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samedi, 22 décembre 2012

LETTRE OUVERTE DES VICTIMES DE NAHIBLY A MONSIEUR KONAN BANNY, PRESIDENT DE LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION DE COTE D’IVOIRE

 

 

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Monsieur le président,


Permettez- nous, nous, victimes de la guerre de dix ans imposée à notre pays par les forces du mal, de vous adresser ce message par une voie peu ordinaire. Par les temps qui courent en notre pays, la Côte d’Ivoire, vous n’êtes pas sans savoir que la liberté d’opinion (quand bien même elle est franche ou sincère) et l’appartenance ethnique sont des délits réprimés dans le sang avec le régime au pouvoir depuis le 11 Avril 2011.

D’entrée, nous voudrions vous exprimer toute notre disponibilité à coopérer avec le réconciliateur national que vous êtes et en même temps vous soumettre nos inquiétudes et nos propositions. Si d’aventure un quelconque propos irrévérencieux ou malveillant se révélait dans notre adresse à votre honorable personne, croyez-nous, nous le regretterions sincèrement. Seulement, vous voudriez bien comprendre que pour des traumatisés de guerre comme nous le sommes ici à l’Ouest du pays, il peut arriver parfois que l’expression même de la franchise s’apparente à de l’arrogance. Or à quoi cela nous servirait-il d’être arrogants vis-à-vis de la haute personnalité que vous êtes? D’autant plus que ni l’amertume, ni la colère , la grande détresse et/ou l’arrogance de même que le désir fou de vengeance exprimés de façon irresponsable à l’encontre d’autrui ne pourront ressusciter ces milliers de parents et de biens que nous avons perdus et que nous perdons encore à ce jour, dans un pays où la loi a disparu et est remplacée par les machettes et les kalachnikovs d’étrangers venus de la sous-région ouest-africaine et qui nous imposent de mourir en silence afin de nous déshériter même de notre terre natale.

Monsieur le président, malgré l’indescriptible souffrance dont nous sommes l’objet en tant que des réfugiés sur les terres de nos ancêtres, nous voudrions vous rassurer de ce que nous gardons encore intact le sens de la lucidité et du discernement. C’est pourquoi, loin de vouloir de vous appâter par une démarche qui force la pitié ou le moindre sentiment pathétique, nous avons voulu, nous, réfugiés de Nahibly et victimes de la guerre de dix ans contre notre pays, vous faire cette adresse. C’est ainsi que debout, comme des fils d’hommes qui n’ont jamais baissé la tête parce que n’ayant rien à se reprocher, nous voudrions, avec toute la politesse due à votre rang mais avec toute la franchise face à laquelle nous ne saurions nous dérober, nous voudrions, disons-nous, vous adresser ce message.

DE NOTRE DISPONIBILITE                                                  

S’il est vrai que cela fait plus d’un an que vous avez été nommé pour conduire la commission de dialogue, de vérité et de réconciliation après ces longues années d’une guerre qui a totalement défiguré le pays et créé de graves fractures sociales, nous, victimes de guerre et réfugiés sur notre propre sol, nous gardons l’espoir dans la sérénité et croyons qu’un de ces jours enfin, vous allez vous décider à prendre le taureau de la réconciliation nationale par les cornes. Nous croyons fermement ce que nous disons parce que quinze mois perdus par une commission de réconciliation (somme toute inoffensive car sans armes de guerre), c’est bien moins que les dix ans d’une rébellion sauvage qui nous a carrément ramenés aux temps anciens, en ce début de vingt et unième siècle. En outre, quinze mois, c’est juste une petite goutte de temps dans l’océan de la vie d’une nation.

NOS INQUIETUDES

Monsieur le président de la commission pour la  réconciliation, souffrez aussi que pour les réfugiés et déshérités que nous sommes, nous vous fassions part de nos inquiétudes, lesquelles inquiétudes sont:

-1° : dans ce chaos total que nous vivons, pour les réfugiés sur notre propre sol que nous sommes, s’il est vrai que l’avènement de la rébellion en Côte d’Ivoire est une triste et honteuse réalité  pour les humains que nous sommes, pour nous réfugiés, toutes les raisons évoquées pour cautionner cette rébellion sont fallacieuses et donc ne tiennent pas debout. Pour la simple raison que ceux qui criaient à la misère, à l’exclusion et au génocide contre nos compatriotes musulmans du nord du pays, au tristement célèbre  charnier de Yopougon à Abidjan, depuis l’an 2000, sont ceux-là qui sont aujourd’hui au pouvoir en Côte d’Ivoire, grâce à une intervention militaire française que personne, à moins d’être descendu d’une autre planète, ne peut nier. Ils sont au pouvoir et non seulement la misère grandit vertigineusement au nord de notre pays, l’exclusion, le génocide et l’expropriation de tout bien par la force et la violence gratuite, ils l’appliquent aux ivoiriens de la partie Sud du pays même quand ils sont musulmans et refusent de les suivre dans leurs dérives. Quant au charnier de Yopougon, ils semblent l’avoir rangé aux oubliettes, alors qu’il était bel et bien une des raisons majeures de leur insurrection. Le développement tant souhaité de la partie septentrionale du pays, à les voir agir dans le désordre (un constat n’est pas une insulte), ce n’est pas demain qu’ils vont en amorcer les chantiers. Alors, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, question: que s’est-il vraiment passé? Qu’est-ce qui a vraiment suscité toute cette furie digne de bestiaires enragés et cette barbarie pour que nous en soyons-là aujourd’hui ? Oui, honorable président, pourquoi un tel déchaînement qui a fait couler tant de sang innocent ? Nous voulons juste en savoir la vraie raison. Pour en revenir à l’exclusion dont ils ont prétexté, monsieur le président, nous nous connaissons tellement dans ce pays qu’il suffit de rappeler que le mot « cafri » qui indexe tout non musulman est une de leurs créations et que ce mot (« cafri »), certains d’entre nous l’ont entendu depuis longtemps, bien avant même que ce pays n’accède à l’indépendance en 1960. Mais pour un simple mot (« cafri ») qui dérange sérieusement parce qu’il invite systématiquement à l’exclusion, jamais un ivoirien non musulman n’a pris de fusil contre son frère musulman tout en criant à l’exclusion. Ensuite, monsieur le président de la commission pour notre réconciliation, sortez de chez vous et parcourez un peu le pays pour vous rendre compte du fait qu’elles sont innombrables, les sœurs et les filles des «cafri» que nous sommes qui ont fait des enfants avec des musulmans quand inversement, leurs sœurs et leurs filles à eux, dans leur grande majorité, sont mises en demeure de nous éviter: c’est une vérité que sur le terrain de l’exclusion, ceux qui crient à l’exclusion sont eux-mêmes  des  pratiquants de l’exclusion au premier plan. Il suffit pour cela d’essayer seulement de calculer, dans la mesure du possible, les rapports de la mixité des couples conjugaux dans ce pays pour se rendre compte qu’elles ne sont pas nombreuses, nos sœurs musulmanes qui ont choisi de partager leur vie avec un non musulman.  Ici encore, leur façon de faire ne nous a jamais  poussé à prendre des fusils contre eux pour obliger leurs sœurs ou leurs filles à nous épouser. L’exclusion? Monsieur le président, c’est chaque jour que les peuples hospitaliers de l’Ouest de la Côte d’Ivoire la vivent sans broncher: depuis des décennies que d’autres ivoiriens, des «baoulé» surtout, en quête de terres cultivables, arrivent sur nos terres et vivent en réclusion entre eux, sur la base de l’appartenance ethnique ou régionale, dans des hameaux ou des campements, en dehors même de la communauté ethnique ou régionale qui les a reçus quand ils venaient juste d’arriver en terre étrangère. Malgré toutes les distorsions et les dérives dans le comportement (les hôtes qui ont prospéré dans l’agriculture répètent sans gêne - oh, ingratitude quand tu nous tiens! - que ceux dont ils exploitent les terres sont des paresseux), personne de chez nous n’a pris des armes pour se venger de comportements et de paroles qui nuisent et nuiront toujours plus à ceux qui les profèrent en toute inconscience. Avant eux, le président HOUPHOUËT en avait fait autant: «mes compatriotes originaires de l’ouest  - le groupe ethnique Krou - sont des abonnés à la fête», «la terre appartient à celui qui la met en valeur», «je préfère l’injustice au désordre» sont des propos qui résonnent encore dans les tympans de bien d’ivoiriens de bonne foi. Il y a eu aussi le président BEDIE qui, en Décembre 1997 à Fengolo, suite au meurtrier conflit foncier d’alors, a dit à l’endroit des populations autochtones Wê: «arrêtez d’être des jaloux et d’empêcher ceux qui maîtrisent le travail de la terre de s’adonner librement à leurs activités». Ce jour-là, le président BEDIE a été applaudi mais jamais le peuple Wê n’a pris des armes de guerre pour exprimer son indignation à la face du monde… Rappelons qu’en Août 1997, le conflit  meurtrier de Fengolo est parti du fait qu’un jeune guéré, parti se plaindre à un planteur baoulé qui avait fait tuer tous ses porcs parce qu’ayant détruit une de ses pépinières ou ses buttes d’igname (?), est mort à l’hôpital de Duékoué, suite à des coups et blessures à la tête (à l’aide de bâton ou de pilon entre autres) volontairement donnés par des paysans baoulé. Le médecin émérite de l’hôpital de Duékoué (feu Dr KOFFI) avait alors fait ce constat qu’il a par la suite changé en «décès suite à une méningite aigüe». Pour toutes ces incongruités et injustices criardes, jamais les populations d’ethnie guéré n’ont pris  des armes pour se rendre justice. En outre, monsieur le président, il y a même eu plus grave que tout ça en ce pays,  et jamais personne n’a songé à venger ses nombreux morts dans le sang: si l’on veut parler de génocide, il y en avait déjà eu dans ce pays nôtre. Souvenons-nous du Sanwi et du Guébié ainsi que de la grande manipulation des chiffres sur le nombre des victimes tombées en ces temps-là. Quarante et cinquante ans après ces tueries du Sanwi et du Guébié, quel bon ivoirien, digne de ce nom, a osé s’aventurer dans une sauvagerie meurtrière comme nous le démontrent chaque jour les Dozos et les FRCI, au nez et à la barbe de la communauté internationale qui, avant de le faire chuter, s’empressait de faire des procès médiatisés à Laurent GBAGBO, sur la base de faits diaboliquement fondés dans leur propre imagination tels que les escadrons de la mort, les disparitions de journalistes, les crimes et les charniers parce que n’existant même pas du tout dans la réalité? Monsieur le président, après un si long rappel qui frise la digression, pour en revenir à nos inquiétudes, il faut dire que nous ne comprenons toujours pas et nous nous posons encore la question de savoir pourquoi en est-on arrivé là, à une telle effusion de sang, pour les humains que nous sommes? Pourquoi tant et tant de sang a coulé et coule encore toujours en Côte d’Ivoire quand on sait que les rebelles, le RHDP, la France et la communauté internationale nous répétaient chaque jour que le problème de ce pays était Laurent GBAGBO?

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Le camp de réfugiés de Nahibly, après le passage des Dozos, des FRCI et des jeunes malinkés pro-Ouattara


-2° : S’il est vrai et humainement possible que l’on peut manger seul, rire ou pleurer, danser, marcher ou vivre seul, par contre, il est impossible ou insensé d’initier un dialogue tout seul. Voici bientôt deux ans que des justiciers sont au pouvoir par la force des armes et passent leur temps à jeter d’innocentes personnes en prison quand ils ne les exterminent pas en masses, comme ce fut le cas de centaines de nos parents il y a juste cinq mois dans l’enfer de Nahibly (à Duékoué). Les exilés ivoiriens se comptent par milliers hors du pays, les camps de détention et de torture sont légions en Côte d’Ivoire. Quel dialogue possible peut-il être initié dans de pareilles conditions? Si seulement vous saviez, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, combien de fois nous sommes moqués et nargués au quotidien, ici à Duékoué, par les tueurs Dozos et FRCI qui ont tué nos parents sans qu’il n’y ait un début d’enquête à ce jour… Président, c’est une situation qui appelle une autre question de notre part: à quand véritablement le début des travaux de la commission de réconciliation que vous dirigez, vu et su que chaque jour que le bon Dieu fait, les exactions et les tueries s’aggravent dans une continuité affolante et l’impunité avec? Honnêtement, même s’il est vrai que notre douleur de victimes d’une barbarie sans nom nous torture de plus en plus chaque jour, il nous est humainement indécent ou insensé de souhaiter l’avènement d’une apocalypse qui nous emporte tous, ces bourreaux et nous victimes, parce que nous souhaitons  que notre supplice collectif prenne rapidement fin. Par ailleurs, toujours au chapitre de nos inquiétudes, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il urge pour nous de vous citer un autre remarquable et donc non négligeable pour toute conscience qui se respecte: d’Houphouët à Ouattara en passant par Bédié et Guéi, Gbagbo est bien le seul qui n’a jamais fait emprisonner journalistes, syndicalistes, militaires et hommes politiques. Malheureusement, c’est lui, Gbagbo, qui est extradé à La Haye, humilié, calomnié ou volontairement sali à la face du monde. Or s’il est bien une qualité qu’il faut reconnaître à ce digne fils d’Afrique, c’est bien son refus catégorique de souscrire à l’esclavage mental et sa volonté inébranlable de bâtir une société de justice sociale, de paix et de progrès. La réconciliation peut-elle véritablement s’amorcer si Gbagbo est et continue de rester en prison, lui qui fait tant bouger le monde entier aujourd’hui alors même que la communauté internationale qui l’a combattu croyait l’avoir définitivement vaincu? Quelle réconciliation, monsieur le président, peut-elle être possible sans Gbagbo, le premier ivoirien dont la pensée politique fédère et mobilise, au-delà même de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique, des consciences et d’inestimables énergies humaines en ce moment même dans le monde?

-3° : Tout sauf votre respect, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, nous serions des hypocrites ou des personnes de mauvaise foi si, pour votre propre gouverne, nous gardons seulement pour nous ce que nous entendons sur votre compte de la part de ceux dont le jeu favori est de servir la violence gratuite ou la mort à leur prochain. Dans un contexte de réconciliation qui nous concerne et nous interpelle tous, ces tueurs sans foi ni loi disent à qui veut les entendre que le poste que vous occupez est juste un poste de nomination. En d’autres termes, vous avez été nommé pour n’être que nommé tout simplement. Nommé pour ne même pas (pouvoir) agir. Là-dessus, ils soutiennent leur propos en affirmant que ce poste vous a été octroyé comme une part du butin qu’ils ont obtenu en guerriers et en «sauveurs» de la Côte d’Ivoire. Ils ajoutent que les pontes de votre parti politique (le PDCI), pour vous neutraliser, ont vivement souhaité votre nomination à ce poste pour vous occuper et vous empêcher de travailler à votre positionnement au sein même du PDCI. Ils vont même plus loin en disant que si vous n’avez pas ouvertement pris les armes comme eux l’ont fait contre la Côte d’Ivoire, vous êtes quand même un des leurs et qu’ils ne vous lâcheront jamais quelque soit votre volonté de vous séparer d’eux. Ici aussi, les raisons qu’ils évoquent nous rendent perplexes et encore plus dubitatifs sur votre capacité et votre réelle détermination à mener à bon port la barque de la réconciliation. En effet, il n’y a qu’à écouter les FRCI et autres courtisans du pouvoir en place pour s’entendre dire qu’avec vous, monsieur le président, tout est bien calé (par eux) pour vous voir vous éterniser dans l’inaction: ces justiciers d’une autre époque soutiennent, sourire en coin, que des casses (par la rébellion) des succursales de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) dont vous étiez alors le gouverneur en 2003 - crimes économiques jusqu’ici impunis - au scandale des déchets toxiques du navire Probo Koala qui a fait des milliers de victimes à Abidjan quand vous étiez premier ministre, en passant par la tentative de suspension de la Constitution ivoirienne à votre profit toujours quand vous étiez le premier des ministres en ce pays, ils vous ont avec eux, embarqués que vous êtes dans la même galère et jamais ils ne vous donneront l’occasion ou le temps de les quitter, sinon… Vrai ou faux, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, habitués que nous sommes aux prophéties de malheur de telles personnes qui ont toujours exécuté leurs funestes projets après les avoir longuement annoncés (par exemple la rumeur d’attaque du camp des réfugiés de Nahibly à Duékoué a d’abord couru pendant de longs mois), nous avons simplement jugé utile de partager ces informations avec vous. Quitte à vous de nous éclairer, monsieur le président, en nous disant, à nous réfugiés , de ce que vous pensez de telles affirmations qui ont été entendues dans des foyers et dans la rue, après votre dernier passage à Duékoué. Ce dernier point de nos inquiétudes les renforcent tellement que nous vous saurons gré de nous aider à les dissiper, parce que nous souhaitons chaque jour une réconciliation sincère et juste pour chasser enfin tous ces affreux traumatismes moraux qui nous hantent et nous rongent alors que la justice tarde à se faire pour nous apaiser. Or, monsieur le président de la commission chargée de nous réconcilier, notre pays sort d’une guerre que l’on lui a imposée et tout, pour le moment, se passe comme si rien du tout n’avait eu lieu et que tout a toujours été normal. Combien de temps encore celà va-t-il durer?

NOS PROPOSITIONS

Monsieur le président de la commission pour la réconciliation, il nous plaît ici de vous faire quelques propositions si tant est qu’un de ces jours, Dieu aidant, votre tâche de grand réconciliateur démarre véritablement. Au risque d’être traités de rêveurs ou de prétentieux par les loups locaux ou ceux de la communauté internationale toujours prompte à mettre les pieds dans «notre» plat, nous osons, de notre «trou» de réfugiés et de victimes de guerre qui ont tout perdu sauf - Dieu merci - la dignité et l’espérance de vivre un jour dans un pays véritablement souverain, nous osons, disons-nous, vous glisser ces quelques propositions. La situation actuelle de notre pays déchiré et défiguré n’a pas dépendu que de nous les ivoiriens seulement. Ayons ensemble le courage et la mémoire de nous souvenir qu’ils sont nombreux de l’extérieur à avoir allumé, attisé et animé  les foyers de tension dans notre cher et beau pays. Nous citerons pêle-mêle:

-1° : Monsieur Abdoulaye WADE, ex-président du Sénégal. C’est lui, le premier qui, en Octobre 2000, s’est permis de dire sur les antennes de Radio France international « qu’un noir africain était mieux traité en France qu’un burkinabé en Côte d’Ivoire ». Et on connait tous la suite engendrée par de tels propos.

-2° : Monsieur Benoît SCHAUER. Ce sociologue belge (?) d’une autre époque est à la base de la réalisation du film «Côte d’Ivoire, poudrière identitaire»,  en 2001. Un film dans lequel il a vu des charniers essentiellement composés des ivoiriens du nord et musulmans, une thèse qu’il aura du mal à authentifier aujourd’hui en Côte d’Ivoire avec tout ce qui s’y est passé et s’y passe encore et dont les preuves pullulent partout.

-3° : Monsieur Blaise COMPAORE. Il est de notoriété que l’actuel président du Burkina Faso a bel et bien logé, nourri, blanchi et formé la rébellion qui a impunément tué des personnalités, des civils, des militaires ivoiriens depuis 2002 jusqu’à ce jour, après avoir contribué à porter monsieur Alassane OUATTARA au pouvoir par la force des armes. Ce sont des soldats de son pays qui, par la force des armes, aident à l’installation actuelle de ses compatriotes dans nos villages et plantations, ici à l’Ouest du pays.

-4° : Messieurs Jacques CHIRAC,  Nicolas SARKOZY, Dominique de VILLEPIN, Michèle ALLIOT-MARIE, Pierre MAZEAUD, Bernard KOUCHNER, Ban KI-MOON, J. CHOÏ  pour leurs nuisibles et irruptions répétées dans le quotidien des ivoiriens que nous sommes, pendant plus de dix ans sans oublier les forces militaires françaises et onusiennes. Toutes ces personnalités ont sur la conscience la mort de plusieurs milliers d’ivoiriens sur la conscience, depuis le début de la guerre en 2002 à ce jour.

–5° : Monsieur Jean PING, ancien secrétaire de l’Union Africaine pour qu’il dise lui aussi sa part de vérité sur ce qu’il savait de la situation de notre pays et du rôle précis qu’il lui revenait de jouer dans notre tragédie. Bref, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, voici, c’est bien une liste non-exhaustive qu’il vous plaira d’allonger.

On ne peut pas, pour le résoudre, discuter d’un conflit sans la présence de toutes les parties qui ont participé de façon effective à ce conflit: nous avons tous en mémoire le jeu trouble et dilatoire de la SAGEM, cette société française chargée de l’identification qui, à dessein, a fait de beaucoup d’entre nous des sans papiers, les rôles obscurs et criminels à la fois de messieurs Beugré  Mambé et Youssouf Bakayoko, respectivement ancien et actuel président de la commission électorale.

La réconciliation est-elle possible sans vérité et sans justice? Nous croyons et disons tout de suite non. Pour que puisse démarrer le processus de la réconciliation nationale, les tueurs et les bourreaux ne peuvent et ne doivent pas être les juges des milliers de personnes emprisonnées à travers tout le pays, sans aucune raison légalement valable. A la réconciliation par la force, nous vous invitons, monsieur le président, à dire courageusement non. Non, non et non parce que voici cinq mois que le drame de Nahibly a eu lieu et aucune personne, parmi les brigands et les autorités administratives et militaires de Duékoué n’a été inquiété. L’ONU, dont des soldats étaient affectés à la surveillance du camp de Nahibly, se débine et se ridiculise comme ce fût le cas en Mars et Avril 2011, en Janvier 2011, fin Mai 2005, toujours à Duékoué. Pour toutes ces tristes dates, monsieur le président de la commission pour la réconciliation, nous vous informons que le motif majeur, pour «casser» et pour tuer des autochtones d’ethnie guéré, a de tout temps été le même: «un ou une dioula vient de mourir, suite à un braquage de la part de jeunes gens d’ethnie guéré». Comme si le délit ou le meurtre portait essentiellement la marque d’un groupe ethnique qu’on attaque et décime quand l’on veut, toujours sans enquête préalable pour essayer de mettre aux arrêts les vrais coupables. Résultat, la répétition de ce diabolique scénario a fait des milliers de morts et des enquêtes sans suite à ce jour. Le massacre de Nahibly, monsieur le président de la commission de réconciliation, a été perpétré suite à un affrontement meurtrier entre gangsters qui réclamaient depuis des semaines leur part de butin à leur chef (Koné, celui qui est mort). Pour un bandit de grand chemin qui est tué par ses complices, on évoque un braquage puis on va massacrer des centaines d’innocents dans un camp de réfugiés, au nez et à la barbe de l’ONUCI et aucune enquête pour situer les responsabilités. Dans une pareille atmosphère, on parle de réconciliation et de paix. Mais alors quelle bonne paix sans justice, monsieur le président?      

NOTRE CONCLUSION

Monsieur le président, ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire ces douze dernières années est monstrueux, cruel et remet en question notre raison d’humains, tellement les limites du grotesque et de la sauvagerie humaine ont été franchies, comme si nous vivions à l’heure de la pierre taillée. Or, comble de la décadence même, ce sont des autorités, des institutions et des médias de pays dits civilisés avec comme tête de file la France de messieurs CHIRAC et SARKOZY - les preuves parlantes et crédibles contre eux, leurs soldats et leurs rebelles  sont innombrables et en nos mains - qui ont créé, soutenu et même organisé toutes ces sataniques orgies des FRCI et des Dozos, dont certains se sont abreuvés du sang innocent de nos parents dont de nombreux enfants. Le dire ou le rappeler, pour nous victimes et rescapés de Nahibly, ce n’est point s’opposer à la réconciliation nationale. Monsieur le président, le dire ou le rappeler, pour nous, est une façon légitime de demander que justice soit faite, au nom de la mémoire de nos parents disparus, pour que leurs âmes reposent en paix et que nos propres âmes puissent être apaisées en nous. Notre préoccupation majeure, devant votre volonté de nous amener à la réconciliation, président, se résume en un mot: «justice». C’est ce seul vocable qui peut véritablement nous apporter cette paix que nous souhaitons de tous nos vœux. Voici, monsieur le président de la commission pour la réconciliation nationale, l’essence de notre pensée que nous avons voulu vous livrer ce matin, depuis les rivages du Guémon, à Duékoué.

Nos respectueuses salutations, monsieur le président.

 

Pour le collectif des victimes et rescapés de Nahibly, Duékoué,


Emmanuel CALEB, le 22 Décembre 2012.

jeudi, 20 décembre 2012

COTE D’IVOIRE: DES CRIMES ECONOMIQUES OUBLIES

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Dans les Républiques bananières dont la marche est ponctuée de coups d’état aux motivations aussi floues que surréalistes, l’opinion s’est accoutumée aux déclarations et autres actions de salubrité publique sans lendemain. Le trait commun des putschistes en Afrique est de se présenter dès leur prise du pouvoir comme des hommes neufs animés des meilleures intentions pour le peuple. Même lorsqu’ils ont participé à la gestion des affaires publiques, souvent à un niveau de responsabilité élevé, les nouveaux hommes forts se présentent toujours en redresseurs de torts. Torts qu’ils ont contribué à faire du reste! Les dignitaires de l’ancien régime sont accusés de malversations, voire de crimes économiques. Bien évidemment, les accusations de corruption et autres actes de prévarication ont d’autant plus d’écho que la grande majorité de la population vit au seuil de la pauvreté. L’objectif visé par les nouveaux dirigeants est d’asseoir leur légitimité et leur autorité en laissant planer l’épée de Damoclès sur la tête de leurs victimes qu’ils entendent neutraliser.

La Côte d’Ivoire n’échappe pas à ce schéma. Hélas! En 1999, le Général Robert Guéi renverse le Président Bédié et le contraint à l’exil en France avant de déclencher une série de procédures judiciaires à son encontre, notamment pour crimes économiques. En avril 2011, après le renversement du Président Laurent Gbagbo par Alassane Ouattara, avec l’appui déterminant de la France, le nouveau pouvoir a lancé des poursuites judiciaires systématiques contre tous les membres du gouvernement déchu pour crimes économiques et de sang. Le président du FPI et plusieurs de ses camarades sont également poursuivis sous le même chef d’accusation.

La coalition RHDP au pouvoir a-t-elle les moyens d’aller jusqu’au bout de cette action, somme toute salutaire pour la moralisation de la vie publique? A-t-elle jeté un regard dans sa gestion quarantenaire qui a entrainé la faillite de la Côte d’Ivoire? A l’évidence, les dirigeants actuels ont un passif tellement lourd qu’ils apparaissent les moins bien placés pour mener une opération mains propres aux desseins politiques inavoués. Il suffit tout simplement de faire un bref rappel des principaux actes de prévarication qui émaillent leur parcours pour conclure au caractère folklorique de cette opération.

Sous Houphouët-Boigny

Commençons par la fameuse expression «grilleurs d’arachides» qui est rentrée dans le jargon ivoirien depuis les premiers scandales financiers de l’ère Houphouët-Boigny. Le boum économique ivoirien s’est accompagné  de détournements massifs de deniers publics au profit des dignitaires du PDCI-RDA. Le silence du Président Houphouët devant l’enrichissement rapide et illicite de ses compagnons de lutte et des cadres promus devenait insupportable. En réaction à la grogne qui enflait, le père de la nation n’a eu d’autres mots que de justifier ces actes ignobles. De façon imagée, Houphouët lancera à la face des Ivoiriens, en substance « qu’on ne regarde pas dans la bouche de celui qui grille des arachides, il arrive qu’il mange quelques grains», cela ne devrait offusquer personne.

En 1977, c’est l’affaire de la surfacturation des complexes sucriers qui révèle l’ampleur du délitement moral du régime. La construction de six unités sucrières, devant assurer une production annuelle de 300.000 tonnes de sucre à la Côte d'Ivoire, va se transformer en cauchemar. Et pour cause, Monsieur Konan Bédié en charge de l’économie et des finances avait multiplié par deux le coût de chaque unité. Plus de 250 milliards de francs CFA avaient été engloutis dans l’opération. En définitive la production de ces complexes n’a guère dépassé les 150.000 tonnes, loin en deçà des prévisions. Pis, le prix de revient du sucre produit en Côte d’Ivoire est trois fois plus élevé que le prix sur le marché international. Absurdité économique! En conséquence, les complexes furent partiellement démantelés dans les années 1980, avant d'être cédé au privé en 1997, pour moins de 30 milliards de francs CFA. Comme sanction de cette bourde, une loi anti-corruption a été adoptée le 23 juin 1977 et les ministres concernés ont été chassés du gouvernement le 20 juillet de la même année, avec ce commentaire du Président Houphouët: «Je n’ai que faire des malhonnêtes, furent-ils compétents». Aucune action judiciaire ne sera engagée et les sommes détournées ne seront pas remboursées.

En 1983, c’est le scandale financier de la LOGEMAD qui secoue le régime du PDCI. L’affaire révèlera que cet organisme d’État chargé de reverser les loyers aux propriétaires des logements occupés par des fonctionnaires profite essentiellement aux responsables politiques. Leurs techniques consistent à fixer les prix des baux administratifs alors qu’ils sont propriétaires des logements baillés à l’État. Le préjudice subit par l’État s’élève à des centaines de millions de francs qui ne seront jamais restitués.

La mauvaise gestion des sociétés d’Etat qui avaient poussé comme des champignons avec pour corollaire  des salaires colossaux, des détournements de deniers publics n’ont pas ému outre mesure les pseudo fondateurs de la Côte d’Ivoire moderne.

Sous le parti unique du PDCI-RDA, les prêts consentis par les banques de développement à certains dignitaires de l’ancien régime et restés impayés ont été convertis en dettes d’État. Il en est de même de certaines dettes avalisées par l’Etat et transformées elles aussi en dettes publiques. C’était l’époque des «prêts bancaires politiques». Cette situation a fait culminer le stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire à 11 367 milliards de francs CFA en 1996.

En 1992, la construction d’une usine de broyage du cacao à QINYUAN en Chine dans la province du GUANGDONG, a englouti plus de 10 milliards de francs CFA. Il se susurre que le partenaire technique français en charge de l’achat des équipements techniques n’avait livré que les équipements de moulage. Il vend à son profit les équipements de broyage constituant le cœur du projet et disparaît. Résultat, l’usine ne peut fonctionner et l’État ne peut retirer ses billes. Faisons le parallèle avec le projet Fulton aux Etats-Unis sous Gbagbo!

Que dire de la Caistab créée dès les premières années de l'indépendance pour protéger, grâce à un mécanisme de garantie, les planteurs de café et de cacao, des variations des cours internationaux de ces deux produits? Sa gestion opaque qui relevait de la seule responsabilité de son Directeur et du Président Houphouët avait amené les institutions financières internationales à exiger sa dissolution qui interviendra en janvier 1999. Les comptes financiers produits à cette occasion montreront l’ampleur des dégâts causés à l’économie nationale par cette structure. Les experts de la Banque Mondiale et du FMI évaluent à près de 80 milliards de FCFA, l'écart entre les recettes déclarées et les recettes réelles. Quand à l’audit commercial et financier, il révèle de nombreuses irrégularités dans les opérations de la CAISTAB. On note notamment un bénéfice de 23,5 milliards au lieu du déficit de 3 milliards déclaré.

A la fin des années 80, alors que la Côte d’Ivoire ployait sous le poids d’une dette colossale, les institutions financières internationales imposèrent au Président Houphouët esseulé, un bien curieux économiste. Son rôle officiel était d’aider à redresser l’économie qui prenait de l’eau de toutes parts. Les trois années passées par Monsieur Alassane Ouattara à la primature ont été désastreuses. L’économiste venu du FMI a procédé à la vente des actifs de l’Etats dans des conditions d’opacité qui ont heurté le parlement ivoirien de l’époque. Sous la primature de Ouattara, les délits d’initiés étaient devenus monnaie courante, poussant la presse à exprimer l’exacerbation de la population dans la formule «Alassane vend et rachète». Non content de racheter au franc symbolique les entreprises publiques, le Premier ministre avait importé 19 tonnes d’effets personnels d’Europe en s’exonérant de toutes taxes douanières, avant de racheter une villa privée à 300 millions de francs CFA.

Ainsi donc, pendant quarante années, les détournements de deniers publics et l’enrichissement illicite des dignitaires du parti au pouvoir étaient érigés en mode de gestion. Le chef ayant décidé qu’il devait en être ainsi, ses compagnons de lutte et ses collaborateurs ne se privaient. Les produits de ces détournements ont été investis pour partie dans des secteurs productifs de l’économie nationale à titre privé et pour partie déposés dans des paradis fiscaux. Houphouët-Boigny le confirme lui-même en disant : «Quel est l’homme sérieux dans le monde qui ne place pas une partie de ses biens en Suisse?» Sans commentaire!

Sous Konan Bédié

Le dauphin constitutionnel du Président Houphouët-Boigny, dont les mauvaises langues disent qu’il a fêté ses sept premiers milliards dans les années 70, fera montre d’un affairisme digne des mafieux. S’il perpétue le système des quotas d’importation et d’exportation des biens de consommation courante, il ne se gène pas de privilégier les membres de sa famille et ses amis. Les travaux pharaoniques de Pépressou (Daoukro), son village natale, et de Kokorandoumi, village de son épouse, se feront sur fonds publics sans aucun droit de regard du contribuable ivoirien.

Le régime de Monsieur Bédié poussera sa boulimie jusqu’à plonger la tête dans la besace des bailleurs de fonds internationaux. En effet, l'Union Européenne avait découvert, à la suite d'un audit effectué en 1997, qu'une partie des fonds d'appui à l'ajustement structurel qu'elle avait versés à la Côte d'Ivoire, notamment dans le domaine de la santé, avait été détournée. Le préjudice qui s’élevait à 18 milliards de francs CFA représentait environ 38% des fonds alloués. Sous la pression du bailleur de fonds, l’État s’est engagé à rembourser ces montants sans tirer toutes les conséquences judiciaires de cette sale affaire. Le ministre Kacou Guikahué a été certes limogé, mais le régime avait fini par faire le deuil de ce scandale. Seuls quelques fonctionnaires avaient été emprisonnés et vite relâchés.

Après le coup d’état de Robert Guéi en 1999, l'on se rappelle que deux des nombreux candidats se réclamant du PDCI-RDA à l'occasion de l'élection présidentielle d'octobre 2000, (Émile Constant Bombet et Lamine Fadika) avaient été recalés par la cour suprême pour défaut de probité. Autant dire que cette qualité est une denrée rare chez les houphouétistes.

L’affaire Roger Nasra a été l’autre scandale qui a remué la sphère financière ivoirienne. Par un système de fausses déclarations de TVA, l’homme d’affaires ivoiro-libanais avait réussi à soutirer plus un milliard de francs CFA au trésor public ivoirien. Au cours de son procès en appel comme en première instance, Monsieur Nasra avait mis en cause indirectement le président ivoirien Henri Konan Bédié. «Le directeur du Trésor M. Bouadou m’avait dit que l’argent détourné servirait à la campagne politique de M. Bédié, j’ai accepté de servir d’intermédiaire pour ces détournements, dans l’espoir d’obtenir ultérieurement des contrats avec la Côte d’Ivoire». Qui dit mieux ?

Sous Alassane Ouattara

Après son passage à la primature (1990-1993), Ouattara s’est signalé en 2002 avec cette rébellion qui continue d’endeuiller la Côte d’Ivoire. Le braquage de l’agence de la BCEAO d’Abidjan par un certain Sia Popo a finalement été le début d’actions d’envergure destinées à faire main basse sur les richesses du pays.

Le groupe Armajaro dirigé par le beau fils de Ouattara met à la disposition de la rébellion en préparation en 2002 un financement de 30 milliards de francs CFA en vue de la déstabilisation du pays. Bien entendu, le généreux bailleur de fonds, rompu aux techniques spéculatives sur les matières premières, a fait d’une pierre deux coups. Il entendait d’une part déstabiliser le régime de Gbagbo à défaut de le faire chuter au profit de Ouattara et d’autre part provoquer une flambée des prix du cacao sur le marché international qui redouterait une pénurie du produit dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur. Après le 11 avril 2011, on peut dire sans se tromper que les deux objectifs ont été atteints. Le régime de Gbagbo a fini par chuter après huit années de résistance et l’entreprise criminelle des spéculateurs leur a rapporté quelques 500 milliards de francs CFA.

Le 24 septembre 2003, soit un an après le déclenchement de la rébellion, l’agence BCEAO de Bouaké, est attaquée et dévalisée. Les mystérieux braqueurs se sont évanouis dans la nature avec un joli pactole dont le montant exact ne sera jamais connu, les chiffres variant entre 50 et 300 milliards de francs CFA. La réussite de l’opération de Bouaké va encourager les rebelles à poursuivre leur entreprise de braquage des deux autres agences situées à Korhogo et à Man. En outre, dans la foulée, la Caisse Autonome d'Amortissement (devenue BNI), la Trésorerie régionale de Bouaké, ainsi que l’agence BIAO de Ferkessédougou ont été attaquées.  Le butin a servi pour partie à payer les combattants et les fournisseurs d’armes et pour partie à alimenter des comptes bancaires dans des pays de la sous région ainsi que des paradis fiscaux. Au vu et au su de la communauté internationale dont l’ONU!

Les poulains de Monsieur Alassane Dramane Ouattara ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Appliquant les consignes de leurs commanditaires, les rebelles ivoiriens vont mettre en place de façon méthodique une économie de guerre en exploitant les ressources naturelles (cacao, coton, bois, noix de cajou, or et diamant) du territoire placé sous leur contrôle. Ils réussiront l’exploit de rendre le Burkina Faso exportateur de cacao pour la première fois dans l’histoire de ce pays sahélien enclavé. Ils percevront, en outre, des taxes sur le trafic routier et sur les services publics comme l’électricité que le gouvernement fournit pourtant gratuitement à la population. Ces activités leur rapportent environ 60 milliards de francs CFA par an selon les estimations du ministère de l’Economie et des Finances. A ces chiffres, il convient d’ajouter les activités personnelles des chefs de guerre, rapportant plusieurs milliards de francs CFA par an.

Ces pillages inédits dans l’histoire post coloniale de la Côte d’Ivoire est entouré d’un silence assourdissant et immoral. Que dit le justicier et censeur Ouattara de cette situation à laquelle il n’est pas étranger?

Notons que si le nouvel homme fort d’Abidjan est devenu aphasique sur les crimes économiques de son organisation mafieuse, il n’entend pas abandonner son jeu favori: le pillage des ressources nationales au travers d’une gestion scabreuse et opaque des deniers publics. Comme lui même et sa famille, la plupart des collaborateurs de l’homme qui a été installé par la communauté internationale sont plus préoccupés par la bonne santé économique de leurs propres business que par l’intérêt national. Dans ces conditions, l’on se demande si la signature, par les membres du gouvernement, de la charte d’éthique le 9 août 2011, n’était pas destinée à détourner les Ivoiriens des vrais défis de l’heure!

En moins de deux ans d’exercice du pouvoir, Dramane Ouattara est en passe de décrocher la palme de la mauvaise gouvernance. L’affairisme des dignitaires du régime Ouattara n’a d’égal que son avidité, avec un mélange de genres à couper le souffle. Avec Ouattara, on peut être Président, Ministre et chef d’entreprises privées. Quelques exemples suffisent à éclairer les Ivoiriens sur la nature réelle du régime d’Abidjan.

Selon la «Lettre du Continent», le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie, Adama Toungara a séjourné à l’hôtel Pullman dans une suite de plusieurs pièces, 16 mois durant, au frais du trésor public avec une ardoise d'un milliards quatre cents quarante millions (1 440 000) francs, soit 90 millions de francs par mois. Bien qu’étant le premier responsable des hydrocarbures de la Côte d’Ivoire, Monsieur Tounkara continue de diriger deux sociétés privées dans le même secteur: Minepetro Ltd basée dans l’Etat du Delaware (Etats-Unis) et Ipetro installée en Côte d’Ivoire.

Madame Kandia Kamara,  ministre de l’éducation, qui a maille à partir avec la langue de Molière, a institué un système d’inscription en ligne juste pour extorquer des fonds aux pauvres parents d’élèves. Sans appel d’offres, la ministre a attribué le marché à la société CELPAID contrôlée par son collègue Mamadou Sanogo, ministre de la Construction et propriétaire de grandes écoles à Abidjan (Hetec et Agitel Formation). L’un et l’autre sont maintenus à leurs postes, sans gêne!

Monsieur Adama Bictogo, ex-ministre de l’Intégration, contrôle ISD Holding, la filiale ivoirienne de la société belge Zetes qui possède le marché des passeports biométriques en Côte d’Ivoire.  Il a réussi par ailleurs à détourner une partie des sommes payées par Trafigura au titre du dédommagement des victimes des déchets toxiques déversés à divers endroits de la capitale économique, en 2005. S’il a été démis de son poste de ministre, il n’a nullement été inquiété par la justice.

Comme si les ministres de Ouattara s’étaient passé le mot, ils rivalisent d’ingéniosité pour s’enrichir de façon illicite. C’est ainsi que dans le courant de l’année 2011, la ministre de la Salubrité, Anne Ouletto, a réussi à attribuer un marché de 60 milliards à Satarem, une société française en faillite. La levée de bouclier sur ce grossier scandale a contraint le ministère de l’économie et des finances à annuler ce marché de gré à gré. Aucune autre sanction n’a été prise à l’encontre des auteurs qui continuent de narguer les Ivoiriens.

La réhabilitation des universités a été une autre occasion pour le régime de montrer son aversion pour la transparence dans la gestion des affaires publiques. C’est donc sans surprise que les travaux ont été surfacturés dans le cadre d’un marché de gré à gré, de plus de 110 milliards de francs CFA, attribué à une entreprise non spécialisée dans le BTP. Plus le temps passe plus la supercherie se découvre avec des campus universitaires non fonctionnels. Le détournement des deniers publics n’a donné lieu qu’au limogeage du Directeur des Affaires Financières du Ministère de l’Enseignement Supérieur.

Dans le courant du mois de novembre 2012, le périodique satirique «L’Eléphant déchainé» a révélé avec force détail l’enrichissement fulgurant de Diby Koffi Charles, Ministre de l’Economie et des Finances. Non seulement l’intéressé n’a pas démenti les allégations graves du journal, mais le Chef de l’État non plus n’a eu d’autres gestes que de le déplacer au poste de ministre des affaires étrangères. Les services du Trésor public ont institué un prélèvement illégal de 20 à 30% sur les factures des fournisseurs de l’Etat. Une vielle pratique déjà décriée sous les régimes précédents avec des taux moindre (5 à 10%).

Tels sont les principaux actes de mal gouvernance révélés en dix huit mois de gestion du pouvoir. Si le Chef de l’Etat ne semble pas gêné par ces nombreux scandales et conflits d’intérêts, c’est parce que ces pratiques constituent l’essence même de son pouvoir. Dans ces conditions il est disqualifié pour mener une quelconque opération mains propres contre les dignitaires du régime déchu. Il devrait s’inspirer de l’exemple de Laurent Gbagbo en la matière. Non seulement Gbagbo n’a pas jeté la pierre à ses prédécesseurs, mais il n’a pas hésité à saisir la justice même lorsque des soupçons de malversations ont pesé sur ses proches. «Avant de prétendre enlever la paille de l’œil d’autrui, il faut d’abord enlever la poutre qui crève tes propres yeux», conseille la Parole de Dieu. Simple leçon d’humilité pour un régime qui traine autant de casseroles!

 

John K. Silué

Financier, NY

mercredi, 19 décembre 2012

AFFAIRE FIRMIN MAHE: «PERMIS DE TUER» POUR L'ARMEE FRANÇAISE EN AFRIQUE

 

 

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Voici le communiqué que nous publions aujourd'hui sur le verdict de l'affaire Firmin Mahé et la décision du parquet de ne pas faire appel. Association Survie.


L’association Survie s’indigne de la décision du ministère public de ne pas faire appel du verdict rendu dans le procès de l’affaire du meurtre de Firmin Mahé. Les peines avec sursis prononcées contre les militaire français jugés coupables de ce crime de guerre commis en Côte d’Ivoire sont en effet insignifiantes. Mais surtout, les responsabilités au sommet, tant militaires que politiques, ont été honteusement escamotées. Signe que les interventions de l’armée française en Afrique demeurent au-dessus de tout contrôle.

Le 13 mai 2005 en Côte d’Ivoire, des soldats de l’opération française Licorne étouffaient un Ivoirien au moyen d’un sac poubelle. Firmin Mahé était le chef présumé d’une bande armée, accusée de crimes dans la zone de confiance qui séparait le sud du pays, contrôlé par le gouvernement, et le nord, occupé par la rébellion. Suite aux accords de Linas-Marcoussis et aux résolutions de l’ONU, les casques bleus, fortement épaulés par les militaires français, y étaient en charge de la sécurité.

C’est dans cette zone "de confiance" en fait zone de non-droit, où a explosé la criminalité [1] que nos militaires se sont affranchis des règles. Emploi d’indics ivoiriens sous uniforme français [2] ! Passages à tabac et traitements dégradants [3] !, Exhortation du colonel Burgaud pour « buter » un criminel pour l’exemple [4] ! Et donc exécution extra-judiciaire pour Firmin Mahé. Rappelons aussi que, dans la même région, des soldats de Licorne avaient braqué une banque [5] !

Vendredi 7 décembre 2012, la Cour d’assises a déclaré coupables trois des quatre militaires jugés dans cette affaire. Après deux semaines d’audiences, ces militaires ont été adroitement décrits comme les véritables victimes de cette affaire – victimes d’un mandat onusien irréaliste, victimes de casques bleus incompétents, victimes d’ordres illégaux, victimes d’une institution qui dresse des hommes à abandonner tout jugement – ces auteurs d’un crime de guerre caractérisé ont été condamnés à seulement un an à cinq ans de prison avec sursis. Dès le mardi 11 décembre, le Parquet a déclaré qu’il ne ferait pas appel de cette décision, avalisant ainsi une forme de "permis de tuer" pour les militaires français en Afrique : vous avez le droit à un assassinat, mais pas à deux. Si le jugement prononcé était juste, ce même jugement devrait en effet être prononcé de nouveau à l’avenir contre tout autre militaire qui, face à une situation complexe, se rendrait coupable d’exécution extra-judiciaire sur un prisonnier criminel. Le jugement actuel crée ainsi une jurisprudence dangereuse.

Par ailleurs, de bout en bout, la gestion de la crise ivoirienne est française. Les résolutions de l’ONU, qui donnent mandat à la force Licorne, ont toutes été écrites par la délégation française. Les accords de Linas-Marcoussis, qui ont instauré la zone de confiance et sur lesquels s’appuyait l’ONU, ont été imposés depuis Paris. Les missions sous casques bleus sont pilotées depuis New-York par les diplomates, immuablement français, qui dirigent le département des opérations de maintien de la paix.

On sait d’ailleurs que les méthodes expéditives de l’armée française en Afrique, particulièrement en Côte d’Ivoire, ne s’arrêtent pas à l’affaire Mahé. En d’autres circonstances, un chasseur alpin dira « des affaires Firmin Mahé, mettant en cause des officiers supérieurs, j’en ai vu plusieurs pendant que j’étais en Côte-d’Ivoire. » [6]

Si, au contraire d’affaires similaires, l’élimination de Firmin Mahé a eu des conséquences judiciaires, c’est très probablement à cause de l’épisode dramatique qui l’a précédé en novembre 2004 et qui oppose deux acteurs majeurs de l’époque : la ministre de la Défense Alliot-Marie et le commandant de la Force Licorne à l’époque, le général Henri Poncet. Il s’agit du bombardement de Bouaké, dans lequel neuf soldats français ont été tués et qui a précédé de sanglantes représailles de l’armée française sur les civils Ivoiriens. Après la plainte des familles des soldats français victimes de ce bombardement, les partitions jouées par le général Poncet et par Michèle Alliot-Marie ne s’accordent guère. Devant la juge du Tribunal aux Armées de Paris, le général évoque une « bavure manipulée » [7] destinée à justifier le renversement du président Gbagbo. Pour le contrer, l’ex-ministre exploite médiatiquement l’affaire Mahé. Tandis qu’en 2010, à l’issue de l’instruction, le Tribunal aux Armées de Paris renvoie aux assises les quatres militaires qui viennent d’être jugés, leur responsable hiérachique, le général Poncet, bénéficie d’un non-lieu. Les audiences du procès ont pourtant révélé l’existence de rapports internes à l’armée sur ce général au « style de commandement très violent, très pousse-au-crime » [8], qui aurait ordonné à l’un de ses colonels, après le bombardement de Bouaké, « je veux des morts ivoiriens » [9].

Exonération de la haute hiérarchie militaire de ses responsabilités, refus du ministère public de faire appel des peines de sursis prononcées : le précédent créé par cette première affaire en cour d’assises concernant des militaires coupables d’homicide est désastreux. L’association Survie s’indigne d’une telle indulgence pour les exécutants et leur chef, qui n’a pas été inquiété. Cela revient à blanchir officiellement les comportements criminels de l’armée française en Afrique.

[1] Lire « Les gens sont abandonnés à leur sort ». Témoignages recueillis en Côte d’Ivoire : 2003-2006, Médecins sans Frontières Belgique, 2007. Ce rapport n’est plus disponible sur internet mais peut être consulté sur le site de Survie. Parmi les témoignages recueillis, un membre du personnel médical de la ville de Man déclarait en août 2005 : « les victimes de violences, qui se font soigner ici, viennent pour la plupart de l’intérieur de la zone de confiance. Le danger y est omniprésent. Les habitants y sont abandonnés à leur sort. Ils ne peuvent compter sur personne pour assurer leur sécurité. Lorsqu’un vol est commis d’un côté ou de l’autre de la zone de confiance, on appelle la police et c’est fini. Mais qui garantit la sécurité dans cette zone ? Tout le monde peut y faire ce qu’il veut sans risque d’être inquiété car les crimes restent impunis. »

[2] Guy Raugel : « J’avais monté un réseau d’indics qui ne se connaissaient pas pour pouvoir recouper les informations. Ponctuellement, je mettais dans mes patrouilles un indic déguisé en militaire français. » Le Dauphiné Libéré, 27 novembre 2012. Guy Raugel a répété ses propos devant la cour d’assises.

[3] Lire L’armée parmi les accusés au procès des mosquées brûlées, Libération, 07/12/2006. Au sujet d’un ancien caporal chasseur alpin condamné au procès des mosquées brûlées d’Annecy : « À plusieurs reprises, il a participé à la force d’interposition entre rebelles et partisans du président Laurent Gbagbo en Côte-d’Ivoire. Il évoque l’affaire Firmin Mahé, ce jeune Ivoirien tué par des soldats français, et dit : « des affaires Firmin Mahé, mettant en cause des officiers supérieurs, j’en ai vu plusieurs pendant que j’étais en Côte-d’Ivoire. » Il raconte que lorsqu’ils attrapaient un rebelle, ils « le ligotaient et le sergent lui mettait un coup dans la gueule, puis c’était chacun son tour, et on le faisait sinon on était traités de pédés ». David Métaxas, avocat de la Licra, lui demande alors combien de fois c’est arrivé. Il soupire, ne sait pas, suggère qu’il a vu pire mais ne peut pas le dire. Puis rapporte cette anecdote : pour l’un de ses anniversaires, un lieutenant lui aurait dit : « joyeux anniversaire caporal. Comme cadeau, je t’offre trente Noirs pour construire un bunker. » La cour ne comprend pas, lui demande d’être plus clair. Il explique alors qu’il s’agissait d’un jeu fréquent. Des « esclaves » à qui l’on faisait construire des « postes de combat avancés » dont l’armée n’avait pas besoin. »

[4] Le colonel Burgaud a dit à ses hommes : « Il faut en buter un. Tant qu’on n’en aura pas tué un, le problème ne sera pas réglé. » À la barre, il a expliqué qu’il s’agissait en fait de « faire un flagrant délit ».

[5] C’est l’affaire de la BCEAO : 12 soldats de la force Licorne ont été condamné à de la prison ferme pour avoir pillé la banque qu’ils étaient censés garder.

[6] Cf. supra, L’armée parmi les accusés au procès des mosquées brûlées, Libération, 07/12/2006.

[7] Lire Le bombardement de Bouaké, une « bavure manipulée » ? Mediapart, 06/11/2011.

[8] Témoignage du général de Malaussène devant la cour d’assises, le 4 décembre 2012.

[9] Le colonel dont il s’agit, Luc de Revel, est aujourd’hui sous-directeur de l’Afrique subsaharienne pour la coopération militaire au Ministère des affaires étrangères. Son témoignage, qui figure dans le dossier Mahé (Mediapart, 06/11/2011), a été rappelé devant la cour d’assises par le général de Malaussène.

COTE D'IVOIRE - EDUCATION: KANDIA EST UN DANGER!

 

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Dans sa parution du samedi 14 décembre, le quotidien Soir Info révélait ceci :

«Excédée par les grèves intempestives, jugées inopportunes, Kandia menace de fermer l’école pour un an».

C’est ainsi que l’on pourrait résumer la rencontre qu’a eu, hier, la ministre de l’éducation nationale et de l’enseignement technique avec les associations et mouvements des parents d’élèves, le forum des confessions religieuses, les chefs coutumiers. Il était question pour le premier responsable de l’école ivoirienne de mettre en mission ces partenaires sociaux pour faire entendre raison aux syndicats. 

«Cela y va de la responsabilité de chaque acteur, parents d’élèves. Echanger avec vous, nos partenaires sociaux, et vous informer de la réalité de la situation qui prévaut dans nos écoles et vous amener à prendre la pleine mesure de la situation concernant l’éducation de vos enfants. Nous souhaitons que les parents d’élèves, les responsables religieux, les chefs coutumiers que vous êtes… s’engagent dans la gestion de l’école et le règlement de cette crise».

Mais avant, elle est revenue sur l’ensemble des efforts faits par l’Etat à l'égard des enseignants, dans le souci de sauver l’école et mettre fin aux arrêts de travail à l’école qui, selon elle, «sont à la base du niveau bas de nos résultats scolaires». Ce qu’il faut savoir, c’est ce que l’Etat a proposé de payer 42.600.000.000 (42 milliards 600 millions) pour l’ensemble des fonctionnaires, d’ici 2013. Chose que réfutent les syndicats. Au dire du ministre de l’éducation nationale, «ils exigent qu’on paye les indemnités mais aussi qu’on paye les arriérés de 2007 à aujourd’hui qui s’élèvent à 207 milliards, ici et maintenant, plutôt que les 42 milliards 600 millions que nous leur proposons pour faire face à ces engagements. Ils lancent une grève illimitée à partir du 14 janvier. Si la situation continue ainsi, nous serons obligés de demander au président de la République de fermer l’école sur un an. Ainsi, ils seront sans salaire et cet argent va servir à la réhabilitation de l’école sérieusement marquée par la crise. Nous leur demandons d’être patients parce que nous venons de loin». L’Etat étant une continuité, a-t-elle précisé, «nous avons décidé d’honorer les engagements pris par l’ancien régime».

Ces propos de la Ministre Kandia Camara ne surprennent pas. Pourtant, ils appellent une réaction de chacun des ivoiriens en ce que l’école est un élément transversale qui touche directement ou forcément indirectement chacun de nous. Qui n’a en effet pas un enfant, un neveu, qui soit un élève ou encore enseignant ou assimilé?

En effet, un adage malinké dit ceci: «Manifester la volonté d’habiller un éléphant est une volonté louable, le réussir est une action encore plus méritoire». Que la ministre qui a en charge deux ministères mobilisant plus de la moitié des fonctionnaires ne comprenne pas l’importance de sa charge et veuille se mettre à dos 80.000 personnes en suspendant leurs salaires sur un an et en fermant leur lieu de travail sur la même période, est une hérésie. Kandia Camara semble oublier qu’une bonne partie des enseignants dont de nombreuses années de service ont été marquées par le raccrochage et qui continuent d’en payer les conséquences, en veulent terriblement au Président Ouattara. Si une partie de ceux-là ont accepté d’oublier, un grand nombre ne peuvent passer cet état de fait en pertes et profits et attendent des gestes forts de Ouattara. Certains attendent des réparations pour le préjudice subi depuis. Et il est clair qu’une suspension de solde et une fermeture des établissements est loin d’être ce geste attendu. Et pourtant, les revendications exprimées par les enseignants à travers l’ISEF (intersyndicale du secteur éducation formation) sont claires. Ceux-là demandent l’application d’accords dûment signés par l’Etat de Côte d’Ivoire. Kandia ne sait pas la valeur de l’école. En affirmant ce qu’elle a dit, Ouattara sait désormais qui est son ennemi dans ce gouvernement.

D’ailleurs cette sortie malheureuse de Kandia ne surprend personne. Chacun savait que Kandia aurait une réaction inopportune dès la première crise à l’école. Qu’attendre de quelqu’un qui n’est entouré que de "has been" qui ont encouragé les ministres Amani Michel et Bleu Lainé à prendre des décisions iniques qui n’ont eu de résultats que de contribuer à assombrir davantage l’environnement de l’école?

On le voit, Kandia n’a pas de repère, elle n’a pas de solution pour l’école. Tout ce qui lui importe, c’est de paraître et le seul titre de ministre lui semble suffisant pour exposer sa morgue et son arrogance, elle qui dit être du milieu de l’enseignement.

OUATTARA DOIT S’EN MEFIER

Sous le Président Gbagbo, les syndicats en œuvre actuellement sont ceux qui ont fait des grèves parfois rudes et pourtant certains leaders de ces organisations n’ont jamais caché leur proximité avec le FPI. Que Kandia qui a vainement essayé la manipulation et la diabolisation, en utilisant le RER (Rassemblement des Enseignants Républicains) pour faire passer les grévistes pour des putschistes, apprenne que rien ne peut estomper la marche vers un mieux-être des citoyens. Il est vrai que le Président Ouattara est au travail. Mais la lutte contre la pauvreté qu’il prône, et qui a justement été récemment rappelée par Kandia lors du lancement du fonds d’aide aux femmes, ne saurait se faire sur la dépouille d’une partie des citoyens. Si Alassane Ouattara suit Kandia dans ces errements, il ne pourra réaliser son projet pour les Ivoiriens. Qu’il se débarrasse de cette ministre qui pense qu’il faut discuter avec tout le monde sauf avec les acteurs de la grève qui sont pourtant bien connus.


D.F.S.

Source: CONNECTION IVOIRIENNE

ABIDJAN, VILLE LUMIERE POUR CERTAINS, VILLE POUBELLE POUR D'AUTRES

 

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Ça y est, c'est parti pour la deuxième édition d'"Abidjan ville lumière", officiellement lancée ce samedi soir par les autorités de la capitale économique et principale ville du pays.

En effet, les décorations installées pour la plupart au niveau du quartier central du plateau, de ses abords et sur quelques autres axes de grande fréquentation routière abidjanaise, se sont l'espace de quelques heures illuminées pour la grande joie de certains badauds profitant de l'occasion pour en faire une sortie pas cher et rompre ainsi avec l'ennui habituel des fins de semaine de la capitale.

En effet, si Abidjan ne compte (pas, plus?) de cinéma, de musée, de quartiers piétons modernes et animés, d'espace publics de promenade à l'image des villes modernes du vingt et unième siècle, elle brille au moins par sa capacité et son potentiel de dépenses (près de 5 milliards de Fcfa selon les indiscrétions, Ndlr) et ce pour des plaisirs visuels éphémères qui ont bien du mal à faire oublier sa saleté incommensurable, ses odeurs nauséabondes, son réseau routier obligeant aux 4X4, sa pollution et sa vétusté d'ensemble .

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C'est en tout cas le constat fait par KOACI.COM sur le terrain, ce samedi soir, auprès des ivoiriens abordés; les lumières font plaisir mais ne font pas oublier la réalité. "On vit dans une poubelle mais on tente de faire comme si de rien n'était, nous sommes tous responsables; cela dit, y a juste à voir la lagune et les ordures partout pour comprendre que c'est pas maintenant que ça va changer; en attendant, ils nous blaguent avec des lumières, on prend et on fait avec même si on imagine bien que cet évènement a donné la possibilité d'énormes détournements, on n’est pas dupe", livre Mamadou, un habitant de Treichville venu en famille, voire plus, pour admirer les faisceaux lumineux du Plateau.

"Bon, moi ça me plait, je fais avec; le reste, ça va aller petit à petit; on est en Côte d'Ivoire faut pas oublier, l'ivoirien est propre mais sa maison est sale, comme dit la chanson; dans mon quartier y a même pas de route ni d'égouts, donc en venant ici, ça nous change un peu", livre quant à elle, Solange, une fonctionnaire rencontrée à la hauteur de la place du marché en compagnie de son accompagnateur du soir.

"Je voulais être là pour le lancement; je remercie le district et la Lonaci pour cet évènement; c'est vrai que ce n'est que des lumières mais ça me plait", avoue quant à lui Souleymane, un garagiste venu d'Adjamé.

En conclusion, on dira qu'entre ville lumière et ville poubelle, en Côte d'Ivoire, il n'y a parfois qu'un pas.


Amy


SourceKOACI.COM

lundi, 17 décembre 2012

INJUSTICE ET IMPUNITE DANS LE PLAN DE DEVELOPPEMENT DU DR OUATTARA


 

Ce ne sont pas seulement les chiffres, les promesses et l’approche qui sont hautement critiquables dans le PADO2, le nouveau plan de développement du président Ouattara. Ce qui est encore plus grave, c’est l’immense place qui y est accordée à l’injustice et l’impunité, qui en sont les piliers fondateurs, comme le démontre ici le Pr. Mamadou Koulibaly, président de LIDER, principal opposant au régime en place.

 

Par Mamadou Koulibaly - Soir Info - 17 décembre 2012

 

DANS SON approche du développement économique de la Côte d’Ivoire, le président Ouattara propose une théorie que nous avons convenue d’appeler PADO2. Cette démarche théorique de la planification du développement, au-delà de ses incohérences et de ses illusions, révèle le sens profond de l’injustice et de l’impunité qui anime le Dr Ouattara.

Son plan arrive au moment où une vérité s’impose en évidence aux observateurs de toujours : La pauvreté s’est accrue en Côte d’Ivoire au cours des années 2000 à 2012. Alors qu’en 2002, au moment où la rébellion éclatait dans notre pays et était animée par le Mpci, le Mpigo, le Mjp et toutes les autres formes de Forces Nouvelles, le taux de pauvreté était de 38%. En 2008, au moment de la préparation des élections, l’indice global de la pauvreté était à 49% et aujourd’hui, dans la première année du programme de Ouattara, le taux de pauvreté oscille entre 50 et 51%. La rébellion armée de 2002 aura donc été criminelle à plusieurs niveaux pour la Côte d’Ivoire.

Il est évident que monter une rébellion contre la Côte d’Ivoire a conduit à "mélanger" le pays, à rendre l’Etat ingouvernable et à approfondir l’appauvrissement des populations entre 2002 et aujourd’hui.

Une manifestation non moins évidente est que le taux de croissance de l’économie nationale s’est aussi dégradé naturellement, comme une conséquence de la rébellion armée qui aura coupé le pays en plusieurs morceaux. Cette évolution se mesure par la diminution de la valeur de la production nationale, toutes catégories confondues. Avec la rébellion, les Ivoiriens ont moins produit, c’est pour cela qu’ils se sont appauvris. La production nationale a tellement baissé que, d’année en année, les efforts arrivaient à peine à dépasser les niveaux de production précédemment atteints. Par exemple, en 2008, notre niveau de production interne brut était de 10.485 milliards de Fcfa. Entre 2008 et 2009, en pleine accalmie de la mascarade de paix que l’on a appelé à l’époque le dialogue direct, la valeur de l’ensemble de notre production nationale n’était que de 10.880 milliards de francs cfa. A l’époque, on a célébré le retour de la paix, la fin de la guerre, l’urgence d’aller aux élections «vite, vite, vite», sans désarmement et en violation complète de ce qui était devenu notre loi fondamentale, l’Accord politique de Ouagadougou.

Dans cette ambiance de paix retrouvée, nous n’avons pu faire qu’un supplément de 395 milliards entre 2008 et 2009. De la même façon, nous n’avons amélioré notre résultat précédent que de 478 milliards de Fcfa entre 2009 et 2010. Et en 2011, du fait de la guerre postélectorale, notre effort d’amélioration de nos performances a été carrément négatif de 202 milliards ! Nous venions de perdre plus de 200 milliards par rapport à l’année précédente. La croissance aura été négative. La pauvreté s’est accrue. Ouattara, lui, dit que de ce niveau de -202 milliards, il va porter la croissance de notre production à 1.250 milliards en 2012, puis y ajouter 1.000 milliards entre 2012 et 2013, et encore 1.100 milliards entre 2013 et 2014 et enfin plus de 1450 milliards de Fcfa entre 2014 2015. Il faut lui souhaiter beaucoup de succès, car de sa réussite dépend, en principe, le bien-être des populations. Mais peut-être aussi que ces accroissements de richesses ne peuvent survenir que si la population adhère, se rassure, reprend confiance en elle-même et en Ouattara. Toute la population et non une partie d’elle. Sans cela, peut-il y avoir croissance autre que celle qui occasionne une pauvreté supplémentaire ? Peut-on éviter au plan de Ouattara une dynamique de croissance appauvrissante ?

Dans le programme de Ouattara, le PADO2, et non son programme de campagne, l’on reconnait ces faits. Mais si la pauvreté s’est accrue au niveau national, elle n’a pas été homogène. Les zones rurales ont été plus frappées que les zones urbaines. Au moment où le taux moyen de pauvreté était à 49% ou 50%, les régions du nord atteignaient un taux de 77%, les régions du centre présentaient un taux 63% et celles de l’ouest montagneux avaient 64%. Les zones dites à l’époque Cno ont donc été plus appauvries que les autres zones de Côte d’Ivoire. La rébellion a apporté la pauvreté dans les zones qu’elle a eues sous son contrôle pendant dix ans. Les rebelles ont pillé, volé, violé et tué abondamment. Il s’agit d’activités criminelles punissables aussi bien par le droit national que par le droit international.

Les crimes commis sont des crimes économiques. Ils concernent la création de caisses parallèles à celles de l’Etat, le détournement systématique de recettes fiscales, le braquage de banques et de plusieurs agences de la Bceao, le pillage d’entreprises industrielles et commerciales, l’exploitation illégale d’or, de diamants, de bois et autres ressources naturelles, l’encaissement et la conservation illégale de recettes douanières et parafiscales… Mais l’on compte également les séquestrations de citoyens, les exécutions extrajudiciaires, les crimes de sang, les crimes contre l’humanité, les crimes de guerre etc.

Naturellement, la justice aurait voulu que tous les criminels des zones Cno soient poursuivis comme ceux des zones du sud l’ont été. Les mêmes principes qui ont conduit, après la guerre, à l’arrestation et à l’emprisonnement de nombreuses personnes pour crimes contre l’humanité et crimes économiques, devraient aussi être valables pour poursuivre, arrêter et juger ici et à la Cour pénale internationale, tous les autres criminels. Mais dans le PADO2, il n’y a de criminels que les vaincus de la guerre post électorale. S’il est vrai que l’on peut accepter qu’il n’y a pas de prisonniers politiques en Côte d’Ivoire, comme l’a affirmé récemment Alassane Dramane Ouattara, il est impossible de ne pas voir que nos prisons sont pleines de prisonniers de guerre. Or les criminels de guerre, on les retrouve dans tous les camps, et Ouattara veut faire le développement sans justice. Il veut faire le développement en imposant l’impunité comme système de gouvernement. Cette attitude d’injustice est d’autant plus inacceptable que le PADO2 fait payer à ensemble des Ivoiriens les efforts de reconstruction des zones Cno, sans que l’on demande à ceux qui ont géré ces zones pendant dix ans et qui les ont appauvries en s’enrichissant eux-mêmes, de rendre des comptes à la Nation. Où sont passées les sommes faramineuses des casses des agences des banques centrales ? Va-t-on faire, dans le cadre du plan de développement de Ouattara, l’audit de la Centrale des Forces armées des forces nouvelles (Fafn) ? Fera-t-on le procès de ceux qui ont enfermé des populations dans des conteneurs à Korhogo et qui les ont, de sang-froid, tué en les laissant mourir d’étouffement ?

Allons-nous faire l’audit de la gestion des zones Cno? Une commission d’enquête nationale ira-t-elle faire des investigations pour nous situer sur ces crimes économiques et politiques ? Ces questions sont d’autant plus légitimes que dans le PADO2, les investissements prennent en compte la plus forte pauvreté dans les zones Cno et promet de leur affecter 60% des dépenses, contre 40% pour le reste du pays. Peut-on reconstruire la Côte d’Ivoire sans la réconcilier avec elle-même et dans la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ? Peut-on reconstruire la confiance sans justice ? Peut-on bâtir un avenir prometteur au Triomphe de l’éléphant dans l’impunité totale?

Hélas ! Toutes ces questions institutionnelles, juridiques et politiques sont évacuées par le PADO2. Pour son auteur, tout est d’abord une question d’argent, une question de milliards à rechercher et non un problème d’organisation cohérente de la production. Ouattara pense que s’il investit des milliards de francs, il nous fera oublier toutes les injustices, toutes les impunités qui fondent sa politique. Il a peut-être raison. Attendons de voir. Mais nous sommes sûrs d’une chose : Aucun pays ne s’est développé dans la culture de l’injustice et de l’impunité. Ouattara innovera peut-être en la matière, comme hier d’autres ont pensé innover avec l’Apo, avec le succès que l’on sait.

L’avenir nous le dira.

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER


Source: LIDER-CI.ORG

COTE D'IVOIRE: DES MILITAIRES TUES DANS UNE ATTAQUE A AGBOVILLE

 

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Deux militaires ont été tués dans l’attaque dimanche d’un poste de contrôle de l’armée ivoirienne à Agboville (sud, 80 km au nord d’Abidjan), selon des habitants de la localité.

D’après un enseignant dans la ville joint au téléphone, l’attaque a eu lieu vers 7h00 du matin au poste de contrôle du village d’Ery-Makouguié 1, à un kilomètre d’Agboville, à la sortie nord de la ville vers Abidjan.

Les assaillants ont ouvert le feu sur des éléments des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) en service à ce corridor, en tuant deux avant de blesser un civil et d’emporter des armes et un véhicule du Bureau national d’études techniques et de développement (Bnetd, parapublic), selon un autre témoin.

Parmi des éléments de la gendarmerie appelée en renfort, deux éléments ont été blessés, a indiqué un gendarme de la localité joint au téléphone.

Le gendarme signale qu’une première attaque a eu lieu samedi à un autre poste de contrôle des FRCI dans la localité de Kopo, à 56 kilomètres d’Agboville, sans dommages.

L’attaque d’Agboville intervient après plusieurs mois d’accalmie consécutifs aux attaques répétées contre les positions des FRCI qui avaient fait plusieurs morts.

Le gouvernement avait accusé les partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo d’en être les auteurs, ce qu’ils ont nié.

 

Source: XINHUA

samedi, 15 décembre 2012

MAMADOU KOULIBALY PERSISTE ET SIGNE: «SOUS OUATTARA, LA VIE EST DEVENUE PLUS DURE POUR LES IVOIRIENS»


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Au lendemain des annonces triomphalistes de financement de son plan national de développement par le chef de l’Etat, le président de LIDER a écrit une contribution remarquée, publiée par plusieurs médias (Economie d’endettement et émergence: Mode d’emploi[i], qui a mis à mal la communication gouvernementale.

 

Le Pr. Mamadou Koulibaly persiste et signe dans sa critique sans concession de la politique économique du régime Ouattara. A travers un éclairage pédagogique et fondé, en exclusivité pour L’Intelligent d’Abidjan, il revient en détails sur ses réserves au sujet du nouveau plan présidentiel, qui a pour vocation de remplacer le programme «Vivre ensemble» avec lequel Ouattara a été élu, mais qui s’est révélé totalement inefficace depuis deux ans.

 

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 Le plan d’Alassane Dramane Ouattara: Incohérences et incertitudes

 

Par Mamadou Koulibaly - L’Intelligent d’Abidjan - 14 décembre 2012

 

LORSQUE le Dr Alassane Dramane Ouattara et son gouvernement parlent, ils minimisent les problèmes quotidiens et institutionnels des populations ivoiriennes et maximisent les illusions qu’ils essayent de leur fourguer. Le président est connu pour cela, lui qui avait promis que dès son arrivée au pouvoir, la vie des Ivoiriens changerait en bien et qui, aujourd’hui, depuis son palais, se borne à promettre une prétendue émergence de la Côte d’Ivoire à l'horizon de 2020, sans que l’on ne voit les politiques qui vont y conduire. L’expression est, semble-t-il, consacrée et reprise par ses commentateurs d’ici et d’ailleurs. Malgré toutes ses promesses d’aujourd’hui comme celles d’hier, une question revient tout le temps et partout : Pourquoi la vie est-elle devenue si dure sous Ouattara, alors qu’il nous avait promis le bonheur ?

Les partisans du Dr Ouattara ne semblent pas eux-mêmes savoir que leur mentor leur vend du vent, eux qui se transforment en thuriféraires prêts pour la défense de son plan national de développement. On ne peut pas leur en vouloir. Mais il faut leur donner les instruments d’une meilleure compréhension du travail de leur président, pour que nous discutions avec eux sans injures, sans anathèmes et sans toutes ces choses et tous ces mots qui peuvent gâcher le fond des argumentaires. C’est à cet exercice qu’ils sont invités ici. 

En outre, il faut aussi leur donner les moyens de compréhension du plan de Ouattara, le PADO2, après le premier PADO présenté alors que l’actuel président de la République était Premier ministre du Président Houphouët-Boigny au début des années 1990. Lisons PADO2 comme "Plan Alassane Dramane Ouattara n°2".

D’abord, il s’agit d’un document théorique de planification du développement de la Côte d’Ivoire sur les quatre années 2012-2015. Ouattara essaye de faire de la théorie prospective pour montrer que dans ces quatre années, il fera triompher la Côte d’Ivoire. La théorie qu’il adopte est celle du "Triomphe de l’éléphant", du nom du scénario qu’il a choisi parmi plusieurs possibles et qu’il compte suivre. Que dit la théorie du ‘’Triomphe de l’éléphant’’ ?

Elle dit que sur les quatre années de son plan, le Dr Ouattara pense que la CI va se développer si lui arrive à y investir un total de près de 11.100 milliards environ de francs CFA. Et selon sa vue, chaque année, à partir de 2012, l’investissement devrait augmenter sans cesse jusqu'à atteindre ce niveau. Le Triomphe de l’éléphant, c’est d’abord de l’investissement à faire massivement dans le pays sans considération pour les conditions institutionnelles, politiques et sociales.

Ainsi se présente son plan théorique d’investissement en milliards de FCFA.

Année

2012

2013

2014

2015

Total

Investissements prévus

1521

2263

3130

4162

11.076

Apport de l’Etat

676

1000

1291

1612

4579

Apport du secteur privé

845

1263

1839

2550

6497

Ce sont ces volumes d’investissement qui sont théoriquement programmés dans le PADO2.

Les partisans du Dr Ouattara doivent savoir que cette théorie est d’autant plus fausse que rien qu’au commencement, en 2012, le président n’a pas pu collecter plus de 20% des sommes prévues. Mais il se contente de rassurer que cette situation constitue une bonne nouvelle pour nous. Et nous devons y croire. Dans des domaines prioritaires du PADO2, comme par exemple l’énergie, la mobilisation des fonds promis n’a même pas dépassée les 7%. Lorsque les choses commencent ainsi, il faut une bonne dose d’optimisme au-delà du maximum rationnel, pour croire que tout ira bien par la suite.

Ensuite, il faut savoir que cette théorie est insoutenable parce que dans sa démarche, tous les secteurs de l’économie sont décrétés comme étant prioritaires. On cite pêle-mêle les infrastructures et le transport comme prioritaires avec les plus grosses dépenses prévues, mais l’agriculture, l’industrie, les hydrocarbures, les mines, l’énergie sont elles aussi classées comme prioritaires. Et on dit aussi que l’éducation, la santé, l’habitat sont eux aussi prioritaires. Lorsque dans une théorie de la prospective, tous les secteurs deviennent prioritaires, il faut croire qu’il n’y a en réalité aucune priorité. On bricole dans le PADO2 contenu dans le PND.

Enfin, signalons quand même que les hypothèses sur lesquelles le Dr Ouattara construit sa théorie du PADO2 sont vraiment héroïques, malgré la faible mobilisation des ressources pour l’année 2012 achevée maintenant. La plus illusoire des hypothèses, celle qui doit semer le plus de doutes chez les défenseurs du PADO2, c’est que Ouattara espère réaliser des projets d’investissement de longue durée avec des financements qui ne sont disponibles que pour la courte période. Les ressources internes qu’il entend mobiliser par les moyens de l’Etat, dans le système financier actuel, sont des financements courts, des emprunts publics locaux ou du crédit à l’économie de notre système bancaire. Il faudrait être un bon prestidigitateur pour réussir ce tour de passe-passe : réaliser des projets rentables sur dix ans avec des crédits disponibles sur trois ans. Soit on accumule des arriérés des paiements, auquel cas les banquiers qui financent renoncent, les chantiers restent bloqués en cours de route et vous êtes poursuivi ; soit c’est du bluff. Dans ce dernier cas, aucun banquier ne suivra le projet à moins qu’il n’accepte d’augmenter dangereusement son portefeuille d’actifs pourris et compromis.

L’autre hypothèse de l’approche du PADO2, c’est que le Dr Ouattara pense obtenir ces énormes financements du secteur privé international, local et des bailleurs de fond de l’Union européenne, de la Banque mondiale et des autres partenaires qui acceptent théoriquement de le soutenir à des conditions concessionnelles, sans procéder à des passations transparentes de marchés. En effet, dans la tradition du Dr Ouattara, aussi bien hier avec le PADO1 dans les années 90 qu’aujourd’hui avec le PADO2, le défaut de transparence dans les engagements de l’Etat sur les contrats de concession dans le cadre de son partenariat avec le secteur privé est une marque de qualité. Or les règles communément acceptées par la communauté financière internationale sont la transparence dans les passations de marchés, les appels d’offres ouverts et inclusifs, les prix concurrentiels et non les prix de monopole et les contrats de gré à gré opaques. Le gros risque que court le PADO2 est que très rapidement, les partenaires qui à Paris ont fait, ce mois de décembre 2012, des propositions de financement ne se rendent compte que le système de Ouattara est corrompu, que les marchés sont passés dans l’opacité, qu’il n’y a aucune concurrence et que les incertitudes sur l’avenir ne sont pas probabilisables. Ils se rendront compte que le Dr Ouattara gouverne dans un univers chaotique dans lequel il n’y a pour règle que la loi de celui qui peut utiliser la machine de l’Etat pour se présenter comme le plus fort du moment et écraser tout sur son passage.

Et lorsqu’ils le découvriront, leurs engagements effectifs pourraient ne pas être à la hauteur de leurs promesses théoriques. Ils vont s’ajuster et renonceront à risquer leurs fonds dans le Triomphe de l’éléphant, qui leur apparaitra comme un triomphe à la Pyrrhus.

On devrait signaler aussi que pour un plan de développement, il n’y a aucun chiffrage précis des projets sectoriels annoncés dans le PADO2. Il n’y a aucune étude sérieuse des aspects techniques, financiers et économique des dépenses d’investissement annoncées. Il n’y a qu’un chapelet de projets qui se suivent avec des montants globaux, comme les enfants, et même certains adultes le font pour leurs cadeaux de fin d’année. "Père Noël, je veux une poupée et un ordinateur pour moi et un vélo pour mon frère". Et puis le soir de Noël, Santa Claus passe et comble les rêves.

Les incohérences du PADO2 vont même plus loin et considèrent dans leur projection de croissance théorique que les institutions fonctionnent bien ; que la paix est retrouvée ; que la sécurité est établie; que la réconciliation est acquise ; que la justice est fonctionnelle, efficace et guérie de toutes ses maladies ; que le racket des FRCI est supprimé ; que les surfacturations de projets sont dépassées etc. Nous sommes simplement priés de le croire. Mais si les supporters de Ouattara croient en toute cette théorie de la paix et de la cohésion nationale, les partenaires internationaux dont les financements sont sollicités ont du mal à y croire, malgré toutes les campagnes de communication et de séduction à leur endroit. Ils ont le sentiment que le PADO2 ne rompt pas avec les élections truquées, avec la mascarade de désarmement et avec les incompétences politiques notoires qu’ils observent ici et là.

Pour terminer, signalons tout de même qu’alors que la Côte d’Ivoire reste encore un pays essentiellement agricole et que le majorité des pauvres de notre pays vit dans le milieu rural et travaille directement la terre. Le PADO2 considère que la croissance économique doit être plus encouragée dans les secteurs secondaires et tertiaires, qui vont avoir des taux évoluant entre 11% et 14% par an, alors que l’agriculture ne pourra croître qu’entre des taux dérisoires de 0,9% en 2012 à des taux maximum de 6% environ en 2014. Pour le PADO2, le moteur de la croissance économique sera le tertiaire et le secondaire. Toutefois, le PADO2 ne nous explique pas comment faire pour obtenir la croissance dans ces deux secteurs si, entre-temps, le secteur primaire croît peu dans un pays où l’industrie et le commerce dépendent fortement et de façon décisive de l’agriculture, de l’agro industrie, du transport des produits agricoles et du financement du crédit agricole. Comment fera-t-on ?

Les incertitudes du PADO2 s’étendent dans le domaine de la gestion de la dette, de la monnaie et des finances internationales. Pour ne pas être plus long, il faut reconnaitre qu’après l’obtention du PPTE, qui est le fruit d’un effort collectif des Ivoiriens et non celui du génie du président de la République, notre pays reste devoir à nos créanciers près de 6.500 milliards de FCFA dont 4.000 pour les créanciers étrangers et 2.500 environ pour la dette intérieure.

Il faut savoir que déjà pour 2012, le PADO2 n’a pas été capable de rembourser cette dette, que nous terminons l’année avec des arriérés de près de 550 milliards et que notre dette totale nominale est à environ 50% de notre Produit Intérieur Brut (PIB). Notre dette est équivalente à la moitié de la richesse produite par notre pays. Comment faire pour triompher dans ces conditions, si le gouvernement est incapable de cultiver la confiance en son sein et la confiance entre lui et les opérateurs économiques et les populations ?

Cela signifie que pour cette fin d’année, le PADO2 doit encore énormément d’argent à des opérateurs économiques nationaux et étrangers et que le non paiement de nos dettes rend illusoires les investissements attendus. D’ailleurs, pour la petite histoire, au moment où nous célébrons les promesses de prêts de près de 1.500 milliards obtenues à Paris, il nous faut nous préparer à rembourser bien concrètement plus de 800 milliards de la dette interne et près de 200 milliards de la dette externe : c’est un total de 1.000 milliards. Cela n’est-il pas une bonne nouvelle pour la fin de l’année?

Oh! Comme la vie est dure sous le régime Ouattara, et pourtant ils veulent nous faire croire le contraire en nous intimidant, en nous bastonnant, en nous emprisonnant, en nous accusant de toutes sortes de crimes odieux. Mais rien ne nous détournera de l’observation minutieuse et de la critique méthodique des bricolages de ce gouvernement. Et à LIDER, en lieu et place des milliards illusoires, nous proposons des réformes institutionnelles, en priorité dans le domaine agricole et foncier, qui rendront les populations capables de réellement construire elles-mêmes leur bonheur. La liberté et la propriété privée des terres d’abord! Au lieu de l’économie d’endettement de Ouattara, nous proposons l’économie de libre marché.

 

Mamadou KOULIBALY

Président de LIDER



[i] Economie d’endettement et émergence: Mode d’emploi, à lire sur:

http://lider-ci.org/index.php?option=com_content&view=article&id=166:economie-dendettement-et-emergence-mode-demploi&catid=37:actualites

 

Source: LIDER-CI.ORG

vendredi, 14 décembre 2012

LES FRCI TABASSENT DES ETUDIANTS SUR LE CAMPUS DE COCODY ET LES ENFERMENT DANS DES COMMISSARIATS ET DES CAMPS MILITAIRES


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Selon des informations recueillies sur ONUCI-FM et sur la toile, des étudiants mécontents de leurs conditions actuelles de travail et d'études à l'université d'Abidjan Cocody s'en sont plaints lors d'une rencontre informelle, hier, jeudi 13 décembre 2012: pas de toilettes, pas de bibliothèque, pas de laboratoires, pas de salles de TD (Travaux Dirigés), amphis surchauffés, pas de climatisation, sonorisation défaillante, vacarme dû aux bruits des bulldozers et autres engins sur le site de l'université encore en chantier, contrairement à ce qui a été annoncé, le campus est occupé par des FRCI en armes, au mépris de toutes les franchises universitaires, pas de point d'eau pour se désaltérer, pas de lieux de restauration à la hauteur de la bourse des étudiants (sur le campus, le pot de lait caillé coûte 1.200 F CFA, la bouteille d'eau minérale 1.000 F CFA, un plat avec sauce 2.000 F CFA, le café express 1.000 F CFA), le nouveau système LMD (Licence-Master-Doctorat) est mal ficelé et chaotique, il n'y a pas suffisamment de table-bancs, certains étudiants prennent leurs cours à même le sol, les amphis de 1500 places promis sont invisibles, il y a un déficit d'enseignants, la mise en ligne des cours annoncée est un leurre, les cités universitaires ne sont toujours pas ouvertes, mieux certains de leurs chantiers sont à l'arrêt faute de moyens, le quai de ramassage de la SOTRA qui était à l'entrée du campus repoussé jusqu'au CHU de Cocody, obligeant les étudiants à faire une longue distance de marche pour accéder à l'université et aux salles de classe; et pourtant l'université a été rénovée à 175 milliards. A quoi a donc servi une pareille bagatelle? On tient des discours officiels enjoliveurs et la réalité à l'université est tout autre.

Il n'en fallait pas plus pour que les mouchards du régime sur la "Fac" alertent les FRCI en armes sur le campus, qui débarquent et, sans état d'âme, s'adonnent à la répression des étudiants. Certains d'entre eux seraient en ce moment aux arrêts et enfermés dans des commissariats et des camps militaires d'Abidjan, selon des sources concordantes. L'université, elle, a été momentanément fermée après ces tristes évènements. La presse proche du RHDP se fait curieusement l'écho de cette énième dérive, elle qui excelle dans l'art aveugle du négationnisme et de l'encensement béat du régime dictatorial d'Alassane Ouattara. Nous ne pouvons donc manquer de nous écrier: "Ah bon!? Vous ne dites plus que c'est la FESCI?!!! Que le monde change!"

Comme le dit l'ami Léopold Kouassi: "Avant on accusait la FESCI, aujourd'hui la FESCI n'est plus là-bas, à qui la faute? Le malaise est clair et les revendications estudiantines sont loin d'être syndicales; il n'y plus de franchise universitaire et on veut enfermer les consciences; les jeunes disent non, c'est tout!"

Pour l'activiste Steve Beko, la presse pro-Ouattara doit être plus conséquente, et continuer dans sa réthorique habituelle: "Soyez courageux, franchissez le pas comme d'habitude! Annoncez que ce sont les militants de la FESCI armés par Laurent Gbagbo qui ont perturbé les cours. En fait, vous n'avez aucune connaissance du monde estudiantin. Là-bas, la réalité des partis politiques est secondaire face à la souffrance commune".

Quant au groupe Facebook Blé Goudé Les Amis, il n'a pu s'empêcher d'asséner ce commentaire: "Comme quoi, il ne s'agit pas de dissoudre la FESCI pour dompter les revendications estudiantines et scolaires. L'on pourrait affirmer sans se tromper que la FESCI est un esprit et non un individu. Il faut plutôt savoir utiliser la FESCI en posant les vrais problèmes des élèves et étudiants de la Côte d'Ivoire".

Il faut, en outre, noter que la prise en charge à 70% des frais d'inscription à l'université promise par le gouvernement n'est valable, en réalité, que pour les premières et deuxièmes années. Les autres niveaux paieraient l'entièreté des frais dont notamment la rondellette somme de 300.000 F CFA pour les Masters (maîtrise du nouveau système LMD) et Doctorats. Pire, certaines facs et filières n'ont pas encore ouvert, créant du coup une rentrée à double vitesse, problème que l'actuelle rentrée annoncée à cor et à cri par le régime Ouattara devait résorber. Au final, Ouattara ne résoud absolument rien, il ne se contente que de déplacer les problèmes et de nous faire macérer dans une communication trompeuse, mensongère et coûteuse pour le contribuable ivoirien.

Ainsi se porte la nouvelle gouvernance ivoirienne!

 

Que DIEU garde la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

jeudi, 13 décembre 2012

VISITE DE OUATTARA DANS LE ZANZAN: VAINE TENTATIVE D’EFFACER GBAGBO DE LA MEMOIRE DES POPULATIONS

 

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Les candélabres se sont éteints sur la première visite d’état de l’homme fort d’Abidjan dans le district du Zanzan. Après le festival de promesses et de discours digne des campagnes électorales, place à la réalité. Le bilan en termes de retombées et de bien-être pour les populations reste mitigé. L’euphorie et le rêve font place à la déception de plus en plus grandissante d’une partie de la population de cette région abreuvée de mensonges et de chimères.

Vaste région riche de sa diversité culturelle et naturelle, le Zanzan a toujours été l’objet de toutes les convoitises et le théâtre de confrontations souvent tragiques. Les principaux groupes ethniques qui peuplent cette région sont les Agni (Bona, Bini et Barabo), les Bron, les Koulango, les Lobi et les Malinké. Depuis la fin des conquêtes, ces groupes vivent en bonne intelligence malgré quelques frictions observées de temps à autre entre Lobi et Koulango. Au plan politique, après avoir été traversé par plusieurs courants politiques le Zanzan a constitué l’un des bastions sûrs du PDCI jusqu’à la fin de la première République qui a mis un terme au long règne du parti du père fondateur, Félix Houphouët-Boigny. Les élections législatives, communales et départementales organisées après la présidentielle de 2000 ont bousculé le vieux parti qui a dû céder du terrain à d’autres formations politiques dont le Front Populaire Ivoirien (FPI) qui a fait élire deux maires, deux députés et un président de Conseil général.

Dans son souci d’apaiser le climat politique empoisonné par la gestion scabreuse de Konan Bédié ainsi que par le coup d’état qui en a résulté, le Président Laurent Gbagbo a ouvert son gouvernement aux principaux partis politiques que sont le PDCI, le RDR, le PIT et le MFA. Cette politique salutaire pour la réconciliation nationale n’a pas permis au Président Gbagbo de nommer des militants FPI originaires du Zanzan au gouvernement jusqu’en 2007. Ce sont le PDCI et le MFA qui ont eu le privilège d’avoir des militants originaires du Zanzan au gouvernement de 2002 à 2010. Ce n’est qu’en 2007 après l’Accord Politique de Ouaga (APO) qu’un cadre FPI originaire du Zanzan a fait son entrée au gouvernement pour la première fois.

Pour montrer l’intérêt qu’il porte à cette région, le Président Gbagbo y a effectué de nombreux déplacements et est allé à la rencontre des populations dans les endroits les plus reculés et les plus difficiles d’accès. En 2010, c’est dans le Zanzan que le candidat de LMP a lancé sa campagne électorale. A l’occasion du meeting qu’il a animé à Bondoukou le 28 septembre 2010, le Président Gbagbo a situé les Ivoiriens sur les raisons de son attachement à cette région. «…Nous voici à Bondoukou pour faire le discours de campagne électorale du Zanzan… Mais nous sommes là pour parler de la Côte d’Ivoire et des élections qui vont arriver bientôt. Oui, chers frères, je suis venu ici en 1990, je suis venu ici en 1993, je suis venu ici en 2006, je suis venu ici en 2008 et me voici ici aujourd’hui. Pourquoi ? Cette région, le Zanzan, est l’une des régions les moins développées de Côte d’Ivoire. Vous vous souvenez des incendies de 1984 qui ont fait disparaitre ici les cultures de cacao et de café… ». 

Revenant  sur la tentative de coup d’état de 2002 muée en rébellion, le Chef de l’État a tenu à rendre hommage une nouvelle fois au Zanzan, en ces termes : « …Bondoukou a résisté. A 11 reprises, des attaques ont été lancées contre Bondoukou ; mais, à 11 reprises, Bondoukou a repoussé ces attaques. Je voudrais remercier et féliciter les femmes qui ont cotisé, ont fait la cuisine pour nourrir les militaires, les jeunes. Je voudrais féliciter les jeunes, les dignitaires religieux et les Chefs traditionnels de cette Région qui se sont mobilisés pour que Bondoukou soit épargné… ».

C’est un truisme de dire que Gbagbo connaît le Zanzan et reconnaît l’apport de cette région dans l’équilibre de la société ivoirienne. Toutefois, il n’ignore pas le rôle pernicieux joué par des fils de cette région dans la déstabilisation du pays. Pour autant, soucieux d’avancer, il ne s’y attarde pas. Mieux il n’en fait jamais cas. L’essentiel pour le Président Gbagbo était de créer les conditions de vie meilleure pour permettre à chaque Ivoirien de vivre heureux dans sa région d’origine ou partout ailleurs en Côte d’Ivoire. Pour cela et contrairement à ses adversaires qui promettent des milliards de francs grâce à leurs relations, le Président Gbagbo agit en bon père de famille en donnant filets, barques et instruction pour la pêche à ses enfants, plutôt que de leur offrir du poisson. C’est pourquoi « …Nous avons créé les conseils généraux pour faire le développement à la base. Nous avons créé les communes pour faire le développement à la base. Tout est communalisé aujourd’hui. Vous avez 84% d’augmentation du nombre des communes. Ici dans le Zanzan, c’est la région où j’ai créé le plus de départements. J’ai créé le département de Koun-Fao, Transua, Sandegué, Nassian, Doropo, Téhini... ».

Au niveau de la promotion des cadres de la région, en dix années de pouvoir, Gbagbo a nommé Cinq (5) ministres, soit le même nombre que le pouvoir PDCI en quarante années de règne. Il apparaît utile de noter que sous Gbagbo, ces promotions ne tiennent pas compte de la famille politique des intéressés. Il en est ainsi des deux ministres issus du MFA, du ministre issu du PDCI, de la Haute Autorité pour le Développement de Bouna, des Présidents de Conseils d’administration de sociétés d’État (Côte d’Ivoire Télécom, SICOGI, etc.), des Directeurs généraux (GESTOCI, SODEFOR, INSAAC, etc.), sans oublier les nombreux Directeurs et Sous-directeurs d’administration centrale.

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Alassane Ouattara dans le Zanzan

Malgré la crise qui a déstructuré le pays et qui a privé l’économie de ressources conséquentes, les trois Conseils généraux de la région, dont deux sont présidés par des militants du PDCI,  ont réalisé un certain nombre d’infrastructures sociales, contribuant ainsi à l’amélioration des conditions de vie des populations. Un programme spécial d’électrification rurale a été confectionné pour cette région qui enregistrait en 2000 un taux d’électrification rurale de moins de 5%. En 2010 ce sont plus de 100 localités qui ont goûté au plaisir et au confort de l’électricité, et plus de 90 autres en cours d’électrification. Mieux, le Zanzan qui est une des régions les plus pauvres du pays occupe une place de choix dans le Document de Stratégie pour la  Réduction de la Pauvreté (DSRP) validé par le président Gbagbo et les institutions financières internationales en 2009.

Le PDCI, visiblement gêné par les actions concrètes touchant au quotidien des populations, n’a eu d’autre choix que de diffamer le Président, l’accusant d’avoir créé la guerre en Côte d’Ivoire. Ces accusations aussi irresponsables qu’absurdes n’empêcheront pas le Président Gbagbo d’avoir la faveur du Zanzan. Il en est de même des promesses farfelues de distribuer des milliards de francs et d’acheter les noix de cajou à 2 000 F le kilo que le RDR et le PDCI ont servi à profusion au mépris de la souffrance des populations.

Au premier tour du scrutin d’octobre 2010, le Président Gbagbo est arrivé en tête avec 36,21% des voix dans toute la région, suivi du Président Bédié avec 30,38% et enfin de Monsieur Ouattara avec 24,95%. Malgré la violence qui a émaillé le second tour du scrutin à Bouna, la coalition du RHDP (PDCI, RDR, UDPCI, MFA, PIT, etc.) n’a eu qu’une courte avance (53%) sur le candidat de LMP (47%). Le Président Gbagbo a battu son adversaire dans les départements du sud de la région : Tanda (50,98%), Koun-Fao (57,60%) et Transua (60,25%).

Dix huit mois après la capture du Président Gbagbo et l’installation de Monsieur Alassane Ouattara au pouvoir, le Zanzan vient d’accueillir l’homme fort de la Côte d’Ivoire. En réalité, en allant dans cette région, le Chef de l’État avait à cœur d’accomplir un devoir de reconnaissance à l’égard de ses chefs de guerre qui ont occupé depuis le coup d’état manqué de 2002 l’ancien département de Bouna. Il est bon de rappeler qu’au nombre des têtes fortes de la rébellion figurent Ouattara Issiaka dit Wattao, Kouakou Fofié, Mourou Ouattara, tous originaires du Zanzan. N’ayant pu prendre Bondoukou, la rébellion s’est installée dans cette partie de la région déjà éprouvée par la rigueur du climat et par le manque de vision de développement du PDCI au cours de son long règne de quarante ans. C’est en réalité cette partie du Zanzan qui intéresse Ouattara, pour des raisons d’affinités ethniques et idéologiques, mais aussi pour celles évoquées plus haut.

Le conquistador ivoirien sait en effet que cette région ne lui est pas acquise, à défaut de lui être hostile. Les résultats de la dernière présidentielle sont là pour montrer la préférence du grand peuple du Zanzan. Ouattara ne pèse que 25% dans la région. Dans les départements situés au sud de la région il a obtenu au premier tour moins de 8% des suffrages.  Mais curieusement, c’est le RDR, qui a raflé la quasi totalité des sièges de la région à l’occasion du « désert électoral » boycotté par le FPI en décembre 2011, au grand dam de son allié PDCI réduit aujourd’hui à sa plus simple expression. Piètre politicien, Ouattara qui connaît les chiffres de l’élection présidentielle de 2010, ne pardonne pas aux populations des régions qui lui ont fait mordre la poussière. Même dans les localités où le RDR s’est donné, sans compétition, des députés, Ouattara sait qu’il n’a aucune audience réelle.

Par ailleurs, les populations du Zanzan savent que c’est Ouattara qui est responsable de l’accroissement de la pauvreté dans la région. Non seulement il n’a aucun plan crédible de développement, mais il est en outre incapable de restaurer ce que sa rébellion a détruit depuis 2002.

C’est pourquoi, bien que réduits au silence, les partisans de Laurent Gbagbo auxquels se joignent de nombreux déçus, n’en demeurent pas moins convaincus de la justesse de la vision du fondateur du FPI. Aujourd’hui, dans le Zanzan comme partout en Côte d’Ivoire, les Ivoiriens regrettent Laurent Gbagbo. L’avenir reste incertain en dépit du soutien massif de la communauté internationale qui porte le régime à bout de bras et couvre ses nombreux crimes. Les propos de Gbagbo relatifs aux vendeurs d’illusions et aux agents de l’étranger sonnent aujourd’hui comme une prophétie qui s’accomplit, malheureusement. Dans ces conditions, espérer effacer le souvenir du héros ivoirien de la mémoire des populations du Zanzan est une entreprise vouée à l’échec.

 

Fodjo Kasabi Laurent

Sociologue

mercredi, 12 décembre 2012

RECONCILIATION NATIONALE: LE «OUATTARISME» ENTRE DESILLUSION ET REALISME

 

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Pour une paix viable en Côte d’Ivoire

 

Gbagbo, c’est fini ; Gbagbo c’est du passé ! Non ceux qui sont dans la logique de cultiver de l’ostracisme à l’endroit de Laurent Gbagbo ont tort. Il faut regarder les faits et les réalités en face. Ceux qui continuent de cultiver la haine à l’endroit de tous les soutiens de Laurent Gbagbo, doivent bien se frotter les yeux pour voir et comprendre que ce qu’ils veulent imposer en Côte d’Ivoire ne peut pas y prendre corps. Simplement en regardant la Constitution, on voit qu’« aucun Ivoirien ne doit être contraint à l’exil ».

Après qu’une partie des Ivoiriens a été assassinée ; pendant que les soutiens réels ou supposés de Laurent Gbagbo continuent d’être martyrisés et pourchassés ; alors que des Ivoiriens sont torturés ; pendant que des fosses communes sont découvertes et qu’aucune enquête fiable n’est ouverte. Alors que Laurent Gbagbo est à La Haye, ses camarades et ses proches dans des goulags de la Côte d’Ivoire quand ils ne sont pas simplement contraints à l’exil … Peut-on parler de réconciliation nationale ? Qui veut-on réconcilier avec qui alors que les concernés sont enfermés ? Monsieur Ouattara le « démocrate de la Communauté internationale », il nous semble que vous devez mettre fin à l’ignominie constante que vos pratiques produisent à l’endroit de vos parrains. Regardez la vérité en face et souvenez-vous ! Avant le forum de réconciliation nationale d’octobre à décembre 2001, Laurent Gbagbo avait organisé votre retour en Côte d’Ivoire. Vous aviez quitté auparavant la Côte d’Ivoire suite à un mandat d’arrêt que Konan Bédié avait lancé à votre encontre. Konan Bédié lui-même s’était exilé après le coup d’Etat de décembre 1999. Vous avez voulu faire oublier Laurent Gbagbo par la peur induite par la brutalité de vos pratiques, en complicité avec vos parrains. Vous devez comprendre que des pratiques du passé ne peuvent plus faire bonne recette au 21è siècle.

La vérité vous reviendra toujours à la figure tant que vous ne ferez pas dos à cette ingratitude innommable qui est malheureusement un socle dans vos approches dans la gouvernance. La haine, la vengeance et l’autoritarisme ne peuvent pas prospérer dans notre pays. Nous n’accepteront pas que des Ivoiriens soient chassés de leur pays. Ce n’est pas simplement une volonté ; c’est parce qu’il ne peut en être autrement. Nous n’avons pas d’autres choix que de vivre en paix chez nous. Non Laurent Gbagbo, ce n’est pas du passé ; non Laurent Gbagbo, ce n’est pas fini. Oui Laurent Gbagbo, c’est aujourd’hui ! Oui Laurent Gbagbo, c’est l’actualité. Vous avez louvoyé pendant des années croyant que la violence et la peur qu’elle induit, ferait reculer les Ivoiriens. Il faut oublier cette posture parce qu’elle n’est pas compatible avec les réalités socio-politiques ivoiriennes. Le niveau de conscience que les Ivoiriens ont acquis les amène à distinguer la vérité de l’ivraie. Vous devez faire avec cette réalité incontournable si vous pensez vraiment être le chef de l’Etat des Ivoiriens.

Libérez Laurent Gbagbo ! D’abord pour des raisons politiques mais également pour des considérations d’ordre juridique. En effet, les faits que vous incriminez ne peuvent voir les suspects être jugés pour une partie en Côte d’Ivoire et pour l’autre partie à La Haye. Vous êtes en totale contradiction avec le statut de Rome. On ne peut pas étouffer les vœux des Ivoiriens ; on ne peut pas museler les Partis d’opposition. Vous dites « Démocratie et Droits de l’Homme ». Alors, jouons le jeu démocratique en évitant l’arbitraire.

Libérez Laurent Gbagbo et tous ses camarades et mettons-nous franchement, sans ruse ni évitement à la table des négociations. Nous devons retenir qu’il est plus que temps que les extrémistes des différents bords se rendent compte que le peuple veut la paix pour le développement du pays. Il nous semble que vous poursuivez ces mêmes objectifs.


Dr Claude Koudou

Ecrivain - Analyste politique

mardi, 11 décembre 2012

ECONOMIE D'ENDETTEMENT ET EMERGENCE: MODE D'EMPLOI

 

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Par Mamadou Koulibaly - LIDER - 11 décembre 2012


EN ARRIVANT à Paris pour la rencontre avec le groupe consultatif sur la mobilisation des ressources pour le financement de son plan de développement, le président Ouattara, le libéral, avait un programme d’investissement sur quatre ans (2012 / 2013 / 2014 / 2015).

Ce plan appelé Plan national de développement (Pnd) devrait lui coûter un peu plus de 11.000 milliards de francs CFA, à décaisser d’ici fin 2015 au moment des élections présidentielles.

Le Dr Ouattara est allé à Paris avec un chapelet de projets de dépenses à faire, et comme c’est la période festive, il a trouvé sur place un arbre de Noël et des Pères Noël qui lui ont promis le financement complet de son plan et même plus, semble-t-il.

Selon le premier ministre, la Banque Mondiale a pris l’engagement ferme de participer pour environ 500 milliards de francs CFA, de même pour la BAD et la Banque Islamique de Développement. Ces trois agences à elles seules couvrent 1.500 milliards de francs CFA. Les organisations du système des Nations Unies et les autres amis de la Côte d’Ivoire compléteront, aux dires de M. Kablan-Duncan.

Aucun problème en vue, donc, pour le gouvernement, dont 12 membres au moins avaient effectué le déplacement à cette cérémonie de la planification de l’aide publique au développement. Et le premier ministre de conclure: «Rien qu’avec les trois premières banques, nous couvrons les besoins». Ainsi, la Côte d’Ivoire sera émergente à l’horizon 2020, par la magie de l’aide et de la dette publiques.

Soit nous avons mal entendu le premier ministre, soit nous ne savons pas lire le contenu du Pnd. Mais 1.500 milliards de promesses pour un besoin exprimé de 11.000 milliards font à peine 13,6%. Et on dit que les besoins sont comblés ?

Il faut se rappeler que sur l’année 2012, le plan de Ouattara prévoyait un financement d’investissement à hauteur de 1.500 milliards environ et qu’il avait, à l’époque où le gouvernement était à l'hôtel du Golf, obtenu sans problème la promesse de financements et que par la suite, non seulement le gouvernement n’a pas pu mobiliser les ressources internes programmées, mais les promesses des financements extérieures sont restées lettres mortes du fait de la mauvaise gouvernance qui caractérise le régime de Ouattara.

Au-delà du caractère illusoire de ces plans de développement, nous restons admiratifs devant l’héroïsme de Ouattara qui a obtenu le Ppte sans en remplir les conditions, qui se fera financer son plan sans avoir une stratégie claire de développement et d’endettement, et qui vit depuis deux ans bientôt dans une ambiance de promotion de la violence, de l’insécurité et de l’impunité, érigées en mode de gouvernement. Tout cela avec les encouragements d’une communauté internationale qui ferme les yeux sur la corruption et les avatars de mauvaise gouvernance dont le plus grand est l’impunité.

Quel dommage et que de regrets pour les quelques 20.000 morts des crises ivoiriennes. Ils seront morts pour rien… Heureusement que les vivants seront émergents à l’horizon 2020 avec l’aide publique au développement. La grande invention du Dr Ouattara sera pour nous une expérience toute particulière, car jusqu’à présent, aucun pays émergent n'est jamais passé par la case Ppte. Aucun pays émergent ne l’a été sans marchés de capitaux émergents, sans technologies émergentes, sans produits émergents. 

Avec Ouattara, la Côte d’Ivoire sera émergente avec des marchés traditionnels, des produits traditionnels, des technologies traditionnelles et même une armée composée de chasseurs traditionnels. Bravo Docteur! Après les ordonnances illégales, vive l’émergence illusoire. Et dire qu’ils veulent qu’on y croit!

 
 
Mamadou KOULIBALY
 
Président de LIDER


Source: LIDER-CI.ORG

lundi, 10 décembre 2012

LETTRE OUVERTE A TOUS LES CROYANTS SE RECLAMANT «FILS DU DIEU D’ABRAHAM»

 

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Frères et sœurs, Abraham est le Père des trois religions dites ‘révélées’ que sont, dans l’ordre chronologique, le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Chacune de ces religions se donnent des guides ou pasteurs : Rabbin pour les juifs, Pasteur (Prêtre, Evêque, Bishop), pour les chrétiens, et Imam pour les musulmans. Je ne suis ni rabbin, ni prêtre (encore moins évêque), ni pasteur, ni imam. Je ne suis donc pas une autorité religieuse. Ne possédant pas cette qualité, je n’ai aucune compétence (habilitation) à m’adresser aux croyants d’une religion, encore moins à tous les croyants se réclamant fils d’Abraham.

Cependant, je suis chrétien, baptisé et confirmé catholique. A ce titre, et à ce titre seul, je suis frère de tous les croyants en un Dieu unique, le Dieu d’Abraham. C’est donc en ma qualité de frère des croyants, et en cette qualité seule, que j’ose m’adresser à mes frères et sœurs, descendants et descendantes d’Abraham.

Frères et sœurs, la Parole de Dieu nous enseigne, en la Création, que Dieu créa l’homme et la femme. Dieu-Le-Créateur Tout-Puissant n’a pas créé l’HOMME. Il a créé l’homme et la femme, ‘‘male’’ et femelle’’ il les créa («Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa; male et femelle il les créa», Genèse, 1, verset 27). Dieu, l’Omniscient et l’Omnipotent, a créé le genre, en Adam (Adama) et Eve (Awa). Et Dieu a confié à Adam-Adama et à Eve-Awa la lourde charge de peupler la terre par la non moins lourde mais combien exaltante responsabilité de la procréation («Dieu les bénit et Dieu leur dit : ‘‘Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la.’’ Genèse, 1, verset 28). En tant que procréateurs de l’humanité, l’homme et la femme sont, tous les deux et ensemble, conjointement, les continuateurs de l’œuvre de Dieu. En cela aussi, l’homme et la femme sont à l’image de Dieu.

Frères et sœurs, il est vrai que, à travers nos pratiques religieuses, nous avons des divergences quant à la manière de plaire à Dieu, notre Créateur. Mais, j’estime, pour ma part, que nos divergences ne doivent pas nous faire renoncer à (ou nous détourner de) notre responsabilité de croyants descendants d’Abraham.

Frères et sœurs, juifs, chrétiens ou musulmans, nous savons que l’impudicité ne date pas de maintenant. Et nos religions, toutes, condamnent cette impudicité, suivant en cela le Dieu d’Abraham auquel elles conduisent. Descendants d’Abraham, nous devons nous souvenir des villes de Sodome et de Gomorrhe, détruites par le soufre et le feu de Dieu (Genèse, 19, 23 à 25), et surtout des raisons de la destruction de ces villes. Oui, seul le neveu d’Abraham, Loth, le fils de Harặn, a été épargné de la destruction de Sodome (Genèse, 19, verset 29), ainsi que ses filles. Et rappelons-nous que de Sodome, nous avons tiré les termes ‘sodomie’, ‘sodomiser’, ‘sodomisation’.

Dans l’Evangile selon Saint Matthieu (chap. 10, verset 15), Jésus, le Fils de Dieu, le Messie, pour les chrétiens, prévient : «Je vous le dis, en vérité : le jour du jugement, le pays de Sodome et de Gomorrhe sera traité moins rigoureusement que cette ville-là».

Frères et sœurs dans le Dieu d’Abraham, par les nouvelles dispositions de la loi sur le mariage, notre pays se prépare à devenir le ‘Capharnaüm’, ‘cette ville-là’ dont parle Jésus. En effet, cette loi, qui parle des époux sans les nommer ‘la femme et l’homme’, prépare, sans le dire et l’avouer, donc sans le dévoiler, la Côte d’Ivoire, notre pays, à créer ‘Capharnaüm’, à légaliser le mariage homosexuel, non pas parce que les Ivoiriennes et les ivoiriens le veulent ainsi, mais parce que la communauté internationale l’exige. C’est ce qu’a dit, à l’assemblée générale de l’Union africaine (Ua) de Jean Ping, le Coréen Ban Ki-Moon, ci-devant secrétaire Général de l’Organisation des nations unies (Onu), en exigeant des Etats africains la reconnaissance des droits des homosexuels. C’était en janvier 2011, au moment où ce fonctionnaire de la communauté internationale, soutenant l’actuel chef de l’Etat ivoirien, avait déclaré que recompter les voix, pour savoir qui a gagné l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, serait une injustice.

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Et il revient à tous, aujourd’hui, que c’est ce nouveau deal que cette fameuse communauté internationale signera avec les nouveaux chefs d’Etat africains qui veulent être élus ou réélus ‘président’ de leur pays : «Nous vous aiderons à conquérir ou à garder le pouvoir d’Etat dans votre pays si vous nous promettez de reconnaître les droits des homosexuels au mariage et à l’adoption des enfants. Voulez-vous que nous vous aidions pour votre développement? Eh bien, reconnaissez les droits des homosexuels» Voilà le pacte diabolique! Mais diantre! Les enfants de qui vont-ils adoptés, ces homosexuels qui refusent d’en avoir?

Frères et sœurs en Dieu d’Abraham, quelle sera notre responsabilité, la responsabilité de tous les croyants et de chacun des croyants? Elle sera lourde si nous ne dénonçons pas ce qui se prépare, si nous ne nous opposons pas à ce qui vient. Nous serons tous comptables, au moins en tant que co-auteurs indirects, si nous laissons faire les choses. Mais si nous dénonçons ce qui se prépare et que nous nous y opposons, nous pouvons espérer sauver notre pays de la situation de Sodome et Gomorrhe, la destruction. Et si nous n’y parvenons pas malgré tous nos efforts, alors nous serons de nombreux ‘Loth’, et nous trouverons grâce aux yeux de notre Dieu («Voici, ton serviteur a trouvé grâce à tes yeux et tu as usé envers moi d’une grande amitié en me conservant la vie», Genèse, 19, verset 19). Notre Dieu nous épargnera.

Frères et sœurs en Dieu, en vous informant, je fais ma part du chemin. Que chacun, dans son lieu de culte où il va rencontrer son Dieu (synagogue, église, temple, mosquée), ou quand il rencontre un homme créé à l’image de Dieu, fasse sa part du chemin pour sauver notre pays. Loth a parlé aux habitants de Sodome; il a parlé aux fiancés de ses deux filles. Personne ne l’a écouté. Mais Loth a été épargné par le Dieu d’Abraham. Se taire devant l’ignominie, c’est cautionner cette ignominie. Et cela équivaut à pratiquer cette ignominie.

Frères et sœurs, juifs, chrétiens, musulmans, nous devons refuser ce marché satanique que l’occident nous propose. Nous devons refuser ce ‘‘développement’’, leur ‘‘développement’’, leur ‘‘évolution’’. L’occident n’a pas le droit de nous imposer son type de société. L’Afrique n’a pas le devoir de vivre comme l’occident. Il est vrai que l’occident a apporté à l’Afrique la bonne nouvelle du Fils du Dieu d’Abraham. Mais, si l’occident a choisi d’être la nouvelle Sodome, nous n’avons pas le devoir de le suivre dans sa perdition.

Frères et sœurs en Dieu, surtout, ne disons pas, quand viendra, demain, l’heure du jugement, que nous ne savions pas. L’ignorance n’est pas une excuse, comme le reconnaît d’ailleurs la loi des hommes (Nul n’est censé ignorer la loi). Et cette loi des hommes est d’inspiration divine, puisque, en Luc (16, versets 19-31), nous sommes prévenus, dans la parabole du riche et du pauvre Lazare, que nous avons nos prophètes (guides religieux et intellectuels) pour nous enseigner, nous informer.

Mais l’intellectuel africain qui cachera l’information à son peuple aura refusé, ipso facto, d’entrer dans l’histoire, comme celui dont Sarkozy a parlé, au Sénégal, le 26 juillet 2007, en ces termes : «L’homme (en fait, l’intellectuel) africain n’est pas assez entré dans l’histoire… L’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable, où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin.». Cet intellectuel-là, l’Afrique l’oubliera.

Et le guide des croyants en Dieu qui faillit à sa mission de ‘‘Berger’’, le pays de Sodome et de Gomorrhe «sera traité moins rigoureusement que» lui, prévient le Christ-Jésus.

Mais je prie le Dieu d’Abraham que je me trompe sur toutes ces prévisions annoncées pour la Côte d’Ivoire et les pays africains. Et j’en serais le premier heureux.

 

QUE DIEU NOUS GARDE ET NOUS ACCORDE LA CONNAISSANCE.

 

Fraternellement en Dieu,

Un de vos frères


NEA Kipré

Enseignant d’Université

AFFAIRE FIRMIN MAHE-SOLDATS FRANÇAIS: QU’ATTENDIEZ-VOUS?

 

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La Cour d’Assise de Paris a rendu son verdict: presqu’un acquittement pour tous les soldats français qui ont tué, en 2005, l’Ivoirien Firmin Mahé, en l’étouffant, à l’aide d’un sac en plastique, (que dis-je?) un sac poubelle, et dans leur véhicule de guerre blindé. 5 ans, 3 ans, 1 an, mais le tout avec sursis, et un acquittement vrai. Et dire que le Général Poncet a eu peur pour rien, lui qui, craignant une condamnation, a nié avoir donné l’ordre au Colonel Burgaud d’éliminer Firmin Mahé. Dommage pour lui, il sera le seul vrai condamné, mais seulement par sa conscience. Honneur à Burgaud et à ses subalternes qui ont libéré leur conscience en avouant leur forfait. D’ailleurs, qu’ont-ils fait, ces soldats français? Ils se sont juste amusés! Et avec quoi ont-ils joué? Ils ont joué avec un nègre. Et un nègre, c’est quoi? Ce n’est personne! Ce n’est même rien du tout. Les nègres n’étaient-ils pas de la chair à canon pendant la 1ère et la 2ème guerres mondiales. Tiens, il paraît que les Allemands tiraient sur les prisonniers nègres pour voir si un nègre peut mourir. Patissankanan! Et Thiaroye? Et souvenons-nous qu’au cours de la traite des nègres, les Africains étaient vendus comme des poulets.

Que fallait-il donc attendre de ce procès pour la forme, un procès pour acquit de conscience. Oui, j’affirme que la France a accepté que ce procès se déroule pour acquitter sa conscience, parce que le crime était tellement gros que le cacher pouvait paraître raciste. Non, Firmin Mahé n’a pas été tué aux combats, comme les autres Ivoiriens de novembre 2004 devant l’hôtel Ivoire, mais froidement, dans un véhicule blindé de l’armée française. Alors, il fallait faire semblant de considérer que les soldats envoyés en mission se sont mal comportés, surtout qu’un d’entre eux a parlé. Et voilà pourquoi ce procès ne m’a pas particulièrement passionné.

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L'ivoirien Firmin Mahé

En effet, la France pouvait-elle condamner ses soldats? Je pense que non, parce que condamner ses soldats en mission pour la France reviendrait à condamner la France elle-même, la France de Chirac et sa mission en Côte d’Ivoire. Or, la mission de la France en Côte d’Ivoire, comme partout dans le monde non civilisé (la France n’enverra jamais ses soldats en mission aux USA, en Chine, en Russie, etc., même pas en Birmanie d’Aung San Suu Kyi), est une mission civilisatrice que quelques égarements ne sauraient blâmer.

Je me permets de rappeler, pour terminer, que selon les lois françaises, aucun soldat français en mission, même convaincu d’un crime (pris en flagrant délit, par exemple), ne peut être jugé par la justice du pays où, dans le cadre de sa mission, il a commis le crime. Il ne peut être jugé que par la justice française. Sachons-le, les soldats français peuvent casser les banques (Bceao à Bouaké, Man, Korhogo), obliger nos sœurs et filles à se donner à la prostitution animalière et les filmer, tuer. Jamais, ils ne seront jugés par une justice de nègres.

 

TAGNIN Alphonse

Enseignant d’Université

dimanche, 09 décembre 2012

LE SCANDALE DE LA CONSPIRATION SEXUELLE DE L'ONU: POURQUOI OUATTARA A POUSSE DANS LE DOS LA COTE D'IVOIRE A VOTER CETTE LOI

 

 

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"Vous voulez qu'on vous aide? Changez d'abord vos lois!"

 

Voici un mini-documentaire qui dévoile les dessous de l'empressement du gouvernement Ouattara à voter un nouveau "Code de la famille", qui annonce d'autres aménagements, notamment l'autorisation du mariage des personnes de même sexe. Ce "progrès" se fera dans le droit fil du "Sexual Rights Agenda", un programme de l'ONU pour forcer les pays "sous-développés" à modifier les lois afin de les rendre favorables aux minorités LGBT (Lesbian, Gay, Bisexual and Transgendered people). La contrepartie de cette "modernité": un peu d'aide au développement (réduction de la dette coloniale, éligibilité à certains programmes, etc).



Que DIEU garde la Côte d'Ivoire!

samedi, 08 décembre 2012

LA FOIRE AUX CONTRE-VERITES AU SOMMET DU POUVOIR: DUNCAN SUR LES PAS DE OUATTARA

 

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Le nouveau premier ministre, Kablan Duncan, est bon élève qui applique à la lettre, les consignes de son maître Ouattara. Celles de la démagogie et du langage du brouillage des pistes. Une démonstration parfaite de cet art du dilatoire a été faite, le mardi 4 décembre 2012, par Ouattara lui-même, lors des assisses du Groupe consultatif sur la Côte d’Ivoire tenues en France du 4 au 5 décembre dernier.
 
Duncan vient de lui emboîter le pas par des sorties tout aussi prétentieuses qu’évasives, au cours d’une interview accordée à la BBC, hier jeudi 6 décembre 2012. Une cadence, trait pour trait, symétrique à la texture que le président ivoirien donne aux sujets brûlants de l’heure, pour travestir la réalité des faits.
 
A la question de savoir ce qu’il pense de différents rapports des ONG sur les différentes violations des droits humains et l’éventualité d’une poursuite judiciaire de personnes incriminées, le ministre a, comme pour respecter les règles de l’engagement, nié en bloc les allégations de ces rapports. Préférant plutôt se fier en la justice de son pays, de laquelle il dit attendre des réponses pertinentes sur ces questions.
 
«Il faut retenir ce que le Président Alassane Ouattara a dit. Il a indiqué que chaque fois qu’il sera prouvé que des personnes aient commis des exactions, il n’hésitera pas à recourir à la loi pour punir les actes commis. Mais pas sur la base de simples allégations telles que nous les avons vues ces derniers temps», s’est aligné le premier des ministres. Rien d’étonnant pour celui qui reprend un refrain bien connu de son maître. Qui continue toujours de réclamer des preuves, quoique relayées par plusieurs conclusions d’organisations indépendantes et non des moindres. Qui ont formellement indexé des proches de Ouattara dans des cas de violations graves des droits humains.

Mais la mauvaise foi et la cécité volontaire sur ces questions étant, il faut s’attendre toujours qu’on nous brandisse l’argument de la recherche des preuves. Encore pour combien de temps le gouvernement continuera de couvrir ces bourreaux sous le prétexte de la recherche des preuves? Seul le temps nous le dira. 
 
 

Marcel Dezogno, in LG-INFOS


vendredi, 07 décembre 2012

OPERATION DE SECOURS A AWA EHOURA: ON PEUT ENCORE GARDER ESPOIR EN L'HUMANITE!


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Chers amis, Chers lecteurs,

 

Par mailing-list, le 26 NOVEMBRE et par posts sur mon blog et ma page Facebook, le 27 NOVEMBRE 2012, j'ai lancé avec votre appui à tous, une nouvelle opération en faveur de la soeur Awa Ahoura, socialement marquée par une maladie au long court et un licenciement abusif et inhumain de la nouvelle direction de la RTI.

L'ayant rencontrée durant de longs mois dans le cadre de la première phase 2012 de cette opération de secours (qui s'achève du reste le 31 décembre 2012, pour cette année), j'ai dû vous ameuter à nouveau, chers amis, frères et soeurs, et chers lecteurs, pour vous demander le renouvellement de cette action en sa faveur, au titre de l'année 2013, aux fins de lui permettre de faire face aux graves conséquences sociales qu'a généré dans sa vie le mal qui la ronge, le diabète.

Merveilleuse a été ma surprise de voir que mon appel n'est pas resté lettre morte. Bien au contraire, il a été repris par plusieurs sites et journaux ivoiriens, ainsi que sur Facebook, abondamment. C'est ici le lieu d'adresser mes sincères remerciements à la Rédaction du quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier", aux sites "Ivorian.net", "AbidjanTalk", "Afrik53", "Akendewa.org", "Akendewa.net", "Telediaspora.net", à l'internaute Boni Jean-Eudes de la page Facebook "Côte d'Ivoire Libre" qui m'a été d'une aide précieuse, aux centaines de Facebookers ivoiriens et autres qui ont démultiplié l'information, à la blogueuse Yehni Djidji et à tous ceux que je n'ai pu citer.

Grâce à ce travail conjugué, Awa Ehoura a retrouvé le sourire, je peux vous l'attester, à l'issue de mes deux visites des mardi 4 et mercredi 5 DECEMBRE 2012 derniers, à MPOUTO. Pas seulement pour les dons qui lui ont été faits à cette occasion, mais aussi pour les nombreux, très nombreux appels qu'elle a reçus du monde entier, matins et soirs. Venant de vieilles connaissances, d'anciens élèves (Awa a enseigné l'Histoire-Géographie) ou ex-collègues journalistes ou handballeuses, d'amis perdus de vue depuis une petite éternité, de parfaits inconnus épris de compassion et d'amour... d'humanité tout simplement, pour elle. Des plus illustres aux plus modestes. Des plus prévisibles aux plus inattendus. Qui pour lui envoyer un transfert d'unités, qui pour des paroles de réconfort, qui pour annoncer un don, qui pour soulager sa conscience, qui pour pleurer avec elle. De chaudes larmes ont été versées pour Awa, au téléphone.

Comme elle l'a elle-même dit pour rire, le seul continent d'où on ne l'a pas encore appelée, c'est peut-être l'Asie. C'est vous dire l'adhésion et la solidarité qu'a suscité cette initiative.

Ce qui me permet d'affirmer, sans risque de me tromper, que les Ivoiriens sont formidables et que des hommes et des femmes, pas forcément nantis mais profondément humains et compatissants donnent encore à espérer de l'humanité.

Les dons continuent à arriver. Surtout les dons occasionnels, spontanés, ponctuels. Nous avons aussi enregistrés plusieurs nouveaux donateurs permanents qui s'engagent pour le volet médical, et d'autres, pour le volet domestique de notre opération. C'est à ce niveau que je voudrais encore renouveler mes encoragements à tous les Ivoiriens, à tous les amis et frères, à tous les internautes, à s'inscrire comme donateurs permanents pour que notre soeur ne manque de rien, tout au long de l'année 2013. En attendant que se manifeste la grâce de DIEU pour une très nette amélioration de son état de santé, voire une guérison miraculeuse (qu'est-ce qui lui est impossible?) et une reprise d'activités professionnelles ou génératrices de revenus.

Pour rappel, les inscriptions se font à l'adresse e-mail: dindefernand2@yahoo.fr. L'engagement pour les soins médicaux (médicaments, visites et contrôles médicaux, analyses, rééducation à la PISAM) s'élève à 10.000 Francs CFA par mois et celui relatif au volet domestique (alimentation sous régime, factures, scolarité et entretien des enfants, déplacements en taxi du fait des complications neurologiques, etc), à 1.000 FCFA par mois (les 1.000 F CFA sont à envoyer sur le Numéro ORANGE MONEY: 07 04 71 11).

Les dons en provenance d'Europe et notamment de France, peuvent être déposés à celle que j'appelle affectueusement "La belle dame au grand coeur", "la première donatrice", parce qu'inspiratrice et instigatrice de l'opération "Donateurs pour Awa Ehoura" et aussi, du fait de son assiduité dans les dons, sa fidélité dans l'engagement, sa générosité remarquable et son attachement à Awa: L'ivoiro-française Rita Fourlin, joignable au 0033 634 930 081 ou +33 634 930 081.

Ceux de la région abidjanaise peuvent déposer leurs dons aux coordinateurs de la zone, Mr KONAN  (Cell. 08 08 01 11) et Mr AHOGNY (Cell. 05 46 02 84).

Ne pouvant toucher et appeler individuellement chacun de vous, la bien-aimée Awa Ehoura me charge de vous transmettre sa reconnaissance infinie et sa grande émotion pour tous les gestes tellement touchants que vous avez eus à son égard, pour vos appels, vos commentaires aimables et compatissants sur les réseaux sociaux, sites et blogs, vos visites et pour tous vos dons (en espèces et en nature).

Dans l'attente de vous faire un point plus précis des promesses et certainement des contributions, au prochain post relatif à l'opération, veuillez garder à l'esprit que nous recevons dès à présent vos engagements pour le mois de DECEMBRE 2012, les anciens donateurs, tout comme les nouveaux qui l'ont souhaité.

 

Soyez richement bénis!!! Bien à tous.

 

DINDE Fernand AGBO

LES DINDES DE NOEL DU PDCI ET DE L'UDPCI

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Après une crise stratégico-artificielle en vue de procéder au nettoyage de son gouvernement, Alassane Ouattara a nommé en la personne de son vieil et fidèle ami Daniel Kablan Duncan, un nouveau Premier Ministre. En remplacement de Jeannot Ahoussou-Kouadio, appelé à aucune nouvelle fonction.

Jeannot Ahoussou-Kouadio rattrapé par l'opportunisme

Les choix d'Alassane Ouattara, ces deux dernières semaines, sont riches en enseignements car pleins de renseignements sur le cap de ses prochaines relations avec l'Opposition qu'il n'a toujours pas réussi à dompter. (Mal)Heureusement…

Nommé le 13 mars 2012, Jeannot Ahoussou-Kouadio aura passé 8 mois à la Primature sans que l'on puisse dire s'il était à la tête de la Primature, encore moins chef du Gouvernement. Dans son cas, nul n'est même en mesure de certifier qu'il était le premier des ministres (comme les Ivoiriens aiment à railler tout premier ministre sans grand pouvoir), tant les conseillers et d'autres centres de décision avaient plus d'influence sur le fonctionnement de l'état.

On retiendra de l'ex-Premier Ministre qu'il a joué très à fond la carte Alassane Ouattara, préférant l'accompagner à Dakar, solliciter et officialiser le soutien de Wade, alors qu'il lui incombait, entre les deux tours, d'acheminer les réclamations de Bédié, au Conseil Constitutionnel. Nul doute que l'issue de ces réclamations, si elles avaient été transmises au Conseil Constitutionnel comme le prévoit le code électoral ivoirien, aurait donné le cours de l'histoire du pays.

Ministre de la Justice dès la formation du premier gouvernement, puis Premier Ministre cumulant le portefeuille de la Justice après avoir rongé ses freins dans l'attente d'un point de chute à Guillaume Soro, Jeannot Ahoussou-Kouadio a aussi appuyé à fond sur l'accélérateur de la justice des vainqueurs. Cet avocat pour lequel "le premier des droits est le droit de la force" n'a pas fait dans la dentelle dans l'instrumentalisation de la justice contre tout ce qui pouvait rappeler Laurent Gbagbo.

La mise en congé du Gouvernement de Loma Cissé, sa ministre déléguée à la Justice, en même temps que lui, situe sur le niveau des dégâts de la justice des vainqueurs sur l'image d'Alassane Ouattara dans l'opinion occidentale. Toutefois, fidèle à sa politique ségrégationniste appelée de son propre terme "rattrapage", Ouattara a quand même vite fait de nommer Loma Cissé au poste de Conseillère Spéciale aux Affaires Judiciaires.

Mis en mission par Alassane Ouattara, celui qui a justifié l'emprisonnement de Michel Gbagbo par sa seule filiation, n'a pas su s'envoyer. Cela se paie cash dans un régime qui prend de l'eau de toutes parts au point de nommer Coulibaly Gnenema, ex-chargé des droits de l'homme de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles au Ministère de la Justice en signe de gages à Soro Guillaume, qui pourrait difficilement échapper à la CPI, son cauchemar du moment.

Enfin de la flexibilité politique…

De 38, le nombre des membres du Gouvernement passe à 30. Alassane Ouattara se sent plus à l'aise avec des équipes restreintes. Ce Gouvernement porte donc enfin sa marque mais en même temps il lui laisse de la flexibilité. Notamment de la flexibilité politique avec la possibilité d'y faire entrer 3 à 5 ministres supplémentaires, surtout que des personnalités maintenues dans le dernier Gouvernement sont assises dans des fauteuils rendus éjectables par leur corruption. En sortir 2 ou 3 pour une nouvelle équipe de 32 membres, en scindant de gros ministères lui laisse donc une marge de 5 à 6 portefeuilles, au cas où il convaincrait l'opposition à participer à une "aventure ambigüe". Les "Patriotes" l'auraient-ils compris ainsi, eux qui mènent déjà la vie dure à Sylvain Miaka Ouretto, président intérimaire du FPI en «mission de repositionnement du FPI» en Europe?

Le prix du zèle

Le Gouvernement enregistre 4 entrants et 11 partants. Au nombre des partants, l'Ouest perd 3 ministres dont Banzio, Albert Flindé et Konaté Sidiki auxquels on pourrait ajouter Charles Legré (l'homme à la révérence renversante lors de la dernière CAN) et Clément Nabo.

Les 5 personnalités ont en commun d'avoir renié les leurs.

Ainsi, pressenti pour représenter le MFA au Gouvernement dans les premières heures de l'ère Ouattara, Philippe Legré s'est vite débarrassé de son téléphone portable, confié à un assistant, avec pour consigne de ne lui passer aucune communication de tout pro-Gbagbo, de loin ou de près. La mystification du chef et le reniement ne lui ont pas suffi pour rester au Gouvernement.

Quant à Banzio, approché en mai 2011, par les doyens des cadres du Cavally en vue de discuter des souffrances des populations et des exilés de cette région, il aurait opposé une arrogance stupéfiante, avant de "livrer" ensuite, Mao Glofiehi, pieds et mains joints aux FRCI. Il s'agissait pourtant d'un projet de simples échanges avec un collectif informel de ministres de l'ancienne région du Moyen-Cavally, à savoir Adama Toungara (Duékoué!), Anne Ouloto (Toulepleu), Mamadou Sanogo (Guiglo), Banzio (Bloléquin). La suite, on la connaît… On pourrait multiplier les exemples sur chacun de ces partants, histoire de rappeler qu'une fonction politique appelle d'abord le soutien des siens.

Le PDCI et l'UDPCI, les dindons de la farce?

Au 1er tour de l'élection présidentielle, l'UDPCI est arrivée en 4ème position, derrière la LMP, le RDR et le PDCI avec environ 3% des suffrages. 3ème force politique du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix, l'UDPCI passe de deux à un seul portefeuille ministériel. Mais à l'UDPCI, tant que le seigneur Albert Mabri Toakeusse est servi, l'essentiel est sauf.

Quant au MFA, il n'en fait plus partie et c'est sans doute tant mieux pour son président Anaky dont chaque représentant au Gouvernement finit toujours par se retourner contre lui, depuis que lui-même a été éjecté des Gouvernements "Marcoussistes" par Banny en 2006, à la suite de la crise des déchets toxiques. Alassane Ouattara ayant confié, lors de sa visite dans le ZANZAN s'être réconcilié avec Anaky, attendons les retombées pour le dernier nommé, car au RHDP seul compte le partage du gâteau, fut-il de plus en plus cramé au four de la haine.

Daniel Kablan Duncan, ami de longue date de Ouattara depuis la BCEAO et dont il fut le ministre de l'Economie et des Finances à l'époque d'un Félix Houphouët-Boigny (FHB) au soir de sa vie et diminué par la maladie, aura une grande marge de manœuvre. Au contraire de Jeannot Ahoussou-Kouadio.

Seulement vêtu du maillot PDCI sans obligation de dépendance, Daniel Kablan Duncan qui doit tout à Alassane Ouattara et presque rien au PDCI de Bédié, inspire confiance pour n'avoir pas été de la galerie des faucons tout au long de la honteuse période que nous vivons depuis avril 2011. Ni pendant celle de la conquête du pouvoir depuis le Golf. Duncan est donc pour Ouattara un espoir. Encore que (…)

Même registre politique pour Jean-Claude Brou, proche parmi les proches d'Alassane Ouattara dont il était membre du cabinet à la Primature. Actuel Ministre de l'Industrie, Jean-Claude Brou qui a été, comme Alassane Ouattara, fonctionnaire du FMI a raté de justesse la primature. Ce cadre d'Aboisso, de la même région que l'épouse du président du PDCI, sera moins société civile que compté sur le quota du PDCI sans devoir vraiment lui rendre des comptes.

Le richissime Charles Koffi Diby transféré des Finances aux Affaires Etrangères, le PDCI perd la "Caisse du Gouvernement". La Primature qui lui revient par alliance électorale et cette caisse, sont désormais dans l'escarcelle directe d'Alassane Ouattara à travers son ami de longue date, Daniel Kablan Duncan qui cumule à la fois la Primature et le Ministère de l'Economie et des Finances.

Aux Infrastructures économiques, Achi Patrick s'est vu retirer les juteuses tutelles. Accrédité d'une longue participation au Gouvernement qui dure depuis octobre 2000, Achi Patrick semble pourtant affaibli, suspecté de peu de fidélité quand ses intérêts sont en jeu. Intelligent, technocrate doté d'une capacité d'argumentation, il traîne hélas l'image d'un homme calculateur. Ce qui le fragilise vis-à-vis du RDR qui n'oublie pas qu'il faisait valider ses décrets dans la chambre de Laurent Gbagbo, avant de se retourner contre lui dès après septembre 2002.

En plus des analyses sur les fourberies du PDCI qui s'est déculotté à l'Assemblée Nationale dès la petite "lame de Ouattara" sous la forme de la menace de la dissolution du Gouvernement, ce parti demeure le grand perdant de ce remaniement. Le PDCI qui a cogéré à la fois avec le président Laurent Gbagbo et maintenant avec le RDR a désormais sur la tête plus qu'une lame, mais une véritable épée de Damoclès avec toutes les casseroles de ses cadres. Avec en prime un Bédié humilié! A défaut d'être les dindons de la farce, le PDCI et l'UDPCI seraient-ils les dindes de Noël du RDR?

Face à un RHDP divisé et un RDR sonné par les tortures, les exécutions sommaires et le boulet nauséabond du génocide WE, les démocrates ivoiriens ont de la marge pour garder le cap de la dignité.


Nelson Degol, le 3 Décembre 2012.

jeudi, 06 décembre 2012

LE HIDEUX VISAGE DU FMI, DE LA BANQUE MONDIALE ET DES AUTRES

 

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Il y a 2 manières de conquérir et d’asservir une nation, l’une est par l’épée, l’autre par la dette (John Adams, ancien président des Etats-Unis). Le FMI et la Banque Mondiale (BM) sont exactement des outils de la seconde méthode que l’occident a adoptée pour s’accaparer les ressources des pays de ce qu’ils appellent le tiers-monde et de l’Afrique en particulier. La dette est l’arme, les intérêts, la munition et l’assassin économique le nouveau soldat. Ce n’est pas moi qui le dis. C’est en substance ce que dit John Perkins, ancien employé contractuel de la Banque Mondiale, auteur de Confessions d’un assassin économique, un livre à grand succès (que je conseille à tous les responsables africains). Ne vous laissez donc plus impressionner par ces «experts» venus de Washington ou de Paris, envoyés de ces institutions financières internationales, portant des costumes bien coupés, ayant des apparences vertueuses et utilisant les mots savants tels que plans d’ajustement structurel. Tout cet artifice fait simplement partie du mécanisme mis en place pour cacher le pillage qu’ils commettent.

A L’ORIGINE DE L’ESCLAVAGE ECONOMIQUE ET FINANCIER

 C’est la force qui a toujours déterminé les rapports entre nations. Le reste n’est que maquillage. La guerre, les coups d’Etat, les sanctions économiques, l’occupation militaire sont le langage qu’ont toujours parlé les nations dans leur désir de sécurité, de bien-être, de puissance, d’enrichissement, d’agrandissement de leur territoire et de sécurisation des ressources de survie. Les choses n’ont pas changé. Elles sont simplement plus sophistiquées.

Lorsque que les pays occidentaux ont conquis par la colonisation les terres nouvelles, ils ont à dessein détruit les structures économiques, culturelles et mentales des sociétés traditionnelles. Ils ont remplacé la vie collective de ces sociétés par l’individualisme occidental. A travers des lois foncières, les colons ont détaché les populations de la terre qui est le moyen de survie et leur ont imposé l’économie du marché qui a fait d’eux des esclaves du capitalisme.

Au moment des indépendances, les puissances occidentales de l’époque ont transféré la dette des temps coloniaux aux nouveaux pays en même temps qu’ils les entrainaient dans un nouveau système financier dont les acteurs étaient maintenant le FMI, la BM et autres bailleurs de fonds.  Si les nouveaux pays ont eu un semblant d’indépendance politique, ils avaient au pied une boule de fer économique et financier qui allait les empêcher de prendre un envol économique. Selon Susan Georges, une activiste et écrivain, l’Afrique subsaharienne paye 25.000 dollars par minute d’intérêts sur la dette à ses créanciers du Nord. Ce sont, selon elle, les pays du Sud qui financent en réalité les pays du Nord à raison d’un flux financier annuel de 200 milliards de dollars du Sud vers le Nord (1). Les pays du Sud payent 13 dollars sur 1 dollar reçu des pays du Nord. Pourquoi en serait-il autrement? Après tout, ces pays occidentaux ont besoin de nos ressources naturelles pour leur prospérité et même la survie de leur mode de vie. Et tous les moyens pour les contrôler sont utilisés.

Le FMI et la BM sont simplement des institutions de domination du capitalisme occidental comme le sont les organisations des droits de l’homme tels que Amnesty International (contrôle moral), d’aide au développement (truffés d’espions), les organes d’assistance aux élections (National Démocratique Institution, une création de la CIA dont le rôle est de donner la caution a des élections frauduleuses), la Cour Pénale Internationale (le bras séculier), de communication sociale (Facebook et Twitter, d’autres créations de la CIA faits pour la collecte d’informations sur les gens).

Le Président du FMI est par un accord tacite passé entre européens et américains, un européen et celui de la Banque Mondiale, un américain, nommé par le Président des Etats-Unis. Les présidents du FMI et de la Banque Mondiale, sans officiellement être des haut-fonctionnaires de l’administration de leurs pays, se comportent comme tels. Les organismes qu’ils dirigent brillent d’ailleurs par leurs prises de position pro-occidentales dans les crises internationales. C’est ainsi que pendant la crise ivoirienne la Banque Mondiale avait fermé ses bureaux à Abidjan et suspendu tous ses contacts avec le gouvernement Gbagbo que la France avec le soutien des autres pays occidentaux voulait renverser. L’accession d’Alassane Ouattara au pouvoir va replonger la Côte d’Ivoire dans les bras de ces institutions dont le président Gbagbo voulait s’éloigner.

LE PIEGE AUX NATIONS

Selon John Perkins, l’assassin économique, qui est économiste de formation travaille en général pour une compagnie-écran ou contractuelle de ces institutions financières pour qu’en cas de problèmes, aucun lien ne puisse être établi entre l’individu, les institutions financières et les gouvernements des pays occidentaux qui tirent les ficelles à l’arrière-plan. On commence par identifier un pays riche en ressources naturelles ou occupant une position géographique stratégique. Le rôle de l’assassin économique est de négocier pour le pays-cible des crédits auprès de la Banque Mondiale, du FMI, du Club de Paris ou de la Banque Africaine de Développement qui malgré son nom et la couleur noire de son président est une organisation à capitaux essentiellement occidentaux. Cet assassin économique que les médias appellent «expert» le fait comme une faveur qu’il accorde aux dirigeants de ces pays demandeurs de crédits.

Le FMI et la Banque Mondiale savent d’avance que le gouvernement auquel le crédit va être octroyé est corrompu et c’est même cela l’une des raisons pour lesquels on le choisit. En mettant autant de biens dans les mains d’individus à l’intégrité fragile, ces institutions donnent l’opportunité à ces dirigeants et à leurs proches de s’enrichir. Et ce vol ne cause pas de grands remous tant que ces chefs d’Etat jouent le jeu, malgré d’occasionnelles et timides exhortations à la bonne gouvernance.

Les critiques que ces pays font aux pays africains sur la bonne gestion et la bonne gouvernance ne sont que de la poudre aux yeux. Ces critiques sont faites pour garder ces apparences de bienveillance car les pays occidentaux préfèrent les dictateurs et des politiciens compromis à qui ils peuvent faire du chantage à des hommes intègres n’offrant pas de levier de pression sur eux. Sinon, pourquoi Lumumba, Sankara, Pascal Lissouba seraient-ils tombés au profit de Mobutu, Compaoré et Sassou Nguesso qui ont chacun fait plusieurs décennies au pouvoir? En fait les puissances occidentales favorisent l’accession au pouvoir d’individus qui ont une faiblesse qui peut être l’orgueil, les plaisirs de la chair ou un amour pour les biens matériels. Le Programme Millénaire pour le Développement n’est  autre encore que de la poudre aux yeux pour faire croire aux populations africaines qu’on se soucie d’elles.

L’argent qu’on prête n’est en général pas remis en liquide ou alors pas en totalité au gouvernement qui emprunte. Il est transféré sous forme de grands projets d’infrastructures tels que la construction de centrales électriques, de routes, des voies de chemins de fer, de parcs industriels, de ports, réalisés par des compagnies occidentales. Ces infrastructures ne profitent pas au petit peuple, ne changent pas la condition matérielle de ces nations et n’ont pas un grand impact sur l’économie des pays. Elles bénéficient aux compagnies étrangères pour le transport, la transformation ou l’évacuation des ressources naturelles exploitées.

Ces grands experts consciemment négligent d’intégrer le fait que le développement ne peut être accompli sans au préalable avoir développé le potentiel humain que les gens ont en eux et avoir changé leur façon de penser qui seuls sont capables de créer une dynamique interne génératrice de prospérité. L’argent et les investissements ne servent pas à grand-chose tant que la majorité de la population qui vit dans les campagnes n’a pas été pas impliquée à part entière dans le processus de développement. Tant qu’elle continue à passivement espérer une solution qui viendrait d’ailleurs sans avoir été amenée à prendre en main son propre développement, les choses ne changeront pas vraiment.

Pourquoi nos gouvernements tombent dans ces pièges? C’est parce qu’ils font confiance à ces experts économiques  venus de pays dits développés. Après tout, se disent nos dirigeants, si ces individus ont pu développer leurs pays, ils doivent bien savoir ce qu’il y a à faire pour développer le leur, ignorant que ces institutions financières sont des entités prédatrices. Il faut aussi ajouter que le fait que certains dirigeants africains n’aient pas vécu en occident représente un handicap pour eux dans la compréhension et l’analyse des attitudes et de la nature parfois sinistre de leurs interlocuteurs, toujours dissimulée derrière un sourire radieux, une exquise politesse et un discours sophistiqué.

Précisons tout de même qu’il est cependant possible pour un gouvernement sérieux, éclairé et astucieux de tirer profit de ces crédits pour initier un veritable processus de développement. Mais pareil gouvernement devra pleinement intégrer la diaspora dans sa gestion de sa politique de développement. La diaspora a une compétence lui permettant d’insuffler l’excellence dans la gestion du pays, d’assister les dirigeants de leurs pays dans leurs interactions avec les entités extérieures en même temps que son expérience lui donne la capacité de faire sans aucun complexe compétition à tous les niveaux avec les autres acteurs de ce monde devenu un village planétaire. Je ne vois d’ailleurs pas comment un pays africain pourrait émerger sans mettre à contribution autant de compétences. Ce sont leurs nationaux formés dans des universités occidentales qui ont aidé la Chine et l’Inde à prendre leur envol.

Et lorsque comme prévu, le pays emprunteur n’arrive pas à payer la dette, parce que les théories économiques ont des bases frauduleuses, on passe à la capture du poisson comme l’on verra plus tard.

LORSQUE VOUS REFUSEZ DE MORDRE A L’HAMEÇON

Lorsque vous refusez de vous laisser corrompre comme l’ancien président du Panama Omar Torrijos l’a fait, on envoie les chacals c’est à dire des assassins s’occuper de vous. Torrijos avait dit à John Perkins qui voulait l’attirer à ce jeu que l’enrichissement personnel ne l’intéressait pas. Ce qu’il voulait c’était le bien de son peuple et il savait bien qu’en refusant de jouer le jeu, il serait sur la liste des gens à éliminer. Effectivement, quelque temps plus tard il est mort dans un accident d’hélicoptère qui avait la signature de la CIA, selon John Perkins.

Le scénario  de neutralisation des leaders varie en fonction des pays. Parfois c’est un coup d’Etat tel le renversement de Thomas Sankara au Burkina Faso, ou la création d’un mouvement armé contre le gouvernement «rebelle» du président Aristide de Haïti. On peut aussi vous fabriquer de toutes pièces une opposition nationale qu’on aide par des financements à prendre le pouvoir (Libye) ou un mouvement rebelle qui vous tient dans les rangs comme au Tchad. Le message dans ce dernier cas c’est que si vous ne vous soumettez pas aux règles du jeu, on aide ces rebelles à prendre le pouvoir (en leur procurant de l’armement et de l’argent toujours par réseaux interposés). Les nouveaux dirigeants mis au pouvoir par l’occident restent très souvent malléables, sachant qu’il pourrait leur arriver ce qui est arrivé à leurs prédécesseurs. Parfois, c’est simplement l’assassin économique qui de façon subtile profère cette menace. Il ya toujours dans un pays de nombreux prétendants au pouvoir, prêts à vendre leur âme à ces pays pour accéder au trône.

On assassine rarement ces leaders en utilisant des agents des pays occidentaux qui en général tirent les ficelles à partir des ambassades, véritables centres de commandement. On utilise très souvent des locaux pour donner l’impression que ce sont vos propres concitoyens qui vous font tomber. C’est ce qui s’est passé en Cote d’Ivoire avec le président Laurent Gbagbo qui bien qu’il n’ait pas tenu de propos anti-français et qu’il ait continué à leur octroyer des contrats montrait une volonté d’émancipation que les pays occidentaux n’aimaient pas. Le président Biya est probablement aussi sur la liste de la France et des Etats-Unis des leaders à neutraliser parce que bien qu’ayant préservé les intérêts occidentaux dans son pays, il est en train de réduire la pression de la tenaille française sur l’économie du Cameroun en octroyant de vastes marchés à la Chine avec laquelle il est en train d’établir une relation de partenariat stratégique. Ils aimeraient le faire le faire succéder par un politicien beaucoup plus francophile et pro-occidental. Il semble qu’au soir de sa carrière politique le président Biya ait décidé, comme pour laisser un héritage politique, de jouer cette carte mortelle.

Tous les leaders ne se font heureusement pas tuer. Il y a des présidents comme Castro du Cuba ou Hugo Chavez du Venezuela qui ont survécu à une tentative de renversement. Ce qu’on reproche à ce dernier c’est simplement d’avoir donné accès aux populations indigènes et autres pauvres de son pays à la richesse du pays (le pétrole) que se partageait l’élite du pays avec les compagnies américaines. Il avait, en effet, remis au peuple vénézuélien le contrôle des richesses  de son sol en nationalisant de nombreuses compagnies. Il a utilisé cette richesse pour réaliser de vastes projets de constructions d’habitations, de centres de santé, d’écoles, de financement de PME pour pauvres et démunis.

Si vous arrivez à ne pas vous faire assassiner, on procède à une simple invasion comme en Iraq sous le couvert des Nations Unies. Saddam Hussein après avoir été leur outil, avait refusé selon John Perkins le deal offert par les américains aux Saoudiens: celui de la pérennité au pouvoir contre le pétrole à bon prix. Il avait en outre eu l’outrecuidance de vouloir faire ses transactions en Euros, mettant ainsi en danger la domination du dollar comme monnaie réserve (la même raison pour laquelle on a fait tomber Dominique Strauss-Khan par cette affaire de faux-viol). Le Colonel Kadhafi quant à lui avait mis 30 milliards de dollars de côté pour la création du Fonds Monétaire Africain (avec en fond la mise en place des Etats-Unis d’Afrique) représentait aussi un danger pour l’existence du franc CFA et la domination de la France et des pays occidentaux sur l’Afrique.

Susan Lindauer, agent de la CIA travaillant sous couverture comme employée aux Nations Unies, a révélé au cours d’une interview qu’à la veille de la deuxième guerre du golfe, la CIA avait offert un plan de paix à l’Iraq que Saddam Hussein avait accepté pour éviter la guerre, donc la possibilité d’un renversement. La CIA avait demandé et obtenu en échange de la paix un traitement de faveur pour les sociétés américaines dans les contrats iraquiens dans le domaine de la communication, la santé, des équipements d’hôpitaux, du transport. La CIA avait aussi obtenu de l’Iraq qu’elle achète un million de véhicules américains par année pendant dix ans et un traitement de faveur dans les contrats de pétrole. L’Iraq avait même offert de donner aux compagnies américaines les contrats de pétrole de la société russe, Lukhoil. Tout ceci n’a pas été suffisant pour satisfaire la cupidité des américains selon les propres termes de Mme Lindauer http://www.brasschecktv.com/page/20819.html

Lorsqu’ils envahissent un territoire comme en Iraq ou qu’ils le bombardent comme en Yougoslavie et en Libye, ils détruisent à dessein les infrastructures pour forcer les nouveaux dirigeants à refinancer la reconstruction à travers les crédits du FMI et de la Banque Mondiale. Ces contrats de reconstruction sont octroyés par le nouveau gouvernement pro-occidental aux compagnies des pays ayant contribué à la «libération et à l’établissement de la démocratie».

Est-ce le directeur du FMI ou président de la Banque Mondiale qui ordonne les actions hostiles et assassinats? Probablement pas. Ils font partie d’un vaste système dans lequel ils jouent une partition. Une fois, leur rôle terminé ou lorsqu’ils échouent, les autres départements du système, en occurrence les services secrets, les médias entrent dans la danse pour jouer leur part.

J’en profite pour dire que l’assassinat des leaders nationalistes du tiers-monde est une pratique courante chez la CIA et les services secrets occidentaux. Certains leaders africains sont obligés de jouer le jeu malgré eux parce qu’ils ont peur de se faire descendre. Selon François-Xavier Vershave, feu le président Houphouët-Boigny avait des élans nationalistes mais s’était rangé lorsqu’il a vu comment les autres nationalistes africains se faisaient assassiner par la France (2).

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mercredi, 05 décembre 2012

RENOVATION DE L'UNIVERSITE DE COCODY: UNE ESCROQUERIE MORALE


TRAVAUX SUR LE CAMPUS DE COCODY.jpg

Travaux de rénovation, Université d'Abidjan Cocody

 

Alassane Ouattara avait promis de construire des universités dans tout le pays. Deux ans après son accession au pouvoir, avec 133 milliards de Francs CFA de surfacturation du marché de rénovation des structures déjà existantes entrés dans les poches du clan au pouvoir (des 42 milliards initiaux, on est arrivé aujourd'hui à 175 milliards de FCFA, en toute opacité et sans que les coupables ne soient poursuivis ou sanctionnés, et pour cause!), à l'Université de Cocody, il y a une clôture, des murs repeints, des jets d'eau, du marbre autour des statues, mais pas une seule toilette mise à la disposition des étudiants.

Alors que le gouvernement claironne son ambition de vouloir faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent à l'horizon 2020, filles ou garçons, tout le monde est obligé d'aller déféquer en brousse. Aucune bibliothèque n'est opérationnelle. Pas de micro-cravate pour les professeurs. C'est le bon vieux microphone avec cordon, qui limite la capacité de déplacement de l'enseignant, qui fait son revival, en étant défaillant une fois sur deux.

Point d'amphithéâtre de 1.500 places. Les étudiants s'entassent dans des amphis de 500 places. Pendant les cours dispensés par le Pr Mamadou Koulibaly, l'amphi est tellement saturé que le professeur est obligé de dupliquer ses heures de cours. Malgré cela, bon nombre d'étudiants suivent les cours debout, d'autres sont dehors dans les couloirs. Ah! Qu'elle est belle, la renaissance de l'éducation ivoirienne avec Ouattara...

 

Nathalie Yamb (LIDER), sur sa page Facebook


NB: Le titre est de "Regards Croisés".