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vendredi, 25 novembre 2011

PROFESSION, DEPUTE A L'ASSEMBLEE NATIONALE!


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Maison des députés à Yamoussoukro


La crise postélectorale ivoirienne a ceci de louable qu'elle nous permet, aujourd'hui, de constater que certains hommes politiques de ce pays sont tout juste des suiveurs sans conviction et sans idéaux démocratiques. Pour eux, ne comptent que les avantages à tirer d'un engagement opportuniste et la jouissance que procure une fonction parlementaire. Ces personnages, qui ne doivent leur statut de citoyen privilégié bénéficiant d'un certain rang social que parce qu'ils sont des députés, n'entendent pas pour des dogmes politiques se priver de caviar et de champagne ni se soustraire au grand train de vie que leur offre leur titre ou à l'honorabilité qu'il leur confère.

En un mot, être député à l'Assemblée nationale, ils en ont fait un métier. Ils n'en ont pas d'autres, n'en ont pas connus d'autres ou n'en veulent plus d'autres. Le perdre ou manquer l'objectif correspondrait alors pour eux à une descente aux enfers, à une rétrogression dans l'échelle sociale ou à un échec personnel. Ils ne peuvent y survivre ou le supporter. Pas même pour un idéal. Politique du ventre et intérêts personnels obligent.

Certains y aspirent pour continuer à se sentir important et incontournable, proches du pouvoir qu'ils ont été, quand d'autres, nouveaux venus sous peu dans la course à l'hémicycle, espèrent en faire un tremplin de percée sociale. Au mépris de tout mot d'ordre émanant de leur parti et sous l'instigation de certains diplomates occidentaux, navigant en eaux troubles depuis l'élection présidentielle de 2010 et à qui nous devons de vivre dans un pays où règne la terreur, l'insécurité, la justice des « vainqueurs » et le non droit.

Nous avions peut-être naïvement pensé qu'être député consistait à représenter une population en tant qu'élu de la nation et que les souffrances et préoccupations de ce peuple-là passait en priorité pour le représentant qu'il avait mandaté. La priorité, aujourd'hui, pour les partisans et sympathisants de La Majorité Présidentielle qu'ils représentent déjà ou nourrissent le projet de représenter, c'est la libération de leur leader, le Président Laurent Gbagbo, de son épouse, Simone, de tous les principaux dirigeants du FPI-CNRD en captivité et de tous les prisonniers politiques et militaires du pouvoir Ouattara. Ne pas l'avoir compris les disqualifie à parler en leur nom ou à briguer leur suffrage.

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De ce point de vue, il faut rendre un hommage vibrant à tous ces élus et cadres ivoiriens potentiels parlementaires 2011 qui, au nom de leurs idéaux et la noblesse de leur lutte sont prêts à sacrifier mandats et ambitions parlementaires pour que soit tenu haut le flambeau de la lutte démocratique dans notre pays. Au rang de ceux-ci, nous citerons le Secrétaire général et porte-parole du FPI, Monsieur Laurent Akoun, qui a asséné ses vérités au meeting organisé par les responsables du FPI du Sud-Comoé, samedi dernier 19 novembre à Bonoua, rassemblement qui s'est tenu malgré la répression inacceptable des FRCI : «Il faut leur dire (aux militants) que le FPI de Laurent Gbagbo, qu'Affi N'guessan nous a momentanément confié, n'a pas donné une caution à quelque individu que ce soit pour représenter ses intérêts dans un parlement. Nous n'avons pas de candidats. Ne vous laissez pas avoir. Ils vont venir dire, c'est la famille. Non, c'est leurs intérêts, c'est leurs tubes digestifs. Ne vous mêlez pas de leur affaire. Moi, je suis député sortant à Alépé et je peux gagner. Mais Gbagbo est en prison, Simone est en prison, Adjobi (Christine) est en prison, Affi est en prison, Sangaré est en prison..., je vais être candidat pour défendre quoi ? Sachez que ce qu'ils veulent faire-là, ça ne nous concerne pas !», a-t-il martelé. Le message est on ne peut plus limpide et gageons qu'il a été reçu sans équivoque par tous les démocrates ivoiriens proches de Gbagbo.

De toutes les façons, comment va-t-on à des élections où il y a de fortes chances qu'on se fassent taillader à la machette, au couteau ou abattre par des FRCI indociles - pour ne pas en dire davantage - et des militants RHDP, et singulièrement RDR, déchainés comme ceux qu'il nous a été donné de voir à Bonoua et à Port-Bouët, le week-end dernier, tout juste parce qu'on est habillé d'un tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo ou présent à un rassemblement de son parti ? Morceaux choisis des propos irréels qu'ils ont tenus contre les militants du FPI-CNRD et contre les forces de sécurité, détachements de la BAE et de la CRS, venus maintenir l'ordre sans dotation d'armes : « Vous ne ferez pas de coup d'Etat ici », à l'adresse des militants. « Vous n'avez pas dit que vous soutenez Gbagbo, tirez vous allez voir », avec le plus grand mépris, aux policiers. « Vos meetings, c'est pour faire des coups d'Etat et nous, les FRCI, on est venu pour mettre fin à vos coups d'Etat ! », ont-ils parachevé. « Sommes-nous vraiment encore en Côte d'Ivoire ? », nous n'avons de cesse de nous interroger. Dans notre for intérieur, nous n'en sommes plus très certain, tant ce pays est devenu méconnaissable depuis l'avènement du RHDP au pouvoir.

Au demeurant, comment va-t-on sereinement à des élections quand une dispute éclate entre des militants et des soldats FRCI, à Bonoua le samedi 19 novembre, parce que se rendant au meeting, qu'un militant du FPI se fait copieusement bastonner par les hommes en armes parce qu'arborant un tee-shirt à l'effigie de Laurent Gbagbo et que ceux-ci, ayant déployé l'artillerie lourde, kalachnikovs, mitraillettes, lance-roquettes, RPG, font des tirs nourris en l'air pour semer la terreur ? Comment participe-t-on dans la quiétude à des élections quand, à Port-Bouët le dimanche 20 novembre, on mène une chasse à l'homme juste parce que des partisans ont porté des tee-shirts estampillés « Laurent Gbagbo », quand une horde de vandales, en tenues civiles pour certains et en tenues militaires bigarrées pour d'autres, passant pour être des FRCI, fait irruption dans le meeting à bord de véhicules de type 4x4, s'attaque aux militants, armée d'armes blanches (gourdins, machettes, couteaux), de pistolets, de gaz lacrymogènes, et disperse violemment la manifestation ?

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C'est ainsi le énième meeting du parti de Laurent Gbagbo qui est « maté » par les FRCI et les militants du RDR selon la consigne d'Amadou Soumahoro, le Secrétaire général par intérim du RDR, et qui se solde par plusieurs blessés à l'arme blanche et de nombreuses bastonnades. Dans l'impunité la plus totale. Voici, dans toute sa splendeur, la nouvelle « République de Côte d'Ivoire » !

Demander donc à un parti politique, de la sorte traqué et persécuté, de prendre part à des législatives, sur toute l'étendue du territoire national, quand on est incapable d'assurer sa sécurité ne serait-ce qu'à Abidjan, siège du pouvoir exécutif et de l'Etat-major des armées, relève du mépris, de la mauvaise foi et de l'insouciance coupable voire de la complicité. Les pires choses surviendraient dans les ex-zones CNO (Centre-Nord-Ouest), et même sous leur nez à Abidjan, personne ne serait inquiété, encore moins jugé. La preuve est là ! Tous les crimes contre l'humanité commis dans l'Ouest et notamment à Duékoué, dénoncés par les ONG internationales de défense des droits humains avec des noms à l'appui, sans qu'aucun proche de Ouattara incriminé ne soit interpellé ou n'ait de compte à rendre, en sont une autre preuve. Aller donc à de telles élections, c'est se rendre à l'abattoir. Incontestablement.

Comme le dit l'honorable Odette Lorougnon : « On nous demande d'aller aux élections, mais il n'y a pas de sécurité. Dans une campagne électorale, on se heurte. Est-ce que le régime Ouattara peut tolérer et accepter les critiques ? En outre, dans les bureaux de vote, nos candidats doivent être représentés alors que les jeunes continuent d'être traqués, arrêtés. Si la sécurité n'est pas garantie, si la liste électorale et la composition de la CEI ne sont pas revues, comment voulez-vous qu'on puisse aller aux élections ? ». « Si en tant qu'opposition, souligne-t-elle avec à-propos, on ne peut pas critiquer, c'est qu'on n'est pas dans une démocratie ni dans un Etat de droit ».

Nous ne comprenons donc pas comment des futurs élus de la nation peuvent accepter que leurs partisans soient ainsi envoyés au pressoir pour satisfaire leurs ambitions politiques aveugles et égocentriques. Ces individus-là ne méritent pas de se présenter sous la bannière du parti du démocrate Laurent Gbagbo qui, du reste, ne se sent aucunement concerné par ces législatives, malgré les gesticulations et les intrigues souterraines des ambassadeurs de France et des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui s'efforcent de susciter des candidatures indépendantes de cadres proches de Gbagbo afin de les exhiber comme issus du FPI pour se targuer d'une participation virtuelle de tous les partis politiques significatifs de Côte d'Ivoire aux législatives de décembre. Cette entourloupe ne saurait prospérer.

Ces futurs élus - s'il en est - devraient avoir le courage d'assumer seuls leurs candidatures et ne pas user de circonlocutions arrimées à des prestidigitations de chancelleries occidentales pour se porter sous l'enseigne fleurie du parti de Laurent Gbagbo. Qu'ils passent leur chemin, mus qu'ils sont par les soucis de promotion sociale, les contingences alimentaires immédiates, les ambitions personnelles égoïstes et le désir de demeurer ad vitam aeternam députés, durent-ils renier maîtres, leaders, camarades de lutte, famille politique, principes et convictions idéologiques. Les dignes fils d'Eburnie se passeront bien d'eux.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 374 du jeudi 24 novembre 2011.

COTE D'IVOIRE: LE GRAND RETOUR DES REMOUS SOCIAUX


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A Abidjan, la colère des balayeuses et éboueurs est toujours aussi incandescente. Ses conséquences sont nombreuses. A commencer par le retour des remous sociaux.


Le calme n'est pas encore revenu dans la famille des éboueurs et balayeurs d'Abidjan. Pas de calme, et encore moins de la sérénité et le cafouillage est total. Après moult tergiversations, le gouvernement a consenti à payer un quart du personnel concerné, soit seulement 500 personnes sur les 2000 que compte officiellement le District d'Abidjan en techniciens de surface. Mais ici aussi comme dans l'administration publique, le népotisme a tourné à plein régime et la plupart de ceux dont les noms se sont évaporés des listes du ministère de la salubrité publique se plaignent d'avoir été supplantés par d'autres personnes dont la proximité régionale avec les nouveaux gouvernants serait avérée. « Moi, j'ai fini par y renoncer », soupire Jérôme dont la mauvaise mine donne une idée des rudes journées que les balayeurs d'Abidjan ont vécues entre lundi et mardi à la mairie d'Adjamé, puis à la Primature où les FRCI ne se sont pas fait prier pour les gazer pendant une bonne dizaine de minutes.

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Le chef de l'Etat, lui, est à nouveau parti, à Bruxelles cette fois-ci, pour un séjour auquel les hagiographes du régime sacrifient toutes sortes de superlatifs. Mais les voyages présidentiels ont perdu de leur magie depuis bien longtemps déjà. Même les oficianados de la ouattarandie commencent à nuancer leurs discours enflammés d'il n'y a pas si longtemps parce que les paradigmes dénoncés pendant dix années d'opposition sont encore en place. Le racket des policiers imputé, sans la moindre preuve à l'ancien Président de la République, s'est officiellement enrichi de celui des FRCI difficilement raisonnables et l'insécurité est venue rappeler à tous que le gouvernement est incapable de venir à bout de ce fléau national qui plombe les investissements.

A Daloa, quatre personnes d'une même famille ont perdu la vie pour le préjudice de 20.000 F et huit téléphones portables qui aurait été causé à un ressortissant burkinabé du village de Bategudeha 2. L'impunité critiquée comme la marque de fabrique de l'ancien régime est devenue la règle en Côte d'Ivoire où être FRCI vaut immunité absolue. A deux reprises dans la même journée du dimanche 20 novembre, deux meetings du FPI ont été vandalisés sans que le gouvernement y puise quelques regrets, ne serait-ce que de pure forme. D'ailleurs, le pouvoir ne feint pas uniquement de ne pas voir les hauts faits des FRCI, y compris ses victimes qui se multiplient. Les prix des denrées alimentaires ne cessent de grimper sans que le gouvernement songe à trouver la moindre solution. Impossible pour cette raison de se nourrir à Abidjan où le prix du kilogramme du riz bon marché coûte 400 F et celui de la viande de bœuf à 2500 F. Jamais, on n'avait enregistré de telles hausses dans le pays où le pouvoir continue de se gargariser de slogans sur la gratuité de l'école et dans les hôpitaux pour les besoins de sa communication. Le gouvernement risque de l'apprendre à ses dépens.

La colère des balayeurs n'est toujours pas retombée et plusieurs milliers d'entre eux ont paralysé hier aux heures de pointe le boulevard Giscard d'Estaing généralement pris d'assaut à cette heure par les automobilistes. Les fonctionnaires fourbissent leurs armes en attendant d'en découdre avec un régime qui refuse tout dialogue avec les travailleurs. Reclus soit chez eux ou dans le silence pour éviter les foudres du pouvoir pendant les premiers mois de chasse à l'homme organisé sur l'ensemble du territoire par le clan de Ouattara, les syndicalistes commencent à redresser la tête. Voilà qui va peut-être ramener sur terre Alassane Ouattara.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 103 du jeudi 24 novembre 2011.

CELPAID, UN SCANDALE AU CŒUR DE LA REPUBLIQUE

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« La Direction informe les parents d'élèves que dans le cadre d'une bonne gestion du processus des examens 2011-2012 et de l'actualisation de tous les élèves de Côte d'Ivoire par le Ministère de l'Education Nationale, il est demandé à chaque parent d'élève de procéder à l'inscription de son enfant au CELPAID avec la somme de 6.000 F (six mille francs), accompagné de la photocopie de l'extrait de naissance, la photocopie du dernier bulletin de l'année précédente et du relevé des notes du concours de l'entrée en 6ème pour les élèves de 6ème. Les documents ci-mentionnés et la somme indiquée sont à déposer auprès des éducateurs. Délai de rigueur, le vendredi 25 novembre 2011 à 13 heures. »

Tel est l'avis ramené de l'école, il y a quelques jours, par Emmanuel Virgile à son père, Arthur Gadji. Cette petite note, presque tous les élèves du secondaire public et privé de Côte d'Ivoire l'ont reçue et ont été priés de l'acheminer à leurs géniteurs qui ne s'y attendaient nullement, pas plus qu'ils n'y comprennent grand-chose. C'est la surprise du grand chef en cette rentrée scolaire 2011-2012 en Côte d'Ivoire. Les nouveaux gouvernants, à leur arrivée au pouvoir, le 11 avril dernier, avaient promis tout changer, tout révolutionner dans la conduite des affaires de l'Etat pour faire oublier au plus vite le passage de l'ex locataire du palais à la tête du pays. L'école étant un domaine hautement stratégique, il fallait donc donner un signal fort de cette volonté politique nettement exprimée et à nous bassinée à l'excès. La trouvaille, dans le milieu Education et Formation, se nomme « inscription en ligne » obligatoire pour tous les élèves de l'enseignement secondaire public, dans un premier temps avant d'être élargie par la suite au privé.

A l'origine, cette innovation technologique est une idée de Nicolas Effimbra, alors Directeur régional de l'Education Nationale Abidjan 1 (DREN Abidjan 1). Féru de monétique et au fait de bien d'expériences similaires sur le continent africain, ce dernier s'ouvre à MTN, le géant Sud-Africain de la téléphonie mobile à Abidjan. Il propose au groupe, un projet d'inscription en ligne pour les élèves du secondaire de la DREN Abidjan 1. Le projet est en phase pilote et est prévu pour s'étendre progressivement aux autres DREN du pays. L'affaire est juteuse pour l'opérateur de téléphonie mobile, qui n'hésite pas à s'engager aux côtés de la DREN 1. Pour être à la hauteur de la tâche, MTN décaisse pour assurer de nouveaux travaux techniques.

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L'opération pilote se déroule jusque-là à merveille. Mais dans les allées du ministère de l'Education nationale, l'on fait des gorges chaudes et le dossier finit par atterrir sur le bureau de Mme Kandia Camara qui en saisit toute l'ampleur et toutes les implications possibles. Vu les gains financiers en jeu, la ministre décide de s'impliquer. Il en découlera deux décisions majeures. La première, l'inscription en ligne est désormais étendue à tous les établissements secondaires du pays, et la seconde, c'est désormais CELPAID, le petit poucet des maisons de transfert d'argent de la place, qui pilote l'inscription en ligne. Quant à Nicolas Effimbra, en guise de récompense, il est promu Directeur de l'extra-scolaire et des activités coopératives (DESAC). Dans le milieu des opérateurs de téléphonie mobile, l'affaire prend rapidement des allures de scandale vu qu'il n'y a eu aucun appel d'offres pour un marché aussi gigantesque.

Partant de la base de données de 2 millions d'élèves concernés par l'opération (à raison de 6.000 F par élève), les spécialistes soutiennent qu'il s'agit au bas mot de la somme de 12 (douze) milliards de Fcfa qui va circuler entre les différentes parties concernées par ce deal. Notons que selon les textes de l'Union monétaire ouest-africaine (UEMOA), pour tout marché de plus de 30.000.000 (trente millions) de Fcfa, il est requis de procéder par un appel d'offres, le gré à gré intervenant pour des marchés en dessous de cette barre. Les grognons ont donc saisi l'Agence de télécommunication de Côte d'Ivoire (ATCI) qui régule le secteur de la téléphonie mobile. Bien que partageant les observations des plaignants, l'ATCI affiche son impuissance devant les ramifications politiques du dossier. Visiblement, le patron des lieux ne veut pas se mettre à dos le grand manitou de CELPAID qui n'est autre que Mamadou Sanogo, ministre de la construction, de l'assainissement et de l'urbanisme et par ailleurs homme de confiance du chef de l'Etat. Les mauvaises langues soutiennent que le marché lui a été offert pour alimenter les caisses du RDR, le parti au pouvoir au moment où Alassane Ouattara asphyxie les autres partis politiques avec la mesure de suspension du financement des formations politiques sur fonds publics.

Récemment le Front populaire ivoirien (FPI) a ouvertement dénoncé cette « duplicité » des gouvernants. Et dans les différents états majors politiques, la polémique enfle. Malgré cela, ni la ministre Kandia Camara, ni le chef du gouvernement n'ont consenti jusque-là, à s'expliquer sur le sujet pour éclairer les Ivoiriens et mettre ainsi fin à toutes les supputations qui continuent de courir sur le scandale CELPAID. Surtout que dans la foulée, l'on annonce de nouveaux contrats juteux pour cette entreprise qui entend faire désormais de l'ombre à ses illustres devancières.


Par Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 103 du jeudi 24 novembre 2011.


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C'EST INDECENT!

Est-ce que c'est à eux que nous nous adressons ? Nous commençons à croire réellement qu'il n'y a rien en face ! Parce que depuis que nous dénonçons cette pratique  qui consiste à dire une chose et faire son contraire, les autorités ivoiriennes se sentent justifiées. Elles ne réagissent pas ou si elles réagissent, elles persistent dans le réprouvable. Et pourtant l'équation est simple. C'est même une préoccupation d'ordre moral. Alassane Ouattara n'est pas obligé de faire l'école gratuite. Dans ce pays, seul Laurent Gbagbo a porté ce projet de l'école gratuite et s'en est donné les moyens. Il a même été jusqu' à rendre facultatives les tenues scolaires pour soulager les parents d'élèves et favoriser une forte scolarisation dans les zones économiquement défavorisées. C'était une ambition humaniste portée par un humaniste. Malgré tous les obstacles liés à la gestion d'une rébellion sauvage, il était parvenu à atteindre son but. Aujourd'hui, dans les écoles, les livres qu'on distribue pour faire croire que l'école est  gratuite, proviennent des stocks des éditions de Laurent Gbagbo.

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Il faut le répéter ! Alassane Ouattara n'est pas obligé de faire comme Laurent Gbagbo parce qu'il n'est pas Laurent Gbagbo. Même si pour des raisons électoralistes, il avait crié qu'il pouvait faire l'école gratuite, maintenant qu'il est au pouvoir, il n'est pas obligé de s' y accrocher. Nous savons  qu'il est de culture capitaliste, ce n'est pas son fort de donner dans la gratuité. On a encore en mémoire la perte de toutes les prérogatives scolaires et estudiantines dès qu'il a mis pied en Côte d'ivoire au début des années 90. Alors nous recommandons au gouvernement Ouattara de faire preuve d'honnêteté envers le peuple ivoirien parce que tout ce que Kandia Camara fait avec Celpaid dans le cadre de l'école, est loin de servir le slogan de la gratuité. C'est même indécent, parce que s'accompagnant de menaces voilées aux parents d'élèves, en violation des règles élémentaires de la bonne gouvernance.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 103 du jeudi 24 novembre 2011.

FRANÇAFRIQUE – NOUVELLE DEVALUATION DU FRANC CFA OU L’ASSASSINAT DE L’AFRIQUE

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Alors qu'on a appris que Nicolas Sarkozy doit en partie sa victoire présidentielle grâce à l'argent (le franc CFA) des Africains qu'il méprise, il veut la dévaluation dudit franc CFA selon des rumeurs persistantes. Avec la nouvelle révélation sur le financement de sa campagne présidentielle par Omar Bongo dans un livre à paraître demain, jeudi 24 novembre : « Le scandale des biens mal acquis », on comprend pourquoi le dossier judiciaire sur les biens mal acquis n'aboutissent pas en France.

C'est Mike Jocktane, ancien conseiller de feu Omar Bongo qui accuse Nicolas Sarkozy d'avoir bénéficié des mallettes et des fonds occultes de la Françafrique. Du coup, les salmigondis de Robert Bourgi ressemblent étrangement au nuage de Tchernobyl qui s'était arrêté aux frontières de la France de même que les mallettes avec l'avènement du président Sarkozy. De l'esbroufe. Tous corrompus ! Mais, au détriment de l'Afrique qu'ils aiment tant détester.


Donc, avec la complicité des dirigeants africains-ont-ils vraiment le choix ?-, le franc CFA sera dévalué le 1er janvier 2012 pour le grand malheur de l'Afrique subsaharienne francophone. Considérant que son baromètre et/ou arrimage se mesure à l'euro, ça veut dire que, demain, 1 euro correspondra à 1000 francs CFA au lieu de 655,59 FCFA. Si l'information est confirmée, alors que la dévaluation du franc CFA, en 1994, a fait naître l'espoir de voir les principales filières commerciales boostées, c'est le contraire qui s'est produit. Et par conséquent, ce sont les populations, en premier, qui pâtiront de cet effet. La dialectique selon laquelle la parité fixe entre le franc cfa et l'euro est avantageuse pour les États de la zone CFA, avec notamment la maîtrise de l'inflation et la stabilité macroéconomique est mensongère.


La plupart des pays du continent n'ont pas encore réussi à tirer un avantage significatif des débouchés commerciaux découlant de l'expansion des marchés et des régimes préférentiels. Ne pas pouvoir transformer sa propre production en produit manufacturier implique l'importation plus que l'exportation et par conséquent, l'Afrique est obligée d'acheter les produits de l'extérieur. Avec une dévaluation, les milliards de francs CFA qui viendront en Europe, permettront à la zone euro, très chahutée en ce moment, de pouvoir s'en sortir.


C'est pour ces faits qu'il faut préciser, que dis-je, re-préciser que, les pays africains ne sont pas indépendants, nonobstant bien évidemment certaines tentatives de dirigeants, qui, par peur de perdre leur pouvoir se découvrent comme par enchantement panafricanistes, qui, pour contenter sa population annoncent qu'il faut battre sa propre monnaie. Autant d'exemples ridicules sans véritable volonté politique qui ne sont que des effets d'annonce sans réelle signification.


Donc, pour éviter le naufrage de la France, il faut organiser celui de l'Afrique ? Alors que les Africains ne sont pas à l'origine de la chute probable de la France avec notamment la perte annoncée de son « triple A » résultant de la mauvaise gestion de ses autorités, ce sont les plus faibles, en l'occurrence les Africains, qui doivent trinquer. Il est plus que jamais urgent pour les pays africains sous le joug français, de s'unir et de quitter la zone CFA. C'est une évidence et une urgence.


Comment expliquer la non-interchangeabilité du franc CFA de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac) et celui de l'Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ? Or, d'un pays à l'autre, l'euro circule, à part en Angleterre qui a conservé sa Livre sterling (£). Autrement dit : il est impossible de partir d'Abidjan, en Côte d'Ivoire, à Yaoundé, au Cameroun, avec ses francs CFA émis par la Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest (BCEAO). Une incongruité.


Source: Le blog d'Allain Jules

MALGRE LE DEMENTI DU CAMP OUATTARA, LE CFA SERA BEL ET BIEN DEVALUE: LA PREUVE


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Comme il fallait s'y attendre, le scoop livré par Notre Voie, dans son édition N° 3988 du lundi 21 novembre 2011 relativement à la dévaluation du franc Cfa, annoncée pour janvier 2012, suscite des réactions divergentes. Pendant que des économistes africains trouvent cette triste réalité inévitable au regard de la rude crise économique qui frappe l'Europe, les gouverneurs des banques centrales africaines concernées (Bceao et Beac) tentent de nier l'éventualité. Et pourtant, le franc Cfa se situe à un micron de sa deuxième profonde dévaluation.

 

«Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, c'est-à-dire dans moins de 40 jours, le Fcfa sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro = 655,59 Fcfa passera à 1 euro = 1000 Fcfa. Selon une source diplomatique occidentale, c'est pour apporter cette information aux chefs d'Etat de l'Uemoa qu'Alassane Dramane Ouattara a fait le tour de la sous-région, la semaine dernière. Il a été mandaté, selon la source, par le Président français, Nicolas Sarkozy. En Afrique centrale, c'est à Denis Sassou N'Guesso que la mission a été confiée par Paris d'informer ses homologues de la Cemac mais aussi des Comores. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin bissau-guinéen».

Cette exclusivité publiée par le quotidien Notre Voie n°3988 du lundi 21 novembre 2011 a visiblement créé un séisme à la rencontre annuelle de concertation entre la Bceao et la Beac qui se tient à Abidjan, depuis mardi 22 pour prendre fin aujourd'hui 24 novembre 2011. Au point où, au sortir d'une audience avec Alassane Dramane Ouattara, le mardi 22 novembre, lendemain de la publication de l'article de Notre Voie, le gouverneur de la Beac, Lucas Abaga, a déclaré : «La dévaluation n'est pas d'actualité. La croissance reste rigoureuse en 2011 ; le taux de couverture monétaire est presque de 100% alors qu'il faut un minimum de 20%, tous les indicateurs sont dans le bon sens». Le nouveau gouverneur de la Bceao, Tiémoko Meyliet Koné, qui se tenait à ses côtés, a partagé la même vision que son homologue.

Le prêteur en difficultés financières

Ces propos du gouverneur de la Beac sont plus du registre de la politique, qui vise à amadouer les populations afin de prévenir toute manifestation de rue, que celui de l'économie, où la démagogie ne prospère pas face aux clignotants rouges. Si une timide croissance est constatée en Afrique depuis quelques années, ce n'est pas le cas en Europe où sévit une crise économique rude qui menace même les fondements de l'euro, la monnaie commune à 27 pays européens. Dont la France, ex-pays colonisateur de la majorité des pays, membres de la Bceao et de la Beac. Mais surtout «parrain» du Fcfa et principal pourvoyeur de «l'aide» au développement des Etats de la zone monétaire. Frappée par la crise économique qui touche l'Europe, la France se trouve profondément dans l'incapacité de jouer son rôle comme par le passé.

De son côté, l'Allemagne, la première puissance économique européenne, se refuse à servir de «parapluie» à la France en Afrique au risque de mettre en péril tout l'édifice européen. D'autant qu'en Europe, les conséquences de la crise se font durement ressentir. L'exemple de la Grèce est bien récent. «Le prêteur est en difficulté, c'est cela la réalité. Pour prêter de l'argent aux pays de la zone Cfa dans le cadre de l'aide au développement, la France empruntait, avant la crise, sur le marché européen à un taux de 2%. Elle prêtait ensuite aux pays africains à un taux de 4%. Avec la crise, le taux d'emprunt de la France sur le marché européen s'est accru. La France ne peut plus continuer puisqu'elle est frappée de plein fouet par la crise. Elle a donc décidé de dévaluer le Fcfa pour ne pas porter les pays de la zone Bceao et Beac comme un boulet au pied», soutient une source informée.

Ancien gouverneur de la Bceao, Alassane Dramane Ouattara que la France a activement contribué à installer au pouvoir a été chargé par Paris d'expliquer la pilule amère de la dévaluation du Fcfa aux autres chefs d'Etat de la zone. Quant aux gouverneurs de la Bceao et de Beac réunis à Abidjan avec les autres partenaires dont la France, il s'agit de réfléchir sur comment appliquer cette mesure sans faire sombrer les économies sous-régionales.

Comme avant le 11 janvier 1994

La tâche est ardue comme ce fut le cas en 1993, quelques mois avant la dévaluation du Fcfa survenue en janvier 1994. En effet, à partir de septembre 1993, le soutien financier de la France était conditionné à l'adoption par les pays de la zone Cfa de programmes économiques et financiers crédibles soutenus par le Fmi. Ce changement d'attitude préfigurait de la dévaluation du franc Cfa. Aujourd'hui encore, le schéma est identique.

Pendant que le Fmi est sollicité par l'Europe pour appuyer les économies de certains pays de la zone euro en grande difficulté, il soumet les pays africains à des conditionnalités socio économiques qui ne seront pas sans conséquences pour la stabilité de certains Etats. Des sources parlent, par exemple, de réduction du personnel de la Fonction publique et d'une privatisation totale de tous les secteurs des économies des pays africains.

La dévaluation va renchérir le coût de la vie déjà intenable dans certains pays comme la Côte d'Ivoire. C'est à juste titre que Houphouët s'opposait vigoureusement à la dévaluation. Quelques semaines après sa mort, le 7 décembre 1993, la France et le Fmi ont décidé, le 11 janvier 1994, la dévaluation de 50% du franc Cfa pour les 13 pays africains du continent et 33% pour les îles Comores. Pour janvier 2012, des sources parlent d'une dévaluation de plus de 60% du franc Cfa. C'est dire que la catastrophe est à nos portes. Et les pluies de milliards de Fcfa dévalués n'y pourront rien. Comme en 1994...


Didier Depry, in le quotien ivoirien "Notre Voie" N° 3991 du jeudi 24 novembre 2011.

didierdepri@yahoo.fr

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

00:05 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Afrique, Europe, France, Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : côte d'ivoire, france, afrique, dévaluation du franc cfa, nicolas sarkozy, uemoa, bceao, beac, cemac, euro | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

LA MISE A MORT DE L'UNIVERSITE IVOIRIENNE

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Pour l'universitaire Michel Galy, l'arrivée au pouvoir d'Alassane Ouattara met en danger l'enseignement supérieur en Côte d'Ivoire.

 

Les malheurs de l'université ivoirienne, en passe d'être détruite aujourd'hui, remontent pourtant plus loin: comme pour l'ensemble du pays, la zone rebelle a servi, depuis le coup d'Etat manqué de 2002, de banc d'essai; l'université de Bouaké, dans le fief de la rébellion ouattariste, a en effet été complètement pillée et rendue à ce point inutilisable qu'étudiants et professeurs se sont retrouvés à ...Abidjan, squattant au début amphis et cours du campus de Cocody la nuit ou le dimanche -puis se retrouvant dans de nouveaux locaux construits malgré la guerre civile.

Une dégradation progressive de l'université

Que faire d'autre quand livres, bancs, équipements -jusqu'aux huisseries et métaux de construction ont été volés, pillés ou incendiés? Cette libérianisation de l'université ivoirienne a été appliquée à grande échelle pendant et après le coup d'Etat franco-onusien d'avril 2011.

Tout se passe comme si l'Université ivoirienne, ses professeurs et ses étudiants étaient devenus l'ennemi collectif du nouveau régime; dans une déclaration faite à Lomé, Alassane Ouattara ne vient-il pas d'annoncer la fermeture pour deux ans des établissements publics ivoiriens d'enseignement supérieur! La Côte d'Ivoire, entre maîtres de guerres et technocrates, sera-t-elle le seul pays au monde à avoir détruit sa propre Université?

Le contraste est patent avec le régime précédent qu'on a pu nommer (en référence malicieuse à la III ème république française), la «République des professeurs». De l'historien Laurent Gbagbo à l'économiste Aké N'gbo Gilbert- tous deux en déportation sans inculpation ni jugement à Korhogo et à Bouna, du philosophe Voho Sahi à l'historien Pierre Kipré- en exil quant à eux à Accra, capitale du Ghana, tous ont exercé, revanche sur l'affairisme houphouétiste et «l'idéologie du planteur», des responsabilités politiques; on aura reconnu, dans l'ordre cité, le président et le premier ministre ivoirien, le ministre de la Culture et l'ambassadeur de Côte d'ivoire en France.

Et certes, contrairement aux calomnies, cette république des professeurs et des chercheurs, bien qu'en butte à une rébellion armée aidée par la droite française dans sa prise du pouvoir a bien été, par certains côtés, celle de l'intelligence.

J'en voudrai pour preuve ce formidable effort de réflexion national (et même panafricain) qu'a été en 2010 la commémoration des 50 ans des Indépendance, pauvre indépendance bafouée et humiliée lors du putsch sanglant de 2011! Ce qu'on pourrait nommer, en termes heideggériens, l'auto-affirmation de l'université ivoirienne, s'est notamment traduit par cinq colloques successifs, établissant l'état des lieux, prospectant les futurs possibles, cherchant les voies d'une «seconde indépendance».

Et si c'était cette intelligence collective, critique et rebelle, mais en même temps porteuse des luttes des Indépendances comme des révolutions africaines encore à venir, qu'on a voulu, qu'on veut toujours anéantir?

La France, allié de poids de Ouattara

Car du point de vue géopolitique, un tournant était en cours, vers une pluralité d'acteurs, notamment la Chine- ce qui n'était nullement exclusif avec une collaboration franco ivoirienne soucieuse des intérêts communs et du respect de l'autre; y a-t-il d'ailleurs des dirigeants plus francophones et francophiles par certains côtés que ces professeurs ayant pour la plupart fait leurs études dans les universités françaises, continuant à produire articles et ouvrages avec leurs collègues français- ceux-là même qui les ont abandonnés, reniés et parfois insultés quand ont commencé les temps mauvais de la délégitimation politique et des campagnes médiatiques préalables?

Il y a bien eu, hélas trahison des clercs et forfaiture médiatique! Il faudra bien, un jour, faire l'inventaire des délateurs de la presse et des intellectuels organiques des Services ou du sarkosysme, intoxicant l'opinion publique internationale, jusqu'au monde intellectuel français qui connaissait pourtant les acteurs ivoiriens et, pour certains, le pays...

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Un pays laissé à l'abandon

Le silence des intellectuels, lorsque tombaient les bombes franco onusiennes sur la présidence et la résidence, mais aussi campus et cités, CHU et camps militaires habités par des familles entières, tuant des centaines de civils (dont nombre d'étudiants engagés) semble, depuis avril, assourdissant.

A quoi bon disserter sur les «guerres humanitaires» au Kosovo, en Irak et en Libye- demain en Syrie ou en Iran, rappeler les immenses massacres du «Cameroun» sans voir que le même modèle d'intervention a été mis en œuvre en Cote d'ivoire- et que quelque part la mise à mort de l'université  parachève les massacres?

L'écrivain espagnol Miguel de Unamuno, depuis son université de Salamanque affirmait déjà qu'en entendant les franquistes louer la mort et la fin de l'intelligence («Abajo la inteligencia!», A mort l'intelligence!, osait clamer le général Millan Astray) c'était bien, au-delà du fascisme, le glas de toute civilisation qui se manifestait! Ses paroles de 1936 ne sont-elles pas, encore, prophétiques -pour d'autres temps et d'autres lieux:

«Vous vaincrez mais vous ne convaincrez pas. Vous vaincrez parce que vous possédez une surabondance de force brutale, vous ne convaincrez pas parce que convaincre signifie persuader. Et pour persuader, il vous faudrait avoir ce qui vous manque : la raison et le droit dans votre combat».

Que dire des institutions internationales en charge de la Culture, de l'Education ou de la langue? Si des «organisations des droits de l'homme» se sont définitivement discréditées par leur engagement partisan en Côte d'ivoire (cf. le dernier rapport de Human Rights Watch...), si est patent l'honneur perdu de la Cour Pénale Internationale (CPI) dont Jean Ping, président de la commission de l'Union Africaine, a publiquement dénoncé l'instrumentalisation et le rôle de «néocolonialisme judiciaire» (le procureur Ocampo a récemment serré la main, à Abidjan, de criminels de guerre notoires), on attend encore un plaidoyer fort et des actions effectives de l'Unesco, Unicef ou Francophonie, en faveur de l'université d'Abidjan.

Mais ne s'agit-il pas en fait d'une punition collective contre un milieu intellectuel sudiste largement favorable au président Laurent Gbagbo?

Un clivage Nord/Sud de l'enseignement universitaire

Démontrant que le régime Ouattara est plus fragile que sa propagande l'affirme, cette tentative de mise à mort de l'université rencontre pourtant des résistances inattendues; syndicats d'étudiants et de professeurs, partis politiques et journalistes qui commencent à tisser des liens par-delà les frontières.

Le régime, par le biais d'une ministre dont l'incompétence, voire le semi analphabétisme provoque des gorges chaudes à chaque intervention, a cru faire une concession majeure ces jours-ci; après l'annonce depuis Lomé de la fermeture universitaire et des deux «années blanches», on a cru bon d'en excepter l'université de Bouaké et de Korhogo: en somme les ex-rebelles à Abidjan, et les étudiants sudistes en ré-éducation au Nord ?

Il est plus probable que si elle était maintenue, cette surprenante décision se traduirait par une partition de fait du système éducatif, régionalisation et ethnicisation provoquant une «université dioula» (une langue très parlée dans la région) au Nord et ... l'absence de tout enseignement supérieur au Sud!! Double peine pour une capitale qui a voté à 54% pour le candidat Gbagbo, toutes ethnies confondues...

Politique éducative au fond suicidaire pour le régime: exclus par les droits d'inscription d'une université désormais privatisée, que feraient les centaines de milliers d'étudiants désespérés et paupérisés, sans autre issue que la lutte politique et le combat de rue?

Le régime Ouattara qui ferme sa seule université alors qu'il se targuait d'en construire «une par an» s'est lancé dans un projet aussi symbolique que caricatural: enfermer d'un mur d'enceinte le campus de Cocody- plutôt que de le réhabiliter; à grand frais ce «mur de Berlin» (déjà «mur de la honte» pour la débordante inventivité langagière d'Abidjan) pourra peut-être ceinturer l'immense espace universitaire, peut-être le cacher aux nouveaux maîtres; on doute qu'il enferme qui que ce soit, notamment les étudiants et la turbulente jeunesse abidjanaise. Quant à enfermer intelligence universitaire et esprit critique, mur ou pas mur, la tâche semble tout simplement impossible...


Michel Galy, sur Slate Afrique.

 

Source : INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

FIDELE A GBAGBO JUSQU’AU BOUT, UN MILITAIRE EN EXIL: «LES SECRETS DE L’ASSASSINAT DE TAGRO»



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Un pur produit de l'Empt et de l'école des Forces armées, celui qui se présente sous le nom de Commandant Somodieu, a servi à la Garde républicaine. Détaché à la sécurité du président, il a combattu contre l'armée française à la résidence de Cocody, en avril dernier. Exilé au Ghana depuis quelques mois, il a risqué sa vie pour venir rétablir les faits, notamment les derniers instants du 11 avril et surtout «les circonstances exactes» de l'assassinat du ministre Tagro. «Les Ivoiriens ont soif de savoir la vérité, ce qui s'est réellement passé. Il y a beaucoup de choses qu'on leur a cachées», confie-t-il.


Pourquoi avez-vous décidé de garder l'anonymat quand bien même vous voulez divulguer certaines informations ?

J'ai décidé de garder l'anonymat, il faut que je sois sincère avec vous, je suis bel et bien sur la liste des personnes recherchées, qui doivent être entendues par le tribunal militaire. C'est pour cela que j'ai décidé de garder l'anonymat.

Vous étiez dans quel corps de l'armée ?

J'étais militaire, anciennement de la Garde républicaine à Treichville. Beaucoup d'Ivoiriens, y compris même mes proches, pensent que l'armée a trahi. Laissez-moi dire aux Ivoiriens que l'armée, les Fds n'ont pas trahi. Ils ont mené le combat qu'il fallait. C'est Dieu qui a le dernier mot, il faut que les Ivoiriens sachent cela. Et Dieu n'est pas un Dieu injuste, c'est un Dieu de justice. Je vous le répète, il ne sert à rien de baisser les bras, demeurez en prière, la situation va se régulariser bientôt.

Mais vous dites que les Fds n'ont pas trahi, alors que les actes posés par plusieurs de vos supérieurs trahissent vos propos.

Vous savez nos supérieurs ont eu à poser des actes ou à faire des déclarations, pendant et après la crise. Mais sachez une chose et tout le monde le sait, les Fds n'ont pas abandonné les Ivoiriens encore moins le président Gbagbo. Nous avons combattu jusqu'à ce que le président Laurent Gbagbo lui-même nous demande, entre le 9 et le 10 avril 2011, d'arrêter le combat et c'est pourquoi, nous avons arrêté. Beaucoup de choses se sont passé entre le 27 mars et le 11 avril.

Pourquoi cette période spécifique du 27 mars au 11 avril ?

Parce que c'est à partir du 27 mars que les Frci ont tenté à plusieurs reprises  et par tous les moyens de prendre la commune du Plateau, sans succès. Et pourtant, ils avaient avec eux l'armée française, les soldats onusiens et les mercenaires burkinabés, maliens et nigérians. Nous combattions contre au moins 4 forces armées coalisées.

Lors de la bataille d'Abidjan, où étiez-vous ?

Nous avions mission de sécuriser la commune du Plateau. Mais mon détachement était prédisposé dans les environs de la Place de la République au Plateau, avec en ligne de mire les combattants ennemis qui venaient de Treichville. Les Frci et leurs soutiens français et onusiens ont vainement tenté de franchir le Pont Félix Houphouët-Boigny. Ils avaient en face d'eux une armée professionnelle et déterminée. A partir de la Carena, nous avons bouclé tout le périmètre du Plateau. Les soldats français et les Frci qui se sont hasardés dans la zone, s'ils sont encore vivants, peuvent témoigner. Ils avaient pour mission de prendre la Présidence, mais ils n'ont pas pu s'en approcher, durant une semaine de rude combat, disons jusqu'au 5 avril. Où les supérieurs nous ont demandé de rejoindre la résidence du président Gbagbo. Parce que c'est là-bas que les derniers combats, les derniers combats les plus rudes, allaient se faire.

Vous aviez rallié la résidence du Chef de l'Etat le 5 avril. Que s'est-il passé par la suite ?

C'était tout simplement effroyable, atroce et criminel. Pour ces jours passés là bas, il fallait véritablement être quelqu'un sans cœur pour supporter les atrocités perpétrées par l'armée française et les soldats onusiens. N'eût été l'intervention de l'armée française, les Frci ne pouvaient jamais, jamais entrer à la résidence du président Gbagbo. Parce que nous avions les armes et les hommes pour nous défendre. Au passage, j'aimerais saluer la mémoire de tous ces étudiants et civils martyrs qui ont fait le sacrifice de leurs vies, pour l'instauration de la démocratie. Je reviens pour dire que nous avions des hommes et le courage, l'armement nécessaire pour combattre, même pendant deux ans les Frci n'allaient jamais prendre le dessus sur nous. Mais c'est l'armée française qui bombardait la résidence du président Gbagbo, malgré la présence de plusieurs centaines de civils aux mains nues dans le périmètre.

On parle de plusieurs civils tués lors des bombardements de l'armée française.

Il y a eu assez de civils qui ont été tués. L'armée française s'est rendu coupable d'un véritable crime de guerre, crime contre l'humanité en massacrant avec ses hélicos de combat des centaines de civils dans le périmètre présidentiel. Aujourd'hui, quand on voit que des mandats d'arrêts internationaux sont lancés contre telle ou telle autre personnalité proche du président Gbagbo, nous sommes tout simplement écœurés. Mais demandez au commandant Vetcho, demandez au commandant Tonnerre, au commandant Oustaz, pourquoi ont-ils tué le ministre Tagro ? Pourquoi?

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Là, vous portez des accusations formelles ?

Affirmatif. Je les accuse, ils savent ce qui s'est passé. Le ministre Désiré Tagro est sorti avec une écharpe blanche à la demande du président Gbagbo qui disait ceci et je cite : «C'est moi que la France cherche, cessez de combattre, je vais me rendre». Et c'est là que nous avons baissé les armes, ce n'est pas parce qu'ils ont pris le dessus sur nous. Mais ces trois commandants ont assassiné purement et simplement le ministre Tagro, alors qu'il avait le drapeau blanc. Ils ont tiré dans la mâchoire du ministre Tagro et abattu presque tous les soldats qui étaient là et qui avaient cessé de combattre et n'avaient pas d'armes. Moi, je me suis jeté dans un caniveau. C'est ce qui a fait que peut-être je ne suis pas mort. Non satisfaits des crimes perpétrés à la résidence et aux alentours de la résidence, et alors que le ministre Tagro tenait un drapeau blanc en signe de cessez-le-feu, ils l'ont purement et froidement assassiné. C'est un crime de guerre et les auteurs que nous connaissons tous, doivent être poursuivis.

Mais ce ne sont quand même pas les trois commandants qui ont tiré ensemble sur le ministre...

Oui, effectivement. C'est le commandant Oustaz qui a tiré sur le ministre, demandez à Vetcho, Tonnerre et les autres. Ils le savent. Nous avions cessé tout combat à la demande du président. Et le ministre Tagro après avoir échangé avec l'Ambassadeur [de France, Jean-Marc Simon, ndlr], a eu la garantie de ce dernier qu'aucun coup de feu ne serait tiré, contrairement à sa première tentative de sortie de la résidence. Effectivement, il s'est avancé jusqu'au portail, et c'est là que les Frci ont été priées de faire mouvement vers la résidence. Moi, j'étais dans un caniveau pas loin de la scène. Les premiers à s'être présentés au niveau des commandants, ce sont les trois que j'ai cité. Et c'est là que deux coups de feu ont été tirés par l'un des commandants, en l'occurrence Oustaz, et un coup a atteint le ministre à la mâchoire qui s'est affaissé.

Pourtant les combats avaient cessé ?

En tout cas, à la résidence du président, nous combattions contre l'armée française qui pilonnait nos positions, bombardait la résidence présidentielle. Des civils venus défendre aux mains nues la démocratie sont morts. Par moment, le président Gbagbo sortait pour nous saluer et rentrait. C'est quand ordre nous a été donné de cesser de combattre, qu'eux sont rentrés.

De qui parlez-vous ?

Des soldats de l'armée française, bien sûr. Et c'est quand ils ont sécurisé d'après eux, tout le périmètre qu'ils ont laissé place aux Frci. Les soldats français et quelques soldats onusiens ont été les premiers à entrer dans l'enceinte de la résidence. Si vous avez constaté, le gilet pare-balles et le casque que portait le président Gbagbo appartiennent à l'armée française. Donc quand l'armée française s'est assurée qu'elle a neutralisé tout le monde, c'est en ce moment là qu'elle s'est retirée et a fait appel aux Frci. Ils pouvaient tuer le président Gbagbo, mais ça faisait partie du plan de Dieu. Donc, ils ne pouvaient pas le tuer.

Comment avez-vous donc quitté la résidence du président Gbagbo alors que les soldats français étaient un peu partout ?

Je vous le dis, Dieu est miséricordieux. Il n'a pas voulu que je reste dans cette crise. J'ai plongé directement dans un caniveau. C'est en ce moment là qu'ils ont pris le président Laurent Gbagbo et ils partaient avec lui. Moi, je rampais doucement dans le caniveau pour éviter d'être vu. Et pendant que je rampais, un soldat français m'a vu. Mais je ne sais pas pourquoi, il ne m'a pas tué ni livré aux autres. Peut-être que ça faisait partie du plan de Dieu. Mais lui et moi nous nous sommes regardés et il m'a fait signe de partir. Mais je n'ai pas été le seul à être sauvé par ces soldats, plusieurs de mes frères d'armes ont été discrètement exfiltrés par des soldats français, par la même voie. Vous savez, les soldats français sont des êtres comme nous, ils savaient la réalité en Côte d'Ivoire, mais en tant que militaires, ils n'avaient pas d'autres choix que d'obéir. Mais c'est vrai que du regard des civils, ils sont aussi coupables que leurs dirigeants. En tout cas, à l'extérieur de la résidence, il y avait plus de 60 chars français postés un peu partout. On se demandait même, à un moment donné, s'ils n'étaient pas venus pour raser toute la résidence du président Gbagbo. Il y avait des AR-MIX, des bombardiers, des hélicoptères Puma, Gazelle qui sillonnaient dans les airs du périmètre présidentiel. Il y a eu trop de massacres pour que ces gens-là ne soient pas poursuivis et jugés.

Comment vous vous êtes retrouvé en exil ?

Des éléments des Frci sont allés trois fois à mon domicile pour me chercher. Ils ne m'ont pas eu, alors ils ont assassiné froidement mon oncle et mes deux petits frères. Et ensuite, ont pillé toute ma résidence. Après donc être sorti de la résidence du président Gbagbo, je me suis terré jusqu'à la mi-août, où j'ai officiellement quitté le pays pour le Ghana voisin. Officiellement, je ne fais plus partie de l'effectif de l'armée. Je fais partie des près de 4.000 soldats qui sont aujourd'hui en exil. Je préfère être vagabond que d'être emprisonné injustement par ce régime. Nous n'avons qu'accompli notre mission régalienne de défendre l'Etat agressé.

Vous dites être au Ghana. Le régime d'Abidjan vous soupçonne de fomenter un coup d'Etat.

Il n'y a pas de coup d'Etat en préparation au Ghana. Dieu, il est souverain. Les Ivoiriens crient, les Ivoiriens pleurent. Dieu entend les pleurs, les cris des Ivoiriens. Au moment opportun,  Dieu agira ! Mais ils sont venus au pouvoir normalement, pourquoi ferait-on un coup d'Etat contre eux ? Mais on ne peut pas empêcher ce régime de penser ce qu'il veut, de soupçonner tout le monde de vouloir faire un coup d'Etat. Mais quand le voleur rentre chez toi, il a toujours peur, il est anxieux. Il se dit que le propriétaire des lieux peut le surprendre, un beau matin. C'est ce qui fait que le régime a si peur. Non, nous ne préparons pas de coup d'Etat, c'est Dieu qui mènera le combat !

Vous parlez avec tant d'assurance...

Oui, oui ! Dieu est un Dieu de justice. Aujourd'hui, il n'y a pas un seul Ivoirien qui peut lever le doigt pour dire qu'il est à l'aise. La Côte d'Ivoire est dans un état critique.

Un dernier mot à l'endroit des Ivoiriens.

Bien avant, j'aimerais dire merci à mes deux professeurs, P.O et P.A, qui m'ont permis de quitter le pays. J'aimerais dire aux Ivoiriens de continuer de prier. Dieu les entend. Bientôt, leurs souffrances prendront fin.

A vous entendre, on croirait à un...

Non, loin de nous cette idée. Vous savez Dieu est un Dieu de justice. Il sait ce qui se passe en Côte d'Ivoire. C'est lui qui a permis que cela se passe, pour que nous puissions réellement comprendre le message qu'il a voulu nous donner. Que les Ivoiriens sachent une chose : Dieu ne les a pas oubliés, il ne les a pas abandonnés. Et très bientôt, il exaucera leurs prières.


Réalisée par Gérard Koné

 

Source: NOUVEAU COURRIER .INFO

jeudi, 24 novembre 2011

TROIS JOURNALISTES DE «NOTRE VOIE» ET DEUX RESPONSABLES DE LA FESCI ARRETES


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César Etou, rédacteur en chef et directeur de publication du quotidien d'opposition Notre Voie, et son collègue Boga Sivori, du même journal, ont été arrêtés, ce jeudi, à Abidjan pour "offense au chef de l'Etat", suite à un article dénonçant l'achat par le régime Ouattara d'une flotte de voitures de luxe en temps de récession économique. Leur confrère Didier Dépry, également de "Notre Voie", a été arrêté pour "atteinte à l'économie nationale" en raison de la publication d'un article affirmant que le franc CFA serait dévalué.

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Mise à jour: Une du quotidien "Notre Voie" du vendredi 25 novembre 2011.

 

Toujours ce jeudi, le secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (FESCI), Augustin Mian, et un de ses collaborateurs ont eux aussi été mis aux arrêts à la suite d'une réunion avec le ministre de l'Enseignement supérieur, Cissé Bacongo, par un certain "Lieutenant Touré". Ils sont retenus à la Brigade anti-émeute (BAE) de Yopougon. Le Nouveau Courrier suit de près ces développements inquiétants.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

RADIOS DE PROXIMITE SUR INTERNET, LANCEZ-VOUS!


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Cela fait plus d'une décennie que des attributions de fréquences ont été faites à des radios de proximité pour diffuser leurs programmes. Démonopolisant ainsi les ondes ivoiriennes à toutes les communautés et municipalités du pays. Elles émettent encore aujourd'hui, mais semblent oubliées. Internet pourrait leur donner un second souffle, à travers l'adoption du duo Fm-Radio/Web-radio, un modèle économique pour les radios du 21e siècle. Nous voulons le démontrer à travers ce dossier.


Depuis juin 1998, les radios ont commencé à émettre suite au décret du 13 septembre 1995 fixant leurs règles de fonctionnement. Prenons par exemple La Voix de Guiglo, radio communautaire qui émet à 107.30 Mhz dans la région des 18 Montagnes. Certainement que des fils et filles de Guiglo qui vivent aujourd'hui à Abidjan, en Chine, au Brésil, en France, aux USA, en Inde, au Maroc... seraient intéressés de suivre les émissions qui sont diffusées sur les antennes de cette radio, à l'heure actuelle. Idem pour la radio Notre Dame de la Paix à Yamoussoukro (104.8 Mhz), La Voix de la Nawa à Soubré (86.60 Mhz), la radio Kibarouya à Samatiguila (104.6 Mhz), la radio Satellite FM à Korhogo (94.00 Mhz)... et j'en passe. Les auditeurs les connaissent.

Streaming contre Podcast : Quelle technologie ?

Deux grandes possibilités sont offertes aux détenteurs et administrateurs de radios de proximité, dans leurs projets de diffuser également leur flux radio sur Internet. Dans un premier temps l'on retrouve la technologie du Podcast. A travers ce type de diffusion, une radio de proximité peut proposer du contenu audio à la carte. Il s'agit tout simplement d'archives audio (émissions déjà diffusées à l'antenne), qu'elle peut mettre à la disposition de ses auditeurs sur Internet afin qu'ils les écoutent et/ou les téléchargent. La durée du programme est illimitée, c'est vous qui décidez. Le podcast intéresse les auditeurs d'aujourd'hui parce qu'il leur donne la possibilité de réécouter les émissions de leur choix, de découvrir le meilleur des émissions (sélections « best of »), de rester toujours connectés à la radio, même loin du poste récepteur FM. Ainsi, dans un premier temps, les radios de proximité gagneraient à créer des sites Internet professionnels, ergonomiques, sur lesquels les auditeurs peuvent retrouver les anciennes émissions. Des émissions d'actualités comme la dernière édition du flash info ou encore une interview d'une personnalité célèbre sont encore plus intéressantes à récupérer sur le site web de la radio de proximité.  Sur ce site web radio, chaque émission dispose de son podcast. Pour l'auditeur, il lui suffit simplement de s'abonner au podcast de son choix. Ensuite, il reçoit directement sur son ordinateur les fichiers MP3 de ses chroniques préférées, et ce, dès la fin de leur passage à l'antenne, pour une écoute à la carte et en différé, sur son ordinateur ou bien sur son baladeur numérique, après exportation via une clé USB, un iPod, une tablette, une Smartphone, un netbook... De grosses radios européennes disposant de sites Internet attirants qui donnent envie d'écouter la radio FM, se limitent à proposer uniquement des Podcasts à leurs « web-auditeurs ». Et cela marche plutôt bien. Cependant les radios de proximité peuvent aller plus loin, en proposant des programmations bien enchaînées, c'est la diffusion en direct du flux audio.

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Ce mode de diffusion en direct des émissions radio sur Internet est appelé le Streaming Live. Il donne la possibilité aux radios de proximité d'être écoutés sur Internet, c'est-à-dire désormais au-delà de leurs localités, de gagner un plus grand nombre d'auditeurs. Sur la centaine de radios de proximité et commerciales qui existent en Côte d'Ivoire, seulement cinq d'entre elles diffusent sur Internet, du travail reste encore à faire.

Comment ça marche ?

Vous générez un flux audio que vous transmettez en live à un serveur de streaming via un logiciel de diffusion et votre ligne ADSL/fibre/câble. L'avantage des radios de proximités ivoiriennes est qu'elles disposent déjà de tout le système source de diffusion. C'est ce même système de génération de flux audio qui va servir pour la web radio, auquel l'on ajoutera un ordinateur (qui servira de serveur de conversion) avec les logiciels de diffusion et les configurations adéquates, une connexion Internet ADSL. Le signal devenu numérique est ensuite envoyé à un serveur. La mise en place d'un système de diffusion en direct sur Internet n'est pas trop exigeant. Techniquement, cela revient à maintenir un ordinateur constamment allumé et connecté à Internet dans les locaux de la radiodiffusion. C'est cet ordinateur qui va transformer le signal analogique (table de mixage radio) en signal numérique. Ce signal est ensuite envoyé à un serveur qui fonctionne comme une antenne qui amplifie le signal et le diffuse sur Internet. Vous intégrez ensuite dans votre site Internet le lien vers votre flux auquel chaque internaute peut se connecter ou intégrez directement un lecteur en Flash sur les pages de votre choix.  Plusieurs auditeurs ont accès en direct à ce flux via leur lecteur multimédia habituel. La particularité du streaming réside dans la diffusion en continu des émissions, permettant ainsi d'éviter le téléchargement préalable du fichier entier avant sa lecture et donne un accès plus rapide au contenu. L'avantage est que les données téléchargées en continu ne sont pas stockées sur le disque dur mais utilisent la mémoire de l'ordinateur. Le flux téléchargé est analysé au fur et à mesure par l'ordinateur dans un lecteur multimédia comme Windows média, VLC, Winamp, Real Player, Itunes... Comme à la radio FM classique, l'auditeur sur Internet n'a pas le moyen de revenir en arrière ou de faire avancer la lecture d'une émission. On n'écoute que ce qui est produit par la radio. Par exemple, si un internaute se connecte sur la web radio de la Radio Goli-Dandy à Béoumi (105.70 Mhz) à 10h 30, il ne pourra écouter que ce qui passe sur la radio FM à cet instant précis. Cette caractéristique permet de proposer un même contenu en terme d'émissions, à la fois sur la radio FM et la web radio. Des radios commerciales ivoiriennes comme Radio Jam et Nostalgie ont déjà adopté ce système, qui fonctionne plutôt bien.

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Qu'attendez-vous pour vous lancer ?

Nous sommes à quelques semaines de l'année 2012, l'année qui a été annoncée comme l'année du très haut débit sur la Côte Ouest africaine. Des projets innovants d'atterrissement de câbles sous-marins en fibre optique, seront bientôt livrés, avec la mise à disposition d'une connexion Internet plus stable, plus rapide et surtout pas cher, capable de supporter les projets de streaming et de diffusion des émissions sur Internet depuis la Côte d'Ivoire. Néanmoins, les solutions haut débit Internet qui existent déjà sur le marché ivoirien permettent bel et bien de faire du streaming et de diffuser des radios sur Internet. Pour un second souffle, une redynamisation, à l'heure des nouveaux médias, les radios de proximité en Côte d'Ivoire gagneraient à diffuser aussi sur Internet. De nouvelles opportunités que l'Union des radios de proximité de Côte d'Ivoire (Urpci), les municipalités et les collectivités locales, responsables des radios de proximité, doivent s'approprier pour un meilleur épanouissement de leurs populations.


Manassé Déhé, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 363 jeudi 10 du novembre 2011.

ARRETE DEPUIS UNE SEMAINE, KATA KEKE LIBERE - SON AVOCAT: «LE DOSSIER A ETE CLASSE SANS SUITE»



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Le Professeur Kata Kéké peut à nouveau humer l'air frais de la liberté. Le ministre de la Recherche Scientifique dans le gouvernement Aké N'Gbo, le dernier formé par l'ex-président Laurent Gbagbo, a été libéré hier mardi 22 novembre 2011.

Interpellé le mercredi 16 novembre dernier à son domicile par des éléments de la Direction de la surveillance du territoire (DST), Kata Kéké a été conduit nuitamment et manu militari dans les locaux de la DST, avant d'être transféré à la Police Criminelle. Il a passé une semaine dans une cellule de l'ex-Police judiciaire (PJ), au Plateau, avant d'être relaxé. Joint hier après-midi au téléphone, l'un des avocats du Professeur Kata Kéké a expliqué les différentes démarches menées pour obtenir sa libération. «Le ministre Kata Kéké a été libéré hier, vers 12H35. Pendant près d'une semaine, il a été détenu à la Police Criminelle. Dès son arrestation mercredi dernier (16 novembre), nous avons rencontré le Procureur de la République pour sa libération. Cela devait se faire le lendemain jeudi (17 novembre), mais ça n'a pas été possible», a fait savoir le conseil juridique du ministre.

« Hier soir (lundi 21 novembre), nous avons rencontré le directeur de la Police Criminelle (Ndlr : le Commissaire Gnagne), et nous lui avons signifié que tous les délais légaux de garde à vue avaient expiré et qu'ils ne pouvaient pas continuer de le garder. Le directeur nous a répondu qu'il attendait les instructions de sa hiérarchie. Ce matin (hier mardi), le procureur de la République a donné des instructions pour sa mise en liberté », a ajouté l'avocat.

Sur les motifs de l'arrestation du ministre, son conseil juridique a fait observer qu'il a été reproché à Kata Kéké d'avoir porté atteinte à la justice, et ses propos tenus à sa sortie de prison ont été jugés séditieux. L'avocat a aussi fait quelques commentaires sur l'issue de cette interpellation vivement dénoncée par le FPI. «Je constate que la procédure s'est arrêtée au niveau de l'enquête policière. Le dossier n'a pas été transféré au Parquet. Je peux donc dire que le dossier a été classé sans suite », a indiqué l'avocat.

Détenu à la prison civile de Boundiali, l'ex-ministre de la Recherche Scientifique et 19 autres cadres de l'ex-Majorité présidentielle (LMP) incarcérés au nord de la Côte d'Ivoire, avaient bénéficié d'une mise en liberté provisoire, le jeudi 09 novembre dernier.

Anassé Anassé

 

Source : L'INTER

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ARRESTATION ARBITRAIRE DU PROFESSEUR KATA KEKE: HAMED BAKAYOKO AU CENTRE DU COMPLOT


Le professeur Kata Kéké, ex-ministre du gouvernement Gbagbo et prisonnier politique du régime Ouattara, élargi le week-end dernier, a passé hier sa deuxième nuit au violon de la Police criminelle (Pc) d'Abidjan. Où il a été conduit, mercredi dernier, aux environs de 23h par des agents de la Police criminelle (Pc, anciennement Police judiciaire) et des Frci (forces armées pro-Ouattara). De son arrestation chez lui, à 18h, jusqu'à sa mise en garde à vue, il a été suivi et assisté par ses avocats et par l'ex-ministre de la Défense, Michel Amani N'Guessan, Secrétaire général adjoint du Fpi chargé des questions sécuritaires.

Sur les raisons de son arrestation, les informations sont des plus ridicules. D'abord, Kata Kéké a été arrêté chez lui par des agents de la DST (Direction de la Surveillance du Territoire). Apparemment, on lui reprochait un délit « d'atteinte à la sûreté de l'Etat ». Mais transféré à la DST en compagnie de ses avocats, Kata Kéké a vu ce service décliner sa responsabilité dans son arrestation. Aux environs de 23h, mercredi dernier, il a été transféré à la Police criminelle. Là, au bout de 30 minutes d'interrogatoire et de ballets téléphoniques, ses avocats apprennent que leur client a été arrêté sur ordre du procureur de la République près le Tribunal d'Abidjan-Plateau, Simplice Koffi Kouadio, au motif qu'il aurait porté « atteinte à l'autorité de la Justice ». Mais en faisant quoi ?

Le professeur Kata Kéké a été le porte-parole des prisonniers politiques bénéficiant de la liberté provisoire depuis jeudi dernier. Le samedi 12 novembre, au siège du Cnrd à Cocody, lors de la réception organisée par le Fpi en l'honneur des 20 prisonniers politiques de Ouattara libérés, c'est lui qui a pris naturellement la parole. Dans le compte rendu qu'il a fait de cette manifestation, le quotidien du Pdci-Rda, Le Nouveau Réveil, a rapporté des propos selon lesquels le Professeur Kata Kéké aurait déclaré : « Y-a-t-il encore une justice dans ce pays ? ». Au nombre des journalistes présents à cette manifestation, celui du Nouveau Réveil a été, curieusement, le seul à avoir entendu et rapporté de tels propos. Mais en Côte d'Ivoire, ce bidonnage journalistique serait à la base de l'arrestation et de la mise en garde à vue du professeur Kata Kéké. Ce dernier, selon les informations, a déclaré sur procès- verbal à la Police criminelle qu'il n'a jamais tenu de tels propos.

Hier, toujours selon les informations, les avocats de Kata Kéké auraient appris auprès du cabinet du procureur de la République que le vrai ordonnateur de l'arrestation de Kata Kéké, c'est le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur, Hamed Bakayoko. Ces sources bienveillantes du cabinet du procureur, visiblement exaspérées, ont demandé aux dirigeants du FPI de « mener des actions politiques » s'ils veulent voir libérer leur camarade dont la détention à la Police criminelle est purement politique et ordonnée par Hamed Bakayoko. En attendant, Kata Kété pourrait être déféré aujourd'hui à la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (MACA). Le Nouveau Réveil n'a-t-il pas raison d'avoir inventé ces propos ? Comment peut-on, raisonnablement, qualifier un Etat dans lequel l'honnête citoyen peut être arrêté de la sorte?


Didier Depri, in le quotidien ivoirien "Notre Voie" du vendredi 18 novembre 2011.


didierdepri@yahoo.fr


Source:
INFO D'ABIDJAN

PRIVEES DE LEURS SALAIRES DEPUIS 7 MOIS, LES BALAYEUSES PARALYSENT LA CIRCULATION SUR LE BOULEVARD VGE: SHERIF OUSMANE EN POMPIER




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Près de 2000 femmes balayeuses de rue des communes de Koumassi et Marcory ont investi, hier jeudi 23 novembre, les locaux du Trésor de Koumassi, puis le boulevard Valérie Giscard d'Estaing pour réclamer le paiement de leurs arriérés de salaire.

En effet, ces femmes qui contribuent à assainir le cadre de vie des Abidjanais et à redonner un autre visage à la ville, sont confrontées à un véritable chemin de croix pour rentrer en possession de leur dû.


C'est dès 6 heures du matin qu'elles ont pris d'assaut l'entrée du Trésor de Koumassi pour réclamer lesdits arriérés de salaire allant d'une semaine de travail pour certaines à plus de six mois pour d'autres.


Refusant les reports incessants de la paie de leurs dus et autres mauvais traitements qu'elles subissent dans les locaux du Trésor, ces femmes ont décidé de passer à l'acte. Elles ont occupé des heures durant, le boulevard Valérie Giscard d'Estaing, perturbant ainsi le trafic routier.


Il a fallu le commandant en second de la sécurité présidentielle, Shérif Ousmane, arrivé quelques heures après, pour calmer leur ardeur et leur demander de quitter la route pour se rabattre sur le trottoir afin d'échanger.


Après plusieurs coups de fil passés, il a promis aux manifestantes que tout allait rentrer bientôt dans l'ordre, ce qui les a convaincues de rentrer chez elles. Ces femmes ont promis revenir le lendemain.


Rappelons que c'est depuis le mois de mai que certaines de ces femmes sont sans salaire. La prime journalière de ces balayeuses est fixée à 2.000 F CFA par jour, sans les samedi et dimanche.



Lahassana Barro (stg) et Ismaël Diaby (stg)


Source : L'INTER

mercredi, 23 novembre 2011

EXCLUSIF - GBAGBO RACONTE LUI-MEME SON 11 AVRIL


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Le livre est intitulé «Côte d’Ivoire : le coup d’Etat». Il est écrit par le journaliste d’investigation Charles Onana et préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki. Et il apparaît d’ores et déjà comme un livre-événement, tant les révélations et les rappels utiles y sont foisonnants. Le livre contient également des documents et des courriers inédits que Charles Onana a réussi à se procurer, provenant notamment de ministres français. Déjà en vente en France, «Côte d’ivoire : le coup d’Etat» sera-t-il autorisé à la vente en Côte d’Ivoire ? Il faudrait pour cela que des libraires ou des distributeurs aient le courage de le commander… Le Nouveau Courrier publie ici des «bonnes feuilles» de ce livre. Il s’agit du témoignage du président Laurent Gbagbo, qu’il a pu faire parvenir à Charles Onana depuis sa réclusion, et qui va, à coup sûr, déranger des milieux internationaux très haut placés. Ses accusations contre l’armée française, qui a selon lui tiré sur de jeunes manifestants Ivoiriens pour les disperser ou les empêcher de rallier sa résidence, et qui a visiblement profité d’une conversation téléphonique pour le localiser dans la résidence et bombarder sa chambre, sont très claires. Elles montrent une petite partie de ce qu’il a à dire, et constituent une alerte pour tous les hommes de bonne volonté. En effet, le pouvoir Ouattara et la Sarkozie doivent absolument comprendre qu’une éventuelle élimination physique du témoin gênant de Korhogo serait lourde de conséquences pour la Côte d’Ivoire. A court, moyen et long terme.

Gbagbo raconte comment une bombe a atterri dans sa bibliothèque

«Ce sont les soldats français qui ont tout fait. Ils ont bombardé du 31 mars au 11 avril 2011. Il y a eu des bombardements sporadiques avec largage des bombes. Le ministre français de la Défense, Alain Juppé, avait manifesté le désir de parler avec moi. Mon conseiller Désiré Tagro était venu me dire que cette demande venait de monsieur Charles Millon, l’ancien ministre de la Défense du gouvernement Juppé en 1995. En fait, monsieur Millon avait été à l’université de Lyon avec moi. Tagro m’avait fait part de cette demande le 10 avril 2011 à mon réveil matinal. J’étais sur le point d’aller prendre ma douche lorsque Tagro m’a informé du souhait de monsieur Juppé. Quand j’ai fini de prendre ma douche, j’ai retrouvé Tagro qui m’attendait le téléphone à l’oreille. Il était encore en communication avec monsieur Millon. Soudain, une bombe explose sur le toit de ma chambre. Millon demande alors à Tagro ce qui se passe. Tagro lui répond qu’on est en train de vouloir tuer le président. Ceux qui ont largué cette bombe ont tout détruit dans la pièce. J’avais une collection de livres d’auteurs romains et grecs traduits en français que je conservais jalousement depuis quarante ans, tous ont brûlé. Ma bibliothèque constituée depuis l’époque où j’étais étudiant est partie en fumée en quelques minutes seulement.»

Gbagbo explique pourquoi il a demandé à l’armée ivoirienne de ne plus se battre

«Le 10 avril 2011, notre informateur au ministère de la Défense à Paris nous a dit que ce jour-là, c’était 6+3. C’est-à-dire 6 hélicoptères plus 3 autres. Il faut savoir qu’auparavant, c’était uniquement trois hélicoptères qui nous bombardaient. Les snipers étaient également postés sur le toit de l’ambassadeur de France en Côte d’Ivoire. Qui est mitoyen à ma résidence. Leur rôle essentiel était de tirer sur les jeunes Ivoiriens qui manifestaient ou s’aventuraient à sortir à proximité de ma résidence. Ainsi, lorsqu’on m’apprend que les chars français sont à Cocody, le commandant des Forces spéciales, l’officier de frégate Boniface Konan, me fait parvenir un message disant qu’il ne peut plus combattre, car les soldats sont dispersés. Le message souligne que les chars et les hélicoptères français ne cessent de tirer sur les soldats ivoiriens. Le 10 avril, j’ai dit à Konan qu’il devait cesser les combats pour ne pas faire tuer les soldats. Je ne pouvais accepter de voir mourir inutilement les dignes fils de mon pays face à des gens qui voulaient uniquement ma tête. J’ai demandé qu’on me laisse attendre sereinement le dénouement à la Résidence. Les soldats voulaient me mettre à l’abri. Mais je leur ai dit que je n’étais pas militaire mais chef de l’Etat. Ce qui m’importait le plus, c’était leur sécurité et non pas la mienne devant le feu français. A ce moment, Konan me dit la gorge serrée : «Monsieur le président, les Français ont tout détruit».

Gbagbo : «Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture

«En fait, les Français ont encerclé la résidence et au lieu d’achever leur mission, c’est-à-dire de venir me prendre eux-mêmes, ils ont plutôt envoyé les rebelles me prendre. Je tiens tout de même à préciser qu’ils ont envoyé les rebelles m’arrêter devant les caméras. Toutes les images que vous avez reçues sont les images des soldats français. Ce sont les soldats français qui filmaient ma capture. Ils tournaient avec des caméras à la résidence et à l’hôtel du Golf. Plus tard, ils ont fait venir des journalistes français pour d’autres images de moi. Il n’y avait pas de journalistes africains tournant les images au moment de mon arrestation.»

La tentative de «corruption» de l’administration Obama

«Un sous-secrétaire d’Etat américain m’a téléphoné et m’a parlé pendant au moins une heure. Il me disait que si je partais du pouvoir, je ne serais pas poursuivi, je pourrais m’exiler avec soixante-quatre personnes de mon entourage et que tous seraient pris en charge. Quant à moi, je serais logé, nourri et blanchi, j’aurais un travail et des revenus équivalant à 2 millions de dollars, etc. Cette conversation ou plutôt ce monologue était surréaliste.

Il y avait un tel décalage entre ce que disait ce monsieur et la réalité que je vivais avec le peuple ivoirien que son discours était indigeste. J’ai finalement raccroché, fatigué de l’entendre pérorer sur les propositions qui m’attendaient si j’acceptais de quitter le pouvoir. Je me suis dit qu’il y avait quelque chose d’étrange dans ce discours. Quel était le sujet ? A mon avis, c’était le résultat des élections présidentielles. Ils ont tous prétendu que j’avais perdu les élections présidentielles mais le Conseil constitutionnel de mon pays a dit le contraire. J’ai demandé de recompter les voix, ils ont refusé. J’ai même proposé une commission d’enquête indépendante internationale pour examiner les faits. On a refusé. Pourtant, les données sont simples. S’il est prouvé que j’ai perdu les élections, je m’incline sans autre forme de discussion. Si j’ai gagné, je suis disposé à faire des concessions politiques pour créer un climat d’apaisement et de paix dans tout le pays. Mais pourquoi s’obstine-t-on à me faire des propositions absurdes ? Pourquoi cherche-t-on à me corrompre et à me menacer si on est convaincu que j’ai perdu les élections ?

Peu après ce coup de téléphone étrange, mes conseillers me disent qu’Hillary Clinton cherche à me joindre au téléphone. Je refuse de prendre la communication car je suis convaincu que je vais encore passer un moment à entendre à nouveau les mêmes propositions. Elle m’a finalement adressé un message pour me proposer je ne sais quoi. Je n’ai même pas ouvert l’enveloppe. Après Hillary Clinton, le président Obama m’a directement appelé à son tour. Une fois de plus, j’ai refusé de prendre la communication. Je ne voulais plus écouter ni entendre les discours ennuyeux et les propositions ubuesques qu’ils infligeaient à mes oreilles.»

 

Théophile Kouamouo


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

AU SECOURS, NOS EQUIPEMENTS INFORMATIQUES SONT EN DANGER!

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L’insécurité à Abidjan ? C’est bel et bien une réalité, tout le monde est concerné, y compris les utilisateurs d’appareils électroniques et numériques qui sont de plus en plus victimes d’agressions dans la capitale ivoirienne. Ces derniers temps, en l’espace de quatre semaines, l’on a pu dénombrer dix cas de braquage, d’agression à mains armées, d’actes de vandalisme et de vols de matériels informatiques, mobiles, électroniques aux 2 Plateaux, au Plateau et à Belleville dans la commune de Treichville. Selon les témoignages des victimes, il s’agit de bandes organisées de braqueurs armés, en civil, qui défoncent portes et fenêtres des bureaux et font intrusion dans les établissements professionnels, à la recherche du «Trésor».

Ce trésor, c’est en plus des coffres et portefeuilles, nos téléphones portables, nos ordinateurs portables, nos disques durs, nos clés USB et Internet, nos cartes graphiques, nos cartes TV et son, nos appareils de studio…

D’autres témoignages désignent des hommes en tenues militaires qui font des perquisitions aux domiciles de supposés «brouteurs». Ils débarquent à l’improviste chez vous, et lorsqu’un ado dispose d’un PC portable perso, ils n’hésitent pas à l’embarquer en confisquant ses appareils, sous prétexte qu’ils les utilisent pour des actes de cybercriminalité.

Un ado raconte sa mésaventure : «J’habite à Yopougon, je revenais de Cocody dans un taxi, on s’est arrêté à un barrage pour un contrôle. Les soldats m’ont demandé ce qu’il y avait dans mon sac. J’ai répondu un PC portable, ils,m’ont automatiquement demandé de descendre. Ils m’ont battu, ont emporté mon PC en me traitant de «brouteur». Généralement, les victimes (employés de bureau, geeks, simples utilisateurs) n’opposent aucune résistance devant les descentes musclées d’une bande de 4 à 8 quidams bien équipés pour la sale besogne. La terreur est dans la ville, cela est bien palpable.

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Quelques témoignages

Un ingénieur web ivoirien arrivé fraichement à Abidjan raconte sa mésaventure : «La semaine dernière, j'ai été braqué et j'ai perdu tous mes outils de travail (ordinateur, disque de sauvegarde, clés USB, …). Ce forfait a été commis en mon absence. Bilan : vitres, poignées, … ont été vandalisés… J'ai devant moi un gros travail de reconstruction. Surtout pour ce qui concerne mes données professionnelles.» Et c’est bien l’une des plus grandes difficultés. Car si le matériel informatique peut facilement être remplacé, ce sont les données qu’i contient qui sont les plus importantes et qui causent énormément de désagréments.

Parfois, ce sont des informations qui ont été emmagasinées et produites après de longues semaines, voire des années de travail. La dépression morale est encore plus grande chez les producteurs des oeuvres d’inspiration, comme cet ingénieur de son rencontré aux II Plateaux Aghien : «Nous étions en pleine séance d’enregistrement au studio, il était trois heures du matin, un groupe de huit braqueurs en civil a débarqué dans la cour. Ils ont ligoté les deux vigiles et ils ont défoncé la porte du studio. Après quoi, ils nous ont immobilisés face contre terre, nous ont dépouillés de tous nos sous et téléphones et ont emporté une partie de notre matériel de production musicale, les plus petits équipements, faciles à transporter». Des données et des créations musicales perdues à jamais. Il y a quelques jours, un informaticien racontait sur un forum : «J'ai été braqué, j'étais seul contre 6 FRCI qui m'ont dépouillé de mes sous, mon téléphone et de tous les objets de valeur que j'avais… Je croise toujours les doigts pour ce qui concerne mon ordinateur et mes outils de travail».

Face à cette situation alarmante, doiton avoir peur de posséder un téléphone portable ou un ordinateur portable à Abidjan ? La question se pose avec acuité. Surtout en ce début de 21ème siècle où le gouvernement se donne pour objectif de vulgariser l’outil informatique et favoriser l’avènement d’un Ivoirien nouveau porté sur l’usage des nouvelles technologies de l'information et de la communication Ntic). Pour toutes ces raisons, il urge que les autorités réagissent.

 

Manassé Déhé


GUY LABERTIT A PROPOS DU BOYCOTT DES LEGISLATIVES: «LES ARGUMENTS DU FPI SONT FONDES»


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Dans une interview exclusive accordée au Nouveau Courrier, Guy Labertit, ancien responsable Afrique du Parti socialiste français et vieil ami du président Laurent Gbagbo, évoque l'actualité politique ivoirienne, mais également les derniers développements enregistrés sur la scène internationale, en Libye, dans le Sahel et en France. L'intégralité de notre entretien.


Sept mois après le 11 avril, quel est votre regard sur la situation sociopolitique en Côte d'Ivoire, dans un contexte où l'on parle de législatives, de réconciliation... et où certains considèrent que les choses sont un peu bloquées ?

La France de Nicolas Sarkozy a joué un rôle premier dans la situation qui prévaut aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Le président français, les autorités françaises ont dit qu'elles étaient intervenues pour, en quelque sorte, imposer la démocratie aux Ivoiriens, faire respecter la démocratie. On constate au bout de quelques mois qu'il n'y a toujours pas de sécurité dans ce pays. Puisque Monsieur Guéant était récemment en visite à Abidjan pour s'occuper des questions de sécurité. On constate qu'il n'y a pas non plus de démocratie. Au contraire, on sent une sorte de retour au parti unique. Les partis d'opposition, en particulier le FPI, ont eu beaucoup de mal à s'imposer. Le FPI tient aujourd'hui des meetings, mais ses tentatives ont dans un premier temps été réprimées. La meilleure preuve de l'absence de démocratie, c'est qu'il a fallu reporter à plusieurs reprises la fin du dépôt des candidatures pour les législatives annoncées le 11 décembre. Tout simplement parce que le principal parti d'opposition, qui a toujours été engagé en faveur des élections, peut difficilement y aller alors que ses principaux cadres sont toujours détenus. Et finalement on s'aperçoit qu'on est dans un pays où officiellement on a des discours lénifiants sur la réconciliation, mais où les actes des autorités ressortent uniquement de la justice des vainqueurs.

Visiblement, vous comprenez le refus du FPI de participer aux législatives dans les conditions actuelles...

Pour l'heure, le FPI rappelle très clairement qu'il a été un acteur majeur du processus démocratique en Côte d'Ivoire. Puisque son premier dirigeant, Laurent Gbagbo, a été le chantre du multipartisme qui a été arraché le 30 avril 1990. Le FPI garde une stratégie électorale, s'oppose à toute résistance armée, mais pour développer sa stratégie, il faut bien que les conditions réelles du respect des droits démocratiques existent dans ce pays. Avec la détention arbitraire de la plupart des cadres du FPI, je pense que les arguments qui sont présentés pour pouvoir participer aux élections présidentielles sont fondés.

Les conditions, vous voulez dire...

Oui, on peut appeler cela des conditions... Moi je me vois mal, en tant que socialiste français, participer à des élections alors que les principaux dirigeants du Parti socialiste seraient détenus. Cela me paraîtrait totalement surréaliste...

En parlant de détention, le pouvoir Ouattara évoque régulièrement un éventuel transfert de Laurent Gbagbo à La Haye, siège de la Cour pénale internationale, disant que cela faciliterait la réconciliation...

J'ai le sentiment qu'au plus haut de la direction de certains Etats, et je suis sûr que le président Ouattara a entendu ce message, des autorités politiques africaines pensent qu'au contraire la libération du président Gbagbo permettrait une vraie réconciliation qui ouvrirait la voie à un contexte permettant à tous les pays de la région de mieux se développer. Parce que la situation ivoirienne pénalise les économies des pays voisins. Il faudra peut-être du temps, mais j'espère que les autorités ivoiriennes prendront à un moment donné conscience de cette réalité qui devrait s'imposer à elles.

Vous pensez que beaucoup de dirigeants africains sont hostiles à cette volonté du pouvoir Ouattara d'envoyer Gbagbo à la Cour pénale internationale ?

Je constate que le président Gbagbo et son épouse ont été détenus en toute illégalité pendant plusieurs mois, que le chef d'inculpation avancé par la justice ivoirienne, c'est «crimes économiques». Ce qui, entre nous, ressort quand même de la farce, puisque l'actuel Premier ministre Guillaume Soro était secrétaire général des Forces nouvelles, lesquelles avaient une Caisse centrale dont on peut dire qu'elle a recueilli environ 250 milliards de FCFA en moyenne du début de la rébellion en 2002 à 2010 sur la base de détournement de cacao, de café, de coton, de diamants, de bois et de taxes en tous genres indûment perçues dans les zones rebelles alors que les FN étaient pourtant représentées dans le gouvernement . Pour l'instant, c'est la seule inculpation officiellement avancée par la justice ivoirienne. Pourquoi n'y en a-t-il pas d'autre ? Est-ce que les autorités ivoiriennes ont conscience que juger le président Gbagbo en Côte d'Ivoire serait peut-être avoir à affronter une véritable vague de protestation qui mettrait en péril le fragile équilibre du pouvoir Ouattara ? Par rapport à la Cour pénale internationale, j'entends des rumeurs en tous sens. Je dois dire que cela me semble plutôt marquer l'inquiétude, l'angoisse des actuelles autorités d'engager un processus électoral avec la présence sur le sol ivoirien du président Gbagbo. On voit bien que le président Gbagbo est détenu, mais qu'il est encore extrêmement présent dans la vie politique ivoirienne. Je crois qu'en fait, toutes les démarches qui sont annoncées en termes de justice internationale sont la marque du désir d'extraire le président Gbagbo du territoire ivoirien. Car quand il y est, il représente encore un poids politique que peut difficilement contenir le pouvoir actuel.

On veut donc le neutraliser politiquement, ôter à ses partisans tout espoir qu'il revienne au centre du jeu politique ?

Rien n'est jamais définitif en politique. Je pense qu'aujourd'hui, ces autorités politiques qui réclament cette justice internationale sont bien conscientes qu'elles-mêmes devraient répondre devant cette justice internationale. Je suis assez conscient que cette fameuse Cour pénale internationale est profondément politique, et qu'elle a souvent rendu des jugements qui ressortaient plutôt de la justice des vainqueurs. Je pense même qu'un certain nombre de juges au sein de cette Cour sont conscients que les autorités ivoiriennes, de fait, devraient également être traduites devant la justice internationale. Les tergiversations viennent de là.

Avant le 11 avril, on vous a entendu dire que le président Gbagbo ne sortirait pas vivant de l'assaut sur sa résidence. Cela veut dire que vous aviez anticipé le pire, une éventuelle élimination physique. Finalement, il est vivant. Mais avec le recul, comment avez -vous vécu ces journées de feu ?

Evidemment, très douloureusement. Lorsque j'ai tenu les propos que vous venez de rapporter, quelques jours avant le 11 avril, je me suis rendu compte qu'il y avait eu des réactions de panique, y compris au niveau des pouvoirs qui voulaient en finir politiquement avec Gbagbo. J'ai reçu des coups de fil assez surprenants me disant : «Mais vous ne vous rendez pas compte, Laurent Gbagbo mort ce serait une catastrophe pour la Côte d'Ivoire !». J'ai d'ailleurs dit à ces interlocuteurs que je me réjouissais qu'ils réalisent la portée dramatique de leurs actes. Je dois aussi dire que certains dans la résidence m'ont dit : «On ne peut pas faire moins qu'Allende !  [le président chilien mort dans le palais de la Moneda, encerclé par les forces du pro-américain Augusto Pinochet]». Ils avaient conscience qu'on voulait en finir politiquement avec eux. Et que les bombardements pouvaient tout à fait atteindre une des cibles : Laurent Gbagbo. D'ailleurs, une plainte a été déposée par ses avocats pour tentative de meurtre. Des pièces de la résidence ont été touchées et détruites par des projectiles français, des pièces où le président Gbagbo aurait très bien pu se trouver et être physiquement éliminé.

Ce ne sont pas seulement les cibles militaires autour de la résidence qui ont été atteintes?

Non, pas du tout. Mais la vérité se fera un jour. Il est évident que les bombardements français, initialement prévus pour empêcher l'utilisation des armes lourdes contre des populations civiles, selon une résolution de l'ONU, n'avaient pas cette finalité. La résolution a été largement violée par la France et l'ONUCI puisqu'il s'agissait au final d'éliminer politiquement voire physiquement le président Gbagbo. Ces bombardements ont occasionné ce que les militaires appellent officiellement des «dégâts collatéraux» dramatiques. Il y a eu de nombreux morts civils et militaires ivoiriens du fait des bombardements de la France. Pour l'instant, c'est une réalité qui est tue. Mais il est évident que vous ne pouvez pas faire exploser deux poudrières à Akouédo, bombarder le camp d'Agban où vivent les familles des gendarmes - et je pourrais donner plusieurs autres exemples - sans que des civils ivoiriens soient tués. La France qui disait vouloir éviter les morts de civils ivoiriens a en réalité elle-même tué ces civils et des militaires ivoiriens.

La campagne électorale en vue de la présidentielle française de 2012 commence bientôt. Pensez-vous que les questions internationales y trouveront leur place, notamment la double question des interventions de la France en Côte d'Ivoire et en Libye, même si elles ne sont pas équivalentes dans l'absolu ?

Vous avez raison de distinguer les deux questions. Notamment parce que le président Gbagbo est un acteur historique de l'avènement de la démocratie en Côte d'Ivoire, alors que le colonel Kadhafi a fait un coup d'Etat militaire alors qu'il avait 28 ans pour renverser un roi. Les deux situations n'ont rien à voir au niveau des processus historiques. Mais les deux cas se rapprochent en ce qui concerne la politique de Nicolas Sarkozy, qui a utilisé l'ONU en Côte d'Ivoire et l'OTAN et l'ONU en Libye avec le Britannique David Cameroun comme premier allié européen. Dans les deux cas, on observe la volonté du camp occidental d'en finir avec des régimes existants. Et ce qui m'a déçu dans l'approche des politiques français, c'est de voir une forme d'unanimité aussi bien sur la question ivoirienne que sur la question libyenne.

Je suis socialiste, et je crois que François Hollande lors de son récent discours d'investiture comme candidat socialiste a rappelé qu'il fallait sortir de la Françafrique. M. Ruffin a publié dans les colonnes du Monde pour le compte de Martine Aubry une tribune intitulée "Pour sortir de la Françafrique". J'ai envie de dire «chiche !». Mais tout au long de la Vème République, aussi bien la droite que la gauche n'ont pas fait les réformes structurelles qui s'imposent au sein même de l'Etat français pour en finir avec la Françafrique. Je souhaite vivement que la gauche l'emporte en 2012, et si nous voulons vraiment sortir de la Françafrique, il faudra les faire, ces réformes structurelles. Je me suis rendu compte récemment que c'est au sein même de notre diplomatie du Quai d'Orsay que sont choisis les directeurs stratégie de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE,  contre-espionnage). Ce sont les mêmes acteurs qui passent de la DGSE à la direction Afrique du Quai d'Orsay voire à la cellule Afrique de l'Elysée. Je me rends compte que l'action politique de la France en Afrique est définie par les deux seuls centres nerveux que sont l'Elysée et le ministère de la Défense. Il n'en va pas de même pour nos rapports avec l'Amérique latine ou l'Asie...

Il y a un débat au sein de la communauté des Franco-Africains politisés. Certains estiment que la gauche et la droite, c'est blanc bonnet, et bonnet blanc. D'autres estiment qu'il faut voter massivement pour le principal candidat de la gauche pour faire partir Nicolas Sarkozy. Est-il vrai de dire que la Françafrique n'a jamais été remise en cause par aucun parti de gouvernement ?

J'ai été responsable Afrique du PS pendant 13 ans, de 1993 à 2006. Je peux dire que je vois une différence entre la droite et la gauche en Afrique. La gauche, lorsqu'elle était au pouvoir, n'a pas accompli de « coups tordus » en Afrique contrairement à ce que fait la droite. La situation en Côte d'Ivoire, par exemple, s'est dégradée quand Lionel Jospin a été battu aux élections présidentielles en avril 2002 et que la droite a repris l'ensemble des manettes du pouvoir.

Maintenant, le militant socialiste que je suis veut qu'on fasse plus pour sortir de la Françafrique, qu'on fasse des réformes structurelles. Tant qu'elles ne seront pas faites, le mode de gestion de la politique de la France en Afrique ne se différenciera pas de ce qu'on a vu depuis les débuts de la Vème République.

Vous connaissez bien le Sahel. De nombreux chefs d'Etat de cette partie de l'Afrique s'inquiètent  de la circulation d'armes et de combattants après le renversement de Kadhafi. Quelle est la mesure de ces angoisses et comment les juguler ?

Je pense que la politique de l'OTAN conduite par la France, les Etats-Unis et la Grande Bretagne a eu pour conséquence de déstabiliser le Sahel. Je me suis rendu aussi bien au Mali qu'au Niger en septembre et octobre, et j'ai pu constater une grande inquiétude. Notamment en raison de la circulation d'armes dont beaucoup sont dans la nature... ou récupérées par des mouvements rebelles ou intégristes. Les retours précipités dans leur pays de plus de 200 000 Nigériens et d'un grand nombre de Maliens, le manque à gagner lié à la suspension des relations économiques avec la Libye sont une réalité. Il y a aussi un rapprochement entre les mouvements touaregs qui mènent des rébellions récurrentes au Mali et au Niger et des forces intégristes. Je pense que l'Occident a véritablement joué avec le feu. Et on le voit aux incertitudes qui prévalent face à l'avenir de la Libye. Certains responsables sahéliens m'ont dit qu'ils craignent vraiment une «somalisation» de la Libye. Ce n'est pas pour eux une marque de soutien à Kadhafi que d'exprimer leur angoisse face à l'absence d'Etat en Libye.

Pour des pays comme le Mali et le Niger, devoir organiser des patrouilles, dépenser beaucoup d'argent pour la sécurité, tout cela remet en cause leur volonté de prendre des mesures sociales au bénéfice de leur population, en particulier en matière d'éducation et de santé.

Les Etats-Unis se sont empressés de proposer leur aide au Mali, qui a pour l'instant décliné l'offre...

Je m'étonne qu'il y ait une telle présence militaire américaine depuis tant d'années au Mali et qu'il y ait tant de difficultés pour repérer quelques centaines d'hommes. Malgré les moyens technologiques extrêmement sophistiqués mis à disposition...

Il y a quelques années, on parlait beaucoup d'africanisation des capacités de maintien de la paix sur le continent. Quand le PS était aux affaires, le concept Recamp a même été évoqué. Tout cela semble bien loin aujourd'hui, avec l'interventionnisme occidental reconsidéré comme légitime...

Le concept a plus été qu'évoqué...  C'était une autre période par certains aspects. Aujourd'hui, je pense qu'une partie des difficultés du président Gbagbo a été liée à sa volonté d'en finir avec la base militaire française lorsqu'il a constaté que les accords franco-ivoiriens en matière de défense sécurité n'avaient pas été appliqués en 2001 et 2002 lors de tentatives de coups d'Etat destinés à le renverser. Des textes signés en 2008 mettaient fin au 1er juillet de cette année-là à la présence d'une base permanente en Côte d'Ivoire avec le retrait de la force Licorne, puisque la base de Port-Bouët était devenue une base d'appui à la force Licorne qui perdrait toute sa raison d'être avec le départ de celle-ci. Depuis l'arrivée de M. Ouattara, on constate que celui-ci revient en arrière et souhaite le rétablissement de la situation qui prévalait avant juillet 2008. Et là, dans ce domaine, la France a réalisé ce qu'elle voulait. C'est-à-dire maintenir ses bases militaires en Afrique tout en tenant un discours disant «nos accords sont obsolètes et nous allons les revoir avec nos partenaires». Et on s'aperçoit que le nouveau partenaire ivoirien est particulièrement favorable pour remettre à l'ordre du jour le maintien d'une base permanente de la France. Il va même jusqu'à demander que la Côte d'Ivoire soit une base internationale de la lutte contre le terrorisme. Peut-être alors que M. Ouattara n'a plus aucune confiance dans les Ivoiriens, et qu'il souhaite asseoir son pouvoir sur la présence de troupes étrangères en Côte d'Ivoire ?

Vous dites que le retour en force des armées occidentales en Afrique est un moment. Cela veut-il dire que selon vous, cette politique est historiquement condamnée ?

Oui, historiquement, elle le sera. Mais on va assister à des va-et-vient permanents entre des responsables politiques qui veulent faire avancer les choses, aller vers plus de souveraineté, et les forces conservatrices qui voudront maintenir l'ordre ancien. Mais je crois qu'effectivement, même si elle n'était pas très hardie, la politique sous-tendue par Recamp, en matière de sécurité et, qu'il aurait fallu européaniser, pouvait ouvrir une transition qui devait aboutir au retrait total des forces non africaines du continent africain, sous réserve que l'ensemble des acteurs politiques et militaires étaient de bonne foi. Malheureusement, il y a aujourd'hui une forme d'aveuglement, l'expression d'un vertige occidental qui a gagné la gauche à soutenir sans réserve les politiques conduites par la droite en Côte d'Ivoire et en Libye.

 

Propos recueillis par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

LES BALAYEUSES DES RUES D'ABIDJAN TROMPEES ET GAZEES HIER PAR OUATTARA


MANIFESTATION DES BALAYEUSES D'ABIDJAN.gif

Salam n'a pas pu pointer, hier, à son boulot de vigile en poste à la principale grille d'entrée d'un grand groupe de la place qui officie dans le cosmétique. Il a dû supplier Kouadio, son collègue de service, de le remplacer ce jour tout en promettant à ce dernier de lui renvoyer l'ascenseur dans les tous prochains jours. Aussi a- t-il pris soin auparavant d'avertir les grands patrons de la maison. Il n'eût aucune difficulté à obtenir le feu vert de ses chefs parce que Salam, ce ressortissant Burkinabé qui a récemment obtenu la nationalité ivoirienne dans des conditions qui restent encore troubles pour tous ses voisins de quartier, n'est pas homme à inventer des raisons pour ne pas venir au service. Amoureux du travail, l'homme jouit d'une grande sympathie de la part de ses supérieurs hiérarchiques qui le prennent souvent en exemple pour fouetter l'orgueil des autres employés de l'entreprise. C'est que hier, Salam a été contraint de garder la maisonnette qu'il occupe à Abobo Derrière-rails, en l'absence de Korotoumou, sa tendre épouse, partie la veille à la mairie d'Adjamé pour percevoir sa paie, en sa qualité de balayeuse des rues d'Abidjan. Son premier salaire depuis six mois, à raison de 60.000 Fcfa/mois. Ce qui donne un bon petit pactole de 360.000 Fcfa autour desquels le couple nourrissait déjà bien de projets.

Malheureusement, la course de Korotoumou fut infructueuse car les payeurs n'ont pas honoré le rendez-vous pris pourtant fermement la veille avec les techniciens de surface. Et cela sans explication aucune. Même le siège des lieux fait en compagnie de ses collègues d'infortune, toute la journée, n'a donné aucun résultat attendu. Sans le moindre sou pour assurer le transport retour, la dulcinée de Salam fut contrainte d'y passer la nuit, surtout que la décision fut prise avec tous les autres d'aller se faire entendre bruyamment dès les premières heures de la matinée, devant les locaux de la primature. Une tournure des évènements qui naturellement a contraint le compagnon de Korotoumou à veiller sur la fratrie de quatre gosses dont un nourrisson qui a passé toute la nuit à pleurer, réclamant la chaleur maternelle.

Suivant de près cette actualité, ce dernier fut pris hier matin de rage lorsqu'il apprit que les balayeuses qui ont convergé devant la primature ont été gazées sans ménagement, pendant un bon quart d'heure, par des éléments des FRCI « sans cœur ». Salam ne manqua pas de lancer au passage, des jurons à l'endroit des nouvelles autorités dont il avait pourtant applaudi la prise de pouvoir à la suite de la violente crise post-électorale ivoirienne, les traitant de vils menteurs et d'incapables. Un sentiment largement partagé par les techniciens de surface désabusés par les promesses non tenues du régime. Face à la mobilisation de ceux-ci, la ministre Anne Ouloto a vite fait de dépêcher sur les lieux, son directeur de cabinet pour tenter de ramollir le mouvement de revendication. Dans sa besace, une proposition de payer non seulement trois mois mais à raison de 15000 Fcfa mensuel au lieu de 60000 Fcfa. Face au refus des manifestants, le directeur de cabinet s'est finalement engagé à verser dans les prochaines heures, les 60.000 Fcfa pour trois mensualités. Au moment où nous mettions sous presse hier, aucun paiement n'avait encore débuté, au grand dam des ouvriers. Notons que les balayeuses et les balayeurs ont été engagés sur la base d'une rémunération journalière de 2000 Fcfa pendant que les éboueurs et autres cureurs de caniveaux sont à 5000 Fcfa/jour. C'est tout ce beau monde qui réclame aujourd'hui six mois de salaire à la ministre de la salubrité.

Contexte

Plusieurs milliers de balayeurs ont tenté d'envahir la Primature hier au petit matin pour se faire payer six mois de salaire. Sans succès.


Enjeu

Le gouvernement fait face à une situation financière difficile due à la rareté des ressources internes mais aussi en raison d'une situation sécuritaire chaotique.


Le gouvernement ne veut plus tenir sa promesse

Les balayeuses et éboueurs embauchés dans le cadre de la lutte contre l'insalubrité totalisent six mois de salaire impayés. Le gouvernement espérait payer trois mois sans succès. Sur l'ensemble du District, ils sont 2000 à avoir travaillé pour le gouvernement dans le cadre de cette opération.


Les comptes ne sont pas bons


A Koumassi, le nombre de balayeurs concerné est de 300 personnes. Le gouvernement a consenti à payer seulement 78 personnes sur les 300. Ce qui provoque la colère des balayeurs qui avaient investi, tôt dans la matinée, les alentours de la primature. A Treichville, 52 sur les 182 devraient être payés.


« On nous a gazés »

« Nous sommes sur pied depuis hier. On nous a dit que le gouvernement a débloqué l'argent nécessaire et que nous devrions être payés à la mairie d'Adjamé. Mais nous sommes restés toute la nuit à Adjamé et ce matin nous avons décidé de marcher sur la Primature mais ils nous ont gazés ». Un manifestant.


Source : AFRICAN LIBERTY

mardi, 22 novembre 2011

MOINS D'UNE SEMAINE APRES SA LIBERATION: LE MINISTRE KATA KEKE DETENU A LA DST


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Dernière heure: Une rumeur persistante fait état de sa sortie de la DST, ce matin. Nous attendons que cette information soit confirmée, par voie de presse, pour en avoir le coeur net.

 

Sur la libération de 20 prisonniers politiques du régime Ouattara, le numéro un de la Jfpi, Koua Justin ne croyait pas si bien dire en déclarant samedi dernier que "ce n'est ni une décision de justice ni une décision politique". Moins d'une semaine après sa libération au même titre que 19 de ses camarades, le ministre Kata Kéké, porte-parole des ex-prisonniers politiques, samedi dernier lors de leur réception par le Fpi/Cnrd, vient d'être arrêté par le régime Ouattara. Dans des circonstances encore ambiguës voire rocambolesques.

Selon des informations en notre possession, c'est en début de soirée qu'une escouade d'éléments de la DST a fait irruption au domicile du Pr Kata Kéké, lui intimant l'ordre de les suivre, comme dans les temps moyenâgeux où un individu pouvait être enlevé sans laisser de trace. Devant la procédure cavalière des hommes se réclamant de la loi, mais n'ayant montré aucun document officiel, le ministre veut s'assurer qu'il ne s'agit pas de membres d'un escadron de la mort qui ont pour mission secrète d'attenter à sa vie. Il oppose un refus poli à ces visiteurs du soir, d'autant plus qu'aucun de ses avocats n'est informé.

Les "visiteurs" d'un soir, tenant absolument à "livrer leur colis", n'entendent ne pas retourner bredouilles. Des échanges vifs surviennent entre les envoyés du régime et les avocats du ministre à la suite desquels le ministre est conduit dans les locaux de la DST à Cocody, selon ce qui nous a été rapporté. On lui reproche d'avoir tenu des propos séditieux (!), irrévérencieux (!). Jusqu'à très tard dans la nuit, le ministre Kata Kéké était encore dans les locaux de la DST.


Franck Toti, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 368 du 17 novembre 2011.

GEL DES AVOIRS DE PLUS DE 400 PERSONNES: OUATTARA VEUT TUER DES MILLIERS D'IVOIRIENS



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Le pouvoir Ouattara a gelé depuis plus de 8 mois, les comptes et autres avoirs de plusieurs centaines de personnalités et/ou anonymes ivoiriens qui ne savent plus à quel saint se vouer. Tant la procédure au départ relevant d'un acte judiciaire s'est avéré être une action hautement politique pour tout simplement «nuire».

 

Officiellement, ce sont environ 400 personnes qui ont vu leurs comptes gelés, avec ou sans motifs valables. Le mot de passe étant pour «nécessité d'enquête» ou pour son «implication dans la crise post-électorale». Mais aujourd'hui, il est quasiment impossible de justifier ce moyen d'asphyxie extrême utilisé par le régime et qui touche plusieurs personnalités et même des anonymes. Lesquelles conséquences sont dramatiques pour des milliers de familles et des dizaines de milliers d'Ivoiriens. Depuis quelques semaines donc, les victimes de cette mesure injuste se sont organisées pour former le Collectif pour le dégel des avoirs gelés en Côte d'Ivoire (Cdag-Ci), présidé par le Dr Adja Jules. Hier, le Collectif a saisi officiellement le Fpi/Cnrd, à qui il a confié le dossier de ses centaines d'Ivoiriens privés du fruit de leurs labeurs. «En plus du caractère illégal de cet abus qui procède de la justice des vainqueurs, cette mesure est d'une telle gravité morale qu'elle contraint, depuis plusieurs mois, d'honnête citoyens à l'incapacité d'assumer leurs responsabilités sociales des plus élémentaires », a fait savoir le président du Collectif.

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Un véritable crime contre l'humanité

Pour sa part, Jean Gervais Tchéidé, représentant du SG du Fpi, a réaffirmé l'engagement du Fpi/Cnrd aux côtés des victimes. «La situation qui vous est faite est injuste et scandaleuse. Il s'agit d'un vrai scandale...Un pouvoir sous un vernis judiciaire entreprend d'asphyxier et de réduire à la clochardisation d'honnêtes citoyens. C'est un véritable crime contre l'humanité que de réduire des êtres humains à la mendicité et de créer les conditions pour qu'ils meurent», a déploré le Secrétaire national aux Finances et au patrimoine du Fpi. Il n'appartient pas à un pouvoir quelle que soit son origine ou son essence de persécuter un citoyen au point de lui arracher le fruit de ses labeurs, s'est-il offusqué. «Il y a ceux qui veulent gouverner et ceux qui veulent régner», a-t-il déduit. Pour le Dr Tousséa, Sg du Cnrd, cet acte de gel des avoirs de plusieurs centaines d'Ivoiriens est un acte criminel qui ne s'est jamais vu dans aucun autre pays au monde.


Franck Toti, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 368 du 17 novembre 2011.

dimanche, 20 novembre 2011

CAMPS DE DUEKOUE: LES DEPLACES CHASSES, AVEC LA COMPLICITE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE



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Ouattara fait vider les déplacés de Duékoué comme des malpropres et des pestiférés. Sans aucune compassion ni mesures d'accompagnement. Ainsi va la "nouvelle Côte d'Ivoire"! Cet homme a-t-il vraiment un coeur? Que les myopes et les aveugles voient enfin et comprennent.

 

La date butoir que le gouvernement a fixé pour la fermeture des camps de déplacés de l’Ouest, notamment de Duékoué, c’était le 15 novembre 2011 dernier. Date qui coïncidait paradoxalement avec la journée nationale de la paix. Au lendemain de cette célébration, le déguerpissement des populations en détresse qui ont trouvé refuge sur des sites d’accueil tenus par des organisations internationales et des organisations non gouvernementales a effectivement débuté. Sous la menace d’une intervention des Frci en cas de refus des populations concernées de partir. Tristesse et émotions au rendez-vous, à voir des populations sans logis et sans moyen de retour sur les ruines de leurs maisons dévastées au cours de la crise postélectorale.

Aujourd’hui, ces populations ne décolèrent pas contre les organisations du système des Nations unies et des ONG spécialisées dans la prise en charge des déplacés, accusées de complicité avec le gouvernement. Elles reprochent à ces structures internationales d’une part, de ne pas respecter leurs chartes qui reposent sur l’obligation de protéger les personnes en danger. Et d’autre part, de réduire les kits d’accompagnement promis par les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) à des cordes et des paquets de pointes. Point de nattes, de matelas ni bâches pour couvrir les maisons décoiffées ; point de rations alimentaires pour aider les déplacés et leurs progénitures à survivre, ne serait-ce que dès les premiers jours de retour chez eux où Frci, dozos et allogènes burkinabè ou maliens sont les nouveaux maitres.

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Indignés, les déplacés dont le sort n’émeut nullement la communauté internationale et ses démembrements en Côte d’Ivoire refuseront dans un premier temps de partir. Mais ils y seront contraints très vite par les agents de l’Organisation internationale des migrations (OIM) qui ont menacé de faire appel aux éléments des Frci déjà en attente d’intervention pour le sale boulot. La mort dans l’âme, les déplacés ont donc quitté les camps de déplacés, sans trop savoir où trouver refuge.

Les 459 personnes qui ont embarqué à bord d’un camion commis pour le déguerpissement ont été déversées comme des bœufs sur l'espace CP2 du quartier Carrefour. «Ils sont repartis comme ils sont venus, errant dans la nature, sans repère, la plupart ne sachant ni où dormir ni où aller», commentait un agent de l’Etat en poste à Duékoué. Les inquiétudes des agents de Médecins sans frontières (MSF) n’ont pas valu grand’ chose. Et même les quelques réfugiés qui résistent encore, invitant les ONG et organisations du système des Nations unies à cesser de bafouer leurs chartes et à dire non au gouvernement, savent déjà qu’ils devront partir.

Interrogés sur leurs agissements, des agents de l'OIM ont confié que l'important, c’était de débarrasser la mission de ses occupants «indésirables» comme l’exigeait le gouvernement. Particulièrement le ministre Kafana Koné qui veille au grain et ne relâche pas la pression sur les ONG.

 

Edouard Amichia


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

samedi, 19 novembre 2011

LA CHARTE DES AKANS: VOICI COMMENT DES CHEFS TRADITIONNELS ONT CONDITIONNE LES BAOULE CONTRE LAURENT GBAGBO

 

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C'est avec des textes comme celui qui suit qu'on conditionne des esprits. Ce texte avait été publié en 2007, dans un journal ivoirien, "L'Intelligent d'Abidjan". Dans la dynamique actuelle de réconciliation voulue par la Commission dialogue, vérité et réconciliation (CDVR), la nation doit entendre les signataires de ce brûlot auquel nous devons certainement le renforcement de la haine irrationnelle d'une bonne partie du peuple baoulé contre le président Laurent Gbagbo et les bétés. Moi-même baoulé de part ma mère, issue d'un père natif de Yamoussoukro et d'une mère originaire de Tiébissou, je condamne cette dérive avec la dernière des énergies et interpelle, ici, tous mes frères baoulé du RHDP. Il faut désamorcer cette bombe sociologique qui a déjà répandu son venin dans bien des coeurs, tout comme l'a antérieurement fait la Charte du Nord, justement évoquée dans ce pamphlet tribal odieusement mensonger. Nous en voyons les résultats, aujourd'hui, dans une Côte d'Ivoire défigurée, aux mains des Houphouétistes. Nous attendons Charles Konan Banny sur cette question. Voici la Charte des Akans. Jamais plus ceci en Côte d'Ivoire!!! Fernand Dindé.


" La Côte d’Ivoire a été longtemps perçue comme un havre de paix, une nation multiculturelle et de grande symbiose ethnique. C’est cela qui a fait sa notoriété et son prestige. Aujourd’hui, force est de constater que notre pays a totalement perdu les automatismes qui ont fait sa distinction.


L’exclusion est désormais érigée en système de gouvernement. Des groupes ethniques subissent des injustices indescriptibles. C’est le cas des Akans qui chaque jour sont victimes de brimades et de frustrations dans tous les secteurs d’activités, dans l’administration civile comme dans l’administration militaire sans oublier le monde des affaires. Nos amis refondateurs dont la coloration ethnique ne fait l’objet d’aucun doute s’accaparent de tout. Expropriations, nominations fantaisistes, ostracismes, gangstérisme étatique, célébration du culte de la médiocrité, crimes crapuleux…, voilà le spectacle macabre qui nous est quotidiennement offert. Il s’agit là d’une minorité de complexés qui sème partout la terreur et qui joue cyniquement à étouffer et à casser de l’Akan.


Chers frères et sœurs Akan, il est temps de se réveiller et de prendre nos responsabilités historiques en main.


Tu es Akan, tu es dans l’armée, dans l’administration ou dans le monde des affaires, réveille-toi, l’heure a sonné pour la marche des Akan. L’heure a sonné pour la réhabilitation de la justice et pour la prise du pouvoir que nous savons d’ailleurs exercer dans les règles de l’art et avec la profonde sagesse qui caractérise notre société. Unissons-nous et tenons-nous prêts car très bientôt, la chaîne d’affirmation et de consécration se signalera. A la force brute nous substituerons l’ordre républicain, à la politique hasardeuse et démagogique, nous substituerons des stratégies concrètes de développement de notre nation. Loin d’être une révolution ethnique, la charte des Akan est une interpellation à une prise de conscience nationale et à la volonté de rétablir l’équilibre social par la lutte contre les injustices sociales dont sont victimes les Akans.


Réveillez-vous militaires et forces Akans de développement car notre pays se meurt. Nous n’avons plus de routes, plus de boulot, nos hôpitaux sont vides, notre jeunesse est livrée à la dépravation et à la débauche.


L’école qui est la formation de base est sacrifiée : le Lycée Scientifique, l’Université et les Grandes écoles de Yamoussoukro se meurent. Le système éducatif est totalement infecté par une bande de voyous et de criminels militants au sein de la FESCI. Cette organisation politico-militaire qui en réalité est une milice à la solde de ces politiciens de pacotille constitue pour notre pays une véritable gangrène. Doit-on laisser ces gros grains nous spolier de nos biens et nous ranger prématurément au placard sous prétexte qu’on ne pavoise pas avec eux ?


Akan ressaisis-toi et reste à l’écoute. Tu constitues un poids démographique important et incontournable. Cherche à te placer devant et non derrière. Les compétences civiles et militaires ne nous font pas défaut et tu le sais.

Incessamment, vous serez conviés à la consolidation de la charte.

Oh… c’est vrai qu’ils en riront ; mais souvenez-vous que la charte du Nord a fait des effets. Notre charte va porter ses fruits pour le bonheur de l’Homme ivoirien.

L’autorité de l’Etat sera restaurée et le citoyen sera respecté dans son intégrité physique comme morale.


Nous vous invitons donc à un nouveau pacte social fondé sur le mérite, l’ordre, la justice, la discipline sociale et le respect des valeurs républicaines.


Chers frères et sœurs Akans, mobilisons-nous pour mettre fin à cette grande imposture, cette délinquance politique qui nous sert en permanence un décor mortuaire.


Nanan Loukou Kou 1er - Nanan Tala Koutoua IX

Publié dans le quotidien ivoirien "L'Intelligent d'Abidjan" du 1er octobre 2007 ".

vendredi, 18 novembre 2011

KONE KATINAN, PORTE-PAROLE DU PRESIDENT GBAGBO: «NON A UNE AUTRE HUMILIATION»

 

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Mesdames, messieurs, chers Ivoiriens et habitants de la Côte d'Ivoire.


Je me permets de m'adresser à vous en vos rangs, qualités, âge, genre respectifs, au nom du mandat qu'a bien voulu me donner le Président Laurent GBAGBO de son lieu de détention à Korhogo. En effet depuis le 26 mai 2011, je suis porteur d'un mandat expressément donné par le Président Laurent GBAGBO à l'effet de porter sa parole et de le représenter partout où besoin se fait sentir. C'est donc en cette qualité que je me permets de m'adresser par la présente à vous.

Je voudrais avant tout propos vous prier de m'accorder l'indulgence de votre jugement et j'en appelle à votre grande compréhension si d'aventure, les termes de cette adresse heurtaient vos sensibilités. La délicatesse de porter la parole d'un grand homme de surcroît interdit de parole m'impose une démarche qui observe un minimum de prudence. Mais en même temps, nul n'a le droit de se taire lorsque notre Nation s'engage dans une voie qui pourrait à terme compromettre son avenir. Tant de peuples ont péri faute d'avoir relevé les risques putatifs ou réels qui encombraient le chemin de leur Histoire. Or c'est peu de dire que notre pays, la Côte d'Ivoire, malgré les apparences, reste gagné par le doute. Comment peut-il en être autrement, lorsque certains de ses fils et filles, ces supposés leaders et tous ceux qui devraient porter l'espérance de notre peuple, semblent avoir opté pour la désagrégation de notre lien social.

Mesdames et messieurs, il revient de façon constante que certaines personnes en Côte d'Ivoire et ailleurs se délectent de l'emprisonnement du Président Laurent Gbagbo et font de son transfèrement à la CPI un objectif politique, malgré les risques certains que fait courir une telle entreprise à notre pays. Devant la persistance d'une telle attitude, je voudrais en appeler à la conscience de tous afin que chacun de nous évalue souverainement l'impact du harcèlement judiciaire dont est l'objet le Président GBAGBO sur la cohésion sociale. C'est pourquoi, je voudrais interpeller la société civile ivoirienne dans sa diversité, sur la situation de la Côte d'Ivoire qui reste intimement liée à celle du Président GBAGBO. Je pense notamment aux chefs religieux, rois et chefs traditionnels, aux femmes et aux jeunes et toute la masse des hommes de notre pays.

I/ Les chefs religieux

Je sais que chacun de vous continue de prier pour notre pays et chacun reste préoccupé par la paix sociale en Côte d'Ivoire. Je vous sais infiniment gré au nom du Président GBAGBO Laurent, pour cette assistance soutenue à son endroit et à celui de toute la Côte d'Ivoire. Mais, Éminences de toutes les confessions religieuses, vous savez mieux que quiconque que l'Homme est la synthèse du spirituel et du matériel. C'est-à-dire que l'Homme n'atteint la plénitude de son accomplissement que lorsqu'il s'harmonise à la fois avec le spirituel et le temporel. C'est pourquoi, il est juste d'admettre que vous avez une responsabilité renforcée dans l'épanouissement total de nos compatriotes et de tous ceux qui nous font l'amitié de vivre avec nous en Côte d'Ivoire, et partagent de ce fait notre espérance commune. Le berger ne se lasse jamais dans la conduite de son troupeau. Vous aurez beau dire que vous avez suffisamment interpellé les uns et les autres mais cela ne vous dédouanera jamais, car votre mission quasi divine reste un sacerdoce c'est-à-dire, un service désintéressé, sans contrepartie en dehors de celle légitimement attendue du Tout- Puissant dont vous êtes les vicaires sur terre. Tout en reconnaissant vos immenses efforts pour l'avènement d'une Côte d'Ivoire pacifiée et réconciliée avec elle-même, vous restez encore redevables devant vos concitoyens qui attendent que vous preniez une position ferme contre toute tentative de transfèrement du Président GBAGBO à la CPI. C'est à la fois un devoir spirituel, un devoir moral et un devoir national. Parce que, une telle entreprise ne fera que perpétuer la chaîne de la haine dans notre pays.

II/ Les rois et chefs de villages

Gardiens de notre riche tradition issue de plusieurs couches de sédimentation de notre histoire commune, vous êtes suffisamment instruits des grandes valeurs que comporte la recherche permanente de compromis entre les enfants d'une famille. L'humiliation d'un Chef dans toutes nos traditions appelle la malédiction sur la communauté. L'emprisonnement prolongé du Président GBAGBO en lui-même est déjà suffisamment dégradant. Son impensable transfèrement à la CPI, si contre tout bons sens intervenait, sonnerait le glas de toutes nos valeurs sociales dont vous êtes les garants obligés. Je voudrais particulièrement insister sur la responsabilité de mes parents du Nord. Je continue de croire et cela ne pourrait être autrement, quand je questionne l'éducation que cette grande société nous a inculquée, que vous avez déjà exprimé votre opposition à l'emprisonnement prolongé des enfants des autres régions de notre pays chez nous. Je me confondrais moi-même devant ma propre conscience si une telle démarche n'avait pas encore été entreprise de votre part. Tous ceux qui sont emprisonnés chez nous sont les leaders des autres régions de notre pays. Sont-ils pour nous, les trophées d'une conquête militaire lancée contre les autres parties de notre propre pays. Sinon, il est temps et juste, conformément à notre culture pacifique de dénoncer cette détention et d'en exiger la fin. Si d'aventure, le Président Laurent GBAGBO était transféré depuis nos terres vers les prisons européennes ou d'ailleurs, alors nous aurons rompu le pacte avec nos propres ancêtres. Nous serons devenus des hommes sans repères fondamentaux, sujets à toutes les aventures.

Je crois personnellement que l'un des problèmes profonds de notre Continent Noir trouve ses origines dans le fait que très souvent nous avons donné en esclavage certains des nôtres. L'abandon d'un sien au traitement méprisant d'un autre peuple est un acte abominable qui ne peut appeler que malédiction sur nous. Or le transfèrement du Président GBAGBO projeté est le prolongement de notre propension à abandonner nos propres enfants et généralement les plus doués et les plus vigoureux au traitement humiliant des puissances extérieures. Le Président Laurent GBAGBO que l'on tente ainsi d'éloigner définitivement de ses terres est celui qui s'est battu au lendemain de son élection, pour faire revenir au pays ceux des nôtres qui étaient en exil.

Majestés les Rois, Honorables Chefs de villages, vous avez le devoir moral de vous opposer à l'humiliation de l'un de vos illustres fils. Vous en avez la capacité. La question ne peut être soumise à la seule fatalité.

III/ Les femmes

Femmes ivoiriennes et habitantes de la Côte d'Ivoire, au-delà de la diversité de vos sensibilités politiques, religieuses, de vos ordres et rangs sociaux, vous êtes unies par le destin à une mission divine. La fonction de procréation que Dieu vous a déléguée vous élève évidemment au niveau des divinités de notre monde. Elle accroît par la même occasion votre responsabilité dans l'accomplissement de l'Homme, en tant que créature façonnée par Dieu à sa propre image. Quelque soient vos ressentiments personnels et vos récriminations, vous ne pouvez souffrir de l'humiliation d'un être, fut-il votre pire ennemi. Parce que chaque gémissement d'un être humain rappelle les vôtres pendant l'accomplissement de la fonction divine qui se rattache à votre nature. Nul ne peut raisonnablement soutenir que le Président Laurent GBAGBO mérite l'humiliation qu'il subit déjà et celle plus grande à laquelle l'on veut absolument le soumettre. Imaginer et jauger la douleur d'une mère à laquelle l'on arrache son fils pour une terre inconnue. La douleur de Marguerite GADOH, 88 ans, contrainte à l'exil après avoir tout perdu jusqu'à son dernier pagne est également la douleur de chacune des femmes qui habitent la Côte d'Ivoire. Nous sommes tous témoin de l'Histoire récente de notre pays. Le Président GBAGBO s'est toujours rendu personnellement aux domiciles de ses adversaires politiques les plus déterminés pour partager avec eux la douleur consécutive du décès de leur mère. Mais voilà que l'on mobilise une grande énergie pour le séparer définitivement, de son vivant de la sienne, tentant de le priver ainsi de l'accomplissement du devoir le plus sacré qui incombe à chaque enfant d'être témoin oculaire du départ de celle qui lui a donné vie vers celui qui lui a conféré mandat à cette fin.

Je reçois régulièrement témoignage des prières intenses que vous formulez à l'endroit du Président GBAGBO, de tous les autres détenus et de la Côte d'Ivoire. Je vous exprime en retour au nom du Président GBAGBO ma profonde gratitude. J'en appelle à une plus grande mobilisation de votre part pour faire échec à ce que l'on peut qualifier d'attaque contre notre pays. La mise à l'écart forcé du Président GBAGBO du débat politique en Côte d'Ivoire est porteuse de risques pour la cohésion sociale. Elle risque de renforcer les rancœurs qui finissent toujours par détendre les liens sociaux dans une communauté. C'est pourquoi elle s'assimile à une attaque contre notre pays. Votre mobilisation de façon pacifique et suivant les moyens légaux au-delà de vos divergences, constituera un signal fort en tant que gardiennes de notre grande famille ivoirienne suffisamment éprouvée, en direction des promoteurs de cette entreprise dangereuse.

IV/ Les jeunes

Dans l'accomplissement de son plan pour l'Homme, Dieu a établi une chaîne infinie entre les générations. Chaque génération a le devoir de fructifier l'héritage reçu de la génération qui l'a précédée afin de le transmettre avec une plus value certaine à la génération qui lui succède.

De ce point de vue, chacun est en plein ouvrage pour le compte du Créateur. C'est pourquoi, la hantise de notre finitude se contrebalance avec notre espérance de la perpétuation de notre nom dans les générations futures. Dans ce jeu de rôle, la jeunesse occupe une place de choix parce que légataire naturel et obligé de leurs aînés. Dans cette position, les jeunes ne peuvent observer seulement l'attentisme. Il est bon de rappeler que dans notre riche culture africaine, le légataire travaille déjà avant terme à l'entretien de l'héritage qu'il recevra de sorte à le bonifier et à le purger autant que possible des charges inutiles qui pourraient le déprécier au moment où il le recevra. La jeunesse ivoirienne l'a bien compris, c'est pourquoi elle a été de tous les combats pour sortir notre pays des serres des rapaces de tous acabits, qui tentent de prendre en otage son destin. Retenez que le monde entier vous admire pour votre engagement permanent à défendre votre héritage.

Chers amis, jeunes ivoiriens, malgré vos divergences idéologiques, politiques, philosophiques et religieuses, et au-delà de vos conditions sociales, vous êtes unis par le même destin. Vous avez tous part au même héritage. En le laissant se charger de passif grave, vous courrez le risque d'avoir un solde s'il n'est négatif, qui sera limité tout au moins dans une dimension congrue. Vous avez donc le droit peut être même le devoir de surveiller les agissements de vos aînés afin que ceux-ci ne frelatent pas l'Histoire de notre pays que vous recevrez en héritage. Les humiliations entretiennent les rancœurs qui empoisonnent elles-mêmes notre existence. L'emprisonnement du Président GBAGBO, et la volonté affichée par certaines personnes de le faire transférer vers des prisons européennes constituent des faits aggravants qui pourraient si l'on y prend garde compromettre définitivement notre destin commun. Il faut que vous ayez une claire vision de cette réalité. La société ivoirienne est en crise depuis plus d'une vingtaine d'années par la faute de vos aînés qui sont incapables de surpasser leur ego qu'ils placent pour certains, au-dessus de l'intérêt de notre Nation. Il est temps d'exiger d'eux la rupture de la chaîne de la haine. Tout comportement ou tous actes de nature à renforcer cette chaîne de la haine et à la prolonger doivent être dénoncés et combattus. C'est pourquoi nous devons élever au rang de priorité nationale la libération du Président GBAGBO et des autres prisonniers. C'est une question vitale pour toute la jeunesse. Elle requiert donc sa mobilisation sans passion ni violence mais avec détermination. C'est une condition majeure pour purifier l'héritage que vous êtes en droit d'attendre de vos aînés.

V/ Les hommes

Notre responsabilité dans la déchirure de notre société ivoirienne est entière. Alors que nous avons reçu tout de ceux qui nous ont précédés, nous sommes incapables de garantir à la relève un avenir serein. Nous nous sommes laissés enivrés des désirs le plus fous qui cultivent en chacun de nous un égoïsme à la limite de la perversité. Nos émotions semblent avoir totalement submergé notre raison. Qu'avons-nous fait de l'héritage reçu ? Quelle Côte d' Ivoire espérons-nous laisser à la postérité qui devient de plus en plus, à raison du reste, exigeante. Le mutisme que nous observons devant la dégradation continue de notre nation nous rend tous autant que nous sommes coupables devant le tribunal de l'Histoire. La chaîne de générations est avant tout une chaîne de responsabilités. Nous restons débiteurs vis-à-vis de générations futures du double de ce que nous avons reçu de nos devanciers. Est-il bon de rappeler que la nation est une communauté dont une bonne partie des membres n'est plus, quelques uns seulement vivent et la majorité des membres reste à naître. Il nous faut rompre maintenant avec le cycle de la haine. La politique de l'autruche est le plus grand danger qui guette notre existence. Faire semblant de ne pas voir le danger ne signifie nullement pas que ce dernier n'existe pas.

Conclusion

Qui peut raisonnablement penser en Côte d'Ivoire que l'emprisonnement du Président GBAGBO et celui des siens et la volonté affichée par certains de voir nos propres frères ou sœurs enfermés dans des prisons européennes fait avancer la Côte d'Ivoire ? En quoi sont-ils plus coupables que ceux qui veulent les conduire dans ces prisons ? Sommes-nous vraiment génétiquement esclaves au point que notre conscience définitivement soumise, nous condamne mécaniquement à renoncer à tout ce qui nous conduit vers la liberté ? Je ne peux croire à une classification des peuples selon une échelle produite par la fatalité. Refusons de nous donner en friandises pour les délices des occupants des palais repus du fruit de notre labeur et qui pensent que tout leur est dû. C'est en nous-mêmes, que nous trouverons l'énergie, la force et l'intelligence pour orienter dans le sens qui correspond à l'intérêt de nos peuples, le cours de notre destin pris en otage, avec souvent notre propre complicité. Quelle leçon de grandeur donnerons nous au monde entier si nous arrivons à dire ça suffit ! Nous allons nous-mêmes régler nos propres contradictions. Cela ne relève pas du domaine du rêve. Loin s'en faut. Mobilisons nous et nous verrons que le destin d'un peuple n'est jamais l'œuvre ni de la fatalité ni du hasard. Un destin se bâtit par des hommes et des femmes audacieux qui croient d'abord en leur capacité et qui demandent seulement à Dieu de bien les en inspirer. C'est seulement quand Dieu est convaincu de la volonté partagée de chacun des membres de cette communauté de bâtisseurs d'abandonner son ego au profit de l'intérêt commun, qu'il laisse découvrir sa générosité. Un peuple qui vend ses propres enfants à la gloire d'autres peuples ne peut bénéficier des largesses de Dieu si tant est qu'il est juste.

Nous avons le devoir sacré de dire non à une autre humiliation de l'un des nôtres et le Président GBAGBO n'en n'est pas l'un des moindres. Il mérite que nous nous mobilisions pour sa cause qui est également celle de nous tous entant que peuple engagé dans la bataille pour l'affirmation de sa dignité. Nous pouvons dire non sans violence. C'est d'ailleurs la qualité des grands hommes. Sur ce point, la vie du Président Laurent GBAGBO peut nous servir si nous faisons l'effort de dominer nos passions.


Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !


Le Ministre KONE Katinan Justin

Représentant et Porte parole du Président Laurent GBAGBO

 

Source: NOUVEAU COURRIER.INFO