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samedi, 25 février 2012

PRESIDENTIELLE 2010 EN COTE D'IVOIRE: LA GUERRE POSTELECTORALE PREPAREE AVANT LE PREMIER TOUR



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Le livre «Abobo la Guerre» de la journaliste française Leslie Varenne lève un coin du voile sur les préparatifs de la guerre postélectorale, bien avant les élections. Et décrit les accointances avec la France, les Etats-Unis et l'ONU, tenus pour coresponsables d'un bain de sang prévisible. La formule, que l'AFP reproduit à longueur de dépêches pour s'assurer que son postulat rentre au forceps dans toutes les têtes, est connue. La guerre postélectorale ivoirienne serait «née du refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010». L'on savait déjà que les mouvements spéculatifs opérés dès juillet 2010 par Armajaro, firme proche d'Alassane Ouattara et qui avait déjà acheté en masse du cacao ivoirien avant la guerre du 19 septembre 2002, en misant selon toute évidence sur une hausse des cours liée au conflit, tendaient à prouver que cette guerre était minutieusement préparée avant le scrutin. Et aurait eu lieu de toute façon, quels que soient les résultats et les éventuels différends entre les candidats. Le livre «Abobo la Guerre - Côte d'Ivoire, terrain de jeu de la France et de l'ONU» de la journaliste française Leslie Varenne confirme magistralement cette thèse.

Leslie Varenne fait état de contacts entre la France officielle et Ibrahim Coulibaly dit «IB» avant le scrutin. «Selon ses proches, avant le premier tour de l'élection, IB a rencontré François Hurtut, l'ambassadeur de la France à Accra, au Ghana. Au menu de la discussion informelle, les projets d'IB et la possibilité d'une aide de la France» (p. 108). La journaliste avait écrit, quelques pages avant (p. 97) : «Je connaîtrais plus tard l'histoire de ce groupe qui combat sous le sigle de Commando invisible, en rencontrant certains de ses éléments. Comme les barons du parti du président Bédié, ce commando était convaincu que l'élection tournerait mal. Avant le premier tour, il a réussi à faire entrer dans Anyama deux caisses de petites kalachnikov, 500 treillis et quelques appareils de communication radio. Le matériel était bien caché, mais Philippe Mangou a eu vent de l'affaire (...) Plusieurs membres de ce groupe ont constitué de petites équipes disséminées dans certains quartiers d'Abidjan ; c'est à Abobo qu'ils sont le plus nombreux». Leslie Varenne évoque des connexions, avant le second tour du scrutin, entre IB et des dignitaires du PDCI, persuadés qu'il faut un bain de sang pour dresser les alliés internationaux du RHDP contre Gbagbo...

La France et l'ONUCI, impliquées dans l'attaque de l'émetteur d'Abobo et d'Anonkoua Kouté

Leslie Varenne explique que la France était impliquée dans l'opération de destruction de l'émetteur de la RTI à Abobo, au cours de laquelle des civils ont été brûlés vifs, et cite les noms des deux hommes chargés d'assurer la liaison entre le «Commando invisible» et le régime Ouattara. Le général Abdoulaye Coulibaly et le colonel Adama Dosso, assassiné le 12 mars 2011 (p.100). Des révélations qui mettent à mal la thèse de l'indépendance tactique du «commando invisible», laquelle thèse est destinée à créer un bouclier d'impunité autour d'Alassane Ouattara. Les compagnons d'IB vont jusqu'à affirmer que l'ONUCI a couvert l'attaque du village d'Anonkoua Kouté, même s'ils se couvrent en présentant comme des combats ce qui n'était rien d'autre qu'une virée meurtrière nocturne visant à obliger les Ebrié à quitter leurs villages...

Le livre «Abobo la Guerre» est impitoyable pour la France, les Etats-Unis et l'ONU. Et montre que l'option guerrière a été très vite choisie par les grandes puissances pour imposer Ouattara, en dépit des négociations de façade. «Selon plusieurs sources au sein de l'Onuci, entre la fin du mois de décembre 2010 et le début de janvier 2011, une cinquantaine d'instructeurs français et un général américain se sont réunis à l'hôtel Sebroko. Le général arrive dans une grosse berline aux vitres teintées, ornée du drapeau américain, accompagné de l'ambassadeur des Etats-Unis, Philip Carter III. Dans le QG de l'ONU, Français et Américains planifient une opération top secret portant le nom de code «Restore Peace and Democracy» (...) Le but de l'opération est d'aider Alassane Ouattara à éjecter militairement Laurent Gbagbo de son fauteuil présidentiel. Le 20 janvier 2011, les premiers bruits de bottes résonnent en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, selon La Lettre du Continent, l'Onuci construit une grande plate-forme logistique et militaire. Des vols quotidiens effectuent des rotations entre Entebbe, en Ouganda, base des opérations de l'Onu en Afrique, et la capitale des rebelles de Guillaume Soro. (...) De vastes mouvements de troupes s'opèrent à Bouaké, la force Licorne est de retour dans cette ville. Des instructeurs français sont également présents dans le fief des rebelles. Le président Ouattara ne cache pas ces préparatifs militaires (...) Alassane Ouattara reconnaît implicitement violer l'embargo sur les armes. Et l'ONU, présente à Bouaké, ne peut l'ignorer !»

Michel Gueu et un officier français présents à l'Ouest durant la période des massacres

Leslie Varenne révèle que de nombreux jeunes Ivoiriens du Nord ont refusé de s'enrôler dans le cadre de la bataille d'Abidjan. Et explique pourquoi l'armée de «bric et de broc» formée avec le soutien de la France - le général Emmanuel Beth, ancien patron de Licorne et ambassadeur de la France au Burkina Faso, est nommément cité - ne pouvait que commettre des massacres sur son chemin. «Pour se constituer une force, Alassane Ouattara et Guillaume Soro sont donc obligés de ratisser large. La création de cette armée est un autre point crucial de l'histoire de la Côte d'Ivoire. Elle aura des conséquences incalculables sur la suite des événements et sur l'avenir du pays. Selon un militaire ivoirien, «ceux qui se sont enrôlés sont des Maliens, des Sénégalais, des Nigérians et des Burkinabés de Côte d'Ivoire» (...) La grande majorité sont des gamins désoeuvrés, d'autres ont des petits métiers, cordonniers, tailleurs, etc. Les 20% restants sont des militaires burkinabés ou sénégalais prêtés par leurs gouvernements respectifs. (...) Ces nouveaux soldats ont un point commun : ils sont tous nordistes et musulmans (...) C'est à ce contingent de bric et de broc, à une armée ethnique, que la France, les Etats-Unis et l'ONU vont apporter leur concours pour reprendre le pays aux forces de Laurent Gbagbo (...) Lancer une armée ethnique à l'assaut d'une poudrière ethnique est un acte inconséquent et irresponsable. Et l'ONU savait, l'ONU était présente et l'ONU n'a rien fait».

Dans ce livre, une autre révélation fait réfléchir. Alors que l'on attribue toujours les massacres de Duékoué à d'incontrôlables règlements de comptes ethniques à dissocier des FRCI, nous apprenons qu'un homme-clé du dispositif de «la République du Golf» contrôlait bel et bien la situation à l'Ouest. Le 28 mars 2011, il est, selon ses propres dires, à Bloléquin, à une très courte distance de Duékoué, en compagnie de la Minul (Mission des Nations unies au Liberia), et d'un lieutenant-colonel de l'armée française commandant la mission. C'est le lendemain que débutent les massacres épouvantables qui ont lieu à Duékoué mais également dans d'autres villes de l'Ouest, dont Bloléquin. Cet homme-clé de la République du Golf, c'est le général Michel Gueu.

 

Théophile Kouamouo

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

RECRUTEMENT D'ENSEIGNANTS POUR 4 MOIS: LA MAUVAISE COMEDIE DU REGIME OUATTARA


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Le ministère de l'éducation nationale vient de lancer un avis de recrutement d'enseignants contractuels pour combler le déficit observé dans le secondaire. Une opération qui aurait pu être saluée à sa juste valeur si elle n'était pas aussi grossière et mal ficelée comme bien d'autres projets conçus par la Ouattarandie.

 

La nouvelle a vite fait le tour de la cité : le gouvernement recrute 3000 enseignants contractuels pour une durée de quatre mois, en vue de combler les besoins exprimés dans le secondaire. Dans un pays où le chômage des jeunes diplômés bat tous les records de l'incapacité gouvernementale, la nouvelle a été accueillie avec beaucoup de ferveur dans le milieu des jeunes gens en quête d'emploi.

Depuis avant-hier, on peut donc les voir défiler à longueur de journée, dans les locaux du centre national des matériels scientifiques (Cnms), sis à Cocody St-Jean, pour déposer leurs dossiers, le dernier délai étant fixé au 03 mars prochain. Tous devront subir des épreuves d'un concours exceptionnel pour espérer décrocher le fameux contrat à durée déterminée (CDD). Avec cette décision,  le régime aurait-il voulu s'offrir une petite dose d'humanité après la vague de licenciements abusifs qui continue de balayer toutes les administrations publiques, qu'il ne s'y serait pris autrement.

En effet, fragilisé par les critiques sur son incapacité à garantir les emplois à défaut d'en créer comme il l'avait promis, le nouveau pouvoir est persuadé qu'il tient là, l'occasion de la faire boucler définitivement à tous ses détracteurs. Malheureusement, l'inspiration gouvernementale est de petite facture et la copie, conséquemment, médiocre. Et cela à trois niveaux au moins. Premièrement, dans la forme, la décision de recrutement de ces enseignants, visiblement pour boucler l'année scolaire, montre clairement que le gouvernement a été surpris par les besoins en enseignants dans le secondaire. Or quand on sait que gouverner, c'est prévoir, on serait tenté de croire que Ouattara et les ADOrateurs n'ont pas suffisamment préparé la gestion du pouvoir et que seul, dégager Gbagbo était leur préoccupation. Et pour le reste, on se débrouillerait comme on peut. En somme, ce serait au petit bonheur la chance, à l'image d'une barque en perdition en pleine mer.

Deuxièmement, et cela dans le fond, de quelle formation et de quelle pédagogie disposeront ces contractuels recrutés à la va vite, pour encadrer efficacement les élèves ? Toute une précipitation qui montre à l'envie que les gouvernants actuels  n'ont aucune solution pour l'école. On le savait déjà avec la mesure inédite de fermeture des universités publiques pour une durée de deux ans. Aujourd'hui nous en avons la preuve supplémentaire. Aussi, de l'avis de certains observateurs, cette opération conduite par la ministre Kandia Camara, ressemble fort bien à la parade idéale pour justifier des sorties massives  de fonds alloués par les partenaires au développement et qui ont servi à autre chose qu'au secteur de l'éducation.

Bref, dans un gouvernement d'hommes et de femmes d'affaires pour la plupart, il faudra désormais s'habituer à ce genre d'écran de fumée dressé pour masquer  la course à l'enrichissement rapide des nouveaux princes. S'il ne s'agissait pas de l'école et de la formation de l'élite de demain, on rirait de cette mauvaise comédie du gouvernement, pour ne pas en pleurer tout simplement. Car que vaut un contrat bancal de quatre mois offert à un jeune diplômé qui a usé toutes ses godasses à chercher du travail ? Rien, si ce n'est de conforter l'opinion sur l'incapacité du régime à gouverner la Côte d'ivoire et à satisfaire les espérances des populations ivoiriennes.


Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui".


Source: ABIDJAN DIRECT.NET

COTE D'IVOIRE: QUAND L'ETAT CENTRALISE SE NOURRIT DE LA DIVISION ETHNIQUE

 

Tout commence, comme souvent, par une petite phrase entendue dans la rue : « La Côte d'Ivoire ne peut pas être en paix puisqu'elle est composée d'ethnies différentes ; des groupes sociaux différents ne peuvent pas cohabiter, ils sont trop différents ». Il y a aussi des déclarations telles que celle du Président Ouattara lors de sa visite d'Etat en France, en janvier 2012 dernier, qui dans le journal « l'Express », alors qu'on lui demandait « pourquoi tant de "nordistes" étaient brutalement nommés à des postes à responsabilité dans son pays », a déclaré qu'il s'agissait « [...] d'un simple rattrapage. Sous Laurent Gbagbo la communauté du Nord, soit 40% de la population, était exclue des postes de responsabilité ». Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio.



Quand la division ethnique se nourrit de l'Etat centralisé

Cette logique tribale émanant du chef de l'Etat sensé être le garant de l'« unité nationale » pose problème et semble extrêmement dangereuse pour la réconciliation de la Côte d'Ivoire puisque le Président lui-même se pose en défenseur de son propre groupe, ce qui ligue les autres contre lui et nourrit la division.

Des théories à une approche pratique: fondements des maux?

Qu'est-ce qu'une ethnie ? L'« ethnie » est un groupe social à transmission identitaire par le sang, c'est-à-dire que se mêlent deux données complémentaires : d'une part le caractère héréditaire de l'appartenance (il faut que les parents appartiennent à une certaine « ethnie » pour que l'enfant puisse prétendre l'intégrer par la suite) et, d'autre part, l'imprégnation dès les premiers instants de l'existence par un ensemble normatif fort, affirmé en opposition de ceux des autres groupes humains présents sur la même aire géographique.

Ethnie et tribu: une pure différence de mots?

Non ; les deux termes désignent bien deux réalités différentes. D'une part l'« ethnie », qui est composée de tribus différentes mais qui reprennent, toutes, dans leurs processus de reproduction identitaire via les mécanismes mimétiques un fonds commun et un lien au-delà des sphères sociales : un lien de sang, partagé, inaliénable. Et d'autres part les tribus qui, bien qu'appartenant à la même ethnie, ont vis-à-vis d'elle des adaptations différentes consubstantielles à leur implantation géographique et aux impératifs extérieurs (vêtements différents si l'« ethnie » est implantée sur un vaste territoire mais qu'une partie des « tribus » qui la composent vivent en plaine et une autre partie en montagne). Les codes sociaux, l'ensemble normatif qui va régir la vie en commun au sein d'un même groupe humain, peuvent varier entre deux « tribus » qui, pourtant, se rejoignent, d'un point de vue identitaire, au sein de la même «ethnie».

Qu'est-ce qui différencie l'ethnie et la nation?

La question est formidablement intéressante car elle permet de dégager deux dimensions opposées de la vie en commun des êtres humains. L'« ethnie » est la formation spontanée, c'est-à-dire qu'elle obéit à un ordre échappant aux volontés humaines : ses modalités de vie en commun, ses valeurs, ses règles, évoluent avec le temps en fonction de contraintes extérieures. Les « langues tribales », par exemple, tendent à être complétées, pour certains mots introduits par des rencontres avec d'autres groupes, par d'autres termes jusque là ignorés puisque ne renvoyant pas l'esprit de celui qui parle à un état de réalité (le terme soda, par exemple, n'était pas utilisé avant l'arrivée des premières boissons sucrées) ; les ethnies dont les individus ont souhaité en consommer se sont donc adaptées en intégrant ce terme à leur lexique traditionnel. La « Nation », quant à elle, est une formation politique -ce qui tend à la rendre artificielle-. Elle est accompagnée d'un Etat qui va la régir, la modifier, en fixer les règles et veiller à ses applications en sanctionnant, voire en éliminant, ceux qui refuseront de se soumettre.

Tribus, ethnies, nations et Etas centralisés: c'est concilier l'inconciliable?

D'un point de vue anthropologique, concilier des groupes humains aux normes sociales différentes ne pose pas de problème puisque, sans intervention extérieure, la coexistence de « tribus », sur un même territoire, même si elles appartiennent à des « ethnies » différentes se règlera soit par une mutation des normes sociales communes (avec, en parallèle, renforcement de « l'identité tribale et ethnique ») soit par un évitement consciencieux (caractère « tabou » de certaines zones, mécanismes de captation de la violence individuelle et transposition à un degré supérieur).

Pourtant, il est facile d'objecter à ce constat des phénomènes d'une cruauté particulière ; songeons, pour n'emprunter à l'histoire qu'un seul type d'exemples, aux épurations ethniques. Or, l'histoire ne méconnait pas la barbarie dont les hommes sont capables ; mais elle permet aussi, par une lecture attentive des données factuelles, de dégager un acteur souvent ignoré car gênant : les structures étatiques, lesquelles génèrent les facteurs déclencheurs de conflits.

Ainsi, des hommes obligés à vivre ensemble par des contraintes géographiques, devant partager par exemple la même source d'eau, les mêmes terres, et des espaces sociaux proches, vont être obligés de cohabiter dans une harmonie réglée et convenue. Point n'est besoin de verser dans un angélisme déplacé pour ne pas insister sur des manifestations de victimisation visant à la paix sociale : c'est le cas, par exemple, lorsqu'une personne d'une « tribu » voisine était sacrifiée, physiquement, ou moralement, afin que son groupe social soit sauvé (règlement d'un conflit autour d'un vol entre deux tribus, par exemple). De cette justice, pourtant, découlait une harmonie globale, prenant en compte les typicités normatives des groupes sociaux en présence, et de leurs habitudes ancestrales.

Ce système d'autorégulation de la vie en société fonctionne spontanément et s'adapte parfaitement aux diverses contraintes extérieures, et engendre, sans aucune intervention, ses propres solutions. Même la violence trouve une explication cohérente dans pareille lecture des sociétés ivoiriennes, servant souvent de thermomètre des contraintes difficilement compressibles : le manque de nourriture et le vieillissement d'un groupe faute de naissances, par exemple, entrainant souvent la destruction de la « tribu » concernée puis son intégration dans une « tribu » plus forte où les individus encore capables de procréer sont mêlés à leurs semblables et garantiront, ainsi, la pérennité de l'ensemble. Le système « juridique/de droit » s'adapte lui aussi et confère soit, par le mariage, un statut à la femme concernée comme étant semblable à une native de cette « tribu », soit un statut hybride mais garantissant, par le sang du nouveau mari, une intégration parfaite des enfants. Or, le système s'enraye lorsque des modèles d'organisation sociale différents font ingérence.

L'apport colonial le plus marquant, et le moins naturellement en accord avec la Côte d'Ivoire, est un Etat centralisé. Il rejette, de par son existence et la forme figée de ses structures publiques, toutes les différences entre tribus, et entre « ethnies ». Il est le responsable majeur d'une dynamique sociale allant à l'encontre de toute idée de « réconciliation nationale ». La raison en est assez simple : quiconque est à la tête de la machine étatique va porter les couleurs de sa propre appartenance tribale et, par ce biais, générer spontanément contre lui l'opposition des autres groupes sociaux, des autres tribus, des autres ethnies. Et de se demander si ce n'est pas dans la décentralisation, c'est-à-dire dans la création de structures locales de gouvernance, où toutes les tribus seraient représentées, que se trouve la clef de la réconciliation nationale ivoirienne. La voie de l'adoption d'un régime parlementaire est à explorer également puisqu'un tel régime limite le pouvoir absolu des dirigeants et donne du poids aux parlementaires issus de toutes les régions du territoire national.

[ N'est-ce pas le plus grand des droits de l'Homme que de pouvoir vivre conformément à sa nature dans le respect de ses coutumes et de ses semblables? ]
NOTE:


Par le Philosophe Nicolas Madelénat di Florio, Enseignant, Chercheur-associé au « CREEADP (Faculté de Droit et de Science Politique, Aix-en-Provence) »; membre du Collège des personnalités qualifiées, « Audace Institut Afrique ». Article publié en collaboration avec « Audace Institut Afrique ».


Source: NERRATI.NET

QU'ALLEZ-VOUS FAIRE MAINTENANT

KOUAME ROSALIE DITE ROSKA.jpg

Poème plus que d'actualité de ROSKA (Rosalie Kouamé), avec tous ces décès de cadres ivoiriens en exil pour cause de gel d'avoirs bancaires du régime Ouattara.

 

Vous qui avez divisé les Ivoiriens pour vous donner l'impression d'être au pouvoir!

Vous qui avez organisé les coups d'Etat (méthode inconnue des ivoiriens) pour vous voir au commande d'un peuple qui pleure rien qu'à vous voir!

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Vous qui avez fait le tour du monde pour promouvoir le mensonge qui vous a portés au pouvoir afin de gouverner plus de cadavres que de survivants!

Vous qui avez choisi de tuer les ivoiriens parce qu'il vous fallait le pouvoir par tous les moyens!

Qu'allez-vous faire maintenant ?

Vous pour qui des Ivoiriens ont été jetés dans le feu jusqu'à être calcinés!

Vous par qui l'Occident est passé pour nous réduire à la soumission comme un bon peuple sans droit, sans loi ni souveraineté!

Qu'allez-vous faire maintenant?

Oui, je demande cela parce qu'ici encore, votre choix de l'indifférence face à la souffrance d'autrui rencontre mon indignation.

Tous ces gens malades et mourant à petit feu parce que votre pouvoir a gelé leurs avoirs dit-on...

Tous ces ivoiriens et ivoiriennes refugiés loin de leurs terres parce que votre pouvoir a choisi de les exterminer pour repeupler leurs terres ?

Oh, si vous savez combien de fois votre choix de célébrer la victoire de votre guerre par le mépris de la valeur humaine m'écœurait!

Qu'allez-vous faire maintenant face à la mort que vous savez si bien produire?

Même dans l'adversité, on peut rester humain, si jamais on l'a déjà été!

Si non, on peut apprendre à devenir humain lorsque l'on a atteint ses objectifs qui ont semé la mort pendant plus d'une décennie sur la terre Ivoirienne.

Vous avez refusé de dégeler les avoirs d'un serviteur de la nation afin qu'il puisse se soigner!?

Vous avez voulu qu'il vous fasse allégeance avant de lui donner cette possibilité de se soigner !?

Qu'allez-vous faire maintenant qu'il est mort de votre indifférence?

Maintenant que sa conviction, même irréaliste pour une Côte d'Ivoire digne et souveraine l'a emporté, faut-il dire que votre objectif le concernant est atteint?

Messieurs et mesdames de cette Côte d'Ivoire Franco-Burkinabée, qu'allez-vous faire maintenant?

Allez-vous attendre qu'il fasse allégeance à titre posthume avant d'accepter qu'il soit enterré?

Allez-vous dégeler ses avoir afin que sa famille puisse au moins organiser ses funérailles?

Qu'allez-vous faire maintenant des reste d'un serviteur de la Nation Ivoirienne que vous avez conduit à la mort, en lui refusant le droit à la santé !?

Allez-vous maintenant vous réjouir en lui offrant un cercueil à prix d'or, où c'est écrit « ca fait un en moins, on attend le prochain » ?

Allez-vous attendre que d'autres meurent avant de dégeler leurs avoirs?

Oh oui! Allez-vous ignorer la souffrance des autres malades et attendre qu'ils meurent pour ensuite envoyer une délégation soi-disant gouvernementale se pavaner devant les familles éplorées?

Allez-vous, pour le malheur de mon peuple, continuer à vous servir du pouvoir à des fins criminelles?

Allez-vous tuer ou faire tuer tous les Ivoiriens afin d'atteindre l'objectif du repeuplement de la Côte d'Ivoire, savamment orchestré dans le bruit de vos canons et de vos mensonges?

Hélas, le silence de mon peuple traumatisé ne doit pas être pour vous une source d'abus!

Pourquoi toujours servir pire que ce que l'on a déjà vu, à ce peuple?

Ah, le pouvoir, je prie Dieu qu'il ne m'en donne pas, si c'est pour m'en servir à des fins criminelles ou devenir co-auteur direct et indirect de crime!

On dit que c'est Dieu qui donne le pouvoir, que c'est lui qui permet à ce que quelqu'un accède au pouvoir... On dit aussi que Dieu peut même laisser l'agent du diable accéder au pouvoir s'il juge cela nécessaire... Mais on oublie d'ajouter que beaucoup, une fois parvenus au pouvoir, s'en servent pour servir le diable et oublie Dieu!

Ce diable qui veut qu'on refuse à un être humain, le droit à la santé, en ne lui laissant que le choix de la mort parce qu'il a refusé de faire allégeance au vainqueur de la guerre!

Ce diable qui veut qu'on laisse un serviteur de la Nation mourir dans l'indifférence parce qu'il est un adversaire politique!

Ce diable qui veut que les dirigeants de l'Occident décident depuis l'Occident, de ce que l'on doit faire des serviteurs déchus de la Nation Ivoirienne!

Ce diable qui impose les diktats de ses agents, maîtres de la terre qui, étant chez eux décident de comment nous devons vivre chez nous!

Ce diable qui veut qu'on continue de faire le mal pour se voir au pouvoir et se sentir important ...

Se sentir important parce qu'on porte une étiquette obtenue dans le sang des innocents;

Ou alors parce qu'on a les moyens de pratiquer cette justice des vainqueurs...

Qu'allez-vous faire maintenant?

En tout cas, c'est une grande curiosité de savoir ce que vous allez faire maintenant...

En attendant, soyez réconciliés avec votre conscience afin que la réconciliation entre vous et vos adversaires ou ennemis soit une réalité!

Dieu bénisse, délivre et restaure la Côte d'Ivoire!


Rosalie Kouamé «Roska»

Poésie tirée de mon cri de cœur, «le ministre Bohoun Bouabré s'en est allé, qu'allez-vous faire maintenant».

 

Source: INFO D'ABIDJAN.NET

vendredi, 24 février 2012

PK 17: LES FRCI AU BORD DU SOULEVEMENT

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Etat-major, Camp Galliéni, Abidjan Plateau

Le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi, le sous-chef d'état-major, Firmin Déto Létoh et le porte-parole du ministère de la Défense, Léon Allah Kouakou ont-ils réussi, hier, au Kilomètre 17, à éteindre le feu qui couvait chez les éléments des Frci ? Pas si sûr puisque, hier, au moment où Koffi Koffi et sa délégation quittaient ce camp militaire, un élément de cette garnison, le caporal T., nous a joint pour nous expliquer tout.

Selon le militaire qui était très remonté contre sa hiérarchie et qui disait porter la parole de ses camarades, le ministre Koffi Koffi est juste venu leur demander «de se calmer et de regarder faire. Car les choses iront bien après». C'est cela qui a énervé le caporal et ses camarades.

«Je t'appelle, frère, parce que nos chefs viennent de partir. Ils étaient là avec la télévision. Comme je sais qu'ils ne diront pas la vérité et comme je sais que ton journal n'était pas là, c'est pour cela que je vais te donner les vraies informations pour que tu puisses informer les Ivoiriens et la communauté internationale. Ils sont arrivés ici parce qu'ils ont été informés du soulèvement national que nous préparons, nous les Frci».

Quand on lui demande pourquoi ils veulent se soulever, il répond avec force et conviction que personne ne s'occupe d'eux. «Par exemple, raconte-t-il, ici au camp, notre infirmerie n'est pas équipée. Alors que nous avons parmi nous plusieurs blessés graves et légers. Nous n'avons pas de dortoir. Plus grave, nous ne mangeons même pas parce que, pour eux, nous sommes des militaires. Comme si quand on est militaire, on cesse d'être un homme. Nous sommes des milliers de personnes et on mange à peine un repas par jour. Ça ne peut plus continuer. On est fatigués !»

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Le caporal T. a égrené d'autres griefs dont le fonds de commerce qui avait été promis à certains des leurs et qui ne vient toujours pas. «Certains d'entre nous ont laissé leurs familles à Korhogo, Boundiali, Man, etc., et ils n'ont pas de quoi manger, encore de quoi envoyer à leurs enfants. Le soulèvement que nous préparons allait dégénérer dans tout Abidjan et partout à l'intérieur du pays. Mais, croyez-moi, ce n'est pas fini. Il y aura un soulèvement d'ici la fin de l'année».

Aujourd'hui, on peut le dire, le caporal T. et ses camarades regrettent amèrement l'époque de Laurent Gbagbo : «Avec l'ancien régime, assure-t-il, on était à l'aise. Ce qu'il nous a dit quand il n'était pas sur le fauteuil, ce n'est pas ce qu'il fait aujourd'hui. Regardez par exemple.

Nous qui sommes en vie, on ne veut rien faire pour nous. Et les morts alors ? Il y a trois mois que nous sommes en caserne et nous ne voyons rien venir. Même la nouvelle tenue, nous ne l'avons pas. Pourquoi ?»

Le porte-parole des frondeurs est sûr de ce que les nouvelles autorités ne veulent pas s'occuper des militaires qui les ont aidés à prendre le pouvoir. Selon lui, ce sont surtout les militaires venus d'Abobo qui paient le prix de leur méchanceté. Et comme ils ne peuvent pas rester là sans rien faire, certains sont retournés dans leurs familles les mains vides, quand d'autres ont choisi de faire des braquages pour survivre.

«Tous ceux qu'on voit en ville qui font des braquages sont pour la plupart des Frci. Ils sont obligés de se chercher pour avoir à manger», dit-il, avant de porter l'estocade au nouveau pouvoir : «Si c'était le président Gbagbo, ça n'allait pas se passer comme ça!»

Ce n'est pas la première fois que des éléments des Frci nous appellent pour nous supplier de les aider à s'adresser aux nouvelles autorités.

Cette fois, les choses semblent beaucoup plus sérieuses. Les frustrations qu'ils ont accumulées, les promesses non tenues et l'arrogance de certains collaborateurs de Ouattara ont fini par les pousser à bout. D'où la révolte. Alors, alors!

Abdoulaye Villard Sanogo


Source: NOTRE VOIE

TUERIES DES FEMMES D'ABOBO: LE LIVRE-ENQUETE QUI VA FAIRE TREMBLER LE CAMP OUATTARA

 

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Une journaliste française, qui a couvert la guerre postélectorale pour le quotidien suisse La Tribune de Genève, et qui a passé du temps à Abobo aux côtés des combattants du Commando invisible, vient de publier un livre plein de révélations très embarrassantes pour le régime Ouattara. Notamment au sujet des mortes d'Abobo.

C'est un témoignage précieux. Publié aux Editions Mille et une Nuits, le livre-enquête «Abobo la Guerre - Côte d'Ivoire : terrain de jeu de la France et de l'ONU» de la journaliste française Leslie Varenne sera à coup sûr abondamment annoté par tous ceux qui s'intéressent à la guerre postélectorale ivoirienne - notamment dans ses conséquences judiciaires. En effet, Leslie Varenne a vécu une bonne partie du dernier épisode du conflit ivoirien à partir de la commune d'Abobo, où est né le «Commando invisible» et où se sont livrés un grand nombre de combats. Ayant développé un bon relationnel avec Ibrahim Coulibaly dit «IB» et ses lieutenants les plus proches, elle est en quelque sorte dépositaire du «testament moral» de l'ancien garde de corps de la famille d'Alassane Ouattara, qui a quasiment été de toutes les conjurations depuis le 24 décembre 1999 et la chute d'Henri Konan Bédié. Elle a donc la connaissance d'un des terrains de guerre et des hommes mystérieux qui ont lancé la bataille d'Abidjan. Forcément, elle sait une partie des choses gênantes que le camp Ouattara-Soro voulait sans doute cacher en procédant à l'exécution sommaire d'IB.

Leslie Varenne ne peut être qualifiée facilement de pro-Gbagbo, selon le procédé habituel utilisé par le régime Ouattara et ses alliés internationaux pour discréditer les porteurs de vérités qui les dérangent. Dans son livre, elle multiplie les jugements de valeur définitifs sur le premier président de la Deuxième République ivoirienne, et reprend souvent sans recul les lieux communs qui parasitent une grande partie des écrits publiés en France sur Gbagbo.  Elle n'a pas vraiment enquêté sur le contentieux postélectoral mais dit, en quatrième de couverture, que Ouattara a été «globalement démocratiquement élu». Elle affirme que sous Houphouët, il suffisait de vivre cinq ans sur le territoire ivoirien pour être automatiquement naturalisé, ce qui n'est pas vrai. Elle se fonde sur des confidences d'anciennes amies de Simone Gbagbo pour affirmer que cette dernière est «richissime» sans dire un mot de ses supposées bonnes affaires.

Mais l'intérêt du livre de la journaliste française, envoyée spéciale de La Tribune de Genève à Abidjan durant les mois d'enfer, n'est pas dans le background mais dans les témoignages de terrain qu'elle met en lumière. Et qui sont déterminants. Notamment en ce qui concerne la fameuse «tuerie des femmes d'Abobo», qui a justifié le vote de la résolution 1975 instrumentalisée par la France officielle pour camoufler son entrée en guerre contre l'Etat de Côte d'Ivoire derrière un texte international de toute façon dévoyé.

Que s'est-il passé à Abobo ? Extraits du livre de Leslie Varenne.

«Le 3 mars, deux ou trois mille femmes défilent aux cris de «Gbagbo dégage». La manifestation est bon enfant. (...) Le rassemblement se tient au rond-point d'Anador, aussi appelé le carrefour du Banco. Le cortège croise les chars sortant du camp-commando d'Abobo pour aller se ravitailler au camp de gendarmerie d'Agban, circulant en sens inverse de la manifestation en direction d'Adjamé. Les femmes leur adressent des coucous de la main en signe de ralliement. Elles sont certaines d'avoir en face d'elles des tanks soustraits à l'armée par le Commando invisible lors des batailles. Subitement, des tirs atteignent les femmes. Le cortège panique, les femmes crient, s'enfuient dans la stupeur générale, personne ne comprend ce qu'il se passe. Officiellement, sept femmes meurent ce jour-là (...) Je n'étais pas sur place ce jour-là, mais lors de mes voyages à Abidjan, j'ai enquêté sur cet événement. Il me faudra des mois pour comprendre ce qu'il s'est réellement passé. Dans cette affaire, de nombreux points sont particulièrement troublants. Abibia, une marcheuse témoigne : «Au départ, nous ne voulions pas y aller. Abobo était en guerre à cette époque et cette marche était dangereuse. Mais le Golf nous a rassuré, il nous a dit que les Fongnons (les hommes du Commando invisible, ndlr) sécuriseraient la marche, et nous, nous avions une totale confiance en eux. Le Golf nous avait dit aussi que l'Onuci serait là. C'est pour cela que nous y sommes allées confiantes, habillées en boubous. Nous étions tellement rassurées qu'une des femmes est venue avec son bébé dans le dos. Elle est morte, mais personne n'a jamais mentionné le décès de son enfant.»

De son côté, le Commando invisible a été totalement surpris par cette manifestation : il n'avait tout simplement pas été prévenu par le Golf. Lorsque les hommes d'IB ont vu les femmes affluer, ils ont tout fait pour leur dire de rentrer chez elles. Mais ils ont seulement réussi à faire rebrousser chemin aux mères qui arrivaient de PK 18 et d'Anyama. En outre, à l'époque, le rond-point d'Anador n'est pas encore un territoire sous leur contrôle. Le choix du lieu du rassemblement est donc curieux. Pourquoi donner le rendez-vous sur la route et à l'heure où les chars passent pour aller se ravitailler ?

Huit mois après, Abiba s'interroge toujours : «Je n'ai pas toujours compris pourquoi le RHDP a choisi ce lieu.» L'endroit aurait pu apparaître comme stratégique si les femmes avaient marché en direction d'Abidjan, mais le meeting de fin de cortège devait avoir lieu devant la mairie d'Abobo. Autre élément incompréhensible, les femmes et les chars circulent en sens inverse, donc ils se font face. Or, les femmes sont atteintes dans le dos par des balles de mitrailleuse. Selon tous les témoignages recueillis, les tirs sont partis de la station Mobil à quelque quatre cents mètres environ du rond-point d'Anador. Les douilles ramassées par un des combattants du Commando invisible arrivé sur place après les tirs sont des douilles de calibre 12,7. Or les chars russes de Laurent Gbagbo sont équipés de mitrailleuses de 14 mm. (...) Le corps d'une femme a été emmené par sa famille, présente à proximité et inhumé le jour même.

Selon des témoins, les corps des six autres femmes auraient été ramassés par des jeunes hommes du RDR, parti d'Alassane Ouattara, puis transportés dans des estafettes (petits fourgons, ndlr). (...) Autre point étonnant : même en ces temps troublés, à Abidjan, la procédure est stricte, les victimes auraient dû être transportées à la morgue d'Anyama. Une autopsie aurait dû être pratiquée et les cadavres auraient dû être remis aux familles. Or, il n'en a rien été. Les six corps ont été enterrés dans un terrain vague, à l'insu de leurs parents, qui mettront des mois avant de connaître le lieu d'inhumation. Plusieurs mois après les faits, la Cour pénale internationale (CPI) se rend en Côte d'Ivoire et ne rencontre pas les familles. En revanche, l'ONUCI a interrogé les parents des victimes pour connaître leur version des faits et les a encouragés à prendre des avocats. Mais sans le soutien d'une organisation, comment ces familles pourraient-elles suivre une procédure aussi complexe et payer les honoraires des avocats ? Le parquet d'Abidjan, lui, signale l'ouverture d'une procédure.

Lors de mon investigation, j'apprendrai que deux commandants proches de Guillaume Soro étaient sur place ce jour-là. Etaient-ils là pour protéger les manifestantes ?»

Que d'éléments troublants !

Pour résumer, après son investigation, la journaliste française affirme que le RDR a en quelque sorte piégé ses militantes d'Abobo en leur mentant que le Commando invisible, non tenu au courant, et l'ONUCI, les protégeraient. Le parti ouattariste a choisi à dessein de faire manifester ses femmes sur la route où les FDS passent pour aller se ravitailler, et à l'heure de leur passage. Au final, des manifestantes affirment que les tirs de mitrailleuses criminels ne sont pas venus des chars de l'armée ivoirienne tandis que des combattants venus sur le terrain par la suite affirment que les douilles ne sauraient provenir desdits chars. De plus, il est incompréhensible que des mortes soient touchées dans le dos alors que les chars étaient en face d'elles. Ce qui est en outre frappant, c'est le fait que le RDR ait choisi d'empêcher toute autopsie et tout examen des corps des tuées en les soustrayant à leurs familles et en les enterrant à la va-vite dans un terrain vague, alors que la grande majorité des corps de la guerre postélectorale se trouvaient tout de même dans les morgues, malgré le conflit. Cette volonté délibérée d'empêcher des expertises sur les corps et d'empêcher les familles de les voir fait curieusement penser à ce qui s'est passé en novembre 2004 avec les dépouilles des neuf soldats français...

Les révélations de Leslie Varenne donnent en tout cas une légitimité nouvelle à la demande du président Laurent Gbagbo, qui sollicite depuis des mois une enquête internationale sur la fameuse tuerie des femmes d'Abobo. Une autre révélation de la journaliste confirme l'intuition répandue selon laquelle coups fourrés et montages visant à manipuler l'opinion publique internationale afin de légitimer une entrée en guerre directe de la France et de l'ONU. Une intuition qui fait que la version officielle sur le kidnapping de l'hôtel Novotel suscite jusqu'à présent de lourds questionnements...

Leslie Varenne explique, sur la base de confidences exclusives, que les attaques de l'hôtel du Golf le 9 avril, attribuées bruyamment aux FDS, ont été... des auto-coups des forces internationales.

«Des gars de l'ONUCI en tenue de camouflage»

Extraits du livre «Abobo la Guerre» évoquant le 11 avril, après le transfert violent de Laurent Gbagbo et de ses proches à l'hôtel du Golf. «Une heure après l'arrivée de ces illustres hôtes, son QG (l'hôtel du Golf, ndlr) est à nouveau attaqué à l'arme lourde. Comme la première fois, cette offensive ne fait ni blessé grave ni dégât majeur. Pourquoi les fidèles de Gbagbo bombardent-ils le lieu où se trouvent leur chef et son clan ? Pourquoi prennent-ils le risque de les tuer ou de les blesser ? Cette nouvelle agression a de quoi étonner. Un fonctionnaire de l'hôtel Sebroko révèle la vérité : «C'est l'ONUCI qui s'est tiré dessus lors des deux attaques, celle du 9 avril et celle du 11 avril, contre le Golf. La première fois, c'était pour légitimer les opérations en cours après la demande de cessez-le-feu de Laurent Gbagbo. La deuxième pour justifier sa capture et faire diversion. Un militaire ayant séjourné un mois à l'hôtel Sebroko après la guerre confirme : «En fait ce sont les gars de l'ONUCI en tenue de camouflage qui ont fait le coup. Bien sûr, les gars qui défendaient le Golf n'étaient pas au courant».

«La première victime d'une guerre, c'est la vérité», écrivait Hiram Warren Johnson, sénateur américain aujourd'hui décédé. Il avait décidément raison.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ABOBO ATTEND ANNE OULOTO DE PIED FERME

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Après avoir fait énormément de zèle dans les communes pro-Gbagbo, et singulièrement à Yopougon, pour mettre en oeuvre son "Opération pays propre", Anne Ouloto traîne les pieds et peine à s'imposer dans les communes pro-Ouattara. Si cette politique est si salutaire comme elle le dit à l'envi, pourquoi n'a-t-elle pas commencé dans les quartiers pro-Ouattara, au nom du rattrapage ethnique de son patron? Ou était-ce simplement un autre instrument pour tourmenter et sévir contre les partisans de Laurent Gbagbo? La Ministre de la Salubrité est attendue sur cette question. Qu'elle nous démontre le contraire en attaquant les communes d'Adjamé (foutoir national) et d'Abobo (no man's land hors république). La Côte d'Ivoire la regarde. Fernand Dindé.


Lu dans quotidien ivoirien pro-Ouattara "Nord-Sud":


Traoré Lamine (chauffeur de wôrô-wôrô) :

«Le déguerpissement ne peut pas marcher à Abobo»

« Je suis contre le déguerpissement d'Abobo. Il y a trop de misère dans le milieu du transport ici. Si on vient nous chasser de l'endroit où nous nous débrouillons, la situation va empirer. La mairie nous propose la nouvelle gare d'Andokoi. C'est éloigné. »

Koné Mamadou (chauffeur de wôrô-wôrô) :

«On ne bouge pas»

«Nous n'allons pas accepter qu'Anne Ouloto nous chasse de notre gare. Il nous faut d'abord un endroit accessible avant de nous déguerpir d'ici. Sinon, on ne bouge pas. La nouvelle gare d'Andokoi est faite pour les gbakas (Ndlr : mini-cars transport en commun), pas pour les wôrô-wôrô.»

Djénéba Cherif (vendeuse devant la mairie) :

« Il faut laisser Abobo tranquille »

«Le déguerpissement ne nous arrange pas. Il faut qu'Anne Ouloto laisse cette affaire d'Abobo-là. La mairie nous demande d'aller à Andokoi, ce qui ne nous arrange pas. C'est trop loin et trop coûteux pour nous les petites commerçantes. Dans le marché aussi, il n'y a pas de place. Où voulez-vous qu'on aille ? C'est de cette activité que nous vivons.»

Ténin Chérif (vendeuse devant la mairie) :

«Elle est femme, nous aussi...»

«A la gare d'Andoikoi, les places sont trop chères : 400.000 Fcfa. Et puis, le commerce ne marche pas là-bas. C'est trop reculé. Anne Ouloto dit qu'elle arrive ici. C'est une femme. Nous sommes aussi des femmes. Nous l'attendons à Abobo.»


Extrait du quotidien ivoirien pro-Ouattara "Nord-Sud".


Source: FACEBOOK GBAGBO KAFISSA

jeudi, 23 février 2012

SABOTAGE DE LA RECONCILIATION NATIONALE: OUATTARA TRAQUE LES CADRES PRO-GBAGBO JUSQU'AU BENIN

 

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Les cadres de l'ex-majorité présidentielle qui se sont réfugiés au Bénin après le 11 avril et l'orgie de violence qui a coûté la vie à des milliers d'Ivoiriens soupçonnés d'être pro-Gbagbo, seront-ils «livrés» à la «justice des vainqueurs» de leur pays, dénoncée par la quasi-totalité des organisations internationales de défense des droits de l'Homme ? Le régime Ouattara, qui  manœuvre à fond et traque partout où ils peuvent se trouver les cadres proches du président Gbagbo, parviendra-t-il à ses fins au Bénin ? En tout cas, il semble avoir l'oreille de l'administration Yayi Boni. En effet, par le Soit-Transmis n° 0187/PRC du 20 Janvier 2012, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Première Classe de Cotonou a fait parvenir au Commissaire chargé du Bureau Central National Interpol Cotonou, treize (13) mandats d'arrêts internationaux décernés par le juge d'instruction en charge du 6ème cabinet du Tribunal de Première Instance d'Abidjan contre des cadres pro-Gbagbo.

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Le macabre s'ajoute à l'arbitraire dans ce cas précis : en effet, le premier sur la liste de ceux que le gouvernement béninois s'apprête à livrer est... Paul-Antoine Bohoun Bouabré, ancien ministre d'Etat, décédé le 12 janvier dernier à Jérusalem, en Israël, alors que ses avoirs étaient gelés.

Les motifs au nom desquels le régime Ouattara veut «capturer» ces treize Ivoiriens sont les mêmes motifs génériques qui sont opposés à tous ceux qui sont considérés comme des obstacles à l'hégémonie de l'homme fort d'Abidjan : vols en réunion, à main armée, commis avec infraction ou violence, détournement de deniers publics et complicité, atteinte à l'économie publique et complicité, concussion, pillage.

C'est la presse de Cotonou qui a révélé le «coup» qui, selon toute évidence, était en préparation. Si l'on ne peut pas affirmer que le président Boni Yayi a donné son accord, une lettre du ministre de l'Intérieur Benoît Assouan C. Degla au chef de l'Etat, qui a fuité dans la presse, notamment dans le quotidien Fraternité, est très claire sur ses intentions. «D'ores et déjà, les services compétents de la Direction générale de la Police nationale ont engagé les recherches subséquentes à l'exécution desdits mandats et tout fait nouveau fera l'objet de compte-rendu à votre Haute Autorité».

Vigilance de l'opinion publique béninoise

D'ores et déjà, la classe politique et les médias béninois, très puissants, sont en émoi. La chaîne de télévision Canal 3 a consacré sa chronique à un projet d'ores et déjà désapprouvé par l'opinion publique nationale. Toutes les radios se sont emparées de la polémique. «Le président Boni Yayi livrera-t-il, sans distinction aucune les 13 cadres ivoiriens à la justice ivoirienne ? S'il le faisait, ne porterait-t-il pas entorse à la réconciliation en Côte d'Ivoire ? Autant de questions qui doivent amener le président Yayi à réfléchir par trois fois avant d'agir. En effet, rien ne dit que les conditions sont remplies en Côte d'Ivoire pour que ces personnes soient jugées de façon équitable et transparente. Aussi, rien ne dit que ces 13 présumés coupables de divers crimes en Côte d'Ivoire ne rentreront pas d'eux-mêmes si la reconstruction nationale est effective. Le Bénin, un pays de liberté et de paix n'aidera aucunement le président Alassane Ouattara en lui livrant ses compatriotes sans faire la part des choses. Au président Yayi d'en tenir compte», écrit le quotidien Fraternité. D'autres commentateurs s'étonnent que Yayi Boni, en sa qualité de nouveau président de l'Union africaine, pense à s'adonner à un jeu qui renforcera les fractures ivoiriennes.

Rappelons que l'Union africaine a en quelque sorte «abandonné» la Côte d'Ivoire après le 11 avril en renonçant à y envoyer un Représentant spécial chargé d'appuyer résolument la réconciliation nationale. En dépit des résolutions qu'elle avait librement prises en mars 2011.


Philippe Brou, in le quotidien ivoirien LE NOUVEAU COURRIER


Source: LE COTE D'IVOIRE DEBOUT

ALASSANE OUATTARA, L’HOMME PAR QUI LE CHOMAGE ETHNIQUE EST ARRIVE


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Le 6 mai 2012, Alassane Dramane Ouattara achèvera sa première année à la tête de la Côte d'Ivoire. Dans le microcosme RHDP en général et RDR en particulier, l'on pourrait s'attendre à de nouveaux feux d'artifice dans le ciel abidjanais, à l'image de la «fête des lumières» célébrée par le couple présidentiel à l'occasion de la fin d'année 2011.

Un constat s'impose pourtant: Au lieu du million d'emplois promis lors de sa campagne électorale de 2010, ce sont plutôt des milliers de chômeurs en plus qu'Alassane Ouattara a déversé en Côte d'Ivoire depuis son accession à la magistrature suprême il y a près d'un an maintenant. En effet, à peine installé au pouvoir, le nouveau président a procédé à des purges impressionnantes dans l'Administration et les entreprises publiques, sous prétexte d'en réduire les effectifs jugés pléthoriques. Cela pourrait être louable si les personnes licenciées ou mises au chômage n'étaient pas automatiquement remplacées par des militants nordistes de Ouattara et de son clan, ou par des membres de leurs familles. Il ne s'agit donc pas de nécessaires opérations de dégraissage ou de mises au chômage technique, mais bel et bien d'un nouveau concept créé par le pouvoir en place, qui se fait au nom des nordistes de Côte d'Ivoire : le chômage ethnique. Selon le secrétaire général adjoint de l'Union Générale des Travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI), ce sont près de 80.000 employés qui avaient, au mois d'août 2011, perdu leurs emplois des suites de la crise postélectorale.

La tribu comme premier critère qualifiant

Les dernières manœuvres en date sont celles opérées, entre autres, au sein du Port Autonome d'Abidjan, de la Radio Télévision Ivoirienne (RTI), du ministère de la Construction, de l'Assainissement et de l'Urbanisme et de la Société des Transports Abidjanais (SOTRA), où plus d'un millier de personnes ont été mises sur la touche pour être supplantées par des gens qui partagent tous des caractéristiques communes : avoir la bonne religion, être originaire de la bonne région, militer au bon parti et appartenir au bon clan.

Ce tribalisme d'Etat domine également l'affectation des cadres politiques aux dépens de la compétence et de l'éthique : après plusieurs dizaines de nominations ethniques, Ouattara, lui-même originaire du Septentrion, envisage ainsi installer un autre nordiste au perchoir de l'Assemblée nationale. Confronté à ce sectarisme par des journalistes français, le président ivoirien a, sans sourciller, admis qu'il était au pouvoir pour faire du rattrapage ethnique. Loin de s'offusquer de ces propos outranciers et dangereux, le partenaire gouvernemental du RDR se mure dans un silence d'autant plus complice que son président Henri Konan Bédié est l'inventeur du pernicieux concept de l'ivoirité, totalement en phase avec le principe de la préférence ethnique pratiqué par son ex-adversaire.

Les Ivoiriens et la communauté internationale mesurent-ils la gravité des propos tenus par le Président Ouattara et sont-ils conscients des conséquences des politiques qui s'en suivent ? Ceux qui se réjouissent de l'apartheid tribal pratiqué par Ouattara et les nordistes qui assistent en silence à l'instrumentalisation de leur groupe ethnique se rendent coupables de complicité de purification et de division durable de la Nation ivoirienne en construction. Ce genre d'attitudes et de paroles maintient les populations dans un cercle vicieux de violence et de vengeance. Il est important de rappeler aux partisans du repli identitaire qui s'apprêtent à célébrer bruyamment et en grande pompe l'an Un de l'accession de leur champion à la présidence que le plus fort d'aujourd'hui ne demeurera pas indéfiniment en position d'écraser tous les autres. Nul ne peut se maintenir éternellement au pouvoir. Un jour, le règne de Ouattara prendra fin. Et après lui, les Dioula sont-ils prêts à affronter le regard et la revanche des autres Ivoiriens contre lesquels la politique de rattrapage ethnique a été élaborée et mise en place ? Sont-ils amnésiques au point d'avoir oublié comment les Baoulé ont plus ou moins disparu du paysage lorsque Bédié a perdu le pouvoir ou comment les Bété se terrent depuis la chute de Gbagbo ?

Les graves dérives langagières et politiques du gouvernement mettent en danger le peu de cohésion sociale qui subsiste et hypothèquent l'avenir des populations qui aspirent enfin au progrès, à la paix et à la prospérité. Afin d'éviter les ravages d'une nouvelle poudrière identitaire plus meurtrière que celle que le pays vient de connaître, il est donc plus que temps que les Ivoiriens responsables refusent de se laisser instrumentaliser par des individus pernicieux, uniquement préoccupés par le bien-être de leur clan, et rejettent sans ménagement tous les partis politiques au sein desquels le repli ethnico-tribal n'est pas inlassablement combattu.


Abidjan, le 22 février 2012

 

Mamadou Koulibaly

Président de LIDER


Liberté et Démocratie pour la République

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

DECES EN CASCADE EN EXIL DES PRO-GBAGBO POUR CAUSE DE GEL DES AVOIRS: L'UNION EUROPEENNE DESAVOUE OUATTARA

 

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Le vendredi 17 février, les ivoiriens ont été surpris par l'annonce de la mort subite à Accra de Jean-Baptiste Diagou Gomont, maire de la commune Cocody. Cet autre décès en exil intervient quelques semaines après ceux de l'ancien ministre d'Etat Bohoun Bouabré et du maire de Facobly, Gnan Raymond, et dont les causes directes sont liées à la mesure injuste, illégale et arbitraire du gel des comptes bancaires des cadres du front populaire ivoirien.

Les trois personnalités avaient en commun d'avoir été les directeurs de la campagne électorale pour Laurent Gbagbo dans leur localité de naissance respective. Elles ont été contraintes à l'exil pour des questions sécuritaires; leurs domiciles et leurs entreprises saccagés mais aussi leurs comptes bancaires gelés par le procureur de la république ivoirien, agissant sur instruction du gouvernement de monsieur Alassane Ouattara.

Après le récent décès de l'ancien ministre d'Etat Bohoun Bouabré pour cause d'insuffisance de revenu pour la satisfaction de ses besoins primaires, lié au gel de ses avoirs bancaires en Côte d'Ivoire, voici qu'intervient dans les conditions similaires, la mort en exil d'un autre cadre du régime de Laurent Gbagbo qui, du fait des mesures de gel de ses comptes, n'avait pu effectuer à des périodes régulières, les différents bilans de santé que nécessitait sont état physique.

Pour bien comprendre le lien direct des décès constatés avec la mesure arbitraire du gel de leurs comptes bancaires, il est bon de savoir que pour minimiser les coûts, tous les cadres de l'ancien parti au pouvoir en Côte d'Ivoire et qui se retrouvent aujourd'hui en exil, ne vont consulter un médecin spécialiste que lorsqu'ils ressentent une alerte, alors que leur état physique lié à l'âge nécessite des contrôle préventifs réguliers.

Face à ses morts en cascade des anciens collaborateurs de Laurent Gbagbo, l'Union Européenne qui, dans le but d'accentuer la pression contre le régime de l'intéressé avait pris des mesures de gel des comptes contre 70 personnalités qui lui étaient proches notamment sa famille politique et nucléaire, son gouvernement, le conseil constitutionnel, des officiers généraux et des chefs d'entreprises tend aujourd'hui à se démarquer nettement de cette tragédie.

La décision de gel des comptes des proches du président Laurent Gbagbo est régulièrement visitée par les instances compétentes de Bruxelles si bien qu'à la date d'aujourd'hui, il a été procédé à la libération des comptes de certains membres de la famille de l'ancien président, de tous les membres de l'ancien conseil constitutionnel, de certains officiers généraux de l'armée, de toutes les entreprises d'Etat et de certains chefs d'entreprises privées et publics. En outre, la décision de restriction des comptes prise pour une année civile qui frappait les personnalités de l'ancien régime ivoirien a expiré officiellement depuis le 14 janvier 2012 et n'a pas été reconduite par l'instance compétente à savoir le parlement européen. Aussi, l'examen des dossiers pour la main levée des comptes de tous les membres du gouvernement dirigé par l'universitaire Aké N'gbo et les autres personnalités  proches de Laurent Gbagbo a  commencé depuis le début du mois de février 2012 et se poursuit dans le cadre des procédures internes à l'Union Européenne.

En attendant le terme de l'examen de ces dossiers prévue avant la fin du mois de mars 2012, l'on a pu observer sur le site officiel de l'Union Européenne, la publication de l'article 215  de son traité de fonctionnement et surtout, la décision n°  656-PESC qui  prévoyait  en son article 2, l'adoption de mesures restrictives à l'encontre des personnes en Côte d'Ivoire qui font obstruction au processus électoral. Ainsi sont gelés « les fonds et ressources économiques appartenant à, en possession de, détenus ou contrôlés par les personnes physiques ou morales, entités ou organismes proches de Laurent Gbagbo dont la liste est jointe en annexe ».

La décision de l'Union Européenne  laissait une lucarne à chaque état membre dans l'application des dites mesures, de respecter les droits de l'Homme afin de permettre aux personnes concernées de continuer à satisfaire leurs besoins primaires.

L'article 3 de la décision de l'Union Européenne indique que « par dérogation à l'article 2, les autorités compétentes des états membres peuvent autoriser le déblocage ou la mise à disposition de certains fonds ou ressources gelées, aux conditions qu'elles jugent appropriées après avoir établi que ces fonds ou ressources sont nécessaires pour régler les dépenses ordinaires, notamment pour payer des vivres, des loyers ou mensualités des prêts hypothécaires, des médicaments ou frais médicaux, des impôts, des primes d'assurances et pour assurer des rémunérations de services d'utilité publique. Il est aussi autorisé une dérogation destinée aux règlements d'honoraires d'un montant  raisonnable et au remboursement des dépenses engagées pour assurer les services de juristes ».

Les dérogations de l'Union Européenne tendent à maintenir en vie, les personnes concernées par les mesures de restrictions des comptes bancaires. Elles se démarquent totalement des objectifs du gouvernement de monsieur Ouattara pour qui la mise en application de la mesure du gel des avoirs des proches de Laurent Gbagbo comme l'avait révélé le chef rebelle Morou Ouattara est de leur assurer une mort lente. Sinon, comment interpréter le fait que les personnes concernées par les mesures de gel de leurs comptes bancaires depuis dix mois, qui n'ont plus de travail, ni de salaire, ne puissent pas bénéficier de leurs épargnes pour se nourrir, se soigner et se vêtir  et dire que la cause de leur mort, quand elle survient, n'est pas liée à la mesure injuste qui les frappe?

Les morts en cascade observées depuis le début de l'année 2012 parmi les personnalités en exil proches de Laurent Gbagbo et les membres anonymes de leurs familles ne sont pas liées à la  fatalité. Ces décès sont véritablement  les conséquences irréversibles de la mesure illégale, injuste et arbitraire sans aucune dérogation de gel des comptes bancaires de personnes cinquantenaires qui sont en général de grands malades de diabète, d'hypertension artérielle et les effets collatéraux des ces deux maladies qui nécessitent une surveillance régulières des organes vitaux qui sont le cœur et les reins et qui sont les causes des décès successifs de Gnan Raymond, Bohoun Bouabré et de Diagou Gomont.


Une correspondance de Philippe Traoré.

mercredi, 22 février 2012

NON SEULEMENT ILS VIVENT EN EXIL, PIS ILS Y MEURENT, ET POURTANT QUE DIT NOTRE CONSTITUTION?

 

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Le Ministre d'Etat, Paul-Antoine Bohoun Bouabré, décédé en Israël

 

ILS MEURENT EN EXIL ET POURTANT...

Nous avons oublié qu'en août 2000, nous avons profondément modifié notre loi fondamentale tant les occasions de sa violation ne se comptent plus. Permettez que je rappelle à notre souvenir quelques articles de cette Constitution qui ne vous diront certainement plus rien. Il n'y a désormais plus de gouvernement pour s'y référer de temps en temps et nous donner le sentiment d'être un peuple, une nation.

L'Article 2, alinéa 1, 3 et 4 du chapitre I du titre I relatif aux libertés et aux droits stipule : « 1- La personne humaine est sacrée. 3- Les droits de la personne humaine sont inviolables. Les autorités publiques ont l'obligation d'en assurer le respect, la protection et la promotion. 4- Toute sanction tendant à la privation de la vie humaine est interdite ».

Vous souvenez-vous de la dernière fois où l'actuel chef d'Etat s'est soucié du caractère sacré de la vie humaine en Côte d'ivoire?

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Le Maire de Facobly, Gnan Raymond, décédé au Bénin


L'Article 5 du même chapitre dit ceci : « La famille constitue la cellule de base de la société. L'État assure sa protection ». Dans le dernier licenciement des 1.200 cadres de la SOTRA, au minimum 5 couples ont été mis à la rue.

A l'article 10 alinéa 2 nous avons cette formule qui nous montre peut être la justesse de la politique de rattrapage : « Toute propagande ayant pour but ou pour effet de faire prévaloir un groupe social sur un autre, ou d'encourager la haine raciale ou religieuse est interdite ».

Les deux derniers alinéas de l'article 22 du même chapitre nous enseignent que l'Etat de droit a fait place à un Etat d'exception depuis le 11 avril 2011 : « 1- Nul ne peut être arbitrairement détenu. 2- Tout prévenu est présumé innocent jusqu'à ce que sa culpabilité ait été établie à la suite d'une procédure lui offrant les garanties indispensables à sa défense ». Il n'est certainement pas le plus protecteur de nos libertés, mais il est certainement l'article de notre constitution dont la violation est la plus pernicieuse actuellement.

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Le Maire de Cocody, Gomont Diagou, décédé au Ghana


L'alinéa 1 de l'article 12 dit : « Aucun Ivoirien ne peut être contraint à l'exil ». Non seulement ils vivent en exil, pis ils y meurent. Même par tous les euphémismes, on ne dira pas dans une totale indifférence du pouvoir public ivoirien. Fait comme des rats, les pro-Gbagbo sont tous victimes d'un plan diabolique d'extermination. Contraints à l'exil avec leurs comptes gelés, Dramane Ouattara sait qu'ils n'ont aucune chance d'échapper à la mort ainsi programmée.

Joseph Marat

 

Lu sur RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: Le blog de Joseph Marat

ALORS QU'IL VIENT D'ETRE PORTE A LA TETE DE LA CEDEAO - GUY LABERTIT DEMASQUE ALASSANE OUATTARA



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Dans cette tribune, Guy Labertit, ex-délégué Afrique du Parti socialiste français et compagnon de route du mouvement de démocratisation du continent, commente l'élection à la tête de la CEDEAO d'Alassane Ouattara, un homme qui dirige pourtant un pays sous perfusion économique et sous tutelle politique. Et dont le régime se fourvoie dans l'arbitraire et la mauvaise gouvernance.

A l'issue du dernier sommet des chefs d'Etat de  la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui vient de se tenir à Abuja les 16 et 17 février 2012, Alassane Ouattara en a été élu le président en exercice. Même si l'on peut penser que le tour de la Côte d'Ivoire était venu, ce n'est pas un mince paradoxe que de voir charger un chef d'Etat des différents problèmes de l'ensemble ouest africain alors que la situation dans son propre pays, la Côte d'Ivoire, est pour le moins précaire.

Les douze travaux d'Alassane Ouattara

Ses meilleurs alliés dans la sous-région sont, ou ont été récemment, contestés, que ce soit Abdoulaye Wade, candidat discuté à la présidence du Sénégal, à 86 ans officiels, ou Blaise Compaoré, à la tête du Burkina Faso depuis vingt-cinq ans et qui rêve d'un nouveau bail en 2015 ! Les crises aigues se multiplient dans la sous-région avec la déstabilisation des pays du Sahel, liée à une politique aventureuse de la France, de la Grande-Bretagne et de l'Otan en Libye qui a éliminé Kadhafi,  au nom de la démocratie, mais réduit à néant l'Etat dans ce pays livré à des milices antagoniques sans projet politique. Le Nigeria se déchire à travers les velléités indépendantistes dans le delta du Niger riche en pétrole au Sud et l'irrédentisme meurtrier de la secte islamiste Boko Haram qui veut chasser les chrétiens du Nord du pays. Au regard de la gestion de ces questions brûlantes, comment le nouveau président de la CEDEAO aura-t-il le temps de se consacrer aux immenses tâches qui l'assaillent en Côte d'Ivoire ? A moins qu'il ait choisi de déléguer ses affaires domestiques à ses puissants alliés extérieurs et aux institutions internationales. Cette politique de fuite en avant a quelque chose de surréaliste. Les commentaires des spécialistes africanistes qui évoquent le double axe Côte d'Ivoire/Nigéria Côte d'Ivoire/Burkina Faso au sein de la CEDEAO prêteraient à sourire si le peuple ivoirien ne continuait de vivre un cauchemar.

La Côte d'Ivoire est un pays dont l'ensemble des cadres de l'ancienne majorité présidentielle, qui représente la moitié de l'électorat, sont en prison ou en exil. Après sept mois d'enfermement inhumain à Korhogo, malgré les tristes déclarations  de l'ancien secrétaire général de l'ONU Kofi Annan qui le disait bien traité suite à la mascarade organisée pour sa visite en compagnie de Desmond Tutu et Mary Robinson, le Président Gbagbo est détenu à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI) depuis le 30 novembre 2011. Le procureur Ocampo n'a toujours pas communiqué à la défense les charges qui motivent cette détention et n'a inquiété aucun des cadres du régime actuel pourtant directement impliqués dans des crimes de guerre et crimes contre l'humanité depuis la fin de l'année 2002. A signaler qu'en attendant l'audience de confirmation des charges du 18 juin, Laurent Gbagbo bénéficie d'une aide judiciaire pour organiser sa défense. Où sont donc les fonds cachés du Président que le quotidien français Le Monde du 11 mai 2011, sous la plume fertile de sa correspondante à Genève, Agathe Duparc, situait en Suisse ? Les enquêteurs de la CPI, que l'on ne peut soupçonner de complaisance pour leur détenu, n'ont, pour leur part, toujours rien trouvé. Encore un exemple de manipulations médiatiques. Dès lors, que signifie l'inculpation du Président Gbagbo par la justice ivoirienne pour « crimes économiques », lui qui bénéficie d'une aide judiciaire ? Pas besoin d'enquête approfondie pour situer les biens immobiliers des têtes actuelles de l'Etat ivoirien, A. Ouattara et Guillaume Soro.

De plus, des centaines de cadres de l'ancienne majorité présidentielle ont leurs comptes bancaires bloqués et la totalité de leurs fonds gelés depuis un an. Eux et leurs familles sont condamnés à la survie et plusieurs décès parmi les sanctionnés, dont le plus récent est celui du maire de Cocody, Jean-Baptiste Gomont Diagou, attestent qu'ils ne peuvent même plus se soigner. Pourtant, on se plaît à répéter que la Côte d'Ivoire a renoué avec la démocratie et le respect des droits humains. Faut-il croire que le nouveau président de la CEDEAO restera insensible au sort de la moitié du peuple ivoirien puisqu'il a maladroitement déclaré qu'il allait faire du rattrapage auprès des populations qu'il estimait lésées par le précédent régime ? Il a un point commun avec l'actuel président français, son ami de vingt ans Nicolas Sarkozy, c'est celui de diviser les Ivoiriens comme son tuteur divise les Français.

Bien qu'en campagne électorale par gros temps, le capitaine Nicolas devra garder un œil sur la lagune Ebrié, dont la surface lisse dissimule des fonds fangeux, car son quartier-maître Alassane va être très pris par sa nouvelle fonction à la tête de la CEDEAO.

C'est que depuis l'arrestation du Président Gbagbo, le 11 avril 2011, « sous les bombes françaises », pour reprendre ses termes lors de l'audience de la CPI du 5 décembre, le Président Sarkozy s'est montré prodigue à l'égard du régime d'Alassane Ouattara. A commencer par les quatre cent millions d'euros annoncés par la France dès la fin du mois d'avril 2011 pour payer de prétendus arriérés de salaires alors que son prédécesseur avait honoré ces paiements jusqu'en février inclus malgré les fermetures des filiales des banques françaises. Il faut y ajouter un mirobolant contrat désendettement/développement, quatre fois supérieur au plus avantageux accordé jusque-là au Cameroun, annulant sur quinze ans la dette de 2,25 milliards d'euros (1472 milliards de francs CFA) essentiellement contractée par les régimes PDCI auprès de l'Agence française de développement (AFD) qui avait cessé tout engagement financier en Côte d'Ivoire depuis 2002. Encore faudrait-il que les recettes de l'Etat suivent pour que cette mesure ne se limite pas à un simple jeu d'écritures. Enfin, l'effacement d'un milliard d'euros de dette bilatérale a été évoquée lors de la récente visite d'Etat d'Alassane Ouattara à la fin janvier 2012.

La Côte d'Ivoire sous perfusion et sous tutelle

Le soutien politique de la France a été sans faille. La présence du président Sarkozy, fait inédit dans l'histoire des relations françafricaines, à l'investiture d'Alassane Ouattara le 21 mai 2011, la visite officielle  du Premier ministre François Fillon les 14 et 15 juillet, le déplacement du secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, les 21 et 22 octobre, suivi par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, les 6 et 7 novembre, pour faire le point sur les questions de sécurité, laissent à penser que les liens privilégiés ressortent de liens tutélaires qui ne sont pas sans rappeler les années soixante. Le parfum néocolonial se fait entêtant à travers la présence stratégique, sur place à Abidjan, de personnalités françaises. Depuis mai 2011, Philippe Serey Eiffel, éphémère directeur des Grands travaux alors que Ouattara était le Premier ministre d'Houphouët-Boigny, a l'oeil sur les questions économiques. Le conseiller d'Etat en France Thierry Le Roy l'a rejoint en 2012 pour l'organisation de la réforme de l'Etat. Le général Claude Réglat, ancien commandant des Forces françaises au Gabon, gère les questions de sécurité et la réorganisation des services ivoiriens. Sans oublier les petites mains de la barbouzerie, comme Jean-Yves Garnault, l'ancien agent de la DST française, passant du service de Laurent Gbagbo à celui d'Alassane Ouattara.

Un tel empressement valait bien la remise de décorations de l'Ordre national de la Côte d'Ivoire à près d'une centaine de récipiendaires lors de la visite d'Etat en France d'Alassane Ouattara. Certains universitaires français ont choisi d'être absents, mais politiques, hommes d'affaires, militaires, diplomates, intellectuels, petits et grands, unis par un même soutien historique ou récent à Alassane Ouattara, ont été récompensés, y compris l'épouse du directeur de publication de Jeune Afrique Béchir Ben  Yahmed. La France n'a pas été chiche en décorant les membres du gouvernement ivoirien et du cabinet présidentiel présents à Paris.

La signature d'un nouvel accord de défense franco-ivoirien à Paris, le 26 janvier 2012, lors de cette visite d'Etat, à l'heure où la France a décidé de limiter sa présence militaire permanente sur le continent africain, révèle que Paris veut donner des gages sécuritaires à son nouveau protégé qu'elle a tout fait pour imposer à la tête de la Côte d'Ivoire. Le Président Gbagbo, pour sa part, voulait mettre un terme à cette présence permanente après le retrait de la Force Licorne. Mais le nouveau chef de l'Etat ivoirien avait déjà voulu masquer une certaine impuissance à maîtriser la sécurité sur l'ensemble du territoire en proposant aux grandes puissances le 22 septembre dernier, lors de son discours à la dernière Assemblée générale des Nations Unies, de faire de la Côte d'Ivoire une plateforme de la lutte contre le terrorisme international. Les Etats-Unis, à l'image de  leur imposante ambassade bunker d'Abidjan, ne sont sans doute pas insensibles à ce discours qui pourrait préfigurer une implantation d'Africom (Commandement des forces américaines en Afrique) en Côte d'Ivoire. Par ailleurs, ils n'ont jamais caché leur intérêt pour le pétrole du Golfe de Guinée.

Du reste, oubliés en septembre 2011 par le Président Gbagbo qui avait partagé un premier bloc entre Total et la Côte d'Ivoire (public et privés), ils viennent d'être associés, par le biais d'Anadarko Petroleum Corporation, avec CNR, major canadienne, et Total à l'octroi de trois blocs pétroliers prometteurs... L'arrivée à Abidjan, le 16 janvier 2012, d'Hillary Clinton accompagnée de William Fitzgerald, sous-secrétaire d'Etat aux Affaires africaines, a traduit une forte ambition en matière militaire, énergétique et commerciale. La réalisation de ce projet a été facilitée par la politique de Nicolas Sarkozy, marquée du double sceau d'une vieille amitié personnelle avec Alassane Ouattara et d'un atlantisme fondamental, malgré quelques rodomontades qui font plutôt sourire qu'inquiéter Washington.

Toutes ces visites officielles des représentants du monde occidental, auxquelles la venue à Abidjan du vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Zhai jun, reçu par A. Ouattara le 24 juin 2011, ne peut servir de contre point, sont l'occasion de discours lénifiants sur le retour de la paix en Côte d'Ivoire ou sur la réconciliation. Pourtant,  la peur des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) règne toujours à l'intérieur du pays, la justice des vainqueurs continue de passer et la Commission «dialogue, vérité, réconciliation» dirigée par Charles Konan Banny, peine même à exister....

L'arbitraire politique et économique en guise de « gouvernance »

En matière de gouvernance, terme cher aux institutions internationales, la non installation, en février 2012, d'une Assemblée nationale dont les membres ont été élus le 11 décembre 2011, fait tache. Certes, les législatives seront reprises dans 11 circonscriptions le 26 février suite à l'invalidation des scrutins par le Conseil constitutionnel, le 31 janvier dernier, pour cause de fraudes alors même que l'ancienne majorité avait boycotté la consultation électorale ! On  comprend mieux le refus de la communauté internationale de recompter les bulletins lors de l'élection présidentielle contestée de novembre 2010.... A la tête de l'Etat, Alassane Ouattara recourt donc à des ordonnances sans loi d'habilitation, y compris sur des questions aussi importantes que l'âge de la retraite. Ce dernier a eu beau répéter à l'envi pendant sa visite d'Etat en France qu'il n'y a pas de justice des vainqueurs, que la paix est revenue et que l'armée est réunifiée, il n'empêche qu'aucun de ses partisans n'a été inquiété par la justice depuis dix mois, que l'opposition voit ses meetings perturbés ou attaqués violemment (un mort et soixante huit blessés le 21 janvier lors d'un meeting du Front populaire ivoirien) et que les FRCI incarnent l'arbitraire et la répression. Faisant suite à bien d'autres, les exactions commises par ces FRCI à Vavoua, le 18 décembre 2011, ont contraint le chef des Armées à des menaces fortes, qui sont restées sans effet comme le montrent les dernières victimes d'Arrah le 12 février 2012.

Véritable maître du jeu en matière sécuritaire, le Premier ministre et ministre de la Défense, Guillaume Soro, et les anciens commandants de zones rebelles dont l'impunité agace visiblement les protecteurs occidentaux du régime en place, pourraient voir l'étau de la justice se refermer sur eux. Toutefois, si cette perspective se confirmait, ils ne manqueraient pas de tout mettre en œuvre pour révéler des éléments confirmant la complicité d'Alassane Ouattara avec la rébellion depuis le coup d'Etat manqué de septembre 2002. Au sommet de l'Etat, c'est donc une sorte de fragile équilibre de la terreur qui persiste. Après la chute d'Abidjan, l'assassinat par les FRCI, en avril 2011, du sergent chef Ibrahim Coulibaly, dit IB, très proche d'Alassane Ouattara depuis les années 1990 et dans le secret de tous les coups d'Etat depuis 1999, a éliminé un témoin gênant, frère ennemi depuis 2003 du Premier ministre Guillaume Soro. L'action de son « commando invisible», ravageur dans la commune populaire d'Abobo où les partisans de Ouattara sont majoritaires, a joué un rôle décisif en liaison avec l'ONUCI et la Force Licorne pour écarter Laurent Gbagbo.

A l'évidence, Hillary Clinton, qui veut pousser l'avantage pour les Etats-Unis, a conscience de ces manquements démocratiques qui n'autorisent pas la Côte d'Ivoire à bénéficier du Millenium challenge account, convoité par Ouattara, accordé par les Etats-Unis aux pays en développement s'inscrivant dans les objectifs du millénaire définis par les Nations Unies. Les protecteurs occidentaux du nouveau régime hésitent au regard de cette mal gouvernance à accorder le fameux point d'achèvement de l'initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). L'opposant Ouattara dénonçait le Président Gbagbo quand il avait obtenu du FMI et de la Banque mondiale le point de décision de l'initiative PPTE le 30 mars 2010 en disant que c'était une honte que ce pays soit classé parmi les pays très endettés. Il est piquant de voir que, devenu Président, il multiplie en 2012 les suppliques pour l'allègement de la dette. Rappelons que cette dette est à mettre au compte quasi exclusif des régimes d'Houphouët-Boigny, achevé par les trois ans de primature de Ouattara, et de Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo n'ayant pu guère compter pendant l'essentiel de sa présidence sur des engagements financiers extérieurs...

Cette décision de point d'achèvement dépend de l'exécution de réformes structurelles, notamment celle de la filière café cacao. Dans le négoce du cacao dont la Côte d'Ivoire est le premier producteur mondial, A. Ouattara, par l'intermédiaire de son épouse Dominique, dispose de relais familiaux. On sait qu'un fils de son précédent mariage, Loïc Folloroux, est le directeur Afrique du groupe britannique Armajaro, trader agressif qui a spéculé par des achats colossaux de cacao en 2002 (avant la tentative de coup d'Etat) et 2010 (avant les élections) dans le but de déstabiliser le régime Gbagbo. Ce groupe bénéficie des largesses de la Banque mondiale par le biais de la Société financière internationale (SFI) et se partage, bon gré mal gré, le secteur avec les Américains Cargill et ADM qui ont toujours eu les yeux de Chimène pour le Premier ministre libéral que fut Ouattara au début des années 1990. Le frère et une nièce de Dominique Ouattara, Marc et Noelle Nouvian, sont actionnaires d'une nouvelle société de négoce international (Soneici) de fèves de cacao, dirigée par Hervé Dominique Alliali. Il est vrai que le Premier ministre Guillaume Soro s'est taillé la part belle avec l'installation de cols blancs rebelles (André Ouattara et autre Ismaël Koné) au sein du Conseil café cacao mis en place le 24 janvier 2012. Ces pratiques illustrent une approche qui n'est pas sans rappeler celle d'un chef d'Etat français qui, lui aussi, avait promis l'avènement d'une République irréprochable...

Dans quelques semaines, les Français vont élire leur Président et on ose espérer que leur choix ne sera pas sans conséquence sur cette anachronique relation franco-ivoirienne. Le principal concurrent du Président sortant, le socialiste François Hollande, annonce dans ses 60 engagements pour la France : «Je romprai avec la «Françafrique» en proposant une relation fondée sur l'égalité, la confiance et la solidarité». Alors, on a envie de crier «chiche !», malgré le triste silence ou l'approbation des dirigeants socialistes français, à de rares exceptions près, lorsque Nicolas Sarkozy bombardait Abidjan avec l'aval de l'ONU pour écarter le Président Gbagbo, celui qui, élu en 2000, avait voulu porter un projet social démocrate sur le continent africain et en a été empêché dès 2002.


Guy LABERTIT

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

lundi, 20 février 2012

ARRAH: BILANS DES DEUX FOLLES JOURNEES - LES VICTIMES S'ORGANISENT EN COLLECTIFS


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Le bilan officiel des affrontements inter-communautaires survenus à Arrah le dimanche 12 et le lundi 13 février fait état de 15 morts et 48 blessés dont 28 par armes à feu et 20 autres par armes blanches, objets contondants et jets de pierres. Ces chiffres nous ont été communiqués par le directeur départemental de l'hôpital général d'Arrah, Dr. Kodji Florent, qui nous a reçu dans son bureau le jeudi 16 février entre 8H et 9H, en compagnie de son premier collaborateur et collègue, le Dr. Abo Calixte, le directeur de ce centre de santé publique.

«Nous apprécions beaucoup votre démarche d'être venus à la source de l'information vraie, car vous êtes le seul journal qui nous rend visite depuis l'éclatement de ce conflit», nous ont d'entrée de jeu félicité pour notre professionnalisme, les deux médecins. Drs. Kodji et Abo nous ont traduit leur embarras de ne pas pouvoir nous remettre la liste nominative des blessés, parce qu'elle n'a pas encore été transmise au premier magistrat de la localité et patron de l'administration publique du département, le Préfet.

Toutefois, les deux professionnels de la santé ont relevé que les 20 blessés par balles ont été évacués à Daoukro, car l'hôpital général d'Arrah ne dispose pas de service de chirurgie. Quant aux 28 autres blessés par armes diverses, ils ont tous été pris en charge par l'établissement sanitaire. «Ils ont été traités ici et ils sont tous retournés chez eux», a fait savoir Dr. Kodji devant notre sollicitation de voir quelques victimes internées à l'hôpital.

Sur l'identité des victimes décédées, Dr. Abo a indiqué qu'il attendent toujours les parents des défunts afin de les identifier avec un document légal d'identité. Nous avons pu avoir deux noms de victimes tuées lors des malheureux événements. Il s'agit du jeune Djébré Moussa et de Mme Aboya, une veuve qui habite le quartier résidentiel, également tuée par balle le lundi 13 février. Elle venait d'enterrer son mari le samedi 11 février, soit deux jours plus tôt.


Anassé Anassé


Source: L'INTER

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE

 

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Alors que la CAN (2012, au Gabon et en Guinée Equatoriale, Ndlr) était présentée comme une occasion de réconciliation entre les Ivoiriens, c'est au lendemain de la brillante participation des "Eléphants" que la Côte d'Ivoire est traversée par un vent de violences contre les populations, d'est en ouest, notamment à Arrah impliquant des éléments des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) et à Kouibly avec l'attaque d'un village ivoirien par des ressortissants Burkinabé en représailles, croit-on, à une action de coupeurs de route. Ces violences ont, comme à l'accoutumée macabre, fait de nombreuses et innocentes victimes.

L'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s'incline avec respect devant la mémoire des victimes de tous bords et présente ses condoléances aux familles à nouveau éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. L'AIRD note, qu'à l'exception de Vavoua où des violences, ayant opposé des FRCI à des populations nordistes ont fait l'objet de condamnation ferme de la part du régime avec annonce de mesures, les autres violences et exactions qui interviennent si régulièrement entre les FRCI et les populations non nordistes semblent faire l'objet d'une autre gestion.


Le silence du pouvoir ou les justifications tantôt partisanes, tantôt complaisantes de certains membres du gouvernement sont malheureusement interprétés par les auteurs de ces violences et exactions comme une caution. Or, ces violences prétendument présentées comme des actions de représailles, ou de vengeance par rapport à un passé plus ou moins lointain, ou même de soutien ethnique au régime ne sont que des prétextes aux pillages et aux vols, portant ainsi un coup à l'économie nationale, à la réconciliation nationale et à la paix. Notre pays rentre sournoisement dans un système de braquages à ciel ouvert: braquages politiques, braquages économiques, braquages culturels et intellectuels, etc.


Certes le contexte est particulier et inédit, mais dans un climat politique à plusieurs centres de décisions, où le chantage le dispute à la peur, seuls le courage et le sens des responsabilités nationales et collectives conduisent au succès. Le pouvoir ivoirien ne peut en faire l'économie, au risque de s'auto désintégrer. Ce n'est ni par l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ceux qui osent s'exprimer sur la grave situation du pays, ni par le soutien des puissances étrangères, ni par le canal des organisations sous-régionales dont la direction n'a jamais été convoitée par le président Félix Houphouët-Boigny (FHB) que la réconciliation interviendra en Côte d'Ivoire, même si l'AIRD félicite le Chef de l'Etat pour ses nouvelles responsabilités au sein de la CEDEAO.


L'AIRD, dont de nombreux militants sont originaires du Nord, s'inquiète de la dangereuse dérive ethnique qui ne profite qu'à une minorité mais dont l'écrasante majorité des Nordistes qui la désapprouve en silence pourrait faire les frais. En effet, il est dangereux de constater que la politique politicienne semble de plus en plus faire percevoir une région et une religion comme les ennemis de toutes les autres régions et religions du pays, alors que le régime était attendu sur la mise en œuvre du "vivre ensemble".


D'ores et déjà, l'AIRD, membre fondateur du CNRD, invite les Ivoiriens au discernement, au dépassement, à la tolérance, au pardon, à l'amour vigilant et à l'unité nationale devant l'accumulation grandissante des ingrédients d'une guerre civile.

L'AIRD remercie et félicite tous les responsables politiques qui, y compris au sein du RHDP, élèvent avec courage et sincérité la voix pour désamorcer l'orage qui se profile à l'horizon.

Enfin, l'AIRD réitère son invitation au chef de l'état et au gouvernement à la prise des mesures urgentes et idoines en vue de l'apaisement, à commencer par la condamnation sans équivoque de la violence de leurs partisans et par un dialogue républicain inclusif auquel n'ont de cesse de les inviter la communauté nationale et internationale, entendu qu'un choix politique ou un vote en faveur du président Laurent Gbagbo ne sauraient être des fautes à expier toute la vie.


Fait à Abidjan, le 18 Février 2012 - La Direction de l'AIRD.

«QUE LES IVOIRIENS ARRETENT DE SE PLAINDRE SUR LEUR SORT, JE NE LES AI PAS ABANDONNES»


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Cette brève révélation que je vous propose, aujourd'hui, a été reçue par la sœur Grâce. Pour rappel, elle avait reçu une première révélation, en août 2010 avant les élections, annonçant l'arrestation du Président Gbagbo. Elle en avait même prévenu la Présidence de la République. Sur les forums où elle avait porté l'information pendant l'élection présidentielle, elle avait été vilipendée et traitée de tous les noms d'oiseaux. Au final, ce n'est pas elle qui a eu tort. Bien au contraire !

Depuis quelques semaines, elle se signale par une nouvelle révélation qu'elle nous charge de porter à votre connaissance, chers Ivoiriens. En voici le contenu:

«Dans le message qu'il m'a donné en songe, dit-elle, le SEIGNEUR me dit : "Sache que Alassane Ouattara président, ce n'est pas une bénédiction pour lui-même mais plutôt une punition que je lui inflige; ce n'est pas du tout un cadeau". Et je lui ai demandé : "Mais pourquoi?"  Il m'a répondu : "Parce qu'il ne maîtrisera jamais son armée et un chef qui ne maîtrise pas son armée ne peut être un chef. C'est de là que viendra l'accomplissement de sa punition".  Je ne peux pas analyser ces paroles ; d'autres ont ce don mais pas moi. Ensuite, il me dit : "Laurent Gbagbo à La Haye, c'est aussi une punition. Chacun reçoit sa part de châtiment. Diffuse-le et que les ivoiriens arrêtent de se plaindre sur leur sort, je ne les ai pas abandonnés". La voix qui s'est adressée à moi dans le songe a insisté pour que ce soit Fernand Dindé qui publie cette révélation, je ne sais trop pourquoi. Je me suis donc adressé à lui parce que c'est la volonté de DIEU».

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

DINDE Fernand AGBO

CES MONSTRES QUI DIRIGENT NOTRE MONDE

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Sous des prétextes totalement fallacieux (démocratie et protection des civils) et des intrigues qui nous ont laissés sans voix, ces derniers mois, le Nouvel Ordre Mondial et les maîtres du monde ont installé leur "frère de lumière" à la tête de la Côte d'Ivoire, désarticulé et détruit la paisible Libye et fomenté de prétendues révolutions dans le monde arabe pour reconfigurer la géopolitique internationale.

Comme le dit John Laughland, administrateur du British Helsinki Human Rights Group, dans son remarquable article "Face cachée: la technique du coup d'état coloré": "Le mythe de la révolution populaire spontanée perd de sa prégnance en raison de l'ample littérature sur les coups d'État et les principales tactiques utilisées pour les provoquer. C'est bien entendu Lénine qui a développé la structure organisationnelle vouée au renversement d'un régime que nous connaissons maintenant sous le nom de parti politique. Il différait de Marx en ce qu'il ne pensait pas que le changement historique était le résultat de forces anonymes inéluctables. Il pensait qu'il fallait le provoquer".

Après avoir fait croire aux Tunisiens, aux Egyptiens, aux Libyens, aux Yéménites et aux Bareïnites que les quelques agitations populaires qui ont bouleversé leurs pays sont leurs propres oeuvres et l'expression de leur volonté de s'approprier leurs destinées, ils ont installé à la tête de certains de ces états, des rénégats incontrôlables et des islamistes avec lesquels on a une lecture plus que floue de l'avenir. C'est avec la même réthorique qu'ils ont détruit l'Irak et l'Afghanistan, et sont en train d'en sortir la queue entre les jambes.

Ces hommes sans morale ont, aujourd'hui, jeté leur dévolu sur la Syrie, qui pourrait bientôt passer à la trappe, avant que le cap soit mis sur l'Algérie et l'Iran, avec une menace très explicite de guerre nucléaire mondialisée, depuis la (re)bipolarisation de notre planète, cristallisée par le double veto sino-russe au Conseil de sécurité contre une résolution à l'encontre la Syrie de Bachar Al-Assad.

Les médias "meanstream" sont mis à rude contribution qui nous débitent, à longueur de journée, incongruités et énormités, et des mensonges odieux du genre de celui qu'il nous a été donné d'entendre, ce samedi 18 février, sur France 24: "Syrie: des funérailles finissent dans un bain de sang. L'armée de Bachar Al-Assad tire sur des milliers de manifestants, le bilan SERAIT de 1 mort et 4 blessés". Entre nous soit dit: si une armée comme celle de Bachar Al-Assad avait ouvert le feu sur une foule de plusieurs milliers de personnes comme on nous l'a montré, ne serait-ce que par la débandade générale due aux tirs, on aurait enregistré au moins une centaine de morts. De qui se moque-t-on?

Cette presse indigne se délecte journellement, depuis de longs mois, de ce décompte macabre, comme une agence de croque-morts, pour justifier une action militaire contre la Syrie, heureusement bloquée par le veto sino-russe, mais qu'ils s'emploient à contourner. Quelles diableries!

Qui nous délivrera de cette race impie et de cette engeance qui dirige nos pays, avec à leur tête Barack Obama, Nicolas Sarkozy et David Cameron?


Que DIEU ait pitié de notre monde!


DINDE Fernand AGBO

ASSECHEMENT DES CACAOYERS: SECHERESSE, MALEDICTION OU JUGEMENT DIVIN?


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Un véritable drame se joue, en ce moment, dans nos campagnes, dans le plus grand silence: le cacao ivoirien est en grand péril. Plusieurs amis et connaissances, planteurs de leur état ou fonctionnaires ayant investi dans l'agriculture, le confirment: les cacaoyers, d'une manière incompréhensible, se sont asséchés sur pied.

On aurait pu attribuer ce sinistre à la sécheresse qui sévit actuellement en Côte d'Ivoire, du fait de 4 mois d'absence de pluie, si le désastre n'avait pas été aussi particulièrement cuisant pour cette culture de rente.

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De l'avis de la quasi totalité des planteurs approchés, ce qui arrive cette année est inédit. Certaines plantations ont été ainsi asséchées à 75 voire 90%, plongeant les planteurs de l'Ouest notamment, où résident les plus gros planteurs que sont les allochtones Baoulé et les allogènes Burkinabé, dans le plus grand désarroi. De sorte que nombre d'entre eux sont, en ce moment, en train de couper leurs vergers littéralement grillés et jurent de ne plus faire de cacao de leur vie. Ils prennent désormais une sérieuse option pour les cultures vivrières. La situation est identique dans l'ancienne "boucle du cacao", dans la région d'Abengourou, après contact pris.

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Quant on sait que le cacao constitue une source essentielle de recettes pour l'Etat de Côte d'Ivoire via les taxes d'exportation, on est en droit de penser qu'à la fin de cette année et l'année prochaine, la Côte d'Ivoire se retrouvera dans une situation budgétaire pire que celle que nous vivons actuellement. Qui n'est d'ailleurs pas du tout enviable. Le manque à gagner sera énorme. La "Côte d'Ivoire nouvelle" dirigée par Ouattara a-t-elle les ressources pour palier le déficit et rebondir? Rien n'est moins sûr!

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De là à dire que le sang innocent qui a abondamment coulé en Côte d'Ivoire a maudit la terre, et que DIEU est entré en jugement contre Ouattara et les cartels du cacao ivoirien que son ARMAJARO et consorts, pour les priver des ressources dont ils se sont servis pour déglinguer notre pays, il n'y a qu'un pas.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

dimanche, 19 février 2012

UNE PLAINTE CONTRE OUATTARA ET SORO A BRUXELLES


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Cette décision a été prise par un collectif d'avocats européens.

 

La Fédération des réfugiés ivoiriens de l'Afrique de l'Ouest, passé le temps des complaintes, a décidé de traduire devant les juridictions internationales Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Un collectif d'avocats européens s'est constitué pour suivre le dossier jusqu'au bout.

Les semaines et mois à venir s'annoncent donc palpitantes au plan judiciaire, pour le régime Ouattara.

Plus d'une dizaine d'avocats français, suisses et belges ont décidé de défendre les intérêts des victimes de la crise dite postélectorale, notamment des dizaines de milliers de réfugiés ivoiriens installés dans les camps au Ghana, Libéria, Bénin et Togo. Depuis plus d'un mois, ces avocats ont travaillé sans relâche avec la Fédération des camps de refugiés ivoiriens de l'Afrique de l'Ouest (Fcriao), pour recueillir les témoignages et plaintes des refugiés, tous victimes du régime Ouattara. Quelques-uns de ces avocats ont séjourné récemment au Togo et au Ghana, au contact des réfugiés, afin de boucler le dossier. Ainsi donc, après ce minutieux travail, le président de l'ensemble des réfugiés installés dans les quatre pays, Alexis Séban, a décidé de porter plainte au nom des 200.000 réfugiés, contre Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Devant les juridictions internationales, notamment le Tribunal de première instance de Bruxelles.

«Depuis l'éclatement de la crise postélectorale, près de 200.000 de nos concitoyens vivent réfugiés dans des camps à travers l'Afrique. En effet, contrairement aux différents rapports jusque-là diffusés par certaines ONG, même par les Nations Unies, la FCRIAO (Fédération des Camps de Réfugiés Ivoiriens de l'Afrique de l'Ouest) dit qu'il y aurait eu plus de 10.000 morts enregistrés au cours de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire dont 1.500 enfants de 0 à 5 ans», explique-t-il. En dehors donc des nombreuses pertes en vies humaines, les plaintes contre Alassane Ouattara et Guillaume Soro portent sur les pillages, les incendies, les occupations illégales, les destructions des biens d'autrui, estimés à plusieurs centaines de milliards de Francs Cfa.

Pour Alexis Séban, les responsables de ces tueries et autres agissements ne sont autres que l'actuel chef de l'Etat et son Premier ministre. Car, dira-t-il, «ce sont les FRCI se réclamant d'Alassane Dramane Ouattara et de Soro Guillaume qui, aux chaudes heures de la crise postélectorale, ont attaqué en tuant et pillant les villes de Toulepleu, de Bloléquin, de Guiglo, de Duékoué, de Bangolo, de Daloa, d'Issia, de Lakota, de Divo et enfin d'Abidjan et ses banlieues».

Selon le président de la Fcriao, une épuration ethnique était en cours et visait principalement les ethnies Guéré (75%), Bété et Dida (20%) et les ethnies du Sud (5%). Ce sont tous ces actes et témoignages qui ont été mis à la disposition du collectif des avocats qui entend déposer plainte dans les tous prochains jours devant le Tribunal de première instance de Bruxelles.


Frank Toti - Jykra R. pour Afrique-Monde - Titre et Photo: AM


Rapporté par Yvann Murphy


Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

KKB: «ADO AURAIT PU SE METTRE AU-DESSUS DU TRIBALISME»


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Le président de la jeunesse du Pdci-RDA, Kouadio Konan Bertin dit KKB a animé, hier jeudi 16 février, une conférence de presse à la maison du Pdci à Cocody. Il s'est prononcé sur l'actualité sociopolitique mais a surtout réagi aux attaques dont il est l'objet au sein de son parti. KKB, pur produit du Pdci et allié du Rdr n'est pas d'accord avec la manière de gérer le pays d'Alassane Ouattara. «Si j'avais la possibilité d'être un conseiller du président ou même la chance de le croiser, je le lui aurais dit. Le mal de la Côte d'Ivoire est profond. Lui qui a vécu aux Etats Unis et qui a même eu la chance d'épouser une Européenne aurait pu se mettre au dessus du tribalisme et sauver la Côte d'Ivoire». Selon KKB, l'heure n'est pas aux règlements de compte comme croit si bien le faire le régime Ouattara qui fait de la traque aux pro-Gbagbo la priorité de son programme de gouvernement. Aux dires du président de la Jpdci, il est nécessaire de faire la réconciliation dans notre pays mais celle-ci impose «des sacrifices de la part du régime en place». Par ailleurs, il estime que pour que cette réconciliation soit effective, un rapprochement entre Ivoiriens du Fpi et ceux du Rhdp s'impose. Auquel cas, cette réconciliation ne sera qu'un leurre.

Après ce constat, il a abordé l'actualité au sein de son parti où il affirme qu'on «veut sa peau» en l'opposant à son leader, le président Henri Konan Bédié. Sur la question, KKB a nommément cité Denis Kah Zion, fondateurs du quotidien «Le Nouveau Réveil» par ailleurs membre du secrétariat du Pdci, de lui en vouloir. «Kah Zion sait dans quel rôle il se trouve en ce moment. Il tente par tous les moyens de m'opposer au président Bédié. Il a fait de nombreuses victimes au sein du parti mais moi je reste sa dernière cible parce qu'il ne parviendra pas à ses fins. Moi, ma chair est amère», a-t-il assené. Puis il poursuit pour crier son indignation car il estime «qu'être propriétaire d'un journal ne signifie pas qu'il faut chercher à mettre les bâtons dans les roues des autres. Je suis victime d'une cabale». C'est un KKB très en colère qui a tenu à rappeler à Denis Kah Zion le combat qu'il a mené, selon lui, pour que son quotidien qui était persona grata dans certaines localités du pays puisse être vendu. «Kah Zion est un grand frère mais je ne sais pas ce qui l'anime. Mais dans cette bataille qu'il a ouverte, chacun de nous va se défendre. Lui est propriétaire d'un journal mais qu'il sache que la Jpdci va se défendre à sa façon avec les armes dont elle dispose. Il n'a d'ailleurs pas intérêt à continuer», a menacé KKB.

Après quoi, il a rappelé qu'il vouait un respect au président Bédié dont le parcours l'a toujours inspiré. Et que par conséquent, il ne serait jamais dans une logique de défiance envers celui pour qui il s'est toujours battu. «Mon combat pour Bédié ne date pas d'aujourd'hui. Depuis 1993 que je suis président de la jeunesse, j'ai toujours soutenu le président Bédié. Je ne suis pas de ceux qui soutiennent Bédié lorsqu'il pose de bons actes. En réclamant un congrès ou encore en demandant de faire le bilan du parti après tous les échecs qu'on a enregistrés après la présidentielle et les législatives, où est la défiance ?» s'est-il interrogé.

Dans la foulée il a annoncé pour le 17 mars prochain la rentrée politique de la Jpdci. A cet événement, KKB a indiqué que ce sera le rendez-vous du débat et que les personnes allergiques au débat en «auront pour leur compte». Ce sera selon KKB le lieu pour faire le bilan de la situation sociopolitique mais aussi des échecs enregistrés par le parti lors des dernières élections.

 

Hermann Djea


Source: LE NOUVEAU COURRIER

LA PROSTITUTION DES ADOLESCENTES A ABIDJAN


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Acte par lequel une personne consent a des rapports sexuels contre de l'argent, la prostitution a pris de l'ampleur dans le milieu des adolescentes. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène. Qu'est ce qui pousse donc ces adolescents à la prostitution ? Est-ce par envie ou pour faute de moyens?

Bref, pour avoir de plus amples informations suivez-nous dans ce dossier consacré à la prostitution des adolescentes à Abidjan.

Considéré comme le plus vieux métier au monde, la prostitution est de nos jours pratiquée par nos plus jeunes sœurs, c'est-à-dire les adolescentes, qui vont avec plusieurs partenaires. La prostitution chez ces jeunes filles existe sous plusieurs formes. Dans notre parcours, nous nous sommes rendus dans leur quotidien, précisément à Yopougon.

Triste a été pour nous le fait de constater la présence d'adolescentes parmi ces professionnelles du sexe; certaines sont ghanéennes, d'autres libériennes, et même des ivoiriennes.

Pour beaucoup d'entre elles, c'était leur première expérience dans le domaine de la prostitution et certaines n'avaient même pas encore atteint l'âge de 17 ans lorsqu'elles débutaient dans ce métier. Elles gagnent en moyenne 10.000 à 15.000 F CFA par nuit. Ce gain augmente les jours de week-end.

Les prix varient selon la demande du client; quand il souhaite avoir une fellation, dans leur jargon «la taillade », cela coûte 500 F CFA; lorsque c'est un rapport non protégé, le prix s'élève à 3.000 F CFA; pour le rapport protégé, c'est 1.500 F CFA. Quand c'est un rapport à trois, c'est-à-dire une partouze, le prix varie de 8.000 à 12.000 F CFA.

Pour ce qui est du type des clients, elles nous font savoir que parmi leurs clients, il y a des hommes mariés, des pères de famille vicieux, pédophiles, qui eux payent bien, aussi des bêla communément appelé « wôtrô-tigui » ou pousseurs de charrette et des loubards qui usent de leur force et leur corpulence pour les violer et voler leur recette du jour.

Le motif qu'elles avancent pour justifier cette pratique, pour les étrangères, c'est une question de survie : « J'ai quitté le Ghana pour faire le travail de servante en Côte d'Ivoire. A mon arrivée, le constat était tout autre. Il me fallait donc survivre ici et envoyer quelque chose au pays. Je me suis donc tournée vers le commerce du sexe », nous explique Afuba.

Ces jeunes filles, au cours de notre enquête nous ont avoué utiliser des stupéfiants (drogues) dans le but de supporter l'assauts de leurs bourreaux (clients). En ce qui concerne le port du préservatif, elles affirment l'utiliser selon le bon vouloir du partenaire.

Mais le motif n'est pas le même auprès des jeunes filles ivoiriennes qui la pratique par vice et plaisir pour certaines. Dans la plupart des cas, celles qui arrivent dans ce métier sont issues des familles pauvres.

Dans ce métier, on a une autre forme de prostitution des adolescentes; il s'agit de celles qui ne font pas les trottoirs mais qui la pratique de façon voilée. En effet, nos écoles, lycées et universités sont devenues leur repère, ces jeunes filles avec des accoutrements très osés attirent et séduisent les hommes.

Ces ados avec des rondeurs et des formes qui n'affichent pas leur adolescence ont pour slogan « Paraître pour séduire », leurs armes de guerre sont les tatouages, chaînettes aux pieds, piercings, pantalons taille basse et j'en passe. Celles-ci se font draguer par tout genre d'hommes qui ne savent même pas qu'ils ont affaire à des ados. Dans le but de pouvoir toujours paraître, c'est-à-dire être « fashion », porter des fringues tendances et chères pour se rendre à l'école.

Ces jeunes filles acceptent sans hésiter de coucher avec leurs professeurs, des hommes mariés, pour avoir de quoi frapper à l'œil.

Il y en a d'autres qui, à cause des moyennes de classe, sortent avec leurs professeurs, surtout celles qui sont en classe d'examen. Et c'est ce que nous explique Alida: « Je suis prête à tout pour réussir à mon BEPC, même si je dois coucher avec tous mes profs ».

Le comble, c'est que ces adolescentes sortent de chez leurs parents habillées de façon extravagante sans que ces derniers ne bronchent.

La forte présence des adolescentes dans la prostitution découle de plusieurs raisons. Cependant, la cause majeure est la pauvreté.

De ce fait, l'accent doit être mis sur l'éducation et l'insertion de ces jeunes filles dans les activités pouvant les aider à se prendre en charge pour éviter certains dérapages à l'avenir.

Il faut également ajouter que le fait que nous soyions dans une nouvelle ère ne doit pas constituer un prétexte pour ces jeunes filles de vivre selon leur gré, ce qui suppose un retour à nos valeurs morales et traditionnelles.

In Akwaba-ci.net

 

Source: ABIDJAN DIRECT.NET