topblog Ivoire blogs

lundi, 19 novembre 2012

FRANCE: L'UMP ET L'EFFET BOOMERANG DE SON IMPOSTURE EN COTE D'IVOIRE


AHOUA DON MELLO 3.gif


L’UMP, le parti qui a porté au pouvoir Nicolas SARKOZY et qui avait proscrit de son vocabulaire le mot recomptage des voix lorsque Laurent GBAGBO et Alassane OUATTARA réclamaient chacun la victoire lors des élections presidentielles 2010 en Côte d’Ivoire, vient de reconnaitre les vertus du recomptage après avoir expérimenté la fraude électorale et la proclamation frauduleuse des élections à partir du QG des différents candidats. 

En effet, après avoir formé, soutenu et intronisé des fraudeurs un peu partout en Afrique, l’UMP avait estimé que sa méthode était suffisamment éprouvée pour l’appliquer à elle-même. Deux méthodes enseignées à OUATTARA ont été tentées lors des élections à l’UMP: 

1- LA METHODE DE CLONAGE DES BULETTINS DE VOTE: 

A Nice, dans un bureau de vote, le nombre de bulletins de vote dans l’urne est deux fois supérieur au nombre de votants, exactement comme ce qui a été appliqué par OUATTARA dans la zone N.I.CE (Nord Ivoirien, CEntre) de la Côte d’Ivoire. Ainsi, le taux de participation proclamé à 71% à la fermeture des bureaux de vote en Côte d’Ivoire est passé à 81% à l’annonce des résultats au QG de M. OUATTARA avec donc 10% de bulletins clonés. 

côte d'ivoire,france,ump et l'effet boomerang de son imposture en cote d'ivoire,ahoua don mello,ump,jean-françois copé,françois fillon,docteur ingénieur des ponts et chaussées de paris

2- LA METHODE DE PROCLAMATION DES RESULTATS AU QG: 

Les deux candidats UMP, sans attendre les résultats officiels de la structure ayant en charge la proclamation des résultats définitifs, s’appuient sur les résultats de leurs représentants pour revendiquer la victoire exactement comme leur Copé pardon leur copain, excusez moi, leur fillon pardon leur filleul à fait en Côte d’Ivoire. 

L’Union Européenne n’a gelé aucun revenu ni privé Nice de médicaments, l’ONU n’a levé aucune armée pour installer la démocratie, ils ont décidé de prendre sans honte la solution formulée par leur ennemi mortel en Côte d’Ivoire et qu’ils ont combattu avec des bombes: le recomptage des voix. 

Ce qui est bien pour la France est certainement un luxe pour l’Afrique, ainsi va la françafrique. 


DON MELLO Ahoua 

Dr Ingénieur des Ponts et chaussées de Paris 

dimanche, 18 novembre 2012

HENRI KONAN BEDIE, LE TRUBLION DE LA POLITIQUE IVOIRIENNE

 

HENRI KONAN BEDIE 4.jpg


La Côte d’Ivoire n’a plus de gouvernement depuis le 13 novembre. Il a été brutalement dissous par le président Alassane Ouattara.

Motif officiel de ce coup de sang, le rejet en commission par les députés du PDCI (Parti démocratique de Côte d'Ivoire, ex-parti unique), toujours dirigé par Henri Konan Bédié (chef de l'Etat ivoirien de 1993 à 1999), d’un projet de loi sur le mariage instituant l’égalité des droits entre l’homme et la femme.

Le texte avait pourtant été présenté par la ministre de la Famille, Raymonde Goudou, elle-même issue de ce parti.

En votant contre, les députés PDCI et ceux de l’UDPCI (Union pour la démocratie et la paix en Côte d'Ivoire) de Mabri Toikeusse (jusque là ministre du Plan et du Développement) auraient rompu la solidarité gouvernementale, estime Ouattara.

Depuis la chute de Laurent Gbagbo, les partisans de Bédié participaient au gouvernement et le soutenaient à l’Assemblée nationale où ils avaient obtenu, lors des législatives du 11 décembre 2011, 77 sièges contre 127 au RDR, le parti de Ouattara.

Voilà donc la Côte d’Ivoire plongée dans une crise politique, alors que de nombreux chantiers sont à l'arrêt: réconciliation avec les partisans de Laurent Gbagbo en panne, désarmement des milices et autres dozos (chasseurs traditionnels) renvoyé aux calendes grecques, environnement d’insécurité pour les investisseurs, appauvrissement de la population, en raison notamment de la hausse de denrées essentielles comme le riz, racket sur les routes des «corps habillés» (uniformes)…

Même si le nouveau pouvoir annonce une croissance économique forte, même si de grands travaux sont lancés avec l’aide de bailleurs de fonds internationaux, la Côte d’Ivoire n’est pas encore sortie du gouffre.

Une stratégie boîteuse

Faut-il pour autant voir dans la dissolution du gouvernement un symptôme aggravant? Ou considérer que cette crise entre le RDR (Rassemblement des Républicains et le PDCI, réunis sur un seul programme, le TSG (Tout Sauf Gbagbo), pourrait finalement être salutaire? Que pourrait naître, enfin, un gouvernement d'union nationale avec des hommes nouveaux vraiment préoccupés par le développement de leur pays?

Pour l'heure, c’est toute la stratégie d’Henri Konan Bédié qui risque d'être définitivement sanctionnée.

Le président du PDCI, qui, malgré ses 78 ans révolus, n'a toujours pas annoncé sa retraite politique, collectionne les échecs.

Lors de la présidentielle en octobre 2010, il n'a pas voulu laisser la place à un autre membre de son parti, qui, lui, aurait eu de grandes chances de devancer Ouattara au premier tour et d’affronter, avec de larges chances de succès, Gbagbo au second.

Il a mené une campagne insipide, ponctuée de discours fastidieux, marmonnés de sa voix nasillarde. Il a quand-même réussi à rallier un quart des voix, provenant de l’électorat baoulé, l’ethnie dominante du centre du pays, avant de se désister en faveur de Ouattara et lui servir de marchepied dans sa conquête du pouvoir.

Lors des législatives qui ont suivi, le PDCI a perdu une vingtaine de sièges au profit du RDR. Et, malgré les appels au renouvellement des cadres lancés par de jeunes militants comme Bertin Kouadio Konan (dit KKB), il a refusé de céder la direction du parti, s’asseyant sur le couvercle d'une marmite qui recommençait à bouillir grâce à l’octroi de nombreux postes ministériels.

Depuis vingt ans, l'histoire du PDCI se confond avec celle de Bédié, l'héritier d'Houphouët-Boigny (président de 1960 à 1993). Quand il accède au pouvoir à la mort du «père de l'indépendance», il hérite d'un pays déjà affaibli par la crise économique.

Au lieu de lancer des réformes, Konan-Bédié se replie sur une gestion sclérosée, égoïste et patrimoniale des affaires de l’Etat. Son mandat est marqué par de nombreux scandales financiers.

Au milieu des années 90, il invente l' «ivoirité», un concept «culturel» qui est, en fait, destiné à écarter Ouattara (soupçonné d’être d’origine burkinabè) de la course au pouvoir.

Les Ivoiriens ne descendent pas dans la rue pour protester quand, le 24 décembre 1999, il est renversé par quelques centaines de soldats mutins qui porteront au pouvoir le général Robert Gueï.

Le lendemain, jour de Noël, de sources diplomatiques, il serait aller frapper à la porte de la résidence de l'ambassadeur de France: «Je suis le président Bédié», se serait-il présenté au bidasse de faction, qui ne l'ayant pas reconnu, l'aurait fait poireauter quelques minutes avant qu'un de ses supérieurs identifie le visiteur.

Enfin introduit, il aurait demandé un verre de champagne, sa boisson préférée, pour se remettre de ses émotions.

Après le coup d’Etat manqué du 19 septembre 2002 contre Laurent Gbagbo, il reste longtemps dans l’expectative, attendant de savoir de quel côté le vent va tourner.

Son parti, le PDCI, dont le fonctionnement était payé sur les caisses de l’Etat, jusqu’en 1999, commence à péricliter et ses membres de base à crier famine.

C'est alors que Bédié semble se rapprocher du RDR de Ouattara et des Forces nouvelles de Guillaume Soro (actuel président de l'Assemblée nationale). Une alliance de circonstance qui va finir par emporter Gbagbo. Et redonner à l'ex-président l'impression de peser sur l'avenir de son pays.

Un renouvellement générationnel espéré

On le voit, à la sortie d'une réunion, grimper sur le marchepied d'un 4X4 pour s'adresser aux journalistes. Déclenchant quelques murmures dans l'assistance: «Mais, il se croit toujours président celui-là!»

Pour N'zuéba (l'eau qui coule), son surnom en langue baoulé, l'histoire s'est arrêtée le 24 décembre 1999 et la crise politique actuelle n'est qu'un des épisodes de sa longue agonie politique, où il risque d'emporter le PDCI.

Alassane Ouattara a crié haut et fort qu'il allait créer un véritable Etat de droit dont les véritables fondations tardent à sortir du sol spongieux de la lagune Ebrié (qui traverse Abidjan).

Pour l'heure, des affairistes en tout genre continuent à s'agiter dans l'entourage du nouveau pouvoir et les ministres PDCI ne sont pas les derniers à faire passer leurs intérêts personnels avant ceux de l'Etat.

Le refus de voter une loi qui permettrait aux femmes de «porter la culotte», comme l’écrit le quotidien ivoirien Nord-Sud, ne serait que la manifestation publique de dissensions plus profondes entre le nouveau pouvoir et le PDCI d'Henri Konan Bédié.

L'ex-président ivoirien a promis d’organiser, enfin, un congrès de son parti, mais il n’a pas dit qu’il céderait sa place à une jeune génération. Le dernier qui partira éteindra la lumière et ce sera peut-être l’inénarrable N’zueba.

 

Philippe Duval

APRES SON ARTICLE SUR L’ENRICHISSEMENT RAPIDE DE KOFFI DIBY CHARLES: ANTOINE ASSALE TIEMOKO MENACE DE MORT

 

ANTOINE ASSALE TIEMOKO.jpg

Antoine Assalé Tiémoko, Directeur de publication du journal satirique ivoirien, "L'Eléphant Déchaîné". 

 

Apparemment, le dossier publié aujourd'hui sur le "meilleur ministre" de Côte d'Ivoire fait des vagues. On m'accuse d'avoir perçu plusieurs dizaines de millions pour abattre le pauvre monsieur. On m'appelle de partout, certains applaudissent, d'autres me maudissent et tout de suite les menaces de tous genres fusent de partout. On annonce les pires malheurs pour moi et pour ma famille. Des personnes pour qui j'avais beaucoup d'estime et que j'appelais même "maman" et qui m’applaudissaient quand je faisais les révélations sur les actes des autres ministres, me traitent aujourd'hui de vendu, de manipulateurs, de jeune homme dangereux, etc.

Certaines réactions sont si violentes que la question même de ma sécurité s'en trouve posée.

Moi, je pose une seule question à tous ceux qui sont prêts aujourd'hui à me tuer. Les choses que j'ai écrites et qui sont toutes accompagnées de preuves sont fausses ou vraies. Dans ce dossier, il n'y a pas une seule chose que j'ai affirmée qui ne soit pas étayée par une preuve écrite. A cette question, personne ne répond. On me dit simplement que je n'aurais pas dû écrire, même si c'est vrai, que j'aurais dû approcher Diby Koffi pour demander le montant que je voulais.

côte d'ivoire,après son article sur l’enrichissement rapide de diby koffi char,antoine assalé tiémoko menacé de mort,antoine assalé tiémoko,l'éléphant déchaîné

Mais ce n'est pas de cela que je veux, je veux que ceux qui nous gouvernent donnent l'exemple. Je n'écris pas sur les hommes d'affaires privés, dès l'instant où ils ne touchent pas à la gestion publique.

Si j'ai investigué pendant sept mois avant d'écrire ce qui est paru aujourd'hui sur Diby, c'est parce que ce monsieur est un fonctionnaire. C'est tout.

J'estime avoir fait mon boulot de journaliste. De journalistes d'investigation, avec tous les risques que cela comporte dans des pays comme le nôtre. Et je l'assume. Je n'ai pas assez de talent pour écrire pour faire plaisir à des gens.

Maintenant, monsieur Diby et toutes les personnes citées dans le dossier peuvent user de trois voies:

- Me poursuivre en justice pour diffamation et me faire condamner par le justice si je n'apporte pas les preuves de ce que j'ai affirmé.

- Me faire un droit de réponse pour démontrer le faux que j'ai fait. Ils peuvent prendre le nombre de pages qu'ils veulent, je le publierai parce que c'est mon journal et je ne reçois pas d'ordre pour faire ce que j'y fait.

côte d'ivoire,après son article sur l’enrichissement rapide de diby koffi char,antoine assalé tiémoko menacé de mort,antoine assalé tiémoko,l'éléphant déchaîné

Le ministre Charles Diby Koffi

Ou c'est aussi possible, m’éliminer physiquement. C'est une autre solution.

Quand nos autorités, dans tous leurs discours, accusent les journalistes de ne pas faire correctement leur travail, de ne pas chercher suffisamment avant d'écrire et que maintenant quelques-uns essaient de faire correctement leur boulot, on les menace de mort.

Quant aux confrères qui mangent à tous les râteliers, qui mettent leur plume au service du mensonge et qui sont rentrés au laboratoire pour préparer des articles du genre: "Qui se cache derrière Assalé Tiémoko"? "Qui veut abattre Diby Koffi"?

Je les attends...

 

Assalé Tiémoko

jeudi, 15 novembre 2012

LE PDCI REALISE ENFIN QU'IL SERT DE FAIRE VALOIR AU RDR

 

côte d'ivoire,LE PDCI RéALISE ENFIN QU'IL SERT DE FAIRE VALOIR AU RDR,alassane ouattara,henri konan bédié,rhdp,rdr,pdci-rda,djéni kobéna,John K. Silué Financier N'Y

 

Le Président ivoirien vient de signer l'acte de décès officiel du RHDP par la dissolution unilatérale du gouvernement de coalition conduit par Jeannot Ahoussou Kouadio. Cette décision pour le moins inattendue est révélatrice des dissensions qui minent le rassemblement des Houphouétistes, coalition politique créée en 2003 sous l'instigation de Jacques Chirac pour évincer le Président Gbagbo du pouvoir.

Officiellement, la décision de l'homme fort d'Abidjan est motivée par le refus des députés PDCI et UDPCI de voter un texte portant réforme de la loi ivoirienne sur le mariage. Pour le monarque installé par la communauté internationale, l'attitude de ses alliés est un affront inacceptable. Ça c'est la face visible de l'iceberg ! En effet, pour les observateurs attentifs de la politique ivoirienne, la coalition de circonstance mise en place pour parachever le coup de force contre Laurent Gbagbo ne pouvait pas résister à l'épreuve de la réalité socio politique de la Côte d'Ivoire. Pour deux raisons essentielles.

La première est liée à la qualité des membres de ladite coalition. Les formations politiques membres du RHDP, à l'exception du MFA de Anaky Kobenan, sont issues du vieux parti fondé par le premier président de la Côte d'Ivoire, feu Félix Houphouët Boigny. L'on se souvient que la guerre de succession engagée au lendemain de la mort du "Vieux" avait eu pour corollaire la création de plusieurs partis politiques dont le RDR de Djeni Kobenan en 1994 et l'UDPCI du Général Guei Robert en 2000. De 1994 à 2000, les héritiers putatifs de Houphouët Boigny se sont livrés une guerre sans merci dont l'épilogue a été le coup d'état historique qui avait chassé le Président Konan Bédié du pouvoir en décembre 1999.

Quelques années plus tôt, le successeur constitutionnel de Houphouët Boigny avait mal digéré l'entêtement de Alassane Ouattara à briguer la présidence de la République ivoirienne en dépit de ses origines burkinabé avérées. Les idéologues du PDCI inventèrent alors le concept de l'ivoirité qui servira de fondement à l'exclusion d'Alassane Ouattara de la course au fauteuil présidentiel. Le Président Bédié lui même montera au créneau en soutenant dans son livre "les chemins de ma vie" que Alassane Ouattara n'est pas Ivoirien et que par conséquent il n'avait pas à se mêler de la politique ivoirienne. Monsieur Bédié ira jusqu'à lancer un mandat d'arrêt international contre celui qui a inauguré le poste de Premier ministre sous l'ère Houphouët. La suite on la connaît! Le RDR version Alassane Ouattara fera de la chute de Bédié une exigence de survie politique au point de planifier et d'exécuter avec méthode des actes de sabotage du régime qu'il menaçait de faire chuter à tout instant.

Après le coup d'état de 1999, Robert Guei prend goût au pouvoir et décide de le conserver en s'appuyant sur le PDCI dont il avait pris soin d'éloigner le président en la personne de Konan Bédié. Le refus de la direction intérimaire du parti de suivre celui qui a mis fin à son règne quarantenaire sera à la base de la création de l'UDPCI, formation politique confinée dans la région d'origine de Robert Guei. Le mérite reviendra à Laurent Donan Fologo qui, en l'absence du Président Bédié en exil, tentera de récoler les morceaux d'un parti qui avait perdu le sens de la lutte, usé qu'il était par un long règne sans partage. En 2002, lors de la tentative de coup d'état contre Laurent Gbagbo, Guei Robert a été tué, tout comme Émile Boga Doudou alors ministre de l'intérieur.

Quant au MFA, son leader, Anaky Kobenan, est un membre fondateur du FPI, emprisonné et embastillé sous le parti unique, avant de prendre ses distances du parti de Laurent Gbagbo. Anaky Kobenan était un des pourfendeurs les plus virulents du Président Houphouet Boigny dont il désapprouvait la politique et contre qui il prônait la manière forte.

Le dernier groupe membre de la coalition au pouvoir en Côte d'Ivoire est constitué des Ex rebelles dont le chef de fil est Guillaume Soro. Dès l'éclatement de la rébellion en 2002, ses principaux chefs de guerre n'avaient pas caché leur sympathie pour Alassane Ouattara qui, selon Koné Zakaria, est le père de leur mouvement. Devenue Forces Nouvelles, la rébellion qui a endeuillé la Côte d'Ivoire de 2002 à 2011 constitue avec le RDR la principale force politique de la coalition dotée d'une armée à faire pâlir bien des États.

Que pouvait-on espérer de mouvements dont les leaders se vouent une haine viscérale en raison des rancœurs et des frustrations nées de la lutte pour le contrôle de l'héritage politique de Félix Houphouët Boigny ? Chaque membre de la coalition a des raisons d'en vouloir à l'autre et rumine sa vengeance en attendant le moment opportun.

La deuxième raison de cette rupture prévisible tient aux circonstances et aux acteurs qui ont favorisé cette union que d'aucuns qualifient de contre nature. C'est un secret de polichinelle que de dire que le RHDP est sorti des laboratoires de la France après l'échec du coup d'état contre Laurent Gbagbo en septembre 2002. À cette époque le complot contre la Côte d'Ivoire n'était pas perceptible par le commun des mortels et nombreux furent les observateurs tant nationaux qu'internationaux de la vie politique ivoirienne qui ont fait une grave méprise sur la situation socio politique du pays. En réalité, avant même la disparition du premier président ivoirien les faiseurs de rois en Afrique avaient décidé d'installer Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d'Ivoire. Sans doute que le président Bédié avait flairé ce coup, d'où sa hargne à combattre celui qu'il considère comme un étranger aux ambitions démesurées. Mais l'opération "installer ADO au pouvoir" connaîtra diverses fortunes. En décembre 1999, malgré le coup d’état contre Bédié, le poulain ne réussit pas à prendre le pouvoir, Guei Robert ayant décidé de le conserver avant même d'avoir fini de balayer la maison. En 2002, le coup d'état contre Laurent Gbagbo échoue et Alassane Ouattara se réfugie dans une ambassade étrangère à Abidjan avant de s'exiler en France.

En 2003, à Marcoussis la France crée une plate forme pour épauler une rébellion manifestement dépassée par l'ampleur des événements. Le contrat de dupes proposé par la France aux forces politiques et rebelles avait un seul but: pousser le président Gbagbo à la démission après l'avoir dépouillé de ses prérogatives constitutionnelles au profit de l'opposition. En acceptant un tel compromis à Paris, les mouvements politiques ivoiriens venaient de prendre date dans le processus de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Pour bien faire les choses, la mémoire de Houphouët Boigny est évoquée pour tenter de recréer une unité autour de cette figure emblématique africaine dont Jacques Chirac s'honore de l'amitié. De la sorte aucune force politique sortie des entrailles du PDCI ne peut rejeter une telle proposition assortie de soutiens multiformes et ayant pour objectif la reprise d'un pouvoir qui n'aurait jamais dû échoir à Laurent Gbagbo. L'opération est tellement séduisante que des opposants farouches à la politique d'Houphouët Boigny se sentent subitement  l'âme d'Houphouétistes. Et l'union fut scellée à Paris sous le parrainage du Président de la République française!

Au regard de ce qui précède, il apparaît que l'alliance entre les frères ennemis houphouétistes est une alliance issue de la seule volonté de la France. Les partis concernés ne l'avaient pas conçue et par conséquent ne pouvaient pas lui donner une âme. Par ailleurs la coalition n'avait ni projet de société, ni programme de gouvernement commun. Le seul point d'intérêt commun était le renversement de Laurent Gbagbo. Une alliance de circonstance donc! Enfin, les principaux acteurs du RHDP se vouent une telle haine qu'après la chute de Laurent Gbagbo ils ne peuvent que réveiller leurs vieux démons et se régler les comptes.

Le premier défi du RHDP a été la présentation d'un candidat unique pour affronter Laurent Gbagbo à l'élection présidentielle. L'absence de consensus sur cette question était en soi un signe du manque de cohérence d'une coalition dans laquelle, chacun des deux poids lourds nourrissait le secret espoir de coiffer l'autre au poteau. Visiblement, chacun voulait se servir de l'autre pour accéder au fauteuil présidentiel.

Malheureusement pour le PDCI les dés étaient jetés. Les maîtres avaient décidé que C'est Alassane Ouattara qui devait être le futur Président de la Côte d'Ivoire. Tant pis pour ceux qui ne l'auraient pas ainsi compris. Les résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 éliminent définitivement le sphinx de Daoukro avec la complicité de certains cadres du Pdci déjà au fait des manœuvres de la françafrique. Tout sera mis en œuvre par la suite pour obliger Bédié à appeler ses militants à voter pour le "Brave Chè" au second tour et à lui apporter le soutien politique nécessaire à son accession au pouvoir. Les pressions et les compromis ont eu raison des dirigeants du PDCI qui venaient de réaliser qu'ils ont été le dindon de la farce dans un RHDP conçu pour accompagner le RDR au pouvoir. Dès lors, il ne restait plus qu'à sauver les meubles pour ne pas sortir complètement perdant dans l'opération. Il fallait aussi sauver certaines apparences d'un partage équitable du pouvoir entre alliés politiques. D'où les promesses de strapontins et l'énoncé de formules insensées du genre "je gouvernerai sous l'autorité du président Bédié".

L'ennemi commun défait grâce à la France, grand metteur en scène de la tragédie ivoirienne, les contractions de l'alliance ne tarderont pas faire surface. Après avoir fait le sale boulot les cadres du PDCI font l'amer expérience de la rancune tenace d'un Alassane Ouattara qui n'a jamais digéré toutes les entourloupettes à lui faites par le PDCI. Pour Ouattara c'est l'heure des règlements de compte là où l'allié PDCI s'attend au partage du gâteau et à la reconnaissance pour service rendu.

L'expression visible du malaise au sein de l'alliance est le refus du RDR de céder le poste de premier ministre au PDCI comme convenu. Pendant ce temps Alassane Ouattara continue de se servir du PDCI pour accomplir les sales besognes de la République. C'est ainsi que Ahoussou Jeannot est commis à la tâche de poursuivre en justice les pro Gbagbo. L'ex premier ministre Charles Konan Bany est chargé de faire la réconciliation nationale pendant que les ministres RDR et le président Alassane lui même sabotent l'entreprise. Les départements ministériels qui ont échu au PDCI sont vidés de leurs prérogatives au profit, soit de conseillers du président, soit des membres de sa famille. En dehors de Bédié qui semble tirer un profit personnel de la situation, les cadres de son parti s'estiment lésés à l'heure du partage. Même son de cloche du côté du MFA dont le leader a décidé de ne plus se ridiculiser en revendiquant sa part de gâteau qui tarde à lui être servie. L'UDPCI de l'ouest montagneux ne s'en sort pas mieux, même si son président semble personnellement comblé par son portefeuille de ministre d'état.

Au delà de ces quêtes légitimes de postes dans le cadre d'un pouvoir partagé, les observateurs de la scène politique ivoirienne ont été amusés de voir les alliés se livrer à un véritable pugilat à l'occasion des élections législatives de décembre 2011. Ces élections sans enjeux, en raison du boycott de l'opposition significative représentée par le FPI, ont confirmé d'une part le caractère violent du régime RDR et d'autre part, l'impossible cogestion du pouvoir par les frères ennemis regroupés au sein du RHDP. Malgré tout, le PDCI veut continuer à entretenir l'illusion d'être au pouvoir. Quand il obtient finalement la Primature au forceps il crie victoire et se fait plus royaliste que le roi en invectivant constamment, curieusement et inutilement le FPI par sa presse interposée.

L'on comprend mieux aujourd'hui la fébrilité du PDCI qui sans avoir gagné l'élection présidentielle de 2010 et sans être le choix de la communauté internationale prend des allures de parti de pouvoir. En réalité le parti de Konan Bédié n'a jamais été autant fragilisé. Il est même menacé de disparition. Ce parti, faiseur de Président alors qu'il peine à obtenir la majorité des sièges au parlement malgré l'absence du FPI, veut être effectivement l'autorité sous laquelle Alassane Ouattara gouverne. Quelle naïveté!

Pour avoir pratiqué Ouattara de 1990 à 1993, le PDCI a une connaissance parfaite de l'homme de la communauté internationale qui agit pour ses mandants et pour lui même. Pour lui les intérêts nationaux doivent être sacrifiés pour satisfaire l'appétit des multinationales. La cession du patrimoine national dans des conditions non transparentes avaient en son temps crée l'émoi dans la classe politique. Et les députés issus du PDCI n'avaient pas hésité à demander des comptes à Alassane Ouattara alors premier ministre, sur sa politique de privatisation sauvage. La presse nationale avait dénoncé pour sa part les nombreux délits d'initiés qui ont accompagné ces privatisations incontrôlées. "Alassane vend et rachète" résumait la perception de l'opinion publique ivoirienne à l'ère du technocrate venu du FMI pour redresser l'économie nationale en déconfiture. Le PDCI voit donc dans la gouvernance de Ouattara des signes annonciateurs d'un bradage et d'un pillage des ressources nationales au seul profit du clan RDR. En outre, Bédié réalise que même s’il a réussi à placer les membres de sa famille dans des secteurs juteux, à terme il risque de tout perdre. La volonté de Ouattara d'effacer les traces de Bédié de la mémoire des ivoiriens est manifeste. En effet, les discours de Ouattara font uniquement référence à Houphouët Boigny comme si après le premier président il y a eu un vide, vingt années durant. En rebaptisant les universités de Côté d'Ivoire, Alassane Ouattara ne fait pas que montre de son narcissisme, il ignore à dessin ses prédécesseurs immédiats dont Konan Bédié, successeur de Félix Houphouët Boigny.

Par ailleurs, le PDCI suspecte Alassane Ouattara de revenir sur un certain nombre de dispositifs légaux mis en place par Bédié pour préserver les intérêts de la côte d'Ivoire et des Ivoiriens. Il s'agit notamment du code de la nationalité et du foncier rural. La table ronde de Linas Marcoussis a fait de ces deux points une priorité pour les premiers ministres imposés à Laurent Gbagbo. Qui avait intérêt à revenir sur une loi votée à l'unanimité des députés en son temps? Qui a intérêt à remettre en cause le code de la citoyenneté et de l'éligibilité à la présidence de la république?

De fait, la nouvelle loi sur le mariage dont la seule originalité est de faire de la femme un chef de famille en plus de l'homme n'est qu'un ballon d'essai. Son adoption ouvrira la voie à des modifications d'envergure plus grande et touchant à des secteurs plus sensibles, comme l'économie nationale. Le PDCI qui a avalé de nombreuses couleuvres semble fixer une limite à ne pas franchir, lui qui revendique d'être le fondateur de la Côte d'Ivoire moderne. Sa responsabilité historique est en jeu, même s'il n'est pas à une contradiction près.

Enfin, la situation de la Côte d'Ivoire sous Ouattara est à la limite du tolérable. Jamais notre pays n'avait atteint un tel degré de délitement et de cruauté. Pour des ambitions personnelles, des milliers d'Ivoiriens ont été massacrés. Presque deux ans après cette forfaiture le pays est loin de retrouver ses marques. Les nouvelles autorités n'ont d'autres programmes que la chasse aux sorcières. La répression des pro Gbagbo, les exactions des FRCI sur d'innocentes populations, la déconfiture du tissu économique, la négation des droits politiques et sociaux, la colonisation des terres à l'Ouest du pays avec son cortège de tueries massives, l'exil forcé de milliers d'Ivoiriens sont autant d'actes et de méfaits qui ne peuvent laisser personne indifférent. Le PDCI a-t-il enfin compris le combat de Laurent Gbagbo? A-t-il les moyens de dire à Alassane Ouattara "Trop c'est trop, ça suffit!", sans  craindre de perdre ses privilèges? Wait and see!

 

John K. Silué

Financier N'Y.

lundi, 12 novembre 2012

CHARTE DU NORD, GOULAGS, RATTRAPAGE ETHNIQUE: OUATTARA DEFIGURE LE NORD IVOIRIEN

 

ALASSANE OUATTARA 20.jpg

 

L’Ivoirien du nord n’existe-t-il pas que dans la manipulation des politiciens en mal d’ambition ? Doit-on abandonner le sort du nord aux politiciens ? Des faits attestent que le nord de la Côte d’Ivoire court un grave danger en faisant le jeu des ambitions politiques de ceux que sa stigmatisation arrange. Il faut le sauver…

 

Korhogo, Séguéla, Bouna, Bondoukou, Odiéné, Katiola, Boundiali, sont devenues des villes sanctuaires de la négation des droits humains. Des villes-prisons où sont enfermés des hauts cadres de ce pays par pure vengeance. Mais pourquoi le nord et pas ailleurs, dans une autre région de la Côte d’Ivoire ? Alassane Ouattara seul peut répondre efficacement à cette question. Quelle leçon veut-il, par ailleurs, donner aux Ivoiriens en transformant cette partie de leur pays en goulags ? La question mérite aussi d’être posée surtout quand l’on sait que le nord s’est par le passé illustré avec la ‘’Charte du Nord’’, qu’il est devenu le lieu de déportation des prisonniers politiques en même temps qu’il «bénéficie» de ce que les dirigeants actuels appellent le «rattrapage ethnique».

Mais cette partie du pays a-t-elle une idée de l’image que lui collent les chantres du « rattrapage ethnique » ? Le nord ivoirien n’est-il pas en train de mener le mauvais combat en se laissant naïvement phagocyter par opportunisme, par les voisins de l’Afrique de l’ouest notamment les ressortissants du Mali, Burkina Faso, Guinée Conakry, Niger qui se diluent dans le vocable ‘’Dioula’’ ? Les risques de dérapage sont énormes. On peut le dire, le nord ivoirien court un grave danger en faisant le jeu des ambitions politiques de ceux que sa stigmatisation arrange Qu’ils le veuillent ou pas, les ressortissants de la partie septentrionale de la Côte d’Ivoire font partie intégrante du corpus social ivoirien. Le destin de la Côte d’Ivoire qui est aussi le leur, ne peut se tracer sans leurs apports. Surtout que l’histoire de ce pays avec ses brassages sociologiques et multi culturels montre qu’ils n’ont pas besoin de politiciens pour s’affirmer en tant qu’Ivoiriens à part entière. Assister sans dénoncer que leur sphère d’origine soit le terreau des traques et des suppliques de leurs concitoyens de l’ouest, du sud, de l’est et de l’ouest, serait dommageable pour une intégration harmonieuse et une cohésion nationale. Alassane Ouattara qui ne rate aucune occasion de stigmatiser les citoyens en les classant pro-Gbagbo, pro-Ouattara, sait-il à quoi il expose notre nation et par delà les ressortissants du nord qui n’ont pas demandé à ce que leur terre serve de prison à leurs compatriotes et qui sont bien contraints d’acquiescer cette politique de négation des droits humains qui veut opposer le Nord au Sud ? Tout, absolument tout, dans la démarche du régime actuel inspire l’inquiétude du lendemain. Il suffit de se référer à certaines sagesses du monde contemporain pour se préserver des graves dangers qui guettent notre nation. Il n’est jamais trop tard pour se ressourcer et faire machine arrière comme conseille cette belle pensée de Marylin Ferguson, (Les enfants du verseau) qui dit:

«Une autre découverte : nous ne sommes pas libérés tant que nous n'avons pas libéré les autres. Aussi longtemps que nous éprouvons le besoin d'avoir une influence sur d'autres individus, même par bienveillance, nous serons prisonniers de ce besoin. En leur donnant la liberté, nous nous libérons nous-mêmes.»

Elle (pensée)  devrait interpeller les consciences républicaines et surtout les personnes qui les incarnent depuis le 11 avril 2011, le jour où les ténèbres jetèrent leur voile lugubre sur notre nation. Sinon à vouloir étouffer les révolutions pacifiques, on rend inévitables les révolutions violentes, conseille John Fitzgerald Kennedy. Une autre pensée qui rejoint celle de Charles Konan Banny ancien Premier ministre du Président Laurent Gbagbo fait missionnaire de la réconciliation nationale par Alassane Ouattara que nous citerons abondamment jusqu’à ce la leçon soit retenue:

«Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d’aujourd’hui fourbira ses armes dans l’espoir de devenir le vainqueur de demain».

ALASSANE OUATTARA 10.jpg

Pourvu que cela serve… Ce qui n’est pas évident. Car, Alassane Ouattara s’est mis dans une logique de priver de liberté ses opposants politiques en les emprisonnant dans des pénitenciers situés dans sa région natale, au nord de la Côte d’Ivoire. Il faut reconnaître que cette fâcheuse manière de faire la politique n’est pas ex-nihilo. Pour mémoire, Les ‘’jeunes gens’’ qui ont planifié le coup d’Etat de décembre 1999 qui a déchu le président Henri Konan Bédié sont venus pour plupart du nord. Trois ans plus tard, précisément le 19 septembre 2002, ils sortent de leur maquis du Burkina Faso où ils avaient été contraints par le général Robert Guéi (qui les a traqués de décembre 1999 à octobre 2000), pour attaquer de nouveau les institutions républicaines. Cette fois-ci avec une rébellion sanglante qui coupa le pays en deux territoires et s’installe au nord. Leur slogan collait bien avec les objectifs du Rassemblement des républicains (Rdr) le parti d’Alassane Ouattara. Ils disent avoir pris les armes pour Alassane Ouattara. Le concerné lâchera cette phrase: «On ne veut pas que je sois candidat parce que je suis musulman et du nord ». Voici la cause du nord prétendument défendue...

Douze ans (12) après, le nord est encore à l’index, au centre de toutes les causes et convoitises. Quant aux acteurs de l’ex- rébellion, ils justifiaient leurs actes par une quête de « justice équitable ». Mais dans la pratique, c’est tout le contraire de ce que pense Friedrich Nietzsche, à savoir que : «La seule vraie rébellion est la recherche du bonheur.» Mais est-ce vraiment possible qu’une rébellion aussi ambitieuse soit-elle rétablisse la justice et l’équité dans une république qui fonctionne avec ses loi ? Pas vraiment ! Les organisations de défense des droits de l’Homme, telles qu’Amnesty international et Humann RightWatch ne sont pas du même avis, sur ce coup, avec Guillaume Soro et ses amis ex-rebelles qui ont attaqué la Côte d’Ivoire de septembre 2002 à avril 2011. Crimes, viols, vols, assassinats politiques, enlèvements, expropriations, dénonciations calomnieuses sont le lot de calvaires que subissent presqu’au quotidien les populations ivoiriennes par le fait des anciens rebelles au pouvoir depuis avril 2011. Au final, c’est le ni-ni : il n’y aura ni justice, ni équité. Mais plutôt des violations massives des droits humains sur les populations. Trahissant Friedrich Nietzsche et adoubant Gilbert Keith Chesterton qui, dans son oeuvre La Sphère et la croix, disait que : «Tous les grands rebelles ont été de très petits rebelles.» C’est–à dire ne respectant aucune valeur morale, ni aucune valeur humaine. La situation que vit la Côte d’Ivoire depuis avril 2011 n’est que la continuité de cette rébellion.

Une rébellion qui rime avec toutes sortes de violations des droits de l’homme. Mmes Simone Ehivet-Gbagbo, Adjobi Christine, Bro-Grébet Geneviève, MM. Affi N’Guessan Pascal, Sangaré Abou Drahamane, Aké-N’Gbo Marie Gilbert, Dallo Désiré, Douaty Alphonse, Akoun Laurent,Gbagbo Michel, Dogbo Blé Brunot,Séka Yapo Anselme, Séka Obodji, Gnahoua Zibrabi, bref, la liste est longue… sont incarcérés au nord parce que le régime Ouattara le veut ainsi. Le nord, parce que cette région de la Côte d’Ivoire transformée en prison à ciel ouvert par le régime pour gouverner sans contestations est coupé du reste du pays pour être piller en tout tranquillité. On y détient des otages pour un éventuel marchandage politicien. En cas de cas… En somme les prisonniers pro-Gbagbo sont des boucliers humains que les acteurs de l’actuel régime ivoirien, fort de son passé de déstabilisateur des institutions républicaines et de fauteur de trouble, utilise pour se prémunir contre tout péril. Comme ils en ont fait voir des vertes et des pas mûres aux trois pouvoirs précédents : ceux d’Henri Konan Bédié, de Robert Guéi et de Laurent Gbagbo. Mais le régime Ouattara devrait faire attention à ne pas entraîner le nord ivoirien dans ses travers. Car, comme conseille Paulo Coelho, dans son livre «Le Zahir» : «La liberté n’est pas l’absence d’engagement, mais la capacité de choisir.» Tout est dans le temps…


Simplice Allard

sallard05@yahoo.fr

samedi, 10 novembre 2012

LES DESSOUS DE LA MUTATION DE KONE ZACKARIA ET JAH GAO

 

 KONE ZACHARIA.jpg

Koné Zackaria


Koné Zackaria n'est plus le patron de la Police militaire. Il attend son successeur pour faire la passation des charges et rejoindre son nouveau poste. Ce redoutable chef de guerre, qui a fait parler de lui pendant les heures chaudes de l'ex-rébellion armée des ex-Forces nouvelles (FN), avait été nommé par le président Alassane Ouattara à la tête de la Police militaire, une unité de l'armée dont le rôle était de traquer les éléments indélicats au sein des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Plus d'un an après, il a été «remercié» par la hiérarchie militaire, qui l'a affecté en tant que Commandant en second au Bataillon d'artillerie sol-air (Basa) d'Akouédo. Une promotion-sanction, pourrait-on dire. Parce que même si son arrivée à Akouédo s'apparente à une promotion, les conditions de son affectation laissent plus d'un dubitatif, et doivent interpeller les soldats ivoiriens. En effet, la mutation du patron de la Police militaire intervient après la publication d'un rapport d'Amnesty international, très critique contre le gouvernement ivoirien en ce qui concerne les violations des droits de l'Homme. 

Dans ce rapport, le camp génie d'Adjamé, qui abrite la Police militaire, ainsi que plusieurs autres camps militaires, ont été indexés comme des lieux de «détention arbitraire et de torture». Bien que le gouvernement ait tenté de démentir les allégations de l'ONG de défense des droits de l'Homme à travers des réactions du ministre des Droits de l'Homme et des libertés publiques et de son collègue de la Défense, il fallait donner un signal fort à la communauté internationale. Et la hiérarchie militaire a été obligée de se «débarrasser» en douceur de Koné Zackaria, en l'affectant à une fonction où ses actions pourront être canalisées. Idem pour Gaoussou Koné alias Jah Gao, qui dirigeait le Groupement tactique 9 basé à Abobo. Lui aussi a été muté au 1er Bataillon de commandos-parachutistes (BCP) d'Akouédo.

Cet ex-chef de guerre paierait cash son incapacité à maîtriser sa zone, qui a récemment été secouée par des violences suite à une politique d'assainissement de la commune d'Abobo. Que retenir de ces affections aux allures de sanction? Le président Ouattara veut envoyer un message clair à tous ces soldats supposés proches de lui qui se croient tout permis. Car il sait comme le célèbre philosophe Rousseau, que «le plus fort n'est jamais assez fort pour être toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir». Le chef de l’État veut donc dire à tous les chefs des unités de l'Armée qu'il est capable d'aller au-delà, si d'aventure pareille situation se reproduisait. S'il est vrai que la sécurité d'un État est très importante, il est tout aussi vrai que la construction d'un État moderne se base sur le respect des droits humains. Sur cette question, le président de la République ne transige pas, lui qui est conscient du poids que représentent les rapports des ONG internationales de défense de l'Homme dans l'appréciation de la gouvernance d'un État par la communauté internationale.

D'ailleurs, ce sont ces mêmes ONG qui ont défendu ses partisans quand il était encore dans l'opposition. Se liguer contre elles serait se faire hara-kiri, d'autant plus que leurs rapports sont déterminants dans la décision des bailleurs de fonds. C'est d'ailleurs ce qu'a compris le président de l'Assemblée nationale, Guillaume Soro, quand il affirmait en France, le jeudi 1er novembre 2012: «Dans le passé, j'ai été un prisonnier d'opinion défendu par Amnesty. Je ne vais donc pas faire de commentaires spécieux sur son rapport. Il faut que le gouvernement prenne toutes les dispositions pour que les droits de l'Homme soient au cœur de son action». Une invite à tous ceux qui tenteraient de justifier l'injustifiable au lieu d'ouvrir les yeux sur les allégations d'Amnesty international.



Y. Doumbia, in le quotidien ivoirien "L'Inter".
 

Source: La page Facebook de Bermuda Weed

vendredi, 09 novembre 2012

DROITS DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE: LA LETTRE D'AMNESTY A KABLAN DUNCAN

 

GAETAN MOOTOO - AMNESTY INTERNATIONAL 2.jpg

Gaëtan Mootoo, Chercheur Afrique de l'Ouest d'Amnesty International
 
 
Nous vous écrivons à l’occasion de la candidature de votre pays au Conseil des droits de l’homme des Nations unies, lors de l’élection du 12 novembre 2012. Les États membres des Nations unies doivent, lors de l’élection des membres du Conseil, prendre en considération le concours que chaque candidat a apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits humains, ainsi que les contributions volontaires qu’il a annoncées et les engagements qu’il a pris en la matière.
 
Comme vous le savez, une pratique bien établie veut que les candidats présentent des contributions volontaires en matière de droits humains avant les élections au Conseil, de sorte que les États élus soient fermement engagés dans la défense des droits humains. D’après les informations dont dispose Amnesty International, la Côte d’Ivoire ne semble pas avoir présenté de telles contributions volontaires.
 
Nous le regrettons sincèrement et vous exhortons à le faire sans plus tarder, comme nous vous l’avions déjà demandé dans notre lettre datée du 8 octobre 2012.
 
Nous rappelons que, selon la résolution 60/251 de l’Assemblée générale, les membres du Conseil observeront les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits humains, et coopéreront pleinement avec le Conseil. Nous saisissons l’occasion de la candidature de la Côte d’Ivoire pour suggérer plusieurs mesures que pourrait prendre votre gouvernement, en exprimant ses engagements électoraux à promouvoir et protéger les droits humains à l’échelle nationale et internationale.
 
Ce faisant, nous nous basons sur les suggestions du Haut-Commissariat aux droits de l’homme concernant la présentation de promesses et d’engagements volontaires à l’égard des droits humains, selon lesquels ces engagements devraient notamment être précis, mesurables et vérifiables.
 
ENGAGEMENTS AU NIVEAU INTERNATIONAL
 
Ratification des instruments internationaux relatifs aux droits humains. Nous saisissons cette occasion pour vous encourager à ratifier le Protocole facultatif se rapportant à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ; la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées ; le Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels.
 
1- A/RES/60/251, § 8.
 
2- A/RES/60/251, § 9.
 
3- Haut-commissariat aux droits de l’homme, Suggested Elements for Voluntary Pledges and Commitments by Candidates for Election to the Human Rights Council, disponible sur http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/docs/pledges.pdf. culturels; la Convention relative aux droits des personnes handicapées et son protocole facultatif ; et la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.
 
COOPERATION AVEC LES PROCEDURES SPECIALES
 
Nous prenons note du fait que le rapporteur spécial sur les personnes déplacées dans leur propre pays s’est rendu en Côte d’Ivoire en juillet 2012, et nous vous encourageons à mettre en application ses recommandations. Nous vous encourageons aussi à faciliter la visite, dont le principe a été convenu, de la rapporteuse spéciale chargée de la question de la violence contre les femmes, y compris ses causes et ses conséquences ; du rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants; du rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires ; du rapporteur spécial sur la situation des défenseurs des droits de l’homme; du Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires; et du Groupe de travail sur les détentions arbitraires. Par ailleurs, nous soulignons que le Groupe de travail sur l’utilisation des mercenaires comme moyen de violer les droits de l’homme et d’empêcher l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes demande actuellement la permission de se rendre en Côte d’Ivoire, et nous exhortons votre gouvernement à faciliter cette visite sans plus tarder. Nous vous encourageons en outre à adresser une invitation permanente à toutes les procédures spéciales.
 
COOPERATION AVEC LES ORGANES CHARGES DE SURVEILLER L’APPLICATION DES TRAITES
 
Nous vous exhortons à soumettre sans tarder les rapports périodiques qui auraient dû être présentés au Comité des droits de l’homme ; au Comité des droits économiques, sociaux et culturels ; au Comité contre la torture ; au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale ; et au Comité des droits de l’enfant. Nous insistons sur le fait que plusieurs rapports initiaux – destinés notamment au Comité des droits de l’homme, au Comité contre la torture et au Comité des droits économiques, sociaux et culturels – auraient dû être soumis il y a plus de 15 ans.
 
En tant qu’État partie aux traités internationaux de défense des droits humains, la Côte d’Ivoire est tenue de coopérer avec les organes de suivi des traités, notamment en présentant ses rapports initiaux et périodiques.
 
La transgression systématique de cette obligation compromet gravement la surveillance efficace de l’application des traités en question et constitue une violation de l’obligation qu’a l’État de coopérer avec les organes de suivi des traités.
 
ENGAGEMENT A L’EGARD DE L’EXAMEN PERIODIQUE UNIVERSEL
 
Lors de votre premier Examen périodique universel (EPU), qui a eu lieu en décembre 2009, vous avez accepté, comme cela vous était recommandé, de lutter contre les arrestations et les placements en détention arbitraires, ainsi que de mettre un terme aux exécutions sommaires et au climat d’impunité entourant de telles pratiques, notamment en adoptant et en mettant en œuvre un plan d’action pour mettre fin à l’impunité et renforcer le système judiciaire. Vous avez en outre accepté, comme cela vous était recommandé, de coopérer avec la société civile et les ONG pour le suivi de l’Examen périodique universel, y compris en élaborant et en mettant en œuvre un plan d’action national.
 
Nous vous exhortons à prendre des mesures pour assurer la mise en œuvre diligente et sans réserve de ces recommandations et à informer régulièrement le Conseil de vos efforts à cet égard.
 
PARTICIPATION AUX DELIBERATIONS DU CONSEIL DES DROITS DE L’HOMME
 
Nous exhortons votre gouvernement à collaborer avec les délégations de toutes les régions pour s’assurer que le Conseil s’attaque aux situations de violations des droits humains, notamment en cas de violations flagrantes et systématiques et d’urgences en la matière, en appliquant le principe de non sélectivité et en évitant le deux poids deux mesures. Nous exhortons aussi votre gouvernement à soutenir les efforts visant à faire en sorte que le Conseil se penche sans différer sur toutes les Rapports du Groupe de travail sur l’Examen périodique universel, Côte d’Ivoire, 4 janvier 2010 (A/HRC/13/9), recommandations 99.54 (Autriche) et 99.57 (Djibouti). 5 A/HRC/13/9, recommandation 99.32 (Gabon).
 
6 A/HRC/13/9, recommandations 99.62 (Canada), 99.70 (Allemagne) et 99.71 (Afrique du Sud). 7 A/HRC/13/9, recommandations 99.97 (Belgique), 99.98 (Autriche), 99.99 (Mexique) et 99.100 (Norvège). Allégations crédibles de représailles ou d’intimidation visant des personnes ou des groupes qui participent ou tentent de participer aux mécanismes de défense des droits humains des Nations unies; qu’il enjoigne au gouvernement concerné de veiller à ce que des enquêtes impartiales et transparentes soient menées promptement sur toutes les allégations de représailles et de demander des comptes aux responsables; et que le Conseil demande au gouvernement concerné de l’informer des mesures prises à cet égard.
 
ENGAGEMENTS AU NIVEAU NATIONAL
 
Nous vous appelons à respecter la promesse faite par le président Alassane Ouattara de lutter contre l’impunité en suspendant immédiatement, en attendant la tenue d’enquêtes, toute personne en situation d’autorité soupçonnée d’avoir commis des violations des droits humains ou des atteintes aux droits humains.
 
Nous vous appelons en outre à exercer un contrôle rigoureux sur les membres des forces de sécurité et des milices parrainées par l’État ; à demander des comptes à tout membre soupçonné de violations des droits humains; et à faire en sorte que les allégations de telles violations fassent promptement l’objet d’investigations exhaustives et impartiales menées par des tribunaux civils de droit commun.
 
Nous vous exhortons par ailleurs à mettre un terme aux arrestations arbitraires et aux placements en détention dans des lieux de détention illégaux, ainsi qu’à juger les personnes inculpées de violations des droits humains en conduisant des procès équitables et publics dans un délai raisonnable.
 
Nous encourageonsvotre gouvernement à prendre des engagements volontaires à l’égard de la défense des droits humains, en commençant par les éléments susmentionnés. Nous encourageons aussi votre gouvernement à informer régulièrement l’Assemblée générale et le Conseil des droits de l’homme des progrès accomplis à cet égard, par voie de déclarations orales ou écrites, par exemple. Nous serions très heureux de recevoir vos observations et vos réponses à propos des points soulevés dans cette lettre. Une copie de cette lettre a été adressée aux missions permanentes de votre pays à Genève et à New York.
 
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.

 
PAULE RIGAUD.jpg
Paule Rigaud
 
Directrice adjointe du Programme Afrique 

Amnesty International
 

 
 

MENACES DE DESTABILISATION: UN LIEUTENANT D'IB FAIT DE GRAVES REVELATIONS SUR LA SECURITE D'ALASSANE OUATTARA

 

 

côte d'ivoire,MENACES DE DéSTABILISATION DES NOUVELLES AUTORITéS, UN LIEUTENANT D'IB FAIT DE GRAVES RéVéLATIONS SUR LA SéCURITé D'ALASSANE OUATTARA,frci,pro-ib


Il se fait appeler «Dr Ali Konaté», un lieutenant du défunt sergent chef Ibrahim Coulibaly. Il s’est ouvert à nous, le dimanche dernier (4 novembre 2012, Ndlr) à Cocody, suite à notre entretien exclusif avec «Brebis galeuse», qui se dit élément des Frci ayant décidé de rompre le silence. Il a fait de graves révélations sur les attaques contre les positions et camps des Frci ainsi que sur certains événements de la crise post-électorale. Entretien. 
 

Qu’est-ce qui nous vaut l’honneur de votre visite? Qu’avez-vous à nous dire de particulier? 

Il y a l’actualité brûlante. Nous allons parler des causes et des effets de ce qui est en train de se passer dans notre pays. Et si possible, faire quelques ébauches de solutions. Mais avant tout, je voudrais commencer par la mort du Major, le sergent chef Ibrahim Coulibaly. Beaucoup de choses sont dites sur pourquoi il fallait l’éliminer; après son élimination qu’est-ce qu’on a fait de son corps, puisque sa famille biologique tout comme nous ses hommes attendons toujours. Il n’a pas bénéficié d’un enterrement digne; c’est plutôt à une parodie d’enterrement qu’on a assisté. Et dix jours après, on nous a même dit que son corps a été déterré. 

Pourquoi faites-vous ce rappel? 

Nous le faisons parce qu’en son temps, le chef suprême des armées, avait dit à son ministre de la Défense, aussi Premier ministre, de désarmer Ibrahim Coulibaly de gré ou de force. Tout le monde savait que de gré, cela était impossible. Mais personne n’avait idée du degré de la force. Cela a donc donné ce qu’on a constaté. Ces propos ont été tenus à la télévision nationale. Le même chef suprême des armées est venu dire peu après l’assassinat du Major qu’il était mort aux combats. Il avait diligenté une autopsie qui devrait être suivie de la remise de la dépouille à la famille biologique du Major pour un enterrement digne. Mais tout le monde attend les résultats de cette autopsie. Mais pour la petite histoire, une autopsie est faite pour élucider deux situations: démontrer que le corps sur lequel est pratiquée l’autopsie est bien celui dont il s’agit; et déterminer de quoi il est effectivement mort. Et c’est là que nous ne comprenons rien. 

Pourquoi? 

Le chef de l’Etat, chef suprême des armées a lui-même dit que le sergent chef Ibrahim Coulibaly est mort aux combats. Dès lors, à quoi sert l’autopsie? Cette confusion nous a intrigués. On s’est dit qu’il y avait anguille sous roche. Nous nous sommes demandés si le chef suprême des armées était manipulé par quelqu’un, s’il était en collusion avec quelqu’un sur ce coup-là ou s’il protégeait quelqu’un. Nous nous demandons toujours. 

Mais pour le besoin de la réconciliation, nous avons passé sous silence cet aspect très important. Etant donné que 4 Ivoiriens sur 10 se reconnaissent en Ibrahim Coulibaly, il serait souhaitable qu’on fasse la lumière sur les circonstances de sa mort; l’enterrer dignement et passer à autre chose. 

Est-ce pour cela que vous nous avez contactés pour cet entretien? 

Pas seulement ça. Lorsque les attaques ont commencé, notamment après la seconde attaque, nous avons entendu dire au sommet de l’Etat qu’il y a une connexion entre les pro Ibrahim Coulibaly et les pro Gbagbo pour attaquer l’Etat. 

Qui l’a dit? 

C’est ce qui a été dit. Vous êtes journaliste, renseignez-vous, vous saurez qui. Celui qui n’était pas loin de l’information, c’est l’actuel ministre de l’Artisanat, Konaté Sidiki. Il a été le premier à dire qu’il y a une connexion entre pro Ib et pro Gbagbo. Et ensuite cela a été ressassé par l’actuel ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Mais après cette deuxième attaque, il y en a eu bien d’autres de sorte qu’on ne sait plus s’il faut toujours parler de connexion, ou de bandits de grands chemins comme on l’a fait aussi croire. 

Ou alors s’il faut se focaliser sur le disque rayé des pro Gbagbo qui commencent à ne plus faire recette. Que des bandits n’attaquent plus les grandes surfaces qui pullulent à Abidjan, mais préfèrent attaquer des gendarmeries, des camps militaires, des postes frontaliers, et qui chaque fois qu’ils viennent repartent avec un butin, notamment des armes lourdes et des munitions. Où vont-ils avec ces armes? A qui profitent-elles? Nous les pro Ibrahim accusés à tort avons envie de savoir. 

Avant de vouloir savoir qui attaque les Frci, que répondez-vous à ceux qui vous accusent de vouloir déstabiliser Ouattara? 

Je vais plutôt vous donner matière à réflexion. Imaginez-vous des gens (ndlr, pro Gbagbo) qui seraient venus du Ghana, comme on veut le faire croire, qui ont traversé le tout Abidjan pour se retrouver à Akouédo, l’un des camps les mieux sécurisés de l’Afrique de l’Ouest, n’attaquent pas mais y entrent comme couteau dans du beurre, ne forcent pas la poudrière mais y ont accès et se servent en armes et munitions. Et le lendemain matin, on nous dit que ces gens-là ont fui et ont abandonné dans leur fuite des armes dans la forêt de Bingerville. Mais entre nous, y a –t-il une forêt à Bingerville? 

Il n’y en a pas. Nous savons qu’il y a des plantations de tecks mais pas de forêt. Et celui qui nous dit ça c’est le premier à se prononcer sur cette attaque d’Akouédo. La deuxième personnalité à se prononcer officiellement sur cette attaque d’Akouédo, c’est le président de l’Assemblée nationale. Mais il n’est ni ministre de l’Intérieur, ni le directeur de la Dst, ni le ministre de la Défense, il n’est même plus Premier ministre. Et c’est lui qui fait des commentaires. 

Il dit: «Nos éléments ont repoussé les assaillants. Et à l’heure où je vous parle, nos éléments sont en train de faire les ratissages». Qui sont ces éléments, et en tant que qui parlet-il? Mais c’est longtemps après que le ministre de l’Intérieur a dit que ce sont les pro Gbagbo, sans enquête aucune. La situation est tellement sérieuse, il fallait faire un minimum d’enquête avant de faire des affirmations. 

Et quand on dit qu’il s’agit de pro X ou Y, il faut brandir des preuves matérielles. Or tel n’a pas été le cas. Jusqu’à la dixième attaque, c’était la même rengaine. Finalement, il fallait en fabriquer. On nous parle d’armes lourdes que ceux qui attaquent emportent avec eux. Je reviens à ma question: où vont-ils avec, que vont-ils en faire? Ce qui nous ramène à qui est derrière ces attaques? 

Vous avez lâché le mot, qui est derrière ces attaques attribuées grossièrement aux pro Gbagbo? 

Nous les pro Ibrahim Coulibaly avons envie de le savoir autant que vous. Le chef suprême des armées a tranché, notre leader a été tué, nous militaires pro Ib attendons le retour de l’ascenseur. Mais en tant qu’Ivoiriens, nous voyons que notre pays est attaqué. Nous nous demandons si ceux qui ont attaqué hier, sont en train d’être attaqués aujourd’-hui, on se demande. Quand nous lisons entre les lignes, nous nous rendons compte que dans l’ordre hiérarchique militaire ceux qui doivent nous informer quand il y a des attaques ne sont pas ceux qui nous ont toujours informés. Il y a problème! 

Qui selon vous devrait en premier sonner le tocsin? 

Le directeur de la Dst est le mieux placé, selon moi. Mais ce n’est pas lui qui nous parle. Souventefois, c’est le ministre délégué qui monte au créneau. Mais il fait du réchauffé. Il répète parfois mot pour mot ce que le ministre de l’Intérieur a dit. On veut bien comprendre à quoi joue le ministre de l’Intérieur, à quoi joue Paul Koffi Koffi et à quoi joue le président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro. Et nous voulons savoir pourquoi la Dst est muette, nous voulons savoir. 

Vous ne nous avez pas encore dit qui vous voyez derrière ces attaques? 

Si nous donnons un nom ici et maintenant l’on nous dira que ce sont les mêmes hostilités d’alors. C’est pourquoi, nous ouvrons des brèches qui vont permettre à chacun de se faire une opinion. 

Oui, mais vous pro Ib avez été associés aux pro Gbagbo comme auteurs des raids qui visent les Forces républicaines, alors qui voyez-vous derrière ces attaques? 

Nous ne nous reconnaissons pas dans ces raids. Parce que ceux qui nous accusent connaissent nos modes opératoires. Nous soldats qui nous réclamons du sergent chef Ibrahim Coulibaly, n’attaquons pas à moitié. Nous attaquons une fois et le résultat est là. Tout le monde sait comment nous fonctionnons depuis 1999. Et puis quand nous attaquons, nous revendiquons notre attaque. En 1999 quand nous avons «tapé», nous ne nous sommes pas cachés. Nous avons revendiqué l’attaque. En 2002, quand nous avons attaqué, nous l’avons revendiqué, même si chacun sait comment ça s’est terminé après. Quand nous étions à Abobo, nous l’avons revendiqué. Ce n’est pas nous. Ceux qui attaquent Ouattara ont un objectif. 

C’est lequel? 

Ils veulent déstabiliser; ils veulent faire peur à celui qui est là. Parce qu’ils savent qu’il n’est pas assis. Voilà la vérité. 

Qu’est-ce qui vous fait dire cela? 

Un pouvoir qui est réellement assis a un service de renseignement efficace. Il a un état-major efficace, donc avec un Chef d’état-major efficace. Même si nous sortons d’une guerre, l’embryon de son armée doit être solide. Il n’est donc pas assis. Ça c’est l’aspect militaire. Au plan politique, les Ivoiriens se regardent avec tellement de méfiance que chacun évite son prochain. Regardons la justice. La Cpi a demandé à ramener toutes les enquêtes sur les crimes commis en Côte d’Ivoire jusqu’en 2002. De cette date à ce jour, des crimes ont été commis à gauche comme à droite. Il y en a eu au Sud comme au Nord. 

Mais seuls les crimes commis au Sud ont été jugés. Parce que leurs auteurs présumés sont pro X. Pourquoi pas ceux qui ont été commis depuis 2002. Quand je parle des crimes de 2002, je fais allusion aux viols, aux vols, à la déforestation, au pillage du diamant, de l’or. Notre sous-sol a été exploité sans limites. Je ne cite pas la mainmise sur le coton, l’anacarde, le cacao, le bois, etc. Ceux qui ont fait cela sont devenus insolemment riches. Ils sont là. Et voilà un Monsieur que l’on traque au Ghana pour braquage de trois milliards à la Bceao et pour crime de sang. C’est quoi son crime économique? Le braquage de la Bceao à Abidjan. On dit qu’il a volé 3 milliards. 

Savez-vous combien de milliards a-t-on emportés à la Bceao de Bouaké, Daloa, Korhogo? Ces cas ne sont-ils pas des crimes économiques? S’ils le sont alors que la justice ivoirienne se prononce là-dessus. Que ceux qui ont commis ces crimes-là soient poursuivis comme les pro Gbagbo le sont actuellement. 

Qui doit-on poursuivre pour ces faits que vous venez d’énumérer? 

Celui qui s’est déclaré responsable de la rébellion, c’est-à dire le président de votre Assemblée nationale. C’est lui qui a dit haut et fort que c’était lui le patron de la rébellion. 

Pourquoi la justice ne traque pas ces gens-là, alors qu’elle est aux trousses des pro Gbagbo qu’on accable de tous les péchés d’Israël? 

(Il garde le silence pendant 2 minuties) Est-ce que le pouvoir veut réellement le livrer. Est-ce que la Cpi est réellement décidée à venir les chercher. Je voulais finir par cela, mais comme vous avez ouvert la brèche, je vais le dire… 

De quoi s’agit-il? 

Une chose va se passer, parlant de ce que la justice doit faire. Puisque le Président Ouattara n’est pas prêt de donner son ok pour que les criminels de son bord soient jugés et condamnés. Il a montré son incapacité à le faire. Il va amnistier tous les pro Gbagbo civils qui ne sont pas impliqués dans des crimes de sang. Il n’a pas le choix, il va les libérer pour jeter la poudre aux yeux de ceux qui disent qu’il y a la justice des vainqueurs en Côte d’Ivoire. Il y aura une parodie de justice qui va détourner l’attention des Ivoiriens. Ils ont commencé avec leur caravane de la paix qui réclame la libération de ces gens-là. Tout ça parce qu’il ne peut pas faire arrêter ceux que vous savez. 

Vous avez dit que les pro-Ib sont loin des attaques contre les positions des Frci. Au cas où elles devraient emporter le régime resteriez-vous dans votre position d’attentiste sans vouloir sauver le régime Ouattara? 

Si celui qui a demandé en son temps qu’on désarme de gré ou de force se rappelle que nous pouvons lui être utile et en fait la demande, il n’y a pas de raison que nous ne l’aidions pas. Sinon, nous ferons comme tous les Ivoiriens, nous regarderons de loin les choses. 

Vous confirmez donc ne rien avoir avec ce qui se passe ces derniers temps… 

Nous n’avons rien à voir avec ce qui se passe. Je le répète. Nous avons des signatures dont une signature qui est en train d’être imitée. D’un, quand nous attaquons nous revendiquons. De deux, en 1999 lorsque certains de nos frères d’armes étaient arbitrairement détenus à la Maca, nous avons forcé la Maca pour les extraire. Mais les autres détenus en ont profité. Nous attaquions les prisons pour en extraire nos éléments qui peuvent nous aider à atteindre nos objectifs. Mais aujourd’hui, presque toutes les prisons de Côte d’Ivoire ont été attaquées. 

Ce ne sont pas là les méthodes des pro Ib. Ils le savent. Nous n’attaquons pas les prisons pour le plaisir de le faire. Nous attaquons les prisons où nous avions des éléments arbitrairement arrêtés, et qui pouvaient nous aider à atteindre nos objectifs. C’est d’ailleurs pourquoi, nous n’avions attaqué que la seule Maca. 

Vous êtes en train de nous dire que ceux qui attaquent les prisons depuis un certain temps sont en train d’en extraire les leurs dont ils ont besoin les services? 

Pas seulement ça, à mon avis. Mais pour que l’on regarde dans notre direction, nous les pro Ib. Puisque c’est une de nos signatures qui est imitée par ces gens-là. Ils veulent brouiller les pistes en faisant croire à ceux qui connaissent nos signatures que c’est nous, alors que ce n’est pas nous. 

Vous êtes en train de nous dire que quelqu’un essaye de vous faire porter la responsabilité de ces actes criminels? 

Tout comme il essaie de la faire porter aux pro Gbagbo. Si l’occasion vous était donnée par ceux qui font les frais des attaques de ces encagoulés d’en finir avec eux, le feriez-vous? Ça dépend de quelle occasion. Je vous ai dit tantôt que si celui qui nous a fait désarmer hier se souvient de nous et nous fait appel, nous allons réagir. Nous avons désarmé. Nous avons désarmé cinq jours avant qu’on vienne nous attaquer et tuer celui qui a été tué. Nous avions déjà désarmé. Nous ne sommes pas revanchards. Sinon, celui qui est en face est civil. Ceux sur qui il compte sont pour la plupart de gens formés par nous. Certains étaient nos chauffeurs et d’autres nos cuisiniers. Si nous étions revanchards, quand il nous a ravi la tête de la rébellion il était facile pour nous de le contrer. 

Qui est ce civil qui est en face? 

La question a été déjà répondue. J’ai dit, celui qui a été notre porteparole, était le Premier ministre, ministre de la Défense, il disait à tout le monde que nous étions ennemis. Nous, nous le prenions peut-être pour un adversaire mais pas un ennemi. Car si c’était un ennemi on l’aurait éliminé. Je vous le répète, nous sommes militaires et stratèges, lui il est civil. Si nous avions envie de l’extraire lui seul pour que la Côte d’Ivoire que nous avons en commun ait la paix, nous n’allons pas hésiter. 

Mais nous n’avons pas encore la certitude que si nous l’extrayons cela n’aura pas de conséquences sur la Côte d’Ivoire que nous avons en commun. C’est pourquoi je vais vous ramener à ce que j’avais dit tantôt: si celui qui nous a fait désarmer hier nous dit que si nous extrayons ce civil, cela n’aura pas d’incidence sur la Côte d’Ivoire, nous entrerons dans la danse. Ce soir même (ndlr, dimanche soir)! 

N’essayez pas de distraire les Ivoiriens. Tout le monde sait que les soldats d’Ib ont été désarmés, éparpillés car confrontés à diverses difficultés. Il faut d’abord que vous existiez en tant que groupe pour prétendre faire quoi que ce soit… 

Si nous n’existions pas, on ne nous aurait pas associés aux pro Gbagbo comme auteurs de l’attaque d’Akouédo. Si nous n’existions plus, si nous n’étions plus rien car disloqués comme cela a été dit dans leur presse, on n’allait pas nous associer à ces attaques-là. On n’allait pas nous indexer. Ceux qui nous indexent savent qui nous sommes. Nous sommes militaires, ils le savent. Je vous le dis encore: si nous avons les preuves qu’extraire notre adversaire ne posera pas de problème à la Côte d’Ivoire, on l’extrait. Même ce soir! 

Il nous est revenu qu’il y a eu une connexion entre certains pro Ib et le ministre Hamed Bakayoko. Si oui, que s’est-il passé? 

Vous êtes bien informés. Il y a eu effectivement tentative de nous approcher. Mais comme certains disent que nous n’existons pas, nous lui avons donné cette réponse-là : nous n’existons plus, nous ne pouvons rien faire. On se rappelle qu’au nombre de ceux qui étaient dans la cabale contre le Major, il y avait un journal proche d’Hamed Bakayoko qui a passé plus d’un mois et demi à nous traiter de tous les noms. Alors quand il est venu, nous lui avons rappelé ce que son canard a dit sur notre inefficacité, sur notre malhonnêteté, sur notre mauvaise foi. Nous lui avons rappelé l’interview du Major qu’un journaliste de son canard a faite, mais qui a passé plusieurs jours dans un tiroir avant d’être publiée complètement lessivée. Il a du se rebiffer après tout ça. Mais il n’a pas abandonné dans sa quête de se faire aider. Il est rentré quelque part d’autre. 

Où? 

Il s’est retrouvé avec certains jeunes dits patriotes à Yopougon. Il est allé puiser là-bas, parce que l’autre aussi y a puisé. Si vous ne le savez pas, il y a puisé d’anciens miliciens. 

Quand vous dites l’autre, d’aucuns voient Guillaume Soro, et pensent que c’est la guerre de succession de Ouattara qui a commencé… 

Allez poser cette question aux instances du Rdr. Nous ne sommes pas politiques, mais militaires. Mais quand on lit entre les lignes, il y a effectivement assez de problèmes autour de Ouattara. Il y a Guillaume Soro qui est d’un côté et qui n’est pas très loin d’être supporté par Amadou Gon. Il y a Hamed Bakayoko de l’autre, qui entraîne dans son sillage des gens comme Adama Bictogo. 

Ceux-là ont formé des blocs tels que même pour les nominations de Dg ou de Pca, la signature est déposée devant Ouattara. Le Secrétaire général du gouvernement ou le Secrétaire général de la présidence se battent sur la signature des décrets de nominations. Pour tout vous dire, au début le ministre de l’Intérieur ne voyait pas la gêne de l’autre. Mais quand il a su la vérité, il nous a approchés. Il a approché les «jeunes patriotes» et c’est en train de donner ce que ça donne. Cela me choque que ceux-là mêmes qui ont organisé l’élimination des Maguy Le Tocard et autres soient aujourd’hui en train de s’adonner à cette parodie de réconciliation avec les mêmes jeunes patriotes. On se retrouve dans la même situation d’entre les deux tours où le «prix du Baoulé» avait grimpé. 

Aujourd’hui, ce sont les jeunes patriotes qui valent de l’or. On les exhibe à la télévision pour faire croire que tout baigne. Mais nous savons que ça ne va pas. 

Comment s’en sortir donc? 

Que le chef de l’Etat libère ceux qui doivent l’être. Qu’il se comporte comme le Président de tous les Ivoiriens en posant des actes qui le prouvent. Et puis, j’oubliais. Il y a à dire sur l’actuel procureur militaire Ange Kessi Kouamé. Récemment le Général Dogbo Blé a été jugé et condamné pour l’assassinat du colonel major Dosso, parce que le Général Dogbo Blé répondait aux ordres du chef suprême des armées d’alors. Et lui Ange Kessi, à qui répondait-il? C’était à Gbagbo aussi. Mais c’est lui qui juge. Pour qu’on s’en sorte, il faut que celui qui doit juger juge. Que celui qui mérite d’être jugé ne soit pas celui qui juge. 

Quand vous parlez de justice, pensez-vous que ceux qui ont tué votre chef doivent être poursuivis comme on l’a fait pour le colonel Dosso? 

Cela va de soit, c’est un assassinat. Le chef de l’Etat, quand il battait campagne a dit qu’une fois élu il ouvrirait des enquêtes sur la mort de Boga Doudou, le général Guéi. Mais aujourd’hui les enquêtes ont commencé sur la mort du général Guéi pour finir sur celle du colonel Dosso. Et les autres, on veut comprendre. Soit on juge tout le monde soit on ne juge personne. Je voudrais que vous le sachiez, et n’en déplaise, ceux qui attaquent en ce moment ont puisé chez les miliciens, chez certains Fds qui leur sont restés fidèles, chez les Frci actuelles. Ils sont en train de leur donner de l’argent. 

Je ne sais pas si des pro Gbagbo aussi mènent des attaques. Et puis nous ne comprenons pas quand on nous dit que ce sont les pro-Gbagbo qui attaquent. S’agit-il des pro Gbagbo militaires ou des civils. Puisque la plupart de ceux qui ont été pris sont des civils. On nous a dit ici que c’était Alphonse Doauti qui les finançait. 

Le ministre de la Défense a même dit que ces «déstabilisateurs» pro Gbagbo étaient payés à 175.000 FCfa. Mais il ne nous jamais dit qui les payait. Ils ont payé des 4X4 pour l’Ouest, on nous les a montrées à la télé. Ils ont payé des rangers, on nous les a montrés à la télé. Mais ceux qui payent des salaires à des déstabilisateurs on ne nous les montre pas. Parce qu’ils n’ont jamais existé. Alors Ivoiriens, soyez vigilants. Parce que Douati qu’ils avaient brandi comme le financier des assaillants est en prison. Donc logiquement ils devraient être à court d’argent. Mais regardez, combien d’attaques y a-t-il eues après l’emprisonnement de Douati. Le danger ne vient pas de là où on veut diriger nos regards. 



Interview réalisée par Osée Délamond, in le quotidien ivoirien LG-INFO


Source: AFRIK53.COM

DROIT DE REPONSE DE DAMANA PICKASS SUITE AUX ACCUSATIONS DE GUILLAUME SORO

 

DAMANA PICKASS ET SORO GUILLAUME.jpg


Lors de son récent passage en France, Mr Guillaume Soro nous a accusé, depuis notre exil ghanéen, d’être directement responsable des attaques en Côte d’Ivoire.

Au-delà de ces accusations fallacieuses, sans fondements, aux allures de diversion qui ne nous surprennent plus désormais, il serait salvateur de révéler sur la place publique toutes les manigances et actions de sabotages de M. Guillaume Soro qui tendent à prendre en otage toute la Côte d’Ivoire.

En effet, Mr Soro Guillaume sait plus que quiconque qui est le réel instigateur des attaques contre le régime de Mr Ouattara. Aujourd’hui, c’est un secret de polichinelle que cet ex(?) chef rebelle veut à tout prix le fauteuil de son chef, Mr Ouattara. Et pour ce faire, Guillaume Soro fait une cours assidue en aux pro Gbagbo.Il s’agit pour lui de se mettre dans la posture de celui qui peut racoler les morceaux du tissu social fortement déchiré et apparaitre comme celui là même qui peut réconcilier les Ivoiriens. Et donc avoir les faveurs de la communauté internationale dans le cadre d’une possible alternative à M. Ouattara.

C’est d’ailleurs pourquoi il manœuvre habillement pour faire échouer le processus de réconciliation, faisant apparaître M. Ouattara comme un incapable à faire la réconciliation et à créer la paix et la concorde entre les Ivoiriens. C’est dans cette optique, que le jour il prône le radicalisme et l’absence de compromis avec les pro-GBAGBO au niveau du régime, et la nuit tombée, il fait la cours à des pro-GBAGBO en leurs disant exactement le contraire dans le but de se positionner comme le porteur de tous les espoirs du retour des exilés dans leur pays.

Par ailleurs, M. Guillaume Soro a fait des révélations très graves sur l’état de santé de Monsieur Ouattara. Il fait circuler  entre autre que M Ouattara serait très malade et qu’il se pourrait qu’il n’aille pas jusqu’au terme de son mandat. En gros, M. Ouattara peut mourir à tout moment et lui en tant qu’héritier constitutionnel se pencherait dans ce cas favorablement sur la situation des exilés et des partisans du Président Laurent GBAGBO; situation qu’il qualifie d’injustice insupportable et inadmissible.

Cependant, en attendant la matérialisation de ce vœu macabre, il n’y aura pas de répit pour M. Ouattara car Soro n’exclut pas du tout son ascension au pouvoir par un coup de force. Et tout y passe pour créer l’instabilité. C’est donc Soro qui attaque les commissariats et les brigades. C’est encore lui qui casse les prisons et les sites stratégiques comme Azito, et harcèle les positions des frci afin d’exaspérer la communauté internationale dans le but d’avoir les arguments politiques de porter l’estocade salvatrice à un régime que tout le monde aura vomi, faisant de lui une fois de plus l’homme providentiel dont la Côte d’Ivoire a besoin.

Dans sa stratégie de conquête effrénée du pouvoir d’état, il est parvenu à rallier à sa cause la quasi-totalité des chefs de guerre en se faisant passer pour leur protecteur face à une cpi de plus en plus intransigeante vis-à-vis leurs graves crimes. M. Guillaume Soro n’a-t-il pas sournoisement ébruité le fait qu’il ait récemmentévité au commandant Fofié Kouakou une arrestation et un transfèrement à la Haye lors d’une réunion des chefs d’états majors de la CEDEAO tenue à Ouagadougou. Réunion à laquelle devait intentionnellement participer le commandant Fofié en tant que membre de la délégation Ivoirienne. Le plan étant qu’une fois au Burkina, le commandant Fofié soit mis aux arrêts et transféré à la CPI sur ordre de M. Ouattara comme gage de sa bonne foi. Ce qui serait un bon signal pour le régime envers la communauté internationale qui s’agace du manque de volonté du régime d’Abidjan d’arrêter les suspects identifiés comme tels par la cpi.fofié n’est finalement pas allé à ouagadougou. Cela a fait que les chefs de guerres sont remontés contre Ouattara qu’ils considèrent comme un ingrat.

Que cela soit clair, je ne le dis pas pour déstabiliser des écuries ou faire  plaisir à quiconque, car Ouattara et Soro c’est blanc bonnet,bonnet blanc. Et leur guerre interne nous serait indifférente si Soro ne cherchait pas des boucs émissaires comme étant des pro GBAGBO en général et notre personne en particulier. Je le fais exclusivement afin que M. Soro Guillaume arrête ses petites manigances, car je n’accepte pas que la paix et la réconciliation en Côte d'Ivoire soient tributaires de ses ambitions présidentielles. En outre voulant s’affirmer comme le véritable maître du pays,il n’hesite pas à denier à certains ministres leurs prérogatives en s’arrochant leurs fonctions a chacunes des attaques qu’il suscite en montant au premier plan apparaissant comme le dernier rempart du regime,  l’incontournable.

Le retour des exilés, le dialogue inter-ivoirien ne peuvent être suspendu aux intérêts égocentriques de cet individu.

La Côte d'Ivoire ne peut pas continuer à être prise en otage par Soro et son clan.

Tout comme je n’accepte pas que ce monsieur nous accuse de façon aussi outrancière que désinvolte sans même un début de preuves. Qu’il jette le discredit au mépris des règles élémentaires de la diplomatie sur un pays sérieux comme le Ghana, est inacceptable.

Au demeurant, nous voulons réitérer solennellement notre appel au dialogue sincère vrai en vue d’une décrispation de la vie sociopolitique en Côte d'Ivoire.

Notre parti le Front Populaire Ivoirien (FPI) et l’ensemble des exilés croient au dialogue sincère comme voie idéale du retour de la paix et de la concorde dans notre pays. Et nous ne désespérons pas d’avoir des hommes et des femmes au sein du régime d’Abidjan sensibles à cet appel.

 

DAMANA Adia Pickass

Président de la CO.P.I.E


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

COTE D'IVOIRE: PAR PEUR DU COMMANDO INVISIBLE, LA GENDARMERIE NATIONALE DESARMEE


GENDARMERIE - GENERAL GERVAIS KOUASSI.jpg

Le général Gervais Kouassi, Commandant supérieur de la gendarmerie, passant en revue ses hommes

 

Le général de division Gervais Kouassi, Commandant supérieur de la Gendarmerie, a procédé au désarmement de toutes les brigades de gendarmerie sur toute l’étendue du territoire national.

Après la police nationale, c’est aujourd’hui au tour de la gendarmerie nationale, de se voir désarmée.

Selon nos sources, c’est par crainte des attaques répétées du Commando invisible..., attaques au cours desquelles le Commando emporte toujours armes et munitions des mains des FRCI, de la police, et de la Gendarmerie, que cette mesure conservatoire a été prise. Une sorte de désarmement de l’armée nationale par ce Commando, qui ne dit pas son nom.

Le général Gervais Kouassi a donc voulu anticiper cet état de fait, en procédant lui-même au désarmement de ces hommes, avant que ceux-ci ne soient désarmés par le Commando invisible, au cours de prochaines attaques qui sont annoncées avec insistance par les médias pro-Ouattara. N’est-ce pas là conduire ses hommes à l’abattoir?

GENDARME IVOIRIEN.jpg

C’est le sens de l’opération «brigades sans armes» qui vise à couper l’herbe sous le pied du «commando invisible».

Selon Notre voie (29/10), toutes les brigades de gendarmerie de Côte d’Ivoire sont donc désarmées depuis le lundi 22octobre dernier. «Le commandant supérieur de la Gendarmerie a dit qu’il ne veut pas avoir de problèmes avec ses patrons. C’est pourquoi il a décidé de désarmer toutes les brigades de gendarmerie de Côte d’Ivoire pour selon lui, éviter que le commando invisible qui attaque les FRCI et emportent leurs armes à chaque occasion, fasse la même chose aux gendarmes, surtout qu’il y a eu déjà des attaques contre des brigades de gendarmerie à Vridi et à Bongouanou où des armes ont été emportées», expliquent avec amertume des gendarmes interrogés sur la question ces dernières heures. «Ce sont les brigades qui voient leurs armes ramassées à cause de la décision du patron de la Gendarmerie. Les munitions sont aussi ramassées. Les armes collectées sont convoyées dans les légions dont dépendent les brigades de son ressort. L’opération a démarré à la légion de Yamoussoukro où sont stockées les armes des brigades issues de sa circonscription administrative. Puis, ont suivi les 1ère légion (Agban), 2ème légion (Daloa), 3ème légion( Bouaké) et 5ème légion( San Pedro) en réceptionnant les armes et munitions des brigades relevant de leur compétence. Selon plusieurs sources proches de la gendarmerie nationale, cette opération étale au grand jour la méconnaissance du général Gervais Kouassi de la gendarmerie.

Nous y reviendrons.

 

Eric Lassale


Source: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 07 novembre 2012

ISMAEL OUATTARA (RENOUVEAU PDCI): «BEDIE PARTIRA ET IL N'Y AURA RIEN»

 

HENRI KONAN BEDIE 2.jpg


L’actuel chef du PDCI-RDA partira et il n’y aura rien. Voici ce que pense Ismaël Ouattara, membre du Grand Conseil et Secrétaire général du Mouvement "Renouveau PDCI".


Pour être en rogne contre le président de son parti, M. Ouattara l’était, récemment, quand il rencontrait des jeunes, membres de son mouvement pour les instruire sur la conduite à tenir lors du prochain congrès. La rencontre qui a eu pour cadre un restaurant de Bouaké avait pour seul point à l’ordre du jour la «candidature du président Bédié au prochain congrès». «Nous tenons à signifier aux Bédéistes de la dernière heure que l’attitude d’Houphouët-Boigny consistait à discuter et à nous entendre pour le bien de tous et non à effrayer les militants avec de lugubres prévisions du genre «si Bédié prend sa retraite politique, c’est la mort du Pdci». Non, le Père fondateur Houphouët nous a quittés et le Pdci n’est pas mort. Son successeur Bédié a fait son temps avec notre soutien. Aujourd’hui, est venue l’heure de son départ. Il partira et il n’y aura rien», a estimé Ismaël Ouattara. Il a déconseillé aux uns et aux autres de fabriquer des dictateurs à la tête des partis politiques, voire des nations. Pour lui, tous ceux qui font allusion à l’exception constitutionnelle qui a autorisé la candidature au scrutin présidentiel de l’actuel président du Pdci, font fausse route. 

HENRI KONAN BEDIE.jpg

Avant de donner sa position, Ismaël Ouattara a donné des leçons à ceux qui croient qu’il n’est pas Bédiéiste. «En 1999, suite au coup d’Etat qui a fait perdre le pouvoir au Pdci et à M. Bédié, c’est nous, jeunes à qui l’on veut aujourd’hui dénier tout droit à la parole, qui avions mené le combat pour rétablir le patron du parti dans ses droits, au motif qu’on n’abandonne pas un chef en difficulté. Et nous avions remporté ce combat de la dignité, en dignes fils de Félix Houphouët-Boigny. 

Où étaient-ils à cette époque, les tenants de la thèse «Bédié ou rien»? Le moment est venu pour dire à toutes ces personnes que leur temps est révolu», a assené celui s’oppose de façon farouche à la candidature de Bédié au prochain congrès. Selon lui, l’ex-chef d’Etat doit céder la place à la tête du Pdci-Rda à plus jeune que lui et peu importe la région et l’ethnie, «pourvu qu’il soit des nôtres». 



Ladji Abou SANOGO (Correspondant régional Soir Info).


Source: AFRIK53.COM

ILS N'ONT RIEN VU

COULIBALY GNENEMA.jpg

Coulibaly Gnénéma, ministre ivoirien des Droits de l'Homme


Amnesty International, la FIDH (Fédération internationale des droits de l’Homme), la division des droits de l’Homme de l’Onuci…, auraient-ils menti sur les graves violations des droits de l’Homme dans des camps de tortures dénombrés en Côte d’Ivoire? C’est en tout cas ce que la contre-offensive menée ces derniers temps, par le pouvoir d’Abidjan, porte à croire.

En vue d’annihiler les accusations des violations graves des droits de l’Homme dont il est l’objet de la part de ces organismes, défenseurs des droits Humains, le régime de monsieur Ouattara a dépêché sur le «terrain», un «commando», composé des ministres Koffi Koffi Paul de la Défense, Coulibaly Gnénéma des Droits de l’homme et le Commissaire du gouvernement Ange Kessy.

De retour de leur belle balade, les «trois mousquetaires» de la Ouattarandie, ont – en bons élèves – récité leur leçon: «Personne n’a été torturé». Mieux, ils ont été frappés d’une cécité soudaine: «Nous n’avons rien vu».

côte d'ivoire,amnesty international,ils n'ont rien vu,koffi koffi paul ministre de la défense,coulibaly gnénéma ministre des droits de l’homme,le commissaire du gouvernement ange kessy,enlèvements et tortures de 200 pro-gbagbo

UNE N°2681 L'INTELLIGENT D'ABIDJAN 2.jpg

En d’autres circonstances nous aurions cru assister à un spectacle de clowns, tant le scénario monté de toute pièce pour tordre le cou aux faits rapportés par les organismes des droits de l’Homme – à l’issue de minutieuses enquêtes – est hilarant. On croirait rêver. Des détenus qui se sentent au paradis dans leurs «prisons 3 étoiles»: «Tous les détenus rencontrés, disent avoir été bien traités», «Ces personnes (détenus ndlr) étaient dans des conditions agréables», déclare – sans rire – monsieur Gnénéma.

S’il ne s’agissait pas d’êtres humains, c’est-à-dire, d’ivoiriens détenus arbitrairement, torturés à l’électricité, brûlés au plastique fondu, ayant subis des sévices sexuels, déportés en des lieux de détentions non reconnus comme tels, portés disparus, enlevés, rançonnés, exécutés sommairement,… oui, nous aurions ri face à ce cirque honteux et grotesque.

Si les détenus «ne sont ni torturés, ni maltraités», comme le soutiennent ces ministres en mission commandée, alors qui sont ces détenus dont a fait mention Amnesty International et autres ? En fait, de qui, ces «secrétaires» se moque-t-ils en tentant de nier – grossièrement – ce que tout ivoirien sait pertinemment depuis la prise du pouvoir par monsieur Ouattara?

Que les victimes des actes de tortures perpétrés par les tortionnaires du régime aient soudainement disparus, ce n’est pas ce qui apparait le plus blessant pour ces nombreuses victimes et leurs parents. Mais que des hommes – fussent-ils ministres – plus soucieux de regagner leurs voitures climatisées et leurs bureaux cossus, viennent déclarer à la face des ivoiriens et du monde, que les victimes de tortures et de maltraitance n’ont jamais existé, voilà ce qui en rajoute à des douleurs déjà, insupportables. Quel cynisme!

Qui nous dit que ces sites et leurs victimes n’ont pas été «nettoyés» avant la visite dite impromptue de ces ministres et de leurs délégations ? Ont-ils cherchés aux bons endroits?

Comme on peut le constater, ce régime «adopissanciste» cherche visiblement à redorer son blason terne. Il a, pour ce faire choisi la fuite en avant. C’est la parole du gouvernement contre celle des victimes, peut-on retenir à l’issue de la conférence de presse expresse animée par les ministres de Ouattara.

Mais, laissons de côté les allégations de cette conférence-comédie. Et penchons-nous plutôt sur les non-dits d’une sortie mal inspirée.

Qui contrôle qui et qui contrôle quoi?

Ce que les ministres de Ouattara ne disent pas, c’est que ni la police, ni la gendarmerie à qui il échoit premièrement les arrestations, détentions, les gardes à vue, les enquêtes en rapport avec les populations civiles – non militaires – car, dans les déclarations des défenseurs des droits de l’Homme, il s’agit en effet et avant tout de victimes civiles.

Ni la Police, ni la Gendarmerie ne fonctionnent correctement, car souffrant de graves disfonctionnements depuis dix-huit mois de règne ouattarien. Ce sont en effet, les combattants FRCI qui seuls, règnent en maitres sur le terrain, au détriment des policiers et gendarmes désarmés et reniés, dictant leurs lois, selon leur gré.

En effet, depuis dix-huit mois de présence de monsieur Ouattara à la tête du pays, la question de la réforme de l’armée n’a pas encore été résolue. Le désordre au sein des forces de sécurité et de défense y est total. Au point qu’un leader politique s’est écrié: «Nous n’avons pas d’armée en Côte d’Ivoire».

côte d'ivoire,amnesty international,ils n'ont rien vu,Koffi Koffi Paul de la défense, Coulibaly Gnénéma des droits de l’homme et le commissaire du gouvernement Ange Kessy,enlèvements et tortures de 200 pro-gbagbo

L’opération de charme

«Nous avons voulu vous prendre à témoin pour que tout le monde sache que ce ne sont pas des paroles en l’air de la part du gouvernement», assène monsieur Gnénéma.

Au-delà des apparences – d’ailleurs trompeuses – l’opération de charme du régime en place, vise d’abord ses propres partisans. Ces derniers, en effet, interprèteraient mal que leur leader ne réagisse pas «vigoureusement» aux accusations de Amnesty International, de la FIDH et autres. Conséquences: à défaut d’un silence coupable, monsieur Ouattara a préféré orchestrer la bouffonnerie à laquelle nous venons d’assister, avec dans les rôles principaux, des ministres de la république, flanqués d’un Commissaire du gouvernement. Ensuite, il y a l’opinion internationale qui commence à découvrir le pot aux roses. A elle, il faut vite envoyer des signaux, de peur de tomber – à ses yeux – en disgrâce totale, même si la comédie est mal ficelée. Et ce, au grand dam des victimes, résignées au silence.

Des victimes qui, devant tant de barbarie, d’injustice, d’impunité…, n’ont malheureusement pas le courage, ni la volonté de s’offrir – comme ce régime autoritaire – une conférence de presse. Même si elles y parvenaient,  elles peuvent être sûres, ces victimes – et elles le savent très bien – que leurs jours seront dès lors, comptés dans cette république nihiliste, chère à monsieur Alassane Ouattara.

Que dire donc quand le bourreau, non satisfait de ses «œuvres» nauséeuses, vous tient toujours le couteau sous la gorge en vous narguant?

Des personnes, des ivoiriens, des proches de Laurent Gbagbo, par centaines, par milliers – peut-être – ont été déportés dans des camps de tortures, pour y être torturés et maltraités. Qui mieux que ces personnes elles-mêmes pourraient en témoigner? Hélas pour elles, messieurs Gnénéma, Koffi et Kessy, n’ont rien vu.

C’est donc, la parole des victimes contre celle de leurs tortionnaires, les tenants actuels du pouvoir. A qui reviendra le dernier mot, sinon à celui qui a le pouvoir et les moyens de se faire entendre?

 

Marc Micael


Source: INFO D'ABIDJAN.NET

mardi, 06 novembre 2012

DESILLUSION CHEZ LES PARTISANS DE OUATTARA: LE BLUES DU GOLF

 

ALASSANE OUATTARA 20.jpg


Cette lettre ouverte-réquisitoire contre le régime Ouattara n'est pas celle d'un pro-Gbagbo, loin s'en faut, mais bien celle d'un partisan RHDP, sinon RDR, celle d'Ibrahima Tanou, un pro-Ouattara convaincu qui s'adresse à son mentor, la mort dans l'âme. Le réveil est peut-être tardif et douloureux pour tous ceux qui, comme lui, se sont bercés d'illusions sur Ouattara mais ce réveil est toujours souhaitable, bienvenu voire salutaire. On n'accusera pas, pour une fois, les pro-Gbagbo d'être les seuls ivoiro-dépressifs pratiquants. Appréciez. Bonne lecture!

 

LE BLUES DU GOLF

Le titre est emprunté à ce brûlot «le blues de la république» qui a achevé d’incendier le pouvoir de Koudou. On l’a attribué à MAMKOUL (le Professeur Mamadou Koulibaly, aujourd'hui transfuge du FPI et président de LIDER, parti dont il est le fondateur, Ndlr) qui a refusé de l’assumer mais n’empêche qu’on a compris que ça venait du sein de ce pouvoir rongé par ses tares (affairisme, jouissance effrénée, incompétence, clientélisme, etc…). Aujourd’hui, je ne suis pas loin de penser comme d’autres qu’assez tôt le pouvoir actuel passera par cette étape.

La période du Golf nous a révélé, que dis-je, nous a rappelé ton efficacité dans l’adversité. Tu étais cloîtré au point où l’autre se demandait si tu arrivais à te promener. Tous ceux qui compte dans ce monde se sont rangés de ton côté. Aujourd’hui, tu ne peux pas dire que tu es seul. Je me permets le tutoiement parce que plus tard tu comprendras qu’il n’y a que toi qui rendras compte même des dérives de ceux que tu as désignés à des postes de responsabilité. Aujourd’hui, AMNESTY produit un rapport et ton entourage crie au complot, au mensonge, au montage. Je rappelle qu’hier, les mêmes rapports d’AMNESTY avaient valeur d’évangile pour ces mêmes-là.
 
Chaque jour que Dieu fait, je ne peux m’empêcher de me poser ces questions: Ne vois-tu pas ces ventres qui s’arrondissent autour de toi? Ne vois-tu pas ces teints de peau qui brillent de plus en plus? Ne vois-tu pas ces poches qui gonflent près de toi? Et pourtant tu côtoies certains chaque mercredi à partir de 10 heures où ils viennent te faire l’état de la nation qui, disent-ils, se porte beaucoup mieux qu’hier. Tu rencontres d’autres plus souvent et tu as dû voir que quelque chose cloche. 2 années ont passé, il y a eu beaucoup d’actions d’éclat mais aujourd’hui que reste-t-il de tout ça? Tu disais à Agnès Kraidy que tu connaissais le prix de la tomate, du piment, etc… donc tu comprends que même la sauce arachide, dite sauce RDR, est plus chère aujourd’hui qu’hier. Pourtant, tu as le ministre du commerce chaque semaine en face de toi qui te dis que les prix sont mieux contrôlés. Est-ce ces accords politiques qui te lient les mains au point où tu ne vois pas toutes ces défaillances. Même auprès de toi, il y a matière à dénoncer. Ce chantier gigantesque au cœur de la ville qui interpelle toutes les consciences. Ne le vois-tu pas aussi? Même ceux qui par la force des armes t’ont donné la légitimité que la force des voix en ta faveur n’a pas suffi à asseoir ont du mal à voir la lumière que tu as promis une fois la bataille achevée. Je ne te parle pas de ces policiers que tu paies régulièrement avec notre argent à la fin du mois mais qui continuent de mendier comme des crève-la-faim. Qu’est ce qu’ils coûtent d’en radier une dizaine chaque jour que ton « bon petit » au sortir d’une virée bokolobangesque aura surpris en train de faire la manche. Tu me diras que tu as sanctionné les tricheurs. Je te répondrai «Et les mendiants, qu’en fais tu?» Chasse-les, punis-les afin qu’on arrête d’avoir honte. Tu nous promets un pays émergent en 2020, je crains que ce pays ne soit immergé définitivement dès 2015 tellement les tares qui minent notre système se révèlent chaque jour un peu plus.
 
Qu’est ce que cela coûte de combattre ces commerçants véreux qui nous vendent la bouteille de gaz à 5.000 Francs là où elle est sensée coûter 4.000 francs. Dis à l’autre qui est le fruit de ton accord sous le palmier de Daoukro qu’on n’est pas à un concours de prêche. L’époque de «tu es le messie» est finie. On veut que tu sois le «docteur» comme le titre que tes diplômes t’ont conféré. Il faut que tu soignes ce pays meurtri, ce peuple qui aspire à un mieux-être. Tu nous promets plus de sécurité, ce n’est pas ça qu’on voit hein. Chaque jour l’autre va sortir dans ma télé pour dire de me tranquilliser mais le lendemain, d’autres se font prendre leurs armes comme au jeu de ludo avec la fameuse expression «j’ai homé». Il ya des hommes de valeur dont l’intégrité ne fait pas de doute pour l’instant. Mets-les là où il se doit. Le temps de la spéculation est passé. Le temps de la reconnaissance est passé. Quelle reconnaissance? ils ont sûrement enduré les longues périodes de disette avec toi dans l’opposition mais penses-tu que cela vaille que ton mandat court à l’échec pour eux.
 
Ce ne sont pas les 8,6% de croissance qui rempliront le plat des ivoiriens, leur permettront de vivre en sécurité et plus librement. Le moment est venu que tu affrontes tes propres «démons» sinon je vois l’autre venir dans si peu de temps crier à «l’espoir déçu». Il n’hésitera pas à dire haut et fort que la confiance qu’ils ont mis en toi a été trahie et que ce qui a perdu OPA est en train de te perdre aussi. Je ne suis pas sûr que tu trouveras beaucoup pour te suivre dans ce combat si jamais il fallait le mener.
 
On est là pour te dire la vérité que tu sais déjà mais qu’ils hésitent forcément à te dire. Le temps de la jouissance doit prendre fin afin que ce soit les ivoiriens qui jouissent mieux et fort.



Ibrahima Tanou (Sur sa page Facebook)


 
Source: La page Facebook de Nathalie Yamb

QUELQUE CHOSE SE PASSE DANS LE CAMP OUATTARA

côte d'ivoire,quelque chose se passe dans le camp ouattara,georges soros,alassane ouattara,amnesty international,steve beko


J’ai vraiment été surpris par cette Une d’un journal pro-RDR. Tout le monde sait que Amnesty est financée par le milliardaire juif, George Soros, qui est aussi l’ami de Ouattara alors d’où vient-il que l’on accuse un quelconque pays de vouloir nuire à son régime à travers cette organisation?

Il fut un temps, dans ce pays (la Côte d'Ivoire, Ndlr), où les rapports et communiqués de cette organisation étaient présentés comme parole d’évangile pour discréditer le Président Gbagbo.

UNE - PRESSE IVOIRIENNE.jpg

La vraie question est: Ouattara a-t-il tenu ses promesses à l’égard de son ami Soros ou bien ce dernier serait-il devenu gourmand au point d’exiger plus que prévu dans leur accord pour déstabiliser la Côte d’Ivoire?

Sinon, ce rapport n’énonce rien que la presse bleue et les résistants ivoiriens n’aient dénoncé depuis plus d’un an maintenant.

Mais c’est vrai que le partage du butin, après un braquage réussi, crée toujours des mécontentements!
 
 

Source: La page Facebook de Steve Beko II

lundi, 05 novembre 2012

LE SENS DU DERNIER COMMUNIQUE DE LA CPI

 LAURENT GBAGBO 25.jpg

 
Eléments de réponse aux questions que les Ivoiriens se posent après la dernière sortie de l’organisation internationale à vocation juridictionnelle. Dont la Chambre préliminaire s’est prononcé sur la capacité à Gbagbo à participer à la procédure engagée contre lui. Qu’est-ce que cela change ? Quelles sont les futures étapes ? Explications. 


Imbroglio national. Trois jours après l’audience liée au réexamen de la détention du président Gbagbo par la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI), et une semaine après le refus exprimé de la Cour d’appel de «casser» la décision de ladite Chambre préliminaire qui avait rejeté le 13 juillet dernier une première demande de liberté provisoire, l’organisation à vocation juridictionnelle a produit hier un communiqué informant l’opinion publique que «la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé que M. Laurent Gbagbo était apte à participer à la procédure devant la Cour». Elle a également annoncé que «les juges fixeront bientôt une date pour l'audience de confirmation des charges dans cette affaire». 

Elle a par ailleurs annoncé des «ajustements pratiques» qui seront mis en place «afin de permettre à M. Gbagbo de participer à l'audience de confirmation des charges». Des dispositions qui pourront inclure «la tenue d’audiences plus courtes, la mise à disposition d'installations appropriées pour se reposer pendant les pauses, la possibilité pour le suspect de se dispenser de tout ou partie de la procédure, ainsi que de la suivre par liaison vidéo s'il le désirait». A la lecture de ce communiqué, un grand nombre d’Ivoiriens ont eu l’impression d’être dans un profond brouillard. Réponses à quelques questions qu’ils se posent. 

La dernière décision de la CPI signifie t-elle que la demande de liberté provisoire de Gbagbo a encore été rejetée? 

Non. En réalité, les «affaires dans l’affaire» Gbagbo sont nombreuses et se chevauchent. Notamment parce que, très active, la Défense s’introduit dans tous les interstices et utilise tous les moyens à sa disposition pour faire avancer sa cause. En ce qui concerne la question de la demande de mise en liberté provisoire, la Défense a saisi la Chambre préliminaire I qui a rejeté une première demande le 13 juillet dernier. 

Refusant ce verdict, elle a fait appel à la Chambre d’appel qui a suivi la Chambre préliminaire I, même si quelques avancées ont pu être obtenues. La Chambre d’appel a en effet estimé que l’état de santé d’un prévenu pouvait être un critère tendant à accepter une mise en liberté provisoire. Et deux juges de la Chambre d’appel ont rendu des avis «dissidents», en contradiction avec l’opinion majoritaire, ce qui contribue à créer une certaine pression sur la Chambre préliminaire. 

Le dossier est donc reparti à la Chambre préliminaire, qui doit l’examiner de nouveau tous les 120 jours, conformément aux règles de la CPI. Le jugement est mis en délibéré. Ce jugement-là, il n’a pas encore été rendu. 

Sur quel sujet la CPI a-t-elle exactement tranché? 

Dans sa volonté de prouver que le président Laurent Gbagbo a subi des exactions relevant de la torture lors de son incarcération illégale à Korhogo, la Défense a mis sur le tapis la question de son état de santé. Ce qui a amené la CPI à commander des expertises à ce sujet. Dans l’attente du résultat de ces expertises, il était impossible d’engager l’audience de confirmation des charges au regard des juges de la Chambre préliminaire eux-mêmes, qui ont pris très au sérieux les «découvertes» des médecins. Dans son état, Gbagbo pouvait-il participer à son procès ? C’est à cette question que la Cour a répondu hier par l’affirmative. 

Le fait que Gbagbo puisse assister aux audiences est-il une mauvaise nouvelle? 

Non. L’objectif de la Défense n’était pas d’éviter que Gbagbo participe à la procédure. Le premier président de la Deuxième République ivoirienne l’a dit lui-même : il ira jusqu’au bout. Il brûle de dire sa part de vérité, de la confronter aux affirmations du procureur. Il sait qu’il joue sa place dans l’histoire de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Il entend faire de ce procès un moment de combat contre la propagande haineuse qui l’a poursuivi durant plus de dix ans, et contre l’histoire officielle que les puissances occidentales qui ont eu sa peau veulent imposer. 

Le combat juridique autour de son état de santé vise avant tout à faire comprendre aux juges – qui ont lu les expertises médicales qui sont formelles – ce qu’il a vécu à Korhogo. Qu’il ait assez récupéré pour pouvoir participer à la procédure est soit une chance soit une grâce – selon que l’on soit croyant ou pas. Mais le fait est qu’il est arrivé à La Haye dans un état trahissant les souffrances qu’il a endurées auprès du régime qui l’a livré à la CPI et se protège lui-même de toute poursuite. 

Cette évaluation sur son état de santé peut - elle avoir un effet sur sa demande de mise en liberté provisoire? 

Oui, mais pas directement. Les juges ont conclu que Gbagbo était certes fatigué et éprouvé, mais qu’il pouvait participer aux audiences. Dans la mesure où, selon la Cour d’appel, l’état de santé d’un prévenu peut avoir des effets sur une décision relative à la mise en liberté provisoire, il est certain que le fait qu’il «récupère» peut être utilisé par l’Accusation qui entendra prouver qu’il n’y a pas le feu en la demeure. Mais tout est question d’évaluation des juges – et bien entendu, la politique n’est jamais loin. 

Le fait que Gbagbo puisse participer aux audiences dans un cadre prenant en compte sa fragilité physique ne signifie pas automatiquement qu’il a les capacités «médicales» de s’évader – ce dont il sera question dans la «querelle» sur la liberté provisoire. Cela ne signifie pas non plus que pour pouvoir le garder en vie et en bonne santé physique et morale, dans le cadre d’une procédure qui s’annonce longue, une liberté provisoire dans un cadre moins hostile n’est pas plus adaptée. Cela dit, la bataille s’annonce serrée. 

Est-on désormais sûr que l’audience de confirmation des charges et le procès auront lieu? 

Non. En tout cas, pas encore. En effet, la Défense a annoncé depuis le 21 août dernier qu’elle interjetait appel contre la décision de la Chambre préliminaire I, intervenue le 15 août dernier, de rejeter sa requête en incompétence de la Cour à juger le président Laurent Gbagbo. Une requête fondamentalement «politique», qui répond plus à une stratégie de dénonciation des «liaisons dangereuses» entre le procureur et le régime Ouattara et à une «mise sous tension» d’une Chambre préliminaire prompte à céder aux préjugés et aux approximations de l’Accusations, qu’à une volonté de «fuir» le débat de fond. La réponse de la Chambre d’appel à la requête de la Défense, ses éventuelles réserves, et les éventuels points de vue dissidents de certains des juges de la Chambre d’appel, sont attendues par la Défense. Qui privilégie la parabole de la montagne. Dans un contexte de forte adversité, elle doit, pas après pas, franchir un véritable Everest de préjugés et de «vérités» prémâchées. 

Le temps qui passe joue-t-il pour ou contre Gbagbo? 

Beaucoup d’Ivoiriens considèrent que ce qu’ils perçoivent comme une «stratégie de l’obstruction» de la Défense «perd du temps» inutilement, et contribue à maintenir Laurent Gbagbo en détention. Mais, en réalité, le temps qui passe permet aussi à Emmanuel Altit et à Agathe Baroan, les avocats qui ont pignon sur rue à La Haye, de se saisir – pour la tailler en pièces – de l’incroyable masse de documents compilés par Louis Moreno-Ocampo contre Gbagbo, au nom de ce que l’on pourrait appeler une «stratégie de l’inondation». Ocampo voulait profiter de l’atmosphère globale de l’époque, où Gbagbo était présenté sans nuances comme «le mauvais» et Ouattara «le bon». Plus le temps passe, plus cette grille de lecture s’affaiblit. Et pour la Défense, c’est toujours ça de pris. 



Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".
 
 
Source: AFRIK53.COM

FLORENT PARMENTIER (POLITOLOGUE FRANÇAIS): «VOICI POURQUOI LE VERDICT DE LA CPI TARDE A TOMBER»


FLORENT PARMENTIER - POLITOLOGUE FRANçAIS.jpg

Florent Parmentier a percé le secret du silence de la CPI.


Le verdict de l’audience du 30 octobre 2012 à la Haye, continue de se faire attendre, comme un astrophysicien qui fait le pied de grue devant son télescope, pour scruter le passage d’une constellation d’étoiles. Cette attente, qui donne lieu à toutes les supputations et commentaires, n’est pas faite pour apaiser les esprits de tous ceux qui souhaitent que le cas Gbagbo soit traité avec diligence. Estimant que le dossier Gbagbo a été suffisamment bêché, tourné et retourné comme une terre arable, pour que le verdict à rendre soit encore à la traîne et ne soit pas traité avec beaucoup de célérité. Mais Florent Parmentier, spécialiste en Sciences politique, qui croit savoir les raisons profondes de ce repli des juges de la Cpi, affirme que ceux-ci font face plus à d’autres réalités incontournables que ne le pensent beaucoup de chroniqueurs.

Florent Parmentier a percé le secret du silence de la Cpi

Pour s’être introduit dans les méandres juridictionnels et les tractations sur le sort à réserver au célèbre pensionnaire du pénitencier de Scheveningen, l’analyste avance plutôt les relents que redoutent les juges, sur un climat politique déjà délétère, que pourrait entraîner une décision mal goupillée. A l’en croire, des débats contradictoires confondent les juges entre eux, sur la bonne décision à prendre, en plus des raisons sur la popularité et le réseau relationnel de M. Gbagbo, qu’a fait prévaloir la juge Silvia Fernández de Gurmendi, pour rejeter, le 19 juillet 2012, la requête de la Défense demandant une mise en liberté provisoire de son client.

"Le collège des juges est sous la tourmente de la bonne suite à donner, au regard de la pertinence de l’exposé des motifs de la demande de liberté provisoire, faite par la Défense le 30 octobre dernier. Selon nos informations, une majorité des juges redoutent des remous sociopolitiques dans les deux cas de figure. C’est-à-dire que si la liberté est accordée à M. Gbagbo, dans ces circonstances de tensions politico-militaires, cela pourrait sérieusement affecter le régime de M. Ouattara, dans sa légitimité et dans sa marge de manoeuvre. En revanche, si M. Gbagbo est maintenu en détention, au-delà des espérances de mise en liberté exprimées par ses partisans, cela pourrait aussi attiser et cristalliser davantage les appétits déstabilisateurs de ses proches, qui visiblement ne se le cachent aucunement. Cette équation à plusieurs variables met les juges dans une mauvaise posture, quant à la bonne attitude à tenir, face à ce dossier judiciaire épineux, qui engage l’avenir de toute une Nation et même de la réconciliation, tant évoquée dans les milieux politiques ivoiriens", a indiqué le politologue Parmentier, au cours d’un entretien accordé à la Radio Bbc.

Il n’a pas manqué de relever que l’argumentaire de la juge Fernández de Gurmendi, selon lequel, les assurances de M. Gbagbo de "coopérer" et son "respect" vis-à-vis de la Cour de même que son "engagement" à comparaître devant la Chambre à tout moment ne sont pas en soi suffisantes pour accorder une mise en liberté provisoire, n’est que la partie dévoilée d’un casse-tête chinois que constitue le procès du prévenu. Suite auquel, la Cpi elle-même se donnera ou pas, les chances et les moyens de sa propre survie, à défaut d’être tout simplement émoussée. Les juges de la Cpi sont suffisamment imprégnés de la complexité et du caractère ultra sensible du verdict à rendre, qui en la matière, déconseille un faux pas.

 

Marcel Dezogno, in le quotidien ivoirien "LG-Info".

 

SourceEBURNIE NEWS

dimanche, 04 novembre 2012

LES JUGES DE LA CPI DECIDENT QUE LAURENT GBAGBO EST APTE A PARTICIPER AUX PROCEDURES: VOICI LEUR COMMUNIQUE


LAURENT GBAGBO 23.jpg

 

En lieu et place du délibéré attendu du huis clos de l'audience de réexamen de la demande de mise en liberté provisoire du Président Laurent Gbagbo, la Cour pénale internationale nous pond un communiqué que voici. Confortant tous les pourfendeurs de cette institution onusienne dans leur conviction que la CPI fait de la politique et non du Droit. Le moindre des professionnalismes aurait d'abord été de rendre publiques les conclusions du huis clos. Ensuite, toutes les autres décisions auraient valablement pu suivre. Que nenni! Cette affaire de Laurent Gbagbo à la CPI est très intéressante à plus d'un point. La Cour pénale internationale y joue définitivement sa crédibilité. Wait and see! Fernand Dindé.

 

Le 2 novembre 2012, la Chambre préliminaire I de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé que M. Laurent Gbagbo était apte à participer à la procédure devant la Cour. Les juges fixeront bientôt une date pour l'audience de confirmation des charges dans cette affaire.

Selon la décision des juges, des ajustements pratiques devront être mis en place afin de permettre à M. Gbagbo de participer à l'audience de confirmation des charges. Ceux-ci peuvent inclure la tenue d’audiences plus courtes, la mise à disposition d'installations appropriées pour se reposer pendant les pauses, la possibilité pour le suspect de se dispenser de tout ou partie de la procédure, ainsi que de la suivre par liaison vidéo s'il le désirait. La Chambre déterminera les modalités appropriées pour la conduite des audiences en consultation avec la Défense et le Greffe.

Contexte

Selon le mandat d’arrêt émis à son encontre, Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité : a) de meurtres, b) de viols et d’autres violences sexuelles, c) d’actes de persécution et d) d’autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences postélectorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Il a été remis à la CPI le 30 novembre 2011 et est apparu pour la première fois devant les juges de la Chambre préliminaire le 5 décembre 2011.

Le 26 juin 2012, la Chambre avait nommé trois experts pour aider à déterminer si M. Gbagbo était apte à véritablement exercer ses droits au cours de la procédure engagée à son encontre devant la Cour. L'ordre de procéder à un examen médical faisait suite à une requête de la Défense demandant, entre autre, que l’audience de confirmation des charges initialement prévue pour le 13 août 2012 soit reportée parce que l'état de santé de M. Gbagbo le rendait inapte à participer à la procédure. Le 2 août 2012, la Chambre préliminaire I de la CPI a reporté l'audience de confirmation des charges jusqu'à ce que la question de l'aptitude de M. Gbagbo à prendre part à l'audience ait été résolue.

Les rapports médicaux confidentiels ont été déposés le 19 juillet 2012. Une audience sur cette question a été tenue à huis clos les 24 et 25 septembre 2012 en présence de M. Gbagbo, sa Défense, l’Accusation, le Greffe et les experts nommés par la Chambre.

La CPI est la première cour pénale internationale permanente créée en vertu d’un traité pour mettre fin à l’impunité des auteurs des crimes les plus graves touchant la communauté internationale, à savoir les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité, et le génocide.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

MISE EN CAUSE SUR LE BLOG DE KOUAMOUO, MARIA MALAGARDIS (LIBERATION) A REAGI - VOICI SON COMMENTAIRE!


MARIA MALAGARDIS.jpg

 

Après l'arrestation de Simon Pierre Ehivet, frère de Simone Gbagbo, suite à la publication par le quotidien Libération de ses propos critiques vis-à-vis du régime Ouattara, nous nous sommes interrogés dans un post :

"La journaliste a-t-elle exposé son interlocuteur en divulguant son nom dans un article publié au sujet d'un pays qu'elle sait être un pays où la torture et les arrestations arbitraires sont légion ? En tout cas, il faut noter qu'elle a pris le soin de masquer l'identité d'un autre de ses interlocuteurs, qu'elle a caché sous le prénom de "Gaspard"."

Piquée au vif, Maria Malagardis, rédactrice de l'article, a réagi en commentaire sur ce blog :

"Je suis tout aussi consternée que vous mais arrêtez de rejeter la faute sur le messager plutôt que sur ceux qui ont arrêté Simon-pierre ! Je ne l'ai pas pris en traître, il savait très bien que j'étais là pour faire un reportage, il m'a encouragé à prendre des photos et j'ai voulu plutôt donner, enfin, son point de vue que de le stigmatiser. Maintenant, son arrestation, si elle est liée au papier, est totalement injustifiée, et j'aimerai que vous m'aidiez plutôt à dénoncer cette situation et lui permettre de retrouver la liberté au plus vite, plutôt que de chercher des ennemis imaginaires (merci pour la photo). Ce n'est pas moi le problème, c'est peut-être plutôt la liberté de parole en Côte d'ivoire aujourd'hui qui pose problème. Ne vous trompez pas d'adversaire !"

Dont acte.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo


Lire l'article de Kouamouo auquel réagit Maria Malagardis:

"Après un article de Libération où il était cité - Le frère de Simone Gbagbo enlevé par la DST"

samedi, 03 novembre 2012

COTE D'IVOIRE: UN DOZO FRCI ARRETE PAR LA GENDARMERIE AVEC DES RESTES HUMAINS


DOZO FRCI AVEC DES RESTES HUMAINS.jpg

Dozo FRCI arrêté par la gendarmerie avec des membres humains découpés (Photo du 02 novembre 2012). 

 

Voici en image, un exemple parmi tant d'autres des actes criminels commis quotidiennement par la milice tribale d'Alassane Dramane Ouattara.

DOZOLAND 1.jpg

Dozoland et Dozocratie!

En outre, pas plus tard qu'hier (jeudi 1er novembre 2012, Ndlr), hamed bakayoko, ministre de l'intérieur d'alassane ouattara célébrait les Dozos FRCI: "Notre pays a connu une crise grave. Notre pays a connu la guerre et pendant la guerre, les Dozos ont apporté une contribution à la libération du pays. Je voudrais leur dire merci. On n'a pas honte de reconnaître ça et d'assumer ça parce que c'est la vérité".

DOZOLAND 2.jpg

Pauvre Côte d'Ivoire!

 

Source: La page Facebook de La Majorité Présidentielle

 

DOZOLAND 3.jpg

Hamed Bakayoko: Aucune évocation du retrait des Dozos de la vie publique ivoirienne


LES MILICIENS ETATIQUES DU REGIME OUATTARA


Hamed Bakayoko parle aux Dozos de Côte d'Ivoire. Il leur demande d'extirper de leur rang les mauvais grains. Ceux là qui "gâtent" le nom des Dozo. Il les a remerciés pour avoir ''contribué à la libération de la Côte d'Ivoire''.

DOZOLAND 4.jpg

Koné Zacharia, commandant FRCI et chef Dozo

Il a enfin promis de les faire recenser afin qu'on sache qui est Dozo et qui ne l'est pas. Nulle part, il n’évoque leur retrait de la vie publique comme le réclame les populations ivoiriennes (et leur retour dans leurs pays d'origine et leur aire socio-culturelle et géographique naturelle, le Nord de la Côte d'Ivoire, le Burkina Faso et le Mali, Ndlr).

DOZOLAND 5.jpg

 

Source: La page Facebook de Steve Beko

Cannibalisme à Duékoué: un Dozo pris avec de la chair humaine


L’horreur. Encore l’horreur à Duékoué, sous les feux de l’actualité depuis la crise postélectorale. Tout porte à croire que le cannibalisme se pratique au grand jour dans cette région où les forces de Ouattara et leurs supplétifs Dozos, qui y font la loi depuis près de deux ans, ont droit de vie et de mort sur les populations.

côte d'ivoire,un dozo frci arrêté par la gendarmerie avec des restes humains,hamed bakayoko,dozos,aucune évocation du retrait des dozos de la vie publique,dozos burkinabé,dozos maliens,dozos frci,koné zacharia

Au lendemain de la reconnaissance officielle des dozos par le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko, un membre de cette confrérie présentée dans tous les rapports des organisations de défense des droits humains comme étant une horde de hors la loi est tombé dans les filets de la gendarmerie, avec en sa possession de la chair humaine. En provenance de Duékoué, le dozo, selon les informations, se rendait à vélo à Gbapleu quand il a été interpellé, pour un contrôle de routine, par des gendarmes en poste à Pinhou à 10 km de Duékoué. Les gendarmes demandent à voir le contenu de la caisse à l’arrière de son vélo. Quelle ne fut leur surprise ! Ils découvrent des membres humains – des morceaux de bras, avant-bras, pieds… en lieu et place de la viande de brousse que le dozo avait déclaré. Des traces sang frais sont encore visibles sur la caisse.

Le Dozo cannibale dont le nom ne nous a pas été communiqué est détenu à la brigade de gendarmerie de Duékoué. Pour nécessité d’enquête. Cette découverte intervient à la veille de la reprise des fouilles sur les sites de charnier, en présence des experts légistes. Ces sites sont jusque-là protégés par l’Onuci et tout semble fin prêt pour relancer les investigations. Le matériel nécessaire en pareille circonstance a été acheminé et toutes les zones suspectées de contenir des corps humains seront fouillées. Selon les autochtones Wê, les corps enterrés en ces endroits sont ceux des victimes des tueries du camp de déplacés de Nahibly perpétrées par les FRCI et dozos fidèles à Ouattara, au vu et au su des forces de l’Onuci qui ont assisté, indifférentes, à la chasse à l’homme qui s’est soldée par plus de 200 morts, de sources crédibles.

Certaines langues – qui lient la découverte macabre effectuée par la gendarmerie à un éventuel programme d’extermination des autochtones Wê – pensent que les Dozo cherchent à faire disparaitre les traces d’un assassinat.

 

Emmanuel Akani, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier"

 

Source: EBURNIE NEWS

vendredi, 02 novembre 2012

APRES UN ARTICLE DE LIBERATION OU IL ETAIT CITE - LE FRERE DE SIMONE GBAGBO ENLEVE PAR LA DST

 

MARIA MALAGARDIS.jpg

 

L'information a été confirmée par la famille proche. Simon Pierre Ehivet, frère de Simone Ehivet Gbagbo, a été enlevé à son domicile hier par des hommes en civil, et se trouve actuellement à la Direction de la surveillance du territoire (DST) à Abidjan. D'ores et déjà, le prétexte est trouvé : les récentes attaques d'hommes armés à Bonoua, qui datent tout de même de plusieurs semaines.

Il faut noter que l'arrestation de Simon Pierre Ehivet est survenue au lendemain de la publication, par le quotidien Libération - sous la plume de Maria Malagardis, en photo - d'un article [Côte d'Ivoire : dans le fief de Simone Gbagbo] où il est nommément cité. La journaliste y écrit :

"On pourrait croire qu’elle a sombré dans l’oubli. Mais à Moossou, le souvenir de la «première dame» hante encore les esprits. «Elle reste populaire. Pourtant, on ne peut pas le dire publiquement. Nous vivons des temps incertains», confie un homme de haute stature dans le petit bar de la bourgade. Il est accompagné de sa femme qui gardera longtemps le visage fermé. Elle était la gouvernante de Simone Gbagbo. L’homme qu’elle a épousé frappe d’emblée par une ressemblance physique troublante. Même silhouette, même visage : c’est Simon-Pierre, le frère cadet de Simone Gbagbo. Autour d’eux, les autres inconnus finissent par s’identifier à leur tour : il y a Paul, un autre frère de Simone, et aussi une sœur, et encore un ou deux neveux."

La journaliste a-t-elle exposé son interlocuteur en divulguant son nom dans un article publié au sujet d'un pays qu'elle sait être un pays où la torture et les arrestations arbitraires sont légion ? En tout cas, il faut noter qu'elle a pris le soin de masquer l'identité d'un autre de ses interlocuteurs, qu'elle a caché sous le prénom de "Gaspard".

Libération écrira-t-il un article pour dénoncer l'incarcération d'un de ses interlocuteurs et en général le climat de terreur qui règne sur la Côte d'Ivoire ? On peut toujours rêver.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo