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dimanche, 08 avril 2012

JOYEUSE FETE DE PAQUES A TOUS!

RESURRECTION DE JESUS-CHRIST.jpg

Joyeuses fêtes de Pâques et des

pains sans levain à tous et que

DIEU vous bénisse richement !

 

Que DIEU bénisse la Côte d’Ivoire

et puisse-t-elle sortir de son

tombeau et connaître la

Résurrection !

Aperçu de la carte virtuelle

DINDE Fernand AGBO

samedi, 07 avril 2012

MALI: CHRONIQUE D'UNE RECOLONISATION PROGRAMMEE


MOSSA AG ATTAHER LE TOUAREG.jpg

Le touareg Mossa Ag Attaher, porte-parole du MNLA

 

« Que les chèvres se battent entre elles dans l'enclos est préférable à l'intermédiation de l'hyène ». Proverbe bamanan.

 

1. Le Mali dans l'ordre cynique du monde

Mis en lumière par l'amputation des deux tiers de son territoire, le coup d'Etat du 22 mars 2012 et l'embargo total de la CEDEAO, l'extrême vulnérabilité du Mali tient d'abord à la trahison des élites. Elles se voilent la face, réfutent tout débat de fond sur les enjeux de la mondialisation capitaliste. Désormais, tout est clair : la recolonisation du pays à travers les politiques néolibérales entre dans une nouvelle phase qui obéit au schéma libyen avec l'intervention directe de l'OTAN en moins.

L'impérialisme collectif avait besoin d'exploiter, comme à Benghazi, les rancœurs et les rancunes d'une partie de la population qui a le sentiment d'être marginalisée. La rébellion touareg faisait parfaitement l'affaire. La revendication des deux tiers du territoire malien par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA) vient d'être satisfaite avec la complicité de la « communauté internationale ».
L'os malien étant bien moins dur à briser que l'os libyen, il suffisait de mettre à profit l'état de déliquescence de l'armée nationale et de fermer les yeux sur la progression des assaillants lourdement équipés d'armes sophistiquées en provenance des arsenaux libyens pour que le tour soit joué.

Tout cela s'est passé rapidement, entre le 17 janvier 2012 et le 04 avril 2012. Les puissants membres de la « communauté internationale » n'ont donc pas eu à se salir les mains. Ils pensent avoir l'honneur sauf pour avoir fait des déclarations de principes sur l'inviolabilité de l'intégrité territoriale du Mali. Or, c'est lorsque les rebelles du MNLA ont déclaré qu'ils ont atteint leurs objectifs que les Etats-Unis d'Amérique leur ont demandé de « cesser » les opérations militaires.

Les enjeux énergétiques, sécuritaires, migratoires et idéologiques de la guerre globale trouvent leurs expressions dans cette recolonisation que les dirigeants politiques maliens n'ont pas vu venir et que certains d'entre eux refusent toujours d'admettre. La France espère obtenir de la future République laïque et démocratique de l'Azawad ce que le Président malien Amadou Toumani Touré (ATT) n'a pas su ou voulu lui accorder : la base de Tessalit hautement stratégique au plan économique et militaire ; de la fermeté dans la lutte contre l'émigration « clandestine » et Al Qaeda au Maghreb (AQMI).

Plus ou moins indifférente au sort du peuple malien face à la double agression de la rébellion et de la CEDEAO, l'opinion publique occidentale est ébranlée après avoir appris la participation de Ançar dine et de AQMI à cette recolonisation du Mali.

2. La violence de la CEDEAO contre le peuple martyr du Mali

Ebranlés et meurtris à l'idée d'être un peuple sans Etat et sans armée digne de ce nom face à des combattants lourdement armés, faisant tomber les villes les unes après les autres, les Maliennes et les Maliens subissent à présent le traitement de choc de l'embargo total de la part de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

C'est lors du Sommet extraordinaire du 27 Mars 2012 à Abidjan (Côte d'Ivoire) que l'organisation sous-régionale a pris la décision d'envoyer à Bamako une délégation de très haut niveau pour demander au Capitaine Amadou Haya Sanogo qui a pris le pouvoir 22 Mars 2012 de restaurer, le plus rapidement possible, l'ordre constitutionnel. Elle a du rebrousser chemin face à la mobilisation des victimes de la démocratie formelle et corrompue qui vivent ce coup d'Etat comme une délivrance. C'est à l'aéroport d'Abidjan que les Chefs d'Etats de la CEDEAO ont donné aux nouvelles autorités maliennes un ultimatum de 72 heures pour s'exécuter au risque de voir le Mali subir un embargo.

Ils ont mis cette menace à exécution à partir du lundi 02 Avril 2012, alors qu'à l'issue de la rencontre à Ouagadougou (Burkina Faso) d'une délégation du CNRDRE avec le Président du Burkina Faso qui joue le rôle de médiateur, le Capitaine Amadou Haya Sanogo a accepté le retour à l'ordre constitutionnel. Cette avancée, saluée par la plupart des Maliens et des Maliennes, n'était pas suffisante pour certains des Chefs d'Etat de la CEDEAO particulièrement intransigeants. Les sanctions dont il s'agit se traduisent en autres par :


- la suspension du Mali de toutes les instances de la CEDEAO,


- le rappel des ambassadeurs de l'organisation pour consultation,


- la fermeture des frontières,


- le gel des avoirs du Mali à la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) et le non approvisionnement des banques nationales,


- la suspension des programmes d'aide au développement

Le levier militaire pourra se traduire par "la montée en puissance de la Force en attente de la CEDEAO pour parer à toute éventualité... " Plus importants que l'aide extérieure pour les familles qui en bénéficient, les fonds de la diaspora dont une partie passe par Western Union et Money Gram manqueront également aux Maliennes et aux Maliens.

La cherté de la vie qui, à elle seule, a créé un climat quasi insurrectionnel avant la rébellion et le coup d'Etat s'aggrave. Les prix flambent dans les régions occupées où les pillages portent surtout sur les aliments et les médicaments qui commencent à manquer.

3. Le sens du coup de force du 22 mars 2012

Les femmes, en l'occurrence les mères et les épouses des soldats qui montaient, sous équipés, au Nord pour défendre le Mali ont été les premières à manifester leur colère. Elles sont allées directement vers le Président Amadou Toumani Touré et lui ont demandé, plus d'une fois, des comptes. La dégradation de la situation s'est ensuite traduite par des manifestations portant atteinte aux biens des personnes et personnalités appartenant à l'ethnie Touareg.

Le pourrissement de la situation est à l'origine du soulèvement d'Amadou Haya Sanogo et ses camarades qui a débouché sur le coup d'Etat du 22 mars 2012.

La « communauté internationale » ne s'est pas émue, outre mesure, des atrocités commises à Aguelhok contre des militaires désarmés ni de l'occupation des villes du Nord les unes après les autres. Mais elle est immédiatement montée au créneau pour condamner un coup d'Etat qu'elle juge d'autant plus inacceptable qu'il survient dans l'un des « pays phare de la démocratie » à la veille d'une élection présidentielle à laquelle ATT n'était pas candidat.

Simpliste mais surmédiatisée, cette lecture arrange tous ceux et celles qui se laissent convaincre que le Mali était jusqu'ici une démocratie exemplaire.

Le point de vue des déçus et des laissés-pour-compte de la démocratie est superbement ignoré voire méprisé.

4. Quand l'ordre constitutionnel « normal » sert de paravent

« Nous ne voulons pas d'ancien, rien que du neuf » scandaient les manifestants maliens lors des événements sanglants de Mars 1991 pour traduire leur aspiration profonde à un changement démocratique véritable. Ils étaient persuadés que le Président Moussa Traoré était le seul et unique fautif du naufrage de la nation et que son éviction suffisait à instaurer la démocratie et la justice. Il n'en a rien été. En vingt ans de « transition démocratique », assistée et encensée par la « Communauté Internationale », la montagne a accouché d'une souris. Le peuple est désemparé mais inaudible. Le coup d'Etat est survenu à cinq semaines du premier tour de l'élection présidentielle, dans un contexte quasi insurrectionnel.

Totalement dévoyée, la démocratie servait de paravent aux affaires. Jugeons-en :


- Le multipartisme que nous appelions de tous nos vœux, au lieu de favoriser le débat d'idées et la confrontation de projets de société entre formations politiques, s'est traduit par la prolifération des partis dont le nombre dépasse 140 actuellement pour un pays de 14 millions d'habitants. Coupés de leur base électorale, les dirigeants démocratiquement élus sont occupés à plein temps par toutes sortes de stratégie de captation de « l'aide au développement » et des opportunités d'affaires que le système néolibéral offre.


- Ce sont les gagnants de ce système économique et politique mafieux qui, en « démocrates milliardaires » s'apprêtaient à se disputer la place d'ATT en achetant tout ce qui peut l'être, du bulletin de vote à la conscience des électeurs/trices.


- « Enrichissez-vous et taisez-vous » est la règle non écrite du jeu politique, pendant que les opérations cosmétiques de bonne gouvernance dont le Bureau du Vérificateur Général entretiennent l'illusion de l'exemplarité démocratique.


- Leurs enfants qui, avec ostentation, fêtent leurs milliards ajoutent à l'indignation des jeunes déshérités qui n'ont droit ni à une école de qualité ni à l'emploi et au revenu ni à un visa pour aller tenter leur chance ailleurs.


- Aucun parti politique ne peut se prévaloir aujourd'hui d'une base électorale éduquée et imprégnée des enjeux et des défis du changement de manière à choisir leurs dirigeants en connaissance de cause et à les contrôler dans l'exercice de leurs fonctions. Les électeurs/trices ne sont contactés que sporadiquement mais assaillis à la veille des scrutins par des candidats toujours prêts à payer leurs voix.


- La société civile, dont le rôle est d'éduquer, de contrôler et d'interpeller la classe politique vit de compromis et de compromissions. C'est en évitant les sujets qui fâchent, qu'elle parvient à bénéficier des financements des partenaires techniques et financiers (PTF).


- La liberté d'expression chèrement acquise est sous surveillance dans les médias publics. Elle se traduit par l'existence d'un paysage médiatique dense (journaux et radios privés) qui, pour survivre, se comporte comme la société civile : savoir se vendre. Quant à l'unique chaine de télévision nationale, l'ORTM, elle est « la voix de son maître ».


- Les entrepreneurs véritables, les locaux comme ceux de la diaspora qui ont envie d'investir dans leurs pays sont démotivés par une administration corrompue, prête à entraver les meilleures initiatives quand elle n'y trouve pas son compte.

5. Il est encore possible de sauver véritablement le Mali et sa bande Sahélo-saharienne

Le Mali n'est pas en danger du fait d'un « putsch militaire » mettant en péril un processus de démocratisation exemplaire, mais du fait de la démocratie formelle et des enjeux géopolitiques, économiques et stratégiques dont les citoyens ordinaires n'ont pas la moindre idée. Face au rôle de pompier pyromane de la France dans la crise malienne, nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à la loi N° 57-27 du 10 janvier 1957 créant une Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS). Elle visait « l'expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française et à la gestion de laquelle participent l'Algérie, la Mauritanie, le Soudan (l'actuel Mali), le Niger et le Tchad ». Pour sauver véritablement le Mali, il convient de :


- mettre ce drame national à profit pour renouer avec la pensée critique et le courage politique. Il est illusoire et suicidaire de croire que nous sommes un pays libre et indépendant, qui a juste besoin de dirigeants démocratiquement élus pour aller de l'avant. Les défenseurs de cette thèse sont les gagnants de l'ordre injuste et violent du monde, plus soucieux de leurs intérêts que du sort du peuple malien ;


- repenser l'indispensable démocratisation du Mali en termes de seconde libération. Cette exigence qui s'imposait au plan politique, économique, monétaire et culturel revêt désormais une dimension territoriale. La tâche est d'autant plus rude que les enjeux sont colossaux et les rapports totalement asymétriques ;


- privilégier la résistance par le réarmement moral, la créativité politique et la solidarité envers les plus vulnérables en l'occurrence les femmes, les jeunes et les ruraux. La tentation de mobiliser immédiatement cinquante millions de dollars pour l'achat d'armement ou de faire appel à la force d'interposition de la CEDEAO, ouvre la voie à une guerre asymétrique et sans fin ;


- gagner en lucidité et en maturité politique en nous disant que les « émergés » qui dictent leur loi en économie comme en matière de démocratisation ont d'abord besoin des immenses richesses de notre continent, en occultant la violence du modèle économique qu'ils planétarisent : pendant que le Mali s'enlise dans la guerre au Nord et que les Maliens se demandent comment survivre, le pillage de l'or, dont leur pays est riche, se poursuit allègrement au profit des multinationales. Il nous appartient d'être perspicaces dans l'analyse des enjeux et des rapports de force et audacieux dans la défense des intérêts de notre pays qui ne sauraient être confondus avec le compte en banque de quelques individus légitimés par des élections frauduleuses ;


- faire du Mali un cas d'école pour la CEDEAO, dont les chefs d'Etat dans leur intransigeance envers les auteurs du coup de force du 22 mars craignent surtout d'être déstabilisés tant dans leur position de rente que dans leurs certitudes. La remarque est valable pour les partis politiques dont le rêve est de les remplacer dans l'ouverture de nos économies au marché mondial déloyal ;


- rappeler aux puissances occidentales que ce sont les mêmes politiques d'assujettissement et de pillage qui sont à l'origine de l'émigration « clandestine », l'intégrisme religieux et les attentats qu'ils qualifient de terroristes.

Nous concluons, à la lumière de ce qui précède, qu'il n'appartient pas aux Chefs d'Etat de la CEDEAO d'être juges et partie en statuant sur l'état de la démocratie comme dans le cas malien, mais aux peuples souverains.


La gravité de la situation au Mali et dans la bande sahélienne exige la convergence des luttes des peuples agressés du Sud et celles du Nord dont les dirigeants, donneurs de leçons de démocratie et fauteurs de guerres se sentent plus redevables de comptes aux agences de notations qu'à leurs électeurs.


Rendre justice au peuple martyr du Mali dans les circonstances actuelles, commence par la levée immédiate de l'embargo qui lui est infligé et la reconnaissance de son droit à l'initiative, de penser et de proposer à la CEDEAO une stratégie concertée de sortie de crise.


Fait à Bamako, le 04 Avril 2012.

 

Forum pour un Autre Mali (FORAM)


SIGNATAIRES


AMINATA D. TRAORE (ANIMATRICE DU FORAM, ESSAYISTE) ; SEYDOU BADIAN KOUYATE (ECRIVAIN) ; ASSETOU FOUNE SAMAKE (ENSEIGNANTE) ; KARAMOKO BAMBA (MOUVEMENT NKO) ; ISMAEL DIABATE (ARTISTE PEINTRE) ; DOUMBI FAKOLY (ECRIVAIN) ; JEAN BOSCO KONARE (HISTORIEN) ; MANDE ALPHA DIARRA (ECRIVAIN) ; MADANI KOUMARE ( ECONOMISTE) ; BORIS BOUBACAR DIOP (ECRIVAIN) ; ABDOULAYE NIANG (ECONOMISTE) ; BOUBACAR COULIBALY (EXPERT COMPTABLE) ; NDO CISSE (UNIVERSITE DES LETTRES) ; NATHALIE MDELA MOUNIER (ECRIVAIN) ; AISSATA CISSE (COMMUNICATRICE) ; MARIAM KANAKOMO (COMMUNICATRICE) ; SAFI SY (EDUCATRICE) ; SYLVIE SANOGO (EDUCATRICE) ; HAOUA KEITA ; ABDOULAYE SANGARE (AVOCAT)


Source: AFRIK.COM

vendredi, 06 avril 2012

ABEL NAKI, PRESIDENT DU CRI PANAFRICAIN, DE RETOUR DE LA HAYE OU IL A RENCONTRE LE PRESIDENT GBAGBO



ABEL NAKI ET CHRISTIAN VABE.JPG

Abel Anaki (à droite, avec Christian Vabé, Directeur de Publication de IvoireBusiness.net, à gauche): «Ce que Gbagbo m'a dit». «Le Président m'a donné des consignes». «Il m'a donné mandat».

 

Le 26 mars dernier, Abel Naki, président du Cri-panafricain, était reçu en audience par le Président Laurent Gbagbo au quartier VIP de la prison de Scheveningen à La Haye. Aussi incroyable que cela puisse paraître, c'était la première fois qu'il rencontrait le Président Gbagbo. Selon Abel Naki, il a fait le point de la mobilisation au Président Gbagbo, qui lui a donné des consignes et des conseils, comme un père. C'est donc un mandat qu'Abel Naki a reçu du Président Gbagbo, ce qui est une tâche très lourde.

Ce dernier a insisté pour que la diaspora, surtout celle de France mette en place un comité central pour la mobilisation. Il nous livre en exclusivité, le contenu de son entretien avec le Président Laurent Gbagbo. Il parle avec émotion du mandat qu'il a reçu par ce dernier pour travailler à l'union de la résistance. Tâche à laquelle il a commencé à s'atteler sans délai, et dans la plus grande humilité.


Christian Vabé


IvoireBusiness : Pourquoi êtes-vous allé voir le Président Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Je suis allé voir le Président parce que la CPI m'a convoqué pour me donner rendez-vous avec le Président. C'est une visite qui m'a permis de faire le point de la mobilisation, parce que c'est de ça qu'il s'agit, et de lui faire part de toutes nos actions que nous avons menées peu avant le 11 avril 2011 et juste après le 11 avril, jusqu'à aujourd'hui.

IvoireBusiness: Est-ce pour vous une reconnaissance que le Président ait accepté de vous recevoir ?

Abel Naki: Ce n'est pas une reconnaissance pour moi en tant que Abel Naki, mais c'est une reconnaissance pour toute la diaspora, pour chaque leader, pour chaque responsable d'association, pour chaque responsable de mouvement. Pour tous ceux qui de près ou de loin ont pu apporter leur pierre à l'édifice de la résistance. Je pense que c'est une reconnaissance du Président au combat que nous avons commencé à mener au niveau de la diaspora.

IvoireBusiness : A la veille de cette visite au Président Laurent Gbagbo, vous avez été arrêté. Pourquoi ?

Abel Naki: J'ai été arrêté parce que les forces de l'ordre, sinon les services de police ont estimé que j'avais eu des propos antisémites, des propos terroristes. Ils ont dit que je faisais l'apologie du terrorisme et que je soutenais Mohamed Merah, celui qui a perpétré les tueries de Montauban et de Toulouse.

C'est pour ces raisons que j'ai été arrêté. J'ai dit ici que mes propos ont été mal interprétés et mal compris parce que c'est dans un cheminement, dans un raisonnement que le nom de Mohamed Merah est sorti. Ce n'était peut-être pas le bon exemple à choisir. C'était dans un cheminement bien précis et cela a été mal interprété par les services secrets français qui étaient présents à la manifestation.

IvoireBusiness : Est-ce à dire que vous ne soutenez pas les actions de Mohamed Merah ?

Abel Naki: Je ne peux pas soutenir les actions de Mohamed Merah parce que je ne suis pas un terroriste. Mohamed Merah a été qualifié de terroriste. Je ne suis pas un antisémite. Je ne peux pas soutenir et je ne peux pas louer les actions de Mohamed Merah. Les services secrets français nous connaissent parce que ça fait plus d'un an que nous sommes dans les rues de Paris. Et nous travaillons avec eux car ce sont eux qui coordonnent nos marches. Ce sont eux qui sont avec nous dans les marches, nous les connaissons, ils nous connaissent, on n'a jamais tenus de tels propos. Il est arrivé que cette fois le nom de quelqu'un qui est l'objet d'actes terroristes et d'actes antisémites est sorti dans mes propos. Mes propos ont été mal interprétés tout simplement parce que nous sommes dans une période très sensible où il y a des noms qu'il ne faut pas prononcer.

IvoireBusiness : Est-ce vous avez évoqué cette question avec le Président ?

Abel Naki : Avec le Président, j'ai évoqué cette question mais je ne suis pas rentré dans les détails.

IvoireBusiness : Que lui avez-vous dit ?

Abel Naki: J'ai dit au Président que je venais de sortir juste d'une garde-à-vue et le Président m'a dit, on t'a encore arrêté? J'ai un peu tiqué et je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Que j'aie parlé de cette affaire ou pas, je me suis rendu compte que le Président était informé de tout. Je lui ai simplement dit que j'ai été arrêté par rapport à la manifestation que nous avons faite et que mes propos avaient été mal interprétés.

IvoireBusiness: Comment avez-vous trouvé le Président ?

Abel Naki: J'ai trouvé le Président en tout cas serein, en très bonne forme, en bonne santé, et jovial. C'est en tout cas le Laurent Gbagbo que nous avons toujours connu et courtois. J'ai trouvé en tout cas un Président de la République droit dans ses bottes, avec toutes ses facultés en place. Il y a même pendant notre entretien, de petites anecdotes qu'il ressortait et qui me faisaient penser à quand il était encore aux affaires en Côte d'Ivoire.

IvoireBusiness : De quelles anecdotes s'agit-il ?

Abel Naki: En tout cas, je vais me garder de dire certaines choses que j'ai eu à évoquer avec le Président. Tout ce qu'on doit savoir, c'est que le Président se porte très bien et qu'il est en bonne santé.

IvoireBusiness : Que vous a dit le Président Gbagbo ?

Abel Naki: Le Président a insisté sur l'union de la mobilisation parce que moi Abel Naki, résistant à Paris avec tous mes camarades ayant fait le point de la mobilisation et de tout ce qui entre en ligne de compte, le Président a souligné que c'est l'union dans la mobilisation qui est essentiel. Le Président a donc insisté sur le fait que nous soyons unis parce que les divisions entre nous, il est au courant et ça l'a beaucoup affecté. Son plus grand souhait, c'est que tous ses enfants, tous les ivoiriens, en tout cas tous les leaders soient unis pour pouvoir gagner ce combat-là.

IvoireBusiness : Vous-a-t-il donné mandat pour travailler à cette union ?

Abel Naki: On ne peut pas dire que j'ai eu mandat. Mais je pense que j'ai eu un mandat par le fait d'y aller et que le Président mette l'accent sur l'union, je pense que j'ai eu mission pour œuvrer à ce qu'effectivement, il y ait union dans toutes nos activités, dans tout ce que nous faisons.

Je m'attèle à cela. Quand je suis revenu, j'ai appelé tous mes camarades, tous ceux avec qui on pouvait peut-être ne pas s'entendre, je les ai tous appelés pour leur faire part de ma visite au Président et leur faire un compte-rendu. Je pense qu'il faut que nous nous inscrivions dans cette dynamique unitaire pour pouvoir gagner le combat.

IvoireBusiness: Alors ce mandat du Président, comment comptez-vous l'utiliser? Allez-vous écraser vos adversaires ?

Abel Naki: On ne pas revenir de chez le Président Laurent Gbagbo et avoir un air hautain ou alors vouloir écraser les autres! Parce que vous-même, quand vous le voyez et quand vous le rencontrez, vous vous dites que vous n'êtes rien par rapport à lui. Donc ça permet à ceux qui le rencontrent de pouvoir se maintenir dans leur position d'humilité. C'est donc vraiment avec humilité que je prends ce mandat. Je ne suis pas le chef de quelqu'un, je ne suis pas le patron de quelqu'un. Je suis allé voir notre chef à nous, la phrase ou le mot d'ordre qui est sorti, c'est l'union dans la mobilisation, je l'ai bien compris et je voudrais bien le transmettre à mes camarades pour que nous puissions tous travailler à cette union-là. Chacun peut avoir son groupe, chacun peut avoir son association, son mouvement, mais quand il s'agit des grands rassemblements, quand il s'agit des grandes plateformes, il est important et impératif que nous soyons sur la même longueur d'onde et que nous puissions travailler de façon unitaire.

IvoireBusiness : Avez-vous parlé de Miaka Ouretto, car ce dernier, lorsqu'il est allé voir le Président a dit que Koné Katinan n'était pas le porte-parole de Laurent Gbagbo ?

Abel Naki: Vous savez, cette visite au Président, ça a été une surprise pour moi. C'est avec honneur que je l'ai rencontré. Nous n'avons pas parlé de ces choses, parce que j'estime que je ne suis pas allé le voir pour parler de ça. Et je n'ai pas évoqué ce problème parce que je considère que ce n'est pas un problème qui me concerne moi. Ce qui me concerne et qui concerne mes camarades de lutte, c'est la mobilisation. Alors j'ai fait le point et le Président nous a donné des consignes. Il nous dit d'être unis dans la mobilisation. Donc, je n'ai pas touché tous ces aspects parce que je ne suis pas responsable du FPI, ni représentant du ministre Koné Katinan. Donc je n'ai pas abordé ces sujets.

IvoireBusiness : Récemment, Laurent Gbagbo était au centre de l'actualité, surtout par IvoireBusiness qui a évoqué l'imminence de son empoisonnement à La Haye. En avez-vous parlé ?

Abel Naki: Lorsqu'on discutait et que je lui posais des questions sur sa santé, il me disait qu'il était en bonne santé et qu'il était bien traité. L'imminence de cet empoisonnement, je n'en ai pas parlé pour ne pas entrer dans des situations qui risquent peut-être de fâcher la CPI. Parce qu'il ne faut pas ignorer que là où nous sommes assis, il y a peut-être une camera qui nous regarde ou des micros. Donc j'ai pris sur moi de ne pas parler de ces choses-là, parce que c'est quand même de la CPI qu'il s'agit dans ce cas précis. J'ai eu le réflexe de ne pas en parler.

IvoireBusiness : Comment le Président Laurent Gbagbo appréhende t-il l'ouverture de son procès le 18 juin prochain ?

Abel Naki: Le Président compte d'abord sur lui-même, sur ses avocats qui font un travail excellent et il compte sur la mobilisation de la diaspora et de tous les ivoiriens. Alors, il a insisté pour que nous la diaspora, surtout nous en France, parce que c'est nous qui sommes allés le voir, nous mettions en place un comité central pour la mobilisation, pour qu'il n'y ait pas plusieurs organisateurs, et qu'il n'y ait pas différents prix pour décourager bon nombre d'ivoiriens, et bon nombre d'africains qui ont envie de participer à ce procès. Alors, nous allons mettre en place un comité central d'organisation avec toutes les sensibilités et tous les différents mouvements, toutes les plateformes et coalitions. Pour que tous les ivoiriens, on ait un seul langage et un seul moyen de transport pour aller à La Haye, le 18 juin prochain.

IvoireBusiness : Comment avez-vous trouvé le Président, a-t-il récupéré ?

Abel Naki : Il a récupéré, il m'a même accompagné jusqu'à la sortie.

IvoireBusiness : Comment était habillé le Président ?

Abel Naki: Le Président avait porté une tunique, mais je peux dire que sous l'émotion, je n'ai même pas remarqué la couleur de son pantalon, je n'ai même pas remarqué les chaussures qu'il avait portées. C'est pour vous dire que c'était pour moi un honneur de voir celui pour qui nous avons lutté depuis 2002 jusqu'aujourd'hui en 2012. C'était un grand jour, je n'avais jamais vu le Président Laurent Gbagbo face à face. On l'a toujours vu à la télévision ou de passage dans un cortège présidentiel. Mais imaginez-vous, moi Abel Naki, assis dans une petite salle d'audience seul à seul avec le Président de la République et sans témoin. C'était très émouvant et je peux vous dire qu'il était lui aussi très content de me voir. Quand il m'a vu, il a grandement ouvert ses bras. En tout cas, c'était une visite d'un fils à un père. C'est comme ça que je qualifie ma visite à Laurent Gbagbo.

IvoireBusiness : Quel appel avez-vous à lancer ?

Abel Naki: Je voudrais lancer un appel aux ivoiriens d'être sereins, parce que le Président Laurent Gbagbo compte sur toute la Côte d'Ivoire. Il est informé sur tout ce qui se passe en Côte d'Ivoire et hors de la Côte d'Ivoire, c'est-à-dire dans la diaspora. Et il compte sur nous pour pouvoir gagner son procès. Et le 18 juin, il faut que tous les ivoiriens du monde entier et toute la diaspora, puissent se rendre à La Haye, afin que nous allions soutenir notre Président.

IvoireBusiness : Merci, Abel Naki!


Propos recueillis à Paris par Christian Vabé.


Source: IVOIREBUSINESS

REACTION AUX VOEUX DE LA CPI A SORO - LES AVOCATS DE GBAGBO: «OCAMPO DOIT ETRE RECUSE»



SORO ET OCAMPO.jpg

C'est un courrier qui crée actuellement le buzz sur Internet, et plus particulièrement sur les réseaux sociaux. Le Procureur sortant de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, a envoyé une lettre à Soro Guillaume, pour le féliciter après son élection à la tête du Parlement ivoirien. « J'ai l'honneur de vous adresser mes plus sincères félicitations ainsi que celles de mes collaborateurs pour votre nomination à la présidence de l'Assemblée nationale de la Côte d'Ivoire », écrit le magistrat argentin. Dans ce courrier, daté du 27 mars 2012 (voir fac-similé), le Procureur le plus puissant du monde invite l'ancien chef du gouvernement ivoirien à continuer la coopération judiciaire avec son successeur. « Je tiens à vous réitérer ma reconnaissance pour votre action et votre soutien au travail de mon Bureau en Côte d'Ivoire, et j'espère que vous allez poursuivre la même collaboration de qualité avec mon successeur, Madame Fatou Bensouda », poursuit Ocampo. Avant d'ajouter : « (...) J'espère que nous aurons l'occasion de nous voir dans les toutes prochaines semaines afin de continuer la fructueuse coopération entre votre Gouvernement et mon Bureau ».

C'est Soro Guillaume lui-même qui a pris l'initiative de publier, hier mercredi 4 avril sur sa page Facebook, cette lettre censée être confidentielle. Puisque le courrier ne figure nulle part sur le site Internet officiel de la CPI ; pas même dans les documents mis à la disposition du grand public dans la rubrique « Le Bureau du Procureur », sur ledit portail d'informations en ligne.

Que vise le président de l'Assemblée nationale en mettant ce courrier sur la place publique ? Est-on tenté de se demander. Par cette action de communication, assurément Soro voulait montrer à l'opinion nationale et internationale qu'il n'a rien à cacher ni à se reprocher. Surtout que le Procureur Ocampo vient de confirmer qu'il n'a jamais fait ou tenté de faire obstruction aux enquêtes de la CPI sur le territoire ivoirien.

Le président du Parlement ivoirien voudrait aussi prouver à ses détracteurs qu'il n'a rien à craindre de la CPI, vu la qualité de ses rapports avec le Procureur Ocampo. Soro s'est-il senti honoré de « l'amitié » et le satisfecit du magistrat argentin, au point de penser que lui ou ses proches seraient à l'abri de toutes poursuites au cas où les investigations de la CPI les mettraient en cause ? Si c'était ce raisonnement qui l'a motivé à publier la lettre du Procureur, le président de l'Assemblée nationale pourrait se tromper lourdement sur le compte de la justice internationale. Le bout de phrase : « (...) J'espère que nous aurons l'occasion de nous voir dans les toutes prochaines semaines afin de continuer la fructueuse coopération entre votre Gouvernement et mon Bureau », n'est-elle pas une formule quelque peu enrobée du Procureur Ocampo pour inviter Soro Guillaume à continuer de coopérer avec la CPI, quelle que soit l'issue des enquêtes et de la procédure ?

La réaction des avocats de Gbagbo

Toujours est-il que cette lettre d'Ocampo à Soro va relancer le débat sur l'impartialité et la crédibilité de la CPI. En effet, en rendant publique cette lettre, Soro Guillaume pourrait conforter la position de tous ceux qui ont toujours estimé qu'il y avait une certaine collusion entre les nouvelles autorités ivoiriennes et le Procureur Ocampo.

C'est en tout cas ce que pensent les conseillers juridiques de l'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo. Voici à ce propos, la réaction de Me Lucie Bourthoumieux, avocate franco-camerounaise de l'ancien chef de l'Etat. « C'est la preuve de la très grande neutralité de la CPI ! Plus sérieusement, ceci remet en cause la crédibilité de la CPI, qui ne pourra se racheter qu'en annulant purement et simplement le mandat d'arrêt à l'encontre du Président Gbagbo », s'est insurgé hier l'avocate inscrite au Barreau de Paris, qui nous a envoyé un mail. « Je vous rappelle qu'en son temps, nous avions demandé la récusation du Procureur Ocampo pour dévoiement de la justice internationale. Ocampo doit être récusé, ainsi que tous les actes de procédure qu'il aura entrepris dans le cadre de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ; notamment à l'encontre du Président Laurent Gbagbo », a réclamé Me Bourthoumieux.

Avant l'ouverture du procès du 18 juin, nul doute que cette lettre va alimenter pendant quelque temps les discussions sur la toile et dans les chaumières.


Anassé Anassé, in LA DEPECHE D'ABIDJAN


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

LA CPI: TRIBUNAL POUR AFRICAINS SEULEMENT

Fichier:International Criminal Court logo.svg

La C.P.I. ne juge que les Africains. Triste palmarès. Certains répondront, avec beaucoup de naïveté d'ailleurs: « C'est en Afrique que sont commis les crimes les plus horribles contre l'humanité». La simplicité de cette affirmation ne mérite ni le temps, ni l'examen d'un homme sage. Mais si pour les besoins actuels de notre réflexion nous élevions cette incongruité à la dignité d'une vérité axiomatique; qui seraient alors, comme l'est le Président GBAGBO dans la crise ivoirienne, les co-auteurs indirects de ces crimes contre l'humanité ?

La C.P.I. condamne pour la nature du crime et non pour son lieu de commission. C'est en raison de cette prétention à l'universalité, qu'elle peut traduire le Président GBAGBO dont le pays n'a pas encore ratifié les statuts instituant la C.P.I. C'est pour ces mêmes raisons qu'OMAR  EL BECHIR du Soudan, et plus récemment son ministre de la défense, se voient inculpés par cette même cour  sans que leur pays ait reconnu sa compétence.

Voilà des exemples de co-auteurs indirects dans les crises du monde : Georges Bush en Irak, dont le pays n'a pas ratifié les statuts de Rome comme GBAGBO, et dont l'engagement militaire en Irak contre le veto onusien à fait un million de victimes. Une plainte a osé être déposée contre lui dans un tribunal belge dit à compétence universelle. La fermeté de la mise en garde américaine contre la Belgique a entrainé la dissolution de ce tribunal par le parlement de ce pays.

Il faut rappeler ici que ce tristement célèbre tribunal, en devenant le réceptacle de toutes les plaintes des partisans du devoir d'ingérence, a tant inquiété des dirigeants africains (HISSEN HABRE...) dont les pays n'ont pas été pourtant parties à sa constitution. La liste suivante de co-auteurs indirects n'est pas exhaustive, elle est plutôt indicative: CHIRAC, SARKOZY, ALLIOT MARIE sont des co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité dans la crise en Cote d'Ivoire. SARKOZY, JUPPE et DAVID CAMERON sont co-auteurs indirects de crimes contre l'humanité pour la LYBIE. OBAMA est aussi coupable en SYRIE et dans le monde arabe.

Pour les africains qui en sont restés à l'idéalisme de l'enfance juridique, il faut qu'il soit su ce qui suit. Au fond, ce n'est jamais l'acte matériel commis qui  nous condamne, mais bien plutôt celui qui le qualifie (l'apprécie). Voilà pourquoi, différents juges peuvent porter un jugement différent sur un même acte commis. Ce sont alors ces juges (ceux de la chambre III de la C.P.I. devenue maintenant la chambre I dans le cas de la C.I.), qui déterminent au fond (en réalité) qui est criminel.

Et c'est justement parce que ces juges là ne sont pas toujours saints que les recueils d'erreurs judiciaires ne cessent de croître en volume. Le droit français est clair: la qualification juridique des faits appartient souverainement au juge (son intime conviction). Aux Etats Unis, c'est pire : John Marshall, ancien président  de la cour suprême,  dit que l'interprétation juridique est du ressort exclusif de l'autorité judiciaire, et que le droit est ce que le juge en dit (JUDICIAL REVIEW). Ces enthousiastes africains doivent alors apporter un peu de relativisme dans leur notation de l'infaillibilité de la C.P.I.

Quand un homme, par le biais d'une déportation, sort de l'orbite de ses juridictions naturelles, de ses repères (le droit civil français requiert la comparution obligatoire de ses justiciables devant leurs seuls tribunaux naturels), et est exposé  à l'étranger à des juges et à des procédures inconnus de sa culture, de sa cause, il subit une dislocation psychologique, un malaise de fond qui ne peut faire l'objet d'une estimation objective, tant le dommage se trouve situé dans des domaines inaccessibles à la réparation humaine. Et quand il est un chef d'Etat, en l'occurrence le premier dans ce cas, il connait triplement la solitude du pionnier, dépourvu de tous les attributs et prérogatives de son rang, au point  de sentir un point d'ironie même dans les politesses des gardes pénitentiaires.

Sachez qu'aucune forme d'esclavage n'est possible sans dislocation psychologique, donc sans déportation. Ce transfèrement dit judiciaire, est en fait un acte politique, une  déportation qui en rappelle d'autres ; celle de TOUSSAINT LOUVERTURE (à Fort de Joux, dans le Jura, l'Architecte de l'indépendance de l' Haïti) ; celle de  L'ALMAMY SAMORY TOURE (au Gabon, Chef de la résistance anti coloniale), celle de GBEANZIN AHIDJERE (en Martinique, Roi du Dahomey).

Quand les projecteurs de l'histoire se poseront un jour sur ce pan de notre histoire, nous en aurons honte, comme nous avons honte aujourd'hui de ce que nos ancêtres ont fait à nos frères les noirs du continent américain. AIME CESAIRE avait raison, notre vision doit cesser d'être « partial, partiel et parcellaire ». Ces déportations récurrentes ne sont pas le fait d'un hasard, elles sont conformes à un dessein : la décapitation psychologique par dislocation et l'esclavage.

Observez vous-mêmes les manigances ci-dessous : Sous forte pression française la C.P.I. arrête GBAGBO, mais elle ne doit pas arrêter pour l'instant SORO; SARKOZY en serait contrarié. Pour éviter un peu cette forte pression la C.P.I. place le procès le 18 Juin 2012, soit quelque temps après les élections françaises, après le départ de SARKOZY. Seulement après ces élections peuvent ils décider du sort de la paire OUATTARA-SORO, et voir quel verdict les nouvelles autorités françaises demanderaient pour GBAGBO. La France est contributrice au budget de la C.P.I. La C.P.I., comme tout autre institution internationale  (O.N.U, U.A., la LIGUE ARABE...) doit vivre avant de prendre des décisions. Pour cela, leur processus décisionnel est empreint de réalisme. Et pourtant, la vérité, elle, n'est pas réaliste. Et Gandhi dit que ce n'est pas parce qu'on s'en détourne qu'elle devient mensonge.


Séry Zadi Gboziagnon

Juriste, Politologue, Traducteur.

LES BUREAUX SONT-ILS DEVENUS DES HOTELS DE PASSE?

 


Des femmes et des hommes entretiennent des relations intimes avec leurs collègues, patrons. Relations  qui ont des répercutions sur la vie professionnelle et matrimoniale des concernés. Comment naissent ces relations le plus souvent extraconjugales sur le lieu de travail ? Pourquoi  avoir des rapports sexuels au bureau? Les lieux de travail sont-ils devenus des lieux de débauche? Du patron, secrétaires, collègues, en passant par  les maîtres de stage et stagiaires, le phénomène des rapports sexuels au bureau n'épargne personnes... Aux heures de descente, à la pause, au séminaire etc. Tous les moyens sont bons pour  assouvir au désir sexuel. Plusieurs raisons sont évoquées.

La proximité et la familiarité

La grande partie de la journée se passe au travail, on passe plus de temps avec les collègues, le patron, les supérieurs qu'avec nos conjoints. On monte au boulot tôt le matin, pour ne descendre que tard dans la nuit. Le fait de se fréquenter tout le temps (prendre le déjeuné, passer des heures libre à causer et parfois même descendre ensemble), avoir les même aspirations peut faire naître les relations amoureuses et sexuelles au travail. « J'ai entretenu une relation sexuelle avec un collègue pendant 2 ans, parce qu'on avait plusieurs choses en commun, on partageait les mêmes idées et on était tout le temps ensemble », a indiqué Francine, secrétaire de direction. Les maîtres de stage  et les stagiaires ne sont pas épargnés. «Je faisais mon stage dans une structure de la place, mon maître de stage et moi devions travailler tout le temps ensemble. « Et c'est comme ça qu'est né notre relation amoureuse.», raconte  Evelyne. Le plus souvent, être logés ou avoir des chambres voisines dans un même hôtel lors des missions peut occasionner des rapports sexuels.

Patrons vicieux, droit de cuissage...

Les chefs d'entreprises recrutent sur la base de la compétence. Le physique également en fait partir chez certains chefs. Ce qui les emmène à proposer aux jeunes filles en quête d'emploi de coucher avec eux avant d'être embauchées dans la société. Quand l'acte est commis, la jeune fille est embauchée et les relations sexuelles se poursuivent, dans le bureau du patron. A cela, peuvent  s'ajouter les promotions pour lesquelles certains supérieurs exigent à l'employée de les satisfaire sexuellement avant de les promouvoir. « Je travail depuis 8 ans dans cette société, et le patron, au vu et au su de tous les employés, fait gravir les échelons à une nouvelle venue qui, a commencée à travailler il y a à peine deux mois. », explique Olivier, employé dans une entreprise de communication. Aussi, certaines femmes, pour avoir les faveurs de leur patron mettent tout en œuvre pour les séduire. Vice versa .Quelque soit l'appartenance sexuelle du patron.

Les bureaux sont-ils devenus des lieux de débauche ?

Derrière les portes d'une salle de réunion, dans un couloir peu emprunté, ou dans un ascenseur. Ces endroits son les lieux privilégiés pour ce genre de pratique. L'envie ou le désir de transgresser les règles sociales intensifierait les attirances entre les employés. « Une fois au service, un collègue et moi devions finir un travail alors qu'il était 18h. Et tout le monde était descendu. Après que le travail soit fini, nous avions fait l'amour, pour des raisons que je n'arrive pas à expliquer jusqu'à présent.», témoigne Colette. En organisant des sorties détentes, des séminaires ..., certains employés et patrons en profitent pour faire des avances à leurs collègues ou employés, avant de passer à l'acte une fois de retour au bureau. Il n'y a pas que les relations entre employés patrons et collègues. Certaines visiteuses arrivent même dans le bureau du chef, non pas pour une visite de courtoisie mais pour avoir des rapports sexuels avec leurs hôtes.

Conséquences

Les filles qui ont les faveurs des patrons ou qui ont des postes grâce au droit de cuissage, se verront perdre leurs emplois lorsque leurs relations d'avec ce dernier prendront fin. Avoir une relation intime ou sexuelle au travail peut donc s'avérer dangereux pour la carrière professionnelle. En sommes une relation au travail est difficile à gérer. En ce sens où l'amoureux ou l'amoureuse confond le plus souvent la vie professionnelle à la vie conjugale dans le service. On assiste régulièrement à des scènes de jalousie sur les lieux de travail, qui indisposent les clients, visiteurs (...). Cependant, il n'y a pas que des aspects négatifs dans les relations sexuelles au travail. Car, dans d'autres cas, ces rencontres ont aboutit aux mariages.


Source : ABIDJAN DIRECT.NET

jeudi, 05 avril 2012

EXPLOITATION ILLICITE DES FORETS: UNE NOUVELLE GUERRE MENACE L'OUEST IVOIRIEN


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Jeudi 22 mars 2012. Sous-préfecture centrale de Blolequin, dans la région du Moyen-Cavally. Trois jeunes autochtones trouvés sur place sont venus déposer une plainte contre Jean-Pierre, chef des Burkinabè de Tinhou et Ahmed, le boutiquier du village. Ils leur reprochent de vendre le patrimoine forestier de Tinhou après avoir démarché certains de leurs compatriotes qui deviennent par l'acte d'achat propriétaires de parcelles. Le bureau du sous-préfet central de Blolequin, Koffi Yao Kan-Claude, ne désemplit pas. A chaque jour correspond ses nombreuses plaintes relatives aux litiges fonciers dans le département.

A CIB, gros village de la sous-préfecture de Blolequin qui doit son nom à une compagnie d'exploitation de bois, les conflits fonciers font rage. Serge Alain Téha et sa mère Madeleine Vouho sont dans le viseur de Robert Kaya. Il y a plus de 50 ans, Pierre Téha, père de Serge Alain, offre une parcelle de forêt de 4 hectares à son cousin pour exploitation sur deux ans. Le délai acquis, celui-ci cède la propriété de son parent. Pierre Téha, à son tour, décède en 1995 et ses enfants, au nombre de 10, héritent du patrimoine forestier de la famille. A la faveur de la guerre qui secoue l'ouest, huit de ces enfants sont tués et il n'en reste que deux (un homme et une femme). Après le conflit, Robert Kaya pointe son nez dans la famille Téha et s'arroge le droit de disposer de ses biens. Il prend langue avec des allogènes burkinabè en quête de forêt pour exploitation. Moyennant 75 000 FCFA l'hectare, il vend la parcelle qui lui avait été offerte provisoirement dans le passé sous prétexte qu'elle lui revient de droit. Serge Alain Téha, qui n'est pas de cet avis, lui oppose un refus catégorique.

A l'allogène burkinabé, K. Zouani, qui n'a pas mis de temps à défricher sa parcelle, il exige l'arrêt des travaux et son retrait immédiat du patrimoine forestier de la famille. C'est la pomme de discorde entre la famille Téha et Robert Kaya qui encourage son "client" à poursuivre ses travaux. Mieux, face à l'intransigeance du fils de son cousin, il conseille au Burkinabè de lui faire payer son «manque de respect». Serge Téha dit s'en remettre aux autorités compétentes du département pour trancher cette affaire qui fait planer sur lui une menace de mort. En attendant le règlement de ce conflit foncier, Alain Serge Téha et sa mère, qui le soutient dans ce combat, ont élu résidence à Blolequin-ville, au quartier Gama.

Médibly, Diboké, Oulaïtahibly, Zilébly... : les Burkinabè s'installent

Sawadogo Moussa dit Saga, chef de la communauté burkinabè, installé à Zilébly (dernier village ivoirien à la frontière avec le Liberia) depuis plusieurs années se dit lui-même surpris par le nombre qui va crescendo de ses compatriotes dans le village et surtout par leur comportement qui consiste à acheter la forêt à des jeunes alors que leurs parents sont encore réfugiés au Liberia. «Je n'ai aucun pouvoir d'empêcher qui que ce soit de venir faire fortune. Quand j'ai tenté de raisonner certains de mes frères, ils m'ont répondu que c'est parce que je veux les empêcher de faire fortune», se dédouane-t-il. Aujourd'hui, le constat est frappant à Zilébly : seulement 15 autochtones contre plus de deux cents hommes d'origine burkinabé, selon le décompte de Sawadogo Saga, exploitent la forêt des propriétaires terriens eux-mêmes encore réfugiés au Liberia. Tout comme à Médibly, Diboké et Oulaïtahibly où l'on note leur forte présence, ils disposent de gros quartiers dans lesquels des cases ont poussé comme des champignons.

Ceux qui leur permettent de s'arroger les biens qu'ils exploitent sont pour la plupart des jeunes wê. Profitant de l'absence de leurs parents qui sont les véritables propriétaires terriens, ces jeunes prennent langue avec des démarcheurs. A Blolequin-ville, sont basés S. Abdoulaye, D. Gilbert. Ce sont eux qui sont en contact avec les allogènes qui recherchent un eldorado forestier pour faire fortune. Ils connaissent également la plupart des vendeurs qui se comptent parmi les jeunes des villages de Blolequin. «Notre rôle consiste à faciliter le contact entre le vendeur et l'acheteur moyennant une commission une fois l'affaire conclue. Le reste n'est pas de notre ressort», explique S. Abdoulaye. C'est lui qui a été à l'origine de la transaction portant sur la vente du patrimoine forestier du patriarche Manhan Douhou et de bien d'autres propriétaires terriens de Zilébly alors que ceux-ci sont encore réfugiés au Libéria pour certains et en activité dans les différentes villes du pays pour d'autres. A Zilébly ses contacts sont Dandé Anselme (dit Hobou), Bangny Zoba Raphaël, Bangny Serge Omer (dit Omer) et Gnahé Sylvain. L'objectif de ces démarcheurs au commerce douteux ? S'acheter de grosses motos pour frimer, ou monter leurs propres affaires. Le patrimoine forestier, long de 2 Km, du patriarche Manhan Douhou, encore en exil au Liberia, fera l'objet de transaction entre ces jeunes et les nommés Seydou Sawadogo, Kontougni Desiré, Zoungrana Yacouba, Ouédraogo Karim, Nikiema, Emmanuel, Sawadogo Adama, Beda Robert, Pate Jeremy... A peine ont-ils fini d'''acheter'' cette forêt qu'ils se sont lancés dans les travaux de défrichage sans même prendre soin de remplir les conditions de propriété. Face au fils du patriarche, Pascal Douhou, Clerc d'huissier à Abidjan, qui leur a exigé des documents attestant qu'ils sont devenus propriétaires du bien de leur père, ils font planer des menaces.

La stratégie des vendeurs illégitimes pour se sortir d'affaire

Lorsque les sexagénaires Bah Jeannot et Kpazaï Victor se sont rendus dans leur village à Zilébly pour vérifier que leur forêt n'avaient pas encore fait l'objet de transaction entre des autochtones, pour la plupart des militants Rhdp, restés au village, et des allogènes en quête de parcelle à cultiver, ils sont tombés des nues. Non seulement leur forêt a été bradée, mais ils ont été dénoncés aux éléments Frci du village comme étant des militants pro-Gbagbo qui ont soutenu les miliciens lors des événements post-électoraux. La stratégie des vendeurs des forêts (qui se comptent tant parmi les Wê que les allogènes) dans le département de Blolequin pour se sortir d'affaire est toute simple. Créer une peur permanente chez les propriétaires terriens réfugiés au Liberia en leur rapportant que s'ils tentent un quelconque retour, ils seront traqués et liquidés par les Frci qui ont pris pied dans leur région depuis la crise post-électorale et ceux qui exploitent leur patrimoine. C'est un argument parmi tant d'autres qui maintient les réfugiés ivoiriens au Liberia loin de leurs terres au profit des allogènes dont la présence à Médibly, Diboké, Oulaïtahibly et Zilébly où nous avons séjourné durant quatre jours est frappante. Dans ces localités, ce sont des quartiers entiers, quelquefois d'une plus grande taille que ceux des autochtones, qui sont construits. Des fois, des nouveaux arrivants nettoient, sans autorisation, des lopins de terre dans le village et s'y installent, quand ils ne prennent pas possession des maisons d'autochtones qui ont fui le village. La maison de Bahi Gervais, Secrétaire général  de section du Front populaire ivoirien (Fpi) de Zilébly, Oulaïtahibly, est à ce jour occupée par des allogènes burkinabè.

L'administration préfectorale prêche dans le désert

Le préfet de Blolequin Dembélé Lassana, pour anticiper sur le danger qui plane à l'horizon dans cette partie de la Côte d'Ivoire où la moindre étincelle se transforme en volcan, a pris une réquisition pour faire sortir les nouveaux migrants des forêts qu'ils «occupent de façon illicite». Mais cette action est entravée par des croque-en-jambes politiques dans le département. Certains cadres locaux du Rhdp qui bénéficieraient de l'appui du Lieutenant Zouoti Eloi alias commandant Zoulou couvriraient les manœuvres de dépossession des terres des personnes identifiées comme des militants Lmp en exil. «Ils se sont calmés parce que nous avons menacé de saisir la hiérarchie s'ils continuent d'entraver l'action de l'administration préfectorale», a indiqué une indiscrétion à la préfecture de Blolequin. Toutefois, le processus de retrait forcé des allogènes des forêts qu'ils occupent illégalement tarde à se mettre en place. Et les nouveaux migrants, dans les villages, accélèrent le défrichage des parcelles qu'ils ont acquis après la fuite des vrais propriétaires.


Saint-Claver Oula


Source: LE NOUVEAU COURRIER

BENSOUDA A RENCONTRE OUATTARA - TOUJOURS A LA RECHERCHE DE PREUVES CONTRE GBAGBO


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La procureure de la Cpi, Fatou Bensouda, a été reçue en audience hier mardi 3 avril 2012, successivement par le Premier ministre - ministre de la Justice, Jeannot Ahoussou et par le chef de l'Etat - ministre de la Défense, Alassane Ouattara. Dans le cadre du dossier ivoirien, dont les enquêtes sont en cours depuis le 15 octobre dernier. Le dossier ivoirien parait-il plus complexe que cela aux yeux de la Cour pénale internationale ? A l'analyse de la démarche des « justiciers de La Haye », on pourrait répondre par l'affirmative. En tout cas, la procureure de la CPI, Fatou Bensouda, qui aura les pleins pouvoirs dès le mois de juin a échangé avec les nouvelles autorités ivoiriennes. Aussi bien après l'audience avec le Premier ministre qu'au sortir de son tête-à-tête avec le chef de l'Etat, la procureure de la Cpi a affirmé qu'étant donné que les enquêtes se poursuivaient toujours, il était important pour la CPI de faire le point de la situation avec les autorités ivoiriennes. «Les enquêtes se poursuivent...Nos hommes sont au travail dans l'ouest de la Côte d'Ivoire pour nous éclairer sur ce qui s'y est passé. Cette fois, notre mission c'est pour discuter avec les autorités, la société civile et tout ceux qui peuvent nous aider à avancer sur la question », a déclaré Fatou Bensouda. Qui a affirmé ne pas être arrivée en Côte d'Ivoire dans le cadre d'une procédure visant particulièrement Mme Gbagbo.

Elle a par ailleurs insisté sur la coopération des autorités ivoiriennes devant faciliter le travail des enquêteurs de la CPI sur le terrain. «Je suis venue en Côte d'Ivoire pour parler avec les autorités des questions de coopération dans la conduite de nos enquêtes», a-t-elle fait savoir. Comment parler encore de coopération avec les autorités et de facilitation du travail des enquêteurs de la CPI sur le terrain, quand en juin dernier, lors de la première visite de Bensouda à Abidjan, l'on avait annoncé en grande pompe une franche coopération entre l'Etat de Côte d'Ivoire et la CPI ? C'est que le cas Duekoué est en passe de constituer une pomme de discorde entre  les deux parties. Sinon pourquoi est-ce  au moment où les enquêteurs de la CPI ont envahi l'ouest, notamment Duekoué et ses environs, que la procureure revient à Abidjan pour parler de «franche coopération des autorités pour faciliter le travail sur le terrain » ?

Les preuves se font-elles rares ?

A seulement deux mois et demi de l'audience de confirmation de charges contre le président Laurent Gbagbo, la CPI est encore à la recherche de preuves sur le terrain et de «personnes qui peuvent les aider à avancer sur la question». Le procureur Moreno Ocampo, en visite à la mi-octobre dernier à Abidjan, avait annoncé le début des enquêtes sur la crise post-électorale. Seulement un mois et demi ont suffi pour aboutir à la déportation du président Gbagbo, le 29 novembre dernier à La Haye. Et depuis, quatre mois se sont écoulés et plus rien. Sinon que «silence, ici la CPI travaille».  En réalité, la mayonnaise politico-judiciaire visait à éloigner le président Gbagbo de la Côte d'Ivoire, avec ou sans preuves, pour permettre à Ouattara de se détendre. Une fois l'opération réussie, il apparait difficile pour le bureau du procureur de boucler le dossier. C'est pourquoi il sollicite constamment les autorités ivoiriennes avec leurs satellites de la société civile pour engranger de quoi faire «écrouer » pour longtemps Laurent Gbagbo. Alors même qu'après plus de 5 mois d'enquête, seul l'ex-président  a été transféré à la prison de Scheveningen.  Pour masquer  cette situation ubuesque,  la CPI préfère verser dans le dilatoire et  se murer derrière des enquêtes interminables à quelques 75 jours du 18 juin prochain, date d'ouverture du procès contre Laurent Gbagbo. En tout cas, la suite des évènements nous situera mieux sur ce que trame le régime Ouattara avec la CPI.


Frank Toti

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 04 avril 2012

QUAND LE REGIME OUATTARA FAIT DE L'EPURATION ETHNIQUE DANS L'UNIVERSITE IVOIRIENNE

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SITUATION DES UNIVERSITES DE COCODY ET D'ABOBO-ADJAME EN COTE D'IVOIRE

A l'image d'une Côte d'Ivoire en contexte de rattrapage ethnique, la situation des universités de Cocody et d'Abobo-Adjamé se dégrade de jour en jour et ce, depuis la décision de leur fermeture (18 avril 2011).

Cette situation concerne :

- les nominations académiques et administratives,
- l'organisation des examens (Thèses, DEA, Maîtrise),
- le recrutement d'enseignants, la réhabilitation et l'équipement des laboratoires ainsi que la construction de la clôture des campus.

Les nominations académiques et administratives

Sur cette question, il convient de rappeler qu'un séminaire sur la gouvernance des universités et grandes écoles s'est tenu du 22 au 23 juillet 2011 à Abidjan. Dans leurs conclusions, les séminaristes ont tenu à mettre en garde les nouvelles autorités contre toute immixtion dans le fonctionnement de l'enseignement supérieur, notamment contre la violation de la loi de 1996 et le décret de 2001 instituant désormais les postes électifs là où les présidents et les doyens étaient jusque-là nommés.

En violation de ces dispositions et passant outre les recommandations dudit séminaire, les nouvelles autorités viennent de procéder aux nominations ci-dessous :

La nomination du Président de l'Université de Cocody

Mme le Prof. LY- Ramata (originaire du Nord), candidate malheureuse (35%) aux dernières élections de Président de l'Université face au Prof. AKE N'gbo (65%), a été nommée présidente de l'Université de Cocody, par arrêté ministériel. Quelques temps après sa nomination, Mme Ly-Ramata a proposé à son ministre Cissé Bacongo (Assistant de droit) deux noms aux postes de 1er et 2ème Vice-président. Il s'agit de :

Prof. AFFIAN Kouadio, professeur titulaire et doyen de l'UFR Sciences de la Terre et de Ressources Minières (STRM) de l'Université de Cocody, et Prof. ATTA Koffi Lazare, Maître de recherches à l'Institut de Géographie Tropicale (IGT) de l'Université de Cocody.

Ces deux propositions ont été rejetées par le ministre de l'Enseignement supérieur au motif que les concernés ne sont pas originaires du Nord. En conséquence, ces derniers collaborent officieusement avec leur « patronne » en entendant que le gouvernement trouve les nordistes qu'il faut.

Très vraisemblablement et en toute rigueur, les doyens élus, en exercice à la tête des différentes UFR des Universités devraient être limogés au profit de nordistes qui seront alors nommés. Il en sera de même pour les directeurs d'instituts et départements des Universités de Cocody et d'Abobo-Adjamé.

La nomination du Secrétaire Général de l'Université de Cocody

Anciennement directeur de la scolarité, Monsieur Mamadou Diomandé (niveau Bac + 3, nordiste) a été nommé par arrêté ministériel en qualité de Secrétaire général de l'Université de Cocody au détriment du Prof. BALOU Bi Toto Jérôme, ancien secrétaire général de l'Université de Cocody et Vice-président de l'Association des Secrétaires Généraux des Universités d'Afrique et de Madagascar.

L'organisation des examens (Thèses, DEA)

A la demande du collectif des doyens d'UFR souhaitant le déblocage des thèses et DEA en souffrance, le ministre a donné son accord de principe en novembre dernier. Mais, aussi paradoxale que cela puisse paraître, M. Cissé Bacongo (ministre de l'Enseignement supérieur) s'est rétracté, estimant que la soutenance de thèse et de DEA est autorisée par décret, là où la nomination du président de l'Université dépend d'un simple arrêté ministériel. Le blocage des soutenances de thèses et de DEA est donc entier. A cela une raison bien simple. La liste des impétrants, établie par les doyens d'UFR à la demande expresse du ministre, laisse apparaître une forte majorité d'étudiants originaires du Sud. Du coup, des centaines de candidats vont devoir attendre encore longtemps avant de présenter leur doctorat et DEA, peut-être le temps que les nordistes se rattrapent.

Cette volonté de rattrapage explique, selon nous, non seulement le fonctionnement normal de l'Université de Bouaké, mais aussi le non-paiement des bourses des étudiants en thèse des universités de Cocody et d'Abobo-Adjamé .

L'Université de Bouaké

Elle fonctionne normalement, c'est-à-dire, on y prépare les doctorats, des DEA et les Maîtrises. Cela, parce que l'Université de Bouaké fait partie du Nord de la Côte d'Ivoire. C'est dans ce même esprit de soutien sélectif aux structures universitaires que l'Unité de Recherches et d'Enseignement Supérieur (URES) de Korhogo (extrême nord du pays) deviendra une université complète en 2012-2013. D'ici là, le professeur ZIKI Koléa (issu du Sud) vient d'être limogé au profit d'un nordiste en la personne de M. Adama Coulibaly (nordiste).

Le recrutement d'Enseignants

Officiellement et pour cause de fermeture, il n'y a plus de recrutements d'enseignants dans les universités de Cocody et d'Abobo-Adjamé. Mais officieusement, le recrutement se fait, le cabinet du ministre s'étant substitué à la commission de recrutement; de sorte qu'aujourd'hui, on est en présence d'un parachutage qui va surprendre plus d'un à la réouverture des universités.

En effet, nombreuses sont les nouvelles recrues nordistes qui peupleront les universités de Cocody et d'Abobo-Adjamé, après avoir fait naturellement le plein des universités de Bouaké et de Korhogo.

Réhabilitation et équipements des laboratoires, cités U et Amphis

Ce qui se fait à ce niveau ressemble fort à un bricolage collectif subtil. Ce bricolage est soutenu par une publicité mensongère alors qu'en réalité rien de sérieux ne se fait et que le pillage des bibliothèques et labo redoublent d'effort.

Vus de l'extérieur, certaines cités universités, les labos et les amphis présentent un aspect reluisant lié aux nouvelles couches de peinture, mais ce n'est que du trompe-l'œil, car l'intérieur n'a connu aucune réhabilitation depuis le deuxième passage des pillards et autres FRCI dozos.

Enfin, quant aux travaux de réhabilitation de la clôture de l'Université de Cocody (détruite exprès), ils piétinent au même titre que l'ensemble des travaux prétendument initiés dans les universités. Ces lenteurs s'expliquent par la même volonté de rattrapage.

Moralité: Aussi longtemps que la politique de rattrapage ethnique s'appliquera, aussi longtemps que Alassane Ouattara restera au pouvoir, toute aide que la communauté internationale accordera à l'Enseignement supérieur ivoirien doit être considérée comme un appui à une communauté ethnique et une seule : les nordistes.


Ce sont près d'une centaine d'universitaires qui sont en exil depuis le 11 avril 2011. Les plus connus étant :


Professeur Yao N'Guessan Thomas, Biochimiste

Professeur Néa Kipré, Psychologue
Dr Ahoua Don Mello, Ingénieur/Docteur des Ponts et Chaussées
Professeur Hubert Oulaye, Juriste
Professeur Jacqueline Lohouès Oble, Juriste
Professeur Niamien Messou, Chimiste
Professeur Yao Paul N'Dré, Juriste
Professeur Lida Kouassi, Germaniste
Professeur Krékré Firmin, Psychologue
Professeur Kouassi Oussou, Economiste
Professeur Dégni Ségui, Juriste

Universitaires dans les Goulags du Nord, ce sont :

Professeur Gilbert Marie-Aké NGbo, Economiste, Président de l'Université de Cocody, Président du concours d'Agrégation Sciences Economiques et de Gestion du CAMES (Conseil Africain et Malgache de l'Enseignement Supérieur)
Simone Ehivet-Gbagbo, Linguiste
Aboudramane Sangaré, Juriste
Dr Michel Gbagbo, Psychologue

COMITE DE DEFENSE DE L'UNIVERSITE IVOIRIENNE

ABIDJAN, MARS 2012

 

Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

mardi, 03 avril 2012

LA CEDEAO, LES COUPS D'ETAT ET LES REBELLIONS


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En rédigeant dans ses jeunes années l'hymne national de son pays nouvellement indépendant, l'écrivain malien Seydou Badian Kouyaté imaginait-il que 52 ans après l'accession à la souveraineté internationale, l'intégrité de sa nation serait si gravement menacée et que les strophes guerrières de son texte empli de romantisme patriotique auraient la résonance qu'elles prennent aujourd'hui ? «A ton appel Mali/Pour ta prospérité/Fidèle à ton destin/Nous serons tous unis/Un peuple, un but, une foi/Pour une Afrique unie/Si l'ennemi découvre son front/Au-dedans ou au-dehors/Debout sur les remparts/Nous sommes résolus de mourir».

Mourir pour la patrie. C'est l'expérience traumatisante que vivent depuis plusieurs mois les jeunes militaires maliens, en proie à des ennemis du dedans - et à des ennemis du dehors, qui peinent à rester masqués. Mais la mystique de l'unité qui parcourt le texte fondateur du rêve national malien est désespérément absente en cette occasion tragique. A la sécession nordiste a répondu, dans le Sud, un coup d'Etat qui n'est que la face visible d'une profonde crise politique sous-estimée à l'étranger. Quant à l'Afrique, invoquée avec foi par Seydou Badian, elle a très clairement abandonné le pays de Modibo Keita, héritier d'une tradition de grands empires qui nous a tous rendus fiers, à ses démons et à ses périls. Sans aucun doute, ce lâchage continental se résume à un sigle : CEDEAO.

Affamer un peuple pour faire plier ceux qui le gouvernent

Pour avoir une idée de l'ampleur de cette trahison, il faut, encore et toujours, revenir à des textes fondateurs. Moins emphatiques que le bel hymne national malien, le Protocole de Non-Agression (PNA) et le Protocole d'assistance mutuelle en matière de défense (PAMD), qui stipule que «toute menace d'agression armée ou toute agression armée dirigée de l'extérieur contre l'un quelconque des Etats membres constitue une menace ou une agression contre l'ensemble de la communauté», traduisent le devoir de solidarité qui n'a pas été opérant en ce qui concerne la rébellion partie de la Libye «libérée» par le CNT. L'insurrection du MNLA s'est en effet signalée depuis le 17 janvier 2012 à Ménaka. Mais il a fallu que la situation politique interne se dégrade à tel point qu'une partie de l'armée renverse le président Amadou Toumani Touré pour que la CEDEAO se réveille de son long sommeil. Et se mette à cracher des menaces et des anathèmes contre le peuple malien.

Parce que ce n'est pas, bien entendu, les dignitaires de la junte au pouvoir qui seront les premières victimes de l'embargo qu'Alassane Ouattara promet au Mali, après l'avoir imposé à la Côte d'Ivoire. Persuadé qu'il faut affamer un peuple pour faire plier ceux qui le gouvernent.

En Afrique de l'Ouest, les rébellions, les mouvements sécessionnistes, les irrédentismes islamistes sont-ils donc moins dangereux que les coups d'Etat ? Cette question, de nombreux Maliens se la posent. Et parce que personne ne daigne y répondre, ils commencent à se solidariser des militaires qui ont pris le pouvoir et n'ont au fond fait qu'apporter une mauvaise solution à un vrai problème.

La crise malienne nous ramène à un problème de fond : celui de la légitimité de nos institutions sous-régionales et régionales, ainsi que de ceux qui les incarnent. Les partisans de la junte dirigée par le capitaine Amadou Haya Sanogo ont beau jeu d'interroger Blaise Compaoré et Alassane Ouattara sur leur propre parcours qui contredit leur intransigeance sur ce dossier précis. Le président burkinabè est arrivé au pouvoir par un coup d'Etat sanglant, au cours duquel son ami et frère Thomas Sankara, icône de toute une génération d'Africains, a été froidement assassiné. Lors du dernier scrutin, il s'est fait réélire avec plus de 80% de suffrages, ce qui rend perplexe sur l'ouverture réelle du système politique de son pays. Il suffit de lire des rapports de l'ONU pour se rendre compte que Compaoré a violé, à plusieurs reprises, les textes fondateurs de la CEDEAO en soutenant des rébellions particulièrement sanglantes au Liberia, en Sierra Leone et en Côte d'Ivoire. Si le juge est le premier des hors-la-loi, comment rendra-t-il donc sa sentence légitime aux yeux du grand nombre ?

Le fait même qu'Alassane Ouattara ait pris le pouvoir le 11 avril 2011 et ait prêté serment le 6 mai 2011 montre que son accession à la magistrature suprême est entachée d'irrégularités. Par la suite, la manière dont il a rédigé ses ordonnances, nommé son président du Conseil constitutionnel et fait élire son président de l'Assemblée nationale, indique très clairement qu'il exerce le pouvoir en dehors des règles constitutionnelles, violant ainsi les protocoles pertinents de la CEDEAO en la matière. Le fait que parmi les procureurs qui s'acharnent aujourd'hui sur le Mali se trouve le président togolais Faure Gnassingbé, qui s'est imposé dans les conditions que l'on sait avec le soutien de la CEDEAO, en rajoute au caractère grotesque de leurs objurgations.

Absence de cohérence dans les prises de position

Souvenons-nous. Dès son accession au pouvoir, Alassane Ouattara s'est empressé de reconnaitre le Cnt libyen, installé à la suite d'une rébellion et d'un coup d'Etat. Lui-même s'est allié, alors qu'il était dans l'opposition, a une rébellion armée ayant a son actif un coup d'Etat manqué, dans le cadre d'une coalition appelée G7. Les figures principales de cette rébellion, rappelons-le, sont issues de son parti ou de son sillage et y sont retournées.

Les institutions régionales africaines ne se caractérisent pas par la cohérence de leurs principes et de leurs prises de position. C'est pour cette raison que les analystes qui les considèrent comme de simples relais d'influence de "donneurs d'ordre" occidentaux ont de plus en plus d'audience sur le continent.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ALASSANE OUATTARA A LA RTI: DECRYPTAGE D'UN DISCOURS DEMAGOGIQUE


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Le samedi 30 mars 2012, le chef de l'état ivoirien, Alassane Ouattara, a accordé au palais présidentiel, un entretien à deux journalistes ivoiriens de la télévision nationale et du quotidien gouvernemental Fraternité-Matin. L'entretien a duré de 20h35 à 22h06, soit 90 minutes, le temps d'un match de football.

Cet entretien intervient dans un contexte qui n'est guère innocent. Il fait suite à diverses sorties de journalistes et acteurs politiques proches du RDR qui s'inquiètent de la dégringolade de l'image de leur mentor dans l'opinion. Dans la sous-région ouest africaine naguère acquise à l'idée de sa compétence, l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir par la "démocratie à l'arme lourde", dans des conditions plus qu'humiliantes pour l'Afrique, n'a laissé personne indifférent. Il était alors attendu sur le terrain des résultats et de la mise en œuvre du "vivre ensemble".

Hélas, les situations sécuritaire et économique en Côte d'Ivoire sont catastrophiques et la justice des vainqueurs a discrédité le régime face aux valeurs traditionnelles qui caractérisent les Africains. Contraints à l'exil par centaines de milliers, notamment dans la sous-région, les exilés ivoiriens ont inconsciemment contribué à faire connaître la vérité sur l'éviction de Laurent Gbagbo du pouvoir, à montrer le vrai visage du nouveau régime ivoirien et donc à faire connaître l'écart entre la propagande de conquête du pouvoir du RDR d'Alassane Ouattara et le sombre tableau d'une année de pouvoir. Une année d'exactions de toutes sortes sur les populations, de crimes impunis, de "rattrapage" ethnique, de brimades de l'Opposition, la haute direction du RDR allant jusqu'à promettre officiellement le cimetière à toute adversité politique.

Ceux des partisans du pouvoir qui ont encore un peu de lucidité en appelaient donc à cette sortie. Il en est ainsi de l'écrivain Isaïe Biton Coulibaly, qui proposait dans une contribution récente, que le chef de l'Etat suscite un entretien télévisé avec des citoyens ordinaires. Alassane Ouattara et ses communicateurs ont opté pour un entretien avec la presse publique. A-t-il enfin compris, lui qui ne vit et règne que par le soutien des capitales occidentales, que "hors de l'eau, le capitaine n'est rien" (Félix Houphouët-Boigny)? Est-il enfin conscient des limites de ses ambitions régionales avec un peuple qui ne se reconnaît pas en lui? La réponse se trouve dans le constat du chef de l'Etat lui-même: "si entre nous-mêmes, nous ne parvenons pas à nous réconcilier, comment voulez-vous que nous soyons crédibles dans nos relations avec les autres"?

Accuser le prédécesseur de tous les péchés d'Israël

Sur le "plateau" de l'entretien, Alassane Ouattara, physiquement peu frais, a joué à fond la carte de la familiarité, appelant les journalistes par leur prénom. Cela rappelle son débat télévisé avec le président Laurent Gbagbo qu'il a presque contraint au tutoiement fraternel avant de lancer la guerre que l'on a vue et de l'envoyer à la CPI.

Ouattara a utilisé une seule fois l'expression "mon pays", parlé à 5 reprises de la Constitution dont 3 fois relativement au Mali. Il n'a prononcé à aucun moment le mot "rebelles". Il a cité 3 fois les Etats-Unis sans jamais nommer la France. Il a pris soin de ne pas nommer Laurent Gbagbo, l'honorant toutefois du titre d'ancien président à 2 reprises, ce qui est une évolution notable même si c'est toujours pour le noircir.

Ces statistiques sur lesquelles nous reviendrons plus largement, parlent d'elles mêmes en attendant que les psychologues les fassent parler, notamment s'agissant du rabâché "mon pays" qui a été abandonné.

Selon Alassane Ouattara lui-même, l'objectif de cet entretien était "de parler avec ses compatriotes. Et de leur dire un peu comment il a trouvé la Côte d'Ivoire, ce qu'il a pu faire depuis un an. Et surtout où est ce que nous allons et comment nous allons y arriver". L'objectif ainsi défini, la forme de communication arrêtée, il ne restait au téléspectateur qu'à découvrir le chemin le plus court adopté pour y parvenir : la démagogie. Et bien entendu, le choix systématique d'accuser de tous les péchés d'Israël le prédécesseur, cet adversaire qui ne baisse pas l'échine malgré sa défaite militaire.

Détail important de l'opération, il nous faut consommer un "Ouattara nouveau". Tel le "Beaujolais nouveau", il devait se draper de son nouveau manteau de rassembleur des Ivoiriens, même si les faits ne résistent pas à l'ambition. Le "Ouattara nouveau" c'est aussi la conquête du cœur des FDS de la Police et de la Gendarmerie qui ploient sous l'humiliation des FRCI sans toutefois condamner les exactions de ses redoutables FRCI. Il veut "rassurer les policiers. C'est important qu'ils aient un minimum de confort. Ces gens font un travail difficile".

Cerise sur le gâteau, les Généraux FDS ne sont plus les Généraux de Gbagbo mais "des hommes bien, pour la plupart, d'entre eux", ayant agi sous la "menace de voir violer leurs enfants ou des choses comme ça". Bien sûr, c'est avec émotion qu'il a écouté leurs confessions avant de les nommer Ambassadeurs.

Il lui en a vraiment fallu du temps pour comprendre que s'ils ont "servi un autre Président, c'était leur devoir". "Recevoir tous les matins des rapports de la gendarmerie" lui a certainement permis de commencer à connaître le pays. Car le vrai problème du chef de l'Etat c'est sa faible de connaissance du pays.

Le "Ouattara nouveau" c'est surtout cette confession à faire pleurer quand il assure : "Je pense qu'il y a eu de l'impatience pour ma part, de la part de certains qui m'ont accompagné. Il y a eu des sentiments de graves injustices qui ont provoqué des colères, qui ont conduit à des manifestations qui ont débouché sur des morts. Ce n'est pas comme ça que je vois la Côte d'Ivoire, que je voyais mon combat. ... Je considère qu'en tant qu'homme politique, j'ai commis des torts à mes concitoyens, et je demande pardon". Quel aveu historique et émouvant sur sa responsabilité dans les tueries assorti d'une demande de pardon! De quoi suggérer à tous les exilés de rentrer au bercail si le pouvoir Ouattara ne nous avait habitués à de la démagogie sans lendemain !

Parler des conséquences, se taire sur les causes

Qu'elle eût été noble, cettedémarche, si son entretien n'était en même temps l'égrenage une longue litanie des conséquences d'une situation sans en toucher un seul mot des causes! Pour lui, le pays a été mal dirigé et parfois pas du tout dirigé pendant les 10, voire 11 précédentes années. Exit de son alliance avec la rébellion qui a coupé le pays en deux et administré la moitié du pays pendant 8 ans. Exit des blocages de son RHDP, accroché à la jouissance exclusive des accords de Marcoussis. Alors que Laurent Gbagbo n'avait pas le droit de se séparer d'un seul de ses ministres sans entraîner les blocages qui se terminaient par la réintégration dudit ministre via un sommet de la Cedeao, Ouattara est prêt à se séparer de tout ministre qui ne serait pas à la hauteur.

Même lorsque les questions portent sur les augmentations du coût de la vie, intervenues bien après sa prise de pouvoir, il accuse son prédécesseur. Même déporté à la CPI, Gbagbo serait-il un spéculateur? Ouattara dit avoir "des recettes qui tardent à produire des résultats".

Ouattara aura même le culot de parler de "rackets d'un point à l'autre qui ont été tolérés pendant des années" et qui sont à la base de l'augmentation du prix de la viande. De la part de l'allié des Forces Nouvelles, cela peut produire un vrai dégoût intellectuel. Sur l'insécurité, il pointe la crise et les autres mais peut-on avoir fait ouvrir des prisons et armé les prisonniers et s'étonner de l'insécurité attribuée à des "faux Frci qui sont d'anciens prisonniers"? Le ministre de la défense qu'il est, dit ne pas être capable de distinguer un faux Frci d'un vrai. En effet, protégés de tout temps par Ouattara, les Frci ne deviennent faux que quand ils commettent des exactions et des crimes.

Tout au long de l'entretien, Ouattara fait la fine bouche sur le PPTE dont le point de décision a été atteint par Laurent Gbagbo dans des conditions d'extrêmes adversités, mais est trahi à chaque fois quand il doit justifier les ressources pour le financement de ces promesses dont des centres de santé dans toutes les localités de plus de 2000 habitants. A l'écoute de certaines réponses, on croirait Alassane Ouattara encore et toujours en campagne.

Agnès Kraidy, journaliste professionnelle, a dominé le débat

Concernant l'Ouest, Ouattara reconnaît enfin les "massacres" même s'il continue de dénier à ces populations le droit de leur choix politique puisque pour lui, "ils ont été pris dans un traquenard, manipulés et utilisés par certains politiciens". Spécialiste de l'autosatisfaction, Alassane Ouattara s'est fait contredire, le même jour, sur le bilan de ses travaux à l'ouest, à la fois par son Premier Ministre et son ministre du Plan, en tournée dans la région, et à qui les populations font le constat du contraire. Selon le compte rendu de Fraternité-Matin, "dans toutes ces localités, les populations ont évoqué l'insécurité, l'électrification des villages, l'entretien des pistes rurales, l'affectation des professeurs et des instituteurs dans la région, sans oublier les problèmes de tables-bancs". Ouattara n'a-t-il pas juré (dans cet entretien) avoir réglé toutes les questions de tables-bancs en Côte d'Ivoire? Face aux populations désemparées, Mabri Toikeusse justifie que le plan national de développement vient d'être adopté et se lance dans des promesses.

A la question de savoir s'il est optimiste sur la réalisation de ses projets dans les délais, il répond "ce n'est pas moi; ce sont les ministres; si ces projets ne sont pas réalisés dans les délais, les ministres ne seront plus en fonction". Au juste, qui a été élu par les Ivoiriens, via la communauté internationale ? Ces mêmes ministres sont désormais comptables du "rattrapage" qu'Alassane Ouattara refuse d'assumer. Or en Côte d'Ivoire, aucun ministre, ni même le premier d'entre eux ne signe de décret. Aucune nomination dans les hautes fonctions de l'Etat n'échappe donc à Ouattara qui en est bien l'auteur.

Trois mois après ses propos scandaleux qui lui ont valu une levée de boucliers, Alassane Ouattara insinue que le journaliste de l'Express a travesti ses propos tenus à la veille de sa visite officielle en France. Il ajoute ne pas connaître ses questions d'ethnie lui qui, pour les élections de 1995, criait pourtant que Bédié ne voulait pas de sa candidature "parce qu'il est du Nord et musulman".

Ouattara ne propose à l'Opposition que le subtil chantage. Chantage utilisant Simone Gbagbo et Blé Goudé. Il révèle des mandats émis contre eux. Tandis que lui préfère les juger en Côte d'Ivoire, ils pourraient "choisir d'aller à La Haye, en se disant que la justice y est plus équitable". Autrement dit, pour qui a écouté Soro Guillaume sur le cas Laurent Gbagbo, si le FPI s'entête à ne pas s'inscrire dans la vision que Ouattara a de l'opposition politique, Simone Gbagbo et Blé Goudé seront transférés. Le 2ème chantage est de faire miroiter (à deux reprises) le boom économique, car pour lui "les opposants ont intérêt à venir maintenant parce que les choses vont aller très vite au plan économique". Ouattara connaît-il réellement les Ivoiriens et leur aspiration à la démocratie et à la justice? Ou bien, croit-il que l'opposition démocratique est à l'image de ses partisans qui ont profité de la volonté de paix de Laurent Gbagbo pour s'enrichir et manger des deux mains?

En journaliste professionnelle qui a su donner du volume au débat, Agnès Kraidy conclura à juste titre par cette question-réponse, "Votre programme, Monsieur le Président, était porté par un slogan: «Ado solutions». Vous venez d'avouer les difficultés que vous éprouvez à caser les étudiants ivoiriens. Vous reconnaissez le non succès du projet «soins gratuits», les problèmes d'insécurité qui sont encore, malgré quelques avancées, présents. Finalement, à l'épreuve du pouvoir, n'avez-vous pas plus de problèmes que de solutions?"

On pourrait ajouter que même en cas de succès sur les conséquences, un tel succès ne serait qu'éphémère si l'on ne s'attaque pas aux causes que le pouvoir Ouattara veut escamoter. Parmi celles-ci figurent en bonne place la prise du pouvoir par les armes et la rébellion, condamnées au Mali mais adoubées en Côte d'Ivoire par le même Ouattara qui promettait de frapper le régime de Bédié (ce qui fut fait) et de rendre le pays ingouvernable sous Gbagbo (ce qui fut aussi fait).


Fat Téré Koula


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ONE-MAN-SHOW DE OUATTARA SUR LA RTI: ENCORE UN FESTIVAL DE CONTREVERITES


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Prodada indécente à la Une. Les téléspectateurs ivoiriens qui ont regardé l'interview d'Alassane Ouattara  diffusée hier sur les antennes de la RTI1 ont sans doute été dans leur grande majorité agacés par les saillies particulièrement prétentieuses de l'homme fort d'Abidjan. Dans une situation économique et sociale désastreuse, Ouattara ne peut s'empêcher de se glorifier et d'affirmer, en dépit des faits, qu'il a mieux fait en un an que Laurent Gbagbo en dix ans. Alors que toute sa politique se fonde sur le programme PPTE arrivé au point de décision sous Gbagbo, et que ses ministres de premier plan ont tous été ministres de Gbagbo. Martelant des chiffres totalement déconnectés de la réalité économique ivoirienne, il a sans doute renforcé au sein de l'opinion publique l'impression d'arrogance au sommet. Même si son discours a plu aux «ADOrateurs» les plus fanatiques.

Des contrevérités en direct

Le Nouveau Courrier reviendra bien entendu sur cette prestation de l'actuel chef de l'Etat. Mais il est à noter qu'il a cédé à son péché mignon : la contrevérité flagrante. Devant la nation entière, il a désavoué le concept de «rattrapage ethnique» qu'il avait pourtant assumé lors d'une interview à l'hebdomadaire français L'Express.

Evoquant la ''nomination des nordistes'' aux postes clés au sein de l'appareil d'Etat, il avait expliqué qu'«il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité». Ce dérapage est gravé noir sur blanc pour la postérité, Alassane Ouattara doit l'assumer.

Consécration de l'impunité des seigneurs de guerre

Le plus important dans cette intervention télévisée, c'est que Ouattara dévoile sa stratégie d'organisation de son impunité ainsi que de celle de Guillaume Soro et de ses hommes. Durant la semaine qui s'achève, nous avons été inondés des rumeurs sur le processus de transfèrement à La Haye de la première dame Simone Ehivet Gbagbo, puis sur la magnanimité du prince qui lui a évité la Cour pénale internationale (CPI). Tout cela est destiné à préparer l'opinion à un signal clair que le régime de Ouattara a finalement envoyé : aucune personnalité de son camp ne finira à la CPI. Pour faire passer la pilule, Ouattara joue au grand seigneur... En réalité, il sait que tout transfert de plus d'un pro-Gbagbo signifierait naturellement le début du transfert des ses hommes à lui. Au risque de faire perdre à la CPI le peu de crédit qui lui reste.

Non seulement les pro-Ouattara n'iront pas à la CPI mais ils ne seront jugés en Côte d'Ivoire que si Ouattara le veut. Pour éviter toute surprise, il a en effet confié à la juge Matto Loma Cissé - tellement proche de lui qu'il  vient de la nommer ministre déléguée à la Justice - une commission qui encadrera strictement le travail des juges qui enquêteront sur les crimes de la guerre post-électorale. Cette commission se chargera de blanchir Soro Guillaume, Chérif Ousmane et les com'zones les plus importants pour le régime qui livrera à la justice ivoirienne le menu fretin pro-Ouattara et le plus grand nombre possible de pro-Gbagbo. On attend la réaction de la communauté des défenseurs des doits de l'homme qui s'est déjà indignée de la composition de cette fameuse commission de blanchiment pro-Ouattara.


Philippe Brou


Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 02 avril 2012

VOICI POURQUOI BEDIE SACRIFIE LE PDCI AU PROFIT DU REGIME OUATTARA


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Cet article de la « Lettre du continent » que nous mettons à votre disposition vous permettra de comprendre enfin pourquoi devant la mort programmé du Pdci face au Rdr (le parti d'Alassane Ouattara), Henri Konan Bédié reste inactif.


La galaxie de Henri Konan Bédié (HKB) brille sous Alassane Dramane Ouattara (ADO). Faiseur de roi lors de la présidentielle de 2011, HKB conserve une très forte influence dans les coulisses du palais d'Abidjan. A la grande joie de son entourage. Enquête.

Renversé en 1999 par feu Robert Gueï, Henri Konan Bédié, dit HKB, 77 ans, n'a pu retrouver le trône en or de Félix Houphouët-Boigny. Il continue cependant de tirer pleinement profit de sa nouvelle idylle avec le président Alassane Ouattara, née de la crise postélectorale, afin d'obtenir de confortables situations pour ses proches ou les membres de sa famille. Son épouse, Henriette Bomo Koizan, pourrait ainsi voir très prochainement son ONG caritative "Servir" être déclarée d'utilité publique. Un statut qui lui permettrait de bénéficier de fonds gouvernementaux substantiels.

Fils du "Bouddha de Daoukro", Jean-Luc Bédié officie comme conseiller spécial chargé de l'économie et des finances au palais présidentiel. Il joue en duo avec le Français Philippe Serey-Eiffel, coordonnateur des conseillers de la présidence chargé de la réforme financière de l'Etat. Pour ce poste, Jean-Luc Bédié, diplômé de l'University of Hartford (Etats-Unis), a dû démissionner de la présidence de Hudson, sa société d'intermédiation boursière.

De son côté, son frère Patrick Bédié travaille au sein du département café-cacao du trader Novel Commodities SA. Il vient d'étendre le périmètre de ses activités à l'importation du riz en Côte d'Ivoire, via un agré-ment spécial accordé par le ministre du commerce Dagobert Banzio, un proche de HKB.

Sa fille Lucette Bédié vient d'être nommée DGA de la Société des palaces de Cocody (SPDC), établissement public de gestion des hôtels de l'Etat ivoirien, dont l'Hôtel Ivoire et le Golf Hôtel. Annoncé comme le possible successeur de Guillaume Soro à la primature, l'ex-ministre des finances et neveu de HKB, Emmanuel Gnamien N'Goran, a dû renoncer au poste au profit de Jeannot Ahoussou-Kouadio. Lot de consolation : il vient d'être promu au sein de l'inspection générale de l'Etat, structure sous tutelle de la présidence.

Le président du PDCI a également fait adouber son beau-frère, Guy Koizan, à la tête de la banque publique Versus Bank. Reste encore à caser certains fidèles lieutenants, à l'instar d'Emile Ebrotié, son conseiller en communication.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

dimanche, 01 avril 2012

RATTRAPAGE ETHNIQUE: OUATTARA PRIS EN FLAGRANT DELIT DE MENSONGE, EN DIRECT!


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Alassane Ouattara pris en flagrant délit de mensonge, en direct sur RTI 1, devant tout le peuple ivoirien et devant le monde entier!



OUATTARA, dans son interview du vendredi 30 mars 2012, sur RTI 1. A la question de la journaliste de Frat-Mat, Agnès Kraidy, sur son fameux rattrapage ethnique, en présence de Brou Aka Pascal, journaliste, PCA de la RTI et animateur principal de l'émission, il répond sans sourciller: "Je n'ai jamais dit cela. Je ne me reconnais pas dans ces propos"!

Cet homme est-il sérieux et mérite-t-il de diriger la Côte d'Ivoire?


Ces propos, recueillis par le journaliste Vincent HUGUEUX, sont encore en ligne. Appréciez!!!

 

« La nomination de nordistes aux postes clefs

Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité

"Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN, flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus ; il y a 12 % de nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher." »


Lire toute l'interview. Cliquer sur: L'EXPRESS

 

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ALASSANE OUATTARA: INCONGRUITES POLITIQUES

 

En outre, il promet de se tourner désormais vers les marchés financiers, et non plus vers les institutions publiques, pour obtenir le financement des projets ivoiriens. En clair, ce sera la nouvelle voie d'endettement de la Côte d'Ivoire. Pour rappel, ce sont ces marchés financiers qui ont ruiné l'EUROPE et qui la tienne captive, en ce moment.

C'est ainsi que Nicolas SARKOZY a offert, pieds et poings liés, la France aux marchés financiers. Jean-Luc MELENCHON n'arrête pas de le dénoncer avec force. OUATTARA a parié sur un cheval perdant pour la Côte d'Ivoire. Bientôt, on sera tous vendu aux cercles financiers mafieux internationaux et à ses petits copains.


Excellent, non, ce choix?

TENTATIVE DE TRAVESTISSEMENT DE L'HISTOIRE - ENTRE WADE ET GBAGBO, IL N'Y A PAS PHOTO!


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Le blogueur sénégalais Félix Atchadé réagit ici aux amalgames étranges qui s'opèrent essentiellement en France entre Abdoulaye Wade et Laurent Gbagbo. Pour mieux accabler le second. Avec talent, il éventre un «mythe» bien opportun.

Le président Laurent Gbagbo déporté à La Haye - son épouse et son fils embastillés dans le nord de la Cote d'Ivoire, ses principaux collaborateurs contraints à l'exil ou emprisonnés - n'en continue pas moins de hanter les nuits de ses adversaires politiques. Toutes les occasions sont prétextes pour eux d'essayer d'écorner son image de digne fils de l'Afrique, résistant aux assauts des forces impérialistes françaises, américaines regroupées sous la bannière de l'Onu. La dernière occasion en date, est cette tentative de le diaboliser en le présentant comme un mauvais perdant qui aurait dû faire comme le président  Wade  l'a fait le 25 mars 2012 : appeler son adversaire et le féliciter. Ce coup de fil  de dimanche dernier à 21h30 GMT vaut à Wade d'être présenté comme «l'anti Gbagbo».  A priori une telle opposition entre les deux hommes ne pose pas problème si elle s'inscrit dans un processus de comparaison de leurs parcours, leurs formations, leurs  options idéologiques et politiques. Ce qui est inacceptable, c'est que par un subtil amalgame de situations fortement différentes, certains éditorialistes veuillent présenter le président Wade comme le seul, et ceci contrairement au président Gbagbo, à accepter le verdict des urnes comme expression de la volonté populaire.

De la victoire de Macky Sall à l'appel de Wade

Le verdict des urnes a été sans équivoque le 25 mars dernier. Très tôt, en début de soirée, il était apparu aux observateurs de la chose politique au Sénégal et à tous ceux qui connaissent les données démographiques et les comportements électoraux des populations, qu'on s'acheminait vers un plébiscite de Macky Sall avec un score qu'on avait plus observé depuis la présidentielle de 1983. Cette année-là, le président Abdou Diouf avait été « élu » à la suite d'un scrutin marqué par des votes multiples et des tripatouillages de toutes sortes qui lui ont donné un score soviétique (83%). Depuis cette date, à la faveur d'une meilleure surveillance des scrutins,  les scores ont été plus serrés. C'est donc une raclée électorale mémorable que Macky Sall a infligée à Abdoulaye Wade.

Dans la tradition électorale sénégalaise, il y a un aspect qui peut paraître folklorique à l'observateur étranger, c'est la longue énumération par les stations radio mais aussi les sites internet et jusqu'à l'Agence de presse sénégalaise (APS) des résultats bureau de vote par bureau de vote. Dimanche dernier, invariablement les résultats que donnaient les stations radio plaçaient Macky Sall en tête avec le double voire le triple des voix de Wade. C'est dans ce contexte qu'a surgi l'appel de Wade. Certes on ne peut dénier que c'était un geste de fair-play mais il permettait tout autant de rendre sans intérêt la soirée électorale sur la bande FM avec son lot de résultats  proclamés. Le président sortant s'épargnait ainsi la honte que le pays tout entier, sache que lui et son fils par exemple ont été laminés dans leurs  bureaux de vote.

Scrutin référendaire

Monsieur Abdoulaye Wade n'aurait jamais dû être candidat à cette élection présidentielle. L'esprit et la lettre de la constitution de 2001 ne permettent pas à quelqu'un qui a fait deux mandats présidentiels de se présenter à un nouveau scrutin. Il a réussi par diverses manœuvres à imposer sa candidature au Conseil constitutionnel. Et c'est à l'honneur de l'opposition sénégalaise d'avoir accepté, au grand désespoir de Wade, le verdict du Conseil constitutionnel et d'être allé aux élections alors que certains en appelaient à la rue pour régler ce contentieux. Dès lors, il est apparu aux Sénégalais que ce scrutin était destiné à savoir qui  était pour ou contre Wade. La preuve en est qu'à la fin du premier tour, sans avoir eu à négocier quoi que ce soit, Macky Sall s'est retrouvé auréolé du soutien de tous les candidats recalés. Ce consensus de la classe politique autour du candidat de l'opposition a pris corps au sein de la société au point qu'au cours du second tour le report des voix a été quasi parfait.

En définitive la candidature d'Abdoulaye Wade  a été un coup de Jarnac porté à la démocratie sénégalaise en ce sens qu'elle a empêché l'expression d'un débat fécond au sein de la société et la possibilité d'un véritable choix.

Le faux mythe

Maître Abdoulaye Wade a souvent entretenu la légende selon laquelle, il a fait vingt-six ans d'opposition. S'il est vrai que son parti en était à son vingt-sixième anniversaire lorsqu'il a été élu en 2000, la vérité veut que l'on rappelle qu'entre avril 1991 et novembre 1992 puis de nouveau entre 1995 et 1998, il a participé aux gouvernements de la  «majorité présidentielle élargie» du président Abdou Diouf.  Et entre 1974 et 1977, Abdoulaye Wade a présenté son parti le PDS comme un parti de « contribution » et non d'opposition au pouvoir du président Léopold Sédar Senghor. Avant de créer son parti en 1974, Abdoulaye Wade a tenté de se faire une place au sein du parti de Senghor sans grand succès.

Par deux fois au moins Abdoulaye Wade a été tenté par l'aventure de l'utilisation des moyens non conventionnels en démocratie pour accéder au pouvoir. Au début des années quatre-vingt, il a envoyé des cadres de son parti en Libye pour y chercher des armes et de l'argent. A la fin de cette même décennie, il a tenté par des groupuscules terroristes qu'il contrôlait d'embraser Dakar par des attentats à la voiture piégée. De guerre lasse, Abdou Diouf qui dirigeait le pays s'est résolu à l'idée que «tant que Wade ne sera pas au gouvernement il ne nous laissera pas travailler».

Le seul élément commun au président Gbagbo et au président sortant sénégalais Abdoulaye Wade est qu'ils ont incarné successivement les figures de l'opposition puis du pouvoir dans deux pays phares de ce que l'on appelle le pré carré français en Afrique. Ainsi est-il surprenant pour l'observateur sénégalais que l'on veuille pour mieux diaboliser Laurent Gbagbo présenter Abdoulaye Wade comme un démocrate ayant grande capacité «d'adaptation» alors qu'il a été un fossoyeur de la démocratie sénégalaise et qu'il a fait prospérer la gouvernance néo-patrimoniale et affairiste de l'État. Pour nous, il n'y a pas photo entre l'humaniste de gauche Laurent Gbagbo et Abdoulaye Wade. Entre le père de la démocratie ivoirienne et celui qui au cours des douze dernières années a tenté avec succès parfois de remettre en cause les acquis des luttes démocratiques sénégalaises.


Félix Atchadé


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 31 mars 2012

ALASSANE OUATTARA: LE CHANT DES SIRENES S'ESTOMPE


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Oui, le langage trompeur qui a séduit bien des ivoiriens, des africains et des citoyens du monde et qui les a amenés à se laisser flouer par les apparences est en passe de perdre définitivement de sa magie. Le charme a fait long feu. Celui de voir enfin un ressortissant du Nord de la Côte d'Ivoire au pouvoir. En la personne d'Alassane Ouattara ou ADO (Argent - Diamant - Or, comme se plaisent à dire ses aficionados), adoubé « Warri fatchè » (trivialement, Papa-l'argent), l'économiste de renommée internationale, celui dont le métier est de « trouver l'argent », l'homme au carnet d'adresses éloquent, « la solution » à tous les problèmes des ivoiriens.

Il aurait été franchement souhaitable que ce charme fût suivi d'effets concrets dans la vie des ivoiriens. Que nenni ! Jamais la Côte d'Ivoire ne se sera portée aussi mal dans sa peau, dans sa vie quotidienne et dans sa cohésion. Et l'histoire retiendra que cela est arrivé sous un nordiste. De ce point de vue, Ouattara rend au Nord de notre pays, le pire service qui soit. A tout le moins, un bien mauvais service. Ce qui est certain et clair dans l'esprit de tous, c'est que le septentrion ivoirien ne pourra plus dire qu'il n'a jamais gouverné et qu'on lui refuse sa candidature (pas celle d'un de ses fils mais la sienne entière) à l'élection présidentielle pour des considérations religieuses et géographiques.

« On ne veut pas que je sois candidat parce que musulman et du Nord », telle aura été la lame de fond de la politique de Ouattara pour la conquête du pouvoir. Jamais un fils du Nord n'aura autant instrumentalisé sa région et, soyons-en certains, cela ne sera pas sans conséquences dommageables pour la suite de l'histoire ivoirienne. L'ayant dit et étant parvenu au pouvoir sur cette base, le chef de l'Etat actuel confirme sa ligne de pensée en déclarant d'aplomb, dans une interview qu'il a donnée au journal « L'Express », au premier jour de sa visite d'Etat en France, le mercredi 25 janvier 2012 : « Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population (chiffre démenti par les données de l'Institut National de la Statistique qui indiquent plutôt 25,71%), étaient exclues des postes de responsabilité ».

Au-delà de l'instrumentalisation et du tripatouillage indécent des données démographiques, c'est le braquage de toutes les autres ethnies de notre pays contres celle du Nord qu'est ainsi en train de réussir - fort malheureusement - Alassane Ouattara. L'inconscient profond des ivoiriens et leur imaginaire populaire retiendront que c'est sous Ouattara, le chantre du nord, le « Zorro » de la cause nordiste, qu'on aura connu la pire division entre les Ivoiriens. Le rattrapage ethnique de Ouattara a ceci de criminel qu'il dresse les communautés du Nord contre tout le reste de la Côte d'Ivoire. Et cette opposition, cette  déchirure, c'est Alassane Ouattara qui l'aura réussie. Tant et si bien que si on fait une analyse objective et rigoureuse de la crise ivoirienne, depuis le début de la rébellion en 2002, et de la situation sécuritaire actuelle dans notre pays, on constatera que les FRCI - qui sévissent gravement et odieusement contre les populations ivoiriennes dans le silence le plus complet du gouvernement -, en réalité, ne sont soutenus que par les ressortissants du Nord. Et ce n'est pas de la délation de le dire.

C'est au point où lors des manifestations des populations d'Arrah - dans l'Est de la Côte d'Ivoire - contre la présence des FRCI dont elles étaient excédés des exactions, et qui ont fait de 15 à 35 morts selon des sources diverses, les ressortissants du Nord ont fait écran contre les autochtones pour porter secours aux FRCI. L'affrontement communautaire était inévitable. Les plaies sont encore à vif et la réconciliation dans cette localité n'est pas pour demain, au regard des propos vindicatifs qui nous en parviennent et qui ne sont guère rassurants. L'équilibre n'y tient, à l'heure actuelle, que par la présence des armes. Qu'arrivera-t-il à la moindre inversion des rapports de forces ? DIEU seul le sait ! Et nous n'osons même pas l'imaginer.

La question sécuritaire en Côte d'ivoire est un vrai drame national. Nos forces traditionnelles de sécurité (Police et Gendarmerie) sont impuissantes devant les exactions des supplétifs FRCI et des milices « Dozos » descendus du Nord combattre pour Ouattara, à Abidjan. Plutôt que de retourner dans leurs milieux naturels de vie et leurs régions sociologiques, ils se sont incrustés dans le Sud et l'Ouest de notre pays. Pour le plus grand malheur de nos populations. Leurs dérives et leurs crimes sont légions et quasi quotidiens.

A l'intérieur du pays, les forces de l'ordre sont désarmées et doivent se soumettre à une bien curieuse démarche administrative pour recevoir une dotation temporaire d'une ou deux armes (pour mission commandée) auprès des préfets. Une fois la demande des commissaires déposée aux préfets, ils donnent instruction aux FRCI, qui consentent à remettre une ou deux kalachnikovs, à rendre après opération.

Oui, vous avez bien lu, ces pratiques ont bel et bien cours en Côte d'Ivoire. D'ici là (du début de la procédure à son aboutissement), les populations ont largement le temps de périr, sans que personne ne lève le petit doigt. De toute notre jeune vie, jamais entendu parlé de pareilles incongruités dans une République. A moins que la Côte d'Ivoire n'en soit plus une ! Ainsi, braquages, viols, vols et assassinats émaillent le quotidien des ivoiriens, dans l'indifférence générale, et surtout celui, incompréhensible, du pouvoir d'Abidjan.

Pas plus tard que ce dimanche 25 mars 2012 à Yopougon, les FRCI occupant illégalement la Place de la liberté, patrimoine du FPI, sous le prétexte qu'un des leurs a eu maille à partir avec un quidam dans un maquis, font une descente punitive dans le quartier de Yopougon-Selmer, s'attaquent aux riverains sans différenciation, saccagent plusieurs maquis dont celui où se sont déroulées lesdites échauffourées. Trois civils sont tués dont un, égorgé et franchement amoché : la tête fracturée et l'œil défoncé. Un jeune cadre de banque, Kouamé Lucien, a été sorti de sa voiture à bord de laquelle il circulait avec sa nièce, et poignardé de plusieurs violents coups de couteaux. Son seul crime : il était au mauvais endroit, au mauvais moment. Plusieurs femmes ont été violées et des boutiques pillées. Une centaine de civils ont été blessés au gourdin et à la machette. Vous parlez d'une jungle !

Le rattrapage ethnique est tellement bien ficelé et pensé que le nouveau président de l'Assemblée nationale et dauphin constitutionnel - élu anticonstitutionnellement sur la base d'un décret présidentiel lui-même illégal - est du Nord, en la personne de l'ex-Premier ministre Soro Guillaume dont la manœuvre nous rappelle étrangement la parade des primates qui ne lâchent une précédente branche qu'après s'être bien assurés de tenir fermement la suivante. Sous Ouattara, la violation de la Constitution est le passe temps favori. La première vice-présidente, Madame Sako Sarah Fadiga, est également du Nord. Dans la même logique rétrograde.

A côté de cela, des injustices criantes prospèrent dans tout le pays : des domiciles et hôtels appartenant à des particuliers restent encore occupés, des voitures privées sont encore aux mains des FRCI qui refusent de les rendre, les véhicules 4x4 des entreprises se font quotidiennement braquer par ces hommes en armes, en toute impunité, des infrastructures publiques font toujours l'objet de la prise en otage desdites forces et la quasi totalité des QG de campagne du candidat de La Majorité Présidentielle, Laurent Gbagbo, servent de résidence aux FRCI s'ils ont eu le bonheur d'avoir échappé à la destruction systématique ; dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, des ressortissants Burkinabé occupent de force les champs des autochtones. Le sous-préfet de Bloléquin, Koffi Yao-Kan Claude, s'exprimant dans les colonnes du quotidien « Le Nouveau Réveil », dénonce cette pratique désinvolte ainsi que la grave insécurité qui sévit dans la zone, lui qui a enregistré à ce jour 92 conflits fonciers dans sa circonscription. L'Ouest de la Côte d'Ivoire, il faut le dire en toute franchise et honnêteté, est devenu une « colonie de peuplement » pour tous les ressortissants des pays voisins, au détriment des nationaux ivoiriens. Une poudrière en perspective !

Charles Konan Banny, Président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation avait prévenu à Yamoussoukro, le 28 septembre 2011, dans son discours d'investiture : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive, car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain. Et c'est ainsi que s'installe l'escalade. Désarmons donc aujourd'hui nos haines, faute de quoi nous nous acheminons à grands pas vers une guerre de cent ans ! ». Ouattara doit désamorcer cette bombe qu'il a posée avant qu'il ne soit trop tard.

L'actuel chef de l'Etat avait cloué au pilori la gestion du président Gbagbo et promis du renouveau pour la Côte d'Ivoire : 250 nouvelles écoles, 1 université et 1 million d'emplois par an, l'enrayement de la pauvreté et la cohésion nationale. Il n'en est rien : il a bouclé une année de pouvoir et aucune école n'est encore sortie de terre, aucune nouvelle université n'est en vue, pire, l'ouverture des anciennes est renvoyée aux calendes grecques ; Alassane Ouattara a détruit, depuis son accession au pouvoir, au moins 50.000 emplois (concours de la Fonction publique annulés, licenciements massifs à la Présidence, à la SOTRA, à la RTI, à Air Ivoire, à Palaces de Côte d'Ivoire, au Port Autonome d'Abidjan, à l'AGEFOP, à l'ANADER, au CIAPOL et dans la quasi-totalité des institutions et entreprises publiques) ; le coût de la vie est passé à un niveau record, les populations sont au bord de l'asphyxie et de la révolte ; les Ivoiriens se regardent en chien de faïence à cause d'une réconciliation mal amenée et d'ailleurs sabotée par les actions et la justice des « vainqueurs » au pouvoir ; les armes légères et lourdes n'ont jamais autant circulé dans nos villes et été exhibées par les FRCI et leurs supplétifs au nez de nos populations terrifiées et terrées. La Côte d'Ivoire est méconnaissable sous Ouattara. Jamais elle n'aura été autant défigurée et aussi proche de l'explosion. Les ressortissants du Nord ne doivent certainement pas en être fiers. Beaucoup d'entre eux sont aujourd'hui perplexes. Bien d'autres ont déjà déchanté. Le chant des sirènes s'estompe. La « solution » fait place à la « désillusion ». Celle des partisans endoctrinés et des soutiens internationaux.

Le Nord gouverne à l'heure actuelle. Et nous voyons tous de quelle désastreuse façon. Il se « rattrape », selon Alassane Ouattara, qui aura réussi l'exploit de diviser profondément les ivoiriens et de les installer sur une poudrière qui ne manquera pas d'exploser si rien n'est fait. C'est juste une question de temps.


Que DIEU ait pitié de la Côte d'Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 480 du vendredi 30 mars 2012.

IL AVAIT INCRIMINE DES PROCHES DE OUATTARA DANS L'AFFAIRE KIEFFER - ILS ONT TUE «GORGE PROFONDE»!


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«Gorge Profonde» (surnommé ainsi par Le Nouveau Courrier pour des raisons de sécurité), celui qui avait fait «ressusciter» l'affaire Kieffer par ses révélations, de son vrai nom Adama Koné, est mort hier au Ghana. Où il avait trouvé refuge, suite aux graves menaces qui pesaient sur sa vie. Les conditions de son décès portent à croire qu'il s'agit d'un acte criminel.

''Gorge Profonde'' avait trouvé refuge au Ghana voisin, suites aux nombreuses menaces qu'il a reçues, après ses révélations sur la disparition du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer. Même dans ce pays, il n'était pas en sécurité, parce que selon ses dires, il sentait que ses mouvements étaient suivis. C'est au camp de réfugié Ivoiriens de Elubo qu'il s'était établi vers fin janvier, en attendant de partir pour une autre destination. Et ce, après avoir échappé à un assassinat, alors qu'il avait rendez-vous avec le juge Patrick Ramaël qui avait effectué le déplacement d'Abidjan suite aux informations échangées avec lui.

Adama Koné alias «Gorge Profonde» menait une vie tranquille dans ce camp, et préparait avec des avocats des éléments de preuves devant être reversées à la défense du président Laurent Gbagbo. Dans la nuit du mardi au mercredi dernier, après une causerie avec ses amis de fortune dans le camp, comme chaque soir, «Gorge profonde» regagne sa tente. Entre 2 heures et 3 heures du matin, c'est par des cris stridents qu'il alerte la communauté des réfugiés ivoiriens. Un incendie venait ainsi de se déclencher dans sa tente, alors qu'il dormait. Sérieusement brûlé, et Elubo ne disposant pas de centre de santé, Adama Koné sera transféré à Ekwé, une petite localité ghanéenne. Malheureusement, là-bas, il n'y a pas d'équipements adéquats pour les premiers soins. Le personnel médical va demander que le brûlé soit évacué sur Takoradi, à près de 200 Km de Ekwé. C'est à l'hôpital régional de Takoradi que «Gorge profonde» sera interné. Après 24 heures, les médecins vont suggérer une autre évacuation du grand brûlé, cette fois sur la capitale, Accra. Malheureusement, «GP» n'aura pas la chance d'être évacué sur Accra. Dans la nuit du mercredi à jeudi en effet, aux environs de 5h du matin, les médecins constateront qu'il a rendu l'âme. L'une de ses dernières volontés, sur son lit d'hôpital, était de voir sa sœur et son épouse (à Abidjan) à son chevet.

Quelques jours avant l'acte criminel qui devrait lui coûter la vie, comme s'il sentait la fin de son combat, «Gorge Profonde» ne cessait de répéter son admiration pour le combat de Laurent Gbagbo, un homme qu'il avait combattu, alors qu'il était encore en 2002-2003 dans la rébellion. Mais une chose le peinait le plus, selon les confidences d'un de ses proches, c'était la trahison d'un homme, Jean-Yves Garnault. Qui pourtant l'avait bien mis en confiance, avant de le trahir et le livrer aux tueurs. Avec la complicité d'un confrère, qui dans une de ses parutions, livrait en pâture Adama Koné, photo en manchette et le titre Wanted. Le defunt avait accusé des membres des cercles très proches de Ouattara d'être les instigateurs de l'assassinat du journaliste franco-canadien Guy André Kieffer. Jean-Yves Garnault, ami de Guy-André Kieffer et homme clé dans cette affaire, ne s'était pas gêné pour dire qu'il n'en avait rien à cirer de ce qui pouvait arriver à «Gorge profonde» après l'avoir livré aux tueurs, en faisant publier sa photo. Adama Koné décède en emportant certainement avec lui des secrets.


Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

mercredi, 28 mars 2012

DIFFICILE ASCENSION DU SOMMET DE LA CEDEAO A ABIDJAN


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Je viens de lire les discours d'introduction et de conclusion de Ouattara, Président non élu de la Côte d' Ivoire, plébiscité au rang de Président de la CEDEAO ! « Qui peut le plus, peut le moins » !

Suite et fin donc, de cette rencontre inutile, relayée en détails par la presse aux ordres, et qui donne à Ouattara des paroles pour la Communauté Internationale, des paroles « fortes », mais qui en dehors de cet évènement déjà boudé par les chefs d'état invités - 6 présents sur les 15 convoqués - va rester dans les annales comme le sommet-« coup d'épée dans l'eau » ! En effet, comment un Ouattara incapable de faire advenir en Côte d'Ivoire le calme, l'apaisement et la réconciliation, peut-il donner au Mali l'impulsion bénéfique nécessaire, d'autant plus que prôner un retour à la démocratie et l'application des règles constitutionnelles, ferait sourire, si la situation en Côte d'Ivoire n'était pas aussi tragique, dramatiquement absurde ! Alors que tout à été bafoué là-bas, Ouattara nous parle depuis Abidjan, et appelle de ses vœux la démocratie et le retour au dialogue de toutes les factions, au Mali ! C'est exactement le contraire qu'il applique en Côte d'ivoire !

Mais voilà, Ouattara ne fait que lire un texte que les conseillers en communication blancs lui ont soumis, et alors peu importe que maintenant noir devienne blanc, ou l'inverse ! L'essentiel est que Ouattara joue bien son rôle de potiche dans la CEDEAO, comme il le fait en Côte d'Ivoire et que les intérêts blancs soient protégés !

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« Des millions d'Africains et le monde entier nous regardent et fondent en nous l'espoir d'une sortie de crise décisive et porteuse d'espérance » Là encore, c'est la mégalomanie du manipulateur de la potiche, ou de la marionnette qui parle ! En fait, ce dernier est dévoilé ! Même si les français ne comprennent pas grand-chose à ce qui se passe en Afrique, - et on les a dissuadés de s'y intéresser -, ils réalisent bien que le véritable homme fort de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique se trouve à La Haye et qu'il va nous servir le 18 juin prochain, un discours  moins lénifiant que celui du Jocond, l'homme à l'éternel sourire « Cheese » « Tout va bien mais je ne parle qu'en présence de l'hélico-protecteur au dessus de ma tête, et de mon escorte mobile blindée ! »

« Nous ne pouvons nous permettre d'hésiter au risque de laisser ce pays, qui s'est doté d'instruments démocratiques précieux depuis plus de deux décennies, sortir de l'histoire à reculons », dit encore le clone de l'Elysée, reprenant  le thème de l'Africain qui n'est pas encore entré dans l'histoire, en 2007, à Dakar, lorsque Sarkozy l'africain se déguisait en gentil loup pour mieux entrer dans la bergerie ! Maintenant cinq ans ont passé, l'Afrique est rentrée dans l'histoire de la recolonisation forcée, « La stabilité est le gage du développement de nos pays qui n'ont que trop souffert de situations anachroniques et anti-démocratiques. » Entendez : il nous faut pour le Mali un carcan préfectoral calqué sur celui de la Côte d'Ivoire, afin que la France puisse l'immobiliser, et telle une sangsue la sucer, la vider, jusqu'à l'agonie ! Si Atta Mills président du Ghana, ne semble pas d'accord avec la résolution prise par la CEDEAO, puisqu'il est rentré chez lui sans avoir signé l'acte de la conférence,  les autres présidents-fantoches, Compaoré en tête, suivi de Yayi, Sirleaf, Mahamane, et GoodLuck, eux, ont répondu « présent » à l'appel du Kapo Ouattara, à croire que le vampire France les a déjà entièrement et définitivement vidés de leur sang. Tout ce beau monde est en effet persuadé de jouer un rôle important dans l'histoire africaine, alors qu'ils ne sont que de simples figurants, pour préparer l'entrée en scène de la Bête immonde occidentale, qui au nom de ses valeurs humanitaires perverties, ne sème que la division, le chaos et la mort sur son passage.


Shlomit Abel


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE

LA DELINQUANCE EN TREILLIS, EPIDEMIE OUEST-AFRICAINE


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La vitrine est en mille morceaux. Dix ans après sa première élection présidentielle pluraliste, qui a permis l'arrivée au pouvoir d'Alpha Oumar Konaré, le Mali retourne à la case départ. C'est-à-dire à la case coup d'Etat. Et ce pénible recommencement décontenance une opinion publique continentale qui avait érigé ce pays sahélien finalement fort peu couvert par les médias internationaux en «modèle» démocratique. Et si une des premières leçons du putsch militaire qui a renversé le président Amadou Toumani Touré est qu'il faut plus que jamais se méfier, dans nos analyses, des «vitrines», des «modèles» et des «laboratoires» ? Nous devons bien nous convaincre de ce qu'une alternance ne fait pas la démocratie. Un regard plus exigeant sur l'expérience politique de ces deux dernières décennies au Mali pourrait en effet appeler à plus de circonspection. Ce qui s'est passé se résume finalement assez rapidement : auteur d'un putsch surfant sur un soulèvement populaire, Amadou Toumani Touré a laissé le pouvoir à Alpha Oumar Konaré qui s'est débrouillé pour le lui rendre à travers de redoutables manœuvres.

Si un des signes de la démocratie est l'existence d'une majorité contredite par une opposition parlementaire forte, l'on ne peut pas vraiment dire que le Mali d'Amadou Toumani Touré se caractérisait par un tel équilibre. Président sans parti, «ami de tous et ennemi de personne», arbitre des élégances au sein d'une grande tontine politique à laquelle tous participaient et à travers laquelle tous se tenaient, ATT, le militaire à la retraite, n'a pas non plus bénéficié du soutien d'une armée qu'il aura contribué à convertir durablement aux vertus républicaines. Il quitte le pouvoir alors que l'intégrité territoriale de son pays n'a jamais été aussi menacée. Il laisse une troupe déboussolée et des officiers discrédités par de persistantes accusations de corruption. Là est peut-être son plus grand échec historique, au regard de son parcours d'officier et d'homme d'Etat.

L'on peut analyser les derniers développements maliens à travers plusieurs grilles de lecture. Impossible, par exemple, de ne pas noter que le récent coup d'Etat est un effet collatéral des rébellions du Nord, qui sont elles-mêmes la conséquence de la déstabilisation de la Libye par une coalition occidentale qui n'éprouve étrangement ni remords ni sentiment de responsabilité. Difficile de ne pas noter que cet harmattan kaki qui souffle sur le Mali, après être passé par ses voisins ivoirien, guinéen, nigérien et mauritanien, interroge la culture politique des pays francophones de l'Afrique de l'Ouest. Nous devons nous poser une question : pourquoi n'y a-t-il donc ni de coup d'Etat, ni de rébellion dans les pays d'Afrique australe, à l'exception de Madagascar, qui est une nation francophone ? Ce n'est pas, bien entendu, parce que ce sont des pays sans histoires. Le Zimbabwe est là pour en témoigner. Il semble qu'il y a pour nous quelque chose à regarder, à apprendre, à comprendre, en tournant nos regards vers le sud.

Ces derniers jours, Bamako a été le théâtre de pillages urbains, fruit de ce que nous pouvons appeler une préoccupante délinquance en treillis. Au nom de quoi des militaires en colère peuvent-ils revendiquer, s'exprimer, prendre le pouvoir, en s'attaquant aux biens privés de leurs compatriotes ? Mystère. Ces pillages observés au Mali font en tout cas suite à ceux auxquels on a assisté en avril dernier à Ouagadougou, à l'occasion d'une mutinerie qui n'est pas allée jusqu'à prendre le pouvoir, et à Abidjan, à la faveur de la conquête de la capitale économique ivoirienne par des forces pro-Ouattara appuyées par l'armée française et les Casques bleus de l'ONU. La délinquance ordinaire en treillis est bel et bien, aujourd'hui, une épidémie ouest-africaine. Nos pays ressemblent de plus en plus à des cours de récréation où ce sont les mêmes garnements qui jouent à la fois au gendarme et au voleur. Le phénomène est très préoccupant. Comment en sommes-nous arrivés là ?

Pour renverser Laurent Gbagbo, l'opposition ivoirienne, certains pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et la France ont cautionné un incroyable renversement des valeurs. De 2002 à 2011, la marque de fabrique des hommes de la nébuleuse qui a fini par porter Alassane Ouattara au pouvoir a été d'ouvrir les prisons et de se servir des personnes convaincues de vol à main armée voire de crimes de sang comme troupe improvisée et sans scrupules. Nous continuons à payer le prix de l'ouverture de la MACA et du recrutement de prisonniers de droit commun au sein des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Il y a quelques années, les rebelles des Forces nouvelles ont pillé intégralement plusieurs agences de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) sans que le gouverneur Charles Konan Banny ou que le président en exercice de l'Union économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (UEMOA) n'engagent des poursuites sérieuses. Ils ont organisé de sordides trafics - carburant, marchandises de consommation courante, cacao, diamants, bois, véhicules volés...- en transitant par les pays voisins. Que pensent donc les sommités inconséquentes qui dirigent les pays d'Afrique de l'Ouest ? Que leurs soldats ne voyaient pas et n'enviaient pas les «modèles de réussite» que sont nos «comzones», qui paradaient dans les rues de leurs capitales au volant de leurs grosses cylindrées rutilantes et jouissaient de l'honneur de se faire recevoir par leurs chefs d'Etat ? Que croyions-nous donc ? Que la glorification du racket et de la prédation kaki ne laisseraient pas des traces durables dans l'imaginaire des «corps habillés» des contrées environnantes ?

L'on nous apprend que demain, la CEDEAO se réunira à Abidjan pour évoquer le cas malien. Alors que son entourage militaire s'organise autour de personnes comme Chérif Ousmane et Issiaka Ouattara dit «Wattao», dont les CV contiennent à la fois les mentions «putschiste» et «rebelle», et que son numéro deux s'appelle Guillaume Soro, quelle peut bien être la crédibilité d'un Alassane Dramane Ouattara s'adressant à Amadou Hawa Sanogo, chef de la junte qui règne à Bamako, ou aux figures de proue du MNLA qui occupent les villes du nord de leur pays ? L'Afrique de l'Ouest connaît une crise politique et sécuritaire préoccupante. Mais elle est également fragilisée par une crise inédite du sens et des valeurs. Et la brise rafraîchissante qui nous vient de Dakar ne peut chasser les lourds nuages qui s'amoncellent au-dessus de nos têtes.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ELECTION PRESIDENTIELLE AU SENEGAL: WADE N'A DONNE AUCUNE LEÇON A GBAGBO


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Après sa défaite face à son ancien Premier ministre, Macky Sall, dimanche au terme du 2ème tour de l'élection présidentielle, le chef de l'Etat sortant du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, a appelé le vainqueur pour le féliciter. Cette initiative de fair-play et de démocratie est à saluer. Et tous les Africains s'en sont réjouis. Curieusement, la presse pro-Ouattara en Côte d'Ivoire a trouvé là l'occasion pour brocarder le Président Laurent Gbagbo, renversé le 11 avril 2011, par l'armée française et injustement détenu actuellement à la Cpi à La Haye. Pour les partisans d'Alassane Dramane Ouattara, «le coup de fil de Wade à Macky constitue une leçon du premier cité à Gbagbo». Ce parallèle est à la fois inapproprié et infondé puisque la présidentielle du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire était totalement différente, à tout point de vue, de celle du 25 mars 2012 au Sénégal. C'est donc établir un amalgame truffé de contrevérités que de rapprocher les situations ivoirienne et sénégalaise.

Au moment où s'organisaient les élections présidentielles en Côte d'Ivoire, le pays était toujours divisé en deux, en proie à une rébellion armée pro-Ouattara. Dont le Rdr, parti dirigé par Alassane Dramane Ouattara, ne cachait pas la proximité. Cette rébellion armée avait pris en otage une partie du pays, en l'occurrence le nord, où elle régnait en maître absolu. Elle s'est invitée, dès le premier tour en octobre puis en novembre lors du second tour, dans le jeu électoral en exerçant une violence inouïe sur les partisans du Président Gbagbo pour les empêcher de voter dans les zones Cno (Centre, nord et Ouest) qu'elle tenait.


Dans le nord du pays, les rebelles ont bourré frauduleusement les urnes au profit de Ouattara. Au vu et au su des observateurs internationaux qui ont dénoncé la fraude massive et la violence perpétrées par ces combattants pro-Ouattara. Seuls les observateurs de l'Union européenne sont restés bouche bée pour des raisons que tout le monde saura plus tard. Au Sénégal, la rébellion Casamançaise n'est pas l'œuvre d'un parti de l'opposition soutenu par des pays étrangers dont la France. Elle n'est pas spécialement dirigée contre Abdoulaye Wade.


Et ne s'est pas invitée dans le jeu électoral. De sorte que le vote s'est même bien déroulé en Casamance. Par ailleurs, en Côte d'Ivoire, avant que le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Youssouf Bakayoko, ne soit kidnappé par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis (Jean-Marc Simon et Philipp Carter 3) pour le contraindre à prononcer de vrais faux résultats au quartier général de campagne du candidat Ouattara au Golf Hôtel d'Abidjan, les résultats validés donnaient le candidat Gbagbo, vainqueur du scrutin. Par contre au Sénégal, Abdoulaye Wade a été dominé de bout en bout par Macky Sall. Et l'écart de voix entre les deux était tel que Wade n'avait d'autre choix que de reconnaitre sa défaite avant terme. Comme on le voit, si quelqu'un devrait reconnaitre sa défaite avant terme, c'est bien Alassane Dramane Ouattara.


Pour tout dire, Wade a été écrasé par une coalition de partis politiques sénégalais, quand Gbagbo lui, a battu le Rhdp, la coalition comprenant le Rdr, le Pdci-Rda, l'Udpci et le Mfa. Au Sénégal, bien que Wade ait reconnu sa défaite avant terme, Macky Sall attendra que le Conseil constitutionnel proclame les résultats définitifs et l'investisse comme président de la République avant d'exercer le pouvoir. Ceci dans le strict respect de la Constitution sénégalaise.


Pourtant en Côte d'Ivoire, Ouattara s'est opposé aux résultats proclamés par le Conseil constitutionnel qui est pourtant le seul organe habilité à le faire conformément à la Constitution ivoirienne. S'il y a une leçon à retenir des récentes élections présidentielles au Sénégal, c'est celle d'un scrutin libre et transparent, du respect des résultats des urnes et des règles institutionnelles du pays. Et cette leçon s'adresse bien évidemment à M. Ouattara. Mais pas à M. Gbagbo.




Boga Sivori, in le quotidien ivoirien "Notre Voie"

bogasivo@yahoo.fr

 

Source: AFRIK 53