topblog Ivoire blogs

samedi, 28 janvier 2012

ALASSANE OUATTARA ET ABDOULAYE WADE FONT LA HONTE DE L'AFRIQUE


OUATTARA ET WADE.jpg

Afrique, mon Afrique, où vas-tu ?

 

Côte d'Ivoire - Tant que les Africains accepteront de se faire marcher sur les pieds, rien ne changera. Vraiment rien. J'ai été choqué de voir le président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, être reçu en France, à l'aéroport d'Orly, pour sa visite... officielle, être accueilli par le ministre français de l'Intérieur, Claude Guéant. Comment peut-on envoyer un ministre recevoir un président ?

Le premier-ministre français François Fillon n'a pas daigné, lui aussi, se déplacer. Que vaut un chef d'Etat africain ? Le mépris que les pays occidentaux ont vis à vis de leurs homologues africains, devrais-je dire sous-préfets africains, est abyssal. La France a organisée une pseudo parade aux Invalides à l'honneur de son hôte ivoirien. Fastueux, avec escorte de la Garde républicaine à cheval et à moto, ce n'était que moquerie.

Comment l'Afrique est méprisée et maltraitée par la France ? Le président ivoirien vient de montrer l'illustration. Mais, il y a pire. Comment un chef d'Etat africain peut-il se déplacer en allant sur une chaîne de télévision ? Non, vous ne rêvez pas, Alassane Dramane Ouattara s'est rendu en début d'après-midi à LCI au lieu que la chaîne aille à lui. Ridicule.

Sénégal - Le Conseil constitutionnel a accepté 14 candidatures dont celle d'Abdoulaye Wade à l'élection présidentielle du 26 février à l'issue d'une longue séance de délibération. Il faut savoir que le même conseil n'accepte dans ses textes que deux candidatures alors que Wade court pour un 3e mandat. A gerber. Après l'annonce, hier soir, vendredi, de nombreux incidents ont eu lieu. Nous en saurons un peu plus dans la journée.

Craignant la popularité de l'artiste Youssou Ndour, le Conseil constitutionnel sénégalais a déclaré sa candidature irrecevable, sans toutefois précisé dans son arrêté, ce qui motivait sa décision. Elle est belle la démocratie sénégalaise, avec Wade aux commandes. Quelle honte ! Youssou Ndour ne fait pas seul les frais de cet arrêté scélérat. Ceux qui l'accompagne dans son malheur sont: Kéba Keinde et Abdourahmane Sarr.

Bien sûr, puisque Abdoulaye Wade est l'ami de Sarkozy, ou plutôt son laquais, vous n'entendrez ici chez nous en France, aucune voix s'élever contre ce viol du peuple sénégalais perpétré par cet homme qui a détruit la belle démocratie sénégalaise. Il ne reste qu'à l'opposition sénégalaise d'avoir un candidat unique sinon, ça va encore être la bérézina.


Source: ALLAIN JULES

OUATTARA, PORTEUR DE VALISES, AU SECOURS DE SARKOZY


OUATTARA ET SARKOZY 3.jpg

Une visite d'État qui cache pas mal de particularités. Ouattara, le Chef d'État ivoirien est paraît-il en visite d'État à Paris. Ce voyage ne nous leurrons pas, fait absolument partie intégrante du coup d'État planifié par la France de Sarkozy. Il mérite qu'on s'y attarde un peu pour lever le voile sur ce que nous avons baptisé avant le coup d'Etat, «kaléidoscope d'un coup d'Etat planifié » dans une série d'articles dans le quotidien « Le Temps ».

Une des clauses secrètes ne prévoyait pas seulement mais exigeait le retour de l'ascenseur, en temps opportun, au Président français. Et ce temps opportun avait un nom, « renflouer mes caisses de liquidités » et un moment « pendant la campagne de l'élection présidentielle française ».

Cette clause est entrée dans sa phase exécutoire avec ce voyage qui, de toutes les manières n'avait aucun caractère urgent, sinon que de voler financièrement au secours d'un ami en pleine difficulté électorale.

OUATTARA ET SARKOZY 4.jpg

A - Genèse d'une malédiction

Esprits cartésiens, abstenez-vous, car vous n'y comprendrez rien. Par contre, ceux qui comme Jacques Chirac prêtent une attention particulière à ces curiosités irrationnelles, comprendront aisément, parce que le monde que nous vivons, se vit avec une grande part de mystère et de foisonnements mystiques qu'on ne peut nier aveuglement au nom de la science qui elle-même a montré ses limites, face à ces curiosités mystiques. Ce n'est pas toujours que 2 +2 = 4, non et non ! Tout comme personne ne peut affirmer péremptoirement aujourd'hui sans risque de se faire lyncher, qu'un couple de mariés serait forcément une union d'un homme et d'une femme ! Ce qui a été le cas pendant des siècles !

Pour toute souvenance, rappelez-vous de ce voyage impromptu de Jacques Chirac à Yamoussoukro, candidat à l'élection présidentielle contre Balladur, où selon ses propres dires, il avait rencontré une vieille sorcière baoulé, aux fins fonds de la forêt qui lui avait prédit que «cette fois-ci, c'était la bonne » ; entendez par là que lui Jacques Chirac sera élu président ; effectivement, il a gagné cette élection face à l'équipe balladurienne dirigée par un certain Sarkozy. Cependant si Chirac reconnaît plus tard publiquement les prédictions avérées de la vieille femme baoulé concernant sa victoire, il ne dit pas un mot de la contrepartie exigée par elle. Sauf que le non-respect de cet engagement va faire ressurgir plus tard les conséquences dramatiques de cette inconséquence bien française!

En effet, la vieille sorcière avait demandé à son partenaire du moment de prendre l'engagement au nom de la France (elle avait vu venir les choses, au fond de son pot-à-rat, une sorte de boule de cristal) de défendre et de protéger la Côte d'Ivoire, en tout temps, en tous lieux et en toutes circonstances. Et voici pourtant, la France délinquante de Sarkozy, le voyou qui réunit une horde de barbares sortie du fond des âges pour détruire le pays. Le pacte d'alliance est jeté aux orties et conséquemment, l'irrévérencieuse France a commencé sa descente aux enfers puisqu'elle venait de manger son totem : C'est la malédiction de la vieille sorcière de Yamoussoukro. Sarkozy comme Œdipe a violé un tabou. Dans ces conditions, il n'y a rien de surprenant de le voir embourbé dans la fange de toutes les affaires sales de la Vème République, assistant impuissamment à la rétrogradation de la France dans tous les domaines, a tel point que ce n'est plus l'Allemagne, la compagne de route de la France, mais plutôt l'Espagne, à laquelle il s'accroche comme une bouée de sauvetage pour exister! Or, il y a seulement un trimestre, Sarko le bref, jouant au chef d'orchestre de l'UE parlait de l'Espagne avec un mépris voué aux petites nations. Sarko, le bref, comme sur un navire en déperdition cherche vainement une bouée de sauvetage sans succès, condamné comme Sisyphe à l'éternel recommencement ! La violation du serment de Yamoussoukro a cédé la place à la malédiction rampante de la vieille femme baoulé qui fait des ravages dévastateurs.

Partant, Ouattara entame son voyage à Paris pour voler au secours de son ami Sarko en pleine noyade.

OUATTARA ET SARKOZY 5.jpg

B - Voyage d'Etat?

Pour rappel lorsque Feu Houphouët-Boigny entame sa visite d'Etat en France, en 1976, sous le Président Valery Giscard d'Estaing, j'ai souvenance que depuis la frontière Suisse, son avion avait été escorté par quatre mirages français jusqu'à l'aéroport du Bourget. L'escorte jusqu'à l'Hôtel Marigny où il fut logé était particulièrement impressionnante! Rien de tout cela pour une visite présentée comme estampillée d'une auréole exceptionnelle. Ouattara arrive pour sa première visite d'Etat, j'insiste sur la 1ère visite d'Etat car depuis le Coup d'Etat français, l'homme aux ordres, n'a été qu'un commis voyageur permanent entre Paris et Abidjan. Sur le Tarmac à l'arrivée, ni le Premier ministre François Fillon, ni le patron de la diplomatie française, Alain Juppé n'ont daigné faire le déplacement. Sans doute, ils n'aimeraient pas s'afficher avec le tyran sanguinaire d'Abidjan.

Mais une présence très remarquée et non innocente (nous le verrons par la suite) de l'ancien Secrétaire général de l'Elysée, aujourd'hui Ministre de l'Intérieur officiellement, mais en réalité le patron des officines occultes de Sarkozy. Protocolairement, cela pourrait être un sujet à débats.

Au-delà des flonflons, des youyous et des salamalecs de bonne convenance, un voyage d'état a quelques avantages que l'on ne saurait négliger, entre autres les franchises qui vous permettent de remplir vos aéronefs de tout ce vous voulez sans être soumis à aucune fouille. Ainsi vous comprenez aisément la présence du Ministre de l'intérieur pour éviter tout couac. On peut apporter avec soi quelques mangues, papayes, cocos, bananes ivoiriennes, mais aussi quelques mallettes bien bourrées de billets pour les marques d'attention ou dans le cadre d'échanges de bons procédés pour les gens du serail.

OUATTARA ET SARKOZY 6.jpg

C - Ces mallettes invisibles

Invisibles ? Oui, pour les regards indiscrets et les fouineurs mal intentionnés, mais indispensables pour un Sarkozy asséché financièrement pour une présidentielle qui s'annonce coûteuse. Or, toutes les affaires les plus sales, se succèdent avec un point focal, l'entourage très proche de Sarko-Le Bref, quand ce n'est pas lui-même qui est mis en cause directement : affaire Karachi, affaire Clearstream, les révélations de Mediapart sur l'affaire de fonds Volter, Affaire Bettencourt...et patati patata !

Et toutes ses affaires ont aussi un point commun, une odeur sulfureuse et mafieuse d'argent sale autour des différentes campagnes électorales présidentielles ; scenario apocalyptique financier dans lequel patauge Sarkozy : on y découvre que tous les personnages présents dans le synopsis sont des personnages baignant dans les trafics d'armes, de commissions et de retro-commissions, bakchichs, jouant les entregents entre les palais présidentiels du Maghreb, du Machrek, du Proche-Orient et les hommes politiques européens et particulièrement français, dont Sarkozy.

En un mot, l'argent sale a circulé. Seulement, les temps ont changé. Le vent violent du Printemps arabe a fermé à double tour les portes, les sources des mannes tunisienne et égyptienne.

Quant à la Lybie de feu Ghadaffi, pourvoyeuse de fonds du clan Sarkozy, elle est anéantie totalement par Sarko, le nihiliste, qui voulant l'or tout de suite, a tué la poule aux œufs d'or, espérant pouvoir s'emparer aisément du pactole libyen stocké en France. Convaincu de la complicité des bandits du fameux CNT libyen ! Échec et Mat !

Guéant, alors Secrétaire général de l'Elysée, ayant lamentablement échoué dans sa quête auprès du Président Gbagbo à Yamoussoukro ! Échec et Mat aussi, ce dernier ne mangeant pas de ce pain. Après le coup d'État, le Premier ministre Fillon, dans sa tentative de ravitailler le clan en commissions et de retro-commissions, en versant des subventions aux entreprises françaises sur la table, pour les récupérer sous la table, s'est trouvé coincé par le fait que les caisses du Trésor français sont vides ! Là aussi, Échec et Mat !

Et voici donc que Sarkozy est sans le sou pour la campagne électorale. Alors l'Homme hésite à déclarer sa candidature. Ainsi son ami Ouattara, lui-même en délicatesse financière à Abidjan, râcle les fonds du Trésor ivoirien, vole au secours de son « ami avec qui les convergences de convictions sont parfaites », lors de ce simulacre de visite d'État. Suivons bien, si la moisson est fructueuse, Sarkozy annoncera sa candidature à la présidentielle très prochainement! Voici la confirmation de ceux qui veulent voir en Ouattara, un sous-préfet de France en Côte d'Ivoire.

 

Par: Khalil Ali Kéïta, sur sa Facebook

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

DEPUIS SA PRISON DE LA HAYE, CE QUE GBAGBO DEMANDE AUX IVOIRIENS


LAURENT GBAGBO A LA CPI.jpg

Le dimanche 29 janvier prochain, cela fera deux mois que le président Laurent Gbagbo a été déporté à La Haye, dans la prison de Scheveningen. Mais cette autre épreuve n'a en rien altéré son moral et sa détermination à poursuivre le combat qu'il mène avec acharnement malgré la diversité de l'adversité.

Déjà, lors de sa première comparution, le lundi 5 décembre dernier, le président Gbagbo avait annoncé les couleurs. «On ira jusqu'au bout», avait-il assené. Même s'il est détenu arbitrairement à  la prison de Scheveningen, Gbagbo atteste que ses conditions de détentions sont mille fois meilleures à celles du goulag de Korhogo, où Ouattara le détenait. En deux mois à La Haye, le président Gbagbo a reçu plus de visiteurs qu'il n'en a reçu en sept mois de détention à Korhogo. Du beau monde a pu voir le plus célèbre prisonnier au monde à l'heure actuelle, notamment plusieurs de ses collaborateurs, des membres de sa famille...

En tout cas, c'est un Laurent Gbagbo plus que déterminé et combattif qu'il a été donné de découvrir dans la prison de Scheveningen, selon les dires des happy few qui ont vu l'homme qui continue de hanter le régime fébrile d'Abidjan.

A un de ses visiteurs, le président Laurent Gbagbo donnera un message particulier à transmettre aux Ivoiriens. Dans un contexte qu'il sait particulièrement pénible pour ses compatriotes qui continuent de souffrir le martyre. «Ne vous découragez pas, ne baissez pas les bras», a dit en substance le président Gbagbo. Qui a invité les Ivoiriens à songer à reconstruire le pays, à sauver la Côte d'Ivoire. «Malgré l'adversité, les difficultés, continuez à vous battre pour la Côte d'Ivoire, notre seul pays. Parce que nous n'avons que ce pays là. Les autres peuvent semer le désordre et s'en aller, mais nous c'est notre terre», a fait savoir le président Laurent Gbagbo.

En tout cas, en ce qui concerne le combat pour l'histoire qu'il mène depuis La Haye, le président Gbagbo a réaffirmé sa détermination à aller jusqu'au bout. Selon notre source, le Woody de Mama est dans une grande forme physique ; il n'a en rien perdu sa bonne humeur et surtout son sens de l'humour. Il se dit déjà préparé moralement et physiquement à affronter les autres étapes de la procédure. Pour lui, le temps, l'autre nom de Dieu, finira par donner raison aux Ivoiriens.


Gérard Koné


Source: LE NOUVEAU COURRIER

ET POURTANT C'EST UNE MILICE

FRCI 5.jpg

Nous avions déjà dit dans les colonnes de votre quotidien préféré (Aujourd'hui, Ndlr) que Dramane Ouattara n'est pas l'homme qu'il faut pour doter la Côte d'une armée nationale. Aujourd'hui, sous la pression des miliciens qu'il a utilisés pour faire la guerre au régime de Laurent Gbagbo, il ne sait pas où donner de la tête.

En principe il ne devrait pas avoir de problème. S'il est venu avec des emplois, il n'y a rien de plus aisé que d'en donner pour permanemment caser tous ces jeunes à qui on a promis au minimum une situation stable pour les inciter à prendre les armes. Ou s'il est venu avec les pluies de milliards, pourquoi ne pas libérer ces "guerriers" en leur donnant le pécule promis en échange des armes qu'ils gardent par devers eux ?

Dramane Ouattara n'a pas de solution, même la solution à ses propres promesses devenues problèmes. Son ministre délégué à la défense monsieur Paul Koffi Koffi parle d'encaserner au bas mot 40.000 jeunes dans une sorte d'"armée de réserve". Il les appelle tantôt les "associés" tantôt les "assimilés" et il dit d'eux qu'« ils ne seront plus militaires, mais seront sous un commandement militaire. Il n'est pas question qu'ils soient engagés et embauchés par l'armée. Il faut que cela soit clair (...) on sait qu'ils ont des armes. Nous allons voir dans quelle mesure il faut récupérer ces armes dès qu'ils entrent en caserne ».

Dans cette déclaration qui pue la naïveté subtile de son auteur, on voit que le gouvernement de Dramane évite soigneusement de nous dire qu'il est en train de se doter d'une milice personnelle. Ce n'est pas parce qu'elle sera appelée "armée de réserve" qu'elle sera moins paysanne, moins ethnique et moins délinquante. Dans ce pays, on a toujours considéré que les jeunes qui se sont constitués spontanément en mouvement d'auto-défense étaient des miliciens de Gbagbo. Sur quelle base Dramane Ouattara pense-t-il ne pas faire pire en créant une "armée de réserve" essentiellement composée de ses partisans, lui qui a "monocolorisé" le parlement d'une nation qui compte au moins 60 ethnies ?

 

Joseph Marat


Source: Le blog de Joseph Marat

vendredi, 27 janvier 2012

VISITE D'ALASSANE OUATTARA A PARIS: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT NICOLAS SARKOZY


KONE KATINA JUSTIN 2.jpg

La visite d'Alassane Ouattara en France, ce mercredi 25 janvier, pour quatre jours est une occasion pour la France de se poser  - et de lui poser, les vraies questions concernant la situation en Côte d'Ivoire.

Alors qu'il semble prévu, lors de cette visite, de « saluer les progrès faits par la Côte d'Ivoire depuis le départ du Président Gbagbo », nous invitons le Président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, le Ministre des Affaires étrangères et européennes Alain Juppé, le Président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer, le Président du Sénat Jean-Pierre Bel, et la Présidente du MEDEF Laurence Parisot, à aborder les vrais sujets suivants :

1. Processus de réconciliation nationale

Alors que le pays est toujours divisé par le résultat d'élections présidentielles que nous continuons de contester (et pour lesquelles nous attendons toujours un recomptage des voix, qui nous a été refusé par les instances internationales contre toute logique de droit et de fait), rien dans l'action d'Alassane Ouattara n'a favorisé la réconciliation d'un pays divisé en deux. Au contraire, la sécurité de son régime est assurée, avec l'assistance de l'armée française, par des chefs de guerre qui depuis 2002 , vivent en marge de l'Etat et l'état de droit et que toutes les ONG reconnaissent comme étant à la fois, les auteurs des  crimes contre  l'humanité comme ceux de Duékoué et qui se sont enrichis au détriment de l'Etat de Côte d'Ivoire grâce aux trafics illégaux  du cacao et du diamant.  Et depuis le renversement du Président GBAGBO, la situation sécuritaire n'a malheureusement pas changé, la population continuant à être terrorisée par les chefs de guerre.  Les tensions ne  font donc que s'exacerber.

Le transfèrement illégal du Président Laurent Gbagbo le 29 novembre dernier approuvé par le Gouvernement  OUATTARA, qui fait suite à sa détention illégale et arbitraire, a été effectué  à un peu plus d'une semaine des élections législatives en Côte d'Ivoire du 11 décembre 2011. Nous sommes donc en présence d'une manœuvre politique qui a tente de mettre à l'écart l'un des acteurs clés de la vie politique ivoirienne, père du multipartisme et de la démocratie en COTE D'IVOIRE, fondateur du FPI et initiateur de la plate-forme CNRD-FPI.

Cela a eu pour résultat de renforcer encore les exactions dont sont régulièrement victimes les sympathisants et partisans du Front Populaire Ivoirien/CNRD (FPI). Ainsi, le 21 janvier dernier, un partisan du FPI est mort et beaucoup ont été blessés lors d'une attaque à coups de pierres et armes blanches, menée par des partisans du Gouvernement contre un rassemblement de ce parti. Ces  violences ont été condamnées fermement par les Etats-Unis et par la Convention de la Société Civile ivoirienne (CSCI), qui ont appelé au « dialogue ». La France s'est tue. Mais nous voulons croire qu'elle attendait cette visite officielle pour exprimer sa position.

2. Mise en œuvre du processus démocratique dans le pays

Les élections législatives du 11 décembre dernier ont montré à quel point la démocratie en Côte d'Ivoire était sortie affaiblie. Ce scrutin, boycotté par les partis proches du Président Laurent GBAGBO - donc par la principale force d'opposition en Côte d'Ivoire, enregistre, avec moins de 15%, le plus faible taux de participation jamais connu en Côte d'Ivoire. Les résultats ne sont donc pas représentatifs puisque moins de 8% du corps électoral dans son ensemble a voté pour Alassane Ouattara.

Les Ivoiriens ont exprimé, par leur abstention, le fait qu'ils n'étaient pas dupes : ils demandent un vrai débat politique et démocratique et rappellent que, dans  l'état actuel de la crise ivoirienne, la normalisation de la vie politique ne peut se faire sans le Président GBAGBO.

3. Situation des exilés, des déplacés de guerre à l'intérieur du pays, des exilés et des Etudiants

Selon le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), il reste aujourd'hui quelque 500 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays qui ont été pillés et chassées de leurs maisons par les forces de Alassane OUATTARA. Un chiffre auquel il faudrait ajouter près de 2 500 000 réfugiés ivoiriens dans les pays voisins. Soit près de trois millions d'Ivoiriens qui ne peuvent participer à la vie démocratique dans leur pays.

N'était-il pas plus urgent de faciliter et d'accompagner leur retour, plutôt que d'organiser des élections législatives auxquelles plus de trois millions de citoyens ne pouvaient physiquement participer compte tenu des conditions précaires de sécurité ?

N'aurait il pas mieux valu allouer les dépenses liées à cette parodie d'élection à la réouverture des universités ivoiriennes dont la fermeture  décidée par Alassane OUATTARA, prive ainsi les étudiants et la société ivoiriens de toute perspective d'avenir ?

En conclusion, nous appelons  le Président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, le Président de l'Assemblée Nationale Bernard Accoyer, le Président du Sénat Jean-Pierre Bel, et la Présidente du MEDEF Laurence Parisot à faire passer la promotion de la paix, de la stabilité et de la démocratie en Côte d'Ivoire, au-dessus de considérations financières et commerciales qui au fond ne servent ni les intérêts de la FRANCE ni ceux de la COTE D'IVOIRE.

Nous les invitons donc à demander, lors de leur rencontre avec Alassane Ouattara, des engagements fermes pour que soit lancé un véritable processus de réconciliation nationale qui suppose que soit immédiatement engagées  des discussions avec le Président Laurent GBAGBO.
L'avenir de la Côte d'Ivoire,  plus que jamais incertain, est à ce prix.

Ampliation:


Au Premier ministre François Fillon, au Ministre des Affaires étrangères et européennes Alain Juppé, au Président de l'Assemblée Nationale, Bernard Accoyer, au Président du Sénat Jean-Pierre Bel, et la Présidente du MEDEF Laurence Parisot.



Le Ministre Koné Katinan Justin,
Porte-parole du Président Laurent Gbagbo

DRAMANE OU LE PERIL DE L'ETHNOCENTRISME

ALASSANE OUATTARA 30.jpg

Répondant aux griefs ethnocentriques reprochés à son régime, Dramane Ouattara a fait la déclaration suivante : « Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo les communautés du Nord, soit 40% de la population était exclue des postes de responsabilité... ». Quand le premier responsable d'un Etat ouvre ainsi clairement le débat sur les clivages ethniques, peut-on encore reprocher à sa population de s'y engouffrer?

Sans entrer dans la véracité de ses propos, on ne peut pas s'empêcher d'avoir honte d'être le sujet d'un dirigeant aux propos aussi controversants. Ce Monsieur a dit dans les mêmes circonstances que c'est parce qu'il est nordiste qu'on ne voulait pas qu'il soit candidat. Cela nous a coûté plus de 20 ans d'instabilité. Parce que les gens du nord se sont effectivement mis dans la tête qu'ils étaient exclus. Nous avions pensé à la boutade d'un homme aveuglé par une ambition démesurée. Nous étions loin de croire que cela était l'expression d'un calcul minutieux pour l'application d'une politique ethniciste qui n'aura rien à envier au nazisme.

L'idéologie nazie n'était rien d'autre que la promotion d'une race sur les autres. Ce que cette idéologie, tirée des tréfonds des théories sur la supériorité de la race aryenne, a produit en Europe est encore vivace dans la mémoire collective de notre humanité. C'est pour tourner le dos définitivement aux affres de la barbarie hitlérienne qu'il est recommandé de défendre en priorité les valeurs universelles d'humanité avant celles très basses de la race et de l'ethnie. C'est au nom de ces valeurs qui révèlent la profondeur des grands hommes qu'on a combattu le colonialisme, le nazisme, l'apartheid et toutes les formes d'impérialisme.

Et c'est pour ne plus regarder dans le rétroviseur de notre bestialité que partout dans le monde, les organes de régulations de la presse traquent tous les propos à caractère raciste et ethnique. Sans entrer dans la véracité de ce que Dramane Ouattara dit et qu'aucun responsable politique n'a jamais dit en Côte d'Ivoire, je voudrais savoir de quel droit les gens du Nord devrait être représentés à plus de 40% dans l'administration d'un Etat qui compte 60 ethnies ? Où serait aujourd'hui la Côte d'ivoire, ou bien où allons-nous si chaque leader politique devrait faire du rééquilibrage ou du rattrapage en fonction de son ethnie ?



Joseph Marat

 

Source: LE DEPECHE D'ABIDJAN

UNE COTE D'IVOIRE SANS COMPASSION NI DEMOCRATIE


ALASSANE OUATTARA 4.jpg

« La nouvelle Côte d'Ivoire », un refrain que nous avons entendu à moult reprises depuis la tristement mémorable date de la sanglante transition du 11 avril 2011. Nous avions espéré qu'après l'immense traumatisme causé, à cette occasion, au peuple ivoirien, cette « nouvelle Côte d'Ivoire » nous présenterait un visage moins hideux. Hélas, sa laideur historique (de mémoire d'Ivoiriens), ses rides affreuses et la cruauté de ses yeux injectés de sang ainsi que ses crocs insatiables de notre chair ne se sont pas adoucis ni revêtus d'un peu d'angélisme.

C'est, en effet, avec consternation que nous apprenons, ces dernières semaines, la dégénérescence de la santé de nos frères ivoiriens tombés sous le coup des sanctions et des mesures répressives du pouvoir Ouattara, pour le seul crime d'avoir été proches du président Laurent Gbagbo ou d'avoir travaillé sous sa gouvernance, au moment où Alassane Ouattara, du haut de son piédestal de l'Hôtel du Golfe, décrétait un arrêt de travail général pour asphyxier non pas un « adversaire » mais un « ennemi » politique, appelant et applaudissant au passage l'embargo meurtrier de l'Union Européenne contre la Côte d'Ivoire.


Ainsi, plus de 400 personnalités de la république, cadres, sympathisants de La Majorité Présidentielle (LMP), militants du FPI, militaires de divers rangs et journalistes ont vu leurs comptes mis sous scellé et leurs avoirs gelés. Au nombre de ceux-ci, l'illustre Ministre d'Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, grand serviteur de l'Etat de Côte d'Ivoire, père du « budget sécurisé » et du « budget de sauvegarde », mort en exil, le mercredi 11 janvier 2012, à l'hôpital Hadassad Ein-Kerem de Jérusalem en Israël. On le savait très malade, souffrant d'une grave insuffisance rénale et ayant ses avoirs gelés.


Ne serait-ce qu'au nom de l'humanité qui nous lie et qui nous différencie des animaux, et qui démarque la société des hommes de la jungle, le gouvernement ivoirien ou même le chef de l'Etat, d'autorité, n'aurait-il pas pu faire une exception pour sauver celui qui a servi avec abnégation son pays et qui n'était d'ailleurs pas un acteur de premier plan de la crise postélectorale ? Pourquoi l'avoir contraint à manquer de soins et à dégrader ainsi irrémédiablement son état de santé au point d'en arriver à avoir urgemment besoin d'une greffe de reins ?


Pour pousser l'inhumanité à son extrême, le quotidien pro-Ouattara, Le Nouveau Réveil, croyant tenir un scoop et apporter un démenti aux allégations d'indigence sanitaire du Ministre d'Etat Paul-Antoine Bohoun Bouabré, barre à sa Une N° 2993 du jeudi 19 janvier 2012 : « Bohoun soigné dans l'hôpital le plus cher au monde et pendant 9 mois, il payait ses soins », avec en prime un véritable reportage sur l'hôpital israélien titré : « Tout sur le prestigieux centre médical Hadassa de Jérusalem ». Jouissance malsaine ! Jouissance impie ! Que gagne le pouvoir Ouattara à exposer ainsi un mort et à le poursuivre outre-tombe ?

UNE N° 2993 LE NOUVEAU REVEIL.jpg

Curieusement, quand dans nos investigations, nous avons cherché à lire le fameux article qui relatait tous ces faits et intitulé « Le régime Ouattara accusé pour rien : Bohoun Bouabré soigné durant 9 mois dans un hôpital de classe mondiale », plus aucune trace du papier. Le lien http://news.abidjan.net/h/423405.html, où était antérieurement logé le brûlot, affiche en anglais : « The page cannot be found ». En clair, « Page introuvable » ! Moralité de l'affaire, cet article n'est qu'un ramassis de mensonges grotesques. Sinon, pourquoi l'aurait-on retiré du Net ? Etait-il compromettant pour ses auteurs ? Etalait-il leur manque de professionnalisme et leur insensibilité déroutante ? Auraient-ils été soudainement saisis d'une tardive compassion humaine ou d'une subite résurgence d'humanité ? Il faudra le leur demander. Toujours est-il que le fameux article n'est plus en ligne.

Au demeurant, il ne doit pas être étonnant ni constituer un crime de lèse-majesté qu'un serviteur de l'Etat du rang de Paul-Antoine Bohoun Bouabré ait quelques amitiés et relations dans le monde, aux plus hauts niveaux. Aurait-il fallu, pour faire plaisir à Ouattara et à son régime en pleine dérive tyrannique, qu'il n'en usât pas une ultime fois, dans l'espoir de sauver sa vie et ne pas être ainsi prématurément arraché à l'affection profonde des siens ? Bien curieuse philosophie de la vie, tout de même !

Bohoun Bouabré aura tout tenté pour avoir la vie sauve. « Après la chute de Laurent Gbagbo, il avait dépêché des émissaires auprès du nouveau pouvoir d'Alassane Ouattara pour négocier le dégel de ses avoirs ou, à défaut, obtenir une prise en charge de l'Etat. Mais, cette demande lui avait été refusée », nous rapportait le site du journal d'actualité en continu, Jeune Afrique, le mercredi 11 janvier 2012, le jour même de son décès. Le nouveau régime ivoirien sombre dans la méchanceté aveugle et l'injustice vengeresse. Qui pourra l'arrêter ? La compassion naturelle a quitté la terre d'Eburnie. Requiem pour la Côte d'Ivoire fraternelle, où il faisait bon vivre même en temps de crise ! Haro sur une « Côte d'Ivoire nouvelle », sans âme !

Au-delà du cas retentissant qu'est celui du Ministre d'Etat Bohoun Bouabré, ce sont des centaines d'ivoiriens qui meurent en exil et dans notre pays, dans des camps de réfugiés ou de déplacés, dans des départements et régions pillés, dévastés, déshérités pour cause de guerre comme l'Ouest de la Côte d'ivoire, en silence, dans l'anonymat le plus complet et dans l'indifférence absolue d'Alassane Ouattara et son régime. Les vivants, grands malades en sursis ou illustres inconnus sinistrés de la guerre, sont en train de mourir sans que le gouvernement ivoirien ne s'en sente concerné ou ne s'en préoccupe, outre mesure. Simplement parce que leurs comptes ou ceux de leurs proches sont mis sous scellés et qu'ils ne peuvent plus faire fasse à leurs responsabilités familiales et sociales. Quand on sait qu'en Afrique, le cadre du village nourrit des dizaines de personnes et en scolarise ou prend en charge bon nombre d'autres, on imagine aisément la détresse et le désastre que vivent ces 400 personnes aux avoirs gelés et leurs familles. Alassane Ouattara n'en a cure. Une telle cruauté ne s'est jamais vue en Côte d'Ivoire, de mémoire d'ivoiriens. Aucun ivoirien n'en a jamais été capable.

AWA EHOURA 2.jpg

Nous avons actuellement, pendant sur le bras, les cas de l'animateur de Radio Côte d'Ivoire, Paul Dokui, malade et luttant contre la mort au Ghana, de la brillante présentatrice du 20h de la RTI, Awa Ehoura Tabitha, dont les avoirs ont été gelés, qui a été mise en chômage technique et qui n'arrive plus à se soigner convenablement (pour la grande diabétique qu'elle est), et dans une moindre mesure, de l'ancien directeur de Radio Côte d'Ivoire, le journaliste Eloi Oulaï, heureusement entouré par des amis médecins. Tous les trois ont vu leurs comptes mis sous scellé. La journaliste Awa Ehoura a récemment lancé un véritable SOS : « Qu'on débloque mon compte pour que je me soigne ». C'est finalement sous le poids moral de toute la mobilisation que les Ivoiriens ont mise en branle pour secourir la journaliste que les autorités judiciaires s'exécuteront. Le samedi 21 janvier 2012. Près d'une année après la décision scélérate. Qu'en est-il des 400 autres cas ? Pour l'heure, c'est le statu quo absolu.

Quant à la démocratie, nous en faisons tout bonnement le deuil sous le régime Ouattara. Car comment comprendre qu'on fasse le tour du monde pour annoncer que la paix est revenue, que la démocratie est de retour, que l'état de droit est restauré et que la Côte d'Ivoire s'est retrouvée, et continuer de brider de la sorte l'opposition et la museler ?

Pour preuve, la cérémonie de présentation officielle du livre-témoignage de Charles Blé Goudé, « Côte d'Ivoire, traquenard électoral », prévue pour se tenir le mercredi 18 janvier 2012, au Baron de Yopougon et annoncée longtemps à l'avance, s'est achevée dans la plus grande confusion : un commando des FRCI, sous les ordres du lieutenant Seydou Traoré, s'est présenté aux portes de la salle avec pour instruction de prendre Martial Yavo, le président intérimaire du COJEP (Congrès Panafricain des Jeunes et des Patriotes de Charles Blé Goudé). Un tel ordre de mission n'étant pas du goût des participants à la rencontre, les membres du COJEP présents se constituent en bouclier humain pour faire échec au commando. Le commissaire Lézou du 16ème arrondissement de Yopougon, venu à la rescousse de l'escouade, instruit l'intervenant du jour de ne pas tenir de propos « subversifs ». Qu'appelle-t-il propos subversifs ? Relater des faits dont tous les ivoiriens ont été témoins, fin 2010 et début 2011 ? Au final, le désordre s'étant installé, l'organisateur principal (Martial Yavo) et l'intervenant du jour (Dr Augustin Guéhoun) ayant été exfiltrés, la cérémonie de dédicace du livre « Côte d'ivoire, traquenard électoral » n'a pu se tenir. La Côte d'Ivoire est en pleine anti-démocratie. Un régime stalinien n'aurait pas mieux fait.

MEETING FPI 6.jpg

Un militant du FPI blessé par balle et gisant sur le podium du meeting


Que dire alors du meeting de rentrée politique du FPI, soutenu par le CNRD, à Yopougon place Ficgayo, le samedi 21 janvier 2012, qui avait recueilli tous les accords de façade des autorités ivoiriennes et qui s'est brutalement achevé dans le sang, par la faute des partisans de Ouattara, incorrigibles adeptes de la violence et du crime, payés et envoyés en mission punitive encadrée contre le FPI ? Une manifestation pacifique qui s'est soldée par au moins 2 morts et 67 blessés dont des cas graves. Quand est-ce qu'un meeting du RDR, ou même de l'opposition dans sa globalité, a subi pareille incursion, sous Gbagbo ? La presse proche de Ouattara, pour justifier l'injustifiable, reproche aux leaders du FPI d'avoir tenu des propos incendiaires et provocateurs (qui restent d'ailleurs à prouver). Loin de nous l'idée de défendre un quelconque propos mais, objectivement, le RDR est-il le mieux placé pour donner des leçons en la matière ? Les premiers spécialistes des propos guerriers et insurrectionnels sous Gbagbo n'étaient-ce pas Alassane Ouattara et Hamed Bakayoko, actuels chef de l'état et ministre de l'intérieur ? Ont-ils été un seul jour inquiétés ? Trois fois non ! De quoi se plaignent donc les militants et journalistes du RDR ?  

Au surplus, pourquoi le régime Ouattara, bien que détenant le pouvoir, est-il si frileux au point de bafouer, avec une telle goujaterie, le droit de réunion et de rassemblement, le droit de penser différemment, le droit d'expression, véritables piliers de la démocratie, jusqu'à se faire condamner par des alliés comme les Etats-Unis et l'ONUCI ? A la vérité, seul un régime d'exception, qui sait ne pas être parvenu au pouvoir par la voie démocratique, peut être aussi épidermique et réactionnaire. Le pouvoir Ouattara voudrait nous révéler, par ce trait psychologique très caractéristique, qu'il n'a pas gagné l'élection présidentielle de 2010 qu'il ne s'y prendrait pas autrement. Il fait preuve d'une frilosité déconcertante et d'une paranoïa que seuls ont les putschistes. C'est, de façon parfaite, le même manque de sérénité qu'on observe chez tous les voleurs et chez tous les usurpateurs. Le régime Ouattara en est-il un ? Ses actes le laissent penser. Vivement, le retour de la compassion et de la démocratie, en terre ivoirienne.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 426 du jeudi 26 janvier 2012.

A LA FAVEUR DE LA VISITE DE SES AVOCATS, DEPUIS ODIENNE, SIMONE GBAGBO PARLE AUX IVOIRIENS: «QUOI QU'ON VOUS FASSE, PARDONNEZ»

 


SIMONE GBAGBO 3.jpg

Arrêtée en même temps que son époux le président Laurent Gbagbo, Simone Ehivet Gbagbo est détenue à Odienné depuis le 12 avril dernier, dans la résidence de l'ex-chancelier où elle passe ses journées entre prières et méditation de la Bible, lecture et les films comiques ivoiriens. Aujourd'hui, la présidente du groupe parlementaire Fpi lance un message fort aux Ivoiriens depuis sa prison d'Odienné.

C'est une femme moralement forte, même si depuis près de dix mois elle n'a pas revu ses enfants. La Première Dame Simone Ehivet Gbagbo n'a rien perdu de sa sérénité et de son assurance (...) En ces moments de montée de violences perpétrées par des pro-Ouattara, elle a insisté sur le fait que les Ivoiriens doivent pardonner et ne pas avoir un souci de vengeance.


Simone Gbagbo demande aux Ivoiriens de demeurer dans la prière. «C'est vrai que ça été dur pour vous, mais pardonnez. N'ayez pas un esprit de vengeance quoiqu'on vous fasse subir. Priez pour nous». C'est le message que Simone Gbagbo a adressé aux Ivoiriens, il y a quelques jours et que notre source nous a rapporté. L'ex-président du groupe parlementaire du Fpi a surtout invité les Ivoiriens à ne pas avoir de la rancœur, malgré toutes ces épreuves. Des propos qui interviennent au moment où le Fpi a subi une énième poussée de violence des partisans de Ouattara. Selon notre source, Simone Gbagbo a surtout demandé aux Ivoiriens de prier pour le président Gbagbo, pour elle et son fils Michel, ainsi que pour tous ceux (les prisonniers politiques, Ndlr) qui sont incarcérés en ce moment. Afin qu'ils recouvrent la liberté.


Selon notre source, l'épouse du président Gbagbo a pu surmonter toutes ses épreuves et n'en veut à personne pour tout ce qu'on lui a fait subir. Elle se fait du souci pour son fils Michel dont elle n'a aucune nouvelle depuis sa «déportation» à Odienné. Elle n'a pu communiquer avec ses filles aujourd'hui en exil. Quand à son époux, le président Gbagbo, c'est via les chaînes étrangères qu'elle entend parler de lui, quand ce n'est pas par le biais de son collège d'avocats. Simone Gbagbo croit qu'elle sera libre bientôt, puisqu'elle demeure convaincue de ce qu'ils n'ont rien fait.

Pour ce qui est de son divertissement, elle s'adonne à la marche dans la cour de la résidence, généralement les après-midi pour se dégourdir un peu les jambes. Elle écoute des enseignements bibliques via Cd et affectionne beaucoup les films comiques, en particulier à l'ivoirienne. Elle évite surtout les films d'action.


Frank Toti, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 426 du jeudi 26 janvier 2012.

ENSEIGNEMENT SUPERIEUR EN COTE D'IVOIRE: OUVREZ LES UNIVERSITES!


UNIVERSITE D'ABIDJAN COCODY 3.jpg

Enseignement supérieur en Côte d'Ivoire: Pas d'université fermée !


SYNDICAT NATIONAL DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR
78, rue du Faubourg Saint-Denis
75010 - PARIS
Courriel : sg@snesup.fr

Le Président de la République de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara, est reçu pour une visite d'État en France, du mercredi 25 janvier au samedi 28.

Il y a deux mois, lors de sa visite du 14 et 15 novembre 2011 à Lomé, capitale du Togo, Alassane Ouattara a décidé unilatéralement de fermer les établissements publics ivoiriens d'enseignement supérieur jusqu'en septembre 2012. Dans un contexte post-électoral déjà fort traumatisant pour le secteur de l'Éducation en général, cette décision oriente de fait près de 20000 étudiants vers les établissements privés et les oblige à s'acquitter de 40 % des frais d'inscription en plus.

Des centaines d'élèves, d'étudiants, ont perdu la vie ou ont subi de lourds traumatismes physiques et psychologiques. Les universités d'Abidjan et d'Abobo-Adjamé sont à reconstruire ! Elles ont été pillées et détruites car devenues des camps militaires ! Depuis plus de 9 mois, les travaux de réhabilitation conduisent à la fermeture des universités, laissant une majorité d'étudiants à la rue, livrés à eux-mêmes. Pris au piège par les frais de scolarité exorbitants des établissements privés, la plupart des étudiants se trouvent écartés de leurs études. Tandis que plane le risque d'une « année blanche » à l'université, la situation des enseignants du supérieur est également critique. Dans ce contexte, quel sens donner aux prochaines sessions d'évaluation du Conseil Africain et Malgache pour l'Enseignement Supérieur (CAMES) alors que les évaluables ne dispensent plus de cours et que leurs laboratoires de recherche ne sont plus accessibles?

UNIVERSITE D'ABIDJAN COCODY 4.jpg

Depuis les années 60, tandis que l'Éducation pré-bac était placée comme une priorité nationale, le développement de l'enseignement supérieur reste sous le contrôle du financement des principaux bailleurs de fonds, dont le FMI. Le contexte de crise que traverse le pays accélère le train de réformes néolibérales contre les universités publiques et la contestation du pouvoir en place.

Après une avalanche de réformes sur les salaires à double vitesse dans l'enseignement secondaire, l'âge de départ à la retraite qui passe de 55 ans à 60 ans dans un pays où l'espérance de vie est de 55 ans, la suppression des cars de ramassage des étudiants, la suppression des internats...., cette décision de fermeture des universités, pour une année entière, risque de sacrifier un nombre considérable de bacheliers, d'étudiants et de chercheurs, et, par conséquent, menace d'hypothéquer l'avenir.

Former une jeunesse qualifiée plus nombreuse est une urgence. Elle passe par l'accès et la réussite de la jeunesse au sein de l'enseignement supérieur et de la recherche publics dont la pérennisation et le développement doivent être une priorité.

Le SNESUP soutient l'ensemble du peuple de Côte d'Ivoire dans la difficile épreuve de reconstruction du pays qu'il traverse et appelle à la solidarité avec les collègues enseignants et chercheurs. A l'occasion de sa visite en France, Le SNESUP demande au Président Ouattara que soient libérés les universitaires ivoiriens emprisonnés sans jugement et la mise en place des conditions permettant le retour rapide et en toute sécurité de ceux contraints à l'exil.

Le SNESUP, au travers de véritables coopérations, encourage le renforcement d'un système d'enseignement supérieur et de recherche publics en Côte d'Ivoire.


Paris, le 25 janvier 2012


Source : INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

SCANDALE HUMANITAIRE A PARIS: DEUX VICTIMES AU PS!


JEAN-PIERRE BEL.jpg

Jean-Pierre Bel, Président socialiste du Sénat français

 

Quand Jean-Pierre Bel et Bertrand Delanoë organisent la réception d'Alassane Ouattara, responsable de crimes de guerre, au Sénat et à la Mairie de Paris.


Que Sarkozy reçoive Ouattara (et ses collaborateurs français et africains) c'est dans l'ordre des choses : liés de longue date, le premier a provoqué un coup d'Etat franco onusien en avril dernier, pour mettre le second au pouvoir, devenu le relais françafricain par excellence ; le retour à l'ordre colonial, malgré la présence de l'armée française et de nombreux coopérants civils et militaires, se fait dans le sang !

Les responsables socialistes savent il réellement qui est Ouattara ? On peut en douter- et on peut espérer que s'ils étaient réellement informés,  petits fours et champagne  soient immédiatement annulés ! Quel responsable de gauche, juste avant les élections, peut se permettre de recevoir un responsable de crimes de guerre, passibles des tribunaux français, internationaux et de la CPI ? A défaut d'éthique, que nos amis socialistes pensent aux centaines de milliers de voix perdues, à s'aligner aveuglement sur les interventions militaires sarkozystes...

L'alliance Ouattara - Soro (son « chef de guerre ») se poursuit depuis 2002, date d'un coup d'Etat manqué , favorisé par la droite française ; on estime à plusieurs milliers de  civils les victimes causées par la violence de la rébellion ouattariste au Nord de la Côte d'ivoire de 2002 à 2010.

Le chiffre souvent cité par M. Ouattara - 3000 victimes de la crise électorale entre décembre 2010 et avril 2011 - omet un élément important: les 2/3 au moins de ces victimes ont été massacrés par ses milices et  ses  partisans !

BERTRAND DELANOE.jpg

Bertrand Delanoë

D'après la Croix Rouge et Amnesty, le crime de guerre ou de génocide de Duékoué - 800 civils hommes, femmes et enfants de cette ville de l'Ouest ivoirien assassinés en 24h, est le fait des FRCI du bon docteur Ouattara.

Mais qui sait à Paris qu'après l'arrestation par les forces spéciales françaises du président Laurent Gbagbo - le 11 Avril 2011- que pendant les trois mois consécutifs, c'est entre 3.000 et 5.000 victimes civiles que déplore le peuple ivoirien ? Tous ont été causés par l'armée de Ouattara, sous sa responsabilité politique ! Les peuples bété, attié, et guéré ont été décimés par cette politique ethnogénocidaire - alors que 300.000 habitants de l'Ouest ont du s'enfuir au Libéria, sous peine de mort. Et aujourd'hui, la violence politique continue, chaque jour, en Côte d'Ivoire...

Que nos brillants élus socialistes, à l'heure des inculpations et de la recherche des complicités ne viennent pas dire : « Nous ne savions pas... ». Toutes ces données sont publiques, même si les médias de droite ou la propagande Ouattariste (y a-t-il vraiment une différence ?) les refusent  avec obstination.

Pendant cette « visite d'Etat », en vous attablant avec des négationnistes sanglants, bon appétit, Messieurs !

Mais peut être que, comme l'argent, le sang n'a pas d'odeur...


Michel Galy, Politolgue, Paris.

DECLARATION DE LA DIRECTION DE L'AIRD SUITE AUX PROPOS DU CHEF DE L'ETAT


AIRD.jpg

En prélude à sa visite d'état en France, le Chef de l'Etat a accordé diverses interviews à la presse française. Répondant à une question d'un journaliste concernant les nominations à des postes clefs qui font la part belle aux ressortissants du Nord, le président Alassane Ouattara a répondu qu'il "s'agit d'un simple rattrapage" ajoutant que "sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population, étaient exclues des postes de responsabilité".

La direction de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), ayant toujours considéré que les compatriotes appelés à des postes de responsabilité l'ont été sur la base de leurs compétences avérées et de l'intérêt du pays, s'étonne de cette déclaration du chef de l'Etat, pourtant garant de la Constitution, de l'unité nationale, de la paix et de la cohésion.


En raison du caractère attentatoire à l'unité nationale d'une telle politique, l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD), élève une vive protestation contre ces choix de gouvernance qui hypothèquent la réconciliation nationale, la justice sociale et la paix. L'AIRD s'élève également contre la référence excessive à la religion et à l'ethnie qui est un risque d'exacerbation de la fracture sociale.


Au demeurant, l'AIRD ne saurait s'offusquer que des cadres, fussent-ils issus d'une même région, puissent être appelés à des missions de haut niveau parce qu'ils en présentent le meilleur profil, créant ainsi l'émulation à l'excellence, et non sur les considérations d'un rattrapage ethnique ou religieux.


Parce qu'une telle politique est une grave atteinte aux valeurs républicaines et citoyennes dont la non-observation nous a valu une longue crise née de préoccupations ethno-religieuses, ayant entraîné les pires souffrances aux Ivoiriens, la direction de l'AIRD invite le gouvernement à un changement de cap afin que ne soient valorisées que les valeurs de probité, de rigueur et de compétence.


Fait à Abidjan, le 26 Janvier 2012


La Direction de l'Aird.

jeudi, 26 janvier 2012

AFFAIRE «SANS LA FRANCE, IL Y AURAIT EU UN GENOCIDE EN COTE D'IVOIRE»


ALASSANE OUATTARA 31.jpg

A la stupéfaction de tous ceux qui connaissent bien l'histoire récente de la Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara en visite d'Etat en France a pondu l'énormité suivante, au premier jour de sa visite, le mercredi 25 janvier 2012 : « Sans la France, il y aurait eu en Côte d'Ivoire un génocide pire que celui du Rwanda ». Théophile Kouamouo apporte, ici, une réplique à ceux qui épousent cette thèse révisionniste.

"Je voudrais rappeler à ceux qui prétendent que sans la France il y aurait eu un génocide en Côte d'Ivoire que le seul génocide connu de l'Afrique contemporaine est celui du Rwanda. L'armée française était là. Les graves massacres coloniaux du Cameroun se sont déroulés en présence de l'armée française, qui les supervisait d'ailleurs. Mongo Beti parlait à ce sujet de « la malédiction du bain de sang » de la France en Afrique.

Rappelons aussi que les pires massacres de la Côte d'Ivoire contemporaine ont eu lieu à Duékoué, à deux pas du camp de l'ONUCI. Ne racontons pas n'importe quoi pour alimenter notre haine de nous mêmes".



Théophile Kouamouo, sur sa page Facebook

AH, LES MENSONGES D'ALASSANE OUATTARA!


ALASSANE OUATTARA 29.jpg

La visite d'Alassane Ouattara en France lui ouvre un boulevard pour débiter un tonnage impressionnant de contrevérités! Morceau choisi: "Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité". Et pourtant, sous Gbagbo: Soro Guillaume: Premier ministre, Mamadou Koulibaly: Président de l'Assemblée Nationale, Laurent Dona Fologo: Président du Conseil Economique et Social, Youssouf Koné: Grand Chancelier de l'Ordre National, Youssouf Bakayoko: Président de la Commission Electorale Indépendante (CEI), Koné Adama, Directeur Général Adjoint du Trésor et de la Comptabilité Publique (de 2001 à 2010), Issa Malick Coulibaly: Directeur de cabinet adjoint et Directeur adjoint du Protocole de la Présidence, Koné Boubacar: Directeur du Protocole d'Etat, de nombreux ministres (tous du Nord), et des milliers d'autres à tous les niveaux de responsabilités en Côte d'Ivoire, sous Gbagbo. A quoi bon mentir ainsi, piteusement, et se rabaisser d'autant?

FRCI 21.jpg

Alassane Ouattara confirme le caractère tribal de son régime


ALASSANE OUATTARA 30.jpg

En exclusivité pour L'Express, le chef de l'Etat ivoirien en visite en France ce mercredi (25 janvier 2012) répond point par point aux griefs que suscite son action.


La nomination de nordistes aux postes clefs
Côte d'Ivoire- Ouattara veut -protéger les minorités- - L'EXPRESS.png

"Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN, flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus ; il y a 12 % de nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher."

Et dire que Ouattara se présente comme un démocrate et un républicain. Qu'elle honte !


Source: Le blog de Mohamed Radwan

mercredi, 25 janvier 2012

COTE D'IVOIRE - DROIT HUMANITAIRE: LES AVOIRS ET COMPTES D'AWA EHOURA DEBLOQUES

 

 

Les nouvelles sont bonnes. Très bonnes même. La présentatrice de la RTI, Awa Ehoura Tabitha peut désormais disposer de ses ressources et effectuer des opérations sur son compte bancaire. Les autorités ont pris la décision samedi dernier, l'intéressée ne l'a apprise que lundi. Le parquet d'Abidjan a dégélé ses comptes. L'information est de taille et à saluer. D'autant la journaliste, en chômage technique et souffrant de diabète n'avait plus les moyens nécessaires et suffisants pour faire face aux dépenses liées à son traitement. Du fait du gel de ses avoirs. Son état de détresse révélé par les réseaux sociaux puis repris par la presse nationale a ému plus d'un. Les Ivoiriens, les Africains, les organisations internationales de défense de la Liberté de la presse se sont mobilisés pour porter assistance et soutien moral, matériel et financier à Awa Ehoura.

L'annonce du dégel de son compte bancaire et la mise à sa disposition de ses avoirs par le pouvoir viennent lui apporter un bol d'oxygène.

Cerise sur le gâteau, elle bénéficie depuis lundi et à nouveau, des services de la mutuelle des agents de la RTI. Elle en avait été exclue.

On peut le dire, l'année 2012 commence seulement maintenant pour Awa Ehoura Tabitha.


Fernand Tagro

Merci encore une fois à Steve Beko et à tout le groupe ACC

CPI - COTE D'IVOIRE: POUR UN EXAMEN DE L'ACTION DE L'OPERATION FRANÇAISE LICORNE


FORCE LICORNE.jpg


Communiqué de Survie, le 24 janvier 2012

Le 3 octobre 2011, les juges de la troisième Chambre préliminaire de la Cour Pénale Internationale ont autorisé le Procureur à ouvrir une enquête sur les événements consécutifs à l'élection présidentielle ivoirienne de 2010. Les juges ont aussi demandé que leur soit transmise « toute information supplémentaire à sa disposition sur des crimes qui pourraient relever potentiellement de la compétence de la Cour et qui auraient été commis entre 2002 et 2010 » [1]. Cette demande ouvre la possibilité d'un examen de l'action de la force française Licorne par une juridiction internationale.

L'association Survie transmettra prochainement un dossier au bureau du Procureur sur les exactions de l'armée française durant les désastreuses journées de novembre 2004. Dans cette perspective, toute information sur ces faits peut lui être transmise [2].


Membre de la Coalition Française pour la Cour Pénale Internationale (CFCPI), Survie s'est mobilisée pour la création de cet outil juridique, auquel nombre de personnalités politiques et militaires françaises étaient réticentes. Elle est souvent dépeinte comme une cour « pour juger les Africains » et comme un outil politique aux mains des grandes puissances, pour juger les leaders africains. En effet, les 7 situations ayant donné lieu à des enquêtes de la CPI se limitent à des pays d'Afrique et les 27 mandats d'arrêt et citations à comparaître délivrées jusqu'ici concernent exclusivement des Africains. Il faut saisir les opportunités pour qu'il en soit autrement et que la Cour exerce un contre-pouvoir sans soupçon de discrimination.


Une place particulière est laissée aux ONG dans le fonctionnement de la Cour. Contrairement à une idée très répandue, il n'est pas possible, pour une ONG de saisir ou de porter plainte devant la CPI. Le statut de Rome permet, en revanche, à une association comme Survie, de soumettre au Procureur des informations sur des faits relevant de la compétence de la Cour [3]. Sur la base des éléments transmis, il peut enquêter sur les faits concernés. Dans le cas contraire, le Procureur doit en aviser la source des informations [4], le plus souvent en argumentant.

Fichier:International Criminal Court logo.svg

Les éléments que Survie compte transmettre au Procureur de la CPI concernent un moment clé de la crise ivoirienne. Début novembre 2004, l'armée ivoirienne lance une offensive sur le nord du pays, sous le contrôle depuis deux ans d'une rébellion. Au cours de cette offensive, essentiellement aérienne, neuf soldats français de la force Licorne et un civil américain trouvent la mort dans un bombardement, le 6 novembre. Dès lors, c'est l'escalade : neutralisation des moyens militaires aériens ivoiriens et prise de contrôle de l'aéroport d'Abidjan par l'armée française, importantes manifestations contre l'armée française et exactions contre des expatriés. La prise de contrôle d'Abidjan par la force Licorne fera, en l'espace de quatre jours, plusieurs dizaines de morts ! parmi les civils ivoiriens. Les affrontements les plus importants ont eu lieu à l'aéroport d'Abidjan, devant la base militaire française de Port-Bouët, au niveau des ponts qui enjambent la lagune Ébrié, autour de l'hôtel Ivoire, mais aussi dans l'intérieur du pays, notamment à Duékoué.

Si le bilan chiffré - entre une vingtaine et une soixantaine de morts - de ces « quatre jours de feu » [5] de l'armée française reste sujet à controverse, les documents disponibles pour examiner les exactions commises ne manquent pas : un rapport [6] d'assistance fournie par l'Etat sud-africain à l'Etat de Côte d'Ivoire, deux reportages [7] diffusés par Canal Plus, articles d'enquête du Canard Enchaîné, une enquête [8] d'Amnesty International. Et les multiples contradictions relevées dans les déclarations successives du Ministère de la Défense français ! Les documents montrent en particulier les moyens disproportionnés employés par l'armée française face aux manifestants ivoiriens.


Malgré les demandes ivoiriennes, malgré les demandes de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme, de la Ligue des Droits de l'Homme [9] et d'Amnesty International, malgré quatre propositions de résolution [10] visant à créer une commission d'enquête parlementaire, les autorités françaises sont restées sourdes aux demandes d'éclaircissements sur l! 'intervention française en Côte d'Ivoire. Interpellé par Amnesty International, le ministère de la Défense français avait répondu que le gouvernement ne demanderait pas de lui-même une enquête internationale indépendante, mais qu'il était disposé à collaborer si une telle enquête voyait le jour. Une enquête de la CPI pourrait être l'occasion de concrétiser enfin cette bonne foi.


Avec la reconnaissance de la compétence de la CPI en Côte d'Ivoire par Laurent Gbagbo, puis par Alassane Ouattara, la Cour pourrait donc être saisie de ces faits, si le procureur estime qu'il y a « une base raisonnable pour ouvrir une enquête ».


Au soir du 10 novembre, au cours d'un entretien télévisé [11], le premier ministre français, Jean-Pierre Raffarin, résuma sèchement la position française quant à une enquête sur les événements qui venaient de s'enchaîner en Côte d'Ivoire : «  On ne tue pas les soldats français sans que la riposte soit immédiate... ». Par cette démarche auprès du Procureur de la CPI, nous entendons faire prévaloir l'esprit de justice sur la loi du talion. Cette initiative s'inscrit dans la volonté de Survie de mettre fin à l'impunité des crimes commis par l'armée française en Afrique.


 

Les informations transmises devront être le plus étayées possible. Ces informations peuvent évidemment aussi être adressées au Procureur par toute autre organisation qui entame une démarche similaire. Toute personne souhaitant transmettre à Survie des éléments (témoignages oraux, écrits, vidéos, photos, liste de victimes avec coordonnées, etc.) afin d'enrichir le dossier peut le faire :

Par voie postale :
Association Survie
107 boulevard de Magenta
75010 Paris

Par email : dossiercpi@survie.org

Par voie électronique sécurisée (nous contacter sur dossiercpi@survie.org)

En cas de transmission d'éléments, il sera utile de préciser, notamment, les conditions d'anonymat, les moyens pour contacter les témoins éventuels et s'ils seraient prêts à témoigner.

[1] Communiqué de presse de la CPI du 3 octobre 2011, La Chambre préliminaire III de la CPI autorise le Procureur à ouvrir une enquête en Côte d'Ivoire, ICC-CPI-20111003-PR730
[2] Survie ne souhaite pas avoir l'exclusivité d'une telle démarche. Les témoignages peuvent être adressés au Procureur par l'intermédiaire d'autres organisations
[3] Article 15.1 et 15.2 du Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale
[4] Article 15.6
[5] Nom d'un documentaire, cf. infra
[6] Intitulé Rapport d'enquête sur les fusillades survenues en Côte d'Ivoire en novembre 2004
[7] Côte d'Ivoire : Quatre jours de feu, diffusé le 30/11/2004 et Le mardi noir de l'armée française, diffusé le 08/02/2005
[8] AFR 31/005/2006, Affrontements entre forces de maintien de la paix et civils : leçons à tirer, 19/09/2006
[9] Communiqué de presse commun de la FIDH et de la LDH du 30/11/2004
[10] Deux ont été déposées le 01/12/2004, les deux autres les 26/10/2005 et 12/07/2011
[11] Questions ouvertes, France 2, le 10/11/2004. Cet entretien est repris dans les Déclarations Officielles de politique étrangère du bulletin d'actualité du Ministère des Affaires Étrangères français du 15/11/2004

Contact presse :
Stéphanie Dubois de Prisque
chargée de communication

stephanie.duboisdeprisque@survie.org
01 44 61 03 25

LEANDRE SAHIRI: DICTATURE OU TYRANNIE ? ACTUALISER NOTRE LEXIQUE ET ADAPTER NOTRE LANGAGE



ALASSANE OUATTARA 20.jpg


Actualiser notre lexique et adapter notre langage

M. Michel Amani Nguessan, le secrétaire national du FPI, chargé de la sécurité, président du comité d'organisation du meeting du samedi 21 janvier 2012, à la place Ficgayo de Yopougon, a, dans sa conférence de presse du dimanche 22 janvier 2012, au siège du CNRD à Cocody, dénoncé l'attaque contre les militants du FPI. A cette occasion, il a déclaré : « Les parrains de M. Ouattara l'accompagnent dans une dictature. Il faut mettre fin à cela sinon il sera tard » (in L'Inter du 23/01/2012).

Pour ma part, j'estime que, eu égard à la situation qui prévaut actuellement dans notre pays, situation que nous sommes des millions et des millions à subir et à souffrir, il nous faut actualiser notre lexique et adapter notre langage, d'appeler chat un chat. Ainsi, en lieu et place du terme « dictature », parlons dorénavant de : TYRANNIE. Alassane Ouattara est un TYRAN. N'en déplaise à ses « suiveurs », griots et sbires.

Le terme tyrannie vient du grec ancien : τύραννος / týrannos = tyran qui veut dire littéralement : le maître ou le dominateur qui a usurpé (s'est attribué indûment, par la violence) le pouvoir et qui en abuse, avec un entourage plus ou moins restreint qui lui est entièrement dévoué.

Ainsi donc, on appelle tyran tout homme qui, dans une cité ou dans un pays, use de toutes sortes de stratégies ou de stratagèmes, y compris illégalement, pour s'emparer du pouvoir et le conserver par la force, au mépris de la Constitution et des lois. C'est un gouvernant qui, comme dit Voltaire, « ne connaît de lois que son caprice ».

Généralement, dès lors qu'il arrive au pouvoir, le tyran écarte ou élimine les opposants, les élites et les représentants des classes sociales ou des ethnies prétendues hostiles ..., soit en les privant de leurs emplois et de leurs avoirs, soit en s'en débarrassant : ce peut être par l'exil (spontané ou provoqué, volontaire ou involontaire), par la mise en résidence surveillée ou en prison, par la mise à mort (refus de prise en charge médicale, gel des avoirs,  assassinats, attaques diverses...).

Habituellement, les tyrans gouvernent de manière absolue et s'appuient toujours sur une garde personnelle relativement renforcée et instamment renouvelée. Mais, tenez-vous bien ! Cela ne rend pas les tyrans immortels. A preuve, un grand nombre d'entre eux n'ont pas duré au pouvoir et ont péri de mort violente. Si bien que, comme dit Thalès de Millet, « Rien n'est plus rare qu'un tyran qui vieillit ». Pour la petite anecdote, François Villon raconte, dans l'un de ses contes, que la chèvre tant gratta le sol qu'elle déterra un jour un couteau avec lequel on l'égorgea. Dans le même sens, un proverbe portugais dit : « C'est le trop de cire qui met le feu à l'église ».

Selon Aristote, les tyrans ont 5 caractéristiques essentielles :

1°) Le tyran cherche son propre profit et non celui des populations ; ce profit peut être, soit la matérialisation d'une vengeance quelconque en rapport avec quelques frustrations ou humiliations subies, soit la réalisation d'un rêve d'enfance ou d'une ambition personnelle. C'est dans ce sens que l'on peut dire que la plupart des tyrans sont des paranoïaques, c'est-à-dire, selon le psychologue Kraepelin, « des individus qui se signalent par leur orgueil démesuré, leur pensée paralogique, leur déficience mentale et intellectuelle... », (Rien à voir avec les diplômes).

2°) Le tyran use de la « soumission librement consentie »  ou de la « servitude volontaire »  (La Boétie) qui consiste à manipuler les gens, en s'appuyant sur leur consentement ou assentiment ou acceptation, pour les contraindre à faire des choses dont ils n'ont ni l'envie, ni le besoin : on donne aux individus concernés l'impression qu'ils sont les auteurs de certaines décisions ; on conduit les gens à prendre plus rapidement et plus facilement une décision qui peut ou non leur être bénéfique, mais qui est surtout favorable à celui qui use de cette méthode. La soumission est indispensable au tyran, autrement dit, s'il n'y avait pas de soumission, il n'y aurait pas de tyrannie : « Pour pouvoir parler de tyrannie, il faut que quelqu'un désire dominer et... qu'un autre accepte de servir ! » (La Boétie).

3°) Pour le tyran, seules comptent ses passions et ses ambitions, très souvent démesurées et déraisonnées... Peu lui importe de conduire les populations en vil troupeau de bétail ou en moutons de panurge.

4°) Le tyran utilise la violence pour pouvoir se conserver ou se perpétuer au pouvoir et gouverne au détriment et contre la volonté des populations, selon ses caprices.

5°) Le tyran viole les lois, la justice, les droits et les libertés des individus : « Où finissent les lois, la tyrannie commence».  
Au total, les tyrans demeurent, des usurpateurs de la puissance souveraine. Leur pouvoir, finit toujours par être insupportable, à force d'être quasiment illimité, à force d'être exercé arbitrairement, sans contrôle, sans limite, avec injustice et sans aucun respect pour les lois (humaines et divines), très souvent de manière absolue et oppressive...

Au regard des définitions et des caractéristiques ci-dessus, soyons tous et toutes d'avis avec M. Michel Amani Nguessan que, dans l'état actuel des choses, et pour notre salut, « il faut mettre fin à cela... ». Force nous est de combattre le gouvernement tyrannique actuel, de mettre fin à la perversité, aux oppressions, aux violences, aux crimes et à toutes autres formes d'exactions.


Léandre Sahiri,
Professeur, écrivain, Directeur de publication du journal Le Filament. (www.lefilament.info).

L’ANCIEN CHEF DE L’ETAT SUD-AFRICAIN, THABO MBEKI, LORS D’UNE CONFERENCE A L’UNIVERSITE DE MAKERERE: «NON AU NOUVEL IMPERIALISME!»



THABO MBEKI 2.jpg

L'ancien chef de l'Etat sud-africain a profité d'une conférence à l'université de Makerere (Ouganda) pour dénoncer une fois de plus les interventions brutales des Occidentaux en Afrique. Destinées selon lui à capter le pétrole et les ressources naturelles du continent. Il a appelé à renforcer l'Union africaine et à rendre audible la voix de l'Afrique dans le monde.



Les anciens chefs d'Etat africains se réclamant du progressisme et du nationalisme africain seront-ils les nécessaires éclaireurs du continent face à la guerre sournoise que l'Occident et ses alliés locaux opposent désormais aux peuples ? En tout cas, après le Ghanéen Jerry Rawlings devant le Parlement panafricain à Addis Abeba, le Sud-Africain Thabo Mbeki a dénoncé, devant un parterre d'étudiants dans la célèbre université ougandaise de Makerere, les expéditions occidentales de 2011 en Côte d'Ivoire et en Libye. Et appelé les Africains à des initiatives destinées à contrer le « nouvel impérialisme ».

«Nous avons maintenant vu ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire et en Libye au cours de cette dernière année, dans les deux cas pour permettre à des pays non-africains, officiellement mandatés par le Conseil de sécurité de l'ONU, et indépendamment de l'opinion africaine, de renverser par la force des gouvernements établis et pour instaurer par la force et donc un changement de régime, dans l'intérêt des puissances occidentales. Il y a deux décennies, une grande partie de l'Afrique aurait caractérisé ces pays interventionnistes occidentaux comme des puissances impérialistes, dans le sens plein du terme.

Pourtant, quand ils sont intervenus en Côte d'Ivoire et en Libye, ils ont cherché à justifier leurs actes en affirmant qu'ils ont agi comme ils le faisaient pour faire avancer nos intérêts en tant qu'Africains, prétendant être plus déterminés à protéger nos intérêts de manière désintéressée que nous-mêmes. Vraisemblablement pour atteindre ce noble objectif, ils ont même réussi à imposer la fiction selon laquelle la Libye n'était pas un pays africain, mais simplement un pays arabe, dont le sort devait être décidé sur la base de ce que la Ligue des États arabes avait dit, et jamais sur la base de ce que l'Union africaine avait décidé !»

«Ces pouvoirs sont intervenus violemment sur notre continent, affirmant qu'ils ont agi par bonté de coeur, avec l'objectif de nous apporter, à nous les Africains, les dons de la démocratie, de la bonne gouvernance, de la paix et même de la vie pour ces millions d'Africains qui auraient été massacrés par les gouvernements africains concernés. C'est ainsi qu'un miracle s'est produit : nos maîtres du temps de la colonisation, les impérialistes, sont réapparus sur notre continent comme les meilleurs amis des peuples africains !»


Thabo Mbeki a levé le voile sur les véritables motivations des interventions musclées des Occidentaux en Libye et en Côte d'Ivoire en s'appuyant sur un livre publié en 2007 par le Conseil américain aux Relations extérieures (CFR) intitulé «Au delà de l'humanitaire : une approche stratégique de l'Afrique». Un livre qui affirmait notamment : que les Etats-Unis dépendaient de plus en plus du pétrole brut africain pour combler ses propres besoins énergétiques ; qu'il était impossible de compter sur un approvisionnement continu en pétrole africain sans faire attention à la gouvernance et à la stabilité à long terme, ce qui signifie très clairement qu'il fallait intervenir sur les différentes scènes politiques ; qu'il y avait désormais une forte concurrence pour accéder au pétrole et aux autres ressources naturelles de l'Afrique, provenant notamment de la Chine ; que la Chine devenait un concurrent formidable à la fois sur le plan de l'influence et des contrats lucratifs sur le continent. Thabo Mbeki a affirmé que les Occidentaux avaient trahi l'esprit du NEPAD en mettant en place le plan du G8 pour l'Afrique et en imposant les Accords de partenariats économiques (APE), qu'il a qualifiés d'inégaux et qui visaient un objectif : « continuer d'organiser les relations entre l'Afrique et le « monde post-moderne » à l'avantage de ce dernier ».

Prononçant l'expression « nouvel impérialisme », Thabo Mbeki a appelé à « la défense de notre indépendance » à travers un renforcement de l'Union africaine. Il faut s'assurer que la voix de l'Afrique, « soit à la fois entendue et considérée avec sérieux, en particulier quand cela concerne ses propres affaires ». Mbeki a aussi appelé au renforcement des relations entre l'Afrique et les pays de ce qu'on appelait, hier, le Tiers-Monde. Et demandé aux forces engagées dans la transformation progressive de l'Afrique, à se mobiliser plus que jamais.


Traduit par Benjamin Silué. In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier".


Source: CAMEROON VOICE

REPRESSION DU MEETING DU FPI: DES SOURCES POLICIERES BRISENT LE SILENCE


MEETING FPI 2.jpg

72 heures après la répression sanglante du meeting du FPI, des sources policières brisent le silence.

Les Ivoiriens et les observateurs de la Côte d'Ivoire se posent, depuis samedi dernier, des questions sur la passivité des policiers et gendarmes déployés en grand nombre samedi dernier à la place Ficgayo, suite à la répression sanglante du meeting du Fpi par des partisans armés de Ouattara. On en sait un peu plus sur le rôle trouble joué par plusieurs hauts gradés de la police nationale le jour des faits. Révélations.

Les forces de maintien d'ordre que sont les éléments de police et de la gendarmerie ont été déployées en nombre important très tôt dans la matinée du samedi dernier. Dans le but de sécuriser le premier grand rassemblement de la force politique la plus significative en Côte d'Ivoire, le
Front populaire ivoirien (Fpi), soutenu par ses alliés du Cnrd.

Les premiers militants qui ralliaient la place Ficgayo, en voyant le dispositif de sécurité, ont cru que la manifestation se déroulerait le plus normalement possible. Erreur, puisqu'aux environs de 11 heures, on enregistrera les premières agressions venant des partisans de Ouattara. Jets de pierres, de bois... Ni les soldats onusiens, ni les gendarmes encore moins les policiers, ne vont réagir. Bien au contraire, ils restent statiques comme si de rien n'était. Devant l'intensité des jets de pierre sur le lieu du meeting et face à la passivité complice des forces présentes, les jeunes militants sont obligés de riposter aux jets de pierre, histoire de décourager les ennemis de la démocratie et fervents partisans de la dictature. Les agresseurs reculent et donnent l'impression de baisser les bras.

Mais en réalité, il s'agit d'une tactique, puisqu'ils reçoivent très vite des renforts venus d'Abobo, de Wassakara et de Port-Bouët 2. Ils encerclent pratiquement la place et intensifient les actes de barbarie et de terreur : passage à tabac de tout individu suspecté d'être pro-Gbagbo, agression à la machette, avec des barres de fer et même des armes à feu. Les pluies de pierres reprennent de plus belle.


Les policiers interdits de gazer les agresseurs

Les policiers ne sont guère épargnés. Ils ne peuvent se défendre. A plus forte raison, sécuriser des dizaines de milliers de personnes, sans moyens de maintien d'ordre. En tout et pour tout, les policiers ivoiriens (bien qu'en nombre important) ne disposent que d'une quinzaine de grenades lacrymogène. Malheureusement, ils ne sont pas équipés de lance-grenade.

Et pire, ils ont reçu ordre de ne pas utiliser les grenades lacrymogènes contre les agresseurs qui pourtant ne les épargnaient guère. Six éléments de la BAE seront même blessés durant l'«intifada» déclenchée par les pro-Ouattara. Les agresseurs se sont même permis de menacer avec des armes à feu les policiers. Un policier a déclaré au Nouveau Courrier que lui et ses collègues ont été ouvertement menacés de mort s'ils osaient s'interposer entre les agresseurs et les partisans du président Gbagbo. «On n'avait ni armes, ni moyens de maintien de l'ordre. Nos vies même étaient en danger. Comment pouvions-nous assurer la sécurité d'un meeting dans ces conditions ?», s'est interrogé ce policier ayant participé à la pseudo-sécurisation du meeting du samedi dernier.

Ces gradés de la police mis en cause

Si les forces de police étaient mal équipées pour une opération de sécurisation et de maintien d'ordre, c'est certainement de la responsabilité de leurs supérieurs. Qui curieusement se trouvaient sur le théâtre des opérations. Avec des rôles différents. L'on a pu reconnaitre le préfet de police d'Abidjan, le Commissaire Benoit Kouadio, le Commissaire Kouyaté Youssouf,
directeur des unités d'intervention (Dui) et ex-Cdt Crs2 sous Gbagbo, le Commissaire Chérif Souleymane, commandant de la Crs1 et le Commissaire Ouattara Lacina, commandant de la Bae. Tous en tenue civile sauf le dernier cité.

Selon toute vraisemblance, le Commissaire Cherif Souleymane, Cdt de la Crs1, s'est abstenu de donner des ordres à ses éléments pour disperser les partisans de Ouattara déterminés à «casser du Fpi». Plus grave, ce dernier n'a pas manqué d'échanger en dioula avec les agresseurs, leur demandant de ne pas perpétuer la terreur dans les rues de Yopougon, étant donné que leur objectif de saboter le meeting du Fpi avait été atteint. Il a suivi de bout en bout l'agression des démocrates, avant de regagner ses quartiers plus tard. La tension était devenue si perceptible que les éléments de la police sans moyen de défense ont été escortés par l'Onuci afin de quitter les lieux en toute sécurité. 

Deux heures de réunion de crise à la direction générale de la police


L'agression des militants du Fpi et des partisans du président Laurent Gbagbo a fait le tour du monde. L'indignation était à son comble dans les chancelleries accréditées en Côte d'Ivoire. Devant toute cette colère de la communauté nationale et internationale, le directeur général de la Police, le Commissaire général Bredou M'Bia, a convoqué hier une réunion de crise, à ses bureaux, avec les différents commandements de la police et les chefs des unités ayant opéré le samedi dernier.

Débutée à 9 heures, c'est à plus de 11 heures que la réunion a été interrompue. L'objectif était de situer les responsabilités au niveau de la police. Chacun a tenté tant bien que mal de tirer la couverture vers lui, afin d'éviter de prendre les pots cassés. Mais, une chose est sûre : des têtes pourraient être coupées dans les jours à venir au sein de la police nationale. Surtout que l'Onuci, les Etats-Unis et d'autres entités ont demandé cette fois-ci des sanctions. Bien entendu, Le Nouveau Courrier continuera à suivre cette affaire de très près.


Gérard Koné, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 424 du mardi 24 janvier 2012.


MEETING FPI 4.jpg

La Police nationale tente de justifier l'injustifiable. Décryptage d'un communiqué scandaleux.



Disculper le régime Ouattara et masquer son inquiétante dérive dictatoriale, tout en justifiant l'attitude inqualifiable des miliciens du RDR. Tel était le double souci des responsables de la Police nationale ivoirienne alors qu'ils rédigeaient le communiqué qu'ils ont rendu public hier soir, dans le but de condamner - sans condamner - les brutalités qui ont émaillé le meeting du FPI samedi. Pris de peur face au courroux de l'ONUCI et des Etats-Unis, le premier flic du pays, Hamed Bakayako, veut absolument tenir le rôle du ministre rempli de bonne volonté et plein de prévenance pour ses opposants.

«Le 27 décembre 2011, le Front populaire ivoirien (Fpi), a informé le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, de la tenue d'un meeting, le samedi 21 janvier 2012, à l'espace Ficgayo de Yopougon. A ce sujet, le ministre d'Etat a reçu à son cabinet, le jeudi 19 janvier 2012, M. N'Guessan Amani Michel, secrétaire général adjoint, chargé de la sécurité au Fpi, qui conduisait une délégation de son parti, le maire de la commune de Yopougon et un opérateur privé auquel le maire avait cédé l'espace Ficgayo pour des manifestations en rapport avec le démarrage de la Coupe d'Afrique des nations. A la demande du ministre d'Etat, l'opérateur privé a accepté de se retirer en faveur du Front populaire ivoirien. Par ailleurs, des dispositions sécuritaires ont été prises pour encadrer et sécuriser la manifestation. 550 policiers et 450 gendarmes ont été déployés pour la circonstance. Toutes ces mesures traduisent la volonté du gouvernement de permettre aux partis et groupements politiques d'exercer librement leurs activités», écrit ainsi le communiqué.

Qui, très rapidement, tente de rendre le FPI responsable des violences. «Cependant, la manifestation n'a pu aller à son terme en raison de l'hostilité de groupes de jeunes irrités par les propos véhéments tenus par les responsables du Front populaire ivoirien. C'est le lieu de rappeler que notre pays traverse une phase sensible du processus de réconciliation qui commande que les uns et les autres adoptent des comportements et tiennent des discours allant dans le sens de l'apaisement».

La «colère» des miliciens du RDR était donc légitime, doit-on comprendre. La réalité est pourtant qu'aucun responsable du Front populaire ivoirien n'a vraiment délivré de discours samedi, et que les courtes allocutions prononcées avant le début du meeting en tant que tel étaient dénuées d'animosité. De plus, dans quel pays démocratique au monde l'opposition est-elle sommée de ne pas tenir des propos «véhéments» ? Faut-il comprendre qu'en Côte d'Ivoire, les adversaires du régime en place doivent lui servir de faire-valoir ou être impitoyablement matés ?

L'actuel ministre de l'Intérieur, patron de la police, ne tenait-il pas des propos «véhéments» durant les meetings de son parti, alors que le président Gbagbo - dont il était ministre - était président ? Le communiqué de la Police nationale se termine de la plus piteuse des manières. «Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur déplore et condamne ces incidents. La Côte d'Ivoire est un Etat de droit. Nul n'a le droit de se faire justice. En tout état de cause, une enquête est ouverte pour situer toutes les responsabilités».

En quoi les vandales téléguidés qui ont causé la mort d'au moins une personne, et blessé gravement des dizaines de personnes, se sontils rendu justice ? En quoi le meeting qu'ils ont attaqué leur a porté préjudice pour qu'ils se rendent justice ? Le double discours du pouvoir, et son encouragement voilé aux vandales, saute aux yeux. Et l'on imagine que le régime Ouattara ne saurait punir sérieusement des hordes sanguinaires qui jouissent selon toute évidence de la plus grande compréhension.

 

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 424 du mardi 24 janvier 2012.


Source: LE COTE D'IVOIRE DEBOUT

LA FRANCE, A LA SUITE DES USA, CONDAMNE L’ATTAQUE DU MEETING DU FPI, ET EXIGE QUE LES AUTEURS DE CETTE BOUCHERIE SOIENT POURSUIVIS

 


OUATTARA ET SARKOZY 2.jpg

La France, à la suite des USA, a enfin condamné mardi (24 janvier 2012) l'attaque du meeting du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, ce week-end à Yopougon-Ficgayo, dans la banlieue d'Abidjan.

Elle a en outre appelé la justice à tout mettre en œuvre pour poursuivre les auteurs de ces actes, qui ont fait au moins 1 mort et une centaine de blessés.

Bernard Valero, porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, a déclaré que "La France condamne les violences survenues au cours d'un meeting du parti de l'opposition, le FPI (Front Populaire Ivoirien) le 21 janvier à Yopougon", quartier de l'ouest d'Abidjan.
Pour certains analystes, c'est suite à une très forte pression des Etats unis, qui ont condamné hier sans ambiguités et avec la plus grande énergie la boucherie ourdie par les Frci infiltrés, contre ce meeting du FPI à Yopougon, que la France a été obligée de montrer pattes blanches et de condamner les violences contre le FPI samedi dernier, cela à la veille du début d'une visite d'Etat en France d'Alassane Ouattara.

Une condamnation française qualifiée de molle et de convenue par plusieurs diplomates en poste à Abidjan, alors selon la même source, le Président Barack Obama, très choqué et se sentant trahi, a définitivement pris ses distances avec le régime Ouattara, qu'il n'avait pas auparavant hésité à qualifier de très diplomatique. Il avait même reçu Alassane Ouattara, avec d'autres leaders africains, à la Maison blanche.

"Nous appelons la justice ivoirienne à identifier et poursuivre les auteurs de ces actes. "Nous rappelons notre attachement aux libertés d'opinion, de réunion et d'expression", a ajouté Bernard Valero.

Une à trois personnes ont été tuées et au moins 68 blessées samedi lors de l'attaque d'un meeting du FPI par des soldats FRCI infiltrés et armé, proches d'Alassane Ouattara, selon un diplomate.


Michèle Laffont


Source: IVOIREBUSINESS

mardi, 24 janvier 2012

SOUS LA MENACE DES ETATS-UNIS, LE RDR RECULE


UNE N° 3654 LE PATRIOTE.jpg

RECULADE. Un simple communiqué de l'Ambassade des Etats-Unis à Abidjan a suffi à donner des sueurs froides au camp Ouattara. Lundi 23/01, "Le Patriote" semblait se réjouir des attaques planifiées contre le meeting du FPI par la horde des pro-Ouattara : "Injures, violences, provocations : (le FPI) veut créer la chienlit et chasser les investisseurs", titrait le quotidien, propriété de l'actuel ministre de l'Intérieur.

Mardi 24/01, total revirement : "Arrêtez ça !", barre à sa "Une" ce journal extrémiste abonné aux discours à relents tribalistes et ethnicistes, enfin gagné par le bon sens. Contrairement à Paris, Washington "condamne énergiquement la violence survenue au cours du rassemblement du FPI" et rappelle au régime dictatorial de M. Ouattara que "la liberté de réunion et d'expression sont des droits démocratiques fondamentaux". Et l'administration Obama de mettre en garde : "Que pareils incidents ne se répètent plus". Un peu, un peu...


Par: Toussaint Alain