croissance, c’est manioc sans Attiéké » La question que l’on est en droit de se poser est la suivante: Où sont passés les ressources du PPTE et les milliards de dettes contractées au nom de la Côte d’Ivoire après le point d’achèvement du processus PPTE de 2012 à 2015 ?

Même si Christophe BARBIER, le célèbre journaliste avait donné la réponse par anticipation en disant « nous leur ferons payer la facture de la guerre » sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO, il s’agit de faire la démonstration.

La réalité est que l’argent qui est rentré par emprunt ou don, est ressorti sans laisser de trace de développement autre que les projets qui avaient déjà été initiés sous Laurent GBAGBO. La Côte d’Ivoire a ainsi renoué avec la fuite des capitaux qui engendre les balances de paiements négatifs depuis 2012, alors que cela avait disparu sous Laurent GBAGBO de 2001 à 2011. Or c’est le déficit cumulé de la balance des paiements avant 1994 qui a entraîné la dévaluation de 1994. En renouant avec les balances de paiements négatifs, le Dr ADO met en péril les pays de l’UEMOA et le niveau de vie des populations de l’UEMOA. Examinons ensemble, à travers les rapports du FMI et des documents du gouvernement ivoirien, le mécanisme de détournement de deniers publics et de fuite de capitaux en démaquillant les termes employés par les experts du FMI en guise de respect pour leur ancien patron.

LE MECANISME D’IMPORTATION ET DE REEXPORTATION DE L’ARGENT : L’ARGENT TRAVAIL MAIS NE CIRCULE PAS (dixit Dr ADO).

En mécanique, le travail est le produit scalaire de la force et du déplacement. Vu sous cet angle, effectivement l’argent est déplacé par la force du FMI et se retrouve dans les nombreux comptes ouverts par le gouvernement ivoirien dans les banques commerciales. Par le mécanisme des travaux fictifs, des fausses factures et des surfacturations (cas du troisième pont et de l’université d’Abidjan), l’argent emprunte le chemin inverse pour repartir sur d’autres comptes à l’extérieur de la Côte d’Ivoire sans que cela ne circule sur le territoire ivoirien. C’est cette vérité que révèlent dans un langage agréable et diplomatique les deux rapports du FMI de 2015 et de 2016 ainsi que le mémorandum du Gouvernement ivoirien adressé au FMI en guise de repentance et de pardon pour arracher la certification du PIB de 2015.

Relisons le mémorandum de politique économique adressé par le gouvernement ivoirien au FMI du 19 Mai 2015 et les rapports de 2015 et de 2016 du FMI, nous découvrons :

« Le Gouvernement s’attèlera à la mise en place du Compte Unique du Trésor (CUT) afin de centraliser les opérations de trésorerie de l’administration publique. À cet effet, 1 400 comptes publics domiciliés dans les banques commerciales sur les 2 500 comptes dénombrés seront clôturés ». (Mémorandum de Politiques Économiques et Financières, 19 mai 2015).

Le rapport du FMI de 2015 pointe le doigt sur le mécanisme de production des fausses factures dans un langage bien choisi:

« Le recours croissant à des mécanismes extra-budgétaires (financés à l’aide d’emprunts souscrits par les entités publiques) pour effectuer des opérations budgétaires ou quasi budgétaires est un sujet de préoccupation pour la mission…. Les services du FMI ont noté que cette pratique viole le principe d’universalité du budget, mène à un périmètre budgétaire excessivement étroit et affaiblit le contrôle budgétaire. La mission invite les autorités à ne pas utiliser les entités publiques pour procéder à des activités budgétaires ou quasi budgétaires et à élargir le cadre budgétaire ». (Rapport FMI, 2015).

En langage pénal, lorsque toutes les institutions fonctionnent normalement, une dépense extra-budgétaire est un détournement de deniers publics. C’est pour cette raison que les experts du FMI ont recommandé la création d’une chambre de discipline budgétaire à la cour des comptes. Une dépense extra-budgétaire engendre des deno (dépenses engagées non ordonnancées). Les fameux « deno » qui ont été à la base du scandale de 18 milliards de francs CFA sous le gouvernement BEDIE. Cette fraude massive organisée sous le régime du PDCI-RDA, a occasionné la suspension de l’aide des bailleurs de fonds en 1998 ainsi que la chute du PDCI-RDA en 1999.

Pour la seule année 2014, le rapport évalue les détournements de deniers publics baptisés par une sémantique plus diplomatique « dépenses extra-budgétaires » à 58,4 milliards de FCFA (rapport du FMI, 2015), tournant complètement le dos à la stratégie des budgets sécurisés développée par l’Administration Gbagbo. On peut imaginer qu’une bonne partie aurait servi à arracher au PDCI-RDA l’appel de Daoukro et le soutien de la galaxie françafricaine à la violation de la Constitution ivoirienne pour permettre la candidature du Dr ADO pour un second mandat. Les dépenses extra-budgétaires qui étaient un crime hier sous BEDIE sont devenues la norme sous le Dr ADO, ainsi va la justice et la gouvernance mondiale: « qui veut noyer son chien l’accuse de rage ».

Les surfacturations et les fausses factures ainsi produites par une entreprise internationale qui a des comptes multiples à l’extérieur de la Côte d’Ivoire, rentrent dans le calcul du PIB sans faire rentrer ou sortir une seule marchandise du territoire ivoirien. Par contre, l’argent emprunté pour financer les projets, comme dans un jeu de ping pong, retourne d’où il est venu. Ainsi, les importations et les exportations qui conditionnent le PIB augmentent sur papier sans trace au port ni dans le panier de la ménagère. Cette entreprise qui produit des surfacturations et des factures fictives n’a pas besoin d’importer ou d’exporter des biens matériels à la hauteur de sa facture ni d’embaucher de la main d’œuvre ni de payer des taxes (elles sont toutes exonérées en application du code d’investissement). Elle a besoin tout simplement de détourner l’argent et l’expédier vers d’autres cieux, ce que le FMI appelle « certains mouvements inexpliqués de la valeur ajoutée sectorielle en termes réels ». Les demandeurs d’emploi, les transitaires et les ménages n’en bénéficient pas. Seule bénéficiaire la galaxie françafricaine liée à ce nouveau régime. Chaque responsable politique, administratif ou dirigeant de société d’Etat est en relation avec une panoplie de sociétés de surfacturation et de factures fictives (voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de familles), il passe des marchés extra-budgétaires en mode gré à gré et produit des surfacturations et des factures fictives permettant à l’argent de faire du ping pong sans atterrir sur le sol ivoirien ou dans le panier de la ménagère. L’argent travaille comme une balle de ping pong mais ne circule pas sur le territoire ivoirien sauf entre les mains des « racketteurs ». Les ivoiriens deviennent donc des spectateurs d’un jeu de ping dont ils paient le ticket pour y assister.

Les contrats de concessions sont renouvelés et des péages institués pour faire payer les tickets aux citoyens, spectateurs obligés de ce jeu de ping pong. Des licences d’exportations sont accordées pour faire payer en nature le prix du ticket au paysan en le dessaisissant de son cacao à vil prix sans tenir compte des prix indicatifs pompeusement annoncés. Le cacao ainsi exproprié, qui représente le prix du ticket du paysan pour le spectacle du ping pong, est revendu à prix d’or sur le marché international. Le diamant, l’or, le manganèse, le bois etc. sont des butins de guerre. Ils sont pillés et exportés sans trace dans les comptes de l’Etat. (Voir dossier de la lettre du continent : Ouattara et les affaires de famille).

Parfois, le gouvernement ne s’embarrasse pas de la procédure de factures fictives qui demande de savoir lire et écrire. Or les bataillons de Dozos et de tirailleurs recrutés dans la sous-région pour renverser le Président GBAGBO avec le soutien de la galaxie françafricaine sont des analphabètes et des semi-lettrés. Ils sont devenus, par la magie du DDR (Désarmement, Démobilisation Réinsertion) des fonctionnaires non reconnus par le fichier de la fonction publique mais affectés au trésor, aux impôts, à la douane, à la gendarmerie, à l’armée, à la police etc.. Certains ont des plantations de cacao volées après avoir chassé ou tué les propriétaires, ils ont aussi des coopératives ou des sociétés fictives dans le secteur du BTP, dans le commerce du cacao et dans les fournitures diverses (voir dossier de la lettre du continent).

A partir des nombreux comptes, le gouvernement utilise la technique des avances du trésor c’est-à-dire des paiements effectués sans bulletin de salaire, sans facture ni support, pratique là encore totalement contraire au principe du budget sécurisé. Ils sont payés en main propre ou par virement bancaire à partir d’un des 2500 comptes du gouvernement. Voilà pourquoi les dépenses pro-pauvres s’élèvent à 1 622.4 milliards de FCFA en 2014 sans impact significatif sur la réduction de la pauvreté. A titre de comparaison, dans le programme de la Refondation 2010-2015 de Laurent GBAGBO, le coût total pour rénover ou doter les 11 000 villages de la Côte d’Ivoire en eau, électricité, internet, centre de santé et une école primaire est de 1 100 milliards de FCFA. Or 1 622 milliards ont été dépensés en une année sans aucune trace de développement dans les villages. Il s’agit tout simplement de payer la facture de la guerre et non une quelconque prestation réelle pro-pauvre. « Nous leur ferons payer la facture de la guerre » Christophe BARBIER n’était pas le seul à le penser. Les revenus de ces curieux fonctionnaires nouveaux sont complétés avec des bons d’essence qui plombent les sociétés d’Etats comme la SIR (dettes cumulées 181 milliards de FCFA, rapport 2015 et 2016, FMI). Les subventions sont accordées à des coopératives fictives ou semi-fictives de cacao, des sociétés d’exportation fictives ou semi-fictives, des écoles privées fictives employant des élèves tout aussi fictifs. Le rapport du FMI de 2015 recommande :

«De réduire encore le volume élevé de dépenses publiques effectuées selon des procédures exceptionnelles (avances du Trésor notamment). Ils leur demandent de surveiller de près l’endettement des entités du secteur public…… qu’à compter de la loi de finances 2015, les crédits budgétaires affectés aux subventions aux écoles privées, au secteur de l’électricité et aux achats de carburant par les forces armées soient réalistes….de renforcer le contrôle sur les ministères dépensiers (plus grande mobilité des agents et audits plus fréquents)….d’envisager de créer une chambre de discipline budgétaire et financière au sein de la Cour des comptes » (Rapport 2015)

Pour combler le déficit causé par ces dépenses extra-budgétaires à la SIR et à la PETROCI et les avances du trésor, le gouvernement n’a révisé que légèrement le prix du carburant à la pompe au lieu d’appliquer le mécanisme automatique de la baisse du prix du carburant lorsque le pétrole a baissé de près de la moitié sur le marché mondial. Il a aussi refusé de baisser le prix de l’électricité à la fin des contrats de concession sur le gaz qui constitue l’essentiel du prix du secteur. Il a aussi différé la revalorisation des salaires des enseignants et le règlement des problèmes universitaires.

C’est ce que note le rapport du FMI de 2015 :

« Les autorités ont aussi accepté de réviser à la baisse les projections des dépenses d’investissement sur la base du taux d’exécution de 2014, ainsi que la masse salariale (les hausses de salaires ont été différées de janvier à une date ultérieure pendant l’exercice), et d’affecter l’équivalent de 12 milliards de FCFA de provisions inscrites dans la loi de finances à des dépenses imprévues pour compenser en partie les dépenses extra-budgétaires » (rapport FMI 2015)

Ainsi les détournements massifs pour payer la facture de la guerre ont pour conséquence, d’augmenter les factures d‘électricité et le coût du transport, de différer la revalorisation salariale, et pire encore de privatiser le prestigieux Institut National Polytechnique (INPHB) qui demande maintenant aux élèves ingénieurs de débourser 2 800 000 FCFA par an pour suivre les cours. Le prestigieux diplôme de l’INPHB devient une marchandise. L’enseignement supérieur est en route pour l’émergence de la médiocrité. L’université d’Abidjan, maquillée à 100 milliards de FCFA, manque d’équipements de laboratoire. Les étudiants sont donc contraints de croire sans expérimentation perdant ainsi le réflexe de l’esprit scientifique. Ainsi se fabrique « l’ivoirien nouveau » version OUATTARA, débarrassé de l’esprit scientifique dans une université devenu le tombeau de la culture scientifique et le temple des croyances sans vérification.

Ainsi, la cherté de la vie, la privatisation de l’INPHB, l’assassinat de la culture scientifique et la non valorisation des salaires dérivent donc des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor pour payer la facture de la guerre! Les vrais fonctionnaires et les vrais entrepreneurs n’ont aucun soutien et souffrent d’arriérés de paiement de salaire et de facture, les citoyens souffrent de la cherté de la vie pour payer la facture externe et interne de la guerre et leur ticket de spectateurs du jeu de ping pong.

Le refus des experts du FMI de certifier quelques-uns de ces crimes économiques, a conduit à ne pas accepter le taux de croissance de 10,3% de 2015 proposé par le gouvernement ainsi que le PIB de 37 milliards de dollars. Le coup fatal est que le PIB qui était projeté à 37 milliards de dollars, a été revue à 31 milliards de dollars, en baisse de 6 milliards de dollars par rapport à l’attente du Dr ADO et de 3 milliards de dollars par rapport à l’année 2014. Cette donne a fait dire à l’expert ivoirien Jean Charles THIEMELE que :

« En utilisant les données en dollars de l’institution de Breton Wood on trouve un taux de croissance négatif de -8,5%, l’exact opposé de la croissance acceptée aujourd’hui par le gouvernement de +8,5% en monnaie locale, comme si on s’était livré à une inversion de signe ».

La très respectable agence Ecofin va dans le même sens que l’expert ivoirien :

« Toutefois, un aspect du PIB qui n'est pas souvent relevé par les responsables publics est la performance du PIB en dollars US. Un aspect qui doit être pris en compte par les pays importateurs de carburant et de biens de consommation. Or, de ce point de vue, la croissance économique ne sera pas au rendez-vous. Le PIB en dollars de la Côte d'Ivoire est annoncé à seulement 31,7 milliards $, contre près de 34 milliards $ en 2014 » (site web agence ecofin 13/07/2015).

Rappelons que la croissance du PIB d’un pays est définie comme suit :

« La croissance annuelle du Produit intérieur brut (PIB) en % représente la variation relative du volume du PIB en dollars constants entre deux années. Elle reflète l'augmentation (ou la baisse dans le cas d'une croissance négative) du niveau d'activité économique dans un pays. Il s'agit d'un indicateur souvent retenu lorsque l'on veut faire des prévisions à court et à moyen terme sur la situation économique d'un pays. » (Site web, université de Sherbrook, perspective monde, 2016) ».

Ce verdict est inacceptable pour le Dr ADO qui préfère le calcul du PIB en monnaie locale et entend utiliser les multiples connexions qui existent entre les 2500 comptes de l’Etat ivoirien et la galaxie françafricaine pour rappeler à chacun le jeu de ping pong dans le cadre du pacte françafricain et arracher à la galaxie françafricaine la certification de son PIB et de son taux de croissance à deux chiffres. Il a réussi en 2013 et 2014 malgré les réserves des experts qui, pour se démarquer de leurs décideurs ont écrit au début de leur rapport :

« Les communiqués de presse publiés en fin de mission par les services du FMI expriment leurs observations préliminaires au terme d'une mission dans un pays. Les opinions exprimées dans ces conclusions sont celles des services du FMI et ne sont pas nécessairement celles du Conseil d'administration. Sur la base des observations préliminaires de cette mission, les services du FMI établiront un rapport qui, sous réserve de l'approbation de la direction, sera soumis à l'examen et à la décision du Conseil d'administration du FMI. » (Déclaration de fin de mission le 7 juillet 2016).

Quel que soit l’issue de ce bras de fer entre experts et membres du conseil d’administration du FMI, le Dr ADO qui compte sur la certification du FMI pour tromper la vigilance des investisseurs directs étrangers (IDE) pour financer les 114 projets identifiés à hauteur de 14 000 milliards de francs CFA ne les verra pas. Il ne reste plus à « ADO solution » que de continuer à brader le patrimoine de l’Etat, à accroître le prix du ticket par la pression fiscale sur les opérateurs économiques qui créent effectivement de la richesse et à augmenter la cherté de la vie. Entre 2011 et 2015, à part les créateurs d’entreprises fictives pour prendre leur part de butin de guerre, les investisseurs ne sont pas venus pour des affaires mais en tourisme d’affaires malgré le Vuvuzela du gouvernement. Leurs promesses d’investissement ont été considérées par les prestidigitateurs du Dr ADO entre 2011 et 2015 comme des investissements. Les experts du FMI n’ont pas maquillé cette réalité dans leur rapport de 2015:

« La saisie de l’IDE (investissement Direct Etranger) dans les statistiques de balance des paiements disponibles est médiocre » (Rapport 2015).

La course à la croissance à deux chiffres est terminée pour le Docteur ADO. En langage Nouchi on dira «Boribana». Le compte à rebours va bientôt commencer avec la convergence des échéances de la dette qui a atteint le niveau d’avant son annulation. Au lieu d’avouer la catastrophe, le gouvernement tente de maquiller les comptes publics et de cacher le volume de la dette en pourcentage d’un PIB qui est lui-même surestimé.

CONCLUSION

Comme les spectateurs de la coupe du monde de football 2010 en Afrique du sud, un seul mot résume les performances économiques du Docteur ADO : VUVUZELA.

La gestion du Dr ADO sonne le retour des « grilleurs d’arachides », expression consacrée sous le parti unique pour désigner les détourneurs de deniers publics. Le résultat de cette gouvernance est une vaste opération mondialisée de détournement de fonds publics.

L’hypothèse la plus probable qui se dégage à la lumière de la gouvernance du Dr ADO par des dépenses extra-budgétaires et des avances du trésor, est que la guerre faite à la Côte d’Ivoire par la galaxie françafricaine pendant 8 ans, a été faite à crédit avec promesse de remboursement sur les ressources financières de la Côte d’Ivoire et ses matières premières.

Cette hypothèse est confirmée sans faux fuyant ni langage diplomatique par le célèbre journaliste français Christophe BARBIER qui disait sur une chaîne de télévision française au lendemain de l’arrestation de Laurent GBAGBO « nous leur ferons payer la facture de la guerre ». La Côte d’Ivoire sous Ouattara n’est qu’un butin de guerre. Le conseil d’administration du FMI ne sert que de levier pour mobiliser les fonds et certifier le maquillage des comptes comme sa génitrice ONU l’a fait pour les élections. Le maquillage des comptes publics n’est que le prolongement du maquillage des élections. Le Dr ADO devait gagner les élections et avoir des taux de croissances élevées pour lever les fonds et faire piller les ressources naturelles pour payer la facture de la guerre.

Tandis que le Ghana avance en acceptant et corrigeant ses faiblesses avec un PIB en 2015 de 36.4 milliards de dollars détrônant depuis 2012 la Côte d’Ivoire du rang de deuxième économie de la CEDEOA, le Dr ADO continue de faire croire aux Ivoiriens qu’ils sont la deuxième puissance de la CEDEAO après le Nigeria et qu’ils émergeront de leur souffrance en 2020.

Le Dr ADO sert du Vuvuzela aux ivoiriens pendant que le Cap-Vert, en moins d’une dizaine d’années, avec une bonne gouvernance de Pedro Pires, sans immixtion ni soumission au Portugal, sans aucune ressource, est passé de l’extrême pauvreté pour se hisser au premier rang de la CEDEAO en terme de PIB par habitant. Il est le premier pays non corrompu de la CEDEAO, premier de la CEDEAO en indice de développement humain avec 100% de taux de scolarisation dans l’enseignement de base et 100% d’assurance maladie. L’expérience Cap Verdienne démontre qu’avec une bonne décentralisation et une gouvernance de qualité en matière de politiques publiques, la Côte d’Ivoire pouvait réaliser un miracle avec toutes les ressources mobilisées avec le PPTE. La dette est remontée à 7804 milliards de FCFA en 2015 au-dessus du niveau d’avant son annulation sans faire émerger la Côte d’Ivoire alors que le programme de refondation décentralisé incluant le transfert de la capitale et le grand Abidjan était chiffré à seulement 6 000 milliards de FCFA de 2010 à 2015.

Il revient à chaque groupe socio-professionnel de réclamer ses droits légitimes en demandant la revalorisation des salaires comme promis à chaque catégorie socioprofessionnelle, la diminution du prix du carburant et de l’électricité en rapport avec la diminution de près de 50% du prix du pétrole et du gaz sur le marché international, aux étudiants de réclamer des conditions de vie et de formation à la hauteur des ambitions d’émergence de la Côte d’Ivoire. C’est ainsi que la Côte d’Ivoire pourra accéder à la culture scientifique, que le sachet de la ménagère pourra devenir un véritable panier ou les prix baisses tandis que les revenus des ménages croissent.

La gauche ivoirienne et la société civile doivent être les avocats et les porte-paroles des masses laborieuses en informant et formant le peuple sur les causes réelles de sa souffrance pour lui permettre d’exercer son droit souverain. Le Dr ADO ne prospère que sur la beauté mythique d’un taux de croissance maquillé dont il détient seul le secret avec le conseil d’administration du FMI, dont la complicité ne lui a pas fait défaut jusqu’à présent malgré les grincements de dents de plus en plus bruyants.

Les droits socio-économiques et la bonne gouvernance ne tombent pas du ciel, ils sont le résultat de l’action éclairée, coordonnée et unifiée des masses laborieuses et des exclus en vue de faire prendre en compte leurs desideratas.

 

Dr DON MELLO Ahoua

SIMONE COGNE AUX ASSISES, GBAGBO ECRASE A LA HAYE

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Deux continents. Deux espaces. Deux lieux. Deux scènes. Deux équipes. Deux personnages politiques: Gbagbo et Ehivet. Tous deux soumis aux mêmes chefs d’accusation. Ou presque. A Abidjan comme à La Haye, les Gbagbo ne donne pas du lait aux Sanhédrins d’Abidjan et de La Haye. Ni du miel aux parties adverses: procureurs et   représentants des victimes(?).

 

Les Sanhédrins d’Abidjan et de La Haye

Les Tribunaux d’Abidjan et de La Haye, ont donné aux Gbagbo l’occasion d’exposer dans les détais, leur pensée du politique et de la politique. Quoique dans le cas du président Gbagbo, étant donné la nature concrète de la CPI qui ne lui permet pas de faire ressortir et de prouver par lui-même dans les moindres détails la critique des chefs d’accusation, sa Défense fait le boulot. Ce qui est néanmoins un handicap.

On sera déçu si l’on cherche dans les pages constituant les dossiers d’accusation, une analyse complète du coup d’Etat occidental en Côte d’Ivoire qui s’est soldé par une élection handicapée par la violence rebelle, un conflit armé sous le commandement de la France et de L’ONUCI, et la “capturation” du couple Gbagbo. Ces dossiers vidés de leur substance ne saurait être le fondement de la compréhension de toutes les pièces du système conflictuel Ivoirien depuis 2002 à ce jour.

De sorte que, un travail de juges tendant à rendre justice à partir de tels dossiers ne peut avoir qu’une seule prétention. Cacher la vérité. Mais l’abnégation des accusés et de leur Défense, a produit l’effet insoupçonné par l’Accusation. Ils ont éveillé l’intérêt des curieux et des partisans de l’ordre colonial pour ce double-procès. Suscité leur désir à comprendre l’essence des faits qui ont conduit à ces Assises. En plus, le développement des thèses contradictoires via le contre-interrogatoire à briser les obstacles qui se sont accumulés au cours du temps empêchant une interprétation lucide du drame Ivoirien.

L’irrationalité des magistrats, de la partie civile, et de l’Accusation, en plus de leurs formules synthétiques en place d’un raisonnement raisonné, ont fini par convaincre que pour eux, ce qui est rationnel est irréel, et ce qui est réel est irrationnel.  La science de la logique abstraite. La mise en perspective inabordable. Ce qui renforce la thèse de la justice coloniale d’un côté et des vainqueurs de l’autre—dans ces Tribunaux situés dans deux espaces géographiques différents à des milliers de kilomètres l’un de l’autre.

Réécriture du Coup d’Etat Franco-Onusien aux Assises d’Abidjan

A la barre de la Cour d’Assises d’Abidjan, le franc-parler de Simone Ehivet a remis à plat l’interprétation du coup d’Etat Franco-Onusien-Rebelle en Côte d’Ivoire et bousculé l’ordre colonial. Laurent Gbagbo à La Haye a fait pareil.

Ainsi, s’expliquant devant la Cour d’Assises le 21 Juin 2016 et parlant des escadrons de la mort, elle situe les faits dans le contexte d’alors. Puisqu’elle n’a jamais préparé un coup d’Etat, n’a pas une armée, n’ayant aucun pouvoir à l’état des faits, elle se demande à juste titre comment elle pouvait constituer un escadron de tueurs. Sur le charnier de Yopougon, elle ne comprend pas que “ceux qui l’ont découvert s’adressent directement aux chaînes–medias–étrangères au lieu de s’adresser à la police ou à la gendarmerie” Nationale. Simple logique et bon sens qui dans les deux cas ont perturbé la sérénité de la Cour dont les jurés se sont mis à bâiller et à somnoler.

L’effondrement de cette Cour n’était pas total lorsque le témoin de l’Accusation, l’officier de gendarmerie Sévérin Kéhi, “offusqué et surpris” qu’on le convoque pour témoigner contre Simone Ehivet qu’il ne connaît pas, assène le coup qui aurait pu arrêter la procédure dans un monde plus enclin à la vérité et à la justice. “Je n’ai jamais reçu d’ordre ni de mes supérieurs, ni de Mme Gbagbo elle-même [pour attaquer la population civile].” Avait-il balancé à la face de ces chercheurs de poux sur une tête rasée. A cet uppercut,  Il ajouta. “Elle n’a donné d’ordre à qui que ce soit de cette nature.” Et conclut. “Elle ne s’immisce pas dans les affaires de l’armée.” Conclusion, la cellule de crise pour élaboration d’un plan commun en vue de liquider les opposants-internes-amis de la communauté internationale qui constitue l’ossature du dossier à charge du procureur de la CPI, n’a jamais existé. Une belle passe de l’épouse à l’époux à plus de 8000 km.

Démantelant le tissu de mensonges des juges iniques et du procureur sur la guérilla urbaine et les tueries d’Abobo, Simone dénonce le concepteur de cette guerre asymétrique que l’injustice couve. “La guérilla à Abobo c’est le commando invisible. Le commando invisible c’est Ouattara.” Message clair adressé à la CPI. Cuno Tarfusser l’appréciera-t-il à sa juste valeur? Rien n’est sûr. Même si le Commandant Jean-Noël Abéhi, témoin à charge contre le président Gbagbo lui a balancé cette même vérité au visage. Ajoutant que ces criminels infiltrés dans la population par l’armée Française et l’ONUCI, étaient plus équipés militairement que l’armée nationale de Côte d’Ivoire.

Rétablissement de la Vérité à La Haye

Présents à la CPI pour confondre le président Gbagbo, ses contradicteurs se dédisent et le dédouanent. L’ancien patron des services secrets de la Côte d’Ivoire, le témoin-clef-masqué P. 520, n’a pas dérogé à la règle. Il a informé que le Woody ne voulait pas de milices armées. Contrairement à Ouattara qui les entretenait. “Autant que je me souvienne, le président de la République avait décidé que les groupes d’autodéfense soient dissous et désarmés…Il ne voulait plus qu’il y ait des groupes armés parce qu’on allait à la paix et aux élections.” Puis insista sur sa volonté affirmée et affichée à trouver cette paix à tout prix. “Il souhaitait absolument qu’il y ait la paix.”

Mohamed Sam Jichi alias Sam l’Africain, témoin P. 44, président de la Nouvelle Alliance de Côte d’Ivoire pour la Patrie–NACIP–, déporté de force à la CPI le 27 Février 2016 pour témoigner à charge contre le Woody,  insiste dès l’ouverture du procès le 7 Mars, sur les qualités d’homme d’Etat et de paix du chef d’Etat Ivoirien. “Le président Gbagbo a accepté de s’humilier pour sauver la Côte d’Ivoire en signant l’accord de Marcoussis—Janvier 2003.” Il explique. “La population n’était pas d’accord mais le président l’a fait pour l’intérêt du pays.” Puis, il  déclara s’être opposé à cette décision de Laurent Gbagbo qui consacrait l’entrée des rebelles dans le gouvernement Ivoirien. “Je soutenais le président Gbagbo de toutes mes forces. Il a fait appel à ceux–rebelles–qui plus tard devaient lui régler son compte.” Parce qu’il “voulait toujours négocier pour le bien-être des Ivoiriens.”

Le témoin P. 48, porte-parole-RDR Joël N’guessan, parti pour noyer Gbagbo se retrouve à condamner ses employeurs. Il révèle que les partis politiques légalement constitués dont le PDCI, le RDR, l’UDPCI et le MFA s’étaient alliés au Mouvement Patriotique de Côte d'Ivoire–MPCI–,  au Mouvement Populaire Ivoirien du Grand Ouest–MPIGO–et au Mouvement pour la Justice et la Paix–MJP,  trois mouvements rebelles qui ont décimé les populations Ivoiriennes depuis 2002  pour former le G7 afin de combattre le président Gbagbo. Par ailleurs, il mentionna que c’est Bédié qui avait donné à ces massacreurs le nom de Forces Nouvelles. Un récit qui renforce la thèse du plan-commun-interne Ouattara-Soro, constitué par l’aile-politique–RHDP–et son aile-militaire–Rebelles–pour s’accaparer du pouvoir par les armes.  

Concernant le plan-commun-interne Ouattara-Soro, qui fait jonction avec le plan-commun-international, des témoins-clefs de l’Accusation épousent l’analyse de Simone Ehivet sur le rôle de la France en tant que parrain du génocide politique et humain en Côte d’Ivoire. Elle prend à témoin les journalistes Français Nathalie Schuck et Frédéric Gerschel qui dans leur ouvrage Ça reste entre nous, hein!, reprennent les propos tenus par Sarkozy. “Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire…On a sorti Laurent Gbagbo, on a installé Alassane Ouattara, sans aucune polémique, sans rien.”

Dans le prolongement de Simone, les questions de Me O’shea font dire par Joël N’guessan que les autorités Françaises avait proposé les détails de la conférence de Linas-Marcoussis au président Gbagbo qui les aurait validés. Sam l’Africain va plus loin. C’est au moment que les signes de paix pointaient “que la France est intervenue en tant qu’arbitre alors que tout le monde savait que ce pays était le père fondateur de la crise en Côte d’Ivoire.”

Préoccupations Face aux Vérités des Gbagbo

A la lumière des éclaircissements des Gbagbo à la barre, de nombreux observateurs, des témoins à charge, et même certaines organisations acquises à l’occident, ont exprimé leurs préoccupations quant au déroulement de ces procès diaboliques sans base juridique ni preuves convaincantes. Et surtout sur leurs issues. C’est ainsi que la presse Française qui est un instrument de polissage des gouvernements Français et Outre-mer acquis à la francafrique, n’en pouvant plus de la mascarade a écrit par RFI, “La justice internationale est instrumentalisée.” l’Obs de son côté a dénoncé “les enquêteurs de la CPI [qui] ont façonné des adolescents.” Tandis que pour Mediapart, “le massacre de Nahibly a été planifié.” Insistant ainsi sur le plan commun Ouattara-Soro-France-ONU du génocide Wé.

Les vérités des Gbagbo mises sur la place publique grâce à ces Tribunaux sur le passé récent de la Côte d’Ivoire, donnent beaucoup de détails sur une nouvelle violation grave des droits de l'homme par les pro-esclavageo-colonialistes. Transgressions qui viennent s'ajouter à une série de violations commises depuis l'occupation illégale des terres et ressources naturelles Ivoiriennes en particulier et Africaines en général.

Les mensonges du système mis à nu, la peur bouillonne dans les entrailles du RDR-RHDP. Amadou Soumahoro, secrétaire général du RDR cumulativement président du directoire du RHDP a exprimé cette trouille lors d’une conférence de presse le 7Juillet 2016. “Si on perd le pouvoir, nous nous retrouverons en exil avec nos femmes et petits-enfants.” Une peur qu’il faudrait néanmoins circonscrire.

Justifiés

Seront-ils condamnés après tout? Quel que soit l’issue, les Gbagbo “ont été lavés, déclarés saints, déclarés justes au nom du Seigneur Jésus Christ et par l'Esprit de notre Dieu”  (1 Corinthiens 6: 11).

 

Feumba Samen

jeudi, 23 juin 2016

COUR D’ASSISES D’ABIDJAN - INTERVENTION DE MADAME SIMONE EHIVET GBAGBO

 

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Le mercredi 1er juin 2016, Madame Simone Ehivet Gbagbo a présenté une intervention en 5 points sur lesquels elle a rétabli la vérité historique des faits qui l’ont amenée à comparaître devant la Cour d’Assises d’Abidjan, ainsi que de toutes les violations du Droit – et des droits de l’homme et de la femme – dont elle a été victime. Focus.

 

I. SUR LE VAINQUEUR DES ELECTIONS PRESIDENTIELLES DE 2010

La Commission Electorale Indépendante (CEI) a transmis au Conseil Constitutionnel, les 30 novembre et 1er Décembre 2010, tous les procès- verbaux de dépouillement des votes du deuxième tour des élections présidentielles sans proclamer de résultats provisoires.

En réalité, la CEI n’a pas été en mesure de procéder à la proclamation de résultats provisoires faute de consensus, mais surtout faute de pouvoir établir un Procès-Verbal de délibération et de résultats au plus tard le 1er décembre 2010.

Le 1er Décembre 2010, le candidat Laurent GBAGBO a, conformément à l’article 60 de la Constitution, formulé des requêtes devant le Conseil Constitutionnel sur des irrégularités constatées, lors du 2nd Tour du scrutin, dans les bureaux de vote de huit départements (Bouaké, Korhogo, Boundiali, Dabakala, Ferkessedougou, Katiola, Béoumi, et Sakassou).

Le 2 Décembre 2010, prenant acte de la transmission des procès-verbaux de dépouillement, et des requêtes du candidat Laurent GBAGBO, le Conseil Constitutionnel a rendu une décision dans laquelle il dessaisissait la Commission Électorale Indépendante, et constatait avoir été régulièrement saisi.

Pièce : Décision de dessaisissement

Ainsi, la critique tendant à affirmer que le Conseil Constitutionnel s’est auto- saisi de la question électorale tentant, par ce fait, d’empêcher la CEI de procéder à la proclamation des résultats provisoires est totalement erronée.

Cependant, ce même 02 Décembre 2010, et contre toute attente, Monsieur BAKAYOKO Youssouf, Président de la Commission Electorale Indépendante, est allé tout seul proclamer de prétendus résultats au quartier général du candidat du RDR, Monsieur Alassane OUATTARA.

Pour le Juge d’Instruction et la Chambre d’Accusation, la Commission Electorale Indépendante aurait de ce fait proclamé le 02 Décembre 2010, les résultats des élections présidentielles donnant le Candidat Alassane OUATTARA, vainqueur.

A ce niveau, j’ai plusieurs remarques à faire :

Tout d’abord, cette déclaration de Monsieur BAKAYOKO Youssouf est intervenue plus de trois jours après la clôture du scrutin du 28 novembre 2010, en dehors de son siège, et en l’absence des médias ivoiriens, alors que la CEI était forclose et avait elle-même déjà transmis tous les procès-verbaux de dépouillement au Conseil Constitutionnel ;

Deuxièmement : Le Président de la CEI ne peut procéder à une proclamation qu’avec l’ensemble de son bureau réuni, et au siège de son institution. Cette proclamation solitaire au QG d’un candidat rend sa déclaration nulle et de nul effet ;

Troisièmement : Le Président de la CEI, n’a jamais pu disposer d’un Procès-verbal de délibérations ni de la liste d’émargement des Commissaires Centraux pour justifier de la validité des résultats qu’il a annoncés ; Cela n’était pas possible puisqu’il n’y a pas eu de délibération ;

Enfin, conformément à la loi, toutes proclamations émanant de la CEI, réunie au grand complet, et portant sur des résultats, ne peuvent être que des résultats provisoires. En effet, le caractère provisoire des résultats proclamés par la CEI n’est remis en question par personne.

Le 3 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle dans le respect du texte constitutionnel.

Pièce : Décision du Conseil Constitutionnel du 3 Décembre 2010 

Or, tout le monde sait qu’en Côte d’Ivoire l’article 98 de la Constitution dispose que :

«Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes autorités administratives, juridictionnelles, militaires et à toutes personnes physiques ou morales ».

Je considère donc que le débat sur le vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire est clos avec la décision du Conseil Constitutionnel ; et que Monsieur Laurent GBAGBO est le vainqueur des élections présidentielles de 2010 en Côte d’Ivoire.

Quel est le magistrat qui ose s’ériger contre une décision du Conseil Constitutionnel et dans quelle intention le fait-il ?

Le 4 Décembre 2010, Monsieur Laurent GBAGBO prêtait serment devant le Conseil Constitutionnel. Cela est précisé par l’article 39 de la Constitution qui précise que « dans les 48 heures de la proclamation définitive des résultats, le Président de la République élu prête serment devant le Conseil Constitutionnel, réuni en audience solennelle ».

Toutes ces formalités ayant été appliquées conformément à l’article 39 de la Constitution, Monsieur Laurent GBAGBO est le Président de la République de la Cote d’Ivoire.

Je tiens à préciser que quel que soit le gouvernement mis en place par Monsieur Alassane OUATTARA, il ne pouvait être valable qu’après sa prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle, et cela conformément à l’article 39 de la Constitution.

Pourquoi le juge d’instruction et à sa suite, la Chambre d’Accusation, des magistrats c’est-à-dire des personnalités garantes du respect de la loi, dans l’Arrêt qui me renvoie devant la présente Cour d’Assises, qualifie Monsieur Alassane OUATTARA de « Président élu » en 2010 au Golf Hôtel.

Comment une telle chose peut-elle se faire dans la Nation ivoirienne ?

Le seul Président élu à la suite des élections présidentielles de 2010, est Monsieur Laurent GBAGBO.

II. SUR LA PRISE DU POUVOIR PAR ALASSANE OUATTARA

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation qui me renvoie devant les présentes Assises, dispose que « Le Président élu, Monsieur Alassane OUATTARA, formait un Gouvernement retranché au Golf Hôtel, tandis que le Président sortant, Monsieur Laurent GBAGBO mettait également en place un Gouvernement. »

Une telle affirmation de la Chambre d’Accusation est choquante et inacceptable.

C’est une contrevérité.Il n’a jamais subsisté en Côte d’Ivoire, deux Gouvernements légaux à la même époque.

Du 4 Décembre 2010 jusqu’au 11 Avril 2011, date de notre capture par les forces de la coalition internationale menée par la France, Monsieur Laurent GBAGBO était le seul Président de la Côte d’Ivoire.

Le seul Gouvernement légitime qui existait en Côte d’Ivoire, à cette époque, était celui mis en place par Monsieur Laurent GBAGBO avec à sa tête le Premier Ministre Gilbert AKE N’GBO.

A cette époque, Monsieur Alassane OUATTARA n’était pas Président de la Côte d’Ivoire et le Gouvernement qu’il avait mis sur pied était parfaitement illégal.

Oui je sais qu’après la capture du Président Laurent GBAGBO et de moi- même, à la résidence présidentielle, le Conseil Constitutionnel a rendu une nouvelle décision le 4 Mai 2011, proclamant Monsieur Alassane OUATTARA Président de la République.

Pièce : Décision du Conseil Constitutionnel du 4 Mai 2011

Le Conseil Constitutionnel a ainsi rendu :

 Le 3 décembre 2010, une décision proclamant les résultats définitifs de l’élection présidentielle faisant du Président Laurent GABGBO le vainqueur de ladite élection, et ce conformément aux pouvoirs que lui confère l’article 94 de la Constitution ;

 Le 4 mai 2011, une décision que je pourrai qualifier de décision politique de légitimation du candidat perdant, mais soutenu par la Communauté Internationale.

Comment puis-je être poursuivie alors que j’ai respecté la décision du Conseil Constitutionnel ?

Monsieur Alassane OUATTARA n’a prêté serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle que le 6 Mai 2011, et le 21 Mai 2011, il faisait son investiture à YAMOUSSOUKRO.

Notons au passage que ces deux actes de Mai 2011 sont posés en violation flagrante de la Constitution. Ce qui montre bien que nous sommes dans un processus de coup de force pour la prise du pouvoir, et tout cela organisé et légitimé par la Communauté internationale qui va venir parrainer ces évènements-là.

S’il avait véritablement donné une quelconque valeur à sa « prestation de serment » solitaire, par courrier du 3 décembre 2010, pourquoi Monsieur Alassane OUATTARA prête-t-il de nouveau serment, en audience solennelle, le 6 Mai 2011 ?

Si la prestation de serment par écrit du 3 décembre 2010 était valable, la 2ème prestation de serment serait alors superfétatoire !

Sur quel texte de loi, la Chambre d’Accusation s’est-elle appuyée pour affirmer que Monsieur OUATTARA avait pris fonction en qualité de Président depuis Décembre 2010 au Golf Hôtel et que son Gouvernement était en place depuis cette date ?

Nous savons tous que Monsieur Alassane OUATTARA n’est devenu «Président de la République de la Côte d’Ivoire» qu’à compter de sa prestation de serment du 6 Mai 2011 devant le Conseil Constitutionnel ;

Nous savons tous que le premier Gouvernement de Monsieur OUATTARA n’a pris fonction qu’à partir du 6 Mai 2011.

Monsieur Alassane OUATTARA lui-même, a reconnu cela, le 1er Mai 2016, lors de son discours devant les syndicats de travailleurs, lorsqu’il déclarait et je cite :

« Selon tout le décompte qui a été fait et en relation avec l’opposition, il n’y a plus de prisonniers de la crise postélectorale dans les prisons. Je veux que vous le sachiez et que cette intoxication arrête. Nous définissons la crise post-électorale comme ayant pris fin à l’occasion de ma prestation de serment en mai 2011. »

Oui Monsieur Alassane OUATTARA lui-même a déclaré avoir pris fonction à compter de sa prestation de serment en Mai 2011 ;

Après, c’était au tour du Procureur de la République près le Tribunal d’Abidjan, dans un communiqué transmis à la presse et mis en ligne le 25 Mai 2016, relatif à l’affaire dite « des prisonniers politiques », de reconnaître que Monsieur Alassane OUATTARA a pris fonction en Mai 2011, lorsqu’il déclarait et je cite :

«Il convient de préciser que parmi ces vingt-deux (22) personnes, trois (03) ont été arrêtées avant le 21 Mai 2011, date de la prestation de serment du Président de la République et considérée comme la fin de la crise postélectorale ».

Quand j’imagine que sur la base des contrevérités du Ministère Public, du juge d’instruction et de la Chambre d’Accusation, nous nous sommes fait condamner aux dernières Assises pour avoir prétendument posé des actes hostiles au Gouvernement du Golf Hôtel de Décembre 2010 de Monsieur Alassane OUATTARA.

Et dire que des Ministres du dernier Gouvernement de Décembre 2010 de Monsieur Laurent GBAGBO, ont été injustement maintenus en détention pendant des années puis condamnés à tort par la Cour d’Assises juste pour avoir été membres de ce Gouvernement légal, celui de Monsieur Alassane OUATTARA n’étant intervenu qu’en Mai 2011 !

INTERVENTION DE MADAME SIMONE GBAGBO (IV)

III. SUR LA CRISE POST-ELECTORALE

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation qui me renvoie devant la présente Cour d’Assises, la crise postélectorale serait née du souci des membres des forces de défense et de sécurité fidèles à Monsieur Laurent GBAGBO, de tout mettre en œuvre dans le but d’empêcher le Gouvernement de Monsieur Alassane OUATTARA de s’installer et de fonctionner aisément, se faisant aider par des jeunes gens enrôlés et formés en armées parallèles, et des mercenaires étrangers.

Cette assertion de la Chambre d’Accusation est une fois de plus erronée car Monsieur Alassane OUATTARA n’avait pas de Gouvernement légitime avant Mai 2011.

Il n’y avait donc aucune raison pour qui que ce soit, d’empêcher le fonctionnement d’un Gouvernement de Monsieur Alassane OUATTARA qui n’avait aucune légitimité.

Contrairement à l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, la crise postélectorale est plutôt née du refus de Monsieur Alassane OUATTARA, aidé par les autorités françaises, très efficace quand il s’agit de mobiliser ladite communauté internationale, de reconnaître la victoire de Monsieur Laurent GBAGBO.

Il a refusé de respecter le choix du peuple ivoirien et ainsi que la décision du Conseil Constitutionnel rendue conformément à la Constitution ivoirienne.

A. SUR LE REFUS D’ALASSANE OUATTARA

Le 3 décembre 2010, c’est à dire le jour même où le Conseil Constitutionnel a proclamé le candidat Laurent GBAGBO, vainqueur de l’élection présidentielle, Monsieur Alassane OUATTARA signifiait au Conseil Constitutionnel un premier serment par écrit.

Pièce: Courrier d’Alassane OUATTARA du 3 décembre 2010

Je précise qu’aucun texte régissant les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ne prévoit une prestation de serment par écrit adressée au Président du Conseil Constitutionnel.

La Loi ivoirienne prévoit comme je l’ai dit, la prestation de serment devant le Conseil Constitutionnel réuni en audience solennelle.

Le 8 Décembre 2010, le Conseil Constitutionnel rappelait à Monsieur Alassane OUATTARA que la Commission Electorale Indépendante n’avait pu donner de résultats provisoires conformément aux textes, et que conformément aux dispositions de l’article 94 de la Constitution, les résultats définitifs sont du ressort exclusif du Conseil Constitutionnel.

Pièce: Courrier du Conseil Constitutionnel du 8 décembre 2010

Page 8 sur 19

Lequel Conseil Constitutionnel a proclamé le 3 Décembre 2010, le candidat Laurent GABGBO vainqueur de l’élection présidentielle.

Le 22 Décembre 2010, à la suite de la correspondance de Monsieur Alassane OUATTARA, le Conseil Constitutionnel rendait une décision dans laquelle, il déclarait nulle et de nul effet, la prestation de serment par écrit de Monsieur Alassane OUATTARA, et précisait que les actes de ce dernier ne sauraient donc engager la Côte d’Ivoire.

Pièce: Décision du Conseil Constitutionnel du 22 Décembre 2010

A la suite de tout cela, la Côte d’Ivoire fera l’objet d’une agression violente et multiforme.

Les troupes rebelles de Monsieur Alassane OUATTARA et de Monsieur Guillaume SORO, aidées par leurs mercenaires et milices appuyées par les forces onusiennes et françaises, ont entrepris la descente sur Abidjan massacrant des populations civiles, humiliant des représentants de l’Etat, éventrant des prisons, pillant et incendiant les résidences des cadres de la LMP sur leur passage, et cela tout le long de leur avancée.

La Côte d’Ivoire fera en outre, l’objet d’un embargo économique et tous ses avoirs à l’extérieur seront gelés.

B. LES AUTORITES FRANÇAISES, PARTIES AU CONFLIT

J’ai constaté une ingérence des autorités françaises dans le débat ivoirien. Cela s’est manifesté entre autres, par la lettre du Président SARKOZY au Président de la Commission Electorale Indépendante. De quoi se mêle-t-il ?

Cela s’est aussi manifesté par les bombardements des aéronefs français, qui n’ont jamais eu pour but de protéger les populations civiles, mais d’assister la rébellion dans ses attaques contre l’armée ivoirienne et les institutions de la Côte d’Ivoire, puis donner directement le coup final du 31 Mars au 11 Avril 2011.

Puis les autorités françaises n’ont malheureusement fait qu’accentuer la crise postélectorale :

- En encourageant le candidat malheureux à user de la violence au lieu de saisir le Conseil Constitutionnel pour dénoncer d’éventuelles irrégularités ;

- En incitant à la prise de résolutions onusiennes et européennes visant à établir des embargos dont les principales victimes sont les populations civiles ;

- En bombardant la résidence présidentielle pendant une dizaine de jours, alors qu’aucune résolution de l’ONU ne leur donnait ce pouvoir.

C’est à croire que l’intention inavouée des autorités françaises était l’élimination physique du Président élu Laurent GBAGBO.

En tout état de cause, tout cela était prémédité si l’on en croit le Président SARKOZY qui aurait déclaré selon des journalistes français dans l’ouvrage « ça reste entre nous, hein » les propos suivants et je cite :

« (...) Quand je vois, le soin que j’ai mis à intervenir en Côte d’Ivoire ... On a sorti Laurent GBAGBO, on a installé Alassane OUATTARA, sans aucune polémique sans rien ».

(Extrait du livre de Nathalie SCHUCK et Frédéric GERSCHEL, Edition Flammarion)

IV. SUR LA VIOLATION DE MES DROITS

Je voudrais me pencher sur deux points qui touchent fondamentalement au respect de mes droits et qui portent sur:

- La violation de mon immunité de parlementaire ;

- La violation des règles de perquisitions dans le cadre de l’instruction.

A. SUR LA VIOLATION DE MON IMMUNITE PARLEMENTAIRE

Aux termes de l’article 68 de la Constitution :

«Aucun député ne peut, pendant la durée des sessions, être poursuivis ou arrêtés en matière criminelle ou correctionnelle qu’avec l’autorisation de l’Assemblée Nationale, sauf le cas de flagrant délit. Aucun député ne peut, hors session être arrêté qu’avec l’autorisation du Bureau de l’Assemblée Nationale sauf les cas de flagrants délits des poursuites autorisées ou des condamnations définitives ».

Aux termes de l’article 59 alinéas 1 et 3 de la Constitution, la durée de la législature est de cinq ans, et « les pouvoirs de l’Assemblée Nationale expirent à la fin de la 2ème session Ordinaire de la dernière année de son mandat ».

Par un Avis du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a rappelé que « à défaut d’élection dans les délais, les pouvoirs de l’Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et règles de valeurs constitutionnelles ; qu’il en va ainsi :

- De « la séparation et l’équilibre des pouvoirs » auxquels le peuple de Côte d’Ivoire exprime son attachement dans le préambule de la Constitution, la cessation des fonctions du Parlement pouvant rompre ledit équilibre ;

- De l’exercice de la souveraineté du peuple par ses représentants élus, tel que prescrit par les articles 31 et 32 de la Constitution, le Parlement par la cessation de ses pouvoirs ne pouvant plus exprimer la volonté du peuple ;

- De la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement, pouvoir public essentiel à la sauvegarde des valeurs démocratiques auxquelles le peuple de Côte d’Ivoire est attaché, comme il résulte du préambule de la Constitution ; c’est dur este dans cet esprit que l’article 59 alinéa 4 prescrit le renouvellement des membres de l’Assemblée Nationale avant l’expiration de leur mandat. »

En l’espèce, le 16 Décembre 2000, j’ai été élue Députée de la Commune d’ABOBO.

Le 19 septembre 2002, la République de Côte d’Ivoire a été victime d’une tentative de coup d’état qui a porté atteinte à son intégrité territoriale, et ne permettant pas la tenue d’élections dans les délais constitutionnels ;

C’est dans ces conditions que dans son Avis du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a décidé que « l’Assemblée Nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs ».

C’est ainsi que l’Assemblée Nationale a continué de fonctionner postérieurement au 16 décembre 2005.

Les nouvelles élections parlementaires ne sont intervenues que le 11 décembre 2011.

Par conséquent, il ne pouvait être remis en cause ma qualité de Députée jusqu’au 11 décembre 2011.

Dès lors, je bénéficiais d’une immunité parlementaire pour toute la période précitée.

En l’espèce, j’ai été inculpée et placée sous mandat de dépôt alors que mon immunité n’avait pas été levée et que le Bureau de l’Assemblée Nationale n’avait pas donné d’autorisation à cet effet.

Force est de constater que l’action publique a été initiée à mon encontre bien avant la fin de mon mandat.

Il ne saurait être invoqué un cas de flagrant délit pour justifier la présente procédure, dans la mesure où les dispositions de l’article 53 et suivant du Code de Procédure Pénale régissant les poursuites des crimes et délits flagrants ne permettent nullement l’ouverture d’une information judiciaire.

Par conséquent, et au regard de tout ce qui précède, je proteste vigoureusement contre la violation de mon immunité parlementaire.

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B. SUR LA VIOLATION DES REGLES DE PERQUISITION

Il a été procédé par les Juges d’instruction à des perquisitions à la Résidence Présidentielle et dans les locaux de mon bureau annexe.

A l’issue de ces perquisitions, le Juge d’instruction a procédé à des saisies de documents et biens, qu’il a mis sous scellés.

L’Article 95 du code de procédure pénale dispose que :

«Si la perquisition a lieu au domicile de l'inculpé, le juge d'Instruction doit se conformer aux dispositions des articles 57 et 59. »

L’Article 57 en effet, exige que la perquisition se fasse en présence de l’inculpé ou d’un représentant de son choix.

En l’espèce, les perquisitions ont été faites en mon absence et en l’absence de tout représentant de ma part.

Mieux, je n’avais jamais été informée de ce que des perquisitions se faisaient à mon domicile afin que je puisse apprécier l’opportunité d’y assister ou de désigner un représentant à cet effet.

Cela constitue une violation de mes droits prévus à l’article 57 du code de procédure pénale.

Par ailleurs, l’Article 97 alinéa 3 dispose que :

«Ces scellés ne peuvent être ouverts et les documents dépouillés qu'en présence de l'inculpé assisté de son conseil, ou eux dûment appelés. »

En l’espèce, le juge d’instruction a procédé à l’ouverture des scellés et au dépouillement des documents et objets hors ma présence et celle de mon Avocat.

J’ai été surprise d’apprendre, de manière incidente, que certains documents censés m’appartenir, ont été transmis au Procureur de la CPI.

Cela constitue une violation de mes droits prévus à l’article 97 alinéa 3 du code de procédure pénale.

Au regard de tout ce qui précède, je proteste vigoureusement contre la violation de mes droits prévus au titre des règles de perquisitions.

INTERVENTION DE MADAME SIMONE GBAGBO (III)

V. SUR LES CHEFS D’ACCUSATION

A l’origine, l’ordonnance du juge d’instruction me renvoyait devant la Chambre d’Accusation pour les infractions suivantes :

- Génocide ;

- Crime contre les populations civiles ;

- Meurtre ;

- Assassinat ;

- Viol;

- Coups et blessures volontaires ;

- Complicité et tentative de ces infractions ;

- Voies de faits ;

- Crimes contre l’humanité ;

- Crimes contre les prisonniers de guerre.

A l’issue de l’examen par la Chambre d’Accusation de ladite Ordonnance du Juge d’instruction, je n’étais renvoyée devant la présente Cour d’Assises que pour finalement les deux infractions de :

- Crimes contre l’humanité ;

- Crimes contre les prisonniers de guerre.

Je ne me reconnais pas dans ces chefs d’accusation.

Mais surtout, je voudrais faire les observations ci-après :

L’Arrêt de la Chambre d‘Accusation dénombre des faits dont il essaie de m’imputer la responsabilité sans jamais me rapporter la preuve et surtout leurs liens avec moi.

Ce sont notamment :

- La marche de la RTI du 16 Décembre 2010 ;

- Les obus lancés sur le marché Siaka Koné d’Abobo ;

- La marche des femmes d’Abobo du 3 mars 2011 ;

- Les barrages de quartier ;

- L’émission « Raison d’Etat ».

A. SUR LA MARCHE DE LA RTI DU 16 DECEMBRE 2010

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, l’accès aux medias d’Etat du nouveau « Président élu » Monsieur Alassane OUATTRA et de son « Gouvernement » était entravé.

Cette marche de la RTI avait donc pour but de faire libérer les médias d’Etat et de faire installer le nouveau Directeur Général de la RTI ainsi nommé par le Gouvernement du Golf de Décembre 2010 ;

L’Arrêt indique que cette marche pacifique a été réprimée par les forces de défense et de sécurité faisant usage d’armes à feu avec balles réelles occasionnant parmi les marcheurs et même des personnes étrangères à la marche, de nombreux morts et blessés ;

Cette marche de la RTI appelle de ma part les observations suivantes :

- Contrairement à ce que professe la Chambre d’Accusation, Monsieur Alassane OUATTARA comme lui-même le reconnaît, n’est devenu Président de Côte d’Ivoire qu’en Mai 2011 ;

En Décembre 2010, Monsieur Alassane OUATTARA ne disposait d’aucun Gouvernement légitime qui aurait été empêché d’avoir accès aux medias d’Etat ;

- La fameuse marche de la RTI n’était pas une marche pacifique mais bien un mouvement armé planifié par les forces rebelles depuis le Golf Hôtel ;

Dans leurs différentes tentatives d’arracher le pouvoir à Laurent Gbagbo de toutes les manières possibles.

En effet, des preuves attestent bien de cela et au cours de ce procès, ma défense produira les vidéos prouvant que la marche de la RTI organisée par Monsieur Alassane OUATTARA et ses collaborateurs dont Monsieur SORO Guillaume et les Commandants de zones, étaient bel et bien une attaque armée planifiée ;

Certaines des forces de l’ordre commises à la sécurisation de cette marche y perdront la vie, sauvagement assassinées par des manifestants armés venus du Golf Hôtel, QG de Monsieur Alassane OUATTARA.

Certains de ces manifestants venus du Golf seront d’ailleurs appréhendés par les forces de l’ordre puis jugés devant le Tribunal de Première Instance d’Abidjan Plateau et condamnés pour usage d’armes ou d’explosifs au cours de ladite marche sur la RTI.

Mon équipe de défense vous produira au cours de ce procès, la preuve de la condamnation de ces marcheurs armés de la RTI.

Par ailleurs, je n’ai jamais été impliquée dans la sécurisation de ladite marche de la RTI et aucun témoin ne m’y implique d’une quelconque manière.

Cela a été du ressort du Gouvernement ivoirien via son Ministre de l’Intérieur, et la Direction Générale de la Police, dont le Directeur Général de l’époque est toujours actuellement en fonction et au même poste.

Je trouve bien curieux que la justice ivoirienne, pour la manifestation de la vérité, n’ait jamais éprouvé le besoin d’entendre le Directeur Général de la Police Nationale dont les unités avaient en charge sa sécurisation.

B. DES OBUS LANCES SUR LE MARCHE SIAKA KONE D’ABOBO

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, des obus auraient été lancés sur le marché Siaka Koné d’Abobo en pleine journée occasionnant des morts et des blessés parmi les commerçants et les clients.

Il a été dit que ces obus auraient été tirés depuis le camp Commando d’Abobo.

Je suis bien étonnée que le juge d’Instruction puis à sa suite, la Chambre d’Accusation aient pu faire de telles affirmations extrêmement graves sans avoir commis un expert en balistique pour rapporter la preuve de ce que des obus auraient été effectivement tirés sur le marché Siaka Koné d’Abobo depuis le camp Commando d’Abobo.

Contrairement aux affirmations gratuites de la Chambre d’Accusation, il n’a jamais été rapporté la preuve de ce que des obus auraient été tirés sur le marché Siaka Koné par les forces de défense.

Je voudrais faire remarquer que des éléments des forces de défense et de sécurité ont déjà été poursuivis et jugés par le Tribunal Militaire, pour ces mêmes tirs d’obus prétendument tirés depuis le Camp Commando sur le marché Siaka KONE.

Ils ont tous été déclarés non coupables.

Mieux, au cours de ce procès, un Expert militaire en armement a été appelé à l’effet d’éclairer le Tribunal Militaire sur cette question. Cet Expert a expliqué qu’il était impossible de tirer des obus sur le marché Siaka Koné depuis le camp Commando d’Abobo sans courir le risque d’endommager le camp du fait de la proximité des deux sites.

C. LA MARCHE DES FEMMES D’ABOBO DU 3 MARS 2011

Selon l’Arrêt de la Chambre d’Accusation, des femmes qui manifestaient calmement pour réclamer le départ du Président élu, Laurent GBAGBO ont été violemment attaquées par un char de l’armée.

Je suis particulièrement touchée par les violences faites aux femmes et ne peut que déplorer, toutes les agressions physiques qu’elles ont pu subir.

Cependant, comment le Juge d’instruction et la Chambre d’Accusation, sans jamais avoir fait procéder à une seule autopsie, et à une seule analyse balistique affirment de façon péremptoire, une fois de plus que cette attaque émane sans aucun doute de l’armée ?!

Nul n’ignore qu’à cette époque, Abobo était le fief du Commando invisible, force rebelle pro Ouattara, qui se vantait de tuer d’innocentes personnes et surtout les forces de défense et de sécurité dans la zone d’Abobo mais aussi de Plateau Dokui et même de Cocody Angré.

En tout état de cause, il n’y a aucune élément factuel ni aucun propos de nature à pouvoir lier ces faits à ma personnes.

D. LES BARRAGES DE QUARTIER

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation me reproche de n’avoir pas demandé à la population de lever les barrages de quartier.

Selon la Chambre d’Accusation, j’aurais ainsi encouragé et approuvé les conséquences de ces barrages, en l’occurrence, les exactions et atrocités commises sur les populations civiles.

Toujours selon la Chambre d’Accusation, mes fonctions me permettaient d’avoir accès aux medias d’Etat pour faire cesser ces exactions. Je désapprouve complètement ces affirmations de la Chambre d’Accusation qui appellent de ma part les observations ci-après :

- Dans tous les quartiers d’Abidjan, les populations qui se sentaient en danger érigeaient des barrages ;

Pour moi, cela découlait du besoin de protection des populations face aux attaques ou agressions dont elles faisaient l’objet.

A un moment de la crise postélectorale, les forces de défense et de sécurité avaient de plus en plus de mal à assurer la sécurité, car les combats avaient pris la forme de guérilla dans les quartiers. De sorte que les Forces de défense et de sécurité habituées au combat classiques se trouvaient déphasées et dépassées.

Les populations qui se sentaient donc désemparées ont pu ériger des barrages pour tenter de se protéger.

- Les barrages étaient érigés partout à Abidjan par les populations et ce peu importe leurs appartenances politiques, ethniques ou religieuses.

Même dans les bastions du RDR de Monsieur Alassane OUATTARA, ses militants érigeaient également des barrages. Aux dernières assises, des militants du RDR ont reconnu à la barre avoir érigé des barrages dans les quartiers qui leur sont majoritairement favorables.

- L’Arrêt de la Chambre d’Accusation ne rapporte pas comment j’aurais encouragé et approuvé l’établissement des barrages dans les quartiers.

Tout au cours de l’instruction de ce dossier, il ne m’a jamais été rapporté la preuve de ce que j’aurais encouragé et approuvé l’établissement des barrages.

Quel acte d’encouragement j’aurais posé et dont la preuve aurait été rapportée.

Quel acte d’approbation aurais-je posé et qui aurait été démontré ?

Par ailleurs, je n’ai eu aucun contact ou lien avec les barrages ou personnes qui s’y tenaient.

Je ne suis et ne peux être responsable de quelques actes qui y auraient été commis.

E. SUR L’EMISSION « RAISON D’ETAT »

L’Arrêt de la Chambre d’Accusation prétend que j’aurais une main mise sur les medias d’Etat, en utilisant des émissions comme « Raison d’Etat » pour véhiculer des messages de haines à l’égard de tous ceux qui s’opposaient au maintien au pouvoir de mon époux.

Une telle affirmation de la Chambre d’Accusation est très grave et erronée.

Aux dernières Assises auxquelles j’ai participé, les responsables et animateurs de l’émission « Raison d’Etat » ont été jugés et déclarés non coupables, car cette émission n’avait jamais véhiculé un seul message de haine.

Par ailleurs, la Chambre d’Accusation n’a jamais produit une seule vidéo ou un seul écrit de moi véhiculant un message de haine ou appelant des ivoiriens à s’attaquer à d’autres ivoiriens.

F. SUR LA PRETENDUE CELLULE DE CRISE

Oh Seigneur, que d’ignominie !

L’arrêt de mise en accusation prétend que : « le FPI a mis en place une cellule de crise dans le courant du mois de janvier 2011, qui se réunissait à la résidence présidentielle et constituait l’organe chargé de la planification et de l’organisation de la répression ».

C’est pourquoi j’ai crié: oh Seigneur.

Il faut prouver l’existence de cette « cellule de crise ».

Il faut également prouver que la « cellule de crise » aurait ordonné et planifié la répression des populations.

La lecture de l’arrêt de mise en accusation m’a rendu très triste. Mes accusateurs sont allés d’allégations fausses en allégations plus fausses, à la limite même de la diffamation.

Ils ont osé écrire qu’ « il s’infère de ce qui précède que la crise postélectorale a été un catalysateur instrumentalisé par Madame Simone GBAGBO et son clan afin d’aboutir à l’exécution du projet d’élimination d’une partie de la population ivoirienne, juste sympathisante de Monsieur Alassane OUATTARA et du RHDP ».

Troublant, quelques lignes plus loin ils écriront: «considérant que c’est conformément aux actions planifiées et organisées par la cellule de crise dont Simone GBAGBO est le membre le plus influent et sur son initiation que ces actes répréhensibles ont été commis par les miliciens et les FDS à la solde de celle-ci».

Chaque mot est une infamie.

Que des affirmations, des affirmations graves, des affirmations posées comme des postulats !

Aucune preuve, des contrevérités, un travestissement éhontée de la vérité, la déformation sans vergogne des faits !

Monsieur le Président, cet arrêt m’a beaucoup attristée parce qu’il est l’œuvre d’hommes de loi, censés représenter la Justice.

La seule institution qui devrait garantir l’application de la Loi, le respect des droits des citoyens, l’impartialité et l’indépendance dans le traitement des affaires qui lui sont soumises.

La Justice ne devrait pas se laisser instrumentaliser pour être l’expression d’une vengeance politique !

Je vous remercie de m’avoir écoutée, et je suis à votre disposition pour toutes les questions que vous voudriez me poser.

 

Simone EHIVET GBAGBO

Abidjan - 1er Juin 2016

vendredi, 13 mai 2016

JEAN-CLAUDE DJEREKE: «LA COTE D'IVOIRE EST GOUVERNEE PAR DES MONSTRES»

 

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"Celui qui doit combattre des monstres doit prendre garde de ne pas devenir monstre lui-même", disait Nietzsche dans l’aphorisme 146 de “Par-delà Bien et Mal”. Et, pour le philosophe allemand, le monstre est celui qui est habité par le désir de vengeance, celui qui finit par faire lui-même ce qu’il reproche aux autres .

Ainsi en est-il des femmes de “La Colonie” qui, à la fin, reproduisent les comportements qu’elles condamnaient chez les hommes. Pourtant, au départ, ces femmes exilées avec des hommes sur une île portaient un beau et noble projet: former une nouvelle société, c’est-à-dire créer une communauté débarrassée de l’injustice et de l’oppression.

Malheureusement, ce projet ne verra pas le jour car les femmes, en voulant s’émanciper de la domination des hommes, vont confisquer peu à peu tous les pouvoirs et mettre en place un système de pouvoir oppressif semblable à celui qui les fit souffrir des années durant .

Pierre de Marivaux, autant que Nietzsche, veut attirer ici notre attention sur le fait que l’ennemi ou le démon n’est pas uniquement hors de nous et que celui qui combat les monstres court le risque d’en devenir un lui-même.

Dramane Ouattara et ses suiveurs ont dénoncé l’ivoirité; ils ont fait croire que les Nordistes étaient traités comme des Ivoiriens de seconde zone et exclus des responsabilités et fonctions de l’État mais, depuis avril 2011, qui dirige l’ENA, l’ENS, les Ports d’Abidjan et de San-Pedro, la Poste, la Douane, les Impôts, l’Université de Cocody, la RTI, l’État-major des armées, la Sicogi, la Sotra, etc.?

Ils ont poussé des cris d’orfraie quand Bédié emprisonna la direction du RDR; ils ont crié à la persécution mais qui garde, depuis 5 ans, des centaines d’Ivoiriens à la Maca, dans les prisons infectes de Bouaké, Dabou, Dimbokro, Bouna et d’ailleurs? Qui maintient en exil des milliers d’Ivoiriens?

Ils ont dit que la place des enfants n’était pas dans les plantations de café et de cacao mais les enfants, dont certains arriveraient régulièrement du Burkina Faso, ont-ils arrêté de travailler dans ces plantations? Quelles mesures sont prises à l’encontre de ceux qui enlèvent et tuent froidement les enfants avant d’emporter leurs organes?

Ils ont parlé d’escadrons de la mort quand furent assassinés Camara Yêrêfê dit “H”, Émile Téhé et Benoît Dacoury-Tabley; ils ont fustigé les enquêtes sur les assassinats qui n’aboutissent pas. Maintenant qu’ils sont aux affaires, leurs compétents enquêteurs ont-ils déjà retrouvé les tueurs de Guy-André Kieffer, Philippe Rémond, Yves Lambelin, Stéphane Frantz Di Rippel et leurs collaborateurs?

Ils ont accusé Laurent Gbagbo du charnier de Yopougon mais qui sont les auteurs des massacres de Nahibly, de petit Duékoué, Guitrozon, Carrefour Duékoué, Adébem? Lesdits auteurs ont-ils été arrêtés et sanctionnés?

Ils aimaient ironiser sur les Refondateurs qui s’en mettaient plein les poches, faisaient la bamboula et cadeautaient leurs copines. Mais, sous leur règne, la Côte d’Ivoire en a-t-elle fini avec le détournement et le gaspillage des deniers publics, l’entretien des maîtresses et l’ouverture de comptes bancaires à l’extérieur?

Opposants, ils estimaient que personne ne songerait à aller se soigner à l’étranger si les hôpitaux et dispensaires du pays étaient mieux équipés et les médecins bien payés mais où vont-ils quand eux et leurs proches sont malades?

Quiconque ne se distingue pas de ceux qu’il critiquait hier est un monstre. Comment les monstres sont-ils perçus? Voici la réponse de Thabo Mbeki: “Alassane Ouattara est un homme qui n’a ni foi en l’honneur ni parole d’honneur. Je serai toujours surpris de la distance qu’il est prêt à parcourir dans le seul but de contenter ceux qu’il y a seulement 50 ans mettaient son peuple dans les chaînes de l’oppression. Je me sens un peu responsable de la situation ivoirienne dans la mesure où c’est moi qui ai persuadé le Président Gbagbo de permettre à Ouattara d’être candidat. Je n’ai pas assez de mots pour vous dire le dégoût que m’inspire cet homme.”

En 1957, l’Américain Léon Festinger (1919-1989), professeur en psychologie sociale à l’Université Stanford, élaborait la théorie de la “dissonance cognitive”. Selon cette théorie, lorsque les circonstances amènent une personne à agir en désaccord avec ses croyances ou convictions, cette personne éprouvera un état de tension inconfortable appelé dissonance.

En 2010, Ouattara avait promis de faire tomber une pluie de milliards sur les villes où il était en campagne, de ne passer que 5 ans à la tête de notre pays et de le remettre debout pendant ces cinq années, de construire 5 universités en 5 ans. Aucune de ces promesses n’a été réalisée, pas plus que n’a été appliqué le “vivre-ensemble”, le slogan cher au RDR et signifiant en fait: “vivre chez les autres sans eux”.

Au contraire, la situation socio-économique du pays s’est empirée avec l’augmentation de la dette publique, la cherté de la vie, la hausse du prix de l’électricité, la réduction du pouvoir d’achat en ville comme à la campagne, l’expropriation des Ivoiriens par des étrangers (Français, Libanais, Marocains), etc.

Bref, Ouattara et les siens sont atteints de dissonance cognitive. Ils se rendent compte qu’il y a un abîme entre ce qu’ils ont dit et promis et les actes posés par eux depuis 2011. Cela ne peut que les plonger dans un état de tension inconfortable. Comment Ouattara essaie-t-il de surmonter cette tension? En menaçant de prison ou de mort tout Ivoirien qui tente de lui faire prendre conscience de son incohérence et de son imposture, en multipliant les voyages hors du pays, en voulant distraire et endormir le peuple avec les jeux et la danse.

Mais pendant combien de temps règnera-t-il par la terreur et les menaces? Est-il certain que sa fuite en avant durera éternellement si les Ivoiriens prennent conscience que “finalement mieux vaut se battre qu’avoir peur” (Gandhi)? Quand un peuple est progressivement dépouillé et piétiné, quand il court le risque de devenir étranger sur ses propres terres, il n’a plus d’autre choix que de livrer bataille.

Si nous refusons cette bataille, alors nous donnerons raison à Étienne de la Boétie quand il déclare: “"Ce sont les peuples qui se laissent, ou plutôt se font garrotter, puisqu’en refusant seulement de servir, ils briseraient leurs liens. C’est le peuple qui s’assujettit et se coupe la gorge: qui, pouvant choisir d’être sujet ou d’être libre, repousse la liberté et prend le joug, qui consent, qui consent à son mal ou plutôt le pourchasse. ”

On n’en est pas encore là et les Ivoiriens peuvent à tout moment montrer de quoi ils sont capables quand ils sont mécontents. Si on se réfère, par exemple, aux événements d’octobre 1958 (expulsion des Dahoméens et Togolais accusés de recruter dans l’administration ivoirienne leurs compatriotes au détriment des Ivoiriens) et de novembre 1993 (riposte à la bastonnade des supporteurs de l’Asec Mimosas d’Abidjan par ceux de l’Ashante Kotoko de Kumasi), on s’aperçoit que, poussés à bout, ils sont capables de se faire entendre et respecter.

Cela fait 5 ans que Ouattara est en train de se venger d’eux en les terrorisant, en les divisant et en pillant leurs biens, alors qu’il avait laissé entendre qu’il travaillerait pour tous et que la réconciliation se ferait comme en Afrique du Sud après le démantèlement de l’Apartheid.

Pire encore, il travaillerait pour qu’une nouvelle Constitution remplace celle d’août 2000. 5 ans, ce n’est pas rien mais un peuple debout et déterminé a besoin de quelques jours pour tourner la page de 26 ans de souffrances et d’humiliations.

 

Une contribution de Jean-Claude Djéréké.

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 13 avril 2016

COTE D'IVOIRE: DECES DE BEN SOUMAHORO A ACCRA

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Un lion s'en est allé ! La Côte d'Ivoire digne est en deuil. Salut, Patriote ! Fernand Dindé.

 

Une information reçue d’Accra au Ghana annonce le décès ce lundi soir de Mamadou Ben Soumahoro en exil. Ce décès serait la conséquence d’un accident vasculaire cérébral [AVC] survenu en 2015. Depuis lors, l’ancien DG de la RTI, très proche de Laurent Gbagbo, était presque tout le temps alité.

Certaines informations le donnaient partiellement paralysé. Sa famille l’avait isolé, lui coupant presque toute communication.

Parti de la Côte-d’Ivoire en avril 2011 après la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, Ben Soumahoro avait avec sa plume haute en couleurs, habitué les Ivoiriens aux longues tirades «pamphlets» contre Ouattara et son entourage. Dominique Ouattara était l’une de ses cibles favorites.

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L’ancien mari de la ministre Anne Ouleto surnommé «dossier en béton» ou encore Waraba, l’ex-député Mamadou Ben Soumahoro était un professionnel respecté dans le monde du journalisme en Côte d’Ivoire, malgré un militantisme politique qui l’aura conduit du PDCI-RDA au FPI, en passant par le RDR d’Alassane Ouattara.

Le sort aura voulu qu’il décède un 11 avril 2016, cinq ans après un certain 11 avril 2011.

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

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Quand BIG BEN racontait. "Simone Gbagbo, ma Reine": Témoignage de Mamadou Ben Soumahoro.

 

"...Vers les derniers jours de Mars 2011, j'étais à la Résidence Présidentielle avec La 1ère Dame Simone GBAGBO, nous étions en train de discuter lorsqu'elle s'est saisi d'une Bible sur la table à manger, elle l'a ouvert et est tombé sur le Psaume 140 que je connais parfaitement; quand je lui ai dit que je connaissais ce psaume par cœur, malgré le fait que je sois musulman, elle m'a dit en riant : "Toi, je sais que tu es un pasteur caché quelque part, mais tu nous distrais...

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Mais le plus important est que, reprenant tout son sérieux, elle m'a dit avec un air très convaincu et profond: Tu sais Ben, nous allons perdre le pouvoir, mais nous reviendrons plus tard, et nous remettrons ce pays sur pied en 3 ans. Retiens bien ce que je viens de te dire, ne l'oublie pas. Et je lui ai répondu, bien pris ma Reine, car c'est comme ça que je l'appelle : Ma Reine..."

Mamadou Ben Soumahoro
(Rencontre avec le Bureau de la Coordination du FPI en Exil, Lundi 16-2-15)

 

Source: LE BLOG DE RENE KIMBASSA

jeudi, 07 avril 2016

AFFAIRE GUY-ANDRE KIEFFER: LE GROS CANULAR

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Manipulations, intox, campagnes médiatiques mensongères, etc. La disparition le 14 avril 2004  »sur le parking d’un supermarché » du journaliste franco-canadien qui enquêtait, dit-on sur la filière café cacao, avait fait le tour du monde. Tous les médias nationaux et internationaux s’en faisaient l’écho. Cette affaire, chou gras de ceux qui trouvent à manger et à boire à tous les râteliers et en toutes circonstances, resurgissait chaque fois que le président Laurent Gbagbo posait une action d’envergure sociale allant dans le sens de l’émancipation de son pays vis-à-vis de la tutelle française.

Tous les écrits convergeaient dans un seul sens et pour un seul unique but : salir le Président Laurent Gbagbo, son épouse, son entourage pour affaiblir son pouvoir sensé ne pas faire l’affaire des occidentaux. Guy-André Kieffer cet anonyme journaliste devient alors célèbre sans aucun passé glorieux sur son talent et sa disparition une affaire d’État pour ces journaux occidentaux et locaux qui soutiennent l’opposant Alassane Ouattara. Une affaire si infâme que le président Gbagbo est amené à la qualifier de  »chiffon rouge ». De quoi s’était-il agit, pour ne plus que les mêmes qui en avaient un épouvantail continuent d’en faire écho. En fait, Guy-André Kieffer était une barbouze pion de la Françafrique juste bon à liquider pour servir la cause de l’hexagone.

Décrit avec une bi-nationalité franco canadienne, l’on n’a jamais compris pourquoi c’est la France seule, et pourquoi pas le Canada, qui défende son cas. Et très vite, l’opinion avisée se rendit compte que la France, comme un charognard se servait de cette macabre affaire, pour exister dans la crise ivoirienne de laquelle le président Laurent Gbagbo l’avait réduite au silence avec une certaine maestria politique. L’on a fait disparaître  – et non lui tirer une balle dans la tête si l’intention était vraiment de le réduire au silence – cet homme dont on dit qu’il s’échinait à décrypter les malversations au sein de la filière café-cacao. GAK de ses initiales aurait été aperçu pour la toute dernière fois alors qu’il pénètre dans le parking d’un centre commercial d’Abidjan, où il a rendez-vous avec Michel Legré  »le beau-frère de la Première Dame de l’époque Simone Gbagbo ». Beau frère de la Première dame Simone Gbagbo. Petit rajout mais grand dommage causé à l’image de marque des officiels ivoiriens présentés comme de vulgaires voyous de quartier mal famé payés pour assassiner.

Le 28 mai 2004 Michel Legré,  »beau-frère de Simone Gbagbo, épouse du chef de l’Etat », est inculpé pour « complicité d’enlèvement », « séquestration » et « assassinat » par la justice ivoirienne, puis placé en détention. Le  11 oct 2004, il est mis en examen pour « enlèvement et séquestration » par le juge Patrick Ramaël. Et le 28 oct 2005, Michel Legré est … mis en liberté provisoire. Depuis cette date d’avril 2004 à la prise du pouvoir par Alassane Ouattara en avril 2011, sept années se sont écoulées. Et de la prise du pouvoir à la réélection d’Alassane Ouattara cinq autres années sont passées. Et toujours rien. Ni sous le pouvoir, ni sous et pendant le régime Ouattara. Quel est donc cet homme dont la disparition ameutait le monde entier et qui subitement n’intéresse plus personne ? C’est à croire que Laurent Gbagbo a été enfermé dans sa cellule de prison de la Cour pénale internationale (Cpi) avec Guy-André Kiefer. Et pourtant quelle bile et médisance les médias français n’ont-ils pas déversé sur l’ancien couple présidentiel ivoirien. Laurent et Simone Gbagbo ont fait les frais de lourds soupçons. Mais en réalité n’étaient que des rumeurs. Plus les journalistes français s’improvisaient enquêteurs, plus les fausses pistes se multipliaient. Dès lors les chasseurs de primes entrent en jeu. Le 13 janv 2006 un certain Jean-Tony Oulaï Ivoirien de nationalité et se disant ex-capitaine de l’armée, est mis en examen par le même juge Ramaël. Le 29 août 2006, des  »indiscrétions annoncent que les auteurs auraient été identifiés par le juge Ramaël, lequel serait en possession d’une liste de 17 personnes.

Le 23 août 2007 sur France 3 une chaîne publique française, le sieur Berté Seydou se présente comme le chauffeur d'un commando dirigé par Jean-Tony Oulaï, qui aurait enlevé Kieffer, l'aurait détenu deux jours « à la présidence à Abidjan » puis transféré dans une ferme et tué. Le 17 novembre 2008  la justice ivoirienne lance un mandat d'arrêt international contre Berté Seydou pour « déclarations mensongères tant à la presse française qu'au juge Ramaël ». Le 23 avril 2009 Mme Simone Ehivet-Gbagbo l'une des principales cibles de la calomnie est entendue à Abidjan par le juge français Patrick Ramaël. Tellement il y avait de quoi à boire et à manger dans l'affaire, même le juge d'instruction de l'époque, Patrick Ramaël, se plaisait à multiplier les voyages à Abidjan, parfois aussi à Bouaké anciennement zone rebelle. Mais ses enquêtes s'étant soldée sans résultats, le juge Patrick Ramaël est sommé de rendre le tablier, le 1er septembre 2013, jour d'expiration de son mandat décennal. Un brin mélancolique Ramaël part laissant derrière lui un goût d'inachevé. Ce d'autant la famille de Guy-André, n'en pouvant plus multiplie les courriers à François Hollande.

Dans la dernière missive adressée en janvier, la famille montre son agacement. « D'autant plus agaçant, soupire Bernard Kieffer, que les autorités ivoiriennes ont sous la main la plupart des protagonistes ». A commencer par l'ex-First Lady, en résidence surveillée à Odienné (Nord), ou celui qui fut le caïd de sa sécurité rapprochée Anselme Seka Yapo, dit « Seka Seka », détenu au secret. A la vérité, plus personne ne comprend ce qui pourrait bloquer l'enquête, ce d'autant que les suspects n°1 et 2 sont respectivement emprisonnés à La Haye en Hollande (Laurent Gbagbo) et Odienné (à cette époque pour Simone Gbagbo). Mais là où le ridicule manque de tuer c'est lorsque, le vendredi 6 janvier 2012, des enquêteurs trouvent des squelettes dans le village d'Issia à 360 km à l'ouest d'Abidjan, et sont sensés être ceux du journaliste franco canadien. Le choix n'est pas fortuit. Issia est le village natal de deux proches du Président Laurent Gbagbo. Il s'agit de Paul Antoine Bohoun Bouabré et Désiré Tagro.

Mais la découverte se fait précisément dans le ville du premier cité qui lui a réussi à s'échapper pour s'exiler en Israel. Tagro ayant péri le 11 avril 2011 sous les balles des rebelles, Laurent et Simone Gbagbo étant emprisonnés, il ne restait plus que Bouabré à porter le pêcher d'Israël. Mais là, la trouvaille se découvre inopérante dans le plan conçu pour accabler le couple Gbagbo. Les échantillons prélevés des squelettes sont transférés en France, précisément à Nantes, pour des analyses médico-légales à l'effet de déterminer si oui ou non, il s'agit des restes de Guy-André Kieffer. Mais là aussi la déception est grande. Les expertises ADN montrent que le squelette exhumé le 6 janvier en Côte d'Ivoire n'était pas celui de Guy-André Kieffer, selon Me Alexis Gublin, avocat du frère du journaliste franco-canadien enlevé en 2004. « L'expertise ADN est négative. Le corps retrouvé n'est pas celui de Guy-André Kieffer", a déclaré l'avocat de Bernard Kieffer ». Et depuis, le mensonge semble s'estomper. Pour reprendre de plus belle certainement le temps que Laurent Gbagbo revienne au Pouvoir par un coup du sort. De toute évidence ni la France ni la Côte d'Ivoire ne se préoccupent plus de cette affaire qui avait fait couler tant de salive et d'encre.

 

Source: IVOIREPOST.COM

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Deuxième information, extraite de la dernière chronique de Hassane Magued, (qui malheureusement ne s'exprime plus depuis le 9 octobre 2015).

 

Diendéré et l’assassinat de Guy-André Kieffer

 

Afin que la Famille Kieffer arrête de chercher dans tous les sens, nous donnons la présente information sans aucun commentaire. Selon les informations qui circulent dans le milieu des renseignements, Guy André Kieffer n’a pas été assassiné par des militaires Ivoiriens. Son exécution a été assurée de main de maître par des mercenaires Burkinabè. Au moment de l’assassinat, ces hommes faisant partie de la garde rapprochée des membres de la rébellion ivoirienne exerçaient à Abidjan. Récemment, nous avons appris qu’ils sont issus des RSP burkinabè. Le meurtre a été commandité par un ministre actuel en fonction.

Dans le courant du mois de mars 2015, dans un bar privé sis au-dessus du Restaurant appelé Respako dans la Commune de Cocody précisément aux II Plateaux à Abidjan, il s’est vanté en présence de témoins et langue dioula d’avoir réussi cet exploit de neutraliser Kieffer qui les gênait à l’époque et fait porter le chapeau à Simone Gbagbo en instrumentalisant Légré Michel, beau-frère de Simone Gbagbo, lequel a rejoint depuis 2011 les services de renseignement du pouvoir en place. Selon toujours les renseignements disponibles, le Général Gilbert Diendéré et certains des officiers impliqués aux côtés des rebelles ivoiriens peuvent en dire beaucoup sur la mort du journaliste français.

Une seule question se pose désormais. Pourquoi la France dont les éléments de la DGSE sont à Abidjan en contact avec tout l’appareil politique continue-t-elle de couvrir l’auteur de ce crime que vous pouvez deviner aisément ?
Naturellement, on ne devrait pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur la présence des deux plus grandes caches d’armes du régime situées au "Black Market d’Ajamé" et destinées aux civils proches du pouvoir pour les besoins des élections à venir, de deux autres caches d’armes dédiées aux armes lourdes à Assinie et à Minignan dans le Nord, caches d’armes autour desquels gravitent des mercenaires étrangers très connus par les renseignements internationaux pour leur implication dans les massacres de civils en Afrique centrale.

Mieux, on ne peut pas se poser cette question quand on sait que la France se tait sur le dispositif de guerre civile mis en place par le régime actuel, dispositif dont les premiers éléments spécialisés dans le massacre de civils sont les « Microbes », une milice tribale tuant depuis quelques mois à visage découvert et en patrouille à Abidjan, lesquels sévissent sous la protection du pouvoir en place avec une formation et un mode opératoire taillés sur le Modèle des génocidaires Interahamwé du Rwanda.

Dans tous les cas, Diendéré est la boîte de pandore. Elle pourrait s’ouvrir si les bonnes questions lui sont posées. Mais qui aura intérêt à lui poser les bonnes questions et à le faire parler ?
A lui seul, il constitue la bibliothèque la mieux fournie du crime de sang en Afrique de l’Ouest. Qui donc osera ouvrir cette boîte de pandore ?

A Très Bientôt.

 

Hassane Magued. 

La révolution Permanente.

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

mardi, 15 mars 2016

ATTAQUE TERRORISTE DE GRAND-BASSAM: ALLER AU-DELA DES APPARENCES ET DES COMMUNIQUES OFFICIELS

 

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Le dimanche 13 mars 2016, la Côte d'Ivoire est endeuillée par une attaque terroriste aussi barbare que lâche.

Le gouvernement ivoirien s'empresse d'annoncer 22 morts dont 6 terroristes neutralisés. Des terroristes qui ont, en réalité, eu le temps d'opérer tranquillement et de fondre dans la nature. Les forces spéciales ne sont arrivées sur les lieux du drame que bien plus tard, pour le ratissage. Sans plus.

Depuis ce matin, nos autorités, après avoir été copieusement bassinées sur la toile, se sont ravisées et ne parlent plus que de 3 assaillants tués et de 18 morts.

On n'a, en réalité, vu aucun corps d'assaillant. S'il y en avait un seul abattu par nos forces, la RTI nous l'aurait montré, croyez-moi (puisqu'à l'avantage du pouvoir en place, très enclin à la propagande et à l'auto-encensement).

Plusieurs personnes sont encore portées disparues. Certaines victimes ayant été abattues dans la mer, pendant leur baignade, et emportées par les eaux, selon des témoins crédibles. Le bilan actuel ne peut donc qu'être partiel.

Il est fait état d'un communiqué de revendication d'Aqmi, se vengeant de la Côte d'Ivoire pour 4 frères islamistes livrés par la Côte d'Ivoire aux autorités maliennes. De la poudre au yeux ! 

De Charlie Hebdo à Grand-Bassam, en passant par le Bataclan, Bamako et Ouagadougou, c'est un seul et même programme en pleine exécution. Je n'ai jamais cessé de le dire. Dans quel but ? "Nous faire accepter des lois qui ne passeront jamais dans un autre contexte", comme dit un ami très cher, afin de nous contrôler totalement et décider de nos destinées.

Si certains n'ont pas encore compris le fonctionnement de notre monde et continuent à chercher les coupables au mauvais endroit, vraiment désolé !

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A la vérité, Al Qaïda, Aqmi, Boko Haram, Isis, Daesh ou Daech, Etat Islamique et que sais-je encore = Etats-Unis + France + Otan. Les guerres en Irak, en Syrie et en Libye nous l'ont amplement prouvé. Venez nous en démontrer le contraire. Oui, l'hydre américano-française a encore frappé. Et vous pouvez comprendre pourquoi la chaîne française France 24 est toujours la première sur ce type d'information, toutes activités cessantes. Même la RTI n'y a vu que du feu, elle qui passait de la musique et du football pendant l'attentat, et qui a dû être informée depuis la France.

Ce que font, en ce moment, les Etats-Unis, la France et les pays de l'Otan s'inscrit dans un programme global de contrôle total du monde, dans un processus maçonnique et illuminati de reconfiguration géopolitique mondiale, appelé Nouvel Ordre Mondial (Novus Ordo Seclorum), avec pour ligne d'action le slogan "L'Ordre par le Chaos (Ordo Ab Chaos, un slogan figurant sur les passeports maçonniques. Lire ICI)". C'est bien réfléchi, bien planifié et extrêmement bien exécuté. Les personnes les plus insoupçonnables en font partie.

Remarquez une de leurs signatures: leurs attaques se produisent souvent pendant la période des équinoxes et des solstices ou à des dates proches de cette période, qui revêtent pour eux, une grande importance astrologique et mystique, ou encore à des jours qu'ils considèrent comme ayant une empreinte mystique ou portant un symbolisme fort comme par exemple les 13 de mois et le 11 septembre (qu'on écrit 9/11; aux Etats-Unis, le 911 est le numéro des appels d'urgences). Vous remarquerez ainsi qu'ils opèrent bien souvent entre les 11 et 13 ou les 19 et 21 des mois impairs, en général. Faites vos recherches, des Tours Jumelles de Manhattan à l'Etoile du Sud de Grand-Bassam, et vous comprendrez, et vous verrez ! On vous ment sur beaucoup de choses et on vous cache beaucoup de choses, pour ne pas dire TOUT. Visitez ce site pour juste vous en donner une idée: Ordo Ab Chao.

Au lendemain de l'attaque de Ouagadougou, en janvier dernier, j'écrivais ceci sur ma page Facebook: "La France veut se donner raison après ses excès sur ses propres populations, en janvier 2015 et le 13 novembre 2015, pour faire croire que c'est une urgence de combattre l'Etat Islamique (qu'elle a financé et armé avec les USA) et justifier ainsi l'escalade des guerres qu'elle mène avec les Américains au Moyen-Orient, pour le pétrole et pour la mainmise sur la géopolitique mondiale. Elle n'opère que dans les pays sous sa domination ou là où les Chefs d'Etats sont des hommes liges de la France. Les Ivoiriens doivent faire gaffe. Ils seront les prochaines victimes. Et ça va saigner !" Eh bien, nous y voilà !

Au demeurant, la Côte d'Ivoire est déjà habituée au terrorisme. Nous en avons déjà vu bien pire: 60 gendarmes mitraillés avec leurs familles à Bouaké par les rebelles, des ministres et officiers supérieurs de l'armée ivoirienne assassinés chez eux ou ailleurs, plus de 70 jeunes aux mains nues massacrés par l'armée française devant l'Hotel Ivoire, les différents épouvantables carnages de Duékoué contre le peuple Wè, des milliers d'ivoiriens assassinés de 2002 à 2011 par la rébellion ivoirienne aujourd'hui au pouvoir, la résidence présidentielle de Côte d'Ivoire bombardée par la France avec le président en exercice, femmes, personnes âgées et enfants à l'intérieur, pendant 10 jours. Y a-t-il pire que ceci ? Que ceux qui savent me répondent.

Alors, qu'on ne vienne pas nous claironner à la télé, après l'attaque de Grand-Bassam: "Ça ce n'est pas la Côte d'Ivoire !". A moins que ce soit pour dire: "La Côte d'Ivoire est pire que ceci".

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Toutes mes condoléances à vous, fiers ivoiriens ! Prompt rétablissement et beaucoup de courage à tous les blessés. Que DIEU console toutes les familles éplorées par ce massacre gratuit, victimes de barbares tapis dans l'ombre, sorciers pyromanes qui tirent les ficelles et viennent jouer les pompiers, et qu'il nous délivre de cette engeance !

C'était mon coup de gueule. Salut !

 

DINDE Fernand AGBO

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NOUVEL ORDRE MONDIAL

« ...On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial. Et personne,
je dis bien personne, ne pourra s'y opposer. »

(Extrait du discours de Nicolas Sarkozy du 16 janvier 2009 à l'Elysée).