topblog Ivoire blogs

lundi, 26 août 2013

COTE D'IVOIRE - ANTICIPER ET OEUVRER POUR LE RETOUR AU PAYS DU PRESIDENT GBAGBO


GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE 2.jpg


Libre opinion par Ephrem Youkpo Journaliste-Producteur, Auteur Groupe X-POL ACTIVE SUD 1ère – 1ère télévision de nos cultures 100% métissées.

 

La réconciliation à quel prix ? Doit-on y croire ? A quelle sauce ? Comment ?

Depuis l’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, devrais-je dire aussi de manière calamiteuse à l’image des précédents, sans mâcher mes mots, parce que je reste convaincu quoi qu’on dise ou pense, sans vouloir créer la polémique, que le recomptage des voix nous aurait réellement situé sur le vrai vainqueur de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire en 2010.

Le recomptage n’aurait pas été exceptionnel à la Côte d’Ivoire puisqu’il s’est fait en Afghanistan et à Haïti, entre autres, pendant que les bombes pleuvaient sur la Côte d’Ivoire pour le même sujet. On aurait fait l’économies de la catastrophe que l’on sait puisqu’ il y avait la Communauté dite internationale, l’Onuci et les observateurs pour encadrer cette opération. Même lors des élections régionales ou municipales en France, l’on a eu recours au recomptage des voix. C’est un procédé démocratique qui permet d’établir la vérité au moment du doute et de litige. Et croyez-moi, on en serait sortis grandis. Comme beaucoup d’entre vous, je reste encore sur ma faim devant toute cette cacophonie, ces non-dits qui ont entraîné des emprisonnements, des peurs et tout ce chaos à n’en plus finir qui ne rassure personne. Bref.

Parlons un peu de réconciliation. Ce mot qui finit par être dénué de tout son sens, je le trouve galvaudé venant des politiques ivoiriens ou apprentis sorciers. Je crains qu’on mette la charrue avant les bœufs sinon on roule a contresens. Comme la majorité d’Ivoiriens, j’avoue que je suis encore sceptique sur le processus actuel pour arriver à la réconciliation. Si c’est vraiment une préoccupation principale pour les dirigeants actuels du pays, la recette n’étant pas digeste, ils devront la changer, la doser d’une grande part d’humilité, en prenant le temps d’écouter le peuple, de lire dans les lignes, de bien fixer leurs regards parce que ce ne sont pas toutes les larmes qui sont visibles. En Côte d’Ivoire, comme si un chaos en appelait un autre, celui qui accède au pouvoir, peu importe la manière (Bédié, Guéhi, Gbagbo, Ouattara), croit être l’homme providentiel qui détiendrait la formule magique pour la réconciliation, avec ses concepts, ses milliards à dépenser pendant que le peuple a faim, pendant que des régions entières sont privées de leurs cadres, des parents de leurs enfants et vice-versa, qui sont soit en exil, soit jetés en prison, humiliés, bastonnés, etc. Ce constat est aussi valable pour ceux d’hier que pour ceux d’aujourd’hui.

Que ceux qui revendiquent l’héritage de feu Houphouët-Boigny se souviennent de cet adage qui lui était cher, je cite : « un homme qui a faim, n’est pas un homme libre. » Ils devront en prendre de la graine. En Afrique, détenir un cadre en prison c’est détenir tout son village, toute sa région et son groupe ethnique dont il fait la fierté. On ne peut exiger le sourire de celui qui n’a pas des nouvelles de son frère, de son père, de son fils ou de sa mère, à moins qu’on ait une pierre à la place du cœur. Souvenons-nous du tollé au sein de la communauté nordiste lorsque Ouattara était en exil, ce qui a même conduit à des manipulations politiques qui ont failli opposer musulmans et chrétiens. C’est certainement ce constat qui avait conduit son prédécesseur Laurent Gbagbo à faire en sorte qu’il revienne en Côte d’Ivoire, jusqu’à permettre sa candidature autrefois refusée par Konan Bédié qui l’avait mis sous le coup d’un mandat d’arrêt international. L’histoire est têtue. Les ivoiriens s’en souviennent encore et attendent le retour de l’ascenseur de monsieur Ouattara à l’endroit de Gbagbo. C’est aussi cela le jeu politique. Alors n’ayons pas peur de le dire, je souhaiterais que Monsieur Guillaume Soro le Président de l’Assemblée nationale et Monsieur Hamed Bakayoko le ministre de l’intérieur que j’appelle respectueusement  »mes frères » qui sont de notre génération, l’élite politique de demain et aspirent tous les deux à une Côte d’Ivoire nouvelle se joignent à nous pour œuvrer pour la libération totale des prisonniers politiques, qu’ils soient des Ex-fds ou de simples citoyens qui auraient eu le tort d’être de l’autre camp.

Nul n’est infaillible surtout dans cette horreur qu’a connu le pays où aucun acteur n’est blanc comme neige. Ayons le courage de le dire, nous l’avons fait lorsque Alassane Ouattara était injustement en exil et nous le faisons maintenant pour Laurent Gbagbo avant que des masques ne tombent, que des vérités et des secrets soient sus, avant que les yeux du peuple ne finissent par s’ouvrir complètement, et pour arrêter des articles des médias amis d’hier qui ont commencé à retourner la veste, il faut anticiper et œuvrer pour le retour au pays du président Gbagbo. C’est le pays qui en ressortira guéri, grandit, le pouvoir en place se consolidera dans ses actions et les cœurs seront pansés. Si c’est vraiment la réconciliation que recherche le pouvoir en place d’où le vrai préalable susceptible de conduire à l’unité du pays autour d’un seul chef pour tous. Parlons-en.

Ensemble, construisons notre Légende.
2015, c’est demain!

 

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 25 août 2013

SOUTIEN AU DEUXIEME TOUR DE LA PRESIDENTIELLE, OUATTARA FAIT DON DE 25 MILLIONS DE FCFA AUX CHEFS TRADITIONNELS BAOULE


 

côte d'ivoire,PDCI,Alassane Ouattara,Henri Konan Bédié,Yamoussoukro,FCFA,Augustin Thiam

Alassane Ouattara ici, le 6 aout dernier, avant son départ pour la France où il est jusqu'à cette heure.

 

Le 22 août 2013. KOACI.COM apprend ce jour que le chef d’Etat ivoirien aurait fait don de 25 millions de FCFA aux chefs traditionnels du centre de la Côte d’Ivoire.

Cette information que nous avons essayé de vérifier sans succès auprès de certains chefs traditionnels, aurait été rendue publique vendredi dernier par le gouverneur du district de Yamoussoukro.

Selon des indiscrétions, Augustin Thiam aurait évoqué ce sujet ce jour là, avec l’un de ses proches à la résidence du père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, Félix Houphouët Boigny au moment où le président du PDCI y échangeait avec les chefs traditionnels baoulé.

Le gouverneur du district de Yamoussoukro aurait expliqué à son interlocuteur que cette somme était la contribution du chef de l’Etat aux actions menées par les chefs traditionnels du centre dans sa campagne au deuxième tour de la présidentielle afin qu’il accède à la magistrature suprême.

Cette somme est-elle suffisante pour récompenser le nombre impressionnant de chefs traditionnels qui avaient répondu en son temps à l’appel du président du PDCI, tombé au premier tour ayant mobilisé ses parents du centre à voter massivement le candidat Ouattara au détriment de Gbagbo?

Selon d’autres informations en notre possession, les chefs traditionnels du centre n’auraient pas du tout apprécié ce geste présidentiel qui ne représenterait rien, vu le travail abattu auprès de leurs communautés afin qu’Alassane Ouattara accède au pouvoir.

Elles affirment que ceux qui ont été reçus vendredi dernier, par le président du PDCI à Yamoussoukro en marge du conclave des secrétaires généraux de section de sa formation politique auraient signifié leur mécontentement au sphinx de Daoukro.

Nous apprenions par ailleurs que, nombreux sont les chefs traditionnels qui n’auraient pas effectué le déplacement de Yamoussoukro vendredi. Enfin ces derniers souhaitent que réparation soit faite avant 2015.

Wassimagnon


Source: KOACI.COM

LETTRE OUVERTE DE ZASSO PATRICK DIT «EN GLOBAL» A OUATTARA ET SORO


ZASSO PATRICK DIT EN GLOBAL.jpg


Dans une lettre dont copie nous est parvenue, Zasso Patrick dit "en global", ex porte-parole d'Alassane Ouattara chargé de la jeunesse, parle à Guillaume Soro après sa visite dans la région de Gagnoa.


Monsieur le président,


Je voudrais vous demander de bien vouloir excuser le caractère peu protocolaire de cette lettre. comme vous le savez, mon statut actuel ne m'offre que cette voie pour apporter quelques réponses à vos discours et propos tenus à Gagnoa suite à l'invitation des chefs coutumiers. Monsieur le président, de mon exil, j'ai suivi votre visite à Gagnoa et écouté attentivement vos messages, que j'ai passés au peigne fin. Mais permettez-moi de relever ces quelques éléments que j'ai retenus et que vous avez appelés votre part de vérité.

Monsieur le président, vous avez dit que l'heure est venue de dire les choses comme elles se sont déroulées. Et je cite quelques propos de vous: "J'ai été nommé Premier ministre, pour organiser les élections démocratiques et transparentes, pour que des Ivoiriens aillent aux urnes pour se choisir le Président qu'ils désirent. Je n'ai pas été nommé pour favoriser un candidat. Si Gbagbo avait gagné les élections, je l'aurais dit; je vous le dis, Gbagbo n'a pas gagné les élections. Je suis allé voir Gbagbo chez lui pour lui dire qu'il a perdu les élections et qu'il doit céder le pouvoir ".

Monsieur le président, suite à ses propos, je voudrais, en tant que l'un des porte-parole du président Ouattara et témoin oculaire du déroulement de ces fameuses élections, apporter quelques éclaircis (...)

Monsieur le président, ces élections dont vous parlez n'ont pas été démocratiques et transparentes comme vous le faites croire à tout bout de champ. Tout a été bouclé d'avance avec vos alliés, vous n'avez fait que mettre Laurent Gbagbo devant les faits accomplis, vous avez rusé avec la bonne foi de Gbagbo, Charles Blé Goudé et tous les Ivoiriens pour atteindre vos objectifs. (...) Vous avez pris partie pour Ouattara; le fait de vous retrouver à l'Hôtel du Golf qui était le QG de campagne du candidat Ouattara avec Youssouf Bakayoko, accompagné des ambassadeurs des Etats-Unis et de la France, par la volonté de Nicolas Sarkozy, président français d'alors. Vous avez ainsi montré aux yeux des Ivoiriens votre choix dans cette crise. En tant que Premier ministre chargé d'organiser des élections comme vous le dites vous-mêmes, et dont les deux candidats étaient déjà en désaccord sur les résultats, la sagesse aurait voulu que vous acceptiez le recomptage des voix proposé par Laurent Gbagbo pour faire baisser la tension, ce que vous avez refusé de faire.

En réalité, ces élections n'étaient qu'un prétexte pour parachever le complot du 19 septembre 2002, dont l'objectif était de donner le pouvoir à Ouattara depuis le début.

"La mascarade a commencé au premier tour des élections présidentielles"

Au premier tour, selon les vrais chiffres des grandes villes de la Côte d'Ivoire que nous avions au sein du Rhdp, quelques heures avant la fin de la proclamation des résultats, le président Bédié avait 25% des voix, contre 22% pour Alassane Ouattara et 46% pour le président Gbagbo. On ne sait par quel miracle, la CEI, vous et vos alliés, aviez fait passer Ouattara au second tour, à la place de Henri Konan Bédié.

Mais suite à cela, Bédié votre allié d'aujourd'hui, a mis sur pied un collectif d'avocats dirigé par Ahoussou Jeannot, pour faire des réclamations auprès du Conseil constitutionnel, parce qu'il était mécontent de ces résultats qui ont été manigancés par la CEI, vous et vos alliés. Le président Bédié lui-même a rencontré Alassane ouattara pour lui signifier son mécontentement et lui demander de recompter les voix. Ce qui a créé une situation très tendue, que j'ai vécue au sein du RhdP. Il a fallu l'intervention du président français d'alors, Nicolas sarkozy, et de certains chefs d'Etats africains que vous-mêmes connaissez plus que
moi, pour calmer Bédié et l'obliger à céder sa place à Ouattara pour le deuxième tour (...)

Monsieur le président, pour le deuxième tour dont vous parlez tant, je voudrais vous dire que le président Gbagbo a respecté la Constitution et n'a pas confisqué le pouvoir comme vous le faites croire partout (...)

Lorsque le président de la CEI a transmis les résultats au Conseil constitutionnel, le président Laurent Gbagbo a fait une réclamation, vu les violences qui se sont produites dans votre zone. Le Conseil constitutionnel, après avoir analysé la requête, a déclaré le président Gbagbo vainqueur des élections. Je rappelle que c'est ce même Conseil constitutionnel qui a validé la candidature de Ouattara alors qu'au Rdr, on avait tous peur que Paul Yao-N'dré rejette cette candidature, malgré le fait que la CEI l'avait acceptée (...)

Monsieur le président, il est temps qu'ensemble nous essayons de faire des efforts pour mettre fin à toute cette manipulation qui consiste à toujours faire croire aux Ivoiriens que Gbagbo n'a pas gagné les élections, alors qu'en réalité il a gagné puisque déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel de notre pays, comme cela se fait dans tous les pays démocratiques du monde entier. Gbagbo a fait une réclamation, en respectant les normes démocratiques. Voilà ce qui est clair, monsieur le président.

Monsieur le président, concernant le dernier point où vous dites que vous êtes allé voir le président Gbagbo chez lui pour lui dire qu'il a perdu les élections et qu'il devait céder le pouvoir, je voudrais vous dire que là aussi, vous n'avez pas été courageux pour dire la vérité aux Ivoiriens. Car en réalité, quand vous êtes allé voir le président Gbagbo, vous lui avez dit que vous avez tous les résultats et qu'il a gagné les élections.

Vous lui avez ensuite demandé de vous reconduire au poste de Premier ministre. Ce qui a été refusé par le président Gbagbo et certains membres de son entourage. Voilà ce qui vous a conduit au Golf hôtel pour accepter le deal de Ouattara, qui consistait à vous reconduire comme Premier ministre (...)

Alors, au lieu de passer tout votre temps à vous justifier sur vos erreurs et faiblesses, je voudrais vous inviter, pour une fois, à assumer votre responsabilité dans cette guerre tragique qui a endeuillé la Côte d'Ivoire et fragilisé tout un pays. Vous n'avez pas jouer franc-jeu avec le président Laurent Gbagbo, Blé Goudé et surtout les Ivoiriens qui vous ont accepté et pardonné malgré les crimes de votre rébellion du 19 septembre 2002. Tout ce qui est arrivé, est arrivé parce que malgré les appels incessants au désarmement de vos troupes, vous avez rusé sur ce point et le rétablissement de l'autorité de l'Etat dans la zone que vous occupiez. Aujourd'hui, on a tous compris pourquoi vous teniez tant à contrôler cette zone à tout prix (...). En réalité, l'objectif de toute cette mascarade électorale, et toutes ces violences qui ont fait plusieurs morts inutiles, c'était aussi et surtout de faire d'Alassane Ouattara, président de la République. Puisque Bédié, feu Guéi et Gbagbo ont été déjà présidents, il fallait à tout prix que Ouattara le soit, quels que soient les résultats de ces fameuses élections. Tous les moyens ont été déployés par vous et vos alliés, pour y parvenir. Nous en avons pris acte.

Puisque votre objectif a été atteint, nous pensons qu'il est temps pour vous de créer les conditions rapides de la libération des otages que sont Laurent Gbagbo, son épouse Simone Ehivet, Charles Blé Goudé et tous les civils et militaires, détenus, et de prôner des discours d'apaisement, allant dans le sens de la réconciliation vraie des fils et filles de ce pays.

Veuillez accepter mes salutations les plus distinguées.


Fait, le 19 Août 2013


De mon lieu d'exil


Patrick ZASSO dit "En global",

Exilé politique, ex porte-parole chargé de la jeunesse d'Alassane Ouattara

DE LA PERGOLA A BOUNA: AFFI RACONTE SON SEJOUR CARCERAL

côte d'ivoire,affi nguessan,la pergola,la prison de bouna,de la pergola à bouna: affi raconte son séjour carcéral,guillaume t. gbato,le quotidien ivoirien "notre voie"


Pour la première fois depuis sa sortie de prison, le 5 août dernier, le président du FPI, l’ex-Premier ministre Pascal Affi N’guessan, est revenu longuement sur les conditions de son arrestation à la Nouvelle Pergola à Abidjan-Marcory, de son transfert à la prison civile de Bouna. Nous vous livrons de larges extraits de son témoignage.


«Nous avons quitté le Golf Hôtel le lundi de Pâques à 13h. On ne savait pas où on allait. La guerre n’était pas totalement terminée. Est-ce qu’ils nous ramenaient à la Pergola ? C’était l’heure du déjeuner et Affoussi Bamba qui est venue nous chercher, nous a dit : «vous faites vos affaires, on s’en va». On lui a demandé : «on s’en va où» ? Mais, elle n’a pas osé répondre. On s’est dit, dans ce cas ce n’est pas la peine de manger. Arrivés à destination, on va manger. Chacun espérait une destination. Elle a dit : «Mangez un peu. On ne sait jamais».

Après, on nous a embarqués et nous sommes passés à la gendarmerie de Cocody où le lieutenant qui conduisait le convoi a fait monter deux ou trois éléments avec des RPG. Je me suis demandé si pour nous ramener à la Pergola, on avait besoin de RPG. Mais j’ai fini par me dire que comme il y a encore des combats en ville, peut-être que c’était dangereux. On a fini par démarrer et quand nous sommes arrivés à l’Indénié, le convoi a pris la route d’Adjamé au lieu de se diriger vers le sud. Nous nous sommes dit que c’était une manœuvre de diversion. Mais nous avons continué vers Yopougon. Arrivés au carrefour de la Maca, les combattants étaient éparpillés partout. Ils se sont arrêtés parce que ça tirait partout. Un moment, ils ont tenté de rebrousser chemin. Mais un des leurs a dit : «Allons-y. De toutes les façons, nous, nous sommes blindés. Ce sont leurs gars qui sont là-bas. S’ils les tuent, tant pis pour eux».

Ils ont alors repris la route et nous avons roulé jusqu’à Attinguié et on s’est arrêté. On a fait une petite bifurcation et ils se sont arrêtés. Nous nous sommes alors dit que c’est là qu’ils allaient nous fusiller et abandonner nos corps. On ne savait pas du tout dans quel film on était. Mais, nous étions des acteurs passifs. Curieusement, ils ont commencé à distribuer des bananes aux uns et aux autres. Trois ou quatre bananes. Après, on a repris la route jusqu’à Toumodi. Ils sont allés à la station, ils ont parlé et ils sont revenus et nous avons pris la direction de Yamoussoukro. Nous avons commencé à dire qu’ils nous envoient au camp pénal de Bouaké. Certains ont pensé à Bouaké, d’autres à Korhogo. Arrivés à Yamoussokro, ils ont pris du carburant et on a fait demi-tour. Arrivés à Toumodi, ils ont pris la route de l’Est. On a commencé encore à s’interroger sur notre destination. Un moment donné, le secrétaire général de l’université de Cocody a dit : «Peut-être qu’ils s’en vont nous enfermer chez le président Affi !».

Quelqu’un lui a dit : «Toi, tu es vraiment optimiste». On a continué à rouler, et on a traversé Bongouanou et arrivés à Kotobi, ils ont pris la route de Daoukro. En fait, ils s’étaient perdus. Quand ils s’en sont rendus compte, ils ont fait demi-tour et nous avons pris la route d’Abengourou. Arrivés à Bonahouin, ils ont commencé à distribuer des boites de sardine. Mais, moi, j’étais tellement fâché parce que ça n’avait aucun sens. On a repris la route et ils roulaient à tombeau ouvert. Nous étions dans des 4x4. Il y avait deux 4x4 doubles cabines et un pick-up où ils avaient mis les éléments armés. Dans chaque 4x4, il y avait deux gendarmes ou policiers qui nous encadraient. Michel Gbagbo, lui, ils l’ont mis carrément dans le coffre arrière du 4x4. Un moment, il pleuvait. Ceux qui étaient dans le pick-up sont donc descendus pour monter avec nous dans les 4x4. Nous étions donc serrés comme dans une boîte de sardine. Notre conducteur était tellement fatigué qu’il a fait deux sorties de route. Deux fois, nous sommes entrés en brousse avant de ressortir. Finalement, je ne pensais plus à rien. Parce que je me disais, pour un pouvoir qui s’installe, même s’ils veulent nous envoyer en prison, compte tenu de notre statut, ils pouvaient même prendre de bons véhicules et nous emmener. Mais agir ainsi montrait qu’ils n’accordent aucune importance à notre vie. Un moment même, notre chauffeur dormait. Or, nous étions sur un pont et il y avait un véhicule qui venait en face. Il s’est réveillé brusquement et il s’est rabattu à droite. On a failli basculer dans le vide. On est finalement arrivé à Bouna à 4h du matin. A Bouna même, les gens n’étaient pas informés de notre arrivée.

Ils couraient donc dans tous les sens, pour chercher le responsable du camp des Frci. Ils l’ont retrouvé et il est arrivé tout fâché parce qu’on lui a envoyé des gens sans le prévenir et surtout il ne savait pas quoi faire de nous. On le voyait donc courir partout pour trouver un lieu où nous enfermer. Un moment, ils ont dit qu’ils allaient nous enfermer à la résidence de Palé Dimaté. Mais certains d’entre eux ont dit que la clôture de la résidence n’était pas assez haute. En définitive, ils ont opté pour la prison civile. Et quand on partait, c’est Serges Boguhet qui, le premier, a fait la remarque en disant qu’ils nous envoient en prison. Quand par la suite, nous avons vu les barbelés, nous avons su que c’était effectivement la prison civile. C’était une prison abandonnée et désaffectée. Ils ont alors commencé à nous jeter dans des cellules insalubres.

Diabaté Bêh a été le premier qu’ils ont brutalisé. Ils donnaient le sentiment qu’ils lui en voulaient particulièrement. Ils l’ont jeté dans un coin très sale. Moi, ils m’ont dit : «Affi, passe ici». Ils m’ont jeté dans le parloir. Un endroit très étroit, où il y avait tout juste de la place pour un matelas. J’y suis resté près de deux mois. Ils nous ont enfermés et ils sont partis. Après, ils sont revenus et il y en a un qui a commencé à nous menacer. «Vous avez eu de la chance. Sinon, moi Chiquito, si j’étais descendu à Abidjan, aucun de vous ne serait vivant à l’heure actuelle. Vous allez mourir ici. On va vous nourrir avec tuyau», nous lançait-il à la figure.

On n’avait rien. Heureusement, assez rapidement, les prêtres et le responsable local de la Lidho sont venus nous voir. Ce sont eux qui nous ont donné les premiers draps pour la nuit. Nous sommes restés là sous la surveillance de deux hommes armés en permanence. On n’avait pas droit aux visites. On était enfermé. Le responsable de la Lidho a négocié pour qu’il puisse nous rendre visite une fois par jour. Ils le lui ont accordé.

Mais au bout d’un certain temps, ils lui ont dit qu’il n’aura que trente minutes pour nous voir. Donc, chaque jour, il pouvait nous voir 30mn. Mais il n’était pas question pour lui de nous envoyer des journaux, encore moins la radio. C’est donc lui qui a informé nos parents. Après un moment, on lui a dit qu’il n’avait plus que 15 mn. Et puis, on lui a interdit totalement de venir nous voir. Donc, on n’avait aucun contact tout ce temps. Jusqu’à ce qu’un jour, un Frci nous présente une dame Frci aussi pour nous dire que c’est elle qui allait préparer pour nous. On était obligé d’accepter. Et puis, progressivement, l’administration pénitentiaire a commencé à se mettre en place à partir du mois d’août. Mais, même là encore, il y avait, chaque fois, des incidents entre eux et les Frci. Et pendant tout ce temps, c’était le stress. Parce qu’on ne savait jamais ce qui allait se passer. Rien n’était prévisible. Ils vont et viennent. Et dès que tu entends un bruit, tu as peur.

Tu te demandes ce qui va se passer encore. On était dans cette situation, jusqu’à ce que l’administration s’installe définitivement. Et comme eux, ce sont des professionnels, ils ont commencé à avoir des rapports corrects avec nous. Nous avons donc commencé à déstresser et à nous organiser. On se réunissait tous les jours à 16 h, pour analyser la situation, les informations internationales, la politique nationale.

Nous étions censés être sous la protection de l’Onu

Nous avons gardé le moral parce que nous savions que c’était notre part de la lutte et nous avons positivé notre détention. Parce que le fait que nous soyons détenus était devenu une donnée de la crise. Nous savions que c’était par ça que les autres allaient se mobiliser. Ne serait-ce que nos parents, nos familles et nos camarades de lutte. Nous savions que le caractère injuste de notre détention ferait qu’au-delà de nos familles biologiques et idéologiques, beaucoup d’Ivoiriens se sentiraient interpellés et se mobiliseraient. Et cette mobilisation, nous savions qu’un jour où l’autre, elle allait triompher. Parce que c’est l’histoire. Les prisonniers politiques, ça peut prendre le temps que ça peut prendre, mais forcément, un jour on finit par sortir. Et comme l’a dit le doyen (Ndlr : Bernard B. Dadié), c’est une école, c’est un parcours initiatique.

C’est pourquoi, quelque part, nous étions fiers de jouer cette partition dans la lutte pour la libération du pays. Parce que dans tous les processus à travers le monde, ceux que le doyen a appelés les martyrs, ce sont eux qui ont consolidé les aspirations.

A la Pergola, nous étions censés être sous la protection de l’Onu. Après j’ai vu des gendarmes venir. J’ai vu notamment le colonel Ehoussou avec qui j’avais travaillé à la Primature et qui s’occupait déjà de la protection des personnalités. Donc, je me suis dit que c’était normal qu’il soit là. Du moment où ce n’était des Frci, je me suis dit qu’ils étaient venus pour compléter l’effectif de l’Onuci. C’est quand je devais faire la deuxième communication, parce que j’avais vu Mamadou Koulibaly et Yao N’dré chez Alassane Ouattara, que j’ai vu que les militaires qui étaient là cherchaient même à m’empêcher de parler que j’ai compris qu’il y avait quelque chose.

Dans les heures qui ont suivi, Soro a envoyé quelqu’un me voir. On était autour de 20 h. Il m’a dit que Soro voulait me rencontrer. Je lui ai demandé de me montrer ce qui prouvait qu’il venait effectivement de la part de Soro. Il l’a appelé et me l’a passé. Je lui ai dit qu’il faisait trop tard, que la ville n’était pas sécurisée et qu’il fallait qu’on remette la rencontre au lendemain. Mais quelques temps après, j’ai entendu des gens discuter. J’ai su qu’il y avait un deuxième groupe. Et je pense que ça devait être un groupe envoyé par Hamed Bakayoko. Un des officiers m’a dit de ne pas rester sur place parce que la façon dont les gens bougeaient, il y avait des risques qu’il y ait du grabuge. Je suis donc monté à ma chambre. Mais quelque temps après, j’ai entendu des coups sur la porte. Mais ce n’était pas des coups à la main. Mais des crosses de kalach. Ils défonçaient les portes. Ils ont défoncé la porte d’entrée. Et quand on dépasse cette porte, il y a une terrasse avant d’arrivée au salon. Ils ont commencé à défoncer la porte du salon et même les fenêtres. J’étais dans la chambre, donc je suis venu au salon pour voir ce qui se passe. Le temps d’arriver, ils étaient sur moi en train de me rouer de coups. Ils m’ont embarqué. Mais en bas, on est resté 15 à 20 mn. J’ai fini par comprendre qu’ils étaient en train de piller la chambre. Parce que pour les dernières missions que le président m’a confiées, il me restait un peu d’argent que j’avais pris sur moi. Et quand les camarades partaient, j’aidais certains. Mais moi, j’ai dit que je ne pouvais pas bouger. Parce qu’en tant que président du parti, je me suis dit qu’il fallait que les militants entendent notre voix. Pour qu’ils sachent que le parti est toujours là. Sinon, ce serait la débandade généralisée. C’est comme ça que quand Alcide est allé voir l’Onuci et qu’il a dit qu’ils avaient trouvé un endroit pour sécuriser les cadres Fpi et Lmp, j’ai accepté d’y aller. Peut-être qu’ils avaient déjà des plans pour nous arrêter. Parce que les autres qui sont restés, on les a quand même transférés à Boundiali.

Mais, moi personnellement, je n’ai jamais désespéré parce que je savais que nous avions gagné les élections. Donc, nous avions une base populaire. Et que cette base allait peser dans la balance».

 

Propos retranscrit par Guillaume T. Gbato

In le quotidien ivoirien "Notre Voie".

samedi, 24 août 2013

AFFI NGUESSAN REPOND A SES CONTRADICTEURS

AFFI NGUESSAN 2.jpg


Le président statutaire du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan, a échangé hier mercredi 21 août 2013, avec plus de 400 militants et cadres des régions du N’Zi Comoé, Moyen-Comoé et Sud-Comoé venus lui apporter soutien et réconfort après sa libération. Il en a profité pour révéler certaines vérités peu connues de l’opinion nationale sur son combat, ses relations avec le président Laurent Gbagbo. L’ex-détenu de Bouna se découvre de jour en jour. Larges extraits de son intervention devant ses visiteurs.


«…Je voudrais dire quelques mots pour apaiser tout le monde. Comme je vous l’ai dit, moi personnellement, je suis au service de mon pays et de ma communauté. Ce que je peux faire, je le fais au nom du pays et de la communauté. Je le fais aujourd’hui avec Laurent Gbagbo, Aboudrahmane Sangaré, Simone Gbagbo et avec l’ensemble des dirigeants et des militants du Front populaire ivoirien. Les gens ne doivent pas se méprendre, j’ai connu Laurent Gbagbo en 1988 quand il est revenu d’exil, mais j’étais déjà dans les structures clandestines du Fpi depuis 1986 précisément, avec mon ami Lia Bi Douayoua. Et nous avions un comité à l’Ecole nationale supérieure des Postes et Télécommunications. Très rapidement Gbagbo m’a fait confiance ; ce n’est pas parce que j’étais de sa région ni enseignant à l’université. J’étais fonctionnaire, Ingénieur des Postes et télécommunications.

Le siège du Fpi à Koumassi, c’est mon ami Diallo Mamadou et moi-même qui l’avons trouvé et équipé. La première facture d’électricité porte le nom de Diallo Mamadou, parce que c’est lui qui est parti faire l’abonnement à l’Agence sur le boulevard de Marseille. Donc déjà j’étais en plein dans le Fpi grâce à Gbagbo. Juste après la proclamation du multipartisme je suis devenu son directeur de cabinet. Le Congrès de 1994, il m’a fait l’honneur de me donner la présidence de ce congrès qui avait été déterminant. En 1995, il m’a dit «Affi, tu seras mon directeur de campagne». Evidemment vous connaissez l’histoire et nous avons été contraints à boycotter l’élection présidentielle. Mais je suis resté son directeur de cabinet jusqu’en 2000, où il m’a reconduit encore comme son directeur de campagne. Et quand il a gagné les élections, c’est sur moi que Gbagbo et Sangaré ont porté leur choix pour diriger le premier gouvernement de la Refondation. Et en juillet 2001, le même Gbagbo dit «Affi c’est toi qui va prendre la direction du parti». Pourtant, je n’étais pas forcément le meilleur, le plus ancien ni le plus intelligent parmi tous les cadres du Fpi. Donc un tel homme qui est votre bonne étoile (…) vous ne pourrez et vous ne pouvez jamais l’abandonner. Donc la cause de Gbagbo, c’est ma cause. Parce que je suis président du FPI, mais surtout pour ce qu’il représente dans ma vie et dans mon parcours politique.

Il ne faut pas que les gens se méprennent et que certaines personnes spéculent. Moi je suis fidèle et loyal. Parce que je ne cherche rien pour moi-même… Je n’ai pas d’ambition particulière, mais je suis un garçon tenace. Je veux faire la politique, je veux contribuer à la libération de la Côte d’Ivoire et j’y tiens. Et je vais le faire pian ! Sur ça seulement, tout le monde peut compter sur moi. Si c’est en tant que président ou simple militant du Fpi, que je peux le faire, ça ce n’est pas important. La contribution que quelqu’un apporte à l’histoire ce n’est pas à partir des postes. Certains croient que c’est en étant président seulement qu’on a une renommée. C’est faux !

Le combat de Laurent Gbagbo, nous allons le mener et nous allons le gagner. Parce que c’est le combat de toute la Côte d’Ivoire, contre l’injustice et pour la dignité. C’est pour cela que nous sommes engagés dans la politique. Le combat n’est pas terminé ».


Source: DEBOUTCIV.COM

vendredi, 23 août 2013

AFFI NGUESSAN ANNONCE COMME NOUVEAU PREMIER MINISTRE!

AFFI NGUESSAN.jpg

 
C’est désormais un secret de polichinelle que de se le murmurer à l’oreille. Affi N’Guessan sera le prochain Premier Ministre dans un Gouvernement de réconciliation à former avec le régime Ouattara.

Telle est en substance, l’information que nous tenons de diverses sources diplomatiques.

Alors c’est fait. Ouattara ne sera jamais accepté par plus de la moitié des Ivoiriens qui ont voté le Président GBAGBO mais dont la volonté a été bafouée par la France et son allié néocolonial les USA.

Il fallait sortir du bourbier, de l’impasse. Vers qui pouvait-on se tourner. Les massacres de civils, autres arrestations et tortures n’ont ébranlé aucune volonté de Résistance chez les combattants de la souveraineté que nous sommes.

La seule alternative est naturellement le FPI. Le vomir hier pour qu’il serve aujourd’hui de plat d’apaisement; Il faut être un fasciste occidental pour en arriver à une pirouette aussi spectaculaire.

Mais il fallait le faire, quitte à prévoir le plan B, celui qui fera suite à l’engraissement programmé des cadres affamés du FPI afin qu’ils soient plus tranquilles et royalement dociles. Ne dit-on pas qu’un homme qui a faim n’est pas un homme libre ?

Bref. Que les courtisans en chaleur en ce moment en exil ou en Côte d’Ivoire s’égosillent face à vos réactions, ne vous y trompez pas. Affi sera bel et bien le prochain Nouveau Premier Ministre. « Real politique » oblige.

De notre exil, les réactions sont partagées. A Abidjan aussi.

D’aucuns rétorquent qu’après tout, le MPCI et sa branche politique le RDR ont été dans divers gouvernements du Président GBAGBO et cela n’a pas empêché qu’ils en finissent avec lui en se servant de la France, de l’ONU et des USA. Alors, à chacun son tour chez le …

D’autres sont choqués et scandalisés surtout quand ils entendent les détails de ce qu’il est proposé à Affi qui reste pour l’instant digne et lucide. Regardez du côté du Kenya ou du Zimbabwe. Il y a eu deux espèces de premiers ministres avant 2013. C’est ce qu’il est proposé à Affi. Le peuple peut patienter. On se souviendra de lui plus tard.

Mais le Président du FPI n’a pas encore trempé dans la marmite de la sorcière. Il peut encore donner de la voix. Sur le principe, il n’y pas de refus catégorique. Mais pour mettre tout le monde à son aise, Laurent GBAGBO doit être libéré, fût-il de façon provisoire. Ensuite, les prisonniers politiques doivent être libérés et le jeu politique doit être ouvert. Ça coince pour le Président GBAGBO. Mais tout le reste est possible.

Voilà. Nous vous l’avons révélé. Et une seule question se pose à nous : que doit-on en penser ?

Pour la Révolution Permanente, la question ne se pose pas : « le jeu politique aux politiciens qui veulent jouer et, la libération de la Côte d’Ivoire aux combattants ». Notre intime conviction est que mettre du vin nouveau dans de vieilles outres, ou casser directement les vieilles et les remplacer avec des nouvelles, revient au même sauf que dans le premier cas, on perd les vieilles outres et on perd aussi le vin nouveau. Or ils ont accepté de mettre le vin nouveau dans les vieilles outres, celles qui ont fini par plonger le peuple dans l’abîme.

Ce qu’il doit être fait sera fait. Après la Libération, il y aura la Libération.

Le futur proche a ceci de merveilleux qu’il ne tarde pas à devenir le présent. Que ceux qui ont faim viennent à table de la beuverie collective. Au début, il y aura du plaisir fou et à la fin, des larmes et des cris de douleur. Surtout quand on est sûr qu’on oubliera d’où on vient et où on devrait aller et qu’un plan B dont nous parlerons bientôt, attend les épicuriens de la partie qui s’annonce comme une guillotine.
Que ceux qui ont des oreilles pour entendre entendent.

A Très Bientôt.
 
 
Hassane Magued
 
La Révolution Permanente


Source: AFRIK53.COM

COINCE, OUATTARA VEUT CROISER GBAGBO: VOICI SES EMISSAIRES

GBAGBO, OUATTARA ET BEDIE.jpg

On ne verra jamais ceci avec Ouattara. La différence est déjà là!


«C’était un morceau de choix. Mais il s’avère dur à avaler. Ce n’est pas de gastronomie qu’il est ici question, mais des problèmes de digestion d’une certaine justice (…) Fin novembre 2011, la Cpi s’est donc offert une pièce d’exception : pas un quelconque chef de milice ou un demisolde du crime de masse comme elle en a déjà jugé, mais le Président Laurent Gbagbo, 68 ans, ancien membre de l’Internationale socialiste, ami de Jack Lang et d’Henri Emmanuelli, opposant historique de Félix Houphouët-Boigny, historien et président déchu de la Côte-d’Ivoire après avoir dirigé pendant dix ans, ce qui fut un des pays les plus riches et prometteurs de l’Afrique de l’Ouest», ce ne sont pas les écrits d’un journal bleu ivoirien, mais de Marianne, l’une des publications les plus respectées en France.
 
Cette révélation traduit toute la gêne qui s’est installée à la Cpi avec ce procès du Président Gbagbo. Ouattara aujourd’hui coincé dans ce dossier, veut directement négocier avec le Président Gbagbo. Il fait désormais mains et pieds pour rencontrer le prisonnier politique de l’Onu à la Cpi. C’est vrai qu’au niveau international, il fait appel à certains amis très proches et très écoutés par le Président Gbagbo pour faciliter cette rencontre. Saura-t-il convaincre Gbagbo ? Le temps le dira.
 
Mais en Côte d’Ivoire, Ouattara a appelé au secours, deux cadors de la politique ivoirienne qui se disent amis du prisonnier politique le plus célèbre du monde. Il s’agit en effet, de Charles Konan Banny, le président de la Cdvr et de Laurent Dona Fologo, l’homme qui avec son parti le Rpp, a fait partie des hommes de confiance du Président Gbagbo au plus fort de l’ex-rébellion. La mission qui leur est assignée est très claire : convaincre l’ami Gbagbo à accepter une rencontre avec Ouattara à la Cpi. Car depuis sa déportation à la Cpi, tout se complique pour Ouattara, mais aussi pour la Côte d’Ivoire. Assailli par les difficultés de toutes sortes, Ouattara se résout finalement à faire ce que plusieurs guides religieux lui demandaient depuis longtemps; à savoir négocier directement la sortie de crise avec le Président Gbagbo. C’était bien avant sa déportation à la Cpi. Plusieurs guides religieux, (musulmans comme chrétiens) l’avaient ouvertement déconseillé de déporter le Président Gbagbo à La Haye. Mais Ouattara est resté ferme sur sa position.
 
A cette époque, il y avait un certain Sarkozy à l’Elysée. Et le régime ivoirien ne jurait que par lui. Mais bien plus que ça, Ouattara se sentait obligé de faire la volonté du parrain Sarkozy qui tenait par tous les moyens, à se venger de Gbagbo, l’empêcheur de piller. Pour venir à bout de Gbagbo, la Droite française alors au pouvoir, s’est ouvertement substituée à l’Etat ivoirien. C’est le ministère français de la Justice qui fait toutes les démarches au niveau de la Cpi avant la déportation du Président Gbagbo. Coulibaly Gnénéma, en ce moment ministre des Droits de l’Homme n’a été là, rien que pour la forme.
 
Il a fallu que la Droite française dise que «le transfèrement de Gbagbo à la Cpi va faciliter la réconciliation en Côte d’Ivoire», pour que cela soit repris en choeur par le régime d’Abidjan. Sarkozy n’avait pas de preuves contre le Président Gbagbo. Il savait aussi qui avait réellement gagné les élections en Côte d’Ivoire. Mais il ne voulait pas de Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire. Il utilise donc l’Etat français pour régler des comptes personnels à un homme qu’il ne porte pas dans son coeur pour sa probité intellectuelle et morale.
 
A l’Elysée, Sarkozy décide donc à la place des Ivoiriens. C’est pourquoi au plus fort de la crise postélectorale, lors d’un voyage en Chine, il se permet de dire que «le Président de la Côte d’Ivoire s’appelle Ouattara». De l’Elysée, il téléphone plus d’une dizaine de fois à Goodluck, le Président Nigérian, maitre d’oeuvre de l’option militaire contre la Côte d’Ivoire. Lorsque Michel Dénisot, en ce moment, présentateur du Grand journal sur la chaîne Canal+ offre un plateau au Président Gbagbo pour expliquer la crise ivoirienne, il pique une colère noire. Et demande le même plateau pour Ouattara, son poulain en ce moment réfugié volontaire au Golf Hôtel. L’homme était hanté par Gbagbo. Après le 11 avril 2011, lorsque la France réussit le coup parfait, l’option est de tenir Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Même pire, de détruire son image dans l’opinion ivoirienne, africaine et occidentale.
 
La presse hexagonale aux ordres de Sarko s’y met à fond. Le confrère Paris-Match plus à Droite, consacre alors plusieurs pages photos à la «capturation» de Gbagbo à la résidence. L’objectif est simplement de l’humilier au niveau mondial, quand on sait que ce journal fait partie des plus grands tirages dans l’espace francophone. C’est en plus, la Droite française qui monte le dossier de sa déportation à la Cpi. Toute la procédure est escamotée. Le dossier d’accusation montée dans les officines de l’Elysée, est une compilation de mensonges ressassés depuis le début de la rébellion armée dans la nuit du 19 septembre 2002. Pour Sarkozy, le plus important est de tenir le Président Gbagbo loin de la Côte d’Ivoire. Il peut gérer le reste après, depuis son palais de l’Elysée. N’était-il pas à la tête de l’une des plus grandes puissances du monde. Mais c’était sans compter avec le temps, l’autre nom de Dieu, comme le dit le Président Gbagbo.
 
Et comme le reconnait aujourd’hui Rfi. Le 05 mais 2012, tout s’écroule. Sarkozy est battu à plate couture par François Hollande, le candidat socialiste. Il quitte l’Elysée par la petite porte.
 
C’est là que les difficultés commencent pour Ouattara désormais obligé de faire mains et pieds pour se faire recevoir par le nouveau pouvoir français. La Gauche française qui par moment, marche sur des principes, lui dit ce qu’il n’a pas envie d’entendre. A savoir la libération des prisonniers et la normalisation de la vie politique. «Il n’en fait qu’à sa tête», «Il n’écoute pas ce qu’on lui dit», ces réflexions reviennent de plus en plus souvent dans les couloirs du Quai d’Orsay (ministère français des Affaires étrangères) et dans les officines qui travaillent à l’épanouissement des intérêts des multinationales françaises en Côte d’Ivoire», écrit à ce propos sur le site Slate Afrique, le confrère français Philip Duval, auteur du livre Fantôme d’Ivoire, un excellent essai consacré à la crise ivoirienne.
 
Les regards changent en plus dans la gestion du dossier Gbagbo à la Cpi. Certains diplomates français le conseillent même en privé, d’organiser une rencontre avec le Président Gbagbo à la Cpi. Cependant, Ouattara qui croyait encore en son affaire avec la complicité de Bensouda s’entête. Mais le 03 juin 2013, il reçoit un coup de massue sur la tête à la Cpi. La Cour déclare les preuves contre le Président Gbagbo insuffisantes. Le dossier d’accusation est même démonté pièces par pièces par la Défense. Au point de dévoiler à la face du monde entier, une vidéo en provenance du Kenya dans le dossier. Grand désaveu pour Sarkozy et toute la mafia qui ont installée le chaos en Côte d’Ivoire.
 
Coincé, Ouattara envoie finalement Banny en mission auprès de son «frère Laurent». Le lundi 12 août 2013, Karim Ouattara, le conseiller chargé de la Jeunesse au niveau de la Cdvr donnait déjà le ton lors d’un point de presse. «Le Président Laurent Gbagbo, fait-il savoir, détient de nombreux secrets. Il a des conseils à donner. Il a des choses à dire à l’Occident, à ses proches et à ses adversaires. Ce serait dommage qu’il reste à La Haye. Nous avons donc l’opportunité de calmer la situation, afin de lui permettre de dire sa part de vérité sur la crise. On ne doit pas encourager le musellement du Président Laurent Gbagbo». Tout est clair. On pourrait même dire qu’il dévoile un secret. En 2011, Karim Ouattara ne pouvait pas se permettre de tels propos. Les temps ont changé.
 
 
Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

«ADO SOLUTIONS» N'ETAIT DONC QU'UN SLOGAN!

DANIEL AKA AHIZI.jpg

Daniel Aka Ahizi, nouveau président du PIT

 

«Le Président de la République, Alassane Ouattara n’a pas encore tenu ses promesses de campagne deux ans et demi après sa prise du pouvoir. Notamment, sur les questions relatives au chômage des jeunes, à l’assainissement du milieu universitaire, à l’acceptation du jeu démocratique avec la libre expression accordée à tous les partis politiques y compris ceux de l’opposition». Cette opinion est celle de la jeunesse du Parti Ivoirien des Travailleurs (Pit).

Pour tirer sur la sonnette d’alarme et rappeler à l’ordre les autorités gouvernementales, le bureau exécutif de la jeunesse du parti crée par Francis Wodié et président, Aka Ahizi a animé une conférence de presse à son siège de la commune d’Adjamé le jeudi 22 août 2013. « La jeunesse a constitué le maillon faible des politiques de développement des différents régimes qui se sont succédés à la tête de notre pays.

Toutefois, nous avions cru qu’avec l’arrivée au pouvoir du Président Alassane Ouattara, les choses allaient changer positivement, (…). Aujourd’hui, le constat est amer, Alassane Ouattara nous a trompés (…). En lieu et place des emplois promis aux Ivoiriens, c’est plutôt des licenciements en cascades pour grossir le nombre sans cesse croissant des chômeurs. "Ado solutions pour les jeunes" n’était qu’un slogan ; le contenu est désespérément vide », a déploré Jean Martial Kouamé, président de JPIT.

AFFICHE RHDP.jpeg

Poursuivant ses récriminations sur le chapitre de l’université et de l’emploi-jeunes, le conférencier a interpelé le gouvernement sur la nécessité de rouvrir les concours en lieu et place des "recrutements clandestins".

En ce qui concerne l’actualité politique, notamment, les débats sur les projets de loi sur la nationalité, l’apatridie, le foncier et la liberté d’expression et de réunion des partis politiques, le leader de la jeunesse du Pit estime que le régime Ouattara a encore failli. « Nous trouvons inconcevable qu’à deux ans d’une échéance électorale aussi importante que la présidentielle de 2015, les activités des partis politiques d’opposition continuent d’être empêchées pendant que de l’autre côté, le Président de la République se promène dans les régions pour annoncer sa candidature. C’est anti-démocratique ».

Sur la récente adoption de la loi sur la nationalité et l’apatridie, Kouakou Jean Martial s’interroge sur l’opportunité de l’adoption de ces projets de loi par les députés, sans une consultation populaire. C’est pourquoi, il met en garde les parlementaires sur les conséquences que pourrait engendrer l’adoption de ces textes et menace de s’opposer à travers des mouvements populaires à leur application. « La jeunesse du Pit proteste et prévient qu’elle usera de toutes les voies démocratiques, en rapport avec d’autres forces politiques et sociales pour empêcher l’application de ces lois », a-t-il prévenu.


L. Barro

Source: LES INFOS AVEC LAVANE MURPHY

jeudi, 22 août 2013

VOTE DES LOIS SUR L’APATRIDIE ET LA NATIONALITE – UNE GROSSIERE MISE EN SCENE DIGNE DE L’ADO COMEDY CLUB

 

COULIBALY GNENEMA.jpg


Les députés ont examiné trois projets de loi relatifs au foncier rural et au code de la nationalité, hier mardi 20 août 2013. Et adopté ces trois projets de lois sans grandes difficultés. Ce qui montre qu’il s’agit ni plus ni moins d’une grossière mise en scène digne de l’ADO Comedy Club !

Il a fallu 9 heures de débats pour adopter, lundi dernier, le projet de loi sur l’Apatridie qui devrait permettre à termes à 900 000 «apatrides» de jouir de la nationalité ivoirienne par une mesure exceptionnelle. Hier mardi 20 août 2013, alors qu’on s’attendait à des débats plus houleux et plus enrichis sur les questions du foncier rural et du code de la nationalité, l’on a été surpris de voir avec quelle facilité ces projets de lois ont été adoptés, malgré un semblant de discussion de fond.

«Le Groupe parlementaire RDR souhaite que ce projet de loi soit discuté dans un esprit apaisé, sans passion et arrière pensée et que la priorité soit donnée à l’esprit d’ouverture, source d’enrichissement commun. Le Groupe parlementaire RDR appelle tous les députés, membres de la Commission des affaires générales et institutionnelles, à adopter sans réserve le projet de loi, en prenant en considération son exposé des motifs», a déclaré le porte-parole du groupe parlementaire RDR, à la suite de l’exposé liminaire du ministre de la Justice, Coulibaly Gnenema, venu présenter le projet de loi sur le code de nationalité, comme pour planter le décor de la «comédie parlementaire» qui suivrait et consacrerait l’adoption des deux projets de lois sur le code de nationalité.

A sa suite le groupe parlementaire PDCI, après avoir émis quelques réserves, notamment sur le nombre de personnes bénéficiaires directs et indirects de cette loi et après avoir attiré l’attention sur «l’impérieuse nécessité de protéger la nationalité ivoirienne, notre nationalité, pour nous-mêmes et pour les générations futures», a déclaré soutenir «l’esprit et la lettre de l’exposé des motifs (du projet de loi sur le code de nationalité)».

Ce qui apparait choquant, c’est que le Garde des sceaux, ministre de la Justice, Coulibaly Gnénéma, s’est dit incapable de fournir des statistiques, ne serait-ce qu’approximatives, sur le nombre des bénéficiaires de ces deux projets de lois portant code de la nationalité. Quand on sait que pour la question d’apatridie, ce sont environ 900 000 personnes qui bénéficieront de la nationalité ivoirienne, après l’adoption de la loi, il y a de quoi s’inquiéter. Après seulement 4h 20 minutes de débats, les deux projets de loi «portant dispositions spéciales en matière d’acquisition de la nationalité par déclaration» d’une part, et «portant modification des articles 12, 13, 14 et 16 de la loi n°61-415 du 14 décembre 1961, portant code de la nationalité tel que modifié par les lois n°72-852 du 21 décembre 1972 et 2004-662 du 17 décembre 2004 et les décisions n°2005-03/PR du 15 juillet 2005 et n°2005-09/PR du 26 aout 2005» d’autre part, ont été adoptés en commissions.

Les députés ivoiriens ont donc pris le risque de faire passer comme «lettre à la poste» deux importants projets de loi sur le code de nationalité, sans même connaitre un nombre approximatif des «bénéficiaires» de ces lois que l’exécutif voulait faire voter selon la «mesure d’urgence». On a assisté à une grossière mise en scène, pour aboutir à l’adoption «à l’unanimité» des différents projets de loi soumis hier.


Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".

DECLARATION DU COMITE D’ACTION POUR LA LIBERATION DES CAMARADES PRISONNIERS POLITIQUES (CAL-CP) RELATIVE A L'ETAT DE SANTE DES PRISONNIERS POLITIQUES

 


côte d'ivoire,déclaration du comité d’action pour la libération des camarades ,cal-cp,relative à l'état de santé des prisonniers politiques

Coulibaly Gnénéma, ministre de la justice

 

Dans notre dernier communiqué de presse du 14 août 2013 relatif au massacre de prisonniers intervenu à la MACA dans la nuit du 23 au 24 juillet 2013 (REF D/005/13), nous dénoncions le manque de transparence des autorités ivoiriennes actuelles sur cette tragédie et réclamions :


  1. Qu’une enquête nationale ou internationale sérieuse soit diligentée pour établir la vérité des faits et que des sanctions soient prises en fonction des responsabilités engagées ;
  2. Qu’une prise en charge médicale soit mise en place par le gouvernement Ouattara pour assister les victimes de ces massacres.

Nous apprenons de sources indépendantes que des prisonniers politiques sont malades et continuent d’être non assistés médicalement. Cette information est confirmée par le post-alerte de M. Alain Doh Bi sur sa page Facebook en date du 18/08/2013 relatif à une liste d’au moins 21 prisonniers politiques ainsi que des pathologies dont ils souffrent.

Nous réitérons nos inquiétudes sur la santé et les conditions de détention précaires de tous les prisonniers, particulièrement en ce qui concerne les 21 prisonniers politiques mentionnés dans le document ci-dessous retranscrit.

Vu l’opacité qui règne à la MACA, nous sommes dans l’impossibilité de dire si cette dégradation de leur état de santé est liée aux évènements récents susmentionnés mais, quoiqu’il en soit, il est important que la lumière soit faite sur cette nuit tragique dont les conséquences se font encore sentir ainsi que sur les conditions de détention des prisonniers politiques en attendant leur libération que nous souhaitons très prochaine. Nous apprenons d’ailleurs que Kramo KOUASSI, un prisonnier de droit commun âgé d’une soixantaine d’années, serait décédé hier à la MACA des suites de l’inhalation des gaz utilisés par les FRCI à cette occasion.

 

Fait à Paris, le 22 août 2013

Pour le CAL - CP, Georges AKA, Président

Le contenu du Post sur Facebook:

ALERTE! ALERTE!

MACA: Gravement malades, vingt et un (21) détenus politiques, partisans du Président agonisent au Bâtiment C.

Selon des sources introduites, vingt et un (21) détenus politiques pro-Gbagbo sont gravement malades au Bâtiment C de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan. Ce sont :

1-KADDY STEPHANE, Mandat Dépôt 02-07-2012, lombo-sciatique stomatite

2-KADDY ARMEL, Mandat Dépôt 02-07-2012, Grippe aigüe

3-KOUKOUGNON SERGE DOUGLAS, Mandat Dépôt 02-07-2012, Dermatose des plis de l’aine

4-KOUAME URBAIN DAVID, Mandat Dépôt 28-09-2012, Hypertension artérielle

5-ESSOH YEDAGNE, Mandat Dépôt 29-11-2012, Paludisme

6-KOUYA GUY ROGER, Mandat Dépôt 02-07-2012, Ulcère gastroduodénal

7-KASSI AKA JUSTIN, Mandat Dépôt 31-12-2012, Hypotension

8-GUEBO LIDEILLY AIME, Mandat Dépôt 31-12-2012, Douleur dentaire aiguë

9-DOFFOU PRIVAT, Mandat Dépôt 28-12-2012, Lombalgie aiguë

10-KOUYA GUY ROGER, Mandat Dépôt 02-07-2012, Hypocalcémie + Hypomagnésemie

11-SAKRE TERE JACQUES, Mandat Dépôt 23-05-2012, Grippe

12-TAPE ALAIN, Mandat Dépôt 18-01-2013, Grippe

13-GBALE SERI OLIVIER, Mandat Dépôt 11-12-2012, Paludisme

14-BOUABRE MARCEL, Mandat Dépôt 31-10-2012, Paludisme

15-CHERIF EDMOND, Mandat Dépôt 28-12-2012, Antécédent d’avitaminose B

16-KRAGBA EDINO, Mandat Dépôt 02-07-2012, Hypocalcémie

17-KOUAKOU KOUAKOU ERIC, Mandat Dépôt 21-12-2012, Gastralgie

18-YOUAGNE GNALY HYPPOLITE dit Thabo Mbeki, Mandat Dépôt 10-10-2012, Pneumopathies

19-KOUON BONFILS, Mandat Dépôt 24-01-2012, Hypertension artérielle

20-SEANSIE CHARLES, Mandat Dépôt 08-10-2012, Hypertension artérielle

21-GNATE CASIMIR, Mandat Dépôt 29-05-2012, Hypertension artérielle

A ce jour, en se basant sur les chiffres de la presse proche de l’opposition ivoirienne, on dénombre 719 détenus politiques pro-Gbagbo dans les goulags de Ouattara dont 425 à la MACA

 

Source: Alain Doh Bi

mercredi, 21 août 2013

COMMENT GUILLAUME SORO A TRAHI LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO

GBAGBO ET SORO.jpg

 

Soro Guillaume, Président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a séjourné les 15, 16 et 17 Août 2013, dans le Gôh. Il était l’invité spécial de la chefferie traditionnelle de Gagnoa. Il s’y est officiellement rendu pour inaugurer le siège central de la chefferie. Mais en homme politique à la ruse affinée, il étendit son champ de visite à d’autres localités de la région dont les plus symboliques sont Gnagbodougnoa ,Gnaliépa, Mama, et Kpogrobé. Il avait, de toute évidence, un autre calendrier. Durant son séjour, en dehors de la parade éhontée de ses ex chefs de guerre, il marqua l’opinion par son discours sur ses rapports avec le Président Laurent Gbagbo. L’on a pu l’entendre dire  ceci : “On entend souvent j’ai trahi Gbagbo. Est ce que j’ai été nommé PM pour être Directeur de campagne de Gbagbo ? Non, Ce n’était pas mon rôle. D’où vient donc la trahison ?". Sa « vérité » ne pouvait rester sans réponse tant elle pue à mille lieues la falsification. Une falsification délivrée avec toute l’assurance que Gbagbo en détention à la Haye, ne pouvait entendre ses monstruosités. Oui, Soro parle. Soro est le seul à parler. Ses contradicteurs potentiels  sont soit morts (Tagro Désiré), soit  en prison (Gbagbo Laurent, Blé Goudé Charles, Jean yves Dibopieu)  en exil (tous les leaders de jeunes dont Damana Pickas, Moussa Touré Zeguen), soit tétanisés par la peur de la dictature de son nouveau mentor Ouattara. Mais fort heureusement que les faits, comme l’a dit Lénine, sont têtus.

Au cours de sa jeune histoire politique l’actuel Président de l’Assemblée nationale a capitalisé des actes de trahison qui méritent d’être rappelés. En 1990, après la réinstauration du multipartisme, la Fédération Estudiantine et Scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) fut créée. Elle affirma être un mouvement de gauche qui devait non seulement, arracher au pouvoir PDCI (droite) les conditions meilleures de vie pour ses syndiqués, mais en plus s’opposer aux idées impérialistes semées dans le milieu estudiantin. Son statut de syndicat de gauche, tout comme les autres syndicats progressistes nés au cours de cette période, fait des mouvements de gauches ses principaux alliés. L’on sait que les partis politiques entretiennent des relations avec les syndicats selon leur orientation idéologique. C’est pourquoi, il existe une intimité entre le MEECI, l’UGTCI et le PDCI, la CGT et le parti communiste Français D’ailleurs, le 18 Février 1992, le président Laurent Gbagbo et les forces démocratiques furent arrêtés par Ouattara parce qu’ils s’offusquaient du traitement inhumain réservé aux étudiants dont le responsable syndical était en jugement au tribunal du Plateau. Soro Guillaume fut projeté au devant de la scène par la FESCI, mouvement de gauche allié naturel du FPI. Pourchassé, activement cherché par le pouvoir PDCI, Soro ne trouva ni refuge chez des militants du PDCI ni chez ceux du RDR. Il fut protégé et caché pendant plusieurs mois par des cadres du FPI dont Mme Tapé Adèle Dédi ancien maire d’Issia. Cela est tout à fait logique car le FPI et la FESCI luttaient pour la conquête des libertés démocratiques. Il n’était donc pas question de livrer aux griffes du pouvoir, le fer de lance de la lutte anti-impérialiste en milieu scolaire et estudiantin. Mme Dédi Adèle, la bienfaitrice, a été, sous les yeux embués d’ingratitude de Soro déportée du Golf Hotel d’Abidjan au pénitencier de Boundiali. Si donc Laurent Gbagbo est considéré, à raison, comme son père spirituel, c’est bien dans le cadre de cette alliance naturelle qu’il eu des échanges entre ces deux « alliés ». Le père spirituel de Soro Guillaume ne pouvait pas communiquer à son filleul, des valeurs aux antipodes de la démocratie c'est-à-dire, la lutte armée. Dans le Gôh, Soro a eu le courage de soutenir « Je n’ai pas suivi Laurent Gbagbo quand il était président de la République, bien au contraire je l’ai fui quand il est arrivé au pouvoir. » Mais qu’a-t-il fait lorsqu’il a fui Laurent Gbagbo ? Il a abandonné la solidarité militante. Il a abandonné les valeurs de la gauche  pour devenir le glaive des libéraux et attaquer son père spirituel. Il se trouva à la tête d’une rébellion armée tribaliste de Ouattara, sponsorisée par des dignitaires de la Françafrique (Blaise Compaoré, Omar Bongo). Ce fut la première grande trahison.

Le chemin de la traitrise ne s’est pas arrêté à ce niveau

En sa qualité de signataire des accords politiques de Ouagadougou, Soro avait l’obligation de jouer sa partition: le désarmement de ses troupes rebelles. Pendant que le Président Laurent Gbagbo ne se lassait pas d’appliquer ce qui relevait de sa compétence, Soro avait un autre agenda: ruser avec le désarmement jusqu’aux élections. Avec ses partenaires de l’Onuci, il enferma le désarmement dans un «long processus». Soro ne désarma donc pas ses hommes et ce qui devait arriver, arriva aux élections de Novembre 2010. Ses hommes s’adonnèrent à une fraude démentielle au nord. C’était cela son agenda secret. Une fois le jeu réussi Soro, pouvait dire « Si c’est parce que j’ai dit en mon âme et conscience que Gbagbo a perdu qu’on dit que je suis un traitre, alors c’est que moi-même je suis un bon traitre ». Mais il oublie que l’âme et la conscience ne sont pas les organes habilités à proclamer les résultats définitifs d’une élection. L’âme, aussi forte soit-elle, devra se soumettre à la voix des institutions et cela, Soro l’a rejeté du revers de la main. Ce fut la deuxième trahison.

Soro Guillaume continua à parcourir inlassablement le chemin de la traitrise

Par quelle opération du saint esprit Soro Guillaume s’est-il retrouvé au Golf Hôtel, quartier général du candidat Alassane Ouattara ? Sans attendre que s’éteigne le feu de la crise post-électorale, Guillaume Soro était-il légitimé à soutenir Ouattara au point de donner des ordres aux éléments des Forces nouvelles agglutinés au quartier général de Ouattara ? Soro Guillaume, premier Ministre de Laurent Gbagbo et organisateur des élections présidentielles, avait un devoir de neutralité absolu. Il n’avait pas à prendre partie pour un camp. Pourtant, on a pu constater que Soro s’est retrouvé à mener des attaques contre les institutions depuis le Golf Hôtel. Il a sacrifié son statut de personnage neutre sur l’autel de la trahison avec un arrière goût de vengeance. En effet , et c’est connu, lors des accords de Ouaga, le président de l’assemblée nationale actuelle avait introduit auprès du Président Compaoré, médiateur, une clause qui prévoyait qu’à l’issue des élections présidentielles, le vainqueur devait garder Soro à la Primature. Mais Laurent Gbagbo rejeta cette clause et depuis, la question de l’avenir politique de Soro devint en marge des CPC (cadre permanent de concertation), une préoccupation pour les conciliabules Gbagbo, Compaoré et Soro. Avant, entre les deux tours et après le second tour des élections présidentielles, la hantise de demeurer à la Primature l’amena maintes fois à solliciter les services du Ministre Désiré Tagro et de bien d’autres personnalités encore en vie, pour convaincre le Président Gbagbo à adhérer aux supplications de son 1er Ministre. Mais le Président Gbagbo tenait à rompre avec le cycle de la rébellion. Que comprendre à travers cette attitude intéressée du premier Ministre. On voit bien qu’il était plus préoccupé à préparer son avenir politique qu’a à appliquer consciencieusement la feuille de route attachée à sa fonction. Laurent Gbagbo fut donc abusé par Soro. Il s’attendait à voir Soro jouer un rôle neutre dans le processus électoral. Mais non, il avait son agenda personnel qu’il a pu dérouler en allant s’installer au Golf Hôtel avec Ouattara qui a accepté le deal que Gbagbo a refusé. On comprendra ainsi un peu plus pourquoi Desiré Tagro, assurément le témoin gênant a été le premier exécuté à bout portant en ce jour fatidique du 11 avril 2011. Ce fut la troisième trahison.

Au lieu de connaitre un fin de règne à l’étape trois, la traitrise continua jusqu’à Korhogo

En effet, la présence de Laurent Gbagbo au Golf Hôtel, à Korhogo puis à la Haye a, à sa base, l’acte de trahison de Soro Guillaume. Le braquage des élections au nord n’a été possible qu’après que Soro ait rusé avec le désarmement. Il en est de même pour le bombardement des institutions qui n’aurait jamais eu lieu si Soro et son chef Ouattara avaient accepté le recomptage des voix. Soro ne devrait donc pas se féliciter d’avoir « sauvé » Gbagbo en donnant des instructions pour que sa vie soit épargnée. Est-ce à dire qu’il y avait un plan d’assassinat du Président Laurent Gbagbo ? Si oui, le parricide auquel se serait donné Soro constituerait le summum de l’acte de trahison. Dans le même temps, on constate que le rapport médical dressé par les experts de la CPI, dévoile des cas de maltraitance dont a été victime le Président Gbagbo lors de sa détention à Korhogo. Or Soro avoue « C’est moi qui l’ait envoyé à Korhogo (…) il était à Korhogo, il dormait dans ma maison, sur mon lit ». C’est dire que Soro qui, visiblement, était informé des mauvais traitements subis par Gbagbo, a cautionné toutes les inhumanités infligées à son père spirituel. Il envoyait donc Gbagbo à Korhogo, dans sa maison, sur son lit, pour que celui-ci frôle la mort. Dans la même veine sa déportation à la CPI a été faite, Soro l’avoue désormais, avec sa complicité. Ce fut le quatrième acte de trahison.

En somme, s’est muni du fil de la trahison que Soro Guillaume a cousu son histoire avec le Président Gbagbo. Chaque étape de cette histoire est couronnée par la traitrise de celui qui tente de se positionner en sauveur. On aura beau tourner l’histoire dans tous les sens, elle affichera toujours, en dernier ressort, la bonne face : celle de la vérité infalsifiable de la Côte d’Ivoire éternelle.

 

Alain Bouikalo, Juriste.

 

Source: AFRIK53.COM

COTE D'IVOIRE: DE L’INEVITABLE REFERENDUM POUR LA NATIONALITE ET LE FONCIER

ALASSANE OUATTARA.jpg


Quel crédit accorder à un référendum qui serait organisé par un régime totalitaire? Pour annexer l’Autriche en 1938 (Anschluss), Hitler avait organisé un referendum après y avoir fait un coup d’état (comme en Côte d'Ivoire) pour cacher ses visées hégémoniques et tromper la communauté internationale. 

Toutefois, en préconisant la voie référendaire en Côte d'Ivoire dans les conditions actuelles, nous optons pour un moindre mal devant la précipitation législative de Ouattara et espérons ouvrir le débat sur les dispositions préalables à cette consultation: la révision des listes électorales après la réconciliation nationale, pour que seuls les ivoiriens aient la pleine maîtrise du processus référendaire. Le référendum n’est donc pas une solution infaillible. Mais quand devant nous sont organisées des élections législatives, régionales et municipales se prévalant du suffrage d’une minorité pour se légitimer, mieux que le silence, l’exigence du référendum participe de cette résistance démocratique prévue par nos textes. En démocratie, tout projet à grandes répercussions sociales est soumis au référendum.

En Côte d’Ivoire, devant la gravité des problèmes de la nationalité et du foncier, le peuple ne saurait déléguer son droit souverain de décider. La loi 98-752 du 23 Décembre 1998 adoptée à l’unanimité des députés, reconnait aux seuls citoyens Ivoiriens, sans remettre en cause les droits d’usage (exploitation,  louage) concédés aux étrangers, la capacité de prétendre à la propriété foncière. Le législateur, sachant que plus de 80% de la population et des revenus nationaux sont liés à l’agriculture, a voulu garantir la souveraineté du pays par la maîtrise de sa terre. Le lien entre la nationalité et le foncier, établi au-delà des appartenances partisanes, exprime sa force dans l’unanimité du vote. L’absence d’une impérieuse nécessité de légiférer dans le sens contraire crée des doutes sur l’opportunité du projet actuel dont l’histoire nous fait craindre les conséquences sociologiques. La naturalisation en cours de plus d’un million d’étrangers principalement Burkinabés crée de toute pièce une nouvelle réalité sociologique qui vient bouleverser l’équilibre ethno-religieux des 60 ethnies relativement égales entre elles qui composent la Côte d'Ivoire. La préférence de naturaliser les Burkinabés, peuple appartenant à une contrée géographiquement définie et ayant en commun une histoire et une culture séparée va nécessairement créer, par solidarité culturelle et au détriment de notre jeune démocratie, une majorité ethnique importée.

Les visées hégémoniques de la Charte du Nord au détriment des peuples du Sud, comme l’attestent déjà la composition ethno-religieuse du présent parlement et l’administration Ouattara, pourront désormais avoir une base légale, exactement comme Hitler l’a eue. Pourquoi des citoyens issus d’une récente naturalisation de masse, devraient-ils avoir automatiquement plus de droits que des citoyens naturels les ayants précédés et accueillis dans cette citoyenneté? Quelle logique voudrait que des citoyens d’origine accueillent de nouveaux pour en faire leurs maîtres? Les USA, pays de l’immigration, n’intègrent que 55.000 immigrants (non citoyens et sans droit de vote) chaque année dans le cadre de leur programme de Green Card Lottery. Ce pays doté naturellement et institutionnellement des capacités d’accueil et de gestion de la forte immigration et suffisamment riche et fort pour absorber  et contenir les dérives de cette immigration choisie, mettrait près de 18 ans pour atteindre le nombre d'un million d’immigrants (non citoyens) que Ouattara atteint et naturalise en une signature. En tenant compte de l’exigence péremptoire de résidence, qui varie de deux à cinq ans selon que l’immigrant s’est marié ou non à un conjoint américain et la période moyenne d’un an d’évaluation de l’aptitude à la nationalité américaine (sans tenir compte des recalés et des morts), le million d’immigrants mettrait entre 55 et 110 ans pour être citoyen.

Ce temps mis, malgré les énormes richesses de ce pays, répond au besoin de ne pas heurter le seuil de tolérance, de faciliter l’absorption des nouveaux citoyens dans la culture américaine et de polir les aspérités des individualités culturelles pour vivre ensemble et non côte à côte. Une fois citoyens, ils n’ont pas tous les droits: Ils ne seront jamais Président des Etats-Unis, ils ne peuvent être éligible à la candidature au Sénat que 9 ans après et à celle de la Chambre des Représentants que 7 ans après. Pourquoi agir au mépris de ces précautions règlementaires nécessaires au profit d’une naturalisation de masse dans un pays pauvre? Les architectes de la constitution américaine craignaient le danger qui en découlerait: une combinaison injuste des majorités. Pire en Côte d'Ivoire, les combinaisons majoritaires craintes sont ethniques, donc insusceptibles d’alternance, parce que les humains ne changent pas d’ethnie. Pourquoi ajouter un défi ethnique supplémentaire à une jeune démocratie, encore submergée dans les sables mouvants de la désunion nationale et qui définit encore la démocratie comme le règne d’une majorité plutôt tribale qu’idéologique?

De tout temps, le problème de distribution de terres entre majorités et minorités ethniques, raciales et religieuses a toujours été à la base des malheurs publics: le génocide des Amérindiens et la redistribution des terres aux Noirs après l’abolition de l’esclavage aux Amériques, le génocide Rwandais (les Hutus et des Tutsis), le présent litige entre Mugabe et l’occident. Quand la nationalité (la race) et la religion s’en mêlent (Irlande, Cachemire, Palestine), la situation sociale sort de tout cadre prévisible. Même aux Etats-Unis, fort étonnamment, le programme national d’insertion forcée des Nègres dans l’administration publique et l’emploi (Affirmative Action) a subi des revers judiciaires aux motifs que l’avènement de B. Obama au pouvoir prouve l’égalité de fait des Blancs et Noirs.

Les préjudices nés des litiges fonciers, ethniques et religieux sont d’autant plus graves qu’ils sont inaccessibles à la réparation humaine, laissant toujours dans la mémoire du peuple une cicatrice qui constitue un rappel aux guerres futures. Dans une Côte d'Ivoire de Ouattara, où la démocratie à une définition voisine de l’injustice contre la minorité, pourquoi forger de toutes pièces une majorité issue de l’étranger pour le malheur des autochtones? Même si la marche vindicative de l’histoire nous donne de nombreux exemples de reconquêtes de leurs territoires perdus par les autochtones (après 600 ans l’Espagne chasse les Maures et Arabo-Musulmans d’Afrique du Nord, après 40 ans les Coréens arrachent Séoul au Japonais, après plus de 150 ans la Chine arrache Hong Kong aux Anglais…), cet espoir doit en Côte d'Ivoire commencer par l’exigence d’un référendum. Après le référendum, la lutte continue.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste).

mardi, 20 août 2013

LA FRANCE DOIT SE REINVENTER OU PERIR

côte d'ivoire,la france doit se réinventer ou périr,dindé fernand agbo in le quotidien ivoirien "le nouveau courrier,"le nouveau courrier" du lundi 19 août 2013

 

Des voix plus autorisées et des éminences plus techniques pourront certainement traduire en des chiffres et termes plus appropriés ce que nous allons exposer en des mots simples, sans prétention savantes.
 
La France est en récession et ne fait pratiquement plus de croissance, nous apprennent quotidiennement les médias français. Mais en vérité, c’est peu dire. La France connait une grave crise économique et sociale qui menace de l’emporter. Comment un état européen, régnant encore sur un véritable empire colonial resté intact, si on s’en tient aux profits à moindre frais qu’il continue d’en tirer sans discontinuer, peut-il ainsi partir en vrille ? Incompétence, mauvaise gestion, rythme de vie au-dessus des moyens objectifs ?, pourrait-on s’interroger.
 
Pour pallier les effets de la descente aux enfers, une seule et même méthode frappée de péremption, un seul et même moyen séculaire : la prédation, la rapacité et le carnage. Encore et toujours. Contre des nations plus faibles. Comme si le monde n’avait pas évolué depuis un siècle. D’autres peuples sont contraints de faire les frais de la gabegie et du train de vie bourgeois d’une France qui rechigne à réinventer autrement son développement.
 
La question ou le problème de la France, aujourd’hui en pleine dérive sociale, économique et financière, n’est pas de mettre toujours plus de pays ou d’ex-colonies africaines dans sa besace en y menant la guerre, des guerres prétendument « humanitaires », pour les droits de l’homme et la démocratie, ou en fomentant des coups d’Etat contre des nationalistes et des souverainistes africains, ou des chefs d’Etat insoumis à l’exécutif français ou devenus récalcitrants, pour y installer des pantins prêts à brader leur pays et ses ressources à vil prix, sous des dehors d’élections démocratiques encadrées par l’Elysée, comme cela a dernièrement été le cas au Mali. Et comme c’est le cas dans la plupart des pays africains, anciennement (?) colonies françaises : Côte d’Ivoire, Niger, Togo, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Guinée, Gabon, Centrafrique, Congo Brazzaville, Cameroun, Bénin, Sénégal.
 
Le problème de la France, c’est qu’elle fait montre d’une absolue incapacité à se réinventer, prise en otage et dirigée qu’elle est par un groupuscule de francs-maçons complètement sclérosés et une oligarchie occulte qui ne rêve que, non pas de servir les français et de les rendre heureux, mais de mettre la France et l’Europe au service des ambitions nouvel-ordre-mondialistes des américains dont le scandale du programme de méga-surveillance et de contrôle planétaire, PRISM, dévoilé par le jeune informaticien transfuge de la NSA, Edward Snowden, n’est que la pointe de l’iceberg des projets obscurs états-uniens contre l’humanité.
 
Les exécutifs successifs de la France continuent de recourir à des recettes du moyen-âge (guerres de conquête et de reconquête, butins de guerre) pour gouverner un état moderne (dont la gestion nécessite invention, management et travail), en pleine mondialisation, devant une concurrence aussi intelligente que virulente des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ils n’ont pas de réponses aux problèmes des français, bondissent au plafond pour une croissance (somme toute médiatique) de 0,1% (qui en réalité est de zéro, si ce n’est bien moins) quand tous les indicateurs sociaux et économiques virent au rouge sang, font du surplace et enrobent cette incompétence notoire dans des campagnes médiatiques (guerres « humanitaires et démocratiques ») destinées à polir l’image de chefs d’Etat en réalité franco-dépressifs pratiquants – puisque ne croyant qu’en leurs seules thèses et solutions – et aussi désespérants les uns que les autres. Singulièrement les deux derniers, Nicolas SARKOZY et François HOLLANDE.
 
Français, ces deux pro-américains-là, authentiques fantoches si l’on peut dire, n’ont rien pour vous. Reprenez en main votre destinée aux prochaines élections, ou vous pouvez tirer un trait sur la « grandeur » de la France. Ouvrez enfin les yeux et voyez l’inéluctabilité de votre déclin, de votre déchéance, si une nouvelle « révolution » n’a pas lieu. Une vraie, cette fois. Pas une du genre de celle qui vous a enfermés dans cette prison dorée appelée REPUBLIQUE qui n’est en fait que l’émanation d’un pouvoir occulte qui vous oppresse et qui vous conduit dans le mur, en vous chantant des sérénades. Pays des droits de l’Homme ? C’est à reconsidérer. N’est-ce pas juste une illusion, une entourloupe sémantique ? Quand on a encadré un génocide au Rwanda et quand on a installé et qu’on soutient militairement et diplomatiquement des dictateurs en Afrique qui oppriment et pillent leurs peuples, encore et toujours, quand on sème mort et désolation en Côte d’Ivoire, en Libye et en Syrie, sous des prétextes fallacieux et franchement indignes, avec l’appui ou sous les ordres de l’ogre américain, peut-on y prétendre ? Certainement pas, à notre avis.
 
Un de vos illustres chefs l’avait dit : « Les français sont des veaux ! ». Nous laissons la déclinaison de son identité à votre sagacité. C’est malheureusement ainsi qu’ils continuent à vous percevoir, quand ils vous regardent, enfoncés dans vos canapés douillets, à déguster vins et fromages, attachés à un confort factice qui vous sera bientôt ôté avec une France en chute libre morale et économique (nous n’avons pas l’intention de vous être désobligeants mais souhaitons sincèrement fouetter votre orgueil). Rendez-vous enfin compte que vous êtes « la prochaine Grèce » ! Ce n’est pas nous qui le disons, mais le magazine hebdomadaire britannique « The Economist ». Et ce sera bien pire, croyez-nous. Parce qu’on vous ment sur tout – c’est un secret de polichinelle – et vous cache tout. Les chiffres de votre économie et vos déficits – c’est encore ce journal qui le dit – sont trafiqués, pour vous donner le sentiment que votre situation n’est pas aussi désespérée. Elle l’est parfaitement !
 
Sauriez-vous renverser l’implacable tendance ? L’Histoire nous le dira. Pour l’heure, réveillez-vous ! Parce que l’on ne peut comprendre qu’un pays comme l’Allemagne, sorti exsangue de la deuxième guerre mondiale et presqu’entièrement détruit, se relève après seulement un demi siècle pour devenir en une soixantaine d’années, la première puissance européenne, elle qui n’a ni pré-carré, ni chasse-gardée, ni prébende, ni monopole, ni chefs d’autres Etats aux ordres comme les marionnettes africaines aux pieds de l’exécutif franc-maçon français, ni départements et territoires d’Outre-mer. Mais qui a une inventivité et une capacité d’innovation incroyable, une force de travail hallucinante et une rigueur de gestion implacable. Quand on se sait sorti de guerre, c’est une exigence prioritaire. Et le mérite de l’Allemagne est encore plus grand et plus éclatant quand on note qu’elle a d’abord dû rattraper un retard abyssal dû à l’immensité de la désolation d’après-guerre, reconstruire tout ce qui a été détruit, avant de prendre un envol fulgurant.
 
Mais, nous semble-t-il, la France, tout aussi brisée par la guerre, mais adoubée vainqueur avec les alliés, n’en a pas tiré les mêmes leçons. Puisqu’elle s’est contentée de partager avec les libérateurs de l’Europe d’alors le gâteau du monde et de vivre du lait, non pas de son travail et de sa propre sueur, mais de celui des mamelles de ses ex-colonies (?), comme à une source intarissable. La poule aux œufs d’or et la vache à lait ont été et continuent à être pressées à souhait. Jusqu’à l’étouffement.
 
Malheureusement, la France a changé et n’est plus tout à fait la même, sa population s’est considérablement accrue depuis lors, ses besoins aussi dans les mêmes proportions, tout naturellement. Il faut donc plus de richesses, plus de ressources minières et de matières premières bon marché, plus d’argent. Plus de lait et d’or, en somme. La vache à lait et la poule aux œufs d’or durent-elles périr, à force d’exploitation et d’abus. Elle n’en a cure !
 
Il se trouve justement que chaque état, même vassal, a aussi sa prétention à « l’émergence à l’horizon X » (suivez notre regard). Comment donc continuer à les vampiriser et manger leur chair sans mettre à mal leurs économies et leur développement, et sans déstructurer gravement la configuration géopolitique régionale ou sous-régionale, au péril de tous, Africains comme Occidentaux (cas de la Libye et du Mali) ? Pas si sûr que ces nombreux Etats africains acceptent indéfiniment – du moins, leurs peuples – de se laisser tondre ad vitam aeternam et de rester éternellement dans les liens du sous-développement. Ce lait cessera bien de couler un jour, et cette manne, de vous être gracieusement donnée, très chère France. Et peut-être, sera-ce d’une façon absolument brutale.
 
On a trop tiré sur la corde. Elle va bientôt craquer. Malgré cela – c’est-à-dire malgré toutes les richesses volées à nos peuples, nos devises et gains à l’exportation engrangées avec une désinvolture scélérate dans les comptes d’opérations criminels du Trésor français, nos recettes budgétaires transportées chaque semaine (sans laisser de traces comptables) dans des mallettes en Hexagone pour aider au fonctionnement de l’Elysée, pour financer les partis politiques français, pour enrichir plus que de nature leurs responsables (Droite et Gauche, de façon indifférenciée) et se payer au passage des biens mal-acquis – la France continue à sombrer.
 
C’est ce type de relation-là entre la France et l’Afrique, judicieusement baptisé par Houphouët-Boigny, FRANÇAFRIQUE, qui tue l’Afrique… et qui tue la France ! Qui fait qu’elle n’a pas appris à innover économiquement, commercialement et technologiquement, à réétudier son marketing et sa force de vente, à accepter de perdre stratégiquement quelques recettes aujourd’hui pour en gagner davantage demain, à se battre à armes égales avec ses adversaires dans l’impitoyable concurrence commerciale internationale (où elle est gravement défaillante, ayant toujours tout reçu sur un plateau d’or à travers monopoles, prébendes, contrats léonins et prédation, et ayant fini par en être totalement sclérosée).
 
Une ligne d’esprit (au final) qui fait qu’elle est impuissante sinon incapable d’explorer de nouvelles pistes de développement, de se remettre fondamentalement en cause et d’impulser la douloureuse mais combien indispensable refonte de son modèle social et économique, inutilement couteux et désormais inadapté (coût de production élevé et peu concurrentiel, coût de la vie et de l’habitat facticement élevé à cause d’impôts excessifs, démesurés, et aussi à cause de la préservation injuste de privilèges de quelques familles milliardaires – onze ou douze en tout – qui tiennent la quasi-totalité de l’économie française, qui ont toujours plus de profit, qui embauchent peu et qui s’enrichissent outrageusement).
 
La France devra également reconsidérer sa perception actuelle du travail, dans un monde globalisé où la quête de productivité et de rentabilité et la conquête des marchés sont infernales ; un monde globalisé qu’elle appelle curieusement de tous ses vœux, sous l’égide américaine. Cette globalisation qu’elle peine à suivre et qui menace justement de la phagocyter. Et avec elle, une partie de l’Europe.
 
Que fait la France du fruit de tout ce pillage organisé et de cette prédation scandaleuse en Afrique, depuis des décennies, et dans nos pays exsangues, pour être aussi mal en point, aujourd’hui ? L’Allemagne en aurait eu le quart que nous n’osons pas imaginer ce qu’elle serait devenue dans le monde. Voyez ce qu’elle fait avec si peu ! A la vérité, ce n’est pas la raréfaction ni même l’insuffisance (au regard des besoins actuels hexagonaux) de cette manne financière à moindre coût directement déversé dans l’économie française ou les comptes privés français qui est en cause (elle n’a jamais manqué), mais la gestion qui en est faite. « La France n’est grande que montée sur les épaules de l’Afrique », c’est vrai, on le sait tous et on ne le dira jamais assez. Elle ne serait rien du tout sans l’Afrique. C’est à nous que la France doit son prestige. Que ce soit économiquement, militairement ou diplomatiquement (ONU). Même sous ce cliché, elle fait pitié à voir. Parce que malgré tout ce dont elle spolie l’Afrique, elle est quand même dans les cordes du déclin. Qu’en serait-il alors advenu d’elle si elle n’avait pas la mainmise sur les destinées de ces ex-colonies (?). Rien qu’à y penser, on est saisi d’effroi. Tant la médiocrité de la gestion hexagonale sidère.
 
Mais en France, ce sont les mêmes qui s’enrichissent. Et toujours plus. Ce sont eux qui sont, en réalité, montés sur nos épaules et qui sont, à dire vrai, les seuls véritables bénéficiaires de cette manne africaine (marchés gré à gré, pots-de-vin, rétro-commissions, mallettes privées, ventes et trafics d’armes, exploitations pétrolières et minières). Le français moyen n’en voit pas la couleur ni n’en sent l’odeur. Lui qui devrait créer la richesse nationale et l’accroître. Pas étonnant donc qu’il s’appauvrisse toujours davantage. A ce rythme, il n’y a pas grand-chose à espérer de la France, parce que sa chute sera lourde et dévastatrice. C’est juste une question de timing. A moins qu’elle ne se réinvente et ne soit plus gérée comme un petit club d’amis, affairistes insatiables, enfants gâtés et capricieux, bourgeois arrogants et sans âme.
 
 
Que DIEU aie pitié de la France !
 
 
DINDE Fernand AGBO
 
 
In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du lundi 19 août 2013.

lundi, 19 août 2013

APATRIDIE, FONCIER RURAL, NATIONALITE - ANAKY KOBENAN A OUATTARA: «POURQUOI TANT DE PRECIPITATION?»

 

côte d'ivoire,anaky kobena,mfa,apatridie,foncier rural,nationalité,anaky kobenan à ouattara,«pourquoi tant de précipitation?»

 

Il y a environ un mois (18 Juillet – 12 août 2013), que l’examen par les Parlementaires des projets de lois sur la nationalité et le foncier rural notamment, tient tout le pays en haleine.
 
Le Président Alassane Ouattara fait revenir les textes de loi sur l’apatridie, la nationalité et le foncier rural un mois après que l’Assemblée Nationale ait préféré les retirer de son ordre du jour parce que les Elus ont bien senti que ces sujets sensibles avaient un impact particulier sur les populations.
 
En effet, le projet de loi présidentiel portant dispositions spéciales, en matière d’acquisition de la nationalité vise, en clair, à octroyer à un certain nombre d’étrangers vivant en Côte d’Ivoire, par une procédure dite d’urgence – la voie déclarative simple – la nationalité ivoirienne. Dans une interview accordée à la RTI le 7 août dernier, le Président de la République a fait l’exposé qui suit : « La crise politique qu’a traversée notre pays, et qui a abouti à un conflit armé en septembre 2002, a remis à l’ordre du jour, quelques carences du code de la nationalité, qui avait préoccupé les signataires de l’Accord de Linas-Marcoussis, notamment le traitement différent des hommes et des femmes de nationalité étrangère, dans les modes d’acquisition de la nationalité, à l’occasion du mariage avec un conjoint ivoirien (…).»
 
La session qui s’est ouverte le 12 août 2013, va donc statuer sur cette loi et d’autres de la même lignée : le Foncier Rural et la loi autorisant le Président de la République à ratifier la Convention sur la réduction des cas d’apatridie, adoptée le 28 septembre 1954, à New-York.
 
De toute évidence, l’Apatridie et le Foncier Rural apparaissent comme des sujets à controverses, et même passionnels qu’il conviendrait de traiter avec énormément de retenue et un sens politique très élevé.
 
De fait, en Côte d’Ivoire, il existe une intimité manifeste entre apatridie et nationalité, d’une part, et entre nationalité et foncier rural, d’autre part. Cette réalité explique la prudence et le pragmatisme qui habitèrent, en la matière, tous les dirigeants et décideurs ivoiriens depuis l’indépendance jusqu’à maintenant. Alors, l’on est en droit de susciter les questionnements suivants :
 
1. La citoyenneté, (sa définition et son octroi) est-elle un fait nouveau chez nous ? Notre pays, en accédant à la souveraineté nationale et internationale, ne s’est-il pas doté depuis 1961 d’un code de nationalité, consensuel, crédible et responsable ?
 
2. En quoi les dispositions de la Convention Internationale de 1954, votée à New-York, sont-elles conformes aux normes ivoiriennes sur la nationalité ? N’y a-t-il pas nécessité de faire appel au peuple à se prononcer par voie référendaire ? Il y va, non seulement de notre souveraineté nationale, mais de la cohésion sociale.
 
3. Par rapport aux objectifs de l’OMD (Objectif du Millénaire pour le Développement) a-t-on suffisamment tenu compte des incidences d’une naturalisation automatique, massive et incontrôlée sur les multiples compartiments de la vie nationale (santé, éducation, emplois, divers droits…).
 
4. Pourquoi cette précipitation ? est-ce que des personnes vivant en Côte d’Ivoire n’arrivent pas à travailler, se nourrir, se soigner, etc., en un mot, à vivre normalement du fait de la nationalité, de l’apatridie ou du Foncier Rural ?
 
5. En ce qui concerne plus spécifiquement l’apatridie, s’est-on suffisamment interrogé sur le cas particulier de la Côte d’Ivoire, pays qui, depuis plus de 4 décennies, enregistre sur son sol un des taux d’immigration parmi les plus élevés au monde (plus de 26 %) ? Qui sont-ils, ces apatrides, dont on parle tant dans un pays dont le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH) remonte à 1998 ?
 
6. Le Président Alassane Ouattara a-t-il eu le souci d’écouter les groupes parlementaires, les partis politiques, les autorités traditionnelles, les syndicats, les autorités religieuses, la société civile, etc., sur des sujets aussi importants pour l’avenir de notre Nation ? Pourquoi ne pas mettre en place une grande commission nationale, sous la responsabilité de l’Assemblée Nationale, intégrant des représentants de toutes les forces vives de la nation, qui sillonnerait le pays profond pour travailler sur le sujet en vue de faire des propositions comme ce fut le cas en 1998 avant l’adoption de la loi sur le Foncier Rural?
 
7. L’entêtement, pour ne pas dire l’obstination impatiente du Chef de l’Etat à faire adopter ces textes ne risque-il pas de mettre à mal son image vis-à-vis du peuple de Côte d’Ivoire ? Si la nationalité et le Foncier Rural au bénéfice évident des populations immigrées est, à ce point, un enjeu fondamental du mandat du Président Alassane Ouattara, pourquoi ne nous le déclare t-il pas de manière ouverte, et pousser la logique jusqu’à déclarer mettre fin à son mandat si l’Assemblée Nationale ne le suivait pas?
 
8. Le Chef de l’Etat n’est-il pas, sans en avoir conscience, en train d’éveiller un sentiment d’inquiétude et de repli sur soi des Ivoiriens, qui risque de dégénérer en xénophobie généralisée ? Ce qui est aux antipodes de ce que lui-même et nous souhaitons tous !!!
 
La multiplication des conflits intercommunautaires : à l’Ouest (Duékoué, Guiglo) au Nord (Touba Séguéla, Mankono) et au Centre (Angbovia, Béoumi), ne devrait-elle pas l’interpeller, tout comme tous les ivoiriens?
 
Généralement, le Gouvernement d’un pays s’emploie à appliquer le programme pour lequel le Chef de l’Etat a été élu. Nous nous souvenons qu’en 2010, les partis issus du RHDP se sont accordés sur un programme commun de gouvernement qui portait, entre autres, sur les problèmes de création d’emplois (200 000 par an), de réalisation et d’entretien des infrastructures économiques, scolaires, sanitaires et sécuritaire des biens et des personnes, de démobilisation et de réinsertion des ex-combattants, ainsi que de la réconciliation nationale. À aucun moment il n’a été question de la modification de la loi sur la nationalité.
 
D’où vient donc l’obsession du Pouvoir actuel à légiférer, de façon brutale et inopportune, sur des questions aussi vitales et sensibles que la nationalité et le foncier rural, en faisant manifestement fi de la volonté du peuple de Côte d’Ivoire ? D’un côté, on affirme avec force que la crise ivoirienne est née des questions liées à la nationalité, et de l’autre, on veut les résoudre à la hâte et sans précaution. Quelle délirante contradiction !
 
De plus, pour faire passer la modification envisagée, le Gouvernement se réfère aux Accords de Linas-Marcoussis. Ce faisant, il oublie de préciser qu’il s’agissait d’une entente politique de circonstance par rapport à la crise que vivait la Côte d’Ivoire, et la nécessité d’un retour à la normale. Le cycle électoral étant achevé, et l’accord de Linas-Marcoussis devenu caduque, n’est-il pas judicieux de revenir à la normalité constitutionnelle?
 
Plus précisément, qu’est-ce qui peut justifier que la nationalité et le foncier rural soient une urgence pour la Côte d’Ivoire en cette période de sortie de crise ? Peut-être veut-on, à travers ce projet de loi sur la nationalité, contourner la loi sur le foncier, ou encore octroyer massivement la nationalité dans un but électoraliste? Si tels sont les buts visés, mais non-avoués, alors les Représentants de la Nation doivent prendre leurs responsabilités en demandant le retrait pur et simple de ces projets de lois potentiellement conflictuels.
 
Par rapport à ce que la Côte d’Ivoire attend de son nouveau Président, qu’est-ce qui a été réalisé à ce jour du point de vue de l’économie, des infrastructures et de la création des emplois, de la sécurité des biens et des personnes, de la réconciliation nationale, de la démobilisation et de la réinsertion des ex-combattants…?
 
Ne seraient-ils pas les défis prioritaires de la Côte d’Ivoire en ce moment ? En tous les cas, il y a matière à réflexion et à actions.
 
 
Fait à Abidjan, le 14 août 2013.
 
 
Pour le MFA

Anaky Kobena

dimanche, 18 août 2013

LE PDCI VU PAR BEDIE, UNE ASSOCIATION ETHNIQUE

 

HENRI KONAN BEDIE 3.jpg


Conclave du PDCI: Avant le pré-congrès, Bédié consulte d'abord les chefs Baoulés. Et Bédié et la chefferie traditionnelle "confient" les travaux à Houphouët. Hallucinant!


Le PDCI s'enfonce de plus en plus dans la tradition Baoulé et s'éloigne de la modernité. L'Afrique est condamnée à tourner sur elle-même. Le carcan de l'ethnicité est plus fort que le concept de la démocratie. Ce sont des associations ethniques baptisées "Parti démocratique", en Afrique. Quand la tradition rime avec la démocratie, on n'arrête de faire de la politique. Cela devient du folklore. D'aucuns disent dans les rues de Paris que Bédié est la seule personne capable de garantir l'unité et le maintien de la cohésion au sein du PDCI. C'est un discours réfractaire, humiliant et irresponsable. Personne n'est irremplaçable sur terre. Dans un parti politique où les règles statutaires ne sont plus respectées, ce parti devient simplement un "foutoir", c'est-à-dire, "où tout est permis". Les raisons de son maintien à la tête du PDCI sont ailleurs.

Liadé G.

HENRI KONAN BEDIE 4.jpg


En prélude au conclave du PDCI: Bédié rencontre les chefs baoulé


Respect de la tradition oblige, Henri Konan Bédié rencontre ce matin à Yamoussoukro, l’ensemble des chefs traditionnels baoulé. Un rendez-vous qui intervient après celui de novembre 2010. Entre les deux tours de l’élection présidentielle, les chefs baoulé s’étaient retrouvés à Yamoussoukro, à la résidence du père fondateur de la Côte d’Ivoire. A l’occasion, Henri Konan Bédié invitait ces derniers à accorder leur suffrage au candidat du RHDP, Alassane Ouattara. Comme une lettre à la poste, ce message est passé dans toutes les villes et les villages. En témoigne le bon score réalisé par Alassane Ouattara qui avait été baptisé Allah N’Guessan. Depuis, le présidium du RHDP n’a plus eu de rencontre avec les chefs baoulé. Aujourd’hui, ce sera chose faite. Et Henri Konan Bédié n’aura qu’un seul mot à la bouche : « merci ». Comme on le fait en Afrique. Hier, à la résidence d’Houphouët-Boigny, les organisateurs de cette rencontre s’activaient pour faire les derniers réglages. Les bâches dressées étaient visibles de loin. Le calendrier du président du PDCI prévoit, sauf changement de dernières minutes, toujours aujourd’hui une prière à la grande mosquée de Yamoussoukro. Demain, ce sera le grand jour avec les travaux du conclave du PDCI. Un conclave qui va préparer le 12e congrès du parti doyen. Il sera ponctué d’allocutions et de deux exposés: celui du secrétaire général adjoint aux élections et celui du secrétaire général adjoint aux finances et patrimoine.

Avant ces deux exposés, le président Henri Konan Bédié prendra la parole pour son discours d’ouverture, le président du Comité d’organisation du Pré-congrès prendra également la parole. Leur intervention sera suivie du discours des responsables de chaque zone. Pour ce qui est du cérémonial, après l’accueil des invités, l’hymne du PDCI-RDA et la libation et le discours du délégué départemental de Yamoussoukro, il y aura une suspension de la séance, le retrait des journalistes et des chefs traditionnels qui marqueront véritablement le début du Conclave. Le huis clos prendra fin après l’exposé des deux secrétaires généraux adjoints aux finances et aux élections. Ensuite, les journalistes seront autorisés à rentrer dans la salle pour le discours de clôture du président Henri Konan Bédié. A l’occasion de ce Conclave, les 156 chefs de mission membres du Bureau politique et un non membre pour préparer l’organisation du pré-congrès. Depuis hier, Henri Konan Bédié séjourne dans la capitale politique. Les différentes délégations arriveront ce jour.



Thierry Latt (Envoyé spécial), in le quotidien ivoirien "Le Patriote" du vendredi 16 août 2013.

côte d'ivoire,en prélude au conclave du pdci,bédié rencontre les chefs baoulé,conclave du pdci,bédié et la chefferie traditionnelle ‘'confient'' les travaux à,le pdci vu par bédié une association ethnique,liadé g.,thierry latt (envoyé spécial),le quotidien ivoirien "le patriote",le patriote du vendredi 16 août 2013

 

Conclave du PDCI: Des partisans de Djédjé Mady et KKB arrêtés et détenus au commissariat de Yamoussokro


Conclave du PDCI-RDA à Yamoussoukro: Bédié refuse le jeu démocratique et instaure sa dictature. Il fait arrêter les partisans de KKB et Djédjé Mady - Le Parti au bord de l'implosion.


Au moment où se déroule à Yamoussoukro le conclave du PDCI-RDA , en prélude au 12 ème Congrès du parti, des partisans de KKB (Kanan Kouadio Bertin), et de Djédjé Mady, respectivement  président de la jeunesse et Sécrétaire général du Parti, sont aux arrêts. La plupart des militants arrêtés sont des Sécrétaires de Sections, au nombre desquels se trouvent le député Soro Jean-Paul, de la Sous -préfecture de San-pédro, et Amani NGuessan, Sécrétaire Général de la Section de Yopougon. Ils sont détenus au commissariat de la ville.

Présents dans la salle du conclave, ces militants du PDCI ont cru, comme l'indique le nom de leur parti, se retrouver dans un espace démocratique où ils pouvaient jouir d'une certaine liberté d'expression. Mais grande fut leur désillusion!  Ils ont été "mal inspirés" en  posant des préalables. Leurs préalables posés, dont  nous ignorons encore le contenu, ont été perçus par les  partisans de Nzuéba comme un crime de lèse-majesté.  Ils ont été expulsés de la salle et  mis aux arrêts par la police. A l'heure où nous mettons cette information sous presse, ils n'ont pas encore été libérés. 

Cette dictature de Konan  Bédié risque bien de couler le vieux parti déjà fragilisé par les différents courants qui le traversent. Les jours à venir nous situerons. 


Zéka Togui


Source: CIVOX.NET

SI OUATTARA PEUT «LIBERER», POURQUOI PAS LA CPI?

CPI. SIEGE.jpg

 

Pour la libération provisoire de membres influents du FPI par Ouattara, nous devons nous réjouir avec Martin L. King d’avoir taillé ‘‘une pierre d’espoir dans une montagne de désespoir’’; et dire avec Richard Wright, qu’une ‘‘lueur d’espoir peut poindre même des nuits les plus désespérément noires’’. Un acte tardif de décrispation qui s’impose au dictateur comme le jour s’impose à la nuit. Baudelaire n’insinue-t-il pas que même le Mal puisse produire des Fleurs? Combien plus forte raison la CPI, symbole superlatif de Justice?

Dans une admission explicite de culpabilité, Ouattara dit, en libérant ses victimes accusées des mêmes délits que GBAGBO, qu’il n’est pas bon que des gens de «ce rang» restent en prison. Lui l’accusateur dit ainsi à la CPI, non seulement que GBAGBO, d’un rang supérieur et accusé des mêmes délits, doit être libéré; mais il atteste aussi que la ‘‘justice’’ fonctionne en CI. En conséquence, la CPI ne saurait se substituer à elle en tant que Tribunal Subsidiaire (selon le Statut de Rome), sans le constat d’une triple faillite des tribunaux nationaux, liée à leur capacité fonctionnelle, à leur refus de poursuivre ou à la complaisance de leur verdict.

A la lumière de l’insuffisance des preuves constatée par la CPI elle-même, en plus de la viabilité soudaine des tribunaux ivoiriens, la CPI devrait accorder au moins la liberté provisoire à GBAGBO à ce stade où son procès n’a pas encore commencé. La libération provisoire des pro-GBAGBO pour la paix, atteste non seulement de l’aspect politique des accusations, mais aussi et surtout, de l’impossible paix en CI sans GBAGBO. La CPI qui avait motivé son refus d’accorder la liberté provisoire à GBAGBO par un besoin de paix en CI, doit en tirer les leçons. Cet argument est dangereux: il met la CPI en plein dans la politique et confirme des craintes. Prendre en otage la liberté d’autrui pour obtenir la rançon politique de l’apaisement dans un pays est contraire à toute notion élémentaire de Justice.  Tout homme ne doit être tenu responsable que de ce qu’il fait et non maintenu en prison pour ce qu’un autre homme libre et loin de lui fait (peut-être pour l’y maintenir). La responsabilité des faits d’autrui dans cette acception est une invention dangereuse, qui au-delà des critères juridiques pertinents inclus des considérations sociales subjectives.

Les tribunaux Sud-Africains, qui condamnèrent Nelson Mandela pour obtenir la paix sociale avaient perdu toute crédibilité sans jamais avoir la paix sociale tant recherchée. La paix sociale procède de la Justice. Quand les architectes de la démocratie moderne construisirent avant nous, le grand moule dans lequel furent coulées nos conceptions actuelles de la démocratie, c’est à dessein qu’ils mirent à part,  par un mécanisme de verrou et de contrepoids, le Judiciaire; de sorte que, ainsi hissé sur le roc solide des choses éternelles et libéré de l’emprise des choses passagères (politiques, guerres…), il ne fût pas captif  du présent, mais redevable à sa Conscience et à Dieu. C’est ainsi qu’en 1954, la Cour Suprême des Etats Unis d’Amérique, dans un revirement historique (Brown v. Board of Education et Bolling v. Sharpe) mis fin à plus de 150 ans de tergiversations juridiques relatives aux droits civiques des Noirs au mépris des réalités. Pour preuve, malgré l’injonction de sa mise en œuvre ‘‘en toute hâte réfléchie’’, cette décision ne fut exécutée qu’en 1964, soit 10 ans plus tard, après l’embrasement sociale causé par  son étincelle (Martin L. King, Malcom X).

Si la Cour Suprême avait craint les embrasements sociaux aux USA, comme vous les craignez aujourd’hui en CI, Obama ne serait jamais président. Le mot Magistrat (Juge) vient du latin magister, qui veut dire Maître, une âme imprégnée de Connaissance à laquelle Révérence est due. Dans la Bible, Dieu nomme d’abord pour diriger son peuple, non des rois; mais des Juges, parce que de leurs décisions découle la stabilité prévisible tant recherchée. Leurs décisions, quand elles sont fondées sur la Vérité, sont naturellement investies d’une force exécutoire intangible, affranchie de la corruptibilité qui limite les actes de l’exécutif.

C’est à juste titre que dans les saintes écritures, le Messie est appelé Maître, être qui se confond avec un idéal de Justice. La culture judiciaire française n’appelle-t-elle pas maître tout auxiliaire de justice? La détention provisoire du suspect, en tant qu’une exception au principe de la présomption d’innocence, repose sur la crainte d’irrémédiablement faillir à l’administration de la justice autrement; elle doit être annulée dès lors qu’après examen, les indices de culpabilité craints n’existent pas et que l’accusé peut, sous le control judiciaire d’un pays d’accueil, comparaître librement. GBAGBO fuirait peut être, s’il était libéré? Sous des bombardements intensifs où Kadhafi, Bozizé, Mobutu, Ben Laden et Saddam Hussein (tous des militaires et prétendument aguerris aux armes), ont fui; GBAGBO n’a pas fui. Ce n’est pas la Vérité, son allié, qu’il fuirait. C’est la vérité et la libération de GBAGBO qui ramèneront ce que la CPI semble étonnamment rechercher plus que ceux mêmes qui en ont le plus besoin dans leur propre pays: la Paix. La crédibilité et la survie de la CPI sont en jeu.


Séry Zadi Aurélien (Politologue-Juriste)

samedi, 17 août 2013

LES PAMPHLETS D’ALAIN BOUIKALO - Ô ROI, LE PEUPLE VEUT UN REFERENDUM

ALASSANE OUATTARA. YAKRO INVESTITURE.jpg

« On peut tromper une partie du peuple tout le temps et tout le peuple une partie du temps, mais on ne peut pas tromper tout le peuple tout le temps » Abraham Lincoln

 

Ô roi, valeureux descendant de Dieu. Digne héritier de Dieu. Peut-être, Dieu lui-même. Nous savons que ton règne fait le pied de nez au temps parce que tu es au dessus du temps. Tu t’éterniseras au trône. L’un de tes notables a eu la brillante idée d’écrire au fronton du palais ceci : « là, jusqu’en 2053 ». Il n’a pas seulement dit que tu t’enracineras au trône, il a surtout avoué que les fous déchainés qui s’aventurent à crier : « Mort à la dictature ! Mort au rattrapage ethnique ! Mort à la justice des vainqueurs ! Mort aux tortures ! Mort à la mauvaise gouvernance ! », continueront leur folie dans un cimetière. Tu es donc un puissant homme. Le peuple le sait.

Mais roi, vois-tu, te saluant en s’incliner ne veut pas dire que les intelligences sont inclinées. Secouer les mollets en amont et en aval de ton tapis rouge ne signifie pas que ces mollets ne savent que vénérer ta gloire. Non roi. L’intelligence du peuple est toujours en érection. Et les mollets suivent le rythme de l’intelligence. C’est pourquoi, au moment où tu exprimes l’inébranlable désir de disperser notre nationalité et éroder nos terres, le peuple que tu rassasies de souffrances te demande la parole. Ecoute-le roi. Il ne te demande pas des cargaisons de billets ni des pluies de milliards qui risquent de ne jamais mouiller nos poches. Il veut tout simplement que tu lui donnes la parole pour qu’il s’exprime. Oui valeureux roi, il veut ouvrir la bouche pour dire si oui ou non il adhère à ta généreuse idée de faire de tous les habitants de nos terres, des éburnéens. C’est la voie idéale pour légitimer ta bonté à l’égard de ces bénis dont les pieds sont fermement fixés sur le starting block électoral. Sa ferveur à vouloir s’exprimer n’est pas une défiance, roi. Il te sait un dieu ouvert, un dieu partageux, un dieu plongé au cœur du peuple. C’est la raison pour laquelle il voudrait te prouver son amour infini en te donnant son avis. Ô roi, le peuple veut un référendum. 

Valeureux roi, pourquoi ne coures-tu pas vers cette solution ? Tu ne diras quand même pas au peuple que son avis sur ce qui engage son avenir ne fait pas partie de tes solutions poreuses ! Non roi. Ecoute le peuple. Le peuple qui susurre dans les rues. Le peuple qui grogne des les couloirs pouilleux de la capitale. Le peuple d’en haut, le peuple d’en bas. Le peuple qui poursuit en vain sa pitance mille fois promise mais jamais donnée. Le peuple qui ne trouve aucun emploi mais qui, les yeux blafards, te regarde faire des apatrides, ta priorité. Le peuple qui n’a pas encore eu droit à ses soins gratuits, à ses cinq universités nord américaines, mais qui t’observe te défouler pour des choses de moindre importance. « Mais dans que monde suis-je ? », m’a demandé le peuple. Ne trouvant aucune réponse, je me tourne poliment vers toi. Ô roi, descend de ta gloire et donne la parole au peuple pour qu’il se prononce et tranche définitivement. Ô roi, le peuple veut un référendum.

Dieu-Roi, la voix du peuple n’est pas celle confinée entre les mains d’éternels diseurs de « Oui ». Des « Oui » dogmatiques que même le sommeil n’empêche. Ces mains rendues belles et vengeresses par l’eau du rattrapage ethnique et de la fraude électorale n’attendent que vienne, pour elles, l’occasion d’approuver mécaniquement ce qui a été goupillé durant des décennies dans l’antichambre de ton clan. Digne et valeureux roi, descend de ta super puissance et interroge le peuple qui piaffe d’impatience. Le peuple est très intelligent. Laisse-le décider de son sort. Laisse-le prendre le chemin qui semble bon à ses yeux. Le peuple n’est ni un mineur non émancipé, ni un incapable. Il est majeur. Il a aujourd’hui 53 ans. Ce peuple veut donc un référendum. Ne le musèle pas. Roi, tu dis sans cesse que tu aimes le peuple, alors, ne lui vole pas, son droit, ne lui vole pas sa volonté de s’exprimer. Il veut trancher directement. Tel est son choix. Il est fatigué d’être trompé tout le temps. Il est fatigué d’être abusé tout le temps. O roi, le peuple veut un référendum.

A tantôt!

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

vendredi, 16 août 2013

DECLARATION DE LA COORDINATION FPI EN EXIL SUITE A LA MISE EN LIBERTE PROVISOIRE DU PRESIDENT ET DES HAUTS CADRES DU FPI

 

LOGO FPI.png

Le 5 août 2013, le Procureur de la République a annoncé la mise en liberté provisoire, devenue effective  pour douze détenus politiques proches du Président Laurent Gbagbo. Des responsables de premier plan de la direction nationale du FPI, dont entre autres les camarades Affi N’guessan, Président, Aboudrahamane Sangaré, 1er Vice-Président, Lida Kouassi Moise, Sécrétaire Général adjoint, Douati Alphonse, Secrétaire National, Koua Justin, Secrétaire National par intérim de la JFPI, sont au nombre de ceux-ci.

La Coordination FPI en Exil accueille avec joie et surtout soulagement cette libération car le pire était à craindre pour ces camarades qui ont subi des traitements inhumains et dégradants dans leurs geôles. Elle salue le courage des camarades qui viennent de recouvrer la liberté, fût-elle provisoire, puisque les traitements qu’ils ont subis en prison sont devenus des secrets de polichinelle. Leur retour constitue assurément un élément catalyseur de nature à renforcer la direction de la lutte conduite depuis juillet 2011 par les camarades de la direction intérimaire avec à leur tête le camarade Miaka Oureto, à qui nous rendons ici un vibrant hommage.

La Coordination FPI en exil considère donc cette mise en liberté comme le résultat de l’engagement et de la mobilisation des militants et ce, grâce à la détermination de notre direction intérimaire.

La Coordination FPI en exil considère que cette mise en liberté est aussi le résultat de la mobilisation de tous autour de cette question. C’est pourquoi, elle saisit cette occasion pour féliciter :

- Tous les patriotes en Côte d’Ivoire pour leur soutien matériel et moral aux camarades emprisonnés ;

- Tous les patriotes africains, tous les patriotes de la diaspora pour leur mobilisation constante et exemplaire afin que triomphe notre cause commune ;

- Les organisations des droits de l’Homme dont les rapports nous éclairent et nous restituent chaque jour la vérité et la profondeur du drame ivoirien depuis le 11 avril 2011 ;

- L’ensemble des journalistes, des communicateurs et autres internautes.

La Coordination FPI en exil considère cette mise en liberté certes comme un bon geste car nul n’est mieux que chez soi et non dans une prison. Mais, à la réalité celle-ci demeure à mi-chemin de ce que la Côte d’Ivoire attend et espère. L’essentiel reste à faire et à venir.

C’est en effet de liberté tout court dont nos camarades ont besoin. Le Président Laurent Gbagbo en prison, la 2ème Vice Présidente du FPI  et Présidente du groupe parlementaire FPI, Mme Simone Ehivet-Gbagbo, en prison, des centaines d’Ivoiriens du camp du Président Gbagbo en prison, des centaines de milliers d’autres contraints à l’exil, pendant qu’une camarilla de mercenaires venus de la sous-région occupent leurs terres et leurs maisons, ce ne sont pas des signes qui vont dans le sens de l’apaisement et de la réconciliation des Ivoiriens.

La Coordination FPI en exil, Convaincue qu’il faut mettre fin à :

- Plus d’une décennie de rébellion qui a balafré la Côte d’Ivoire et endeuillé des milliers et des milliers de familles ; 

- Plus de deux ans de destruction  de l’Etat grâce au coup d’Etat de la droite française et à une communauté internationale instrumentalisée à souhait ; 

- Plus de deux ans de braderie de notre patrimoine national, de notre foncier rural et de la nationalité ivoirienne ;

- Plus de deux ans d’une politique économique extravertie au service des intérêts des multinationales ;

La Coordination FPI en exil, Soutient :

A la suite du Président du parti, le camarade Affi N’Guessan, que c’est seule la mobilisation des militants et des forces populaires qui a rendu la libération de nos camardes. C’est aussi la mobilisation de tous qui assurera une issue heureuse à la lutte qui s’impose ici et maintenant à notre parti.

La Coordination FPI en exil, Considérant : 

Que c’est la libération du Président Laurent Gbagbo ainsi que celle de tous les prisonniers politiques civils ou militaires et le retour sécurisé des exilés qui constitue les principaux gages de l’apaisement et une garantie sûre pour la réconciliation nationale ;

Elle Assure :

Le Président du parti et la direction nationale de son soutien ferme et déterminé ainsi que de son entière disponibilité à leurs côtés pour cette lutte dont la noblesse l’emporte sur toute autre considération.

La Coordination FPI en Exil, Appelle : 

- L’attention des autorités ivoiriennes sur l’impérieuse nécessité et l’urgence pressante d’aller encore plus loin dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire et de nombreux Ivoiriens dont les souffrances et la détresse méritent enfin de connaître un terme.

- Les Ivoiriens et les Ivoiriennes du Nord, du Sud, du Centre, de l’Ouest, de l’Est et de toute confession religieuse à se mobiliser pour imposer une vraie réconciliation. La Cote d’Ivoire a besoin de la paix maintenant.


Fait à Accra, le 13 août 2013.


Pour la Coordination

 

Dr. Assoa Adou

Porte-Parole et Coordonnateur

jeudi, 15 août 2013

VISITE CHEZ LES PARENTS DE GBAGBO - LES VERITES DE MARIE-ODETTE LOROUGNON A SORO: «VOUS AVEZ TRAHI GBAGBO»


MARIE ODETTE LOROUGNON.jpg


C’est maintenant officiel. Le 15 août 2013, l’actuel président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro Kigbafori, se rendra à Gagnoa, «chez les parents de Gbagbo». Il est l’invité du collectif des chefs de village de cette localité dont le plus illustre des fils, Laurent Gbagbo, est injustement emprisonné à La Haye (Hollande). Rompant courageusement le silence hypocrite des cadres de la région autour de cette visite, Mme Marie- Odette Lorougnon , ex-député Fpi d’Attécoubé (Abidjan), Secrétaire nationale de l’organisation des femmes du Fpi (OFFPI) et fille de Gagnoa, a décidé d’écrire à l’ex- chef rebelle et ancien Premier ministre qui a, soutient-elle , «trahi Gbagbo». Voici la lettre ouverte .

 

Monsieur le Président de l’Assemblée nationale,

Sur invitation des chefs coutumiers de notre région, vous devez vous rendre dans le département de Gagnoa. Quoi de plus normal ! Mais selon vous-même, en dehors du programme officiel relatif à l’inauguration et à la pose de la première pierre du siège des chefs coutumiers, vous projetez de vous rendre successivement à Mama, Gnaliépa, Kpogrobo et Gnagbodougnoa. En tant que fille de Gagnoa, je m’interroge. Pourquoi avez-vous décidé de vous rendre à Mama ? Manifestement, ce n’est pas pour voir Laurent Gbagbo, il n’est pas là-bas. Il n’est pas à Mama. Il est emprisonné à La Haye ! Loin de sa terre natale. Je ne vous apprends rien. Vous le savez mieux que quiconque. Mais il y a plus grave. Son épouse Simone et son fils Michel qui auraient pu vous recevoir sont eux aussi en prison. Dans le Nord de la Côte d’Ivoire, dans votre région à vous. Si ce n’est donc pour le voir, alors qu’est-ce qui motive cette visite aux allures de moquerie ? Assurément, ce n’est pas non plus pour expliquer aux parents de Gbagbo pourquoi vous l’avez trahi. Car, vous avez trahi le Président Gbagbo ! Pourquoi, alors que vous l’aviez assuré de l’accompagner à sortir la Côte d’Ivoire de la crise ; alors qu’il vous a nommé Premier ministre quand vous avez accepté la paternité de la rébellion ; alors qu’il vous a confié l’organisation de la présidentielle, pourquoi lui avez-vous planté le couteau de la traitrise dans le dos pour qu’il se retrouve en prison ?

Monsieur Soro, Si ce n’est pas pour dire à ses parents que Gbagbo a eu tort de vous avoir fait confiance, alors, pourquoi allez- vous à Mama ? Pourquoi voulez-vous partir à Gnaliépa, le village où sa mère s’est remariée ? Elle non plus n’est pas là-bas. Cette octogénaire a été contrainte à l’exil par vous et par votre rébellion. C’est la preuve achevé e du principe du délit familial introduit en Côte d’Ivoire par vous et votre mentor, Alassane Ouattara. Délit qui vous per - met de maintenir e n prison Michel Gbagbo, juste «parce qu ’il est le fils à son père !» , comme l’a dit, sans être contredit, l’ancien Premier ministre de votre régime, Jeannot Ahoussou-Kouadio. Et depuis avril 2011, Gado Marguérite, la mère de Gbagbo vit au Ghana , loin de Gnaliépa. Elle est contrainte d ’y vivre alors que le reste de ses enfants et petits-enfants est éparpillé dans le monde entier. C’est à croire que Gbagbo n’a pas dignement enterré la mère d’Alassane Ouattara, votre mentor ! On a coutume de dire que «la raison du plus fort est toujours la meilleure ». Mais ce n’est pas vrai, parce qu’il existe une justice divine. Vous avez beau être puissant aujourd’hui, cette loi divine ne vous donne pas le droit de vous moquer des parents de Gbagbo. Elle ne vous autorise pas à aller leur dire : «Voyez-vous, je suis le plus fort, le plus courageux. J ’ai vaincu votre fils, il est en prison à L a Haye. Et je viens me moquer de vous et vous ne pouvez rien me faire ! Vous n ’êtes pas courageux, vous n’êtes pas fort comme moi, Soro Guillaume. Votre fils, je l’ai trahi, je l’ai vaincu. Il avait raison mais comme je suis le plus fort, je lui ai fait porter la responsabilité de toutes les fautes. Je l’ai fait mettre en prison ainsi que son épouse et son fils. J’ai contraint sa mère, ses enfants et ses petits- enfants à l’exil. Et puis il n’y a rien !».

Non, Monsieur Soro, Vous n ’avez pas le droit de narguer les parents de Laurent Gbagbo, votre sup - posé père spirituel. Vous n’avez pas le droit non plus de vous moquer des parents de Blé Goudé, votre camarade de lutte.

Non, Monsieur, Vous  avez encore moins le droit de rire , de bomber la poitrine devant la fosse commune des Guébiés. Cette fosse infligée en 1970 qui ramène à la tragédie de plus de 1.2 00 personnes massacrées par vos rebelles à Duékoué, fin mars début avril 2011.

Monsieur Soro, Loin de la logique hypocrite dans laquelle vous vous êtes engagé, je tenais absolu - ment à vous dire tout cela. A vous exprimer mon avis. Je n’ai ni la prétention ni le pouvoir de vous interdire l’accès d es villages que vous voulez visiter. Mais j’ai au moins le courage, de vous dire simplement que malgré votre puissance du moment, il y a des choses que vous ne devriez pas faire. Vous ne pouvez pas avoir trahi Laurent Gbagbo comme vous l ’avez fait, vous ne pouvez pas l ’avoir traité comme vous l’avez fait, vous ne pouvez pas l ’avoir humilié comme vous l’avez fait, et vous en allez narguer ses parents, parce que vous êtes le plus fort pour l’instant. J e me refuse à considérer cette visite aux allures d ’une provocation de plus. J’ai voulu donc positiver en plantant le décor.


Marie Odette Lorougnon

Fille de Gagnoa, ancien Député

UNE SEMAINE APRES SA SORTIE DE PRISON - LES ETATS-UNIS RECOIVENT AFFI

BARACK OBAMA.jpg

Barack Obama, fervent avocat de Ouattara lors de la crise post-électorale, commence-t-il à douter?


La représentation américaine à Abidjan a sollicité une rencontre avec le président du Front populaire ivoirien (Fpi), Pascal Affi N’Guessan. L’ex-prisonnier du régime Ouattara saisira cette opportunité pour dérouler les attentes de sa formation politique pour une réconciliation sincère et le retour définitif de la paix en Côte d’Ivoire.

 

Deux ans ont seulement suffi à certains partenaires, et non des moindres, d’Alassane Ouattara, pour apprécier le poids du camp Gbagbo, notamment du FPI. Les Etats-Unis qui ont pris la pleine mesure de la situation actuelle, marquée par la mauvaise gouvernance et des atteintes graves aux droits de l’Homme, et ont manifestement décidé de prendre leur distance vis-à-vis du régime d’Abidjan. Et de jouer en faveur de l’expression d’une opposition forte qui va constituer un contrepoids vis-à-vis du régime d’Abidjan.

Si l’on en croit les révélations d’il y a quelques mois de La Lettre du Continent, Phillip Carter III, l’ambassadeur des Etats-Unis, s’était alarmé du «sort réservé aux individus mis au secret durant plusieurs semaines sans assistance juridique». Cela constituait sans doute un changement progressif d’approche de la part des Américains, qu’il était juste de noter, sans rien oublier des dérives du passé. Selon nos sources, l’administration Obama, qui a apporté un soutien massif à Alassane Ouattara, a pesé de son poids pour la remise en liberté des personnalités pro-Gbagbo détenus sur toute l’étendue du territoire.

A peine se retrouvent-ils dehors que les représentants de la diplomatie américaine à Abidjan sollicitent et obtiennent une audience avec Pascal Affi N’Guessan qui est le premier responsable du Front populaire ivoirien. Ce mercredi 14 août, l’ex-prisonnier politique de Ouattara se rendra donc à l’ambassade des Etats-Unis à la tête d’une délégation de trois personnalités de son parti. Ils seront reçus, selon une source crédible, en attendant l’arrivée du nouvel ambassadeur, par le premier secrétaire de l’Ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire.

Affi saisit la balle au bond      

En sa qualité de premier responsable de l’opposition significative, Pascal Affi N’Guessan qui ne se donne pas de repos depuis sa sortie de prison eu égard aux questions brûlantes qui touchent au processus de démocratisation de la Côte d’Ivoire, va dérouler les préoccupations de l’heure. Le successeur du président Laurent Gbagbo, selon certaines indiscrétions, évoquera la question de la libération de tous les prisonniers politiques du régime Ouattara détenus sur toutes l’étendue du territoire national ainsi que celle du retour de ses camarades en exil. Pascal Affi N’Guessan, dont le parti n’est jamais fermé aux discussions, va sans doute aborder les négociations avec le gouvernement Duncan. Cependant, le désormais meneur de l’opposition politique face au régime Ouattara mettra l’accent sur le caractère « sincère » du « dialogue ».

Cette audience avec les représentants de l’administration Obama en Côte d’Ivoire ouvre une série d’audiences que le premier responsable du Fpi aura avec des représentations diplomatiques et d’autres partenaires internationaux en Côte d’Ivoire.


Saint-Claver Oula


Source: LE NOUVEAU COURRIER