topblog Ivoire blogs

jeudi, 18 avril 2013

KONAN BANNY VOIT ROUGE A BORDEAUX

côte d'ivoire,france,la page facebook de théophile kouamouo,konan banny voit rouge à bordeaux,cdvr



Présent dans la capitale girondine pour une conférence, le président de la CDVR, Charles Konan Banny, a été violemment pris à partie par des pro-Gbagbo. Reportage sur l’état de la pacification de la Côte d’Ivoire.



Invité le 12 avril pour animer une conférence sur la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire lors de la seconde Journée de l’Afrique de la ville de Bordeaux, Charles Konan Banny "CKB" a totalement perdu son flegme face à plusieurs partisans de Laurent Gbagbo venus lui apporter la contradiction. Après la présentation de la conférence par Alain Dupouy, le "monsieur Afrique" d’Alain Juppé, suivie d’un exposé du général Bruno Clément-Bollée, directeur de la coopération de sécurité et de défense au Quai d’Orsay, une dizaine de militants infiltrés vêtus de tee-shirts "No Gbagbo, No Peace" se sont levés comme un seul homme, traitant le patron de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR) de "menteur", "d’usurpateur" et d’autres noms d’oiseaux. Alors qu’Alain Dupouy a failli en venir aux mains pour les expulser, Charles Konan Banny est allé au devant des manifestants pour en découdre. Modérateur de la rencontre organisée au Musée d’Aquitaine, le juriste constitutionnaliste bordelais Jean du Bois de Gaudusson regardait, ébahi.

Après un échange d’invectives, l’ex-gouverneur de la BCEAO est finalement parvenu à installer le dialogue avec la salle, non sans avoir endossé le costume de patriarche appelant au respect des anciens. "Je n’ai pas peur de tout cela. Ces intermèdes font partie du contexte ivoirien" a-t-il expliqué, tout en constatant : "Il nous reste du pain sur la planche !". Après une longue tirade sur le rôle de la CDVR, Charles Konan Banny, nommé à ce poste par Alassane Ouattara, a réaffirmé sa "totale indépendance d’esprit" à l’égard de l’exécutif ivoirien. "Qu’est-ce qui vous fait croire que nous ne sommes pas préoccupés par cette question ?", a-t-il également rétorqué à Guy Labertit, ex-responsable Afrique du Parti socialiste français et ami de Gbagbo, qui l’interrogeait sur le pardon "actuellement inexistant en Côte d’Ivoire". Malgré un prêche de trois heures sur la non-violence truffé de proverbes baoulés, CKB n’a pas convaincu les militants pro-Gbagbo. Certains ont quitté la salle en hurlant "Banny, la honte !".


In "La Lettre du Continent"


Source: La page Facebook de Théophile Kouamouo

mercredi, 17 avril 2013

DEUX ANS APRES LA RECOLONISATION DE LA COTE D'IVOIRE, LE RESULTAT DE LA DEMOCRATIE DES BOMBES (2)

 

BERNARD DESGAGNE.jpg


Chronique de Bernard Desgagné, dimanche 14 avril 2013 - Partie B

 

En aout et en septembre 2011, je suis allé seul et à mes frais pendant un mois au Ghana, pays voisin à l’est de la Côte d’Ivoire. J’ai pu rencontrer là-bas des Ivoiriens forcés de s’exiler. En plus de parler à de nombreux réfugiés, dans les camps et à l’extérieur, j’ai pu m’entretenir avec le coordonnateur de programme à la commission ghanéenne des réfugiés (Ghana Refugee Board), M. Tetteh Kwao Padi, ainsi qu’avec M. Kelly Forson, directeur du camp de réfugiés Ampain, près du village d’Esiama, dans le Sud-Ouest du Ghana. Le camp se trouve également non loin de la municipalité de Nkroful, lieu de naissance de Kwame Nkrumah, père de l’indépendance du Ghana. D’autres camps de réfugiés ivoiriens se trouvent au Libéria et au Togo, et des Ivoiriens vivent en exil forcé dans beaucoup d’autres pays.

L’afflux de réfugiés ivoiriens dans les pays voisins a commencé en février 2011. Les réfugiés sont de toutes les classes sociales. J’ai rencontré des agriculteurs, des militaires, des étudiants, des enseignants, des ménagères, des commerçants, des fonctionnaires, des élus municipaux et des ministres. Ils ont dû fuir leur pays par crainte d’être persécutés ou tués en raison de leur appartenance ethnique ou politique ou même en raison de leur appartenance à un groupe social.

Par exemple, un étudiant universitaire du quartier de Yopougon, à Abidjan, m’a dit qu’il avait fui après avoir vu des membres des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) contrôler les cartes d’identité, pour repérer les gens appartenant aux « mauvaises ethnies » et procéder à des arrestations massives. Ces arrestations ont donné lieu à des détentions arbitraires prolongées, à de la torture et à des exécutions sommaires, au vu et au su d’Alassane Ouattara et de la communauté internationale™.

Les Ivoiriens qui se trouvent dans les camps de réfugiés souffrent beaucoup de leur exil, notamment de privations matérielles, sanitaires et alimentaires. Mais ils n’osent pas rentrer dans leur pays par crainte de subir le même sort que les déplacés de Nahibly. Ils ont perdu leurs biens, leurs terres, leurs économies et leur travail. Leurs habitations ont été détruites ou confisquées.

Les médicaments et les traitements médicaux sont insuffisants ou ne sont pas disponibles. Les enfants n’ont pas accès à un système d’éducation normal. Les adolescents et les jeunes adultes sont désoeuvrés et tombent facilement dans la consommation de drogue et la prostitution. Les témoins de crimes graves et les personnes les plus impliquées politiquement se savent très menacées par le gouvernement, les tueurs à gages, les tortionnaires et les pantins judiciaires d’Alassane Ouattara.

Un problème entièrement attribuable à Ouattara, ses rebelles et ses commanditaires

M. Padi, le coordonnateur de programme, m’a indiqué premièrement que le problème des réfugiés ivoiriens au Ghana était survenu en même temps qu’Alassane Ouattara s’emparait du pouvoir par la force. Un petit nombre de réfugiés sont d’abord arrivés au début de 2003, après le déclenchement de la guerre civile. Il n’y avait jamais eu de réfugiés ivoiriens au Ghana avant cette année-là. Mais ce n’est qu’en février 2011 que les réfugiés ont commencé à affluer. M. Padi m’a confirmé aussi que tous les réfugiés appartenaient aux ethnies considérées comme favorables à Laurent Gbagbo, par exemple, les Wê, les Bété et les Attié, ou étaient associés au Front populaire ivoirien.

Certaines personnes pourraient croire que les Malinké et les autres partisans de Ouattara n’ont pas eu à vivre en exil parce qu’à partir de septembre 2002, les rebelles régnaient sur la zone CNO (Centre, Nord et Ouest) de la Côte d’Ivoire. Toutefois, cette perception est fausse. En fait, les partisans de Ouattara ne souffraient d’aucune persécution dans la zone gouvernementale, et ils y vivaient nombreux, à l’instar de Ouattara lui-même, qui disposait d’ailleurs d’une généreuse rente d’ancien premier ministre et de toute la latitude voulue pour s’organiser politiquement.

À l’inverse, il ne faisait pas bon vivre dans la zone CNO pendant les huit années où les chefs de guerre y faisaient la loi. Les seuls à se plaire là-bas étaient probablement les chefs eux-mêmes, leurs hommes et leurs complices, qui s’engraissaient avec le racket et la contrebande et qui avaient ravagé l’administration et les services publics. Voici, à ce sujet, la description de la vie dans la zone des rebellesque fait George Peillon, ancien porte-parole de la force Licorne, envoyée par la France pour « s’interposer » et toujours présente en Côte d’Ivoire aujourd’hui :

Le problème de la zone nord, c’est qu’il n’y avait plus d’organisation administrative […] Comme les bandes armées des Forces nouvelles avaient pillé tout ce qui représentait l’administration […] on arrivait à trouver dans le marché de Bouaké des beignets emballés dans des extraits de naissance. […] c’était aussi un moyen, en écrasant toute forme d’administration, de semer le désordre et la zizanie, et de faire continuer une instabilité chronique militaire, sécuritaire, dans toute la moitié nord du pays. […]

Comme il n’y avait aucun contrôle de l’administration […] c’était une espèce d’anarchie totale, la Banque de Bouaké a été mise à sac, puis après la Banque de Man dans l’Ouest du pays. Des millions de FCFA ont été dispersés dans la nature. Il fallait que nous parvenions à négocier avec des gens qui étaient responsables de ces mises à sac. […]

Est-ce que c’était des voleurs, des violeurs et des pilleurs ou des vrais combattants […] Mon avis c’est que c’était tout sauf des combattants. Et qu’ils ont absolument mis à sac la partie nord du pays. Je me souviens très bien d’être allé dans le Nord-Est de la Côte d’Ivoire, dans une ville qui s’appelle Bouna, où c’était absolument la terreur qui régnait. C’était une bande armée qui faisait régner un semblant d’organisation. Et la population était effarée, terrée chez elle. C’était des exécutions sommaires. Dans le Nord du pays, c’est le porte-parole de l’ONU qui me le disait à l’époque, on a retrouvé des conteneurs remplis de prisonniers exposés en plein soleil.

[…] je dis souvent que la zone nord était une zone de non-droit, une terra incognita. Pendant des semaines, on ne savait plus ce qui se passait dans le Nord. C’était quand même assez inquiétant. […] De temps en temps, il y avait des circulations de bus qui allaient d’une zone à une autre. Mais les gens étaient rackettés systématiquement dès qu’ils passaient la zone de confiance. Je pense sincèrement que le président Gbagbo a toujours voulu construire, maintenir l’unité du pays. Et que c’était son objectif, qu’il n’a pas eu d’autre objectif politique que ça.

Donc, le problème en Côte d’Ivoire est attribuable entièrement à Alassane Ouattara, ses rebelles et leurs commanditaires étrangers, en particulier la France. L’ONU elle-même, du moins ses fonctionnaires plus ou moins corrompus par les grandes puissances occidentales, fait partie des grands responsables du sort des Ivoiriens. Tant que Ouattara et ses chefs de guerre seront au pouvoir, les réfugiés et les autres exilés ivoiriens ne pourront pas rentrer dans leur pays.

La cinématographie hollywoodienne et l’OTAN

Ceux qui connaissent le parcours héroïque du grand personnage qu’est Laurent Gbagbo le voient avec beaucoup de douleur assis dans le box des accusés de la CPI, alors que son bourreau, Alassane Ouattara, et les chefs de guerre de ce dernier vaquent tranquillement à leurs activités criminelles. Comment peut-on en arriver là sans désaveu massif de l’opinion publique dans les pays occidentaux, où l’on se dit pourtant attaché aux principes d’une justice indépendante et impartiale et au respect des droits de la personne ?

Les récits construits par la formidable machine de propagande de l’OTAN, dont font partie tous les grands médias du Québec sans exception, sont calqués sur la cinématographie hollywoodienne la plus primaire. Dans le scénario type, l’origine de tout conflit armé est un être abject, dictateur de profession et protagoniste d’une tragédie où s’affrontent ethnies, sectes ou religions. Nous en avons connu plusieurs au cours des dernières années : Juvénal Habyarimana, Slobodan Milosevic, Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Bachar Al-Assad et, bien entendu, Laurent Gbagbo.

Les ONG et les médias occidentaux investissent beaucoup de temps et d’énergie à occulter les faits et à imputer au monstre les pires atrocités. La répétition incessante des mêmes mensonges fait que le public finit par y croire et perd tout sens critique, même devant les trucages les plus maladroits. Beaucoup de journalistes y croient aussi. Dans une guerre, les premiers à se faire laver le cerveau sont toujours les soldats.

Les insurgés en lutte contre le monstre, qui sont encouragés, armés, financés et appuyés militairement par l’OTAN ou ses affidés, commettent eux-mêmes un grand nombre d’atrocités qui sont avérées, à la différence des atrocités inventées. Mais le scénario s’en accommode parfaitement pour au moins cinq raisons.

Premièrement, on peut imputer plus ou moins subtilement au supposé monstre diverses atrocités commises par ses adversaires, les insurgés. Les ONG et les médias occidentaux affectionnent particulièrement le conditionnel et l’imprécision de la forme passive, qui se prêtent bien à l’inversion de la réalité.

Deuxièmement, les insurgés ont une cause légitime, qui est de mettre fin aux atrocités du monstre. À l’instar de Rambo, ils peuvent s’autoriser divers excès « compréhensibles » dans leur entreprise vengeresse.

Troisièmement, les exécutants ne sont soumis à aucune chaine de commandement officielle, ce qui permet d’absoudre leur grand chef, c’est-à-dire celui qui remplacera le monstre.

Quatrièmement, tout se joue en réalité sur le terrain militaire, et la propagande n’est qu’un volet de la stratégie militaire. Que ceux qui affrontent le monstre soient des truands ne les empêchera pas de le vaincre s’ils disposent de moyens militaires nettement supérieurs. L’objectif visé par l’OTAN sera donc atteint malgré tout.

Cinquièmement, si le préfet nommé par l’OTAN s’avise un jour de désobéir aux injonctions du grand capital occidental, on dispose d’un dossier accablant contre lui pour lui faire subir le même sort que son prédécesseur. On n’aura qu’à dépoussiérer les passages incriminants des rapports des ONG que les médias auront jusque-là occultés ou justifiés implicitement par les injustices et les horreurs attribuées au monstre.

Bref, malgré les ficelles et les décors de carton-pâte que les victimes muselées par les médias pointent du doigt en hurlant de douleur et d’indignation, le scénario hollywoodien appliqué par la machine de propagande de l’OTAN parvient très bien à endormir le public cible, même lorsque les insurgés ne sont rien d’autre que de vulgaires criminels.

La diabolisation de Gbagbo et de ses partisans

La Constitution de la Côte d’Ivoire, approuvée à 87 % par la population, lors d’un référendum, en 2000, est un document juridique exemplaire, qui n’a rien à envier aux Constitutions des États occidentaux, et certainement pas à la Constitution monarchiste du Canada, où le peuple n’est même pas mentionné. À l’article 30, la loi fondamentale de la Côte d’Ivoire dit entre autres que « la République de Côte d’Ivoire est une et indivisible, laïque et sociale. Elle assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine, de race, d’ethnie et de religion ». Néanmoins, la propagande des médias unanimes du patronat français et de l’OTAN, systématiquement reprise par les médias québécois et canadiens, a diabolisé le premier défenseur de cette Constitution, Laurent Gbagbo, au moyen de diverses légendes, la plus importante étant celle de la fameuse « ivoirité », de la xénophobie et de la discrimination prétendument infligée aux Ivoiriens du Nord. Avec l’aide des ONG et des médias, Alassane Ouattara et ses chefs de guerre ont créé de toutes pièces un conflit interethnique pour masquer leurs objectifs véritables, qui étaient la conquête du pouvoir par les armes, l’enrichissement personnel et le retour en force du système d’exploitation économique occidental.

Dans leur ouvrage intitulé Côte d’Ivoire : Le rattrapage ethnique sous Alassane Ouattara, Gaha Bi Loùkou, Tata Kôkôtré et Océane Siloué démontrent clairement l’absence totale de fondement pouvant étayer la thèse de la dérive ethnocentrique de l’État ivoirien après le décès d’Houphouët-Boigny, autocrate ayant dirigé la Côte d’Ivoire pendant 33 ans et ayant néanmoins été présenté comme un saint par la faune ailéeà bec crochu des médias. À l’inverse, Laurent Gbagbo n’a été président que pendant dix ans, y compris huit années de guerre civile commanditée par la France. Voici ce qu’écrivent Loùkou, Kôkôtré et Siloué au sujet du « rattrapage ethnique » de Ouattara et de sa justification, l’ivoirité.

[…] ce projet de rattrapage remonte au début des années 1990. Il faut rappeler qu’à cette époque, M. Alassane Dramane Ouattara avait des démêlés judiciaires à propos de sa nationalité. En lice pour succéder à Houphouët-Boigny, Alassane Dramane Ouattara a réussi à fédérer autour de sa personne et ses ambitions personnelles le sursaut communautariste de ses frères musulmans du Nord. Ce mouvement a débouché sur la publication d’une Charte dite du Nord, « un brûlot ethnocentriste datant de 1991, période où la bataille de succession à Félix Houphouët-Boigny se met en place. Cette charte éclaire d’une lumière crue une stratégie de conquête du pouvoir fondée dès le commencement sur l’exploitation des oppositions tribales pouvant aller jusqu’à la guerre civile. Cette stratégie, c’est celle d’Alassane Ouattara » (Théophile Kouamouo).

Lier rattrapage ethnique et ivoirité, c’est donc faire preuve de mauvaise foi dans la mesure où la source du rattrapage en tant que mode de gouvernance politique sous Ouattara remonte à 1991, et que l’ivoirité comme concept n’a, en soi, rien d’ignoble ou d’infamant.

L’ivoirité se veut en effet la revendication d’une personnalité culturelle spécifique qui soit le produit parfait de la fusion intelligente de « nos traditions » et de « la modernité ». Au demeurant, l’ivoirité, en tant que projet politique et visée sociétale, n’est ni un concept isolé dans le monde ni une démarche exclusionniste. En effet, du point de vue sémantique, le concept de l’ivoirité se rapproche des vocables tels que la francité, l’arabité, la sénégalité ou même « l’American Way of Life ». Malheureusement, il fut dévoyé par le RDR et ses alliés qui l’ont galvaudé de façon opportuniste et à des fins politiciennes. — Extrait de : Gaha Bi Loùkou, Tata Kôkôtré et Océane Siloué, dir., Côte d’Ivoire : Le rattrapage ethnique sous Alassane Ouattara – Fondements, pratiques et conséquences, L’Harmattan, Paris, 2012, p. 11-12. La citation de Théophile Kouamouo est tirée de son ouvrage J’accuse Ouattara (Le Gri-Gri, Paris, 2012, p. 25-26).

Donc, l’ivoirité est postérieure, et non antérieure, à la Charte du Nord de Ouattara, qui ne peut pas prétendre que cette charte est une réaction de défense contre l’ivoirité. De plus, bien que l’ivoirité n’ait rien d’une idéologie xénophobe, elle n’a de toute façon jamais été invoquée ou promue par Gbagbo, dont les efforts ont plutôt été axés sur la promotion de la démocratie, le progrès économique, la justice sociale, la souveraineté de son pays et la défense de la Constitution, des lois et des institutions. En revanche, le gouvernement ethnique de Ouattara ne cesse de porter atteinte aux droits de ses citoyens et de commettre des violations criantes de la Constitution et les lois du pays.

Non seulement l’ivoirité n’est qu’un prétexte pour les ouattaristes des salles de presse occidentales, mais la discrimination qui serait censée en découler n’a jamais existé. Les ethnies du Nord, c’est-à-dire celles des aires culturelles Gur et Mandé Nord, qui constituent environ 25 % de la population ivoirienne (et non 40 % comme le soutient Ouattara), n’ont jamais fait l’objet d’une discrimination systématique. Au contraire, elles ont été constamment favorisées par les gouvernements d’Houphouët-Boigny, de Bédié de Guéi et de Gbagbo.

À l’aide des sources les plus fiables, notamment les archives nationales de la Côte d’Ivoire, la liste des membres des 38 gouvernements formés du 30 avril 1959 au 13 mars 2012, le Recensement général de la population et de l’habitat ainsi que la publication officielle La Côte d’Ivoire en chiffres, Loùkou, Kôkôtré et Siloué font une autre démonstration claire : « S’agissant de la marginalisation des nordistes sous Laurent Gbagbo, les faits, y compris ceux des régimes antérieurs, contredisent à tous points de vue les accusations portées par Alassane Dramane Ouattara. »

D’Houphouët-Boigny à Guéi, les « nordistes » ont occupé de 22 à 25 % des postes de ministre et ont la plupart du temps été au deuxième rang des ethnies représentées. Mieux encore, les auteurs soulignent que, pendant le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo, « le principal mis en cause par Alassane Dramane Ouattara, les résultats épousent la tendance observée depuis le début, avec une percée fulgurante des Malinké (Mandé Nord) qui occupent la première place (62 nominations) devant les Baoulé (58 nominations) et les Bété (51 nominations) sur l’ensemble des 21 ethnies représentées aux gouvernements [successifs de] Laurent Gbagbo. »

Les auteurs démontrent en outre que « de toutes les régions du pays, le Nord est celle qui a le plus reçu de l’État de Côte d’Ivoire en matière d’appuis politico-financiers et culturels, précisément dans le cadre de la politique de réduction des disparités régionales. Sous ces différents rapports, Laurent Gbagbo a significativement œuvré à la promotion du Nord, alors que le pays était coupé en deux par une rébellion conçue et conduite par des ressortissants du Nord dont Guillaume Soro, Soumaïla Bakayoko, Ibrahima Coulibaly dit IB, Koné Zakaria, Wattao, etc. et pour le compte d’Alassane Dramane Ouattara lui-même, dixit Koné Zakaria en confession publique (lors d’un meeting) et volontaire » (idem, p. 12-13).

En conséquence, les rebelles et leur grand patron, Alassane Ouattara, n’avaient aucune raison légitime de s’attaquer par les armes à l’État ivoirien, et encore moins de faire subir à la Côte d’Ivoire une violence inouïe à partir du 19 septembre 2002.

Après avoir systématiquement diffamé Laurent Gbagbo pendant une décennie, la presse des pays de l’OTAN a jeté de l’huile sur le feu, pendant la crise postélectorale de décembre 2010 à avril 2011, en relayant diverses mises en scène destinées à faire croire au public que les « forces fidèles à Laurent Gbagbo » se livraient à des massacres. Il s’agissait essentiellement de justifier, aux yeux des contribuables qui paient les bombes de l’OTAN, les cruelles sanctions économiques et la funeste opération militaro-terroriste qui étaient déjà au programme.

L’opération militaire a donné lieu à des actes génocidaires planifiés par la France et l’ONUCI, notamment à Duékoué (voir la partie A du présent article). Quant aux sanctions, elles comprenaient l’interdiction de vendre des médicaments à la Côte d’Ivoire. Dans les deux cas, il s’agit de crimes contre l’humanité. Pourtant, on n’entend jamais les ONG occidentales réclamer que Sarkozy et Ban Ki-moon soient traduits devant la justice.

Dans leur plaidoyer en faveur du renversement de Gbagbo par la force, les médias ont notamment présenté une attaque préméditée des insurgés fortement armés de Ouattara, contre le siège de la télévision d’État, le 16 décembre 2010, comme une « manifestation pacifique » réprimée dans le sang par M. Gbagbo. Les Casques bleus de l’ONUCI avaient alors fourni un appui important aux insurgés, ce que les médias occidentaux n’avaient pas relevé.

Les médias ont aussi inventé des charniers inexistants et utilisé des figurants en parfaite santé qu’on aprésentés comme des morts, notamment devant le siège de l’ONUCI, à Sebroko, et lors d’une marche de femmes le 3 mars 2011. Enfin, ils ont passé sous silence les manifestations aussi géantes que pacifiques d’appui au président Gbagbo tenues à Abidjan, par exemple, le 26 mars 2011.

Vu leur complicité enthousiaste dans le coup d’État électoral d’Alassane Ouattara et vu leur surdité devant les nombreuses protestations indignées des Québécois d’origine ivoirienne qui voyaient leurs proches disparaitre ou souffrir le martyre, Radio-Canada, La PresseLe Devoir et les autres grands médias québécois se sont comportés comme une véritable arme de guerre de l’OTAN, dans la conquête des ressources de l’Afrique.

La part du butin obtenue par Ottawa

Comme dans n’importe quelle autre organisation criminelle, les barons de l’OTAN et leurs complices ad hoc se partagent le butin des crimes qu’ils commettent selon leur degré d’implication. Évidemment, le principal bénéficiaire du coup d’État en Côte d’Ivoire est la France, mais le Canada, État voyou ne manquant pas d’ambition néocoloniale, avait néanmoins des objectifs précis d’amélioration des bénéfices de certains actionnaires du gouvernement fédéral.

Poussés par les vrais patrons du Canada, à Bay Street, Stephen Harper et sa radiotélévision de propagande ont été parmi les plus pressés de féliciter Alassane Ouattara pour sa fausse victoire et d’accuser Laurent Gbagbo d’être un tricheur, avant la déclaration de Barack Obama et l’injonction de l’ultra-arrogant Nicolas Sarkozy, créature de l’oligarque Paul Desmarais haïe par beaucoup de Québécois. Dès le 4 décembre 2010, Stephen Harper avait fait cette déclaration truffée de gros mensonges et jamais remise en question par aucun parti politique aux Communes :

Le 28 novembre, la population de Côte d’Ivoire a voté lors d’élections présidentielles. Je félicite Alassane Ouattara pour sa victoire à cette occasion, une victoire confirmée par la Commission électorale indépendante, les Nations Unies et des observateurs accrédités [ah oui ?].

Le Canada exhorte toutes les parties du pays à respecter la volonté démocratique de la population ivoirienne et à effectuer une transition pacifique en faveur du gouvernement nouvellement élu. Nous sommes particulièrement préoccupés par des rapports récents de violence et par des couvre-feux imposés à la population.

Le gouvernement du Canada soutient fermement la population ivoirienne et son souhait d’instaurer une solution durable à la crise politique du pays. Le Canada continuera à travailler étroitement avec la communauté internationale afin que la volonté démocratique de la population ivoirienne soit respectée.

Le gouvernement du Canada soutenait la population ivoirienne ? Disons plutôt que le gouvernement du Canada avait l’intention de « soutenir » le terrorisme, au cas où la population ivoirienne refuserait d’obéir et de « transitionner » pacifiquement le pouvoir à l’usurpateur Ouattara. À l’intention de ceux qui pouvaient encore douter de la « victoire » de Ouattara, Radio-Canada appuya la déclaration de Harper : Yao N’Dré, le président du Conseil constitutionnel, était un « proche du président sortant Laurent Gbagbo ». Voilà qui expliquait et justifiait tout, n’est-ce pas ? Quiconque est soupçonné d’un hypothétique copinage mérite d’être massacré. Et dans le copier-coller pédagogique radiocanadien, les partisans de Ouattara commençaient déjà à mettre le feu à des pneus pour la galerie.

Par la suite, les crimes des partisans de Ouattara n’ont pas été seulement des mises en scène pour la galerie. Dès le 16 décembre, comme je l’ai indiqué précédemment, des rebelles lourdement arméstentèrent de s’emparer de la RTI, la télévision d’État ivoirienne. Certains, habillés en civil, se mêlèrent aux manifestants invités à participer à une « marche » et s’en servirent comme boucliers humains, sous les regards approbateurs de Ouattara, installé tranquillement à l’Hôtel du Golf et protégé par les Casques bleus de même que par quelques policiers de la Sûreté du Québec, y compris un dénommé Jérôme Filion.

Le commando invisible d’Ibrahim Coulibaly, qui sera exécuté plus tard par les hommes de son rival Guillaume Soro, au cours d’un règlement de compte typique de n’importe quelle pègre, procédait, dans le quartier Abobo, à divers attentats terroristes contre les membres des forces de sécurité, contre le personnel et les infrastructures de l’État etcontre les ethnies perçues comme favorables à Laurent Gbagbo, sous les yeux des ambassades occidentales, y compris celle d’Ottawa, qui était sans doute parfaitement au courant de la situation réelle. Dans d’autres quartiers, c’étaient les Casques bleus quirépandaient la terreur sous prétexte que la population locale, non armée, faisait entrave à leur travail en érigeant des barrages pour dissuader les terroristes et les autres bandits sévissant partout. Les véhicules et les aéronefs de l’ONUCI ont été abondamment utilisés pour transporter les rebelles et leurs armes.

Qu’à cela ne tienne ! Ottawa décida de financer le commando invisible en fournissant de l’argent — au moins un million et demi de dollars — au « gouvernement Ouattara » pour l’aider à « ramasser les ordures » et à faire face à l’urgence « humanitaire », selon le « ministre » de la rébellion Patrick Achi et la journaliste Sophie Langlois. Évidemment, si Ottawa dépensait ainsi l’argent des contribuables, c’était dans l’espoir d’obtenir un généreux retour sur l’investissement. Pas pour les contribuables, bien sûr, mais pour les multinationales néocoloniales de l’Ouest canadien.

Canadian Natural Resources (CNR), une société basée à Calgary, exploitait déjà, depuis 2003, desplateformes extracôtières dans la zone économique de la Côte d’Ivoire, pour extraire le pétrole du golfe de Guinée, très recherché à cause de sa grande qualité et sa facilité d’extraction. Qui retrouvons-nous, entre autres, au conseil d’administration de CNR ? Deux fossoyeurs notoires de l’accord du lac Meech, respectivement ex-premiers ministres du Manitoba et du Nouveau-Brunswick, Gary Filmon et Frank McKenna.

Les nominations dans divers conseils d’administration et l’enrichissement personnel qui en résulte font partie des récompenses accordées par le grand capital de Bay Street aux marionnettes politiques qui ont su augmenter ses bénéfices. Un jour, ce sera le tour de Stephen Harper d’être récompensé. Soit dit en passant, Frank McKenna, également vice-président du groupe financier de la Banque TD, est membre du club sélect internationalde grands magouilleurs Bilderberg.

Vu l’appétit insatiable des pétrolières et des autres pillards du genre pour le rendement par action, CNR et son valet Harper salivaient à l’idée d’installer au pouvoir un néolibéral convaincu et ancien directeur du FMI comme Ouattara. Et ce même Ouattara ne les a pas déçus. Il s’est montré reconnaissant pour la généreuse aide canadienne au commando invisible. Le 21 février 2012, la société française Total, dont la famille de l’oligarque Desmarais est actionnaire de référence, annonce qu’elle obtient trois permis d’exploitation du pétrole extracôtier, en Côte d’Ivoire, à des conditions avantageuses. Elle se partagera les bénéfices avec la société étasunienne Anadarko et avec… CNR. Uneséance de signature officielle pour célébrer les contrats de bradage est organisée non pas devant les médias et le public ivoiriens, mais à l’ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris.

En février 2012, moins d’un an après le renversement de Laurent Gbagbo, Paul Desmarais et Total obtiennent 54 % des bénéfices d’exploitation relatifs au permis CI-514, tandis que Gary Filmon, Frank McKenna et Canadian Natural Resources en obtiennent 36 %. Conformément au dogme néolibéral, la société d’État Petroci et le peuple ivoirien doivent se contenter de 10 %, une part substantiellement moindre que ce qui était négocié du temps de Laurent Gbagbo.

Évidemment, cette liquidation se passera loin de l’oeil des caméras, comme il en est toujours ainsi lorsque l’Afrique est pillée. Radio-Canada ne s’y intéressera aucunement, à plus forte raison si des sociétés canadiennes en profitent. Dans son éditorial du 12 avril 2013 (p. 5), le journaliste Philippe Brou, du Nouveau Courrier, nous explique, en s’appuyant sur de l’information tirée de la lettre confidentielleAfrica Mining Intelligence, que ce sont les institutions de Bretton Woods, soit la Banque mondiale et le FMI, qui font comme d’habitude le chantage nécessaire au moyen des taux d’intérêt et des promesses de fausse annulation de la dette.

Tout chef d’État docile comprend qu’il doit se servir de l’épouvantail agité par la haute finance pour soit réduire les services, soit augmenter les tarifs, soit alléger les impôts des multinationales. Dans ce cas précis, un nouveau Code minier et un nouveau Code foncier rural seront décrétés en Côte d’Ivoire pour augmenter les profits des sociétés étrangères. Ouattara, Charest et Harper : même combat.

Pendant que Ouattara gambade sur les Champs-Élysées, son dauphin, le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, parcourt lui aussi le monde et laisse ses conseillers gérer les affaires courantes, comme traiter les opposants politiques de terroristes « à éradiquer », dans son blogue. L’ancien secrétaire général des Forces nouvelles et responsable des atrocités ayant endeuillé la Côte d’Ivoire à partir du 19 septembre 2002 traine derrière lui un lourd passé de chef de guerre, mais cela ne l’empêche pas de visiter le Québec sans être inquiété le moins du monde.

Comme je l’écrivais dans « Le mégasyndicat international du crime – 2e partie », Guillaume Soro est venu à Québec pour la 127e assemblée de l’Union interparlementaire, du 21 au 26 octobre 2012, sans qu’Ottawa ne s’émeuve de la présence, sur le territoire canadien, d’un meurtrier de masse notoire, ce qui est somme toute normal puisqu’Ottawa lui-même commandite des crimes de masse. Mais, le comble, c’est que, le 27 octobre, Soro s’est pointé à l’hôtel Château Champlain de Montréal, où il avait réservé une salle pour y recevoir des membres québécois de la diaspora ivoirienne. Évidemment, il n’était pas question pour lui d’utiliser un bâtiment public pour ce faire, car il aurait été obligé d’y admettre tout le monde. À l’hôtel, son service de sécurité pouvait faire le tri.

Tout de même, je m’étais dit que j’entrerais incognito et que j’en profiterais pour poser quelques questions sous l’oeil des caméras. Après tout, qu’est-ce qu’un chef de guerre pouvait bien avoir à craindre d’un simple journaliste citoyen ? J’étais presque dans la salle lorsqu’un informateur m’a pointé du doigt, sans doute alerté par la présence, non loin de moi, de partisans de Laurent Gbagbo venus, eux aussi, poser quelques questions à Soro.

Alors, pendant que les partisans de Laurent Gbagbo essayaient de négocier leur entrée dans la salle, trois ou quatre policiers du SPVM m’ont rapidement encerclé et m’ont escorté hors de l’hôtel, comme si j’avais été moi-même un danger public. J’ai eu à peine le temps de protester. Vous vous rendez compte ? Le SPVM accourant à la rescousse d’un chef de guerre pour lui éviter des questions embarrassantes dans mon pays, qui se dit démocratique. Au moins, la preuve est faite : il n’y a rien comme la vérité pour faire peur aux menteurs.


Source: VIGILE.NET

DEUX ANS APRES LA RECOLONISATION DE LA COTE D'IVOIRE, LE RESULTAT DE LA DEMOCRATIE DES BOMBES (1)

 

BERNARD DESGAGNE.jpg

 

Chronique de Bernard Desgagné, jeudi 11 avril 2013 - Partie A

 

C’était il y a deux ans jour pour jour, le 11 avril 2011. La démocratie s’abattait dans un déluge de feu et de sang sur la Côte d’Ivoire. Piétinant les cadavres encore chauds, une nuée de perroquets à micro et oreillette chantaient la joie et la paix retrouvées grâce à l’OTAN victorieuse contre le tiers monde. Gbagbo capturé, son rival Ouattara du FMI pourrait enfin exercer le pouvoir présidentiel que la communauté internationale™ s’était empressée de lui reconnaitre le 2 décembre 2010. Sentant la bonne affaire pétrolière, Ottawa avait d’ailleurs été l’une des premières capitales à se réjouir des résultats électoraux décrétés par un haut fonctionnaire onusien, en lieu et place des institutions ivoiriennes dument habilitées.

Puis, plus rien. Fini, le feuilleton postélectoral de la Côte d’Ivoire à Radio-Canada, dansLa Presse et dansLe Devoir. Plus besoin d’en parler, puisque les horreurs de l’époque Gbagbo étaient définitivement chose du passé. N’y avait-il pas un dictateur en Libye qui méritait une bonne leçon otanesque de respect des droits de la personne ? N’y en avait-il pas un autre en Syrie ? Perroquets et champions du copier-coller ne manqueraient pas de pain sur la planche ailleurs. Satisfaits, les médias unanimes laissèrent gentiment les Ivoiriens retrouver leur sérénité.

La plupart des lecteurs de Vigile étant des gens avertis, ils ne se seront pas surpris d’apprendre — s’ils ne le savent pas déjà — qu’en réalité, les deux dernières années de régime prétendument démocratique ont été infernales pour les Ivoiriens. Aussi infernales que les huit années et demi précédentes de guerre civile, cadeau de Chirac, Sarkozy et Ouattara. Malheureusement, les lecteurs de Vigile ne constituent qu’une infime minorité des Québécois. La vaste majorité continue de vivre dans l’univers fantaisiste créé de toutes pièces par les patrons de presse pour les endormir. La fabrication du consentement, dirait Chomsky. Un consentement de plus en plus criminel, qui s’apparente à celui des Allemands dont Goebbels cultivait l’insouciance et le sentiment de supériorité pendant que les panzers défilaient sur les Champs-Élysées… jusqu’à ce que les bombes pleuvent sur Dresde.

En ce sombre anniversaire, je souhaite brosser le tableau des deux dernières années de calvaire des Ivoiriens dans l’espoir que j’éveillerai quelques consciences de plus. Non pas que ce soit le seul drame sur terre. D’autres peuples souffrent autant. Pensons seulement aux victimes de Paul Kagame en RDC et au Rwanda. Pensons aux Syriens massacrés par les terroristes salafistes de l’OTAN et des pétromonarchies. Il faudra certes en reparler, comme beaucoup l’ont fait déjà sur Vigile et les autres tribunes échappant à la dictature médiatique.

Le drame ivoirien n’est pas le seul, mais c’est en éclairant d’une lumière crue tantôt une souffrance, tantôt l’autre que nous arriverons à percer le brouillard qui aveugle les consciences. En éclairant non seulement la souffrance elle-même, mais également, et surtout, les vrais responsables. C’est ainsi qu’un jour peut-être, une masse critique de Québécois, en particulier parmi les acteurs politiques de bonne foi, comprendra qu’elle est manipulée à l’extrême par de grands criminels — rien à voir avec la petite racaille de la commission Charbonneau — et que le monde n’est pas du tout celui dans lequel elle croit vivre.

Le peuple québécois aura d’autant plus de chances de se libérer du carcan dans lequel l’ont enfermé ses exploiteurs — membres enthousiastes du syndicat du crime massacreur d’Africains — qu’il saura échapper à la manipulation incessante de la pensée par les médias. Le grand capital, ennemi de l’intérêt général et de la souveraineté des peuples, doit par conséquent déployer des moyens colossaux afin qu’une telle chose n’arrive pas, sous peine de perdre son droit divin de s’enrichir infiniment avec le travail des autres.

Qui a gagné l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire?

Parallèlement aux horreurs vécues par les Ivoiriens, dont nous reparlerons dans un instant, s’est déroulée à la lugubre Cour pénale internationale (CPI), du 19 au 28 février 2013, l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo, président de la Côte d’Ivoire renversé et humilié par l’armée française. Fidèles à leur habitude d’occultation et de suivisme, les médias québécois se sont bornés, au sujet de cette procédure, à retranscrire quelques brefs articles de la presse proche du gouvernement et des grands patrons de l’Hexagone.

Pourtant, l’un des personnages principaux de cette sombre comédie judiciaire est un Québécois, Éric MacDonald, premier substitut de la procureure Fatou Bensouda et honte de sa patrie. M. MacDonald suit les traces de Louise Arbour, seule juge de la Cour suprême du Canada à avoir démissionné, ce qu’elle a été forcée de faire en raison de son passé inavouable de complice de Paul Kagame, l’un des plus grands criminels de l’histoire de l’humanité. M. MacDonald a présenté un dossier à charge très peu convaincant contre Gbagbo. Il n’a pas fait enquête sur le terrain, comme l’a relevé l’avocat principal de la défense, Emmanuel Altit. M. MacDonald s’est contenté de faire une revue de la presse pro-Ouattara, truffée de racontars au sujet des prétendus crimes de Gbagbo, ce qui est très loin d’un vrai travail judiciaire.

Que les médias québécois aient préféré la chasse aux magouilleurs des voiries municipales à la procédure contre Laurent Gbagbo est compréhensible, car ils pourraient ressortir très écorchés de ce combat épique et fondamental entre les forces du mensonge et celles de la vérité. Quel que soit le jugement de la CPI, l’Histoire finira par retenir que Laurent Gbagbo a commis un seul crime : celui d’avoir résisté à la servitude imposée par l’ordre néolibéral assoiffé du sang des Africains et avide des généreuses marges bénéficiaires tirées entre autres du cacao, du café, du bois, du pétrole, des diamants, de l’or, de l’uranium, de la cassitérite et du coltan.

De l’esclavage à la néocolonisation, l’Afrique des danses et des chants envoutants a été un immense réservoir de richesses humaines et naturelles bon marché pour les économies occidentales, mais ces richesses ont peu profité au développement des peuples africains, ce que Gbagbo a voulu changer, à l’instar de Kadhafi. Voilà la vraie raison pour laquelle il devait être diabolisé et mis hors d’état de « nuire ».

Le 28 février, à la CPI, Laurent Gbagbo a pris la parole. Évidemment, aucun média n’a retransmis son discours, mais les lecteurs de Vigile le trouveront au bas du présent article, dans les « images de la démocratie ». Ce grand homme de dialogue et de paix, père du multipartisme en Côte d’Ivoire, qui n’a rien à envier ni à Mandela, ni à Gandhi, a déclaré entre autres ceci :

On ne peut pas débattre de la crise postélectorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées. Qui a gagné les élections ? Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé le trouble. […] quand je demandais qu’on recompte les voix, ce n’était pas une phrase en l’air.

Vous avez vu vous-mêmes les documents dont dispose l’accusation et sur lesquels les voix des électeurs sont répertoriées. On a vu que, dans la seule ville de Bouaké, on a ajouté 100 000 voix à mon adversaire.

 […] je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre. […] J’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion. […]

La démocratie, c’est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit, qui est la Constitution. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate.

Madame, c’est parce que j’ai respecté la Constitution qu’on veut m’amener ici. Alors, bon, je suis là, mais je compte sur vous. Je compte sur vous parce que je souhaite que tous les Africains, tous les Africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici devant la Cour, devant la prison, qui sont dans leur pays en train de manifester, en train de marcher, tous ces Africains-là, qu’ils comprennent que le salut, pour les États africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent.

Gbagbo souhaite donc que, malgré l’immense sentiment d’injustice qui habite sans doute des millions d’Africains aujourd’hui, ceux-ci comprennent que le salut est dans « le respect des Constitutions […] et des lois qui en découlent ». Voilà des paroles lourdes de sens. Il n’y aura ni paix, ni développement sans respect de la loi et des institutions, et il revient à la CPI de donner l’exemple en manifestant elle-même ce respect.

Ce qui nous ramène à la question fondamentale dans toute cette affaire : qui a gagné le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010, en Côte d’Ivoire ? Qui a respecté la loi et qui l’a violée ? Gbagbo ou Ouattara ? C’est sur cette question que les médias s’acharnent le plus à bâillonner tout contradicteur, car elle est cruciale. Selon eux, la crise serait « née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaitre la victoire de son rival ». Ils semblent croire qu’en répétant le même mensonge à l’infini, celui-ci finira par devenir une vérité qui leur évitera de devoir admettre leur complicité dans de graves crimes contre l’humanité.

Malheureusement pour les directeurs de l’information et leurs employés soumis, Laurent Gbagbo n’a pas « triché » et ne s’est pas « accroché au pouvoir ». Il a agi dans la plus stricte légalité. Les institutions de son pays lui ont fait prêter serment comme président, après que les observateurs étrangers eurent tous constaté les fraudes électorales massives et les violations graves des droits de la personne dans la zone qui était sous l’emprise des chefs de guerre d’Alassane Ouattara. Les médias ont commis une grave faute en occultant les rapports des observateurs électoraux et en ne remettant pas en question les déclarations usurpatoires du représentant corrompu du secrétaire général des Nations Unies, Young-jin Choi, ainsi que les déclarations de plusieurs chefs d’État manifestement complices de Ouattara.

La fausse victoire d’Alassane Ouattara aura été l’amorce du scénario de coup d’État électoral. Le 2 décembre 2010, après l’expiration du délai prévu par la loi, Youssouf Bakayoko, président de la Commission électorale indépendante, s’est présenté seul à l’Hôtel du Golf, QG de Ouattara, alors que les autres membres de la Commission l’attendaient dans leurs locaux. M. Bakayoko a annoncé un résultat fictif devant des journalistes étrangers, en l’absence de la presse ivoirienne. Ce résultat annoncé illégalement, dans des circonstances très suspectes, est devenu la « vérité » pour la communauté internationale™ et les médias.

Quelques heures après cette fausse annonce, le Conseil constitutionnel, seule institution du pays habilitée à proclamer le vainqueur de l’élection, a annoncé la victoire de Laurent Gbagbo, qui a été bel et bien élu président. C’est plutôt son rival, Ouattara, qui a refusé de reconnaitre le résultat électoral, qui a rejeté la proposition de Laurent Gbagbo de recompter les voix et qui a fait des appels à la violence ayant entrainé un bain de sang. C’est bien Ouattara, et non Gbagbo, qui devrait aujourd’hui être jugé.

Voilà qui montre déjà, sans même tenir compte des crimes massifs commis par Ouattara — selon les abondantes et convaincantes preuves dont on dispose —, que la justice internationale n’est pas une vraie justice. Ce n’est qu’un instrument de l’OTAN pour juger les Africains qui refusent d’obéir aux injonctions du grand capital. Le procès de Gbagbo ne sera pas un procès juste. D’ailleurs, il ne devrait même pas avoir lieu. Dans un vrai tribunal, les juges n’auraient pas attendu la fin de l’audience. Ils auraient admonesté M. MacDonald pour son travail bâclé et auraient fait libérer le détenu sur-le-champ.

D’ici la fin de mai 2013, les juges de la Chambre préliminaire de la CPI nous feront savoir si la comédie se poursuivra.

Deux années d’horreurs

À compter de février 2011, les partisans du président Laurent Gbagbo et les ethnies perçues comme lui étant favorables ont fait l’objet de persécutions graves et massives et ont dû fuir en très grand nombre dans les pays voisins, notamment au Ghana et au Libéria. Les 28 et 29 mars 2011, les rebelles combattant pour Alassane Ouattara ont massacré environ un millier de civils désarmés à Duékoué, dans l’Ouest du pays, et ont causé une misère épouvantable parmi les survivants. Beaucoup d’autres personnes sont mortes dans les semaines qui ont suivi, notamment en raison des mauvaises conditions sanitaires dans le camp de déplacés de la Mission catholique de Duékoué.

Le massacre de Duékoué ne devrait pas être uniquement imputé à Ouattara et ses chefs de guerre. Nicolas Sarkozy, président de la République française, et Alain Le Roy, secrétaire général adjoint de l’ONU, chargé des opérations de maintien de la paix, y ont participé activement. Avant le massacre, les hélicoptères français et onusiens ont bombardé les positions de l’armée ivoirienne pour la forcer à battre en retraite et abandonner les populations locales aux mains des rebelles. Les Casques bleus marocains, qui se trouvaient à proximité de Duékoué, ont reçu l’ordre de ne pas intervenir. Après le massacre, ils ont tenu la presse à l’écart pendant qu’ils jetaient les cadavres pêle-mêle dans une fosse commune, de manière à rendre leur identification subséquente difficile et à éviter que des autopsies et des enquêtes permettent de retrouver les assassins.

Les persécutions n’ont pas cessé après le 11 avril 2011 et se poursuivent encore aujourd’hui, même si Alassane Ouattara ne fait face à aucune opposition armée sauf celle qu’il invente pour justifier la répression. Ses adversaires politiques sont détenus depuis près de deux ans sans procès, dans des conditions souvent très pénibles, et le principal parti politique, le Front populaire ivoirien (FPI), fondé par Laurent Gbagbo, est soumis à une dure répression.

Lorsque, le 21 janvier 2012, le FPI a essayé d’organiser un grand rassemblement politique, où de nombreux partisans ont eu le courage de venir, ceux-ci ont été attaqués à coups de pierres et de grenades lacrymogènes par des voyous partisans de Ouattara que les forces de l’ordre n’ont pas su ou voulu contenir. Encore récemment, le 16 février 2013, une manifestation pacifique de la jeunesse du FPI n’a même pas pu commencer. Elle a été interdite à la dernière minute, et les personnes présentes sur place, qui n’étaient pas au courant de l’interdiction, ont été dispersées brutalement avec des gaz lacrymogènes.

Le fils de Laurent Gbagbo, Michel, de nationalités française et ivoirienne, est séquestréet maltraité à Bouna, dans le Nord du pays, depuis deux ans, après avoir été presque lynché le 11 avril 2011. Il semblerait que le seul crime qu’on lui reproche est de porter le nom de son père. Délit de patronyme : une nouvelle infraction inventée par Ouattara depuis l’avènement de la démocratie de la communauté internationale™ en Côte d’Ivoire.

Tandis que la police ivoirienne doit tenter de maintenir l’ordre sans être armée, comme l’y oblige le gouvernement Ouattara, des dizaines de milliers d’ex-rebelles, d’étrangers et decriminels de droit commun libérés au lendemain du 11 avril circulent en portant des armes et font régner la terreur dans le pays. Certains revêtent l’uniforme de la nouvelle armée, que l’on appelle les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) et qui est sous le commandement suprême d’Alassane Ouattara en personne depuis le 17 mars 2011, c’est-à-dire un peu avant le massacre de Duékoué commis par les FRCI. L’extorsion, le rançonnement, le pillage, la confiscation des terres et des biens ainsi que les séances de torture et d’humiliation collectives sont pratiqués à grande échelle contre les ethnies associées à Laurent Gbagbo, victimes de ce qui ressemble de plus en plus à un génocide.

Après avoir été lourdement endommagées et pillées, les grandes universités de la Côte d’Ivoire sont demeurées longtemps fermées. La presse n’est pas libre. Le système judiciaire ne jouit d’aucune indépendance. La Commission dialogue, vérité et réconciliation piétine dans ses travaux et est, de toute façon, sous l’autorité d’Alassane Ouattara, ce qui lui enlève toute crédibilité. Le gouvernement et la fonction publique ont désormais une forte coloration ethnique, ce qui n’était pas le cas sous la présidence de Laurent Gbagbo (comme nous le verrons en détail dans la partie B du présent article).

En 2001, Laurent Gbagbo avait dissipé les effets délétères du coup d’État du général Guéï, commis en 1999, et amené ses opposants Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara à rentrer au pays, où ils furent traités avec tous les honneurs dus à un ancien président et un ancien premier ministre. Ils bénéficièrent à ce titre d’une généreuse rente et de toute la latitude voulue pour s’organiser politiquement, y compris la liberté de presse totale. En 2007, dans un geste d’apaisement, Laurent Gbagbo avait même nommé Guillaume Soro, le secrétaire général des Forces nouvelles, premier ministre dans son gouvernement. Aujourd’hui, les opposants politiques du régime Ouattara sont, à l’inverse, systématiquement intimidés, emprisonnés, maltraités ou tués.

Un rapport intitulé La loi des vainqueurs, publié le 25 février 2013 par Amnesty International, montre de façon détaillée la brutalité de la répression systématique. Il décrit les arrestations fréquentes pour des motifs politiques et ethniques, la torture de nombreux détenus ainsi que les disparitions et les détentions dans des lieux non officiels ou secrets (p. 19 à 36). Voici quelques extraits de ce rapport :

« Ils m’ont demandé mon ethnie et pour qui j’avais voté. J’ai répondu que j’avais fait campagne pour Gbagbo et voté pour lui. » […] Cet homme a été détenu à la DST [Direction de la sécurité du territoire] jusqu’au 8 juillet 2012 au secret, sans contact avec l’extérieur, malgré ses demandes de pouvoir joindre ses proches et son avocat. […] Quatre mois après son arrestation, il n’avait toujours pas été entendu sur le fond par un juge d’instruction.

Dans un autre cas, les FRCI ont clairement indiqué à un détenu que son arrestation était motivée par une volonté de vengeance à l’égard des partisans de l’ancien président. C’est ce qui ressort du témoignage d’un fabricant de savon, arrêté à Abidjan et détenu au Génie militaire […]

« Six FRCI m’ont arrêté dans un maquis [petit restaurant] le 23 septembre [2012] à 16 heures. Ils m’ont frappé au moment de mon arrestation et m’ont demandé où étaient les autres. Je ne savais pas de quoi ils parlaient. Arrivé au Génie militaire, le chef de poste m’a dit : “Pendant dix ans, quand Laurent Gbagbo était au pouvoir, vous avez mangé, vous avez pris l’argent, maintenant, c’est notre tour, on va vous tuer." Je ne sais toujours pas de quoi je suis accusé. »

Un très grand nombre de détenus et d’anciens détenus, rencontrés par Amnesty International, ont décrit les tortures auxquelles ils ont été soumis. Leurs récits montrent que ces pratiques visent essentiellement à extorquer des « aveux » mais aussi à punir et à humilier des individus considérés comme partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo.[…]

« On m’a passé des menottes et de l’eau froide a été versée sur moi. J’ai reçu plusieurs décharges électriques, ils m’ont ensuite demandé d’écarter mes jambes, ils ont mis de l’électricité sur mon sexe et sur mon corps. C’est dans cette position qu’ils m’ont demandé d’avouer. » […]

« Après m’avoir donné des coups de câbles électriques et des coups de pied avec leurs rangers [bottes], trois membres des FRCI m’ont tenu par les pieds et m’ont plongé la tête dans une barrique d’eau. Je ne pouvais pas me débattre parce que j’avais les mains menottées derrière le dos. »

Plusieurs autres détenus ont affirmé avoir subi des brûlures au plastique fondu et ont montré aux délégués d’Amnesty International des traces de brûlures sur le dos et le cou. [Le rapport contient des photos.] Un détenu, membre de ce même groupe de 77 personnes, a raconté :

« Arrivé au camp Place de la Liberté, ils m’ont demandé d’enlever mes vêtements, je suis resté avec mon caleçon et ils ont commencé à m’interroger en me torturant. Ils m’ont attaché les mains avec des menottes reliées à une barre de fer verticale, ils me donnaient des coups de matraques et de barres de fer. Ils ont brûlé un sac en plastique et ont fait en sorte que le plastique fondu tombe sur mon dos pendant que trois personnes me tenaient les pieds. »

Mais la répression politique est loin d’être le seul problème en Côte d’Ivoire. Le prix des denrées essentielles et de l’électricité augmentent, sur l’ordre du FMI. La vie est chère pour les simples citoyens. Le taux de chômage est élevé et, vu l’insécurité, les investisseurs se font rares. Les reculs causés par la situation insurrectionnelle, au cours des récentes années, n’ont pas encore été effacés. L’économie demeure léthargique, malgré les grandes richesses du pays. La Banque mondiale, dont Ouattara est pourtant censé être un protégé, constate un recul et, dans son rapport Doing Business 2013, classe la Côte d’Ivoire au 177e rang sur 185 pays pour ce qui est de la facilité de faire des affaires. Selon elle, il est difficile de lancer une entreprise en Côte d’Ivoire.

La contrebande et l’extraction illégale sont généralisées. L’État est incapable de contrôler ses frontières et de percevoir les recettes fiscales. Dans les quartiers populaires d’Abidjan, comme Abobo, même les gens de l’ethnie malinké, pourtant largement favorables à Alassane Ouattara lors de l’élection, sont aujourd’hui désillusionnés, voire en colère puisque la nouvelle administration va jusqu’à raser leurs échoppes pour faire plus propre en ville. Elle s’intéresse peu au chômage et aux autres difficultés du peuple.

Les populations qui ont fui le pays à partir de février 2011 ne pourraient pas y retourner sans risquer leur vie. Le 20 juillet 2012, un massacre commis dans le camp de déplacés internes de Nahibly, près de Duékoué, a donné définitivement raison aux Ivoiriens qui ont choisi de se réfugier dans les pays voisins. Alors que le camp, qui abritait environ 4 500 déplacés, était censé être sous la protection des Casques bleus, une meute lourdement armée de plusieurs centaines d’individus, y compris beaucoup de membres des FRCI, ont arrosé d’essence les tentes et les autres structures du camp et y ont mis le feu, tuant sur place une bonne vingtaine de personnes.

Puis, les assaillants ont capturé, blessé ou tué des déplacés qui prenaient la fuite. Le but de l’opération était entre autres de faire disparaitre des témoins gênants des massacres précédents et de poursuivre le nettoyage ethnique, comme l’explique Fanny Pigeaud dans le numéro de septembre 2012 du Monde diplomatique. Le rapport La loi des vainqueurscontient une description de cet événement à glacer le sang dans les veines (p. 42 à 57). Vu le nombre d’assaillants et la grande concentration de personnes dans le camp, l’attaque a fait des dizaines de morts et de blessés. Le nombre exact demeure inconnu. On continuait de retrouver des charniers plusieurs mois plus tard.

 

*Communauté internationale™ est une marque de commerce de l’OTAN.

 

Source: VIGILE.NET

NON A LA MASCARADE ELECTORALE EN COTE D'IVOIRE!

ELECTIONS MASCARADE.jpg

 

Elections-mascarade dans une Côte d'Ivoire de non-droit, de dictature, de crimes impunis, où la Constitution est royalement foulée au pied et où triomphe la loi et la justice des vainqueurs, je ne suis pas dedans! Et toi?


Passe le message!

mardi, 16 avril 2013

RENCONTRE HOLLANDE-OUATTARA LE 11 AVRIL: QUEL MESSAGE AU PEUPLE IVOIRIEN?

 

HOLLANDE ET OUATTARA.jpg

 

Le Président français, François Hollande a reçu M. Alassane Dramane Ouattara le jeudi 11 Avril 2013 à l’Elysée.  En dehors du contenu des échanges relaté par un  compte rendu officiel  désespérément évasif quant à ce qui concerne les intérêts vitaux de notre nation, le choix de cette date symbolique est porteur d'un message implicite fort à l’ endroit de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens. Un message qu’il urge de décrypter,  d'analyser d’une part, et d’autre part, inviter la Côte d’Ivoire démocratique à en tirer toutes les conséquences possibles. 

M. François Hollande, le socialiste parvenu au pouvoir d’Etat suite à un vote sanction contre Nicolas Sarkozy, adepte de la démocratie par les bombes en Afrique, avait claironné dès l’entame de son mandat, dans le fameux discours de Dakar, son désir d’établir avec l’Afrique une relation plus valorisante pour l'Afrique et pour la démocratie. Une relation qui aurait cessé  d’être un rapport de maître à sujet où seuls les intérêts de la France  comptent. Désormais, continuait-il, cette relation aurait  tenu  compte des intérêts des peuples africains et de notre souveraineté. Cette confession  qui semblait de bonne foi fit brèche dans le cœur de  certains des nôtres qui voulurent  croire à un changement   entre la France officielle de droite et celle de gauche.

A l'épreuve des faits, la vérité apparaît toute autre,  et s’étale désormais devant nous dans toute sa laideur et dans toute sa complexité. L’occident n’a que des intérêts à défendre en Afrique. La France de François Hollande n’en fait pas exception.

Sinon, comment comprendre que François Hollande choisisse de célébrer les victorieux du 11 avril 2011 ? Ce, alors  que la réconciliation peine à se mettre en marche à cause de la plaie béante créée  par la France et ses bombes dans le tissu socio-politique et économique ivoirien depuis cette date. Nous sommes en droit de nous interroger sur l’opportunité d’une telle célébration. Autrement dit, pourquoi la  France déploie-t-elle aujourd’hui tant d’efforts  pour marquer notre conscience sur la nécessité de respecter l’ordre anti-démocratique, anti-constitutionnel qu’elle a établi en Côte d’Ivoire ? Que veut prévenir la France ?

Dans la mémoire collective d’Ivoirienne, le 11 avril  est l'évocation  de souvenirs douloureux.  Le 11 avril  est ce jour où la France  mit fin à l’ordre constitutionnel en Côte d’Ivoire. Le 11 avril est ce jour où la France par  des  actes de  délinquance d’Etat  provoqua la mort de plus de 3000 innocentes personnes dans le seul but  d'installer au pouvoir ses marionnettes  dont le chef de file est Alassane Dramane Ouattara. Tout ceci afin de régler un contentieux électoral  dont la solution aurait pu être trouvée grâce à un simple recomptage des voix comme cela se fait sous d’autres cieux. Pour que les nouveaux tenants du Pouvoir en France célèbrent officiellement, deux années après, cette date triste de grande forfaiture de l’armée française en Côte d’Ivoire, il doit y avoir de fortes raisons. Parmi plusieurs raisons plausibles, deux retiennent notre attention.

Ce sont d’une part, le réveil continu de la conscience populaire contre l’ordre institué par la France en Côte d’Ivoire pour se l'approprier, et d’autre part, la précarité de la santé du représentant officiel de la France dans  notre nation, M. Alassane Dramane Ouattara.

En effet, cela ne fait désormais l’ombre d’aucun doute, la population ivoirienne dans toutes ses composantes a pris la pleine mesure de la terreur par laquelle la France, sa représentation ivoirienne et sous régionale veulent la soumettre pour vampiriser son économie. Depuis quelques temps, les tueries ont de la peine à imposer le silence à l’Ivoirien face à sa situation dramatique et à l’agonie croissante de son pays. De ce fait, l’inconfort des gardiens des intérêts de la France en Côte d’Ivoire, Ouattara et sa suite, va grandissant. C’est dans cette atmosphère délétère que la polémique sur l’élection à la bombe de leur poulain refait dangereusement surface. Les langues se délient de plus en plus pour réclamer toute la vérité des urnes durant les élections présidentielles de novembre 2010. Ainsi, le contentieux électoral des présidentielles resurgit et le paysage politique en demeure crispé. L’ivoirien jaloux de sa liberté et de son autonomie parle désormais à visage découvert de l’imposture de Ouattara.  Aussi, ceux qui l’ont imposé contre le vote du peuple et la constitution ivoirienne pour leurs intérêts éprouvent la nécessité de s’afficher publiquement en compagnie de Ouattara à cette date historique afin de  lui manifester leur soutien et dissuader les velléités d’insoumission naissantes dans leur nouvelle colonie.

En plus du réveil de la population qui donne du tournis à la France, la santé chancelante de l’homme de l’extérieur n’est pas étrangère à l’audience du 11 avril 2013. Sa santé précaire assortie de ses crises sanitaires graves à répétition  ne sont  pas sans influence sur l'organisation précipitée de cette audience. Plusieurs indices militent en faveur de cette hypothèse.

Primo, l’audience a été improvisée par la France. Elle a surpris le Palais d’Abidjan au point où la primeur de l’information de celle-ci n’a pas été donnée aux Ivoiriens par lui mais plutôt par la Lettre du Continent pendant que la Présidence ivoirienne accoutumée à accompagner son champion à grand renfort de publicité à pareille audience annonçait un séjour privé pour voiler son hospitalisation. Cette improvisation donne l’impression que la Présidence Française cherchait à parer à une urgence.

Secundo, l’arrivée précipitée en France, trois jours avant l’audience à Ouattara,  de Soro Guillaume, dauphin supposé de Ouattara permet  de cerner un peu mieux l’ordre de l’urgence.  Il s’agirait donc d’une question de succession.

Tertio, le vote à la veille de l’audience par le Parlement ivoirien d’une loi visant à donner plein pouvoir au Président de la République en vue de gouverner sans aucune interférence du Parlement. Le vote de cette loi inique, impopulaire, antidémocratique, à la veille de cette audience montre bien qu’elle a l’aval de Paris. Mais, pourquoi ? Sommes-nous tentés de demander. On pourrait penser de prime à bord qu’il s’agirait de donner à Ouattara (disposant pourtant d’une majorité confortable au Parlement) de faire une gestion guidée du pays par l’extérieur sans aucun avis du peuple.  De façon à le brader plus facilement et rapidement. Mais, poussant un peu plus loin la réflexion, il pourrait plutôt s’agir d’aider un Président qui pourrait avoir des difficultés à asseoir son autorité sur le Parlement. Celui qui occuperait le palais en remplacement de Ouattara. Pourquoi pas Soro qui a été appelé d’urgence en France ?

De ces indices,  il est aisé de penser qu’à cette audience, la succession du guerrier Ouattara a été nommément évoquée. La France aurait ainsi fait sienne les nombreuses rumeurs sur son état de santé. Une santé si branlante qu’elle aiguise l’appétit  du fauteuil présidentiel dans l’entourage immédiat du mentor du RDR et de la rébellion armée.  L’empoignade entre Soro Guillaume et Ahmed Bakayoko se fait désormais au vu et au su de toute la Côte d’Ivoire. Pour ne parler que de ces deux qui s’affichent le plus.

Par conséquent,  la célébration du 11 avril par l’Elysée version Hollande vise à rappeler aux uns et autres que la France tient fermement à l’ordre des bombes institué en Côte d’Ivoire le 11 avril 2011. Même, suite à un décès de Ouattara, elle n’acceptera en aucune façon le retour à l’ordre constitutionnel. Aussi, la France invite-t-elle à accompagner M. Soro Guillaume dans le fauteuil présidentiel par des acclamations, chantant et dansant à sa gloire. La France coloniale veut des administrés au pas, des nègres soumis.  Perpétuant l’ordre Français dans leur pays pour les intérêts du colon français. En vue de prévenir toutes insoumissions, la France a choisi de brandir l’épouvantail du 11 avril 2011. Tel est le message de la France de François Hollande à la Côte d’Ivoire démocratique. Cette Côte d’Ivoire de plus en plus turbulente, soucieuse de connaitre les véritables résultats de son vote à la présidentielle de novembre 2010. Cette Côte d’Ivoire digne, demeurée jalouse de sa Constitution et de son autonomie. Aussi, Paris veut-il prévenir toute insurrection populaire contre la souffrance qu’il nous inflige depuis le 11 avril 2011. 

Cependant, ce message de la France à l’occasion de la commémoration de la sombre journée du 11 avril, loin de nous attrister, devrait plutôt nous  réjouir. Ce message qui est une insulte à notre conscience démocratique doit nous galvaniser et nous déterminer à l’ultime lutte pour notre restauration. Côte d’Ivoire !!!

Dieu ne nous a t-il pas dit qu’il briserait l’instrument de nos malheurs sans l’aide d’aucune main ? La France n’est-elle pas entrain de te dire que cette prophétie est à son accomplissement? Pourquoi veux-tu te soucier de la suite. Accepte que la France continue de se croire maîtresse de la situation. En réalité, L’Eternel est bel et bien au contrôle des événements de notre pays. Toi, fais silence et observe. Là où la France impérialiste montre tout son désir de perpétuer son ordre de prédation, l’Eternel des armées déclare en Matt 26-31 : « …Je frapperai le berger, et les brebis du troupeau seront dispersées».

Le temps viendra, pour ne pas dire qu’il est déjà venu où Dieu dans sa grande miséricorde frappera le berger du troupeau de nos malheurs. Ce jour là, il reviendra à chacun de nous de se tenir debout avec toute sa dernière énergie pour mettre définitivement fin au règne de la force et de la violence dans notre nation, mettre fin à l’ordre des bombes, l’ordre anticonstitutionnel établi depuis le 11 avril 2011 en un premier temps et réinstaurer l’ordre constitutionnel et démocratique socle de la concorde nationale dans un second temps. Ceci, en vidant le litige électoral qui gangrène la nation.

Ivoirien, prends courage ! L’ultime bataille qui se profile à l’horizon entre toi et la France coloniale appuyée par ses affidés sera rude. Mais, elle n’aura aucune autre issue que la victoire du juste sur le faussaire. Pas de doute ! C’est une grâce Divine.

Seulement, sois prompt, déterminé et solidaire dans l’action. Jusqu’au bout, tu devras aller. Avec témérité, droiture de cœur, dans la vérité et la justice, tu as combattu, espérant en Dieu. Maintenant, l’Eternel ton Dieu te comble de repos. Canaan, enfin, nous y sommes. FOI !!!

Que Dieu nous bénisse !


Fait le 15 Avril 2013


Le Ministre Charles Rodel Dosso

lundi, 15 avril 2013

DECLARATION DE L'AIRD A L'OCCASION DU 2ème ANNIVERSAIRE DU 11 AVRIL 2011

 

AIRD.JPG


11 avril 2011 – 11 avril 2013. Déjà deux ans déjà. Deux ans que la démocratie à l'arme lourde a disloqué des familles, a contraint des centaines de milliers de personnes à emprunter le chemin rocailleux de l'exil extérieur mais aussi intérieur, a endeuillé des régions entières, a mis un coup de frein à l'avenir d'une bonne frange de la jeunesse ivoirienne, a mutilé des hommes et des femmes. Deux ans où peu de discours officiels paraissent crédibles ou audibles, éclaboussés par le passé de leurs auteurs. Deux ans déjà que plus de la moitié de la population ivoirienne a perdu le sourire sur cette «terre d'espérance». Deux ans que la «patrie de la vraie fraternité» que nous rêvions de «forger, unis dans la foi nouvelle» n'est qu'un lointain souvenir.

Deux ans d'emprisonnements sans jugement, ni faute avérée pour la plupart si ce n'est celle d'avoir choisi la Constitution, deux ans d'une justice des vainqueurs qui laissera de grosses plaies sur le visage de la nation. Deux ans durant lesquels la pauvreté s'est accrue pendant que les passations de marchés continuent en dehors des règles existantes, pénalisant ainsi des PME nationales dont de surcroît les dettes envers l’Etat ne sont toujours pas payées, l'insécurité s'est généralisée avec le soutien de l'état aux "dozos", les préoccupations sociales des syndicats sont traitées avec mépris. Deux ans d'une politique d'exacerbation de la cohésion sociale, d'expropriations des paysans et des cadres par un régime pourtant ultra libéral par ailleurs. Deux ans que les organisations de défense des droits de l’homme prêchent dans le désert et questionnent à présent de nombreux soutiens internationaux, etc.

Deux ans! Aucune voix dans le camp des vainqueurs n'a pu dire «assez, nous sommes frères et sœurs». Même pas celle de celle qui se reconnaîtra ici.

En ce jour du souvenir, l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD) salue le courage militant et la constante posture d'homme d'état du président Laurent Gbagbo, son candidat à la dernière élection présidentielle.

Dans les négociations de l'opposition ivoirienne avec le pouvoir, l'AIRD, en liaison  avec de hauts cadres LMP, tout en travaillant à la cohésion au sein du CNRD, s'est également constamment tenue en relation avec le FPI dont nous remercions les dirigeants pour leur coopération militante. Et c'est ensemble que nous avons décidé de ne pas participer à des élections législatives et maintenant locales qui présentent des risques de division du pays, entendu que les leçons de la présidentielle de 2010 n'ont pas instruit les décideurs. C'est donc par amour pour notre pays et dans l'intérêt de l'unité du peuple ivoirien que nous avons dû surseoir à nos légitimes ambitions politiques. Nous l'avons aussi décidé par solidarité avec ceux de nos cadres et camarades en prison, de nos militants qui meurent à petit feu dans les camps de refugiés, de nos centaines de milliers de frères et sœurs contraints à l'exil en violation des dispositions de la Constitution qui l'interdisent.

Le rêve d'une nation s'est-il pour autant envolé? Bien sûr que non, car ce sont bien les épreuves qui forgent une nation et «le modèle de l'espérance promise à l'humanité» est sans doute en construction. Le sang des victimes innocentes devant lequel nous ne nous inclinerons jamais assez ne peut que devenir le mortier de cette grosse bâtisse qu'est la nation. En deux ans, jamais les armes n'ont autant tonné dans ce pays que tout au long de ses 50 ans d'existence cumulés à la période coloniale.

Comme la nature, les convictions ont horreur du vide. Il est donc difficile à ceux qui marchent sur des valeurs et des convictions de se vider sans recevoir en retour un substitut équivalent et compatible avec l'intérêt général, le bien matériel ne pouvant être une conviction.

La vraie question est de savoir, si dans un pays doté d’une constitution, de lois et d'institutions, dont les forces de police et de gendarmerie, et où le port d'arme est réglementé, des individus peuvent parader avec des armes, au motif d'appartenir à un groupe de chasseurs traditionnels, faisant impunément de leurs semblables leurs gibiers en dehors de leur aire géoculturelle? N'est-on pas alors en présence de milices tribales? La question est de savoir comment le fait de lire, dans la table des matières d'un rapport d'Amnesty International «Les Dozos, une milice soutenue par l’État»" pourrait ne pas donner froid au dos des partisans de la république.

Peut-on admettre demain que les "Zos" des "Glae" de l'ouest montagneux paradent dans les mêmes conditions ? Un "dozo" pouvant inspirer un "zo", peut-on accepter à présent que les guerriers des royaumes Akan ou ceux des générations Atchan se livrent à de telles dérives? Le corolaire à ces questions est aussi de savoir si, dans un pays qui aspire à l'émergence dans moins d'une décennie, dans un pays doté de forces régulières de maintien de l'ordre et de la loi, il est acceptable que des milices tribales ou des militaires non immatriculés et inconnus des fichiers de l'armée, puissent servir au maintien du dés-ordre. Gardons-nous de devenir un pays où on ne comptera plus les morts après n'avoir compté que des morts.

A ceux qui, sans doute par compassion en pleine campagne électorale, nous invitent à ne pas bouder notre pays, nous rappelons d'un ton fraternel que ce n'est pas notre pays que nous boudons mais ses prisons que nous boudons. Des prisons qui, vidées de leurs légitimes pensionnaires, semblent réserver à certains des nôtres un accueil dont la chaleur contraste avec le froid de leur innocence, blanche comme la neige.

Nous n'avons de cesse de tendre à notre pays nos mains; certes desséchées par les épreuves d'une justice partiale et aux ordres. Mais nous continuons de les tendre. Elles sont porteuses de rameaux de paix, des rameaux d'une paix sincère, sans la moindre tache de sang. Des rameaux qui ne sont pas au bout d'un canon. Il ne se trouve pas une seule fine lame dans la botte des rameaux car en dépit des rapports fabriqués dans certaines officines, nous sommes foncièrement des hommes et des femmes de paix et des patriotes soucieux du devenir de leur pays. A l'instar de Laurent Gbagbo, notre culture de la transition pacifique est innée en nous et les valeurs de la gauche démocratique dont nous sommes porteurs excluent de notre démarche toute autre solution aux conséquences incalculables…

Au moment où en Europe, l'on ne fait plus mystère du risque du retour des guerres comme conséquence directe d'une crise structurelle, nous ne devons pas perdre de vue que les guerres et les rébellions qui se répandent en Afrique ne sont même pas au profit de leurs animateurs directs, encore moins des peuples africains. En effet, le système politique, économique et financier de gouvernance mondiale actuel est hérité de la seconde guerre mondiale. L'effondrement du communisme le confortant dans son sentiment de suprématie sans partage, ce système a cru en sa viabilité et a cédé à l'arrogance. Aujourd'hui à bout de souffle, il ne se maintient que sous perfusion comme l'atteste la mobilisation régulière de milliards pour sauver des banques. Le continent africain pourrait être un apporteur de solutions en lieu et place de l'éternel rapporteur de problèmes qu'il n'a cessé d'être. Cela suppose que nous ne soyons, ni une pâle copie d'un système occidental agonisant, ni les instruments locaux de sa domination.

Bien sûr, la problématique du développement et de la paix, ne saurait se résumer à un conflit entre continents ou peuples. Il s'agit d'une problématique de consensus autour du meilleur système qui garantit un développement durable dans la solidarité, la justice sociale, l'équité, l'égalité des chances, la liberté, face à d'autres, notamment le système ultralibéral auquel s'attaquent déjà des voix en occident même.

Maintenant que nous sommes tous convaincus qu'il ne suffit pas de dire «c'est notre tour» pour que surgissent les solutions miracles. Maintenant que nous savons que la présence de Laurent Gbagbo à la Haye ne suffit pas à une "degbagboïsation" mais freine notre développement à cause de la tension politique permanente. Maintenant que la réalité nous impose de reconnaître que les fruits n'ont pas tenu les promesses des fleurs et que la pluie des milliards se transforme progressivement en une pluie de désillusions au point que l'argent travaille dans l'opacité de la passation des marchés sans circuler, l'AIRD voudrait en appeler à un sursaut national, à l'amour de la patrie et des valeurs qui fondent la république afin que dans un dialogue sincère et salvateur nous puissions parvenir à une loi de réconciliation nationale, déclinée en trois volets:

  1. une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous,
  2. la reconstruction,
  3. la réparation des préjudices.

Une telle loi, négociée entre les différentes parties avec le soutien d'une représentation équilibrée de la communauté internationale et des organisations de défense des droits de l'homme, créera un cadre de transparence et d'équité et favorisera à coup sûr l’indispensable réconciliation nationale dont l'évocation ne doit pas être un cache-sexe démagogique de l'image gravement ternie du pays. L'AIRD offre sa disponibilité à détailler techniquement sa proposition à toutes les bonnes volontés.


Fait le 11 avril 2013


Pour l'AIRD

Le CODIR (Comité de Direction)

dimanche, 14 avril 2013

ALASSANE OUATTARA, MAITRE ABSOLU DE LA COTE D’IVOIRE

 

côte d'ivoire,alassane ouattara,maître absolu de la côte d’ivoire,alain bouikalo juriste


«Le pouvoir rend fou, le pouvoir absolu rend absolument fou»

Montesquieu


 
Les parlementaires ivoiriens viennent d’accorder –sans surprise- à Ouattara, le droit de gouverner par ordonnance. Ce droit couvre l’année 2013. La compétence déléguée portera essentiellement sur les domaines économique et sociale. En clair pendant pratiquement une année, Ouattara exercera des prérogatives législatives. Les députés –payés à dormir-  n’auront plus à plancher sur la loi de Finances, ni sur des mesures que seul Ouattara jugera « sociales ». L’instrument de cette délégation de pouvoirs, est l’article 75 de la constitution.  A nos yeux,  recourir à cet article  parait inopportune et contrairement aux idées propagées par ses hommes, ce recours est exclusivement destiné à faire de Ouattara le maître absolu de notre pays.

Une initiative inopportune visant à…

Le recours à l’article 75 de notre constitution n’est pas subordonné à la survenance d’un évènement précis. Il annonce simplement que « Le président peut, pour l’exercice de son programme, demander à l’assemblée nationale, l’autorisation de prendre par ordonnance, pendant un délai limité, des mesures qui sont normalement du domaine de la loi… » A tout moment donc, le chef de l’exécutif peut solliciter le parlement sur la question. Au delà du caractère dangereux d’une telle disposition manifestement « trop ouverte »,  notons que la volonté du chef de l’exécutif ne peut être – avec la législature actuelle- arrêtée par la représentation nationale. Il s’agit donc d’une légitimation des dérives de l’exécutif. Mais cette dérive est-elle aujourd’hui opportune ? La réponse d’Adama Bictogo donne froid dans le dos. En effet, il avoue : « face aux nombreuses attentes de la population sur de nombreux projets et vu le temps que pourrait mettre le parlement pour légiférer, le Président a sollicité la représentation nationale.» Voici -sans regarder l’exposé des motifs- l’argument qui fonde le recours à l’article 75. Si l’on s’en tient aux dires de Bictogo, nous seront amenés à conclure que les effets des mesures que prendra Ouattara seront immédiats. En outre, ils contribueront incontestablement à améliorer le quotidien des ivoiriens. Or, il n’a pas encore été démontré qu’une mesure du gouvernement Ouattara a impacté positivement la vie des ivoiriens. Si par un coup de chance, ces mesures devaient impacter positivement les vies, il faudra compter sur le long terme. Pas maintenant. L’on ne connait pas non plus le contenu des mesures à venir. Elles peuvent être soit une diminution de la Tva -ce qui serait un miracle car Ouattara fétichise les normes de l’Uemoa- soit une augmentation des impôts –chose plus plausible- ou encore des privatisations démentielles comme Ouattara sait le faire. En tout Etat de cause, les « attentes des populations » - l’on ne sait sur la base de quel sondage- ne peuvent servir d’arguments. Ouattara devant « légiférer » jusqu’en 2013, n’apporte rien dans la mesure où la deuxième session parlementaire –session budgétaire- ferme le 31 Décembre 2013. Il est clair que c’est à tort que le Député-candidat aux municipales, parle d’ «avancée démocratique ».

Voyons du côté de la représentation nationale. Ouattara avait-il de fortes chances de voir ses réformes subir le refus des députés ? Aucunement. La législature actuelle, contrairement aux incantations de son Président, est « servile et soumise ». Elle ne peut être soupçonnée d’être un contre pouvoir. Bien au contraire, elle accompagne le pouvoir. Même dans ses dérives. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à considérer le ridicule jeu de l’âne du Buridan auquel se sont adonnés les députés lors de l’examen du projet de loi relatif au mariage. Ils ont oscillé entre l’exercice du droit à l’amendement et l’exécution d’un mandat impératif. En définitive, le mandat impératif l’emporta, emportant en conséquence, la maigre crédibilité de l’institution. Et puis, la constitution reconnait au chef de l’exécutif, le droit de mettre en vigueur par ordonnance, la loi de finances « si l’Assemblée Nationale ne s’est pas prononcée dans un délai de soixante-dix jours »(art 80). Voici une autre brèche favorable à Ouattara, si par extraordinaire les députés « accompagnateurs du pouvoir » venaient à avoir un sursaut d’orgueil. Mais pourquoi a-t-il tenu à devenir un « législateur délégué » ?

…transformer Ouattara en maître absolu

Ce nouveau « coup » fait du chef de l’exécutif un maître absolu d’autant que déjà, il avait réussi à caporaliser la justice, la transformant en une institution dépendante de sa théorie de « la justice des vainqueurs ». Dans son application, elle consiste à épargner minutieusement les criminels du camp Ouattara. Pour les adeptes de cette théorie, l’on devrait laisser la justice travailler à son rythme. Quel est donc ce rythme ? Emprisonner les partisans de Gbagbo. On nous objectera que ce n’est qu’une vue de l’esprit et que l’exécutif ne serait pas le « donneur d’ordre ». On pourrait le croire si des exemples et non des moindres, ne crevaient pas les yeux. Saisissons au vol le nombre de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire. 505 prisonniers pro-Gbagbo contre 0 prisonnier pro-Ouattara. Plus de 1000 exilés et réfugiés pro-Gbagbo constamment menacés par la justice ivoirienne. Leur sort est bien résumé par Kandia Camara, Ministre de l’Education nationale. En effet, s’adressant récemment aux enseignants grévistes, la Ministre a lâché : « Tous ceux qui seront arrêtés seront jugés et condamnés ». Ce membre de l’exécutif, loin de vouloir intimider, annonçait clairement l’Etat d’esprit du pouvoir pour qui la présomption d’innocence ou la chance d’être innocenté n’existe guère. Quant il s’agit de réprimer ceux qui refusent de rentrer dans les rangs. Même si cette phrase tombe en retard, elle confirme la théorie au nom de laquelle seul un camp se trouve en prison et l’autre, qui n’est pas pauvre en criminels de guerre, régulièrement indexés par les rapports d’organisation de défense des droits de l’homme, mène une vie paisible dans les salons du pouvoir.

Mais bien avant la mise sous coupole de la justice, Ouattara le chef de l’exécutif, se comportait comme un véritable empereur. Il jouit des pouvoirs exorbitants que lui accorde la constitution: Chef de l’administration, chef de l’armée. Au nom de ces pouvoirs il nomme seul, démet seul. Il parvient même à « voler » certaines compétences, à faire un abus de pouvoir. Il a démis la quasi-totalité des élus du FPI. Les maires ont été remplacés par d’autres acquis à la cause du pouvoir. Les députés ont été démis et privés de salaires, les conseils généraux ont été dissous par décret. Ouattara a même jugé, à un moment, que ses députés n’avaient pas le droit de ramer à contre courant. Son gouvernement fut dissous pour réprimer les députés récalcitrants. Il est le chef du conseil supérieur de la magistrature. Il est « le père » de la justice à double vitesse connue sous le nom de justice des vainqueurs.

Le fait pour lui, de « légiférer », s’annonce comme l’achèvement d’un processus d’accaparement de pouvoirs longtemps goupillé dans le secret. On peut désormais être certain, Ouattara est bel et bien le maître absolu de la Côte d’Ivoire. Il a l’exécutif. Il bénéficie des largesses des députés dans les autres matières et dans les matières économiques et sociales, pioche « légalement » dans le domaine de la loi. Il a la justice sous ses ordres. Il est le maître absolu.


Alain Bouikalo, Juriste

samedi, 13 avril 2013

LES EX-DEMOBILISES FRCI DE BOUAKE REFERMENT LE CORRIDOR SUD DE BOUAKE, CE MATIN

 

côte d'ivoire,les ex-démobilisés frci de bouaké referment le corridor sud de b,le blog de alain doh bi

 

BOUAKE - 09h12 mn, Samedi 13 Avril 2013, les ex-démobilisés FRCI ferment encore le corridor sud de la ville de Bouaké. Ils menacent d'occuper toutes les zones CNO, si leurs revendications ne sont pas prises en compte, a-t-on appris des témoins résidents dans la ville de Bouaké.

"Toute la journée d’hier (vendredi 12 avril, ndlr), les négociations entre l’ONUCI et les leaders du mouvement des ex-démobilisés, se sont soldées par un échec. Ils sont revenus à la charge ce matin pour fermer le Corridor Sud", a témoigné un proche d’un ex-démobilisé.

"Nous exigeons que les 20 à 40 millions de FCFA qui nous ont été promis à chacun lors de notre enrôlement pour aller combattre les FDS à Abidjan, soient payés. Soit on nous paye, soit on nous enrôle tous dans la nouvelle armée" a proclamé haut et fort un leader du mouvement des ex-démobilisés devant les voyageurs bloqués au corridor-Sud de Bouaké à 09h12mn.

"Si quelqu'un ose nous attaquer, nous allons occuper toutes les zones Centre-Nord-Ouest de la Côte d'Ivoire", lancent les ex-démobilisés, nouveaux maîtres du Corridor sud de Bouaké.

La tension reste toujours vive au corridor-Sud de Bouaké et au moment où nous mettions cet article en ligne, personne ne pouvait ni sortir, ni entrer dans la ville de Bouaké, située à 379km au Nord d’Abidjan.


Source: Le blog d´Alain Doh Bi

côte d'ivoire,les ex-démobilisés frci de bouaké referment le corridor sud de b,le blog de alain doh bi


Déçus par le régime Ouattara, les ex-combattants démobilisés bloquent l’accès à la ville de Bouaké

 

BOUAKE - Depuis 9h, ce jeudi matin, l’entrée sud de la ville de Bouaké est tenue par des ex-combattants démobilisés. Ils empêchent tous les véhicules d’entrer ou de sortir de la ville.

‘'Le Président Ouattara nous a utilisés et une fois au pouvoir, il nous a laissés tomber. C’est pourquoi, nous allons poursuivre notre mouvement jusqu'à ce que le président nous entende'' scandaient les manifestants au Corridor sud de Bouaké devant les voyageurs bloqués dans les véhicules audit corridor.

"Nous exigeons que l'argent qui nous a été promis, lors de notre enrolement pour aller combattre les FDS, soit payé", a clarifié un leader du mouvement.

Le déploiement des casques bleus de l’ONUCI, aux environs de 12h pour contraindre les ex-combattants à libérer le corridor a été vain.

La ville de Bouaké, autrefois fief de la rébellion de 2002 à 379 km au Nord d'Abidjan, était dans une situation confuse en début d'après-midi. Les pourparlers entre les envoyés du régime vers les combattants qui ont été armés pour déstabiliser la Côte d’Ivoire continuent encore à Bouaké au moment où nous mettions cet article en ligne.


Source: Le blog d´Alain Doh Bi

ENTRETIEN HOLLANDE-OUATTARA: CE QUI A FILTRE

ALASSANE OUATTARA A L´ELYSEE.jpg


Le président de la République a reçu cet après-midi à l’Elysée, M. Alassane OUATTARA, président de la République de Côte d’Ivoire.

Les deux présidents ont évoqué la situation au Mali et sont convenus de tout faire pour que le calendrier des élections soit tenu. Ils ont salué la mise en place de la Commission nationale de dialogue et de réconciliation qui doit jouer un rôle clé pour favoriser le retour à l’unité et à la stabilité du Mali. La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest, dont la Côte d’Ivoire assure la présidence, poursuivra ses efforts pour aider le Mali en s’appuyant notamment sur la médiation burkinabé. Ils ont évoqué les progrès des discussions au Conseil de sécurité à New York pour la transformation de la Mission internationale de soutien au Mali (MISMA) sous conduite africaine en opération de stabilisation des Nations Unies.

Ils ont également décidé que nos deux pays travailleraient en étroite concertation pour préparer la Conférence internationale sur le développement du Mali qui se réunira le 15 mai prochain à Bruxelles.

S’agissant des relations bilatérales franco-ivoiriennes, ils ont fait un point d’étape sur la mise en œuvre du contrat de désendettement-développement (C2D), signé le 1er décembre 2012 entre les deux pays. Le président de la République a encouragé les autorités ivoiriennes à poursuivre les réformes engagées dans le domaine de la sécurité, de la réconciliation et du dialogue politique.


Source: ELYSEE.FR

ALASSANE OUATTARA A L´ELYSEE 2.jpg


Alassane Dramane Ouattara, le chef de l’Etat ivoirien, a été reçu aujourd’hui 11 avril 2013 par le Président français, François Hollande, malgré un état de santé inquiétant, selon plusieurs sources.

De source diplomatique très crédible, Alassane Ouattara aurait été recadré vertement par François Hollande, qui se serait plaint avec sévérité de la dérive dictatoriale de son régime, des violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, de l’impunité de son armée, de la présence d’une justice à deux vitesses ou justice des vainqueurs, et lui aurait demandé avec insistance, d’y mettre fin.

La date du 11 avril choisie par Hollande pour recevoir Ouattara n’est pas passée inaperçue, et est même très symbolique. Car c’est le 11 avril 2011 que les troupes françaises du Président Nicolas Sarkozy, proche de Ouattara, franchirent les portes du palais présidentiel d’Abidjan-Cocody, pour arrêter et kidnapper le Président Laurent Gbagbo, son épouse Simone Ehivet Gbagbo, son fils Michel Gbagbo, et plusieurs de leurs proches.

Et c’est ce 11 avril 2013 qu’aura choisi le Président François Hollande pour quasiment signifier la fin de la récréation à Ouattara sur les violations des droits de l’homme par son régime, l’impunité des FRCI et des dozos, et sur la présence d’une justice partiale à sens unique, dirigée contre Laurent Gbagbo et ses proches.

Selon notre source, les échanges entre les deux hommes auraient été très toniques.

Avec le recadrage de Ouattara par Hollande aujourd’hui, c’est la série noire pour Ouattara qui amorce une véritable descente aux enfers.

En effet, cette semaine, Norbert Navarro de Jeune RFI et François Soudan, directeur de la rédaction de Jeune Afrique, dans une émission de RFI dimanche, évoquaient pour la première fois, le lâchage de Ouattara par les réseaux maçonniques pour son manque de vertu, et pour les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire.

Avant eux, c’est Human rights watch qui a dénoncé la semaine dernière, la partialité de la CPI, la non tenue des promesses par Ouattara qui applique une justice à sens unique dans son pays, évitant soigneusement d’épingler son propre camp, et recommandé à la Communauté internationale, l’asphyxie financière du régime jusqu’à ce que le changement intervienne.

 

Catherine Balineau


Source: IVOIREBUSINESS.NET


Lu sur RESISTANCE COTE D´IVOIRE ISRAEL

vendredi, 12 avril 2013

OUTTARA A L’ELYSEE LE 11 AVRIL 2013: DES RETROUVAILLES POUR FETER L’ARRESTATION DE GBAGBO?!

 

côte d'ivoire,outtara a l’elysee le 11 avril 2013,des retrouvailles pour fÊter l’arrestation de gbagbo?!,nda adjoua suzanne


 
Tout grand événement se commémore: les hommes ont pris l’habitude de se souvenir, par l’organisation de manifestations festives ou de recueillement, telles les célébrations des anniversaires de naissance, de mariage ou de décès, tous les faits importants qui meublent la vie. Il est également important, pour les nations, de commémorer les événements important de leur histoire. C’est ce qui explique les fêtes nationales et autres manifestations au sommet de l’Etat.

En Côte d’Ivoire, la date du 11 avril doit être marquée d’une pierre blanche: c’est ce jour de l’année 2011 que la France a parachevé son coup d’Etat en Côte d’Ivoire, après avoir pilonné la résidence présidentielle de façon continue, massacrant des milliers des jeunes Ivoiriens, femmes et enfants se massant autour de la résidence de leur président, dans l’espoir candide que leur présence puisse dissuader les tueurs de l’armée de France.

Le 11 avril est, par conséquent, pour beaucoup d’Ivoiriens, un jour de deuil. Ce jour n’en reste pas moins pour d’autres un jour de gloire... Reste qu’au niveau de la nation ivoirienne, la cohésion est si loin qu’on ne peut pas encore commémorer officiellement cette date. Quant à ce qui est de la France, l’actrice principale de l’événement qui singularise cette date, il importe pour les autorités de gérer les informations concernant le 11 avril de la Côte d’Ivoire avec tact, dans la pure tradition des « médias mensonges ».

Toutefois, on peut faire la fête avec l’homme qu’on a placé au pouvoir! Histoire sans doute de lui demander des comptes sur les missions qu’on lui a confiées, pour le féliciter de bien faire ce pour quoi on l’a commis, ou bien pour lui montrer les voies dans lesquelles doit aller sont action. C’est peut-être ce qui explique que Monsieur Hollande, le président normal de la France reçoive, ce 11 avril 2013, Monsieur Ouattara de Côte d’Ivoire. Il s’agit assurément de retrouvailles, pour célébrer un événement qui fait la fierté des deux hommes !

De fait, l’éviction de Laurent Gbagbo a pris une bonne dizaine d’années aux différents gouvernements de France et on comprend parfaitement que le président de ce pays qui, avant d’être aux affaire clamait que Laurent Gbagbo n’était pas « fréquentable », soit heureux de fêter la chute de chef d’Etat ivoirien par les bombes et autres obus de on pays ! On comprend donc le sens de la présence du président de la Côte d’Ivoire avec celui de la France, pour célébrer l’arrestation et l’emprisonnement de Laurent Gbagbo.

Il n’y aurait donc rien d’autre à dire que « bonne fête, messieurs les présidents », si cette célébration ne contrastait pas tant avec l’idée que, contre vents et marrées, chacun voudrait se faire de l’éthique et de la morale dans la gestion des hommes et des Etats…

Que Dieu nous garde !


Nda Adjoua Suzanne

Enseignante

11 AVRIL 2011 EN COTE D’IVOIRE: LE JOUR DE LA FIN?!

RESIDENCE GBAGBO.jpg


 
Depuis plus d’une vingtaine d’années, la Côte d’Ivoire ploie sous les coups de boutoirs de ceux qui ont décidé de faire une entorse grave à l’histoire de ce pays. Durant plus de 20 ans, des actions agressives de toutes sortes, à objectif de déstabiliser l’Etat, allant de la guerre du cacao jusqu’à l’accompagnement dans la mort du vieux président Houphouët-Boigny, puis des coups d’Etat,  ont été menées. Le pays résista, farouchement, avec ses fils et filles, dans la dignité, jusqu’à cette journée fatidique du 11 avril 2011. Un jour de deuil ! Dans tous les sens de cette assertion ! Un jour de crise pour toutes les valeurs enseignées de générations en générations, pour l’équilibre des sociétés et du monde ! Alors, déroutés, déboussolés, désorientés dans les fondements que nous croyions les plus sûrs, nous en arrivâmes à nous demander si ce jour était le jour de la fin ! Etions-nous à la fin de tous nos semblants de certitudes, la fin de toutes nos espérances, la fin de toutes nos illusions ?...On a pu le croire : l’onde de choc qui nous atteignit était si violente qu’il était devenu probable que nous arrivions à la fin de tout. Et pourtant, rien n’est certain dans la situation actuelle.

Les agresseurs du pays et leurs obligés sont-ils si heureux de leur coup?

Les dirigeants occidentaux et leurs relais régionaux, ceux qui ont prêté leurs armes et leurs soldats, leur presse et leurs arcanes diplomatiques, devraient jubiler maintenant. Ils continuent, aujourd’hui encore, par leurs larbins locaux et autres eunuques zélés,  de massacrer sans aucune pudeur tous ceux qui ne sont pas de leur camp ou ne les applaudissent pas de tous les membres. Et la communication, les canaux d’information, qu’ils tiennent captifs, pour leurs désirs de vampires, distillent à travers le monde le venin du mensonge grossier et criminel, faisant passer les bourreaux pour les victimes et les victimes pour des riens dont il n’y a aucun raison de se préoccuper ! Ils ont décidé de fixer à trois milles (3.000) le nombre des victimes de leur agression contre notre pays ! Un nombre arbitraire, comme toutes leurs actions qui tendent à transformer le monde en une jungle primitive où seul a raison celui qui tue le plus !  La communauté internationale ! Leur création tout aussi arbitraire, se gargarise de leurs mensonges sadiques, et on traite de tous les noms le président Laurent Gbagbo, l’homme que le peuple de Côte d’Ivoire s’est choisi à la tête de son Etat ! S’étant transformés en dieux au-dessus de Dieu, pour le malheur de l’humanité, comme aux origines, Lucifer voulut se mettre au-dessus du Créateur, les occidentaux mènent leurs « crimes contre l’humanité » et attribuent les pires rôles à des innocents qui n’ont de tort que celui vouloir exister en tant que personnes humaines ayant une identité propre ! Les plus zélés dans les crimes au profit de l’occident sont récompensés : Beugré Mambé est bombardé gouverneur d’Abidjan, pour avoir voulu, toute honte bue, grossir le nombre des électeurs au profit du pion de l’imposture ! On l’avait pris la main dans le sac et il avait été remplacé par Youssouf Bakayoko, qui se révéla pire et reste aujourd’hui « indéboulonnable » à la CEI, pour avoir réussi la plus grossière malhonnêteté de l’histoire du pays ! Cet homme continue allègrement la ronde des parodies d’élections dans le pays. Les autorités de l’occident semblent maintenant rire jaune : leur situation n’est pas meilleure qu’avant le coup ! Et tous leurs pantins de supporters n’ont pas vraiment part au gâteau du crime contre la Côte d’Ivoire : ils sont nombreux, sur le terrain, ceux d’entre ces supporters aveugles, qui subissent avec nous toute la misère réservée à la terre de nos ancêtres pour le bonheur de l’étranger.

La Côte d’Ivoire, une victime résignée?

La Côte d’Ivoire souffre, c’est le moins que l’’on puisse dire, de l’imposture à elle imposée. Mais il ne sera pas dit que la nation ivoirienne aura disparu de la surface de la terre, par la volonté des impérialistes sans cœur et leurs serviteurs zélés. C’est vrai que ce qui arrive à notre pays est inimaginable et s’inscrit en dehors de tout bon sens ; mais c’est pour cela que notre situation n’en restera pas là ! Le 11 avril 2011 est certes un jour fatidique, c’est même un jour de la fin de nos illusions, par rapport à bien des choses ! Mais ce n’est assurément pas le jour de la fin de la Côte d’Ivoire ! Ce pays ne se résignera jamais à subir une situation aussi inacceptable que celle qui lui est faite aujourd’hui. Car, au-delà de toutes les apparences, il existe une nation ivoirienne qui saura se départir de tous les gênes de déconstruction qui ont été posés pour, dans un sursaut patriotique, rebondir et renaître des cendres de l’imposture. Oui !  Du nord au sud et de l’est à l’ouest, les fils et les filles de ce pays ne perdront pas de vue tout le mal que l’ennemi fait. Ils sauront en tirer les leçons qu’il faut, pour repartir d’un bon pied ! Nous sommes nombreux à savoir que notre pays, notre nation trouvera les ressources nécessaires pour vaincre le mal qu’on lui fait, alors le monde entier sera surpris de la reprise dont le temps n’est plus loin !

Le 11 avril 2011 est le jour d’un nouveau départ!

Une nation est définie comme « une communauté humaine caractérisée par la conscience de son identité historique ou culturelle ». La nation ivoirienne en construction a comme point focal de son histoire la colonisation française. Or ce qui nous arrive depuis ces 25 dernières années n’est le fait que de cette colonisation. C’est le temps d’une génération, même si l’on considère que les effets se prolongeront encore quelques années. Certes le facteur division a été mis en avant par le colonisateur, pour nous affaiblir et mieux nous asservir, mais nous avons l’intelligence nécessaire pour dépasser les clivages souvent artificiels, érigés par l’impérialiste, et aller de l’avant.

Toute histoire fonctionne comme un récit et les chocs événementiels constituent les perturbations qui engendrent les péripéties de la narration. Autrement dit, les chocs font que l’histoire va dans un sens ou dans un autre. Si nous en sommes arrivés aux extrémités actuelles, c’est que notre histoire n’avait pas une si bonne orientation ! Il s’agit donc de tirer les leçons de cette immense crise, pour donner l’orientation qu’il faut à la vie de notre nation. Au demeurant, le tort qui est fait à la Côte d’Ivoire ressemble à l’ouverture de la « boîte de pandore », tant la ruse de l’impérialisme cachait à la majorité les desseins vampiriques du colonisateur. C’est à nous qu’il revient de ne pas perdre de vue l’essentiel qui est que la Côte d’Ivoire, c’est un peu plus de 332. 000km2, avec un peuple affable et hospitalier (en tout cas en majorité), à la culture pluriel,  une terre riche  et généreuse, avec une histoire dans laquelle les cruautés colonialistes tiennent une grande place. Nous ne devons jamais oublier que notre bonheur ne viendra jamais de l’autre qui n’a d’ambition que celle de s’approprier l’héritage de nos ancêtres ! Nous qui sommes de la génération d’avant la FESCI, nous savons ce qu’est la Côte d’Ivoire, un pays où l’ethnie n’a de sens que pour les taquineries amusantes du genre « le Bété a digba (gros) mollets », « L’Adjoukrou mange l’ atiéké sans boire de l’eau », « le Tagbana a de petits pieds (jambes) »… Et nous avons la capacité de faire le bond qualitatif, en laissant de côté toute rancœur, pour nous rassembler, à partir du tort d’indicible ingratitude qui nous est fait, pour recoller les morceaux en vue  d’une Côte d’Ivoire plus rassemblée et plus prospère.

Que Dieu nous assiste !


BEDI HOLY, Enseignant

APPEL A LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE RELATIVEMENT A L'EXCLUSION DU FPI DU JEU ELECTORAL PAR LE REGIME OUATTARA

 

MIAKA OURETO.jpg

Appel No 001/2013


Le pouvoir Ouattara, en décidant d’exclure le FPI du scrutin législatif en décembre 2011 sans avoir été interpellé par vous, et maintenant, en l’excluant encore du jeu électoral, relativement aux scrutins locaux, prend rendez-vous avec l’histoire en se rendant coupable d’une grave dérive totalitaire.

Ce pouvoir, installé à coups de bombes au nom de la démocratie au détriment du FPI, refuse d’appliquer les termes de la résolution 2062 du 17 juillet 2012 que vous avez produite au nom de l’ONU.

Il est encore temps d’arrêter ce cavalier seul du RDR et du RHDP qui conduit inexorablement la Côte d’Ivoire vers un régime de parti unique, ce qui constituerait pour nous, un recul de près d’un quart de siècle.

L’ONU et son Conseil de Sécurité jouent, à ce tournant  de l’histoire de notre pays, leur crédibilité et ne peuvent plus s’autoriser sans dommage à produire des résolutions contre le seul camp Gbagbo. Tout comme, au demeurant, la Cour Pénale Internationale joue également sa crédibilité, dans un éventuel procès, qui ne visera que Laurent Gbagbo seul.

Le Front Populaire Ivoirien vous prend donc à témoin, en vous informant en même temps qu’il ne se taira pas, ni face à la dérive totalitaire du pouvoir Ouattara, ni lors de l’éventuel procès de Laurent Gbagbo, où il y a tant à dire sur toutes les complicités inavouables, lors de la crise électorale et post électorale.

 

Abidjan, le 11 avril 2013

Le Président par intérim


MIAKA Ouretto

jeudi, 11 avril 2013

11 AVRIL 2011–11 AVRIL 2013: DEUX ANS APRES LE COUP D'ETAT DE LA FRANCE EN COTE D’IVOIRE

 

SOLDATS FRANçAIS AVEC UN SYMBOLE DE L'ETAT IVOIRIEN.jpg

 
"J'ai été arrêté sous les bombes françaises. Le 11 avril, une cinquantaine de chars français encerclaient ma résidence pendant que les hélicoptères bombardaient. C'est l'armée française qui a fait le travail et elle m'a remis aux forces d'Alassane Ouattara, qui n'étaient pas encore les forces régulières." (Extrait de l’intervention de Laurent GBAGBO du 05 décembre 2011 devant la CPI)
 
« Nous avons besoin de la démocratie...La démocratie, c’est le respect des textes. Qui ne respecte pas le Constitution, n’est pas démocrate. C’est parce que j’ai respecté la Constitution que je suis ici. Je compte sur vous parce que je souhaite que tous les Africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici devant la Cour, devant la prison, qui sont dans leurs pays en train de manifester, en train de marcher, tous ces africains-là comprennent que le salut pour les Etats africains, c’est le respect des Constitutions que nous nous donnons et des lois qui en découlent. » (Extrait de l’intervention de Laurent GBAGBO du 28 février 2013 devant la CPI)
 
 
Liste non exhaustive des manifestations multipolaires et multiformes prévues dans le cadre de cette douloureuse commémoration :

Sur PARIS :
Pendant que le Président Hollande reçoit OUATTARA à l'Elysée après avoir reçu NGUESSO, BONGO, COMPAORE, DEBY,... contrairement à ses promesse de rupture avec la Françafrique (France-à-fric !), nous manifesterons devant l'Assemblée Nationale pour rappeler les Députés à leur devoir de contrôle de l'activité gouvernementale surtout en matière de politique étrantère car ne l'oublions pas, la France agit au nom du peuple français, donc en votre nom. Car n'oublions pas : "Qui est neutre dans une injustice prend le parti de l'oppresseur". Desmond TUTU
 



11 avril 2011 - 11 avril 2013, cela fait deux ans que la France a réussi son coup d'Etat en arrêtant et en déportant le Président légitime Laurent GBAGBO. En ce triste 11 avril indignons-nous et protestons devant l'Assemblée Nationale (L12) contre cette énième violation de notre souveraineté par la France. Une motion sera à nouveau déposée.

RDV Place Edouard Herriot de 14h30 à 19h



http://3.bp.blogspot.com/-w7B-0yGFdNM/UWVITWmr7tI/AAAAAAAABnc/vTdbuR_SzTw/s1600/marche+europ%C3%A9enne+13+avril+2013.png

Et à 19h30 tous à la Bastille avec nos bougies !
Contacts : 06 69 49 40 06 / 06 68 38 21 03 / 07 78 19 49 99
 
 
GRANDE MARCHE EUROPEENNE DE LA DIASPORA AFRICAINE
POUR LA LIBERATION du Président Laurent GBAGBO

Du 19 au 28 février dernier, la CPI (Cour Pénale Internationale) ouvrait le dossier concernant le Président Laurent GBAGBO en audience de confirmation des charges. La CPI donnera son verdict dans un délai de 60 jours à compter du 28 mars 2013.

« Nous avons besoin de la démocratie... La démocratie, c’est le respect des textes. Qui ne respecte pas la Constitution n’est pas démocrate. » Extrait de l'intervention du Président Laurent GBAGBO du jeudi 28 février 2013 devant la CPI.
 
Voici bientôt deux ans que Laurent GBAGBO se trouve à la Haye, deux ans que l’Etat de droit a cessé d’être en Côte d’Ivoire, deux ans que la  Constitution ivoirienne est constamment piétinée…  Et pourtant nous sommes debout… Et pourtant nous marchons et nous allons continuer de marcher pour dénoncer cette injustice.
 
Nous, organisations et mouvements associatifs, syndicaux et politiques de la diaspora, avons décidé d’organiser une grande marche européenne unitaire le samedi 13 avril 2013 à Paris pour demander la libération immédiate et sans condition du Président Laurent GBAGBO et des autres prisonniers politiques injustement incarcérés en Côte d’Ivoire.
 
Nous appelons donc toute la Diaspora africaine en Europe, les démocrates de tous les continents, toutes les personnes éprises de paix, de liberté et de justice à cette grande marche européenne le samedi 13 avril 2013 de  12h à 20 h 30.
 
Lieu de rassemblement : place de Clichy (métro lignes 2 et 13)                                                        
 
Lieu d’arrivée de la marche : place de Stalingrad (métro lignes 5 et 7)
 
Contacts : 00336 02 50 18 14 / 00336 66 71 43 15 / euromarche13avril2013@yahoo.fr

Vive l’Afrique libre et indépendante pour que vive une Côte d’Ivoire juste et paisible !
 
Le comité d’organisation

A LA HAYE :
 
 
En COTE D’IVOIRE :

LUNDI 8 AVRIL 2013

 
 
 
Mme Agoh Marthe et le C.N.R.D convoquent une grande journée de mobilisation le 12 avril 2013.

 
Question: Le Vendredi 12 Avril 2013, le C.N.R.D organise une journée de rassemblement pour le Résistance Démocratique ; Pourquoi une telle journée ?

Mme Agoh Marthe: Le CNRD organise cette journée principalement pour deux raisons : d’abord pour exorciser la mémoire collective par rapport aux évènements dramatiques du 11 Avril 2011.

Ensuite, pour réaffirmer notre rêve pour la démocratie vraie en Côte d’Ivoire, car nous croyons, comme le Président Laurent Gbagbo, que c’est la « seule voie de salut » pour le peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité ethnique et culturelle.
 
Q.: Pouvez-vous nous dire un peu comment cela va se passer

Mme Agoh Marthe: Il s’agit avant tout d’une fête populaire avec des chants, des danses, des sketchs…ponctués de messages sur la démocratie.

Aussi souhaitons-nous que nos compatriotes épris de Justice, de Vérité, de Paix, rêvant d’ « une patrie de la vraie fraternité », viennent nombreux à cette journée pour communier avec le Chantre de la Démocratie qu’est Laurent Gbagbo. C’est pourquoi nous invitons particulièrement chansonniers et autres humoristes.
 
Q.: Nous constatons que le C.N.R.D rêve encore de Démocratie, malgré ce qui s’est passé en Avril 2011… 

Mme Agoh Marthe: Il convient de souligner que ce qui s’est passé dans notre pays en Avril 2011 n’a rien avoir avec la Démocratie. 

En démocratie, on se réfère toujours au peuple, donc aux institutions qui l’incarnent. Or, comme l’a dit le Président Laurent GBAGBO lors de sa première comparution devant les Juges de la CPI, « c’est l’armée française qui a fait le travail ». Le peuple souverain de Côte d’Ivoire a confié sa défense exclusivement aux forces de défense et de sécurité nationales dans les conditions déterminées par la Loi (Article 24 de la Constitution), et non à l’armée française.
 
Q.: Voulez-vous dire qu’aucune force étrangère ne doit intervenir en Côte d’Ivoire ?

Mme Agoh Marthe: En principe, non.
 
Q.: Mais alors, expliquez-nous la présence des forces militaires françaises et Onusiennes sur le territoire de la République de Côte d’Ivoire.

Mme Agoh Marthe: La présence des forces militaires françaises résulte d’accords de défense pour soutenir l’Armée ivoirienne en cas d’agression extérieure du territoire national. Ce n’est donc pas pour intervenir dans le contentieux électoral contre un des candidats, et de surcroît contre l’Armée Nationale.
 
Quant aux forces Onusiennes, elles-mêmes ne se nomment-t-elles pas «forces impartiales d’interposition»? Elles sont donc là pour s’interposer et non pour prendre partie pour un camp. Or, ce n’est pas ce que nous avons constaté.
 
Il est donc clair que ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire durant la crise post-électorale n’a rien à voir avec les règles et les principes de la Démocratie. C’est simplement la loi du plus fort qui s’est imposée au peuple et à l’Etat de Côte d’Ivoire représenté à l’époque par le Président Laurent Gbagbo.
Précisons en passant que la Démocratie n’est pas un régime politique inconnu de l’Afrique traditionnelle; ici en Côte d’Ivoire, il y a des peuples qui pratiquent la gouvernance démocratique. 
 
Q.: Revenons donc au rêve de Démocratie du C.N.R.D.
 
Mme Agoh Marthe: Ok, Pour le C.N.R.D, la Démocratie bien assimilée et bien pratiquée est le moyen le plus sûr d’éviter les conflits sociaux dans la Nation.
 
En effet, la Démocratie signifie que le pouvoir appartient au peuple ; et cela suppose que la majorité des personnes vivant sur un territoire donné sont d’accord pour se soumettre aux lois et institutions communes, lesquelles prévoient tous les mécanismes de règlement des conflits.
 
Q.: C’est donc pour éviter les conflits, notamment les guerres civiles que vous tenez tant à la Démocratie?

Mme Agoh Marthe: Écoutez! Qui peut être heureux dans les remous, les conflits, la guerre? Non seulement la Paix est nécessaire pour la quiétude de tous, mais sans la Paix, il n’y a pas de développement. Regardez la Côte d’Ivoire aujourd’hui, la misère économique est telle qu’on ne parle plus de «panier de la ménagère» qui se vide, mais de «sachet de la ménagère», à cause de la situation conflictuelle qui perdure. 
 
Ainsi, outre la recherche de la Paix, le système démocratique offre la meilleure voie d’accès au progrès, à la prospérité pour tous. En effet, en Démocratie, la liberté et l’égalité de tous en Droit confèrent au peuple les moyens de décider des orientations de la politique de développement, à travers le libre choix de ses gouvernants, et de contrôler l’exercice du Pouvoir par la liberté d’expression.
 
C’est pourquoi nous exhortons les peuples d’Afrique à refuser de légitimer les dirigeants imposés de l’extérieur par les armes.
 
Q.: Un dernier mot ?

Mme Agoh Marthe: En guise de conclusion, permettez que nous citions un passage du livre de Monsieur Laurent Gbagbo intitulé ‘ Côte d’Ivoire – Bâtir la Paix sur la Démocratie et la Prospérité ‘(page 11) : «Ce que nous avions cru impensable s’est donc produit. Il y a eu la guerre en Côte d’Ivoire. Il y a eu des morts, des vies brisées, des déplacés de guerre et des réfugiés. Nous avons constaté qu’avec la guerre, nous étions tous menacés dans les mêmes droits élémentaires. Quelles que soient nos appartenances régionales, religieuses ou politiques, quelles que soient nos positions sur la guerre elle-même, nous avons frôlé une catastrophe collective. Notre pays, la Côte d’Ivoire, a failli sombrer dans le chaos. Mais les peuples entrent en action quand l’histoire l’exige. Les peuples se mobilisent toujours pour sauver les nations du péril. Le peuple ivoirien s’est dressé pour opposer au mauvais destin une même volonté résolue. Il a refusé la régression et nous sommes restés debout.»
 
C’est pourquoi, aujourd’hui plus qu’hier, le Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (dernière création de Laurent Gbagbo) invite les Ivoiriens et les Ivoiriennes à la Journée de Rassemblement pour la Résistance Démocratique du Vendredi 12 Avril 2013 !
 
En ITALIE :


    


Aux ETATS-UNIS :
Grande Manif des organisations et personnalités Américaines contre Ouattara, au siège de Cargill
 

 

 
J'ai le grand plaisir de vous informer que le Cri Panafricain-USA compte protester contre le géant de l’agro-alimentaire American, Cargill qui est la première compagnie américaine impliquée dans l’exportation du cacao ivoirien, première source de revenue du régime Ouattara. Je suis particulièrement convaincu que pour faire tomber le régime Ouattara sans un seul coup de fusil, il nous faut mettre pression sur les compagnies qui font business avec Ouattara.
 
Sur ma proposition, ANSWER Coalition a accepté d’ajouter le siège de Cargill à Washington DC au trajet de la grande marche contre la présence des drones Américains dans le monde, qui aura lieu le 13 Avril 2013 à la Maison Blanche à Washington DC.
 
Devant donc le siège de Cargill, toutes ces organisations américaines vont protester contre le régime Ouattara et le soutien du gouvernement Américain et des multinationales Américaines a ce régime sanguinaires et génocidaire qui tyrannisent les ivoiriens.
 
Chers patriotes ivoiriens des USA, je fais tout pour attirer les activités et organisations américaines a soutenir notre lutte, mais seul je suis impuissant si vous ne faite pas l’effort de sacrifier de votre temps ce Samedi 13 Avril 2013 qui est proche de la date du 11 Avril, jour que notre pays a été arrache a notre peuple par la France, les USA, et ces multinationales comme Cargill et cela a travers leur valet Ouattara Alassane de Sindou Burkina Faso.
 
Patriotes Ivoiriens des USA, rendez vous donc devant la Maison Blanche et ensuite devant le siège de Cargill, a 1030 15th St, Washington, DC ce Samedi 13 Avril 2013. Voila la liste des organisations et personnalités Américaines qui seront a la marche et avec nous devant le siège de Cargill pour protester contre Alassane Ouattara et demander que les USA cessent de le supporter:
 
Ramsey Clark, ancien Ministre de la Justice des USA (U.S. attorney general),
Cynthia McKinney, ex- membre du Congrès Américain,
Akbar Muhammad, Représentant International de la Nation of Islam;
Veterans for Peace( Organisation d’anciens soldats Américains devenus pacifistes)
Colonel Ann Wright ( Ex-colonel de l’armée Américaine; CODEPINK( Organisation féministe et pacifiste Américaine);
CAIR (Council on American-Islamic Relations); Jared Ball, ( Animateur Radio de la chaine WPFW (Pacifica);
Révérend Graylan Hagler, Pasteur de l’église Plymouth Congregational United Church of Christ;
Imam Mahdi Bray et son organisation Freedom Coalition;
Mara Verheyden-Hilliard, Directrice-générale de Partnership for Civil Justice Fund;
Zaki Baruti de l’organisation noire-americaine Universal African Peoples Organization;
L’organisation des Iranien-Americains, American-Iranian Friendship Committee (AIFC);
Peta Lindsay, responsable du Parti , Party for Socialism and Liberation;
Le mouvement Haiti Liberté;
L’organisation estudiantine de l’Université d’Howard University, la plus grande Université Noire des USA, (Political Education and Action Committee-Howard University);
Les organisations estudiantines de Temple University ,a Philadelphie, Students for Justice in Palestine-Temple U., et Conflict Free Campus Initiative–Temple U. Et bien d’autres que je n’ai pas mentionné.
 

Pour info, contactez Patriote Gnawa au 202 696 3353

ADRESSE DU PORTE-PAROLE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DU 11 AVRIL


 

côte d'ivoire,adresse du porte-parole du prÉsident laurent gbagbo À l’occasion,ple président laurent gbagbo,le ministre kone katinan justin,son porte-parole


Ivoiriennes, ivoiriens, chers habitants de la Côte d’Ivoire.

 

Le 11 avril 2011, en dehors de toute règle de droit et de bienséance, l’armée d’une Puissance étrangère, a attaqué avec une violence inédite, la résidence officielle et le Palais présidentiel de la République de Côte d’Ivoire pour en déloger le Président de la République en exercice. Cette attaque de l’armée française, alors que notre pays n’avait ni déclaré la guerre à la France, ni reçu d’elle une déclaration de guerre, soulève encore de nombreuses interrogations deux ans après. Elle pose surtout la question fondamentale de la nature des rapports que notre pays, et au-delà, notre Continent entend entretenir avec les anciennes puissances colonisatrices, dans un monde totalement intégré grâce à la formidable et exceptionnelle avancée technologique en matière de communication.

De quelque angle sous lequel l’on voudrait donner une réponse à cette interrogation fondamentale pour l’Afrique, une constante s’en dégage. La nature des relations entre l’Afrique et le reste du monde, notamment, ses anciennes puissances colonisatrices seront ce que les Africains eux-mêmes en décideront. Il n’y a aucune fatalité qui puisse justifier la place méprisante de notre continent dans le concert des nations. Seul un engagement sincère, total et persévérant  de chacun de nous dans la recherche du meilleur, d’abord pour nos peuples, ensuite pour le reste de l’humanité, peut donner à notre continent une meilleure place dans la construction du monde.

C’est la grande leçon que le Président Laurent GBAGBO a magistralement donnée au monde entier, mais surtout à l’Afrique lors de sa brève, mais dense intervention devant les Juges de la CPI. Le Président Laurent GBAGBO a donné et continue de donner  avec certains de ses amis et compagnons de lutte, dont certains sont soit en prison, soit en exil, quand ils n’ont pas été tués, l’essentiel de leur vie pour la démocratie, seul facteur de promotion de la liberté pour nos peuples.

Homme de dialogue, et pacifiste avéré, il ne peut comprendre que notre pays, la Côte d’Ivoire ne puisse se donner les moyens de sortir par un dialogue constructif et inclusif de la logique de l’affrontement qui continue d’en fragiliser la cohésion sociale. Qu’est ce qui est plus facile à faire pour notre pays entre la logique de l’affrontement qui nous conduit droit vers une explosion sociale, et l’ouverture d’un vrai dialogue, qui favorise le rassemblement.

Deux ans après le renversement du Président Laurent GBAGBO, l’écart est toujours grands entre les rapports de complaisance qui sortent des officines de ceux qui ont participé au dépérissement de notre nation, et la réalité vivante de nos compatriotes. Nul ne peut prétendre aimer notre pays plus que nous-mêmes. L’insécurité, la pauvreté, la cherté de la vie, l’exacerbation des clivages ethniques, les violations répétées des droits de l’Homme dans notre pays concernent au premier chef nos populations. C’est à elles que notre conscience doit rendre compte.

Mais comment peut-on espérer rendre heureuses ces populations lorsque non seulement on les prive de leurs choix politiques, mais pire, on maintient une large part d’entre elle sous le joug de la répression permanente.

 Ils sont encore nombreux nos compatriotes, civils et militaires qui sont soit en prison, soit en exil. La Justice ne promeut la paix que lorsqu’elle revêt avec fermeté le manteau de l’impartialité. Lorsqu’elle s’en dévêtit,  elle compromet alors la paix. Il y a donc une certaine corrélation entre la conscience collective de la nation et celle de la Justice. Le sentiment d’une justice orientée dans un seul sens en Côte d’Ivoire expose notre pays à des risques graves.

Que du temps inutilement perdu deux ans durant. L’extraordinaire mobilisation nationale et internationale autour du Président Laurent GBAGBO, indique en même temps, le chemin de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Il n’y en a pas plusieurs, mais un seul. La libération du Président Laurent GBAGBO et de tous les autres prisonniers, ainsi que le retour des exilés et leur implication effective dans le débat politique en Côte d’Ivoire, restent des prérequis d’une vraie réconciliation. Le chemin emprunté depuis deux ans nous ramène toujours au point de départ. Efforçons-nous  donc de passer par l’unique chemin qui reste, même s’il est rendu étroit par nos craintes et nos orgueils. Nous devons nous mobiliser pour élargir ce chemin.

C’est pourquoi, au nom du Président Laurent GBAGBO, je voudrais féliciter toutes les personnes, en Côte d’Ivoire, en Afrique et ailleurs dans le monde, qui se mobilisent lui apporter leur soutien. Leur persévérance portera à coup sûr des fruits.  Que le souvenir de nos compatriotes encore en prison et dans les camps de réfugiés, au nom du combat pour la liberté et la démocratie ôte en chacun de nous la tentation de l’abandon. C’est dans la persévérance que nous transformerons la date du 11 avril en une victoire éclatante pour nous-mêmes, et ouvrir ainsi une grande espérance pour tous ceux qui se battent pour la liberté et la démocratie.

Mais il reste évident que notre persévérance risque d’être vaine, si elle ne s’inscrit pas dans une discipline rigoureuse. Je reste convaincu que, c’est dans la discipline, regroupés autour du Front populaire ivoirien (FPI) que nous trouverons à la fois l’inspiration et les armes de notre victoire. A ce propos, je saisis la présente opportunité pour saluer les efforts qui se déploient par-ci et par-là, pour donner une cohésion plus forte à toutes les initiatives. Les récentes assises qui ont regroupé plusieurs personnes à Paris pour donner un contenu cohérent à notre combat sont des initiatives heureuses qui méritent d’être encouragées. J’en félicite au nom du Président Laurent GBAGBO les initiateurs.

Même enfermé, le Président Laurent GBAGBO continue de nous donner le chemin de la lutte sans relâche. Il nous rappelle que les convictions sont plus fortes que les émotions. C’est en taisant nos émotions que nous donnerons une opportunité à nos convictions de transformer nos peines du 11 avril 2011, en une grande joie dans un futur dont la proximité ne dépend que de nous.  

 

Que Dieu vous bénisse!


P/ Le Président Laurent GBAGBO

Le Ministre KONE Katinan Justin

Son Porte-parole.

mercredi, 10 avril 2013

LES VICTIMES DE DUEKOUE (CARREFOUR ET NAHIBLY) ECRIVENT AU PRESIDENT FRANÇAIS

                                  

FRANçOIS HOLLANDE.jpg

                       

Excellence Monsieur le Président de la république française,

 

Vous voudriez bien excuser l’intrusion des paysans et des citoyens ivoiriens désemparés que nous sommes, dans votre quotidien, eu égard à votre rang, à votre personne et à vos charges.

Cependant, pour les réfugiés et les déshérités sur les terres de nos parents que nous sommes, par la volonté de deux de vos prédécesseurs à la haute fonction que vous occupez, il nous est urgent et impérieux de vous dire que le 11 Avril  prochain, nous espérons que vous avez déjà pris vos responsabilités pour signifier à votre futur hôte de mettre fin au massacre inacceptable des populations  ivoiriennes.  Un massacre qui s’est gravement accentué au lendemain du 11 Avril 2011, après dix longues années de rébellion et qui perdure sous les regards bienveillants de l’armée française. Une armée française qui ne demanderait pas mieux que ça, vu et su avec quel degré de violence hautement meurtrière cette armée française a déchu en Avril 2011 le président légalement élu de la Côte d’Ivoire, conformément à la Constitution ivoirienne, pour nous imposer le candidat de la communauté internationale, celui-là même que vous recevrez au palais de l’Elysée, le 11 Avril 2013.

Excellence Monsieur le Président de la république française, pour les paysans, fils de paysans et citoyens ivoiriens que nous sommes, ce n’est point faire de la politique que de rappeler des vérités qui ont négativement et durablement impacté sur nos vies. Or, même si nous n’étions que des laissés pour compte dans l’entendement de tous ceux qui ont programmé des génocides chez nous afin de mieux vivre chez eux, en Occident, par le pillage des richesses et des ressources naturelles de notre pays, nous ne sommes pas pour autant des sourds, des muets et des aveugles pour nous taire sur l’immoralité et les actes d’horreur qui caractérise la philosophie impérialiste. Surtout qu’à l’esclavage mental, nous n’avons pas encore souscrit et nous ne souscrirons jamais.

Excellence Monsieur le Président de la république française, avec tout le respect dû à votre rang et à votre personne, il le faut le dire tout net, sans colère, sans haine et sans détour : ici en Côte d’Ivoire, depuis douze ans, les actes posés par vos prédécesseurs à la fonction que vous occupez actuellement, sont indignes de la France. Ces actes qui ont consisté à susciter une rébellion, à l’encadrer pour détruire une démocratie et lui substituer une jungle en lieu et place d’un Etat, n’honorent pas la France. Toutes ces récriminations sont portées à la connaissance de l’opinion des peuples français et occidentaux, depuis deux ans maintenant, par les démocrates du monde entier qui battent le pavé des rues depuis les villes d’Occident jusqu’ à La Haye.

NAHIBLY APRES CRIMES ET HORREURS.JPG

Nahibly, après crimes et horreurs

Dire cela, Excellence Monsieur le Président de la république, n’est pas autre chose que de vous dresser un constat sincère ou un état des lieux tel quel. Sinon, est-il sûr que vos émissaires et autres conseillers spéciaux vous traduisent toujours fidèlement les réalités du terrain ? Contrairement aux notes confidentielles diplomatiques et aux rapports des services secrets (les vôtres) qui ne peuvent valoir que le seul contenu que leur donnent leurs auteurs, c’est par souci de clarté, donc de vérité que nous vous disons sincèrement ce que ressent le digne peuple de Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, Excellence Monsieur le Président de la république, pour nous qui vous avons attendu pour vous juger aux actes, au lendemain du 11 Avril 2013, si aucune déclaration publique de votre part n’est faite pour pardonner les crimes de la France en Côte d’Ivoire  et aucun ultimatum n’est donné aux tueurs que la France et l’O.N.U. ont formé et continuent d’encadrer en Côte d’Ivoire, les ivoiriens sauront en prendre acte. Non seulement en prendre acte mais faire aussi en sorte que la postérité et l’Histoire en soient saisies, dans la mesure où il y a bien longtemps que nos oreilles sont rabâchées de l’humanisme à nul autre pareil de cette France, fille aînée de l’Eglise catholique et pays- chantre des droits de l’Homme.

Excellence Monsieur le Président de la république française, si nous sommes d’accord que onze mois de présidence, ce n’est pas onze jours ou encore moins onze heures de ce temps qui va si vite, alors nous estimons que vous avez largement et suffisamment pu être informé des réalités qui ont été et sont actuellement les nôtres en Côte d’Ivoire, par la seule volonté, répétons-le encore une fois, de vos prédécesseurs, messieurs Chirac et Sarkozy. A propos d’informations ou de réalités, souffrez, Monsieur le Président de la république, que nous vous disions que celles que l’armée de votre pays a laissées ici en Côte d’Ivoire, tant en supports visuels que sonores , sont à la limite de l’imaginable et du supportable : des soldats français qui participent à un rituel macabre des chefs rebelles et des dozo  ivoiriens (en 2002) qui égorgent un gendarme et recueillent son sang dans une calebasse dans laquelle ces mêmes militaires français sont invités à se laver les mains ; en 2003 à Man, ce sont d’autres barbouzes français qui dirigent le casse d’une banque sous-régionale, la banque centrale des Etats d’Afrique de l’ouest ; en Novembre 2004, ce sont encore des militaires français enragés qui tentent de renverser le président ivoirien en tuant des centaines de patriotes aux mains nues à Abidjan et dans les villes et villages traversés par leurs colonnes convergeant sur Abidjan ; en Mars et Avril 2011, les bombardements français et onusiens démarrés à l’ouest ivoirien ont continué à Abidjan et surtout à Yopougon, même après le tristement fameux 11 Avril 2011, où l’armée française capture le président d’un pays pour le remettre aux rebelles qu’elle a formés et soutenus ! De cet ultime acte de déni de la souveraineté de notre cher pays, Monsieur le Président de la république française, les ivoiriens ne retiennent qu’une seule vérité : l’existence d’un terrorisme français ; un terrorisme qui est et qui fait pire que celui qu’ailleurs, les médias français n’ont de cesse de traiter de primaire ou de barbare.

En effet, votre Excellence, y a-t-il pire terrorisme que celui-là, prétextant d’instaurer la démocratie et la paix (de quel bon droit, d’ailleurs ?) en Côte d’Ivoire, a détruit tout le système de défense et de sécurité, en plus des institutions d’un pays pour ensuite livrer ses populations à des massacres programmés de longue date ? Tenez par exemple : monsieur Jean Marc Simon, ambassadeur français à Abidjan, qui, en Décembre 2011, avec son homologue étasunien, kidnappent Youssouf Bakayoko,  président de la commission électorale ivoirienne, lui tout seul, pour l’emmener annoncer des résultats hors-délai, au quartier général de campagne du candidat de la communauté internationale, n’est-ce pas là aussi un exemple rétrograde de terrorisme primaire ? En ce qui concerne les victimes ivoiriennes de la méchanceté de vos prédécesseurs au pouvoir que nous sommes, nous disons : à part les massacres et les injustices que nous vivons désormais au quotidien, la France s’est gravement déculottée en Côte d’Ivoire. Comment, la France, si allergique à la présence de quelques dizaines ou centaines d’étrangers sur son sol peut-elle se permettre de convoyer des milliers d’étrangers sur nos terres, les armer pour nous massacrer, juste pour obtenir du cacao en retour ? Comment, la France, si exigeante et si regardante sur l’environnement, peut-elle se taire et protéger des prédateurs de parcs nationaux et de forêts classées dans l’ouest ivoirien qui ont pour noms Amadè et Tiendrébéogo, des bandits de grand chemin ? A moins que cette annexion ou occupation de ces régions ivoiriennes ne soit une partie non dévoilée des insultants accords dits de Marcoussis en Janvier 2003. Des accords qui ont demandé la naturalisation de quatre millions d’étrangers, même contre leur propre volonté ! Ne parlons même pas de la grande invasion qui a eu lieu à la faveur de la guerre et qui continue malgré que le grand bouleversement de la démographie de la Côte d’Ivoire. Pourriez-vous, Monsieur le Président, de bon cœur, accepter l’invasion nazie, Vichy et tout leur cortège de douleurs et d’humiliations, si cela était à refaire aujourd’hui même ? Mais alors pourquoi la France a-t-elle livré notre pays, la Côte d’Ivoire, au mauvais vouloir de pilleurs et de tueurs qui font office de forces républicaines bien que n’ayant aucune notion de la république parce qu’analphabètes, paysans ou véritables bandits évadés des prisons ouest-africaines dans le cadre du complot international contre la terre de nos aïeux, en Mars 2011?

LES WE ETRANGERS ET VICTIMES NOMADES CHEZ EUX.JPG

Les wè, étrangers et victimes nomades chez eux

Excellence Monsieur le Président de la république française, pour les victimes des malheurs et multiples humiliations que vos devanciers à l’Elysée nous ont  imposées, en un mot comme en cent, notre cri est celui de l’indignation !

Indignés nous sommes de la méchanceté du pouvoir, des réseaux et des médias français qui ont fait le choix de survivre du sang des nôtres qui coule. Nous sommes indignés aussi par le fait qu’à ce jour, les injustices, les crimes ou les massacres des primesautiers f.r.c.i. et dozo ne retombent que sur ces derniers comme seuls coupables : et leurs maîtres et parrains qui les ont  armés, incités et formés à tuer depuis les débuts de la rébellion ivoirienne ? Nous ne sommes pas dupes ou envoûtés par ces médias, ces organisations de droits de l’homme ou ces tribunaux racistes pour deux sous qui disent toujours tout sauf l’essentiel : ceux qui massacrent les populations ivoiriennes aujourd’hui sans que la justice nationale ou internationale ne s’en émeuve, ils ont eu au moins des instructeurs militaires à leurs débuts ; même Amadé Ouérémi du Mont Péko, dans l’ouest ivoirien, a été encadré par des instructeurs avant que la Côte d’Ivoire ne soit attaquée, où sont donc passés tous ces instructeurs français et occidentaux qui ont côtoyé et armé ces coupe-jarrets qui ont fait œuvre macabre mais utile pour la France ? Seraient-ils tous morts, ces instructeurs et leurs mandants, pour que l’on continue, par médias et organisations humanitaires interposés, à nous agiter le chiffon malhonnête de la diversion et de l’absolution insidieuse (parce qu’ainsi autosuggérée) des vrais coupables de nos malheurs d’aujourd’hui ? Pour nous répéter demain la même comédie dans une toute autre tragédie, ici ou ailleurs, sur le même et toujours continent Afrique ? Pendant combien de temps encore ? La méchanceté du pouvoir français ? Il en sera encore question pendant de longues années, pour nous qui ne sommes pas des français, de ce qu’un Etat, sans sourciller, jette comme ça, dans les abîmes de l’oubli, ses citoyens tels Philippe REMOND, assassiné en Avril 2011 par des rebelles conduits par la France ; en plus de tous ces autres français, tous victimes d’une évidente tyrannie, qui croupissent dans les geôles miteuses ivoiriennes, ignorés qu’ils sont, par la France.

 Monsieur le Président de la république française, le but de cette lettre, veuillez bien nous comprendre, tout sauf votre respect, n’est pas de manquer du respect à qui que ce soit. Même s’il reste vrai qu’à notre peuple, la communauté internationale a manqué totalement de respect en 2011, allant jusqu’à bombarder des femmes et des bébés, au mépris de notre Constitution, pour installer l’homme qu’elle a de tout temps souhaité à la tête de la Côte d’Ivoire. Par respect pour la mémoire de nos enfants et de nos parents assassinés par la volonté de la communauté internationale et dont le sang crie en nos consciences, par respect pour les souffrances de ces milliers de nos compatriotes qui croupissent dans l’ombre de la mort des prisons et des camps de concentration du régime ivoirien, par respect de tous ces millions d’autres insoumis à l’esclavage et de réfractaires à la vassalisation mais qui souffrent quotidiennement d’injustices et de tyrannie, nous avons voulu vous interpeller. Nous avons voulu vous rappeler, à vous, Président de tous les français qui ne se permettrait point, désormais, de s’afficher publiquement ou de deviser avec monsieur CAHUZAC et avant lui monsieur STRAUSS KAHN, nous avons voulu vous rappeler, disons-nous, que notre souhait de peuples africains est que les discours français sur la bonne moralité cadrent avec les actes des gouvernants français eux-mêmes : s’accommoder de fréquentations et d’échanges publics et réguliers ou assidus avec des chefs rebelles sanguinaires, des dictateurs et autres tyrans africains quand on prend soin d’éviter ses propres compatriotes en France pour leurs mœurs ou pour leur moralité, prête, Monsieur le Président, à des interrogations opportunes et légitimes des pauvres victimes africaines que nous sommes.

Monsieur le Président de la république française, le 11 Avril 2013, vous recevez à l’Elysée l’homme à la base de tous les malheurs des ivoiriens depuis vingt trois longues années. Au soir du 11 Avril prochain et tous les autres jours qui vont suivre, nous voulons ressentir ici, en notre pays, un véritable changement, digne du vrai changement que vous avez appelé de tous vos vœux lors de votre campagne pour l’élection présidentielle, il y a onze mois. Oui, un changement digne de ce nom, même s’il ne peut et ne pourra jamais ramener à la vie ces milliers des nôtres qui sont morts. Faute de quoi, nous constaterons, et tous vos électeurs africains-français avec nous, qu’en fait, la méchanceté est la seule chose la vraiment mieux partagée par tout bon pouvoir politique français. C’était là, Monsieur le Président de la république, juste quelques opinions triées sur le volet de personnes victimes, déshéritées et meurtries à vie par la guerre de dix ans de la France contre notre cher et beau pays, la Côte d’Ivoire.


Le 08 Avril 2013


Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour et Nahibly),

Emmanuel CALEB

00:02 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Crise ivoirienne et Politique ivoirienne, France, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (0) | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

mardi, 09 avril 2013

ALERTE A DUEKOUE: LE RHDP FIDELE A SA CULTURE DE VIOLENCE, EN PRE-CAMPAGNE ELECTORALE.

 

DUEKOUE.jpg


Décidément, les habitudes ont vraiment la peau dure chez nos frères du R.H.D.P. La campagne électorale a à peine démarré que hier déjà (dimanche 7 avril 2013, Ndlr), à Duékoué, les "kamikazes" de ce groupement de politiciens guerriers ont frappé un jeune guéré du nom de GUEHI Roger, enseignant du secondaire. La raison? Pour ces ennemis de la liberté et de la démocratie, si GUEHI Roger ne s'est pas engagé à leurs côtés pour battre campagne (mais alors pour lequel même de tous ces nombreux candidats aux municipales - au moins dix?), c'est que lui, GUEHI R., il est contre eux! Tout bêtement, et c'est celà qui lui a valu une bastonnade et des hématomes. C'était hier, à Duékoué.
 
Depuis ce matin (lundi 8 avril 2013, Ndlr), ils sont nombreux qui nous appellent pour dire que leurs vies sont menacées au téléphone, par les mêmes terroristes du R.H.D.P. qui les accusent d'être F.P.I. et de vouloir saboter leur élection (?); faut-il rappeler que la majorité des résidents qui ne se sentent même pas concernés par ces élections ont perdu leurs cartes d'électeurs depuis la guerre de 2011? Ne seraient-ils pas du tout libres de se décider d'aller voter ou pas?
 
ATTENTION, ATTENTION: les campagnes de sensibilisation à la paix de la C.E.I. ne nous rassureront jamais, tant qu'il s'agit de DUEKOUE, la tristement célèbre. Les marchands de la mort qui résident dans cette ville sont nombreux et il y suffit d'un rien pour qu'ils massacrent nos parents, assurés qu'ils sont de la couverture d'impunité de la communauté internationale: les huit (08) personnes qui nous ont appelé parce que menacées de mort connaissent notre contact, d'où l'exactitude de notre comptabilité. Mais, s'il y a avait alors plus de huit personnes menacées par ces coupe-jarrets? 
 
Vite, parons au plus pressé, communiquons largement là-dessus car ces combinards et éternels conflictuels du R.H.D.P., peut-être que ce n'est pas Duékoué seulement qu'ils ont dans leur viseur, vu et su leur culture du sang...


Emmanuel CALEB

lundi, 08 avril 2013

«GBAGBO EST UN MALADE MENTAL»: ET SI SORO AVAIT COMMIS L'IRREPARABLE?

 

côte d'ivoire,«gbagbo est un malade mental»,et si soro avait commis l’irréparable?,connectionivoirienne.net

 

De sources proches du président ivoirien [séjournant actuellement en France pour raisons de santé], «Soro Guillaume a commis l’irréparable en félicitant Alpha Blondy après que celui-ci ait traité l’ex-président, Laurent Gbagbo, de malade mental». Erreur d’apprentissage politique…

"J’adresse mes félicitations à ce grand artiste ivoirien Alpha Blondy qui reste égal à lui-même. Son talent est indéniable et son charisme affirmé. J’ai toujours souhaité, et il le sait, qu’il demeure le porte-parole des sans-voix. Alpha Blondy doit être l’artiste du petit peuple. On peut l’aimer comme on peut le détester, mais personne ne peut nier le génie talentueux Alpha Blondy", a affirmé Guillaume Soro, dans une note sur son blog depuis la Corée du Sud où il est en visite depuis quelques jours.

Ces félicitations viennent curieusement après que la méga star aie traité l’ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo, de «malade mental» lors d’un concert, lundi dernier à Paris. "Je viens de l’avoir au téléphone juste après son concert où il a une fois de plus excellé et dénoncé les panafricanistes dogmatiques adeptes du repli identitaire qui en plein Paris, en terre de démocratie, veulent imposer la pensée unique par la violence dont ils n’ont jamais su se guérir. Quelques gus ont voulu manifester contre cet artiste africain authentique", a ajouté M. Soro.

côte d'ivoire,«gbagbo est un malade mental»,et si soro avait commis l’irréparable?,connectionivoirienne.net

A l’analyse, le Président de l’Assemblée Nationale, en réagissant ainsi démontre bien, qu’il s’est résolument abonné à la médiocrité. Le climat de paix dont il parle nuit et jour n’est donc que mensonge et démagogie. Ignorant qu’après avoir forcé le destin en produisant un parcours sombre, terni de sang et de crimes de guerre, lui, le rebelle du MPCI sponsorisé par l’actuel président ivoirien, les organisations de droits de l’Homme l’ont pour cible. «Il n’échappera pas à la prison internationale», soutient une source bien introduite.

S’étant taillé un costume de chef d'Etat, Soro Guillaume se saisit de toutes les opportunités, même les plus misérables pour faire parler de lui. Cette fois-ci, celui-ci s’est illustré en mal. Car, ses vagues de félicitations adressées à Alpha Blondy, l’un des premiers artistes «déréglés» de Côte d’Ivoire, sont dépourvues de sens et sans portée. «C’est l’irréparable, qu’il a commis depuis la Corée du Sud», nous indique un proche du Président Alassane Ouattara.

Quand on saute les étapes par la rébellion, le coup d'état, les tueries et les massacres, pour parvenir à un tel niveau de responsabilité, il n’est pas étonnant de faire de tels dérapages, surtout en politique. «Un acte irréparable», comme le souligne des proches du Président Alassane Ouattara.


Fatima Berthe Gooré

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

dimanche, 07 avril 2013

LE MASSACRE DES AUTOCHTONES WE DANS LE CAMP DE L'ONU A NAHIBLY EN COTE D'IVOIRE

 

NAHIBLY - DUEKOUE.jpg


Ou comment l’ONU favorise l’impunité et l’épuration ethnique en les cachant sous le tapis.



Depuis le début du conflit en Cote d’ivoire, environ 30.000 personnes autochtones d’ethnie Wé ont été tuées par les forces favorables au Président actuel, selon Comité de sauvegarde du patrimoine foncier Wé. Cette source évalue à 230 tués l’attaque du camps de déplacés de l’ONU de Nahibly par les milices ethniques FRCI et dozos le 20 juillet 2012.

Ce massacre fait suite à ceux de Douékoué carrefour (2011) et Guitrozon (2005) qui avait également ciblé les Wé et qui avaient également eu lieu en présence des forces de l’ONU. Par suite de l’épuration ethnique et de la colonisation de l’ouest ivoirien par des populations originaires des pays au Nord de la Côte d’ivoire, la population étrangère serait passé de 37% lors du recensement de 1998 à 75% selon ce comité. Une partie de la population Wé a fuit au Libéria où se trouvait déjà les descendants de ceux qui avaient fuit la colonisation française. Une autre partie se trouvait dans des camps de déplacés à l’intérieur de leur propre région. L’ONU les encourageait à rentrer dans leurs villages incendiés en réduisant leurs allocations de nourriture mais le rythme des départs était insuffisant du fait de l’insécurité régnant dans les campagnes "sécurisées par les bandes dozos du boucher de Duékoué-carrefour, Amédée Ouéremi.

La FIDH et Amnesty International viennent de publier chacune un rapport qui permet de confirmer les informations données par les sources Wé sur les circonstances du massacre de Nahibly.

Un massacre prévisible

Nul ne pouvait ignorer que les autorités et les milices étaient décidées à fermer les camps puisque le préfet de la ville avait fait des déclarations en ce sens en mars 2012. Le chef militaire de Douékoué, le lieutenant Koné Daouda dit Konda avait abondé dans le même sens : « Nous n’allons pas rester les bras croisés pendant longtemps. Il faut que le site soit fermé pour éviter qu’il ne devienne le nid de malfaiteurs », a-t-il dit. Ces déclarations ont été suivi par l’apparition de problèmes à l’intérieur du camp : « A partir du mois de mars 2012, il y avait eu 14 attaques contre les travailleurs humanitaires dans le camp et, au mois de mai, le HCR a envoyé une lettre aux autorités relevant ces incidents en les informant que la distribution de vivres serait suspendue. Le 22 mai, des acteurs humanitaires ont été menacés par des individus au sein du camp » a déclaré le patron de l`Onuci, Bert Koenders.

Une mission de l’ONU préconise en mai 2012 de renforcer la clôture pour " rendre plus difficile l’accès au camp par un autre lieu que le portail principal." Heureusement, cette mesure n’a pas été mis en œuvre sans quoi nul n’aurait pu s’échapper lors de l’attaque du camp. La mission est arrivée à la conclusion que "le camp de Nahibly connaissait une situation sécuritaire dégradée par la présence très vraisemblable d’éléments perturbateurs de type bande armée, sans doute composée d’anciens miliciens ou militants gbagboistes de l’ethnie Guéré, dont certains ont été nommément identifiés." . Plutôt que de chasser les perturbateurs probables nommément identifiés, la mission préconise l’ouverture d’un poste de police ivoirien à l’intérieur du camp, en plus de celui de l’ONU. Cette réponse ne sera pas mise en œuvre par les autorités ivoiriennes selon l’ONU, peut être parce que ces autorités n’ont pas confiance dans la police qui a été partout désarmée.

Selon Amnesty, l’attaque contre le camp " est intervenue dans un contexte de stigmatisation croissante des personnes déplacées de la part aussi bien des autorités politiques et militaires locales que de certaines franges de la population. (...) Un ancien résident du camp a dit à Amnesty International : « Les Dozos et des habitants des villages environnants ne cessaient de nous dire : “C’est à cause de Gbagbo que vous êtes là, on va vous tuer” ».
Plusieurs sources ont également indiqué à Amnesty International que, dans les semaines qui ont précédé l’attaque, il était devenu très courant d’entendre parler de la nécessité de faire « disparaître » le camp de Nahibly.
"

Une organisation méthodique

"Le 19 juillet 2012, la veille de l’attaque du camp, se serait tenue à l’hôtel Monhessia (un hôtel désaffecté de Duékoué occupé à l’époque par les FRCI) une réunion entre le Lieutenant Konda, des Dozos et des représentants des jeunes Malinke de la ville. Le même jour, une réunion similaire de Dozos se serait déroulée à Guiglo au maquis Ketin. Ces Dozos de Guiglo « ont été amenés et ramenés ensuite après l’attaque du camp », selon un témoin" rapport FIDH.

Officiellement, c’est un événement fortuit qui a déclenché l’attaque du camp. Un braquage aurait fait 5 morts dans la nuit du 19 au 20 juillet au quartier Kokoman. Les jeunes malinké (allochtones) auraient suivi des traces de sang menant jusqu’au camps pourtant fort éloigné. Ils prirent alors d’assaut le camp à 8 heures devant les caméras et en présence du préfet Benjamin Effoli et du Lieutenant Daouda Koné.

Les 22 militaires et policiers de l’ONU qui gardaient le camp ne tenteront pas grand chose pour les en empêcher.

« Il était évident que nous n’étions pas capables de contrôler cette foule sans leur tirer dessus. Cela aurait presque certainement conduit à une explosion de violence et beaucoup de gens auraient été tués. Bien sûr, c’est ce qui s’est passé à la fin tout de même ». Témoignage d’un officier onusien recueilli par Amnesty International.

L’ONU déclarera plus tard que "La foule de "500 à 1.000" personnes qui est descendue sur le camp était un groupe "organisé" , (...), que "l`identité des assaillants faisait toujours l`objet d`une enquête" et que ces événements soulignait la nécessité de la restauration de l`autorité de l`État à travers le pays (AFP 27 juillet 2012). Mais cet événement n’est-il pas une excellente illustration de l’autorité de l’État et de l’immense talent des enquêteurs bredouilles de l’ONU ?

Les militaires et les milices ethniques malinké "dozos" ont procédé aux exécutions dans le camp, aux alentours et plus tard en brousse. "Dans ce chaos, les hommes, qui sont particulièrement ciblés, tentent de fuir. Certains par l’arrière du camp, d’autres par l’entrée principale. Ceux qui tentent de fuir par l’arrière du camp semblent avoir été abattus par les Dozos et peut-être des FRCI qui encerclaient le camp. Un témoin atteste qu’au moins 7 personnes auraient été tuées dans les taillis à l’arrière du camp. L’UNPOL et l’ONUCI ont bien tenté de ratisser la zone après les faits, mais « ils ont essuyé des tirs à ce moment, et n’ont pas pu accéder à la zone pendant les 7 jours qui ont suivi » affirme une source interne. Lorsqu’ils ont pu enfin se rendre à l’arrière du camp, « plus aucun corps n’était présent », déclare, amère, ce témoin des événements.

Pendant ce temps, le sort des hommes qui tentaient de fuir par l’entrée principale du camp n’est pas meilleur : bastonnés et poursuivis, certains sont arrêtés par des éléments des FRCI " FIDH.

Les personnes arrêtés disparaîtront définitivement pour la plus part et une femme subira un viol collectif par les FRCI. De nombreux témoignages font état de cadavres emportés, ce qui enlève tout caractère spontané à l’événement.

Un témoin permettra la découverte d’une dizaine de puits contenant les corps de victimes des massacres. Un seul sera fouillé, il contenait 6 corps. Les autres seront laissé en l’état "pour préserver les preuves".

La complicité de l’ONU

Lors du massacre de 2011 dans la même ville de Douékoué, les soldats de l’ONU avaient enterrés eux même plus de 800 corps mais compté seulement 150 victimes. Une fois encore à Nahibly, l’ONU a cherché à étouffer la polémique en donnant une estimation ridiculement faible du nombre de victimes. Bien qu’un bataillon de l’ONU stationne dans la ville, la zone du camp avait été "sécurisée" par les FRCI qui venaient de le détruire, empêchant les ONG d’y accéder pour compter les corps. Les lieux de détention n’ont pas été visités, ce qui aurait probablement permis de sauver les personnes arrêtées. Ainsi, Bert Kondoers a pu annoncer 11 morts en tout dont 5 victimes du braquage "déclencheur" du massacre. Les 6 corps trouvés dans le camps étaient des corps difficilement transportables, notamment 3 vieillards brûlés vifs. L’ONU, qui avait identifié les 4000 habitants du camp, n’a pas cherché à répertorier les survivants, les morts et les disparus et le bilan n’a jamais été réévalué. Les déplacés ont été promptement rapatriés dans leurs villages d’origines où leur sécurité n’est pas assurée, sans parler de leurs éventuels témoignages. Selon la FIDH "La disparition à l’issue de l’attaque du camp de Nahibly de plusieurs dizaines de personnes déplacées, ainsi que la confirmation de cas d’exécutions sommaires et extra-judiciaires, laissent donc entrevoir un bilan beaucoup plus lourd que les chiffres officiels." Les "pro-Gbagbo" évoquent 47 corps identifiés, 213 Wê tués et plus de 1000 disparus lors de l’attaque de Nahibly (Notre Voie 5 août 2012). Sans souscrire à leur évaluation que personne ne semble avoir voulu discuter, il faut reconnaître que le bilan onusien est très éloigné de la réalité et que cet aveuglement est volontaire.

Il y a comme une contradiction interne dans la déclaration de Bert Koenders, responsable de l’ONU en Côte d’ivoire lors de la conférence sur l’impunité de fevrier 2013 lorsqu’il dit "C’est en brisant le cercle vicieux de l’impunité et en promouvant une justice équitable que l’on aboutira à rompre le cercle vicieux de la violence. Je voudrais à cet égard saluer l’engagement de son Excellence Alassane Ouattara, le Président de la République, et de son Gouvernement, et noter l’ensemble des mesures prises et structures mises en place pour lutter contre l’impunité des crimes d’un passé récent." Car le massacre de Nahibly a été commis avec la participation des autorités ivoiriennes et rien n’a été fait pour en identifier les responsables. En saluant l’action du chef de l’État, Koenders montre qu’il accepte son inaction pour ne pas l’embarrasser. Tout le reste n’est que souhaits pieux et promesses de faire des ronds "vertueux" dans l’eau.

Vacuité du droit

Selon Haut Commissaire aux droits de l’homme, les peuples autochtones, ou peuples indigènes, sont « les descendants de ceux qui habitaient dans un pays ou une région géographique à l’époque où des groupes de population de cultures ou d’origines ethniques différentes y sont arrivés et sont devenus par la suite prédominants, par la conquête, l’occupation, la colonisation ou d’autres moyens ».

Maintenant qu’il est minoritaire sur sa propre terre, le peuple Wé devrait donc bénéficier de toutes les garanties offertes par la "Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones", notamment en matière de droit à la terre. Mais c’est une foutaise parce que les autochtones réfugiés dans des camps sont massacrés sous les yeux de l’ONU. Ceux qui ne vendent pas leurs terres à n’importe quel prix, c’est qu’ils n’ont plus la volonté de vivre. Dans ces conditions, lorsque Koenders appelle le gouvernement ivoirien a résoudre les conflits fonciers en votant une loi à ce sujet, il ne fait que l’inciter à donner une légalité à la spoliation.


Serge LAURENT


Source: LE GRAND SOIR

vendredi, 05 avril 2013

LA JUSTICE DES VAINQUEURS DE OUATTARA A NOUVEAU EPINGLEE PAR HUMAN RIGHTS WATCH

 

ALASSANE OUATTARA - FETE DE LA TABASKY.JPG


Human Rights Watch presse Ouattara d'établir une justice impartiale

 

Par RFI. Presque deux ans après la fin d'une crise postélectorale qui a fait officiellement 3 000 morts, l'organisation américaine Human Rights Watch épingle le pouvoir d’Alassane Ouattara pour partialité dans un rapport de 82 pages publié aujourd’hui, jeudi 4 avril 2013. Le rapport est intitulé «Transformer les discours en réalité: l’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire». 


«Plus d’impunités en Côte d’Ivoire, tous les responsables de crimes seront poursuivis quelque soit leur couleur, leur choix politique ou leur grade militaire». Human Rights Watch salue ces déclarations du président Alassane Ouattara depuis l’arrestation de Laurent Gbagbo, il y a presque 2 ans. Des déclarations répétées régulièrement depuis son investiture en mai 2011.
Malheureusement, on voit peu de signes concrets de cette justice impartiale qui a été promise. Pour Phlippe Bolopian, représentant de HRW auprès des Nations-Unis, «la justice des vainqueurs ne permettra pas la réconciliation, elle ne permettra pas de rassurer les personnes appartenant ou étant sympathiques au clan Gbagbo. Il est temps de tourner cette page sombre de l’histoire de la Côte d’Ivoire et ça ne pourra se faire qu’au prix d’une justice vraiment impartiale et pas d’une justice de vainqueurs.»
Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 150 personnes dans le clan Gbagbo poursuivies, 0 dans le camp Ouattara. Il est temps de changer cette équation.
«HRW exhorte la communauté internationale à peser de tout son poids sur les autorités ivoiriennes, pour qu’elles traduisent leurs paroles en actes». 

Pour l’ONG américaine, les partenaires de la Côté d’Ivoire dans l’Union européenne, la France et les Etats-Unis devraient accroître leur pression diplomatique et établir un lien entre leur soutien financier et les efforts de justice impartiale. 

Côte d’ivoire: Des promesses de justice impartiale non tenue 

(Abidjan) – Le gouvernement ivoirien n’a pas encore honoré sa promesse de réclamer des comptes de manière impartiale pour les crimes internationaux graves perpétrés lors de la crise post-électorale de 2010-2011, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Les autorités ivoiriennes devraient renforcer leur soutien aux juges et aux procureurs qui traitent ces affaires afin que justice puisse finalement être rendue aux victimes des deux camps. 

Le rapport de 82 pages, intitulé « Transformer les discours en réalité : L’heure de réclamer des comptes pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire », analyse les efforts inégaux déployés par la Côte d’Ivoire pour réclamer des comptes aux responsables des crimes internationaux graves commis dans la foulée du scrutin présidentiel de novembre 2010. Depuis son investiture en mai 2011, le Président Alassane Ouattara a déclaré à plusieurs reprises qu’il s’engageait à traduire en justice tous les responsables, indépendamment de leur affiliation politique ou de leur grade militaire. Or, même si les procureurs ont inculpé plus de 150 personnes pour des crimes perpétrés au cours des violences post-électorales, aucun des inculpés ne provient des forces pro-Ouattara. 

« Le soutien exprimé par le Président Ouattara en faveur d’une justice impartiale sonne creux s’il n’est pas assorti de mesures plus concrètes visant à rendre justice aux victimes des crimes commis par les forces pro-gouvernementales », a souligné Param-Preet Singh, juriste senior au programme de Justice internationale de Human Rights Watch. « Si la Côte d’Ivoire veut rompre avec son dangereux héritage qui permet aux personnes proches du gouvernement d’être à l’abri de la justice, il faut qu’elle engage des poursuites crédibles à l’encontre des responsables de crimes appartenant aux deux camps impliqués dans le conflit post-électoral. » 

Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire—dont l’Union européenne, les Nations Unies, la France et les États-Unis—devraient également accroître leurs pressions diplomatiques et leur soutien financier aux efforts de justice impartiale, a noté Human Rights Watch. 

Le rapport est basé sur des travaux de recherche réalisés à Abidjan en septembre 2012 ainsi que sur des entretiens de suivi avec des responsables gouvernementaux, des juristes, des membres de la société civile, des représentants de l’ONU, des diplomates et des responsables d’organismes bailleurs de fonds. 

Les résultats du scrutin présidentiel de novembre 2010, reconnus internationalement, avaient donné Ouattara vainqueur, mais Laurent Gbagbo, son rival, avait refusé de quitter la présidence. Une crise de cinq mois s’en était ensuivie, au cours de laquelle au moins 3 000 personnes avaient été tuées et 150 femmes violées, souvent dans le cadre d’attaques perpétrées en fonction de critères politiques, ethniques et religieux. En novembre 2011, Gbagbo avait été transféré à La Haye en vertu d’un mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI). Il y demeure en détention dans l’attente d’une décision établissant s’il existe suffisamment d’éléments de preuve pour intenter un procès contre lui pour quatre chefs de crimes contre l’humanité. 

Les affaires liées à des crimes internationaux graves peuvent se révéler sensibles, mais l’absence de justice risque d’entraîner de lourdes conséquences. L’impunité chronique qui prévaut alimente les épisodes répétés de violence dont la Côte d’Ivoire est le théâtre depuis dix ans, les civils en payant le prix le plus élevé, a déploréHuman Rights Watch. 

En juin 2011, le Président Ouattara a créé la Commission nationale d’enquête, la Cellule spéciale d’enquête, ainsi que la Commission dialogue, vérité et réconciliation en réponse aux exactions commises lors de la crise post-électorale. En août 2012, la Commission nationale d’enquête a publié un résumé de son rapport, lequel confirme d’une part que des crimes graves ont été perpétrés à la fois par les forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara et recommande d’autre part la traduction en justice des responsables de ces actes. Ces résultats font écho aux constatations d’une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU et aux rapports d’associations de défense des droits humains. 

Human Rights Watch a appelé la Cellule spéciale d’enquête, chargée de mener des enquêtes judiciaires sur les crimes post-électoraux, à utiliser le rapport de la Commission nationale d’enquête pour réaliser un « exercice de cartographie ». Cet exercice consisterait essentiellement à fournir un panorama détaillé des crimes commis par région durant la crise, identifiant des personnes suspectes si cela s’avère possible. Cela aiderait la cellule à élaborer une stratégie pour la sélection des affaires devant faire l’objet d’enquêtes et de poursuites, ce qu’elle n’a pas encore fait. 

Les parties non confidentielles de tout « exercice de cartographie » et de toute stratégie en matière de poursuites devraient être partagées avec le public afin de contribuer à instaurer la confiance en la capacité de la Cellule nationale d’enquête d’exécuter son mandat en toute indépendance et impartialité. La cellule a probablement besoin d’effectifs supplémentaires si elle veut parvenir à mener des poursuites impartiales visant les auteurs de crimes internationaux graves, a fait remarquer Human Rights Watch. 

Human Rights Watcha constaté que de nombreuses personnes accusées de crimes post-électoraux se trouvaient en détention préventive depuis près de deux ans, en violation de leur droit internationalement reconnu à un procès équitable, en partie à cause du besoin de procéder à des réformes juridiques attendues de longue date. Le gouvernement devrait accélérer ses efforts de réforme du Code de procédure pénale afin que les accusés déjà en détention puissent sans tarder faire l’objet d’un procès et bénéficient du droit d’interjeter appel. L’accès à un avocat devrait également être rendu obligatoire à un stade plus précoce de la procédure, ainsi que l’assistance judiciaire pour les accusés qui ne peuvent se payer un avocat. 

Les États parties à la CPI, l’UE et les Nations Unies, notamment, ont de plus en plus souvent exprimé leur engagement à promouvoir la traduction en justice des auteurs de crimes internationaux devant des tribunaux nationaux afin que la complémentarité—principe en vertu duquel la CPI n’intervient que lorsque les tribunaux nationaux n’ont pas la volonté ou sont dans l’incapacité de mener à bien des poursuites—devienne réalité. Le rapport de Human Rights Watch met toutefois en avant des éléments démontrant que les principaux partenaires de la Côte d’Ivoire n’ont déployé que des efforts limités en ce sens. 

Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire devraient tirer les enseignements des erreurs commises au lendemain du conflit armé qui avait touché le pays en 2002-2003, a relevé Human Rights Watch. À la suite de ce précédent conflit, les partenaires internationaux du pays ont gardé le silence alors que la justice se voyait reléguée au second plan et que l’impunité s’enracinait plus profondément, contribuant à poser les jalons de la crise post-électorale dévastatrice de 2010 et 2011. 

« L’absence de réformes majeures visant à fournir le soutien nécessaire pour les enquêtes et les poursuites freine les progrès en matière de lutte contre l’impunité pour les crimes internationaux graves perpétrés en Côte d’Ivoire », a expliqué Param-Preet Singh. « Les partenaires internationaux de la Côte d’Ivoire devraient travailler aux côtés du gouvernement pour fournir une assistance là où elle s’avère nécessaire, et user de leur influence diplomatique pour renforcer le message selon lequel l’impunité n’est pas une solution envisageable. » 

Le gouvernement ivoirien et les bailleurs de fonds internationaux devraient également coopérer pour soutenir l’indépendance des juges et des procureurs, ainsi que pour assurer la protection et la sécurité des témoins, des juges, des procureurs et des avocats de la défense travaillant sur des affaires de crimes internationaux graves. Ceci est d’une importance capitale pour garantir l’exercice d’une justice équitable et impartiale pour les principaux crimes commis dans un passé récent, et pour renforcer l’ensemble du système judiciaire ivoirien afin qu’il puisse opérer efficacement et équitablement à l’avenir, a indiqué Human Rights Watch. 

À la suite des requêtes introduites par les gouvernements Gbagbo et Ouattara afin qu’une enquête soit menée sur les violences en Côte d’Ivoire, la CPI a ouvert une enquête en octobre 2011. La cour est compétente pour juger les crimes perpétrés dans le pays à partir du 19 septembre 2002. À ce jour, elle n’a délivré publiquement que deux mandats d’arrêt, à l’encontre de Laurent Gbagbo et de son épouse Simone, tous deux accusés de crimes contre l’humanité. Se basant sur des entretiens effectués avec de nombreux militants de la société civile ivoirienne, le rapport de Human Rights Watch conclut que l’approche à sens unique adoptée par la CPI a légitimé la mise en œuvre de la même approche par les autorités judiciaires ivoiriennes et porté atteinte à l’image en Côte d’Ivoire de la CPI en tant qu’institution impartiale. 

La Côte d’Ivoire a ratifié en février 2013 le Statut de Rome, le traité qui a institué la CPI, devenant le 122e État partie à la cour. 

Simone Gbagbo se trouve toujours en détention préventive en Côte d’Ivoire, où elle a été inculpée de génocide, entre autres crimes. Le gouvernement ivoirien devrait honorer l’obligation qui lui incombe de remettre Simone Gbagbo à la CPI, une alternative étant de contester la recevabilité de son affaire devant la CPI parce qu’elle comparaît en justice au niveau national pour des crimes de même nature. 

«La CPI devrait rapidement enquêter sur les crimes commis par des individus appartenant au camp Ouattara et, sur la base des éléments de preuve, demander que des mandats d’arrêt soient délivrés», a conclu Param-Preet Singh. «Ceci se révèle indispensable pour rétablir la légitimité de la CPI en Côte d’Ivoire et faire pression sur les autorités ivoiriennes afin qu’elles produisent des résultats crédibles et impartiaux.»
 
 

Source: AFRIK53.COM

jeudi, 04 avril 2013

OCCUPATION DES TERRES DE L'OUEST DE LA COTE D'IVOIRE: LE REGIME OUATTARA PASSE AUX AVEUX

 

HAMED BAKAYOKO 5.gif


En visite à Toulépleu, dans l’ouest du pays, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a enfin reconnu que les terres des populations autochtones sont occupées par des étrangers.

Au cours de sa visite dans l’ouest du pays, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur, Hamed Bakayoko, a déclaré, à Toulépleu, que des gens appellent leurs parents qui sont en France et leur demandent de l’argent pour payer des mercenaires à l’effet de libérer leurs terres occupées. Hamed Bakayoko estime que c’est de la « manipulation ». Par conséquent, il exhorte les populations à ne pas suivre ce genre de personnes qui font de la «manipulation», et que «l’Etat a conscience de l’existence du problème foncier et il s’attelle à le régler».

L’aveu du gouvernement

Ce qu’on peut retenir des propos du ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur de Ouattara, c’est le fait qu’il reconnaît enfin l’occupation des terres des populations de l’ouest par des étrangers. Et que c’est cette occupation forcée qui est à la base des affrontements qui deviennent récurrents dans cette partie de la Côte d’Ivoire. Pour une fois, il n’a pas indexé ceux qu’il appelle les «pro-Gbagbo».

En effet, Hamed Bakayoko avait toujours soutenu que les affrontements dans l’ouest du pays étaient le fait des «pro-Gbagbo» qui, selon lui, veulent déstabiliser le régime de Ouattara à partir de l’ouest. Il n’avait jamais admis la thèse de l’occupation de force des terres des populations wê par des étrangers armées.

C’est le lieu de rappeler qu’il y a trois jours, le représentant spécial de l’Onu indiquait que les affrontements à l’ouest étaient justement dus aux conflits fonciers. Que le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur reconnaisse lui-même aujourd’hui que les affrontements à l’ouest sont le fait de conflits fonciers est un aveu de taille du gouvernement. Ce d’autant plus qu’Hamed Bakayoko n’est pas que ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur. C’est le n°2 du gouvernement ivoirien. C’est pourquoi il est à déplorer qu’en même temps qu’il reconnaît l’occupation des terres des populations wê par des individus qui n’en ont pas droit, il ne dit pas quand et comment le gouvernement compte régler le problème. Car si les populations sont amenées désespérément à solliciter l’aide de leurs enfants qui sont en France afin de libérer leurs terres comme il l’insinue, c’est certainement parce que ces populations se sentent abandonnées par le gouvernement dont le premier devoir est la protection du territoire national et la défense des intérêts de ses nationaux. Il s’est seulement contenté de dire que le gouvernement en a conscience. Mais il ne suffit pas d’en avoir conscience. Il faut y apporter des solutions idoines pour mettre fin aux affrontements à l’ouest du pays au lieu de passer le temps à accuser les «pro-Gbagbo».

Si Hamed Bakayoko ne veut plus qu’il y ait des affrontements à l’ouest, qu’il règle le problème de l’occupation des terres ! Car les terres constituent les seules richesses et le seul héritage des paysans. Donc sauver leurs terres est une question de survie pour les populations wê. Il appartient à l’Etat de vite agir.

De l’impuissance du gouvernement

Mais le pouvoir Ouattara peut-il régler le problème de l’occupation des terres ? Rien n’est sûr ! On pourrait même répondre par la négative. En ce sens que ce sont les chefs de guerre de l’ex-rébellion armée pro-Ouattara et leurs hommes, qui sont pour la plupart des Burkinabé, qui occupent de force les terres dans l’ouest du pays après avoir tué ou chassé les propriétaires terriens. Ne pouvant pas leur donner ce qu’il leur avait promis, Ouattara les a laissé s’installer dans les forêts en échange de ce qu’il leur doit, Ouattara leur étant redevable. En clair, il leur doit son pouvoir. Le cas d’Amadé Ouédraogo Rémi dit Ouréimi est éloquent. Ce chef rebelle burkinabé occupe la forêt du Mont Péko, dans la région de Bangolo, avec une armée de plus de 300 hommes sans que cela n’interpelle le chef de l’Etat. Selon des informations dignes de foi, cet ancien chef de guerre nargue même Ouattara en disant que c’est à Abidjan qu’on parle de son départ du Mont Péko. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour chez lui. Et Ouattara sait ce que ce dernier fait dans cette forêt. C’était au moment où l’Etat parlait de son départ imminent. Et les faits lui ont donné raison puisqu’il n’a jamais été inquiété.

C’est donc pour toutes ces raisons qu’Alassane Ouattara est impuissant devant ce problème gravissime qui constitue une bombe à retardement dans tout le grand ouest. Car ce n’est pas seulement à l’ouest que les Burkinabé occupent de force les terres des Ivoiriens. On observe le même problème dans toute la zone forestière. Et c’est pour intimider autochtones pendant que les Burkinabé occupent leurs terres qu’on a déversé les dozos dans tous les villages et hameaux. De sorte que quand un paysan se plaint de ce qu’un Burkinabé occupe ses terres, les dozos se ruent sur lui, le ligotent et le battent à volonté. Et, pour mieux terroriser les paysans, les dozos ont érigé des barrages partout où les paysans doivent payer pour aller dans leurs champs. Et cela est su de l’administration de toutes les localités où se sont installés les dozos.

 

Boga Sivori, Bogasivo@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien "Notre voie" du 3 avril 2013.


Source: IVORIAN.NET