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vendredi, 18 novembre 2011

KONE KATINAN, PORTE-PAROLE DU PRESIDENT GBAGBO: «NON A UNE AUTRE HUMILIATION»

 

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Mesdames, messieurs, chers Ivoiriens et habitants de la Côte d'Ivoire.


Je me permets de m'adresser à vous en vos rangs, qualités, âge, genre respectifs, au nom du mandat qu'a bien voulu me donner le Président Laurent GBAGBO de son lieu de détention à Korhogo. En effet depuis le 26 mai 2011, je suis porteur d'un mandat expressément donné par le Président Laurent GBAGBO à l'effet de porter sa parole et de le représenter partout où besoin se fait sentir. C'est donc en cette qualité que je me permets de m'adresser par la présente à vous.

Je voudrais avant tout propos vous prier de m'accorder l'indulgence de votre jugement et j'en appelle à votre grande compréhension si d'aventure, les termes de cette adresse heurtaient vos sensibilités. La délicatesse de porter la parole d'un grand homme de surcroît interdit de parole m'impose une démarche qui observe un minimum de prudence. Mais en même temps, nul n'a le droit de se taire lorsque notre Nation s'engage dans une voie qui pourrait à terme compromettre son avenir. Tant de peuples ont péri faute d'avoir relevé les risques putatifs ou réels qui encombraient le chemin de leur Histoire. Or c'est peu de dire que notre pays, la Côte d'Ivoire, malgré les apparences, reste gagné par le doute. Comment peut-il en être autrement, lorsque certains de ses fils et filles, ces supposés leaders et tous ceux qui devraient porter l'espérance de notre peuple, semblent avoir opté pour la désagrégation de notre lien social.

Mesdames et messieurs, il revient de façon constante que certaines personnes en Côte d'Ivoire et ailleurs se délectent de l'emprisonnement du Président Laurent Gbagbo et font de son transfèrement à la CPI un objectif politique, malgré les risques certains que fait courir une telle entreprise à notre pays. Devant la persistance d'une telle attitude, je voudrais en appeler à la conscience de tous afin que chacun de nous évalue souverainement l'impact du harcèlement judiciaire dont est l'objet le Président GBAGBO sur la cohésion sociale. C'est pourquoi, je voudrais interpeller la société civile ivoirienne dans sa diversité, sur la situation de la Côte d'Ivoire qui reste intimement liée à celle du Président GBAGBO. Je pense notamment aux chefs religieux, rois et chefs traditionnels, aux femmes et aux jeunes et toute la masse des hommes de notre pays.

I/ Les chefs religieux

Je sais que chacun de vous continue de prier pour notre pays et chacun reste préoccupé par la paix sociale en Côte d'Ivoire. Je vous sais infiniment gré au nom du Président GBAGBO Laurent, pour cette assistance soutenue à son endroit et à celui de toute la Côte d'Ivoire. Mais, Éminences de toutes les confessions religieuses, vous savez mieux que quiconque que l'Homme est la synthèse du spirituel et du matériel. C'est-à-dire que l'Homme n'atteint la plénitude de son accomplissement que lorsqu'il s'harmonise à la fois avec le spirituel et le temporel. C'est pourquoi, il est juste d'admettre que vous avez une responsabilité renforcée dans l'épanouissement total de nos compatriotes et de tous ceux qui nous font l'amitié de vivre avec nous en Côte d'Ivoire, et partagent de ce fait notre espérance commune. Le berger ne se lasse jamais dans la conduite de son troupeau. Vous aurez beau dire que vous avez suffisamment interpellé les uns et les autres mais cela ne vous dédouanera jamais, car votre mission quasi divine reste un sacerdoce c'est-à-dire, un service désintéressé, sans contrepartie en dehors de celle légitimement attendue du Tout- Puissant dont vous êtes les vicaires sur terre. Tout en reconnaissant vos immenses efforts pour l'avènement d'une Côte d'Ivoire pacifiée et réconciliée avec elle-même, vous restez encore redevables devant vos concitoyens qui attendent que vous preniez une position ferme contre toute tentative de transfèrement du Président GBAGBO à la CPI. C'est à la fois un devoir spirituel, un devoir moral et un devoir national. Parce que, une telle entreprise ne fera que perpétuer la chaîne de la haine dans notre pays.

II/ Les rois et chefs de villages

Gardiens de notre riche tradition issue de plusieurs couches de sédimentation de notre histoire commune, vous êtes suffisamment instruits des grandes valeurs que comporte la recherche permanente de compromis entre les enfants d'une famille. L'humiliation d'un Chef dans toutes nos traditions appelle la malédiction sur la communauté. L'emprisonnement prolongé du Président GBAGBO en lui-même est déjà suffisamment dégradant. Son impensable transfèrement à la CPI, si contre tout bons sens intervenait, sonnerait le glas de toutes nos valeurs sociales dont vous êtes les garants obligés. Je voudrais particulièrement insister sur la responsabilité de mes parents du Nord. Je continue de croire et cela ne pourrait être autrement, quand je questionne l'éducation que cette grande société nous a inculquée, que vous avez déjà exprimé votre opposition à l'emprisonnement prolongé des enfants des autres régions de notre pays chez nous. Je me confondrais moi-même devant ma propre conscience si une telle démarche n'avait pas encore été entreprise de votre part. Tous ceux qui sont emprisonnés chez nous sont les leaders des autres régions de notre pays. Sont-ils pour nous, les trophées d'une conquête militaire lancée contre les autres parties de notre propre pays. Sinon, il est temps et juste, conformément à notre culture pacifique de dénoncer cette détention et d'en exiger la fin. Si d'aventure, le Président Laurent GBAGBO était transféré depuis nos terres vers les prisons européennes ou d'ailleurs, alors nous aurons rompu le pacte avec nos propres ancêtres. Nous serons devenus des hommes sans repères fondamentaux, sujets à toutes les aventures.

Je crois personnellement que l'un des problèmes profonds de notre Continent Noir trouve ses origines dans le fait que très souvent nous avons donné en esclavage certains des nôtres. L'abandon d'un sien au traitement méprisant d'un autre peuple est un acte abominable qui ne peut appeler que malédiction sur nous. Or le transfèrement du Président GBAGBO projeté est le prolongement de notre propension à abandonner nos propres enfants et généralement les plus doués et les plus vigoureux au traitement humiliant des puissances extérieures. Le Président Laurent GBAGBO que l'on tente ainsi d'éloigner définitivement de ses terres est celui qui s'est battu au lendemain de son élection, pour faire revenir au pays ceux des nôtres qui étaient en exil.

Majestés les Rois, Honorables Chefs de villages, vous avez le devoir moral de vous opposer à l'humiliation de l'un de vos illustres fils. Vous en avez la capacité. La question ne peut être soumise à la seule fatalité.

III/ Les femmes

Femmes ivoiriennes et habitantes de la Côte d'Ivoire, au-delà de la diversité de vos sensibilités politiques, religieuses, de vos ordres et rangs sociaux, vous êtes unies par le destin à une mission divine. La fonction de procréation que Dieu vous a déléguée vous élève évidemment au niveau des divinités de notre monde. Elle accroît par la même occasion votre responsabilité dans l'accomplissement de l'Homme, en tant que créature façonnée par Dieu à sa propre image. Quelque soient vos ressentiments personnels et vos récriminations, vous ne pouvez souffrir de l'humiliation d'un être, fut-il votre pire ennemi. Parce que chaque gémissement d'un être humain rappelle les vôtres pendant l'accomplissement de la fonction divine qui se rattache à votre nature. Nul ne peut raisonnablement soutenir que le Président Laurent GBAGBO mérite l'humiliation qu'il subit déjà et celle plus grande à laquelle l'on veut absolument le soumettre. Imaginer et jauger la douleur d'une mère à laquelle l'on arrache son fils pour une terre inconnue. La douleur de Marguerite GADOH, 88 ans, contrainte à l'exil après avoir tout perdu jusqu'à son dernier pagne est également la douleur de chacune des femmes qui habitent la Côte d'Ivoire. Nous sommes tous témoin de l'Histoire récente de notre pays. Le Président GBAGBO s'est toujours rendu personnellement aux domiciles de ses adversaires politiques les plus déterminés pour partager avec eux la douleur consécutive du décès de leur mère. Mais voilà que l'on mobilise une grande énergie pour le séparer définitivement, de son vivant de la sienne, tentant de le priver ainsi de l'accomplissement du devoir le plus sacré qui incombe à chaque enfant d'être témoin oculaire du départ de celle qui lui a donné vie vers celui qui lui a conféré mandat à cette fin.

Je reçois régulièrement témoignage des prières intenses que vous formulez à l'endroit du Président GBAGBO, de tous les autres détenus et de la Côte d'Ivoire. Je vous exprime en retour au nom du Président GBAGBO ma profonde gratitude. J'en appelle à une plus grande mobilisation de votre part pour faire échec à ce que l'on peut qualifier d'attaque contre notre pays. La mise à l'écart forcé du Président GBAGBO du débat politique en Côte d'Ivoire est porteuse de risques pour la cohésion sociale. Elle risque de renforcer les rancœurs qui finissent toujours par détendre les liens sociaux dans une communauté. C'est pourquoi elle s'assimile à une attaque contre notre pays. Votre mobilisation de façon pacifique et suivant les moyens légaux au-delà de vos divergences, constituera un signal fort en tant que gardiennes de notre grande famille ivoirienne suffisamment éprouvée, en direction des promoteurs de cette entreprise dangereuse.

IV/ Les jeunes

Dans l'accomplissement de son plan pour l'Homme, Dieu a établi une chaîne infinie entre les générations. Chaque génération a le devoir de fructifier l'héritage reçu de la génération qui l'a précédée afin de le transmettre avec une plus value certaine à la génération qui lui succède.

De ce point de vue, chacun est en plein ouvrage pour le compte du Créateur. C'est pourquoi, la hantise de notre finitude se contrebalance avec notre espérance de la perpétuation de notre nom dans les générations futures. Dans ce jeu de rôle, la jeunesse occupe une place de choix parce que légataire naturel et obligé de leurs aînés. Dans cette position, les jeunes ne peuvent observer seulement l'attentisme. Il est bon de rappeler que dans notre riche culture africaine, le légataire travaille déjà avant terme à l'entretien de l'héritage qu'il recevra de sorte à le bonifier et à le purger autant que possible des charges inutiles qui pourraient le déprécier au moment où il le recevra. La jeunesse ivoirienne l'a bien compris, c'est pourquoi elle a été de tous les combats pour sortir notre pays des serres des rapaces de tous acabits, qui tentent de prendre en otage son destin. Retenez que le monde entier vous admire pour votre engagement permanent à défendre votre héritage.

Chers amis, jeunes ivoiriens, malgré vos divergences idéologiques, politiques, philosophiques et religieuses, et au-delà de vos conditions sociales, vous êtes unis par le même destin. Vous avez tous part au même héritage. En le laissant se charger de passif grave, vous courrez le risque d'avoir un solde s'il n'est négatif, qui sera limité tout au moins dans une dimension congrue. Vous avez donc le droit peut être même le devoir de surveiller les agissements de vos aînés afin que ceux-ci ne frelatent pas l'Histoire de notre pays que vous recevrez en héritage. Les humiliations entretiennent les rancœurs qui empoisonnent elles-mêmes notre existence. L'emprisonnement du Président GBAGBO, et la volonté affichée par certaines personnes de le faire transférer vers des prisons européennes constituent des faits aggravants qui pourraient si l'on y prend garde compromettre définitivement notre destin commun. Il faut que vous ayez une claire vision de cette réalité. La société ivoirienne est en crise depuis plus d'une vingtaine d'années par la faute de vos aînés qui sont incapables de surpasser leur ego qu'ils placent pour certains, au-dessus de l'intérêt de notre Nation. Il est temps d'exiger d'eux la rupture de la chaîne de la haine. Tout comportement ou tous actes de nature à renforcer cette chaîne de la haine et à la prolonger doivent être dénoncés et combattus. C'est pourquoi nous devons élever au rang de priorité nationale la libération du Président GBAGBO et des autres prisonniers. C'est une question vitale pour toute la jeunesse. Elle requiert donc sa mobilisation sans passion ni violence mais avec détermination. C'est une condition majeure pour purifier l'héritage que vous êtes en droit d'attendre de vos aînés.

V/ Les hommes

Notre responsabilité dans la déchirure de notre société ivoirienne est entière. Alors que nous avons reçu tout de ceux qui nous ont précédés, nous sommes incapables de garantir à la relève un avenir serein. Nous nous sommes laissés enivrés des désirs le plus fous qui cultivent en chacun de nous un égoïsme à la limite de la perversité. Nos émotions semblent avoir totalement submergé notre raison. Qu'avons-nous fait de l'héritage reçu ? Quelle Côte d' Ivoire espérons-nous laisser à la postérité qui devient de plus en plus, à raison du reste, exigeante. Le mutisme que nous observons devant la dégradation continue de notre nation nous rend tous autant que nous sommes coupables devant le tribunal de l'Histoire. La chaîne de générations est avant tout une chaîne de responsabilités. Nous restons débiteurs vis-à-vis de générations futures du double de ce que nous avons reçu de nos devanciers. Est-il bon de rappeler que la nation est une communauté dont une bonne partie des membres n'est plus, quelques uns seulement vivent et la majorité des membres reste à naître. Il nous faut rompre maintenant avec le cycle de la haine. La politique de l'autruche est le plus grand danger qui guette notre existence. Faire semblant de ne pas voir le danger ne signifie nullement pas que ce dernier n'existe pas.

Conclusion

Qui peut raisonnablement penser en Côte d'Ivoire que l'emprisonnement du Président GBAGBO et celui des siens et la volonté affichée par certains de voir nos propres frères ou sœurs enfermés dans des prisons européennes fait avancer la Côte d'Ivoire ? En quoi sont-ils plus coupables que ceux qui veulent les conduire dans ces prisons ? Sommes-nous vraiment génétiquement esclaves au point que notre conscience définitivement soumise, nous condamne mécaniquement à renoncer à tout ce qui nous conduit vers la liberté ? Je ne peux croire à une classification des peuples selon une échelle produite par la fatalité. Refusons de nous donner en friandises pour les délices des occupants des palais repus du fruit de notre labeur et qui pensent que tout leur est dû. C'est en nous-mêmes, que nous trouverons l'énergie, la force et l'intelligence pour orienter dans le sens qui correspond à l'intérêt de nos peuples, le cours de notre destin pris en otage, avec souvent notre propre complicité. Quelle leçon de grandeur donnerons nous au monde entier si nous arrivons à dire ça suffit ! Nous allons nous-mêmes régler nos propres contradictions. Cela ne relève pas du domaine du rêve. Loin s'en faut. Mobilisons nous et nous verrons que le destin d'un peuple n'est jamais l'œuvre ni de la fatalité ni du hasard. Un destin se bâtit par des hommes et des femmes audacieux qui croient d'abord en leur capacité et qui demandent seulement à Dieu de bien les en inspirer. C'est seulement quand Dieu est convaincu de la volonté partagée de chacun des membres de cette communauté de bâtisseurs d'abandonner son ego au profit de l'intérêt commun, qu'il laisse découvrir sa générosité. Un peuple qui vend ses propres enfants à la gloire d'autres peuples ne peut bénéficier des largesses de Dieu si tant est qu'il est juste.

Nous avons le devoir sacré de dire non à une autre humiliation de l'un des nôtres et le Président GBAGBO n'en n'est pas l'un des moindres. Il mérite que nous nous mobilisions pour sa cause qui est également celle de nous tous entant que peuple engagé dans la bataille pour l'affirmation de sa dignité. Nous pouvons dire non sans violence. C'est d'ailleurs la qualité des grands hommes. Sur ce point, la vie du Président Laurent GBAGBO peut nous servir si nous faisons l'effort de dominer nos passions.


Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire !


Le Ministre KONE Katinan Justin

Représentant et Porte parole du Président Laurent GBAGBO

 

Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

CHEZ NOUS, LES MAIRES, ON LES NOMME

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A Mankono, département situé dans le centre-nord de la Côte d'Ivoire, le maire de cette localité, Mme Enise Kanaté, a été destituée par un arrêté du ministre de l'Intérieur, M. Hamed Bakayoko, daté du 1er octobre 2011. Mme Enise Kanaté a été remplacée par Mme Dosso Kossara, son 4ème adjoint, comme cela s'est fait, depuis le changement de régime en Côte d'Ivoire, dans plusieurs autres communes, notamment à Gagnoa, à Divo, à Guiglo, à... L'installation officielle de Mme Dosso Kossara a eu lieu le mardi 11 octobre, sous les auspices du préfet du département.

Jointe au téléphone, quelques instants après la cérémonie d'installation officielle de sa remplaçante, Mme Enise Kanaté a déclaré :

« Ce qui se passe là sous nos yeux, je le perçois comme un affront et un abus d'autorité du ministre de tutelle et je refuse de m'y soumettre. J'accuse le ministre Hamed Bakayoko de piétiner le droit, pour faire plaisir à des partisans. Je persiste et je signe : je suis le maire de Mankono, je demeure le maire de Mankono. C'est un abus d'autorité. Le droit doit être dit. Je ne me reconnais pas dans son arrêté qui nomme un intérimaire, sans me démettre. Je n'étais pas à mon poste à Mankono, certes, parce que ma sécurité était menacée. J'ai été malade. J'étais à Abidjan pour des raisons sécuritaires et j'ai écrit à mon premier adjoint pour qu'il assure mon intérim. De plus, au moment où le ministre Hamed Bakayoko prenait l'arrêté, j'étais à Mankono, depuis près de 40 jours. J'étais donc à mon poste et je demeure à mon poste... Si le ministère de l'Intérieur n'annule pas l'intérim qu'il a créé, il y aura désormais deux maires à Mankono. Si Hamed Bakayoko veut mettre le feu à Mankono, il y aura le feu... ».

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Rappelons que Mme Enise Kanaté est une ancienne élue du RDR, qui a fait défection pour créer son propre parti le « Congrès démocratique de Côte d'Ivoire » (CODEMCI) et s'est alliée à Laurent Gbagbo qu'elle considère comme un symbole de liberté pour l'Afrique, mais aussi de dignité pour les Ivoiriens. A l'époque, Mme Enise Kanaté avait animé une conférence de presse, sur le thème « Pourquoi je quitte le RDR pour le FPI », pour dire les raisons de son départ de sa famille politique initiale.

Militante de première heure au RDR, son premier parti politique depuis 1994, Mme Kanaté a fait d'énormes progrès dans ce parti pour se retrouver membre du bureau politique, mais surtout commissaire politique de sa localité d'origine. Mais, elle s'est trouvée fort dépitée des positions du RDR depuis la rébellion du 19 septembre 2002. Pour elle, qui s'est « engagée dans la politique pour le bien-être des populations, et en particulier pour le développement dans sa région », il est impensable que certains acteurs de la crise ivoirienne, notamment ceux du RDR, applaudissent la rébellion.


N'étant pas en phase avec cette position, Mme Kanaté a d'abord opté pour une année sabbatique de réflexion, avant de se décider, finalement, à quitter le RDR. Mais, plutôt que de se retirer définitivement de la vie politique, elle a choisi de déposer ses valises au Front populaire ivoirien (FPI) dont les dirigeants, dit-on, n'ont pas hésité à lui ouvrir les portes.

Ceci, dit-on, pourrait expliquer cela. Mais, si tel était le cas, alors, sommes-nous dans un état de droits, du moins dans un régime démocratique ?

Jean-René Bi Vannier

Paru dans
Le Filament N°15


Source: LE FILAMENT MAGAZINE

ALASSANE OUATTARA, UN DOCTEUR TOUJOURS SANS SOLUTIONS


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Cela fait aujourd'hui, un peu plus de sept mois que le président Laurent Gbagbo a été arrêté. Sept mois également qu'Alassane Ouattara est dans les habits de chef d'Etat de Côte d' Ivoire. Précédé de la clameur entretenue par ses partisans locaux et autres soutiens extérieurs, le présentant comme l'homme de la situation, Ouattara a longtemps surfé sur cette vague déferlante pour en mettre plein la vue à tous. Et cela grâce à une bonne communication politique capable de transformer de la bouse de cheval en pépites d'or.

Sur cette base, et dès sa prise de pouvoir, le chef de l'Etat, soutenant que l'air était vicié à Abidjan du fait de l'occupation anarchique des trottoirs, a entrepris de les dégager sans ménagement aucun. C'est la ministre de la salubrité, Anne-Désirée Ouloto qui a été chargée de la sale besogne. Pour les besoins de la communication, c'est la célèbre rue princesse de Yopougon qui a été choisie pour lancer les graders et les pelleteuses à l'assaut de tous les espaces de détente et de distraction du coin.

Ensuite, les principales rues de Cocody, de Treichville, Marcory, Koumassi etc. ont suivi. Mais alors que l'on croyait que le tout Abidjan serait débarrassé une fois pour toutes de ses échoppes et autres constructions anarchiques, voilà que subitement l'on découvre que des quartiers tels que Boribana et Abobo-gare, qui mériteraient que les bulldozers de dame Ouloto y jouent même les prolongations, ont  été épargnés, brouillant ainsi la grille de lecture sur la question. Une politique du deux poids, deux mesures qui a fait rentrer, depuis lors, la belle Anne dans ses  petits souliers, gênée aux entourloupes par l'hostilité des partisans  d'Alassane Ouattara qui développent à fond le complexe d'ancien combattant vis-à-vis de ce dernier.

Aujourd'hui si l'on devait dresser un bilan à mi-parcours de l'opération, il y aurait plus grise mine qu'hilarité. Car les petits opérateurs économiques qui aux premières heures ont été dégagés, sont revenus investir les mêmes rues abidjanaises à l'image de la rue princesse qui a commencé à renaitre de ses cendres. De là à dire que l'opération pilotée par la ministre de la salubrité a fait flop, il n'y a qu'un pas que les uns et les autres ont vite fait de franchir du reste.

Sur la politique gouvernementale de l'emploi, les hagiographes du régime ne sont pas également mieux lotis. Car 7 mois après, la promesse électorale de créer un million d'emplois, prioritairement destinés aux jeunes, n'a toujours pas passé le stade de l'effet d'annonce. Pis, la spirale semble tourner dans le sens inverse avec notamment la suppression spectaculaire des emplois enregistrés ça et là. A l'Union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (UGTCI), le dégraissage des effectifs a, depuis belle lurette franchi la barre des 100.000 postes. Quand on a joute à cela  les effets de  l'annulation, par le nouveau régime de plusieurs concours d'entrée à la fonction publique organisés par l'administration Gbagbo, l'on a une belle idée du taux de chômage dans le pays qui vient ruiner toute l'abondante littérature produite sur cet autre chantier foireux du ''docteur Solution''.

L'école n'échappe  pas à la mauvaise conjoncture. Après  les résultats catastrophiques enregistrés aux différents  examens scolaires à grand tirage, les parents d'élèves croyaient pouvoir souffler en cette rentrée scolaire avec le projet « d'école gratuite » cher, dit-on, au gouvernement. En lieu et place c'est l'inscription  en ligne impérative qui est servie dans  le secondaire public pendant  que les frais d'inscription pour les affectés de l'Etat dans les établissements privés ont pris l'ascenseur. Pour leur part, les universités publiques, fermées depuis le 19 avril dernier, garderont leurs portes closes jusqu'en septembre 2012. C'est l'information donnée par le chef de l'Etat lui-même alors qu'il effectuait avant-hier, un déplacement en terre togolaise.

Le tableau est tout aussi sombre aux plans sécuritaire, sanitaire et de la cherté de la vie. En effet, le taux de criminalité dans le pays est toujours aussi élevé qu'aux moments de braise de la crise post-électorale. Et cela malgré les assurances du ministre Hamed Bakayoko qui avait promis sécuriser le carré national dans un délai de trois mois.

Au niveau de la santé, l'opération « soins gratuits » a tourné court parce que mal montée par ses concepteurs. Et la ministre Thérèse N'dri Yoman a beau s'égosiller, accusant le personnel de santé de saboter son affaire, les box à médicaments restent toujours vides au grand désarroi des patients et des médecins eux-mêmes. Le panier de la ménagère n'échappe pas à la galère ambiante. Les réductions annoncées sur les prix des principales denrées alimentaires sont du domaine de la légende quand ceux-ci ne vont pas à la hausse. Au regard de tout ce qui précède, et les différents éléments mis les uns dans les autres, font penser que Ouattara reste, après sept mois d'exercice, un docteur sans solution. En tout.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 98 du vendredi 18 novembre 2011.

LE LIEUTENANT DE GENDARMERIE DANON KROKO THEOPHILE ENLEVE

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Le ministre Kadet Bertin


Nous venons d'apprendre que le lieutenant de gendarmerie Danon Kroko Théophile, en fonction à la Gendarmerie du Port d'Abidjan, a été arrêté et conduit vers une destination inconnue, sur ordre du colonel Vako Bamba, adjoint au commandant supérieur de la Gendarmerie. Convoqué ce jeudi 17 novembre 2011 au Commandement Supérieur de la Gendarmerie par Vako Bamba, commandant en second de ladite institution, le lieutenant Dano Kroko a été entendu de 9 h à 16 h, puis conduit à son propre domicile où une perquisition a été réalisée sur ordre de Vako Bamba.

Son crime est qu'il aurait expédiée de l'argent au Ghana à son ancien patron, le ministre Bertin Kadet, qui en avait besoin pour payer ses frais médicaux (qui, dans un accident de la circulation avait un bras et une côte fracturés) et assurer la scolarité de ses enfants. Depuis 18 h, le lieutenant Danon Kroko a été arrêté et transféré dans une destination inconnue par le tout puissant colonel Vako Bamba.

Le lieutenant  Danon Kroko a été garde du corps du ministre Kadet Bertin de 2002 à 2007, année au cours de laquelle il a été admis à l'école des officiers, à l'issue du concours très sélectif des élèves Officiers de gendarmerie. Après deux ans de formation, il est admis à l'Ecole de Zambakro. A la fin de son application, il est affecté à la gendarmerie du port d'Abidjan. Aider son ancien patron et sa famille vient de lui valoir la prison. Dans quel Etat sommes-nous ? La Gestapo de Ouattara prend des proportions inquiétantes.


Germain Séhoué, in le quotidien ivoirien "Le Temps".

LEGISLATIVES 2011: NE PAS SERVIR DE FAIRE-VALOIR

 

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Il y a des moments de la vie où il est capital de rester logique envers soi-même pour ne pas finir ridicule. Tel est la situation actuelle de La Majorité Présidentielle (LMP). Et peut-être aussi celle d'une partie des acteurs politiques du camp Gbagbo dont certains sont, aujourd'hui, fondateurs d'un nouveau parti politique et d'autres ont tourné casaque pour faire allégeance à leurs bourreaux voire épouser leurs lignes idéologiques.

Devant l'Histoire, il y a bien souvent des responsabilités à prendre et à assumer. Quand on n'est pas d'accord, on dit non. Et cela, le FPI-CNRD l'a compris et nous le saluons. Tous se targuent aujourd'hui de vouloir une « nouvelle Côte d'Ivoire ». A la bonne heure ! Mais la bâtit-on alors en laissant prospérer le mensonge et l'hypocrisie, en portant des œillères et en laissant fouler au pied le droit et la réglementation ? Au nom de quoi ? Pour quel intérêt ? Nous voulons bien comprendre ceux, anciennement opposés à Ouattara, qui se précipitent aux législatives ivoiriennes du 11 décembre, en ayant toujours la menace à la bouche et en foulant au pied leurs propres principes.

Le professeur Mamadou Koulibaly, président récemment élu de LIDER au premier congrès dudit parti à la Bourse du Travail à Treichville, le samedi 12 novembre dernier, homme que nous avions hissé haut dans notre estime et que nous continuons de respecter pour sa ligne de pensée et sa grande indépendance malgré ses sorties équivoques de ces derniers mois, devra nous y éclairer. Lui qui dénonce une suite de « violations » de la loi fondamentale et cloue au pilori Alassane Ouattara, en ces termes : « Il nomme tout seul et de façon illégale les membres du Conseil constitutionnel...Il réorganise tout seul et de façon illégale la Commission électorale indépendante...Il dissout de façon illégale l'Assemblée nationale et suspend les activités et salaires des députés et du personnel...Cette longue suite de violations de son serment dans le silence complet de la Communauté internationale nous amène à penser que celle-ci est peut-être là, plus pour soutenir un homme, que pour soutenir les principes de l'état de droit et de la démocratie en Côte d'Ivoire ».

Lui qui a, en outre, fait savoir que nonobstant le fait que LIDER ait proposé des candidats aux législatives, « si les conditions sécuritaires ne sont pas réunies, s'il y a des actes d'intimidation sur nos militants et nos candidats, LIDER n'ira pas aux élections ». Après avoir entendu de tels propos, qui ne souffrent d'aucune obscurité, nous sommes en droit de lui demander : « Président Koulibaly, diantre, que faites-vous dans ces législatives ? ».

Oui, que fait ce brillant monsieur dans cette comédie éhontée, ce simulacre de démocratie, cette mascarade électorale, dont le but, il est clair, est de légitimer un pouvoir - qui en manque désespérément - installé à coup de « bombes humanitaires et démocratiques » par la communauté internationale, à l'image de ce que nous avons vu faire en Libye dans le mutisme le plus mortifiant des intellectuels et des chefs d'Etat africains. Le dire n'est pas de la délation. Ce sont des faits récents de notre tout aussi récente histoire que nul n'a le droit de travestir.

Parlant de la Commission électorale indépendante (CEI), régie par des textes clairs comme cela est de rigueur dans toute République respectable, il est à noter qu'elle est frappée d'un déséquilibre scandaleux qui ne devrait autoriser aucun démocrate digne de ce nom à prendre part à ces législatives. Elle a une coloration à 100% RHDP. 31 postes représentatifs, tous acquis à Ouattara. Ou presque. Là où l'on devait enregistrer 15 postes pour l'opposition, 15 autres pour l'alliance politique au pouvoir et 1 représentant du chef de l'Etat. De tout ceci, rien du tout, dans la CEI version Ouattara. A moins qu'une participation à l'élection législative soit considérée comme une fin en soi par certains, nous ne comprenons pas la fièvre qui est la leur, en ce moment, devant une entorse aussi odieuse au minima de confiance exigible pour des élections transparentes, équitables, justes et ouvertes à tous.

Quant à la sécurité, peut-elle être garantie par des FRCI appuyés de supplétifs « Dozo » qui sèment jusqu'à ce jour, la terreur dans nos villes, villages et campements, tandis qu'aucun des ex-FDS - abusivement accusés d'être des pro-Gbagbo parce qu'ayant eu pour devise de défendre les institutions de la République - n'est autorisé à porter des armes ? La question sécuritaire en Côte d'Ivoire n'est pas une vue de l'esprit. Plusieurs chancelleries occidentales en Côte d'Ivoire en ont récemment pris ombrage et rencontré, à cet effet, le chef de l'Etat qui ne s'en est d'ailleurs pas caché, quelque peu impuissant devant une situation qu'il a lui-même contribué à pourrir, par sa prise de pouvoir violente.

Si LIDER n'a certainement rien à craindre - son mentor Mamadou Koulibaly n'ayant jamais été inquiété dans cette crise et bénéficiant d'un capital confiance auprès de Ouattara - ce n'est sûrement pas le cas des leaders et des militants de La Majorité Présidentielle, combattus sans ménagement et traqués par le pouvoir RHDP, depuis avril 2011. Quelques élargissements sélectifs de prisonniers politiques n'y changeront rien, fondamentalement. Bien malin alors qui pourrait parier sur leur sécurité dans cette élection législative, dans les hameaux les plus reculés, notamment dans les poudrières de l'Ouest et du Nord, quand on se remémore la présidentielle de 2010 et ses graves dérives. Le président Mamadou Koulibaly ne se défend-il pas d'être un protagoniste de la crise postélectorale ivoirienne ? N'a-t-il pas, en conférence de presse, expliqué qu'il se sentait « à l'aise » pour afficher certaines positions et asséner certaines vérités ? « Je ne me sens pas belligérant parce qu'aussi bien avant la crise que pendant la crise, j'ai parlé aux belligérants. Je leur ai dit que la voie qu'ils empruntaient était suicidaire et que s'ils y allaient par la force, ils auraient à assumer les conséquences profondes, durables et générales. Je n'ai pas été entendu par les deux camps », a-t-il affirmé. Mamadou Koulibaly peut donc aller aux législatives, serein. Il n'a rien à craindre pour sa vie et pour celle des membres de son tout nouveau parti. Il n'est pas responsable de la crise ivoirienne. Ce lourd manteau n'est pas le sien. Soit ! Mais a-t-il au moins, par humanisme, pensé à ses ex-camarades militants du FPI-CNRD ? La solidarité ne peut être de mise. Bifurcation idéologique et politique oblige. A la guerre comme à la guerre !

Dernier fait à relever : La Majorité Présidentielle compte encore de nombreux prisonniers dans les goulags du Nord et bien de responsables en exil, qui auraient dû être des candidats à cette législative de décembre, censée être ouverte à tous. Poker menteur ! La démocratie version Ouattara ne peut s'en accommoder. On les préfère là où ils sont : dans les liens de la captivité et hors du pays. Au moins jusqu'à la fin de législatives floues et biaisées d'avance pour contribuer au formatage et à la reconfiguration de la Côte d'Ivoire et de son corpus juridique et constitutionnel. Ce projet, le pouvoir RHDP devra l'assumer seul. Sans coup de pouce de la part des pro-Gbagbo et de tous les Ivoiriens lucides qui comprennent le véritable enjeu de cette course au parlement.

D'ailleurs, le RDR affiche déjà clairement ses ambitions en constituant avec les ex-Forces nouvelles un bloc contre le PDCI, qui n'a pas manqué de pousser des cris orfraies et de donner l'alerte, par presse interposée. En vain. « Les élections législatives qui arrivent à grands pas auront eu raison de toutes les professions de foi quant à la solidité à toute épreuve du RHDP. A l'heure du choix des candidats, le consensus tant chanté par les hérauts de l'alliance des Houphouétistes, s'est effrité comme château de cartes. Ainsi, dans presque toutes les circonscriptions électorales de la Côte d'Ivoire, les deux poids lourds du RHDP s'affrontent », rapporte, amer, le quotidien du PDCI-RDA, Le Nouveau Réveil, dans son édition du vendredi 11 Novembre 2011. Le RDR veut cet hémicycle pour lui. Majoritairement. Absent qu'il y a été pendant près de deux décennies. Quitte à faire des crocs-en-jambes à des alliés. Bien des partis de ce groupement houphouétiste vont y laisser des plumes. En grand nombre. Nous espérons qu'ils nous épargnerons de leurs vociférations quand ils auront été floués par la technologie électorale ouattaradienne.

En ce qui concerne le FPI-CNRD, il a encore la possibilité de participer activement et significativement à la vie politique ivoirienne, tout en étant absent aux législatives. Précisons notre pensée : nous sommes en démocratie (ou censés l'être). Et en la matière, l'abstention est une expression citoyenne. Tous les Ivoiriens qui ont donné 52% de voix au Président Gbagbo, selon le Conseil Constitutionnel - avant qu'il ne se dédise honteusement - devraient s'abstenir de voter. Pour qui que ce soit, fut-il candidat indépendant FPI-CNRD. Ce serait leur protestation contre le maintien en prison de la figure de proue de la politique ivoirienne qu'est Laurent Gbagbo et de tous les autres captifs du pouvoir RHDP. Logiquement, ils devraient s'en tirer avec au moins 52% de taux d'abstention, démontrant ainsi leur majorité, si le scénario rocambolesque de l'Hôtel du Golfe n'était pas reproduit. On était passé, on s'en souvient, de 70% de taux de participation (dixit Amadou Soumahoro, actuel secrétaire général par intérim du RDR, alors vice-président de la CEI, sur le plateau de 20h de la RTI, à la clôture du scrutin du 28 novembre 2010) à 81%, quatre jours plus tard, à la proclamation de Youssouf Bakayoko, président de la CEI, devant les micros des chaînes étrangères.

D'ici là, que la sérénité soit le partage de tous les cœurs. La démocratie est un jeu. Il faut savoir gagner, il faut aussi savoir être bon perdant. Et surtout, savoir s'arrêter quand les responsabilités de l'Histoire l'exigent. On ne devra jamais dire que les proches du socialiste Laurent Gbagbo ont vendu la Côte d'Ivoire quand il croupissait sous les chaînes de Ouattara.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 368 du jeudi 17 novembre 2011.

jeudi, 17 novembre 2011

OUATTARA ENVOIE LES ETUDIANTS IVOIRIENS A LA RUE POUR UNE NOUVELLE ANNEE

 

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Voici toute la place qu'occupe l'école ivoirienne dans les priorités du nouveau pouvoir RHDP. Hallucinant! C'est un scandale national! Y a-t-il des intelligences dans ce pays pour le dire à cet agrégat d'Houphouétistes mal inspirés?


REOUVERTURE DES UNIVERSITES EN SEPTEMBRE-OCTOBRE 2012: PLUSIEURS GENERATIONS SACRIFIEES


Au terme de la crise post-électorale avec l’arrestation du président déchu, Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, les nouvelles autorités ivoiriennes ont décidé de la fermeture des universités d'Abidjan et des cités universitaires à partir du 21 avril 2011. Les raisons officielles se résument en deux entités : libérer les chambres illégalement occupées par des non étudiants et réhabiliter les bâtiments, dans un état de délabrement avancé. Cette mesure de fermeture, il faut le dire, a disloqué les corps estudiantin et professoral.

Six mois après le démarrage en fanfare des travaux de réhabilitation et de construction, suivis de visites médiatisées du ministre Cissé Bacongo, on s'attendait en cette rentrée scolaire que les universités ouvrent à nouveau leurs portes. Mais que non. Les autorités ont fixé la rentrée académique à septembre-octobre 2012. Une décision qui pose problème, vu que ce sont plusieurs promotions de bacheliers qui attendent la réouverture pour, soit reprendre le chemin de l'université, soit entamer leur première année académique. Quel sort est réservé à toutes ces générations d'étudiants bloquées du fait de la mesure prise de retarder d'un an la réouverture des universités d'Abidjan ? C'est la question que se pose tout le monde aujourd'hui en Côte d'Ivoire.

En effet, quand on sait que pour obtenir la licence en Côte d'Ivoire, il faut trois années d'études à l'université, il n'est pas fort de dire que ces promotions d'étudiants sont les sacrifiés du système. Car, plusieurs de ces étudiants, qui ont déjà perdu trois ans d'études, risquent d'arriver en licence avec un âge très avancé, amenuisant du coup leur chance de décrocher un emploi où pour les plus chanceux de faire valoir leurs droits à la retraite, après seulement quelques années en fonction.

De plus, le fait que depuis trois ans, les universités d'Abidjan n'aient pas correctement fonctionné, en raison de la crise ivoirienne, va entraîner un goulot d’étranglement au niveau du système académique voire de l'école ivoirienne. Il transparait clairement qu'il sera difficile pour les futurs bacheliers d’accéder à l'université si les promotions précédentes n'avancent pas. Au lieu donc de former des élites pour le développement de la Côte d'Ivoire, les universités vont plutôt « fabriquer » des chômeurs en puissance. Il importe donc que le gouvernement actuel propose un plan de sauvetage des université ivoiriennes. Il y va de sa crédibilité et de l'avenir de la Côte d'Ivoire.

Elysée Yao


Source: SOIR INFO

mercredi, 16 novembre 2011

ATTAQUES ARMEES CONTRE LES EGLISES ET LES PRETRES: LA GROSSE COLERE DE MGR JEAN-PIERRE KUTWA

 

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«L'horizon reste toujours sombre»


Les attaques à main armée contre les édifices religieux et les prêtres préoccupent au premier plan l'église catholique de Côte d'Ivoire. Hier dimanche 13 novembre, à l'occasion de la célébration des festivités marquant les 40 ans d'existence de la paroisse Saint Kizito de Williamsville, l'archevêque d'Abidjan, Mgr Jean-Pierre Kutwa a crié son ras-le-bol devant cette insécurité galopante dont sont victimes les hommes de Dieu ainsi que les lieux de prière.

«Comment nos cœurs peuvent-ils être à la fête quand on sait que l'horizon reste toujours sombre, du fait de l'insécurité, et qu'il ne se passe pratiquement plus une semaine sans que l'on ne fasse mention de paroisses agressées, de prêtres molestés, de cambriolages dans les maisons, d'agressions de tout genre ?», s'est inquiété le prélat.

«Partout, l'insécurité s'est accrue, la sérénité a fait place à la peur», a-t-il ajouté. Mgr Kutwa a donc interpellé les pouvoirs publics afin qu'une solution idoine soit trouvée à la question de la sécurité des lieux de culte. Au-delà de cette préoccupation d'ordre sécuritaire, l'archevêque d'Abidjan qui présidait cette eucharistie s'est inspirée de l'histoire de Kizito, saint patron de la paroisse, pour inviter les fidèles à s'engager dans la paix, après des moments très pénibles pour les Ivoiriens. «La paix que nous voulons pour notre pays nous oblige à savoir reconnaître nos torts, nos lâchetés, nos peurs et notre silence coupable. Mais surtout à confesser que notre vie n'a pas toujours témoigné de Jésus-Christ », a fait savoir Mgr Jean-Pierre Kutwa. Par ailleurs, le prélat a rendu un vibrant hommage à tous les pionniers de la paroisse Saint Kizito, qu'ils soient prêtres ou laïcs, dont le dévouement à la cause de l'évangélisation a permis d'avoir de nombreux chrétiens.

Certains parmi eux ont reçu des distinctions des mains de l'archevêque d'Abidjan. De 500 fidèles à la création de cette communauté dans les années70, la paroisse Saint Kizito a aujourd'hui un effectif de 6000 fidèles. Son curé actuel est le Père Raphaël Souroukou.


Bertrand Gueu, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4036 du lundi 14 et mardi 15 novembre 2011.

MISE EN CHOMAGE TECHNIQUE DES 322 AGENTS DE LA RTI - LE SG DU SYNINFO REAGIT: «CETTE DECISION N'A PAS RESPECTE LES PROCEDURES»

 

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Depuis le vendredi le 11 novembre 2011, 322 agents de la Radiodiffusion Télévision Ivoirienne (RTI) tous corps de métier confondus, ont été mis en chômage technique.

Même si dans le fond le bureau exécutif du Syndicat National des Agents des Organes des Secteurs Publics et Parapublic de l'Information (Syninfo), comprend le bienfondé de cette mesure, il dénonce toutefois la manière cavalière avec laquelle elle a été prise: « Nous avons été surpris par la décision de mise en chômage technique des 322 agents. Nous reprochons que la démarche n'ait pas été respectée. Pour nous, une décision aussi importante devrait être prise en respectant la procédure et les règles de l'art en la matière.», a dénoncé le Sg du Syninfo, Kouadio Amonzame.

Surtout que le directeur général de la RTI, Aka Sayé Lazare avait annoncé dans une note de service en date du 2 novembre 2011, dans l'optique de la réduction des effectifs de l'entreprise, deux possibilités. A savoir le départ à la retraite anticipée volontaire aux agents qui sont à 5 et moins de la retraite et des départs volontaires. Ils n'auront pas eu le temps de discuter des modalités de cette décision quand le jeudi 10 novembre, la direction brandit la mesure de mise en chômage technique quia été finalement rendue publique le vendredi 11 novembre 2011.

«Après 10 ans de souffrance et de travail dans des conditions aussi difficiles, les agents qui souffrent pour la plupart de l'hypertension et du diabète du fait de leurs conditions de travail, ne méritaient pas d'être remerciés de cette manière. Au regard de certains noms qu'on retrouve sur la liste notamment des femmes en congé de maternité, des agents qui vont à la retraite en décembre prochain etc, on peut dire que c'est une décision qui est inhumaine. C'est pourquoi nous leur demandons de rester sereins et de ne pas paniquer outre mesure. Nous allons rencontrer la direction pour avoir plus d'éclairage sur cette décision.

Dans cette RTI qui est notre maison commune, nous ne saurions accepter certaines situations inconvenantes. C'est pourquoi nous allons tout mettre en œuvre pour sauver cette maison au bénéfice de tous », a-t-il conclu.


Germain Dja K., in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4036 du lundi 14 et mardi 15 novembre 2011.

DES CANDIDATS RHDP DENONCENT UNE INJUSTICE A LA CEI

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Dembélé Tounka et Adjoumani Innocent, respectivement candidat titulaire du Rassemblement des républicains (Rdr) et du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) pour les législatives à Port-Bouët, ne sont pas du tout contents. Ils dénoncent une injustice dont ils ont été victimes et dans laquelle aurait tramé la commission électorale indépendante (Cei).

C'est que M. Dembélé et M. Adjoumani, ainsi que leurs suppléants sont vu leurs dossiers de candidatures, pourtant validés par leur parti, retirés de la course, à la dernière minute, et «avec la caution de la Cei», au profit de Kouadio Konan Bertin (KKB) et Yéo Fozié. Face à la presse le samedi 12 novembre dernier à Port-Bouët, les deux candidats malheureux ont dit leur indignation, accusant Mme Hortense Aka Anghui d'orchestrer cette injustice.

«Nous attendions tous la publication de la liste provisoire, lorsque de façon maladroite, Mme Aka Anghui, s'entend avec les deux autres titulaires (KKB et Yéo Fozié) pour légaliser et introduire leurs dossiers, hors délai, et nous éjecter de la liste», a expliqué, amer, M. Dembelé, disant avoir tous les détails sur cette affaire qui implique selon lui, la délégué communale du Pdci à Port-Bouët, et la Cei. «Nos dossiers ne figurent ni parmi les rejetés, ni parmi les retenus. Nous avons rencontré M. Gomis, vice-président de la Cei, et superviseur de la zone sud, pour trouver unesolution de rechange et aller enindépendant. Mais on nous a dit que ce n'était plus possible». Pour Dembélé Tounka, il faut éviter les frustrations, au moment où la Côte d'Ivoire se relève d'une douloureuse crise. «Nous nous sommes battu pour combattre l'injustice, mais nous avons découvert que la corruption, les malversations continuent à la Cei.

La crise que nous avons traversée devrait nous amener à plus de responsabilité. Mais grande a été notre surprise ce vendredi11 novembre de voir que l'institution chargée d'organiser les élections donne dans le favoritisme», a martelé le conférencier, non sans rappeler que ce rejet de leurs candidatures est mal perçu parleurs militants à Port-Bouët. Bien que frustrés, Dembelé et Adjoumani ont toutefois pris l'engagement d'apaiser les militants et de ne rien faire qui compromette la réconciliation.

Aussi interpellent-ils les autorités du pays, afin de veiller à la rigueur dans le travail effectué parla Cei. «Si la Cei était sérieuse, cela n'aurait jamais été possible», a-t-il conclu.


H. Ziao, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4036 du lundi 14 et mardi 15 novembre 2011.

KONATE SIDIKI, UN TRIBALISTE PRIMAIRE

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Lisez ce qui suit et vous aurez une idée de la « nouvelle Côte d'Ivoire », version Ouattara. Que DIEU garde notre chère patrie de ceux qui disent l'aimer et qui sont, en réalité, son pire cauchemar !


LES VERITES DE KONATE SIDIKI AU RHDP


Pour sa première sortie officielle en qualité de candidat du Rassemblement des républicains (RDR) aux législatives prochaines dans la commune de Man, le ministre Konaté Sidiki n'a pas eu la langue dans la poche. Au cours d'une rencontre qu'il a tenue, le samedi 12 novembre au siège du RDR, le candidat de Ouattara a tenu un discours peu rassembleur, frustrant du coup les responsables de son parti et même ceux du RHDP. Pour le ministre de l'Artisanat, les partis alliés au RHDP doivent effectivement soutenir le RDR aux législatives dans la commune de Man parce que ce parti y a eu le plus de voix au scrutin présidentiel denovembre2010. «Le PDCI et l'UDPCI ne devraient pas présenter de candidat à Man car nous RDR avons fait un grand score ici. Nous devons faire le même scénario comme aux présidentielles où le RHDP a soutenu le RDR qui était devant», a-t-il déclaré, avant d'ajouter que le chef de l'Etat ivoirien ne reconnaitra que les députés issus du RDR.

Pour ce membre du gouvernement, le refus surtout de l'UDPCI de ne pas soutenir le RDR aux législatives à Man pourrait lui créer des préjudices. «Il faut que les gens de l'UDPCI se mettent en tête que nous, les Malinké, nous sommes déjà maîtres du territoire manois. Nous allons prendre la députation et aussi la mairie et d'ailleurs, tous les adjoints au maire seront ''Dioula''», a averti le candidat du RDR à Man. «On ne peut prétendre aimer Ouattara et se présenter à l'élection présidentielle contre lui. On ne peut pas dire aimer le président de la République et présenter des candidats contre ses candidats aux élections législatives. Il faut dire que tous ceux qui guettent le fauteuil du chef de l'Etat ne sont pas seulement des gens de Gbagbo. Cela voulait dire que nos ennemis sont proches de nous. Mais nous les mettons engarde, demandez à tous ceux qui m'ont connu à Man, je faisais partie des groupes de palabre dans ma jeunesse. S'ils veulent du bien, nous allons faire cette élection tranquillement. Mais s'ils veulent gâter, on va se mélanger à Man», a-t-il martelé.

Ce langage châtié n'a pas été du goût d'une partie du public, dans la mesure où certains sages du RDR à Man ont commencé à quitter les lieux avant même la fin de la rencontre.


K. A.

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CARTON ROUGE A KONATE SIDIKI!


S'ils sont avérés, ces propos tenus par Konaté Sidiki, ministre de la République, tels qu'ils sont rapportés, donnent à désespérer de ce futur député avant qu'il ne soit élu pour l'hémicycle.

Quelle démocratie M. Sidiki, ex-porte-parole des Forces nouvelles (mouvement armé), prétend-il instaurer en Côte d'Ivoire en encensant le tribalisme, le clanisme et même le vandalisme ? A l'heure où la vie en Côte d'Ivoire rythme avec le triptyque Réconciliation, Restauration de la cohésion sociale et Reconstruction selon les vœux chers au président de la République, Alassane Ouattara, carton rouge à Konaté Sidiki, qui devra rectifier ses propos devant le même public et présenter des excuses à ceux qu'il aura offensés.

C'est cela aussi l'humilité. Ce comportement qui devra habiter les futurs députés que les Ivoiriens attendent au Parlement pour bâtir la Côte d'Ivoire nouvelle.


F. D. Bony


In le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4036 du lundi 14 et mardi 15 novembre 2011.

lundi, 14 novembre 2011

FILIERE CAFE-CACAO EN COTE D'IVOIRE: UNE REFORME AUX ANTIPODES DU LIBERALISME



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Une réforme de la filière cacao a été analysée lors du conseil des ministres du mercredi 2 novembre dernier. Au cours de cette rencontre, le gouvernement a marqué sa volonté de mettre fin à la libéralisation du secteur pour revenir à sa régulation par un organe public chargé de déterminer les principales politiques commerciales. Cette décision est totalement décalée avec la vision dite libérale que prône la nouvelle administration. Ce retour à l'étatisme, à l'interventionnisme et à la régulation évoque plutôt la « grande » époque du communisme. L'histoire, nous montre pourtant que la planification mène inévitablement au désordre. Le prix Nobel d'économie Friedrich von Hayek dans la route de la servitude met d'ailleurs scrupuleusement en garde contre l'interventionnisme de l'Etat dans des domaines qui ne le concerne pas car ces politiques ont déjà conduit aux pires situations dont l'épisode douloureux du nazisme. Ceci pour dire que les choix économiques ne doivent pas être pris à la légère car ils tuent bien plus que les mauvais médecins.

Une réforme inquiétante

Cette réforme résulterait des pressions exercées sur le gouvernement ivoirien par les bailleurs de fonds que sont le FMI et la Banque Mondiale qui font de la réforme du secteur l'une des conditions sine qua non de l'allègement de la dette. Ceci nous permet de souligner, une nouvelle fois, les risques d'une politique reposant sur l'aide publique internationale. En effet, les bailleurs de fonds sont ensuite en situation d'imposer leur politique et de tenir ainsi les rênes du pays.

Le choix d'une politique interventionniste par les pouvoirs publics enferme la filière dans un modèle arriéré inadaptée à un environnement globalisé. Les principes du libre échange, de la concurrence et donc des prix libres déterminés en fonction de l'offre et de la demande sur le marché du cacao sont totalement faussés. Pourtant, le professeur PASCAL SALIN, éminent économiste, affirmait encore lors de sa récente venue en Côte d'Ivoire que l'échange libre est la clé du progrès dans toute société et que c'est même l'une des seules vérités économiques universelles. Il permet aux deux partenaires de s'enrichir et d'augmenter la productivité grâce à l'incitation et à la notion de responsabilité qui poussent au dépassement de l'individu.

L'autre argument invoqué par la nouvelle administration pour justifier cette réforme est celui de la paupérisation des paysans suite à une décennie de libéralisation. L'argument de la pauvreté interroge pourtant quand on sait qu'en dépit des crises, les paysans ont atteint des records de production. Le gouvernement gagnerait à trouver de bonnes incitations au lieu de s'ériger en ultra-régulateur et d'appliquer des mesures dirigistes qui ne pourront que fragiliser la filière. Les intérêts des paysans ne seraient-ils pas mieux protégés s'ils possédaient des titres de propriété sécurisés par une justice efficace ? Si les infrastructures leur permettaient un meilleur acheminement de leurs marchandises ?

On a vu, lors de la dernière crise post électorale, que les mesures rigides de stockage des fèves imposées par le gouvernement ivoirien n'ont mené qu'à une baisse drastique du cours mondial du cacao. L'économiste planificateur devrait avoir l'humilité de prendre des leçons de l'histoire et comprendre que le non interventionnisme est le terreau le plus fertile de la croissance et du progrès.

Les conséquences

Cette décision éloigne les cultivateurs du marché. Déjà réduits au servage sans titre de propriété, elle instaure un écran (l'organe de régulation) entre eux et le marché. Pour apaiser les inquiétudes, le gouvernement assure que la composition de la structure se fera à base paritaire entre les personnes désignées par le gouvernement et l'interprofession (planteurs et exportateurs). Il n'en demeure pas moins que c'est l'Etat qui sera maitre du jeu.

L'autre conséquence est que cette mesure de régulation découlant sur une rigidité du prix n'est pas propice à une amélioration du produit. Pourquoi produire une fève de meilleure qualité si le prix est le même ?

Soulignons qu'en Côte d'Ivoire, nous avons connu une mauvaise expérience avec une structure publique de régulation de la filière café-cacao : la CAISTAB dont le fonctionnement a été entaché d'une corruption généralisée (portant sur près de 260 millions de francs par trimestre à la fin des années 1990). Cette corruption flagrante avait même interpelé le FMI et la Banque mondiale qui avaient exigé sa suppression qui fut effective en 1999. Pourquoi revenir à une solution qui a déjà montré ses limites ? Quand à la promesse du gouvernement de lutter contre la corruption, elle est certes encourageante mais laisse perplexe quand on connaît le contexte corrompu du pays qui est mis en exergue de manière constante par de nombreux audits et rapports. Dans l'absolu, le problème ne se situe même pas au niveau de la maitrise de la corruption, il se situe au niveau de la main mise de l'Etat sur la filière cacao. Que cette main soit propre ou souillée.

Où est l'internationale libérale ?

L'internationale libérale est récemment venue en Côte d'Ivoire pour soutenir le Président Ouattara et son équipe. A cette occasion, la délégation s'est félicitée du "retour" du libéralisme dans le pays. Notant pompeusement l'échec de la politique socialiste de Laurent Gbagbo, les membres de la fédération se sont réjouis de sa chute. Aujourd'hui, le gouvernement Ouattara annonce la reprise du contrôle de la filière cacao par l'Etat. Cette mesure plus proche du modèle soviétique dirigiste que du libéralisme qui par essence fait confiance à l'homme et donc à l'autorégulation des marchés ne semble pas vraiment interpeller l'internationale libérale.


Un article de Michaël-Eric ABLEDJI  et Aquilas YAO, étudiants libéraux ivoiriens au sein d'Audace Institut Afrique.

 

Source: AUDACE INSTITUT AFRIQUE

dimanche, 13 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011: RDR-FN CONTRE PDCI


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Les élections législatives qui arrivent à grands pas auront eu raison de toutes les professions de foi quant à la solidité à toute épreuve du Rhdp. A l’heure du choix des candidats, le consensus tant chanté par les hérauts de l’alliance des Houphouétistes, s’est effrité comme château de cartes. Ainsi, dans presque toutes les circonscriptions électorales de la Côte d’Ivoire, les deux poids lourds du Rhdp s’affrontent. A Abidjan, il n’y a qu’à Port-Bouet et à Marcory qu’il y a eu consensus entre les différents partis du Rhdp et à Gagnoa où le Pdci et l’Udpci ont pu s’entendre sur une candidature, partout ailleurs c’est l’affrontement entre les héritiers d’Houphouët-Boigny. Dans le district autonome d’Abidjan, le Pdci et le Rdr croisent le fer.

A Abobo, 6 candidats du Pdci tels M’Bra Kouassi Daniel, Coulibaly née Orohoto Cécile, Koné Siaka, affronteront Adama Toungara, Kandia Camara, Karamoko Yayoro, Affoussy Bamba, etc. A Koumassi, N’Dohi Yapi Raymond et les autres candidats du parti d’Henri Konan Bédié dans cette commune, seront opposés au ministre Cissé Bacongo, Koné Mamadou et Mah Diallo du Rdr. A Yopougon, les candidats du Pdci-Rda, pilotés par Djédjé Bagnon et Coulibaly Daouda dit Zié affronteront 6 candidats du Rdr conduits par le ministre Koné Kafana Gilbert.

Yamoussoukro commune sera aussi le théâtre d’une lutte sans merci entre les candidats du Pdci et le gouverneur actuel du district de Yamoussoukro, Augustin Tiam qui s’engage pour le compte de son parti, le Rdr. Le Pdci et le Rdr ne se feront pas non plus de cadeau à Ferkessédougou, le Premier ministre Soro Guillaume, enfilant le manteau du Rdr, se présente contre le candidat du Pdci-Rda. A Korhogo, il y aura aussi le choc entre les candidats du Rdr conduits par les ministres Amadou Gon Coulibaly et Coulibaly Mamadou Sangafowa et les candidats du Pdci avec des abonnés à la députation du Pdci-Rda à Korhogo tels que Silué Kagnon Augustin.

A Bloléquin, le ministre Banzio du Pdci luttera contre Mme Bléadé du Rdr. A Katiola, le général Ouassénan Koné affrontera un candidat du Rdr, en l’occurrence Kaotan Koné, présenté par le parti d’Alassane Ouattara à Katiola-Fronan-Timbé. Nabo Clément, candidat du Rdr à San Pedro va se mesurer au doyen George Denise du Pdci. Man, c’est Konaté Sidiki qui défie, sous la bannière du Rdr, le candidat du Pdci Bouys Sianelé Philippe. Bien d’autres régions seront le cadre d’une véritable bataille électorale entre les partis du Rhdp.

Pour le président Henri Konan Bédié, l’essentiel est que les partis houphouétistes aient la majorité pour permettre au président Alassane Ouattara d’exécuter sans entrave son programme de gouvernement. Mais, le fait est là. A l’épreuve de ces législatives, le Rhdp n’a pas pu conserver sa cohésion. Ce qui amène à s’interroger sur l’avenir de cette alliance après des batailles électorales qui ne manqueront pas de laisser des séquelles. Le mur semble fissuré. Il faudrait beaucoup de ressort des houphouétistes pour rebondir et ressouder les morceaux en ayant en tête l’essentiel : la nécessaire communauté d’action pour rebâtir la Côte d’Ivoire.

Le Rdr parraine des candidatures Forces nouvelles

La liste des candidats Rdr pour les législatives de décembre dégage une particularité. Des candidats issus des rangs des Forces nouvelles compétissent dans certaines circonscriptions en étant sur ladite liste. Des figures emblématiques des Forces nouvelles y sont. Le Premier ministre, Guillaume Soro, il y a quelques mois à Bouaké lors d’un atelier n’a pas autorisé la transformation des Forces nouvelles en parti politique. Appelant au contraire, les uns et les autres à aller dans les partis de leur choix.

Est-ce la manifestation de cette décision de Guillaume Soro qui se traduit ainsi avec la présence de membres des Forces nouvelles sur la liste du Rdr ? Est- ce un artifice intelligent pour se faire élire député quand on sait que les circonscriptions choisies par les candidats Forces nouvelles sont des bastions acquis au Rdr ? Les candidats restent-ils alors Forces nouvelles en occupant des postes qui devaient revenir logiquement au Rdr ?

Voilà autant de questions auxquelles il serait difficile de répondre. Cependant, ce qui saute aux yeux, c’est ce mélange des candidats des deux entités. Toute chose qui laisse croire que le Rdr a décidé de parrainer les Forces nouvelles.

François Konan et Diarrassouba Sory


Source: LE NOUVEAU REVEIL

samedi, 12 novembre 2011

LEGISLATIVES 2011 - LES GRANDS PARTIS EN DIFFICULTE: LA MENACE DES INDEPENDANTS



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964 dossiers réceptionnés pour un total de 1185 candidats titulaires, 439 candidats indépendants provenant de 34 formations ou groupements politiques, 89% pour les hommes, et 11% pour les femmes en termes de représentation… Tel est le point des candidatures aux législatives prochaines, fait le jeudi 10 novembre 2011 par la Commission électorale indépendante (Cei).

Les chiffres avancés notamment en ce qui concerne le nombre de candidatures indépendantes, sont symptomatiques de la situation difficile que vivent les partis politiques engagés dans la course. Le nombre élevé (439), de candidats indépendants issus des partis politiques, montre bien que ces partis notamment le Pdci et le Rdr, ont eu du mal à canaliser leurs hommes. Ces deux grandes formations politiques du Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), n’ont pas réussi à créer l’union sacrée, ni en leur sein, ni au sein de leur coalition. La première décision prise par leurs présidents, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara, a été violemment contestée par la base. Les deux mentors ont dû reculer. Et face à la pression, ils ont autorisé tous les prétendants à la candidature, à se lancer dans le jeu.

Si cette dernière décision a le mérite d’ouvrir la compétition à tout le monde, elle n’est pas loin de mettre les partis membres du Rhdp dans une situation inconfortable. Les candidats indépendants qui n’ont pas eu la caution de leur formation politique, constituent une véritable menace pour le Pdci, le Rdr, l’Udpci et le Mfa. Cela est aussi valable pour les autres partis qui prendront part aux législatives à venir. Des candidats qui vont à la compétition sous la bannière de leur formation politique, pourraient mordre la poussière devant des indépendants. Et il n’est pas évident que les indépendants-vainqueurs, retournent dans leur parti d’origine.

Par ailleurs, il est à craindre, surtout pour les grands partis, que les indépendants-vainqueurs songent à se mettre ensemble pour créer un groupe parlementaire. Un tel schéma pourrait rendre davantage difficile la tâche du Rhdp à l’hémicycle, étant entendu que cette coalition veut garantir au chef de l’Etat, la majorité au parlement. Les indépendants, une fois unis dans un groupe parlementaire, pourraient, pour se venger, ‘’emmerder’’ le pouvoir dans le vote des lois. Pour l’instant, le nombre important de candidats indépendants, va jouer sur l’équilibre des partis politiques dont ils sont issus. La campagne électorale, on peut le penser, sera électrique entre les indépendants et les choix des partis politiques. Elle pourrait laisser des cicatrices au niveau de la cohésion dans les formations ou groupements politiques.

Bamba Idrissa


Source: SOIR INFO

LIBERTE PROVISOIRE - COMMENT LES PRO-GBAGBO SONT ARRIVES, HIER



ARRIVEE DES PRISONNIERS DE OUATTARA A ABIDJAN.jpg

Il est 15 h 30, ce vendredi 11 novembre 2011, quand nous arrivons à l’hôtel Ibis au Plateau. Fait remarquable : une dizaine de policiers y sont postés. Une source nous avait soufflé, à la mi-journée, que cet hôtel allait accueillir les prisonniers pro-Gbagbo élargis, mercredi 9 novembre 2011, par la justice ivoirienne.

Elle avait la bonne information puisqu’à 16 h 03, un véhicule Pick-up double cabine de marque Mitsubishi de couleur blanche gare. On y voit descendre l’ex-ministre, Gnamien Yao, l’ex-conseiller économique et social, Diabaté Bêh, le Secrétaire général de l’Université de Cocody, Bolou Bi Toto Jérôme. Coulibaly Gervais, l’ex-porte-parole de Laurent Gbagbo, Assiélou Florent, Secrétaire général de l’Union des nouvelles générations (Ung)…leur font les accolades. L’émotion est grande. La joie aussi. Ils montent ensemble au premier étage de l’hôtel Ibis à la salle Bougainvilier. Après les échanges, ils redescendent pour prendre leurs bagages dans le pick-up. Ils disent au revoir au commissaire Coulibaly membre des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci) et son élément qui les ont conduits jusqu’à Abidjan.

Dix minutes plus tard, un deuxième véhicule Pick-up double cabine de marque Mitsubishi, de couleur vert treillis immatriculé Frci 01 10009 et estampillé Atchengué arrive en trombe. Les deux phares allumés. Gui Boni Sinsin Roland et Boguhet Serge Michel, cameraman à la Rti, descendent. Ils ont le sourire. Ils sont accompagnés par deux éléments des Frci. Ils montent eux-aussi au premier étage. Ils remplissent tous des fiches pour occuper des chambres à l’hôtel Ibis. Les ex-détenus s’enferment, par la suite, dans la salle Bougainvilier, pour une réunion avec Coulibaly Gervais et ses collaboratrices, Mmes Boeté et Marie Chantal Djédjé. Dans le hall, où nous attendons l’arrivée du « contingent » de Boundiali, nous voyons Gui Boni Sinsin Roland sortir de l’hôtel. Il rejoint des proches à l’extérieur et s’engouffre dans une voiture et quitte les lieux. Serge Boguhet, habillé dans un jean et un polo, avec une serviette au coup, passe dans le hall. Nous échangeons avec lui. C’est là qu’un collègue de la Rti lui apprend qu’il fait partie des licenciés de la Rti. Il dit ne pas en faire un problème et sort des lieux avec son collègue. Tour à tour, Diabaté Bêh, Gnamien Yao, Bolou Bi Toto viennent échanger avec des connaissances dans le hall. Approché, Diabaté Bêh, qui a gardé la barbichette, déclare être heureux de se retrouver en liberté. Sans plus. Bolou Bi Toto embrasse sa fille née alors qu’il était en prison à Bouna sous le regard affectif de son épouse. Le temps passe et le nombre de personnes (parents des libérés, hommes et femmes de média) présentes aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’hôtel augmente.

Les coups de fil que les uns et les autres passent révèlent que les ex-détenus de Boundiali sont sur l’autoroute. 19 h 25, un car de la compagnie CK Abidjan-Korhogo arrive. Il est immatriculé 8873 CV 03.Tout le monde s’approche. Des éléments des Frci descendent. Par les vitres, on reconnait les visages : Danièle Boni Claverie, Ouégnin Georges Armand Alexis, Dogbo Djéréké Raphaël, Bohui Komé Armand… Ce sont effectivement les prisonniers de Boundiali. Les amis, parents et connaissances, au bas du car, exultent. Mais les occupants du car tardent à descendre. Renseignement pris, certains ne veulent pas mettre pied à l’hôtel Ibis où des chambres leur ont été réservées. Les éléments des Frci laissent les portières du car fermées.

Des chaudes discussions s’engagent entre les ex-prisonniers, leurs avocats conduits par Me Hervé Gouaméné et les Frci. Des policiers postés devant l’hôtel Ibis montent à bord du car. Et soudain, une personne ouvre la portière arrière du car. Un élément des Frci d’élever la voix : « Qui a ouvri par derrière?». Et un autre de répondre : « C’est moi qui ai ouvri ». On attend les éclats de rire à l’intérieur comme à l’extérieur du car. Comme si cela ne suffisait pas, un autre soldat Frci, présent dans le car, lance à 19 h 47: « Il faut appeler lui… ». Finalement, les portières s’ouvrent. Et c’est l’extase…Danièle Boni Claverie, en présence d’un avocat, exprime son « émotion », souhaitant que le pouvoir libère les autres prisonniers pour « une réconciliation effective ». Au moment où elle faisait sa déclaration, ses ex-co-détenus prenaient leurs bagages, avec ceux qui sont venus les accueillir, pour quitter les lieux. Sans entrer à l’hôtel Ibis. Aux dernières nouvelles, ce sont trois ex-prisonniers de Bouna qui y sont restés.

Sylla A.

 

Source: SOIR INFO

DEGRAISSAGE A LA RTI: YO CLAUDE, CLAUDE FRANCK ABOUT, HERMANN ABOA VIRES

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Barthélemy Inabo, Tonton Bouba, Awa Ehoura, Innocent Foto..., en chômage technique

C`est une atmosphère de deuil, mêlée de révolte, qui enveloppait la direction générale de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (Rti), sise à Cocody, toute la journée du vendredi 11 novembre 2011. S`il est vrai que tous les agents étaient informés, à l`issue d`une réunion tenue 48 heures auparavant, au stade de la haute fréquence, de la décision de ``dégraissage`` du personnel, il était pourtant difficile pour les uns et les autres de contenir l`angoisse du chômage. Lorsque vers la fin de l`après-midi, la liste tant redoutée, des agents concernés à été affichée, les personnes qui convergeaient vers le tableau d`affichage avaient bien du mal à contenir leur anxiété.

A l`issue de la consultation de ladite note de service, il a été constaté que sur près d`un millier d`employés que compte l`entreprise, 322 parmi eux, ont été mis en chômage techniques ``pour deux mois``, à compter de la date de publication de la mesure. Ensuite, il nous a été donné de remarquer la présence, sur cette liste, de plusieurs célébrités des médias ivoiriens parmi lesquelles l`on peut citer Barthélemy Inabo, Tonton Bouba, Awa Ehoura Wattara, Viviane Sahoua, Brou Félix Atché, Ballo Adama, Kané Sondé, Ami Gbané, Gilbert Gnagne, Brice Dagou Zouzoua, Guy-Serge, Eloi Picard Koré, Innocent Foto, Romy Roméo, Jacques Zadi, Laurence Sauthier, Kounta Mader, Eloi Oulaï, Adèle Djédjé, Issa Sangaré Yérésso, Victor Kpan. Après avoir pris connaissance de la mesure, nous avons tenté de rencontrer Aka Sayé Lazare, le Directeur général par intérim de la Rti, pour échanger sur la question mais, selon sa secrétaire, il avait quitté son bureau.

Dès lors, nous sommes entré en contact téléphonique avec Barthélemy Inabo, actuellement en France, également frappé par la mesure, qui a laissé éclater sa colère. «Franchement, je ne sais pas sur quels critères ils se sont basés (les responsables de la Rti: Ndlr) pour faire un tel tri. Je trouve que c`est une humiliation pour moi de me mettre en chômage technique et revenir travailler deux mois après. Je suis en train de réunir mes avocats pour me garantir de toutes les dispositions juridiques et rompre avec la Rti», a-t-il asséné. Parallèlement à cette décision de mise en chômage technique, une source proche de la direction générale de la Rti nous a également révélé le licenciement pour ``faute lourde`` de Serges Boguhet, Hermann Aboa...et le licenciement également de Yo Claude (super Ebony 2008), Claude Franck About (super Ebony 2006), ...pour ``abandon de poste``.


Source: SOIR INFO

400 AGENTS MENACES DE RENVOI A LA RTI: LES DESSOUS D'UNE CHASSE AUX SORCIERES

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L’heure n’est pas à la sérénité au sein de la Radiodiffusion télévision ivoirienne. Les esprits des agents sont tourmentés par une mesure inique qui à tout moment pourrait s’abattre sur bon nombre d’entre eux. Ce qui se murmurait dans les coulisses est devenu depuis hier officiel : la direction de la RTI a décidé de se débarrasser de plusieurs agents. Selon une source au sein de la télévision que nous avons contactée dans la soirée d’hier, la direction de la télé nationale, sous un prétexte fallacieux, va remercier plusieurs centaines d’agents taxés de pro-Gbagbo.

Sans nous avancer un chiffre exact, notre contact qui n’avait pris part lui-même à la rencontre tenue au stade de la haute fréquence parce qu’à son poste, situe le nombre d’agents visés par les mesures iniques d’Aka Sayé Lazare dans une fourchette se situant entre quatre cent cinquante (450) et six cents (600). En ligne de mire, la génération 2009. Le motif officiel évoqué, la Maison bleue de Cocody aurait des difficultés financières pour faire face à ses obligations.

Les vraies raisons d’un acharnement

Pourquoi la génération 2009 spécifiquement alors que tout le travail de la télévision ivoirienne ne repose que sur cette génération ? Pour Aka Sayé Lazare et son binôme Brou Aka Pascal, les trois cents agents recrutés en 2009 dans les règles de l’art, c’est-à-dire sur exigence du conseil d’administration et appuyée par le ministre de la Communication d’alors, Ibrahim Sy Savané, ne sont que des pro-Gbagbo. D’où l’acharnement dont ils sont l’objet depuis l’avènement, dans les conditions que tous savent, des promoteurs du «vivre ensemble» au pouvoir. En effet, il y a environ un mois, le directeur général de la Rti, Aka Sayé convoquait neuf agents à son bureau pour les «exhorter au travail» alors que le dynamisme et le professionnalisme de ces derniers est avéré et reconnu au sein de la Maison bleue. Le DG les aurait rassurés quant à quelconque renvoi. Ces derniers en sont encore aujourd’hui à se demander qui a dressé cette liste d’agents et sur quelle base elle a été dressée. Les agents s’interrogent sur l’opportunité du « dégraissage » programmé car en réalité, c’est cette génération qui a apporté du sang neuf à la chaine nationale. Elle constitue en outre la colonne vertébrale autour de laquelle fonctionne la télé. Là où le bon sens aurait voulu qu’une sortie en souplesse soit proposée à la vieille classe devenue moins productive et plus coûteuse pour l’entreprise, la direction de la télé a opté pour la chasse aux sorcières. Certains évoquent, thèse plausible, le renvoi des agents qualifiés pour les faire remplacer par les supporters d’Alassane Ouattara qui seraient tapis dans l’ombre, question de dégager un peu d’espace pour eux au sein de l’institution.


Gérard Koné





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CHOMAGE TECHNIQUE ABUSIF A LA RTI: DESOLATION ET EMOTION

Pour régler ses comptes politiques, le directeur de la Radiodiffusion télévision ivoirienne (Rti), Aka Sayé Lazare, a décidé de faire le ménage par un vaste mouvement de chômage technique à la Maison bleue sise à Cocody. Déjà jeudi, il a annoncé, au Stade de la Haute fréquence, la nouvelle : «Une grande partie du personnel sera mise en chômage technique pour deux mois renouvelables une fois, si les attentes de cette mesure ne sont pas probants…».

Avant que la liste des agents mis en chômage technique pour, dit-on officiellement, raison économique, ne soit affichée, hier dans l’après-midi. Les agents concernés ont donc pris connaissance de cet état de fait. Désolation et émotion se lisaient sur le visage des nouveaux « chômeurs techniques » d’Aka Sayé Lazare. On avait l’impression que le ciel leur était tombé sur la tête et même sur la Maison de la télévision. Cette première vague de mise en chômage technique sera suivie d’une seconde dans deux mois, selon Aka Sayé Lazare. A l’en croire, c’est une injonction du Conseil d’administration, et «l’Etat soutient cette réforme en profondeur». Le chômage technique, a poursuivi l’homme fort de la Rti, ne procède pas d’une éventuelle chasse aux sorcières. Il a soutenu que les agents, objets de la mesure, ont été répertoriés par les différentes directions opérationnelles des organes de la Rti, avec la direction des ressources humaines au cœur du dispositif.

Cinq critères, a indiqué M. Aka Sayé, ont guidé leur choix: les nouveaux venus (après 2009), ceux qui sont à 5 ans et moins de la retraite, les «bras cassés», c’est-à-dire les agents qui ne répondent plus aux attentes des organes, les absents chroniques et les grands malades. «Si nous aimons la Rti, nous devons accepter ce sacrifice», a-t-il justifié. Mais derrière ces raisons, se cachent une seule, la vraie : la chasse aux personnes jugées proches du président Laurent Gbagbo. Ce sont elles qui font les frais de la furia de leur nouveau patron. Ces dernières vont percevoir moitié salaire, le temps de leur chômage technique.

Parmi ces travailleurs - ils sont 322, le tiers de l’effectif de la Rti -, on retrouve des noms célèbres. Notamment Fernand Dedeh, Laurence Sauthier, Guy Romain Brissi, Albéric Niango Agbassi, Rebecca Koné, Marie-Laure Aka Zakri, Yo Claude, Maxime Zobo To, Awa Ehoura, Claude Franck About, Hermann Aboa, Laurent Séri, Jérémie Ahouré, Barthélémy Inabo, Marie Claire Sèye, Adolphe Zadi, Aron Badé, Ballo Adams, Eric Boly, Guy Roger Yobouet, Eloi Picard Koré, Stéphane Sé, Edy Mosson, Patrick Nguessan, Eugénie Agoh, Brice Eugène Dagou Zouzoua, Ben Zahoui, Ange Gossé, Benson Pierre Acka, Kathy Touré, Roger Dédy, Jean Noël Béhi, Félix Brou Atché, Ange Assoukrou, Félicien Koffi, George Alain Doumouya, Ricardo Somone, Dominique Régine Thalmas Tayoro. Selon les responsables de la RTI, ces travailleurs ont jusqu’à dimanche pour ramasser leurs affaires et partir de la RTI. Ils ne peuvent y revenir qu’en cas de maladie pour se faire consulter par le médecin.

Comme quoi, le nouveau pouvoir ne badine pas avec la rancœur.

 

Marcellin Boguy

 

Source: NOTRE VOIE

FERMETURE DES CAMPS DE DEPLACES A DUEKOUE: LE REGIME OUATTARA MENACE LES RELIGIEUX



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En dépit des interpellations des organismes du système des nations unies spécialisés dans la protection des réfugiés et populations déplacées du fait des conflits armés, le régime Ouattara ne renonce pas à son idée de fermer dans les jours qui suivent les camps qui abritent la quasi-totalité des autochtones de la région. Depuis quelques jours, le ministère de Défense a décidé d’accentuer la pression sur les organisations caritatives présentes sur place.

Notamment Caritas (Suisse), l’Organisation internationale des migrations (OIM) et bien d’autres structures qui viennent en aide aux populations sinistrées et sans repère qui risquent ainsi de se retrouver à la belle étoile et sans ressource pour survivre. La pression s’accentue particulièrement sur les religieux, catholiques ou non, qui hébergent sur leurs sites des milliers de familles en détresse disposés malheureusement à suivre le gouvernement dans sa dérive. Si ces religieux n’ont pas encore démantelé les camps de Guiglo et Duékoué comme l’exige Alassane Ouattara et Soro Guillaume, ils ne sont pas bien loin de céder à la pression.

Ainsi depuis quelque deux semaines, elles ont commencé à affamer les pensionnaires des camps, dans le but de les forcer à partir, quitte à errer dans la nature ou à retourner dans leur village où il n'y ni eau ni nourriture. Et où leur sécurité n’est pas garantie. Pourtant, ces humanitaires le savent, il s’agit de populations rendues extrêmement vulnérables par la guerre  postélectorale qu’ils ont l’obligation de protéger. Leurs chartes respectives sont assez rigoureuses sur la question. Or selon des témoignages recueillis sur le terrain, les habitations, villages et plantations sont encore aux mains des dozos et autres allogènes burkinabé, maliens etc., pseudos Frci en armes qui font la pluie et le beau temps dans la région. Ces personnes visées par la décision gouvernementale manquent de tout ; et les dons de Madame Ouattara qui a engagé une vaste opération de communication dans la région sont nettement insuffisants pour leur garantir le minimum. Les organisations internationales de protection des personnes vulnérables gagneraient donc, face à la situation, à se ressaisir. Pour ne pas se rendre complices d’un génocide qui se dessine.


Edouard Amichia


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

vendredi, 11 novembre 2011

IL FAUT SAUVER LE SOLDAT SARKOZY ET LA FRANCE

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« La faillite n'est plus un mot abstrait », voici l'euphémisme - du reste, très élégant - derrière lequel s'est embusqué le Premier ministre français, François Fillon, pour annoncer, dans une mine inabordable des mauvais jours, au peuple français sa banqueroute budgétaire. Prenant sur lui, en préposé des mauvaises nouvelles, de décliner devant la nation, comme un ange venu du Hadès, un plan, non plus de rigueur (mot pourtant longtemps esquivé par le gouvernement et éludé par moult contorsions verbales de ses membres) mais pire, d'austérité. Avec une accélération de la réforme des retraites, une hausse de la TVA (7%) et de l'impôt sur les sociétés (5%). Mettant la France sur le même palier, en réalité, qu'une Grèce en faillite sous perfusion européenne et une Italie sous surveillance économique et budgétaire du FMI. Des plans d'ajustements structurels (PAS, terminologie longtemps demeurée l'apanage des pays pauvres et notamment des pays africains) qui ne disent pas leur nom.

François Fillon répondait ainsi, du même coup - l'occasion était une aubaine immanquable -, à ses pourfendeurs qui le trouvaient un tantinet alarmiste quand il disait en début de quinquennat, en septembre 2007, qu'il était « à la tête d'un Etat en faillite » et à un Nicolas Sarkozy qui, en novembre 2007, assurait les français de l'inverse : « La France n'est pas en faillite ».

Déjà le samedi 5 octobre, à Morzine en Haute Savoie, dans les Alpes françaises, à deux jours de la présentation du deuxième plan de rigueur en moins de trois mois - le socialiste François Hollande dénonce justement une « politique de bricolages » -, il déclarait que « Le budget 2012 sera l'un des budgets les plus rigoureux que la France ait connu depuis 1945 ». Il est urgent, a-t-il dit, cette fois le lundi 7 novembre dernier, lors de sa conférence de presse à l'Hôtel Matignon, de « sortir de la spirale dangereuse » de « la stagnation, de l'endettement et de la sous-compétitivité », même au prix « d'efforts collectifs et prolongés et de « sacrifices ». Il faut rappeler que la France gît sous une épaisse couche de dettes et de déficits, depuis de très longues années. Elle espère ainsi « économiser 100 milliards d'Euros pour parvenir à zéro déficit, en 2016 ».

Comme dit une chaîne de télévision belge sur son site Internet, « l'objectif est de ramener le déficit public à 4,5% du PIB en 2012. Il en va du précieux ''triple A'' de la France, attribué par les agences de notation et sésame pour emprunter à bas coût sur le marché de la dette. Etalé sur quatre ans, l'effort supplémentaire prévu par ce deuxième plan de rigueur en moins de trois mois représentera 7 milliards d'Euros dès 2012. Il doit permettre à la France d'épargner près de 65 milliards d'Euros de dette supplémentaire, d'ici à 2016. (...) Fait rarissime, le budget de l'an prochain est ainsi profondément remanié avant même d'avoir été adopté par le Parlement ».

Les coupes budgétaires annoncées doivent permettre de faire entrer dans les caisses de l'Etat 5,4 milliards d'Euros pour un besoin brut de 7 milliards d'Euros supplémentaires, qui viendront en appui des 11 milliards d'Euros d'économie forcée déjà annoncés, en septembre dernier. Nettement insuffisant pour sortir la France de l'impasse. Où trouver la différence de 1,6 milliards d'Euros. Tel est le nouveau casse-tête « chinois » français.

Et pourtant, si la France vivait moins orgueilleuse et moins belliqueuse, l'économie hexagonale et tout le peuple français s'en porteraient infiniment mieux. Se livrer à un « fascisme extérieur » comme le lui a asséné le sociologue Jean Ziegler, présentant sur TV5 Monde son dernier ouvrage intitulé « Destruction massive », fomenter contre des nations tranquilles  des « guerres humanitaires et démocratiques » pour lesquelles plus personne n'est dupe et espérer équilibrer un « budget en déficit depuis une trentaine d'années », dixit Nicolas Sarkozy lors de sa 3ème conférence de mandat, nous semble être une fuite en avant, doublée d'une prise de raccourci déconcertante du gouvernement français, quand des solutions objectives existent bien en face de lui : vivre selon ses moyens. Qu'entendons-nous par cette expression ?

La France veut continuer à être la « Grande France ». De bonne guerre ! Mais à ses risques et périls. Car comment espérer réduire les déficits, sortir de la spirale de l'endettement aveugle voire irresponsable et s'extirper des anneaux contristants des marchés financiers, tout en continuant cette politique arrogante et impérialiste dans le monde, appuyée sur une économie défaillante et très peu compétitive ? Impossible de faire des omelettes sans casser les œufs. Il faut que la France vive selon ses moyens et non plus de l'argent qu'elle n'a pas ou que ne produit guère plus son économie ni sa force de travail nationale. Le monde a évolué, les rapports de forces géopolitiques et géostratégiques ont mué avec l'émergence de la Chine et des BRICS en général, la real politik internationale n'est plus celle des « 30 glorieuses ». La France n'a plus les moyens de son prestige. Elle doit simplement revoir ses prétentions à la baisse et ne plus vivre aussi outrageusement au-dessus de ses moyens. N'y a-t-il plus de bon sens en France ou plus personne qui en soit habité ?

Figurez-vous qu'en ces temps de vaches maigres internationales, la France se paye encore le luxe d'entretenir pas moins de 11 bases militaires permanentes et d'« opérations extérieures (Opex) », en Afrique (Côte d'Ivoire, Sénégal, Tchad, Gabon, Somalie, Djibouti, Comores, Ile de la Réunion, Togo, Cameroun, République Centrafricaine) et dans le monde, dont les plus importantes se situent en Afghanistan, au Liban, dans le Darfour, en Côte d'Ivoire et dans les Balkans. Sans omettre la toute nouvelle base d'Abu Dhabi (mai 2009), dans les Emirats arabes unis, aux larges du Golfe persique. Avec tout ce que cela sous-entend de logistiques lourde et légère, de charges quotidiennes de fonctionnement et de maintenance, de salaires et de primes, d'investissements divers. La seule force Licorne en Côte d'Ivoire, coûtait et continue de coûter à la France pas moins de 10 milliards de Francs CFA par mois, soient environ 15,3 millions d'Euros par mois.

Les forces françaises hors de la métropole sont les détachements de l'armée française localisés hors du territoire européen de la France. Ainsi, environ 10.000 militaires français sont répartis, en 2010, dans une dizaine d'opérations extérieures (Opex). En ajoutant aux Opex les forces dites de « présence » et de « souveraineté » stationnés dans la France d'outre-mer (Mayotte, Antilles, Guyane, Nouvelle-Calédonie, Polynésie. Afrique y compris ? Ce serait une insulte !), on obtient un total d'environ 30 000 soldats stationnés hors de la métropole française. Réduire cette armada ne serait-ce que de moitié, et la France est sauvée. Mais de cette solution, point question !

Nicolas Sarkozy sera certainement le président français sous lequel toute cette richesse et cette vie artificielles entretenues depuis des décennies finiront par s'écrouler comme un château de cartes. Tant les coups de boutoirs de sa politique extérieure (la guerre en Côte d'Ivoire, couplée de la guerre en Libye et d'un plan de sauvetage de la Grèce audacieux si ce n'est suicidaire, qui ont aggravé comme jamais le déjà abyssal déficit budgétaire français), ses derniers mois, auront été décisifs pour le futur et très proche effondrement général d'une économie déjà en équilibre précaire.

Barack Obama et Nicolas Sarkozy ont passé le plus clair de leur temps à s'encenser l'un après l'autre et à célébrer leur « leadership exceptionnel », lors de leur conférence de presse de clôture du G20 de Cannes. Deux personnalités qui en avaient vraiment besoin, sur le moment, pour maquiller en victoire médiatique leurs déconvenues budgétaires et donner le sentiment global d'être bien « à la barre », quand leur pays vont à vau-l'eau et qu'ils ne doivent leur salut qu'à la « magnanimité » d'une Chine triomphante qui a bien voulu leur acheter leurs bons de trésor et racheter une partie significative de la dette européenne.

Vu sous ce prisme, la présidentielle française de mai 2012 promet des débats croustillants sur les questions financières et économiques. Des esquives en tout genre, des déclarations à l'emporte-pièce, des promesses mirobolantes qui ne seront jamais tenues comme à l'accoutumée, des coups bas à la DSK (en dessous de la ceinture) et des mensonges éhontés de tout registre sont au menu. Nous serons bien servis, en tout cas. La France en sortira-t-elle perdante, plus que jamais affaiblie ou plus forte ? Nous le saurons, bientôt ! D'ici là, il faut sauver le soldat Sarkozy et la France par des recettes intelligentes et peu coûteuses. Nous, nous proposons le bon sens universel et la trivialité d'une recette connue même en économie domestique : vivre selon ses moyens - donc non plus au-dessus de ses moyens - et revoir à la baisse un ego international surdimensionné.

Nous y invitons pareillement la « nouvelle Côte d'Ivoire » et la « République des vainqueurs » de la lagune Ebrié. Qui a les yeux désespérément rivés sur la France messianique d'un Nicolas Sarkozy fauché - qui a récemment offert à notre police 34 véhicules d'occasion encore aux couleurs et aux immatriculations françaises - sauveur pressenti d'un Alassane Ouattara sans le sou.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 363 du jeudi 10 novembre 2011.

jeudi, 10 novembre 2011

8 PROCHES DE GBAGBO LIBERES HIER

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L'audience à huis-clos, hier au Palais de justice d'Abidjan, a pris des allures d'un accouchement difficile. Une délivrance dans la douleur qui aura finalement rencontré la déception des avocats ayant introduit une demande de liberté provisoire en faveur des personnalités enfermées jusque-là dans les prisons du régime. Et pour cause, sur les 65 requêtes introduites, seules 9 ont été examinées par la chambre d'accusation. Sur la brèche depuis plusieurs jours, les défenseurs des proches du président Laurent Gbagbo ont passé toute la journée d'hier, en compagnie des journalistes, des parents et amis des détenus, à attendre la décision finale des autorités judiciaires. Celle-ci est tombée aux environs de 18 heures. Sous la forme d'une remise en liberté de huit personnalités de l'ex-majorité présidentielle.

Ce sont, Mmes Adèle Dédi, Simone Hué Lou, Danielle Boni Clavérie, Chantal Léba, Mrs Ettien Amoikon, Kata Kéké, Georges Aman Ouégnin, et Germain Guézé, caméraman à la RTI. Le seul cas qui n'a pas recueilli un avis favorable du juge est celui de Martin Sokouri Bohui, le « monsieur élections » du Front populaire ivoirien (FPI). Du côté de la défense, même si on note une petite pointe de déception pour  le seul recalé du groupe, on garde toujours espoir quant à l'examen des 56 autres dossiers, puis l'élargissement, dans les jours à venir, d'autres personnalités.

Au FPI, si l'on salue le retour à la maison des heureux élus d'hier, personne ne s'extasie devant le geste de décrispation du pouvoir. Car dans les allées de l'administration ''bleu et blanc'', on attend beaucoup plus de Ouattara. A savoir la mise en liberté définitive, des cadors du parti tels que la famille Gbagbo,  Affi N'guessan, Aboudramane Sangaré, Généviève Bro Grébé, Aké N'Gbo, le gouverneur Dacoury Tabley et autres  Désiré Dallo, pour ne citer que les plus connus.

Pour rappel, dans le cadre du dialogue républicain qu'il a instauré depuis quelques jours avec le FPI, le pouvoir avait promis faire un geste de décrispation à l'effet de permettre aux partisans du président Laurent Gbagbo d'entrer en piste pour les élections législatives annoncées pour le 11 décembre prochain. Et cela sous la pression de la communauté internationale qui redoute un scrutin bancale et peu fiable en l'absence des « frontistes » ivoiriens. La Côte d'Ivoire qui garde encore  les séquelles de la crise post-électorale retient son souffle en attendant la décision finale du FPI quant à une participation ou non aux législatives. La mesure d'hier se veut un gage de la bonne foi du locataire du palais présidentiel. La direction du FPI avisera.


Yves De Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 94 du jeudi 10 novembre 2011.

 

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LIBERATION SUITE


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Le ministre Dogo Raphaël (handicapé moteur) a été libéré.

 

Selon Me Gouaméné Hervé, douze (12) autres personnes détenues par le régime de M. Ouattara viennent d'être mises en liberté provisoire. Il s'agit de : Diabaté Bêh, Niamien Yao, Boguhé Serge Michel, Dogo Raphaël, Koudou Simon, Boli Bi Toto Jérôme, Sinsin Guy-Roland, Koudou Constant, Koné Boubacar, Bohui Armand, Dassé Jean Martin, Guézé Kanon Germain. Ce qui porte à 20 le total des personnes libérées, hier.

 

Source: Facebook Alain Toussaint

ABOU CISSE ECRIT AU PRESIDENT GBAGBO: «ON A ENCORE BESOIN DE TOI»

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Mon cher président, cher ami, combattant de la liberté,

 

L'utilisation de l'écriture comme arme de défense m'est venue l'autre jour, après la relecture de tes différentes correspondances que tu m'as adressées lors de mon séjour à la Maca. Parce que je défendais un certain Ado, président aujourd'hui, par la force des choses. La cause : l'injustice, le tribalisme qui était devenu une institution aux yeux de tous. Le seul leader politique qui m'a apporté son soutien, c'est toi, Gbagbo Laurent. Estimant que le pays d'Houphouët ne pouvait s'inscrire sur le chemin de la discrimination raciale. Le peuple, à l'époque, était ravi à la lecture de mes différents écrits, il en souffrait lorsqu'il m'arrivait d'être absent dans la livraison du jour. Que veux-tu ? C'est le cheminement des combattants de la liberté et tu en es un. Mais aujourd'hui, les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Le président d'aujourd'hui que nous avons défendu bec et ongles est prisonnier d'une victoire factice où les ingrédients de la gestion du quotidien ne manqueront pas avec le temps, à faire leurs œuvres. Mais en tant que combattant anonyme de la liberté, je me dois de te défendre comme j'ai défendu Alassane Ouattara des griffes de Bédié. Je m'appliquerai par tous les moyens de l'écriture à diligenter ta libération. Les menaces ne faiblissent pas comme quand, en son temps, j'avais pris sur moi la même voie ; je présume qu'il m'enverra en prison ou il utilisera d'autres moyens obscurs pour mettre fin à ma vie. Ils m'ont envoyé certains convoyeurs d'informations m'intimant l'ordre de ménager leur mentor Alassane, l'information s'atèle à révéler et à fixer la date de mes jours, quoi encore ! Faut-il y croire ? A quoi bon ? Mais sache que tant qu'il me restera une seconde de vie, j'élèverai par ma plume, le clairon : Gbagbo est innocent, il faut le libérer pour qu'il retrouve son peuple et sa famille.

Mais qu'as-tu fait, l'homme Gbagbo ? Rien, sauf vouloir servir ton peuple. Ton combat t'a fait frôler une fois de plus la mort sans que ne s'ébranle ta détermination. Le peuple, dans un élan de circonstance, t'a élevé au firmament de ta gloire : la présidence de la république. M. le président, qu'as-tu fait de ta victoire ? Victoire dont tu me disais, qu'elle n'était pas celle que tu aurais souhaitée mais il fallait faire avec. Parce que tu n'étais pas de sainteté avec la France. 10 ans de guerre, 10 ans de troubles au départ bénis, parce qu'on pouvait le circonscrire mais ceux qui t'entouraient ont tourné la barque ailleurs et les forces extérieures, composées de Jacques Chirac, de Sarkozy et d'Obama, ont eu raison de toi. Ils ont orchestré, fabriqué par leur télévision interposée des accusations ignobles que je ne connais pas de toi et je ne peux m'imaginer même si le pouvoir peut déformer les hommes et les transformer en bourreaux. A moins que ne connaissant pas les règles de l'art de la gestion de la nation, tu te sois replié sur tes principes républicains (...). Tu te savais minoritaire dans les fours des ethnies et ta marche la plus éloquente a été de chercher des hommes du nord afin de diriger la Côte d'Ivoire dans la paix, mais les faiseurs de roi avaient une autre chose dans la tête. Ils ont eu raison de toi, ils se sont installés, ils ont accaparé toute la Côte d'Ivoire.

Sinon comment comprendre que le mentor aille présenter, dès son investiture, le budget prévisionnel à l'Onu, au lieu de l'instruire d'abord par son peuple ? Comment comprendre que l'Onu est en train de s'accaparer des terres de nos populations pour l'affecter en un champ d'entraînement militaire. Je crains qu'une révolte ne s'installe dans le cœur des Ivoiriens, surtout lorsqu'ils se réveilleront. Ils n'auront plus peur des armes. L'Ivoirien n'est pas l'arabe parce que ce qui se passe ici n'a d'égal nulle part sur la planète. C'est la raison du plus fort. En fait, où sont nos forces nouvelles qui, malgré leurs faiblesses, ont été les acteurs premiers de la contestation ? Où sont nos forces de défense nationales qui sont aujourd'hui sans armes ? Où est le premier ministre ? C'est à lui que revenait de nous dire ce que sera la Côte d'Ivoire de demain au lieu d'un président qui ne se sent à l'aise qu'à l'extérieur devant des parterres de gens qui lui insufflent non pas une programmation apaisée du développement mais l'inscrivent dans le cheminement du despotisme de la haine avec une bible de conditions du Fmi. (...). La France n'acceptera jamais qu'Alassane soit de sainteté avec son peuple, et son peuple, malgré l'armada de soldats, ne sera jamais de sainteté avec lui. C'est la loi du donnant-donnant et la Côte d'Ivoire est devenue une île paradisiaque pour les fêtards occidentaux.

Cher ami, voilà pourquoi je m'efforcerai de te libérer de la France, des Usa, parce que ce sont eux qui ont la main sur la gâchette. Notre président, oh notre président, il voit des préparations de coups d'état partout. Qu'il sache que l'Ivoirien n'a pas la culture de la guerre. Ceux qui peuvent susciter une guerre ou une rébellion, ce sont les français et leurs valets. (...). La Côte d'Ivoire a perdu tout après la dévaluation. Les tenants du pouvoir de l'époque ont bradé le bénéfice de la dévaluation et tu n'as hérité de rien, sauf du feu que tu n'as pas allumé. Alors mes chers amis, j'entreprendrai très prochainement, sur invitation des uns et des autres, en dehors de la Côte d'Ivoire, des conférences pour rétablir la vérité. Mon cher Gbagbo, parce que les plans drastiques du Fmi nous seront appliqués bientôt, sans arme, les commanditaires sont là et la vérité va se faire jour.

Ma certitude, c'est que tu seras libéré, tôt ou tard. Je souhaite que tu ne te suicides pas. La lutte de notre génération n'est pas terminée et tu dois être libre pour voir de toi-même tes erreurs, les erreurs de ton entourage. C'est libre que la Côte d'Ivoire peut se développer dans la démocratie, c'est libre que la contradiction peut emmener la paix. Le problème de la Côte d'Ivoire est ethnique, politique et l'ingérence prolongée des français et de l'Onu va créer des particules qui vont transformer notre problème en un problème ethnique. L'occident doit se souvenir de Mogadiscio, de l'Afghanistan, pour nous libérer et libérer Gbagbo, sinon les forces humaines se réveilleront en temps record. Je continuerai à t'écrire mon cher ami; des fredonnements de ton nom se chantent, ici et là. Et des pagnes s'identifient déjà à toi.

Alors quel crime as-tu commis ? Parce que des langues se délient. Je m'en vais te dire que j'écrirai, par presses interposées, aux différents présidents du monde, en vue d'étendre la vérité. Ils me comprendront par rapport à notre président (Ado, ndlr) qui ne connaît pas l'histoire des hommes. Tu as commis certes des erreurs d'appréciation, mais tu n'es pas un nazi, encore moins un dictateur.


Abou Cissé Ton ami, ton frère, combattant de la liberté.

 

Source : LE TEMPS