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jeudi, 07 mars 2013

APRES L'AUDIENCE DE GBAGBO, PANIQUE DANS LE CAMP OUATTARA


Après l'audience de Gbagbo. Panique dans le camp Ouattara


L’audience de confirmation des charges s’est achevée le jeudi dernier, avec une prise de parole du président Laurent Gbagbo. Après que ses avocats ont démonté, dix jours durant, ce que Fatou Bensouda et son équipe de l’Accusation considéraient comme preuves à même de conduire le président déchu en procès.

 

Fatou Bensouda et les membres de son équipe, qui croyaient être bien parties pour clouer le président Laurent Gbagbo au pilori avec «leurs preuves», ont dû ravaler leur salive lorsque la Défense, très alerte sur le dossier ivoirien, est sortie de ses gongs pour les ramener à leurs copies. Fatou Bensouda a manqué d’ingéniosité. Il ne pouvait pas en être autrement, d’autant plus que la collusion de son prédécesseur, Luis Moreno-Ocampo, avec le Rdr étaient patente. Ses propres prédispositions à condamner le président Laurent Gbagbo l’ont poussé à refuser de mener des investigations crédibles qui nécessiteraient qu’il soit à équidistance des parties en conflit dans la crise ivoirienne.

L’audience de confirmation des charges a été une opportunité pour la Défense de révéler une manipulation dont l’objectif visait à diaboliser un individu pour le maintenirau cachot.

Dès lors, le bureau du procureur, qui a travaillé en étroite collaboration avec les officines du parti au pouvoir en Côte d’Ivoire, se rend bien compte qu’il a trempé dans du faux. Dans certains milieux au sein du Rdr, l’heure est à la critique de certaines options pour discréditer Gbagbo l’ennemi. Notamment la forte propension à brandir des dossiers hautement suspects qui finissent par se retourner contre leurs expéditeurs.

Au royaume des dossiers fabriqués

Pour justifier la traque aux pro-Gbagbo en exil, le RDR, à travers le ministre Hamed Bakayoko, avait «vendu» à l’opinion publique une affaire de coup d’Etat ont des officiers en exil auraient été des cerveaux. Une autre fois, les autorités ivoiriennes ont sorti de leur chapeau une prétendue collusion entre les responsables du Front populaire ivoirien (FPI) en exil et AQMI – elles ont même réussi à faire endosser cette thèse farfelue par des «experts» onusiens qui ont finalement été désavoués par l’ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan.

Dans son dernier rapport sur les droits de l’homme en Côte d’Ivoire, Amnesty International a d’ailleurs révélé que ses investigations n’ont jamais prouvé une quelconque collusion cadres du Fpi en exil-Aqmi. Mieux, cette organisation a démontré la tendance irrépressible du régime Ouattara à la violation des droits de l’homme, notamment en ce qui concerne les proches du président Laurent Gbagbo.

Les gros mensonges du pouvoir Ouattara, qui transmet sans vergogne des dossiers fabriqués à ses alliés internationaux, font paniquer aujourd’hui certaines pontes du régime, qui craignent d’être la risée de leurs amis à l’étranger. Selon un consultant en poste dans une agence de communication proche de Ouattara, les dossiers montés de toute pièce ces derniers mois par le régime Ouattara contre certains de ses opposants, dont l’authenticité n’a jamais été prouvée,contribuent à le discréditer et à susciter un sentiment de méfiance chez ses partenaires. Plus grave, des responsables du parti craignent que le déroulement de l’audience de confirmation des charges contre Laurent Gbagbo ne conduisent certaines puissances amies – qui ont cru au Rdr jusqu’au bout – à prendre leurs distances avec Ouattara.

Gilles Naismon



Deux ans après le scandale des «mortes d’Abobo» - Zéro enquête ouverte par le régime Ouattara!


Deux ans exactement ! Il y a deux ans, l’opinion internationale s’émouvait de l’assassinat de sept femmes dans la commune d’Abobo, à Abidjan. Des femmes qui auraient été tuées, selon la version officielle,par des éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS) ivoiriennes stationnés au camp commando d’Abobo. A l’occasion de l’audience de confirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale, les cadres du Rassemblement des républicains (RDR), parti ouattariste, ont orchestré une «campagne d’indignation» face aux questions légitimes soulevées par la défense sur cette sombre affaire. Et pourtant !

Deux ans après ce drame, aucune enquête spécifique n’a été ouverte sur un moment de la crise ivoirienne qui est pourtant abondamment exploité médiatiquement par le pouvoir d’Abidjan. Dans un communiqué datant du 14 septembre 2012, le procureur militaire Ange Kessy Kouamé citant deux affaires de «crimes de sang» sur lesquelles il enquêtait : l’assassinat d’Yves Lambelin et de ses compatriotes (affaire du Novotel), et l’assassinat du colonel-major Adama Dosso, qui avaient valu à des dizaines de personnes d’être mises en détention préventive. Mais rien sur les sept femmes d’Abobo!

Interpellé au téléphone par Le Nouveau Courrier, un très proche collaborateur d’Ange Kessy, s’est montré évasif. Le meurtre des sept femmes d’Abobo est traité dans une «enquête globale» sur les événements d’Abobo «en général». On a déjà vu plus grande implication du bras judiciaire de l’Etat dans une affaire… Lors de l’audience de confirmation des charges contre le président Gbagbo, il n’y avait aucune trace d’autopsies ou d’analyses balistiques qui auraient pu situer la Cour sur les détails de ce qui continue d’être considéré par une partie de l’opinion publique comme un «montage».

Est-ce à dire qu’il n’ya pas eu d’autopsie? En Juillet 2011, des parents de ces femmes s’indignaient dans une interview accordée au journal pro-Soro, Nord-Sud, de ce qu’elles avaient été enterrées en catimini, le 17 avril 2011, c’est-à-dire après la chute de Gbagbo. Sans leur avis, sur ordre de hauts responsables du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), par une IVOSEP alors dirigée par Sidi Diallo, actuel patron de la Fédération ivoirienne de football (FIF). Vous avez dit bizarre? Comme c’est bizarre!

Philippe Brou


Source: AFRIK53.COM

mercredi, 06 mars 2013

POURQUOI LA CPI NE PEUT PAS LACHER (DE SITOT) GBAGBO

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L’évènement est passé inaperçu.  Le 14 mars 2012, la cour pénale internationale, créée le 1er juillet 2002, a rendu son premier jugement en condamnant à 14 ans de prison un chef de milice congolais Thomas Lubanga, reconnu coupable de crimes de guerre pour avoir enrôlé des enfants de moins de 15 ans dans ses troupes.

Le procès avait débuté trois ans plus tôt, ce qui témoigne de l’extrême lenteur de la justice internationale. La défense de Lubanga avait pointé de nombreux faux témoignages, reconnus comme tels, dans le dossier d’accusation, ce qui illustre sa propension à mener des enquêtes bâclées. Et, on avait noté l’absence sur le banc des accusés de nombreux autres chefs de guerre responsables, autant que Lubanga, des millions de morts du conflit congolais.

D’où l’accusation d’exercer une justice des vainqueurs. Ce qui n’avait pas empêché le procureur de réclamer trente ans de prison. Les juges avaient coupé la poire en deux en infligeant à Lubanga une demi-peine.

Lenteur, approximation et partialité

Dans l’audience de confirmation des charges contre l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo qui a débuté depuis le 19 février, on retrouve les mêmes symptômes de lenteur, d’approximation, et de partialité dont la justice internationale a fait sa marque de fabrique.

L'ex chef d'État est accusé d'être «le coauteur indirect de meurtre, de viol et d’acte inhumain constituant un crime contre l’humanité». Au cœur de l'accusation, quatre événements, la répression de deux marches des pro-Ouattara, l'une  sur la Télévision ivoirienne, l'autre de femmes d'Abobo, un quartier d'Abidjan, le bombardement d'un marché d'Abobo, et les massacres qui ont suivi la chute de Gbagbo dans le quartier de Yopougon.

Au total plusieurs dizaines de victimes dans une crise post-électorale qui a fait des milliers de morts (le nombre de trois mille est communément avancé mais, en réalité, il est bien supérieur).

Pour étayer son dossier, Fatou Bensouda, la procureure de la CPI, a collecté des rapports de l'ONU, d'organisations de défense des droits de l'homme, cité des témoins le plus souvent anonymes, s'est appuyé sur des articles de presse souvent partisans mais n'a pas mené de véritable enquête pénale: pas d'autopsies des corps des victimes, pas d'expertises balistiques sérieuses...

Or, les partisans de Gbagbo rejettent la responsabilité de certains de ces événements meurtriers sur un «commando invisible», dirigé par un chef rebelle dissident, Ibrahim Coulibaly, qui avait pris, à l'époque, le contrôle d'une partie du quartier d'Abobo. Ce chef de guerre a été abattu par les partisans du tandem Ouattara-Soro après la chute de Gbagbo.

Silence sur les crimes commis par les nouvelles forces pro-Ouattara

La justice internationale pêche aussi par omission. Elle oublie ainsi d'évoquer l'exécution de centaines de pro-Gbagbo à Duékoué, dans l'ouest du pays. Des hommes et des adolescents, abattus selon un scénario qui évoque Srebreniça, sous les yeux de casques bleus marocains qui sont restés l'arme au pied.

Elle limite son champ d'investigation aux quatre mois de la crise post-électorale (décembre 2010-avril 2011) et ne prend pas en compte les événements antérieurs et postérieurs. Pas d'enquête sur les exactions commises depuis le coup d'état manqué du 19 septembre 2002 en zones gouvernementales et rebelles.

Silence sur les exécutions sommaires, les tortures commises par les nouvelles forces pro-Ouattara et dénoncées dans un récent rapport d'Amnesty International.

Et, enfin, symbole d'une justice inéquitable, aucun chef de guerre pro-Ouattara n'est traduit devant la CPI. On sait pourtant qu'au moins trois mandats ont été émis contre eux mais ils ne sont pas exécutés.

Selon la propre enquête du gouvernement Ouattara, au moins un tiers des morts de la crise post-électorale leur sont pourtant imputables. Sont-ils les «coauteurs indirects» des crimes qu'on impute pour l'instant au seul Gbagbo. Un concept fumeux qui induit l'idée qu'il y aurait des auteurs ou des coauteurs directs qui, eux, ne sont pas inquiétés.

Si Gbagbo encourt une lourde peine de prison dans l'hypothèse où les charges qui pèsent contre lui seraient confirmées, la Cour Pénale Internationale court un bien plus grand risque dans ce procès, celui de perdre le peu de crédibilité qui lui reste. Car, après plus de dix ans d'existence, son bilan est bien maigre.

Gbagbo: une «opportunité» pour la dispendieuse CPI

Depuis sa naissance en juillet 2002, la CPI n'a réussi à condamner qu'un seul criminel de guerre, le Congolais Lubanga. Pendant cette période, l'institution a dépensé plus de cent millions d'euros par an en budget de fonctionnement pour payer l'armée mexicaine de 800 fonctionnaires internationaux qu'elle emploie.

Un milliard d'euros en dix ans: Lubanga est donc le condamné le plus cher de l'histoire de l'humanité. Elle a mené à leur terme sept enquêtes dans sept pays, tous africains, dont la Côte d'Ivoire, le Congo, le Soudan (Darfour) et la Libye qui ont abouti à l'arrestation et à la détention de six personnes, Lubanga et trois autres obscurs chefs de guerre congolais, un centrafricain et Laurent Gbagbo, le seul à bénéficier d'une «notoriété» internationale.

Il est évident que, détenant un tel homme, ex chef d'état de surcroît, la CPI ne va pas le lâcher de sitôt pour continuer à justifier son existence, pour légitimer des budgets en perpétuelle augmentation et la présence à La Haye de dix-huit juges permanents (trois pour un détenu) rétribués 180 000 euros par an, hors de multiples avantages en nature.

Et le monde continuera à tourner. Omar El-Bechir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la CPI depuis 2009 pour les crimes commis au Darfour, vaquera tranquillement à ses occupations de président soudanais, Bachar El-Assad bombardera ses opposants, les Russes pourront écraser les Tchétchènes, les Chinois  réprimer les Tibétains...

Il est vrai que tous ces pays, des États-Unis à la Russie, de l'Inde à la Chine en passant par le Pakistan ou l'Iran, soit les deux tiers de la population de l'humanité, ne reconnaissent pas la compétence de la CPI.

La juridiction est aux ordres des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, dont la France, l'ex-puissance coloniale, qui a arrêté elle-même Gbagbo le 11 avril 2011 dans son palais présidentiel bombardé pour le livrer aux forces d'Alassane Ouattara - avant de le rétrocéder à la CPI.

Sarkozy était alors président. Depuis, les rapports d'organisations internationales de défense des droits de l'homme se multiplient pour dénoncer les tortures, les exactions commises par les nouveaux maîtres de la Côte d'Ivoire dans le silence assourdissant de François Hollande et de son gouvernement. Un président qui ne cesse d'appeler au respect des droits de l'homme... en Syrie.

 

Philippe Duval

 

Source: NEWSRING

LE FPI EN EXIL FELICITE MAITRE EMMANUEL ALTIT

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La Coordination FPI en Exil

A Maître Emmanuel Altit

Avocat au barreau de Paris

 

Accra, le 1er mars 2013

Objet: Félicitations à la défense du Président Laurent Gbagbo

 

Maître,

La Coordination FPI en Exil est heureuse de vous manifester sa satisfaction à la suite de votre plaidoirie mémorable dans l’affaire le Procureur contre Laurent Gbagbo, à l’occasion de l’audience dite de confirmation des charges, qui vient de s’achever.

Cette audience revêtait un caractère historique, autant au regard de la qualité de l’homme qui était dans le box des accusés, Laurent Gbagbo, Président élu de la Côte d’Ivoire, que des enjeux qu’elle recelait. En effet, cette audience mettait face à l’ingénieux organe de répression des souverainistes africains des temps modernes, qu’est la Cour Pénale Internationale, un Homme qui a consacré sa vie au combat pour l’avènement de la démocratie dans son pays, et qui en a subi tous les contrecoups, faits d’emprisonnements, d’exil et d’humiliations de toutes sortes.

Parvenu au pouvoir à la suite d’un processus démocratique, son ambition d’approfondissement de la démocratie a été contrariée par une guerre déclenchée par la France et ses valets locaux, toujours au nom de sordides intérêts égoïstes. L’épisode en cours à la Cour Pénale Internationale, vise à habiller juridiquement la mascarade de la spoliation électorale dont il a été victime, du fait de la seule volonté de Nicolas Sarkozy.

Pour défendre la cause de cet Homme valeureux, votre plaidoirie a été à la hauteur de l’évènement et a comblé les attentes tant du peuple ivoirien frustré et meurtri par tant de méchancetés et de mensonges à son encontre, que des démocrates africains qui sont restés attentifs. Ce peuple, grâce à vous, reprend espoir. Vous avez trouvé les mots justes pour rendre compte de la personnalité de Laurent Gbagbo, un Homme d’Etat, démocrate convaincu, pacifiste et humaniste qui ne pouvait commettre les crimes qui lui sont reprochés, tout en dévoilant le complot qui le visait à travers une accusation fantaisiste qui ne reposait sur aucun moyen de preuves véritables. Soyez rassuré qu’après ces deux semaines d’audiences publiques, la décision n’appartient plus aux seuls juges de la Chambre ; elle sera passée au crible par tous ceux qui, de par le monde, ont été édifiés par les vérités révélées au cours de cette instance.

C’est pourquoi, au nom des militants du Front Populaire Ivoirien (FPI) exilés à travers le monde du fait de cette guerre, je voudrais exprimer notre satisfaction et témoigner notre reconnaissance à Me Natacha Fauveau Ivanovic, Me Agathe Bahi Baroan, Me Jennifer Naouri et au Professeur Dov Jacobs, les membres de l’équipe de défense que vous avez dirigée avec compétence, ainsi qu’à vous-même, Me Emmanuel Altit. Nous vous prions de trouver ici l’expression de notre profonde et infinie gratitude.

 

Dr Assoa Adou,

Coordonnateur et porte-parole

ME AGATHE BAROAN: «L’HISTOIRE DE LA COTE D’IVOIRE, L’ACCUSATION EN A FAIT UNE CARICATURE»

 

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Chers lecteurs, je vous propose le speech intégral de l’avocat du Président Laurent Gbagbo, Maître Agathe Baroan, au dernier de jour de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges notifiées par la procureure de la CPI contre son illustre client. Au nom de toutes les victimes volontairement oubliées par la «justice internationale», au nom de la restitution de l’histoire récente de la Côte d’Ivoire, infalsifiable, au nom tout simplement de la vérité! Bonne lecture. Fernand Dindé

 

«Madame la présidente, honorables juges, la rébellion de 2002 et la crise postélectorale de 2010 sont des événements dont les faits ne m’ont pas été racontés. Par ailleurs, à Abidjan, j’habite un quartier qui se trouve entre le Zoo et le quartier Samaké. Je pense que ces références pourront permettre à l’accusation et à la représentante légale des victimes de deviner où cela se trouve. Alors les populations qui fuient les atrocités, c’est sous mes yeux. Les jeunes gens qui tombent, les personnes égorgées ou brûlées vives, ce n’est pas des vidéos pour moi. Les femmes violées qu’il faut rassurer ne relèvent pas de faits divers. Tout ce vécu, notre passé et notre présent à nous, populations de Côte d’Ivoire, l’avenir de nos enfants, tous ces éléments m’imposent l’indécence, sinon la décence de ne pas faire de la question des victimes un débat d’un match en coupe Davis ou d’un championnat de ping-pong. Mais je voudrais simplement relever trois choses et dire que le village d’Anokoua-Kouté est un village appartenant à Abobo. Dans ce village, les 6 et 7 mars 2011, donc la période qui est ici prise en compte, les populations ont été attaquées. Et la plupart des victimes tuées étaient des Ebrié.

La représentante légale des victimes avait des Ebrié dans sa liste ? Je dis tout de suite non, si j’en crois la liste qu’elle même a voulu nous lire tout à l’heure sur les origines des victimes. Je le dis et je le répète, en Côte d’Ivoire, les populations ne vivent pas parquées par groupe ethnique. C’est vrai, il y a des quartiers où des groupes sont dominants, mais le système des cours communes en Côte d’Ivoire et la colportation de nos coutumes villageoises en ville les obligent à vivre en communauté quelles que soient les origines des groupes qui constituent la population dans la cour commune. Donc le miracle qui consiste à n’avoir qu’un seul groupe ethnique, que des membres d’un seul camp tués dans une attaque systématique en Côte d’Ivoire est un miracle possible par l’opération de l’accusation et de la représentante légale des victimes. Mais hélas, c’est un miracle, c’est un drame pour la Côte d’Ivoire.

Madame la présidente, Mesdames et Messieurs les juges, je voudrais continuer mon propos sur des choses beaucoup plus générales. Après ces trente heures d’audience, les Ivoiriens, toutes les personnes qui tressaillent au nom Côte d’Ivoire, les Africains ou les non-Africains qui pleurent l’Afrique au travers de la douloureuse histoire de la Côte d’Ivoire sont à la fin de notre audience entre tristesse et espoir. Tristesse devant une accusation qui déforme l’histoire pourtant bien récente.

L’histoire de la Côte d’Ivoire, l’accusation en a fait une caricature qui ne lui a pas permis de pouvoir saisir les enjeux et de comprendre la réalité dans la crise dans ce pays. Certes, on me dira que dans ce prétoire aujourd’hui, c’est Laurent Gbagbo qui est concerné par la procédure. Mais, faut-il le rappeler, le droit pénal et toutes discussions relatives à des charges pénales ne se nourrissent que de la réalité du terrain traité. En déformant les faits, l’accusation ne peut présenter un dossier de qualité à votre Cour. Madame la présidente, Mesdames et Messiers les juges, actuellement en Côte d’Ivoire, se chante un hymne, l’hymne à la réconciliation. Dans cet hymne, la justice judiciaire ou juridictionnelle est présentée comme l’élément incontournable et préalable. Alors peut-on rendre justice en faisant fi de la réalité ? La réponse est évidemment non.

Ce qu’on attend de la réconciliation, c’est l’écoute de tous. Chacun veut être entendu dans sa détresse pour repartir grâce au dialogue et regarder ensemble avec les autres pour la réconciliation de la Côte d’Ivoire. Une histoire trahie conduit où ? On l’a déjà indiqué, à de nouvelles violences. Parce qu’elle nie la souffrance des vraies victimes et n’identifie pas les vraies causes du conflit pour en résoudre les problèmes posés. Dans ces conditions, peut-on se reconstruire et construire ensemble ? Comme vous le voyez, la réconciliation ne peut se faire que si la vérité est respectée et c’est le respect de la vérité qui fait la justice. Est-ce la vérité de la défense qui voit comme un clair de lune sur la plaine dissiper la nuit des allégations du camp de l’accusation ? Madame la présidente, honorables juges, à cette interrogation, les populations de Côte d’Ivoire et d’ailleurs, les amis de la Côte d’Ivoire répondent avec espoir : la lumière triomphe toujours des  ténèbres et quelle que soit la longueur de la nuit, le jour finit par s’élever.

Je vous remercie».

 

In le quotidien ivoirien «Notre Voie», le 3 Mars 2013.

 

Propos recueillis par César Ebrokié.


Source: LA DEPECHE D'ABIDJAN

lundi, 04 mars 2013

INTERVIEW EXCLUSIVE - QUAND LE GONDWANA JUGE SON ANCIEN PRESIDENT

 

ALASSANE OUATTARA.jpg


Suite à une bataille entre «pro souverainistes» et «pro communauté-internationalistes» dans la république très très démocratique du Gondwana, le Chef des coups d’État pardon… le Chef de l’État de la République très très démocratique du Gondwana, un vassal de la communauté internationale, répond aux questions du Journal Gondwanais (J.D) suite au procès du leader des vaincus (par les bombes de la communauté internationale) à la Cour Pénale Internationale (CPI).

J.G : Excellence vous avez poussé la CPI à traduire votre adversaire devant cette institution de quoi l’accusez-vous ?

Mon prédécesseur est accusé de s’être accroché au pouvoir par tous les moyens y compris le massacre des civils selon un plan commun et une politique conçus de longue date avec ses proches.

J.G : Comment s’est-il accroché au pouvoir ?

Il n’avait pas voulu reconnaître mes résultats, certifiés par l’ONU sortis de mes urnes, proclamés  par le président de la Commission Électorale Indépendante (C.E.I) que j’ai fait enlever, conduit à mon QG à l’exclusion des autres membres de la CEI et face à des journalistes que j’ai fait venir en leur faisant croire que j’allais animer une conférence.

J.G : Selon la défense, le président de la CEI n’a aucune compétence pour proclamer des résultats définitifs encore moins l’ONU. Ensuite cette même défense  soutient que le chef des « souverainistes » a été élu et déclaré comme tel par le conseil constitutionnel, seul habilité à proclamer les résultats des élections et non vos résultats. Pourquoi ce mépris de la volonté du peuple et des dispositions constitutionnelles ?

Mon prédécesseur ignore vraiment l’évolution du monde ! Vous savez, moi, et ce n’est un secret pour personne, je suis ce qu’on appelle un « pro-communauté internationale ». C’est elle qui m’a demandé d’être candidat contre les dispositions constitutionnelles et m’a aidé à imposer ma candidature par la force donc seule la parole de la communauté internationale compte pour moi. Si mon prédécesseur croit à la constitution et au peuple c’est libre à lui, nous sommes dans une république très très démocratique et ma vision est différente.

J.G : C’est peut-être pour cela que la violation massive des droits de l’homme ne vous émeut que lorsque la victime est votre soutien ou bien lorsqu’elle est membre de la communauté internationale ? En tout cas c’est ce qu’indique le dernier rapport d’Amnesty international.

Ne déplaçons pas le débat ! Il s’agit du procès de mon prédécesseur qui a massacré la population pour chercher à se maintenir au pouvoir. Je suis le Président apprécié de tous et reconnu par toute la communauté internationale.

J.G : A l’exception du peuple Gondwanais sans doute? Revenons si vous le permettez Excellence, à tous les moyens utilisés par votre prédécesseur pour se maintenir au pouvoir en massacrant son peuple. La défense estime que le seul moyen préconisé par votre prédécesseur était le recomptage des voix. Comment le fait de recompter des voix peut-il massacrer un peuple ? N’était-il pas plus simple de recompter les voix de ceux qui ont voté que de compter 3000 morts ?

La communauté internationale a estimé que ce serait une injustice que de recompter les voix qui ne pèsent pas lourd dans le monde car elle avait déjà certifié mes résultats. En plus, Il fallait aussi des sacrifices humains pour mes valeureux combattants de la confrérie des  DOZOS et faire du nettoyage pour les rétribuer avec les riches plantations des sacrifiés.

J.G : Le procureur estime que des faits majeurs accusent votre prédécesseur et illustrent le massacre du peuple : les marcheurs pacifiques pour la prise de la RTG (Radiotélévision Gondwanaise), la marche des femmes à ABABA, le massacre de la population du marché d’ABABA, le viol de plusieurs femmes, et le massacre de la population du plus grand quartier de la capitale Gondwanaise : Yapo City. Prenons la marche sur la RTG, la défense estime que des marcheurs étaient armés et donc il s’agit d’une marche non pacifique et qu’il n’est donc pas établi que les morts proviennent des balles des militaires «  pro-souverainistes » surtout qu’ils ne sont pas identifiés et qu’aucune expertise balistique n'a été effectuée et qu'aucun lien n’est établi entre cet évènement et votre prédécesseur.

Parmi les marcheurs il y avait des DOZOS or les DOZOS sont une population toujours armée même quand ils marchent. Peut-on interdire à un informaticien de marcher avec un ordinateur ? Tous les experts en maraboutage ont confirmé que les morts ont été ordonnés par mon prédécesseur. Or la science des marabouts est infaillible dans la République très, très démocratique du Gondwana. Il en est de même des morts d’ABABA et de Yapo City et des femmes violées. Nous sommes prêts à faire témoigner les marabouts si le juge le trouve nécessaire afin qu’ils confirment tous les faits.

J.G : Comment comprendre que les plans contre les marcheurs de la RTG, les femmes d’ABABA soient établis par votre prédécesseur bien longtemps sans qu’il ne sache par avance que ces marches allaient avoir lieu ? Comment comprendre que la vidéo présentée sur la marche des femmes à ABABA soit un film tourné avec du sang de mouton versé sur les acteurs et que l’image présentant les massacres de Yapo City provient du Kenya ?

Je suis le Président choisi par la communauté internationale et le Kenya fait bien partie de la communauté internationale, voyons ! De surcroit, mes marabouts m’ont rassuré que ces massacres relèvent de mon prédécesseur.

Avant la marche des femmes à ABABA, on avait prévu un film à ABABA car j’étais déjà le président élu par la communauté internationale et le cinéma est la priorité de mon programme de gouvernement ; par coïncidence les femmes qui devaient mourir dans le film ont été effectivement tuées dans la réalité par des soldats non identifiés (peut-être de mon camp) peu importe. Mes marabouts m'ont confirmé que c'était sur l'ordre de mon prédécesseur. Alors quand la CPI nous a demandé des images, nous avons donné celles avec le sang de mouton puisqu’on avait le film.

J.G : Votre armée rebelle a fait beaucoup de massacres pendant la période enquêtée par le procureur mais pourtant tous ces massacres sont passés sous silence de surcroît  le dernier rapport d’Amnesty international montre que ces massacres continuent jusqu’aujourd’hui. Pensez-vous juger les auteurs de ces massacres ?

Parmi les victimes il y a ceux relevant des DOZOS, ce sont des sacrifices rituels, ils seront jugés par les Dieux DOZOS. Cela relève du tribunal des dieux Dozos et donc ne relève pas de ma compétence, vous comprenez ? Quant au reste, j’attends évidemment les résultats d’enquête des marabouts qui m’indiqueront en temps et en heure les véritables responsables. Aucun crime ne restera impuni, soyez rassurés !

J.G : son Excellence, une dernière question : votre prédécesseur, dans son intervention lors du dernier jour de l'audience de confirmation ou d'infirmation des charges a eu des mots très forts et je cite "Toute ma vie je me suis battu pour la démocratie…" et "la démocratie c'est aussi la façon dont on annonce les résultats des votes…que les Africains sachent que je suis ici parce que j’ai voulu respecter  la constitution de mon pays" quelle est votre vision sur sa bataille ?

C'est un beau combat, mais moi je me bats pendant ce temps à le mettre en prison. Vous comprenez que lui et moi nous ne menons pas le même combat. Hier, il se battait à travers des marches pacifiques, moi je l'envoyais à la MACA. Aujourd'hui, il se bat pour la démocratie des urnes, moi je l'envoie à la CPI. Il faut que les Gondwanais comprennent une chose tant que je serai au pouvoir le seul endroit où ce Monsieur devra être, c'est la prison. Ces partisans doivent tourner sa page et rentrer dans le jeu électoral.

J.G : Ces partisans estiment qu’il est plus jeune que vous et votre allié principal, donc que c’est  vous qui deviez tourner la page avant lui. Excellence autorisez moi une toute dernière question : Et la réconciliation ?

Vous m'avez dit que c'était votre dernière question. En effet, là où mon prédécesseur se bat pour faire de la réconciliation, moi je me bats pour faire du rattrapage et du nettoyage pour intensifier la réconciliation de nos richesses avec la communauté internationale. Vous voyez que nous ne menons pas le même combat ni n’avions la même vision de la réconciliation.

J.G : Je vous remercie, son excellence, Monsieur le président de la communauté internationale.

                              

Entretien réalisé par  le Dr Cheick DIABATE

Enseignant chercheur

dimanche, 03 mars 2013

CPI: INNOCENCE DE GBAGBO ET CULPABILITE DE SARKOZY, OUATTARA ET CONSORTS

 

SARKOZY ET OUATTARA.jpg

 
La CPI accuse Gbagbo, Chef d’Etat en exercice avant l’apothéose du plus long coup d’état de la France, orchestré par Sarkozy et sa bande de rebelles, d’être coupable de crimes contre l’humanité. Ces crimes, selon la CPI, auraient été commis lors des quatre événements que sont: 

-attaque par les rebelles du 16 Décembre 2010 devant conduire à l’occupation de la RTI; on comprend mieux aujourd’hui l’objectif visé: faire de la RTI, l’actuel instrument de propagande fasciste; 

-manifestation des femmes d’Abobo accompagnées de rebelles lourdement armés 

-bombardement du marché d’Abobo, fief du commando dit invisible de Soro Guillaume pour lequel il a reçu les félicitations des Ministres Guikahué du PDCI et Tounkara du RDR; 

-massacre de Yopougon du 12 Avril 2011 alors que le Président Gbagbo était déjà dans les mains de Sarkozy et Ouattara; 

Quatre chefs d’accusations sont brandis par la CPI, outil de répression juridique de l’ONU: 

- meurtre de 166 personnes, un nombre certes significatif, mais de loin inférieur aux 800 personnes tuées en une journée par les soldats de Ouattara à Duékoué, et les 200 réfugiés de Nahibly, assassinés au vu et au su des soldats de l’ONUCI, restés passifs donc complices; 

- «viol de 34 femmes». Que dire du cas des nombreuses femmes violées et éventrées par les criminels de Ouattara depuis le 19 Septembre 2002 sur toute l’étendue du territoire et particulièrement à l’ouest, devenu aujourd’hui fief des mercenaires burkinabès? Pour la Procureure Bensouda, l’africaine, ces sœurs-ci ne méritent-elles pas justice? 

- «Actes inhumains contre 94 personnes avec tentative de meurtre». Que dire des cas d’exécutions sommaires, de la centaine de gendarmes pourtant désarmés, des innocentes femmes danseuses d’Adjanou, de la mort par étouffement de centaines de pro-Gbagbo entassés dans des conteneurs exposés au soleil brûlant de Korogho, des sacrifices rituels avec la participation de soldats français, et de celui de beaucoup d’autres civils ivoiriens désignés du vocable de BAD (Bété, Attié puis Abbey, et Dida) par le sieur Venance Konan, actuel DG de Fraternité Matin, devenu journal propagandiste du nouveau régime. Encore aujourd’hui, l’homme de la Communauté Internationale continue de torturer, commettre les exactions les plus ignobles et même d’assassiner impunément des pro-Gbagbo. 

- -«Persécution pour motif politique, ethnique, religieux contre 294 personnes». Aujourd’hui, sous ce régime, qui pratique honteusement le rattrapage, non seulement ethnique mais surtout «ethniste», c’est près de 80% de la population qui subit au quotidien une atroce persécution pour motif politique, ethnique et religieux. 

Gbagbo est déporté à la Haye, la nouvelle terre des bagnards de France, parce qu’accusé d’être co-auteur-indirect. Qui sont donc les autres co-auteurs indirects, les co-auteurs directs, les auteurs indirects et enfin les auteurs directs? Où sont-ils? 
Alors que les auteurs, notoirement connus, sont en liberté, Gbagbo, le Président réélu, est injustement maintenu dans les geôles françaises de la CPI qui lui refuse la liberté provisoire pour «cause de popularité». Quelle injustice criarde !!! 

Les chefs d’accusation montés de toutes pièces contre Gbagbo sont tous farfelus, imaginaires et volontairement tronqués. Que recouvrent-ils? 

• Chef d'accusation1: Meurtre de 166 personnes. 

Dès la journée du 28 Novembre 2010, sur toute l’étendue du territoire et particulièrement dans les zones aux mains des rebelles, il y eut des assassinats perpétrés sur les pro-Gbagbo. Bon nombre d’observateurs de l’UE et de l’UA l’ont échappé belle en fuyant la furia des rebelles pour regagner en catastrophe la zone sous contrôle gouvernemental. 

Les meurtres dont Gbagbo est accusé ont été plutôt commis par les rebelles de Chirac, Compaoré, Ouattara, Soro, Sarkozy, l’Onu et toute la clique du Club des Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux(CSVIO), non seulement sur les Forces de Défense et de Sécurité mais aussi sur les populations civiles notamment à Abobo, à Attécoubé, à Daloa. Les crimes les plus horribles ont été commis par les rebelles criminels du commando dit invisible qui était approvisionné en armes par les soldats de l’Onuci et la Licorne. Ils ont tendu des embuscades aux FDS, incendié l’antenne de la RTI à Abobo pour brouiller les émissions de la RTI et surtout brûler les agents en poste. 

A propos du meurtre des 166 personnes, rien ne justifie que les pro-Gbagbo en soient les auteurs surtout qu’aucune enquête-terrain n’a été menée par les Procureurs successifs de la CPI qui se sont contentés des coupures de journaux du RDR, le parti dont Ouattara est toujours le leader. De plus, ce parti nous a habitués aux mensonges et aux faux témoignages. 

L’utilisation du mensonge a été exploitée, comme arme préférée de gouvernement du …menteur, pardon, mentor de ce parti qui, déjà, le 18 Février 1992, a vu de son bureau et à travers les immeubles du Plateau «Gbagbo casser et incendier les véhicules au Palais de Justice d’Abidjan». 
Il faut se rappeler la constitution du charnier de Yopougon avec des morts collectés dans différents lieux d’Abidjan. 

Bien qu’étant reconnu publiquement par ses rebelles comme celui pour qui ils ont pris les armes et qui les finance, il a toujours refusé d’assumer ce choix et a préféré déléguer à Soro la fonction de Chef-rebelle. Un autre cas de mensonge porte sur sa nationalité dont le doute, à ce jour, n’a pas été levé. 

Le dernier exemple qu’on peut citer est celui du camp des réfugiés de Nahibly où les gouvernants actuels parlent de quelques 6 morts alors que les ONG et les populations avancent le chiffre effarant de plus de 200 tués. Cette liste des mensonges est loin d’être exhaustive. 
En clair, ce chef d’accusation 1 porte en lui beaucoup de doute surtout que des images des manifestants au Kenya et en Afrique du Sud ont été utilisées par le parti de Ouattara pour être imputées faussement au Président Gbagbo. 

En Côte d’Ivoire, les vrais criminels sont ceux qui dirigent aujourd’hui ce pays où les droits de l’Homme sont continuellement bafoués; ce sont Ouattara, Compaoré, Soro et leurs chefs de guerre qui sont promus dans les hautes fonctions de l’Etat. Aujourd’hui, les meurtres perpétrés par les assaillants d’hier continuent impunément alors que Gbagbo est à la CPI; c’est la preuve que les tueurs sont du camp de Ouattara. Le dernier en date est celui d’Afféry où trois habitants ont été froidement assassinés par ses miliciens. 

 Le deuxième chef d’accusation, Gbagbo est accusé de viol.

Et pour bien faire les choses, c’est une femme qui le dit. Il aurait donné des instructions à ses soldats de violer toutes ces femmes du camp de Ouattara. Pour quel objectif, dans ce pays où le SIDA continue de faire des ravages? Voilà quelqu’un qui a été jeté en prison en 1992 par ADO pour avoir demandé que les militaires qui avaient violé des étudiantes à la cité universitaire de Yopougon soient jugés et condamnés et qui, aujourd’hui serait coauteur indirect de viol? 

C’est faire injure à la foi chrétienne et évangélique de cet homme et de son épouse que de penser un seul instant que ces époux puissent encourager de tels comportements. Il est vrai que les tenants actuels du pouvoir ivoirien n’ont pas de respect pour les choses de Dieu et ne se privent donc pas d’arracher à une église un terrain légalement acquis. Pourtant, Gbagbo, pendant son mandat, n’a fait que choyer les religieux. 

De plus, sous le régime véritablement démocratique de Gbagbo, les formations dispensées aux soldats FDS, les ONG ont suffisamment fait comprendre à ses soldats de métier, les règles de la guerre. Si, malgré tout, certains ont commis de tels actes, il faut pouvoir les sanctionner comme il se doit, et ce n’est pas faute de ne les avoir pas préparés au respect de ces règles. 

Il faut rappeler que des rebelles étaient suffisamment présents sur l’ensemble du territoire ivoirien grâce à l’appui logistique de l’Onuci et des soldats français. De plus, les tenues des FDS volées par les rebelles ont été utilisées par ces criminels pour commettre les actes ignobles de viols surtout qu’ils foulent au pied les règles élémentaires de guerre et des droits de l’Homme. Dès 2002, de nombreux viols ont été perpétrés par ceux-ci en zone sous leur contrôle. Parfois, après ces viols, des femmes étaient éventrées. Il est vrai aussi que les soldats de l’ONUCI, à l’Ouest, ont commis de tels actes sur des jeunes filles ivoiriennes. 

Comme on l’aperçoit, ce deuxième chef d’accusation relatif aux viols n’est qu’un tissu de mensonges visant à salir l’image de Gbagbo et celle de ses proches. Comment peut-on penser un seul instant que la Première Dame Simone Gbagbo puisse donner des consignes de viols aux militaires, elle qui n’avait aucune autorité sur ceux-ci ? 

 Chef d’accusation n°3 relatif à la tentative de meurtre de 94 personnes.

Heureusement que ces personnes n’ont subi qu’une tentative de meurtre et sont peut être encore en vie. Mais les rebelles eux, ne mènent pas de tentative de meurtres ; ils ont commis et continuent de commettre de nombreux crimes crapuleux, en massacrant des milliers d’ivoiriens. 

Une fois de plus, cet autre chef d’accusation est une invention de la Procureure, des affidés et serveurs de thé du poulain des impérialistes occidentaux. 

 Chef d’accusation n°4 portant sur la persécution pour motif politique, ethnique, religieux contre 294 personnes: 

Le Président Gbagbo a suffisamment souffert des persécutions politiques sous Houphouët- Boigny pendant le long règne dictatorial du parti-état PDCI-RDA. Plusieurs fois, il a été jeté en prison, pour des raisons purement politiques et ne saurait faire vivre à d’autres ce même calvaire. De plus, ses convictions religieuses l’ont toujours guidé dans l’exercice du pardon. 

S’il fallait persécuter ses opposants, il n’aurait pas mis fin au mandat d’arrêt international lancé par Bédié contre Ouattara, l’allié par intérêt; il n’aurait pas non plus prévu des rentes viagères à ces anciens responsables étatiques; il n’aurait pas encore institué le fonds de soutien aux partis politiques dont le PDCI et le RDR ont largement bénéficié pour leur fonctionnement. 

S’agissant de religion, c’est le Président Gbagbo qui a fait ouvrir une ambassade en Arabie Saoudite pour faciliter le pèlerinage aux musulmans ivoiriens et c’est lui qui avait fait inscrire au budget leurs prises en charge pour le pèlerinage à la Mecque. 

Que dire de la persécution ethnique exercé par l’actuel régime qui pratique, selon les dires de Ouattara, le «rattrapage ethnique» qui n’est pas justifié car déjà sous Gbagbo les ressortissants du Nord occupaient la majorité des postes de responsabilité ? 

Voilà des chefs d’accusations creux, montés de toutes pièces pour salir l’image de Gbagbo et celle de son parti. Ce Président qui vit dans la crainte de Dieu ne saurait commettre ces monstruosités qu’on veut lui attribuer. D’ailleurs, ce Dieu de justice saura rendre aux professionnels du mensonge un jugement adéquat. 

Comment peut-on imputer les effets néfastes de la marche sur la RTI du 16 Décembre 2010, organisée par la Licorne et l’ONUCI qui ont débarqué à l’hôtel du Golf un nombre important de rebelles avec des armes lourdes, une marche de rebelles armés jusqu’aux dents, prêts à tuer des soldats des FDS, une marche qui commence par des tirs de roquettes des rebelles. Les responsables de ces tueries sont donc bien la Licorne et l’ONUCI présents au Golf pour protéger Ouattara et ses rebelles qui y logeaient. 

S’agissant de l’attaque lancée lors d’une manifestation des femmes d’Abobo, la journaliste française d’investigation Leslie Varenne et l’ivoirien Germain Séhoué du journal Le Temps en ont parlé abondamment dans leurs livres. Le résumé de leurs écrits attestent que c’est une auto-attaque des rebelles de Ouattara avec la complicité des armées coalisées ONU et France. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que Ouattara utilise de tels subterfuges pour accuser d’autres. Le 18 Février 1992, c‘est Ouattara qui a fait brûler les véhicules des juristes sympathisants du FPI au Tribunal d’Abidjan, alors que les marcheurs étaient encore loin de cet endroit. En outre, c’est son parti le RDR qui est l’auteur du charnier de Yopougon et qui véhicule les images du Sud-Africain brûlé vif pour le faire passer pour un ivoirien, victime de Gbagbo. Le parti de Ouattara a habitué les ivoiriens aux mensonges et aux songes. 

Par conséquent, ces chefs d’accusations que brandit la CPI, sans enquête sérieuse, sont du domaine du mensonge et de l’affabulation visant à éloigner Gbagbo des siens et à briser sa carrière politique comme le souhaitent les membres du Club de Sadiques et Voraces Impérialistes Occidentaux. Quoiqu’il en soit, l’innocence de Gbagbo le ramènera très bientôt auprès de son peuple qui piaffe d’impatience de le voir libre car faussement accusé par l’ONU et surtout la France. 

A lire ces chefs d’accusation, on reste sur sa fin. Il apparait clairement que ce n’est pas pour ces prétextes-là que la France a fait le coup d’état. On attend encore les vrais chefs d’accusation. 


NANWOULET G. Simone

samedi, 02 mars 2013

8EME ET DERNIER JOUR DE L'AUDIENCE - LAURENT GBAGBO: «MADAME LA JUGE, JE SUIS ICI PARCE QUE J'AI RESPECTE LA CONSTITUTION DE MON PAYS»



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Session 1 : Le procureur s’embrouille et bâcle son oral final. 

« Les charges qui sont alléguées ici ne sont pas portées contre le peuple de Côte d’ivoire, ni un groupe religieux ou ethnique, elles sont portées essentiellement contre un seul individu, M. Laurent Gbagbo…La Chambre a déjà le document contenant les charges et leur commentaire durant cette audience. Il lui appartient de décider si oui ou non elle peut renvoyer M. Gbagbo au procès » a introduit le substitut de Bensouda, Mac Donald avant de répondre à la défense sur quelques détails invoqués. Pour le procureur la vidéo de la défense montrant Soro Guillaume donner des instructions aux FRCI à la veille de la marche sur la RTI , n’est pas complète. Le procureur présentera le début de la vidéo où le journaliste de la RTI dans son reportage parle d’une collusion entre les forces Onusiennes et les forces pro-Ouattara.

 
«RTI envoie des messages de haines afin que les jeunes patriotes s’en prennent aux forces onusiennes», soutient le procureur avant de montrer une autre vidéo dans laquelle des jeunes patriotes revendiquent le départ des forces étrangères et se disent prêts à mourir pour protéger leur patrie. «Voilà l’esprit dans lequel les jeunes patriotes étaient avant la crise», tente de prouver le procureur, alors qu’il s’agit bien de la défense de la nation face à des envahisseurs. Quoi de plus normal. 

Le procureur dira que l’auteur du livre « La guerre d’Abobo : le commando invisible raconte la bataille d’Abobo » est un pro-Gbagbo parce que journaliste au quotidien « Le temps ». 
 
« L’accusation ne nie pas l’existence du commando invisible et ses tueries, néanmoins, l’accusation soutient que les forces pro-Gbagbo ont aussi massacré à Abobo » soutient toujours le procureur. Avant de reconnaître que certains de ses propres témoins en l’occurrence les témoins « P.9/11/46 » pour avoir fait allégeance à M. Gbagbo à un moment donné, craignent pour leur vie d’où leurs déclarations contradictoires. 

A sa suit vint Galmetzer du bureau du procureur qui répondra à la défense sur le mode de responsabilité pénale individuelle du président Gbagbo. Pour le procureur, l’existence d’un plan commun existe parce que convaincu que le président Gbagbo a acheté des armes. Aussi pour répondre à la juge Christine van Wyngaert qui demandait au procureur le 22 février dernier de lui fournir l’organigramme du plan, le procureur montrera une diapo dans laquelle les deux têtes d’affiches étaient Gbagbo et Simone. Le deuxième palier est occupé par le seul Blé Goudé et le troisième palier du bas par certainement les jeunes patriotes, miliciens et mercenaires. 

Dans la chaîne de commandement des FDS, on retrouvera encore le même Blé Goudé. Et depuis le début de leur présentation, les substituts de Bensouda qui ont affiché un air serein, vont s’embrouiller au moment de conclure : 
 
« …Que Gbagbo ait gagné les élections ou pas, il faut retenir que les officiers supérieurs et les forces pro-Gbagbo continuaient à lui obéir au titre de la loi ivoirienne » a affirmé le procureur avant de demander à la Chambre de confirmer toutes les charges en vertu de l’article 25.3 (a) et (d), mais également en vertu de l’article 28. 

Session 2: L’avocate des victimes se transforme en l’avocate du procureur 

A la deuxième session de cette fin d’audience de confirmation des charges, c’est avec regret que le monde entier apprendra que l’avocate des victimes donc de toutes les victimes sans distinction de camp (pro-Gbagbo et pro-Ouattra), s’est fourvoyée en attaquant que les preuves à décharges de la défense. Durant ses 30 mn de discours de clôture, l’avocate des victimes n’a cessé d’interpeller la défense si elle ne reprend pas en soutien la thèse de l’accusation. « On a entendu que les FDS étaient courtoises et ont toujours protégé la population..Les victimes que je représente demandent à la chambre de ne pas les rabaisser » a-t-elle fait remarquer avant de conclure : « Les éléments de preuves présentés par l’accusation montrent qu’il y a des motifs substantiels de croire que M.Gbagbo était le responsable des crimes qui lui sont reprochés.. 

La description des 4 évènements faite par les victimes corrobore avec les éléments de preuves brandis par l’accusation ». Autant d’allégations supplémentaires qui feront douter la défense de la sincérité du bureau des représentants des victimes : « Pourquoi l’avocate des victimes se comporte en procureur bis ? » Et à Me Altit de revenir une fois encore sur les allégations du procureur. Pour lui, les piliers de la thèse du procureur sont fragiles, car soutient-il, le procureur en ignorant l’existence de troubles en Côte d’ivoire avant les élections de novembre 2010 et en affirmant que le président Gbagbo n’allait pas accepter les résultats de ces élections et enfin en alléguant que le président Gbagbo et ses partisans ont mis en place un plan commun, relève d’une manipulation des faits. 

« N’est-ce pas Ouattara qui voulait à tout prix se saisir du pouvoir au vue des troubles qui ont eu lieu dans le Nord lors des élections présidentielles ? Troubles dénoncées par tous les observateurs internationaux ? N’est-ce les forces étrangères, soutiens de Ouattara qui l’ont aidé à se saisir du pouvoir » a interrogé l’avocat français de Gbagbo avant de conclure : « Pourquoi lui qui a été à la base du multipartisme, et donc de la démocratie en Côte d’Ivoire devrait subitement changer d’attitude ? N’est-ce pas lui qui a organisé les élections bien que les rebelles n’aient pas déposé les armes ? N’est-ce pas lui qui a nommé Soro comme premier ministre ? Pourquoi l’a-t-il fait s’il voulait se maintenir au pouvoir ? » 

Session 3: Gbagbo: «Je suis là parce que j’ai respecté la Constitution de mon pays» 

A terme des 30 heures de cette audience de confirmation des charges, une seule chose à retenir : Le plaidoyer du président Laurent Gbagbo et son message aux états africains pour ne pas dire à ses pairs chefs d’état africain. « J’ai suivi ces débats, j’ai entendu certaines choses. Certaines fois je me suis retrouvé en Côte d’ivoire, mais d’autres fois je m’en suis éloigné. Je me suis dit pourquoi dans la justice moderne, il y a des camps retranchés. Quand j’entends que j’ai signé un décret en temps de guerre, si le bureau du procureur ou le bureau des représentants des victimes m’avaient demandé, j’aurais pu vous aider à comprendre certaines choses. Le décret dont vous parlez a été promulgué depuis 1961 qui dit qu’en temps de guerre, le président de la république peut signer un décret pour que l’armée aide les forces de l’ordre, mais cela c’est encore au bon vouloir du Chef d’état major…Voici des petites choses que j’aurai pu vous expliquer que d’alourdir l’atmosphère comme cela s’est passé durant toute cette audience… 

Aussi, Kadet Bertin n’est pas mon neveu… Mais je crois que la chute du Mur de Berlin nous a aidés à gagner la démocratie » a-t-il introduit avant de répondre à Bensouda : « J’ai été choqué lorsque madame la procureure a dit qu’on était pas là pour savoir qui a gagné les élections…Mais je crois que c’est celui qui a perdu les élections qui veut semer le trouble ? C’est bien cela le fond du problème… » a-t-il poursuivi avant de conclure : « Je suis un homme de droit. J’ai écris beaucoup de livres sur la démocratie. J’ai tout fait. On a tout fait pour que la discussion avance. C’est à Prétoria en 2005 que j’ai demandé à Thabo Mbeki de tout faire pour qu’on trouve une solution. C’était bien Ouattara qui faisait la traduction entre moi et Mbéki. C’est encore moi qui ai pris l’article 48 de la Constitution pour faire de Ouattara et Bédié des candidats…Madame, la Démocratie nous aide. Mais la démocratie n’est pas seulement le vote, c’est qui dit le vote, les résultats des votes…. 

Madame, je suis ici parce que j’ai respecté la constitution de mon pays…A tous les africains qui se mobilisent pour moi à travers le monde, je leur dit, le salut des états africains passe par le respect des constitutions que nous nous sommes données et des lois qui en découlent » a parlé le président Laurent Gbagbo. 

Rappelons qu’avant lui, Me Barouan est quant à elle revenu sur ce qu’elle aurait vécu en Côte d’ivoire au moment de la crise : «J’habite le quartier entre Samaké et le zoo. Vous devez savoir de quoi je parle. J’ai vécu, j’ai vu la guerre. J’ai pas eu besoin de vidéo pour décrire les atrocités commises par les forces rebelles sur la population civile en Côte d’Ivoire..Alors, madame l’avocate des victimes, il ne faut pas faire de la question des victimes un match de coup devis encore moins un championnat de Ping Pong». 
 
Notons enfin, que le bureau des représentants des victimes et du procureur ont jusqu’au 14 mars 2013 pour rendre leurs observations écrites sur cette audience. La défense ne rendra sa copie que le 28 mars 2013. Et c’est à partir de cette dernière date que la chambre préliminaire rendra son verdict 60 jours à compter du 28 mars 2013. 


De Philippe Kouhon et Tidiane Houla/Envoyés spéciaux à la Haye (Eventnews Tv)
 
 
Source: AFRIK53.COM

vendredi, 01 mars 2013

AFFAIRE GBAGBO: LA COUR PENALE INTERNATIONALE SOUS LE FEU DES CRITIQUES

 

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La défense de Laurent Gbagbo s'organise et démonte un par un chaque fait avancé par l'accusation. © Michael Kooren/AFP


Les haines se cristallisent autour de l'affaire Gbagbo, examinée devant la Cour pénale internationale (CPI). Mais curieusement, Laurent Gbagbo ne fait pas tant l'objet des attaques que la CPI elle-même. Les partisans de l'ancien président de Côte d'Ivoire, soupçonnés de crimes contre l'humanité, font un lobbying intense sur Twitter et commentent quotidiennement les audiences. Ils réclament, derrière le hashtag #FreeGbagbo, sa libération. Ils tournent en dérision une justice internationale "partiale", qui aurait fermé les yeux sur les exactions commises par le clan Ouattara.

Le journaliste Frédéric Taddeï s'en indigne également, en signant sur Newsring une tribune intitulée "Arrêtons les frais". "Ne devient-il pas urgent de mettre un terme à cette parodie de justice internationale qui agit comme un instrument de domination supplémentaire au service des pouvoirs en place ?", écrit-il. Enfin, le rapport d'Amnesty International, publié lundi et intitulé "Côte d'Ivoire - la loi des vainqueurs", jette de l'huile sur le feu. "La Côte d'Ivoire demeure le théâtre de violations graves des droits humains à l'encontre de partisans avérés ou supposés de l'ancien président Laurent Gbagbo", peut-on lire en introduction. 88 pages viennent étayer ces informations.

De la poudre aux yeux politique

Toutes ces critiques - qu'elles soient fondées ou non - nous en feraient presque oublier l'essentiel. Laurent Gbagbo n'est pas jugé pour les exactions commises par le clan Ouattara, mais pour ses propres crimes. "Dire que Ouattara devrait lui aussi comparaître devant la CPI, ça n'apporte rien à la défense de Gbagbo. C'est de la poudre aux yeux politique", assure Géraldine Mattioli, directrice de la division justice auprès de l'ONG Human Rights Watch (HRW). "C'est une technique classique. Déjà Milosevic, quand j'étais au Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, tentait de faire la même chose : politiser le tribunal", confie pour sa part Bruno Cathala, président de tribunal et ancien greffier à la CPI.

"La Cour mène un vrai travail d'enquête et d'investigation. Elle va se demander si les éléments constitutifs des crimes reprochés à Gbagbo sont bien là. Elle sait très bien que d'autres exactions ont été commises en Côte d'Ivoire, mais cela n'a rien à voir dans le débat", insiste Bruno Cathala. La Défense, elle, continue à démontrer la vision "parcellaire" et "incomplète" des faits, tels que présentés par l'Accusation. Mais devant les pièces apportées par le procureur, Emmanuel Altit et ses confrères avocats sont contraints de passer à la vitesse supérieure.

Délégitimer le travail du procureur

L'Accusation évoque des comptes rendus du gouvernement et des rapports du chef d'État-major, plus ou moins accablants pour Gbagbo. Un e-mail est dévoilé. On y apprend qu'Anselme Seka, ex-garde du corps de Simone Gbagbo, s'inquiète auprès de Laurent Gbagbo des conditions de recrutement des mercenaires. En pleine période de crise post-électorale, des réunions quotidiennes avec les forces armées (FDS) ont eu lieu. Les jeunes miliciens ont quant à eux, affirme le bureau du procureur, été maîtrisés par le truchement de Charles Blé Goudé, ancien ministre de la Jeunesse. Bref, autant d'indices qui permettent à l'Accusation d'affirmer que Laurent Gbagbo était au courant de toutes les actions entreprises.

Alors, durant de longues heures, la Défense s'échine à pointer toutes les faiblesses de l'enquête, preuve par preuve. Le travail est long, fastidieux, mais remarquable. Tel rapport n'est pas assez documenté. Les auteurs de crimes ne peuvent pas être identifiés. Tel fait a été mal interprété. Les avocats de Laurent Gbagbo cherchent à délégitimer les "insiders", ces gens qui étaient dans l'entourage de Gbagbo et qui veulent se refaire une santé en témoignant contre lui. Leur récit est très dangereux pour Gbagbo. Il "faut nettoyer Abobo et en faire un cimetière", aurait par exemple dit l'ex-président de Côte d'Ivoire à l'un de ses proches, qui a depuis retourné sa veste.

Au stade de l'audience de confirmation des charges, les juges doivent juste vérifier que les preuves sont assez solides pour ouvrir un procès. Aucune des deux parties - Défense et Accusation - ne dévoilent donc totalement leur jeu. Mais si Laurent Gbagbo venait à être poursuivi, son procès dépassera largement ses seuls crimes. C'est l'implication de la France dans ce conflit qui sera passée au peigne fin.


 

Source: LE POINT

jeudi, 28 février 2013

DISCOURS INTEGRAL DE GBAGBO A LA CPI: «QUI A GAGNE LES ELECTIONS?»


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Un grand homme d'Etat, un grand et digne fils d'Afrique a parlé. Un véritable cours magistral de démocratie à l'innommable Alassane Dramane Ouattara, à l'Afrique et au monde, surtout à la communauté internationale qui ne voulait voir en ce démocrate de haut vol qu'un vulgaire dictateur sans référence et sans grade. Laurent Gbagbo leur a prouvé le contraire et a volé au-dessus de la mêlée grouillante des complots internationaux et de la bassesse humaine. Appréciez! Si c'est le droit qui est dit à la CPI, Laurent Gbagbo sera bientôt de retour sur les bords de la Lagune Ebrié. Courage, digne fils d'Eburnie, on ira jusqu'au bout! Fernand Dindé.


Madame la Présidente,

Madame et Messieurs les Juges ;

 

J’ai suivi ces débats. J’ai entendu beaucoup de choses. Certaines fois, je me suis retrouvé en Côte d’Ivoire, mais d’autres fois, je m’en suis trouvé tellement éloigné, tellement les questions qu’on posait étaient loin de ce que nous avons vécu.  Et je me suis dit, pourquoi dans la justice moderne, y a-t-il des camps retranchés? Parce que sur beaucoup de questions, aussi bien l’accusation que la représentante des victimes que vous-mêmes, vous auriez pu m’appeler. J’aurais pu donner des informations, ne serait-ce que des informations que vous auriez pu vérifier après. Mais pour fluidifier le raisonnement. J’aurais pu dire beaucoup de chose, sur des petites questions. Par exemple, quand on dit "il a signé un papier pour déployer l’armée". JAMAIS!

J’ai signé un Décret pour que toutes les FDS (Forces de Défense et de Sécurité, ndr) soient mobilisées. Mais c’est une pratique qui date de 1961, qui date de l’époque où l’armée a été créée. Le Chef de l’Etat peut, en cas de troubles, signe un Décret. Parce que la Police, c’est la Police, ensuite il y a la gendarmerie, mais si ces deux forces sont totalement submergées, elles peuvent appeler l’armée en renfort. Et donc, pour ça, le Président de la République signe un décret qu’il donne aux différents chefs. C’est à eux d’utiliser l’armée ou de ne pas l’utiliser. Et ça dépend de ce qu’ils pensent de la situation. Donc, c’est des choses pratiques et petites, qu’on aurait pu expliquer.

Quand le Chef des FDS est venu me dire "Ah la situation à Abobo, il y a les soldats d’IB, je pense que c’est eux les commandos invisibles. Donc, on ne sait pas comment ça va aller".

Je dis : "Qu’est-ce qu’on fait ?"

Il dit : "Signez toujours un décret et puis on va garder ça. Et si on n’en a pas besoin, on n’en a pas besoin ! Mais si on en a besoin…".Donc, il y a plein de chose comme ça.

Et puis, il ne faut pas me donner des parents que je n’ai pas. Je crois qu’on veut faire comme souvent en Afrique. Et En Europe, vous dites, les africains, c’est comme ça ils gouvernent. Je ne gouverne pas avec ma famille. Moi, je suis un Chef de l’Etat, Président de la République. Ma femme, elle est députée et Kadet n’est pas mon neveu. Le mot neveu est un mot français. J’ai des neveux ici qui sont dans cette salle. Mais Kadet n’est pas mon neveu. Il a été Ministre de la défense, Ministre délégué à la défense. Il était mon conseiller. Je ne gouverne pas avec ma famille. Peut-être que ça se fait comme ça en Afrique. Mais pas en Côte d’Ivoire, au temps de Gbagbo. C’est-à-dire, il y a des petites choses comme ça qu’on aurait pu éviter. Ça a alourdi pour rien l’atmosphère. Et ça nous empêche d’aller immédiatement au fond du problème.

Madame la Présidente, toute ma vie, et ça, ça se sait non seulement en Côte d’Ivoire, mais dans toute l’Afrique et dans toute la France politique. J’ai lutté pour la démocratie. J’ai demandé à mes avocats la semaine dernière, je leur ai dit que je veux vous envoyer tous mes livres que j’ai écrits sur mon parcours. Ils ont dit, c’est trop tard pour introduire ces livres-là. Mais, quand on aura fini, quelque soit le résultat, quelque soit ce que vous décidez, j’enverrai un lot des livres de Gbagbo au bureau du procureur et je vous enverrai un lot des livres de Gbagbo. Parce qu’en fait, c’est ça l’homme. Il marche, il marche. Mais il laisse des traces sur le chemin qu’il parcourt. Comme ça on peut le retrouver.

J’ai lutté pour la démocratie. Et c’était au moment où nous ne savions même pas si le mûr de Berlin allait s’écrouler. Nous ne savions pas ça. Donc on luttait avec un courage. Mais on était convaincu que nous mêmes, on n’allait pas voir la démocratie triompher. Mais le mûr de Berlin c’est écroulé et nous a aidés à gagner la victoire du multipartisme et de la démocratie.

C’est pourquoi, je voudrais simplement dire et je ne vais pas aller plus loin. Je voudrais simplement dire que madame la Procureure, puisse que ça existe maintenant en français, on met un "e" à la fin. (Rire)! Madame la procureure a dit une phrase qui m’a un peu choqué. En disant que : "nous ne sommes pas là pour voir qui a gagné les élections et qui ne les a pas gagnées". Mais on ne peut pas débattre de la crise postélectorale et ne pas savoir comment les élections se sont passées. Qui a gagné les élections ? Parce que c’est celui qui ne les a pas gagnées qui a semé des troubles. Je crois que c’est ça la logique. Donc la question est là. Qui a gagné les élections ? Et donc quand je demandais qu’on recompte les voix. Ce n’était pas une phrase en l’air. Vous avez vu vous-mêmes les documents dont dispose l’accusation et sur lesquels les voix des électeurs sont répertoriées. On a vu que dans la seule ville de Bouaké, on a ajouté 100.000 voix à mon adversaire. Donc Madame, c’est ça le fond de la question. C’est ça le fond de la question.

On nous a attaqués en 2002, j’ai fait mon travail. C’est-à-dire que je n’ai jamais cru que la Côte d’Ivoire allait s’en sortir par la guerre. Je n’ai jamais cru ça. J’ai toujours cru qu’on s’en sortirait par la discussion. Même si je sais qu’ils ont tord. Mais, pour s’en sortir, j’ai toujours cru en la discussion. Alors, j’ai parcouru toute l’Afrique. On a fait les négociations de Lomé. Ils ont fait les négociations de Marcoussis et de Kléber. Mais ça, je laisse ça de côté. Nous avons fait les négociations d’Accra I, Accra II, Accra III, sous la Présidence de John Koufor. Nous avons fait les négociations, à partir de juin 2005, de Prétoria I et de Prétoria II sous la Présidence de Tabo Mbéki. Nous avons tout fait. Nous avons tout fait pour que la discussion avance. C’est à Prétoria, C’est à Prétoria que j’ai demandé à Tabo Mbéki de m’aider à trouver une solution légale pour qu’Allassane soit candidat. Parce que ça empoisonne la situation. C’est à Prétoria, en 2005. Nous nous sommes retrouvés. Tabo Mbéki, Konan Bédié, Ouattara et moi-même. J’ai demandé à Ouattara de faire la traduction entre Tabo Mbéki et moi.  C’est là que je leur ai dit que ça ne me gênait pas que Ouattara soit candidat. Mais comme mon électorat aussi est là, il faut que Tabo MBéki nous écrivent à nous tous à Abidjan pour qu’après je puisse prendre une décision. Je n’aime pas l’article 48 de la constitution. C’est comme l’article 16 de la constitution française. Ça donne énormément de pouvoir. Mais ce jour-là, j’ai pris l’article 48 de la constitution et j’ai permis à Ouattara et à Konan Bédié d’être candidats. Donc madame, voilà ce que je voulais vous dire.

Nos pays, nos Etats, et ce sera mon dernier point, sont fragiles. Et chaque fois qu’un chef d’Etat européen ou occidental me disait faites la démocratie en Afrique, je lui disais, nous avons besoin de la démocratie, non pas parce que vous, vous le dites, mais parce que nous-mêmes nous en avons effectivement besoin pour construire nos Etats.

Madame, regardez la Côte d’Ivoire ! Si nous l’employons pas la démocratie, nous allons choisir comment le chef de l’Etat. Il y à l’Est, adossé à la frontière ghanéenne, le Akans qui ont un mode à eux pour choisir leur chef de village ou de canton ou leur roi. Nous avons à l’ouest, un pouvoir éparpillé. Nous avons, au nord, les malinkés islamisés qui se regroupent autour des mosquées. Et à côté d’eux les Senoufos qui se retrouvent dans les bois sacrés. Quel mode électoral allons-nous prendre? Donc la démocratie nous aide, parce qu’elle fait taboula rasa sur tout ça et elle donne à chaque individu considéré comme citoyen, une voix. C’est pourquoi, je me suis engagé dans la lutte pour la démocratie. Et puis nous, qui venons de famille très modeste, s’il n’y a pas la démocratie, jamais on aurait de poste élevé. Moi, les gens avec qui j’ai été à l’école, quand j’ai été élu Président, ils n’étaient pas étonnés parce qu’ils savaient mon engagement. Mais ils sont venus me saluer et saluer mon courage. Parce que je n’étais pas le plus aidé, je n’étais pas le plus intelligent, je n’étais pas le plus riche. Donc, nous avons besoin de la démocratie, Madame.  Mais la démocratie, ce n’est pas seulement le vote. C’est qui dit le vote. Qui dit le résultat de vote, c’est ça aussi la démocratie. Quand on s’en va prendre une nuit le Président du groupement électoral, qu’on l’amène dans le QG électoral d’un candidat, qu’on invite une télévision étrangère pour lui dire de parler et on le filme et on diffuse ça dès le lendemain matin, ce n’est pas très démocratique ça. Ce n’est pas la démocratie. La démocratie, c’est le respect des textes, à commencer par la plus grande des normes en droit qui est la constitution. Qui ne respecte pas la constitution, n’est pas démocrate. Madame, c’est parce que j’ai respecté ma constitution qu’on veut m’amener ici. Alors, bon. Je suis là, mais, je compte sur vous. Je compte sur vous, parce que je souhaite que tous les africains qui me soutiennent et qui sont tout le temps ici, devant la Cour, devant la prison, dans leur pays entrain de manifester entrain de marcher. Tous ces africains, qu’ils comprennent que le salut pour les Etats africains, c’est le respect des constitutions que nous nous donnons, et des lois qui en découlent.

Je vous remercie, Madame.

 

Une transcription d'Alain Doh Bi


Vidéo intégrale de l'intervention du Président Laurent Gbagbo



Source: Le blog d'Alain Doh Bi

7EME JOUR DE L'AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES - LA DEFENSE: «GBAGBO N'A RIEN FAIT»

 

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Session 1 : Ivanovic : «Nous sommes en procédure pénale et les suppositions du procureur ne suffisent pas dans cette procédure» 

Dans la suite de sa conclusion entamée depuis hier et qui se poursuit aujourd’hui, Me Fauveau Natacha Ivanovic s’est étalé sur le non contrôle qu’aurait exercé le président Gbagbo sur son entourage immédiat, sur les FDS et sur les Jeunes patriotes en vue de la mise en œuvre du plan commun. Elle démontrera aussi que le président Gbagbo n’a jamais rien coordonné et n’a jamais donné d’instruction.

 
«Certes Gbagbo était bien le président de la république de Côte d’Ivoire, comme le reconnait le procureur lui-même dans sa présentation du 22 février. Par conséquent, il était le chef des armés. Seulement, le procureur ne nous prouve pas comment des jeunes ont été recrutés et quel était le vrai rapport entre le président Gbagbo et Charles Blé Goudé.» a-t-elle introduit avant de passer au peigne fin toutes les allégations du procureur faisant allusion à des réunions entre le président et les officiers supérieurs, entre Gbagbo et Charles Blé Goudé. 

«Le procureur n’a trouvé que 3 réunions entre les commandants supérieurs et Gbagbo durant toute la crise. Mais à défaut de trouver un lien entre ses commandants supérieurs et le président Gbagbo, le procureur va s’intéresser aux réunions convoquées par son épouse Simone au sein du CNRD. Des réunions auxquelles le président Gbagbo aurait participé sans en fournir de preuve…D’ailleurs le propre témoin du procureur dira que le président Gbagbo n’a jamais participé à la réunion du CNRD dont parle le procureur » fait remarquer Ivanovic et de conclure : « Le procureur, en déformant les déclarations de ses propres témoins nous donne l’impression que lui-même n’a jamais mené d’enquête et par conséquent met en doute ses propres déclarations». 

Pour la défense toutes les allégations concernant l’attaque de l’hôtel du golf, le blocus du même hôtel, sont infondées. 

« Les FDS sont des forces de maintient de l’ordre. Dans quel pays a-t-on vu une armée régulière (FDS) laisser une armée rebelle (FRCI) assiéger une partie de la ville sans les bloquer ? Il fallait maintenir l’ordre qui était menacé ». 

Le procureur ne montre aucun lien entre le président Gbagbo et les 4 évènements et tout montre que toutes les actions du président était non seulement d’empêcher le commando invisible de continuer à sévir, mais de protéger la population » a conclu, Me Faveau Natacha Ivanovic sur ce chapitre. 

Session 2 : « Le seul tort de Gbagbo a été de défendre les institutions de la République, la population ivoirienne en sa qualité de président de la Côte d’Ivoire au moment des faits» 

A la reprise, l’avocate Ivanovic en s’appuyant sur l’article 25(a) et (d) du statut de Rome a démontré que le procureur n’a pas apporté de preuves suffisantes prouvant l’existence d’un plan commun sur la base de la coaction du président Gbagbo en vue de se maintenir au pouvoir. En outre, pour elle s’il doit exister un plan commun, il était ailleurs. Elle rappellera les discours de Ouattara et le Meeting de Koné zacharia au moment de la rébellion. 

« Nous frapperons ce pouvoir et il tombera comme un fruit mûr » dixit, Alassane Ouattara. 
« Nous avons pris les armes, non pas pour IB, encore moins pour Zacharia, mais à cause de Alassane Ouattara » dixit Koné Zacharia. 

Elle évoquera aussi les dernières réunions tenues chez le ministre Anaki. « C’est le RDR qui avait un plan commun en vue de déstabiliser le régime du président Laurent Gbagbo, en tuant » a martelé la juriste yougoslave avant de conclure : 

« Le seul tort de Gbagbo a été de défendre les institutions de la République, la population ivoirienne en sa qualité de président de la Côte d’Ivoire au moment des faits» 

Enfin si cette session de l’audience n’a pas ennuyé l’assistance, c’est bien parce qu’elle a permis aux nombreux curieux présents ce jour de découvrir « le coupé décalé » sous un autre angle. Depuis la CPI, Antoinette Alany a été élevée au rang des artistes propagandistes en Côte d’Ivoire. Avec sa chanson « on gagne ou on gagne », maladroitement attribuée aux pro-Gbagbo comme slogan de campagne afin de se maintenir au pouvoir. Et à l’avocate de dire au procureur, concernant un pan du discours de son client prononcé à Divo en pleine campagne électorale (octobre 2010) : « Je ne serai pas battu ». Pour la défense, ce slogan était purement séducteur et non violent. 

Elle fera enfin référence aux nombreux discours du président Laurent Gbagbo lors de la campagne et qui n’avaient rien de déclaration de guerre contrairement aux allégations du procureur. 

A sa suite, vint le professeur Dove Jacob qui lui insistera sur les incohérences des allégations du procureur avec les dispositions de l’article 25.3 (a) et (d). 

« Il faut savoir ce que veut le procureur. Le président Gbagbo est-il auteur ou complice » a introduit le prof de droit pénal international avant de montrer le lien fatal entre les paragraphes de cet article 25 et les insuffisances du procureur. 

Pour lui la contribution à démontrer n’est pas la même dans le cas des deux modes de responsabilité. Il y a une distinction. Pour le procureur, l’élément par lequel la contribution a été conçue au vue de l’article 25.3 (d) est le même sous l’article 25.3 (a). « Le procureur fait une pirouette linguistique. Par ce motif, la défense demande respectueusement à la Chambre de ne pas confirmer les charges sur la base de ces deux modes de responsabilité » a conclu partiellement le prof. Avant de rappeler que même si le juge Hans Peter Kaul avait soufflé au procureur de se pencher sur l’article 28 afin de requalifier ses charges, cela ne devrait pas être pris en compte pour cette audience, car dans l’affaire Bemba, cette possibilité avait été débattue bien avant l’audience de confirmation des charges afin de permettre à la défense de faire ses observations. Et non en pleine audience. « Pour cette raison, la défense demande à la cour de suspendre cette audience afin de laisser les deux parties s’échanger les observations s’il était retenu que le procureur doit se prononcer sur l’article 28 » a conclu le prof de droit pénal international. 

Session 3 : Le Prof Jacob donne un cours de doit pénal international au procureur 

A la troisième session, le professeur Jacob s’est cette fois prononcé sur le crime contre l’humanité. 

Pour la défense, le procureur a inclu sans le prouver tous les évènements qui ont eu lieu autour le 16 décembre 2010 dans cet évènement afin de relever son caractère généralisé. « Le procureur a manqué de rigueur » a martelé la défense. Avant de dire qu’il aurait fallu que le procureur télécharge tous les rapports des ONG tout en restant dans son bureau et laisser la défense aller contre enquêter sur le terrain. « Un DCC ne saurait être une série d’affirmation, mais une démonstration des allégations » a souligné le professeur Dove Jacob. 

« Où est la définition de l’attaque généralisée au terme de l’article 7, dont parle le procureur ? » a interrogé la défense. Avant d’exiger que soit évalué le DCC du procureur sous cette triple exigence. 

A sa suite est revenue la juriste Faveau Natacha Ivanovic qui elle a insisté sur le lien entre le président Gbagbo et le crime contre l’humanité allégué par le procureur. 

« Gbagbo était le président de la Côte d’Ivoire. Pour ce faire il disposait de l’appareil de l’Etat. Mais le procureur n’a pas eu le courage de le souligner. Il a préféré parler de Blé Goudé et Simone comme étant les seuls membres du groupe présumé…Le procureur a aussi parlé de 45 incidents dans son DCC, malheureusement tous ces incidents n’ont aucun lien l’un avec l’autre et ne remplissent pas les conditions d’une attaque généralisée au terme de l’article 7 du statut de Rome. Sinon, ces incidents n’ont aucun lien avec le président Gbagbo. D’ailleurs le témoin « P.9 » du procureur a affirmé que la mission des FDS était de protéger la population… 

En conséquence la défense estime que les actes commis au cours de ces quatre évènements cités par le procureur ne constituent pas d’éléments objectifs pouvant constituer un crime contre l’humanité, car il n’y a jamais eu d’attaque contre des civils encore moins généralisées que systématiques… Et même si la chambre devait conclure qu’une attaque a eu lieu contre la population civile, cette attaque ne peut être imputée au président Laurent Gbagbo » a dit la défense avant de conclure définitivement sur sa présentation des preuves à décharges sur cette affaire : 

« Le président Gbagbo était le président de la Côte d’Ivoire. Les troubles en Côte d’ivoire ne datent pas de 2010. Elles datent de 2002, avec des rebelles qui sont toujours actifs et soutenus par la communauté internationale. C’est bien la volonté de la France d’offrir le siège présidentiel à Ouattara qui a conduit le pays dans ce chaos…Mesdames, Messieurs les juges, la politique n’a pas sa place dans cette cour. Or le procureur a présenté durant toute cette audience un dossier politique sur la base des rapports des ONG et des coupures de presse…Il n’a pas apporté de preuves suffisantes pour soutenir ses allégations concernant les 4 évènements…Pour ces raisons, la défense demande à la chambre préliminaire de ne pas suivre la démarche politique du procureur et d’infirmer toutes les charges alléguées contre le président Laurent Gbagbo en application des règles du droit. » 

L’audience continue demain jeudi 28 février 2013, avec les observations finales des deux parties. Le président Gbagbo pourrait prendre la parole. 

Coulisses : 

--La direction du FPI présente à l’audience (Kodjo Richard, Seri Gouagnon, Demba Traoré, Désiré Porquet, roger Gbablou, Nékalo Georgette, Lago…) 

--Une cinquantaine de partisans de Gbagbo était présente dans la salle dont Abel Naki et Willy Bla) 

--Les deux avocats de Ouattara, Mignard et Benoit ainsi que l’ambassadeur de CI en hollande étaient aussi présents. 

--Une délégation de l’ambassade de France aux Pays-Bas était présente. 

--L’audience du jour a débuté à 14h15 pour finir à 18h55. 



De Philippe Kouhon et Tidiane Houla/Envoyés spéciaux à la Haye (Eventnews Tv)


Source: AFRIK53.COM

LAURENT GBAGBO VA FAIRE UNE DECLARATION CE JOUR, 28 FEVRIER 2013

 

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Laurent Gbagbo va faire une déclaration le 28 février 2013


L’information selon laquelle Laurent Gbagbo s’exprimera le 28 février est relayée par plusieurs sources, mais aucune précision n’a pour le moment été donnée quant au contenu. 

Notons ainsi que le 28 février cette audience de confirmation des charges, devra se conclure par une déclaration de Gbagbo. Puis ce sera aux juges d'examiner si les éléments de preuve rassemblés par l'accusation sont suffisamment solides pour permettre, plus tard, la tenue d'un procès. 

Cette affaire reste capitale, car Gbagbo joue sa tête, et la justice internationale, sa crédibilité d’autant plus que dix ans après sa mise sur pied, la CPI n’a condamné que Thomas Lubanga, un chef de milice congolais, à 14 ans de prison.


 Source: AFRIK53.COM
 
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CPI : Fatou Bensouda, la fugitive!


Manifestement, Fatou Bensouda, la procureure de la Cour pénale internationale,se débrouille pour être désormais absente à toutes les audiences dans le cadre de l’affaire qui l’oppose au président Gbagbo. Après son «show» de départ, bilingue et hypermédiatisé, elle a disparu des écrans radars, ses adjoints plaidant ses nombreuses occupations. Curieux!


D’autant plus curieux que «l’affaire Gbagbo» est la plus importante de celles qui sont actuellement examinées par la CPI. La politesse élémentaire aurait voulu que Fatou Bensouda soit présente,d’autant plus que la juge Silvia Fernandez de Gurmendi a demandé – et obtenu – que Laurent Gbagbo, en dépit de son âge avancé et de son état de santé, participe à toutes les sessions. 

Quelles sont donc les obligations qui tiennent Fatou Bensouda éloignée de la Cour? Eh bien, hier matin (Mardi), elle était l’invitée péciale de l’université de Trento, en Italie, où elle fera son autopromotion au cours d’une sorte de «discours inaugural» qu’on imagine bien plus confortable qu’une audience contradictoire, technique et peut-être ,au fond, ennuyeuse pour la magistrate gambienne! 

Cette «stratégie de la fugitive» est-elle vraiment sérieuse ? Fatou Bensouda veut-elle, par son absence, envoyer un message subliminal à la Cour sur ce qui pourrait être un refus non énoncé d’assumer ses propres accusations, défendues dans le prétoire par le Canadien Eric MacDonald, qui apparaît comme le «vrai propriétaire du dossier» ? Son attitude accrédite en tout cas la thèse selon laquelle elle n’est qu’une «potiche noire» visant à désamorcer les critiques selon lesquelles la CPI est un tribunal de Blancs créé par l’Occident pour prévenir et punir toute indocilité africaine. 


Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: AFRIK53.COM

mardi, 26 février 2013

DERNIER RAPPORT D'AMNESTY INTERNATIONAL ET COMMUNIQUE - COTE D'IVOIRE: LA LOI DES VAINQUEURS

 

 

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Communiqué de presse


Côte d’Ivoire: Quand représailles et répression s’exercent sous prétexte de maintien de la sécurité


Les violations généralisées des droits humains perpétrées par les forces armées à l’encontre de partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo compromettent encore davantage la réconciliation en Côte d’Ivoire, écrit Amnesty International dans un rapport rendu public mardi 26  février 2013.

L’armée nationale, créée par le président Alassane Ouattara afin d’intégrer les forces loyales à l’ancien président au lendemain des violences postélectorales de 2010 qui avaient fait près de 3 000 morts, était censée assurer « la sécurité des personnes et des biens sans distinction » et « être un puissant instrument de cohésion nationale ».

Or, malgré les apparences, cette nouvelle armée nationale, accompagnée d’une milice armée composée de chasseurs traditionnels – les Dozos – se rend coupable d’exécutions extrajudiciaires, d’homicides délibérés et arbitraires, d’arrestations motivées par des considérations politiques et d’actes de torture. Elles jouissent en outre d’une impunité quasi-totale sous le prétexte qu’elles assurent la sécurité et luttent contre les auteurs d’agressions armées.

« La Côte d’Ivoire doit briser le cycle des abus et de l’impunité. Pas un seul membre de l’armée nationale ni autre partisan du président Alassane Ouattara n’a pour l’instant été amené à rendre des comptes pour ses agissements, ce qui constitue un échec total sur le plan de l’établissement de l’état de droit et affaiblit gravement le processus de réconciliation entamé en juillet 2011 », a déploré Gaëtan Mootoo, chercheur d’Amnesty International sur l’Afrique de l’Ouest.

En septembre et octobre 2012, une délégation d’Amnesty International s’est rendue dans plusieurs lieux de détention, dont deux non officiels. Les délégués ont recueilli des témoignages de première main sur la manière dont les détenus, en grande partie incarcérés en raison de leurs affiliations politiques ou de leur appartenance ethnique, sont privés de liberté pendant des mois, sans pouvoir s’entretenir avec leur famille, ni consulter des avocats et des médecins.

Certaines familles n’ont appris où se trouvait un proche incarcéré qu’après en avoir été informées par la délégation d’Amnesty International.

Des détenus et d’anciens détenus ont décrit comment on les avait torturés à l’électricité ou avec du plastique fondu afin de leur arracher des « aveux » sur leur participation présumée à des attaques armées. Deux personnes, au moins, sont mortes des suites d’actes de torture.

La délégation d’Amnesty International a été en mesure de rencontrer tous les proches et collaborateurs de Laurent Gbagbo incarcérés dans cinq centres de détention du centre et du nord du pays. Certains d’entre eux ont été soumis à des traitements inhumains et dégradants.

Un homme a raconté à Amnesty International qu’il avait été détenu pendant 49 jours avec 27 autres personnes dans une cellule de 4 mètres carrés dépourvue de sanitaires.

« Nous devions faire nos besoins dans des sacs. On ne nous donnait qu’un repas par jour, vers 14 ou 15 heures. Et nous n’avions droit qu’à un litre d’eau pour 48 heures. »

Amnesty International a relevé de graves irrégularités dans les enquêtes ouvertes sur ces cas ; les autorités n’ont quasiment pris aucune mesure pour garantir des audiences équitables et ont gravement porté atteinte aux droits de la défense.

Le rapport revient par ailleurs sur l’attaque et la destruction, en juillet 2012, d’un camp de personnes déplacées à l’intérieur du pays, principalement issues de l’ethnie guérée, qui est généralement considérée comme partisane de Laurent Gbagbo. Au moins 14 personnes ont trouvé la mort, bien que de nombreux autres corps aient, semble-t-il, été jetés dans des puits.

Cette attaque a eu lieu à Nahibly (près de la ville de Duékoué) dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, région ayant été le théâtre de certaines des violations des droits humains les plus graves qu’ait connues le pays. Elle a été menée par des Dozos – qui sont particulièrement actifs dans l’ouest – accompagnés de membres armés de la population locale et de militaires.

« Certaines des pires atteintes aux droits humains perpétrées dans le cadre du conflit de 2011 ont eu lieu à Duékoué, et il est consternant de voir les mêmes acteurs commettre les mêmes violations et abus contre les mêmes populations, deux ans plus tard, a poursuivi Gaëtan Mootoo. Où est la justice dans tout cela ? »

Face aux manquements généralisés des autorités à leur devoir consistant à garantir justice et réparations, Amnesty International demande la création d’une commission internationale d’enquête sur cette attaque.

L’organisation exhorte par ailleurs les autorités ivoiriennes à mettre fin aux violations des droits humains et autres abus que des représentants de l’État ou des milices soutenues par celui-ci continuent à commettre en toute impunité.

« Cela fait déjà trop longtemps que les Ivoiriens attendent que justice soit faite, a ajouté Gaëtan Mootoo. Si des mesures ne sont pas immédiatement adoptées afin de contrôler les forces de sécurité, la Côte d’Ivoire risque de connaître des crises politiques à répétition, et la réconciliation nationale ne sera plus qu’un lointain espoir déçu. »

 

Amnesty International, 26 février 2013.

 

Source: AMNESTY.ORG

5EME JOUR DE L'AUDIENCE: MAITRE NATACHA FAUVEAU IVANOVIC HUMILIE LE PROCUREUR

 

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Session 1 : L’avocate Jennifer Naouri fait le grand déballage : « le procureur a ignoré les forces nouvelles, l’une des parties au conflit »

Dès l’entame de son speech, ce lundi 25 février 2013, Me Jennifer Naouri a poursuivi sa démonstration sur le manque de volonté du bureau du procureur à assumer l’histoire de la Côte d’ivoire. « Gbagbo est un homme de consensus et de paix. C’est encore lui qui a proposé le recomptage des voix après les élections. Ce que son adversaire refusait» a-t-elle dit. Avant d’ajouter : « Cela s’est passé aux USA en 2000, en Haïti en 2010 et en France avec l’UMP ». Pour l’avocate, le procureur en faisant croire que seules les forces pro-Gbagbo ont commis les crimes allégués, est une falsification des faits et de l’histoire de la Côte d’ivoire. Car le procureur lui-même parle de la descente des Forces Nouvelles sur Abidjan le 31 mars 2011. Il dira aussi que ces forces ont été rebaptisées FRCI par la suite. Et à l’avocate de demander au procureur, qui étaient donc ces forces nouvelles et quelles étaient leurs missions une fois à Abidjan ? Elle reviendra sur les massacres des Forces nouvelles et leurs supplétifs Dozo lors de leur descente sur Abidjan. Elle décrira comment ces rebelles fidèles à Ouattara et à Soro ont massacré plus de 1000 civils à Duekoué avant de se joindre au commando invisible qui sévissait déjà à Abobo, Anyama…

« C’est l’Onuci qui nous a armé » témoigne « P.44 », le même témoin du procureur. Une fois à Abidjan, ces mêmes forces additionnées au contingent nigérien, s’adonneront à d’autres exactions. Des vidéos des humiliations des civils à Alepé, les mutilations, meurtres au carrefour de Duekoué en mars 2011 ont été diffusées. Elle montrera comment la ville d’Abidjan a été partagée entre les ex com-zone :

- Plateau pour Chérif Ousmane
- Le sud d’Abidjan pour Wattao
- Yopougon pour ben Laden
- Abobo pour le commando invisible.

Avant de conclure, elle informera les juges que si l’on veut parler d’un groupe armé qui a planifié un plan commun pour prendre le pouvoir, c’est bien les forces pro-Ouattara. Qui ont été lourdement armées par la France, qui occupaient un territoire et qui ont ensuite lancé une offensive sur Abidjan pour la prise du pouvoir.

« Nous étions dans un conflit armé, où deux forces se combattaient. Le procureur aurait pu s’intéresser aux forces nouvelles. Ne pas le faire, c’est dénaturé son propre récit ».

Session 2 : Me Natacha Fauveau Ivanovic

« Le procureur nous a-t-il fourni le brouillon du document contenant les charges, car flou, imprécis et contraire à ses argumentations ? »

A la reprise à 15h55, la parole est revenue à la Yougoslave Ivanovitc de démontrer la faiblesse du document de preuves fourni par le procureur. D’abord, le cadre temporel. Le procureur parle de la période antérieure à l’élection et qui finit par la chute du président Gbagbo. « Cette période antérieure peut être 2005, 2006, …aucune précision » a remarqué la défense. Elle analysera par la suite évènement par évènement, la faiblesse des preuves fournies par le procureur, la crédibilité des témoins et la fiabilité des sources. Par exemple, la vidéo montrant le massacre de Yopougon alors que cette vidéo était tournée au Kenya (Vidéo 00200058). Elle dira aussi que les preuves du procureur ne sont basées que sur les coupures de presses. Elle dira aussi que les témoignages des organisations humanitaires ne peuvent constituer de preuves tangibles pour être prises en compte dans un tel jugement devant la Cour pénale internationale.

Aussi, Me Ivanovitch dira à propos du DCC: « la défense voudrait savoir si le document des charges était un brouillon ou pas ? ». Ce qui provoquera une vive réaction du bureau du procureur dans la salle.
Pour la défense, le procureur n’a pas mené d’enquête. Il s’est juste contenté des témoignages eux-mêmes non crédibles. Elle s’offusquera du fait que le procureur n’ait produit aucun document officiel étayant ses allégations. Et pourquoi alors que la France et l’Onuci sont présents en Côte d’ivoire depuis 2003, aucun rapport officiel émanant d’eux n’a pu être produit et fourni à la défense dans le cadre des 4 évènements incriminés. Pour elle, le procureur refuse d’accepter la présence d’un commando invisible en parlant « de prétendu commando invisible ».

Au vu de tout ce qui précède,( imprécision du DCC, la non crédibilité des témoins, le manque de preuves suffisantes…) la défense note qu’il n’existe pas d’éléments constitutifs du crime contre l’humanité.

Session 3 : Me Ivanovic : « Si le président Gbagbo n’a mené aucune enquête pour sanctionner les auteurs des crimes, pourquoi, le procureur qui devait éclairer la Cour ne l’a pas fait ? »

A la troisième session, Me Ivanovic démontera évènement par évènement les allégations du procureur.

1) La marche du 16 décembre sur la RTI.

Alors que le procureur affirme que cette marche était pacifique, la défense diffusera une vidéo dans laquelle, Soro donnait des instructions aux FRCI depuis l’Hôtel du golf, la veille du 16 décembre afin que ceux-ci se tiennent prêts car, lui soro ira installer Brou Aka Pascal comme le nouveau directeur de la RTI le lendemain, jeudi 16. Un témoin du procureur dira que des militaires venus de l’Hôtel du golf ont attaqué les FDS positionnés autour de la RTI.

« Au contraire, c’est bien parce que les FDS étaient informés de cette insurrection qu’une réunion s’est tenue, dont parle le procureur, pour prévenir tout débordement. Au contraire, ce sont les FDS qui ont été tués ce 16 décembre 2010. » a soutenu la défense.

Parlant des femmes violées suite à ces évènements du 16 décembre, la défense note que le procureur a failli à sa mission car, rien n’indique où, quand, par qui, ces femmes auraient été violées ? A-t-il interrogé le directeur de la police, des policiers ? Sait-il dans quelles pièces ces viols collectifs ont eu lieu ? Le procureur n’a rien fait. Ce que nous retenons, c’est que pour inculper le président Gbagbo, il a repris mot par mot des rapports d’Amnesty International et des reportages télé. En agissant ainsi, le procureur a non seulement mis en doute son indépendance et son impartialité, mais il a mis la justice au service de la politique ».

2) Marche des femmes d’Abobo (3 mars 2011)

Elle situera l’environnement qui prévalait à Abobo avant les élections de novembre 2010. Un argumentaire dans lequel le commando invisible est nommément mis en cause. Fin de l’audience du jour.

En coulisses :

Voici la liste des « P---témoins » non crédibles : ----P.48/107/164/72/184

--Les « P » non identifiés (flous) : P.49 et 239.
--Le président Gbagbo a encore félicité ses avocats.
--Le président Gbagbo a promis assister à toutes ses audiences.
--Une petite délégation de patriotes venus d’Allemagne, Hollande et Paris était à cette audience.

Elle a beaucoup --communié avec le président Gbagbo qui visiblement retrouve la grande forme au fur des audiences.


De P.Kouhon/Envoyé spécial à la Haye (Eventnews Tv)


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 25 février 2013

AFRIQUE: 8 QUESTIONS A FRANÇOIS HOLLANDE

 FRANçOIS HOLLANDE - AFFICHE DE CAMPAGNE.jpg


Depuis l’accession au pouvoir de François Hollande, beaucoup d’africains sont tentés par l’espoir d’un changement dans les relations de leurs pays avec la France. L’avalanche de publications, surtout dans la presse, le confirme. En gros, M. Hollande est propulsé nouveau sauveur, du moins quelques chances lui sont reconnues pour influer sur la terrible situation de l’Afrique, comme ce fut le cas en 1981 pour François Mittérand.

 
 
Le centre de gravité de cette effervescence tient à la promesse faite par M. Hollande de bousculer la françafrique. M. Hollande entend ainsi inscrire la relation franco-africaine dans sa promesse de normalité reposant sur la béquille « Justice et Vérité ». Vu la relation toujours « idyllique » entre la France et l’Afrique, franchement, cette béquille ne parle pas à notre continent, tout au moins à la zone considérée comme le pré-carré français, bastion de la françafrique.
 
En tant que système, la françafrique trouve ses origines à la conférence de Brazzaville en 1944. Depuis
lors, rien, absolument rien n’a changé sur les bases relationnelles entre la France et ses anciennes colonies d’Afrique. Pour le moment à part le slogan « Le changement maintenant », et le virage à 180° vis-à-vis de la méthode Sarkozy[1] aucun signe tangible ne montre de différences fondamentales d’avec le passé françafricain. Il ne s’agit donc que d’une promesse d’un chef d’Etat français comme tous ses prédécesseurs de la 5ème république. Nul n’est donc tenu d’y accorder quelconque crédit. 

M. Hollande ne peut pas intéresser les africains (je parle de l’Afrique qui croit en elle-même), puisque, épluchant ses déclarations, il est facile de constater qu’il s’adresse aux français, parle de leurs problèmes, s’exprime sur leur crainte face à la crise, etc. De l’Afrique ? Pas un mot, à part l’engagement d’en finir avec la françafrique. C’est justement là qu’il ne faut pas le croire, car Hollande ne s’engage qu’à mettre fin au cercle de relations mafieuses qui lient les élites politiques françaises et africaines. Dans ce sens, il s’engage à ne pas bénéficier des financements occultes dont les chefs d’Etat africains arrosent le cœur politique français[2]. Il y a quelque mois, il a eu cette déclaration:

«Avec l'Afrique, je veux établir une nouvelle donne. La France maintiendra ses engagements vis-à-vis de ce continent plein de promesses. Toutes les puissances du monde y sont, essayent de développer leur influence et les Africains eux-mêmes ne souhaitent pas que la France se désengage. Mais notre politique doit être différente du passé. Elle doit être fondée sur la transparence dans nos relations commerciales et économiques. Elle doit être fondée sur la vigilance dans l'application des règles démocratiques et le respect aussi des choix souverains. Notre vision de l'Afrique doit refléter ce qu'elle est aujourd'hui, c'est-à-dire un continent en forte croissance et qui le sait et qui ne supporte plus le discours larmoyant à son endroit. Un continent où la démocratie progresse, où l'environnement et l'énergie sont autant de sujets majeurs. Un continent avec lequel nous avons une proximité historique, culturelle, linguistique exceptionnelle. En 2050, 80% des francophones seront Africains, 700 millions de femmes et d'hommes, chacun comprend ici l'enjeu.»[3] 

En clair, M. Hollande pense le plus naturellement du monde que l’Afrique est une vaste zone de commerce et en cela, son discours parle à la France et non pas à l’Afrique. Plus encore, ce discours reste dans la ligne naturelle de la françafrique qui est d’abord et avant tout un système souterrain qui siphonne le continent noir et sur lequel aucun chef d’Etat français (gauche et droite confondues) n’a osé donner un réel coup de griffes. Et pour cause? L’essentiel de l’économie extérieure française se développe en Afrique et ce grâce à la françafrique aidée par le très charmant club de la francophonie. Tenez, La francophonie est plus une réalité économique que seulement politique: L’espace francophone c’est[4] :

- 890 millions de personnes (de consommateurs, s’entend)
- 19% du commerce mondial
- 2 pays membres du G7 (France et Canada) et 4 de l’OCDE (France, Canada, Belgique, Suisse)
- 21,19% des terres habitables de la planète
- 22% des ressources d’eau potable renouvelables mondiales.

Et si on ajoutait ces propos de Mitterrand de 1988, «Un (1) franc investi rapporte 8 frs», la coupe est pleine. Alors, face à ce potentiel à disposition, pour quelle raison un chef d’Etat français, de gauche soit-il refuserait-il de s’aligner à la doctrine gaulliste «la France n’a pas d’amis mais des intérêts»?

M. Hollande n’a d’ailleurs pas d’autre choix que de s’y aligner sinon, il se mettrait à dos tout le milieu d’affaire français, car la relation entre la françafrique et les intérêts économiques français sont trop importants. Il fait donc tout pour ne pas fondamentalement mettre en cause cette pieuvre de françafrique. C’est pourquoi sa stratégie consiste à gommer les aspérités qui dérangent (les relations mafieuses) et à laisser en l’Etat la partie la plus intéressante pour la France, le siphonage des ressources naturelles africaines. Sa stratégie a d’ailleurs l’intelligence de ne déranger personne : les africains pourraient croire à un coup de pied dans la fourmilière, et les milieux d’affaires, malgré la transparence dont se prévaut M. Hollande, continueraient à prospérer dans les mêmes conditions qu’auparavant. François Mitterrand s’est d’ailleurs essayé au démantèlement de la françafrique et s’est lamentablement fourvoyé pour des raisons qui peuvent aujourd’hui forcer Hollande à reculer : la très forte dépendance de la France à la françafrique.

Hollande n’est donc pas forcément dans une meilleure position que Mitterrand pour réussir le démantèlement de la françafrique, encore qu’il ait la ferme volonté d’agir. Il n’y a donc aucune raison de compter sur quelconque de ses engagements et voilà ci-après Huit (8) bouchons qu’il devra sauter ou se résoudre à renoncer à sa « Normalité », tout au moins sur le dossier françafricain.
 
Contrainte n°1 : Renoncer au parrainage du FCFA?

Au delà de tout l’aspect caricatural, le principal intérêt qui motive jusque là les chefs d’Etat français à s’accommoder de la françafrique tient entre autre au contrôle des réserves de changes extérieures de 16 pays africains[5] de la zone CFA qui sont déposé dans le compte d’opération crée et géré par le trésor français. Ce dernier est lié aux propriétaires de ces réserves, la B.E.A.C.[6], la B.C.E.A.O.[7] et la B.C.C.[8] par des accords économiques qui stipulent cette transaction. Par exemple, l’article 51 du Statut de la (B.E.A.C.) précise de façon claire qu’au moins 20% des ressources financières que les pays de la zone tirent de leur commerce extérieur, ne peuvent pas être utilisés par eux. Ils doivent être laissés au Trésor français, donc à la France, qui les utilise à son gré (aucun Etat africain ne peut contrôler l’usage qu’elle en fait)[9].

Pour donner un ordre de grandeur à la question, l’économiste ivoirien N. AGBOHOU auteur de « l’Euro et le FCFA contre l’Afrique », (un livre de révolte) avait mentionné dans une interview[10], que « le solde du compte d’opération en 2007 est de 12'000 milliards de Cfa soit l’équivalent de 18 milliards d’euro ». Ne serait-ce qu’à appliquer ce montant à 2012, Hollande dispose de la moitié (52%) de son déficit budgétaire de 2012 (35 milliards d’€) payable cash par les pays CFA. Je n’étonnerais personne à estimer que le solde du compte d’opération cette année devrait tout simplement exploser vu les milliards de pétrodollars engrangés entretemps chaque année par les pays de la BEAC et la Cote d’Ivoire. Ajoutez-y l’exploitation des autres ressources et vous pouvez imaginer l’ampleur du siphonage dont nous africains sommes victimes et qui nous manquent cruellement pour financer la lutte contre notre pauvreté et ceci avec la bénédiction de nos dirigeants et élites politiques.

M. Hollande pourra-t-il nous affirmer par soucis de « justice et vérité » vis-à-vis de l’Afrique que son administration renonce à user de l’article 51 pour éponger tout ou partie du déficit budgétaire héritées de l’administration Sarkozy soit 35 milliards à combler ? S’il hésite à se servir, il doit alors nous expliquer pourquoi il ne s’attaque pas ouvertement aux accords économiques avec les pays CFA. Par contre s’il continue le manège comme ses prédécesseurs il laisse tomber le masque et adieu la normalité. D’ailleurs, on devra par ce biais comprendre la difficulté de Mitterrand qui a fait des promesses du reste moins ambitieuses que Hollande sur la françafrique. Donc, pourquoi sérieusement Hollande se priverait-il d’une telle ressource quand la crise en Europe exerce la pression que l’on connait sur les économies de la zone Euro, et surtout que la note de la France n’est toujours pas à l’abri d’une seconde dégradation par les agences de notation ? Pour la petite histoire même la puissante économie de l’Allemagne vient d’être menacée à son tour.
 
Contrainte n°2 : Fermer les bases françaises et perdre l’avantage d’une présence militaire

La présence militaire française dans le territoire qui est devenu le Tchad remonte à la fin du 19ème siècle. Plus de 100 ans de présence continue donc. Cela a un coût et si cette présence perdure, c’est que la contrepartie est forcement intéressante pour la France, d’où la nécessité des bases militaires[11]. Depuis, celles-ci ont intégré le dispositif françafricain en devenant le bras armé, au sens propre du terme. Elles ont été impliquées dans toutes les opérations de coup d’Etat et barbouzeries commandées par les différents pouvoirs français chaque fois que les intérêts de la France en Afrique ont été menacés. Hollande parle tout au plus de réaménagement comme l’avait à l’époque annoncé Juppé[12] sous Sarkozy: «Nous ne souhaitons pas rester forcément dans le format actuel, nous sommes prêts à évoluer vers quelque chose qui évolue davantage vers la coopération entre le dispositif Epervier et l’armée tchadienne ». On voit bien ici qu’il reste cohérent avec ce qu’il ne dit pas de la françafrique, puisque les bases font partie intégrantes du dispositif. Les réaménager ne bouscule donc le problème que dans la forme. Sur le fond, le pillage continu et les bases en assurent la sécurité. D’autre part, le président Idris Déby a demandé en 2010 une location de la base aérienne de Ndjamena[13]. Donc la France utilise gratuitement le territoire tchadien depuis 1960.

Pas un Kopek n’a été payé. Curieusement depuis cette annonce, l’évolution du dossier semble s’éloigner progressivement de la question du payement et Monsieur le Président du Tchad n’en parle plus. Monsieur Hollande, ni un membre de son gouvernement non plus. Aucune partie n’a rendu publique quelconque proposition. Pourquoi? M. Hollande me semble plus intéressé par l’option proposée par Juppé, c'est-à-dire procéder au réaménagement, auquel cas il aurait dû en prendre le contrepied. On voit bien l’avantage qu’il en tire pour son intervention au Mali. En cela il est donc un digne continuateur de la politique développée par ses prédécesseurs. Réaménager c’est renforcer la françafrique. Le silence de Hollande sur la question se comprend bien. Vive donc la françafrique.

Enfin pour pimenter la question je fais une digression pour insérer l’opinion d’un français sur la question et qui montre bien l’état d’esprit des citoyens français.
 
«Je ne suis pas sûr que ce soit au contribuable français de protéger le Tchad qui comme certains l’ont remarqué a préféré les pétroliers d’outre-atlantique (EXXON ndlr) aux français. La France-Afrique à la papa, c’est terminé, le Tchad n’est plus une colonie, alors qu’il apprenne à se défendre seul ou qu’il paye en échange». Par Requin on jan 12, 2011[14]
 
On, voit bien que l’élite politique française se débarrasse de l’opinion publique en laissant se développer ce genre d’ignorance manifeste pour se donner libre cours aux relations mafieuses françafricaines. Hollande ne montre pas qu’il regarde dans une autre direction. 
 
Contrainte n°3 : La plupart des entreprises du CAC 40[15] font leur bénéfice en l’Afrique

Avec la tournure que prend la mondialisation, l’économie mondiale est contrôlée par ceux que l’économiste camerounais François NDENGUE appelle les « Géants Compétitifs ». Les multinationales répondent désormais à deux objectifs : celui des profits dictés par les actionnaires, et celui de renforcer la position géostratégique de leur pays d’origine que leur demande leur gouvernement. C’est ce qu’à fait Elf à l’époque ou encore AREVA aujourd’hui. Or justement ces mêmes entreprises réclament en contrepartie le soutien politique de leur gouvernement. En cela, la françafrique a largement été utilisée pour ouvrir des champs d’exploitation aux géants français et garantir à la France une zone exclusive dans laquelle prospèrent ses multinationales : Bolloré, AREVA, Air-France, Bouygues, TOTAL, etc. Ce dernier par exemple, produit plus de 40% de ses bénéfices en Afrique grâce à ses implantations dans le golfe de Guinée. En 2005, TOTAL a annoncé 12 milliards d’euros de bénéfices net, soit 4,8 milliards provenant de l’Afrique. TOTAL doit ce résultat à la mafieuse françafrique grâce à laquelle il a obtenu des positions dominantes et contrats juteux.

Quel diable pousserait-il Hollande à bloquer de tels retours sur investissements? Il a quand même été élu par les français et sur la promesse de leur offrir de l’emploi et c’est ce que font ces entreprises là!
 
Contrainte n°4 : Renoncer à une balance des échanges positive avec l’Afrique

Dans la profession de foi pour sa réélection en 1988, Mitterrand avait publiquement dit: «Chaque franc investi au sud rapport 8 au nord. Il faut se rendre à l’évidence, ce sont les pauvres qui financent les riches ». Le McKinsey Global Institut (MGI) estime que les dépenses générales en consommation à travers le continent africain dépasserait la barre du trillion (1000 milliards) de dollars en 2012. L’institut cite 5 secteurs lucratifs susceptibles d’attirer les investisseurs: l’agriculture, le tourisme, les mines, les infrastructures et les biens de grandes consommations. Les annonces de la Banque mondiale confirment ceux de MGI : « Même si le continent reste confronté à d'importants problèmes de développement, le taux du retour sur investissement en Afrique est tout de même le plus élevé au monde »[16]. N’y a-t-il donc aucune entreprise française pour lorgner sur ce pactole pour que Hollande y crache? Allons !!!! : Bouygues, Bolloré, Total, Sucre et denrées, AREVA, Air-France. Le gratin je dirai, du CAC40. M. Hollande reste muet sur tout cela. Soit, mais au fond, tous depuis De Gaule, sont dans la même logique: personne n’est disposé à priver la France de sa vache laitière, l’Afrique. Normal! Pourquoi seraient-ils les premiers à scier la branche sur laquelle est assis leur pays ? Aucun chef d’Etat français n’a depuis 1961[17] procédé autrement. De Gaule = Pompidou = Giscard = Mitterrand = Chirac = Sarkozy = Hollande. Et vive donc la continuité.
 
Contrainte n°5 : La hantise de décrédibiliser le statut international de la France

La cohorte d’Etat africains francophones représente un vivier de voix fidèles à la France lors des votes au conseil de sécurité de l’ONU. Ce qui donne du crédit au statut de la France comme puissance mais également comme membre permanent Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour quelles raisons Hollande serait-il emmener à se priver d’un tel recours, sachant que la question de la constitution du conseil de sécurité de l’ONU est maintenant contesté par les puissances montantes et que de ce fait, un des critères de représentation pourrait être le poids économique et militaire? La France est une puissance moyenne. C’est sa véritable inquiétude. Serval est là pour le démontrer: l’armée française n’a même pas assez d’avions pour projeter ses troupes. Un minimum pour être une puissance.
 
Contrainte n°6 : Vaincre la tentation de l’arrogance

Tous les chefs d’Etat français (4ème et 5ème république particulièrement) ont marqué leur mandat par des propos offensant vis-à-vis de l’Afrique. Citons deux d’entre eux: Chirac: «l’Afrique n’est pas encore mûre pour la démocratie»; Sarkozy: «le drame de l’homme africain, c’est qu’il n’est pas encore assez entré dans l’histoire». De Hollande, encore rien de pareille. Mais, question quand même: comment cautionner le pillage de tout un bloc de continent et en avoir une pensée positive? Absence de preuves n’est pas inexistence de preuves.
 
Contrainte n°7 : La hantise de la colonisation à rebours

Les chefs d’Etat africains aussi disposent d’une capacité de nuisance avec laquelle composer. La françafrique n’est plus désormais ce système de contrôle de l’Afrique par l’élite politique et affairiste de la France. Elle s’est aussi depuis longtemps muée en un système symétrique et mafieux à cause des relations politico-affairistes entre Chefs d’Etat français et africains (de la zone CFA). Ainsi ces derniers ont aussi développé des leviers de contrôle sur leurs homologues français (de gauche comme de droite) en les arrosant de millions d’euros des financements occultes. Le dernier en date est Sarkozy lui même, soupçonné d’avoir reçu pour sa campagne électorale de 2007, 50 millions d’€ de la part de Kadhafi. Le parti socialiste ne s’est pas privé de se servir à l’époque de Mitterrand. Ce faisant, africains et français trainent tous les mêmes casseroles et ainsi, chacun tient l’autre en respect. C’est ce que les sociologues appellent «les eunuques» parce que par un jeu de mot on conçoit qu’ils sont tenus par les bourses (suivez le regard). Le documentaire de Patrick BENQUET[18] sur le sujet montre bien le pouvoir de manipulation dont disposait par exemple Omar Bongo sur la droite et la gauche française le long de ses 42 ans de pouvoir. Durant cette période, Hollande fut SG du parti socialiste. Ce qui fait dire à Robert BOURGI[19] que ce sont les africains qui colonisent maintenant la France. Que pourra faire Hollande face à cela, si de plus l’Afrique prête une oreille attentive à la Chine qui n’hésite pas à bousculer la France jusque dans son pré-carré?
 
Contrainte n°8 : Dernière contrainte et non des moindres

M. Hollande a fort à faire avec les priorités de son propre pays où les difficultés s’accumulent : le déficit budgétaire de l’Etat français, la crise financière, l’augmentation du nombre des chômeurs, le risque que fait courir la faillite grecque, espagnole et italienne sur l’économie européenne, etc. Ces dossiers là sont les priorités des français, et c’est sur eux qu’ils jugeront M. Hollande. Rien que pour ça, il serait étonnant que la françafrique soit une priorité pour le nouveau président français, même s’il le prétend. D’ailleurs, comme pour tout démentir, il a déjà reçu dans les six premiers mois de son quinquennat, les principaux piliers de la françafrique, le président gabonais Ali BONGO ONDIMBA, le Burkinabé COMPAORE, le tchadien Deby, le Camerounais Biya, l’ivoirien Ouattara, etc. Vive le changement. Mais c’est apparemment dans la continuité.
 
Leçon tirée:

On peut s’en tenir à ces 8 bouchons et on ne voit pas par quel tour de magie M. Hollande trouverait-il le tire-bouchon adéquat. Alors, son discours ressemble à s’y méprendre à de la poudre aux yeux, car vouloir s’affranchir des relations affairistes ne représente que la face apparente du problème, la face cachée étant malgré tout, l’immense potentiel de pillage de l’Afrique dont continuera à disposer la France même si son chef de l’Etat et la nouvelle élite au pouvoir prétend ne pas en profiter personnellement. Là est la seule différence avec Sarkozy, qu’aura revendiqué tôt ou tard M. Hollande : l’absence de collusion. Encore faut-il qu’il tienne son engagement électoral sur le sujet (ce dont je doute fortement). Le président français peut fort bien être propre, la France doit son niveau de vie en partie au pillage qui appauvri l’Afrique. Jacques Chirac l’a d’ailleurs publiquement avoué[20] «Une grande partie de l’argent dans nos poche vient de l’exploitation de l’Afrique. Alors il faut avoir du bon sens et de justice pour rendre aux africains ce qu’on leur a pris, d’autant que c’est nécessaire si on veut éviter les pires convulsions ou des difficultés dans un proche avenir». Alors, posons l’ultime question à M. Hollande: quelle fierté tire-t-on de gouverner proprement un pays si une partie non négligeable de la richesse dont il jouit, tient des relations mafieuses?

Si le changement version Hollande est un vrai, alors vis-à-vis de l’Afrique, le potentiel de pillage représente le principal défi de ce changement, et non pas la relation personnelle avec le syndicat mafieux des chefs d’Etat africains.
 
Mais dans tout ce débat, le problème n’est ni Hollande, ni la France. Ce sont les africains eux-mêmes qui, en continuant à confier leur destin à d’autres peuples, se laissent dépouiller de leurs ressources et accepte en contrepartie de vivre une effroyable misère. AGBOHOU a d’ailleurs précisé que toutes les anciennes colonies françaises qui ont développé leurs propres monnaies, ne se portent pas aujourd’hui moins bien économiquement et politiquement que les pays de la zone CFA. On y trouve entre autres l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, le Vietnam. Pourtant l’Euro vaut par exemple aujourd’hui 655,957 Fcfa alors qu’il vaut 28’079.13 VND[21]. Le Fcfa vaut donc 42 fois la monnaie vietnamienne et le tchadiens ou sénégalais, pour ne citer que ces deux nationalités, connaissent annuellement un déficit céréalier sans le riz vietnamien. Et Sankara a raison de dire que «l’esclave qui ne fait rien pour s’affranchir de son maître, ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort». Voilà un grand homme d’Etat de la trempe dont a besoin aujourd’hui l’Afrique. Faites le tour : qui parmi nos gouvernants relève encore d’une telle hauteur? Qui même parmi l’élite croit aux chances et mérites de l’Afrique? Pourtant l’Afrique détient 2/3 des réserves de matières premières de la planète, des terres suffisantes pour nourrir les 9 milliards d’êtres humains de 2050 composée de 2/5ème d’africains dont 50% de jeunes, etc. L’avenir du monde est en Afrique et l’élite africaine regarde ailleurs. Désolant quand même. Les africains des 16 pays de la zone Cfa liés à la France, pourraient-ils une fois comprendre que leur sauveteur n’est pas français et que leur pauvreté est liée au train de vie d’une bonne partie de l’élite politique qui vit dans cette même France? Mais la difficulté est compréhensible, c’est plus une question d’idéologie que de simple choix de levier de changement.

Notes

[1] N. Sarkozy, extrait discours prononcé à Dakar en 2007 devant un parterre médusé de l’élite sénégalaise : “Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ».

[2] Cf Procès Verschave Vs Sassou, Obiang et Déby

[3] Discours lors de la conférence des ambassadeurs de France réuni à Paris, Source :

[4][4]Notes du Pr Zhan Su lors du RIFE 2012 – Source : http://www.afriqueexpansion.com/la-...

[5]Sénégal, Guinée, Bissau, Côte-d’Ivoire, Mali, Burkina-Faso, Benin, Togo, Niger, Tchad, Cameroun, Guinée Equatoriale, Congo Brazzaville, Gabon, RCA, Comores et Djibouti.

[6]Banque des Etats d’Afrique Centrale

[7]Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

[8]Banque Centrale des Comores

[9]Extrait de l’article « la zone monétaire africaine, passé présent futur » paru dans www.Africamaat.com 

[10] Source : Intervention télévisée du Professeur Nicolas AGBOHOUN, économiste, sur la chaîne 3ATELESUD.

[11] Celles du Tchad sont implantées depuis la fin des années 60.

[12] Conférence de presse tenue à Ndjamena lors des festivités du cinquantenaire du Tchad en janvier 2010–source : http://www.opex360.com/2011/01/12/la-france-va-revoir-son-dispositif-militaire-au-tchad/

[15] La bourse française

[16]Sources : AFP, OMC, ICTSD, Sommet Europe-Afrique, Reuters, Xinhua, lettre hebdo N°330

[17]Les accords économiques entre la France et les pays CFA ont été signés en 1961 sous De Gaule et révisé en 1973 sous Giscard.

[18] « Françafrique, 50 ans sous le sceau du secret » en vente sur www.pharers-balises.fr

[19] Source : idem

[20] Cf La françafrique se porte bien - documentaire de l’Association Survie publié en 2009.

[21]Monnaie vietnamienne : la DONG.

vendredi, 22 février 2013

LAURENT GBAGBO PARLE: J'AURAIS PU ENVOYER DIX FOIS OUATTARA EN PRISON


LAURENT GBAGBO.jpg

 
Laurent Gbagbo devrait officiellement endosser ce mardi le statut d’accusé. La Cour pénale internationale va, en effet, décider de confirmer ou non les charges qui pèsent contre lui : celle de crimes contre l’humanité commis pendant la crise post-électorale de 2010 et qui ont fait 3.000 victimes. 

"Mais qu’est-ce que je fais ici? Je n’ai jamais pris le maquis, jamais tenu une arme! Je ne suis rien d’autre qu’un prisonnier politique." Presque deux ans après son arrestation, dix-huit mois après son transfèrement à La Haye, Laurent Gbagbo, qui se confiait il y a quelques semaines à son vieil ami, l’universitaire Albert Bourgi, n’a pas bougé d’un iota. Il reste cet ancien chef d’État persuadé d’avoir remporté l’élection présidentielle ivoirienne de 2010 et d’avoir été injustement châtié par la France. 

Cette audience devrait ouvrir la voie à un procès qui s’annonce long et difficile. Il s’y prépare activement. "Il est très combatif", assure Bourgi. "Très déterminé", abonde le Français Bernard Houdin, l’un de ses anciens conseillers personnels. Dans le "bureau" mis à sa disposition, une pièce avec quatre chaises et une table, il prépare sa défense. "Il veut que la vérité soit rétablie", explique sa nièce, Kady Bame. L’ancien président reçoit aussi beaucoup : "Pour le voir, il faut parfois patienter trois mois tant la liste des visiteurs est importante", explique son neveu Jo Mamadou. Albert Bourgi parle de milliers de coups de fil reçus en 2012. 

Il perfectionne son anglais et prie 

À sa nièce, Laurent Gbagbo a toutefois confié qu’il s’ennuyait. Alors, il lit, énormément,des romans et des ouvrages politiques. "Les gardiens se sont même plaints, sourit son neveu. Il n’y avait plus de place dans sa chambre." Ces mêmes gardiens qui lui donnent du "Monsieur le Président", selon un visiteur. Gbagbo perfectionne aussi son anglais, prie, appelle sa sœur. "C’est elle qui lui donne des nouvelles de la famille", explique sa nièce. 

Si Laurent Gbagbo aurait peu de rapports avec ses co-détenus, il s’entend bien avec eux. Parmi ces derniers figure l’opposant et chef de milice congolais Jean-Pierre Bemba. Grâce à des relais au sein de la CPI, il s’arrangerait pour lui permettre de manger africain. Mais Laurent Gbagbo, qui s’est toujours perçu comme un intellectuel, rechigne à être mis dans le même panier. 

"Il n’a pas de haine, pas de rancœur", selon son neveu. Mais Gbagbo ressasse le passé. À au moins deux de ses derniers visiteurs, il a confié qu’il aurait pu, quand il était président, "envoyer dix fois Alassane Ouattara [l’actuel chef d’État ivoirien] en prison". Gbagbo dit aussi qu’il pourrait être encore utile à la Côte d’Ivoire, travailler à la réconciliation nationale. D’ailleurs, il continue de rencontrer régulièrement les cadres de son parti, le Front populaire ivoirien. Au pays, ces derniers font en sorte que l’image de l’ancien président reste bien vivante. Hier (samedi, Ndlr), une manifestation de soutien s’est notamment déroulée à Yopougon, un quartier pro-Gbagbo d’Abidjan, avant d’êre dispersée par les forces de l’ordre. 
 
 
Source: AFRIK53.COM

jeudi, 21 février 2013

SCANDALE AU 2EME JOUR D’AUDIENCE DE GBAGBO A LA CPI: BENSOUDA ACCUSE GBAGBO DE VIOLENCES COMMISES AU KENYA - LA VACUITE DU DOSSIER D’ACCUSATION MISE A NU

 

 

côte d'ivoire,audience de confirmation des charges,scandale au 2ème jour d’audience de gbagbo a la cpi,bensouda accuse gbagbo de violences commises au kenya,la vacuité du dossier d’accusation mise à nu


C’était le coup de théâtre hier au deuxième jour du procès de Laurent Gbagbo à la CPI, pendant l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges.

La procureure de la Cour pénale internationale a ajouté à l’acte d’accusation contre le Président Laurent Gbagbo, des dossiers et images de violences qui se sont déroulées au Kenya.

Révélation faite publiquement par Me Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, pour qui c’est la preuve que Fatou Bensouda ne connait pas le dossier d’accusation, et qu’elle n’a pas pris la peine de le lire ou de l’étudier. Dans la salle, un silence assourdissant s’est du coup fait sentir. La gêne était palpable du côté de l’accusation, dont la manipulation et la légèreté venaient d’éclater au grand jour.

La procureure Fatou Bensouda, du haut de sa chaire, était au paroxysme de la gêne. Prise la main dans le sac, elle évitait le regard de tous en jouant des mains et en faisant une moue. Elle aurait voulu si elle avait pu se cacher sous la table, tellement la gêne était perceptible sur son visage.

C’est un Me Altit des grands jours qui a pulvérisé méthodiquement le dossier d’accusation, balayant certaines énormité du revers de la main.

Par exemple, Me Altit s’est offusqué que Fatou Bensouda dise dans l’accusation que la Côte d’Ivoire était en paix jusqu’en 2010, et que le Président Gbagbo avait refusé le verdict des urnes à la présidentielle de 2010. C’est plus tôt Alassane Ouattara qui a toujours refusé le verdict des urnes.

Laurent Gbagbo a même exigé le recomptage des voix pour que la vérité éclate, chose que Ouattara a toujours refusé.

Pour lui, la procureure Bensouda, en passant sous silence la rébellion de Guillaume Soro de 2002 et le fait que le pays était coupé en deux même pendant la présidentielle, est la preuve qu’elle ne connait pas son dossier, et que le dossier d’accusation est d’une vacuité flagrante.

A sa suite, Me Agathe Baroan, sa collègue de la Défense, a démontré que les termes «ON GAGNE OU ON GAGNE» ET «C’EST MAÏS», étaient des termes communs employés par tous les ivoiriens. Elle s’est employée à démontrer la sociologie de la Côte d’Ivoire pour faire ressortir la vacuité de l’acte d’accusation.

Par exemple, elle a expliqué que le terme «ON GAGNE OU ON GAGNE» a été créé par la chanteuse Antoinette Hallany, fervente supportrice d’Alassane Ouattara. Laquelle s’employait durant la campagne, de le chanter dans ses chansons avant tous les meetings du RDR, le parti de Ouattara.

Comme on le voit, la défense de Gbagbo s’est employée avec brio hier, à démonter les éléments de l’accusation. "Tout se passe comme si le procureur avait été convaincu dès le début qu’il n’y avait qu’un seul responsable au drame ivoirien, a attaqué d’entrée Me Emmanuel Altit dans déclaration liminaire. Et de poursuivre : "il n’existe aucune base factuelle aux accusations […] Le récit du procureur est biaisé car il dépend des éléments transmis par les autorités ivoiriennes." et qu'"il s'agit d'un procès politique".

Mercredi, la défense a réussi à détruire le dossier du procureur, selon plusieurs analystes dont Stéphanie Maupas, correspondante de FRANCE 24 à La Haye.

Pour la procureure Fatou Bensouda, Laurent Gbagbo a fomenté "un plan pour rester au pouvoir à tout prix à travers des attaques mortelles, planifiées avec soin" contre des supporters de son rival. "Le procureur, qui devra prouver que son dossier est solide, dispose de 614 pièces, qui sont des témoignages mais aussi des documents saisis dans la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo après son arrestation le 14 avril 2011", précise Stéphanie Maurepas.

UN NON LIEU

Si la défense parvient à pulvériser et démonter l’accusation comme durant les deux premiers jours, la juge de la CPI n’aura pas d’autre choix que de libérer Laurent Gbagbo en lui faisant bénéficier d’un non-lieu, bien que sur le fond, Me Altit et ses collègues aient déjà fait cette requête.

Le procès se poursuivra aujourd’hui 21 février 2013 à 14h30 min locales.

Rendez-vous donc à la COUR.

 

Michèle Laffont,

Correspondante aux Pays Bas


Source: IVOIREBUSINESS.NET

UN 19 FEVRIER PEU ORDINAIRE EN DRAMANISTAN

 

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La Côte d’Ivoire est inquiète de l’activité des pirates qui sévissent en bordure de la lagune Ebrié, déjà deux bateaux, peut-être trois qui ont été délestés de leur chargement, quel rude manque à gagner. Nous pouvons aisément imaginer la craintes des nombreux investisseurs qui sont revenus en côte d’Ivoire par avions spéciaux, car il n’y avait plus de places sur les vols régulier, tellement l’engouement de cette république modèle a su convaincre les patrons de petites et moyennes entreprises d’investir dans la Côte d’Ivoire du vivre ensemble exceptionnel ! Nous espérons de tout cœur que cette lutte anti pirates mise en place cette semaine sera efficace: en effet, fraternité matin nous apprend que plusieurs pirogues, probablement équipées de filets spéciaux géants et de harpons dernière technologie en date, ont été mises à la dispositions des commandos marins, pour lutter efficacement contre ces pirates de haute mer. Quelle idée de génie! C’est normal, sortant de la tête de cet éminent économiste qui est à la tête de la Côte d’Ivoire qui gagne, et qui ne cesse de montrer son efficacité et son affection au peuple de côte d’Ivoire!

Vous êtes sceptiques? je vais vous donner un exemple récent de l’amour -pour le peuple de Côte d’Ivoire des nouvelles autorités mises en place sans douceur le 11 avril par la France, -cet ami qui ne nous veut que du bien -: samedi 16 février 2013, un petit groupe minoritaire de réactionnaires issus de l’ex majorité présidentielle, la branche jeunesse du FPI, avait prévu de manifester son soutient à Laurent Gbagbo,un « ex dictateur , oublié de presque tous », qui croupit dans les geôles de La Haye, et dont le procès, confirmation ou non des charges doit débuter aujourd’hui. Cet évènement n’a même pas fait la une du journal télévisé en France, d’ailleurs il a été complètement occulté ; il faut préciser que l’actualité tellement dense n’a pas permis de mentionner ce fait divers ! nous nous devons d’avoir chaque soir les oreilles rebattues avec l’interpellation et la probable condamnation du sportif handicapé Oscar Pistorius, qui fait pleurer ses fans dans toutes les chaumières de France et de Navarre. Mais c’est normal, l’Afrique du Sud est à deux encablures de la France, il est compréhensible donc de s’y intéresser, ce n’est pas comme la Côte d’Ivoire, simple territoire occupé par la France et l’Onuci, dont le souci et l’intégrité, et le refus d’ingérence de la France ne permettent pas d’émettre un avis sur la question

Samedi, disais-je, ces quelques cinquante manifestants selon BBC Afrique et France 24, de jeunes écervelés qui ont probablement désobéi à leurs parents, ont ému la république de Dramane Ouattara, qui a voulu a tout prix éviter un bain de sang : pour éviter qu’ils ne se fassent massacrer par les familles inconsolables des victimes du « bourreau de Scheveningen », qui organisaient une contre manifestation ce même jour,.la prévenance, le souci du président de la communauté internationale pour ces jeunes écervelés, qu’il appelle affectueusement ses « chers enfants, ses « chers jeunes frères et sœurs », a été tel,qu’il a délégué l’Onuci avec des chars, -légers, je le précise-, pleins de soldats armés de boucliers et de matraques, et que lui-même a commis toute son armée de gentils FRCI armés jusqu’aux dents pour protéger cette jeunesse inconsciente du danger!

Il faut dire que le chef de l’armée Ouatttra avait plein de FRCI à sa disposition, car un incident tout à fait mineur à la frontière guinéenne lui a permis de récupérer un contingent de ces gentils soldats hyper entrainés, hyper efficaces! En effet, vendredi 8 février, lors d’une simple incursion de l’armée guinéenne sur le sol ivoirien à Kpéaba, à 15 km de Sipilou, à l’ouest de la Côte d’Ivoire, dans le département de Biankouma, pour reprendre un territoire ivoirien, revendiqué également par la Guinée. Les FRCI ont bien reçu et bien compris le message : ils on opéré un « repli stratégique », prenant leurs jambes à leur cou et laissant les populations se débrouiller avec ces soldats de la FAG qui se sont installés chez l’habitant, avec les joies inhérentes à cette cohabitation amicale : partage des repas, du couchage, désir de connaitre les jeunes filles… Bref, rien que du bonheur, dommage que beaucoup d’habitants effrayés se sont réfugiés dans les forêts, et que les Guinéens occupent presque tout seuls l’espace laissé vacant, par une armée ivoirienne dont le repli stratégique nous enfonce dans une méditation sans fond.

De méchantes langues avancent pourtant que les forces républicaines ivoiriennes actuelles sont incapables d’assurer la sécurité des personnes et des biens, mais je vous dirais que la sollicitude d’Alassane à l’égard des amis de Koua Justin a été telle, qu’il a décidé de ne pas renvoyer son armée d’élite là-bas à Kpéaba pour bouter les Guinéens hors du pays, mais qu’il a préféré les voir en train d’encadrer, d’entourer cette jeunesse, l’avenir du pays, et qu’il affectionne tout particulièrement en lui offrant sa protection, -des chars, des cargos de frci, des jets de gaz lacrymogènes, des arrestations - et en lui évitant de se retrouver désœuvrée,sur la place CP1.

A qui bon manifester, chère jeunesse, notre Côte d’Ivoire est au travail ! Retrouvez donc votre place dans les universités, les entreprises, car l’argent travaille sous terre, mais ne circule pas devant nos yeux de simples mortels. Au travail donc ! C’est la Saint Valentin tous les jours chez nous en Côte d’Ivoire, on vit d’amour et d’eau fraîche chaque jour, on n’a pas besoin d’autre chose! D’ailleurs aujourd’hui les rues sont désertes, tout le monde est au travail, chez lui devant son poste de télévision pour suivre le procès de l’ivoirien le plus célèbre, que tout le monde appelle Président Gbagbo, même le personnel de la CPI, nous révèlent les journaux. Celui qui n’a plus ouvert la bouche depuis son incarcération à la Haye, et dont le slogan « Ovajab », « on va aller jusqu’au bout », prononcé à la Haye en décembre 2011, a fait le tour du monde, sans l’intervention d’un quelconque conseiller en communication est l’homme du jour. OVAJAB est plus fort qu’« Ado-solutions », car les solutions se sont envolées comme l’air, elles ne sont plus que des bulles virtuelles, sans avenir ! Ovajab, c’est un programme réaliste, le seul qui puisse unir tous les ivoiriens, une parole de vie et d’espérance contre un bilan mortel et un horizon bouché.

Et cependant tout va bien ! la réconciliation est achevée, ou presque, c’est vrai ! Parole de menteur spécialisé en Economie du FMI qui n’a jamais fait ses preuve nulle part !

C’est si vrai que la retransmission depuis La Haye a été coupée, la France et les suppôts de satan en Côte d’Ivoire, voyant que le monde entier a les yeux rivés sur Laurent Gbagbo a préféré couper le son et l’image pour donner encore pour un peu de temps au mensonge institutionnalisé, au chaos…

Côte d’Ivoire, pendant combien de temps encore, vas-tu te laisser dicter tes amis et tes intérêts par ceux qui n’ont aucun droit sur ta souveraineté, ta liberté et ton avenir?

 

Shlomit Abel, le 19 février 2013.

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES A LA CPI: LES REMARQUABLES ET INFALSIFIABLES VERITES DE MAITRE BAROAN

 

côte d'ivoire,AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES à LA CPI, LES REMARQUABLES ET INFALSIFIABLES VéRITéS DE MAîTRE BAROAN,fumée blanche


Le second membre de la défense du Président Gbagbo à prendre la parole après la pause est Maître Baroan, nous vous proposons une partie de sa plaidoirie :

"Mon père est venu du pays malinké, son village c'est Minignan, à la frontière avec la Guinée. Il est descendu dans le sud forestier à Sinfra dans le pays gouro et je suis née d'une mère du pays bété. Mes autres mamans sont baoulé, dioula, guéré. Et je suis descendue à Abidjan où je vis depuis des décennies. (...) C'est ça la Côte d'Ivoire, c'est ça la réalité qu'on veut cacher." 

"Le procureur vous parle de 3000 morts. Ajoutez à tout ce monde le décompte depuis 2002, les victimes directes, ces dizaines de milliers d'exilés, de déplacés, de mutilés."

"Les violences post-électorales ne sont qu'un moment d'une crise ininterrompue, d'ingérences extérieures incessantes, d'assauts répétés". 

"Ce n'est pas seulement dans les mosquées en Côte d'Ivoire... On a tué dans des mosquées, mais aussi dans des églises, dans des buissons... On a tué des imams, mais aussi des prêtres, des pasteurs, des danseuses d'adjanou (...) Toutes ces victimes crient, mais leur cri n'arrive pas jusqu'ici."

"Ces personnes qui crient depuis 10 ans sans se faire entendre nous regardent. (...) Les victimes ne se distinguent pas." 

"Nous attendons depuis 2002, 2003, 2004, 2011, 2012. Quand aurons-nous ce strapontin pour pouvoir écrire cette histoire de CI dont nous sommes la trempe ?"

"Pour les victimes, la souffrance n'a ni Nord ni Sud ni Est ni Ouest."
"le procureur vous a peu parlé de la fameuse nuit du 19 septembre 2002".


Source: FUMEE BLANCHE

ALASSANE OUATTARA, QUE DE CONTRADICTIONS DANS LA GOUVERNANCE DE LA COTE D'IVOIRE!

 

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Entré sur la scène politique en 1989-1990 pour aider feu le président Félix HOUPHOUËT-BOIGNY à redresser l’économie ivoirienne malade (maladie créée de toute pièce par la France: détérioration des termes de l’échange), dit-on, Alassane Ouattara, propulsé par la puissance colonisatrice et la communauté internationale version Jacques CHIRAC, Nicolas SARKOZY, Barack OBAMA, David CAMERON, est aujourd’hui le chef de l’Etat de la Côte d’Ivoire. Que de péripéties pour y arriver! 

Ne connaissant pas auparavant le fonctionnement de la société ivoirienne et souffrant d’une carence de légitimité, le parachuté éprouve d’énormes difficultés à conduire le bateau ivoire. D’où la dictature et les contradictions du nouveau locataire du palais d’Abidjan. 

L’on s’attendait à un mieux être des ivoiriens avec l’arrivée tant souhaitée de M. Ouattara au pouvoir par bon nombre de concitoyens manipulés et qui voyaient en lui l’homme de la situation. Les personnes les plus frileuses et les plus friandes de l’argent ont craqué sous le charme du maître chanteur. Quand on sait le degré de pauvreté des peuples noirs colonisés, car leurs richesses toujours pillées par le colonisateur (France), il n’y a pas de raison qu’on ne croit pas aussi facilement en celui qui vit dans une apparence de richesse. A beau mentir celui qui vient de loin, dit l’adage. M. Ouattara a fait savoir à tout le monde qu’il est le plus grand économiste de la planète et que son travail est de chercher l’argent et de le trouver. Le mystère qui entourait cet homme était si grand que, s’il ne s’essayait pas à ce poste de président de la République, la Côte d’Ivoire n’allait pas connaître la paix et ne deviendrait jamais émergent. 

Malgré les supplications des hommes avertis en matière de politique et de tous ceux qui pressentaient les dangers à l’horizon, Dieu dans sa magnanimité a déjoué tous les pronostics. Il a fait de M. Ouattara le président de la Côte d’Ivoire contre vents marées. Ce n’est un secret pour personne, M. Ouattara s’est servi d’une rébellion pour être au pouvoir. La preuve, il gouverne aujourd’hui avec les têtes de pont de l’ex-rébellion. Le ver est déjà dans le fruit. Que pouvons-nous faire? Seulement, nous relevons les incongruités de ses propos et de ses actes pour montrer à la face du monde que le peuple ivoirien est victime d’un dol. 

Pendant la campagne présidentielle, M. Ouattara a demandé aux populations de ne pas donner leurs voix à la pauvreté symbolisée par le président Laurent Gbagbo. Après le débarquement de ce dernier par les forces coalisées, tout le monde est unanime que la pauvreté a atteint son point culminant sous ce nouveau régime. Au point où les partisans de Ouattara crient ceci: «GBAGBO kafissa » en langue malinké, ce qui signifie «GBAGBO est mieux que OUATTARA». Pour masquer son incompétence, il fait savoir que l’argent ne circulent pas parce qu’il travaille. Un petit boutiquier ne croira pas à cette théorie, fut-elle inventée par un éminent économiste. C’est le contraire de sa logique qui aurait été juste: l’argent circule parce qu’il travaille. 

Sous Gbagbo, les enquêtes n’aboutissent jamais. Clamaient et haut et fort les pro-Ouattara. Ils ne croyaient pas si bien dire. Et sous Ouattara, où en est-on avec l’enquête sur l’attaque du camp des refugiés de Duékoué perpétrée par ses partisans? Tout dernièrement, l’enquête sur la bousculade du plateau dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2013 qui a fait plus de 63 morts est restée sans suite. C’est plutôt le procureur Simplice KOUADIO Koffi, celui-là même qui faisait l’apologie des FRCI en son temps, qui a été débarqué parce qu’il allait dans le sens de la vérité. Ça n’arrive pas qu’aux autres. Dans cette affaire sérieuse, on détourne l’attention des ivoiriens pour la focaliser sur l’arrestation de BLE GOUDE. Ouattara fait mine de commander des enquêtes qui en fait ne sont que des parodies d’enquêtes pour contenter ses parrains. Comme on le constate, la critique est aisée mais l’art d’exercer est très difficile. Sous Ouattara rien n’a bougé, c’est le statu quo. 

Les taxes sur les produits pétroliers sont de trop sous le régime Gbagbo. Dès que j’accède au pouvoir les prix seront revus à la baisse. Je distribuerai des milliards aux différentes régions du pays. La vie sera moins chère. Ce sont là en substance, des propos tenus par M. Ouattara à l’égard des ivoiriens en majorité crédules et naïfs. Ils le suivent pour des intérêts matériels et non idéologiques. A l’heure actuelle, le peuple ivoirien n’a que ses yeux pour pleurer tant tout est cher sous Ouattara. L’essence sans plomb et le gaz butane ont subi une augmentation de prix dès l’entame de la nouvelle année. Le maître des lieux annonce ainsi les couleurs. Il a une obbligation de résultat vis-à-vis de ceux qui l’ont placé là et qui attendent les dividendes de leur investissement. Il n’a rien à foutre avec les gémissements du peuple tant que ses parrains sont satisfaits. 

L’emploi est devenu rarissime. Les jeunes ayant terminé leur formation pour entrer à la fonction publique sont toujours en attente de recrutement. Pour l’instant, la priorité est au recrutement des FRCI démobilisés pour prendre la place de ceux-ci à la fonction publique. Au temps de Gbagbo, en pleine rébellion et en pleine crise, le recrutement des jeunes diplômés et formés se faisait sans grande difficulté. Les primes des soldats appelées "Haut les cœurs" étaient régulièrement payées, les instituteurs venaient d’obtenir une indemnité contributive au logement sous Gbagbo. 

Cet homme qu’on décrie tant et voué aux gémonies arrivaient à satisfaire un tant soit peu les besoins de son peuple avec les ressources du pays, sans l’aide de la communauté internationale. En plus, il ne gérait que la moitié du pays car l’autre moitié était occupée par les rebelles. Comment faisait-il? Et pourquoi M. Ouattara peine t-il à embaucher les jeunes diplômés, alors qu’il a l’entièreté du pays, le soutien de la soi-disant communauté internationale? Est-il pris en otage par la France qui a suffisamment dépensé pour un coup d’état contre Laurent Gbagbo? Voilà autant de questions que nous nous posons. 

L’étude comparée montre que Gbagbo, le supposé tueur, acheteur d’armes, faisait circuler l’argent et que les besoins primaires des ivoiriens étaient sa préoccupation. Ouattara, l’homme adulé par le RHDP et la communauté internationale est en déphasage avec la réalité ivoirienne. Sous son régime, les FRCI et les DOZO font la loi et tuent impunément, les ivoiriens sont morts en cascade après le feu d’artifice du 31 décembre 2012. Et pis, les caïmans de feu Houphouët Boigny fâchés tuent à Yamoussoukro. 

En vérité, nous sommes pris au piège de notre propre politique qui se résume: «Ôte-toi pour que je m’installe pour manger aussi». Avec Ouattara, priorité d’abord à ses partenaires étrangersavec à leur tête la France et les USA avant de penser aux ivoiriens. Que les illusionnistes véreux qui nous gouvernent sachent qu’il n’y a pas de vertu dans la pauvreté. Le peuple ne supportera pas longtemps cette arnaque au sommet de l’Etat, car un homme qui a faim n’est pas un homme libre. 

Le chef de l’Etat affirme que la Côte d’Ivoire sera un pays émergent à l’horizon 2020. Que pouvons-nous attendre de la prestation des éléphants footballeurs lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nation (CAN 2013)? Et bien, une piètre prestation à l’image du pays. Chers éléphants, du courage pour l’instant. Vous serez émergents à l’horizon 2020 et vous remporterez la coupe. 

L’on se rend compte que les discours tenus par M. Ouattara sont le contraire des actes posés par lui. Le droit à la différence n’est qu’un vain mot. La démocratie a foutu le camp. Ce qui tient à dire que le rationalisme, le cartésianisme et le scientisme ne sont pas la quintessence des actions du camarade président. 


Gilbert KOIME 
gilbertkouame@yahoo.fr 

mercredi, 20 février 2013

CPI - QUELQUES QUESTIONS EMINEMMENT PERTINENTES ET ESSENTIELLES

 

ENJEUX DE LA HAYE.jpg

Petit résumé des enjeux de La Haye


CPI - LEGERETE DU DOSSIER.jpg

Fin de la première journée à La Haye


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL