topblog Ivoire blogs

dimanche, 30 octobre 2011

L'AFRIQUE, LE CONTINENT HUMILIE

GBAGBO ET KADHAFI 2.jpg

Lundi 11 avril 2011, sorti groggy de la résidence présidentielle, pilonnée plusieurs jours durant par l'armée française; livré à la furie de ses adversaires, Laurent Gbagbo est déporté sans ménagement et emprisonné au Nord de la Côte d'Ivoire.

Jeudi 20 octobre 2011, sorti hagard de son convoi détruit par un bombardement de l'Otan, Mouammar Kadhafi effectue son chemin de croix, le visage ensanglanté, lynché par des adversaires déchaînés. Ils finiront par l'exécuter d'une balle dans la tête à Syrte, sa ville natale.

Deux images unanimement saluées par la démocratie occidentale. Deux images choquantes pour l'Afrique. Images d'humiliation de deux chefs d'Etat. Images d'humiliation d'un continent.

Elle est belle la démocratie mondiale, empêtrée dans ses mensonges et ses propres turpitudes. A user de remèdes plus pernicieux que le mal décrit. A parler de démocratie en larguant plus de 30000 bombes sur un pays. A prétendre protéger les civils quand la guerre "humanitaire" fait plus de 60000 morts. A jouer les pompiers ici pour faire oublier ailleurs le rôle de pyromane. A saluer l'élection de Barack Obama quand son rêve américain prend des airs de cauchemar africain. A reconnaître des rebellions militaires sanglantes tout en menaçant de son veto la reconnaissance d'un Etat Palestinien. A nommer des prix Nobel de la paix qui n'ont réalisé aucune action pacifique. A créer une Cour Pénale Internationale pour juger uniquement les crimes des autres. A évoquer l'indépendance quand il s'agit de la recolonisation d'un continent.

Georges Bush Jr n'est plus président mais son esprit plane encore au-dessus du nouvel ordre mondial. Il est réincarné dans l'hexagone en président hyperactif et va-t-en guerre. Un président qui n'hésite pas à régler en Côte d'Ivoire un contentieux électoral à coups de milliers de bombes et d'obus. Hier Bagdad, aujourd'hui Tripoli. Mêmes causes, mêmes effets. Des pays livrés aux chiens de guerre et au chaos. A qui le tour demain?
Mépris des Africains à Paris. Mépris de l'histoire africaine à Dakar. Dans l'esprit des Africains-Français, les mouroirs de Syrte et d'Abidjan s'inviteront jusqu'aux isoloirs de Neuilly sur Seine et de Tulle en 2012.

Et le silence de l'Union Africaine? Et la lâcheté des chefs d'Etat africains? Certains se terrent, terrorisés. Les tyrans, les putschistes, les oppresseurs, les corrompus, les marionnettes et les collabos. Ils se font tout petits. Et les autres? Ils manquent de courage. Ils se taisent. Ils acceptent sans broncher leur propre humiliation, l'humiliation du continent. Planquez-vous braves présidents! Croisez les bras. Croisez les doigts. Fermez les yeux. Espérez que la furie occidentale vous oublie. Priez pour qu'elle s'abatte sur le voisin d'à côté. Union Africaine. Union disparate de petits Etats pauvres et divisés. Adieu, Lumumba. Adieu Nkrumah. Adieu Sankara. Adieu l'unité africaine. Adieu enfin les Etats-Unis d'Afrique.

Et les intellectuels africains? Que disent-ils? Rien du tout? Vaillants leaders éclairés! La triste réalité du continent africain n'est de toute évidence pas une source d'inspiration. Parcourez les rédactions et les médias occidentaux pour vendre vos si belles fictions. Silence, on massacre vos semblables. Dormez-bien. Rêvez-bien. Bernard Henry Levy est lui bien réveillé. Lui qui se bat pour que les indignés africains expriment dorénavant avec "force" leur soif de démocratie. Peu importe si les armes, qui leur sont distribuées, entraînent un bain de sang entre concitoyens. Merci B.H.L! Encore un coup de panache, et la charia devrait être érigée en règle constitutionnelle sur l'ensemble du continent.

Elle est belle la démocratie internationale. Et les centaines de milliers de bombes larguées sur le continent noir n'ont pas encore tiré le milliard d'Africains de sa profonde léthargie. Alors, massacrons-nous encore à Kigali et à Benghazi pour la conquête du pouvoir. Dansons à Syrte et à Misrata autour de nos cadavres. Célébrons à Abidjan et à Libreville, l'humiliation de notre continent. Oui laissons, abandonnons, cédons aux Américains, aux Européens et aux Asiatiques le soin d'exploiter nos immenses richesses naturelles. Philanthropes, ils développeront peut-être un jour l'Afrique mieux que les Africains eux-mêmes.


Anicet Djehoury, Essayiste ivoirien, in PENSEES NOIRES

 

Source: SENE REVOLUTION.COM

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN (3)


ADO ET SORO 5.jpg

Les nominations à base ethnique et tribale observées dans le gouvernement, dans toute l'administration ivoirienne et à la tête des services centraux de l'Etat, des entreprises et sociétés d'Etat ne contribuent pas davantage au retour de la cohésion sociale et à la réconciliation. Pas plus que l'affectation sanction massive des ex-FDS en zone CNO. De ce point de vue, Laurent Gbagbo est reconnu pour être tout l'opposé de Ouattara.

Quant à la sécurité , il suffit de se renseigner auprès des chancelleries occidentales qui se sont récemment rendues chez Ouattara pour « exiger » le retour de la sécurité pour s'en faire une idée. La situation sécuritaire du pays est préoccupante, au plus haut point. Ainsi, le mardi 18 octobre 2011, Alassane Ouattara a reçu en audience, au Palais présidentiel au Plateau, le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations unies pour la Côte d'Ivoire (ONUCI), Arnauld Akodjénou et quatre diplomates accrédités en Côte d'Ivoire : les ambassadeurs de France, Jean-Marc Simon et des Etats-Unis, Philip Carter III, du Chargé d'Affaires du Royaume-Uni et du Représentant de l'Union européenne. Le communiqué de presse de l'ONUCI, à la fin de cette rencontre, fait état de l'examen de questions de sécurité en Côte d'Ivoire. Cela, c'est la version diplomatique.

En réalité - et il faut clairement le dire -, il n'y a plus de sécurité en Côte d'Ivoire. Des milliers de prisonniers de droit commun libérés de nos geôles pour servir de supplétifs, dans toute la partie Sud du territoire national, par les combattants pro-Ouattara pendant leur offensive finale, écument nos villes et localités. Des micro-finances, des agences de transfert d'argent, des supermarchés, des entreprises, des églises, des domiciles privés, des prêtres, d'honnêtes citoyens dans tout le pays, sont constamment victimes d'attaques à mains armées, d'enlèvements, de braquages et de cambriolages d'hommes en treillis. Des véhicules diplomatiques continuent d'être braqués. De simples civils, des étudiants, des élèves, des agents de l'ordre abattus par les FRCI ou des hommes en tenue militaire font régulièrement la Une des tabloïds ivoiriens. Ceci est un secret de Polichinelle.

Nous avons, en outre, encore souvenance du rapt du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau (fait oh combien impensable des « sauveurs » contre un des leurs), enlevé alors qu'il rentrait du service, « séquestré durant trois heures » (selon son propre témoignage dans la presse ivoirienne) et soulagé de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de portables et de montre de luxe. Nous n'oublierons pas la scabreuse affaire du kidnapping d'ex-officiers français délestés de la grassouillette somme de 25 millions de francs CFA par les hommes du Commandant Issiaka Ouattara alias « Wattao », non encore résolue malgré la plainte déposée.

L'éducation est le plus grand crève-cœur que nous aura servi, depuis son installation, le pouvoir Ouattara. Sous le fallacieux prétexte de problèmes de trésorerie (35 milliards recherchés), les universités publiques ivoiriennes sont fermées et les étudiants à la rue, depuis 6 mois. Des travaux de réhabilitation (aussi urgents et indispensables soient-ils) peuvent-ils justifier qu'on sacrifie trois promotions de bacheliers (2008-2009-2010 voire très certainement 2011), tous les cycles de recherches ainsi que tous les niveaux intermédiaires, et qu'on remette la rentrée universitaire d'après-crise aux calendes grecques ? De mémoire de terrien et de citoyen du monde, c'est la première fois que nous entendons une énormité pareille. On peut tout reprocher à Laurent Gbagbo mais on ne l'accusera jamais d'avoir intentionnellement fermé l'école, sacrifié les étudiants et universitaires tous cycles confondus et renvoyé l'ouverture des classes à des dates improbables. Ici encore, la comparaison ne tient pas la route.

En ce qui concerne l'affirmation de notre souveraineté et la concrétisation de notre indépendance , le pouvoir RHDP nostalgique de la Côte d'Ivoire postcoloniale ( ?) des années 60, nous a ramené à l'ère des coopérants français, des conseillers élyséens au Palais d'Abidjan et de « l'indépendance sous haute surveillance » - avec un vice-président près Monsieur Ouattara qui ne dit pas son nom : Monsieur Philippe Serey-Eiffel, homme de main de Nicolas Sarkozy, et le retour en force du 43ème BIMA français - page que le Président Gbagbo avait tournée pour nous rendre toute notre honorabilité et notre dignité d'Africains libres. Avoir lutté 50 ans pour en arriver là, il aura fallu Ouattara pour réussir ce tour de force !

Durant plusieurs mois, la France a même payé les salaires des fonctionnaires ivoiriens. Inconcevable sous Gbagbo ! Une politique économique judicieuse avait permis à la Côte d'Ivoire, sous son règne, de vivre de ses propres ressources. Ouattara, lui, nous a embarqués dans un surendettement record et une gouvernance sur fonds extérieurs. Rabaissant notre pays à la mendicité internationale. Il a, en outre, durablement compromis l'aboutissement de l'initiative PPTE quasiment bouclé par Laurent Gbagbo en 2010, pour mars 2011.

Pour la démocratie , pas davantage d'espoir. La Commission électorale indépendante (CEI) est à coloration unique. Celle du RHDP. Y compris tous ses démembrements régionaux, départementaux et locaux. Le pouvoir Ouattara l'a verrouillé pour concrétiser sa dictature et le retour triomphant du parti unique. Sur 31 postes représentatifs, il ne veut bien consentir qu'à peine cinq à ce qui lui tient lieu, actuellement, d'opposition. La règle d'équilibre et de représentativité jadis de rigueur dans l'institution sous Gbagbo (qui avait même concédé plus de postes à son opposition, au nom des clauses des différents accords pour la paix et d'une transparence absolue) a volé en éclat avec Ouattara, le « nouveau démocrate ». Les appels du FPI à la discussion et au consensus politique restent lettres mortes. Les législatives de décembre approchent donc dans une ambiance de suspicion totale. Les FRCI et leurs supplétifs « Dozo » sont encore en armes dans tous nos campements, villages et villes, semant angoisse et terreur. Le remake de l'élection présidentielle est en marche. Inexorablement.

Nous voulons donc bien croire, avec Monsieur le Premier ministre, qu'en 100 jours Alassane Ouattara ait fait mieux que Laurent Gbagbo en 10 ans mais les faits sont là, têtus, qui prouvent tout le contraire. Mieux, pour rester honnête, il faut même dire que Ouattara a réussi l'exploit de détruire, en seulement 100 jours, ce que Gbagbo a construit en 10 ans. Parce que construire un pays, une nation, ce ne sont pas seulement les infrastructures ou les opérations de salubrité. C'est aussi forger une âme, une dignité, une fierté nationales, respecter sa Constitution, faire régner le droit, accorder au peuple ses libertés individuelles et collectives, assister les plus pauvres, secourir les sinistrés, permettre à tous de se nourrir décemment et à chacun de vivre sans peur. Cela, Ouattara ne l'a pas réussi. Du moins, pas encore. Qu'on ne vienne donc pas nous proclamer le contraire. Nous lui souhaitons, toutefois, bon vent à la tête de notre pays.



Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 355 du samedi 29 octobre 2011.

samedi, 29 octobre 2011

VOICI LE RAPPORT DE L'ONU QUI ACCABLE LE REGIME OUATTARA


NAVANETHEM PILLAY.jpg

Le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme a produit un rapport alarmant sur la situation des droits de l'Homme en Côte d'Ivoire. Un document de dix-sept pages qui donne une nette idée de l'ampleur des violations des droits de l'homme commises par les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) d'Alassane Ouattara.

Le dernier rapport de la Haut commissaire aux droits de l'homme, Madame Navanethem Pillay, sur la Côte d'Ivoire, en date du 21 septembre 2011,    fait état de «violations graves des droits de l'homme par les Frci», de «vagues d'atteintes systématiques (...) à l'intégrité physique, à la liberté et la sécurité des personnes» et «d'un haut degré d'impunité dont jouissent les Frci». Lors de l'examen du rapport diffusé exclusivement en version anglaise, le 28 septembre 2011 dernier, en marge de l'assemblée générale annuelle des Nations unies, Mme Kyung-Wha Kang, Haut commissaire adjoint aux droits de l'homme, a indiqué que «les forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci) se rendent coupables d'exécutions extrajudiciaires et sommaires, de torture, de traitements inhumains et dégradants, de violences sexuelles ou d'arrestations arbitraires».

Les rapporteurs accusent principalement les responsables des Frci, en l'occurrence des com'zone qui ont le contrôle de l'ensemble du territoire national, d'usurper des prérogatives législatives et judiciaires qui doivent être assumées par les autorités civiles. Les atteintes aux droits de l'homme répertoriées, décrites avec précision, sont classifiées en plusieurs rubriques.  Notamment les exécutions sommaires et extrajudiciaires, les cas de torture et de traitements dégradants et inhumains ; les violences sexuelles basées sur le genre ; les arrestations et détention arbitraires,  et les actes d'extorsion de fonds ; les violences intercommunautaires et les attaques perpétrées par des groupes armés, arrestation, etc.

Torture, traitements inhumains et extorsion de fonds

Dans la rubrique traitant des cas de torture et traitements inhumains, l'Onuci a pu constater que des «personnes accusées d'avoir commis des crimes ont été arrêtés par des soldats FRCI et agressés physiquement par les FRCI qui les ont contraint à admettre leur implication dans des crimes». Dans la plupart des cas, mentionne le rapport, des citoyens innocents sont arrêtés par des Frci  qui les soumettent à des sévices et exigent de fortes sommes d'argent à leurs parents pour leur épargner la vie et les libérer. «Le 16 juin, les éléments de la FRCI auraient fait irruption dans les villages et les Goulikaho Doukouya (respectivement 135 km et 120 km au sud de Yamoussoukro) et agressé physiquement des partisans du FPI. Au moins 27 personnes, dont 15 femmes perçus comme militants du FPI ont été sévèrement battus, arrêtés et détenus. A la suite de l'incident, deux des femmes, qui étaient enceintes, ont fait des fausses couches», relate le département des droits de l'homme de l'Onuci. Le document cite également des cas de torture. C'est ainsi que le rapport  fait cas d'un événement qui s'est produit le 5 Juillet à Bouaké, où des éléments des FRCI ont tailladé à la lame de rasoir un agriculteur, dans le but de lui arracher des aveux sur sa  prétendue implication dans un vol de vache.

La situation à l'Ouest

Dans d'autres circonstances, notamment le 22 août à Sibably (35 km au nord-est de Duékoué), c'est de l'eau chaude que des Frci ont versé sur les corps de deux jeunes gens. «Les deux suspects ont été pris au poste de police des FRCI, ils ont été sévèrement battus et abandonnés sans aucune assistance médicale. Des éléments Frci se sont rendus à leur domiciles où ils ont menacé de mort leurs familles, emportant une moto et une somme de 200 000 FCFA». La situation dans l'ouest du pays ne manque pas d'inquiéter le haut commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Mme Kyung-Wha Kang.  Dans cette région, elle déplore «la présence continue de mercenaires et les tensions communautaires qui  continuent d'être un problème du point de vue de sécurité des biens et des personnes». «La situation des déplacés de l'intérieur est aussi un sujet de préoccupation et mérite une attention urgente, car de nombreux camps de réfugiés restent vulnérables et sont victimes d'attaques de mercenaires et des forces républicaines, toujours dans l'ouest du pays», interpelle le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l'homme.

Une situation qui devrait, hélas, empirer, vu la décision des nouvelles autorités de démanteler manu militari les camps de déplacés abandonnés à eux-mêmes et sans espoir.


Emmanuel Akani


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN (2)

ADO ET SORO 4.JPG

Le quotidien des Ivoiriens est un désastre continu : les prix sur les marchés ont flambé à cause du racket des FRCI sur les transporteurs et les commerçants du vivrier. Entre juin 2010 et juin 2011, les prix du riz, du sucre et du bœuf ont augmenté de 11%, 44% et 20% respectivement, selon l'Institut national des statistiques (INS). Dans un contexte global de stress professionnel, d'insécurité de l'emploi et de chômage prononcé. Les Ivoiriens mangent par accident, « mort subite » assurée pour tous (un repas unique par jour), comme disent les chanteurs de Zouglou. Avec Ouattara, la pauvreté des Ivoiriens s'est plus que jamais accentuée.

La santé gratuite et les médicaments gratuits annoncés à grand renfort médiatique et de proclamations politiques ont fait long feu. Rien de tout cela sur le terrain. Nos hôpitaux sont devenus des mouroirs. Ils manquent de tout. Pire, les médecins et personnels médicaux sont régulièrement les victimes des exactions et des bastonnades des FRCI, à Abidjan et à l'intérieur du pays. La récente grève générale illimitée du personnel du CHU de Treichville - circonscrite quelques jours plus tard par la tutelle - en dit long sur les rapports des « sauveurs » avec les personnels de santé, en Côte d'Ivoire. Jamais pareille dérive militaire n'avait été observée sous la gouvernance du Président Laurent Gbagbo contre les services de santé.

Au niveau du prix du cacao , le gouvernement (qui signe son retour en force, quand il devait être en retrait de la filière, selon les exigences des institutions financières internationales) a annoncé le prix de 1000 francs CFA. Les pisteurs et les acheteurs grossistes le prennent aux producteurs à 600 francs à peine. Il est capital de relever que le prix du cacao payé effectivement aux planteurs était de 250 à 350 francs CFA, au lendemain de la prise de pouvoir de Ouattara, là où il leur était payé entre 1000 francs et 1300 francs CFA, sous la gouvernance de Laurent Gbagbo. Aucune comparaison possible ! Ouattara a appauvri nos agriculteurs et n'inverse toujours pas la tendance.

Du point de vue des infrastructures , le pouvoir RHDP continue d'inaugurer les travaux et de se prévaloir des projets du président Gbagbo plutôt que de les inscrire dans la continuité de l'Etat : la réfection des voies, le pont de Jacqueville, le pont de la 7ème Tranche d'Angré, l'autoroute de Grand-Bassam, l'autoroute du Nord et le pont Riviera-Marcory baptisé par Alassane Ouattara « Pont Henri Konan Bédié », bouclé à 85 milliards de francs CFA, sans péage, par Laurent Gbagbo et surfacturé à 125 milliards de francs CFA par Ouattara, avec péage (700 francs CFA par véhicule et par passage, soient 2.800 francs CFA par jour pour un travailleur ivoirien qui ferait deux aller-retour par jour pour se rendre au travail et à la maison, pendant 30 ans, au profit de l'entreprise française Bouygues !). Qui s'est le plus mis en peine du portefeuille de l'Ivoirien ? La réponse est sans appel.

En ce qui concerne les libertés individuelles et collectives, les droits du citoyen et la justice , la côte d'Ivoire a fortement régressé avec le RHDP : interdiction de rassemblements et de réunions observée contre le FPI, violences politiques (coups, blessures et casses aux meetings de Koumassi et de Yopougon Place CP1 organisés par le FPI), arrestations arbitraires à connotation politique (de Laurent Gbagbo et plus de 40 de ses parents, collaborateurs et proches), emprisonnements de journalistes et hommes de médias (Hermann Aboa, Franck Anderson Kouassi, Serge Boguhet, malgré l'interdiction formelle de la loi ivoirienne), entorses aux procédures judiciaires (incarcération avant inculpation et sans prise en compte de statut politique et administratif : chef d'Etat, premiers ministres, ministres, députés), mandats d'arrêt internationaux contre des autorités ivoiriennes en exil, chasse à l'homme (voyage de Ouattara au Ghana, arrestation du Commandant Séka Yapo Anselme), justice des « vainqueurs » (aucun proche, collaborateur ou partisan de Ouattara inquiété par la justice malgré tous les crimes commis depuis 2002 et les massacres de Duékoué), prisons, commissariats de police et palais de justice incendiés, saccagés ou pillés dans bien des villes du Sud et non encore réhabilités, plongeant ces localités dans l'insécurité totale ; gel des avoirs bancaires et occupation illégale de domiciles et de résidences (de la plupart des responsables du FPI en exil et de pro-Gbagbo), confiscation de biens privés (immeubles, sociétés, voitures des pro-Gbagbo et des cadres du FPI). Malgré les interpellations de Madame Lohourignon Odette, Présidente l'Organisation des femmes du FPI et de plusieurs autres responsables de ce parti, Alassane Ouattara reste sourd et de marbre. Toutes ces choses étaient impensables sous la gouvernance de Gbagbo. En quoi donc Ouattara a-t-il fait mieux que lui si ce n'est d'avoir fait bien pire ?

Relativement à l'administration territoriale et communale , l'Etat est en faillite : les préfets de région, préfets  de départements et sous-préfets ne représentent plus rien. Ils ne sont revêtus d'aucune autorité et ne sont désormais que l'ombre d'eux-mêmes. Ce sont les FRCI et les ex-Com-Zones qui décident et qui gouvernent nos circonscriptions. Leurs décisions s'imposent à nos autorités locales et nul ne s'aviserait de leur faire ombrage. Sur l'ensemble du territoire national. Des maires sont démis de leurs postes électifs, par coup de force du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko, en personne : Yopougon, Guiglo, Issia, Méagui, Marcory, Daloa, Gagnoa, Mankono, etc. Leur crime : être proches de Laurent Gbagbo ou de son obédience (LMP).

Du côté institutionnel , c'est la morgue : l'Assemblée nationale est illégalement suspendue si ce n'est dissoute de fait. Les députés restent des mois entiers sans salaires ni prérogatives ; le Conseil constitutionnel a été renouvelé anticonstitutionnellement, avant le terme de son mandat  ; Monsieur Zadi Kessy, actuel président du Conseil économique et social a été nommé au poste, contre les textes en vigueur, sans même être un conseiller économique et social (jamais pareille dérive n'a vu le jour en Côte d'ivoire) et nommé conseiller économique et social, après coup seulement ; le chef de l'Etat continue à être le président du RDR, son parti, contre toutes les dispositions de la Constitution ivoirienne (Article 54) et n'a toujours pas encore déclaré ses biens devant la Cour des comptes, comme l'exige notre Loi fondamentale (Article 55). De ce point de vue, il est en antinomie totale avec Laurent Gbagbo.

Pour ce qui est du volet capital de la cohésion sociale et de la réconciliation nationale , en son temps, le Président Gbagbo avait fortement travaillé au retour des illustres exilés ivoiriens qu'étaient le Président Henri Konan Bédié et le Premier ministre Alassane Ouattara, réfugiés en France, et le reclus volontaire qu'était devenu le Général Guéi Robert, à Kabakouma, son village natal, dans la région de Man. Un Forum de la réconciliation nationale avec un président qui n'est pas un proche de Gbagbo, à l'opposé de Ouattara aujourd'hui, a été organisé et a ressoudé quelque peu le tissu social ivoirien en compote. Mais la malhonnêteté humaine, les ambitions démesurées pour le fauteuil présidentiel ivoirien de ceux qui se proclament, en ce moment, « héritiers d'Houphouët-Boigny » et la perfidie de la France de Chirac ont replongé notre beau pays dans la violence et le crime, un certain 19 septembre 2002. Gbagbo a fait revenir les exilés ivoiriens, Ouattara, lui, les pourchasse jusque dans leurs derniers retranchements, au Ghana, avec des mandats d'arrêt internationaux et des décisions de gel d'avoirs bancaires. Peut-il y avoir comparaison ? Certainement pas. (A suivre).


DINDE Fernand AGBO

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 354 du vendredi 27 octobre 2011.

vendredi, 28 octobre 2011

LE BILAN EN 100 JOURS D'ALASSANE OUATTARA, PARLONS-EN (1)


SORO GUILLAUME 2.jpg

Aussi illogique et excessif que cela puisse paraître comme propos venant d’un homme qui gère un Etat en lambeaux et qui devrait faire profil bas, le Premier ministre Soro Guillaume, triomphaliste, ne s’est pas embarrassé de scrupules pour s’en fendre : « Alassane Ouattara a fait en 100 jours ce que Laurent Gbagbo n’a pas fait en 10 ans ». Quand même ils bouclent 6 mois d’exercice du pouvoir. Sans pour autant nous dire, concrètement et précisément, dans un rapport ou document scientifique, les avancées effectuées et les réalisations de Ouattara, depuis qu'il occupe le palais du Plateau, et qui suscitent tant d’enthousiasme et de lyrisme.

Les libertés individuelles et collectives? La démocratie? La sécurité? L'économie? La santé publique? Les infrastructures? L'école et notamment l'université? L'affirmation de la souveraineté et la concrétisation de notre indépendance? Le respect de la Constitution? L'emploi jeunes? La croissance économique? Le recouvrement des recettes douanières? La justice? La santé des entreprises? L'initiative PPTE? La réconciliation nationale et la cohésion sociale? L'agriculture? L'autosuffisance et la sécurité alimentaires? Le prix d'achat du cacao et du café aux planteurs? Franchement, dans quel domaine, exactement ?

Effet d’annonce médiatique pour gogo et occidentaux néocolonialistes, disons-nous, pour quiconque vit en Côte d’Ivoire, touche les réalités du pouvoir Ouattara et porte un regard objectif et critique sur sa gestion, depuis avril 2011.

Nous n’allons pas donner l’occasion à toutes les mauvaises langues qui pullulent dans la « nouvelle Côte d’Ivoire » de nous accuser de délation. Nous exposerons des faits objectifs, palpables, pour permettre à tous d’apprécier, en toute lucidité, de sorte que jamais plus cette contre-vérité ne soit entendue ou dite, en Côte d’Ivoire.

D’abord les indicateurs économiques et sociaux, ceux qui comptent le plus pour le peuple : selon l’UGTCI (Union Générale des Travailleurs de Côte d’ivoire), la plus ancienne et plus grande centrale syndicale ivoirienne, proche du pouvoir actuel, la prise de pouvoir de Ouattara a occasionné la destruction de 80.000 emplois ; le Président de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire, Monsieur Jean-Louis Billon, lui, parle de 120.000 emplois détruits.

En réalité, avec les licenciements abusifs (exemple de la Présidence, plus de 1300 déflatés, des personnels des institutions de l’Etat et, bientôt, de la RTI qui projette la libération de 600 agents), les déguerpissements de commerces informels et d’habitat précaire (dans le cadre de l’« Opération pays propre » qui, curieusement, ne touche pas les communes RDR), la dissolution des Conseils généraux et l’annulation de 120 concours de la Fonction publique, il faudrait plutôt parler de 150 à 200.000 destructions d’emplois en 5 mois. Exactement, ce qu’il avait promis créer comme emplois, chaque année. Avec autant de sans abri enregistrés. Sans compter les arriérés de salaires de plusieurs mois au BNETD, dans les institutions et établissements d’Etat et au niveau des agents des forces de l’ordre.

Le Patronat ivoirien, avec à sa tête Monsieur Jean Kacou Diagou, lui, a annoncé, dans la période de gouvernance dont se targue le Premier ministre, une perte sèche – pour toutes les entreprises de droit ivoirien – qui s’évalue à la somme astronomique d’environ 1000 milliards de francs CFA. Plus de 400 PME et PMI ont été déclarées en faillite par Monsieur Diagou. Ont-elles été ressuscitées en 100 jours de gestion de Ouattara, quand sous Gbagbo elles existaient bel et bien ? Sûrement pas. D’ailleurs, seules les entreprises françaises ont eu droit à un début de dédommagement (et aux nouveaux marchés, de gré à gré) de la part du Chef de l’Etat. En rapport avec ses accointances élyséennes. Les ivoiriennes, elles, rongent encore leurs freins. Ouattara ne leur prête pas le moindre regard de compassion. En plus de leur devoir énormément d’argent : la dette de l'Etat vis-à-vis de ses fournisseurs est de 900 milliards de francs CFA. Il n’y a pas encore eu un début franc de décaissement.

Le taux de croissance, lui, est passé au niveau record et historique de -7,8% (abyssal), au lendemain du renversement du Président Gbagbo par les Forces spéciales françaises. Les institutions de Bretton Woods, récemment en mission en Côte d’Ivoire, n’envisagent qu’un relèvement de -5,8% fin 2011, pour la prévision la plus optimiste. Déjà deux fois pire que le taux de croissance enregistré par le Président Laurent Gbagbo en 2002-2003, en pleine crise militaro-politique. Rien que ça. La prévision la plus pessimiste pour la Côte d’Ivoire, fin 2011, étant de -7%. Y a-t-il comparaison possible ?

Ouattara annonce, en outre, un taux de 8% pour 2012 quand les plus brillants spécialistes de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international réunis prévoient, au meilleur des cas (et nous y insistons), 6% de croissance pour… 2014-2015 ! L’effet d’annonce, Ouattara adore ! Et berce ses suiveurs d’illusion. Il n’est pas possible qu’il ait fait mieux en 100 jours que Gbagbo en 10 ans. C’est mathématiquement impossible ! Et rien ne nous garantit, d’ailleurs, qu’il fera mieux en 5 ans de mandat ou même la moitié, en 10 ans.

Quand s’y ajoute l’exacerbation du racket, sur tout le territoire national, des commerçants, des transporteurs et des planteurs sur nos routes, dans nos ports et à nos frontières, on comprend aisément que bien d’opérateurs économiques étrangers se soient détournés de la destination Côte d’Ivoire et que l’économie peine à reprendre. La « Centrale » – le Trésor de l’ex-rébellion – est officiellement démantelée mais continue d’exister dans les faits et à détourner nos recettes douanières. Il faut bien que les ex-FAFN vivent. Ouattara ne leur a pas encore versé leur pécule de guerre (5 millions de francs CFA promis par combattant).

D’un autre côté, des centaines d’Ivoiriens sont toujours en exil ou déplacés de guerre. Pas moins de 270.000 d’entre eux sont hors de la Côte d’Ivoire, selon les chiffres des Nations Unies, dont 29.000 dans les camps du HCR, au comble du malheur et de la pauvreté. 450.000 sont déplacés, sur toute la surface du territoire ivoirien et dans les missions catholiques, selon les ONG Care, Oxfam et le Conseil danois pour les réfugiés. Soit environ – en tout et pour tout – un peu moins d’un million d’Ivoiriens ! Qu’a fait Ouattara pour leur retour et leur réintégration ? Rien ! A part la remise de quelques vivres, aussi rares, insuffisants que ponctuels. Si nous nous trompons, qu’on nous démente. Il fait même déguerpir les camps des déplacés de Duékoué pour sa prochaine visite dans l’Ouest. Ouattara ne veut pas voir la misère dans laquelle il a plongé les Ivoiriens.

De sorte qu’actuellement, dans l’indifférence la plus absolue, l’Ouest du pays est dans la détresse et l’insécurité alimentaires les plus totales et ne doit sa survie qu’à la présence d’ONG comme « Action contre la faim » et celles citées plus haut. (A suivre).

 

DINDE Fernand AGBO

In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 353 du jeudi 27 octobre 2011.

SELON L'UN DES AVOCATS DE L'EX-COUPLE PRESIDENTIEL: «ILS SONT AMAIGRIS PARCE QU'ILS JEUNENT ET PRIENT BEAUCOUP»


UNE N° 84 AUJOURD'HUI.jpg

Un avocat qui fait partie de la délégation ayant effectué la dernière visite au couple Gbagbo parle des photographies qui ont été publiées hier par les tabloïds locaux.


Les dernières images du couple présidentiel prises séparément à Korhogo et à Odienné dans un contexte de visite officielle des avocats au couple présidentiel ont fait l'objet de quelques commentaires au quotidien ''Aujourd'hui'' : « Effectivement, ces images sont réelles. Elles ont  été prises lors de notre avant-dernière visite au couple présidentiel, à Korhogo et à Odienné. Toutefois, je tiens à préciser que ces images n'ont pas été prises dans le jardin de sa résidence. Mais plutôt dans le jardin de la résidence présidentielle. Retenez que le Président Laurent Gbagbo est transporté dans cette résidence chaque fois qu'il reçoit la visite de ses avocats. D'autre part, pour éviter que les visiteurs captent l'image du Président, les autorités judiciaires de la ville ont décidé que les différentes visites se passent  au tribunal de la ville. Ce qui me paraît anormal, mais que voulez-vous ? Et puis, ces images amaigrissantes que vous avez vues lors de leur publication dans les journaux, c'est justement parce que le Président et son épouse Simone jeûnent et prient beaucoup. Sinon, ils vont bien et, ont un moral de fer. C'est pourquoi je demande aux ivoiriens de ne pas s'inquiéter outre-mesure, mais plutôt de prier  pour eux. »

Face à ceux qui ont commencé à douter que Dieu est réellement aux côtés du couple présidentiel, cet avocat répond : « si Dieu avait lâché  Gbagbo, si vraiment Dieu n'était pas avec lui, on ne parlerait plus de lui en termes de détenu. Il serait mort. Parce qu'en réalité, avec toutes ces bombes larguées sur sa  résidence et ce, pendant plusieurs jours, ce n'était pas évident. Dire donc que le Président Laurent Gbagbo ne doit pas sa survie à Dieu est une marque d'ingratitude à l'égard du très haut. C'est parce que Dieu a agi qu'ils vivent, lui et tous ses proches qui étaient à la résidence. Ça, je tenais à vous le dire sincèrement. »

Depuis la publication des deux photographies, tous les avocats de l'ex-couple présidentiel sont harcelés par les journalistes ivoiriens. Ces derniers souhaitent connaître les conditions de détention des Gbagbo ainsi que des autres prisonniers retenus dans les goulags nordiques d'Alassane Ouattara. D'ailleurs selon notre interlocuteur, le Président Gbagbo habite dans une autre résidence dans l'un des quartiers de Korhogo. Le pouvoir craint l'émeute autour de Laurent Gbagbo qui continue d'être adulé jusqu'au nord du pays malgré une campagne de diabolisation du régime d'Alassane Ouattara relayé par les médias internationaux et des organisations des droits de l'homme aux ordres d'oligarques financiers américains.


Simplice Zahui, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 84 du jeudi 27 octobre 2011.


-------------------------------------------------

 

APRES 6 MOIS DE CAPTIVITE, INCASSABLES LES GBAGBO!

 

La journée d'hier restera certainement gravée dans la mémoire de Dorcas Ikpo.  A l'image de celle cauchemardesque du 11 avril 2011. A la différence que celle de mercredi fut d'un bonheur indescriptible. Et pour cause, allant ce matin-là, à son travail, elle découvrit dans le kiosque à journaux du quartier qu'elle habite, les premières images de captivité de l'ex couple présidentiel auquel elle voue une sympathie sans bornes. C'est donc sans hésiter qu'elle prit son journal préféré qui lui servait justement une photo grandeur nature du président Laurent Gbagbo. Devant la foule de ''titrologues'', elle écrasa furtivement une grosse larme qui mouillait son léger maquillage, trahissant ainsi une forte émotion et une grande joie interne.

Naturellement, elle dévora l'article d'un trait après avoir loué le Seigneur  pour avoir gardé Laurent et Simone Gbagbo, ses préférés. Combien sont-ils, les Ivoiriens et autres Africains comme Dorcas, qui ont eu un baume au cœur à la vue des images récentes en provenance de Khorogo et Odienné ? Bien malin qui pourra dresser une arithmétique exacte sur la question tant le taux de  visites sur la toile est explosif et les journaux traitant le sujet, partis comme de petits pains. C'est dire si les Ivoiriens dans leur grande majorité vouent  encore une grande sympathie à l'ancien n°1 Ivoirien.

Une relation d'amour qui n'a pas pris la moindre ride même après 6 mois de détention. Comme le moral des Gbagbo. Deux personnalités qui ont gardé leur bonne humeur et leurs sourires habituels malgré tout. C'est vrai qu'ils paraissent amaigris, mais pour qui connaît le couple, doit pouvoir mettre ce déficit pondéral au compte des moments de jeûne et prières auxquels les Gbagbo  ont  habitué leurs concitoyens. C'est pourquoi, nombre de leurs partisans étaient hier fort rassurés car ces derniers temps, de petits malins prenaient du plaisir à distiller des informations alarmantes sur l'état de santé et les conditions de détention de Laurent et Simone.

Pour rappel, c'est le 11 avril dernier, après plusieurs jours de bombardements de la coalition franco-onusienne sur la résidence présidentielle, que Laurent Gbagbo a été arrêté et transféré à l'hôtel du golf avant d'être acheminé plus tard à Korhogo.

Quant à son épouse, elle sera mise en résidence surveillée à Odienné. Tout comme le couple, bien de personnalités proches ont été mises aux arrêts et dispatchées dans les goulags du régime, dans le nord du pays. Inculpés pour la plupart pour crimes économiques, ils attendent tous, y compris les Gbagbo, la suite judiciaire que les nouvelles autorités leur réservent. Et ceux qui croyaient  atteindre ces derniers  dans leur for intérieur ont depuis hier la réponse : les Gbagbo sont incassables.


Yves de Séry, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 84 du jeudi 27 octobre 2011.

ADO ET LA GENDARMERIE: COMME L'HUILE ET L'EAU

UNE N° 85 AUJOURD'HUI.jpg

Le régime d'Alassane Dramane Ouattara  a maille à partir avec le corps de la gendarmerie nationale de Côte d'Ivoire. C'est le contraire qui nous aurait surpris. Ce corps d'armée est réputé pour son respect de la loi et pour son sens de la légalité républicaine. « Pro patria pro lege » telle est la devise de cette unité de l'armée qui ne recrute pas dans les rues, les prisons et autres champs de sorgho. On y accède et on évolue dans ce corps avec un certain niveau de connaissances. C'est donc un corps qui a une haute idée de la République et des lois qui la régissent.  C'est donc à juste titre que le corps de la gendarmerie a toujours été du côté de l'Etat pour défendre ses institutions. Elle fut pendant longtemps en Côte d'Ivoire une forteresse imprenable pour la défense des valeurs républicaines. Tous les coups d'Etat qui ont précédé celui du 19 septembre 2002 ont échoué après avoir buté sur le fameux camp de la gendarmerie d'Agban. La déroute des assaillants du 19 septembre est partie de la perte du combat épique que ces derniers ont mené dans cette caserne.

On se souvient qu'à cause de cette loyauté qui leur colle à la peau et qui a pendant longtemps empêché les putschistes de tourner en rond, Alassane Ouattara qui a cru que c'était sa personne qui était visée in fine, s'était même juré de la supprimer dès son accession au pouvoir. Aujourd'hui, personne ne devrait donc être surpris qu'il les malmène autant. Nous pensons même que c'est un manque de courage politique qui fait qu'au lieu de la supprimer totalement, on procède à ce vaste mouvement d'affectations qui ressemble bien plus à une chasse aux sorcières qu'à autre chose.

Un régime qui fait la promotion de chefs de guerre ne peut logiquement cohabiter avec un corps d'armée légaliste.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 85 du vendredi 28 octobre 2011.

PREMIER HADJ SOUS OUATTARA: LA GRANDE DESILLUSION DES MUSULMANS


PRIERE MUSULMANS IVOIRIENS.jpg

Un seul mot pour qualifier le ressentiment des fidèles musulmans, candidats au Hadj 2011 : la désillusion. Eux qui avaient cru, de bonne foi peut-être, qu'avec l'avènement d'Alassane Ouattara au pouvoir, tout roulerait comme sur des patins à roulettes. Que nenni!


Hier, lorsque nous arrivions dans les locaux abritant le Haut commissariat du Hadj à Cocody, dans les environs du Lycée Technique, la bousculade était indescriptible. Elle atteint son paroxysme avec la fracture de la porte de la salle de conférence, où les kits de voyage sont distribués aux candidats à la Mecque. Il aura fallu toute la détermination des policiers sur les lieux pour contenir la foule de pèlerins déchainés qui réclamaient chacun, à juste titre d'ailleurs, son kit de voyage. Face à tous ces désagréments, les pèlerins ont voulu crier leur ras-le-bol en paralysant pendant près de deux heures, le boulevard Mitterrand, à quelques encablures de l'échangeur du Lycée Technique. «Nous sommes fatigués, on veut des vols pour partir faire notre pèlerinage », criaient en chœur les pèlerins, vieillards, adultes et jeunes venus accompagnés leurs parents.

On regrette déjà le Hadj version Gbagbo

Un fidèle musulman, le regard perdu dans la foule, revient brutalement sur terre lorsque nous l'accostons : «C'est la première fois de ma vie que je vois ça. Quand les autres (Gbagbo et son régime, ndlr) étaient encore là, c'était mille fois mieux. Avec les autres qui n'étaient pas musulmans, c'était très bien organisé, mais ce sont nos propres frères qui sont aujourd'hui là et c'est n'importe quoi», lâche-t-il amèrement.

Mme Coulibaly Mandjara épouse Kouyaté ne dit pas autre chose. «Nous avons été programmé, mais il n'y a pas de vol. On nous fait espérer, pourtant il n'y a rien. Avec Gbagbo, tout était bien. Mais Ouattara est arrivé, tout est mélangé. Pourquoi ?», se lamente-telle. Plusieurs fidèles interrogés sont unanimes : la désorganisation et la pagaille organisées sont les maitre-mots des préparatifs du Hadj version Ouattara. Longtemps invités à s'acquitter des frais de transports ainsi que de toutes les formalités administratives pour obtenir le visa pour l'Arabie Saoudite, les fidèles musulmans, comme à l'accoutumée, accomplissent leur part. Ainsi, 1,5 millions de FCFA sont directement payés au Trésor public par chaque candidat au Hadj. Les formalités sont dûment remplies et ces derniers obtiennent leurs visas. Seulement, quand arrive le moment de distribuer les kits de voyage composés essentiellement d'une valise à l'intérieur duquel se trouvent plusieurs objets dont un Iram (foulard avec lequel le musulman attache la tête et prie), c'est le cafouillage.

Quand le business pointe son nez

«On ne sait pas qui fait quoi, qui donne quoi», explique un vieil homme complètement groggy par dix longs jours d'attente, sans suite. Ce désordre, plusieurs fidèles le croient organisé expressément pour leur soutirer de l'argent, comme en témoigne d'ailleurs I. Diaby : «Pour obtenir mon kit, j'ai dû décharger le camion qui les a convoyés. En plus, j'ai payé 1000 FCFA», s'indigne-t-il. Bakayoko Cheick Ibrahim révèle qu'avant-hier seulement, 10 kits ont été officiellement distribués sur les 120 prévus pour ce jour. «Les 110 autres kits ont été distribués en deal. Pour avoir ça, on devrait donner entre 1000 FCFA et 3000 FCFA voire plus», confesse-t-il. Tous ont du mal à comprendre que le Hadj subventionné à hauteur de 2 milliards de FCFA, selon le gouvernement, soit l'occasion pour certains de s'enrichir sur le dos des pèlerins.

D'ailleurs, selon un autre fidèle, les Irams sont vendus au Golf, à Adjamé et même au ministère de l'Intérieur à hauteur de 15 000 FCFA voire 16 000 FCFA. L'affichage des listes n'échappe pas également à l'organisation «wouya wouya» mise en place. «Nous avons payé ce qu'il y a à payer, ils ont toutes nos listes. Pourquoi ne pas programmer les vols sur la base des listes de paiement au lieu d'afficher une liste par jour ?», s'interroge un autre, rouge de colère. Ce dernier effectue depuis plus d'une semaine la distance Anyama - Direction des Cultes sans succès. La situation est d'autant plus préoccupante que le 30 octobre, c'est-à-dire dans trois jours, plus aucun vol ne sera admis sur le sol saoudien. Or sur les neuf vols prévus par le ministère pour évacuer les 5553 candidats ivoiriens au Hadj, seulement trois vols ont pu être effectués jusqu'à ce jour. Ils dénoncent aussi les changements souterrains de noms sur les listings. En effet, selon les manifestants, les premiers inscrits sur les listes censés être sur les premiers vols se retrouvent paradoxalement sur les 5ème, 6ème voire 7ème vol. Et pire, des pèlerins ont reçu leurs kits et billets d'avion hier à 14h 30 pour un vol qu'ils devraient prendre à 14 heures. Ils n'ont donc pu effectuer le vol et font le pied de grue à la Direction des cultes pour espérer être à nouveau programmés dans un autre vol. Toutes ces anomalies, les pèlerins ont du mal à se les expliquer. Au ministère où ils attendent des explications, aucune oreille attentive.


Benjamin Silué, in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 353 du jeudi 27 octobre 2011.


Source: NOUVEAU COURRIER.INFO

mercredi, 26 octobre 2011

LE CAMP OUATTARA A DES SOUCIS: LES CHOSES NE MARCHENT PAS COMME PREVU

 

ALASSANE OUATTARA 16.jpg

La destination Côte d'Ivoire n'enchante plus personne à travers le monde. Au contraire, on s'en méfie comme d'un serpent qui peut vous mordre à tout moment. Des sources proches des milieux diplomatiques ont indiqué, le week-end dernier, que la Côte d'Ivoire reste «un partenaire à problèmes» pour les Etats de la sous -région, pour ne citer que les plus proches. Car, ce pays demeure «une destination à risque» depuis l'arrivée de Ouattara au palais, dans les conditions tragiques. Si bien que ces Etats ont décidé d'attendre «août 2012» pour se faire une meilleure idée de l'évolution de la situation, avant de demander à leurs ressortissants de venir faire des affaires à Abidjan et à leurs entreprises qui veulent délocaliser ou étendre leurs activités de se risquer sur les bords de la lagune Ebrié.

C'est la même consigne pour les élèves et étudiants qui souhaitent venir se former dans nos écoles. Plusieurs structures et entreprises dans la sous-région, voire en Afrique, qui courtisaient régulièrement l'expertise ivoirienne ne veulent pas «pour l'instant» dit-on, se hasarder à Abidjan avec leurs cadres et leurs employés pour des formations et des stages. Du coup, les cabinets de formation qui les accueillaient se retrouvent la clé sous le paillasson. Plus de contrats, plus de marchés avant fin août 2012. Mieux, des pays africains ont expliqué à leurs investisseurs sous-régionaux qui aiment le «goût de l'aventure», même quand elle s'avère plus qu'incertaine, qu'ils le feront à leur «risque et péril». Et que «les autorités diplomatiques ne peuvent pas garantir leur sécurité». La Côte d'Ivoire, on le constate, n'est plus fréquentable. C'est l'avis des hommes d'affaires et des investisseurs européens, français notamment, qui ne sont pas rassurés au plan sécuritaire.

Fin août 2012, une date stratégique

Selon nos sources, les partenaires devenus méfiants de la Côte d'Ivoire n'ont pas donné «l'échéance » d'août 2012 par hasard. Ils veulent d'abord connaître l'issue de l'élection présidentielle en France, avant de se faire une idée de la tournure que pourraient prendre les relations entre les deux pays. Car, «beaucoup de choses vont dépendre des autorités françaises qui seront en place en ce moment- là». Lesquelles ? Les personnes introduites ne sont pas très bavardes à ce sujet, mais il n'est pas difficile de se faire un dessin. On sait que la forme prise par l'intervention française dans la crise ivoirienne n'a pas eu la caution de toute la classe politique. Même si les intérêts français restent les intérêts français, beaucoup pensent, à Paris, que «les choses auraient pu se passer autrement».

Chirac n'a pas mené son affaire de la même manière que Sarkozy, fait-on remarquer. Cela signifie qu'à la place de ce dernier, d'autres pourraient prendre des «options différentes». Il apparaît donc clairement que l'avenir du régime en place sera influencé par celui de la tutelle actuelle à l'élection présidentielle française qui aura lieu en mars 2012. Car, selon qu'un tel sera réélu ou que tel autre sera élu, les regards sur la Côte d'Ivoire resteront figés ou seront orientés dans une autre direction à l'Elysée, pour les cinq années à venir, répète-t-on à demi-mot.

Aussi jusqu'à fin août 2012, les partenaires de la Côte d'Ivoire se seront-ils donné le temps de voir la direction du vent et ses conséquences immédiates sur une période de 6 mois, soit une demi année au moins, avant de s'aventurer à Abidjan pour des affaires sérieuses. En espérant que, d'ici là, la sérénité sera revenue avec la réhabilitation effective des forces de sécurité régulières et de la Justice. Les investisseurs l'ont déjà dit à Ouattara, il faut que «l'environnement des affaires» soit «sécurisé».

Lobbying infructueux

Ils n'ont pas fléchi leur position d'un pouce, malgré les appels à l'aide de Sarkozy qui demandent avec insistance aux hommes d'affaires français d'envahir Abidjan, pour prendre tous les marchés où ils sont prioritaires. Mais ceux-ci restent prudents, car l'argent n'aime pas les bruits de botte. Autant dire que la moisson a été maigre pour ce qui est des investisseurs que le régime a pu convaincre. On n'est donc pas surpris que «Ouattara bouge» beaucoup. L'homme dont le régime est très peu fréquenté par les chefs d'Etat qui, du reste, ne se bousculent guère à l'aéroport d'Abidjan, doit se déplacer lui-même. Il est obligé d'aller en personne vendre une image hélas écornée du pays à l'extérieur. Tout en continuant, chaque jour, de demander le soutien de l'UA et de la Cedeao sur des dossiers comme ceux du retour des investisseurs, de la relocalisation de la Bad à Abidjan, de l'aide en termes de milliards des institutions financières africaines à la Côte d'Ivoire, de la sécurisation des frontières ivoiriennes avec certains pays. Entre autres soucis. Mais ce lobbying s'avère pour l'heure infructueux.

D'ailleurs, des indiscrétions font états que «les chefs d'Etat de la Cedeao et de l'Union africaine qui ont été sévèrement ébranlés par la crise postélectorale, ont demandé à Ouattara de les laisser respirer un peu, après tout ce qui s'est passé». Ceux-ci, confronté à leurs problèmes internes et à la morosité du marché de l'Uemoa qui paye un lourd tribut aux dégâts qu'ils ont contribué eux-mêmes à infliger à la Côte d'Ivoire, ont pris leur distance avec le dossier ivoirien. Ils savent que c'est une source d'ennuis. Mieux, les chefs d'Etat de la Cedeao et de l'Union africaine estiment qu'ils ont fait ce qu'ils pouvaient pour le nouvel arrivant et qu'il lui appartient maintenant de se prendre en charge.

Quant à l'Union européenne, elle est plus intransigeante à l'égard du nouveau régime qui semble la décevoir par son incapacité à gérer le pays, après que tous se soient donné tant de mal pour le hisser. Et on soupçonne que l'Ue est à l'origine des conditions drastiques posées au pouvoir pour une éventuelle aide. A savoir l'organisation d'élections législatives ouvertes à tous et crédibles, la reforme de la filière café-cacao, les réserves quant au Point d'Achèvent de l'Initiative Ppte. Une étape que le pouvoir est en train de gâcher. Alors que Laurent Gbagbo, grâce aux performances de son équipe, à sa vision et à sa bonne gestion, avait pratiquement atteint. Et qu'il aurait réussi, si Ouattara ne lui avait pas mis les bâtons dans les roues, pour l'empêcher de sortir la Côte d'Ivoire de la lourde dette extérieure qui plombe son développement.

En outre, l'Ue, après avoir découvert des aspects qu'on lui a cachés dans la crise ivoirienne, ne serait pas étrangère à la décision des juges de la Cpi de faire remonter les enquêtes sur les crimes de sang en Côte d'Ivoire aux génocides commis par les rebelles et les forces pro Ouattara depuis septembres 2002. D'où le désespoir d'un régime embourbé dans ses crimes, incapable de s'assumer et qui continue d'être tributaire, pour l'essentiel, à l'aide des autres. Quelle tristesse pour la Côte d'Ivoire, un pays qui, pourtant, recèle tant de ressources et de potentialités !


K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien « Le Temps ».


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

ABIDJAN SOUS SURVEILLANCE AERIENNE - APPARENCE DE PROPRETE A ABIDJAN OU LE REGIME CRAINT TOUJOURS UN COUP DE FORCE

 


HELICOPTERE FRANçAIS.jpg

A Abidjan, les balayeuses des rues n'ont plus la pêche. La plupart d'entre elles totalisent six à huit mois d'arriérés de salaires et celles qui n'en peuvent plus d'attendre ont dû retourner à leurs fourneaux habituels. Mais le régime n'abdique pas. Tous les arbres en bordure des axes empruntés par le Chef de l'Etat ont été systématiquement émondés de leurs branches ; ce qui donne à la ville un air de décoiffé. Comme si le pouvoir avait plus de choses à lui reprocher, l'Université nationale continue d'être remuée de fond en comble. Les gros arbres qui la couvraient de ses feuillages bienfaisants ont été déracinés, comme partout dans la commune de Cocody. Le régime veut voir à partir du ciel ce qui se trame sur le sol et les hélicoptères de l'organisation des nations unies et des forces Licorne tournent à plein régime. « Chez nous à Yopougon-Gesco, il passent deux fois : les matins à partir de six heures et les soirs, entre dix sept heures et dix huit heures ». Témoin des ballets aériens d'hélicoptères dont les bruits rappellent les bombardements de la résidence de Laurent Gbagbo et plusieurs semaines de terreur à Abidjan, Solé Dramane mime les bruits quand ils volent à basse altitude.

C'est la réponse la plus spectaculaire du régime aux tensions dans l'armée, en plus des arrestations tous azimuts qui se poursuivent encore et qui ne sont pas près de se terminer. Un journal pro-Ouattara qui continue d'enrager contre ces bruits dans les casernes affichait à sa manchette de samedi « où se cache Abéhi ? », la nouvelle terreur du pouvoir après avoir réussi le rapatriement du colonel Konan, ancien commandant du théâtre des opérations durant les dernières années de la présidence de Laurent Gbagbo et les événements postélectoraux. Un autre se demandait dans la même journée « où sont passés les officiers pro-Gbagbo ? » dans un article illustré par la photo du colonel Konan pour qui le pouvoir loue, comme pour les autres qui sont revenus d'Accra, des chambres d'hôtel dans la commune de Cocody.

MILITAIRES FRANçAIS DANS ABIDJAN.jpg

Le palais présidentiel au Plateau continue d'être surveillé par l'ONUCI dont les chars en bloquent les principaux accès. Quant au domicile privé des Ouattara, sa transformation se poursuit. Pendant que les murs montent, la voie qui passait juste derrière lui a été agrandie à quatre, deux en aller et deux au retour. L'ancien hôtel du golfe, lui, est devenu une caserne militaire. C'est là que sont stockés tous les chars de l'ONUCI chargés de sécuriser le couple Ouattara. Tout le périmètre jusqu'au golfe a été militarisé pour les mêmes raisons et abrite les hommes de Chérif Ousmane.

Le pouvoir se méfie de tout et après avoir empêché la jeunesse du front populaire ivoirien de tenir son meeting dans la commune de Yopougon, le FPI a été contraint d'annuler celui du Plateau, la semaine dernière. Les discussions avec la direction du parti encouragée par Ouattara lui-même est au poids mort, le pouvoir étant préoccupé par une chasse aux sorcières sans précédent dans l'armée nationale où avoir servi sous Laurent Gbagbo vous marque au fer comme élément dangereux pour la ouattarandie.

MILITAIRES FRANçAIS DANS ABIDJAN 2.jpg

Alors qu'il avait donné trois à quatre mois pour se débarrasser de ses Forces républicaines de Côte d'Ivoire, le régime vient de les déployer en grand nombre dans tout le district d'Abidjan où elles sont à nouveau visibles même dans les venelles des communes. Les commissariats ont aussi fini par s'accommoder des FRCI qui, elles, sont armées tandis que les policiers se contentent de l'administratif.

Le pays continue de tourner mais par habitude. L'argent manque et le régime a perdu le crédit qu'il s'était donné en affirmant que sa venue apporterait de l'oseille au pays. La lune de miel a été de courte durée et le gouvernement est désormais ouvertement accusé de s'approprier les chantiers de Laurent Gbagbo en souffrance en raison des divers blocages dont ceux liés à la fermeture des banques et à la désorganisation du système financier. Guillaume Soro a répondu la semaine dernière que la plupart des chantiers dont ils ont terminé les travaux avaient été négociés durant leur séjour mouvementé à l'hôtel du golfe, ce qui est bien surprenant puisque ces travaux avaient déjà leurs financements en place.

Pas très friand des contacts avec les populations, le chef de l'Etat, lui, limite au maximum ses sorties internes. Ce qui rend a priori l'ensemble de ces mesures presque dérisoires.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 82 du mardi 25 octobre 2011.

mardi, 25 octobre 2011

LES DERNIERES IMAGES DE LAURENT ET SIMONE GBAGBO A KORHOGO ET ODIENNE

 

LAURENT GBAGBO A ODIENNE.jpg

Dernière image de Laurent Gbagbo à Korhogo


SIMONE GBAGBO A ODIENNE.jpg

Dernière image de Simone Gbagbo à Odiénné

 

Que la grâce de DIEU soit avec eux et que Sa bonté les fortifie!

 

----------------------------


C'est une source qui a balancé, via Internet, ces deux photos de Laurent Gbagbo et de Simone Gbagbo. Après quelques coups de fil, nous avons pu avoir des informations. Il ressort de nos investigations que ces photos ont été prises, il y a quelques semaines. C'était au moment où des avocats ivoiriens sont allés voir l'ex-couple présidentiel dans leur ville d'incarcération. Sur la première photo, celle de l'ex-chef de l'État, on voit Laurent Gbagbo poser, sous un arbre, avec deux dames, trois hommes et deux soldats des casques bleus de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

On reconnaît sur cette photo, prise à la résidence présidentielle à Korhogo, Dr Blé Christophe (2ème à partir de la gauche). Il porte un polo bleu et un pantalon kaki. Le médecin personnel de l'ex-numéro 1 ivoirien a laissé pousser ses cheveux. Après lui, la deuxième personne qui vient (3ème à partir de la gauche), en costume noir, est Me Jean Serge Gbougnon. Il fait partie du collectif des avocats ivoiriens de M. Gbagbo. Juste à côté, on reconnaît l'ex-président ivoirien. Les deux mains dans les poches, il affiche son traditionnel sourire. Laurent Gbagbo est dans une chemise Pathé'O qu'il aimait porter quand il était encore au pouvoir. Il a bonne mine et a, apparemment, gardé sa forme. La dame qui est à côté de lui, s'appelle Me Barouan Agathe. Elle aussi fait partie du collectif des avocats ivoiriens. Tout comme Me Dako (en costume et en lunette). Il est le dernier (à partir de la gauche) sur la photo.

Quant à l'image de Simone Gbagbo, elle a été prise à Odienné dans la résidence qu'elle occupe, selon nos sources. L'ex-première dame, contrairement à son époux, est un peu amaigrie. Elle sourit tout de même sur la photo. Comme nous l'avions relevé dans un présent article, la député sortante d'Abobo a les cheveux coupés. Elle a pris la photo avec les trois avocats (Me Dako à sa gauche), Me Jean Serge Gbougnon (à sa droite) et Me Barouan Agathe (arrêtée au dessus d'elle). Avec Simone Gbagbo, ils ont changé de tenues vestimentaires. Sous le fauteuil sur lequel elle est assise, on voit, sur la photo, des jeux de divertissement : jeux de lettre, de ludo... Il nous est revenu que la présidente du groupe parlementaire du Front populaire ivoirien (Fpi) passe le temps en s'adonnant à ces jeux. Elle joue avec ceux qui partagent son quotidien, comme la dame qui lui fait à manger. Bref, ces dernières photos ont le mérite de montrer comment sont devenus Laurent Gbagbo et son épouse, Simone, après leur arrestation, le 11 avril 2011.


Sylla A. in Notre Voie du mercredi 26 octobre 2011.


Source: IVOIREBUSINESS

LEGISLATIVES 2011: DES ELECTIONS MAL ENGAGEES POUR OUATTARA

 

ALASSANE OUATTARA 15.jpg

Plus que quatre jours pour la fin de la réception des dossiers de candidatures aux élections législatives. Et jusque-là, pas encore de signes d'une éventuelle participation du Front populaire ivoirien à ces consultations. Et aujourd'hui rien n'indique que la situation pourrait évoluer dans les prochaines heures dans le sens de l'ouverture démocratique souhaitée par tous. A moins que le régime accepte de sortir de sa morgue habituelle pour engager enfin un dialogue républicain et citoyen avec l'opposition.

Mais pour l'instant, c'est à un statut-quo sclérosant auquel l'on assiste entre le FPI et M. Dramane Ouattara. D'une part, il y a les partisans du président Laurent Gbagbo qui chaque jour, comme Pénélope, attendent l'invitation du palais présidentiel pour vider leurs préoccupations portées à la connaissance du maître des lieux. De l'autre, il y a Ouattara et les siens qui déroulent tranquillement dans l'organisation des législatives comme si de rien n'était. Comme si le FPI n'avait pas posé de conditions pour la tenue de consultations apaisées.

MIAKA OURETO.jpg

D'ailleurs sur le sujet, le Prof. Sylvain Miaka Ouretto, président par intérim du parti à la rose, s'époumonait encore hier matin sur les ondes de la radio de l'Onuci. Tout en dénonçant le mépris du régime à l'endroit des questions soulevées par le FPI, il a clairement réaffirmé que son parti ne s'offrira pas en pâture aux débats électoraux du 11 décembre prochain. Pour lui, si telle est la volonté des gouvernants, ils ont tout faux car jamais, le FPI ne servira de faire-valoir à qui que ce soit, fût-il chef d'Etat. Une position qui ne fait pas forcément l'affaire de Ouattara bien qu'il fasse actuellement le dos rond. Car plus que tous, ce dernier a besoin de la participation, à ces consultations, du principal parti de l'opposition. Et cela, pour des raisons évidentes de légitimité.

DANIEL BAER.jpg

Une lecture que fait du reste, M. Daniel Baer, Sous-secrétaire d'Etat-adjoint Américain chargé de la démocratie et des droits de l'Homme, qui espère que le parti fondé par le président Laurent Gbagbo sera de la course à l'hémicycle, « faute de quoi, l'Assemblée ne sera pas représentative ». Notons que ce haut responsable  de l'administration Obama a tenu ces propos, au cours d'une conférence de presse qu'il a animée, vendredi dernier, à Abidjan, au terme d'un séjour d'une semaine en terre ivoirienne où l'homme a successivement rencontré le chef de l'Etat, des responsables de la commission électorale indépendante (CEI) et du Front populaire ivoirien.

Le moins que l'on puisse dire, à la lecture de ce tableau, c'est que Ouattara, semble bien coincé sur ce coup-là, malgré tous les leviers du pouvoir dont il dispose. Peut-être que la visite, le week-end écoulé de Jean-François Copé, Secrétaire général de l'UMP, au chef de l'Etat, aidera ce dernier à se sortir d'affaire. Car on imagine difficilement que les deux hommes n'aient pas évoqué ce sujet majeur du moment. Surtout que depuis le 11 avril 2011, pratiquement aucune décision politique d'intérêt ne se prend en Côte d'Ivoire, sans l'aval de l'Elysée. Ce sont les nouveaux termes de la coopération renforcée entre Paris et Abidjan.

Pour rappel, les ''frontistes'', invoquant l'insécurité persistante et la composition déséquilibrée de la CEI, menacent de boycotter le scrutin, six (6) moi après la fin de la crise post-électorale qui a fait officiellement 3000 morts et des dégâts matériels inestimables.


Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 81 du lundi 24 octobre 2011.

POUR DES SOLUTIONS DURABLES EN FAVEUR DES IVOIRIENS DEPLACES


REFUGIES IVOIRIENS AU LIBERIA.jpg

Avertissement

Les termes "autochtones", "allochtones" et "allogènes" sont utilisés dans ce document pour faire référence aux différents groupes de population vivant dans le pays selon leur appellation commune en Côte d'Ivoire. Cela ne reflète pas les politiques ou l'opinion de Care, du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) ni d'Oxfam.

Dans le contexte de la région du Moyen Cavally où l'enquête a été menée, les "autochtones" sont du groupe ethnique Guéré, les "allochtones" sont constitués de tous les autres groupes ethniques ivoiriens ayant migrés dans le Moyen Cavally et les "allogènes" sont les migrants originaires des pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO).

Les bases juridiques pour les solutions durables aux déplacements sont le Cadre de mise en place de solutions durables pour les réfugiés du Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR) et les Principes directeurs des Nations Unies relatives aux déplacements de personnes à l'intérieur de leur propre pays.

REFUGIES IVOIRIENS AU LIBERIA 2.jpg

Le premier est centré sur la promotion de solutions durables pour les personnes réfugiées et les personnes relevant de la compétence du HCR par le biais du rapatriement dans leur pays d'origine, de l'intégration sur place dans le pays d'asile ou de la réinstallation dans un pays tiers. Le deuxième document précise les droits des personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays dans les Principes directeurs 28-30. Compte tenu de l'ampleur de la dynamique de retour observée sur le terrain, ce rapport se concentre majoritairement sur le retour comme solution durable.

Les citations dans ce document sont celles des répondants et ne reflètent pas nécessairement les politiques et opinions de Care, du Conseil danois pour les réfugiés (DRC) ni d'Oxfam.

REFUGIES IVOIRIENS AU LIBERIA 3.jpg

Résumé exécutif

Six mois après la résolution du conflit postélectoral qu'a connu la Côte d'Ivoire à la suite des élections présidentielles contestées du 28 Novembre 2010, une crise humanitaire aux proportions significatives perdure. Alors que plus de 500 000 personnes déplacées sont retournées dans leur lieu d'origine depuis la fin du conflit en avril, approximativement 450 000 Ivoiriens continuent d'être déplacés, et ont toujours besoin, quelque soit leur situation, d'aide humanitaire et de protection.

Oxfam, le Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et Care travaillent en Côte d'Ivoire pour apporter une aide humanitaire aux individus et aux communautés touchés par la crise, qu'ils soient retournés avec alors la nécessité d'appui pour reconstruire leur vie, ou qu'ils soient encore déplacés. Reconnaissant le besoin de prendre en compte les préoccupations des personnes affectées par la crise, cette étude a été menée pour collecter des témoignages afin de mieux formuler la réponse humanitaire de tous les acteurs dans le pays.

Durant les mois de juillet et août 2011, 331 entretiens individuels et 25 groupes de discussion ont été menés avec des personnes retournées et des personnes déplacées de 27 communautés de la région du Moyen-Cavally, à l'ouest de la Côte d'Ivoire. Cela a permis de collecter des informations quant à la perception des personnes affectées par la crise sur leurs besoins humanitaires immédiats, la sécurité et les perspectives pour le futur. Ces informations ont été complétées par une recherche documentaire et des entretiens avec les acteurs humanitaires. La majorité des personnes interrogées étaient des femmes, et les données collectées ont été désagrégées et analysées par genre.

REFUGIES IVOIRIENS AU LIBERIA 4.jpg

Les résultats présentés dans ce document renvoient l'image d'une région toujours aux prises avec les effets du conflit postélectoral et qui requiert un appui durable dans la période à venir. Ci-après sont présentés quelques uns des principaux résultats de l'étude:

Les améliorations en matière de sécurité ont motivé les Ivoiriens déplacés à retourner spontanément, cependant les tensions intercommunautaires exacerbées et les litiges fonciers ne sont pas favorables à des retours durables. Les affrontements interethniques en cours entraînent de nouveaux déplacements.

Au-delà de la sécurité, les trois facteurs principaux influençant la volonté des personnes déplacées à retourner sont la disponibilité de l'aide humanitaire sur le lieu d'origine, l'aide au transport, et la disponibilité d'informations fiables sur les conditions de sécurité. Le retour des autorités civiles, le désarmement et le renforcement des patrouilles sont également fréquemment mentionnés.

Quelque 22% des personnes déplacées interrogées ont exprimé leur intention de ne pas retourner vivre dans leur lieu d'origine. La destruction de leur habitat, l'insécurité, le traumatisme vécu et les litiges fonciers sont parmi les raisons données pour ne pas retourner. Ces personnes n'avaient néanmoins peu ou pas connaissance des alternatives offertes à elles.

Des besoins humanitaires significatifs demeurent dans les zones de déplacement et dans les zones de retours. L'aide alimentaire est la priorité majeure de la plupart des répondants, avec 77 % des personnes retournées et 83% des personnes déplacées déclarant qu'ils n'ont pas assez à manger. L'abri est la deuxième préoccupation des personnes affectées par la crise. Des lacunes graves en matière d'accès à l'éducation, aux soins de santé et à l'eau sont également mises en lumière que ce soit dans les zones de déplacement ou dans les zones de retour.

Les moyens de subsistance ont été sérieusement mis à mal avec 58% des personnes retournées et 82% des personnes déplacées ayant complètement perdu leur source de revenu et faisant face à d'énormes défis pour reconstruire leurs vies.

REFUGIES IVOIRIENS AU LIBERIA 6.jpg

Peu de personnes parmi les déplacées et les retournées connaissent l'existence de la Commission dialogue, vérité et réconciliation, et quasiment aucune ne sait comment la contacter. Les personnes cherchant réparation font face à de multiples obstacles compte tenu des énormes défis en matière de justice.

Les personnes déplacées et retournées font encore face à des menaces significatives en matière de protection en raison de la persistance d'affrontements communautaires, du racket aux barrages, du manque d'accès aux services de base, d'actes de violence et d'intimidation et du harcèlement de personnes en armes.

Bien que l'étude ne puisse pas donner une image exhaustive de tous les besoins à l'ouest de la Côte d'Ivoire, ni représenter les diverses opinions de toutes les communautés, il est clair qu'en dépit de la fin du conflit et des améliorations en matière de sécurité, la situation à dans cette région est toujours très précaire et instable.

Les consultations avec les personnes déplacées et retournées conduites pendant les mois de juillet et août révèlent que les conditions pour des solutions durables aux déplacements ne sont pas remplies. De trop nombreux retournés continuent de faire l'objet d'attaques, de harcèlement et d'intimidations dans leur zone d'origine, et beaucoup ont un accès limité voir pas d'accès aux services de base et aux mécanismes de protection. Une large proportion a perdu ses documents officiels et n'a pas accès à des mécanismes de restitution de la propriété ou de compensation pour les pertes encourues, tandis que beaucoup n'ont pas encore été en mesure de réunifier tous les membres de leur famille. Un nombre significatif de personnes déplacées n'est toujours pas prêt à retourner en raison de la peur d'attaques, du manque d'accès à leur terre ou du manque de moyens de subsistance.

REFUGIES IVOIRIENS AU LIBERIA 5.jpg

La responsabilité ultime de la protection des personnes déplacées et de la promotion de solutions durables à leur déplacement incombe au Gouvernement de Côte d'Ivoire, cependant les agences des Nations Unies, les donateurs et les ONGs jouent un rôle vital à l'appui de ses efforts. Des recommandations détaillées à l'endroit de tous ces acteurs sont faites dans le rapport. Elles incluent:

1. Assurer une politique de retour responsable et durable pour ceux touchés par le conflit: un cadre juridique national devrait promouvoir les droits des personnes déplacées et veiller à ce que tous les retours soient volontaires, sûrs, dignes et durables. Un meilleur profilage des mouvements de population et une meilleure information des personnes déplacées, internes et externes, sont nécessaires pour ce faire. Toute stratégie doit prendre en compte les causes profondes du conflit, y compris les litiges fonciers et les préoccupations sécuritaires récurrentes.

2. Améliorer l'aide humanitaire et fournir une meilleur appui à la relance des moyens de subsistance: un appui bien plus important est nécessaire pour les personnes déplacées et retournées, en particulier dans l'ouest et en particulier dans les domaines de l'alimentation, de l'abri et des moyens de subsistance même si des besoins significatifs perdurent au niveau de l'accès aux services de base et pour assurer le respect des normes SPHERE dans les sites de déplacement. Un soutien d'une plus grande ampleur est attendu des donateurs pour couvrir les besoins identifiés dans le Plan d'action humanitaire d'urgence (EHAP).

3. Promouvoir le rétablissement de l'état de droit, appuyer la réconciliation et prévenir de nouvelles flambées de violence et de nouveaux déplacements : des retours durables ne seront garantis que si la sécurité, la justice et la réconciliation sont effectives. Pour ce faire, la réforme du secteur de la sécurité, le rétablissement de l'état de droit, et la mise en place d'un système de référencement et de réparation sont requis. Le renforcement des patrouilles dans les zones non sécurisées, le rétablissement effectif des autorités civiles, un processus de désarmement, démobilisation et réinsertion ainsi qu'une meilleure information sur l'existence et le mandat de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation sont de même nécessaires.

 

Pour lire tout le rapport en PDF de l'étude, cliquer: ICI

SIX MOIS APRES: L'URGENCE HUMANITAIRE PERDURE ET MET EN PERIL LES RETOURS ET LA RECONCILIATION EN COTE D'IVOIRE

 

LOGO OXFAM.jpg

Abidjan, Côte d'Ivoire, 11 Octobre 2011 - Dans un rapport conjoint publié aujourd'hui, les organisations humanitaires internationales, Oxfam, Conseil danois pour les réfugiés (DRC) et Care, avertissent qu'une crise humanitaire aux proportions significatives perdure six mois après la résolution de la crise politique dans le pays.

Basé sur des consultations avec les personnes déplacées et retournées et des recherches menées durant les derniers mois dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, le rapport conjoint "Pour des solutions durables pour les déplacés ivoiriens " révèle que les conditions pour des retours durables ne sont pas encore réalisées et que des besoins humanitaires et de protection non couverts menacent les efforts faits pour promouvoir la paix, la réconciliation et la possibilité pour les populations concernées de rentrer chez elles et de reconstruire leur vie.

"La situation est toujours très précaire et la population touchée par le conflit, en particulier à l'ouest du pays, a toujours besoins d'assistance et de protection", a déclaré le Coordinateur humanitaire d'Oxfam pour l'Afrique de l'ouest, Philippe Conraud. "Nous devons travailler tous ensemble pour assurer une bien meilleure réponse et offrir des solutions durables aux Ivoiriens déplacés. L'enjeu est de leur permettre de reconstruire leur vie et de prévenir de nouvelles violences et déplacements."

A ce jour, quelques 500 000 personnes déplacées, internes ou externes, sont retournées sur leur lieu d'origine depuis la fin du conflit en avril, mais environ 450 000 ivoiriens continuent d'être déplacés, à l'intérieur de leur propre pays ou dans des pays voisins. Et, en dépit du besoin persistant d'une aide humanitaire de grande ampleur, l'appel international d'urgence lancé par les Nations Unies n'est financé qu'à 29 pour cent.

LOGO CARE.png

Le rapport confirme que des besoins humanitaires persistent. Parmi les personnes interrogées, l'alimentation est la priorité majeure, avec 77 pour cent des personnes retournées et 83 pour cent des personnes déplacées déclarant qu'elles n'ont pas assez à manger. L'abri est un autre défi entravant des retours durables. La moitié des personnes déplacées ayant exprimé leur intention de ne pas retourner dans leur lieu d'origine ont cité la destruction de leur maison comme raison principale. La peur liée à l'insécurité et le manque de moyens pour payer le transport ont également été cités.

"L'alimentation, l'abri et le soutien aux moyens de subsistance sont des besoins pressants qui requièrent qu'un haut niveau de priorité leur soit accordé afin de donner aux populations concernées le soutien dont elles ont besoin pour retourner chez elle, pour reconstruire leur vie et pour vivre en paix", a déclaré le Directeur de Care en Côte d'Ivoire, Steve Wallace.

Le rapport décrit comment ceux qui ont choisi de rentrer dans leur zone d'origine ont été encouragés par l'amélioration générale de la sécurité mais également motivés par l'accès à la terre, à l'alimentation et à des activités génératrices de revenus sur les sites de déplacement. Ils sont souvent retournés dans des conditions très précaires, sans le soutien requis pour assurer que leur retour soit une solution durable et - comme ceux qui continuent d'être déplacés dans les camps ou les familles d'accueil - ils sont largement dépendants de l'aide pour restaurer leurs moyens de subsistance. Parmi ceux interrogés lors de l'enquête, 58 pour cent des personnes retournées et 82 pour cent des personnes déplacées ont complètement perdu leurs sources de revenu.

LOGO DANISH REFUGEE COUNCIL.gif

Beaucoup d'ivoiriens gardent à l'esprit des préoccupations sécuritaires et celles-ci continuent d'entraver le retour à la normale. Le rapport souligne également le besoin de renforcer l'accès à la justice et souligne que seul 28 pour cent des personnes interrogées connaissent l'existence de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation récemment lancée.

"L'ouest de la Côte d'Ivoire est toujours aux prises avec les effets de la crise postélectorale et requiert un appui durable pour la période charnière à venir ", a déclaré le Directeur régional du Conseil danois pour les réfugiés pour l'Afrique de l'ouest, Gilles Ponserre. "Davantage doit être fait pour apporter une aide humanitaire plus adéquate aux personnes affectées par le conflit, et davantage doit également être fait pour améliorer la sécurité et l'accès à la justice dans la région afin de permettre une paix et une réconciliation durables".

Sur la base des priorités identifiées au travers de consultations menées avec les personnes déplacées et retournées, Oxfam, DRC et Care font des recommandations spécifiques visant la mise en place d'une politique de retour durable pour les personnes affectés par le conflit, le rétablissement rapide de l'état de droit, l'appui aux efforts de réconciliation et une aide humanitaire plus adéquate et mieux financée - notamment en matière d'alimentation, d'abri et d'appui aux moyens de subsistance.


Pour plus d'informations, veuillez contacter:


Gaëlle Bausson, Advocacy and Communications

Oxfam (Côte d'Ivoire) (+225) 40 79 58 62

gbausson@oxfam.org.uk


Gilles Ponserre, Directeur regional pour l'Afrique de l'ouest

Conseil danois pour les réfugiés +225 04 01 71 52

rd-wa@drc.dk


Steve Wallace, Directeur pays

Care (Côte d'Ivoire) +225 02 50 92 88

swallace@careci.org


Pour télécharger le document PDF original du rapport, cliquer: ICI

LES AFRICAINS NE SAVENT PAS

FRANçOIS COPE.jpeg

François Copé, Secrétaire général de l'UMP (Union pour la Majorité Présidentielle), parti politique du président français Nicolas Sarkozy.

 

Les Africains n'ont pas de bonnes chaînes-TV, de bons journaux, et ne savent pas trop où aller sur Internet, quand ils y ont accès. Leurs chaînes  sont archaïques, croient toujours que la bonne vieille langue de bois est encore efficace et que leurs programmes soporifiques sont regardés. Les journaux ne sont pas beaucoup lus et pour ceux qui les lisent ils n'offrent le plus souvent que le ton des dépêches d'agences. Alors, les Africains regardent les télévisions de là-bas, qui offrent plein de choses confortables pour les yeux. Des matchs de haut niveau, des films récents et bien faits et...des informations aux belles images, rapides, digérées, commentées et illustrées.

Donc ils ne peuvent pas savoir ce qui risque de les atteindre, en bien ou en mal. Pour deux raisons. La première est que la langue de bois ne les nourrit pas de la réalité et que l'information de là-bas est faite pour qu'ils ne sachent rien de ce qui puisse leur faire du mal. La seconde est qu'ils n'ont aucun moyen de pallier la chose, s'il leur arrive de penser à le faire, malgré tout. Par conséquent, ils ne sauront pas ce qu'a dit François Copé, s'il leur arrive de savoir qui c'est, sur la nouvelle politique africaine de la France. Sinon ils auraient risqué de réagir.

Le monsieur Copé a dit que «Cette nouvelle politique (...) c'est celle que le président français Nicolas Sarkozy a menée durant la crise ivoirienne, comme d'ailleurs, dans un registre très différent, il a pu le faire en Libye». En passant, on peut lui reconnaître qu'il sait qu'en Libye cela passe plus difficilement qu'en Côte d'Ivoire. Il y a une raison fondamentale, voire vitale, que les Africains sachent ce qui se passe. Le monsieur parle d'eux. Il dit qu'il y a «... en Côte d'Ivoire comme en Libye une mission d'abord au service des peuples concernés...» Les Africains doivent être informés de ça et être les premiers à savoir qu'il y a une  «mission» en leur direction.

Eh bien, ils ne le sauront pas, jusqu'à ce que la terre se dérobe sous leurs pieds et que des flots de haines séparent en ennemis mortels, les enfants d'un même pays. Des «bons» d'un côté, des «méchants» de l'autre. Ces catégories, ils pourront les identifier grâce à ces mêmes télévisions, à la belle cosmétique, où défileront des «opposants» et des  «spécialistes»  de leur pays et qui leur expliqueront ce qu'il faut faire et de quel bord il faut être. Des dizaines de milliers de morts plus tard, sur un pays en ruine, la Banque Mondiale, le Fonds monétaire International et d'autres institutions du même acabit viendront, comme en Libye, travailler avec «les nouvelles autorités à un plan de relance économique», un plan qui impliquera les «experts» des «grandes démocraties», toujours soucieuses du bien-être des Africains et des peuples qui leur ressemblent.

D'ailleurs, pour preuve, la visite en Algérie du secrétaire d'Etat-adjoint américain pour les Affaires du Proche-Orient et l'Afrique du Nord, qui a pour but avoué de savoir auprès de Bouteflika «quelle était la meilleure façon d'aider (la Libye) à avoir une bonne transition». Et là, c'est encore assez gentil de solliciter un Africain. Car d'habitude ils décident tous seuls de ce qu'il y a à faire. Les Africains ne savent pas ce qui se passe autour de leur avenir et cela durera tant qu'ils ne seront pas informés.


Par Ahmed Halfaoui


Source : LES DEBATS.COM

lundi, 24 octobre 2011

ELECTIONS LEGISLATIVES: LE RHDP AU BORD DE L'IMPLOSION


OUATTARA ET BEDIE.jpg

Pdci-Rdr, y a palabre! « Les mercredi, jeudi et vendredi derniers, nous nous sommes réunis à la maison du parti (Pdci), et nous avons décidé de quitter le Rhdp, si le Rdr continue de ne pas venir aux réunions ». C'est sur un ton coléreux qu'un haut cadre du parti démocratique de Côte d'Ivoire, qui a souhaité garder l'anonymat, nous a joint hier dimanche 23 octobre 2011. Des propos qui traduisaient vraisemblablement un ras-le-bol. A l'entendre, le rassemblement des houphouétistes serait en ce moment grippé par une mésentente entre les deux ténors de cette coalition politique, à savoir le Pdci et le Rdr, sur la question des élections législatives de décembre 2011. Le parti d'Alassane Ouattara ne jouerait pas franc jeu avec celui de son aîné Henri Konan Bédié, sur la façon d'aborder ce scrutin, afin d'assurer une victoire à la coalition au pouvoir. Selon notre interlocuteur d'hier, le Rhdp avait convenu de faire des réunions périodiques pour définir les différents angles d'attaque des élections législatives, notamment en ce qui concerne le choix des personnalités devant défendre les couleurs des partis du Rhdp.

Le président du directoire de cette coalition, le professeur Alphonse Djédjé Mady, a lancé à cet effet, depuis le mois de mai 2011, une invitation à tous les partis politiques du Rassemblement des houphouétistes pour ces réunions périodiques. Tous ont répondu présent, souligne notre informateur, sauf le Rdr, qui a brillé par son absence jusqu'au 15 septembre 2011, où ce parti a participé à sa première réunion, avant de s'éclipser à nouveau. A l'approche des législatives, et ne voyant pas leur allié le plus sûr à la table de discussion, Djédjé Mady a donné un coup de fil au ministre Amadou Soumahoro, le secrétaire général par intérim du Rdr, l'invitant à prendre part aux réunions. «Je n'ai pas le temps», aurait répondu le successeur de Henriette Diabaté au poste de SG du parti à la case. Une réponse qui a fait monter d'un cran la colère chez les barons du vieux parti. Qui perçoivent dans l'attitude de leur allié au pouvoir, une volonté de les rouler dans la farine.

La réponse d'Amadou Soumahoro traduit-elle un boycott ou une réelle difficulté d'harmoniser les positions avec les alliés du Rhdp ? Il faut toutefois souligner que pour ces législatives 2011, selon le président Bédié qui en est le grand patron, «le Rhdp ira en rangs dispersés, mais pas opposés». Dans la stratégie, il s'agit de privilégier les partis dela coalition en fonction de leur zone d'influence et de partager les postes dans les zones jugées neutres. Ces principes de base devraient cependant faire l'objet de réunions pour définir le nombre de candidats à mettre dans la course au parlement, qui compte désormais 255 sièges.

Pendant plus de trois mois, le Rdr a boycotté ces réunions, créant ainsi la suspicion au sein du Rhdp. Amadou Soumahoro, qui devrait prendre part à ces consultations, serait en ce moment, selon de bonnes sources, coincé par le choix des candidats du Rdr. Il doit gérer plus de 900 demandes de candidature, presque le double de la répartition qui aurait été convenue avec le Pdci (environ 400).

Ce qui crée des difficultés de choix. Avec quels arguments allait-il alors se présenter à la maison du Pdci pour décider des postes de députés ? Par ailleurs, le secrétaire général par intérim du Rdr devrait tenir compte des consignes du président Alassane Ouattara, à savoir qu'il faut privilégier les candidatures des secrétaires départementaux au détriment de certains gourous du Rdr. Or justement, de nombreux barons du parti des républicains font face à une fronde parce qu'ils sont opposés à des secrétaires départementaux. Autant d'épines que Amadou Soumahoro doit retirer de son pied pour aller à la réunion du Rhdp. L'affaire grippe donc la machine houphouétiste à un mois des législatives.

Le haut cadre du Pdci qui nous a parlé hier pense qu'avec l'attitude du Rdr, «le projet de parti unifié et de gouvernement commun du Rhdp n'est qu'une vue de l'esprit». Pour lui, le Rdr veut purement et simplement doubler le Pdci. Les deux têtes fortes de cette coalition devraient prendre le taureau par les cornes afin d'éviter l'implosion.


Mamadou Ziao, in le quotidien ivoirien « L'Inter » N° 4020 du lundi 24 octobre 2011.

vendredi, 21 octobre 2011

LA CPI: DE L'INJUSTICE INTERNATIONALE A LA JUSTICE INTERNATIONALE?



LUIS MORENO-OCAMPO.jpg

Il y a deux semaines, nous avons eu le bonheur de lire l'article « La CPI, une cour d'injustice internationale » de l'essayiste ivoirien Anicet Djéhoury, qui présentait le visage hideux de cette machine judiciaire au service de l'impérialisme des nations puissantes de ce monde, relevant avec à-propos « la volonté des grandes puissances de mettre leurs ressortissants au-delà des lois internationales », avec « pour principal effet de faire de la CPI, un tribunal pour juger et condamner uniquement les crimes des autres ».

Ainsi l'arrivée du procureur de la Cour pénale internationale, l'argentin Luis Moreno-Ocampo, à Abidjan, le vendredi 14 octobre 2011, à la demande des nouvelles autorités ivoiriennes, est diversement appréciée. En effet, les obédiences proches du Président Laurent Gbagbo y voient l'occasion pour elles de faire enfin triompher la vérité sur le mensonge international abondamment servi au monde à la faveur de la crise postélectorale ivoirienne et d'élucider tous les crimes commis contre le peuple de Côte d'Ivoire, depuis la nuit du 18 au 19 septembre 2002. Aspiration, du reste, légitime. Mais le seul fait que cette initiative soit à mettre au compte d'Alassane Ouattara, sous l'instigation de la France, n'augure rien de bon pour bon nombre d'Ivoiriens, qui y voient une mascarade et une volonté souterraine de faire payer les crimes de la crise ivoirienne au seul camp Gbagbo.

Car il est capital de relever que c'est après une visite de Ouattara en France et une autre, le jeudi 29 septembre, du ministre français de la justice, Michel Mercier, au président de la CPI, le juge sud-coréen Sang-Hyun Song, suivie de celle du ministre ivoirien Coulibaly Gnénéma des Droits de l'Homme et des Libertés publiques, à La Haye, accompagné de M. Michel Mercier, en vue d'une saisine officielle, que cette cour s'est mise en branle sur le dossier ivoirien et a circonscrit la période d'enquête à l'après 28 novembre 2010. Ces coïncidences - et accointances - sont pour le moins suspectes et dévoilent une collusion qui laisse présager une justice à sens unique de l'instance judiciaire internationale contre le Président Laurent Gbagbo et tous ses proches. D'ailleurs, de sa jeune histoire, la CPI n'a jamais bénéficié de réputation plus reluisante.

Ouattara pourrait même, pour les besoins de la cause, se délester de collaborateurs gênants dont les noms ont été cités de façon récurrente dans les rapports des ONG internationales de défense des droits humains, relatifs aux crimes postélectoraux, et notamment aux massacres de Duékoué qui ont fait plus de deux mille morts en trois jours, et immoler quelques FRCI sur l'autel de la « justice internationale » pour montrer patte blanche, quand il est lui-même le principal instigateur de toutes les violences qu'a connu notre beau pays, balafré et défiguré par la folie meurtrière et la convoitise criminelle du fauteuil présidentiel ivoirien depuis au moins 18 ans.

« Elaborée après les massacres de la seconde guerre mondiale, l'idée d'une justice internationale a pris forme en 1998 avec l'adoption du statut de Rome qui crée la Cour Pénale Internationale (CPI). Treize ans après, l'esprit du statut de Rome a fait long feu. Certains pays (Chine, Israël, Inde ...) n'ont pas signé le statut. D'autres (USA, Russie ...) l'ont fait mais refusent tout processus de ratification », souligne l'essayiste Anicet Djéhoury.

« A ce jour, la Cour a ouvert une procédure d'enquête dans 7 cas. Tous en Afrique (Ouganda, République Démocratique du Congo, Centrafrique, Darfour, Kenya, Libye et Côte d'Ivoire). Depuis sa création, la CPI n'est rien d'autre qu'une Cour Pénale Africaine. La colère du président de la commission de l'Union Africaine, Jean Ping contestant « l'africanisation des poursuites de la Cour » est donc légitime. Les victimes des crimes contre l'humanité en Irak (plus de 650.000 morts), des crimes de guerre en Tchétchénie (160.000 morts), en Afghanistan et à Gaza, etc. méritent mieux que le silence coupable qui leur est destiné.

Il ne s'agit ni d'encourager l'impunité en Afrique, ni de contester la compétence de la CPI sur le continent noir. Il est simplement question de dénoncer une justice instrumentalisée et à double vitesse. De contester une justice de dominants pour les puissants. Et d'appeler de tous nos vœux, une justice internationale enfin égale pour tous », plaide-t-il.

Peut-on espérer que la CPI fasse sa mue sur le dossier ivoirien ? Question pertinente et même capitale quand il est de notoriété que la CPI a toujours fait la part belle aux puissants et aux vainqueurs, et notamment aux Occidentaux, et qu'elle a toujours foulé au pied les faibles, les vaincus, et notamment les Africains.

Luis Moreno-Ocampo « jure » la main sur le cœur que justice sera faite et promet une enquête « impartiale » concernant les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre en Côte d'Ivoire. Nous en doutons, en toute légitimité. D'autant plus, quand il est reçu en grandes pompes à Abidjan par le nouveau pouvoir ivoirien, tout sourire et en totale complicité, au Palais présidentiel et à la Primature, avec un Alassane Ouattara et un Soro Guillaume ainsi « subliminalement blanchis ». « Nous sommes ici pour rencontrer les Ivoiriens et SURTOUT les victimes », avait-il clamé. Combien a-t-il donc rencontré de victimes, en seulement 24 heures, le week-end dernier (du vendredi 14 soir au samedi 15 après-midi) entre ses virées à la Présidence et à la Primature, et ses visites au Ministère de la justice, au siège de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation et à la délégation du FPI, parti du Président Laurent Gbagbo ? Mystère et boule de gomme ! Moreno-Ocampo n'a rencontré personne. « On se fout de notre gueule », permettez-moi l'expression.

Le procureur Luis Moreno-Ocampo était tout juste en villégiature en Côte d'Ivoire. L'aspect technique et professionnel de son voyage en terre ivoirienne - si crucial - lui importait peu. Tout juste l'occasion d'une belle sortie médiatique pour rassurer les puissants du monde sur sa volonté à donner suite à leurs desiderata, relativement à leur filleul Alassane Dramane Ouattara. Dans la droite ligne des missions originelles de la Cour pénale internationale. Celles à elle définies par les penseurs du Nouvel ordre mondial, même s'ils ne lèvent pas eux-mêmes le petit doigt pour ratifier le statut de Rome la portant sur les fonts baptismaux.

On se souvient que, dans le mois de juillet 2011, la Cour pénale internationale, « cette instance de justice pour indigènes », avait mis Mouammar Kadhafi en accusation ; les Etats-Unis, maîtres du monde en déclin mais encore assez puissants pour en imposer, ont royalement ignoré la décision, la considérant comme lettre morte. Donc nulle et non avenue. Pas par amour pour le Guide libyen, mais pour affirmer leur ascendance incontestable sur l'institution judiciaire, qui n'a pas à décider sans leur avis. Au grand dam du philosophe Bernard-Henri Lévy (l'autre patron du CNT) et des autorités françaises, qui avaient parrainé la mise en accusation. Les Etats-Unis ont ainsi passé l'éponge sur la décision de la magistrate de la CPI qui, « si elle avait la moindre miette de dignité, devrait démissionner, faute de pouvoir dédire Obama et ses affidés », comme l'affirme si bien le chroniqueur algérien Ahmed Halfaoui. « Elle n'en fera rien, dans la mesure où aucune décision de ce type ne peut être prise sans une injonction » des puissants de ce monde. Elle le sait. Maintenant, nous le savons aussi. Et nul n'est désormais censé l'ignorer. Cette désinvolture, la juge de la CPI l'a payée cash. Ce sont les grands de ce monde qui décident des poursuites, à la CPI, et personne d'autre, fût-il procureur ou juge au sein de l'instance judiciaire internationale. La preuve ? Elle est là dans tout son cynisme. Il en fallait une pour tous les candides et crédules « qui croient à la justice internationalisée ».

De sorte qu'il n'est « plus possible pour la CPI de conserver sa crédibilité pour autant qu'elle en ait une. Et ce n'est pas une simple question de jurisprudence, mais plutôt de validité d'une institution qui apparaît au grand jour en tant qu'arme de guerre contre ceux qui veulent résister à la domination », assène Ahmed Halfaoui. Le cas ivoirien ne s'écarte pas de cette ligne de pensée triomphante et de cette logique arrogante.

Au regard de tout ceci, nous sommes en droit de douter de la capacité de la CPI à rendre une justice équitable en Côte d'Ivoire. Ce qu'elle n'a d'ailleurs jamais fait nulle part dans le monde. Seuls les faibles et les vaincus ont eu droit à ses sentences, comme de véritables coups de glaive exterminateurs, quand les pires criminels du siècle se la coulent douce et, suprême ironie, décident de qui est coupable et de qui doit « trinquer ».

On peut donc légitimement s'interroger, en ce qui concerne le cas de la Côte d'Ivoire : Par quel coup de baguette magique, celle qui a toujours été au service des grandes puissances et de leurs intérêts va-t-elle, subitement, passer de l'injustice internationale à la justice internationale ? Nous sommes bien curieux de le savoir. Le dossier ivoirien sera peut-être le cas unique de l'histoire qui viendrait, plus que de besoin, confirmer la règle immuable de cette machine - ou plus exactement de cette machination - judiciaire à broyer de l'indigène. Qui vivra, verra ! D'ici là, il ne nous reste plus qu'à nous en remettre à celui qui nous a créés égaux, libres, dignes et fiers, pour que triomphe pour le peuple ivoirien Sa justice, souveraine, équitable et que nul ne peut esquiver.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 347 du jeudi 20 octobre 2011.

VOICI LA JUGE QUI DIT NON AU COMPLOT DE LA CPI


SILVIA FERNANDEZ DE GURMENDI.jpg

Une habile campagne médiatique tend à faire croire que la Cour pénale internationale (CPI), unie comme un seul homme, est prête à fondre sur le président Gbagbo et ses proches, au nom d'une «justice des vainqueurs» absolument en phase avec celle que pratique le régime d'Abidjan.

S'il est vrai qu'un puissant lobby international mené par le gouvernement français est pressé d'envoyer Gbagbo à La Haye pour empêcher toute réversibilité de la situation politique en Côte d'Ivoire, les choses ne sont pas aussi aisées que les médias voudraient le faire croire. En interne, les juges de la Cour pénale internationale sont divisés sur le dossier ivoirien.

Ce qui témoigne de ce malaise, c'est un document produit par la juge Silvia Fernandez de Gurmendi, Argentine comme le très controversé procureur Louis Moreno-Ocampo.

Un document qui s'assume comme une «opinion individuelle et partiellement dissidente», et qui est diffusé sur le site internet de la Cour.

Que conteste la juge Fernandez de Gurmendi ? Elle est, premièrement, en désaccord «avec l'approche globale de la majorité quant au rôle de la Chambre [préliminaire, ndlr]». Une Chambre préliminaire à qui l'on doit l'autorisation d'enquêter donnée au procureur Ocampo.

Selon la juge Fernandez, l'approche qui a mené à cette autorisation «n'a aucun fondement dans le cadre juridique de la Cour». Si on en croit cette juge, la Chambre préliminaire est allée au-delà de son rôle de supervision et a empiété sur la nécessaire enquête préparatoire des services du Procureur qui aurait dû précéder l'autorisation d'enquêter. Tout cela a l'air bien complexe, mais il transparaît clairement que la Cour est allée vite en besogne.

L'on est en droit de penser que certains lobbies sont trop pressés parce qu'ils se soumettent à l'agenda d'Alassane Ouattara dont la priorité des priorités est de neutraliser à jamais Laurent Gbagbo.

Restreindre la capacité d'enquête du procureur

La juge Fernandez de Gurmendi est, plus profondément, en désaccord avec le choix de la Cour sur «la portée temporelle de l'enquête autorisée». Elle écrit : «Je regrette que la majorité a décidé de restreindre l'autorisation à des crimes commis depuis le 28 Novembre 2010. Je crois que la majorité aurait pu faire reculer la date de départ pour englober, comme suggéré par le procureur, les crimes présumés commis depuis 2002, au lieu de lui ordonner de revenir avec des informations supplémentaires sur ces crimes».

Elle regrette également la limitation de la compétence de la Cour pour poursuivre les
crimes à venir, qui «peut restreindre indûment la capacité du Procureur de mener des enquêtes sur les crimes futurs découlant de la même situation de crise continue en Côte d'Ivoire». Une limitation qui, à l'en croire, n'a aucun fondement légal. On sort du texte-vérité
de la juge Fernandez de Gurmendi avec une certitude. Certains réseaux puissants veulent instrumentaliser la Cour pénale internationale pour «en finir» avec leur ennemi ivoirien - Laurent Gbagbo - tout en la bridant et en l'orientant assez pour qu'elle ne finisse pas par s'en prendre à un allié dont les troupes ont et pourraient avoir à l'avenir - vu leurs pratiques récurrentes de «gouvernance par la violence», pour reprendre l'expression du chercheur Michel Galy - beaucoup de sang ivoirien sur les mains.


Benjamin Silué


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

jeudi, 20 octobre 2011

SUPPRESSION DU FINANCEMENT DES PARTIS POLITIQUES: BEDIE SE FACHE ET MENACE

 

HENRI KONAN BEDIE.jpg

Le nouveau locataire du palais a décidé de ranger au placard la Loi n° 2004-494 du 10 septembre 2004, relative au financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle. En effet, pour l'année 2011, les annexes à la loi de finance indiquent qu'aucune ressource n'a été allouée à ce chapitre. Une situation qui n'est pas faite pour plaire aux alliés de Ouattara au sein du Rhdp. En particulier à Henri Konan Bédié dont le parti est l'un des plus grands bénéficiaires de cette manne. Le président du Pdci aurait exprimé dans son entourage sa colère quant à cette décision douloureuse qui le prive des ressources pour faire vivre son parti.

Mieux, il aurait menacé, façon voilée, de remettre en cause certaines clauses du pacte qui le lie au mentor du Rdr dans le partage du gâteau après leur installation au pouvoir. La question qui est en train de fâcher au Rhdp est d'autant plus sensible que l'échéance des élections législatives se rapproche à grands pas. Les temps sont durs et le président Henri Konan Bédié ne semble pas en mesure de casquer des centaines de millions pour soutenir les candidats de son parti aux législatives. De ce fait, ceux-ci pourraient être amenés à se débrouiller seuls pour financer leur campagne.

En fait, cette pilule jugée trop amère n'était pas au programme. Au contraire, les alliés de Ouattara se frottaient plutôt les mains, dans la perspective d'un accroissement de l'enveloppe alloué par le président Gbagbo aux partis politiques, conformément à la loi susmentionnée.

«Là où Gbagbo lui-même qu'on combattait nous donnait de quoi vivre, ce n'est pas Ouattara qui va nous affamer, tout de même !», s'est exclamé, irrité, un cadre du vieux parti. Et cette préoccupation est loin de se limiter au Pdci. cette mesure de suppression du financement sur fonds de l'Etat des partis politiques qui vise surtout à asphyxier le Front populaire ivoirien (Fpi) pour le priver de moyen de survie fait tout aussi bien grincer des dents dans la « périphérie » du Rhdp. Dans les autres partis comme l'Udpci de Mabri Toikeusse et le Pit de Wodié qui s'est « rallié », l'Udcy et le Mfa, on fait grise mine à l'idée que cette oseille ne soit plus qu'un vieux souvenir, un « luxe » des temps Gbagbo que l'on regrette déjà.

Même, au Rdr, le parti de Ouattara, on boude cette mesure qui annonce des jours sans pain pour les partis. Il faut rappeler que ce sont au total 5 milliards de FCFA qui ont été alloués aux formations politiques jusqu'en 2010. Que de regrets. Car, sur ce point, les alliés de Ouattara au Rhdp semblent unanimes sur le fait que « Gbagbo ka fissa ». Ils confessent que « la suppression du financement de partis politiques n'est pas un acte de bonne gouvernance et de rigueur dans la gestion ».

Et que loin d'être une forme de gaspillage des ressources de l'Etat, elle permet, reconnaissent- ils avec Laurent Gbagbo, une meilleure traçabilité du financement des partis et concourt à éviter la mobilisation, par détournement ou par gabegie, de fonds occultes. Aussi Bédié attend-il que le mentor du Rdr revienne à de meilleurs sentiments. A moins que Ouattara permette aux ministres, aux directeurs généraux et autres cadres du Rhdp de mettre en place des caisses noires pour financer leurs partis.

Pendant que le Fpi se retrouvera dans un total dénuement.


K. Kouassi Maurice, in le quotidien ivoirien « Le Temps » N° 2470 du mercredi 19 octobre 2011.

mercredi, 19 octobre 2011

L'EXPLICATION PROPHETIQUE DE L'ABIDJANAISE PAR LE PASTEUR DALI CLAUDE



ETERNEL NOTRE BANNIERE.jpg

Chers lecteurs et chers Ivoiriens,


C'est la seconde bande audio du Pasteur DALI Claude enregistrée à la RTI, Radio Fréquence 2, en 2006 (après celle spécifiquement consacrée à la crise ivoirienne, en mars de la même année), que je vous propose d'écouter, ce jour.

Elle est très explicite et édifiante sur l'état spirituel actuel de la Côte d'Ivoire qui lui vaut cette grave crise, sur les attentes du SEIGNEUR ETERNEL vis-à-vis de ce peuple qu'il s'est choisi, selon l'homme de DIEU, pour un réveil spirituel mondial, sur l'issue réaffirmée de la crise ivoirienne et sur la prospérité à venir de la Côte d'Ivoire et sa destinée glorieuse. Tout ceci, à partir de l'explication prophétique de l'hymne national de la Côte d'Ivoire, "l'Abidjanaise".

Cette interview a été réalisée par la journaliste ivoirienne Juliette Anzian, à l'émission "Mythes et Mystères", qui se tenait alors tous les jeudis, de 22 heures à Minuit.

Un enregistrement de 50 minutes à ne manquer d'écouter, sous aucun prétexte.

87ce4c56.png

DALI Claude - ABIDJANAISE, 1ère partie


podcast

 

DALI Claude - ABIDJANAISE, 2ème partie


podcast

 

DALI Claude - ABIDJANAISE, 3ème partie


podcast


DALI Claude - ABIDJANAISE, 4ème partie


podcast

 

DALI Claude - ABIDJANAISE, 5ème partie


podcast

 

ARMOIRIES COTE D'IVOIRE 4.jpg

Que DIEU vous bénisse, richement, et qu'il bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO