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samedi, 08 juin 2013

ARRETE PAR LE POUVOIR OUATTARA, KOUA JUSTIN SEQUESTRE ET ENFERME DANS UN CONTENEUR


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Après avoir été arrêté hier à son QG, Koua Justin, le Secrétaire National de la JFPI (Jeunesse du Front Populaire Ivoirien) est actuellement détenu à la DST, enfermé dans un container exposé à la chaleur et à la déshydratation. Souvenons-nous du sort des habitants de KORHOGO et autres victimes de la rébellion aujourd'hui au pouvoir. Merci d'alerter massivement toutes les autorités et organisations des Droits de l'Homme susceptibles de faire cesser cette barbarie. Ne laissons pas tomber ce digne fils de Laurent GBAGBO! Message du CAL-CP.

Front populaire ivoirien: Koua Justin arrêté, hier


C’est un sérieux coup porté au Front populaire ivoirien (Fpi). Koua Justin secrétaire national par intérim de la Jeunesse du parti a été arrêté, le vendredi 7 juin 2013, en début de soirée, au quartier général de campagne de Laurent Gbagbo, à la Riviera-Attoban.

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Koua Justin a été appréhendé, vendredi, en début de soirée, à Attoban.


Le bouillant leader de jeunesse de l'ex-parti au pouvoir, a été appréhendé par des éléments du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo) et des policiers du 30e arrondissement alors qu’il se trouvait en réunion au Qg de Gbagbo, tenant lieu de siège provisoire au Fpi. L’administrateur des services financiers achevait de préparer, avec ses camarades du bureau, un meeting qui aurait dû se tenir aujourd’hui, samedi, à Yopougon Kouté. Peu après 20 heures, nous ignorions le lieu où Koua Justin avait été conduit.

Le secrétaire général du Fpi, Dr Richard Kodjo, joint au téléphone, s’exprimait d’une voix outrée : « C’est un enlèvement. Il a été enlevé. Ils sont arrivés au siège, ont procédé à des recherches et l’ont pris. Nous dénonçons cela ». Dr Richard Kodjo ne souhaitait pas « s’étendre » parce que, disait-il, « on s’organise pour donner une réaction ». Le proche collaborateur de Miaka Ouretto a, toutefois, concédé que « l’enlèvement » du « camarade Koua » confortait le parti socialiste dans ce qu’il avait, maintes fois, déclaré : «Nous l’avons dit et répété. C’est un régime de privation de liberté. On fait le constat avec vous, les Ivoiriens, de la nature du régime. Ça confirme le jugement que nous avons déjà porté».

Au siège provisoire du Front populaire ivoirien, l’indignation était à son comble et les camarades de Justin Koua contenaient difficilement leur colère. Aucune piste -ne serait-ce qu’officieuse- sur les raisons de l’arrestation du secrétaire national par intérim de la Jfpi. Cela n’échappe, cependant, à personne que l’intérimaire de Konaté Navigué s'était logé dans l’œil du cyclone. Ses critiques incisives à l’encontre du régime ne plaisaient pas à tous. La veille de son arrestation, il animait une conférence de presse au Qg de Laurent Gbagbo. Koua Justin était amplement revenu sur son « enlèvement manqué » à Daloa, en début de semaine. Il avait nommément accusé le préfet de police Zié Koné d’avoir planifié son arrestation. L’analyse que faisait Koua Justin, ce jour-là, est que les autorités avaient décidé de l’arrêter pour couvrir « l’humiliation » devant ce qu’il appelait la «première victoire de Gbagbo à la Cpi». 


Kisselminan COULIBALY

Soir Info

 Alépé - Koua Justin (Jfpi) aux militants de son parti: "Je suis venu vous annoncer que Gbagbo sera là bientôt…"

 

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Le 27 mai 2013 - Par L’intelligent d’Abidjan - Koua Justin "Je suis venu vous annoncer que Gbagbo sera là bientôt…"

 

"Je suis venu vous dire que Gbagbo se porte bien. Il nous charge de vous dire que très bientôt il sera avec nous pour gérer son pouvoir. Il dit qu’il compte sur les Attié. Car c’est vous qui lui avez donné une vision, c’est vous qui l’avez guidé, c’est vous qui l’avez élu et c’est encore vous qui allez le sortir de prison par votre mobilisation". C’est par ce message, comme on aime l’entendre chez les indéfectibles de l’ancien Président, que Koua Justin a entretenu son auditoire au cours de sa tournée du samedi 25 mai 2013 dans le canton Lépin, département d’Alépé. Pour ce contact avec les militants et sympathisants du Fpi, Koua et sa délégation ont visité quatre importants villages de la localité. D’abord Grand Alépé, porte d’entrée du canton où il a sollicité et obtenu les bénédictions du chef central Jean Baptiste Aké. Après des conseils d’usage celui-ci s’est à son tour informé auprès de ses visiteurs sur le processus de réconciliation nationale. A Grand-Alépé, Koua et ses camarades ont aussi rendu visite à la famille de Geneviève Bro Grébé internée à la Pisam. Le porte-parole de la famille a dénoncé le fait qu’elle n’ait pas jusque-là l’autorisation de rendre visite à la prisonnière malade. Direction Akouré en pays Gwa. Un meeting n’était pas prévu dans ce village mais c’était tout comme. Le jeune leader a été accueilli en fanfare par des jeunes, des adultes et des femmes parés de tee-shirts à l’effigie de Laurent Gbagbo. Il a été accompagné tambour battant chez le fédéral juste pour saluer et échanger quelques nouvelles. Même scène à Monga où la délégation est arrivée après un parcours périlleux.

Les véhicules se sont embourbés chemin faisant et c’est, couverte de boue que la délégation conduite par Koua Justin est arrivée dans ce village de la commune d’Alépé. Memni, chez Laurent Akoun et Jean-Jacques Béchio fut la dernière étape. Une banderole accueille sur la place du village les visiteurs. On peut y lire un message (virtuel) de Laurent Gbagbo : « Calmez-vous mon ombre plane déjà. Je suis en route pour le bercail ». Au cours du meeting, le leader de la Jfpi a rendu hommage à Jean-Jacques Béchio et à Laurent Akoun qui purge sa dernière peine de six mois d’interdiction de paraître sur le territoire national autre que son lieu de naissance. Dans la suite, le principal animateur du meeting qui succédait à Gnahoré Achille des agoras et parlements a justifié sa présence en ces lieux par trois raisons. Apporter le message de Miaka Ouretto et des prisonniers, dire merci au peuple Akyé, Mbatto et Gwa pour sa fidélité à Laurent Gbagbo puis le message de Laurent Gbagbo lui-même à qui un membre de la direction a rendu visite récemment. Et concernant le sort du prisonnier de La Haye, Koua Justin apprend quelques confidences à son auditoire: "Laurent Gbagbo va bien. Il dit que c’est son corps qui est en prison mais que son esprit est avec son peuple et bientôt il sera là. Ne pleurez pas pour ce que vous voyez ! Ne pleurez pas pour ce que vous entendez ! Dieu a un plan pour la Côte d’Ivoire et son messager Laurent Gbagbo arrive". Un discours accueilli avec des cris de joie du public. Faisant le procès du régime Ouattara, Koua Justin a estimé que la Côte d’Ivoire est malade dans tous les secteurs et elle n’aura de salut que par le changement de la nature du régime. Il exhorte pour ce faire à la mobilisation de toutes les énergies. S’agissant de l’alliance avec le Pdci et à laquelle le Président Bédié a répondu, la réplique de Koua s’est fait entendre depuis le pays Attié: "L’appel que nous lançons au Pdci n’est pas destiné à Bédié, mais à tous les Ivoiriens du Pdci ou du Rdr". Le national comme on l’appelle, s’est vu remettre juste avant sa prestation de Memni un fauteuil royal sculpté des mains d’un militant qui en a expliqué les caractéristiques.


S. Debailly, envoyé spécial dans le Lépin.

Koua Justin, Sg par intérim de la Jfpi, samedi dernier: «Le Pdci doit entendre les cris des Ivoiriens»

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Le 13 mai 2013 - Par Le Nouveau Réveil - «Le Pdci doit entendre les cris des Ivoiriens».

 

Le secrétaire général par intérim de la jeunesse du Fpi, Koua Justin, était, le samedi dernier, face à la presse. Au cours de la conférence qu’il a animée au quartier général de son parti à Cocody, Koua Justin s’est prononcé sur la nécessité pour tous les partis politiques de former une coalition afin de précipiter le départ du président Alassane Ouattara du pouvoir. Car selon lui, il y a «urgence». «Il y a urgence. La Côte d’Ivoire doit se débarrasser de Dramane maintenant par tous les moyens démocratiques», a-t-il indiqué.

Pour ce combat, il a décidé de lancer un appel au parti démocratique (Pdci) pour qu’il rejoigne le combat.

«Le Pdci doit entendre les cris des Ivoiriens. Ce n’est pas une alliance, mais c’est un devoir pour le Pdci de se battre pour son pays», a-t-il lancé. Et d’inviter également tous les partis politiques. «Tous les démocrates doivent conjuguer leurs efforts pour précipiter la chute de Dramane Ouattara. S’il y en a au Pdci, au Rdr, ils sont tous conviés. Toutes les forces ivoiriennes doivent être coalisées pour précipiter la chute de Dramane Ouattara de façon démocratique. C’est une évidence et c’est indiscutable. Nous n’avons pas encore jeté les bases d’une quelconque alliance. Nous appelons le peuple à prendre conscience de la nécessité de rejoindre le Fpi dans le combat.» Ce combat, Koua Justin et ses camarades l’ont intitulé «éveil des consciences». Pour la Jfpi, il est plus que temps qu’au niveau des populations, il y ait un éveil des consciences. «L’éveil des consciences, c’est cette volonté des jeunes du Fpi d’aller dans chacune de leur section, d’aller rencontrer chaque couche sociale, les Ong, les syndicats, les partis politiques. D’aller rencontrer les Ivoiriens là où ils se trouvent pour dire, il y a urgence. La Côte d’Ivoire se meurt. Il nous faut la sauver. Il n’y a plus question de prétexter de la peur et laisser la Côte d’Ivoire aller tout droit dans le gouffre. Nous allons précéder le Fpi sur le terrain. Le secrétaire général du Fpi a annoncé des actions. Des actions auront lieu parce qu’on ne peut pas supporter longtemps le bordel en Côte d’Ivoire», a-t-il indiqué.

Et d’ajouter : «Nous allons occuper le terrain politique pour préparer le retour du Fpi». Le secrétaire général par intérim du Fpi a, par ailleurs, salué tous les militants qui se sont abstenus de participer aux élections régionales et municipales comme l’a recommandé la direction du parti. Non sans qualifier ces élections de «mascarade».


Lance Touré

APRES LE TRANSFÈREMENT FORCE DE SIMONE GBAGBO A ODIENNE - JUSTIN KOUA: «Nous ne tolérerons plus longtemps la détention des prisonniers politiques»

 

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Publié le lundi 13 mai 2013 par "Notre Voie"


Le secrétaire national par intérim de la Jeunesse du Front populaire ivoirien (Jfpi), Justin Koua, a déclaré, samedi dernier, au cours d’une conférence de presse à l’ex-Qg du candidat Laurent Gbagbo à Cocody-Attoban, que «nous ne tolérons plus longtemps la détention des prisonniers politiques». Cette réaction fait suite à l’épisode du transfèrement forcé de Simone Gbagbo à Odienné, mercredi dernier, alors qu’elle était encore sous anesthésie, à la Pisam. Justin Koua y voit une manœuvre d’assassinat de l’ex-Première Dame, et, au-delà, de tous les leaders de l’opposition, étant donné que, pour lui, ceux-ci sont des otages et non des prisonniers, contrairement à ce que tente de faire croire le pouvoir. Aussi le patron de la Jfpi a-t-il averti que les militants du Front populaire ivoirien se verront dans l’obligation de réagir pour empêcher la réalisation de ce projet funeste. Pour le secrétaire national de la Jfpi, le traitement inhumain infligé à Simone Gbagbo montre encore une fois que la Côte d’Ivoire est devenue un Etat voyou, qui n’a que peu d’égards pour les droits humains. «La dictature sous le pouvoir Ouattara est une dictature inqualifiable», dira-t-il. A cet égard, il a souligné que ce qui se passe en Côte d’Ivoire aujourd’hui est quelque chose de spécial comparativement à ce qui se passe dans les autres pays africains. «Ouattara et son pouvoir ont surclassé tous les régimes dictatoriaux qu’on a connus jusque-là en Afrique», précise-t-il. Sur les élections locales, M. Koua a soutenu que, le 21 avril, c’est plutôt à une vraie mascarade électorale que les Ivoiriens ont eu droit.

Il a relevé que le scrutin a été marqué par une fraude à grande échelle qui ne reflète en rien la réalité du vote. Il en déduit que c’est un cinglant désaveu que les Ivoiriens ont une fois de plus apporté à ce pouvoir installé à coup de bombes par la France et les Nations unies. «Nous voudrions ici féliciter le peuple de Côte d’Ivoire pour n’avoir pas cautionné ce coup contre la démocratie», a-t-il affirmé. A contrario, il a souligné que cette consultation a permis, au travers du faible taux de participation, de comprendre que les Ivoiriens restent encore attachés à Laurent Gbagbo. «Laurent Gbagbo reste et demeure le maître incontesté de la situation en Côte d’Ivoire», a-t-il avancé, avant d’ajouter que le Rdr a démontré qu’«il est un parti violent, tribal et extrémiste». Pour le patron de la Jeunesse du Front populaire ivoirien, ces élections ont davantage écorné le tissu social déjà délétère, en creusant un peu plus le fossé entre le pouvoir et l’opposition.

En conséquence, Justin Koua a invité les Ivoiriens à prendre leurs responsabilités pour éviter le chaos à leur pays. «Nous invitons tous les démocrates de tous les bords à rejoindre le Front populaire ivoirien pour mener la lutte pour sauver la Côte d’Ivoire», a-t-il déclaré. Dans ce sens, il a annoncé qu’il irait à la rencontre des leaders de tous les mouvements de jeunesse, notamment les responsables des jeunesses du Pdci, du Rdr et des autres partis significatifs pour leur faire comprendre la nécessité de se mettre ensemble pour sauver la Côte d’Ivoire. Le secrétaire national intérimaire de la Jeunesse du Front populaire ivoirien a révélé qu’il entreprendrait bientôt une tournée dans le pays attié pour redynamiser les structures et remobiliser les militants pour les prochaines batailles. «Nous lançons l’opération éveil de consciences pour occuper le terrain politique et préparer les Ivoiriens à ce qui va arriver», a-t-il estimé. Justin Koua a exigé une fois de plus la mise sur pied d’un gouvernement de transition pour sortir le pays de l’ornière.


César Ebrokié

Koua Justin, président de la JFPI: «Alassane Ouattara est un dictateur». «Le Pdci doit entendre les cris des Ivoiriens». La JFPI lance l'opération ''éveil des consciences'' contre le pouvoir Ouattara.

 

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Le 13 mai 2013 - Par "Autre Presse"


Koua Justin, président de la JFPI: «Alassane Ouattara est un dictateur». «Le Pdci doit entendre les cris des Ivoiriens». La JFPI lance l'opération ''éveil des consciences'' contre le pouvoir Ouattara.

vendredi, 07 juin 2013

COMMUNIQUE DU FPI RELATIVEMENT A L'INSUFFISANCE DE PREUVES CONTRE LAURENT GBAGBO A LA CPI

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Communiqué de Presse N° 003/2013

 

Le lundi 3 juin 2013, la Direction du Front Populaire Ivoirien a appris, par voie de presse, que "les juges de la CPI ont estimé que le procureur n'avait pas apporté de preuves suffisantes leur permettant de confirmer les accusations de crimes contre l'humanité portées contre Laurent GBAGBO et de le renvoyer en procès."

Selon le communiqué de presse, rendu public par la Cour Pénale Internationale, les juges de la Chambre Préliminaire I ont ajourné la décision de confirmer ou non les charges de crimes contre l’humanité qui pèsent sur M. GBAGBO et "demandent au procureur d’envisager de fournir des preuves supplémentaires ou de mener des enquêtes supplémentaires".

La Direction du FPI note ainsi :

1. Que la CPI reconnait enfin que les charges pour lesquelles elle retient le Président Laurent GBAGBO à La Haye, depuis le 29 novembre 2011, sont insuffisamment fondées;

2. Que le bureau du procureur, en dépit du temps relativement long (2 ans) et des moyens colossaux dont il a bénéficiés pour mener à bien ses enquêtes, n’a pas été en mesure de produire des preuves probantes pour étayer ses accusations de crimes dont le président Laurent GBAGBO se serait rendu coupable.

C'est pourquoi, la Direction du FPI se félicite de « la décision des juges de la Chambre Préliminaire I de ne pas confirmer les charges alléguées contre le président Laurent GBAGBO… » en l’état, donnant ainsi raison au FPI qui n’a eu de cesse de proclamer l’innocence de son président-fondateur.

La Direction du FPI, qui croit profondément en la Justice, s’étonne qu’un délai supplémentaire ait été accordé au procureur « …pour  rechercher de nouvelles preuves… » et  s’estime, aujourd’hui plus qu’hier, fondé à demander légitimement à la CPI la libération du président Laurent GBAGBO afin de renforcer sa propre crédibilité.

La Direction du FPI, au nom des militantes et militants du Front Populaire Ivoirien, remercie le Procureur et la Défense pour avoir permis de démontrer aux yeux du monde la vacuité des accusations contre le président Laurent GBAGBO.

La Direction du FPI remercie chaleureusement tous les sympathisants nationaux, la Diaspora ivoirienne et africaine, les démocrates de toutes nationalités à travers le monde… pour leur engagement sans faille aux côtés du président Laurent GBAGBO.

Persuadée que la mise en liberté du président Laurent GBAGBO contribuera énormément à recoudre le tissu social ivoirien déchiré et constituera le socle d’une réconciliation nationale réelle, la Direction du FPI – une fois encore - invite instamment l’Union Africaine (UA) à s’impliquer fortement en demandant à l’ONU de prendre courageusement la décision équitable de la relaxe pure et simple du président Laurent GBAGBO.

 

Fait à Abidjan, le 5 juin 2013.

  

Le Secrétaire Général par intérim & Porte-parole

Dr KODJO Richard

jeudi, 06 juin 2013

LA CPI ADMET A MOTS COUVERTS N'AVOIR AUCUNE PREUVE CONTRE GBAGBO - NOUVELLE TARTUFFERIE DE L'INJUSTICE INTERNATIONALE


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La CPI admet à mots couverts n’avoir aucune preuve contre Gbagbo - Nouvelle tartufferie de l’injustice internationale - Généreusement financée par Ottawa avec nos impôts


Devant la vacuité du dossier préparé par le substitut Éric MacDonald, et par la procureure Fatou Bensouda, les juges de la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI) ont renvoyé leurs deux procureurs refaire leurs devoirs. Malgré le généreux salaire que leur paient les commanditaires de ce tribunal factice, les juges ont été obligés d’admettre, dans leur décision du 3 juin 2013, l’absence de preuves assez solides pour inculper formellement Laurent Gbagbo. Comme quoi il est difficile de trouver suffisamment de carpettes aussi véreuses que MacDonald ou la juge de Gurmendi, qui a bien essayé de tordre le bras à ses deux collègues, mais sans succès. Elle a dû rendre une opinion dissidente. Certaines personnes, comme les juges Hans-Peter Kaul et Christine Van den Wyngaert, tiennent encore à leur réputation, à défaut de s’intéresser sincèrement à la justice.

Évidemment, à moins de ne pas être informée du dossier, toute personne honnête, saine d’esprit et douée d’un minimum de sens critique sait parfaitement que les rôles ont été complètement inversés et que, dans le dossier de la Côte d’Ivoire, les criminels poursuivent la victime à La Haye, siège de la CPI et capitale de la honte du genre humain. La prostitution légalisée ne se limite pas au Red Light District d’Amsterdam. Les Pays-Bas sont une grosse putain qui loue une prison à des clients sans scrupule en échange de quelques dollars. Les criminels qui devraient être immédiatement incarcérés — à une autre époque, on les aurait envoyés sommairement à l’échafaud, et ils le mériteraient amplement, vu les crimes de masse qu’ils commettent sans cesse —, ce sont les chefs des États voyous de l’OTAN, comme Stephen Harper et ses acolytes. La victime, qui est un démocrate, un révolutionnaire et un pacifiste de la stature de Gandhi et qui est, pour cette raison, gardée en otage par les criminels, c’est Laurent Gbagbo.

Mais alors, me direz-vous, s’ils n’ont pas de preuves contre Gbagbo, ils doivent le libérer. Oui, si la CPI était un vrai tribunal, c’est ce qui se produirait. Mais la CPI n’est pas un tribunal. C’est le repaire de l’injustice internationale. Une sorte d’enclos où l’on parque les Africains empêcheurs de piller en rond. Il faut comprendre, avant tout, ce que le mégasyndicat international du crime, association mafieuse d’oligarques basée à Wall Street, essaie de faire avec les organisations internationales. Les organes de l’ONU, comme la CPI, existent pour soustraire le mégasyndicat aux lois et à l’obligation de rendre des comptes normalement associée à toute utilisation des deniers publics faite par un gouvernement responsable. La CPI n’a de comptes à rendre à personne d’autre qu’à ses vrais patrons, c’est-à-dire ses bâilleurs de fonds, comme le gouvernement d’Ottawa et l’oligarque George Soros, qui ne lui demandent pas de rendre justice, mais de se conformer à leurs objectifs criminels.

Les contribuables qui financent la CPI n’ont pas le droit de savoir comment leur argent est employé. La CPI est à l’abri de toute vérification et de toute autorité ministérielle ou parlementaire. Elle agit à la fois comme tribunal de première instance et tribunal d’appel. C’est un instrument de tyrannie aux pratiques opaques et incestueuses. Avec la complicité des mythomanes et des perroquets des médias, que le mégasyndicat tient bien en laisse avec son fric, eux aussi, elle peut prendre des décisions qui sont le contraire de la logique et de la justice sans être inquiétée. Elle peut s’appuyer sur de fausses preuves gardées secrètes pour dire n’importe quoi. L’affaire Gbagbo n’est pas la première fois qu’elle le fait, et ce ne sera certainement pas la dernière non plus. Alors, vous comprenez bien qu’il n’est pas question de libérer Laurent Gbagbo, qui avait des projets passablement nuisibles pour le mégasyndicat, notamment pour les amis de M. Harper chez Canadian Natural Resources et chez Total, où des gens comme Gary Filmon, Frank McKenna et la famille Desmarais se remplissent les poches en pompant le pétrole du golfe de Guinée à peu de frais.

Gbagbo restera emprisonné encore au moins dix mois

Au lieu de respecter le principe de l’habeas corpus, qui date de la Magna Carta, il y a 800 ans, les juges dignes du Moyen-Âge et de l’Inquisition de la CPI gardent Laurent Gbagbo en prison et donnent un peu plus de temps à la procureure et son substitut pour fabriquer de fausses preuves matérielles et inventer des mensonges moins ridicules. Ils ne veulent pas avoir l’air trop fou, quand même. Ils doivent se demander quelle mouche a piqué leurs patrons pour qu’ils ne se donnent même pas la peine de soudoyer des experts et de faire de faux rapports balistiques ou de fausses autopsies. Savoir mentir est pourtant l’ABC de l’injustice internationale. Gbagbo restera en prison encore au moins dix mois, jusqu’en avril 2014, le temps que le cirque finisse de préparer ses numéros et que le dompteur cesse de ressembler à un clown. Les juges considèrent qu’une durée de deux ans et demi d’enquête pour trouver les preuves d’un grand massacre est normale. Le droit de Laurent Gbagbo à être jugé dans un délai raisonnable serait, selon eux, respecté. Ils prennent vraiment le public pour une bande de pauvres tarés.

Pendant la fameuse crise postélectorale, de décembre 2010 à avril 2011, l’armée française et les mercenaires à casque bleu survolaient constamment Abidjan avec leurs hélicoptères. Ils prenaient des photos des positions de l’armée ivoirienne et disposaient aussi de satellites. Pire encore, l’endroit où le carnage était le plus intense était le quartier Abobo, où les tueurs de Ouattara, amis de Sarkozy et de l’ONU, régnaient sans partage. Dès février 2011, il était donc facile pour les Français et l’ONU d’y faire des enquêtes sans même demander la permission de l’armée et de la police ivoirienne. Mais il est certain qu’on n’a pas envie de faire enquête lorsque les assassins appartiennent au camp de celui qu’on veut dépeindre comme un honnête homme et installer à la présidence.

Les faux humanitaires de Human Rights Watch et des autres ONG à gages, eux aussi rémunérés par Soros et les États voyous — tiens, tiens, quelle coïncidence —, lançaient violemment diverses accusations contre Gbagbo. Ils prétendaient avoir découvert des charniers ou s’indignaient avec horreur des massacres de femmes à la mitrailleuse lourde qui avaient été prétendument commis par les « pro-Gbagbo ». Cela ne faisait aucun doute, à les entendre. Tous les médias le répétaient sans cesse. Or, depuis le 11 avril 2011, n’ont-ils pas eu le temps d’identifier et d’autopsier les cadavres et de faire diverses autres expertises ? Il est évident qu’il n’y a aucune preuve contre Laurent Gbagbo, sinon on les aurait trouvées depuis longtemps. On ne les a pas trouvées, donc il faut les fabriquer, et la forgerie accuse du retard, ce qui est très embarrassant.

J’ai téléphoné au porte-parole de la CPI, Fadi El Abdallah, un amuseur bien dressé pour fournir les réponses qu’on lui a fait répéter comme à un mauvais comédien. Il m’a redit les excuses alambiquées de la CPI pour ne pas libérer Gbagbo en attendant son éventuel procès. Tout d’abord, me précise M. Abdallah, « Gbagbo n’est pas emprisonné ; il est seulement détenu. » Jolie nuance. Le principal intéressé sera sans doute heureux d’apprendre qu’en fin de compte, il est libre entre quatre murs.

Les juges considèrent que Laurent Gbagbo risquerait de ne plus vouloir participer à leur tartufferie d’injustice s’il était libéré. Il s’enfuirait et, disposant de puissants moyens, nuirait aux enquêtes. Quels puissants moyens ? Seraient-ce les puissants moyens que Gbagbo a utilisés lorsque les hélicoptères français bombardaient outrageusement sa résidence, en avril 2011, c’est-à-dire rien d’autre que s’abriter au sous-sol ? Quelle puissance ! Seraient-ce les armes inventées par les faux experts de l’ONU qui accusent sans preuve matérielle les pro-Gbagbo de comploter au Liberia, au Mali ou au Ghana pour renverser Ouattara ? Laurent Gbagbo n’a pas un rond, son parti politique subit une violente répression et ses anciens collaborateurs sont soit morts assassinés par les rebelles à la solde de Ouattara, soit incarcérés et torturés, soit forcés à vivre en exil, où leurs parents et amis, simples citoyens n’ayant pas collectivement le millième de la fortune de Soros, s’efforcent de leur envoyer de quoi se nourrir, se loger et se vêtir modestement. Mais, selon M. Abdallah, les juges disposeraient de preuves secrètes sur les puissants moyens de Laurent Gbagbo. Que c’est donc pratique, le secret, quand on n’a de comptes à rendre à personne ! Parions que je fais partie du « puissant réseau » au service de Laurent Gbagbo.

En fait, les juges de la CPI sont parfaitement conscients qu’ils gardent prisonnier un innocent qui est immensément populaire et qui a la sympathie, voire l’admiration de centaines de millions de personnes que le cartel médiatique s’emploie à museler. Ils savent qu’une fois libéré, Laurent Gbagbo mobiliserait non pas des armées de mercenaires, mais des foules d’Ivoiriens aux mains nus et qu’il serait facilement porté au pouvoir en Côte d’Ivoire, si la démocratie y était vraiment respectée. Après deux années de dictature Ouattara, les Ivoiriens en ont plus que soupé de son gouvernement ethnique, de ses pratiques génocidaires, du vol de leurs biens, de leur maison et de leurs terres, de la corruption multipliée par dix, de la fausse justice, de la fraude électorale massive, de la vie sous les tentes du HCR et de la croissance économique qui ne bénéficie qu’aux multinationales et à une clique de sangsues.

La CPI menteuse et elle-même criminelle

Les juges invoquent comme prétexte pour maintenir Laurent Gbagbo en détention que celui-ci n’a pas renoncé à la présidence. Pourquoi devrait-il y renoncer ? C’est un crime de vouloir briguer les suffrages ? En somme, la CPI a, parmi ses pouvoirs autoattribués saugrenus, le droit de disqualifier des candidats potentiels à la présidence d’un État souverain. Pire encore, elle décide par décret pontifical du résultat de la dernière élection présidentielle. Par la voix de la précieuse ridicule Bensouda et contre toute logique — puisque, comme l’a si bien souligné Laurent Gbagbo, il faut savoir qui a perdu l’élection pour pouvoir dire lequel des deux candidats a semé le trouble —, la CPI a annoncé au monde qu’elle n’examinerait pas la question de la supposée victoire de Ouattara, même s’il existe des preuves indubitables de fraudes massives commises par les partisans armés de ce dernier, dans la zone du pays sous son emprise, en novembre 2010. Bref, le résultat de l’élection du 28 novembre 2010 fait partie des dogmes intouchables de l’Église de la sainte Vérité.

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Le propagandiste expert François Brousseau répand sur les ondes et dans les pages de Radio-Canada un dogme de l’Église de la sainte Vérité, envers et contre les faits et la logique la plus élémentaire. Laurent Gbagbo a été en toute légalité déclaré vainqueur au second tour de l’élection présidentielle par le Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire, seule institution de ce pays habilitée à proclamer le résultat définitif de l’élection. Des fraudes massives relevées par tous les observateurs ont été commises dans la zone du pays sous l’emprise des rebelles de Ouattara. Mais François Brousseau a tout de même le culot d’annoncer à son public captif et naïf que « Laurent Gbagbo […] refuse obstinément de reconnaître sa nette défaite aux urnes ».

Ce gros mensonge passe comme une lettre à la poste, à l’instar de nombreux autres mensonges proférés régulièrement par Radio-Canada pour aider Bay Street à réaliser des bénéfices mirobolants. Grâce à l’aide de François Brousseau, le gouvernement du Canada a pu financer sans que les contribuables regimbent l’oligarque terroriste Ouattara, que Brousseau a fait passer pour un « ancien dissident politique [ayant payé] courageusement de sa personne son combat politique », ce qui est archifaux. Les deniers publics canadiens ayant aidé Ouattara à renverser Laurent Gbagbo dans un bain de sang, le renvoi d’ascenseur ne s’est pas fait attendre : la multinationale Canadian Natural Resources a pu signer de juteux contrats d’exploitation pétrolière dans le golfe de Guinée.

En dépit du droit international, dont la souveraineté des États est un principe fondamental, en dépit du droit ivoirien et en dépit du bon sens le plus élémentaire, la CPI, qui n’a de comptes à rendre à personne d’autre que de grands criminels, s’arroge le droit de nier la décision du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire, seule institution habilitée à proclamer le résultat de l’élection présidentielle. Pire encore, la CPI refuse la décision des autorités ivoiriennes légitimes non pas à l’issue d’une enquête et d’une procédure, mais par simple déclaration sommaire d’une grotesque arriviste affublée du titre de procureure.

Les jacassements des perroquets médiatiques et les déclarations d’un fonctionnaire corrompu de l’ONU sont les raisons sur lesquelles la CPI s’appuie pour dire que Gbagbo a perdu l’élection. Les faits et les décisions judiciaires n’ont apparemment aucune importance à ses yeux. En toute objectivité et sans risquer de se tromper, on peut dire que la CPI encourage le non-respect du droit et le chaos. Que sa procureure avalise sommairement un coup d’État sanglant comme s’il s’agissait d’une démarche démocratique est une invitation aux Africains à ne pas respecter leurs Constitutions et les lois qui en découlent. Mieux vaut faire la guerre et prendre le pouvoir par les armes, comme Ouattara l’a fait, plutôt que de demander un recomptage des voix, comme Gbagbo. Vous aurez ensuite le sceau d’approbation de Mme Bensouda. Ce comportement de la part d’une personne censée représenter la justice serait, dans n’importe quel pays qui se respecte, un motif tout à fait valable pour radier cette personne du barreau. Néanmoins, la fourberie de la CPI ne s’arrête pas là.

Dans son communiqué du 3 juin, la CPI invente un nouveau terme ayant manifestement pour but de protéger le caïd ivoirien du mégasyndicat : « les groupes armés opposés aux forces pro-Gbagbo ». Pardon ? Vous avez dit les « anti-pro-Gbagbo », en somme. Mais pour qui bossaient-ils, ces terroristes génocidaires malpropres et analphabètes qui tuaient et tuent encore les ethnies jugées favorables à Laurent Gbagbo ? Tout le monde sait qu’ils bossaient pour un dénommé Alassane Ouattara et ses généreux parrains de l’OTAN, dont Stephen Harper, j’insiste pour le dire, est l’un des plus enthousiastes. L’argent des contribuables canadiens a servi à massacrer des Ivoiriens.

La circonlocution adoptée par la CPI pour désigner les « pro-Ouattara » est révélatrice de son refus de reconnaitre l’évidence, soit le fait que, depuis 2002, Ouattara est le grand chef, d’abord officieux, puis officiel, d’une bande de terroristes sanguinaires. Pourquoi la CPI emploie-t-elle ce vocabulaire créatif ? Parce qu’elle veut mettre les vrais coupables, Ouattara et ses alliés de l’OTAN, à l’abri des poursuites. Son intention est limpide. Les « pro-Ouattara » deviennent des « anti-pro-Gbagbo », et la CPI ne poursuivra jamais personne d’autre que des sous-fifres dans le camp de Ouattara et de l’OTAN. Faut-il le répéter, la CPI n’est pas un tribunal ; c’est le repaire de l’injustice. Ça crève les yeux.

Preuve que la CPI ne fait pas vraiment enquête sérieusement et qu’elle se contente d’incriminer faussement l’empêcheur de piller en rond Laurent Gbagbo, le substitut MacDonald, coqueluche en puissance de Radio-Canada et peut-être même futur candidat d’un parti politique semant au Québec la gangrène fédéraliste néocoloniale, n’a même pas mis les pieds dans un camp de réfugiés, où des dizaines de milliers de victimes l’attendent pour lui expliquer ce qu’ils ont subi aux mains des barbares de Ouattara. Pour MacDonald, les réfugiés n’existent pas. Le massacre de Duékoué est un épisode secondaire du conflit sanglant en Côte d’Ivoire. Ce qui compte, ce sont les racontars médiatiques.

Combien de temps encore les contribuables québécois accepteront-ils de verser des impôts à Ottawa pour financer l’injustice internationale ? Combien de temps encore le gouvernement de Québec, qui se dit souverainiste, fermera-t-il les yeux sur les crimes de masse auxquels participe Ottawa avec l’argent qu’il nous soutire sans que jamais nous n’ayons accepté démocratiquement de faire partie de la fédération canadienne ? Combien de temps encore les journalistes de Radio-Canada continueront-ils de mentir effrontément au public qui leur verse leur généreuse rétribution ? Quel avenir préparons-nous à nos enfants en nous taisant devant les tartufferies de l’injustice internationale, ce qui fait de nous objectivement des complices des pires crimes contre l’humanité ?


Laurent Gbagbo s’adresse en toute simplicité aux juges de la CPI et leur donne une leçon magistrale de démocratie et de probité. Sa vie durant, il a lutté pacifiquement pour la démocratie, pour la primauté du droit, pour la souveraineté du peuple ivoirien et pour l’Afrique. Il rappelle aux juges et à l’équipe de la procureure que le litige issu de l’élection du 28 novembre 2010 est au coeur de l’affaire et que la CPI ne saurait juger Laurent Gbagbo sans d’abord faire la lumière sur cette question.

« Madame la procureure a dit une phrase qui m’a un peu choqué, en disant que nous ne sommes pas là pour voir qui a gagné les élections et qui ne les a pas gagnées. Mais on ne peut pas parler, on ne peut pas débattre de la crise postélectorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées.

« Qui a gagné les élections ? Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé le trouble. Je crois que c’est ça, la logique. Donc, la question est là : Qui a gagné les élections ? […] quand je demandais qu’on recompte les voix, ce n’était pas une phrase en l’air. »


Bernard Desgagné


Source: VIGILE.NET

CONGRES DU PDCI, ALLIANCE FPI-PDCI, BILAN DE OUATTARA: KKB EXPLOSE

 

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La polémique est vive au Pdci-Rda sur la question relative à l’organisation du 12ème congrès ordinaire dudit parti politique. Kouadio Konan Bertin dit KKB qui a été longtemps le seul à exiger ce congrès ne veut pas se taire devant certains actes qu’il qualifie de manipulations.

«Le congrès du Pdci a finalement été annoncé mais malheureusement nous assistons à des interprétations diverses des textes dont le parti s’est doté. Ce qui est certain, tout va renter dans l’ordre car, tout le monde comprendra que le Pdci est trop sérieux pour que l’organisation de son congrès soit confiée à un comité ad-hoc en lieu et place du secrétariat général. Niamien N’Goran n’est que délégué départemental de Daoukro ; ni plus, ni moins. Il n’a aucune légitimité pour organiser un congrès du Pdci. Est-ce parce qu’il est de la famille de Bédié comme les gens le disent ? Non, le Pdci est trop sérieux pour être ramené à la cellule familiale. Même si des velléités tentent de l’écarter, Djédjé Mady est secrétaire général du Pdci jusqu’au prochain congrès selon les textes en vigueur».

C’est par cette mise au point que Kouadio Konan Bertin dit KKB, président de la jeunesse du Pdci (JPdci), s’est adressé, d’entrée, aux militants du Pdci-Rda et aux auditeurs de la Radio INRI basée à Washington, dans le District de Columbia, aux Etats-Unis, qui l’écoutaient ce jeudi 30 mai lors de l’émission JR show.

Dans le langage franc et direct qu’on lui connait, le député de Port-Bouët a insisté sur les magouilles que certaines personnes tentent de faire accepter lors de ce congrès à venir en tentant d’introduire des amendements sur la clause de limite d’âge pour certainement tailler des textes à la mesure de Bédié afin de lui permettre de rester à la tête du PDCI: « Bédié est juriste de formation, et c’est le respect de la loi qui a fait de lui le successeur du premier président de la République de la Côte d’Ivoire. Il est mieux placé que quiconque pour faire comprendre les textes de notre parti. C’est d’ailleurs lui qui a introduit la clause de la limitation d’âge à 75 ans dans les textes de notre parti en 1993. Ceux qui s’excitent ne le connaissent pas.

Bédié est et reste légaliste. Il a fait son temps, cap sur l’avenir. De toute façon, si par extraordinaire, le congrès décidait autre chose sur la limitation d’âge, cela ne s’appliquerait pas à son mandat car la loi n’est pas rétroactive», martèle KKB.

De la gestion de Ouattara dont il reconnait que le bilan est aussi celui du PDCI par principe, KKB restera sobre et prudent car ce qui l’intéresse pour le moment c’est la modernisation et le rajeunissement de son parti. Il dit “ne pas nier” quand même les proportions inquiétantes de la politique de rattrapage ethnique et son corollaire de frustrations dont, précise-t-il, “tout Le monde parle en Côte d’Ivoire”. D’ailleurs, pour lui, «les fondements de la nation ivoirienne telle que bâtie par Houphouët-Boigny ont aujourd’hui foutu le camp».

C’est pourquoi « tous les problèmes d’alliance avec n’importe quel parti seront passés au peigne fin au congrès à venir ».

Le président des jeunes du PDCI n’ira pas avec le dos de la cuillère pour assener ses vérités à ceux qui voient une future alliance Fpi-PDCI d’un mauvais œil et surtout à Bédié qui semble refuser cette main tendue avec son histoire “de serpent à abattre”. ” Les propos de Bédié n’engagent que lui et lui seul, sinon, si on veut être honnête dans ce pays, Bédié a tenu des propos plus durs à l’encontre d’Alassane Ouattara que Gbagbo n’en a tenu sur lui Bédié. Cela ne l’a pas empêché de sceller une alliance avec Le RDR. Si des frères, pour une raison ou une autre, tendent la main au PDCI, cela doit se discuter avec sérénité. On ne doit pas refuser cela tout de go. D’ailleurs, nous insisterons sur cette question au congrès. Même la question de notre alliance avec Le RDR sera mise sur la table”.

KKB ira même plus loin pour demander à ceux qui parlent d’idéologie différente de son parti avec le Fpi: «Pourquoi ce qui a été possible avec le RDR ne peut pas être possible avec le Fpi ? Le RDR ne s’est-il pas allié au Fpi hier dans le Front républicain ? Quelle idéologie avaient-ils en commun ?». Cette lecture lucide et sincère de l’histoire de la Côte d’Ivoire est beaucoup appréciée par la majorité des militants du PDCI de la diaspora qui l’ont d’ailleurs exprimé au cours de cette émission et sur les réseaux sociaux.

Quand on parle à KKB des éloges de Bédié à propos de la gestion de Ouattara; éloges qui font penser que le président du PDCI n’est pas pour une candidature de son parti aux prochaines élections présidentielles parce que Ouattara travaillerait bien, cela semble lui donner des démangeaisons qui se ressentent dans ses propos. « Il aurait fallu à ce moment que la Constitution supprime les partis politiques. C’est vouloir trop simplifier la démocratie qui exige que les partis politiques se créent et cherchent à conquérir le pouvoir d’Etat. Un parti politique comme le PDCI ne peut pas se payer le luxe de ne pas présenter un candidat en 2015. Que cela soit clair, quel que soit le bilan de Ouattara, notre parti aura un candidat », promet-il.

 

Correspondance depuis Washington, Mathieu Bouabré.

mattbouabre@yahoo.com

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 03 juin 2013.


Source: IVOIRIAN.NET

COMMENT OUATTARA CEDE LES TERRES IVOIRIENNES AUX MULTINATIONALES


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L’audience entre Alassane Ouattara et Margarita Louis-Dreyfus a effectivement eu lieu.


Alors que la patronne du groupe français Louis-Dreyfus, qui contrôle déjà la majeure partie des importations de riz en Côte d’Ivoire, doit rencontrer aujourd’hui Alassane Ouattara pour mieux finaliser le projet d’acquisition de 100 000 hectares de terres en Côte d’Ivoire, focus sur une ruée qui menace les petits paysans ivoiriens et la souveraineté nationale.


Le grand mercato autour des terres arables de Côte d’Ivoire est-il engagé ? Selon toute évidence, oui. «Attendue en Côte d’Ivoire fin janvier, la patronne du groupe Louis Dreyfus, Margarita Louis-Dreyfus, doit profiter de son séjour pour signer un accord avec le ministre de l’agriculture, Sangafowa Mamadou Coulibaly, autorisant la mise à disposition, par l’Etat ivoirien, de 100 000 hectares de terres au nord du pays (Korhogo, Ferkessédougou, Boundiali, Tengrela…). Outre un accroissement prévu de la production rizicole ivoirienne, ce projet permet au groupe international diversifié (négoce, transport maritime, immobilier) de distancer ses concurrents dans le pays (Mimran, Olam, Singapore Agritech, etc.).

Localement, ce dossier est piloté par le Français Olivier Santin, chargé de mission au sein de la filiale Louis Dreyfus Commodities (LDC)», écrit ainsi La Lettre du Continent dans une alerte publiée hier à destination de ses abonnés. La Lettre du Continent nous indique qu’un entretien doit avoir lieu entre Margarita Louis-Dreyfus et Alassane Ouattara ce jeudi 31 janvier. Et ajoute que Nicolas Sarkozy, reconverti dans les affaires et la finance, a «intercédé» auprès de son obligé ivoirien pour que la rencontre se fasse. Le groupe Louis-Dreyfus, qui contrôle plus 60% de l’importation de riz – avec ses partenaires locaux Soukpafolo Koné (proche d’Amadou Gon Coulibaly) et Carré d’Or (fondé par le Libanais Ibrahim Ezzedine, considéré comme proche de Gbagbo, persécuté par le fisc ivoirien dès le 11 avril 2011, et qui est finalement mort d’un arrêt cardiaque, laissant le champ libre aux prédateurs) – veut visiblement mettre la main à moyen terme sur toute la chaîne de valeur rizicole ivoirienne, de la production à la distribution.

«Il faudra délocaliser des milliers de paysans»

Derrière l’audience de luxe accordée à celle qui est aussi la veuve de l’ancien actionnaire principal de l’Olympique de Marseille, c’est la ruée sur le foncier rural ivoirien qui s’engage. Et elle a des racines profondes. Tout a commencé avec le sommet du G8 en 2012, et la mise en place d’un vaste projet dénommé «New Alliance for Food Security and Nutrition». Un projet financé principalement par la France et l’Union européenne, et de manière bien plus modeste par les Etats-Unis et l’Allemagne. Ambition déclarée ? Mettre en place un cadre entre les gouvernements de six pays – dont la Côte d’Ivoire –, les institutions multilatérales et un certain nombre de multinationales triées sur le volet.

En Côte d’Ivoire, les multinationales qui sont dans les rangs vont investir près de 800 millions de dollars. Le Singapourien Olam entend mettre 50 millions de dollars sur la table, le Français Louis-Dreyfus 34 millions, le Français Mimran 230 millions de dollars, l’Algérien Cevital 150 millions de dollars, le Suisse Novel 95 millions de dollars, le Suisse CIC 30 millions de dollars, etc…

Ces investissements ne vont pas sans certaines contreparties foncières. Selon des sources spécialisées que Le Nouveau Courrier a interrogées, Novel demanderait 15 000 hectares, Mimran entre 60 000 hectares et 182 000 hectares, Cevital 300 000 hectares, etc… «Evidemment, il faudra délocaliser des milliers de paysans pour avoir accès à ces montants de terres», s’alarme le responsable d’une ONG internationale qui suit de près le dossier.

La loi sur le foncier rural de 1998 sera sans doute abrogée

A quelle sauce les petits agriculteurs ivoiriens seront-ils mangés ? Bien entendu, le régime Ouattara, spécialiste du marketing politique, se fait mielleux. «Nous avons une approche pragmatique. Lorsqu’une entreprise arrive avec un projet, l’État se porte garant et clarifie la situation foncière des superficies requises. (…) Quand les villageois voient leur intérêt, ils se dépêchent de normaliser la situation foncière de leurs terres. D’autant que, dans leurs projets, les entreprises industrielles associent les populations villageoises installées autour de l’unité de production. C’est un modèle dont nous faisons la promotion car il permet une croissance partagée. C’est le cas de Dekel Oil (filiale du groupe israélien Rina Group, ndlr), qui ne possède en propre que 5 000 hectares, mais travaille avec des petits producteurs d’huile de palme installés sur 45 000 hectares», a ainsi dit Mamadou Sangafowa Coulibaly, ministre de l’Agriculture d’Alassane Ouattara, dans le cadre d’une interview accordée à Jeune Afrique. Bien entendu, l’explication est un peu courte. La loi sur le foncier rural sera-t-elle réformée pour plaire aux multinationales ? En tout cas, un document relatif au projet que Le Nouveau Courrier a pu consulter prévoit le vote, en juin 2015, d’un «Rural Act Land», une «loi sur les terres rurales», destinée à «délimiter les terres des villages» et l’octroi de «certificats fonciers» aux entreprises qui veulent manifestement sécuriser leurs «acquisitions» avant la prochaine élection présidentielle.

Selon toute évidence, la loi sur le foncier rural votée en 1998 et qui sécurisait la propriété villageoise et le droit coutumier, va voler en éclats. Les paysans ivoiriens, qui n’ont pas accès au crédit bancaire et aux technologies contrairement aux agriculteurs israéliens avec lesquels le ministre Sangafowa Coulibaly les compare, pourront-ils survivre en étant autre chose que des métayers d’un nouveau type alors qu’ils seront en collaboration/concurrence avec des mastodontes pouvant lever des capitaux de manière illimitée sur les marchés boursiers du monde entier, employant une batterie d’ingénieurs… et qui achèteront sans doute leur production ? Le fait que les multinationales contrôlent l’ensemble de la chaîne agricole d’un pays dont la souveraineté économique est déjà fort dégradée est-il une bonne nouvelle ? En tout cas, au Liberia, pays dont la présidente Ellen Johnson-Sirleaf a cédé une grande superficie de terres à des multinationales en 2010 (avant d’avoir son Prix Nobel de la Paix !), des résistances paysannes s’organisent déjà. Et la dénonciation de «l’esclavage moderne» bat son plein, sur fond d’arrestations et d’intimidations des récalcitrants.


Philippe Brou


Source: Le Nouveau Courrier

mercredi, 05 juin 2013

ERIC KAHE: LIBERTE PROVISOIRE DE GBAGBO, UNE CHANCE DONNEE A LA RECONCILIATION ET A LA PAIX

 

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Démocrates et républicains, refusant de nous en prendre à des décisions de justice, nous pouvons tout de même, de façon citoyenne, apprécier le fait que la décision rendue par les juges de la CPI dans l’affaire « Procureur contre Laurent Gbagbo », bien qu’insuffisante, soit relativement bonne à prendre, comparée au pire que laissaient redouter les pressions politiques exercées sur la CPI.

Au cours de cette audience de confirmation des charges ou de relaxe de l’accusé (à ne pas confondre avec un procès), la Défense du président Laurent Gbagbo avait interpellé les juges sur l’aspect « brouillon » du dossier du procureur qui s’en était d’ailleurs offusqué ! Trois mois après cette observation, les Juges concluent à l’insuffisance des preuves avec demande d’enquêtes complémentaires. S’ils sont à féliciter pour avoir tenté de sortir des procédures politiciennes où des organisations internationales naguère créditées de confiance ont relayé des rumeurs assassines, notamment sur de nombreuses personnalités proches du président Laurent Gbagbo en vue d’objectifs ciblés, les juges auraient dû aller au bout de la logique qui veut qu’un innocent ne soit pas retenu en prison quand n’existent pas contre lui les preuves nécessaires.

La liberté provisoire du président Laurent Gbagbo reste plus que jamais d’actualité et cette décision lui ouvre la porte.

Cette décision nous rappelle aussi l’écart entre la justice des vainqueurs, aux ordres d’une politique de haine et de vengeance, et les procédures de la justice internationale dont le déroulement obligatoirement public ne permet pas que l’on puisse tordre le cou à la justice au-delà d’une certaine limite de décence. C’est le lieu d’avoir une pensée spéciale pour tous nos compatriotes et camarades détenus en Côte d'Ivoire sur la base des seules preuves qui n’existent pas.

Cette décision est aussi une invitation à une introspection ivoiro-ivoirienne, afin que, tournant la page d’un conflit qui n’a que trop duré, vainqueurs et vaincus d’hier, travaillent ensemble à construire un pacte républicain. A la veille de cette audience, dans une lettre ouverte, nous avions indiqué que nous étions à l’écoute des instructions du président Laurent Gbagbo. Il a largement fait sa part et nous avons cru décrypter sa réponse.  Aussi bien à la fin de l’audience en février que lors de la récente interview de Maître Altit – que nous félicitons avec l’ensemble de son équipe et des défenseurs des droits de l’homme – le président Laurent Gbagbo se positionne, en homme d’état, dans la direction de la construction de la nation.

Tous, opposition et pouvoir, nous sommes interpellés à sauver la Côte d'Ivoire. Le délai qui nous sépare de la prochaine audience devrait permettre à un Laurent Gbagbo en liberté, même provisoire, et au régime en place à Abidjan, de se parler.

A son arrivée  au Golf, à la suite de son arrestation, le président Laurent Gbagbo avait bien précisé que la «partie militaire était terminée et qu’il fallait passer au volet civil».

Cette décision est une chance donnée à la Réconciliation par la paix des braves.


Eric KAHE, Président en exil de l’AIRD (4 juin 2013).

TOUSSAINT ALAIN: «LA CPI N'A PAS D'AUTRE CHOIX QUE DE LIBERER GBAGBO»

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COMMUNIQUE DE PRESSE


Dans un communiqué en date du lundi 3 juin 2013, les juges de la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) indiquent ne pas disposer d’informations ou d’éléments suffisants pour décider de mener un éventuel procès contre le président Laurent Gbagbo.

Cette décision est un cinglant désaveu pour le Procureur de la CPI et un coup dur pour le régime de Monsieur Alassane Ouattara, qui a monté un dossier constitué de crimes imaginaires contre son rival politique. C’est surtout un grand pas vers la libération pleine et entière du Président Laurent Gbagbo, injustement incarcéré depuis plus de dix-huit mois par la CPI.

Une manche vient d’être gagnée par les avocats de la défense. Ensemble, poursuivons le plaidoyer partout, notamment dans les cercles de décision politiques et en direction des opinions publiques afin de consolider cet avantage et remporter la victoire finale.

Le Président Laurent Gbagbo est innocent : la CPI, qui joue sa survie et sa crédibilité, n’a pas d’autre choix que de le libérer.

 

Paris, le 4 juin 2013.

 

Toussaint Alain

Ancien conseiller du Président Laurent Gbagbo,
Président de Côte d’Ivoire Coalition, Inc.

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CPI - LE POEME INEDIT DU PREMIER MINISTRE JOSEPH KOKOU KOFFIGOH: «EN ATTENDANT GBAGBO»

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Le dossier est vide vous l'admettez enfin!
Alors que fait Laurent encore dans la galère?
Coupez les chaines de l'innocent dans les fers;
N'imitez pas Pilate en vous lavant les mains.

Depuis plus de deux ans, on a creusé, fouillé
Partout, pour lui coller les trois mille cadavres,
Sous les vieux monuments, déraciné les arbres,
Plongé dans l'Ébrié pour ne rien trouver.

À présent, on donne quelques mois pour chercher 
À tout prix. Dites-moi quoi? Quelle ultime preuve?
Justice mon amour! Tu peux fouiller! Oui creuse!
Oui! Je te demande de ne rien lâcher.

Quand le trou sera grand, très profond et intense,
C'est le Mensonge qui y sera enterré;
Alors vous comprendrez qu'il vous faut libérer
Des mains de l'infamie, ce grand héros immense.

J'entends d'ici trembler les murs de Jéricho;
La Vérité suprême en un sursaut final,
Renverse les remparts érigés par le mal;
Demandez lui pardon en libérant Gbagbo.

 

Joseph Kokou Koffigoh

Lomé, le 4 Juin 2013

mardi, 04 juin 2013

CHOMAGE GALOPANT SOUS OUATTARA - GNAMIEN KONAN: «NOUS AVONS ECHOUE»


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Gnamien Konan, ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative, a avoué que le régime Ouattara est impuissance face à l’explosion du chômage, lors des journées d’information et d’orientation qui ont eu lieu, récemment, au ministère des Affaires étrangères.

 
«Nous avons affaire à un gros échec. Nous avons tous échoué, élèves, enseignants, parents d’élèves, gouvernants. 7 millions de chômeurs dans un pays comme la Côte d’Ivoire, c’est un danger. Il faut qu’on s’asseye et qu’on réfléchisse pour trouver des solutions. La masse salariale des fonctionnaires est devenue un problème. On ne peut plus embaucher. Il n’y a plus de possibilité financière», a révélé Gnamien Konan. Il a donc proposé au ministère de l’Enseignement supérieur d’orienter les nouveaux bacheliers dans des UFR qui, à son sens, ne fabriquent pas de chômeurs.
 
«On ne peut plus continuer à former des maitrisards en droit, sociologie, sciences économiques... Tous ces jeunes que nous formons ont une seule destination, grossir la population des chômeurs. Il faut qu’on arrête d’orienter les jeunes vers le chômage. Le système scolaire et universitaire fabrique trop de gestionnaires qui ne créent pas la richesse. L’école doit fabriquer ceux qui produisent la richesse. 7 millions de chômeurs, c’est une bombe à retardement. Le jour où ces 7 millions se lèveront pour dire trop, c’est trop, ce sera compliqué pour tout le monde», a-t-il fait observer.
 
Pour Jean Claude Brou, ministre de l’Industrie, si le secteur privé, pourvoyeur d’emplois a du mal à absorber tous ces chômeurs, c’est parce que la formation est en déphasage avec les besoins de l’économie. 
 

C.B., in le quotidien ivoirien "Notre Voie".
 
 

lundi, 03 juin 2013

URGENT! CPI - LE VERDICT DE GBAGBO AJOURNE (OFFICIEL)

 

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Dans un communiqué de presse [en Anglais] que nous venons à l’instant [3 juin 2013] de recevoir de la CPI, la Chambre préliminaire I décide de reporter le verdict du procès en [non]confirmation des Charges contre l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et demande par la même occasion des investigations supplémentaires au Bureau du Procureur, Fatou Bensouda, au regards de l’article 61(7)(c)(i).

Les demandes d’informations complémentaires concernent selon les juges de la chambre préliminaire I, six points. Sont concernés entre autres la structure de commandement exacte des forces pro-Gbagbo, leur évolution en fonction du conflit et les preuves d’allégations de viols.

La Chambre demande au Bureau du Procureur de fournir un nouveau document d’accusations (charges) au plus tard le 15 novembre 2013. Les pièces à conviction devront être déposées au plus tard le 16 décembre 2013.

Le communiqué de la CPI indique enfin que la Juge Fernández de Gurmendi, se dissociait de la décision d’ajournement du verdict.

Selon nos informations, au vu de cette décision de report du verdict, les Conseils [avocats] de Laurent Gbagbo, pourraient introduire une nouvelle demande de mise en liberté provisoire.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE

CPI. Le verdict de la Chambre préliminaire I est une victoire de Gbagbo et des avocats de la Défense. Dans le contexte diplomatique actuel, sachant que ce tribunal est une cour profondément politique, Maître Altit et ses confrères ont obtenu le maximum. La CPI n'a pas voulu aggraver son discrédit. Mais le combat est loin d'être terminé. Notre analyse complète dans Le Nouveau Courrier de demain.


Théophile Kouamouo


Si les juges estiment que le verdict doit être ajourné jusqu'à la fin de l'année 2013 pour insuffisance de preuves, après deux années de joutes judiciaires, c'est qu'il ne reste qu'une décision à prendre, la seule qui vaille: la libération pure et simple de Laurent Gbagbo. Toute autre décision serait du tripatouillage et la mise au jour d'un complot indécent contre une icône africaine. Qu'ils nous prouvent maintenant, mieux que des discours et démentis officiels de non-chasse raciale aux Africains, qu'ils ne sont pas une justice de pacotille en prenant LA décision qui s'impose! Nous attendons de voir.


Fernand Dindé

dimanche, 02 juin 2013

SOUVENONS-NOUS DE CE QUE JEAN-LUC MELENCHON DISAIT SUR LA COTE D'IVOIRE LE 17 AVRIL 2011

 

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Ces propos sont une analyse juste de l'incroyable lâcheté d'un Parti socialiste pour qui ne comptent, en Afrique, que les "réseaux" et la realpolitik".


"Le parti de Laurent Gbagbo était membre de l’internationale socialiste. Quelle contribution a pris l’internationale socialiste au règlement de la crise ? Aucun. Quels ont été les membres de cette illustre organisation qui se sont interposés dans le drame ? Aucun. Pourtant le PS français assure la vice présidence de cette organisation et Pierre Mauroy en a été le président ! Que dit cette organisation sur la capture de l’un des siens et son emprisonnement dans une zone contrôlée par des mercenaires sanguinaires ? Rien. Quant aux dirigeants français du PS, prompts à faire des visites sur place ? Rien. Combien d’année, le délégué national aux questions africaines a-t-il été aussi un intime de Laurent Gbagbo ? Lui, du moins, a-t-il assumé loyalement jusqu’au bout. Mais les autres ? Et euro RSCG, l’agence de communication de Dominique Strauss-Kahn, organisatrice de la campagne électorale de Laurent Gbagbo. Vont-ils rendre l’argent au nouveau pouvoir pur et sincère de monsieur Ouattara ? Non bien sur ! Sinon il faudrait rendre celui d’Eyadema, celui de Bongo et celui de combien d’autres ? Admettons. Admettons que chacun ait, en cours de route, découvert qu’ils ont soutenu par erreur un odieux tyran. Dans ce cas pourquoi ne demandent-ils pas à l’internationale socialiste une réunion pour prendre la mesure du nombre de ses membres qui viennent de perdre le pouvoir dans la violence ? Pourquoi n’ont-ils jamais demandé leur exclusion avant ? Pourquoi ont-ils gardé toutes leurs responsabilités dans cette organisation ?

Ces débats sur la nature et l’orientation de cette organisation m’ont été mille fois refusé, l’air excédé, par un François Hollande, du temps qu’il dirigeait le PS. Il n’y a pas eu une minute de débat quand leur ami De Larua fit tirer sur la foule argentine par ses policiers, ni quand leur ami président du Venezuela social démocrate fit tirer sur celle de Caracas, ni sur leur cher Alan Garcia élu président du Pérou avec l’aide de la droite qui fit massacrer paysans et prisonniers de droit commun. Aucune de mes mises en garde concernant cette organisation, faites de vive voix ou par écrit dans mes livres et articles, n’a jamais reçu un mot de réponse ni soulevé une minute de débat. Ils s’en moquent, ils ne savent pas où c’est, ils ne savent pas de qui il s’agit…. On connait la musique. Ils soutiennent n’importe qui, n’importe comment, du moment que l’intéressé a un tampon de l’Internationale Socialiste et paye le voyage. « Nous ne permettons pas aux autres de nous dire ce que nous devons faire, de quel droit irions-nous leur dire ce qu’ils doivent faire eux » m’avait lancé François Hollande. Après quoi ils sont prêts à abandonner leurs amis d’un jour à la mare aux caïmans, quand ça tourne mal.

Mais le cas de Laurent Gbagbo ne ressemble à aucun autre. Je prends le risque de me voir affubler par bien des petites cervelles qui liront ces lignes une nouvelle fois de leurs simplifications offensantes. Mais je ne risque, moi, aucune confrontation désagréable avec mes actes. J’ai rencontré Simone Gbagbo du temps où elle était dans l’opposition. Je n’ai jamais été invité sous sa présidence. Je n’ai jamais participé à une conférence sur place, ni été défrayé pour cela, je n’ai pas eu de tache d’écriture rémunérée par euro RSCG. Gbagbo ne m’a jamais téléphoné, écrit, fait porter des messages ou interpellé. J’étais, pour lui aussi, ce que j’étais pour ses chers amis du PS et de la gauche du PS. Une ombre au tableau. Mais il reste ceci : que ça plaise ou pas :

Gbagbo a été la seule tentative de faire de la vraie sociale démocratie en Afrique. Qu’il ait échoué, dérivé ou ce que l’on voudra, mérite mieux que le lâche abandon auquel ont procédé les dirigeants du PS français. Les ivoiriens méritaient au moins une tentative d’interposition politique. Aujourd’hui, au moins par compassion humaine, par respect pour leur propre passé et leur ancienne amitié, ils devraient se soucier de savoir ce que devient Laurent Gbagbo et sa famille entre les mains des mercenaires givrés de Alassane Ouattara. Ils ne le feront pas. Ils espèrent juste que ça passe et qu’on ne leur demande aucun compte.

Je crois bien que les images de « l’arrestation » de Laurent Gbagbo devraient créer un grand malaise. Leur violence, le style « mercenaire aux yeux rouges » des assaillants, l’ambiance de lynchage des vaincus, les violences faites aux femmes, l’évidente main mise de notre armée sur l’opération, rien ne ressemblait moins à une opération de protection de la population sous mandat de l’ONU. Mais, depuis le début, Laurent Gbagbo est l’homme à abattre pour les concessionnaires français qu’il a menacé dans leurs intérêts un temps même s’il les a bien cajolé ensuite. Cela n’excuse rien, mais cela explique tout. Et d’abord la réécriture de la personnalité d’Alassane Ouattara. En fait, un vrai aventurier repeint en bon père de la démocratie. Soutenu par l’ancien président hier accusé de totalitarisme, Konan Bédié qui l’avait empêché en son temps d’être candidat à l’élection présidentielle, et par le premier ministre de Gbagbo, un soi disant « rebelle du nord », vrai seigneur de la guerre, dont les mercenaires ont été immédiatement maintenus en place et rebaptisés en « force républicaine », le changement de camp valant amnistie pour les crimes qui leur étaient hier reprochés. Alassane Ouattara est un chef de clan et rien de plus. L’argument de sa victoire électorale est une fiction qui pouvait être utile aussi longtemps qu’il pouvait y avoir une perspective d’accord sur ce point entre les parties. Mais il n’y en avait pas.

Ne restaient donc en présence qu’une addition de tricheries. Valider les mensonges des bourreurs d’urnes d’Alassane Ouattara revenait à prendre partie dans une guerre civile. Elle dure depuis 2003. La raconter obligerait à un récit qui prendrait trop de place. Aucune page n’y valut mieux que la précédente. Mais aucune ne correspond au récit simpliste de la lutte entre gentil et méchant qui repeint Gbagbo en tyran et Ouattara en démocrate. Car si l’on en a vu beaucoup montrer du doigt ce fait que Gbagbo n’a pas obéi aux injonctions de l’ONU, on dit moins, et même jamais, que Ouattara n’y a pas davantage obéi. Notamment parce que ses mercenaires n’avaient pas désarmé pendant l’élection, contrairement à la demande de l’ONU. Leur influence pédagogique explique sans doute les votes à 90 % en faveur de sa candidature dans les zones qu’ils contrôlaient. On vit clairement le parti pris quand fut refusé le recomptage des suffrages, demandé par Gbagbo et refusé par Ouattara. Pourquoi ? On l’avait bien fait aux USA, faut-il le rappeler ? A la fin il faut se souvenir que le mandat de l’ONU était de "protéger les civils" et d’"empêcher l’utilisation d’armes lourdes" contre eux, pas d’aller arrêter un président sortant en bombardant le palais présidentiel.

Mais qui s’en soucie ? « Vae victis », comme dirait Michel Denisot. Malheur aux vaincus ! Je crois que cette opération militaire déclenchée sans le début d’une discussion et ou d’un vote de l’assemblée nationale commence un mauvais style pour la suite de nos relations avec l’Afrique. Il est urgent que notre pays se ressaisisse. En premier lieu que le parlement ne laisse plus s’installer cette habitude qui voit dorénavant tous les artifices d’interprétation et de procédure réunis pour justifier que les parlementaires n’aient jamais leur mot à dire sur les expéditions militaires du pays. On n’a voté à l’Assemblée et au Sénat ni sur l’Afghanistan, ni sur la Libye, ni sur la Côte d’Ivoire ! Ni avant, ni pendant, ni depuis ! Et, bien sûr, c’est nous qui donnons des leçons de démocratie aux autres ! Mais nous, quel genre de démocratie est donc la nôtre entre l’Europe qui nous dicte des lois et des astreintes jamais délibérées et un régime présidentiel qui déclenche des guerres à sa guise et sans mandat ni contrôle du parlement ? Il me semble qu’une commission d’enquête parlementaire sur cette intervention est seule capable de faire la lumière sur l’enchainement qui a conduit jusqu’à cette intervention militaire française dans la guerre civile ivoirienne."

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 01 juin 2013

UNIVERSITE FELIX HOUPHOUET-BOIGNY: LES FONDEMENTS DU MALAISE, LA DECOUVERTE DE L'ARNAQUE

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Le ministre Cissé Bacongo de l'Enseignement supérieur

 

Par Professeur Bruno Gnaoulé-Oupoh, U.F.R Langues, Littératures et Civilisations, Département de Lettres Modernes.


Depuis le début de la rentrée universitaire 2012 – 2013, annoncée et effectuée à grand renfort publicitaire et battage médiatique sans précédent, le 03 septembre 2012, le malaise couve. Il résulte du seul constat de l’abîme qu’il y a entre l’université du renouveau annoncé avec tous les équipements électroniques ultra modernes, et le véritable « riz couché » servi dans de vieux plats repeints. Les mêmes bâtiments existants auxquels se sont ajoutés les deux amphithéâtres financés par le district d’Abidjan sous le gouverneur Pierre AMONDJI, constituant l’essentiel des infrastructures.

1. La réalité des faits

Ce constat affligeant, heurte d’autant plus la conscience que quelques semaines avant cette rentrée universitaire relativement aux travaux de construction, un scandale lié à un marché de cent dix milliards (110.000.000.000 frs CFA) passé de gré à gré, entre le ministre de l’enseignement supérieur, Cissé Bacongo, et l’entreprise SIMDCI avait défrayé la chronique. Et le ministre Bacongo interpellé en son temps sur ce délit d’initié, avait cru devoir limoger son directeur des affaires financières (DAF), un second couteau ; il s’était aussi essoufflé en moult explications aussi oiseuses les unes, les autres, sans convaincre. Et l’on attendait impatiemment la rentrée universitaire pour savoir ce qu’il a fait de toute cette fortune. Cette attente était d’autant plus fondée que dans le même temps le gouvernement a multiplié par six (06) les frais d’inscription à l’université qui sont passés de six mille francs (6.000 frs CFA) à trente mille francs (30.000 frs CFA) au premier cycle et par dix, à soixante mille francs (60.000 frs CFA) pour les niveaux supérieures.

Enfin, comme si tous ces problèmes ne suffisaient pas, il y a le nouveau système LMD imposé précipitamment aux étudiants et enseignants, sans qu’ils n’y aient été préparés et surtout sans qu’on ait pourvu aux mesures infrastructurelles et didactiques d’accompagnement nécessaires.

Voilà les fondements du malaise que le fonctionnement bancal, mensonger et approximatif de cette université, exacerbe chaque jour, surtout au regard des sommes colossales, scandaleusement englouties dans sa prétendue rénovation. Jugez-en vous-mêmes, au regard des faits et du témoignage qui suit.

2. Des conditions de vie pénibles

Après leur réhabilitation, les bâtiments de cette université trônent désormais dans un décor désolé, sans connexion les uns avec les autres, sans abri pour faciliter la circulation des usagers (étudiant – enseignants) exposés aux intempéries, soleil et pluies, sur de longues distances. Et comment étancher sa soif ou satisfaire un besoin naturel qui presse, quand les petites vendeuses d’eau glacée sont traquées, battues, et en l’absence de bornes fontaines et de toilettes. Situation très incommodante pour tous (enseignants, enseignés, visiteurs) dans cette université. Ils (les constructeurs gestionnaires de cette université) n’y ont pas pensé.

Ils n’ont pas non plus pensé à comment se procurer des unités quand votre portable vient à en manquer subitement et qu’il vous faut passer un appel urgent. Un besoin devenu banal, très courant mais qui ne peut être satisfait dans l’enceinte de l’université. Il faut en sortir pour effectuer un transfert d’unités sur votre mobile, pour pouvoir effectuer un appel, les bureaux des enseignants n’étant pas équipés de téléphone. Ne parlons pas de connexion internet puisque les ordinateurs et les réseaux Wifi promis n’existent pas non plus.

En lieu et place de ces promesses non tenues, les concepteurs réalisateurs de la rénovation, ont institué de nombreuses contraintes dont la plus absurde est l’improvisation, de deux gares de bus pour les étudiants, l’un sur le trottoir exigu en face du CHU de Cocody, l’autre devant l’Ecole Nationale de police. Des bousculades monstres en ces lieux ont déjà causé d’énormes et inutiles dégâts humains parmi les étudiants, un mort, un mutilé, et des blessés, cela dans l’indifférence froide du ministre Cissé Bacongo. Or les navettes promises pour déposer les étudiants dans l’enceinte de l’université, n’étant pas non plus au rendez-vous, il eut été tout simplement plus sage d’autoriser les autobus à entrer dans l’université pour déposer les étudiants sur l’espace déjà existant, aménager des abris sur les quais en prolongeant l’un de ces abris jusqu’au premier bâtiment de l’U.F.R biosciences. Cela permettra à coup sûr de mettre ces étudiants (nos enfants) à l’abri des intempéries (soleil, pluies) et de la fatigue incompatible avec l’effort intellectuel qu’on attend d’eux.

Deuxième contrainte faite aux usagers de cette université, l’interdiction qui leur est faite d’y entrer avec le taxi qu’ils ont emprunté. Des vigiles doublés d’éléments des FRCI font respecter strictement cette consigne. Obligation vous est donc faite de continuer à pieds. Et tant pis pour vous si vous n’avez pas prévu de parapluie, si vous n’êtes pas très bien portant ou que vous avez ce jour porté des chaussures inappropriées pour une longue marche. C’est à prendre ou à laisser, frustrant forcément. Et c’est le lot quotidien des enseignants et des étudiants. Les motos et autres cycles étant aussi prohibés, on aurait pu écrire au fronton de cette université ceci « Nul ne fréquente aisément ce lieu s’il n’est en, ou n’a une voiture ».

Troisième contrainte, c’est la présence encombrante et inutile d’une police spéciale et des FRCI sur le campus. Ils ne garantissent qu’une seule chose, l’insécurité, comme on s’en rendra compte dans les lignes qui suivent.

3. L’insécurité permanente

Mon bureau de 5m² que je partage avec mes assistants, pour qu’ils aient au moins où s’asseoir, est dépourvu de rideaux et d’antivols aux fenêtres, à l’instar des autres bureaux, dont les vitres coulissantes ne peuvent êtres bloquées de l’intérieur. Ne vous avisez donc pas d’y laisser un outil de travail personnel, de l’argent ou un téléphone portable en charge. Vous êtes sur de ne pas le retrouver une fois que vous avez le dos tourné.

Les vols sont récurrents dans cette université censée être de formule 1, haut de gamme, et s’effectuent même en plein jour par des braquages. Le dernier en date est celui que relate le journaliste Fofana Mambé dans le quotidien « Soir Info » N° 5603 du mardi 28 mai 2013, page 16, sous le titre « attaque à main armée à l’université Félix Houphouët Boigny : une forte somme d’argent emportée ». « Lundi 27 mai 2013 des individus armés de kalachnikovs ont attaqué le service comptabilité de l’U.F.R de sciences économiques de l’université Félix H. Boigny – Cocody. Ils ont emporté un million cinq cent soixante mille francs (1.560.000 frs CFA) représentant les encaissements de la journée du vendredi 24 mai 2013 (…) comme relaté par nos sources, c’est aux environs de 10 H qu’un véhicule (…) gare devant les bureaux de la comptabilité.

Deux hommes en descendent et pénètrent dans lesdits locaux. A l’intérieur ces individus qui n’ont rien d’étudiants, sortent des kalachnikovs. Les criminels accèdent ensuite au bureau du chef de service qu’ils prennent en otage. Puis ils font remettre la somme indiquée avant de quitter les lieux, à bord de leur véhicule, sans la moindre inquiétude alors que des éléments des FRCI armées jusqu’aux dents sont postées devant le campus. La battue, de presque tout le périmètre, effectué immédiatement ne donne hélas rien.

Les gangsters s’étaient déjà évaporés dans la nature. Comment – s’interroge le journaliste Fofana Mambé – des bandits peuvent-ils opérer aussi aisément dans une structure fortement fréquentée et de plus bénéficiant d’une sécurité faisant d’elle une citadelle imprenable ? Vraiment bizarre ». Conclut-il.

Mais il n’y a pas que tout ce qui vient d’être dit qui soit bizarre. Ce qui l’est le plus, est qu’une université dont la vocation première est l’enseignement et la recherche, doit disposer de salles de cours en nombre suffisant et de laboratoires équipés pour fonctionner. Or l’université de Cocody souffre d’un grave déficit de salles de cours et d’équipements didactiques que sa rénovation (?) est loin d’avoir résolu.

4. Une grave pénurie en salles de cours et équipements

Le département de Lettres Modernes dont je suis un des enseignants et qui compte plus de six mille (6.000) étudiants, ne dispose en tout et pour tout que d’un amphithéâtre de trois cents (300) places, l’Amphi 7, pour les cours magistraux et de quatre (4) salles de soixante (60) places, précisément les salles 1, 2, 3 et 4 du bâtiment C pour les travaux dirigés (TD). J’ai dispensé aux mois de janvier et février 2013 mes cours magistraux destinés aux mille six cents (1.600) étudiants de première année (Licence 1) dans cet amphi 7 surpeuplé à l’intérieur, et où pour espérer avoir une place assise, l’étudiant doit se réveiller au moins à 4 H du matin. La climatisation qui fonctionne par intermittence est inopérante face au surpeuplement qui exige que les portes soient ouvertes ; j’ai effectué sur les dix séances de cours magistraux, sept sans micro, dans cet amphi sans tableau avec l’estrade envahie d’étudiants, assis, débout, dans une atmosphère surchauffée, suant et transpirant comme leur maître contraint de hurler son cours pour espérer être au moins entendu, à défaut d’être compris.

Les bureaux des enseignants de l’université de Cocody ne sont équipés de façon sommaire que d’un bureau de travail, de trois fauteuils et un petit meuble de rangement. C’est-à-dire le même équipement qu’un planton de ministère encore que lui, au moins, à un poste de téléphone fixe où il peut être joint en cas de nécessité. Les outils de travail (papier rame, stylos, chemises cartonnées, etc.) sont à la charge des enseignants. Seulement 1/3 sur le millier d’enseignants chercheurs de cette université, a un bureau. Les 2/3 sont dans la nature ne sachant où s’asseoir avant et après un cours.

C’est parce que tous ces problèmes sont restés pendant longtemps irrésolus que nous avions tous espéré que le nouveau pouvoir qui a crié et juré à la face du monde qu’il les résolverait, était attendu sur ce chapitre. Parents, étudiants et enseignants ont pris leur mal en patience. Ils ont accepté, contre mauvaise fortune bon cœur la majoration des frais de scolarité dans les proportions que l’on sait, faisant ainsi leur part de sacrifice.

Au finish, la montagne a accouché d’une souris. Une bien maigre souris. Cela aussi parce que des priorités ont été accordées à des travaux secondaires. Une clôture kilométrique au demeurant inachevée qui ne protège contre rien. Le ver est dans le fruit. Il a pour nom police universitaire et FRCI qui ne voient pas, ou qui refusent de voir les gangsters qui opèrent. Des hectares de pelouses traversés par des pistes bitumées. Des collines rasées à coup de pelleteuses et autres graders budgétivores. Les concepteurs rénovateurs ont misé sur le décor, pour faire bien, éblouir.

Or une école, à plus forte raison une université, c’est d’abord et avant tout des amphithéâtres, des salles de cours de TD et de TP, des laboratoires équipés, des bibliothèques. Tout cela en nombre suffisant pour que les enseignements et la recherche se déroulent sans accroc.

5. Le modèle promis des universités américaines, n’est pas au rendez-vous à Cocody

Le verdict est aujourd’hui implacable. Les concepteurs rénovateurs de l’université de Cocody sont de toute évidence passés à côté de la plaque. Le pot aux roses est découvert. Et dire que dans la communication massive qui a accompagné cette rénovation, le chef de l’Etat, qui est lui-même monté au créneau, avait annoncé créer à Cocody une université avec toutes les commodités des universités nord américaines où il a étudié.

Pour avoir effectué des missions d’enseignement, de recherches et d’encadrement de master et doctorat PHD dans quelques unes de ces universités (Université Laval du Québec au Canada, New-York University etc.), je peux témoigner ici que ce qui nous a été servi à l’université de Cocody est très loin du compte.

Le campus de l’université Laval du Canada où j’ai été logé durant mon séjour dans une grande suite du bâtiment réservé aux professeurs étrangers invités, est relié aux facultés distantes de cinq cent mètres par un vaste réseau de couloirs souterrains qu’empruntent les étudiants pour accéder à leurs facultés respectives. Cela pour les protéger contre le froid. Les températures peuvent descendre à moins trente degrés (-30°C). Ces facultés sont logés dans des immeubles interconnectés où l’on trouve tout – les amphis, salles de cours, laboratoires, bibliothèques et librairies sur les mêmes paliers. Les autres commodités de la vie courante sur d’autres paliers, cafeterias, restaurants, banques, guichets automatiques, bureaux de poste, crèches, pour les nourrissons, garderies, supermarchés, etc. En un mot un monde qui se suffit à lui-même et destiné à créer les conditions idéales pour l’enseignement, les études et la recherche.

L’administration, les centres de recherches et les bureaux des enseignants sont situés sur d’autres paliers. Chaque enseignant est doté d’un bureau très bien équipé. Celui qui m’a été affecté, de 16m² avait une bibliothèque et un équipement complet internet très haut débit permettant de consulter à distance les ouvrages dans toutes les bibliothèques des universités du monde entier connectées au réseau.

Faites-vous-même la comparaison, et vous constaterez aisément qu’il n’y a pas photo. Mais les étudiants et les enseignants d’un PPTE (Pays pauvre très endetté) comme le nôtre n’ont pas forcément besoin de tout cela et peuvent se contenter des infrastructures et équipements indispensables énumérer ci-dessus, pour travailler convenablement. Cela à condition que les dirigeants leur tiennent un discours de vérité humble et honnête. On ne peut pas servir le mensonge à des intellectuels. Ils vont le découvrir aussitôt et gare au retour du bâton.

Parents d’élèves, citoyens, contribuables, nous avons de toute évidence été arnaqués dans la réhabilitation de l’Université F.H.B. Un audit s’impose donc sur les 110 milliards engagés, pour faire la lumière sur les dépenses qui ont été faites afin que tout le monde soit situé.

Pour conclure :

Les récents remous à l’université de Cocody ne sont qu’un signal, une alerte donnée par les étudiants. Elle est symptomatique du malaise ambiant, pour les raisons que j’ai longuement soulignées ci-dessus. Les procès, exclusion et blâme brandis ne constituent qu’un bandage sur un furoncle non crevé. Or il faut courageusement crever l’abcès. Ce n’est pas en coupant des têtes que les problèmes vont se résoudre.

D’autres têtes pousseront. Ce n’est pas non plus en déplaçant des meubles (limogeage de quelques membres du personnel) que les causes du malaise vont disparaître. La dépression systématique dont la gouvernance Ouattara est si coutumière n’a pas sa place à l’université. Alors, Messieurs Alassane Ouattara et Cissé Bacongo, après le rêve revenez sur terre, rectifiez ici et maintenant le tir. Prenez le pouls exact des besoins. Pour cela, il suffit de vous adresser aux doyens des U.F.R, aux syndicats d’enseignants et étudiants qui savent où ils ont mal. Et c’est par là que vous auriez dû commencer. Pour rénover un secteur, il faut s’adresser à ceux qui y travaillent, les professionnels.

Monsieur le ministre Cissé Bacongo, pour l’instant, ce sont les étudiants qui vous parlent. Ecoutez-les. C’est là votre intérêt et celui de notre pays. Leurs maîtres que nous sommes vous ont déjà soumis les problèmes auxquels ils sont confrontés. Très mauvaises conditions de travail, paiement des 50% de salaires qui leurs sont dus. Il est aussi temps de régler ces problèmes avant que le couvercle de la marmite surchauffée ne saute. Avec nous, vous ne pourrez pas exclure, réduire les salaires, à moins de vouloir fermer les universités publiques pour plusieurs années encore. A bon entendeur…


Prof Bruno GNAOULE-OUPOH

U.F.R Langues, Littératures et Civilisations
Département de Lettres Modernes


Source: CONNECTION IVOIRIENNE.NET

INTERVIEW KADER DOUMBIA: «TIKEN JAH FAKOLY A ETE TEMOIN DES CRIMES COMMIS PAR SORO GUILLAUME»


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Une vieille interview (2012), en deux volets, que je vous ai dégotée. Très révélatrice. Bonne lecture!


Plusieurs mois après l’assassinat du sergent chef Ibrahim Coulibaly, ses partisans ont décidé de saisir la Cour pénale internationale en vue d’obtenir justice. Kader Doumbia, porte-parole du collectif pour la justice sur l’assassinat de Ib s’est confié à ivoireinfo.com.


Vous êtes le porte parole du collectif pour la justice sur l’assassinat de IB, vous dites avoir déposé une plainte auprès de la Cpi. Contre qui est-elle adressée et qu’avez-vous obtenu de la part de la CPI?

Je vous remercie, pour l’intérêt que vous nous accordez en nous ouvrant les portes de votre journal. Le CJA-IB a effectivement porté plainte à la Cpi contre x, pour crime de guerre à la suite de l’assassinat extrajudiciaire du général Ibrahima Coulibaly (IB) et de certain de ses proches. En outre, le CJA-IB a demandé à la CPI de prendre en compte tous les crimes commis en Côte d’Ivoire depuis 2002, car cette période a été une des plus meurtrières de l’histoire de notre pays. Nous avons transmis à la Cpi des preuves sur les charniers de Korhogo. En effet, ces crimes sont tellement graves qu’il ne s’agit plus d’une question qui doit se limiter à la Côte d’Ivoire, mais elle doit concerner l’humanité toute entière. L’humanité ne peut pas laisser impunis des individus qui ont ordonné l’assassinat par asphyxie de plus d’une centaine de personnes qui ont étés enfermées dans des conteneurs en fer, exposés au soleil. Les droits de l’homme ne peuvent pas  fermer les yeux sur ces atrocités commises en Côte d’Ivoire, au vu et au su de tous. Ce serait un précédent, un recul regrettable pour la gente humaine.

Des personnes ont été assassinées de Bouaké à Mankono, parce qu’elles étaient tout simplement soupçonnées d’être des proches du général IB ou de ne pas être favorables à Soro. Ce sont là des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité, sur lesquelles nous ne saurions nous taire par souci de plaire aux dirigeants actuels du pays ou par appartenance tribale. Des fonctionnaires de l’Etat de Côte d’Ivoire ont été assassinés à Bouaké alors qu’ils n’étaient pas des combattants. Ces fonctionnaires gendarmes avaient été arrêtés et emprisonnés à Bouaké, car ils étaient soupçonnés d’être des pro-Gbagbo. Ce qui est normal en temps de guerre, mais en aucun cas ceux qui les ont arrêtés n’avaient le droit de les assassiner. Il y a un droit international qui dit clairement qu’on ne doit pas assassiner des prisonniers, et pourtant cela a été fait en Côte d’Ivoire sous l’ordre de Soro qui aujourd’hui veut se donner l’ image d’un démocrate. Ceux qui ont été tués ce sont des pères de famille qui ne faisaient que leur travail de fonctionnaires. L’ONU et les organisations de droit de l’ homme ont fait des rapports sur ces crimes de guerre et violations des droits humains. Il va de soi que les auteurs et commanditaires de ces crimes soient entendus et punis. C’est une question de bon sens et c’est la seule réponse que peut apporter l’humanité, contre ceux qui violent les règles et lois qui régissent la vie en société humaine.

Si le droit humanitaire et la communauté internationale laissent ce genre de chose se faire sans réagir, cela ouvrira la porte à d’autres crimes de ce genre. Vous savez que l’impunité entretien le cycle des crimes !

Pouvons-nous avoir des précisions sur les charniers dont vous parlez et qui en sont les auteurs ?

C’est un exercice difficile que vous me demandez-là, à cause des souvenir douloureux que cela évoque en moi. Mais  c’est un simple rappel que je fais lorsque je fais remarquer ce que les populations ivoiriennes du Nord ont vécus pendant près de dix ans et dont ceux du Sud ne voient qu’un échantillon maintenant.

Pendant près de dix ans les populations ont constaté le résultat catastrophique des ambitions insensées des dirigeants des forces nouvelles qui n’avaient cure ni de la justice ni de ce que représente et vaut une vie humaine. Sans aucune retenue, ils ont défié et foulé aux pieds les règles de base de la justice internationale.

Mais ils doivent savoir qu’on ne peut pas impunément défier la conscience humaine et qu’il se trouvera toujours des hommes épris de justice qui leur rappelleront leurs forfaits.

Le 21 juin 2004, une centaine de personnes a été enfermée dans un conteneur de 40’ (pieds) à  Korhogo par les responsables des FN. Ils y ont mis du gaz lacrymogène, de la poudre à minutions et ils ont laissé le conteneur exposé au soleil. Quelques heures plus tard, toutes ces personnes trouvèrent la mort. L’armée française a fait les investigations et a découvert le charnier dans la zone de Ferké ainsi que les pelles estampillées FANSARA 110 (le nom du camp de Fofié Kouakou) qui ont servies pour enterrer les personnes assassinées de cette manière odieuse.

Ce même 21 juin 2004, plusieurs personnes ont été également massacrées à Bouaké et enterrées sur plusieurs sites, les parents de ces disparus n’ont que leurs yeux pour pleurer sans possibilité de faire leur deuil, faute de pouvoir avoir les corps de leurs proches!

Le 22 juin 2004, le chef militaire Djalman et ses éléments ont été arrêtés à Mankono puis emprisonnés, ils seront par la suite exécutés, cela s’appelle crime de guerre car nul n’a le droit de tuer quelqu’un qui est en prison.

Il y a également le cas de l’assassinat de Koné Moussa dit Barbu qui était l’ancien commandant de Ferké. Sous un simple soupçon, ce père de famille a été arrêté puis emprisonné à Bouaké. Son petit frère étant membre de l’équipe musicale du célèbre chanteur ivoirien Tiken Jah Fakoly , ce dernier est personnellement intervenu auprès des autorités des FN pour que monsieur Koné soit épargné. Tiken Jah a lui-même appelé Wattao qui le gardait dans son camp, puis Soro Guilaume, pour leur demander de libérer Koné Moussa. C’était sans compter avec la froideur de Guillaume Soro qui a ordonné à ses chefs de guerre de lui donner la mort, car il ne pouvait plus lui faire confiance, après son arrestation. C’est là un cas palpable de crime extrajudiciaire pour lequel un artiste qui a une réputation mondiale pourra apporter son témoignage et qui montre le visage hideux et l’atrocité de Soro Guillaume dont la véritable place se trouve derrière les barreaux. C’est ce qui explique d’ailleurs la distance prise par Tiken qui, par cette expérience, a pris connaissance de la teneur de la soif de sang de Soro et de ses hommes. Il a compris que ces personnes n’étaient pas fréquentables, puisqu’ils ne se gênent pas pour enlever des vies humaines.

Je ne vous fais pas cas des larmes de cette pauvre dame, la mère de Koné Bakary dit Bakus qui, ayant appris l’arrestation de son fils, est allée elle-même demander pardon aux mêmes nervis de Soro pour que la vie de son unique enfant soit épargnée. Malheureusement cette pauvre mère apprendra quelques heures plus tard l’assassinat de son fils dont le corps a été confisqué.

Le crime reproché à toutes ces personnes tuées était d’avoir partagé les valeurs qu’incarnait IB, souvent même sans le connaître. Le cas de l’étudiant Koné Morel que tout le monde connaît en Côte d’Ivoire est là pour illustrer le caractère criminel et sanguinaire de ces hommes. Ce n’est pas un cas caché, car le cousin de Koné Morel travaille aujourd’hui pour le journal Le Patriote, il se nomme Kigbafori Inza, sa sœur Koné mariam est en France où elle a eu le statut de réfugié politique. Ce pauvre étudiant que Soro a envoyé en mission dans le Nord a été arrêté à Korhogo, puis emprisonné sur simple dénonciation de Konaté, qui est le seul à pouvoir expliquer les raisons de l’arrestation de ce jeune qui pourtant n’a jamais été un combattant ni quelqu’un de dangereux pour eux. Le père de Koné Morel, qui est originaire de la ville de Ferké tout comme Soro lui-même, est allé demander la libération de son fils qui était en prison. Pour seule réponse à sa requête, ils l’ont informé qu’ils ont assassiné son fils, sans même qu’un tribunal l’ait jugé coupable de quoi que ce soit. Le pire c’est qu’ils ont confisqué le corps et ils ont interdit l’accès de la ville de Bouaké au père. Ce dernier est mort par la suite, de chagrin, car il n’a jamais pu avoir le corps de son fils pour faire son deuil.

Je rappelle que les différents massacres et tortures que nous venons de citer ont fait l’objet d’enquêtes par l’Onu et par les forces Licorne. Ces rapports mettent en cause les responsables des FN notamment Guillaume Soro et Fofié Kouakou qui lui a été l’objet d’inculpation par l’ONU pour crime contre l’humanité.

Fofié n’étant qu’un exécutant, vous comprendrez ce que cela veut dire. Cela signifie que les commanditaires doivent passer devant le tribunal pour répondre de ces crimes graves qui ont eu lieu contre l’espèce humaine. Inculpé Fofié et laisser ces chefs politique circuler librement, c’est comme si on inculpait Mangou et qu’on laissait Gbagbo se promener librement.

Ce sont-là de vraies atrocités que vous évoquez, pensez vous qu’on peut aller à la réconciliation sans justice contre les auteurs de ces crimes  ?

Pour un homme comme moi qui me suis toujours battu pour la démocratie et le respect des droits humains, il m’est toujours difficile de parler de ces victimes à cause de la valeur émotionnelle de ces choses. Vous savez que je suis moi-même une des victimes et un rescapé des massacres de Soro et de ses nervis des Forces nouvelles. Je ne dois ma vie qu’à la chance et à la grandeur de Dieu qui m’a permis d’échapper à leur traque dont le but était de mettre fin à ma vie.

La Côte d’Ivoire ne peut pas connaître la démocratie tant que des hommes qui ne connaissent que l’assassinat comme argument seront dans son univers politique. C’est pourquoi il faut qu’ils soient extirpés et remis à la justice pour que la réconciliation soit possible. On ne peut pas d’un côté arrêter Gbagbo pour des crimes qui se sont passés en temps de guerre et de l’autre côté laisser libres des individus qui ont assassinés massivement des citoyens qui étaient à leur merci. Pour la justice et pour l’image de la Côte d’Ivoire, on doit tenir les auteurs de ces graves crimes loin de l’espace démocratique que nous voulons pour notre pays. Tant que ce genre de personnes seront aux affaires, le désir de vengeance rôdera sur le pays et sa stabilité.


Interview recueillie par ADOU Basile pour IvoireInfo


NB: La direction d’Ivoireinfo.com a renoncé à publier la seconde partie de l’interview. Notre confrère Abidjandirect ayant publié une interview qui reprend les mêmes propos de monsieur Kader. La confraternité journalistique nous interdit de publier en doublons des propos d’un même interviewé.

 

Source: IVOIRE INFO.COM

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vendredi, 31 mai 2013

CAMP D’AVEPOZO AU TOGO: INJUSTICE, FAMINE ET DESOLATION TOTALE POUR LES REFUGIES IVOIRIENS

 

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Le vendredi 3 mai 2013, pour avoir manifesté avec leurs concitoyens et compagnons d’infortune, dans le camp d’AVEPOZO pendant plus de 64 jours (sit-in et manifestations de femmes et d’enfants quotidiens), en vue de l’obtention de la reprise de la distribution des vivres suspendue depuis bientôt 6 mois par le HCR Togo, pour l’obtention également d’eau potable et pour des soins plus appropriés, dans un camp qui ne répond plus à aucune norme de salubrité et de sécurité, 5 femmes ivoiriennes et 2 hommes, réfugiés au TOGO, ont été délogés manu militari de leurs tentes par des soldats togolais, traînés à terre, et incarcérés à la prison de LOME. (Il faut indiquer que depuis Janvier 2013, la situation sociale et sanitaire dans le camp s’est de plus en plus dégradée, jusqu’en l’état actuel). Ce qu’on leur reproche ? D’être « des agitateurs politiques ou des politiciens » !

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La grève des femmes d'Avépozo


Ils y croupissent dans le silence le plus total de l’Etat de Côte d’Ivoire (le commanditaire ?), des autres ONG de défense des droits de l’homme et des responsables du Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), dont notamment le Responsable HCR local, Monsieur Théophilus VODONO et Monsieur INADJO, Coordinateur de la Coordination Nationale d'Assistance aux Réfugiés.

Aucune autre ONG connue (Croix Rouge, HRW, etc) n’est allée s’enquérir du désastre de ces sœurs et frères Ivoiriens, à part les rares visites du Responsable HCR Togo pour les intimider et les menacer (pour ainsi dire).

Apparemment, le but visé est de contraindre les réfugiés Ivoiriens à rentrer en Côte d’Ivoire. Y compris par les moyens les plus inqualifiables. La dernière fois où le HCR (Togo) a daigné pointer le nez au camp, c’était pour leur faire du chantage, pour qu’ils abandonnent leurs revendications et leurs manifestations en échange de la libération de leurs amis. Un chantage honteux !


Les personnes accusées de ces maux : Le pasteur Gogoua Lévi et sa femme, Pasteur Gogoua Elisabeth, qui s’occupaient de l’organisation du camp, Yéré Prisca, mère au foyer, Mme Gnahoré, mère au foyer, Dago Nathalie, mère au foyer, Yao Laura Florencia, sage-femme, membres actifs de ce mouvement des femmes, Dali Douzoua Jules Arnaud, footballeur.

Agés de 25 à 50 ans, leur tort est d'avoir manifesté et demandé pour le camp des réfugiés, nourriture, eau, soins,... En un mot, des conditions de vie décentes pour tous les réfugiés, et non pas pour eux, personnellement.


L’arrestation des réfugiés ivoiriens au Togo, une cabale

Les autorités togolaises et les autorités du HCR, selon une source crédible et témoin des faits, disent dans les médias (radio et télé), que ce ne sont pas elles qui les accusent et les incriminent mais plutôt les Ivoiriens du camp eux-mêmes, qui ont porté plainte contre eux.

Ils seraient maintenant en train de préparer un piège avec des armes et de la drogue pour les faire accuser et faire une descente musclée, afin d’arrêter les hommes et les jeunes et d'autres femmes, pour les rapatrier de force en Côte d’Ivoire et présenter l’évènement au monde comme le retour des exilés et des ex-combattants pro-Gbagbo. Le pouvoir Ouattara n’annonce-t-il pas déjà, depuis un moment, le retour de 200 ex-combattants ? Prenons donc garde de ne pas nous laisser naïvement abuser par une éventuelle énième manipulation médiatique. Les réfugiés Ivoiriens au TOGO ne désirent pas rentrer car ils ont peur à cause des traumatismes vécus, actuels et anciens. Il n’y a aucune aide psychologique au retour, s’il était  possible, bien évidemment. Nombre de réfugiés ont tout perdu (famille, maison, travail, biens) et sont malades. Des gamins parmi eux essayent d’aller travailler en ville pour quelques pauvres sous. Ils pourraient bien rentrer au bercail, mais en tout cas pas dans cette ambiance et dans ce contexte. Ils ne veulent, actuellement, que de meilleures conditions d’existence – même pas de vie – en exil. Rien de plus. Est-ce un crime ? Apparemment, oui !

Les autorités togolaises présentent les dénonciateurs de ces 5 femmes et de ces 2 hommes comme des Ivoiriens qui vont faire partie du contingent qui retourne à la mère-patrie.

Ces personnes parlent sur les médias locaux et internationaux et dénoncent ces femmes en des termes inqualifiables, et la majorité de ces interviewés sont présentés comme les victimes des « agitateurs politiques ». Il n’en est rien, selon notre source. C’est tout simplement une intox médiatique et de l’escroquerie morale.

Des Ivoiriens qui sont prêts, pour un mieux-être éphémère, à immoler d’autres Ivoiriens, réfugiés dans la détresse comme eux, sur l’autel de l’intérêt personnel.


Ils sont utilisés par les autorités et se font passer pour des victimes du couple Gogoua, en prétextant par exemple (élément vidéo sur YouTube) que ce sont «de jeunes ivoiriens qui ont incendié les tentes après le départ des soldats» alors que l’on voit très  bien dans les images filmées par les réfugiés eux-mêmes que l’incendie a eu lieu concomitamment aux arrestations. Ce ne pouvait donc pas objectivement être de jeunes Ivoiriens qui l’aient fait, pendant que sévissait l’armée togolaise, dans un camp en total désarroi.

C’est une autre forme d’esclavage, le traitement subi par les dénonciateurs, ou pour être plus exact, les calomniateurs : réveiller les plus bas instincts de l’homme et le mettre à la solde d’un pouvoir contre son prochain. Ils sont eux aussi victimes, d’une certaine façon, qu’on les apprécie ou pas. C’est une vieille méthode utilisée dans tous les camps de prisonniers, y compris les camps de concentration, où les nazis employaient des «kapos» de la même communauté que ceux qu’ils surveillaient. Tandis que d’autres se prostituaient.

Les autorités et les responsables du HCR trompent le monde entier et essayent de lui faire croire que c'est un problème entre Ivoiriens et qu'ils ne sont intervenus qu’à la suite d’une plainte déposée par ces Ivoiriens-là contre leurs frères et sœurs. C’est une obscure machination visant en premier à diviser les différentes communautés entre elles, et à  obliger les réfugiés Ivoiriens à rentrer chez eux, comme ne cessent de le clamer à l’unisson certains Togolais, eux-mêmes victimes des mensonges médiatiques, incroyablement remontés contre nos frères, et qui ne leur cachent plus leur hostilité. Ce sont des togolais du camp. Car  il y a aussi des Togolais du Nord dans le camp.

D’autre part, les autorités locales ont interdit à certains Togolais, touchés par tant de misère et qui habitent près du camp, de les aider, sous peine de poursuites judiciaires. Allez-y y comprendre quelque chose ! 

Faire croire qu’il n’y a que des bété et des ex-combattants à Avépozo

Les autorités togolaises veulent fait croire qu’il n’y a que des Bété, ethnie du Président Gbagbo, à AVEPOZO. Ce qui est vraiment à mille lieues de la vérité.

Toute la Côte d’Ivoire est représentée dans le camp, toutes les ethnies de la Côte d’Ivoire, venant d’un peu de toutes les régions.

Les autorités togolaises, proches d’Alassane Ouattara, en complicité avec les responsables du HCR, veulent faire prendre pour parole d’évangile leurs dires selon lesquels le camp n’abriterait que des Bété et des ex-combattants, pour justifier les misères qui sont faites aux réfugiés Ivoiriens et faire passer les vraies victimes pour les coupables.

Au camp d’AVEPOZO, à dire vrai, il y a des Guéré,  des Wobé,  des Yacouba,  des Bété,  des Dida,  des Baoulé,  des Agni, des Abouré, des Adjoukrou, des Abidji, des Aladjan, des Abbey, des Kroumen, des Sénoufo, des  Malinké,  des Ebrié, des Koulango, etc.

Il y a des musulmans et des chrétiens de différentes confessions, qui vont dans les églises togolaises catholiques ou protestantes, évangéliques ou pentecôtistes, quand ils le peuvent.

Nous devons, en tant qu’Ivoiriens, une fière chandelle à certains Togolais (tous ne pouvaient être mauvais !), particulièrement à des pasteurs et des églises qui se sont dévoués pour venir en aide à nos frères et sœurs Ivoiriens en détresse, matériellement, avec leurs faibles moyens, et aussi spirituellement. Il n’y a pas d’églises ivoiriennes dans le camp. Ce sont uniquement des églises installées au Togo et qui apportent de l’aide aux réfugiés comme elles peuvent. Sans leur secours, la situation aurait été bien pire.

L’arrestation de « la responsable GOGOUA Elisabeth », disent les réfugiés Ivoiriens, était comme un acte de guerre ; cette guerre qu’ils avaient déjà vécue en Côte d’Ivoire et dont ils avaient du mal à se remettre.

De nombreuses femmes et des enfants, voire même des hommes, sont encore traumatisés et ont décidé de dormir dans des églises. Plusieurs réfugiés dorment à la belle étoile, de peur que l’armée ou la gendarmerie togolaise ne vienne les surprendre en plein sommeil dans leurs tentes et les conduire en prison. Les Ivoiriens réfugiés au TOGO, pays et peuple frère, avaient-ils besoin de ce nouveau traumatisme ? N’y a-t-il plus d’humanité sur la terre des hommes ?


Une situation plus que jamais précaire dans le camp

« C’est la saison des pluies et lorsqu’il pleut, l’eau pénètre dans les tentes qui sont vieilles et  déchirées. Certaines ont été brûlées par les soldats togolais lors de leur incursion. Nous avons vécu une deuxième guerre et les esprits sont marqués, abattus. On pouvait entendre dans tout le camp, lors de l’arrestation, les femmes pleurer et dirent : ’’Qu’est-ce que vous faites, qu’est-ce qu’on vous a fait ?’’. C’était bouleversant ! », témoigne notre source.

Au camp d’AVEPOZO, tous les services ont été brutalement suspendus : surtout ceux de la sécurité et de la santé. Or il y a encore des femmes enceintes, des enfants malades à cause de la famine dans le camp, des hommes et des femmes traumatisés qui ont besoin de sérénité. Beaucoup d’entre eux sont vulnérables et n’ont pas un kopeck pour se nourrir, se déplacer ou pour aller au centre-ville en vue de recevoir des soins.

La population du camp est essentiellement constituée de femmes et d’enfants, de personnes âgées et de jeunes hommes,  et il y a déjà des épidémies dues aux conditions d’hygiène et à l’eau polluée par les excréments. La famine a également poussé certains enfants (filles) et femmes à la prostitution, parce que le camp ne reçoit plus de nourriture, depuis bientôt 6 mois. Comment comprendre et accepter que des êtres humains soient traités de la sorte ? Fussent-ils affublés de l’épithète « pro-Gbagbo » !

Nos frères d’AVEPOZO vivent un vrai drame au TOGO, en ce moment. Comment peut-on plonger des semblables, qui plus est étrangers en quête de refuge et de quiétude, qui demandent juste un peu d’hospitalité, dans une telle détresse, au nez et à la barbe du HCR et des organisations de défense des droits de l’homme ? Humanité sélective ou impuissance avérée ? Nous aimerions savoir.

Entre temps, les fameux « plaignants » sont invisibles et les procédures judiciaires peinent à avancer, en raison de leur défection ou de leur inexistence. Il n’en demeure pas moins que les accusés sont encore en prison, dans la plus totale légèreté procédurière. Ils ne sont assistés d’aucun avocat ! Même commis d’office. Ils doivent être libérés sans autre forme de procès, si la justice existe au TOGO. Car ce qui s’y déroule, actuellement, est parfaitement inacceptable. Aux dernières nouvelles, ils seraient fatigués et amaigris, même s’ils gardent encore le sourire. Quelques autres réfugiés et pasteurs s’organisent pour les assister, leur donner un peu de nourriture, quand ils le peuvent, et leur rendre visite. Visites, au demeurant, surveillées et contrôlées par des policiers. Bien évidemment !

Pendant ce temps, des émissions radio sont produites par le pouvoir togolais et le HCR au cours desquelles des Ivoiriens à leur solde disent des choses incroyables et étourdissantes, en français, et qui sont reprises en langue locale, à des heures de grande écoute, contre leurs frères Ivoiriens : une véritable campagne d'intoxication, de mensonges et d'accusations farfelues. Il y a même également eu une interview de ce genre sur BBC, le lendemain des exactions ! Quelle cabale !

Ils disent entre autres que le couple pastoral Gogoua est un couple d’arnaqueurs qui prétend pouvoir faire partir des réfugiés en Europe. Et l’une des radios qui leur sert, de façon récurrente, à cette sale besogne est l’ancienne Radio Nostalgie de LOME, Légende FM.


A l’heure actuelle, c’est la famine dans le camp ; c’est un mouroir certain pour les malades. On donne de l’argent, pour le retour en Côte d’Ivoire, à ceux qui veulent rentrer « volontairement » (dans ces conditions ?). Une douzaine sont déjà rentrés, notamment des personnes âgées et des malades ; malheureusement, les autres ont encore peur du contexte sociopolitique qui prévaut et qui les attend en Côte d’Ivoire.

Un agent du HCR est allé, en dernier ressort, comme nous le disions plus haut, voir les femmes du camp qui multipliaient, malgré tout, sit-in et réunions de prière, pour leur dire que si elles arrêtaient leurs sit-in et qu'elles demandaient pardon publiquement à l'Etat togolais pour ce qu'elle ont dit – ce qui sous-entend bien qu'elles reconnaissent qu'elles ont menti sur leurs conditions de vie! – ils libéreraient les prisonniers. Ce chantage est inqualifiable ! Tel est le désastre que vivent nos frères Ivoiriens au TOGO.

 

Que DIEU aie compassion des réfugiés Ivoiriens et que DIEU sauve la Côte d’Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO 

APPEL

Nous cherchons quelques personnes, ou une église, qui auraient à cœur de s'engager, à leur rythme, pour:

1) Soutenir déjà personnellement le Serviteur de Dieu réfugié qui s'occupe des visites aux prisonniers (besoins estimés à 80 Euros par mois – nourriture et transport pour la prison qui est à plus de 25 Km du camp).

2) Faire face aux besoins essentiels des prisonniers jusqu'à leur libération (dons répartis par l'intermédiaire de ce serviteur. 30 Euros par personne estimés).


Pour la Côte d'Ivoire et les pays africains, uniquement par mandat:

Contacter Dindé Fernand: dindefernand2@yahoo.fr, pour la marche à suivre, avec copie à  eleutherie@gmail.com.


Autres pays:

Pour les dons et tout renseignement et aides pratiques:

Contacter l'association Eleutherie (www.eleutherie.eu), en écrivant à:

eleutherie@gmail.com 

Nous vous enverrons un RIB (numéro international d’un compte bancaire).

Chèques à l'ordre d'Eleutherie, à envoyer à:

Association Eleuthérie 11, rue Dumont 88560, St Maurice-sur-Moselle

(Spécifier le nom des personnes à qui le don est destiné: Pasteur "Avépozo" notre contact, ou "Gogoua" pour les prisonniers, etc).

Si vous connaissez un avocat à Lomé qui serait susceptible de nous aider, écrire à:

eleutherie@gmail.com.


Merci  et que DIEU vous bénisse!

mercredi, 29 mai 2013

LE POUVOIR FRANC-MAÇON IVOIRIEN ET L'USAGE DES SYMBOLES MYSTIQUES (2)

 

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L'équerre et le compas franc-maçons avec un ''G'' au milieu de l'ensemble, chapeautés de l'oeil de l'esprit (3ème œil) dans un triangle.


Comme nous le montrions dans notre premier post "Le pouvoir franc-maçon ivoirien et l'usage des symboles mystiques", la Côte d'Ivoire prétendument nouvelle gît sous le pouvoir de la franc-maçonnerie et du satanisme. Nous vous en apportons une preuve supplémentaire à travers ce deuxième post.

Ne soyons donc pas étonnés que ce beau pays que fût, jadis, la Côte d'Ivoire, soit devenue une antre inhospitalière de serpents vénimeux et un repaire de druides lucifériens, qui répandent le sang des ivoiriens dans toutes sortes de crimes allant jusqu'au génocide (celui des Wê), qui confisquent nos libertés, pillent nos richesses et nos ressources publiques, sèment la terreur sur notre peuple, nous spolient de nos terres ancestrales et pervertissent notre pays par des lois homosexuelles. 

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L'oeil illuminati (Visible aussi sur le dollar américain. Novus Ordo Seclorum: Le Nouvel Ordre des Siècles ou Nouvel Ordre Mondial).


Sous ce régime, explosent comme jamais auparavant les crimes rituels, les sacrifices humains, les hécatombes routières et les noyades. Il ne pouvait en être autrement quand on a mis notre chère Eburnie sous le sceau des ténèbres de l'occultisme et du mysticisme le plus rétrograde.


Que DIEU sauve la Côte d'Ivoire!

 
DINDE Fernand AGBO

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La télévision publique ivoirienne sous le contrôle de la franc-maçonnerie.

 

Passation de service entre les directeurs généraux entrant, Aka Sayé Lazare, et sortant, Ahmadou Bakayoko, de la RTI:

- Observons les portes en arrière-plan à gauche.

- A droite l'équerre maçonnique, l'un des symboles de la franc-maçonnerie.

 

Source: La page Facebook de ACC - Côte d'Ivoire

lundi, 27 mai 2013

FONCIER RURAL: LA REFORME OUATTARA EST ILLEGITIME


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Ouattara a décidé de retoucher la loi relative au domaine foncier rural du 23 décembre 1998. Une initiative curieuse et surprenante, au regard de la sensibilité de la question foncière et du contexte politique exécrable en Côte d’Ivoire.

En effet, sous l’angle de la politique législative, l’initiative Ouattara remet en cause un acquis important de la loi foncière de 1998 : adoption d’une loi fondée sur un consensus politique et une adhésion sociale, dans un domaine conflictuel et dans un contexte multipartisan.

La loi relative au domaine foncier rural a été votée après avoir intégré les enseignements d’une vaste tournée dans toutes les régions de la Côte d’Ivoire, au cours de laquelle  des délégations de parlementaires sont allées recueillir le point de vue des populations.  Interrogée sur la teneur des règles foncières traditionnelles et le contenu du projet de loi, la population a donné une réponse très claire : son adhésion à la propriété coutumière. Dans le même esprit, la loi a été fortifiée par le consensus politique réalisé entre les partis politiques significatifs représentés à l’Assemblée nationale à l’époque (PDCI, FPI, RDR), en enregistrant un vote à l’unanimité des députés, moins une abstention.

Pour plusieurs observateurs, la politique législative mise à l’œuvre à l’occasion de l’adoption de cette loi, devrait servir d’exemple pour l’avenir dans d’autres domaines, pour mettre certains textes à l’abri des politiques opportunistes des partis politiques. Cette politique législative rassurait plus d’un, surtout au moment où le multipartisme faisait ses premiers pas, car elle constituait la preuve qu’au-delà des divisions partisanes, la nation ivoirienne pouvait se retrouver sur les sujets majeurs. Cet acquis était d’autant plus important que les initiatives précédentes dans le domaine foncier, en déphasage avec les traditions africaines et la volonté populaire, s’étaient soldées par des échecs cuisants.

La loi du 20 mars 1963 portant code domanial fournit une illustration frappante à cet égard. Bien que votée, elle ne sera pas promulguée, le Président de la République ayant demandé à l'Assemblée Nationale de la « reprendre » à l’occasion d’une deuxième lecture, qui n’a jamais été organisée. En effet, dès que les échos de l’adoption de cette loi parvinrent dans les villages, la résistance farouche des chefs et des propriétaires coutumiers se manifesta de façon singulière. Albert Ley donne ainsi les raisons de la reculade du président Houphouët-Boigny : « Ce texte a repris l'idée de biens mis en valeur, immatriculés au nom de l'auteur de la mise en valeur et de biens non mis en valeur qui sont immatriculés au nom de l'Etat. Ceci paraissait a priori très juste. Mais … les paysans ont appris qu'une commission domaniale devait venir dans chaque village (pour) délimiter les terrains mis en valeur et ceux non mis en valeur. Le paysan, qui est plus juriste que n'importe quel juriste, a vite compris et a voulu montrer à cette commission domaniale que tout était mis en valeur, et que, par conséquent l'Etat ne pouvait rien prendre. Comme les paysans ne pouvaient pas réaliser les mises en valeur rapidement, ils ont fait des mises en valeur superficielles et ont mis le feu. La moitié de la Côte-d'Ivoire était en feu et le Président a demandé d'où cela venait. On lui a répondu que c'était à cause du code domanial. Il a alors demandé que l'on supprime ce code domanial ».

Observons d’ailleurs que cette loi avait été aussi votée « à l’unanimité, moins une abstention ». Mais le contexte de parti unique n’avait pas favorisé l’expression démocratique qui aurait pu faire connaître la volonté profonde des masses paysannes. Composée de députés inscrits sur une liste unique à laquelle le seul parti politique avait préalablement donné son investiture, l’Assemblée nationale ressemblait plus à une chambre d’enregistrement qu’un forum de débats. Du reste, l’actualité politique chargée du premier trimestre de l’année 1963, faite de suspicion généralisée du fait des arrestations qui s’étaient opérées, consécutives aux « évènements de 1963 », pouvait expliquer l’absence d’un débat contradictoire qui a conduit à ce vote à l’unanimité de la représentation nationale, en contradiction avec la volonté populaire.

Cette atmosphère rappelle étrangement le contexte actuel. Parvenu au pouvoir à la suite d’une guerre, Ouattara a réussi une véritable « pacification du pays », par l’exil forcé, l’exécution sommaire et l’emprisonnement systématique des proches du président Laurent Gbagbo, dont le Président du FPI, le premier ministre Affi N’guessan. Exclue des législatives par le refus du pouvoir actuel de créer les conditions politiques et sécuritaires d’une compétition saine entre les forces politiques, l’opposition significative conduite par le FPI est absente de l’Assemblée nationale. Les divisons nées de la guerre postélectorale se sont encore accentuées avec la politique de « rattrapage ethnique » mise en œuvre par Ouattara, rendant illusoire toute politique de réconciliation nationale.

À l’ouest de la Côte d’Ivoire, le climat social est encore plus lourd. Au profit de la rébellion et de la guerre postélectorale déclenchée par Ouattara, des centaines de milliers de burkinabè et de maliens se sont installés, depuis une dizaine d’année, dans les forêts classées et dans les plantations villageoises des autochtones wê qui ont été, soit assassinés, soit contraints à l’exil dans des pays voisins. Des accusations de génocide sont constamment alléguées. Ce phénomène s’est poursuivi après la prise de pouvoir par Ouattara. D’ailleurs, cette immigration sauvage, suivie de l'occupation forcée des terres et forêts cultivables, concerne toutes les régions de la Côte d’Ivoire y compris au nord, à des degrés divers tout de même. Dans une situation récurrente de conflits opposant les autochtones ivoiriens, propriétaires coutumiers des terres, aux allogènes burkinabè essentiellement, aujourd’hui protégés par les FRCI et par des milices burkinabè,  il va de soi que toute initiative visant à retoucher cette loi est susceptible de créer une explosion sociale.

Ce contexte d’exclusion politique et sociale, d’invasion et de colonisation de terres, de conflits ouverts et de non réconciliation, fait courir le risque d’illégitimité à toute réforme dans le domaine du foncier rural.  Il devrait donc dissuader tout politicien averti. Car, le vrai problème à résoudre actuellement, réside moins dans le « renforcement » de la loi de 1998, que dans l’occupation armée des terres par les milices burkinabè qui ont combattu dans les rangs de Ouattara lors de sa guerre postélectorale. Mais Ouattara n’en a cure. Il a décidé certainement de s’inscrire dans le sillage de ces gouverneurs coloniaux qui, dans la logique de l’idéologie colonisatrice qui tend à dépouiller de manière arbitraire les peuples autochtones soumis, ont commencé à écrire la page douloureuse  de la dépossession foncière en Côte d’Ivoire.

Hélas, l’histoire de la Côte d’Ivoire semble se répéter. Car, c’est dans une atmosphère similaire que le colonisateur a construit son régime foncier, dont le décret du 26 juillet 1932 (régime de l’immatriculation) et le fameux décret du 15 novembre 1935 (réglementant les terres domaniales)  qui conduiront à l’expropriation des propriétaires coutumiers, au profit de l’Etat colonial et de ses colons européens et assimilés, au nom de la théorie des « terres vacantes et sans maître » ou inexploitées. Avant la prise de ces décrets coloniaux,  le Gouverneur Angoulvant se chargea de décapiter l’élite paysanne dans une entreprise de « pacification de la Côte d’Ivoire » (1908 -1915). Des opérations militaires meurtrières furent menées contre diverses ethnies à l’occasion desquelles les valeureux soldats (paysans) ont été massacrés par l’armée coloniale, leurs chefs assassinés, internés ou déportés dans d’autres pays africains.

Les bottes de gouverneur colonial ont-elles trouvé preneur chez le « préfet des lagunes » couronné par Mme la grande chancelière Henriette Diabaté ? Pour qui roule donc Ouattara quand  il annonce une réforme foncière dans un climat de division et d’occupation armée des terres ? Certainement pas pour la Côte d’Ivoire et les ivoiriens.


Dr Kouakou Edmond

Juriste Consultant

AMADE OUEREMI: LES LEÇONS ET LES QUESTIONS D’UNE ARRESTATION

 

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Amadé Ouérémi (premier plan), lors d’un rassemblement des FRCI à Duékoué, dans l’Ouest de la Côte d'Ivoire.

 

«Ce chef de guerre qui défiait depuis une dizaine d’années l’autorité de l’État de Côte d’Ivoire, (depuis son fief de la forêt classée du Mont Péko en pays Wè, en pleine boucle du cacao), en y interdisant l’accès et en y cultivant du cacao, a été arrêté sans violence et devrait être transféré à Abidjan. Amadé OUREMI est soupçonné par des ONG internationales d’être impliqué dans les tueries survenues à Duékoué en Mars 2011, durant la crise postélectorale de Décembre 2010 à Avril 2011 qui a fait quelques 3 000 morts dans le pays.» (AFP)


Leçon 1 : Enfin ! Pour la première fois, un auteur direct des massacres en Côte d’Ivoire reconnu sans ambiguïté comme pro-OUATTARA par la communauté internationale et par les pro-Ouattara eux-mêmes, est arrêté, confirmant la leçon de Laurent GBAGBO, le 28 février 2013 à 16h59 à la Haye : « c’est ceux qui perdent les élections qui font la guerre ».

Question 1 : Pour une fois qu’on a un auteur direct des massacres post-électoraux qui fait l’unanimité, et que tout sachant sait que dans la forêt classée du Mont Péko, il n’y a pas d’usine d’armes, pas d’établissement bancaire, ni d’école de guerre,la Françafrique dans la toge de la CPI et les treillis de l’ONUCI aurait-elle le courage de faire arrêter les vrais co-auteurs indirects qui ont armé, financé et entraîné OUEDRAOGO Amadé Rémi dit Amadé Ourémi et son armée qui ont causé la mort de plus de 3000 Ivoiriens ?

Non ! Et d’ailleurs, en Côte d’Ivoire, personne ne sera surpris si OUEDRAOGO Amadé Rémi venait à disparaître ou à être  substitué par un « fou » devant le tribunal pour éviter de dérouler le fil d’Ariane ; ou encore si on l’accusait de tout sauf des crimes commis !

Question 2 : La Françafrique, ses juges et ses journalistes auront-ils le courage de reconnaître qu’il n’existe aucun lien entre cet unique auteur direct indexé par la clameur internationale qui est OUEDRAOGO Remi et le présumé co-auteur indirect, Laurent GBAGBO, le Président élu de la Côte d’ivoire, qui est pris en otage à la CPI ?

En effet, ce sont les vrais co-auteurs indirects des massacres post-électoraux qui dirigent aujourd'hui le peuple de Côte d'Ivoire et qui continuent de le massacrer. Cela a été publié dans tous les rapports des ONG qui ont voix à l'ONU, puisque la voix des Pro-Gbagbo reste inaudible.

Questions 3 : Tout le monde sait que OUEDRAOGO Amadé Rémi, grand criminel, responsable de crimes économiques et écologiques, est devenu un grand producteur de cacao, un vendeur d’ivoires et de bois. La guerre en Côte d’Ivoire qui est, en réalité, une guerre pour la mainmise des prédateurs de la filière françafricaine sur le cacao ivoirien a créé des centaines voire des milliers de OUREMI. Mais, OUEDRAOGO Amadé Rémi pour son infidélité à la Françafrique, ces derniers temps, causée par sa propension à vouloir vendre plus cher son butin de guerre, s'est détourné du réseau pour aller sur de nouveaux marchés.

N’est-ce pas la vraie raison qui fait du « démocrate » d’hier un dangereux terroriste aujourd’hui? Est-il plus terroriste que ses compagnons de guerre et leurs chefs politiques et militaires ?

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Leçon 2 : « La vérité est d’or et le mensonge de paille ». La vérité sur les élections en Côte d’Ivoire a fini par éclater. Le «  bénéficiaire » des fameux "54%" des voix des électeurs ivoiriens aux élections présidentielles de 2010, a été incapable de déplacer aux urnes, pendant les élections législatives, communales et régionales, la moitié de ceux-là mêmes qui sont supposés l’avoir porté au pouvoir et qui avaient intérêt à faire mentir les pro-GBAGBO en le prouvant à nouveau massivement dans les urnes. Avec l’arrestation de OUEDRAOGO Remi, et l’unanimité qui se dégage autour de ses crimes contre l’humanité, ses crimes écologiques et économiques depuis dix ans, le mensonge sur les pro-GBAGBO, considérés comme auteurs ou co-auteurs, soutenu par des films et des images dignes des  studios de cinéma internationaux les plus réputés, fait place à la vérité sur l'identité des véritables auteurs des crimes de l’histoire récente de la Côte d’ivoire.

Leçons 3 : La Françafrique, depuis les indépendances, a besoin, pour les basses besognes, de se déguiser pour prendre la couleur locale avant de se présenter aux Africains. En Libye après s’être déguisée en rebelles libyens, avec dans une main la bible des droits de l’Homme et dans l’autre les fusils de l’OTAN, elle s’est donnée le droit de massacrer en silence les Noirs de Libye et de traquer « l’infidèle » Kadhafi à grand bruit médiatique pour mettre la main sur le pétrole libyen et ses réserves financières dans les banques occidentales. Cela a, aujourd'hui, comme conséquence  l'instabilité en Libye où un groupe armé peut contraindre le gouvernement à un remaniement. Où est la démocratie ? Elle se trouve dans le pétrole pompé par le réseau françafricain. Mais, chut ! Silence, on pille démocratiquement!

L'autre leçon est le cas du Mali. Les « démocrates en arme de la Libye » qui se sont repliés au nord du Mali sont brusquement devenus de dangereux terroristes. Là encore, les coauteurs d'hier de la triste modification de cette région du Mali, ont revêtu leurs habits de libérateurs en fixant des zones de non droit et des dates d'élection en dépit du bon sens dans ce contexte très instable. Comme en Libye et au Mali, après avoir formé et armé des « démocrates » dont les OUEDRAOGO Remi dans l’ouest de la Côte d’ivoire pour massacrer le peuple Wê, la Françafrique se transforme en libérateur du peuple, après le génocide, en arrêtant un de ses « démocrates en arme » devenu terroriste parce qu’infidèle !

Leçons 4 : Depuis les guerres contre les « armes de destruction massive en IRAK », de destruction du « terrorisme » en Afghanistan, d'installation de la démocratie en Libye, en Côte d’ivoire et maintenant en Syrie, le mensonge est devenu une valeur démocratique, les rebelles sont des démocrates quand ils sont fidèles et terroristes quand ils deviennent infidèles et la protection du droit de pillage des matières premières est érigée en protection des droits de l’Homme. Les énormes butins de tous ces pillages sont enfermés dans les paradis fiscaux pour financer des rebellions au nom des « droits de l’Homme ». En Occident, ces mêmes détenteurs de paradis fiscaux qui fuient leur responsabilité dans la prise en charge  de la dette qui étouffe l’Europe, financent des élections pour porter au pouvoir ceux qui peuvent poursuivre cette prédation. Ces guerres sont cofinancées avec l’argent des contribuables occidentaux qui, en même temps qu'ils découvrent avec stupéfaction ces paradis, ploient sous le poids des dettes et du chômage, conséquences de ces guerres utiles uniquement pour les prédateurs et inutiles pour le reste de l’humanité. Malheureusement une partie de ces contribuables continue de croire que ces guerres poursuivent l’œuvre « civilisatrice » de l’Occident avec la déclaration des droits de l’Homme à la place de la Bible.

Ce monde serait plus heureux si les conflits pouvaient se résoudre selon le vœu des pères fondateurs de l’ONU, sans coup de canon et pour ainsi épargner des vies humaines.

Si les complices et co-auteurs indirects de OUEDRAOGO Remi  avaient accepté la solution pacifique de recomptage des voix au lieu du comptage des morts, la Côte d’Ivoire multiethnique et multiraciale n’aurait pas disparue au profit d’une Côte d’Ivoire dirigée par un pouvoir ethnique et génocidaire où les compétences militaires, policières et civiles sont traquées pour faire prospérer des chasseurs traditionnels et des compétences semi-finies.

 

DON MELLO Ahoua

Docteur Ingénieur des Ponts et chaussées,

Ancien Ministre.

vendredi, 24 mai 2013

COLLOQUE INTERNATIONAL D’HOMMAGE A HENRIETTE DAGRI-DIABATE, UNE VASTE IMPOSTURE

 

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Du 13 au 15 Mai 2013, l’actualité ivoirienne a été marquée par un événement majeur. En effet, à l’initiative du ministère de la culture et de la Francophonie, il fut organisé un colloque international d’hommage à la grande chancelière Henriette Dagri-Diabaté. A l’occasion, la grande chancelière fut présentée sous deux angles. L’on parla de l’historienne puis de la femme politique. Si les initiateurs du colloque avaient choisi de n’aborder que la femme dans sa dimension d’historienne, on aurait ôté le chapeau pour s’incliner devant l’éclatante œuvre scientifique de notre chancelière. Malheureusement, il fut associé à l’image de celle-ci, le triste manteau politique qu’elle porte. On se surprend même à se demander si le colloque n’avait pas été guidé par l’étoffe politique. Il est évident que si notre chancelière n’avait pas exercé de mandat politique, elle ne serait pas chancelière, membre influente de la dictature d’Abidjan. En conséquence, il n’aurait pas été possible au ministère de la culture et de la Francophonie d’initier ce colloque. On dira également que l’initiative aurait pu naitre des années avant car, elle exerça en tant que Ministre de la culture dans le gouvernement Ouattara (1990-1993), Ministre de la culture et de la francophonie sous la transition militaire (Janvier-Mai 2000), Ministre d’Etat, garde des sceaux, Ministre de la justice, sous Laurent Gbagbo (2003-2006) l’opportunité d’un colloque international n’avait-elle pas été détectée durant ces années? Cette question aide à porter une lumière crue sur l’imposture baptisée colloque international d’hommage… Laissons donc de côté Henriette Diabaté historienne et penchons nous sur la grosse cicatrice de son parcours, c’est-à-dire, la femme politique. Mais bien avant, marquons notre étonnement face à l’attitude de ces grands intellectuels qui soit n’ont pas subodoré l‘imposture – chose invraisemblable –, soit, bien que le sachant, se sont rendus complices de la manipulation et de la falsification.

La complicité des intellectuels

En Afrique comme partout ailleurs, l’intellectuel inspire respect, admiration. Il est une référence pour la société, un éclaireur. Ses positions, dans bien des cas, font autorité. S’il en est ainsi, c’est parce qu’il a en lui, un bagage de connaissances dont il se sert pour apporter la lumière. Du haut de son savoir il a la capacité de distinguer la bonne graine de l’ivraie. Mais si avec tous ses parchemins, il ne réussit pas à voir venir vers lui le faux, soit il en est lui-même le concepteur, soit il en partage l’esprit. A quoi avons-nous assisté lors du colloque? Une foultitude d’universitaires que nous pouvons classer en trois groupes. Le 1er groupe -majoritaire- est constitué des universitaires du Rassemblement Des Républicains (RDR), parti d’Henriette Dagri Diabaté. Le second d’universitaires venus des autres pays d’Afrique, qui maitrisent certainement moins les méandres de la vie politique ivoirienne et le 3ème, un ensemble d’enseignants qui pour l’essentiel, ont fait les bancs avec la chancelière ou ont été ses étudiants ou collègues. Si l’on interroge ces groupes, ils répondront sans aucun doute qu’il s’agit d’honorer une universitaire et que le savoir transcende les positions politiques. Cependant ce n’est pas une partie de l’universitaire qui est célébré c’est plutôt l’universitaire dans sa globalité, c’est-à-dire son parcours. L’initiateur du colloque a eu la brillante idée de mettre dans un même panier, l’historienne et la femme politique. Il s’agit donc d’une double mission, poser deux couronnes. L’une pour son titre de professeur titulaire d’histoire et l’autre pour son haut combat politique (sic)! Quel est cet intellectuel qui aurait pris son courage à deux mains, lors des panels, pour déchirer le laid cocon dans lequel est enfermé le rôle politique de la grande chancelière? Aucun. C’est à ce niveau que se situe la complicité des intellectuels qui ont accepté d’accompagner le faux jusqu’aux portes de chaque ivoirien. Et ce n’est pas tout. La complicité, c’est aussi la création d’un prix portant le nom de la grande chancelière. Il s’agit du prix de l’éducation et de la culture. Ce prix est tout un message et l’on devine déjà toute la littérature laudatrice qui l’accompagnera. Elle alliera déformation et malformation. Mais cela n’affranchira pas ce prix de la cicatrice du parcours de Dame Henriette Dagri-Diabaté. Un prix a une histoire, une philosophie, une morale et un enseignement à dégager. Le récent prix imposé sous l’œil complice de ces intellectuels ivoiriens, se détachera-t-il du rôle politique de sa « marraine »? Dira-t-il que sa « marraine » a eu un parcours sans cicatrice? Bref. On ressent comme une admirable trahison, la déformation de notre jeune histoire, par des intellectuels démissionnaires.

La femme politique qui n’est pas Jeanne d’Arc

Saisir la grande chancelière dans sa dimension politique, c’est s’attendre à jouer sur deux tableaux. Le 1er tableau la présente comme la militante du Pdci-Rda et le 2nd, comme une militante du Rassemblement des Républicains (RDR). Intéressons-nous au deuxième tableau. Pour mieux le comprendre il importe de suivre la logique des intervenants. En effet, selon eux, la grande chancelière, a par son engagement politique, délivré la Côte d’Ivoire. Elle est donc selon Affoussiata Bamba « la Jeanne d’Arc du Rdr et même du 21ème siècle ». Pour le prof Penda M’Bow « on n’a pas à aller chercher Jeanne d’Arc pour parler d’Henriette Dagri Diabaté… » Autrement dit, elle est déjà Jeanne d’Arc ou elle la supplante. L’image parfaite de la grande chancelière découle plus de sa fonction d’enseignante que de son rôle politique. En tant qu’enseignante, il serait hasardeux de la comparer à Jeanne d’Arc d’autant que celle-ci n’était –selon les versions officielles- qu’une petite analphabète. Parler de son courage, de son intelligence, on pourrait comparer plusieurs femmes ivoiriennes à Jeanne d’Arc partant d’Henriette Diabaté à Irié Lou Colette en passant par le Prof Jacqueline Lohoues-Oble (1ère femme agrégée de droit privé en Afrique). Au regard de ces exemples, on déduit que la comparaison faite ne vise que le terrain politique. Mais là encore, nous sommes saisis d’effroi. On sait que Jeanne d’Arc avait reçu la «divine mission » de libérer le royaume de France de l’envahisseur anglais. Elle réussit, à la tête des troupes, à libérer Orléans –qui était au bout de la reddition- à marcher sur Reims et légitimer le roi Charles VII. Bien qu’ayant été arrêtée, le courage qu’elle insuffla aux troupes, permit à celles-ci de multiplier les conquêtes, alliant négociations et victoires. Bref, Jeanne d’Arc a combattu contre l’occupation anglaise, par patriotisme. Quid de la grande chancelière?

A la tête de son parti le Rdr, elle a transformé ce parti en l’aile politique de la rébellion armée pro-Ouattara qui a attaqué la Côte d’Ivoire en septembre 2002. Il s’agit d’une attaque contre les institutions de la République. Contrairement à Jeanne d’Arc qui se battit pour tenir la France débout, la grande chancelière et son parti se sont ingéniés à affaisser la Côte d’Ivoire durant près de 10 années. La sauvegarde des institutions n’était guère une priorité. Pour être la « Jeanne d’Arc du 21è siècle » il aurait fallu que notre chancelière se tienne courageusement devant les troupes du Rdr pour dénoncer et combattre auprès des autorités constitutionnelles. Au contraire, ceux des membres du Rdr qui ont dénoncé l’attitude traitresse de leur parti, ont été ostracisés. Aujourd’hui, le Député Mamadou Ben Soumahoro est en exil, Thierry Légré, ancien Président du Cercle Alassane Dramane Ouattara (CADO) est aussi en exil. Le Ministre Jean Jacques Béchio après avoir été sauvagement battu par les hommes de Ouattara a séjourné dans ses goulags du nord. Les cadres du Mpci, sont des cadres du Rdr: Affoussiata Bamba qui considère la chancelière comme la jeanne d’arc du 21ème siècle, fut porte-parole du mouvement rebelle avant de devenir Député Rdr puis Ministre de la communication (porte-parole adjointe du gouvernement). Quelle Coïncidence! Idem pour Soro Guillaume et tous les Ministres et députés du Mpci. Jeanne d’Arc s’est-elle alliée aux anglais pour combattre la France? Comment Jeanne d’Arc peut-elle être l’égérie de la chancelière quand tout les oppose –dans la forme comme dans le fond- La grande chancelière n’a mené aucun combat de libération de la Côte d’Ivoire. Bien au contraire, elle a fait emprisonner la Côte d’Ivoire dans les fers de la domination française, de la dictature et de la promotion des contre-valeurs. Quand par son soutien visible ou invisible, des rebelles et mercenaires burkinabè mettent en coupe réglée un pays et se hissent au pouvoir, il est totalement abject de louer « la bravoure » de notre chancelière. Le colloque a eu le mérite de taire cette cicatrice du parcours de la chancelière pour ainsi la présenter comme celle dont le courage est en passe de faire de notre pays, un pays étrangement émergent. Voici une fausse histoire qui est en train d’être écrite par les vainqueurs de la guerre. Une histoire contre la mémoire collective. Une laide histoire!

« La femme n’est pas une lame qui déchire la société…», disait Henriette Dagri Diabaté. Pourtant, la société ivoirienne a été déchirée grâce à la complicité d’une historienne célébrée par son parti sous le couvert d’un colloque international. C’est de l’imposture pure et simple. Si la promotion d’une société des valeurs se marie avec le maquillage de l’histoire, autant conclure que la Côte d’Ivoire est mal partie.


Alain Bouikalo, Juriste-consultant.

jeudi, 23 mai 2013

LE NOUVEAU «MIRACLE IVOIRIEN» DEVRA ATTENDRE APRES-DEMAIN


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Abidjan, la capitale ivoirienne - AFP


Deux ans après l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, la reprise de l’économie ivoirienne donne des signaux ­contradictoires : la croissance flambe, mais la réconciliation nationale patine et la population peine encore à en bénéficier.

 

Est-ce un signe ? Les avions Paris-Abidjan sont pleins. Malgré la toute nouvelle ­concurrence de Corsair, Air France, qui vient déjà de porter en avril de 7 à 10 le nombre de ses vols hebdomadaires vers la Côte d’Ivoire, y mettra en service en 2014 son plus gros-porteur, l’Airbus A380. Dans le centre de la capitale ivoirienne, ce petit Manhattan africain défraîchi par quinze ans de crises, les travaux de voirie et de rénovation congestionnent aujourd’hui la circulation avec une belle régularité, les hôtels débordent d’hommes affairés, parlant toutes les langues. Alors que le président ivoirien fête aujourd’hui le deuxième anniversaire de son arrivée compliquée au pouvoir, après une sanglante guerre civile post-électorale, ces témoins d’une singulière activité font écho à d’autres signaux. La Côte d’Ivoire tournerait la page de plus d’une décennie de parenthèse économique : Alassane Ouattara a d’abord promis d’en faire un « pays émergent à l’horizon 2020 »; le 7 janvier dernier, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, déclarait sur les bords de la lagune Ebrié que « l’heure d’un deuxième miracle ivoirien est venue » ; fin mars, le Fonds révisait à la hausse la croissance économique du pays, à un rythme « chinois » de + 9,8 % et prévoit près de 9 % cette année ; le 11 avril, le Premier ministre, Daniel Kablan Duncan, assurait enfin que le pays allait devenir un « petit Dubaï »…

A l’évidence, on n’en est pas encore là. La Côte d’Ivoire est sous l’assistance internationale de l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté), 168e – sur 186 – dans l’indicateur de développement humain du PNUD et 50 % de sa population est pauvre. Et pourtant… A Abidjan, deux ans après la « normalisation » politique, une frustration est palpable : le décalage est grand entre l’étendue des « possibles » du pays et une fragilité dont témoignent les casquettes jaunes des services de sécurité, toujours plantés devant les administrations, les sociétés ou les hôtels. « On sent un plafond de verre », résume Alexandre Vilgrain, président du groupe agroalimentaire Somdiaa et du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique). Entre espoir et déception, la Côte d’Ivoire est dans un complexe entre-deux.

S’il n’y a pas encore de miracle, on se réjouit au moins d’une bonne surprise. Les dégradations, les destructions, les exactions et l’absence d’Etat pendant toutes ces années n’ont pas abattu le pays. « On s’est rendu compte que la Côte d’Ivoire avait des racines solides, qui lui ont permis non seulement de ne pas sombrer, mais même de rebondir aujourd’hui », estime Jean Kakou Diagou, président du groupe de bancassurance NSIA et patron des patrons ivoiriens. Les Ivoiriens ont fait preuve d’une formidable résilience pendant la crise, s’organisant pour survivre, continuant à produire et à exporter pétrole, cacao et café, se lançant même dans de nouvelles cultures. « Ils ont en eux la mémoire du décollage économique de l’époque Houphouët-Boigny, quand la Côte d’Ivoire devançait la Corée du Sud », estime un vieux routier du pays.

L’exceptionnel potentiel du « moteur économique de l’Afrique de l’Ouest » est toujours là. « La Côte d’Ivoire a tout, et même ce que n’ont pas les autres », dit-on à longueur de temps. De riches cultures, c’est connu; des infrastructures (de l’électricité, ce « préalable au business », notamment, et le deuxième port d’Afrique après Durban) ; et de l’intelligence, avec des universités qui ont traditionnellement essaimé dans toute la région. S’y ajoutent désormais des nouveautés constituant autant de leviers pour une belle émergence. Aujourd’hui, c’est la « folie » du palmier à huile, de l’hévéa, du riz (dans lequel le groupe Dreyfus a beaucoup investi) et de l’anacarde (noix de cajou), une toute nouvelle filière lancée par le groupe singapourien Olam et dont la Côte d’Ivoire est déjà le deuxième producteur au monde. C’est aussi le pétrole et le gaz (Total a fait fin avril de nouvelles découvertes prometteuses) ou encore les minerais, jusqu’ici curieusement peu exploités : or (un tiers du potentiel aurifère de la région), manganèse (il y en a « un peu partout »), fer (de nombreux gisements à l’ouest du pays), nickel (de grosses réserves), bauxite, argent, cuivre, chrome et aussi terres rares. « D’ici à quatre ans, on ­connaîtra de beaux jours ; ce sera le grand boum sur tous les métaux », assure Kadio Kouamé, directeur général de la Sodemi (Société pour le développement minier de la Côte d’Ivoire), « et une mine, c’est de 1.000 à 5.000 emplois directs et indirects ». Un pays de cocagne à la Houphouët « new look » ne semble pas très loin…

La rue s’impatiente

La rue ivoirienne fait pourtant grise mine : « L’argent ne circule pas ! » « On est dans un système de croissance qui ne donne aucun signe de développement économique », relève Francis Inkantes, sociologue à l’université de Bouaké. Si l’activité a immédiatement redémarré en 2012, elle le doit à un classique effet de « rattrapage » d’après-crise et à des investissements publics dans les grands travaux de reconstruction et d’infrastructures. Massifs, car autorisés par l’importante aide internationale qui a célébré l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara, ce sont eux qui ont « tiré » la croissance record de 2012. Leur défaut est de ne diffuser que très peu dans une population impatiente après plus d’une décennie ascétique. « C’est un paradoxe : tous les grands indicateurs sont au vert, mais on est face un vrai risque social », s’inquiètent deux hauts fonctionnaires. En cause : Ouattara lui-même. « Il gère comme s’il était au FMI [dont il a été l’ancien directeur général adjoint] : strato­sphériquement ! Pour lui, le seul horizon c’est 2020, et pas l’immédiat », entend-on dans les milieux d’affaires. « Il y a trop de macroéconomie et une véritable négligence pour le côté social », observe même un grand patron.

A Abidjan et dans les campagnes, on attend donc la remise en route de l’économie au quotidien, celle qui propose jobs, échanges et pouvoir d’achat. La solution ? L’investissement privé. « On espère doubler cette année le taux d’investissement par rapport à 2011, à 10 % du PIB, et le faire encore progresser jusqu’à 11,5 % en 2015. C’est un pari », confie la ministre de l’Economie et des Finances, Nialé Kaba. Comment ? Dans un premier temps par l’investissement étranger et par le biais des PPP, les partenariats public-privé, très prisés en Côte d’Ivoire. Car la classe moyenne s’est effondrée pendant la crise et mettra du temps à se reconstituer. A terme, on compte sur la résurrection de ces centaines de PME fauchées par le conflit, et qui pourraient assurer la compétitivité des grands groupes.

A Abidjan, on sait que la partie n’est pas gagnée. Le paysage est quelque peu sinistré… D’abord, « ici, on n’est pas en Afrique du Sud » : la « réconciliation » nationale patine totalement et la sécurité reste relative à l’intérieur du pays. L’environnement des affaires est quant à lui catastrophique : la Côte d’Ivoire est classée au 177e rang – sur 185 – du « Doing Business 2013 » de la Banque mondiale et arrive 46e, sur 52, du prestigieux indice MO Ibrahim de bonne gouvernance en Afrique. Débridée par les années de crise, la corruption a explosé à un niveau généralement jugé « intolérable ». « Le poisson pourrit toujours par la tête », ironise par un dicton un grand patron ivoirien, « la corruption est là, et pour longtemps », regrette-t-il. « Si je devais virer tous les corrompus, il n’y aurait presque plus personne pour faire tourner le ministère », grince un ministre.

Plus globalement, on s’interroge sur le pouvoir réel d’Alassane Ouattara. Le président doit politiquement beaucoup de choses à beaucoup de monde et se trouve un peu prisonnier même des ministres de son gouvernement. « Il leur a demandé de gouverner “par objectifs” ». Ils ne savaient pas faire, ils ne l’ont pas fait, sans sanctions pour autant », explique un observateur. « Il n’y a pas de cohérence entre les ministères, car les ministres ne sont pas du même bord. Il est donc difficile de développer des stratégies et tout prend du temps », se plaignent des membres de cabinets. C’est un secret pour personne à Abidjan : Alassane Ouattara est assez seul au pouvoir.

Dans l’administration, on trouve pourtant des gens compétents et appliqués à mettre en œuvre la petite musique quelque peu « gaulliste » ou « houphouëtiste » du président. « Ouattara est en fait un social-démocrate, il croit dans le rôle d’orientation de l’Etat », précise un journaliste. L’ambition est de diversifier l’économie. « L’objectif, c’est de faire monter l’industrie à 50 % du PIB », indique-t-on au ministère de l’Industrie, où on bâtit actuellement une politique industrielle avec l’assistance de l’Onudi. Le président souhaite créer une chaîne de valeur « à partir de ce qu’on a » et l’agro-industrie est naturellement dans le viseur. « Nous souhaitons associer la production agricole villageoise à des partenaires privés pour sa transformation, qui devrait à terme concerner 50 % de tous les produits confondus », indique-t-on à la direction de la planification au ministère de l’Agriculture.

Favoriser l’investissement privé

L’Etat encourage aussi des systèmes « vertueux », comme autour des minérais : on produit désormais du gaz naturel, qui alimente des centrales thermiques, qui servent les mines grandes consommatrices d’électricité, dont la production, à l’Ouest par exemple, sera évacuée par un chemin de fer, raccordé au Mali et à la Guinée, vers le port de San Pedro, explique Kadio Kouamé. Et il faut enfin surtout rassurer l’investissement. « On n’accueillera des investisseurs privés que s’ils se sentent protégés par des normes internationales ! C’est un préalable », affirme Esmel Emmanuel Essis, directeur général du Cepici, Centre de promotion des investissements rattaché à la présidence. Abidjan travaille ainsi déjà sur 6 des 10 critères du « Doing Business 2013 », un guichet unique de l’investissement permet désormais de créer une entreprise en quarante-huit heures, et un tout nouveau tribunal de commerce et un numéro vert contre la corruption font avancer la sécurité juridique. Il y avait urgence : si le « club fermé » très français des investisseurs étrangers a explosé au profit de nouveaux venus, Asiatiques, Indiens et Turcs, notamment, nombre de groupes sont passés à Abidjan au cours des derniers mois… et sont repartis en attendant des jours meilleurs. « De gros internationaux vont finir par venir et les Français, désormais un peu en retrait depuis la crise mais bons connaisseurs du terrain, assureront l’intermédiation dans cet environnement complexe, voire une forme de sous-traitance », prédit un expert économique à Abidjan.

On avance donc à petit pas. L’émergence ne sera peut-être pas pour 2020, mais la force du pays rend nombre d’observateurs et opérateurs optimistes sur le long terme. Signe des temps, de jeunes diplômés de la diaspora commencent à rentrer au pays et la puissante Banque africaine de dévelop­pement, qui avait prudemment exilé son siège à Tunis en 2003, prépare son retour à Abidjan. Peut-être pour la fin de l’année. Les dégradations, les destructions, les exactions et l’absence d’Etat pendant toutes ces années n’ont pas abattu le pays.

 

Daniel Bastien

 

Source: LES ECHOS.FR

mercredi, 22 mai 2013

COMPETITIVITE DES ECONOMIES AFRICAINES: LA COTE D'IVOIRE PASSE DU 129ème AU 131ème RANG

 

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Produit conjointement par la Banque Africaine de Développement, la Banque Mondiale et le Forum Économique Mondial, ce rapport 2013 sur la compétitivité de l’Afrique identifie le renforcement de l’intégration régionale comme un moteur important pour améliorer la compétitivité.

 

Les progrès réalisés par les économies africaines pour parvenir à la croissance économique doivent s’accompagner d’efforts visant à stimuler leur compétitivité à long terme, si l’on veut que le continent parvienne à des améliorations durables ». C’est là une des déductions du Rapport 2013 sur la Compétitivité de l’Afrique rendu public le jeudi 09 mai 2013 au Cap (Afrique du Sud).

Ayant pour thème « Connecter les marchés africains de manière durable », le document est une œuvre conjointe de la Banque Africaine de Développement (BAD), la Banque Mondiale et le Forum Économique Mondial (FEM). Il examine « les barrières à l’accroissement du commerce y incluant, aussi bien l’état des infrastructures sur le continent que l’environnement juridique et réglementaire qui y prévaut ». Et, au terme de cet exercice, la Côte d’Ivoire classée 129ème lors de l’évaluation 2011-2012 perd cette année deux places, se positionnant au 131ème rang sur un total de 144 pays passés au crible.

La Côte d’Ivoire devra accélérer les réformes

« Le gouvernement vient d’adopter en Conseil des ministres la loi sur la concurrence, seulement ce 02 mai 2013 et cela, en réponse à une recommandation forte de la dernière mission conjointe Fmi-Banque mondiale-BAD au titre de l’article IV ; nos zones industrielles qui en réalité sont de simples lotissements industriels eu égard au niveau de dégradation de leurs infrastructures, n’apportent nullement le « plus » en matière de compétitivité que les entreprises qui y sont installées sont en droit d’attendre, l’administration des marchés publics, ces derniers années, est loin de satisfaire le monde industriel… c’est donc dire si la Côte d’Ivoire a de sérieux efforts à faire en terme de réformes, situation que traduit notre rang actuel de 131ème sur l’échelle de la compétitivité de notre économie au plan mondial » fait noter, le Directeur Général de la Fédération Nationale des Industries et Services de Côte d’Ivoire (FNISCI), Louis S. Amédé, commentant le Rapport 2013.

L’intégration, un sésame de choix

Ainsi donc, comme les pays africains indexés dans ce rapport, la Côte d’Ivoire doit accroître sa compétitivité, sinon elle risque de compromettre la belle dynamique de croissance sur laquelle elle surfe. Les auteurs du rapport prescrivent aux économies africaines, à cet effet, l’intégration régionale. Ils en font « un instrument essentiel pour aider l’Afrique à accroître sa compétitivité, diversifier sa base économique et créer suffisamment d’emplois pour sa population jeune et en rapide voie d’urbanisation ». Et faisant le point sur les principaux problèmes politiques posés par la réalisation d’une intégration régionale plus poussée, ils appellent les États du continent à « combler le retard de compétitivité, faciliter les échanges, mettre en place de meilleures infrastructures et à investir dans des pôles de croissance ».


Documents annexes: Télécharger le Rapport Complet (7 Mo)

 

Source: FEDERATION NATIONALE DES INDUSTRIES ET SERVICES DE COTE D'IVOIRE (FNISCI.NET)