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lundi, 08 octobre 2012

LA FRANCE, ARTIFICIELLEMENT RICHE PAR L'ESCLAVAGE MONETAIRE DE L'AFRIQUE

 

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Le Franc CFA a été créé le 25 décembre 1945 par la France selon l'article 3 du décret n° 45-0136 et publié au Journal Officiel français du 26 décembre 1945. Un bien curieux cadeau de Noël aux Africains.

Jean Boissonnat, membre du Conseil de la politique monétaire de la Banque de France (1994-1997) disait ceci en parlant du Franc CFA:

«Pratiquement toutes les décisions étaient prises à Paris. La zone franc a permis à la France de se fournir en certaines matières premières (plomb, zinc, manganèse, nickel, bois, phosphate, oléagineux, uranium...) sans débourser des devises. On a calculé qu'elle représentait (pour la France) 250 millions de dollars par an d'économies de devises. La métropole a acheté, en 1954, pour 365 milliards de marchandises (principalement des produits). On a estimé que 500.000 Français de la métropole tiraient leur moyens d'existence de l'ensemble économique de la zone franc». "La Zone Franc: Survivance du Passé ou Promesse d'Avenir" dans La Croix, 17 février 1960.

Quelques décennies plus tard, strictement rien n'a changé et les Africains continuent d'approvisionner l'économie française gratuitement comme les Français, sous occupation, le faisaient jadis en direction de l'Allemagne nazie.

«L’institution et le fonctionnement du soi-disant accord de compensation valurent à l’Allemagne des avantages considérables. Grâce à lui, elle put acheter gratuitement et sans limitation toutes les ressources françaises nécessaires à la poursuite de la guerre et à la subsistance de sa population». Pierre Arnoult (Inspecteur général des Finances), "Les finances de la France et l’occupation allemande (1940-1944)", p.192 (1951).

C'est en 1963 que les Accords de Yaoundé I marque le début de la coopération entre l'Europe et 18 États africains dont ceux de la zone CFA. Au fil du temps, ces accords vont connaitre nombreuses mutations, mises à jour, et une adhésion progressive d'autres États au concept:
 
-Accords de Yaoundé II en 1969;
-Accords de Lomé I en 1975;
-Accords de Lomé II en 1979;
-Accords de Lomé III en 1984;
-Accords de Lomé IV en 1989;
-Accords de Cotonou en 2000;
-Et aujourd'hui les fameux APE (accords de partenariats économiques).

Le mot "coopération" fait partie de la quincaillerie des mots mielleux qui caractérisent le discours philanthropique de l'Occident pour placer un écran de fumée sur la logique de prédation dans laquelle cet Occident entraine toute l'Afrique. 

Jean Foyer, ministre de la coopération française (1961-1962) et ancien garde des Sceaux du général de Gaulle et connu pour être l'un des artisans de la Constitution française de 1958, déclara: «On a passé avec eux (les pays africains de la zone CFA) des accords (dits de coopération) sur les matières premières stratégiques. Ces accords sur les matières premières stratégiques les obligeaient tout simplement à nous proposer à nous en premier lieu de nous accorder des concessions mais en ne les obligeant d'ailleurs pas à le faire». "Cameroun: Autopsie d'une indépendance", film réalisé par Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (2009).

Le dénominateur commun de ses accords est, pour le cas de la France étudié ici, l'exportation des matières premières vers la France sans tarifs douaniers et l'importation en Afrique, sans barrière douanière, des produits finis qui ont été manufacturés en France. 

L'achat, si on peut l'appeler ainsi, par la France de ses matières premières se fait en créditant les comptes d'opérations des pays africains de la zone CFA (ces comptes sont en France) sans pour autant les payer concrètement. En clair, cette approvisionnement en matière première est gratuite pour la France. C'est ainsi que les pays africains de la zone CFA sont pris en otage par la France dans la mesure où leur argent est supposé être dans ses nébuleux comptes d'opérations dont seul la France connaît le secret.

«En 1966... le gain total de 1.220,3 millions de franc français résulte d'un apport de 221 millions de la France, d'un apport de 1.218,6 millions des États africains et malgache et d'un apport de 193,3 millions des autres pays de la zone franc (Mali excepté), soit 1 632,3 millions de francs». Journal officiel de France du 15 avril 1970 page 209.

Donc, l'apport concret des pays africains est 6 fois plus élevé que celui de la France.

Qui développe qui? Qui aide qui?

La France utilise les capitaux des pays africains de la zone Franc CFA pour couvrir ses déficits budgétaires et rembourser ses dettes publiques.

«L’avantage que représente pour le Trésor français l’existence de soldes créditeurs aux comptes d’opérations est réel, car ils sont l’une des ressources qu’utilise le Trésor français pour financer la charge qui résulte pour lui des découverts d’exécution des lois de finances et de l'amortissement de la dette publique». Xavier de La Fournière, "La zone Franc", Presses Universitaires de France. Collection «Que sais-je?» n° 868, 1971.

«Nous sommes dans la zone franc. Nos comptes d’opérations sont gérés par la Banque de France, à Paris. Qui bénéficie des intérêts que rapporte notre argent? la France». Omar Bongo dans Libération, 18 septembre 1996, p.6.

Jacques Chirac d'avouer ce qui suit: «On oublie une chose... C’est qu’une grande partie de l’argent qui est dans notre porte-monnaie vient précisément de l’exploitation depuis des siècles de l’Afrique. Pas uniquement, mais beaucoup vient de l’exploitation de l’Afrique! Alors il faut avoir un petit peu de bon sens. Je ne dis pas de générosité, mais de bon sens, de justice pour rendre aux Africains, … Je dirai... ce qu’on leur a pris. D’autant que c’est nécessaire si l’on veut éviter les pires convulsions ou les difficultés avec les conséquences politiques que ça comporte dans le proche avenir». Dans le documentaire "10 mai Africaphonie", 2008.

C'est ainsi que le professeur Nicolas Agbohou dit avec raison que: «LE FRANC CFA EST L'ÉPINE DORSALE DE LA FRANÇAFRIQUE».

Bref, tous ceux qui parlent de mettre fin à la Françafrique, aux relations sulfureuses avec la France, sans tuer le Franc CFA, sont simplement des mystificateurs, des marchands d'illusions.
 
 
 
Source: La page Facebook de Uhem Mesut

dimanche, 07 octobre 2012

COTE D'IVOIRE: DECLARATION SUITE AUX ACCUSATIONS DE L'ONU RELAYEES PAR RFI

 

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RFI a publié en ce jour du 6 octobre 2012, un article intitulé «Côte d’Ivoire : un rapport de l’ONU riche en révélations» qui «…doit être débattu, dans les prochains jours, au Conseil de sécurité de l'ONU. Ce rapport intermédiaire de 26 pages est explosif tant il paraît accablant pour les leaders pro-Gbagbo en exil en Afrique de l'Ouest…» On y lit «Le rapport dénonce un complot de la part des pro-Gbagbo». «Toujours selon ce rapport, une connexion a été établie ces derniers mois entre ces exilés ivoiriens et la junte malienne, mais aussi avec les jihadistes d'Ansar Dine. L'objectif des militaires et des islamistes maliens étant de compromettre, à tout prix, les actions de la Cédéao et de son président en exercice, afin de stabiliser le Mali…»

Nous nous élevons contre de telles accusations très graves. Si des preuves existent pour montrer que le gouvernement Ouattara contourne l’embargo sur les armes, pour se procurer des munitions et autres moyens lourds de guerre, les accusations contre les pro-Gbagbo ne peuvent que relever d’un jeu d’équilibrisme comme c’est devenu la coutume d’observateurs sur la Côte d’Ivoire.

En effet, l’ONU peut bien pointer la mauvaise gouvernance du pouvoir Ouattara et toutes les dérives qui y sont associées, sans être obligée d’accabler par la même occasion le camp de Laurent Gbagbo.

Déclarer sans en apporter des éléments, que des liens existent entre des partisans de Laurent Gbagbo et des jihadistes d'Ansar Dine, consiste à franchir un cran critique dans la diabolisation de Laurent Gbagbo.

Guillaume Soro avait déjà déclaré que « le FPI est un mouvement terroriste qu’il faut éradiquer ». Nous craignons fortement qu’il s’agisse, à travers ce rapport de l’ONU, - dans une tentation d’emballement -, d’aller dans le sens de Guillaume Soro, qui n’est pas inquiété malgré tout le sang des nombreuses victimes ivoiriennes qu’il porte sur les mains.

Par ailleurs, Laurent Gbagbo ayant fait de « la transition pacifique à la Démocratie » son crédo de lutte politique, nous affirmons ici avec la plus grande énergie ne pas nous reconnaître dans ce qui est injustement imputé à la logique de cet Homme de dialogue. Toutes les propositions de Laurent de 2002 au 11 avril 2011 vont dans le sens de l’apaisement de la Côte d’Ivoire. Il faut dire que la Côte d’Ivoire dont les populations souffrent dans leur chair ne peut se contenter de manoeuvres périodiques de diversions.

Nous affirmons également ici que tous ceux agiraient au nom de Laurent Gbagbo, avec la violence politique, ne peuvent être reconnus dans la lutte pacifique que mène Laurent Gbagbo depuis plus de trente ans. La voie du dialogue et de la réconciliation avec tous les acteurs représentatifs est la logique dans laquelle nous nous inscrivons. Nous sollicitons l’ONU à appuyer cette voie avec toute l’objectivité que cela requiert.

 

Pour la Représentation du Porte-parole de Laurent Gbagbo Europe/Amérique,


Dr Claude KOUDOU


Source: IVOIREBUSINESS.NET

LES RAISONS FRANÇAISES DE LA DESTABILISATION DU MALI


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Déjà lu, relu et toujours d'actualité. Bonne (re)lecture! 


La France se prépare à déstabiliser le Mali. Et pour cause? Il y en a trois qui relèvent principalement des raisons classiques: les intérêts « français » et « individuels ».

 

Des intérêts français, la découverte du pétrole au Mali en est le déclencheur des hostilités. Bamako, 12 mai 2002, aussitôt élu président de la République avec 64,35% des voix au deuxième tour, Amadou Toumani Touré (ATT pour les intimes) fait un rêve, celui de faire du Mali un pays producteur du pétrole. Mais le rêve ne dit pas que l’or noir est un or du diable, qui insère son producteur au rang de la malédiction où d’autres anciennes colonies françaises comme le Congo Brazzaville, le Gabon... sont depuis, tenus en laisse par Paris. Le Mali peut toujours jouer le jeu de la démocratie en organisant des élections crédibles et en assurant des alternances dans la paix tant qu’une goutte de pétrole ne coule pas encore du bassin de Taoudéni dans le nord du pays. Taoudéni ? C’est à la fois une cuvette dont le dépôt centre atteint plus de 5000 m d’épaisseur et une superficie d’environ 1.500.000 km², soit le plus vaste bassin sédimentaire on-shore d’Afrique occidentale, qui s’étend hors du Mali au Niger, en Mauritanie, au Burkina Faso et en Algérie. Cette précision est d’une importante capitale à noter pour la suite de l’analyse.

Il est de bon augure pour ATT de créer, dès 2004, l’Autorité pour la promotion de la Recherche Pétrolière au Mali (AUREP). Des conventions de partage de production et de concession pour 29 blocs répartis sur cinq bassins sédimentaires sont signées entre le gouvernement malien (9 blocs) et les sociétés de recherche pétrolière pour les 20 autres blocs. Parmi ces sociétés, il y a la compagnie italienne d’hydrocarbure ENI (50%), l’australienne Baraka Petroleum (25%) et l’Algérienne SIPEX (25%), dont les opérations de sondages sismiques des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 sont assurées par l’Entreprise Nationale Algérienne de Géophysique (ENAGEO), une filiale de SONATRACH qui est la première des douze sociétés pétrolières d’Afrique. Sans oublier l’apport de 46 milliards de FCFA par PetroPlus Angola, destinés à la promotion de la recherche pétrolière, à l’exploitation, au transport, au raffinage des hydrocarbures liquides et gazeux, et à la formation du personnel technique malien.

Très bien tout cela ! Sauf que dans l’Eden du pétrole d’un pays tenu en laisse par la France, citer ou ne pas citer le nom de Total/Elf est synonyme de consommation d’un fruit qui rend ivre et provoque de grands changements aux consommateurs. Car, présent ou non auprès d’eux, Total/Elf est un serpent toujours présent dans l’Eden du pétrole et dont on ne peut qu’être pénétré de son influence. L’ivraie s’introduit parmi le bon grain ; d’où le péché originel qui expose d’ores et déjà, pour de nombreuses décennies, des générations maliennes entières à en payer le prix.

Deuxième raison de la déstabilisation amorcée du Mali, l’influence géostratégique de la France sur l’Afrique néocoloniale.

Sans pétrole, les Maliens sont aujourd’hui fort différents de ce que, hélas, ils deviendront dans un proche avenir. Leur paisible existence n’est pas le fait de la pauvreté du pays qui les épargnerait du vampirisme de l’ancien colonisateur. Un ancien colonisateur qui, pour poursuivre le pillage de ses anciennes colonies, a toujours utilisé le principe de « diviser pour mieux régner ». Le Mali n’est pas en effet ce pays que l’on présente comme dépourvu des matières premières censées susciter la convoitise des requins occidentaux. Ce n’est pas rien que d’être, comme le Mali, le troisième producteur d’or d’Afrique derrière l’Afrique du sud et le Ghana. Son bétail, son coton, son fer, voire son arachide sont autant de produits d’exportation à forte demande mondiale.

Avec le pétrole, les Maliens recevront bientôt un devenir formel et temporel. Tout ce qui en eux de spirituel actuellement se muera en chair, matière, instrumentalité et réceptivité… exactement comme au Congo Brazzaville ! Larmes et sang couleront bientôt dans la miséricorde d’une France, elle aussi en larmes de crocodile, qui se dira totalement effondrée par la pitié pour ce peuple africain dont elle n’aurait toujours voulu que du bien mais qui aurait préféré vivre dans des souffrances volontaires. Cette pauvre France qui sera encore obligée d’intervenir au Mali comme elle l’a fait en Côte d’Ivoire et en Libye où le peuple savoure désormais le fruit de la démocratie comme jamais il n’en était aussi savoureux dans aucune autre grande démocratie du monde.

Comme en Côte d’Ivoire ou en Libye, le principe de « diviser pour mieux régner » est parfaitement sous orbite au Mali. Objectif : commencer par diviser le Mali en zones nord et sud avec, au milieu des deux zones, des armées étrangères d’interposition (genre Licorne, Casques blancs, Casques bleus…) qui, au nom de la réunification du pays, les occuperont progressivement pour s’y implanter quasi-définitivement, le temps que la France installe durablement ses larbins et s’assure de la mainmise de l’or noir annoncé afin de procéder au pillage avec autant de cruauté que d’avidité. Ficelle de la scission tirée dans la clandestinité depuis Paris et bien d’autres capitales occidentales, les rebelles se sont déjà constitués dans le nord du Mali en un mouvement tribal appelé Azawad. Équipés par les maîtres occidentaux d’une quantité impressionnante d’armes, de munitions et autres matériels de guerre en provenance d’Europe et de la Libye, ils ont lancé les attaques contre les garnisons militaires de la région et occupe actuellement toute la partie nord du pays. Pour affiner la stratégie de la déstabilisation du Mali, le Quai d’Orsay peut sans gêne recevoir à visage ouvert les membres voilés de cette rébellion d’autant que toute forme d’aide qui leur est due ne peut que relever du bon sens, le prétexte étant tout trouvé : le combat contre Al-Qaïda au Maghreb islamique.

La troisième raison de la déstabilisation du Mali par la France, enfin, relève de la mesquinerie d’un homme : Nicolas Sarkozy. De Dominique de Villepin à Mouammar Kadhafi en passant par Laurent Gbagbo, chacun d’eux (du moins pour les survivants) a souvenir que Sarko n’oublie ni ne rate quiconque l’aurait éclaboussé sur le chemin de ses abus du pouvoir au point de réduire en affaire personnelle toute affaire d’État qui oserait contrarier sa vision des choses. Mieux que tout citoyen malien, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu’Amadou Toumani Touré était à un mois de sa retraite politique et ne se présenterait plus à l’élection présidentielle annoncée pour fin avril 2012. Malgré tout, le laisser partir sans l’humilier passerait Sarko pour vaincu ; d’où le putsch qui n’aura eu ni sens ni fondement. En incitant une partie de l’armée malienne à destituer un président en fin de mandat, Sarko a voulu tout simplement se faire plaisir, montrer qu’il reste le chef et pousser ses obligés (CEDEAO, larbins des palais, etc.) à s’occuper, à se rendre indispensables et à finir par décliner leur impuissance pour les obliger de faire appel à l’éternel sauveur, la France.

Parvenue à ses fins, la France dirait qu’elle n’aurait rien fait en soi qui ne fût un ordre venu des Africains eux-mêmes ou de l’ONU. Vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, ATT aura ainsi payé un temps ses doutes dans la manière d’instaurer la démocratie en Côte d’Ivoire et son opposition à l’assassinat de Kadhafi par Nicolas Sarkozy, au nom de la démocratie alors qu’en réalité, les raisons de la haine sont strictement personnelles. ATT humilié, le putsch n’a plus de raison d’être ; les abrutis à l’ordre et au service du maître n’ont plus qu’à rétablir les institutions déclarées caduques il y a seulement quelques semaines et rentrer dans les casernes pour attendre, disciplinés, que l’armée véritable débarque de Paris pour venir tracer les limites de la division du Mali.

En entendant que les larbins d’Abidjan et de Ouagadougou, courroie de transmission via la CEDEAO, transmettent l’ordre venu de l’Élysée pour annexer le Mali au concert des nations non plus de la démocratie initiée par ATT mais de celle de la Françafrique, si chère aux valeurs de la République française. Et ce, pour de longs siècles encore, tant que la « mère patrie » trouvera sur le sol africain des répondants qui sont toujours prêts à passer pour de braves soldats… en fait de piètres serviteurs.

 

Calixte BANIAFOUNA


Source: MEDIAPART

LE MALI, NOUVELLE VICTIME DESIGNEE D'ACTIVES INGERENCES NEOCOLONIALES FRANÇAISES

 

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François Hollande, au nom de la France, prit la parole lors de la 67ème session annuelle de l’Assemblée générale de l’ONU le jour de son ouverture, le mardi 25 septembre 2012, demandant entre autres choses un mandat international pour une intervention militaire étrangère au Mali, dont le nord du pays est occupé par des rebelles. Il qualifia d’”insupportable, inadmissible, inacceptable” l’occupation du vaste territoire du nord malien “par des groupes terroristes” en annonçant que la France soutiendra toutes les initiatives qui seront prises par les Africains. (1)

Pour rappel, la France de M.Chirac et de M.Sarkozy ne trouvait pas insupportable, inadmissible ni inacceptable l’occupation du nord ivoirien par des rebelles sanguinaires, putschistes ratés, depuis septembre 2002 et cela jusqu’à avril 2011, car ces rebelles soutenaient l’homme adoubé par Paris, l’ancien fonctionnaire du FMI Alassane Dramane Ouattara (ADO), aujourd’hui hissé au pouvoir en Côte d’Ivoire. Et droites et gauches françaises se donnaient la main durant cette période dans une union sacrée assurant cette collusion où J. Chirac et N. Sarkozy assuraient un soutien militaire français aux rebelles pour agresser l’Etat ivoirien. Ici la France soutient des rebelles, là-bas elle fait la guerre pour les combattre. Allez comprendre ! Les rebelles semblent bons s’ils sont en Côte d’Ivoire, en Libye ou en Syrie, à un moment donné et contre l’ennemi désigné des intérêts occidentaux (réel ou supposé). La géométrie variable est bien  visible. La ficelle est grossière.

La France s’immisce à présent de façon aiguë et accélérée au Mali. Le néocolonialisme décomplexé se manifeste une fois de plus. L’ingérence politique et « diplomatique » devient ouvertement militaire. La crise interne, politique et militaire, au Mali veut être résolue militairement par la seule France et ses alliés africains, ses anciennes colonies ouest africaines. Dans un élan désintéressé ?

Les origines d’une crise sans précédents : Touaregs et islamistes contre le Mali, plus affaibli que jamais.

Cette crise au Mali est due aux rébellions, (2) sécessionnistes et/ou fondamentalistes, touarègues ou islamistes, qui réussirent à attaquer, occuper et contrôler le nord du pays avec ses villes principales, Gao, Kidal, Tessalit et la légendaire Tombouctou, depuis janvier 2012. Ceci provoqua un putsch fin mars 2012 pour déposer du pouvoir le général Amadou Toumani Touré, dit « ATT », impuissant et visiblement incompétent, président élu, lors de son  élection contestée fin avril 2007 (comme lors de sa première élection, en mai 2002), et en fin de mandat car une élection présidentielle était prévue pour le 29 avril 2012. Le coup d’Etat fut populaire, et eut un fort soutien politique et citoyen exprimé publiquement. (3) Une description fine, avec une tentative d’analyse pertinente, ultérieure, devrait aborder le richissime sujet d’actions et réactions au Mali face au ‘pronunciamiento’ militaire, des partis, mouvements politiques, syndicats, associations, communautés, musulmans non-intégristes, soutiens et opposants des jeunes officiers révoltés, et des consensus et clivages.

Faut rappeler que la déstabilisation du Sahel, de toute la bande sahélo saharienne, donc du nord du Mali à présent occupé par des rebelles, est l’une des conséquences directes de la guerre de l’OTAN contre la Libye, dont la France de N. Sarkozy fut l’initiatrice. Ce conflit provoqua la prolifération et le renforcement de bandes armées djihadistes et, à la chute du régime libyen et après l’exécution de Mouammar Kadhafi, la débandade de l’armée libyenne et la dissémination accélérée d’armes de tout genre et d’hommes armés dans le Sahel. Parmi les Touaregs rebelles et les islamistes au Mali il y a des vétérans de la guerre en Libye de 2011.

Après les offensives rebelles de janvier 2012 et la chute de tout le nord du pays suite au retrait de l’armée malienne au mois d’avril dernier, à présent les mouvances islamistes chercheraient, avec les crimes commis au nom de la charia et une lente poussé vers le sud-ouest, l’affrontement afin de galvaniser et d’unifier les groupes djihadistes probablement pour internationaliser le conflit dans le but d’« afghaniser » la région. Le MLNA touareg  ayant été à l’heure actuelle largement submergé par les groupes islamistes. L’arroseur arrosé ? Qui tire les ficelles occultes de ces mouvances ? L’offensive du MLNA permettait à ses parrains un scénario d’eaux troubles où l’ingérence politique et militaire étrangère était autant cause que conséquence. Certains avancent les thèses bien plausibles, et démontrables, de l’implication française -sarkozyste- ainsi que des burkinabés (Blaise Comparé ayant facilité son pays comme base arrière) avec le MNLA, qui a pignon sur rue à Paris avec un siège qui agit ouvertement sans entrave. D’autres spéculent  sur l’implication et accointances du Qatar -voire de quelques services algériens- avec des islamistes. Le « médiateur » Compaoré veut inclure le Qatar dans la table des négociations ! Les pompiers pyromanes n’ont pas des scrupules. Les hommes de paille et agents doubles semblent être partout. Et l’intoxication, la désinformation, reste une efficace arme de guerre. (4)

Une junte militaire prit le pouvoir le 22 mars 2012 à Bamako. Des jeunes militaires ayant formé un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat » (CNRDRE) avec le capitaine Amadou Haya Sanogo (formé aux Etats-Unis entre 2004 et 2010) à sa tête. Sous pression de la France, par l’entremise de la CEDEAO (Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest) représentée par le burkinabé Blaise Compaoré, le CNRDRE céda le pouvoir le 12 avril 2012 à Dioncounda Traoré, président de l’Assemblée nationale qui nomma le 17 avril Cheick Modibo Diarra au poste de premier ministre intérimaire. Tout cela eut lieu après que l’Etat malien soit frappé d’un embargo total et que des sanctions politiques et économiques lourdes soient décidées par la CEDEAO, la France, l’Union Africaine  et l’Union Européenne. Des élections présidentielles auraient dû avoir lieu pour que M. Traoré, président intérimaire, transfère le pouvoir à un président élu lors d’un scrutin régulier après la période de transition allant de trois semaines à quarante jours tel que le prévoyait la constitution malienne. (5) Mais le mandat intérimaire de quarante jours de D. Traoré fut prolongé pour une période d’un an de plus par Ouagadougou et entériné par la CEDEAO.

Rappelons qu’« ATT » fut déposé par les jeunes officiers d’une armée malienne qui lui reprochait son incompétence, son incurie et le manque des moyens pour lutter contre les rebelles touaregs et islamistes au nord du pays. Suite au coup d’Etat, l’embargo organisé par le couple France-CEDEAO empêcha l’armée malienne d’avoir des nouvelles armes, matériel militaire et munitions importées, pour lutter contre les rebelles  sécessionnistes. Et la conquête rebelle de territoires du nord put ainsi s’élargir et se consolider au mois d’avril dernier. La junte céda le pouvoir rapidement mais l’embargo continue encore aujourd’hui. A Bamako les Maliens ont déjà vivement manifesté leur mécontentement et impatience, comme le 21 mai dernier lorsque ils manifestèrent contre Dioncounda Traoré. Ce dernier fut alors blessé. (6)

Le rôle néfaste de la CEDEAO, efficace instrument français.

La CEDEAO, avec la France, organise activement l’impuissance de l’armée malienne pour mieux justifier l’envoi d’un corps expéditionnaire formé surtout d’un noyau ivoiro-burkinabé. Dans le port de Conakry, en Guinée, le matériel militaire destiné à l’armée malienne reste bloqué encore aujourd’hui et cela depuis des mois. (7)

L’ingérence française dans le conflit interne malien se concrétise avec le « consentement » de la victime, à savoir le propre Mali, car le président intérimaire malien a demandé le lundi 24 septembre au secrétaire général de l’ONU une intervention militaire étrangère. Étonnamment c’est le ministre français L. Fabius qui annonce cela à New York, à savoir que M. Traoré a demandé à Ban Ki-moon, une résolution du Conseil de sécurité autorisant “l’intervention d’une force militaire internationale afin d’aider l’armée malienne à reconquérir les régions du Nord occupées”‘ en rajoutant que le “Mali souhaite la présence immédiate de cette force». (8) Mais ce n’est peut-être pas exactement si consenti que ça. Faut se demander si ce « consentement »  est totalement libre et complètement éclairé. Pour preuve, le journal Le Monde dit dans son article sur le sujet daté du mardi 25 septembre « Dimanche [24 septembre], le Mali a finalement cédé à la pression de la Cédéao qui, depuis des mois, soutient le principe d’une intervention militaire au nord du Mali . ». (9)

Faut se demander aussi si ceux qui ont demandé cette intervention sont légitimes et mandatés pour cela. Au Mali, Cheick Modibo Diarra (ayant une double nationalité, malienne et états-unienne) est le premier ministre d’un régime non issu des urnes. Et Dioncounda Traoré est un président intérimaire imposé aux Maliens par Ouagadougou. Il fut imposé par une France interventionniste ayant mandaté pour cela le peu démocrate militaire burkinabé Blaise Compaoré, ancien putschiste, au pouvoir dans son pays depuis vingt-cinq ans.

Dans le meilleur des cas D. Traoré et C. M. Diarra sont, soit des mannequins ventriloques forcés, portant la parole de Paris, soit victimes d’une naïveté sidérante.  Dans le pire de cas ils sont complices et activement partisans profrançais, Françafricains, bradant la souveraineté malienne, si petite soit-elle, manquant ainsi à leur devoir de défense de la souveraineté de l’Etat et du peuple maliens. C’est une affaire dans l’affaire. Un coup de force, un coup d’Etat en douce, à retardement, opéré, gagné pour l’instant sur le tapis vert d’une table lointaine, entre Ouagadougou, Paris et New York.

Ce n’est pas un jeu de pions ? Ce n’est pas un jeu de dupes ? Il est notoire que Paris -le président F. Hollande et le ministre des affaires étrangères L. Fabius-  a pressé Bamako -Dioncounda Traoré et Cheick Modibo Diarra- pour qu’il demande ouvertement une intervention militaire étrangère sur le sol malien. Et Paris se presse pour dire que ce n’est pas l’armée française qu’y interviendra mais un corps expéditionnaire africain de la CEDEAO. La France assurant bien sûr les moyens financiers, le renseignement, les armes et la logistique.

Comme l’OEA -Organisation des Etats Américains- qui fut des décennies durant le masque interventionniste des Etats-Unis en Amérique Latine, la CEDEAO est l’un de pseudonymes  de la France en Afrique. Elle est l’instrument de blanchiment et de légitimation, des décisions politiques, économiques et militaires françaises destinées à l’ensemble de la région, de l’Afrique de l’Ouest, et à l’égard de chaque pays qu’y se trouve, exception faite du Ghana et du Nigeria, de la sphère anglophone où les Britanniques « ont la main ». C’est une chambre d’enregistrement des desseins et impératifs de la métropole néocoloniale française concernant ses anciennes colonies ouest africaines. La banque centrale de l’union monétaire de la CEDEAO, l’UEMOA, à savoir la BCEAO, est contrôlée par. la Banque de France ! Et la monnaie, le franc CFA, signifiait franc des « Colonies françaises d’Afrique », terme devenu « Communauté financière africaine », plus politiquement correct.

Le cas « édifiant » de la Côte d’Ivoire et sa guerre de neuf ans. Chirac et Sarkozy réinventent « la coloniale »

Dans l’incroyable guerre -souterraine puis ouverte- déclarée contre la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo par la France depuis le 18 septembre 2002, lors d’une tentative ratée de putsch suivie de l’occupation du nord ivoirien par des rebelles partisans de A. Ouattara, choyés et sanctuarisés par l’armée française, la CEDEAO joua dès le début le rôle de relais de la France pour tenter de mettre à bas le président élu, L. Gbagbo, et in fine asseoir sur le fauteuil présidentiel A. Ouattara, l’homme du FMI. Ils réussirent cela seulement neuf longues années après, moyennant d’énormes souffrances du peuple ivoirien et suite à quatre mois et demi de guerre intense, décembre 2010-avril 2011, avec à la fin de cette période encore plus des souffrances, massacres généralisés, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par les forces rebelles déferlant vers le sud du pays qui était resté sous contrôle de l’Etat ivoirien. Le président Gbagbo se faisant arrêter par des soldats français dans la résidence présidentielle d’Abidjan le 11 avril 2011. Séquestré puis emprisonné illégalement pendant des longs mois dans le nord de son propre pays par ADO, L. Gbagbo est aujourd’hui consigné, en prison, à la Cour Pénale Internationale à La Haye où son statut de prisonnier politique devrait lui  être reconnu un jour.

Pour couvrir ses agissements contre la Côte d’Ivoire de L. Gbagbo depuis le 18 septembre 2002, la France mobilisa la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne et l’ONU. Elle fit signer de force les plus hauts responsables de l’Etat ivoirien à Paris des pseudos accords politiques en janvier 2003 (Linas Marcoussis / Kléber) où la rébellion pro Ouattara pas seulement était blanchie mais même récompensée. J. Chirac et Dominique de Villepin nommaient les ministres ivoiriens à l’Elysée et au quai d’Orsay ! La France fit voter plusieurs mandats onusiens par le Conseil de sécurité pour couvrir ses agissements militaires, dont l’envoi d’un corps expéditionnaire, l’opération « Licorne » d’octobre 2002 devenue ensuite « Force Licorne », élargissant amplement sa présence militaire sur le sol ivoirien au-delà de sa base militaire d’Abidjan./Port-Bouët, le 43ème BIMA. Elle fit aussi créer une mission militaire onusienne spéciale, l’ONUCI, déployée en avril 2004, composée  de casques bleus et d’autres policiers et fonctionnaires civils. (10) Le tout visant à grignoter et à anéantir ce qui restait de la souveraineté de l’Etat ivoirien. Visant aussi à acculer le gouvernement légal dans le sud du pays, en sanctuarisant tout le nord ivoirien occupé par les rebelles pro-ADO qu’y régnaient et sévissaient en toute impunité. La mise sous tutelle d’un Etat souverain, avec intervention militaire étrangère directe, sous mandat onusien obtenu par l’ancienne puissance coloniale, pour obtenir in fine un changement de régime, voilà ce que fut le plan accompli de la France depuis septembre 2002 en Côte d’Ivoire. L’objectif était de mettre au pouvoir celui qui était l’adoubé de Paris, M.Ouattara, un riche homme d’affaires et ex-fonctionnaire du FMI, ami et relais françafricain de J. Chirac, de N. Sarkozy et de milliardaires français.

Le rappel et le parallèle que nous faisons avec le drame ivoirien des dix dernières années, qui est loin d’être fini avec la sanglante accession au pouvoir de Ouattara en avril 2011, nous semble pertinent dans la mesure où existe et se reproduit un schéma de mise sous tutelle, une recolonisation masquée, d’Etats indépendants mais affaiblis du Sud, surtout en Afrique, commise par les anciennes puissances coloniales, les Etats-Unis et ses alliés, avec la compromission d’organisations régionales interétatiques vassalisées et du Conseil de sécurité de l’ONU. Le cas de la Côte d’Ivoire se rajoute au cas d’Haïti où en février 2004 un véritable coup d’Etat militaire franco-étatsunien fut commis pour déposer du pouvoir et envoyer à l’exil le président élu Jean-Bertrand Aristide.

Le Mali d’aujourd’hui est la nouvelle victime désignée des ingérences néocoloniales de la France. Droites et gauches françaises se relayent le témoin dans cette politique transversale, d’ingérences et d’immixtions grossières ou subtiles, qui s’opère notamment contre  les anciennes possessions coloniales françaises d’Afrique. Le principal pion de la FrançAfrique en Côte d’Ivoire à présent, A. Ouattara, est l’un des personnages le  plus agité de la sous région pour envoyer ses troupes au Mali. Blaise Compaoré, militaire, président du Burkina Faso depuis octobre 1987 à la suite d’un putsch et de l’assassinat du président Thomas Sankara, est le « médiateur » imposé par la CEDEAO, donc par la France, pour « gérer »  la crise malienne. Cela ne s’invente pas. Il est aussi pressé que Ouattara pour envoyer des troupes burkinabés.

La France fait la guerre ou paye. Or, qui paye commande.

M. Ouattara fut reçu à l’Elysée le 26 juillet 2012. A la fin de l’entretien M. Hollande annonça que la France accordait à la Côte d’Ivoire l’effacement de sa dette publique envers l’Etat français, à savoir un montant de plus de trois milliards d’euros ! (11) Le richissime homme d’affaires Ouattara obtint pour son régime ce cadeau au titre de la procédure dite PPTE, pour « pays pauvre très endetté ». (12) Son régime n’a pas les moyens pour payer la dette souveraine ivoirienne envers la France mais à une ambition inébranlable pour envoyer des milliers de ses  militaires, ses anciens rebelles, au Mali. Sous prétexte de lutter contre une rébellion et réunifier le Mali. De qui se moque-t-on ?

Du contribuable français. Car c’est lui qui devra payer les générosités de M. Hollande et les aventures militaires de la FrançAfrique. Et il payera double. Trois milliards d’euros donnés en cadeau par F. Hollande à M. Ouattara, à la tête d’un régime tyrannique et archi corrompu, où les droits de l’homme sont piétinés tous les jours. L’aventure guerrière en perspective de M. Ouattara et de M. Compaoré, cotitulaires de la CEDEAO, sur le territoire du Mali, avec leurs soldatesques surtout avides de toucher des soldes exceptionnelles et des primes, sera payée par Paris.

Au moment où le gouvernement français annonce un projet de budget 2013 avec une hausse d’impôts et de taxes de dix milliards d’euros pour les ménages et autant pour les entreprises, qui se rajoutent à d’autres dix milliards d’euros de baisse du budget des ministères (13), en somme trente milliards d’euros « d’effort budgétaire », Hollande décide du renoncement aux créances de l’Etat français et s’engage au financement d’une expédition militaire ivoiro-burkinabée. L’aventure sera payée par le contribuable français, aucun doute.

Dans ce tableau grotesque le peuple malien est, et sera encore, la première et la plus grande victime, car le théâtre d’affrontements militaires est, et sera, le Mali, les morts seront des Maliens. Il est prévu que les soldats maliens servent de chair à canon pendant que les étrangers occupent Bamako .  Mais les peuples burkinabé et ivoirien sont aussi des victimes, victimes de leurs propres régimes, corrompus et tyranniques, de Compaoré depuis 1987 sans interruption  et de Ouattara,  depuis 2002 avec sa rébellion et depuis avril 2011 suite à son accession au pouvoir grâce l’armée française et à l’ONUCI. Le peuple français est aussi victime car les moyens financiers et les armes pour la guerre seront donnés et payées respectivement par leurs contribuables, et tout cela sera fait en son nom, sans qu’il n’en soit nullement consulté.

En 2010 et 2011 la France commit des ingérences flagrantes devenues guerres ouvertes contre la Côte d’Ivoire et la Libye. La finalité étant de provoquer le changement de régime dans ces pays, en installant dans le deux cas des rébellions soutenues sournoisement voire ouvertement par Paris et ses fondés de pouvoir africains. Dans les deux cas la France obtint un  mandat onusien pour faire la guerre. Contre la Libye l’instrument fut l’OTAN, qui bombarda le pays du 19 mars au 20 octobre 2011. Pendant sept mois ! En Côte d’Ivoire la mission onusienne, ONUCI, fit directement la guerre contre l’Etat ivoirien à côté des rebelles et de l’armée française ! En Syrie à présent la France essaye aussi de mettre à bas le régime d’un Etat indépendant, en installant au pouvoir une rébellion armée sanglante, d’orientation islamiste, avec l’Union Européenne,  l’OTAN et ses relais régionaux tels la Turquie, le Qatar, l’Arabie saoudite et la Jordanie, qui financent et/ou servent de base arrière aux rebelles.

Les obstacles, les défis et les luttes incontournables du peuple malien.

Les Maliens devraient se douter qu’une conjoncture politique et militaire tellement complexe et grave, ne peut se résoudre aisément. Mais les compromissions et les renoncements militaires et politiques n’aboutiront certainement qu’à plus  de drames et des pertes des vies humaines et de souveraineté, le peu qui reste à un pays dépendant, pauvre, avec un Etat faible. Et aux souffrances du peuple malien qui subira, qui subit déjà, ce sanglant conflit interne s’ajoutera la guerre intense et les exactions, autant des rebelles que celles, prévisibles, des « libérateurs » de la CEDEAO. Rappelons-nous du parcours édifiant, des exactions, de l’ECOMOG au Libéria et en Sierra Léone !

L’acceptation sur le sol malien d’une force militaire étrangère, avec des soldats venant des pays frontaliers non exempts d’ambitions vénales et sous l’égide de l’ancienne puissance coloniale, n’est qu’un suicide national par chapitres annoncé. Annonciateur d’une nouvelle mise sous tutelle et même d’une  vassalisation par ses voisins immédiats. Le remède proposé sera pire que la maladie. Rappelons le néfaste rôle de Blaise Compaoré dans la sous-région pour déstabiliser des pays entiers comme la Sierra Léone, le Libéria et tout récemment la Côte d’Ivoire où il imposa au pouvoir son protégé et compatriote Alassane Ouattara. Rappelons qu’existe aussi à présent l’ambition de Ouattara d’avoir un rôle régional, et il est pressé à ses 70 ans, alors même qu’il n’est pas maître du pays qu’il a conquis en 2011 grâce à la France. En Côte d’Ivoire aujourd’hui l’Etat n’existe guère et l’arbitraire, les exactions et les crimes de sang et massacres pour motifs politiques et ethniques sont commis toujours en toute impunité. ADO garde toujours le pouvoir grâce à l’armée française, toujours très présente sur le sol ivoirien.

Le Mali risque ainsi d’échanger la rébellion du nord par une vassalisation au profit du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, devenant le hinterland asservi de ces deux pays. Devenant concomitamment un territoire néocolonial chronique, avec des régimes fantoches, encore plus fantoches, à Bamako, aliénés plus que jamais à la France.  Où celle-ci sera (l’est déjà) concurrencée par les USA et la Chine pour le contrôle des territoires et des matières premières. Contrôler le Mali c’est contrôler en partie le Sahel, mais aussi l’ouest africain et le Maghreb. L’Algérie, le grand voisin au nord du Mali, reste discrète ce qui ne signifie pas qu’elle n’agit pas ou fait agir des tiers.

Justement à propos de la concurrence géopolitique pour le contrôle des pays et des matières premières en Afrique, la vitesse/précipitation de la France et de ses obligés ouest africains concernant la crise au Mali crée des réticences internationales et les rivalités inter impérialistes apparaissent au grand jour. Le mercredi 26 septembre à l’ONU, lors de la réunion de haut niveau sur le Sahel en marge de l’Assemblée générale, Mme. H. Clinton fait une étonnante déclaration. (14) Elle dit que le Mali est une “poudrière” et que seul “un gouvernement démocratiquement élu aurait la légitimité de négocier un accord politique au nord du Mali, de mettre fin à la rébellion et de restaurer l’Etat de droit”. Ah les postures ! L’art de l’hypocrisie n’a pas des limites. On l’aurait dit porte-parole légitimiste des pays non-alignés par exemple. Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Ceci dit, les Maliens se font voler des analyses et des alternatives pouvant être pertinentes et les concernant.

Le principe de non-ingérence dans les affaires internes d’un Etat souverain, ainsi que les principes de sauvegarde de la souveraineté, de la paix et la recherche impérative des solutions pacifiques aux conflits entre Etats, sont ouvertement piétinés. Par la France, mais pas seulement. Par ses pions tels le Burkina Faso de B. Compaoré, la Côte d’Ivoire d’A. Ouattara et la CEDEAO. Prenant l’exécrable exemple des Etats-Unis et de ses alliés de l’OTAN, qui s’amusent à parler au nom de toute la planète en portant la casquette « communauté internationale » (autoproclamée).

Quelques exemples dramatiques et encore sans solution définitive, étant des plaies ouvertes, sont là pour nous le rappeler. Haïti depuis 2004 est encore sous tutelle de l’ONU avec la MINUSTHA. La RDC, ayant les deux dernières décennies la série de conflits internes les plus meurtriers en Afrique, avec plus de quatre millions de victimes et des pans entiers de son territoire national occupés et pillés par des rébellions soit autochtones soit venues et/ou soutenues par les pays voisins de son nord-est, sous les bavures et le regard impuissant ou rendu volontairement impuissant de la mission de l’ONU, la MONUC/MONUSCO avec actuellement dix-sept mille casques bleus y déployés. La Côte d’Ivoire et la Libye, victimes toutes les deux en 2011 de guerres ouvertes visant le changement forcé de régimes sous le leadership de la France, de N. Sarkozy. La Syrie aujourd’hui où l’Occident, la France en tête encore, arme, finance et justifie une rébellion sanglante contre un Etat indépendant visant à mettre à bas son régime, militarisant jusqu’à la folie meurtrière les affrontements d’une complexe dialectique politique. La « démocratie » à coup des bombes et des rebellions ? L’Irak, l’Afghanistan, la Libye. etc. sont des cas « exemplaires ».

Le Mali s’inscrit à présent dans ce schéma déjà bien rodé d’ouvertes ingérences politiques et militaires de l’ancienne puissance coloniale et de l’Occident et d’abandon « volontaire » de souveraineté. Le Mali est la nouvelle victime désignée et titularisée des ingérences néocoloniales de la France et de ses propres voisins avides, ivoiriens et burkinabés, pions de la FrançAfrique.

Au Mali, l’alibi français avancé pour justifier l’ingérence politique et militaire actuelle, directe et par pions interposés, est l’urgence (15) de chasser des rebelles sanguinaires, islamistes, tout en empêchant l’armée malienne par exemple de le faire elle-même et en méprisant le peuple malien, privé de  décider et d’assumer ses droits -et ses devoirs- souverains. La défense de la souveraineté populaire malienne d’abord, ainsi que la souveraineté de l’Etat autant que l’intégrité territoriale, n’est pas, ne devrait pas, être négociable.

 

Luis Basurto

Paris, 27 septembre 2012

 

(1) «Le discours très balisé de François Hollande devant les Nations unies» in LE MONDE,  26.09.2012

(2) Des Touaregs avec le «Mouvement national de libération de l’Azawad» (MNLA) ; la nébuleuse islamiste Ançar Dine («protecteurs de la religion»); le « Mouvement pour l’unicité et le djihad en Afrique de l’Ouest» (MUJAO); la nébuleuse islamiste nigériane Boko Haram a aussi été signalée; Al-Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI), sous ce nom depuis 2007. Les sécessionnistes touaregs ont été largement débordés par les islamistes, plus expérimentés, sanguinaires et ragaillardis par les armes libyennes, les rançons et les trafics de tout genre. Voir :

http://www.algerie360.com/algerie/aqmiansar-edinemujao-et-boko-haram-font-le-forcing-pour-lobtenirles-ingredients-dune-intervention-etrangere-dans-le-sahel/

(3) Voir : «Le Mali: chronique d’une recolonisation programmée». Déclaration politique à Bamako du 04.04.2012 

http://www.foram-forum-mali.org/index.php/non-classe/le-mali-chronique-dune-recolonisation-programmee/.

Voir aussi : «Déclaration du pari SADI suite au changement de Régime intervenu au Mali le 22 Mars 2012» 26.03.2012

http://www.partisadi.net/2012/03/declaration-du-parti-sadi-suite-au-changement-de-regime-intervenu-au-mali-le-22-mars-2012/;

«Marche de soutien au CNRDRE et aux Forces Armées et de sécurité» 11.04.2012

http://www.partisadi.net/2012/04/marche-de-soutien-au-cnrdre-et-aux-forces-armees-et-de-securite/

(4) Voir: 

http://www.nord-mali.com/index.php/nord-du-mali/1404-nord-du-mali–mnla-ancar-eddine-al-qaida–du-pareil-au-meme- 

Voir : «Le Temps d’Algérie entre à Kidal (nord du Mali) Quatre jours en compagnie d’Ançar Eddine» 29-07-2012. Voir : 

http://www.letempsdz.com/content/view/77676/1/ 

Voir : «Les défis du Sahel : focus sur la crise malienne par Laurent BIGOT»

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Rn67xaLPCBM

(5) Voir : 

http://afrique.blog.lemonde.fr/2012/04/07/laccord-de-bamako-texte-suite-details-interrogations/

(6) Voir :  

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mali-le-president-interimaire-dioncounda-traore-frappe-par-des-manifestants_1117043.html?xtmc=dioncounda_traoré&xtcr=10

(7) «Crise politico-sécuritaire: La COPAM exige la libération des armes bloquées à Conakry et l’organisation de la concertation Nationale souveraine» in LE FLAMBEAU 26.09.2012 Voir :

http://www.maliweb.net/news/politique/2012/09/26/article,94312.html

(8) Voir : 

http://abonnes.lemonde.fr/afrique/article/2012/09/25/le-mali-en-appelle-a-l-onu-pour-reconquerir-le-nord_1765265_3212.html

(9) Ibid.

(10) Voir: http://www.onuci.org/spip.php?rubrique18

(11) Voir: 

http://www.liberation.fr/monde/2012/07/26/echange-d-amabilites-entre-ouattara-et-hollande-a-l-elysee_835734

(12) Voir: http://fr.allafrica.com/stories/200904030179.html

(13) «Budget: l’Etat va devoir amputer ses dépenses de 10 milliards» in LE MONDE, 28.09.2012

(14) «Le volontarisme de Paris sur le Mali se heurte à des réticences à l’ONU» in LE MONDE, 27.09.2012

(15) «Il n’y a pas de temps à perdre» dit F. Hollande à l’ONU le 25.09.2012 in LE MONDE, 26.09.2012

 

Source: MONDIALISATION.CA

samedi, 06 octobre 2012

LE CFA, HISTOIRE D'UNE MONNAIE FRANÇAISE

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A Dakar au Sénégal, une femme présente des billets de 10.000 francs CFA, environ 15 euros. Crédits photo : ISSOUF SANOGO/AFP
 
 

Le franc CFA a fêté ses quarante ans vendredi. Retour sur une invention qui a évolué avec la fin de la colonisation mais reste arrimée à l'euro.

 

C'était bien avant l'euro, avant même que l'Europe n'ose y penser. L'Afrique de l'Ouest se dotait d'une monnaie unique: le franc CFA. C'était en 1939. Plus de soixante-dix ans plus tard, ces billets existent toujours, passant entre des millions de mains chaque jour. Le CFA, après quelques changements, reste la monnaie de 14 États, offrant à ses utilisateurs quelques avantages et un réservoir de polémiques intarissable.

FRANC CFA - PAYS MEMBRES DE LA ZONE.jpg

La réalité de la création du CFA remonte à 1945, dans la foulée des accords de Bretton Woods. Elle est aussi le fruit d'une histoire plus française. Paris est alors convaincu de son utilité après que l'Afrique a été la seule véritable zone franc lors de l'occupation de la métropole par les armées allemandes. Depuis lors, malgré les indépendances des années 1960, peu de choses ont changé.

Dernier accord en 1972

Certes, la Guinée du nationaliste Sékou Touré a choisi de quitter la communauté pour créer son propre franc. La Mauritanie et Madagascar suivront le même chemin en 1973. Mais les autres nouvelles nations, autour de la Côte d'Ivoire de Houphouët-Boigny et du Sénégal de Senghor, soucieux de ne pas secouer un système financier fragile et la Françafrique triomphante, conserveront ce franc sans plus de débats. On inaugure juste deux banques centrales, l'une pour l'Afrique de l'Ouest et l'autre pour l'Afrique centrale. Les monnaies sœurs gagneront même de nouveaux membres: le Togo en 1963, puis plus tard la Guinée-Bissau et la Guinée Équatoriale, ex-colonies portugaise et espagnole.

Vendredi, à Paris, s'est déroulé un grand forum pour célébrer cette réussite, l'anniversaire du CFA pour ses… 40 ans. Pourquoi fêter les 40 années d'un quasi septuagénaire? Il s'agit en fait, explique-t-on à Bercy, de mettre l'accent sur l'accord de 1972, le dernier en date, sur lequel se fondent toujours les relations entre la zone CFA et la France. Le système, extrêmement complexe, repose sur deux piliers. Le CFA dispose de la garantie de la Banque de France et d'une parité fixe avec le franc français (aujourd'hui l'euro). En échange, la France a un droit de regard et même de veto au sein des deux banques centrales. «Choisir de fêter un quarantième anniversaire est une tentative de gommer le passé colonial des billets», affirme l'historien Alain Foka. Le glissement sémantique de l'acronyme CFA est le symbole de cette volonté. Au départ bêtement franc des Colonies Françaises d'Afrique, il est devenu, en 1960, celui de la Communauté française d'Afrique, puis de la Commission financière d'Afrique.

Changements cosmétiques et polémiques

Mais ces changements cosmétiques, à l'heure où le mot «Françafrique» est quasiment devenu tabou et où les Pères des nations ont tous été enterrés avec les honneurs, ne peuvent faire taire les polémiques. Pas plus que des avantages réels: le CFA apporte une stabilité, une maîtrise de l'inflation unique sur le continent et limite le prix des importations, notamment de pétrole.

Reste que les nationalistes le chargent d'un «anachronisme insupportable», parfois sans grande mesure, comme l'économiste ivoirien Nicolas Agbohou, qui parle de «nazisme monétaire». Les critiques sont aussi plus précises. Des financiers reprochent au CFA de juguler l'inflation au détriment de la croissance et de l'emploi dont l'Afrique a besoin. Ils pointent aussi l'impact sur les coûts de la main-d'œuvre et des exportations. «Les décisions autour du CFA sont prises aujourd'hui à Francfort sans aucune véritable considération pour les besoins réels des économies africaines. Et la crise de l'euro n'améliore pas les choses», résume un diplomate français.


Tanguy Berthemet


Source: LE FIGARO

COTE D’IVOIRE, LA TERREUR CONTINUE: L’EPOUSE DU MINISTRE AHOUA DON MELLO ARRETEE PUIS RELACHEE

 

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En fin d'après-midi d'hier, vendredi 5 octobre 2012:


Rose Don Mello, Secrétaire exécutive de l’union des grandes entreprises et épouse du ministre Ahoua Donmello a été arrêté, ce soir à 17h, à l’aéroport d’Abidjan alors qu’elle embarquait à bord d’un avion en partance pour Cotonou avec escale à Accra dans la cadre d’une mission de son organisation. Elle est détenue dans les locaux de la DST sans que les sécuritocrates du régime Ouattara ne lui aient signifié ce qu’ils lui reprochent.

 

Ce matin du samedi 6 octobre 2012:

 

QUAND FEMME CONNAIT PAPIER!


Interpellée hier, à 17h, à l’aéroport d’Abidjan alors qu’elle s’apprêtait à se rendre à Cotonou via Accra, dans le cadre de ses activités professionnelles, Mme Rose Don Mello a subi un interrogatoire des plus ridicules avant d’être relâchée, 5 heures de temps plus tard.

Après s’être assuré qu’il s’agissait bien de l’épouse du Ministre Don Mello Ahoua, le policier, sans sourciller, lui demande si elle a l’intention de voir son mari lors de l’escale dans la capitale ghanéenne.

Sereine et imperturbable, à l’instar de l’homme avec qui elle partage sa vie depuis plusieurs années, la réponse de la dame fut à la fois sanglante et ironique: "Monsieur l’agent, la loi me fait obligation de voir mon mari. Si je ne le fais pas, je peux être poursuivie pas nos enfants ou même par mon époux car le mariage impose une assistance réciproque".

Je vous épargne la suite !

Que la journée commence ! Steve Beko

 

 

Qui est Rose Don Mello, l'épouse du ministre Ahoua Don Mello, arrêtée hier puis relâchée à Abidjan par le régime Ouattara?


Rose Banchi Don Mello - Secrétaire Exécutif de l'Union des Grandes Entreprises Industrielles de Côte d'Ivoire (UGECI)


Biographie

A 22 ans, sortie major de promotion de l'Ecole Supérieure de Commerce d'Abidjan (ESCA), Rose Banchi Don Mello, entame sa carrière professionnelle au Cabinet ECR, correspondant de PEAT MARWICK comme Assistante Audit. Le temps de connaître les rudiments de la vie active.

Moins de 2 ans plus tard, Rose Banchi Don-Mello se retrouve dans la communication en tant que Chef de publicité à Tintas, première agence de publicité d'Abidjan. Quatre ans après, elle quitte le milieu de la pub pour celui des assurances: elle est cadre technico-commerciale à la SIDAM. Elle y passera plus de 2 ans avant de partir monnayer son talent à la Direction Marketing Régionale de The Coca-Cola Company où elle occupera pendant plus de 3 ans le poste de Marketing Manager pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

Cap ensuite sur une autre multinationale, Nestlé, où elle exercera toujours dans le Marketing comme Chef de Groupe Boissons et Confiserie pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre; pendant 4 ans.

Mais, comme toujours, il lui faut des terrains neufs, pour tester ses capacités, ses atouts. Voir ailleurs... Comme si chaque fonction était un tremplin.

En 2000, elle rejoint la Standard Chartered Bank qui n'est encore qu'à l'étape embryonnaire. Rose Banchi Don Mello y est recrutée en tant que Directrice du Marketing. Puis, elle est rapidement promue au poste de Directrice de la Clientèle Privée grâce à ses performances et à sa rigueur. Pendant 4 années, elle dirige le réseau d'agences et le portefeuille de la clientèle des particuliers et des PME. Puis, soucieuse de se doter de compétences nouvelles, elle choisit d'occuper le poste de Directrice des Ressources Humaines.

Au bout de 20 ans d'un parcours professionnel sans faute, à brandir comme un modèle à imiter, parce que jonché de lauriers honnêtement glanés, de titres justes obtenus, sans passe-droit elle décide de prendre une année sabbatique. Mais très vite gagnée par le virus des nouveaux challenges, elle reprend une activité professionnelle et se reconvertit dans un tout autre domaine... La pêche. En qualité d'armatrice. Un secteur où très peu de femmes exercent. Cooptée par ses pairs, elle y préside également l'Union des Armateurs à la Pêche Fraîche.

L'expérience acquise dans la défense des intérêts d'une corporation la conduira tout naturellement à accepter, en septembre 2007, le poste de Secrétaire Exécutif de l'Union des Grandes Entreprises Industrielles de Côte d'Ivoire (UGECI). Rose Banchi Don Mello, tête bien faite et bien pleine, reste une femme admirable de refus. Refus de la passivité. Discrète mais déterminée, elle déclare avec malice: «On n'est pas obligé d'être à la tête pour exercer le pouvoir». A 43 ans, riche de ses quatre maternités, elle se réalise pleinement à l'UGECI. Rose Banchi Don Mello a toujours travaillé dans l'ombre. Efficacement.
 
 
Source: La page Facebook de Steve Beko

vendredi, 05 octobre 2012

CAS DE MICHEL GBAGBO: MELENCHON DEMANDE «SOLENNELLEMENT DES EXPLICATIONS» A FRANÇOIS HOLLANDE

 

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On ne peut pas dire qu’il n’est pas constant dans ses convictions. Soutien résolu de Michel Gbagbo, prisonnier d’opinion en Côte d’Ivoire, victime de son patronyme, Jean-Luc Mélenchon vient de publier un communiqué sans fioritures, alors que Ouattara est en France pour une énième visite.

Le titre du communiqué? «Emprisonnement de Michel Gbagbo: la France doit défendre tous ses citoyens.»

«Michel Gbagbo, citoyen français, est emprisonné depuis 18 mois en Côte d’Ivoire. Son seul crime: porter le nom de l’ancien président, Laurent Gbagbo, dont il est le fils. A ce jour, et malgré de nombreuses demandes de la mère de Michel Gbagbo, les autorités françaises sont restées muettes: aucune visite consulaire, aucune interpellation officielle. Alors que la France reçoit Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, à l’occasion du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone Franc, je demande solennellement à François Hollande d’exiger des explications sur cet emprisonnement. La France se doit, en toute priorité, quelles que soient les circonstances, de défendre tous ses citoyens emprisonnés à l’étranger, sans aucune discrimination. Il est temps d’en finir avec une inertie qu’aucun intérêt particulier ne saurait justifier.»


Source: LE NOUVEAU COURRIER


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Le Parti de Gauche


Emprisonnement de Michel Gbagbo: la France doit défendre tous ses citoyens

 

Michel Gbagbo, citoyen français, est emprisonné depuis 18 mois en Côte d’Ivoire.

Son seul crime: porter le nom de l’ancien président, Laurent Gbagbo, dont il est le fils.

A ce jour, et malgré de nombreuses demandes de la mère de Michel Gbagbo, les autorités françaises sont restées muettes: aucune visite consulaire, aucune interpellation officielle.

Alors que la France reçoit Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, à l’occasion du 40ème anniversaire des accords de coopération monétaire de la zone Franc, je demande solennellement à François Hollande d’exiger des explications sur cet emprisonnement. La France se doit, en toute priorité, quelles que soient les circonstances, de défendre tous ses citoyens emprisonnés à l’étranger, sans aucune discrimination.Il est temps d’en finir avec une inertie qu’aucun intérêt particulier ne saurait justifier.


Source: LE PARTI DE GAUCHE

VISITE DU RESPONSABLE DE L’ONUCI AU GHANA - LES REFUGIES POLITIQUES IVOIRIENS DISENT TOUT A KOENDERS

 


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En visite de quelques jours au Ghana, Bert Koenders, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Côte d’Ivoire, a rencontré, ce Mercredi 3 Octobre 2012, les responsables des réfugiés politiques ivoiriens à l’International Conférence Center d’Accra au Ghana. Les réfugiés ont vidé leur cœur et sont repartis légers.


Bert Koenders est venu rencontrer les réfugiés ivoiriens vivant sous les tentes dans les camps tenus par le HCR à travers le Ghana. Cette visite commence ce jeudi 4 Octobre. Mais avant, le Mercredi 3 octobre, sur suggestion des autorités ghanéennes, il a rencontré de 14 H à 16 H, ceux des refugiés vivant à Accra après avoir rencontré dans la matinée le Président ghanéen John Dramani Mahama. 

D’entrée, Koenders a indiqué qu’il souhaitait écouter les refugiés sur les questions de la nécessité du dialogue politique et de la restauration de la paix pour faire avancer les choses en Côte d’Ivoire. Il était entouré de la responsable de la représentation de l’ONU à Accra, de l’ambassadeur du Ghana en Côte d'Ivoire, du vice-ministre ghanéen des affaires étrangères et de deux collaborateurs de l’ONUCI. 

Les responsables des réfugiés étaient tous là. Le Dr Assoa Adou et l’ensemble du Bureau de la coordination du Fpi en exil, Ben Dagbo de l’Association des réfugiés ivoiriens et de la diaspora (Arid) et un membre de son bureau. Presque tous les leaders en exil de la galaxie patriotique étaient également présents. 

Ils ont été cinq à prendre la parole. Assoa Adou pour les premiers mots, Emile Guiriéoulou pour décrire la situation calamiteuse des populations de l’Ouest de la Côte d’Ivoire, Don Mello Ahoua pour les graves violations de tous les droits en Côte d’Ivoire, Ben Dagbo pour décrire à Koenders les difficultés que vivent les exilés ivoiriens dans les camps aux Ghana et enfin l’ambassadeur Raymond Koudou Kessié pour stigmatiser toute la fraude électorale grossière sur laquelle la communauté internationale a fermé les yeux pour l’avènement du pouvoir Ouattara.

Assoa Adou a indiqué pour commencer que les refugiés ont longuement hésité avant d’accepter de participer à la rencontre, craignant un autre traquenard de l’onuci après celui tendu en avril 2011 aux dirigeants du FPI à l’hôtel Pergola d’Abidjan. Des dirigeants qui, allés chercher la protection de l’ONUCI, ont été livrés par celle-ci aux forces de Ouattara et qui se sont tous retrouvés en prison au Nord du Pays. Assoa Adou a alors demandé à Koenders de dire ceci à Ouattara: Les exilés ivoiriens sont tous partisans de la paix pour retourner en Côte d’Ivoire leur pays. Aucun ne veut et ne prépare la guerre à partir du Ghana. Les réfugiés ont trois préoccupations quotidiennes: comment se loger, comment se nourrir et enfin comment se soigner en cas de maladie. Tous leurs biens étant détruits et leurs comptes sont gelés.

Personne n’est venu avec un butin de guerre, vu les conditions dans lesquelles les uns et les autres se sont retrouvés au Ghana. Aucun ne dispose donc de ressources pour préparer un coup en vue de renverser le régime Ouattara. Toute chose qui du reste ne fait pas partie de notre philosophie politique. 

Si donc Mr Ouattara veut une paix durable en Côte d’Ivoire qu’il crée les conditions qui rassurent et sécurisent les participants au dialogue, ainsi donc:

1- Qu’il libère tous les prisonniers politiques, civils et militaires;

2- Qu’il arrête les poursuites contre les pro-Gbagbo en Côte d'Ivoire et à travers le monde; 

3- Qu’il organise un dialogue direct avec le FPI.

Emile Guiriéoulou a d’entrée dit à Koenders que les nouvelles ne sont pas bonnes à l’Ouest de la Côte d’Ivoire dont il est originaire. Il suffit aujourd’hui en Côte d’Ivoire d’être Guéré pour être considéré de fait comme un criminel. Le rôle de l’Onu n’est-il pas de dénoncer les crimes? Pourquoi l’Opération des nations unies qu’il dirige se tait sur les graves violations des droits humains qui se déroulent sous ses yeux? Quatre armées étrangères Burkinabés sont aujourd’hui installées à l’Ouest à Duékoué, Bloléquin et Taï. Personne ne s’en émeut. Leurs responsables viennent même aux cérémonies officielles. Tous ceux qui ont commis les crimes les plus graves à l’Ouest comme Ben Laden, qui était le chef rebelle de l’Ouest entre 2002 et 2003, connaissent aujourd'hui la promotion. Les tueries massives du camp de Nahibly ont même été minimisées par Koenders! J’ai le sentiment que pour l’ONU nous ne comptons pas en Côte d’Ivoire, s’est écrié Emile Guiriéoulou.

Ahoua Don Mello avec le verbe qu’on lui connait n’a pas pris de gants pour dénoncer de manière véhémente la passivité, la complicité voire la responsabilité de l’ONU dans la crise ivoirienne. Pour lui la valeur qui est à la base de la fondation de l’Onu est que les citoyens sont égaux en droit et en dignité. Aujourd’hui en Côte d'Ivoire, les citoyens qualifiés de pro-Gbagbo n’ont ni droit ni dignité. Je vous demande de dire à Ouattara ceci: Des citoyens ivoiriens sans droit et sans dignité ne peuvent pas financer des coups d’Etat. La Côte d'Ivoire vit une grave injustice. Comment des gens qui depuis 2002 continuent de tuer, égorger, piller sont considérés comme des démocrates, connaissent la promotion et l’Onu ne dit rien! Par contre des gens qui depuis plus de trente ans se sont battus sans armes pour réinstaurer le multipartisme et la démocratie dans le pays, et ont travaillé à la promotion d’un Etat de droit sont pourchassés partout en Côte d’Ivoire et dans le monde. Même par des chasseurs traditionnels qui parce que justement chasseurs de profession, confondent tout: Droit de l’homme et chasse à l’homme. Et l’Onu ne dit rien. Est-ce cela la démocratie que l’Onu et la France ont voulu instaurer en Côte d’Ivoire par les bombes? On veut une réconciliation après la justice mais ceux qui rodent dans les allées du pouvoir ne sont pas moins coupables que ceux qu’on emprisonne et qu’on pourchasse. Allez dire à Ouattara que s’il veut la réconciliation alors qu’il fasse comme en Afrique du Sud. Declerk a sorti Mandela de prison. Ils se sont assis. Ils ont discuté, ont trouvé les solutions aux problèmes sud-africains et ils ont avancé. Dites donc à Ouattara de libérer les prisonniers politiques, d’arrêter les poursuites, de s’assoir pour discuter de la Côte d'Ivoire pour avancer. 

Ben Dagbo au nom de l’Arid a répété qu’aucun refugié ne prépare de coup d'Etat au Ghana. Les réfugiés dans les camps du HCR ont besoin de tentes et de nourriture, exposés qu’ils sont aux morsures de serpents. Ils ont besoin de documents pour se déplacer. Il a demandé à Koenders de dire un grand merci aux ghanéens qui ont accueilli en frères tous les refugiés qui continuent aujourd’hui encore d’arriver et dont le nombre dépasse 22 000.

En réponse, Mr Koenders, dans un discours elliptique et diplomatique du fonctionnaire de Nations Unies qu’il est, a cherché à arrondir les angles. Je ne peux pas dire que vous avez raison dans tout ce que avez dit ni chercher à excuser l’ONU. Nous ne sommes pas saints, nous travaillons à trouver des solutions aux problèmes qui sont nombreux et que vous avez énoncés: foncier, démobilisation, justice équitable, sécurité… et qui ont occasionné une opération de paix en Côte d’Ivoire. Nous ne sommes pays aveugles nous voyons… aidez nous à renouer le dialogue et arriver à un consensus. 

Avant de lever la séance, Koenders a soulevé une question qui certainement lui tenait particulièrement à cœur: « Le Président Ouattara dit que vous ne voulez pas le reconnaitre en tant que Président de la République ». La réponse d’Assoa Adou a été incisive: nous ne reconnaissons pas Ouattara comme le président ELU de la Côte d’Ivoire mais comme celui qui a été imposé par les forces françaises et celles de l’Onu à la tête de la Côte d'Ivoire. Mais c’est lui qui occupe le fauteuil présidentiel et c’est pourquoi notre parti est allé discuter avec lui.

On a discuté avec Guéi Robert après son coup d’Etat, nous pouvons discuter aussi avec lui. Voilà.



Correspondance particulière depuis ACCRA de Yves Komenan

CONFERENCE DE PRESSE DE LA JFPI: DECLARATION LIMINAIRE DE KOUA JUSTIN RELATIVEMENT A L'INTERDICTION DU SIT-IN DU 4 OCTOBRE 2012

 

 

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CONTEXTE :

1) Les résultats des élections présidentielles de novembre 2010 proclamés par le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire, sur la base de la Constitution ivoirienne de Juillet 2000 ont donné le Président Laurent Gbagbo vainqueur. Mais la communauté internationale avec à sa tête la France en a décidé autrement. S’appuyant sur une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU dévoyée, la France de SARKOZY a bombardé la résidence du Chef de l’Etat ivoirien. Le Président Laurent Gbagbo, celui que les ivoiriens ont choisi pour présider aux destinées de la Côte d’Ivoire a été arrêté par la France de SARKOZY le 11 Avril 2011 et remis aux autorités actuelles. Depuis cette date, la Côte d’Ivoire est plongée dans un climat de terreur inqualifiable.

2) Le Président Laurent Gbagbo a été déporté à La Haye (Pays-Bas), tandis que des dizaines de personnalités qui lui sont proches croupissent dans les geôles du pouvoir actuel, dirigé par Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
3) La terreur érigée en mode de gouvernance continue de s’abattre sur la Côte d’Ivoire. Cette répression généralisée est orchestrée non seulement par les services publics de l’Etat, mais aussi et surtout par des supplétifs et milices armés entretenus par le régime actuel.
 
4) Les militants du FPI et les personnes soupçonnées d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo sont systématiquement arrêtés, séquestrés, torturés et assassinés par le régime de Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
5) Des camps de concentrations copiés sur le modèle nazi sont créés à travers la ville d’Abidjan et dans certaines régions de la Côte d’Ivoire. Ce sont entre autres:
 
- l’Escadron de Gendarmerie d’Abobo ;
- La caserne de la brigade anti-émeute (BAE) ;
- la résidence George Ouegnin à Yopougon ;
- Le génie militaire à Adjamé ;
- La Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS) ;
- La gendarmerie d’Agban ; 
- La garde républicaine à Treichville.
 
Dans ces camps de concentrations, croupissent des centaines de jeunes ivoiriens arrachés à leurs familles, simplement parce qu’ils sont soupçonnés d’être des sympathisants du Président Laurent GBAGBO.
 
6) La Démocratie et les libertés publiques durement acquises par le peuple ivoirien ont fait place à une dictature féroce, doublée d’un totalitarisme inédit. L’Etat policier répressif procède systématiquement à une épuration politique, ethnique (génocide du peuple Wê) et sociale sans précédent.
 
7) Sous le prétexte de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté de l’Etat, de tentatives de coup d’Etat, (condamnés par le FPI), la répression s’est accentuée sur les populations ivoiriennes en générale et particulièrement sur les jeunes pro-Gbagbo qui continuent d’être traqués, pourchassés, torturés dans ces camps de concentration et d’épuration.
 
8) Nous assistons à l’instauration d’une Côte d’Ivoire des vainqueurs qui pille, traque, enlève, torture et assassine tous les autres ivoiriens soupçonnés d’être des partisans du Président Laurent Gbagbo, ou n’étant pas du groupe ethnique de Monsieur Alassane Dramane Ouattara.
 
9) Les appareils de l’Etat (la Télévision et la Radio nationales) sont utilisés pour inciter et entretenir la haine, la violence, la dérive tribale et religieuse.
 
10) Face à ces violations quotidiennes des droits et libertés des populations ivoiriennes, la JFPI constate le mutisme de la communauté internationale qui a installé Monsieur Alassane Ouattara au pouvoir. Il est à relever aussi le silence des organisations de défense des droits de l’homme et des libertés publiques. Tous les objecteurs de consciences nationaux et internationaux restent silencieux face au drame qui se déroule pourtant sous leurs yeux.
 
Face à la destruction programmée de la Nation ivoirienne érigée en mode de gouvernance par le régime de monsieur Alassane Dramane Ouattara, la Jeunesse du Front Populaire Ivoirien et toutes les organisations sœurs avaient décidé de tenir un sit-in devant la cathédrale Saint Paul du Plateau, ce Jeudi 04 Octobre 2012 afin d’appeler :
 
1) L’ensemble des confessions religieuses à faire diligence auprès du régime Ouattara pour exiger que soit reconnu et garanti le droit à la vie de tout ivoirien, quelque soit ses idées politiques et croyances religieuses. Ce droit étant prescrit dans toutes les religions, la JFPI attend de toutes les communautés religieuses qu’elles œuvrent de façon effective à son respect en interpellant le régime de Monsieur Alassane Ouattara pour qu’il protége la vie des Ivoiriens.
 
2) Les organisations de défenses des droits de l’homme à se pencher sur la situation de chaos avancé dans laquelle est plongée la Côte d’Ivoire en dénonçant les violations systématiques et quotidiennes des droits humains les plus élémentaires.

3) La communauté internationale à travers l’ONU à :
 
- condamner toutes les formes de violences, les graves exactions et autres violations du Droit International, notamment le Droit International Humanitaire, le Droit International des droits de l’homme, perpétrées quotidiennement en Côte d’Ivoire par les FRCI et les supplétifs Dozos de Monsieur Alassane Ouattara. 
 
- Exiger de Monsieur Alassane Ouattara que soit garanti le droit à la vie, un droit fondamental consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 en son Article 3.

- A rappeler à Monsieur Alassane Dramane Ouattara qu’il est de sa responsabilité de promouvoir et de protéger tous les droits de l’homme et toutes les libertés fondamentales en Côte d’Ivoire.

- A ne pas se rendre complice du génocide du peuple ivoirien par son incompréhensible mutisme. (Le cas Rwandais est encore vivace dans les consciences).
 
4) L’ensemble d’organisations de la société civile à agir pour les libertés en dénonçant l’épuration politique, ethnique et sociale qui a cours en Côte d’Ivoire sous le règne de Monsieur Alassane Ouattara.

LES FAITS :
 
Dans le cadre des préparatifs du sit-in, la JFPI a adressé:
 
- Deux courriers au Ministre de l’Intérieur à l’effet de l’informer, d’une part, de la situation dramatique que vivent les ivoiriens et particulièrement ceux soupçonnés d’être des proches du Président Laurent Gbagbo qui sont tués quotidiennement et d’autre part, de la tenue d’un sit-in pour exiger le droit à la vie.
 
- Des courriers à l’ensembles des représentations des Etats membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, des représentants de l’ONU en Côte d’Ivoire, des organisations de défense des droits de l’homme, de la société civile, des confessions religieuses et des institutions de notre pays.
Pendant que nous faisions nos tournées dans le District d’Abidjan et les villes de l’intérieur pour inviter les Ivoiriens à se déplacer massivement à l’effet d’exiger que le pouvoir Ouattara garantisse leur droit à la vie, des informations nous parvenant faisaient état de ce que le pouvoir, devenu fébrile projetait, au mieux de faire interdire le sit-in et au pire de l’infiltrer pour rééditer le 18 février 1992 dans le même endroit. Nous n’avons pas pris au sérieux de telles informations, eu égard au caractère et au lieu de la manifestation. (Elle devait avoir lieu devant une Eglise)
 
- Le Mercredi 03 Octobre 2012, en fin d’après-midi, c'est-à-dire à quelque heures seulement de la manifestation, nous apprenions par un communiqué lu à la Télévision que le sit-in du lendemain venait d’être interdit.
 
- Ce matin 04 octobre, nous apprenons que des camarades qui n’ont pas été informé de l’interdiction de la manifestation viennent d’être arrêtés par les services de Monsieur Alassane Ouattara au Plateau et conduits à une destination inconnue.

NOTRE ANALYSE :
 
La JFPI constate une fois encore que le régime Ouattara a décidé de confirmer la nature fasciste de sa gouvernance, caractérisée par la confiscation de toutes les libertés, notamment la liberté d’expression, de réunion et de manifestation. Et l’interdiction de notre sit-in en est une preuve de plus.
 
Le régime de Dramane Ouattara démontre encore une fois son incapacité à promouvoir la démocratie dans notre pays.
 
La JFPI rappelle que le sit-in qui devait se tenir n’avait qu’un seul but: exiger le droit à la vie, qui est un droit fondamental reconnu dans toutes les sociétés. 
 
Et le régime Ouattara, en agissant comme il l’a fait, vient de démontrer encore une fois son mépris pour la vie humaine qui est pourtant sacrée. 
 
La JFPI estime que tous les actes posés par le régime sont de nature à compromettre dangereusement les acquis démocratiques et à instaurer un climat de suspicion pouvant conduire à une aggravation des tensions déjà existantes. C’est pourquoi :

NOTRE POSITION :
 
1) La JFPI condamne :
 
- Tous ces actes antidémocratiques qui ont cours sous le règne de Monsieur Dramane Ouattara;
- L’utilisation des appareils de l’Etat pour inciter à la haine, à la violence, à la dérive tribale et religieuse.
 
2) S’insurge contre :
 
- L’interdiction de la manifestation pacifique qu’elle a projeté de faire pour exiger le droit à la vie des ivoiriens.
- La montée en puissance de l’Etat totalitaire dirigé par Alassane Dramane Ouattara.
- L’incapacité de Ouattara à assurer la sécurité des ivoiriens.
- La défaillance de l’Etat-RDR qui entraîne chaque jour le Cote d’Ivoire dans le gouffre.
- La faillite du régime Ouattara qui est actuellement dans état de déliquescence avancée.
 
3) Exige :
 
- Une rencontre avec le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, Monsieur Ahmed Bakayoko pour, non seulement obtenir la libération sans condition et sans délai des ivoiriens illégalement détenus dans les geôles du pouvoir, mais aussi pour trouver une nouvelle date de manifestation, à l’effet d’exiger le droit à la vie.
 
5) Réaffirme à tous les Ivoiriens martyrisés par le régime fasciste de Dramane Ouattara, sa ferme volonté à continuer le combat pour la dignité de la vie humaine.
 
6) La JFPI recommande à la grande famille des démocrates ivoiriens, de rester à l’écoute de leur direction quant à la prochaine date du sit-in qui leur sera communiqué incessamment et de ne point se laisser envahir par la crainte et la peur, car c’est l’arme du régime pour nous contraindre au découragement et au silence.
 
 
 
Abidjan, le 4 octobre 2012
 
Le Secrétaire National de la JFPI

MAMADOU KOULIBALY: «LE COEUR DE LA RECONCILIATION POUR LES POPULATIONS, C'EST LE FONCIER RURAL»

 

MAMADOU KOULIBALY - INTERVIEW LE NOUVEAU REVEIL.jpg



Franc-parler et grandes propositions ! Dans cette interview qu’il a accordée à Le Nouveau Réveil, le président de Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), le Pr Mamadou Koulibaly, jette un regard sans concession sur les grands débats actuels : la fermeture de la frontière avec le Ghana, la polémique sur les Frci, la gouvernance du président Ouattara, les gouvernements de large ouverture, l’inefficacité institutionnelle de la Cdvr, l’université rénovée, la loi sur le foncier, les retraites. Et par-dessus tout, la réconciliation.


Interview réalisée par Benoit Hili - Le Nouveau Réveil - 27 & 28 Septembre 2012 (L’intégrale)
 
 
 
 
Professeur, on vous a vu très remonté après la fermeture de la frontière ivoirienne avec le Ghana. Cette décision vous parait-elle inappropriée ?
 
Mamadou Koulibaly : Oui, elle est à mon avis inappropriée. La Côte d’Ivoire est cernée par des pays qui sont déjà en relations difficiles avec nous. A l’ouest, la frontière avec le Libéria est l’une des frontières les plus insécurisées de notre pays. La Guinée, avec N’zérékoré, ne connait pas encore de sécurité complète. Le Mali est très perturbé avec la crise malienne et l’occupation d’une partie du pays par les Touaregs. Le Burkina a la réputation d’avoir été le pays sanctuaire de l’ancienne rébellion aujourd’hui Frci. Il ne restait que le Ghana qui pouvait donner l’impression d’avoir un voisinage avec lequel on n’avait pas de problèmes. Même si de nombreux Ivoiriens s’y sont réfugiés après la crise postélectorale, cela n’est pas propre au Ghana. Ils sont aussi refugiés dans tous les pays, au Libéria, au Mali, en Guinée, et même plus loin, au Sénégal, en France. Deuxièmement, notre président est quand même le président en exercice de la Cedeao. Il a été installé en grande pompe. Cela donne des responsabilités de bon voisinage, de meilleur encadrement et de meilleures relations avec les pays de la Cedeao. Troisièmement, les sources d’insécurité chez nous ne sont pas propres à la frontière ghanéenne. On a, dans le mont Péko, là-bas dans le Far West du pays, des gens qui, avec la complicité plus ou moins avouable du gouvernement, occupent des forêts entières, propriété de l’Etat et des individus qui molestent des populations, sans que les frontières n’aient été fermées pour cela. J’ai trouvé brutale la fermeture des frontières ghanéennes ; frontière aérienne, frontière maritime et lagunaire, frontière terrestre. En matière diplomatique je pense que notre Etat est allé trop vite et trop loin.
 
Qu’aurait-il fallu faire ?
 
Lorsqu’il y a des crises de ce genre-là, on commence par s’inquiéter du fait que les assaillants soient repartis de ce côté de la frontière, on contacte les ambassadeurs pour leur demander ce qui se passe. On appelle l’ambassadeur du Ghana et on demande à notre ambassadeur là-bas de voir avec les ministères de  l’intérieur et des affaires étrangères pour comprendre ce qui se passe. Puis, les deux chefs d’Etat se parlent, afin de trouver une voie qui rassure les deux Etats. La meilleure solution en la matière, c’est de mettre en place une équipe de soldats, de civils, de diplomates et de techniciens de la sécurité pour voir comment, ensemble, on peut sécuriser toute la frontière qui est longue de plus de mille kilomètres, s’il est établi entre temps que les assaillants sont passés effectivement par là. Tel que le gouvernement a procédé, si la tension remonte encore, il n’y aura rien d’autre à faire que de rappeler les ambassadeurs. On est allé trop loin et nous sommes maintenant proches de la rupture des relations diplomatiques. Et s’il y a encore tension même après la rupture des relations diplomatiques, alors ils n’auront d’autre choix que de déclarer la guerre au Ghana. Alors, pourquoi, être allés si vite et si loin alors que notre pays préside la Cedeao, que notre président a tout le mal du monde à résoudre le conflit malien et qu’en interne, nos équilibres socio-politiques sont très fragiles ?
 
Professeur, le fait est connu que plusieurs centaines d’ex-dirigeants de l’ancien régime sont exilés au Ghana. Le ministre de la défense Paul Koffi a eu à constater que les assaillants seraient venus du Ghana ou seraient retournés au Ghana. Ne pensez-vous pas que c’était là des faits suffisants, d’autant plus qu’on a l’impression que le Ghana n’est pas suffisamment coopératif ?
 
Tous les Ivoiriens exilés au Ghana ne sont pas des assaillants. Moi, ma famille y vit depuis 2005, mais on ne peut pas la qualifier de famille d’assaillants. Il y a bien d’autres Ivoiriens qui sont dans les affaires, dans les entreprises. Avec l’exploitation du pétrole ghanéen, combien de techniciens et experts ivoiriens ne sont pas à Takoradi, passant la semaine là-bas et le weekend end en famille ici ? Chaque semaine, ils font des allers-retours. Mais ils ne sont pas des assaillants. Ils ne sont pas des exilés. En allant brutalement comme cela fermer les frontières, on gène ces personnes là. En outre, même s’il était établi que les assaillants sont venus du Ghana, qu’ils ont attaqué et qu’ils y sont repartis, il n’est pas établi que ces assaillants ont fait aux postes de frontière, les formalités du côté ghanéen avec leurs fusils et autres armes, proclamant : «Nous, on s’en va de l’autre côté, on fait une attaque, on va tuer quelques Frci et on revient dans deux heures remplir les fiches de débarquement pour sortir de Côte d’Ivoire et rentrer au Ghana». Notez bien qu’à la frontière terrestre, les formalités se passent exactement comme à l’aéroport. Les assaillants n’ont pas fait ça ! Ils ont attaqué par surprise, ils ont disparu. Cet acte est condamnable et nous le condamnons. J’ai toujours été contre toute sorte de rébellion, celle d’hier comme celle de maintenant. Mais de là à dire, tout de go, que la frontière est fermée, comme si ceux qui ont attaqué ont rempli les formalités de police et de douane, sont allés attaquer et sont revenus faire les formalités pour sortir et on ferme la frontière pour pouvoir les attraper ! Je trouve que nos gouvernants avaient d’autres leviers plus subtils et plus efficaces qu’ils ont perdu de vue. D’ailleurs, nos frontières sont poreuses. A Bouna, Agnibilékro, Niablé et Noé, les gens vont au champ de l’autre côté du fleuve et reviennent. Il y a certaines plantations de cacao en Côte d’Ivoire qui se prolongent au Ghana. Le matin, le type commence à travailler côté Côte d’Ivoire et le soir, il termine du côté du Ghana. Fermer brutalement la frontière, c’est mettre tous ces gens-là dans une illégalité que nous ne pouvons contrôler. La mesure est gênante et inefficace pour des innocentes personnes. Je ne juge pas du fait que ce soit vrai ou pas qu’il y ait eu des assaillants venus du Ghana. Mon problème c’est la question de l’efficacité, celle du bon voisinage avec le Ghana, d’entretien des relations de courtoisie et de respect. En plus, nous avons la présidence de la Cedeao. Ce n’est pas à nous de rentrer dans une ambiance belliqueuse.
 
Vous parlez d’une frange des Ivoiriens. Mais il y a une autre catégorie d’exilés au Ghana qui se livre souvent à des déclarations virulentes contre le gouvernement ivoirien. Qu’est-ce que la Côte d’Ivoire doit faire par rapport à cette catégorie ?
 
Il faut créer une commission paritaire avec le Ghana, qui va siéger, réfléchir et discuter, conformément aux textes de la Cedeao, de l’Union africaine et des Nations Unies, pour savoir ce que l’on fait des résidents de part et d’autre de la frontière, surtout contre ceux qui peuvent être tentés de s’adonner à ce type de besogne. Mais il ne faut pas punir toutes les femmes qui, chaque jour, vont d’Aboisso ou de Port-Bouët à Elubo, la ville frontalière en face de Noé, ou à Takoradi, acheter des marchandises qu’elles viennent revendre ici pour gagner leur pain quotidien, toutes celles qui font le commerce du pain sucré et de diverses marchandises de part et d’autre de la frontière, tous les commerçants de cola d’Anyama. Aujourd’hui, ce sont des dizaines camions entiers chargés de cola qui sont bloqués à Anyama et sur la route de Noé. Ces chargements de cola vont au Nigéria en passant par le Ghana, le Togo et le Benin. Il ne faut pas sanctionner tous ces camions-citernes de pétrole et de carburant, ni tous ces automobilistes qui transportent chaque jour des hommes et des femmes au-delà de la frontière et qui ne vivent que de ces activités. Ces gens-là ne sont pas des assaillants, ce sont des opérateurs économiques. Si l’Etat de Côte d’Ivoire n’est pas capable de sécuriser ses frontières, que des bandes armées passent ces frontières pour attaquer les soldats ivoiriens, pourquoi faire payer cela aux populations civiles ivoiriennes, là où l’Etat lui-même a été défaillant ? C’est à l’Etat lui-même d’apporter la sécurité aux populations civiles et non de les punir pour des fautes qu’elles n’ont pas commises.
 
Est-ce que l’Etat ne sanctionne pas un manque de coopération du Ghana, puisque quand ça se passe au Libéria, il y a une réaction automatique des autorités libériennes qui procèdent à des arrestations d’assaillants et les livrent à la justice ivoirienne. Le Ghana, lui, n’a jamais fait pareil.
 
Vous avez très probablement raison. Je ne juge pas de l’action du gouvernement du Ghana. Je dis que c’est à l’Etat de Côte d’Ivoire, mon pays, au président en exercice de la Cedeao, mon président, de prendre des initiatives dans le sens de poser des actes de bon voisinage aves ces autres voisins. Si on ne le fait pas, alors que c’est nous qui avons le plus à gagner de ce bon voisinage, on ne peut pas faire payer aux populations civiles là où l’Etat n’a pas fait son travail ! Qu’il y ait de bonnes relations entre les gouvernements ivoirien et ghanéen, cela dépend des gouvernants, pas des commerçants, des étudiants, des civils. Eux, ils n’ont rien fait du tout. Mon problème, ce n’est pas de savoir si le Ghana est coupable de quelque chose ou pas, je dis que dans le cas d’espèce, c’est l’Etat qui n’a pas fait son travail et la sanction doit être contre l’Etat et non contre les citoyens. C’est d’ailleurs très souvent la société civile qu’on tue. Pour une fois qu’elle n’est pas tuée, on peut regretter les personnes tuées par toute cette violence qui depuis de longues années ambiance notre quotidien ; on doit condamner l’assassinat des Frci. Mais on ne doit pas sanctionner les populations civiles. Fermer les frontières, ce n’est pas bien socialement et diplomatiquement et même, pourquoi pas, économiquement.
 
En parlant des Frci, certains estiment qu’il y a un manque de coordination, un déficit du renseignement militaire, voire de professionnalisme au niveau de l’armée, ce qui expliquerait que ces attaques puissent survenir. Est-ce également votre avis ?
 
C’est possible étant donné l’évident malaise que nous percevons tous au sein des Frci. Les Frci sont une armée créée à la va-vite pour pousser l’accession du président Ouattara au pouvoir. C’est une armée très hétérogène au commencement. Au commencement, c’était le Mpci plus le Mpigo plus le Mjp. Puis ce groupe s’est appelé Fafn pour finir, grâce à une ordonnance, par se donner un statut officiel et se désigner Frci. Mais une fois qu’il est arrivé au pouvoir, le président doit reconstituer une armée nationale, républicaine et non partisane, une gendarmerie nationale, une police nationale. Et cela n’a pas encore été fait. Les Frci, pour beaucoup, sont des guerriers et non des soldats. Un militaire, ça va à l’école, ça apprend le métier. Mais tous ceux qui portent des fusils et qui sont capables de tirer pour tuer ne sont pas forcement des militaires, des gendarmes ou des policiers ! Faire la guerre, ce n’est pas un métier. Mais être militaire, c’est un métier. Notre situation aujourd’hui, c’est de passer de la situation de guerriers que nous avons à une situation d’armée nationale qui respecte la république et la protège sans parti pris et à priori. C’était prévu dans les textes des différents accords, ça fait partie des engagements pris à Marcoussis, Pretoria et Ouagadougou, mais on n’a pas encore cette armée nationale, cette gendarmerie nationale et cette police nationale. La sécurité nationale ne peut donc pas être garantie, c’est difficile. Vous voyez le problème ?
 
Il y a quand même eu une restructuration, il y a eu des changements dans la chaine de commandement, tout cela pour vous n’est pas satisfaisant ?
 
Non, mais alors pas du tout ! On a cassé la logique du commandement. L’armée qui a gagné la guerre a imposé sa dénomination à toutes les autres forces vaincues. Nommer des hommes ne fait pas pour autant la force de l’institution, comme vous le constatez vous-même depuis Duekoué, Arrah, Azaguié, Sikenssi, Port-Bouët et partout ailleurs où l’on nous parle sans cesse d’éléments non contrôlés des Frci. Et je ne parle même pas des supplétifs Dozos et autres qui, chaque jour, occupent de plus en plus de terrain. C’est la mission que l’on assigne à l’institution, le cadre que l’on lui trace, les limites, les droits et les obligations que l’on lui fixe. Sinon, nommer les hommes, cela peut se faire. Pourquoi, avoir envoyé Philippe Mangou et Edouard Kassaraté en postes diplomatiques, alors que ces personnes-là représentent une partie de l’armée ivoirienne ? On les aurait laissés là, ils auraient coopéré avec les personnes nouvellement nommées, cela aurait rassuré les anciens et les nouveaux militaires et on aurait eu un état-major multicolore avec pour mission de construire un nouvelle armée. Et peut-être qu’on aurait de meilleures chances vers une réunification de l’armée. Mais on a expédié les chefs de cette armée dans des carrières diplomatiques, et puis les troupes sont là, les nouveaux arrivés n’ont aucune confiance aux anciens, les anciens ne font aucune confiance aux nouveaux, les uns sont hyper armés, les autres sont totalement désarmés, les nouveaux soupçonnent les anciens d’être dans des postures de vengeance, les anciens soupçonnent les nouveaux d’être dans des postures de revanche ; ce n’est pas avoir une armée ! C’est un assemblage de factions. L’armée, ce n’est pas seulement les troupes, les fusils, les bâtiments ! Il y a une intelligence militaire, stratégique, si on ne l’a pas, on ne peut pas être performants, on ne peut pas s’organiser convenablement. Et cette intelligence nécessite un ingrédient unique : la confiance. Or nos troupes vivent dans la méfiance. Regardez comment les chefs militaires se sécurisent eux-mêmes et laissent les populations exposées à l’insécurité.
 
Ce sont seulement ces deux généraux Mangou et Kassaraté qui ont été nommés à des postes d’ambassadeurs. Beaucoup d’autres hauts cadres de l’armée sont en poste, au niveau du dg de la police, du chef d’état-major adjoint des Frci etc. Ils sont tous là. On ne peut pas dire qu’on a muté ailleurs les anciens dirigeants de l’ancienne armée.
 
Dans ce cas, pourquoi sont-ils aussi inefficaces ? J’ai pris ces exemples, pas pour plaider pour des postes ou des hommes, mais pour poser la question de la confiance sans laquelle les factions assemblées ne peuvent être une armée républicaine. Vous savez, un tas de briques, de fer à béton et de sable ne fait pas une maison.
 
N’est-ce pas par exemple, le problème de l’embargo ?
 
L’embargo sur les armes ? Mais moi, je vois plein de gens en ville avec des kalachnikovs. Je les vois en train d’arrêter les gbakas, les wôrô wôrô, les taxis, de contrôler les voitures, d’ouvrir les coffres, et de regarder là-dedans. Ces armes-là sont déjà là. Si on les utilisait pour la sécurité des gens, ça ne serait déjà pas mal. Il y a beaucoup trop d’armes en circulation dans notre pays. Et ce n’est pas maintenant que nous sommes mis sous embargo. Depuis novembre 2004, j’étais à Abuja à un sommet où j’étais allé représenter le président Laurent Gbagbo, c’est en ce moment qu’Obasanjo, Bongo, Compaoré ont décidé de l’embargo, alors que Albert Tévoédjré était le représentant du secrétaire générale des Nations Unies en Côte d’Ivoire. Et depuis, la violence qu’il y avait à cette date a beaucoup changé comparé à aujourd’hui. A l’époque, il y avait beaucoup plus de violence. Si on a passé les périodes les plus violentes avec cet embargo, pourquoi aujourd’hui, au moment où tout le monde dit que la guerre est finie et que la paix est revenue,  faut-il qu’il y ait plus d’armes pour faire face à l’insécurité ? D’ailleurs, les responsables onusiens reconnaissent que pour la sécurité, l’Etat peut se procurer ce qu’il faut, à certaines conditions bien connues des autorités. Ou bien alors, on nous a menti quelque part, ou bien il y a quelque chose qui n’est pas totalement clair dans ce qu’on nous dit au sujet des idées selon lesquelles la guerre serait terminée, la paix retrouvée, la Côte d’Ivoire rassemblée, enfin toutes ces idées passe-partout qui souvent ne veulent rien dire.
 
Qu’est-ce qu’il faudrait faire?
 
Moi je pense qu’il faut réconcilier cette armée avec elle-même.
 
C’est-à-dire ?
 
Il faut prendre le taureau par les cornes. Il y a une armée avec différentes couleurs qui est un enchevêtrement de troupes, mais pas du tout intégrée. Toutes les Frci qui ont été recrutées au dernier moment pour faire la guerre d’Abidjan ne sont pas toutes entrainées pour être soldats. Elles sont là. Certaines ont été intégrées dans l’armée, d’autres ont été éjectées. Les Forces nouvelles de l’autrefois, qui étaient à Bouaké et qui sont venues, sont également là. Certaines ont eu des grades, d’autres pas du tout. Certaines ont abandonné leurs kalachs sous le lit et ont repris leurs commerces habituels. Il y a tous les miliciens de tous les bords, que ce soit ceux de l’ouest ou d’Abidjan, qui ont eu des armes, à qui ont a promis des jobs militaires, de police et de gendarmerie, tous ces groupes sont là. Il y a des pro-Gbagbo, il y a des pro-Ouattara. Le fait commun, c’est qu’ils ont tous été armés pour venir se battre.  Aujourd’hui, il y a plus de cent mille de ces gens-là en circulation. Je ne compte pas ceux qui sont officiellement dans les missions de sécurité. Peut-être qu’il faut voir comment intégrer toutes ces personnes. Le président de la République a le gros avantage d’être en même temps le ministre de la défense, il a donc la puissance gouvernementale et la puissance militaire dans les mains, puisqu’il est aussi le chef suprême des armées. Qu’il fasse l’intégration de cette armée. C’est son travail en tant que chef suprême des armées. Nous, nous attendons qu’il nous offre une sécurité et une tranquillité universelle, pour tous. Pas seulement pour ceux qui ont les armes et leurs patrons. Sécurité pour tous.
 
Intégrer cent mille personnes ?
 
Si déjà les gendarmes, les militaires, les policiers en exercice sont intégrés, je pense que ce serait bien. Un militaire, sa fonction ce n’est pas de faire la sécurité dans les rues de la ville. Ils sont là pour assurer la sécurité des frontières, pour assurer la défense du pays. Mais, nos militaires, on les retrouve, avec les kalachs, sur le boulevard Valéry Giscard d’Estaing, à Cocody, entre le carrefour de la Riviera II et Riviera III, à Yopougon en train de contrôler. Ce n’est pas la fonction de l’armée. Ça, ce sont des missions de police. Où se trouve notre police, si c’est l’armée qui fouille dans les coffres des voitures ? Est-ce que nous sommes en situation de d’état de guerre, d’état d’urgence ou d’état d’exception, ou sommes-nous dans un état normal ? Si on est dans un état normal, que les militaires et les soldats de l’armée regagnent leurs casernes, à Akouédo, Bouaké, Daloa. Que la gendarmerie fasse son travail de sécurité publique, que la police fasse son travail de sécurité publique. Mais si ce n’est pas le cas, l’embargo ne peut pas être un argument, parce que pendant que vous contrôlez les rues de Cocody, vous êtes attaqués à Port-Bouët. Pendant que vous contrôlez Port-Bouët, vous êtes attaqués à Noé. Vous êtes à Noé, vous êtes attaqués à Sikenssi. C’est quelque chose de bizarre ! Vous n’avez pas le temps de sécuriser les populations.
 
Vous ne pensez qu’il puisse s’agir d’un déficit d’effectif que des soldats viennent accomplir des tâches traditionnellement réservées à la police ?
 
Vous voulez dire que la police n’est pas suffisante ? La gendarmerie n’est pas suffisante ? Si on compte les troupes aujourd’hui, il y a beaucoup trop d’hommes, et dans la police, et dans la gendarmerie. Ce n’est pas un déficit d’effectifs. C’est un déficit d’organisation, un manque de confiance entre les anciens policiers et gendarmes et les nouveaux policiers et gendarmes. On considère que les anciens sont des pro-Gbagbo, donc on ne leur fait pas confiance, et que les nouveaux sont des pro-Ouattara, donc on leur fait confiance. Mais comme entre policiers et gendarmes, anciens et nouveaux, on ne se fait pas confiance, on ne se donne pas la main pour travailler. On a quand même vu des Frci tuer des commissaires de police. Trop de gendarmes et policiers sont payés à ne rien faire par manque de confiance et non par manque d’effectifs.
 
Vous étiez présent aux assises de Bassam sur le dialogue politique entre le gouvernement et les partis politiques. Depuis ces assises les 27 et 28 avril 2012, on a l’impression que le train est en panne sèche ou technique. Est-ce votre avis ?
 
Oui, c’est mon avis. Je pense qu’il y a une panne quelque part.
 
C’est dû à quoi ?
 
Je crois que le premier ministre qui avait initié cette rencontre pour que gouvernement et opposition se parlent, a dû trouver des chantiers plus urgents que la réconciliation ou le dialogue avec l’opposition. Ils ont arrêté, y compris le premier ministre qui s’était fortement engagé sur ce dossier. Si le conclave de Bassam avait donné naissance à un Cadre Permanent de Dialogue, nous aurions eu à discuter et des questions sécuritaires et judiciaires, électorales et du statut de l’opposition. Aujourd’hui, la confiance serait revenue entre le gouvernement et son opposition, d’autant plus qu’elle est extraparlementaire, cette opposition. On se serait parlé, de sorte que beaucoup de malentendus se seraient évanouis. D’ailleurs, quand ce dialogue a commencé, il y a eu une sorte de détente. Le gouvernement nous nous avait même demandé à ce moment-là, de passer à la télévision pour rendre compte des discussions que nous avions eues. On ne passe à la télé ici que sur demande expresse du gouvernement. Et nous avons joué le jeu, parce que le gouvernement nous a expliqué à Bassam qu’il veut bien lever le pied, mais qu’en retour, les opposants aussi devaient lever le pied. Nous avons tous joué le jeu. Malheureusement, une fois que nous avons joué le jeu, le gouvernement s’est replié dans sa gestion quotidienne et a oublié ce chantier là. Le dialogue est bloqué jusqu’aujourd’hui par son désintérêt. Après, il est difficile de venir dire aux Ivoiriens que nous voulons la réconciliation, si nous ne sommes même pas capables de nous parler.
 
Il est difficile de dire que tout le monde parmi vous a joué le jeu. Le Fpi, par exemple, qui est une formation qui compte sur la scène de l’opposition, a participé en qualité de simple observateur. Ce qui voulait dire qu’il n’était pas partie prenante du conclave et jusqu’à ce jour, il maintient ses préalables.
 
Si vous raisonnez comme ça, pour dire qu’ils n’ont pas joué le jeu, je tiens à vous dire que la Cdvr (Commission dialogue, vérité et réconciliation) était aussi invitée à Bassam, mais elle n’est pas venue. Pensez-vous que cela voudrait peut-être dire que la Cdvr est contre la réconciliation ?
 
Que faire, dès lors, pour réconcilier le gouvernement et son opposition ?
 
Il faut reprendre tout de suite le chantier du conclave de Bassam. D’ailleurs, la dernière résolution 2062 du Conseil de sécurité est revenue là-dessus. Il faut reprendre la démarche qui a été initiée à Bassam. Elle avait trois grands thèmes qui sont au cœur de la situation nationale: les questions de sécurité et de justice. Qu’est-ce qui entraine les attaques par les Frci et contre les Frci ? Si on discute entre nous, si on voit ce qu’il y a à faire de façon collégiale et qu’on trouve des solutions, cela va peut-être atténuer les tensions qui sont d’abord, à mon avis, politiques avant d’être militaires. La résolution dit également qu’il faut reprendre immédiatement les débats autour des questions électorales. Ce sont des débats que le gouvernement et les opposants prennent au sérieux : la forme de la commission électorale et le contenu de la liste électorale, notamment. C’est important de sortir les militaires de la commission électorale et de n’y avoir que des civils. Pour le moment, il y a des Frci dans la commission électorale. Ça n’a pas de sens, d’autant que vous dites qu’ils ne sont pas nombreux pour assurer la sécurité du pays. Il faut aussi discuter du statut de l’opposition. C’est un point important. Le gouvernement soupçonne une partie de l’opposition de vouloir le déstabiliser et une partie de l’opposition soupçonne le gouvernement de vouloir la détruire. Il faut un texte clair qui dise quels sont les droits et les obligations des partis d’opposition, qui précise dans quelles limites on est opposants, assaillants, terroristes ou rebelles. Dès cet instant, on aura des lois qui vont peut-être cadrer tout cela et les discussions pourront avancer vers la réconciliation.

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jeudi, 04 octobre 2012

NOUVELLE UNIVERSITE A L'ENSEIGNE DU DEMON!

 

côte d'ivoire,nouvelle université à l'enseigne du démon

Démon guerrier (homme géant  et cornu) à l'université d'Abobo-Adjamé comme emblème, monté sur la carte de la Côte d'Ivoire. Effroyable de symbolisme!!! Une alliance de mort sur la Côte d'Ivoire. A bon entendeur...! 

 

A l’Université Nangui Abrogoua, Ex Abobo-Adjamé, on est accueilli par la statue d'un dozo, violent symbole du vaste programme pour cette nouvelle université de la Côte d’Ivoire nouvelle, où le savoir et la connaissance se déclinent par rapport à ces illustres chasseurs dont les 9/10ème ont été importés des pays limitrophes, afin d’encourager les locaux à traquer et chasser un gibier nouveau : les sympathisants du président Laurent Gbagbo et déclarés comme tels à cause de leur nom, de leur ethnie.

Nous ne savons pas encore si parmi le corps enseignant, il y aura des membres éminents de cette confrérie pour partager avec les étudiants les secrets des amulettes et autres gris-gris puissants, offrant l’immunité médicale et judiciaire à ses porteurs, leur apprendre l’art ancestral de la chasse et la nouvelle, la chasse à l’homme, le maniement de la machette et sa version 21ème siècle actualisée de la kalache ? Gageons que le professeur d’économie issu de cette noble caste, se rit du « budget sécurisé », il basera ses cours sur le principe fondamental des braquages de banques, l’art du racket, et cette loi universelle, redécouverte après avoir gratté le verni constitutionnel : «  ce qui est à toi est à moi » et « ma vie a plus d’importance que la tienne » !

Ce qui frappe aussi, une fois que l’on a découvert le Goliath des dozos, avec son bouclier, sa lance immense, ses colifichets, ses flèches et son grand poignard d’égorgeur, ce sont ses cornes, des cornes de bouc immenses ; le Dozo est moitié homme, moitié bouc, et son visage oscille à la limite de l’humanité et de la bestialité ! Le Dozo de l’université Nangui Abrogoua a des cornes gigantesques, à l’image de son Maitre, car ce que nous livre cette culture dozo, -telle qu’elle nous a été servie, telle qu’elle a été instrumentalisée-, c’est son rapport à la magie, au mal, à l’anarchie et au néant, le retour à l’état de sous-homme, sans foi ni loi.

Alors que dans la représentation par Michel-Ange de Moïse, descendant du Sinaï et porteur des tables de la loi, ces dix paroles qui sont à l’origine de la « charte universelle des droits de l’homme », les cornes symbolisaient la présence divine, concentrée en lieu, le haut de la tête, lieu de la réflexion et de la pensée ; ici nous sommes en présence d’un Maitre qui enlève toute humanité à celui qu’il habite, en en faisant un animal à cornes, où la bonté et la justice ne sont plus l’apanage premier, mais plutôt le mensonge et la force. Ainsi dans le discours déformé des dirigeants actuels, Laurent Gbagbo et les siens sont représentés comme des occultes, des magiciens jetant des sortilèges, et Ouattara celui qui a apporté la laïcité, la démocratie et la lumière !

Par ses proportions impressionnantes, cette œuvre d’art nous renvoie à l’histoire biblique de David et Goliath, tous deux les arrière arrière petits enfants de Naomi: David par Ruth qui a choisi la fidélité et l’obéissance, et Goliath par Orpa, qui s’est détournée de sa belle-mère. Alors que l’impressionnant géant voit David, nous relevons qu’il ne voit pas sa beauté, que c’est un enfant, aux cheveux blonds et au beau visage. Il ne connait et ne réagit plus qu’à la laideur, la violence, le crime, la malédiction…

La suite de l’histoire nous la connaissons, mais il est bon de la relire (1 Samuel 18) . Alors que le géant tout caparaçonné, avec ses amulettes, son bouclier, ses armes semble invincible, la menace vient de là où on ne l’attendait pas: quelques centimètres de front offerts à la fronde du petit berger suffisent pour déstabiliser le colosse, et c’est avec le propre couteau du Dozo de l’époque qu’il l’achève! Les autres dozos auraient pu encercler le petit David, mais c’est le sauve qui peut, les cornes du diable et les gris-gris n’enseignent ni le courage ni le sens des responsabilités!

Pour le reste de l’histoire, il serait bon que les David, les « bien-aimé » en hébreu, se lèvent avec assurance et confiance, parce que ces centimètres de vulnérabilité dans cet enfer carcéral ivoirien existent, les horreurs et les scandales que nous comptabilisons chaque semaine, chaque jour, nous révèlent bien que ces hommes et ces femmes au pouvoir sont aux abois et se dépêchent d’engranger parce qu’il va falloir bientôt fuir, que la situation est sans issue, sans avenir.

Ouattara lui-même, rappelons-le, par le simple fait qu’il n’a jamais écrit le moindre opuscule, ne laissera aucune trace dans les bibliothèques universitaires, pas même celle des dozos, et peu de traces dans l’histoire si ce ne sont des gravas et des ruines, des charniers et des cimetières dont il est le co-auteur avec d’autres, et toute cette confrérie du mal sera balayée par les dignes fils et héritiers de leurs pères, qui reconstruiront sur ces ruines un édifice pour la paix et le vrai vivre ensemble, dans la justice et la vérité. La réconciliation ne se cherchera plus, elle se vivra !

 

Shlomit Abel

 

Post-Scriptum de Shlomit Abel: Je rajoute un détail à mon texte parce que des pro-Ouattara m’ont prise à parti sur mon manque d'informations sur Nangui Abrogoua, représenté par cette statue.


Effectivement, je ne me suis pas renseignée sur Nangui Abrogoua parce que j'ignorais que la statue était sa représentation. En général, les gens qui donnent leur nom aux universités sont des gens de lettres, de science, parce qu'on enseigne dans les universités un savoir en rapport avec le leur... Mais n'imaginez pas à cause de cette ignorance que vous avez clos le débat. Pouvez-vous me dire pourquoi cet Ebrié du siècle passé, chasseur, cueilleur, homme respecté, se transforme en épouvantail du Diable à l'entrée d'une université? Tout le monde pense aux Dozo parce qu'ils sont d'actualité, et malheureusement pas de la meilleure, alors franchement offusquez-vous plutôt de ce qu'avec cette statue "on" a sali la mémoire d'un homme de bien, et plus encore demandez-vous pourquoi on l'a affublé de ces cornes sataniques! Demandez au petit-fils de ce grand homme qui est actuellement le chef de la communauté Djemian, s'il est heureux d'apprendre que son grand-père est un sataniste et le chef de file de tous les satanistes! C'est ça la vraie question: êtes-vous heureux que votre histoire devienne une vulgaire histoire d'illuminatis et de sorciers et égorgeurs des temps modernes? Votre Nangui Abrogoua mérite-t-il vraiment cela?

QUI ORCHESTRE LES ATTAQUES D'HOMMES ARMES EN COTE D'IVOIRE? LE SITE FRANÇAIS MEDIAPART EVOQUE LA PISTE SORO


 

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Les hommes de Guillaume Soro sont lourdement soupçonnés dans les récentes attaques.



Les attaques armées contre des cibles militaires en Côte d’Ivoire n’ont pas encore livré tous leurs secrets, hormis la version officielle des tenants du régime Ouattara qui voient des pro-Gbagbo dans leurs rêves. Un site internet français généralement bien informé, explore la piste Guillaume Soro.
 
 

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En Côte d'Ivoire, les attaques se multiplient, les auteurs restent introuvables

 

Qui cherche à déstabiliser le pouvoir du président ivoirien Alassane Ouattara ? Depuis début août, la Côte d’Ivoire est le théâtre de curieuses attaques : des positions militaires sont mitraillées et vidées de leurs stocks d’armes par des hommes mal identifiés, suscitant craintes et interrogations. Le tout dans un contexte politique resté très tendu depuis le grave conflit qui a opposé M. Ouattara et son prédécesseur Laurent Gbagbo entre décembre 2010 et avril 2011, au lendemain d’une élection présidentielle très disputée.

De fait, le règlement politique et judiciaire de cette crise n'est qu'à peine commencé. Cette semaine s'est ainsi ouvert à Abidjan le premier grand procès lié à la crise ivoirienne de 2010-2011. Sur le banc des prévenus : le général Brunot Dogbo Blé, pilier de l'appareil sécuritaire de l'ex-régime de Laurent Gbagbo, et quatre autres militaires, inculpés d'assassinat, d'enlèvement ou de complicité d'assassinat du colonel-major à la retraite Adama Dosso en mars 2011. La première audience, mardi, n'a duré qu'une heure et a donné lieu à de vifs échanges, signe que la tension dans le pays est loin d'être retombée.

Elle s'est même exacerbée depuis début août : des individus lourdement armés ont pris d’assaut le camp d’Akouédo, l’une des plus grandes casernes militaires du pays, située à Abidjan. Pendant plusieurs heures, ils ont occupé les lieux, tuant une dizaine de soldats, dévalisant l’armurerie, avant de disparaître dans la nature. Des épisodes similaires se sont produits dans d’autres quartiers d’Abidjan et plusieurs autres localités : à Abengourou (est), Agboville (sud), Dabou (sud). Le dernier s’est déroulé le 22 septembre à l’est, à la frontière avec le Ghana. Il a fait officiellement cinq morts.

En tête des suspects possibles : les fidèles de l'ancien président Laurent Gbagbo – en détention depuis bientôt un an à La Haye, soupçonné par la Cour pénale internationale (CPI) d’être «coauteur de crimes contre l’humanité» commis pendant la crise postélectorale. Ce n’est un secret pour personne : beaucoup des militaires qui ont servi sous M. Gbagbo et vivent en exil dans les pays voisins, où ils sont plus d’un millier, ont des envies de revanche depuis l’installation au pouvoir par la force d'Alassane Ouattara, appuyé par l’armée française et l’ONU, en avril 2011. Les autorités les ont d’ailleurs très vite incriminés. Au lendemain de la dernière attaque, M. Ouattara a même décidé de fermer la frontière avec le Ghana, suspecté d’être leur base arrière. Le Front populaire ivoirien (FPI), parti de M. Gbagbo, est aussi dans le collimateur, accusé d’être de mèche avec ces militaires, bien qu’il ait nié toute implication. «Ils veulent créer la psychose, déclencher une insurrection», soutient Joël N’Guessan, porte-parole du parti au pouvoir, le Rassemblement des républicains (RDR).

Mais dans l’hypothèse où des partisans de M. Gbagbo seraient à la manœuvre, ce ne sont pas eux qui profitent pour le moment de ces opérations armées : après chaque attaque, les forces de sécurité multiplient les interpellations qui visent essentiellement les groupes ethniques présumés favorables à M. Gbagbo et les membres de son parti. Pour le seul mois d’août, l’ONU a compté près de 400 arrestations, dont beaucoup se sont déroulées hors du cadre légal. Mi-septembre, le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a ainsi dénoncé des «détentions illégales et des traitements inhumains, cruels et dégradants» dans le fief de M. Gbagbo, la région de Gagnoa (ouest). En tout, 327 militants et cadres du FPI sont aujourd’hui en prison, selon Justin Koua, responsable de la jeunesse du parti. Parmi eux, il y a son numéro deux, Laurent Akoun, arrêté fin août et condamné à six mois de prison ferme pour «trouble à l’ordre public», après des déclarations publiques critiquant le pouvoir.

Pour Mamadou Koulibaly, président de LIDER, un parti d’opposition, il faut ouvrir le champ des investigations : les «assaillants», dont la presse ivoirienne parle désormais quotidiennement, pourraient aussi être issus du camp présidentiel. «Les gens qui en veulent à M. Ouattara sont nombreux», souligne M. Koulibaly. Parmi eux, il y a les combattants qui ont contribué à installer le président au pouvoir en avril 2011, mais n’ont pas été intégrés dans l’armée par la suite. Ces hommes sont plusieurs milliers et s’estiment pour la plupart mal récompensés. Ils ont toujours leurs armes. La création, en août, d’une «Autorité pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion» va relancer le processus de désarmement, en panne depuis un an, promet M. N’Guessan.

En attendant, ces ex-combattants ont tiré profit des attaques : au lendemain des premiers incidents, les autorités ont rappelé un certain nombre d’entre eux pour assurer des opérations de contrôle dans les rues d’Abidjan. Pour se payer, ils ont institué un système de racket très particulier :«Ils procèdent à des arrestations de jeunes aux barrages de contrôle, puis amènent ces derniers dans les camps militaires où on les torture. Ils les libèrent contre 100 000 FCFA (150 euros) ou 200 000 FCFA (300 euros)», raconte Pierre Kouamé Adjoumani, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho).

Les anciens éléments du fameux «Commando invisible» pro-Ouattara, qui avait mené une guérilla urbaine à Abidjan pendant la crise postélectorale, figurent également parmi les mécontents du nouveau régime. Leur chef, Ibrahim Coulibaly, dit « IB », ancien garde du corps de la famille de M. Ouattara et ex-responsable de la rébellion des Forces Nouvelles qui a tenu le nord du pays entre 2002 et 2011, a été tué le 19 avril 2011. Ce sont ses anciens camarades des Forces Nouvelles qui l’ont éliminé, huit jours après l’arrestation de M. Gbagbo. Depuis, plusieurs hommes d’IB ont été supprimés ou emprisonnés, et la plupart ont été mis à l’écart. Policiers et gendarmes ont des raisons d’être eux aussi insatisfaits : soupçonnés d’être restés fidèles à M. Gbagbo, ils sont peu ou pas armés. À l’intérieur du pays, ils ont même été remplacés de fait par les Dozos. Ces chasseurs traditionnels, reconnaissables à leur tenue marron, leurs gris-gris et leurs fusils de chasse, sont à l’origine présents dans le nord du pays et les États voisins. Lors du conflit postélectoral, ils ont joué le rôle de forces supplétives pour l’armée créée en mars 2011 par M. Ouattara. Depuis, de plus en plus nombreux, venant entre autres du Mali et du Burkina Faso, ils se sont progressivement installés sur l’ensemble du territoire, où ils interviennent dans le domaine de la sécurité mais aussi de la justice, avec l’appui des autorités.

Outre les pistes de coupables possibles menant au camp de M. Gbagbo et à celui de M. Ouattara, il en existe une troisième, évoquée notamment dans les milieux diplomatiques : celle conduisant à Guillaume Soro, actuel président de l’Assemblée nationale et ex-chef des Forces Nouvelles. Premier ministre dans le gouvernement d’union nationale sous M. Gbagbo entre 2007 et 2010, puis premier ministre et ministre de la défense pendant les premiers mois de la présidence de M. Ouattara, ce quadra est réputé ambitieux. Il a gardé des liens étroits avec des anciens chefs de guerre des Forces Nouvelles, qui commandent aujourd’hui des unités de l’armée régulière.

Mais son nom, comme celui d’autres ex-rebelles, est depuis plusieurs mois associé à la CPI : cette dernière enquête sur les crimes commis pendant le conflit postélectoral. Or les troupes placées par M. Ouattara sous la responsabilité de M. Soro sont soupçonnées d’avoir perpétré des tueries, en particulier à Duékoué (ouest) où des centaines de civils avaient été massacrés en mars 2011. Selon une source de l'ONU, la CPI «fait pression sur M. Ouattara pour qu’il lâche certains des ex-chefs de guerre ainsi que M. Soro». Ce dernier a t-il choisi avec ses alliés la voie des armes pour faire à son tour pression sur le président et rendre impossible un tel scénario?

Le FPI a suggéré cette hypothèse lorsqu’il s’est défendu d’être lui-même mêlé aux attaques : «Qui a intérêt à avoir la mainmise sur le système de défense, dont il avait été écarté, alors que la CPI envisage sérieusement son transfert, de lui et ses hommes, à La Haye ? Qui a intérêt à mettre en difficulté le régime pour empêcher son transfèrement ?» s'est interrogé Miaka Oureto, le président du FPI, dans une déclaration, fin août. Faut-il voir un lien avec tous ces événements : le 26 septembre, M. Ouattara a nommé préfets trois ex-chefs rebelles, dont Ousmane Coulibaly, dit «Ben Laden», soupçonné par Human Rights Watch d’être impliqué dans de graves exactions.

Et si l’explication se trouvait au croisement de ces trois pistes ? C’est l’idée avancée par un diplomate occidental qui évoque derrière les attaques un «mélange d’acteurs» de tous bords…

 

Fanny Pigeaud, in Médiapart, le 03 octobre 2012.


Source: Le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 622 du jeudi 04 octobre 2012.

LA JUSTICE «VUVUZELA» DE OUATTARA LANCE LE PROCES DE L'ASSASSINAT DU GENERAL GUEI AVEC 4 VERSIONS CONTRADICTOIRES

 

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Le  mardi 2 octobre 2012, s’est ouvert le procès tant attendu des ex-FDS. Entre autres crimes, il leur est reproché l’assassinat du Gl Guéi, survenu le 19 septembre 2002, lors des attaques d’Abidjan  par la rébellion de Soro Guillaume.

Sont inculpés, 5 ex-FDS :  Lago Léo Jean Noël, Toualy Noël, Kipré Yagba, Toh Ferdinand et le Général Dogbo Blé Brunot, surnommé respectueusement par ses hommes le "Gl Delta Deux Fois Bravo". Quatre (4) versions contradictoires de l’assassinat de Guéi se chevauchent déjà.

La version de Mabri Toikeusse

Le 19 septembre 2012, Mabri Toikeusse, Président de l’UDPCI et Ministre du Plan de Ouattara, lors de la cérémonie dédiée au défunt Gl Guéi avait annoncé que: "Le Gl Guéi a été enlevé puis conduit à la résidence présidentielle d’alors où ordre a été donné de l’éliminer". Mabri Toikeusse et son parti racontent urbi et orbi que le Gl Guéi a été exécuté à la résidence présidentielle sur ordre de Gbagbo.  Mais une autre version vient contredire celle de Mabri.

La version de Ange Kessy "obtenue" en torturant Séka Séka

Le procureur militaire Ange Bernard Kessy a dévoilé dans la presse des "aveux" de l’ex-FDS Anselme Séka Séka, obtenus sous la torture.  "Quand il  est arrivé sur les lieux de l’arrestation, Anselme Séka a demandé à Dogbo Blé de lui remettre le général Guéi, ce qui fut fait", a affirmé Ange Kessy dans un quotidien Pro-Ouattara. "Séka a ensuite conduit le général Guéï vers la corniche (une rue d’Abidjan), l’a exécuté et a abandonné son corps sur les lieux".

Ce n’est donc plus à la résidence présidentielle que le Gl Guéi aurait été tué, mais à la Corniche. Ange Kessy contredit ainsi la version de Mabri Toikeusse. Mais une troisième version vient contredire les deux (2) premières.

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La version d’un "Monseigneur"

Depuis l’annonce du procès, les internautes de Ouattara parlent d’une version d’un Monseigneur (d'un prêtre catholique, Ndlr) selon laquelle, "le Gl Guéi aurait été capturé par des hommes armés alors qu’il se serait  abrité avec son épouse dans la Cathédrale Saint Paul du Plateau. Ces hommes les auraient exfiltrés et entrainés hors de l’Eglise pour les exécuter".

A en croire à la version, dit-on, de cet homme d’Eglise, ce n’est ni à la résidence présidentielle, ni à la Corniche, mais dans les environs de la Cathédrale Saint Paul du Plateau, que le défunt Général aurait été exécuté.

La version qui accable les rebelles pro-Ouattara du 19 septembre 2002

Cette autre version circule sur la toile. Elle fait état de ce que "les rebelles de Soro Guillaume lors de l’attaque d’Abidjan, le 19 septembre 2002, ont d’abord ciblé la maison du Gl Guéi, qu’ils auraient capturé avec son épouse pour les exécuter à la corniche, dans leur progression vers le quartier de Cocody où se trouve la résidence présidentielle", affirment des sources dignes de foi. "Convaincus qu’il réussiraient leur coup d’Etat, les assaillants de Soro  se sont donc débarrassés de la menace potentielle en éliminant le Gl Guéi", ont argumenté les défenseurs de cette version.

Une chose est sure, le verdict est connu d’avance, puisse que le procureur militaire Ange Bernard Kessy affirmait dans la presse pro-Ouattara, la semaine dernière: "Dogbo Blé mérite la prison à vie". Mais puisse qu’il faut officialiser ce que la justice aux ordres de Ouattara a déjà planifié, il organise cette comédie éhontée qu’il ose qualifiée de procès.

Depuis hier, les informations qui parviennent du palais de justice font état de ce que Me Goh Bi et les avocats du Gl Dogbo Blé Brunot ont confondu le Procureur militaire Ange Bernard Kessy, sur une question de procédure. "Une affaire militaire doit se dérouler devant un tribunal militaire" ont martélé le conseil d'avocat des accusés.

Pour mémoire, le corps sans vie du Gl Guéi a été découvert le 19 septembre 2002, à la Corniche, après les attaques d’Abidjan  par la rébellion de Soro Guillaume. Chassés d’Abidjan par les Forces de Défense et de Sécurité à l’issue de violents combats, Soro Guillaume et ses criminels de guerre ont fait de la ville de Bouaké leur fief jusqu’à ce jour.

 

Source: Le blog d'Alain Doh Bi

ASSASSINAT DE ROBERT GUEI: LES VERSIONS CONTRADICTOIRES DE MABRI ET DE ANGE KESSY

 

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Un véritable mystère que celui qui s’est créé autour de la mort du général Robert Guéi. Et depuis, les supputations vont bon train. Au point que l’on s’interroge sur la véracité de certaines révélations que de prétendus sachants sortent de leur gibecière de manière subite. Voilà que pour un seul cadavre, l’on se retrouve avec plusieurs versions, de quoi susciter le flou dans les esprits après dix années. Sous peu, s’ouvrira le procès relatif à l’assassinat du général Robert Guéi. Et les Ivoiriens ont sans doute soif d’être éclairés sur la question. Si l’on s’en tient aux dires du procureur militaire Ange Bernard Kessy, habitué aux one-man-show et à la justice vuvuzela, il n’y a plus aucun doute sur l’auteur ou encore les auteurs de cet assassinat.

En effet, d’après des aveux qui auraient été arrachés au commandant Anselme Seka Yapo, c’est lui qui a ôté la vie au président fondateur de l’Udpci et sa femme. «Quand il (Séka Séka) est arrivé sur les lieux de l’arrestation, Anselme Séka a demandé à Dogbo Blé de lui remettre le général Guei, ce qui fut fait», a affirmé Ange Kessy. «Séka a ensuite conduit le général Guéï vers la corniche (une des rues de Cocody, commune huppée d’Abidjan), l’a exécuté et a abandonné son corps sur les lieux. De retour à la résidence, il trouve son épouse assise au bord d’un caniveau tout près” du domicile et “sans autre forme de procès, il dégaine, tire et loge une balle dans la tête de dame Doudou Guéï qu’il tue sur le champ”, a prétendu le procureur militaire. Soit ! Mais ce qui intrigue, c’est que le 19 septembre dernier, au moment de la commémoration, Albert Mabri Toikeusse qui dirige aujourd’hui le parti a soutenu mordicus que le général a été enlevé puis conduit à la résidence présidentielle d’alors où ordre a été donné de l’éliminer. Une version qui s’ajoute à celle qu’aurait prétendument donné le principal accusé.

Deux versions qui viennent ainsi se chevaucher pour une même affaire. Il y a lieu de s’interroger sur l’authenticité de tels aveux quand on connait les pratiques du régime en la matière pour obtenir des prisonniers ce dont ils ont besoin pour l’intox. L’on en veut pour preuve la torture dont a fait l’objet le président Laurent Gbagbo alors qu’il était en détention à Korhogo. Les cas sont légion. Tout porte à croire, au vu de ce qu’a relaté le procureur du gouvernement, que ces aveux ont été obtenus bien évidemment après lui avoir fait subir des sévices de sorte à lui tirer les vers du nez. Sinon qu’est ce qui explique depuis son arrestation, le lieu de détention du capitaine soit tenu secret? Et comme si cela ne suffisait pas, depuis lors, son avocat n’a jamais eu accès à lui alors que c’est le droit le plus absolu de toutes les personnes entendues ou inculpées dans n’importe quelle affaire. Ce procès, avant même sa tenue, pue la justice des vainqueurs à laquelle nous a habitué le régime Ouattara. Sans même être médium ou voyant, l’on n’a aucun doute sur la peine qui sera prononcée vu que le décor a été planté par le commissaire du gouvernement lui-même au cours d’une conférence de presse.

 

Gérard Koné


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" du 03 octobre 2012.


Source: IVORIAN.NET

24ème CONGRES DE L'INTERNATIONALE SOCIALISTE: LE PARTI DU PRESIDENT GHANEEN DEVOILE LE COMPLOT CONTRE GBAGBO

 

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Pendant la crise postélectorale en Côte d’Ivoire, l’Internationale Socialiste n’a pas eu le courage de défendre un de ses membres, le Fpi qui faisait face à une adversité féroce. C’est bien ce que lui a rappelé le Pr. Kofi Awoonor, chef de la délégation du parti ghanéen Ndc lors du 24ème congrès de l’IS, à Cape Town (Afrique du Sud), du 30 août au 14 septembre 2012. Ci-dessous l’intervention intégrale.

 

Camarade Président, M. Georges PAPENDREO

Camarade Secrétaire Général, M. Louis AYALA

Camarades, Membres du Présidium.

Qu’il me soit permis, en premier lieu, d’exprimer la profonde appréciation par la délégation du Ghana, de l’honneur rendu à la mémoire du disparu Président du Ghana, feu John Atta Mills. L’hommage rendu par ce Congrès à travers cette minute de silence renforce et s’ajoute aux nombreux messages de condoléances exprimés par divers peuples du monde à notre parti, le Congrès Démocratique National (NDC), à l’occasion du décès de son leader. Nous aimerions brièvement informer le Congrès, que conformément à la Constitution de notre pays, notre Vice-président, le camarade John Mahama a prêté serment en tant que Président, la même nuit suivant le décès du Président Mills, le 24 Juin 2012. Quelques jours après, un nouveau Vice-Président en la personne du camarade Amissah-Arthur, précédemment Gouverneur de la Banque Centrale, a été nommé, confirmé et investi par le parlement a prêté serment en tant que Vice-président.

Chers camarades, au moment où je vous parle aujourd’hui, notre parti, le NDC, tient un congrès pour entériner la nomination du Président John Mahama comme son candidat aux élections présidentielles du 7 décembre 2012. Nous invitons les représentants de notre mouvement à envoyer des observateurs à cette élection cruciale.

Camarades, nous prenons la parole cet après-midi, non pour parler de la situation politique ou économique du Ghana; mais nous la prenons, pour attirer l’attention de notre mouvement sur la situation dans un pays voisin: la Côte d’Ivoire. Nous la prenons, en liaison avec le thème du Congrès: Le Combat pour les Droits et les Libertés: Renforcer la Démocratie et en Gagner de Nouvelles de par le Monde.

Camarades, il faut que nous nous souvenions de la vraie version des faits en Côte d’Ivoire. Le Président Gbagbo, dont le parti (le FPI) a été un des membres irréductibles de notre mouvement, a vu son gouvernement attaqué en 2002 par une rébellion commanditée par la France et organisée par des infiltrés à l’intérieur de l’armée nationale. Cette rébellion a causé une division de fait du pays en deux, une partition qui a duré à peu près plus de neuf ans. Quels étaient les objectifs de cette rébellion? La France, qui avait gardé le contrôle de presque tous les aspects de l’économie ivoirienne après la soi-disant indépendance de ce pays, n’a pas accepté les modestes efforts consentis par le Président Gbagbo pour redonner un tant soit peu au peuple ivoirien l’exercice d’un pouvoir de contrôle. J’étais personnellement en Côte d’Ivoire, comme observateur des élections au nom de mon parti, le NDC. Les élections se sont généralement déroulées dans la paix et dans l’ordre, quand, soudain, est née une dispute quant à qui a gagné? Dans le litige, la Cedeao, sous l’emprise évidente des forces pro-Ouattara et pro-françaises de la sous-région, a pris une position tranchée. Gbagbo a demandé le recomptage des voix dans les circonscriptions électorales les plus contestées. Cette modeste requête du Président Gbagbo, qui fait généralement partie de la pratique et de l’usage dans la résolution juste des contentieux électoraux partout dans le monde, eut pour réponse une attaque musclée, menée et orchestrée par l’armée française. Une guerre civile éclata.

Le résultat fut la victoire de la partie la mieux armée, celle qui fut appuyée par la conspiration internationale dirigée par la France de Sarkozy. Cette France, en y mêlant le Conseil de Sécurité, encore flanquée qu’elle était de la carte blanche que ce Conseil avait donnée à l’Otan, s’en prévalut pour écraser la Lybie de Kadhafi, la Cedeao, l’UA; ces organisations qui devraient pourtant être les derniers bastions de la démocratie africaine et de la pleine auto-détermination sur le continent. Dans ce chaos, le Président Gbagbo fut capturé et transféré à La Haye de façon expéditive.

Camarades, notre délégation est indignée de savoir que, le Présidium de l’Internationale Socialiste, affichant de l’impatience et sans un examen complet de la vraie nature des faits dans la situation ivoirienne, ait décidé de suspendre le FPI, un parti au premier plan de la lutte dans notre institution internationale depuis de longues années.

Camarades, comment parvient-on à la vérité quand ceux qui sont victimes d’une agression impérialiste crue sont privés du droit de se défendre par le seul canal que devait leur accorder une tribune? Le camarade Gbagbo, un homme qui, à plusieurs reprises, a fait l’objet d’emprisonnements multiples, sous un long régime néocolonialiste depuis l’indépendance de la Côte d’Ivoire, croupit maintenant dans une geôle à La Haye. Il semble n’avoir aucun portevoix, ni pour lui, ni pour son parti, et cela, au sein même de l’Internationale Socialiste, son premier amour. Nous en appelons à l’UA et particulièrement à son nouveau Président Madame Zuma, pour jeter à nouveau un coup d’oeil sur le Rapport Mbeki concernant la situation ivoirienne. Le Président Mbeki fut l’envoyé de l’UA, qui a soumis un rapport objectif à tous points de vue sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire.

De toute évidence, l’UA, profondément manipulée par la Cedeao et les forces anti-Gbagbo, a entièrement ignoré le rapport du camarade Mbeki. Nous en appelons aussi au Présidium de l’Internationale Socialiste, pour que le nouveau gouvernement français dirigé par le camarade François Hollande et le Parti Socialiste français, s’engagent immédiatement à accorder en urgence, une large attention à la situation ivoirienne. Ceci devrait conduire à porter un nouveau regard sur la situation par la France socialiste, pour que soit réparé le terrible destin imposé à la Côte d’Ivoire par M. Sarkozy et ses alliés du Conseil de Sécurité. Nous en appelons encore à l’Internationale Socialiste, pour qu’elle oeuvre sans relâche à la libération du camarade Gbagbo de sa prison de La Haye. Surtout encore, nous exigeons que soient relâchés de nombreux camarades du FPI, ainsi que Pascal Affi N’Guessan, son Président, qui croupissent dans les geôles de Ouattara. Nous exigeons qu’il soit mis fin aux arrestations et à toutes formes de torture, de tuerie et de répression en Côte d’Ivoire, et que soit mise sur pied une commission internationale pour enquêter sur la situation dans ce pays frère.

Ne laissons pas le Mouvement de l’Internationale Socialiste venir en aide et en appui à ces mêmes forces impérialistes contre lesquelles nous luttons pour l’avènement d’une liberté sans compromission et de la démocratie vraie; et ce, en cédant à leurs machinations déguisées sous forme de sollicitude humanitaire, et en nous hâtant, en conséquence, à suspendre ces partis-là mêmes qui ont œuvré à l’avènement de la démocratie dans leurs pays.

Enfin, nous en appelons à la direction de notre mouvement à œuvrer fort pour restaurer la vraie démocratie pleinement en Côte d’Ivoire, et pour la démolition du système néo-colonialiste dans ce pays. Nous lançons cet appel, en tant que citoyens d’un pays voisin de la Côte d’Ivoire, et qui jusqu’à présent, est le lieu d’asile de milliers de réfugiés ivoiriens.

Notre déclaration de cet après-midi est motivée par le fait que le FPI est un parti frère, non seulement du NDC, notre parti, mais aussi de tous les partis rassemblés ici sous le parapluie du Mouvement de l’Internationale Socialiste, qui comprend le Parti Socialiste français, qui est maintenant aux affaires dans ce pays européen, dont la grande histoire se distingue par son engagement pour la Liberté, la Fraternité et l’Egalité. Que la Justice et la Liberté vraie l’emportent sur tout. Que notre mouvement, l’Internationale Socialiste, soit le champion de cette œuvre historique.

Je vous remercie de votre attention.

 

In le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 03 octobre 2012.


Source: IVORIAN.NET

mardi, 02 octobre 2012

AFFAIRE KATINAN: MISE AU POINT DU MINISTRE AHOUA DON MELLO SUITE A LA DEPECHE MENSONGERE DE L’AFP DU 1er OCTOBRE 2012

 


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Deux (2) mensonges dans un seul communiqué de l'AFP:

1- Le ministre Koné Katinan n'est pas inculpé car il n'a pas eu de rencontre avec le juge. Dans un Etat de droit cette responsabilité relève de la justice ce qui est diffèrent dans un état françafricain de surcroit régit par le code dozo.

2- GBAGBO n'a pas refusé de quitter le pouvoir. C’est plutôt la françafrique qui a refusé de se soumettre à la décision du Conseil constitutionnel. Dans un Etat de droit, il existe un organe constitutionnel qui décide du vainqueur des élections présidentielles. En Côte d'Ivoire, c'est le Conseil constitutionnel et non l'ambassadeur ou le président français comme dans un état françafricain régit par le code de l'indigénat.

Après avoir taillé sur mesure l'histoire de nos héros pour faire d'eux des sanguinaires, la France veut fabriquer une histoire récente de la Côte d'Ivoire, là où des témoins vivants et des documents officiels existent. Comment accorder un seul crédit à tout ce qu'on nous a servi dans les livres d'histoire et qu'on nous sert encore aujourd'hui sur d'autres pays à travers la presse?

 
Le Ministre AHOUA DON MELLO, sur Facebook.



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Affaire Katinan, l'AFP en flagrant délit de mensonge

 
C’est avec stupeur que certains parmi vous ont dû voir cette page sur le site abidjan.net affirmant que le ministre Katinan Koné a été inculpé à Accra pour le meurtre de deux personnes à Abidjan.

Tout d’abord du point de vu du droit, cela n’est pas possible car le ministre Katinan ne jouissant pas de la nationalité ghanéenne, il ne peut nullement être jugé dans ce pays pour un crime commis en Côte d'Ivoire.

Si Katinan avait été reconnu coupable en vertu des preuves présentées par le régime Ouattara, son statut de refugié lui aurait été retiré et il serait actuellement dans un avion pour Abidjan.

Pire, pendant que l'AFP publiait ce texte, RFI appelait à Accra pour savoir ce qui s’est réellement passé ce matin à la BNI.

Soit, sûrs de leur fait, ils avaient déjà préparé leur article et leur correspondant est resté à l’hôtel au lieu de se rendre sur le terrain ou bien cela est fait à dessein pour semer le doute dans l’esprit des Ivoiriens.

En tout état de cause, gardez bien cette pièce à conviction car l’article sera certainement supprimé dans quelques temps.
 

Source: La page Facebook de Steve Beko

AFFAIRE KATINAN - EPILOGUE D'UNE JOURNEE: LES POLICIERS DE OUATTARA RENTRENT BREDOUILLES D’ACCRA

 

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NB: Version blog et presse, adaptée après une séance de travail avec le conseil du Ministre Koné Katinan.

Cette folle journée en ce qui concerne l’affaire Katinan vient de connaitre un premier épilogue, ce soir, dans la capitale ghanéenne et le moins que l’on puisse dire est qu’une fois encore la justice de ce pays a eu raison de la volonté des autorités ivoiriennes de fouler au pied les règles élémentaires de justice et surtout d’échapper à un enlèvement.

Récapitulons: 

Attendus par Me Patrick Sobodjor avec les nouvelles preuves de l’accusation de crimes de sang portée contre son client, les policiers ivoiriens dont le directeur d’Interpol Côte d’Ivoire en personne, dépêchés par le régime d’Abidjan ne se présentent pas à l’heure et au lieu indiqués ce lundi 1er octobre tout comme ils avaient fait faux bond le samedi 29 septembre 2012. L’avocat quitte donc le bureau d’Interpol Ghana pour aller saisir les juridictions ghanéennes sur le caractère politique donc illégale de la détention de son client par cette organisation.

En son absence, les policiers ivoiriens accourent et présentent un document au ministre Katinan dans lequel ils l’accusent du meurtre de deux personnes et lui demandent de signer l’acte d’accusation. Ce qu’il refuse de faire bien entendu, en l’absence de son avocat leur demandant du meurtre de qui il était accusé. C’est à ce moment qu’ils précisent qu’il s’agit de Kamagaté Seydou, 83 ans, un soudeur tué le 29 mars, ainsi qu’un certain Diabaté Drissa, 37 ans, un négociant à Port-Bouët. Le ministre a alors rétorqué qu’il ne se reconnaissait pas dans de telles accusations et qu’il ne dirait rien avant d’avoir parlé à son avocat.

Les policiers d’Abidjan eux tentent le tout pour tout afin d’obtenir l’extradition, cette nuit du lundi 1er, par, disent-ils, la procédure simplifiée de Police à Police à cause du caractère criminel de la poursuite. Ce à quoi s’appose naturellement la justice ghanéenne qui récupère l’affaire et exige de mener des enquêtes avant de déterminer si le statut de refugié du mis en cause et les lois ghanéennes peuvent permettre une extradition.

Le nouveau juge du district où est détenu Katinan devant lequel est ensuite présenté le valeureux porte-parole réclame les éléments d'accusation à Interpol Ghana. Les policiers ghanéens demandent un délai de deux semaines pour les réunir auprès de leurs collègues ivoiriens accusateurs qui visiblement n’étaient pas préparés à engager une nouvelle bataille judiciaire au Ghana comme lors de la première comparution de Katinan. La justice ghanéenne a accepté ces deux semaines avant de se prononcer sur cette autre et nouvelle accusation de crimes de sang après celle de crimes économiques portant sur 300 milliards soutirés dit-on dans les coffres de la BCEAO d’Abidjan par Katinan.

Malgré l’insistance des autorités ivoiriennes, la justice du pays de N’krumah maintiendra fermement sa position. Les hommes de Ouattara qui voulaient soit enlever Katinan soit utiliser une procédure dite simplifiée sont de nouveau ramenés à la rigueur de la justice ghanéenne comme dans la première affaire. C'est donc une grande victoire pour le conseil de Katinan qui a réussi à soustraire in extremis Katinan des griffes d’Interpol pour le soumettre à la justice ghanéenne qui dans deux semaines sera amené à jauger les nouvelles charges au regard des lois ghanéennes pour déterminer si Koné Katinan peut faire l’objet d’extradition.

En conclusion, notons que le ministre Katinan ne sera pas extradé, en tout cas pas avant les deux semaines. Une fois encore, la loi ghanéenne a fait barrage aux exigences illégitimes de Ouattara et de ses soutiens, malgré les sommes importantes d’argent investies dans ce projet depuis plusieurs mois. Pour respecter toutes les règles de procédure judiciaires, Katinan sera malheureusement encore retenu, non plus entre les mains d’Interpol mais de la justice ghanéenne pour démêler enfin tous les nœuds de cette rocambolesque affaire qui exposent le régime Ouattara à la honte internationale.
 
 
 
Source: La page Facebook de Steve Beko II

LE MINISTRE EMILE GUIRIEOULOU A COEUR OUVERT DEPUIS L'EXIL


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Emile Guiriéoulou, depuis l’exil: «A écouter les partisans de Ouattara, les populations de l’Ouest remercient certainement monsieur Ouattara de les avoir débarrassés des «fils indésirables» que nous sommes.»


Ministre de l’Intérieur dans le dernier gouvernement de l’ex-Premier ministre Gilbert Aké Marie N’Gbo, après avoir géré le portefeuille de la Fonction publique dans une précédente équipe, Emile Guiriéoulou a été l’un des acteurs majeurs dans la gestion de la crise post-électorale. Il a bien voulu s’ouvrir aux lecteurs du Nouveau Courrier pour se prononcer sur les attaques récurrentes que subissent les Frci, mais surtout sur le processus de réconciliation nationale de façon générale.

 

Depuis le début du mois d’août, on constate un regain de violence dans le pays. Les FRCI ont subi plusieurs attaques armées. Comment réagissezvous à cette situation?

Je voudrais vous dire que ce n’est pas depuis début août qu’il y a regain de violence. C’est depuis fin novembre 2010 que la trêve que l’on observait dans le pays depuis 2007 a été rompue par le RDR et sa branche armée. Depuis le 11 avril 2011, vous pensez que la violence a cessé en Côte d’Ivoire? Vous-mêmes, journalistes, ne cessez de nous rapporter quotidiennement les exactions des FRCI à travers le pays avec des dizaines voire des centaines de morts. Ce qui est nouveau, c’est que les FRCI sont maintenant eux aussi victimes de la violence.

Ceci étant, je trouve regrettable tout ce qui arrive aujourd’hui à la Côte d’Ivoire et qu’on aurait pu éviter en acceptant un règlement négocié, pacifique du contentieux électoral plutôt que, fort de soutiens extérieurs, de se lancer dans la voie des armes. On a ouvert une boite de pandore avec la rébellion déclenchée en septembre 2002 et fièrement revendiquée même aujourd’hui encore. Quand Soro Guillaume déclare que son parcours est un modèle pour la jeunesse africaine, faut-il s’étonner de voir des jeunes chercher à avoir le même parcours afin de ressembler à ce modèle?

Le chef de l’Etat, Alassane Ouattara a effectué en avril dernier une visite d’Etat dans l’Ouest. En tant que cadre et élu de cette région, qu’en pensez-vous?

Au vu des réactions qui me sont parvenues, cette visite d’Etat n’a rien apporté et n’a pas donné satisfaction aux populations dont aucune des préoccupations n’a trouvé de réponse ni même été discutée, à savoir la question du retrait des dozos de la région, l’épineux problème du burkinabé Amadé Ouérémi qui sévit dans la forêt classée du mont Péko, l’occupation et l’exploitation illégale des plantations, l’envahissement de la région par de nouveaux migrants qui accourent de toute la sous région et qui s’y installent sans aucune autorisation, encadrés par des groupes armés. A propos d’ailleurs d’Amadé, vous ne trouvez pas curieux que le gouvernement annonce à l’avance qu’il va lancer une opération militaire pour le déloger du mont Péko? N’est ce pas une façon de lui dire : «Frère, sois rassuré on te fera rien et prends tes dispositions pour la mise en scène le moment venu».

A Duékoué, ville martyre, monsieur Ouattara aurait pu au moins visiter le quartier Diaye Bernard incendié et détruit en janvier 2011 par ses partisans ou encore se rendre sur les ruines du village de Niambly pour montrer sa compassion et sa solidarité avec les populations meurtrie ; et ainsi donner une preuve de sa volonté de réconciliation par les actes. Même ses visites de compassion ont été sélectives. Par exemple à Duékoué, il est allé saluer la famille d’un imam tué pendant la crise. Mais il a ignoré la famille de feu Léhi Paul, chef du village de Diahouin, un des chefs les plus écoutés dans ce département, tué dans son campement par les FRCI en avril 2011.

Mais pour la réconciliation, il a lancé un appel aux exilés originaires de la région que vous êtes, vous demandant de rentrer au pays.

Pour lancer deux mois après des mandats d’arrêt contre le ministre Kahé Eric et moi-même. Vous comprenez donc que cet appel n’était pas sincère. D’ailleurs, s’il était vraiment de bonne foi, M. Ouattara aurait pu, comme gage de sa volonté de réconciliation, commencer à l’occasion de cette visite par libérer le frère Basile Mahan Gahé qu’il maintient en prison uniquement au motif qu’il a demandé, pendant la crise, aux travailleurs ivoiriens de continuer d’aller au travail alors que lui Ouattara le leur avait interdit. Et pourtant, comme Mahan Gahé, de nombreux collaborateurs actuels du pouvoir, y compris ceux qui distribuent aujourd’hui les mandats d’arrêt contre nous, ne se sont pas à l’époque pliés à sa décision. Mais comme pour ses partisans, M. Ouattara, avec cette visite, a réussi à faire la réconciliation à l’Ouest et que tout est bien dans le meilleur des mondes, je dis Alléluia! Si vous les écoutez, les populations de cette région qui étaient «manipulées» sont maintenant désenvoutées et heureuses. Pour cela, elles remercient certainement monsieur Ouattara de les avoir débarrassés des «fils indésirables» que nous sommes.

Dans cette logique, je crois que Toulépleu a dû saluer le départ en exil des Voho Sahi, Pol Dokoui, Tahi Zoué quand Bloléquin bénit le Seigneur parce que Marcel Gossio et Mahan Gahé n’y seront plus vus. Guiglo ne cessera jamais d’exprimer sa joie de voir Hubert Oulaye et moi-même éloignés du département. Exit Kahé Eric et Déhé Gnahou à Duékoué. Facobly doit maintenant être soulagé par la mort au Togo du maire Gnan Raymond. Comment voulez vous qu’après avoir réussi cette « «éradication», la région ainsi «désinfectée et aseptisée», selon la volonté publiquement exprimée d’Amadou Soumahoro, ne soit pas «réconciliée»? Quel drame ! Mais si cela peut faire le bonheur de ceux qui le pensent, le croient ou le souhaitent, je dis encore Alléluia! Mais hélas, la réalité est autre et les souffrances des parents sont là qui nous interpellent.

Certains acteurs politiques disent qu’il y a des retombées pour les populations.

Oui, une très grande retombée : le camp de Nahibly n’existe plus et avec lui au moins 230 personnes innocentes parce que ce camp serait «infesté de miliciens». Parlant des jeunes de la région taxés de miliciens, je voudrais rappeler ceci. En 2002, on vivait tranquillement dans la région quand les rebelles, ayant en leur sein des mercenaires libériens et sierra léonais dont le tristement célèbre Sam Bockarie, ont attaqué Toulépleu et ont poursuivi leur avancée jusqu’à Bédi Goazon, village situé à 30 km de Guiglo après avoir pris Bloléquin. Les récits des survivants qui déferlaient sur Guiglo faisaient état de tueries effroyables de meurtres, de viols, de mutilations avec les fameux «manches longues ou manches courtes». C’est alors que des jeunes s’organisent en groupes d’auto-défense pour protéger leurs parents, mettre fin aux massacres et repousser les envahisseurs. Ce sont ceux-là qu’on accuse de tous les maux pendant que les vrais criminels sont encensés.

M. le ministre, vous êtes l’une des figures marquantes de la précédente législature, au niveau de l’Assemblée nationale. Quel regard portez-vous sur l’actuel parlement ivoirien?

Vous savez, beaucoup a été dit sur cette nouvelle Assemble nationale. Déjà le «désert électoral», le terme est de la presse internationale, qui a sanctionné l’élection qui l’a mise en place, est un indicateur de son déficit de légitimité. Si vous ajoutez à cela l’absence de représentation d’au moins la moitié de la population ivoirienne, vous comprenez que cette Assemblée n’a de nationale que le nom. Et puis, quel crédit démocratique peut-on accorder à un parlement sans groupe d’opposition? Mais si les tenants actuels du pouvoir sont satisfaits et heureux d’avoir une telle Assemblée Nationale, je leur souhaite bon vent!

Mais en 2000, l’absence du RDR ne vous avait pas empêchés d’aller aux législatives!

Ah non, les choses ne sont pas comparables! En 2000, le RDR avait décidé de boycotter les législatives au motif que la candidature de Alassane Dramane Ouattara avait été rejetée par la Cour Suprême. Donc par solidarité, les candidats RDR ont décidé de lier leur sort à celui de leur leader. Sinon le RDR n’avait contesté ni la liste électorale d’alors ni les conditions d’organisation des élections encore moins l’organe chargé de les organiser, à savoir la CNE dirigée à l’époque par Honoré Guié. Les candidats issus du RDR avaient le plus normalement du monde déposé leurs dossiers qui ont été validés, à l’exception de celui de Ouattara. Donc en 2000, pour le RDR c’était «si Alassane Dramane Ouattara n’est pas député alors pas de députés RDR en Côte d’Ivoire ».

Vous voyez que cela est complètement différent de la situation qui a contraint le FPI à ne pas participer aux législatives de 2010 : insécurité généralisée dans le pays, emprisonnement des responsables du parti, exil forcé de ses cadres, virtuels candidats, gel de leurs avoirs, CEI monocolore avec à sa tête un président à problèmes, découpage électoral scandaleux d’ailleurs dénoncé après coup par le PDCI, etc.

N’empêche que le RDR était absent pendant 10 ans de l’Assemblée nationale.

Oui, cela est vrai mais seulement en apparence, car le RDR n’était pas absent de l’hémicycle pendant la législature passée. En effet, le groupe parlementaire solidarité qui comprenait une dizaine de députés était en réalité RDR. En effet, en dehors de Mel Théodore et Anaky Kobénan, les autres membres étaient tous des militants du RDR qui s’étaient fait élire malgré l’appel au boycott et qui ont décidé de siéger contre l’avis de leur parti sans pour autant se voir infliger des sanctions pour cette «indiscipline».

Comment ça ?

Comment? C’est simple à comprendre. En effet, non reconnus comme «députés RDR» à l’assemblée nationale, certains d’entre eux ont pourtant été investis candidats RDR pour les élections municipales de 2001 et reconnus «maires RDR» pour ceux qui ont pu être élus. Le RDR était donc présent à l’Assemblée nationale. De plus, la pluralité des opinions politiques qui fait la force d’un parlement démocratique était garantie au cours de notre législature. Le PDCI disposait d’un groupe parlementaire aussi important en termes de membres que celui du FPI. L’UDPCI avait son groupe. Donc face au groupe parlementaire FPI, il y avait trois groupes parlementaires RHDP. Peut-on en dire autant aujourd’hui?

Cela fait près d’un an et demi que M. Alassane Ouattara est aux affaires. Quelle est votre appréciation de sa gouvernance?

Avant de répondre à cette question, je voudrais d’abord qu’on pose une autre qui de mon point de vue est capitale, j’allais dire préjudicielle et qu’on y réponde. Voyez-vous, que ce soit la presse proche du pouvoir, les membres du gouvernement ou le chef de l’Etat lui-même, tout ce monde dit que Ouattara n’est au pouvoir que depuis le 11 avril 2011. Alors la question est : qui exerçait donc le pouvoir du 4 décembre 2010 au 11 avril 2011 ? Je ne veux même pas ici discuter la question de la légitimité et/ou de la légalité de ce pouvoir. Un homme politique ivoirien disait récemment : «Etre président, c’est quand on est assis dans le fauteuil». Et moi j’ajoute: «Dans le fauteuil qui se trouve au palais présidentiel». Qui donc était assis dans le fauteuil qui se trouve au palais présidentiel entre le 4 décembre 2010 et le 11 avril 2011 ? Evidemment, c’est Laurent Gbagbo.

Alors si c’est Gbagbo, il faut arrêter de proclamer la nullité des décisions prises sous son autorité et de brimer ceux qui ont pu en bénéficier. Il ne faut plus pénaliser des journaux parce qu’ils auront écrit que Aké N’Gbo a été Premier Ministre en Côte d’Ivoire. Il faut rétablir dans leurs droits tous ces jeunes Ivoiriens qui ont pu réussir à des concours dont les résultats ont été proclamés pendant cette période. Alassane Ouattara, dans son discours lors de la récente rentrée solennelle du Conseil Constitutionnel, a déclaré que ceux des Ivoiriens qui ont cru que la décision du Conseil Constitutionnel proclamant Laurent Gbagbo vainqueur de l’élection présidentielle était juste l’ont fait «de bonne foi». Pourquoi donc pourchasser, brimer, pénaliser, frustrer des citoyens qui, «de bonne foi», ont cru aux institutions de leur pays?

Revenons, s’il vous plait, à ma question précédente.

Oui d’accord. Vous m’avez demandé ce que je pense du pouvoir Ouattara? Oh, je constate qu’on fait beaucoup de bruits pour rien. En matière d’infrastructures par exemple, je constate que tous les projets qui sont annoncés à grands frais publicitaires sont des projets qui étaient déjà là sous Laurent Gbagbo, avec des financements bouclés ou en voie de l’être. Certains étaient en cours de réalisation : Pont d’Azito, Pont de Jacqueville, prolongement de l’autoroute du nord, pipeline Abidjan – Burkina, troisième pont qui date de Bédié, échangeur de la Riviera 2, autoroute de Bassam, stade de Bassam, approvisionnement d’Abidjan en eau à partir de Bonoua. Pour ce dernier projet, je me souviens parfaitement de la communication faite en conseil des ministres en 2010 par Dagobert Banzio, à l’époque ministre des Infrastructures économiques. On nous a annoncé que les problèmes de l’échangeur de l’Indénié étaient définitivement réglés mais la réalité est là, rien n’a été fait.

Au plan social, le chômage s’accroit, le gouvernement est impuissant face à la cherté de la vie et le délai de 3 mois donnés aux Ivoiriens par le Premier ministre Ahoussou Jeannot pour y mettre fin est derrière nous. L’insécurité a atteint des proportions inquiétantes d’autant plus qu’elle est l’oeuvre de ceux supposés lutter contre ce fléau. Vous vous souvenez que ce gouvernement avait donné jusqu’au 30 juin 2012 aux FRCI pour libérer les bâtiments aussi bien de l’Etat que des personnes privées ainsi que les plantations qu’ils occupent et exploitent illégalement. Nous sommes fin septembre 2012 et on attend toujours la réaction vigoureuse promise par le gouvernement. En un mot, le pouvoir Ouattara a montré ses limites et son incapacité à offrir aux Ivoiriens le bien-être qu’ils sont en droit d’attendre de leurs dirigeants de circonstance.

Que dites vous de la conduite du processus de réconciliation nationale?

La réconciliation? Comme beaucoup d’autres Ivoiriens, je me pose encore la question de savoir qui on veut réconcilier en Côte d’Ivoire. Parce que quand j’entends ceux qui sont au pouvoir, je ne perçois aucune volonté de réconciliation. Et pourtant, ce sont eux qui ont créé une commission appelée Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR). Vous voyez bien que dans la dénomination de cette commission, «dialogue et vérité» viennent avant «réconciliation». Or nous avons face à nous des gens qui refusent le Dialogue et ne veulent entendre que leur Vérité. Comment allons-nous alors arriver à la Réconciliation?

Mais on dit que c’est le FPI qui ne veut pas saisir la main tendue du président pour aller à la réconciliation.

Ah oui? Nous sommes en Côte d’Ivoire et les événements sont vieux même pas de deux ans. Ce n’est pas Laurent Gbagbo qui, en décembre 2010, a proposé le dialogue pour régler le contentieux électoral par le recomptage des voix ? Ce n’est pas le même Laurent Gbagbo qui, le 11 avril 2011, a demandé qu’après les armes on passe à la partie civile de la crise? Ce n’est pas Affi N’guessan qui, en avril 2011, a demandé l’ouverture de discussions politiques en appelant à la fin des violences? Ce n’est pas le FPI qui le premier a tendu la main au pouvoir en sollicitant une rencontre avec le Chef de l’Etat en août 2011?

Ce n’est pas Miaka Ouretto qui, en compagnie d’Akoun Laurent, Dano Djédjé et Marie Odette Lorougnon, est allé à Daoukro pour y rencontrer Bédié? En réponse, que voyons nous sinon menaces, mandats d’arrêt, arrestations, enlèvements, emprisonnements, tortures, assassinats. Le FPI a pris toutes ces initiatives et bien d’autres parce qu’il veut la paix, fidèle à son slogan «Asseyons-nous et discutons». Sinon, en temps normal, c’est celui qui est au pouvoir qui a intérêt à prendre de telles initiatives. Mais ceux qui sont là aujourd’hui pensent que c’est par la terreur et la répression tous azimuts, par la négation de l’autre qu’ils vont réussir. On les regarde.

Il est dit aussi que le FPI ne veut pas reconnaitre le pouvoir de Ouattara.

Ceux qui disent cela peuvent-ils produire une déclaration du FPI affirmant que M. Ouattara n’est pas le chef de l’Etat actuel de la Côte d’Ivoire? Non. Par contre, nous disons que M. Ouattara n’est pas le vainqueur de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. (…) Aujourd’hui, c’est un fait, il est assis dans le fauteuil présidentiel grâce à cela. Voici ce que nous disons.

Le pouvoir ne comprend pas que le FPI pose des préalables et tienne à un dialogue direct alors qu’un cadre de discussion existe avec les autres partis pro-Gbagbo.

Mais qu’appelle-t-on préalables? Le FPI a soumis au chef de l’Etat et au gouvernement les préoccupations qui sont les siennes et autour desquelles il souhaite voir les discussions se tenir et attend l’ouverture du dialogue. Le FPI dit : «Nous sommes d’accord pour le dialogue mais voici nos préoccupations sur lesquelles doivent porter les négociations : libération des prisonniers y compris le Président Laurent Gbagbo, retour apaisé des exilés, dégel des avoirs de ses militants, etc.». C’est çà les préalables? Non, ce sont des points de discussion.

Par ailleurs, le FPI demande un dialogue direct avec le gouvernement parce qu’il y a des problèmes qui lui sont spécifiques et qui lui tiennent à coeur. Quand après l’accord politique de Ouagadougou, il a été institué le CPC, seuls le RDR et le PDCI y ont été associés alors qu’ils n’étaient les seuls partis d’opposition. Le MFA et l’UDPCI membres du RHDP n’y étaient pas, le PIT non plus. Donc si aujourd’hui le FPI en raison de préoccupations spécifiques demande un dialogue direct entre lui et le pouvoir, qu’est ce que cela coûte à celui-ci d’accéder à cette requête et qui motive son refus? D’autant que ça n’empêche pas le gouvernement de continuer de discuter avec les autres. Quand on est au pouvoir et qu’on veut la paix, on y met le prix, on ne compte pas son temps.


Interview réalisée par Saint-Claver Oula, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: EBURNIE NEWS

ATTEINTE AUX LIBERTES DES ETUDIANTS: LA POLICE UNIVERSITAIRE DE CISSE BACONGO EST NEE AVEC UN FRCI A SA TETE

 

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L’université, le temple du savoir est en train de se métamorphoser sous la présidence du professeur Ly Ramata. La nation toute entière a été informée par la présidente de l’université de Cocody, de la création d’une police universitaire.

En Côte d’Ivoire, des étudiants ne manquent pas de s’interroger sur les motivations réelles de la future police universitaire. D’autant que selon ceux-ci, le gouvernement Ouattara n’a de cesse d’exprimer son mépris pour la lutte syndicale dans le milieu universitaire. En voulant mettre en place une police universitaire, le professeur Ly Ramata et ses collaborateurs veulent s’opposer à la liberté d’expression et de manifestation des étudiants. Le but inavoué est de réduire les étudiants au silence devant les problèmes académiques ou d’ordre social. Empêcher la contradiction et amener les étudiants à devenir des bénis oui oui.

A la tête de cette structure, un chef FRCI venu à Koumassi, la commune du ministre-député Bacongo. Ce chef FRCI se nommerait Dago Souleymane, apprend-on dans les escarcelles du ministère de l’Enseignement supérieur. Ce commandant militaire se fera fort d’annihiler toute action éventuelle de revendication d’un quelconque mouvement d’étudiants.

«Pour nous, l’idée d’une police universitaire n’est pas bonne. Parce qu’elle ne servira qu’à faire passer nos universités d’un lieu d’études et d’apprentissage à un lieu de répression contre toute personne qui osera dénoncer l’injustice qui se met en place. Les dirigeants de nos universités veulent se convertir en des tortionnaires d’étudiants. Sinon la présence d’hommes en armes dans un lieu d’études pour quoi faire?», s’interroge, un responsable d’étudiants. Pour qui, cette police viole les textes et règlements qui régissent la vie universitaire, les franchises universitaires. Pour ces étudiants, les autorités actuelles ont décidé de créer cette police universitaire dans l’unique but de réprimer les étudiants en cas de revendications.

Une attitude qui ravive les tensions déjà tendues entre Cissé Bacongo et plus de 5.000 étudiants que le ministère affirme avoir exclus, sans même leur accorder la chance de défendre leurs résultats. Les conséquences en partie des multiples années blanches dues aux actions déstabilisatrices des mêmes politiciens, qui pour la plupart ont leurs enfants qui étudient hors de la Côte-d’Ivoire.

 

Source: La page Facebook de Woyo-Mogoh Beugre

lundi, 01 octobre 2012

EXTRAORDINAIRE: POUR ACCUSER A TOUT PRIX LE GHANA, OUATTARA LUI CEDE UNE PARTIE DU TERRITOIRE IVOIRIEN


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Il gouverne un pays dont il ne connait même pas les limites territoriales. Ce n’est pas une intrigue politicienne mais la réalité car le gouvernement Ouattara déclare dans un communiqué officiel du conseil de ministre que les assaillants qui ont attaqué le poste frontalier de Noé sont venus du village de Nougoua qui serait un village ghanéen. Alors, chers frères, sachez que Nougoua est en territoire ivoirien. Quelle honte!!!


La réaction appropriée de Lazare Koffi Koffi, Historien, natif de la région, Ancien Ministre


Le conseil des ministres du mercredi 26 septembre 2012 a consacré officiellement la cession d’une partie du territoire national à la République du Ghana. En effet, dans sa volonté haineuse de montrer que l’attaque du poste frontalier de Noé dans la nuit du 20 au 21 septembre 2012 est partie du Ghana, le communiqué de ce conseil indique au chapitre des divers. 

«Le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et le ministre auprès du Président de la République, chargé de la Défense, ont informé le conseil des circonstances de l’attaque du poste frontalier de Noé dans la nuit du 20 au 21 septembre 2012. Cette attaque armée a été l’œuvre d’assaillants venus de Nougoua, village ghanéen situé à environ 7 kilomètres de Noé.» Cette information du communiqué du conseil des ministres faisant de «Nougoua, un village ghanéen» est surprenante. 

Car, tout le monde sait, et les populations de ce village en premier, que Nougoua se trouve en territoire ivoirien reconnu comme tel depuis la mémorable délimitation de la frontière entre l’actuel Ghana (autrefois Gold Coast) et la Côte d’Ivoire en 1882 et ratifié en 1902 par les gouvernements français et anglais de l’époque. Depuis cette date, la commission franco-anglaise qui a admis le cours d’eau de la Tanoé comme limite naturelle entre le deux pays, tous les villages à l’Ouest de ce cours d’eau font partie intégrante de notre pays. Ainsi, Noé. Ainsi Nougoua. Il est vrai ce dernier village a abandonné son premier site du fait des inondations fréquentes, site appelé encore aujourd’hui Coco Town ou ancien Nougoua mais que ce soit l’ancien site ou le nouveau, tout cet espace villageois appartient à la Côte d’Ivoire. En dehors de ce village, le véritable village ghanéen est Tanosso. D’où vient donc que le conseil des ministres du mercredi dernier ait attribué «notre» Nougoua au Ghana ? L’actuel chef de ce village qui se réclame chef de canton se nomme Essan Kacou, ancien gendarme ivoirien à la retraite. 

Ce village de Nougoua fait partie aujourd’hui du département de Tiapoum et de la sous-préfecture de Noé. Les candidats aux différentes élections y ont effectué plusieurs fois des missions et autres tournées de campagne. Quel est donc ce village de Nougoua qui se trouve, selon le gouvernement, en territoire ghanéen à 7 kilomètres de Noé. Le gouvernement doit le montrer au peuple ivoirien. Sinon, ce peuple sera en droit de lui exiger des explications sur la cession unilatérale d’une partie de notre territoire au Ghana. 

Après l’attaque de Noé, les autorités ghanéennes n’ont eu de cesse de montrer que cette attaque a eu lieu non pas à la frontière mais en plein territoire ivoirien par des individus qu’on n’a pas vu venir du Ghana. Information du reste confirmé par le commandant Frci du poste de Noé. Pourquoi vouloir, coûte que coûte que ces assaillants viennent du Ghana, au point de faire du village ivoirien de Nougoua, un village ghanéen ?


Lazare Koffi Koffi

Ancien Ministre


Source: La page Facebook de Steve Beko