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mercredi, 20 février 2013

CPI - QUELQUES QUESTIONS EMINEMMENT PERTINENTES ET ESSENTIELLES

 

ENJEUX DE LA HAYE.jpg

Petit résumé des enjeux de La Haye


CPI - LEGERETE DU DOSSIER.jpg

Fin de la première journée à La Haye


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

CPI - AUDIENCE DE CONFIRMATION DES CHARGES: LA MASCARADE EN MARCHE!

 

côte d'ivoire,cpi la mascarade en marche

 

Hier, mardi 19 février 2013, le président Laurent Gbagbo, le digne fils d'Afrique, a comparu en audience de confirmation des charges devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye.

Il est accusé de crimes contre l'humanité en tant que co-auteur direct dans les évènements suivants:

- La marche sur la RTI par les partisans de Ouattara (dont on sait qu'elle a été organisée par Soro Guillaume sous les ordres d'Alassane Ouattara, avec des FRCI armés jusqu'aux dents et appuyés par les soldats de l'ONUCI);

- La marche des femmes d'Abobo (dont on a encore présent à l'esprit que certaines d'entre elles étaient mortes et ressuscitées après le tournage de la bande vidéo devant incriminer Laurent Gbagbo et dont les véritables mortes ont reçu leurs balles assassines dans le dos, alors que les chars et blindés des FDS accusées étaient en face: prouvé par la journaliste d'investigation française LESLIE VARENNE, qui a côtoyé de près le commando invisible, dans son ouvrage intitulé "Abobo, la guerre". Qui se donne la peine de le lire verra!);

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- Le bombardement du marché d'Abobo-Centre (quand on sait que c'est le commando invisible de Ouattara, dont les opérations meurtrières étaient pilotées par le Sergent-Chef Ibrahim Coulibaly dit IB, témoignage des FRCI à l'appui, qui y règnait en maître par ses actes de terreurs et ses crimes multiples et odieux dans cette commune périphérique d'Abidjan);

- Les tueries de Yopougon, le 12 AVRIL 2011 (un jour après l'arrestation du Président Gbagbo par l'armée française et sa remise aux FRCI de Ouattara. Comment, dans ces conditions (c'est-à-dire prisonnier à l'Hotel du Golf), donnait-il encore DIRECTEMENT des ordres pour que soient tués des partisans de Ouattara? Et les milliers d'autres Ivoiriens massacrés à Yopougon, immolés par le feu, exécutés à l'arme de guerre, passés au fil d'armes blanches par le pouvoir Ouattara et ses partisans, quand est-ce qu'on en parle? Et les milliers d'autres passés à trépas par la rébellion de Ouattara depuis 2002, auront-ils droit à une séance de vérité internationale?).

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Vraisemblablement, ces audiences feront date dans l'histoire, autant que le procès qui en suivrait si ces charges ubuesques étaient retenues contre notre cher président. Si ce sont vraiment les faits qui prévalent dans ces audiences, nous verrons bien comment la procureure Fatou Bensouda parviendra à prouver la responsabilité et l'action directe du Président Gbagbo dans ces décès regrettables en tout point de vue pour notre pays et indissociablement liés au contexte politique (avec les responsabilités clairement marquées de la France et de l'ONU) dont l'accusation veut les soustraire. Entreprise vouée à l'échec si tant est que c'est le droit qui est dit à La Haye. Qui vivra, verra!


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire, digne et incassable!

 

DINDE Fernand AGBO

mardi, 19 février 2013

LETTRE D'UN AMI AU PRESIDENT GBAGBO


LAURENT GBAGBO.png


Monsieur le Président,
 

Il me peine énormément de vous écrire cette lettre, après deux précédents courriers. En choisissant la formule de la lettre ouverte pour la présente adresse, j'ai voulu simplement traduire la similitude de mes sentiments et de ma situation avec ceux de millions d'autres de vos frères et sœurs Ivoiriens, Africains et citoyens du monde.

Pour cette lettre, la tentation a été grande de vous tutoyer, pour être conforme à la nature véritable des relations entre vous, mon aîné, et moi, le cadet que vous appeliez souvent "tête rasée", pour rappeler la similitude entre la prononciation d'un de mes prénoms et celle d'une expression de votre langue maternelle. Mais, comme par le passé, j'ai privilégié la charge à la relation personnelle et j'ai opté pour un "vous" à l'anglaise.

Monsieur le Président, en ce jour solennel de l'audience dite de confirmation des charges du Procureur de la CPI contre vous, tous nos regards sont tournés vers La Haye et nos oreilles tendues vers les instructions que vous donnerez à l'Histoire. Votre "on va aller jusqu'au bout" lors de l'audience de présentation à la CPI en décembre 2011 n'est-il pas devenu le "OVAJAB" de ralliement de la «galaxie patriotique» africaine?

Depuis, beaucoup d'eau a coulé sous les ponts occidentaux. En Côte d'Ivoire et en Afrique aussi, beaucoup d'eau a coulé dans les plaines et forêts, puisque nous ne pouvons nous targuer de disposer en nombre suffisant de telles infrastructures pourtant indispensables à notre développement et pour la mise en place desquelles vous aviez un plan original: le prélèvement d'un maigre pourcentage sur toutes les exportations de matières premières de la CEDEAO pour la constitution d'un Fonds Commun, en vue du financement de nos infrastructures.

Les lignes ont donc bougé et dans un Monde qui se veut juste, cette audience ne devrait qu'être une audience d'infirmation de charges. Même si, dans de nombreuses chapelles, le problème de votre relaxe tient plus de la crédibilité de certaines institutions de gouvernance mondiale que de votre réelle culpabilité au regard du droit international. La crainte de créer un précédent qui remettrait en cause des pratiques serait aussi l'un des enjeux de votre détention. Mais l'Humanité, au nom de laquelle ceux qui vous ont trop tôt condamné vous poursuivent, avec tant de férocité, au motif d'avoir commis des crimes contre Elle, peut-elle laisser se perpétrer un crime pour des crimes dont Elle sait dorénavant que vous n'êtes pas responsable?

Traqués de toutes parts au nom de la stabilisation d'un pouvoir dont tous ont fini par se rendre compte que son plus gros problème relève davantage de sa capacité à se légitimer que de la reconnaissance politique de ses opposants, nous sommes nombreux à ne pas pouvoir vous manifester, par notre présence effective, notre solidarité, comme nous l'aurions tant souhaité. Mais ces poursuites, ces exils intérieurs et extérieurs ne pouvant empêcher nos cœurs de battre, ils battront à l'unisson du vôtre. A l'unisson de ceux de votre admirable équipe de défense qui va au delà du prétoire.

"Kôrô"! Merci d'avoir tenu et encore beaucoup de courage face à une épreuve aussi tragique, injuste que pleine de fierté et d'espérance pour l'avenir des générations futures et qui vous a déjà fait rentrer dans l'Histoire. «Si vous tenez, je tiendrai», auriez-vous confié à l'un des nôtres qui vous a rendu visite. Votre lien avec le peuple est si fort que l'on se demande, qui, du peuple et de vous, aide l'autre à tenir.

Le "piment" d'un combat étant à la mesure des trahisons, des défections et de toutes sortes de surprises auxquelles vous nous avez heureusement bien préparés, nous vous assurons de les gérer avec la force et l'esprit républicains qui vous ont toujours caractérisés. Ceux qui nous disaient manipulés par l'argent, savent désormais que nous ne recevions d'instructions que de nos convictions, ces convictions à la formation desquels nous sommes nombreux à avouer que vous n'êtes certainement pas étranger. Vous aimez aussi ceux qui prennent des initiatives, alors chacun s'est fait votre avocat sans que vous n'ayez rien demandé, et cela partout où il a pu se retrouver dans son exil, contribuant ainsi à diffuser très largement la vérité sur la situation en Côte d’Ivoire.

C'est à l'épreuve des épreuves que je comprends mieux certaines de vos riches et instructives analyses que vous nous serviez à l'occasion parfois du dîner dominical de fin de culte, à la Résidence, notamment concernant votre sérénité face aux situations les plus difficiles, et en réponse à l'étonnement que nous inspirait votre fabuleuse mémoire. C'est pour cela que je reste convaincu que malgré la destruction de documents précieux, votre mémoire forgée aux exigences de la clandestinité qui n'autorisait aucun PV de réunion ni liste de présence, vous aidera à faire triompher la Vérité. Car à la vérité,  comme Nelson Mandela, le premier de vos avocats, c'est d'abord vous-même.

Monsieur le Président et cher Aîné, dans ce combat qui n'est certainement pas le dernier de votre destin exceptionnel, des millions de vos compatriotes, des villes et des hameaux les plus reculés de ce pays dont vous connaissez le moindre mètre carré, sont à vos côtés et ne doutent pas un seul instant de son issue historique.

Avec eux, d'autres millions d'Africains mais aussi d'Européens, d'Américains, d'Asiatiques, etc. Tous ont désormais compris que votre combat est celui de la dignité, le combat contre des systèmes et non contre des peuples ou des nations. C'est pour cette raison qu’alors que vous avez été conduit à La Haye par celui qui divisait fortement les Français, certains de ces Français sont aujourd'hui, de plus en plus nombreux à l'avant-garde du combat pour votre relaxe.

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Lettre d'exil, le 19 février 2013.

Le Ministre Eric Kahé

Président de l'AIRD

lundi, 18 février 2013

INTERDICTION DU MEETING DE LA JFPI, OUATTARA CONFIRME SON STATUT DE DICTATEUR

 

  

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Les démocrates d’hier seraient-ils devenus les dictateurs d’aujourd’hui? Répondre non à cette question nous mettrait certainement à l’abri de la répression. Cependant la vérité est tellement grosse que l’on ne peut commettre l’erreur de servir le faux au monde entier. L’exemple de l’interdiction du meeting de la Jeunesse du Front Populaire Ivoirien (Jfpi) vient une fois de plus renforcer la performance dictatoriale du régime Ouattara. On note que le Vendredi 15 Février 2013, le maire intérimaire de Yopougon a pris un arrêté interdisant le rassemblement de la Jfpi. Ce curieux arrêté a été soutenu par un communiqué du Ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Avant de porter un regard sur ledit arrêté, il convient de noter que l’objectif visé par toute cette gymnastique détestable est bien la réinstauration de la pensée unique.

La réinstauration de la pensée unique en Côte d’Ivoire

Si le pouvoir n’a pris aucun acte officiel replongeant notre pays dans l’univers sombre de la pensée unique, il a toutefois laissé la tâche à Amadou Soumahoro (Sgi du Rdr), de porter à la connaissance des ivoiriens et du monde, l’aversion que ce régime a pour l’expression plurielle. Pour ce responsable politique « Ado sera au pouvoir jusqu’en 2053 » in L’intelligent d’Abidjan n°2397- Décembre 2011. Et pour y arriver, il faut supprimer l’opposition significative, c’est pourquoi, il avait précisé lors d’un meeting : « nous allons demander à nos militants de se mettre en ordre de bataille pour mater tous les militants du Fpi qui s’attaqueront au Président Alassane….tous ceux qui se sont attaqués à Alassane se trouvent au cimetière. » Ces propos, du reste irresponsables, soulèvent une question centrale : comment peut-on, dans un régime dit démocratique exercer un mandat présidentiel pendant un demi siècle? La réponse se trouve dans la répression des manifestations organisées par le Front Populaire Ivoirien (Fpi). L’idée est de faire taire ce parti en vue de permettre au régime d’entretenir paisiblement son  coït avec la dictature. Et il le fait si bien. En moins de trois ans d’exercice controversé, le dictateur Ouattara et ses alliés ont réprimé dans le sang quatre meetings du Fpi. Ce sont : Koumassi (08 Octobre 2011), Bonoua (19 Novembre 2011), Port Bouet (20 Novembre 2011), Yopougon (21 Janvier 2012). Observons qu’aucun de ces rassemblements n’était frappé d’aucune mesure d’interdiction. Les nervis du pouvoir ont tout simplement attaqué ces meetings et ce, conformément aux déclarations de leur responsable politique, le sieur Amadou Soumahoro. Jusqu’au jour d’aujourd’hui, aucun de ces barbares n’a été arrêté. En outre, deux rassemblements des jeunes de ce parti ont été interdits : Sit-in à la cathédrale St-Paul d’Abidjan (04 Octobre 2012), Meeting à la place CP1 (16 Février 2013). En procédant ainsi, le dictateur Ouattara a la chance de régner pendant un demi-siècle. Mais pourquoi ce régime s’acharne-t-il contre le seul Fpi ? Il est clair que le parti de Laurent Gbagbo demeure la seule force capable d’empêcher Ouattara de vivre comme un beau monarque. Dans son entendement, laisser le Fpi remobiliser ses troupes et exposer aux yeux du monde les tares du régime, pourrait précipiter sa fin. C’est la raison pour laquelle, les forces onusiennes, les chaines de télévision, notamment françaises aident ce pouvoir à réprimer le peuple de Côte d’Ivoire. C’est écœuré que l’on a vu les forces de l’Onuci étouffer l’expression du peuple libre en aidant le régime Ouattara à empêcher le meeting de la Jfpi du 16 Février 2013. L’on ne cessera de se demander si le mandat de cette organisation mafieuse consiste aussi à appuyer les dérives totalitaires du régime Ouattara ? Si oui, l’on comprendra pourquoi l’Onu n’a jamais réglé de conflits mais les a exacerbés. Bref, le régime Ouattara a achevé de nous convaincre que nous sommes dans un système répression du pluralisme.

L’arrêté Bertin Yao Yao, une vraie sorcellerie politique

L’arrêté n°016/MY/CAB 01 du 14 Février 2013, n’est rien d’autre que la traduction juridique de déclarations et d’intrigues politiques. En effet, les soldats politiques du régime Ouattara ont été très actifs à la veille du meeting de la Jfpi. Citons quelques propos. Karamoko Yayoro (Rdr): « «S’il (Koua Justin) vient pour une action subversive, nous encourageons les FRCI à faire barrage à la déstabilisation….C’est inadmissible…c’est la négation de la jeunesse ivoirienne. Nous ne pouvons plus accepter la manipulation de la jeunesse… » Yaké Evariste (désormais au service du régime), après avoir appelé la Jfpi à annuler son meeting, a avoué « Koua Justin peut aller faire son meeting à Daloa où il vit….qu’il n’emmerde pas les populations de Yopougon parce qu’il sera tenu pour responsable de ce qui arrivera » Ces propos ont été appuyés par ceux du porte-parole principal du Rdr, Joël N’Guessan « Les meetings et autres marches projetés n’auront aucune incidence sur la conduite de l’audience de confirmation des charges. Ils ne feront que remuer le couteau dans la plaie des parents des victimes » Ces discours ont été plongés par leurs auteurs dans l’eau trouble de la réconciliation nationale. Le meeting est donc «une démarche ambigüe et contradictoire du FPI». Les propos susmentionnés avaient pour seul objectif de présenter le meeting comme dangereux pour les populations et les victimes Rdr de la crise postélectorale. Le décor ainsi planté, le maire pouvait en toute légitimité intervenir pour interdire le meeting. Bref regard sur l’arrêté.

 L’arrêté Bertin Yao Yao qui semble s’adresser à tous, s’adresse uniquement au Fpi. Il est orienté contre les activités de ce parti et pour donner une texture légale à cet arrêté, le pouvoir a usé de sorcellerie politique. L’on sait, à partir de jurisprudences (arrêts Benjamin, C.E. 19 Mai 1933 Gaja 52, Houphouët Boigny, C.E. 19 Juin 1953, Rec 298), que l’interdiction d’une réunion est subordonnée à deux conditions : D’une part, la menace de troubles graves et d’autre part l’absence de moyens efficaces c’est-à-dire l’insuffisance des forces de police pour maintenir l’ordre public. Que fait le pouvoir pour donner l’impression de respecter la volonté du juge? Sachant pertinemment que le meeting de la Jfpi est prévu le 16 Février, les dictateurs d’Abidjan suscitent la manifestation d’une coordination dite des victimes et parents de victimes de la crise postélectorale. Celle-ci se réunit le 13 Février au cercle du rail et annonce par la voix de Sylla Aboubacari, qu’elle occupera l’espace CP1 à partir du vendredi 15 Février jusqu’à la confirmation des charges du Président Gbagbo. Cette annonce vient concurrencer celle de la Jfpi laquelle organisation avait déjà eu des séances de travail avec les autorités. De cette confrontation de manifestations, nait l’idée de trouble à l’ordre public. Dès lors, le Maire se trouve, à ses yeux, légitimé à interdire le meeting de la Jfpi. En soutien au Maire, le Ministre de l’intérieur, invite les militants du Fpi à se conformer aux instructions du 1er magistrat de la commune sans manquer d’apporter deux précisions qui le disqualifient : « la réaction hostile d’une importante frange de la population » et « le contexte préélectoral. » Pour ce qui  Concerne la réaction hostile de la population, le ministre ne donne pas un contenu précis au terme « population » s’agit-il de toute la population de Yopougon ? Existe-il une pétition contre la manifestation ? Pourquoi cette frange de la population ne manifeste-elle pas une hostilité lorsque les partisans de Ouattara dont Zadi Djédjé tiennent des meetings sur la même place ? Un véritable flou artistique. D’autre part concernant le contexte préélectoral, l’on se demande comment une manifestation du 16 Février peut-elle avoir une incidence sur des élections prévues pour se déroulées le 21 Avril 2013.  A la vérité le Ministre est en quête d’arguments pour créditer l’idée de troubles graves à l’ordre public. Même dans ce cas, il faut que le critère relatif à l’insuffisance des forces de police soit réunit.  En l’espèce, il n’est pas réunit dans la mesure où la police, la gendarmerie et les forces onusiennes sont suffisantes pour sécuriser et le cas échéant, rétablir l’ordre. Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil sur l’impressionnant dispositif militaire déployé pour empêcher la tenue du meeting. Ce dispositif aurait pu sécuriser la manifestation.  Aucune des conditions nécessaires à l’interdiction de la manifestation n’existait. Le pouvoir s’est inventé des risque de débordement mais n’a pas signifié que les forces de police sont insuffisantes pour les contenir. Si l’on était dans un état de droit, l’on conseillerait à la Jfpi de saisir la justice aux fins d’invalidation de l’arrêté. Mais étant donné que nous sommes dans une dictature où la justice et le pouvoir Ouattara forment une seule et même entité, l’entreprise serait vaine.

 Retenons en définitive que l’interdiction du meeting de la Jfpi est un signe qui nous situe sur le caractère dictatorial du pouvoir Ouattara. Après avoir utilisé des pierres, des machettes, des armes à feu et des gourdins pour faire taire le Fpi, ce pouvoir utilise maintenant des procédés de police qu’il manipule très mal. Ouattara et ses alliés veulent gouverner seul, pour un seul camp, contre la majorité. Heureusement que le peuple en est conscient.

 

Alain Bouikalo, Juriste-consultant.

Yopougon - Meeting avorté de la JFPI: Ce qui s'est passé à la Place CP1, vendredi et samedi


Le meeting annoncé à grand renfort médiatique par la JFPI n'a pu se tenir samedi, comme prévu, à la place CP1. A la place des militants de la JFPI et des sympathisants de Laurent Gbagbo, ce sont des policiers armés de matraques et des détachements de Frci qui étaient visibles. Ils ont campé là et occupé l'espace depuis la veille. Ils ont même tenu compagnie à ceux qui participaient aux veillées funèbres et qui ont été enjoints de tout mettre en œuvre pour libérer l'espace aux premières lueurs du samedi. Ordre avait été donné vendredi soir, à la police de faire respecter l'arrêté d'interdiction de la mairie endossé par le ministère de l'Intérieur. 

Les organisateurs du meeting et des participants, qui, dans leur stratégie n'arboraient pas de signes distinctifs comme les tee-shirts, étaient aussi présents sur l'espace dans la soirée du vendredi. Ils étaient les principaux clients des maquis environnants. Samedi, c'est une place CP1 déserte, encerclée par des policiers que nous découvrons dès les premières heures de la matinée. Koua Justin et ses camarades n'étaient pas loin de là. Ils s'étaient répliés sous les arbres dans un espace en face du portail principal du collège William Ponty. C'est en voulant sortir de là pour converger vers la place en scandant ''CPI libérez Gbagbo'' qu'ils se sont heurtés au premier dispositifs policiers qui barrait la voie d'accès. Dans la débandade qui s'ensuit, des blessés et des arrestations sont enregistrés sous une avalanche de grenades lacrymogènes et des tirs de dissuasion. 

Lors de la conférence qu'il tient deux heures plus tard, au QG de LMP à Attoban, le secrétaire national de la JFPI, Koua Justin, annoncera cinq blessés et huit cas d'arrestation. Et contrairement à ceux qui parlent d'échec, Koua soutient qu'il s'agit plutôt d'une victoire. ''L'objectif est atteint'', se félicite-t-il. Pour l'organisateur en chef de la manifestation qui visait à ''crier l'indignation'' des siens à la CPI face à la détention de Laurent Gbagbo, la violence exercée par le pouvoir est la preuve que Laurent Gbagbo n'est pas seul et il compte toujours pour des milliers d'Ivoiriens.

S. Debailly


Source: BERMUDAS WEEDS

QUI DONC SAUVERA LE MALI?

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I. Courtes considérations sur les crises africaines

Au Mali, deux grands principes s'affrontent : le despotisme oriental, dans sa forme la plus exacerbée, et le politique comme destin de l'Afrique noire. Ce n'est en rien une guerre de religions, entre les branches de l'Islam ou entre ceux-ci et le Christianisme. En réalité, le Mali n'est que le terrain où apparaissent et se déroulent les premiers actes d'une insidieuse confrontation entre le Moyen Orient et l'Afrique, autour de la question géostratégique du Sahara. Qui contrôlera cet immense désert sera l'un des prochains maîtres du monde.

Ce conflit suit immédiatement la période de désintégration des souverainetés africaines et ouvre une époque nouvelle, dont l'enjeu essentiel est la viabilité voire l'existence même des États en Afrique noire.

Au vrai, le Mali n'est plus un État indépendant, si ce n'est par l'apparence des attributs. Il ne peut garantir ses frontières, sa classe politique est anéantie et l'ensemble du corps social est désemparé. Le Mali n'a plus les moyens de sa propre existence et ne doit sa survie, si l'on en croit ses hommes politiques, qu'à l'intervention de son ancien colonisateur. Aussi affligeant soit-il, ce constat pourrait être étendu à la quasi-totalité des États francophones d'Afrique noire. En effet, en matière de sécurité intérieure et extérieure, la France porte à bout de bras toutes ses anciennes colonies. Le Mali en est l'exemple le plus cru et le plus éclatant. Cruelle ironie de l'histoire, jamais la FrançAfrique n'a été aussi forte.

Au reste, il y a quarante-trois ans, à Paris, Franklin Boukaka chantait ses « lamentations » africaines, avec Ayé Africa. Ce titre, sa triste mélodie et ses paroles restent dans les mémoires, parce qu'ils mettaient déjà au jour le dévoiement des États africains, dix ans à peine après les indépendances. Les premières paroles établissent un constat sans équivoque : Ayé é Africa, Eh é é Africa, O oh lipando.

Pour les nations, être dans l'histoire, y rester, persister, y tenir une place, c'est s'organiser en État. En un État viable et fiable. Aussi controversé soit-il, le Discours de Dakar ne voulait pas dire autre chose. La Crise malienne révèle la fragilité des États africains. Et la communauté des sciences sociales africaines, si prolixe en d'autres occasions, s'est enfermée dans un assourdissant mutisme, quand on se rappelle de son vent de colère soulevé par le Discours de Dakar. Sous ce rapport, le silence d'Adame Ba Konaré est frappant.

Somme toute, la crise malienne conforte les « lamentations » de Franklin Boukaka et elle juge sévèrement Amadou et Mariam, dont la belle innocence vante les dimanches de mariage à Bamako.

En tous les cas, avec et après la Crise malienne, l'Afrique ne sera plus la même. Il s'agit d'un tournant dont on n'entrevoit pas encore la portée, tournant aussi important et décisif que de celui de 1989, qui vit l'écroulement du monde soviétique. Une nouvelle carte des nations est en cours de distribution. Les États africains impotents ne résisteront pas.

II. Quelques causes majeures de la crise malienne

Le Mali ? Vaste territoire, en Afrique de l'ouest, à la charnière de deux « mondes », arabe et noir. Ex-colonie française. Un État pauvre et un pauvre État. Les institutions publiques n'y sont plus qu'un amas chaotique ou des structures de vacarme. Pire, l'idée de l'État y a disparue. Il n'en reste que le squelette, une apparence totalement décharnée. Le Mali n'a pas échappé à une vérité universelle : un État qui ne se nourrit pas de « l'idée de l'État », un État qui donc ne repose pas sur lui-même, cet État-là entre en décomposition, de façon inéluctable. Il n'y a pas de magie, mais des règles objectives dans l'histoire des peuples et des nations.

S'il n'y a pas d'État, comment pourrait-il y avoir de « Chose publique », de Ré-publique ? Tout est privé, ou du moins est conçu et géré comme une affaire privée. Le caprice et l'arbitraire sont maîtres au Mali. Lorsque [la] vertu cesse, dit Montesquieu, [...] la République est une dépouille. Le Mali est face à cette vérité. Or, s'il n'y a ni État ni République, sur quels fondements solides peut reposer la Démocratie ? Partout est admis qu'une nation ne se gouverne que par les lois. Là-bas, la « chose publique » ne s'appuie pas sur la « vertu » ou sur les « lois », mais tout à l'opposé sur les « grins », qui valent plus que les partis politiques. Qu'est-ce que cela qui, tout en étant informel, est au-dessus du formel, c'est-à-dire des partis politiques et des institutions ?

Le « grin » au Mali, écrit Seydou Keïta, est une habitude sociale de rencontres régulières entre amis, à la limite entre le « privé » et le « public » ; ce qui revient à admettre que le grin abolit, de fait, la grande distinction républicaine entre le « privé » et le « public ». Ils constituent des espaces importants du tissu social. Une sorte d'arbre à palabres, où l'on rend des combines d'arbitrage, où se font et se défont les arrangements de complaisance, où se recrutent les dirigeants. La République y est malmenée. Une telle invention, dont on entrevoit le danger et les effets dévastateurs, a fini par éroder l'ensemble des institutions publiques.

Pour s'en convaincre, relisons la présentation qu'en fait Seydou Keïta : Les grins des jeunes, écrit-il, ne sont pas les seuls à être impliqués dans les activités politiques. Les aînés ont aussi leurs grins. Ils reposent sur des affinités parentales, de promotion, de ressortissants d'un même village, des bases ethniques, ou même des relations de travail.

C'est en leur sein que sont véhiculées les idéologies politiques. Les différentes stratégies politiques d'ascension au pouvoir sont élaborées en leur sein, de même que les oppositions et les clivages politiques se retrouvent dans des grins différents. Les recrutements politiques commencent dans les grins. Ils constituent les noyaux des associations et partis politiques.

Il y a une relation asymétrique entre les grins des jeunes et ceux de leurs aînés. Les premiers sont au service des seconds sur la base du patronage. Les représentations populaires au Mali ne disent-elles pas que le Gouvernement lui-même n'est formé essentiellement que des membres d'un même grin ? Cela dénote de la prégnance d'un tel regroupement dans la vie sociale des cités maliennes.

Malgré la pertinence de cette présentation et tout l'intérêt de l'analyse, comment ne pas s'étonner que l'auteur ne songe pas, l'ombre d'un instant, à indiquer les périls antirépublicains et les risques anti-démocratiques que les grins font peser sur l'ensemble des institutions publiques, jusques y compris la formation des gouvernements ? Ses arguments auraient dû le conduire à dire que, au Mali, les gouvernements ne sont que l'expression des grins. Quel scandale !

Au Mali, la corruption a tout emporté, particulièrement la citoyenneté et le patriotisme qui rendent seules savent rendre vivantes les institutions républicaines. C'est le mal qui gangrène tout le corps social. La corruption est plus forte et mieux enracinée, que partout ailleurs dans la sous-région.

« L'affaire Saïdi » (SICG Mali) est un exemple éloquent. Ce promoteur ivoirien d'origine libanaise, après avoir construit les Halles de Bamako et quelques programmes immobiliers, s'est vu spolié et dépossédé de ses droits élémentaires. « L'affaire Saïdi » suffit à elle seule à illustrer la nature, le degré, l'étendue et les méthodes de la corruption.

Dans cette injustice organisée, hormis quelques journaux, dont La Dépêche aux titres évocateurs, tous se sont liés pour le dépouiller : et le gouvernement, et l'administration, et les banques, et la Justice qui, dans une ligue d'intrigue, lui ont « pris » 25 milliards de Francs CFA.

Citoyens maliens et amis du Mali, « la patrie est en danger », et pas depuis janvier 2013. Il y a longtemps déjà.

En effet, si la chronologie politique de la dictature militaire (1968-1991), avec tout son lot d'arrestations arbitraires, d'abus de pouvoir, de suppressions brutales des libertés individuelles et publiques, de gabegies, de concentration des pouvoirs dans les mains d'un seul, si ces pratiques liberticides montrent l'affaissement progressif des institutions, il n'en reste pas moins vrai que le régime ATT qui a succédé à la Deuxième République, et qui n'eut de république que le nom, n'a rien réglé des grands problèmes du Mali (crise sociale, question Touareg, etc.).

Car, il n'y pas pire mal, pour une nation, que la corruption des mœurs publiques, auquel rien ne résiste et qui ravage tout. Rien ne résiste donc à la corruption, sinon la vertu. Il n'y a nul autre remède. C'est pourquoi, à sa manière et fort justement, Cabral dira : en Afrique, il suffit seulement d'être honnête.

C'est cela « l'esprit public », l'intérêt général. Tout le reste coule de source : le repos public, la solidarité, la croissance, le développement, l'alternance politique, etc. Un État juste est invincible. Car tous ses membres savent ce qu'ils ont à défendre.

Alors, au Mali, que voulait-on qu'il advint ? Le 25 mars 2012, un capitaine-sans-projet et une poignée de soldats dotés d'un matériel militaire d'occasion renversent un régime qui, depuis longtemps, ne reposait que sur du « bois pourri ». En une demi-journée, la dépouille d'un État, d'une République et d'une Démocratie a été incinérée.

C'est que ces trois structures étaient déjà moribondes, quand elles furent frappées. Le capitaine-sans-projet, pourrait-on dire, n'y est pour rien. Il n'a fait que révéler à la face du monde stupéfait, et avec une déconcertante facilité, toute la putréfaction d'un régime qui, en deux mandats présidentiels, a épuisé et vidé la belle citoyenneté malienne.

Qui ne se souvient, en effet, et avec une émotion sublime, de la vigueur citoyenne qui emporta la dictature militaire de Moussa Traoré ? La jeunesse y prit une part déterminante. Mais,  où sont-ils ces jeunes citoyens qui s'étaient légitimement arrogé le droit à l'insurrection au nom de l'amour de la patrie ?

L'amour de la liberté, écrit Mably, suffit pour donner naissance à une République ; mais l'amour seul pour les lois peut la conserver et la faire fleurir, et c'est l'union de ces deux sentiments que la politique doit faire par conséquent son principal objet. C'est tout le contraire qui a été engagé.

Qu'a-t-il été fait de cette jeunesse malienne, une des plus conscientes du continent noir ? Je la reverrai toujours défiler dans Bamako à l'annonce de l'assassinat de Cabral, le 20 janvier 1973. Où est cet esprit de liberté de l'Association des élèves et étudiants du Mali de ce juin 1990, qui anima les journées républicaines du 21 au 26 mars 1991, réprimées dans le sang, et aboutirent à la chute du dictateur ?

Où est la force des manifestations estudiantines du 5 avril 1993 ? Et l'élan de liberté et de justice qui porta les journées du 3 au 15 février 1994 ? Et toi Birus, où es-tu donc ? Il me souvient de notre dernier entretien, à Bamako, sur les valeurs qui font vivre la République ?

Et toi l'ami, Anatole Sangaré, soldat droit et militaire de devoir, représentant de la communauté catholique du Mali ? Je garde trace de la dédicace que tu me fis, le 24 décembre 2003, à la Gare du Nord, à Paris. Et vous Kafougouna Koné, oiseau du ciel, où sont vos Migs ? Je me revois dans votre ministère, où vous me fîtes l'amitié de me recevoir. Et vous Aminata Traoré, Marianne du Mali, qu'attendez-vous pour tonner, de votre voix forte qui traduit votre éthique des convictions ? Et combien d'autres vaillants Maliens !

C'est pourquoi le spectacle est triste de ne voir aucun sursaut d'orgueil national. Accepterez plus longtemps que la presse politico-anthropologique (Pascale Boniface, Antoine Glaser, Stephen Smith, etc.) et les médias du monde diffusent, à longueur de journée, des témoignages de Maliens désemparés remerciant la France et appelant les pays voisins au secours, comme s'ils avaient perdus toute ardeur au combat pour la liberté ?

Quel affligeant spectacle offert par Tiéblé Dramé, ex Premier ministre, sur les plateaux de France 2 allant jusqu'à oublier que seul un peuple libre se ibère de son dictateur ou se délivre de ses envahisseurs. La France ne peut faire la guerre du Mali à la place du Mali. N'aurait-il pas pu, lui, présenter la France comme l'allié du Mali ?

L'honneur eut été sauf. Mais il ne le peut, parce qu'il ne croit plus en son pays, en son peuple. Le Mali a « prêté son palabre » à la France. Il est des délégations honteuses.

 

Aux sombres heures de la France, lorsque les Nazis, après avoir percé Maginot, enchaînèrent l'État français, il s'est trouvé un homme qui réapprit à son peuple ce qu'est l'idée de l'État dont parle Hegel. Aussi, pendant que j'écoutais Tiéblé Dramé, je revoyais un autre spectacle, plus digne celui-là, La Pepa de Sara Baras, dont le Flamenco retrace l'exploit espagnol face aux troupes napoléoniennes.

C'est qu'un peuple libre est invincible. Un peuple qui a été libre une fois, l'est pour toujours. Et lorsqu'il a renversé une dictature, que peut-il craindre ?

Pauvre Etat, car au Mali l'amour de la liberté et l'amour pour les lois ont été perdus, sous le régime précédent. En 2004, alors qu'à renfort d'oukases et de batteries la presse politico-anthropologique louait le régime ATT, j'interrogeais gravement : Le Mali, pour combien de temps encore ? 

En effet, tous les prophètes de flatteries qui savent si bien prendre demeure dans les cabinets présidentiels et les chancelleries, tous les spécialistes français de l'Afrique qui occupent les médias et jusqu'à l'assourdissement de masse entretenue par la presse internationale, tous, vantaient les mérites du régime ATT comme modèle à suivre, mais qui dans son fond n'était qu'un système qui vidait de leur substance éthique l'État, la République et la Démocratie.

Aucun d'eux ne voulut voir ni entendre. Chacun voulait tromper ou, pire, être trompé. Tout le monde le sera. Car enfin, si un capitaine-sans-projet parvient si facilement à renverser un régime « modèle », mais qui en vérité a fini comme il a commencé dans la farce, comment imaginer que les débris de ce régime et un capitaine-sans-projet puissent résister à Aqmi, à Ansar Dine, au Mujao, à Boko Haram, etc., qui, au Sahel, ont formé une dendrite internationale, très disciplinée, aguerrie, solidement armée et surdéterminée, avec une inouïe volonté d'expansion « religieuse » ?

Personne ne voulut voir la lente et inexorable érosion des institutions et l'entreprise d'affaiblissement de la citoyenneté et du patriotisme maliens. Les sourds d'hier s'émeuvent aujourd'hui de ne pas entendre L'Etat. Tous feignent d'ignorer et s'étonnent de l'absence d'une « Armée sans armes ».

On est dans quoi-là ?, aiment à dire les Ivoiriens quand l'absurde dicte sa courbe aux événements. Constat de bon sens : il eût coûté moins cher au Mali, à la France et au monde aujourd'hui, si l'armée malienne avait été dotée de matériel militaire et instruite dans l'art de la guerre.

Et, avec délectation, les reportages télévisés français en rajoutent, qui montrent à l'opinion publique européenne des soldats maliens ébahis à la vue d'un hélicoptère, ou un militaire malien à l'entraînement et feignant de tirer, et qui, faute de minutions, reproduit le bruit des balles.

Ou encore l'Armée française qui, après avoir  chassé les rebelles de Gao et de Tombouctou par les bombardements aériens, stoppent net leur avancée aux portes de ces villes et invite l'armée malienne à y entrer et à en prendre possession.

Quel spectacle ! On avait connu la drôle de guerre. Là, nous voyons une guerre drôle. Pauvre Mali, qui, à la face du monde, joue avec son propre sort !

Nous payons en drames et en vies humaines, en recul de croissance et en expansion de la pauvreté, en foule de réfugiés, en famine, en instabilité politique et en misère médicale, ce que les responsables n'ont pas voulu voir. Et si nous n'y prenons garde, peut-être assisterons-nous à la formation du premier État islamiste de l'Afrique dans le Sahel. Alors, prenons garde !

Car les mêmes qui, hier, ne voulurent pas voir les difficultés maliennes se répandent à présent en longs discours d'explication et justifient leur erreurs d'analyse et de décision par la guerre française au Mali. Aucun d'eux, bien étrangement, ne parle de la Société civile. Mais c'est d'abord d'elle et de l'Armée malienne moquée que viendra ce qui sauve.

III. François Hollande et l'Occasionalisme de Malebranche

M. François Hollande aurait donc eu raison d'intervenir. Il l'aurait fait à temps. Quelques jours plus tard, dit-on, il n'y aurait plus de Mali. Ainsi, en une semaine un État peut disparaître. Et tout ce que l'histoire universelle n'enseigne pas (disparition subite des États), nous devrions donc l'accepter et nullement le contester ?

Mais, aussi difficile que soit une situation, aussi grand que soit le péril, il n'est aucun argument d'autorité qui puisse ou ne doive affaiblir l'esprit critique, cet exercice banal de la raison naturelle.

Appelons ici Bossuet, dont l'un des grands enseignements est précisément ce qu'il appelle la science des temps. Il est, dit-il, du devoir du prince de savoir penser et agir à propos, ni avant ni après, mais au bon moment.

Les Grecs anciens nommaient cela le kairos, le temps opportun. La France s'est-elle conformée à « la science des temps » ? Le président François Hollande a-t-il décidé selon le kairos ?

Plus d'un, à droite et à gauche, lui reprochent de n'avoir pas fixé un cap et des objectifs, d'où ses changements continus. A première vue, les faits leur donnent raison. En effet, François Hollande n'avait-il pas publiquement affirmé que la France ne s'engagerait pas au Mali, comme en République Centrafricaine, au motif qu'elle n'a plus vocation à être le gendarme de l'Afrique ?

Or, dès la prise de Konna par les Islamistes et la désinformation de sa reprise par l'Armée malienne, il a d'autorité constitutionnelle engagé la France, en déclarant que cette implication ne se limiterait tout au plus à un appui logistique et aérien, dans le but de stopper l'avancée des Islamistes qui se dirigeaient vers Bamako où réside une forte communauté française.

Puis, quelques jours plus tard, contradiction nouvelle, il décide d'engager au sol près de trois bataillons français.

En outre, après avoir indiqué que cette intervention serait de courte durée et localisée, il affirmera qu'elle durera autant que nécessaire et sur toute l'étendue du territoire malien. Toutes ces variations lui ont valu un double reproche : improvisations (impréparation, organisation sur-le-champ, hâtive, absence de  vision) et imprévisions (défaut de prévision, peu de maîtrise des événements).

A première vue, ces tâtonnements semblent indiquer une série d'improvisations doublée d'une suite d'imprévisions.

Si tel était le cas, nous pourrions légitimement en être choqués, parce qu'il n'entre pas dans les usages républicains que le Chef de l'État français ne fixe pas de cap ni d'orientation, alors que la Constitution lui confère cette prérogative quasi monarchique.

Mais, au fond, ne serions-nous pas tout simplement en présence d'un Président qui, de façon inconsciente ou non, et contre toute attente, ne ferait que mettre en pratique, au cœur du champ politique français, l'Occasionnalisme  de Malebranche ?

Selon Nicolas Malebranche, le monde n'est régit que par des causes occasionnelles que Dieu met savamment à profit, pour agir dans l'histoire. Par conséquent, les causes réelles des actions individuelles et collectives échappent aux hommes.

Tout n'est qu'occasion pour Dieu, c'est-à-dire moment d'intervention dans le cours du monde. Dans le Tout réside les « occasions » qui ne sont que des causes pour ainsi dire fictives, des causes qui ne sont pas effectives ; et parce qu'elles sont sans effet, elles ne sont pas véritables.

Pour Malebranche, à l'opposé d'Aristote, il ne peut donc exister de causes substantielles (existant par elles-mêmes), puisqu'elles sont toutes « occasionnelles ». L'Occasionalisme est le système de causes occasionnelles.

A bien observer, François Hollande semble avoir complètement laïcisé cette conception malebranchiste, pour l'appliquer au champ politique.

En effet, pour la première fois, qui plus est en République française, un Chef d'État développe, de façon méthodique, une ligne politique qui se donne à voir comme une suite combinée d'occasions.

Cette politique, qui laisse circonspect, peut se définir, d'une part, comme le rapport entre les occasions, et, d'autre part, la gestion même de ce rapport. On comprend mieux pourquoi le Premier ministre de son gouvernement apparaît autant en déphasage.

Car là où François Hollande attend les occasions, Nicolas Sarkozy, lui, recherchait ardemment des « dossiers » ou des « cas » voire même les suscitaient.

Ainsi, l'affaire de l'Arche de Zoé n'était pour Nicolas Sarkozy qu'un « cas », un casus, un événement, dans lequel retentissait l'ancien cadere qui signifie « tomber ». Tout « tombe », pour Nicolas Sarkozy. Aussi conçoit-il les « cas » comme des faits « accidentels » qui ne peuvent être relevés que par une technè, un savoir-faire technique porté par une énergie personnelle qui porte aux excès, quand François Hollande ne saisit que les occasions, et ce en autant d'événements « nécessaires » (qui s'imposent par eux-mêmes) auxquels il doit simplement s'ajuster.

Une telle différence concerne le fond, c'est-à-dire la manière d'être, et n'est pas seulement la forme ou le style, comme les politologues s'efforcent de nous le faire croire. Pour ces derniers, cette conception occasionnaliste est incompréhensible, parce qu'ils leur manque les fondamentaux de la pensée.

Il y a chez François Hollande une fiance affirmée dans les occasions et les causes occasionnelles. Sa longue « absence » politique après sa victoire à la présidentielle, et qui a tant inquiété, n'a duré que le temps que surgisse une occasion.

Ainsi a-t-il appréhendé la crise du Mali comme une cause occasionnelle, et l'on ne saurait expliquer autrement le caractère individuel et solitaire de sa décision d'agir, tout comme la promptitude de son engagement militaire et l'étonnement que ces deux faits ont suscité.

Car l'occasion se suffit à elle. Elle est érigée en « principe de raison ». Florange, par exemple, ne surgit pas comme une occasion, mais plutôt comme un « cas », ce qui ne peut vraiment l'intéresser. C'est le domaine du Premier ministre. Il suffirait que ce « cas » se transforme en cause occasionnelle, pour qu'il s'en empare aussitôt et s'y implique.

Quant au « mariage pour tous », il n'est ni une cause occasionnelle ni un « cas », d'où les atermoiements de François Hollande qui en confie la responsabilité à la représentation nationale.

En revanche, l'affaire Dominique Strauss Khan fut pour lui une cause occasionnelle, dont il a su si bien tirer parti.

Au fond, il ne semble pas croire en la grâce, en la prédestination à la manière du protestantisme. Tout n'est pour lui qu'occasion, comme l'affaire Florence Cassez ou le controversé impôt à 75% spontanément sorti d'une occasion.

Les exemples d'occasions et de causes occasionnelles pourraient de la sorte être multipliés, pour de montrer comment ils jalonnent et structurent sa carrière politique. Cette problématique est la matière d'un essai en cours de rédaction, Hollande et l'Occasionalisme de Malebranche.

Mais on aurait tort de croire que ce trait personnel est totalement déconnecté de la réalité nationale. Outre le fait qu'il prend racine dans une tradition théologico-philosophique française, celle de Malebranche, cette inclination correspond à une caractéristique culturelle bien française. En effet, comme le prétend Bruno Pinchard Les Français sont des occasionnalistes. Mais le savent-ils toujours ?

IV. Répercussions libyennes

Reprenons le fil de nos propos sur le Mali, en opérant une courte digression sur la Libye. L'aveuglement libyen de Nicolas Sarkozy, qui ne voulut pas voir les liens organiques entre la Jamahiriya libyenne et ses États voisins, en particulier le Mali, est lourd de trop de conséquences.

Outre qu'elle partage une longue frontière avec le Mali, la Libye avait été une terre de refuge pour les Touaregs maliens, après 1980, où nombre d'entre eux furent enrôlés dans les armées de la Jamahiriya. Et nous savions le rôle de médiateur que le Colonel Kadhafi tenait dans la vieille crise entre Bamako et l'Azawad.

Fallait-il être grand clerc pour imaginer qu'une déstructuration de la Jamahiriya aurait mécaniquement une répercussion sur le Mali, déjà fragile ? Qui ignorait la présence de Djihadistes dans les Sahel ? Mais il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, surtout s'il est entouré de conseillers muets. Ainsi, la confusion organisée en Libye, dont nous n'avons pas fini de payer le prix, a gagné le Mali en y produisant des détonations bien  plus fortes.

A présent, au Mali, mélangé, tout est mélangé, pour reprendre le mot d'une caricature ivoirienne. M. Nicolas Sarkozy et les Nations Unies ont tapé dans la Jamahiriya comme on frappe du pied une fourmilière. Il y avait d'autres options.

Ainsi ont-ils indûment armé les opposants et accepté la mobilisation de Djihadistes qui avaient en horreur le Livre Vert, dont la ligne politique est socialiste et la vocation affichée était de se substituer à la Sunna. Que croyons-nous qui devait arriver ? Car le colonel Kadhafi, bien informé des équilibres de la sous-région, avait averti.

Mais, les prophètes des flatteries, la cohorte des spécialistes de l'Afrique et un philosophe fatigué dirent en chœur leur exodos : '' regardez, peuples de la terre, comment un dictateur n'est qu'un menteur et de quelle manière il est puni ''. Bossuet a raison de dire que tout prince doit se défier de ses conseillers qui donnent des conseils pour eux-mêmes.

Par exemple, très fatigué, Bernard Henry Levy conseillait Nicolas Sarkozy pour lui-même, comme le montre si bien les Guignols de l'Info. Aujourd'hui, s'agissant du Mali, tous ces conseillers ont « trouvé » une nouvelle cause explicative : la question Touareg. Mais au Mali, le problème premier et le seul, c'est le Mali.

V. Les cinq crises maliennes

La Crise malienne est une dialectique de cinq grandes crises, qui ont formé un écheveau difficile à démêler. Énumérons ces crises:

Tout d'abord, une « crise politique » sans précédent, dont nous avons rappelé les grandes lignes (faillite de l'État, dépouillement de la République et extinction de la Démocratie), qui débute avec le coup d'état militaire du 19 novembre 1968 ;

Ensuite, une « crise sociale » marquée par le sous emploi et la précarisation constante des populations et la formation d'une diaspora de travail ;

Puis, une « crise de la religion » qui, d'un côté, voit s'affronter l'Islam africain (laïc et tolérant) et l'Islamisme d'origine moyen-orientale (salafisme djihadiste), et, de l'autre, fait peser une menace sur la petite communauté chrétienne.

En outre, une « crise ''raciale'' » ou plus exactement phénotypique entre Arabes et Noirs, sur le modèle du Soudan, dans laquelle prévaut l'argumentation ethniciste qui peut être conçue à bon escient, comme le fait Ed. Bernus lorsqu'il affirme que le pays Touareg [...] constitue un pont entre le Maghreb et l'Afrique noire, ou alors pour susciter de stupides conflits ethniques, en agitant les différences phénotypiques comme autant de facteurs essentielles.

Enfin, la « crise du transit des narcotiques » mis au jour par la ''stupéfiante'' aventure du « Boeing 727 de la coke », et qui vise à faire du Sahara (donc depuis l'intérieur du continent) le point d'escale le plus court pour l'écoulement de la cocaïne vers l'Europe, avec l'abandon des voies maritimes plus longues et mieux surveillées.

La dialectique de ces cinq crises (influence réciproque des causes, interaction des facteurs,  relance des effets, des contradictions et les évolutions inhérentes à ce processus) donne à la Crise malienne une dimension spécifique, lui confère son caractère particulier et détermine sa force de propagation sous-régionale voire au-delà.

C'est cette dialectique, où la corruption est le ferment et le facteur déterminant, qui a fait s'effondrer le Mali, après la Guinée-Bissau. Dans les mêmes circonstances, des causes identiques produisent les mêmes effets.

Par suite, si rien n'est entrepris, comme rien n'a été fait en Guinée-Bissau, un troisième pays de la sous-région s'écroulera.

Tout comme la Guinée-Bissau qui, à force d'ajustements structurels, de gabegie, d'une armée dévoyée, de tensions interethniques et de politiques publiques inadaptées, a été livrée au narcotrafic, le Mali est en passe d'être abandonné au narcotrafic et aux Islamistes. L'ouest africain en sera déstabilisé.

Aqmi croît dans le terreau de cette quintuple crise. Et toute l'Afrique de l'ouest, qui constitue un vaste ensemble géographique, historique et anthropologique est directement concernée.

Tous les pays, tous les Etats y ont un lien organique et structurel. Tel est « l'effet papillon » : un événement dans l'un de ces pays affecte tous les autres.

La Crise ivoirienne l'a bien montré. Si « la planète est un village », l'Afrique de l'ouest est un quartier, dans lequel se déroule des batailles qui ne sont que des épisodes de la grande guerre ouest-africaine.

La Côte d'Ivoire, grand éléphant de verre, signale déjà dans sa région nord la présence d'éléments djihadistes.

A titre préventif, elle devrait s'instruire de la Crise malienne et faire son unité nationale. En effet, si le Mali n'avait pas laissé croître la « Question Touareg », Aqmi n'eut pas été aussi fort. Toute division nationale et les guerres civiles qui en découlent sont des brèches profondes.

Qui peut croire que la Côte d'Ivoire, poumon économique de la Cedeao, n'est pas ou ne sera pas à court terme une cible ?

Le Burkina Faso, quelque peu affaibli, lui est historiquement lié, tout comme le Libéria, qui se remet difficilement d'une odieuse guerre civile, et le Ghana, le frère rival, qui forme un tout avec le vacillant Togo et le Bénin qui demeure un point d'appui, « mais, pour combien de temps encore ? ».

La Côte d'Ivoire est également rattachée à la Guinée-Conakry, pays en équilibre précaire, qui forme un sous-ensemble avec la Sierra Léone en situation délicate.

Le Sénégal, vitrine démocratique, est à quelques encablures du Mali, avec lequel il fut lié fédéralement dans un passé récent. Qui tient Bamako, menace directement Dakar. Qui dirige Bissau peut provoquer Dakar (crise de la Casamance) et inquiéter Banjul (Gambie) ou vice-versa, car ces trois capitales appartenaient à l'ancien empire du Cayor.

Le Sénégal doit faire sa concorde nationale mise à mal par les dernières présidentielles. La Guinée-Bissau, elle, est déjà paralysée. La Gambie, petite enclave, ne résistera pas aux secousses.

La Mauritanie, instable, liée au Sénégal,  doit craindre sa « malisation », en raison des tensions entre Noirs et Arabophones.

Le Niger, outre la famine, ne supportera pas le basculement du Mali. Le Cap Vert est à part, protégée par la mer et une classe politique responsable. Le Nigéria, géant de la sous-région, n'a pas vaincu Boko Haram. Que peut-il au Mali, le plus fragile de tous les États ?

Plus au nord, d'après le bornage rectiligne du 8 mai 1983, l'Algérie partage 1400 kms de frontières avec le Mali. Mais pourquoi s'engagerait-elle à l'extérieur de ses frontières, de façon directe dans un conflit qu'elle a externalisé et dont elle est à peine sortie ?

Sous ce rapport, comment ne pas se demander si la surprenante prise d'otages sur le site gazier de Tiguentourine, près d'In Amenas, ne vaut pas comme un avertissement direct adressé à l'Algérie, pour qu'elle reste neutre dans les conflits qui sont en cours au Sahara, au risque de devoir subir la paralysie de son principal secteur d'activité ?

Pour l'Algérie, la crise malienne vaut-elle la mise en jeu de son moteur de sa croissance ? Et si cette épineuse question était celle que pose Aqmi à l'Algérie ? Il semble que ce soit probablement là l'enjeu de cette prise d'otages, sinon comment l'expliquer ?

A l'avertissement djihadiste, les autorités algériennes ont répondu par une brutalité inouïe. Dès lors, les modalités d'intervention de l'armée algérienne, le choix du matériel militaire (armes lourdes, chars de combat, hélicoptères, etc.) et la nature du résultat de cette opération (plus de morts d'étrangers que de terroristes) indique pour toute réponse un équilibre de la terreur.

Le statu quo serait une intention doublement partagée. Notons donc que l'Algérie et tout comme la Mauritanie sont sur des lignes de prudence.

La moitié du continent africain est directement concerné par  la crise malienne, avec l'implication massive du Tchad (2.000 soldats) et du Burundi, l'Afrique centrale est engagée.

Par le jeu des menaces et des alliances cette crise nous amène à la première guerre continentale africaine, qui ne laissera pas indifférent le Moyen Orient et l'Occident.

VI. Que peut la France?

Que peut la France ? Cent guerres et cinq cent batailles, en deux mille ans d'histoire. Une incontestable tradition militaire faite de victoires éclatantes et de lourdes défaites. Que peut-elle, dans une guerre sans bataille ? Bien peu et beaucoup à la fois.

La guerre du Mali, qui n'en est qu'à des débuts, tend à être longue et difficile, en raison même de sa nature. Elle prolonge la crise libyenne avec laquelle elle entretient des rapports complexes.

En outre, le coût quotidien de l'engagement militaire français est plus important qu'on ne le dit. Il est à minima de deux millions euros/jour, selon les experts que nous avons consultés, ce qui le rend insupportable au regard des contraintes budgétaires.

Une année de guerre au Mali absorberait la totalité du budget des Opérations Extérieures (Opex), soit huit cents millions d'euros. En outre, le risque d'enlisement est réel, si le Tchad ne prend pas la relève. Et dès lors que les Djihadistes passeront à la guerre de guérilla (retraits des villes et bourgs, harcèlements des casernes, attentats suicides, etc.), le rapport de forces pourrait s'équilibrer.

Or, la France s'est mise en première ligne, sans qu'elle ne sache comment se retirer. Sun Tzu enseigne que l'on entre dans une guerre, quand on sait d'avance comment en sortir. Mais, pour envisager une fin, encore faut-il que l'action conduite ait une finalité.

La difficulté ici tient dans le fait que la « situation d'urgence » invoquée pour justifier la rapide et soudaine implication française au Mali n'est pas la cause occasionnelle ni ne peut être un but.

En tous les cas, s'il faut féliciter la France d'avoir arrêté l'avancée des troupes djihadistes,  et si nous ne sommes qu'au début d'une des guerres ouest-africaines, la question reste entière de savoir qui sauvera le Mali, si l'on admet qu'aucun peuple n'a jamais été libéré par un autre ?

C'est aux Maliens qu'il revient de sauvegarder le Mali, avec le concours d'alliés.

Pour lors toutes les institutions publiques maliennes sont « tombées » et restent dans un état de délabrement. Seuls l'ardeur citoyenne et les combats républicains pourront les redresser. L'amour de la patrie, dit Montesquieu, corrige tout.

Rien, en matière historique, n'est désespérant. Aucune nuit n'arrête l'aube. Le crépuscule du matin est une conquête toujours recommencée. Là où naît le danger, croît aussi ce qui sauve. Rien n'est impossible à un peuple libre ou qui combat pour sa liberté, parce que libre. Nul joug ne résiste au souffle puissant d'une nation qui combat pour être.

VII. Quatre propositions pour une sortie de la crise malienne

Napoléon, qui sut ce qu'est vaincre des peuples, mais aussi ce qu'est être vaincu par des peuples, fixa dans son testament politique, au terme de sa folle course impériale, une pensée : l'histoire est la seule philosophie. En nous gardant de donner des leçons de patriotisme aux Maliens, qu'il nous soit cependant permis de faire quatre suggestions politiques :

1°) la mise en place d'un Comité de Salut public qui, pour une courte période, concentrera tout le pouvoir exécutif, supprimant ainsi l'actuelle diarchie politico-militaire au sommet de l'État, entre un président « provisoire » et toléré, dont le Premier ministre est nommé par un capitaine-sans-projet.

L'une des missions essentielles de ce Comité de Salut public serait de procéder à une levée en masse de soldats maliens, d'organiser et de diriger l'armée dont la tâche essentielle sera de sécuriser les frontières actuelles ;

2°) instituer un changement politique, par la proclamation d'un régime parlementaire (sur l'exemple du Cap Vert), qui donne toute sa légitimité à un Premier ministre fort.

L'élection du Président de la République, au suffrage universel indirect (par les députés), et qui ne peut être que d'origine Touareg, pour les deux mandants suivants. Car il faut savoir mettre un terme aux courses présidentielles sur fond ethnique ;

3°) sur la base d'une stricte séparation des pouvoirs, la représentation nationale malienne devra reprendre l'initiative des lois, autant que durera le Comité de Salut public. En outre, la Justice et le quatrième pouvoir devront être réellement indépendants.

Sans cette mesure, qui fonde l'objectivité des institutions, il sera impossible d'éradiquer la corruption qui est le mal le plus profond.

Cette vaste réforme institutionnelle, conjointement impulsée par le Comité de Salut Public et la Justice (l'esprit de modération), permettra de poser les fondements de l'idée de l'État, d'enraciner les deux grandes valeurs de la République, la vertu et la frugalité.

Il n'y a que la mise en œuvre simultanée de l'idée de l'État, du sentiment de vertu et de la volonté de frugalité qui puisse faire de la Démocratie une coutume par laquelle pourront être organisées des élections libres et le règlement de la question Touareg ;

4°) sous la double initiative de l'Union Africaine et de l'Union Européenne, il sera nécessaire de procéder à la suppression immédiate de toutes les dettes publiques externes et à la suspension de tout ajustement structurel.

Sans cette réforme de justice sociale, non seulement il ne peut y avoir d'État viable au Mali, mais le Mali ne saura conduire de lutte efficace contre les Narcotrafiquants et Aqmi.

VIII. Conclusion

Le désert croît, disait Nietzsche. Cette parole résonne autrement aujourd'hui, en Afrique, pour se laisser entendre comme la décroissance de L'État. Le Sahara, une fois de plus, surgit comme un destin.

Telles sont les considérations d'ensemble que suscite la Crise malienne. Celle-ci marque un tournant décisif, dont le risque majeur est de voir les États africains s'effondrer.

Et devant le grand péril, la pensée est le plus grand recours, qui précède le courage, cet exercice de la volonté. Penser la Crise malienne, c'est revenir à ce qu'est l'essence de l'État qui est trop peu méditée par les intellectuels africains. Hegel a consacré maintes recherches sur ce qu'est L'État.

Peut-être les Africains gagneraient-ils, enfin, à questionner le plus puissant philosophe de son temps, lorsque, dans les Leçons qu'il lui a consacrées, il a présenté L'État comme la Raison. Écoutons, ce qu'il dit de son ouvrage :

Ainsi, dans la mesure où il contient la science de l'État, ce traité ne doit être rien d'autre qu'un essai en vue de concevoir et de décrire l'État comme quelque chose de rationnel en soi [...]

Si ce traité contient un enseignement, il ne se propose pas toutefois d'apprendre à l'État comment il doit être, mais bien plutôt de montrer comment l' Etat, cet univers éthique, doit être connu.

L'État ne se laisse connaître que comme idée, mais une « idée » effective qui mène le monde. Comble de guigne, il n'y a pas de culture d'État ou d'idéalisme de l'État en Afrique. Aussi peut-être même est-ce dans cette « crise de la connaissance » que la Crise africaine demeure dans toute son ampleur. Le Mali le montre. Mais ce pays, qui n'est plus un pays-État, voudra-t-il s'élever à cette idée ? Et s'il le veut, le saura-t-il ?

Mably a donné la clé de cet idéalisme politique : l'union de « l'amour de la liberté » et de « l'amour des lois », qui doit devenir le principal  objet de la politique. Mettre en pratique politique cette union, c'est surmonter le destin qui préoccupait tant mon vieil ami, Jean-Pierre Ndiaye, dont je salue la mémoire.

 

Dr Pierre Franklin Tavares

Paris, le 1er février 2013

 

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Jean-Pierre Ndiaye, Monde noir et Destin politique, Présence Africaine, Paris, 1976.

P. F. Tavares, Pourquoi tous ces coups d'état en Afrique, Le monde diplomatique, janvier 2005.

Franklin Boukaka à Paris, Ayé Africa,

HYPERLINK "http://www.youtube.com/watch?v=qeVKpqIB5F4"

http://www.youtube.com/watch?v=qeVKpqIB5F4, 1970.

F. Boukaka, Oh, ô Afrique, Eh Afrique, Où est ton indépendance ? [...] Où est ta liberté ?

P. F. Tavares, Nicolas Sarkozy : Relire le Discours de Dakar, NEI, Abidjan, 2008.

Hegel, Principes de la philosophie du droit, ou Droit naturel et science de l'État en abrégé, Vrin, Paris, 1982, p. p. 263 - 341.

Montesquieu, De l'Esprit des lois, t. 1, Garnier Frères, Paris, 1973, p. 27.

Seydou Keïta, Un espace de liberté et d'organisation sociale : le Grin, 21 avril 2007. C'est nous qui soulignons.

Abdoulaye Niangaly, Malversations, mal gouvernance, Affaire SICG Mali - ACI, les magouilles d'ATT, Bamako, La Dépêche, n° 7, 03 septembre 2012 ; Scandale autour d'un financement occulte : ils ont escroqué 600 millions FCFA pour arriver au pouvoir, La Dépêche, n° 2, 23 juillet 2012 ; Affaire de 600 millions FCFA escroqués par Yacouba Diallo : l'escroc sommé de payer, La Dépêche, n° 4, 06 août 2012 ; Maître Madina Dème : Rebondissement dans un scandale ''enterré'', 6 août 2012.

Les deux mandats d'Alpha Konaré (1992 - 2002) font partie du Régime ATT (1991 - 2012).

Gabriel Bonnot de Mably, Des droits et des devoirs du citoyen (1758), édit. Marcel Didier, Paris, 1972, p. 104.

Le Lieutenant-colonel Oumar Diallo alias Birus, aide de camp du président Moussa Traoré, Anatole Sangaré, Kafougouna Koné, Bakary Coulibaly et Chiaka Koné furent les principaux acteurs du coup d'état qui renversa le régime. C'est au cours de cette action qu'Amadou Toumani Touré s'emparera du pouvoir, en évinçant les autres.

Anatole Sangaré, Code de conduite des Forces Armées et de Sécurité du Mali, Ministère des Forces Armées et des Anciens Combattants, Sofidi, Bamako.

Mots Croisés, émission d'Yves Calvi, France 2, 21 janvier 2013.

Sara Baras, La Pepa, ballet flamenco, Théâtre des Champs-Elysées, Paris, 21 décembre - 8 janvier 2013.

P. F. Tavares, Pourquoi tous ces coups d'état en Afrique ?, Le monde diplomatique, janvier 2005.

Bossuet, Politique tirée des propres paroles de l'Écriture sainte, Livre cinquième, Droz, Genève, 1967, p. 136.

Malika Groga-Bada et Christophe Boisbouvier, Mali : heure par heure, le récit de la fuite d'ATT, Jeune-Afrique, 7 avril 2012. Il eût été pertinent que les auteurs indiquassent les conditions dans lesquelles AAT, qui n'était pas le principal instigateur du coup d'état qui le porta au pouvoir, prit le pouvoir.

Bossuet, XIe Proposition, Le prince doit savoir connaître les occasions et les temps, Op. Cit., p. p. 129 - 131.

Le groupe sidérurgique (acier et mines) ArcelorMittal, dont l'usine de Florange (Moselle) fait l'objet d'un vaste plan social et d'arrêt des hauts fourneaux.

La Française accusée d'association de malfaiteurs et de complicité d'enlèvement par la Justice mexicaine.

Bruno Pinchard, Les formes substantielles chez Malebranche et Leibniz, Cours 2011 - 2012.

Thomas Baïetto, Au Mali, 50 ans de conflits touaregs et une proclamation d'indépendance, Francetvinfo.fr, 6 avril 2012.

L'exodos, troisième et dernière partie du théâtre tragique grec, est marquée par la sortie du chœur qui tire la morale des événements.

Jean-Pierre Ndiaye, Monde noir et Destin politique, Présence Africaine, Paris, 1976.

Edmond Bernus, Être Touareg au Mali, Orstom, p. 1.

Les quatre principales dates des soulèvements touaregs: mai 1963 - avril 1964 (première insurrection et défaite) ; mars - juin 1990 (attaque de la caserne de Ménaka) ; mai 2006 (prise de Kidal et Ménaka) ; janvier 2013, soulèvement armée et proclamation de la souveraineté de l'Azawad.

Dictionnaire Perrin des guerres et des batailles de l'histoire de France, sous la direction de Jacques Garnier, Paris, 2004.

Sun Tzu, L'art de la guerre, Flammarion, champs classiques, Paris, 1972, édition revue en 2008.

Montesquieu, Op. Cit., p. 130.

Montesquieu : « La vertu, dans une république, est une chose très simple : c'est l'amour de la république ; c'est un sentiment, et non une suite de connaissances ; le dernier homme de l'État peut avoir ce sentiment, comme le premier », Op. Cit., p. 48.

Montesquieu : « L'amour de l'égalité et celui de la frugalité sont extrêmement excités par l'égalité et la frugalité même [...] pour que l'on aime l'égalité et la frugalité dans une république, il faut que les lois les y aient établies », Op. Cit., p. 50.

Hegel, Principes de la philosophie du droit, p. 57.

 

dimanche, 17 février 2013

DE L’IMPASSE AU MIRACLE DIVIN, IL N’Y A QU’UN SEUL PETIT PAS: COTE D’IVOIRE TA DELIVRANCE N’EST PLUS LOIN, RESTE FERME!

 

 

côte d'ivoire,de l’impasse au miracle divin,il n’y a qu’un seul petit pas,côte d’ivoire ta délivrance n’est plus loin,reste ferme,le ministre charles rodel dosso


Depuis  le 11 avril 2011,  date à laquelle la rébellion  a triomphé de la démocratie ivoirienne sous les bombes de l’armée française, nous savions les droits de l’homme enterrés. Mais, il ne nous était jamais venu à l’esprit que désormais un animal proche de M. Ouattara (président  installé de force par la communauté internationale) avait plus de droit qu’un Homme demeuré fidèle à M. Laurent Gbagbo, Président élu par le peuple ivoirien, enlevé par la Communauté internationale et déporté à La Haye. Malheureusement, la terreur qui s’abat sur la population ivoirienne pour la soumettre à Ouattara le laisse croire. Des emprisonnements en masse, des mutilations incapacitantes volontaires, aux exécutions sommaires, tout y passe sous le regard admiratif des parrains du pouvoir ivoirien, la communauté internationale. Chaque ivoirien vit dans la peur d’un enlèvement pour refus de reconnaitre l’élection à la bombe de M. Ouattara. Un délit désormais qualifié d’atteinte à la sureté de l’Etat.

Les ivoiriens résidents au pays, martyrisés et apeurés, plaçaient beaucoup d’espoir dans la lutte initiée par leurs Frères vivant en exil. Ils gardaient espoir que de l’usage de leur liberté d’expression dans leur quête de vérité sur la tragédie ivoirienne naitrait la lumière qui viendrait chasser les ténèbres qui enveloppent notre nation. Ils ne comptaient pas avec l’audace de l’homme qui a décidé de faire de la Côte d’Ivoire un cimetière à gérer à sa guise sans aucun regard critique. M. Ouattara certain d’avoir réussi à embastiller la Côte d’Ivoire, embrigadé les plus téméraires des ivoiriens sur leur terre, s’est lancé sans merci à l’assaut des exilés. Objectif, les réduire au silence afin que la vérité sur ses crimes et son imposture en Côte d’Ivoire ne se sachent jamais. Il a pour se faire mobilisé les hommes et les moyens colossaux pour retrouver et apprivoiser les damnés de son pouvoir vivant hors du territoire. Il a jeté son dévolu sur  les exilés au Ghana.    

La première victime, Charles Blé Goudé. Arrêté le jeudi 17 Janvier 2013 à son domicile à Accra, le Ministre Charles Blé Goudé a été extradé vers Abidjan le jour suivant.  Sur cette extradition, les commentaires vont bon train. Certains l’accusent de deal avec Abidjan, d’autres par contre évoquent une trahison dont a été victime le Président de la galaxie patriotique. Il aurait été livré par d’autres exilés. En attendant que l’avenir nous éclaire, de ces commentaires abondants souvent contradictoires et passionnés, émerge une vérité : Charles Blé Goudé est effectivement une icône de la lutte anti-impérialisme français en Côte d’Ivoire en qui le peuple ivoirien plaçait beaucoup d’espoir pour sa délivrance. C’est à juste titre que son arrestation et son transfert  dans le mouroir Alassaniste a jeté l’émoi dans ce peuple. Le choc est si grand que l’espoir d’un succès dans la bataille contre la représentation Française  installée depuis le 11 Avril 2011 par une pluie de bombes étrangères semble s’amenuiser. Le scepticisme gagne du terrain.

Alors que nous étions à épiloguer sur les conditions, les implications de l’extradition du camarade et l’incidence sur la lutte, le pouvoir d’Abidjan continue d’étendre son filet sans aucune forme de procédure pour nous ramener  tous à lui mani-militari  afin de nous imposer  la réconciliation pour le plaisir de ses mandants étrangers. Une réconciliation armée pour consolider le pouvoir issu de la démocratie des bombes. Ainsi, nul n’est épargné, à l’exception de quelques uns (suspectés de livrer les autres), tous se trouvons être dans leur viseur. C’est devenu un sauve-qui-peut, tous sommes dans une course folle aux cachettes afin de nous mettre à l’abri dans notre pays de refuge. Le scepticisme grossit.

La délivrance de la nation, nombreux n’y croient plus. Mettant en opposition les promesses divines et l’acuité de la souffrance du moment, ils commencent à mettre en doute la capacité de Dieu à nous délivrer de la mort qui couvre le pays depuis la matinée du lundi 11 avril 2011. Aujourd’hui plus que jamais, nombreux sont ceux qui rêvent à un strict minimum de compromis avec l’ogre d’Abidjan pour avoir la vie sauve. Ainsi, le mensonge aurait triomphé de la vérité, le mal du bien, les ténèbres de la lumière : C’est l’impasse, la délivrance semble devenir un rêve impossible. Les questions fusent :

Pourquoi des frères d’exil, partageant le même idéal peuvent-ils livrer d’autres?

Pourquoi Ouattara prospère-t-il tant dans la méchanceté? Que fait Dieu? Aurait-il oublié ses promesses? 

A la première question, sans être exhaustif, trois raisons m’effleurent l’esprit.

Primo, ceux qui livrent leurs frères pourraient intégrer un plan glorieux de Dieu pour leurs victimes. Les voies de Dieu étant insondables, par leur méchanceté ces frères pourraient être des instruments divins afin que Dieu démontre la plénitude de sa puissance dans la situation désespérée provoquée. La cupidité de Judas n’a-t-elle pas envoyé Jésus Christ à la croix pour la gloire éternelle? N’est-il pas vrai que par méchanceté des frères de Joseph l’ont conduit à la royauté?  C’est à juste titre que Christ pouvait dire: «Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales ; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive!». Que ceux qui ont des oreilles pour entendre, entendent ce que l’esprit de Dieu dit aux églises.

Secundo, pendant que nous tendons vers la fin du conflit, chaque ivoirien doit commencer véritablement à intégrer en lui, la dimension spirituelle de la lutte. En ce sens que les partenaires politiques peuvent être des adversaires dans le spirituel. Nous sommes dans une lutte entre deux forces. Celle du mal et celle du bien. Dans le spirituel, il n’est pas exclu que certains des nôtres en dépit de leur engagement soient sous domination spirituelle du pouvoir passager d’Abidjan. Aussi, agissent-ils sous influence de puissance maléfique et aucune raison humaine ne pourrait expliquer qu’ils livrent leurs frères. Nous arrivons au point de séparation distincte entre les deux forces afin que la victoire de Dieu soit sans ambigüité.

Tertio, la raison la plus répugnante, la quête de gloire personnelle dans une lutte pourtant divine où il est claire qu’à terme, Dieu ne partagera sa gloire avec personne. Nonobstant, ce contour divin de ce combat dont Dieu seul détient le chronogramme, nos ambitions politiques tendent à la transformer en une lutte hégémonique où les uns veulent écraser les autres. La concurrence semble si forte qu’on ne manque pas d’user de nos appuis sur cette terre étrangère pour nuire à nos propres frères. Heureusement que Dieu dans sa souveraineté permet tout cela  pour enrichir les témoignages à sa gloire au jour de la délivrance.

Dans tous ces cas, ayons l’assurance que Dieu lui-même suscite l’adversité pour se glorifier. Mais, si nous demeurons fermes, respectueux de sa parole et de ses interdits, la victoire reste nôtre. Cela est d’autant plus vrai que l’Eternel dit en Jérémie 1: 19 «Ils te feront la guerre, mais ils ne te vaincront pas; car je suis avec toi pour te délivrer…». Si nous nous retrouvons dans le filet de l’ennemi, ne récriminons pas vainement contre un frère supposé traître. Accordons-lui notre pardon, recherchons dans notre conduite le manquement aux ordonnances de Dieu et fléchissons genoux devant son trône par une repentance sincère et observons s’il lui est impossible de nous délivrer.   

A la seconde série de questions relatives à la prospérité de Ouattara dans le mal et la passivité apparente de Dieu, que puis-je dire d’autre?

Oui, Ouattara prospère dans le mal. Dans le sang de milliers d’innocentes personnes, il est parvenu au sommet de l’Etat. C’est encore dans le sang de cette innocente population qu’il tente de se la soumettre. En dépit de ses  crimes dont la puanteur ne laisse personne désormais indifférente, les chancres des droits de l’homme, la communauté internationale ne manque pas de l’encenser. Oui, le démon est angélisé tandis que ses victimes sont diabolisées. Comment cela aurait pu être autrement quant on sait Ouattara un simple agent de celle-ci en mission en Côte d’Ivoire. Oui, le tableau est effectivement sombre. Ouattara vole de victoire en victoire dans l’orgueil et l’arrogance face à des adversaires de plus en plus affaiblis. Le cœur endurci dans le mal, Ouattara marche impitoyablement sur nous. Alors que nos forces déclinent face à l’ennemi plus féroce que jamais, les uns murmurent contre Dieu pour son incapacité à tenir parole et d’autres conscients d’être au terme de toute leur possibilité gardent les yeux rivés sur Dieu par foi ou par résignation. C’est donc l’impasse. On commence à ne plus y croire. Notre attachement à Dieu et à ses promesses de délivrance auraient-ils été vains?

Oh !!! Que non. Peuple ivoire, ton Dieu est au contrôle. Ce qu’il dit, s’accomplit toujours. Ce qu’il a dit sur la Côte d’Ivoire est en accomplissement et celui-ci tend vers son terme. De Ouattara, la bible dit en Daniel 8 (23-25) : «… il s’élèvera un roi impudent et artificieux. Sa puissance s’accroîtra, mais non par sa propre force ; il fera d’incroyables ravages, il réussira dans ses entreprises, il détruira les puissants et le peuple des saints. A cause de sa prospérité et du succès de ses ruses, il aura de l’arrogance dans le cœur, il fera périr beaucoup d’hommes qui vivaient paisiblement, et il s’élèvera contre le chef des chefs ; mais il sera brisé, sans l’effort d’aucune main». Au quotidien, Ouattara fait la démonstration de la véracité de cette parole. L’exercice de son pouvoir est résumé en ces quelques versets. Tranquillise-toi, car la parole de Dieu s’accomplit toujours totalement et parfaitement. Il sera brisé sans l’aide d’aucune main à la gloire de l’Eternel des armées.

L’impasse dans laquelle tu es, est annonciatrice de ta libération, ton miracle.  L’orgueil, l’arrogance, l’endurcissement du cœur, les succès apparents de l’ennemi  et notre faiblesse sont à la gloire de Dieu. De l’impasse au miracle divin, il n’y a qu’un seul petit pas. Les enfants d’Israël nous en donnent le meilleur témoignage. Le plus grand miracle de leur vie, la division de la mer rouge en deux pour les y laisser passer pour ensuite engloutir  l’armée de Pharaon, a été précédé d’une impasse suscitée et entretenue par l’Eternel lui-même selon qu’il a dit à Moïse en Exode 14 (1-4): «Parle aux enfants d’Israël; qu’ils se détournent, et qu’ils campent…en face de ce lieu…près de la mer. Pharaon dira des enfants d’Israël: Ils sont égarés dans le pays; le désert les enferme. J’endurcirai le cœur de Pharaon, et il les poursuivra; mais Pharaon et toute son armée serviront à faire éclater ma gloire, et les Egyptiens sauront que je suis l’Eternel…». La suite est connue. Pendant que le désespoir était à son comble chez les élus de Dieu devant la mer rouge alors que l’ennemi semblait avoir le dessus, la gloire de Dieu s’est manifestée.  Israël a été délivré et l’armée de Pharaon engloutie.  

Il s’agit du même Dieu. Celui pour qui, il n’y a pas d’impossibilité. Côte d’Ivoire, ton histoire est prophétique. Bientôt, tes pleurs seront transformés en sanglots de joie. Il suffit d’y croire. Accroche-toi à la vérité qui guide ta lutte. Dieu n’abandonne jamais les justes. Que le temps n’est point raison de ta soif de vérité sur les résultats des élections présidentielles de novembre 2010. Convaincu qu’aucune armée étrangère ne peut vider le contentieux électoral de ton pays sinon que le recomptage des voix, sois patient et persévérant dans ta quête de vérité et tu verras la majesté divine s’exprimée.

Aux politiques encore en quête de compromis guidés par leur intelligence, il me plait de rappeler modestement encore que tout compromis en dehors de la vérité électorale sera une compromission. Dieu est conscient de notre faiblesse. Il a tendu sa main pour nous aider à sortir victorieux de cette injustice à nous faite par la communauté internationale et ses sbires. Ne la raccourcissons pas par nos jeux d’intelligence. Restons accrochés à notre quête de vérité des urnes et observons la démonstration de sa puissance. Il n’y a aucun lien entre le jour et la nuit, entre les ténèbres et la lumière, entre la justice et l’injustice. Il ne doit y avoir aucun. Soyons forts, dignes dans l’épreuve. Acceptons de subir le courroux du diable aujourd’hui en toute intégrité afin qu’au jour de la vengeance de l’Eternel, qu’il n’ait aucune confusion entre le diable et nous. Surtout que ce jour n’est plus loin.  

 

Que Dieu nous bénisse !


Le 30 janvier 2013

Le Ministre Charles Rodel Dosso

samedi, 16 février 2013

MAMADOU KOULIBALY: CONNIVENCES ET CONSTRUCTION D'UN ETAT CRIMINEL ET IRRESPONSABLE

 

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«J’entends dire que l’argent ne circule pas ! Sachez cependant que l’argent travaille.»

Alassane Dramane Ouattara (président de la république de Côte d’Ivoire)

 

«On accusait autrefois les hommes politiques de ne songer qu'à "se remplir les poches". Aujourd'hui, on ne leur reproche plus guère que de vider les nôtres.»

André Frossard (journaliste, essayiste et académicien français)

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Le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire, qui a du mal à s’enclencher efficacement, tend à situer les responsabilités des différents acteurs de la crise ivoirienne. La responsabilité politique repose, entre autres, sur une certaine liberté dans l’exercice du pouvoir. Sans liberté, pas de responsabilité, même dans le crime. Le crime au sens large du concept est la transgression des lois justes, quelle qu’en soit la gravité: de l’évasion fiscale au génocide, en passant par les meurtres prémédités, le stationnement interdit et le vol à main armée. Sans aucun jugement moral, cette définition analytique permet clairement de distinguer d’un côté les actes criminels et de l’autre les activités légitimes. L’activité criminelle n’est payante que tant que le risque d’être appréhendé et condamné est faible. Le crime prospère donc lorsque la police et la justice sont faibles et que l’impunité devient la norme.

La planification de la défaillance de lEtat

Pour ne pas faire trop d’histoire, retenons que le régime de Ouattara date officiellement d’avril 2011 lorsque, après avoir gagné les élections présidentielles de 2010, il lui a fallu faire une guerre pour accéder à un trône qui avait été confisqué par son adversaire.

Pour cette guerre, le président Ouattara s’est appuyé sur les Forces armées des forces nouvelles (Fafn) et a recruté des combattants de différentes tribus et ethnies du nord de la Côte d’Ivoire, qu’il a transformés, par le pouvoir d’une ordonnance illégale, en armée régulière ivoirienne dénommée Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), comme pour bien rappeler que ce sont les militants du Rassemblement des Républicains qui devenaient la nouvelle armée de notre pays. Le R des deux sigles ne semble pas se référer à la République, mais aux républicains du Rdr. Les Fafn venaient de prendre l’ascendant sur les Forces armées nationales (Fanci) et se substituaient automatiquement à elles. Les Frci, dont Ouattara est le chef suprême, ont une histoire que l’on peut faire remonter au putsch manqué de septembre 2002. Elles sont alors une mosaïque d’associations de fait : Mpci, Mpigo, Mjp. Ces forces sont celles qui ont participé, entre septembre et décembre 2002, à l’étranglement du marché du cacao dans les zones de production de Vavoua, Danané et Daloa, permettant ainsi à certains négociants, qui leur avaient payé des sommes colossales, de s’enrichir tout en leur livrant armes sophistiquées et munitions en grandes quantités. Ces bandes armées vont ainsi devenir les forces d’occupation rebelles de la moitié nord du pays. Plus tard, les responsables de ces groupes nous expliqueront que les armes se sont imposées à eux, pensant ainsi attirer de la compassion à leur endroit. Nous ne reviendrons pas sur les détails de ces origines, mais une description détaillée de cette naissance peut être lue dans l’enquête menée par le journaliste Guy-André Kieffer, disparu curieusement quelques temps après.

Cette occupation du Septentrion sera le début d’activités criminelles intenses, qui durent jusqu’à aujourd’hui : L’exploitation des zones occupées et le pillage systématique des ressources de leur sol et sous-sol, agrémentés par des meurtres et des casses de banques, et en particulier ceux des agences locales de la Bceao, qui ont fait perdre à cette institution financière internationale plus de cinquante huit (58) milliards de francs cfa, que l’Etat de Côte d’Ivoire a eu l’obligation de rembourser par la suite, sans qu’aucun coupable n’ait été arrêté ni inquiété. L’expropriation des propriétaires fonciers traditionnels, l’exploitation et l’occupation illégales de terres agricoles pour la culture de drogues sont devenues coutumières. L’un des prototypes de ce type d’activités criminelles organisées reste M. Ouédraogo Rémi, ancien combattant des Forces nouvelles, qui bénéficie aujourd’hui encore de la protection et de la bénédiction du régime Ouattara qui, à la recherche de camps d’entrainement, n’ose pas déloger ce bandit de grand chemin, pilleur des forêts classées de l’ouest du pays, alors que tous les journaux ont décrit dans le détail les activités de "Ouremi" dans le Mont Peko. Des guerres de leadership sont aussi le propre des rebellions et sont responsables de la disparition de certains chefs de guerre tels que Sam Boukary alias Mosquitto, Zaga Zaga, Adams, Kass, IB et autres, tous victimes de la loi du crime organisé dans les zones Cno, comme à la belle époque décrite dans le roman «Le Parrain» de Mario Puzo et superbement mise en scène à Hollywood par Francis Ford Coppola avec Marlon Brando dans le rôle de Don Corleone.

Dans ces zones, pendant les dix années du règne des Fafn, les modalités de gouvernement ont été celles de tout système de crime organisé.

Ils ont fait disparaitre l’Etat et l’ont remplacé par une administration militaire dirigée par les commandants de zones dits com-zones ;

Ils ont supprimé les caisses de l’Etat et les ont remplacées par une agence unique dite «la centrale», qui collecte les impôts, douanes et autres rapines et butins de guerre pour le compte des com-zones et autres chefs des Fafn ;

Ils ont instauré l’autorité des Fafn et proscrit définitivement celle des préfets, sous-préfets et autres administrations civiles, représentants de la République ;

Ils ont organisé une branche politique et une branche armée avec une répartition des tâches : la première partageait le pouvoir dans les zones hors Cno tandis que la seconde participait aux activités du centre de commandement intégré. Ceci a permis aux Fafn d’être à la fois les seuls maîtres dans les zones Cno et de partager la maîtrise du terrain et le pouvoir dans le reste du pays.

Ils géraient ainsi de façon collégiale le pouvoir d’Etat, avec l’appui de différents accords de paix (Marcoussis, Pretoria, Ouagadougou) et la complicité des refondateurs au pouvoir, qui avaient appelé à la soupe les autres partis signataires de l’accord de Marcoussis, accepté et célébré par tous. Les milices de toutes sortes se sont mises en place et ont profité d’activités criminelles sur l’ensemble du pays, qui s’est retrouvé gouverné non pas par un parti ou par un homme, mais par un collège de managers que l’on appelait à l’époque "la bande des quatre grands" : Ouattara, Bédié, Soro, Gbagbo. Ces quatre personnalités avaient tous rang de présidents d’institution de la République et  jouissaient des privilèges liés. Ces quatre ont mis en place un système de gestion piloté par le Cadre Permanent de Concertation (Cpc) et ont accepté tous ensemble de mettre en berne la constitution et l’Etat de droit pour rechercher, disaient-ils, la paix. Selon leur plan de travail, le droit ne pouvait permettre d’arriver à la paix, il fallait en sortir, trouver la paix, pour ensuite revenir avec cette paix dans l’Etat de droit. Les bases criminelles de l’Etat étaient ainsi posées. Le refondateur s’est prostitué avec la rébellion pour garder ce qui lui semblait être l’essentiel: le pouvoir.

La justice, dans les zones Cno, était militaire. L’administration militaire et l’Etat sont devenus malfaiteurs. C’est sur cette administration et ces forces qu’Alassane Ouattara s’est appuyé. Cette force dont il avait le contrôle n’était pas officiellement au pouvoir à Abidjan, mais avait le pouvoir. Notons d’ailleurs que le président de la République de l’époque a toujours fait scrupuleusement ce que les Forces nouvelles voulaient, alors que lui-même n’est jamais arrivé à leur faire accepter quoique ce soit de significatif. Laurent Gbagbo était au pouvoir à Abidjan, mais ce sont les Fafn qui avaient le pouvoir dans les zones Cno, malgré les multiples accords de paix. En dix ans, il n’a obtenu ni unicité de caisse, ni contrôle de l’intégralité du pays, ni restauration de l’intégrité du territoire, ni redéploiement de l’administration dans les zones Cno, ni désarmement des forces combattantes, rien qui relève de la souveraineté de l’Etat. Dans les zones hors Cno, Laurent Gbagbo était certes au pouvoir, mais c’est Ouattara qui avait le pouvoir.

2002-2010 : Gbagbo sur le trône, Ouattara aux commandes

Pour comprendre ce qui s’est alors passé il faut d’abord saisir l’essence du pouvoir. Une personne A a du pouvoir par rapport à une personne B, si A est en mesure d’inciter ou d’empêcher B d’accomplir ou pas une action donnée. Dans cette acception du pouvoir, l’on reconnait que A et B ne sont pas des robots, mais ont des volontés actives et que l’obéissance ne se fait pas sous une emprise magique. L’on admet aussi qu’à travers cette volonté, B est libre de désobéir mais qu’en pareil cas, A peut lui infliger des sanctions dont la crainte oblige B à obtempérer.

Si l’on transpose cette analyse de base à la politique ivoirienne durant la dernière décennie, on constate que Laurent Gbagbo était certes au pouvoir de 2002 à 2010 mais que, d’évidence, c’est Alassane Dramane Ouattara qui détenait le pouvoir. Pourtant, la gouvernance de la Côte d’Ivoire durant cette période est communément attribuée à Gbagbo, qui croyait d’ailleurs lui-même en être le détenteur. Il ne détenait en fait que le fauteuil présidentiel, alors que Ouattara gouvernait effectivement avec l’appui des Fafn dans les zones Cno. Laurent Gbagbo avait l’illusion du pouvoir, Ouattara en avait la réalité. Gbagbo était satisfait d’être au pouvoir et Ouattara lui faisait faire tout ce qu’il voulait et l’empêchait de faire tout ce qu’il ne voulait pas. Gbagbo se contentait d’être au pouvoir, de signer des accords avec les mandants de Ouattara et de les exécuter selon la volonté de Ouattara, à la seule condition que lui reste au pouvoir. Or être au pouvoir et avoir le pouvoir sont deux choses différentes. Etre au pouvoir ne veut pas dire automatiquement avoir le pouvoir. Gbagbo l’aura appris à ses dépens. Ouattara, lui, s’est contenté, depuis la signature de l’accord de Marcoussis, d’avoir le pouvoir sans être dans le fauteuil présidentiel. Un bref survol des évènements de la période suffit à convaincre que cette réalité et de cette thèse.

La rébellion non matée était une victoire de Ouattara sur la république de Gbagbo.

Les accords de Marcoussis, scandaleux arrangements présentés comme un «médicament amer» à essayer, étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

Les accords de Pretoria, qui ont conduit Gbagbo à modifier ou rejeter toutes les lois votées par l’Assemblée nationale conformément à la constitution ivoirienne, instaurant entre autre l’actuelle Cei (Commission Electorale Indépendante), étaient une expression du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

L’accord politique de Ouagadougou, dans ses quatre versions (I, II, III et IV) était aussi une expression de l’ascendance du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

Proclamer que nous irons aux élections sans désarmement et tout mettre en œuvre pour qu’il en soit ainsi, en violation complète des lois et règlements de notre pays, était une victoire du pouvoir de Ouattara sur le président Gbagbo.

Le déroulement des élections et le cafouillage de la proclamation des résultats étaient l’expression du pouvoir qu’avait Ouattara, l’opposant d’alors, sur le président Gbagbo qui était au pouvoir et à la tête du groupe informel qu’on appelait à l’époque la majorité présidentielle (Lmp).

Le déroulement de la crise postélectorale montrera aussi cette différence entre Gbagbo, qui était au palais présidentiel, avait prêté serment devant le Conseil constitutionnel et croyait donc qu’il avait le pouvoir et Ouattara, qui était au Golf hôtel, avait prêté serment par lettre et n’était pas reconnu par le Conseil constitutionnel, tout en ayant le pouvoir de fermer les banques, les ports, l’aéroport, les administrations, d’ériger une armée, d’affecter des ambassadeurs extraordinaires et plénipotentiaires acceptés par le monde entier.

De 2002 à 2010, Gbagbo était de fait au pouvoir, mais il faut retenir que sur la même période, c’est Ouattara qui avait le pouvoir. Tout bilan de cette décennie devrait tenir compte de cette situation et savoir que le pouvoir était partagé par les signataires des accords de Marcoussis. Ils ont exercé le pouvoir ensemble. Les refondateurs ont accepté la perversion de leur pouvoir par les rebelles. Ils en ont profité. Il serait trop facile, à l’heure du bilan, de dire que Gbagbo était seul au pouvoir, donc il doit en assumer seul le bilan. Il y a celui qui était au pouvoir et celui qui l’exerçait.

La rebfondation a ainsi préparé la criminalisation de l’Etat, qui est aujourd’hui pleinement exercée par le président Ouattara. Cette criminalisation a été le socle de la déconstruction de l’Etat de droit, minutieusement planifiée, à dessein ou pas, par la rebfondation. Il était donc facile pour Ouattara d’y installer les Frci et d’étendre, cette fois à l’ensemble du pays, les pratiques de gouvernance qui avaient cours pendants dix ans dans les zones Cno. L’Etat malfaiteur est dorénavant devenu la norme et le repère. Cette fois, Ouattara est au pouvoir et a le pouvoir. Il installe le système des com-zones partout sur le territoire. Il nomme des anciens chefs de guerre préfets de région, il instaure des com-secteurs, nouvelle catégorie jusqu’à présent inconnue dans l’armée et dans l’administration du territoire en Côte d’Ivoire. Il redéploye, jusqu’aux petites contrées, la milice de son parti, qui tient lieu d’autorité civile et militaire en même temps.

Ce sont les représentants locaux des Frci qui ont le pouvoir local, qu’ils exercent en s’appuyant sur les structures locales du Rdr. Ils sont à la fois juges, sous-préfets, maires, chefs de canton et de village. L’armée a le pouvoir local par délégation du chef supérieur des armées, Alassane Dramane Ouattara. L’Etat-criminel est dominé par une milice ethnique et sa branche politique, le Rdr. Ses équipes se spécialisent dans l’exploitation des ressources minières nationales pour leur propre compte. Ils animent des réseaux intouchables de crime organisé dans les forêts classées et les terres rurales, desquelles ils chassent les propriétaires coutumiers traditionnels. Ils passent des marchés de plusieurs milliards au nom de l’Etat, sans aucun respect des procédures d’appel d’offre telles qu’instituées par le code des marchés publics. Ils gèrent un Etat formel avec des procédures informelles. Ils privatisent pour leur clan et les chefs des milices des pans entiers de l’activité économique de l’Etat. Ils profitent de la protection que leur apportent les Nations Unies pour s’adonner à des activités criminelles, sans que les bailleurs de fonds, piégés, ne puissent protester ouvertement, eux qui croyaient que Ouattara aurait été un président moderne. La communauté internationale découvre plutôt un Etat-trafiquant en tous genres, qui met les institutions au service du crime organisé, en dehors des lois de la République. Elle découvre un Etat qui multiplie les milices ethniques en remplacement des anciennes. Elle découvre un Etat qui criminalise les pratiques de pouvoir.

On voit donc que la déconstruction des institutions de l’Etat ivoirien, minutieusement planifiée par un groupe d’hommes assoiffés de pouvoir, est le socle de toute la souffrance des populations qui croupissent dans une pauvreté toujours plus profonde et dans une oppression dont le niveau est devenu intolérable. Dans ce contexte, il est important de dénoncer massivement ce système, en commençant par en prendre l’entière conscience, et en luttant, chacun à notre niveau. Aussi infime que soit l’action de chacun, il est important que, individuellement et collectivement, la classe politique, la société civile, les ménages et les entreprises, nous fassions notre part d’effort sur nous-mêmes, dans la vérité et la responsabilité, pour espérer sortir de ce chaos, insoutenable malgré tous les slogans qui nous rabâchent le contraire. Il est important de refuser catégoriquement toute velléité d’amnistie, qui permettrait à la classe politique bourreau des populations depuis trop longtemps, de s’exonérer encore une fois de ses responsabilités criminelles. Nous devons refuser que s’installe plus longtemps dans notre pays une classe de citoyens à irresponsabilité illimitée. Il y va de notre survie, de l’avenir de la paix, de la liberté, de la démocratie et de la prospérité.

 

Mamadou KOULIBALY

Président de LIDER


Source: LIDER-CI.ORG

jeudi, 14 février 2013

REGIME OUATTARA: LA MISSION CONFIEE A TIA KONE

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Préparer les esprits à une révision imminente de la constitution. De source bien informée, c’est la mission que les tenants du régime Ouattara ont assignée à Tia Koné.


Qui mieux que l’ancien président de la Cour suprême pouvait faire la promotion d’un tel projet, lui dont le nom évoque la cabale politico-judiciaire qui a été menée des années durant contre Alassane Ouattara?

Ces tracasseries, c’est connu, se sont intensifiées après le fameux arrêt rendu par Tia Koné le 6 octobre 2000 à la faveur de l’élection présidentielle, arrêt fondé essentiellement sur la constitution votée au sortir de la transition militaire, dirigée alors par le général Robert Guéi.

C’est donc tout naturellement qu’une certaine opinion le tient pour responsable de la longue tragédie identitaire qu’a connue le pays depuis le rejet de la candidature d’Alassane Ouattara à la présidentielle de 2000. Qui mieux donc que Tia Koné peut aujourd’hui préparer les esprits à un toilettage de cette loi fondamentale jugée confligène?

Aussi, selon nos sources, l’ex-président de la Cour suprême a-t-il été approché à l’effet de défricher le terrain. Sa mission consiste à faire admettre, avec force arguments, l’idée d’une nécessaire révision de la constitution et cela conformément au vœu émis par le candidat Alassane Ouattara pendant la campagne électorale.

A l’occasion de cette campagne, Ouattara avait en effet pris l’engagement d’expurger la loi fondamentale des passages perçus comme confligènes. Le projet pourrait être mis à exécution très bientôt. Et c’est pour sonder l’opinion que Tia Koné a lancé ce ballon d’essai, histoire de donner le signal devant alerter sur une imminente révision de la constitution. Il s’agissait donc moins pour l’éminent homme de loi de faire amende honorable, encore de faire un appel du pied au régime Ouattara en vue d’en tirer des dividendes politiques, que faire passer ce message caché.

L’ancien président de la Cour suprême, avance-t-on, trouve anachroniques et non conformes aux aspirations profondes des Ivoiriens, bien des dispositions de cette constitution. « Si on veut sauver ce pays et rentrer dans la vision d’Houphouët Boigny, il faut modifier cette loi », confiait-il en privé, avant sa sortie publique. Lors de sa récente sortie publique à Gbangbegouiné dans le département de Biankouma, il s’est appesanti sur le caractère « absurde », « inique » et « perfide » (tous ces superlatifs sont de lui) de cette loi, en montrant toute l’aberration de l’article 35 notamment. Article qui, selon lui, « comporte en son sein les germes d’une pernicieuse opposition des populations susceptibles de ruiner l’équilibre et l’harmonie nationale… ». Et comme pour exorciser le mal, il préconise un toilettage de la constitution pour en expurger les sources d’une future déflagration contre laquelle il prévient. Mettant les pieds dans les plats, il annonce : « Un comité de réflexion et de réforme constitutionnelle doit donc pouvoir être mis en place pour l’entame de l’importante tâche de recherche d’entente globale entre tous les citoyens (…) Dans cette perspective, la loi à intervenir devra éviter de maintenir la confusion malheureuse faite par l’ancienne entre la qualité pour agir, qui est par essence innée, de la capacité pour agir qui, elle est acquise… ».

Comité de réflexion et de réforme constitutionnelle, le mot est lâché ! A la vérité, tout ce discours amphigourique sur l’arrêt du 6 octobre 2000 n’avait pour finalité que de jeter ce pavé dans la marre. Et l’homme commis à cette tâche délicate devait être Tia Koné, magistrat chevronné dont la voix fait encore autorité dans le monde judiciaire en Côte d’Ivoire. Il est vrai, avant lui, un autre juriste, non moins illustre, le Pr. Francis Wodié, actuel président du Conseil constitutionnel, avait déjà tâté le terrain en préconisant une révision constitutionnelle. En recourant à Tia Koné pour enfoncer le clou, le régime Ouattara croit certainement avoir trouvé l’homme qu’il faut pour faire tomber la résistance d’une frange de la population à ce projet pour le moins salutaire.

 

Assane Niada, in le quotidien ivoirien "L'Inter".


Source: IVORIAN.NET

COTE D'IVOIRE - L'HONNEUR PERDU DE TIA KONE


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Soucieux de complaire à Alassane Ouattara, dont il a contrarié les rêves d’éligibilité en octobre 2000, l’ancien président de la Cour suprême Tia Koné vient de se livrer à un exercice insensé mêlant regrets, auto-justification, flagornerie et insultes au droit et au bon sens. Choquant!

Réécriture à marche forcée de l’Histoire récente de la Côte d’Ivoire. Assurément, la dernière sortie publique de l’ancien président de la Cour suprême, le magistrat Tia Koné, fera couler de l’encre et de la salive. Profitant de l’installation du sous-préfet de Gbagbégouiné, dans le département de Biankouma, samedi dernier, l’homme qui a invalidé la candidature d’Alassane Ouattara en 2000, est allé à Canossa – ou est tombé sur son chemin de Damas. Evoquant l’arrêt N° E0001-2000 de la Chambre constitutionnelle de la Cour suprême, qu’il présidait à l’époque, il a affirmé:

«(…) J’ai décidé de revenir, en effet, sur cet arrêt, dans le souci de lever tous les malentendus que ladite décision n’a pas manqué, en son temps et même encore aujourd’hui, de susciter dans le pays. Et pour cela, il importe de se placer dans le contexte de la crise économique rampante de l’époque dont les solutions idoines tardaient à venir de l’intérieur au point que tous les espoirs étaient tendus vers l’extérieur d’où, pouvait nous parvenir, un fils prodigue plein de science et de connaissance pour abréger nos souffrances. Il n’était point question dans cette pathétique entente de rejeter ipso facto de nos rangs un fils du pays, un ancien Directeur général adjoint du Fmi, pouvant de toute évidence, être cet artisan du regain de notre dignité et de notre grandeur nationale en perdition. (…) J’affirme qu’il n’a jamais été dit dans l’arrêt du 6 octobre 2000 que M. Alassane Ouattara n’est pas Ivoirien. Cet arrêt à notre grand regret, a causé un tort au concerné, à sa famille et à bien des Ivoiriens. Je m’excuse devant la nation entière. Aujourd’hui, la preuve est faite que le Président de la République est un Ivoirien qui a un profond amour pour sa patrie et qui engage en ce moment même notre pays sur de nombreux chantiers de développement en vue de faire de la Côte d’Ivoire, une nation de Paix et de prospérité (…) A l’époque, de l’arrêt précité, nous avons été sans surprise confronté à une véritable incongruité textuelle dans l’application de l’article 35 de la constitution en y découvrant des éléments d’une malheureuse stratification sociale fondée sur une illusion aux allures démagogiques. En effet, lit-on dans ce texte au demeurant fondamental : ‘‘… le candidat à l’élection présidentielle doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d’origine… On relève très rapidement que ce concept est tout à la fois absurde et inique».

Un incroyable mélange des genres

Les propos de Tia Koné sont scandaleux et indignes de son rang et des fonctions qu’il a occupées en Côte d’Ivoire. Par ailleurs, ils témoignent d’une incroyable confusion des genres entre ce qui relève de l’émotionnel, du point de vue politique et du droit positif. Quand il dit que la crise économique des années 1990 exigeait que la Côte d’Ivoire ait un président venu du FMI donc de l’extérieur pour «la sauver», il achève de se ridiculiser, dans sa recherche forcenée d’offrir à l’actuel chef de l’Etat un bel atalaku censé lui faire oublier les coups de canif du passé. S’il suffisait qu’un pays aille chercher un fonctionnaire international pour sortir de la crise économique, plus aucun pays du monde ne serait en crise, puisqu’au FMI il y a des représentants de toutes les nationalités. Les pays africains qui s’en sortent bien au point de vue économique sont-ils dirigés par des «diaspos» issus des institutions de Bretton Woods? Absurdité! Honte!

Tia Koné mélange à dessein amour de la Côte d’Ivoire, un concept subjectif, et nationalité ivoirienne.Même s’il est établi qu’Alassane Ouattara, dont les ambitions politiques extra-constitutionnelles ont valu à la Côte d’Ivoire coups d’Etat, tentatives de coups d’Etat, rébellions, guerres et massacres… aime ce pays et le conduit vers la félicité éternelle, cela ne signifie pas qu’il est par voie de conséquence de nationalité ivoirienne. Le Code de la nationalité n’établit pas de lien automatique et sans démarche juridique préalable entre l’amour d’un pays et la nationalité!

Quand Ouattara «suicide» les juristes ivoiriens les plus éminents

Tia Koné, sans doute mandaté pour préparer les esprits à une modification constitutionnelle, s’en prend vivement à l’article 35 de la Loi fondamentale, qui contient en son sein un concept «absurde et inique».Parce qu’il instaure une «stratification» des Ivoiriens. Juriste cultivé, il sait qu’il existe dans tous les pays des critères d’éligibilité qui excluent une partie plus ou moins large de la population. Cela équivaut-il à une «stratification» ? Au Burkina Faso, par exemple, «tout candidat aux fonctions de Président du Faso doit être Burkinabè de naissance et né de parents eux-mêmes Burkinabè». Cela correspond-il à une odieuse stratification qui met dans l’embarras tout juge constitutionnel qui se respecte?

Plus sérieusement, quel crédit peut-on accorder au juge Tia Koné qui, faisant le constat de l’inapplicabilité d’un texte constitutionnel approuvé par référendum à 86% de «oui», ne tire pas les conséquences de son analyse en démissionnant, mais choisit de lire avec gourmandise un arrêt resté célèbre, dont on se souvient qu’il allait jusqu’à noter avec perfidie l’endroit où le père d’Alassane Ouattara a été enterré?

Comment peut-on comprendre qu’à l’âge où les personnalités d’un certain rang, en Occident, écrivent leurs mémoires pour défendre leur place dans l’Histoire, les nôtres, sous nos tropiques, continuent dans la complaisance et la révérence envers les puissants dans l’attente désespérée de sordides rentes de situation ? Les juristes les plus éminents de Côte d’Ivoire n’en finissent pas d’avaler leur langue et leur dignité depuis ce fameux 11 avril 2011.

 

Philippe Brou, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du 13 février 2013.


SourceCONNECTION IVOIRIENNE.NET

mardi, 12 février 2013

A QUELQUES JOURS DE L’AUDIENCE DE CONFIRMATION DE CHARGES A LA CPI: LES HOMMES D’IB FONT DE GRAVES REVELATIONS

 

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A quelques jours de l’audience de confirmation de charges de la Cpi contre le président Laurent Gbagbo, il nous apparait opportun et judicieux de sortir du mutisme dans lequel nous nous étions volontairement enfermés depuis un peu plus de deux années, afin de livrer à l’opinion nationale et internationale notre part de vérité, en notre qualité d’acteurs et témoins de cette crise ivoirienne depuis sa genèse jusqu’à ce jour.

De prime abord, nous voudrions marquer notre total accord avec ceux-là qui déclarent que la crise ivoirienne, telle qu’elle apparait aujourd’hui, est la conséquence naturelle de cette vague de violences, pourtant, introduite en Côte d’Ivoire par le Rdr. Les choses s’enchaînèrent et dès décembre 1999  avec le coup d’Etat qui renversa M. Henri Konan Bédié. Nous sommes largement instruis sur les commanditaires de ce putsch lorsque nous jetons un regard sur la liste des meneurs qui n’étaient autres que le sergent chef Ibrahim Coulibaly (Ib), Diarassouba alias Zaga Zaga, Diomandé «La grenade», Touré Pelican Hervé dit Vetcho, Chérif Ousmane , Koné Zakaria, Kambou Sansan, Boka Yapi, Adama Coulibaly, Issiaka Wattara dit Wattao, etc…

Pour ce coup-là, on a vite fait de se féliciter de ce qu’il fut fait sans effusion de sang. Mais quel Ivoirien ne se souvient–il pas des graves violations des droits humains enregistrées dans les jours et mois suivant ce coup de force? Est-il encore besoin de rappeler aux Ivoiriens les dérives et affres causées par le fameux PC-Crise? Le sang des Ivoiriens coulait déjà à cette période à profusion. Pouvait-il en être autrement avec ces chefs de guerre-là que nous connaissons désormais mieux?  Bref! Souvenons-nous que traqués et brimés par le pouvoir Guéi, ces chefs du PC-Crise et de la toute aussi fameuse Cosa-Nostra se retrouvèrent au Burkina faso dans le courant de l’année 2000. Sans leur donner le temps de revenir de leurs émotions, Monsieur leur mentor leur ordonna de se remettre assez rapidement au travail pour la déstabilisation  des institutions de la Côte d’Ivoire, car selon ce dernier, le temps pressait. Voilà pourquoi après moins de 4 mois d’entrainement, la Côte d’Ivoire connu une autre page sombre de son histoire à travers le coup de la Mercédès blanche.

Arrêtons-nous un peu et faisons un tout petit exercice pour savoir combien d’Ivoiriens ont sauvagement trouvé la mort lors de cette tentative de déstabilisation? Que sont devenus les enfants du commandant de brigade de Kong tué et dépossédé de sa Mercédès blanche? Que sont devenus les enfants, épouses et parents de ces jeunes gendarmes en service à la Rti, qui cette nuit de Janvier 2001 sont tombés sous les balles assassines des protégés du commanditaire? Pourrait-on objectivement parler de justice et de lutte contre l’impunité en gardant le silence sur ces faits?

Qu’à cela ne tienne, en cette nuit de janvier 2001, les troupes du mentor échouent et reculent. Le sergent chef Ibrahim Coulibaly, commandant des opérations, explique cet échec à celui-ci, par la survenue d’une défaillance du système de communication qui aurait suscité un massacre de la population civile, s’il s’entêtait à mener l’action jusqu’au bout; ce qui ne manqua de mettre le mentor dans une colère noire. On lui déclara à l’occasion que la préservation de la vie des civils n’importait en rien. Le sergent Chef Ib et ses hommes devaient se remettre au travail pour une ultime action qui ne saurait s’accommoder d’un quelconque échec. Survient alors l’inoubliable 19 septembre 2002.

Pour s’octroyer plus de chances de réussir ce coup, le couple Ouattara imposa au Sergent Chef Ib, l’implication et la collaboration de Modibo Adama dit Mobio Mobio et Régis Manon, tous deux membres de leur garde privée. La consigne était claire et sans ambigüité: éliminer sans état d’armes tous se qui seraient susceptibles de pouvoir empêcher la réalisation de ce complot. Les résultats sont aujourd’hui connus; gendarmes policiers, militaires et fonctionnaires soupçonnés à tort ou à raison d’être favorables à Gbagbo sont exécutés à bout portant ou égorgés sur les places publiques. Des centaines et des centaines de jeunes ivoiriens sont devenus orphelins. Des jeunes filles violées ou éventrées se ruaient vers le Sud réclamant justice et abri au Président Gbagbo. La Côte d’Ivoire était déstabilisée et il n’y avait que ça qui comptait aux yeux du commanditaire qui contrôlait désormais, via l’ex-rébellion, la moitié du pays.

Après une lecture objective de la situation socio–politique que vivait dès lors la Côte d’Ivoire, une résistance nationale s’organisa en Abidjan et dérangea profondément les plans du clan Ouattara. Entre temps survint au sein de la rébellion ivoirienne une profonde dissension entre Soro Guillaume et le Sergent Chef Ib. Des centaines et des centaines de soldats, fidèles au dernier cité, sont exécutés. Encore d’autres orphelins parmi les Ivoiriens. Nous ne comptons pas les tueries quotidiennes que l’on déplorait dans la zone CNO pendant ces huit années d’occupation et intéressons nous enfin à la crise postélectorale.

M. Ouattara n’envisageait nullement une défaite. De leur côté, les forces nouvelle devaient intervenir après le résultat des élections. Les commanditaires décidèrent de faire appel à tous. Ainsi donc, Koné Zakaria qui était en rupture de banc avec ses amis des forces nouvelles est rappelé et remis en selle. Sollicité par son mentor de tous les temps, le Sergent Chef Ib lui, décida de faire une démonstration de force et une manœuvre de séduction à l’endroit du couple Ouattara en s’installant à Abobo, au plus fort de la crise militaire ivoirienne.

Ainsi la majorité des combattants fidèles à Ib s’installèrent à Abobo, lorsqu’un groupe de 63 personnes dont nous-mêmes, fut détaché à la maison du PDCI à Cocody. Nous devions constituer un poste avancé et mater la FESCI qu’on nous avait décrite comme une milice pro-Gbagbo. Nos cibles étaient donc les résidents de la Cité Rouge, du Campus 2000 et ceux de la Cité Mermoz. Nos hommes dotés de pouvoirs mystiques qui les rendaient invulnérables aux armes à feu et autres armes blanches semèrent paniques et désolations chaque jour dans les rangs des étudiants. Et ce, depuis le début du mois de Janvier 2010.

Ainsi des jeunes filles étaient-elles violées pendant que les étudiants étaient mortellement agressés jours après jours. Pour ce travail, nos hommes étaient régulièrement pris en charge par le maire d’Abobo. C’est bien l’affluence des plaintes à l’encontre des méfaits de nos hommes qui a motivé la descente musclée mais légitime et justifiée des FDS au siége du PDCI, ce matin du 4 Janvier 2011.

Ce jour-là, l’un des notre, Diakité Karim, alias Krimo, fut tué après un long affrontement contre les forces régulières de l’ordre. Grâce au RHDP, notre séjour carcéral fut très court. Une fois libres, nous regagnons alors notre base à Abobo. Là, nous apprenons que les consignes restaient les mêmes. Le président Ouattara nous avait assigné la mission de débarrasser Abidjan de tous ceux qui étaient susceptibles d’être des pro- Gbagbo, par tous les moyens. Combien n’ont-ils pas été des victimes innocentes sur la base de leur appartenance ethnique ou politique? Comment se fait-il qu’aucun charnier n’ait été découvert à Abobo, alors que les cadavres jonchaient les rues par dizaines un peu partout dans cette commune? Où alors l’ONUCI qui se chargeait du ramassage des corps avec la Croix Rouge  a-t-il emporté les cadavres d’Abobo? Certainement loin de là pour en faire porter le chapeau au Président Gbagbo. Pourrais-je un jour oublier le regard effrayé mais digne du Capitaine Kassy de la Gendarmerie nationale et de ses hommes du CECOS avant leur exécution?

Face à de telles exactions, Laurent Gbagbo se devait-il de croiser les bras et regarder sa population se faire massacrer? Ne devait-il pas protéger les Ivoiriens? Pour notre part, nous croyons que dans cette crise, il y avait un agresseur et un agressé. Nous nous sentons offusqués de constater que l’agressé se retrouve en prison à la CPI, pendant que l’agresseur est sanctifié par la «communauté internationale». Est-il besoin de décrire aux Ivoiriens ce qui se serait produit comme massacre d’être humains si M. Gbagbo n’avait pas empêché cette prétendue marche sur la RTI pour l’installation de M. Brou Aka Pascal?

Je révèlerai seulement que nos hommes infiltrés parmi les manifestants avaient pour consigne d’éliminer le maximum d’éléments des ex-FDS en se servant des marcheurs comme bouclier humain. De ce qui précède, nous voudrions dire haut et fort que M. Laurent Gbagbo n’est pas et n’a jamais été le bourreau des Ivoiriens. Nous voulons qu’il nous soit permis de déclarer que le seul et unique bourreau du peuple ivoirien est le régime actuel. Le jour où ce régime commandita l’assassinat de notre mentor et chef Ibrahim Coulibaly, ses hommes crurent avoir effacé toute trace de liaison entre IB et M. Ouattara en confisquant les deux téléphones portables qu’ils trouvèrent sur lui. Mais qu’ils se renseignent bien auprès de tous ceux qui ont fréquenté l’homme, ils sauront alors que Ib avait toujours trois téléphones portables. Que le régime sache que nous détenons ce troisième téléphone ainsi que l’agenda de notre mentor. Toute chose qui permettra de démontrer, aux yeux de tous, la connivence entre les deux hommes. Pour ce qui nous concerne, nous prenons l’engagement de témoigner partout avec force détails et éléments de preuves en notre disposition, pour que Ouattara et Soro se retrouvent là où ils ont aujourd’hui mis injustement le Président Gbagbo et ses proches.


Le Collectif des ex-membres de la branche politique de l’Unir (proche du Sergent-Chef IB) en exil.


Source: Le quotidien "Le Temps" N° 2824 du 11 février 2013.

samedi, 09 février 2013

DEPISTAGE PRECOCE DE L'INSUFFISANCE RENALE ET SES FACTEURS DE RISQUE

 

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 Ody Armel Ory, Président de l'ONG Espoir de vie

 

L'ONG ESPOIR DE VIE est une organisation bénévole qui s'occupe de la prévention de l'insuffisance rénale et participe au soutien social des personnes vivant avec la maladie en Côte d'Ivoire.

L'insuffisance rénale est une maladie non transmissible à diverses causes et qui n'a pas de symptômes à ses débuts.

Les symptômes n'apparaissent qu'à un stade très avancé de la maladie(à partir du stade sévère jusqu'au stade terminal).

L'insuffisance rénale n'a pas de barrière géographique ou de tranche d'âge. Elle touche toutes les classes sociales et toutes les tranches d'âge. Elle constitue aujourd'hui un véritable problème de santé publique; car nous avons en moyenne par an près de 250 nouveaux cas d'insuffisance rénale chronique.

Elle constitue une charge économique et psychologique, non seulement pour le malade mais aussi pour sa famille et la communauté.

La prévention par le dépistage précoce est l'élément le plus important de la phase de lutte contre la maladie. Car dépistée précocement, l'insuffisance rénale peut être traitée jusqu'à sa disparition totale.

Alors vous qui êtes en entreprise, en communauté, dans les églises, dans les quartiers, dans les villages, etc... nous nous mettons à votre disposition pour des séances de dépistage précoce de l'insuffisance rénale et aussi du dépistage du diabète,de l'hypertension artérielle et de l'obésité,qui sont les facteurs de risque premiers de la maladie.

Le dépistage en lui même consiste en détection de protéine et de sucre dans les urines, à la lecture de la glycémie capillaire, à la prise de tension artérielle, à la prise de taille et de poids,pour le calcul de l'indice de masse corporelle et de la mesure du tour de taille,pour la détermination de l'obésité abdominale.

Comprendre est essentiel pour préserver sa santé.

 

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GRANDE CAMPAGNE DE SENSIBILISATION ET DE DEPISTAGE DE L’INSUFFISANCE RENALE, DU DIABETE, DE L’HYPERTENSION ARTERIELLE ET DES MALADIES NON TRANSMISSIBLES

 

SAVEZ-VOUS QUE :

L’hypertension artérielle,  le diabète,  la drépanocytose,  le VIH,  les infections urinaires à répétition,  la sinusite,  l’angine,  la carie dentaire,  les furoncles,  les médicaments de la rue,  l’automédication,  etc…

PEUVENT CONDUIRE A UNE INSUFFISANCE RENALE ?

Dépistée précocement, l’insuffisance rénale peut être maîtrisée, ainsi que le diabète et l’hypertension artérielle.

Il est beaucoup plus avantageux de se faire dépister maintenant que de se voir confronté à des contraintes physiques et financières dues à l’une de ces maladies.

I - CONFERENCE SUR L’INSUFFISANCE RENALE ET SES FACTEURS DE RISQUE

II – DEPISTAGE PROPEMENT DIT :

- Détection de protéine et de sucre dans les urines à l’aide de bandelettes urinaires

- Prise de tension artérielle

- Prise de poids et taille pour le calcul de l’indice de masse corporelle

- Conseils et recommandations 

Les maladies non transmissibles prennent de l’ampleur dans notre pays. Elles ont été causes de mortalité à hauteur de 57% entre 2010 et 2011, au point d’en déduire qu’elles constituent un problème de santé publique.                                                                       

L’évolution de l’épidémiologie de ces maladies ne peut que nous inquiéter : le nombre de malades ne cesse d’augmenter, et même de façon spectaculaire.

Dans un contexte de rareté de ressources par rapport aux besoins croissants de la prise en charge thérapeutique, il est plus qu’impératif aujourd’hui d’intensifier les actions de prévention, pour des avantages considérables en terme de qualité de vie et aussi de diminution globale des coûts qu’elles induiront de façon systématique .                   

Grace donc à un dépistage précoce, 10% de ces maladies non transmissibles pourraient être évitées et 30% retardées de nombreuses années.                                                      

Il est possible maintenant de retarder l’évolution de ces maladies, ce qui préviendra l’apparition des complications : il y a donc urgence à généraliser.

L’ampleur des maladies non transmissibles n’est pas véritablement perceptible parce que les cas découverts jusqu’à ce jour ne sont que les signes visibles d’une atteinte beaucoup plus répandue car il y a des milliers de personne qui en meurent sans diagnostic préalable : cela est du au manque d’informations et d’éducation.

Les acquis en termes d’infrastructures de prise en charge thérapeutique dans notre pays n’arrivent pas à couvrir les besoins de la population malade.

Les maladies non transmissibles sont des maladies, liées aux comportements et au mode de vie. Il n’y a pas de médicament qui les guérit.

Plus qu’impérative aujourd’hui, la prévention est incontestablement la phase la plus importante, c’est le seul moyen d’éviter tous les coûts humains, sociaux et économiques.

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NB : Les maladies non transmissibles tuent plus que le VIH-SIDA

  

« COMPRENDRE EST ESSENTIEL POUR PRESERVER SA SANTE ! »

AWA EHOURA RETROUVE UNE SECONDE VIE ET IL FAUT CONTINUER A LA SECOURIR

 

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Awa Ehoura et Fernand Dindé, à son domicile, le 29 décembre 2012, à la remise des dons de fin d'année (en compagnie d'un donateur de Suisse venu la rencontrer).

  

Chers lecteurs, Chères donatrices, Chers donateurs, Chers frères et sœurs,

 

Comme dû, je viens vous faire un point relatif aux dons à la sœur AWA EHOURA (aucun montant ne vous sera communiqué sur cette page publique, pour des raisons évidentes. Les montants ne sont communiqués qu'aux donateurs et en privé), ainsi que celui des engagements pris pour ses soins, ses enfants et ses besoins domestiques.

Avant toutes choses, j’aimerais vous présenter mes vœux sincères de SALUT, de SANTE, de PAIX véritable et de SUCCES dans toutes vos entreprises. Pour tous vos dons merveilleux et pour toute la bonté que vous avez manifestée à l’égard de notre sœur bien-aimée, je prie avec force que le SEIGNEUR DIEU éternel vous le rende au centuple et fasse briller sur vous et vos familles la lumière de Sa face, de sorte que rien ne vous manque dans vos maisons respectives et pour votre bonheur. Qu’Il vous accorde la PLEINE MESURE de Sa grâce en cette nouvelle année 2013 !!!

 

Point des dons de l’année 2012 jusqu’à novembre, avant la relance de l’opération de secours à AWA

 

L’opération de 2012 a été menée avec 23 donateurs annoncés, dont 15 effectifs et 8 désistés.

 

-Janvier : Dons remis le mercredi 15 Février 2012.

Après ce premier don, AWA ayant eu ses comptes dégelés par le gouvernement entre temps, avait souhaité, pour rester honnête avec les Ivoiriens, se débrouiller avec le peu qu’elle avait désormais. Nous avons donc convenu de n’intervenir dorénavant qu’à sa demande pour faire face à des besoins précis. Mais nous nous sommes aussi rendu compte, dans le laps de temps, qu’elle avait du mal à assurer son quotidien et même l’achat de certains médicaments, ainsi que la régularité de ses suivis médicaux. Les cotisations ont donc repris mensuellement, mais avec assez de difficultés, comme vous pourrez le constater, plus bas.

-Mars : Dons remis le mardi 1er Mai 2012.

-Mai : Remis le mardi 15 Mai.

Cette dernière collecte de dons a été exclusivement destinée à son entrée en urgence à la PISAM. Elle était à nouveau en phase de crise aiguë. Il fallait rapidement payer les 20% de contribution nécessaires à la prise en charge de l’assurance-santé de la RTI qui lui avait été concédée par la nouvelle direction, AWA n’étant plus salariée pour cotiser mensuellement. Entrée donc à la PISAM (Polyclinique Sainte Anne-Marie de Cocody, à Abidjan, Chambre 345), le mercredi 16 Mai 2012. Sortie de la PISAM, le jeudi 14 Juin 2012).

-Juin : Remis le vendredi 6 Juillet 2012.

-Juillet : Remis le jeudi 22 Novembre 2012.

NB : L’écart constaté entre les mois en gras et les dates de remise effective des dons à AWA, c’est le temps qu’il a fallu pour relancer les donateurs et recevoir effectivement leurs dons. Je vous avoue que ce n’était pas toujours une sinécure. Toutefois, je salue l’endurance de tous les donateurs 2012 ; surtout ceux qui ont fait le chemin avec nous jusqu’en fin 2012 et qui continuent l’aventure en 2013 ; ils sont au nombre de 4. Je les respecte beaucoup. Je les salue ici, bien bas et très chaleureusement. Nous avons grandement peiné ensemble mais ils ont tenu la route. Que DIEU vous bénisse !

 

Point des dons de novembre et décembre 2012

 

Pour en venir maintenant aux dons à la sœur pour ces derniers mois, je peux vous garantir que les donateurs que vous êtes, avez été franchement généreux (en espèces sonnantes et trébuchantes comme en nature). De sorte que la sœur a complètement retrouvé la JOIE DE VIVRE. Pour les deux mois de NOVEMBRE et DECEMBRE 2012, nous avons enregistré 65 donateurs spontanés et groupes de donateurs (contre 23 engagés l’année dernière, dont 15 effectifs et 8 désistés). 29 se sont directement rendus chez AWA, à domicile, et 36 sont passés pour leurs dons par la coordination de l’opération (Dindé Fernand, Ahogny Raphaël et Konan Isidore).

27 autres donateurs ponctuels qui s’étaient signalés pour novembre et décembre 2012 n’ont pu me faire parvenir leurs dons, et ne les ont pas non plus envoyés directement à AWA, après le croisement des deux listes (Coordination et AWA). J’espère que ce n’est pas un désistement mais juste quelques difficultés financières, et que je vais pouvoir les recevoir (ou elle) pour les points des mois suivants.

Points des engagements pour l’année 2013

Volet médicaments et soins médicaux divers: 26 engagements.

Au titre des complications neurologiques, une hémorragie a été diagnostiquée dans les yeux d’AWA, au mois de janvier dernier, après que ses lunettes pharmaceutiques aient été changées en raison de ses troubles prononcés de la vue et après le constat qu’elle continue à voir toujours aussi mal malgré ses nouveaux verres. Des analyses plus appronfondies doivent être faites pour rémédier à cet état de fait si handicapant pour la soeur. Les donateurs de ce volet lui seront donc d’une aide plus que précieuse par leur fidélité.

Prise en charge des enfants: 2 engagements.

Volet domestique: 22 engagements.

Double engagement: 5 donateurs (dont deux nouveaux) parmi ces 47 sont à la fois donateurs pour les médicaments et soins médicaux divers et donateurs pour le volet domestique ou pour la prise en charge des enfants.

Chers frères et amis,

La phase des engagements semble bouclée (même si nous espérons davantage de donateurs pour mettre notre sœur momentanément à l’abri du besoin ; à tout le moins, pour l’année 2013). Mais nous lançons un dernier appel aux dons spontanés et surtout aux donateurs permanents qui constituent le fer de lance de cette opération de secours à notre sœur AWA.

Nous relevons, en outre, à ce stade de l’opération, que de nombreuses personnes et quelques groupes de personnes nous ont contactés pour des dons ponctuels, sur le Net ou au téléphone, d’autres pour des promesses de dons sur la durée, et n’ont plus du tout fait signe de vie. Qu’est-il advenu entre temps ? Des problèmes personnels, des soucis de famille, de la démotivation ? Des craintes (sait-on jamais) ? Nous n’en savons rien. Nous nous contentons d’espérer qu’elles finissent par se joindre à nous pour cette belle aventure d’amour.

Passées les réactions sentimentales du premier instant,  les émotions des premières heures, la solidarité spontanée, le plus dur commence pour chacun de nous : tenir la parole donnée et rendre effectifs nos engagements. Gageons que nous tiendrons ce pari jusqu’à terme : c'est-à-dire Fin 2013. Soit dit en passant, les dons de JANVIER lui ont été remis, ce jeudi 7 février 2013, à domicile, par nos soins (NB: Elle a regagné le domicile conjugal; nous en rendons grâce à DIEU). Courage à tous et bon vent à l’opération de secours à notre sœur AWA EHOURA !

 

Que DIEU vous bénisse tous richement ! Je vous souhaite, à nouveau, à tous une bonne et heureuse année 2013, une excellente santé et une pleine grâce de la part de DIEU SUR TOUS LES PLANS, pour que notre engagement pour notre bien-aimée AWA soit total et effectif, et que les donateurs permanents puissent poursuivre ce difficile mais passionnant chemin jusqu’à la fin de l’année 2013.

Pour tout don, si vous n’êtes pas encore inscrit comme donateur, appeler les numéros : (225) 07 04 71 11, (225) 05 46 02 84 ou (225) 08 08 01 11.

Pour la France et l’Europe : +33 6 34 93 00 81 (ou 0033 6 34 93 00 81).

Ou tout simplement nous écrire : dindefernand2@yahoo.fr

 

Bien à tous !

 

DINDE Fernand AGBO

jeudi, 07 février 2013

UNE REVUE ITALIENNE LE RECONNAIT: GBAGBO EST UN PHENOMENE SOCIOLOGIQUE

 

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La revue italienne «RESET» du 30 janvier 2013 révèle: Laurent Gbagbo et le droit à la «différence»

 

Depuis Novembre 2011 Laurent Gbagbo, l’ancien président de la Côte d’Ivoire, a été détenu à la Cour pénale internationale à La Haye, accusé d’être un « co-auteur indirect » de crimes graves contre l’humanité pendant la crise post-électorale dans son pays. Mais beaucoup de gens se demandent pourquoi et doutent de la légitimité de ces accusations. Pour beaucoup, c’est son adversaire politique des élections présidentielles de 2010, Alassane Ouattara, qui devrait être à sa place en détention à La Haye, avec Guillaume Soro, l’actuel président de l’Assemblée nationale, qui a dirigé la rébellion de 2002 qui a divisé le pays en deux.

 
Pourquoi n’y a-t-il pas de procès pour les crimes graves commis par les rebelles qui ont attaqué la Côte d’Ivoire en 2002 dans les régions centre, Nord et Ouest (connu sous le nom CNO), qui sont restés sous leur contrôle jusqu’au 17 Mars 2011, lorsque Ouattara les a renommer Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI)? Un mouvement de résistance d’envergure internationale est alors né pour réclamer la vérité et la justice dans cette histoire bizarre.

Alassane Ouattara a été déclaré vainqueur des élections du 2 décembre 2010 par Youssouf Bakayoko, le président de la Commission Electorale Indépendante (CEI). Selon la Constitution ivoirienne, cette commission est autorisée à déclarer uniquement les résultats provisoires.

La victoire de M. Ouattara a été annoncée dans une chambre à l’Hôtel du Golf – le siège de la campagne électorale de M. Ouattara – en l’absence, et donc sans l’approbation du Conseil constitutionnel, qui est responsable, conformément à la Constitution ivoirienne, pour déclarer les résultats définitifs du scrutin.

Le président de la CEI, M. Bakayoko, était seul, sans la présence de ses collègues de la commission quand il a fait l’annonce de la prétendue victoire de Ouattara à l’Hôtel du Golf. Pendant ce temps, les représentants de la commission l’attendaient au siège de la CEI où ils devaient parvenir à un consensus sur les résultats provisoires.

Ainsi, les résultats provisoires, non approuvées par tous les membres de la CEI et sans la présence des représentants des candidats respectifs, ont été déclaré comme les résultats définitifs du scrutin.

C’est encore un mystère de savoir qui a gagné les élections du 28 Novembre 2010 entre le président sortant, Laurent Gbagbo, un historien, socialiste et le père fondateur du système de multipartisme en Côte d’Ivoire et Alassane Ouattara, qui a été Premier ministre sous le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny de 1990-1993 et ​​qui a fait une carrière dans la diplomatie internationale à la Banque centrale des Etats de l’Afrique (BECEAO) et au Fonds monétaire international.

Thabo Mbeki, ancien Président d’Afrique du Sud, qui a joué un rôle important en tant que médiateur, dès le début de la crise en 2004, en visitant la Côte d’Ivoire du 5 au 7 Décembre 2010, a conclu dans son rapport de mission que les élections ne pouvaient pas être considérées comme valides. Dans « What the World Got Wrong on Côte d’Ivoire », il rappelle comment l’ambassadeur des Etats-Unis à Abidjan, Wanda L. Nesbitt, avait déjà mis en garde son gouvernement en 2009, que sans remplir certaines exigences de base – une réunification territoriale et financière du pays, le retour de l’administration nationale au nord, et en particulier le désarmement total de la rébellion, les Forces nouvelles, implantées dans le nord du pays depuis 2002 – des élections démocratiques ne pouvaient pas être organisées.

Ce désarmement (la seule demande faite aux rebelles pro-Ouattara, les forces Forces nouvelles et répétées dans huit accords de paix depuis 2003, n’a jamais été respecté) encore aujourd’hui pas atteint, est à la base du climat d’insécurité que le pays vit actuellement. [1]

Face aux menaces contre la légalité républicaine avec le comportement anticonstitutionnel de la CEI (qui a également été approuvé par le Représentant spécial des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, Choi Young-Jin, bien que cela ne relevait pas de son mandat) et la violence inouïe exercée dans le nord sur les pro-Gbagbo pendant les élections, la coalition Gbagbo, La Majorité Présidentielle a déposé une demande à l’annulation du vote auprès Conseil Constitutionnel. Les observateurs électoraux dans de nombreux départements contrôlées par les rebelles ont signalé des menaces de mort, assassinats, intimidations, violences physiques, les enlèvements de personnel et d’agressions contre des militants et des représentants de la coalition « La Majorité Présidentielle ». Le Conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo comme le vainqueur du second tour de scrutin le 2 Décembre.

Coalition de M. Ouattara, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) n’a pas présenté de recours pour irrégularités de procédure après le deuxième tour.

Dans la Constitution ivoirienne, il est précisé que les résultats des élections doivent être annulées si le résultat est sujette à débat. Toutefois, dans le cas de l’élection du 28 Novembre 2010, la Conseil Constitutionnel a annulé le vote frauduleux et a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur en pleins sondages contradictoires et pendant les flambées de violence.

En conséquence, les critiques de l’UE et des organisations internationales par rapport au rôle du Conseil Constitutionnel sont devenues trompeuses si l’on considère les actions anticonstitutionnelles menées par la CEI et la menace sur la sécurité alimentée par la rébellion.

Comment ce sont passées ces élections? Il était évident qu’organiser des élections en présence d’une rébellion armée dans le nord du pays qui a soutenu M. Ouattara comme candidat n’était pas un exercice électoral prometteur, comme l’a souligné Arsène Touh dans « Côte d’Ivoire, Leçons du 11 avril 2011« , où il analyse les 10 dernières années de choix politiques faits par le Front Populaire Ivoirien (FPI). Touho croit que, après avoir accepté de tenir des élections, en dépit du refus de la rébellion de désarmer, était l’une des principales erreurs de Gbagbo [3], car il a ainsi rendu vulnérables ses représentants dans les bureaux de vote dans les régions CNO sous contrôle rebelle.

Le rapport final de la mission d’observation de l’Union dit que les observateurs de l’Union Européennes n’ont couverts que 4,7% des bureaux de vote, soit 943 bureaux sur les 20,073 ouverts au plan national – et que, globalement, les élections ont été correctement effectué, sauf « quelques problèmes dans les régions sous le contrôle du président sortant, Laurent Gbagbo. « Il dit aussi que » sur le déroulement des élections, la téléviseur ivoirien a donné la parole à des missions d’observations africaines inconnues»[4]. Violations seulement dans des zones sous le contrôle de Gbagbo? Missions d’observation inconnus? Pourtant, les missions de l’Union africaine (UA), la Coordination des Observateurs de la Mission Internationale de la Société Civile Africaine (COMISCA), l’Observatoire de la société civile africaine pour la démocratie et l’assistance électorale l’(OSCADAE), la Coordination des experts électoraux Africains (CEEA), le Cadre des émissaires pour la Promotion des élections Crédibles en Afrique (CEPECA), la mission de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Mission du Comité de l ‘ interparlementaire UEMOA ne sont pas totalement «inconnues».

Plus de la moitié de ces organisations ont dénoncé les graves circonstances dans lesquelles les élections ont eu lieu dans le nord du pays sous contrôle rebelle.

Le rapport fait mention de 16 observateurs de l’UE qui ont dû être évacués pour des raisons de sécurité, un nombre important sachant qu’il y avait 120 observateurs au total. Mais le rapport fait une grave erreur en disant que les évacuations ont eu lieu dans les zones sous le contrôle du président sortant, Laurent Gbagbo.

Ce fait est en contradiction avec un article paru dans France Soir qui a publié les factures de la compagnie aérienne engagé pour transporter les observateurs européens dans un endroit plus sécurisé, dans lequel les zones d’évacuation sont définis: Man et Khorogo, deux villes sous contrôle des rebelles depuis 2002. Frédéric Lafont, propriétaire de la compagnie aérienne, rappelle que ses propres pilotes ont eu peur lors de l’évacuation des observateurs. [5]

L’Union africaine, qui a vu deux de ses observateurs enlevés et libérés avec l’aide de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) écrit: «La mission a découvert avec regret des actes de violence avec une perte grave de la vie, de violations d’intégrité physique, d’enlèvements, intimidations, enlèvements et la tentative de destruction du matériel électoral. De nombreux éléments qui devraient être une préoccupation pour les organes compétents afin de déterminer l’impact global sur le résultat des élections. « CEPECA dit dans son rapport préliminaire que« la crédibilité du scrutin dans la région des Savanes, plus précisément à Korhogo est fortement discrédité. « Le rapport de la mission CEEA dit que dans les régions sous contrôle des rebelles – Korhogo, Bouaké, Séguéla, Toriya et Garaoua – les élections ont été« entaché de graves irrégularités, telles que bulletins volés, les enlèvements de représentants des candidats respectifs, le vote multiple, obstacle à la nécessaire présence d’observateurs internationaux dans certains bureaux de vote lors du dépouillement des votes et la perte de vies humaines. « Dans un communiqué de presse daté du 2 Décembre 2010 la CEDEAO dit que« les incidents qui ont empêché les citoyens d’exprimer leur vote, en particulier dans les certaines régions du nord, doivent être condamnés et punis conformément à la loi ». [6] Le témoignage de Youssouf Fofana, président de La Voix du Nord, qui représente une coalition de M. Gbagbo dans la région de Séguéla, révèle des scènes de violence sans précédent dans lesquels les Forces nouvelles et les représentants de la coalition Ouattara (RHDP) empêchent les représentants de Gbagbo à rester dans les bureaux de vote. Ces derniers ont été chassés, certains, enlevés ou menacés de mort: un véritable Far West électoral. Aujourd’hui Fofana est en exil [7]. Le rapport du général de brigade Kouakouche Nicolas parle de 217 représentants de la coalition de Gbagbo qui ont été expulsés des bureaux de vote et l’ont rejoint pour leur sécurité. [8] Le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a révélé qu’il y avait 200.000 réfugiés dans les pays voisins et un million de personnes déplacées internes (PDI) au début de la crise électorale.

Pourtant, dans les brèves mises à jour des agences de presse à travers le monde, nous ne lisons qu’une seule histoire: Gbagbo a perdu les élections en Novembre 2010 et il tente de s’accrocher au pouvoir. Mais Laurent Gbagbo a demandé qu’un simple recomptage des voix par une mission d’enquête internationale soit effectué, une option qui a été rejetée par l’ONU en faveur d’une intervention militaire. Alain Dogou, ancien ministre de la Défense dans le dernier gouvernement de Gbagbo, demande aujourd’hui quels autres organes institutionnels devrait suivre Gbagbo en dehors du serment qu’il a prêté devant le Conseil constitutionnel en 2000. Contrairement à Gbagbo qui a prêté serment conformément à la constitution ivoirienne, Ouattara, le 4 Décembre 2010, a prêté serment en envoyant une lettre au Conseil constitutionnel. Ce qui a suivi, ce sont quatre mois de crise qui ont vu deux présidents et deux gouvernements pendant lesquels l’ONU et l’Union européenne, en violation de leurs mandats d’impartialité politique, ont décidé de soutenir Ouattara.

Entre Décembre 2010 et Mars 2011, l’ONU, l’UE, la France et les États-Unis a mené une politique d’asphyxie financière et diplomatique contre le gouvernement Gbagbo – qui comprenait un embargo sur les fournitures de médicaments, de cacao, de mandats internationaux, le gel des fonds privés et de biens et la fermeture des succursales locales de banques françaises et américaines – suivi en Avril 2011 par ce que le politologue Michel Galy a appelé le coup d’État français-ONU.

En Mars 2011, l’Union africaine était toujours en train de tenter de trouver une issue pacifique à la crise, lorsque les Forces Nouvelles sont descendues du nord et ont envahi la capitale économique, Abidjan, mais elles sont restées sans action en Avril, quand les Français ont commencé à bombarder le palais présidentiel et d’autres sites stratégique, en contournant, selon certains, un mandat inscrit dans la Résolution 1975 de l’ONU qui limite l’intervention militaire à la protection des civils.

Le fait que l’UA n’a pas réussi à imposer sa vision qui a émergé du panel de cinq chefs d’Etat nommés à la fin de Janvier 2011 lors de la 16e sommet de l’UA, montre la fragilité et la marginalisation de cette institution dans le domaine de politique internationale.

Les experts du panel ont commencé à mener leurs enquêtes et certains ont commencé à remettre en question la victoire de Ouattara au second tour. Mais les membres de l’UA auraient été malléable face aux promesses d’annulation de la dette ou d’autres avantages dans des accords bilatéraux en coulisses.

La deuxième réunion du groupe de haut niveau qui aurait joué un rôle crucial dans la résolution de la crise, a proposé la formation d’un gouvernement d’unité nationale et de nouvelles élections comme un moyen de sortir de la crise, et avaient exclu l’option militaire. Il a eu lieu en Mauritanie le 5 Mars et a commencé avec deux heures de retard parce que le président tanzanien a fait une escale à Paris. La dernière réunion, qui devait avoir lieu à Abidjan le même jour, a été reportée sine die, tandis que les deux avions présidentiels du Togo et le bateau et l’avion du Président de l’Afrique du Sud, présents sur le sol ivoirien, ont quitté la Côte d’Ivoire .

Gbagbo comme un phénomène sociologique

Qui est Laurent Gbagbo? En 2008, lorsque je travaillais sur un documentaire sur des dessinateurs africains en première ligne dans la défense de la liberté d’expression, Résistants du 9ème Art, j’ai aussi eu quelques images de la Côte d’Ivoire du magazine satirique Gbich!. Le rédacteur en chef adjoint Mendozza Y Caramba, m’a raconté une anecdote: un jour, il a reçu un appel téléphonique qui a annoncé l’arrivée du président. Mendozza, dont la bande dessinée a été très critique contre Gbagbo, «habits neufs du Président» se mit à rire, en pensant d’abord que c’était une blague. Au lieu de cela, Laurent Gbagbo est arrivé au bout de 10 minutes à son bureau, a salué leur travail, les a félicité, en dépit de leur satire mordante contre lui. J’ai été frappé. J’avais déjà rencontré une anecdote similaire sur un autre célèbre président africain, Nelson Mandela, que j’ai décidé d’utiliser dans le film. Mandela avait appelé Jonathan Zapiro, qui avait été un dessinateur à la pointe de la lutte anti-apartheid et lui a dit: « excellent travail, vous faites votre travail», même si Zapiro, au moment où le parti de Nelson Mandela, le Congrès national africain (ANC ), était au pouvoir, il l’a attaqué férocement avec ses dessins animés. Mais je n’ai pas oublié que Gbagbo avait eu le même esprit que Mandela.

Laurent Gbagbo a été né le 31 mai 1945 dans une famille modeste à Mama près de Gagnoa dans l’ouest de la Côte d’Ivoire. Son père, Paul Koudou Gbagbo avait participé à la Seconde Guerre mondiale comme sergent dans un bataillon commandé par un certain Laurent dont Gbagbo porte le nom. Il a été blessé et emprisonné par l’armée allemande. Plus tard, il est devenu un policier. En 1964, il a été accusé de l’un des ombreux faux complots pendant le régime dictatorial de Félix Houphouët-Boigny et emprisonnés. La mère de Laurent Gbagbo, en dépit de la perte du soutien de son mari, ne voulait pas que son fils abandonne ses études. Gbagbo se spécialise d’abord dans les classiques, puis dans l’histoire contemporaine. En tant qu’étudiant, il a lutté pour l’existence d’un syndicat étudiant qui n’est pas inféodé au parti unique, le Mouvement des Elèves et Etudiants de Côte d’Ivoire (MEECI). En 1969, il a été arrêté pour la première fois pendant 15 jours, avec 400 autres étudiants qui appelaient à la pluralité des voix au sein du syndicat étudiant.

Le droit à la différence – que ce soit dans le domaine de syndicats, de partis politiques, de modèles économiques ou de la presse – est à la base de la lutte non-violente développée par Gbagbo depuis 1969. Quand en 1980, Félix Houphouët-Boigny a autorisé le vote au sein du parti unique Gbagbo a protesté: avoir la liberté de voter que dans un parti unique était pour lui une «déclaration dangereuse parce qu’elle réprime le droit d’être différent, un droit essentiel pour l’évolution d’un pays ». Il est devenu un professeur d’histoire dans un lycée à Abidjan et il a de nouveau été arrêté pour son activisme politique de Mars 1971 to Janvier 1973.

Gbagbo a lutté contre le régime du parti unique de Félix Houphouët-Boigny pour un système de multipartismes sur plusieurs fronts: d’une part, en analysant les mécanismes du régime répressif à travers ses livres et par des débats publics, et d’autre part en travaillant clandestinement à mettre en place un parti d’opposition, le Front populaire ivoirien (FPI), parti qui a opté pour une transition non-violente à la démocratie. En 1980, il devient directeur de l’Institut d’histoire, d’art africain et d’archéologie de l’Université d’Abidjan. Accusé d’être l’instigateur d’un complot contre Houphouët-Boigny, « un espion libyen » et pire le « séparatiste militant du groupe ethnique Bété » Gbagbo en 1982, désireux de nier ces accusations, se protéger et de sensibiliser sur le dossier ivoirien il va en exil à Paris où il est resté jusqu’en 1988. Avant son exil, il avait déjà visité les trois quarts des villages de Côte d’Ivoire, mais le travail de «conscientisation» a poursuivi en exil, avec la création d’un réseau de structures du parti en Europe et la publication d’un programme politique, « Côte d’Ivoire, pour une alternative démocratique ». Pendant son exil, son épouse Simone Evihet, qui, selon Gbagbo lui-même a « , réalisé 60% de l’œuvre» et d’autres membres du FPI ont travaillé dans la clandestinité afin d’élargir la base du parti.

Quand Gbagbo est devenu président en 2000, il avait 30 ans de lutte non-violente derrière lui et avait été témoin de la réalisation en 1990 du premier point de son programme, un système multipartite.

L’année où il est arrivé au pouvoir, le courant de gauche du FPI a prévalu lors de leur congrès. Son gouvernement a institué immédiatement l’Assurance Maladie Universelle (AMU), l’assurance maladie universelle, une première en Afrique, critiquée par de nombreux ambassadeurs et des experts qui l’ont considéré trop coûteux pour un pays africain.

Il a introduit l’école gratuite et obligatoire pour tous, avec la possibilité d’accéder à des livres de texte. Il a initié une politique de décentralisation en donnant plus de pouvoir aux régions et a présenté une vision pour un développement régional ouest-africain.

Mais son gouvernement a duré moins de deux ans. En 2001, il y a eu le premier coup d’Etat connu sous le nom du coup d’Etat de « la Mercedes noire », suivi par le coup d’état du 19 Septembre 2002 qui a divisé le pays en deux.

Avec l’accord de Linas Marcoussis négocié par la France, Gbagbo a dû accepter que les rebelles, souvent illettrés, rejoingnent son gouvernement. La manifestation qui a suivi à Abidjan dans les jours qui ont suivi l’accord de paix de Marcoussis, souvent décrit comme un simple mouvement de jeunes patriotes, ressemblait plus à la protestation d’une nation entière, comme en témoignent des images prises par Sidiki Bakaba en Côte d’Ivoire et consignées dans un documentaire intitulé « La Victoire aux-nues »; deux millions de personnes sont descendues dans la rue pour exprimer leur indignation face à l’accord. Gbagbo est également considéré comme un phénomène sociologique car il représente la naissance d’un État-nation et une classe moyenne intellectuelle qui a comme point de référence Abidjan, et non Paris.

Décolonisation tardive de la France

Michel Galy, politologue, écrit dans « Guerre à l’Afrique?, « La France en retard d’une décolonisation » que deux ministres français de la coopération et du développement, Jean-Pierre Cot sous François Mitterrand en 1982 et 25 ans plus tard, Jean-Marie Bockel sous Nicolas Sarkozy en 2008, ont tous deux été licenciés parce qu’ils avaient osé prononcer de la Françafrique, l’ingérence ombragé de la France en Afrique francophone. Dans l’ère post-soviétique, la politique française envers l’Afrique est devenue « une politique d’endiguement de la volonté de l’Afrique de l’autonomie et de sa migration hors du continent africain ».

De 1954 à ce jour, il y a eu au moins 122 interventions militaires françaises en Afrique sub-saharienne.

« L’état symbolique» de la France qui a besoin de légitimer son hégémonie utilise les médias français, qui, depuis l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000 se comportent comme le bras droit du Quai d’Orsay, initiant une politique de désinformation et de diabolisation de Laurent Gbagbo et son gouvernement.

Pourtant, la Cour d’appel de Paris a condamné le journal Le Monde en 2006 pour diffamation, pour avoir publié que M. Gbagbo et son épouse, Simone Evihet, font utilisés les «escadrons de la mort. »

Auparavant, en 1986, l’hebdomadaire français Jeune Afrique a également été condamné deux fois par la Cour d’appel de Paris lorsque Laurent Gbagbo l’a poursuivi pour diffamation. Gbagbo a remportant les deux cas. Un jeune journaliste, franco-camerounaise, Theophile Kouamouo, a démissionné de Le Monde en 2002 parce qu’il ne pouvait pas accepter les modifications rédactionnelles malhonnêtes que le journal parisien a fait dans la conclusion de son article.

En 2004, le journaliste David Schneidermann analyse la presse française, qu’il accuse d’ethnocentrisme qui ressemble à la propagande de guerre et la tient coupable de détourner les lecteurs des faits: neuf soldats français ont été tués dans une frappe aérienne à Bouaké (un incident encore aujourd’hui investigué), mais la France, en représailles, détruit l’armée de l’air ivoirienne entière. En réaction, les Ivoiriens sont descendus dans les rues pour protester. Dans les jours qui ont suivi l’incident, l’armée française aurait ouvert le feu sur des manifestants désarmés, tuant 67 personnes et blessant plus de 2.000 ivoiriens, dont 500 ont subi des blessures permanentes.

En plus de la presse internationale, l’ONU a-t-elle aussi légitimé cette politique hégémonique? Deux exemples tirés de la crise post-électorale le montrent: le 27 Février 2011, le Secrétaire général Ban Ki-moon accuse la Biélorussie de violer l’embargo international qui empêche les ventes d’armes à la Côte d’Ivoire depuis 2004, indiquant que le Bélarus a fournir du matériels militaires au gouvernement de Laurent Gbagbo. Le lendemain, l’ONU a rectifié sa déclaration et le chef de maintien de la paix des Nations Unies, Alain Le Roy, a fait ses excuses à la Biélorussie, étant donné que l’accusation était sans fondement.

En Mars 2011, l’ONUCI a dû refuser une autre accusation grave qu’il avait affiché sur son site Web – L’ONUCI a allégué que des fosses communes avaient été trouvés et les a attribués à Gbagbo, en disant que l’ONU avait été interdit de visiter les zones. Toutefois, un député norvégien, Lars Riise, est allé à la Côte d’Ivoire et après avoir découvert qu’il pouvait facilement visiter les zones et ne trouvant aucune trace de fosses communes, a organisé une conférence de presse dans laquelle il a dénoncé les «faux massacres » et la « manipulation des médias de la part de l’ONUCI qu’il trouvé irresponsable. « Le film La Francia dans Nero (France Noir) par le cinéaste d’investigation, Silvestro Montanaro, diffusé sur la télévision italienne Rai, le 3 Septembre 2012, dénonce le rôle de l’ONU dans la crise post-électorale.

En expliquant la crise de 2002 en Côte d’Ivoire comme la conséquence d’un état en décomposition, de la corruption, des élites égocentriques, des travailleurs étrangers, ou des groupes ethniques et / ou religieux, on « semble oublier une question cruciale: est-ce que l’élite post-coloniale de la Côte d’Ivoire pouvait se permettre de rompre brutalement avec la France? La privatisation apportée par les programmes d’ajustement structurel dans les années 1980 ivoirien a renforcé la dépendance et fait accroitre l’influence du capital étranger dans les secteurs clés de l’économie.

« A l’aube du 21ème siècle, France Télécom a acquis 51% de Citelcom et Orange était le plus grand fournisseur de téléphonie mobile en Côte d’Ivoire, le Groupe Bolloré détient 67% des actions de Sitrail qui opère le chemin de fer entre Abidjan et Ouagadougou, et a une position de quasi-monopole dans le secteur des transports (Saga) et de tabac (SITAB). Air France détient 51% des actions d’Air Ivoire, Bouygues, à travers sa filiale Saur a acquis la concession de la compagnie d’électricité Ciprel et 25% de la Compagnie Ivoirienne d’Electricité et contrôle la compagnie nationale de l’eau, la Sodeci. Total et ELF ont 25% des actions de la SIR (Société ivoirienne de raffinage du pétrole), le secteur bancaire a été divisé entre la BNP, le Crédit Lyonnais et la Société Générale ».

Le gouvernement de Gbagbo, afin de ne pas suivre la voie de la privatisation qui avait conduit à une augmentation de 16% de la pauvreté de 1985 à 1988, a proposé la restructuration des entreprises publiques, au lieu de la privatisation comme un modèle pour un développement économique endogène.

Ahoua Don Mello, ancien Directeur Général de l’Office National d’Etudes et du Développement Technologique, explique comment ils ont pu sauver de nombreuses entreprises publiques et les ont rendu viables. Il explique également les difficultés rencontrées pour embrasser cette politique: par exemple dans le secteur de l’énergie, Bouygues avait stipulé un contrat en vertu duquel le gaz utilisé était acheté sur le marché international, plutôt que localement dans le pays. Ceci a causé l’augmentation du prix qui est passé de 8 à 45 Francs CFA le kilowatt en cinq ans. Le gouvernement de Gbagbo était en train de modifier cet aspect du contrat avec Bouygues quand les bombes ont commencé à tomber sur le pays. Aujourd’hui, sous Ouattara, le prix de l’électricité a augmenté pour le consommateur.

Gbagbo a décidé de commencer son histoire sur la Côte d’Ivoire dans sa thèse universitaire, « La Côte d’Ivoire, les économies et société à la veille de l’Indépendance en 1940« . Après la Seconde Guerre mondiale, le régime de Vichy a eu des répercussions dans le colonies, révélant le vrai visage de la colonisation. Cela a provoqué une rupture hégémonique qui a poussé les intellectuels à faire un pas en avant vers une forme d’indépendance, même si elle est incomplète. Mais Gbagbo a qualifié cette intelligentsia comme «pauvres», car elle ne traite pas de ce qu’il définit comme les questions cruciales du moment: le problème de la nation, l’Etat, l’impérialisme et la relation avec la puissance colonisatrice. Son «gouvernement des professeurs » a mis ces questions au cœur de leur agenda politique, bien que son gouvernement a été compromise. Par exemple, en Juillet 2008, un accord a été conclu avec la France qui a aboli sa présence militaire en Côte d’Ivoire: la base militaire du 43e Bataillon d’infanterie de marine (BIMA) a été intégré momentanément dans la force Licorne, et après la fin de la mission cette base militaire française partirait pour de bon, après des siècles de présence sur le sol ivoirien.

Des voix multiples

Bien qu’il est embarrassant de savoir vers quelles sources se tourner quand on est confronté à des preuves de la falsification de l’information, de la Côte d’Ivoire commence à raconter son histoire, déclinant des détails riches en événements pour reconstruire son histoire récente.

Les sources se multiplient, exposant les voix et des genres différents – des brochures, des récits historiques, des enquêtes, des témoignages, des romans, des journaux et des blogs, ainsi que des paroles de musique – qui soulignent la transformation d’un débat contradictoire dans une transformation plus profonde, une transformation de l’hégémonie culturelle.

Un court roman, « La Côte d’Ivoire, le pays déchiré de mon grand-père » de Sylvie Bocquet-N’Guessan est le point de vue d’un jeune étudiant d’origine ivoirienne vivant dans le nord de la France. Nous apprenons dans le roman que la RTI, la télévision nationale ivoirienne, a été censuré en France pendant la crise, mais les Ivoiriens de France et dans le reste du monde n’ont jamais été coupés de nouvelles fraîches de leur pays. Ils étaient en contact quotidien avec leurs parents et amis. Un écart évident entre ce qui a été dit à la radio, à la télévision et dans les journaux français et internationaux et ce que leur grand-père leur a dit via Skype. Cette dissonance a donné lieu dans un premier temps à l’indignation et à la naissance d’une variété de réponses qui est encore aujourd’hui en cours par le biais des blogs et des sites Web de « ivoirien, belge, canadien, du Camerounais, du Togolais, du Burkinabe et du Gabonais d’origines. » Dans l’histoire de la fille, sa mère se plaint qu’un musicien a été invité sur une chaîne de télévision française pour donner son avis sur le marché financier en Côte d’Ivoire. Elle réfléchit: «C’est comme si une télévision ivoirienne a invité le chanteur Johnny Halliday pour parler de la crise financière en France. Ne pensez-vous pas que le ministre du Budget serait plus approprié », la mère se lamente: « Ce qui est scandaleux, c’est que la France attaque. Vous voyez, nous payons des impôts pour tuer une partie de notre famille ».

Des « Contre-rapports » sont publiées qui discréditent les rapports officiels avec des faits et des explications. Par exemple, l’ONU a écrit dans son rapport d’enquête sur la crise post-électorale que la campagne de Gbagbo avait utilisé le slogan «Votez original 100% », qui auraient incité au meurtre de l’ethnie de M. Ouattara. Un contre-rapport par le ministre Alain Dogou explique cependant que le mot «original» dans le slogan se référait au programme politique de Gbagbo qui n’avait pas de fondements ethniques comme le faisait croire l’ONU. En fait, le même programme avait été copié par Ouattara pour sa campagne politique, d’où le « vote original» fait référence au «programme d’origine », c’est à dire celui de Gbagbo.

Dans la vision du film-portrait « Un homme une vision de Hanny Tchelley » Gbagbo dit « je t’aime Cicerone, mais depuis que je suis en politique, je préfère César, parce que César avait su l’importance d’une armée pour la construction d’un État-nation, mais aussi la nécessité de le soumettre au pouvoir civil. Nous n’avons pas fait de grands progrès sur le plan institutionnel, nous sommes encore dans l’antiquité. «

Avec le régime Ouattara (plus d’un millier de prisonniers politiques actuellement détenus pendant près de deux ans, la police et la gendarmerie sans armes, l’armée en déroute, le nettoyage ethnique dans l’ouest contre la population We, l’ancienne rébellion violente toujours pas désarmé, les réfugiés et des personnes déplacées d’urgence, le rétablissement de la base militaire française et de plusieurs ministres français au sein du gouvernement ivoirien, la privatisation effrénée, une presse persécutés et l’impossibilité d’organiser des manifestations) la Côte d’Ivoire est projeté en arrière de 50 ans dans la construction d’un Etat-nation.

L’Europe suivra-t-elle la politique de l’européanisation de l’armée française en Afrique? Est-ce que la multilatéralisation de sa politique étrangère profite au reste du monde? La crise ivoirienne met également en avant le besoin urgent de réformer le Conseil de sécurité, en augmentant le nombre de sièges permanents pour autres continents et en prévoyant une place pour l’Europe (en enlevant la France et l’Angleterre), afin de créer une arène de la gouvernance mondiale digne de recevoir le processus de démocratisation authentique.

 

Nicoletta Fagiolo, Janvier 2013.

 

Source: Le blog de Steve Beko

mercredi, 06 février 2013

DANS SES VOEUX POUR 2013 LA LIGES ALERTE SUR L'ETAT DES UNIVERSITES EN COTE D'IVOIRE

 

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La rédaction du CLIFCIS INFOS a reçu il y a quelques jours, une déclaration de vœux pour l’année 2013 de la Ligue Ivoirienne des Groupements Estudiantins et Scolaires, dite «LIGES». Après avoir effectué des vérifications et être entrés en contact avec la LIGES, nous avons décidé de publier leurs vœux 2013 à l’intention des étudiants et de la population ivoirienne. La LIGES est une organisation de type syndical qui vise à défendre les intérêts matériels et moraux des élèves et étudiants de Côte d'Ivoire indépendamment de leur opinion politique, philosophique  ou religieuse.

Voici leur déclaration de vœux :


«Notre victoire sera le fruit de notre persévérance!


Camarades étudiant(e)s,

Cette nouvelle année 2013 nous donne l'occasion de vous souhaiter une bonne et heureuse année et vous soumettre le contenu de la plateforme revendicative des élèveset étudiants de Côte D'Ivoire pour cette année scolaire que nous venons d'entamer.

Guidée par l'unique préoccupation de défendre vos intérêts matériels et moraux, votre structure, la LIGES ne comprend pas et elle s'étonne avec vous d'un certain nombre de mesures prises par nos autorités politiques. Celles-ci étant en totale contradiction avec la réalité sociale et économique de notre pays.En effet, comment comprendre que dans ce pays PPTE, miné par la misère, le chômage,la cherté de la vie et la baisse des prix des produits agricoles, le gouvernement puisse prendre sur lui la décision de faire augmenter les frais de scolarité au moment où les parents d'élèves tirent le diable par la queue ?En solidarité avec nos parents, la LIGES est totalement opposée à l’augmentation des frais de scolarité actuels et à venir au niveau de l'enseignement supérieur public et des grandes écoles. Nous refusons que l'université soit le lieu de la conservation de la hiérarchie sociale, qui donne l'occasion aux étudiants de familles aisées d'avoir les diplômes qui donnent accès aux emplois supérieurs, pendant que les étudiants des familles défavorisées sont contraints à se rabattre sur des concours et des cycles courts.Si le gouvernement veut s'entêter à maintenir ces augmentations, la LIGES demande des mesures d'accompagnement qui exonèrent les étudiants pauvres de ces frais, car l'accès à l'université est un droit du citoyen que l'État doit garantir à tous.

La LIGES fait remarquer, que pendant que le discours de propagande fait croire quel'université à été rénovée à un coût de plus de 110 milliards qui ont certainement été détournés, les cités demeurent fermées et les conditions de travail des étudiants demeurent inacceptables et indignes d'un état moderne.Certaines résidences universitaires sont occupées par les FRCI pendant que les étudiants qui dorment dans les rues ou dans des salons de particuliers. Ces cités n'ont même pas connu un début de travaux de réhabilitation.

Les restaurants universitaires restent fermés et les étudiants sont invités à s'alimenter de manières contraintes dans des restaurants appartenant aux proches du ministre qui ont eu les marchés de vente de nourritures sur le campus.

La question du transport demeure un problème non résolu : Non seulement les moyens de transports sont inadaptés et insuffisants, mais en plus les étudiants qui n'ont pas les moyens sont obligés de frauder pour se faire transporter, car il n'existe aucun soutien d'état pour permettre la gratuité du transport aux étudiants les plus défavorisés. Du coup l'université devient le lieu d'un apartheid social, dans la mesure où il n'est pas accessible aux pauvres qui y viennent que le mois où ils parviennent à avoir de quoi s'acheter une carte de Bus.La LIGES exige la gratuité du titre de transport pour les étudiants qui sont sans ressources, car le droit à l'éducation va de paire avec le droit au transport pour se rendre à son lieu d'études.

En ce qui concerne le système LMD qui est couplé avec celle de l'autonomie des universités, la LIGES fait remarquer que dans le principe les étudiants ne sont pas opposés au système LMD qui subdivise l'université en trois cycles Licence Master Doctorat. Cependant la LIGES demande un moratoire de deux ans qui permettra aux étudiants qui le voudront, de valider leurs diplômes sous les dénominations traditionnelles de licence ou maitrise. En ce qui concerne l'autonomie des universités, la LIGES attire l'attention sur le fait que la Côte d'Ivoire n'est pas prête pour expérimenter une autonomisation de ses UFR et universités, car il n'y a pas suffisamment d'entreprises qui pourraient financer les centres universitaires. Cette autonomie aboutira à une privatisation voilée des universités, chose à laquelle s'oppose catégoriquement la LIGES.

La LIGES s'oppose à la suppression et à la réduction des subventions aux universités et grandes écoles. Au lieu d'augmenter son budget de souveraineté comme il le fait, le président devrait penser plutôt à augmenter le budget de financement des structures de formation, qui sont l'avenir de la nation.

Chers et chères camarades, faces à la gravité de la situation, la LIGES vous demande de vous tenir mobilisés, car les jours et mois à venir seront ceux des luttes estudiantines pour l'amélioration de nos conditions de vie et d'études et pour le retrait pur et simple des décisions cyniques d'augmentation des frais de scolarité.Organisons nous et restons déterminés, car ce combat sera celui de l'affirmation de notre droit à profiter des richesses de notre nation pour assurer notre formation dans de bonnes conditions.

Cette terre est la nôtre et celle que nos ancêtres nous ont léguée, nous n'accepterons pas que ses richesses soient utilisées pour assurer le luxe insolent de quelques dirigeants,pendant que les universités et les écoles qui sont l'avenir de la nation sont reléguées au second plan par une classe politique méprisante vis-à-vis de nos conditions de vie et d'études.

Réveillez-vous camarades, tenez vous en alerte et attendez les mots d'ordre! Seule la lutte paye et nous mènerons ce combat jusqu'à la satisfaction totale de notre plateforme de revendications!

Ceci est une lutte de masse qui aboutira à une victoire de masse!

LIGES JUSQU’AU BOUT!

Notre victoire sera le fruit de notre  persévérance!»

 

National Kpetchre TouTya

 

Source: SCRIBD.COM

mardi, 05 février 2013

LE COMMANDANT ABEHI ET JEAN-YVES DIBOPIEU ARRETES AU GHANA, EXTRADES ET DETENUS DANS UN LIEU SECRET PAR OUATTARA

 

ABEHI ET DIBOPIEU.jpg

 

Les services secrets ghanéens du BNI ont arrêté le Commandant Jean-Noël Abéhi et Jean-Yves Dibopieu, un jeune patriote ivoirien, hier après-midi au Ghana, selon des sources concordantes.

Les deux exilés,  le Commandant de Gendarmerie Jean Noel Abéhi et le jeune patriote Jean-Yves Dibopieu, après une brève détention dans les locaux du BNI à Accra, ont été extradés, tôt ce mardi 5 février 2013, selon les mêmes sources.

"Très tôt ce mardi 05 février 2013 à 05h00 du matin, à la frontière ivoiro-ghanéenne,  les services secrets ghanéens ont procédé à la remise des deux (2) exilés au Commissaire Youssouf Kouyaté, Directeur des Unités d’Intervention des FRCI, chargé de les conduire à Abidjan", a précisé une source proche de la hiérarchie des FRCI.

La même source indique que le Commandant Abéhi de la Gendarmerie et Jean-Yves Dibopieu sont détenus dans une prison secrète du régime Dramane Ouattara, depuis ce matin mardi, à 09H.

Pour rappel, le Commandant Jean-Noël Abéhi de la gendarmerie a dirigé le camp de Gendarmerie d’Agban qui a essuyé les bombardements de l’armée française en avril 2011. Il est allé en exil, après la crise postélectorale et depuis toujours, le régime Dramane Ouattara avait le sommeil troublé à l’idée de savoir que ce très respecté Commandant est en exil. Maintenant que Ouattara et ses FRCI tiennent le Commandant Abéhi, tous les ivoiriens redoutent que le régime Dramane Ouattara torture le Commandant Abéhi, comme cela a été le cas pour les autres extradés.

 

Source: Le blog d'Alain Doh Bi

Ghana: Jean-Noël Abéhi et de Jean-Yves Dibopieu pris et conduits à Abidjan. Comment?

 

Ce matin, l'agence de Presse Alerte-Info annonçait l’arrestation au Ghana du Commandant Jean-Noël Abéhi et de Jean Yves Dibopieu, ce lundi soir (ndrl: Hier). L’information précisait qu’ils  étaient déjà en cours de  transfert par la route vers Abidjan en Côte d’Ivoire.

La nouvelle s’est très vite répandue dans le milieu des refugiés et exilés Ivoiriens du Ghana, ce matin, chacun prenant attache avec qui il peut pour en savoir plus. Il ressort de mes premiers contacts que Jean-Yves Dibopieu n’avait pas donné signe de vie depuis hier soir. Ses proches ici ne s’en étaient pas vraiment inquiétés jusqu’à ce que nous entrions en contact avec eux pour vérifier cette nouvelle. Dibopieu reste injoignable au téléphone et ne s’est pas manifesté depuis. Ce qui donne du crédit à cette alerte qui se confirme quasiment.  Le schéma est quasi identique pour le Commandant Abéhi.

Mais cette fois, le nom du BNI (Bureau of National Investigations - La DST Ghanéenne) n’est pas encore cité dans cette nouvelle affaire sécuritaire entre la Côte d’Ivoire et le Ghana voisin où sont refugiés des milliers d’Ivoiriens qui ont fui le régime brutal du putschiste Alassane Dramane Ouattara, depuis l’enlèvement du Président Laurent Gbagbo, le 11 Avril 2011.


En l’état actuel des choses, la question légitime sera de demander à savoir comment ces deux exilés Ivoiriens ont été arrêtés et transférés en catimini vers Abidjan? S’agit-il d’une arrestation légale en bonne et due forme ou d’un rapt des hommes du despote d’Abidjan? Affaire à suivre donc.


Claudus Kouadio – Accra (Ghana)


Source: Le blog de Claudus

lundi, 04 février 2013

OUATTARA LANCE UNE FATWA CONTRE LES PRO-GBAGBO A ACCRA

 

EXILES IVOIRIENS AU GHANA.jpg


Depuis qu’ils ont réussi à pécher le président du Cojep dans le marigot ghanéen, des agents d’Interpol, appuyés de certains éléments des forces de sécurité du pays de Jerry Rawlings et d’autres venus d’Abidjan, ne se donnent pas de répit pour mettre le grappin sur les Ivoiriens exilés.

 

Plus de peur que de mal pour Mosis Christian-Pierre, un exilé ivoirien au Ghana. Enlevé mercredi 23 janvier dernier à Accra, il a finalement été libéré le 29 janvier à 19 heures par le Bureau of National Investigation (BNI), équivalent local de la DST. Un autre réfugié ivoirien, Koffi Serge alias «Anaconda», a eu moins de chance. Arrêté selon le même modus operandi, il est toujours porté disparu au moment où nous mettons sous presse. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été extradé dans des conditions extrajudiciaires ou enlevé par des éléments venus directement d’Abidjan dans le cadre d’une opération en marge de la légalité ? En tout cas, il ne se trouve pas au BNI, ce qui inquiète profondément la communauté des réfugiés ivoiriens…

Dans ce climat de traque des réfugiés politiques ivoiriens au Ghana par le régime Ouattara, l’ancien ministre du gouvernement Aké N’Gbo, Charles Rodel Dosso, le leader de la galaxie patriotique et Gohourou Claude, ancien responsable d’association de défense des victimes des déchets toxiques, en conflit avec Adama Bictogo dans le cadre du scandale qui lui a valu son poste de ministre de l’Intégration africaine, ont échappé récemment à un enlèvement, alors qu’ils se trouvaient ensemble, selon des informations parvenues à la rédaction du Nouveau Courrier. Il y a une dizaine de jours, poursuivent nos sources, l’ex-DG de la douane, Alphonse Mangly, a vu sa maison d’Accra attaquée par des hommes armés qui seraient vraisemblablement venus le kidnapper. Il a échappé in extremis à un enlèvement.

Depuis ces différentes tentatives d’enlèvements ciblés à Accra, c’est la psychose au sein des exilés pro-Gbagbo qui soupçonnent certains des leurs de servir d’infiltrés à la solde du régime d’Abidjan, en échange d’espèces sonnantes et trébuchantes.

L’attitude des autorités ghanéennes difficilement lisible

Le hic, c’est que Interpol et des agents venus de Côte d’Ivoire en mission opèrent à leur guise. Alors que le Parlement ghanéen avait voté une loi en session extraordinaire accordant le statut de refugiés politiques à tous les Ivoiriens exilés au Ghana depuis la guerre post-électorale. Et ce, deux jours avant la visite à Accra d’Alassane Dramane Ouattara, le 6 octobre 2011. La carte bleue d’exilé avait été ensuite distribuée. Elle place les victimes du régime d’Abidjan sous la protection de la Constitution ghanéenne et interdit l’extradition d’un exilé politique dans son pays.

Les autorités ghanéennes vont-elles laisser piétiner leur propre loi en regardant opérer librement Interpol sur leur territoire ? Cette traque sournoise s’opère-t-elle avec leur bénédiction ?

Au cours d’une de ses sorties publiques en décembre dernier, après l’élection de John Dramani à la tête de l’Etat ghanéen, le Premier ministre Daniel Kablan Duncan, avait déclaré que le rapatriement des exilés politiques était une question de temps. Est-ce ce processus qui s’opère de la façon la plus brutale ? Les autorités ghanéennes gagneraient à éclairer la lanterne de l’opinion.

 

Gilles Naismon, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


SourceEBURNIENEWS

samedi, 02 février 2013

LE PONCE-PILATISME DES EVEQUES DE COTE D'IVOIRE

LES EVEQUES DE CI ET ALASSANE OUATTARA.jpg


Habitués au silence de cloître qu’elle nous a toujours proposé comme solution aux problèmes de la Cité, nous avons été surpris d’apprendre que la conférence épiscopale, au terme de sa dernière assemblée à Korhogo[1], a produit une déclaration relative à la situation politique de notre pays. Si nous sommes d’accord avec nos évêques que notre pays n’est pas encore sorti de la crise, nous pensons en revanche qu’ils ne proposent aucune solution nouvelle ; nous estimons donc qu’ils auraient pu continuer à garder ce silence que certaines personnes considèrent à juste titre comme une complicité avec un régime dictatorial et franc-maçonnique. Pourquoi ont-ils parlé alors qu’ils auraient mieux fait de la boucler ? Pour avoir un document administratif dans leurs archives et pouvoir dire demain: «on l’avait dit ici.»

Nos évêques soulèvent des questions surprenantes qui montrent bien qu’ils sont déconnectés de ce qui se passe dans notre pays depuis le 11 avril 2011. Les Ivoiriens savent comment sont et seront gérées les questions qui ont trait à la réconciliation et au foncier. Chers évêques, il ne s’agit pas de venir demander aux Ivoiriens, en vous appuyant sur une Bible dont il n’est pas sûr que vous la lisiez bien, de se laisser réconcilier avec Dieu au nom du Christ. Messieurs les évêques, il ne s’agit pas non plus de faire acte de contrition devant nous (nous vous laissons avec votre conscience si vous en avez encore une) ou de nous demander d’accepter l’inacceptable. La manœuvre est certes belle, mais elle est peu convaincante et elle ne vous honore pas.

S’agissant justement de la réconciliation des Ivoiriens, au lieu de louvoyer, posez-vous courageusement les questions que les autres Ivoiriens se posent : qui a remporté l’élection présidentielle de 2010? Pourquoi toutes les précédentes n’ont pas eu pour résultat le bombardement du palais présidentiel par la France et une société aussi divisée ? La réponse à ces questions est essentielle si nous voulons parvenir à ce que le professeur Dedy Sery a appelé « la Vérité Historique », c’est-à-dire à cette vérité qui console tout le monde, qui s’impose avec douceur et force. Cette vérité, loin de relever d’une gageure, existe. Elle existe et c’est en son nom que l’Eglise catholique établit, aujourd’hui et sans difficulté, sa liste de papes et d’antipapes.

Tous les Ivoiriens savent que la réconciliation menée actuellement par Charles Konan Banny et sa clique est un leurre, tout comme ils savent que la réconciliation prônée par le régime n’est rien d’autre qu’une réconciliation-capitulation. Messieurs les évêques, sachez que, jusqu’en 2013, des Ivoiriens ne sont toujours pas entrés en possession de leurs maisons à Bouaké, que le président Gbagbo est captif de ses bourreaux à la Haye depuis une année et que ses compagnons sont depuis 2011 soit en exil, soit en prison. Par conséquent, venir faire une déclaration fade et plate deux ans après comme si c’est maintenant que vous l’appreniez est franchement méchant, lâche et irresponsable de votre part. De plus, en faisant allusion au « rattrapage ethnique » de Ouattara une année[2] après que de nombreux Ivoiriens ont subi les conséquences de cette politique insensée et raciste confirme votre éloignement du peuple. Enfin, vous citez comme des perroquets Africae Munus du pape Benoît XVI. Messieurs les évêques, votre Benoît XVI est mal placé pour parler de réconciliation. Nous ne comptons ni sur lui ni sur vous pour réconcilier les Ivoiriens. Ce que dit Benoit VXI sur la réconciliation ne nous intéresse pas pour la simple raison qu’il a pris fait et cause pour le candidat de l’étranger par le biais du cardinal Peter Turkson[3] pour qui le président Gbagbo devait quitter le pouvoir. C’était aussi la position d’Ambrose Madtha mais, comme Dieu déteste le faux et l’injustice, on sait ce qui lui est arrivé, le 8 décembre 2012. Et il n’est pas impossible que soient frappés d’autres prétendus serviteurs de Dieu ayant vendu leur âme au diable pour un plat de lentilles. Quant à vous, nos évêques, vous avez agi ici comme une Cinquième Colonne au profit de l’Etat du Vatican qui, au dire de Mgr Pedro Casaldáliga (Catalan et ancien évêque de Sao Felix de Araguaïa au Bresil), devrait être supprimé si on veut une Eglise marchant dans les traces de Jésus qui refusa que la foule le fasse roi apres la multiplication des pains (Jn 6, 15)[4]. Dommage que vous n’ayez pas eu le même courage que Mgr Raymond-Marie Tchidimbo (Guinée), Mgr Desmond Tutu (Afrique du Sud), les cardinaux Joseph Malula (RDC) ou Christian Tumi (Cameroun) ! Dommage que vous ayez trahi les Ivoiriens pour quelques deniers diaboliques mais soyez assurés que cette trahison vous hantera comme celle de Judas !

En ce qui concerne la manière dont vous abordez la question du foncier rural, notre surprise est encore plus grande. Maîtrisant l’art de la circonlocution, vous n’osez pas mettre les pieds dans le plat, mais nous les mettrons pour vous. Les étrangers, principalement les Burkinabè et les Nordistes selon le mensuel français Le Monde diplomatique[5] , ont envahi et continuent d’envahir l’Ouest et le Centre-Ouest de notre pays. Cela signifie que la loi de 1998, portant sur le foncier rural et votée à l’unanimité à cette époque, n’a jamais rencontré l’assentiment du candidat de l’étranger. La preuve est que, pour lui, « Il faut avoir le courage de s’attaquer au foncier rural, ce que personne n’a fait jusqu’alors. Je vais le régler, d’autant que je dispose d’une majorité solide à l’Assemblée. Les ministres de la Justice et de l’Agriculture auront pour mission de définir le cadre de la réforme. Nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété »[6]. L’Assemblée dont il parle est celle qui a pour chef Soro Guillaume, c’est-à-dire celui qui devant les Wè de Belgique indignés de voir leur terre illégalement occupée par les Burkinabè, eut cette réponse : «Les Burkinabè sont des êtres humains. Vous, vous êtes assis ici, vous n’êtes pas Belges. Les Burkinabè sont des êtres humains. Mais d’où vient cette fierté injustifiée, condescendante de traiter des êtres humains comme des bêtes ? C’est inacceptable ! Laissons les ressentiments (…) Vous pensez que c’est en étant haut dans le verbe que le problème sera réglé en Côte d’Ivoire ? On se trompe. C’est en adoptant le profil bas, en contribuant à l’apaisement qu’on y trouve son compte.»[7] Avant Soro, un des vôtres, l’évêque d’Odienné, tenait un jour les propos suivants: « Non, ce n’est pas la Côte d’Ivoire qui a fait les autres pays; mais ce sont les ressortissants des autres pays qui ont investi sur cette terre généreuse de la Côte d’Ivoire, faisant de notre pays un pays essentiel dans la sous région. Nous le savons tous; et nous devons nous le dire pour nous convertir à l’intégration africaine qui demande que chacun se lève pour rencontrer l’autre. »[8] Les étrangers auraient-ils le droit de nous déposséder de notre pays parce qu’ils y ont travaillé à un moment donné ? Les Italiens ou Portuguais, qui ont travaillé en France, ont-ils un jour exigé que la France leur revienne ? Et puis, Burkinabè, Maliens et Guinéens ont-ils travaillé chez nous gratuitement ? Et qui les empêche de développer leurs pays respectifs ? De qui Antoine Koné se moque-t-il ? Messieurs les évêques de Côte d’Ivoire, pourquoi vous est-il difficile de dire ces vérités ? Vous préférez jouer le rôle de médecin après la mort mais ce rôle ne vous réussira pas. Après avoir moralement accompagné tous les actes de ce régime, vous croyez venir nous prévenir d’un danger. Les Ivoiriens ont toujours compris que leur pays courait un grand danger avec ce pion de la France. Le mal est fait mais nous nous débrouillerons sans vous et sans vos prières pour sauver ce qui peut encore l’être dans notre pays, puisque vous au moins vous appartenez à l’Etat du Vatican. Sachez, messieurs les évêques, que votre inaction que vous cachez derrière la prière est et restera improductive, tout comme la prière de Saint François d’Assise que certains ont substituée sans raison valable à la prière des évêques pour la paix. D’ailleurs, l’un des fils[9] de ce dernier a-t-il jamais été artisan de paix ?

Vous constaterez par vous-mêmes les conséquences de l’admirable et courageuse sortie du cardinal André-Vingt Trois (archevêque de Paris) sur le projet du ‟mariage pour tousˮ en France. Voici quelqu’un qui connaît son rôle dans la société française. Certains diront que ce n’est pas la même chose, d’accord. Mais qu’est-ce que nos évêques ont dit quand leur poulain faisait disparaître les termes sexués de « mari » et de « femme » au profit de celui asexués d’« époux » dans le code civil ivoirien ? Le débat sur la notion de chef de famille n’était qu’un écran de fumée subtil pour imposer ce terme asexué. Pour ceux qui ne le sauraient pas, ces termes servent de base pour la légalisation des mariages homosexuels. Pour preuve, le Québec à remplacé les termes de Père et Mère de son code civil par ceux de « pourvoyeur de forces génétiques » tandis que l’Espagne pour les mêmes objectifs les remplaçait par les termes « progéniteur 1 et progéniteur 2 ». Avons-nous entendu nos évêques se prononcer sur la modification de notre code civil ? Ont-ils condamné le sacrilège de Songon (des FRCI ont déféqué dans le ciboire de l’église paroissiale après avoir répandu les hosties consacrées par terre)?

Chers évêques, nous avons été heureux de vous lire et d’apprendre que ce n’est pas le Christ mais Ponce Pilate qui est votre modèle. Il est vrai que nous sommes tous pécheurs mais faisons l’effort de comprendre avec André Lanson que, « si la « libération d’Israël avait été une chose spirituelle, qui affecte seulement les relations intimes et religieuses de l’homme avec Dieu, dans le secret de l’âme, Jésus n’aurait eu aucune difficulté»[10].



Djaban

Un chrétien catholique


[1] Du 14 au 20 Janvier 2013.

[2] L’Express, n°3160 du 25 Janvier 2012, interview réalisée par Vincent Hugeux.

[3]http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/Le-cardinal-Turkson-demande-a-Gbagbo-d-accepter-les-resultats-des-elections-_NG_-2011-04-13-586472

[4] El Pais du 29 octobre 2003.

[5] Le Monde diplomatique, n°702 de Septembre 2012, p8.

[6] L’Express, n°3160 du 25 Janvier 2012, interview réalisée par Vincent Hugeux.

[7] http://actualite.ivorian.net/page/?p=1124

[8] Le Nouveau Réveil du lundi 8 mars 2010.

[9] Saint François est le fondateur de l’ordre des Franciscains dont fait partie Mgr Siméon Ahouana (archevêque de Bouaké).

[10] André Lanson, Libérer les opprimés, Editions du Cerf, p.83

vendredi, 01 février 2013

CHARGES CONTRE GBAGBO: DU FAUX FABRIQUE AU SIEGE DU RDR - UN SCANDALE DE LEGERETE ET DE MALHONNETETE

 

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La procureure Fatou Bensouda, de la Cour pénale internationale.


Du faux fabriqué au siège du RDR

«…les forces pro-Gbagbo, qui avaient jusqu’alors, eu recours aux moyens habituellement destinés à assurer le maintien de l’ordre, ont utilisé des armes lourdes plus sophistiquées, dont des fusils-mitrailleurs, des grenades à tube, des mortiers, des lance-roquettes multiples, des chars d’assaut, des véhicules de reconnaissance et d’appui dotés de mitrailleuses lourdes et des canons antiaériens». Ceux qui ne le savent peut-être pas penseraient sûrement que ce texte est tiré de l’un des nombreux brulots qui entonnent chaque jour des hymnes à la gloire de Ouattara. Tant il ressemble trait pour trait, aux chants anti-Gbagbo qu’on entonne régulièrement à la Rue-Le Pic, siège du Rdr. Tout compte fait, il y a rien d’étonnant, puisse que ce rapport à été écrit depuis le siège de ce parti pour être remis clé en main, à la Cpi. C’est pourquoi on y trouve à profusion, ces incongruités qui sont bien le propre de ce parti. La Cpi laisse croire que pour contenir une «marche pacifique» du Rdr le 16 décembre 3010, le Président Gbagbo s’est vu contraint de déployer armes lourdes. Alors que ce jour-là, Ouattara et Soro ont bien dit qu’ils partaient prendre la Rti. Lance-roquettes et autres kalaches ont donc été déployés depuis le Golf Hôtel, Qg de Ouattara par ces derniers pour cette «marche» qui est en fait une déclaration de guerre contre la Côte d’Ivoire. Sur les écrans des télévisions du monde entier, ceux qui ont des yeux pour voir ont vu des chefs de guerre sortant du Golf Hôtel ce matin du 16 décembre avec des armes lourdes. Il n’y a que les enquêteurs de la Cpi qui n’on pas vu ça. Parce qu’ils avaient depuis longtemps décidé de tordre le coup au droit. Pour fermer les yeux sur des crimes, ou ennoblir des criminels jamais connus dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Et pour bien entretenir ce faux, voila ce que dit la Cpi à propos du Président Gbagbo. «Ce dernier était intrinsèquement criminel». On croit rêver. Et pourtant, c’est du Président Gbagbo que parle Fatou Bensouda. Que dira-t-elle de Soro et ses parrains alors? Ainsi va la justice de la Cpi qui ne fait qu’ériger en héros, tous les criminels par la victimisation des bourreaux. Heureusement que l’Histoire, la vraie Histoire de la Côte d’Ivoire est en train de s’écrire contre la volonté de Ouattara et ses parrains qui n’ont d’yeux que pour ce que la Côte d’Ivoire a comme richesses.


Gueye Brence

Charges contre Gbagbo: Un scandale de légèreté et de malhonnêteté

 

La version dite «publique expurgée» du «Document amendé de notification des Charges» de la Cour pénale internationale (Cpi) brandie contre le Président Laurent Gbagbo, est un scandale de légèreté et de malhonnêteté. Dont le seul but est loin de rendre justice, mais d’écarter un adversaire politique.Observons ceci, au chapitre 22, au titre de (E. Exposé des faits en cause au regard des éléments du chapeau de l’article 7 et 1. Attaque contre une population civile) : «Bien que les Fds aient parfois participé à des opérations militaires contre le prétendu commando invisible, groupe armé basé à Abobo et censé être acquis à la cause de Ouattara, les attaques dont il est question en l’espèce ont été commises à l’encontre de civils dans le cadre de la Politique, qui consistait à attaquer les partisans présumés de Ouattara afin de maintenir Gbagbo au pouvoir coûte que coûte. Ainsi qu’il est précisé dans d’autres parties du présent document, les attaques ont été orchestrées et dirigées par Gbagbo et ses proches.» Dans un conflit comme celui dont a souffert la Côte d’Ivoire, tous les observateurs ont suivi le rôle joué par les hommes du pro-Ouattara, Ibrahim Coulibaly dit «le général IB», dans la commune d’Abobo, pour la prise de la ville d’Abidjan. Alors qualifier le commando invisible d’Ib, qui fut une terreur réelle pour les populations abidjanaises, de «prétendu commando invisible», pour une justice internationale sensée être juste, est la preuve palpable que la Cpi est une officine politique encagoulée sous les apparences de justice. Et que dire si Sémefia Sékou ou «Colonel Sékouba», Com’théâtre des Opérations de ce groupe armé pour Ouattara, avoue de sang froid dans le livre-révélations «Le Commandant invisible raconte la bataille d’Abidjan» (L’Harmattan 2012), ce qui suit? Question : «De combien d’éléments était composé le Commando invisible pendant cette guerre de 2010-2011 ?» Réponse : «Nous avions 5400 hommes sur le terrain. C’est notre clan qui était majoritaire dans cette belligérance. » Question : «Comment opériez-vous à Abobo ?» 

Réponse : «Nous avions d’abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d’Abidjan pour pouvoir venir envahir la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d’Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c’est par le train qu’on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N’Dotré, à Abobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l’acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C’est là qu’on a commencé sous les consignes et ordres de l’Onuci. C’est l’Onuci qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout. Par la suite, nous avons envahi Anyama, Anonkoua Kouté, Bocambo et les zones Abobo Centre, Ouest, Nord. Lorsqu’on a pris le contrôle d’Abobo en commençant par Abobo ouest, vers Akéikoi, dans le rayon du camp commando d’Abobo, on a pris davantage de confiance. Mais comme on n’arrivait pas à déloger les hommes du camp d’Abobo, on avait demandé des renforts en armes lourdes que la Licorne nous avait promises.» P.36. Avec des détails aussi rigoureux et impressionnants, de quel ridicule se couvre la Cpi ! En niant des évidences les plus élémentaires et faisant de la coupure des journaux pro-Ouattara sa seule source de documentation, la Cpi affiche sa lutte contre l’équité pour défendre des intérêts, non du peuple de Côte d’Ivoire, non même de l’humanité, mais d’un groupuscule d’impérialistes manipulateurs. Au point 62 du document de la Cpi, relatif à l’«Existence d’un plan commun entre Gbagbo et les membres de son entourage immédiat», on lit ceci : «Le Général Philippe Mangou occupait le poste de chef de l’Etat-major. Il a démissionné de son poste le 31 mars 2011, à la suite de quoi Dogbo Blé a été nommé chef de l’Etat-major par intérim.» La Cpi affirme des choses qui relèvent des supputations et des ragots, malheureusement, cela dans le cadre d’une accusation contre un honnête homme politique. C’est vrai que le Général Philippe Mangou s’était mis à l’abri, dans une ambassade, à un moment de la crise postélectorale. Mais de là, à parler de sa démission et de la nomination du Général Dogbo Blé comme «chef de l’Etat-major par intérim», on se demande selon quel document officiel, la Cpi dit ces choses. Pourquoi ne parlerait-elle pas alors et aussi, de nomination du Commandant Konan Boniface comme «chef de l’Etat-major par intérim» qui, à un moment donné, a eu à diriger des opérations de résistance de ses troupes? Avec le dossier «Laurent Gbagbo», la Cpi achève de convaincre les observateurs qu’elle ne mérite aucun crédit.


Germain Séhoué

 

Source: Le quotidien ivoirien "Le Temps".

LES GRANDS TRAVAUX DE GBAGBO QUE OUATTARA NE DOIT PAS S'ATTRIBUER

 

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Le projet de l’échangeur de la Riviera. Un projet démarré le 25 avril 2009. La construction de ce pont de 120m devant relier la 7ème à la 9ème Tranche reste très attendue. Le résultat de la bonne gouvernance économique appliquée par l’Etat de Côte d’Ivoire sous le président Laurent Gbagbo.

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Sous Gbagbo, du point de vu des infrastructures socioéconomiques, il y a le prolongement de l’autoroute du nord jusqu’à Yamoussoukro, la réfection de la route Abidjan-Adzopé, le bitumage de l’axe Odienné-Tengrela (zone rebelle), la mise en place de l’Agence de Gestion des Routes (Ageroute) et du Fonds d’Entretien Routier (Fer). Les chantiers des travaux routiers et d’aménagement urbains à travers le Programme d’urgence d’infrastructure urbaine (Puiur) par le Président Laurent Gbagbo en 2008 avec le financement de la banque mondiale. Le tronçon reliant le carrefour du zoo à celui de Samaké à Abobo. L’élargissement de la voie reliant le carrefour de Williamsville à celui du zoo, sur une distance de 2,2 km, le bitumage de la route de 2 km de long, qui part du côté d’André Malraux, la réfection l’échangeur de Gesco-Autoroute du Nord-Route de Dabou, l’échangeur (nouveau pont piéton) de Bracodi-Williamsville, ajouté à l’aménagement du Bassin du Gourou à Adjamé à partir de l’échangeur d’Agban, le nouveau château d’eau du quartier Abbata à Bingerville, le traitement de plusieurs points critiques à Yopougon Niangon et Sideci et à la Riviera (ainsi que le pont à deux voies de Bouaflé, sur le tronçon routier Bouaflé-Daloa, le curage des caniveaux, l'assainissement urbain, le ramassage des ordures ménagères de la ville d'Abidjan et les réparations de voies bitumées dans tout le pays, bouclés par Gbagbo avec la BOAD et la Banque mondiale,  Ndlr).

 

Source: La page Facebook de Simplice Allard

jeudi, 31 janvier 2013

LES AVOCATS DE BLE GOUDE FORMELS: PAS DE DEAL ENTRE BLE ET LES AUTORITES IVOIRIENNES


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L’ex-leader de la galaxie patriotique, Charles Blé Goudé, a été auditionné pour la deuxième fois par un juge d’instruction, hier mercredi 30 janvier, au palais de Justice au Plateau pendant près de 6h.

C’est à 8h55 qu’il s’est présenté au tribunal, menotté dans le dos et encadré par des éléments de l’unité d’élite de la police ivoirienne. Sitôt descendu du véhicule qui le conduisait, ses menottes lui ont été retirées et il a été rapidement introduit dans le bureau du juge d’instruction. 15 mn plus tard, soit à 9h10, il en ressort, toujours sous bonne garde et sans menotte, pour le poste de police du tribunal. Il est cette fois bien visible des occupants du tribunal.

Le dernier ministre de l’Emploi de l’ex-chef d’Etat, Laurent Gbagbo, arbore toujours la tenue avec laquelle il a été appréhendé au Ghana et conduit en Côte d’Ivoire. Une tunique jaune orangée. Il y reste pendant un long moment avant que son épouse le rejoigne, après un coup de fil d’un avocat, en compagnie d’Angéline Kili, une ex-détenue dans le cadre des détournements dans la filière café-cacao. Sa présence en ces lieux n’est pas fortuite puisqu’à quelques encablures du poste de police, se tient le procès des ex-barons de la filière café-cacao.

L’épouse de Blé Goudé le rejoint. A 10h38, celui que ses partisans appellent ”Général de la rue”, refait son apparition, quelque peu métamorphosé. Cette fois, il a troqué sa tunique jaune orangée contre une chemise de couleur bleu-ciel. Il affiche bonne mine. Dès qu’ils l’aperçoivent, ses partisans qui, entre-temps se sont regroupés au palais de Justice, ont du mal à contenir leur émotion. ”Président”, ”Gbapê”, ”l’enfant terrible”, sont des cris de joie qu’ils ne cessaient de scander.


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Encouragé par cette explosion de joie, Blé Goudé lève sa main droite en signe de salutation. Ce qui gonfle le moral de ses partisans, qui redoublent de cris de joie. Ce fut le dernier geste qu’il leur a adressé jusqu’à la fin de son audition, à 17h. Agacé par la présence des partisans du détenu, et surtout de leurs cris en ces lieux, le Procureur général ordonne aux policiers, déployés en grand nombre, de vider le tribunal de son monde. Ce qui fut fait. Tout le monde, y compris ceux qui avaient d’autres affaires à régler, est mis dehors.

Le portail du tribunal est fermé et les entrées commencent à être filtrées. Débute pour les journalistes, une si longue attente. Introduit à nouveau chez le juge d’instruction à 10h38, Blé Goudé y reste pendant près de 6h. Nombreux sont ses partisans qui, découragés par la longue attente, quittent les lieux, quand une poignée d’inconditionnels, au langage parfois virulent contre le pouvoir en place, reste.

D’autres encore, vaincus par la fatigue, s’affaissent et s’assoupissent sur des bancs en béton dans le hall du tribunal de première instance et de la Cour d’appel. Quand à 17h, l’ex-leader de la galaxie patriotique doit quitter le juge d’instruction, les policiers sont en branle. A nouveau, le tribunal est vidé de son monde. Personne n’est autorisé à roder dans la cour du palais de Justice et même sur le parking, devant le tribunal. Les policiers invitent tout le monde à reculer jusque sur la pelouse. C’est ce temps qu’ont choisi les éléments de l’unité spéciale de la police ivoirienne pour ”disparaître” avec Blé Goudé. Où l’emmènent-ils ? Impossible, pour l’instant, de le savoir, tant l’endroit où celui-ci séjourne depuis son extradition au pays, reste un mystère.


Y.DOUMBIA


 

Pour les avocats de Charles Blé Goudé, il n’y a pas eu de deal entre leur client et les autorités ivoiriennes, comme ont tenté de le faire croire plusieurs personnes. A leurs yeux, l’ex-leader de la galaxie patriotique a bel et bien été appréhendé au Ghana par les autorités ivoiriennes et renvoyé en Côte d’Ivoire "sans son consentement". «Pour finir, dans ces conditions, il est mal à propos, et il a tenu à le dire, il est mal à propos de parler d’un quelconque deal en ce qui concerne sa venue en Côte d’Ivoire. Il a été arrêté, appréhendé sans son avis et conduit en Côte d’Ivoire. Je voudrais que l’opinion nationale et internationale le sache. Il n’y a jamais eu de business entre Charles Blé Goudé et une quelconque autorité en Côte d’Ivoire », a déclaré Me N’Dri Claver à l’issue de l’audition de son client. Pour qui le droit n’est pas respecté en Côte d’Ivoire, dans la mesure où, selon lui,”leur client n’est pas localisable à Abidjan depuis qu’il a été mis sous mandat de dépôt”.

Pour la défense de Blé Goudé, il aurait dû être transféré dans une maison de correction dès lors qu’il est sous mandat de dépôt. De plus, selon Me N’Dri Claver, l’ex-leader de la galaxie patriotique lui a dit subir une ”véritable torture morale”. « Il (Blé Goudé) n’arrive pas, comme il nous l’a dit lui-même, encore à identifier géographiquement le lieu où il est. Il nous a dit qu’il est dans une maison, mais pas dans une maison d’arrêt. Pour notre part, nous estimons qu’en tant qu’avocat, il subissait une injustice. Il nous a dit, et je lâche son mot à lui-même, qu’il subit une véritable torture morale. Il est torturé. Il a refusé, dans ces conditions, d’aborder les questions de fond (pendant l’instruction) », a-t-il déclaré. Balayant du revers de la main, les allégations de deal qui entoureraient l’arrestation et l’extradition de Blé Goudé.

Quant à Me Gohi Bi, avocat, il a dénoncé cette ”maltraitance morale” qui a empêché Blé Goudé, selon lui, de ”faire correctement sa déposition”. Pour lui, les avocats du prévenu, au même titre que le prévenu lui-même, sont ”moralement maltraités”, dans la mesure où, a-t-il indiqué, ”même le procureur de la République, à qui il a adressé un courrier, ne peut dire où se trouve leur client”.

 

Y.DOUMBIA


Source: Le quotidien ivoirien "L'Inter" du jeudi 31 janvier 2013.