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lundi, 08 juillet 2013

GNAMIEN KONAN, MINISTRE IVOIRIEN DE LA FONCTION PUBLIQUE: LE MARIAGE HOMOSEXUEL EST «UNE ABERRATION» QUI MARQUE «LA FIN DU MONDE»

  


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Le mariage homosexuel va marquer «la fin du monde», estime le ministre ivoirien de la Fonction publique Gnamien Konan, qui croit savoir que la «postérité» du monde est assurée par les progénitures issues de deux sexes différents. «Le mariage à consentir pour des personnes de même sexe va marquer la fin du monde», a déclaré Gnamien Konan, lors d’une cérémonie publique, samedi à Brobo (Centre, 420 km d’Abidjan).

 

Pour le ministre ivoirien, le mariage homosexuel est « une aberration » et, en Côte d’Ivoire, « l’instaurer sera rompre avec les valeurs culturelles et morales ». Selon lui, « le monde n’aura de postérité que par les progénitures issues de l’union de l’homme et de la femme (car) deux personnes de même sexe ne pourront jamais procréer, donc doter nos sociétés de postérités ».

« Si nous disons que nous travaillons pour nos progénitures, en quoi devons-nous accepter le mariage de deux personnes de même sexe? », s’est-il interrogé.

Cette première sortie publique d’une autorité ivoirienne sur le mariage homosexuel intervient après le soutien financier de 30 millions de francs CFA (45.000 euros) accordé récemment par l’ambassade de France en Côte d’Ivoire à une ONG ivoirienne pour  » la promotion des droits humains et la lutte contre les discriminations en raison de l’orientation sexuelle ».

L’information diversement appréciée avait fait les grands titres des journaux ivoiriens.

Même s’il existe encore des farouches résistances à l’homosexualité en Côte d’Ivoire, l’acte n’est pas pénalisé dans le pays où il paraît même toléré contrairement à plusieurs pays africains qui le considèrent comme illégal et le punissent de peines de prison.

Près de 40 Etats sur la cinquantaine que compte l’Union africaine (UA) condamnent l’homosexualité.

 

Xinhua


Source: LE NOUVEAU COURRIER

COTE D'IVOIRE: LA REBELLION, LA VRAIE CAUSE DE LA MISERE DU NORD (REPONSE AU CLAN OUATTARA)


SORO GUILLAUME ET MME DOMINIQUE OUATTARA.jpg

Pourquoi mentent-ils aussi affreusement?


Réponse à «Ouattara rattrape la misère de Gbagbo»

 

«Ouattara rattrape la misère de Gbagbo», titrait à sa Une le journal "Le Patriote" dans sa parution de samedi dernier. Pour cette autre caisse de résonnance du régime Ouattara, en quête d’arguments pour répondre à Notre Voie, le président Gbagbo serait à l’origine de la misère du nord. En temps normal, une telle bévue particulièrement répugnante pour son caractère grotesque et mensonger mérite un mépris. Mais, pour éviter de se faire complice de cette haute manœuvre d’intoxication de l’opinion sur la situation du septentrion ivoirien, il convient de rétablir la vérité au plus vite. La vérité ici est que ce titre et les malheureuses insinuations qui en découlent sont à la fois ridicules, hypocrites et simplement insultants pour l’intelligence et la mémoire encore fraiche des Ivoiriens et des observateurs de la vie nationale. La vérité est que la misère du nord que le régime et ses relais veulent imputer à Gbagbo a une origine connue de tous. Cette misère a été créée et continue d’être entretenue par la rébellion armée de septembre 2002 qui a occupé pendant dix ans la moitié nord du pays avec pour objectif fondamental d’installer Alassane Ouattara au pouvoir.

Pendant dix ans, cette rébellion ténébreuse et sanguinaire a pris en otage et organisé un pillage systématique des zones sous son contrôle, à commencer par le nord. Les rebelles dont les parrains et soutiens sont connus de tous ont pillé toutes les richesses du nord. Les banques, les entreprises publiques et privées, les micro-finances, les services administratifs de l’Etat, les coopératives agricoles et même les domiciles privés. Sous la menace de leurs armes, les rebelles ont arraché les biens des pauvres populations sans défense. Ils avaient leur caisse noire appelée «La Centrale» dans laquelle ils recueillaient l’argent extorqué aux citoyens à travers des impôts et les taxes parallèles qu’ils ont institués. Les casses des agences de la Bceao ont rapporté plus de 1000 milliards aux rebelles. Toutes les ressources minières, notamment l’or et le diamant, étaient devenues les biens personnels des chefs de guerre. Tout comme le café, le cacao, le coton, l’anacarde qui étaient produits dans les zones rebelles. Tout l’argent tiré de ces trafics et du pillage de l’économie nationale était investi dans les pays complices de la rébellion, dont le Burkina et le Mali ou ailleurs dans le monde. Pendant ce temps, l’Etat, victime de toutes ces déperditions importantes de ses ressources, devrait faire face à ses dépenses de fonctionnement et prendre en charge les responsables et les parrains de la rébellion qui émargeaient tous au sud dans ses caisses appauvries.

Aucun investissement important n’a été fait dans les zones occupées qui échappaient au contrôle du gouvernement légal d’Abidjan. Même Ouattara, qui se présente comme un faiseur de milliards, n’a pas injecté un seul copeck de ses fameux milliards au nord pendant ces dix années de souffrance imposée par la rébellion. Il aura fallu qu’il parvienne au pouvoir d’Etat pour se présenter au nord dans un manteau usurpé d’agent de développement. Comment peut-on s’étonner qu’une région éventrée par ses propres fils au nom d’un combat insensé et dont toutes les richesses ont été pillées connaisse la misère ? A-t-on besoin d’être économiste pour réaliser qu’une région qui est restée aux mains d’une rébellion pendant dix ans est exposée à la misère ? Assurément non ! La rébellion armée qui occupait le nord n’était pas préoccupée par le développement de cette partie du pays. La présence des rebelles étant elle-même antinomique au développement. Les chefs de guerre étaient intéressés par leur enrichissement personnel en attendant la réalisation de l’objectif final, qui était la prise du pouvoir par Ouattara. La preuve, quand le président Gbagbo se battait pour redéployer l’administration dans les zones occupées afin de permettre à ces régions de bénéficier du peu de ressources qui restait à l’Etat, les rebelles s’y opposaient farouchement. Les infrastructures construites par le Comité national pour le redéploiement de l’administration (Cnpra) ont été également pillées et purement détruites. Les fonctionnaires et agents de l’Etat redéployés dans les zones occupées étaient la cible des rebelles et leurs parrains qui avaient intérêt à maintenir le nord hors du contrôle du gouvernement de Laurent Gbagbo pour continuer de le piller. Disons-le tout net. C’est la rébellion armée et ses commanditaires qui ont semé la misère au nord et dans l’ensemble des régions du pays assiégées et pillées pendant dix ans. Cette réalité est sue des Ivoiriens (y compris ceux du nord) et du monde entier. Aucun esprit malhonnête ne peut falsifier l’histoire récente de la Côte d’Ivoire au risque d’étaler sa mauvaise foi maladive et paraître ainsi ridicule aux yeux de l’opinion.

 

Jean Khalil Sell, in le quotidien ivoirien "Notre Voie".


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 07 juillet 2013

ENTENDRE UNE DERNIERE FOIS JULIETTE ANZIAN - ADIEU, CHERE SOEUR!

 

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Nous ne l'entendrons plus sur les antennes de la Radio nationale ivoirienne FREQUENCE 2. Sa voix vient de s'éteindre à jamais.

Juliette ANZIAN est décédée, ce samedi 6 juillet 2013, aux environs de 18 heures, à son domicile de Cocody, d'un mal mystérieux qui l'a emportée, subitement et avec une violence inouïe.

Cette animatrice de charme de FREQUENCE 2, a été rendue célèbre par son émission "MYTHES ET MYSTERES", dans les années 2000, grandement appréciée par les Ivoiriens et singulièrement par les noctambules (l'émission passait de 22 heures 15 à 00 heure).

Elle a été également adulé par le peuple ivoirien à travers son émission "LES CHOSES DE LA NUIT", co-animée avec l'admirable  POL DOKUI.

Et parmi ses émissions les plus écoutées, copiées et partagées sur le Net, figurent ces deux de "MYTHES ET MYSTERES" dont les liens sont indiqués ci-dessous et dont le Pasteur DALI CLAUDE était l'invité. A ces deux occasions, il a été abondamment question de la crise ivoirienne et de son effroyable issue finale. Des documents à écouter et à conserver.

Cette circonstance profondément malheureuse est pour nous l'occasion de les revisiter et d'entendre une dernière fois notre bien-aimée Juliette ANZIAN:


- Graves révélations prophétiques du Pasteur Dali Claude sur la Côte d'Ivoire

- L'explication prophétique de l'Abidjanaise par le Pasteur Dali Claude

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Et en bonus, pour ceux qui n'ont pas la possibilité d'écouter ces fichiers AUDIO:

- Les graves révélations du Pasteur Dali Claude sur la Côte d'Ivoire en version texte


Elle était aussi l'une des pièces maîtresses et la cheville ouvrière de l'émission à succès "TOUKPÊ", émission d'une utilité sociale indéniable, faite de convivialité et de détente, qui exposait nos alliances ethniques à plaisanterie, rappelées à dessein dans le cadre du projet de réconciliation nationale.

Il faut indiquer que déjà en mars 2012, Juliette ANZIAN perdait son binôme de l'émission "TOUKPÊ", le remarquable MISTER DIOUM, et il n'y pas encore une année, son propre père. Cette dernière année de sa vie aura été finalement assez triste.

REGARDS CROISES présente toutes ses condoléances à la grande famille ANZIAN! Que DIEU vous console et vous fortifie!

Adieu, chère soeur!

 

DINDE Fernand AGBO

JULIETTE ANZIAN MEURT A SON DOMICILE

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La mauvaise nouvelle s'est répandue comme une trainée de poudre. Juliette Anzian n'est plus. L'animatrice de Fréquence 2 est décédée de façon subite, ce samedi.



Juliette Anzian est morte. Au moment même où rien ne le laissait présager. Selon ses proches, elle ne présentait aucun signe apparent d'un  quelconque mal pouvant la terrasser.

Seulement, avant-hier jeudi 4 juillet, elle se plaignait d'un asthme qui l'a perturbait quelque peu. Sinon, rien d'alarmant. Personne ne se doutait alors que Juliette vivait ses derniers instants.

Même pas elle. Ce samedi matin, deux journalistes de Urbanpress étaient sur Fréquence 2 pour décortiquer l'actualité "people" de la semaine, avec Didier Bléou. A la diffusion du spot de l'émission "Toukpê", animée par Juliette Anzian, tout le monde a rélevé le caractère utile de ce programme radiophonique, bien que divertissant.

Mais ce dimanche, les studios de "Toukpê" resteront porte clause. Parce que la maîtresse des lieux s'est tue à jamais. Emportée par la mort de façon brutale.

Juliette Anzian est décédée ce samedi 6 juillet, à son domicile à Cocody, aux environs de 18 heures. C'est en début de soirée que son corps a été transporté à Ivosep, en présence de certains collègues et proches.


En attendant le programme des obsèques, toute la Rédaction de Urbanpress présente ses sincères condoléances à la famille éplorée et à la grande famille des médias en Côte d'Ivoire.


Eustache Gnaba


Source: URBAN PRESS.CI

20:50 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, juliette anzian meurt à son domicile, émission "toukpê" | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

vendredi, 05 juillet 2013

80 POINTS POUR DISTRIBUER LE BEPC AUX EX-COMBATTANTS

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La ministre de l'Education nationale, Kandia Kamissoko Camara

 

« Monsieur ouvrez bien les yeux ! Car, cette année, le pouvoir est en train de manœuvrer pour distribuer le Bepc à ses ex-combattants, pour faciliter leur insertion au sein de la police et de la gendarmerie nationale. Ne vous étonnez pas si le taux de réussite de cette année est élevé que les autres années…». Ces propos sont de Koné O., qui s’est présenté comme militant du Rdr.

Des propos tenus en avril dernier, après qu’il ait constaté le recrutement massif des ex-combattants au sein des régies financières (Douanes, Impôts et Trésor). En son temps, nous n’avions pas accordé de crédit à cette information. «Monsieur, la dernière fois, je vous avais dit que le régime s’organisait pour distribuer le Bepc aux ex-combattants, mais vous n’avez pas considéré cela. Vous avez vu les résultats du Bepc? C’est la preuve de ce que je vous disais la dernière fois…». Cette déclaration est encore de Koné O. Il l’a faite, hier mardi 2 juillet, 24 heures après la proclamation des résultats de cet examen. Nous rappelant son avertissement du mois d’avril 2013.

Mais aujourd’hui, après la publication des résultats du Bepc, les faits lui donnent raison.

En effet, pour la première fois en Côte d’Ivoire, dans l’histoire de l’Éducation nationale, avec seulement 80 points, les candidats ont décroché le Bepc, moins que les points du Cepe (85 points). 70 points pour les dispensés des épreuves physiques et sportives et 68 points (avec une moyenne annuelle de classe de 10). Dévalorisant ainsi ce précieux diplôme, même s’il n’a plus la même valeur qu’avant.  

A la réalité, cette «générosité» de Kandia Camara n’est pas innocente. En effet, selon des sources bien introduites, c’est une opération qui a été très bien manœuvrée par le régime, pour non seulement avoir un bon taux de réussite, mais aussi et surtout pour permettre aux ex-combattants d’avoir ce diplôme afin de permettre leur insertion au sein de la police et de la gendarmerie nationale. De sorte que leur recrutement au sein de ces écoles, où on exige au moins le Bepc, ne crée pas une polémique entre les responsables de ces écoles et leurs hiérarchies.

Cela, pour surtout éviter qu’on ne dise pas demain «des démobilisés sans diplômes à la police ou à la gendarmerie». Ces ex-démobilisés, à en croire nos sources, ont gonflé le nombre des candidats libres et les candidats dits officiels. A ce niveau, renseignent les mêmes sources, certains ont été insérés aux candidats officiels via des écoles privées du Nord. C’est pourquoi, dit-on, Kandia Camara s’est même réjouie et a jubilé sur sa page Facebook de l'augmentation du taux d'admis au Bepc, après avoir revu les conditions d'admission.

Et madame se réjouit de son travail, qui malheureusement ne pourra pas masquer la réalité des faits qui choquent la conscience nationale.


Ferdinand Bailly

In le quotidien ivoirien "LG INFOS" N° 478 du mercredi 3 juillet 2013.

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BEPC des résultats à la hauteur de la Kandiattitude - L'école se meurt en Côte d'Ivoire


40,17% de réussite au BEPC avec 80 points cette année, contre 17,17% avec 140 points l'année dernière. Dites-moi où est le progrès?

Bon, si l'admissibilité est à 80 points avec une moyenne pondérée, je me dis pour être repêché, il faut 65 points. Le pays est vraiment dans l’abîme! 80 points pour avoir le BEPC alors que c'était 140 points à l'époque! Kô (Je dis, en langue malinké), pays émergeant à l'horizon 2020 ! (Rires).

Pays émergeant, malgré ces mesures à encourager la mort de l’éducation et faire l'apologie de la fainéantise, pour faire de nos enfants, la fine fleur de notre nation devant assurer la relève, de véritables cancres à l'image de l’équipe qui l'entoure.

Je confirme que Dramane Ouattara est venu pour rétrograder notre pays à l’ère du précambrien.

Jugez-en vous-mêmes par les premiers résultats; les résultats n'ont même pas atteint les 50% (malgré ce boulevard ouvert par Kandia Camara, Ndlr).

 

Lavane Murphy

 

M'Bahiakro: un véhicule transportant des copies du BAC fait un grave accident.

Deux gendarmes tuées. (Source AIP).

 

Frank Toti


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LAURENT GBAGBO, LA NOUVELLE ETOILE DE LA RESISTANCE AFRICAINE FACE A L'INJUSTICE DES OCCIDENTAUX

 

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Enlevé de son pays dans l'indifférence de ses pairs africains - quand ils n'ont pas contribué à sa chute aux côtés de la France - Laurent Gbagbo est devenu, après deux ans de détention dans le goulag de l'Europe occidentale, l'étoile de la résistance africaine, l'étendard de ralliement des défenseurs des institutions africaines et de l'indépendance des choix économiques des nations. Au moment où Nelson Mandela, la dernière idole de la résistance à l'injustice et au racisme s'apprête à nous quitter, l'Afrique entière se réjouit de voir la relève bien assurée.

Entre son arrestation sous les bombes françaises le 11 avril 2011 et son transfert à la Cour pénale internationale à La Haye, durant ses huit mois de détention à Korhogo, il n'y avait guère que de simples citoyens ivoiriens, camerounais et autres Africains à le défendre sans relâche. Dès le 16 avril 2011, ils manifestaient à Paris, place de la Bastille, pour lui crier leur solidarité. Quant aux rares personnalités politiques ayant pris sa défense avant sa chute, elles s'étaient alors murées dans le silence pour ne pas déplaire à la France, qui fêtait en une grande pompe l'avènement de son préfet nègre réintégrant la Côte d'Ivoire dans le giron françafricain d'où Laurent Gbagbo avait péniblement tenté de l'en extraire. La Côte d'Ivoire était revenue à son point de départ.

Les visages de la résistance à l'injustice

Il a donc fallu la ténacité de ces groupuscules d'Ivoiriens et d'Africains, mus par une même volonté, unis dans un même combat, arpentant les rues des villes européennes et faisant des émules aux Etats-Unis et au Canada, pour que le séjour de Laurent Gbagbo à La Haye ne se déroule pas dans le silence et l'indifférence des nations du monde entier. Il a fallu aussi le talent et l'habileté des journalistes d'investigation (1) comme Théophile Kouamouo, Charles Onana ou Grégory Protche, pour peindre la profonde injustice dont était victime le prisonnier de la CPI ; il a fallu le talent et l'habileté d'une petite mais ardente armée de blogueurs pour que les crimes passés et actuels du nouveau pouvoir ivoirien circulent à travers le monde entier et deviennent même des éléments de référence dans la défense de l'illustre prisonnier.

Dans leur dur et long combat, ces défenseurs de Laurent Gbagbo et du respect de la constitution ivoirienne seront réconfortés par deux excellents films-documentaires. Le premier, Laurent Gbagbo dans le tourbillon du Golfe de Guinée, diffusé en mars 2011, un mois avant sa chute, démontrait de manière éclatante la rapacité de la France sur les immenses richesses encore inexploitées du pays, et sa volonté de contrecarrer le plan d'indépendance économique prôné par le président ivoirien. Le deuxième est venu d'Italie, curieuse de savoir ce qui s'était passé dans l'ouest ivoirien. A travers les témoignages locaux, ce film nous permet de découvrir comment s'est opérée la complicité de la France dans les massacres de Duékoué et de ses environs, et l'on comprend pourquoi les journalistes français refusent de voir la vérité sur cet épisode de la guerre postélectorale. Galvanisés par la flagrante injustice, convaincus de la nécessité de porter la vérité jusqu'à ce que la lumière la rende visible à tous, les Ivoiriens, les panafricanistes et leurs rares amis européens n'ont pas baissé les bras et n'ont eu de cesse de multiplier les manifestations en France, en Italie et devant la Cour pénale internationale à La Haye.

On peut affirmer que jamais, dans l'histoire, un leader noir n'a bénéficié d'autant de soutiens de la diaspora africaine et d'autant de sympathie de la part des populations d'Afrique noire. Patrice Lumumba, Kwamé Nkrumah, Sékou Touré, sont morts dans le silence, même si de nombreux Africains les portaient dans leur coeur. Durant ses 27 années de prison, jamais Nelson Mandela n'a bénéficié d'une telle sympathie populaire. Il faut dire que les temps ont changé : grâce à Internet, l'information circule plus rapidement, les mensonges sont plus vite signalés et démontrés. Ce que l'on tente de cacher se retrouve rapidement porté sur la place publique parce que tous les citoyens, partout dans le monde, sont devenus des informateurs. Plus personne n'a le monopole de l'information. Voilà pourquoi le grossier coup d'état contre Laurent Gbagbo, présenté par la France et l'ONU comme une entreprise de salut public, a fait de lui, en moins de deux ans, le héros africain de la résistance à l'impérialisme européen.

L'accélération de la dénonciation de l'injustice faite à Laurent Gbagbo

On peut même dire que la forte offensive de la résistance au nouveau pouvoir et au mur du mensonge qui cachait la vérité sur le drame ivoirien a surpris les commanditaires et acteurs européens du coup d’état du 11 avril 2011. La popularité de Laurent Gbagbo, fortement ancrée dans le paysage politique de ce début du XXIe siècle, a forcé de nombreuses personnalités politiques à considérer de plus près la manière dont le pouvoir lui a été arraché et les conséquences de ce forfait. Dans l'introduction du livre de Charles Onana (Côte d'Ivoire, le coup d'Etat), publié en novembre 2011, M. Tabo Mbeki, l'ancien président sud-africain - l'un des premiers médiateurs entre les deux parties du conflit ivoirien - a clairement démontré la ferme intention de la France de se débarrasser de Laurent Gbagbo et le soutien précieux dont elle a bénéficié de l'ONU. En septembre 2012, lors du congrès de l'Internationale Socialiste, en Afrique du Sud, le Ghanéen Kofi Awoonor avait à son tour fustigé la passivité des socialistes français devant le sort réservé à Laurent Gbagbo. En décembre 2012, enfin, un socialiste - François Loncle - révèle l'activisme corrupteur de madame Alassane Ouattara auprès des hommes politiques français ; dans la même période, Georges Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne (l'armée française impliquée dans le conflit ivoirien) reconnaissait le parti pris du pouvoir et des médias français dans la vie politique de la Côte d'Ivoire depuis 2002.

Si les aveux et les critiques étaient devenus de plus en plus nombreux et fragilisaient le pouvoir ivoirien tout en mettant à mal le soutien que lui apportait la France, ce pouvoir demeurait solide aux yeux de l'Europe grâce au mutisme des médias et du gouvernement socialiste qui avait revêtu les habits impérialistes laissés par Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy. C'est finalement à partir de février 2013 que le procès devant confirmer ou infirmer les charges du procureur de la CPI contre Laurent Gbagbo va donner un nouveau souffle à la Résistance ivoirienne et africaine et commencer à ébranler le pouvoir en place et les certitudes des commanditaires onusiens et français. Ce procès se révéla, en effet, une belle occasion de démontrer que les accusateurs de Laurent Gbagbo manquaient d'arguments pour le faire condamner. Quand on mène pendant dix ans une rébellion contre un pouvoir légal en tuant femmes et enfants, quand avec l'aide de forces étrangères on mène une charge finale sanglante pour s'emparer du pouvoir, cela apparaît en effet ignoble d'accuser celui qui a été défait d'avoir résisté. Oui, c'est ignoble d'accuser le vaincu de vous avoir obligé, par sa résistance, à tuer femmes et enfants dans votre conquête du pouvoir. Toutes les images de l'attaque d'Abidjan ne révélant que des crimes commis par les assaillants et leurs soutiens, le procureur a dû se tourner vers des documents étrangers pour illustrer son argumentation, la fragilisant par la même occasion. Comment peut-on, dans ces conditions, condamner un homme ou même le garder en prison?

Dès lors, avant même que les juges de la Cour pénale internationale ne déclarent insuffisantes les preuves présentées par le procureur demandant la condamnation de Laurent Gbagbo, il était difficile aux instruments de la propagande étrangère de cacher la vérité. Les ONG entrèrent donc dans la danse, au début du mois d'avril 2013, et dénoncèrent « la justice des vainqueurs » tout en soulignant les crimes ethniques, les exécutions sommaires, les chasses à l'homme et les emprisonnements arbitraires des partisans de Laurent Gbagbo - œuvres du pouvoir actuel, de son armée et de ses milices. Indiscutablement, l'impunité des hommes du nouveau régime blesse la conscience humaine ! Condamner Laurent Gbagbo pour avoir résisté à l'assaut de l'ennemi et voir les vrais bourreaux du peuple ivoirien se pavaner effrontément, alors que les médias africains et les blogueurs étalent quotidiennement les images de leurs crimes, apparaît comme une blessante injustice !

A la suite des ONG, comme si la parole était enfin libérée, ce sont les hommes politiques africains, jusque-là muets, qui vont donner de la voix. Au sommet de l'UA, à la fin de mai 2013, le Premier ministre éthiopien, Hailemariam Desalegn, président de cette organisation, a qualifié la CPI d'instrument raciste au service des occidentaux : « Lors de la création de la CPI, l'objectif était d'éviter toutes sortes d'impunités ; mais, désormais, le processus a dégénéré en une sorte de chasse raciale ». Effectivement, la trentaine d'hommes politiques africains poursuivis par cette institution ne laisse pas penser autre chose. Le 15 juin, au Gabon, lors d'un débat consacré à « l'indépendance » en Afrique, la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a vivement contesté les dires du procureure Bensouda en accusant les Européens d'utiliser la CPI pour manipuler la politique des nations africaines : "C'est malheureux, qu'un grand nombre de conclusions ait été réduit à la manipulation politique [...] Il n'est pas honnête de dire que la CPI ne s'acharne pas contre l'Afrique. Je ne suis pas d'accord avec ma soeur Bensouda". Puis elle a demandé à celle-ci de ne pas dire "que les Africains viennent la voir [la CPI] pour être jugés. C'est faux, car l'Afrique ne veut pas de colonialisme judiciaire".

La position des hommes politiques africains sur la Cour pénale internationale est donc plus que claire : elle n'est pas impartiale ; elle n'est pas crédible ; elle est raciste. Et, à partir du 3 juin 2013, après l'ajournement du procès et le renvoi de la procureure à la recherche de preuves plus convaincantes, les Européens aussi se laissent gagner par le doute quant à l'impartialité de cette institution. Les journaux français qui, jusque-là, n'ont fait aucun cas ni des nombreuses marches de soutien à Laurent Gbagbo à Paris ou à La Haye, ni des pluies de critiques contre l'injustice du pouvoir actuel concernant l'analyse des crimes commis avant et après les élections, se sont tout à coup mis à faire le procès de la CPI. Pour la première fois depuis 2002, le journal La Croix ne fait ni l'apologie de l'élu de la France ni la critique de l'ennemi juré des journalistes français. Marianne de son côté juge le procès de la CPI fait par les africanistes tout à fait justifié. C'est à croire que pour tout le monde le mensonge qui fait de Laurent Gbagbo le seul responsable des morts avant et après les élections présidentielles de 2010 ne peut plus être défendu.

La preuve que le vent a tourné et dévoile peu à peu la vérité, c'est que même les muets parlent en France ! Qui a déjà entendu Koffi Yamgnane réagir aux injonctions méprisantes et injustes adressées à Laurent Gbagbo avant et après les dernières élections présidentielles en Côte d'Ivoire ? Qui l'a entendu parler de Laurent Gbagbo ou lui témoigner la moindre sympathie depuis qu'il a été arrêté dans le palais présidentiel par l'armée française ? Incapable de la moindre indépendance de parole, voilà qu'il profite de l'indignation de Bernard Houdin (conseiller de Laurent Gbagbo) pour dire tout simplement que lui aussi pense que « trop, c'est trop », que l'injustice contre Laurent Gbagbo ne peut plus continuer. Mais attendons de voir s'il ira plus loin que la simple indignation partagée. De son côté, la présidente du Mouvement des Africains-Français, qui s'est toujours opposée aux marches de soutien à Laurent Gbagbo et n'y a jamais participé, entreprend enfin une action précise dans la lutte contre l'impartialité de la CPI : elle lance une pétition pour le retrait des nations africaines de cette institution. L'intention est bonne, mais elle ignore que le combat politique se mène dans la persévérance et non pas périodiquement.

Dans tous les cas, Laurent Gbagbo ne laisse plus personne indifférent puisque ce qui était censé être son procès s'est transformé en procès de l'institution chargée de le juger. Quel retournement de situation ! N'est-ce pas déjà la victoire de la vérité sur le mensonge ? En clair, la CPI se discréditerait complètement aux yeux du monde en maintenant sa volonté de juger Laurent Gbagbo. Elle se trouve dans l'obligation de le libérer et prendre le temps de revoir son fonctionnement par rapport à l'analyse des crimes et des supposés criminels qu'elle doit juger. Les nouvelles preuves du procureur contre Laurent Gbagbo sont d'avance jugées par l'opinion publique internationale comme irrecevables ; et un éventuel procès serait considéré comme une injustice. Arrêter des partisans de l'actuel président de la Côte d'Ivoire et les traduire devant la CPI afin de justifier la poursuite du procès serait désormais inacceptable. Cette dernière entreprise serait perçue par tous comme l'aveu de l'injustice dont est victime Laurent Gbagbo depuis deux ans, voire depuis dix ans.

Quel long combat ! Mais quel combat magnifique et enthousiasmant quand, comme par miracle, tout le monde le trouve juste ! Après Nelson Mandela, toutes les nations reconnaîtraient-elles l'injustice faite à Laurent Gbagbo ? Quelle belle victoire en perspective ! Ses partisans, les panafricanistes, les journalistes activistes soucieux de la vérité, les infatigables blogueurs, les amis Français - en particulier Guy Labertit, Michel Galy, Bernard Houdin et Albert Burgi - et ses admirateurs anonymes qui vivaient dans la peur, sont aujourd'hui fiers de leur combat et heureux de voir ça et là des appels à sa libération pure et simple. Un homme qui, par son seul amour de la vérité, un homme qui a juré d'aller jusqu'au bout et parvient par sa ténacité à renverser l'opinion publique et la machine judiciaire internationale qui s'acharnait à le perdre, ne mérite que l'admiration et les éloges. L'ancien Premier ministre du Togo (1991-1994), Joseph Kokou Koffigoh, et l'artiste béninois Yokula (reggaeman) l'ont bien compris. Ils ne sont pas restés insensibles à cet amour de la vérité attaché au coeur du prisonnier de La Haye. L'un vient de lui consacrer un très beau poème demandant sa libération « des mains de l'infamie » et l'autre une chanson qui clame son amour pour la légalité constitutionnelle.

Laurent Gbagbo est entré dans l'Histoire parce qu'il a donné sa vie pour la vérité, pour le respect de la constitution de son pays ; il est entré dans l'Histoire parce que l'Afrique a reconnu dans son combat le sien. En s'accrochant à la vérité et au droit, Laurent Gbagbo a accepté de subir l'infamie de l'emprisonnement dans le goulag des puissances occidentales. Comme tous ceux qui ont consacré leur vie aux grands idéaux humains pour que leurs semblables grandissent sous un jour nouveau, l'heure de sa rédemption viendra. Quant à toi, lecteur, n'oublie pas qu'un jour tu devras répondre à cette question : qu'as-tu fait poursoutenir le combat de l’homme que l'on admire aujourd'hui ?


Raphaël ADJOBI

 

1. J'accuse Ouattara, édit. Le Gri-gri (Théophile Kouamouo) ; Côte d'Ivoire, le coup d'état, édit. Duboiris (Charles Onana) ; On a gagné les élections mais on a perdu la guerre, édit. Le Gri-gri (Grégory Protche).


Source: Les pages politiques de Raphaël

jeudi, 04 juillet 2013

VISITE DE OUATTARA AU NORD - QUAND LES BOURREAUX SE PRENNENT POUR DES «SAUVEURS»

 

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Après 26 mois de pouvoir, Ouattara a enfin décidé de poser les pieds au nord. Cette partie septentrionale de la Côte d’Ivoire, on le sait, a connu ces dix dernières années, une horrible histoire. 10 années de prise d’otage, de braquage des terres et des libertés, dix années de destruction et de pillage au profit d’illuminés abusivement appelés «sauveurs». Ces «sauveurs», ce sont ceux qui foulent aujourd’hui les terres du nord.  Ont-ils réellement lutté pour le nord qu’ils disent être exclu? Ne sont-ils pas en réalité les bourreaux du nord?


De la charte du nord au MPCI, une lutte pour la destruction du nord

Pour que le nord tombe en ruine, il a fallu que dans l’antichambre, naisse un pacte dangereux pour la cohésion sociale. La charte du nord (diffusée sous forme de tracts dès 1991) fut la vaste cour censée rassembler les filles et fils du nord. Le rassemblement annoncé devait logiquement se faire autour d’une personne : Alassane Dramane Ouattara. Il est même précisé : « la défense d’Alassane figure en bonne place parmi nos objectifs ». Les promoteurs de cette charte avaient déjà leur petite compréhension du terme « défense ». Il ne s’agissait pas en effet, d’une défense pacifique, mais plutôt guerrière. Et pour le faire, ils avaient un espace géographique, des ressources humaines, logistiques. Feu Lamine Diabaté, membre fondateur du RDR, avait vendu le secret en 1995 lors d’un meeting à Odienné : « Mais ils ne nous connaissent pas… c’est avec des fusils et des balles que nos parents ont conquis cette terre (le nord)... nous avons aussi nos hommes dans l’armée ». Ce message qui annonçait officiellement la destruction du nord, donna jour au Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), conduit par Soro Kigbafori Guillaume, fils du Nord. Le MPCI était en majorité composé de nordistes et d’un gros contingent de combattants burkinabè. La composition de ce mouvement rebelle répondait à l’esprit et à la lettre de la charte du nord. Le mouvement rebelle fonctionnait comme l’aile armée du parti de Ouattara. Donc c’est tout naturellement qu’il n’existait pas de visa pour passer du RDR au MPCI et vice-versa.

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D’ailleurs, les « cadres » du MPCI ont été « déversés » dans leur organisation d’origine qu’est le Rassemblement des Républicains d’Alassane Ouattara. Au delà des revendications fantaisistes, le mouvement rebelle avait deux objectifs : Installer Ouattara au palais du plateau et restaurer la dignité bafouée du nord. En effet, le rassemblement dont parlait la charte du nord signifiait œuvrer à donner le pouvoir politique à Ouattara et par ricochet à l’ensemble des ressortissants du nord. En outre, selon les promoteurs de la charte, le pouvoir central avait exclu cette partie du territoire national. Il fallait donc réparer l’injustice. Mais qu’ont-ils fait à la naissance de leur mouvement rebelle ? Lorsque le mouvement rebelle pro-Ouattara s’installe au nord, il allie exécutions sommaires, chasse au non-nordistes, vols (1308 milliards constituent le fruit des casses des agences de la BCEAO en 2003), expropriation et pillage systématique des ressources minières de la région. Ceux des nordistes réfractaires aux hérésies des rebelles pro-Ouattara sont traités comme les « Kafri » non ressortissants du grand nord. Tous les programmes de développement au profit du grand nord, sont mis en berne. Les fonds alloués aux Conseils Généraux (délocalisés au sud), ne servent en réalité plus à l’investissement mais plutôt au fonctionnement de ces entités décentralisées.

Le taux d’analphabétisme prend l’ascenseur bien que quelques enseignants volontaires firent l’effort de sauver les meubles. L’administration étant absente sur le territoire occupé par les hommes de Ouattara, c’est tout naturellement que les impôts et taxes échouèrent dans le patrimoine des rebelles. En lieu et place de la restauration de la dignité du nord, ce fut l’instauration de la destruction du nord et la course à l’enrichissement des rebelles. En 10 ans, l’administration rebelle n’initia aucun projet de développement fiable au nord. Toutefois, quelques ONG s’essayèrent, avec l’appui de partenaires extérieurs, à réhabiliter des pompes hydrauliques villageoises, des dispensaires etc. Mais cela ne pouvait nullement combler les énormes attentes des populations séquestrées. Le cynisme du bloc rebelle les poussa à exploiter cette paupérisation lors des campagnes présidentielles de 2010.

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Du rattrapage ethnique à la déportation des pro-Gbagbo, une stratégie de destruction du nord

Après le refus de Ouattara d’accepter les résultats des élections présidentielles définitivement proclamés par le Conseil Constitutionnel, Ouattara déclencha une crise postélectorale. Une fois installé par la coalition Onuci-Licorne, il s’exerça à inventer et mettre en œuvre une idéologie ségrégationniste : le rattrapage ethnique. Selon lui, il s’agit de faire la place à 40% de nordistes exclus sous la gouvernance Gbagbo. En clair, Ouattara a décidé de créer le mythe de la supériorité ethnique de son clan. Mais ce qu’il oublie c’est qu’il développe une thèse qui, à la longue, se retournera contre les nordistes qu’il prétend tant aimer. La thèse du tribalisme ou de la supériorité ethnique est dangereuse pour ses bénéficiaires pour deux raisons. Premièrement, elle impose aux exclus, le sentiment d’être des victimes. Par exemple, de nombreux travailleurs ont soit perdu leurs emplois, soit été rétrogradés au profil de nordistes. Il n’y a qu’à prendre le seul exemple de la RTI pour s’en convaincre. En second lieu, en cas de changement de régime, les 40% (chiffre de Ouattara) peuvent se retrouver sur le chemin du vagabondage dans la mesure où Ouattara a déjà montré la voix aux générations à venir. Dans ce cas quelle couleur aura l’administration ivoirienne ? Sera-t-elle exclusivement nordiste au sudiste ? Pour l’heure, notons que Ouattara a « nordisé » l’administration ivoirienne. Du bas de l’échelle au sommet, les nordistes se taillent la part du lion. Est-ce le grand rassemblement des nordistes annoncé par la charte du nord qui continue?

De toute évidence, l’esprit de cette charte se voit au travers des différentes nominations. Tout cela contribue à détruire le grand nord car, on ne se sert pas d’une région pour asservir les autres mais au contraire on agrège les régions pour former et fortifier la nation. Cela, Ouattara semble l’ignorer, lui qui fait du nord la prison à ciel ouvert de ceux qui ne sont pas de son clan. Quelle est la perception qu’une grande partie de la population a aujourd’hui du nord ? En plus du fait qu’on croit en la « dioulatisation » de l’Etat, la population exclue estime que le nord a été transformé en un enfer pour les pro-Gbagbo. Tous les grands leaders de l’opposition, amis et camarades du Président Laurent Gbagbo, arrêtés ou enlevés, ont été déportés au nord. Pourquoi le nord ? N’existe-t-il pas un endroit autre que cette région pour accueillir les damnés du régime ? Que comprendre à travers le choix de Ouattara ? On pourrait apporter plusieurs explications. Mais l'explication qui demeure plausible est celle consistant à dire qu’il s’agit de donner au nord, des personnes qui ont longtemps tenté d’exterminer le nord. En effet, Ouattara, ses suiveurs et autres soutiens ont, durant des années, expliqué aux populations du nord que Laurent Gbagbo et le FPI sont leurs ennemis.

Or la grande fierté pour un ennemi est de voir à ses pieds, celui qu’il a affronté lors de combats. Ouattara a donc bien choisi l’itinéraire des prisonniers, au golf Hôtel à ses pieds, puis au nord dans son fief. C’est donc un motif de fierté pour les fondateurs de la charte du nord, le MPCI, le RDR, tous des ressortissants du nord. Mais quel dividende recueille le pouvoir en agissant ainsi ? Aucun, à part aiguiser les récriminations des victimes, la haine gratuite et le désir de vengeance. Ouattara expose donc dangereusement le nord qui ne lui est pourtant pas totalement acquis. Il a pris cette zone en otage par le biais de la charte du nord et ses rebelles du MPCI-FN.

Ceux qui se présentent comme les sauveurs des nordistes sont en réalité les bourreaux de ce peuple. Ils le furent durant leur carrière à l’opposition civilo-armée, ils le sont depuis qu’ils ont été imposés au peuple de Côte d’Ivoire. Leurs gestes au nord ressemblent à ceux de Mobutu Sese Seko qui, après avoir été le bourreau de Patrice Lumumba, fut celui qui l’éleva à la dignité d’héros national.

 

Alain Bouikalo, Juriste.

mercredi, 03 juillet 2013

FONCIER RURAL: IL Y A QUELQUE CHOSE DE FONDAMENTALEMENT DESTRUCTURE EN COTE D'IVOIRE


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Entre Sinfra et Yamoussoukro, les plantations luxuriantes de cacao s’étalent à perte de vue (photo 1). On y trouve des terres broussailleuses, hyper fertiles, traversées par une route goudronnée (photo 2) et bénéficiant de la proximité du fleuve Bandama (photo 3). Mais entre Sinfra et Yamoussoukro, les populations vivent dans des maisons qui sont indignes d’abriter du bétail dans un pays normal (photo 4 & 5).
 
Comment se fait-il que les femmes et les hommes qui se lèvent chaque matin pour cultiver les champs soient aussi pauvres, alors que ceux qui vendent le fruit de leur labeur à Abidjan pataugent dans une opulence et une richesse iniques ?
 
Comment se fait-il que les paysans qui travaillent la terre ne sont pas propriétaires de leurs champs, alors que cela fait plus de 50 ans que le colon qui les leur avait arrachés est parti ?
 
Il y a quelque chose de fondamentalement déstructuré en Côte d’Ivoire, et LIDER est là pour remettre les choses en ordre. Notre méthode est simple :
 
1. L’abrogation immédiate de la loi de 1998.
 
2. La rédaction et l’adoption d’une nouvelle loi avec les caractéristiques suivantes :
 
- Reconnaissance des droits coutumiers sur le sol et le sous-sol ;

- Principe du libre commerce du foncier (tout propriétaire est libre de signer des arrangements contractuels avec le client de son choix) ;

- Principe général du cadastrage de l’ensemble du territoire national avec remembrement des terrains ruraux et création de servitudes ;

- Principe général de la rémunération des géomètres ;

- Principe général de mise en place de conseils villageois de gestion du foncier chargés de la détermination des propriétaires coutumiers ou traditionnels;

- Réattribution des terres aux propriétaires coutumiers ou traditionnels reconnus (les superficies après le cadastrage ne seront pas égales à celles avant le cadastrage du fait du remembrement) ;

- Distribution des titres fonciers définitifs ;

- Principe général de la fiscalité sur les titres fonciers définitifs.
 
3. Les décrets d’application préciseront les modalités pratiques (quel corps fera le cadastrage, comment le territoire sera reparti, quelle collaboration avec les autorités locales et administratives sur le terrain etc.).
 
4. Les lois des finances préciseront les taux de taxation modulable de la propriété foncière.
 
5. Les propriétaires coutumiers seront déterminés avec l’implication des populations villageoises et des chefs de terres.
 
6. Le règlement judiciaire des cas litigieux sera du ressort des conseils villageois de gestion du foncier.
 
La proposition de LIDER pour le foncier rural est un acte de justice sociale, qui vise à rétablir dans leurs droits des populations rurales meurtries et appauvries. Il est plus que temps de mettre fin à l’injustice criarde qui caractérise la société ivoirienne.
 
Ensemble, nous réussirons.
 

Nathalie Yamb

Conseillère exécutive du Président de Liberté et Démocratie pour la République
 

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DANS CERTAINES CIRCONSTANCES, LE SILENCE PEUT ETRE SYNONYME DE LACHETE ET DE COMPLICITE AVEC L'INIQUITE

 

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Mgr Paul-Siméon Ahouana Djro

 

Lorsque Caïn tua Abel et que Dieu lui demanda où était son frère, il répondit qu’il ne savait pas et qu’il n’était pas le gardien de son frère (Genèse 4, 25). Qu’ils le confessent ou non, les disciples de Caïn sont ceux qui refusent de veiller sur leurs frères, ceux qui se montrent indifférents à la détresse ou à la souffrance d’autrui. D’autres personnes estiment au contraire que nous sommes responsables les uns des autres, qu’on ne peut se revendiquer homme et ne pas “connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi ”. Leur raisonnement est le suivant: si nous nous disons frères ou compagnons d’humanité, la misère (matérielle, morale ou spirituelle) de l’autre devrait nous interpeller et nous amener à sortir de notre silence.

C’est ce que fit Voltaire (1694-1778), figure emblématique de la France des Lumières, en défendant Calas accusé à tort d’avoir assassiné son fils Marc-Antoine pour l’empêcher de faire comme son frère aîné qui était passé du protestantisme au catholicisme et d’avoir maquillé le meurtre en suicide. En intervenant dans l’affaire Calas, l’auteur de “Candide” n’était pas mû par des considérations pécuniaires pas plus qu’il n’était en quête de reconnaissance. Sa renommée était déjà bien établie par une immense œuvre littéraire. Tout ce qu’il voulait, c’était un nouveau procès car il était convaincu que Calas et les siens étaient victimes de l’intolérance et de l’arbitraire. La suite est connue: un autre procès eut lieu en 1764, Jean Calas fut réhabilité l’année suivante et Voltaire put retourner à Paris en avril 1778 après vingt ans d’exil.

Victor Hugo (1802-1885) ne défendit pas un individu mais les pauvres en général. En 1862, en effet, il leur consacra un grand roman, Les Misérables, qui raconte l’émouvante histoire de Jean Valjean. Sa phrase “Le peuple a faim, le peuple a froid. La misère le pousse au crime ou au vice, selon le sexe” est restée dans tous les esprits. Mais Hugo est aussi connu et apprécié pour avoir fustigé le coup d’État du 2 décembre 1851 et son auteur Napoléon III dans un pamphlet intitulé Napoléon le petit. Probablement pour le remercier d’avoir plaidé la cause du peuple et d’avoir pris des risques pour ce peuple, environ deux millions de personnes et 2 000 délégations se déplacèrent, le 31 mai 1885, pour lui rendre un dernier hommage.

Émile Zola (1840-1902), mort 17 ans après V. Hugo, s’intéressait comme ce dernier aux conditions de vie des pauvres et disait “n’avoir qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur”. C’est pour cette raison qu’il refusa de se murer dans le silence pendant l’affaire Dreyfus. Se taire lorsqu’un innocent est condamné alors que les vrais coupables circulent librement lui semblait insupportable. Pour mémoire, Alfred Dreyfus, capitaine français d’origine juive, était considéré comme un traître à la nation. On lui reprochait d’avoir livré des documents secrets à l’attaché militaire allemand en poste à Paris. Pour Zola, le véritable traître était le commandant Walsin Esterházy.

Ses articles dans la presse française et sa lettre au président de la République Félix Faure publiée dans “L’Aurore” du 13 janvier 1898 sous le titre “J’accuse” furent décisifs. Le 23 février 1898, au cours du procès, il reviendra à la charge en disant: “Tout semble être contre moi, les deux Chambres, le pouvoir civil, le pouvoir militaire, les journaux à grand tirage, l’opinion publique qu’ils ont empoisonnée. Et je n’ai pour moi que l’idée, un idéal de vérité et de justice. Et je suis bien tranquille, je vaincrai. Je n’ai pas voulu que mon pays restât dans le mensonge et dans l’injustice. On peut me frapper ici. Un jour, la France me remerciera d’avoir aidé à sauver son honneur.”

Si l’engagement de Zola contribua incontestablement à la révision du procès et à la réhabilitation de Dreyfus en 1906, il n’en reste pas moins vrai que l’auteur de “Germinal” laissa quelques plumes dans ce combat contre l’injustice et le mensonge. Il dut en effet composer avec la haine et les menaces de mort. Ses livres et son portrait furent publiquement incendiés. Même son nom fut retiré de la Légion d’honneur.

Pourquoi ce détour par trois monuments de la littérature française? D’abord, pour souligner que la lutte pour la justice et la vérité n’est pas un combat perdu d’avance.

Cette lutte peut être longue et dure; elle peut parfois nous éloigner momentanément de la patrie et des nôtres (c’est le cas de Voltaire et de Zola qui fut contraint de passer 11 mois à Londres) mais elle finit par porter du fruit. Je ne sais pas quand cela se fera mais je suis certain que les usurpateurs et voleurs que la France a installés à la tête de notre pays seront dégagés et rendront des comptes au peuple ivoirien pour la simple raison que le faux et l’injustice ne peuvent prospérer éternellement. En revenant sur l’engagement politique des 3 écrivains français, je voudrais, d’autre part, nuancer l’idée selon laquelle il vaut mieux garder le silence pour éviter d’avoir des ennuis. Non, devant un frère qui souffre ou pleure, la seule attitude qui vaille n’est pas de se taire ou de rester dans son petit coin mais de se solidariser avec lui, de l’assister.

La Côte d’Ivoire divisée en deux en septembre 2002 par une rébellion montée de toutes pièces par la France pour obliger Laurent Gbagbo à se prosterner devant elle et à la laisser piller les richesses du pays, ne bénéficia pas de cette assistance. Plusieurs pays de la CEDEAO refusèrent de soutenir ouvertement et concrètement le président démocratiquement élu par les Ivoiriens en octobre 2000. Peut-être ces pays se disaient-ils qu’ils n’étaient pas concernés par cette tragédie et que leurs pays étaient à l’abri de ce genre de choses. La CEDEAO prit fait et cause pour les rebelles, leur déroulant le tapis rouge, n’exigeant jamais que ces assassins et buveurs de sang déposent les armes, les soutenant jusqu’à la réalisation de leur funeste objectif: remplacer Laurent Gbagbo par Dramane Ouattara, l’homme qui leur envoyait chaque mois 25 millions de FCFA quand ils se préparaient à attaquer le pays au nez et à la barbe de Compaoré et donne chaque jour l’impression de travailler plus pour la France et les étrangers de la CEDEAO que pour les Ivoiriens. Mais quelques mois suffirent pour que chacun de ces pays découvre, avec la partition du Mali, que ce qui arriva à la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo peut arriver à tout le monde, tout comme il fallut les guerres meurtrières du Liberia et de la Sierra Leone pour que nombre d’Africains prennent conscience qu’ils auraient dû parler et faire quelque chose au moment où les Interahamwe de Juvénal Habyarimana massacraient un million de Tutsis avec la complicité de l’armée française.

Ce que je voudrais dire en un mot, c’est que le silence n’est pas toujours recommendable quoiqu’il soit utile à certains moments. Face à certaines situations, on a en effet le devoir de parler (haut et fort au besoin) pour que soient entendus les cris des victimes. Parler non pas parce qu’on a envie de se faire remarquer, ni parce qu’on désire nuire à X ou à Y, ni parce qu’on cherche à faire fortune sur le dos des personnes affligées mais simplement parce qu’on considère que tout homme nous est un frère. Pour le dire autrement, se taire toujours me paraît à la fois malsain et indécent. Je fais partie de ceux qui soutiennent que le silence ne mérite pas que des éloges et que, dans certaines circonstances, il peut être synonyme de lâcheté et de complicité avec l’iniquité, que ne rien dire devant l’injustice et le mensonge est dangereux et destructeur non seulement pour les autres mais pour soi-même.

À titre d’illustration, je ne citerai ici que le joli poème écrit en 1942 par le pasteur allemand Martin Niemöller, fondateur de La “Ligue d’urgence des pasteurs” qui protesta contre la persécution des Juifs et des pasteurs refusant de se soumettre aux Nazis. Le fameux poème, le voici: “Quand ils sont venus chercher les communistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas communiste; quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n’ai rien dit, je n’étais pas syndicaliste; quand ils sont venus chercher les Juifs, je n’ai rien dit, je n’étais pas Juif; quand ils sont venus chercher les catholiques, je n’ai rien dit, je n’étais pas catholique. Et puis, ils sont venus me chercher et il ne restait plus personne pour protester.” Le malheur qui frappe aujourd’hui autrui peut me frapper demain si je ne dis rien ou ne fais rien pour le tirer d’affaire: telle est la leçon qui nous est donnée par Martin Niemöller.

Les Maliens, qui croient à tort avec les Burkinabè et Guinéens que la Côte d’Ivoire est aussi leur propriété privée parce qu’ils auraient contribué à son développement, l’avaient oubliée ou ignorée. Simplement parce qu’ils étaient obnubilés par l’idée, la fausse idée, que le malheur des Ivoiriens ferait leur bonheur. En effet, le Mali mais aussi le Sénégal de Wade et d’autres pays de la sous-région, poussés par une diabolique jalousie, s’imaginaient que la crise ivoirienne les rendrait enfin riches, prospères et puissants. D’où le soutien qu’ils n’hésitèrent pas à apporter à une rebellion sanguinaire et immorale. Mais, comme tout se paie ici-bas et que ça n’arrive pas qu’aux autres, ils vivent à présent dans un pays divisé avec deux armées et des populations obligées d’abandonner tout ce qu’elles ont patiemment construit et de fuir des rebelles voleurs et violeurs.

Le “Je n’ai rien dit” de Niemöller fut oublié par le Vatican qui, en plus de se faire représenter à Yamoussoukro le 21 mai 2011 par Mgr George Antonisamy à l’investiture de Dramane Ouattara, ne dénonça jamais l’embargo sur les médicaments, la fermeture des banques, l’incarcération sans jugement des proches de Laurent Gbagbo, les tueries de Duékoué et de Nahibly. Il est vrai que personne ne peut chanter un “Te Deum” après le cambriolage de la basilique Notre Dame de la Paix le 24 juin 2013, prouesse jamais réalisée sous les précédents régimes. Mais peut-on s’interdire de penser qu’il est peut-être bon que le Vatican soit victime, lui aussi, de cette barbarie pour qu’il comprenne enfin que ce qui se passe en Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 est trop grave pour qu’on continue de garder le silence?

Certains pourraient objecter que les prêtres étrangers qui ont la charge de cette basilique ne devraient pas se mêler des affaires de la Côte d’Ivoire. Je leur répondrais que l’argument ne tient point la route car l’évêque de Doba (Tchad), la ville du pétrole tchadien, bien que de nationalité italienne, n’a pas manqué de critiquer, dans son homélie du 30 septembre 2012, la gestion des ressources du pétrole. Pour Mgr Russo, la population locale ne profitait pas assez des revenus de l’or noir. L’évêque italien ne comprenait pas que Doba n’ait pas d’électricité 24h/24h alors que le Tchad produit du pétrole depuis 9 ans.

Le gouvernement tchadien estima que Mgr Michel Russo prêchait la division et qu’il devait donc quitter le pays. Mgr Russo fut effectivement expulsé le 21 octobre 2012 mais il revint dans son diocèse le 27 décembre. Et, parmi les évêques de Centrafrique ayant écrit au président Michel Djotodia le 20 juin 2013 pour condamner les exactions de la coalition Seleka, ne trouve-t-on pas 5 étrangers (les évêques d’Alindao, de Bouar, Bangassou, Kaga-Bandoro et M’Baïki)? Ces deux exemples attestent que l’évangile ne dit nulle part que seuls les prêtres et évêques d’un pays devraient s’engager dans la lutte pour la justice et le respect des droits de l’homme. “L’Église ne peut ni ne doit prendre en main la bataille politique pour édifier une société la plus juste possible. Elle ne peut ni ne doit se mettre à la place de l’État. Mais elle ne peut ni ne doit non plus rester à l’écart dans la lutte pour la justice. Elle doit s’insérer en elle par la voie de l’argumentation rationnelle et elle doit réveiller les forces spirituelles sans lesquelles la justice, qui requiert aussi des renoncements, ne peut s’affirmer ni se developper .”

Cette parole de Benoît XVI ne s’adresse pas uniquement au clergé ivoirien mais à toute personne ayant choisi librement de suivre le Christ comme prêtre ou religieux(se). Les prêtres et religieux (ses) travaillant en Côte d’Ivoire devraient mettre en pratique la recommandation du pape allemand au lieu de continuer à rester muets. Sinon, ils donneraient raison à ceux qui les soupçonnent d’être les inspirateurs des articles partisans du quotidien catholique “La Croix” et de rouler pour ceux qui, après avoir coupé le pays en deux, ont usé de mensonges pour amener l’ONU et la France à tuer les Ivoiriens afin que Dramane Ouattara puisse occuper le fauteuil présidentiel.

En prenant position clairement et publiquement, Mgr Russo et les 5 évêques expatriés de Centrafrique ne voulaient pas renverser Idriss Déby et Djotodia. Leur objectif était simplement d’incarner un tant soit peu 2 paroles du Christ. La première dit: “Vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres” (Jean 8, 32). Quant à la seconde, elle invite à craindre non pas “ceux qui tuent le corps et après cela ne peuvent rien faire de plus mais celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne” (Luc 12, 4-5).

Je ne sais pas ce que craignent nos frères qui militent dans le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) s’ils arrêtaient de soutenir aveuglément un pouvoir qui s’est donné pour mission de déposséder les populations de l’Ouest au profit des Burkinabè, de brader la nationalité ivoirienne, d’emprisonner ou d’assassiner quiconque est en désaccord avec Dramane Ouattara, de protéger et promouvoir ses propres criminels, de faire du faux (par exemple, la vidéo des violences du Kenya versée au dossier de l’Accusation) pour garder injustement Laurent Gbagbo à la Haye, de ne donner du travail qu’aux gens du Nord, etc. Craignent-ils de perdre leurs postes et les avantages les accompagnant?

Mais que valent nos petits intérêts égoïstes à côté de l’avenir d’une nation? Le pays va mal, il se meurt et les partisans de Laurent Gbagbo ne sont pas les seuls à le dire. Lazare Yéboué, Kouadio Konan Bertin, Daniel Aka Ahizi, Mel Théodore, Boni Claverie, Dona Fologo, Jean-Louis Billon et tant d’autres nous alertent sur les dangers que des irresponsables et des bouffons font courir chaque jour à la Côte d’Ivoire. Ils nous mettent en garde contre le fait de penser que ça n’arrive qu’aux autres et ils ont raison car, quand les mercenaires venus du Burkina et du Mali pillaient les maisons, violant et emportant tout sur leur passage, ce n’est pas les seuls partisans de Laurent Gbagbo qui firent les frais de ce gangstérisme moyenâgeux.

Tout le monde fut visité et dépouillé. Ils n’ont pas tort de considérer que la Commission électorale ivoirienne, dans sa composition actuelle, est un non-sens dans la mesure où le MPIGO, le MJP et le MPCI qui n’existent plus continuent d’en faire partie et de nous rappeler que les étrangers n’ont pas le droit de faire chez nous ce qu’ils ne nous permettraient pas de faire chez eux. Je suis d’accord avec eux quand ils conseillent que l’ouverture à l’extérieur ne doit pas nous faire croire naïvement que la France veut notre bien car “entre colonisateur et colonisé, il n’y a de place que pour la corvée, l’intimidation, la pression, la police, l’impôt, le vol, le viol, les cultures obligatoires, le mépris, la méfiance, la morgue, la suffisance, la muflerie, des élites décérébrées, des masses avilies”.

Le pape François, qui ne cesse de nous surprendre agréablement, a dit une chose que je trouve belle et juste lors de l’audience générale du 26 juin 2013: “Dans l’Église, personne n’est secondaire, personne n’est le plus important, nous sommes tous égaux aux yeux de Dieu, même le pape. Vous pourriez dire: ‘Écoutez, sainteté, vous n’êtes pas notre égal’. Si, je suis comme chacun de vous, nous sommes tous égaux, nous sommes frères! Nous formons et nous construisons tous l’Église… Nous devons tous apporter notre vie à l’Église, apporter notre cœur, notre amour, nos pensées, notre travail, tous ensemble.” C’est en frère désireux d’apporter sa petite pierre à l’édification de l’Église qui est en Côte d’Ivoire que je voudrais revenir sur l’homélie délivrée par le frère Siméon Ahouanan à la messe de clôture de la 96ème Assemblée plénière de la Conférence des évêques catholiques de Côte d’Ivoire, le 26 mai 2013.

L’archevêque de Bouaké disait entre autres ceci: “Aucune société ne peut se construire sur la base de l’exclusion, sur la logique de la vengeance, sur des désirs d’affrontement, sur des réflexes de repli communautaire ou politique. Aucune communauté ne peut survivre dans la violence aveugle dont personne ne sort indemne d’ailleurs.” Rien ne nous dit que ces propos portent sur la société ivoirienne. Cette façon de parler s’appelle noyer le poisson, botter en touche, se débiner, parler sans s’engager ou refuser de prendre ses responsabilités, tant le discours est vague et trop général. Il est si général qu’il pourrait s’appliquer à la Gambie, au Portugal, au Mexique ou au Vietnam.

Ahouanan a manqué de courage pour dire de quoi le pays souffre exactement et interpeller qui de droit. Lui qui avait demandé à juste titre à Robert Guéi de respecter sa promesse de balayer la maison et de retourner à Kabacouma, lui qui ne se privait pas de tirer à boulets rouges sur le régime de Gbagbo, est devenu subitement muet comme si tout allait bien à Bouaké et ailleurs dans le pays. Les Camerounais disent que la bouche qui mange ne parle pas. Celle d’Ahouanan serait-elle tellement pleine qu’il aurait du mal à parler sans peur de choses sérieuses? Quand il rugissait sous Guéi et Gbagbo, était-il en mission pour le RHDP? La seule chose que je trouve recevable dans sa prédication du jour, c’est d’avoir invité les femmes à sortir. Sortir en masse et partout comme en Égypte: c’est l’unique chose à faire aujourd’hui si nous voulons libérer notre pays, si nous voulons mettre fin aux souffrances et aux humiliations des Ivoiriens. Mais j’ajouterais ceci: ce ne sont pas seulement les femmes qui doivent sortir. Les hommes de Dieu, eux aussi, doivent descendre dans la rue pour chasser ce régime totalitaire et impopulaire.


Romuald Aboké Isidore

BP 64 Sakassou

mardi, 02 juillet 2013

MAIN BASSE SUR NOS RICHESSES AGRICOLES - TERRES IVOIRIENNES CONTRE DOLLARS?

 

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Accaparer la terre d’un citoyen, c’est à certains égards, lui ôter définitivement la vie. Face à la gravité du phénomène, la mobilisation effective de la société civile semble se faire attendre. On est alors tenté de se demander s’il s’agit d’une complicité voilée ou d’une incapacité avérée.

 

Historique des accords sur la sécurité alimentaire

Juillet 2009 : les membres du G8 se sont réunis à L’Aquila (Italie) les 8, 9 et 10  et mis en place l’Initiative sur la sécurité alimentaire qui vise à soutenir le développement rural et agricole des pays pauvres par l’octroi de 20 milliards de dollars US au cours des trois prochaines années.

Mai 2012 : Les États-Unis ont lancé, lors du G8 de Camp David les 8 et 9 Mai, la « Nouvelle alliance mondiale pour la sécurité alimentaire et la nutrition ». Elle vise à sortir 50 millions d’africains de la pauvreté dans les 10 prochaines années via des partenariats public-privé. Le cadre de coopération définie 6 pays-tests africains: La Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mozambique, Le Ghana, La Tanzanie et l’Ethiopie.
Objectif affiché : la lutte contre la faim. Objectif réel: ouverture des portes aux multinationales?

D’un côté, le G8 promeut la sécurisation de l’ensemble des droits fonciers existants dans les pays du Sud en appuyant la mise en œuvre des Directives Volontaires et insiste sur la nécessité d’établir des normes pour encadrer les investissements privés dans l’agriculture en appuyant le processus d’élaboration participatif.

De l’autre côté, le G8 affaibli les droits fonciers existants et promeut un investissement privé non encadré via la mise en place de la Nouvelle Alliance.

Les Accords de l’Etat ivoirien et du G8: démarrage effectif juin 2013
 
En vertu de ce cadre de coopération, la Côte d’Ivoire s’est engagée à réformer ses lois foncières et à mettre en œuvre d’autres changements pour faciliter l’investissement privé dans le domaine agricole. En échange, le pays est censé recevoir des centaines de millions de dollars d’aide humanitaire et pouvoir compter sur la promesse de huit entreprises étrangères et de leurs partenaires locaux d’investir près de 800 millions de dollars US pour plus de 700 000 hectares dans par exemple le développement de fermes rizicoles à grande échelle.

Les accords de coopération signés en 2012 par le gouvernement de Alassane Ouattara se dénomment  «FEED THE FUTURE», le lien ci-dessous présente l’exhaustivité du programme sur lequel l’état ivoirien s’est engagé,  chiffrage et planning à l’appui ainsi que  le Curriculum Vitae de toutes les multinationales parties prenantes au programme:


Les grandes entreprises font leur loi:  le flux de capitaux qui alimentent aujourd’hui les grandes transactions de terres agricoles emprunte des canaux privés.

En Côte d’Ivoire, SIFCA, détient 47.000 hectares de plantations de palmiers et de canne à sucre : en 2007, Wilmar et Olam (agrobusiness transnationaux de Singapour) ont créé une joint venture, Nauvu, pour prendre une participation de 27% dans SIFCA, le plus grand producteur de canne à sucre et de palmiers à huile de Côte d’Ivoire. La famille Billon détient la majorité du capital de la société; mais toutes les parties ont l’intention d’utiliser SIFCA comme base pour l’expansion de leurs plantations de palmiers à huile en Afrique de l’Ouest.


En Côte d’Ivoire, le groupe français Mimran, a l’intention de démarrer avec 60 000 ha pour éventuellement agrandir sa holding sur 182 000 ha. Une autre entreprise, Cevital, société algérienne, serait à la recherche de 300 000 ha. Le 31 janvier 2013, le PDG de la société française de négoce en céréales Louis Dreyfus, premier importateur de riz en Côte d’Ivoire, a signé avec le ministre ivoirien de l’Agriculture un accord lui donnant accès à une superficie de 100 à 200 000 ha pour la production de riz..À eux seuls, ces trois projets doivent déplacer des dizaines de milliers de petits producteurs de riz et vont détruire les moyens de subsistance de milliers de petits négociants, affectant justement les soi-disant «premiers bénéficiaires» de la Nouvelle Alliance du G8.


La question foncière

Depuis 2008 et l’affaire malgache, l’opinion publique mondiale a pris conscience des transferts de terres qui font passer des millions d’hectares des pays en développement dans des mains étrangères pour la production alimentaire et énergétique.

L’accaparement des terres fait aussi évoluer la notion de propriété foncière en développant les locations de longue durée et aussi parce qu’il concerne parfois des terres soumises jusqu’à présent au droit coutumier qui ignore la dimension privée de la propriété.

J’apprends qu’au Bénin le nouveau code foncier stipule qu’au-delà de cinq cents (500) hectares, un projet de mise en valeur est approuvé par décret pris en Conseil des ministres.

Les instruments du gouvernement ivoirien semblent être tous prêts pour la mise en place du programme: vote de loi pour gouverner par Ordonnance et la prochaine Revue du code foncier.

Des conséquences incalculables

Il n’existe pas pour l’instant d’exemples montrant que des investissements effectués dans le cadre de l’accaparement des terres aient eu des conséquences positives pour les populations.

Au-delà des enjeux alimentaires et économiques, se pose la question de l’agriculture locale, de la souveraineté alimentaire et de l’avenir des paysans. Car ces accaparements poussent à une agriculture intensive et industrielle qui laisse de côté bon nombre de « petits » paysans. Ils remettent sur le devant de la scène la question foncière et celle de l’accès à la terre et impose, parfois de facto, une réforme agraire qui favorise les investissements privés étrangers.

Le phénomène d’accaparement des terres entraîne des conséquences négatives qui menacent la vie des communautés, en particulier le déplacement des populations, l’aggravation de la pauvreté et de la faim, l’augmentation des conflits, la perte des droits fonciers et des moyens de subsistance, la suppression pour les communautés et les paysans l’accès à la terre pour une production locale de produits de base. Et pourtant ce sont eux qui peuvent mettre en place des systèmes alimentaires pour nourrir les populations.

Le phénomène d’accaparement dans les pays en développement affaiblit l’agriculture familiale et les marchés locaux. De plus, les investisseurs ont beau dire que des emplois sont créés et qu’une partie de la production reste dans le pays. Mais cela ne remplace pas les terres et la possibilité pour les populations de travailler et d’utiliser les terres pour subvenir à leurs besoins.

Le phénomène d’accaparement actuel des terres ne peut qu’aggraver la crise alimentaire. « Il favorise les monocultures à large échelle, les OGM, le remplacement des paysans par des machines et l’usage de produits chimiques et d’énergies fossiles. » Ce système ne peut que nourrir les bénéfices de quelques-uns et accroître la pauvreté des autres. Les paysans expropriés devront soit se rabattre sur des terres marginales, moins fertiles ; soit abandonner l’agriculture et s’entasser dans les bidonvilles ; soit travailler dans les plantations industrielles, au risque de ne pouvoir faire vivre leur famille, car ils n’auront plus qu’un accès restreint à leurs terres.

Certains pays, comme la Chine, apportent même leur propre main-d’œuvre et leurs propres technologies lorsqu’ils viennent cultiver à l’étranger, en remplaçant la biodiversité d’origine et en court-circuitant les syndicats locaux.

Le président du Comité exécutif du Réseau des organisations paysannes et des producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest résume bien la situation : « La vente massive des terres agricoles africaines s’apparente plus à un pacte colonial qu’à la recherche de nouveaux financements pour le développement de l’agriculture africaine [...] On brade les terres africaines, on contraint des milliers de petits producteurs à la misère. Cela est insupportable. »


Laurie Tipper

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«Grain»: fantastique ONG espagnole: 

“Cevital, 1ère entreprise privée algérienne, choisit la Côte d’Ivoire pour sa 1ère implantation à l’étranger,” 

“Côte d’Ivoire : Louis Dreyfus investira 60 millions de dollars dans le riz,” Jeune Afrique, 31 janvier 2013: 

Sécurité alimentaire: l’UE soutient l’initiative du G8 concernant une «nouvelle alliance» avec les pays partenaires, les donateurs et le secteur privé: 


LES VICTIMES DE DUEKOUE ECRIVENT AU PRESIDENT OBAMA


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Monsieur le Président  des Etats Unis d’Amérique, nous avons pensé à vous écrire ce matin, avec tout le respect dû à votre personne et à votre rang. Et nous avons choisi de le faire au moment où, pour la seconde fois, vous vous rendez sur le continent Afrique.

La raison essentielle de la présente adresse publique est toute simple : vous demander personnellement d’intervenir pour la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons de notre pays, la Côte d’Ivoire.

 Notre adresse à l’honorable personne que vous êtes n’est point hasardeuse, tant nous savons que dans la grande et détestable tragédie qui secoue au quotidien notre pays, la Côte d’Ivoire, votre pays, les Etats Unis, la plus grande puissance du monde, y a aussi sa main. En effet, Monsieur le Président, ce que la communauté internationale s’évertue à appeler  une crise postélectorale en Côte d’Ivoire depuis l’an 2010 est en fait un montage grossier et honteux qui sert à couvrir les crimes d’une rébellion vieille de treize ans et dont les prouesses criminelles se résumaient à éventrer des femmes enceintes, décapiter des bébés ou brûler des familles entières ligotées et emprisonnées dans leurs cabanes ou leurs maisons. Quant à la grave implication de votre pays dans les malheurs que nous vivons, qu’il vous plaise, Monsieur le Président, de savoir ceci : le 1er Décembre 2010, l’ambassadeur des Etats Unis d’Amérique, Philip CARTER III, s’est permis, avec celui de la France, à la manière des terroristes d’Al Qaeda que vous réprouvez, d’enlever le président de la commission électorale de Côte d’Ivoire, pour l’amener au quartier général de l’un des candidats à l’élection présidentielle. C’est de ce quartier général que ce président , sans courage et sans honneur a annoncé, hors délai, des résultats mensongers repris en boucles et soutenus par la communauté internationale et des médias qui ont minimisé en l’ignorant avec mépris, la Cour Constitutionnelle de notre pays. Voici, Monsieur le Président, ce qui a remis le feu aux poudres dans notre pays, la Côte d’Ivoire. Contre la volonté du digne peuple de Côte d’Ivoire qui a demandé le simple recomptage des voix électorales, la communauté internationale avec la France, les Etats Unis et l’Organisation des Nations Unies en tête, nous a imposé depuis lors jusqu’à ce jour, le décompte macabre des cadavres de nos compatriotes assassinés pour avoir refusé cette imposture esclavagiste ! Qu’il nous soit permis aussi de vous  rappeler que cette  fameuse élection présidentielle a eu lieu sans que la rébellion ivoirienne n’ait désarmé, soutenue qu’elle était par la France et l’O.N.U.

Monsieur le Président, honorable premier citoyen des Etats Unis d’Amérique, depuis le fameux 11 Avril 2011, le peuple de Côte d’Ivoire subit chaque jour, bien plus qu’avant, des atrocités sans nom, de la part de bandits venus de la sous-région ouest africaine, des bandits et des mercenaires puissamment armés par la France et par l’Organisation des Nations Unies qui ont activement pris part à la déstabilisation de notre beau pays depuis treize ans. Après des bombardements intenses contre les populations civiles et militaires de Côte d’Ivoire, les militaires français ont fini par arrêter le Président GBAGBO et son épouse Simone EHIVET qu’ils ont remis aux rebelles quand ceux de l’O.N.U. livraient  aux mêmes rebelles toutes les personnalités du régime déchu, partis chercher refuge et protection à un des  sièges des Nations Unies à Abidjan. Depuis lors, ce sont des douleurs et des traumatismes qui sont le quotidien des Ivoiriens : emprisonnements, exactions ou exécutions sommaires selon l’ethnie ou selon l’appartenance politique ont lieu, sous les yeux des armées française et onusienne, comme le massacre d’au moins deux cents réfugiés autochtones d’ethnie Wê  au camp de Nahibly, à Duékoué (chez nous), le Vendredi 20 Juillet 2012. Un massacre dont tout le monde connaît les auteurs mais qui reste toujours sans suite judiciaire. Quant aux centaines de nos compatriotes injustement emprisonnés et toujours non jugés, ils souffrent  de maltraitances et d’humiliations de la part de géôliers dont la réputation de criminels depuis la rébellion n’est plus à démontrer, au vu et au su d’une communauté internationale dont le silence est pour nous, synonyme d’un pacte saugrenu ! Or, le 11 Avril 2011, la communauté internationale s’est empressée de crier qu’elle venait de libérer la Côte d’Ivoire de la dictature de… Laurent GBAGBO. A quoi cela a-t-il donc bien servi, puisque la communauté internationale, prétextant de nous avoir  libéré d’une supposée dictature, nous a depuis lors jetés, malgré nous, dans un gouffre de tyrannie ?

Monsieur le Président, sans le souhaiter vraiment, puissiez-vous imaginer qu’un jour, ce schéma grotesque de la capitulation même de la morale et de la justice humaine se reproduise chez vous , là-bas, aux Etats-Unis d’Amérique? Que des brigands et des terroristes se permettent de détruire l’ordre légal ou institutionnel de votre pays, par pure convoitise de ses ressources naturelles ou de ses nombreuses richesses ? Que des envahisseurs étrangers de vos Etats fédérés, armés jusqu’aux dents, terrorisent et massacrent des jeunes patriotes américains aux mains nues, ainsi que des hauts cadres de votre armée et de votre gouvernement , après en avoir braqué  plus de la moitié des banques et autres institutions financières? Que ces hors-la-loi déciment l’armée des Etats-Unis avec l’aide d’une puissance étrangère, en exécutent tous les hauts gradés, emprisonnent ou torturent à volonté officiers et soldats, désarment et humilient les agents fédéraux du F.B.I. ou de la C.I.A. en les plaçant sous les ordres de chasseurs indigènes reconnus être des buveurs de sang humain ? Ou bien alors, quel état d’esprit serait le vôtre, en imaginant que des gangsters ou des mafieux sortis des prisons américaines et des pègres de Brooklyn ou du Bronx, de grands trafiquants de drogue, sans éducation aucune et sans respect pour la vie humaine, se permettaient de traîner au sol en les palpant sans pudeur et en les torturant , des épouses de respectables gouvernants ou d’élus américains ? Des femmes qui, de surcroît, pourraient être les mères de ces pauvres voyoux? Monsieur le Président, au moment où nous vous écrivons ces lignes, une image d’horreur revient en boucle en notre esprit : c’est celle d’une vidéo où l’actuelle ministre de l’Education nationale de monsieur Alassane OUATTARA, le président à nous imposé par la communauté internationale, une analphabète avérée (de par ses innombrables lapsus anecdotiques et ses vulgaires incohérences), arrache de force, en l’injuriant, les cheveux de l’épouse du Président élu de Côte d’Ivoire, madame Simone EHIVET – GBAGBO, la mère des patriotes de notre cher pays ! Et cela s’est passé à l’hôtel même du Golf, le quartier général du candidat OUATTARA, juste après l’arrestation du Président GBAGBO et de son épouse. Nous voudrions vous prier de croire ici, Monsieur le Président, que constater et dénoncer une tare viscérale (le cas grotesque et hilarant de cette fameuse ministre de l’Education) n’est point une envie de verser dans l’injure gratuite et cela, de toutes les façons, ne saurait être une pratique que nous affectionnons. Quant aux preuves de tout ce que nous dénonçons et condamnons, la toile internet en est pleine, Monsieur le Président. Outre cela, vous voudriez bien comprendre, Votre Excellence, tout sauf votre respect, que là où l’intellect carencé le dispute à la barbarie primaire ou à la haine bestiaire, les patriotes ivoiriens et les victimes opprimées qui vous écrivent maintenant, ne sont pas.

Votre Excellence, à vous qui êtes pour nous un frère car tout de même originaire comme nous du continent africain, nous avons voulu adresser ces quelques lignes à l’effet de vous signifier, en toute dignité, qu’au-delà même de notre douleur et de notre déception vis-à-vis de votre pays (les Etats Unis) qui n’a de cesse d’exiger la pratique de la vraie démocratie aux autres nations du monde, notre amertume et notre effarement devant ce que nous vivons au quotidien croissent sans cesse. Au vu et au su des  gouvernants des Etats Unis d’Amérique et de la communauté internationale, le désordre, l’injustice,  les emprisonnements d’innocentes personnes et les massacres gratuits d’humains se perpétuent en toute impunité en Côte d’Ivoire. Notre pays est devenu une véritable jungle où la liberté même d’expression est strictement interdite aux Ivoiriens, depuis ce jour triste du 11 Avril 2011 où la démocratie a été interrompue par les bombes françaises et onusiennes. Pourtant, nous nous en souviendrons toujours, comme si c’était hier, de vos discours  africains sur la force et la stabilité des institutions et de la démocratie, lors de votre précédent  voyage présidentiel en 2008 en Afrique du Sud et au Ghana voisin. De nobles principes foulés aux pieds et leurs farouches défenseurs (les patriotes ivoiriens) humiliés, emprisonnés ou lâchement assassinés. Vous voudriez bien reconnaître ici avec nous, Monsieur le Président, que quant au casting du «bon cheval» pour diriger la Côte d’Ivoire, vos amitiés, vos collaborateurs et les groupes d’intérêts financiers américains vous ont lourdement trompé, dans la mesure où ce qui se vit depuis deux ans dans notre cher et beau pays est aux antipodes des principes démocratiques qui les vôtres.

C’est donc pour toutes ces raisons, Honorable premier citoyen des Etats Unis et cher frère, que nous, victimes de guerre de Duékoué, toute colère et tout désir de vengeance tus en nos cœurs, nous nous permettons de vous écrire ces lignes afin que vous fassiez de tout votre possible pour la libération immédiate et sans conditions de tous nos compatriotes et de notre très cher Président GBAGBO  qui croupissent dans les geôles d’une intolérable absurdité qui, jamais, ne saurait s’ériger en droit.

Oui, Monsieur le Président, vous le pouvez ! Vous pouvez, par un simple geste fort de votre part, impulser un nouveau départ à l’histoire de l’humanité et à l’Afrique, terre de vos ancêtres, car pour nous les victimes de cette imposture franco-onusienne et pour tous les démocrates du monde, la justice et la morale humaine sont en contradiction totale et en conflit avec elles-mêmes tant la Cour Pénale Internationale de La Haye s’est couverte et continue de se couvrir de ridicule ou de discrédit dans un faux procès contre le Président GBAGBO, quand de nombreux patriotes et des personnalités de la Côte d’Ivoire, dont des femmes, sont détenus en toute illégalité, sans jugement depuis plus de deux ans dans de miteuses prisons de Côte d’Ivoire et que des auteurs de crimes contre l’humanité connaissent des promotions politiques et militaires, sont choyés, formés ou encadrés et protégés par la communauté et par la justice internationales !

Oui, Monsieur le Président, vous dont l’ascension sociale n’a rien à voir avec le faux ou la tricherie, la barbarie ou la loi de la jungle, nous croyons fermement que vous pouvez aider à la libération de tous nos compatriotes injustement emprisonnés par esprit de méchanceté. Oui, Monsieur  le Président, nous croyons que vous le pouvez ! Pour les victimes d’une guerre injuste et absurde que nous sommes mais qui continuons de résister à l’imposture que l’on veut nous imposer, nous restons profondément convaincus qu’en vous rappelant les différents et difficiles moments de la lutte des Noirs d’Amérique pour leur liberté et leur dignité, de la triste période de l’esclavage en Amérique à votre élection historique comme Président des Etats Unis, vous aurez saisi toute la portée de notre indicible douleur, de notre indignation face à ce que nous vivons et de notre adresse à votre honorable personne. Surtout qu’au moment de la présente adresse à votre Excellence, vous survolez le continent noir africain, partant de l’île de Gorée au Sénégal à celle de Robben Island, deux symboles forts de la tragédie et des souffrances des peuples de notre continent.

Nous vous remercions, Monsieur  le  Président, de bien vouloir trouver en ces lignes, notre ardent désir de restauration en notre chère patrie, la Côte d’Ivoire, de la justice, de la liberté et de la vraie démocratie, malgré les nombreuses atrocités subies et que nous avons déjà pardonné à leurs auteurs fous qui persistent à régner dans une cruauté sans nom, consacrant ainsi, chaque jour que DIEU fait, l’affreux règne, somme toute éphémère, du mal sur le bien.


Pour les victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly)


Emmanuel Caleb, le 27 Juin 2013.

lundi, 01 juillet 2013

MAMADOU KOULIBALY: LA REFORME DE LA JUSTICE COMME ELEMENT D'UNE COALITION DE RUPTURE VICTORIEUSE

 

MAMADOU KOULIBALY. REFORME DE LA JUSTICE.jpg

 

L’intrusion brutale de la Cour pénale internationale (Cpi) dans le paysage politique ivoirien nous fait prendre conscience que nous n’avons pas de justice crédible, efficace et équitable. Depuis ces vingt dernières années, les gouvernements successifs ont pris l’habitude d’emprisonner des personnes sans jugements et sans que l’on ne demande de compte au système judiciaire.

Hier, c’était les gestionnaires de la filière du cacao, des journalistes et autres citoyens qui étaient incarcérés de longs mois, illégalement et sans procès. Aujourd’hui, c’est une partie du personnel politique qui se retrouve dans le même type d’incarcération. Dans les deux cas, les commentateurs regardent non pas la justice, mais le bureau du président de la République, qui est capable de dire si oui ou non, une personne peut être arrêtée, doit être arrêtée, quand il faut le faire et combien de temps la garder en prison sans jugement. En général, les prisonniers politiques libérés ont pour premiers mots la reconnaissance et des remerciements en l’endroit des autorités pour leur magnanimité. Dans les deux cas, c’est le président de la République qui est capable de dire si un prisonnier peut être libéré ou pas. Lui est au-dessus du code de procédure pénale, au-dessus de la loi. Le président n’est-il pas aussi le président du conseil supérieur de la magistrature ? N’est-ce pas lui qui fait la promotion des magistrats et qui peut leur dicter aussi sa volonté de justice, tout en proclamant aux esprits naïfs qu’il n’interférera jamais dans les procédures judiciaires ? Dans notre pays, être président, c’est être à la fois un roi et un pontife.

La justice dans notre pays est un sujet à problème qui mérite des solutions novatrices et révolutionnaires, si l’on souhaite construire une économie de progrès social et de liberté. L’opposition ivoirienne pourrait déjà se faire l’écho de réformes, compte tenu des expériences vécues par elle dans cette période où la justice est utilisée à des fins de vengeance. Plus une vengeance justicière qu’une simple justice de vainqueurs.

Nous nous plaignons tous de la justice, à commencer par les juges et les magistrats qui jugent sévèrement leurs conditions de travail. Les avocats, greffiers, huissiers, notaires et autres policiers et auxiliaires de justice sont tout aussi sévères avec le système judiciaire, qui ne traite pas les dossiers et va de renvoi en renvoi sans trancher de façon claire et définitive. Les justiciables ordinaires, individus, ménages et entreprises, affirment partout que notre justice est incompétente et corrompue.

Le personnel politique quant à lui n’a pas d’idées pour réformer cette justice au-delà des professions de foi et des vœux pieux, parce qu’il ne rêve que de mettre cette justice à son propre service, contre tous ceux qui ne sont pas d’accord avec lui. Le système judiciaire ivoirien va mal depuis très longtemps et a besoin de rupture et de réformes. Mais comment réformer en gardant en même temps le statu quo ? Toute idée de réforme est-elle irréaliste, idéaliste, théorique comme se plaisent à le dire tous ceux qui sont formatés pour cautionner la tyrannie de l’immobilisme et du désespoir?

Répondre à ces questions, c’est considérer sérieusement que les populations ivoiriennes ont besoin d’un bon système judiciaire et que pour cela, il ne faut pas hésiter à bouleverser les conformismes qui bloquent toutes les évolutions. Notre société ne peut avancer que si nos réformes nous empêchent de continuer de tourner en rond.

Cette rupture semble avoir été perçue par les rédacteurs de la constitution de 2000, qui ont décidé d’y inscrire notre passage d’une autorité judiciaire constitutionnelle à un pouvoir judiciaire et d’éclater la cour suprême d’antan en quatre différentes institutions, suivant en cela la tradition des institutions juridiques françaises. Cependant, la France, elle, n’a pas évolué dans une logique de pouvoir judiciaire constitutionnel, mais est restée avec une autorité judiciaire. En plus, en France, l’éclatement de la cour suprême en quatre instances est devenu tout de suite réalité.

Ici, en Côte d’Ivoire, après avoir inscrit que c’est d’un pouvoir judiciaire que nous voulons, nous avons continué, depuis 2000, à fonctionner avec une autorité judiciaire éclatée entre une cour suprême amputée du conseil constitutionnel et un conseil constitutionnel qui, depuis treize ans, n’a pas arrêté de nous surprendre, tant sa compréhension de la constitution est discutable, sectaire, controversée et marginale. La dernière crise postélectorale nous aura montré qu’en 2000 comme en 2010 et même en 2013, le conseil constitutionnel est loin de donner satisfaction. Les autres institutions éclatées issues de la disparition programmée de la cour suprême n’ont jamais été installées, treize ans après l’adoption de la constitution. Le conseil d’Etat, la cour des comptes et la cour de cassation n’ont pas été mis en place, parce que le gouvernement et le parlement ne se sont accordés, à l’époque, que sur la nécessité de régler les problèmes électoraux avec le conseil constitutionnel, les autres juridictions supérieures ayant été jugées peu importantes et moins urgentes jusqu’aujourd’hui. Comment s’étonner alors du biais judiciaire, si la législation elle-même au commencement avait biaisé le jeu ?

Maintenant, dans une logique authentique de rupture démocratique, l’opposition doit affirmer clairement ses choix et sortir des hésitations. Treize ans d’expérience suffisent pour comprendre que nous n’avons aucun intérêt à éclater la cour suprême et qu’au contraire, nous devons la réinstaller et la renforcer. Il nous faut une réforme constitutionnelle qui unifiera les juridictions administratives et judiciaires et remettra en place la cour suprême. Nous devons ainsi repositionner l’Etat, non plus comme un justiciable à part, mais comme un justiciable de droit commun. Autant le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif ont chacun un seul organe hiérarchique, autant pour l’équilibre des pouvoirs, il nous faut un seul organe suprême d’expression du système judiciaire. La cohérence d’ensemble de notre système politique l’exige, la démocratie et notre sécurité collective aussi.

Même si la nomination des magistrats peut rester dans les prérogatives du chef de l’exécutif, nous devons établir des balises pour éviter les abus de ces dernières années, œuvres de tous les bords politiques. D’abord, les nominations des magistrats à la tête des juridictions suprêmes devraient faire l’objet de ratification par l’assemblée nationale issue du nouveau régime parlementaire que la réforme constitutionnelle mettra en place. Les pouvoirs se contrôlent mutuellement, rendent des comptes et sont prêts à ce qu’on leur demande des comptes.

Ensuite, pour rapprocher les justiciables de leur justice, des juridictions suprêmes de second degré doivent être établies dans les différentes régions du pays. Aujourd’hui, nous avons 14 districts, dont deux districts autonomes, qui regroupent les 31 régions du pays. Il nous faudrait donc, à supposer que la loi d’orientation de la décentralisation garde le découpage actuel, 14 juridictions suprêmes régionales pour commencer, en plus de la cour suprême nationale qui serait l’organe de recours, d’appel et de censure à la disposition des populations. Enfin, il faut donner à l’opposition parlementaire ou non parlementaire la possibilité de saisir la cour suprême, et soumettre la loi de la majorité votée par le parlement à la sanction du droit, qui est supérieur à la loi. De même, les citoyens et les entreprises doivent aussi avoir la possibilité de se pourvoir devant les juridictions supérieures et devant celles de la Cedeao pour y chercher des remparts contre les risques totalitaires des législations adoptées par la majorité parlementaire dans un pays membre. Ainsi, les citoyens nationaux doivent pouvoir, par la voie de l’exception d’inconstitutionnalité soulevée devant les juridictions, demander une interprétation des lois adoptées et qui leur sembleraient abusives.

Au-delà de ces réorganisations institutionnelles, le fonctionnement de la justice nécessiterait des améliorations et donc des efforts budgétaires conséquents, non pas, comme d’habitude, seulement en termes d’équipements et de formation. Dans son fonctionnement il sera clairement établi que la police n’est qu’un moyen au service des tribunaux et que les tribunaux auront des pouvoirs renforcés pour les rendre capables de garantir l’ordre social et les droits individuels.

Plus de droits et plus de juges biens formés, des tribunaux fonctionnels, efficaces, rapides et accessibles à tous : telles devraient être les priorités pour nous en matière de réforme de la justice. Une telle démarche exige que nous nous mettions d’accord pour dire que dans une démocratie qui marche bien, le pouvoir judiciaire doit avoir la primauté sur l’exécutif et le législatif et avoir une indépendance absolue nécessaire à son bon fonctionnement. La constitution et les lois révisées devraient affirmer le substrat de valeurs morales qui garantissent cette vision des choses.  

Tel est le fond d’un vrai discours de rupture en matière judiciaire. Notre histoire récente nous prouve que sans justice stable, efficace et indépendante, nous devenons tous fragiles et ceux qui ont un brin de pouvoir l’utilisent tout de suite pour écraser les autres. Le juge est le meilleur garant des droits individuels et notre liberté est mieux assurée par les tribunaux indépendants que par les législateurs, qui souvent font des lois pour se venger de leurs adversaires.

Les lois sont toujours l’expression de pouvoirs politiques, qu’elles émanent du président de la République ou du parlement. Et, dans un tel contexte, les minorités politiques seront considérées comme ayant juridiquement tort. Les lois dans notre pays sont devenues des instruments que les majorités utilisent pour imposer leurs vues. Nos réformes et la rupture qui les inspire doivent être telles qu’aucun président ne puisse régner en violation des textes fondamentaux et qu’il n’y ait face à cela aucun recours autre que la violence. Nous devons utiliser la justice pour mettre fin au cycle de la violence et de l’insécurité.

Ces réformes exigent cependant que les convictions prennent le pas sur les ambitions personnelles. Elles pourraient être le socle d’un ensemble de valeurs morales et idéologiques d’une opposition unie derrière des idées communes, propices à la résolution des problèmes qui se posent avec acuité et urgence. La Côte d’Ivoire n’est-elle pas plus importante que nos destinées politiques individuelles ?


Pr. Mamadou Koulibaly, le 28 juin 2013.


Source: LIDER-CI.ORG (Page Facebook)

LE RESPECT DE LA PROCEDURE D’EXTRADITION DES REFUGIES PAR LE PRESIDENT MAHAMA REMIS EN QUESTION

 

le respect de la procedure d’extradition des refugiés,par le président mahama remis en question,george koomson,"the finder" du 25 juin 2013,charles blé goudé,jean-noël abéhi,jean-yves dibopieu,extradition de refugiés ivoiriens du ghana

 

Le journal Ghanéen «The Finder», dans sa livraison du 25 juin 2013 en p.3, remet en question le respect de la procédure d’extradition des refugiés ivoiriens par le président John Mahama. Selon un expert juridique qui a parlé au journal, les demandes d’extradition doivent être approuvées par les juridictions du pays d’accueil où les individus concernés ont le droit de recevoir une assistance juridique.

Voici la traduction intégrale de l'article: "Les réfugiés ivoiriens paniquent", p.3 de "The Finder" du 25 juin 2013. Par George Koomson.

Les réfugiés Ivoiriens au Ghana paniquent après l’engagement pris par le Président Mahama d’envoyer en Côte d’Ivoire ceux d’entre eux que le gouvernement ivoirien demandera.


La peur des réfugiés ivoiriens, selon un porte-parole qui a requis l’anonymat, fait suite à la déclaration du Président Mahama: Il pense que cette déclaration pourrait encourager les autorités ivoiriennes à fabriquer des allégations contre ses opposants politiques qui ont demandé l’asile au Ghana dans le but de les extrader en Côte d’Ivoire.

Le porte-parole affirme que la préoccupation immédiate des réfugiés est leur nourriture, parce qu’ils apprennent que leur stock expire à la fin de ce mois (juin 2013).

Mais il a aussi confié à "The Finder" que ses compatriotes qui résident au Ghana paniquent parce que le «Président Mahama a dit en France que si des noms de réfugiés recherchés par les autorités ivoiriennes leur étaient donnés, il accepterait de les livrer au Président Ouattara».

Répondant aux questions pendant une interview, le 29 mai en France, par rapport à l'extradition de Charles Blé Goudé, le Président Mahama a dit: «Le Ghana a une longue tradition de démocratie, et nous ne saisirons personne par le cou pour l’envoyer dans une situation dangereuse, à moins que nous n’ayions des preuves concrètes contre lui». 

Il a continué en disant que le «Président Ouattara leur a soumis une liste de personnes recherchées en Côte d’Ivoire pour des actes de déstabilisation et nous avons extradé ceux contre qui nous avons reçu des preuves convaincantes de leur implication», se référant à l’arrestation des proches du Président déchu.

Charles Blé Goudé, Jean-Noël Abéhi et Jean-Yves Dibopieu ont été arrêtés en début d’année et extradés en Côte d’Ivoire.

La façon dont s'est faite cette extradition met en question le respect de la procédure d’extradition des refugiés par le Président Mahama (...).

Le Président Mahama a fait une allégation qui n’a pas encore été rendu publique dans une interview en  France dans laquelle il apparaît qu’il aurait assumé des fonctions qui relèvent du pouvoir judiciaire.

«Il y aurait un mandat d’arrêt contre Blé Goudé et les autres, après une vidéo qui les montrait en train de parler de coup d’Etat», a-t-dit, ajoutant selon starafrica.com, qu’il y avait assez de preuves pour leur extradition. C’est donc ce qui s’est passé après leurs arrestations qui inquiètent les refugiés ivoiriens qui résident au Ghana.

Le Président Mahama, faisant allusion à ceux qui ont été extradés affirme: «C’est tout ce que nous avons, mais si nous recevons d’autres noms, nous les remettrons aux autorités ivoiriennes».

C’est cette dernière déclaration qui crée la peur chez les refugiés qui craignent que cela n’encourage les autorités ivoiriennes à envoyer plus de «preuves» au Président Mahama contre ceux qu’ils cherchent.

 

Par George Koomson. "The Finder" du 25 juin 2013.

MAMADOU BEN SOUMAHORO: «PHILIPPE MANGOU, TAIS-TOI ET MANGE!»

 

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Une Philippique de l’Honorable Mamadou Ben Soumahoro adressée au Général Mangou.

 

J’ai longtemps hésité avant d’écrire ces quelques lignes qui ont pour ambition de calmer la plaie qui s’est ouverte en mon être, traumatisme  profond causé par un choc aussi réel que la blessure elle-même est censée être virtuelle. Car en fait, une blessure provoquée par une déception est d’autant plus difficile à guérir. Quand on a été ainsi trompé dans son attente et dans son espérance, le retour sur ses sentiments premiers  que l’on croyait définitifs est très pénible et dans le cas qui va nous occuper, véritablement déchirant. Personne au monde n’aurait pu me convaincre que le Général de Corps d’Armée Philippe Mangou aurait pu jeter le manche avant la cognée et s’enfuir dans une Ambassade étrangère à deux pas de la Résidence de son plus grand protecteur  et Chef Suprême Laurent Gbagbo, au moment précis où le Chef de l’Etat était en droit d’attendre de son Chef d’Etat Major Général des Armées ce qui pouvait constituer comme un retour sur investissement sur la personne de ce « brillant officier » qu’il avait nommé dans un incroyable élan de réalisme,  sur la base de ce que ses hommes l’avaient démocratiquement choisi sur la ligne de front des actions militaires de l’opération Dignité. Soulagé et content d’avoir trouvé sa perle rare, le Président Laurent Gbagbo  qui a constamment et en toutes circonstances la construction de la nouvelle Côte d’Ivoire en tête, avait dit ce soir là : « Il y a dans cette armée des garçons dont la Côte d’Ivoire  a de quoi être fière ». Dans ce cas précis, il se trompait et nous aussi, parce que nous avions approuvé son jugement et même applaudi. L’attitude du Président Laurent Gbagbo vis-à-vis de Philippe Mangou n’a jamais changé.

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Il était Lieutenant-colonel. Il est ensuite devenu Colonel, Colonel-Major, Général de Brigade, Général de division, Général d’Armée, Général de Corps d’Armée. Les « étoiles » ont voltigé sur ses épaules à la vitesse d’un bolide de Formule 1. On sentait bien que le Président Laurent Gbagbo voulait lui donner ici et maintenant tous les instruments de son autorité et de son commandement, en brûlant la politesse à de nombreux autres officiers probablement frustrés. Mais chacun sait qu’on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs. Comment faire autrement. Toutes les apparences plaidaient en faveur de Philippe Mangou : l’officier était bien fait de sa personne, et nul ne pouvait présumer qu’il était bête. Visiblement, il avait déjà réussi à se faire aimer de ses hommes du rang.  Il impressionnait les civils par son allure martiale et par la qualité de son discours. De surcroît, Philippe Mangou était fils de Pasteur et profondément croyant lui-même. C’est du moins ce qu’il laissait croire. Je n’ai pas d’éléments pouvant me permettre de mesurer le désappointement du Président Laurent Gbagbo mais en ce qui me concerne, je puis vous dire que le jour de la trahison du Général Philippe Mangou, j’ai eu le sentiment que la terre se dérobait sous mes pieds. Pour plusieurs raisons :

1 - Philippe Mangou n’a pas trahi le Président Laurent Gbagbo par cupidité ou par cynisme. Pour l’argent je puis témoigner qu’il n’avait aucune raison de se plaindre du Président. Et je peux affirmer maintenant qu’il n’était pas assez intelligent pour être cynique. Le Général Philippe Mangou a tout simplement trahi par impéritie, par incapacité à assumer ses charges ; il était inapte au commandement. Il n’avait rien compris à la mission que lui imposait ses « étoiles ». Des soldats de ses différentes garnisons ont dit de lui qu’il était un lâche et un fuyard  dans une lettre qui avait les relents d’un brûlot. Ils avaient probablement leurs raisons mais en fait, ils sont passés à côté du vrai caractère de leur chef.  En réalité Mangou philippe n’a pas eu le temps d’apprendre, de comprendre ce qu’est la fonction véritable d’un Général Chef d’Etat Major. Le Président de la République Chef Suprême des Armées, les Officiers Généraux, les Officiers Supérieurs, le Sous-Officiers, les Hommes de Troupes, le peuple, oui le peuple ; où Mangou Philippe a-t-il laissé tout ce monde, toutes ces familles dont les vies dépendaient de ses ordres. En fait, le Généralissime Mangou Philippe n’était qu’un « petit frimeur » fasciné par son propre uniforme  auquel il n’accordait qu’un pouvoir et une fonction dérisoires de séduction sur « les jeunes filles du Concours Miss District d’Abidjan ».

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Il me faut remercier les FDS auteurs de la lettre adressée au Général fuyard pour avoir su expliquer preuves à l’appui à leur ancien chef  le sens du mot trahison dont il a oublié la signification depuis qu’il s’est improvisé diplomate (à la gomme) au Gabon.

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 En même temps que l’ordonnance de Alassane Dramane Ouattara,  notre homme a  sûrement été frappé d’illettrisme aigu.  Si c’était un poste d’Ambassadeur qu’il convoitait, il lui suffisait de le dire, Seigneur Dieu ! Et l’enfant de Mama le lui aurait donné ! Vous avez absolument raison chers enfants des FDS : la promotion vertigineuse de Philippe Mangou a été un véritable gâchis pour tout le monde.

2 – J’ai noté que le Général Philippe Mangou accordait à Alassane Dramane Ouattara des qualités de Chanoine : « Ouattara m’a nommé Ambassadeur, c’est la preuve qu’il est bon… »

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 La nouvelle Côte d’Ivoire du RDR vient d’inventer une nouvelle notion dans la gestion administrative : la bonté, la magnanimité, au détriment du mérite et de l’efficacité. En plus, voici un homme, Alassane Dramane Ouattara dont l’ambition démesurée l’a emmené à introduire avec fracas dans notre pays une idéologie mortifère et des actes de barbarie médiévale pour le simple plaisir de nommer ses complices à des postes de hautes responsabilités par « bonté » et il se trouve des hommes assez stupides du type Mangou Philippe pour lui attribuer des satisfécits  dithyrambiques. Décidément, quand on regarde aujourd’hui Philippe Mangou, on est en droit de se dire que : « la bêtise humaine est la seule chose qui donne une idée de l’infini »

3 - Oui, la bêtise humaine, parce que Philippe Mangou sait pertinemment que Alassane Dramane Ouattara n’est pas bon. Il le sait parce qu’il a été lui-même victime d’un ordre du même Ouattara  qui l’a fait jeter en prison après le coup d’Etat dont la paternité a été attribuée injustement au Général Robert Guéi en décembre 1999.

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 Pendant qu’il purgeait une peine non définie à la MAMA (Maison d’Arrêt Militaire d’Abidjan) comme une trentaine d’officiers des FANCI, Ouattara le véritable commanditaire du Putsch, ordonnait en même temps l’expulsion de sa femme et de ses enfants du logement qui lui avait été attribué en tant que Commandant de la base Militaire d’Akouédo.  Sous mes yeux, une escouade de gendarmes était venue à la MAMA en pleine nuit chercher Philippe Mangou pour qu’il déménage sa famille sans ses meubles. Le nouveau bénéficiaire lorgnait depuis longtemps ses fauteuils et ses équipements électroménagers.  Il ne peut pas dire aujourd’hui qu’il a oublié cet acte  ignominieux et humiliant de Ouattara posé à son encontre,  puisqu’il s’est immédiatement exécuté. Et sa famille s’est retrouvée sous la pluie ce soir là. Si c’est cela un homme bon, c’est que les mots n’ont plus de sens en Français. Ha ! Oui, j’ai oublié dans ma précipitation de vous dire que j’étais détenu dans la même prison (MAMA) au Camp Gallieni sur l’ordre du même Alassane Dramane Ouattara en Décembre 1999. C’est dans l’horrible chaleur de cette Maison d’Arrêt de Forteresse des officiers Ivoiriens que j’ai rencontré Philippe Mangou pour la première fois.  Pourquoi un civil était-il détenu dans une prison militaire ? S’il vous plaît ne vous posez pas trop de questions. Il y a longtemps qu’il m’arrive des choses bizarres dans ce pays ! Non seulement Mangou Philippe sait que Ouattara n’est pas bon, mais il sait aussi que ce personnage boursouflé de suffisance injustifiée se prend pour Dieu. Et c’est là que le militaire médiocre qu’il est doit se rapprocher d’une théorie vieille comme le monde  pour retrouver le caractère authentique de son nouveau Mentor : « Si tu tues un homme, tu es un assassin. Si tu tues un million d’hommes, tu es un conquérant, si tu les tues tous tu es un Dieu. »

4 – Je me suis laissé dire que madame Fatou Bensouda gardait dans sa manche le Général Philippe Mangou pour témoigner contre le Président Laurent Gbagbo à la CPI. Le manque de crédibilité du Général d’opérette devrait la faire frémir de dégoût, s’il lui reste encore un peu de bon sens. Voici donc un homme, Général de son Etat, a qui a été confiée la défense et la sécurité de tout un peuple agressé par une horde de Rebelles et de Dozos aux méthodes barbares d’un autre âge, qui ne trouve rien d’autre à faire que de fuir carrément aux dires de ses propres soldats, sans laisser d’ordres ni  de remplaçant, pour aller se blottir dans le confort douillet d’une Ambassade. Quelle est cette justice qui ne comprend pas que dès lors, la chaîne du commandement a été rompue et que le Président de la République ne pouvait pas avoir donné l’ordre de tuer. En l’occurrence, Philippe Mangou n’était pas le seul à avoir pris le chemin des Ambassades ou de l’Hôtel du Golf. La liste des généraux couards, pleutres et dépourvus d’honneur est longue et ne mérite aucune attention ni aucun respect. De surcroit, si nous lisons les mêmes journaux, Madame Fatoumata Bensouda doit avoir déjà mesuré la valeur de la récompense attribuée à ses témoins clés. Une Ambassade vaut bien une messe : Libreville… Dakar… ! Quelle injure à l’intelligence des Ivoiriens !

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Kassaraté Tiapé, Détoh Létho, Brindou M’Bia, Touvoly Bi Zogbo, Yao Yao Jules…, c’est quoi ça?!  


Mamadou Ben Soumahoro

Le 29 juin 2013.


Source: Le blog de Claudus

AFFAIRE JEAN-NOEL ABEHI: POURQUOI LA «JUSTICE TELEVISUELLE» D'HAMED BAKAYOKO POSE PROBLEME


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Hambak Comedy Club, épisode 2. Après le show télévisé du 12 juin 2012, où il se donnait en spectacle à la RTI et faisait diffuser une vidéo des « aveux » de l’ancien ministre Moïse Lida Kouassi et du commandant Katé Gnatoa, qui « reconnaissaient » avoir été partie prenante de tentatives de coup d’Etat, le premier flic du régime Ouattara remet le couvert. Et vient sur le plateau animé par Brou Aka Pascal avec, dans sa mallette, une cassette de la « déclaration de prise de pouvoir » qui aurait été préparée par le colonel Jean-Noël Abéhi si son coup d’Etat supposé avait réussi. Dans son escarcelle, il a aussi un « repentir » filmé de ce dernier.


Il est sûr qu’Hamed Bakayoko a réussi à faire le buzz, une nouvelle fois. Mais ses méthodes plus que discutables ont mis mal à l’aise, une fois de plus, y compris dans les milieux qui soutiennent traditionnellement l’actuel régime ivoirien. En effet, le pouvoir Ouattara voudrait-il remplacer subrepticement les institutions judiciaires habituelles, caractérisées par le règne du contradictoire, et un certain équilibre de l’argumentation entre Défense et Accusation, par une sorte de « justice télévisuelle » à la fois spectaculaire et dangereuse pour les libertés, qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Quelle est, en effet, la valeur probante d’éléments audiovisuels tournés on ne sait où par on ne sait qui, et livrés au grand public dans une « opération psychologique » visant à semer l’effroi et la terreur et à jeter en pâture un certain nombre de noms de prétendus complices, au-delà de la présomption d’innocence ? Dans quel cadre juridique ces vidéos ont-elles été tournées ? En tout cas, celle qui est censée être la vidéo préparée pour une éventuelle prise de pouvoir est traversée par un certain nombre d’incohérences. Pourquoi un officier supérieur intelligent se lancerait-il dans des appels à utiliser des « machettes » et des « cailloux » alors que des forces internationales n’attendraient que de telles déclarations pour contrarier sa prise de pouvoir, au nom de « la responsabilité de protéger » ? Le colonel Abéhi était-il assisté de ses avocats quand il passait « à confesse »? Le droit ivoirien prévoit-il de telles « dépositions » filmées et destinées à être diffusées par la télévision nationale ? Les deux vidéos peuvent tout à fait avoir été « fabriquées » pour les besoins de la cause par un régime qui peut faire dire n’importe quoi à ses otages, qui sont, rappelons-le, souvent détenus dans des conditions extrajudiciaires et soumis à de graves formes de torture, selon les rapports des organisations de défense des droits de l’Homme.

La RTI a violé la loi sur la presse, à l’instigation d’un ministre du gouvernement

Le premier show télévisé d’Hamed Bakayoko a eu lieu il y a plus d’un an. Il y a plus d’un an, il laissait entendre à l’opinion nationale et internationale que le régime dont il est une des principales figures avait déjà réuni des preuves « accablantes » et des aveux « clairs » provenant de l’ex-ministre Moïse Lida Kouassi (voir la vidéo plus bas) et du colonel Paulin Katé Gnatoa. Pourquoi n’ont-ils donc pas encore été jugés ? Pourquoi ce régime est-il à l’aise quand il s’agit de faire de la propagande médiatique sur les « conclusions » de ses « enquêtes » de police et rechigne-t-il par la suite à passer au débat judiciaire ?


L’on se souvient qu’il avait abondamment communiqué, il y a aujourd’hui plus de deux ans, dans la presse française et ivoirienne, sur les éléments de la Garde républicaine qui auraient assassiné les Français Stéphane Frantz Di Rippel, ancien patron de l’hôtel Novotel d’Abidjan, et Yves Lambelin, président du groupe industriel SIFCA. Jusqu’à présent, aucun procès sur cette sombre affaire n’a eu lieu. «Me Pierre-Olivier Sur (cabinet Fischer, Tandeau de Marsac, Sur & associés – FTMS) continue de s’interroger sur le refus apparent de la justice ivoirienne de procéder à la reconstitution de l’assassinat de Stéphane Frantz Di Rippel, demandée il y a plusieurs mois», nous apprenait La Lettre du Continent en décembre 2012. Etrange !

Par ailleurs, si l’on suppose que la vidéo de « prise de pouvoir » d’Abéhi sera immanquablement citée au cours de la procédure judiciaire qui le vise, on ne peut que noter qu’Hamed Bakayoko a poussé la RTI à violer la loi portant régime juridique de la presse qui, en son point 73 stipule que « la diffusion d’informations, même exactes, est interdite si celles-ci se rapportent (…) au contenu d’un dossier de justice non encore évoqué en audience publique ».  Le Nouveau Courrier, qui a l’investigation dans son ADN, considère que cette disposition peut être liberticide. Puisqu’elle est violée avec la complicité directe de l’information – qui est l’exécutif lui-même –, on imagine qu’elle ne sera pas invoquée demain pour persécuter la presse et l’obliger à révéler ses sources. Les dernières nouvelles de l’Eléphant Déchaîné, dont des journalistes ont été convoqués par la gendarmerie nationale au nom de prétendues « fuites sensibles concernant la sécurité de la Côte d’Ivoire », tendent à démontrer que le régime actuel est plutôt partisan d’une interprétation sélective des textes de lois.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 30 juin 2013

L'AMBASSADE DES ETATS-UNIS A ABIDJAN A ACCUEILLI UNE RECEPTION DE LA «GAY PRIDE»

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Obama ou comment défendre la cause des gays sans aggraver leur situation?

 

L’ambassade des Etats-Unis en Côte d’Ivoire a accueilli ce mois-ci une réception de la gay pride réunissant une vingtaine d’Ivoiriens ouvertement homosexuels, marquant l’implication d’Obama dans la défense des droits LGBT en Afrique – une implication toutefois nuancée. (…)

La réception de la gay pride qui s’est tenue à Abidjan à l’ambassade des Etats-Unis était certes modeste, mais elle n’en constituait pas moins un inédit historique. L’événement est resté d’une discrétion impressionnante : aucun journaliste n’a été autorisé à entrer, et seul un mot a pu être publié sur le site officiel de l’ambassade à propos de la réunion. (…)

A l’occasion de cet embryon de gay pride à Abidjan ce mois-ci, les convives ont évoqué Obama et le rôle qu’il s’apprête à jouer dans le combat pour l’égalité, à l’occasion de ses visites officielles de cette semaine. L’espoir transparaissait, ainsi que l’aveu que, s’il devait passer la question sous silence, cela provoquerait une immense déception. Le projecteur est donc maintenant braqué sur le président : espoir, ou déception ?

 

Lire l’intégralité de l’article sur le site Afriquinfos : Obama marche sur des oeufs en défendant les droits des gays en Afrique.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

HOMOSEXUALITE A ABIDJAN: QUAND PARIS S’EN MELE…

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Gay pride Paris, juin 2013.

 

La France vient de s’incruster dans le milieu de l’homosexualité en Côte d’Ivoire. La question était sur toutes les lèvres à Abidjan lorsque le premier mariage de personnes de même sexe a été célébré en France. «Bientôt le tour d’Abidjan?», se demandaient les Ivoiriens. C’est clair, aujourd’hui, que les choses pour imiter les paternels français sont bien engagées. Pousser Abidjan à suivre Paris, c’est ce qui transparaît dans la première action d’envergure menée dans cette affaire. Alors que les Ivoiriens devraient pouvoir mener leur propre débat avec leur loi et leurs valeurs.

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Mais non. Le  25 juin dernier, la France a accordé un financement pour le projet d'une association ivoirienne de protection des homosexuels, transgenres et personnes du métier du sexe. 30 millions de francs Cfa, c’est le montant de ce projet intitulé "Weteminan" qui signifie «Ensemble et tous égaux». Le but de ce projet révolutionnaire, la promotion et la vulgarisation des droits de l'homme concernant les minorités sexuelles à Abidjan. En Côte d’Ivoire, la question de l’homosexualité n’est pas abordée de façon officielle; la loi ivoirienne ne condamne pas mais ne donne pas non plus le feu vert à cette orientation sexuelle. L’appui de la France à ce projet vient donc ouvrir les vannes d’une lutte "pro" et "anti" mariage pour tous à l’ivoirienne. Et pourtant les Français n’ont pas eu de «pressions» de Washington, ou encore Bruxelles, pour accorder le droit du mariage à tout le monde. L’Etat de Californie, qui vient de renouer avec les mariages de personnes de même sexe après quelques années de suspension, n’a pas eu non plus d’influence du pouvoir fédéral américain. Vous avez dit ingérence?   

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Désormais, quelque soit l’issue de ce projet, la main de Paris dans ce suivisme souvent systématique d’Abidjan sera toujours visible. Dans l’hexagone, le gouvernement a eu beaucoup de mal à faire passer le projet de loi sur le mariage pour tous. Mais ce n’est certainement pas en Côte d’Ivoire qu’elle pourrait le faire haut la main. La France n’a pas fini de soigner son image encore trouble dans les esprits de bon nombre d’Ivoiriens, à l’issue de la crise qui a secoué le pays. Et l’ancien (?) colonisateur vient se jeter, pieds joints, dans un bourbier qu’il a fabriqué lui-même. La loi sur le mariage a perturbé, il y a quelques mois, le parlement et la société ivoirienne, et une autre bombe vient d’être lancée.

 

Williams F. Akiré

willardofian@live.fr

@WilliamsAKIRE


Source: Le blog de Williams Akiré

QUEL DESTIN POUR LA COTE D’IVOIRE? POLITOLOGIE D’UNE LIBERATION

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- LA BATAILLE DE COTE D'IVOIRE DANS LE CONTEXTE DE LA GUERRE AFRICAINE -


Par Michel Galy. Politologue, chercheur au Centre d'études sur les conflits, professeur à l'Institut des Relations internationales (ILERI, Paris).

 

Georges Balandier, un des refondateurs d'une anthropologie africaine qui prend en compte la profondeur historique des sociétés et des crises a coutume d'affirmer à propos du continent noir: « il n' y a pas de sociétés sous développées, il n'y a que des sociétés sous analysées ». On peut encore s ‘inspirer de cet Anti Hegel (lui  qui situait bien à tort l'Afrique hors de l'Idée, de l'Etat et donc de l’Histoire) pour  tisser une  analyse de la complexité replaçant la Cote d' Ivoire dans sa dimension continentale, et la crise ivoirienne de 2011 dans la longue  durée de la« guerre à l'Afrique »[1].

 Loin des incantations et des traumas, une politologie informée des sociétés donne ainsi toute sa dignité à  l'événement, à la fracture du 11avril 2011, moment d'une longue Histoire et non plus terminus d'un régime.

Que certains y trouvent des raisons d'espérer n'en serait qu'une conséquence; mais conceptualiser la crise et la sortie de crise, replacer une bataille provisoire- ou certes bien des corps ont été meurtris et bien des esprits ont failli, dans un conflit de  longue durée dont l'avenir n'est inscrit nulle part si ce n'est dans les volontés affrontées des acteurs politiques conforte bien une intuition de plus en plus partagée: la Cote d'Ivoire, part d'Afrique, est bien aussi, pour la politologie, « bonne à penser ». Qu'en pourraient dire des concepts classiques de la science politique?

UNE «DOCTRINE MONROE» À LA FRANÇAISE.

 Implicite et impériale, partagée par la « gauche de gouvernement »(en pratique, monstrueuse antinomie), la destinée manifeste de cette idéologie s’est traduite par 150 ans de « guerre à l’Afrique » où contrôle des ressources, des populations et des formes politiques prennent des formes tour à tour violentes et marchandes . La guerre en Libye, en Cote d’ivoire, au Mali[2] sont à penser comme un tout : une série (néo)coloniale de recolonisation armée.

Si ce n’est le but politique immédiat ou affiché, les conséquences géopolitique sont d’empêcher l’extension à l’Afrique subsaharienne de ce « printemps des peuples » qui concerne l’Afrique du Nord et le Moyen Orient.
Hors la France et son complexe « militaro -colonial », les coalitions temporaires ne doivent pas cacher l’importance des forfaitures internationales, dont la CPI et les corps expéditionnaires onusiens sont les revers d’une même médaille.
Les formes de l’interventionnisme néoconservateur tendent à se standardiser : les « intellectuels organiques » de la guerre coloniale et les médias du journalisme en uniforme », s’ils se déshonorent éthiquement et devant l’histoire n’en mènent pas moins, à chaque fois une campagne indispensable de discrédit , d’humiliation et de chasse à l’homme préalable, indispensable à l’intervention militaire.

A replacer en perspective de la « triple intervention » récente de la France en Afrique : Libye, Cote d’Ivoire, Mali- ou mieux encore, durant un demi-siècle, dans les 48 interventions militaires françaises au Sud du Sahara depuis les supposées « Indépendances », pour comprendre qu’au delà de l’affairisme, des coups tordus et de l’aide aux dictateurs de la « Françafrique », il s’agit bien d’un système de gouvernance continu, voire d’une  recolonisation qui n’ose dire son nom.

Début du XXIème siècle : de droite ou de gauche, les gouvernements français maintiennent des bases militaires en Afrique, envoient des corps expéditionnaires au sud du Sahara – et souvent en toute illégalité internationale. Cet archaïsme néocolonial est mieux perçu dans les analyses et la presse extérieure qu’à Paris, où nombre d’observateurs et de médias confortent la violence et la guerre : intellectuels « organiques », dirait Gramsci et « presse en uniforme » pour Daniel Schneidermann vont jusqu’à la désinformation et aux mensonges successifs, abdiquant toute légitimité issue d’une pensée critique.

C’est que classe politique, « intellectuels » va-t-en –guerre et journalistes  « embarqués » partagent le présupposé d’une sorte de « Doctrine Monroe » à la française: l'Afrique subsaharienne francophone serait le contient de prédilection de l'influence française, particulièrement sourcilleuse devant l'arrivée de nouveaux concurrents comme la Chine, notamment quand les matières premières (uranium, pétrole..) sont visées.

RESISTANCES ET VIOLENCES

A ces séquences néoconservatrices et impériales, on se doit d’opposer la renaissance sporadique, mais obstinée, des formes de contestation : certains pays connaissent successivement des situations ouvertes, parfois révolutionnaires par rapport à l’ordre dominant. Du Liberia au Mali, de la Cote d’ivoire à la RDC, ancien ( ?) colonisateur et forces mercenaires onusiennes peuvent projeter forces d’intervention rapide de quelques milliers d’hommes et forces d’occupation- dont le standard, pour une décennie, tourne autour de 10 000 hommes/pays.

Comme si le 11 avril 2011 servait de répétition générale, l’ONU sous influence vient de s’attribuer le droit  de tuer, en RDC d’abord, en Afrique bientôt : en termes choisis, il s’agit de passer de contingents de maintien de la paix à l’imposition de la paix. Les nouvelles « classes dangereuses » pour l’ordre impérial sont certainement urbaines et informatisées , nationalistes et délocalisées : il y a du TAZ d’Hakim Bey[3] dans la résistance africaine, des zones d’autonomie temporaire , depuis une demi douzaine d’années, pour qui medias et repolitisation sont des découvertes créatrices.
Ces forces vives transcontinentales se voient un avenir en passant des alliances, en identifiant aussi leurs ennemis.

C’est  Sévaré, près de Mopti au Mali, que les djihadistes combattants alliés implicitement aux rebelles et  anti Cedeao autant qu’ anti coloniaux de la COPAM ont failli renverser l’ordre étatique au Mali- et du 8 au 10 janvier à Bamako, littéralement la veille de l’intervention « Serval », la situation était bien révolutionnaire.

 Symbolique très forte, dernière ruse de l’Histoire d’une dépossession multiple : c’est là, à Sévaré, que vit après son exclusion de la scène littéraire francophone Ouologuen , l’immense auteur du « devoir de violence [4]», coïncidence extraordinaire qu’on ne peut que relever, tant se pose, un demi siècle après Fanon, cette question aux révolutionnaires- et même, hélas, aux démocrates africains.

Violence ouverte, terrible « leçon de chose à la négraille » comme dirait Calixthe Beyala, « force blanche » très bavarde pour l’anthropologue Marc Augé[5]. Théorie du « choc » et en même temps désinformation et silence.

Quelques questions majeures non résolues : combien de morts  dans la conquête du Sud, combien de victimes civiles de la soldatesque et des milices ethniques malinké de Guillame Soro et Alhassane Ouattara dans le carnage d’Abidjan ? Mais aussi combien dans les bombardements de la Force Licorne et de l‘ONUCI contre les lieux de pouvoir, des camps militaires habités par des familles, des résidences universitaires ou le bouclier humain de militants aux mains nues voulant protéger leur président adoubé par le Conseil Constitutionnel ?

Les charniers et les cimetières attendent- et demandent encore de sortir de l’oubli, avant qu’un jour les survivants demandent justice pour  la plus sanglante intervention militaire depuis la guerre d’Algérie et l’extermination de l’UPC au Cameroun.  Après avoir constitué un comité de recherche, nous estimons qu’entre 3000 à 5000 victimes civiles ont été causées par la conquête de la capitale et d’Abidjan- chiffre à même d’envoyer les auteurs ivoiriens du régime Ouattara  et leurs complices étrangers devant les tribunaux internationaux pour crimes de guerres, ethnocide , voire pour l’Ouest de génocide.

Si la Résistance ivoirienne est éclatée entre Cote d'ivoire et France (et Europe, et USA, mais c'est hélas dans ce dualisme infernal et pervers que s'instaure surtout ce « pouvoir double » franco-ivoirien), elle ne l'est pas moins dans son projet - entre processus électif, partitaire ( ce qui correspond aux options pacifistes et légalistes de Laurent Gbagbo privilégiant Constitution et élections), et volonté d'en découdre.

De l'option violente, du Ghana, du Libéria, de l'intérieur du pays (capitale et villages du sud principalement), il y aurait beaucoup à dire et des distinctions importantes s'imposent .Certes le régime joue sur son instrumentalisation, modulation, manipulations et répression ciblée, puisque les leaders civils et militaires de la résistance ivoirienne sont à Accra.

Pour autant, c’est au Libéria que sont les guerriers, au sens polémologique : s’appuyant sur des traditions de longue durée réinterprétées par la sanglante guerre libérienne, ce sont eux qui forment un véritable « foco » dans la forêt dense ; les Krahn, peuple frère des Guérés exterminés, dépossédés de la terre et forcés à l’exil, ne sont pas prêts à faire la paix : la guerre contre la dictature Ouattara est pour eux une question de survie.

Comme ailleurs, c’est donc d’une coordination entre guérilla de l’ouest, commandos de l’est, résistance du sud et des quartiers populaires d’Abidjan, d’un découplage judiciaire et médiatique entre le régime et les forces d’occupation que se trouvent les agencements d’ une solution militaire éventuelle ; tandis que l’opposition politique intérieure joue son rôle en cassant l’alliance RHDP(RDR/PDCI) et que la diaspora mobilise financements et opinion internationales - tout en cantonnant par procès sous compétence universelle  les auteurs de crimes de guerre dans le réduit ivoirien, dès lors sous le coup éventuel de saisie et d’emprisonnement judiciaire  aux frontières.

En même temps, et symétriquement,  le régime Ouattara fonctionne depuis les débuts « à la violence », en l’absence de consensus sur sa légitimité légale d’emploi de la force publique (en Zone Nord, ou Soroland de 2002 à 2010) et la situation actuelle- et ses milliers de morts anonymes depuis 2ans, ne sont que son extension au Sud et dans la capitale. Ne fonctionnant qu'à la violence, ayant investi et travesti l'Etat-les 5000 FRCI, composés de guerriers nordistes et de mercenaires étant par exemple non des forces de l'Ordre mais des milices ethniques et souvent des escadrons de la mort - tandis qu’Armée, gendarmerie et police sont désarmées, le régime ne connaît que les rapports de force nus: c'est pour cette raison que la question de la lutte armée et violence politique se posent ouvertement, la légitimité et même la puissance militaire du régime d’exception étant des plus fragiles.

Sous couvert des Maîtres: c'est aussi par la violence menaçante, insidieuse, censée être dissuasive des corps expéditionnaires français et onusien que survit le régime. Comme u Liberia, Sierra Leone, et maintenant Mali: la violence fondatrice de la colonisation est sans  cesse renouvelée et  les tirailleurs sénégalais  d'antan peuvent être kenyans, nigérians, tchadiens...Et le politologue Bertrand Badie a bien raison de subvertir Clausewitz pour affirmer que les « interventions armées de la France en Afrique ressemblent fort à l'absence de politique à terme,  par d'autres moyens »...

Médias et politiques, ONG et associations droit de l' hommistes, même discrédités ont leur logique propre- celle de la violence symbolique, et peuvent se retourner.

L’ère des « lanceurs d'alerte » et le cantonnement de le Résistance au nouveau ghetto Internet pourrait s'achever: l'inflexion, la cassure, le retournement pourraient se dater du rapport d'Amnesty de mars 2013 ;  et la diffusion la plus large s’opère  qu'en fin de compte ,en Françafrique ,une « démocrature » tient plus en Afrique, et spécifiquement en Eburnie, d'une dictature que d'une démocratie...La persistance des exactions et de crimes du régime en 2012   montrant bien que « le Roi est nu », tortures et massacres désormais  connus , mais encore impunis.

Des livres se préparent, des actions judiciaires progressent, des liaisons transcontinentales s'ébauchent  sur plusieurs années. Si Laurent Gbagbo a beaucoup misé sur une arme politique « de troisième type », la Constitution (et la primauté du Conseil Constitutionnel), la situation bloquée à la CPI de La Haye peut certainement être combattue par sa délégitimation politique (cf infra), et par les systèmes judiciaires européens contre les bourreaux ou criminels de guerre du régime Ouattara.

Ainsi la plainte de Jacqueline Chamois, au nom  de Michel Gbagbo- outre la  « story telling »universelle d'une mère réclamant son enfant qui a touché l'opinion publique française et internationale, a provoqué la désignation d'un juge d'instruction au parquet de Paris pour séquestration et mauvais traitement contre Guillaume Soro et les trop fameux « com-zone ». Parmi ces derniers, Losseni Fofana responsable du crime de guerre – si ce n'est d'acte de génocide » d'un millier d'hommes, femmes et enfants guérés, dans la ville de Duékoué, fin mars 2011, pourrait être objet de plainte précises de la part de ressortissants binationaux.

 La « collaboration » des responsables militaires de la Force Licorne (et de la chaîne de commandement militaire et politique française) depuis ces événements, lors de la prise et du carnage d'Abidjan, lors de l'ethnocide contre les Guérés, Bétés, Attiés, au moment de la conquête du Sud par les forces de Ouatara/Soro, de la collaboration actuelle avec les sanglants com-zones pourraient se trouver judiciairement condamnables.

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L’HONNEUR PERDU DES CLERCS: POUVOIRS  DE LA NOMINATION

Devant la dictature et ses alliés, qui (sur)vivent dans la novlague d'une  démocratie impossible fondée sur la Dette[6] symbolique (les crimes de guerre, le Coup d’Etat, les victimes) et d'un résistible développement fondé sur l’endettement financier, l'opposition et les démocrates internationaux possèdent un curieux et très puissants pouvoir, dont la fonction tribunitienne des partis d'opposition en Occident gardent des traces, celles d'une Histoire chaotique et violente. Ce pouvoir des mots, du langage, du concept est celui de la Nomination.

Dénommer, à un moment donné les opposants incarcérés par le régime ivoirien comme « prisonniers politiques » dans un pays qui en avait peu la pratique et encore moins le concept ; ou le fils du président comme « otage » avec toutes les connotations inquiétantes(par référence aux otages sahéliens des islamistes sahéliens) pour  l'opinion publique; dénoncer la « mise à mort » , pendant 2 ans de l'Université ivoirienne; raconter avec succès des histoires universelles, comme celle d'une mère inconnue réclamant son fils ou décider le président du Sénat français à ne pas recevoir un dictateur couvert de sang par la force d'un texte l'associant aux exactions et aux massacres;

Tels ont été quelque uns des procédés de cette nomination critique, dont il faudrait faire la généalogie(et il est certain que le situationnisme appliqué à la contre propagande officielle y est pour quelque chose…) pour la Cote d'Ivoire depuis la fracture de l'immobilisme houphouétiste par un ouvrage sociologique discuté en Conseil des ministres[7] jusqu'à l'éclosion  des tracts et de la presse libre, en passant par les féroces jeux de mots populaires (cf les« frères Cissé » pour la milice ethnique FRCI), histoires et plaisanteries en tout sens de « maquis »: on reconnaît ces formes de résistances populaires, à la fois signe d'impuissance devant la violence et de contestation acharnée, nommée par le politologue Toulabor  « lexique de la dérision[8] ».

De la proposition de Carl Schmidt[9] de distinction dans ce domaine non seulement pratique mais aussi idéologique (qu'à la suite de Gramsci nous posons comme préalable d'un changement majeur d'une nouvelle hégémonie démocratique) l'ami de l'ennemi, on en donnera un exemple qui a beaucoup marqué les esprits, atterré l’intelligentsia sudiste et scandalisé les pan africanistes;

Au plus fort des combats, la « trahison des clercs » occidentaux s'est traduite par un texte honteux, dans les colonnes du monde dont des chercheurs comme le Pr Dedy Sery n'ont eu aucun mal à dénoncer les biais et contre vérité, de la part de pseudo spécialistes ivoirologues, « embarqués » jusqu'à la nausée dans la justification du coup d’Etat Franco onusien.

Je proposerai de mettre ces noms en regard de la récompense aussi caricaturale que spectaculaire de nombre des mêmes (universitaires, diplomates, militaires, journalistes, etc…) par la remise de hochets et médailles à  l’ambassade de Cote d'ivoire à Paris: noms et photographie sont dans la presse, et sur le site  internet diplomatique.

On a pu montrer, dans la décennie Gbagbo, le recentrage du régime sur la scène politique ivoirienne, et la croyance assez univoque dans la primauté du combat politique interne[10]: les Relations Internationales, notamment pan- africaines, et le combat médiatique externe ont été secondaires par à coups, ou les derniers mois, quand il était trop tard. C'est aussi dans  ce sens sans se prononcer sur le sujet litigieux et complexe de la nationalité du sujet, que Ouattara est le « candidat d l'étranger »: par ses alliances et son extraversion, notamment médiatique.

Il n'est pas sur que malgré ses efforts d'«offensive diplomatique», l'opposition actuelle, notamment le FPI, en ait clairement tiré les leçons. La récente déclaration du premier ministre éthiopien (et président en exercice de l’UA) décrivant la CPI comme « pratiquant une sorte de chasse raciale » contre les leaders africains, et eux seuls, montre bien que de Thabo M’beki (et l'Afrique du Sud)à Jerry Rawlings(et le Ghana), ou encore Dos Santos(et l'Angola)- sans oublier des politiques français, vénézuéliens... ou des intellectuels motivés comme Jean Ziegler, une alliance large est possible.

Les décisions récentes de l' UA suivi d’un  appel au Conseil de sécurité à propos du président Kenyatta ont clairement déstabilisé la CPI et l’ont forcé à tergiverser dans le procès de Laurent Gbagbo, en discréditant l’accusation et repoussant de 6 mois l’audience de confirmation de charges. Seule une campagne politique internationale peut inverser une arrestation politique par les forces spéciales françaises, issue d’un Coup d’Etat franco-onusien.

Si nommer, c’est dénoncer- et l’omerta internationale sur les crimes en Cote d’Ivoire depuis avril 2011 se reflètent dans l’impunité médiatique des relais hexagonaux, la nomination  a été multiple dans cette guerre des pauvres médiatiques, dans ce champ de pouvoir alternatif qu’est internet. Blogs, sites, forums …c’est là où le concept d’Empire de Tonio Negri se retrouve aussi pertinent : le Net devient le lieu de la résistance, des multitudes[11]. Tout en se heurtant au « mur de verre » des grands médias et décideurs :la question est celle du franchissement, et du statut de la vérité médiatique des faits . D’où vient cette malencontre, pour paraphraser La Boétie, d’un pouvoir qui dit ce qui est pensable et légitime à un moment donné, alors que dans l’immédiateté du cyber espace, toute vérité est sue universellement et instantanément ?

DE CARL SCHMIDT A RANCIERE: LES OUTILS THEORIQUES DE L'ALTERNANCE

Carl Schmidt, théoricien controversé du XXème sicle, a pourtant mis le conflit et le politique  sous  l'égide de la distinction première ami/ennemi(cf supra), dont la résistance ivoirienne à l'oppression a fait peu d’usage. En face de la criminalisation de l’opposition et au recours sur l’étranger(l’introuvable « communauté internationale » instrumentalisée de fait par les deux gouvernement de droite (soit Chirac- Sarkozy)français- jusqu’à l’ ONU et l' organisation d élections truquées, notamment dans les fraudes massives au Nord), le camp démocratique peut, à partir des crimes de guerre et de la violence continue, délégitimer le pouvoir justement sur ses conditions illégitimes de venue , et par sa violence continue, ainsi que par sa tentative d'hégémonie ethnique totale.

Le recours inversé à l‘opinion politique internationale (et non aux institutions) a commencé deux ans après à connaître une série de succès répétés, que l’on eut dater approximativement par la publication du rapport d’Amnesty international de 2012.

Pour faire le lien avec la référence à Schmidt, il semble inconséquent devant « l’ honneur perdu d’Human Right Watch »(dont les rapports à charge anti –Gbagbo et systématiquement pro  Ouattara sont à référer au prix versé par Georges Soros- promoteur du néolibéralisme armé, et ami personnel de Ouattara : 100 millions de dollars à HRW à l’époque de la crise en  la Cote d'Ivoire !) de s’ appuyer sur des rapports ultérieurs de cette « organisation de droits de l’ homme »(on ne sait où mettre les  guillemets.. );ainsi pour la FIDH , seule ONG à donner le pouvoir à un négationniste en son sein, qui relativise ou refuse de qualifier l’ acte de génocide de Duékoué.

Les références chrétiennes et laïques du « droit à l’insoumission » devant une dictature et/ou un pouvoir illégitime, parfois inscrite dans les textes constitutionnels, peuvent aussi être mobilisés

Enfin devant l’unanimisme exigé et obtenu - un Parlement fantôme où le principal parti d opposition n’est pas représenté et un Etat ethnicisé où les réseaux présidentiels trustent tous les postes -, les thèses de Rancière sur la démocratie du « dissensus »[12] font référence.

On peut retenir les prémices de réflexion du professeur Pierre Kipré(qui a failli laisser sa vie aux escadrons de la mort ouattaristes en avril 2011, avant son exil,sans avoir jamais été soutenu par ses anciens amis français): quelle responsabilité pour les sciences humaines dans la crise ivoirienne?Eux qui ont littéralement fondé sociologie et anthropologie( et les catégories, schèmes et analyses sur l’identité) en Cote d'Ivoire- et le département universitaire de Cocody correspondant portent en effet une lourde responsabilité dans la crise ivoirienne:dans les concepts(y compris , celui qui va servir d’arme de guerre contre le régime Gbagbo : l’ « ethnonationalisme » - mais qui s’avère  pertinent, dans les faits, pour le régime Ouattara !), dans les compromissions et l'appel au renversement des loyalistes , dans le honteux silence depuis deux ans devant les crimes continus du régime Ouattara.

Certes la classe politique française, de l'UMP au PS (de même  que le mouvement humanitaire), portent les mêmes responsabilités devant l’Histoire. Mais les universitaires se doivent d'avoir une fonction éthique de référence, et non de préparer le terrain aux bombes ou aux coups d'Etat; depuis la Libye, la Cote d'ivoire et le Mali, la « trahison des clercs »  est patente, et renoue avec les pires travers de la période coloniale, les procédés de mise en accusation, les interdictions professionnelles, et la corruption- qui n'est pas que morale. S’ils ne sont pas tous des fascistes, ils sont certainement des salauds au sens sartrien : sachant et disant le Mal , tout en recommandant sa mise en œuvre, en toute bonne conscience.

Il faudra bien un jour faire l'inventaire: ceux qui ont publié des tribunes comme autant d’appel au meurtre; ceux qui – hommes d'affaires, « intellectuels », journalistes, militaires, diplomates, ont donné leurs noms et leur honneur aux décorations de la grande chancelière du régime Ouattara un jour de 2011, à l'ambassade de Côte d'Ivoire à Paris. Leur liste en dit long et révélé l'étendue des complicités, des bons et déloyaux services en vers le peuple ivoirien ; ils ont accompli recherches et ouvrages, avant que ce soit manoeuvres et services- dûment récompensés. Ils ont fait des listes dans la presse, faisions les nôtres : la révélation des biens, honneurs ou prébendes acquis (mal acquis, que fait « Sherpa » ?) au prix du sang, au soleil d’avril 2011 ne concerne pas que les « sommets de l'Etat ». Le capital symbolique du renversement de régime ne peut se transformer impunément, devant les opinions africaines et occidentales, en espèces sonnantes et trébuchantes: un nouveau champ de recherche s'ouvre.

LA THEORIE DU CHOC ET L'AUTODESTRCTION DU REGIME OUATTARA

Naomi Klein a relevé dans un livre remarquable [13]les analogies néolibérales entre les théories du choc psychologique et la conduite des crises par la violence. Rappelons que le choc, via la violence et la sidération, permettrait une réorganisation sociale et politique en profondeur- avec l’acquiescement des intéressés, si ce n'est des victimes.

Une pseudo sociologue -inconnue des milieux professionnels ivoiriens- opposait à ma dénonciation de la « mise à mort de l'Université ivoirienne [14]», une défense melliflue: ADO est un « adepte de la théorie du choc »!Ainsi la traque  avérée aux étudiants- catégorie sociale dangereuse susceptible dans les mois qui ont suivi avril 2011 d'être interpellée , torturée et parfois liquidée par les milices ethniques FRCI, la fermeture même et le chômage des étudiants pendant 2 ans (méthode inédite sur le reste de la planète) faisait partie de la « méthode du choc » ouattaresque !

Voyant monter les périls, durant la décennie 2000, je m étais interrogé plusieurs reprises sur les modalités éventuelles d'une prise de pouvoir de l'armée rebelle pro Ouattara d'une capitale de 5 millions d'habitants. La réponse est simple et cruelle: par l’application sans pitié de la « théorie du choc », par les massacres, par la Terreur.

Il est vrai qu’il manquait l’équivalent des « tirailleurs sénégalais » de l’ époque coloniale : ce sont les nordistes, mercenaires et hommes de sac et de corde de la rébellion (baptisée par l’agit-prop sarko-ouattariste : « forces nouvelles » , puis « FRCI » , sans doute par antiphrase)qui feront le « sale travail » des actes de génocide(Duekoué), ethnocide(Attiés, Bétés, Guerés, Didas), le carnage d’Abidjan(notamment Yopougon, « déboulonnage » du bouclier humain à la présidence, c’est à dire massacre de civils)), servant jusqu’à nos jours d’escadrons de la mort prêts aux assassinats extrajudiciaires plus ponctuels, ou aux exactions ciblées(viols, bastonnades, pillages envers des individus ou des catégories, si ce n’est des ethnies).

 Le nombre des victimes depuis avril 2011 est inconnu, mais, y compris Duekoué(un millier de morts hommes, femmes, enfants, fin mars 2011) peut être estimé à 5000 civils sur le territoire ivoirien, les complicités ou le passage à l’acte des corps expéditionnaires,  la non assistance à personne en danger, l’exécution d’ordres illégaux de la part de la Force Licorne française ou de l’ONUCI restent à établir (dont le mitraillage de civils, à Abidjan, depuis de hélicoptères d’assaut), dénombrer,judiciariser.

 Là sont les crimes dont le clan Ouattara, dans une inversion des accusations bien connue par les politologues en période de génocide ou de massacres extrêmes, accuse paradoxalement ses adversaires – jusque devant la CPI.

Or la période actuelle, mi 2013, semble reproduire cette période de prise de pouvoir, transposée au niveau présidentiel, comportant la neutralisation du peu qu’il reste des institutions, avec un but simple: recomposer le corps électoral de manière à rendre la dictature malinké irréversible, et en sus de la nationalité, donner la terre aux étrangers.

Le coup de force institutionnel et législatif veut trancher le nœud gordien de l’identité et de la nationalité ivoirienne par une décision autoritaire présidentielle, par une méthode paradoxale qui délégitimant le responsable unique du pouvoir peut amener à une reprise généralisée du conflit, mettant en péril, au-delà de sa personne, les fondements de l’Etat et , quant aux individus,les ressortissants ivoiriens du Nord aussi bien  que les étrangers sahéliens –tous perçus comme « dyoulas » par les sudistes.

Sans Parlement( prise de décision par ordonnances ), dressant une moitié du pays contre l’autre, ce véritable « coup d’Etat présidentiel » visant à donner une « nationalité par déclaration » aux migrants nordistes et leur attribuer la terre en conséquence aboutirait à une modification irrémédiable du corps électoral( et à des élections automatiques en faveur de Ouattara et de ses successeurs nordistes), à un blanc seing à  des migrations sahéliennes accélérées, et à une dépossession des autochtones sudistes.

Autant dire une déclaration de guerre à la capitale, à l’Ouest et à l’Est du pays confondus : d’où des recompositions politiques probables.

Notons rapidement que cette négation des identités et cette accélération de migrations sahéliennes de colonisation correspond à la fois aux analyses économicistes de la Banque Mondiale et aux intérêts profonds de pays comme le Burkina,(en période changement climatique accéléré, stérilisant le Sahel, transférons les migrants vers les Côtes))- laissant planer un doute supplémentaire sur la nationalité d’origine du président ivoirien. De qui Ouattara est-il l’agent, se demandent bien des ivoiriens ?

On le sait de tels coups de force et décisions autoritaires par ordonnances, symptômes d’une société bloquée, sont propices aux révoltes et changements de régime. Contre cette dépossession programmée, Akan de l’Ouest et Krou de l’Est ne peuvent que se rejoindre pour refuser loi et pratique foncière où l’Etat se donne pour tache, comme sous Houphouët, de « casser l’autochtonie ». Des penseurs ou personnalités nordistes, « dyoula «  ivoiriennes ou sahéliennes, mettent déjà en garde le régime comme une conjonction des lois- décrets liant la dépossession de la terre à la donation de nationalité aux 30% d’étrangers et aux néo arrivants issus du Sahel qui depuis avril 2011 débarquent par cohortes entières, notamment dans l’Ouest forestier. Recette pour mettre le feu à nouveau à la poudrière ivoirienne  et dupliquer des massacres comme à Duekoué par dizaines, au risque du « choc en retour » ?

Contre la monopolisation monopartiste: passer des alliances ; telle a été, à l’inverse, une des constantes de la politologie ivoirienne, dans ses retournements entre les trois blocs ethno régionaux, dont les trois grands partis sont souvent la projection politique

 A cette volonté d’autodestruction du régime qui ce coup ci constituerait la Cote d’ivoire en champ de bataille à l’issue incertaine et les nordistes en victimes collectives à venir, d’autres opposent soit une revanche à terme d’une génération, soit un renouveau du dialogue houphouétiste entre blocs, factions et individus. Henri Konan Bédié, déguerpi  dans l’opprobre en 1999 a été réintégré dans ses droits et capacités électives, comme Alassane Ouattara après les accords de Prétoria – tous deux par …Laurent Gbagbo !

Après la CPI, un tel retour de l’ancien président est il possible ? Seules des pressions internationales sur la CPI( telles les diatribes du premier ministre éthiopien , de la ministre des affaires étrangères rwandaise contre la procureur Fatou Bensouda, ou encore de la pétition de l’écrivain Calixthe Beyala demandant  aux « Etats africains de se retirer de la CPI » ) peuvent amener celle-ci à plier et relâcher leur illustre prisonnier, désormais constitué en figure résistante et héroïsée de l’Afrique en lutte – d’autant que le dossier , au-delà de l’inversion victimaire, est vide - même si les bourreaux ouattaristes accusent le régime légitime des actes qu’ils ont eux même commis depuis 2002

. Mais seul le retournement de l’ancien colonisateur et du gouvernement Hollande pourrait, par de doubles pressions sur la CPI et le régime Ouattara(ne suffit  t il pas de cantonner, avant l’évènement, la force Licorne ?) inverser la situation créée par le régime précédent : les clefs du cachot de La Haye sont bien à Paris, d’où l’importance cruciale de la lutte symbolique et politique dans les médias et sur le Net.

On le sait, gagner une bataille n’est pas tout : on peut aussi, à long terme, perdre la guerre…

Au-delà de la libération d’un homme, celle d’un peuple. Et la fin d’un système transcontinental, séculaire, de domination et de violence. Au-delà d’une bataille, une guerre à l’Afrique de 150 ans déjà, dont le dernier symbole devient un enjeu international. L’issue n’est écrite nulle part : elle sera ce que nous en ferons. La roue tourne, et  nulle malencontre, malheur, échec  ne sont constants. Et nul régime politique n’est éternel.




[1] Michel Galy, Guerre à l’Afrique? La France en retard d’une décolonisation, Grotius- géopolitique de l’Humanitaire, septembre 2012

[2] Cf récemment : « Guerre au Mali, enjeux et zones d’ombre », sous la direction de Michel Galy, éditions la Découverte, avril 2013.

[3] Zone d'autonomie temporaire, TAZ, Éditions de l'éclat, 1997 – en accès libre sur le Net.

[4] Yambo Ouologuem : Le Devoir de violenceéditions du Seuil, Paris, 1968 

[5] Cf, de ce spécialiste des Alladians lagunaires, Théorie des pouvoirs et idéologie, Paris, Hermann, 1975

[6] Cf  pour  le Rwanda, G. Loir, le régime de la dette perpétuelle : de l’instrumentalisation des massacres et du génocide en relations internationales. Outre-terre, deuxième trimestre de 2005, n° 11.

[7] Abdou Touré, à l’époque progressiste, avait écrit ce manière critique : La civilisation quotidienne en Côte d’Ivoire : un procès d’occidentalisation, Paris, Karthala, 1981.

[8] Comi Toulabor, Lexique de la dérision politique au Togo », Politique africaine, 3, septembre 1981

[9] Carl Schmitt, La Notion de politique, 1932, trad. fr. 1972, rééd. Calmann-Lévy, 1994.

[10] Michel Galy « Qui gouverne la Côte-d'Ivoire ? », Politique étrangère 4/2005 (Hiver),

[11] Empire (en collaboration avec Michael Hardt), Exils, 2000

[12] Voir par exemple : Jacques Rancière, Moments politiques. Interventions 1977-2009, Paris, La Fabrique, 2009

[13] La Stratégie du choc, la montée d'un capitalisme du désastre, Léméac éditeur, Arles, 2008.

[14] Slate Afrique, 03/09/2012

samedi, 29 juin 2013

LE FPI SUSPEND LES NEGOCIATIONS AVEC LE GOUVERNEMENT: ENLEVEMENT DE KOUA JUSTIN, LA BARBARIE DE TROP!

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Conférence de Presse N° 004/2013

Déclaration préliminaire

 

Mesdames et Messieurs les journalistes,

Je voudrais, avant tout propos et au nom du Front Populaire Ivoirien, vous remercier d’avoir répondu nombreux à notre invitation. C’est une marque de considération pour laquelle je vous salue tous, autant que vous êtes, et vous assure de notre infinie gratitude.

Mesdames et Messieurs,

Cette rencontre s’inscrit dans une série d’événements que nous organisons, chaque fois que nous jugeons utile d’éclairer l’opinion nationale et internationale sur la vie politique en Côte d’Ivoire. Il s’agit aujourd’hui d’annoncer et de clarifier la position du Front Populaire Ivoirien sur la reprise du dialogue entre le gouvernement et le parti.

RAPPEL :

Le coup d’Etat du 11 avril 2011, perpétré par la communauté dite internationale, avec les forces françaises et onusiennes, en appui aux rebelles ivoiriens, contre le régime du président Laurent Gbagbo, s’est imposé à nous ; avec tout le désordre, la violence, puis les viols et autres exactions qui s’en sont suivis, nous avons opté, malgré tout, pour le retour de la paix, de la cohésion et de l’harmonie sociale. C’est pourquoi, dans la logique de notre vision de la vie politique, qui repose sur la formule « asseyons-nous et discutons », nous avons sollicité, dès le mois de Juillet 2011, l’ouverture d’un dialogue républicain avec les nouvelles autorités du pays. Il s’agissait, pour le Front Populaire Ivoirien, d’ouvrir la voie à la normalisation rapide de la situation sociopolitique du pays, gravement dégradée par la crise dite postélectorale. Notre action n’était nullement la preuve d’une quelconque faiblesse ! Nous affirmions plutôt notre attachement à la discussion, au dialogue et à la démocratie, moyens légaux et paisibles de gestion de la vie politique dans une République.

Le Président Ouattara nous a accordé une audience le 29 septembre 2011 sans aucun résultat. Alors que nous attendions qu’une suite soit donnée  à notre démarche, sans compter nos relances, la situation du pays empirait, avec les exactions de toutes sortes sur d’honnêtes citoyens ; notamment les arrestations arbitraires, les enlèvements et tortures inhumaines,  les expropriations et les assassinats ; en somme, toutes sortes d’atrocités à travers tout le pays. En décembre 2012, on dénombrait déjà 302 prisonniers politiques, civils et militaires, en plus des milliers de personnes portées disparues et celles contraintes à l’exil.

Finalement, c’est le 17 janvier 2013, soit 15 mois après la demande du Front Populaire Ivoirien, que le gouvernement de M. Ouattara a consenti à ouvrir le dialogue direct tant souhaité par le FPI. Toute cette tergiversation à accepter de dialoguer s’explique simplement par le fait que le régime n’a pas du tout l’intention de discuter avec qui que ce soit, encore moins avec le Front Populaire Ivoirien. Et la gestion de ce dialogue, accepté au forceps, a montré la mauvaise foi du régime.  

UN DIALOGUE SANS IMPACT

Contrairement à ce qu’avait espéré le Front Populaire Ivoirien, le dialogue n’a eu aucun impact  sur la gestion du pays. De fait, pendant qu’il s’ouvrait, sous la houlette du Premier Ministre, le régime poursuivait sa gestion dictatoriale basée sur la terreur. Jusqu’aujourd’hui, aucune demande ou proposition du Front Populaire Ivoirien n’a fait l’objet d’aucune attention véritable. Pire, les arrestations et autres atrocités se poursuivent :

- C’est le 17 Janvier 2013, à l’ouverture des assises de ce dialogue, que le régime a fait arrêter puis extrader du Ghana où il vivait en exil, M. Charles Blé GOUDE, ancien ministre et président du Congrès Panafricain pour la Justice et l’Egalité des Peuples (COJEP). M. Blé GOUDE est, à ce jour, détenu au secret.

- Les 3 et 4 février 2013, au moment où s’ouvre la séance plénière à l’issue des travaux en commission, sont arrêtés, tour à tour, au Ghana puis extradés en Côte d’Ivoire, Monsieur Jean-Yves DIBOPIEU, un leader des jeunes et le commandant Jean Noël ABEHI, un officier de la gendarmerie nationale. Ces deux personnes sont également détenues au secret à ce jour.

- Sur le territoire ivoirien, la chasse à l’homme, particulièrement dirigée contre les partisans ou supposés proches du président Laurent Gbagbo, se poursuit, sans aucune trêve : de nombreuses personnes, hommes, femmes, et jeunes, sont écroués, torturés, exécutés sommairement, sans la moindre justification ;

- Le 5 mars 2013, le régime a mis sous séquestre les biens, meubles et immeubles, ainsi que les avoirs bancaires, d’une vingtaine de partisans de Laurent GBAGBO, récemment libérés provisoirement des prisons.

Le Front Populaire Ivoirien, tout en protestant contre ces exactions, a condamné vigoureusement la propension à la violence du régime et a demandé la libération de tous les prisonniers politiques ainsi  que la cessation de la situation de terreur généralisée sur tout le territoire national. Cela, de notre point de vue, constitue la voie indiquée, pour le retour à la sérénité, à la confiance mutuelle et pour la tenue d’un dialogue véritable et sincère préalables à la réconciliation.  Le régime, dans une position de mépris de toute position autre que la sienne, a ignoré les positions et déclarations du Front Populaire Ivoirien, et a continué d’exercer avec obstination la persécution des populations. Par ailleurs, pendant que se poursuivait le dialogue, dont l’un des points focaux était les élections locales avec la question de la recomposition de la CEI, le redécoupage électoral et la date de la tenue du scrutin, le Front Populaire Ivoirien apprenait, par voie de presse, que ces élections municipales couplées avec les régionales devaient se tenir le 21 avril 2013. Toute la situation demeurait inchangée, comme si personne n’avait exprimé la moindre réserve.

Devant tous les agissements discourtois du régime, le Front Populaire Ivoirien a pris acte de son exclusion de fait des élections par le pouvoir. Nous avons été exclus du jeu politique de notre pays, bien qu’étant le parti majoritaire. Il ne nous restait plus, pour ces élections locales dont on nous a exclus qu’à démontrer notre communion avec le peuple ; ce que nous avons montré en appelant à un boycotte pacifique des élections du 21 avril 2013. Le boycott a été massivement observé par la population, dans son ensemble, sur toute l’étendue du territoire, ce qui a donné un taux de participation dérisoire au scrutin, le frappant  d’illégitimité et d’un discrédit certain.   

A la date d’aujourd’hui, aucune des propositions que le Front Populaire Ivoirien a exposées au gouvernement, dans le cadre du dialogue républicain, n’a fait l’objet d’une attention sincère. Même les éléments de discussion reconnus comme des points de convergence n’ont pas eu le moindre début d’exécution. Il s’agit notamment :

- de la libération des domiciles et sites privés occupés par les FRCI ;

- du versement de la quote part du FPI au titre du financement des partis politiques sur fonds publics ;

- du libre exercice de l’activité politique, notamment les meetings, marches et autres rassemblements.

Monsieur Ouattara et ses partisans ont créé la crise en Côte d’Ivoire. Cette crise perdure et s’aggrave au fil des jours. Ils ont utilisé les armes et la  violence là où le Front Populaire Ivoirien prônait le dialogue et les invitait à s’asseoir pour discuter, en vue de bâtir la démocratie. Arrivés au pouvoir par la violence, le sang et les crimes de toutes sortes, ils affichent du mépris pour les autres. Aujourd’hui, on dénombre plus de 700 prisonniers politiques, civils et militaires, des milliers de disparus en plus des dizaines de milliers d’exilés. La Côte d’Ivoire est devenue une vaste prison à ciel ouvert et un espace de grande insécurité. Le dernier acte discourtois et de mépris du régime réside dans le fait qu’au moment où le Premier Ministre invite le Front Populaire Ivoirien à la reprise du dialogue, à partir du 27 juin 2013, ce régime enlève Monsieur KOUA Justin, premier responsable de la jeunesse et membre de la direction de notre parti. Cet enlèvement s’est fait le 7 juin 2013 à 19 heures au siège provisoire du FPI, par une quarantaine d’hommes lourdement armés, sans mandat d’emmener, comme dans une mise en scène des fictions hollywoodiennes ! Et ces hommes, armés jusqu’aux dents, ont brutalisé des personnes présentes tout en menaçant de les tuer s’ils ne retrouvaient pas KOUA Justin. Tout cela, pour des crimes qu’ils n’ont pu indiquer ni à KOUA Justin ni à ceux qui étaient présents sur les lieux, parce qu’inexistants et qu’ils fabriqueront plus tard dans les cellules de conception du faux au service de la terreur. 

Cet acte constitue pour le Front Populaire Ivoirien, la barbarie de trop ! C’est pourquoi, nous prenons, ce jour, à témoin, l’opinion nationale et internationale et chaque habitant de la Côte d’Ivoire, afin que tout le monde constate que malgré notre bonne volonté et notre choix, sans équivoque, de résolution des problèmes par la voie du dialogue et de la concertation, nous avons en face un régime totalement ancré dans la violence, l’illégalité, le faux et le mépris des autres. Le régime Ouattara est totalement opposé au dialogue et à toute norme démocratique. Il réprouve toute confrontation d’idées et préfère se murer dans la violence totalitaire.

En conséquence, mesdames et messieurs les journalistes, il convient de noter ce jour que le Front Populaire Ivoirien réclame prestement avant l’ouverture de la prochaine réunion :

1. La libération de KOUA Justin, secrétaire national de la JFPI et membre de la direction du parti ;

2. L’application des articles 11 et 12 de la Constitution ivoirienne relatifs aux libertés de manifester et à l’interdiction de contraindre tout ivoirien à l’exil ;

3. La mise en œuvre effective des points de convergence obtenus lors de la première partie du dialogue politique, notamment le dégel des avoirs, le paiement des arriérés 2011 et 2012 du financement public des partis politiques dû au FPI, etc.

4. La mise sur pied d’un comité de médiation et de suivi pour le dialogue républicain ;

Nous pensons que l’acceptation et la mise en œuvre sans délai de ces préoccupations légitimes, créeront un environnement propice à la reprise des négociations, en ce qu’ils constituent un gage de bonne foi du gouvernement.

Mesdames et Messieurs,

Cher amis,

Chers camarades,

Merci de votre attention, et merci encore d’être venus !

Mesdames et Messieurs les journalistes, je suis à vous pour les précisions éventuelles que vous voudrez bien demander.


Fait à Abidjan, le 27 juin 2013.


Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard

HENRI KONAN BEDIE: L'HOMME PAR QUI LE MALHEUR ARRIVA?

 

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Henri Konan Bédié, président de l’assemblée nationale s’est vu propulsé à la tête de l’Etat de Côte d’ivoire en 1993 après le décès du Président Félix Houphouët Boigny à la faveur d’une disposition constitutionnelle. En Décembre 1999, il est chassé par un Coup d’Etat. Néanmoins il est resté un acteur majeur de la scène politique Ivoirienne, et nombre d’observateurs lui attribuent (à tort ou à raison ?) tous les malheurs qui sont arrivés et continuent d’arriver à son pays, du fait des mauvais choix politiques qu’il a toujours opéré, et le désignent comme l’Homme par qui le malheur est arrivé à la côte d’Ivoire.

Trouvons ci-dessous la liste non exhaustive de ses choix qui ont selon certains entrainés la Côte d’ivoire au chaos :

1- Sa haine pour Alassane Ouattara

Au décès de Félix Houphouët Boigny, Henri Konan Bédié se dispute le pouvoir avec Alassane Ouattara alors premier ministre. Brillant économiste, ancien gouverneur de la BCEAO et haut cadre au FMI, Alassane Ouattara a un carnet d’adresses très fourni en plus de l’avantage de connaitre très bien tous les dossiers du pays, puisque c’est lui qui gouvernait en fait. Bédié le redoute, le craint et fini par le haïr. Il fait invalider sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 1995 au motif de « nationalité douteuse ». Cet acte provoque une scission du pays entre le Nord musulman dont est originaire Ouattara et le Sud chrétien dont est issue Bédié. Le pays est divisé! Mais Bédié ne compte pas s’arrêter en si « bon chemin », et continue de traquer Ouattara. En 1999 il passe à la vitesse supérieure et lance un mandat d’arrêt international contre Ouattara pour « faux sur l’identité et usage de faux documents administratifs » scellant ainsi la partition en deux du pays dont il présidait aux destinées.

2- L’ivoirité

Tous les observateurs s’accordent sur le fait que c’est la création la plus « originale » de M. Bédié. Tout le monde attend d’un Leader qu’il rassemble, qu’il fédère, qu’il apaise… Mais quel diantre ! Est ce président qui oppose ses compatriotes, qui les scinde en catégories, et qui stigmatise certains ? Eh bien, ce dirigeant est bel et bien Henri Konan Bédié ! À travers son concept d’ivoirité, il voulait que la côte d’ivoire revienne aux « vrais ivoiriens », et que les « faux ivoiriens » les « voleurs de nationalité » en majorité du nord soient bouté bien loin. Cette « magnifique » trouvaille de « Nzuéba » n’a eu pour seul effet que de parachever le travail de division de la nation Ivoirienne qu’il avait soigneusement commencé quelques années auparavant et de mettre le feu aux poudres. En décembre 1999 la Côte d’ivoire, connu sous lui, le premier coup d’Etat de son histoire.

3- Le coup d’Etat de décembre 1999

Le 24 décembre 1999 éclate une mutinerie à Abidjan. Au lieu d’appeler au calme et à faire asseoir les mutins pour écouter leurs doléances, Henri Konan Bédié reste fidèle à lui-même c’est-à-dire condescendant, orgueilleux et pitoyablement imbu de sa personne. Il traitera les mutins et leur chef de «Zozos » et ce qui devait arriver, arriva. La mutinerie se transformera en coup d’Etat. Un coup d’Etat historique d’ailleurs puisqu’aucune goutte de sang ne fut versée. Henri Konan Bédié ayant été lâché de toute l’armée, aucun combat n’a eu lieu. Il lança des appels désespérés à la résistance et au soulèvement, mais aucun ivoirien, même pas les militants de son parti le PDCI ne daignèrent bouger le petit doigt. Et de façon presqu’unanime, son départ fut salué. Le pays l’avait vomi !

4- Sa haine pour Laurent Gbagbo

Contraint à l’exil après le coup d’Etat qui l’a chassé du pouvoir, Laurent Gbagbo lui permet en 2001 de revenir vivre dans son pays, la Côte-D’ivoire. Ensuite, il fait voter une loi qui lui donne droit à ses avantages d’ancien chef d’Etat. Ainsi il est nourri, logé, blanchit, protégé et soigné aux frais du contribuable ivoirien. Le même Laurent Gbagbo fait voter une loi pour le financement des partis politiques qui permet à son parti, le PDCI, de recevoir de l’Etat tous les ans près d’un demi milliard de FCFA de frais de fonctionnement. Alors que la Constitution ivoirienne ne lui permet plus d’être candidat en 2010 du fait de son âge (76 ans), Laurent Gbagbo, via les accords de Pretoria, lui permet de présenter sa candidature et de participer au scrutin présidentiel.

Mais en retour que lui offre Nzuéba ? Une Haine assidue. Non seulement il participe activement au complot de sa chute, mais à chacune des occasions qui s’offre à lui, il le taxe de dictateur, de tyran, de voyou dont il fallait se débarrasser. Voila sans retenue, sans pudeur et sans remord le retour d’ascenseur du très «fidèle» Nzuéba. Si de tels propos en temps normal pouvaient être versés dans le registre des attaques politiques banales et ordinaires d’un pays démocratique, ils revêtent une autre forme dans un pays déchiré et en quête de réconciliation. Ils revêtent une autre forme venant de quelqu’un dont on aurait attendu du fait de son âge, et de son expérience, qu’il apaise les tensions et les esprits dans ses discours.

5- La direction du PDCI

Henri Konan Bédié règne sans partage sur le PDCI depuis maintenant 20 ans, et depuis lors ce parti n’a cessé de régresser. A part l’élection présidentielle d’octobre 1995 (boycottée par le Front Républicain de Gbagbo et Ouattara) qu’il a gagné par le score soviétique de 96,44%, pour les raisons que nous connaissons, le PDCI sous lui n’a plus gagné la moindre élection fusse telle municipale, et son influence n’a cessé de diminuée. En 2010, alors que tous les sondages mettaient Bédié en seconde position, il fait une campagne catastrophique, sans programme et sans vie. Il finit par occuper la troisième position et se prive du second tour, au grand désarroi de ses militants. Aux élections législatives de 2011, il est une fois de plus battu. Aux dernières élections municipales, la tendance s’est confirmée, le PDCI s’est une fois encore fait battre. Si cette série de défaites suscite des remous au sein de la base, ce qui intrigue le plus c’est le fait que la tête du parti n’en tire aucune leçon. Faut-il continuer avec une équipe qui perd ?, se demandent certains militants. Quel est ce capitaine avec lequel on ne gagne jamais ?, s’interrogent d’autres. Mais le plus grave est à venir on dirait, puisque lors d’une interview accordée récemment à RFI (Radio France Internationale), Henri Konan Bédié a laissé sous-entendre qu’il compte lors du Congrès du PDCI en octobre 2013 briguer un autre mandat « si cela lui était demandé ». Pire ! en 2015, il ne semble pas envisager une candidature du PDCI à la présidentielle, abandonnant comme ça la Côte d’Ivoire désespérée entre les mains de Ouattara, et choisissant après les défaites à répétition conduire son parti à la mort, en faisant sans honte ni pudeur du PDCI un simple attelage politique pour Ouattara. Bédié osera t-il prendre sur lui de tuer et vendre l’héritage (le PDCI) de son «père» Félix Houphouët Boigny ?

Au mépris de la constitution ivoirienne et des textes de son propre parti, Henri Konan Bédié fait prévaloir les accords de Linas-Marcoussis et souhaite à 80 ans continuer à croiser le fer dans son pays. Est-ce le énième et l’ultime mauvais choix de Nzuéba ? wait and see. Le cas de son ami Wade ne semblant pas l’avoir suffisamment édifié. Mais pourquoi donc continuer à diriger quand on semble le faire si mal ?

Depuis le départ de Félix Houphouët Boigny, la Côte d’Ivoire a mal à sa classe politique. Haines et rancœurs y ont fait leur lit, très peu d’hommes d’Etat s’y recrutent. Et ce que ce pays a eu de plus cher (La paix) par le PDCI via son premier leader, il l’a perdu par le PDCI via son second leader, et la Côte d’Ivoire ne mérite pas ça.

 

Augustin Armel MINKA