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dimanche, 11 décembre 2011

APRES SON TRANSFEREMENT A LA CPI, GBAGBO: SA NOUVELLE VIE A LA HAYE - VOICI LE DOCUMENT QUI CLARIFIE TOUT

 

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L'ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo s'est adapté à son nouvel environnement carcéral. Transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) le 30 novembre dernier, il n'a pas mis assez de temps pour se familiariser au mode de vie de la prison hollandaise de Scheveningen, le centre pénitentiaire situé dans les faubourgs de La Haye qui héberge les détenus de la CPI, du TPIY (Tribunal Pénal International pour la Yougoslavie) et du TSSL (Tribunal Spécial pour la Sierra-Leone). Passé le «choc» émotionnel de ce voyage-éclair en Hollande, comme l'a expliqué son avocat Maître Emmanuel Altit, Laurent Gbagbo réapprend à vivre une vie «normale».

En effet, lors de sa première audition par les juges de la Cour, lors de l'audience de comparution qui s'est déroulée le lundi 05 décembre dernier, le prisonnier le plus célèbre de toute l'histoire de la Côte d'Ivoire a révélé lui-même qu'il était satisfait des conditions de détention à La Haye. Comparativement à son assignation à résidence à Korhogo, où il s'est plaint de n'avoir «pas vu le soleil» assez souvent ; et aussi de ne pas pouvoir se promener dans la cour de «sa villa» ou de faire des exercices physiques.


Au pénitencier de Scheveningen, Laurent Gbagbo dispose d'espace pour se mouvoir et d'installations pour entretenir sa forme physique, morale, intellectuelle et spirituelle. Selon une note interne de la CPI intitulée «Comprendre la Cour Pénale Internationale», l'emploi du temps quotidien du quartier pénitentiaire permet à l'ancien chef de l'État ivoirien d'effectuer une promenade dans la cour de l'établissement (en plein air avec vue sur le ciel), de faire des exercices, de participer à des activités manuelles, de s'adonner à des activités sportives et de loisirs, etc. La prison dispose en effet en son sein, d'un court de tennis, d'un terrain de basket-ball et d'une salle de jeu baby-foot.


Laurent Gbagbo bénéficie également d'un suivi médical régulier, comme il l'a fait savoir déjà à sa première audience. Il a été soumis dès son arrivée à La Haye à des examens médicaux complets, et des soins de santé appropriés lui sont administrés pour calmer ses arthrites et ses douleurs articulaires et musculaires, notamment à l'épaule et aux poignets. En outre, Laurent Gbagbo loge dans une cellule individuelle de 10 mètres carrés équipée de chauffage (pour faire face au froid de l'hiver) et d'appareil pour le conditionnement de l'air (en temps de chaleur, par exemple en été). L'ex-numéro un ivoirien dort dans un lit monoplace en fer, et sa «chambre» dispose d'une salle d'eau (douche et toilette), d'un lavabo, d'une petite cuisine pour confectionner ses repas personnels - s'il ne veut pas manger la nourriture servie par l'établissement. Dans ce cas, il peut lui être affecté à sa demande, les services d'un cuisinier.


Télé, ordi, bibliothèque... et droit de visite !


La cellule individuelle de l'ex-chef de l'État dispose également de meubles de rangement, d'une chaise et d'une table de travail sur laquelle est posé un ordinateur multimédia. Selon ses communicants en Europe, Gbagbo a même droit à Internet, et ses sympathisants piaffent déjà d'impatience de le voir sur Facebook ! Cet équipement informatique personnalisé est la propriété «privée» du président Laurent Gbagbo, afin de lui permettre de travailler sur son dossier. Il a même droit à des cours d'informatique accélérés s'il le souhaite. Son ordinateur est connecté à un ordinateur spécifique de la Cour auquel seul son conseil, en l'occurrence son avocat Me Emmanuel Altit (il est pour l'instant l'un des seuls avocats de Gbagbo inscrit au Barreau de la CPI) peut accéder. Son conseil juridique peut ainsi lui communiquer ou transférer des informations liées à l'affaire, et l'ancien chef de l'État ivoirien peut faire ses observations et commentaires avant de les retourner à son ou ses avocat(s). Mais ce qui «réjouit» le plus Laurent Gbagbo en ce moment, c'est la bibliothèque de la prison.


De sources proches de ses conseils juridiques, l'ancien chef de l'État ivoirien passe le maximum de son temps dans la salle de lecture, où il peut compulser les journaux, magazines et livres rangés sur les étagères. Gbagbo a même déjà passé commande auprès de ses avocats, de livres qu'il souhaiterait lire... Toujours à la bibliothèque, il peut regarder la télé et s'informer sur la marche du monde, voire de son pays la Côte d'Ivoire. A La Haye, Laurent Gbagbo n'est pas «orphelin» comme il l'a été pendant les huit (08) mois de détention à Korhogo. Où il n'avait comme seul «compagnon» de résidence, que son médecin personnel, Dr Blé Christophe ; et de temps à autre, des visites de ses avocats. Depuis qu'il est arrivé au centre pénitentiaire de Scheveningen, l'ancien chef de l'État ivoirien a déjà reçu à quatre reprises, la visite de son conseil juridique attitré. Me Emmanuel Altit l'a rencontré pour la première fois au lendemain de son arrivée à la CPI, le jeudi 1er décembre. Ensuite le samedi 03 décembre pour préparer l'audience du lundi 5 décembre, puis dans la matinée de ce lundi, avant sa comparution devant les juges, et le lendemain de cette audition, c'est-à-dire le mardi 06 décembre. Gbagbo a aussi droit à la visite hebdomadaire d'un ministre de culte ou d'un conseiller spirituel.

Sur la liste de ses visiteurs, hormis ses avocats qui ont un droit de visite quasi-quotidienne, l'ancien chef de l'État ivoirien peut aussi recevoir des membres de sa famille biologique, les représentants de l'ambassade de la Côte d'Ivoire au Pays-Bas ou tous ses compatriotes qui en font la demande (dans les deux derniers cas cités, leurs requêtes sont soumises à un examen très minutieux du Greffe de la Cour). Déjà, sa fille Marie-Antoinette Singleton qui vit aux États-Unis d'Amérique est la première de ses enfants à avoir contacté, par le biais de son avocat, la CPI à l'effet d'aller rendre visite à son père. De bonne source, la procédure est très bien engagée, et la jeune dame qui n'a pas vu son ex-président de père depuis plus de deux ans, pourrait étreindre Laurent Gbagbo dans les prochains jours et semaines, à La Haye. Selon les premières informations en notre possession sur le séjour de Gbagbo à la CPI, l'ex-chef de l'État qui était un couche-tard quand il était en fonction, a radicalement changé ses habitudes. Laurent Gbagbo se met au lit vers 22H30 après sa méditation du soir, et se lève très tôt, à 5H du matin, nous dit-on, pour faire une introspection et effectuer sa première prière du jour.

Anassé Anassé

 

Source: L'INTER

vendredi, 09 décembre 2011

POURQUOI GBAGBO REVIENDRA DE LA CPI

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Laurent Gbagbo devant la juge argentine, Sylvia Fernandez de Gurmendi, à sa première comparution devant la Cour pénale internationale. Un spectacle qui laisse interdit, incrédule. Tant le surréalisme révolte et la conspiration donne à vomir. Sentiments contradictoires, ambivalents, empreints à la fois de la joie de revoir, pour la première fois depuis sept mois, le « Woody » national, de tristesse, de recueillement, parfois de colère et finalement de soulagement et d'espoir. Après la valse des émotions, l'analyse froide. Tout bien considéré, c'est la meilleure chose que nous puissions espérer.

En effet, l'on ne pouvait qu'être habité de cette conviction intime à la vue d'un Laurent Gbagbo, certes amaigri et quelque peu diminué physiquement, mais qui a gardé la pugnacité légendaire que nous lui connaissions, ici, sur les bords de la Lagune Ebrié, depuis qu'il est en politique.

D'entrée de jeu, il annonce les couleurs en chargeant clairement et sans équivoque aucune la France et Alassane Ouattara. Ce qui laisse à tous une idée de ce que pourrait être la suite de ce transfèrement illégal, parti d'une arrestation illégale, suivie d'une déportation illégale, aggravée d'une détention illégale et couronnée d'une séance de jugement « volée » par le juge de l'application des peines, à Korhogo, ayant débouché sur un transfert inique et inqualifiable. Un véritable cas d'école qu'il faudra étudier dans les facultés de droit !

D'aucuns pourraient dire : « On ne revient jamais de la CPI. Gbagbo est fini ». Ce qui explique justement la joie - véritable énigme, il faut l'avouer - des militants du RHDP (pas tous, d'ailleurs), nostalgiques d'une époque antique, celle des esclavagistes et des colons qui cassent du noir et qui pillent impunément une Afrique riche et généreuse, malheureusement trop couarde et peu solidaire. Mais ils pourraient bien vite ravaler leur joie. Parce qu'en réalité, les choses ne font que commencer et ceux qui pensent avoir joué une belle carte pourraient bientôt se mordre le doigt jusqu'à l'os.

Nous en voulons pour preuve un certain nombre d'indices révélateurs. D'abord, cette déclaration sur TV5 Monde de l'avocat tunisien, Me Faouzzi Kamel Hamdaoui : « Le Président Gbagbo sera le premier homme politique à être acquitté par la CPI. Nous disposons d'un arsenal de preuves qui n'épargne personne tant en France qu'à travers le monde. En droit pénal, on appelle ces preuves PNRA. Je ne vois pas comment ce tribunal peut rendre un verdict autre que la relaxe du président Laurent Gbagbo, avant l'été 2012, dès la première audience. J'ai souhaité ce transfert; il était tant attendu. Le moment a sonné pour tous ceux qui ont soif de justice dans le monde. Des images et des écrits seront portés à leur connaissance pour (connaître) ce complot international ».

Nous le voyons, rien n'est gagné d'avance pour le camp Sarkozy-Ouattara. Ils ont peut-être réussi le tour de force - c'est le lieu de le dire ! - de déporter un autre africain à La Haye, au mépris de toutes les règles de droit, occasionnant ainsi un grave vice de procédure dans le transfèrement de l'ex-président ivoirien, mais celui-ci va immanquablement leur rester en travers de la gorge. Véritable animal politique au moral d'acier, ils ont véritablement à craindre Laurent Gbagbo. Non seulement pour sa combativité hors pair, mais aussi et surtout pour la mobilisation exceptionnelle et inédite que cette injustice criante à lui faite a engendrée chez tous les africains panafricanistes et chez tous les citoyens du monde, épris de justice et de vérité. Ce procès est donc sorti du domaine privé et personnel de Laurent Gbagbo pour se déporter sur la place publique et dans la cause commune, ralliant toutes les aspirations souverainistes, indépendantistes africaines et capitalisant les frustrations des peuples brimés et opprimés du continent noir, surtout après la « guerre humanitaire et démocratique » de Libye, menée par l'OTAN, qui a vu l'assassinat lâche du Guide libyen nationaliste et panafricaniste invétéré, Mouammar Kadhafi, et le coup d'Etat français en Côte d'Ivoire, dénoncé par le président Laurent Gbagbo à sa première comparution. En voulant mettre sous l'éteignoir un africain indocile, qui refuse de se plier au diktat de l'Occident et de la Françafrique, le trio infernal Sarkozy-Ouattara-Ocampo n'aura finalement réussi qu'à en faire une icône internationale, à l'image du célèbre prisonnier de l'Apartheid, Nelson Mandela.

Tous les ivoiriens et africains amoureux de la justice devraient s'en convaincre : il n'y a que de la mort et du séjour des morts que l'on ne revient pas. La CPI n'est justement et heureusement ni l'une ni l'autre. Il faut donc garder espoir et conserver un esprit incisif, combatif, à l'image de l'ex-président ivoirien. C'est désormais une affaire de procédures, d'argumentaires et de confrontation de preuves. En la matière, les avocats de Laurent Gbagbo sont plus qu'armés. Sûrement mieux outillés que l'adversaire. Si le Droit existe sur cette petite planète bleue, sur cette terre des hommes, alors aucun doute n'est permis : Laurent Gbagbo reviendra sur les bords de la Lagune Ebrié, en homme libre et blanchi. Ce sont même ses adversaires qui ont, au contraire, tout à craindre. Eux qui vont certainement prendre sa place dans les cellules des couloirs sinistres de la CPI, à Rotterdam.

Au chapitre des indices révélateurs de la conspiration politique contre l'ancien chef d'Etat ivoirien, il faut relever l'extrême rapidité de l'enquête menée en Côte d'Ivoire par le procureur Luis Moreno-Ocampo. Tant et si bien qu'elle est apparue invisible ! Comme le rapportait Le Nouveau Courrier, la semaine dernière, Christian Chartier, directeur du centre d'observation de la justice internationale, ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), qu'on ne peut pas précisément accuser d'être un pro-Gbagbo, s'est indigné récemment sur RFI, la radio internationale française : « Ocampo aurait voulu faire en sorte que l'on  comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée à des fins politiques qu'il n'aurait pas pu mieux faire... Cette enquête est d'une rapidité suspecte (commencée seulement le 3 octobre et bouclée en novembre. Un véritable record !) ».

Il a donc tout logiquement, en connaisseur de ce type de dossier, qualifié le mandat d'arrêt qui en est sorti « d'un vague extrêmement inquiétant ». Et pour cause : « Dans le mandat d'arrêt, on parle de violences contre des communautés ethniques et religieuses spécifiques sans pour autant les désigner. Il y a quand même des choses troublantes dans cette affaire et que je trouve extrêmement inquiétantes pour la CPI », a-t-il relevé. En clair, des charges contre Laurent Gbagbo mal qualifiées et dénotant d'un manque de professionnalisme déconcertant de la part d'un juriste du rang de l'argentin que seules ne peuvent expliquer que la mauvaise foi et l'imposture.

Les chefs d'accusation ont été, certes, faciles à formuler pour le Procureur Luis Moreno-Ocampo, mais une toute autre chose est de parvenir à les étayer. C'est là que les avocats du Président Gbagbo attendent de pied ferme ce procureur au service des grandes puissances, qui foulent au pied la justice pour satisfaire aux desiderata de « petits copains ».

Pire, Ocampo n'a pris l'attache ni de la division des droits de l'homme de l'ONUCI (incontournable dans le cas de figure) ni des magistrats envoyés en mission par la CPI (sa propre structure) sur le dossier ivoirien. Il s'est plutôt appuyé sur les investigations biaisées, maladroites, non professionnelles et forcément partisanes de la « Coalition pour la CPI » d'Ali Ouattara, en réalité un démembrement du RDR, le parti d'Alassane Ouattara. Quel crédit peut-on alors accorder à une telle association, si tant est qu'elle peut mener des investigations judiciaires, et à un tel homme de droit ?

Ces incongruités d'une rare énormité n'empêchent pas le procureur Ocampo de se fendre, dans un mandat d'arrêt loufoque, de chefs d'accusation tout aussi carnavalesques : « Au vu des éléments de preuve (quelles preuves ?), la Chambre conclut qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'au lendemain des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles ont pris pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans d'Alassane Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques (encore une fois, lesquelles ?) ». Or, il est clair pour tous que c'est le « Commando invisible » d'Ibrahim Coulibaly alias IB, partisan et chef de guerre d'Alassane Ouattara, et Soro Guillaume, depuis l'Hôtel du Golfe, qui ont commencé les hostilités et notamment les tueries à Abobo, après le deuxième tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Qu'en est-il de leur citation ou de leur assignation devant la CPI ? Mutisme absolu !

Pour notre part, il n'y a rien à craindre pour le Président Laurent Gbagbo, même si la CPI est internationalement reconnue pour être particulièrement lente. Monsieur Christian Chartier le relève justement : « La CPI existe depuis dix ans et n'a pas rendu à ce jour un seul jugement ne serait-ce qu'en première instance ». Qu'à cela ne tienne, les meneurs de la lutte pour la libération de Laurent Gbagbo et pour le triomphe de la vérité et de la justice devront s'armer de courage et de détermination pour le faire relaxer, avec des preuves inattaquables qui vont renverser la vapeur. Bientôt, la peur va changer de camp. Pour se transporter dans celui d'un Nicolas Sarkozy empêtré dans l'écheveau de la crise financière européenne, à la remorque de l'Allemagne de la Chancelière Angela Merkel pour un salut problématique et d'un Alassane Ouattara qui devra redouter comme la peste que la défense de Laurent Gbagbo parvienne à fournir toutes les preuves de la guerre qu'il a livré à Laurent Gbagbo depuis le 19 septembre 2002 et qui a été couronnée, en 2011, par le massacre d'un milliers d'Ivoiriens à Duékoué. Et nous verrons bien qui sera gardé à la CPI pour le reste de ses jours.

Vu la maladresse avec laquelle Ouattara gouverne la Côte d'Ivoire et mène la réconciliation nationale, un changement du rapport de force n'est plus à exclure en Côte d'Ivoire. Et même en France où Nicolas Sarkozy est bien loin d'être assuré d'une victoire à la présidentielle de 2012. Cette inversion des polarités pourrait radicalement changer toutes les donnes et nous offrir un théâtre international et un décor national des plus inattendus. Face le Souverain que la vérité sur le dossier ivoirien éclate à la face du monde.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» N° 386 du jeudi 8 décembre 2011.

QUEL REGARD PORTEZ-VOUS SUR LA CAMPAGNE ELECTORALE DES LEGISLATIVES?

 

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Chers tous,

Une curiosité me taraude les méninges: J'aimerais bien savoir comment vous avez, personnellement, vécu cette campagne électorale des législatives dans votre quartier, votre ville ou votre village.

Franchement, dans mon secteur, c'était un bide. Quelques agités qui faisaient un peu de bruit, sans plus! Avec des candidats du RDR (indépendants contre titulaires investis) au bord de l'empoignade. Les indépendants décrient le choix du parti et n'entendent pas se laisser faire. Le RDR part donc déjà diminué devant le PDCI. Pour arranger les choses, ils sont non seulement sans le sous mais sans idées novatrices, sans véritable plan de conquête, ne comptant que sur l'aura local de leur parti, le RDR ou le PDCI.

Doublé de cela, l'absence de La Majorité Présidentielle dans la course. Imaginez la campagne! Moche de chez moche. RDR et PDCI s'ennuient dans un programme insipide. Les mêmes tours sporadiques à mobylette, les mêmes mini-bennes KIA avec des jeunes aux T-shirts à l'effigie du candidat qui apparaissent une fois tous les deux jours. Pas d'enjeu pour leur fouetter le sang. C'est la campagne électorale la plus insipide à laquelle il m'a jamais été donné d'assiter.

Sur le plan national, on a carrément basculé dans la violence. Verbale et physique. Entre les alliés. Des morts et des blessés graves. Démocratie à la RHDP, quoi! Si le FPI-CNRD s'en était mêlé, ça aurait été l'hécatombe, c'est clair! S'il se font cela entre alliés, qu'en serait-il advenu d'ennemis politiques?

Comment avez-vous vécu cette campagne, chez vous? Racontez-nous un peu! Le texte ci-dessous est, à ce propos, une peinture plus qu'éloquente de la relation de haine-amour qui prévaut, en ce moment, au RHDP; ça risque de cramer. Bonne lecture et n'oubliez pas de laisser votre mot.


Que DIEU vous bénisse!


DINDE Fernand AGBO


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LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: FIN DE CAMPAGNE ELECTRIQUE - RDR ET PDCI AU BORD DE L'AFFRONTEMENT

 


L'adrénaline monte au fur et à mesure que l'on approche du 11 décembre 2011, date prévue pour les élections législatives. A 48 heures de ce scrutin (...) les différents état-majors bandent leurs muscles pour porter le coup fatal à l'adversaire, ou pour contrer ceux venant d'ailleurs.


A ce dernier jour de la campagne électorale (elle prend fin ce vendredi à minuit ndlr), tous les coups sont permis, soit pour séduire les électeurs, soit pour intimider le candidat d'en face et ses militants. Cette adversité sur fond de menace, voire d'éventuels affrontements, est perceptible dans certaines localités, où des grosses pointures de la politique ivoirienne sont en compétition. Les couleurs sont déjà annoncées, notamment à Koumassi avec le duel à mort qui oppose le ministre Cissé Bacongo, candidat du Rassemblement des républicains (Rdr), au maire N'dohi Raymond, qui défend les couleurs du Pdci. Les deux alliés d'hier dans le cadre de l'élection présidentielle de 2010, sont désormais des adversaires, voire des ennemis jurés qui se regardent en chiens de faïence. Leurs équipes respectives de campagne ont déjà croisé le fer, et se menacent constamment. Au cours d'une conférence de presse animée le mardi 06 décembre, les services du candidat N'dohi ont sommé ceux de Bacongo de libérer le site de Inch'Allah afin qu'ils s'y installent pour leur meeting de clôture. Du côté des Bacongo, dont le site de campagne est installé à deux pas du stade Inch'Allah, il n'est pas question de partir. « Nous les attendons ici », a répliqué un membre de l'équipe Bacongo. Aux dernières nouvelles, les pro-N'dohi ont renoncé à leur meeting de clôture sur le site Inch'Allah, évitant ainsi un affrontement imminent entre militants Pdci et Rdr.

A l'Ouest, notamment à Man, c'est le même constat, cette fois entre les équipes de Konaté Sidiki, candidat au compte du Rdr et ceux de Mabri Toikeusse pour l'Udpci. Ces deux membres du gouvernement Ouattara veulent chacun remporter les législatives dans cette région. Man s'annonce donc comme une autre zone chaude pendant ces consultations électorales. L'on note déjà des échauffourées entre militants des deux partis, qui se traduisent par des intimidations, des bastonnades, des affiches déchirées, et des QG de campagne saccagés.

Pour ce dernier jour de campagne, le risque d'affrontement paraît encore grand dans l'Ouest, même si la suspension de la campagne de Konaté Sidiki, pour cause du décès d'un des leurs, met un bémol à la montée d'adrénaline.

Du côté de Bouna, le discours de campagne vire à l'invective et pourrait réveiller les vieux démons. La ministre Kaba Nialé, candidate du Rdr, est taxée d'étrangère par les partisans de son adversaire, Hien Philippe, un indépendant issu des Forces nouvelles. Les militants Rdr, quant à eux, rappelent à ce dernier qu'il est un rebelle. Des propos qui fâchent et qui pourraient faire renaître les inimitiés.

A Séguéla, ce n'est pas la sérénité. Amadou Soumahoro, secrétaire général par intérim du Rdr, hostile aux candidatures indépendantes, devra faire avec l'un de ces free-lance sorti des rangs du Rdr à Séguéla, du nom de Diomandé Mamadou. Il y a déjà eu des échauffourées entre des militants pro-Soumahoro et pro-Diomandé dans le village de Wama, dans le canton Kourana. Ces tensions (il y en a d'autres) qui ont jalonné la campagne électorale, laissent présager un scrutin mouvementé le dimanche 11 avril prochain.


In le quotidien ivoirien "L'Inter"


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

04:30 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : côte d'ivoire, campagne électorale des législatives 2011, élections législatives | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

jeudi, 08 décembre 2011

LES RAISONS DE LA SUSPENSION DU JOURNAL «AUJOURD'HUI»

UNE N° 112 AUJOURD'HUI.jpg

Le CNP (le Conseil National de Presse) a encore frappé dans le camp de la presse de l'opposition. Le journal Aujourd'hui a reçu hier matin sa troisième lettre de suspension dans un intervalle de quatre mois. Ce qui passe désormais pour un harcèlement s'est présenté cette fois sous la  forme d'une cascade de sanctions. Le journal est suspendu  pour 26 parutions et le directeur de publication l'est, à titre personnel, pour trois mois. Il y a un cran au dessus de tout ce que cet organe de presse a jusqu'à maintenant reçu comme sanction. Avant de faire un analyse de ce qui pourrait sous-tendre  cet acharnement, voici ce qui fait sortir le CNP de son lit :

Un avant papier sur la célébration de la victoire électorale de Laurent Gbagbo qui a eu lieu en France le 04 décembre dernier  et signé par Joseph Titi a été indexé par le CNP comme  « constituant  à l'évidence une remise en cause des résultats de l'élection présidentielle et qu'un tel traitement de l'information revêt un caractère subversif. »

Un papier publier le 30/11/11, rapportant l'appel lancé par Alain Toussaint  demandant aux compatriotes Ivoiriens et patriotes africains à empêcher par tout moyen légal la déportation  du président Gbagbo à la Haye a été pris par le CNP pour un message appelant à la révolte.

Un billet de Joseph Marat intitulé "Il est là, le débat sur la dévaluation aussi". Pour le CNP cet article « est de nature à inciter à la violence... »

Un autre billet de Joseph Marat intitulé « Koenders se croit en brousse » renferme pour le CNP des injures graves et intolérables à l'encontre du diplomate onusien.

Un autre article de Joseph Titi publié le 1/12/12 faisant cas de la scène des 7 femmes d'Abobo dont l'une s'était relevée devant une camera simulant une fausse mort est jugé par le CNP comme une manipulation intolérable de l'information et une apologie du meurtre.

Nous aurions aimé nous instruire de la sagesse du CNP dans sa volonté déontologique de nous redresser dans l'exercice de notre profession, mais hélas ! A la lecture de tous les griefs retenus contre le quotidien nous avons la nette impression qu'il a suffi au CNP de vouloir nous suspendre pour qu'il recherche les justificatifs pouvant motiver sa forfaiture. Parce qu'au fond il n'y a vraiment rien à fouetter un chat.  Il y a pire qui passe le corridor du CNP. C'est pourquoi nous sommes convaincus, au journal Aujourd'hui, que nous sommes victimes de notre positionnement dans l'espace médiatique ivoirien. Nous savons que le CNP dans sa configuration actuelle ne tolère pas que nous ayons contrarié le plan politique du nouveau régime de faire oublier totalement Laurent Gbagbo. Il est vrai qu'avant que nous ne paraissions dans les kiosques à journaux, on ne parlait plus du président Laurent Gbagbo. Notre péché originel est donc d'avoir sonné la mobilisation mondiale autour de ce chef d'Etat, qui pour nous, subit un sort injuste. Pour cela, nous comprenons qu'Eugène Kakou et son équipe veuille nous abattre au risque d'exposer au chômage et à la misère toutes les familles que cet organe permet de faire vivre.

Une autre raison quelque peu mesquine qui taraude le CNP est le sentiment d'avoir été floué dans son orgueil par le directeur de publication Joseph Titi qui enlève ici la palme de la sanction. Eugène Kakou aurait confié à ses proches que Titi ne lui lèche pas assez les bottes. Le refus de celui-ci, par principe de solidarité aux journalistes de Notre Voie emprisonnés, de faire participer son organe à un séminaire organisé par le CNP à Yamoussoukro a été pris par le sieur Eugène Kakou comme un crime de lèse majesté.

Bien pesé, tout le personnel du quotidien aujourd'hui décide d'attaquer cette décision illégale et de porter plainte contre le Conseil National de la Presse pour abus de pouvoir.


La Direction du journal "Aujourd'hui".

MAITRE EMMANUEL ALTIT, AVOCAT DE GBAGBO: «VOICI LES BATAILLES JUDICIAIRES A VENIR»

 

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Dans cette interview exclusive accordée au Nouveau Courrier, Maître Emmanuel Altit explique les batailles judiciaires à venir, évoque l'aide que peuvent apporter les Ivoiriens, annonce qu'il va faire une demande de liberté provisoire pour son client. Et raconte un homme qui a souffert, qui est physiquement éprouvé mais intellectuellement combatif.


L'opinion ivoirienne est surprise de la durée qu'il y a entre la première et la deuxième audience du procès du président Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale. Quelle est la justification technique d'un tel délai ? Pourquoi ne l'avez-vous pas contesté ?

Non. Loin de là ! C'est excellent pour nous parce que ça nous donne du temps. Comprenez bien que le procureur est en train de constituer un dossier et mène des enquêtes depuis extrêmement longtemps, et nous avons besoin, nous aussi, de temps. Par conséquent, plus la durée entre l'audience de première comparution, celle d'aujourd'hui, qui est en quelque sorte le coup d'envoi de la partie et l'audience de la confirmation des charges, qui est le moment où seront discutées les accusations, est longue, plus nous avons l'occasion de mener des enquêtes et de constituer notre propre dossier de manière à faire reculer ensuite le procureur.

Maintenant, est-ce que ce n'est pas une période trop longue durant laquelle le président va rester ici à La Haye ? Ma réponse est que cela n'a rien à voir. Nous pouvons demander, et nous allons demander sa liberté provisoire bientôt ! Il n'y a pas de lien direct entre la date de l'audience de confirmation des charges et notre demande de mise en liberté.

Quel est le statut du président Gbagbo ? Est-il inculpé ?

Non, il n'est pas inculpé. Il n'y a même pas d'accusation au sens strict du terme. Le procureur mène l'enquête en Côte d'Ivoire. Il a considéré que certains pouvaient, de son point de vue de procureur, être soupçonnés d'avoir eu un rôle. Pour les raisons que vous connaissez, il a décidé d'accuser le président Gbagbo. Pour se faire, il a demandé à la Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale de l'autoriser à délivrer un mandat d'arrêt contre le président Gbagbo. Maintenant, pour plaider ce mandat d'arrêt, il a pu donner à la Chambre préliminaire des éléments. Mais ces éléments n'ont pas de valeur autre que celle de la parole d'un procureur. Ce ne sont que des allégations, ce ne sont pas des accusations. Il n'y aura des accusations que lors de l'audience de confirmation des charges. Le procureur déposera un acte d'accusation que nous discuterons et que nous essaierons de réduire à néant. En fonction de la manière dont seront discutées les accusations, peut-être qu'il n'en restera plus rien. Jusque-là il n'y a ni accusation, encore moins inculpation. Nous ne sommes pas dans une procédure où le juge peut inculper. Mais dans ce cas de figure, ce sont des parties qui font le procès. Il y a l'avocat de l'accusation - le terme est plus exact que procureur - et l'avocat de la défense. Ce sont ces parties qui font le procès, les juges prenant acte et vérifiant que les formes sont respectées.

Le président Gbagbo est donc dans une forme de détention provisoire. Mais en général, dans les droits nationaux, la mise en détention provisoire n'est pas aussi longue...

C'est pour cette raison que nous allons demander sa mise en liberté provisoire bien avant juin 2012.

Le procureur prétend que le fait qu'il soit en liberté peut entraver la justice...

Le procureur dit ce qu'il a envie de dire. Moi je dirai autre chose, et les juges décideront.

On a la vague impression que vous n'aurez pas accès au dossier avant juin 2012...

Non. Ce n'est pas comme cela que ça se passe. Le procureur a obligation légale de nous transmettre tous les éléments en sa possession le plus vite possible.

Dès demain, alors ?

Oui, dès demain, absolument. S'il ne le fait pas, nous utiliserons cette éventuelle erreur contre lui.

Est-ce qu'il pourra mettre de nouveaux éléments dans son dossier?

Oui, il continuera de mener son enquête, je mènerai la mienne. Et lors de l'audience de confirmation des charges, on confrontera. Pour l'instant, nous n'avons pas beaucoup d'enquêteurs à notre disposition pour des questions de moyens. Nous espérons en avoir plus à l'avenir. L'accusation en a beaucoup plus que moi. En plus des enquêteurs officiels, ils disposent de moyens dont je ne dispose pas. Notamment l'aide des autorités ivoiriennes et des grandes puissances.

Avez-vous besoin d'aide ? Est-ce que des citoyens ivoiriens peuvent participer ? Avez-vous des besoins ?

Oui, nous avons des besoins très importants. Notamment financiers, pour payer les gens qui travaillent. Les citoyens ivoiriens peuvent donner, et sont bienvenus. C'est une question de justice. Il s'agit de dire quelle est et quelle a été la réalité de la situation en Côte d'Ivoire.

Vous avez eu le président Gbagbo. Vous l'avez eu longuement. Il a expliqué qu'il n'a pas été très bien traité. Les Ivoiriens sont inquiets pour sa santé.

Je peux les rassurer. Depuis son arrivée à La Haye, il est suivi médicalement, nourri de manière tout à fait correcte, et ses conditions de détention sont acceptables. Il est vrai que pendant sept mois, il a été traité d'une manière qui ne correspond pas à la manière dont doit être traité un président, ou un ancien président. Nous pensons qu'il va pouvoir récupérer. Je peux vous rassurer et rassurer les Ivoiriens . Intellectuellement, il est toujours le même. C'est un homme qui s'est toujours battu et qui va une fois de plus se battre pour faire prévaloir la vérité.

Est-ce qu'il peut s'informer, regarder la télévision, aller sur Internet?

Oui, il peut regarder la télévision. Pour Internet, je ne peux pas vous le dire.


Propos recueillis par Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO


DETENUS ARBITRAIREMENT PAR ALASSANE DRAMANE OUATTARA: LES TROIS JOURNALISTES DE NOTRE VOIE LIBERES

 

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Accusés d'abord par le parquet d'Abidjan d'offense à Alassane Dramane Ouattara, puis d'incitation au vol, pillage et de destruction de bien publics, Lawa Souanga alias César Etou, Didier Dépry et Boga Dago Joachim alias Boga Sivori, respectivement Directeur de publication, rédacteur en chef et Chef de service politique au quotidien Notre voie ont été libérés hier mardi 6 décembre. Ce, à l'issue de l'audience qui a lieu au Palais du tribunal d'Abidjan.

Les deux charges retenues contre eux, ont été requalifiées de délits de presse par le même parquet. Qui, apparemment a trouvé finalement ce dossier vide de toute substance. Une occasion pour la défense de dire que ces différentes requalifications des charges cachent quelque chose d'étrange. C'est pourquoi, elle a conclu que ses clients ont été retenus pendant 13 bons jours à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) pour rien.

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En effet, c'est suite à deux articles que ces confrères ont été arrêtés. Le premier article écrit de Boga Sivori, piqué dans la lettre du continent est intitulé «Pendant que les Ivoiriens meurent de faim, Ouattara s'offre 40 Mercédès au gouvernement». Le second papier écrit par Didier Dépry porte sur «la dévaluation prochaine du Fcfa». Ce sont ces deux écrits qui ont valu l'arrestation des confrères sur instruction du Procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio.

En tout cas, après le verdict, les parents, amis et autres confrères des journalistes ont éclaté de joie. Pour eux, c'est une première victoire que vient de remporter la presse libre en Côte d'Ivoire sous le pouvoir d'Alassane Dramane Ouattara.


Joseph Atoumgbré


Source: LE TEMPS

mercredi, 07 décembre 2011

CPI: GBAGBO CREVE L'ECRAN A LA HAYE

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Un peu moins de trente minutes, c'est le temps qu'a duré hier, la comparution initiale du président Laurent Gbagbo devant les juges de la cour pénale internationale (CPI), à la Haye. Une sortie fort attendue en Côte d'Ivoire et dans bien d'autres contrées de la planète où l'on s'intéresse à ce procès qualifié déjà, par certains observateurs, de « procès du siècle » ou encore de l'ultime confrontation entre les souverainistes Africains et des tenants de l'ordre colonial ancien.

Devant les caméras des grandes chaînes de télévision mondiales, comme voulu par le président Laurent Gbagbo lui-même, parce que dit-il, « je n'ai rien à cacher », ce dernier est apparu serein et décontracté devant la Cour. Habillé dans un impeccable costume bleu-nuit qui lui allait comme un gant, avec une éclatante chemise blanche et une cravate bleu-ciel bien nouée, le champion de l'ex-majorité présidentielle ivoirienne a présenté hier, un visuel aux antipodes de l'image du déporté détenu dans des conditions exécrables à Korhogo et débarqué à la Haye avec en tout et pour tout bagage, le pantalon-chemise qu'il portait le jour de son transfèrement, comme il l'a expliqué lui-même à la barre, devant les des juges totalement médusés.

A l'image de la présidente Silvia Fernandez de Gourmandie, qui dirigeait hier les débats préliminaires et qui avait du mal à cacher sa grande émotion, pendant et après l'exposé liminaire du président Laurent Gbagbo. Si l'homme est apparu quelque peu amaigri, et a fait cas de certains bobos nés des conditions de détention décrites plus haut, il n'a en revanche rien perdu de sa verve, de son latin et de sa légendaire bonne humeur. Sans haine et sans rancune, mais digne dans l'épreuve, le mentor du FPI et des résistants ivoiriens a donné le ton de ce que seront les débats à la Haye, dans les prochains mois. A savoir, faire toute la lumière sur la crise postélectorale ivoirienne. Avec notamment, le rôle joué par les autorités françaises, le président Nicolas Sarkozy en tête.

Un militantisme massif en faveur de la manifestation de la vérité et une détermination à toute épreuve qui ont rempli de bonheur ses partisans aussi bien en Côte d'Ivoire qu'au-delà des frontières nationales. A Abidjan comme à l'intérieur du pays, la vie s'est pratiquement arrêtée hier à 13 heures GMT, poussant un peu plus dans l'anonymat la campagne pour les législatives prévues pour le dimanche prochain. Les rues se sont vidées et les bureaux désertés peu avant l'heure H. La préoccupation de tous était de se retrouver devant un poste téléviseur pour suivre en direct la première audition du président Laurent Gbagbo.

Visiblement, personne ne voulait se  faire conter l'évènement, comme la jeune Habiba, scotchée devant le petit écran et qui a fait cramer la nourriture de la maisonnée de maman Katia. Heureusement pour elle, la cause de cette faute professionnelle était Laurent Gbagbo. Une cause largement suffisante pour que sa patronne passe par pertes et profits la méprise de la jeune servante.

D'ailleurs la maîtresse des lieux, à l'autorité si d'ordinaire cassante, était hier, particulièrement dans un bel état d'esprit, surtout après avoir revu huit mois après, les images rassurantes de son champion, Koudou Laurent Gbagbo. Ceux qui comme maman Katia ont suivi l'audience ont noté au passage, la mine pleine de gêne du procureur de la CPI, Louis Moreno Ocampo tout au long du temps de parole de l'ex-N°1 ivoirien.

De l'avis de la plupart des observateurs, Laurent Gbagbo a, d'entrée, crevé l'écran en faisant une belle prestation depuis le pénitencier de la Haye. Un brillant exercice que les communicants de Ouattara auront du mal à discréditer et à effacer dans l'esprit de tous ceux qui ont écouté, hier, le fils de Zêpê Koudou Paul.


Yves de Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 113 du mardi 6 décembre 2011.


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PREMIERE COMPARUTION DE LAURENT GBAGBO A LA HAYE: SERENITE, EMOTION ET HONTE SUR LE PLATEAU DE LA CPI


Parade spectaculaire que celle qui a été donnée de voir au monde entier de voir hier, lundi O5 décembre 2011, dans la salle d'audience de la chambre préliminaire de la Cour pénale internationale. A l'affiche, la première comparution de Laurent Gbagbo, ex-Chef d'Etat de la République de Côte d'Ivoire devant les juges de la CPI. Comme il fallait s'y attendre, cette première comparution d'un ancien Chef d'Etat ivoirien a, d'évidence, cristallisé toutes les énergies psychologiques des Africains, notamment ceux issus de l'Afrique digne. Et qui n'ont pas voulu se laisser compter l'évènement du siècle.

L'audience elle-même débute à 13H,  heure locale, avec l'entrée en scène de Mme Silvia Fernandez de Gurmendi, présidente du tribunal à la Cour, qui va dans un premier temps, demander à Laurent Gbagbo de se présenter à l'auditoire et, ensuite va l'interroger pour savoir s'il avait été informé des charges qui sont retenues contre lui, les conditions de sa remise à la CPI, puis celles de sa détention à la Haye et enfin, celles de son transfèrement dans ce quartier pénitentiaire de la cour pénale internationale.

En réalité, ces différentes questions, comme si Laurent Gbagbo s'y attendait, lui ont servi d'occasion pour surprendre le monde entier. Avec la maitrise du verbe et la sérénité légendaire qui le caractérise en pareille situation, Koudou Gbagbo Laurent, a servi la vérité à Silvia Fernandez de Gurmendi. La juge qui croyait ainsi se trouver en face d'un vulgaire criminel ivoirien, s'est très tôt ravisée. En face d'elle, était donc Laurent Gbagbo. L'homme qui, dans un speech magistral pour une si petite audience, se laissait découvrir avec admiration. Visage rayonnant, regard impérial et en coin, un sourire de malabar, le prisonnier du couple Sarko-Ouattara a averti. « Nous irons bien jusqu'au bout. » Une phrase qui situe sur la longueur du périple juridico-politique que va connaitre cette affaire à la Haye.

A toutes les questions qui lui ont été posées, des réponses ont été données. Sans rancune, ni haine. Même si, a-t-il précisé, il subit ce qu'il n'a jamais été capable de servir à ses adversaires. Et quand la présidente du Tribunal lui demande s'il parlait correctement le français, Laurent Gbagbo répondra par l'affirmative tout en précisant son sentiment de regret. « Oui, je ne parle que le français, malheureusement ». L'Argentine, Silvia Fernandez de Gurmendi qui, sans s'en rendre compte, s'est laissée embourbée psychologiquement par l'explication de Laurent Gbagbo n'en finissait pas d'acquiescer. Si ce n'est pas par la bouche qu'elle marquait son étonnement, c'est par les bras ou, quelque fois, par le regard. A vrai dire, elle a été surprise par les conditions de détention, du reste illégales, auxquelles Gbagbo était confronté. Toutefois, elle ne s'éloignait pas du dossier.

A l'inverse, le procureur de la cour pénale internationale, Luis Ocampo n'en pouvait pas d'assister longtemps à cette audience. La raison, personne ne l'ignore, les révélations de Laurent Gbagbo sur son transfèrement à la Haye, la mascarade bien orchestrée par lui, la justice ivoirienne et le régime d'Abidjan mettaient à nue le visage hideux de l'homme. Luis Ocampo est resté tête baissée. Les doigts entrelacés et les pieds dansant au rythme de la gène. Tout au long de l'audience, et surtout pendant l'explication à tonalité pathétique de Laurent Gbagbo relative à sa détention et son transfèrement humiliants à la Haye, Luis Ocampo qui a fait la pluie et le beau temps lors de son bref séjour en terre ivoirienne est subitement devenu petit, non seulement dans le regard, mais aussi petit dans ses souliers.

Rappelons que Laurent Gbagbo a été arrêté par la CPI pour sa responsabilité pour crime contre l'humanité en tant que coauteur indirect de meurtres, de viols et de violences sexuelles, d'autres actes de persécution et d'autres actes inhumains. Pour Gbagbo, avec ce procès, il est prêt à aller  jusqu'au bout.


Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 113 du mardi 6 décembre 2011.

OPERATION «JE NE VOTE PAS LE 11 DECEMBRE»

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Ce dimanche 11 décembre, le collège électoral ivoirien est convoqué aux premières élections de l'ère Ouattra: Les législatives 2011. Avec le président Laurent Gbagbo renversé par la France et déporté en prison loin de son pays, des milliers de nos compatriotes en exil, des autorités, cadres et militaires ivoiriens injustement détenus dans les goulags du Nord par Alassane Ouattara, une CEI entièrement de coloration RHDP, un découpage électoral frauduleux et proprement scandaleux (juste un petit exemple: 6 sièges pour Yopougon, la plus grande commune de Côte d'Ivoire, la deuxième circonscription la plus peuplée du pays après Abobo, et 10 sièges pour Korhogo valant à peine la moitié de son poids électoral), une insécurité prononcée, avec des FRCI - constamment coupables d'exactions et de crimes - dans tous nos villages et villes, et une intolérance politique à l'égard des partis issus de La majorité présidentielle et particulièrement du FPI, le parti de Laurent Gbagbo, dont les meetings sont persécutés et dispersés, avec à la solde des blessés par balles et par armes blanches.

Aujourd'hui, ils ont besoin de toi pour les accompagner dans leur forfaiture et légitimer un régime installé par la force des armes, par une coalition internationale menée par Nicolas Sarkozy. En homme digne, en femme responsable, en citoyen libre, dis "NON" à cette imposture.

Ce dimanche 11 décembre donc, reste chez toi et prie pour la Côte d'Ivoire, pour tous les Ivoiriens qui souffrent, pour la survenue d'une paix véritable et pour le Président Laurent Gbagbo.

Je ne donnerai pas ma voix à la dictature et à cette escroquerie morale. Je ne voterai pas même un indépendant se réclamant de Gbagbo ou du CNRD. Fais-en de même! Prouve, par le recours citoyen à l'abstention massive, que tu représentes la majorité et que tu ne peux cautionner la prise en otage de ton pays, la Côte d'Ivoire, par un régime qui prend ses ordres à l'Elysée.

 

Dis NON à l’imposture !


Passe le message.


 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

mardi, 06 décembre 2011

LEGISLATIVES DU 11 DECEMBRE: DON MELLO MET A NU LA MASCARADE DE OUATTARA


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Le 11 décembre 2011, le pouvoir Ouattara organisera les élections législatives en Côte d'Ivoire pour élire un nouveau parlement dans l'optique de mettre en place le deuxième pilier de la république: l'Assemblée nationale. Le 29 novembre 2011, soit deux (2) semaines avant ses élections, le Président Laurent Gbagbo est déporté à la Cour pénale internationale (Cpi) et selon l'acte d'accusation :

«Laurent Gbagbo aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que co-auteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l'humanité à raison de meurtres, de viols et d'autres violences sexuelles, d'actes de persécution et d'autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences post-électorales survenues sur le territoire de la Côte d'Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011». Le même acte indique :

«Les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'Ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010, prenant pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans du candidat de l'opposition, Alassane Ouattara».

Pour rappel, le président Laurent Gbagbo, lors de l'élection présidentielle de 2010, a eu le soutien sans faille de la région d'Abidjan et de l'Ouest. Dans le district d'Abidjan, Laurent Gbagbo a obtenu au premier tour 46.88% contre 31.37% pour M. Ouattara. En termes simples, sur trois (3) civils dans la rue, deux (2) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement un partisan de M. Ouattara. De même, dans l'Ouest du pays c'est-à-dire, dans les 18 montagnes et le moyen Cavally, le Président Laurent Gbagbo a eu respectivement 40.15% et 53.26% contre respectivement 15% et 17.35% pour M. Ouattara c'est-à-dire, pour quatre (4) civils dans la rue, trois (3) sont probablement des partisans du Président Laurent Gbagbo et un (1) est probablement partisan de M. Ouattara. Au vu de ces chiffres, comment peut-on admettre que le Président Gbagbo puisse concevoir un «plan» pour commettre des «meurtres», des «viols», des actes de «persécutions» et des «actes inhumains» sur ses propres électeurs ?

Le fait que Laurent Gbagbo ait été embarqué à Korhogo sans M. Fofié Kouakou Martin, qui était présent sur le lieu d'embarquement et est sanctionné par le conseil de sécurité de l'Onu depuis 2006 pour la mise à mort de 99 personnes, sans M. Ouattara, dont les hommes ont commis le génocide Wê par son ordonnance du 17 mars 2010 faisant de lui, le chef hiérarchique des rebelles qui ont exterminé 800 personnes de même ethnie et sans M. Soro, chef de la rébellion dont les faits et méfaits peuplent tous les rapports de l'Onu depuis 2002, montre le niveau de sérieux qu'il faut accorder à la Cpi et aux raisons avancées pour justifier la déportation du Président Laurent Gbagbo. Peut-être qu'un article caché du statut de Rome instituant la Cpi connu par les initiés de cette cour stipule:

«Tout auteur, co-auteur de crimes contre l'humanité, crimes de guerre, viols et actes inhumains, parrainé par l'occident jouit d'une immunité internationale». Seul l'enjeu des élections législatives peut justifier cette précipitation.

En effet, le caractère illégal et non démocratique de la conquête du pouvoir exécutif par M. Ouattara constitue la grande faiblesse du régime actuel. Suite à la victoire du président Gbagbo proclamée par le Conseil Constitutionnel de la Côte d'Ivoire à l'issue du deuxième tour de l'élection présidentielle, M. Ouattara refuse de reconnaître cette victoire. La France, au mépris de la Constitution ivoirienne et croyant encore la Côte d'Ivoire sous le code de l'indigénat de l'époque coloniale qui donnaît droit au Président français de choisir les gouverneurs de ses colonies, a organisé un coup d'Etat pour installer à la tête du pays son candidat vaincu par le vote des Ivoiriens.

Ces élections législatives visent donc à transformer la défaite du candidat Ouattara à l'élection présidentielle en une victoire dans les urnes via le Parlement pour donner un visage démocratique à ce pouvoir ethnique et génocidaire mis en place depuis le 11 avril 2011 qui extermine peu à peu les Ivoiriens par des exécutions sommaires (26 exécutions en un mois selon l'Onu).

Le découpage électoral qui en est l'un des instruments, est l'objet de notre analyse.

Contrairement au consensus recherché autour des questions électorales depuis le coup d'Etat de 1999, le nouveau découpage électoral a été fait par M. Ouattara d'une manière unilatérale. L'objectif stratégique recherché, en violant sans inquiétude le consensus pour un régime qui prétend réconcilier les Ivoiriens, est de réaliser une écrasante majorité parlementaire par la fabrication d'un surnombre d'élus dans les zones favorables à M. Ouattara puis en écartant l'opposition remplacée par des indépendants sans électeurs (car la plupart des électeurs sont des déplacés internes ou des réfugiés externes et les autres restés sur place ne participeront pas au vote compte tenu des conditions de sécurité et de détention de leurs leaders) et enfin, en affaiblissant le Pdci, dans son bastion du centre du pays.

Fabriquer un surnombre d'élus dans les zones favorables au Rdr

La carte électorale des élections du premier tour donnant les zones d'influence des différents poids lourds à l'élection présidentielle de 2010 indique clairement que le candidat du Rdr venait en tête du classement dans cinq (5) régions dont quatre (4) du nord et un (1) du centre: la région des savanes, le Worodougou, le Bafing, le Denguélé et la vallée du Bandama. Les cinq (5) régions, zones d'influence du candidat Ouattara sont passées à onze (11) régions dont dix (10) du nord dans le nouveau découpage régional correspondant aux zones de règne des différents chefs de guerre de la rébellion. Sur treize (13) nouvelles régions créées, six (6) se trouvent donc au nord.

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara sont passées de 53 sièges dans l'ancien découpage à 74 sièges dans les onze (11) régions favorables à M. Ouattara selon le nouveau découpage soit une augmentation de vingt et un (21) sièges. M. Ouattara commence les élections avec une avance nette de 74 sièges, soit 30% des sièges pour 17% de la population électorale.

Dans le Bafing, l'une des régions d'influence de M. Ouattara, pour une population électorale de 38 766, il est prévu 5 sièges de députés, soit 1 député pour 7 000 électeurs, contre 1 député pour 26 000 électeurs dans la région du fromager et 1 député pour 55 000 électeurs à Abidjan, pour une moyenne nationale de 1 député pour 22 453 électeurs. En terme simple, 1 électeur du Bafing vaut presque 4 électeurs de la région du Fromager et presque 8 électeurs à Abidjan. Le principe démocratique (1 homme une voix) devient : 4 hommes une voix dans l'ouest et 8 hommes une voix dans le Sud. Le département de Korhogo (10 sièges) a presque 2 fois plus de sièges que les départements suivants de même importance ou souvent plus grands: Yopougon (6 sièges), San-Pedro (5 sièges), Gagnoa (5 sièges), Daloa (6 sièges), Man (4 sièges).

Le département d'Odienné (5 sièges) a plus de sièges que des départements plus importants comme Abengourou (3 sièges), Adzopé (3 sièges), Sassandra (2 sièges), Yamoussoukro (3 sièges).

Les cinq (5) régions favorables à M. Ouattara selon l'ancien découpage totalisent une population électorale de 976 409 électeurs soit 17% du collège électoral national. Avec le nouveau découpage électoral, ces régions auront 74 sièges de députés, soit 30% des sièges du Parlement. Abidjan qui totalise 30% de l'électorat a 12% des sièges. En terme simple, pour deux fois plus de population électorale à Abidjan par rapport aux régions favorables à M. Ouattara, il y a deux fois moins d'élus. Le Rdr commence, ainsi, la course avec une avance nette de 74 députés. La combinaison des critères de superficie et de population ne justifie pas cette inflation des élus dans les zones d'influence de M. Ouattara.

Ecarter le président Gbagbo pour écarter l'opposition

Le candidat de La majorité présidentielle (Lmp), Le Président Laurent Gbagbo, était en tête au premier tour des élections dans dix (10) régions qui sont : Agnebi, Lagunes, Marahoué, Sud-Comoé, Moyen-Comoé, Fromager, Zanzan, 18 montagnes, le Haut Sassandra, Sud-Bandama. Ces dix régions représentent 3 766 534 électeurs (4 fois plus d'électeurs que dans les zones pro-Ouattara) soit 66% du collège électoral national correspondant approximativement à 2/3 de la population électorale nationale. Ces régions totalisent 147 sièges soit 57% des sièges. Les 2/3 de la population électorale favorable au Président Gbagbo ont un peu plus de la moitié des sièges. Cela montre que M. Ouattara a intérêt à écarter les candidats Lmp aux législatives s'il veut contrôler le parlement. Au deuxième tour de l'élection présidentielle, si nous prenons uniquement en compte les 14 régions dont les résultats ont fait l'objet de consensus au niveau de la commission électorale indépendante (Cei) sur les 19 régions que comptait la Côte d'Ivoire, le résultat global du deuxième tour de l'élection présidentielle pour les 14 régions est de 53.87% pour Laurent Gbagbo et 46.13% pour M. Ouattara soutenu par M. Bédié. Ces résultats consolidés ont confirmé le soutien inconditionnel des dix (10) régions du premier tour au candidat Gbagbo sur le candidat Ouattara.

Ces chiffres démontrent avec éloquence que si le découpage était équitable et consensuel et si les conditions de sécurité étaient garanties et que la neutralité de la commission électorale indépendante (Cei) était avérée, les chances du pouvoir Ouattara de se donner une légitimité démocratique par le biais du Parlement seraient très minces et sa prétendue victoire à l'élection présidentielle suspecte. Priver les 2/3 de l'électorat de leur citoyenneté par l'emprisonnement, l'exil de ses candidats potentiels et de ses électeurs; fermer la porte à tout consensus sur le découpage électoral, la composition de la Cei, les conditions de sécurité, sont l'unique chance pour le pouvoir de justifier sa victoire à l'élection présidentielle et s'offrir une majorité pour se donner une façade démocratique.

Ecarter l'opposition d'une manière ou d'une autre, permettra donc de fabriquer des vainqueurs et des vaincus à souhait comme ce fut le cas dans la région nord du pays occupée par les rebelles lors de l'élection présidentielle. C'est donc au prix de l'exclusion de l'opposition, que le pouvoir Ouattara pourra remporter les circonscriptions des zones favorables à cette opposition ; l'Onuci, la Licorne et les Frci veillant au grain pour sécuriser les fraudes et déporter les inattendus, ou pire bombarder ceux qui revendiqueraient un quelconque recomptage ; l'Onuci se tenant prête pour certifier la mascarade selon son nouveau chef.

Affaiblir le Pdci dans son bastion

Principale force politique concurrente du Rdr au sein du Rhdp, M. Ouattara a promis le poste de Premier ministre au Pdci-Rda. En politique, les promesses n'engagent que ceux qui y croient selon une personnalité de la droite française; les rapports de force, les intérêts et les convictions profondes décident en dernier ressort. Les exigences sécuritaires ayant justifié le maintien de M. Soro Guillaume au poste de Premier ministre n'ayant pas changé, il est fort probable que la promesse faite au Pdci n'engage que ceux qui y ont cru. Pour avoir les mains libres de décider, M. Ouattara a intérêt à réduire le Pdci à une minorité invisible à l'Assemblée nationale, lui enlevant ainsi toute prétention à un chantage ou une pression politique.

Lors du premier tour de l'élection présidentielle, le candidat du Pdci, M. Aimé Henri Konan Bédié est arrivé en tête des élections dans trois (3) régions : la région du lac, le Nzi-Comoé, le Bas-Sassandra. Dans le V Baoulé qui est sans conteste la zone d'influence du Président Bédié, sur 378 312 électeurs, il est prévu 19 sièges de député soit 1 député pour 16 000 électeurs contre 1 député pour 7000 électeurs dans le Bafing, bastion de M. Ouattara.

Pour les 3 régions favorables au Président Bédié, le collège électoral est de 806 014 électeurs soit 14% de l'électorat avec seulement 34 sièges soit 13% des sièges. La zone d'influence du Président Bédié possède deux fois moins de sièges que la zone d'influence de M. Ouattara pour à peu près la même population électorale. Pour faire passer cette pilule amère, une concession de taille a été faite au Président Bédié. En effet une région spéciale a été créée sur mesure pour le Président Bédié : la région d'Iffou avec comme capitale Daoukro dont le département bénéficie de 3 sièges devançant ainsi de grands départements comme Bongouanou (2 sièges), Agnibilékro (2 sièges), Sassandra (2 sièges), et un nombre de sièges identiques avec d'autres grands départements comme Adzopé (3 sièges), Aboisso (3 sièges), Bouaflé (3 sièges), Yamoussoukro (3 sièges), Abengourou (3 sièges).

Conclusion

Selon la carte politique de la Côte d'Ivoire telle qu'elle se présente aux yeux de l'observateur au vu des résultats du premier tour de l'élection présidentielle de 2010 et des résultats consensuels du second tour, le poids politique du Président Gbagbo et son assise nationale ne souffrent d'aucun doute : dix (10) régions sur 19 concentrant 66% des électeurs lui sont acquises. Il est véritablement le premier de la classe politique ivoirienne. Vouloir faire des élections démocratiques en écartant un tel leader, ses partisans contraints à l'exil interne et externe, c'est refuser la voie de la démocratie et emprunter la voie de l'usurpation politique pour installer une chambre d'enregistrement de la politique de recolonisation du pays. Le risque de compromettre la réconciliation et éloigner la Côte d'Ivoire de la démocratie et de l'Etat de droit est élevé.

Hier, M. Dramane Ouattara, animé d'une conception très sarkozienne de la démocratie (le pouvoir des bombes par les bombes et pour les bombes) faisait bombarder des Ivoiriens à Abidjan par l'armée française pour installer la «démocratie» pendant que ses hommes exterminaient près de 800 citoyens de l'ethnie wê, brûlaient des villages et tuaient d'autres dans une église à San-Pedro pour s'ériger en Chef de l'Etat.

Aujourd'hui, depuis son accession au pouvoir, il se réjouit de l'occupation illégale par ses combattants des domiciles et des plantations, de la déportation, de l'exil et de l'exécution au quotidien des Ivoiriens qu'il est censé protéger et pour qui il cherchait le pouvoir.

Dans sa conception très exceptionnelle de la démocratie, il est en train de se fabriquer une majorité à l'Assemblée nationale pour priver l'Assemblée nationale de tout débat démocratique et passer à l'offensive sociale contre les étudiants, les travailleurs et les propriétaires coutumiers de terre agricole.

L'organisation de la marginalisation du Pdci et le triomphe sans gloire du Rdr dans le Parlement à venir avant même le déroulement des élections par la manipulation du découpage électoral, finit par convaincre tout observateur attentif du peu d'intérêt de M. Ouattara pour la démocratie et sa peur bleue de toute compétition politique ouverte en Côte d'Ivoire. Ce sont les militants du Pdci et des autres partis du Rhdp qui apprendront que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude.


Dr. Don Mello Ahoua

Ministre et porte-parole du Gouvernement Aké N'Gbo


Source: LE TEMPS

GBAGBO A LA CPI: JERRY RAWLINGS POUR UNE JUSTICE AFRICAINE CONTRE L'INJUSTICE INTERNATIONALE



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"J'ai appris avec consternation l'information selon laquelle le président ivoirien renversé Gbagbo a été transféré à la Cour pénale internationale (CPI), le mardi 29 novembre suite à un réquisitoire rapide, en contradiction avec les codes et procédures pertinentes et avec un mépris total pour les exigences de la paix en Côte d'Ivoire.

Ce transfert a suivi une procédure si expéditive qu'elle pouvait être légitimement décrite comme un enlèvement. Mes soupçons se sont accrus lorsque j'ai constaté que le procureur, qui affirme cibler six personnes en Côte d'Ivoire, insiste indûment sur Gbagbo, celui qui est le moins susceptible de s'échapper puisqu'il est déjà en détention. Cet empressement à inculper et à transférer Gbagbo, qui n'a pourtant pas fui lors du bombardement de son palais, comme un criminel de droit commun, défie la logique et la quête de la véritable réconciliation et d'une paix durable en Côte d'Ivoire. Après cinquante ans d'indépendance, l'Afrique devrait avoir l'expertise nécessaire pour rendre la justice qu'elle doit à ses propres citoyens et faire disparaître la justice d'importation.

Quel est ce type de poursuites qui se précipite pour traduire en justice la victime d'une attaque, et qui se montre si indulgente envers l'auteur de cette attaque ?

Personne ne cherche à échapper à la justice. Mais quand la justice baigne dans une mer d'humiliation et d'abus, régie par la haine de personnes qui s'autoproclament justes avec leur logique intenable, il est bon que la conscience humaine s'élève contre eux et pour le bien de tous. Nous ne resterons pas silencieux à ce sujet. Nous ne devons pas rester silencieux à ce sujet dans la mesure où nous sommes partie prenante de ce drame humain."


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 05 décembre 2011

UN MOT POUR LE PRESIDENT LAURENT GBAGBO!

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Quel sentiment avez-vous éprouvé en revoyant, ce jour, le président Laurent Gbagbo, à sa première comparution devant la Cour pénale internationale ? Certainement une marée de sentiments contradictoires ou émus. Exprimez-les à travers un mot de soutien ou d'amour, ou une parole quelconque en sa faveur ou à l'adresse des Ivoiriens. Nous les réunirons pour qu'elles lui soient envoyées à La Haye, pour lui dire que nous ne l'avons pas oublié, que nous attendons le triomphe de la vérité et son retour prochain parmi nous. A vos claviers ! Exprimez vos opinions, exprimez vos émotions !


«Cet après midi du lundi 05 décembre 2001, il a été possible pour des milliers d'ivoiriens et d'africains de voir et d'entendre le président  Laurent GBAGBO après sept mois de captivité dans les goulags du Nord de la Côte d'Ivoire.

L'émotion était au rendez-vous. A l'annonce de la retransmission de son procès en direct, les rues d'Abidjan se sont vidées. Personne ne voulait se faire narrer l'évènement. Les coups de fils aux parents et amis les invitant à suivre la retransmission se succédaient.

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Cette anecdote illustre bien l'ambiance de ce jour : Dans un magasin à Treichville, un monsieur venu faire ses achats reçoit un coup de fil ; soudain il se met à gesticuler et à presque hurler : « Mon frère, pardon, allumez votre télé vite, le président GBAGBO passe sur France 24 ». Stupeur dans le magasin ! Mais le gérant s'exécute. Dès que l'image apparaît, le magasin est immédiatement pris d'assaut. Je suis sûre que France 24 a fait son meilleur score d'audience en ce jour.

Qu'importe, tous nous étions heureux de revoir ce digne fils d'Afrique. Quelle joie !!! ».

Vous venez ainsi de lire la réaction spontanée de ma sœur et amie Nina. Vous avez certainement éprouvé ou vécu quelque chose, comme elle. Faites-le nous savoir et encouragez votre entourage, vos proches, vos connaissances à s'exprimer également, ici. Un bouquet d'amour d'Afrique et du monde entier à envoyer à Laurent Gbagbo !

Bien à tous.



 


 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

UN GBAGBO AMAIGRI, DIMINUE MAIS OFFENSIF CONTRE LA FRANCE ET OUATTARA


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La première audience du président ivoirien renversé Laurent Gbagbo s'est achevée vers 14 heures 30 locales (13 heures 30 GMT) devant la troisième Chambre préliminaire de la Cour pénale internationale de La Haye. Vêtu d'un costume noir, d'une chemise blanche et d'une cravate bleu nuit, rasé de près, Laurent Gbagbo est apparu publiquement, pour la première fois depuis le 11 avril 2011, amaigri, visiblement fatigué, diminué au point de vue de sa santé comme il a eu à le dire lui-même, mais pugnace et offensif. En dépit du fait que l'audience ne consistait qu'en une présentation des charges et en une vérification de son identité.

Interrogé par la juge Silvia Fernandez de Gurmendi sur ses conditions de transfert et de détention, il a rappelé les conditions de son arrestation le 11 avril 2011, insistant sur le fait que "ce sont les Français qui ont fait le travail", le remettant aux forces d'Alassane Ouattara, "qui n'étaient pas encore des forces régulières". Laurent Gbagbo a rappelé l'assassinat de Désiré Tagro, les tortures auxquelles ont été soumises son fils Michel et son médecin particulier Christophe Blé "qui se trouve toujours à Korhogo".

Le président Gbagbo a aussi révélé aux juges les conditions de sa détention à Korhogo. "Je ne voyais pas le soleil. Je ne savais ce qui se passait dans le ciel que quand il pleuvait sur le toit. (...) L'enfermement sans pouvoir marcher, sans pouvoir voir le ciel, sans pouvoir sortir... ont fait que j'ai des nouvelles pathologies en plus de celles que j'avais déjà", a-t-il dit. Il a également expliqué qu'il a été transféré à La Haye suite à une audience "volée" avec le juge ivoirien d'application des peines, camouflée sous d'autres motifs, sans que ses avocats ni lui n'aient été préparés à la remise d'un mandat d'arrêt.

Le président Gbagbo s'est dit prêt à "aller jusqu'au bout" de son procès, et dit attendre les "preuves" de ceux qui l'accusent, qu'il confrontera avec sa vérité à lui. La prochaine étape de ce procès, l'audience de confirmation des charges, aura lieu le 18 juin 2012, donc après le départ du procureur Louis Moreno-Ocampo. "Il s'agit d'une audience publique au cours de laquelle la Chambre préliminaire de la CPI décide de confirmer ou non, partiellement ou dans leur totalité, les charges retenues par le Procureur à l'encontre du suspect et de renvoyer l'affaire, le cas échéant, en jugement devant la Chambre de première instance."


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

 

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GBAGBO CHARGE LA FRANCE DEVANT LA COUR PENALE INTERNATIONALE


L'audience de comparution initiale de Laurent Gbagbo, ancien président ivoirien soupçonné de crimes contre l'humanité, s'est ouverte ce lundi après-midi devant la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye.

 

Laurent Gbagbo, écroué à La Haye, est soupçonné d'être « coauteur indirect » de crimes contre l'humanité lors des violences post-électorales de 2010-2011 commis par ses forces entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011. Son refus de céder le pouvoir à son rival et actuel président Alassane Ouattara avait plongé le pays dans une crise meurtrière qui avait fait 3 000 morts.

« La présence du président Laurent Gbagbo dans le box des accusés est manifestement une erreur judiciaire, une tromperie », s'est élevé son conseiller Toussaint Alain, lors d'une conférence de presse tenue avant l'ouverture du procès. « Nous dénonçons le parti pris d'une procédure insensée, prétendument judiciaire, qui a conduit au transfèrement illégal et à l'incarcération tout aussi illégale du président Gbagbo, victime expiatoire d'une justice politique », a-t-il déclaré.

« J'ai été arrêté sous les bombes françaises »

« J'ai été arrêté le 11 avril 2011 sous les bombes françaises », a déclaré Laurent Gbagbo en début d'audience. « C'est l'armée française qui a fait le travail. » Interrogé par la présidente Silvia Fernandez de Gurmendi sur ses conditions de détention, l'ancien président ivoirien a assuré que celles-ci étaient « correctes ». Mais a ajouté : « Ce sont les conditions de mon arrestation qui le sont moins. Une cinquantaine de chars français encerclaient la résidence - présidentielle, ndlr - pendant que les hélicoptères bombardaient. »

L'audience de confirmation des charges débutera quant à elle le 18 juin, ont annoncé les juges de la CPI.


Source: OUEST-FRANCE.COM

MME ODILE BIYIDI REAGIT AU TRANSFEREMENT DU PRESIDENT GBAGBO A LA HAYE


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Odile Tobner Epouse Biyidi Awala, veuve d'Alexandre Biyidi Awala alias Mongo Béti, agrégé de lettres et auteur africain.

Ex-présidente et actuelle vice-présidente de Survie France, ayant succédé à François-Xavier Verschave, mort en juin 2005.

 

Lynx.info : Dans une de nos interviews, vous dites qu'Alassane Ouattara avait encore besoin de ses seigneurs de guerre. Après le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI, a-t-il encore besoin d'eux ?

Mme Odile Biyidi : Alassane Ouattara a, plus que jamais, besoin d'eux, pour maîtriser la population de Côte d'Ivoire, choquée par ce transfèrement.

Lynx.info : Vous avez une explication sur l'acharnement de la France et de Ouattara  qui a conduit au transfèrement de Laurent Gbagbo à la Haye ?

Gbagbo a commis le crime capital. Arriver au pouvoir sans l'aval de la France, qui n'a eu de cesse de se débarrasser de lui.

Lynx.info : Ce qu'on a refusé à Laurent Gbagbo concernant les droits de l'homme et le respect des journalistes, Ouattara le fait sans être inquiété. Comment vous l'expliquez ?

Il suffit d'être soutenu par la France pour jouir d'une totale impunité. Les exemples abondent : Déby, Sassou Nguesso, Biya peuvent assassiner leurs conciyoyens sans que rien ne se passe.

Lynx.info : Pour vous le transfèrement de Laurent Gbagbo à la CPI va réconcilier les Ivoiriens comme le dit Ouattara et ses proches ?

C'est évidemment le contraire qui va se passer. Une partie de la population va se sentir humiliée. Et même je pense que des Ivoiriens pas spécialement pro-Gbagbo vont être scandalisés de cette procédure. La situation en Côte d'Ivoire est très mauvaise. Ouattara pense qu'en éloignant Gbagbo il peut éviter des mouvements populaires demandant sa libération.

Lynx.info : Comment expliquez-vous qu'aucun proche de Ouattara ne soit inquiété par le TPI ?

L'impunité est toujours acquise aux protégés de la France et des puissances occidentales. C'est un véritable encouragement au crime.

Lynx.info : Le cas Guillaume Soro ne fait-il pas du TPI un tribunal partial ?

La partialité du TPI, à travers son procureur Ocampo, n'est plus, hélas, à démontrer. Les Massacres de SORO, depuis "le 19 septembre 2002" (les 60 Gendarmes et pour certains avec toutes leurs familles à Bouaké en Octobre 2002, Guitrozon, Petit Duékoué, etc, etc) à aujourd'hui, passant par "l'assassinat" de son complice IB, patron "du commando invisible", en Mars 2011 sont établis, sont dans les rues, sur films. OCAMPO semble les "éviter"...On Verra bien!!

Lynx.info : Pour l'avocat  français, Jacques Verges, tous les inculpés à la CPI sont noirs. Finalement, il est plus facile aux Occidentaux de s'imposer en Afrique ?

Les Occidentaux dominent les organisations internationales (ONU, TPI). Celles-ci ne s'attaquent donc pas à leurs crimes. Les autres grandes puissances, Chine, Russie, tiennent en respect ces organisations, qui n'osent pas s'attaquer à elles. Il ne reste que les pays africains assujettis pour subir cette loi.

Lynx.info : Peut-on assister, avec le transfèrement de Laurent Gbagbo au TPI, à un recul de la démocratie en Côte d'Ivoire ?

La démocratie n'a pas encore commencé en Côte d'Ivoire. Elle ne peut pas reculer. Ce qui a régné ce sont les différents despotismes (?? GBAGBO "un despote"??? Aucun Ivoirien NE PEUT ACCEPTER NI CROIRE A CELA, Mme Biyidi, aucun!! Là vient le grand problème de dits "Intellectuels" Africains!!), le dernier, celui d'Alassane Ouattara, étant le pire et le plus sanglant.

Lynx.info : Finalement, la gauche comme la droite française sont unanimes au transfèrement de Laurent Gbagbo. Etait-il le pire que l'Afrique ait comme dictateur ?

Il y a gauche et gauche. Le PCF vient de publier un communiqué très sévère sur ce transfèrement. Le PS n'a jamais eu, en politique africaine, de position différente de celle de la droite, satisfaisant aux même intérêts, avec le même mépris pour les populations africaines. On verra ce que l'avenir leur réserve, "ces socialistes", quant les Africains se réveilleront!!

Lynx.info : Pourquoi les socialistes en France en voulaient tant à Laurent Gbagbo ?

Certains socialistes, comme Hollande, après Mitterrand, ont toujours soutenu l'impérialisme français avant toute chose. C'est sous Mitterrand qu'un des plus grand leader d'Afrique francophone, Thomas Sankara, a été assassiné. Le "Rwanda" (1.000.000 de morts..!!), c'était l'époque Mitterand (avec les Juppé et Sarkozy, "déjà").

Lynx.info : Quelles leçons peuvent tirer les ivoiriens et africains avec la guerre en Côte d'Ivoire pour une question électorale et le transfèrement d'un président élu à la CPI ?

Les Africains ne peuvent que constater l'instrumentalisation des organisations internationales censées faire régner la paix et la justice au service de tout ce qui les opprime et pour contrer toute ambition d'indépendance.

Lynx.info : Je vous remercie.


Interview réalisée par Camus Ali de Lynx.info, le 30 novembre 2011.


Source:TOGO FORUM.COM

dimanche, 04 décembre 2011

CHARLES ONANA (JOURNALISTE-ECRIVAIN): «LES ACCUSATIONS PORTEES CONTRE GBAGBO SONT FAUSSES»


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Journaliste, auteur de plusieurs ouvrages à succès, notamment les « Tirailleurs sénégalais », « Les secrets du génocide rwandais », Charles Onana, de nationalité camerounaise, s'intéresse à tout ce qui se passe en Afrique. A la faveur de la sortie, le 4 novembre 2011 de son livre « Côte d'Ivoire : Le coup d'Etat », il a bien voulu se prêter aux questions de Le Temps. Entretien.

 

Vous venez de publier « Côte d'Ivoire : Le Coup d'Etat »... Quels sont les éléments concrets auxquels s'applique une telle image ? Et à quelle question vouliez-vous répondre ?

Ce titre correspond à une réalité politique qu'ont eu à affronter le chef de l'Etat ivoirien Laurent Gbagbo et tous les Ivoiriens qui l'ont élu. Depuis son arrivée au pouvoir en Côte d'Ivoire, il a échappé à au moins trois coups d'Etat. Le premier en 2001, le second en 2002 et le troisième en 2004. Il s'agit, dans les trois cas, d'initiatives militaires tantôt conduites par les "rebelles ivoiriens" avec le soutien implicite ou explicite du Burkina Faso et d'Alassane Ouattara, tantôt sous l'impulsion de la France pendant la présidence de Jacques Chirac. Je fais allusion dans ce dernier cas aux événements de 2004 où l'aviation ivoirienne a été détruite par l'armée française sous prétexte que le président Gbagbo aurait commandité l'assassinat de 9 soldats français à Bouaké. Je démontre dans mon livre, sur la base de témoignages et de documents émanant des juges français et même des militaires français que les accusations portées contre le président Gbagbo sont fausses. Mieux, que le travail de la justice française est fortement entravé par le pouvoir politique en France. Je publie les deux lettres des juges françaises chargées d'enquêter sur les évènements de Bouaké qui affirment clairement n'avoir rencontré que des obstacles et aucune coopération des autorités françaises dans ce dossier. Pourquoi empêcher la justice française de faire son travail si c'est le président Gbagbo qui est responsable de la mort des 9 soldats français? Ce que je peux dire, c'est que dans le dossier de la justice française que j'ai consulté, presque tous les officiers de l'opération Licorne mettent le président Gbagbo hors de cause dans la mort de leurs soldats. Même l'avocat des victimes françaises m'a dit qu'au départ, il croyait ce que disaient les médias sur le rôle du président Gbagbo mais que désormais, de ce qu'il a vu dans le dossier, il ne veut plus entendre parler de l'implication du président Gbagbo dans la mort des soldats français à Bouaké. Comprenez qu'il est difficile de trouver plus crédible que lui! Le dernier point qui permet de parler de coup d'Etat est l'attaque du palais présidentiel en avril dernier. Il a été dit que le président Gbagbo aurait perdu les élections présidentielles et que pour cette raison, le vainqueur désigné par la "communauté internationale", c'est-à-dire monsieur Alassane Ouattara, devait être placé au pouvoir conformément au résultat électoral. Mon enquête montre qu'il n'en est rien. Il s'agit simplement d'une décision politique prise par le président burkinabé Blaise Compaoré et par le chef de l'Etat français Nicolas Sarkozy dans le but de renverser le président Gbagbo et de mettre à sa place monsieur Ouattara. J'ai retrouvé des correspondances très confidentielles échangées entre les deux hommes à ce sujet. Je les publie également. En résumé, le titre du livre reflète le combat acharné mené pendant 10 ans de 2001 à 2011 contre un homme et un régime qui ne correspondaient pas à l'idée que certains se faisaient ou se font encore d'un chef d'Etat en Afrique. Laurent Gbagbo est un dirigeant atypique et insoumis. Voilà le profil que Paris et Washington ne voudraient pas voir à la tête de la Côte d'Ivoire ni en Afrique francophone.

C'est tout de même bouleversant comme information quand on sait que la communauté internationale et l'Onu ont parlé de « confiscation du pouvoir de la part de Laurent Gbagbo » et « d'actions pour rétablir la démocratie ».

C'est une plaisanterie. Comment le président Gbagbo pouvait-il confisquer le pouvoir en acceptant la tenue d'élections dans un pays coupé en deux et contrôlé en partie au Nord par les rebelles sous le regard bienveillant de l'ONUCI et des forces françaises ? Qui peut regarder les Ivoiriens droit dans les yeux et soutenir sérieusement ce discours ? La réalité est la suivante : lorsque le président Gbagbo demandait le désarmement des rebelles avant d'aller aux élections, ce qui était d'ailleurs conforme aux accords de Ouagadougou et d'Accra, les grandes puissances disaient qu'il refusait d'organiser les élections parce qu'il voulait rester au pouvoir. Lorsqu'il les a organisées, on a dit encore qu'il ne voulait pas quitter le pouvoir. Pendant les élections, lorsqu'il constate - la mission des observateurs de l'Union Africaine également - qu'il y a des fraudes massives dans cette même région du nord, personne ne veut en tenir compte. Il demande même une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur la réalité électorale dans le Nord et tout le monde hausse les épaules. En fait, ceux qui accusent le président de tous les maux et qui n'ont pas voulu recompter les voix, même sous les caméras de télévision du monde entier, avaient besoin des élections dans un pays illégalement occupé pour réussir le coup d'Etat. Ils savaient que la fraude et la brutalité des forces rebelles étaient indispensables pour parvenir à leurs fins. Certaines sources à l'ONUCI m'ont confirmé qu'il était hors de question de ne pas suivre les objectifs de Paris et de Washington qui voulaient installer monsieur Ouattara au pouvoir, au besoin par la force. C'est finalement ce qui a été fait.

Dans votre livre, vous expliquez que ce sont Sarkozy et Blaise Compaoré qui ont renversé Laurent Gbagbo. Mais, comment est-ce possible quand on sait que le président Blaise Compaoré se trouve être le facilitateur de l'Accord de Ouaga ?

Monsieur Blaise Compaoré a joué au moins sur trois tableaux. Premièrement, il a toujours soutenu Alassane Ouattara tout en orchestrant, pour des raisons de politique intérieure burkinabé, l'instabilité en Côte d'Ivoire. Souvenez-vous que les autorités burkinabés avaient fait publier un communiqué en 2000, au moment où la polémique battait son plein à Abidjan sur la nationalité d'Alassane Ouattara, affirmant haut et fort que monsieur Ouattara n'était pas burkinabé. Ce qui est faux. Il a toujours été burkinabé comme le prouvent tous les témoignages et les documents que j'ai retrouvés aux Etats-Unis. Il me semble bien que les autorités burkinabé, à défaut de dire la vérité sur l'identité de leur ancien étudiant boursier aux Etats-Unis (Alassane Ouattara), devraient tout moins s'abstenir d'interférer dans un débat de politique intérieure propre à la Côte d'Ivoire. Jamais la Côte d'Ivoire ne s'est mêlée de la vie politique intérieure du Burkina faso sous Blaise Compaoré.

Deuxièmement, il a été désigné par des puissances étrangères comme médiateur dans un conflit dont il était un des parrains. C'est très cynique de sa part mais cela correspondait à une réalité et à sa propre stratégie du moment. En même temps qu'il participait à la médiation, il abritait les camps d'entraînement des rebelles sur son territoire, et soutenait militairement les mêmes rebelles. Il souriait publiquement au président Gbagbo mais préparait sa chute. Il s'agissait d'un véritable jeu de dupes.

Troisièmement, lorsque je tombe sur la lettre du président Compaoré du 24 mars 2011 invitant le président Sarkozy à engager une action militaire contre le président ivoirien Laurent Gbagbo, je comprends qu'il n'a jamais renoncé à renverser le chef de l'Etat ivoirien. Les déclarations de monsieur Compaoré dans la presse française souhaitant la chute du régime ivoirien sont explicites. Il a endormi certains de ses interlocuteurs pour mieux réaliser son coup. Ceci coïncidait bien avec l'agenda des puissances étrangères et du président Sarkozy contre Gbagbo. Monsieur Compaoré a légitimé, au sein de la CEDEAO, le coup d'Etat contre Gbagbo. En plus d'avoir renversé son prédécesseur et ami Thomas Sankara, il a voulu et obtenu la chute du président Gbagbo. Reste à savoir si la CEDEAO prendra un jour à Ouagadougou les mêmes initiatives lorsque les opposants burkinabés dénonceront, encore plus fort qu'ils ne le font depuis plus de 20 ans, la fraude électorale et les dérives bien connues du régime burkinabé.

Vous nous dites donc que le monde entier a été trompé sur la réalité de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

C'est évident! Le président Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne, le chef de la mission des observateurs de l'Union africaine Joseph Kokou Kofigoh, le disent aussi. Sauf à croire qu'ils sont tous naïfs et de mauvaise foi. Ce que personne ne peut croire ou démontrer objectivement. Les faits sont sous nos yeux pour ceux qui veulent les voir.

Partagez-vous l'opinion selon laquelle on aurait fait l'économie d'une guerre si le président Laurent Gbagbo s'était refusé d'organiser l'élection présidentielle dans les conditions qu'on savait, avec une rébellion armée qui contrôlait encore toute la moitié nord du pays ?

Non, je ne partage pas cette vision des choses, mais je la comprends. Vous savez, l'analyse du dossier ivoirien n'est pas simple et pour mieux comprendre la réaction du président Gbagbo, il faut tenir compte de plusieurs paramètres internes et externes. Il a engagé une action militaire à travers l'opération « César » ou « Dignité » pour reprendre le contrôle du nord et organiser des élections dans un contexte politique d'unité territoriale. Au moment où cette action était sur le point d'aboutir, l'Elysée a orchestré une action de manipulation à Bouaké avec des complicités internes en Côte d'Ivoire. 9 soldats français ont été tués dans des circonstances encore non élucidées et l'on a accusé immédiatement le président Gbagbo d'en être le responsable. Ceci a été le prétexte pour détruire l'aviation ivoirienne le 6 novembre 2004. Pis, ce même événement a entraîné les tueries de l'Hôtel Ivoire et de nombreuses victimes ivoiriennes. C'est dire qu'une action militaire forte était prévue contre le régime Gbagbo quelque soit le cas de figure (élections ou pas élections). Par la suite, la communauté internationale a intensifié les pressions avec l'embargo sur les armes et une campagne médiatique sans équivalent contre le régime du président Gbagbo. En plus des ingérences africaines, en l'occurrence celle du Burkina Faso, le président Gbagbo devait lutter contre l'isolement de son pays et les pressions de toutes sortes sur le plan international. Il a choisi la paix et la négociation. C'est ce qui a permis aux Ivoiriens d'obtenir un répit jusqu'aux élections. Ceux qui pensent qu'il était possible d'éviter la guerre en refusant d'organiser les élections se trompent. Savent-ils quel était l'agenda des déstabilisateurs de la Côte d'Ivoire ? La seule chose qui pouvait éviter la guerre c'était de faire cadeau du pouvoir à monsieur Ouattara comme l'exigeaient, sous différentes formes, le Burkina et "la communauté internationale". Ce qui signifie qu'il ne fallait pas suivre les règles constitutionnelles et les procédures démocratiques. L'attitude décrite sur la reconnaissance précipitée d'Alassane Ouattara après les élections et le soutien massif des grandes puissances en est la démonstration. La constitution ivoirienne, le choix des Ivoiriens, les procédures démocratiques n'intéressaient pas les parrains de l'instabilité en Côte d'Ivoire.

Certains observateurs politiques traduisent la crise ivoirienne et la capture de Laurent Gbagbo comme répondant à des enjeux géostratégiques et économiques de la France. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas de cet avis. La capture de Laurent Gbagbo et la déstabilisation de son régime reposent essentiellement sur la volonté personnelle de Nicolas Sarkozy et de certains lobbies financiers qui voulaient changer de régime en Côte d'Ivoire. Parler globalement de la France n'est pas exact car la décision de renverser Laurent Gbagbo n'a pas été prise après un débat parlementaire ni après une consultation nationale. Le chef de l'Etat français a utilisé abusivement son pouvoir de représentant de l'Etat français pour réaliser le coup d'Etat au mépris de la souveraineté de la Côte d'Ivoire et du débat démocratique en France. D'ailleurs, différents députés de gauche comme de droite ont exprimé leur désapprobation sur l'intervention française. Certains ont aussi demandé une commission d'enquête au Parlement, demande qui a visiblement été étouffée.

8 mois après l'avènement du régime Ouattara, peut-on considérer qu'aujourd'hui une démocratisation du pays est en marche, avec un Etat de droit, une liberté de la presse ? Autrement dit, après 20 ans de crise, Ouattara est-il l'homme de la réconciliation de la Côte d'Ivoire ?

Il me semble, d'après certaines organisations des droits de l'Homme que l'on ne peut soupçonner d'être favorables à l'opposition, que la situation des libertés publiques est très préoccupante en Côte d'Ivoire. Reporters Sans frontières écrit par exemple ceci : " Depuis le mois d'avril et l'accession au pouvoir d'Alassane Ouattara, les autorités ivoiriennes n'ont pas démontré leur respect de la liberté de la presse ". Même le consulat de France donne des consignes de très grande prudence aux touristes qui se risqueraient à voyager à Abidjan. A croire que la fanfare sur l'avènement démocratique en Côte d'Ivoire ne tient toujours pas ses promesses.

Que pensez-vous des prochaines législatives en Côte d'Ivoire ? Vont-elles conduire à une normalisation de la vie sociopolitique, comme le pense le pouvoir en place ?

Il ne peut y avoir de compétition politique normale dans un climat de peur, de racket et de pillages des populations civiles. Le nouveau pouvoir n'a pas réussi à garantir la sécurité des Ivoiriens ni même celle des étrangers. Les Ivoiriens ne peuvent pas croire à la sincérité des élections lorsque les résultats des élections de novembre 2010 n'ont pas été clarifiés et que la décision du Conseil constitutionnel n'a pas été respectée.

Le pouvoir a libéré 20 prisonniers politiques, il y a peu. Seulement, le Fpi ne participera pas à ces législatives. Il a posé comme condition à sa participation, entre autres, la libération de Laurent Gbagbo... Quelle lecture en faites-vous ?

C'est toujours bien de libérer des innocents ou des prisonniers politiques. Le FPI est logiquement fondé à réclamer la libération de ses militants et de tous les prisonniers politiques. La détention du président Gbagbo à Korhogo est totalement arbitraire et repose uniquement sur des motivations politiques. Pour l'instant, les avocats et de nombreux observateurs constatent que les accusations portées contre le président Gbagbo ne sont pas étayées. Pour le FPI, participer à des élections dans ces conditions reviendrait à entériner la reconnaissance internationale du nouveau régime au niveau national. C'est-à-dire, à accepter que Monsieur Ouattara a été le vainqueur de l'élection présidentielle de 2010, ce qui, à ce jour, n'est pas prouvé.

Les chefs d'Etats se succèdent en France sans qu'il y ait rupture dans les méthodes dites « françafricaines ». Un rééquilibrage des relations France-Afrique vous semble-t-il possible ? Et dans quelles conditions ?

Le changement des rapports entre la France et l'Afrique francophone ne dépend pas et ne doit pas dépendre des dirigeants français, mais plutôt des dirigeants et des élites du continent africain. Ils doivent faire valoir leurs priorités, leurs intérêts et leurs politiques. Pour l'instant, c'est la France qui a toujours conduit les débats et les Africains ont presque toujours suivi. Le président Gbagbo a été parmi les rares dirigeants africains à vouloir faire valoir les intérêts de son pays et de ses populations, on lui a préféré un allié du FMI et de la finance internationale. Au lieu de passer beaucoup de temps à critiquer la politique française (ce qui est fait régulièrement depuis les indépendances), les Africains doivent aujourd'hui passer aux actes. Le président Gbagbo a passé moins de temps à critiquer la France mais a essayé de montrer qu'il y avait une autre façon de faire ou de travailler avec la France. La CEDEAO a préféré le menacer plutôt que de défendre les intérêts vitaux d'un pays phare de la sous-région. Ce qui est déplorable.

Comprenez-vous mieux aujourd'hui René Dumont lorsqu'il déclarait au début des années 60 que « l'Afrique noire est mal partie » ?

Non, l'Afrique noire n'est pas mal partie ! Ce sont les dirigeants africains qui ne savent pas toujours où ils vont. Ils sont censés diriger leur pays en défendant à la fois la souveraineté de leurs Etats et le bien-être de leur population ; ils semblent plutôt qu'ils écoutent davantage ce que leur suggèrent les puissances extérieures et les forces qui empêchent le développement du continent africain. On leur a dit que les plans d'ajustement structurel étaient bons, ils les ont appliqués. On leur a dit que la dévaluation du franc CFA était une bonne chose pour leurs économies, ils l'ont acceptée. On leur a dit de signer des accords avec l'Union Européenne ou les Etats-Unis parfois au détriment de leurs propres avantages, ils l'ont fait, avant de se rendre compte que les termes de ces accords leur étaient défavorables. Il faudra bien un jour qu'ils sachent négocier, qu'ils sachent résister, qu'ils refusent la facilité et qu'ils n'aient pas toujours peur d'être renversés s'ils n'obéissent pas à ceux qui tirent les ficelles.

Avec le recul, pensez-vous que cette crise ivoirienne était liée à un déficit de démocratie?

Ça dépend encore de ce qu'on entend par démocratie. Les uns ont pensé que la démocratie en Côte d'Ivoire, c'était le fait que la communauté internationale impose le dirigeant de son choix à la tête du pays, peu importe qu'il y soit mis par des moyens illégaux, non conformes aux lois et à la constitution ivoiriennes. D'autres au contraire pensent que la démocratie, c'est le respect scrupuleux de ces lois et de cette constitution mises en place après un référendum populaire. Je ne crois pas qu'il y a eu déficit de démocratie mais plutôt une conception antagoniste des règles de base du fonctionnement d'un Etat démocratique. Certains étaient prêts à prendre le pouvoir par tous les moyens alors que d'autres voulaient respecter scrupuleusement la loi et la constitution de Côte d'Ivoire.

Les crises ivoiriennes et libyennes ne sont-elles pas symptomatiques du caractère inopérant de l'ingérence du droit humanitaire ? Et finalement l'Onu et la communauté dite internationale ne portent-elles pas toute la responsabilité de ces crises africaines ?

Je ne crois pas qu'il faille attribuer toute la responsabilité des crises africaines à l'ONU et à ce qu'il est convenu d'appeler "la communauté internationale". Les Africains ne sont pas de grands enfants qui subissent et qui par fatalité ou déterminisme doivent toujours subir. La CEDEAO a été la première à menacer le président Gbagbo d'intervention militaire. Ce fut déplorable, irresponsable et lamentable. L'Union Africaine s'est illustrée par une complaisance sans équivalent lorsque la prétendue "communauté internationale" a reconnu monsieur Ouattara. De nombreux dirigeants sachant qu'ils côtoient beaucoup la fraude électorale et qu'ils règnent sans opposition démocratique dans leur pays ont entériné la décision de la France et des Etats-Unis. Les mêmes Africains ont applaudi la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton qui leur ordonnait presque d'expulser les ambassadeurs libyens accrédités dans leurs pays respectifs. En cela, leur comportement ne fut guère exemplaire non pas pour le colonel Khadafi mais pour la dignité et la respectabilité des dirigeants africains. La première responsabilité est donc la leur.

Vous dénoncez « les secrets de la justice internationale » dans l'un de vos ouvrages. Quelles sont les solutions que vous proposez pour que l'Afrique se réapproprie son développement et son avenir?

Ce serait prétentieux de ma part que de prétendre détenir des solutions sur le devenir de l'Afrique. La justice internationale ou ce qu'on qualifie comme telle n'en est pas une. Celle qui traite par exemple du Rwanda est un scandale. Dans un conflit qui a opposé des rebelles aux forces gouvernementales, seuls les membres du gouvernement rwandais sont incarcérés et condamnés. C'est comme si en Côte d'Ivoire, on décidait de traduire en justice tous les ministres pro-gbagbo et que tous les rebelles qui ont commis des actes répréhensibles depuis 2001 n'étaient aucunement concernés par la justice. C'est cela le Tribunal pénal International pour le Rwanda. La communauté internationale a décidé que seuls les Hutu étaient les méchants et les rebelles tutsi, eux, les bons et les gentils. Malgré tous les crimes que ces derniers ont commis au Rwanda et au Congo, la justice ne s'intéressera jamais à eux. C'est probablement ce scénario qui est envisagé en Côte d'Ivoire. On parle de traduire le président Gbagbo devant la CPI, sur quel fondement juridique? Quelle est la légitimité de la CPI dans les élections et les actes qui entourent ces élections en Côte d'Ivoire ? J'ai eu le privilège de recevoir au cours de mon enquête le mémorandum du 9 mars 2011 rédigé par les avocats français de monsieur Alassane Ouattara qu'ils ont adressé à la Cour Pénale Internationale. Ce document préparé avant le coup d'Etat d'avril 2011 avait été concocté pour neutraliser le président Laurent Gbagbo et non pas pour analyser la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire comme ses auteurs le prétendent. Ils accusent "le président Gbagbo et son clan" de multiplier les violations des droits de l'Homme depuis "l'élection" de monsieur Ouattara le 28 novembre 2010. Pourquoi ce texte très politique commence à accuser le président Gbagbo seulement à partir du 28 novembre ? Il eut été préférable et plus cohérent, dans cette logique, de commencer dès son arrivée au pouvoir en 2000 ou dès 2001. On pourrait ainsi enquêter sur ceux qui ont fait la tentative des coups d'Etat de 2001, 2002, 2004, ainsi que leurs commanditaires et finir par le coup réussi de 2011. Y a-t-il eu violations des droits humains à toutes ces périodes ou pas ? Les Premiers ministres successifs peuvent-ils être concernés par des enquêtes judiciaires ou pas ? Vous voyez que lorsqu'il faut aller au fond des choses, ça peut devenir très embarrassant et peut-être aussi très intéressant. Je pense pour l'instant qu'il faut libérer celui qui a permis à monsieur Ouattara de se présenter aux élections alors qu'il était sous le coup d'un mandat d'arrêt international de monsieur Bédié pour faux et usage de faux. Je note simplement que Monsieur Gbagbo n'a jamais mis monsieur Ouattara en prison alors qu'il était fondé de le faire après deux tentatives de coup d'Etat en 2001 et 2002. Cependant, monsieur Ouattara a déjà mis arbitrairement Laurent Gbagbo en prison à deux reprises (1992 et 2011) simplement parce qu'il n'a jamais toléré de voir ce dernier gravir les hautes marches vers le pouvoir suprême. En regardant simplement les faits, on est obligé de constater que sa conception de la démocratie est vague et très aléatoire.


Réalisée par Nikitta Kadjoumé

knikitta@yahoo.fr


Source: IVORIAN.NET

LEGISLATIVES: LE CAMP GBAGBO BOYCOTTE, LE RHDP SE DECHIRE


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Le pouvoir Ouattara a maintenu «ses» élections législatives. Contre vents et marées. Malgré les interpellations de la «communauté internationale» qui a souhaité sans succès un scrutin «transparent et inclusif». Et des protestations de l’opposition politique conduite par le FPI. Le contexte sociopolitique reste marqué, neuf mois après l’accession au pouvoir de Ouattara, le climat sociopolitique s’est nettement dégradé avec les exactions et actes d’intimidation des Frci contre les partisans du président Gbagbo, dont le transfèrement à la Haye continue de choquer profondément les Ivoiriens toutes convictions politiques confondues.

Un acte attentatoire à la cohésion que les dirigeants du pays, surpris de la réaction des Ivoiriens, tentent vainement de justifier. Au moment où s’ouvre la campagne électorale pour les législatives du week-end prochain, dans un climat délétère, on peut dire que l’on s’achemine vers un scrutin qui consacrera le partage du gâteau entre les seuls «vainqueurs de la bataille d’Abidjan», les conditions de son déroulement ne permettant pas du tout la participation des partis de l’opposition conduite par le Fpi. En clair, il s’agit d’élections mono-partisanes, ouvertes aux seuls «vainqueurs», traduction de la justice des vainqueurs obséquieuse actuellement dans notre pays. Le pouvoir est d’autant plus isolé sur ce terrain des législatives que les quelques partis membres du Cnrd et autres candidats indépendants proches de cette organisation viennent de se retirer de la course au parlement, rejoignant ainsi dans sa position le FPI qui avait, dès le début, décider de ne pas y prendre dans un environnement sécuritaire aussi chaotique et catastrophique que celui que nous connaissons.

Le MNC de Kabran Appiah, le CAP-UDD de Gervais Coulibaly, l’UDCY de Mel Eg Théodore, l’URD de Boni Claverie, etc. ainsi que des candidats indépendants se sont ainsi retirés du scrutin avant même l’ouverture de la campagne électorale. En guise de protestation contre le transfèrement du président Gbagbo à la Haye mardi dernier. Mais même seul sur le terrain, l’attelage hétéroclite RHDP vole déjà en éclats avant même l’ouverture de la campagne, alors que les partis membres – qui n’ont en commun en réalité que leur haine pour Laurent Gbagbo – disent défendre le même idéal.

Le panier de crabes

Les divergences sont profondes et béantes entre les alliés et ne peuvent être sabotées sans coup férir. En témoignent les derniers développements de l’actualité.

En effet, les uns et les autres ne se sont pas fait prier pour voler dans les plumes et jeter de grosses pierres dans le jardin de leurs alliés. Ainsi, en réponse à la sortie du ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko fustigeant récemment les candidatures en rangs dispersés, alors qu’il était convenu de présenter une liste RHDP dans la commune de Cocody, la jeune candidate du PDCI, Yasmina Ouégnin, s’est montrée très incisive. A la limite du tolérable pour le tout puissant patron du ministère de l’Intérieur s’il s’était agi d’un partisan de Laurent Gbagbo. La fille de l’ancien directeur du protocole d’Etat sous Houphouët Boigny n’a ménagé aucunement le «fils de Ouattara», affirmant que ses propos témoignent de «dérives dictatoriales». Réponse du berger à la bergère. «Nous sommes choqués par ces propos de madame Guessend née Yasmina Ouégnin. Ses propos ne sont pas de nature à honorer le PDCI qu’elle prétend représenter. Le ministre d’Etat n’a cité aucun nom en particulier lorsqu’il avait fustigé «ce qui se passe dans cette commune », répliquent jeudi les partisans d’Hamed Bakayoko. La polémique enfle sur cette guéguerre entre alliés qui cachent à peine leur haine les uns pour les autres. Il y a peu, c’est le ministre de l’Artisanat, Sidiki Konaté, candidat RDR à Man, qui se distinguait par des propos haineux et tribalistes à l’endroit de l’UDPCI de Mabri Toikeusse, dans sa course folle et sans merci pour contrôler le siège de député de cette circonscription.

Les exemples sont légions. Au niveau même de la haute direction du RHDP, la situation n’est pas moins complexe. «Il y a problème au Rhdp !», reconnaissait la semaine dernière le président du Mfa, Anaky Kobena, fustigeant ses alliés accusés d’être voraces et vouloir étouffer sa formation politique. Le secrétaire général du PDCI, également président du directoire du RHDP, lui-même, n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le secrétaire général du RDR d’Alassane Ouattara qui répète à qui veut l’entendre que son partir gagnera ces élections législatives vaille que vaille. Selon toute vraisemblance il y a de l’eau dans le gaz. Une vraie crise de confiance au RHDP. «Quand on part à une élection. On ne dit pas on gagne à tous les coups. Mais tous les coups ne sont pas permis en démocratie. Il y a des règles du jeu qu’il faut respecter et il faut être prêt à faire face à la défaite», s’est indigné Djédjé Mady, craignant certainement de voir son parti broyé par la machine électorale du RDR.

Parlement des vainqueurs ou célébration de la haine

Cette guéguerre traduit la volonté de chaque camp, notamment le PDCI et le RDR, de contrôler le parlement. En s’adjugeant le poste de président de l’Assemblée nationale, le PDCI veut se donner un moyen de pression pour peser sur la prise de décision au sommet de l’Etat. Cela permettrait en tout cas au PDCI de Konan Bédié de s’offrir une meilleure part du gâteau confisqué presque entièrement par ses alliés du Rdr et des forces nouvelles de Soro Guillaume qui s’accroche à la Primature. Avec la bénédiction de Ouattara. Avec ces élections, l’«alliance de dupes» qu’est en réalité le Rhdp est à l’épreuve. Et il est à craindre que les animosités qui dominent leurs relations hypocrites de «je t’aime moi non plus » se transportent au sein du futur parlement. Dans tous les cas, le parlement des « vainqueurs » qui naîtra de ces élections ne pourra prétendre être représentative des populations ivoiriennes dont la grande majorité vit aujourd’hui dans la peur, dans l’incertitude, à la merci des Frci et du parquet dont la mission principale est de traquer et emprisonner tous les partisans du président Laurent Gbagbo. Dans un tel parlement, il est clair que les querelles intestines entre alliés occulteront les préoccupations essentielles des Ivoiriens.


LUCIE BOURTHOUMIEUX, AVOCATE DE LAURENT GBAGBO: «RECUSER MORENO-OCAMPO ET ATTAQUER SARKOZY ET OUATTARA POUR CRIMES CONTRE L'HUMANITE»




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« La question fondamentale qui se pose est celle de la crédibilité de la Cour pénale internationale, et donc de la justice internationale. Nous appelons tous, et le Président Gbagbo le premier, à la justice. Cette manière de faire, la partialité affichée, la connivence affichée du procureur Ocampo qui le jour de sa décision va à Paris rencontrer Ouattara et me dit-on Sarkozy [sic], sa connivence affichée avec les auteurs identifiés des crimes de Duékoué [attribués aux forces de Ouattara], cette façon de se mettre aux ordres des puissants remet profondément en cause la crédibilité de la justice internationale dont nous avons pourtant tous besoin. La question qui est posée aujourd'hui va au-delà même de la personne de Gbagbo ».

« Ce mandat d'arrêt est absolument illégal. Dans le texte du Traité de Rome qui institue la Cour pénale internationale, il est indiqué que les mesures de mandat d'arrêt et de transfèrement pendant la période d'enquête préliminaire sont des mesures exceptionnelles qui ne peuvent être réalisées qu'à une seule condition. La personne à l'encontre de laquelle cette mesure est prise doit constituer pour le territoire sur lequel elle se trouve une menace à la paix. Je vous rappelle que la commission des droits de l'homme des Nations-Unies en Côte d'Ivoire est reconnue comme une autorité internationale habilitée à établir des faits qui permettent aux différentes instances de prendre une décision. Cette commission a établi un rapport qu'elle a présenté il y a deux mois devant la chambre préliminaire, dans lequel il était formellement indiqué que la présence du Président Gbagbo sur le territoire ivoirien était plutôt un élément stabilisateur, qu'en tout état de cause, cette présence n'était pas une menace à la paix, et qu'en conclusion il n'était pas question pour eux de soutenir un quelconque transférement à la Haye. Nous sommes donc très étonnés ».

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Commandant de zone Fofié Kouakou.

Chargé de surveiller Gbagbo à Korhogo, et frappé par les sanctions de l'ONU depuis 2004 pour enrôlement d'enfants-soldats, enlèvements, imposition de travail forcé, sévices sexuels sur les femmes, arrestations arbitraires et exécutions extra-judiciaires...

 

« Gbagbo n'est pas accusé de crimes. Je vous rappelle qu'on est dans la période d'enquête préliminaire. Préliminaire ! Il ne s'agit pas d'inculpation, Gbagbo n'est pas inculpé parce que pour inculper il faut être capable de juger, or la Cour pénale internationale n'a aucune compétence aujourd'hui pour juger un citoyen ivoirien pour la bonne et simple raison que l'État Ivoirien n'a jamais ratifié la compétence de la Cour pénale internationale. La Cour n'a aucune compétence, ce n'est pas une mesure de justice, c'est une mesure politique qui a pour objectif d'écarter le Président Gbagbo du débat politique ! Le seul objectif est de faire plaisir à Ouattara qui, 7 mois après sa prétendue investiture, n'a pas la réalité du pouvoir... La seule personne qu'il accuse à cet effet est le Président Gbagbo. Donc on l'éloigne comme il le demande. C'est un leurre. À l'heure où je vous parle il y a trois journalistes ivoiriens, reconnus nationalement et même internationalement, qui ont été inculpés et déférés en prison hier pour atteinte à la sûreté de l'État, vous savez pourquoi ? Parce qu'à la une de leurs journaux, ils ont titré sur une dévaluation du franc CFA en 2012, reprenant en cela un article paru dans un journal français. Où-va t-on ? Ocampo ne va pas nous dire qu'il n'est pas au courant puisqu'il a des rapports hebdomadaires de la même commission des droits de l'homme qui conclut à chaque fois à des exécutions sommaires et à la confiscation des libertés publiques. La question est: est-ce que 50 ans après, le peuple africain va accepter comme cela au grand jour d'être soumis, vassalisé, par la puissance coloniale d'hier? ».


Texte: Extraits d'une interview réalisée le 30/11/2011 par Stéphane Malka de "LexTimes.fr".


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

AFFAIRE GBAGBO: LE DEUX POIDS DEUX MESURES DE LA CPI

 

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Dans la nuit du 29 au 30 novembre, l'ex-président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo a été transféré à la prison de La Haye. Le procureur de la CPI lui a signifié un mandat d'arrêt international. Le camp du président Ouattara est épargné. Alors que sur le papier, l'actuel chef de l'Etat est lui aussi susceptible d'être inquiété.


L'ancien président ivoirien Laurent  Gbagbo comparaîtra le 5 décembre pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI) qui le soupçonne de crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011.

Laurent Gbagbo, inculpé par la Cour pénale internationale ce mardi 29 novembre, a donc été transféré à La Haye, aux Pays-Bas.

La CPI a été d'une rapidité inégalée pour traiter le cas de l'ex-président ivoirien, débarqué du pouvoir le 11 avril dernier et emprisonné depuis dans le nord de la Côte d'Ivoire. A l'évidence, cette décision est hautement politique et le résultat de négociations entre le procureur Ocampo et les autorités ivoiriennes. En témoigne la rencontre secrète, révélée par plusieurs organes de presse, entre ce dernier et le président Ouattara, à Paris le 26 novembre dernier, et les pressions discrètes de la France dans le même sens.

Depuis le second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010, Alassane Ouattara a maintes fois répété qu'il collaborerait pleinement avec la Cour pénale internationale. Dès la chute du président Gbagbo, le nouveau chef de l'Etat ivoirien a annoncé qu'il livrerait son prédécesseur à la Cour de La Haye. Sur ce point, il a tenu parole. Le procureur Ocampo s'est rendu à Abidjan à la mi-octobre, précédé d'une équipe d'enquêteurs.  Puis en quelques semaines, il a pu boucler son mandat d'arrêt.

Enquête express à Abidjan

« Nous avons beaucoup travaillé à Abidjan, c'est pourquoi nous avons été aussi rapides, a-t-il expliqué à l'Agence France Presse. Nous avons bien organisé les choses, nous avons identifié des témoins et envoyé une équipe à Abidjan: en une semaine, nous avons mené tous les interrogatoires nécessaires pour compléter les investigations», a-t-il expliqué.

Le magistrat argentin en a profité pour saluer «la bonne coopération» avec le procureur général ivoirien, précisant que ses enquêteurs ont «interrogé plus de 160 victimes et nous ont donné une énorme quantité d'éléments de preuve».

Il a toutefois rappelé que des crimes ont été commis dans les deux camps et que d'autres personnalités suivront le même chemin que Laurent Gbagbo.

«L'enquête suit son cours. Nous continuerons de recueillir des éléments de preuve en toute impartialité et en toute indépendance, et nous saisirons la Cour d'autres affaires, quelle que soit l'affiliation politique des personnes concernées», a précisé le magistrat argentin.

A l'évidence, l'exercice s'avérera plus difficile. Laurent Gbagbo a été livré sur un plateau à la Cour pénale internationale par Alassane Ouattara. Et même si ce dernier a promis que les crimes passibles de la CPI commis par ses propres troupes seraient punis, il reste à voir qui le président ivoirien acceptera de lâcher dans son entourage. Le chef de l'Etat sait en effet qu'il doit son arrivée au pouvoir, outre à la France et aux Nations unies, à son Premier ministre Guillaume Soro et aux chefs de guerre de l'ex-rébellion des Forces nouvelles, aujourd'hui incorporés dans l'armée ivoirienne ou la sécurité présidentielle.

En outre, si la CPI tient aujourd'hui Laurent Gbagbo pour responsable de crimes commis par l'armée ou des miliciens lorsqu'il était encore aux affaires, que peut-il en être d'Alassane Ouattara? Les FRCI, Forces républicaines de Côte d'Ivoire pro-Ouattara, ont été créées par décret présidentiel le 17 mars 2011. Quelques jours plus tard -selon le CICR, Amnesty International et Human Rights Watch- des membres de ces mêmes FRCI se sont livrés à des massacres de grande ampleur dans la ville de Duekoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.

Ouattara, Soro et les autres...

En outre, des rapports des Nations Unies et d'organisations de défense des droits de l'homme ont largement détaillé les exactions et les meurtres commis par des membres des Forces nouvelles (qui composent les FRCI) de l'actuel Premier ministre Guillaume Soro. Sur le papier, Alassane Ouattara, comme Guillaume Soro pourraient donc, eux aussi, être passibles de la CPI. A l'évidence, sauf bouleversement extraordinaire, leur comparution est très peu probable. D'autant que même les plus petits poissons comme le chef de guerre pro-Ouattara Kouakou Fofié, commis à la surveillance de Laurent Gbagbo à Korhogo, et soumis à des sanctions de l'ONU pour des exactions et des viols, n'a pas pour l'instant été inquiété.

Avec ce transfèrement du président Gbagbo, le procureur Ocampo, dont le mandat s'achève à la fin de l'année, peut en tout cas être assuré de quitter son poste avec un tableau de chasse fourni, alors qu'il a jusqu'ici échoué à mettre la main sur le président soudanais Omar el Béchir, poursuivi, lui, pour crimes contre l'humanité dans le Darfour.

Soupçonné par les défenseurs des droits de l'homme d'actes de génocide et de massacres à grande échelle, Omar el Béchir est, il faut dire, protégé par l'Union africaine, hostile, dit-elle, à l'idée de faire juger un chef d'Etat africain en Europe. Manifestement, cette règle ne vaut pas pour Laurent Gbagbo, qui est pourtant loin d'être un «Hitler africain».

Dans l'entourage de l'ex-chef de l'Etat ivoirien, en tous cas, la colère gronde.

«C'est une forfaiture juridique que dénoncent dès à présent les avocats du président Gbagbo qui préparent la riposte appropriée, s'insurge Bernard Houdin, un de ses conseillers dans un communiqué. Messieurs Ouattara et Soro sont(...), plus que quiconque, redevables de la CPI.»

A Abidjan en revanche, le porte-parole du gouvernement ivorien, Bruno Koné, estime que «ce transfèrement est salutaire». Il ajoute que cela aidera à «tourner une page triste de l'histoire de la Côte d'Ivoire». Il jure par ailleurs que si des personnes de l'entourage du pouvoir actuel sont concernées par des procédures de la CPI, une même procédure du même type que pour Laurent Gbagbo sera mise en œuvre.


Aya Touré


Source : SLATE AFRIQUE

GBAGBO A LA CPI: DECLARATION OFFICIELLE DU FPI - LE PROCESSUS DE RECONCILIATION AU POINT MORT

 

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«Tenez-vous prêts pour des mots d'ordre à venir»

 

Le lundi 28 novembre 2011, dans une procédure complètement illégale, la doyenne des juges d'instruction du tribunal de première instance du Plateau engage une audition du président Laurent Gbagbo sur les infractions de «crimes économiques». Le mardi 29 novembre 2011, contre toute attente, la Chambre d'accusation de la Cour d'appel d'Abidjan notifie au Président Laurent Gbagbo un mandat d'arrêt international émanant de la Cpi. On assiste alors à un emballement de l'appareil juridico-politique pour aboutir le même jour au transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Cpi à la Haye selon une procédure toute aussi illégale.

Cette opération n'est qu'une mascarade et une parodie de justice mises en oeuvre par le Président Ouattara pour obéir aux injonctions de ses parrains. Elle n'est que la manifestation suprême d'une haine qu'ils vouent au Président Laurent Gbagbo pour sa vision politique ancrée sur la souveraineté nationale. Elle finit de convaincre le Fpi et ses alliés, ainsi que l'opinion nationale et internationale sur le refus définitif du Président Ouattara de voir une Côte d'Ivoire réconciliée.

C'est pourquoi le Comité central instruit instamment le Secrétariat général de prendre des mesures légales appropriées, notamment la mobilisation des structures, de l'opinion nationale et internationale et ce, dans le cadre de l'action unitaire au sein du Cnrd, afin d'obtenir la libération définitive et le retour du Président Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire.

Par ailleurs, le Comité central:

- condamne ce véritable hold-up politico-judiciaire de transfèrement du Président Laurent Gbagbo à la Haye alors que les enquêtes sont en cours; ce qui constitue une violation grave de la présomption d'innocence reconnue à tout être humain;

- s'insurge contre cet enlèvement politique qui s'apparente plus à une contrainte à l'exil sous le prétexte de «mandat d'arrêt internationale» alors que les vrais criminels sont les rebelles et leurs vrais chefs dont les dossiers sont pendants à la Cpi depuis 2004 ;

- dénonce la collusion du procureur Ocampo avec Alassane Ouattara sur fond de corruption massive dont les indicateurs sont, entre autres, la rencontre secrète récente entre les deux hommes à Paris et l'affrètement d'un avion privé par le Président Ouattara pour le transfèrement du Président Gbagbo, alors que le Cpi dispose de moyens à cet effet ;

- assure le Président Laurent Gbagbo du soutien et de la solidarité indéfectibles du parti dans cette épreuve qu'il bravera pour le bonheur des Ivoiriens et des Africains. En attendant que le Secrétariat général, en liaison avec les organes exécutifs respectifs de nos alliés du Cnrd, entreprenne des actions idoines, le Fpi, sur décision du Comité central:

- suspend sa participation à tout processus de réconciliation et demande à tous ses cadres de s'abstenir de toute activité y afférant ;

- affirme que le transfèrement du Président Laurent Gbagbo signe la rupture du dialogue républicain en cours avec le pouvoir et ses alliés. Enfin, le Comité central du Fpi demande à tous les militants sympathisants, démocrates ivoiriens et africains de se tenir prêts et de rester à l'écoute de la Direction pour les mots d'ordre imminents à venir.


Fait à Abidjan, le 30 novembre 2011


Pour le Comité central du Front populaire ivoirien,

Le Secrétaire général, Porte-parole

 

Laurent Akoun


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 03 décembre 2011

DES ERREURS SUR LE MANDAT D'ARRET DE GBAGBO: LA CPI VA-T-ELLE LIBERER L'ANCIEN CHEF DE L'ÉTAT IVOIRIEN?



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Ça fait déjà débat sur la toile. Ocampo se serait-il trompé sur l'identité ou aurait-il commis une erreur sur la personne de l'ancien chef de l'État ivoirien, transféré à la Cour Pénale Internationale (CPI) dans la nuit du mardi 29 ou mercredi 30 novembre 2011 ? En effet, le mandat d'arrêt international et l'acte d'accusation délivrés dans un document judiciaire unique par le Procureur argentin de la CPI, contre l'ex-président de la République de Côte d'Ivoire, est ainsi libellé : «(...). Par ces motifs, la Chambre délivre le présent mandat d'arrêt à l'encontre de Laurent Koudou Gbagbo, né le 31 mai 1945 dans le village de «Mama», sis dans la sous-préfecture de Ouragahio, dans le département de Gagnoa, en Côte d'Ivoire, de nationalité ivoirienne et membre de la tribu des Bété (...)». Du coup, plusieurs observateurs ont relevé des erreurs matérielles sur ledit mandat d'arrêt, et les internautes se sont saisis de l'affaire. D'abord, ils ont relevé que Laurent Gbagbo s'appelle à l'état civil Gbagbo Laurent.

C'est sous ce nom qu'il a été régulièrement enregistré aussi bien durant son cursus scolaire, universitaire et professionnel, que dans les documents officiels de la Commission électorale indépendante (CEI) et du Conseil constitutionnel ivoirien lors des deux tours de l'élection présidentielle, en octobre et novembre 2010 en Côte d'Ivoire. Laurent Gbagbo n'a jamais porté le patronyme «Koudou» qui est celui de son père Koudou Zêpê Paul. L'homme avait fait savoir quand il était encore dans l'opposition, qu'il intenterait une action en justice pour l'adjonction du nom «Koudou» sur son état civil, mais il ne l'a jamais fait.


De plus, dans les registres de l'état-civil ivoirien, Laurent Gbagbo serait né à Babré, dans la commune de Gagnoa, et non à «Mama, sis dans la sous-préfecture de Ouaragahio, dans le département de Gagnoa», comme cela est inscrit dans le mandat d'arrêt d'Ocampo. Vrai ou faux ? Il faudra le vérifier dans les registres d'état civil de Ouragahio et de Gagnoa. Mais il n'en fallait pas plus aux partisans du nouveau pensionnaire de la prison de Schweningen à La Haye, pour alerter l'opinion nationale et internationale via Internet et les réseaux sociaux dont Facebook, sur ce qu'ils qualifient de «grossièretés judiciaires» de la CPI.


Que
va faire la CPI ?

A l'audience de présentation qui aura lieu le lundi 05 décembre à 13 GMT (14 heures locales), Laurent Gbagbo pourrait opposer ce genre d'argumentaire à la Cour lors de sa première comparution : «Je ne suis pas Laurent Koudou Gbagbo, et je ne suis pas né à Mama (...). Vous vous trompez sûrement de personne. Moi, je me nomme Gbagbo Laurent et je suis né à Babré (...). Donc allez chercher ailleurs votre Laurent Koudou Gbagbo né à Mama, et libérez-moi». Aussi surréaliste que cela puisse paraître, la procédure pourrait se trouver enrayée par une telle posture de l'accusé, et fortement embarrasser la CPI. Ces détails relevés ci-dessus peuvent-ils valablement conduire la Cour à se dessaisir - même momentanément - du dossier Gbagbo ou à reprendre la procédure ?

En d'autres termes, Gbagbo peut-il bénéficier d'une liberté, même provisoire ou à titre temporaire, pour ces raisons ? Des erreurs sur l'identité et la filiation de la personne poursuivie peuvent-elles conduire à un non-lieu ou à un abandon des charges contre le mis en cause ? Que dit la loi et la jurisprudence nationale et internationale en la matière ? Nous avons posé toutes ces questions aux conseils juridiques de Laurent Gbagbo.


Les avocats de l'ancien chef de l'État ivoirien ont promis de nous faire le retour. On attend leur réponse. Interrogée sur la question, une source judiciaire près le Tribunal de Grande Instance d'Abidjan-Plateau a fait l'observation suivante : «Si par extraordinaire la CPI prononçait un non-lieu ou un abandon des charges contre M. Gbagbo, ce qui est du reste très peu probable, il sera ramené à Korhogo où il était assigné à résidence surveillée. N'oubliez pas que M. Gbagbo fait l'objet d'une procédure ouverte par la justice ivoirienne notamment pour crimes économiques». L'imbroglio judiciaire national et international ne fait que commencer.



Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien «L'Inter» N° 4052  du samedi 3 décembre 2011.

DEPORTATION DE GBAGBO A LA CPI - ABOU CISSE A OUATTARA: «TU VIENS DE MANGER TON TOTEM»



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Abou Cissé, oncle d'Alassane Ouattara, ne voulait pas garder le silence après la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Selon lui, son neveu vient de se tirer une balle dans le pied. Entretien.


Quels commentaires faites-vous sur la déportation du Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale?

C'est une honte pour la côte d'ivoire. Un vrai ivoirien ne peut faire cela à un autre ivoirien. Ce n'est pas possible. Quel que soient nos problèmes, on peut s'asseoir autour d'une table pour trouver une solution. En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale, Alassane Ouattara vient de signer l'arrêt de mort de la côte d'ivoire. C'est la destruction du pays à petit feu. Et nous avons peur pour demain. Ce qu'Alassane vient de faire au Président Laurent Gbagbo n'est pas digne de lui. dans tous les cas, il va le payer très cher. C'est son totem qu'il vient de manger. Il s'est tiré une balle dans le pied. Nous avons des inquiétudes.

Quelles sont ces inquiétudes?

En envoyant le Président Laurent Gbagbo à la cour pénale internationale de la Haye, on ne fait qu'emprisonner celui qui est au pouvoir actuellement. Parce que Laurent Gbagbo en prison pose plus d'inquiétudes que d'apaisement.

On ne vous suit pas...

Le Président Laurent Gbagbo a une personnalité. Cette personnalité a régné pendant dix ans. Plus il est en prison, plus il a une aura qui va s'affirmer contre les erreurs du pouvoir actuel. Ce pouvoir n'a pas la dimension de résoudre tous les problèmes des ivoiriens. Vous allez voir que les gens, sans distinction politique, religieuse, ethnique et régionale, vont se retrouver de plus en plus dans les idées du Président Laurent Gbagbo. À travers cette situation, il a toutes les chances de devenir une icône, un symbole. Il va atteindre une telle dimension que le pouvoir en place ne pourra pas diriger ce pays.

Comment ?

Bon nombre d'ivoiriens vont se sentir, compte tenu du fait qu'il a mis pratiquement tout le monde en prison, dans l'idéal du Président Laurent Gbagbo. Prenons l'exemple de Mandela, quand il était en prison. Ce n'était pas lui qui faisait la révolte, en Afrique du sud. C'est le fait qu'on l'a mis en prison. Cela a donné une autre valeur à Mandela. Aujourd'hui, Gbagbo va atteindre une dimension telle que la Côte d'Ivoire ne pourra pas être géré par ceux qui sont là. Il ne va pas utiliser, comme les autres l'ont fait, les armes ou la rébellion. Sa présence à la Cour pénale internationale va susciter, plutôt, une chaîne de mouvements au niveau de la classe sociale. On n'aura pas besoin des armes ou d'une révolution par la guérilla. C'est le peuple lui-même qui va se soulever. Parce que le pouvoir actuel ne pourra pas répondre aux attentes des ivoiriens. La côte d'Ivoire n'avait pas besoin de cette situation. On aurait pu en faire l'économie. Pour diriger un pays, il faut être investi d'un certain humanisme. Nous prenons l'exemple du Président Gbagbo. Il est d'un humaniste incroyable. La politique du Président Laurent Gbagbo prenait en compte tout le monde, sans distinction d'ethnie, de religion et de région. Alassane est le problème de la Côte d'Ivoire. Il n'est pas la solution.

En quoi il est le problème ?

Il est en train de nous conduire dans le mur. Ce n'est pas en envoyant le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale qu'il y aura la paix. Bien au contraire! Au lieu de gouverner, il crée des problèmes. Alassane montre son incapacité à diriger convenablement le pays. Il n'a pas le coffre d'un chef d'Etat. Cela se sent. Il ne connaît pas la Côte d'Ivoire. Il vient de créer un précédent dans la vie politique ivoirienne. On a fait plus de tort au Président Laurent Gbagbo quant il était dans l'opposition. Il a fait plusieurs fois la prison. Il a connu l'exil. Sa famille n'a pas été épargnée du courroux des pouvoirs Pdci. Arrivé au pouvoir, il n'a jamais daigné se venger. Bien au contraire, il a appelé tous les ivoiriens sans distinction aucune à travailler ensemble pour le développement de la côte d'ivoire. On ne gouverne pas un pays avec la haine.

On a pensé que les Ivoiriens allaient manifester...

Le silence est un message. Le silence des ivoiriens ne veut pas dire qu'ils ont abdiqué. Le temps est le second nom de Dieu. Il va faire son effet. Le silence des ivoiriens est un signal pour ceux qui ont décidé de déporter le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Tout a une fin. Et la fin du film n'est pas loin. Allons doucement, car nous sommes pressés. Le temps joue en faveur du peuple. Et non en faveur d'Alassane et ses amis.

Soro soutient que le Président Laurent Gbagbo a été déporté parce que le Fpi a refusé d'entrer au gouvernement et d'aller aux législatives. Et que Gbagbo a refusé de discuter avec Ouattara...

Si nous comprenons bien Soro, c'est un règlement de compte. C'est une décision politique qui a déporté le Président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale. Guillaume Soro soutient avoir pris les armes, le 19 septembre 2002, pour réparer une injustice. Quelle contradiction avec ses actes d'aujourd'hui. Que soro ne se presse pas. Son tour va bientôt arriver. Aujourd'hui, dans les bonnes grâces de ceux qui ont décidé de mettre la Côte d'Ivoire à genou. Il n'échappera point. Il va être rattrapé par ses crimes perpétrés depuis le 19 septembre 2002. Le massacre des gendarmes à Bouaké, les femmes enceintes éventrées... Il va connaître le même sort que ceux qui ont été soutenus par les grandes puissances pour détruire leur pays. Qu'ils se souviennent de Mobutu. Il est mort dans l'anonymat. La France a refusé de lui délivrer un visa pour se faire soigner à Monaco. Et pourtant, c'est lui qu'on a utilisé pour tuer Patrick Lumumba. Que dire d'Omar Bongo. Le pion incontournable de la Françafrique. Paris a actionné des Ong pour l'accabler de recel de biens mal acquis. Ce qui a précipité sa mort. Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Egypte, ne diront pas le contraire. Rira bien qui rira le dernier.

Selon la Cpi, il est considéré comme co-auteur de ce qui s'est passé...

C'est du rigolo. Comment peut-on arrêter un co-auteur et laisser l'auteur en liberté. C'est la première fois que nous voyons cela. Le monde est l'envers.

Qui est l'auteur ?

C'est Alassane Ouattara, Guillaume Soro, la France, le Burkina Faso. Ils sont à la base de ce qui est arrivé à la Côte d'Ivoire. ce sont eux qui ont attaqué la Côte d'Ivoire, le 19 septembre 2002. Le Président Laurent Gbagbo n'a fait que se défendre. Soyons sérieux. Il ne faut pas nous prendre pour des imbéciles. Qu'ils aient du respect pour le peuple ivoirien.

Malgré l'appel de certains chefs d'Etat, d'hommes religieux, de la société civile de libérer le Président Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara l'a transféré à la Cour pénale internationale...

Quant Dieu veut te perdre, il endurcit ton cœur. Un vrai ivoirien n'aurait pas fait ce qu'Alassane a fait au Président Laurent Gbagbo. Il n'est pas reconnaissant. Il doit beaucoup au Président Laurent Gbagbo. Ce sont les conseils de certains chefs d'Etat, d'hommes religieux qui ont poussé Gbagbo à accepter l'inacceptable. Et cela au nom de la paix pour son pays. C'est lui qui a réparé tous les torts à lui causés par Henri Konan Bédié qui est devenu subitement son allié.

Que dire de la réconciliation nationale ?

C'est fini. Si Charles Konan Banny a un peu de dignité, il doit démissionner. Parce que son travail est fini. Alassane a enterré la réconciliation. Qui va-t-il réconcilier ? Il ne peut pas réconcilier Alassane avec lui-même. L'idée de réconciliation est terminée. On ne peut pas la faire en excluant le Président Laurent Gbagbo. C'est un acteur majeur. il est incontournable.

Il faut que les Ivoiriens se réconcilient...

La réconciliation sera possible si le Président Laurent Gbagbo est libéré. Il faut qu'on se dise la vérité. La réconciliation sera possible avec son absence. si on se fie aux faux chiffres donnés par Youssouf Bakayoko, Gbagbo pèse 46%. Peut-être que Banny veut réconcilier Alassane avec les ivoiriens.

Que pouvez-vous dire aux Ivoiriens ?

Nous leur demandons de rester mobilisés. La lutte n'est pas terminée. Le combat du Président Laurent Gbagbo dépasse les frontières de la Côte d'Ivoire. Il nous reviendra de manière triomphale comme Mandela, en Afrique du sud. Nous n'avons pas le droit de baisser les bras. Le Président Laurent Gbagbo est en congé. Il n'y a aucun doute sur son retour. Nous demandons à la direction du Fpi, aux militants de la Majorité présidentielle et aux démocrates de ne pas se décourager. Le jour de notre jour n'est pas loin. Le combat continue. Nous allons le gagner, pas avec les armes. Mais avec les voies légales et démocratiques.


Entretien réalisé par Yacouba Gbané.

yacou066336510@yahoo.fr

 

In le quotidien ivoirien "Le Temps" N° 2505 du samedi 3 décembre 2011.