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samedi, 03 décembre 2011

LE LIVRE DE CHARLES ONANA INTROUVABLE EN COTE D'IVOIRE


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Alors que le livre de Charles Onana sur le 11 avril  intitulé à juste titre "Côte d'Ivoire : le coup d'Etat" fait l'objet d'une grosse demande auprès des libraires abidjanais, ceux-ci restent impassibles et ne semblent guère intéressés par des profits substantiels.


Combien coûte "Côte d'Ivoire : le coup d'Etat", ce livre de Charles Onana qui pénètre au tréfonds des événements du 11 avril ?  Aucun libraire ivoirien ne pourra répondre à cette question, car depuis qu'il est sorti en France et qu'il y fait un véritable tabac, Abidjan a choisi de ne rien faire pour qu'il soit dans les librairies nationales.

Officiellement, rien ne justifie la réalité d'une chape de plomb sur les meilleures ventes du moment en termes de productions littéraires. Il n'y a donc pas d'omerta assumée, pas non plus de consigne directe contre ce livre qui affirme que ce qui s'est passé pendant la crise postélectorale en Côte d'Ivoire relève d'un coup d'Etat et où le Président Gbagbo déporté dans l'un des goulags nordistes d'Alassane Ouattara témoigne abondamment.

Sauf, un incompréhensible manque d'empressement qui agace les Ivoiriens qui couvrent littéralement de demandes toutes les librairies de la place, à commencer par la plus prestigieuse et sans doute aussi la plus fortunée d'entre elle, La librairie de France. Ici, les responsables se défendent de snober l'ouvrage, pour des raisons qui pourraient être d'ordre politique et affirment avoir écrit aux éditions Duboiris qui éditent depuis de nombreuses années les productions du journaliste camerounais. « Nous lui avons écrit et attendons toujours d'avoir sa réponse ».

Bref, Duboiris aurait en creux décidé d'ignorer l'espace où le livre a pris forme et où on montre une voracité évidente pour lui. Quant au géant de la distribution ivoirienne Edipresse, ses rayons ne comportent pas non plus le sésame du moment. Selon l'un de ses responsables, le principe de la maison est d'attendre d'abord les demandes des libraires ; ce n'est qu'après qu'Edipresse assure la commande et fait venir les stocks demandés. Il arrive cependant qu'elle fasse venir des livres susceptibles d'intéresser les libraires quand Edipresse flaire une bonne affaire. Mais cette fois-ci, rien n'a été tenté de ce côté-ci et personne, apparemment ne semble intéressé de faire quelques profits sur la plus grosse vente du moment.

Mais cette attitude des libraires ivoiriens est d'autant plus bizarre que dans l'histoire, les autorités ivoiriennes ont souvent procédé à l'interdiction pure et simple de publications gênantes. Des publications entières de Jeune Afrique ont déjà été suspendues  sur toute l'étendue du territoire national sans compter celles dont les éditions étaient totalement rachetées par le gouvernement pour empêcher la divulgation d'un secret important. Or le livre de Charles Onana est un condensé de secrets d'Etat. Pour la postérité, Laurent Gbagbo y livre sa part de vérité une fois que les clameurs semblent s'être tues.

En librairie depuis le 4 novembre, ce livre parle beaucoup de la crise post-électorale qui a entraîné l'intervention militaire de l'armée française et des troupes rebelles en Côte d'Ivoire. La version officielle a tenté de faire croire qu'il s'agissait d'une action visant à faire respecter le résultat de l'élection présidentielle qui donnait Alassane Ouattara vainqueur.

L'enquête de Charles Onana tend plutôt à prouver qu'il s'agit d'un coup d'Etat préparé par le président Sarkozy et par Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. L'auteur dévoile les correspondances secrètes échangées par ces deux dirigeants dans le but de renverser Laurent Gbagbo.

Il montre également comment les banques françaises ont participé à cette action de déstabilisation à travers les filiales de la Société générale et de la BNP Paribas.

Pour la première fois, un général français, ex-numéro 2 de la force Licorne en Côte d'Ivoire, témoigne de ce qu'il a vécu. Dans cet ouvrage, l'auteur publie aussi plusieurs rapports confidentiels de l'ancien ambassadeur de France à Abidjan, Renaud Vignal, dont un accablant sur Alassane Ouattara.

Charles Onana, qui a également reçu les confidences du président Laurent Gbagbo, montre comment les autorités françaises, principalement Michel Alliot-Marie, ministre de la Défense, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, ont étouffé la vérité sur la mort des soldats français en novembre 2004 à Bouaké. Son enquête met également en lumière le rôle trouble de deux personnalités françaises dans la disparition de Guy-André Kieffer.

Ce livre, très documenté et qui illustre dix années de combat contre le régime de Laurent Gbagbo, est préfacé par l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne. On peut donc comprendre que la plupart des éditeurs ne soient pas vraiment  chauds pour le mettre dans leurs rayons.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

3 JOURS APRES, LE CARREFOUR DE LA RIVIERA 2 REVIENT A LA VIE


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Pour pointer à son service à 7h30 mn, comme l'exige dorénavant la direction de son service, Ruth-Francheska s'est levée de bonne heure et même un peu plus tôt que d'habitude car il lui fallait désormais prendre en compte les multiples déviations qu'imposait depuis vendredi dernier, aux automobilistes, la fermeture du grand carrefour de la Riviéra 2. Habitant le quartier de Yopougon, et étant en service à Bingerville, Ruth n'avait nullement envie de se faire remonter les bretelles par le nouveau patron qui lui, était très pointilleux sur les horaires de travail. C'est pourquoi, dans le mini-car où elle avait pris place, la jeune dame n'arrêtait pas de pester contre l'apprenti-chauffeur à chaque fois que celui-ci signalait un arrêt au conducteur. Déjà tendue, elle le fut davantage  lorsqu'après avoir dépassé l'école de police, le véhicule, au lieu de bifurquer sur la bretelle donnant sur les jardins de la Riviéra, s'engagea tout droit dans le sens du grand carrefour de la Riviéra 2. Prise de rage, le souffle faillit lui manquer lorsqu'elle lança à l'endroit du conducteur : « Tu ne sais pas que c'est fermé par là-bàs ? Tu vas nous perdre le temps pour rien ! » La plupart des passagers autour de Francheska abondèrent dans le même sens qu'elle.

Mais très vite la tension retomba lorsque tous s'entendirent dire par l'apprenti que la voie était à nouveau ouverte à la circulation depuis seulement la veille. Subitement, le visage de Ruth s'éclaira pour laisser apparaître son beau sourire et une dentition argentée. Soulagée à l'idée de pointer dans le temps à son boulot, elle eut néanmoins  honte d'elle-même pour s'être emporté tout à l'heure dans le « gbaka ». Elle s'en excusa auprès du conducteur qui en fit de même pour les multiples arrêts observés tout au long du trajet, le tout, dans une ambiance de paix des braves. Se tenant à carreau vis-à-vis de la politique, elle se garda de faire le moindre commentaire sur la réouverture du grand carrefour de la Riviéra 2.

Comme cette jeune dame, ils sont nombreux les abidjanais qui ont eut droit hier matin, à la surprise du chef. Qui aurait pu imaginer qu'après la cérémonie de lancement des travaux de l'échangeur de ce quartier, tenue vendredi dernier en grandes pompes, en présence du premier ministre, l'on assisterait trois jours après à une reculade du gouvernement vu que la mesure de fermeture de cette voie était prévue pour durer une année? En 72 heures, qu'est-ce qui a bien pu infléchir la position gouvernementale ? Bien malin qui pourrait le savoir, surtout  en l'absence de toute déclaration officielle des autorités compétentes sur le sujet. Un vide que la rumeur abidjanaise a vite fait de combler en expliquant la mesure de réouverture par une volonté du gouvernement d'éviter de créer des désagréments aux populations en cette veille de fêtes de fin d'année. Une thèse vite contrariée par d'autres sources qui mettent plutôt en avant le manque de ressources financières pour le démarrage effectif des travaux. Généreuses dans la diffusion de l'information, celles-ci indiquent que la cérémonie de lancement des travaux de l'échangeur de la Riviéra 2 a été faite en prévision de la récente tournée du chef de l'Etat en Belgique et des fonds qu'il ramènerait de son séjour bruxellois. La récolte n'ayant pas été à la hauteur des espérances, le démarrage des travaux a été ainsi reportée à plus tard.

Aussi pour railler le régime sur cet autre mauvais coup, certains sont-ils allés puiser dans le christianisme pour comparer le retour à la vie du carrefour de la 2, trois jours après, à celui de la résurrection du Christ. Une coïncidence renforcée par le fait que la voie en question a été  fermée un vendredi pour être rouverte le dimanche suivant. Et pour mieux marquer le coup, ces petits malins proposent même que l'on désigne désormais  cette place sous l'appellation  du « carrefour de la résurrection ». Assurément, c'est un autre mauvais coup qui vient rallonger la liste déjà bien garnie des promesses gouvernementales sans lendemain. Comme par exemples, les chantiers de la construction du 3ème pont et celui de la rénovation des campus universitaires d'Abidjan qui sont aujourd'hui pratiquement au point mort après un démarrage en fanfare.


Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

 

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GOUVERNANCE A VUE


Voulez-vous avoir une idée de la pagaille qui règne dans la conduite de l'Etat de Côte d'Ivoire ? Il aurait fallu fréquenter cette semaine le grand carrefour de la Riviera II à Cocody. Le jeudi  24 novembre dernier à minuit, Le gouvernement de Ouattara a fermé cette  grande voie qui relie  Adjamé, Cocody et Bingerville au niveau du grand carrefour de la Riviera II. Imaginez la galère des automobilistes et des usagers qui, le lendemain, étaient obligés de se chercher des passages sur les voies cahoteuses d'Attoban  et de la Riviera Palmeraie pour rallier soit leur lieu de travail, soit leur domicile. Quand on sait la densité de la circulation à cet endroit aux heures de pointe, le désarroi dans les embouteillages monstres est inimaginable. Le gouvernement Ouattara a justifié cela par le fait que les travaux du troisième pont devraient incessamment débuter. « On va faire comment, on n'a pas dit qu'on veut pont ! De toute façon un an de maquis pour s'offrir un pont ce n'est pas cher payé. C'est encore mieux que le bombardement de nos palais !  ».

Grande fut ma surprise, moi qui avais déjà commencé le compte à rebours, de constater à mon réveil ce lundi 28 novembre que le rond-point de la Riviera II était de nouveau ouvert à la circulation. Quelqu'un me dit à côté que c'est la résurrection du carrefour de la II. Oui, parce que bizarrement ce doux calvaire qui berçait nos rêves  de riche de pont a duré 3 jours comme le Christ dans son tombeau. Mais alors que devient le début des travaux du pont ? J'apprends qu'après les fêtes de fin d'année nous allons encore réapprendre à nous passer de ce grand carrefour de la voie Mitterrand. On s'est regardé et quelqu'un s'est interrogé: « Mais Dramane ne savait-il pas que les fêtes arrivaient? ». Un autre a répondu: gouvernance à vue!


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

 

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SILENCE, LE GOUVERNEMENT BRICOLE!


Hier matin, en route pour la rédaction, quelle ne fut ma surprise de voir le conducteur du taxi s'engager sur la voie qui mène au grand carrefour de la Riviéra 2. Je demandai donc à ce dernier s'il n'était pas informé que cette voie était fermée à la circulation depuis le week-end dernier et cela pour une durée d'un an. Il répond que la bretelle en question a été rouverte aux automobilistes depuis la nuit dernière. Volubile, le jeune homme va même plus loin en soutenant que c'est à partir du mois de janvier prochain que la mesure de fermeture sera de rigueur, avec le démarrage effectif des travaux de l'échangeur du 3ème pont.

Et le taximan de conclure en ces termes teintés d'une grande déception : « Ces gens sont des menteurs, de faux types, des incapables. C'est nous qui les avons mis là et nous allons finir par les chasser. » Je n'eus pas le temps de poursuivre la conversation parce qu'arrivé à destination. Mais dans mon for intérieur, je me convainquis davantage que les Ivoiriens ne pouvaient pas attendre grand-chose de nos gouvernants actuels. Ils viennent de nous en donner une fois encore la preuve avec cette fermeture suivie de la réouverture du grand carrefour de la Riviéra 2. Deux décisions majeures prises en l'espace de trois jours et qui dénotent de la précipitation, de la navigation à vue et du manque de vision qui caractérisent très souvent l'action gouvernementale.

En décidant de fermer la voie, le gouvernement n'avait-il pas analysé au préalable, tous les contours de la question ? Ou bien c'est seulement après coup qu'il a réalisé avoir été mal inspiré ? Ça sent le bricolage tout ça. Car gouverner, c'est prévoir.


In le quotidien ivoirien N° 107 du mardi 29 novembre 2011.

vendredi, 02 décembre 2011

COTE D'IVOIRE: SILENCE, ON ASSASSINE L'INTELLIGENCE!


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Tout ce que le pays a, patiemment, rassemblé pour la formation de sa jeunesse, a été pillé, volé ou saccagé, avec une violence et une haine indescriptibles. Il est vrai que les laboratoires étaient sous-équipés, mais ils fonctionnaient. Les ordinateurs contenaient des données sans prix. Mais la horde de pillards dans le sillage de Ouattara avait pour mission de tout voler et de tout détruire, méthodiquement, car tout cela était programmé. La preuve, c'est que ces actes  n'ont jamais été condamnés par les nouvelles Autorités.

Ainsi, le pillage du Centre National de Floristique sonne le glas du plus important herbier d'Afrique, constitué pendant plus de cinquante années de Recherche par le Professeur AKE Assi, et qui représente un trésor inestimable, dont la valeur est reconnue  par  toutes les universités du monde entier, puisque y figurent plus de 3000 plantes de notre Pays, dont de nombreuses espèces ont maintenant totalement disparu. Plus qu'un patrimoine national,  c'était un patrimoine mondial.

Par ailleurs, des travaux de Recherches dont beaucoup étaient sur le point d'être publiés ou soutenus, ont été victimes de la furia barbaresque ouattariste. Pourra-ton jamais les reconstituer un jour? Combien de temps cela prendra t-il? Mesure-t-on la détresse des Chercheurs?

Et pourtant, non seulement la carrière des enseignants, mais aussi et surtout la formation des cadres ainsi que le développement du pays en dépendaient. Et on se permet d'annoncer avec le sourire que l'Université est fermée... Pour combien d'années? C'est proprement désolant et ... révoltant!

Tout universitaire, de toutes les universités du monde,  comprend  et  mesure, immédiatement, la catastrophe qui, sur le plan scientifique et intellectuel, s'abat sur notre Pays.

Voilà comment Ouattara, sur ordre de Sarkozy, assassine l'intelligence en Côte d'Ivoire! Même Houphouët-Boigny dont les principaux opposants étaient des universitaires, n'a pas assassiné l'intelligence, source de réels progrès, dans  son pays.

Casser des bâtiments ou des monuments, ce n'est rien! Mais, gommer l'élite intellectuelle d'un  pays et programmer son non-renouvellement sont des crimes sans nom.  La Côte d'Ivoire sera, ainsi, le seul pays du monde où il n'y a  aucune université, parce que cela arrange un régime qui veut en profiter pour mieux asseoir sa dictature, pour la plus grande gloire de  la France qui voudrait que les Africains soient des éternels assistés aussi bien sur le plan scientifique que technologique.

Silence de l'UNESCO et de toutes les ONG d'ordinaire si fébriles lorsqu'il s'agissait de Gbagbo, leur cible favorite! Et pourtant, sous Gbagbo,  aucun universitaire n'a fait l'objet de brimades pour ses idées, aucun journaliste n'a jamais été arrêté pour ses écrits, encore moins emprisonné, alors que, profitant de cette liberté, certains se permettaient même de traiter Gbagbo de Hitler noir. Gbagbo n'a jamais déporté ses opposants. Gbagbo n'a jamais arrêté ni bloqué les comptes d'un seul homme

politique opposant ou non, et Ouattara en profitait pour lancer à travers le pays des propos séditieux, sans jamais avoir été inquiété. Mieux, sa pension d'ancien Premier ministre, lui était régulièrement versée, ainsi qu'une dotation de 800 millions  de francs CFA par an, pour le RDR, le parti de Ouattara (la même somme qui est allouée au FPI, le parti de Gbagbo). Sous Gbagbo, il n'y avait aucun réfugié politique. Voila maintenant le bourreau Ouattara qui traîne la victime Gbagbo devant le CPI avec la complicité active de la France. Mais s'il y a une justice, c'est Ouattara et sa horde d'assassins Soro y compris, qui vont se retrouver à la CPI, sans cela elle perd toute crédibilité et toute légitimité. Maintenant que la Côte d'Ivoire est soumise à une des dictatures les plus féroces de la planète, ces ONG sont devenues, subitement, muettes, tétanisées, probablement honteuses de découvrir avec horreur le monstre qu'elles ont contribué à créer. Un peu de courage, Messieurs et Mesdames les humanitaires de tous les pays! Ressaisissez-vous, l'erreur serait de persévérer dans le faux. L'histoire qui finit toujours par découvrir la vérité, eh oui, pourrait ne jamais vous le pardonner.


Professeur N'GUESSAN Yao Thomas

Ministre Délégué à l'Enseignement Supérieur du Gouvernement Aké N'GBO


Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

OUATTARA-OCAMPO: L'INDECENCE D'UNE RENCONTRE, LE SCANDALE D'UNE ACCOINTANCE

 

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Selon le tabloïd français L'Express, « A la faveur d'un séjour privé à Paris, le chef de l'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara aurait rencontré à la fin de la semaine écoulée (25-26 novembre 2011, Ndlr) le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l'Argentin Luis Moreno Ocampo, de passage lui aussi sur les bords de Seine ». Comme par hasard, dirions-nous. Les deux hommes auraient notamment évoqué le transfèrement à La Haye du président Laurent Gbagbo. Une accointance de mauvais augure et une coïncidence de fort mauvais goût. Qu'est-ce qu'a un procureur instruisant un dossier à charge contre une des parties en contentieux - c'est le moins que l'on puisse, par euphémisme, dire - à s'afficher sans cesse avec la partie adverse ?

L'on se souvient encore que le vendredi 14 octobre 2011, à la demande du nouveau pouvoir ivoirien et sous l'instigation de l'exécutif français, Monsieur Luis Moreno-Ocampo a effectué une visite en Côte d'Ivoire, au cours de laquelle il a rencontré le chef de l'Etat Alassane Ouattara, le Premier ministre Soro Guillaume, le Garde des sceaux et ministre de la justice, Me Ahoussou Jeannot, le président de la Commission Dialogue , Vérité et Réconciliation, Charles Konan Banny et le président par intérim du FPI, parti du Président Laurent Gbagbo, Miaka Oureto. L'«illustre hôte» n'a pas même daigné rencontrer, pour entendre ou simplement voir où se trouve illégalement retenu en captivité par Ouattara, l'ancien chef de l'Etat ivoirien.

Mieux, nous décriions le mois dernier le fait que ce soit lors d'une première visite d'Alassane Ouattara en France et une autre, le jeudi 29 septembre, du ministre français de la justice, Michel Mercier, au président de la CPI , que cette cour a lancé sa machine sur le dossier ivoirien, en prenant le soin de bien circonscrire la période d'enquête à l'après 28 novembre 2010. Blanchissant du coup le camp Ouattara de tous les crimes commis depuis 2002. Bien avant le procès. Etat de fait qu'a dénoncé l'une des juges de la CPI , Madame la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, argentine comme le très controversé procureur Louis Moreno-Ocampo, éventant, en des mots à peine différents, un complot au sein de l'instance judiciaire internationale visant à tronquer les faits et à rendre un jugement partial.

Il faut relever avec indignation et souligner avec force que la visite de Michel Mercier à La Haye , au juge sud-coréen Sang-Hyun Song, président de la Cour pénale internationale a, elle aussi, été suivie de celle du ministre ivoirien Coulibaly Gnénéma des Droits de l'Homme et des Libertés publiques à la même CPI, accompagné du même Michel Mercier, pour une saisine officielle sur le dossier ivoirien. Ce ballet avait vraiment quelque chose de sinistre, de nauséeux et de pas du tout transparent. Nous dénoncions alors une collusion qui laissait présager une justice à sens unique de l'instance internationale contre le Président Laurent Gbagbo et tous ses proches.

Quant s'ajoute à tout ce bataclan la fabrication de preuves par les pro-Ouattara, assistée par les services même de la CPI , le scandale ne peut plus être couvert. En effet, Le Nouveau Courrier rapportait dans son édition du jeudi 24 novembre 2011 qu'une délégation du greffe de la Cour pénale internationale, composée de personnels en charge de la sensibilisation et de l'encadrement des victimes présumées au sein de la juridiction serait bientôt à Abidjan où elle prendrait part, à l'Hôtel Tiama, à une journée d'information. Ce séminaire a été organisé le samedi 26 novembre, conjointement par la Section de l'information et de la documentation et la Section de la participation des victimes et des réparations, toutes deux appartenant au Greffe de la Cour pénale internationale. Il visait, selon Caroline Maurel, fonctionnaire adjointe chargée de la Sensibilisation - Section de l'information et de la documentation de la CPI , « à informer les acteurs de la société civile ivoirienne sur le rôle et le mandat de la Cour ainsi que sur les droits des victimes devant la Cour  ».

Mais bien avant la tenue de ce séminaire d'information, des sources au sein de cette même CPI et du système des Nations Unies ont dénoncé ce qui apparaissait à leur sens comme un montage grotesque en vue de recueillir des preuves tangibles contre le président Gbagbo - dont le régime Ouattara fait du transfèrement à la Haye une priorité voire une obsession morbide.

Selon ces sources, les dossiers réceptionnés par la CPI contre le président Laurent Gbagbo seraient frappés d'un atavisme déconcertant : manque notoire de consistance et de sérieux. Les ONG plaignantes ayant fait du faux en se servant des images des crimes commis par les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » à Duékoué, Guiglo et Bloléquin pour documenter leurs accusations. Y a-t-il cynisme plus outrageant et machiavélisme plus criant ! Ainsi, à la place des présumées victimes de Gbagbo dont les identités ont été préalablement clairement déclinées, ce sont les images des femmes de l'ethnie Guéré qui ont fui les exactions et les tueries des FRCI dans ces localités qui sont produites, ainsi que les photos des massacres qu'ils y ont perpétrés. Devant des fonctionnaires de la CPI médusés, sidérés par l'énormité de la fraude morale.   De tels plaignants ne devraient-ils pas, de fait, être disqualifiés ? Que non ! On cherche à rattraper le tir, on les aide à parfaire la fabrication de preuves inexistantes, qui soient plus crédibles et plus solides. Ce faisant, on descend soi-même au charbon, pour faire passer la pilule de la condamnation prochaine de l'ancien chef de l'Etat ivoirien. D'où le voyage d'Abidjan. Y a-t-il des termes pour qualifier cette imposture ?

Toute cette alchimie rocambolesque donne la preuve, selon nos informateurs, que « quelque chose ne tourne pas rond. Toutes ces actions maladroitement planifiées visent à montrer aux yeux du monde que Gbagbo est un criminel de guerre ». Il n'en est rien, en réalité. Toutes les preuves sont là. Nicolas Sarkozy, Alassane Ouattara, Luis Moreno-Ocampo - procureur iconoclaste - et tout le pouvoir RHDP le savent. Mais qu'importe, il faut urgemment mettre hors d'état de nuire un indépendantiste, un démocrate, un patriote africain et un homme politique rétif, transcendant au sein de son peuple, atypique, empêcheur de tourner en rond, dans une nébuleuse françafricaine à bout de force après un demi-siècle de nuisance diabolique, en quête d'une nouvelle vie et d'un nouveau souffle. Au détriment de tout le continent africain et de sa démocratie à peine existante.

Le bouquet de l'affaire, c'est la nomenclature des ONG qui ont, pour ainsi dire, porté plainte contre le président Laurent Gbagbo. Avancer qu'elles sont inconnues en Côte d'Ivoire sur le terrain de la défense des droits humains, c'est peu dire, tant leur anonymat est prononcé et leur représentativité nulle. En réalité, elles ont été fabriquées de toutes pièces par le camp Ouattara - autant que leurs preuves - pour incriminer l'ancien président ivoirien et sont presque toutes tenues par des ressortissants du Nord, région d'origine d'Alassane Ouattara, versant une fois de plus dans le clivage ethnique, le cloisonnement tribal et l'enfermement régionaliste. Appréciez de vous-mêmes : Collectif des victimes de la barbarie de Laurent Gbagbo de Mamadou Sanogo ; l'Alliance pour le changement (APC) du frère cadet et conseiller du Premier ministre Soro Guillaume ; Assistance bénévole sans frontière de Moussa Zalié ; AIECA d'Abobo ; Femmes actives de Côte d'Ivoire ; des ONG maliennes ou burkinabé comme Malian Ambassy de Nouhou Diallo, etc.

Plus grave, comme l'a relevé Le Nouveau Courrier dans sa parution du jeudi 24 novembre, alors qu'il y a en Côte d'Ivoire un ministre en charge des Droits de l'Homme et une Commission nationale des Droits de l'Homme, c'est la « Coalition ivoirienne pour la CPI  », organisation fantoche du nommé Ali Ouattara, qui est l'interface de la Cour pénale internationale en Côte d'Ivoire. Autant d'incongruités qui nous laissent sans voix.

Le fait donc pour nous de voir Alassane Ouattara recevoir, en catimini - c'est le lieu de le dire - le procureur de la CPI , de passage comme par enchantement en France, au moment où le chef de l'Etat ivoirien s'y trouve, pour évoquer dans une messe basse, l'hypothèse du transfèrement à La Haye - imminent selon L'Express.fr - du président Laurent Gbagbo, en résidence surveillée à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, depuis le mois d'avril 2011, ainsi que le sort d'autres cadres, civils ou militaires de son régime, nous apparaît inacceptable. Ouattara en tête à tête avec Ocampo pour échanger sur le transfert d'un adversaire politique à qui il a fait la guerre depuis 2002, par rébellion interposée, nous semble d'une impudicité repoussante.

Les deux hommes auraient également planché sur le sort de chefs de la rébellion pro-Ouattara, susceptibles d'être inculpés par la CPI de crimes de guerre et/ou crimes contre l'humanité. Nous en doutons fortement. A moins qu'il s'agisse de manœuvres pour traduire le patron des Forces Nouvelles et des FRCI, Soro Kigbafori Guillaume, devant la CPI , pour servir de souffre-douleur à Alassane Ouattara, personnellement loin d'être innocent dans les tueries massives de la crise postélectorale. C'est un secret de Polichinelle. Cette « discrète rencontre Ouattara-Ocampo sur le sol français » n'augure donc rien qui vaille et nous incline plus que jamais à penser que les plus grands ennemis de la réconciliation nationale se trouvent être notre actuel chef d'Etat, le procureur de la CPI , Luis Moreno-Ocampo, et le président français Nicolas sarkozy. Certainement pas Laurent Gbagbo dont le transfert à La Haye est présenté par le pouvoir RHDP comme salutaire pour notre pays car devant favoriser la réconciliation des Ivoiriens. Méprise monumentale ! A cet effet, ce mardi 29 novembre 2011, La Cour pénale internationale a signifié son inculpation formelle à l'ancien chef d'Etat ivoirien Laurent Gbagbo, en prélude à ce transfèrement, et l'a effectivement transféré à La Haye, le même jour.

De toutes les façons, la Justice qui transcende toutes les autres justices triomphera bien, un jour, dans ce pays. N'en doutons pas un seul instant. Peut-être plus tôt qu'on pourrait l'imaginer ou que ne pourraient le laisser présager les évènements actuels.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 380 du 1er décembre 2011.

jeudi, 01 décembre 2011

GBAGBO A LA HAYE: LES PREUVES D'UN COMPLOT INTERNATIONALE S'ACCUMULENT


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Les éléments discréditant la démarche empressée de Louis Moreno-Ocampo, de toute façon sur le départ, foisonnent. Et jettent un peu plus le discrédit sur un homme au service des grandes puissances et non de la justice. Les grandes puissances, France en tête, et leur «correspondant local» en Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, ont-ils vraiment l’intention d’ôter à la Cour pénale internationale (CPI) le maigre crédit qui lui restait ? A voir la désinvolture avec laquelle la question du transfèrement du président Laurent Gbagbo à La Haye a été gérée, on a de nombreuses raisons de répondre par l’affirmative. Au lendemain de l’arrivée du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI) à La Haye, revue des différents éléments qui attestent indubitablement du caractère profondément politique, donc extra-juridique, de l’opération.

L’ONUCI  a été totalement écartée de la procédure


Dimanche dernier, dans l’après-midi. Alors que des informations persistantes présentent comme imminent le transfèrement à La Haye du président Gbagbo, un de ses proches prend attache avec un responsable de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire, à un niveau assez élevé. Qui refuse de prendre au sérieux les «rumeurs» au sujet du projet que nourrit le régime Ouattara et ses relais internationaux. Et multiplie les arguments pour expliquer qu’un transfert à La Haye est «impossible» en l’état actuel des choses. Comédie ? Pas du tout. L’ONUCI, dont la Division des droits de l’homme est incontournable au point de vue logistique pour toute instance internationale qui veut enquêter sérieusement sur les graves violations des droits de l’Homme qui ont eu lieu sur le territoire ivoirien, a été totalement mise de côté pour des raisons mystérieuses par un Louis Moreno-Ocampo qui tenait à sa démarche solitaire et biaisée. Bert Koenders, patron de l’ONUCI, n’a d’ailleurs pas caché cette information troublante. «L’ONUCI n’est pas impliquée dans cette décision», a-t-il affirmé hier, disant sobrement qu’il «prend note du transfèrement». Vous avez dit bizarre…

L’enquête invisible… la plus rapide de l’histoire des enquêtes de ce type

Le procureur Louis Moreno-Ocampo est-il un surdoué ? En tout cas, sans le concours de l’ONUCI, sans que la majorité des victimes s’étant constituées auprès de la  CPI n’aient vu le moindre magistrat ou auxiliaire de justice officiel, il  a réussi à boucler une enquête par nature extrêmement complexe – puisqu’il s’agit d’établir des faits et d’avoir des preuves sur les chaînes de responsabilités – en moins de…  deux mois, et entre deux rendez-vous avec Alassane Ouattara – le premier à Abidjan, le second dans l’appartement parisien de l’ancien directeur général adjoint du FMI.

Ce sont ces étrangetés qui ont fait tiquer Christian Chartier, directeur du centre d'observation de la justice internationale et transitoire de l'université de Limoges, et ancien porte-parole du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), donc bon connaisseur de ce type d’environnement. Lors d’une interview accordée à la radio France Inter, il a tancé Ocampo : «Il aurait voulu faire en sorte que l’on  comprenne que la justice internationale peut être instrumentalisée à des fins politiques qu’il n’aurait pas pu mieux faire». Rappelant que le procureur de la CPI a commencé son travail sur le dossier ivoirien seulement le 3 octobre, il a affirmé que «cette enquête est d’une rapidité suspecte», et que le mandat d’arrêt qui en est sorti «est quand même d’un vague extrêmement inquiétant». Si les chefs d’accusation sont faciles à formuler, «encore faudrait-il les étayer», avertit-il. «Dans le mandat d’arrêt, on parle de violences contre des communautés ethniques et religieuses spécifiques sans pour autant les désigner. Il y a quand même des choses troublantes dans cette affaire et que je trouve extrêmement inquiétantes pour la CPI», a-t-il poursuivi. Laquelle CPI «existe depuis dix ans et n’a pas rendu à ce jour un seul jugement ne serait-ce qu’en première instance». Rappelons-le : ce n’est pas là «un extrémiste proche de Gbagbo» qui parle, mais bel et bien un universitaire français renommé, ancien porte-parole du TPIY !

Des méthodes d’investigation incroyablement douteuses !


Ocampo n’a donc eu recours ni à la Division des droits de l’homme de l’ONUCI ni à des magistrats convoyés par la CPI. Mais a collaboré avec des ONG dont la plus douteuse est la Coalition pour la CPI, une structure locale dirigée par Ali Ouattara, un bras séculier du RDR. «Nos parents sont morts pour rien», affirment d’ores et déjà certains déplacés de Duékoué. Qui ont parlé aux envoyés de la fameuse association inconnue avant la guerre postélectorale, malgré les intimidations de ceux qui affirmaient que ceux qui viendraient dénoncer Ouattara et les FRCI seraient tués. Bien entendu, aucune protection particulière n’a été accordée aux survivants. Les «enquêteurs» d’Ali Ouattara sont repartis après une virée de quarante-huit heures à Duékoué, et certains déplacés les accusent déjà d’avoir utilisé les images des victimes et des maisons des autochtones détruites. Comment des amateurs de l’investigation judiciaire, affiliés à un parti politique, non assermentés, peuvent-ils donc avoir la haute main sur un travail de cette importance ? Ocampo, qui se prépare à laisser un dossier «pourri» à son successeur après avoir rempli sa mission – livrer Gbagbo – devrait s’expliquer sur ses méthodes de travail, plus que douteuses.

Un mandat d’arrêt aux allures grotesques

Bien entendu, nous reviendrons dans nos prochaines éditions sur le mandat d’arrêt lancé par la CPI contre le président Laurent Gbagbo. Il est en effet assez ridicule par endroits. Par exemple quand il lui attribue un patronyme imaginaire : Laurent Koudou Gbagbo. Faut-il rappeler que le nom à l’état-civil de Laurent Gbagbo est… Gbagbo Laurent, tout simplement ? La CPI prétend en plus que le président ivoirien renversé est né à Mama, alors qu’il est né à Babré. Et puis, que vient faire l’ethnie de Laurent Gbagbo dans un mandat d’arrêt ? C’est anecdotique, mais ce sont ces détails qui trahissent les légèretés. De plus, la CPI affabule quand elle affirme «au vu des éléments de preuve, la Chambre conclut qu'il y a des motifs raisonnables de croire qu'au lendemain des élections présidentielles en Côte d'Ivoire, les forces pro-Gbagbo ont attaqué la population civile à Abidjan et dans l'ouest du pays, à partir du 28 novembre 2010. Elles ont pris pour cible des civils qu'elles pensaient être des partisans d'Alassane Ouattara, et les attaques étaient souvent dirigées contre des communautés ethniques ou religieuses spécifiques». La guerre postélectorale n’a en effet pas commencé de manière automatique le 28 novembre, et c’est bien le camp Ouattara qui l’a préparée et lancée, comme le laissent penser les déclarations affirmant que le commando invisible s’est structuré bien avant le premier tour du scrutin présidentiel et les images où l’on voit les combattants des FRCI encadrés par Guillaume Soro sur ordre de Ouattara, aller armés à l’assaut de la RTI sous le couvert d’une «marche pacifique».

Mais le plus important n’est pas là. C’est en justifiant le transfèrement de Gbagbo à La Haye que la CPI finit de se couvrir de ridicule. «Enfin, la Chambre est convaincue que l'arrestation de Laurent Gbagbo est  nécessaire pour : i) garantir qu'il comparaîtra devant la Cour ; ii) garantir  qu'il n'usera pas de son pouvoir politique ou de ses moyens financiers pour  faire obstacle à l'enquête ou en compromettre le déroulement; et  iii) empêcher la commission d'autres crimes». Comment un homme en prison à Korhogo, sans aucune communication téléphonique, sans visites de ses proches, pouvait-il avoir le pouvoir de nuisance justifiant qu’il soit déplacé dans une prison où il pourra recevoir plus de visites, téléphoner et surfer sur Internet ? En réalité, ceux qui peuvent aujourd’hui user de leur pouvoir pour faire obstacle aux enquêtes, ceux qui peuvent commettre d’autres crimes aujourd’hui sont bien les tenants du pouvoir Ouattara et leurs tueurs, qui continuent d’être en liberté dans des zones meurtries comme l’Ouest de la Côte d’Ivoire ? Mais, bien entendu, il n’y a aucune urgence à les mettre hors d’état de menacer les survivants… Jusqu’où ira l’hypocrisie internationale ?


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

TRANSFERT DE GBAGBO A LA CPI: LE FILM D'UN DECHIREMENT

 

Alassane Ouattara l'a appelé de tous ses vœux, au point d'en faire un axe central de son programme de gouvernement. Hier, la CPI a formellement inculpé le président Gbagbo. Et l'a immédiatement transféré à La Haye. La journée d'hier, mardi 29 novembre 2011, a été particulièrement chargée et harassante hier pour le président Gbagbo à Korhogo. En fin de matinée, ce mardi, assisté de ses avocats, il reçoit la visite d'un magistrat de la Chambre d'accusation de la Cour d'appel d'Abidjan. Qui doit venir, lui a-t-on dit, pour vérifier ses conditions de détention. Le président Gbagbo croit que cette visite fait partie de la réponse à la requête qu'il a émise : pouvoir marcher dans la cour de sa «cachette» deux heures par semaine. Quand la délégation d'Abidjan arrive à son lieu de détention, elle ne prend même pas la peine de s'asseoir. Une lettre lui est tout simplement tendue.

Quand il interroge ses hôtes sur son contenu, il n'a droit qu'à des mines gênées. On lui explique que puisque le courrier lui est adressé, il doit en avoir la primeur. C'est donc avec surprise qu'il se rend compte qu'il s'agit d'un mandat d'arrêt émis par la Chambre préliminaire de la CPI.

«Que devons-nous faire maintenant ?», demande-t-il, en substance. Il lui est demandé de suivre ses hôtes au tribunal pour que le mandat d'arrêt lui soit officiellement signifié et qu'il réagisse. Ses avocats nationaux, surpris, demandent un report pour concertation. Un refus leur est opposé. De vifs échanges s'ensuivent. Face à la situation, le  président Gbagbo choisit de parler à ses avocats. Pour lui, la décision de son inculpation est une décision politique. Et au vu de la volonté du nouveau régime de le transférer devant La Haye le plus tôt possible, obtenir un répit ne servirait à rien.  Après avoir donc pris connaissance des documents, il les signe, sous l'œil vigilant de ses défenseurs. La procédure ivoirienne est ainsi mise en veilleuse, le régime ayant opté pour son transfèrement à La Haye, prétendu gage d'une vraie réconciliation. A partir de cet instant, les choses vont s'accélérer. Le président Laurent Gbagbo, qui a fait revenir Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié de France en 2001, devient le premier ivoirien contraint à l'exil. En dépit de la Loi fondamentale.

Laurent Gbagbo aux Ivoiriens : «Ne pleurez pas, soyez forts...»

Le président Gbagbo, qui a toujours œuvré pour le bien-être des Ivoiriens, est resté fort et digne face à cette autre épreuve qui, assurément, afflige les patriotes voiriens et les démocrates, épris de paix. C'est donc fort logiquement qu'il refuse que les Ivoiriens qui l'ont soutenu et le soutiennent encore sombrent dans la détresse. Voici son message au peuple ivoirien, par le biais de ses avocats, présents à ses côtés à Korhogo : «Ne pleurez pas, soyez forts et courageux, le temps est un autre nom de Dieu». Aux environs de 17h 40, le président Gbagbo qui n'a pas mangé de la journée, ayant été retenu au tribunal toute la journée, regagne - sous la surveillance des hommes de Fofié Kouakou -  la villa où il est maintenu en résidence surveillée depuis sa déportation à Korhogo, au lendemain de son arrestation.

Aux environs de 18 heures, la nouvelle de son transfèrement à La Haye, à bord d'un avion qui attendait à l'aéroport de Korhogo, fait le tour du monde. L'information sera confirmée quelques heures plus tard par des sources proches des avocats de Laurent Gbagbo. La nouvelle a profondément ému les Ivoiriens qui ont vite regagné leurs domiciles. Tous s'indignaient de l'attitude des nouveaux dirigeants et formulaient des prières à l'endroit de Laurent Gbagbo. Un digne fils de Côte d'Ivoire que Ouattara envoie croupir a mille lieues de la terre de ses ancêtres. L'histoire le retiendra.

 

Stéphane Bahi


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

mercredi, 30 novembre 2011

POUR LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, LE TRANSFERT DE GBAGBO A LA CPI SOULEVE DE LOURDES QUESTIONS



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Le transfert de Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale soulève de lourdes questions de droit et de justice mais aussi des questions politiques cruciales sur le rôle de la France en Afrique. Des crimes particulièrement graves, des massacres, des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité ont été commis en Côte d'Ivoire par les deux camps en conflit après le scrutin de novembre 2010. Pourtant, seul Laurent Gbagbo est directement poursuivi et incarcéré à La Haye. On se souvient pourtant, par exemple, que plus de 800 personnes (selon la FIDH) ont été atrocement massacrées à Duékoué en mars 2011, lors de la prise de la ville par les partisans d'Alassane Ouattara.

Amnesty International, parmi d'autres ONG de droits humains, a appelé les autorités ivoiriennes et le procureur de la CPI à enquêter sur tous les crimes de droit international commis par toutes les parties. On n’en est pas là et ce qui domine aujourd'hui est le risque d'une justice des vainqueurs.La crédibilité de la CPI ne sortira pas grandie de cette grave instrumentalisation.

Laurent Gbagbo est considéré comme le responsable de la crise ivoirienne, des confrontations armées et des violences que celle-ci a entraînée. Mais les résultats des élections de novembre 2010 – pour 20.000 bureaux de vote – furent-ils si évidents, si transparents et si honnêtes alors que les contestations déposées n'ont fait l'objet d'aucune analyse ou enquête sérieuse dans un dangereux contexte de tensions politiques et inter-communautaires qui a dégénéré en guerre civile? Alassane Ouattara «élu» dans de telles conditions, ou plutôt porté au pouvoir par la grâce sarkozienne de l'armée française dans les meilleures traditions néo-coloniales, est-il plus légitime que Laurent Gbagbo ? C'est ainsi qu'on entretient les hostilités, les désirs de revanche et les guerres civiles de demain. Il faudra s'en souvenir…et il faudra enfin sortir des pratiques de la Françafrique.

 

Parti  communiste français,


Paris, le 30 novembre 2011.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

INCULPE, LAURENT GBAGBO COMPARAITRA LUNDI DEVANT LA CPI

L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo comparaîtra lundi 5 décembre pour la première fois devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI), a annoncé l'institution, mercredi 30 novembre. Il a été incarcéré dans la nuit de mardi à mercredi au centre de détention de la Cour, à La Haye, a-t-on appris de source proche du dossier. L'ancien président ivoirien était arrivé à Rotterdam (ouest des Pays-Bas) peu avant 4 heures à bord d'un avion affrété par les autorités ivoiriennes. Il a été ensuite conduit en mini-bus au centre de détention, selon l'agence de presse néerlandaise ANP.

Laurent Gbagbo, âgé de 66 ans, avait quitté mardi soir le nord de la Côte d'Ivoire, où il était détenu depuis avril dans une résidence à Korhogo. Le procureur général de la Côte d'Ivoire avait notifié plus tôt à M. Gbagbo le mandat d'arrêt émis par la CPI portant sur les crimes commis par les forces loyales à l'ancien chef d'Etat à la suite du second tour de la présidentielle, le 28 novembre 2010. En septembre, le nouveau président ivoirien, Alassane Ouattara, avait indiqué qu'il renverrait Laurent Gbagbo devant la CPI.

"Cette décision de la Cour internationale de justice est illégale et va à l'encontre des intérêts du pays et de la réconciliation nationale", a déclaré l'avocate de l'ancien chef d'Etat à Paris, Lucie Bourthoumieux, dans un communiqué. "A un peu plus d'une semaine des élections législatives en Côte d'Ivoire [fixées au 11 décembre],elle risque d'attiser encore les tensions existantes dans le pays et les exactions dont sont régulièrement victimes les partisans du Front populaire ivoirien (FPI)", a-t-elle ajouté.

Le parti de l'ancien président a annoncé, mercredi, qu'il suspendait sa participation à "tout processus de réconciliation" en Côte d'Ivoire après le transfèrement de son chef, dénonçant un "véritable hold-up politico-juridique".

Mandats d'arrêt avant les élections législatives

La semaine dernière, l'avocat de l'Etat ivoirien, Me Jean-Paul Mignard, avait indiqué au Monde que des mandats d'arrêt seraient émis avant le 11 décembre, date des élections législatives en Côte d'Ivoire. L'avocat français ajoutait que Simone Gbagbo, l'épouse de l'ex-président, ainsi que Charles Blé Goudé, chef des Jeunes Patriotes, étaient eux aussi dans le collimateur de la CPI.

Maître Emmanuel Altit, avocat de Laurent Gbagbo, chargé de le représenter devant la Cour pénale internationale, avait pour sa part estimé que "l'arrestation du président Gbagbo [était] illégale et sa détention arbitraire" et avait déclaré que dès lors, la CPI ne pouvait avaliser une telle situation.

Le scrutin de 2010 avait entraîné des violences dans tout le pays entre les forces loyales au président sortant, Laurent Gbagbo, et les partisans d'Alassane Ouattara, dont la victoire avait été reconnue par la communauté internationale. Selon l'ONU, ces violences auraient fait plus de trois mille morts.

 

Stéphanie Maupas

 

Source: LE MONDE.FR

COTE D'IVOIRE: LAURENT GBAGBO OFFICIELLEMENT INCULPE PAR LA CPI

 

L'inculpation de Gbagbo par la CPI prélude à son transfèrèment à La Haye.

L'inculpation de Gbagbo par la CPI prélude à son transfèrèment à La Haye. © AFP

La Cour pénale internationale (CPI) a signifié son inculpation formelle à l'ancien chef d'État ivoirien Laurent Gbagbo. Ses proches et les avocats de la défense semblent abattus par cette nouvelle.

 

L'ex-président ivoirien Laurent Gbagbo a été inculpé ce mardi par la Cour pénale internationale (CPI). Il a reçu un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) et doit être transféré à La Haye mercredi au plus tard, a annoncé l'un de ses avocats, Me Gbougnon. La nouvelle, bien qu'elle ne constituant pas véritablement une surprise, a profondément ébranlé ses proches. « Je suis abattu » : c'est la seule phrase qu'a pu prononcer Me Gbougnon pour commenter cette information.

De bonne source, cette inculpation dont nous ne connaissons pas encore tous les détails a été signifiée ce mardi en fin de matinée à Laurent Gbagbo. Selon Touré Zéguen, chef des ex-miliciens en exil à Accra, ce seraient des magistrats ivoiriens qui se seraient chargés d'informer l'ex-chef d'État, détenu à Korhogo à la suite de son arrestation par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), le 11 avril dernier.

Mandat d'arrêt

« Nous sommes face à la justice des vainqueurs, mais il n'y a pas de vainqueur éternel », a simplement commenté au téléphone Laurent Akoun, dont la voix semblait étreinte par l'émotion. Mais le secrétaire général du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Gbagbo) n'en sait pas davantage sur les circonstances et les termes de l'inculpation.

 

 

André Sylver Konan


Source: JEUNE AFRIQUE.COM

mardi, 29 novembre 2011

OÙ SE TROUVE AU JUSTE LE VILLAGE D'ALASSANE OUATTARA?


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La plupart des chefs d'Etat, pour ne pas dire tous, aiment bien effectuer leur retraite dans leur ville natale ou leur village.

Ainsi, le président Félix Houphouët-Boigny se retirait à Yamoussoukro, qu'il a d'ailleurs érigé en capitale. Pour Henri Konan Bédié, c'est à Daoukro, sa ville natale ou à Prépréssou, son village qu'il a ses arrières. Le général Guéi Robert, on s'en souvient, s'était reclus à Kabakouma, dans sa région de Man. Le président Laurent Gbagbo, pour se changer les idées, se repliait à Mama, dans son département natal de Gagnoa, où il s'est bâti une coquette petite maison de repos.

D'autres chefs d'Etat africains ont ainsi rendu célèbres leurs villes natales. On peut, pêle-mêle, citer le village du président burkinabé, Ziniaré, à quelques encablures de chez nous, Syrte du guide libyen Kadhafi, Gbadolité du président zaïrois Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga, Franceville du patriarche gabonais Omar Bongo, Piya du président togolais Gnasimgbé Eyadéma et j'en passe.

A défaut, ils se choisissent un point de chute comme le Général De Gaulle, né à Lille et qui a choisi comme son « home », le petit village de Colombey-les-deux-églises, où il repose justement à jamais.

Mais en la matière, le chef de l'Etat ivoirien restera une énigme ! Aucun point de chute, en Côte d'Ivoire ! Pas même à Kong dont il se réclame et où il ne dispose pas de la moindre case. Pas plus qu'à Dimbokro, qui passe pour être sa ville natale. Ses vacances ou ses retraites ? Il les prend en France. Curieux non, pour un président qui se réclame de la Côte d'Ivoire ? Depuis que nous avons découvert cet homme que nous a présenté le « vieux », Houphouët, pas un seul village ivoirien n'a eu l'honneur de le recevoir pendant 4 week-ends, en 20 ans, comme un fils du terroir. Pourquoi donc ?

« Quand ça chauffe, il est en France, alors que les autres, quand ça chauffe, ils sont chez eux au village. Dans quel village il est allé se reposer même un jour, en Côte d'Ivoire ? », me disait un villageois, jeune planteur de cacao, originaire du centre de notre pays. « Violente question ! », comme disent les Ivoiriens. En 7 mois de règne, il est allé 8 fois en dehors de la Côte d'Ivoire. Les Européens et les Français le voient plus que l'Ivoirien de l'intérieur du pays. Il compte même encore passer deux semaines de vacances en France, dans le mois de décembre. Pour les fêtes de fin d'année?

Au final, nous ne pouvons nous empêcher de nous poser cette question capitale qui nous taraude les méninges, depuis un moment qu'il est président de la Côte d'ivoire : « Où se trouve donc le village d'Alassane Ouattara ? »


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

UN AN APRES LE SECOND TOUR DE LA PRESIDENTIELLE, RETOUR SUR L’INDUSTRIE DE LA FRAUDE DU RDR



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Etape par étape, rétrospective des différentes manœuvres par lesquelles le parti d'Alassane Ouattara, s'appuyant sur les responsables locaux et départementaux de la CEI, à sa solde, a contourné toutes les dispositions électorales garantissant la transparence du scrutin présidentiel. Afin de mettre en place les techniques traditionnelles de fraude électorale pratiquées par les dictatures africaines. Comment un scrutin présidentiel longtemps attendu, censé ramener la paix de façon durable dans un pays déchiré, parrainé par la communauté internationale, et dont les détails de l'organisation ont été négociés pied à pied par les différents protagonistes, a-t-il pu conduire à une guerre de nature internationale pudiquement baptisée «crise postélectorale» ? Le catéchisme des grandes puissances et des médias «internationaux» voudrait nous convaincre d'une chose : le «troisième tour sanglant» en Côte d'Ivoire est le résultat quasi-naturel du «refus de Laurent Gbagbo d'accepter le verdict des urnes déclarant son adversaire Alassane Ouattara vainqueur de la présidentielle». L'énoncé est faux, dans la mesure où Laurent Gbagbo n'a fait qu'invoquer des fraudes et recourir, comme le prévoit la loi, au contentieux devant l'institution compétente, le Conseil constitutionnel en l'occurrence, qui a arbitré en sa faveur ? Les recours contentieux sont une banalité électorale, et sont observés dans la quasi-totalité des scrutins, y compris dans les «démocraties avancées». Dans ce contexte, la seule question qui vaut la peine d'être posée est la suivante : les fraudes massives dont Laurent Gbagbo s'est plaint étaient-elles réelles ou pas ? Justifiaient-elles, oui ou non, une saisine du Conseil constitutionnel ? Le Nouveau Courrier rouvre ce dossier, un an après le second tour de la présidentielle ivoirienne, met en perspective l'enchaînement des faits et apporte des éléments et des témoignages inédits.

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Technologie électorale

«En Afrique, on n'organise pas les élections pour les perdre». Ce dicton éprouvé par de nombreuses décennies de «technologie électorale» sur le continent est au cœur de ce qui apparaît comme la stratégie du Rassemblement des républicains (RDR) d'Alassane Ouattara et de ses alliés internationaux. Et il suffit de suivre l'enchaînement au bout duquel il a réussi à détricoter tout le dispositif de contrôle mis en place par un camp Gbagbo ultra-minoritaire au sein de la CEI pour mettre en lumière son «industrie de la fraude». Un «détricotage» imposé par les moyens de la violence et du fait accompli, mais qui n'a pas réussi à opérer le crime parfait. C'est en le suivant, étape par étape, que l'on parvient à mettre en lumière une gigantesque entreprise de fraude. Une fraude dont les traces sont demeurées, en raison du caractère imparfait du sabotage des moyens de surveillance du camp adverse. C'est la présence foisonnante de preuves relatives à cette fraude qui explique l'hystérie inédite qui s'est emparée à la fois du camp Ouattara et de la «communauté internationale» quand le président Laurent Gbagbo a évoqué la piste du «recomptage des voix» pour purger le contentieux électoral.

Au commencement, était la polémique sur le comptage électronique

Dix jours avant le premier tour de la présidentielle, prévu pour le 30 octobre 2010, une sourde polémique s'empare de la Commission électorale indépendante (CEI), où l'opposition est majoritaire, fait inédit en Afrique. Et pour cause. Les commissaires proches du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) s'opposent de manière virulente à ce qu'on appelle «le comptage électronique». En réalité, il s'agit de l'acheminement par voie numérique des procès-verbaux issus des dépouillements dans les différents bureaux de vote vers le siège national de la Commission électorale indépendante. Officiellement, le RHDP ne fait pas confiance à la Société informatique de localisation et de sécurité (Sils Technology), filiale du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD), entreprise publique dont le patron est Ahoua Don Mello, un proche du président Gbagbo. Les commissaires RHDP proposent d'abandonner l'envoi des résultats par une liaison spécialisée - par Internet, dira-t-on, par facilité -, et de les convoyer uniquement par la route. Ce que les commissaires de la majorité présidentielle (LMP) ne souhaitent pas. La quasi-totalité des patrons des Commissions électorales locales et départementales, chargés du transport des procès-verbaux, étant issus de l'opposition, ils pourraient, comme cela se fait souvent au cours des élections en Afrique, «corriger» les procès-verbaux électoraux en cours de route.  La fronde du RHDP est surprenante. En effet, ses commissaires feignent de découvrir le contrat entre Sils Technology et la CEI alors qu'il a été signé librement trois ans plus tôt, par Robert Mambé Beugré, issu du PDCI, membre du RHDP. Il a été à nouveau signé et complété par Youssouf Bakayoko, issu lui aussi du PDCI. C'est grâce à SILS Technology que les Ivoiriens ont pu vérifier que leur nom figurait sur la liste électorale par SMS ou par Internet. Ce sont les techniciens de SILS Technology qui ont informatisé la CEI. Tout le monde les connaissait ! Et ce n'est qu'à une semaine du premier tour que leur présence est devenue problématique. Comme si l'on s'est rendu compte, en mettant en œuvre un «plan d'action», qu'ils pourraient être gênants... Au final, un compromis est trouvé, sous l'égide du Premier ministre Guillaume Soro. Il y aura un double comptage, à la fois manuel et électronique. Donc un double acheminement - par des moyens numériques et par la route. SILS Technology sera surveillée par un collège d'experts chapeauté par la société suisse Crypto AG. A priori, tout le monde est rassuré. Les mêmes procès-verbaux seront acheminés par la route par les responsables locaux et départementaux de la CEI, presque tous RHDP, et par voie électronique, par SILS Technology, soupçonnée de rouler pour le camp Gbagbo. Et les interventions illégitimes sur ces procès-verbaux seront démasquées. Tout le monde est rassuré... à condition que tout le monde soit de bonne foi.

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Le siège de SILS-Technology cambriolé !

Quelques jours après la fin de la polémique sur le comptage, un événement étrange se produit. Au milieu de la nuit, alors que tout le personnel est rentré à la maison, des drôles de cambrioleurs interviennent au siège de SILS-Technology. Tous les ordinateurs, tous les équipements sont férocement détruits. Malheureusement pour les commanditaires de ce sinistre coup, tout le système mis en place prévoyait des sauvegardes des données hors du siège. SILS a juste besoin de racheter du matériel pour être à nouveau opérationnel. Et peut travailler sans problème lors du premier tour...

Quand le camp Ouattara s'attaque aux observateurs étrangers

Entre les deux tours, l'atmosphère se tend de manière phénoménale. Les soutiens du candidat Alassane Ouattara à la CEI deviennent violents. Y compris à l'endroit des observateurs dépêchés par la communauté internationale. Dès le dépouillement des résultats du premier tour, l'atmosphère se dégrade particulièrement avec la Mission d'observation de l'Union européenne. Cristian Preda, chef de la mission, affirme que ses observateurs ont été empêchés d'accéder aux centres de traitement des bulletins de vote. Dans une interview qu'il accorde à l'auteur de ces lignes, le samedi 27 octobre, il précise ses accusations. Entre le premier et le second tour, «en ce qui concerne notre observation, il y a [...] un changement», dit-il. «Nos observateurs se sont vu refuser l'accès aux stages de formation des membres des bureaux de vote. Nous n'avons pas eu de garantie quant à la publication de procès-verbaux de dépouillement dans chaque bureau de vote. Il n'y a pas une procédure bien établie qui est mise en place et cela nous préoccupe. Par ailleurs, nous avons malheureusement enregistré un incident très regrettable dans la région très stratégique de Yamoussoukro. Nos observateurs ont reçu des menaces de mort, ce qui nous a poussés à les extraire de là-bas.»  Au final, le mode opératoire, qui prévoit l'affichage des résultats devant chaque bureau de vote sera violé. Conséquence : l'électeur lambda ne pourra pas vérifier que le chiffre donné à l'issue du dépouillement dans son quartier ou son village est le même que celui annoncé par la CEI centrale. A la fin de notre entretien, où il n'a de cesse de fustiger «l'opacité» et les «obstructions» de la CEI, Cristian Preda évoque un des scénarios qu'il dit «redouter» : une double proclamation de résultats contradictoires - l'une par la CEI, l'autre par le Conseil constitutionnel. L'attaque contre les observateurs de l'Union européenne dans la région de Yamoussoukro, fief du RHDP, ne sera pas la seule. Accusé de «trafic d'armes» par l'Union européenne au cours de la guerre postélectorale, Frédéric Lafont, patron de la compagnie aérienne Sophia Airlines, a présenté au quotidien France-Soir des factures et des manifestes passagers prouvant qu'il avait exfiltré du Nord 17 observateurs de l'Union européenne menacés par les pro-Ouattara. Deux observateurs lui auraient expliqué que «c'était très chaud pour leur sécurité et qu'ils ont constaté des fraudes au Nord», affirme-t-il. Ses propos n'ont jamais été démentis par l'Union européenne, qui a retiré très vite son nom de sa liste de «sanctionnés». De son côté, Joseph Kokou Koffigoh, patron de la Mission d'observation de l'Union africaine, révèlera que deux de ses observateurs ont été séquestrés dans le Nord, et «sauvés» par l'ONUCI. Qui ne démentira jamais. Une constante demeure, y compris dans les violences contre les observateurs étrangers : la CEI, contrôlée par le RHDP, ne veut elle-même être contrôlée par personne.

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La veille du second tour, Sils empêchée de se déployer

Le samedi 27 novembre 2010, alors que les opérateurs de Sils Technology viennent s'installer sur les différents sites prévus à l'intérieur du pays, conformément au mode opératoire consensuel, un grand nombre de présidents des Commissions électorales locales, qui suivent visiblement des consignes, les empêchent physiquement de mettre en place leurs équipements. Après un courrier officiel de Sils à Youssouf Bakayoko, tout se remet provisoirement dans l'ordre. Mais pas pour longtemps. Après les opérations de vote, de nombreux présidents des CEI locales refusent de remettre les procès-verbaux aux représentants Sils. Y compris dans certaines communes d'Abidjan. Dans le nord, de nombreux représentants Sils sont purement et simplement chassés. Le Nouveau Courrier est en mesure d'affirmer que nombre d'entre eux ont trouvé refuge au siège de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), ce qui écarte très clairement l'hypothèse que l'institution n'ait pas été tenue au courant de ces violences-là.

Pourquoi Sils gênait tant

Si l'on en croit Ahoua Don Mello, ex-patron du BNETD, maison-mère de SILS Technology, avec qui Le Nouveau Courrier s'est entretenu, c'est moins la personnalité des dirigeants de SILS que les possibilités du logiciel mis en place qui gênaient fondamentalement les «ingénieurs de la fraude». «Le processus d'affichage était automatisé : un écran chez le Premier ministre, un écran à la CEI et un écran chez SILS Technology. Il n'y avait pas de possibilité de tricher d'une manière ou d'une autre. Tous les procès-verbaux frauduleux étaient systématiquement exclus du système de calcul. Parce que le logiciel avait la capacité de les détecter. Les différents champs affichés sur les procès-verbaux étaient comparés à la base de données des bureaux de vote qui était pré-enregistrée. Le système rejetait donc naturellement les bureaux de vote fantômes. Si le procès-verbal n'avait pas de sticker, signe de son authenticité, il existait un système de reconnaissance automatique qui le détectait. Si le nombre de votants était supérieur au nombre d'inscrits sur un procès-verbal, le système rejetait ce procès-verbal. En gros, le logiciel était conçu pour identifier les fraudes les plus courantes en matière de vote.» Laisser les opérateurs de Sils Technology acheminer électroniquement les résultats dès le 28 novembre 2010 aurait permis à l'entreprise de repérer très vite les fraudes les plus grossières, et aux candidats de préparer des recours détaillés et d'écarter les procès-verbaux non recevables durant la période de «consolidation» consensuelle des résultats entre les différents commissaires de la CEI centrale, à Abidjan. La mise à l'écart du comptage électronique, et le temps incroyablement long mis pour acheminer les résultats du Nord et de l'Extrême-Ouest par la route, ont ainsi planté le décor d'un cafouillage monstre. Et d'une course contre la montre, favorable au camp ayant misé sur le fait accompli.

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Les preuves de la fraude existent toujours !

Les adversaires de Sils Technology avaient visiblement raison de se méfier de son logiciel. En dépit des obstructions diverses, la société affirme avoir réussi à identifier plus de 2000 procès-verbaux «litigieux» sur seulement 60% de l'ensemble, dans une lettre adressée à Youssouf Bakayoko, président de la CEI. Mais l'heure est déjà à l'épreuve de force. Le rouleau compresseur des médias cornaqués par la diplomatie hexagonale est mis en œuvre. Personne n'écoute les récriminations argumentées de Sils Technology, qu'Ahoua Don Mello a détaillées pour Le Nouveau Courrier. «On a très vite remarqué des procès-verbaux fictifs, que l'on ne pouvait pas rattacher à un bureau de vote. Par exemple, certains de ces procès-verbaux prétendaient donner les résultats du troisième bureau de vote d'un lieu où il n'en existait que deux. Ils avaient naturellement été fabriqués et introduits dans le système. On a également vu un grand nombre de procès-verbaux sans sticker. Des faux PV donc, qui ont été substitués aux vrais. Il y a eu aussi un très grand nombre de vrais bureaux de vote dont les résultats ne sont jamais arrivés à la CEI à Abidjan. Cela s'est notamment passé dans la région de Divo», affirme Ahoua Don Mello. Qui enfonce le clou : «Les preuves qui ont disparu, ce sont les bulletins de vote. Mais les procès-verbaux n'ont pas disparu. Aujourd'hui, on peut s'asseoir face à face et mettre sur la table les procès-verbaux un à un et vérifier leur authenticité pour procéder à un recomptage. Les procès-verbaux sont en sécurité».

Au final, le RHDP a monopolisé tout le processus validé par la «communauté internationale»

Jamais le débat technique sur les procès-verbaux «à problèmes» n'a finalement eu lieu à la CEI. Dans les faits, Sils Technology a donc été écartée du dispositif final, alors qu'elle possédait les outils nécessaires à la manifestation scientifique de la vérité. De nombreux observateurs internationaux sur le terrain ont été écartés par la violence, comme détaillé plus haut dans cet article. Une bonne partie des commissaires de la CEI ont été écartés de l'étrange proclamation des résultats provisoires mais imposés comme définitifs par la «communauté internationale», dans la mesure où Youssouf Bakayoko a tenu sa conférence de presse en l'absence de la quasi-totalité des commissaires, et en l'absence de tout consensus, ce qui représente une violation du Code électoral. Le Conseil constitutionnel, instance suprême de proclamation des résultats définitifs, a lui aussi été mis à l'écart, puisque son arrêt a été déchiré par la «communauté internationale». Au final, un seul camp, juge et partie, a organisé les élections, violé impunément les dispositions consensuelles qui le gênaient, piétiné la Loi fondamentale, proclamé de manière unilatérale des résultats douteux avec et grâce à la complicité des grandes puissances occidentales. Si tous ces outrages ont eu lieu alors que «le parti de la communauté internationale» était dans l'opposition, qui peut prétendre sérieusement qu'ils ne se reproduiront pas lors des législatives alors qu'il tient tous les leviers du pouvoir ? Cette interrogation constitue le nœud du blocage politique profond qui continue d'hypothéquer la paix et la réconciliation dans la Côte d'Ivoire d'aujourd'hui.


Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

lundi, 28 novembre 2011

INSCRIPTIONS EN LIGNE: CELPAID AU COEUR D'UN SCANDALE


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L'innovation du nouveau régime en matière d'inscription des élèves du secondaire au titre de la rentrée scolaire 2011-2012 montre chaque jour un peu plus ses limites. Le montage est trop gros et la mayonnaise tarde à prendre. Surtout avec ce qui se passe à l'intérieur du pays. Et qui éclabousse l'entreprise du ministre Sanogo Mamadou.


Un fait qui s'est passé à Méagui, dans le sud ouest du pays, pose la problématique de l'opportunité d'une décision qui tend à dépouiller les agents de l'Etat de leurs prérogatives, au profit d'une entreprise privée appartenant à un membre du gouvernement. En l'occurrence le ministre Sanogo Mamadou de la Construction, promoteur des établissements Agitel. Les inscriptions au collège moderne KWF de Méagui sont arrêtées depuis le jeudi 17 pour ne reprendre que le mercredi 23 novembre. La raison de cette interruption, c'est qu'il a été découvert des faux billets d'une valeur de 670 000 FCFA dans l'enveloppe que l'agent CELPAID chargé des versements a tenté de déposer à la banque. C'est à la Banque Atlantique de Côte d'Ivoire (Baci) de Méagui, où ces fonds sont versés journellement, que ces faux billets auraient été détectés. Pour se tirer d'affaire, l'agent Celpaid du nom de Typheret, Burkinabé, pointe le doigt accusateur sur M. N'guessan Hyacinthe, l'agent de l'Etat chargé recueillir les frais d'inscription au sein du collège.

Le manque d'équipements

Cet incident a provoqué l'interruption des inscriptions pendant quelques jours, le temps qu'un compromis soit trouvé. Si elles ont repris effectivement depuis le 23 novembre dernier, beaucoup de questions restent en suspens. Pourquoi CELPAID n'a-t-elle pas doté le collège Kfw de Méagui  d'un détecteur de faux billets, aux fins d'éviter pareille situation ? A défaut d'équiper ainsi l'établissement scolaire dont le rôle se limite  à collecter des fonds pour le compte d'une entreprise privée, l'agent de CELPAID qui est seul responsable dans cette affaire de faux billets de banque ne méritait-il pas de disposer d'un tel appareil ? Etant seul à  procéder au transfert des fonds du collège à la banque, l'agent de cette entreprise ne dispose d'aucune preuve pour attribuer aux agents de l'Etat la présence de faux billets dans les sommes qu'il a transportées à la BACI.

De l'opportunité de l'opération

Au-delà de cette affaire en particulier, ce qui se passe à Méagui et certainement dans la plupart des villes de l'intérieur du pays est la preuve qu'octroyer à une structure privée comme CELPAID le monopole de la collecte des frais d'inscription dans les établissements est une grave erreur. En effet, ne suffisait-il pas  de doter les économats des établissements secondaires de matériels informatiques performants, notamment d'un logiciel comme Aster qui a fait ses preuves au niveau du ministère de l'Economie et des Finances,  pour assurer un droit de regard efficace de l'Etat sur les fonds générés par les inscriptions dans les établissements secondaires ?

Par ailleurs, pourquoi des travailleurs de l'Etat doivent-ils être ainsi obligés de travailler pour le compte d'un privé ? Dans la plupart des villes de l'intérieur, ce sont en effet les mêmes agents de l'Etat dont on met la compétence et la probité en doute, en confiant des tâches qui leur sont traditionnellement dévolus à des copains, qui continuent d'enregistrer les élèves et de manipuler les frais d'inscription. La seule innovation dans ces contrées donc, c'est que CELPAID veille au grain, juste pour leur arracher les recettes et les déposer à la banque. En s'octroyant au passage de très intéressantes commissions pour un travail dont la valeur ajoutée reste toujours à trouver. Au nom d'un deal gagnant-gagnant entre des personnes qui orchestrent la privatisation de l'Etat à leur profit et qui se sucrent ainsi sur le dos du contribuable ivoirien.


Emmanuel Akani


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

LE QUEBECOIS BERNARD DESGAGNE: «ECRIVONS ET TELEPHONONS A LA CPI»

 

Le présent message a envoyé à quelques milliers de destinataires amis de la Côte d'Ivoire.


Concernant le transfert appréhendé de Laurent Gbagbo, je vous invite à écrire ou à téléphoner à Mme Florence Olara, qui est la porte-parole de M. Luis Moreno Ocampo, à la Cour pénale internationale (CPI). M. Gbagbo est détenu illégalement à Korhogo, dans le Nord de la Côte d'Ivoire, depuis plus de sept mois, et la rumeur veut qu'il soit transféré à La Haye pour répondre devant la CPI de crimes imaginaires. Le comportement de M. Ocampo est tout simplement immoral, surtout quand il s'entretient en catimini avec le criminel Ouattara, qui est responsable des crimes ayant ensanglanté la Côte d'Ivoire depuis 2002. Exigeons ce qui suit de M. Ocampo:

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1) Que M. Ocampo cesse immédiatement toute enquête sur Laurent Gbagbo, qui n'est manifestement coupable d'aucun crime contre l'humanité, qui a été investi président par le Conseil constitutionnel de la Côte d'Ivoire et qui a simplement réclamé qu'on recompte les votes, après le second tour de l'élection présidentielle, tandis que M. Ouattara appelait à la guerre.

2) Que M. Ocampo utilise les innombrables preuves contre M. Ouattara et ses rebelles pour les faire arrêter et les traduire immédiatement devant la CPI.

3) Que M. Ocampo exhorte les autorités ivoiriennes à libérer immédiatement Laurent Gbagbo et à restaurer l'ordre constitutionnel et l'ordre public, ce qui signifie que Laurent Gbagbo doit reprendre son poste de président et que l'ONU et la France doivent quitter le territoire ivoirien, où elles ont semé la mort et la destruction depuis qu'elles y sont, au lieu de «protéger les civils» comme elles ont prétendu le faire.

4) Qu'à défaut de pouvoir répondre aux demandes 1 à 3 ci-dessus, sous peine de déplaire à ses patrons Obama et Sarkozy, M. Ocampo démissionne immédiatement de son poste de procureur, sous peine de continuer de s'enliser dans l'immoralité la plus totale.

 

Vous pouvez ajouter aussi que le peuple n'oubliera pas les noms des complices des criminels qui persécutent plusieurs peuples sur terre et qui sont la cause des grands dangers menaçant l'humanité tout entière actuellement. Tôt ou tard, criminels et complices devront répondre de leurs actes. Ils ne pourront pas toujours se sauver. On ne pourra jamais transformer des mensonges en vérité, même en les répétant sans cesse.

Voici les coordonnées de Mme Olara. Si vous choisissez de lui téléphoner et qu'elle ne répond pas, vous pouvez laisser un message dans sa boite vocale.

 

Florence Olara

Bureau du procureur Cour pénale internationale

florence.olara@icc-cpi.int

+31 70 515 8723


Bernard Desgagné

Le site du québécois Bernard Desgagné: VIGILE.NET

ENQUETE DE LA CPI - DISCRETE RENCONTRE OUATTARA-OCAMPO A PARIS: LE SORT DE LAURENT GBAGBO SCELLE?

 


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Le chef de l'Etat ivoirien et le procureur de la Cour pénale internationale se sont rencontrés en fin de semaine à Paris. Ils auraient notamment évoqué l'hypothèse d'un transfert à La Haye de l'ex-président, Laurent Gbagbo.


A la faveur d'un séjour privé à Paris, le chef de l'Etat ivoirien Alassane Dramane Ouattara aurait rencontré à la fin de la semaine écoulée le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), l'Argentin Luis Moreno Ocampo, de passage lui aussi sur les bords de Seine. Tout porte à croire que les deux hommes ont évoqué l'hypothèse du transfert à La Haye -imminent selon certaines sources- de l'ex-président Laurent Gbagbo, placé en résidence surveillée à Korhogo (nord) depuis avril dernier; mais aussi le sort d'autres cadres, civils ou militaires, du régime déchu, tout comme celui de chefs de la rébellion pro-Ouattara, susceptibles d'être inculpés par la CPI de crimes de guerre et/ou crimes contre l'humanité. A la mi-octobre, lors d'un séjour à Abidjan, Ocampo, dont le mandat s'achève en juin prochain, avait promis une "enquête impartiale" sur les exactions commises pendant la crise postélectorale, tout en précisant qu'elle viserait "entre trois et six responsables". Un mois plus tard, le tombeur de Gbagbo avait quant à lui précisé à Lomé (Togo) que les auteurs de crimes seraient poursuivis "quel que soit leur bord". "Il n'y aura pas de discrimination, pas de protection, avait insisté ADO. La justice sera la même pour tous."

Un échéancier politique acrobatique

La discrète rencontre Ouattara-Ocampo sur le sol français n'a rien d'anodin. Et ce d'autant moins que, comme l'a révélé vendredi lexpress.fr, la visite d'Etat du président de la Côte d'Ivoire dans l'Hexagone, initialement prévue du 18 au 21 décembre, a été différée de cinq semaines. Cet impromptu parisien s'inscrit dans un échéancier politique acrobatique, dominé par le premier scrutin législatif de l'ère ADO, programmé le 11 décembre. Le rapport de force instauré par ce rendez-vous électoral dessinera les contours du futur gouvernement, qu'il soit ou non dirigé par l'actuel Premier ministre Guillaume Soro. Lequel Soro pourrait un jour, de l'aveu d'un diplomate familier du dossier, " être appelé à rendre des comptes à la CPI ". Sans doute Alassane Ouattara juge-t-il plus urgent de clarifier la destinée judiciaire de son prédécesseur que de débarquer à Paris avec une cohorte de ministres appelés pour certains à s'effacer quelques jours plus tard.

 

In L'EXPRESS.FR


Source: L'INTELLIGENT D'ABIDJAN

OÙ SONT PASSES LES 12.000 MILLIARDS DE OUATTARA?


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Alassane Ouattara est à Bruxelles depuis quelques jours. Il y séjourne depuis le début de la semaine dans le cadre d'une visite de travail et d'amitié qui s'achève aujourd'hui. A l'occasion, le chef de l'Etat a obtenu mercredi dernier, de ses hôtes, un accord de financement de cinq projets entre la Côte d'Ivoire et l'Union européenne. Le montant de cet accord est estimé à 125 millions d'euros, soit 82 milliards de Fcfa. A Abidjan, l'annonce de la signature de cet accord entre parties ivoirienne et belge a fait sauter jusqu'au plafond les partisans du régime qui pensent avoir trouvé là une solide ligne de défense pour rabattre le caquet à tous les pourfendeurs du chef de l'Etat qui ne manquent aucune occasion de brocarder ce dernier sur les promesses de milliards qui sont toujours attendues par les ménages ivoiriens.

De fait, l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara a été précédée d'une vaste campagne médiatique vantant ses capacités de pourvoyeur de fonds et de grand mobilisateur des ressources. Elevé aux mamelles de la finance internationale, Ouattara lui-même ne se prive d'aucune tribune pour renforcer cette image et en mettre plein la vue aux uns et aux autres. On l'a vu, au lendemain de sa prise de pouvoir, s'afficher au sommet de Deauville, en France avec les grands de ce monde. Devant ceux-ci, il a introduit une demande de prêt évaluée à 12.000.000.000 (douze mille milliards) de nos francs, devant servir au financement des projets que le chef de l'Etat lui-même a annoncés çà et là. Et six mois après, les généreuses promesses des bailleurs de fonds ne sont toujours pas réalité, la crise financière qui frappe l'Europe étant passée par là.

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Face à cette mauvaise conjoncture, et ne voulant surtout pas se prendre une gamelle devant ses adversaires politiques, le régime joue d'astuces. Très porté sur la communication politique, le moindre cliquetis au plan financier entre Abidjan et un organisme étranger est l'occasion de chanter des cantiques et autres sourates à la gloire du dieu Ouattara, venu nous tirer de nos misères d'ici-bas. Et cela, pour masquer la réalité des choses qui indique que tous les prêts accordés jusqu'ici à la Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011, l'ont été dans le seul cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale entre ce pays et ses traditionnels partenaires au développement.

En d'autres termes, expliquent les spécialistes, il ne faut pas forcément s'appeler Alassane Ouattara pour bénéficier de ce genre de décaissement. C'est la coopération avec les Etats qui le veut ainsi. Et notre interlocuteur de faire observer que bien que n'étant pas le chouchou des occidentaux en général, le président Laurent Gbagbo n'a pas moins bénéficié de fonds pareils quand il le voulait, vu que lui comptait plus sur les ressources internes que sur les apports extérieurs. L'observation ne manque pas d'intérêt, car à y voir de près, si l'actuel chef de l'Etat avait réellement la possibilité de sortir les 12.000 milliards sollicités des caisses de ses amis occidentaux, il y a belle lurette que les promesses électorales auraient connu un début de réalisation et que dans les rangs de ceux qui ont accordé leurs suffrages au champion du RHDP au second tour de la présidentielle, l'on ne commencerait pas à nourrir des regrets.

Pouvait-il en être autrement quand on voit le gap qu'il y a aujourd'hui entre la pluie de milliards de Ouattara qui, selon les troubadours du régime, arrose la Côte d'Ivoire depuis le 11 avril 2011 et le pouvoir d'achat des Ivoiriens qui se réduit chaque jour comme peau de chagrin. En somme, une pluie qui tarde à se faire sentir dans les casseroles et les marmites des concitoyens du chef de l'Etat.


Yves de Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 104 du vendredi 25 novembre 2011.

IL EST LA, LE DEBAT SUR LA DEVALUATION AUSSI


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Il me plait de conseiller aux compatriotes ivoiriens de ne pas rechigner à débattre avec leurs camarades du Rdr. Si les armes se sont quelque peu tues et qu'ils consentent maintenant à discuter, je vous assure que c'est très intéressant de les écouter. Ce sont des gisements inépuisables du ridicule qui, heureusement, ne tue pas.

Je trouve un matin un "fou" de Dramane Ouattara attablé à un kiosque à café. Il prenait son aboki. Après les salamalecs, je lui lance: «Frère, comment va maintenant le pays ? ». Il me répond: « Au début, c'était un peu difficile mais maintenant tout va bien. Nous sommes à 8% de croissance et on prévoit même un taux à 2 chiffres, d'ici l'année prochaine. » Quoique le ton soit un peu caverneux, j'ai apprécié la variation du langage. Au lendemain de l'arrestation du Président  Gbagbo, tout allait déjà bien pour eux. Reconnaitre que c'est à cette époque que c'était dure, je me dis que le triomphe de la vérité ne se presse pas.

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Je n'ai pas eu besoin de commenter les 8 % de croissance, soit un point de croissance à chaque voyage mensuel de Dramane en France. On ne s'acharne pas sur quelqu'un qui est déjà au tapis. Il est victime de l'intox.  Alors, je relance le débat et lui dit: « Mais, on parle de dévaluation pour le premier janvier prochain, c'est ce qui va certainement booster la croissance ?». « Oh non, c'est faux, il n'y aura pas de dévaluation. J'ai écouté Rfi, la dernière fois. Des spécialistes disent que ce n'est pas possible. Et je pense qu'ils ont raison parce qu'on ne peut pas dévaluer la monnaie d'une économie en pleine croissance. »

Ah oui ! J'avais oublié les 8 % de croissance et le fait même que pour nos frères d'en face, n'importe quel quidam blanc qui a feuilleté deux ou trois pages sur les Pygmées du Gabon et les Massaïs du Kenya est un spécialiste de tous les problèmes d'Afrique. Alors je lui rappelle timidement qu'en 1994, les mêmes spécialistes avaient nié la même évidence parce qu'une dévaluation ne s'annonce pas officiellement, de peur de créer une panique financière. «S'ils font ça, nous allons quitter le FCFA pour créer notre propre monnaie...»

Écoutez, j'en avais pour ma dose journalière.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 104 du vendredi 25 novembre 2011.

LA POSITION DE MAMADOU KOULIBALY SUR LA DEVALUATION


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Le président de l’Assemblée nationale, lors de sa tournée dans l’est du pays, a profité d’une rencontre avec les enseignants de Koun-Fao vendredi 25 novembre dans la nuit, pour se prononcer sur une probable « dévaluation » du franc CFA.

« C’est un sujet qui ne m’intéresse pas. C’est un faux problème. Ce n’est pas la dévaluation du CFA qui est le problème mais c’est la monnaie elle-même. Il faut sortir du CFA et aménager autre chose. C’est un faux problème pour lequel on poursuit les gens pour les mettre en prison », a estimé M. Koulibaly. Qui a proposé qu’une monnaie pour la Côte d’Ivoire qui puise un peu de sa valeur dans des monnaies comme le dollar, l’euro, le yen, etc. soit créée ; qu’elle soit fluctuante pour être plus compétitive sur le marché monétaire international.

L’éminent professeur en économie a édifié les enseignants de la ville sur sa vision sur la monnaie.


Hervé Kpodion


Source: L'INTER

dimanche, 27 novembre 2011

GREGORY PROTCHE PARLE DE LA CRISE IVOIRIENNE SUR LA VOIX DE LA RESISTANCE AFRICAINE

 

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Le journaliste et auteur français Gregory Protche, Rédacteur en chef du "Gri-Gri International".


C'est long mais c'est très intéressant...  La Voix de la Résistance Africaine est une webradio engagée qui vient de se créer.

 

 

VOIX DE LA RESISTANCE AFRICAINE INTERVIEW DE MR GREGORY PROTCHE by Voix Resistance Africaine on Mixcloud

 

 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

CONFERENCE DE PRESSE SUR LA MISE A MORT DE L'UNIVERSITE IVOIRIENNE


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Appel à la mobilisation française et internationale en faveur des étudiants, des enseignants et du savoir en Côte d'Ivoire.


Un élément vidéo inspiré par l'organisation prochaine de la conférence de presse sur la mise à mort de l'université ivoirienne, le lundi 28 novembre 2011, à l'initiative du politologue français, Michel Galy, du directeur des Editions "L'Harmattan", Denis Pryen, et de l'écrivain-journaliste David Gakunzi.

Cette conférence se tiendra à cette date à 18 h 30, au 21 Bis, rue des Ecoles (5°), Me Maubert ou Cluny-la-sorbonne. A l'occasion de la sortie des Actes des colloques d'Abengourou et San Pedro (dirigés en 2010 par les professeurs Pierre kipré et Gilbert Aké N'gbo).


Présenté par Le Gri-Gri International (Gri-Gri TV).



 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

samedi, 26 novembre 2011

GUILLAUME SORO A LA CEREMONIE DE LANCEMENT DE L'ECHANGEUR: UN SEUL OUVRAGE, DEUX CEREMONIES DE LANCEMENT

 

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Le premier ministre a présidé hier la cérémonie de lancement des travaux de l'échangeur du rond-point de la Riviera 2. Cet ouvrage qui est un pan du 3ème pont a pourtant déjà fait l'objet d'une communication lors d'une cérémonie présidée par M. Ouattara lui-même.


On reprend les mêmes choses et on tente de faire du neuf. Alors que la cérémonie de lancement du 3ème pont a fait l'objet d'une cérémonie présidée en grandes pompes par tout le gotha de la ouattarandie, le Premier ministre Guillaume Soro s'est offert, hier, une cérémonie cinq étoiles avant la construction de l'échangeur qui complètera techniquement le futur pont Henri Konan Bédié. Le gouvernement n'a plus que les chantiers préparés par les différents gouvernements Gbagbo pour séduire une population qui l'attend soit sur les annonces de milliards faites sans discernement pendant la campagne électorale, soit sur la réconciliation nationale plombée par une chasse aux sorcières sans précédent initiée par le régime.

Trois journalistes du Quotidien « Notre Voie » sont d'ailleurs retenus depuis jeudi à la police criminelle pour offense au chef de l'Etat et atteinte à l'économie nationale. Alors que seuls Sivori Boga, chef du service politique et César Etou étaient initialement convoqués, le premier, pour avoir repris un article de «  La lettre du continent » imputant au gouvernement de Ouattara l'achat de 40 nouvelles Mercédès à prix d'or, et le second en tant que son patron, un troisième journaliste, en l'occurrence Didier Dépry a agrandi le lot pour son article confirmant l'imminence d'une dévaluation du Franc cfa. Leur libération faisait encore l'objet de diverses tractations au moment où nous bouclions notre édition du jour.

Les spots, les panneaux publicitaires et tout ce qui permet d'ordinaire de faire bling-bling font partie de la panoplie de moyens visuels dont le gouvernement se sert pour exister, alors que les premières révoltes contre le régime ont été signées par les balayeurs de rues, le fleuron de la mystification ouattaradienne. Or pour l'instant, le régime n'a pas de solution à cette galère. Seule une assurance du ministre de la salubrité urbaine est venue pour ainsi dire calmer le désespoir des balayeurs. Elle a affirmé hier dans une interview parue dans « Le Patriote » que tous les balayeurs seront payés. Cela fait pourtant six mois qu'est tenu ce type de promesses.

Les kits scolaires promis à grand renfort de publicité sur des panneaux publicitaires annonçant que « Le gouvernement travaille pour vous » se font toujours attendre. D'ailleurs, après plusieurs semaines d'attente, un cartable contenant cinq cahiers, un ensemble géométrique, un paquet de crayons de couleurs et deux protège-cahiers ont été remis aux seuls élèves des cours moyens première et deuxième année. Ceux des cours préparatoires et élémentaires n'ont pas reçu le moindre kit et aucun livre scolaire, en dehors de ceux distribués par le régime Gbagbo et en stock dans certaines écoles, n'a été distribué. Le gouvernement sûr de lui, avait pourtant interdit aux responsables d'écoles de fournir des listes de fournitures aux élèves pour bien montrer que l'école était bien gratuite sous la gouvernance Ouattara.

Le régime a usé d'une méthode semblable dans les hôpitaux où la réalité de la non gratuité des soins a été considérée par les populations comme la preuve matérielle que les médicaments avaient été dilapidés par les médecins. D'ailleurs, les directeurs des écoles primaires publiques sont accusés par la rumeur publique comme les responsables de la fausse volatilisation desdits kits promis par un régime qui dit avoir des solutions. Or en dehors de ces coups médiatiques bien préparés, le pouvoir n'arrive pas à honorer ses engagements et fait du surplace. Une caricature proposée par le journal « Le Patriote » présentait hier Ouattara à sa sortie d'une audience avec le président de l'Union Européenne, un sac d'argent sur les épaules avec comme légende : « Tu peux revenir quand tu veux si ça finit ». Toute une légende !

Le gouvernement fait donc du bruit et fait peu là où le régime de Gbagbo a construit dans un contexte économique difficile Yamoussoukro, a prolongé l'autoroute du nord, construit le Palais des Députés et un ensemble d'ouvrages et d'édifices publics dont le Mémorial Houphouët-Boigny, a rétabli le salaire des enseignants raccrochés par Alassane Ouattara, augmenté le salaire des policiers, relevé le statut du corps préfectoral et celui des Magistrats avec des hausses de salaires à la clé... en toute discrétion.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 105 du samedi 26 novembre 2011.