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vendredi, 21 septembre 2012

LA MORALE DE CEUX QUI ESPERENT MORALISER LA COTE D'IVOIRE (1)

 

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Il défie une décision de la Cour d’appel: Mabri fait expulser sa femme et ses cinq filles mineures de sa maison de fonction

 

Véritable scandale sous l’ère Ouattara, «offert» ce vendredi 7 septembre par l’un de ses plus proches collaborateurs en l’occurrence Albert Toikeusse Mabri. Le ministre d’Etat, ministre du plan et par ailleurs président de l’UDPCI a fait expulser manu-militari sa femme et ses 5 filles mineures de sa résidence de fonction où ces dernières vivaient à Cocody-Ambassades. Meubles entassés devant le domicile ou encore dans la cour. Toutes les pièces vidées de leurs affaires. Désordre indescriptible. C’est le décor qu’on observait ce vendredi à la résidence de fonction du ministre d’Etat, ministre du plan et du développement Albert Mabri Toikeusse sise à Cocody-Ambassades, à proximité de la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis. En effet, exécutant une décision du directeur général de la Société de gestion du patrimoine immobilier de l’Etat (Sogepie), un huissier accompagné des forces de l’ordre s’est rendu ce vendredi peu après-midi pour expulser la famille du ministre. A leur arrivée de l’école, c’est tout en pleurs que les cinq filles mineures du ministre qui vivent seules avec leur maman depuis plus d’un an maintenant ont constaté les faits. Stupéfaites. Traumatisées. Tout comme leur mère qui n’en revient pas.

Les raisons d’une expulsion commanditée par Mabri

A l’origine de cette expulsion «commanditée» par Mabri, une procédure de divorce introduite en justice par le ministre du Plan depuis le mois de juin 2012. En effet, l’harmonie du couple marié depuis le 19 août 1995 «va prendre fin par la brutalité dont va faire montre monsieur Mabri Toikeusse à l’égard de son épouse suite à ses plaintes sur ses nombreuses absences prolongées du domicile familial en début de l’année 2010».

Le président de l’UDPCI introduit donc en justice une procédure de divorce le 15 juin 2012. Dans sa décision en date du 19 juillet, le tribunal de première instance «constate la non conciliation des époux Mabri, constate leur séparation de fait, déclare sans objet la résidence séparée, ordonne le maintien de l’époux au domicile conjugal, fait injonction à l’épouse d’avoir à délaisser domicile dès signification  de la présente décision… ». Selon cette décision, le tribunal de première instance prononce de fait le divorce et demande à Madame Mabri née Kourouma Assita Leticia de quitter le domicile où elle habite depuis août 2011 avec les enfants sans le ministre qui vit actuellement avec mademoiselle Yaké Diomandé Solange qu’il présente désormais comme sa femme même si la procédure de divorce n’est pas vidée. Le juge concède la garde de deux enfants (Mabri Neila Jenifer Makeuka et Mabri Noura) à Mabri Toikeusse et de trois enfants (Mabri Khadira Inoukouet Destiny, Mabri Eceunou Alima et Mabri Binta Zrahia Fatima) à sa femme. «Il a demandé le divorce il y a de cela deux trois mois. Au tribunal le juge m’empêchait de parler. Il m’empêchait de prendre la parole et en moins d’un mois le juge a expédié la procédure. La décision du juge a demandé à ce qu’on m’expulse en 24 heures de la maison parce que c’était une maison de fonction et puis qu’il avait la garde de deux enfants», explique madame Mabri.

Le premier président de la Cour d'appel tranche, Mabri n'en a cure

Mais le 27 juillet, madame Mabri fait appel de cette décision. Et la Cour d’Appel déboute le ministre, qualifiant la première décision d’« injuste ». D’autant que le domicile a été aménagé par sa femme, qu’elle s’est correctement occupée des enfants malgré le fait que Mabri n’y ait jamais mis les pieds « depuis qu’on lui a attribué cette demeure ». Le premier président de la Cour d’Appel indique dans son arrêt du 27 août que l’exécution de la décision rendue en premier ressort «risque d’entrainer des conséquences manifestement excessives et irréparables; ordonne en conséquence la suspension de l’exécution du jugement sur les mesures provisoires numéro 2767 rendu le 19 juillet 2012 par le tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau jusqu’à ce que la Cour d’Appel vide sa saisine relativement audit jugement».

Ainsi humilié, le ministre du Plan, fort peu respectueux de la loi et de la justice de son pays, décide de faire un passage en force et sollicite l’entrée en scène du directeur général de Sogepie par qui il passe pour expulser sa femme en dépit de la décision de la Cour d’Appel. En effet, dans une note en date du 3 septembre, environ une semaine après la décision déboutant le ministre, le directeur général de la Sogepie demande au ministre Mabri (en réalité sa famille), de libérer «immédiatement et sans délai» la villa qu’il occupe sinon «il y sera contraint par toutes les voies de droit». C’est ce qui s’est matérialisé ce vendredi par cette expulsion. Et chose curieuse, le DG de la Sogepie s’attribue cette maison. «Il est mis à la disposition de monsieur Bamba Issiaka, directeur général de la Sogepie, la villa numéro 7 sise à Cocody-Ambassade rue Hibiscus faisant partie du patrimoine immobilier non cessible de l’Etat pour lui servir de logement de fonction», lit-on dans la décision d’affection du 3 septembre signé de Bamba Issiaka lui-même. Un DG qui chasse un ministre de sa résidence de fonction pour se l’attribuer lui-même. Vous avez dit bizarre ? Comme c’est bizarre !      

« C’est lui-même qui m’a demandé de venir ici. On est marié légalement. Je suis arrivée ici. J’ai terminé les travaux. J’ai aménagé la maison pour que les enfants soient à l’aise. Je me suis occupé de ces enfants et là après j’apprends que Mabri veut demander le divorce. Et il va voir le juge. Il corrompt le juge. La Cour d’Appel a cassé le jugement. La Cour a dit que la décision était excessive et qu’elle engendrerait des conséquences vraiment graves. Mais Mabri ne s’arrête pas là puisqu’il se croit au-dessus de tout», dénonce son épouse. Divorce à l’ivoirienne !

Madame Mabri : «Cela démontre l’irresponsabilité de Mabri»

Blessée, l’épouse légitime du ministre d’Etat n’y va pas avec le dos de la cuillère. «Sachant que Mabri Toikeusse nous a abandonnées depuis trois ans. Les enfants sont à ma charge. C’est moi qui m’en occupe. C’est moi qui les nourris. La maison de fonction nous a été attribuée depuis notre retour du Sénégal [août 2011, ndlr] et c’est moi qui ai terminé les travaux puisqu’il a refusé d’aménager la maison», charge-t-elle. Avant de s’indigner qu’un ministre puisse aller aussi loin dans sa volonté d’en découdre avec celle qui est toujours sa femme et ses cinq filles mineures âgées respectivement de 15, 11, 9,7 et 4 ans. «Mabri est un irresponsable, il ne s’est jamais occupé de ses enfants. Le fait de faire expulser ses enfants par le directeur de la Sogepie est une preuve de son irresponsabilité. J’en appelle à l’arbitrage du président de la République parce que Mabri est un membre du gouvernement qu’il ne peut pas utiliser le poste qu’on lui a donné pour détruire sa famille, détruire ses enfants (…) Les enfants sont venus de l’école en pleurant et je trouve cela vraiment dramatique. Elles ont été déjà traumatisées par la guerre. Vous savez que notre maison a été pillée pendant la crise postélectorale. Mabri vient encore les traumatiser davantage. Où alors c’est lui qui a demandé à ce que la maison soit brûlée ? Dans tout ça, il y a des non dits. Trop c’est trop. Mabri exagère. Il abuse de son pouvoir», se déchaîne-t-elle.

En tout cas, après ce forfait, le ministre Mabri Toikeusse a dépêché ses hommes de main accompagnés de gendarmes, policiers, Frci et loubards sur les lieux. Ils supervisaient le convoyage des affaires (qu’il a décidé sans doute de récupérer) sorties de la résidence dans les camions qui faisaient des allers et retours jusqu’en fin de la soirée.

 

Benjamin Silué

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 19 septembre 2012

COTE D'IVOIRE: 19 SEPTEMBRE 2002

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Novembre 2000, Laurent GBAGBO est élu président de la République de Côte d’Ivoire à la surprise générale de la Françafrique.

Sous la direction du Premier Ministre Pascal AFFI N’GUESSAN, le programme de refondation avec l’ambition de conduire la Côte d’Ivoire vers un nouvel horizon fait de responsabilité et d’indépendance économique est mis en route.

- Au plan politique et administratif, le Président de la République met fin aux pratiques du part-Etat en recrutant les compétences indépendamment de l’appartenance politique et ethnique. Le Président GBAGBO met fin aux différents mandats d’arrêts, met en route un forum de réconciliation en faisant venir les exilés dont  Henri Konan BEDIE et  Alassane Dramane OUATTARA, les loge, leur donne un salaire et fait rentrer leurs partisans au gouvernement. Le programme de décentralisation est mis en route.

- Au plan économique, BOHOUN BOUABRE prépare un budget sécurisé pour mettre fin à la politique de la main tendue et renforce les régies financières par un recrutement non partisan et sur appel à candidatures. Les relations avec les bailleurs de fonds, gelées du temps de Bédié, sont rétablies. Les recettes publiques passent de 1167.3 milliards de FCFA à 1449.48 FCFA de 2001 à 2002 soit 27% de croissance.

- Au plan social, les enseignants retrouvent leur dignité avec la fin de la ségrégation salariale imposée par  Alassane OUATTARA en 1991. Les kits scolaires voient le jour, les tenues scolaires sont supprimées, l’assurance maladie universelle est en étude avancée pour sa mise en œuvre.

- Au plan diplomatique, les relations internationales sont revisitées vers les pays émergeants : chine, inde, Afrique du sud et d’autres pays européens : l’Italie.

C’est ce mouvement démocratique et socialiste visant la pleine souveraineté, l’indépendance économique et le plein emploi, qui a été la cible de la françafrique camouflée derrière une horde de tirailleurs françafricains qui a attaquée la Côte d’Ivoire le 19 septembre 2002 avec le parrainage politique des « Républicains » de Côte d’Ivoire. En 2003, le programme de Linas-Marcoussis remplace le programme de refondation. La tentative d’éviction du Président Laurent GBAGBO échoue face à la détermination des ivoiriens dignes jusqu’au coup d’Etat spéculaire de la françafrique le 11 avril 2011. La suite on la connait désormais.

 

Dr Cheick DIABATE

Enseignant Chercheur, Université de Colorado (USA)

mardi, 18 septembre 2012

DANS UN FILM DOCUMENTAIRE, L'ITALIE DENONCE LE COMPLOT DE LA FRANCE CONTRE GBAGBO

 

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La télévision publique italienne dénonce les crimes de la France en Côte d'Ivoire. Un jour ou l'autre, la vérité triomphera!

 


MAMADOU KOULIBALY: «LA CRISE POSTELECTORALE N'EST PAS TERMINEE»


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Mamadou Koulibaly, le président de Liberté et démocratie pour la République (Lider) a été reçu, lundi 17 septembre 2012, en fin de matinée, par le président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr). L’audience a eu lieu à la Riviera-Golf au cabinet privé de Charles Konan Banny. A la sortie de l’entretien, qui a duré 1h 45mn, le leader de Lider s’est confié à la presse. Voici l’intégralité de ses propos.

 

Vous venez d'avoir une rencontre avec le président de la Cdvr, de quoi a-t-il été question? 

Mamadou Koulibaly: Je voulais d'abord corriger quelque chose qui s'est passé la semaine dernière. J'ai vu une réaction dans la presse disant que Lider avait boycotté une rencontre avec la Cdvr. Ce n'était pas vrai du tout. On n'avait pas rendez-vous ce jour-là. Et les journalistes devaient être mal informés. Nous sommes venus à l'invitation de la Cdvr pour, quatre mois après, faire le point. La Cdvr nous a informés de l'évolution de son travail. Et nous lui avons posé des questions sur les raisons des difficultés et ce que, en tant que parti politique, nous pouvions faire pour aider à lever ces difficultés. Il semble, après les échanges, qu'aujourd'hui, la Cdvr manque de moyens, manque d'argent pour faire avancer le processus de réconciliation. Son président nous avait expliqué qu'ils avaient pris quelque retard, mais qu'ils tenaient à respecter leurs engagements et à déposer le rapport final aux dates indiquées. Mais pour cela, il faut de l'argent. 

Il faut que l'Etat de Côte d'Ivoire, la communauté internationale, enfin tous ceux qui pensent que la réconciliation est une chose importante mettent la main à la poche. Pour le reste, nous lui avons suggéré de faire redémarrer - de notre point de vue la première étape de toute cette réconciliation -, les discussions entre les hommes politique. Les hommes politiques et les femmes qui font de la politique dans notre pays ne se parlent pas. Ils s'ignorent royalement. Ils vivent dans la méfiance, dans l'injure, dans l’anathème. Peut-être que si eux ne sont pas capables de s'asseoir et de se parler, nous pensons que, conformément à la mission qui a été confiée à la Cdvr en son article 5, ils peuvent créer un cadre pour recevoir tous les partis politiques et qu'on se parle. 

Si les hommes politiques se parlent, ils ne mettront plus leurs injures dans la bouche des journalistes et peut-être qu'ils pourront se regarder droit dans les yeux et se dire ce qui ne va pas et puis sortir la Côte d'Ivoire de cette léthargie. Parce que, si nous, hommes politique, ne sommes pas victimes, il y a de nombreux jeunes en ville qui n'ont pas d'emploi, qui sont au chômage, de nombreuses familles qui ont du mal à se nourrir. Et c'est de notre responsabilité d'offrir cette réconciliation, pas pour nous, mais pour ceux qui nous ont fait confiance. 

Il y a le Fpi qui dit que pour se parler, il faut que leurs dirigeants, et l'ancien président (Laurent Gbagbo, Ndlr) soient libérés. Le Rdr dit que pour se parler, il faut que le Fpi reconnaisse la légitimité et la légalité du pouvoir en place. Entre les deux positions, quelle est la solution? 

Mamadou Koulibaly: Lider n'a aucun commentaire. On constate simplement que la crise post-électorale n'est pas terminée. 



Propos recueillis par SYLLA A. 

 

Source: AFRIK53.COM

lundi, 17 septembre 2012

COTE D'IVOIRE - PPTE, BCEAO: LA FACE ECONOMIQUE DE LA GUERRE


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Un document d'une importance majeure, à lire absolument et à conserver!

 

Le 11 avril 2011, Laurent GBAGBO, dont les performances économiques ont permis d’avoir le point de décision du processus PPTE est arrêté avec Mr DACOURY TABLEY, l’ancien Patron de la BCEAO, emprisonnés entre autre pour crimes économiques. Tous les membres du gouvernement dirigé par l’un des plus grands économistes d’Afrique, le professeur Gilbert Marie AKE NGBO, Président élu de l’université d’Abidjan, sont poursuivis et d’autres arrêtés pour crimes économiques. La dernière arrestation à ACCRA par Interpol pour crime économique est celle du Ministre délégué au BUDGET, Justin KONE KATINAN, maitre d’œuvre de la réquisition de la BCEAO et de la remise en route des banques fermées par SARKOZY pendant la période de crise.

De quels crimes économiques s’agit-il?

Washington, le 26 juin 2012, le Fonds Monétaire International (FMI) et l’Association Internationale de Développement (IDA) de la Banque Mondiale ont activé l’ardoise magique de l’initiative PPTE en vue d’un super cadeau par un allègement de la dette.

L'application intégrale de l'allègement de la dette permettra de passer d'environ 6000 milliards de FCFA de dette à un stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA environ.

Toutefois, il est à remarquer que ce stock résiduel de 2 500 milliards de FCFA aurait été de 1 100 milliards de FCFA si l’accord avait été obtenu en 2010 sous la Présidence GBAGBO. En l’absence de données sur la situation actuelle des finances publiques, l’hypothèse la plus probable est qu’en moins d’un an, près de 1 400 milliards de FCFA de dettes nouvelles se sont ajoutés au stock résiduel.

L’emprunt obligataire, lancé trois mois après le point d’achèvement, démontre le peu d’influence du PPTE sur l’état de santé financière du pays et prouve que la pluie de milliards n’a été qu’une tornade ayant emporté tout sur son passage. La Côte d’Ivoire doit donc continuer de tendre la main pour survivre. Le récent voyage au pays de la Mecque avec tam-tam et bol en main, faisant suite aux nombreux autres voyages, démontre le retour de la politique de la main tendue. À ce rythme, la dette de la Côte d'Ivoire atteindra très rapidement  le même niveau qu’avant l’allègement sans effet sur la réduction de la pauvreté.

En considérant cette ardoise magique comme ayant permis un « super cadeau », comme de coutume, commençons d’abord par dire merci à ceux qui ont œuvré pour l'avoir : les bailleurs de fonds, BEDIE l’initiateur, GBAGBO le maître d’œuvre, OUATTARA le finaliste; mais comme nous évoluons dans une économie de marché et non dans une économie de pitié, nous savons tous que les  cadeaux n’existent pas !  Combien ce « cadeau » a-t-il véritablement coûté aux ivoiriens? Et quel est le véritable crime économique commis par le régime du Président GBAGBO jugé pourtant indigent par la Cour Pénale Internationale?

Pour répondre à ces questions, nous allons examiner l’origine des sommes prêtées à la Côte d’Ivoire, les principaux bénéficiaires des investissements effectués avec cet argent, les conséquences et  aussi les perspectives.

DE L’ORIGINE DE LA DETTE

Le 19 septembre 1946, le député HOUPHOUET BOIGNY, affirmait, lors des premières discussions sur la constitution de la communauté Franco-africaine au palais BOURBON en France :

« La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté »

Le 28 septembre 1958, Félix HOUPHOUET BOIGNY, ministre d’Etat de la République Française, vote la constitution de la Communauté Franco-africaine instituant une fédération entre la France et ses colonies.

En 1959, les pays d’Afrique de l’Ouest s’associent au sein de la BCEAO (Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest). Les quatre (4) principes de la coopération monétaire entre la France et les États membres de la zone Franc ont  épousé l’esprit de la fédération, à savoir la mise en commun des ressources financières depuis cette date jusqu’à ce jour:

  • la garantie du Trésor français à la convertibilité en euros des monnaies émises par les trois instituts d´émission de la zone ;

  • la fixité des parités entre l’euro et le franc CFA;

  • la liberté des transferts au sein de chaque sous-ensemble ;

  • la centralisation des réserves de change

Les indépendances de 1960 ont conservé l’esprit et la lettre de la communauté Franco-africaine avec la ferme conviction que « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». Toutefois, la foie du Père de la nation avait un prix. Car, en contrepartie de ces principes et de cette profession de foi, les  banques centrales de la zone Franc sont tenues de déposer une partie de leurs réserves de change (65%, révisée à 50% en 1999) auprès du Trésor français sur un compte d’opérations.

Le fonctionnement du compte d’opérations a été formalisé par des conventions successives entre les autorités françaises et les représentants des banques centrales de la Zone franc. Le compte reçoit des dépôts à vue ou à terme en provenance des pays de la zone. La France place ces ressources qui rapportent des intérêts par des opérations de crédit (en partie à l’Afrique). Une partie des intérêts sert à rémunérer le compte d’opérations et l’autre partie est à la discrétion du pouvoir français que l’on retrouvera sous forme d’aides diverses (Ministère de la coopération, assistance militaire au pouvoir ou aux rebelles, Banque Mondiale, FMI, AFD, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO etc.). Par rapport au compte d’opérations ; le trésor français, fonctionne donc comme une banque d’investissement et de commerce pour l’Afrique. Il aurait été plus simple de créer une telle banque dans la zone UEMOA pour disposer de ces énormes ressources en toute indépendance. Mais la France a su sans aucun doute user des arguments tels que les bases militaires pour protéger les États, l’aide, le déficit de cadre au moment des indépendances. Une telle banque aurait eu l’avantage d’être présente partout où le besoin de commercer se ferait sentir notamment dans les pays émergeants.

La confiscation systématique de 50% des avoirs extérieurs de la Côte d’Ivoire par le Trésor français et le libre transfert des avoirs des opérateurs économiques de la Côte d’Ivoire vers la France favorisé par le code d’investissement qui exonère d'impôts les bénéfices des multinationales, réduisent  de manière drastique l’épargne publique et privée. Cette confiscation institutionnelle et systématique de l’épargne oblige la Côte d’Ivoire à emprunter ses propres ressources ainsi confisquées.

A titre d’exemple, le rapport annuel de la Banque de France sur les comptes de la BCEAO indique pour l’année 2010 (en milliards de FCFA) :

- Compte d’opérations: 3 048. 978  FCFA

- Créances sur les banques: 335. 184FCFA

- Créances sur les trésors: 887. 886 FCFA

Ces chiffres démontrent avec éloquence, que depuis toujours, l'apport fait par la zone Franc au trésor français par l’intermédiaire du compte d’opérations est trois fois plus important que le concours fait aux banques et aux trésors de la zone UEMOA. Il faut ajouter à cela la balance au titre des revenus transférés qui est de 735,6 milliards de FCFA favorisée par les codes d’investissements. Pour la France et les françafricains, remettre en cause cette manne tombée du ciel des anciennes colonies, c’est être un criminel.

Par contre, le financement extérieur net de l’économie de la zone UEMOA pour la même année  s’élève à868.6 milliards de FCFA selon la même source. Le montant total des dons est de 870.5 milliards de FCFAsoit au total (financement + aide) 1738 milliards de FCFA. Cela constitue à peine 50% des sommes séquestrées au titre des accords de l’UEMOA.

Il apparaît clairement que, par la BCEAO et le code d’investissement, le FCFA est exporté  en France et nous revient en euro ou en dollar sous forme de dettes et d’aide.

A l’heure de cette mondialisation où tous les pays cherchent à améliorer leurs leviers économiques pour éviter à leurs peuples de subir la crise, continuer à entretenir un pacte qui coûte si cher n’a plus de sens. En tout état de cause, les peuples souverains de la zone UEMOA n’ont jamais donné leur avis sur ces accords qui engagent leur destin après les indépendances, à l’instar des Européens qui se sont prononcés par référendum sur l’adhésion à l’Euro. Ses montagnes de fonds séquestrés par la France depuis les indépendances sont donc frappées d’illégitimité. Cela s’apparente à un bien mal acquis par la France sur ses anciennes colonies dans le cadre d’une fédération qui a disparu depuis 1960 et dont les fondements sont devenus obsolètes.

La dette contractée par la Côte d’Ivoire auprès de la France, est donc une partie de l’argent pris dans les caisses de la Côte d’Ivoire dans l’obscurité des accords signés dans le cadre de la fédération Franco-africaine pour lui faire crédit sous le « soleil des indépendances ». Il en est de même des aides directes et indirectes aux travers des institutions communautaires (Banque mondiale, FMI, UE-ACP, UA, BAD, CEDEAO, etc.). Chaque année, la Côte d’Ivoire indépendante consacre, pour le remboursement de cette « dette » prise dans ses poches, près de la moitié de ses recettes budgétaires faisant progressivement obstacle à toute possibilité d’investissements publics. L’augmentation des charges de l’État due au service de la dette,  combinée à la baisse des recettes d’exportation du cacao, ont fini par rendre l’état insolvable. L’impossibilité de l’état à faire face au service de la dette a engendré, depuis 1982 jusqu’en 2002, neuf (9) plans d’ajustement structurel pour trouver une solution au fardeau de la dette. Le caractère drastique des mesures prises a engendré des crises sociales et une crise politique en 1990. La Côte d’Ivoire est donc mise sous tutelle directe des bailleurs de fonds qui dépêchent en1990 M. Alassane Dramane OUATTARA auprès du Président HOUPHOUET dont l'état de santé ne lui permettait pas le suivi de la gestion quotidienne du pays.

La tornade des mesures prises par les bailleurs de fonds sous la houlette de M. OUATTARA Dramane a eu des conséquences dramatiques dans tous les secteurs économiques et a abouti à l’expropriation économique de l’Etat.

Examinons dans un premier temps le contenu de la solution OUATTARA et ensuite, à travers l’examen de certains secteurs clés de l’économie nous allons mettre en évidence les faiblesses et les conséquences de cette solution.

LA SOLUTION OUATTARA: LE VERITABLE CRIME ECONOMIQUE

Modifier la structure de l’économie ivoirienne était l’objectif affiché des plans d’ajustement structurel. Les années 90 ont accéléré la modification de la structure de l’économie pour faire du secteur privé, entendez des investissements étrangers, le moteur de la croissance là où la Chine et plus généralement des pays d’Asie et d’Amérique du Sud, faisaient le choix de la stratégie combinée « un pays deux systèmes ».

Le programme de privatisation a été la solution OUATTARA.

Le diagnostic effectué à l'époque par  M. Alassane OUATTARA pour proposer ce remède miracle qui a été exposé le 28 novembre 1990 au journaliste du quotidien gouvernemental fraternité-matin suite à un conseil des ministres est le suivant :

« Actuellement, le secteur parapublic compte 140 entreprises et établissements dans lesquels l'État a investi plus de 1.300 milliards de FCFA dans les années 80. Ce chiffre représente aujourd'hui près de 50% du Produit Intérieur Brut, c'est-à-dire la moitié de la production nationale.

Les résultats d'exploitation de certaines de ces entreprises n'ont pas été à la mesure de l'effort d'investissement exceptionnel qui a été consenti par le Gouvernement pour constituer cet important patrimoine.

Les entreprises dans lesquelles l'État détient au moins 51% du capital, ont dégagé des pertes nettes cumulées de 10 milliards de FCFA au cours de la même période.

Par contre, les entreprises du secteur parapublic dans lesquelles l'État est minoritaire, ont globalement dégagé un bénéfice net cumulé de 144 milliards entre 1982 et 1988, soit plus de 20 milliards en moyenne par an. »

L’erreur de diagnostic réside dans  la non-prise en compte de la réalité des rapports non mercantiles entre les sociétés d’État et l’État central à cette époque. En se contentant des données purement comptables sans rentrer dans les mécanismes de gouvernance des entreprises, l’erreur devenait alors inévitable pour un fonctionnaire international non au fait des réalités nationales. Prenons cet exemple simple, pour illustrer l’erreur, tiré de mon expérience de Directeur Général du BNETD (Société d’État au capital de 2 milliards de FCFA) et de membre du comité de privatisation de 2000 à 2010. Le BNETD, en charge de l’étude et du contrôle des grands travaux de l’État, réalisait pour le compte de l’État des études et contrôles pour 7 milliards de FCFA environ et l’État décidait, en fonction de ses ressources financières, de ne payer que 2 milliards de FCFA sous forme de subvention, ce qui avait un impact sur les résultats financiers de l’entreprise qui affichait un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA en 2000 et un découvert bancaire de 9 milliards de FCFA cette même année. Au lieu de liquider le BNETD ou de réduire de moitié l’effectif comme le recommandait les bailleurs de fonds, l’État sous le régime du Président GBAGBO, ayant pris la décision d’éviter la privatisation des secteurs stratégiques, a opté pour une restructuration en contractualisant les prestations du BNETD avec l’État et en accroissant son autonomie sur le marché privé et à l’international. En 10 ans, le BNETD est passé d’un déficit cumulé de plus de 9 milliards de FCFA et d’un chiffre d’affaires de 5 milliards, à un chiffre d’affaires de 39 milliards de FCFA, un report à nouveau positif et a augmenté son effectif tout en doublant les salaires pour freiner l’exode de  l’expertise. La situation du BNETD est pratiquement la même que toutes les sociétés d’État.

Cette décision courageuse de restructurer les entités de l'État que de les privatiser a permis de sauver plusieurs entreprises d’État (44 environ). Celles qui attendent d’être restructurées (34), ne le seront certainement jamais compte tenu de la nouvelle orientation de la politique économique  actuelle qui a opté pour le bradage ou la liquidation des entreprises publiques. Le constat de la réussite de cette restructuration a été fait incidemment par l’actuel gouvernement de M. Alassane OUATTARA à travers le communiqué du conseil des ministres du 29 juin 2011 relatif à ce sujet. En effet, un rapport établi par les soins du ministère de l’Économie et des Finances, sur la base des états financiers de fin décembre 2009, révèle que l’État de Côte d’Ivoire détient dans son portefeuille 82 sociétés, dont 30 sociétés d’État et 52 entreprises à participation financière publique. Selon ce rapport, «44 sociétés ont réalisé des résultats nets bénéficiaires d’un montant global de 153,57 milliards de FCFA, 4 sociétés présentent un résultat nul, 14 sociétés ont réalisé un résultat net déficitaire de 113,21 milliards de FCFA, et 20 sociétés n’ont pas produit d’états financiers pour diverses raisons (redressement judiciaire, administration provisoire, arrêt des activités, restructuration, problèmes de gouvernance, etc.)».

Au lieu de continuer dans la logique de la restructuration, hélas, Monsieur Alassane OUATTARA fidèle à sa mission de fonctionnaire international malgré ses habits de Chef de l’Etat fait remarquer, lors de ce même conseil des ministres, « le nombre élevé de sociétés à participation financière publique » et demande  que le nombre de sociétés d’État ou à participation financière publique, soit baissé de 25% au cours des 12 prochains mois»

L’erreur sincère ou intentionnelle (c’est selon) de M. OUATTARA n’a pas permis de guérir le mal contrairement à la Chine ou aux pays d’Asie et à certains pays d’Amérique du Sud mais,  a permis non seulement de dépouiller  le pays de son économie ainsi que de sa souveraineté mais aussi elle a contribué à son immersion dans un océan de pauvreté et de dette.

La politique de privatisation avait donc un objectif idéologique, économique et politique. Poussée par le vent libéral des années 1980, la françafrique a caché son visage sous le masque de la bonne gouvernance et de la lutte contre la pauvreté pour faire main basse sur les économies naissantes par un contrôle direct des entreprises et des États et un dépouillement économique, politique et militaire des pays ciblés. Le secteur privé érigé en panacée et moteur de la croissance s’est révélé le moteur des inégalités, de la dette et du chômage qui minent les États. Les solutions classiques de pillages économiques telles que pratiquées à l’époque de l’esclavage et de la colonisation et qui reviennent avec de nouveaux prétextes avec les guerres de conquête économique (Afghanistan, Irak, Libye, Côte d’Ivoire, Syrie bientôt, etc.) ne donnent aucun résultat face à la concurrence des pays émergeants. Elles enrichissent les multinationales et appauvrissent les États et les peuples occidentaux qui votent périodiquement le changement pour se donner l’espoir d’un lendemain meilleur.

C’est cette politique, dont on connaît tous les méfaits et limites, que M. Ouattara nous sert encore aujourd’hui. Comme hier, il va s’employer à son crime préféré : le bradage du patrimoine de la Côte d’Ivoire. Comme hier on sait qui vend mais sait-on vraiment qui achète ou rachète ?

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR ELECTRIQUE

Le secteur électrique était géré de 1952 à 1990 par une société d’État, l’EECI (Énergie, Électrique de Côte d’Ivoire). La Côte d’Ivoire s’est dotée, sous l’impulsion de l’EECI, d’un parc impressionnant de 6 barrages hydroélectriques fournissant en 90, une puissance installée de 600 mégawatts avec un réseau interconnecté.

En 1990, le secteur est en crise avec une dette qui s’élève à 120 milliards de FCFA et des arriérés de consommation de 37 milliards de FCFA soit trois ans de consommations d’électricité par l’État de Côte d’Ivoire, qui, soit dit en passant, consommait presque gratuitement l’électricité.

En 1990, l’État de Côte d’Ivoire confie par concession sur 15 ans la gestion de l’électricité à une société privée  française : la CIE. Le contrat de concession oblige la CIE à verser des redevances à l’État de Côte d’Ivoire et à prendre en charge les entretiens courants, tandis que la dette revenait à l’État ainsi que les investissements lourds. La CIE met fin à la gratuité avec l’État de Côte d’Ivoire et équilibre les finances. L’opérateur français, actionnaire principal et bénéficiaire de la CIE investit dans la production de gaz et des centrales thermiques selon des contrats de type BOT. Aujourd’hui, la CIE fait un chiffre d’affaires de 300 milliards de FCFA avec les 2/3 affectés au payement du gaz dont la production est contrôlée à plus de 50% par l’operateur privé français selon un contrat de type « take or pay » indexant le prix du gaz tiré du sol ivoirien sur le cours mondial  du pétrole. Par conséquent, le prix du gaz payé à l’opérateur augmente de pair avec  la hausse du prix du pétrole sur le marché international. Tout se passe comme si le gaz tiré gratuitement du sol ivoirien était payé sur le marché international et revendu à la Côte d’Ivoire. Ainsi le gaz qui constituait 12% du coût de l’électricité en 1996 coûte aujourd’hui presque 70% soit les 2/3 du revenu du secteur, ce qui assure une montagne de bénéfices aux opérateurs gaziers au détriment de l’ensemble du secteur. Le paiement de la redevance et des taxes est devenu impossibleet le secteur est encore déficitaire à la fin des 15 ans de contrat de concession. En 2005, le secteur enregistrait un endettement de 112 milliards de FCFA soit exactement 112 540 254 795 FCFA non loin de la situation de 1990. Le mode de paiement du secteur privilégie d’abord les opérateurs gaziers, les producteurs indépendants, ensuite la CIE et en dernier ressort l’État. La crise touche donc directement la CIE et l’État tout en protégeant les gaziers et les producteurs indépendants. En 2005, alors que le pays est sous occupation de l’armée française et de l’ONUCI et que les cabinets ministériels sont repartis entre les loyalistes et les rebelles à Linas Marcoussis et Kléber, le contrat est par la force des choses renouvelé pour 15 ans et l’opérateur français allège sa présence à la CIE pour se mettre à l’abri du déficit du secteur en se concentrant sur le secteur gazier et la production indépendante d’électricité.

« Le Fonds Monétaire International a appelé le vendredi 11 mai 2012, à des réformes dans le secteur de l'énergie en Côte d'Ivoire, à l'occasion du versement des 100 millions de dollars d'un prêt au pays, soit environ 50 milliards de FCFA. Le FMI a appelé à assurer l'avenir de la Compagnie Ivoirienne d`Electricité (CIE) par "de nouvelles mesures, y compris des hausses des tarifs" ». Rapporte le quotidien Notre Voie dans sa livraison du 14 Mai 2012.

Sans faire le constat amer de l’échec de la reforme, la population est sollicitée pour plus de sacrifices en vue de continuer à enrichir les gaziers.

La solution à court terme ne consiste pas à augmenter le prix de l’électricité, ce qui constitue un vrai crime, mais à réduire la part gaz dans le secteur de l’électricité comme le voulait le dernier gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) en déconnectant le prix du gaz du prix international du pétrole et en optant pour un contrat de type « cost plus » qui prend en compte uniquement le coût de production du gaz et une marge bénéficiaire acceptable. A long terme, pour faire face à la dette du secteur, au vieillissement du réseau et des transformateurs électriques, il sera nécessaire de déclarer le secteur électricité comme secteur stratégique et opérer les reformes correspondantes. L’accroissement de la production de gaz et de l’électricité ne servira à rien si le réseau de transport et de distribution s’effondre.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR AGRO INDUSTRIEL ET CHIMIQUE

Les sociétés expropriées à la Côte d’Ivoire, du fait de Monsieur OUATTARA, sont légion. Plusieurs entreprises du secteur agro industriel sont passées à la casserole de la privatisation(nouveau nom du crime économique) malgré les performances de ces entreprises partiellement ou totalement gérées par l’État qui, pour certaines étaient dans des difficultés conjoncturelles réversibles. Ce sont, entre autres :

COSMIVOIRE, NOVALIM/NESTLE, CAPRAL/NESTLE, FILTISAC, SAPH, SICOR, SODESUCRE, SOGB, PFCI (conserve de thon), SACO, SODERIZ, CHOCODI, COCOTERAIE (Fresco, Grand-Lahou, Jacqueville, Assinie), TRITURAF, CIDT, RANCH (Marahoué, Sipilou, Badikaha) etc.

Le calcul des valeurs nettes des entreprises à privatiser prenait en compte la dette, ce qui permettait de sous évaluer ces entreprises. À la vente de ces entreprises, la dette revenait à l’État et les actifs au Privé (socialiser la dette et privatiser le profit) généralement à une multinationale avec divers prétextes. Souvent le paiement de la valeur nette est directement puisé dans la trésorerie de l’entreprise et l’opération est ainsi bouclée. Le chiffre d’affaires moyen de ces entreprises depuis 1990 oscille autour de 20 milliards de FCFA pour la plupart. Pour la trentaine d’entreprises du secteur agro industriel, c’est donc pas moins de 10 000 milliards de chiffres d’affaires cumulés pendant plus de 20 ans ! Comparés au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparaît clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR CACAO

Le secteur cacao  a été un grand bénéficiaire de la dette et est resté le dernier refuge du peuple ivoirien dans son segment primaire. Poumon de l’économie ivoirienne, il a permis de diversifier l’économie ivoirienne, de moderniser le pays et d’opérer une redistribution plus ou moins juste de la richesse nationale à travers la Caistab, société d’Etat en charge du secteur jusqu’en 1999.

Imaginer un seul instant qu'à l'époque, les revenus captés par la Caistab, au lieu de servir au financement de la Côte d’Ivoire moderne, allaient à un opérateur privé externe ! La Côte d’Ivoire ne se serait pas modernisée et serait à l’image d’un grand campement, propriété de cet opérateur immensément riche dans son pays.

La guerre du cacao et l’aveuglement idéologico-politique qui a présidé à la liquidation de la caistab nous conduisent tout droit vers ce que la Côte d’Ivoire a su éviter pendant 30 ans. La guerre du cacao avait pour objectif de faire main basse sur la manne qui arrosait la Côte d’Ivoire.

Cette guerre du cacao commencée en 1932 par le Président Félix HOUPHOUET-BOIGNY et remportée par lui en 1960 apermis au peuple de Côte d’Ivoire de se doter des moyens de son développement. Cela a aussi permis, à travers les bourses, à des élèves et étudiants de milieu modeste de poursuivre par le mérite leurs études et enfin à la Côte d'Ivoire de former des cadres sans distinction d'ethnie ni de milieu social. La crise qui a frappé la Côte d’Ivoire en1990 a été l’occasion rêvée pour les multinationales de reprendre l’offensive. À la faveur de la libéralisation du secteur en 1990, les grands négociants mondiaux du cacao sont autorisés à s’impliquer dans la commercialisation interne du cacao. En 1999, la Caistab est dissoute, les négociants remplacent la Caistab et s’emparent de la commercialisation interne et externe du cacao. Sur une production annuelle de 1 200 000 tonnes et sur un cours mondial variant entre 1000 et 2000 FCFA, la commercialisation du cacao produit 1000 à 2000 milliards de FCFA par an dont plus de la moitié est empochée par les négociants (ce qui revenait à la Caistab et permettait la modernisation du pays) et le reste distribué entre les paysans, les pisteurs et petits commerçants et l’État de Côte d’Ivoire. La Côte d’Ivoire est ainsi dépouillée au profit des négociants. Leur dernier combat reste la main mise sur l’autre moitié de la manne financière en liquidant l’État (ce qui est fait) et en chassant les paysans de leur terre par un génocide programmé (en cours d’exécution) et en votant un nouveau code foncier rural pour faire main basse sur les plantations de cacao comme cela s’est déjà produit dans le secteur palmier, hévéa, banane et ananas. Le contrôle vertical total de la filière par les négociants reste l’objectif principal de la guerre du cacao.

En 20 ans de libéralisation, ce n’est pas moins de 20 000 milliards de FCFA qui se sont envolés des plantations au profit des négociants. Comparé au « cadeau du PPTE » c’est la mer qui se débarrasse de quelques gouttes d’eau par évaporation, formant des nuages et revenant sous forme de… pluie de milliards.

Il apparait clairement que la Côte d’Ivoire gagne moins en espérant une pluie de milliards qu’en réalisant son indépendance économique. L’ambition du Gouvernement AKE NGBO, était justement d’assurer le contrôle interne et externe de la commercialisation du cacao. Il est en prison pour crime économique.

LES CONSEQUENCES DANS LE SECTEUR FINANCIER

Grand bénéficiaire des dettes, le secteur financier a obtenu un volume important de financement pour  les crédits à tous les secteurs de production dont l’agriculture et les infrastructures. M. Ouattara a annoncé la privatisation et /ou la liquidation des banques publiques dès son installation par les bombes françaises. Cette mesure était exigée de la Côte d’Ivoire depuis le programme d’ajustement du secteur financier (PASFI), lancé au début des années 1990 par le même Ouattara. Ce programme se traduira par une réduction de la présence des opérateurs nationaux dans le secteur, laissant la place largement aux banques françaises. La mesure a été reprise par les programmes de réforme des bailleurs de fonds qui se sont succédés. Le Président Gbagbo a toujours refusé de s’y soumettre. C’est cette obsession de la liquidation des banques nationales qui habite encore M. Ouattara, surtout après l’admirable résistance dont elles ont fait preuve en devenant le fer de lance d'une alternative au système françafricain face à la fermeture des banques pendant la crise postélectorale.

La privatisation ou la liquidation des banques publiques en côte d’Ivoire est plus qu’une erreur, c’est une faute grave. Le bradage des fruits des efforts déployés depuis plus de 10 ans pour sauver des banques publiques (BNI et BHCI) et privées qui étaient en difficulté (Versus Bank et BFA). Les banques françafricaines qui dominent le marché financier ont une double vocation : collecter et rapatrier des fonds en France et encourager la consommation des produits importés. Le crédit à la consommation domine le portefeuille de ces banques. Pour ces banques françafricaines, l’agriculture est considérée comme un secteur à risque tout comme les PME/PMI. Seul l’Etat peut prendre ce risque en innovant. C’est la raison fondamentale du choix de restructuration des banques par le pouvoir GBAGBO et le sauvetage des banques fermées pendant la période de crise par le Gouvernement AKE NGBO (emprisonné pour crime économique) pour asseoir une véritable indépendance financière en vue de relancer la machine économique à travers le financement de l’agriculture et des PME/PMI.

Il est étonnant que l’on puisse assister à un tel aveuglement idéologique aujourd’hui encore après que les Etats soient intervenus massivement et directement dans les banques aux USA et en Europe en 2008 dans le cadre de plans de sauvetage élaborés pour faire face à la crise financière sans précédent qui a éclaté du fait des comportements à risques et des excès des banques privées. Aujourd’hui même, il est proposé de créer en France une banque publique d’investissements pour soutenir les PME/PMI nécessaires à une dynamique de croissance. On ne peut pas comprendre la solution Ouattara, qu’en la replaçant dans le cadre de la récompense à ses parrains qui est sa mission première.

 

CONCLUSION

La dette apparaît donc, en dernière analyse, comme le fruit de la magie des accords de coopération entre la Côte d’Ivoire et la France dans le cadre de la communauté franco-africaine. La France a prêté un bien mal acquis pris dans les poches de ses obligés. Les fruits des investissements de cette dette dans les secteurs clés de l’économie à savoir: l’énergie, les mines, les télécommunications, le cacao, l’agro industrie, les banques, etc. sont retournés par le jeu de la privatisation vers le prêteur principal et ses alliés. Le coût du cadeau se résume donc en une tornade ayant emporté tout sur son passage en expropriant économiquement et financièrement l’Etat de Côte d’Ivoire avec le retour de la politique de la main tendue. Le désir de souveraineté politique, économique, monétaire et financière incarné par Laurent GBAGBO et devant être mise en œuvre par le gouvernement AKE NGBO était donc jugé criminel pour les françafricains. La guerre contre la Côte d’ivoire avait pour but de mettre fin à ce désir et à dépouiller la Côte d’Ivoire de son moyen de résistance : sa souveraineté politique. L’expropriation de l’armée régulière au profit de « tirailleurs françafricains » par la France et l’ONUCI, la destruction des archives de l’Etat et de l’université pour faire oublier les années d’indépendance et réécrire une autre histoire et éditer d’autres documents, le mépris des prescriptions constitutionnelles, ont pour objectif la restauration de la françafrique et  la fin de cette souveraineté. Il ne faut donc pas chercher loin, le vrai « crime »  économique dont on accuse le Président GBAGBO et son gouvernement est donc le désir de mettre fin à 50 ans de biens mal acquis.

Il ne reste au peuple que la vie, la parole et la terre comme moyens de résistance mais aussi, les cibles actuelles de la barbarie des démocrates et républicains de l’âge de la pierre taillée qui dialoguent avec des amulettes, des gourdins et des armes pour faire taire les journaux et les libertés publiques, ôter la vie et exproprier des terres.

Tant que le système françafricain restera en l'état, la reconstitution de la dette sera pour bientôt, car dans les conditions actuelles, l’épargne est impossible à constituer et la mendicité financière est l’unique solution. Or une croissance dont les facteurs  sont essentiellement étrangers n’engendre des revenus que pour l’extérieur. Dans ce cas, la lutte contre la pauvreté se transformera en guerre contre les pauvres pour leur arracher la vie, la parole et la terre, seuls biens restants.

A la lumière de l’expérience ivoirienne, il apparaît clairement que l’aide coûte toujours plus cher que sa valeur monétaire. La quête de l’indépendance économique, financière et monétaire est criminalisée. Or, l’Afrique n’a  pas besoin d’aide mais plutôt de justice économique et, surtout, d’indépendance économique, financière et monétaire.

La question que nous sommes en droit de nous poser aujourd'hui, est de savoir s'il n'y a pas d'autres formes de partenariat avec la France qui puisse permettre une sortie de crise mutuelle puisqu’un seul pauvre en Afrique ou ailleurs est une opportunité de croissance en moins donc un emploi en moins en occident. La pauvreté de l’Afrique restreint donc la consommation et a un impact certain sur la croissance de l’occident.

Si le déficit de cadres dans les années 60 a justifié la dépendance économique, financière et monétaire formalisée par les accords qui fondent la françafrique, ces accords sont devenus une chaîne avec l’excès de cadres. L’étape actuelle et future de l’histoire de l’Afrique exige leur annulation pure et simple  pour libérer l’énergie créatrice du continent afin de stimuler la croissance mondiale et cela sans difficulté si, comme le pensait HOUPHOUET-BOIGNY « La France n’a aucun intérêt à nous laisser dans les bras de la misère et de la pauvreté ». La minorité franco-africaine, regroupée en partie au sein du CAC 40, bénéficiaire de la Françafrique a donc choisi la guerre pour s’imposer à la majorité et sans résultat effectif pour cette majorité qui souffre encore du chômage et de la dette malgré les multiples guerres de pillage en Afrique et ailleurs.

Telle est la face économique hideuse de la guerre contre la Côte d’Ivoire et partant de la guerre de la minorité multinationale  contre le reste du monde.

Œuvrons ensemble pour construire l’unité  par la réconciliation inclusive et bâtir un espace de liberté, de sécurité et de justice consensuelles où la force des idées guide le choix du peuple et non la force des armes pour réaliser l’idéal promis à l’humanité : « tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en dignité et en droit » (art. 1 de la déclaration universelle des droits de l’homme).

            

DON MELLO Ahoua


Docteur Ingénieur, Ponts et Chaussées

DG DU Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (BNETD) 2000-2010

Administrateur de la Banque Nationale d’Investissement (BNI) 2000-2010

Administrateur de la CAPEC (Cellule d’Analyse des Politiques Economiques) 2000-2010

Membre du Comité de Privatisation 2000-2010

Ministre de l’Equipement et d’assainissement du Gouvernement AKE NGBO

Membre de la Coordination FPI en exil.


SourceABIDJAN DIRECT.NET

jeudi, 13 septembre 2012

COTE D'IVOIRE, LA DICTATURE SE RENFORCE

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Six quotidiens proches de l'opposition, dont Le Nouveau Courrier, suspendus pour six parutions


Six quotidiens proches de l’opposition ont été suspendus mercredi nuit par le Conseil national de la presse pour avoir publié "collectivement" des photos "soutenues par des légendes" qui "affublent" les détenus proches de l’ancien président Laurent Gbagbo "de titres de Premier ministre et ministre", dans un communiqué. Le Nouveau Courrier, LG Info, Le Temps, Aujourd'hui et Le Quotidien d’Abidjan ont été suspendus pour 6 parutions pour avoir "reproduit collectivement les manquements, objet de la suspension de Notre Voie" et L'Alternative pour 12, a annoncé le Cnp, dans son communiqué rendu public mercredi nuit. Vendredi, "le quotidien Notre Voie a été suspendu pour (6 parutions soit une semaine) avoir publié en quatrième de couverture dans ses éditions des 17 août ainsi que celles des 3, 5 et 6 septembre des photographies des personnalités du régime déchu, actuellement en détention, avec en légende, Gilbert-Marie Aké N’Gbo, Premier ministre/Désiré Dallo, ministre/Alcide Djédjé, ministre…", rappelle le texte.

Le Cnp a qualifié l’acte des 6 journaux de "défiance" et de "sédition" qu’il "ne saurait tolérée", qui "contribue sciemment" à "entretenir dans l’esprit des populations, l’existence d’un bicéphalisme au sommet de l’Etat". Après la sanction contre Notre Voie, le groupe Refondation, société éditrice du journal, a lancé lundi un second quotidien dénommé L’Alternative.

"Particulièrement, en ce qui concerne L’Alternative", quotidien lancé lundi par le groupe Refondation, société éditrice de Notre Voie,  le Cnp a relevé avoir "observé qu’en plus de reproduire ces légendes", le journal "a une ours publication identique à celle de Notre Voie avec la même équipe rédactionnelle, le même site internet et la même adresse e-mail". Le Conseil a conclu, en effet, que la mise sur le marché de ce quotidien "constitue une violation flagrante" de la loi du 14 décembre 2004 portant régime juridique de la presse et lui a infligé une suspension de 12 jours, soit de deux semaines.
 


Alerte Info


dimanche, 09 septembre 2012

MALGRE LES PERSECUTIONS - LA PRESSE D'OPPOSITION SE VEND MIEUX QUE LA PRESSE DU REGIME OUATTARA


UNE N° 570 QUOTIDIEN NOUVEAU COURRIER.jpg


Un regard attentif sur les chiffres de la presse publiés par le Conseil national de la presse (CNP), qui tient toujours sa comptabilité en dépit de l’accentuation de sa vocation «policière» permet de comprendre un peu mieux les méthodes radicales utilisées par le régime pour faire taire la presse non alignée.

En effet, ces chiffres traduisent d’une manière assez frappante les mouvements d’une opinion publique qui, même si elle achète peu les journaux, préfère aujourd’hui largement la presse appelée «bleue». Ainsi, au deuxième trimestre 2012, les ventes cumulées des journaux estampillés «bleus» (Le Temps, Notre Voie, Aujourd’hui, Le Nouveau Courrier, LG Info, Le Quotidien) s’élèvent à 2 543 757 exemplaires. Tandis que celles de la presse du régime (Le Nouveau Réveil, Le Patriote, L’Expression, Nord Sud, Le Jour Plus, Le Mandat, Le Démocrate) plafonne à 1 514 787 exemplaires vendus.

Même si l’on ajoute à ces journaux le quotidien d’Etat Fraternité-Matin, devenu un quasi-organe du RDR mais toujours incontournable pour l’information économique et institutionnelle, les annonces classées et les offres d’emploi, la performance de la «presse bleue» n’est toujours pas égalée.

Sous Venance Konan, chouchou de la presse française mais qui convainc visiblement bien moins le lectorat ivoirien, Fraternité-Matin dégringole de manière assez préoccupante. En effet, Fraternité-Matin a vendu au second trimestre de cette année 871 265 exemplaires. Le quotidien d’Etat poursuit ainsi une chute spectaculaire. La consultation des chiffres du CNP montre ainsi qu’entre 2005 et 2011, Frat-Mat a oscillé entre 1 100 000 et 1 500 000 exemplaires par trimestre. Le désamour est réel.
 

P.B.


ENCORE UN DRAME SOUS OUATTARA

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Après le drame du 5 août 2011, dans cette même lagune, les nombreux accidents graves enregistrés tous les mois si ce n'est chaque semaine faisant de nombreux morts, les crimes de sang contre d'innocentes populations, et même un tremblement de terre (fait rare sinon unique dans notre histoire), voici encore un drame sous l'ère Ouattara. Ainsi va la nouvelle Côte d'Ivoire. On parle de 15  disparus sur le site indépendant Xinhua et de 16 sur le site pro-Ouattara Connectionivoirienne, quand officiellement il y a 6 disparus. Où se trouve la vérité? Que nous cache-t-on?


Drame, ce jeudi 6 septembre 2012, sur le plan lagunaire: un bateau chavire, 6 FRCI disparus

 

Côte d’Ivoire. L’armée est en deuil. Six (06) éléments des Forces de républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) ont disparu dans la lagune, hier. Il s’agit de deux (02) marins dont le capitaine de Frégate Secongo Doulaye, chef du bureau des Opérations de la marine, de trois (03) gendarmes et d’un policier. Le bateau dans lequel ils étaient a chaviré aux environs de minuit non loin du pont Félix Houphouët-Boigny. 

Les victimes faisaient partie d’une patrouille mixte qui surveillait le plan d’eau lagunaire. Cette mission, en effet, s’inscrit dans le cadre des opérations de sécurisation du district d’Abidjan après les attaques des positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci). Ce sont trois vedettes (petits bateaux) qui ont été affectées pour cette tâche dans laquelle faisaient partie plusieurs hauts gradés de l’armée dont le général Déto Letho. La patrouille s’est bien déroulée mais c’est au retour que la vedette qui était derrière les deux (02) autres a chaviré . 

A quelques minutes seulement de la base annexe de la Marine nationale. Il y avait à son bord 15 militaires. Le bilan fait état de neuf (09) rescapés et six (06) disparus. Selon les informations reçues à la base navale annexe du Plateau, le fort courant marin serait à l’origine de ce naufrage. Les militaires de la vedette qui a chaviré, a en croire notre source, ont appelé leurs camarades au secours. Mais le temps que les autres vedettes n’arrivent à leur niveau, dans la panique, six (06) militaires n’ont pu résister au courant d’eau qui les a emportés. 

Ce sont donc les neuf (09) autres qui s’étaient accrochés aux cordes de la vedette qui ont été sauvés. Notre source rapporte aussi que le bateau avait pris de l’eau par l’arrière. Informé, le ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, s’est rendu sur les lieux pour apporter le soutien du chef de l’Etat et celui du Gouvernement aux Frci. Des détachements de la Licorne, de l’Onu et des Frci multiplient les recherches pour retrouver les disparus. A la base navale annexe, c’est la consternation. Le camp était calme. La tristesse se lisait sur les visages. Les militaires aussi par petits groupe, commentaient le drame. Ils ne comprennent pas ce qui est arrivé à leurs camarades en mission commandée. Hier à 18 heures, lorsque nous mettions sous presse, aucun disparu n’a été repêché. Par contre, un kalach a été retrouvé. 

Djé Km 
cathycelio@yahoo.fr


Source: AFRIK53

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Liste des victimes de ce naufrage :



Capitaine de vaisseau Sékongo Doulaye (FRCI), chef des opérations de la marine nationale;


Sergent Dosso Séria (Police), garde de corps du Directeur général adjoint de la police nationale chargé de la sécurité publique;

Mdl Manzo Eric (gendarmerie), garde de corps du commandant en second de la gendarmerie nationale;


Mdl Kra Hubert (gendarmerie), garde de corps de corps du commandant en second de la gendarmerie nationale;


Mdl Oyassi Jocelyn (gendarmerie), garde de corps du commandant en second de la gendarmerie nationale;


Quartier-maître Soro Siria (FRCI), garde de corps du chef des opérations de la marine nationale.

 

In La Dépêche D'Abidjan

samedi, 08 septembre 2012

L’INITIATIVE PPTE: ENTRE ILLUSION ET ARNAQUE

 

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Dans les années 1980, les crises financières liées à l’impossibilité pour un nombre croissant d’Etats d’assurer le remboursement de leur dette se sont multipliées. Alors qu’au départ, les pays riches considèrent qu’il s’agit d’évènements ponctuels liés à une mauvaise gouvernance dans ces pays, à partir du sommet du G7 de Toronto de 1988, la dette est reconnue comme un problème structurel. Les États riches tentent alors d’organiser des rééchelonnements et quelques mesures d’allégements bien maigres pour les nombreux pays qui accumulent des arriérés de paiement et doivent rencontrer leurs créanciers de plus en plus souvent pour obtenir des délais de paiement. Ces mesures vont à chaque fois s’avérer insuffisantes et inadaptées, si bien que le problème de la dette demeure entier.

Même les quelques annonces fort médiatisées d’annulations qui ont eu lieu depuis 1990 sont bien décevantes. Des allégements ont été réservés aux alliés stratégiques des États-Unis ou des quatre autres grandes puissances (Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne). En 1996, face à l’ampleur prise par la crise de la dette, les grands argentiers du monde conçoivent une nouvelle initiative d’allégement, encore en vigueur, très médiatisée et non dénuée d’arrière-pensées : c’est l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés, en anglais HIPC pour Heavily Indebted Poor Countries).

L’initiative PPTE, lancée au sommet du G7 de Lyon en 1996 et renforcée à celui de Cologne en septembre 1999, est censée alléger la dette des pays pauvres et très endettés. Mais elle est mal née : elle ne résout rien. Elle ne concerne qu’un petit nombre de pays très pauvres (42 pays seulement, représentant 11% de la population des pays en développement) et son but se limite à rendre leur dette extérieure soutenable. Le FMI et la Banque mondiale essaient d’alléger la dette juste ce qu’il faut pour mettre fin aux arriérés et aux demandes de restructurations. Pas plus ! On verra qu’ils ne vont même pas y parvenir. Mais surtout ils profitent de cette initiative qui semble généreuse pour imposer un renforcement de l’ajustement structurel et de nouveaux prêts. Malgré une apparence de changement, la logique demeure.

Le mécanisme officiel

Pour bénéficier d’un allégement de dette dans le cadre de l’initiative PPTE, les étapes sont nombreuses et exigeantes, et nécessitent un temps démesurément long.

Tout d’abord, les pays susceptibles d’y prétendre doivent, selon le FMI, « avoir un degré d’endettement intolérable » et « établir des antécédents positifs dans la mise en œuvre de réformes et de bonnes politiques économiques au moyen de programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale ». Il s’agit d’un véritable parcours du combattant. Le pays concerné par cette initiative doit d’abord signer un accord avec le FMI afin de mener pendant une période de trois ans une politique économique approuvée par Washington. Cette politique s’appuie sur la rédaction d’un Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Ce document, assez long à rédiger, est intérimaire dans un premier temps. Il présente la situation économique du pays et doit préciser dans le détail la liste des privatisations, les mesures de dérégulation économique permettant de générer des ressources pour le remboursement de la dette d’une part, et comment d’autre part les fonds résultant de l’allégement seront utilisés, notamment pour lutter contre la pauvreté. On voit la contradiction. Officiellement, le DSRP doit être rédigé « selon un vaste processus participatif », en collaboration avec la société civile locale.

À l’issue de cette période de trois ans, le FMI et la Banque mondiale cherchent à savoir si la politique suivie par ce pays est suffisante pour lui permettre de rembourser sa dette. Le critère retenu pour déterminer une éventuelle insoutenabilité de la dette est le rapport entre la valeur actuelle de sa dette et le montant annuel de ses exportations. Si ce ratio est supérieur à 150 %, la dette est estimée insoutenable |1|. Dans ce cas, ce pays atteint le point de décision et est déclaré admissible à l’initiative PPTE.

Il bénéficie alors de premiers allégements (dits « intermédiaires »), portant uniquement sur le service de la dette pour la période couverte par l’accord avec le FMI.

Un pays ayant atteint favorablement le point de décision doit alors poursuivre l’application des politiques agréées par le FMI et rédiger un DSRP définitif. La durée de cette période varie entre un et trois ans, elle est déterminée par la rédaction du DSRP et la mise en œuvre satisfaisante des réformes-clés convenues avec le FMI. Ces réformes-clés correspondent en fait à un renforcement de l’ajustement structurel des années 1980 et 1990.

Puis arrive le point d’achèvement. Le pays bénéficie alors d’une annulation du stock de sa dette bilatérale selon les termes de Cologne : officiellement, 90% du stock de sa dette non-APD pré-date butoir, que l’on a bien souvent du mal à voir dans la pratique. Le poids du remboursement de la part multilatérale de sa dette est allégé, sans recourir à une annulation véritable, de façon à permettre au pays de revenir à une dette globale soutenable selon les critères du FMI.

À propos des prétendus allégements de la part multilatérale, un fonds appelé fonds fiduciaire PPTE (en anglais trust fund) a été créé. Il est géré par l’AID, une branche de la Banque mondiale. Les pays riches et les institutions multilatérales sont incités à contribuer à ce fonds. Les sommes récoltées sont placées sur les marchés financiers, contribuant ainsi au gonflement de la bulle spéculative. Les bénéfices perçus sont destinés à financer les allégements : les institutions multilatérales, qui ont décidé de ne rien annuler même si elles en ont les moyens, piochent dedans pour se rembourser. Ainsi, que le remboursement provienne du trust fund ou des PED (pays en développement), rien ne change pour le FMI et la Banque mondiale. Parler d’annulation dans ces conditions est un abus de langage, volontaire pour servir leur image de marque. Ne nous y trompons pas : il n’y a pas d’annulation de dette multilatérale.

Au total, les PPTE sont au nombre de 42, dont 34 pays d’Afrique subsaharienne (dont Madagascar), auxquels il convient d’ajouter 4 pays d’Amérique latine (le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, le Guyana), 3 pays d’Asie (le Laos, le Vietnam et Myanmar) et le Yémen. Mais ils ne seront pas tous bénéficiaires d’allégements. En effet, le Laos ne demande pas à profiter de cette initiative, parce que ses dirigeants jugent qu’elle apporte plus d’inconvénients que d’avantages. De plus, 4 pays sont arrivés au point de décision et ont eu une réponse négative : l’Angola, le Kenya, le Vietnam et le Yémen. Leur endettement est jugé soutenable, même si par exemple l’Angola, ravagé par 25 ans de guerre civile entretenue par les multinationales pétrolières, a dû affronter en 2002 une famine sans précédent sur son territoire... Enfin, les prévisions indiquent que trois autres pays ne sont pas en mesure de bénéficier de l’initiative (à cause d’un état de guerre ou d’un manque de coopération avec les pays riches) : le Liberia, le Soudan et la Somalie, ainsi sanctionnés parce qu’ils ne sont pas politiquement corrects. L’initiative PPTE concerne donc au mieux 34 pays.

Voilà pour l’aspect officiel. Mais on ne peut en rester là : tout cela mérite un bilan et de multiples observations pour comprendre ce qui se trame en coulisses.

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Les résultats de l’initiative PPTE

En novembre 2003, 27 pays avaient atteint le point de décision, et huit d’entre eux avaient atteint le point d’achèvement : l’Ouganda, la Bolivie, le Mozambique, la Tanzanie, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Mali et le Bénin.

Selon le FMI, qui fait dans la propagande, l’économie pour ces 27 pays atteint 40 milliards de dollars, sans préciser qu’ils en profiteront souvent par une réduction des remboursements sur plusieurs dizaines d’années, pendant lesquelles d’ailleurs la dette aura eu mille occasions de se reconstituer...

En ce qui concerne le fonds fiduciaire PPTE, le total des fonds promis par les États riches atteint 2 sur remboursements accordées par les institutions multilatérales. En règle générale, le FMI et la Banque mondiale sont très peu loquaces sur le contenu actuel de ce fonds et sur sa possibilité de financer effectivement tous les allégements promis. Mais ils admettent en coulisse que si les gouvernements ne tiennent pas leurs promesse, 6 milliards de dollars. Les contributions versées depuis 1996 s’élèvent pour l’instant à environ 1,6 milliards de dollars (une misère !). Le FMI y a contribué par la vente d’une partie de son stock d’or (pour 800 millions de dollars). Comme nous l’avons dit, ces sommes serviront à financer les remises, ils ne le pourront pas non plus.

Les limites de l’initiative PPTE

Primo, il ne s’agit pas de libérer le développement des PPTE, mais modestement de rendre leur dette soutenable. La différence est de taille : on va annuler juste ce qu’il faut pour faire payer les PED au maximum de leurs possibilités. En fait, on annule essentiellement les créances impayables. L’initiative PPTE est avant tout destinée à garantir la pérennité des remboursements et à dissimuler le renforcement de l’ajustement structurel sous une apparence de générosité. En 2001, soit cinq ans après le début de l’initiative, les 42 PPTE ont transféré des sommes colossales au Nord : le transfert net sur la dette a été négatif pour eux d’environ 320 millions de dollars.

Deuzio, outre la faiblesse des montants concernés, l’insuffisance de l’initiative PPTE porte aussi sur le nombre de pays bénéficiaires : il faut être très pauvre et très endetté pour pouvoir prétendre à de tels allégements. Ainsi le Nigeria est très endetté, mais comme il s’agit d’un pays producteur de pétrole, il n’est pas jugé assez pauvre. Haïti, un des pays les plus pauvres de la planète, n’est pas jugé assez endetté pour être éligible. Et les pays où vivent la plupart des pauvres de la planète ne sont pas concernés : la Chine, l’Inde, l’Indonésie, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, les Philippines, le Pakistan, etc. Comment espérer sortir de l’impasse financière actuelle où sont plongés tous les PED avec une telle initiative ? Et même pour les PPTE, les accords passés dissimulent de nouveaux prêts, qui vont faire repartir à la hausse le stock de la dette. La mécanique infernale est toujours enclenchée…

Surtout que les prévisions du FMI et de l’AID pour les pays endettés se sont révélées bien trop optimistes, c’est reconnu désormais au sein même de ces institutions. Les allégements, calculés sur une situation économique quasi-paradisiaque, sont donc insuffisants à un point tel que la dette de certains pays ne parviendra même pas à devenir soutenable à la fin de l’initiative. Le comble !

Même si toute réduction est théoriquement la bienvenue, c’est cher payer la mainmise totale du FMI sur l’économie de ces pays. Car le DSRP, qui doit être approuvé par le FMI, ne résiste pas à l’analyse : il est l’héritier des fameux plans d’ajustement structurel des 20 dernières années. Seul le nom a changé : « Stratégie de réduction da pauvreté », c’est beau, ça sonne social, mais c’est de l’ajustement structurel ! Un PAS revu, et même pas corrigé, sinon par quelques projets de lutte contre la pauvreté ciblés et souvent incompatibles avec les objectifs de croissance fixés. A tel point que le Laos a refusé d’y participer...

Le DSRP doit officiellement être rédigé en concertation avec la société civile. Dans la pratique, ce point relève souvent de la manipulation. Certaines organisations non-gouvernementales (ONG) du Sud sont inscrites parfois à leur insu aux différents ateliers conduisant à la rédaction du document. Elles sont souvent prévenues fort tard des réunions, ou reçoivent les documents au dernier moment. Elles ont rarement le temps de préparer efficacement les rencontres avec les représentants du gouvernement et des différents organismes qui ont de toute façon la majorité pour décider. Les ONG à l’extérieur de la capitale ne sont pas associées en général, on a même vu un ministre demander aux ONG de signer ce bon document qu’est le DSRP et de ne pas montrer de désaccord devant des étrangers pour ne pas nuire à la crédibilité du pays... Ainsi, au Burkina Faso, la participation de la société civile s’est limitée à une réunion de 90 minutes avec les « donateurs ». Certains gouvernements vont jusqu’à créer leur propre ONG pour faciliter les convergences avec la société civile. Processus participatif ? Poudre aux yeux...

Par ailleurs, les critères sélectionnés pour mesurer la soutenabilité de la dette ont deux particularités.

 Ils sont discutables : comment décider qu’un pays va ou non pouvoir bénéficier d’allégements pour réduire la pauvreté chez lui en étudiant juste un ratio ? 149 %, ah ! dommage, vous vous débrouillerez tout seul, mais on compatit...

 Ils sont complexes, sans doute à souhait, pour en discuter entre experts seulement, et pour que l’étroitesse de l’initiative ne saute pas aux yeux. Pas de chance pour eux, des militants d’associations comme le CADTM, qui dispose d’un réseau international, n’hésitent pas à mettre le nez dedans pour les dénoncer avec force. La CNUCED ou la Commission des droits de l’homme de l’ONU publient également des rapports très critiques sur cette initiative.

Le premier pays bénéficiaire a été l’Ouganda, allié des États-Unis dans la région des Grands Lacs, le levier géopolitique est dès lors bien clair. Les quelques sommes qui ont été libérées pour la vitrine sociale de l’initiative PPTE (à savoir la réduction de la pauvreté, par ailleurs décuplée par les autres mesures-clés) ont servi à l’Ouganda pour la gratuité de l’école primaire. Les taux de scolarisation ont bondi, mais la chute du cours du café, dont l’Ouganda est fortement dépendante, ont privé le pays de ressources équivalentes à celles libérées par l’initiative PPTE. Retour à la case départ donc…

Au niveau bilatéral, la question de l’additionnalité des sommes dégagées est cruciale. Il serait fâcheux que ces sommes soient prélevées sur d’autres aides octroyées aux PED. Pour le moment, il est permis d’être inquiet ! Le cas de la France est assez éclairant. Elle a mis en place le procédé de refinancement par don, via des contrats de désendettement-développement (C2D) : le PPTE rembourse ses échéances à la France qui reverse très vite la même somme sur une ligne spéciale à la banque centrale de ce pays. L’utilisation des sommes ainsi dégagées est décidée conjointement par le gouvernement du pays et l’ambassadeur de France, ce qui place une partie du budget de ce PPTE sous tutelle française ! Mais surtout, la somme reversée par la France est comptabilisée comme aide publique au développement, alors que cette APD n’a toujours pas été augmentée en conséquence. Donc cette non-annulation (car le lien n’est pas coupé entre créancier et débiteur) se fait au détriment de projets qui devaient être financés par l’APD. Si ce n’est pas de l’arnaque, cela y ressemble...

En fait, l’initiative PPTE sert avant tout à renforcer et à relégitimer les politiques d’ajustement structurel imposées par la Banque mondiale et le FMI. Le message délivré est en quelque sorte le suivant : « Si vous faites la politique que nous préconisons, vous n’aurez plus un endettement insoutenable. Mieux, nous vous prêterons de l’argent afin que vous puissiez mener les politiques que nous recommandons. » C’est un nouvel instrument de domination très habile, qui permet aux institutions de Bretton-Woods de se dégager de toute responsabilité dans la montée de l’endettement et de mettre de leur côté les gouvernements du Sud.

Voilà pourquoi de nombreux citoyens, surtout au Sud, pensent que l’initiative PPTE fait partie du problème, pas de la solution...

 

Notes

|1| Pour être complets, signalons que certains pays très pauvres sont particulièrement ouverts et ont un montant annuel d’exportations élevé. Malgré un surendettement important, leur dette pourrait être considérée comme soutenable selon le critère choisi. Pour élargir l’initiative à ces pays, on a ajouté un autre critère : pour les pays ayant un rapport exportations/PIB supérieur à 30 % et un rapport recettes budgétaires/PIB supérieur à 15 % (pour s’assurer que le niveau de recettes mobilisées est satisfaisant), le critère choisi pour l’insoutenabilité de la dette est un ratio valeur actuelle de la dette sur recettes budgétaires supérieur à 250 %. C’est ce critère qui a permis de déclarer éligibles à l’initiative PPTE des pays comme la Côte d’Ivoire ou le Guyana.

 

Article publié sur le site malgache : www.gazetynety.org.

 

Damien Millet, le 2 décembre 2003.

C’EST QUEL TREILLIS ÇA?

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L’histoire que vous lisez est vraie. Elle s’est passée à l’aéroport international FHB. Un voyageur, surpris de voir une tenue bizarre sur un homme – il avait pensé à un vigile – s’approche de lui et lui demande : « Excusez monsieur, c’est quelle tenue, ça ? » Et l’homme de lui répondre : « C’est la nouvelle tenue de la gendarmerie. ». « Aaah, c’est vilain hein ! », lance-t-il à nouveau. « Ah, c’est ça vous avez vu-là. », s’enquit le gendarme. L’homme se mit à rire sous cape devant le regard déçu de l’homme en tenue. Ce dernier avait mal à sa tenue. Il était évident qu’il n’ose pas en parler et qu’il n’osera jamais se plaindre, astreint qu’il est aux règlements rigides de l’armée. Mais nous au moins pouvons en parler.

Nous-mêmes reconnaissons que nous ne sommes pas spécialistes de la question. Mais a-t-on besoin d’être cordon bleu pour apprécier un bon plat ? Quelle est cette tenue bizarre et inutilement dévoileuse que le régime fait porter aux forces dites républicaines ? Une tenue militaire est d’abord et avant tout une tenue de camouflage. Elle est censée fondre le soldat dans la nature, le cacher d’une certaine manière, l’exposer moins aux regards. C’est cette idéologie qui a toujours et de tous temps sous-tendu l’habillage des forces armées partout dans le monde. Une tenue militaire est toujours adaptée au milieu dans lequel elle est portée. Un peu comme le caméléon. Ainsi, le soldat mauritanien s’habillera dans une tenue adaptée aux dunes de sable. Un alpiniste français sera en vert à cause de la végétation uniquement composée d’alpes. Un russe sera en blanc pour mieux se camoufler dans la neige en hiver.

Qu’en est-il sous Ouattara en Côte d’Ivoire ? Après avoir semé la graine de la méfiance en accusant les ex-Fds dans les récentes attaques contre les Frci, il a jugé utile de se payer leur tête à tous en les habillant de telle sorte qu’ils soient repérables partout. Les raisons qui pourraient expliquer cette légèreté sont les suivantes : Ado ne connait rien dans le domaine militaire. C’est pourquoi il passait, par exemple, son temps à brocarder les forces armées nationales quand Gbagbo se gardait de le faire même quand celles-ci posaient des actes incompréhensibles à vue. Ensuite, il a une milice pour sa propre sécurité. Notre vie à tous, soldats y compris, ne l’intéresse que très peu.

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

EXACTIONS ET CRIMES EN COTE D’IVOIRE: OU EST L’EGLISE CATHOLIQUE?

 

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Trop amorphe

 

Au-delà de l’Eglise catholique, ici spécifiquement interpellée par le quotidien «Aujourd’hui», c’est toute la société ivoirienne qui est prise à témoin devant les graves exactions et crimes subis par les Ivoiriens, ces dernières semaines, de la part du régime en place, et ce sont nos valeurs morales, culturelles et spirituelles qui sont interrogées face au silence assourdissant qui couvre toutes ces dérives inacceptables. C’est au point où on se demande s’il y a dans ce pays des chefs coutumiers, des autorités religieuses ou d’autres objecteurs de conscience. Tous font le mort. Quand ces crimes auront enfanté ce qu’ils doivent enfanter, chers messieurs et dames aphones, vous en serez tenus pour co-responsables. Devant l’Histoire. A bon entendeur… Bonne lecture !

 

Si nous n’avons pas qualité et autorité pour porter un jugement sur les agissements de l’Eglise catholique en Côte d’Ivoire, nous pouvons tout de même nous permettre de porter un regard critique sur elle. Pour trois raisons. Primo, elle est la plus vieille confession chrétienne installée en Côte d’Ivoire. Secundo, elle se veut un garant moral et spirituel de la société. Tertio, elle est la lampe censée éclairer le monde conformément aux Saintes Ecritures.

Alors pour coller à l’actualité, nous nous permettons de poser les questions qui suivent : où est l’église pendant qu’on massacre des Ivoiriens à l’Ouest ? Où est l’église pendant que des hordes de voleurs, d’expropriateurs, de vandales, de néo-colons, etc, envahissent, exproprient et pillent l’Ouest comme des criquets migrateurs ? Où est l’église quand le politique tue l’intelligentsia à travers des mesures que même les pays les plus pauvres de la terre n’ont jamais envisagées pour leur jeunesse ? Où est l’église quand les Frci s’adonnent aux violations graves des droits les plus élémentaires de l’Homme ? Où est l’église quand les détournements et autres magouilles de ceux qui nous dirigent sont érigés en sports nationaux ? Le constat que l’Ivoirien lambda fait est clair et sans appel : l’église est devenue aphone.

Or, le silence a souvent des relents de trahison et de complicité. Cette attitude, bien d’hommes de Dieu l’ont refusée et ont joué franchement leur rôle de conscience sociale. L’exemple le plus récent est Mgr. Tumi, l’Archevêque métropolitain de Kinshasa qui a dénoncé ouvertement et vertement sur Rfi le flou artistique qui a entouré les élections et qui a servi de prétexte au couple France-Onuci pour intervenir violemment dans une affaire qu’eux-mêmes ont qualifiée d’ivoiro-ivoirienne. Où a-t-il eu ses informations ? Du clergé ivoirien qui, lui, a apparemment opté pour le ni vu ni connu !? Pourquoi ce silence là où tous les Ivoiriens attendent de la mère de toutes les églises une interpellation claire et sans fioritures des autorités pour leurs propos justifiant les exactions ? Cela pose – encore une fois – le problème évident de la crédibilité de l’Eglise et des chrétiens en Côte d’Ivoire comme le souligne la Commission épiscopale de l’action et de l’apostolat des laïcs.

L’amorphie qui semble s’être emparée de l’église et le mutisme derrière lequel elle s’est muré ne sont pas faits pour arranger les choses. Vivement, la renaissance !

 

Pascal Bellasset, in le quotidien ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

LE RDR PEUT-IL CASSER LE FPI, LE PARTI DE LAURENT GBAGBO?


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Le Rassemblement des républicains (Rdr), parti au pouvoir, est décidé à briser son rival le Front populaire ivoirien (Fpi) par tous les moyens. Après s’être donné les moyens de réduire au silence le géant aux pieds d’argile qu’est le Pdci version Konan Bédié. Pour atteindre cet objectif, tous les moyens sont bons. Intimidations de toutes sortes, répression des meetings, agressions, enlèvements, arrestations, emprisonnements, etc, tout y passe.

Mais au lieu de faire capituler le Fpi, au contraire les méthodes sauvages du pouvoir ne font que ragaillardir l’opposition significative. Lorsque le régime constate l’inflexibilité du parti de Laurent Gbagbo quant à sa ferme volonté de participer au débat politique, il change de stratégie. Le jeu consiste désormais à le décapiter en mettant aux arrêts tous ses responsables. Pour ce faire, les arguments les plus farfelus sont fabriqués depuis les laboratoires de la rue Lepic: atteinte à la sûreté de l’Etat, trouble à l’ordre public, vol aggravé, etc. En tout cas pour Alassane Ouattara et ses acolytes, il faut casser vaille que vaille le front populaire ivoirien. Mais en ont-ils seulement les moyens ? En sont-ils capables ? Non, ils n’en ont pas les moyens !

D’abord l’histoire récente de la Côte d’Ivoire est là qui rappelle à la mémoire collective que tenter de faire disparaitre un parti es la plus grave erreur politique qu’un pouvoir puisse commettre. Konan Bédié qui pratique à ce jour un suivisme dégoûtant et humiliant pour le Pdci en sait quelque chose. En effet, c’est lui qui a emprisonné toute la direction du Rdr en 1998, suscitant ainsi un regain de vitalité de ce parti et même la sympathie de toute la Côte d’Ivoire pour Henriette Dagri Diabaté, alors secrétaire générale du Rdr.

Rancunier et sans grand bagage politique, il s’acharne sur son opposition par les brimades en tous genres, faisant ainsi la publicité d’un parti qui n’avait rien d’autre à offrir aux Ivoiriens que l’incivisme et la violence. La suite, on la connait. Lorsqu’il chute brutalement sous les coups de boutoirs de Ouattara (voir Le Patriote N°58 du 13 septembre 1999), c’est tout le peuple qui applaudit sa chute. Même ses propres partisans ont ri sous cape. Face à cet enseignement de l’histoire, Ouattara n’osera pas commettre la même erreur. Sauf s’il est frappé de cécité ou aveuglé par la haine viscérale qu’il n’a jusque-là pas cessé de manifester envers l’opposition.

Par ailleurs, le Front populaire lui-même est né dans l’adversité comme aimait à le dire Laurent Gbagbo, son fondateur. Que n’a pas fait le tout-puissant Houphouët-Boigny pour faire taire l’impénitent de Gbagbo qui osait le critiquer quand tout le peuple se prosternait devant lui ? Le contexte de feu dans lequel évolue le Fpi lui forge une carapace telle qu’il n’y a aucune adversité qui soit au-delà de ses forces. Il l’a prouvé par neuf pendant son règne.

En dix années de gouvernance, en effet, avec un panier à crabes en guise de gouvernement et un pays coupé en deux, l’enfant de Mama a tenu correctement le pays avec des finances assainies, les salaires régulièrement payés, les dettes intérieure et extérieure honorées, de grands chantiers entrepris. Dans cette situation pas évidente, l’opposition est ménagée avec un financement conséquent. Même pour le Rdr, absent à l’Assemblée nationale. Alors que cette opposition fait montre d’un incivisme qui paralysait toute entreprise politique, LG surmonte avec brio les difficultés du moment. A son génie qui transforme toute difficulté en opportunité, Gbagbo sait communiquer avec son peuple. Cela lui vaut la profonde sympathie et la popularité qui ne cessent de grandir au sein des populations y compris dans les rangs mêmes du Rdr.

Aujourd’hui encore, avec l’épée de Damoclès que le pouvoir fait peser sur le Fpi, le parti est plus que jamais debout. Tenez, pendant que le régime procède à des enlèvements ou à l’arrêt des responsables frontistes, le Fpi, comme une hydre repousse à chaque fois et continue de fonctionner comme si de rien n’était. C’est dans cette atmosphère politiquement empestée que le Front populaire prévoit une conférence, des meetings et fait des déclarations. Le message que ce parti livre est on ne peut plus clair: si le serpent ne nous a pas fait peur, ce n’est pas le ver de terre qui nous effrayera.

 

Pascal Bellasset, in le quotiden ivoirien « Aujourd’hui », Fin août 2012.

mardi, 04 septembre 2012

A L’ECOLE DE LAURENT GBAGBO

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Un petit recueil croustillant de citations et de propos de l'homme politique, de l'icône africaine. Ne vous en privez pas. La politique est véritablement un métier; ne s'y aventure pas qui veut. Bonne lecture!

 

CICÉRON « La première loi de l’histoire est d’oser ne rien dire de faux et ne rien cacher de vrai. », De l’Orateur, II

Signalons que, selon le témoignage de son épouse Simone GBAGBO, Cicéron était le surnom du Président Laurent GBAGBO à cause de son excellence dans les langues latine et grec. Il dira d’ailleurs que la bourse qu’il a eue pour aller étudier en France était pour devenir professeur de ces deux langues, c’est quand il s’était rendu compte qu’il lui manquait l’étude de l’histoire pour militer efficacement qu’il changera de spécialité en France.

Laurent Gbagbo a été un opposant exceptionnel parmi ceux de sa génération en Afrique noire. Il a battu tous ses adversaires, blancs comme africains, en stratégie politique. Comme le dit à raison le journaliste Blaise Pascal TALLA Laurent GBAGBO est « un Professeur de stratégie politique ».

Selon le journaliste Pascal AIRAULT, dans un article intitulé « Côte d’Ivoire : Les clés du duel », paru deux semaines avant la tenue du deuxième tour de l’élection présidentielle  dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, N° 2600, du 7 au 13 novembre 2010, pp. 26 à 28, et je le cite ad litteram, Laurent GBAGBO est « le politicien le plus doué de sa génération ». Ce n’est pas la première fois que Laurent GBAGBO est gratifié, et d’ailleurs à raison, de la qualité d’homme politique talentueux, lui quia toujours considéré la Politique comme « son Métier ». Pascal TALLA dans le numéro 370 de Jeune Afrique Economique paru en juin 2006 le qualifiait de « Professeur de stratégie politique » (C’est le titre principal sur la page de couverture de ce même numéro).

Je vous demande donc, non de lire simplement, mais de méditer ces différentes sages et profondes paroles du président Laurent GBAGBO. Vous trouverez deux écrits qui ne sont pas de lui mais qui sont dans la même logique. C’est un homme politique dont le genre est en voie de disparition. C’est aussi pour s’instruire tous ceux qui défendent sa vision du monde et qui se sont donnés pour mission de continuer son combat. C’est aussi une obligation pour nous de Penser cette crise afin d’en tirer des leçons pour l’avenir car c’est le destin de l’Afrique qui s’est joué en filigrane dans cette crise post-électorale.  Ce texte est ma contribution personnelle comme essai ou tentative de compréhension de cette crise afin de remplir mon devoir vis-à-vis de l’Histoire, de l’Avenir et de tous ceux qui sont morts dans ce noble combat. Ils seraient morts en vain si nous nous contentions simplement de chanter leurs mérite sans nous engager aussi afin d’imiter leur exemple. La plume est un moyen de combat.

Et toute action (praxis) est précédée de la théorie (théoria). Que chacun fasse donc son travail, ceux qui savent Penser le fasse et que ceux qui savent Agir de même. Pourquoi un jeune comme moi se donnerait tant de mal à faire des recherches approfondies pour écrire sur la vie d’un homme  qui n‘a rien à voir, semble-t-il, avec ses études universitaires personnelles ?

Trois raisons motivent mon engagement : d’abord comprendre la vie et la pensée politique d’un grand leader qui a lutté pour la véritable indépendance, la Liberté, le développement de son pays et de l’Afrique, pour la Dignité de l’Homme Noir afin de perpétuer sa mémoire, faire la promotion de son combat, m’y engager et encourager d’autres à imiter son exemple.

Ensuite, en tirer des leçons de sagesse afin de continuer son noble combat : il y a deux cas en ce sens: vanter ses mérites, la justesse et la noblesse de son combat ou imiter son exemple en s’engageant (continuer) dans son noble combat. J’ai personnellement choisi la deuxième option, ce qui ne me dispense pas de la première. Enfin, favoriser (encourager, susciter) l’étude de sa pensée politique dans l’objectif d’en tirer (élaborer) une théorie politique à la lumière de ses discours (écrits) et de ses actions (stratégie politique). Car j’ai toujours été convaincu qu’il est un exemple d’homme politique et un modèle qui mérite d’être enseigné dans les facultés de sciences politiques africaines et dans le monde, en plus d’être un leader qui à influencer (inspirer et inspirera toujours) toute une génération d’Africains (les Jeunes) et beaucoup d’autres personnes dans le monde.

Comme lui-même l’affirmait à la fin du documentaire sur sa vie «  Un homme, une Vision » :

«ON NE PEUT PAS ÊTRE IGNORANT ET ÊTRE REVOLUTIONNAIRE»

Bonne Lecture!  Veuillez, s’il vous plaît, diffuser ce texte à tous vos contacts et ami partout dans le monde.

Extrait d’un livre en préparation intitulé : Laurent GBAGBO habite notre Avenir - Appel à la Jeunesse Ivoirienne et Africaine

 

Imhotep MAÂT, Penseur de Gauche,

Théoricien de la Renaissance Africaine

imhotep_ouhem.mesout@yahoo.fr

Imhotep_maat@yahoo.fr

Imhotep2012maat@gmail.com


 

« Chaque crise a ses bon côtés. Celui qui n’a pas été instruit par cette crise ne le sera jamais. »

Laurent GBAGBO, le 14 septembre 2006 devant les FDS au palais présidentiel


« Les élections, c’est le moyen d’expression des hommes civilisés. On va aux élections. Le peuple qui est souverain, choisit. Si le peuple ne t’a pas choisi, tu vas t’asseoir et tu attends les prochaines élections. C’est cela qui est la règle. Et, c’est comme cela que tous les pays se développent. Si le peuple ne t’a pas choisi, tu vas t’asseoir et tu attends les prochaines élections présidentielles. Si le peuple t’a choisi alors tu gouvernes. Celui qui n’est pas capable de comprendre cela, n’est pas digne de faire de la politique. »

Laurent GBAGBO, lors d’un meeting.

 

« Aux hommes politiques ivoiriens, dire ceci : toute ambition politique est légitime sinon je n’aurais pas combattu pour être président de la République. Mais j’ai combattu trente ans et jamais on ne m’a retrouvé dans un camp d’entrainement, jamais on ne m’a trouvé des armes, un pistolet, un couteau à la main. (…) Nous voyons, depuis que je suis au pouvoir, une nouvelle race d’opposants qui avancent avec des masques, sans visage, en armant des troupes. Déposez vos armes et attendez les prochaines élections ! Déposez vos armes et attendez les suffrages populaires. Comme on est à l’aise quand on est oint par le suffrage populaire ! C’est ce suffrage, qui, seul confère la légitimité. (…) Vous qui vous engagez dans la voie de la politique, attendez les élections de 2005, préparez vos arguments et nous nous attaquerons pacifiquement sur le terrain des élections. »  

Laurent GBAGBO, Message télévisé à la nation le 8 octobre 2002.

 

« J’engage les hommes politiques ivoiriens à prendre la voie de la responsabilité. Je les engage à être responsables et à penser à la Côte d’Ivoire. Je les engage à être responsables et à penser au développement de la Côte d’Ivoire. Je les engage à cela. La Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire, la Côte d’Ivoire ; tel doit être notre souci permanent, si nous voulons faire la politique. Et, si on veut faire de la politique, alors qu’on laisse la politique à ceux qui savent la faire. Un faiseur de coup n’est pas un homme politique. »

Laurent GBAGBO, discours lors du meeting de clôture de sa visite d’Etat dans l’Agneby.

 

« En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l’on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture). (…)

Nous devons tous avoir à l’esprit qu’aucun pays ne peut se développer avec l’effort exclusif des contribuables d’un autre pays. De même, un pays qui combat dans un autre pays, combat d’abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peupleC’est à la fois utopique et dangereux de croire et de soutenir le contraire. (…)

Demeurons toujours mobilisés et confiantsCar, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique.»

Laurent GBAGBO, Message aux Ivoiriens le 7 Août 2011.

 

« Ecoutez ma parole car elle est pure de tout mensonge.

  Elle a la limpidité de l’eau de pluie

  Et la violence de l’ouragan.

  Le monde est malheureux

  Parce que les hommes ne se souviennent pas.

  Or hier n’est pas encore loin

  Et demain est profond,

  D’une profondeur pleine d’espoir.

  Ecoutez ma parole : elle ne sait qu’avancer !

  Ecoutez ma parole : l’Histoire est Vérité ! »

GBAGBO Laurent, Soundjata, Lion du Mandingue, Abidjan, CEDA, 2006, p.102.

 

« La première chose qu'il faut comprendre, c'est que, dans toutes négociations, même si elles sont techniques, c'est la dignité. Oui, nous sommes les combattants de la dignité. L'Afrique veut le respect. Je négocie avec toi un prêt. Si tu veux, tu me le donnes. Si tu ne veux pas, tu le dis. Tu peux me dire : “Je te fais un prêt, voici les conditions”. Moi aussi, j'accepte tes conditions ou je ne les accepte pas. Mais l'irrespect ne peut pas être accepté par les générations à venir. L'indignité ne peut pas être acceptée par les générations à venirLa génération que je représente, c’est de donner la dignité, c’est de forcer le respect. … Nous n’avons absolument rien contre le peuple français. Mais, quiconque, au nom d’intérêts idéologiques ou économiques, veut nous asservir nous trouvera débout ! La mort vaut mieux que le déshonneur. Je ne me laisserai pas déshonorer et je ne laisserai pas déshonorer le peuple qui m'a élu. Jamais ! »  

Président Laurent Gbagbo à l’occasion de l’ouverture du 2ème Sommet international du Congrès de la Jeunesse Panafricaine (COJEP) le samedi 18 décembre 2004 au Palais des Congrès de l’Hôtel Ivoire.

 

«  La souveraineté de la Côte d’Ivoire, c’est elle que je suis chargée de défendre. Et elle, je ne la négocie pas. »

Discours d’investiture du Président Laurent Gbagbo le 4 décembre 2010.

 

« On a de grands combats à mener. Et, les grands combats qu’on a à mener, ce n’est pas pour se venger des gens. C’est pour être Hommes, aussi, comme les autres. C’est ce qu’on appelle la dignité. Quand quelqu’un passe, il faut qu’on sache que c’est un Homme qui passe. C’est tout ce que nous voulons ; c’est tout ce que nous recherchons. On ne cherche pas à dominer ceux qui nous ont dominés hier ; à nous venger ; non. Mais, on veut qu’on reconnaisse que nous sommes des Hommes, au même titre que les autres. (…) Quand tu passes, il faut qu’on dise : voici un Homme qui passe. »

Laurent GBAGBO, lors de la remise officielle du film-documentaire : « Un Homme, une Vision » réalisé par le cinéaste Abdérhamane N’Diaye.

 

« Nous ne ferons pas ce que les autres nous dictent. Je ne suis pas président de la République pour travailler sous la dictée de quelqu’un. Je ne suis ni gouverneur, ni Sous-préfet, ni préfet, ni représentant de quelqu’un. Je suis Chef de l’État élu par son peuple, c’est tout ! » 

Laurent GBAGBO, Discours lors de l’intronisation du Chef du village d’Anonkoua-Kouté – commune d’Abobo – le samedi 30 septembre 2006.

 

« Pendant ces trente années de combat dans l'opposition, jamais je n'ai pris aucune arme contre aucune institution de la Côte d'Ivoire (applaudissements). Jamais, pendant ces trente années, alors que je subissais les affres de la prison - mon père a été en prison, moi-même j'ai été en prison, mon oncle a été en prison, mon épouse a été en prison, mon fils a été en prison, ma sœur a été en prison-mais jamais, jamais, nous n'avons songé à prendre les armes contre la Côte d'Ivoire. Parce que nous croyons en nous. Parce que nous avons confiance en nous. Et nous avons confiance en notre relation avec le peuple. Nous savions que, tôt ou tard, ce peuple-là, que nous défendions, allait nous reconnaître et nous donner le pouvoir. Quand on a confiance en soi, on ne prend pas les armes pour faire la guerre civile. Quand on a confiance en soi, on ne cherche pas les fusils comme moyen d'accession au pouvoir. »

Laurent GBAGBO, lors d’un discours.

 

« Je serais heureux si après ma mort, cette phrase était inscrite sur ma tombe : « Cet homme a travaillé pour son pays et pour l’Afrique.»

GBAGBO Laurent, Le Temps de l’Espoir, Johannesburg, Les Editions Continentales, 1995, p. 131. 

***

« Peuple de Côte d’Ivoire, mon Peuple. Nous sommes ensemble depuis toujours. Donc je vous connais et vous me connaissez. Jamais je ne vous ai trahi et jamais je ne vous trahirai. Je me rends compte que, vous-mêmes, jamais vous ne m’avez trahi. Depuis 1990, vous n’avez cessé de m’apporter votre chaleur et votre soutien. C’est Dieu qui pourra vous remercier. En tout cas, moi en tant qu’homme, je ferai tout ce que je peux pour mériter votre confiance. »

Laurent GBAGBO Message à la Nation du 7 janvier 2003.

 

« On ne peut pas dire de moi qu’il est mort dans la peur. Chez nous, on ne peut pas dire cela d’un homme ; d’un « garçon ». Là où meurt un « garçon », il y a toujours des traces de lutte pour édifier la postérité. Quand, sur le lieu d’un combat, les arbres sont tombés, les herbes sont en vrac et que le terrain est jonché de feuilles, on dit : « Ici est mort un garçon ». »

Allocution devant les peuples Abbey et Krobou reçus en audience le 17 octobre 2003 au Palais présidentiel.

 

« Ce n’est pas devant les fusils que Gbagbo fuira. Ce n’est pas devant les fusils que Gbagbo abandonnera. Non, non et non ! Je ne laisserai jamais dissoudre ma nation. Je ne vendrai pas mon pays. Je ferai toujours face à l’adversité.»

Allocution lors de la visite d’Etat dans la région du Moyen-Comoé, à l’étape de Niablé le 11 février 2004.

 

« Les intellectuels et les hommes politiques ont en commun le désir de comprendre le monde pour le transformer. Mais ce sont surtout les premiers, c’est-à-dire les intellectuels, qui ont les moyens de la compréhension. Le paradoxe veut que celui qui comprend soit guidé par celui qui a besoin de comprendre. Il faut donc remettre la pensée à sa place et rendre l’action servante de sa pensée. »

Allocution lors de la rentrée solennelle de l’Académie des Sciences, des Arts, des Cultures et des Diasporas africaines (ASCAD) le 18 juillet 2005.

 

SOURCE : BAILLY Jérôme Diégou, Laurent Gbagbo: le verbe en action, Abidjan, Presses des Universités de Côte d’Ivoire, 2010. Préface du Professeur Séry BAILLY.

***

« Une nouvelle Afrique arrive, Parce que les gens qui pensent ce que je pense sont plus nombreux. Aujourd’hui plus qu’hier. »

Laurent GBAGBO, Discours de clôture du colloque sur le cinquantenaire de la Côte d’Ivoire le 5 août 2010 à la Fondation Félix Houphouët Boigny de Yamoussoukro.

 ***

« Le néo-colonialisme aujourd’hui représente l’impérialisme à son stade final, peut-être le plus dangereux. (...) L’essence du néocolonialisme, c’est que l’État qui y est assujetti est théoriquement indépendant, possède tous les insignes de la souveraineté sur le plan international. Mais en réalité, son économie, et par conséquent sa politique, sont manipulées de l’extérieur. Cette manipulation peut revêtir des aspects divers. Par exemples, dans un cas extrême, les troupes de la puissance impériale peuvent être stationnées sur le territoire de l’État néo-colonial et en contrôler le gouvernement. Plus fréquemment pourtant le contrôle est exercé par des moyens économiques ou monétaires. L’État néo-colonial peut-être obligé d’acheter les produits manufacturés de la puissance impérialiste à l’exclusion des produits concurrents venus d’ailleurs. » p. 9.

« La lutte contre le néo-colonialisme n’a pas pour but d’interdire des capitaux des pays développés dans les pays qui le sont moins, mais d’empêcher l’utilisation de la puissance financière des nations industrielles à l’appauvrissement des nations moins développées. Le néo-colonialisme est aussi la pire forme de l’impérialisme. Pour ceux qui le pratiquent, il signifie le pouvoir sans la responsabilité et, pour ceux qui le subissent, l’exploitation sans contreparties. » pp. 10-11.

« Le néo-colonialisme, comme le colonialisme avant lui, est une tentative d’exploitation des conflits sociaux des pays capitalistes. Le succès temporaire de cette politique apparaît dans l’élargissement de l’écart entre les nations riches et les nations pauvres du globe. Mais les contradictions internes et les conflits du néo-colonialisme sont la preuve qu’il ne pourra pas demeurer une politique mondiale permanente. Comment en amener la fin ? Voilà le problème que devraient étudier par-dessus tout les nations développées du monde parce qu’elles subiront le contre coup de son échec ultime. Plus il continuera, plus il est clair que son effondrement final détruira le système social dont il est le fondement. » pp. 11-12.

« Le système du néo-colonialisme a donc été institué et, à court terme, il a admirablement servi les puissances développés. C’est à long terme que ses peuvent être pour elles catastrophiques. » p.13.

NKRUMAH Kwamé, Le néo-colonialisme : dernier stade de l’impérialisme, Paris, Présence Africaine, 1973, 269 p.

***

« Le fait est qu’on ne peut libérer un peuple qui se pense et se décrit libre. Et notre peuple a tellement vécu dans des chaînes qu'il ne sent même plus le poids de ses fers. Il se prétend libre lorsqu'il croule sous les charges du colonialisme le plus violent et le plus pilleur. On ne peut rien faire face à une majorité d’africains prêts à être contre l’anticolonialisme et à proclamer que l'Afrique ne subit rien de la part du monde extérieur. En vertu d'ailleurs de cette conviction, des africains sont capables de haïr à mort les leurs qui essaient de leur ouvrir les yeux sur la réalité du monde. C’est-à-dire que dans cette institution d’inversion de responsabilités installée par le colonialisme, les africains prennent effectivement leurs ennemis pour leurs plus fidèles amis et leurs seuls amis, leurs pires ennemis. Que faire si une large part de nous-mêmes n'a pas encore compris où se situe notre devoir et comment notre intérêt vital exige d'organiser à partir de nous-mêmes dans un esprit d'ensemble les moyens de résolution de nos difficultés pour la plupart nées de la rencontre de l'Afrique avec le monde extérieur? Autant, il n'y pas de créations sans créateurs, autant il n'y a pas de libération sans libérateurs. A nos enfants, nous dirons donc ceci : nous avons essayé de vous laisser une autre Afrique, une voie en dehors de celle imposée par le colonialisme, nous avons essayé de ne pas vous laisser en héritage le statut de peuple à terre. Hélas ! Nous avons été férocement combattus par beaucoup de nos propres frères et sœurs. Ces derniers se sont opposés à nous plus que les maîtres dont ils sont l’émanation et donc des alliés objectifs. Et en matière de combat d’un peuple, il n’y a pas plus redoutables adversaires que ses propres congénères. C’est ainsi que nous avons dû faire face simultanément à deux fronts : celui de notre propre peuple et celui des loups du monde extérieur. Un front solidement uni par les liens de sujétion, de fascination voire de subjugation que les dominateurs ont exercé et exercent sur la partie la plus arriérée et la plus aliénée de notre peuple. »

Komla KPOGLI, Leader du Mouvement pour la Libération Totale et la Reconstruction de l'Afrique (MOLTRA).

lundi, 03 septembre 2012

IL A ETE CONDAMNE A 6 MOIS DE PRISON - LAURENT AKOUN, LE FILM D'UN PROCES EN SORCELLERIE!

 

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Digne jusqu’au bout. Entourée de deux de ses enfants, au premier rang de la salle d’audience, Gisèle Akoun, l’épouse du secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), a tout de même eu un choc, et n’a pas pu cacher ses yeux embués de larmes, à la lecture du verdict du procès frappant son mari. Six mois de prison fermes. Un an de déchéance de ses droits civilques et politiques. Un an d’interdiction de séjour en Côte d’Ivoire en dehors de son village, Memni, dans le voisinage d’Alépé. Ce verdict, que les avocats de la Défense contesteront en appel, si l’on en croit Maître Hervé Gouaméné du Collectif qui s’est constitué, est pourtant l’aboutissement logique d’une procédure bien plus politique que judiciaire.

L’accusation, campée par les procureurs Richard Adou Koffi et (surtout) Allah Kouadio, n’a pas caché cette réalité centrale, tout au long de l’audience, qui s’est étalée de 10 heures à 15 heures. Elle n’a cessé de faire dériver le procès sur le terrain de la polémique passionnelle. Le procureur Allah Kouadio a par exemple multiplié les questions sournoises sur le code électoral, sur «qui est président de la République ?», sur les résultats de la prochaine présidentielle. Il a également tenté d’établir un lien entre des propos de Laurent Akoun offensifs mais demeurant dans la stricte logique de l’affrontement civilisé – «tenez-vous prêts, restez mobilisez, les lignes bougent, bientôt il y aura des meetings et des marches pour la reconquête du pouvoir par la voie démocratique» – et les attaques du ou des commandos mystérieux contre les FRCI de ces dernières semaines. Puisque ces attaques sont survenues après les propos incriminés.

Au terme de ses envolées partisanes, il a requis cinq ans de prison ferme contre le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI), et a demandé au juge de ne lui accorder aucune circonstance atténuante. Un juge, Koné Brahman, manifestement gêné de la posture de l’Accusation et ne cessant de la ramener à l’affaire elle-même quand elle se perdait dans des propos à caractère notoirement politique. Au final, il a fait ce qu’il savait qu’il devait faire – condamner Laurent Akoun pour des «propos séditieux de nature à troubler l’ordre public, à jeter un discrédit sur les institutions et les autorités qui les incarnent», tout en restant prudent – il ne faut pas insulter l’avenir ! – et en frappant bien moins fort que ce que l’accusation demandait.

 
Laurent Akoun : «Gbagbo est mon maître»
 
De son côté, la défense de Laurent Akoun, composée d’une dizaine d’avocats conduits par Me Toussaint Dako Zahui, s’est évertuée à discréditer l’argumentaire de l’accusation en revenant à un certain nombre de questions fondamentales frappées au coin du bon sens. Elle s’est attardée sur l’article de presse brandi par l’accusation et reprenant les propos prétendument insurrectionnels d’Akoun, qui insistaient pourtant sur la reconquête politique par les urnes. Elle a fait remarquer, pour démonter le rapport de causalité établi entre les propos d’Akoun et les attaques contre les FRCI, que ce n’est pas la première fois qu’il tenait des propos dans ce registre, et que les fois d’avant aucune offensive armée n’avait été enregistrée par la suite. Elle a aussi demandé à Akoun s’il avait été confronté à des assaillants arrêtés et qui l’auraient cité au nombre de leurs commanditaires. Bien entendu, Laurent Akoun a répondu par la négative…

Le visage colonisé par une barbe de quelques jours, vêtu d’un jean et d’une chemise à carreaux, Laurent Akoun est apparu fatigué mais combatif. Il a affirmé haut et fort que Laurent Gbagbo était son «maître» en politique, et n’a pas manqué d’adresser des signes à ses camarades de parti, bien entendu choqués, après le verdict, quand il retournait au «violon» du Palais de Justice d’Abidjan. Bien entendu, parmi ces signes, il y avait le fameux «V» de la victoire !
 
 

Saint-Claver Oula



COTE D'IVOIRE: LE RACKET DES ETRANGERS EST DE RETOUR

 

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On l'avait cru à jamais révolu. Que nenni! Le racket des étrangers, initié sous la gouvernance d'Alassane Ouattara - alors Premier ministre de Côte d'Ivoire sous Houphouët - est de retour. Et d'une façon absolument perverse. Appréciez, à travers ce communiqué de LIDER. Bonne lecture!

 

 

Côte d'Ivoire: Scandale aux frontières


Vingt-deux ans après l’instauration de la carte de séjour par Alassane Ouattara, alors Premier ministre, voici sa dernière trouvaille, en tant que président de la République. Les citoyens étrangers résidant en Côte d’Ivoire et titulaires d’un titre de séjour régulier doivent dorénavant, en plus de leur titre de séjour, s’acquitter d’un visa s’ils veulent regagner leurs domiciles après un voyage à l’extérieur. Leurs passeports et titres de séjour sont retenus par la police à leur arrivée à l’aéroport, et ils doivent se rendre à la Direction de la Sécurité du Territoire munis d’un reçu pour payer le visa afin de récupérer leurs papiers.

Plusieurs représentations diplomatiques, saisies par leurs ressortissants outrés par cette décision inopinée qui s’apparente à un hold-up, se sont rapprochées de l’administration ivoirienne (ONI, DST, Ministère des affaires étrangères), qui a confirmé l’implémentation de cette pratique, sans pour autant être à même de produire un document officiel.

Ce traitement des ressortissants étrangers résidant en Côte d’Ivoire ressemble à une mesure désespérée du président Ouattara pour tenter de combler les caisses de l’Etat, vidées par les dépenses somptuaires qu’il occasionne, notamment par l’opulent train de vie de l’Etat, l’organisation de fastueuses mais inutiles cérémonies et surtout, ironie du sort, par ses incessants et très coûteux voyages… à l’étranger, sans parler des détournements et des surfacturations.


Abidjan, le 31 août 2012


La Direction du parti


Source: Liberté et Démocratie pour la République (LIDER)

DEUX MOIS APRES LA SORTIE TELE D'HAMED BAKAYOKO - LA PRESSE GHANEENNE REVELE LE FIN MOT D'UN FAUX COMPLOT

 


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Après la sortie surmédiatisée du «superflic», le ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, le 12 juin dernier, sur les antennes de la RTI, annonçant un coup d’Etat déjoué avec des preuves filmées à l’appui, beaucoup d’Ivoiriens avaient pris avec des pincettes les aveux qu’on dit avoir été «arrachés» au ministre Lida Kouassi et au Colonel Katé Gnatoa.

Deux mois après la sortie télé du ministre de l’intérieur, consécutivement à l’extradition spectaculaire du ministre Lida Kouassi du Togo vers la Côte d’Ivoire, la vérité a fini par éclater au grand jour, et ce depuis la capitale ghanéenne. Où le cerveau de ce qui s’avère une grotesque arnaque (le fameux coup d’Etat déjoué) servie aux Ivoiriens, un certain Chicata ou Tsikata, a été mis aux arrêts il y a quelques jours par les agents du Bureau of national investigation (BNI), l’équivalent de la DST en Côte d’Ivoire. C’est la presse locale qui s’en fait l’écho. Notamment le journal «The Insight» qui en fait sa grande Une : «Arrested / Agent of Ivorian security in BNI hands» (Arrêté/ Un agent de la sûreté ivoirienne entre les mains du BNI).

Selon l’article, le dénommé Tsikata (Chicata), de nationalité ghanéenne,  a avoué avoir travaillé pour les services de sécurité de Côte d'Ivoire. Après avoir été arrêté par  le Bureau national des investigations (BNI). «Le Ghanéen répondant au nom de Tsikata a réussi à convaincre ses employeurs au sein des services de sécurité ivoiriens qu’il était un officier de l'armée ghanéenne à la retraite avec une très grande influence au Ghana. Il a également établi des contacts avec des partisans de l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, qui sont actuellement en exil au Ghana. Avec ces contacts, M. Tsikata aurait séduit les services de sécurité ivoiriens avec des histoires inventées sur la participation du Ghana pour tenter de renverser le gouvernement ivoirien.

Il aurait également fourni de fausses informations sur les opérations de sécurité en Côte d’Ivoire aux loyalistes de Gbagbo au Ghana. Certaines sources bien placées disent que le but des activités de M. Tsikata était de saper les très bonnes relations existant entre le Ghana et la Côte d'Ivoire. Il travaillait avec les services ivoiriens dans un schéma de provoquer le rapatriement (l’extradition) des exilés ivoiriens. La BNI l’a remis entre les mains de la Justice», peut-on lire dans le journal The Insight du vendredi 31 août au dimanche 2 septembre 2012, numéro 1417. On comprend mieux toute la machination qui  a suivi, et pourquoi au finish, le ministre Moïse Lida Kouassi n’est poursuivi que pour de prétendus «crimes économiques».
 


Frank Toti


COMITE CENTRAL EXTRAORDINAIRE DU FPI - COMMUNIQUE FINAL

 

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1. Sur convocation du camarade MIAKA Ouretto, Président par intérim du Parti, le Comité Central du Front Populaire Ivoirien (FPI) s’est réuni en session extraordinaire, élargie au Comité de Contrôle et aux Secrétaires Généraux de Fédération, le mercredi 29 août 2012, de 15h40 à 17h46, à son siège provisoire, sis à Cocody les II Plateaux, 7ème Tranche.

2. L’ordre du jour de cette session a porté sur deux (2) points :

- Les informations ;

- L’analyse de la situation sociopolitique et les perspectives.

3. Au titre des informations, le Comité Central, a pris acte du réaménagement technique du Secrétariat Général du Parti intervenu après l’enlèvement et la détention, le dimanche 26 août 2012 du Secrétaire Général, porte-parole du Parti, le camarade Laurent Akoun. Ainsi, jusqu’à son retour, les camarades ci-après désignés assumeront les fonctions suivantes :

· Secrétaire Général par intérim et Porte-parole du Parti: Kodjo Richard,

· 3ème vice-président chargé de la Sécurité, des  Relations Extérieures et des Représentations à l’Etranger : Michel Amani NGuessan

4. Au titre des faits d’actualité, le Comité Central a été largement informé :

· De l’enlèvement du Secrétaire Général par intérim, le camarade Laurent  Akoun, par le commandant de la brigade de gendarmerie d’Adzopé au corridor nord de ladite ville, alors qu’il exécutait un programme politique qui devait le conduire d’Akoupé à Adzopé. Le Secrétaire Général a été entendu lundi 27 août par les responsables de l’enquête préliminaire en présence de ses deux avocats, présenté au parquet puis placé sous mandat de dépôt et déféré à la MACA, le mardi 28 août 2012, sous l’inculpation de « trouble à l’ordre public ». Il sera jugé en procédure de fragrant délit, le vendredi 31 aout 2012.

· De l’arrestation du camarade Koné Katina, qui est un kidnapping manqué de la part d’Interpol, section Ghana, hors de l’aéroport d’Accra. Depuis cette date, le Camarade Koné Katina est sous bonne garde au Bureau National d’Investigation (BNI) ghanéen.

· De l’incarcération du Secrétaire Général adjoint Alphonse Douati qui a été déféré à la MACA pour « …atteinte à la sureté de l’Etat… ». Ni les avocats, ni la famille n’ont encore pu rentrer en contact avec lui à ce jour.  Une information judiciaire est ouverte.

5. Le Comité Central s’insurge contre cette propension intolérable du régime à privilégier  les actes de mauvaise gouvernance en général et particulièrement les violations incessantes des Droits Humains. Il s’élève contre cette forme de dénis de justice (kidnapping et rapt orchestrés par les services publics de l’Etat) prolongée par les supplétifs et milices privées armées contre une partie de la population civile ivoirienne. Cette traque permanente d’une frange importante des citoyens appelés pro-Gbagbo n’honore ni les commanditaires, ni les bras séculiers et jette définitivement l’opprobre sur la Côte d’Ivoire. Le Comité Central affirme que la haine et la violence gratuites ne peuvent résoudre les maux dont souffre la Côte d’Ivoire.

6. Le Comité Central s’inquiète de la déliquescence accélérée de la Nation et de l’incompréhensible mutisme des objecteurs de consciences nationaux et internationaux. Il leur demande de ne pas se faire complices de cette épuration politique et sociale programmée. Il les appelle à une remise en cause objective de cette attitude qui est de nature à compromettre durablement la cohésion sociale en Côte d’Ivoire.

7. Le Comité Central interpelle les organisations de défense des Droits de l’Homme, les organisations religieuses et autres organisations de la société civile et les invite à se joindre au FPI pour:

- Condamner tous ces enlèvements et exactions sur ses militants et des innocents démocrates,

- Exiger la libération immédiate et sans condition de son Secrétaire Général Akoun Laurent, de son Secrétaire Général Adjoint, Douati Alphonse, les détenus politiques, les militantes et militants du FPI, ainsi que toutes les personnes anonymes, enlevés et arbitrairement détenus dans des lieux connus et inconnus.

- Interpeller le Gouvernement de Monsieur Ouattara sur la vague de violences inutiles et ses méthodes répressives contre une partie des citoyens.

8. Le Comité Central condamne la tentative d’enlèvement et de rapatriement pour le moins illégal du camarade Koné Katina, Porte parole du Président Laurent Gbagbo, à l’Aéroport International d’Accra.

Le Comité Central salue la réaction prompte des autorités ghanéennes qui s’inscrivent dans le respect des lois internationales.

Le Comité Central exprime son soutien au camarade Koné Katina et sa confiance en la Justice Ghanéenne ;

9. Analysant la situation sociopolitique nationale, le Comité Central relève que depuis le 11 avril  2011, la Côte d’Ivoire est devenue un vaste camp de concentration à ciel ouvert où des exactions, des viols, des vols, des braquages, de la torture et des enlèvements sont érigés en mode de gouvernement, créant ainsi un Etat d’insécurité rapprochée et permanente. Il constate que cette situation qui perdure dangereusement  exaspère tous les citoyens de quelque bord politique qu’ils soient.

10. Le Comite Central s’indigne de ce que la population – qui est en droit d’attendre de l’Etat, sécurité et protection – est plutôt victime à travers les FRCI et les supplétifs dozos, de la violence d’Etat. Sous le prétexte générique de déstabilisation et d’atteinte à la sureté de l’Etat, de trouble à l’ordre public, de tentative de coups d’Etat, les populations innocentes (particulièrement les jeunes) sont  arrachées à leur quiétude.

11. Le Comité Central invite le régime Ouattara à mettre courageusement en place des méthodes de gouvernance démocratique au profit de l’ensemble de la communauté nationale sans exclusive, et à ouvrir résolument des discussions franches avec l’opposition en général et le FPI en particulier, sans faux fuyant.

12. Le Comité Central engage le Secrétariat Général à continuer de garder toute sa sérénité et une mobilisation à toute épreuve.

13. Le Comité Central présente ses sincères condoléances aux familles de tous nos camarades tombés sous les balles des FRCI ou torturés jusqu’à la mort par des supplétifs dozos.

14. Le Comité Central exprime sa profonde compassion à tous nos camarades traqués, enlevés, torturés et illégalement détenus dans des camps de concentration.

15. Le Comité Central félicite tous les militants pour le calme observé face à toutes ces épreuves, particulièrement  les camarades en mission à Adzopé,  le 26 août 2012.

16. Le Comité Central, conformément aux recommandations de la Convention du 29 avril 2012 – et en total harmonie avec notre ligne de la transition pacifique à la démocratie – demande à toutes les structures de base de continuer résolument leurs activités.

17. Enfin, le Comité Central invite les organes dirigeants, les structures de base, les représentations à l’extérieur, les structures spécialisées et l’ensemble des militantes et militants du FPI à demeurer soudés autour de la Direction du Parti, à cultiver la confiance et la solidarité et à se tenir toujours mobilisés pour gagner la bataille des droits et libertés démocratiques dans notre pays.

 

Fait à Abidjan, le 29 août  2012



Le Comité Central

MENACE SUR LES ETUDIANTS, LES ENSEIGNANTS ET LES SYNDICATS: CISSE BACONGO CREE UNE MILICE DANS L'ENCEINTE DE L'UNIVERSITE DE COCODY


 

côte d'ivoire,Menace sur les étudiants les enseignants et les syndicats,Cissé Bacongo créé une milice dans l'enceinte de l'université de Cocody

Ibrahima Cissé Bacongo, à la cérémonie de remise officielle des clés de l'Université "Félix Houphouët-Boigny"


Gros mystère sur la composition, le nombre, la provenance, l’identité et les critères de sélection des agents de la police universitaire que vient de créer le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, M. Cissé Ibrahima Bacongo. Cela à quelques jours seulement de la rentrée politique et solennelle des universités publiques dont l’Université de Cocody abrite lundi prochain (3 septembre 2012, Ndlr) la cérémonie en présence du chef de l’Etat, M. Alassane Ouattara.

Lundi dernier, face à la presse à l’Université de Cocody, dans le cadre du lancement des journées de la rentrée universitaire 2012-2013, Bacongo a déclaré que cette police n’a pas vocation de mater les étudiants. Parole d’évangile ou diversion? L’on s’en tient pour le moment aux propos du ministre Bacongo qui tente de rassurer la communauté universitaire. « Il y aura une police universitaire mais pas au sens répressif du terme. Cette police va s’assurer de la discipline, elle va prévenir, assurer la sécurité, s’assurer que l’environnement soit respecté et entretenu », a-t-il indiqué après avoir pratiquement survolé cette question qui préoccupe bon nombre d’étudiants. « Ce ne seront pas des extra-terrestres. Ce seront des Ivoiriens, des étudiants, des sénoufo, des bété, des baoulé… », s’est-il contenté de dire, parlant de leur recrutement.

Les étudiants, dans cet environnement politique délétère, fait d’arrestations, d’enlèvements, et d’exécutions sommaires, redoutent une véritable chasse aux sorcières et la présence de loups à la peau d’agneau. C'est-à-dire des FRCI pour casser de l’étudiant. C’est justement pourquoi les étudiants craignent que ces nombreux éléments des FRCI, livrés à eux-mêmes, frustrés et mécontents de n’avoir pas été recrutés dans l’armée, soient déversés dans cette police universitaire pour débarrasser le régime d’une grosse épine du pied.

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Bacongo a annoncé d’autres mesures draconiennes pour les usagers de l’Université de Cocody. C’est la réduction drastique du nombre de véhicules en circulation sur le campus. Cette mesure fait actuellement grincer les dents chez les enseignants du supérieur qui mettent cela sur le compte de la frilosité. Pour Bacongo, quelques privilégiés, notamment le président du Conseil de l’Université de Cocody et les membres de ce Conseil, les doyens d’UFR pourront circuler partout avec leurs véhicules. Les autres (étudiants, enseignants), contraints à la marche. « La circulation des véhicules sur le campus sera réduit au strict minimum. Tout le monde sera à pied. Il va y avoir des navettes de l’entrée du campus côté CHU pour les amener dans les coins et recoins de ce campus. Il faut qu’on sache qui est qui, qui va où et pour faire quoi », a-t il précisé.

Accusé par la presse d’avoir plusieurs fois revu à la hausse le coût des travaux de réhabilitation des universités publiques, Bacongo a fait une mise au point sur le montant exact de ces travaux. Le chiffre exact, dit-il, est de 100 milliards FCFA (y compris les 40 milliards détournés ou sans?, Ndlr). Pour lui, l’utilisation de ces 100 milliards FCFA concerne non seulement les universités de Cocody et d’Abobo-Adjamé, mais également l’ex-maison du MEECI, l’Institut d’histoire, d’arts et d’archéologie (IHAA), l’université de Bouaké, les « futures » universités Gon Coulibaly Péléféro de Korhogo et Jean Lorougnon Guédé de Daloa, la cité de la Riviera 2, les résidences Saint-Jean, les cités Rouge et Mermoz...

Selon Bacongo, ces journées qui démarrent, pour prendre fin le vendredi, seront marquées par des expositions, des concerts (le groupe Magic System attendu), une remise du prix de la recherche sur la devise nationale, une leçon inaugurale, des conférences de haut niveau, un salon de l’enseignement supérieur, le témoignage du talentueux footballeur Didier Drogba sur le mérite et l’excellence. Bacongo a également annoncé la création d’une mutuelle médicale des étudiants, sans préciser quelle sera la contribution des étudiants (une autre bombe à retardement), la révision à la baisse (5.800 à 2.000) des exclus du parapluie atomique, et la disparition de 10 mille étudiants du fichier.

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

vendredi, 31 août 2012

RIPOSTE - LES OBSERVATEURS DE FRANCE 24 ET LEURS CHOIX PARTICULIERS

 

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C’est l’histoire d’une série de vidéos en ligne qui ont fait le buzz avant de susciter la polémique. Au commencement, il y a un mystérieux compte Youtube d’où ont été postées, il y a «un mois», des images révoltantes de soldats FRCI soumettant quasiment tout un village à des traitements inhumains et dégradants à «Alépé», nous signale le «posteur». Ces images ont mis quelques semaines à être récupérées par les «facebookers» et certains blogueurs de ce qu’on pourrait appeler la «gbagbosphère». En l’absence d’explications claires de la personne – «Richard Geremy», certainement un pseudonyme – qui les a publiées, les supputations sont allées bon train. Certains internautes ont daté ces images de juin 2012.

C’est alors que France 24, à travers son émission «Les Observateurs», entre en scène et enquête. Ses conclusions ? Les images datent de mai 2011 et non de juin 2012 et décrivent néanmoins des sévices réels. Comme l’explique l’équipe des Observateurs, aidée par la journaliste Péguy Bruguière. «France 24 a pu contacter un témoin oculaire de la scène, qui a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Il nous affirme que les faits se sont déroulés à Domolon, un petit village de la région d’Alépé, en mai 2011, soit quelques semaines après la chute de Laurent Gbagbo, l’ancien président. Il explique que, ce jour-là, les FRCI étaient venues venger d’autres soldats qui s’étaient fait "lapider" par un groupe de jeunes de la ville une semaine auparavant (sur la 3e vidéo, on entend à plusieurs reprises les soldats parler de "lapidation de FRCI"). Après avoir pillé plusieurs maisons du village, les FRCI ont alors regroupé les jeunes sur la place et les ont soumis à des actes humiliants. En entendant les tirs, le curé d’Alépé, qui se trouvait à Dabré, un village mitoyen, a accouru en soutane pour tenter de ramener le calme (à plusieurs reprises, on voit un homme en soutane blanche sur les images). Il est parvenu à convaincre le commandant "barbu" visible sur la 3e vidéo de libérer les jeunes, expliquant que ceux qui avaient agressé les FRCI la semaine précédente ont fui le village. Après plusieurs heures, les soldats ont fini par partir, laissant la population "traumatisée", selon notre témoin.»

Il y a tout de même un hic. L’angle fort que France 24 choisit de mettre en valeur, c’est le «retour de la cyber-manipulation», qui serait bien entendu le fait des vilains pro-Gbagbo. C’est un angle discutable et dangereux. 

Discutable parce que rien ne prouve que le fait que les images aient été datées de juin 2012 par certains internautes n’est pas tout simplement lié à une erreur de bonne foi qui s’est diffusée en ligne. Rien ne prouve même que celui qui a mis les vidéos en ligne est celui qui les a filmées. On a souvent l’impression qu’elles ont été prises par un FRCI, puis volées d’une manière ou d’une autre par celui qui les a anonymement dévoilées à la face du monde. 

L’angle de France 24 est dangereux parce qu’en insistant lourdement sur le fait que ces exactions se sont produites il y a plus d’un an, on sous-entend subtilement que les choses se sont arrangées depuis, ce qui n’est absolument pas vrai, comme l’indiquent de nombreux témoignages sur la pratique de la torture qui persiste, et que dénonce même la très officielle Commission nationale des droits de l’homme de Côte d’Ivoire.

Au final, l’angle de France 24 trahit la gêne de la «grande presse» française. Elle a soutenu à fond Alassane Ouattara qui se révèle à la pratique un chef autoritaire dont la troupe criminalisée viole au quotidien les droits de l’homme. Il faut donc pinailler, créer le flou, parler d’autre chose… continuer à bas bruit la diabolisation de l’adversaire commun. Le grand méchant Gbagbo et ses satanés patriotes des rues et des réseaux sociaux.

 

Benjamin Silué


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 30 août 2012

AVANT L'AUDIENCE DE VENDREDI A ACCRA, L'AVOCATE DE KONE KATINAN DIT TOUT

 

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Me Lucie Bourthoumieux, l’un des avocats du ministre Koné Katinan dans l’affaire (elle collabore par exemple avec le juriste ghanéen Patrick Sogbodjor), a bien voulu accorder un entretien au Nouveau Courrier dans lequel elle explique la procédure en cours, en particulier la dernière initiative de la Défense qui a choisi d’invoquer la notion d’habeas corpus, chère au système juridique anglo-saxon, pour obtenir la mise en liberté du porte-parole du président Gbagbo. Elle s’exprime également sur ce qu’elle perçoit comme la volonté manifeste des autorités ghanéennes de ne se fier qu’aux textes et loi en vigueur dans le pays et sur la scène internationale, en dépit des pressions politiciennes. En filigrane, l’on comprend que l’enjeu pourrait bien être une forme de jurisprudence qui clora, dans un sens ou dans un autre, le débat engagé, avec force tambours et trompettes, par le régime ivoirien. 

Vous invoquez l'habeas corpus dans le cadre de l’affaire Katinan Koné. A quoi répond cette démarche juridique?

Le sens de cette démarche est simple. L’Etat ghanéen doit venir se prononcer devant la justice sur les raisons de ce qu’on peut appeler la privation de liberté, ou alors de la mise en sécurité de M. Koné Katinan. La Cour nous a donné raison en désignant un juge qui a convoqué l’Etat et fixé une date d’audience relativement rapprochée, c’est à dire vendredi prochain. De façon à ce que l’Etat vienne s’expliquer sur le fait que notre client, M. Koné Katinan, soit mis en sécurité depuis vendredi dernier, et pendant plus de 48 heures. Je pense que l’Etat ghanéen viendra expliquer qu’il a procédé ainsi parce que le gouvernement Ouattara avait demandé que Koné Katinan soit extradé. 

A partir de là, on demandera au juge de se prononcer sur la légalité de cette demande d’extradition. Dans la mesure où premièrement, il n’y a pas du tout de convention d’extradition entre la Côte d’Ivoire et le Ghana. Deuxièmement, M. Katinan Koné bénéficie du statut de réfugié politique. Et à ce titre, il est couvert par la Constitution ghanéenne de 1992 qui est contre toute extradition d’un réfugié vers son pays d’origine ou décrit comme tel pour des motifs politiques. Et même les textes de la Cedeao interdisent toute extradition pour des raisons politiques d’un ressortissant de la Cedeao vers son pays d’origine ou un pays tiers.

A quoi doit-on s’attendre lors de l’audience de vendredi? Y aura-t-il un débat de fond sur l’affaire même?

Des questions peuvent toujours conduire à un débat de fond. A la suite des explications de l’Etat. Qui viendra donner les raisons pour lesquelles le ministre Koné Katinan est retenu depuis vendredi dans ses locaux. Et à partir de ces raisons-là, le juge pourra décider si l’Etat a le droit de retenir pendant plus de 48 heures un réfugié politique ou en tout cas un résident étranger, sachant que ce dernier a toutes les pièces justificatives de son statut. 

Par rapport à tous les éléments à votre disposition, êtes-vous confiante quant à l’issue de la procédure?

En tout cas, nous sommes confiants et nous avons confiance en la justice ghanéenne, dans la mesure où nous avons pu constater depuis quelques jours que nous négocions ce dossier en rapport avec toutes les autorités politiques et judiciaires, que toutes les autorités ont à cœur de se soumettre à la loi de leur pays quelques soient les pressions subies. 

Sommes-nous dans la même configuration que l’affaire du ministre Lida Kouassi extradé au forceps du Togo en juin dernier?

On est dans la même situation de demande d’extradition de personnalités ivoiriennes, mais vous voyez que le modus operandi est complètement différent. Vous avez vu qu’au Togo le ministre Lida Kouassi a été extradé avec une autorisation administrative, donc purement politique. Mais, dans le cas de Koné Katinan, l’Etat ghanéen a souhaité étudier le dossier au regard de la loi. Ça, c’est une différence de taille !


Réalisée par Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER