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jeudi, 15 août 2013

COTE D’IVOIRE - DEBAT SUR LA NATIONALITE ET LE FONCIER: LE CHEF DE VILLAGE DE SEGUELA MET OUATTARA ET LES ETRANGERS EN GARDE


ALASSANE OUATTARA ET LES CHEFS TRADITIONNELS.jpg

Audience de Ouattara aux chefs traditionnels, le 5 juillet 2013, à Abidjan.

 

Alassane Ouattara veut faire un passage en force sur les questions brulantes de nationalité et du  foncier en Côte d’Ivoire. Une session parlementaire extraordinaire est même convoquée à cet effet. Au cours d’une rencontre discrète  tenue  récemment à Séguéla, le chef de village de la localité a fermement mis en garde les étrangers vivant dans sa localité quant à leur velléité d’acquérir la nationalité ivoirienne pour devenir par la suite des propriétaires terriens.


La rencontre convoquée par Mr Diomandé Megbema s’est voulue discrète. Elle s’est tenue le dimanche 4 aout 2013 après la prière de rupture du jeûne de 19h à son domicile sis au quartier Diomandé à Séguéla non loin du carrefour Mogokolo. Tous les responsables des communautés étrangères Bukinabé, Maliens, Guinéens et autres étaient présents. Le nouveau Maire de la ville  y avait délégué un représentant.

D’entrée, le chef de village de Séguéla s’est voulu très clair; «Il me revient que vous faites des démarches  assidues auprès de Alassane Ouattara pour avoir la nationalité ivoirienne et devenir par la suite des propriétaires terriens Ici. Je vous dis que cela ne sera pas possible. Si c’est vous alors allez retirer ces demandes dès maintenant. Même Tekala qui est un village frontalier à Seguela ne peut même pas revendiquer une portion de terrre à seguela à plus forte raison vous». Les étrangers ont acquiescé et se sont retirés. Le chef de village n’entend pas s’arrêter à ce niveau. Il compte rencontrer très bientôt Ahmed Bakayoko ministre de l’intérieur et  fils de Séguéla pour lui exprimer ces préoccupations dès maintenant. Comme on peut aisément le constater le débat sur la nationalité et le foncier est donc bien lancé en Cote d'Ivoire. Pas seulement au sud mais également au Nord et  partout dans le pays.


Correspondance particulière de Anasthasie Ehoulan.

mercredi, 14 août 2013

PRECISION: LE COLONEL KONANDI LIBERE N’EST PAS UN PRO-GBAGBO

 

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Le Colonel Konandi placé abusivement sur la liste des «pro-Gbagbo» qui ont bénéficié de la liberté provisoire ce jour (6 août 2013, Ndlr) n’en n’est pas un.

Colonel-Major à la retraite, les ivoiriens se souviennent qu’il était intendant de l’armée au moment de la fameuse mission de certains éléments de l’armée ivoirienne en Centrafrique pour le compte de l’Onu ayant abouti à la chute d’Henri Konan Bédié. Accusé par le régime Ouattara de vouloir acheter des armes pour fomenter un coup d’état pour le compte du Fpi, certaines voix s’étaient élevées pour apporter un démenti cinglant à ces allégations.

A ce propos, un cadre de Prikro, région d’origine du colonel avait révélé dans le journal Notre Voie du 05 Aout: «Cela n’est pas possible parce que le colonel était foncièrement contre Laurent Gbagbo. Lorsque le président Gbagbo a été renversé, il a organisé des fêtes. Il a fait immoler des bœufs pour saluer l’arrivée de M. Ouattara au pouvoir. Il a dit à tout le monde que son heure avait sonné, et qu’il venait à Abidjan, pour être nommé général. Alors nous autres, nous sommes choqués que l’on dise que c’est à cause de Laurent Gbagbo que Konandi Kouakou est aux arrêts ».

L’informateur du journal est allé plus loin pour dire que lors de la campagne électorale, l’ancien colonel-major a empêché les représentants de La majorité présidentielle de battre campagne dans certaines localités de Prikro.

Il se trouve que les services de Hamed Bakayoko ont trouvé un compte bancaire appartement à ce proche de Bédié sur lequel étaient domiciliés 8 milliards de nos francs. Le ministre de l’intérieur de Ouattara avait proposé au Colonel de garder 80% et de lui rétrocéder 20% des fonds en vue d’un règlement à l’amiable. C’est face au refus du Colonel Konandi qu’il s’est retrouvé derrière les barreaux.

Au moment où il sort de prison, les 80% ont été débité du fameux compte bancaire. La précision était nécessaire pour la  postérité.

 

Une correspondance particulière.

FRAUDE SUR L’IDENTITE IVOIRIENNE A LA PRESIDENTIELLE MALIENNE: UNE DAME ASSESSEUR DE BV ARRETEE AVEC UNE CARTE D’IDENTITE IVOIRIENNE

 

 

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A Konna, ces deux assesseurs contrôlent la carte d'électeur d'un votant. Crédits: Sylvain Cherkaoui / Cosmos pour "Le Monde".

 

Touré Kadidjatou Nani, assesseur du bureau de vote de Hermankono-Garo (environ 40km de Divo), dans le cadre de l’élection présidentielle malienne, a été arrêtée dimanche 11 août 2013 en possession d’une carte nationale d’identité (CNI) ivoirienne, établie le 25/06/2009 dont le numéro est C00 3216 4800.

Elle a présenté cette pièce au cours d’une vérification d’identité. La prévenue a indiqué à la gendarmerie que, devant voter à Abidjan, elle s’est vue obligée de laisser sa carte nationale d’identité malienne à une connaissance sur place qui devait le faire à sa place.

La gendarmerie a ouvert une enquête, afin d’élucider cette affaire de double identité ou tout simplement de fraude sur l’identité ivoirienne.


In le quotidien ivorien "Le Nouveau Courrier".

(Source AIP )

 

Note: On comprendra peut-être un peu plus pourquoi les Ivoiriens se méfient énormément des agitations de Alassane Ouattara autour des dispositions légales et réglementaires touchant à la nationalité et au foncier. La Côte d’Ivoire, avec Ouattara, est totalement engluée dans ce magma de fraudeurs internationaux sur l’identité.

KKB REVELE: «JE SAIS QUE KOUASSI ADJOUMANI A RECRUTE DES LOUBARDS CONTRE MOI, MAIS JE LUI DONNE RENDEZ-VOUS A YAMOUSSOUKRO»

 

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Le 12ème congrès du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci) s’annonce sous un signe de défi pour les responsables du vieux parti. Kouadio Konan Bertin alias KKB, président de la jeunesse du PDCI-RDA a réitéré sa volonté d’être au conclave des secrétaires de section qui se tient en prélude des assises, le 16 août prochain, à Yamoussoukro. «Je serai bel et bien présent au conclave. Advienne que pourra», nous a confié, hier, le futur candidat à la présidence du PDCI. Il a expliqué qu’il sera au conclave en sa double qualité de secrétaire général adjoint à l’organisation et président de la Jeunesse du Pdci. «Je sais que Kouassi Adjoumani a recruté des loubards contre moi. Mais je lui donne rendez-vous à Yamoussoukro», a-t-il révélé.

Le ministre Adjoumani, porte-parole du comité d’organisation, a animé une conférence de presse pour indiquer que seuls les secrétaires de section et les délégués ont droit au conclave. Il avait même promis que KKB serait accueilli à bras ouverts. C’est en réaction à ces déclarations que le président de la Jeunesse du Pdci a réaffirmé sa volonté de participer au conclave. La rencontre va réunir 3000 responsables de base du Pdci, ainsi que des délégués. Et, selon le comité d’organisation du 12ème congrès, elle va se dérouler sous la présidence effective du président du parti, Henri Konan Bédié, que ses «suiveurs» donnent encore pour candidat. Cette situation et même le thème du congrès font penser que le prochain congrès du Pdci revêt un en enjeu capital pour le vieux parti. Car le thème tel que proposé met le Pdci face à l’avenir et appelle au «rajeunissement», à la «renaissance». Et, fatalement, on se demande au Pdci comment le président Bédié, à 79 ans, pourra trouver son compte dans un tel engagement. Par delà le Pdci, de nombreux Ivoiriens qui considèrent avec intérêt le débat au sein du vieux parti veulent comprendre comment un militant forclos depuis 5 années va, au sortir du 12ème congrès (qui appelle au renouveau), va en ressortir président du parti?


Armand Bohui, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


bohuiarmand@yahoo.fr

mardi, 13 août 2013

DECLARATION DU PIT A PROPOS DE LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE DE LA COTE D’IVOIRE

 

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Le PIT exige que la voie référendaire soit la seule à emprunter, pour l’adoption des lois sur l’apatridie, le foncier et la nationalité.


Ivoiriennes,

Ivoiriens,

Chers camarades militants du PIT

Chers amis de la Presse Nationale et Internationale,

 

La Côte d’Ivoire vient de célébrer le 53è anniversaire de son accession à l’indépendance. C’est l’occasion pour le Parti Ivoirien des Travailleurs de souhaiter un bon anniversaire à chacune et à chacun  de nos compatriotes .C’est également pour nous l’occasion de saluer ce cadeau d’anniversaire que le Président de la République vient d’offrir à la Côte d’Ivoire, en accordant la liberté provisoire à 14 éminents prisonniers politiques de l’opposition. Nous nous réjouissons de ces élargissements qui, malheureusement, ne sont pas définitifs. Mais, nous encourageons le Président de la République à aller plus loin puisqu’une libération provisoire n’est ni une grâce, ni une amnistie.  Ces personnes libérées  demeurent toujours inculpées. Elles ne peuvent jouir de tous leurs droits et elles restent interdites de toute activité politique.

Le PIT, pour sa part, a toujours demandé que s’applique une justice impartiale en Côte d’Ivoire. Que les fautifs des deux camps, nommément identifiés par la commission nationale d’enquête, soient jugés afin de mettre un terme définitif à l’impunité qui a tendance à s’institutionnaliser dans notre pays. Mais, si pour des raisons que nous ignorons, le pouvoir actuel est incapable d’interpeler et de traduire devant la justice les pros Ouattara,  comme il nous est donné de le constater depuis plus de deux ans, alors, le PIT demande, instamment, la libération immédiate et sans condition de tous les prisonniers politiques pros-Gbagbo, pour que s’amorce, enfin, le véritable processus de réconciliation nationale que tous les ivoiriens attendent.

L’autre point de L’actualité socio-politique que nous voulons aborder, maintenant, est la déclaration prématurée et précipitée de candidature du Président de la République à sa propre succession. Cette déclaration, faite publiquement par le Président lui-même, nous permet d’observer que, dans notre pays, les régimes passent, mais les comportements déplorables continus et s’aggravent même, quelque fois.

 Souvenons-nous, chers amis de la presse, que l’ancien Président de la République, lors du dépôt de sa candidature à sa propre succession en 2010, nous avait fait découvrir l’une de ces incongruités que renferme notre constitution. Il avait, en effet, crié haut et fort, deux mois avant le premier tour de l’élection présidentielle, son double statut de Président en fonction jusqu’à la fin de son mandat et celui de candidat officiellement déclaré. C’était déjà la confusion au sommet de l’Etat, avec le Président 100% et le candidat 100%. Confusion, malheureusement, permise par notre loi fondamentale. La réaction de l’ancien Président fera école et son successeur aux affaires qui s’en était offusqué hier,  de s’en inspirer aujourd’hui. Mieux, en la matière, « l’élève » va dépasser «  le maître ».

 Pour l’actuel Président de la République, Alassane OUATTARA, les deux ans et demie de mandat qui lui restent, c’est-à-dire 30 mois, sont plus proche de la fin que les deux mois qu’avait observés l’ancien Président pour annoncer sa candidature à sa propre succession.

Pour notre Président, actuellement en fonction, 2015 est déjà là.

Il faut courir vite. Il faut courir plus vite que les candidats, non encore déclarés, afin de s’assurer une victoire que ces millions d’Ivoiriens qui ont faim et ces 5 millions de jeunes diplômés à la recherche de leur premier emploi, pourraient lui refuser. Dans cette course effrénée pour la conservation du pouvoir, tant pis pour les promesses déjà faites mais non tenues, au cours du premier mandat de cinq ans qu’on a ainsi, de fait, ramené à 2 ans et demi, afin de mieux préparer le pouvoir virtuel de 7 ans à venir. Il faut solliciter un autre mandat, en faisant de nouvelles promesses.

Et pourquoi devrait-t-il s’en priver ? « Les promesses, dit le ministre français Charles PASQUA, n’engagent que ceux qui y croient ».

Le Président de la République est-il déjà en campagne ou en visite d’Etat dans les différentes régions du pays ? La confusion est totale. Au cours de ces visites d’Etat, organisées et financées avec les deniers de l’Etat, on n’hésite pas à solliciter les suffrages des populations, comme si nous étions en meeting de campagne. Les propos sont sans ambiguïté : « Aux dernières élections, vous avez voté à 87% pour moi. C’est bien ; mais, mes frères d’Odienné ont fait 100%. Je vous demande de faire comme eux, aux prochaines élections. »

Nombreux sont les ivoiriens qui se sont offusqués de ces actions et de ces propos tenus, politiquement incorrectes, non démocratiques et moralement choquants. Mais à la vérité, que disent nos textes et, surtout, que dit notre constitution sur ce point ? Rien. 

Dès lors, le PIT, dans sa quête permanente d’une Côte d’Ivoire véritablement démocratique qui accorde une égalité des chances politiques à tous ses ressortissants, exige un amendement de notre loi fondamentale pour corriger cette faiblesse. Il devient, en effet, plus que nécessaire d’imposer à un président en fonction qui souhaite briguer un deuxième mandat,une interdiction formelle  d’annoncer publiquement sa candidature comme c’est le cas aujourd’hui, trois mois avant l’ouverture officielle de la période électorale. Tout ceci, afin de nous éviter cette confusion à laquelle nous assistons à la tête de l’Exécutif.

L’actualité sociopolitique dans notre pays nous donne, également, d’observer que le pouvoir actuel semble gagné par le syndrome de la précipitation, dans bien de domaines.

 On a ainsi tenté, par la procédure d’urgence, de faire ratifier la Convention portant règlement du cas des apatrides en Côte d’Ivoire. Toujours dans la précipitation, on a fait adopter, le Jeudi 06 Juin 2013, en conseil des ministres, le projet de loi portant réforme de la nationalité. Et, toujours dans la précipitation, on prépare le projet de loi portant réforme du foncier en Côte d’Ivoire.

On a ainsi, par conséquent, relayé aux calendes grecques, les besoins urgents de résolution des problèmes que connaissent nos populations :

-la création d’emploi ;

-les questions de santé publique ;

-le problème de la cherté de la vie;

-la crise du système éducatif ;

-le problème de la pauvreté grandissante dans notre pays ;

-le problème obsédant de la réconciliation qui semble avoir pris

du  plomb dans l’aile ;

-etc.

A l’instar de très nombreux ivoiriens, le PIT s’interroge sur les motivations réelles que cachent tant de précipitation du Chef de l’Exécutif et de son Gouvernement ? Que nous réserve-t-on ? A quelles menaces notre pays s’expose-t-il, si ces lois n’étaient pas votées maintenant en urgence ?

  • Le PIT appelle à plus de sérénité dans le camp du pouvoir et suggère ceci : vu le caractère très sensible de toutes ces lois, parce que participant du fondement même de notre pays, il serait plus que judicieux et impérieux de ramener le débat, officiellement, au niveau de tous les ivoiriens afin que se dégage un consensus qui nous éloignerait, de toute aventure politique. Cela garantirait une stabilité et une paix durables pour la Côte d’Ivoire car : «  Chaque Ivoirien a son expérience de la vie et du voisinage avec des personnes venues d’ailleurs pour vivre ici. Ces expériences ont pu être bénéfiques, néfastes, profitables, ruineuses, enrichissantes ou déroutantes. Si elles doivent être le socle du débat, qu’elles le soient sur la base de ces expériences empiriques et non pas sur des marchandages politiques.» *

Ce débat, en effet, ne peut pas se limiter à l’Exécutif et à l’Assemblée Nationale, aujourd’hui, aux ordres de l’Exécutif.

Le PIT exige, alors et en définitive, que la société ivoirienne dans toute sa composante soit saisie des questions sur l’apatridie, sur le foncier,  sur la nationalité et que la voie référendaire soit la seule, à emprunter, pour l’adoption de ces lois.

En l’endroit du Président de la République, garant de nos institutions, le PIT suggère vivement, dans l’intérêt supérieur de la nation et du devenir d’une Côte d’Ivoire apaisée, qu’il organise un référendum afin de recueillir le consensus de l’ensemble des Ivoiriens sur ces questions brûlantes.

 

Je vous remercie

 

*Vincent Toh BI IRIE, in FratMat No 14602.

 

DR AKOI AHIZI

Président du PIT

samedi, 10 août 2013

LIBERATION DE 14 PRISONNIERS IVOIRIENS SUR UN AIR DE «JE FAIS LA PLUIE ET LE BEAU TEMPS»

 

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Le 5 août 2013, par la voix du procureur de la République, le gouvernement de Ouattara a annoncé la libération de 14 personnes proches du président Laurent Gbagbo, parmi lesquelles son fils. Concernant ce dernier, sa mère avait haussé le ton ces dernières semaines en activant toutes les connaissances sur lesquelles elle pouvait compter.

Par principe, un prisonnier politique est privé de liberté selon les considérations propres au parti au pouvoir. Son arrestation échappe à toute preuve relative au manquement des obligations prescrites par la loi. Ainsi, ni Michel Gbagbo ni les ministres du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo - qui n'ont pas eu le temps d'exercer leur fonction - n'avaient enfreint de loi en cours en Côte d'Ivoire. Par contre, celui qui, par exemple, tente d'assassiner un chef d'état ne peut être considéré comme un prisonnier politique. Son délit tombe sous le coup de la loi de la République et devient une affaire judiciaire. Sans être juriste, le commun du peuple comprend cela et le sait.

L'annonce faite le 5 août dernier, confirmée le lendemain par le porte-parole du gouvernement et la sortie effective des détenus du « Guantanamo » ivoirien (le nord du pays), n'est rien d'autre qu'une libération politique se voulant judiciaire avec la mention « provisoire » prononcée par le procureur de la République. Ces hommes sont-ils provisoirement libres en attendant leur jugement ? Sont-ils provisoirement libres en attendant un nouveau coup de sang d'Alassane Ouattara ? Ce sont deux choses tout à fait différentes. En réalité, Alassane Ouattara veut dire aux Ivoiriens qu'à tout moment il peut remettre en prison ses adversaires politiques, parce qu'ils ne sont qu'en liberté provisoire. Le préfet français veut clairement affirmer qu'il a le droit d'infliger la prison ou accorder la liberté à ses adversaires, et qu'il a le pouvoir de faire la pluie et le beau temps dans le cœur de leurs familles et sur l'ensemble des Ivoiriens.

Il serait normal que tous les prisonniers bénéficient d'une libération politique, c'est-à-dire sans la mention judiciaire « provisoire ». On est un prisonnier politique ou on ne l'est pas. Aucun homme politique n'a le droit de prononcer la libération provisoire d'un prisonnier politique à moins d'être un monarque de droit divin ayant droit de vie ou de mort sur ceux qu'il gouverne.

Par conséquent, nous attendons fermement que ces libérations soient prononcées définitives par le régime. D'autre part, nous estimons que la libération des 14 prisonniers sur les 715 détenus politiques ne constitue pas un signe suffisant d'apaisement, après plus de deux ans d'exacerbation du ressentiment des Ivoiriens. Ce que nous attendons clairement, c'est qu'à la place de la justice des vainqueurs soit enfin annoncée une amnistie générale, pour créer les conditions nécessaires à un nouveau départ de la vie politique ordinaire en Côte d'Ivoire.

Nous nous réjouissons de retrouver nos camarades de combat, nos amis, mais nous ne pavoisons pas parce que leur liberté n'est que provisoire. Et quand le porte-parole principal du RDR dit dans son communiqué que cette libération est « un geste fort de réconciliation posé par le chef de l'état », nous lui répondons de façon claire et sans aucune hésitation que le compte n'y est pas pour que commence la réconciliation nationale. Dans le même communiqué, le porte-parole principal du RDR a par ailleurs l'audace de reconnaître que Ouattara a procédé à ces libérations non pas de gaieté de cœur mais sous la contrainte: « Il ne peut en être autrement, dit-il, car c'est le vœu profond de tous, [...] opérateurs économiques, leaders de la société civile, partenaires extérieurs ». Si tel est le cas, si Ouattara a entendu les voix de ses amis extérieurs, qu'il daigne enfin écouter celles des Ivoiriens qu'il prétend vouloir gouverner. Ceux-ci lui crient : « Ouvre les portes de ton Guantanamo ! »

Nous mettons les Ivoiriens en garde contre les propos de Monsieur Konan Banny qui, intentionnellement, énumère les précédentes libérations pour pouvoir insinuer qu'enfin cette « troisième décision participe à la création et à l'instauration d'un climat encore plus propice à la réconciliation ». Qu'il entende bien ! A lui aussi, les Ivoiriens disent que le compte n'y est pas pour une réconciliation vraie, pour un climat favorable à une vie démocratique en Côte d'Ivoire. Nous avons échoué en voulant absolument organiser des élections présidentielles sans remplir les conditions nécessaires. Nous ne voulons pas courir le risque d'une fausse réconciliation en faisant fi de la permanence des problèmes qui nous empêchent de vivre ensemble.

Nous refusons de faire la fête, nous refusons les embrassades avec nos ennemis d'hier autour de ces libérations provisoires, nous refusons d'applaudir la réconciliation générale et la démocratie retrouvée auxquelles ils voudraient nous convier. D'une part parce que nous ne voulons pas étouffer par nos bruyantes manifestations de joie les lamentations des exilés dont les terres sont occupées par les Burkinabés et les Maliens, et d'autre part parce que nous ne voulons pas ignorer les cris de souffrance de ceux qui croupissent loin de nous dans les prisons du régime de Ouattara.


Pour le CRI-Panafricain
Le secrétaire Général

 

Raphaël Adjobi

Les prisonniers politiques de Ouattara libérés le 6 août 2013

 

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Affi Nguessan

 

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Michel Gbagbo

 

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Aboudramane Sangaré

 

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Alcide Djédjé

 

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Justin Koua

 

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Kuyo Téa Narcisse

 

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Lida Kouassi

 

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Martin Sokouri Bohui

 

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Philippe-Henri Dakoury-Tabley

 

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Le Premier Ministre Gilbert Aké Ngbo, antérieurement libéré (Décembre 2012), à l'accueil de ses camarades de lutte.

vendredi, 09 août 2013

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA LIBERTE PROVISOIRE ACCORDEE A DES PRISONNIERS POLITIQUES EN COTE D'IVOIRE

 

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Le lundi 5 Août 2013, la justice ivoirienne a accordé la liberté provisoire à 13 personnalités ivoiriennes proches du président Laurent Gbagbo, portant ainsi à près de 46 le nombre de compatriotes bénéficiant de cette décision depuis le 11 avril 2011, si l’on tient compte des 25 cas de novembre 2011 et des 8 cas du 20 décembre 2012.

Malgré le caractère injuste de ces longues détentions dans des conditions difficiles, pour des personnalités majoritairement sexagénaires, nous nous en réjouissons non seulement pour ceux qui recouvrent leur liberté mais pour leur famille et la nation en raison des  chances de cohésion et de normalisation à elle ainsi offertes.

L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) :

  • prend acte de cette décision de libération conditionnelle présentée comme essentiellement judiciaire, à la demande de la chambre d’accusation;
  • se réjouit de ce que les magistrats en viennent enfin à privilégier la présomption d’innocence qui veut, dans ce cas, que l’emprisonnement soit l’exception ;
  • félicite les camarades qui bénéficient de cette libération pour l’exceptionnel courage dont ils ont fait preuve en gardant les liens constants avec la dignité et leurs convictions dans leur aspiration à une Côte d'Ivoire démocratique, républicaine et débarrassée de toute politique de haine ;
  • remercie les Ivoiriens de tous bords politiques pour leurs efforts en faveur de la décrispation, condition incontournable pour le développement de la Côte d'Ivoire.

Rappelant qu’en plus du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, des centaines d’autres compatriotes croupissent encore en prison pour des fautes que la plupart n’ont jamais commises, la direction et les militants de l’AIRD leur assurent de leur solidarité fraternelle et militante, notamment à l’ex-première dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo, au camarade Charles Blé Goudé, ainsi qu’à tous les membres des ex-FDS qui ont cru, de bonne foi, répondre à l’appel du devoir républicain à travers le respect de la Constitution et aux  nombreux prisonniers politiques anonymes de cette crise sans précédent en Côte d’Ivoire.

À l’aube du 53ème anniversaire de la proclamation de notre indépendance et plus de deux ans après les horribles évènements de la crise dite postélectorale qui a parachevé en réalité une décennie de douleurs et de drames, l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) exprime sa compassion à toutes les victimes de ces turbulences tragiques et à leurs parents.

L’AIRD invite la Communauté internationale à un devoir de «rattrapage moral» envers la Côte d'Ivoire, en raison de sa part de responsabilités dans la situation de ce pays. Elle doit continuer à rester vigilante sur les questions élémentaires, préalables à la normalisation de la vie politique dans tout pays, questions que l’opposition est pourtant obligée de continuer à négocier avec les autorités ivoiriennes, notamment :

- le  retour sécurisé de tous les exilés qui passe par la levée des mandats d’arrêt visant des personnalités politiques pour délit d’opinions ou de convictions, dans le seul but de les faire taire ;

- les questions sécuritaires, pourtant banales et régaliennes, comme  le désarmement des FRCI et l’encasernement des militaires; la démobilisation des Dozos; la réhabilitation des policiers et gendarmes dans leurs missions ; la libération des domiciles et des biens confisqués ainsi que du dédommagement des victimes; la protection des personnes et des biens ; l’arrêt des persécutions, des arrestations arbitraires, des enlèvements et des tueries, et la protection des personnalités de l’opposition ; l’arrêt des expropriations foncières dans les zones forestières;

- l’adoption d’une loi de réconciliation nationale déclinée en trois volets:

a) une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous,

b) la reconstruction,

c) la réparation des préjudices.

- le retour à un jeu démocratique républicain, aux droits des syndicats et partis politiques de se réunir et d’exercer librement toutes leurs activités sur l’ensemble du territoire national avec un accès équitable de tous aux medias d’État;

- le respect, par le Gouvernement ivoirien, des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et de la feuille de route de l’Union Africaine ;

- la définition d’un statut de l’Opposition ainsi qu’une nouvelle loi sur le financement des partis politiques et des candidats à l’élection présidentielle ;

- le respect de l’état de droit et du fonctionnement des institutions en vue de la bonne gouvernance afin de lutter ensemble contre la corruption qui gangrène plus que jamais le pays ;

- le respect des dispositions pertinentes de la Constitution avec un accent particulier sur l’interdiction de contraindre un Ivoirien à l’exil ;

A l’heure où, la justice, traditionnellement rendue au nom du peuple, commence - quoiqu’encore timidement - à assurer sa partition en direction du droit et de la réconciliation, il ne reste au politique qu’à s’engager dans la voie de la normalisation.

Pour que la Côte d'Ivoire se revête des habits de la démocratie au regard du minimum de normes universellement admises. Juste ce minimum.


Fait le 06 Août 2013.

Le comité de Direction (CODIR)

jeudi, 08 août 2013

BEN SOUMAHORO: ALASSANE DRAMANE OUATTARA, POURQUOI PROVOQUEZ-VOUS LES IVOIRIENS?


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En l’an de grâce 1990 Alassane Dramane Ouattara déclare au cours d’une conférence de presse dans les locaux de la BCEAO à Abidjan-Plateau, que s’il avait un parti unique en Côte d’Ivoire il ferait des miracles. Le multipartisme venait d’être réintroduit dans le système de gouvernement de la République  (Avril 1990), après des revendications et des manifestations consécutives aux décisions d’application des mesures économiques et sociales impopulaires imposées par les institutions financières internationales au gouvernement de Félix Houphouët-Boigny et après «  l’échec  » des plans successifs de Moïse Koumoué Koffi et Arsène Assouan Usher . Alassane Dramane Ouattara réclamait le retour au parti unique, quelques mois à peine après son historique abrogation par Félix Houphouët-Boigny lui-même et par le PDCI-RDA. Alassane Dramane Ouattara qui n’était pas encore Premier Ministre  mais seulement président d’un obscur organisme inventé par lui-même pour soit disant redresser l’économie nationale malade, a tourné en ridicule les plans de Moïse Koumoué Koffi et Arsène Assouan Usher  pour mieux atteindre son objectif : celui de devenir chef du gouvernement de la République. Malgré le puissant appui occulte dont il bénéficiait auprès de Félix Houphouët Boigny, Alassane Dramane Ouattara a tenu à garder son poste de gouverneur de la BCEAO à Dakar, parce qu’il n’était pas totalement assuré du succès de son entreprise. Il faut simplement retenir que l’homme voulait un parti unique pour la simple et bonne raison que l’opposition qui avait réussi à déstabiliser le grand Félix Houphouët Boigny, lui faisait déjà peur. Tout son comportement et sa méthode de gouvernement ont démontré par la suite qu’Alassane Dramane Ouattara n’était pas et n’avait aucune chance de devenir un démocrate : arrestation de Laurent Gbagbo en 1992, introduction de la carte de séjour pour les étrangers, imposition du certificat de nationalité pour l’obtention de la carte Nationale d’identité, collecte des taxes et impôts par des agents encadrés par les forces de l’ordre, pressions extraordinaires sur les opérateurs économiques Libanais pour des paiements d’impôts anticipés, menaces permanentes sur les enseignants dont les salaires avaient été réduits de moitié, dissolution de la Fesci sous Soro Guillaume, mise sous le boisseau des partis d’opposition par une loi anticasseurs, confiscation et musèlement de la presse et de l’audiovisuel par une loi liberticide, arrestations extrajudiciaires courantes, délits d’initiés, vol et détournement du budget à grande échelle, ect…Tout cela se passait entre 1989 et 1993. Déjà !

En ce qui concerne la gouvernance actuelle de Alassane Dramane Ouattara, il est temps de mettre les barres aux « t » et les points sur les « i » devant l’inflation galopante des fautes, crimes et mensonges d’un homme qui a introduit la violence, la fraude électorale, la haine de l’autre, le vol institutionnel, le mépris de la vie humaine, une croyance narcissique hypertrophique  en sa seule et unique personne,  qui le rend dangereux. Si vous ne connaissez pas Ouattara, lisez la petite histoire qui va suivre et vous aurez tout compris : « Un homme se mire dans une glace. Mon Dieu ! S’écrit-il. S’il existe un homme plus beau que moi, je voudrais qu’on me le présente ». Pour Ouattara, tous les Ivoiriens sans exception sont nuls. A partir de quoi, il s’est octroyé le droit de nommer n’importe qui n’importe où pour faire n’importe quoi. Tout cela n’a aucune importance pour lui puisque tout le monde est nul. Et il croît tout seul pourvoir faire au vice l’hommage de la vertu. Imaginez une salle de classe où le professeur pose a ses élèves une question piège : « Savez-vous la différence entre Dieu et Alassane Ouattara ? » Réponse, non. Solution : « Dieu lui, ne se prend pas pour Alassane Dramane Ouattara. » Laissons là ces aspects du caractère de ce personnage singulier, pour la simple et bonne raison que les médecins conseillent de ne pas interpréter une posture qui entre dans la pathologie psychiatrique. Cet homme là a introduit aussi dans notre pays une pratique qui elle, fera durablement beaucoup de mal à nôtre démocratie naissante et à la paix. « Si je perds les élections c’est qu’on aura organisé des fraudes massives ». Cela s’appelle une prédiction créatrice. Aujourd’hui, Alassane Dramane Ouattara a profité du fait avéré que l’opposition tout entière ressemble désormais à un théâtre d’ombres pour asséner ses vérités et tirer à son seul profit les bénéfices de ses théories fumeuses et dangereuses. Il ne faut pas s’y tromper. Pour moi le PDCI-RDA fait aussi partie de l’opposition. Mais il semble être le seul à ne pas le savoir.  Tous les observateurs sérieux ont fini par se rendre compte que Alassane Dramane Ouattara n’avait aucun plan pour gouverner la Côte d’Ivoire. Quand il arrive dans ce pays en 1989, il trouve en place un Félix Houphouët-Boigny déjà diminué, un gouvernement affaibli par la crise systémique mondiale mais il s’aperçoit aussi que pour ne pas être débordé, le Président Félix Houphouët-Boigny a institué une organisation du gouvernement qui avait donné tous les pouvoirs à quatre personnalités dont les activités tournaient autour de la DCGTX.

Antoine Césaréo régnait alors en Grand Maitre de l’ordre de ce « gouvernement de l’ombre », auquel Félix Houphouët-Boigny avait donné tous les pouvoirs d’une primature véritable.  Il ne manquait plus qu’un décret pour donner une réalité politique à cet organe technique informel. Pour sauver les apparences du régime Présidentialiste, le Président Félix Houphouët-Boigny n’a jamais signé ce décret. Cette « équipe de surdoués » comptait donc : Antoine Césaréo DCGTX, Alain Belkiri Secrétaire Général du gouvernement, Guy Nairay Directeur du cabinet du Président de la République  et Norbert Kouakou DG de la CAISTAB. Un point, un trait. Le vrai gouvernement de la République  réduit à la portion congrue, ressemblait à un ectoplasme et aucun Ministre  n’osait porter la contradiction à Antoine Césaréo, qui avait fini par devenir le vrai patron du pays. Il était trop exemplaire et trop puissant pour durer. Son règne prendra fin très vite, dès que Dominique Nouvian Folloroux aura pris pieds au palais Présidentiel auprès de Félix Houphouët-Boigny. Mais ceci est une autre histoire... Quand Alassane Dramane usurpe le pouvoir en avril 2011 dans les conditions qui n’ont échappé à personne, il n’a en tête qu’une seule formule de gouvernement : le modèle Antoine Césaréo. Alassane Dramane Ouattara ne nourrit alors qu’un seul projet ; faire revenir Antoine Césaréo pour reproduire le même schéma Houphouëtien de l’époque glorieuse. Mais il y a un os. Dominique Folloroux qui voyait en Césaréo un obstacle à ses projets politiques, était à la base de la rupture du contrat personnel non écrit qui liait Félix Houphouët-Boigny à l’ingénieur-général Français. Cet homme exceptionnel qui avait fini par aimer profondément Félix Houphouët-Boigny, quitte la Côte d’Ivoire les larmes aux yeux mais il avait au moins compris d’où venait le coup de boutoir de son « expulsion ». Comme Alassane Dramane Ouattara n’avait aucun autre plan pour exercer le pouvoir dans un pays qu’il ne connait pas, la réhabilitation d’Antoine Césaréo est devenue incontournable à ses yeux. Et il a dû l’imposer à son entourage et même à son épouse. A moins que ce ne soit l’inverse. Mais c’est bonnet blanc – blanc bonnet. Ou alors Amadou Gon Coulibaly et Serrey Eiffel anciens adjoints de Césaréo à la DCGTX ont pu être les fers de lance du retour de leur ancien Mentor. Toujours est-il que l’équipe se reconstitue. Pas forcément avec les mêmes. Alain Belkiri n’a pas accepté l’offre, Guy Nairay et Norbert Kouakou sont morts mais Nicolas Sarkozy de Nagy Bosca qui a installé de force Alassane Dramane Ouattara au pouvoir, trouve des solutions rapides : ainsi le « Shadow Cabinet » de Ouattara se compose comme suit :

- Antoine Césaréo : Ministre  des Travaux Publics, Ministre  des affaires étrangères et du commerce international de la Côte d’Ivoire.

- Phillipe Serey Eiffel : Ministre  des finances de la Côte d’Ivoire.

- Général Claude Réglat : Ministre  de la défense de la Côte d’Ivoire.

- Général Marc Paitier : Ministre  de l’intérieur de la Côte d’Ivoire.

- Christian Delmotte : Ministre  de la santé de la Côte d’Ivoire.

- Anne Meaux : Ministre  de la communication  de la Côte d’Ivoire.

- Cédric Lombardo : Ministre  de l’environnement de la Côte d’Ivoire que Dominique Folloroux a ramassé au palais pour récompenser sa mère Liliana Lombardo  d’avoir trahi Simone Gbagbo son amie inséparable.

- Jean Louis Blanc : Ministre  chargé du parc automobile du palais présidentiel.

- Fréderic Bedin : Ministre  chargé des grands événements de la Côte d’Ivoire.

- Olivier Payet : Ministre  des cuisines du palais présidentiel – ancien chef cuisinier de l’hôtel Tiama et beau-cousin de Dominique Folloroux.

- Dominique Nouvian Folloroux Ouattara : Super-Ministre  et chef auto proclamé du gouvernement de l’ombre.

Apres quoi vous aurez compris pourquoi Alassane Dramane Ouattara se fout totalement d’avoir un gouvernement compétent, efficace et national. Quelques « bougnoules » lui suffisent pour faire illusion sur le plan international alors que le vrai pouvoir est ailleurs. Une Mercedes Benz, une 4 X 4, une Résidence de fonction, une secrétaire parfois très particulière, quelques maitresses, des conférences à l’Etranger sans compte-rendus, les gros plans de la RTI pour frimer au quartier, quelques costumes de chez Francesco Smalto suffisent au bonheur de ces nègres fascinés par les apparences. La Cote d’Ivoire ? On s’en fout ! Les raisons profondes des choix qui peuvent surprendre et même choquer  viennent de ces dispositions que l’on vous cache. J’ai décidé de vous faire découvrir quelque uns de ces Ministres-tocards, en essayant de ne pas trop blesser leur vanité. Evidemment la liste n’est pas exhaustive et le choix a été tiré à la courte paille.

ADAMA TOUNGARA :

De tous ces Ministres  corrompus et incompétents, le pire n’est pas Adama Toungara qui est placé aujourd’hui sous les feux de la rampe pour avoir perdu le tiers de son ministère et la totalité de son honneur. Parce qu’en fait, comment supporter la présence de ses collègues qui le regarderont désormais avec des yeux de merlans frits tous les mercredi Matin, sans écoper d’une poussée d’hypertension artérielle ? Pourtant  Adama Toungara est le seul à qui une telle mésaventure n’aurait jamais dû arriver aujourd’hui. Directeur Général de PETROCI dans les années 1970 et éminence grise du même Ministère des mines, il avait réussi à se faire « virer » par Félix Houphouët-Boigny qui pourtant lui portait une réelle affection. L’homme a été brutalement remplacé alors par Daouda Thiam Ministre  des mines du Général Robert Guéi après le coup d’Etat de 1999 et actuel conseiller spécial de Alassane Dramane Ouattara pour les mines. Chaque Ivoirien sait maintenant que c’est Adama Toungara qui a conduit à la découverte du pétrole au large de Grand-Bassam ce qui a emmené Félix Houphouët-Boigny à boire le premier verre de champagne de sa vie. L’histoire ne dit pas si le champagne était du « Trouillard ». Personne ne peut m’expliquer comment Adama Toungara peut encore avoir commis les mêmes fautes au même endroit. Les détracteurs de l’ingénieur du pétrole diplômé de l’université de Californie disent de lui qu’il est atteint d’une propension congénitale et maladive au gaspillage, à la luxure et à la concussion.  Ses amis eux, sont profondément choqués et déçus. 

ALAIN LOBOGNON :

Un homme sorti de nulle part et qui aspirait déjà en 1995, à devenir le Président des Jeunes Républicains (RJR) alors que pour la fonction il avait été frappé par la date de péremption, parce qu’il avait au moins 40 ans. Aucun jeune de l’époque n’avait envie de se voir représenté par cet extraterrestre qui semblait avoir été lobotomisé à la suite de troubles invisibles à l’œil nu. Alain Lobognon le bien nommé sortait sans doute du laboratoire du Docteur Frankenstein (version Boris Karloff) et son allure faisait peur aux jeunes républicains qui étaient habitués à d’autres standards de représentations physiques. Pour ne pas vous torturer davantage, il faut dire tout simplement que « la tête » du candidat Lobognon ne leur convenait pas. Et Alain Lobognon qui venait de Port-Bouet comme « Godzilla » venait de la mer, fut brutalement jeté par l’électorat jeune du parti dans un fracas épouvantable. Alain Lobognon que personne ne voulait connaître ni avant ni après l’élection, est arrivé quatrième et dernier après Touré Vazoumana troisième, Amadou Coulibaly deuxième et Odjé Tiakoré qui a eu la faveur des votants au congrès de Daloa en 1996. Dès lors, la trappe s’est ouverte sous les pieds d’Alain Lobognon  qui n’est plus entré dans aucun calcul du RDR. Alors que l’on croyait que la nuit s’était étendue sur ces projets,  la créature du Docteur Frankenstein refait surface au milieu de la rébellion de 2002 où il fait merveille parce qu’il a le physique de l’emploi. Il s’accroche désespérément à Soro Guillaume et sa fidélité au « maître des ténèbres » de Bouaké  lui vaudra d’être nommé Ministre  dans un cafouillage indescriptible peu après Linas-Marcoussis. Par la suite tout le monde aura compris qu’il a été maintenu au gouvernement au double motif qu’il appartenait au clan des « Soro Boys » et qu’il était Krou, argument en béton pour servir de faire-valoir à la secte tribale nordiste du RDR. Vous avez sans doute remarqué que personne n’a parlé de diplôme, de qualification ou même de compétence. Ce n’est pas nécessaire parce que le monde de Ouattara a donné un autre sens et un autre contenu au mot «  technocrate ». Il suffit d’arriver dernier à une élection, avoir du sang sur les mains, n’avoir rien dans la tête pour être coopté par ceux qui vous ressemblent, « And So On ». Ce ne sont pas les exemples qui manquent, même au sommet du RDR et du gouvernement lui-même.

Alassane Dramane Ouattara ne sait pas que la Côte d’Ivoire existait avant lui et qu’elle continuera bientôt de vivre après lui et sans lui. Que ses amis lui demandent de faire un peu attention, parce que les Ivoiriens ne sont pas des « bougnoules ». Ils ne disent rien pour l’instant. Mais pour combien de temps encore ?

BRUNO NABAGNÉ KONÉ :

Les preuves de l’incompétence de Koné Bruno s’étalent sur tous les murs de Côte d’Ivoire Telecom et Orange, au point que les Français ont étés obligés de le ramener discrètement en France en attendant des jours meilleurs pour son Mentor Alassane Dramane Ouattara. Je pensais que la promotion-canapé était exclusivement réservée aux femmes. C’était mal connaitre les pratiques du clan Ouattara. Il existe là-bas ce qu’on appelle « la collaboration horizontale », délit répandu à tel point qu’il n’est pas rare de constater qu’un Ministre  légalement marié se croît en droit de faire montre de sa virilité procréatrice à l’endroit d’une conseillère spéciale du Chef de l’État au demeurant nièce directe du même chef de l’État. Ce n’est pas grave puisque Monsieur le Ministre  Bruno Koné, Mademoiselle la conseillère spéciale Touré Masséré et la croisière de Magellan s’amusent. Des bébés peuvent naître dans cette administration joyeuse pendant que « les blancs travaillent ».

KANDIA KAMISSOKO CAMARA :

La preuve évidente du mépris d’Alassane Dramane Ouattara pour l’État, la République  et le Peuple Ivoiriens se matérialise dans la nomination de Kandia Kamissoko Camara en qualité de Ministre  de l’Education Nationale et de l’Enseignement Technique. Rien au monde ne peut objectivement justifier un tel choix sinon la triple volonté d’Alassane Dramane Ouattara de punir les Ivoiriens pour l’avoir rejeté dès le départ de son aventure ubuesque de conquête du pouvoir d’État en Côte d’Ivoire, de ne l’avoir pas aimé, et de l’avoir renvoyé à ses origines qu’il avait honteusement reniées. Kandia Camara elle est Ivoirienne, marié à un Guinéen descendant d’une grande famille ayant servi loyalement la République  de Côte d’Ivoire. Kandia Camara est même inscrite en bonne place au palmarès national du sport. Au plan politique son seul fait de guerre a consisté à créer une petite ONG sans militant et sans membre du nom de CORACEF à l’intérieur du PDCI-RDA dans les années 90. CORACEF était un organe fantôme inopérant dans la mesure où le PDCI ne reconnait jamais les courants. Sentant assez rapidement que le PDCI allait le jeter, elle s’est précipitée fort opportunément dans les bras du RDR qui venait de naître en 1994. Voici pour la « brillante carrière politique » de la non moins brillante handballeuse. En dehors de cela, elle s’était plutôt illustrée par des actes passablement impudiques au bahut de Bouaké sur ces congénères internes qui l’avaient surnommée « Wara ». Kandia Camara qui possède un culot incommensurable que j’ose qualifier de professionnel  avec votre permission, a prétendue qu’elle avait fait des études pour enseigner l’Anglais alors qu’elle n’a jamais parlé un traître mot de la langue de Kate Middleton. Elle s’est solidement accrochée à la famille Ouattara pour se frayer un chemin dans la secte tribale du RDR dont elle est devenue assez rapidement un membre influent. Son manque total de « classe » et son agressivité sur les plateaux de télévisions ont fait la joie du Mentor du RDR qui s’est cru obligé de récompenser Kandia Camara en nommant de ce fait la femme la plus mal éduquée de la République  au Ministère du même nom. L’affaire est tellement grave qu’elle a laissé les enseignants d’abord, la communauté internationale ensuite sans voix. Les Ivoiriens qui la connaissent bien se sont écriés « Mon Dieu qu’est ce qui nous arrive ! ». Pour insulter l’intelligence des Ivoiriens Ouattara n’aurait pas pu trouver pire. Seul point positif de la nomination de Kandia Camara au gouvernement de la République, le développement exponentiel du commerce des mèches à tissages Brésiliennes et Nigérianes et des produits cosmétiques éclaircissants du Ghana. Le pouvoir d’achat de « Wara » a changé ! Ma sœur, Ministre  là c’est doux deh !

HAMED BAKAYOKO :

Très peu de choses pour camper le personnage. Il n’était rien avant, il n’est rien après, sauf qu’on signale assez régulièrement à l’attention des Ivoiriens qu’il a fait de sommaires et fugaces études de Médecine en Haute Volta, qu’il est un danseur émérite de « Ndombolo » et de « Bachégué », qu’il est un loubard professionnel, et un tenancier de bars en Côte d’Ivoire et en France Rue de la Croix-Nivert à Paris, savamment introduit par ce fait dans les milieux de la pègre ; en somme notre petit Al Capone quoi ! Je vous ordonne donc d’être fiers de nôtre Grand Ministre  de l’Intérieur. Mais il y a quand même une tâche au milieu de ce beau tableau. Hamed Anliou Bakayoko est quand même celui qui a conduit « le commando » qui a mis fin à la vie de l’Etudiant Thierry Zébié. Pourquoi cette accusation qui lui met du sang sur les mains revient-elle de manière si récurrente sans qu’il ne se trouve personne pour la démentir ou pour l’expliquer ! ? C’est tout cela qui fait de Hamed Bakayoko « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». Voilà comment ça se passe maintenant qu’il est le premier flic et le premier loubard de la République .

Pour le Ministre  de l’Intérieur et de la sécurité de Alassane Dramane Ouattara :

- Quand un homme parle seul c’est qu’il est habité par une grande angoisse. Il faut qu’il en trouve les raisons. N’oubliez pas qu’il y a des caméras de surveillance partout y compris dans votre salle de bain, quand vous en possédez une.  

- Quand deux personnes se parlent cela s’appelle un échange. Ca peut poser problème, on se sait jamais, c’est inquiétant. 

- Si trois personnes se rencontrent pour bavarder, normalement cela s’appelle une conversation. Mais cela peut être convivial ou dangereux. La prudence est recommandée aux services.

- Quand quatre personnes se rencontrent pour ce concerter c’est forcément un complot. Le CCDO est aussitôt alerté. Mais la conspiration est forcément Gbagboïste.

- Cinq personnes réunies dans une unité de lieu et de temps, Mon Dieu c’est un coup d’État de préférence ourdi par les pro-Gbagbo.

- Quand les intrigants sont au nombre de six et plus c’est automatiquement une révolution des « anciens mercenaires libériens » pro-Gbagbo. Toutes affaires cessantes il faut supplier « Licorne et ONUCI » d’intervenir.

A cela il faut ajouter l’adoubement de ses « frères de lumière » les Francs-mâcons, la promotion des homosexuels, la protection de la fratrie Ouattara, le contrôle et la gestion par le Super-Ministre  des enlèvements quotidiens d’opposants pro-Gbagbo, des exécutions extrajudiciaires, des disparitions de paisibles citoyens, et des coups tordus ordonnés par Alassane Dramane Ouattara lui-même. Ainsi va la sécurité « façon HamBak-Magellan » dans notre beau pays.

GAOUSSOU TOURÉ MULTIPRODUITS :

Il est assez surprenant qu’un Banquier même autoproclamé et funambule de la finance comme Alassane Dramane Ouattara ne se soit pas aperçu avant de le nommer au gouvernement, qu’un de ses Ministres  en l’occurrence Gaoussou Touré a été failli deux fois et renvoyé de la SGBCI où il avait participé à des malversations importantes qui auraient dû le conduire à la MACA pour au moins 20 ans. Ces faillites frauduleuses étaient liées à la mauvaise gestion de ses affaires personnelles qui l’ont emmenée à spolier les pauvres paysans du Nafana de plusieurs Milliards de F.CFA dûs au titre de plusieurs récoltes impayées d’anacardes (Noix de Cajou). De plus, le désormais Ministre  des transports a détourné tous les fonds de la COOPEC d’Odienné montée avec l’argent des cadres, sans jamais rendre des comptes aux actionnaires. Comment un banquier central devenu Président de la République  d’après lui peut-il ignorer ces faits punis par la loi et qui classent son futur Ministre  au rang des pires malfrats du pays ? Sous le régime de Laurent Gbagbo, le truand Gaoussou Touré multiproduits qui aspirait à devenir Président du Conseil Général du Denguélé, a vu sa candidature annulée par une décision de justice. Les Odiennéka ont ainsi été sauvés de ses projets funestes. Comment Alassane Dramane Ouattara a pu ne pas s’apercevoir qu’il avait affaire à un escroc patenté ? Bien sûr qu’il savait ! Mais Alassane Dramane Ouattara se fiche totalement des lois Ivoiriennes établies avant lui et il avait de surcroît une dette à payer à son  grand et généreux protecteur Lamine Diabaté qui est en fait l’oncle de « Massogbai », l’épouse de Gaoussou Touré. D’autre part, contre toute attente la répartition nouvelle des attributions au gouvernement a transféré à Monsieur Gaoussou Touré des décisions qui revenaient de droit au Ministère des infrastructures économiques. Les magouilles ne se sont pas faites attendre : attribution du deuxième terminal à conteneurs du Port autonome d’Abidjan, réaction bien comprise de Jean Louis Billon, cour de Justice de l’Uemoa, Martin Bouygues, Vincent Bolloré et consorts, charivari au gouvernement, corruption galopante au bord de la lagune Ébrié , silence pesant de Alassane Dramane Ouattara, qui savait pertinemment, qu’on en arriverait là avec son Ministre  Gaoussou Touré. Alassane Dramane Ouattara doit apprendre à respecter les Ivoiriens.   

RAYMONDE GOUDOU COFFIE :

Madame Raymonde Goudou Coffie dont personne n’a jamais remarqué le militantisme au RDR, s’est brusquement retrouvée « scotchée » dans une suite-junior de la République  du Golf, où elle s’est distinguée par son agitation particulière et ses propos agressifs à l’encontre des proches de Laurent Gbagbo et du Président en exercice qu’il était au moment de son arrestation en 2011. Voici ce qu’elle déclarait alors, exactement au moment où Laurent Gbagbo était emmené dans sa première prison à l’Hôtel du Golf avec son épouse Simone. Madame Raymonde Goudou Coffie était hystérique. Aux dires des témoins oculaires, elle bavait de rage : « Je savais que Wattao allait nous trahir. Il a laissé cet imbécile vivant au lieu de le bousiller »  dixit Raymonde Goudou. Laurent Gbagbo n’a pas été tué, n’en déplaise à Madame Goudou Coffie. Mais on aura remarqué sa macabre détermination. Pourtant personne ne connaissait cette pharmacienne Alassaniste zélée, dans les cercles du pouvoir Gbagbo.  Par conséquent personne, à fortiori  Laurent Gbagbo, n’a pu lui faire du mal. Il faut savoir que chez les Ouattara il faut toujours montrer « patte blanche » pour comprendre le comportement et les propos de cette dame au demeurant charmante. Pour mieux comprendre encore le cas Raymonde Goudou, il faut savoir que comme son patron Alassane Dramane Ouattara, elle a quelque chose à cacher dans son rapport à la Nation Ivoirienne. Raymonde Goudou épouse Coffie est Française de naissance, d’un père Antillais Goudou Charles. Cet homme, le père biologique de Raymonde était très connu en Côte d’Ivoire où il a résidé pendant de nombreuses années… Pourquoi n’en parle-t-elle jamais ni en public ni en privé ? Voici au moins une preuve qu’elle n’est pas apatride comme son patron Alassane Dramane Ouattara. Alors, qu’est ce qui la fait courir la Raymonde Goudou, au point d’en vouloir à un tel degré à Laurent Gbagbo qui ne la connait même pas ? 

ANNE DÉSIRÉE OULOTTO :

La mythomanie, la cleptomanie, la capacité de dissimulation, l’opportunisme bruyant, sont les qualités indispensables pour faire partie du cercle concentrique le plus proche de ce « Président » qui est passé maître dans l’art de mentir avec l’autorité de l’Etat. A ce jeu là, Anne Désirée Oulotto s’est supérieurement surpassée au point de devenir la « bonne à tout faire » de madame Dominique Ouattara. C’est en partie ce qui explique son transfert au Ministère de la famille (Quelle famille ?), de la femme et des « Children of Riviera Golf ». En dehors de sa lourdeur intellectuelle et de sa faiblesse morale, sans compter l’incompétence qui hélas ne lui est pas exclusive dans le panier à crabes du « Dramanistan », il faut reconnaître son mérite d’avoir su s’émanciper du dictat de la mensuration… Peut  être est-ce bon de s’arrêter là aujourd’hui par charité Chrétienne, pour les raisons que vous ne savez pas.

NATIONALITÉ ET RÉFORME FONCIERE. 

Après nous avoir imposé un gouvernement nul, inutile, incompétent et inefficace auquel il convient de substituer le cabinet Français de l’ombre qui gouverne réellement la Cote d’Ivoire, voilà qu’Alassane Dramane Ouattara veut nous imposer une réforme foncière au bénéfice de ses frères Mossi à travers un réexamen de la loi sur la nationalité. Alassane Dramane Ouattara est logique avec lui-même. Quand il parle d’apatridie il a raison, mais ce qu’il veut cacher, c’est qu’il est le seul apatride de ce pays. Il n’est pas Ivoirien et il a en même temps renié son pays la Haute Volta, ses parents et son honneur. Il n’y a pas de meilleure définition de l’apatride. Souvenez-vous. Alassane Dramane Ouattara est le premier et le seul intervenant au forum de la réconciliation de 2001 à avoir utilisé le terme apatride pour expliquer son propre statut. Vouloir maintenant étendre son usage à un demi-million de Mossi nés sur notre sol est une forfaiture, une imposture et une méconnaissance du problème  de ces Mossi qui n’en demandent pas tant. Si vous rencontrez Alassane Dramane Ouattara, dites lui d’arrêter son numéro de « Djinamory». S’il continue sa prestidigitation politique insensée, les Ivoiriens vont perdre leur sens de l’humour et ça risque d’aller mal pour lui. A force de vouloir pousser toujours plus loin la provocation, il va finir par connaître et subir la vraie nature du peuple Ivoirien.

Parmi les enfants de ce pays, il y a des personnalités qui parlent peu. Quand elles réagissent à un problème ou à une situation, il faut nécessairement en prendre la mesure et raison garder. Mais chacun de nous sait que Alassane Dramane Ouattara et la raison ne font pas bon ménage. Et comme il ne connait personne dans ce pays, je me fais un devoir de lui présenter Gaston Ouassenan Koné et le prie de m’en être reconnaissant.

Général de gendarmerie à 32 ans, Ministre , plusieurs fois Ministre  de la sécurité, d’une efficacité redoutable, qui a inspiré des chansons restées célèbres dans les répertoires de supers-stars de notre show business, ambassadeur en Argentine, député depuis plus de 20 ans, Maire de Katiola ayant tenu la dragée haute au vieux et valeureux Général Ouattara Thomas Daquin dans la région du Hambol, Président du groupe parlementaire PDCI-RDA, un Président toujours posé et conciliateur, sous le nez et à la barbe duquel le RDR vient d’agiter le petit Jean Louis Billon de manière grossièrement opportuniste, en lui attribuant le poste de Président du conseil régional de Katiola. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que du haut de son piédestal usurpé de Président de la République, Alassane Dramane Ouattara essaie d’imposer à la représentation Nationale et au PDCI-RDA des notions jamais usitées dans notre pays : apatridie et autres termes barbares tournants autour de la Nationalité, sans compter le gravissime problème de la Réforme Foncière d’un pays qu’il ne connaît pas et qu’il veut régler avec des arrières-pensées micro-colonialistes et macro-tribales. Il n’est alors pas étonnant qu’un homme de bon sens comme Gaston Ouassenan Koné retrouve les accents martiaux de sa jeunesse pour lui dire « Halte là, ceci est la ligne rouge » dans des termes qui ne prêtent à aucune équivoque. Mais comme je sais que Alassane Dramane Ouattara ne comprend pas bien le Français je me ferai l’indicible plaisir de lui présenter Billy Billy pour qu’il lui fasse une explication du texte que voici : « La Nationalité est un élément fondamental  de la souveraineté Nationale, c’est pourquoi son encadrement juridique ne saurait être aussi facilement rendu caduc par l’effet automatique des traités et autres accords même dument ratifiés. En notre sens, en insérant cette disposition, nos devanciers ont sans nul doute voulu nous inviter à faire preuve d’une vigilance particulière avant d’autoriser la ratification d’instruments légaux internationaux relatifs à la nationalité » dixit Ouassenan Koné.

La Cote d’ivoire n’est pas née aujourd’hui. Même s’il n’a que dédain pour ses prédécesseurs, pourquoi Alassane Dramane Ouattara cherche-t-il à imposer une loi inique à marche forcée là où les problèmes ont été réglés par les faits, par la raison et par l’histoire. Attention Ouattara, les Ivoiriens ne sont pas loin de perdre leur sens de l’humour et de la dérision. A bon entendeur…

 

MAMADOU BEN SOUMAHORO

Ancien Député Indépendant à l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire. 

2 Aout 2013

LES VICTIMES DE DUEKOUE RECLAMENT LA LIBERATION TOTALE DE TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES ET JUSTICE CONTRE LES TUEURS DES IVOIRIENS

 

 

côte d'ivoire,les victimes de duékoué réclament la libération totale de tous l,et justice contre les tueurs des ivoiriens,pour le collectif des victimes de duékoué,(carrefour & nahibly),emmanuel caleb le 060813

 

Les victimes de Duékoué, contrairement au vœu impie de monsieur Joël N’GUESSAN et de son gourou (vouloir imposer aux victimes de demander pardon à leurs bourreaux), ne s’abaisseront jamais pour célébrer la forfaiture qui a braqué, au sens propre, la Côte d’Ivoire en assassinant un grand nombre de ses fils. C’est pourquoi, en apprenant que quatorze personnalités viennent d’être libérées de prison par le régime en place, notre joie est minime car contrôlée et domptée dans la mesure où le «jamais vu» qu’il nous est donné de vivre avec  ces ennemis de la démocratie va finir par nous exaspérer. Qui veut savoir, a dit un savant, doit se poser et/ou poser des questions (les bonnes surtout) ; alors questions  et suggestions :   

-1° : à quoi sert-il de priver de liberté, de maltraiter en les humiliant des personnes qui n’ont pour seul tort que leur patriotisme ? Comment peut-on se permettre d’emprisonner par pure haine des citoyens  comme l’on veut et les libérer sans jugement ?

-2° : si tant est que le tort sus- cité est le seul et unique reproche que les ennemis de la Côte d’Ivoire font, dans le fond ou en réalité, à tous ces patriotes (illustres et inconnus) en prison, à quoi cela sert-il de libérer au compte- goutte des citoyens dont certains ont dignement servi la Côte d’Ivoire, ce beau pays tant envié, au plus haut niveau ? Avisez-vous désormais de ne plus être les exécutants de la haine impérialiste de la France qui s’est trouvée démasquée par le sens aigu du discernement de ceux contre qui vous vous acharnez !

-3° : n’est- ce pas vrai qu’une action commencée et non achevée, est et reste une action non accomplie, puisque demi-action en quelque sorte ou disons, un semblant d’action ? Dans le même ordre d’idée, nous, victimes de Duékoué, nous appelons toutes ces gesticulations du régime en place des demi-libérations car la libération ne sera totale que quand le dernier des citoyens ivoiriens, emprisonné pour délit de patriotisme ou d’ethnie sortira de leurs camps de concentration et quand tous nos compatriotes exilés rentreront au pays pour récupérer leurs biens mobiliers et immobiliers, leurs terres et leurs comptes bancaires. Sans oublier de libérer le pays que vous tenez en otage depuis pas moins de dix ans et qui se trouve livré par vos soins aux étrangers et toute cette racaille ambiante qui sévit au sein d’une armée dont les effectifs constamment variables dans les braquages et les crimes impunis. En outre, votre action et votre amour du prochain ne seront appréciés que le jour où la mère de tous les patriotes ivoiriens, Simone EHIVET-GBAGBO et son époux, Laurent GBAGBO, le père de la Nouvelle Côte d’Ivoire, ainsi Charles BLE GOUDE, le « golden boy » de la galaxie patriotique, seront sortis de vos geôles d’humiliation.

-4° : à quoi sert-il alors de ne point pouvoir terminer ce que l’on a commencé, comme le dit une chanson zouglou ? Devant un peuple debout pour sa libération et le respect de sa souveraineté, des imposteurs ont cru, en s’adossant à la barbarie primaire, nous faire plier en massacrant et en emprisonnant  des ivoiriens en toute impunité. Ils devraient enfin pouvoir être gagnés par la conviction qu’aucun pouvoir, aussi cruel soit-il, n’est point éternel.

Cela étant dit, les patriotes ivoiriens iront de victoire en victoire, c’est notre conviction à nous et il ne pourra  en être autrement. Aujourd’hui, ce sont des personnalités injustement emprisonnées qui sont libérées puis d’autres suivront, c’est certain : alors quand la justice, si elle existe vraiment en Côte d’Ivoire, va penser à s’occuper des auteurs des génocides de NAHIBLY, de CARREFOUR à DUEKOUE et dans l’ouest ivoirien, de même que toutes les exterminations ethniques qui ont eu lieu à ANONKOUA-KOUTE, à ABOBO, à ABOBO-DOUMIN et dans tout YOPOUGON ?

Au-delà des autorités ivoiriennes visiblement dépassées et faisant déjà partie du passé dans notre entendement orphelin de victimes, c’est aussi à madame Fatou BENSOUDA, à la Cour Pénale Internationale et à l’Organisation des Nations Unies que nous faisons aussi la présente adresse, tout en leur disant merci, vraiment grand merci de nous avoir ouvert les yeux sur ce qu’il est désormais convenu d’appeler la méchanceté humaine. Sans perdre de notre sérénité, nous capitalisons toutes ces inhumanités que des personnes et des institutions dites civilisées nous font subir.

N.B. : 

-1/ Voir en vidéo le site broussailleux du camp des réfugiés de NAHIBLY, un an après.                                 

-2/ Les squelettes d’humains découverts il y a plus de deux mois, non loin du camp des soldats marocains de l’O.N.U.et du barrage de contrôle des f.r.c.i., juste à l’arrière d’un campement d’allogènes, près de l’usine COOPASAG, route de DALOA en sortant de DUEKOUE, gisent toujours là et n’ont pas été enlevés.


Pour le collectif des victimes de DUEKOUE (CARREFOUR & NAHIBLY)

Emmanuel CALEB, le 06/08/13.

mercredi, 07 août 2013

PROJETS DE LOI SUR L’APATRIDIE: QU’EST-CE QUI FAIT COURIR OUATTARA?

ALASSANE OUATTARA. DRAPEAU IVOIRIEN.jpg

 
Le Vendredi 19 Juillet 2013, les parlementaires ivoiriens se sont réunis en séance plénière à l’effet d’examiner différents projets de loi. L’ordre du jour tel que communiqué par la Cellule d’Information et de Communication de l’Assemblée Nationale, mentionnait au point II « l’examen, selon la procédure de discussion immédiate », de deux projets de loi de ratification. Ce sont les projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier la convention du 28 Septembre 1954 relative au statut des apatrides et la convention du 30 Août 1961 relative à la réduction des cas d’apatridie. Contrairement aux autres projets de loi de ratification (examinés en plénière), ces deux derniers ont bénéficié d’un traitement spécial. En effet, ils ont été mis en discussion immédiate. Le choix de cette procédure spéciale a-t-il été guidé par l’obligation attachée à l’acte de ratification? En tout Etat de cause, le dividende que tire Ouattara de la ratification envisagée, explique sa précipitation.

La mise en discussion immédiate

La mise en discussion immédiate d’un projet ou d’une proposition de loi a ceci de particulier qu’elle ne permet pas de débattre suffisamment des problèmes que posent le texte loi. Le groupe parlementaire PDCI-RDA, dans sa déclaration (publiée sur les réseaux sociaux et dans la presse), a insisté sur le fait qu’il s’agit d’une « procédure d'urgence, procédure sommaire, la discussion immédiate n'offre pas l'occasion aux députés d'examiner avec toute la sérénité requise les projets de loi ». Cela est d’autant plus vrai que l’examen « sommaire » de ces textes figurait au point II de l’ordre du jour. Or, le point I mentionnait 7 projets de loi à examiner. L’examen ne se limitait pas seulement aux dispositifs légaux. Il concernait aussi bien les rapports des commissions que les amendements ou autres observations des députés. L’une des conséquences d’une telle activité intellectuelle intense est l’épuisement des députés. Du coup l’examen du point II, devient un exercice harassant et tiré par les cheveux. Certains pourraient nous reprocher de faire fausse route. Mais si la volonté de Ouattara était de permettre une discussion enrichie, ses hommes auraient pu inscrire au 1er point, les projets de loi de ratification. Il nous semble évident que le régime Ouattara ne voulait pas d’un débat assez poussé sur le sujet pour l’évidente raison que cela pouvait mettre à mal, ses intentions de « distribuer » à titre gracieux, la nationalité ivoirienne.

Par ailleurs, nous nous interrogeons sur l’opportunité d’une mise en discussion immédiate des textes concernés. Pourquoi, la Commission des Affaires Extérieures n’a-t-elle pas été saisie au fond ? Pourquoi le régime Ouattara a-t-il soustrait de l’examen de la commission ces textes alors que d’autres lui ont été imputés ? Nous constatons que quatre projets de loi de ratification, tous examinés en commission par les députés, figuraient à l’ordre du jour de la séance plénière. Ces projets de loi dont les contenus étaient moins sujets à caution que ceux des conventions, ont été inscrits au point I de l’ordre du jour. Ce sont : Les’ projets de loi autorisant le Président de la République à ratifier :

- la Charte Africaine de la Démocratie, des Elections, et de la Gouvernance adoptée le 30 Janvier 2007 à Addis-Abeba (Ethiopie)

- Le Traité portant révision du Traité relatif à l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique (OHADA), adopté le 17 Janvier 2008 à Québec (Canada)

- La Charte Africaine de la Statistique, adoptée le 04 Février 2009 à Addis-Abeba (Ethiopie)

- La Charte du Conseil de l’Entente, adoptée le 05 Décembre 2011 à Cotonou (Bénin)

Seules les conventions sur l’apatridie ont été mises en discussion immédiate. Une telle manière de procéder laisse penser que le régime établit une catégorisation des textes. Au nom de quel critère des textes internationaux sont appelés à échapper à l’examen des commissions ? Ouattara et ses députés RDR, pourront répondre à cette question. Mais en attendant qu’ils nous fournissent des raisons totalement contraires à leurs réelles intentions, croyons que le régime voulait faire un passage en force compte tenu de l’obligation attachée à l’acte de ratification.

L’obligation attachée à l’acte de ratification

Les conventions portant statut des apatrides et réduction des cas d’apatridie, visent à faire disparaitre, à tout le moins, à réduire les cas d’apatridie dans le monde. Au terme de l’article 1er de la convention du 28 Septembre 1954, « l’apatride,  désigne une personne qu’aucun Etat ne considère comme son ressortissant par application de sa législation.» Autrement dit, un apatride est dépourvu de nationalité légale. Il n’appartient donc à aucun un Etat. C’est la raison pour laquelle, dès qu’un Etat devient partie aux conventions en question, il lui est fait obligation d’accorder sa nationalité à l’apatride qui se trouve sur son territoire. L’Etat concerné ne peut y déroger car l’objet de la convention à laquelle il adhère est d’aider l’apatride à sortir de sa situation juridique floue. Sur ce point, l’article 1er de la convention du 30 Août 1961 est précis. En effet, il indique que «  tout Etat contractant accorde sa nationalité à l’individu né sur son territoire et qui serait apatride». Au paragraphe a, la convention invite l’Etat à accorder sa nationalité de « plein droit à la naissance » et plus loin à l’article 8-1, il est indiqué que « Les Etats contractants ne priveront de leur nationalité aucun individu si cette privation doit le rendre apatride ». L’observation majeure que suscitent ces dispositions est que la nationalité est accordée dans ces cas, en raison de la présence sur le territoire de l’Etat. C’est donc le jus soli (droit du sol) qui est mis en avant par opposition au jus sanguinis (droit du sang). Cette option n’aurait posé aucun problème si l’on se trouvait en France ou aux Usa. Mais en Côte d’Ivoire, elle entre en conflit avec la législation sur la nationalité. En effet, en Côte d’Ivoire on ne devient pas un national du fait de la naissance sur le territoire (terrestre, aérien, maritime) mais du fait du lien de sang qui lie un enfant à son ascendant ivoirien. La lecture combinée des articles 6, 7 et 11 du code de la nationalité ivoirienne fait ressortir que, dans tous les cas ou un individu doit bénéficier de la nationalité ivoirienne, il doit avoir au moins un parent de nationalité ivoirienne. Cela vaut dans les cas d’adoption. La conséquence du droit du sol imposé induit nécessairement une modification de la législation interne, à tout le moins sa mise en veille, en ce que l’article 87 de la Constitution ivoirienne dispose que « les traités ou accords ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois, sous réserve, pour chaque traité ou accord de son application par l’autre partie ». C’est dans ce sens que l’article 3 du code de la nationalité précise « Les dispositions relatives à la nationalité contenues dans les traités et accords internationaux dûment ratifiés et publiés s’appliquent, même si elles sont contraires aux dispositions de la législation interne ivoirienne». Il nous semble donc que les dispositions renvoyant à la législation interne (la demande de la nationalité, les conditions de stage) et qui sont à nos yeux des fioritures, n’ouvrent pas la voie à un refus de naturalisation. Si tel était le cas, par ruse, les Etats pourraient ratifier les conventions et s’offrir le luxe, de rejeter la demande d’un requérant sur la base de sa législation. Une telle situation pourrait porter atteinte à l’objet de la convention tout comme une réserve émise par un Etat.

A l’évidence, l’obligation de l’Etat, ne dérange aucunement le pouvoir Ouattara qui espère tirer de solides dividendes de la ratification.

Les dividendes tirés de la ratification

Quel intérêt a Ouattara à « ivoiriser » à la pelle des apatrides? Le fait-il par humanisme? Bien sûr qu’il n’existe aucune ombre d’humanisme dans la politique de naturalisation démentielle à laquelle s’adonne le régime Ouattara. Il a bien sa petite idée. Il est en effet certain que Ouattara vise dans à renforcer la haute idée que la communauté de la CEDEAO a de lui. Il s’agit notamment des Burkinabè, Maliens, Guinéens. On se souvient qu’avant qu’il ne soit porté au pouvoir par la coalition Onuci-Licorne, il avait envisagé étirer les frontières ivoiriennes jusqu’au Burkina Faso, au Mali. Ce « fédéralisme Ouattara » visait à dissoudre la des ses Etats dans sa nouvelle entité juridique qui, à l’évidence, ferait de tous, des ivoiriens. N’ayant pas réussi à le faire, il a quand même eu l’intelligence d’agréger les forces de milliers de ressortissants Burkinabè, maliens, guinéens dans une rébellion armée qui a défiguré la Côte d’Ivoire. D’ailleurs, lors de la table ronde de Linas-Marcoussis (15-23 Janvier 2003), la question de la nationalité a été brandie comme l’une des causes de la guerre contre notre pays. Il fallait donc offrir la nationalité ivoirienne à 3 millions d’étrangers afin que les rebelles déposent les armes. Ouattara a donc pu glaner une véritable sympathie auprès de ceux dont la défense des intérêts est pour lui une priorité.

Selon le chargé principal de la protection au HCR, Sangaré Innocent, (lors d’un séminaire organisé le 15 Février 2013, avec la Commission des Affaires Générales et Institutionnelles de l’Assemblée Nationale) « en début 2009, près d’un (1) million de personnes se sont retrouvées dans une situation de flou juridique en Côte d’Ivoire quant à la détermination de leur nationalité » (source : le Blog de Soro Guillaume). Si l’on tient compte de ce nombre, l’on dira que dès la ratification des conventions sur l’apatridie, c’est au bas mot 1 million de personnes qui bénéficieront de plein droit de la nationalité ivoirienne. Ce nombre bien entendu ne prend pas en compte ceux pour qui Ouattara a déjà pris des décrets de naturalisation. Il s’ensuit que ce nouveau statut juridique confèrera à ses derniers, de nouveaux droits, notamment, la possibilité d’être électeurs, candidats aux élections, propriétaires fonciers. De tels privilèges aident Ouattara sur le plan politique à bénéficier du suffrage des anciens apatrides, bénéficiaires de sa générosité. Il y aura donc un bouleversement de la cartographie électorale de notre pays. Et quant on sait qu’à la faveur des élections législatives du 11 Décembre 2011, Ouattara a souverainement établi un nouveau découpage électoral, il y a à parier que les joutes électorales de 2015 seront du gâteau pour lui. C’est la raison pour laquelle son parti approuve, les yeux fermés, ces projets de loi.

Par ailleurs, la ratification de ces conventions rend ferme les piliers militaires qui soutiennent le pouvoir Ouattara. En effet, de nombreux mercenaires burkinabè, maliens et guinéens se sont engagés auprès de Ouattara pour mener le combat de l’« ivoirisation » de leurs parents. Chose du reste curieuse, pour des gens dont les parents sont déclarés apatrides! En résolvant ainsi ce problème il rassure ses mercenaires et, au delà, Blaise Compaoré, soutien objectif de Ouattara et ses rebelles.

C’est donc une double lutte que mène Ouattara. Une lutte de survie politique et une autre qui consiste à créer et renforcer les droits politiques, socio-économiques des étrangers qui le soutiennent. Et ce, au détriment de l’intérêt national. Pour réussir sa mission, Ouattara peut compter sur ses députés RDR copieusement programmés pour ne voter que « Oui ». Face ces députés, il y a lieu de faire émerger une alliance républicaine qui fera échouer le projet de Ouattara. Et à ce niveau, les élus du PDCI-RDA, de l’UDPCI et les indépendants, devront être à la hauteur de la tâche en privilégiant l’intérêt de la Côte d’Ivoire.

 

Alain Bouikalo, Juriste-Consultant.

COTE D’IVOIRE - DEBAT NATIONAL SUR LA NATIONALITE: ABOU CISSE INDIQUE LES ORIGINES DE CISSE BACONGO

 

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Le ministre Cissé Bacongo de l'Enseignement supérieur


D’où vient-il cet autre missionnaire de M. Ouattara? Au moment où la Côte d’Ivoire va à vau-l’eau, au moment où les Ivoiriens souffrent de cette gouvernance qui, elle-même, se cherche du fait de sa vision pour le moins obscure, voilà que sort d’on ne sait où, un certain Cissé Bacongo, une trompète en main pour crier NATIONALITE. Pour lui, et il l’a dit haut, qu’il ne s’agit pas d’un état d’âme. Mais d’une question de DROIT. BRAVO sacré Cissé. Je t’acclame pour cette sortie royalement irrévérencieuse. Je cherche dans ma mémoire et dans les grands bouquins de nos ancêtres, pour savoir d’où vient Ibrahim Cissé Bacongo. Je me pose la question de savoir si M. Abou Cissé connait l’histoire des CISSE de BACONGO. Cette bourgade logée dans la Guinée lointaine de Sékou Touré. Mais surtout dans la Guinée historique de Magan Cissé, cet empereur connu de toute l’Afrique. Bacongo a-t-il usurpé de ce titre patronymique ou encore s’est-il volontairement inscrit dans une compréhension de travers en mettant donc les pieds, tous deux joints dans la famille des Cissé. Ce peuple qui vient de "Bacongo" en Guinée Conakry. Ainsi, n’est pas Bacongo n’importe qui. Seuls les originaires de ce village peuvent s’appeler ainsi et c’est pourquoi vous ne verrez pas ce nom dans les archives de la Tradition du peuple ivoirien. Cissé Bacongo est donc originaire de ce village crée par l’Empereur Magan Cissé, lui-même originaire de la Guinée.

Pour rappel et, je le fais la gouverne de M. Cissé Bacongo, l’empereur Magan Cissé était le produit du savoir et de la beauté morale. Il est le père de sept (7) garçons dont le savoir a été reconnu par tous les grands de l’Afrique subsaharienne. Sept garçons dont le savoir a fait d’eux, des grands Imams, disséminés dans toute l’Afrique. C’est pourquoi je suis encore à me demander comment Cissé Bacongo qui dit être Docteur en droit, a pu affirmer que la Nationalité n’est pas un état d’âme. Mais une question de DROIT. Je voudrais lui répondre que, contrairement à cette allégation outrancière, la nationalité s’attache d’abord et avant tout, à l’âme avant de se revêtir du Sceau du Droit moderne. A-t-il déjà oublié que la spécificité des Cissé, ce n’est pas l’arrogance inutile. Ce n’est pas aussi la mégalomanie lyrique. C’est avant tout, l’humanisme pris comme symbole de l’humilité. Il aurait fallu que M. Cissé Bacongo s’invite à la table de l’humilité et du respect du DROIT coutumier. Malheureusement, ce n’est pas le cas, et peut-être que ce ne sera jamais le cas. A toi M. Cissé, je voudrais bien te saisir mais tant le rythme de la divagation est telle que J’arrive difficilement à pénétrer ton monde. Et je te comprends surtout que le titre de Pr d’Université a lui aussi un problème d’identité. Sais-tu ou du moins, te rappelles-tu les frasques que tu as vécu à l’université d’Abidjan ? Tu as été éjecté de cet univers des Cités (lieu de connaissances par excellence) parce que tu n’avais pas le niveau requis pour en être un éminent membre. Tu sais de quoi je parle. Mais si pour des problèmes de mémoires, tu ne t’en souvenais pas, laisse-moi te rappeler qu’à l’époque, tu as été renvoyé du corps des enseignants de l’Université du fait de manque de compétence. Malgré les interventions du Pr Ayé Ayé et du Pr Leroux, le conseil de l’Université de l’époque n’a pas accepté de t’admettre à leur sein. Ceci pour ne pas que les étudiants soient victimes d’un enseignement approximatif.

C’est pourquoi je m’interroge sur les motivations qui ont amené Alassane Ouattara à faire de toi un ministre de la République, chargé de l’enseignement supérieur. C’est aussi pourquoi le débat sur la nationalité peut être suscité par n’importe qui sauf toi Bacongo. La nationalité, ce n’est pas le militantisme. On ne peut pas donc confier cette question à quelqu’un qui, non seulement est décrié tant dans son domaine du savoir que sur le plan de l’identité nationale. Mais Je comprends. Je comprends maintenant pourquoi pour un poste politique (de simple député), Cissé Bacongo ait utilisé des armes pour obliger les électeurs à porter leur choix sur lui, à Koumassi. Sans être un spécialiste de droit, je crois fortement que la nationalité, comme cela peut se percevoir par tous, doit s’attacher d’abord à l’âme de l’individu, le droit n’étant que l’habillement de cette âme et de l’esprit qui la (nationalité) génèrent. L’empereur Magan Cissé ne définissait-il pas le droit comme l’esprit et l’âme qui s’attachent à la vie et dont l’application fait appelle à la piété, à la tolérance. Cissé Bacongo devrait donc s’instruire de cette philosophie de l’empereur, son ancêtre, au lieu de définir le concept de nationalité comme produit de l’Occident. Si en Occident l’homosexualité est une pratique acceptée en droit, je voudrais à qu’à son tour, Cissé Bacongo conseille cela aux Ivoiriens, lui qui est si attaché au droit sur l’identité. C’est le lieu de dire que la nationalité ne peut jamais se défaire de l’esprit et de l’âme, en un mot, de la culture, spécificité de tout citoyen quelque soit son environnement de vie.

A Cissé donc, je demande d’apprendre la culture de la cité dans laquelle il vit. Qu’il mette la culture au devant du droit. Ce qui lui permettra certainement d’apprendre le droit culturel avant de dégager ses sentiments personnels sur des sujets aussi sensibles que le problème de nationalité. Oui, qu’il sache que le dépassement de soi, s’inscrit toujours dans la reconnaissance de ce qu’on est. Si toi Cissé Bacongo, tu ne connais pas l’origine de tes parents, je voudrais t’inviter à t’approcher des sages pour qu’ils te le disent. Fais-le si tu ne veux pas te perdre. Parce que si les détournements à l’Université n’ont pu t’emporter, cela ne veut pas dire que n’importe autre scandale dont tu te rendras coupable et/ou complice ne t’emporterait pas. Tout ne produit pas toujours le même résultat. Le débat sur la nationalité n’est pas un acte de détournement. Mon souhait est donc que tu te consacre à d’autres questions sensibles liée à la formation de nos jeunes. Sors donc de ce tunnel dont tu ignores non seulement le parchemin mais également le bout. La nationalité est une question à la fois lourde et compliquée. Seuls les Ivoiriens, les vrais, peuvent comprendre toute la dimension de cette question. Je voudrais donc te quitter frère tout en te remerciant de m’avoir écouté. Je te souhaite bon vent dans tes activités politiques. Devenu (accidentellement) député de la Nation, consacre ton temps à réfléchir à la manière dont tu auras à allier l’exécutif au législatif. Que Dieu te bénisse dans ce moment de Carême!


Abou Cissé (Oncle d'Alassane Dramane Ouattara).

LE COURS MAGISTRAL DU PROFESSEUR HUBERT OULAYE A CISSE BACONGO SUR LA PROBLEMATIQUE DE LA NATIONALITE EN COTE D'IVOIRE



côte d'ivoire,le pr hubert oulaye répond au ministre cissé ibrahim bacongo,«non il n’y a pas de crise de nationalité en côte d'ivoire,mais une nation en crise par l’instrumentalisation de ses étrang


Le Pr Hubert Oulaye répond au ministre Cissé Bacongo: «Non, il n'y a pas de crise de nationalité en Côte d'Ivoire mais une nation en crise par l'instrumentalisation de ses étrangers»

     

Dans un texte paru récemment dans les médias, destiné à justifier le projet de réforme de la nationalité ivoirienne, entrepris par le pouvoir en place, le Ministre Coulibaly Ibrahim Bacongo (CIB), dans un langage sans nuances et très assuré, a procédé à diverses affirmations dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles nécessitent un sérieux réajustement.

 

La thèse du Ministre Cissé Ibrahim Bacongo: tous les étrangers résidents en 1960 sont des ivoiriens d’origine.

Tour à tour, le ministre responsable des affaires juridiques du RDR, et certainement théoricien des thèses sur la nationalité, défendues depuis le début de la rébellion par ce parti politique, fustige les intellectuels ivoiriens «  de tout bord et de tout acabit », les théoriciens de l’ivoirité, sans oublier au passage les législateurs ivoiriens de 1960 (gouvernement et assemblée nationale). Tous sont qualifiés par lui, d’ethnocentristes, de tribalistes… de la nationalité.

Leur crime consiste, pour les uns (les légistes de 1961), à n’avoir pas inclus dans le code de la nationalité du 14 décembre 1961, les étrangers présents en Côte d’Ivoire avant 1960, au nombre des personnes qualifiées d’ivoiriens à titre d’origine. Pour les seconds (les intellectuels ainsi que les théoriciens de l’ivoirité), d’avoir justifié cette position du législateur, en soutenant que sont ivoiriens à titre d’origine, les personnes membres des 60 ethno-groupes linguistiques, vivant depuis des siècles dans les limites de l’espace géographique constituant le territoire de la Côte d’Ivoire indépendante.

Malgré le fait que le législateur ivoirien, à l’instar de tous les pays de la sous- région, ait ouvert dans le code de 1961, une option de nationalité par naturalisation à des conditions très avantageuses, au profit des étrangers résidents, le Ministre Cissé Ibrahim Bacongo, établissant son diagnostic de la crise ivoirienne, soutient que c’est ce problème, qui prévaut depuis 1961, et qui est à la base de la rébellion de 2002. Il ajoute que lors des discussions de Linas-Marcoussis (15-23 janvier 2003), suite à l’évocation par lui de cette question, un des participants aurait considéré, qu’il avait « touché le cœur » de la question de la nationalité. Mais, il a l’honnêteté de reconnaître que la Table ronde, n’a pas partagé cette opinion personnelle, puisque les solutions retenues à Marcoussis, pour ce qui a été  considéré comme étant de vrais problèmes, ont trait non pas l’attribution de la nationalité ivoirienne d’origine aux étrangers résidents, mais  à la naturalisation « facilitée », des enfants mineurs nés avant 1972, de parents tous deux étrangers, ainsi que des étrangers vivant en Côte d’Ivoire avant 1960, qui souhaitent devenir ivoiriens.

Au soutien de sa thèse, qui pourrait être qualifiée de thèse de « l’ivoirité » de tous les étrangers présents en Côte d’Ivoire au moment de l’indépendance en 1960, il affirme « avec insistance », qu’ « avant l’indépendance, toutes les personnes vivant sur le sol ivoirien, qu’elles y soient nées ou qu’elles soient venues d’autres pays pour y résider, étaient soit de nationalité française, soit de la nationalité de pays étrangers indépendants. Pour lui, les personnes originaires des territoires coloniaux français de l’AOF, donc non souverains, du Niger, du Dahomey (Bénin), de la Haute Volta(Burkina Faso), du Sénégal, du Mali, de la Guinée qu’il appelle « les allochtones », de même que les originaires de la Côte d’Ivoire qu’il désigne comme « les autochtones », présentes ou résidentes en Côte d’Ivoire, sont toutes des ivoiriens à titre d’origine, parce que toutes, de nationalité française avant 1960 et présentes au moment où naissaient l’Etat de Côte d’Ivoire et la nationalité ivoirienne.

Curieux raisonnement, qui reconnaît bien que ces personnes ne sont pas originaires de la Côte d’Ivoire, mais des pays limitrophes ; qu’elles ont la nationalité française, et qu’il revient à leurs territoires d’origine s’ils deviennent indépendants, de leur conférer leur nationalité ; mais qui soutient cependant,  que la Côte d’Ivoire étant devenue indépendante, ils doivent être considérés comme des ivoiriens à titre d’origine, simplement du fait qu’elles y résidaient.

En n’adoptant pas une solution conforme à cette thèse en 1961, le législateur ivoirien aurait fait le lit à la crise de nationalité, un mal qui, selon CIB, minerait la Côte d’Ivoire depuis cette date et qui a débouché sur la rébellion en 2002.

Pour lui donc, le mal ainsi diagnostiqué, la seule thérapie possible, autour de laquelle toute la Côte d’Ivoire devrait s’accorder pour que la paix s’installe dans le pays, serait la «  judicieuse solution sénégalaise », esquissée par le Juge Kéba M’baye à la Table ronde de Linas-Marcoussis, celle de la « possession d’état » ! Dans le cas contraire, si les ivoiriens refusent de considérer les étrangers résidents avant 1960 comme des ivoiriens d’origine, il n’y aura pas de paix. 

LA THESE DU MINISTRE CISSE BACONGO EST IRRECEVABLE.

En réponse au Ministre Bacongo, l’on dira que le RDR a mené et continue de mener une guerre infondée contre les ivoiriens, parce que la thèse défendue, à savoir « l’ivoirité des étrangers résidents en 1960 », n’a ni fondement juridique, ni historique. (1°). Ensuite, le diagnostic du mal dont souffre la Côte d’Ivoire, est faux. Le mal dont souffre la Côte d’Ivoire, n’est pas la crise de nationalité dont parle le Ministre CIB, mais plutôt, l’instrumentalisation politique des étrangers, depuis les frustrations liées à l’institution de la carte de séjour par Alassane Ouattara en 1990 (2°). En conséquence, en soulevant un faux problème de nationalité, et en posant un diagnostic également faussé, la solution retenue pour guérir le mal, ne pouvait être un bon remède (3°). En effet, contrairement à ce qui est avancé par le Ministre CIB, ce n’est pas au moyen de la solution juridique de la « possession d’état », que le code sénégalais de la nationalité a réglé la situation des étrangers résidant au Sénégal au moment de l’indépendance. A la vérité, la bonne méthode dans une matière aussi sensible que la question de la nationalité, commence d’abord par quitter le chemin du jugement unilatéral, pour mettre tous les ivoiriens d’accord sur le bon diagnostic, et ensuite rechercher, ensemble, une solution consensuelle dans un contexte d’apaisement (4°).

1°- La thèse de « l’ivoirité » des étrangers résidents avant l’indépendance, est sans fondement.

  • La première critique de cette thèse, porte sur son appréhension insuffisante de la notion de nationalité, qu’elle réduit au seul élément de la présence ou de la résidence de l’individu sur le territoire.

Contrairement à ce que pense CIB, la notion de nationalité est plus complexe. Elle combine deux éléments fondamentaux, le lien juridique entre l’Etat national et l’individu d’une part, et d’autre part, le lien socio-affectif (race, ethnie, tribu, religion, histoire, territoire…), existant entre l’individu et la communauté humaine qui constitue la population sur laquelle, l’Etat national exerce sa souveraineté personnelle. Sur les deux aspects indissociables, l’accord existe même si, en fonction des circonstances, l’un peut l’emporter, mais sans jamais pouvoir l’effacer l’autre. L’on se contentera sur ce point de renvoyer le Ministre CIB, à la définition qui fait autorité en matière de nationalité, qui émane de la jurisprudence de la Cour Internationale de Justice, dans sa décision relative à l’affaire Nottebohm, en 1955 : 

«La nationalité est un lien juridique, ayant à sa base, un fait social de rattachement, une solidarité effective d’existence, d’intérêts, de sentiments joints à une réciprocité de droits et de devoirs ; elle est peut- on dire, l’expression juridique du fait que l’individu auquel elle est conférée, soit directement par la loi, soit par un acte de l’autorité, est en fait rattaché à la population de l’Etat qui la lui confère, plus qu’à celle de tout autre Etat».

La leçon d’une telle jurisprudence, est que l’octroi de la nationalité doit reposer sur des faits sociaux tangibles de rattachement à un Etat et non pas  sur le seul fait de la présence ou résidence  sur un territoire, comme le soutient le Ministre CIB.

  • La deuxième critique, porte sur la non prise en compte du rôle et de l’effet limité du critère de la présence ou de la résidence, dans le droit et la pratique des Etats en matière de nationalité.
  • Le critère de la résidence est déterminant mais non décisif.

Généralement, le critère de la présence sur le territoire, est destiné à distinguer les personnes qui historiquement y sont établies et pour lesquelles, cet espace géographique constitue le cadre de vie naturel ou habituel (résidence habituelle) à l’exclusion de tout autre, des autres personnes y vivant mais dont la présence est liée à des circonstances telles, que l’on peut qualifier celle-ci de passagère, d’occasionnelle,  même si elle se prolonge dans le temps (profession, asile politique, tourisme…).

Le Protocole de la CEDEAO (29 mai 1979) relatif à la libre circulation des personnes et des biens, décline en son article 2, plusieurs modes de présence des personnes sur le territoire d’un Etat non national : l’entrée et le séjour de moins de 90 jours ; la résidence (séjour de plus de 90 jours, mais non définitif) ; l’établissement (en principe définitif).

Ces distinctions soulignent que les raisons et la durée de présence sur le territoire, ne sont pas uniformes. Ils ne peuvent revêtir en conséquence, ni la même importance ni recevoir un régime juridique identique, qu’il s’agisse d’une visite ou d’une résidence. Dans la pratique en matière de nationalité, les Etats prennent en considération, une durée de présence matérialisée par une résidence dans  le pays, allant de 5 ans (Côte d’Ivoire), à 10 ans (Burkina Faso) voir 15 ans (Tchad).

Cette exigence de temps minimal de présence, est destinée à permettre au demandeur de nationalité, de prendre une option  en parfaite  connaissance du milieu social auquel il veut désormais s’attacher. Mais aussi, elle fournit à l’autorité de décision, un temps suffisant  d’appréciation de la volonté réelle de l’impétrant de s’intégrer à la communauté d’accueil. Dans cette optique, la présence ou la résidence, ne peut être ramenée à un simple passage ou une brève présence sur le territoire. Cette exigence  a donc une fonction à la fois probante et utilitaire.    

Cependant, le fait et le temps de présence sur le territoire ne sont jamais les seuls éléments pertinents dans l’octroi de la nationalité,  même s’ils paraissent  déterminants.  A eux s’ajoutent toujours, des conditions de moralité, de santé et surtout la volonté effective  et non équivoque d’intégration à la communauté d’accueil, dont la première manifestation est la demande formelle de naturalisation. C’est de l’addition de ces faisceaux d’éléments, que l’autorité tire la motivation de sa décision d’octroyer ou non la nationalité.

La thèse critiquée, défendue par le Ministre Bacongo, ne prend pas en considération, ces éléments additionnels exigés en matière de nationalité par les Etats. Elle les ignore sans en donner les raisons.

Mais c’est surtout par la non-prise en compte de l’effet juridique limité du  critère de la résidence, ou de la présence, en matière de nationalité, que la thèse pèche le plus.

  • La présence ou la résidence n’efface pas l’origine territoriale ou nationale de l’étranger.

Le temps passé à l’étranger n’a aucun effet sur la nationalité. Un individu peut décider de vivre à l’étranger, sans limitation de durée, cette situation n’affecte nullement son lien de rattachement avec son Etat national. C’est le cas pour les immigrés et les réfugiés partout dans le monde. Ils conservent leur nationalité d’origine en dépit de l’éloignement prolongé, volontaire ou involontaire. Aucune loi nationale, ni règle de droit international, ne prescrivent la perte de la nationalité, comme sanction d’un séjour excessivement prolongé hors du territoire national. La nationalité ne se perd pas par désuétude, elle est intemporelle et demeure valide, sauf renoncement express du national, suite à une naturalisation, à lui accordée, mais interdisant la double nationalité, ou suite à une déchéance prononcée par les autorités de son Etat national.

A cet égard, quelle est la situation des personnes non originaires du territoire colonial de la Côte d’Ivoire, mais présentes ou résidentes en 1960 à l’accession à l’indépendance ?

On trouve présentes en Côte d’Ivoire, avant l’indépendance, quatre catégories de personnes : les ressortissants français, les ressortissants de pays étrangers, les ressortissants de l’Afrique Occidentale Française (AOF) qui se divisent en originaires du territoire colonial de Côte d’Ivoire et  originaires des autres territoires membres.

Les personnes originaires  de la France métropolitaine et des autres pays étrangers sont les nationaux de leurs Etats d’origine, lesquels leur reconnaissaient cette qualité, et exerçaient sur elles, leur souveraineté personnelle. Il n’était juridiquement pas possible à la Côte d’Ivoire, ni admissible,  sous le seul prétexte de son accession à l’indépendance, de transformer les nationaux de ces pays, en nationaux ivoiriens, sans l’accord de leurs Etats et sans celui des personnes concernées. Tout au plus, la Côte d’Ivoire ne pouvait que leur offrir l’option, et leur laisser le soin de décider eux-mêmes. C’est ce qu’elle a fait.

S’agissant des personnes originaires des territoires coloniaux  français présentes en Côte d’Ivoire, leur situation est moins simple qu’il n’y paraît.

A ce propos, il convient d’abord de rétablir la réalité. Ecrire que, les personnes originaires des territoires coloniaux avaient tous la nationalité française, du seul fait, que ces territoires étaient considérés comme des extensions de la France métropolitaine, ne rend pas totalement compte de la réalité. En vérité, seuls étaient pleinement françaises, les personnes originaires de la métropole. Quant aux originaires des territoires coloniaux, leurs statuts différaient d’une colonie à l’autre.

S’agissant des ressortissants des territoires coloniaux français d’Afrique noire, ils  étaient des sujets français. C’est  l’ordonnance du 19 octobre 1945 relatif au code de la nationalité, qui pose le principe  de la reconnaissance de la nationalité française aux habitants des territoires annexés par la France. Cette qualité était plus formelle qu’effective, car ceux-ci restaient soumis à leur statut coutumier local, et les droits politiques reconnus aux français métropolitains ne leur étaient pas applicables. Dans chaque territoire, des textes permettaient par des décisions individuelles, décrets ou jugements, de leur conférer des droits de citoyens français. S’ils remplissaient les conditions (diplômes, service dans l’armée française…), ils pouvaient se voir conférer le statut de citoyen. Cependant, même dans ces cas, le statut de citoyen français n’était pas, en tous points, assimilable à la nationalité française.

Pour la bonne gestion de ses colonies, la France pratiquait en fonction de ses besoins d’administration, la mobilité des cadres africains à sa disposition, au sein des territoires constituant l’AOF et l’AEF. L'administration coloniale distinguait les fonctionnaires du cadre local de ceux du cadre AOF, avant les indépendances.

A l’intérieur de l'AOF, on distinguait aussi les ressortissants de chaque pays ou territoire.  C’est ainsi que concernant l’AOF, des cadres originaires des territoires coloniaux du mali, de la Haute Volta (Burkina Faso) ou du Dahomey (Bénin), étaient affectés en postes au Niger, en Côte d’Ivoire ou vice-versa. Ainsi, s’explique par exemple, la présence de nombreux cadres béninois, sénégalais, voltaïques (burkinabés)…, en Côte d’Ivoire au moment de l’indépendance. De même, des travailleurs manuels, généralement voltaïques (burkinabés), ont été engagés en Côte d’Ivoire, dans des travaux d’intérêt colonial. Telle est la justification de leur présence en Côte d’Ivoire.

Mais toutes ces personnes, qui pour les raisons ci-dessus exposées, étaient présentes en Côte d’Ivoire au moment de son accession à l’indépendance, avaient bien un territoire colonial d’origine et de rattachement social. Leur présence en Côte d’Ivoire, était purement circonstancielle et temporaire, puisque ces derniers conservaient leurs attaches socio-culturelles, avec ces territoires.

  • L’indépendance de la Côte d’Ivoire, n’a pas  détruit le lien de rattachement entre la France métropolitaine et les ressortissants des autres territoires coloniaux, présents sur le territoire ivoirien.

L’une des erreurs substantielles de la thèse du Ministre CIB, est d’inférer du fait de son accession à la souveraineté, la subrogation au profit de la Côte d’Ivoire des compétences dont jouissait la  France sur ses ex territoires coloniaux de l’AOF et partant sur leurs ressortissants. En fait comme en droit cela n’est pas vrai.

Le lien de rattachement entre les personnes originaires de ses territoires coloniaux et la France métropolitaine, était fondé sur le fait colonial (conquête coloniale, administration coloniale…), qui faisait d’eux des sujets directs de la France ou des citoyens de l’Union ou de la Communauté française.  Ce lien colonial de rattachement n’existe pas en revanche, entre chacun des territoires coloniaux et tous les ressortissants de l’ensemble desdits territoires.

La Côte d’Ivoire en accédant à la souveraineté internationale, n’est pas devenue un Etat colonial en lieu et place de la France, ayant dans son ressort territorial, le Mali, la Haute Volta, le Niger…, et disposant de droits sur leurs ressortissants. Ainsi, contrairement à la France coloniale, qui pouvait réquisitionner des travailleurs dans n’importe lequel de ses territoires pour effectuer des travaux « forcés » dans d’autres territoires, la Côte d’Ivoire indépendante, ne pouvait en faire autant. Elle ne pouvait réquisitionner, que ses seuls nationaux, à l’exclusion des ressortissants des autres territoires coloniaux.

En d’autres termes, l’indépendance ne donnait aucun titre, ni compétence personnelle à la Côte d’Ivoire, à l’égard des ressortissants des autres territoires ou pays, à fortiori, celui de les naturaliser par décision unilatérale. Aucun des autres territoires ex-colonies devenus indépendants ne l’a fait.

  • Aucun Etat membre de l’AOF devenu souverain, n’a attribué aux étrangers résidents sur son territoire avant l’indépendance, sa nationalité à titre de nationalité d’origine.

Le Ministre CIB, expose que pour pouvoir attribuer sa nationalité, l’Etat, non seulement doit exister, mais il doit être souverain et indépendant. Il poursuit en disant, s’agissant des territoires coloniaux français, qu’étant  dépourvus de la personnalité juridique internationale, ils étaient dans l’incapacité juridique d’attribuer leur nationalité à leurs  ressortissants résidant en Côte d’Ivoire en 1960, lesquels, selon lui, avaient tous la nationalité française. Il conclut, qu’il incombait à la Côte d’Ivoire de leur conférer sa nationalité à titre d’origine.

L’argument ci-dessus évoqué, selon lequel ces étrangers africains étaient issus de territoires coloniaux n’ayant pas le statut d’Etats indépendants donc souverains, en mesure de leur attribuer leur nationalité, n’est pas non plus pertinent. La plupart des territoires concernés sont tous  devenus indépendants dans la même période que la Côte d’Ivoire et même bien avant cette dernière.

En effet, concernant l’AOF, un seul territoire a pris son indépendance  après celle de la Côte d’Ivoire  intervenue le 7 août 1960, c’est la Mauritanie, le 28 novembre 1960. Tous les autres territoires le sont devenus avant la Côte d’Ivoire : le Sénégal et le Mali, le 20 juin 1960 ; le Dahomey (Bénin), le 1er août 1960 ; le Niger, le 3 août 1960 ; la Haute-Volta (Burkina Faso), le 5 août 1960. A ces pays on pourrait ajouter, la Guinée (2 octobre 1958), et le Togo (27 avril 1960). Par conséquent l’argument selon lequel, les étrangers présents en Côte d’Ivoire, étaient ressortissants de territoires non étatiques et indépendants, tombe de lui-même.

En outre, le code de nationalité ivoirien a été adopté le 14 décembre 1961, c’est-à-dire plus d’une année après l’accession à l’indépendance de tous ces pays.

Enfin, il suffit de se référer aux différents codes de la nationalité, adoptés par les pays africains et particulièrement par les pays francophones précités, au moment de leurs indépendances, pour être édifié sur l’inanité de la thèse défendue.

  • Aucun pays indépendant dans la sous-région n’a fait des étrangers résidents des nationaux à titre d’origine.

Aucun des codes de ces pays ne comporte une disposition, attribuant automatiquement la nationalité de son pays, à titre d’origine, à toutes les personnes résidant sur le territoire avant leur accession à l’indépendance. Tous en revanche, contiennent des dispositions prévoyant une option de naturalisation de cette catégorie de personnes, mais à leur demande.

Le code malien de la nationalité (loi n°62-18 du 3 février 1962, modifiée par la loi n°95-70 du 25 août 1995), en son article 75 dispose : « jusqu’à l’expiration d’un délai de 6 mois à compter de la publication du présent code, tout individu même né à l’étranger, ayant sa résidence habituelle au Mali, peut opter pour la nationalité malienne par déclaration… L’autorité compétente doit refuser de recevoir la déclaration si elle n’est pas assortie  d’un acte de soumission par lequel le déclarant s’engage à se comporter en tout comme un digne et loyal citoyen de la République du Mali et à élever ses enfants dans cet esprit, et si la demande n’est pas soutenue d’une attestation présentée en personne par 2 citoyens maliens certifiant sur l’honneur, que le déclarant a donné des gages d’assimilation et de sens national ».

Concernant le Niger, le code de la nationalité (loi n° 1961-26 du 12 juillet 1961) prévoit en son article 54 que : « peuvent opter pour la nationalité nigérienne, les individus qui à la date d’entrée en vigueur de la présente loi, exercent depuis plus de 10 ans, un emploi public ou une profession libérale, régie par un texte réglementaire nigérien ». En son article 55 : « peuvent opter pour la nationalité nigérienne, toute personne originaire de l’un des Etats issus des anciens groupes de territoires de l’AOF et de l’AEF, du Togo, du Cameroun, de Madagascar, qui à la date d’entrée en vigueur du présent texte, a sa résidence habituelle au Niger. Cependant, les options ci-dessus, « doivent être exercées dans un délai de 3 mois à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi ».

Au Burkina Faso, l’article 163 du code de la nationalité (loi du 3 septembre 1992), accorde la nationalité à l’étranger ou à l’apatride à la condition d’avoir résidé 10 ans dans le pays au moment où il présente sa demande. Aucune des dispositions relatives à la nationalité à titre d’origine, ne prend en compte les étrangers présents en 1960.

Au Sénégal, l’article 29 du code de nationalité, offre aux personnes originaires de l’un des Etats issus des territoires de l’AOF et de l’AEF, du Togo, du Cameroun et de Madagascar, ainsi qu’aux originaires des territoires limitrophes, l’option de la nationalité sénégalaise, à condition qu’à la date d’entrée en vigueur du code ils aient leur résidence habituelle au Sénégal. L’option offerte courait dans un délai de trois mois ( article 30) tandis que l’article 12 alinéa 3 précise que «  par résidence habituelle il faut entendre l’établissement à demeure sur le territoire de la République, sans esprit de fixation ultérieure dans un  autre Etat ».

Ainsi, aucun code de la nationalité des Etats francophones d’Afrique de l’ouest ayant accédé à l’indépendance en 1960, ne qualifie les étrangers résidents sur leur territoire à cette époque comme des nationaux à titre d’origine. Tous sans exception y compris le Sénégal, leur ont proposé des options fondées sur la résidence,  dans des délais limités.

Certes des dispositions sur la possession d’état sont prévues dans certains pays, tels le Sénégal (article 1er alinéa 2), le Mali (article 68), mais elles ne sont pas destinées à régler la situation des étrangers résidant avant l’indépendance sur ces territoires, et dans tous les cas, pas dans le sens où le comprend le Ministre CIB. Nous y reviendrons.  

Les étrangers présents ou résidents en Côte d’Ivoire en 1960, n’avaient pas perdu leur nationalité d’origine, mais étaient  restés rattachés à leurs territoires ou Etats d’origine ainsi qu’à leurs communautés d’origine. En outre elles n’avaient pas formellement renoncé à leurs appartenances nationales, de même que le lien qui les rattachait à leur territoire d’origine ou à l’Etat colonial, n’avait pas non plus été officiellement rompu. En d’autres termes, leur situation juridique s’opposait, à leur prise en compte en qualité de nationaux ivoiriens à titre d’origine, malgré le fait de leur présence ou résidence sur le territoire.

On ne peut par conséquent reprocher  à la Côte d’Ivoire, au moment d’adopter son code de la nationalité et de déterminer ses nationaux, d’avoir tenu compte du fait que se trouvaient sur son sol, des  nationaux de pays étrangers, ainsi que des originaires des territoires coloniaux de l’AOF et de ne  les avoir pas inclus au nombre des ivoiriens, définis comme tels, à titre d’origine. C’est le contraire qui aurait été inacceptable.

  A ce propos la formulation de l’article 6 de la loi du 14 décembre 1961, relatif à l’attribution de la nationalité d’origine, tient compte formellement de cette réalité juridique, en excluant du groupe des nationaux ivoiriens, toutes les personnes qui relèvent d’une autre nationalité et qui par conséquent sont des étrangers : « est ivoirien, tout individu, né en Côte d’Ivoire sauf si ses deux parents sont étrangers » (droit du sol). Dans le même temps, l’Etat ivoirien, reconnaissait la qualité d’ivoiriens, aux individus nés hors de Côte d’Ivoire, d’un parent ivoirien (article 7 : filiation).

Appartenait-il au législateur ivoirien à l’époque, de se substituer à eux pour trancher ce débat à leur place ? Non, à notre sens. La seule attitude raisonnable qu’il pouvait adopter à cette époque, était de prévoir une ouverture et de leur laisser le temps de la décision. C’est ce qu’il a fait, en leur offrant l’option, à l’article 105 du code de la nationalité, de demander leur naturalisation sans condition de stage.

 Il ne semble pas que cette offre ait suscité un quelconque intérêt. Ce qui confirme à postériori, la justesse de la position de prudence du législateur à l’époque.

A l’occasion des discussions de Linas-Marcoussis qui ont suivi l’attaque rebelle du 19 septembre 2002, les responsables du RDR, ont  cherché à faire avaliser cette thèse, sur laquelle ils reviennent aujourd’hui à nouveau. Elle avait pourtant été rejetée.

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LA RAISON COMMANDE DE LIBERER LAURENT GBAGBO

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Laurent Gbagbo est maintenu à la CPI alors que les charges qui lui sont imputées ne sont pas prouvées. Vu que les preuves apportées par l'accusation sont insuffisantes, Laurent Gbagbo doit recouvrer la liberté puisque le doute profite à l'accusé. Nous constatons que cet aspect du droit devient un non-droit pour le cas Laurent Gbagbo. Sa détention, déjà organisée de façon illégale connaît de plus un versant arbitraire après la décision du 3 juin dernier, des trois juges de la chambre préliminaire. Chacun d'entre nous doit donc travailler à rassurer pour que nous obtenions la libération de Laurent Gbagbo. Pourquoi "rassurer" ? Parce que la grande campagne mensongère de diabolisation contre Laurent Gbagbo complique aujourd'hui la tâche des commanditaires qui ne savent pas comment retourner les contre-vérités qu'ils ont assénées.

Car pour leur survie, il faudrait encore et toujours donner le sentiment d'apparaître crédibles aux yeux de ceux qui croient encore aux propos de ces puissances, notamment la "grande" partie de leurs opinions publiques qui ne s'informent que par des canaux officiels. Laurent Gbagbo ayant été injustement présenté comme un chien enragé, aux fins d'être abattu, l'équation est naturellement difficile pour ceux-là qui veulent toujours avoir raison malgré les pires crimes qu'ils ont commis ou provoqués durant des millénaires. Nous devons travailler " à remettre la balle au centre ". Il nous faut réinitialiser les choses avec nos interlocuteurs ou partenaires. Le plus simplement, il y a lieu de faire comprendre que Laurent Gbagbo n'est pas rancunier.

Toute sa trajectoire politique milite dans ce sens. Il sait que ce n'est pas Ouattara "le maître d'ouvrage". Il n'aura donc jamais ni à se venger de Ouattara ni à confondre les parrains qui sont les vrais commanditaires. Aujourd'hui, acteurs comme observateurs ont eu l'occasion d'apprécier "qui est qui" en Côte d'Ivoire. Il nous faut donc absolument rebattre les cartes. Ceux qui veulent vraiment aider la Côte d'Ivoire doivent intégrer que la popularité de Gbagbo est complètement inscrite dans le mental des Ivoiriens. L'autre réalité est que Laurent Gbagbo a toujours les mots qu'il faut pour apaiser les Ivoiriens. Cet homme qui est en harmonie avec les Ivoiriens - et les Africains - est nécessairement une pièce maîtresse dans le processus de réconciliation nationale. Il convient d'indiquer que la réconciliation nationale n'est pas une vue de l'esprit. C'est un vécu. Il doit donc être factuel.

Une discussion franche entre les Ivoiriens passe par la libération de Laurent Gbagbo. En plus, un pays en crise comme la Côte d'Ivoire doit nécessairement passer par l'hébergement d'un gouvernement de transition.

Il faut donc libérer Laurent Gbagbo de cette détention arbitraire, pour que la Côte d'Ivoire décolle. La fuite en avant qui consiste à entretenir le fard de l'existence d'une croissance en Côte d’Ivoire, est une insulte pour les populations qui sont au bord de l'éclatement à cause des effets réels de leur paupérisation.


Claude Koudou, Enseignant-Ecrivain, Directeur de Collection «Afrique Liberté» aux Editions L’Harmattan, Président de «Convergences pour la Paix et le Développement de l’Afrique».

DISCOURS DE PASCAL AFFI NGUESSAN, PRESIDENT DU FPI, APRES SA LIBERATION


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Les premiers mots de Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, après sa mise en liberté provisoire: «Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit. Nous ne sommes pas des revanchards».

 

«Je voudrais, avant de commencer tout autre discours, d’abord vous saluer et vous remercier chaleureusement. Si nous sommes présents devant vous en ce jour, ne vous y trompez pas. Il n’y a pas trois explications. Il n’y a pas deux explications. Il y a une seule explication. C’est votre mobilisation, c’est votre détermination, c’est votre Résistance, c’est votre refus de la situation injuste qui est faite à la Côte d’Ivoire qui explique que nous soyons aujourd’hui devant vous. Qui explique qu’hier d’autres camarades ont été libérés. Qui explique qu’avant-hier Diabaté Bê et d’autres camarades [...] ont été mis en liberté.

Et c’est cette mobilisation qui expliquera demain la normalisation en Côte d’Ivoire, la libération de tous nos camarades qui sont encore détenus, le retour d’exil de tous les camarades qui sont obligés de fuir leur propre pays, et le retour parmi nous du président Laurent Gbagbo.

Je voudrais remercier profondément, du plus profond de mon cœur, le camarade Miaka Ouretto, président par intérim. Et avec lui remercier tous ceux qui composent la direction intérimaire du FPI à l’heure actuelle. Je voudrais remercier la camarade Marie-Odette Lorougon, le camarade Koua Justin. (…)

Le projet originel n’est pas que le FPI existe en tant que parti politique. L’ambition nourrie par ceux qui sont arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons n’est pas de réinstaurer la démocratie. Ce n’est pas de laisser exister un parti aussi puissant que le Front populaire ivoirien. (…)

Chers camarades, vous avez déjoué tous les pronostics. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était intraitable. Vous avez prouvé que le Front populaire ivoirien était un esprit. Vous avez prouvé que le peuple de Côte d’Ivoire n’a pas envie de faire marche arrière. Et que son parcours est résolu vers la démocratie, vers le progrès, vers les libertés. Et c’est parce que nos adversaires se sont rendus compte de cette réalité, parce que nous avons imposé cette réalité, que nous sommes ici aujourd’hui face à vous.

Aujourd’hui est un jour de réjouissance. Un jour pour célébrer cette étape de notre lutte. C’est pourquoi il serait peut-être trop hasardeux d’aller plus loin. Mais sachez que nous n’avons pas trois programmes, nous n’avons pas deux programmes, nous avons un seul programme. Et ce programme, c’est le programme du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, ce sont les aspirations profondes du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme, c’est résoudre tous les problèmes qui empêchent ce pays d’être un pays moderne et prospère. Voilà notre programme !

Nous sommes là pour redresser. Comme le dit le vieux de Ménékré, « Politique tordue », nous sommes là pour redresser.Or aujourd’hui, qu’il s’agisse de la politique, qu’il s’agisse de l’économie, qu’il s’agisse des droits de l’homme, qu’il s’agisse des libertés, la politique ivoirienne est tordue. C’est pourquoi notre mission est encore plus importante. Restons mobilisés. (…)

Notre programme de redressement national, nous ne l’engageons pas contre un individu, une ethnie, une religion. Nous l’engageons au profit de tout le peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité. Non dans la violence, mais dans la paix, dans la démocratie, dans la politique. C’est pourquoi nous invitons ceux qui ont la responsabilité de ce pays à l’heure actuelle à savoir que le Front populaire ivoirien est présent et entend prendre sa part dans la restauration de la Côte d’Ivoire. (…)

Nous ne voulons pas de palabre à qui que ce soit.

Nous ne sommes pas des revanchards. Les souffrances que nous endurons, nous les endurons au nom de la Côte d’Ivoire. Et nous les portons fièrement comme des décorations. Parce qu’en définitive, personne ne nous a obligés à venir au secours de la Côte d’Ivoire. Et ce travail dans lequel nous nous sommes engagés, nous ne le faisons pas pour des intérêts matériels ou financiers. Nous voulons construire notre pays. Parce que ce ne sont pas les étrangers, des autres pays qui viendront construire la Côte d’Ivoire.

C’est pourquoi nous sommes engagés dans la lutte. Et nous sommes prêts à prendre tous les risques pour que la Côte d’Ivoire avance. Merci donc, chers camarades.

Lorsque le président par intérim nous aura invités à un Forum plus politique et plus élargi, nous aurons à discuter largement et à nous entendre sur les axes de cette nouvelle phase de la lutte.Le pouvoir en place doit savoir que le Front populaire ivoirien, parti d’opposition, est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’ils nous comprennent comme tel, et qu’ils ne cherchent pas à détruire l’opposition. Parce que ce ne sera pas possible ! La situation actuelle le prouve. Et ce ne serait pas dans l’intérêt du pays.

Nous sommes donc ouverts et nous demandons le dialogue. Le dialogue politique franc et sincère ! Parce que la Côte d’Ivoire souffre. Les Ivoiriens souffrent. Ils aspirent à la paix, à la tranquillité, à la démocratie. C’est dans le dialogue que nous devons travailler à résoudre tous les problèmes afin que la Côte d’Ivoire avance.

Merci beaucoup d’être venus.

Merci de votre mobilisation.

La lutte continue !

Je vous remercie.»

 

Propos retranscrits par Djagoyouwle Ogbawoli.

COTE D'IVOIRE: CORRUPTION ET FAVORITISME DEMEURENT (JEUNE AFRIQUE)

 

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Par Julien Clémencot, avec Baudelaire Mieu à Abidjan Jeune-Afrique


Le président Alassane Ouattara l’affirme: l’émergence de la Côte d’Ivoire demeurera un voeu pieu tant que le climat des affaires ne sera pas assaini. Or, plus de deux ans après son arrivée au pouvoir, corruption, favoritisme et pratiques délictueuses demeurent.

Ambassade des États-Unis, du 8 au 11 juillet. La mission diplomatique américaine organise pour une vingtaine d’«éveilleurs de consciences» un séminaire consacré au journalisme d’investigation. L’objectif est à peine voilé: renforcer la mécanique démocratique en poussant quelques enquêteurs à fouiner pour révéler les informations qui dérangent… Après avoir soutenu sans réserve le nouveau pouvoir ivoirien, les partenaires d’Abidjan ne cachent plus leurs inquiétudes face à la persistance de la corruption et de la mauvaise gouvernance. L’ambassade de France a ainsi envoyé un rapport au ministère de l’Économie et des Finances, à Paris, pour attirer l’attention sur ce phénomène. Et l’État français aurait alerté le président, Alassane Dramane Ouattara, sur ce sujet.

Certaines multinationales haussent elles aussi le ton. Le groupe pétrolier Chevron, entré en négociation en 2012 pour obtenir des permis d’exploration, a par exemple fait part de ses difficultés au Congrès américain. Les autorités ivoiriennes elles-mêmes reconnaissent le problème. D’après le Secrétariat national à la gouvernance et au renforcement des capacités (SNGRC), 85 % des Ivoiriens sont confrontés quotidiennement à la corruption, au népotisme et au favoritisme. Début juillet, l’ONG Human Rights Watch dénonçait à son tour un racket à grande échelle imposé par les forces de sécurité dans l’Ouest. Et d’après Méïté Sindou, secrétaire général du SNGRC, la Côte d’Ivoire figurerait parmi les 50 pays les plus corrompus du monde.

Les ambassades s’inquiètent, les groupes étrangers haussent le ton…

Mauvais signal

Classique en Afrique ? Peut-être, mais alors que la Côte d’Ivoire, grâce au soutien des bailleurs, tutoie les 10 % de croissance, ces errances laissent planer le doute sur sa capacité à devenir une économie émergente. Si beaucoup de chefs d’entreprise ont appris à s’accommoder de cette situation, cela reste un très mauvais signal envoyé aux investisseurs potentiels, estime un avocat d’affaires : « Les avions et les hôtels sont pleins, pourtant les nouveaux projets sont rares. J’ai été approché par des entreprises espagnoles, françaises, brésiliennes, mais rien ne s’est concrétisé. Il y a trop de décisions arbitraires. » Pour étayer ses propos, le juriste raconte la colère du chef de l’État après la vente par l’opérateur MTN de ses tours télécoms, en octobre 2012 : « Le directeur des Finances extérieures a dû expliquer illico pourquoi il avait autorisé le transfert de ce résultat vers la maison mère. Il est clair que, si elle avait été mise au courant plus tôt, la présidence aurait bloqué l’opération sans réelle justification. Mais quel message veut-on faire passer aux multinationales qui s’apprêtent à faire des bénéfices ? »

La mauvaise gouvernance pourrait aussi représenter un obstacle à la diversification des partenaires économiques. « De plus en plus de groupes cherchent à prévenir le risque pénal lié à la corruption. Certaines situations, si elles sont identifiées en amont, peuvent justifier l’abandon d’un projet d’investissement », confirme Bénédicte Graulle, une avocate spécialisée en droit pénal des affaires. L’administration ivoirienne figure bien souvent au premier rang des accusés. Même les décisions de justice sont remises en cause par des entreprises publiques. Reconnu propriétaire d’une forêt de 23 000 ha, Adou Nioupin se bat par exemple toujours contre la Société de développement des forêts (Sodefor), qui tente par tous les moyens d’en prendre possession.

Hic

Pourtant, l’assainissement du climat des affaires et l’amélioration de la gouvernance sont des priorités, comme le rappelait le 21 juin le président Ouattara à l’occasion du quatrième Forum des marchés émergents d’Afrique, organisé à Abidjan. « Des avancées ont été réalisées, notamment avec l’instauration d’un guichet unique pour la création d’entreprise et l’entrée en fonction du En 2011, le marché de la rénovation des universités avait été attribué de gré à gré. De quoi alimenter les doutes. © Olivier/JAtribunal de commerce », observe Jean-Noël Amantchi Gogoua, économiste au bureau abidjanais de la Banque mondiale. « Le hic, c’est que ce tribunal peut être contourné, car il n’y a pas, en appel, de juridiction spéciale chargée des affaires commerciales », nuance Laurent Ehounou Malan, président de l’association Transparency Justice.

Principal moteur de la croissance, les investissements publics font l’objet de nombreuses interrogations. Dernière grosse affaire : l’attribution, en avril, de la concession du second terminal à conteneurs du port d’Abidjan au consortium conduit par Bolloré – alors que le groupe français exploite déjà le premier terminal. Non seulement le gouvernement a ainsi entériné la constitution d’un monopole, mais il a sélectionné sur la base d’une offre financière avantageuse le dossier ayant obtenu la moins bonne note technique. Selon Jean-Louis Billon, ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME, l’absence de clarté dans le processus de sélection serait en outre à l’origine du retrait du singapourien PSA, l’un des premiers opérateurs portuaires mondiaux.

Bien avant l’affaire Bolloré, l’attribution, en 2011, du marché de la rénovation des universités avait alimenté les premiers soupçons quant à la survivance de mauvaises pratiques. Désigné vainqueur sans mise en concurrence, l’homme d’affaires Sidi Kagnassi était complètement étranger au secteur du bâtiment. In fine, l’enveloppe budgétaire a explosé : plus de 168 millions d’euros contre une estimation initiale de 72 millions. Depuis, d’autres contrats passés dans les mêmes conditions, comme celui remporté en 2012 par Port Sécurité (entraînant une hausse de plus de 1 000 % des redevances de sécurité et de sûreté portuaires à Abidjan), ont nourri la polémique.

Dénoncée par tous les observateurs, de la Banque mondiale à l’Union européenne, l’inflation des marchés octroyés de gré à gré est devenue phénoménale. L’an dernier, ils représentaient 40 % du montant des contrats publics et ont même atteint 60 % au premier trimestre 2013. Dans une économie saine, cela ne dépasse pas 10 % à 15 %, selon un expert du FMI. Pour le gouvernement, c’est la nécessité de relancer l’économie au plus vite qui justifie la méthode. À cela s’ajoute l’impact de l’aide de la Chine, qui impose ses entreprises pour réaliser les travaux qu’elle finance, explique un conseiller de Kaba Nialé, ministre chargée de l’Économie.

Port d’Abidjan : polémique autour de Port Security
Côte d’Ivoire : Billon se lâche contre Bolloré
Sidi Kagnassi à l’assaut du BTP

Lire l’article sur Jeuneafrique.com : Côte d’Ivoire : corruption et favoritisme demeurent
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Pressions

L’attitude de certains responsables politiques vis-à-vis des instances ayant un droit de regard sur la passation des appels d’offres est préoccupante. Ainsi, le ministère des Transports refuse toujours de confier la manutention aéroportuaire d’Abidjan à Europe Handling, en dépit de l’avis juridiquement exécutoire de l’Autorité nationale de régulation des marchés publics (ANRMP). « Nous sommes parfois l’objet de pressions, reconnaît Non Karna Coulibaly, président de l’ANRMP. Mais c’est en prenant des décisions courageuses que nous resterons crédibles. »

Avec l’adoption prochaine d’une loi sur la corruption, le gouvernement pourrait redorer son blason. À moins que l’exécutif ne continue de faire preuve de frilosité. « Si le principe de la déclaration de patrimoine des élus a été retenu, la haute autorité chargée de la lutte contre la corruption est devenue, dans le projet qui doit être soumis au Parlement, une coquille vide privée d’un pouvoir juridictionnel autonome », estime Méïté Sindou, du SNGRC. Quant au délai de prescription, il a été ramené à un an après la révélation des faits, quand il est de plus de dix ans dans d’autres pays…

Faut-il faire le ménage parmi le personnel politique, dont une partie était aux affaires avant la crise postélectorale ? « Le président Ouattara n’est pas du genre à régler des comptes en public, analyse un diplomate européen. Sa méthode consiste plutôt à miser sur les élections, avec l’idée qu’au bout de la deuxième ou troisième échéance, les plus mauvais seront évincés. » Au risque de retarder d´autant l´émergence ivoirienne ?

L’administration peine à faire sa mue

Minée par de mauvaises habitudes, l´administration ivoirienne n´a pas encore entamé sa mue.

Les douaniers, par exemple, sont sous le feu de la critique. Selon un concessionnaire, plus de 100 000 motos chinoises seraient entrées illégalement dans le pays en 2012, faussant le jeu de la concurrence, menaçant la santé du secteur et entraînant un manque à gagner pour l´État de 30 millions d´euros. Et on ne compte plus les cas de sous-déclarations sur les importations et les exportations pour faire baisser les taxes. Autant de manquements à l´éthique souvent justifiés par les faibles traitements perçus par les 100 000 fonctionnaires du pays (les policiers de l´aéroport d´Abidjan ont ainsi longtemps été accusés d´arrondir leurs fins de mois en se livrant au racket). Pour changer la donne, le gouvernement songe à revaloriser les salaires dans la fonction publique, après avoir décidé de rétablir le principe de la notation au mérite. J.C.

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Source: CONNECTION IVOIRIENNE

BLE GOUDE TORTURE PAR LE REGIME OUATTARA

CHARLES BLE GOUDE 2.jpg

Ses avocats confirment des sévices corporels graves et des traitements inhumains.

 

Le président du Cojep, Charles Blé Goudé, en résidence protégée dans un lieu tenu secret depuis son extradition du Ghana le 17 janvier par le régime Ouattara, a subi des sévices corporels graves et des actes de torture inimaginables, selon ses avocats lundi à Abidjan.

Ce n’est que vendredi dernier que le président du Cojep a bénéficié de la visite de ses avocats, la deuxième après celle du 30 janvier, dans le bureau du juge d’instruction.

Selon ces derniers, Blé Goudé "dort quasiment nu à même le sol, ne voit pas la lumière du jour, ne bénéficie pas de soins médicaux et n’a droit qu’à un seul repas par jour".

"Nous avons rencontré un homme fatigué, amaigri et portant les séquelles de la torture et des traitements cruels, inhumains et dégradants dont il est l’objet depuis son arrestation", ont-ils déploré, avant d’"exiger" son transfèrement dans une maison d’arrêt.

Le ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo qu’il fut a été inculpé le 21 janvier de "crimes de guerre" mais aussi d’"assassinats, vols en réunion, dégradation et destruction de biens d’autrui", par le régime Ouattara, qui n’a jusqu’à présent pu apporter la moindre preuve des allégations portées à son encontre.

 

Serge Touré


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 06 août 2013

MICHEL GBAGBO, AFFI NGUESSAN ET 12 AUTRES PRISONNIERS POLITIQUES DE OUATTARA, LIBRES!

 

MICHEL GBAGBO SORTI DE PRISON.jpg

Voici la première image de Michel Gbagbo libre. Pour l'avocate de Michel Gbagbo, sa libération provisoire est une décision "politique" et non "judiciaire" (Le Nouveau Courrier).

MICHEL GBAGBO.jpg

Michel Gbagbo hume l'air frais de la liberté. Après plus de deux ans de prison "cadeau" (Kouamouo).
Michel Gbagbo, obligé d'être exfiltré de la foule en larmes (Franck Toti).

AFFI NGUESSAN LIBRE.jpg

Affi Nguessan enfin libre!

Tous les autres prisonniers politiques et militaires de Ouattara doivent être libérés. La réconciliation nationale ne peut survenir sans cela.

Le régime Ouattara a procédé lundi à la libération provisoire de 14 prisonniers politiques, selon une source officielle.

Les prisonniers libérés sont :

1- Pascal Affi N’guessan
2- Koua Justin
3- Bro Grébé
4- Michel Gbagbo
5- Aboudramane Sangaré
6- Alcide Djédjé
7- Lida Kouassi Moïse
8- Kuyo Téa Narcisse
9- Alphonse Douati
10- Gouverneur Philippe Henri Dacoury Tabley
11- Seka Désiré
12 -Colonel Konandi Kouakou
13-Djro Nomel Jonas
14- Sokoury Bohui

Eric Lassale

Source: IvoireBusiness

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REACTIONS DE LIDER A LA REMISE EN LIBERTE PROVISOIRE DE 14 PRO-GBAGBO


Réaction de Mamadou Koulibaly, président de LIDER : C’est une bonne nouvelle mais qui interroge nos libertés individuelles et notre conscience démocratique. On ne m’a pas expliqué à l’époque pourquoi ils étaient en prison. On ne nous expliquera pas non plus pourquoi ils sortent de prison sans jugement. Je pense que quand un président et son gouvernement peuvent emprisonner les gens sans raisons valables et les libérer de la même façon nous avons un grave déficit de justice. Libérer ceux qui sont en prison, c’est bien. Mais à quand la libération de ceux qui ne sont pas prison? Le peuple entier attend d’être libéré par une justice juste et une réconciliation vraie. Il faut en finir avec les abus de pouvoir.

Réaction de Benson de Gnacabi, Délégué national à la Communication : Je me rends compte que dans notre pays, il y a des gens qui ont le droit de vie ou de mort sur nous. On peut vous arrêter quand on le veut et vous libérer quand cela nous arrange. Drôle de démocratie !

Réaction de Mohamed Sylla, Délégué national aux Réformes institutionnelles : 14 prisonniers politiques mis en liberté provisoire. C’est un bon pas dans le sens de la décrispation et l’apaisement du débat politique. Cette fois, c’est un bon point pour le gouvernement qui donne pour la première fois un gage de sa volonté à aller vers la réconciliation. Gageons toutefois que la lumière sera faite, un jour, sur tous les crimes des crises successives que nous avons connues, car l’arbre malade et défraîchi de la démocratie ivoirienne s’est suffisamment abreuvé du sang des Ivoiriens. Ravis pour ces prisonniers qui retrouveront leurs familles. Je ne peux cependant m’empêcher d’avoir également une pensée pour tous les Ivoiriens anonymes qui ont perdu la vie, pour toutes ces familles qui ne verront jamais leurs proches revenir. A un moment, il faudra mettre fin à ce cycle macabre. La Côte d’Ivoire nouvelle ne peut résulter que d’une nouvelle volonté politique commune. Ne pas démissionner devant une pareille tâche implique certes un grand effort tant individuel que collectif, mais cet effort est tout simplement le prix du futur.

Nathalie Yamb, Conseillère exécutive du Président : C’est une nouvelle preuve de l’arbitraire et de l’aliénation de la justice en Côte d’Ivoire. On arrête des gens sans motif, on les garde en prison sans les juger et on les libère, mais provisoirement, toujours sans motif et sans jugement. Je me réjouis pour ceux qui ont été libérés et leurs familles. Mais c’est un jour noir pour la justice, l’état de droit et la démocratie en Côte d’Ivoire.

Lider 142, militant : Libération des 14 pro-Gbagbo ou la démonstration par l’absurde de l’abus du pourvoir Rdr de Ouattara. Comme un film qu’on regarde pour la énième fois, on savait déjà que ça allait se terminer ainsi. Bien sûr, il faut être heureux pour les élargis car être détenu des années durant, pour rien pourrait-on dire, n’est pas le destin qu’un homme simple ou un homme politique voudrait se tracer. Personnellement, je salue cette libération arrachée par tous ceux qui ont encore le courage de montrer à ce pouvoir sa laideur et ses abus caractériels. Mais derrière cette libération, qui, nous l’espérons, a été arrangée dans un studio politique de bonne foi, se dressent les abus ostentatoires d’un pouvoir qui commence à voir que l’intempérance et les torts inutiles ne sont pas la solution. La liberté est provisoire? Pourquoi et jusqu’à quand? En tout état de cause, il ne faudrait pas que ce soit le « tais-toi si tu veux rester dehors« . Surtout que derrière cette libération provisoire, il ressort clairement l’incapacité révoltante de la justice ivoirienne sous Ouattara à rendre justice. La Solution avait promis une justice qui travaille et non une justice qui circule pour prendre une décision politique à la fin. Que la liberté germe dans ce pays mien!


Source: LIDER-CI.ORG

SECOURS A AWA EHOURA, L’AVENTURE CONTINUE: NE BAISSONS PAS LES BRAS, REDOUBLONS D’ARDEUR!

 

AWA ET FERNAND - 29 DECEMBRE 2012.jpg

Awa Ehoura et Fernand Dindé, le 29 décembre 2012


Chers frères, sœurs et amis,

 

Il y a une année et demi, en janvier 2012, nous avons lancé une opération de secours à la bien-aimée sœur AWA EHOURA, anciennement journaliste, grande malade du diabète, sans ressources et licenciée de la RTI (Radiodiffusion Télévision Ivoirienne), après avoir vu ses comptes gelés pendant de longs et interminables mois (en raison de son état de santé fortement déclinant), puis dégelés par le nouveau régime ivoirien.

Aujourd’hui, AWA ne travaille plus, n’a même plus de source de revenus, partiellement handicapée par la maladie, elle est extrêmement vulnérable et garde de graves séquelles de son manque prolongé de médicaments pendant la crise postélectorale et après les sanctions de la nouvelle direction de la RTI (forte baisse de la vue, problèmes neurologiques récurrents, difficultés de déplacement heureusement en amélioration).

Elle ne dépend plus que de dons d’ivoiriens modestes et d’amis à l’étranger qui ont bien voulu répondre à nos appels successifs. Devant l’essoufflement des premiers donateurs, nous avons dû lancer une nouvelle opération fin 2012 (novembre) qui nous a permis d’enregistrer l’arrivée dans notre chaîne de solidarité de nouveaux donateurs et – en plus des médicaments et des soins divers (qui s’évaluent à 200.000 F CFA par mois, soient 305 EURO) – de prendre cette fois-ci en compte, avec l’accord de tous, ses besoins domestiques (200.000 F CFA supplémentaires pour son alimentation contrôlée, les charges scolaires et sociales de ses enfants et quelques divers). Une cinquantaine de personnes qui l’ont porté à bout de bras jusqu’à ce jour. A cette date, il n’y a plus véritablement qu’une dizaine de personnes qui nous apportent leurs dons régulièrement pour la bien-aimée sœur. De sorte que nous ne parvenons plus à lui apporter le montant mensuel dont elle a besoin pour « tenir le coup ».

Face à ces signes évidents d’épuisement des contributeurs, nous voulons par ce nouveau post, susciter une nouvelle vague d’adhésion à l’opération de soutien à AWA EHOURA, pour les 6 mois restants de l’année 2013. Seulement 6 mois.

Nous profitons de cette occasion pour dire un MERCI INFINI à tous les généreux donateurs qui nous ont soutenus jusqu’à ce jour (dont certains continuent l’aventure depuis 2012) et demander aux dizaines de personnes qui, dans un élan initial de compassion, ont inscrit leurs noms sur nos listes comme donateurs pour apporter leur aide à AWA et qui, depuis, n’ont plus donné le moindre signe de vie, de bien vouloir réaffirmer ou concrétiser leur adhésion, en commençant à nous apporter effectivement leurs contributions. Ce n’est pas du luxe pour la sœur, je peux vous l’assurer, pour la pratiquer tous les jours ; c’est sa vie.

S’il y a donc des gens qui aiment encore AWA EHOURA ou qui l’ont aimée ne serait-ce qu’un jour (comme nous aimons à le dire), qu’ils nous viennent en aide pour garder cette sœur en vie et continuer à lui donner le sourire qu’elle a retrouvé grâce à cette opération, malgré son état encore fragile et sa dépendance totale vis-à-vis de nous.

L’idéal pour nous, c’est qu’à la fin de cette année, nous installions AWA dans une activité génératrice de revenus qui puisse lui permettre de se prendre en charge. Un appel sera, à cet effet, bientôt lancé. Et nous aurons fortement besoin des contacts de nos frères footballeurs en Occident et hommes d’affaires divers aux quatre coins du monde. Si vous les avez (ne serait-ce que pour un seul d’entre eux), prière instante de nous les faire parvenir. Il faudrait que ce soit quelque chose de vraiment marquant et inoubliable. En tout cas, c’est ce que nous espérons. Mais c’est le SEIGNEUR ETERNEL qui dispose de toutes choses. Pour l’heure, parons au plus urgent : sa survie !

La collecte des dons pour le compte du mois de JUILLET 2013 est ouverte depuis le début de ce mois d’Août. Ivoiriens de tous bords politiques, de toute obédience, de toute région et de toute confession, vous êtes interpellés et appelés au secours. Quoi qu’on dise d’elle ou qu’on lui reproche, AWA EHOURA reste notre sœur et mérite notre compassion. Et notre pardon, s’il en faut. Aidons-la. Sauvons-la. DIEU que nous invoquons tous et dont nous nous réclamons d’une manière ou d’une autre, nous le revaudra.

Nous prions donc tous les nouveaux donateurs qui veulent se joindre à nous, dans cette merveilleuse opération d’amour, pour les 6 mois à venir, de bien vouloir s’inscrire, avec l’indication du montant de leur contribution et sa fréquence, auprès de :


1-DINDE Fernand AGBO

Cell. (225) 07 04 71 11

dindefernand2@yahoo.fr


2-AHOGNY Raphaël (Riviera 3)

Cell. (225) 05 46 02 84


3- KONAN Isidore (Plateau)

Cell. (225) 08 08 01 11


Ou tout simplement, la contacter directement pour un don ou des paroles de réconfort qui lui feront énormément de bien. Elle en a besoin:

Tabitha Awa EHOURA

Cell. (225) 01 37 70 75.

 

Que la paix et la grâce de DIEU soient sur vous tous !


DINDE Fernand AGBO

lundi, 05 août 2013

VISITE ANNONCEE DE SORO A GAGNOA: L’AMBASSADEUR ABIE HERVE-BRICE ECRIT A GUILLAUME SORO

 

DR ABIE HERVE-BRICE.jpg

Monsieur le Premier Ministre, cher frère,

 

J’ai appris que tu iras bientôt à Gagnoa, chez toi. Je voudrais juste te rappeler que je ne serai pas à l’accueil, pour des raisons bien évidentes d'exil forcé.

Aussi, si tu as bien reçu la lettre de notre grande soeur Marie Odette Lorougnon, verras- tu que le vieux n’est pas à Mama non plus. Quand tu t'arrêteras à Gnaliepa,comme tu l'as prévu, tu constateras ce que Marie Odette disait dans sa lettre, à propos de la mère du vieux. Elle n'y sera pas.

Elle a dû rallier le Ghana à  plus de 90 ans, sur une pirogue lorsque les tueurs de ton ‘armée ‘ semaient la terreur à Gnaliepa justement. Et jusque là, elle est toujours au Ghana, en exil. Avec tous ses autres enfants et petits enfants. Sauf Michel que vous avez pris en otage, ton patron et toi.

Tu passeras sûrement par Kpapekou. Alors là, tu trouveras ton partenaire dans le sang qui, souviens toi, avait juré aux premières heures de ta rébellion, boire un jour dans le crâne du vieux. Mais par la grâce de Dieu, ce vil dessein n'a pas pu être accompli. Oui, le rebelle qui fait aujourd’hui la pluie et le beau temps à Gagnoa, ne manquera certainement pas de te faire visiter son nouveau domaine en finition, fruit de sa part du gâteau obtenu lorsque vous avez versé le sang des ivoiriens que tu dis aimer tant, avant de faire main basse sur les banques et autres ressources, dans les régions, sous le contrôle de ta milice.

J’ai lu dans la presse que tu iras aussi dans le village de ton ancien secrétaire à l’organisation, le ministre Blé Goudé Charles. Si tu ne l’y trouves pas, tu n'en seras pas surpris puisqu'il est détenu dans  une "résidence protégée" selon le gros bras de votre patron.

Cher frère,

Pour revenir au sujet de ma lettre, permets moi de te ramener à celle de notre grande-soeur Marie-Odette Lorougnon.

Oui Frère, tu vas à Gagnoa pour te moquer des parents du vieux. Tu le fais parce que tu sais que le vieux n’est pas rancunier. Il ne t’en voudra pas, il n’en veut d’ailleurs à personne. Même pas à ton patron dont il n’a plus prononcé le nom depuis plus de 2 ans. Il prie, il prie sans cesse, pour que le sang humain que vous continuez de boire ne vous passe pas de travers et qu'un jour, vous ayez compassion des ivoiriens.

Mais en le faisant frère, tu toucheras à la dignité des filles et des fils de Gagnoa. Et ça tu risques de le payer cher, tôt ou tard…

Puisque tu vas à Gagnoa pour narguer les parents de Gbagbo et pour mettre des fétiches dans la maison du vieux, comme nous le rapportent certains de vos proches, tu ne manqueras donc pas de donner tous les détails de tes prouesses pour les convaincre définitivement de ce que le superheros, c’est bien toi.

C’est pourquoi frère, je te prie de ne pas oublier les détails suivants:

- Dis aux parents du vieux, ce paisible peuple, que tu es responsable de tous les malheurs qui s’abattent sur eux. Dis leur que c’est toi qui, pour aider ton patron a attaqué le regime de leur fils et que tout ce que nous vivons aujourd'hui est parti de là.

- Dis aux parents du vieux que tu n’as jamais respecté aucun des accords que tu as signés avec leur fils pour ramener la paix en Côte d’Ivoire, après avoir divisé le pays en deux et tué des milliers d’ivoiriens pour asseoir ta milice.

- Dis aux parents du vieux que tu as essayé en vain de le convaincre de te maintenir comme premier ministre. Dis leur que le vieux avait effectivement gagné les élections mais comme il avait refusé ta proposition de te garder premier ministre après sa victoire, tu as decidé de rester dans ton milieu naturel. Oui, là où il t’était plus aisé de marchander le poste de premier ministre avec tes rebelles qui de toutes les façons comprendraient difficilement que tu leur demandes de suivre le vieux, c’est à dire quelqu’un qui n’aime pas le sang. Ne dit t-on  pas que c’est  toi qui, au plus fort de vos incertitudes dans “le Golf” proposa à ton patron ”l’ingénieuse” idée de faire tuer les ivoiriens autant que faire se peut, même ceux de votre camp, car c’est ce que Gbagbo n’aime pas?!!

- Dis aux parents du vieux, comment tu as aidé à massacrer 2.000 jeunes civils qui s'étaient constitués en bouclier humain devant la résidence de leur fils afin que ce dernier ne soit pas tué, selon vos vœux chers. N'as-tu d'ailleurs pas dit que si Gbagbo a eu la vie sauve, c'est grâce à toi?  Cela ne veut-il pas pas dire que ordre a été donné pour qu'on élimine le vieux? Va donc plus loin, cher frère, en disant à nos parents qui a donné l'ordre de tuer le président Gbagbo. Sarkozy ou Ouattara? Nous voulons le savoir. L'occasion t'en sera donnée à Gagnoa.

Tiens, j’allais oublier!

Quand tu seras à Kpapekou, tu demanderas à ton partenaire dans le sang de te conduire chez moi. Là, tu diras à mes parents que c’est toi qui a fait venir les rebelles qui tuaient et cassaient tout sur leur passage. ils auront sûrement le coeur en paix quand ils verront enfin  le  super héros  qui est à la base de la mort de leur fille, ma tante Abie solange décédée dans la brousse où elle avait trouvé refuge pour échapper à tes "vaillants guerriers".  Malade en pleine forêt et contrainte de ne plus se soucier que de la nourriture, elle a fini par y trouver la mort au grand plaisir de ses nouveaux compagnons et  amis de circonstance: les animaux sauvages et autres bêtes de la forêt…  Mais ne t’en fais pas frère, je ne t’en veux pas. J’espère que ton patron et toi, vous me permettrez un jour de venir m’incliner sur sa tombe…. En attendant je prie. Je continue de prier pour ne pas devenir méchant à mon tour…. Amen!

Cher frère, tu m’en voudras certainement si je ne dis rien sur la vraie raison de ton voyage, ô combien mediatisé sur Gagnoa, chez toi.

Tu sais , chez nous à Accra on dit: ‘ton intelligence te fatigue’… Tu vas à Gagnoa frère, pour préparer le terrain par rapport à ce que tu vois venir. Tu sais très bien ce qu’il faut faire pour ne pas aller en prison à la Haye.Et tu sais qu'un Gbagbo à la CPI, c'est la garantie que ta cellule t'y attend. Mais, tu n’as plus vraiment toutes les cartes en main et la CPI ne ratera aucune occasion pour te coincer. C’est donc le moment de créer les conditions pour te positionner du bon côté de la conscience comme tu as su, si souvent le faire. En allant dans le village de Gbagbo, tu veux non seulement montrer aux juges de la CPI que si tu peux y être et t'y pavaner à loisir, c'est parce que tu n'as rien fait et que même son village sait que c'est Gbagbo qui est à la base des malheurs des ivoiriens, mais tu veux aussi convaincre les populations de Gagnoa que tu es le seul qui peut sortir leur fils des mains de la justice internationale. C'est pourquoi, pour rien au monde, tu ne manqueras de répéter ton mantra aux parents du vieux, que "si Gbagbo est encore en vie, c’est bien grâce à toi". Tu ajouteras aussi, assez prudemment, que ton patron ayant un coeur plein de haine inutile, le moment est venu de se serrer les coudes; et que c’est fort de leur soutien seulement, que tu arriveras à obtenir la libération du vieux...

Les gens de Gagnoa te recevront, certainement, mais le coeur en peine. Ils n'ont pas le choix parce qu'ils ont peur de ta horde de sauvages. Ils ont trop subi les affres de cette milice que tu oses appeler ton armée pour oser se rebeller contre toi. Mais Frère, ta manipulation,cette fois, ne prospérera que le temps d’une visite.  Tout le monde connait désormais ton jeu. Tu ne réussiras pas à arrêter le cours de l’histoire tel que décidé par Dieu, même si dans ton milieu tu es désormais considéré comme un dieu.

Gbagbo sortira de prison parce que innocent, et le monde saura qui a engendré la guerre en Côte D'Ivoire et de ce fait tué des milliers et des milliers de civils. La libération de Gbagbo et cette vérité sur les vrais responsables des massacres des ivoiriens entraîneront à coup sûr la réconciliation effective des fils et filles de notre beau pays.

Frère, je voudrais m'arrêter ici, et te présenter mes excuses, à toi et à tous nos frères, à qui tu passeras ma lettre pour commenter avec eux la déception qu’elle provoquera, surtout venant d’un frère. Mais on en reparlera certainement un jour quand on se retrouvera avec tous les autres. Je pense à OK,  Kabila, Pickas, Navigue, Zeguen et tous les autres qui sont aujourd’hui exclus du ‘vivre ensemble’. Bien sûr,  si Dieu permet que nous soyons tous en vie, libres et bien portants  quand l’heure aura sonné. D’ici là, porte toi bien , bon séjour sur la terre de mes ancêtres et que mon Dieu te garde.

 

Ton frère,

Dr Hervé-Brice ABIE ZOGOE

 

Médecin. Ancien Ambassadeur de la Côte  d’Ivoire en Afrique du Sud,

Ancien représentant du FPI en Afrique du Sud.

Fils de Gagnoa, en exil.

dimanche, 04 août 2013

LE PERE JEAN-CLAUDE DJEREKE ASSOMME OUATTARA: «POURQUOI LES IVOIRIENS NE PEUVENT PLUS ATTENDRE»


ALASSANE OUATTARA.jpg

Jean-Claude DJEREKE interpelle Ouattara.

 

Les présidents élus démocratiquement et ayant relativement bien travaillé pour leur pays attendent habituellement les dernières semaines pour se déclarer candidats à leur propre succession. Dramane Ouattara, lui, a déjà annoncé, à maintes reprises et lors de ses déplacements à l’étranger, qu’il sera au rendez-vous de la présidentielle de 2015 malgré une gestion catastrophique de la Côte d’Ivoire.

Comme si la tâche était trop ardue pour lui. Et pourtant, ses adeptes et parrains, aussi intéressés les uns que les autres, l’avaient présenté comme le meilleur économiste et le plus grand démocrate que la terre ait porté. Même Mamadou Koulibaly a commencé à déchanter après l’avoir adoubé en assistant à son investiture à Yamoussoukro. L’ex-président de l’Assemblée nationale, dont je n’ai jamais su ce qu’il espérait ou attendait en retour de ce soutien à celui qui a introduit la violence dans le jeu politique ivoirien depuis 1991, considère en effet la chasse aux sorcières, le détournement des deniers publics, le rattrapage ethnique, les atteintes aux droits de l’homme, le chômage grandissant, l’inflation galopante, le pillage des ressources naturelles par toutes sortes de mafias, la caporalisation des médias d’État comme autant de “merveilles sous Ouattara”. Koulibaly note aussi que les questions relatives à la nationalité et au foncier rural ne sont soulevées que “pour détourner l’attention des populations sur la mauvaise gouvernance et les grandes déceptions, pour remobiliser un électorat qui, par le passé, a été très sensible à son discours identitaire”. Le président de “Liberté et démocratie pour la République” (Lider) termine sa réflexion en souhaitant (et c’est, à mon avis, le point le plus intéressant de son texte) que “l’émerveillement béat et fataliste fasse place à l’éveil des consciences et à l’action”.

Agir et non s’émerveiller, se lever ensemble pour dégager pacifiquement ce régime incompétent, prédateur et totalitaire au lieu d’attendre je ne sais quel “deus ex machina” qui viendrait nous débarrasser comme par enchantement de ce système avilissant, clochardisant et étouffant: tout est là.

Où que nous soyons, nous pouvons et devons faire quelque chose pour libérer notre pays de la tutelle française car c’est de cela qu’il s’agit en définitive. Derrière les pantins qui se sont appuyés sur des raisons fallacieuses pour attaquer notre pays le 19 septembre 2002 et qui ont été installés au pouvoir le 11 avril 2011 d’une maniere que tout le monde sait, se trouve en effet une France néocolonialiste, affairiste et raciste qui, pour forcer Laurent Gbagbo à la laisser disposer et jouir de la Côte d’Ivoire comme au temps d’Houphouët-Boigny, ne trouva pas d’autre moyen que d’armer des incultes et des bandits. Cette France qui tantôt combat les rebelles au Mali, tantôt les soutient en Syrie, c’est ensemble, Ivoiriens de l’intérieur et de la diaspora, que nous devons lutter contre elle. C’est le lieu de dire un mot sur ceux qui ont quitté le pays avant ou après le 11 avril 2011. Le général Charles de Gaulle et d’autres résistants français, eux aussi, avaient quitté leur pays. Se tournaient-ils les pouces ou jouaient-ils aux cartes à Londres pour autant? Y faisaient-ils du tourisme? Non! Nuit et jour, ils sensibilisaient les Anglais et Européens capables de peser sur le destin de la France occupée par l’Allemagne nazie, encourageaient les résistants français restés sur place, prenaient des initiatives pour la libération de leur pays. Il y eut aussi cet appel à la résistance lancé par de Gaulle sur les ondes de la British Broadcast Corporation (BBC), le 18 juin 1940. Nul doute qu’il fut décisif pour la suite des événements. Inutile donc de penser que la libération de notre pays sera l’affaire des seuls locaux et que ceux qui sont partis un jour ont abandonné la lutte et oublié le pays. On raconte qu’un Brazzavillois, fraîchement arrivé à Paris, rencontra Tchicaya U’tamsi. Après l’avoir salué, il lui demanda si le Congo ne lui manquait pas. Le poète lui aurait donné la réponse suivante: “Toi, tu es au Congo mais moi, le Congo est en moi. Je le porte toujours dans mon cœur.” Je ne crois pas que les Ivoiriens exilés ici ou là soient partis de gaîté de cœur. Mon intime conviction est que c’est la mort dans l’âme qu’ils ont été contraints de le faire et que, quoique vivant loin de la patrie, ils n’en continuent pas moins de la porter dans leur cœur et de lutter pour qu’elle n’échappe pas définitivement aux Ivoiriens. C’est cela qui importe le plus aujourd’hui. L’enjeu, ce n’est pas de savoir qui est resté ou parti mais d’agir, de s’engager, de se retrousser les manches pour empêcher la destruction de la Côte d’Ivoire, le seul pays à même de nous traiter comme des princes et des princesses.

Et plus tôt nous agirons, mieux cela vaudra pour la Côte d’Ivoire rendue méconnaissable en dépit des discours lénifiants sur une croissance économique à deux chiffres, un pays en chantier, la ruée des investisseurs, l’accession à l’émergence en 2020, etc. Soit dit en passant, l’émergence n’a pas de sens pour un pays quand les populations s’appauvrissent jour après jour, tout comme affirmer que “l’argent ne circule pas parce qu’il travaille” est une sottise. Le candidat Alassane Dramane avait promis de construire une université par an, de sanctionner tous les coupables de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité, de faire pleuvoir des milliards sur le pays, de donner du travail aux jeunes, de rendre propres Abidjan et les autres villes, de faire oublier les intempestives coupures de courant observées sous l’ancien régime, de constituer une armée républicaine, d’ouvrir la Radio et la Télévision ivoiriennes (RTI) à toutes les formations politiques, etc. Ces promesses ont-elles été réalisées? Non! Mais il y a pire que cela en ce sens que Dramane continue de promettre monts et merveilles ici et là alors qu’il est censé réaliser d’abord celles qu’il avait faites en 2010.

Allons-nous attendre 2020 pour constater que ce monsieur n’est qu’un mystificateur, qu’il n’a aucune solution mais qu’il est le problème no 1 de la Côte d’Ivoire pour avoir prédit qu’il rendrait le pays ingouvernable si sa candidature à l’élection présidentielle était rejetée? Certaines personnes répondront qu’il faut patienter car “tout vient à point à celui qui sait attendre”, d’autres estimeront que tout est dans la main de Dieu et que Celui-ci agira à son heure. Martin Luther King fut confronté à la même question dans une Amérique où les Noirs étaient quotidiennement victimes de mépris, de violence et de discrimination. Sa réponse, il la donna dans “Why we can’t wait” (Pourquoi nous ne pouvons pas attendre), un ensemble de lettres écrites pendant son séjour dans la prison de Birmingham. La lettre “Why we can’t wait”, qui date d’avril 1963, est indiscutablement l’un des textes les plus poignants de l’ancien pasteur d’Atlanta. On y voit un autre Luther ou bien celui-ci s’y dévoile sous un autre jour. Aux Blancs modérés qui reconnaissent le caractère illégitime de la ségrégation raciale, mais qui reprochent aux activistes noirs d’être trop impatients, King répond que “l’Histoire est la longue et tragique illustration du fait que les groupes privilégiés cèdent rarement leurs privilèges sans y être contraints”, que, “s’il arrive que des individus soient touchés par la lumière de la morale et renoncent d’eux mêmes à leurs attitudes injustes, les groupes ont rarement autant de moralité que les individus”, que “la liberté n’est jamais accordée de bon gré par l’oppresseur mais doit être exigée par l’opprimé” et que lui, Luther, ne s’est “jamais engagé dans un mouvement d’action directe à un moment jugé opportun, d’après le calendrier de ceux qui n’ont pas indûment subi les maux de la ségrégation”. Pour lui, le mot “Attendez !” veut simplement dire “Jamais !”. Opposé à une “Justice trop tardive qui est un déni de justice”, Luther King rappelle opportunément que les Noirs ont attendu “pendant plus de trois cent quarante ans les droits constitutionnels dont nous a doté notre Créateur”. Plus loin, il ajoute ceci: “Ceux qui n’ont jamais senti le dard brûlant de la ségrégation raciale ont beau jeu de dire: ‘Attendez !’. Mais quand vous avez vu des populaces vicieuses lyncher à volonté vos pères et mères, noyer à plaisir vos frères et sœurs ; quand vous avez vu des policiers pleins de haine maudire, frapper, brutaliser et même tuer vos frères et sœurs noirs en toute impunité ; quand vous voyez la grande majorité de vos vingt millions de frères noirs étouffer dans la prison fétide de la pauvreté, au sein d’une société opulente ; quand vous sentez votre langue se nouer et votre voix vous manquer pour tenter d’expliquer à votre petite fille de six ans pourquoi elle ne peut aller au parc d’attractions qui vient de faire l’objet d’une publicité à la télévision ; quand vous voyez les larmes affluer dans ses petits yeux parce que ce parc est fermé aux enfants de couleur ; quand vous voyez les nuages déprimants d’un sentiment d’infériorité se former dans son petit ciel mental ; quand vous la voyez commencer à oblitérer sa petite personnalité en sécrétant inconsciemment une amertume à l’égard des Blancs ; quand vous devez inventer une explication pour votre petit garçon de cinq ans qui vous demande dans son langage pathétique et torturant: ‘Papa, pourquoi les Blancs sont si méchants avec ceux de couleur ?’; quand, au cours de vos voyages, vous devez dormir nuit après nuit sur le siège inconfortable de votre voiture parce qu’aucun motel ne vous acceptera ; quand vous êtes humilié jour après jour par des pancartes narquoises : « Blancs », « Noirs » ; quand votre prénom est « négro » et votre nom «mon garçon» (quel que soit votre âge) ou « John » ; quand votre mère et votre femme ne sont jamais appelées respectueusement « Madame » ; quand vous êtes harcelé le jour et hanté la nuit par le fait que vous êtes un nègre, marchant toujours sur la pointe des pieds sans savoir ce qui va vous arriver l’instant d’après, accablé de peur à l’intérieur et de ressentiment à l’extérieur ; quand vous combattez sans cesse le sentiment dévastateur de n’être personne ; alors vous comprenez pourquoi nous trouvons si difficile d’attendre. Il vient un temps où la coupe est pleine et où les hommes ne supportent plus de se trouver plongés dans les abîmes du désespoir.”

Toutes les lignes de “Why we can’t wait” sont si riches et si denses qu’elles mériteraient d’être reprises ici. Mais oserais-je le faire que mon lecteur n’éprouverait plus le besoin d’acheter et de lire le livre.

King a aussi ce passage que je trouve sublime: “Prétendre que le temps, à lui seul, guérira inéluctablement tous les maux, voilà une idée étrangement irrationnelle. En réalité, le temps est neutre; il peut être utilisé pour construire ou pour détruire… Notre génération ne doit pas se reprocher seulement les actes et les paroles au vitriol des méchants, mais aussi l’effrayant silence des justes.

Nous devons admettre que le progrès de l’humanité ne roule jamais sur les roues de l’inéluctabilité. Il n’est amené que par les efforts inlassables et persistants des hommes qui ont la volonté de collaborer à l’œuvre de Dieu. Sans ce dur labeur, le temps lui-même devient l’allié des forces de stagnation sociale”. Les théologiens catholiques soutiennent que le Dieu, qui nous a créés sans nous, ne veut cependant pas nous sauver sans nous. Par conséquent, je considère que l’idée selon laquelle “c’est Dieu seul qui peut nous sortir de cette situation” est non seulement une connerie mais une insulte à ce Dieu-là qui envoya Moïse auprès de Pharaon pour libérer son peuple de l’esclavage en Égypte (Exode 3, 7).

Comme Luther King, je dirais en conclusion que les Ivoiriens ne peuvent pas attendre 2015 ou 2020 pour prendre leurs responsabilités. Le moment est venu de sortir de notre peur et de notre torpeur.

C’est maintenant que nous devons agir. Pourquoi? Parce que, avec la substitution des Guérés par des Burkinabè à l’Ouest de la Côte d’Ivoire et l’octroi de la nationalité ivoirienne à des milliers de Maliens, Burkinabè et Guinéens d’une façon qui ne respecte pas les lois ivoiriennes, nous risquons à terme de devenir étrangers dans notre propre pays. Parce que Dramane Ouattara a été placé au pouvoir pour défendre les intérêts des étrangers (France et CEDEAO) et non ceux des Ivoiriens.

 

Jean-Claude DJEREKE

Auteur de “L’Afrique et le défi de la seconde indépendance” (Paris, L’Harmattan, 2012) et chercheur associé au Cerclecad, Ottawa (Canada).


Source: IVOIREBUSINESS.NET