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mardi, 15 avril 2014

PRORUSSIA.TV: QUE FAIT LAURENT GBAGBO A LA CPI? RENDEZ SON PRESIDENT A LA COTE D'IVOIRE

 

OBAMA ET SARKOZY.jpg

 

Prorussia.TV assomme Ouattara, ses rebelles, la France de Chirac à Sarkozy puis dresse le bilan des 3 ans de Ouattara après le coup d’État International contre Laurent Gbagbo.

 

 
 
Côte d'Ivoire : Après trois ans d'usurpation du pouvoir, le pays attend le retour de son président légitime et enverrait bien Ouattara devant le TPI…

Cette semaine, la communauté ivoirienne commémore à son tour, un tragique anniversaire. Celui du 11 avril 2011, qui vit la violation de sa souveraineté par la France, l’achèvement d’un long processus de coup d’Etat international, l’arrestation et la déportation du Président Laurent Gbagbo. Cela va donc faire trois ans qu'à l’issue d'un coup de force, organisé et encadré par la France de Nicolas Sarkozy, le Président Laurent Gbagbo aura été arrêté, puis détenu dans des conditions d’humiliation et de mauvais traitements pendant plusieurs mois, avant d’être déporté à la Cour Pénale Internationale (CPI).

Petit rappel historique : élu au premier tour des élections présidentielles en 2000, le Président Laurent Gbagbo a dû faire face, deux ans à peine, après sa prise de fonction, à une tentative de coup d’Etat qui s’est muée en une rébellion armée, coupant le pays en deux parties.
 
Sur le point d'être défaits, ces rebelles vont être alors protégés par Paris qui organisera leur montée en puissance, en les équipant et en ayant recours à des mercenaires africains et européens, comme le révèle un document wikileaks, disponible sur le net.
 
Il est vrai que le gouvernement de Laurent Gbagbo souhaitait libérer l’économie ivoirienne de la domination française et ouvrir certains marchés à d'autres partenaires, notamment celui du cacao qui demeure la principale culture d’exportation du pays. La France de Jacques Chirac a perçu ce signal d’ouverture comme une menace pour ses intérêts. La même méthode, pour les mêmes raisons, s'appliquera d'ailleurs, avec le même succès, en République Centre Africaine.

Afin d’éviter la scission du pays, le président Gbagbo accepte de former en 2003, un gouvernement de réconciliation nationale, avec les forces rebelles et les partis politiques qui les soutiennent. Il négocie et obtient en juillet 2007, un accord politique avec la rébellion qu’il associe pleinement à la gestion du pouvoir d’Etat en nommant son chef, Guillaume Soro, Premier Ministre. Cela, dans l’optique d’aboutir à des élections transparentes, gage d’une sortie démocratique de la crise. Mais le candidat Laurent Gbagbo, est de nouveau élu Président de la République, avec 51,45% des voix.
 
Alors, contre toute attente, Nicolas Sarkozy, Président de la République française, et accessoirement ami intime d’Alassane Dramane Ouattara, conteste la décision du Conseil constitutionnel.
 
En violation de la souveraineté de la Côte d’Ivoire et après avoir arraché un mandat de l'ONU, comme en Libye, il soutient le coup d’Etat sanglant contre le pouvoir légal et légitime du Président Laurent Gbagbo, en imposant son ami Alassane Ouattara.
 
Trois ans après, le régime de Ouattara affiche son incapacité à réconcilier les Ivoiriens. Au contraire, depuis ce 11 avril 2011 et jusqu’à ce jour, des proches, des sympathisants du Président Laurent GBAGBO, des militants du Front Populaire Ivoirien en particulier et des Ivoiriens en général, sont dépossédés de leurs biens, pourchassés, pillés, persécutés, arrêtés, détenus sans jugement, torturés, violés, tués ou contraints à l’exil. Voici trois ans que des milliers d’ivoiriens ont perdu arbitrairement leur emploi, par la mise en œuvre de la politique dite de « rattrapage ethnique ». Trois ans que des maisons et des sites privés sont occupés illégalement, par des rebelles. Trois ans que l'économie ivoirienne ne subsiste que grâce aux fonds du FMI.
 
Voici trois ans que le Président Laurent Gbagbo, auteur du célèbre slogan « Asseyons nous et Discutons » et qui est à l'origine du multipartisme en Côte d’Ivoire, a été renversé et déporté le 29 novembre 2011 à la CPI, où il est arbitrairement détenu et où vient de le rejoindre Charles Blé Goudé, accusé tout comme lui, des mêmes crimes contre l'humanité, viols, persécutions et autres actes inhumains.
 
Tribun hors pair, Blé Goudé, n'a jamais tenu une arme, mais il a toujours su mobiliser et galvaniser la résistance face aux attaques des rebelles nordistes et à l'intervention militaire française. Il a été également un acteur central du processus de paix, initié par le président Gbagbo, en direction des forces rebelles, malgré leurs crimes, en prônant la réconciliation nationale dans l’ensemble de la Côte d’Ivoire. Jusqu'à présent, ni les juges ivoiriens, ni les juges du TPI, ne parviennent visiblement à confirmer les charges. A tel point, que le président Gbagbo pourrait très prochainement profiter d'une liberté conditionnelle et résider en Belgique, le temps de son procès.

Pendant cette période de troubles postélectorale, des pro-Ouattara se sont également rendus coupables d'exactions. Et là, les témoignages, les preuves et les cadavres ne manquent pas. Formant un véritable pouvoir politico-mafieux, des chefs de guerre, aujourd'hui aux plus hauts postes des forces de sécurité, ou ayant pris le pouvoir des principaux secteurs économiques et politiques, seraient visés par la CPI. Etrangement, aucune enquête n'a encore été diligentée contre ceux qui continuent leur entreprise de pillage systématique de la Côte d'Ivoire. Entre l’emprisonnement continuel des partisans de Laurent Gbagbo, l’insécurité permanente, le gangstérisme au sommet de l’Etat, la préférence étrangère et la paupérisation des couches sociales, Ouattara démontre bien, qu'il fait parti de cette maffia mondiale, cette même oligarchie qui entend dominer les peuples et s'accaparer les richesses.
 
Laurent Gbagbo libre, l'ancien cadre du FMI Ouattara sait d'avance que le jugement des urnes se retournera contre lui, car il n'a aucun lien fusionnel avec le peuple ivoirien. Un proverbe ivoirien dit que: « ce qui se dit sur le cadavre du lion ne peut être dit devant lui vivant ». Alassane Ouattara a cru pouvoir porter la peau du lion Gbagbo, avant de l'avoir tué. Mais c’est au peuple ivoirien de décider dorénavant de son avenir, s’il le peut encore.
 
 
Source: PRORUSSIA TV

jeudi, 10 avril 2014

POURQUOI LES PAYS AFRICAINS PAYENT UN IMPOT COLONIAL EN FRANCE MALGRE LEUR INDEPENDANCE?

 

FRANC CFA. 1000 F.jpg

 

Le saviez-vous? Aujourd’hui encore, beaucoup de pays africains continuent de payer un impôt colonial en France, et ce malgré l’indépendance !

Pour les pays nouvellement indépendant il fallut trouver des compromis avec la France. Sylvanus Olympio, le premier président de la République du Togo, un petit pays d’ Afrique de l’Ouest, trouva une solution susceptible de calmer les Français :

Ne voulant pas continuer à subir une domination française, il refusa de signer le pacte colonisation proposé par De Gaule, mais accepta en contrepartie de payer une dette annuelle à la France pour les soi-disant avantages obtenus lors de la colonisation française.

Ce furent les seules conditions de la France pour ne pas détruire le pays avant de partir. Toutefois, le montant estimé par la France était si grand que le remboursement de la soi-disant « dette coloniale » était proche de 40 % du budget du pays en 1963.

Dès lors, la situation financière du Togo tout juste indépendant fut très instable, et afin de se sortir de cette situation, Olympio décida de sortir du système monétaire mis en place par la France coloniale le FCFA (franc des colonies françaises d’Afrique), et créa la monnaie du pays.

Le 13 Janvier 1963, trois jours après , qu’il ai commencé à imprimer les nouveaux billets, une escouade de soldats (soutenus par la France) s’empara et tua le premier président élu de l’Afrique indépendante : Olympio fut exécuté par un ex Légionnaire français, le sergent de l’armée Etienne Gnassingbé qui, au passage, reçu à ce moment une prime de 612 dollars de l’ambassade française locale pour le succès de sa mission.

Le rêve de Olympio était de construire un pays indépendant et autonome. Mais l’idée ne correspondait pas aux volontés françaises.

Le 30 Juin 1962, Modiba Keita, le premier président de la République du Mali , décida également de se retirer du système monétaire FCFA (imposé à 12 pays africains nouvellement indépendants).

En effet, pour le président malien, qui se penchait plus vers une économie socialiste, il était clair que la colonisation qui perdurait avec ce pacte avec la France, devenait un piège, un fardeau pour le développement du pays.

Le 19 Novembre 1968, comme, Olympio, Keita sera victime d’ un coup d’état menée par un autre ex légionnaire français des Affaires étrangères, le lieutenant Moussa Traoré.

De fait, durant cette période turbulente où l’Afrique combattait à se libérer du joug de la colonisation européenne, la France usera à nombreuse reprises de mercenaire anciennement affiliés à la légion étrangère pour réaliser des opérations coup de poings contre les présidents nouvellement élus:

  • Au 1er Janvier 1966, Jean- Bedel Bokassa, ex légionnaire français, portait un coup d’état contre David Dacko, le premier président de la République centrafricaine.

  • Le 3 Janvier 1966, Maurice Yaméogo, le premier président de la République de Haute-Volta,  aujourd’hui appelé Burkina Faso, a été victime d’un coup porté par Aboubacar Sangoulé Lamizana, un ex légionnaire français qui a combattu avec les troupes françaises en Indonésie et en Algérie contre ces pays l’indépendance

  • Le 26 Octobre 1972 Mathieu Kérékou qui était un garde de sécurité au président Hubert Maga, le premier président de la République du Bénin, a porté un coup d’état contre le président, après avoir fréquenté les écoles militaires françaises de 1968 à 1970.

En fait , au cours des 50 dernières années, un total de 67 coups état qui se sont passés dans 26 pays en Afrique, 16 de ces pays sont des ex- colonies françaises, ce qui signifie que 61 % des coups d’états en Afrique ont été initiés dans d’anciennes colonies françaises.

 

Nombre de Coups en Afrique par pays

Ex-colonies françaises

 

Autres pays africains

 

Pays

Nombre de coup d’état

Pays

Nombre de coup d’état

Togo

1

Egypte

1

Tunisie

1

Libye

1

Côte d’Ivoire

1

Guinée Equatoriale

1

Madagascar

1

Guinée-Bissau

2

Rwanda

1

Libéria

2

Algérie

2

Nigéria

3

Congo – RDC

2

Ethiopie

3

Mali

2

Ouganda

4

Guinée Conakry

2

Soudan

5

Sous-TOTAL 1

13

   

Congo

3

   

Tchad

3

   

Burundi

4

   

Centrafrique

4

   

Niger

4

   

Mauritanie

4

   

Burkina Faso

5

   

Comores

5

   

Sous-TOTAL 2

32

   

TOTAL (1 + 2)

45

TOTAL

22

 

Comme ces chiffres le démontrent, la France est tout à fait désespérée, mais active à conserver une forte emprise sur ses colonies peu importe comment, peu importe le prix.

En Mars 2008, l’ancien président français Jacques Chirac a déclaré:

"Sans l’Afrique, la France va glisser vers le bas dans le rang de troisième puissance [ du monde ]"

Le prédécesseur de Jacques Chirac François Mitterrand déjà prophétisé en 1957 que: "Sans l’Afrique, la France n’aura pas d’ histoire au 21e siècle".

En ce moment même où j’écris cet article , 14 pays africains sont obligés par la France , à travers le pacte colonial , de mettre 85% de leurs réserves à la banque centrale de France sous le contrôle du ministère des finances français. Jusqu’à maintenant , en 2014, le Togo et environ 13 autres pays africains doivent encore payer la dette coloniale en France . Les dirigeants africains qui refusent sont tués ou victimes de coup d’état. Ceux qui obéissent sont soutenus et récompensés par la France grâce à style de vie somptueux, tandis que leurs populations endurent la misère et le désespoir.

Un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Nous accusons souvent les dirigeants africains de corruption et de servir les intérêts des nations occidentales, mais il y a une explication claire de ce comportement . Ils se comportent ainsi parce qu’ils ont peur d’être tués ou d’être la victime d’un coup d’état. Ils veulent s’allier à une nation puissante pour se sauvegarder en cas d’agression ou de difficultés. Mais, contrairement à une protection amicale, la protection de l’Ouest est souvent offert en échange du renoncement à servir leur propre peuple ou les intérêts des nations.

Les dirigeants africains travailleraient dans l’intérêt de leur peuple s’ils n’étaient pas constamment harcelés et intimidés par les pays coloniaux.

En 1958 , effrayé des conséquences de son choix d’indépendance face à la France , Léopold Sédar Senghor a déclaré: « Le choix du peuple sénégalais, c’est l’indépendance, ils veulent qu’elle ait lieu seulement dans l’amitié avec la France , pas en litige. “

Dès lors la France a accepté qu’une « indépendance sur le papier” pour ses colonies , mais a signé en parallèle des ” accords de coopération “, précisant la nature de leurs relations avec la France, en particulier les attaches envers la monnaie ( le Franc ), le système éducatif français, les ententes militaires et les préférences commerciales.

Voici les 11 principales composantes de la poursuite du pacte de colonisation depuis les années 1950 :

1 . La dette coloniale pour les avantages de la France colonisation

Les pays nouvellement «indépendants» doivent payer pour l’infrastructure construite par la France dans le pays pendant la colonisation.

Je dois encore trouver les détails sur les montants, l’évaluation des avantages coloniaux et les conditions de paiement imposées aux pays africains, mais nous y travaillons ( nous aider avec des informations ).

2 . Confiscation automatique des réserves nationales

Les pays africains doivent déposer leurs réserves monétaires nationales en France à la banque centrale.

La France a tenu des réserves nationales de quatorze pays africains depuis 1961: Bénin, Burkina Faso, Guinée-Bissau, Côte d’Ivoire, Mali, Niger, Sénégal, Togo, Cameroun, République centrafricaine, Tchad, Congo-Brazzaville, la Guinée équatoriale et le Gabon.

La politique monétaire régissant un tel regroupement diversifié de pays est simple car il est, géré par le Trésor français , sans en référer aux autorités fiscales centrales comme l’UEMOA ou de la CEMAC. Selon les termes de l’accord qui a été mis en place par la banque centrale du CFA, chaque Banque centrale de chaque pays africain est obligée de garder au moins 65 % de ses réserves de change dans un « compte d’opérations » tenu au Trésor français, ainsi qu’un autre 20 % pour couvrir les passifs financiers.

Les banques centrales CFA imposent aussi un plafond sur le crédit accordé à chaque pays membre à l’équivalent de 20 % des recettes publiques de ce pays sur l’année précédente. Même si la BEAC et la BCEAO ont une facilité de découvert auprès du Trésor français, les traites sur les facilités de découvert sont sous réserve du consentement du Trésor français. Le dernier mot est celui de la Trésorerie française qui a investi les réserves étrangères des pays africains en son propre nom à la Bourse de Paris.

En bref , plus de 80% des réserves de change de ces pays africains sont déposées dans les « comptes d’opérations » contrôlés par le Trésor français . Les deux banques CFA sont africaines de nom, mais n’ont pas de politiques monétaires propres. Les pays eux-mêmes ne savent pas, ne sont pas informés, à hauteur de combien la réserve de change détenues par le Trésor français leur appartient en tant que groupe ou individuellement.

Les gains de l’investissement de ces fonds du Trésor français sont censés être ajouté à la réserve de change, mais il n’y a pas de comptabilité transmise aux banques ou aux pays, ni les détails de ces modifications. « Seul un groupe restreint de hauts fonctionnaires du Trésor français connaissent les montants figurant dans les « comptes d’opérations » où ces fonds sont investis ; si il y a un bénéfice sur ces investissements ; ils ont interdiction de divulguer ces informations aux banques CFA ou aux banques centrales des états africains. ” écrit le Dr Gary K. Busch

Il est estimé que la France gère près de 500 milliards d’argent africain dans sa trésorerie, et ne fait rien pour mettre un peu de lumière sur ce côté sombre de l’ancien empire.

La finalité reste : Les pays africains n’ont pas accès à cet argent.

La France leur permet d’accéder à seulement 15 % de leur argent par an. S’ils ont besoin de plus, les pays africains doivent emprunter, à des taux commerciaux, sur les 65% de leur argents détenu au Trésor français.

Pour rendre les choses plus tragiques , la France impose un plafond sur le montant de l’argent que les pays peuvent emprunter à la réserve . Le plafond est fixé à 20 % de leurs recettes publiques de l’année précédente. Si les pays ont besoin d’emprunter plus de 20% de leur propre argent, la France a un droit de veto.

L’ancien président français Jacques Chirac a récemment parlé de l’argent des pays africains dans les banques en France. Voici une vidéo qui parle du système d’exploitation français. Voici une courte transcription de l’extrait : “Nous devons être honnêtes et reconnaître qu’une grande partie de l’argent dans nos banques viennent précisément de l’exploitation du continent africain”.

3 . Droit de priorité sur toute ressource brute ou naturel découvert dans le pays

La France a la priorité en matière d’achats de toutes les ressources naturelles de la terre de ses ex- colonies. C’est seulement un refus de celle-ci que les pays africains sont autorisés à chercher d’autres partenaires.

4 . Priorité aux intérêts et aux entreprises françaises dans les marchés publics et constructions publiques

Dans l’attribution des marchés publics , les entreprises françaises doivent être considérées en premier lieu, et seulement après les marché étrangers sont considérés. Le fait que les pays africains pourraient obtenir une meilleure offres financière ailleurs n’est pas prit en compte.

En conséquence, dans la plupart des ex- colonies françaises, toutes les plus grosses compagnies et acteurs économiques sont dans la main des expatriés français. En Côte d’Ivoire, par exemple, les entreprises françaises possèdent et contrôlent tous les grands services publics – eau, électricité, téléphone, transports, ports et les grandes banques. Idem dans le commerce, la construction et l’agriculture.

En fin de compte, comme je l’ai écrit dans un précédent article, les Africains vivent maintenant sur un continent possédé par les Européens !

5 . Droit exclusif de fournir des équipements militaires et de former les officiers militaires des pays

Grâce à un système sophistiqué de bourses, de subventions, et les « accords de défense » attachés au pacte colonial, les africains doivent envoyer leurs officiers supérieurs de formation en France ou dans des infrastructures militaires françaises.

La situation sur le continent est telle que la France a formé et nourris des centaines, voire des milliers de traîtres. Ils sont en sommeil tant qu’ils ne sont pas nécessaires, et activés en cas de besoin pour un coup d’état ou à d’autres fins !

6 . Droit pour la France de pré-déployer des troupes et intervenir militairement dans le pays pour défendre ses intérêts

Sous la dénomination « Accords de défense » attachés au pacte colonial. La France a le droit d’intervenir militairement dans les pays africains, et aussi de stationner des troupes en permanence dans des bases et installations militaires, entièrement géré par les Français.

Les bases militaires françaises en Afrique

BASES MILITAIRES FRANçAISES EN AFRIQUE.png

Lorsque le président Laurent Gbagbo de Côte d’Ivoire a tenté de mettre fin à l’exploitation française du pays, la France a organisé un coup d’état. Durant le long processus pour chasser Gbagbo du pouvoir, les tanks français, les hélicoptères de combat et les forces spéciales sont intervenues directement dans le conflit, ont tiré sur des civils et tué beaucoup d’entre eux.

Pour ajouter l’injure à l’insulte, la France estime que la communauté d’affaires française a perdu alors plusieurs millions de dollars lors de la ruée pour quitter Abidjan en 2006 (où l’armée française a massacré 65 civils non armés et blessé 1200 autres.)

Après la réussite du coup d’état par la France, et le transfère de pouvoir à Alassane Ouattara, la France a demandé au gouvernement Ouattara de verser une indemnité à la communauté d’affaires française pour les pertes pendant la guerre civile.

Du fait, le gouvernement Ouattara leur a payé le double de ce qu’ils ont dit qu’ils avaient perdu en quittant.

7 . Obligation de faire du français la langue officielle du pays et de la langue pour l’éducation

Oui , monsieur. Vous Devez parler français, la langue de Molière ! La langue française et une organisation de la diffusion de la culture a été créé. Appelé «Francophonie» qui regroupe avec plusieurs branches et organisations affiliées toutes contrôlées par le ministre français des Affaires étrangères.

Comme démontré dans cet article, si le français est la seule langue que vous parlez, vous auriez accès à moins de 4% de la connaissance de l’humanité et des idées. C’est très limitant.

8 . Obligation d’utiliser la l’argent de la France coloniale le FCFA

C’est la véritable vache à lait pour la France, un tel système maléfique, est dénoncé par l’Union européenne, mais la France n’est pas prête à se passer de ce système colonial qui lui offre une trésorerie d’environ 500 milliards de dollars en provenance de l’Afrique, et ce par année.

Lors de l’introduction de la monnaie euro en Europe, d’autres pays européens ont découvert le système d’exploitation français . Beaucoup, en particulier les pays nordiques, ont été consternés et ont suggéré à la France se débarrasser du système, mais sans succès.

9 . Obligation d’envoyer le rapport annuel France du solde et de réserve

Sans le rapport, pas d’argent. Quoi qu’il en soit le secrétaire des banques centrales des ex- colonies, et le secrétaire de la réunion bi-annuelle des ministres des Finances des ex- colonies est effectué par la France banque centrale / du Trésor.

10 . Renonciation à entrer en alliance militaire avec tout autre pays , sauf autorisation par la France

Les Pays africains en général sont ceux avec le moins d’alliance militaires inter-etat. La plupart des pays ne disposent que d’alliances militaires avec leurs ex- colonisateurs ! ( drôle, mais vous ne pouvez pas faire mieux! ).

Dans les cas où ils souhaiteraient une autre alliance, la France les gardent bien de le faire.

11 . Obligation de s’allier avec la France en situation de guerre ou de crise mondiale

Plus d’un million de soldats africains se sont battus pour la défaite du nazisme et du fascisme pendant la seconde guerre mondiale.

Leur contribution est souvent ignorée ou minimisée, mais quand vous pensez que cela a pris seulement 6 semaines pour l’Allemagne pour vaincre la France en 1940, la France sait que les Africains pourraient être utiles pour conserver la « Grandeur de la France ” à l’avenir.

Il y a quelque chose de quasiment psychopathe dans la relation de la France avec l’Afrique.

Tout d’abord, la France est gravement accro au pillage et à l’exploitation de l’Afrique depuis l’époque de l’esclavage. Ensuite, il y a ce manque complet de la créativité et de l’imagination de l’élite française à penser au-delà du passé et de la tradition.

Enfin, la France dispose de 2 institutions qui sont complètement gelés dans le passé , habitées par des paranoïaques et psychopathes ” les hauts fonctionnaires ” qui répandent la crainte l’apocalypse si la France devait être amenée à changer, et dont la référence idéologique vient toujours du romantisme du 19ème siècle. Ils sont : le ministre de la Finances et du Budget de la France et le ministre des affaires étrangères de la France.

Ces deux institutions ne sont pas seulement une menace pour l’Afrique, mais pour les Français eux-mêmes.

C’est à nous que revient de libérer l’Afrique, sans demander la permission, parce que je ne peux toujours pas comprendre par exemple comment 450 soldats français en Côte d’Ivoire pourraient contrôler une population de 20 millions de personnes?

La première réaction des personnes lorsqu’ils apprennent l’existence de l’impôt colonial français est souvent une question: « Jusqu’à quand “

A titre de comparaison historique, la France a fait payer à Haïti l’équivalent moderne de 21 milliards de dollars de 1804 à 1947 ( près d’un siècle et demi ) pour les pertes causées aux marchands d’esclaves français suite à l’ abolition de l’esclavage et à la libération des esclaves haïtiens.

Les Pays africains paient la taxe coloniale depuis les 50 dernières années, donc je pense un siècle de paiement pourrait être de trop.

“Nous préférons la liberté dans la pauvreté à l’opulence dans l’esclavage”. SEKOU TOURE

 

Mawuna  Remarque Koutonin

 

Article original : 

http://www.siliconafrica.com/france-colonial-tax/

Traduit par l’équipe communication du Collectif Map

 https://www.facebook.com/dossou.gaglozoun

vendredi, 28 mars 2014

INTERVENTION DE CHARLES BLE GOUDE A LA CPI: EXTRAITS

 

CHARLES BLE GOUDE 4. CPI.jpg

 
Quelques extraits du discours de Charles Blé GOUDE lors de sa première comparution devant la CPI du 27/04/2014

 
« Pour le respect que j’ai pour les victimes, toutes les victimes de la crise qui a secoué mon pays, je suis content d’être là dans l’affaire qui m’oppose au procureur pour que la vérité soit sue afin que cessent les murmures. Madame la Juge, je ne veux pas être libre de mes mouvements physiques tandis que ma conscience innocente accusée à tort d’être la base de tous les torts est au-dedans de moi. Madame la Juge, à une certaine opinion qui estime à tort ou à raison que le voyage à la CPI est un voyage de non retour, je pense qu’un citoyen qui est suspecté par la CPI peut venir ici, faire l’objet d’un procès et s’il est innocent peut repartir chez lui. Et je sais que je repartirai chez moi. »

CHARLES BLE GOUDE 5. LE COMBAT AUX MAINS NUES.jpg

"Si je suis reconnu coupable, que la loi s’applique à moi dans toute sa rigueur, mais si je suis jugé pour ce que j’ai fait et non pour ce que je suis, que je sois reconnu innocent et que je rentre chez moi; et je sais que je vais retourner chez moi. Quand dans mon pays, on me traque, on traque ma famille, on fait un chantage à ma famille biologique et politique, mon médecin est en prison, tous mes collaborateurs emprisonnés pas pour ce que j’ai fait mais pour ce que je suis. Parce que si on devait me poursuivre en Côte d’Ivoire pour ce que j’ai fait, il y a beaucoup de personnalités pro-Ouattara qui ne pourraient même pas me regarder en face."
 
« Je suis venu ici et je me considère en mission pour la manifestation de la vérité. Je suis pro-Gbagbo et je suis fier de l’être. Je l’étais hier, je le suis encore aujourd’hui. Madame, j’ai appris avec Gbagbo le dialogue, j’ai appris avec Gbagbo la réconciliation, j’ai appris avec Gbagbo qu’il faut convaincre l’adversaire et non le vaincre et pour cela, je suis pour la manifestation de la vérité. "

« Je suis venu à la Haye, c’est ici que j’ai appris qu’un individu peut avoir des droits qui lui sont reconnus et je voudrais vous remercier pour ça d’ailleurs. Je suis bien traité ici et je suis animé d’un double sentiment parce que quand on m’emmenait à La Haye ici, beaucoup ont pleuré et pourtant en Côte d’Ivoire, je vivais le calvaire. Chaque jour, je vivais dans l’angoisse, chaque minute était un combat. J’étais comme un objet dont on disposait quand on voulait et comme on voulait…J’ai été logé, je ne peux pas demander qu’on me loge dans un hôtel à quatre étoiles. Un prisonnier est un prisonnier dans tous les cas et je suis préparé à cela, je suis prêt. »


Lien vers la vidéo:

https://www.youtube.com/watch?v=DySaH0Bcuuc#t=53

 

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CHARLES BLE GOUDE DEVANT LA CPI: «J’AI APPRIS AVEC GBAGBO QU’IL FAUT CONVAINCRE UN ADVERSAIRE ET NON LE VAINCRE!»

 
 

LAURENT GBAGBO ET CHARLES BLE GOUDE.jpg

 
A la juge Fernandez de Gurmendi qui s’étonne qu’il parle et comprenne parfaitement le français, voilà ce que Charles Blé GOUDE a répondu ce jeudi 27 mars 2014 lors de sa première comparution à LA HAYE : "je suis d’un pays qui a été colonisé par la France, donc je parle français"… Le ton est donné ! 
 
La déportation de Charles Blé GOUDE à La Haye le samedi 22 mars 2014 après celle de Laurent GBAGBO est en effet un signal  fort de perpétuation du néocolonialisme, à travers la Cour Pénale Internationale, le bras judiciaire de l’Organisation des « Nantis » Unis qui dirige le monde. Notons d’ailleurs que l’exécution du mandat de cette Cour « Politique » Internationale contre  Charles Blé GOUDE - figure emblématique de la Résistance aux mains nues- s’est déroulée dans l’irrespect total des procédures judiciaires les plus élémentaires, accompagnée de violences dignes de l’état de non droit qu’est devenue la Côte d’Ivoire sous le régime aussi illégitime que liberticide de OUATTARA installé et maintenu par Communauté internationale, France en tête[1].
 
Par leur combat, par leur courage, par leur dévouement au service de l’émancipation de leur pays et au-delà du continent, Laurent GBAGBO et Charles Blé GOUDE s’inscrivent dans la lignée des dignes fils de l’Afrique qui ont consacré leur vie à lutter contre les régimes vassaux que les dirigeants occidentaux imposent au peuples africains pour continuer de piller leurs ressources en déguisant des guerres économiques en guerres humanitaires[2].
 
Car de quoi s’agit-il en effet ? Blé GOUDE est poursuivi pour 4 chefs d’accusation concernant des crimes prétendument commis sous son autorité pendant la crise postélectorale ivoirienne, à l’instar de Laurent GBAGBO d’ailleurs. Sur quels éléments de preuve peut bien s’appuyer la CPI pour justifier une telle mesure privative de liberté alors qu’elle n’a toujours pas produit la moindre preuve pour confirmer les mêmes charges notifiées contre Laurent GBAGBO ?
 
Nous nous étonnons que la plupart des médias occidentaux relaient la nouvelle du transfèrement de Blé GOUDE avec des éléments de langage similaires à ceux qui circulaient lorsqu’il s’agissait de Laurent GBAGBO en novembre 2011 sans même prendre la peine de parler de  l’enlisement de la procédure concernant ce dernier faute de preuves[3] ou encore d’interroger les violences criminelles qui continuent d’endeuiller la Côte d’Ivoire, sans oublier les arrestations, détentions et tortures de centaines de prisonniers politiques[4].
 
A tous ceux qui continuent de croire que la Cour Pénale Internationale est l’institution au service de la lutte contre l’impunité qu’elle avait vocation à être lors de sa conception, nous avons le devoir d’apporter le démenti le plus catégorique en démontrant son inféodation aux intérêts hexagonaux, eux-mêmes tributaires de l’ordre inégalitaire mondial imposé par l’Occident. Ainsi :
 
1.   Le traité de Rome instituant la CPI supposée poursuivre et sanctionner tous les crimes de guerre, les génocides et les crimes contre l’humanité a certes été signé par 139 pays et 122 l’ont ratifié acceptant de ce fait de se soumettre à la compétence de la CPI[5]. Cependant la CPI  reste toujours incompétente pour poursuivre une grandes partie de ces crimes dès lors que de nombreuses grandes puissances mondiales n’ont pas adhéré et/ou ratifié le Traité de ROME, à commencer par les EU, la CHINE, la RUSSIE et l’INDE qui refusent de se soumettre à cette juridiction, tout en l’imposant aux autres, au moins en ce qui concerne les premiers autoproclamés maîtres du monde depuis la chute du mur de BERLIN et encore plus depuis le 11 septembre 2001. A noter que même ceux qui l’ont ratifié comme la FRANCE et la GRANDE-BRETAGNE pour ne parler que d’elles, font tout pour y transférer les dirigeants africains qui refusent de les servir docilement, tout en s’arrangeant pour y échapper ou y faire échapper leurs amis dictateurs[6]. L’exemplarité étant une des plus grandes vertus pédagogiques si ce n’est la plus grande, la CPI gagnerait en crédibilité, ou plutôt retrouverait un peu de crédibilité si elle commençait par juger les grandes puissances au regard de leurs responsabilités largement documentées dans les plus grands massacres de la planète, y compris ceux des dernières décennies. Comme la reconnaissance de la CPI suppose la signature du Traité de Rome et qu’elle ne saurait avoir d’effet rétroactif, les Etats membres sont assurés que les crimes commis par eux ou ceux dont ils ont été complices avant leur adhésion échappent à sa compétence. En revanche, tous les auteurs de crimes contre l’Humanité commis depuis sont susceptibles d’être traduits devant la CPI. Pour ce qui est de la France par exemple, elle a adhéré et ratifié le traité dès sa création en 2002. On s’étonne donc que la fusillade de l’Hôtel Ivoire début novembre 2004 qui a coûté la vie à près d’une centaine de Patriotes aux mains nues et fait des milliers de blessés n’ait toujours pas abouti à la moindre inculpation de responsables civiles et militaires français alors que des preuves surabondantes existent de la responsabilité totale de la force Licorne dans cette tragédie[7] et que de nombreux rapports et demandes de commissions d’enquête en témoignent[8].
 
2.   Quant aux dirigeants africains qui se retrouvent les seuls dans les faits à se voir traduits devant cette juridiction, ils ont bien cherché à s’en affranchir, menaçant de se retirer collectivement de la CPI si elle persiste à ne poursuivre que des dirigeants du Berceau de l’Humanité qui plus est en exercice[9]. Le seul résultat concret de cette offensive des chefs d’Etats africains contre la CPI qu’ils jugent à raison partiale et au service de l’Occident est de s’être garanti pour eux-mêmes une sorte d’immunité judiciaire tant qu’ils seront au pouvoir [10], renforçant ainsi l’intérêt que la plupart de ces autocrates peuvent avoir à s’y maintenir par la force ou par la fraude. Quant au devoir de justice et de vérité qui était supposé permettre à la CPI de dissuader toute commission ou récidive de crimes contre l’Humanité, il n’en a pas vraiment été question ! Le cas Kényan a beaucoup pesé sur cette fronde des Etats Africains. Nonobstant les gesticulations de l’ONU pour ne pas donner l’impression de se dédire, la procureur BENSOUDA a fini par obtenir en catimini l’ajournement d’un an des poursuites engagées contre le Président KENYATTA pour cause officielle d’ « érosion » de preuve après le retrait invoqué de deux témoins à charge[11], mais dans la réalité pour constituer une bande de sécurité pro-occidentale au sud de la zone soudano-sahélienne très poreuse, un rempart contre Al Qaida en quelque sorte.
 
3.   Comme on le voit bien dans l’exemple Kenyan, les poursuites engagées par la CPI contre certains dirigeants africains obéissent bien moins à un quelconque désir de combattre l’impunité des pires crimes contre l’Humanité qu’à punir les dirigeants africains indociles coupables de vouloir réformer les accords de coopération dans un sens plus favorable aux Etats souverains qu’ils dirigent. Dans le cas de la Côte d’Ivoire, les manquements aux lois fondamentales du pays comme au Traité de Rome sont tels que l’on ne sait même plus par où commencer ! Comble du cynisme, voire même de la perversité, Laurent GBAGBO se retrouve à la CPI sur le fondement de sa propre déclaration de reconnaissance de la compétence de la CPI signée le 18 avril 2003. Cette déclaration dit que : «Conformément à l’article 12 paragraphe 3 du statut de la Cour Pénale Internationale, le Gouvernement ivoirien reconnaît la compétence la Cour aux fins d’identifier, de poursuivre, de juger les auteurs et complices des actes commis sur le territoire ivoirien depuis les évènements du 19 septembre 2002 ». Dans le souci permanent d’organiser leur impunité, les autorités ivoiriennes imposées par la force en 2011 ainsi que les institutions qui les protègent refusent toujours d’enquêter sur les crimes commis avant la crise postélectorale de 2010, nonobstant la décision de la Chambre préliminaire de faire remonter les enquêtes à 2002[12]… Bel exemple de juridiction prétendue impartiale érigée en rempart contre l’impunité des pires crimes du monde qui ne veut surtout pas enquêter sur ces derniers = ne rien dire, ne rien voir, ne rien entendre…
 
4.   Sur la motivation du transfert des caciques de l’ancien régime de Laurent GBAGBO, force est de constater qu’elle est pour le moins sujette à interrogation. Alors que le gouvernement ivoirien prétextait son incapacité à organiser le jugement de Laurent GBAGBO au pays pour justifier son transfert-déportation à LA HAYE, il a mis plus de 2 ans à accepter de donner suite au mandat délivré par la CPI contre Blé GOUDE et refuse toujours d’exécuter celui contre Simone GBAGBO. Sans compter que le fait de ne poursuivre que les partisans de l’ancien régime en n’inquiétant pas les auteurs de crimes contre l’humanité de l’autre camp pourtant clairement mis en cause dans des massacres à grande échelle (BOUAKE, DUEKOUE, BANGOLO, ANONKOUA-KOUTE, NAHIBLY, ABOBO,…) n’est pas sans interpeler sur la nature réelle du nouveau pouvoir installé par la Communauté internationale[13]. Cette lecture partisane et à géométrie variable de leurs engagements nationaux et internationaux est emblématique du peu de respect des nouvelles autorités ivoiriennes pour les victimes et les lois fondamentales que le pays s’est données[14].
 
5.   Pour justifier son existence et asseoir sa légitimité, la CPI s’est forgé une carapace de respectabilité et d’intégrité apparentes, en créant une instance à sa totale dévotion : la Coalition Internationale pour la CPI qui regroupe plus de 2500 ONG au plan international[15] et se décline en autant de « milices » institutionnelles au plan national, telle la « Coalition Française pour la CPI » qui fédère désormais 45 associations[16]. Est-ce pour autant qu’il faille crier au loup et invalider tout ce qui émane de ces ONG que d’aucuns considèrent encore comme réellement au service des causes qu’elles prétendent défendre ? Sans doute que non, car de nombreux bénévoles ne comptent ni leur temps, ni leurs efforts au service de ces ONG et méritent considération&respect. Mais lorsque l’on voit les partis pris, les omissions, les errements parfois de ses institutions dans lesquelles on pouvait légitimement croire comme contrepouvoirs à nos « vieilles » démocraties enclines à la toute-puissance, on est en droit de s’interroger. Nous invitons toutes les personnes qui le peuvent à mettre en exergue le parti pris de la plupart de ces grandes ONG en apparence au-dessus de tout soupçon qui font sans doute un travail remarquable au niveau de la collecte et de la gestion des tâches qui leurs sont confiées en s’appuyant sur des réseaux de militants sincères et désintéressés, mais dont les dirigeants cautionnent souvent la justice inique de la CPI.  
 
- Human Rights Watch qui selon des sources concordantes émargent aux fonds du milliardaire spéculateur Georges SOROS est un bel exemple d’ONG au service de l’ONU. Pour ce qui est de la CÔTE D’IVOIRE, on connaît sa partialité et son rôle majeur dans la diabolisation du régime légitime de Laurent GBAGBO. On lui doit notamment de nombreux rapports mensongers depuis 2000 sur les pseudo-dérives identitaires du régime. La décision de déporter Laurent GBAGBO à LA HAYE en 2011 s'appuie principalement sur son rapport de juin 2011 "Ils ont tués comme si ne rien n'était" qui travestit totalement les faits et impute la plupart des crimes et l'embrasement de la CÔTE D'IVOIRE au camp GBAGBO en épinglant à la marge le camp OUATTARA pour donner l'illusion d'une certaine "objectivité".  HRW fait ainsi partie  de la nébuleuse susmentionnées d'ONG chiennes de garde du système onusien détourné de ses nobles finalités premières ayant pour bras judiciaire la CPI si peu pénale et toujours très politique "juridiction" qui était supposée garantir les peuples contre l'impunité. La plupart des ONG présentées comme impartiales, indépendantes, au service de la vérité et des populations civiles des pays en crise, s'avèrent être majoritairement financées par des fonds publics et totalement inféodées à l'ordre inégalitaire mondial dont elles assurent la perpétuation. Bref, relayer aujourd’hui les rapports de HRW par exemple sur la SYRIE ou sur la CÔTE D’IVOIRE même lorsqu’ils vont un peu plus dans le sens de la vérité et de la dénonciation des crimes de OUATTARA (pour parler de ce que l’on connaît) revient à valider les rapports mensongers antérieurs de ces mêmes ONG, HRW en tête, surtout si l’on ne prend pas le temps de préciser les choses.
 
- Et si les rapports de ces ONG apportaient réellement la preuve des exactions prétendument commises par le camp GBAGBO, comment expliquer que les mandats de la CPI lancés contre  Laurent GBAGBO comme Blé GOUDE ne portent que sur des crimes commis pendant la période postélectorale ? Comment expliquer par exemple que les autorités françaises ne souhaitent plus savoir qui a tué les 9 soldats français le 6 novembre 2004 à BOUAKE alors que Maître BALAN l’avocat des familles de ces victimes militaires décorés à titre posthume accuse aujourd’hui le Gouvernement français de l’époque tandis que la plainte déposée contre Michèle ALLIOT MARIE pour faux témoignage a été classée sans suite début 2013[17] ?
 
- La difficulté majeure, c'est que ces ONG distillent le poison du médiamensonge pendant des années, calmement, proprement, mais savent aussi administrer des doses homéopathiques d'"antidote" aux principales victimes le moment opportun, faisant croire à ces dernières qu'elles ne sont finalement pas si partiales que cela. Pire, après des rapports mensongers et calomnieux, indignes sur le fond comme sur la forme (contextes historiques révisionnistes, méthodologies inconsistantes, inversions des victimes et des bourreaux,...), certaines de ses ONG vont jusqu'à se constituer parties civiles des victimes de tous les camps en arguant d’une neutralité et d’une objectivité qu’elles sont loin d’avoir, voire en garantissant une protection qu'elles ne sont même pas capables d'assurer, tant il est vrai que les intérêts politico-financiers qu'elles couvrent -sciemment parfois, de bonne foi peut-être dans d'autres cas- finissent par l'emporter. Nous en voulons pour preuve l’assassinat d’Alex Saint-Joël GNONSIAN dans la nuit du 30 au 31 décembre 2013, alors qu’il était l’un des principaux témoins des tueries de NAHIBLY qui ont fait plusieurs centaines de morts et de disparus depuis le 20 juillet 2012, massacres en masse qui visent à faire disparaître ou dissuader les victimes de cette tragédie de témoigner (trois autres disparitions de victimes de NAHIBLY sont également à déplorer le même jour) [18]. Alex Saint-Joël GNONSIAN était donc supposé bénéficier de la protection de l’ONUCI et du soutien de la FIDH qui s’est constituée partie civile dans ce dossier alors même que son responsable Afrique Florent GEEL continue de nier l’ampleur des massacres de DUEKOUE de 2011 tout en cautionnant activement la politique d’Alassane OUATTARA. Ce n’est pas la récente mise en scène des petits déboires à la frontière de ce Monsieur Afrique de la FIDH, ni les petits bémols mis dans le soutien de cette dernière à l’endroit d’Alassane OUATTARA qui nous empêcheront de dénoncer sa complicité passive dans les crimes subis par le  peuple ivoirien depuis 2002. Vous trouverez ci-dessous référencés quelques liens sur la légitime méfiance que nous sommes en droit d’éprouver à l’endroit de la FIDH eût égard à son parti pris surabondant pour les autorités de fait qui sévissent aujourd’hui en CÔTE D’IVOIRE[19].  Méfiance qui se mue en légitime colère devant le cynisme de la même FIDH incapable de protéger ses témoins/victimes qui se fend néanmoins d’un communiqué commun avec la LIDHO et le MIDH en date du 21 mars 2014 pour saluer la décision de transférer Blé GOUDE à la CPI y voyant là un espoir de « faire reculer l’impunité en CÔTE D’IVOIRE [20].». Les victimes de la rébellion sanguinaire qui sévi depuis 2002 apprécieront le « négationnisme » de ces ONG prétendues neutres et bienveillantes qui n’est pas sans rappeler celui qu’elles mêmes dénoncent en parlant du génocide rwandais même si heureusement le bilan en pertes humaines n’est pas encore aussi dramatique. A nier ainsi la souffrance du peuple ivoirien comme celui aujourd’hui des HUTU en RDC, elles risquent bien de décrédibiliser le combat apparemment sincère dans lequel elles sont engagées auprès d’autres victimes du même mal systémique africain : la prédation occidentale !

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mardi, 25 mars 2014

CHARLES BLE GOUDE A LA CPI: L'AIRD INVITE LA JEUNESSE IVOIRIENNE A RELEVER LA TETE

 

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Joignant l’acte à la parole du conseil des ministres du jeudi 20 mars 2014, le gouvernement ivoirien a fait transférer le camarade Charles Blé Goudé à la Cour pénale internationale (CPI) basée à La Haye.

Officiellement, selon le gouvernement ivoirien, Charles Blé Goudé a été transféré à la CPI afin, selon le gouvernement ivoirien lui-même, d’être «jugé par la communauté internationale» qu’il aurait contrariée. Ainsi, aux dires du ministre ivoirien de la Justice, «Blé Goudé a été vu en 2007, fermer plusieurs entreprises et s’en prendre à des coopérants européens», poursuivant «qu’en 2010, c’était encore lui Blé Goudé qui demandait que les véhicules de l’Onuci soient "caillassés" (sic)…» avant de conclure «(qu’après) la diffusion des photos de maltraitance de (Charles Blé Goudé), il est du devoir du gouvernement responsable d’offrir à chacun la possibilité de meilleures conditions pour répondre des faits qui lui sont reprochés». Autrement dit, Blé Goudé a été transféré pour venger la communauté internationale et venger un pouvoir qui n’a pas digéré que l’on ne se tûtdevant la maltraitance dont il aurait fait usage. C’est une thèse inacceptable et anti républicaine, qui donne froid dans le dos, car demain, n’importe quel citoyen pourrait être réduit au silence y compris par les escadrons de la mort s’il venait à trop se plaindre: de simples déclarations n'ont-elles pas déjà valu à certains responsables politiques des mandats d’arrêt internationaux?

L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) condamne cette politique de matraquage aveugle mise en œuvre par un régime qui, pourtant, se targue partout d’être au service de tous les citoyens.

L’AIRD ne se fait pas d’illusion sur le rapport de forces défavorable à la démocratie en Côte d'Ivoire, ni sur la nature de la CPI, qui reste avant tout une institution politique à l’habillage juridique. Le combat pour les valeurs sera donc âpre et exigeant sur le terrain de l'intelligence.

Face à la vacuité des accusations retenues - accusations sur la formulation desquelles la CPI et le pouvoir ivoirien divergent d'ailleurs du tout au tout -, le transfèrement de Charles Blé Goudé à la Haye participe des méthodes antidémocratiques de musèlement de toute voix dissidente par rapport à celle du pouvoir et s’apparente plus à une déportation intermédiaire. Ainsi, le pouvoir croit se donner les moyens de gouverner en roue libre, de sécuriser ses plans de succession en gagnant du temps avec les longues procédures de la CPI préalables à tout acquittement.

Comptant en son sein de nombreux militants desdroits de l’homme, l’AIRD refuse de faire de la réconciliation un exutoire à l’impunité. Mais, à qui a profité au juste cette impunité que l’on dit combattre aujourd’hui, si ce n’est aux dignitaires du régime actuel à travers les accords de Marcoussis et le gouvernement de réconciliation national doublé de la loi d’amnistie qui en ont résulté ?

Les Ivoiriens, témoins et victimes d’une décennie de méthodes violentes d’accession au pouvoir, prennent acte de la gouvernance d’ivoirophobie, de division qui oppose les Ivoiriens entre eux, de promotion d’intérêts hostiles à la cause nationale, d’injustice, de pillages et de corruption généralisée; une gouvernance sur fond de mépris du peuple et de la République.

L’AIRD invite l’ensemble de la jeunesse ivoirienne, visée dans sa chair et dans son âme par ces mesures injustes, à relever la tête pour aborder l’avenir avec espérance et responsabilité par sa rigueur au travail et son ancrage dans les valeurs de solidarité, de rassemblement, d'intégrité, de justice, d’égalité et de démocratie. Demain sera incontestablement meilleur, parce que débarrassé de la peur de l’autre, dans les frontières sûres d’une vraie nation. Demain nous devons être des adversaires politiques qui savent être des partenaires de la démocratie. C’est à nous de donner cette leçon à ceux qui sont aveuglés par la haine.

À l’épouse de Charles Blé Goudé et à ses enfants, à sa famille biologique, à sa famille politique et à tous les combattants de la démocratie et des libertés, l’AIRD tient à témoigner sa solidarité, en les assurant de sa présence à leurs côtés. À notre frère Charles Blé Goudé, l’AIRD  souhaite les grandes ressources morales qui confronteront ses juges à leur devoir de justice dans le cadre d'un procès équitable, et l'abandon rapide de toute charge à son encontre, pour un digne retour au pays, lavé de toute accusation.

 

Le Ministre Eric Kahé
Président de l’AIRD

TRANSFEREMENT DE BLE GOUDE A LA CPI: ET SI L'AFRIQUE ETAIT LE CONTINENT DE LA HONTE?

 

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Image d'archives: Blé Goudé dans sa cellule de prison à la DST, en Côte d'Ivoire

 

C'était en 1845 que le premier  africain, âgé de 10 ans, a été offert à la société royale d'Anvers... "Le négrillon" comme ils l'ont dénommé était cloîtré dans l'enceinte du zoo où il était exhibé et n'était pas autorisé à quitter le périmètre qui lui a été offert".

Encore au 21ème siècle, un jeune Ivoirien, âgé de 42 ans est déporté dans un zoo moderne "baptisé la CPI" c'est-à-dire dans "la prison des blancs" comme le disait la mère de Blé Goudé. Cette prison ultra moderne a été créée dans le seul but de continuer la déshumanisation de la race noire et de son maintien dans l'esclavage. Comment voulez-vous que ce continent puisse se développer si nos intellectuels sont assassinés ou emprisonnés par la seule volonté de l'homme blanc?

Par exemple, Gbagbo Laurent et Blé Goudé ont été livrés à la CPI par d'autres africains. Par contre d'autres ont été assassinés sur instruction des occidentaux mais toujours avec la complicité de certains noirs, à savoir: Tagro Désiré, Bohoun Bouabré, Gomon, Mahan Gahé, Dagrou Loula, Boga Doudou, Lumumba, Thomas sankara, Olympio, Kouamé N'kruma, etc.... Sans compter des centaines d'intellectuels militaires et civiles qui croupissent dans les geôles du nord de la Côte d'Ivoire  et dans les sous-sols de la DST d'Abidjan.

Ce système a été savamment étudié et mis en place par les puissances occidentales afin de maintenir le continent noir dans le sous-développement et dans l'obscurantisme. Pour les Occidentaux, la démocratie ne signifie rien en Afrique tant que les matières premières n'atterrissent pas chez eux. "La démocratie est un luxe pour les africains, comme le disait Jacques Chirac".

Chirac a raison parce que toutes les démocraties s'épanouissent sur des bases régaliennes, c'est-à-dire disposer d'une armée forte, capable de défendre vos frontières et votre civilisation, battre sa propre monnaie et avoir la maîtrise de sa politique étrangère.

Le continent africain n'a pas encore acquis le minimum de ces droits régaliens. C'est pourquoi il sera difficile de parler d'élections libres, transparentes et démocratiques en Afrique tant que le travail de la conscientisation n'est pas fait.

Blé Goudé et Gbagbo sont à la CPI pour avoir heurté aux intérêts des occidentaux et en particulier à ceux des Français et non pour avoir commis des crimes contre l'humanité.

Ce que je trouve pathétique dans le transfèrement de Blé Goudé et de Gbagbo, c'est le mutisme de tout un peuple ou d'un continent de plus d'un milliard d'individus où aucun intellectuel n'a été capable de lever le petit doigt et de condamner l'inacceptable et l'injustice de ce monde. C'est finalement le continent de "chacun pour soi". Même la pauvre mère de Blé Goudé a eu la force et l'intelligence de qualifier le transfèrement de son fils à la CPI  "de déportation dans le pays des bancs". Cette vieille mère n'a jamais mis pied à l'école. Donc à quoi sert de former des intellectuels en Afrique si ces derniers ne sont pas capables de dire non aux injustices faites au continent noir?

La victoire de l'impérialisme en Afrique, c'est d'avoir corrompu les Africains eux-mêmes. Je peux comparer Gbagbo et Blé Goudé à Frantz Fanon qui disait ceci: "J'arrivais dans le monde, soucieux de faire lever un sens aux choses, mon âme pleine du désir d'être à l'origine du monde, et voici que je me découvrais objet au milieu d'autres".

Je conseille aux africains de sortir de la dépendance intellectuelle. Tant que les intellectuels africains ne seront pas lus et écoutés dans leurs pays respectifs, et que nos élites politiques seront de plus en plus soupçonnées de collusion avec l'ancienne puissance coloniale, l'Afrique ne sortira pas de l'ornière.

 

Liadé Gnazégbo

 

Source: CIVOX.NET

samedi, 08 mars 2014

LE MINISTRE ERIC KAHE: A MON AMIE ET A MA MAMAN SIMONE EHIVET GBAGBO

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Si en cette journée du 8 mars, l’humanité a décidé de célébrer la Femme à travers une journée internationale qui lui est dédiée, c’est bien pour nous arrêter un instant sur les inégalités et les injustices faites à nos mères, sœurs, filles, épouses et amies.

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C’est sans doute pour donner à chacun l’occasion de faire son introspection et prendre conscience des souffrances diverses qui leur sont faites au nom d’un ordre social dans lequel le mâle est dominateur, quelle que soit la latitude, quel que soit le fuseau horaire.

À juste titre et pour encourager l’exemple, cette commémoration  se veut aussi la célébration de celles d’entre les femmes qui ont, soit donné l’exemple de la brisure des œillets du regard, soit fait avancer la cause de la Femme. Il en est ainsi de deux Simone : Simone Veil et Simone Ehivet Gbagbo.

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Maintenir cette dernière dans les liens de la détention, après tant d'humiliations affrontées avec dignité, au seul motif qu’elle a osé sortir du rôle que nos sociétés masculinisées veulent réserver aux femmes, est une véritable aberration et un déni de célébration du 8 mars. C’est vouloir une chose et sanctionner ceux qui vous offrent cette chose. Toute femme, qui, pour des considérations politiciennes, ne réclame pas la libération de Simone Gbagbo tout en disant se battre pour les droits des femmes est une illusionniste manipulée qui sert une cause de salon et livre un spectacle pour le plaisir des appareils et des machos.

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Courage à l’amie de combat, à la mère affectueuse, à l’épouse loyale de Laurent Gbagbo, à la Servante dévouée du Seigneur !

 

Le ministre Eric KAHE

Président de l'AIRD, Porte parole du CNRD.

 

Source: AIRD-INFO

samedi, 15 février 2014

LE COUP QUE NOUS FOMENTENT OUATTARA ET BEDIE POUR 2015

 

côte d'ivoire,Elections, Interview, LIDER, Mamadou Koulibaly

Mamadou Koulibaly: "Le tripatouillage de la constitution est le prix à payer par Ouattara pour avoir une chance de se maintenir au pouvoir".

 

L’ancien président de l’Assemblée nationale, à la tête du parti d’opposition Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), évoque des arrangements politiques en cours censés profiter aux deux têtes fortes du Rhdp, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara. Le Pr. Mamadou Koulibaly prévient contre les risques de nouvelles instabilités.

 

Depuis plus d’un an,  vous n’arrêtez pas d’attirer l’attention sur les élections à venir en Côte d’Ivoire. Quel est votre problème ?

Mamadou Koulibaly : Mon problème, ce sont les enjeux de ces élections. L’enjeu, c’est ce que l’on gagne ou perd lors d’un pari ou d’un engagement quelconque. L’enjeu peut être matériel ou moral aussi. Quand je regarde le jeu du gouvernement, je le vois prendre une voie qui mène en général, en Afrique, à des élections escamotées, prélude à des crises post-électorales violentes.

Pouvez-vous être plus précis sur ces voies que vous reprouvez?

Oui, je peux. Des élections démocratiques se déroulent dans des conditions très précises qui sont vraies partout dans le monde qui se veut libre et démocratique. Ici, dans notre cas, nous ne voyons pas ces conditions réunies. Quelles sont-elles? Il y en a six qui devraient mériter toute notre attention depuis plus d’un an maintenant, mais qui sont encore totalement négligées. Ce sont : le recensement général de la population et de l’habitat, la confection et la mise à jour de la liste électorale, la mise en place d’une nouvelle commission électorale, l’accès aux médias d’Etat de tous les partis politiques et pas seulement de ceux qui sont au pouvoir, la définition et l’adoption d’un statut clair pour l’opposition précisant ses droits et ses obligations, la définition et l’adoption d’un cadre de sécurisation des élections qui ne soit pas laissées aux mains de l’armée de réserve de Ouattara constituée par les dozos et les ex-combattants Frci et enfin la vigilance accrue autour de toute révision de la constitution.

Pensez-vous qu’il peut y avoir une révision de la Constitution avant les élections de 2015 ?

En fait, une révision n’est pas nécessaire avant nos élections, car ce n’est pas d’une révision que notre constitution a besoin, mais d’un abandon. Notre pays a besoin d’une nouvelle constitution qui nous sorte du présidentialisme fort et tyrannique instauré par l’actuelle. Cette nouvelle constitution peut être discutée après les élections, mais il me semble entendre que certains partis au gouvernement souhaitent faire des retouches à la constitution actuelle pour régler des problèmes ponctuels de personnes et leur éligibilité. En 2000, nous avons adopté une constitution qui a été présentée comme taillée sur mesure pour écarter Ouattara de l’élection présidentielle. L’arrêt de Tia Koné est encore là pour nous le rappeler. A la suite de cela, nous avons eu une rébellion montée au profit de Ouattara, la destruction du pays et la non-application de cette constitution, qui aurait dû alors être abandonnée officiellement depuis les accords de Marcoussis. Nous avons tous fait semblant de l’ignorer, nous avons fait comme si elle était encore en vigueur alors que nous savons tous que personne ne la respectait. Ça été une période de grosse hypocrisie et de démission totale du personnel politique. Aujourd’hui, au moment d’aller aux élections, après que le président nous ait assuré que nous sommes revenus à l’ordre constitutionnel normal, la question revient au sein du Rdr et du Pdci au pouvoir, qui veulent modifier de nouveau quelques dispositions de la constitution pour que quelqu’un qui ne peut être candidat puisse le devenir. Dans les marchandages politiciens en cours, il est en effet de plus en plus question, pour faire plaisir au président Bédié, que l’article 35 soit modifié dans sa condition d’âge limite pour être candidat. Bédié, avec plus de 75 ans, pourrait ainsi se présenter aux élections en tant que vice-président de Ouattara, qui serait alors le candidat unique du Rhdp. Notre régime aura alors un président et un vice-président, un premier ministre et des ministres d’Etat. Inscrire la vice-présidence, qui ne fait pas partie du dispositif actuel, nécessite une révision non pas seulement de l’article 35 de la constitution, mais de bien d’autres articles.

Mais alors, que gagnerait Ouattara à accepter cette révision ?

Hier, on a adopté une constitution pour bloquer Ouattara. Aujourd’hui, Ouattara ferait une modification de cette même constitution pour se maintenir au pouvoir. La vice-présidence est le prix à payer par Ouattara pour avoir, selon ses calculs, les voix du Pdci-Rda et sauver son alliance avec Bédié et son fauteuil présidentiel. Cela est totalement anormal et inacceptable. C’est de la tricherie d’adultes et une manœuvre malsaine pour la démocratie et les générations actuelles. Ouattara se maintiendrait au pouvoir de cette façon illégitime et illégale, avec ce que cela pourrait avoir comme conséquences. Ne dit-on pas que les mêmes causes conduisent aux mêmes effets ? Mais au-delà de cet aspect éthique, il y a le fait que cette révision nécessiterait un référendum après que le texte ait été rédigé, discuté et adopté en conseil des ministres et à l’Assemblé nationale. Nous sommes en février 2014 et si tout se déroule selon leurs plans, c’est en 2015 que ce référendum devrait donc avoir lieu. Mais la question se posera de savoir si nous pouvons, dans notre pays, faire une liste électorale à temps pour ce référendum, si nous pouvons faire le recensement général de la population à temps pour ce référendum, si nous allons nous doter d’une nouvelle commission électorale à temps pour ce référendum, si nous aurons suffisamment de moyens humains et financiers pour organiser ce référendum. En plus, peut-on organiser ce référendum en 2015 et en même temps faire des élections présidentielles la même année ? Un référendum constitutionnel mobilisera autant d’énergie électorale qu’une élection présidentielle. Cela reviendrait quasiment à faire deux élections présidentielles la même année, comme en 2000 pendant la transition du général Guei Robert, avec les conséquences que l’on connait. Devant ces questions, des voix s’élèvent du côté du gouvernement pour proposer que l’on prenne le temps de «bien faire les choses» sans précipitation. Ce qui voudrait dire de ne pas se presser et d’aller à un rythme qui permettrait de faire le référendum en octobre 2015 et de se donner par la suite le temps d’organiser les présidentielles quelques mois après. Pourquoi pas un an ou deux ans après 2015 ? Deux ans permettraient de répondre à un des vœux secrets du président Ouattara de nous faire passer du quinquennat au septennat. Cela arrangerait Ouattara, qui prétend  que la crise post-électorale lui a volé une partie de son mandat, alors que depuis l’hôtel du Golf, il gérait bel et bien le pays, recevant et nommant les ambassadeurs, fermant et ouvrant les banques, les ports et autres institutions de la république, imposant des embargos sur les médicaments, créant une télévision et une armée. A supposer même qu’il ait raison, combien de mois lui auraient été «volés» ? Entre la proclamation de sa victoire par la commission électorale en décembre 2010 et sa prestation de serment le 6 mai 2011, il n’aurait perdu que cinq mois. Le septennat lui permettrait ainsi de rattraper ces 5 mois perdus avec 2 années supplémentaires sur son mandat. N’est-ce pas de l’entourloupe politicienne à l’état pur? Quoi qu’il en soit, cette thèse, si elle prospère, demanderait que dans le deal entre le Pdci et le Rdr, l’on inscrive une révision constitutionnelle pour modifier aussi la durée du mandat présidentiel qui passerait de 5 à 7 ans. Ouattara y gagnerait énormément. Bédié y gagnerait énormément. La démocratie en Côte d’Ivoire y perdra énormément et les Ivoiriens voient les risques de nouvelles instabilités accroître énormément.

Qu’est-ce que votre formation entend faire pour empêcher cela, puisque vous semblez ne pas l’apprécier ?

A LIDER, nous parlons avec nos partenaires politiques, le corps diplomatique, les organisations des droits de l’homme, la société civile en général, les  journalistes et autres communicateurs pour les sensibiliser sur la question de l’état de droit et de la démocratie. Nous tournons partout dans le pays, non pas pour dire «voter pour nous», mais pour dire «Attention, voyez les nouveaux dangers qui nous guettent. Réveillez-vous et ne laissez pas faire ces types de tripatouillages qui conduisent inéluctablement à des crises graves lors desquelles seules les populations civiles se font massacrer impunément par des élites politiques qui s’amnistient entre elles juste après.»

 

Propos recueillis par Kisselminan Coulibaly. In le quotidien ivoirien Soir Info du 15 février 2014.

 

Source: LIDER-CI.ORG

samedi, 08 février 2014

HAMBACK EN SON ROYAUME

HAMED BAKAYOKO.jpg

 

Comme François Hollande devant publier ses bulletins de santé, le dernier scoop des docteurs es sciatique ivoiriens a été de nous livrer l'information scientifique suivante: Ado souffrirait depuis 1998 d'une sciatique à complications, nécessitant des séjours à répétition en France. Tout cela pour nous expliquer ce second voyage en France, quelques jours seulement après son retour du premier.

Les propagateurs de cette rumeur nous prennent pour des veaux surdoués, je le crains fort. Bien sûr il y a des sciatiques très douloureuses, mais avec son rang et son portemonnaie, qui drague les fonds de la lagune abidjanaise pour additionner les frais de voyage par ci, les frais de santé par là, Ouattara devrait bénéficier d'un traitement garanti sans douleurs inutiles.

Désormais, que tous ceux qui souffrent de sciatique, aillent prendre les eaux à Paris ou à Nice, nouvelles capitales mondiales de la sciatique, lieux de cure privilégiés pour touristes africains émergents...

Nous savons que Dramane bénéficie en permanence de deux médecins français, qui le suivent nuit et jour; ces médecins militaires  très bien formés, très expérimentés, bénéficient des dernières technologies, et peuvent le soigner en Côte d'Ivoire, à la française avec des médicaments français. En cas de besoin, ils peuvent même appeler en renfort un chirurgien pour soulager le pauvre homme courbé de douleur. alors pourquoi l'équipe médicale et son patient a-t-elle repris en sens inverse la navette intercontinentale Paris Abidjan?  Pourquoi l'hôte hébergeur a-t-il joué les absents au Forum ICI 2014 et à la rencontre de l'Union africaine?

Les rumeurs de son absence ne devant pas rajouter une couche de peinture opaque sur sa personne tellement en phase avec son peuple, lui, le Papa de la Nation ivoirienne, le Père du retour des exilés, selon l'expression du nouveau poète Soro Alphonse, et afin que les maquis ne se transforment pas en lieux de paris clandestins  "malade, pas malade", "un peu malade, très malade", on s'est dépêché de  rapatrier Ouattara de France en objet volant non identifié, avec atterrissage non enregistré, pour permettre quelques clichés photos  à la fin du forum, où il sert quelques mains et reçoit trois, quatre personnalités triées sur le volet durant quelques minutes. Une personne impressionnée par la dégradation de sa santé, l'ayant croisé sur les lieux du forum, a laissé une petite note anonyme dans un courrier de lecteurs, où face au "bon pied, bon œil" affiché par le photographe officiel, elle affirmait au contraire que le président avait très mauvaise mine et qu'elle avait été très impressionnée par son œil qui ne s'ouvrait presque plus...

En citoyens respectueux de ceux qui nous respectent, nous voulons bien croire qu'une sciatique se soit rajoutée aux autres maux dont souffre vraisemblablement Mr Ouattra, et qui nécessitent des soins inexistants en Côte d'Ivoire; mais de là à imaginer que les nerfs commandant les paupières soient des ramifications du nerf sciatique, il n'y a que dans « les comptes de l'éléphant perché » que l'on pourrait lire cela, ou dans une chronique "à la manière de" version Kandia Kamara. Et nous n'allons pas nous étendre sur tous les détails retenus  par les uns et les autres, parce que la vieillesse est cruelle parfois: si elle vous laisse en vie, vous donne le pouvoir et l'argent,  elle peut vous frapper dans le corps, et bien souvent la puissance et la gloire ne rajouteront pas grand chose  au capital "jours" d'une personne, quand celui-ci est dilapidé.
 
La théorie du sciatique était un ballon d'essai envoyé dans le ciel ivoirien; je ne sais pas s'il va suffire à arrêter les rumeurs. En bon ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko aura eu le mérite de le lancer pour tenter de couvrir un Ouattara toujours absent pour convenances personnelles. Certaines indiscrétions médicales non vérifiables, ont évoqué hier le retour du vieillard prodigue sur une civière, sans arrêt-conférence dans les salons de l'aéroport, ni haie d'honneur et tapis rouge. Mais on a pu lire sur un communiqué que la rencontre de conciliation avec les opposants de Blaise Campaoré demeurait ajournée.

Soro est à l'étranger comme à l’accoutumée; le Parlement ne fonctionnant plus que par décrets, il est actuellement en voyage au Maghreb : il se remet d'un petit incident parisien: dans un restaurant du 18ème, voulant régaler tout le monde, et persuadé que tous les noirs du restaurant  étaient membres de son fan club, il aborde une dame et son fils déjà installés à une table pour deux, pour leur dire qu'aujourd'hui c'est lui Soro Guillaume qui régale; quelle ne fut pas sa surprise en recevant une volée de bois vert de cette dame qui découvrait l'assassin de son époux, devant elle, bien vivant, alors que son mari avait rejoint le monde des morts, ayant juste croisé au mauvais moment le rouleau compresseur de la cause rebelle, ce rouleau fou qui ne s'arrête jamais, mais dont le compteur des victimes est bloqué sur le chiffre 3000. Il s'en suit un petit déballage de vérités crues, et nous espérerons que les clients qui ne connaissaient rien à la Côte d'Ivoire, auront eu envie de se documenter sur son histoire mouvementée; car assister à une joute entre un petit gros prétentieux et une veuve qui réclame justice pour elle et son fils, permet au camp de la vérité de se dévoiler plus naturellement. Et c'est le paon faussaire qui petit à petit a ramassé ses plumes, fermé son éventail. Mais aujourd'hui, l'homme de plume aux plumes colorées est  de nouveau indispensable en Tunisie pour écraser une petite larme démocratique et encourager les Tunisiens à persévérer dans leur nouvelle Constitution. Demain cap sur le Maroc, pour animer en pan ivoirien la basse cour constituée de toute la panoplie de la cacophonie francophile.

Tout cela pour dire que  Hamback, ministre de l'Intérieur était seul maitre à bord en Côte d'Ivoire ces jours-ci, avec des responsabilités énormes: beaucoup de gens dépendaient de lui; il assurait la protection des caïds,  supervisait les derniers préparatifs du congrès de Maçons dont il fait partie, et qui débute aujourd'hui 7 février; il suivait aussi l'évolution de la situation à la Maca: l'avancée intra muros des tueurs armés , et annulait la sortie des prisonniers politiques pour amnistier 50 droits communs. Donc il avait très peu de temps pour nous concocter rapidement une maladie de Ouattara crédible. S'appuyant sur quelques souvenirs de ses études éphémères de carabin reconverti en carabinieri version mafiosi italiano, aidé du moteur de recherche Google, il nous a fabriqué cette fiche maladie, très savante qui sera reprise demain par la presse du même bord, à la rubrique culture et santé.


Shlomit Abel, 7 février 2014.

vendredi, 07 février 2014

MAMADOU KOULIBALY: «LES THEMES AUTOUR DESQUELS L’ACD A ETE CREEE PERMETTRONT DE BATTRE OUATTARA EN 2015»

 

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Interview de Mamadou Koulibaly (LIDER) par Bidi Ignace, in le quotidien ivoirien "Nord Sud" du 05 février 2014.

 

Faut-il considérer la réunion tenue vendredi à Abidjan par certaines formations politiques dont la vôtre comme la réponse à l’appel que vous avez lancé à l’opposition à former une coalition le 2 janvier dernier?

Pr. Mamadou Koulibaly: En effet, cette réunion fait suite à l’appel que nous avons lancé le 6 mai 2013, lorsqu’à LIDER, nous avons dressé le bilan de l’an 2 du régime Ouattara. Nous n’avons eu de cesse de le réitérer depuis lors et nous sommes heureux de voir que nous avons finalement été entendus.

L’union fait la force, dit l’adage. Cela implique-t-il qu’en l’état actuel des adversités, l’opposition ne peut venir à bout  du pouvoir que si elle est unie?

Monsieur Ouattara, depuis trois ans qu’il est au pouvoir, n’a montré aucune volonté à aller à des élections transparentes et apaisées en 2015. Bien au contraire, il maille l’ensemble du territoire avec des milices, dozos et hommes en armes ; il maintient en place une commission électorale forclose, qui n’a jamais été capable d’organiser un scrutin sans violence ni mort d’homme et qui compte en son sein des groupements armés ; il refuse d’actualiser la liste électorale ; il envoie le recensement général de la population et de l’habitat aux calendes grecques ; il jette le statut et le financement de l’opposition à la poubelle et il empêche l’accès des partis d’opposition aux médias d’Etat. Si ces conditions perdurent, les échéances électorales à venir relèvent de la farce et il est impératif que non seulement les partis politiques, mais aussi la société civile et les populations s’unissent pour contraindre le régime à mettre en place un cadre pour des élections transparentes et crédibles. Si ces conditions sont réunies et que le peuple peut exprimer librement et en toute sécurité son suffrage, il n’y a aucun doute que le mandat de M. Ouattara prendra fin en octobre 2015.

Un regroupement des partis d’opposition n’est-il pas illusoire quand des individualités revendiquent ici et là un certain leadership?

C’est possible et c’est certainement le cas dans certains regroupements, mais en ce qui concerne l’Alliance pour le changement démocratique (ACD) que nous venons de mettre en place avec 9 formations politiques, ce problème ne se pose pas, parce que notre objectif n’est pas de choisir un leader ou de regrouper des faire-valoir autour d’une formation politique soit disant dominante, mais d’œuvrer ensemble pour contraindre le régime Ouattara  à mettre en place des conditions préalables aux élections : le recensement général de la population et de l’habitat, l’actualisation de la liste électorale,  le reformatage de la commission électorale, le statut et le financement de l’opposition, l’accès de l’opposition aux médias d’Etat et la sécurisation des populations, des candidats et des suffrages lors des élections. Il ne s’agit pas de désigner un candidat pour l’élection présidentielle ni même de tomber d’accord sur un programme commun de gouvernement. Il n’y a donc aucune place pour des guerres de leadership en notre sein. Vous le constaterez quand les structures mises en place seront rendues officielles par les instances de l’ACD. Nous unissons nos efforts afin d’obtenir que les élections se déroulent dans des conditions univoques de transparence.

A en juger par le nombre de partis présents à cette concertation du vendredi, il apparait que l’idée de la coalition n’a pas l’adhésion de toute l’opposition. Comment expliquez-vous que seuls les membres du Cadre permanent de dialogue (Cpd), en plus de l’Udl de Martial Ahipeaud, se sentent concernés par le projet?

Tout d’abord, il n’y a pas que des partis membres du Cpd dans notre coalition. L’Alliance pour le changement démocratique (Acd) regroupe, en dehors de LIDER, le Rpc-Paix d’Henriette Lagou, Cap-Udd de Gervais Coulibaly, Mnc Alternative de Kabran Appia, qui sont membres du Cpd, et les formations qui n’en font pas partie, telles que l’Udl de Martial Ahipeaud, le Congrès de la résistance ivoirienne de Jean Enoc Bah, le Congrès panafricain pour le renouveau de Doumbia Major, le Parti des démocrates républicains de Soko Gbalehi et l’Udt-Ci de Bertine Tia Monné. Par ailleurs, nous sommes confiants que cette alliance va s’élargir rapidement à d’autres participants, étant donné que les thèmes que nous défendons concernent toute la population et trouvent l’adhésion de nombreux acteurs politiques et de la société civile. Ceci n’est que le début.

Une coalition étant par tradition une union de partis qui l’allient contre un adversaire commun, la meilleure stratégie n’aurait-elle pas été que toute l’opposition se mette ensemble?

Pour s’unir, il faut avoir des objectifs communs. Il ne sert à rien de faire des coalitions de façade alors qu’il n’y a aucune convergence de combat, de principes ou de valeurs. Notre objectif immédiat est clair : nous voulons un recensement de la population, l’intégration des nouveaux majeurs depuis 2009 et des exclus du scrutin de 2010 sur la liste électorale, le reformatage de la commission électorale, le statut, le financement, l’accès aux médias d’Etat des partis d’opposition et la sécurisation des élections.

Considérez-vous  que l’opposition, c’est dorénavant un «front uni» et l’«Alliance pour le changement démocratique»?

Nous sommes heureux de constater que l’appel à la coalition que LIDER a lancé depuis l’année dernière semble avoir été entendu par tous. Même ceux qui voulaient faire cavaliers seuls en dénigrant l’utilité de ceux qu’ils qualifiaient de  «formations insignifiantes» semblent avoir compris la nécessité des «petits petits partis». C’est une avancée, même s’il y a encore du chemin à faire. Maintenant, le fond et la forme des deux entités sont pour l’instant très différents. Mais nous sommes ouverts au dialogue et dès lors que les interlocuteurs font preuve d’humilité et partagent une même volonté de rupture avec les systèmes et dérives qui ont mené la Côte d’Ivoire dans le chaos, il n’y a aucune raison pour que la situation n’évolue pas vers encore plus d’unité dans l’opposition. Vous savez, Ouattara et Konan Bédié, le créateur de la très funeste ivoirité mise en place pour écarter Ouattara du pouvoir et qui avait même lancé des mandats d’arrêt contre lui, ont réussi à devenir des grands alliés au sein du Rhdp pour chasser Gbagbo du fauteuil présidentiel. Quand le temps est mûr pour que les choses se fassent, elles se font.

La formation des  deux entités, "front uni" et "ACD", quoi que les dénominations ne soient pas définitives, n’est-elle pas l’illustration du refus d’un chef de l’opposition par des opposants?

Si les autres n’ont pas encore défini leur appellation, celle de notre groupement est bel et bien établie: c’est l’Alliance pour le changement démocratique. Nous ne nous sommes pas créés dans la précipitation, nous avons pris la peine de bien nous entendre sur le contenu avant de lancer officiellement notre alliance et avons peut-être pour cela quelques longueurs d’avance sur les autres. Maintenant, il n’a jamais été question d’avoir un chef de l’opposition. D’ailleurs, le projet de statut de l’opposition soumis il y a plus d’un an au gouvernement et signé par tous les partis membres du Cpd et le Fpi n’en faisait pas cas. Cette lubie est celle du gouvernement, qui souhaite voir ses adversaires se déchirer autour d’un fauteuil au lieu de préparer l’alternance. Elle n’a aucune chance de prospérer. Dans un régime parlementaire tel que nous le prônons à LIDER, le chef du parti qui arrive second aux législatives et qui ne fait pas partie de la coalition gouvernementale est d’office le chef de l’opposition parlementaire. Mais la vie démocratique ne s’arrête pas à l’hémicycle. Il y a des idéologies diverses, variées et qui n’ont pas vocation à se coaliser. C’est le peuple qui décide, pas des formations politiques ou un gouvernement.

En cette année 2014, des prétendants au fauteuil présidentiel affirmeront leur ambition. Parmi les opposants, faut-il d’ores et déjà compter Mamadou Koulibaly parmi les futurs candidats à l’élection présidentielle prochaine?

Ce n’est pas un scoop. Cela fait belle lurette que j’ai annoncé que je serai candidat contre Ouattara en 2015, sauf si à l’orée du scrutin, LIDER fait partie d’une coalition qui s’est entendue sur un programme de gouvernement commun, avec des réformes clairement définies à mettre en place et un calendrier d’exécution très précis. Dans ce cas, c’est la coalition qui décidera qui sera la candidate ou le candidat qui sera le mieux à même de porter le projet et de fédérer la majorité des votes pour mettre fin à cinq années traumatisantes et clivantes de gestion Ouattara.

Une opinion ivoirienne, et même des observateurs de la politique internationale, pensent que vous avez le profil idéal pour briguer la présidentielle. Ceux de vos admirateurs qui pensent aussi ainsi sont-ils excessifs?

Pourquoi voulez-vous qu’ils soient excessifs ? Si je ne pensais pas avoir le profil pour gérer la destinée de la Côte d’Ivoire, je n’aurais pas créé un parti politique ou alors annoncé ma candidature pour 2015.

Des voix s’élèvent de plus en plus sur l’échiquier politique pour demander la révision de la Constitution. Quelles raisons motiveraient-elles LIDER à soutenir une telle proposition?

Notre constitution a été taillée sur mesure pour qu’un homme fort se retrouve avec les mains libres et des institutions faibles, au lieu d’avoir un pouvoir limité au juste nécessaire. Pour LIDER, la constitution est avant tout un document qui empêche les hommes qui ont le pouvoir d’Etat de faire impunément mal à leur peuple. En outre, LIDER trouve inutile et inconséquent la présence d’un premier ministre dans notre régime hyper présidentiel où seuls les desideratas du chef de l’Etat ont valeur de loi. La gestion de notre Etat par les présidents et le fonctionnement des institutions de la République montrent de manière scandaleuse la surpuissance du chef de l’Etat qui est la source de tous les pouvoirs : administratif, exécutif, législatif, judiciaire, budgétaire, économique, financier et monétaire. Le président, chez nous, est un monarque doublé d’un pontife avec des prérogatives illimitées et sans contrepouvoir. A LIDER, nous pensons qu’il faut rompre avec ces pratiques. Il ne faut pas pour cela des modifications partielles de tel ou tel article pour faire plaisir à quelqu’un ou pour sanctionner qui que ce soit. LIDER est favorable à une révision totale de la loi fondamentale pour donner à cette coquille actuellement vide un contenu. Il faut rompre avec le régime présidentiel et instaurer un régime parlementaire sur le modèle britannique de Westminster. Il faut rendre sa souveraineté au peuple et mettre en place les mécanismes qui font des dirigeants politiques les serviteurs intègres de l’Etat et non les maîtres corrompus et tyranniques des populations de qui ils tiennent leur pouvoir.

Quel(s) article(s) de la Constitution poserait problème pour la future présidentielle et pourquoi?

Ce ne sont pas des articles qui sont en cause, mais le système que nous impose le régime présidentiel et qui fait que certains d’entre nous peuvent, sans conséquence, aucune infliger les plus grands maux à notre peuple, à notre pays, à notre économie : La constitution dans sa forme actuelle et le système qu’elle instaure impose la pauvreté, la guerre, la misère et toutes les frustrations qui vont avec à la population.

Entre autres réformes souhaitées par l’opposition et même des partis proches du régime, laquelle est la plus urgente? Et comment devrait se faire?

La réforme du foncier rural en premier. Il faut rendre la terre de Côte d’Ivoire aux populations qui en sont coutumièrement les premiers propriétaires et leur distribuer les titres fonciers négociables après un cadastrage systématique et propre de tout le territoire.

 

Source: LIDER-CI.ORG

AFFAIRE MAHE: QUAND LA JUSTICE FRANÇAISE S’ACHARNE SUR LES VICTIMES!


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Ci-dessus, Maître Norbert TRICAUD en compagnie de deux des proches de Firmin MAHE qui l’ont désigné pour porter plainte contre l’Etat français en sus de 4 autres parties civiles.

 

J’entends de ci de là que l’affaire MAHE serait morte et enterrée…  Ça me rappelle un certain Jean-Marc SIMON qui disait que GBAGBO, c’était fini. Toutes proportions gardées en effet, suffit-il que ceux qui ont intérêt à occulter la vérité parviennent à museler les médiamenteurs occidentaux pour que la vérité elle-même s’efface au gré des intérêts des puissants?

 « Ce n’est pas parce que le mensonge se multiplie et se propage qu’il devient vérité et ce n’est pas parce que la vérité ne se voit pas qu’elle devient erreur » disait GANDHI.

Alors que s’est-il passé depuis le verdict inique de la Cour d’Assises du 7 décembre 2012… Médiatiquement rien ou pas grand-chose tant il est vrai que les chiens de garde de la Françafrique veillent dans ce dossier.

Pour mémoire rappelons que Firmin MAHE est ce jeune civil ivoirien étouffé le 13 mai 2005 en CÔTE D’IVOIRE à l’aide d’un sac poubelle dans un char de la force Licorne sur ordre du Général PONCET (ce n’est pas parce qu’il a bénéficié d’un non lieu plus que douteux contre son silence dans d’autres sales dossiers de la Francivoire que cela doit nous empêcher de continuer de dénoncer l’impunité dont il jouit !).  

A noter d’ailleurs la perversion de notre Justice qui, dans le cas d’espèce, non seulement n’a pas fait appel, mais permet de poursuivre toute personne qui mettrait en cause ceux qui ont bénéficié d’un non lieu ou d’un verdict pour le moins clément tout en criminalisant post-mortem le jeune Firmin MAHE qui n’a jamais été jugé de son vivant, mais s’est vu imputer tous les crimes de la sous-région, au mépris des règles de droit les plus élémentaires, telles que l’existence de preuves, la fiabilité de ces dernières ou encore l’accès à la justice de ses proches. Bref sur ces sujets voir notamment quelques articles commis antérieurement(1).

Dans un article du Figaro daté du 16 janvier 2014 (2), nous apprenons que le colonel Eric BURGAUD -un des donneurs d’ordre du crime de Firmin MAHE- s’est vu retirer toutes ses décorations. Et alors quoi ? Doit-on féliciter cette Justice aux ordres qui après plus d’un an d’un verdict inique basé sur le mensonge, le faux et usage de faux, la subornation de témoins et je ne sais combien encore de manquements à tous les principes de droit les plus élémentaires consent à priver un colonel meurtrier de ses décorations ? Geste symbolique certes, et peut-être symptomatique me direz-vous. Car si on les lui enlève maintenant, c’est peut-être que le vent commence à tourner pour ses victimes et que le voile du mensonge se déchire. Gageons malheureusement qu’il n’en est rien !

Ne s’agirait-il pas plutôt de continuer de faire croire que les militaires français ont bien fait d’assassiner celui que l’on persiste à taxer de « coupeur de route » et de bandit dans le même article cité ci-dessus? Les photos des victimes des meurtres barbares qu’on impute à Firmin MAHE ont beau avoir été prises dans le village de LOGOUALE pour certaines, à une date antérieure à celle que les amis du colonel BURGAUD et ses complices mentionnent comme étant le fait de la « bande à MAHE », il faut à tout prix continuer à justifier ce crime barbare en le légitimant par les prétendues exactions qu’on lui colle sur le dos en inversant systématiquement la victime et le bourreau (3)...

…Pendant ce temps, l’enfant de la victime vit caché quelque part en Afrique, les sœurs se terrent et rasent les murs de peur de représailles (elles ont d’ailleurs quitté la région) ; le frère aîné de la victime -Jacques- est hospitalisé depuis plus d’un an sans discontinuer avec un pronostic vital engagé à moins de bénéficier d’une greffe des deux poumons qui ne viendra pas tant que sa situation ne sera pas stabilisée. Sauf qu’on vient de lui notifier le rejet de sa demande d’asile politique après près d’un an d’un silence assourdissant de l’OFPRA qui n’a même pas daigné le recevoir en entretien comme cela se fait habituellement ; sauf que son neveu Basile a également vu sa demande d’asile rejetée par l’OFPRA qui ne craint pas d’écrire qu’il est arrivé en France en novembre 2011 avec un passeport d’emprunt, alors qu’il a atterri en France le 30 novembre 2012 avec son propre passeport tous frais payés par l’Etat français pour participer à un procès vicié dès le départ (Fabien NDOUMOU l’avocat de la famille autoproclamé depuis février 2006 a lui-même reconnu avoir été mandaté par l’Etat français et invoque aujourd’hui le secret d’Etat pour tenter de masquer sa forfaiture). C’est un imposteur qui a saboté le dossier d’indemnisation des proches de la victime en première instance, en ne déposant aucune conclusion écrite, en n’invoquant pas de préjudice moral et en ne fournissant pas le plus petit début de preuve à l’appui de sa demande de réparation du préjudice économique qui n’avait pas lieu d’être hormis en ce qui concerne le fils de Firmin. Bref, tout a été clairement ordonnancé pour que l’affaire MAHE soit complètement enterrée. Excepté la dépouille de Firmin MAHE qui elle attend toujours qu’une sépulture décente lui soit donnée en vertu d’une ordonnance aux fins d’inhumation qui date quand même de… février 2006 (4) ! Des employés de l’IVOSEP (la société de pompes funèbres qui est supposée entretenir le corps en attendant son inhumation) ont laissé entendre que c’était  à la famille de payer les frais d’entretien du corps pendant ces 8 années. Ce qui n’est pas sans nous rappeler cette pratique barbare prêtée aux autorités chinoises qui iraient jusqu’à facturer la balle qui a servi à exécuter le condamné à mort.

La même société IVOSEP refuse dans le même temps de répondre à nos demandes réitérées de facture, tandis que la Justice française se prévaut de l’absence de ce document pour refuser de prendre en charge les frais funéraires, dont le montant doit s’élever à plusieurs dizaines de milliers d’Euros aujourd’hui si tant est que la dépouille de la victime y soit toujours.

Depuis le jugement d’Instance du 22 janvier 2013 (qui fait suite au verdict inique de la Cour d’Assises en vue d’indemniser les victimes), il y a eu pas moins de 4 renvois, et 4 des parties civiles n’ont même pas pu se faire représenter par un avocat digne de ce nom. Car Fabien NDOUMOU, fort de ses bons offices de « mercenaire » de la justice françafricaine, ne s’est pas contenté de mal les défendre. Il a lâchement abandonné les parties civiles à leur sort depuis le 10 décembre 2012, soit trois jours après le verdict inique de la Cour d’Assises. Il refuse d’ailleurs toujours de restituer le dossier à ses « clients » ou même à son successeur – autant dire qu’il les prive littéralement de la moindre chance d’obtenir une juste réparation de leur préjudice. Pour contrer les procédures de manquement à la déontologie que nous avions engagées à son encontre devant l’ordre des avocats, il est allé jusqu’à les faire condamner à verser 20 000€ (en même temps ce n’est pas si grave puisqu’ils ne sont pas solvables et pas prêts de l’être, d’autant que tous deux viennent de se voir couper l’Allocation Temporaire d’Attente, en dépit du recours pendant exercé devant la Cour National des Demandeurs d’Asile). Ils ont introduit des demandes d’aide juridictionnelle depuis près d’un an mais n’ont toujours pas de décision favorable, sans compter que les notifications de pièces manquantes, les décisions de caducité qui sont supposées avoir été transmises à 6 des parties civiles dans ce procès, n’arrivent jamais entre leurs mains. Sur le plan strictement humanitaire même, Jacques a été jeté dehors en plein hiver en janvier 2013, ce qui a fait dire au médecin de PONTOISE qui le suivait à l’époque qu’ « on aurait voulu le tuer qu’on ne s’y serait pas pris autrement ».

Un seul mot d’ordre : tout faire pour que l’affaire MAHE ne refasse pas surface alors que la diplomatie hollandaise inscrit résolument ses pas dans celle de son prédécesseur, avec une visite d’allégeance réciproque annoncée pour fin février 2014 (première visite de HOLLANDE en CÔTE D’IVOIRE)(5).

Car l’argent, celui de l’indemnisation des victimes, est loin d’être l’enjeu central de cette affaire. Plus que jamais, « l’affaire MAHE est l’arbre qui cache la forêt »(6)de la mainmise de la FRANCE sur une grande partie des richesses de la CÔTE D’IVOIRE au détriment du droit du peuple ivoirien à disposer de lui-même.

Nous osons affirmer qu’en ce début d’année 2014, l’affaire MAHE est un des rares dossiers portés sur la place judiciaire que la Francivoire n’a pas encore réussi à enterrer, avec la plainte de Michel GBAGBO contre SORO pour  « enlèvement, séquestration, traitements inhumains et dégradants » de juin 2012 qui n’est pas non plus sans connaître de nombreuses obstructions (7) :

-   Les demandes de commissions d’enquête sur le rôle de la LICORNE dans la crise ivoirienne sont toujours en souffrance sur le bureau de l’Assemblée Nationale (8) ;

-    Les enquêtes sur les véritables circonstances de la mort d’Antoine MASSE (9) et de 9 soldats à BOUAKE en novembre 2004 sont au point mort, surtout après le non lieu accordé à Michèle ALLIOT MARIE (MAM rebaptisée plus à propos Mensonges Après Mensonges), déni de justice prévisible certes, mais déni de justice qu’il convient de dénoncer malgré tout (10);

-  Les responsables de la centaine de morts et des milliers de blessés de la fusillade de l’Hôtel Ivoire et des autres exactions commises par l’Armée française à ABIDJAN en novembre 2004 courent toujours en dépit des actions du  COPAVIL (11);

-  Les meurtres de Guy André KIEFFER, Philippe REMOND, Yves LAMBELIN, Stéphane Frantz DI RIPPEL (12) et de bien d’autres restent sans réponse dès lors que leur résolution risquerait de mettre  à jour les intérêts économiques en jeu et le rôle de la FRANCE dans leur préservation au mépris de la souveraineté du peuple ivoirien ;

- La FRANCE, les instances européennes et onusiennes qui couvrent le fonctionnement de la Cour Pénale Internationale continuent de soutenir les procédures opaques, partiales et complaisantes de la Procureur BENSOUDA à l’encontre des seuls tenants de l’ancien Régime, au mépris du respect du droit non seulement des accusés, mais également de leurs prétendues victimes(13).

A celles et ceux qui continuent de croire que l’affaire MAHE n’aurait fait qu’une victime, un dommage collatéral sans intérêt de la crise ivoirienne en quelque sorte, nous disons :

-     Pourquoi dans ce cas, les autorités politiques, judiciaires, militaires, policières tant françaises qu’ivoiriennes se donnent-elles autant de mal pour étouffer cette affaire MAHE/LICORNE depuis bientôt dix ans?

-       Pourquoi n’y a-t-il aucune plainte des prétendues victimes de Firmin MAHE ?

-       Pourquoi les autorités illégitimes de CÔTE D’IVOIRE ne sont-elles pas partie au procès pour accréditer la thèse de la « bande à MAHE » et des prétendues exactions qu’on lui impute ?

-   Pourquoi ne vérifie-t-on pas les témoignages des victimes de la région qui dénoncent les nombreux crimes qu’ils ont subis et continuent de subir depuis 2002 avec le soutien direct de la FRANCE ?

Quelques extraits des témoignages des victimes que la justice française cherche à tout prix à écarter des débats, notamment en empêchant le procès des assassins de Firmin MAHE de suivre son cours :

« Jusqu’à la rébellion de 2002, nous vivions en bonne entente avec les allogènes, en majorité des Burkinabés et des Ivoiriens venus du Nord qui pour la plupart travaillaient pour nous depuis de nombreuses années. […] nous vivions ensemble dans les mêmes villages, partagions notre vie quotidienne et nos enfants fréquentaient les mêmes écoles. Comme beaucoup de mes frères de la région, nous avons adhéré au Front Populaire Ivoirien dès sa création […] pour lutter contre le parti unique mais aussi pour une société plus juste.

Après le 19 septembre 2002, […] Les rebelles venus du Nord tuaient nos parents, violaient nos sœurs et pillaient nos terres. Il y a eu plus de 40 morts dès la première attaque. La plupart des allogènes se sont rangés du côté des rebelles. La zone assiégée par les rebelles est devenue une zone de non droit. Nous  avons appris ce qui se passait en accueillant des victimes qui fuyaient leurs villages […]  Nous étions à leurs funérailles lorsque des rebelles ont surgi et ont assassiné par balle […] Suit une liste de victimes dont nous tairons les noms pour ne pas mettre en danger les survivants.

Une autre fois, peu de temps avant le massacre du chef, les rebelles ont fait irruption au village, […]. Un groupe de 15/20 personnes est arrivé en Kia moteur (camion benne), escorté de quelques voitures et de motos 4x4 équipés de lance-roquettes. Quand ils sont arrivés devant la maison du Directeur de l’Ecole […], les enfants se sont réfugiés à l’intérieur. Ils étaient en vacances et géraient les téléphones au village. Les assaillants ont cassé la porte de la maison et ont arrosé les 5 enfants/étudiants du Directeur d’école. Ses 5 fils sont morts sur le coup et leurs tombes sont à […].

Le chef du village […] a également été assassiné par les rebelles. Ils sont allés dans son campement. […] Sa sœur […]  a voulu les empêcher de partir avec le chef et ils l’ont tué d’un tir de Kalachnikov. Ils sont partis avec les sacs de cacao et le chef qu’ils obligeaient à porter une charge trop lourde en dépit de son extrême faiblesse. A quelques kilomètres du village, ils l’ont étranglé. Nous avons retrouvé son corps dans la brousse deux jours plus tard et nous l’avons inhumé. Là encore, sa tombe est là… »

« Donc en 2009, quand j’arrive à […], la plantation familiale de 16ha de cacao est occupée par des Burkinabé ainsi que le campement par un dénommé « Koffi » et un autre « Moussa ». D'après les infos que j’ai, ils occupaient toujours notre plantation le 11 avril 2011 lorsque les troupes rebelles aidées par l’Armée française ont fait tomber notre Président. »

« Je suis à ABIDJAN en 2011 quand survient la crise postélectorale. […] J’ai participé à la plupart des grandes marches aux mains nues en 1992, 2000, 2004, 2007, 2010, 2011 pour défendre mon pays. En mars 2011, j’ai répondu aux appels de BLE GOUDE de nous rassembler et de dormir Place de la République pour montrer à la Communauté Internationale que nous soutenions notre Président,            nos institutions et que nous voulions que l’on respecte notre choix (http://www.youtube.com/watch?v=Nhmy2B3hPKo).  Quand les bombardements franco-onusiens ont commencé sur  le camp d’AKOUEDO, fin mars – il s’agissait d’hélicoptères français « PUMA », les gens ont commencé par fuir COCODY pris de panique. Nous étions des dizaines de milliers rassemblés autour de la Résidence Présidentielle pour soutenir Laurent GBAGBO. J’ai vu des milliers de Patriotes aux mains nues tomber. Début avril, les porte-paroles du Président nous ont demandé de partir car Laurent GBAGBO estimait que c’était lui qui était visé, que ce n’était pas la peine de mourir pour rien, comme nos frères morts en novembre 2004  en se dirigeant vers le 43ème BIMA et devant l’Hôtel Ivoire. Moi, j’ai quitté les lieux le 4 avril par la route de MPOUTO. J’ai pu regagner KOUMASSI en me faufilant entre les barrages des FRCI (Riviera 2). Avec un camarade, on a mis longtemps pour atteindre MPOUTO où on a pu prendre une barque (La Pinance) pour traverser la lagune et aller au Terminus 32. Là je suis allé me cacher dans mon Eglise jusqu’à la capture de Laurent GBAGBO et de ses proches le 11 avril 2011. Après le 11 avril, je suis resté là. Les gens de la paroisse nous envoyaient de quoi vivre et manger (nous étions au moins 6 à avoir trouvé refuge dans l’Eglise). C’est là que j’ai pu rester sans pratiquement jamais sortir au-delà d’un petit périmètre en vivant de la charité chrétienne.

« […] et […] sont morts devant moi à COCODY après nous être séparés pour avoir plus de chance de nous en sortir au niveau de la RTI quand nous avons fui la Résidence Présidentielle début avril comme je l’ai exposé plus haut. Nous avons vu les rebelles les découper en morceaux. Nous avons assisté impuissants à leur dépeçage, pétrifiés par la peur. »

Malgré tout, un espoir nouveau se fait jour dans ce dossier avec la désignation de Maître Norbert TRICAUD qui a accepté de les représenter à cette audience d’appel tout d’abord, avant de porter plainte contre l’Etat français qui devra rendre compte de sa responsabilité dans cette tragédie (14)… En espérant que cela permette à de nombreuses autres victimes de  reprendre confiance, d’engager la responsabilité de l’Etat français dans toutes les affaires précitées, et plus largement la couverture de nombreux crimes barbares commis par les rebelles de 2002, sans oublier sa responsabilité dans l’accès et le maintien au pouvoir d’un régime aussi illégitime que liberticide, dont la liste des victimes ne cesse de s’allonger (15).

C’est pourquoi nous invitons toutes celles et ceux qui rejettent la Françafrique et sa Justice aux ordres à venir massivement soutenir Maître Norbert Tricaud lors de sa première plaidoirie dans l’affaire MAHE/LICORNE le mardi 11 février 2014 à 9h à la COUR D’APPEL de PARIS Pôle 2, chambre 4 (Métro Cité Ligne 4). 

 


 

(1)http://nouveaucourrier.net/les-assassins-du-jeune-ivoirien-condamnes-a-de-la-prison-avec-sursis-affaire-mahe-pourquoi-ce-verdict-honteux-etait-previsible/

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/laffaire-mahe1-pas-encore-assez-etouffee.html

http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/12/et-si-laffaire-mahe-ne-faisait.html

(2)http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2014/01/16/97001-20140116FILWWW00722-un-colonel-prive-de-ses-declarations.php?pagination=1  

(3)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/qui-veut-tuer-son-chien-laccuse-davoir.html

(4)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2013/05/du-droit-naturel-denterrer-ses-morts.html

(5)http://www.cameroonvoice.com/news/article-news-14043.html

(6)http://survie.org/billets-d-afrique/2013/220-janvier-2013/article/affaire-mahe-l-arbre-qui-cache-la

(7)« Affaire « audition de Michel Gbagbo à Paris »: La juge française en colère contre Abidjan » publié le vendredi 31 janvier 2014, Notre Voie: http://soutienetliberte.wordpress.com/2014/01/31/la-justice-francaise-reitere-sa-demande-dentendre-michel-gbagbo-suite-a-sa-plainte-pour-enlevement-et-sequestration/

(8)Proposition de résolution de juillet 2012 visant à créer une commission d’enquête sur le rôle de la Force Licorne en CÔTE D’IVOIRE renvoyée à la commission de la défense nationale et des forces armées, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement: http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0131.asp

(9)http://kouamouo.ivoire-blog.com/archive/2013/05/10/antoine-masse-le-journaliste-tue-dont-rsf-se-moquait.html

(10)http://www.peuples-observateurs.org/article-togo-cote-d-ivoire-soldats-francais-tues-a-bouake-en-novembre-2004-la-justice-francaise-etouffe-l-af-121117628.html

(11)Voir déclaration du COPAVIL (Collectif des Patriotes Victimes de la force française Licorne): http://news.abidjan.net/h/416215.html;

Preuves de la responsabilité directe de la force Licorne dans cette tragédie: http://www.youtube.com/watch?v=8j5StJnIw-s; http://www.youtube.com/watch?v=0YaJnbkWDSQ; http://philippehua.com/2012/07/25/cote-divoire-la-victoire-aux-mains-nues-un-documentaire-de-sidiki-bakaba/

(12)http://claudus.ivoire-blog.com/archive/2013/03/14/assassinat-du-francais-phillipe-remond-en-cote-d-ivoire-un-a1.html

(13)Gbagbo à la CPI: comment Maître ALTIT et ses collègues ont dézingué BENSOUDA:

http://nouveaucourrier.net/gbagbo-a-la-cpi-comment-altit-et-ses-collegues-ont- dezingue-bensouda/

CPI: L’affaire Laurent Gbagbo perturbe le complot françafricain:

http://www.abidjandirect.net/index2.php?page=poli&id=8506

(14)Maître Tricaud demande que la lumière soit faite sur tous les crimes politiques en Côte d’Ivoire  et au-delà:

http://www.youtube.com/watch?v=bjgbKPHUSrI; http://www.youtube.com/watch?v=LKX2QmqtgPE

(15)http://contrepoids-infos.blogspot.fr/2012/12/memorandum-en-images-sur-la-cote-divoire.html

côte d'ivoire,france, AFFAIRE MAHé, quand la Justice Française s’acharne sur les victimes!,maître tricaud

Contacts : 06 69 49 40 06 ou 06 10 47 67 17

 

Source: CONTREPOIDS INFOS

mardi, 28 janvier 2014

ALERTE: QUI VEUT FAIRE DISPARAITRE LES FOSSES COMMUNES DE DUEKOUE ET DE TOUT L’OUEST?

 

DUEKOUE - CAMP DE NAHIBLY 3.jpg
 

Depuis hier après-midi (Lundi 27 Janv.’14) des habitants du quartier Carrefour à Duékoué nous ont donné l’information suivante : ce lundi 27 Janvier 2014, des gendarmes (au nombre de trois) ont rendu visite au chef du quartier redevenu village Carrefour. Ils ont informé le chef de l’objet de leur mission : recenser les fosses communes de Duékoué et de tout l’ouest, pour, d’après eux, ‘’ superviser très prochainement, en présence de médecins et autres spécialistes, l’enlèvement des ossements des victimes de Mars 2011 par leurs parents pour une autre sépulture à leur convenance, en un autre lieu de choix, afin de libérer les terrains des tiers que ces fosses occupent’’.

‘’Sacrilège ! Plutôt qu’il en soit ainsi, ils devront encore nous tuer davantage car nous n’accepterons jamais que quiconque vienne remuer le couteau dans la plaie ! Nous les avons compris, ils ont décidé d’aller seuls à leur réconciliation, sans nous’’ ! Ont crié en masse ou à l’unisson tous ceux des résidents de Carrefour qui ont appris cette nouvelle. Nouvelle confirmée par un notable du chef de village qui a conduit les gendarmes au domicile du chef, ainsi que par quatre villageois qui ont suivi cette rencontre, pour le moins curieuse.

Indignées et très remontées, les populations de Carrefour ne perdent pas autant leur sérénité, encore moins la raison et le sens du discernement. En attestent les observations ou interrogations qui fusent de partout au sein de ces populations, depuis le passage suspect des officiers de la gendarmerie nationale:

-1° : ‘’ après trois (03) longues années et après que la Croix-rouge et l’O.N.U.C.I. aient pulvérisé les corps des victimes avant de les ensevelir, comment un parent de victime puisse reconnaître de par seulement des os, son père, sa mère, son frère ou son fils, vu et su que les cadavres, putréfiés dès le 29 Mars 2011 dont beaucoup d’autres avant cette date, ont d’abord été carbonisés par la Croix – rouge et l’O.N.U.C.I. avant d’être enterrés’’ ? S’interrogent des parents de victimes, étonnés de cette démarche.

-2° : ‘’ que veut cacher l’initiateur d’une démarche aussi suspecte ? Les morts contenus dans l’ensemble des fosses de Duékoué, surtout à Carrefour, proviennent en particulier du grand ouest et de toute la Côte d’Ivoire en général, sans oublier tous ces étrangers à la recherche d’un mieux-être qui, pris pour des Wê, ont été abattus par des rebelles bourrés d’alcool et de drogues en tous genres. De ce fait, à partir de quel calcul ou repère scientifique infaillible, les victimes d’origine lointaine pourront retourner près de leurs parents quand déjà en amont, il est sûr et certain que les identifier par le squelette ou les ossements seulement, est un véritable casse-tête insoluble. La justice longtemps annoncée et promise a-t-elle déjà ouvert et mené les enquêtes tant attendues pour que l’on veuille déterrer les nombreux ossements des nôtres ? N’est-ce pas là une volonté de dispersion des preuves qu’on nous cache, dans la réalité’’ ? A observé un adolescent d’une vingtaine d’années dont sept au moins des parents gisent dans la fosse au centre même du quartier Carrefour.

-3° : ‘’ qui est ou qui sont donc ces propriétaires de terrain qui se seraient plaints à ces gendarmes et voudraient voir libérés leurs terrains occupés par des fosses communes ? Les rives et alentours de la rivière Guémon de Duékoué où gisent de nombreux parents à nous, sont-ils des terrains privés, à qui appartiennent-ils pour être libérés ? Les enquêteurs de la Cour Pénale Internationale, venus sur le terrain il y a à peine deux ans et qui ont promis revenir pour des enquêtes plus approfondies, selon eux, sont-ils déjà revenus et ont-ils fait ce qu’ils avaient à faire ? A quoi donc serviront toutes ces exhumations massives, pour le compte de la vérité ou pour le compte de la dissimulation, c’est-à-dire du mensonge’’ ? S’est inquiété un autre jeune, rescapé du camp de Nahibly.

En conclusion des nombreux échanges téléphoniques que nous avons eus avec eux, les habitants du village-quartier Carrefour demandent aux autorités et au gouvernement ivoirien de laisser leurs parents reposer en paix, là où ils sont. Toute démarche contraire à leur volonté, qui ne s’apparentera pas à des enquêtes officielles pour l’éclatement de la vérité et de la justice, sera pour ces populations une provocation et une injustice de trop. C’est pour cela, tout en criant leur indignation face à une absence criarde de justice à leur endroit, les victimes de Carrefour et de Duékoué crient aux ‘’voix des sans voix’’ que sont tous ceux qui, ici et depuis l’Occident, se battent pour que justice soit rendue aux vraies victimes du complot international de la France contre notre pays, que plus que jamais, l’heure a sonné pour que la vérité voit le jour : entrons dès maintenant dans le cadre d’une enquête internationale sérieuse et l’on se rendra vite compte qu’à partir de Duékoué seulement, le chiffre de trois mille (3 000) morts dans toute la Côte d’Ivoire, après les élections, annoncé par la diplomatie française puis largement répandu par ses médias est faux car largement sous-estimé. La seule condition valable pour de vraies enquêtes et pour la confirmation des propos que nous avançons est et reste toujours la même : le désarmement des bandits qui nous ont envahis et continuent, en passe-droits, d’exproprier, de terroriser et d’assassiner en toute impunité nos compatriotes. Tout le reste, beaux discours, renforcement de capacités financement de projets-pilotes, n’est que pure diversion !

N.B.: Au moins sept (07) fosses communes sont à ce jour recensées au seul quartier Carrefour. Un partisan déçu de OUATTARA nous a appris, il y a quelques jours, qu’à l’entrée Est de la ville de Duékoué, juste après la rivière Guémon, là où se tiennent les vendeurs de moutons et leurs bêtes, sous le son de riz, existerait aussi un charnier, depuis Mars 2011. Vrai ou faux, nous saurons la vérité un jour.

 

Pour le collectif des victimes de Duékoué (Carrefour & Nahibly): Emmanuel Caleb, le 28 Janvier 2014.

dimanche, 26 janvier 2014

BENSOUDA, LA MAGICIENNE DE LA CPI

FATOU BENSOUDA 7.jpg

 

Quand Maitre Altit qualifiait de brouillon le Document de Notification de Charges (DNC) de Bensouda. Il ne croyait pas si bien dire. Bensouda vient de révéler, à la lecture du DNC qu’elle vient de déposer à la CPI, son talent de magicienne capable, à partir d’un brouillon, de transformer des bienfaits en actes criminelles et déguiser des rebelles en armes, en civils non armés. Pour ceux qui connaissent la réalité ivoirienne de 2000 à 2011, en parcourant ce DNC, il induira en eux  deux réactions opposées: Rire et pleurer. Voici un extrait :

« Dès son accession à la Présidence en 2000, GBAGBO a eu pour objectif de se maintenir au pouvoir, y compris en réprimant ou en attaquant violemment ceux qui constituaient une menace pour son régime. Sachant l’élection présidentielle inévitable, GBAGBO a, conjointement avec son entourage immédiat, conçu et mis en œuvre un Plan commun afin de se maintenir à la Présidence par tous les moyens nécessaires. Le Plan commun a évolué jusqu’à inclure, au plus tard le 27 novembre 2010, une politique d’État ou organisationnelle qui avait pour but une attaque généralisée et systématique contre les civils considérés comme des partisans de OUATTARA (« Politique »).”

Pour BENSOUDA,

Concevoir et mettre en œuvre un programme de gouvernement, c’est concevoir et mettre en œuvre un plan commun en vue de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Prendre les opposants dans son gouvernement à partir de l’an 2000 comme Laurent GBAGBO l’avait fait pendant tout son mandat présidentiel, c’est les réprimer et les attaquer ;

Financer les partis d’opposition à près de 850 millions de FCFA par an, c’est les réprimer et les attaquer ;

Payer à Ouattara et à Bédié respectivement 12 millions de FCFA et 15 millions de FCFA par mois, après avoir mis fin à leur exil, c’est les réprimer et les attaquer ;

Négocier plusieurs accords de paix et prendre les rebelles dans son gouvernement en donnant salaires et budgets de souveraineté, c’est les réprimer et les attaquer ;

Demander le respect du cessez-le-feu, le recomptage des voix et la nomination d’un médiateur pour gérer la crise née des élections au lieu d’un affrontement armé, c’est concevoir une politique d’Etat ou organisationnelle afin de se maintenir au pouvoir par tous les moyens ;

Se défendre d’une attaque généralisée des rebelles et du commando invisible en violation du cessez-le-feu de l’ONU, c’est attaquer des civils considérés comme des partisans de Ouattara.

Le FPI serait bien content de subir de telles répressions et attaques de la part du pouvoir Ouattara.

Sacrée BENSOUDA!

 

 Par DON MELO AHOUA,

Docteur ingénieur des Ponts et chaussées.

vendredi, 24 janvier 2014

DETTE INTERIEURE: LA PRESIDENCE IVOIRIENNE REFUSE DE PAYER LES SOMMES DUES AUX PROPRIETAIRES DE VEHICULES DE LOCATION

 

BLEOU DANGUI.jpg

Abidjan, le 22 Janvier 2014

COMMUNIQUE DE PRESSE

Préliminaire

Mesdames et Messieurs les journalistes,  au nom du Collectif des Propriétaires  des Véhicules de Location (CPVL), je voudrais vous saluer et vous remercier  d’avoir répondu à notre appel. Au cours de ce point de presse, il ne sera question que du différend qui nous oppose depuis bientôt quatre (4) ans avec la Présidence de la Republique. Il s’agit du non-paiement des arriérés de nos factures qui ne sont toujours pas traités malgré le changement de régime, en dépit de nos nombreuses démarches officielles.

Aussi, allons-nous procéder à un rappel de l’historique de la location de véhicules par la Présidence de la République avant d’arriver aux raisons de ce litige inexplicable et aux conclusions de cette réunion.

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Historique de la location de véhicules.

Depuis l’existence de l’institution Présidence de la République, le devoir de location de véhicule s’est toujours manifesté. C’est ainsi que des sociétés de location ont vu le jour au sein des fournisseurs de cette institution. Vu les difficultés rencontrées pour le paiement des prestations fournies par nos sociétés, les responsables desdites sociétés ont décidé de mettre en place un collectif pour être leur représentant légal. Par conséquent, depuis le 24 novembre 2011, suite à nos démarches, l’administration ivoirienne a officiellement reconnu comme interlocuteur privilégié, notre Collectif de location comme tel.

Le Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location regroupe en son sein environ quatre-vingt (80) entreprises de locations et la Présidence  de la République est l’un de ses principaux clients. Du reste, nous notons avec satisfaction comme un signe de confiance méritée, qu’à chaque changement de régime depuis le Président Félix Houphouët-Boigny, que la Présidence a toujours recouru, sans discontinuer, aux   services des locataires de véhicules en payant, après vérification, les créances qui leur sont dues, quelles que soient le montant des arriérés des  créances contractées par l’administration précédente.

Mesdames et Messieurs les journalistes, telle est la praxis en vigueur avant l’avènement du régime actuel. Pour mémoire, nous vous rappelons que certains de nos interlocuteurs de la Présidence d’alors, continuent de travailler encore à leur poste, signe qu’ils avaient bien travaillé.

Développement

Après ce bref rappel de l’historique de la location de véhicule à la Présidence de la République, il nous paraît essentiel de vous entretenir de nos difficultés depuis 2011. Nous précisons par ailleurs, que le Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location est absolument apolitique et que nos membres se reconnaissent dans toutes les sensibilités politiques nationales.

A la prise du pouvoir par les nouvelles autorités, suite aux élections politiques de fin 2010, les responsables de notre association (encore non constituée en collectif), se sont dépêchés auprès d’elles pour solliciter une audience afin d’échanger sur les arriérés dus par l’ancien régime et aussi présenter officiellement les membres dirigeants de notre association afin de leur conférer une légitimité d’interlocution.

Nous avons adressé, chronologiquement, les courriers suivants à :

  • 30/06/2011 à  Monsieur le Directeur Financier de la Présidence de la République.
  • 08/07/2011 à  Monsieur le Directeur Financier de la Présidence de la République.
  • 31/08/2011 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 27/09/2011 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 02/11/2011 à Monsieur le Grand Médiateur de la République.
  • 07/06/2012 à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement.
  • 09/10/2012 à Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence.
  • 18/02/2013 à  Monsieur le Ministre chargé des Affaires Présidentielles.
  • 19/02/2013 à Monsieur le Grand Médiateur de la République.

De toutes ces correspondances, quelques réponses nous sont parvenues en date du : 

  • 24/11/2011 un courrier d’accusé de réception de la Médiature nous informant que le dossier de l’affaire a été confié à Monsieur Henri GOBA, Conseiller  Spécial au Cabinet de Monsieur le Grand Médiateur.
  • 29/11/2011, une demande d’avis envoyée à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement, relative à notre saisine de la Grande Médiature, face aux démarches restées infructueuses.
  • 07/12/2011 une lettre de la Médiature de la République nous informant de la transmission à Monsieur le Secrétaire Général du Gouvernement de notre dossier de requête.
  • 7/09/2012, une demande d’avis adressée à Monsieur le Secrétaire Général  de la Présidence de la République pour constater les démarches infructueuses effectuées par le CPVL  qui a décidé, en conséquence, de saisir les bons offices de la Grande Médiature de la République.
  • 10/09/2012, une lettre d’information de la Grande Médiature adressée à Monsieur le Président du Collectif des Propriétaires de Véhicules de Location sur sa demande d’avis formulée à l’attention de Monsieur le Secrétaire Général de la Présidence de la République.
  • 30/10/2012, par lettre d’information, Son Excellence Monsieur le Grand Médiateur, nous transmet copie d’une lettre du  Ministère  chargé  des  Affaires  Présidentielles dans laquelle.

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Monsieur  le Ministre chargé des Affaires Présidentielles prenait acte de la requête  de la Grande Médiature et annonce que nos doléances sont en cours de traitement avec le Ministère de l’Economie et des Finances et reconnait que notre créance fait partie des dettes contractées par l’Etat de Côte d’Ivoire.

Enfin, en date du 02/11/2012, nous avons adressé une supplique à Son Excellence, Monsieur le Président de la République intitulée : ARRIERÉS DE FACTURES DE LOCATION DE VEHICULES A LA PRESIDENCE A FIN 12/2010. Dans cette lettre, nous avons fait le récapitulatif de toutes nos démarches infructueuses pour le recouvrement de nos créances  certifiées par audit par les services de l’Etat dès la prise de pouvoir par les nouvelles autorités.

Cette ultime démarche est restée sans réponse.

C’est dans ce contexte que nous avons appris que l’Etat va procéder à l’apurement de ses dettes contractées avec les opérateurs nationaux, sans discrimination. Le CPLV s’est réjoui à l’annonce d’une telle nouvelle étant assurée que ses factures ayant été auditées et certifiées, que finalement les locataires de véhicules à la Présidence qui sont pour la plupart de petits entrepreneurs voire des entreprises familiales, allaient pouvoir entrer en possession de leurs avoirs après tant d’années de souffrance.

Or, à  la publication des listes des ayant-droits, nous avons constaté que nous avons été écartés pour des raisons que nous ignorons. Récemment, nous avons appris que le Trésor public va procéder à une seconde vague de paiement des dettes dues envers les opérateurs privés. Cette nouvelle nous réjouit mais ne nous rassure pas, compte tenu des précédents dont nous avons fait acte.

La tenue de ce point de presse se veut dans un tel contexte d’incertitude, un cri d’alarme adressé à nos autorités afin que la situation des loueurs de véhicules soit examinée avec justice et équité.

Certes les règles de location de véhicule à la Présidence de la République ont changé avec le choix d’autres opérateurs, mais la location de véhicule en tant qu’activité qui crée des emplois et contribue à l’enrichissement des familles demeure.  Le CPVL ne comprend pas, dès lors, que ses membres soient traités comme des quémandeurs de subsides ou comme des exemples de mauvaise gouvernance.

En tout état de cause, nos créances dont le montant est environ 5 milliards de FCFA (5 000 000 000) sont le fruit de services rendus, de travail fourni. Ceux d’entre nous qui ne disposaient de tous les types de véhicules lors des commandes de l’Etat, ont dû les louer en payant au comptant les loueurs avant de mettre ces véhicules à la disposition de l’Etat.

Il paraît donc inconcevable que des gens qui ont servi leur pays à travers leurs activités, soient abandonnés sans tenir compte des drames qu’ils vivent dans leurs familles. Car nombreux sont ceux qui, à force d’attendre, sont morts dans la misère, malades privés de soin faute d’argent et, ceux qui ont été chassés de leurs habitations faute de pouvoir honorer le loyer mensuel.

Face à une telle situation désastreuse, nous demandons, avec respect, à nos autorités de procéder sans tarder au paiement des sommes qui nous sont dues avant que d’autres drames se produisent parmi nos membres qui n’en peuvent plus.

Ce point de presse est une action pacifique destiné à attirer l’attention de tous ceux et de toutes celles qui détiennent entre leurs mains les dossiers nous concernant. Nous ne comprenons pas qu’à l’heure où les plus hautes autorités prêchent la réconciliation, le retour des réfugiés, la réintégration des fonctionnaires fugitifs et le déblocage de leurs salaires, que nous soyons la seule catégorie exclue du processus de pacification et que nos dettes légalement contractées soient bloquées malgré la continuité de l’Etat. L’audit qui a certifié l’état de nos avoirs en supprimant arbitrairement ce qui lui a semblé injustifié, aurait-il fait un mauvais travail ? A-t-il été désavoué ? Sinon, les loueurs de véhicules qui ont servi l’Etat sans regarder la couleur politique du régime en vigueur, ne comprennent pas qu’ils soient l’objet d’ostracisme et condamnés à mourir alors qu’ils détiennent des créances envers l’Etat. Il faut que cela cesse le plus tôt possible afin que les membres du Collectif retrouvent leur dignité dans la société. Le Collectif ne peut accepter la politique de deux poids, deux mesures en matière de bonne gouvernance.

Malgré notre pacifisme et notre respect scrupuleux des lois républicaines, nous ne pouvons pas nous porter garants de ce qui pourrait advenir chez certains de nos membres poussés à la ruine. Sans la satisfaction de nos revendications légitimes et justifiées, nous nous verrons contraints d’entreprendre d’autres actions afin de nous faire comprendre et entendre.

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Conclusion

Mesdames et Messieurs les journalistes nationaux et internationaux, au nom du CPVL, je vous remercie d’avoir répondu présents à notre appel, qui est en fait un cri de désespoir. Tout le long de notre exposé, nous nous sommes fait l’obligation de nous en tenir qu’au fait, à savoir le non-paiement de nos arriérés de créances envers l’Etat. Il vous appartiendra, si vous le désirez, de mener une enquête parmi les membres de notre Collectif pour vous rendre compte de la réelle dimension du drame que nous vivons. En tant qu’opérateurs privés ivoiriens qui ont servi des prestations à la demande des autorités compétentes d’alors, nous pensons que l’apurement de la dette de l’Etat envers tous ses partenaires privés, nous concerne tous. C’est le but de cette réunion et rien d’autre. Nous aussi voulons contribuer à la construction d’une Côte d’Ivoire pays émergent à l’horizon 2020.

Merci à tous d’être venus. Bonne et heureuse année 2014 à vous et à tous ceux qui vous sont chers.

 

Fait à Abidjan, le 22 Janvier 2014

Pour le CPVL, le Président

BLEOU DANGUI

 

COLLECTIF DES PROPRIETAIRES DE VEHICULES DE LOCATION (CPVL)

Récépissé de déclaration d’association n° 540 / MEMI / DGAT / DAG / SDVA du 24/11/11

01 BP 3405 ABIDJAN 01, E-mail bleoudangui@yahoo.fr

07 05 83 99 / 07 98 97 37 / 07 64 45 06 / 20 33 98 35

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Bléou Dangui, président du Collectif des loueurs de véhicules à la Présidence de la République: «Que nos autorités entendent nos pleurs…»

 

En rupture de paiement de factures relativement à leurs prestations de service, les loueurs de véhicules administratifs à la Présidence de la République ne savent plus à quel saint se vouer. Après plusieurs démarches infructueuses en vue du recouvrement d’une partie de leurs créances, estimées à 5 milliards FCFA, le président du Collectif de cette activité livre dans cette interview, les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

 

Président, vous venez de donner un point de presse, quel en est le message fort ?  

Le message fort que je voulais faire passer, c’est d’informer la Côte d’Ivoire entière que nous avons des factures qui sont à la Présidence de la République, et que ces factures là n’ont pas encore fait l’objet de paiement. Donc, nous décrions le non paiement de nos factures par la Présidence. Ces factures concernent les prestations que nous avons fournies dans le cadre des locations de véhicules au niveau de la Présidence de la République.

Après audit, certaines des factures des fournisseurs de l’Etat ont fait l’objet de rejet. N’êtes-vous pas concernés par cette catégorie?

Nos factures ont fait l’objet d’audit. Et dès l’instant où l’Etat ivoirien, pour ne pas dire les nouvelles autorités, ont placé leur confiance en une structure, demander à cette structure, d’auditer nos factures, je ne peux qu’être heureux. D’ailleurs, cette structure qui est venue a pris soin de rejeter un certain nombre de nos factures. La remarque qu’on nous a faite, c’est que ces factures n’ont pas été certifiées. C'est-à-dire des factures qui n’ont pas eu des visas des anciennes autorités. A ce niveau, nous avons demandé à nos membres de se calmer, parce qu’au jour d’aujourd’hui, le besoin que nous avons, c’est le paiement des factures reconnues en tant que telles par l’administration. Si ces factures sont payées, nous allons entrer en contact avec l’administration pour chercher à savoir quelles sont les conditions à remplir pour que les autres factures qui n’ont pas été reconnues puissent l’être. Parce que nous reconnaissons que ce sont des prestations que nous avons fournies effectivement à l’administration de la Côte d’Ivoire.

Vous êtes en train de dire qu’il y a deux factures. Une catégorie certifiée, donc reconnue, et une deuxième qui n’a pas été reconnue parce que dit-on non certifiée. Mais, pourquoi les factures reconnues n’ont jusque-là pas fait l’objet de paiement ?

C’est parce que nous ignorons les raisons pour lesquelles l’administration en place a retardé le paiement de nos factures que nous réagissons. Enfin, retardé c’est comme si nous savons la date à laquelle l’Etat allait payer nos factures. Mais, à ce jour, aucune autorité la  Présidence n’a accepté de nous recevoir pour nous dire les raisons pour lesquelles nos factures n’ont pas fait l’objet de paiement.

Quel est le montant des factures certifiées ?

Il est difficile de dire aujourd’hui à combien nous chiffrons les factures certifiées. Mais, ce que nous savons, c’est qu’avant 2010, nous avons approché les autorités d’alors, et avec elles, nous avons eu une séance de travail qui a abouti à un montant d’environ 5 milliards FCFA de factures que l’administration reconnaissait devoir aux loueurs de véhicules. Mais, la difficulté dans laquelle je me trouve en tant que président, c’est que nous n’avons pas pu rentrer en contact avec l’administration actuelle, pour harmoniser nos points de vue. Partant de ce fait, il est difficile de dire pourquoi une partie de nos factures a été acceptée. Ce que je sais, c’est qu’avant 2010, nous tournions autour de 5 milliards FCFA de dettes.

L’administration étant une continuité, qu’est-ce qui pourrait justifier le fait qu’on ne vous reçoive pas pour que vous expliquiez votre souci ?

Nous avons effectué beaucoup de démarches. Si nous sommes partis jusqu’à la grande Médiature pour demander à cette institution indépendante de nous servir ses bons offices, c’est parce que nous avons épuisé toutes les voies légales. Sinon, si nous voulons entrer en contact avec une administration, la moindre des choses, c’est de lui envoyer une demande d’audience. Et si cette demande d’audience n’a pas fait l’objet de réponse nous demandant de venir une date donnée, est-ce que nous pouvons forcer la porte de nos autorités pour qu’elles nous reçoivent ? Je ne le pense pas. C’est pour cela que nous avons usé de votre canal, pour porter notre message. Le message, c’est de nous recevoir, et en secundo, de mettre en paiement nos arriérés. Aujourd’hui, il y a beaucoup de loueurs de véhicules qui en souffrent.

Nous sommes en 2014, le contentieux date de 2010. Durant ces quatre années, l’Etat bénéficie-t-elle toujours de vos prestations ?

L’activité de location de véhicules n’a pas cessée au niveau de la Présidence de la République. C’est un besoin pour cette administration de prendre en location un certain nombre de véhicules pour remplir sa mission régalienne. A ce titre, l’activité de location de véhicules n’a pas disparue. Mais, le problème que nous avons, c’est que pendant ces quatre ans, aucun loueur de véhicules n’a été soldé. Je vous ai bien dit que ce sont des petites entreprises, pour ne pas dire des entreprises de familles, donc les moyens que nous avons, ce sont les paiements de nos factures qui servent également de fonds de roulement. Si malheureusement nous restons pendant trois ans sans qu’on nous paie, ne serait-ce qu’une partie de ces factures, il va sans dire que l’entretien de nos voitures va prendre un coup. Si tel est le cas, cela voudra dire aussi que notre activité est en train de mourir. Effectivement, notre activité est morte dans nos propres mains. Aujourd’hui, nous ne pouvons dire que nous pouvons mettre un de nos véhicules à la disposition de la présidence, parce que ces véhicules ont manqué d’entretien.

Le problème est éminemment social, je voudrais donc savoir si vous avez directement ou indirectement touché les services de la Présidence de la République?

Nous ne pouvons pas affirmer que nous avons une relation particulière avec le Président de la République pour le toucher personnellement. La seule manière de le toucher, c’est de lui adresser un courrier. Dans ce sens, nous avons fait une supplique que nous avons adressée à la Présidence. Malheureusement, ce document est resté sans suite. Est-ce que nous avons dans ce cas, mieux que la presse pour transmettre nos difficultés à la population, voir au Président de la République ?

Vous revendiquez combien d’entreprises au sein de votre collectif ?

Nous tournons autour de quatre vingt (80) entreprises au sein de notre collectif. De ces quatre vingt entreprises qui ont pu terminer l’année 2010, c’est le 1/3 qui peut participer aujourd’hui à nos réunions. Dès l’instant où mes membres n’ont plus de chiffre d’affaires, il est très difficile pour eux de venir honorer les paiements des cotisations.

Devant cette longue attente, pourquoi ne demandez-vous pas une audience directement au Président de la République pour étaler devant lui, vos difficultés, vos souffrances ?

C’est une voie que vous nous proposez, mais aujourd’hui, nous avons voulu travailler avec les proches collaborateurs du chef de l’Etat, quand nous avons adressé un courrier que nous avons surnommé une supplique, nous y avons bien précisé que nous demandons l’avis du Président de la République pour qu’il donne des instructions à ses collaborateurs, afin qu’ils puissent nous recevoir. Aujourd’hui, nous n’avons plus que nos larmes pour pleurer. Sinon nous pensons avoir mené à notre niveau, toutes les actions nécessaires pour pouvoir être entendus.

Y a-t-il d’autres collectifs de loueurs de véhicules en dehors du vôtre ?

Au niveau de la présidence, je n’en connais pas, pour la simple raison que c’est nous qui avons initié ce regroupement. Et les difficultés de payer nos factures ne datent pas d’aujourd’hui. Ce qui a fait que même à un certain moment, j’avais voulu arrêté de fournir nos prestations. Mais ce sacrifice est dû au fait que nous, en tant qu’opérateurs économiques, nous devons tendre la main à notre administration, nous avons eu cette force de demander à nos membres de continuer de servir toujours les véhicules à la Présidence.

Quelle est la valeur de votre parc-auto ?

Moi-même j’avais au moins cinq (5) véhicules. Mais, aujourd’hui, je me retrouve avec seulement un seul, parce que j’ai été obligé de vendre une partie pour pouvoir survivre. Je ne devais pas parler de moi-même, parce que je représente un collectif, donc je suis obligé de dire que si nous faisons une analyse, vous vous rendrez compte que la majeure partie de mes membres ne disposent plus de parc-auto pour la simple raison qu’ils n’arrivent plus à les entretenir. Même s’ils pouvaient le faire, ils n’ont plus les marchés qu’ils avaient dans le temps.  

On va se laisser…

Je supplie les nouvelles autorités qui ont la gestion de notre pays, de faire tout leur possible, pour regarder derrière eux, la queue de mes membres dont le vice-président qui est mal en point. Mais, pour l’amour de notre organisation, il fait tout son possible pour assister à nos rencontres. Tout comme lui, il y a d’autres qui ont été contraints de fuirent leur quartier pour le village, parce qu’ils n’ont plus la dignité dans le quartier où ils vivaient parce que les propriétaires ont plus ou moins vidé leurs bagages des maisons qu’ils habitaient. Donc, je demande à nos autorités d’avoir une oreille attentive à nos revendications que nous jugeons d’ailleurs légitimes. Je supplie le Président de la République, qui est un homme  sensible, de prendre en main personnellement ce dossier.

 

Réalisée par Daniel Kouadio.

 

Source: Le quotidien "Le Républicain"

mercredi, 22 janvier 2014

TROISIEME PONT HENRI KONAN BEDIE - PEAGE: 750 FCFA PAR PASSAGE ARRETE PAR SOCOPRIM

 

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" Troisième pont Henri Konan #Bédié / Péage: 750 FCFA par passage arrêté par #Socoprim… " au lieu des 700 FCFA que le du RDR avait annoncé 'faire' réduire à moins de 200 FCFA. La vérité est que ce pont est une nouvelle propriété privé de la France en Côte d'Ivoire, et c'est elle qui fixe les règles du jeu. Montant global pour le financement du projet annoncé: 165,100 Milliards FCFA . " La contribution ivoirienne s’élève à 50 milliards Fcfa, tandis que les bailleurs de fonds soutiendront le projet à hauteur de 105,100 milliards Fcfa." Mais ce n'est pas lorsque Ouattara emprunte 100 Milliards de CFA au Congo que la Côte d'Ivoire peut payer ces 50 milliards. "Selon Olivier Bonnin, Pdg de la Socoprim, la société concessionnaire, cette infrastructure routière sera à péage et coûtera 750 FCFA par passage aux automobilistes. Il sera exploité sur 30 ans (OUI... 30 ANS) avant de devenir entièrement la propriété de l’État de Côte d’Ivoire."

Et pendant ce temps Ouattara raconte qu'il est en train de construire un pont pour aider les Ivoiriens: NON... il a juste offert une opportunité juteuse à ses 'copains' pour faire 'saigner' nos compatriotes. - Certains disent: " Mais personne n'est obligé d’emprunter ce pont ". Oui... mais observez ! Une fois ce pont terminé, ils trouveront un truc pour obliger les automobilistes à passer sur ce pont comme on passe dans une trappe à souris: révision ou je ne sais quoi de l'un des deux autres ponts - vous verrez bien un truc. 750FCFA par passage pour un poste de péage AU BEAU MILIEU DU CENTRE VILLE ? Et pourtant avant L’ÉCONOMISTE Ouattara, l'historien Gbagbo avait trouvé le moyens de faire construire ce pont avec des fonds de l’État et la gratuité du passage. Pour cela aussi il fallait lui jeter des bombes Françaises et l’emprisonner. [...] Ce n'est pas pas de la simple incompétence mais de la pure méchanceté.

Les arguments de Socoprim: Péage

Le pont Henri-Konan Bédié est un pont à péage. Le montant des péages sert en priorité à entretenir l’ouvrage, et ensuite à rémunérer les emprunts et financements privés qui ont servi à le construire. Il a été calculé pour que le choix de prendre le pont reste économiquement attractif, compte tenu des économies de carburant que le pont permet. Le péage sera différent suivant les catégories de véhicules. Des abonnements à tarif réduit seront à la disposition des usagers fréquents ; ces abonnements permettront une perception électronique sans contact accélérant le passage des abonnés.

 

Source: Le Blog de Claudus

dimanche, 19 janvier 2014

BURKINA FASO: POURQUOI OUATTARA ET SORO S'AGITENT-ILS? PAR THEOPHILE KOUAMOUO

 

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Le sentez-vous, ce vent de panique ? Depuis l’annonce, il y a une dizaine de jours, de la démission collective de plusieurs membres éminents du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), parti du numéro un burkinabé Blaise Compaoré, les principales figures du régime Ouattara donnent l’impression que la seule idée de voir celui qui règne sur Ouagadougou depuis bientôt 27 ans à la retraite leur fait perdre tout sang-froid et les pousse à douter de leur propre avenir politique. Contre tout bon sens, Guillaume Soro, Hamed Bakayoko et Ibrahim Ouattara dit « Photocopie », ont accouru à Ouaga pour apporter, aux frais du contribuable ivoirien, un soutien dégoulinant de flagornerie au tombeur de Thomas Sankara dans ce qui relève pour le moins d’un conflit interne à une association privée (le CDP).

Quel est leur problème ? Pourquoi s’agitent-ils tant ?

D’une certaine manière, en accompagnant avec force mercenaires et kalachnikovs, la prise de pouvoir sanglante d’Alassane Ouattara, Blaise Compaoré signait son « arrêt de mort ». Ne s’en est-il  pas rendu compte ? Dès lors qu’à Abidjan, cœur battant de l’influence hexagonale en Afrique de l’Ouest, avait été « reconquis » et qu’un homme conforme aux vœux de Paris avait été installé au Palais présidentiel du Plateau, son « utilité systémique » diminuait singulièrement. Certes, le « beau Blaise » peut toujours servir dans le cadre de l’action difficilement déchiffrable de la France au Mali et dans le Sahel. Mais il est moins central dans le « dispositif » qu’à l’époque où le « grand méchant Gbagbo » était au pouvoir et qu’il fallait tout faire pour s’en débarrasser, avec l’aide irremplaçable du Burkina Faso…

Ouattara est au pouvoir à Abidjan, Soro est le numéro deux de l’Etat ivoirien, Gbagbo est à La Haye. Au fond, et très cyniquement, les actuels dirigeants de la Côte d’Ivoire ont-ils toujours besoin que le plus grand commun déstabilisateur de l’Afrique de l’Ouest soit aux affaires à Ouaga au point de remuer ciel et terre pour faire « entendre raison » à ses adversaires internes ? A première vue, cet excès de zèle est curieux. Plusieurs hypothèses sont toutefois à étudier.

- Et si Ouattara soutenait Compaoré comme la corde soutient le pendu ? C’est bien connu : « cohabiter » avec des personnes dont on se sent « redevable », surtout quand on a soif de « s’affirmer » peut s’avérer difficile. Le natif de Ziniaré « out », il semble évident que l’ancien élève du lycée Zinda Kaboré de Ouagadougou devenu chef de l’Etat en Côte d’Ivoire prendrait, dans le « système françafricain », une importance plus grande. Cela dit, Ouattara peut aussi considérer qu’il continue de dépendre de Compaoré, notamment en ce qui concerne la livraison de matériel militaire hors embargo et/ou de mercenaires affectés – en tout cas jusqu’à un passé récent – à sa garde rapprochée.

- Et si c’était finalement Guillaume Soro qui avait le plus à gagner dans le maintien au pouvoir de Blaise Compaoré, qu’il présente volontiers comme son « mentor » ? Il est probable que l’équilibre des relations pas toujours très claires entre Ouattara et son « dauphin constitutionnel » ait besoin de l’entregent du maître de Ouaga pour ne pas sombre dans la franche adversité. Il ne faut pas oublier que, même quand Ouattara semblait convaincu que Soro le « trahissait » avec Gbagbo, notamment à la faveur du « dialogue direct », Compaoré continuait de le « couver ». Soro espère aussi, sans doute, prendre le pouvoir dans un avenir proche avec l’aide du « mentor »…

- Et si, au-delà de ce type de calculs d’ordre politicien, c’était la perspective d’un grand déballage du misérable tas de secrets liés à la rébellion ivoirienne et aux nombreux crimes économiques qui l’ont émaillée qui angoissait les tenants du pouvoir à Abidjan ? Un fin observateur de la scène politique et diplomatique ouest-africaine, le militant de gauche Guillaume Tene Sop, note ainsi que Salif Diallo, ancienne âme damnée du régime désormais passé à la dissidence, avait dans sa gibecière de souvenirs de quoi faire trembler à la fois Ouaga et Abidjan. « Pourquoi Soro court-il à Ouaga et parle de « médiation » dès que Salif Diallo démissionne du CDP ? De quoi a-t-il peur ? Pour la petite histoire, la ‘Mercedes noire’ c’est Salif Diallo. Le 19 septembre 2002 en Côte d’Ivoire, c’est Salif Diallo, le MPCI, c’est Salif Diallo, la prise de Bouaké c’est Salif Diallo, les armes du MPCI c’est Salif Diallo… Et si Salif Diallo se mettait à table ? Il faut protéger le citoyen Salif… Il est en danger », s’interrogeait-il récemment. Lessiveuse d’argent sale, abri de mercenaires et de comploteurs de tout poil, relais de la contrebande du cacao ivoirien, la capitale burkinabè a été témoin de maints épisodes cachés de l’histoire récente. En cas de divorce au CDP, les « docs » se retrouveront-ils sur la place publique ?

L’attitude de la France de François Hollande face au « cas Compaoré » sera en tout cas très intéressante à observer. Jouera-t-elle la carte d’un « Macky Sall » local, et du changement dans la continuité, en soutenant un homme du sérail pour mieux contrer la vraie opposition, notamment sankariste ? Affectera-t-elle la « non-ingérence » tout en appuyant discrètement un Compaoré qui sait se montrer utile ? Soutiendra-t-elle sans arrières-pensées le mouvement démocratique ? Qui vivra verra.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 11 janvier 2014

LE PROBLEME D’ELIGIBILITE, UN BOULET AU PIED D’ALASSANE OUATTARA

ALASSANE OUATTARA A YAMOUSSOUKRO 2.jpg

Par Océane Yacé, Politologue

 

C’est vraiment incroyable ce qui se passe en Côte D’Ivoire depuis 2002. Des bandes criminelles organisées et armées par Alassane Dramane Ouattara sont descendues du Burkina Faso pour attaquer notre pays, s’emparer du pouvoir d’état par la terreur et dans le sang, semer la désolation dans nos villes et dans nos villages, détruire le tissu économique et social de notre pays, diviser et opposer nos populations, briser l’élan démocratique de notre nation, mettre en place une dictature ubuesque qui continue d’hypothéquer dangereusement le destin de plusieurs générations.

Si aujourd’hui les Ivoiriens dans leur immense majorité sont convaincus que la fin de ce régime du crime, du mensonge et de l’imposture ne saurait tarder, beaucoup se demandent cependant comment cela se produira. Ils sont en effet très peu, ceux qui savent déjà ce qui attend ce régime liberticide et antidémocratique. Quant à notre niveau, divers schémas sont envisageables, de l’hypothèse de la mort subite avant le scrutin présidentiel de 2015 (n’oublions pas que Dramane est très gravement malade et constamment sous la menace d’un arrêt cardiaque), à la probabilité d’une mort violente (Dramane peut en effet mourir à tout moment comme il a vécu: lâchement et surtout violemment).

Cependant, l’adversaire la plus implacable devant laquelle, très bientôt, le dictateur mossi pourrait être totalement désarmé et impuissant, est sans conteste la Loi fondamentale de la Côte D’Ivoire, la Constitution. Il est vrai que régulièrement le régime a froissé tout ce qui ne l’arrange pas. Mais cette fois tout porte à croire qu’avec le nouveau contexte national et international qui s’est mis en place, il ne peut plus continuer à jouer à ce jeu aujourd’hui.

Alassane Dramane Ouattara a en effet un gros problème de papier et de nationalité qui reste toujours posé. La grave crise ivoirienne qui perdure tire ses racines de ce débat qui n’a jamais été véritablement vidé pendant que des problèmes de tous ordres s’accumulent chaque jour et que le pays sombre.

La transition militaire qui, après le renversement de Henri Konan Bédié a duré de 1999 à 2000 sous le régime du Général Robert Guéï a certainement eu ses tares, mais elle a aussi eu le mérite d'avoir été une période d’une très grande densité politique avec la rédaction d’une nouvelle Constitution par la Commission Consultative Constitutionnelle et Électorale (CCCE) qui avait pour objectif de promouvoir une modernisation réelle de la vie politique ivoirienne et le respect des principes démocratiques.

En remplacement de la Constitution du 03 novembre 1960, cette nouvelle Constitution, votée à 83% le 23 juillet 2000, est entrée en vigueur le 1er août de la même année, marquant ainsi l’avènement de la Deuxième République. On se rappelle que lors des élections présidentielles d’octobre 2000 et sur la base de cette Constitution, la candidature d’Alassane Dramane Ouattara avait été invalidée par la Cour suprême pour cause de "nationalité douteuse, faux et usage de faux sur la filiation”.

L’on se rappelle aussi que c’est sur insistance du Médiateur, le président sud-africain Thabo MBéki que le président Laurent Gbagbo, vainqueur du scrutin présidentiel de 2000, a signé l’Accord de Prétoria qui autorisait Dramane Ouattara à se présenter à titre exceptionnel à l’élection présidentielle initialement prévue en 2005 puis reportée en 2010 pour cause d’instabilité.

Dans le discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005, pour expliquer sa décision d’activer l’article 48 de la Constitution afin d’autoriser de manière exceptionnelle la candidature d’Alassane Dramane Ouattara à l’élection présidentielle, Laurent Gbagbo avait dit ceci: < Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005 conformément à la lettre du Médiateur sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2005>.

Cette importante mesure exceptionnelle qui ne concernait exclusivement que le scrutin présidentiel de 2005, finalement organisé en 2010, avait été prise par le président Laurent Gbagbo pour ramener la paix et la stabilité en Côte D’Ivoire. D’où vient-il donc que le régime RDR la prenne maintenant comme une reconnaissance définitive de la nationalité ivoirienne à Dramane Ouattara? D’où vient-il que Dramane Ouattara se proclame-il déjà candidat pour 2015 alors qu’il est forclos au regard de la Constitution qui est toujours en vigueur?

Comme on le voit donc, malgré son hold up électoral et malgré les massacres qui ont marqué son arrivée au pouvoir en avril 2011, Alassane Dramane Ouattara continue de traîner au pied le gros boulet de l’article 35 qui, dans l’état actuel des choses, ne lui permet toujours pas de se présenter à un scrutin présidentiel en Côte D’Ivoire. Le RDR tente pour l’instant de fuir ce débat pertinent alors que ce parti a appelé en 2000 à voter cette Constitution. Nous comprenons alors pourquoi le régime Ouattara est entré en transe face aux propos sincères du président Pascal Affi N'Guessan qui demande l'organisation des États Généraux de la République (EGR).

Nous comprenons surtout pourquoi les EGR s’imposent aujourd'hui pour éviter le pire à notre pays.La France, les Usa et la Communauté internationale semblent désormais très favorables à la tenue de ce Forum que réclame le FPI.Dramane Ouattara et le RDR peuvent donc traîner les pieds et retarder les choses, mais il est absolument sûr et certain que cette année 2014 marquera le début de la fin de cette vaste forfaiture.

 

Océane Yacé, Politologue, Monaco

oyace84@yaoo.fr

vendredi, 10 janvier 2014

INELIGIBILITE D’ALASSANE OUATTARA POUR 2015 - L’EMBROUILLAMINI DU POUVOIR OUATTARA


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Koné Nabagné Bruno

LAURENT GBAGBO

(Extrait du Message à la nation , 25 Avril 2005)

« …C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:

Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.

Pascal Affi N’Guessan, Président du FPI (Présentation des Vœux, 7 Janvier 2014)

«J’ai entendu dire dans un de ses discours (Ouattara, ndlr) que lui il préfère les actes et que les états généraux, c’est du bavardage. Mais quand il cherchait à être candidat, là il était d’accord pour les bavardages. Il a été partout, à Pretoria, à Accra, à Ouagadougou. Ce n’était pas pour bavarder ? Maintenant il n’aime pas bavardage ? Mais il ne sait pas qu’il y a bavardage devant parce que lui- même il n’est pas éligible. En 2010, c’est Laurent Gbagbo qui l’a fait candidat. Mais Laurent Gbagbo n’est plus là. Et c’est la constitution qui va s’appliquer. Or la constitution actuelle, c’est son totem».


Bruno Koné, Porte parole du Gouvernement: (8 Janvier 2014 à la sortie du Conseil des ministres)

« Monsieur Affi est responsable de ce qu’il dit. Nous lui laissons la responsabilité de ce qu’il a dit. Cela dit, les Ivoiriens savent, toutes les crises que notre pays a vécues sont venues. Et les Ivoiriens sauront le moment venu faire le tri entre ceux qui veulent réellement un avenir radieux, positif pour ce pays et ceux qui ont d’autres desseins ».

Joël N’Guessan, Porte-parole principal du RDR (8 Janvier 2014)

« …Le Président du Front Populaire Ivoirien (FPI), Monsieur Pascal Affi N’Guessan a, lors de la présentation des vœux de leur parti, montré une fois de plus son arrogance pour les nombreuses victimes de la crise postélectorale. Les thèmes forts de son message ainsi que le ton employé pour le dire démontrent à souhait le désir du FPI de Affi N’Guessan de replonger la Côte d’Ivoire dans le cycle de violences que nous avons connues sous le règne désastreux des refondateurs…«Monsieur Affi N’Guessan tente maladroitement de convaincre ses militants que la Président Alassane Ouattara n’est pas éligible pour l’élection présidentielle de 2015. Le disant, il veut faire ressurgir un vieux débat qui a empoisonné la vie politique ivoirienne de 1994 à 2010. Nous disons à Monsieur Affi N’Guessan que le rêve lui est permis. Les militants du RDR se demandent comment Monsieur Affi N’Guessan et ses camarades de parti vont opérer pour empêcher la candidature du Président Alassane Ouattara. Pour le RDR, ce vieux débat est clos et ne saurait prospérer. Le Président Alassane Ouattara est candidat un point un trait»,

Amadou Soumahoro, Secrétaire Général du RDR (RFI - Edition du 9 Janvier 2014 à 18H30)

«… Cette déclaration d’Affi N’Guessan n’a aucun intérêt car M. Ouattara avait promis de modifier tous les articles confligènes de la constitution, dont l’article 35 qui fixe les conditions d’éligibilité… Alassane Ouattara est un homme qui tient tous ses engagements. Je n’ai aucun doute que l’article en question sera modifié pour permettre à Alassane Ouattara d’être candidat étant donné que le RDR dispose d’une majorité confortable à l’assemblée nationale. Mais en plus, nous avons une alliance avec le Pdci-Rda, ce qui nous donne une majorité écrasante au parlement alors que le Fpi n’y est pas représenté …»

AUGUSTIN KUYO (Notre Voie du 10 Janvier 2014)

«… Amadou Soumahoro a apporté hier de l’eau au moulin d’Affi N’Guessan au sujet de l’élection présidentielle de 2015. Interrogé par Radio France internationale (Rfi), le secrétaire général du Rassemblement des républicains (Rdr) a déclaré qu’Alassane Dramane Ouattara sera bel et bien candidat à l’élection présidentielle de 2015 puisqu’il va modifier l’article 35 de la constitution qui le rend inéligible. Laissant clairement sous-entendre que si la constitution n’est pas modifiée, M. Ouattara ne pourra pas être candidat. »

CONCLUSION DU DEBAT

Affi N’guessan a donc raison. Au regard de la constitution ivoirienne en vigueur, Alassane Ouattara n’est pas éligible à l’élection présidentielle de 2015… Allons donc aux Etats généraux de la République pour en parler.


Une contribution particulière

jeudi, 09 janvier 2014

LAURENT GBAGBO: «POURQUOI J'AI FAIT DE OUATTARA ET DE BEDIE DES CANDIDATS EXCEPTIONNELS»


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Au moment où le débat sur l'éligibilité de Ouattara  refait surface, au moment où  le RDR veut noyer le débat dans la marre de l'ivoirité, voici pour mémoire le discours du Président Laurent Gbagbo, le 28 AVRIL 2005, à l 'époque des faits, sur le sujet.



Pour la paix, Laurent Gbagbo s’est obligé à faire des sacrifices incroyables. Cela parfois, en violation de la Constitution du pays. Alors que Bédié et Alassane Ouattara étaient forclos pour la présidentielle 2010 conformément à loi fondamentale, Gbagbo a accepté de faire des deux personnalités des candidats exceptionnels. Dans ce discours qu’il a prononcé le 28 avril 2005 après la signature des accords de Pretoria, il donne les raisons de sa décision.

___________

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Mes chers compatriotes.

Chers amis de la Côte d’Ivoire


Le 19 septembre 2002, notre pays, la Côte d’Ivoire a été agressée. Les assaillants, une fois repoussés hors d’Abidjan, se sont installés à Bouaké et dans plusieurs villes du pays, au Nord et à l’Ouest. Ils ont ainsi transformé un coup d’Etat manqué en une rébellion armée qui a plongé le pays dans la plus grave crise de son histoire.

Depuis le début de cette crise, je vous ai régulièrement rendu compte de l’évolution de la situation, des obstacles rencontrés sur le chemin de la restauration de la paix et des multiples malentendus qui ont surgi autour des voies et moyens pour parvenir à la normalisation. Je vous ai également écouté avant de prendre les décisions qui engagent l’avenir de notre pays.

Malgré les déceptions que nous avons connues, je n’ai, pour ma part, jamais douté de l’issue de ce conflit auquel notre Nation a déjà payé un trop lourd tribut. Dès mon retour d’Italie, le 22 septembre 2002, j’ai clairement opté pour la voie de la négociation.

J’ai accepté, au nom de la Côte d’Ivoire, de négocier non seulement avec ceux qui ont pris les armes contre la mère-patrie mais aussi de placer, dès le départ, ces négociations sous l’égide de la communauté internationale.
D’abord sous les auspices de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à Accra puis à Lomé. Ce faisant, j’ai montré que les responsabilités historiques que nous impose la position de notre pays en Afrique de l’Ouest nous commandent de régler au plus vite cette crise. A Lomé, nous avons cru comprendre que le problème était la réinsertion des mutins dans l’armée. Nous avons fait droit à cette exigence. Mais, malgré Lomé, le pays s’est installé dans la guerre. Nous avons donc accepté d’aller ailleurs, à la rue Kléber à Paris. J’ai noté que l’Accord de Marcoussis était un mauvais Accord. Mais j’ai accepté de l’appliquer, parce que, dans cet accord, il y avait deux choses essentielles:

1 – Le désarmement des rebelles, dès la formation du gouvernement de réconciliation nationale.

2 – Le principe que toute modification constitutionnelle devrait se faire par les voies indiquées par la Constitution.
Concernant précisément l’article 35 de la Constitution, on pouvait penser que, pour des raisons d’ordre idéologique, la communauté internationale voulait savoir si, dans un pays de brassage comme la Côte d’Ivoire, la loi fondamentale garantit suffisamment la participation de tous à la vie démocratique.

C’est pourquoi, malgré, les réticences et les réserves des uns et des autres, j’ai déposé au Parlement le projet de modification rédigé à Marcoussis, en vue de le soumettre au référendum, la seule voie prescrite par la Constitution. Mais le désarmement n’a pas eu lieu et, aujourd’hui, ceux qui avaient demandé la modification de l’article 35 ne le réclament plus. C’est donc avec l’Accord d’Accra III d’abord mais surtout avec l’Accord de Pretoria et la lettre du Médiateur, que nous commençons à comprendre. C’est pourquoi, en votre nom à tous, je voudrais rendre ce soir un hommage solennel au Président Thabo Mbéki.

Il a écouté tout le monde, pour comprendre et pour nous aider à comprendre. Je salue le bon esprit qui a présidé aux négociations de Pretoria. Vos différentes interventions, au cours des rencontres que j’ai initiées au palais de la présidence de la République, à la suite de l’accord de Pretoria et de la diffusion de la lettre du Médiateur, ont montré que le peuple de Côte d’Ivoire a également compris quel est le vrai problème. Le problème n’est ni la réinsertion des mutins, ni l’article 35 de la Constitution mais la candidature d’un homme à la présidence de la République de Côte d’Ivoire; la candidature de Monsieur Alassane Dramane Ouattara. C’est la substance de l’Accord de Pretoria et de la lettre du Médiateur. Dans vos différentes interventions, vous m’avez dit une seule et même chose. Vous m’avez dit que l’accord de Pretoria et la lettre du Médiateur peuvent et doivent nous aider à mettre fin à la guerre et ramener la paix en Côte d’Ivoire, dans le respect de notre Constitution.

Je vous ai compris. C’est pourquoi, mes chers compatriotes, après avoir écouté toutes les couches socioprofessionnelles du pays, prenant acte de l’Accord de Pretoria et des recommandations du Médiateur, j’ai consulté le Président de l’Assemblée Nationale et le Président du Conseil Constitutionnel. Après quoi, j’ai décidé de mettre en oeuvre, l’article 48 de notre Constitution. A partir de maintenant, je prendrai les mesures exceptionnelles exigées par la situation. Dès cet instant, je décide:
 
Premièrement.

Uniquement pour l’élection présidentielle d’octobre 2005, conformément à la lettre du Médiateur Sud africain, les candidats présentés par les partis politiques signataires de l’Accord de Marcoussis sont éligibles. En conséquence, Monsieur Alassane Dramane Ouattara peut, s’il le désire, présenter sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre 2005.
 
Deuxièmement.

A compter de maintenant, et vue l’urgence, étant donnée l’absolue nécessité d’organiser les élections aux dates fixées par la Constitution, je donne mandat à l’Institut National de Statistiques, et à lui seul, d’établir, dans les meilleurs délais, les listes électorales pour les élections générales de 2005.
 
Troisièmement.

J’ordonne par la même occasion, à l’Institut National des Statistiques d’établir, dans les meilleurs délais, les cartes d’électeurs avec au moins deux mentions spécifiques:
la photo d’identité et l’empreinte digitale du titulaire.
 
Quatrièmement.

Afin d’éviter toute contestation éventuelle, j’ordonne à la Commission chargée d’organiser, les élections, de prendre toutes les dispositions utiles pour que chaque partie intéressée par les élections puisse faire à temps les vérifications nécessaires sur les listes électorales.
 
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.
Bien des problèmes, soulevés par nos compatriotes, n’ont pas trouvé de solutions dans ce discours.
Je ne les ai pas oubliés.
Je ne les ai pas occultés.
Le moment venu, ils seront résolus.
A compter de ce jour, et jusqu’à la fin de la crise, je prendrai, en vertu des pouvoirs que me confère l’article 48 de notre Constitution, toutes les mesures qui me paraîtront exigées par les circonstances.
Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.

LAURENT GBAGBO

Président de la République de Côte d’Ivoire

vendredi, 03 janvier 2014

ALASSANE OUATTARA, UN INCOMPETENT AU POUVOIR A ABIDJAN - PAR THEOPHILE KOUAMOUO


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Un boucantier aux affaires!


Une des forces de la propagande massive est qu’elle finit par s’instiller subrepticement dans les esprits de ceux qui la contestent a priori. Pendant longtemps en Côte d’Ivoire, voire en Afrique, le présupposé de la compétence de l’actuel chef de l’Etat ivoirien semblait aller de soi. Le fondement de cette idée répandue était pourtant fondamentalement discutable : Alassane Ouattara était compétent parce qu’il était sorti de la cuisse de Jupiter-FMI ; point final. Les thuriféraires des institutions de Bretton Woods comme ceux qui portent (à raison) un regard critique sur l’idéologie qu’elles portent et leur fonctionnement interne ont tous validé cette étrange hypothèse.

La gouvernance concrète du «bon petit» de Michel Camdessus vient comme une sorte de «révélation» et de «désenvoûtement» forcé. Les faits sont têtus : Alassane Ouattara est un dirigeant incompétent et hâbleur, qui s’intéresse plus à l’écume des choses et à son ego surdimensionné qu’au fond des problèmes du pays qu’il dirige. Nous sommes fiers d’avoir écrit, en janvier 2013, que l’année en cours serait celle de la fin du mythe du super-économiste. «Le nouveau miracle ivoirien devra attendre après-demain», admettait, en mai dernier, le principal quotidien économique français, Les Echos. «Après avoir soutenu sans réserve le nouveau pouvoir ivoirien, les partenaires d’Abidjan ne cachent plus leurs inquiétudes face à la persistance de la corruption et de la mauvaise gouvernance», écrivait pour sa part en août dernier l’hebdomadaire Jeune Afrique, dont le zèle pro-Ouattara est ancien et connu de tous.

Alassane Ouattara est-il le capitaine de bonne volonté d’un bateau rendu ivre par les lacunes de ses subalternes ou le principal responsable d’une embarcation qu’il conduit droit vers un énorme iceberg, à l’image du Titanic ? Au Nouveau Courrier, nous pensons qu’il est notoirement incompétent, et que ses actes quotidiens témoignent de ce qu’il ne met pas en pratique le bon sens économique le plus élémentaire. Un bon sens qui est pourtant accessible à des hommes dotés de bon sens qui n’ont jamais mis un doigt de pied à l’université. Il est grand temps que ses soutiens extérieurs s’en rendent compte. Les quelques exemples qui suivent permettront en tout cas d’alimenter le débat.

Décentralisation : les errements scandaleux de Ouattara

Même pour un politicien moyen, l’organisation structurelle de l’Etat est une question fondamentale, qui relève d’un choix mûrement réfléchi, et de la stratégie de développement à long terme qu’il entend défendre. La légèreté phénoménale avec laquelle Ouattara change de doctrine à ce sujet est, du coup, particulièrement inquiétante. Candidat à la présidentielle de 2010, il promettait dans son programme : «Nous supprimerons les Districts. Abidjan et Yamoussoukro, à l’image des autres villes à créer, seront dirigées par des conseillers municipaux élus». Cinq mois après sa prise de pouvoir, il change subitement de braquet. Il décide de maintenir les deux districts d’Abidjan et d’en créer douze nouveaux. Il supprime les Conseils généraux, qui recoupent les départements, fait exploser le nombre de régions (elles passent de 19 à 30, alors que Gbagbo voulait les réduire au nombre de 10). Une réforme budgétivore et tout à fait inattendue, donc. En mai 2013, il promet qu’il nommera incessamment ses gouverneurs de district, «avec rang de ministres». Quatre mois plus tard, virage à 360 degrés. Lors d’une rencontre avec les préfets,  il fait un incroyable aveu : «Si nous tardons à mettre en place ces districts, a concédé le président Ouattara, c’est parce que je ne suis pas convaincu que ce soit un échelon essentiel, dans l’administration du territoire (…) Je reprends ce dossier pour l’examiner en toute objectivité. Et voir où nous devons mettre en place le district ou pas». Que veut cet homme ? A-t-il le moindre début de commencement de vision politique ? Est-il seulement un peu sérieux ? Pour notre part, la réponse est claire : c’est non, sans hésitation.

Santé publique : des promesses irréalistes à la désertion

Démagogue sans scrupules, Alassane Ouattara avait promis tout et n’importe quoi dans son programme. Alors que Laurent Gbagbo prévoyait un système d’assurance maladie universelle basée sur des cotisations en fonction des revenus des différents bénéficiaires, il préconisait l’instauration d’une couverture médicale universelle accessible à tous «avec 1 000 FCFA par mois». Bien entendu, il s’agissait d’une promesse sans lendemain. Dès son arrivée au pouvoir, il mettait en place un mécanisme (non financé, ce qui est une aberration même pour un étudiant de première année à l’Ecole nationale d’administration) de gratuité de soins dans les établissements sanitaires publics. Neuf mois plus tard, il abandonnait cette politique improvisée et qui ne fonctionnait de toute façon pas sur le terrain, et parlait d’une gratuité des soins «ciblée», concernant tous les actes liés aux accouchements. Aujourd’hui, sur le terrain, c’est un échec total, à en croire les professionnels de santé. Les médicaments gratuits promis n’existent tout simplement pas. Le projet a été mal conçu et mal exécuté, mal pensé. Si ce n’est pas de l’incompétence, cela y ressemble terriblement.

Un banquier-boucantier qui fait déraper les finances publiques

«Je suis un banquier. Mon travail, c’est de trouver de l’argent», fanfaronnait le candidat Alassane Ouattara. Qui a déjà eu un banquier sait que, pour cette profession, la disciplinaire budgétaire est un principe sacro-saint. Depuis qu’il préside aux destinées de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara se caractérise pourtant par sa propension à dépenser n’importe comment l’argent qu’il ne possède pas. Comment peut-il justifier que, chef de l’Etat d’un pays sortant de dix années de guerre, il considère comme prioritaire d’acheter plusieurs nouveaux avions présidentiels – alors que Joyce Banda, la présidente du Malawi, choisit de vendre le seul qu’elle a pour endiguer la pénurie alimentaire dans son pays ? Combien ses voyages, et les voyages de ses ministres, auxquels prennent toujours part une cohorte de dizaines et de dizaines de parasites, coûtent-ils donc au contribuable ? Quelle explication peut-il donner au fait que le déficit budgétaire se soit creusé en 2012 en dépit de l’afflux inédit d’aide publique au développement ? Désargenté après avoir été «cadeauté» de centaines de milliards, l’Etat ivoirien en est aujourd’hui réduit à utiliser des techniques grossières de harcèlement fiscal et à faire la manche d’autre part – en ce mois de septembre, nous dit La Lettre du Continent, la France vient au secours de Ouattara pour une rallonge budgétaire… ce qui est une honte pour un pays qui n’en était plus là même au cours des années de guerre !

Les sujets qui mettent en lumière l’absence totale de vision d’Alassane Ouattara sont légion. Par exemple, qu’avait-il à détruire, via sa ministre Anne Oulotto, les commerces informels s’il entendait par la suite laisser le désordre s’installer à nouveau ? Quel intérêt a-t-il à faire la promotion du gré à gré alors que son administration est déjà notoirement corrompue ? Qui se souvient que la marche du RHDP du 25 mars 2004 visait à protester contre l’octroi à Bolloré du marché du terminal à containers du port d’Abidjan, dans un contexte où l’industriel français avait pour lui d’être le candidat unique dans une période de fortes incertitudes ?

Alassane Ouattara est incompétent. Et chaque jour, les Ivoiriens s’en rendent compte un peu plus.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER