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jeudi, 19 juillet 2012

LA DECISION DE REFUS DE LIBERTE PROVISOIRE A GBAGBO PAR LA JUGE ARGENTINE GURMENDI

 

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La juge argentine Silvia Fernandez de Gurmendi  

 

La décision, en fichier joint, de la juge unique refuse la liberté provisoire au Président Laurent Gbagbo. Entre autres motifs, Gbagbo possède un réseau de soutiens très bien organisé et mobilisé et un parti politique très bien implanté qui exigent sa libération et ils en font un préalable à la réconciliation en Côte d'Ivoire (points 60, 61, 62, 63... de la décision). 

Selon la juge, un exemple de cette forte mobilisation est que, sur mot d'ordre de ce réseau, plus de 140.000 appels téléphoniques ont été reçus au standard de la CPI et l'ont fortement perturbé... La juge affirme que pour garantir la représentation du Président devant la Cour, son maintien en détention s'avère nécessaire. Gbagbo est donc maintenu comme un lion en cage qui, puissant, risque de tout manger s'il sort. Voilà !!!


K. Suzanne


Document PDF (cliquer sur)LA DECISION DE LA JUGE GURMENDI

COTE D'IVOIRE: NON, OUATTARA NE VEUT PAS DE LA RECONCILIATION

 

CDVR.gif

 

Le lundi 16 juillet 2012, Radio France internationale RFI, au cours de son émission quotidienne «Questions d’actualités» de Juan Gomez a, pendant 20 minutes, invité ses auditeurs à faire le bilan de la Commission Dialogue, Vérité et  réconciliation (CDVR) de Charles Konan Banny, un a après son installation par Alassane Ouattara. De manière unanime, incisive et sans détours le constat a été le suivant : On ne peut pas  faire le bilan d’une action qui n’a pas eu lieu. Décryptons…


Réconcilier, c’est l’acte qui consiste à remettre en accord, en harmonie, des personnes qui étaient brouillées, dit l’encyclopédie de la langue française. En politique, l’acte de réconciliation relève de la grandeur, de la transcendance, de l’humilité, de l’élégance. Le Président Laurent Gbagbo enseigne même que la politique est un métier. Il y croit si fort  qu’il était en train d’achever un livre ayant précisément pour titre  « La politique est un métier ». C’est connu, chaque métier requiert des prédispositions,  des qualités qui sont pour la plupart innées. Or justement, Alassane Ouattara qui veut faire la politique dans notre pays, n’a rien d’un  homme politique. La Politique au noble sens du terme, faite  à la fois de grandeur, de dépassement, d’humilité, de pondération, de mesure, de discernement, de don de soi, de transcendance.

Non, en vérité, Alassane Ouattara  ne veut de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Ne lui en voulez pas, il n’en a ni la culture  ni la volonté.

En effet, en créant la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, au lendemain de son installation au pouvoir et en choisissant  Konan Banny flanqué de Désiré Tanoé et Boubakar Fofana pour l’animer, Ouattara remplissait contre son gré une obligation de ceux qui l’ont mis à la tête de la Côte d’Ivoire. Ces derniers, après avoir lourdement investi dans la déstructuration de la Côte d’Ivoire avaient tout logiquement besoin d’un rapide retour sur investissement nécessitant un climat apaisé pour les affaires.

Le point d’achèvement de l’initiative PPTE était aussi dans le pipeline avec ses conditionnalités multiples. Voilà. Au-delà de ces considérations d’intérêts financiers, rien  d’autre n’intéressait Ouattara.

Pour lui ,pour la France de Sarkozy, son Parti le RDR, ses alliés de circonstance du RHDP et pour sa cohorte de thuriféraires, tant que Gbagbo sera à la Haye, ses principaux lieutenants en prison ou en exil, son Parti mis sous le boisseau, ses militants écrasés pas la terreur, la  presse de l’opposition fonctionnant avec le couperet de la sanction de fermeture  à la gorge ,un parlement  et une justice aux ordres…  mieux il gouvernera tranquillement. Il ne faut donc pas se tromper d’analyse. Suivez en ce moment les déclarations des dirigeants de son parti  le RDR dans les bases à propos de l’éventualité de la libération de Gbagbo lors du procès du 13 aout à la CPI. Pour eux Laurent Gbagbo doit mourir à La Haye. A défaut, s’il est libéré, que l’atmosphère électrique d’Abidjan à créer, faite de terreur, le dissuade à regagner la terre de ces ancêtres en pleine convulsion d’occupation. Comptabilisez le nombre de mandats d’arrêt qui continuent d’être lancés, les arrestations, enlèvements, et assassinats dans tout le pays, plus d’un an après l’avènement de ce régime d’exception. Vous aurez tout compris !!!

Non, Ouattara ne veut pas de la réconciliation en Côte d’Ivoire. Aucun discours, aucune action, aucun geste ne présentent une inclination à la décrispation, à la concorde  de la part d’un chef d’Etat qui en a la l’obligation constitutionnelle. Le simulacre de dialogue de Grand  Bassam avec les partis et mouvements du CNRD, les rencontres du Premier Ministre Ahoussou Kouadio Jeannot avec le FPI, obéissent beaucoup plus  à des agendas précis  pour lesquels certaines  poignées de main  et photos de famille sont convenantes. Hier c’était pour le PPTE, aujourd’hui c’est assurément pour la tournée de Ouattara à l’extérieur et enfin sa rencontre avec le Président français François Hollande. Sans plus.

Au total, on  observe que les différents discours malicieux sur la réconciliation en Côte d’Ivoire sonnent faux. Aussi, les Ivoiriens qui dans leur majorité subissent au quotidien en silence  le poids de la dictature de Ouattara  savent que leur salut réside dans leur capacité à transformer cette résistance en énergie libératrice de la Côte d'Ivoire. Nécessairement.


Yves Komenan

Correspondance particulière


Source: ABIDJAN DIRECT

PROGRAMME DE GOUVERNEMENT: LA REPUBLIQUE DES SCANDALES VEUT LUTTER CONTRE L'ENRICHISSEMENT ILLICITE


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Le régime Ouattara vient de lancer encore de la poudre aux yeux des Ivoiriens, en annonçant, à l’occasion de la présentation de la politique du gouvernement, lundi 16 juillet, vouloir élaborer une loi sur l’enrichissement illicite.­­ En un an seulement de règne, le régime Ouattara a tristement et négativement «épaté» les Ivoiriens. Alignant scandale sur scandale après, pour se faire passer aux yeux du monde pour un chantre de la bonne gouvernance. Et pourtant, Ouattara et son gouvernement sont incapables de déclarer leurs patrimoines. Si le chef de l’Etat a annoncé l’avoir fait au cours d’un récent conseil des ministres, sans qu’aucune preuve manifeste n’ait été produite – seul lui et les membres de la Cour des comptes où il dit avoir déclaré son patrimoine restent témoins de cet acte. Ce n’est donc pas de ses ministres qu’il faut espérer quelque chose, même s’ils ont fait «allégeance» à une charte d’éthique, l’année dernière. A l’analyse des faits, on peut le dire, la «charte d’éthique» que Ouattara a fait signer à ses ministres n’a existé que le temps de sa signature par ses derniers. 

Et comme si cela ne suffisait pas, c’est le Premier ministre, dans sa présentation de la politique générale du gouvernement, qui annonce une proposition de loi portant sur l’enrichissement illicite et, l’éradication de la corruption. «L’éradication de la corruption, qui est une priorité du Gouvernement, s’accompagnera d’un dispositif de sensibilisation et d’édiction des normes adéquates de dissuasion et de répression. Un observatoire de la Justice sera incessamment institué», a déclaré Ahoussou Jeannot.

Et pourtant, la réalité est tout autre, tant les combines se sont enchainées à un rythme impressionnant.

Notamment, le deal entre Kandia Camara et son collègue de la Construction, Sanogo Mamadou, patron de Celpaid, l’entreprise qui a bénéficié gracieusement du marché de l’inscription en ligne de centaines de milliers d’élèves des Lycées et collèges publics de Côte d’Ivoire. Pour la réhabilitation des universités publiques, c’est une société créée de toute pièce par le sieur Sidy Kagnassi qui a généreusement bénéficié du marché estimé à un peu plus de 67 milliards de Fcfa. L’un des plus retentissants est sans nul doute le scandale des ordures, avec le juteux contrat subtilement offert par Anne Ouloto, ministre de la Salubrité à une minuscule société naissante appartenant à la famille Bictogo. La forfaiture n’a pas pu prospérer tant l’odeur nauséabonde de ce contrat mal ficelé s’est répandue dans la cité, avec pour conséquence son annulation. Le scandale des déchets toxiques était si toxique que le ministre Adama Bictogo a été évincé du gouvernement et sur qui pèse de lourds soupçons, au sujet du détournement, avec plusieurs autres personnes de la somme de 4 milliards de Fcfa. Et dans ce même dossier, le nom de l’actuel Premier ministre, Me Jeannot Ahoussou est abondamment cité. A l’époque, c’est son cabinet d’avocats qui avait traité l’affaire. 

La liste des affaires sales et autres scandales sous Ouattara est loin d’être exhaustive, et sonne comme un pied de nez à un régime qui prétend lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite. En faisant voter une loi au parlement dont le président, après dix ans à la tête d’une rébellion, avec plusieurs responsables civils et militaires de l’ex-rébellion, planent sur une surface financière choquante. Ainsi va la Côte d’Ivoire !
 
 

Gérard Koné


mercredi, 18 juillet 2012

RIVIERA PALMERAIE: LE SCANDALE DES RAFLES AVEUGLES DE HAMED BAKAYOKO


HAMED BAKAYOKO 2.jpg

 

Ce lundi 16 juillet, le quartier Saint Viateur 6 situé à la Riviera Palmeraie, rue ministre, au niveau du complexe sportif va connaître une agitation particulière. Aux environs de 20h30 plusieurs chefs de famille se retrouvent au complexe sportif. Motif ?

Chacun d’eux a dû se rendre de toute urgence sur les lieux suite à l’appel indigné de plusieurs personnes victimes des rafles systématiques opérées par la police nationale.

L’opération est conduite sur le terrain par les agents de la CRS qui ont reçu l’ordre formel de ne discuter avec personne. L’indignation des familles est d’autant plus grande que les personnes raflées n’ont rien à se reprocher.

Pourquoi fait-on asseoir en file, à même le sol, ces personnes qui sont toutes formellement reconnues comme des habitants tranquilles des lieux, au point de rappeler les raflés de la station Lubafrique de Yopougon au cours de la crise ?

La tension monte. Ecoutez, nous n’avons rien à vous dire. Quelques minutes plus tard, on entend un agent zélé répondre à un « chef ».

- Oui chef, ici nous avons atteint le quota. Ils (les personnes raflées) ont tous le profil demandé.

Un député arrive sur les lieux et décline son identité. « Je suis le député NKO. Que fait mon fils ici ? Votre fils, honorable, c’est lequel ? Un jeune métis se lève avec des dreads. C’est celui-là votre fils ? Par ces temps-ci, des cheveux comme ça, c’est pas bon… »

- Avez-vous au moins procédé à un contrôle d’identité ?

- Non, Honorable. Dans cette opération, on rafle systématiquement, sur ordre des patrons. Il y a eu, ce soir, 5 braquages dans le quartier. Nos chefs veulent des résultats. On va conduire tout le monde au poste. Au Sama 35. (Entendez, Commissariat du 35 ième). Là-bas, une liste des personnes appréhendées sera dressée. Elles seront conduites à la Préfecture pour contrôle d’empreintes et d’identité. Si elles ne font pas partie du fichier des personnes recherchées ou des personnes évadées, elles seront relâchées. »

Les familles médusées réalisent que leurs parents vont probablement passer une nuit agitée au violon du 35 ième.

Cap sur le poste de police. Ambiance surchauffée puisqu'un quota de 35 personnes est atteint. 35 personnes derrière les barreaux, dans une chaleur d’étuve digne des animaux parqués.

Les échanges entre les familles venues à la rescousse font ressortir les points suivants. Il y avait sous les verrous :

- 4 candidats au BAC qui rentraient à la maison ;

- Un cadre habillé en relax qui avait rendu visite à son jeune frère et attendait son taxi pour rentrer ;

- Un gardien pris sur son lieu de travail en train de surveiller les voitures des visiteurs de son patron au motif suivant: « Toi, tu peux habiter dans une maison comme celle-là ? » ;

- Plusieurs travailleurs qui revenaient du boulot et qui ont été accueillis à leur descente du woro- woro, juste à la petite gare en face du complexe sportif ;

- deux mécaniciens qui venaient livrer une 4x4 réparée à leur client ;

- Un fidèle qui revenait de rendre visite à son pasteur en compagnie de son épouse et qui a été séparé de celle-ci par les CRS ;

- Le fils d’un colonel qui a décidé de se constituer prisonnier si on ne lui explique pas de façon claire et irréfutable les raisons pour lesquelles son petit devrait « dormir » en prison.

Le cas des candidats au BAC réussit à arracher un peu d’émotion à quelques agents de police qui décident de « faire quelque chose ». Ceux-ci vont au contact du commissaire. Leur surprise est grande de savoir que le commissaire s’est éclipsé en prenant le soin de verrouiller les serrures du violon. Et jusqu’ à minuit, personne n’a de ses nouvelles.

Une personne qui avait talonné le commissaire avant qu’il ne « s’évanouisse » dans la nuit noire de la palmeraie a avoué ceci:

« Le commissaire peut faire quelque chose pour les familles qui sont prêtes à faire un geste. Sinon, ce soir, ils dormiront tous en prison »… Hélas pour lui, personne n’était prêt à payer le moindre copeck !

Voici la réflexion d’un militant du RDR…: C’est Hamed qui va nous traiter comme ça, aujourd’hui ? Alors que nous avons combattu ensemble les bavures policières, les délits de faciès, depuis Bédié jusqu’à Gbagbo ? Vraiment, le pouvoir rend aveugle ! Ce n’est pas pour ça qu’on a lutté, quand même !

A la réflexion, ces rafles systématiques ne cachent-elles pas l’impuissance et la frilosité du pouvoir, qui ne sachant que faire, se cache derrière des quotas pour des objectifs de communication ? Alors que les évasions continuent de plus belle, que les bandits sont en roue libre et que les familles sont chaque jour exposées à l’insécurité la plus totale ?

 

Une correspondance de Cissé Kadengué

 

Source: DEBOUT COTE D'IVOIRE

ALASSANE OUATTARA, LE CHEF DE L’ETAT IVOIRIEN, N’A PAS D’ARMEE

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Commençons notre chronique de ce jour par une scène très récente, assez cocasse, si ce n’est rocambolesque et, au final, effrayante pour l’histoire future de notre peuple. Dans un district de police bien connu de notre pays, un attroupement d’agents de police de service, comme on le voit tous les jours dans nos commissariats et camps militaires. Ils s’adonnent à la lecture de journaux pour être au fait de l’actualité ivoirienne. Chose curieuse – et peut-être finalement, normale – tous les quotidiens entre leurs mains étaient des journaux bleus (journaux éditorialement proches du camp Gbagbo). Le fait même pour eux de ne plus s’en cacher dénote désormais et assurément d’un nouvel état d’esprit, différent de la hantise, des peurs-paniques et de la discrétion de rigueur, au lendemain du dénouement sanglant de la crise ivoirienne d’avril 2011.

En clair, ces policiers se considèrent encore et toujours comme des FDS (et c'est la faute à Ouattara) et non comme des soldats FRCI, l’armée ouattarandienne faite de supplétifs, de dozos (chasseurs traditionnels incultes) et de miliciens créée le 17 mars 2011, depuis la prison volontaire et dorée de l’Hôtel du Golf, par ordonnance d’Alassane Ouattara, et qui a été à l’origine de l’effroyable massacre de Duékoué qui a fait des milliers de morts. Massacre que nous attestent encore de récentes vidéos sur le Net montrant le contingent marocain de l’ONUCI jeter sans égard aucun, le 1er avril 2011, des corps de victimes de l’épuration ethnique FRCI. Pourrait-il encore exister un quidam, sur la terre d’Eburnie et par-delà les mers, pour nier le génocide des Wê, dans l’Ouest de la Côte d’Ivoire, les 29 et 30 mars 2011, par les milices de Ouattara ?

Comme on peut le constater, il n’y a pas eu osmose entre les FDS, l’armée républicaine sous Gbagbo et les FRCI, l’armée putschiste d’Alassane Ouattara. Et il ne peut en être autrement. D’ailleurs, Ouattara ne considère pas les FDS comme son armée et se méfie d’eux comme de la peste. Pour preuve, les ex-FDS ne sont autorisés, jusqu’à ce jour, à ne détenir aucune dotation d’armes. A contrario, les FRCI, jusque dans nos villages et campements, exhibent encore des armes de guerre et en font usage sans aucune éthique militaire, notamment contre d’innocentes populations civiles, de tous les bords y compris les leurs, depuis maintenant plus d’une année. Mieux, ces armes ont été utilisées et retrouvées dans nombre de braquages, de cambriolages et d’attaques à main armée qui ont endeuillé familles et entreprises dans notre pays, ces quinze derniers mois.

A la vérité, tant que le gouvernant actuel de la Côte d’Ivoire continuera de traquer d’honnêtes ivoiriens civils et militaires (en qui ces ex-FDS se reconnaissent) jusque dans leur exil parce que proches du président Laurent Gbagbo, tant que nos concitoyens de l’Ouest seront spoliés de leurs terres ancestrales et tués par de nouveaux colons burkinabé armés et arrogants, protégés par le seigneur de guerre burkinabé Amadé Ouérémi et son âme damnée Issiaka Tiendrébéogo, tant que prévaudra la « justice de vainqueurs », tant que les droits de l’homme seront rélégués au rang de vœux pieux en Côte d’Ivoire, au vu et au su d’ONG internationales complices et de la communauté dite internationale et que les Ivoiriens continueront à croupir injustement dans les geôles, goulags et autres camps de concentration et de torture de Ouattara, tant que la jubilation sera de mise en lieu et place de la compassion naturelle et de l’humilité, tant qu’aucune véritable volonté de réconciliation (dont Ouattara sera d’ailleurs le plus grand bénéficiaire) ne sera affichée par les tenants actuels du pouvoir par l’élargissement de Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires et l’arrêt des arrestations arbitraires, aucune chance que cette osmose ait lieu.

Pourquoi ?, pourrait-on s’interroger. Pour la simple et bonne raison que l’armée n’est en réalité que le reflet intégral du peuple et de la société. La rupture politique, sociale et sociologique qui s’est produite en Côte d’Ivoire depuis l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara a déteint et s’est gravement répercutée sur nos corps militaires, de sorte que l’armée ivoirienne actuelle n’est qu’une piètre juxtaposition de deux forces ex-bélligérantes : les FDS et les FRCI. Le dire n’est pas un appel à la sédition mais un juste compte-rendu de la réalité et du vécu des Ivoiriens, depuis maintenant quinze mois. Le nier relève soit de la mauvaise foi, soit de la politique de l’autruche.

Pire, les FRCI ne peuvent honnêtement être considérées comme l’armée d’Alassane Ouattara. Sinon, comment comprendre qu’il n’ait aucune confiance en elle, au point que le premier carré de sa garde rapprochée soit exclusivement et uniquement constitué de soldats burkinabé, commandos militaires du camp de Pô, au Burkina Faso, mis à sa disposition par son homologue et « compatriote » Blaise Compaoré ? Comment expliquer ensuite que le second carré de sa protection rapprochée soit assuré par des unités spéciales françaises et par les casques bleus de l’ONUCI ? Qu’en est-il de la souveraineté de la Côte d’Ivoire ? Ou faudra-t-il considérer qu’elle n’en a plus, depuis l’avènement du régime RHDP ?

Alassane Ouattara refuse de s’en remettre pour sa sécurité et pour sa vie à « son armée ». En réalité, il n’a pas tort. Cette armée-là répond non pas d’un seul et unique chef suprême comme dans toute république digne de ce nom mais de plusieurs chefs et seigneurs de guerre, à la tête desquels le désormais Président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Soro Kigbafori Guillaume. Tout ce beau monde, au-delà des sourires convenus, se regarde en chien de faïence et entretient l’équilibre de la terreur, en attendant qu’à la fin de ce jeu de dupes le plus fin, le plus rusé et le plus machiavélique de la fratrie prenne le dessus sur tous les autres et les mette à la disposition de la Cour pénale internationale (CPI). Juste une question de temps.

Qu’Alassane Ouattara arrête donc de se mentir à lui-même, aux Ivoiriens et au monde entier en feignant de maîtriser son monde. Il ne maîtrise strictement rien. Il n’a pas d’armée, il ne doit sa survie qu’aux forces étrangères, toutes bannières confondues, auxquelles ces proches et lui vouent une confiance idolâtre. Mais aussi puissantes fussent-elles, pourraient-elles résister à une désagrégation générale et au sursaut d’un peuple digne en quête de liberté ? Ce que le Vietnam a été pour l’armée américaine devrait nous instruire.

Oui, c’est certain, Ouattara n’a pas d’armée. En tout cas, aucune qui puisse se réclamer nationale, républicaine et loyale. Fait rare dans l’histoire des pays dits démocratiques. Pour tout dire, Alassane Ouattara gouverne sur le cratère d’un volcan qui menace d’entrer en éruption à tout moment. Jusqu’à quand tiendra-t-il cet équilibre précaire ? Qui vivra, verra ! Au reste, de notre humble avis, il devrait commencer plus résolument que jamais à penser à réconcilier les Ivoiriens et ne pas se réfugier derrière des armées étrangères, fussent-elles celles du Nouvel ordre mondial. Il en est encore temps.


Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire !

LA COTE D'IVOIRE MARCHE SUR LA TETE: PROCUREUR NON INFORME

 

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L'accusé...: Procureur non informé!
 
 
Le Commissaire du Gouvernement Ange Kessy qui fait office de Procureur militaire, a animé le vendredi 13 juillet, un point de presse. Au cours duquel il a annoncé entre autres-choses, le dégel des avoirs de « 48 militaires pro-Gbagbo ». Bravo ! Mais ce qui a retenu l’attention des journalistes c’est la réponse du Procureur sur le cas de Séka Séka, arrêté il y a de cela quelques temps à l’aéroport d’Abidjan et soupçonné de crimes graves. A son sujet le Procureur a déclaré : «Le tribunal n’a pas été saisi sur le cas de Séka Séka». Réponse pour le moins surprenante.

Et encore plus surprenante celle qu’a rapportée dans son édition d’hier, «Notre Voie» qui dit avoir échangé téléphoniquement le dimanche 15 juillet, avec le Procureur, toujours sur le cas de Séka Séka : « Ni moi, ni le procureur de la République n’avons encore reçu le dossier Séka Séka. Nous ignorons où il se trouve. Nous estimons que les enquêteurs n’ont pas encore achevé leur travail. Lorsque ce sera le cas, ils nous transféreront leur dossier». («Notre Voie», 16/07). Si le Procureur militaire et le Procureur de la République ne savent rien de la procédure concernant Séka Séka, ni même du lieu où il se trouve, c’est que tous les Ivoiriens sont en danger. A quelles autorités judiciaires obéissent ceux qui ont le dossier Séka Séka ? 



D.S, in L'Eléphant Déchaîné


mardi, 17 juillet 2012

APRES LA RENCONTRE AVEC AHOUSSOU JEANNOT, LE FPI MET LES POINTS SUR LES «I»

 

LAURENT AKOUN.png


Déclaration N° 007/2012

Relativement à la rencontre entre le FPI et le Gouvernement

 

Le vendredi 13 juillet 2012, une délégation du FPI conduite par son président par intérim, Miaka Ouretto Sylvain a été reçue en audience par le Premier ministre, M. Jeannot AHOUSSOU KOUADIO entouré de quelques membres du Gouvernement dont les Ministres d’Etat Ahmed Bakayoko et Albert Mabri Toikeusse.

Cette audience fait suite à celle du 4 juin 2012 avant laquelle le FPI avait remis au Premier ministre un mémorandum contenant ses préoccupations dont l’examen devrait ouvrir la voie à des discussions dans un climat de confiance réciproque. Ce sont notamment :

· La libération de tous les prisonniers politiques ;

· Le retour sécurisé des exilés ;

· La rétrocession des biens meubles et immeubles privés (espace de la Liberté de Yopougon, maisons occupées…);

· Le paiement des arriérés dus au FPI au titre du financement sur fonds public des partis politiques ;

De cette rencontre entre le FPI et le Gouvernement, le vendredi 13 juillet 2012, nous retenons :

1- Que le mémorandum qui avait été remis au chef de l’Etat, M. Alassane Ouattara le 29 septembre 2011 – et qui a été actualisé pour le Premier ministre le 4 juin 2012 – n’a nullement été évoqué et qu’aucune des préoccupations exprimées par le FPI et dont l’examen devrait faciliter le dialogue ne figurait à l’ordre du jour  des discussions.

2- Qu’en lieu des échanges sur nos préoccupations, le Gouvernement a préféré remettre un document dans lequel il invite le FPI à s’inscrire dans le « Cadre Permanent de Dialogue » (CPD) qu’il a créé pour l’opposition ivoirienne, à l’issue du « Conclave de Grand-Bassam » en avril dernier, cadre auquel le FPI n’est pas partie prenante.

La Direction du FPI remercie le Premier ministre M. Jeannot AHOUSOU KOUADIO pour la qualité de l’accueil réservé à son président  MIAKA Ouretto Sylvain et à la délégation qui l’accompagnait à cette rencontre du vendredi 13 juillet 2012, à la Primature.

Cependant, la Direction du FPI note avec regrets et déplore les faits suivants :

- Le pouvoir semble avoir opté d’ignorer les préoccupations exprimées par le FPI  et qui sont contenues dans le mémorandum remis au Premier ministre le 4 juin 2012.

- Le pouvoir semble également vouloir donner dans la fuite en avant lorsqu’il tente d’éluder les questions pertinentes qui traduisent les préoccupations du FPI que l’application de la Loi pourrait permettre de régler.

- Le pouvoir, enfin, n’a nullement l’intention d’avoir des pourparlers directs avec le FPI en tant que contre-pouvoir institutionnel. Il semble préférer les coups de pub.

Le FPI, profondément soucieux de voir se normaliser la vie politique nationale, est toujours demandeur d’un dialogue avec le pouvoir afin de donner une chance à la réconciliation et à une paix durable dans notre pays.

A cet égard, le FPI se félicite de la prise de position de l’ONUCI dont le chef, M. Bert KOENDERS « estime que la situation des droits de l`Homme dans le pays (en Côte d’Ivoire) reste préoccupante, au point qu’elle nécessite une attention et une action accrue de la part des parties prenantes nationales », plus d’un an après la crise postélectorale.

La Direction du FPI voudrait exhorter les gouvernants du moment à s’inscrire dans la voie d’un vrai dialogue dans l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire.


Fait à Abidjan, le 16 juillet 2012


Le Secrétaire Général & porte-parole

Laurent AKOUN


Source: Le blog Steve Beko

OUATTARA SUR DES BRAISES: APRES LE PPTE, COUP D'ENVOI DE LA FRONDE SOCIALE

 

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Enseignement secondaire: 9 syndicats lancent un ultimatum au pouvoir

 

Le pouvoir a jusqu’à la fin de ce mois de juillet 2012 pour payer aux enseignants du secondaire général et technique la seconde moitié des effets financiers du reclassement et des arriérés dû à ce reclassement depuis novembre 2009. Ce, conformément aux engagements pris par l’Etat en 2009.


C’est l’ultimatum lancé, samedi dernier, à Yopougon par le Mouvement des syndicats de l’enseignement secondaire général et technique (Msesgt). Une structure syndicale qui comprend neuf syndicats. Les responsables de ce mouvement ont appelé tous les enseignants à rester mobilisés. «Les enseignants du secondaire général et technique de Côte d’Ivoire ont fait leur part de sacrifices. A l’Etat de Côte d’Ivoire d’honorer les siens envers les enseignants. L’atteinte du point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) est désormais une réalité pour notre pays. Ce résultat a pu être atteint grâce à l’effort de tous. Nos gouvernants d’une part et les travailleurs d’autre part qui ont accepté de consentir de nombreux sacrifices pour la reconstruction de notre pays» a indiqué le porte-parole de ce mouvement, Jean Yves Koutouan Abonga.

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Cette revendication sociale du Msesgt intervient trois jours après la sortie publique de la Confédération des syndicats de fonctionnaires de Côte d’Ivoire (Cosyfoci). Une confédération qui regroupe 40 syndicats et qui exige également le paiement de la seconde moitié des effets financiers du reclassement et des arriérés. Depuis l’annonce du point d’achèvement PPTE par le gouvernement, les syndicats de fonctionnaires mettent la pression sur ce régime afin que les engagements de l’Etat soient tenus. Les jours à venir s’annoncent très chauds puisque selon des sources dignes de foi, une nouvelle hausse de salaires à la Fonction publique n’est vraiment pas la priorité du gouvernement.

Des remous sociaux ne sont pas à exclure d’autant plus que les syndicats tiennent absolument à ces augmentations de salaires. Ils n’entendent pas lâcher prise.


Charles Bédé, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du 16 juillet 2012


SourceTELEDIASPORA.NET

lundi, 16 juillet 2012

ROSE-CROIX – EN VISITE EN COTE D’IVOIRE, SERGE TOUSSAINT (GRAND MAITRE MYSTIQUE): «VOICI LES 8 PROPHETIES QUI MARQUERONT LA FIN DU MONDE»

 

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Le grand maître de la juridiction francophone de l’Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix (AMORC) effectue une visite depuis le jeudi 9 février en Côte d’Ivoire. Dans une conférence de presse qu’il a animée hier (vendredi 10 février 2012), à la CRRAE-UEMOA, Serge Toussaint a présenté le regard de l’AMORC sur l’avenir.

 

Serge Toussaint, le grand maître rosucricien a rappelé que, contrairement à ce que l’on croit généralement, le mot « apocalypse » ne veut pas dire « fin du monde », mais « révélation ». En cela, les membres de la Rose-Croix pensent effectivement que les temps viendront où l’humanité, après avoir révélé le pire d’elle-même, révèlera le meilleur et donnera naissance à un monde où le bonheur ne sera plus un idéal à atteindre, mais une réalité vécue par le plus grand nombre. Cette lente mutation s’accompagnera de changements majeurs qui traduiront en eux-mêmes le degré d’évolution qu’elle aura atteint. Ainsi, pour eux, voici les prophéties qui s’accompliront sur Terre.

Un gouvernement mondial

Selon Serge Toussaint, le XXI ème siècle verra l’avènement d’un gouvernement mondial, dont l’Organisation des Nations Unies (ONU) n’est qu’un EMBRYON. Il sera formé par les dirigeants de toutes les nations, lesquels seront élus en tous pays de façon démocratique. Chacun d’eux aura les mêmes pouvoirs, les mêmes droits et les mêmes devoirs au sein de ce gouvernement planétaire, étant entendu qu’il ne se substituera pas aux gouvernements nationaux et ne portera pas atteinte à leur souveraineté. Il aura essentiellement pour but de garantir la paix entre les peuples et de faire en sorte que la mondialisation de l’économie soit un facteur de prospérité pour tous. Dès lors, la politique puisera son inspiration dans la philosophie, c’est-à-dire littéralement, dans « l’amour de la sagesse ». En cela, elle sera un vecteur d’humanisme.  

Une monnaie unique

Si la mondialisation de l’économie est actuellement un facteur d’inégalité sociale et même de paupérisation dans nombre de pays, les temps viendront où elle permettra à toutes les nations de répondre aux besoins économiques de leurs concitoyens et de les rendre heureux sur le plan matériel. D’ici là, il existera une monnaie unique à l’échelle mondiale, laquelle ne donnera lieu à aucune spéculation, mais servira uniquement à VENDRE et à ACHETER des biens divers (Note: Apocalypse 13. 16-18? « Et elle (la bête, aussi appelée l’antichrist) fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçoivent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne puisse ACHETER ni VENDRE, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse (celle de DIEU qui est pure et non celle des hommes qui est charnelle). Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six (666) »). Avoir de l’argent ne sera plus une fin en soi, mais un moyen permettant à chacun de se procurer ce qui est nécessaire à son bien-être au quotidien. Tous auront compris que c’est avant tout dans la richesse intérieure que réside le bonheur auquel ils aspirent. Plutôt que de rechercher les possessions matérielles, ils privilégieront la quête de sagesse.

Une éthique universelle

Associée pendant des siècles à la religion et aux dogmes qui lui sont propres, la morale, un temps rejetée, reviendra sous l’aspect d’une éthique admise et pratiquée librement dans le monde entier. Fondée sur le respect de soi-même, d’autrui et de la nature, elle fera de tout individu une bonne compagnie pour lui-même et pour les autres. Accordant autant d’importance aux devoirs qui incombent à tout citoyen qu’aux droits que lui concède l’Etat, cette éthique universelle favorisera la paix sociale et ce que d’aucuns appellent le « VIVRE ENSEMBLE » (Note: Concept mystique ?). Les êtres humains s’évertueront alors à exprimer le meilleur d’eux-mêmes dans l’intérêt de tous et de chacun, de sorte que la division, la compétition et l’exclusion céderont définitivement la place à l’union, à la coopération et au partage.

Une citoyenneté mondiale

Sous l’effet des mélanges ethnico-raciaux, des métissages culturels et des échanges internationaux, la conscience collective finira par se substituer à la conscience individuelle. Dès lors, les êtres humains en viendront à penser et à se comporter véritablement comme des citoyens du monde. Le problème du racisme ne se posera plus, pas plus que celui du nationalisme, car tous les êtres humains auront INTEGRE le fait qu’ils appartiennent à une entité commune : l’Espèce humaine. Mieux encore, ils auront pleinement conscience d’être des âmes-sœurs issues d’une même source spirituelle : l’âme universelle. Le mot « fraternité » prendre alors tout son sens, de sorte que l’humanité sera l’expression vivante de l’unité dans la diversité.

Une même langue

D’un pays à l’autre, tous les êtres humains en viendront à parler la même langue (Note: Genèse 11. 6 et 7? « Et l'Eternel dit: Voici, ils forment un seul peuple et ont tous une même langue, et c'est là ce qu'ils ont entrepris; maintenant rien ne les empêcherait de faire tout ce qu'ils auraient projeté. Allons! descendons, et là confondons leur langage afin qu'ils n'entendent plus la langue les uns des autres »). Ce ne sera aucune de celles qui existent actuellement, pas même l’anglais, présenté de nos jours comme la « langue internationale ». A l’instar de l’esperanto, la langue universelle à venir sera une création pure des hommes et exprimera le désir d’unité qui prévaudra entre les nations et les individus. Vecteur de compréhension mutuelle, elle sera davantage le LANGAGE DE L’AME que celui du corps, et favorisera les échanges entre tous, sans distinction de nationalités. Dans son expression écrite, elle donnera une dimension internationale à la littérature, qui sera alors considérée comme un patrimoine de l’humanité et intègrera les œuvres majeures ayant jalonné l’histoire des peuples et des civilisations.

Un genre androgyne

Depuis qu’il existe, l’être humain se manifeste à travers le genre masculin et le genre féminin, qui incluent respectivement les hommes et les femmes. De nos jours encore, ces deux genres sont très marqués sur le plan psychologique, en ce sens qu’il y a des façons de penser et de ressentir plutôt masculines, et d’autres plutôt féminines. Sous l’effet de l’évolution, les hommes et les femmes en viendront à vivre au diapason de pensées et d’émotions communes. Autrement dit, ce que Jung désignait sous les mots « animus » et « anima » s’équilbrera chez l’être humain à travers un genre androgyne (Note: Qui tient des deux sexes). Précisons que cet androginat n’aura rien d’anatomique, car aussi longtemps qu’ils vivront sur Terre, les hommes seront de sexe masculin et les femmes de sexe féminin.

Une écologie planétaire

Après avoir longtemps maltraité la nature (pollutions diverses, déforestation excessive, gaz à effet de serre, destruction des écosystèmes, etc), les hommes renoueront avec elle et s’emploieront à la préserver pour les générations présentes et futures. Ayant compris et intégré qu’elle est, non seulement un chef-d’œuvre de la Création, mais également le milieu auquel ils doivent la vie, ils feront de sa protection une cause internationale, par-delà les frontières. Alors qu’ils s’étaient affairés à vouloir la contrôler et la maîtriser, sans jamais vraiment y parvenir, ils s’évertueront à coopérer avec elle et puiseront leur inspiration dans ses lois. Mieux encore ils verront en elle la présence et l’influence d’une intelligence absolue et transcendantale.

Une religion universelle

Les religions, que nous respectons dans ce qu’elles ont de meilleur à offrir aux croyants pour vivre leur foi, vont disparaître graduellement et donner naissance à une religion universelle qui enseignera les principes ésotériques connus de nos jours par trop peu d’initiés. Dénuée de tout dogme et de tout sectarisme, cette religion universelle, fondée sur la volonté de mieux se connaître soi-même et de comprendre le sens profond de l’existence, marquera le passage définitif de la réligiosité à la spiritualité, en ce sens que l’aspiration à la connaissance supplantera la croyance. Autrement dit, le désir de comprendre les lois divines, au sens de lois naturelles, universelles et spirituelles, se substituera au besoin de croire en Dieu (Note: Mise à mort et fin officielle de la foi sur toute la terre?), qui sera considéré alors comme l’Energie-Conscience qui est à l’origine de la Création.

 

Adayé Kouakou

 

Source: Le quotidien ivoirien «Le Mandat» N° 720 des samedi 11 et Dimanche 12 février  2012

dimanche, 15 juillet 2012

COTE D'IVOIRE: UNE JUSTICE TOTALEMENT EN PANNE

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Inculpation des pro-Gbagbo. Le grand cafouillage de Ouattara. La justice aux ordres, multiplie les règlements de compte


Ouattara qui veut forcément avoir dans ses prisons tous les pro-Gbagbo infantilise à souhait, la justice ivoirienne avec des chefs d’accusation qui changent tous les jours. C’est un constat implacable. La justice ivoirienne a fait depuis longtemps, le deuil de la Justice. Elle n’obéit plus aux lois de la République, mais plutôt à un pouvoir. Mais bien plus, à un homme qui a fini par l’infantiliser.

Les discours du genre, «la justice est libre en Côte d’Ivoire» servis dans les médias étrangers sonnent désormais faux. La vérité est que les magistrats ivoiriens travaillent aujourd’hui dans la peur quotidienne. Chacun ne voulant pas subir la colère de l’Exécutif. Évidemment, les conséquences sont énormes sur le fonctionnement de cette Institution que Ouattara manipule dans un grand cafouillage qui se traduit même, dans les bureaux des hommes en toge. «C’est déplorable ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Mais je dois dire que j’ai beaucoup de peine en tant que magistrat. C’est déplorable de voir des juges sous les ordres, se compromettre de cette manière», déplore un magistrat aujourd’hui mis à l’écart au palais de la justice au Plateau, parce que taxé de pro-Gbagbo.

Ouattara qui veut par tous les moyens, avoir les partisans du Président Gbagbo dans ses prisons, ne lésine pas sur les moyens pour mettre à genou la justice ivoirienne. Et comme il fallait s’y attendre, les hommes de lois se sont mis à genou devant lui. Il suffit de voir ce qui se passe au temple de thémis pour s’en rendre compte.

Commençons par le plus grand complot du siècle.

Après le 11 avril 2011, Ouattara et Sarkozy ont entonné en choeur, que le Président Gbagbo avait commis des crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire. Le monde s’attendait donc qu’il soit inculpé pour crimes contre l’humanité. Contre toute attente, à l’arrivée, après avoir accompli le coup parfait, le Président Gbagbo a été inculpé pour crimes économiques. C’est pour ça qu’il a été déporté à La Haye. Et là encore, il est un «coauteur indirect». Un remake du 18 février 1992, avec le même Ouattara qui l’avait mis en prison comme «co-auteur» des casses du Plateau. Jusque là, les Ivoiriens attendent l’auteur direct des crimes qu’on reproche au Président Gbagbo.

Mais il n’y a pas que ça. Juste après son arrivée au pouvoir en avril 2011, le Premier ministre Affi Nguessan, président du Fpi a été arrêté après une conférence de presse, pour «rébellion et constitution de bandes armées». Des accusations qui puent de bout en bout, la mise en scène.

A l’analyse, le pouvoir n’a visiblement rien à reprocher aux pro-Gbagbo qu’il a déportés dans ses goulags du nord. C’est donc ce même chef d’accusation qui a été collé aux autres. A savoir, Simone Gbagbo, le Premier ministre Aké Ngbo, le professeur Sangaré Abdoudramane vice président du Fpi, Bro Grgbé, la présidente des femmes Patriotes et bien d’autres.

Mais par enchantement, ces chefs d’accusation changent aujourd’hui. Affi et les autres sont désormais inculpés pour «génocide», comme le veut Ouattara. Car l’argument de «rébellion et constitution de bandes armées», ne tient plus.

Quel génocide ont-ils commis ?

La justice qui prend ses ordres au palais ne l’a pas encore dit. Mais tel qu’on connaît Ouattara, la suite est déjà connue… il mettra dans la balance, un prétendu génocide des populations du nord. C’est sur ce terrain des rivalités ethniques qu’il se sent le plus à l’aise. Il devance d’ailleurs son parrain onusien dans la qualification des génocides. Sûrement que dans la maison de verre de New-York, les responsables des questions des Droits de l’Homme riront aux éclats. Le terme de génocide n’étant pas appliqué n’importe comment.

Mais avec Ouattara, on continue d’aller d’étonnement en étonnement. Me Dadjé, l’avocat de Simone Gbagbo a été pris à l’aéroport alors qu’il venait en Côte d’Ivoire pour s’occuper du dossier de son client. Directement transféré à la Dst, il a été inculpé pour trafic d’armes. Cet homme de lois qui tombait des nues a été à son tour, transféré à la Maca. Il y a passé plusieurs mois, avant d’être libéré par manque de preuves. Mais bien avant qu’il ne recouvre la liberté, que de gymnastiques. Le juge d’instruction en charge de son dossier avait depuis longtemps, ordonné sa libération, parce que son dossier est vide. Malheureusement pour lui, il s’est retrouvé face au refus du Procureur de la République qui trouve que l’instruction venait juste de commencer. Me Dadjé ne pouvait donc pas être mis en liberté, même si son dossier est vide. Le procureur se pliait ainsi, à la pression du palais qui ne voulait pas voir pour le moment, Me Dadjé libre. «C’est le ministère de l’Intérieur qui décide de tout. C’est là-bas que toutes les décisions se prennent. C’est lui qui décide de qui on doit libérer », explique un magistrat.

Certes il y a cette affaire de Me Dadjé, mais il y a aussi le ministre Lida Kouassi qui se trouve aujourd’hui dans l’enfer de Bouna. Il a été pris au Togo par Ouattara qui l’a brandi comme un trophée de guerre, comme la plus grande menace de son pouvoir. Lors du one man show télévisé du ministre Ahmed Bakayoko, le régime qui excelle bien dans les tortures lui a arraché des «aveux». Toute la Côte d’Ivoire a vu un Lida complètement affaibli, mal en point. Les Ivoiriens s’attendaient donc qu’il soit inculpé comme le plus déstabilisateur du pouvoir Ouattara. Mais que non. Lida est dans le goulag du régime pour «détournement de fonds». Que s’est-il passé pour qu’on arrive à ce chef d’inculpation ? Et le coup d’Etat qu’il préparait depuis la capitale togolaise? Qu’a-t-il volé pour qu’il soit maintenant inculpé pour détournement de fonds ?

Autant de questions que toute la Côte d’Ivoire continue de se poser. Il y a certes le ministre Lida. Mais il y a aussi le cas du jeune Martial Yavo, président par intérim du Cojep. Il a été pris par les hommes de Koné Zakaria au sortir d’une interview avec le confrère «Notre voie». Cela, dans le cadre du congrès que ce mouvement prépare dans le mois d’août prochain. Yavo avait même pour l’occasion, entrepris des tournées dans plusieurs villes de la Côte d’Ivoire, rien que pour remobiliser les militants du Cojep. Le pouvoir lui a alors reproché ses va-et-vient dans la ville de Dabou où il travaille pourtant. Sans la moindre enquête, Koné Zakaria l’a accusé d’entretenir des milices dans cette ville. Yavo a alors passé plusieurs jours entre les mains de Koné Zakaria au camp militaire d’Adjamé, coupé de tout, de sa famille et d’une assistance judiciaire. Là-bas, près de 500 mille Fcfa ont été réclamés à ses amis avant qu’il ne soit libéré. En fait, comme dans un régime mafieux. Le pouvoir n’ayant pas eu ce qu’il voulait, Martial Yavo a été déféré à la Maca, pour «trouble à l’ordre public». Ouattara veut forcement Blé Goudé dans ses prisons. A défaut du leader des jeunes Patriotes, il se contente de son bras droit le plus direct. Car en quoi l’organisation d’un congrès peut-elle constituer des troubles à l’ordre public? Surtout que le ministère de l’Intérieur a donné son accord pour la tenue de cette manifestation. Mais bien plus, toutes les tournées organisées par le Cojep pour les préparatifs de cette rencontre, se sont faites avec l’autorisation des préfets des localités visitées. Ça été le cas dans le département d’Adzopé et bien d’autres régions où le Cojep est passé.

On n’omettra pas le cas du général Guiai Bi Point, anciennement commandant de l’Ecole de la gendarmerie. Il a été dans le temps, mis aux arrêts parce qu’un charnier aurait été découvert dans cette école. Pendant que la Côte d’Ivoire attendait que les corps soient exhumés, l’homme a été mis aux arrêts puis transféré à la Maca. Les Ivoiriens n’ont plus vu les corps de ces victimes. La justice a aussi abandonné cette piste. Mais comme Ouattara voulait forcément avoir sa tête, Guiai Bi Point a été inculpé pour «détournement de fonds» avant qu’il ne soit libéré.

Ainsi va aujourd’hui la justice ivoirienne, qui depuis longtemps, a fait sa messe de requiem… au palais. A la grande joie du pouvoir qui n’est nullement gêné de la voir s’affaisser.


Guehi Brence, in le quotidien ivoirien "Le Temps" 

gbrence02063193@yahoo.fr


SourceIVORIAN.NET

vendredi, 13 juillet 2012

VOICI L'INTEGRALITE DE LA LETTRE DE BLE GOUDE A BANNY (DATEE DU 10 JUILLET)

 

CHARLES BLE GOUDE.png


Monsieur le Président,

Je vous prie de bien vouloir excuser le caractère public et peu protocolaire de ma lettre. Au-delà de la Commission que vous présidez, je souhaite aussi prendre à témoin l'opinion nationale et internationale. C'est pourquoi, j'ai choisi ce canal pour m'adresser à vous. Monsieur le Président, La Côte d'Ivoire croule sous le poids des conséquences de la crise postélectorale. Notre pays continue de chercher les voies et moyens pour réconcilier ses fils et filles, profondément divisés par ce conflit. Dans leur quête de paix, toutes les couches sociales, politiques et apolitiques, ont, à juste titre, salué la mise sur pied de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) sous votre houlette.

Votre mission, aussi difficile soit-elle, consiste, entre autres à rétablir la confiance rompue entre les personnes et groupes de personnes. Elle consiste aussi à veiller à ce qu'il n'y ait pas davantage de frustrés, d'exclus et d'opprimés afin de créer un environnement propice à la réconciliation.

C'est dans cette optique que je vous écris afin d’appeler votre attention sur certains agissements qui, si l'on n'y prend garde, risquent de rendre encore plus complexe votre travail.

Monsieur le Président,

La réconciliation doit se faire sur la base du respect des règles élémentaires de la démocratie et de l'acceptation des uns par les autres, quelles que soient leurs différences idéologiques, ethniques ou religieuses. Ce qui n'est malheureusement pas le cas dans notre pays, au moment où je vous adresse cette correspondance. En effet, la plupart des cadres de l'opposition sont soit en prison, soit en exil, soit sous le coup de mandats d'arrêt. Leurs biens mobiliers et immobiliers (maisons, voitures, exploitations agricoles, etc) sont entre les mains d'individus qui n'en sont pas les propriétaires. Aujourd'hui, pour jouir d'une liberté apparente en Côte d’Ivoire, il faut désormais se taire ou dire du bien du régime actuel.

Ainsi, sur la base de dénonciations calomnieuses et mensongères, nos camarades sont traqués et enlevés, de jour comme de nuit, puis conduits vers des destinations inconnues où ils subissent les pires sévices et autres traitements inhumains. C'est le cas de Youan Bi Agenor, deuxième vice-président du Congrès panafricain des jeunes patriotes (COJEP), kidnappé à Aboisso alors qu'il venait de participer à une cérémonie à laquelle il représentait son supérieur hiérarchique de l'Agence pour la promotion de l'emploi (AGEP). Le camarade Martial Yavo, président par intérim du COJEP, et deux coordinateurs dudit mouvement ont récemment subi le même sort.

Monsieur le Président,

En dépit des graves injustices de toutes natures dont sont chaque jour victimes nos camarades, je n’hésite pas à vous tendre la main afin de jouer ma partition et vous accompagner dans votre difficile mission de réconcilier les Ivoiriens. Je le fais dans l'intérêt supérieur de notre pays, comme je l'ai fait par le passé. Par exemple, en 2006, j’ai facilité la signature d’un accord de cessation de violences entre les jeunes patriotes et la jeunesse du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP). En 2007, j’ai parcouru campements, villages et villes du pays afin de convaincre les plus sceptiques de mon propre camp à aller au pardon et à accepter de dialoguer avec nos frères de l’ex-rébellion des Forces Nouvelles (FN). Malheureusement, en guise de réponse à ma main tendue, le pouvoir vient d'incarcérer arbitrairement mes plus proches collaborateurs, avec des chefs d'accusation à la mode dans notre pays : “atteinte à la sûreté de l'Etat et trouble à l'ordre public”. Dans le même élan, trente-quatre (34) nouveaux mandats d'arrêt viennent encore d'être lancés contre des cadres pro-Gbagbo.

Monsieur le Président,

Est-il besoin de rappeler que la réconciliation doit être facilitée par les actes posés par le pouvoir ? Car le décryptage du tableau analytique des actes posés par le pouvoir en place suscite, à n'en point douter, des interrogations au sein de la population et parmi les observateurs de la vie politique ivoirienne. Le régime veut-il vraiment de la réconciliation ou s'en sert-il comme simple slogan à usage de communication aux fins de polir son image auprès de la communauté internationale ? A y regarder de plus près, nous pouvons, sans risque de nous tromper, conclure que la réconciliation reste un simple slogan pour les dirigeants actuels de notre pays. Ils en parlent sans véritablement la vouloir.

Monsieur le Président,

Même si le pouvoir ne veut pas de la réconciliation – tout porte à le penser -, la Côte d’Ivoire et son peuple, en ont besoin. C'est pourquoi, je saisis une fois encore cette occasion pour vous réitérer que ma main reste toujours tendue pour la réconciliation. Dans notre pays, le triomphalisme ambiant et l'enthousiasme naïf doivent enfin faire place nette à une prise de conscience constructive. L'humilité ne doit pas seulement être réclamée à l'opposition. Elle doit aussi et surtout habiter le pouvoir dont la responsabilité reste grande pour le retour de l'harmonie et la paix en Côte d’Ivoire. Car, lentement mais sûrement, le régime est en train de créer les conditions d'une implosion sociale et politique. Son entêtement à traquer, emprisonner et à vouloir en finir avec tous les pro-Gbagbo en étant les principaux ingrédients.

Monsieur le président,

Je pense, en toute franchise, qu'il est encore temps d'arrêter l'escalade. C'est pourquoi, je vous implore d'interpeller le pouvoir actuel sur sa responsabilité à créer un environnement propice à la réconciliation en cessant les actes d'injustice que j'ai énumérés plus haut.

C'est le lieu d'interpeller également la communauté internationale, les diplomates accrédités en Côte d’Ivoire, les organisations de défense des droits de l'homme et tous ceux ayant des intérêts dans notre pays afin qu’ils jettent un regard attentif sur la situation actuelle caractérisée par des enlèvements et incarcérations sur fond de règlements de comptes politiques et d'instrumentalisation de la justice.

En ce qui me concerne, je renouvelle mon souhait, ainsi que celui de bien d'autres leaders et responsables politiques, l'intention de vous rencontrer afin que nous parlions en toute responsabilité de notre pays et de son avenir, dans le respect de la dignité et des convictions politiques de chacune et de chacun.

Dans l'espoir que mes propos auront auprès de vous un écho favorable,

Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire et son peuple.

 

Monsieur Charles Blé Goudé


Ancien Ministre
Opposant politique en exil forcé


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 12 juillet 2012

LES FORMIDABLES AVEUX DU REGIME OUATTARA

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S’agit-il d’un signe de frilosité ou d’une manifestation d’une forme d’ivresse de la puissance sans limites apparentes ? En tout cas, des personnalités emblématiques du régime Ouattara se sont permises, ces derniers temps, un certain nombre de déclarations qui constituent de formidables aveux sur l’état d’esprit véritable des actuels maîtres d’Abidjan. Un état d’esprit profondément préoccupant, et qui augure de lendemains sombres pour le pays des Eléphants. Dans une tribune publiée il y a une semaine par Slate Afrique, Venance Konan, patron du quotidien gouvernemental Fraternité-Matin, justifiait de manière assez surprenante la «justice des vainqueurs» qui a cours à Abidjan, et qui est critiquée – juste pour «faire joli» ? – par la «communauté internationale» et les organisations de défense des droits de l’homme.

En effet, son argumentaire trahit une réalité : celle de la faiblesse d’un pouvoir pris en otage par des criminels de guerre supposés, dont il est d’autant plus dépendant qu’il a choisi de régner par une stratégie permanente de la tension, la persécution de son opposition et l’humiliation des forces armées conventionnelles du pays. «Aujourd’hui, une pression est exercée par certaines chancelleries et Ong ainsi qu’une partie de la presse internationale sur les autorités ivoiriennes pour qu’elles jugent les membres des Frci (Forces républicaines de Côte d'Ivoire) soupçonnés d’avoir commis des massacres à l’ouest de la Côte d’Ivoire (…) Au nom de la justice égale pour tous. (…) La justice est toujours rendue dans tous les pays au nom de la société. Mais lorsque son application a pour conséquence la déstabilisation et la mise en danger de la société, lui a-t-on rendu service? (…) Ne faut-il pas être dupe pour ne pas comprendre que les seules forces sur lesquelles repose la stabilité actuelle de la Côte d’Ivoire sont constituées de ces hommes mis à l’index?» Faut-il en déduire que les FRCI sont les véritables chefs d’une Côte d’Ivoire en réalité dirigée par une junte civilo-militaire ? N’est-ce pas le prix d’une instabilité structurelle que la Côte d’Ivoire est en train de payer pour avoir cette prétendue «stabilité» faite de rackets, d’impunité généralisée sur le fond d’ethnicisation de la violence d’Etat… donc de rancœurs et d’angoissantes hypothèques sur l’avenir ?

 
Ouattara violera-t-il une fois de plus ses engagements ?

«Pourquoi donc insiste-t-on tant ici pour que M. Ouattara juge aujourd’hui ceux sur qui repose la stabilité de son pays? Peut-être parce qu’il a prononcé le mot «réconciliation.» […] Personne n’a demandé des comptes aux Alliés qui ont largué des milliers de bombes sur l’Allemagne, tuant des centaines de milliers d’innocents. Personne n’a demandé des comptes aux États-Unis qui ont lancé deux bombes atomiques sur le Japon, tuant des centaines de milliers d’innocents. Qui a parlé de justice de vainqueurs?», s’indigne Venance Konan. Au-delà du caractère ambigu du propos – s’agit-il de menaces voilées contre ce qui reste de l’opposition ivoirienne, qui pourrait se voir traitée comme les Nazis ou les Japonais défaits à la fin de la Deuxième Guerre mondiale ? – et de l’absurdité de la comparaison – peut-on comparer un conflit interne, malgré les implications étrangères, à une guerre mondiale ? –, Venance Konan oublie un fait fondamental. C’est Alassane Ouattara lui-même qui a promis, sur tous les tons, et sur tous les toits, qu’il n’y aurait pas de justice à sens unique.«J'entends dire qu'il y a une «justice des vainqueurs». Ce n'est pas du tout mon approche. J'ai mis en place une commission nationale d'enquête qui va terminer ses travaux d'ici à la fin de l'année. Nous prendrons alors les mesures nécessaires. Ceux qui doivent être jugés le seront, de quelque bord qu'ils soient. Il n'y aura pas de volonté de punir les uns et de créer l'impunité pour les autres», promettait-il le 12 septembre 2011 dans une interview au Figaro. Si Ouattara ne livre pas à la justice les nervis armés qui lui ont permis de prendre le pouvoir, cela sera donc d’abord et avant tout une énième violation de ses engagements. Ne pas travestir le débat, s’il vous plaît !
 
Soro peut compter sur les contradictions de la «communauté internationale»

Au-delà de Venance Konan, la semaine qui vient de s’écouler a été riche en dérapages révélateurs. Ainsi de ceux de Félicien Sékongo, conseiller de Guillaume Soro, accusant avec ignominie Jacqueline Chamois, la mère de Michel Gbagbo, d’avoir «abandonné» son fils et de n’avoir «aucune notion» de la bonne éducation pour finir par accuser le prisonnier de Bouna d’être «congénitalement criminel». Criminel héréditairement, autrement dit. Ce qui au final accrédite paradoxalement la thèse qu’il était question de démonter : celle d’un Michel Koudou Gbagbo «arrêté parce qu’il était avec son père».

De son côté, Guillaume Soro a lui-même révélé sa ligne de défense en cas de poursuites judiciaires internationales. Les FRCI, qui ont commis des crimes contre l’humanité selon les organisations de défense des droits de l’Homme, ont agi «de concert avec la communauté internationale, je dis bien la communauté internationale», a-t-il martelé sur France 24. Et il peut compter sur les contradictions de cette fameuse communauté internationale. Sur celles de la Cour pénale internationale (CPI) qui prétend enquêter sur lui tout en l’invitant à ses agapes et en l’informant en exclusivité – si ce qu’il a dit à RFI est vrai – de ce qu’elle prépare contre Simone Gbagbo, Charles Blé Goudé et Bruno Dogbo Blé.

Sur celles de l’ONU qui organise à l’Ouest des opérations militaires conjointes avec un Losséni Fofana qui se trouve sur la «short-list» des responsables présumés de crimes contre l’humanité. Et sur celles des organisations de défense des droits de l’Homme qui ont accusé «Loss», et se taisent désormais sur le fait qu’il dirige l’opération de «pacification» de l’Ouest qui ne va pas, selon de nombreux témoignages, sans de nouvelles violations des droits de l’Homme se structurant sur une base fondamentalement tribale.
 
 
 
Théophile Kouamouo


LE MINISTRE LAZARE KOFFI KOFFI: «DES CHEFS D'ETAT, DES DIPLOMATES... SE MOBILISENT POUR GBAGBO»

 

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Une excellente interview du ministre Koffi Koffi Lazare que vous ne pouvez manquer d'apprécier. Bonne lecture!  

 

La situation sociopolitique que vit la Côte d’Ivoire depuis l’installation du régime de «rattrapage» d’Alassane Ouattara intrigue et inquiète. Malgré les apparences du «tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes» que tente de diffuser les hagiographes du Rdr. Dans une entrevue accordée au Nouveau Courrier, Lazare Koffi Koffi, ministre dans le gouvernement Aké N’Gbo, et actuel directeur de cabinet du porte-parole du président Laurent Gbagbo, depuis son exil analyse la Côte d’Ivoire version Ouattara, tout en apostrophant les nouvelles autorités françaises. Et fait des révélations sur les soutiens grandeur nature qui se mobilisent pour le président Laurent Gbagbo. Entretien !

Un exil qui dure aujourd’hui quinze mois. Comment vous sentez-vous?

Cela fait en effet 15 mois que nous sommes, pour la plupart d’entre nous, hors du pays, en exil. Notre état d’esprit d’exilés et de réfugiés politiques est au beau fixe. Il est vrai que le pays nous manque, mais nous n’allons pas rentrer à n’importe quel prix. Un de mes parents, Ehounoud Bilé, qui a vécu la même situation sous Houphouët, avait l’habitude de dire : « La liberté de l’homme ne doit pas être l’objet d’un marchandage pour des intérêts matériels et sordides». Là où nous sommes, malgré les conditions de précarité dans lesquelles nous nous trouvons, malgré toutes les turpitudes de qui-vive au quotidien, nous nous sentons moralement forts parce que en sécurité et libres. Vivre libre, sentir la fraîcheur matinale des fleurs et du vent, se familiariser à tous les mouvements humains, aller et venir selon son vouloir, goûter aux joies du milieu et partager des instantanés avec nos compatriotes et nos hôtes, tout cela nous maintient en vie et entretient notre moral.

Plus d’un an après, Ouattara semble plus déterminé à vous traquer…

Oui, c’est vrai nous sommes poursuivis dans notre exil. En dehors des nombreux mandats d’arrêt internationaux lancés contre nous, il ne se passe pas de jour sans que des éléments de la DST ivoirienne franchissent la frontière pour être à nos trousses. Il ne se passe pas de jour sans que des tueurs à gage à la solde de Ouattara nous filent pour nous abattre en temps voulu. Même des jeunes filles chèrement payées nous sont envoyées pour nous séduire aux fins de nous empoisonner. Nous ne sommes pas démontés pour autant. Chacun fait son travail auquel il est destiné. Si Ouattara a voulu être Chef d’Etat pour utiliser toutes ses énergies et son intelligence pas pour construire le pays mais pour traquer et tuer ses adversaires politiques, nous, avec l’aide de Dieu, nous travaillons pour rester en vie. Soyez donc rassurés, nous reviendrons vivants au pays. Par la grâce de Dieu.

C’est vrai que nous comptons dans nos rangs des morts et non des moindres : le ministre d’Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, les maires Raymond Gnan et Jean-Baptiste Diagou Gomont de regrettés mémoire sans oublier les nombreux anonymes qui meurent abandonnés dans les camps de réfugiés. Avec ces morts, mais aussi avec l’arrestation spectaculaire et stalinienne du ministre Lida Kouassi et celle imaginaire digne d’un conte de fée du ministre Koné Katina, porte-parole du Président Laurent Gbagbo, notre histoire, l’histoire des exilés s’écrit. C’est une histoire douloureuse certes, mais c’est une histoire qui s’écrit en lettres d’or avec nos héros et nos légendes tandis que celle de Ouattara et de ses sbires se noircit chaque jour.

Pourquoi le régime Ouattara ne cesse d’accuser les exilés de planifier des coups?

Je ne sais pas. C’est à lui peut-être qu’il faut demander. Cependant, je puis dire que cette frénésie de Ouattara à voir des coups d’Etat partout est une projection de la conscience de l’homme dans celle d’autrui. Mais cette propension à voir des ennemis partout rappelle fort curieusement celle d’Houphouët au début de son règne en Côte d’Ivoire. On se souvient en effet, qu’après la proclamation de la République de Côte d’Ivoire le 4 décembre 1958, Houphouët-Boigny, alors ministre dans le gouvernement de De Gaulle puis de Michel Debré, sera imposé à notre pays par la France comme Premier Ministre en 1959. L’année suivante, après la proclamation de l’indépendance le 7 août, Houphouët sera, sans élection, proclamé Président de la Côte d’Ivoire en dehors de toute règle démocratique. Conscient de cette irrégularité dans son ascension au sommet de l’Etat, dans un environnement où le pays comptait de nombreux intellectuels de valeur pouvant lui apporter la contradiction comme J.B. Mockey, Germain Coffi Gadeau, Kacou Aoulou, Me Kouamé Binzème, Joachim Bony, Jean Konan Banny, Ernest Boka, Charles Donwahi, etc. Houphouët voyant en eux de réels concurrents qui pouvaient lui disputer le pouvoir, trama avec Philippe Yacé toute une série de complots qui ont endeuillé notre pays entre 1959 et 1963 et traumatisés à jamais des familles entières.

C’était donc l’époque des faux complots?

Effectivement ! C’étaient des complots juste pour asseoir, affermir son pouvoir. Quand cet objectif a été atteint, un jour, Houphouët est venu dire au peuple, sans vergogne et sans repentir qu’il n’y a jamais eu de complots en Côte d’Ivoire. C’est cette voie d’Houphouët que, de toute évidence, emprunte Ouattara qui a eu, lui aussi, le pouvoir presque dans les mêmes conditions. Et les cadres du Fpi et leurs alliés qui peuvent s’opposer à lui, il leur colle ce délit de putschistes. Un jour viendra, lorsqu’il se sera assis confortement dans son fauteuil présidentiel, où il annoncera qu’il n’y a jamais eu de coups d’Etat. Pour le moment il fait le vide autour de lui par la terreur. Mais il se trompe d’époque. Nous ne sommes plus dans les années 60.

Mais, n’a-t-il pas réussi à écarter le président Gbagbo et bon nombre d’entre vous?

Oui, mais c’est en apparence. Cela fait 15 mois que le Président Gbagbo n’est plus au pouvoir. Mais pendant ces 15 mois, il occupe la Une des journaux, y compris et surtout ceux proches de Ouattara. Gbagbo se vend bien, en même temps que par ces journaux on mesure le niveau de sa popularité et la place qu’il occupe dans le cœur des Ivoiriens. En le déportant à la Cpi, Ouattara espérait sans doute que les Ivoiriens allaient se décourager et se lasser d’attendre son retour. Mais que non ! Il se rend bien compte que cette déportation a été une erreur. Et pourtant il en avait été déconseillé. Aujourd’hui tout le monde s’accorde à dire que tant que le Président Gbagbo sera à la Haye, Ouattara n’aura pas la sérénité nécessaire pour diriger ce pays. Parce que, un homme comme Gbagbo, on ne peut pas se débarrasser de lui comme un vulgaire malfrat. Il est et demeure le choix des Ivoiriens. Plus il restera donc à la Haye, plus sa popularité ira croissante, devenu désormais pour les Ivoiriens mais aussi pour les Africains du continent et de la diaspora l’icône de l’Afrique libre, indépendante et souveraine, et plus l’espace de manœuvre de ceux qui nous gouvernent par le fusil se réduira. Et plus, la réconciliation attendue sera incertaine.

Tout semble fonctionner en Côte d’Ivoire, selon le régime Ouattara…

En vérité, tout est bloqué. Au plan intérieur, le pouvoir d’achat s’est considérablement réduit. Le panier de la ménagère s’est profondément aminci depuis ces 15 derniers mois. L’insécurité est vécue par tous au quotidien. Les droits humains n’ont plus de sens en Côte d’Ivoire. On tue impunément. La peur a gagné tout le monde y compris les pro-Ouattara. Les hôpitaux ne désemplissent pas. L’aide sociale est restée un vœu pieu. Que dire de l’emploi promis ! Rien ne se dessine à l’horizon. L’assainissement de la société et la lutte contre la corruption qui ont été brandis lors de leur campagne sont loin des préoccupations des tenants actuels du pouvoir devenus pour la plupart des grilleurs d’arachides. Au plan extérieur, Ouattara court en vain après des investisseurs qui tardent à venir à cause du climat incertain dans lequel se trouve le pays qui court chaque jour le risque d’un isolement. On annonce des milliards dont on ne voit pas les effets sociaux. Comme vous voyez, Ouattara s’est précipité pour prendre le pouvoir avec l’aide des Blancs, et 15 mois après, tout le monde se rend bien compte de son incapacité à le gérer et à proposer de véritables solutions pour la reconstruction économique et sociale du pays, mais aussi des solutions humaines pour rassembler et soigner les cœurs meurtris des Ivoiriens. C’est pour cacher cela qu’il y a cette fuite en avant, celle de traquer les cadres du Fpi, d’entretenir un climat de terreur dans le pays en faisant courir des bruits de coup d’Etat et en planifiant un génocide à l’ouest. Pour tout dire, tout est en panne en Côte d’Ivoire sous Ouattara et, croyez-moi, ce n’est pas le Ppte qui va arranger les choses.

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Dans un mois Gbagbo comparait à la Cpi. Comment envisagez-vous son avenir?

Le Président Gbagbo nous reviendra contrairement à ce que pensent nos gouvernants actuels. Devenu un os dans la gorge de ceux qui voulaient l’avaler, ces derniers sont obligés de le cracher s’ils veulent vivre. Son ombre plane sur la Côte d’Ivoire. Ouattara lui-même ne manque jamais de parler de lui à chacune de ses sorties médiatiques. Gbagbo est devenu son cauchemar. Tout restera bloqué sans lui dans ce pays. Je crois que même ses plus irréductibles adversaires et ses ennemis en sont convaincus qui donnent de la voix pour qu’il revienne au plus vite au pays. On a entendu récemment Amoikon Edjampan ; à l’Onu, en France, aux Etats-Unis, et en Afrique, des diplomates, des leaders d’opinion, des Chefs religieux et des Chefs d’Etat se mobilisent en sa faveur et vous verrez, les jours prochains, ils se feront entendre. La question qui revient souvent, c’est comment vider définitivement le contentieux électoral qui fait de notre pays un no man’s land.

Selon vous, comment peut-on vider justement ce contentieux électoral?

Je ne vois qu’une et une seule solution : à défaut du recomptage des voix proposé en son temps par le Président Gbagbo et refusé par ses adversaires,- ce qui nous aurait évité tous les blocages actuels -, il faut courageusement mais humblement reprendre les élections présidentielles.

Pensez-vous que Ouattara et ses hommes peuvent accepter une telle proposition?

Mais, c’est la seule voie s’ils veulent diriger ce pays sereinement. Mais ils ne devraient pas en avoir peur, surtout qu’ils clament partout qu’ils sont majoritaires dans ce pays. Ma position est fondée sur le fait suivant : comme c’est le Conseil Constitutionnel version Paul Yao Ndré qui a proclamé deux vainqueurs des élections de 2010 en l’espace de quelques mois, la sagesse commande qu’on reprenne ces élections qui seront arbitrées par le Conseil Constitutionnel version Francis Wodié sous la supervision active mais désintéressée et sans parti pris de la France, les Etats-Unis, l’Onu, l’Union Africaine et toute organisation non gouvernementale qui le désire. Il faut scruter cette voie, la seule à mon sens pour sortir notre pays du bourbier actuel.

Vous parliez tantôt de la France qu’on sait un acteur clé de cette crise. Que peut-elle faire actuellement?

Elle peut faire beaucoup. La France de François Hollande s’entend. Le nouveau président français dont je salue au passage la brillante victoire aux dernières élections, a tout pour redorer l’image de la France trop ternie par son prédécesseur en Afrique et particulièrement en Côte d’Ivoire. La France de Sarkozy est vue par tous les Africains épris de justice et de liberté comme une France génocidaire, une France arrogante, une France inutilement interventionniste qui s’ingère dans les affaires intérieures des Etats indépendants et souverains, une France des coteries et des affaires mafieuses. Hollande doit faire oublier tout cela et il le peut.

Et qu’est-ce qui vous fait penser qu’il le peut?

D’abord c’est le slogan de sa campagne «le changement c’est maintenant ». C’est tout un programme dont le monde attend beaucoup. Mais nous les Africains, ce changement ne doit pas se réduire à un simple ménage de meubles dans la maison. Ce que l’Afrique attend, c’est une véritable rupture d’avec une vision du monde coupé en deux, l’un détenteur de la force nucléaire qui veut imposer sa volonté à l’autre qui ploie sous le poids de la misère et à qui on refuse le droit minimum de disposer de lui-même. Ce que l’Afrique attend c’est une rupture radicale avec une certaine politique étrangère outrancière, outrageante et arrogante, une rupture avec l’interventionnisme militaire tous azimuts, rupture avec une coopération financière stressante, avilissante, oppressante et appauvrissante. Hollande doit savoir que le monde aujourd’hui et surtout l’Afrique appelle au changement comme en France.

Ensuite, Hollande doit lui-même tirer les leçons de la chute de Sarkozy et savoir avoir une oreille pour les Africains qui voient dans la date du 6 mai 2012 qui a marqué son élection comme une date porteuse de grands bouleversements comme celle de 1789 de la Révolution Française qui a proclamé la République, 1917 de la Révolution russe qui a sanctionné la fin du régime des Tsar, 1948 qui a vu la naissance de l’Onu et 1989 qui a mis fin à la guerre froide après la chute du mur de Berlin. Les Africains ont soif de changement comme ils l’ont eu après la Deuxième Guerre Mondiale, soif qui a enclenché la décolonisation. Nous sommes dans les mêmes dispositions d’esprit aujourd’hui. L’Afrique appelle au respect de l’indépendance et de la souveraineté de ses Etats. Et Hollande devrait être attentif à cela et ne doit pas se laisser devancer et dominer par les événements comme ses prédécesseurs dans les années 50 «pour ensuite céder aux revendications lorsqu’elles s’expriment sous une forme violente. Il importe de prendre en temps utile les dispositions qui permettent d’éviter les conflits graves» ainsi que le recommandait le projet du préambule de la Loi-Cadre.

Pour vous donc, dans quel sens les choses peuvent-elle évoluer?

D’abord la France officielle ne doit pas avoir peur des Africains, surtout ceux de l’espace qu’elle contrôle et auxquels elle est historiquement liée. Elle ne doit pas un seul instant présumer que ces Africains de culture française, de sentiments français, placés depuis longtemps dans un système économique français, ayant pour référence le modèle français, peuvent se détourner d’elle. Ensuite, elle doit, par une conférence internationale du type de celle qui a eu lieu à Brazzaville en 1944, avec tous ses diplomates mais aussi tous les Africanistes pour faire le point de sa présence en Afrique, mais aussi de la vérité sur les réalités africaines colportées, pour bâtir une nouvelle politique de coopération avec les Etats africains. Au-delà de tout çà, Hollande doit rompre courageusement avec la Françafrique ainsi que les sommets anachroniques France-Afrique. Et plus que cela, le gaullisme qui engageait vers la fin des années 50, la France à voir chez les nouveaux Etats africains, des partenaires privilégiés parce que, «si leur administration novice, leur économie naissante, leurs finances désorganisées, leur diplomatie tâtonnante, leur défense à ses débuts, recouraient à elle pour s’établir, il faudrait s’y prêter». La France doit cesser de voir les Etats africains comme des Etats naissants. Elle doit voir autrement nos Etats devenus matures car à vouloir les maintenir sous une quelconque domination «peut devenir une gageure, où la France, pour ne rien gagner peut tout perdre ».

Pour en revenir à vos vies d’exilés. Comment arrivez-vous à survivre quand on sait que vous avez vos avoirs gelés?

(Rires). Ça, c’est une grâce de Dieu qui veille sur chacun d’entre nous. J’ai souvent entendu dire que nous avons fui du pays avec des caisses d’argent et que nous vivons un exil doré. On a même dit que le gouvernement ghanéen nous soutient financièrement. Je voudrais d’ailleurs profiter de cet espace pour remercier vivement et très sincèrement tous nos compatriotes qui, depuis le pays, ne cessent de nous soutenir aussi bien moralement que financièrement. Cela est très encourageant et cela montre aussi que nous sommes dans la vérité. Fait surprenant, il y a parmi ceux qui nous aident de nombreux pro-Ouattara découragés sans doute de l’orientation nouvelle de l’action politique dans notre pays. Je n’oublie pas dans mes remerciements les associations et les groupements religieux qui, au-delà des soutiens matériels, prient pour nous et pour la Côte d’Ivoire. Je voudrais leur dire ici de ne pas désespérer et de rester toujours mobilisés pour la Côte d’Ivoire éternelle. La nuit est longue, il est vrai, mais le jour finira par se lever.

 

Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 11 juillet 2012

INTERVIEW: «LA DEMOCRATIE SE CONSTRUIT AVEC LES IDEES DE L'OPPOSITION ET PAS AVEC LE SANG DES OPPOSANTS»

 

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Alors que Liberté et Démocratie pour la République (LIDER) s’apprête à fêter sa première année d’existence, nous nous sommes entretenus avec la Conseillère exécutive du président de LIDER, Nathalie Yamb. Elections municipales, statut de l’opposition, critique du gouvernement, bilan du parti, personnalité de Mamadou Koulibaly, un entretien sans tabous et sans langue de bois.


Dans quelques jours, le 14 juillet 2012, LIDER soufflera sa première bougie. Quel bilan tirez-vous ?

Nathalie Yamb : Un mois après la création de LIDER, nous avons procédé au lancement officiel du parti. Au bout de quatre mois, après l’obtention du récépissé du ministère de l’Intérieur, nous avons organisé notre premier congrès, au cours duquel les textes du parti et sa structure ont été adoptés. Nous avons commencé l’installation du parti sur le territoire national. Nous avons participé aux élections législatives en présentant douze candidats dans huit circonscriptions. Certes, nous n’avons eu aucun élu, mais le parti en a profité pour se faire connaître. Nous étions le seul parti qui expliquait aux électeurs que le rôle du député n’est pas de construire des routes et des hôpitaux, mais de contrôler l’activité gouvernementale. Malheureusement, nous n’avons pas été entendus et le résultat est que nous nous retrouvons avec un parlement monocolore qui ne touche à aucune loi alors que le gouvernement prend des ordonnances à tour de bras. Nous avons organisé la critique gouvernementale, dénoncé l’hyper-présidence d’Alassane Ouattara, proposé une réforme constitutionnelle pour passer au régime parlementaire, proposer un statut de l’opposition, proposé un chronogramme de dialogue gouvernement / opposition pour aller à la réconciliation. Nous avons organisé et réussi le bilan de l’an 1 de gouvernance RHDP. Nous avons lancé notre site web, notre page Facebook, notre compte Twitter. Le 14 juillet prochain, le Pr. Koulibaly lancera sa propre page Facebook et ouvrira son propre compte Twitter et d’autres innovations suivront. A ce jour, nous avons plus de 50.000 adhérents, même s’il n’y a qu’environ 2.000 qui paient leurs cotisations. Nous avons participé à différents séminaires ici et à l’étranger. Nous avons présenté le parti à la communauté internationale, avons eu des rencontres fructueuses et intéressantes avec les ambassadeurs d’Allemagne, de Suisse, des Etats-Unis, d’Arabie Saoudite, du Japon, de Belgique, du Burkina Faso, du Nigeria, de Chine, de Russie etc. et nous continuons cette intense activité diplomatique. Nous organisons des formations pour nos militants, car il faut savoir que 60% de nos adhérents n’ont jamais fait de politique et trouvent à LIDER le discours et le cadre idoines pour sortir du carcan triangulaire Bédié – Gbagbo – Ouattara qui ne propose que querelles, haine et tribalisme. Nous avons distribué des milliers de manifestes afin de disséminer nos idées et nos propositions aux populations. Nous avons investi des coordinations à Abidjan et à l’intérieur du pays et travaillons à l’implantation du parti sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora, toute chose nécessaire pour réussir l’alternance en 2015.

Le président de la République vient de saisir le conseil de sécurité de l’ONU afin d’obtenir l’appui de l’ONUCI pour l’organisation des élections municipales avant la fin de l’année 2012. Quel est votre avis là-dessus ?

NY : Il y a deux mois, à Grand-Bassam, nous sommes tombés d’accord avec le gouvernement pour convenir que des questions vitales devaient être réglées en urgence afin de paver la route de la réconciliation et de la paix en Côte d’Ivoire, qui sont les conditions nécessaires à la tenue de consultations électorales sereines, inclusives et crédibles. Il s’agissait entre autres, d’effectuer un recensement de la population, à propos duquel le gouvernement nous a informé qu’il serait terminé avant fin 2012 ; d’actualiser la liste électorale élaborée en 2009 en y incluant les nouveaux majeurs ; de recomposer la CEI, au sein de laquelle siègent encore des forces militaires ;  de réaliser effectivement le désarmement et de sécuriser réellement les biens et les personnes sur l’intégralité du territoire national et de mettre en place le statut de l’opposition. Nous pensons qu’il n’y a aucune urgence à organiser les élections municipales en l’absence d’unenvironnement serein et d’un cadre démocratique réel. S’il est vrai que les scrutins locaux n’ont pas un enjeu aussi vital que les élections nationales, les municipales à venir seront considérées par tous comme le socle d’une élection présidentielle de 2015 apaisée. Nous ne comprenons donc pas la volonté du chef de l’Etat à courir aux élections avant la fin de l’année, sauf à penser qu’il a un agenda caché et table à nouveau sur un boycott des élections de la part de l’opposition pour rafler intégralement la mise lors du scrutin, alors que la coalition gouvernementale assure déjà la gestion de la majorité des municipalités depuis 2001.

On sent une obsession et un besoin de statut de l'opposition et de financement public de la part de LIDER.

NY : Le statut de l’opposition n’est pas agencé uniquement autour du financement des partis. Il est construit autour de l’idée que ceux qui gagnent les élections gouvernent et que ceux qui les perdent ont également un rôle à jouer dans la construction démocratique. L’opposition a des droits et des devoirs qui s’exercent dans un cadre spécifique et suivant des règles bien précises. C’est parce que l’opposition n’a pas de statut clair, cohérent, connu et reconnu que la défaite électorale est souvent vécue comme une disgrâce ultime et que les conflits sanglants et crises meurtrières naissent, durent et perdurent en Afrique noire dite francophone. Sous Ouattara, l’opposition  a disparu du parlement ivoirien, pourtant il ne peut y avoir de démocratie s’il n’y a pas d’opposition. La démocratie se construit avec les idées de l’opposition et pas avec le sang des opposants. L’opposition est interdite d’accès aux média d’Etat. Les opposants sont étouffés financièrement. Les salaires et indemnités des députés de la législature sortante sont toujours retenus illégalement par le président de la République. Leur droit à la retraite, pour laquelle ils ont pourtant cotisé, n’est pas encore reconnu. Les avantages liés au statut d’ancien président d’institution, qui fait l’objet d’une loi, sont refusés au président de LIDER, ancien président de l’Assemblée nationale, alors que d’autres en bénéficient sans problème. Pour jouer pleinement leur rôle, les partis d’opposition ont besoin d’un financement clair, pour lequel ils doivent rendre compte. Nous rappelons que le RDR, bien que non représenté au Parlement de 2001 à 2011, a été financé sur fonds publics. Monsieur Ouattara souhaite sûrement que Mamadou Koulibaly vienne nuitamment lui demander de l’argent, comme le font bien d’autres acteurs politiques. Cela nous a d’ailleurs été fortement suggéré, mais nous disons clairement que cela n’arrivera pas. A LIDER, nous disons qu’il faut cesser de nier le rôle de l’opposition. Nous refusons sa clochardisation et la compréhension opportuniste que le gouvernement en a. Le chef d’Etat préfère de loin avoir quelques opposants comme ministres afin de les avoir à sa merci. Tous ceux qui ne sont pas à sa solde courent le risque d’être présentés comme des putschistes putatifs, agents de l’étranger, déstabilisateurs... A LIDER, nous disons que la Côte d’Ivoire n’est pas un gâteau et que les motivations des hommes et femmes politiques ne doivent pas être comment se partager les richesses entre eux, mais comment mettre en place un cadre de développement qui profitera à toutes les populations.

Pourquoi LIDER prend un savant plaisir à critiquer Ouattara et ses actions, plutôt que de mettre l’accent sur ses propres propositions?

NY: En tant que parti d’opposition, le rôle de LIDER est d’informer les Ivoiriens sur ce que le président Ouattara leur cache ou ne leur dit pas et de proposer un programme d’alternance. Notre programme n’a pas à se superposer au sien. L’alternance implique l’altération de la politique du gouvernement. A chaque fois que nous avons critiqué les «solutions» du gouvernement Ouattara, nous avons énoncé les propositions de LIDER comme le meilleur choix alternatif.

Nous avons critiqué les ordonnances illégales dont il raffole, et nous avons recommandé de prendre le chemin de l’Assemblée nationale. Nous avons critiqué son hyper-présidence qui a fini par plonger dans la tyrannie, et nous avons proposé le régime parlementaire pour limiter les dérives de ce genre à l’avenir. Nous avons dénoncé sa vengeance justicière et avons proposé une justice équitable et un système judiciaire réformé et crédible. Nous avons dénoncé sa gouvernance obscure et avons proposé de passer aux appels d’offre ouverts à tous et transparents. Nous avons dénoncé vivement sa politique de rattrapage ethnique et disons que chez LIDER, nous voulons construire une nation cohérente et prospère. Nous avons fait le bilan de sa première année de gouvernance et avons critiqué sa propension systématique à étouffer les Ivoiriens. En parallèle, nous proposons de libérer les énergies. Nous avons critiqué son fourvoiement dans la gestion de la crise malienne en suggérant dès le départ que l’on puisse considérer comme prioritaire la question de la rébellion Touareg et sa résolution. Nous dénonçons le fait que Ouattara fasse croire aux Ivoiriens que l’obtention du PPTE est la panacée et nous expliquons qu’il va falloir rembourser quand  même, autant sinon plus qu’avant et qu’aucun pays émergent n’est jamais passé par le PPTE. Nous critiquons sa politique de décentralisation et nous suggérons un débat public sur le découpage, ce qu’il s’était engagé à faire mais semble avoir oublié. A propos de son programme du «Vivre ensemble», nous disons que les Ivoiriens vivent déjà ensemble, mais que ce qu’il manque, c’est le savoir-vivre.

Ceci ne nous empêche pas, lorsque le gouvernement fait quelque chose de bien, de le reconnaître. Ainsi, lorsqu’il a invité les partis d’opposition au conclave de Grand-Bassam, nous avons salué son initiative et participé aux travaux, qui ont été francs et productifs. Force est cependant de constater que tout cela n’était pas bien sérieux et que le gouvernement cherchait simplement à obtenir une photo de famille pour faire croire à l’opinion publique ivoirienne et à ses créanciers et donneurs d’ordre internationaux qu’un semblant de cadre démocratique existe en Côte d’Ivoire. Deux mois après Grand-Bassam, alors que le gouvernement s’est inscrit aux abonnés absents et qu’aucune des résolutions convenues à l’unanimité n’a été mise en œuvre, nous pouvons affirmer que le président de la République ne veut pas du dialogue républicain et que la perspective d’une décrispation réelle et d’une réconciliation profonde ne l’arrange pas. Mais ne pensez surtout pas que cela nous fait plaisir. A chaque fois que nous devons tirer ce genre de conclusion ou avons matière à critiquer l’action gouvernementale, cela nous attriste parce que cela signifie que les populations sont encore maintenues en otages dans l’insécurité et la pauvreté qu’elles n’ont que trop endurées.

Certains voient en Mamadou Koulibaly une sorte de Bayrou local, c'est-à-dire, un fort en thème et agitateur d'idées, peu enclin à être plus que le troisième homme...

NY : L’analogie avec Bayrou ne me paraît pas claire, mais je suis toujours étonnée quand l’on met idées et actions en opposition. C’est très dramatique, parce que c’est ainsi qu’on voit des gens qui, dans l’opposition, promettent des actions et des solutions irréfléchies, et qui, une fois arrivés au pouvoir, mélangent tout, tournent en rond, ne savent plus quoi faire et se réfugient dans une communication vide de contenu ou dans la violence et l’intimidation.

Mamadou Koulibaly a l’avantage de brasser des idées, des propositions, mais en même temps, il a été ministre du Budget, ministre de l’Economie et des Finances, président de l’Assemblée nationale de ce pays. Il a, en tant que ministre du gouvernement de transition, dans une situation de crise et de tension de trésorerie, conçu et fait exécuter le budget de l’Etat et réussi à organiser les élections de 2000 sans un centime de financement extérieur. C’est du concret. Il a défendu la souveraineté de la Côte d’Ivoire quand elle était mise en danger à Marcoussis ou par le GTI en 2004. C’est du concret. Certaines personnes s’irritent quelques fois du fait que Mamadou Koulibaly a souvent raison, et que si on l’avait écouté, on n’en serait pas là où nous sommes aujourd’hui. Mais ce n’est pas un sorcier. C’est simplement qu’en prenant le temps de réfléchir à une situation, on en cerne tous les contours et on se prépare en conséquence. Et que si on choisit, en tout connaissance de cause, d’entrer dans un tunnel, alors qu’il y a plein de chemins et d’avenues en plein air qui sont disponibles, alors il ne faut pas s’étonner que la seule voie de sortie, c’est le bout du tunnel, sans possibilité de retour.

A LIDER, nous sommes très à l’aise avec le fait de que le programme, les idées et la vision que nous proposons sont pensés, débattus, planifiés. Nos idées font l’objet d’échanges constants avec la société civile : c’est ainsi qu’on a rencontré les quatre grandes centrales syndicales (Ugtci, Fesaci, Dignité, Humanisme), pour exposer notre stratégie de création d’emplois pour les jeunes et de modernisation du système de retraite en Côte d’Ivoire pour les moins jeunes, et recueillir en retour leurs suggestions et conseils au vu de leur plus grande connaissance du terrain. C’est dans le même esprit que nous avons rencontré les associations de commerçants, grossistes et détaillants pour discuter avec eux de notre stratégie de réduction du coût de la vie et des contraintes qui sont les leurs. La réforme du foncier et la remise de la terre kidnappée par l’Etat aux paysans étant au cœur de notre programme, nous nous sommes rapprochés des acteurs majeurs, comme les géomètres-experts de Côte d’Ivoire, qui, bien qu’ils soient les seuls habilités à délimiter le cadastre, n’ont jamais fait l’objet d’aucune consultation par le gouvernement, qui s’est pourtant réuni à Yamoussoukro en séminaire il y a quelques jours pour ne rien dire. Chez nous, les politiques sont agencées sur des idées opérationnelles capables de résoudre effectivement les problèmes qui accablent les Ivoiriens. La liberté et la démocratie sont des thèmes trop importants pour ne pas faire l’objet de profondes et sérieuses réflexions.

Peut-on envisager un retour de Mamadou Koulibaly au FPI, ou à défaut un rapprochement ? D’aucuns évoquent cette perspective parce qu’ils estiment que le FPI n’a plus de candidat de poids.

NY : Non, un retour de Mamadou Koulibaly au sein de son ancienne formation politique est exclu. Par contre, ceux qui disaient au FPI «après Gbagbo, c’est Mamadou Koulibaly», ceux qui se reconnaissaient dans ses idées, dans son franc-parler, dans sa façon de faire la politique, ceux qui sont prêts à laisser les stratégies divisionnistes et les discours sectaires, vindicatifs et violents derrière eux et qui partagent notre vision pour le progrès social en Côte d’Ivoire, tous ceux-là sont les bienvenus à LIDER.

Qui est Nathalie Yamb? Est-il exact que vous avez tout laissé et abandonné pour suivre Mamadou Koulibaly et ensuite LIDER ?

NY : (Rires). C’est bien la première fois que j’entends cela. Le suivisme n’est pas quelque chose qui me caractérise et ce n’est pas une valeur LIDER. On ne vient pas à LIDER pour suivre Koulibaly, mais parce que l’on partage les mêmes idéaux et le même projet de société et que l’on veut contribuer à sa réussite. Si demain, Koulibaly s’éloigne de notre combat, nous ne le suivrons pas dans ses bifurcations et continuerons tout droit, sans lui. 

 

Interview réalisée par Charles Kouassi pour L’Intelligent d’Abidjan le 10 juillet 2012.

 

Source: LIDER-CI.ORG

CPI: CES REVELATIONS DE SORO QUI GENENT OUATTARA

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L’information a été glissée furtivement. Mais elle a retenu l’attention des oreilles exercées. Dans un entretien à bâton rompu accordé à Rfi dimanche dernier, dans le cadre de l’émission « Le débat africain », Guillaume Soro a pour ainsi dire vendu la mèche en faisant cette révélation : « Jusqu’à présent, la Cpi a été appelée à venir investiguer en Côte d’Ivoire. 
 
Mais en ma connaissance, elle n’a émis que quatre mandats d’arrêt, qui évidemment ont été émis contre monsieur Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo, Blé Goudé et le général Dogbo Blé ». C’est là assurément une information nouvelle qui a dû faire tilt dans la tête de certaines personnalités bien au fait des procédures judiciaires en cours aussi bien sur le plan national qu’international, depuis la fin de la crise post-électorale. Parce que capitale, cette information, lâchée au détour d’une phrase, pourrait mettre à mal ceux qui gèrent les dossiers encore pendant devant les tribunaux nationaux voire internationaux. De quoi s’agit-il ? 

Pour mémoire, il y a quelques mois, l’épouse de l’ancien chef de l’Etat, Simone Gbagbo, devait comparaître au tribunal d’Odiénné où elle est incarcérée depuis novembre 2011. L’audience, qui avait été annoncée publiquement pour le vendredi 30 mars 2012, a été annulée sine die. Sans la moindre explication officielle. Même les avocats de l’ex-première dame, qui étaient en route pour Odiénné pour assister à l’audience, ont été pris de court, la veille, par la décision d’annulation. Joint par téléphone, voici l’explication que nous avait donné, l’un d’entre eux, Me Serge Gougnon : « Nous sommes en route pour Abidjan, nous sommes présentement à l’entrée de Yamoussoukro. Le Parquet (service du Procureur de la République, ndlr) nous a informés ce matin (jeudi 29 mars) que l’audience est annulée, sans aucune explication. Ils nous ont juste dit que les juges ne viendront plus à Odienné, et que la Première Dame ne sera plus auditionnée, en tout cas demain (vendredi 30 mars, ndlr). Ils nous ont fait savoir qu’ils nous donneront les raisons de cette annulation d’audience quand nous serons à Abidjan »( Cf L’inter du vendredi 30 mars 2012). 

A l’époque, le bruit avait couru qu’il s’agissait en fait, au cours de cette audience, pour le procureur Simplice Kouadio, d’aller notifier à Mme Gbagbo un mandat d’arrêt que la Cour pénale internationale(Cpi) aurait délivré contre elle. Des partisans de l’ancien régime avaient d’ailleurs alerté l’opinion sur cette audience par un tapage médiatique, craignant qu’elle ne vire au scénario vécu par l’époux Gbagbo au sortir d’une brève audience qui s’est tenue à Korhogo. Audience que celui-ci avait qualifiée de « volée » lors de sa première comparution à la Cpi. On se souvient que c’est au sortir de cette audience de Korhogo qu’il a pris le chemin de La Haye. 

Simone, Dogbo Blé: Pourquoi ils ne sont pas encore à la Cpi

En ce mois de mars donc, la rumeur avait couru que l’audience d’Odiénné devait être l’occasion de porter à la connaissance de Mme Gbagbo le mandat d’arrêt délivré contre elle par la Cpi et qu’au final elle devait, à son tour, prendre la route de La Haye au Pays-Bas. Info ou intox ? Il reste qu’à l’époque, l’annulation de cette audience avait nourri des commentaires, surtout qu’aucune explication officielle convaincante n’avait été donnée. 

D’aucuns avaient laissé entendre que le régime Ouattara s’était vu bel et bien signifier un mandat d’arrêt contre Mme Gbagbo. Information que ni les services du procureur de la République, Simplice Kouadio, ni le président Alassane Ouattara, ni même le procureur Luis-Moreno Ocampo et son successeur, la Gambienne Fatou Bensouda, de passage à Abidjan, n’ont daigné confirmer ; se bornant tous à botter en touche quand ils étaient interpellés sur ce fameux mandat d’arrêt. 

Or, voilà que, trois mois plus tard, on apprend de la bouche du n° 2 du régime, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, qu’il y a eu bel et bien un mandat d’arrêt lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et mieux, contre le général Dogbo Blé, le redoutable chef de la Garde républicaine, sous Gbagbo. Or donc, un mandat d’arrêt avait été émis par la Cpi à l’encontre de la célèbre prisonnière d’Odiénné ! Ceux qui avaient flairé que l’audience avortée du 30 mars, qui devait se tenir dans cette cité, visait à porter l’information à Mme Gbagbo, n’étaient donc pas dans le faux. De sources proches de ces procédures judiciaires, il semble que ce sont les autorités gouvernementales, au plus au sommet, qui ont « mis le pied » sur ce mandat d’arrêt en refusant de le mettre à exécution. Et cela, à juste titre. 

En effet, elles craindraient que l’exécution des mandats d’arrêt contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, ouvre la boîte de pandore. En clair, ça pourrait apparaître comme la porte ouverte au transfèrement à La Haye de tous les militaires proches du pouvoir, soupçonnés d’être dans le viseur de la Cpi. Ce qui pourrait être préjudiciable au régime, qui a alors sagement opté pour la traduction de Simone Gbagbo et autres devant les tribunaux ivoiriens. 

En balançant donc l’information selon laquelle un mandat d’arrêt avait été bel et bien lancé par la Cpi contre Mme Gbagbo et le général Dogbo Blé, Guillaume Soro met les autorités ivoiriennes dans une mauvaise posture : celle de devoir s’expliquer sur la non-exécution de ce mandat d’arrêt depuis son émission. Et ça, c’est bien embarrassant.



Assane Niada, in le quotidien ivoirien L'INTER.

mardi, 10 juillet 2012

LA COTE D'IVOIRE ET LE POINT D'ACHEVEMENT DE L'INITIATIVE PPTE: QU'IL SOIT FAIT DROIT A L'ACTEUR PRINCIPAL

 

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Depuis la fin du mois de juin 2012, la Côte d’Ivoire a enfin atteint le  point de décision de l’initiative PPTE, qui correspond à un abandon substantiel de sa dette extérieure. A l’annonce de cette décision, les nouvelles autorités ivoiriennes dans un euphorisme sans limite, tentent d’une part de s’octroyer la paternité de ce succès, et d’autre part font croire que la Côte d’ivoire est devenue subitement un nouvel eldorado.

Au terme de la réflexion tout à fait personnelle qui suit, l’on se rendra  certainement compte que la vérité est toute autre et qu’elle prend à contrepied le triomphalisme affiché par les autorités ivoiriennes. Le cheminement adopté s’articule autour de trois points essentiels :

v  Le rappel du contexte de l’avènement de l’initiative PPTE

v  Les principes généraux qui gouvernent l’initiative PPTE

v  L’historique de la marche de la Côte d’Ivoire sur le point de l’achèvement de l’initiative PPTE et les effets qui en sont attendus 

 

I – CONTEXTE DE L’AVENEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


Les différents modes de traitement de la dette appliqués depuis l’éclatement de la crise de la dette à partir de septembre 1982, n’ont pu véritablement apporter une solution durable au problème de la dette croissante des pays débiteurs. En effet, de 1982 à 1989, le rééchelonnement classique de la dette pour les pays en programme  d’ajustement structurel avec le Fonds Monétaire International, a simplement accordé au pays une bouffée d’oxygène temporaire et  n’a permis de régler en profondeur le problème de la dette. Le report des échéances dans le futur et les nouveaux prêts d’ajustement structurel ont contribué à l’augmentation du volume de la dette de l’ensemble des pays débiteurs.

A partir de 1989, la Communauté Financière Internationale a admis que la crise de la dette n’était pas un problème temporaire de liquidité et que son traitement nécessitait une solution novatrice. Pour la première fois, la notion de réduction de la dette a été évoquée et intégrée dans la stratégie de traitement de la dette. Ainsi, lors des réunions successives des pays riches les plus industrialisés, pays du G7 qui deviendra par la suite G8, il a été possible d’admettre une réduction de dette au pays débiteur pour réduire le service futur de la dette (rééchelonnement comportant dose d’annulation de dette à partir de 1990 – Termes de Houston, termes de Londres ou Toronto renforcé, termes de Naples, termes de Lyon, termes de Cologne sous IPPTE).

C’est dans cette veine qu’en septembre 1996, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM) ont mis sur pied, l’Initiative d’allégement de la dette des Pays Pauvres Très Endettés (Initiative PPTE) dont l’objectif principal est de ramener le service de la dette du pays débiteur à un niveau supportable et compatible avec sa capacité de remboursement.

La partie qui suit énonce les principes généraux qui gouvernent l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés, notamment les conditions d’éligibilité, la réduction de la dette accordée au pays récipiendaire par les institutions multilatérales de développement, les pays créanciers membres du Club de Paris et certains créanciers bilatéraux à travers des initiatives unilatérales d’allègement additionnel de la dette. La deuxième partie retrace les différentes étapes franchies par la Côte d’Ivoire dans le cadre du processus PPTE. 

 

II – PRINCIPES GENERAUX DE L’INITIATIVE PPTE


II.1 – CONDITIONS D’ACCES AU TRAITEMENT PPTE    


Pour être éligible au traitement PPTE, le pays débiteur doit remplir les conditions suivantes :

  • Ø Etre en programme avec le FMI,
  • Ø Avoir son ratio Valeur Actualisée Nette (VAN) dette/ revenus budgétaires > 250 %
  • Ø Avoir son ratio  Service dette/ revenus fiscales > 150 %
  • Ø Avoir un Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP)


II.2 – TRAITEMENT PPTE OFFERT AU PAYS ELIGIBLE


De façon générale, le pays PPTE bénéficie d’une réduction du flux du service de sa dette entre le point de décision et le point d’achèvement du processus PPTE. L’annulation du stock de la dette n’est accordée qu’au point d’achèvement. Toutes les annulations de dette se font dans la proportion nécessaire pour rendre le service futur de la dette supportable par le pays débiteur.

  • Ø Entre le point de décision et le point d’achèvement : Réduction du flux du service de la dette en valeur actualisée de 90 % (Termes Cologne)
  • Ø Au point d’achèvement : Annulation du stock de la dette 


II.3 – TRAITEMENT OFFERT PAR LES INSTITUTIONS MULTILATERALES


Banque Mondiale, Fonds Monétaire International et Banque Africaine de Développement 

  • Ø A partir du  point de décision : annulation partielle du flux du service de la dette
  • Ø Au point d’achèvement : annulation partielle du stock de la dette à travers l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM) 


II.4 – INITIATIVES BILATERALES D’ALLEGEMENT DE LA DETTE ACCORDE PAR LES CREANCIERS DU CLUB DE PARIS


Au point d’achèvement, allègement additionnel de dette au-delà de l’Accord cadre du Club de Paris :

  • Ø France : Contrat Désendettement- Développement (C2D)
  • Ø Royaume Uni : Annulation totale du stock dès le point de décision
  • Ø Autres pays créanciers : Annulation totale ou partielle du stock au cas par cas, mais tendance à l’effacement total de la dette.

Contrairement à tous les autres créanciers, la France n’annule pas immédiatement la dette ; elle conclut un contrat de Désendettement/Développement d’une durée renouvelable de 15 ans aux termes duquel le service de la dette doit normalement être payé. A l’issue du remboursement de l’échéance, la France délivre son allègement de dette à travers le reversement au pays débiteur d’une partie du montant réglé. Ce montant est reversé sur un compte spécial afin de financer des projets sélectionnés par les deux parties et à réaliser dans le pays débiteur dans le cadre de l’IPPTE. 


III- MARCHE DE LA COTE D’IVOIRE VERS L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’INITIATIVE PPTE


III.1 - ELIGIBILITE DE LA COTE D’IVOIRE A L’INITIATIVE PPTE


Le processus PPTE pour la Côte d’Ivoire, pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, commence en 1998 lorsque bénéficiant d’un programme économique triennal (1998-2000) avec le Fonds Monétaire International, le Gouvernement du Président Henri Konan BEDIE, introduit auprès des institutions de Bretton Woods, le dossier de candidature de la Côte d’Ivoire à l’éligibilité à l’Initiative de l’allègement de la Dette des Pays Pauvres Très Endettés (IPPTE). La Côte d’Ivoire est donc déclaré pays PTTE en 1998. Mais les problèmes de gouvernance sous le Régime Bédié; notamment, les dépenses non ordonnancées, le problème de la gestion des fonds de l’Union Européenne, conduisent à la suspension du  programme économique et financier triennal conclu avec le FMI.Le coup d’Etat militaire de décembre 1999 vient définitivement anéantir toutes les chances de la Côte d’Ivoire d’accéder au point de décision de l’Initiative PPTE. Malgré la rupture avec les bailleurs de fonds, le pays a été maintenu au nombre des pays éligibles à l’IPPTE.


III.2- REMISE DU PROGRAMME PPTE SUR LES RAILS PAR LE GOUVERNEMENT GBAGBO DE 2001 A 2010


  • III.2.1 ACTIONS MENEES POUR L’ATTEINTE DU POINT DE DECISION DE L’IPPTE


Dès son accession au pouvoir à l’issue de l’élection présidentielle d’octobre 2000, le Président Laurent GBAGBO et son gouvernement travaillent d’arrache-pied à partir de 2001, pour renouer avec la Communauté financière Internationale. L’action du gouvernement est axée prioritairement sur l’assainissement des finances publiques. Des réformes structurelles et sectorielles sont élaborées et mise en œuvre pour relancer l’activité économique rudement éprouvée par une année de pouvoir militaire jalonnée par des tentatives de reprise en main des affaires de l’Etat par d’autres groupes militaires.

Grâce aux réformes engagées, le pays bénéficie progressivement de la confiance des institutions de Bretton Woods qui accordent à la Côte d’Ivoire en 2002, un programme intérimaire sans appui financier. Ce programme permet à la Côte d’Ivoire d’engager des négociations avec les pays créanciers membres du Club de Paris pour la restructuration de sa dette bilatérale. C’est ainsi qu’un accord de restructuration de dette est conclu le 10 avril 2002  avec le  Club de Paris selon les termes de Lyon (annulation des deux tiers du stock des échéances consolidées). Les créanciers du Club de Paris ont dans le cadre de cet accord promis d’accorder à la Côte d’Ivoire le traitement de Cologne (annulation de 90% du stock de dette consolidée) dès que le pays aura franchi le point de décision sous l’Initiative PPTE.

Le point de décision de l’Initiative PPTE n’est pas atteint comme prévu en fin septembre 2002, en raison du déclenchement de la rébellion armée qui a rapidement annexé les régions centre, nord et ouest du pays. En avril 2003, les principaux bailleurs de fonds suspendent tous les décaissements des prêts et dons en faveur de la Côte d’Ivoire.

Malgré les difficultés récurrentes de trésorerie, l’Etat a continué à faire face à  ses engagements au titre du Budget de fonctionnement  et à honorer le service de sa dette envers les principaux bailleurs de fonds jusqu’à la mi-2004, bien que ces transferts restent sans contrepartie.

A la faveur de la normalisation progressive de la situation socio politique liée à la signature de l’Accord Politique de Ouagadougou en mars 2007, la Côte d’Ivoire est parvenue à exécuter deux programmes d’Aide d’Urgence Post Conflit (AUPC), conclus respectivement en août 2007 et avril 2008 avec le Fonds Monétaire International (FMI). La bonne exécution de ces programmes et l’apurement des arriérés envers respectivement la Banque Mondiale en avril 2008 et la Banque Africaine de Développement en mars 2009, ont permis l’adoption par le Conseil d’Administration du FMI le 27 mars 2009, d’un programme économique et financier sur la période 2009/2011 soutenu par la Facilité pour la  Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC), assorti de l’obtention du point de décision de l’Initiative PPTE en faveur de la Côte d’Ivoire le 31 mars 2009.

Ce nouveau programme économique et financier  triennal a ouvert la voie à la Côte d’Ivoire pour engager les négociations avec le Club de Paris et le Club de Londres en vue de l’allègement de sa dette bilatérale d’une part, et de sa dette commerciale d’autre part. Conformément au principe de partage égalitaire du fardeau de la dette entre les créanciers comme le prévoit l’Initiative PPTE, la Côte d’Ivoire a obtenu les niveaux d’allègement de dette suivants de la part de ses créanciers pendant la période intérimaire de l’Initiative PPTE, période qui court entre le point de décision et le point d’achèvement.

Au Club de Paris, les négociations des 14 et 15 mai 2009 ont abouti à un accord de rééchelonnement de dette comportant une annulation de dette d’un montant au moins équivalant à 435 milliards de FCFA et le rééchelonnement de 1820 milliards de FCFA sur un stock total de dette estimé à 2255 milliards de FCFA. Ce stock comprenait  les échéances  tombant du 1er avril 2010 au 31 mars 2012 et les arriérés accumulés au 31 mars 2009.

Au Club de Londres, les négociations débutées en octobre 2008 sont achevées le 31 mars 2010 par une opération d’échange des titres Brady émis en 1998 contre un nouveau titre obligataire libellé en dollar US, d’une durée de 23 ans dont 6 ans de différé, assorti d’un taux d’intérêt fixe et faible. Cette restructuration de dette qui s’inscrit dans le cadre de l’Initiative d’allègement de la dette en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) a permis à la Côte d'Ivoire d’obtenir l’annulation de 287 milliards de FCFA de dette sur un stock de dette estimé à 1435 milliards de FCFA  au 31 décembre 2009.

S’inscrivant dans la logique du partage du fardeau de la dette, certains créanciers tels que la Banque Européenne d’Investissement, le Fonds de l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole ont délivré leur allègement de dette  sur la période intérimaire de l’Initiative PPTE. Au total, c’est au moins 720 milliards de FCFA  de dette qui sont annulés en 2010. 

 

  • III.2.2 L’ATTEINTE DU POINT D’ACHEVEMENT DE L’IPPTE ET REFLEXIONS

 

La Côte d’Ivoire a mis en œuvre les réformes exigées et a finalisé l’élaboration de son Document  de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) en 2010.L’atteinte du point d’achèvement qui était prévue avant la fin 2010 a été reportée en raison de la crise  post-électorale et la guerre qui en a découlé. A la fin juin 2012, la Communauté Financière Internationale a enfin accordé à la Côte d’Ivoire, l’atteinte du point d’achèvement de l’Initiative PPTE.

Sur un stock de dette de 6500 milliards de FCFA, l’allègement global de dette attendu est estimé à 2500 milliards de FCFA dont 1500 milliards de FCFA au titre du PPTE et 1000 milliards de FCFA au titre de l’Initiative d’Allègement de la Dette Multilatérale (IADM). 

De ce montant global d’allègement de dette attendu, il convient de déduire les 800 milliards de FCFA d’annulation de dette déjà reçus à travers les dons d’apurement des arriérés octroyés à la Côte d’Ivoire par les bailleurs de fonds multilatéraux (Banque Mondiale et la Banque Africaine de Développement ) d’une part et d’autre part, les annulations de dette consenties par le Club de Paris du 15 mai 2009 et  la restructuration de la dette Brady du 31 Mars 2010.

Le bénéfice de l’annulation du solde restant estimé à 1700 milliards de FCFA dépendra de la capacité du pays à poursuivre sainement les  réformes engagées depuis 2002 pour assainir les finances publiques, les réformes dans le secteur du cacao, les réformes dans le secteur énergétique ; mais aussi et surtout engager des réformes pour relance de la croissance et la réduction de la pauvreté dans les secteurs sensibles tels que la santé, l’éducation.

Si les annulations de dette sont immédiates pour les autres créanciers, elles sont différées pour la France à travers le contrat de Désendettement et Développement communément appelé C2D conclu avec le pays débiteur sur une durée renouvelable de 15 ans. La France qui détient près de la moitié du stock de la dette extérieure de la Côte d’Ivoire, environ  3000 milliards de FCFA, aura un rôle important à jouer dans la réussite du processus d’annulation de dette. Le stock de dette due  à la France sera traité dans le cadre du contrat de C2D qui prévoit le reversement au pays débiteur sur un compte spécial, d’une partie du montant de dette remboursée à l’échéance. Le montant ainsi reversé au pays débiteur sert à financer des projets identifiés, sélectionnés et retenus d’accord parties. La mise en œuvre du C2D reste tributaire de la capacité de paiement du pays en ce qu’il exerce les mêmes pressions sur le Budget de l’Etat qu’auparavant.

Par ailleurs, le service de la dette issu du  stock de dette non traité par l’IPPTE et estimé à 4000 milliards de FCFA devra être remboursé à bonne date étant donné que la dette est redevenue supportable selon les projections à long terme réalisées conjointement par les équipes du Fonds Monétaire International et l’Administration ivoirienne. C’est à ce niveau que se situera le problème essentiel. En effet, il faudra faire suffisamment de croissance  pour couvrir le service de la dette extérieure et celui de la dette intérieure galopante, depuis que l’Etat se refinance sur le marché des capitaux. Cette dette intérieure a, elle aussi, atteint 2000 milliards de FCFA. 


CONCLUSION

 

Si le processus PPTE a commencé en 1998 sous le Président BEDIE dont le gouvernement a ardemment travaillé pour obtenir l’éligibilité de la Côte d’Ivoire à l’Initiative PPTE, il est largement revenu au gouvernement du Président Laurent GBAGBO, d’élaborer les réformes structurelles et de remplir toutes les conditionnalités économiques et financières, de 2001 à 2010, malgré la crise politico-militaire que traversait le pays, afin que le pays puisse enfin bénéficier en juin 2012, de l’annulation de dette tant espérée.

A ce stade, il convient de reconnaître l’engagement et le soutien total  du Président Laurent GBAGBO aux actes de gestion  posés par les cadres de l’administration des finances et des autres structures de l’Etat sur la voie du PPTE. Il faudrait aussi apprécier à sa juste valeur, la contribution des organisations de la Société Civile de la Côte d’Ivoire pour leur contribution très constructive dans le processus de l’élaboration et la finalisation du Document de Stratégie de Lutte contre la Pauvreté (DSRP).

Il faut également saluer les différents ministres des économies et des finances qui ont conduit ce projet depuis le gouvernement BEDIE et  notamment le ministre d’Etat  Paul Antoine BOHOUN BOUABRE qui l’a piloté dans les pires des conditions, mais qui ne verra malheusement pas sa finalisation.

Il faut également rendre hommage à tous les fonctionnaires et agents de l’Etat toutes catégories confondues du ministère de l’Economie et des Finances, qui ont consenti d’énormes sacrifices pour supporter la pression liée à  la mise en œuvre de ce projet.

Enfin, tout le mérite revient a la population ivoirienne qui a tant souffert et à qui l’on promet une pluie de milliards  qui  s’avère être en fin de compte  des milliards issus  des ressources PPTE pour apporter une solution immédiate à tous leurs problèmes quotidiens, notamment, la cherté de la vie, dégradation avancée du système de santé, blocage du système éducatif dans le supérieur, insécurité galopante etc.… Il convient de dire que le PPTE n’est pas la panacée au regard de l’expérience des pays qui ont déjà bénéficié de l’allègement de dette. Citons au passage les cas du Mali et  du Cameroun qui ont des difficultés à mettre en œuvre le C2D et qui ne peuvent de ce fait bénéficier des ressources d’allègement de la dette.

Le point d’achèvement aurait pu être atteint bien plutôt par la Côte d’Ivoire.

v  Déjà sous le règne de BEDIE  

v  Ensuite, dés les premières années de la présidence du Président LAURENT GBAGBO

Mais le coup d’état  de 1999, celui de septembre 2002 mué en rébellion, la guerre inutile livrée à la Côte d’Ivoire depuis 2010 ont empêchés chaque fois notre pays d’atteindre le point d’achèvement. Or il est constant que dans l’opinion majoritaire de la cote d’ivoire, les tenants actuels de la Cote d’Ivoire ne sont pas loin de tous ces mauvais coups. Par ailleurs, il faut bien se rendre compte que la dette asservit un Etat. Elle porte atteinte à sa  souveraineté. L’on se rend compte que bien qu’allégeant de façon substantielle la dette ivoirienne, l’Etat ivoirien n’a pas le libre arbitrage de la gestion des recettes qui en sont induites. A titre d’exemple, en ce qui concerne la dette française, qui constitue la part prépondérante de l’ensemble de la dette ivoirienne,  les règles de gestion prévues par le contrat C2D soumettent les autorités ivoiriennes mains et pieds liés aux autorités françaises.

Prions pour que Le Tout Puissant Dieu, inspire les tenants actuels du pouvoir afin qu’ils ne reconstituent pas, pour le plus grand malheur des générations à venir, un stock de dette encore plus élevé.

Les chiffres que les ivoiriens doivent connaitre.

Au moment où Laurent GBAGBO prend le pouvoir en 2000 le stock de la dette extérieure est de 7180 milliards de FCFA.

Au moment où il est chassé du pouvoir en 2010, malgré l’état de guerre, les 8 dernières années le stock de la dette est ramené à 6500 milliards, soit 680 milliards de remboursement de la dette colossale contractée par ses devanciers.

De 2000 à 2010, la Côte d’Ivoire a signé des prêts pour un moment de 1000 milliards, sur ce stock signé, seulement  3111 milliards de FCFA ont été effectivement décaissés  au profit de la Côte d’Ivoire, ce montant encaissé  fait partie des 6500 milliards. Sur le montant des prêts signé il en reste donc 689 milliards. Ces sommes doivent être décaissées en fin 2010 au point d’achèvement. C’est ce montant qui fait rêver les tenants du pouvoir actuel. Voilà l’origine des pluies de milliards annoncés.

Les ivoiriens sont maintenant situés sur qui a inlassablement œuvré pour l’annulation de leur dette. Même la haine qu’on ressent pour son adversaire ne peut empêcher de reconnaître ses mérites. Rendons à GBAGBO ce qui est à GBAGBO.  



Le Ministre Koné Katinan Justin


Administrateur des Services Financiers

Ancien Ministre délégué au Budget

Porte-parole du Président Laurent GBAGBO

lundi, 09 juillet 2012

VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME EN COTE D'IVOIRE - SERAPHIN DJAKI KOUDOU: «LE REGIME OUATTARA TORTURE: J'EN SUIS LA PREUVE VIVANTE!»

         

                           

côte d'ivoire,nouveau courier n°559 du lundi 09 juillet 2012,www.nouveaucourrier.info,violation des droits de l’homme en côte d’ivoire,séraphin djaki koudou,‘‘le régime ouattara torture : j’en suis la preuve vivante !’’,propos recueillis par théophile kouamouo

Séraphin Koudou a décidé de témoigner à visage découvert


Le Nouveau Courrier publie aujourd’hui le témoignage particulièrement poignant et les photos de Séraphin Djaki Koudou, qui ose parler à visage découvert. Et raconte les méthodes de torture particulièrement violentes du régime Ouattara qui datent de son avènement, en avril 2011.


Cela fait plusieurs semaines qu’une partie de la presse ivoirienne tente d’alerter l’opinion nationale et internationale sur une affreuse réalité du régime Ouattara que les associations de défense des droits de l’Homme refusent de voir : la torture, qui se pratique aujourd’hui à un rythme industriel, et qui est devenue un élément de domestication mentale de tout un pays. Face aux dénégations de la presse du régime, qui fait cyniquement passer les témoignages concordants sur le caractère massif et préoccupant de ces pratiques pour des «films d’horreur» fabriqués par le FPI, Le Nouveau Courrier rend public aujourd’hui un témoignage d’une importance capitale.

Premièrement, parce qu’il permet de faire un lien entre la manière violente par laquelle Alassane Ouattara a pris le pouvoir et sa pratique quotidienne de ce pouvoir-là.

Deuxièmement, parce que la victime qui se confie à nous a réussi à «sauver» des photographies qui ne laissent pas la place au doute sur la gravité des sévices subis.

Troisièmement, parce que l’histoire de Séraphin Djaki Koudou, qui prend le risque de témoigner à visage découvert, montre également le comportement pour le moins étrange des organisations internationales, plus soucieuses de protéger le régime Ouattara que d’exercer leur mandat de manière impartiale.

Au départ, une dénonciation fallacieuse et la trahison d’un voisin de quartier…

La mésaventure de Séraphin, actif sur le plan social – il a présidé un mouvement des «déguerpis» – et sur le plan politique – il a participé à la campagne électorale du président Laurent Gbagbo sans être le moins du monde impliqué dans la guerre post-électorale – commence le 28 avril 2011. Il se trouve alors vers le «terminus» de la Riviera 2, pas loin de la Résidence d’Alpha Blondy, où il attend un de ses amis qui doit l’y rejoindre. Il est assis non loin d’une cabine téléphonique gérée par un jeune homme auprès duquel il a ses habitudes. Tout à coup, un véhicule 4X4 passe. Puis un deuxième où se trouve quelqu’un qui le désigne du doigt. Puis un troisième, qui dépasse le deuxième. Deux voitures s’arrêtent. «Tu me connais non ? Tu me connais non ?», éructe celui qui le désignait du doigt de l’intérieur d’un des véhicules, et qui en est sorti. «Tu me connais à Abobo, non ?», précise l’accusateur. Séraphin organise sa défense, en notant qu’il vit à la Riviera 2 depuis longtemps et qu’il n’est donc pas d’Abobo. Mais il se souvient bien de celui qui lui fait face. Séraphin vivait à la cité universitaire d’Abobo 1 quand il était étudiant. C’est à Abobo qu’il a battu campagne pour le candidat Laurent Gbagbo, aux côtés de la Première Dame Simone Ehivet Gbagbo. Et il a eu maille à partir avec des éléments fanatisés du camp Ouattara, bien décidés à créer un climat de terreur dans les quartiers où ils étaient majoritaires, pour dissuader les électeurs de Gbagbo de s’aventurer dans les bureaux de vote. 

Le 28 avril 2011, c’est un de ces jeunes du RDR bien décidés à empêcher par tous les moyens les sympathisants LMP de voter qui se retrouve face à lui… à la Riviera 2. Et qui l’accuse d’avoir«tué des gens» à Abobo «avec Simone Gbagbo».

Des accusations aussi vagues que fantaisistes auxquelles le gérant de cabine du quartier, que Séraphin considère comme son ami et dont il est un client fidèle, donne du crédit. «Sans qu’on ne lui demande rien, il a menti en disant qu’on ne me connaissait pas dans mon propre quartier. Comme pour accréditer la thèse selon laquelle je vivais à Abobo. Il a dit que c’est la première fois que je le vois, alors que tous les matins quand j’allais au travail, il me faisait des transferts de crédit. Certaines fois, quand j’étais loin du quartier, je l’appelais, il me faisait des transferts, et je payais à mon retour», se souvient Séraphin. «Beaucoup d’habitants du quartier sortaient la tête de leurs maisons et observaient ce qui se passait. Ce qui a dérangé la patrouille qui m’avait interpellé. J’ai été embarqué dans un des véhicules.»

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Ici le dos méconnaissable de Séraphin Koudou torturé avec du plastique fondu


«Hé, les gars, il s’appelle Koudou hein…»

Le véhicule prend le chemin d’Abobo. «En chemin, mon dénonciateur prétend que j’ai tué ses soeurs et que j’ai volé leurs portables. Je fais remarquer qu’il est étrange que quelqu’un dont les soeurs ont été tuées mette leurs morts sur le même plan qu’une affaire de téléphones mobiles, et j’explique que ce qu’il raconte n’est pas crédible. Parmi les membres de l’équipée qui me séquestre, je connais deux personnes. Un jeune Nigérian nommé Venance, qui est un des syndicalistes qui font payer des jetons aux chauffeurs des gares de wôrô-wôrô et de gbakas. Il y a là également un ancien loubard du PDCI, surnommé YulBrynner et dont le groupe de voyous s’appelait Gestapo. A un moment donné, je pense pouvoir m’en sortir. Quand on arrive à la station Petro-Ivoire d’Angré, mes geôliers s’apprêtent à me libérer au point de me faire descendre du véhicule. Mais l’un des leurs voit que j’ai un paquet de cigarettes. Il me demande une cigarette. Quand je sors le paquet pour la lui donner, il voit que j’ai un billet de 10 000 FCFA. Les gars me fouillent, et prennent tout mon argent. 86 000 FCFA. Ils tombent sur mon portefeuille, dans lequel se trouve ma carte électorale. Sur laquelle mon nom est inscrit.

«Hé le gars-là s’appelle Koudou hein! C’est un gars de Gbagbo», dit l’un d’entre eux, ce qui excite tout le monde. A cause de mon patronyme, on me remet dans le véhicule. Je continue la route vers Abobo. Nous arrivons dans un secteur du quartier Habitat qui s’appelle SOS.»

«Une cour qui empeste la mort, comme si on y avait entassé de la viande pourrie»

L’équipée arrive dans une résidence qui a été transformée en «base» FRCI. «On me fait asseoir. On me pose des questions banales. Je m’évertue à m’expliquer sur mon innocence. Mais je me rends compte que personne n’écoute ce que j’ai à dire. Je parle à quelqu’un, mais je n’ai même pas encore fini qu’il s’en va. Un véhicule arrive. C’est celui du chef «militaire» qui dirige cette base. Il demande des explications sur mon identité. Ses hommes disent que je suis un milicien de Gbagbo et qu’ils vont «m’accompagner », c’est-à-dire m’exécuter. Le chef se met à rire, l’air de rien, comme si c’était une pratique routinière. On m’amène à Abobo- Derrière-Rails, dans une grande cour fermée. Une cour qui empeste la mort, comme si l’on avait entassé de la viande pourrie là-bas. C’est là que la torture a commencé. Ils m’ont tabassé, tabassé, tabassé. J’étais couché sur le gravier. Ils organisaient des concours. Qui peut se tenir en équilibre en se mettant debout au-dessus de ma tête le plus longtemps avec des Rangers au pied ? Ce qui va me sauver, c’est que leur chef arrive. Et m’adresse la parole : «C’est toi le milicien- là ?» Je réponds mais personne n’écoute. Ils rient entre eux. Et à un moment donné, comme par miracle, le chef m’écoute un peu plus. J’essaie de me faire le plus convaincant possible. J’admets que j’ai voté Gbagbo. Je dis même que si on refait l’élection, je vais voter Gbagbo. Mais je dis que je suis loin de toute violence post-électorale. Il rappelle le chef de ceux qui m’ont arrêté. Et il le rabroue.»

«Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaise en plastique sur mon dos… mes ongles ont été arrachés un à un»

Séraphin croit son martyre terminé. Mais l’équipe qui l’a pris à la Riviera 2 le ramène dans la villa du quartier SOS. «De 23 heures à 4 heures du matin, j’ai été tabassé, torturé au delà de ce que l’on peut imaginer. Mes bourreaux enflammaient des pieds de chaises en plastique pour me brûler le dos, qu’ils frottent à l’aide d’un bâton. Les ongles de mes orteils ont été arrachés un à un. Pourquoi tout ça ? Pour me faire avouer, devant leur magnétophone, que j’ai été formé par le colonel Boniface Konan, qui nous donnait soi-disant 5 000 FCFA par jour, etc.

J’ai une entaille sur la tête qui a «fait» cinq points de suture. Quand le chef arrive, les gars lui expliquent que j’ai avoué que j’étais un élément de Konan. Le chef en question demande qu’on aille me chercher. Mes tortionnaires m’ont au préalable nettoyé de mon sang. Quand le chef a fini de me harceler de questions, j’ôte la casquette qu’ils ont mis sur ma tête, et je montre mes orteils écorchés. Et je lui demande si c’est dans cet état qu’il m’a laissé la veille. Le chef semble convaincu par mon argumentaire», raconte Séraphin. En tout cas, il ne veut plus laisser le jeune homme à ses éléments, qui continuent de faire courir le bruit selon lequel leur supérieur hiérarchique veut empêcher la liquidation physique d’un «milicien». «A l’hôtel du Golf, un féticheur habillé en dozo orchestre un rituel macabre» A bord de la même voiture que «le chef», Séraphin se retrouve à l’hôtel du Golf où son drôle de protecteur a une réunion. Le «chef» le confie à un élément qui se trouve sur les lieux. «Le gars qui est là, garde le pour moi !»

Séraphin est conduit dans un lieu d’incarcération pour «pro-Gbagbo» de l’hôtel du Golf.

«Dans cette salle où il y avait environ trente personnes, j’ai trouvé des jeunes qui, s’ils sont encore en vie, c’est qu’ils sont devenus fous. Tu vois quelqu’un qui reste prostré, dans la même position, pendant de longues heures. Et qui ne sort de son silence que pour tenir des propos incohérents. Des phrases comme «tout le monde à gauche, tout le monde à droite» répétées machinalement. Un événement va me frapper là-bas à l’hôtel du Golf. Un gars dit qu’il a soif. Il y a un cadavre qui flotte dans de l’eau stagnante. Et on puise «l’eau du corps» et on le lui donne.

C’est un féticheur habillé en dozo qui orchestre ce rituel macabre.

Il y a aussi quelque chose qu’un certain F. m’a expliqué. Je ne l’ai pas vécu, mais c’est crédible. Selon ce qu’il m’a expliqué, les gens du Golf ont exigé des jeunes arrêtés et retenus à l’hôtel du Golf de faire des témoignages fabriqués pour accabler Gbagbo et ses hommes. Et ce simulacre était organisé par Guillaume Soro lui-même qui leur indiquait les questions qui allaient être posées et les réponses qu’ils  evaient donner. La promesse était claire : après leurs déclarations arrangées, ils seraient libérés. Des caméras sont venues filmer leurs faux aveux. Quand ils se trompaient dans leurs pseudo-témoignages, les cameramen – des Blancs, notamment – arrêtaient de filmer pour qu’ils fassent des corrections. Comme s’il y avait une sorte de complicité entre les cameramen et les gens du Golf.»

A la recherche d’hypothétiques caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2

Séraphin quitte le Golf en compagnie du «chef» d’Abobo qui est devenu, d’une certaine manière, son protecteur. Motif officiel invoqué devant les dizaines de miliciens des FRCI qui ne comprennent pas pourquoi on ne le tue pas : il doit être le guide permettant de retrouver de prétendues caches d’armes à la Cité universitaire de la Riviera 2. «Je lui avais pourtant tout expliqué, et là il venait me parler de choses dont nous n’avions jamais parlé et dont je n’avais aucune connaissance. Comme pour lui mettre la pression, les éléments qui m’avaient torturé à Abobo sont venus pour voir ce qui adviendrait de moi», explique Séraphin. Au final, le jeune homme est conduit à la Cité universitaire de la Riviera 2 à la recherche d’hypothétiques caches d’armes. Bien entendu, il n’a aucune idée d’où peuvent se trouver des armes. La Cité est par ailleurs entièrement occupée par des éléments armés des FRCI, qui ont les moyens de la tourner et de la retourner dans tous les sens. Une fois de plus, il est torturé jusqu’à arriver au bord de l’évanouissement. Alors que «le chef» revient auprès de lui et que ses tortionnaires commencent à se désintéresser de son cas, Séraphin réunit ses dernières forces, entre dans un bâtiment de la Cité universitaire, passe par une fenêtre et réussit à s’enfuir. Il va se réfugier dans un célèbre maquis appelé «F 14», puis se cache pendant plusieurs mois à Bingerville. Au moment opportun, il quitte clandestinement la Côte d’Ivoire. Direction le Ghana, puis le Togo.

Au Togo, l’étrange comportement d’une fonctionnaire du HCR

«Quand le responsable des réfugiés ivoiriens au Togo a vu mon état, il a pris mes photos, et il a réussi à me faire obtenir un document de réfugié très rapidement. Mais une chose m’a frappé. Une certaine Nathalie, de nationalité togolaise, chargée de la protection au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), m’a donné rendez-vous dans son bureau. La première chose qu’elle m’a demandé lors de ce rendez-vous, ce sont les photos témoignant des tortures que j’ai subies. Trois ou quatre photos. Des photos où on voit mon visage tuméfié, mon dos écorché et mes ongles de les orteils arrachés. Elle me dit qu’elle va les garder, parce que quand je les ai, elles me traumatisent. Je refuse. Mais elle insiste. Elle dit qu’elle veut joindre ces photos à mon dossier. Je proteste en disant que ces photos avaient déjà été scannées pour être mises dans mon dossier. Elle continue d’insister. Je les lui prête. Deux semaines plus tard, je commence à vouloir les récupérer. Je n’arrive pas à la voir quand je vais à son bureau. Elle me fait marcher, me donne des rendez-vous à plusieurs endroits. Et chaque fois que j’arrive, elle n’est jamais là. La seule fois où je réussis à la voir, c’est un jour où j’ai rendez-vous avec quelqu’un d’autre et où je tombe par hasard sur elle. Elle affirme qu’elle ne sait plus où elle a mis mes photos, et feint de les chercher dans son bureau. Je comprends son jeu. Heureusement que la personne qui les avait prises après mes mésaventures avait gardé certaines d’entre elles dans son appareil photo. Il me les a envoyées par courrier électronique. C’est de cette manière-là que je les ai sauvées», explique Séraphin. Qui a désormais fui le Togo, en raison de la collusion entre les régimes Gnassingbé et Ouattara, qui inquiètent les réfugiés. Quand s’achèvera donc sa fuite éperdue ? Quand pourra-t-il rejoindre un Etat de droit, où les nervis du régime ivoirien ne pourront pas lui faire la peau, le faire taire à jamais ? «Si je suis vivant, c’est vraiment que Dieu l’a voulu. Je Lui fais confiance», répète inlassablement Séraphin.

 


Propos recueillis par Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER 

dimanche, 08 juillet 2012

PDCI-RDR: L'EPREUVE DU FONCIER RURAL

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La réunion du bureau politique du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) du 2 juin 2012 a été sanctionnée par un  communiqué qui a fait deux recommandations importantes : « la mise en œuvre d’une politique de l’immigration qui en assure le contrôle et la régularité et favorise l’intégration régionale » ainsi que « la gestion et l’exploitation rationnelle des terres agricoles … et l’application effective de la loi de 1998 sur le foncier rural ».

Depuis la publication de ce communiqué, les supputations vont bon train. Et au sein du Rassemblement des Républicains (RDR), l’allié principal du PDCI au sein du RHDP, certains n’ont pas hésité à crier à la trahison, y percevant, les signes d’une fracture probable.

Les divergences sont en effet profondes. Qu’il suffise de rappeler que l’immigration et le foncier rural font partie des sujets qui ont permis à Ouattara et au RDR d’entretenir la fronde contre l’ennemi de l’époque (le Président Bédié) alors au pouvoir. L’ère Bédié (1993-1999) avait en effet été marquée par des lois emblématiques qui, pour  l’essentiel, portaient sur trois points : la suppression du vote des étrangers, l’adoption de conditions d’éligibilité plus contraignantes à la Présidence de la République et l’adoption d’une loi sur le foncier rural en réservant la propriété aux nationaux. Qualifiées d’« ivoiritaires » par le camp Ouattara, lesdites lois avaient fait l’objet de vives critiques, dans une campagne de mobilisation sans précédent de la presse et l’opinion publique nationales et internationales.

Et pourtant, à l’occasion de rencontres de conciliation (forum pour la réconciliation nationale, rencontre des quatre grands leaders, table ronde de Linas Marcoussis), ces lois avaient fait l’objet d’une approbation quasi unanime. Le summum aura été la Table ronde de Linas Marcoussis qui, après s’être livrée à un diagnostic du système juridique ivoirien, a trouvé que les textes tant critiqués étaient soit de référence, soit ouvert et libéral, soit encore constituait un progrès significatif.

C’est pourquoi ces rencontres n’ont jamais préconisé l’abrogation des dites lois. Dans un souci d’apaisement, elles ont néanmoins dégagé des solutions consensuelles : sensibilisation pour une meilleure connaissance de la loi, identification des problèmes en vue de leur apporter des solutions, modifications législatives pour une reconnaissance de certains droits acquis, adoption de mesures visant à combler les lacunes législatives et correction des pratiques administratives.

Les recommandations récentes du PDCI semblent s’inscrire dans la logique de ces solutions, envisageables dans le contexte de personnes dont l’ignorance a conduit parfois à une non sollicitation de certains droits ou à suivre des procédures non légales pour exploiter la terre. De même, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’innove pas. Si l’on s’en tient à son rapport final, il est demeuré dans les lieux communs, en préconisant par exemple « le positionnement du droit au cœur de la question foncière » ainsi que « la libération des terres illégalement occupées dans les forêts classées, parcs, réserves et aires protégées ».

La faiblesse principale de ces récentes propositions réside dans le fait qu’elles ne se semblent pas prendre en compte l’évolution fondamentale intervenue dans le domaine foncier, pourtant perçue par des députés lors de la récente « mission parlementaire à l’ouest ». Car le contexte et la nature des problèmes ayant changé, les solutions devraient s’adapter.

Des colons burkinabè ont envahi l’ouest

En effet, la question foncière rurale ne doit plus être envisagée dans les seuls termes d’immigrants ayant cultivé des portions de terre et qui ont des problèmes divers avec leurs hôtes propriétaires terriens. Un phénomène nouveau s’est introduit, consécutif à l’invasion de l’ouest de la Côte d’Ivoire par des colonies de peuplement et d’exploitation en provenance du Burkina Faso dans leur majorité. Des convois entiers de burkinabè s’y sont installés de force soit dans des forêts classées, soit dans des forêts et plantations appartenant à des populations autochtones à la suite d’exactions diverses, dont des assassinats.

Ces colons se sont installés au bénéfice de la rébellion dont ils ont été des acteurs et depuis l’installation de Ouattara au pouvoir. Leur occupation se conçoit comme une récompense pour service rendu à la rébellion qui a porté Ouattara au pouvoir, un tribut pour d’ex-combattants.

Ces colons sont armés au même titre que les populations étrangères installées dans la zone depuis longtemps. Ils sont en outre protégés par une armée de miliciens bien équipée et installée par la rébellion et qui continue de régner en seigneurs sous le commandement d’Amandè Ouérémi et de Issiaka Tiendrébéogo. Parmi eux, les dozos exploitent des parcelles de forêt où ils se rendent toujours avec leur fusil en bandoulière. Les FRCI (armée nationale sous le régime Ouattara) leur apportent tout l’appui nécessaire dans leur mission de sécurisation de l’ouest, en terrorisant les jeunes Wê, accusés de d’entretenir et de cacher des miliciens pro-Gbagbo. La  connivence entre les « seigneurs » burkinabè et le pouvoir actuel pour laisser l’ouest sous l’administration des envahisseurs ne fait l’ombre d’aucun doute.

L’installation des colons s’accompagne d’une consignation au village ou d’une contrainte à l’exil pour les populations autochtones. Pis, elles sont souvent assassinées pour faire place aux nouveaux arrivants. Commencée dès 2002, l’extermination méthodique des Wê, population autochtone, a connu des pics en 2005 avec le Massacre de petit Duekoué et Guitrozon et le 29 mars 2011 à Duekoué-carrefour où il a été dénombré près d’un millier de morts, dévoilant une politique bien pensée et exécutée froidement. Il y a des raisons de penser que ces faits sont constitutifs du crime  de génocide. Mais il n’y a pas que le peuple wê qui est victime de cette politique d’expropriation et d’extermination. La population baoulé installée dans la zone en subit les affres.

La question se complexifie davantage avec l’attribution de cartes nationales d’identité à ces nouveaux colons et anciens immigrants  ayant permis leur participation au  vote lors de la présidentielle de 2010. Le chiffre de trois millions est avancé. Et ceux qui n’en ont pas encore  revendiquent le précieux sésame comme le gage d’une appropriation durable ou définitive de la terre.

Ainsi, la triptyque Immigration-nationalité-foncier rural se trouve entremêlée sur un terreau électoral pour offrir un cocktail des plus explosifs.

Le séminaire gouvernemental ne préconise pas l’application de la loi foncière de 1998

Devant l’ampleur du phénomène, les analystes, les leaders politiques de l’ouest, tout comme des partis politiques comme le PDCI n’hésitent à exhiber la loi foncière de 1998 comme une solution. Votée à l’unanimité des partis représentés (FPI, PDCI, RDR) à l’hémicycle à l’époque après une tournée de consultation dans toutes les régions de Côte d’Ivoire, elle a été passée au tamis de la Table ronde de Linas Marcoussis qui n’a trouvé à redire que sur une seule disposition (l’article 26) qui a du reste été modifiée en 2004 dans le sens préconisé. Elle présente l’avantage de faire référence aux droits coutumiers pour fonder l’appropriation foncière originelle, tout en traçant un cadre juridique de libre disposition ultérieure.

Mais, elle risque de devenir inapplicable à l’ouest du fait de la politique génocidaire qui y a cours. Bientôt, il risque de ne plus avoir de wê susceptibles de revendiquer un quelconque droit coutumier du fait de  la disparition programmée de ce groupe.

Du reste, même si la non application de la loi foncière de 1998 a été un sujet de préoccupation pour les participants, le séminaire gouvernemental du 25 juin 2012 n’a pas recommandé formellement sa mise en œuvre. Aucun analyste sérieux de la situation politico-foncière ivoirienne ne peut prétendre qu’il s’agit d’un simple oubli, puisque des initiatives suscitées par le pouvoir agissent dans l’ombre pour faire accepter l’idée de son abrogation pure et simple et son remplacement par une autre.

Des questions connexes

Mais quoi qu’il en soit du sort futur de cette loi, elle n’avait pas vocation à résoudre certains problèmes connexes auxquels il faudrait cependant s’attaquer. Peut-on laisser longtemps prospérer cette population en armes à l’ouest de la Côte d’Ivoire sans que cette situation n’incite les populations des autres parties du territoire à en faire de même ? Pense-t-on au bouleversement démographique qui pourrait survenir à l’ouest du fait de la présence burkinabè que l’on veut imposer vaille que vaille à la Côte d'Ivoire, et à laquelle l’on veut attribuer non seulement les meilleurs terres de notre pays, mais aussi une citoyenneté ? Déjà, le jeu démocratique a été faussé lors de la présidentielle par  l’inscription illégale de millions de burkinabè sur la liste électorale, rétablissant du même coup, de manière ignoble le vote étranger. Qu’en sera-t-il demain lorsque le fait colonial burkinabè se sera consolidé ? Car, réaffirmons-le, il ne s’agit pas d’une immigration ordinaire qui a vocation à se laisser contrôler et qu’il faudrait chercher à régulariser. Quand va-t-on mettre fin au supplice des populations de l’ouest et à leur extermination ? Quelle action à l’encontre des génocidaires wê ?

En définitive, il ne faut pas être un démiurge pour noter l’importance des recommandations du bureau politique du PDCI. Marqueraient-elles le point de départ d’une rupture avec son allié de circonstance ? Pour autant, le PDCI va-t-il abandonner la langue de bois pour poser le vrai problème de la colonisation burkinabè rampante à l’ouest ? M. Kablan Ducan du PDCI et ministre des affaires étrangères peut-il solliciter une intervention internationale au Mali contre Ançar dine et autre MLNA et feindre d’ignorer l’occupation de l’ouest de son pays ? Le PDCI peut-il constater ce phénomène et continuer à participer à ce gouvernement sans se rendre complice de cette aventure coloniale d’un autre âge ? On n’imagine en effet difficilement que le parti de l’émancipation politique de la Côte d’Ivoire soit le fossoyeur de l’indépendance en bradant le pays pour quelques postes ministériels et quelques caisses de champagne.

 

Kouakou Edmond

Docteur en droit, Consultant 

COTE D'IVOIRE: LA REPUBLIQUE DES MENTEURS

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Après le retentissant mensonge d’Etat d’Alassane Dramane Ouattara à propos de l’arrestation imaginaire de Justin Koné Katinan au Cameroun et des contacts imaginaires de Ouattara avec le Président Paul Biya à ce sujet, c’est au tour de Guillaume Soro de servir un des plus gros mensonges à la Côte d’Ivoire.

A la suite de sa visite controversée au Président de l’Assemblée Nationale Française Claude Bartolone, le journal L’INTER dans son édition N°4229 du MERCREDI 04 JUILLET 2012 - en Page 14 a écrit ceci :

SORO ET BARTOLONE : Comment les 2 hommes (se sont connus: d’Archives)

''il faut savoir que Claude Bartolone et Guillaume Soro se connaissent depuis longtemps. C'est le président du Parlement ivoirien lui-même qui le révèle sur son blog officiel. «J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'Unef (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci (Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire, ndlr). Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins», a révélé Guillaume Soro. On l'imagine, le président du Parlement ivoirien devait être très à l'aise face à son ami''

Alors quelque chose a fait tilt dans notre tête. Claude Bartolone est né en 1951. Soro est né en 1972 .Comment Bartolone qui avait donc 21 ans et fini ses études alors que Soro n’était pas encore né peut il partager des souvenirs estudiantins avec Soro ???

Nous avons fait des recherches. Voici ce que nous avons trouvé :

Enfance et études de Bartolone …

Cadre de l'industrie pharmaceutique, Claude Bartolone est né le 29 juillet 1951 à Tunis sous le Protectorat français de Tunisie à, dans une famille d'ouvriers agricoles d'origine sicilienne par son père, qui a émigré en Tunisie pour fuir le fascisme, et maltaise par sa mère. La famille Bartolone et leurs trois enfants viennent s'installer en France en 1960 au Pré-Saint-Gervais où ils vivent dans la cité Jean-Jaurès. Claude Bartolone fait sa scolarité au collège Anatole-France et, alors qu'il doit s'inscrire en CAP de mécanique, décide de poursuivre ses études au lycée Turgot à Paris sur les conseils de sa professeur de français qui convainc ses parents, en 1965, des capacités de leur enfant. Après son baccalauréat, en 1968 Claude Bartolone s'inscrit à l'université Pierre-et-Marie-Curie, à Paris, où il obtient une licence de mathématiques en 1971 (à cette date Soro n’était pas encore né)

Les débuts de Bartolone dans la vie politique

Claude Bartolone devient membre du Parti socialiste en 1974 (Soro avait 2 ans) après la défaite de François Mitterrand à l'élection présidentielle de 1974. Il est élu pour la première fois en 1979 comme conseiller général du département 3. (Soro avait 7 ans)

Ancien cadre commercial de l’industrie pharmaceutique, il est élu député en 1981(Soro avait 9 ans) à la surprise générale à la faveur de la vague rose des législatives de 1981. Il est réélu, sans discontinuer et pour la dernière fois le 17 juin 2012, pour la XIVe législature (2012-2017), dans la 9ème circonscription de Seine-Saint-Denis, composée du canton de Bagnolet, des Lilas, du canton de Pantin-Est et de Pantin-Ouest. Il fait partie du groupe socialiste 6.

GUILLAUME SORO a été secrétaire général de la FESCI de 1995 à 1998.

A cette date Bartolone était :

• Du 19 juin 1995 au 9 mars 2008 : membre du conseil municipal du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 19 juin 1995 au 25 octobre 1995 : adjoint au maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 26 octobre 1995 à 1998 : maire du Pré-Saint-Gervais (Seine-Saint-Denis) 
• Du 1er juin 1997 au 30 avril 1998 : député de Seine-Saint-Denis
• Du 16 mars 1998 au 28 juin 2002 : membre du conseil régional d'Île-de-France 
• Du 30 mars 1998 au 5 mai 2002 : ministre délégué à la ville du gouvernement de Lionel Jospin.


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Voici donc les faits. Vous en savez désormais un peu plus sur la décence morale des deux personnalités qui dirigent la Cote d’ivoire ; Le chef de l’état Alassane Dramane Ouattara et son dauphin constitutionnel Guillaume Kigbafori Soro .

Les faits on ne le dira jamais assez sont sacrés et les commentaires sont libres …. Dans l’attente du prochain mensonge d’État !!!

Steve Beko

Le mensonge mis à nu de Soro Guillaume vient d'être corrigé sur son blog dans la version suivante

"J'ai été aussi heureux de retrouver un vieux camarade militant, qui fut Président de l'UNEF (union nationale des étudiants de France) quand moi-même je dirigeais la Fesci. Nous nous sommes connus à l'époque glorieuse de nos deux mouvements estudiantins. Mon ami et frère Guillaume Houzel était son adjoint à l'Unef. Il s'agit du député Amirshahi Pouria. Il a participé à l'audience avec M. Claude Bartolone. C'est peu dire que d’affirmer que c'est avec joie que je l'ai revu. "

Nous attendons le rectificatif du journal l’Inter.

 

Source: FACEBOOK Steve Beko 

samedi, 07 juillet 2012

LE COMMANDANT INVISIBLE RACONTE LA BATAILLE D'ABIDJAN


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Nouvel extrait du livre de Germain Séhoué

Au fil des jours et des lectures n°147 : Un livre explosif


Le « commandant invisible », Séméfia Sékou, est un des chefs de guerre utilisés pendant une décennie pour mener la guerre civile, organiser la partition de la Côte d’Ivoire puis faire tomber le régime ivoirien et enfin capturer le président Gbagbo. Repenti et reconnaissant tous les massacres perpétés pas ses hommes, il est aujourd’hui en prison. Il se déclare prêt à témoigner en faveur de Laurent Gbagbo devant la Cour Pénale internationale.

Le journaliste ivoirien Germain Séhoué a réussi à communiquer avec lui avec son téléphone portable et a mis en forme ces entretiens qui on été récemment publiés.

Nous avons sélectionné les quelques extraits qui suivent pour rappeler le rôle de la France dans le renversement du régime ivoirien  mais surtout pour souligner celui de l’ONU et de l’ONUCI sa force sur le terrain.

En effet si le « commandant invisible » dit vrai  l’ONU s’est totalement déconsidérée et son comportement honteux devrait mériter des sanctions exemplaires au plus haut niveau de l’organisation. D’autre part tout gouvernement français qui prétendrait  s’abriter derrière cette institution en déshérence pour justifier sa politique néocoloniale serait à passer sans hésitation par pertes et profits.

Pendant la crise postélectorale, la France et l'ONUCI ont joué un rôle majeur.

Selon le Commandant invisible, «C'est la Licorne qui nous a assez armés avec même des véhicules adaptés à la guerre et c'est l 'ONUCI qui nous transportait et nous positionnait stratégiquement sur toute la ville d'Abidjan ». Et de préciser: «L 'ONUCI a même infiltré plus de 700 de nos éléments dans son effectif afin que nous puissions circuler librement.» Et pour ce faire, l 'ONUCI a mis en congé 700 de ses casques bleus pour céder aux rebelles leurs places et leurs noms, pour le temps de la mission de faire partir Gbagbo. «Et nous utilisions les noms el les grades des soldats onusiens mis en congé payé, qui étaient rentrés en .famille pour quelque temps », révèle le sachant au téléphone. Pour lui, tout a été planifié et monté: la marche des femmes d’Abobo, l'étouffement des banques, les charniers brandis ici et là, la mort des Français à l'hôtel Novotel, celle de Philippe, l'ami de Gbagbo, à Yamoussoukro, « tous ces cas ont été des montages ».

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Bref retour sur le passé

Tout ce qui se  passe en ce moment contre le camp Gbagbo est planifié par les autorités françaises et le camp Alassane Dramane Ouattara, soutenu par les autorités onusiennes, certains chefs d’Etat  africains, amis jurés d'Alassane et de Dominique Ouattara, depuis 2005.

Pourquoi 2005 ?

2005, parce que le mandat constitutionnel de Laurent Gbagbo, en tant que Président de la République est fini cette ode là. Mais surtout 2005 parce que c'est l'année où, après le déploiement de l'Opération des Nations-unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) autorisé le 27 février 2004 par la résolution 1528 du conseil de sécurité, l'ONU s'est sérieusement introduite dans le conflit ivoirien. La main française est toujours présente. Mais pour ne pas s'attirer des critiques et se voir accusée de responsable des conséquences d’un coup d'Etat qui devrait se faire en 2005, la France a posé au camp rebelle (groupe de Ouattara), un « alibi de défense ». Il s'agit d'organiser en faveur du Rassemblement des Républicains (RDR) un cafouillage électoral. C'est pourquoi le premier rôle du pouvoir français dans cette stratégie a été de faire pression sur le Président Laurent Gbagbo, sur son parti le FPI afin que soient organisées les élections présidentielles. Et le rôle de l'ONU était d'appuyer cette pression de sorte que les élections aient lieu sans le désarmement complet des ex-rebelles pro-Ouattara. C'est pourquoi et la France et l'ONU, pendant des années, ont stressé le Président Gbagbo et les dirigeants du FPI sur ce dossier. Mais pendant longtemps, le Front populaire ivoirien a résisté et l'organisation des présidentielles sans le désarmement a été reportée à maintes reprises. Plus tard, Beugré Mambé, alors président de la Commission électorale indépendante (Cei) devrait jouer sa partition: faire avancer le dossier électoral tout en mettant en œuvre le plan frauduleux conçu pour l'arrivée de Ouattara au pouvoir. 3000 cartes d'identité et d'électeurs ont été élaborées pour être distribuées à des Burkinabé, Maliens, Guinéens, pour le camp Ouattara.

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Plus loin, à propos de la bataille d’Abidjan

Lorsque les hostilités avaient véritablement commencé, où étaient-ils?

Sachez que jamais ni Soro, ni Dramane n'ont dormi à l'Hôtel Golf durant le temps qu'ils s'étaient regroupés là-bas. Je dis bien jamais. On faisait croire aux gens qu'ils y résidaient, mais jamais ils y ont passé une nuit. A part les sociétés françaises, ils résidaient au camp de l'ONUCI de la Riviera 3, chaque matin, ils venaient au Golf par hélico.

Combien d'éléments était composé le Commando visible pendant cette guerre de 2010-2011 ?

Nous  avions 5400 hommes sur le terrain. C'est notre clan qui fut majoritaire dans cette belligérance.

Comment opériez-vous à Abobo ?

Nous avions d'abord reçu de la Licorne tous les plans, tous les repères stratégiques d'Abidjan pour pouvoir venir envahir  la ville. Elle nous avait également fourni toutes les cartes des communes d'Abidjan où les coins et recoins sont bien identifiés. Au début, c'est par le train qu'on a fait entrer petit à petit nos éléments à Abidjan. Et nous sommes allés nous installer à Bois-Sec, un petit endroit du côté de N'Dotré, à Jobo, pour former un petit camp. Et lorsque nous avons reçu les armes que la France nous avait promises, nous avons commencé à passer à l'acte, en envahissant Abobo et faisant subir des atrocités à la population pour faire peur au pouvoir. C'est là qu'on a commencé sous les consignes et ordres de l'ONUCI. C'est l'ONUCI qui nous livrait les armes, les véhicules et les moyens de combats, tout.


Germain Séhoué. Sa page FACEBOOK.


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL