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mardi, 29 mai 2012

CPI-GBAGBO: AU COEUR D'UN TOURNANT DECISIF

 

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79 pages riches et précises. La requête en incompétence de la Cour pénale internationale (CPI) rédigée et déposée par l’équipe de défense du président Laurent Gbagbo – Maître Emmanuel Altit, Maître Agathe Bahi Baroan, Maître Natacha Fauveau-Ivanovic –, malgré son caractère technique quelquefois ardu, se lit passionnément. Le sujet, bien entendu, est en lui-même d’un intérêt capital, pour les Ivoiriens et pour tous les Africains. On ne saurait le traiter par-dessus la jambe, en se contentant du prisme souvent déformant des agences de presse occidentales. Pour cette raison, et malgré le temps très court qui nous était imparti, nous avons voulu, au Nouveau Courrier, partager avec vous de très larges extraits de ce texte. Pour rendre cette lecture essentielle plus agréable, nous avons fait le choix éditorial de rassembler les extraits les plus significatifs dans des articles séparés, précédés d’un commentaire et encadrés par une titraille qui guide la lecture et permet de comprendre plus vite un certain nombre de concepts qui peuvent se noyer dans un langage juridique volontiers ésotérique. Vous avez dans les mains le résultat de notre travail. Il aurait pu être meilleur, et nous travaillerons, lors du procès qui vient, à en expliciter les moindres enjeux de la manière la plus professionnelle. A la mesure de vos attentes.  

Que retenir de la démarche des avocats du président Gbagbo ? Premièrement, elle est surprenante. Alors que l’opinion était focalisée sur la procédure de demande de liberté provisoire sur laquelle quelques informations étaient disponibles, la Défense se lance dans une vaste contre-attaque qui déroutera sans doute le Procureur, la Cour et bien entendu le régime d’Abidjan.

Collusions Ocampo-Ouattara et pratique de la torture

Plus question d’être dans une position attentiste ! En lisant ce texte, on se rend bien compte que Laurent Gbagbo ne va pas à son procès comme un mouton à l’abattoir. La meilleure défense, c’est l’attaque ! Il attaque donc. Dans une position passive durant de nombreux mois, ses avocats capitalisent désormais les nombreuses erreurs d’une accusation compromise dans ses «liaisons dangereuses» avec le régime autoritaire d’Abidjan, ce dernier ne pouvant plus compter sur la protection inconditionnelle de la France officielle.

Le camp Gbagbo met en lumière un certain nombre de faits gênants pour ses adversaires. Il décrit les différentes formes de collusion entre l’une des parties ivoiriennes (le camp Ouattara) et l’Accusation, ce qui jette une suspicion légitime sur cette dernière. Il montre que ceux qui se présentent comme le camp du Bien – la France, les Nations unies, la CPI, le régime Ouattara – se sont signalés par des violations du droit international, du droit national ivoirien, du droit international humanitaire, du statut de Rome, etc… Des violations si nombreuses et si diverses qu’on ne peut que se dire que ceux qui les ont perpétrées étaient persuadés de leur impunité.

Le récit détaillé des mauvais traitements infligés à Gbagbo, et le fait même que ces mauvais traitements soient certifiés par un médecin expert de la CPI, qui les considère comme assimilables à de la torture, place de fait le régime Ouattara, au plus haut niveau – qui peut imaginer que l’actuel maître d’Abidjan ignorait ce que ses hommes faisaient de Gbagbo ? – sur le banc des accusés. En effet, la Cour pénale internationale est très clairement compétente pour juger les actes qui relèvent de la torture. Si, en dépit de l’argumentaire juridique des avocats de Gbagbo, elle considère qu’elle a compétence pour juger les événements survenus en Côte d’Ivoire dans le cadre fixé, comment le Procureur pourra-t-il empêcher la mise en cause de Ouattara lui-même sans se discréditer durablement, alors qu’un médecin-expert «validé» par l’institution affirme que le régime d’Abidjan a torturé celui qu’il considère comme un ancien chef de l’Etat ? S’il en est ainsi du bois vert, qu’en sera-t-il du bois sec ? Si Gbagbo est soumis à de telles choses, on imagine ce que vivent, dans l’indifférence internationale, les militaires embastillés par Fofié ou les jeunes qui sont arrêtés quotidiennement à Abidjan dans un climat de rafle généralisée ?

En filigrane, le choix d'une stratégie

La stratégie du président Gbagbo apparaît d’ores et déjà. De son statut d’accusé, il a bien l’intention de passer au statut symbolique d’accusateur, décidé à démontrer au monde entier le double langage meurtrier de la «communauté internationale», en réalité de l’Occident conquérant. Il a bien l’intention d’ouvrir les yeux des Africains sur les mécanismes internationaux subtils tendant à criminaliser ceux qui tentent, même de manière imparfaite, de porter leurs voix et leurs aspirations à un monde plus équitable.

Les avocats de Gbagbo remettent-ils en cause la compétence de la Cour pénale internationale (CPI) parce qu’ils «paniquent» à la vue des «preuves» d’Ocampo ? En réalité, ils ont plutôt économisé leurs «munitions» dans le cadre d’une bataille qui s’avère longue. Et ils jouent en contre. Le 18 mai dernier, l’Accusation a abattu ses cartes principales en produisant ses preuves supposées. Elle ne peut plus rajuster sa stratégie de manière fondamentale. La Défense peut donc, sans grand risque, sortir une partie de son jeu et de son plan de bataille. Le faire avant que l’Accusation montre toutes ses cartes était fondamentalement risqué. Aujourd’hui, les choses sont différentes. Il est question de prendre l’ascendant psychologique et juridique dans la période qui nous sépare du 18 juin. Et de faire bien comprendre à l’adversaire qu’il sera mis en cause – et de la manière la plus juridiquement charpentée possible –  dans sa personnalité, dans ses pratiques scandaleuses, dans ses intentions. Dans un échange téléphonique rapide avec Le Nouveau Courrier, Maître Emmanuel Altit a dévoilé son état d’esprit. Sa requête est «sérieuse», «juridiquement fondée». «Nous avons de bonnes chances de gagner ce débat. Nous considérons que la CPI n’est pas compétente sur cette affaire. A elle de démontrer le contraire», nous a-t-il confié.

Une subtile partie de poker à la fois juridique, judiciaire, politique, psychologique, diplomatique et historique vient de commencer. Elle sera rude.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 24 mai 2012

DECLARATION DU FPI A L'OCCASION DE SA RENCONTRE AVEC LA DELEGATION DU CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU

 

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Déclaration du Front Populaire Ivoirien à l’occasion de sa rencontre avec la délégation du Conseil de Sécurité de l’ONU

(Abidjan 21 Mai 2012)

 

 

Le présent document est destiné à donner au Conseil de Sécurité de l’ONU la position du Front Populaire Ivoirien sur la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire à la date ci-dessus. Il comprend trois parties consacrées l’une au constat de la discrimination que l’ONU établit entre les nations, l’autre à la dénonciation du parti pris onusien contre Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien, et la dernière à la dictature instaurée dans notre pays depuis le 11 avril 2011. En guise de conclusion nous présentons nos conditions de sortie de crise.

1- De la discrimination des nations par l’ONU

Née au lendemain de la seconde guerre mondiale, sur les cendres de la Société des Nations (SDN), l’Organisation des Nations Unies (ONU) dans le préambule de sa charte datée du 26 juin 1945, affirme avec fermeté ce qui suit :

"Nous peuples de Nations Unies, sommes résolus, à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances à proclamer à nouveau notre foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, ainsi que des nations grandes et petites".

La Côte d’Ivoire est une petite nation africaine, ancienne colonie française devenue indépendante en 1960, qui exprime son attachement aux valeurs démocratiques reconnues à tous peuples libres notamment : le respect et la protection des libertés fondamentales tant individuelles que collectives.

Mais pendant trois décennies (1960-1990) ces libertés ont été confisquées au nom d’un parti unique imposé au peuple ivoirien avec le soutien bienveillant de la France ex tutelle coloniale. Il en sera quasiment de même pendant une autre décennie (1990-2000) même avec l’avènement proclamé du retour au multipartisme.

Il est à noter qu’au cours de ces quatre longues décennies de privations de libertés et de violations permanentes des droits de l’homme, que le peuple ivoirien a endurées, avec des exécutions sommaires dans de faux complots (1963-1964), les arrestations et détentions massives, arbitraires, ni la France, ni l’Onu n’a émis la moindre protestation et encore produit la moindre résolution pour protéger le peuple de Côte d’Ivoire et exiger que la démocratie soit instituée dans ce pays.

La France et l’Onu ont bien au contraire adoubé le régime ultralibéral liberticide mis en place sous la férule de Félix Houphouët Boigny.

L’Onu ne traite donc pas les grandes et petites nations dans l’égalité de droits des hommes et des femmes, et fonctionne donc avec un parti pris.

Pendant tout ce temps qu’il était sans soutien, et livré au règne sans partage du parti unique, le peuple ivoirien ne s’est pas résigné à son sort. Laurent Gbagbo historien, déjà dans le collimateur des dirigeants du parti unique, décide de fonder en 1982 le Front Populaire Ivoirien, un parti politique non libéral, mais socialiste et souverainiste, pour défendre les droits et libertés en vue d’une transition pacifique à la démocratie en Côte d’ivoire. Au terme de trois décennies de luttes parsemées d’embûches, arrestations, et tentatives d’assassinat des démocrates, la Côte d’Ivoire se dote d’une autre Constitution et proclame la seconde République le 1er Août 2000.

Laurent Gbagbo est élu au suffrage universel, Président de République de Côte d’Ivoire le 26 Octobre 2000.

2- Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien indésirables au pouvoir par le système onusien

Laurent Gbagbo dès après sa prestation de serment, s’emploie à mettre en œuvre son projet de société en prenant des décisions destinées à donner le pouvoir au peuple ivoirien (la décentralisation, la réforme de la filière café-cacao) à promouvoir les libertés d’expression (la loi sur la dépénalisation de la presse) libertés d’association (loi sur le financement des partis politiques), etc.

Autant de décisions qui traduisent dans les faits, son attachement et celui du Front Populaire Ivoirien aux valeurs démocratiques reconnues à tous les peuples libres conformément au préambule de la Constitution du 1er Août 2000.

Le régime de Laurent Gbagbo ne fonctionnera véritablement que pendant seulement vingt deux mois. Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, il a été attaqué violemment à l’arme lourde par des mouvements rebelles qui visaient à renverser le régime. Bilan, trois cents gendarmes tués. Le coup d’Etat échoue et se transforme en rébellion qui s’installe dans la zone centre nord ouest du pays (CNO). Que font dès lors la France et l’ONU ?

La France qui a signé des accords militaires de défense avec la Côte d’Ivoire, refuse de les appliquer pour défendre l’intégrité territoriale du pays, sous le prétexte qu’il s’agit d’une guerre entre ivoiriens. Comment le savait-elle déjà le jour même de l’agression quand le Président de la République Laurent Gbagbo a interpellé le président de la République française Jacques Chirac sur ses engagements ?

La réponse ne se fera pas attendre. La France sous le second prétexte d’évacuer ses ressortissants à Bouaké où se sont refugiés les rebelles en déroute, fait barrage pour qu’ils ne soient pas totalement défaits. Ce après quoi, les rebelles très lourdement armés, ont massacré les forces loyalistes pour prendre possession des casernes et occuper totalement avec l’appui de la France, les zones Centre Nord et Ouest du pays consacrant ainsi la partition de la Côte d’Ivoire.

Mais la France de la droite libérale ne s’arrête pas là. Après avoir sécurisé les rebelles sur le terrain, elle active la CEDEAO pour qu’elle demande au sommet d’accra du 29 septembre 2002 de déployer une force de maintien de la paix en Côte d’Ivoire, préparant ainsi l’entrée en scène de l’ONU.

Quatrièmement, cela parce que l’ONU lui reconnait, le droit de faire des projets de résolutions sur la situation dans ses ex-colonies, pourtant indépendantes et souveraines en principe, la droite française convoque à Linas Marcoussis du 15 au 23 janvier 2003 la table ronde des forces politiques ivoiriennes.

Réunissant ainsi autour de la même table les partis politiques y compris le FPI en même temps que les mouvements rebelles, la France les légitimaient du même coup, sans avoir jamais condamné ni cette rébellion, ni l’usage des armes pour la prise du pouvoir dans un Etat démocratique en violation de la Constitution ivoirienne.

Cet accord entériné par d’abord la conférence des chefs d’Etat sur la Côte d’Ivoire qui s’est tenue à Paris , les 25 et 26 janvier 2003, sera adopté in fine par le sommet de la CEDEAO à Dakar le 31 janvier 2003, et l’Union Africaine le 03 février 2003.

Tous ces organes aux ordres, permettront ainsi au Conseil de sécurité de l’ONU d’entrer en scène par sa première déclaration sur la crise ivoirienne, la résolution 1464 adoptée à sa 4700ème séance le 04 janvier 2003.

Une résolution prise six mois après le début du conflit et qui ne condamne en son point 7 que "les graves violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire intervenues en Côte d’Ivoire depuis le 19 septembre 2002" sans nommer encore moins condamner les mouvements rebelles qui sont l’auteur de ces graves violations.

Tout va se passer par la suite comme si la France et l’ONU découvraient subitement en Côte d’Ivoire les graves violations des droits de l’homme, dont elles se sont pourtant faites complices en les couvrant pendant 40 ans dans ce pays (1960-2000).

A partir de cette date l’ONU et ses forces armées agissant en Côte d’Ivoire (France et CEDEAO) s’étaient déjà disqualifiées par leur flagrante prise de position en faveur de la rébellion au détriment de Laurent Gbagbo et le Front Populaire Ivoirien indésirables au pouvoir par le système Onusien.

Nous disions système onusien, parce que l’ONU et ses démembrements sont des instruments au service du nouvel ordre mondial. Fondé sur le système libéral capitaliste et ne visant que la recherche d’énormes profits au détriment des peuples des petites nations, ce nouvel ordre mondial, qui fait fi des Etats et de leurs Constitutions, est fondamentalement anti souverainiste et anti démocratique.

Au total 43 résolutions seront prises par le Conseil de Sécurité de l’ONU pour installer méthodiquement, donc avec préméditation, l’ultra libéral Alassane Ouattara au pouvoir en Côte d’Ivoire.

De sa première résolution 1464 du 04 février 2003 prise dans sa prétendue volonté de la crise, à sa quarante et unième, la résolution 1980 du 28 avril 2011, où il se félicité de ce que le président de la Côte d’Ivoire qu’il a installé sous un déluge de bombes, le Conseil de Sécurité de l’ONU est resté dans la même posture. Ne s’inquiétant nullement de ce que pensait le peuple de Côte d’Ivoire agressé dans ses droits pour avoir élu un président indésirable par l’ONU et encore moins de ce qu’il est devenu après son éviction du pouvoir.

Et comme pour se dire, sa mission est accomplie en Côte d’Ivoire, installer un ultra libéral, en lieu et place du souverainiste Laurent Gbagbo, depuis le 28 avril 2011, seulement deux résolutions ont été produites sur la situation en Côte d’Ivoire, il s’agit de celle N° 1981 du 13 mai 2011 et la résolution 2000 du 27 juillet 2011.

Depuis ces deux dernières résolutions où il encourage le nouveau président à consolider son régime avec l’appui des forces onusiennes, de la licorne et des FRCI, l’ONU a décrété le black out sur la descente aux enfers de tous ceux qui ont œuvré pour l’avènement de la démocratie dans notre pays ; montrant ainsi par là même que la stigmatisation de Laurent Gbagbo comme dictateur, infréquentable, mauvais perdant, n’étaient que des prétextes pour l’évincer du pouvoir.

Le Front Populaire Ivoirien accuse le Conseil de Sécurité de l’ONU :

1° d’avoir pris des résolutions sur la base d’informations non fondées et donc fausses ;

2° d’avoir fait de multiples pressions pour contraindre le président Laurent Gbagbo à organiser des élections dans une Côte d’Ivoire non réunifiée avec le désarmement des rebelles non effectué par l’ONUCI qui avait cette mission en charge ;

3° d’avoir bombardé la résidence du Chef de l’Etat pour le contraindre à quitter le pouvoir, sur la base d’on ne sait quelle résolution ;

4° d’avoir créé par la suite une situation propice à l’assassinat par le nouveau régime, des démocrates ;

5° d’être à l’origine de la mise en place en Côte d’Ivoire depuis le 11 avril 2011 d’un Etat de non droit.

3- Depuis le 11 avril 2011 la dictature a été instaurée en Côte d’Ivoire

Trois volets suffiront ici à en donner la preuve. La justice des vainqueurs – l’insécurité galopante et rapprochée – le jeu démocratique dévoyé.

3-1 La justice des vainqueurs

3. 1. 1 A commencer par le président Laurent Gbagbo, de nombreux cadres et dirigeants du FPI ont été d’abord arbitrairement arrêtés et détenus, avant que la justice aux ordres d’Alassane Ouattara ne cherche les preuves, à ce jour introuvables de leurs  inculpation.

3. 1. 2 La chasse aux sorcières instantanée dans une terreur sans nom a contraint de milliers de cadres du FPI et autres citoyens à protéger leurs vies en prenant le chemin de l’exil. Et le pouvoir Ouattara continue de les poursuivre par des mandats d’arrêts internationaux.

3. 1 3 Les avoirs de nombreux citoyens et cadres du FPI gelés sans un commencement de preuves, ont conduit à la mort de nombre d’entre eux faute de moyens/ressources pour se soigner (Bohoun Bouabré, Diagou Gomont, Gnan Raymond, tous d’anciens ministres et maires, etc.)

3. 1. 4 Les Dozos qui écument les campements, villages et villes, procèdent à des expropriations de terres pour exploiter les plantations à leur profit, et sur la base de jugements expéditifs, les propriétaires sont exécutés sommairement.

3-2 L’insécurité galopante et rapprochée

3. 2. 1 Les FRCI forces armées de Ouattara, tous issues de sa région, illettrées et s’exprimant exclusivement en Malinké leur langue maternelle, procèdent au quotidien à de nombreuses rafles de citoyens, parqués dans des camps de concentrations (Yopougon, Abobo, Koumassi), où ils sont torturés, marqués au fer comme du bétail, dans le silence assourdissant des tenants du nouveau régime.

3. 2. 2 Ces mêmes FRCI occupent de nombreux sites publics, espaces et domiciles privés dont ils se sont appropriés en toute impunité. A titre d’exemple le site des manifestations du FPI à Yopougon, est occupé depuis plusieurs mois par les FRCI qui en ont fait une caserne. Dans le même temps les forces armées nationales (gendarmes, policiers, militaires) souffrent l’humiliation, et le martyr, parce qu’exerçant sans armes leur mission régalienne.

3. 2. 3 La terreur instaurée et la répression systématique dans le sang (avec de nombreux blessés et morts d’hommes) de toutes les manifestations pacifiques organisées par le FPI (Koumassi, Bonoua, Port-Bouët, Yopougon) au mépris du respect des libertés d’associations et de manifestations.

3-3 Le jeu démocratique dévoyé

Parvenu au pouvoir par les armes et donc de façon anticonstitutionnelle, illégitime et illégal le pouvoir Ouattara est confronté depuis son avènement à un grave déficit de légitimité. Ses parrains l’ONU, la France notamment ont souhaité, pour lui donner un vernis démocratique de procéder à des élections législatives ouvertes et inclusives.

Mais tournant le dos à la résolution du 27 juillet 2011, il a organisé ces élections de façon exclusive sur la base d’un découpage électoral très favorable à son parti le RDR auquel il a réservé d’avance une soixantaine de sièges.

Résultats, un parlement monocolore anti démocratique sans opposition nous ramenant au système du parti unique.

De surcroit ces élections se sont révélées, non représentatives avec une abstention de 85% de l’électorat. Un vrai désert électoral qui signifie que la Côte d’Ivoire a besoin de se doter d’un parlement représentatif de toutes ses composantes politiques et non cette assemblée de surcroit quasiment mono-ethnique avec 60% de Malinké, ethnie de Ouattara.

3-4 La reconstruction de la paix : mesures générales

Le Front Populaire Ivoirien prenant acte de la situation qui fait de M. Alassane Ouattara président de la République de Côte d’Ivoire demande :

1- Que soit prise dans l’immédiat une mesure d’amnistie générale ;

2- La prise d’une résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU exigeant la libération du Président Laurent Gbagbo, acteur incontournable du processus de réconciliation en Côte d’Ivoire ;

3- La libération de tous les prisonniers, le retour des exilés et le dégel de tous les avoirs ;

4- La réinitialisation de tout le processus c’est-à-dire du jeu démocratique à commencer par les élections présidentielles puis les législatives, les régionales et communales sur la base de dispositions consensuelles ;

5- Le désarmement préalable des ex rebelles ;

6- Le départ de la Côte d’Ivoire des forces onusiennes qui se sont révélées pendant la crise et qui continuent de se comporter comme des forces belligérantes ;

7- La levée de toutes les sanctions onusiennes ;

8- Un dialogue direct avec le pouvoir ;

Dans ce cadre le FPI fait des propositions dans deux documents dont copies ci-jointes.

 

Conclusion

De toute évidence la démocratie qui a servi de prétexte au changement brutal de régime s’est muée en dictature sous le régime de Ouattara au grand dam de ses parrains qui se doivent d’en tirer courageusement les leçons.

Telles sont les conditions minimales de sortie de crise du Front Populaire adressées au Conseil de Sécurité de l’ONU, qui permettent à cette institution de contribuer à la réinstauration de la démocratie, de l’Etat de droit et de la paix en Côte d’Ivoire.

 

Délégation du FPI :

1- NGUESSAN Amani Michel, Secrétaire Général Adjoint : 01 48 88 41

2- GNAOULE Oupoh Bruno, Secrétaire National : 06 38 42 42

 

P.J :

1- Document du dialogue politique entre le pouvoir et le Front Populaire Ivoirien suite à la crise postélectorale.

2- Appel de la Convention à la communauté internationale.

mercredi, 23 mai 2012

LIMOGEAGE DE BICTOGO, ON EN SAIT UN PEU PLUS SUR LES CONDITIONS

ADAMA BICTOGO 2.JPG


LE MEDIATEUR D'ALASSANE  DRAMANE OUATTARA DANS LA CRISE MALIENNE EST UN VOYOU 


Après le limogeage de Adama Bictogo, ministre de l’intégration dans le gouvernement pléthorique et clanique de Dramane Ouattara, les langues ont vite commencé à se délier.

Selon des sources proches du palais, Dramane avait déjà mis en garde les ministres Bictogo et Anne Ouloto suite au scandale révélé sur l'attribution du marché des ordures ménagères par la presse nationale. Il leur aurait dit en conseil des ministres '' si un autre scandale de se retrouve dans la presse, je serai obligé de me séparer de vous''. Par la suite l'appel d'offre lancé en septembre et remporté par la société de Bictogo créée en novembre avait été déclaré illégal par l’autorité d'attribution des marchés publics. Dès lors, les concernés ont compris qu'ils n'avaient plus droit à l'erreur mais Bictogo, sûr de ses entrées à la présidence ivoirienne continue tranquillement ses affaires. N'est ce pas lui l'un des grands financiers de la rébellion qui a endeuillé la Côte d'Ivoire? N'est ce pas lui qui grâce à ses manigances avec la société Amajaro représentée en Côte d'Ivoire par le fils de Dominique Ouattara a réussit à offrir des armes sophistiquées aux rebelles? N'est ce pas lui qui grâce à ses entrées au sein du régime Gbagbo et précisément auprès du ministre Tagro Désiré a pu livrer toutes les informations importantes à son chef?

Manque de pot pour lui, le scandale des déchets toxiques fait surface. Tout d'abord dans la presse nationale puis dans le journal Jeune Afrique à l’échelle mondiale. Le ministre est en colère car on lui avait promis de ne pas ébruiter cette affaire. Il faut noter qu'un groupe d’enquêteurs avait déjà dans un rapport remis au ministère de la justice mentionné le nom de l’infortuné comme l'un des bénéficiaires du détournement des fonds alloués par le Président Gbagbo pour le dédommagement des victimes. 

Ouattara qui avait fait de cette histoire de déchets toxiques l'un de ses slogans de campagne - qui ne se souvient pas du fameux ''NE DONNE PAS TA VOIX AUX DECHETS TOXIQUES''- est en colère. Non parce que son ministre est mis en cause mais le fait que l'affaire se retrouve dans les journaux démontre que la fuite vient du gouvernement. Hamed Bakayoko qui entretient d’excellentes relations avec Bechir Ben Yamed le patron de Jeune Afrique est soupçonné d'avoir vendu la mèche afin de se débarrasser d'un élément clé du dispositif Soro dans l'entourage de Ouattara. C'est un secret de polichinelle que les membres du gouvernement se livrent une guerre sournoise à laquelle Dramane n'est pas encore parvenu à mettre un terme. Après l’éviction de Soro de la primature, l’écurie de Hamed Bakayoko vient ainsi de remporter une deuxième bataille importante

Pris de court, il demande a son premier ministre d'obtenir le plus rapidement possible la démission de Bictogo. Lorsque ce dernier contacte le ministre tombé en disgrâce, celui-ci lui rétorque sur un ton menaçant que non seulement, il n'est pas le seul ministre à être cité dans cette affaire et qu'il n'a d'ordre à recevoir de lui - tout le monde sait que Ahoussou Jeannot n'a en vérité aucun pouvoir dans cette équipe gouvernementale- et ne se rend pas au rendez vous fixé par son chef. Ahoussou subit l’affront mais ne peut le laver. Il s'en remet donc à Dramane qui à son tour lui reproche sa mollesse. Tiraillé de toute part, il comprend qu'il est pris au piège dans une bataille de famille à laquelle il n'appartient pas.

Afin de liquider le problème, Dramane signe cet après midi un décret mettant fin à la fonction de son ministre après avoir pris le soin de l'en informer au téléphone. Une rencontre est prévue demain entre les deux hommes. La tournure prise par les évènements révèle en effet une bataille dans l'entourage du préfet installé par Sarkozy en terre ivoirienne. Ce qui est fréquent est qu'un ministre mis en cause dans une affaire de ce genre et qui ne se reproche rien démissionne de ses fonctions naturellement pour laisser le soin à la justice de l'innocenter. Pourquoi Bictogo a t-il refusé de démissionner? Pourquoi ni Ahoussou ni Dramane n'ont-ils pu l'y contraindre? Pourquoi Hamed Bakayoko sur qui pèsent de lourds soupçons n'est-il pas aussi débarqué? L'avenir nous situera!

Toujours est-il que des dossiers explosifs sur le clan Bakayoko Hamed sont annoncés dans la presse dans les jours à venir.

La 2ème partie pourrait s'intituler ''QUAND LE CLAN SORO CONTRE-ATTAQUE''.


Source: FACEBOOK STEVE BIKO

AHMED OUATTARA (ASSOCIATION DE CONSOMMATEURS): «GBAGBO EST PARTI, LA SITUATION A EMPIRE»

 

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Après de longs mois d’observation, le président du Mouvement Ivoirien des Consommateurs Organisés et Méthodiques (MICOM) a décidé d’interpeller le gouvernement sur les conditions de vie des Ivoiriens. Il explique dans cette interview en quoi le gouvernement est responsable de la souffrance des consommateurs et propose des solutions. "On ne peut pas cacher le soleil avec la main. Rien n'a évolué. Les gens ont accusé Laurent Gbagbo (…) Mais Laurent Gbagbo est parti, la crise s'est accentuée, la pauvreté s'est accentuée et la situation des consommateurs a empiré", accuse-t-il.

La  vie n’est pas du tout rose pour les consommateurs. Selon vous, que faut-il faire pour soulager les Ivoiriens ?

Pour  prendre des mesures adéquates sur la cherté de la vie, il est inapproprié de s’enfermer dans ses bureaux dorés pour agir. Il faut dans le cadre du consumérisme connaître les vrais acteurs. C'est-à-dire les commerçants et les associations de consommateurs qui sont sur le terrain. C’est un préalable à toute action régalienne qui se veut efficace. Hélas, nous sommes au regret de constater que tous les ministres du Commerce qui se succèdent adoptent curieusement la même attitude. C’est bien dommage.
 
Mais pourquoi insistez-vous sur le fait que le gouvernement doit discuter avec vous alors que ce sont les commerçants qui paraissent être ses interlocuteurs directs ?
 
A première vue, nous sommes d’accord avec vous, surtout si nous nous mettons dans la peau du citoyen lambda. Et pourtant, notre rôle dans ce problème national est plus qu’essentiel. Voyez-vous, les commerçants qui sont sur la place sont des gens très puissants. Ils font donc la sourde oreille à chaque fois qu’ils sont mis à l’index quant à leur responsabilité dans la cherté de la vie. Il n’y a qu’une synergie entre le gouvernement et les vraies associations de consommateurs qui peut faire plier les commerçants.
 
Insinuez-vous que votre milieu serait infesté aussi par de fausses associations ?
 
C’est un secret de polichinelle. Nous constatons depuis belle lurette que les différents gouvernements ont une tendance à s’acoquiner avec des associations fantoches qui s’affublent frauduleusement du titre d’associations de consommateurs. Ce sont ces pseudos associations qui ont droit de cité à la télévision. Et pourtant, elles ne sont même pas capables de réagir et d’agir dans un cadre institutionnel. Nous constatons qu’il suffit qu’elles se fassent établir un récépissé dans des conditions qui prêtent à débat pour se répandre ici et là. Nous, au MICOM, nous sommes une association légalement constituée et nous figurons dans le journal officiel de la Côte d’Ivoire. Cherchez les associations qui y figurent et vous comprendrez notre récrimination. Des ministres préfèrent ces gens malléables qui sont sans métier reconnu et les incrustent dans les différents Conseils d’administration au nom des consommateurs.
 
Quel est  donc le jugement du président du MICOM sur la situation des consommateurs un an après le changement au sommet de l’Etat ?
 
On ne peut cacher le soleil d’une main. Rien n’a évolué. Les gens avaient accusé Laurent Gbagbo, hier, de ne rien faire pour le peuple, en tout cas pour les consommateurs. La seule évolution notable, c’est la libre circulation des biens et des personnes. Mais Laurent Gbagbo est parti, la crise s’est accentuée, la pauvreté s’est accentuée et la situation des consommateurs a empiré. Au demeurant, nous constatons l’éclosion d’une nouvelle génération de riches. Il n’y a aucun changement notable. Les gens ont trop vite fait de rêver. Pourtant, nous avions été les premiers, pour ne pas dire l’unique association de consommateurs, qui a appelé les Ivoiriens à se calmer parce que ce gouvernement venait d’arriver. Mais ceux qui doivent discuter avec nous ne viennent pas.
 
Le gouvernement justifie son inaction par la crise post- électorale. N’a-t-il pas raison ?
 
Ceux qui ont dit que Gbagbo avait créé une situation de désordre sont tout de même là depuis un an. Donc qu’ils agissent. Qu’on arrête de tourner autour du pot et de distraire le peuple ivoirien qui est plus que mature après toutes ces années de crise ! Pour baisser le coût de la vie, il y a une seule et unique décision à prendre au lieu d’enlever 10 FCFA ou 25 FCFA sur le sac de riz. Cette mesure est une insulte au peuple ivoirien qui souffre depuis des années. Que le gouvernement prenne une fois pour toutes ses responsabilités.
 
En faisant quoi exactement ?
 
En agissant sur les coûts des produits pétroliers. On n’a pas besoin de sortir des cuisses de Jupiter pour le savoir et l’appliquer. Les ministres ne le savent que trop. En ce sens que dans l’opposition, ils avaient le même point de vue que nous. Comment se fait-il aujourd’hui qu’ils aient oublié nos revendications communes sur les prix des produits pétroliers ? Le gouvernement doit prendre ses responsabilités pour diminuer les prix. En 2007, lorsque le carburant était à 107 dollars, on était ici à environ 550 F, le gasoil. La flambée est partie de là. Mais il est arrivé que le baril soit à 80 dollars mais rien n’a changé ici. Aujourd’hui, il se situe autour de 104 dollars et les prix ne bougent pas.  Pourquoi ? Qu’on arrête de nous infantiliser. En faisant cette action, le gouvernement aura les coudées franches pour menacer les commerçants qui prétexteront  du coût du transport pour augmenter les prix des denrées. Sinon se borner à des actions dérisoires et chimériques est une fuite en avant. En outre, le gouvernement devra revoir sa politique de taxation. Parce qu’à dire vrai aussi, les taxes sont la deuxième cause de l’inflation sur les marchés ivoiriens. Trop de taxes tuent le peuple. Sous Gbagbo, le Port autonome d’Abidjan parvenait à faire entrer plus de 20 Mille tonnes de marchandises. Nous en sommes à 16 mille aujourd’hui. Ce n’est pas la faute des dirigeants actuels du Port qui abattent un énorme travail mais cela est dû aux taxes qui font fuir les investisseurs.
 
Entre autres raisons, le gouvernement actuel n’est-il pas lié par son orientation  économique ultralibérale ?
 
Je ne le conçois pas forcément sous ce prisme puisque bien qu’étant des libéraux, les dirigeants actuels savent très bien qu’un dispositif légal leur permet d’influencer positivement sur les prix des denrées de première nécessité. A moins que le ministre du Commerce ignore cette loi de 1991 sur la concurrence. Il suffit de diminuer les taxes sur les produits de première nécessité dont les produits pétroliers et tout diminue par un effet boule de neige. Sous Gbagbo, lorsque vous garez votre véhicule dans une station service, c’est au moins 10 FCFA qui vous étaient prélevé pour les Forces de défense et de sécurité. Nous avons critiqué ce fait avec ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui puisque l’armée jouit déjà de certaines prérogatives. Aujourd’hui encore ces 10 Fcfa sont prélevés. Pourquoi, alors que les Fds n’existent plus. Il ne faut pas perpétuer ce qu’on a reproché au pouvoir Gbagbo. Donc nous estimons que l’orientation économique du gouvernement actuel ne peut justifier qu’il ne puisse baisser les taxes.
 
Quelles discussions le MICOM a avec les syndicats de transporteurs qui semblent s’accommoder des prix du carburant que vous dénoncez ?
 
En ce moment, les transporteurs ne sont pas contents mais quand ils se plaignent, des personnes malintentionnées interprètent leurs complaintes comme des projets de déstabilisation de l’Etat. Ce n’est pas normal. Comment ne pas donner du grain à moudre à ceux qui disent que certains transporteurs étaient manipulés par des hommes politiques. Parce qu’on ne peut pas avoir fait la grève sous Gbagbo et se taire alors que ce pour quoi on a manifesté n’a pas changé d’un iota. Pour ma part, j’insiste sur les menaces que subissent les transporteurs qui veulent protester, menaces qui les obligent à se taire. Au MICOM, nous projetons de rencontrer les transporteurs et ensemble décider d’une grande manifestation en vue d’obtenir une diminution du prix du carburant. Nous comptons y associer les femmes du vivrier qui éprouvent d’énormes difficultés à aller chercher les denrées alimentaires à l’intérieur du pays. Comment se fait-il que le prix du riz varie de Korhogo à Abidjan. Au surplus, nous entendons relancer la lutte contre le racket qui n’est pas mort en dépit des mesures prises. 
 
Ah bon ?
 
Mais oui, nous affirmons haut et fort que le racket n’a pas disparu. Nous savons que la cellule mise en place et dirigée par un ex-ministre abat un travail colossal qui a considérablement réduit les effets du racket. Aujourd’hui la libre circulation commence à devenir tangible. Cependant des enquêtes de terrain ont révélé que le racket a pris une autre forme plus fine avec une sorte de consentement mutuelle entre chauffeurs et agents des forces de l’ordre. Or tant que ce phénomène existera sous quelque forme que ce soit, le vivrier coutera cher puisque les femmes qui vont en brousse répercuteront leurs charges sur les denrées de première nécessité. C’est pour quoi nous demandons que cette cellule soit directement rattachée à la Présidence de la république afin qu’elle jouisse d’une autonomie beaucoup plus grande.
 
Comment jugez-vous les actions de terrain menées par certains membres du gouvernement et surtout le Premier ministre Ahoussou Jeannot ?
 
Quand des responsables de premier plan en arrivent à mettre en scène leur déplacement, c’est à des spectacles pareils qu’on assiste. C’est révoltant parce qu’infantilisant. Nous au MICOM, nous n’avons pas attendu d’être nommé pour parcourir les marchés et nous imprégner des souffrances de nos populations. Nous connaissons les prix que nous communiquons régulièrement aux pouvoirs publics. Les promenades gouvernementales ne nous font ni chaud ni froid. On n’a pas besoin de cortège et klaxons pour aller demander le prix de la viande à l’abattoir. Le Premier ministre a tous les leviers étatiques en main pour avoir les prix sur les marchés et pour agir sur ceux-ci.
 
Est-ce qu’avec le nouveau gouvernement, vous maintenez votre revendication consistant à l’organisation d’un audit des fonds générés par le pétrole ?
 
Tout à fait, et nous insistons sur ce fait puisque nous ne pouvons faire deux poids deux mesures. Ce que nous avons revendiqué sous Gbagbo n’a pas été satisfait, donc nous le poursuivons encore. Il a été établi que la gestion de la manne pétrolière par l’ancien régime laissait à désirer puisque du pétrole sortait illégalement de la Côte d’Ivoire. Ça fait un an que  d’autres personnes gèrent ce secteur, il serait bienséant qu’elles viennent nous dire ce qu’elles font. Si tant est que l’on veut se présenter sous de nouveaux habits, cet audit doit être fait et les résultats mis à la disposition du peuple.  Il existe trop de choses louches autour du président Ouattara. Il faut que cela cesse.
 
Vous affirmez qu’Alassane Ouattara serait pris en otage ?
 
En tout cas, ç’en a tout l’air. Parce qu’occupé à remettre la Côte d’Ivoire sur les rails, il n’a pas forcément le temps nécessaire de contrôler tous ces hommes d’affaires nouveaux qui ont remplacé ceux qui étaient décriés sous Gbagbo. Nous disons qu’il se peut qu’il soit l’otage d’une frange de ses collaborateurs. Aujourd’hui certains de ses ministres se comportent comme des roitelets qui, avec un orgueil narquois, se moquent des revendications légitimes des consommateurs. Nous allons bientôt demander une audience au chef de l’Etat pour lui donner directement les noms de ces ministres qui rament à contre courant des aspirations du peuple.
 
Où en êtes-vous avec vos revendications contre la CIE ?
 
Nous en sommes au point de départ, c'est-à-dire que la CIE continue de faire la sourde oreille face à nos revendications, convaincue qu’elle a le soutien des pouvoirs publics qui ont abandonné le peuple à la merci d’une entreprise négrière et je pèse mes mots. Depuis 2007, le MICOM  est à la pointe du combat pour la révision de la convention de concession qui lie la CIE à l’Etat ivoirien. Parce que cette entreprise qui ne se préoccupe que de ses gains sans s’occuper de ses devoirs envers le peuple, en a trop fait. Nous avons déjà dit que ce combat est un sacerdoce et que nous le mènerons au péril de notre vie. Donc nous allons reprendre notre bâton de pèlerin et partir à l’assaut  de ce monstre qui semble effrayer les pouvoirs publics depuis Bédié jusqu’aujourd’hui. Si nous nous sommes arrêtés un peu, c’est pour fouetter l’orgueil des Ivoiriens qui se préoccupent plus de leurs partis politiques que de leur propre survie. Nous avons observé et maintenant que la grogne se généralise contre la CIE et ses méthodes cavalières, nous allons agir. Nous allons utiliser des moyens inédits contre les agents de la CIE et cela fera date, croyez moi. Nous demandons au gouvernement, à défaut de reprendre en main ce pan important de notre souveraineté nationale,  de faire jouer la concurrence. Comment une entreprise peut-elle faire la pluie et le beau temps sans que le gouvernement ne réagisse. Après toutes ces années de crise, elle ose encore faire pression sur certaines populations qui sont sans un sou afin que celles-ci payent des factures qui avoisinent le million souvent.  Que le gouvernement écoute parce qu’un jour, l’implosion sociale pourrait venir de l’arrogance de la CIE.  Nous demandons au Chef de l’Etat de mettre enfin en place son gouvernement de technocrates à son image. Afin que nous ayons des interlocuteurs qui ont le  B-A= Ba de ce que  c’est  qu’un cadre institutionnel et qui ont un bagage intellectuel. Nous souhaitons que ceux qui ont des affinités politiques avec lui soient ramené à son cabinet pour laisser la place à ceux qui peuvent véritablement l’aider à satisfaire le peuple.
 
 
 
Réalisée par Saint-Claver Oula




mardi, 22 mai 2012

MESSIEURS LES CENSEURS, VOUS PERDEZ VOTRE TEMPS!

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Eugène Dié Kacou, Président du Conseil national de la presse (CNP)


Et si, en Côte d’Ivoire, l’absurdité avait posé ses valises à Cocody Deux-Plateaux 1ère tranche, plus précisément au siège du Conseil national de la presse (CNP) ? Les patrons de cette institution, qui sert objectivement de police de la pensée au régime Ouattara, ont encore frappé. Ils ont suspendu le quotidien Notre Voie pour quatre parutions. Pour avoir publié une photo de Laurent Gbagbo légendée ainsi : «Laurent Gbagbo, président de la République de Côte d’Ivoire renversé par la coalition Onu-France.» Le crime de Notre Voie ? Avoir contrevenu à l’histoire officielle que tente d’imposer le régime Ouattara. Une histoire officielle pourtant contredite y compris par les médias hexagonaux qui ont, plus d’une décennie durant, sculpté la légende de l’actuel maître d’Abidjan. «La France sort Gbagbo», écrivait ainsi Libération le 12 avril 2011. «La France frappe au cœur du dispositif Gbagbo», titrait pour sa part Le Monde quelques heures avant le dénouement. En Côte d’Ivoire, il est facile de savoir quel camp pratique le révisionnisme le plus insensé.

Bien entendu, il ne faut pas être naïf. L’enjeu des pratiques répressives du CNP est la querelle de légitimité électorale qui déchire la société ivoirienne depuis l’après-28 novembre 2010. Il est question d’obliger, de manière fondamentalement brutale, tout le corps social à affirmer qu’Alassane Ouattara est parvenu au pouvoir au terme d’un scrutin «libre, ouvert et transparent», et rien d’autre. Mais cette méthode est-elle efficace ? S’il est vrai qu’on peut faire taire les dissidents, peut-on les empêcher de penser ? Ne serait-il pas plus conforme à l’exigence de réconciliation de rechercher, sur la base des documents qui existent encore, une vérité historique nationale indépendante des intérêts politiques immédiats des uns et des autres ? 
 
Et si nous imitions les Américains ?

Un aîné dans le métier et dans la vie, pour qui j’ai énormément de respect même si nous sommes en désaccord sur la querelle électorale ivoirienne, m’écrivait récemment : «Dimanche soir, j'ai passé deux heures au téléphone, avec une amie nigérienne qui essayait de me convaincre, pour la millième fois, que c'est Laurent Gbagbo qui a remporté la présidentielle. Je suis convaincu du contraire. (…) Ne parvenant pas à tomber d'accord (avec mon amie) sur qui a réellement remporté cette présidentielle ivoirienne, j'ai, une fois encore, émis le vœu de voir un jour une presse indépendante et les organisations de la société civile demander, comme elles en ont le droit, à recompter, sous contrôle d'huissiers, et d'observateurs neutres, pourquoi pas, la compilation des procès-verbaux, à partir de deux sources différentes,  au moins. Cela s'est fait en Floride, en l'an 2000, bien après l'investiture de G.W. Bush. Et tant que cela ne se fera pas en Côte d'Ivoire, les deux parties continueront à revendiquer la victoire. Et l’une d’entre elles continuera à s'estimer lésée. Et il n'y aura pas de réconciliation, si la vérité électorale n'est pas, un jour, définitivement établie. Bref, cette histoire n'est pas finie». Ces propos ne sont-ils pas frappés au coin du bon sens ? Pour l’instant, un des deux camps continue à demander, comme il l’a toujours fait, le recomptage des voix : c’est celui de Laurent Gbagbo. A priori, pourtant, une telle opération, si elle démontrait que Ouattara avait gagné sans frauder à la dernière présidentielle, serait un formidable coup politique et de com’ au profit de son pouvoir. Pourquoi se montre-t-il réticent ? En Côte d’Ivoire, il y a des indices qui montrent quel camp a peur de la vérité. 
 
La révolution numérique rend impossible le contrôle de la circulation des idées

Non seulement les «verrouilleurs idéologiques» du clan au pouvoir ne peuvent pas empêcher la moitié des Ivoiriens de penser comme elle pense, mais ils peuvent difficilement empêcher la diffusion des idées et des propos qui leur déplaisent. Ils se trompent de siècle ! En interdisant la diffusion papier de «Notre Voie», ils enlèvent objectivement le pain de la bouche de ses promoteurs. Mais ils savent très bien que la révolution numérique condamne leur entreprise de censure à la vanité. En 2010, 2,6% de la population ivoirienne avait accès à Internet, c’est-à-dire 400 000 personnes. C’est encore peu, mais c’est bien plus que le nombre de personnes qui achètent un quotidien (100 000 exemplaires écoulés chaque jour). Et les progrès de la connectivité par le téléphone mobile, notamment à travers la 3 G, vont multiplier le nombre des «connectés» par cinq au moins en moins de deux ans. A moins de vouloir arriver aux extrémités symbolisées par les pratiques de pays comme la Birmanie et la Corée du Nord – en ont-ils seulement les moyens techniques ? –, les hommes qui nous dirigent doivent bien se rendre compte qu’ils ont, déjà, perdu la bataille du contrôle de la circulation des idées. Ils devraient donc se concentrer sur la bataille du sens. Mais à voir leur nervosité face à l’existence de voix discordantes, il semble évident qu’ils ne se font pas d’illusions sur leur capacité à convaincre le plus grand nombre en dehors de toute contrainte.
 
 
 
Théophile Kouamouo


ENTRETIEN DE OUATTARA SUR RFI, UN TISSU DE MENSONGES

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Le ministre Lazare Koffi Koffi, en exil


COMMUNIQUE DU PORTE-PAROLE DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO: CLARIFICATIONS A LA SUITE DE L'ENTRETIEN D'ALASSANE OUATTARA SUR RFI


Ce dimanche 20 mai 2012, interrogé sur Radio France Internationale RFI par Mr Alain Foka, Monsieur Alassane Ouattara, Chef d’Etat ivoirien, s’est livré à un exercice périlleux, en falsifiant délibérément comme à son habitude l’Histoire récente de la Côte d’ivoire, en particulier sur les deux points suivants :

1/ Il a affirmé que l’aide reçue de la France, après son installation dans les conditions que l’on sait, avait principalement servi à payer les arriérés des salaires des fonctionnaires, arriérés accumulés trois mois durant par le gouvernement du président Laurent Gbagbo pendant la crise post-électorale. C’est une énorme contre-vérité, que des milliers de fonctionnaires payés en temps et en heure pendant cette période pourront aisément confirmer. A ce propos, il faut aussi rappeler que les salaires de la fin du mois de mars 2011 étaient déjà positionnés sur les comptes des fonctionnaires quand les éléments de l’armée privée de Monsieur Ouattara sont arrivés sur Abidjan.

En avançant délibérément une telle contre-vérité, Monsieur Ouattara tente plutôt de justifier auprès de son bailleur de fonds, la France, l’utilisation des fonds d’urgence reçus à la suite de son installation au pouvoir. Il semble craindre, à juste titre, un audit, par les nouvelles autorités françaises de l’usage de ces fonds surtout que le gouvernement sortant aurait déjà engagé une mission de contrôle au niveau du cabinet du Premier Ministre, François Fillon. Cette grave contre-vérité a le mérite de nous donner raison lorsque que nous avons demandé un audit de ces prêts dans l’intérêt du contribuable français et ivoirien. En effet, la précipitation et l’opacité qui ont entouré ce prêt nous faisaient craindre qu’il fût soit utilisé pour payer les nombreux mercenaires recrutés par M. Ouattara pour faire sa guerre, soit retourné en France sous forme de rétro-commissions à la veille d’une année électorale. Plus que jamais cette demande demeure d’actualité après les propos tenus par le Chef de l’Etat ivoirien.

2/ Monsieur Ouattara s’est dit satisfait d’avoir fait transférer le président Gbagbo à la CPI, au motif qu’en tant que « Chef des Armées » il était « responsable de plus de 3000 morts » pendant la crise post-électorale. Cette affirmation est fausse quant à l’imputabilité des trois « milles morts » (chiffres jamais étayés par une preuve ou un début de preuve), au Président Laurent GBAGBO a néanmoins, le mérite également de ressortir au grand jour une évidence que l’on tente maladroitement de nier.

Pendant la crise post-électorale le président GBAGBO, constitutionnellement déclaré élu, a dû défendre la souveraineté de la Côte d’Ivoire tout en ne cessant pas d’appeler à la raison pour régler pacifiquement ce qui n’aurait jamais du être autre chose qu’un contentieux électoral.

Dans le même temps, Monsieur Ouattara, avec l’aide de puissances étrangères et au mépris des lois internationales (embargo sur les armes, par exemple), a levé une véritable armée privée, dont il a dit prendre la tête le 17 mars 2011, par « ordonnance présidentielle » depuis l’Hôtel du Golf à Abidjan. C’est cette armée qui a commis les pires exactions, en particulier dans l’Ouest du pays où fut perpétré le massacre de Duékoué (plus de 1000 personnes assassinées en une seule journée). De même il est de notoriété publique aujourd’hui, de l’aveu même de ses soldats, que Monsieur Ouattara était l’auteur principal de la tentative de Coup d’Etat du 19 septembre 2002 qui s’est transformée en rébellion armée. Cette rébellion est à l’origine de la situation actuelle en Côte d’Ivoire et porte la responsabilité de milliers de morts, blessés et disparus, de 2002 à aujourd’hui.

Dans ces conditions la véritable place de Monsieur Ouattara est à la CPI, en lieu et place du président Laurent Gbagbo.

Plus d’un an après la rupture de l’Ordre Constitutionnel en Côte d’Ivoire par des forces étrangères, le pays est toujours dans l’instabilité politique, économique et sociale et le « régime » de Monsieur Ouattara montre ses vraies limites.

Les Droits de l’Homme sont quotidiennement bafoués, les libertés publiques menacées et les dirigeants actuels ne montrent aucun signe de bonne volonté pour amener le pays dans la voie de l’apaisement, du dialogue et de la réconciliation.

C’est tout le combat politique du président Gbagbo qui lutte depuis des décennies pour que la Côte d’Ivoire se développe dans le respect de l’ordre démocratique sans lequel aucune société ne peut prospérer.

Aujourd’hui la Côte d’Ivoire et l’Afrique ont besoin, plus que jamais, de la sagesse du président Gbagbo. C’est ce que les autorités des « grandes puissances » doivent rapidement reconnaitre. L’injustice faite au Peuple ivoirien et au Président GBAGBO ne peut continuellement prospérer.

 

Pour le Porte-parole du Président Laurent Gbagbo,

Le Ministre Lazare KOFFI KOFFI

 

Rapporté par Fan-club Justin Katinan Koné


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

lundi, 21 mai 2012

LES FRCI NE LE RASSURENT PLUS - OUATTARA POSITIONNE LE GSPR A YOPOUGON

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Le régime Ouattara avait fait croire qu’il s’agissait d’une simple opération de rafle générale consécutive à l’évasion de prisonniers à la Maca visant à rassurer davantage les populations. Fait incroyable, depuis une semaine, les éléments du Groupement pour la sécurité du président de la République (GSPR), ont investi certains quartiers de Yopougon. Notamment Niangon Azito. Cela paraissait quasi normal – sous Ouattara – que les éléments Frci eussent  en charge l’opération de rafle générale imposée par le régime. Et ces derniers s’en donnaient à cœur joie, puisqu’il s’agissait d’une occasion rêvée pour terroriser encore plus les populations. Si la thèse de la sécurisation des populations suite à l’évasion de prisonniers a été avancée par les sécurocrates en chef du régime Ouattara, l’«intrusion» ou le déversement d’éléments de la garde présidentielle sur Yopougon a fini par convaincre que le régime avait un agenda secret dans la conduite de cette opération. 

En effet, depuis une semaine au moins, tous les soirs une cohorte de véhicules avant blindés (Vab) estampillés GSPR,  avec des éléments lourdement armés prennent position à Yopougon, précisément sur l’axe menant à Azito. Selon les témoignages recueillis, chaque soir depuis une semaine au moins, à partir de 21h, ces éléments lourdement armés investissent tout le périmètre et prennent position dans des endroits stratégiques.  En réalité, il s’agit des hommes de Chérif Ousmane, numéro 2 du Gspr et homme de main d’Alassane Ouattara. Comment se fait-il donc qu’une unité spéciale chargée d’assurer la sécurité du chef de l’Etat puisse s’inviter dans une opération de rafle générale ? En tout cas, tout semble indiquer que Chérif Ousmane mène une opération autre que l’officielle. A moins qu’on veuille nous faire croire que depuis quelques jours, Alassane Ouattara a décidé de passer des nuits à Yopougon-Niangon. Ou alors, s’agirait-il d’une crise de confiance sous-jacente entre Frci, qui pousserait à confier le secteur Azito, considéré certainement comme une zone sensible, à Chérif Ousmane, un des fidèles parmi les fidèles de Ouattara ? Au plus fort de la crise dite post-électorale, cet ex-chef de guerre est l’un des ex-Com’zones à avoir «pénétré» Yopougon, grâce à l’appui décisif de l’armée française. C’est à la suite de cette incursion qu’il a été accusé par des Ong internationales d’avoir commis, avec ses hommes, des crimes de guerre. Aujourd’hui, la présence d’éléments lourdement armés du Gspr dans le secteur d’Azito ne rassure guère les riverains qui ne s’en cachent pas. 

 

Frank Toti


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 20 mai 2012

SCANDALE DES DECHETS TOXIQUES - UN RAPPORT OFFICIEL ACCUSE UN (TRES) PROCHE DE OUATTARA

 

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Le ministre de l’Intégration africaine Adama Bictogo ira-t-il en prison dans les semaines qui viennent ? En tout cas, selon des sources généralement bien informées, un rapport judiciaire remis au procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio, recommande d’engager des poursuites contre celui qui est également député d’Agboville. Pour des motifs particulièrement graves : «faux, usage de faux, détournement de fonds, recel et complicité». Les faits dont il est soupçonné, comme deux autres personnages, Koné Cheick Oumar et Claude Gohourou, sont en relation avec le dossier d’indemnisation de plus de 6000 victimes des déchets toxiques, défendus initialement par le cabinet londonien Leigh Day and Co. Des éléments de preuve accablants au sujet de ces détournements seraient disponibles depuis plusieurs semaines. Et mis en exergue dans le rapport qui se trouve désormais dans les mains du procureur de la République d’Abidjan.

La question qui se pose est la suivante : le régime Ouattara acceptera-t-il de «livrer» une de ses figures centrales, particulièrement proche de Ouattara et dépositaire des «secrets» de la «nébuleuse» secrète qui a alimenté «l’effort de guerre» depuis le 19 septembre 2002 ? En effet, Adama Bictogo a été très impliqué dans la contrebande de cacao de la zone rebelle, une contrebande qui passait par le Burkina Faso et le Togo, et bénéficiait de puissantes complicités en France. Bictogo est réputé proche en affaires de Loïc Folloroux, le fils de Dominique Ouattara, directeur Afrique de la sulfureuse firme Armajaro, qui s’est enrichi en spéculant sur les opportunités que la guerre offrait en matière de spéculation sur le marché international de la «fève brune». Après les dissensions qui sautent aux yeux entre Guillaume Soro et Hamed Bakayoko ou les Forces nouvelles et le PDCI, le régime Ouattara pourrait à nouveau être miné de l’intérieur.


 
Benjamin Silué


vendredi, 18 mai 2012

BILAN D'UN AN DE GOUVERNANCE: OUATTARA A FAIT CE QU'IL N'A PAS DIT ET DIT CE QU'IL N'A PAS FAIT

 

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Pr Mamadou Koulibaly, Président du LIDER (Liberté et Démocratie pour la République) 



Après une analyse à froid et méthodique de son programme, de ses promesses, de ses annonces et de ses réalisations, LIDER affirme que le président de la République a fait ce qu’il n’a pas dit et dit ce qu’il n’a pas fait.
 
Il n’avait pas dit qu’il plomberait le budget de l’Etat pour s’acheter un avion pour ses nombreux déplacements, souvent d’ordre privé, à l’étranger. Il n’avait pas dit qu’il utiliserait les fonds publics pour agrandir sa maison personnelle et la transformer en palais. Il n’avait pas dit qu’il triplerait le budget de souveraineté pour l’amener à 300 milliards de francs CFA, et qu’il en confierait la gestion, en toute opacité, à son petit frère. Il n’avait pas dit qu’il utiliserait l’argent du contribuable ivoirien pour financer l’ONG de son épouse, ni qu’il lui confierait la gestion de la microfinance en Côte d’Ivoire. Il n’avait pas dit qu’il abandonnerait les Ivoiriens dans la mi-sère pendant qu’il passerait son temps à l’étranger. Il n’avait pas dit qu’il instituerait la doctrine du rattrapage ethnique comme politique de gouvernement. Il n’avait pas dit qu’il ferait exploser le coût de la vie de sorte que le panier de la ménagère en soit réduit à une peau de chagrin, pendant que lui, sa famille et son gouvernement se permettent des dépenses somptuaires.
 
Par contre, Alassane Ouattara avait promis la gratuité des soins, mais il ne l’a pas fait. Il avait promis un gouvernement de 25 membres; ce sont 40 ministres qui gloutonnent le budget de l’Etat. Il avait dit qu’il allait améliorer la qualité de vie des Ivoiriens; la condition de vie des ménages s’est détériorée de façon abrupte. Il avait promis 200.000 nouveaux emplois par an; il est l’homme par qui le chômage ethnique et technique est arrivé. Il avait promis l’ouverture d’universités dans chaque région; il a jeté 30.000 étudiants à la rue en fermant celles qui existaient. Il avait promis une justice impartiale; aucun des criminels de son camp n’a été incarcéré à ce jour.
 
La liste est infinie, mais LIDER ne se lassera pas de pencher son flambeau sur l’action d’Alassane Ouattara afin d’éclairer les Ivoiriens sur la vacuité de ses promesses et l’inefficacité de son programme.
 
 
 
Les conférenciers Dr Prao Yao Séraphin, S. Vangah et S. Séry.

 
 
Source: Bulletin "LIDER NEWS 4", mi-mai 2012

BEN SOUMAHORO ATTAQUE RFI, ALAIN FOCCA ET LA BIAO-NSIA


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Je vis dans un pays anglophone où la source la plus importante d’informations internationales reste Radio France Internationale (RFI), radio officielle de la République française et voix officielle incontournable de la France dans le monde. Les prises de positions de cette radio aux ordres de la République et du gouvernement français sont parole d’évangile pour la plupart des francophones du monde qui finissent par trouver leur compte dans ce qu’on peut appeler sans risque de se tromper de la propagande néo-colonialiste. Radio France Internationale est assurément un instrument de protection de l’influence Française dans le monde sans compter son rôle touchant directement à la défense nationale dans les cas d’implication du gouvernement Français dans des conflits comme ceux du Tchad, de la Lybie, de la Côte d’Ivoire et bientôt du Mali et de la Guinée Bissau par le truchement de son bras armé la CEDEAO.

Chacun sait ici et là-bas, que la radio Française, comme un appui aérien nécessaire aux fantassins et autres marsouins est une puissante arme de destruction mentale et de déstabilisation des Etats (notamment Africains) qui ont la malchance de se trouver dans le collimateur de la diplomatie agressive et déraisonnable de la France. Il ne faut pas s’y tromper. La puissance de cette diplomatie interventionniste et destructrice d’unités nationales en Afrique repose essentiellement sur la puissance des émetteurs de la "radio mondiale". Dès lors, il appartient à chacun de comprendre qu’il est nécessaire que cet instrument de "guerre psychologique" d’un autre temps soit entouré de toutes les attentions par le pouvoir Français qui a choisi ce type de coopération avec les pays anciennement colonisés, plutôt que d’aider ces derniers à bien s’équiper pour mieux répondre aux besoins de leur population en matière de communication. L’objet de cette note n’est pas de critiquer RFI en tant que telle, encore que cela ne manquerait ni d’intérêt, ni de raisons mais de relever quelques incongruités du fonctionnement de la Maison du 116, Avenue du Président Kennedy à Paris.

La direction de RFI appelle chaque matin les auditeurs de tous les Mondes à se pâmer devant la compétence, le savoir, l’intelligence et le professionnalisme de milliers de correspondants polyglottes dans le monde, qui sont autorisés à donner des leçons dans tous les domaines et à tous les peuples de la terre. Entre le facétieux Juan Gomez qui s’accorde plus de temps qu’à ses interlocuteurs à l’antenne et qui se permet de couper sans ménagement tous ceux qui ne vont pas dans le sens des instructions qu’il a reçues de ses "red-chefs" et Christophe Bouabouvier dont les invités ne sont pas forcément les plus proches de l’actualité, ni même les mieux indiqués pour servir véritablement cette actualité, il y a des personnages d’un type nouveau que la Radio Mondiale a décidé de recruter pour se donner bonne conscience et pour sans doute satisfaire un besoin politique de discrimination positive galopante en France mais qu’aucun pays Africain ne réclame à l’ex-puissance colonisatrice. Parmi ces nouveaux rois de l’antenne de RFI, le prolifique, l’éclectique et le fumeux Alain Focca détenteur de plusieurs types d’émissions allant du magazine à la chronique historique en passant par des grands reportages inclassables et des interviews de Chefs d’Etats d’Emirats pétroliers d’Afrique dont la générosité est bien connue sur le continent. Le talent et le professionnalisme de Mr Alain Focca ne sont pas mis en cause. C’est son activité débordante et trop voyante dans des domaines qui partent de l’audiovisuel au commerce international qui intrigue plus d’un.

En dehors de ce qui est visible et évident, comment RFI peut-elle expliquer que Mr Alain Focca s’arroge des initiatives du type "coffret des grands hommes d’Afrique" dont il se trouve être le principal animateur, le représentant de commerce et le distributeur agréé sous l’autorité déclarée de la Radio Française. Comment expliquer, d’autre part, l’activité commerciale d’une radio entièrement financée par le contribuable Français, activité qui concurrence et s’oppose à l’existence et au développement de l’entreprise privée. La vocation de RFI est telle de fabriquer des coffrets de CD, de les distribuer elle-même sous son label, à un prix exorbitant et de se payer le luxe de les faire financer par un sponsor privé ? On sait par ailleurs que les tournées de promotion de cette activité commerciale plutôt suspecte sont prises en charge par le sponsor qui se trouve être la BIAO-NSIA. Cette affaire pose à chaque homme du monde, un problème éthique qui vient de vous être exposé. Que RFI et BIAO décident de faire commerce en dehors et au dessus de toutes les règles établies par leurs statuts est leur problème et le problème des contrôleurs d’Etat Français.

Mais qu’un journaliste exerçant à temps plein son métier sur une chaîne de ce type, se transforme en recherchiste de sponsor et distributeur de produits dérivés de la chaîne sur tout le continent Africain, pose à l’évidence un problème de déontologie. Tout le monde sait et la Direction Générale de RFI sait que le financier des coffrets de CD des grands hommes de l’Afrique est le Président du groupe de banques et assurances BIAO-NSIA de Côte d’Ivoire. Tout le monde sait également que ce curieux partenariat Sud-Nord n’a été possible que grâce à l’extraordinaire entregent de Mr Alain Focca, ami personnel du PDG de BIAO-NSIA, Mr Diagou Kacou Jean. A ce stade des choses, la Direction Générale de RFI pourrait rétorquer qu’il n’y a pas de quoi "fouetter un chat". Soit. Mais comment la Direction Générale de RFI explique t-elle que le même Alain Focca soit à la fois journaliste, chroniqueur historique, grand reporter, interviewer émérite à RFI, accessoirement vendeur de cassettes pour RFI et Directeur de la communication du groupe BIAO-NSIA, rémunéré à grands frais en tant que cadre salarié de cette entreprise Ivoirienne compromise avec RFI dans des activités commerciales frisant le délit d’initiés. Comment peut-on croire qu’un tel laxisme n’implique pas d’autres responsables dans la hiérarchie de la Radio Mondiale ? Les rétrocommissions étant une pratique courante exercée au plus haut sommet de l’Etat Français Sarko-Balladurien, qui peut empêcher RFI, d’user sans modération de cette excuse ?

J’entends d’ici quelques responsables grincheux et probablement coupables de RFI s’indigner : De quoi se mêle-t-il celui-là ? Oui, certes, de quoi je me mêle ? Je me mêle uniquement de ce qui me regarde. D’abord, auditeur de RFI, je me considère comme un sociétaire obligé de la Radio Mondiale, parce que je n’ai pas le choix là où  je réside aujourd’hui. Ensuite, je vous prie de croire que j’ai eu le privilège d’exercer ce métier magnifique pendant plus de 40 années dans mon pays, la Côte d’Ivoire. A ce double titre, il m’insupporte de voir et même de subir des dérapages du type : Alain Focca /RFI /Diagou Kacou Jean-BIAO-NSIA.

SANS APPEL D’OFFRES ET AVEC DES DESSOUS MALSAINS.

 

Mamadou Ben Soumahoro

Ex-député de la République de Côte d'Ivoire

jeudi, 17 mai 2012

POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DU CITOYEN FRANÇAIS MICHEL GBAGBO

 

 

Pour la libération immédiate du citoyen français... par legrigriinternational

TORTURES EN COTE D'IVOIRE: MORCEAUX DE GOULAGS A YOPOUGON

 

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Les camps de concentration nazis ont été un enfer rarement égalé dans l’histoire humaine. Par un processus systématique et pervers de déshumanisation de leurs victimes, les SS et les kapo visaient à détruire leur personnalité et leur vie en un temps très bref, au moyen de la sous-alimentation, des coups, de l'absence d'hygiène et du travail forcé. Plusieurs décennies après, un homme qui a certainement compulsé et bien assimilé les thèses Hitlériennes, a réussi, avec brio, le pari de la délocalisation machiavélique d’Auschwitz en Côte d’ivoire. On a encore en mémoire les dizaines de prisonniers civils et militaires cadenassés dans des conteneurs à Korhogo, par le rebelle-animal Fofié Kouakou et qui, privés du minimum vital, mourraient par étouffement. Oui, en Côte d’ivoire, Alassane Ouattara s'allie avec la géhenne. Après les goulags de Katiola, Korhogo, et Bouna, un autre mouroir vient de pousser dans l’un des bastions imprenables du Front Populaire Ivoirien. Yopougon, la plus grande commune de Côte d’Ivoire a désormais son camp de concentration  sis au Nouveau quartier. 

Naguère haut lieu emblématique de rassemblement des frontistes, le " village de la LIBERTÉ"  ou "place de la Liberté" a été transformé en un espace sépulcral depuis l’arrivée de l’administrateur colonial au pouvoir, suite au bombardement des institutions ivoiriennes par la force Licorne sur ordre du sanguinaire Sarkozy. Dans cette commune, il ne fait pas bon être militant, sympathisant du FPI. Sur la base ethnique ou sur une simple dénonciation sans preuve d’un cerbère de Ouattara, vous pouvez aisément faire l’objet d’une arrestation. A la vérité, les prisonniers, majoritairement des jeunes ethniquement ou idéologiquement proches du Président Laurent Gbagbo, sont des ennemis imaginaires et inventés avec lesquels le gouvernement misanthrope en place règle ses comptes. Sans états d’âme.

Sont au menu, dans ces goulags ambiants, tortures, exactions, violations massives des droits de l’homme sous le regard approbateur, goguenard et indifférent des organisations vénales des droits de l’homme. Selon le témoignage d’une récente victime de ce camp Boiro ivoirien, recueilli par le quotidien Notre Voie, « quand on nous envoie dans ce camp, on plonge nos têtes dans des barriques d’eau pour tenter de nous asphyxier afin de nous arracher des aveux. On nous a sérieusement battus tout le temps qu’on a été entre les mains des FRCI. On met du plastique au feu et on nous colle les flammes au corps pour nous brûler dans l’espoir de nous arracher des aveux. On nous brûle aussi au fer. C’est la torture que j’ai vécu.». Ces êtres humains sont enfermés dans ces lieux mortifères où ils côtoient la faim, le travail forcé, les mauvais traitements, les exécutions sommaires. Ils sont susceptibles de faire partie de ceux qu'on ne reverra jamais.  Administrées par des Frci barbares et inhumaines avec l'onction du gouvernement actuel, les tortures en vigueur dans ce véritable mouroir sont infligées dans l’indifférence  des champions de la démocratie et des organisations de défense des droits de l’homme.

Cette chasse planifiée aux pseudo-opposants au régime illégalement installé en Côte d'ivoire, achève de convaincre de la politique d'élimination larvée des militants pro-Gbagbo depuis le Lundi noir du 11 Avril 2011. Pour l’heure, en attendant la solution finale à la question des pro-Gbagbo, la vibrante communauté internationale  a, par complicité et protection de ses intérêts cyniques, donné sa langue à manger à la dictature de la Ouattarandie. 


Kephrem


Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: IVOIRE-POLITIQUE

AFFAIRE «PLUS DE 700 MILLIONS FCFA SUR UN COMPTE DE LAURENT GBAGBO»: LE FAUX SCOOP DE JEUNE AFRIQUE

 

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Pour Jeune afrique - sous la plume d’André Silver Konan - la révélation de l’existence de « plus de 700 millions FCFA sur un compte bancaire de Laurent Gbagbo » devait être le scoop du siècle, car le Président Laurent Gbagbo a toujours montré son aversion pour les espèces sonnantes et trébuchantes. Autrement dit, l’argent à la différence d’Alassane Ouattara, n’a jamais été le moteur de son engagement politique. Seuls la Côte d’Ivoire, l’Afrique et le bien-être des populations et l’amélioration de leurs conditions de vie, l’ont toujours guidé en politique. Pendant ses dix ans au pouvoir, cela s’est toujours vérifié. Même lors de son transfèrement à la CPI, cette dernière après plusieurs mois de recherche, ne lui a trouvé aucun compte bancaire dans aucune banque européenne ou américaine, et dans aucun paradis fiscal.
 
Et voilà que Jeune Afrique nous apprend dans sa parution d’hier que « L’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo n’est pas aussi indigent que cela ». Et que « de source judiciaire, 741 071 364 francs CFA (soit environ 1,13 million d’euros) ont été découverts sur un compte bancaire ouvert à son nom à Abidjan ».

Pour des économistes au pouvoir, ayant fait leurs classes au FMI et à la BCEAO en tant que directeur général adjoint et gouverneur, cette révélation arrive bien tard. On aurait pu penser que le gouvernement Ouattara aurait pu le savoir dès les premiers jours de son installation. Mais arrivant un an plus tard, on se pose des questions, surtout que en plus d’être accusé d’être coauteur indirect de crimes de sang et de crimes contre l’humanité, Laurent Gbagbo est également accusé par Ouattara de crimes économiques.
 
Selon Jeune afrique, « Le compte bancaire de Laurent Gbagbo sur lequel ont été découverts les 741 071 364 francs CFA (1,13 million d’euros) est logé à la Société générale de banques en Côte d’Ivoire (SGBCI, filiale de la Société générale en France) ».
 
Il aurait été ouvert fin octobre 2000 par les services de la direction administrative et financière de la présidence ivoirienne, juste après la prestation de serment de Laurent Gbagbo à la présidence de la République.
 
Toujours selon notre confrère panafricain, « Ce compte a été régulièrement approvisionné à partir de juillet 2002, quand Gbagbo a signé un décret déterminant les conditions matérielles et financières d’exercice des fonctions de président de la République. Ce décret, daté du 17 juillet, fixait le salaire du président de la République à 9 584 580 FCA (14 632 euros). Une somme qui a été dès lors régulièrement versée sur le compte de la SGBCI. Le compte devrait contenir plus d’un milliard de francs CFA si des transferts de fonds vers d’autres comptes n’ont pas été effectués entre-temps ».
 
Comme on le voit, c’est bien le salaire de Laurent Gbagbo, qu’il avait fixé publiquement à 9 584 580 FCA (14 632 euros), qui a transité sur ce compte. Et selon un proche de Laurent Gbagbo joint par IvoireBusiness sous couvert d’anonymat, le Président Gbagbo, via ses avocats, a tenu informée la CPI de l’existence d’un tel compte bancaire.
 
Mais ce compte bancaire est gelé par la justice ivoirienne qui le poursuit par ailleurs pour crimes économiques. Ce qui fait qu’il bénéficie de l'aide judiciaire de la CPI.
 
En effet, ses frais judiciaires s’élèvent à 900 millions de francs CFA (1,3 million d’euros, NDLR). C’est dire que même si les 741 071 364 francs CFA (1,13 million d’euros) logés à la Société générale lui étaient restitués, Laurent Gbagbo ne pourrait toujours pas faire face à ses frais de justice.
 
Le Scoop du « siècle » de Jeune afrique tendant à discréditer Laurent Gbagbo en le faisant passer pour un détourneur de deniers publics, est donc un faux scoop. Il campe juste dans le sensationnel et dans l’émotionnel. Et rappelle étrangement les soit disant 50 millions de FCFA attribués à Thomas Sankara et découverts par Blaise Compaoré dans son palais, lors de son coup d’Etat.
 
Tout le monde avait compris que le beau Blaise voulait justifier l’assassinat de son ami en le faisant passer pour un vulgaire voleur.
 
Il n’a jamais réussi à le faire car le prestige de Thomas Sankara est toujours aussi haut dans les esprits de millions d’africains.
 
Il en est de même pour le Président Laurent Gbagbo, dont l'intégrité et la probité morales sont restées intactes.
 
 
 
Christian Vabé



RESIDENCES UNIVERSITAIRES: VOICI CEUX QUI ONT PILLE LES CITES U DE PORT-BOUET

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Un ancien résident de la cité universitaire de Port-Bouët I baptisé Jakarta, raconte dans les moindres détails les événements qui ont marqué la période post-électorale dans la commune du maire Hortense Aka Angui où les étudiants, taxés de pro-Gbagbo, ont été la cible des combattants FRCI et des militants du RDR-RHDP en furie. Ce sont eux, affirme-t-il,  les auteurs des pillages et destruction des cités ‘’U’’ de la commune. Un témoignage intéressant qui laisse apparaître une sorte de "racisme anti-étudiants", qui n'est pas sans lien avec la fermeture des campus pendant deux années scolaires, décrétée par le régime Ouattara dans l'indifférence internationale.

J’ai été interpellé par une question posée par le quotidien pro gouvernemental Fraternité Matin. Ce quotidien posait la question de savoir qui a volé dans les cités universitaires de Port Bouët ? Cette question qui ne pouvait trouver sa réponse qu’auprès des cadres du pouvoir actuel m’est apparue comme une injure à l’endroit des étudiants et de leurs familles. Je suis surpris que ce journal ne sache pas qui est l’auteur de la destruction des cités universitaires de Port Bouët. Comme il feint ne pas le savoir, je me permets de lui donner la juste information. 
 
Pour commencer, je précise que les cités universitaires ont été totalement pillées à la chute du Président Laurent Gbagbo. Mais déjà, elles étaient la cible de combattants déposés dans la commune ceux-ci aidés et appuyés par certains militants du RHDP. Ils avaient dressé la liste des personnes à assassiner et avaient quelques photos de certains d’entre eux. Il faut dire que tout a été bien cordonné avec les représentants locaux du RHDP qui ne peuvent pas dire qu’ils n’étaient pas informés. Il est bon d’indiquer que les étudiants des cités universitaires de Port Bouët n’ont jamais été en odeur de sainteté avec le maire de la commune Mme Hortense Aka Angui. Déjà en 2001, lors de «la bataille de Kirina», conflit ayant opposé les étudiants aux riverains, le Maire de la commune avait attisé la colère des riverains contre les étudiants. Son objectif était de voir les étudiants quitter Port Bouët parce que ceux-ci ne partageaient pas les choix politiques du PDCI, son parti.
 
Dans le même moment, les étudiants avaient pour ennemis jurés, les habitants du quartier Abattoir. Ce quartier est un quartier précaire constitué en majorité de partisans d’Alassane Ouattara et des ressortissants de la sous-région (Maliens, Guinéens, Burkinabè.) Ce quartier est aidé par un autre appelé Toviatho, un quartier précaire. En 2000, les étudiants avaient été très actifs dans la victoire de Gbagbo sur le Général Guéi Robert. Ils ont été les initiateurs des manifestations contre la tentative de confiscation du pouvoir par Guéi. Leur activisme a été par la suite observé lors des élections législatives qui ont vu la victoire des candidats du FPI, Touré Massani et Vé Emile.  
 
Lorsque la guerre éclate en 2002, les étudiants des résidences universitaires de Port Bouët font le choix de soutenir la République.  Ce choix accentue la haine que les militants du RDR logés à l’Abattoir et autres quartiers précaires leur vouent. En avant-garde de toutes les manifestations pro Gbagbo à Port Bouët, ils étaient régulièrement menacés d’attaques en provenance du quartier Abattoir. Les conflits entre Abattoir et les résidences universitaires de Port Bouët, précisément les cités de Port Bouët I (cité mère et cité des mariés), Port Bouët II et Port Bouët III (base navale), étaient devenus monnaie courante. C’est dans un tel contexte qu’éclate la crise post-électorale.
 
Au point fort de cette crise, précisément à partir du mois de mars, les étudiants avaient été exhortés à quitter les cités suites aux menaces régulières des partisans d’Alassane Ouattara. A partir de cette période, les résidents avaient commencé à abandonner la cité.
 
A la fin du mois de mars, suite à l’entrée des rebelles à Abidjan, l’ONUCI et la Force Licorne ont engagé des opérations de dépôt de combattants de Ouattara dans le quartier Abattoir, précisément au Nouveau quartier (non loin de l’église Déhima) et d’autres endroits. Il faut dire qu’ils étaient servis en armes et certains habitants militants du RDR étaient les tuteurs de ces combattants. Mais déjà avant cette date, précisément en novembre 2010, des jeunes de ce quartier avaient été déversés armés de machettes, de couteaux au QG du PDCI au quartier Ewing, situé non loin de la cité policière. Suite à l’affrontement qu’il y a eu à Cocody entre les étudiants de la cité Mermoz et les militants du RHDP, ces badauds s’étaient attaqués à des partisans de Gbagbo revenant d’un meeting au stade de l’Aspa à Vridi. 
 
Le pillage des résidences universitaires a débuté quelques jours avant la chute du président Laurent Gbagbo. A Port Bouet centre, les résidents des cités de Port Bouët I, Cité des mariés et la cité Port Bouët II et celle de Vridi, avaient été délogés par les partisans d’Alassane Ouattara venus avec l’appui des forces de l’Onuci et de la Licorne. A Port Bouet II, la cité située non loin de l’hôpital général de Port Bouet, les combattants pro-Ouattara ont été déposés à la station Total, juste derrière cette cité. Un autre groupe avait été déposé par la Licone et l’ONUCI à l’entrée de Port Bouët, précisément face à la Silove située à quelques mètres du monument «Akwaba». Ce sont ces combattants appuyés par des résidents du quartier précaire Moussakro (quartier peuplé majoritairement de Maliens, Guinéens et Burkinabé situé en face du monument Akwaba) et Abattoir qui ont délogé ceux qui sont restés en résidence universitaire. A la cité des mariés, l’Onuci a opéré de la même manière. Elle a nuitamment déposé les combattants dans cette cité. 
 
La troisième cité universitaire, la cité III située non loin du phare de Port Bouët, a été évacuée le 11 avril. C’est à cette date que les pillages et destructions généralisés ont débuté. Les cités de Port Bouët I et II, ainsi que la cité des mariés ont été pillés par les militants du RHDP venus des quartiers Abattoir, Moussakro Toviatho et certains militants vivants dans les quartiers riverains. La cité universitaire de Port Bouët III a été pillée par les partisans d’Alassane Ouattara venus de derrière Wharf, Adjouffou et Gonzagueville, avec l’aide de certains militants du RHDP vivant à Port Bouët centre. Ces pillards étaient conduits par des jeunes armés. Il faut mentionner que ces pillages se sont faits sous le contrôle de la Force Licorne qui avait, à Port Bouët III, positionné deux cargos face à la cité. Bien entendu, la cité de Vridi avait déjà été mise à sac par les militants du RHDP. Toutes les cités ont donc été pillées par des militants et sympathisants du RHDP. Cela est incontestable puisque les militants pro-Gbagbo cherchaient à fuir la furie des forces d’Alassane Ouattara. Ils n’avaient donc pas le temps d’aller piller une cité.
 
A partir du 12 avril, les pillards ont cassé les murailles des maisons basses de la cité III, ces murailles en Siporex ont été commercialisées car elles servent à faire le feu. Aujourd’hui ces cités n’existent que de nom, murs, câbles électriques, sanitaires, chevrons, toiture, lits, fenêtres, portes, fers, ont été tous emportés par les pillards du RHDP. Ces cités sont actuellement habitées par des éléments des FRCI. La cité III est devenue une base militaire comme l’indique une pancarte accrochée à l’entrée de cette résidence, il en est de même pour la cité II. Là-bas, les chambres sont mises en location par les FRCI au prix de 5000 F/mois. La cité des mariés et celle de Vridi connaissent le même sort, elles sont toutes occupées par des FRCI ou par des locataires qui versent le loyer aux hommes d’Alassane Ouattara. 
 
Je tiens à souligner que le Maire de Port-Bouët, Mme Aka Angui, avait annoncé sur RFI que son souhait était de voir sa commune débarrassée des cités universitaires. Son discours a été repris par les éléments des FRCI qui ont sillonné les quartiers de la commune pour sensibiliser les parents à parler à leurs enfants étudiants. Pour eux, il ne devrait plus exister de résidence universitaire à Port Bouët parce que, selon eux, tous les étudiants sont miliciens. Mme le Maire a offert gracieusement une partie du centre pilote des jeunes aux éléments des FRCI pour les féliciter. Ce centre est devenu un camp militaire.
 
(…) Tous les habitants de la commune de Port Bouët savent ce qui s’est passé. Aucun habitant ne peut dire que ces cités ont été pillées et détruites par des personnes autres que les militants du RHDP. Ils l’ont fait sur instruction de leur état-major. Aujourd’hui encore, des éléments des FRCI logeant dans ces cités affirment qu’il est prévu que ces résidences leur reviennent. Et rien ne prouve qu’ils sont dans le faux, à en juger par l’attitude du gouvernement qui installe à la place des campus et cités universitaires – qui ont disparu – des camps de supplétifs FRCI plus nombreux que la population estudiantine ivoirienne. Donc bientôt on ne parlera plus de cités universitaires à Port Bouët. Voici le témoignage que j’ai voulu faire pour dire réellement ce qui s’est passé. Je vous saurais gré de le diffuser.
 
 

*Ancien résident de la cité Jakarta (Port-Bouët I)



lundi, 14 mai 2012

ABIDJAN-YOPOUGON: DES DETENUS BRULES AU FER DANS UN CAMP DE CONCENTRATION

 

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Non, ce n’est pas de la blague… Non, vous n’êtes pas dans l’Allemagne de Hitler, mais bien en Côte d’ivoire, plus précisément dans la commune de Yopougon supposée pro-Gbagbo. Oui dans ce quartier le régime Ouattara a installé un camp de concentration.

Lorsque vous arrivez à Yopougon, dites au chauffeur de vous déposer au feu tricolore du complexe sportif. Vous prenez par la suite la direction du nouveau quartier, tous les chauffeurs de taxi connaissent. Vous dites à la place de la liberté (un site qui pourtant appartient au Fpi, le parti de Laurent Gbagbo), là où se trouve le camp des Frci qui regroupe à ce jour tous les miliciens qui ont combattu pour le régime en place, le régime Ouattara. C’est sur ce site, occupé illégalement par les forces pro-ouattara, que se trouve ce camp de concentration. Au moment où nous mettons sous presse (ce samedi 12 mai 2012), ce camp de torture est présentement fonctionnel avec des milliers prisonniers.

Ces jeunes que vous voyez dans l'image ci-dessus, dont on n’avait aucune nouvelle, sont actuellement dans ce camp selon de nombreuses indiscrétions. D’autres malheureusement ont succombé aux tortures atroces qui leur ont été infligées par ces miliciens pro-ouattara.

Dans ce camp de concentration, les pratiques qui ont cours sont véritablement inhumaines. Tortures, exactions, violations des droits de l’homme… Tout y passe à l’abri des regards, nous rapporte le quotidien ivoirien « notre voie ». Les témoignages des individus qui ont pu en sortir vivants, mais en loques humaines, donnent froid dans le dos.  Selon eux, il s’agit d’un véritable camp de concentration, un mouroir qui fait penser au camp Boiro de la Guinée-Conakry sous le dictateur Sékou Touré. « Quand on nous envoie dans ce camp, on plonge nos têtes dans des barriques d’eau pour tenter de nous asphyxier afin de nous arracher des aveux. On nous a sérieusement battus tout le temps qu’on est restés aux mains des FRCI. On met du plastique au feu et on nous colle les flammes au corps pour nous brûler dans l’espoir de nous arracher des aveux. On nous brûle aussi au fer. C’est la torture que j’y ai vécu », confie une récente victime du camp. Témoignage rapporté par ce même quotidien.

 

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Un autre jeune torturé par les Frci

 

C’est une victime totalement diminuée avec des pieds enflés et le corps plein de brûlures au fer qu’il nous est amené de voir. « On nous bat tout le temps avec du fil de fer, nous dormons sous une bâche au sol nus et nos portables et argent sont confisqués par nos bourreaux. Nous ne mangeons pratiquement pas et on nous interdit toutes les visites et communications téléphoniques. Je sors du camp avec tous mes pieds enflés du fait des tortures et je suis prêt à poser pour des photographies afin de porter à la connaissance de l’opinion internationale toutes les pratiques inhumaines que des personnes injustement détenus subissent aux mains des Frci (forces pro-ouattara). J’ai laissé derrière moi, dans ce camp, des centaines de personnes notamment des policiers, gendarmes, militaires et des civils qui côtoient quotidiennement la mort », explique la victime.

Selon de nombreux témoignages, les arrestations arbitraires dans la commune de Yopougon sont quotidiennes. Ces arrestations se font sur une base ethnique et sur une simple dénonciation sans preuve d’un partisan de Ouattara. Les détenus n’ont droit à aucun procès. C’est le règne de la justice des vainqueurs. « Des gens ont été pris au Kilomètre 17 où un élément des Frci, un Burkinabé appelé Chef Bamba sévit sans retenue. Il arrête des personnes et les conduits au camp Frci du nouveau quartier où ils sont torturés. Les organisations de défense des droits de l’homme doivent faire quelque chose, sinon il sera trop tard pour les autres détenus que j’ai laissés là-bas », poursuit la victime. Avant de préciser : « suite à la torture, je suis tombé dans un coma. Les Frci m’ont envoyé à l’hôpital militaire d’Abidjan où ils m’ont abandonné. Ils sont revenus me reprendre avant de me libérer sans soins lorsque j’ai repris connaissance ».

Les riverains du camp Frci au nouveau-quartier de Youpogon vivent également un cauchemar. Selon eux, chaque nuit pratiquement ils sont victimes de vols. « Les Frci s’introduisent dans nos maisons quand ils veulent et surtout lorsqu’ils sont en manque d’argent pour nous voler sous la menace de leurs armes », soutiennent des riverains.

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LIBERTES CITOYENNES ET DEMOCRATIE EN COTE D'IVOIRE: IL Y A PROBLEME!

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Table Ronde du Front Populaire Ivoirien (FPI) - Thème : "Libertés citoyennes et Démocratie"

Exposé liminaire de SERY Gbouagnon, Secrétaire National aux libertés et à la Justice

"L'état actuel des libertés citoyennes et de la Démocratie en Côte d'Ivoire"

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La Constituante française de 1946 a consacré le principe de la dévolution du pouvoir par le multipartisme et l’expression plurielle des libertés dans les colonies françaises en Afrique. Cette constituante garantissait l’alternance dans l’exercice du pouvoir, et induisait l’expression de libertés des minorités, les débats d’idées, la liberté d’association. Sur cette base des partis politiques se sont constitués selon les courants d’idée existant en métropole, les syndicats et les mouvements associatifs ont vu le jour.

Le débat s’est vite instauré entre les partisans de la collaboration avec les colons et ceux qui en son temps avaient opté pour la lutte pour la conquête des libertés des indigènes ou autochtones. L’opposition représentée par le PDCI-RDA a gagné les élections en 1959.

Du fait de sa position dominante le PDCI-RDA a imposé, en violation de l’article 7 de la constitution et au motif de la préservation de l’unité nationale dans un Etat en gestation, la mise entre parenthèse du Multipartisme, et par conséquent de l’alternance démocratique du pouvoir. A cet effet, il a fait fondre en son sein tous les partis et groupements sociaux, mettant ainsi en place un parti unique en laissant la constitution en l’Etat.

Dès lors les droits et libertés étaient de fait confisqués.

 I – La confiscation de droits et libertés de 1959 à 2000

La Constitution de la première République de Côte d’Ivoire de 1960 révisée en 1963, 1975, 1980, 1985, 1994, et 1998, comme vient de le rappeler fort opportunément madame Amon Agoh Marthe, proclame son attachement au système démocratique.

En effet, comme l’a analysé Mme Amon l’article 2 de cette constitution dispose : «La République de Côte d’Ivoire est… démocratique et sociale. Son principe est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple ». Les textes qui suivent (articles 3 et 4) énoncent que : « La souveraineté appartient au peuple » « le peuple exerce sa souveraineté par ses représentants et par la voie du référendum. Le suffrage est universel, égal et secret ».

Il s’agit donc d’une démocratie représentative mais qui se veut aussi directe par moment ; on la qualifie généralement de semi-directe.

Lorsqu’on parcourt toutes les dispositions de cette Constitution, l’on note également la séparation des pouvoirs : exécutif, législatif et judiciaire. Mais la démocratie ne se contente pas de l’existence d’institutions démocratiques. Elle s’accompagne nécessairement de droits et libertés pour  les citoyens afin d’assurer l’exercice effectif du pouvoir.

A ce niveau, la Constitution de 1960 est très avare. Elle se contente de formules générales et vagues telles que : « Le peuple de Côte d’Ivoire proclame son attachement aux droits de l’Homme, tels qu’ils ont été définis par la Déclaration des Droits de l’Homme et du citoyen de 1789, par la Déclaration Universelle de 1948, et tels qu’ils sont garantis par la présente Constitution ».

Or, dans ladite Constitution, il y a seulement un article (art. 6) qui énonce que « La République assure à tous l’égalité devant la loi, sans distinction d’origine… » On peut ajouter l’article 7 qui permet de former librement des partis et groupements politiques ainsi que d’exercer des activités politiques.

Enfin, l’article 61 (révisé en 1988) énonce que: « Nul ne peut être arbitrairement détenu. Tout prévenu est présumé innocent jusqu’à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d’une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense… ».

J’ai cité largement a dessein ces repères sur les droits et libertés inscrits dans la constitution de 1960 pour l’exercice de la démocratie et que Mme Amon a mis en exergue, pour montrer par quelques faits révélateurs que les Présidents qui se sont succédé tout au long de la première République, de Félix Houphouët Boigny à Henry Konan Bédié en passant par Robert GUEÏ, ont tous fonctionné de 1960 à 2000 aux antipodes des principes démocratiques énoncés dans la Constitution.

D’abord l’application de l’article 7 de la Constitution qui permet de former librement des partis et groupements politiques ainsi que d’exercer des activités politiques, n’a jamais été effective pendant 30 ans, de 1960 à 1990 sous le règne de Félix Houphouët Boigny.

De ce fait tous les droits et libertés qui lui sont subséquentes ont été confisqués par le parti unique, et les citoyens qui ont tenté de les exercer, ont été réprimés au moyen de complots fictifs destinés à faire de l’épuration idéologique : 1959 complot du chat noir, 1963, 1964, 1965, 1971, 1972, arrestations et détention arbitraires de citoyens, d’élèves, étudiants, et de militaires pour museler la liberté d’expression, et/ou assassinat, le cas du Guébié avec Gnagbé Kragbé qui a voulu fonder un parti autre que le PDCI RDA. Le spectre de la terreur a été étendu à toutes les franges de la société pour assurer le musellement. Le pouvoir ne voulait pas voir se fissurer le mur de la confiscation.

Tous les dirigeants qu’ils soient de l’exécutif, du pouvoir législatif ou judiciaire sont cooptés au sein du Parti qui est l’unique centre de décision. Ainsi, l’Assemblée Nationale a été mise en place avec des "missionnaires" du parti choisis sur une liste et nommés par le Président Houphouët. Ils avaient pour mission de légiférer selon la volonté du souverain leur commanditaire au nom d’un peuple qui n’est pas celui qui lui a donné mandat. La situation pour le peuple n’a guère changé par la suite, même s’il s’est avéré plus élégant d’organiser des élections qui ressemblaient plus à une cérémonie de cooptation au sein du parti, avec la complicité bienveillante du peuple à qui il était enjoint d’entériner le choix du Président et du Parti. L’exemple de la mise en place de l’Assemblée Nationale a essaimé dans tous les secteurs de la vie sociale. Ainsi chaque fois qu’il était nécessaire de voir s’exprimer dans la forme le désir d’association, pour représenter un groupe on puisait à la même source du parti.

Les syndicats qui portaient les revendications des travailleurs, des producteurs ont tous été fondus au sein de l’UGTCI, centrale syndicale qui avait pour mission de collaborer avec l’exécutif. Il avait surtout pour rôle  de faire célébrer par les travailleurs leur propre bâillonnement pour voir le Secrétaire Général être élevé au rang de dignitaire du Parti.

Les étudiants à la suite de quelques turbulences dues au fait qu’ils font partie de la frange éclairée de la population, ont dû être violemment ramenés à l’ordre par arrestation arbitraire et l’encasernement de URSEECCI, la fermeture des universités Ivoirienne la suppression des brosses aux dirigeants et militant d’UEECI après la création de MEECI. Ils ont été contraints au même mode de fonctionnement dans le cadre du MEECI, section du PDCI.

En clair, tout groupement ou toute association pour avoir droit de cité, doit procéder du PDCI. Les femmes ont vu leurs énergies canaliser dans l’AFI.

En d’autres termes, toutes les organisations étaient caporalisées et étaient où des sections du PDCI ou des porte-voix de celui-ci.

Même avec la proclamation du retour au multipartisme en 1990 et l’avènement de Henry Konan Bédié au pouvoir, les citoyens s’apercevront très vite que le multipartisme ne signifiait aucunement instauration de la démocratie. Les réflexes du parti unique vont refaire surface et perdurer comme en témoigne, le complot contre les démocrates et la démocratie le 18 février 1992, et l’organisation solitaire, arbitraire et dictatoriale des élections présidentielles et législatives de 1995 par Henry Konan Bédié avec l’appui d’un ministre de l’intérieur entièrement à sa solde après son refus de mettre en place une commission électorale indépendante.

 II – L’avènement au Pouvoir du FPI 2000 - 2011

La constitution de 2000 adoptée par référendum consacre les libertés fondamentales, l’équilibre et la séparation des pouvoirs. Elle garantit l’expression desdites libertés par voie législative et réglementaire.

En application de la constitution, il a été fait droit à la mise en place des conditions équitables d’organisation des élections. Contrairement au passé, il a été créé une commission électorale indépendante, admis l’utilisation du bulletin unique, des urnes semi transparentes dans le processus d’organisation des élections.

L’issue des élections a donné naissance à la 2ème République avec le Président Laurent GBAGBO qui a entrepris des efforts de protection de l’exercice des libertés dont notamment :

L’adoption de la loi instituant la dépénalisation des délits de presse est une avancée incontestable. En effet, le fait que les animateurs de la presse aient été soustraits aux peines privatives de liberté a favorisé l’expansion de la presse privée.

Cette loi administre la preuve de la liberté d’expression, d’opinion d’une part et permet de rendre compte des activités des groupements et partis politiques, des syndicats et groupements sociaux sans ostracisme.

Les marches et les meetings ne sont plus interdits ni réprimés. Les syndicats usent des moyens légaux à leur disposition pour défendre les intérêts  des travailleurs y compris la grève sans que le ciel ne leur tombe sur la tête.

Mieux, les journaux, les journalistes et les citoyens critiquent l’action du gouvernement sans modération. Lé délit d’offense au chef de l’Etat n’existe plus et on assiste aux attaques des plus insensées du Chef de l’Etat, sans que les auteurs de ces manquements ne soient inquiétés. L’expression de la liberté garantie par la constitution est effective du fait de la retenue du Chef de l’Etat et de son gouvernement. Ils ont refusé de se renier et ont plutôt mis une pointe d’honneur à assumer avec grandeur un pouvoir souverain adossé à la constitution ivoirienne porteuse des droits, des libertés, des devoirs d’égalité des citoyens dans un Etat laïc. La liberté philosophique, la liberté de penser, de pratique religieuse, d’opinion est une réalité reconnue à tous  et à chacun.

Mais l’avènement de la 2ème République a été freiné dans la mise en place de sa structuration, de ses institutions par les "vents contraires" qu’il a fallu assumer.

En fait, il est à remarquer que la constitution de 2000, a permis la mise en place d’un état moderne aux antipodes du pouvoir de l’état dirigiste du passé. Les ivoiriens sortis de l’encasernement, n’ont pas boudé leur plaisir d’être libres et l’ont exprimé diversement et cela n’a pas été heureux. La liberté de certains les a conduits à réclamer l’encasernement, la mise sous tutelle et le refus de l’intérêt commun. Cela a abouti à la partition du pays par une rébellion encouragée de l’extérieur.

La conséquence immédiate a été de contrarier les libertés collectives et les libertés individuelles d’aller et de venir sur l’ensemble du territoire.

Malgré toutes ces intrusions, le Président Gbagbo s’est accroché à la souveraineté, à la constitution pour résister, pour tenter de ramener la Côte d’Ivoire dans la sphère d’un état démocratique et espérer  consolider la démocratie par la persuasion et le dialogue.

Mais les pressions de l’extérieur ont fini par dévoyer les valeurs qui contrariaient les intérêts des maîtres du monde.

Ils ont refusé de reconnaitre exclusivement aux citoyens Ivoiriens la gestion de leurs biens communs. La résistance par la légalité a contrarie les assauts des légions étrangères pendant un long moment, mais la Côte d’Ivoire a fini par être mise sous occupation militaire active. L’ordre public a été régulé par les forces étrangères françaises et Onusiennes, en vue de procéder a :

  • L’enrôlement  des populations pour créer un corps électoral nouveau en introduisant sur les listes électorales des personnes qui ne répondaient pas aux critères de nationalité.
  • Des modifications au code de nationalité et au code électoral. Mieux, lorsque la résistance légale allait à l’encontre de la volonté des occupant et de leurs affidés, la communauté internationale prenait des résolutions destinées à amener la Côte d’Ivoire à l’échafaud.

Les organes nationaux ayant en charge le processus électoral et le jugement des élections ont déclaré le Président Laurent GBAGBO vainqueur des élections dans le strict respect de toutes les prescriptions constitutionnelles. Il la été investi par le conseil constitutionnel et a prêté surement. En contravention des procédures et des lois, son adversaire s’adossant à des résultats qui auraient dû être considérés comme provisoires en tout Etat de cause, s’est proclamé vainqueur avec l’appui de la communauté internationale incarnée par la France, les USA. La CEDEAO à embouché la même trompette et l’UA a endossé la position de la CEDEAO. A partir de ce moment le Président de l’extérieur a appelé à la guerre, au meurtre pour qu’il accède au palais.

Le coup d’Etat orchestré par l’armée française le 11 avril 2011 et qui a entrainé la chute du régime de la refondation dirigé par le Président Laurent Gbagbo, consacrait dans le même temps la mise sous boisseau et donc la confiscation à nouveau des droits et libertés des citoyens dans notre pays.

III – L’état actuel des libertés et la démocratie en Côte d’Ivoire du 11 Avril à ce jour

 Est-il possible de parler de démocratie lorsque les règles de gestion de la cité transcendent le cadre de la cité ? Lorsque les forces étrangères régulent l’ordre public et mettent sous coupe réglée la liberté d’expression, d’aller et de venir. Est-ce possible de parler de démocratie lorsqu’on est départi du pouvoir d’assurer sa propre sécurité ? Cela n’est pas évident. La Côte d’Ivoire, à son indépendance a confié sa sécurité à la France. Cela a façonné le type de régime qu’il a connu avec la confiscation des libertés jusqu’en 1990.

Lorsque dans une situation de détresse, les armées étrangères s’imposent à vous comme solution pour faire cesser la belligérance. Elles vous imposent aussi ses solutions de gouvernances. Alors, votre liberté est hypothéquée et vous ne pouvez aspirer à une vie souveraine.

Enfin, lorsque l’extérieur dicte les conditions d’organisation du choix de vos dirigeants, il ne faut pas s’étonner qu’elles exercent des pressions pour diriger le choix. C’est ce qui nous est arrivé en novembre 2010. Une fois de plus, le peuple a été exclu du choix de ses dirigeants, tout a été mis en œuvre pour que ceux qui se sont investis pour organiser les élections arrivent à leur fin.

Pour ma part, il n’y a pas d’élection démocratique possible avec l’arme sous la tempe de celui qui met le bulletin dans l’urne. Les artifices démocratiques dans un espace non pacifié n’ont pour but que de justifier la fin.

Aujourd’hui, à l’examen des actes du pouvoir qui piétinent constamment la constitution et les sorties médiatiques qui montrent les tenants du pouvoir qui entonnent le refrain selon lequel, nous vivons dans une aire de démocratie est assez éloquent. En effet, la démocratie a pour objet de crédibiliser le pouvoir. Or les nouvelles autorités sont aujourd’hui très loin d’être crédibles.

Doté d’un pouvoir exécutif issu d’un coup d’Etat et par conséquent anticonstitutionnel, illégitime et illégal, le président Alassane Ouattara a cru devoir combler ce triple déficit en organisant dans la précipitation des élections législatives pour doter la Côte d’Ivoire d’un parlement. Mais il s’est davantage enfoncé dans le déficit et donc tombé de charybde en scilla, parce que cette assemblée de laquelle a été quasiment exclu le Front Populaire Ivoirien premier parti politique du pays est aussi frappé de plusieurs tares congénitales. D’abord, elle a été mise en place par seulement 15% de l’électorat ivoirien qui sont très loin d’être la majorité du peuple ivoirien, qu’elle ne peut donc représenter.

A ce manque de représentativité s’ajoute son double caractère monocolore et ethnique. Monocolore parce qu’elle ne renferme que des députés issus d’un seul mouvement politique le RHDP de tendance libérale donc de droite, et est sans parti d’opposition. Ethnique parce qu’elle est très majoritairement composée (+60%) de députés issus d’un seul groupe ethnique Malinké/Dioula, dans un pays qui en compte une soixantaine, et ne peut donc légiférer en tenant compte de toutes les particularités et sensibilités culturelles de notre pays. Quatrième tare enfin et non des moindres, il s’agit d’une Assemblée taillée sur mesure pour servir les seuls intérêts du RDR le parti du président Ouattara parce que les élections se sont déroulées sur la base d’un découpage électoral, très favorable à cette formation politique. L’Assemblée mise en place n’est donc pas Nationale. Quel crédit peut-on alors accorder à des lois issues d’un tel parlement ? Au total donc un pouvoir exécutif et un pouvoir législatif en panne de légitimité. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, tout le monde est à la merci d’un régime excessivement répressif et diffus.

En effet comme, les FRCI n’obéissent pas à un commandement unifié, les centres de décision sont nombreux avec comme conséquence une répression tout azimut. Elles sèment la mort partout et la vie humaine n’a plus aucun prix. Il y a aussi la désastreuse question de Dozos. Leur irruption dans la vie et le jeu politique ivoirien constitue une entorse grave aux lois de la République et une atteinte à la cohésion nationale. En dépit de ce constat, le pouvoir actuel en a fait un bras séculier ethnocentrique qui intimide et traumatisent les autres peuples du pays. En effet, pour les besoins de l’option militaire dans la résolution de la crise postélectorale, ces chasseurs traditionnels, dont des légions entières importées de la sous-région, ont été essaimés sur toute l’étendue du territoire. Auteurs de sévices corporels au quotidien sur les populations, d’extorsions diverses de biens, d’expropriations avec violence se soldant parfois par des pertes en vies humaines, les Dozos sont une véritable gangrène sociale jouant sans merci leur partition dans le schéma d’insécurité orchestrée et la politique de terreur planifiée. Une telle situation ne peut continuer de prospérer plus longtemps sans faire courir à la Côte d’Ivoire le risque potentiel d’une guerre civile.

Les institutions chargées d’assurer la sécurité des hommes et des biens sont  déstructurées.

La Police et la Gendarmerie ont été désarmées et soumises aux FRCI. Dans un Etat moderne, dans une République, l’administration de la sécurité publique incombe aux forces institutionnelles et républicaines ayant et la formation et les moyens de la mission. Les policiers et gendarmes sont en l’occurrence ces forces institutionnelles. Désarmés pour la plupart après le 11 avril 2011 et subissant au quotidien des situations d’humiliation de la part des FRCI bien équipés, eux, les professionnels de la sécurité des personnes et des biens et de l’ordre public sont devenus aujourd’hui des corps handicapés victimes eux-mêmes de l’insécurité orchestrée. Leurs camps et leurs casernes furent occupés par les rebelles et leurs supplétifs, leurs outils de travail détruits. Ces camps et ces casernes furent bombardés par les forces françaises et onusiennes. C’est une situation intolérable et inadmissible, contraire à un Etat de droit et à l’exercice de la démocratie.

Par ailleurs le titre premier de la Constitution de 2000, relatif aux libertés et droits des citoyens stipule en son article 5 que le domicile est inviolable et en son article 6 que la famille constitue la cellule de base de la société. L’Etat assure sa protection. Or depuis le 11 avril, des hommes et des femmes, des familles entières qui ont la grâce d’avoir la vie sauve, vivent ainsi des drames intérieurs d’exilés ayant perdu le fruit de tout une vie de dur labeur, leurs domiciles et biens confisqués. Paupérisation, précarité, vulnérabilité et humiliation sont leurs compagnes au quotidien. Là non plus, la situation ne peut et ne doit prospérer plus longtemps : elle est proprement incompatible avec la revendication assénée d’un Etat de droit que serait devenue la Côte d’Ivoire depuis le 11 avril.

Corolaire de ce qui suit, la paix et la sécurité des personnes et des biens ne peuvent être possibles que si le citoyen se sent protéger et en sécurité dans son intégrité physique, mais aussi dans la protection de ses acquis, fruits de plusieurs années de sacrifice et de labeur.  L’Etat a l’obligation régalienne de garantir de façon effective et exécutoire la paix et la sécurité des citoyens en vertu des dispositions légales, juridiques et administratives qui fondent son autorité en la matière.

L’on fera également observer aussi que le nouveau régime établi n’accorde aucun respect à la liberté d’association, de manifestation et d’expression.

En effet, il est important de relever que l’énoncé de pétition du caractère démocratique d’un état ne s’affranchit de la démagogie que dans le fonctionnement effectif de tous les leviers de la démocratie. La liberté d’association, de manifestation et d’expression en fait partie qui plus est, la liberté du citoyen est consacrée par la constitution, notamment en ses articles 9, 10, 12. Or, les agressions exercées sur les militants du FPI lors des meetings organisés par  le parti (Port-Bouët, Bonoua, Koumassi, Yopougon, etc.) d’une part, les sanctions lourdes, répétées et ciblées du CNP contre les journaux proches du FPI d’autre part, témoignent que ce levier démocratique est en peine dans notre pays.

La justice et ses animateurs ont perdu tous les repères de l’application du droit qui faisaient leur grandeur et leur honneur. Les juges agissent sur injonction.

Cette justice ainsi instrumentalisée a endossée les décisions des plus ignobles.

A la demande du pouvoir Laurent GBAGBO qui croupissait déjà sans Chef d’accusation dans les geôles du Nord a été transféré à la Haye à l’issue d’une parodie de justice. Les Magistrats Ivoiriens au risque d’être déjugés ont rendu un arrêt qui ne résiste pas dans la forme et dans le fonds à la critique pour le bonheur du souverain. Son épouse Simone GBAGBO au mépris de son statut d’Elu de la Nation et des Hautes Personnalités de l’Etat dont le Premier Ministre Aké N’GBO des Elus, le Premier Ministre AFFI N’Guessan et des Ministres croupissent dans les prisons du Nord. Cela en violation de l’article 22 de la Constitution de 2000 qui analyse que "nul ne peut être détenu arbitrairement".

En tout Etat de cause les personnes sont arrêtées et incarcérées sans chefs d’accusation. Celles qui sont considérées comme proches où ayant servi le régime de Laurent GBAGBO sont privées, lors qu’elles ne sont pas encore rattrapées pour être emprisonnées, des droits d’exister, de faire vivre leur famille avec les mesures iniques et extrajudiciaires de gel des comptes Bancaires.

Devant les tueries à grande échelle et la chasse à l’homme organisée par les armées coalisées franco-onusiennes et ouest-africaines contre les patriotes ivoiriens, le reflexes de survie a guidé certains de ces patriotes à quitter précipitamment le pays, à la recherche d’une terre d’asile. Ainsi beaucoup de nos compatriotes sont partis se refugier, pour certains d’entre eux plus près du pays, pour d’autres dans des pays frères plus lointains.

Cela contrairement aux dispositions de la Constitution qui stipule en son article 12 : "Qu’aucun Ivoirien ne doit être contraint ou forcé à l’exil …"

Enfin alors que l’article 34 de la Constitution indique clairement que « le Président de la République incarne l’unité nationale », Alassane Ouattara s’est engagée dans une politique ségrégationniste dite de rattrapage.

Néologisme ethniciste et réactionnaire qui vient consacrer la nature anti-nationale, sectaire et finalement dangereux de ce régime qui ne connait pas l’histoire, la sociologie et les ressorts politiques de ce pays, ‘’la politique du rattrapage ethnique’’ annoncée et pratiquée par Alassane Ouattara est une aberration qui se définit comme une politique en faveur d’une discrimination hyper-positive en faveur des ressortissants du nord. Ce rattrapage ethnique est aussi entendu, me semble-t-il, au sens d’un rééquilibrage des efforts d’investissements de l’Etat et des réalisations de programmes de développement au bénéfice des seuls peuples du Nord. La suppression du vaste programme de communalisation, sans raison valable, participe de cette politique dangereuse qui va dans le sens de la théorisation d’un nouveau paradigme dans l’expression de la volonté de déplanification de l’Etat et du pays par ce régime.

Les organisations internationales qui ont jusqu’à lors soutenu le régime au motif de l’instauration de la démocratie en Côte d’Ivoire ont commencé à se gêner devant sa gouvernance, l’Etat de droit et la sécurité. Ainsi à l’examen des actes du pouvoir qui piétines constamment l’Etat de droit et la constitution est il permit de penser que nous vivons en démocratie ?

CONCLUSION

La réponse assurément est non car la démocratie ne s’accommode pas de répression, de violences, elle est plutôt génératrice d’un pouvoir qui ne contraint pas, qui emporte l’adhésion du peuple et se crédibilise par sa légitimité et la légitimité de toutes institutions qui l’incarnent. En tout et état de cause, un pouvoir qui inspire la peur qui distille la tristesse et la désolation ne peut être garant des valeurs nobles de démocratie de liberté, et encore moins d’expression de liberté. Un pouvoir qui refuse la discussion qui est près à montrer ses muscles avec une armée désarticulée ne peut être consubstantiel de l’égalité des hommes et des citoyens.

Le pouvoir qui s’acquiert par la violence ne peut exister avec quiétude, aussi est-il inquiet, soupçonneux et maladroit.

Comme le 18 février 1992, le 11 avril 2011 soumet à la même épreuve la démocratie et les démocrates Ivoiriens avec des moyens plus abjects. Mais la démocratie renaitra en Côte d’Ivoire comme le phénix de ses cendres pour la gloire de l’humanité.



SERY Gbouagnon, Secrétaire National aux libertés et à la Justice.

LES COMPTES D'OPERATIONS DU FCFA: UNE ESCROQUERIE MONETAIRE A LA FRANÇAISE

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De tous les traités, accords, conventions ou contrats existant entre la France et ses anciennes colonies, il en est un que je souhaiterais vous exposer aujourd'hui. Pendant longtemps caché derrières des relations qui ne « prennent pas leur temps », dissimulé par un silence imposé et accepté, la Côte d'Ivoire et d'autres nations amies subissent depuis une trentaine d'années le joug d'une servitude financière qui, à l'aune d'une Afrique qui ne veut plus tout accorder, est de plus en plus contestée. Je nomme les comptes d'opérations et le franc CFA.

Les principes de coopération monétaire entre le France et les pays de la zone CFA ont été énoncés dans l'accord de coopération entre la république française et les pays membres de l'Union monétaire Ouest Africaine à la fin de l'anné 1973. Cette accord prévoit, comme le définit elle même la Banque de France:

La convertibilité garantie par le Trésor français: pour résumer, toute personne détentrice du franc CFA doit être en mesure de l'échanger librement contre d'autres devises.
La fixité des parités: Les monnaies de la Zone CFA sont convertibles entre elles, à des parités fixes, sans limitations.

La libre transférabilité: transferts libres à l'intérieur de la zone CFA (transactions courantes ou mouvements de capitaux).

Pour l'instant, rien de particulièrement dérangeant. Là où tout commence à changer c'est avec le quatrième et dernier principe fort de cet accord.

La centralisation des réserves de change: en contre partie de la convertibilité illimitée garantie par la France, les banques centrales africaines s'engagent à déposer au moins 65% de leurs réserves de change auprès du Trésor français, sur des comptes portant le doux nom de de « Comptes d'opérations ».

Imaginez-vous! 65% des avoirs extérieurs de nos pays déposés chaque année dans un compte logé à l'étranger... Notons que le pourcentage initial était de 100%, il a été revu à la baisse...les 35% restant étant prévus pour le remboursement de la dette.

A la fin des années 80, alors que le cours des matières premières connait sa « descente aux enfers », la zone CFA continue à verser avec discipline 65% de ses avoirs au Trésor français. Résultat: les africains s'appauvrissent et demandent de l'aide. Une aide que leur prête volontiers la France qui puise dans...les comptes d'opérations. Le comble de l'Afrique mendiante et riche en milliards.

L'accord prévoit en outre que la France peut décider un ajustement de la valeur du franc, lorsque les avoirs extérieurs ne suffisent pas à alimenter les comptes d'opérations. C'est ce que nous, jeune génération, avons connu dans les années 90, sous le fameux nom de « dévaluation ». Du simple au double: 1 franc qui valait 50 francs en valait désormais 100. Rappelez vous le début de cette note, nous parlions de « coopération monétaire ». Belle forme de coopération. La France achète pour deux fois moins cher, la Côte d'Ivoire elle doit s'arranger pour exporter deux fois plus pour garantir le même chiffre d'affaire. N'oublions pas que les salaires eux n'ont pas doublé en 1994, avec pour conséquence une chute du pouvoir d'achat.

Une autre effet pervers de cette monnaie est que le franc CFA n'a pas autant de valeur en réalité. Il est surévalué, notamment par rapport aux autres devises d'Afrique. Dès lors -et nous assistons à une situation similaire aujourd'hui avec la zone Euro, après la chute du dollar- nos produits sont peu compétitifs (entendez trop coûteux) pour ces pays. Nous n'exportons donc rien en Afrique! Notre principal marché est l'Europe. Belle coopération en effet...

Nous pourrions passer des heures à mettre en cause la nature des comptes d'opérations et à critiquer les mécanismes de spoliation cacique mais « légale » d'une Afrique qui porte encore les cyniques falbalas d'un accord signant d'entrée de jeu son asservissement financier. Nous ne pouvons pas construire d'écoles, d'autoroutes, d'hôpitaux, mais nous pouvons déposer 65% d'un argent gagné à la sueur de notre front dans un compte de la rue Croix des petits Champs, dans le 1er arrondissement de Paris.

Pour combien de temps encore? C'est à nous de faire le choix. Évidemment nous courrons le risque d'une monnaie moins stable, mais forts de cette liberté nous saurons faire face à l'épreuve. La contrainte est créatrice.

Source: http://poukoi.ivoire-blog.com/

PS: Le président équato-guinéen Theodoro Obiang Nguema s'est récemment prononcé contre l'existence de ces fameux comptes d'opération http://t.co/Ag4enPlO

 

Source: Le blog de Benoît Boéhi


MAMADOU KOULIBALY AVOUE: «J'AI ETE LACHE PAR TOUS MES AMIS AVEC QUI J'AI CREE LIDER»

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Le Professeur Mamadou Koulibaly se retrouve quasiment seul dans son aventure de LIDER. Le président de Liberté et Démocratie pour la République a avoué, le mardi 1er mai, jour de la fête du travail, qu’il a perdu presque tous ses camarades du Front populaire ivoirien (FPI) ainsi que tous ses amis avec lesquels il a créé LIDER, le 11 juillet 2011.

«Depuis que j’ai été chassé du FPI, je n’ai plus reçu le moindre coup de fil ni de SMS de ceux avec qui j’ai partagé plus de 20 ans de militantisme politique. Pourtant on s’appelait camarades, or cela ne tenait à rien du tout», a révélé Mamadou Koulibaly à la clôture du séminaire organisé par son parti à l’hôtel Ivoire d’ Abidjan, pour faire le bilan de la première année de la gouvernance du président de la République Alassane Ouattara.

«J’ai été lâché par tous mes amis avec qui j’ai créé LIDER. Quand vous regardez dans la salle, vous ne verrez quasiment pas de visages connus avec qui j’ai créé LIDER. Tous ceux qui sont présents aujourd’hui sont pour la plupart des personnes qui sont venus nous rejoindre par la suite», a expliqué l’ancien président de l’Assemblée nationale.

Mamadou Koulibaly a estimé que la classe politique ivoirienne est remplie d’opportunistes. «Il y a beaucoup d’opportunisme dans la classe politique ivoirienne. Les choses ne se font pas avec foi et par conviction», a regretté le président de LIDER.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien "L’Inter".


Source: EBURNIE NEWS

samedi, 12 mai 2012

PROFESSEUR WODIE, OU EST VOTRE DECISION SUR LES LEGISLATIVES IVOIRIENNES?


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Un simple tour sur le site du Conseil constitutionnel ivoirien permet de se faire une idée du malaise qui entoure cette institution depuis l’après second tour de la présidentielle de 2010. Alors que toutes les décisions de l’institution depuis 2003 sont archivées, nulle trace de la décision de Francis Wodié qui a clos le contentieux électoral relatif aux dernières élections législatives. Une décision qui n’a jamais été lue publiquement ni publiée au Journal Officiel ni dans Fraternité-Matin. Et pour cause : le Conseil constitutionnel «nouveau style» qui siège actuellement aurait été bien en mal d’expliquer pourquoi il a invalidé certaines circonscriptions tout en validant des scrutins pourtant viciés par les mêmes irrégularités.

L’on se souvient que le «verdict» du Conseil constitutionnel, censé siéger confidentiellement et loin de toute pression, avait été «éventé» par le quotidien Le Patriote, propriété du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko. Qui avait, pour se donner de la contenance, livré ses journalistes à la Direction de la surveillance du territoire (DST). L’on entend d’ici les questions pressantes des étudiants en droit public : professeur Wodié, où est votre décision sur les législatives ivoiriennes ? Etes-vous fier d’être le seul président du Conseil constitutionnel de l’histoire de la Côte d’Ivoire démocratique à avoir rendu une «décision orale» sur une question aussi cruciale ?

Les administrateurs du site du Conseil constitutionnel ont également fait «sauter» la décision de Paul Yao N’Dré déclarant Laurent Gbagbo vainqueur de la présidentielle. En revanche, ils ont maintenu sur le site sa décision déclarant Alassane Ouattara président sur la base d’un arrangement international, alors qu’elle rappelle très clairement la décision antérieure.

Le site du Conseil cite les différentes équipes qui se sont succédé. Le Premier Conseil (1995-1999). Le second (2003-2009). Le troisième (2009-2015). Et le quatrième (2011-2017). Quand on sait que la Loi fondamentale ne prévoit pas que l’exécutif puisse déchoir l’arbitre des pouvoirs constitutionnels, on se demande bien ce qui a pu empêcher le troisième Conseil d’aller au bout de son mandat. En dehors d’une décision prise par un régime d’exception. Extra-constitutionnel, donc.


Philippe Brou 


Source: LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 10 mai 2012

COTE D’IVOIRE: LE «RATTRAPAGE ETHNIQUE» SANS RETENUE AU MINISTERE DE L’EDUCATION NATIONALE


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Ministère de l’Education Nationale: Mme Mariam Dosso remplace Mme Georgette Eboï Agnéro

 

Le ministère de l’Education nationale, comme partout ailleurs, applique à la lettre la politique de «rattrapage» créée et encouragée au plus haut sommet de l’Etat. Les dégommages se poursuivent et se ressemblent. Le plus récent est celui du Professeur. Georgette Eboï Agnéro, ex-directrice des examens et concours (Deco). Elle a cédé son fauteuil récemment à Dosso Mariam, précédemment proviseur du lycée de Jeunes Filles Houphouët Mamie Faitai de Bingerville.

Selon des sources, Eboï Agnéro, qui a passé plus d’une décennie à la tête de la Deco, aurait décidé d’elle-même de se retirer de cette structure «juteuse» de l’Education nationale pour se reposer. Cette information sera battue en brèche par d’autres sources qui révèlent deux autres raisons. D’abord le dernier concours d’entrée au Cafop où il y aurait eu un malentendu entre la Deco et le ministère sur le mode d’organisation et de correction. La seconde raison, avancent nos interlocuteurs, tient au fait que Kandia Camara, dans le cadre de la politique de «rattrapage», aurait voulu y mettre un de ses pions, sur qui elle pourrait avoir la mainmise.

Selon des agents de la Deco, Eboï Agnéro était très souvent intraitable et insaisissable sur certaines questions. Gilbert Bleu Lainé aurait, à l’époque, tenté vainement de l’évincer. Dans le milieu éducatif, on se demande pourquoi la très juteuse et convoitée Deco, toujours dirigée par des enseignants de l’université, est tombée aux mains d’un professeur de lycée. Est-ce le début de la réalisation des vœux des inspecteurs généraux et de l’enseignement secondaire, qui ont toujours souhaité que le Baccalauréat soit contrôlé uniquement par des enseignants du Secondaire? Autrement dit, que la présidence de jury soit l’affaire des inspecteurs généraux, les inspecteurs de l’enseignement secondaire et les conseillers pédagogiques?

A la Deco et dans le milieu éducatif, des agents se demandent pourquoi ce n’est pas le directeur adjoint des examens et concours, Guépié Maho, inspecteur général de l’Education nationale (Igen) qui succède à sa patronne. «Il est la cheville ouvrière de la Deco qu’il connait depuis des années. Mais, on lui a préféré un proviseur de lycée au nom de leur rattrapage. C’est dommage qu’on ne mette pas les gens qu’il faut là où il faut, peut-être à cause de leur ethnie ou appartenance politique», fulmine un agent.

Le rattrapage ne se limite pas à la Deco. Selon des sources proches de l’Education nationale, Kourouma Brahima a succédé à N’dri Kouassi à l’inspection générale, Patrice Silué Nanzouan a remplacé José Vila à la Direction de la pédagogie et de la formation continue (Dpfc) et Barro Mamadou a succédé à Kabran Assoumou à la direction des ressources humaines. Ce dernier est nommé directeur de cabinet, certainement à cause de sa maitrise des dossiers, pour avoir été censeur, directeur départemental puis régional et enfin directeur de ressources humaines.

Notons enfin que sur 125 nouveaux chefs d’établissement nommés en pleine année scolaire, on note 62 ressortissants du nord, dont un mort, Vamoutary Diaby, précédemment censeur au lycée municipal de Koumassi. Le rattrapage est en marche pour la bonne marche de la Côte d’Ivoire.



Koukougnon Zabril


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE