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samedi, 08 octobre 2011

RENCONTRE D'ACCRA: LES VERITES D'ASSOA ADOU A OUATTARA


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Discours du Dr. Assoa Adou, Porte-parole de la Coordination du FPI en exil

 

Excellence Monsieur le Président de la République du Ghana,

Excellence Monsieur le Président de la République Fédérale du Nigéria,


Nos premiers mots sont à l'endroit de SEM. Atta Mills, Président de la République du Ghana. Nous voudrions encore une fois vous dire toute notre reconnaissance à vous et à tout le peuple ghanéen pour l'hospitalité et l'attention que vous n'avez cessez de nous accorder depuis que, par milliers, nous sommes venus trouver refuge dans votre pays. Nous vous remercions également pour tous les efforts que vous déployez pour la paix en Côte d'Ivoire. La présente rencontre en est une illustration parfaite.

Nous voudrions saluer son excellence M. Goodluck Jonathan, pour sa présence.

Quant à M. Alassane Dramane Ouattara nous sommes heureux de sa présence qui nous donne l'occasion de nous adresser à lui.

Nous sommes venus lui dire que nous sommes pour la paix, mais une paix qui réconcilie les ivoiriens, à l'exemple de Laurent Gbagbo, qui a œuvré pendant dix ans pour ramener la paix en Côte d'Ivoire. On citera entre autres actions: le financement des partis d'opposition lorsqu'il a accédé au pouvoir en 2000 et qui a permis au RDR qui n'y avait pas droit, de bénéficier d'une subvention annuelle de 800 millions de francs CFA ; le retour d'exil de MM. Ouattara et Bédié dans le cadre du forum pour une réconciliation inclusive en 2001 ; la décision de 2005 qui a rendu éligibles MM. Ouattara et Bédié aux élections  présidentielles de sortie de crise, suite à l'Accord de Pretoria ; la prise d'une loi d'amnistie pour les rebelles qui ont attaqué la Côte d'Ivoire en septembre 2002 ; la signature de l'Accord politique de Ouagadougou avec la rébellion armée et la nomination au poste de premier ministre du chef des rebelles, M. Soro.

La crise ivoirienne n'a pas commencé le 28 novembre 2010 contrairement à l'opinion courante, elle a commencé le 19 septembre 2002 par un coup d'Etat manqué qui s'est mué en une rébellion armée, organisée et planifiée par la France.

L'élection du 28 novembre 2010 devait mettre fin à cette longue et grave crise mais hélas, elle l'a aggravée et prolongée.

Le refus des résultats du Conseil constitutionnel proclamant le Président  Laurent Gbagbo vainqueur a entraîné un contentieux électoral qui n'a pas été vidé par le recomptage des voix, comme préconisé par le Président Laurent Gbagbo, ni par la solution politique négociée proposée par l'Union Africaine et acceptée par le Président Laurent Gbagbo. En lieu et place, la rébellion, appuyée par la France et l'Onu a déclenché  la guerre qui a abouti à l'arrestation le 11 avril 2011 du Président Laurent Gbagbo par les forces française qui l'ont remis aux rebelles. Au cours de cette guerre, les forces rebelles ont perpétré des massacres politiques et ethniques, comme le génocide du peuple wè dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et l'exécution sommaire de centaines de jeunes à Adjamé et Yopougon.

Le Président Laurent Gbagbo est aujourd'hui détenu à Korhogo dans des conditions indignes et humiliantes d'un Président de la République et traité moins bien qu'un vulgaire délinquant de droit commun. Nous avons appris que suite aux démarches entreprises par les autorités ivoiriennes et françaises auprès de la CPI (Cour Pénale Internationale) les tractations sont en cours en vue de traduire le Président Laurent Gbagbo devant cette juridiction.

Par ailleurs, depuis le 11 avril 2011, les tueries, pillages, viols, occupations de plantations et domiciles par les rebelles et les dozos rebaptisés FRCI sont ininterrompus et ont occasionné un exil  interne et externe de plus de deux millions d'ivoiriens.

M. le Président Atta Mills, les milliers d'exilés que nous représentons refusent que la force soit utilisée pour imposer une solution à un camp.

Nous refusons l'instrumentalisation de la justice ivoirienne et la justice internationale pour exclure de la vie politique des adversaires.

Pour nous, la vraie solution à la crise ivoirienne, celle qui ramènera la paix définitive ne peut être qu'une solution politique. Cette solution commence par la libération immédiate du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, civils et militaires en vue d'un dialogue inclusif au sommet de l'Etat et entre les ivoiriens.

Le Président Laurent Gbagbo qui représente plus de 50% de la population, n'est pas, comme nous l'avons entendu dire, l'obstacle à la paix mais au contraire l'élément clé pour la paix en Côte d'Ivoire.

C'est pourquoi, pour nous, détenir le Président Laurent Gbagbo et ne pas le libérer c'est faire obstacle à la paix.

Transférer le Président Laurent Gbagbo à la CPI alors que les criminels notoires sont en liberté et ne sont pas inquiétés, c'est hypothéquer définitivement la paix en Côte d'Ivoire.

Nous sommes pour notre part dans l'attente d'initiatives africaines allant dans le sens de la paix véritable en Côte d'Ivoire. Celle-ci ne peut intervenir que par la libération du Président Laurent Gbagbo et l'instauration d'un dialogue direct entre lui et M. Ouattara.

C'est pourquoi nous vous saluons encore une fois Messieurs les Présidents pour cette initiative et vous remercions de nous avoir écoutés.


Dr Assoa Adou, Président et Porte-parole de la coordination FPI en exil.

In « Le Nouveau Courrier » N° 336 du vendredi 7 octobre 2011.


Source : Le blog de Claudus

HUMAN RIGHTS WATCH: UN RAPPORT MENSONGER!


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Dans un rapport truffé de contre-vérités, l'organisation financée par Georges Soros, proche d'Alassane Ouattara, essaie de donner de la consistance à sa stratégie de défense. Concoctée pour éviter de recevoir en pleine figure le boomerang de «sa» CPI.

Les observateurs les mieux informés connaissaient déjà la proximité entre l'organisation de défense ( ?) des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) et le milliardaire américain George Soros, réputé avoir financé la campagne électorale d'Alassane Ouattara. Ils notaient déjà le parti pris manifeste de cette ONG par rapport à ses homologues, pourtant pas tendres avec Laurent Gbagbo. Mais le dernier rapport de HRW sur la situation en Côte d'Ivoire achève de la discréditer. Et dévoile, au grand jour, son rôle dans l'orchestration de l'impunité d'Alassane Ouattara et dans la mise en place idéologique d'une justice des vainqueurs «acceptable».

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Les yeux les plus distraits pourraient se laisser illusionner. Dans un faux équilibrisme, le rapport affirme que «l'obsession de Laurent Gbagbo de se maintenir au pouvoir a sans doute été à l'origine du dernier conflit armé» et que «malgré les promesses répétées du gouvernement [Ouattara, ndlr] de tenir responsables tous ceux qui ont commis des crimes graves durant le conflit, la réalité est celle d'une justice des vainqueurs - aucun membre des Forces républicaines n'avait été inculpé au moment de la rédaction de ce rapport». Mais l'essentiel est ailleurs. HRW veut justifier à l'avance l'injustice qui se prépare et qui s'annonce criarde : si les deux camps ont commis des «atrocités», pourquoi donc la «justice parfaite» consisterait-elle à livrer le chef d'un des deux camps et les «gros poissons» de son bord d'une part, et à sacrifier du menu fretin d'autre part ?

Manipulation sous le couvert d'un «grand label» humanitaire

En avocate quasi-assumée de Ouattara, Human Rights Watch dévoile sa stratégie de défense médiatique. Gbagbo est responsable des crimes, parce qu'il a mis en place une sorte d'idéologie haineuse, alors que les forces pro-Ouattara n'ont fait que «réagir», sans avoir été instruites dans ce sens par leur chef suprême. Une telle affirmation est farfelue, tant il faut des enquêtes longues et contradictoires pour arriver à cette conclusion. Mais on peut toujours faire illusion quand on manipule sous le couvert d'un «grand label» humanitaire.

Human Rights Watch est pourtant prise en flagrant délit de mensonge clair ou par omission, dès qu'elle se hasarde à ce type de démonstration artificielle. «Avec la montée des tensions post-électorales, les invectives de Laurent Gbagbo redoublent, comparant les supporters d'Alassane Ouattara à des «rats d'égouts» ou à des «oiseaux abattus», et exhortant ses partisans à ériger des barrages routiers et à «dénoncer tout étranger», appel immédiatement suivi d'attaques ciblées d'une violence épouvantable», écrit l'ONG. Contrairement à sa méthodologie d'usage, elle ne référence pas ces prétendus propos en notifiant une source en bas de page. Et pour cause : ces propos sont introuvables. Ils n'ont jamais été tenus. HRW diffame sans la moindre éthique l'adversaire de Ouattara. Donc son adversaire...

Ces propos fabriqués ne sont pas un détail. Ils dévoilent dans toute sa nudité une construction cynique et malhonnête.  Tout aussi malhonnête est la référence à la RTI, qui «après le second tour des élections (...) incite à la violence contre ces groupes (les étrangers ndlr), les désignant systématiquement comme des «rebelles» ou des indésirables menaçant la nation». Bien entendu, aucune référence au moindre propos n'est disponible. Quand on sait que c'est au nom de telles contrevérités facilement lancées que notre confrère Hermann Aboa est dans les geôles de Ouattara, on mesure l'irresponsabilité du procédé.

16 décembre 2010 : la vidéo de Soro qui discrédite les propos de HRW

On n'est donc plus surpris des omissions et des ruses de HRW, qui essaie d'accréditer la thèse selon laquelle les pro-Ouattara, qui ont pourtant pris l'initiative de la guerre et ont mis en place une logistique meurtrière avec l'aide de la «communauté internationale», n'ont fait que «réagir», tardivement, à la violence de l'armée ivoirienne. Pour imposer cette idée fausse, HRW feint d'ignorer que le 16 décembre 2010, Guillaume Soro a lancé depuis l'hôtel du Golf une opération militaire assumée comme telle - ce qui est documenté par une vidéo qui a « fuité » et qui a créé le buzz en son temps. «Soldats, militaires, je vais à la RTI pour installer le nouveau DG de cette télévision parce que le président de la République me l'a demandé. Vous devez vous tenir prêts (...) Jeudi, nous allons à la télévision», dit ainsi Soro (voir la vidéo ici). Dont la pensée est clarifiée par un de ses lieutenants, qui s'adresse à sa suite aux hommes en armes. «Rassemblement à la piscine, avec tous vos équipements militaires et de combats. L'amusement est terminé» : c'est l'ordre qu'il donne aux soldats des Forces nouvelles. Cela n'empêche pas HRW d'affirmer que « l'écrasante majorité des manifestants semble avoir eu un comportement pacifique tout au long des événements ; cependant, Human Rights Watch a documenté le meurtre de plusieurs membres des forces de sécurité de Laurent Gbagbo - dont un a été tué par une foule déchaînée après avoir tiré sur plusieurs manifestants depuis le toit d'un bâtiment». Et les autres, dans quelles conditions ont-ils été tués ? HRW se garde de le dire, pour ne pas accréditer la thèse de manifestations de type civilo-militaire. Aucun témoignage direct ne permet d'entrer en empathie avec les militaires tués dans ces circonstances.

Des enquêtes sur les financiers du «commando invisible» nécessaires

Pour établir un lien direct entre Laurent Gbagbo et les exactions supposées de ses forces, HRW utilise en permanence l'insinuation. «Les principaux responsables de ces crimes étaient des unités d'élite étroitement liées à Laurent Gbagbo, dont la Garde républicaine, le CECOS (Centre de commandement des opérations de sécurité, une unité d'intervention rapide), la BAE (Brigade anti-émeute) et la CRS (Compagnie républicaine de sécurité, une unité de police d'élite)», écrivent les chercheurs de l'organisation. Bien entendu, ils restent muets sur les liens particuliers entre Chérif Ousmane et Alassane et Dominique Ouattara, témoins de son mariage en 2007 à Ouagadougou... Cela relèverait, pourtant, du même type de méthodes.

Plus loin, HRW essaie de protéger Alassane Ouattara des crimes contre l'humanité commis - bien avant le mois de mars, contrairement à ce qui est prétendu - par le «commando invisible». « Le Commando invisible, s'il comptait des militants pro-Ouattara, n'affichait aucune chaîne de commande claire avec le gouvernement Ouattara. Celui qui apparaissait être à la tête du Commando invisible, connu sous le nom d'IB Coulibaly, était un ex-commandant supérieur des Forces nouvelles qui s'était violemment opposé à Guillaume Soro sur le contrôle du groupe rebelle en 2003. Cette lutte intestine aboutira à la mort d'IB Coulibaly, tué par les Forces républicaines de Guillaume Soro le 27 avril 2011».

L'organisation a-t-elle enquêté sur le financement et les connexions du «commando invisible» pour arriver à une telle conclusion ? Dans un entretien publié par Jeune Afrique dans son édition du 9 au 16 avril 2011, Ibrahim Coulibaly invoque des contacts réguliers avec Alassane et Dominique Ouattara. Seule une enquête judiciaire sérieuse et contradictoire peut permettre d'en savoir plus sur les financiers et les soutiens du Commando invisible. Mais la démarche de déculpabilisation précipitée d'HRW est profondément suspecte.

Entre propos instrumentalisés pour entrer dans le canevas de la haine ethnique et du «logiciel rwandais», réécriture sournoise de l'Histoire visant à attribuer la paternité de l'ivoirité à Laurent Gbagbo et raccourcis simplificateurs, le reste est à l'avenant, et nécessiterait un contre-rapport. Une chose est sûre : après la FIDH qui a tenté d'expliquer les massacres massifs de Duékoué par une sorte de volonté de «prévenir un génocide» puis a renoncé à publier un rapport annoncé, c'est HRW qui vient de se brûler les ailes au chaud soleil ivoirien.


Théophile Kouamouo


Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

AVANT MEME D'AVOIR COMMENCE, CHARLES KONAN BANNY ET LA COMMISSION DIALOGUE, VERITE ET RECONCILIATION ONT DEJA ECHOUE

 

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Le mercredi 28 septembre 2011, le chef de l'Etat Alassane Dramane Ouattara a officiellement donné le coup d'envoi des activités de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR) présidée par le Premier ministre Charles Konan Banny, proche du président ivoirien, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro. Censé revêtir et symboliser tous les espoirs du peuple ivoirien de parvenir à un nouveau pacte national et à la paix, et malgré la détermination affichée par le prêtre de la réconciliation version Ouattara de mener ses ouailles ivoiriennes jusqu'au paradis annoncé, l'échec de la CDVR est inévitable. Elle n'aura pas la grâce et l'honneur d'entrer dans l'Histoire. Pas plus que son président, du reste, l'un des acteurs de premier plan de la crise ivoirienne, que nous espérons, d'ailleurs, pouvoir entendre sur sa version des faits et sa participation active au pourrissement général de l'atmosphère politique de notre pays.

En clair, un acteur clef de la crise ivoirienne, partisan inconditionnel du RHDP, à la barre d'une commission censée être pilotée par des hommes neutres et recueillir l'adhésion de tous. Ne serait-ce que de ce point de vue, cette commission est dépourvue de toute crédibilité, et même de toute légitimité, dans la mesure où elle consacre la victoire d'un camp sur l'autre, suscite des suspicions légitimes de la part de ceux qui sont pressentis pour y participer et nous projette, en filigrane, le spectre de la réconciliation des vainqueurs.

D'un autre point de vue, les bases sur lesquelles part cette réconciliation, que nous n'hésitons pas à qualifier de bancale, faussent totalement le jeu. Des acteurs parmi les plus significatifs, si ce ne sont les plus significatifs, manquent à l'appel et leur absence voue inexorablement la grand'messe de Charles Konan Banny à un échec retentissant.

En Mathématique, notamment en géométrie, pour aboutir à des conclusions exactes, il faut partir de bonnes hypothèses, lesquelles permettent ensuite de mener une démonstration rigoureuse et d'aboutir auxdites conclusions. Un tel résultat porte l'empreinte de la rigueur scientifique et de la vérité, pour ainsi dire.

Il se trouve justement qu'en Côte d'Ivoire, nous allons aux assises de la vérité et de la réconciliation avec des hypothèses déjà fausses à la base :

La première : Gbagbo est coupable. Avant même d'avoir été entendu. La preuve, il sera absent pour dire sa part indispensable de vérité parce qu'assigné (injustement) à résidence et doit prochainement comparaître devant la CPI (aucun innocent n'y est allé ou n'y a jamais été reconnu). Selon le bon vouloir d'Alassane Ouattara et de son sbire de service, le ministre des Droits de l'Homme ( ?), Coulibaly Gnénéma, qui clame à qui veut l'entendre que si Gbagbo était traduit devant la CPI, « si l'ex-président n'était plus sous notre responsabilité, sur le territoire de la République, cela faciliterait le processus de réconciliation et contribuerait à dépassionner la suite du débat ». Henri Konan Bédié, récemment à la remise du prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix, a marqué sur les antennes françaises son désir de voir le Président Gbagbo comparaître devant les instances de la justice internationale. Le samedi 1er octobre dernier, le Premier ministre Guillaume Soro, en visite à Bouaké pour l'installation des nouveaux chefs militaires des FRCI, embouchait la même trompette et réaffirmait la volonté du pouvoir Ouattara de ne pas faire de la libération de Laurent Gbagbo une condition de la réconciliation. Au demeurant, l'affirmation du ministre Coulibaly Gnénéma (cadre des ex-Forces Nouvelles) est d'une candeur absolument déroutante. Comment l'exfiltration ou le transfèrement à la CPI de Laurent Gbagbo dont le parti est le premier de Côte d'Ivoire avec ses 38% de voix au premier tour de l'élection présidentielle de 2010, peut « dépassionner le débat » en Côte d'Ivoire, là où tous les analystes objectifs envisagent le contraire. Voici la preuve que le camp des vainqueurs n'est aucunement dans une dynamique de réconciliation et de cohésion sociale. Pour dire vrai, nous nous interrogeons sur le sens même de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation si les nouvelles autorités ivoiriennes ont déjà leur schéma de réconciliation. Pourquoi ne pas se contenter d'assouvir purement et simplement leur vengeance, montrant ainsi leur véritable visage au monde, et nous épargner une comédie de mauvais goût qui a pour nom CDVR et qui risque d'aggraver la fracture entre les Ivoiriens ou au meilleur des cas, les obliger, par la force intimidante des vainqueurs, à accepter une réconciliation de façade, faite de sourires niais et obséquieux, dangereux par leur fausseté ? Puisque refoulant rancœurs, colère et désir de vengeance aux jours les plus favorables de revanche. A ce propos, Charles Konan Banny, à la cérémonie d'investiture de sa commission, le mercredi 28 septembre 2011, à la fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro, a tenu des propos aux allures de prophétie : « Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d'aujourd'hui fourbira ses armes dans l'espoir de devenir le vainqueur de demain ». Nos vainqueurs actuels devraient y réfléchir plus d'une fois avant d'engager la Côte d'Ivoire entière sur ce chemin de perdition collective qu'ils ont décidé d'emprunter pour notre malheur à tous.

La deuxième hypothèse fausse : Alassane Ouattara est blanc comme neige (aucunement inquiété par la Cour pénale internationale, encore moins par les tribunaux ivoiriens). Et pourtant, il n'est pas étranger à la crise ivoirienne, loin s'en faut. C'est même pour lui que les ex-rebelles ont dit avoir pris les armes en 2002, par la voix de Koné Zacharia qui l'a nommément désigné comme leur mentor en 2005 à Séguéla, et que la coalition anti-Gbagbo, Licorne-Onuci-Frci, sous le fallacieux prétexte d'appliquer la résolution 1975 de l'ONU autorisant la destruction des armes lourdes qui seraient tournées contre les civils (rengaine internationale ! Suivez mon regard), a bombardé pendant 10 jours la Résidence présidentielle de Côte d'Ivoire et kidnappé le président Laurent Gbagbo, par la suite déporté dans le Nord du pays. Les conclusions de la commission de Charles Konan Banny peuvent-elles incriminer clairement et sans détours celui qui l'a nommé et à qui il est redevable ? Voici la suspicion qui aurait pu nous être évitée par la nomination d'une personnalité neutre à la tête de cette importante structure, ou au pire des cas, d'une autorité qui ne soit pas proche de Ouattara, comme cela a été le cas en 2001, avec Monsieur Seydou Elimane Diarra, nommé par le Président Gbagbo, pour conduire les travaux du Forum de la Réconciliation Nationale.

La troisième hypothèse fausse : Les ex-FDS sont coupables (ils sont pourchassés et jetés en prison, ils n'ont plus droit aux armes dans l'armée ivoirienne) et les ex-FAFN sont les « sauveurs » de la Côte d'Ivoire. Aucune action judiciaire n'est intentée contre eux. Pas même pour les massacres de Duékoué dans lesquelles plus de 2500 ivoiriens ont perdu la vie en moins de 3 jours. Ce qui s'apparente à un génocide si nous nous en tenons aux critères internationalement retenus pour qualifier cette barbarie. Le fait est connu de tous et publié par les ONG de défense des Droits humains, par l'ONUCI et par l'habituellement très discret CICR. Les FRCI, véritables « vainqueurs » par procuration de la Bataille d'Abidjan, sont triomphalistes, insolents, suffisants, vindicatifs et continuent d'exercer une justice expéditive contre quiconque leur fait ombrage ou leur résiste, sur toute la surface du territoire national. Dans la plus grande impunité. Les évènements de Ziriglo dans la Sous-préfecture de Taï, de Blokhauss dans la commune de Cocody et de Gnagbodougnoa dans le département de Gagnoa, en sont la preuve irréfutable. Plus que toutes ces campagnes médiatiques faites pour se donner bonne conscience et se tailler une étoffe de réconciliateurs, les actes de nos nouveaux gouvernants prouvent que la réconciliation en Côte d'Ivoire n'est qu'une vue de l'esprit et une mauvaise farce. Si ce n'est une arnaque ou une escroquerie morale.

La quatrième hypothèse fausse : La France n'est pas un protagoniste de la crise ivoirienne. Elle n'a tué aucun ivoirien et n'est pas à l'origine de la crise ni n'y a pris aucune part. Elle n'est donc pas conviée aux assises. Or, l'histoire récente de la Côte d'Ivoire est encore vivace dans notre esprit. Les ex-rebelles ont bénéficié de l'assistance technique de l'armée française, depuis 2002. Sur ordre de Jacques Chirac, elle a détruit la quasi-totalité des aéronefs ivoiriens en Novembre 2004, tué plus de 60 patriotes ivoiriens et fait plus de 1000 blessés dont des dizaines d'handicapés à vie auxquels elle n'a versé aucun dommage et intérêt. Elle a tenté, en outre, d'assassiner le Président Laurent Gbagbo, en Avril 2011, en bombardant les pièces de la résidence présidentielle où il était censé se trouver aux moments de l'attaque des hélicoptères Puma français et Mi24 onusiens. Pis, elle rechigne à reconnaître tous ces faits, pourtant criants. Ne pas donc inviter la France à se prononcer sur sa responsabilité dans la crise ivoirienne est une esquive grave et inacceptable.

La cinquième hypothèse fausse : Le Burkina Faso n'a jamais hébergé les ex-rebelles ivoiriens et n'a jamais envoyé de soldats combattre en Côte d'Ivoire contre le régime de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ses soldats ne font pas partie de la garde rapprochée du nouveau président ivoirien. Ce pays ne peut donc être concerné par les assises du dialogue et de la vérité. Or, il est de notoriété que ce pays a servi, sans discontinuer, de base-arrière à la rébellion ivoirienne. Le tenir à l'écart de cet important rendez-vous de l'Histoire ivoirienne - si ce n'est sous-régionale - est une insulte à la mémoire des ivoiriens qui ont péri dans cette crise et un mépris pour notre peuple.

Où court donc Charles Konan Banny avec autant de précipitation ? Les principaux protagonistes ne sont pas conviés à la grand'messe de la vérité ou sont tout simplement ignorés. Qu'est-ce qui presse tant alors ? La nécessité de faire un simulacre de réconciliation pour amadouer l'opinion internationale ou les bailleurs de fonds ? Les blessures sont encore vives, les bourreaux n'ont pas encore donné le moindre signe de regret, ne serait-ce qu'en mettant un terme à leurs exactions. Les exilés, partie prenante dans la crise, ne sont pas encore rentrés. D'ailleurs, aucune garantie ne leur est donnée dans ce sens. La justice des vainqueurs brille encore de tous ses feux. L'opinion des elders (aînés) venus nous épauler dans notre quête de paix définitive ? Pas importante. Surtout, celle du prélat Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix et président de la Commission Vérité et Réconciliation sud-africaine. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de l'expérience sud-africaine. Ils donnent la preuve de leur suffisance. Que sert-il alors de copier le pays de Nelson Mandela si ce n'est pour faire au moins comme lui, à défaut de faire mieux ? Quelle est cette obstination à s'inscrire en pire ? Le Prix Nobel de la paix a été très clair dès le départ : « Il faut éviter la justice des vainqueurs. Au sortir d'une crise aussi grave, le souci ne doit pas être de trouver des coupables mais de restaurer la cohésion sociale ». Il avait donc recommandé la libération du Président Laurent Gbagbo pour y contribuer de la plus belle des façons. Ouattara est resté sourd à cet appel fraternel. Ce qui a dû le vexer et justifier l'absence extrêmement remarquée de l'évêque anglican à l'investiture de la CDVR.

Le Premier ministre de Ouattara, Soro Guillaume, a même enfoncé le clou : « La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis des choses dans les journaux : il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. Mais arrêtons ! ». En désignant le camp Gbagbo comme seul coupable, il lui assène : « Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », avant de terminer, triomphant : « Si c'est nous qui avions perdu, on ne serait même pas là pour parler de réconciliation. Nos têtes seraient brandies devant le palais  comme des trophées de guerre ». Ahurissant de la part d'un Premier ministre ! Cette arrogance nous laisse interdit. Vous parlez d'une dynamique et d'une disposition à la réconciliation ! Quand on ajoute à tout ceci le fait que les adversaires de Ouattara sont tous détenus avec de faux chefs d'accusations, la justice des vainqueurs n'est pas prête de s'estomper en Côte d'ivoire pour céder la place à une véritable volonté de paix.

Ainsi donc, comme on peut le voir, le camp Ouattara veut imposer à la Côte d'Ivoire une réconciliation qui n'en est pas une, et pire, qui est même à mille lieues d'en être une, avec la certitude qu'elle constituera le terreau de mensonges éhontés, et partant, de graves frustrations qui pourraient faire le lit d'une déflagration plus grande que celle que nous venons malheureusement de traverser.

Charles Konan Banny veut aboutir à des conclusions rigoureuses et vraies, à même d'aider à ressouder le tissu social ivoirien en lambeaux, en partant d'hypothèses fausses. - Qui lui sont certainement imposées. A sa décharge -. Impossible d'y parvenir. Véritable mythe de Sisyphe. Deux alternatives s'imposent désormais à lui : réunir les conditions d'une réconciliation nationale vraie ou déposer sa démission au chef de l'Etat, si celui-ci ne manifeste pas davantage de volonté d'aller à la paix. Nous ne sommes pas certains de vouloir l'accompagner dans sa mascarade. A moins qu'il ne se ressaisisse à temps et ne s'impose à tous. Même à ceux qui l'ont nommé. Autrement, il faudrait désespérer de la réconciliation ivoirienne.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

Une version revue in le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 335 du jeudi 6 octobre 2011 (1ère partie) et N° 336 du vendredi 7 octobre 2011 (2ème partie)

vendredi, 07 octobre 2011

MASSACRES DES POPULATIONS CIVILES DE DUEKOUE-CARREFOUR: L’HISTOIRE EFFROYABLE D’UN GENOCIDE PLANIFIE



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Le mystère des tueries massives perpétrées contre les populations Guéré, le 29 mars 2011, à Duékoué par les forces armées pro-Ouattara, se dévoile progressivement. Nous nous sommes rendus à Duékoué-carrefour, théâtre des massacres pour interroger les rares rescapés qui cohabitent aujourd'hui avec les fosses communes faites par l'Onuci.

Certaines maisons calcinées, ouvertes et sans toitures. D'autres, incendiées à moitié portant les stigmates des flammes et des impacts de balles. Dans ce décor macabre, règne un silence de mort. Nous sommes à Duékoué, quartier carrefour (488 km d'Abidjan, extrême Ouest du pays). Important bourgade de Duékoué, peuplé uniquement d'autochtones Guéré et particulièrement pris pour cible par les forces armées pro-Ouattara pendant la crise postélectorale. Avant cette crise, la population dudit quartier était estimée à environ 10 mille habitants. Mais après les massacres, c'est à peine le tiers des habitants que nous avons trouvé sur place en cette fin de mois de septembre 2011.

Duékoué tombé aux mains des forces pro-Ouattara, le lundi 28 mars dernier


Les tueries par milliers commises à Duékoué-carrefour ont une histoire. Remontons donc au lundi 28 mars 2011, aux premières heures du jour. Puisque ce jour-là, la ville de Duékoué était le théâtre d'intenses combats entre les forces armées régulières de Côte d'Ivoire (Fds) et les forces armées pro-Ouattara constituées de combattants de la rébellion armée des Fafn ainsi que de mercenaires burkinabés. A ces derniers, il faut ajouter les chasseurs traditionnels malinkés communément appelés « dozos », reconnaissables par leurs innombrables gris-gris. Mais également par les machettes, les sabres et les fusils dont ils sont munis. Après avoir tué leurs « ennemis », les dozos les égorgent suivant des rituels cabalistiques. Ce 28 mars donc, les forces armées pro-Ouattara étaient appuyées, au dire des populations rescapées, des soldats de l'Onuci lors des combats contre les Fds. Ayant débuté au petit matin, les combats se sont achevés aux environs de 18h. Heure à laquelle, les forces armées pro-Ouattara aidées de l'Onuci sont arrivées à bout de l'armée régulière ivoirienne dont certains militaires se sont repliés sur Guiglo (30km de Duékoué).

A la faveur de la nuit et de l'accalmie sur le théâtre des opérations, certaines populations civiles ont quitté le quartier carrefour pour se réfugier dans la forêt. D'autres ont couru vers le camp onusien du contingent marocain situé à l'entrée de Duékoué (route de Daloa). Evidemment, les jeunes autochtones, membres groupes locaux d'autodéfense (qualifiés de miliciens par l'Onuci) basés au quartier carrefour qui est, en fait leur village, ont pris le large après le repli des Fds sur Guiglo. Les populations restées sur place se sont terrées dans leurs maisons ou dans des églises. Il en est de même partout dans la ville de Duékoué, chef lieu de département dans la région du moyen-Cavally. Les autochtones Guérés ont pris d'assaut les églises de la ville, pensant y échapper à la furia des forces armées pro-Ouattara. Ce fut une grossière erreur ! Le chef de guerre pro-Ouattara, d'origine burkinabé, Amadé Ouéremi (vêtu tantôt en tenue de dozos, tantôt treillis arborant le macaron Frci) et ses 500 hommes venus du mont Péko, furent sans pitié pour les populations civiles qui n'ont pu fuir la ville. Les témoignages des rescapés des massacres du quartier carrefour sont insupportables.

Amadé Ouérémi et ses hommes n'ont fait aucun tri

« Oulognion, ohowê ». Cette phrase en langue Wê (Guéré) signifie littéralement « l'être humain ne finit pas ». Sa signification exprime l'émotion forte dans un contexte où des humains sont massacrés délibérément en grand nombre. Mais en même temps, les populations martyrisées se consolent en se disant qu'il y aura des survivants pour assurer la pérennité humaine. En tout cas, « Oulognion ohowê » s'applique parfaitement aujourd hui à Duékoué-carrefour après la boucherie qui y a eu cours. « Amadé et ses hommes dans le plan d'attaque des Frci contre Duékoué sont chargés de la zone comprenant Duékoué-carrefour. Ainsi, partis de la forêt classée du mont Péko, leur fief, ils sont parvenus à Duékoué-carrefour », révèle un responsable administratif proche de la direction locale des Frci. Mais avant d'arriver à Duékoué, poursuit la même source, Amadé et ses combattants n'ont épargné aucun village situé sur leur passage. Des tueries massives comme à Duékoué-carrefour ont été donc commises dans les villages. « Parce qu'il fallait casser du Guéré, peu importe son bord politique ou religieux. Comme on dit, Guéré, c'est Guéré ! », précise une jeune rescapée en larmes.

« On continue de retrouver les corps des victimes grâce aux habits qu'ils portaient parce que les habits ne pourrissent pas vite », poursuit-elle. Avant d'ajouter que la découverte des corps effroyablement mutilés est encore fréquente en brousse sur les axes menant aux villages tels que Blodi, Zia, Yorozon, Bagohouo, Nidrou,Sibably, Ponan. Si bien qu'aujourd'hui, on ne peut pas chiffrer avec exactitude le nombre de civils exécutés sommairement. Toutefois, des témoignages coordonnants recueillis auprès des rescapés de Duékoué-carrefour, parlent de 2 700 tués. « Il n'y a pas longtemps, à moins d'un kilomètre d'ici, on a découvert le corps sans vie du père de l'artiste musicien Pahin Lenou dans un champ », raconte la jeune rescapée. Ses camarades et elle affirment avoir identifié formellement quelques auteurs du génocide commis à Duékoué-carrefour et ses alentours. « Quand ils cassaient les maisons, pillaient et tuaient, ils disaient tuez-les tous, comme ça, ils vont laisser les forêts », raconte une dame rescapée, qui a requis l'anonymat. En plus des motifs fonciers, il y a des raisons politiques. « C'est à cause de Laurent Gbagbo que vous avez des problèmes. L'affaire de Gbagbo qui est dans votre tête est trop. On va vous tuez, comme ça, ça va finir », soutenaient les bourreaux, au dire des rescapés.

Pour dame Colette, une rescapée, qui a déjà livré ses témoignages dans certains médias occidentaux, la boucherie sauvage dont a été victime son village ne peut nullement « les détourner de Laurent Gbagbo quoique renversé par les Blancs ». Puis qu'elle clame à qui veut l'entendre qu'elle « est Gbagbo et demeure Gbagbo » même si on la tue. Et de poursuivre en dépit de l'émotion qui l'étreint. « Ici à Duékoué-carrefour, on a tué tout le monde. Quand les Frci sont arrivées, ils ont dit qu'ils ne tuent pas les femmes. Mais ils ont tué les femmes, les enfants et les hommes. Pour preuve, ils ont tué la vieille Ouli Jeannette. Elle a été égorgée. Les vieux, les femmes, les jeunes et les bébés qui ont été découpés ». Dame Martine, les larmes aux yeux, s'attarde sur les atrocités dont se sont rendus coupables Amadé Ouéremi et ses hommes à Sibably. « Ablo (un jeune élément des forces pro-Ouattara, ndlr), lui, pour tuer, il filme d'abord ses futures victimes à l'aide d'un appareil photographique. Lui-même n'apparait pas dans le film. Il éprouvait un réel plaisir d'écouter les pleurs de ses victimes avant leur mise à mort. Puisqu'il ne se gênait pas de dire que le Guéré est agréable à tuer parce qu'il parle comme le coq », raconte- t-elle. La plupart des rescapés trouvés sur place à Duékoué-carrefour sont des femmes. Leurs époux ayant été exécutés sommairement après la prise de Duékoué par les forces armées pro-Ouattara. Et pourtant, les femmes soutiennent avoir prévenu les casques de l'Onu des massacres imminents.

L'Onuci n'a rien fait pour prévenir
les massacres des populations civiles

L'Onuci qui d'ordinaire clame à qui veut l'entendre qu'elle est là pour protéger les populations civiles a été inactive à Duékoué. Les soldats du contingent marocain sont restés passifs devant les massacres des populations aux mains nues. L'Onuci a laissé les forces pro-Ouattara massacrer les populations civiles. Pourquoi cette non assistance à personne en danger ?

D'autant que les milliers de femmes et d'enfants qui se ruaient à la mission catholique de la ville, ce mardi 29 mars 2011, ont adressé un S.O.S aux soldats onusiens présents sur les lieux. « Les femmes ont informé l'Onuci que leurs époux et leurs fils sont aux mains des Frci. Mais l'Onuci a refusé d'intervenir. C'est ainsi que tout le monde a été tué, ce jour-là », explique notre interlocuteur proche de la direction locale des Frci. Les forces pro-Ouattara ont initié un contrôle d'identité qui leur a permis d'identifier formellement les autochtones Guéré avant de les exécuter. Comme le voit, le procédé était similaire à celui pratiqué en 1994 au Rwanda contre les Tutsi. C'est tout le sens du génocide contre les Guérés à Duékoué. Cette planification a même conduit les forces pro-Ouattara à exécuter des pasteurs et des religieux en soutane parce qu'ils sont des Guérés. « Il y a un pasteur en soutane qui avait approché les Frci pour demander leur clémence afin qu'ils ne s'attaquent pas à son église. Ils lui ont demandé de prier et après ça, ils l'ont abattu avant d'abattre ses fidèles restés à l'église », soutient un rescapé des faits. Une importante église évangélique au cœur du quartier carrefour a été brûlée à l'aide d'explosifs de guerre alors que cette chapelle était bondée de refugiés. Là, les témoignages concordants parlent d'au moins 100 personnes ayant péries dans les flammes. «Une américaine est passée ici au moment où il y avait encore les ossements humains des gens incendiés à l'église. Elle n'a pas retenu ses larmes», a révélé une dame rescapée du secteur sinistré.

Lors de notre passage, les ruines de cette église dénommée « Eglise de Jésus christ, le sauveur » étaient visibles. Mais les ossements humains avaient été ramassés. Les soldats onusiens 'ont pas investi la broussaille qui environne Duékoué pour y ramasser les corps sans vie, cependant ils se sont attelés à ramasser ceux trainant pêle-mêle dans la ville. Ainsi, dans le seul quartier de Duékoué-carrefour, 6 fosses communes ont été confectionnées à la hâte par l'Onuci. La fosse commune la plus grande reste celle creusée dans les marécages par l'Onuci en face de l'entrée de Duékoué-carrefour. Ce charnier contiendrait 54 corps.

Des traumatismes à vie


Le moins qu'on puisse dire, c'est que les rescapés de Duékoué-carrefour traineront à vie des traumatismes. Tant les cruautés vécues sont indescriptibles. « Où on est ici, on est toujours étourdi. Quand on entend le bruit d'un véhicule qui entre dans le village, on cherche à se cacher. Pensant que ce sont nos agresseurs qui reviennent à la charge », explique une dame. Cette psychose touche également les enfants. « Le 6 septembre dernier à l'école primaire publique Carrefour 1, les écoliers étaient dans la cour attendant l'heure de la composition pour l'entrée en 6ème et du Cepe. A la vue des véhicules des Frci venues pour la sécurité, il y a eu débandade au sein des enfants. Ils fuyaient pour se cacher dans les herbes, en criant. Les candidats sont revenus dans les salles quand les Frci ont quitté précipitamment l'école », rapporte avec émotion un examinateur.



Félix Téha Dessrait


dessrait@yahoo.fr

Envoyé spécial dans l'Ouest

 

Source: NOTRE VOIE

ALASSANE OUATTARA DEMANDE A ACCRA D'ARRETER DES IVOIRIENS REFUGIES AU GHANA


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200.000 Ivoiriens ont fui la Côte d'Ivoire meurtrière et justicière d'Alassane Ouattara pour avoir un repit et retrouver un peu de paix. Il faut encore que Ouattara aille au Ghana les tourmenter avec des mandats d'arrêt et des menaces à peine voilée. Quel coeur a-t-il donc? Quel sens a-t-il de l'hospitalité? "Rentrez, le pays est désormais en paix. La Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit". Quelle paix et quel Etat de droit, entre nous soit dit? Une paix et un Etat de droit faits de crimes, d'exactions, d'insécurité rampante, d'emprisonnements abusifs, de licenciements fantaisistes et vindicatifs, de nominations à caractère tribal et régionaliste, de démolitions et de déguerpissements sans sommation ni mesures d'accompagnement, d'arrestations arbitraires, de procès politiques, d'entorses graves à la Constitution, de gouvernement par ordonnances? Pauvre de toi, ma Côte d'Ivoire bien-aimée! Tu es morte, le jour où cet homme a pris le pouvoir. Requiem pour une nation en déliquescence.


Le président ivoirien Alassane Ouattara a demandé jeudi à Accra d'arrêter des Ivoiriens réfugiés au Ghana, terre d'exil de nombreux proches du chef d'Etat déchu Laurent Gbagbo, dont certains coulent des jours paisibles malgré des mandats lancés par Abidjan.

Arrivé dans la capitale ghanéenne dans la matinée, M. Ouattara s'est entretenu avec son homologue John Atta Mills et a rencontré la communauté ivoirienne du Ghana avant de repartir en début de soirée, ont constaté des journalistes de l'AFP.


Selon une déclaration conjointe des deux présidents, M. Ouattara "a demandé au Ghana d'envisager la mise en oeuvre du mandat (prévoyant) le gel des comptes et l'application des mandats d'arrêt émis contre des personnes présumées coupables d'actes criminels commis durant la crise postélectorale ivoirienne".


Le Ghana a accepté d'étudier cette requête, ajoute le texte, et une réunion entre responsables de la sécurité des deux pays devrait bientôt se tenir à Abidjan.


Il s'agissait du premier voyage officiel de M. Ouattara chez son voisin de l'est, près de six mois après la fin de la crise née du refus de M. Gbagbo de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, qui a fait quelque 3.000 morts selon l'ONU.


Des milliers d'Ivoiriens se sont réfugiés au Ghana, parmi lesquels de nombreux partisans du président déchu Laurent Gbagbo.


Un accord tripartite prévoyant le rapatriement des exilés a été signé jeudi par le Ghana, la Côte d'Ivoire et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés, lors d'une cérémonie en présence de MM. Atta Mills et Ouattara.


S'adressant à quelque 1.500 compatriotes rassemblés dans un centre de conférence d'Accra, Alassane Ouattara a lancé un appel pour qu'ils "rentrent au pays" désormais "en paix".


"Venez apporter votre contribution au développement de notre pays car c'est ce développement qui va accélérer la réconciliation et le pardon (...) N'ayez pas peur (...) la Côte d'Ivoire est maintenant un Etat de droit", a-t-il lancé.


"Ceux qui ont commis des crimes de quelque nature que ce soit, la justice ne sera pas abusive", a-t-il assuré.


Une délégation de personnalités pro-Gbagbo réfugiées au Ghana devait participer à la rencontre, mais elle est repartie peu après son arrivée au centre de conférence, semble-t-il après avoir constaté qu'elle n'aurait pas d'entretien particulier avec le président, contrairement à ce qu'elle prévoyait.


Alors que des dizaines de figures du régime déchu, dont Laurent Gbagbo lui-même, sont détenues en Côte d'Ivoire, des cadres politiques et d'anciens militaires de son bord se sont installés à Accra.


Une "Coordination du Front populaire ivoirien (FPI, parti de M. Gbagbo) en exil" a ainsi été montée, sous la direction d'Assoa Adou, un ancien ministre.


Le porte-parole de l'ex-chef d'Etat, Justin Koné Katinan, qui fut son ministre du Budget en pleine crise, signe ses communiqués virulents depuis la capitale ghanéenne.


Dans la matinée, M. Katinan avait estimé auprès de l'AFP que la rencontre avec M. Ouattara serait "une occasion pour exposer nos souffrances et ce que nous attendons des nouvelles autorités ivoiriennes".


L'activisme à ciel ouvert du camp Gbagbo à Accra agace le nouveau régime ivoirien, avaient indiqué des sources concordantes avant la visite.


"Ce qui irrite le pouvoir, c'est surtout le fait que des pro-Gbagbo se baladent à Accra alors que des mandats d'arrêt ont été émis par la justice ivoirienne à l'encontre de certains d'entre eux", avait expliqué à l'AFP une source diplomatique occidentale.


"Ouattara vient mettre la pression sur Atta-Mills", avait-elle estimé avant la visite.


A Abidjan, on en veut particulièrement au toujours influent Jerry Rawlings, ex-président ghanéen et proche de Laurent Gbagbo, soupçonné de jouer un jeu ambigu depuis la crise et de protéger les pro-Gbagbo.


Lu sur ABIDJAN.NET


Source : AFP

ABOU CISSE A SON NEVEU ALASSANE OUATTARA: «TU ES MAL PLACE POUR JUGER GBAGBO»


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Je veux, à travers ce courrier, rafraîchir ta mémoire. Tu es mal placé pour juger le Président Laurent Gbagbo. Après le décès du Président Félix Houphouët-Boigny, sa succession est assurée par Henri Konan Bédié. Son échec patent avec l'ivoirité, sa gestion calamiteuse de l'après dévaluation du francs Cfa, son goût à la facilité, son sectarisme tribal sont parmi tant d'autres les vraies causes de la crise actuelle. L'aperçu financier de cet homme de succession est plus explosif. Et l'imagination tourne en dérision lorsqu'on se rend compte qu'au moment de la période difficile, cet homme politique fêtait ses milliards qui, convertis aujourd'hui, s'évaluent en centaines de milliards. Cet homme et d'autres avec lui n'ont pas été inquiétés d'aucune mesure disciplinaire. Mais récompensés par le système.

À preuve, le plus grand des milliardaires d'entre eux est devenu Président de la république, puis éjecté du pouvoir plus tard sans que quelqu'un ne prouve un sentiment de désolation. Il est parti par la justice du temps. Il vit en pacha comme si rien ne s'était passé. Pourtant celui qui traitait de journaleux, nos valeureux journalistes, de burkinabé, toute personne qui désirait discuter le pouvoir avec lui, comme vous, (à l'époque pourtant, votre désir du pouvoir n'était pas évident), de Malien, lorsque je lui discutais son identité face à son affirmation, que vous êtes burkinabé. Il diligenta même des policiers, pour effrayer une pauvre femme qu'il voulait contraindre à dire que tu n'étais pas son fils, en vue de vous inculper et vous expulser de la Côte d'Ivoire.

De non éligibilité au poste de Président de l'assemblée nationale : lorsque au lendemain du décès de Charles Bauza Donwahi, le Secrétaire général du Pdci de l'époque Laurent Dona Fologo, homme du nord qui devait être logiquement proposé à la tête du perchoir. On lui a préféré un autre homme. Les diatribes de sa presse traduisaient bien sa tragédie intérieure, faite de haine pour tous ceux qui s'opposaient à sa politique destructrice du tissu national. Pourtant le Pdci-Rda est le produit des gens du nord, qui par civilité, ont accepté le Président Félix Houphouët-Boigny, comme leur leader. Sans les gens du nord comme le mystique Gon Coulibaly, Yaya Cissé, Guibo Soukalo, le Pdci ne serait pas devenu ce qu'il est. Le fait que les tenants actuels veulent identifier le Pdci au seul V baoulé est ingrat et peut à court terme, disloquer le parti et le pays avec, et ce n'est pas un Bédié qui pourra colmater les brèches.

Et c'est pourquoi tous ces faits et méfaits ont amené à la création des partis dont le Rdr et l'Udpci. Pour le Rdr, nous avons choisi votre personne, sur suggestion de Phillipe Yacé déchu de son perchoir pour des questions tribales. Ce dernier d'une intégrité exemplaire, ne s'associait pas à notre initiative. Mais partageait l'idéal qu'animait notre démarche.

Cher neveu, ce rappel s'adresse à vous, à votre conscience d'homme, qui se transforme peu à peu en un roc, qui s'identifie à une vengeance répétitive qui n'a de comparaison que le coeur d'un Français sans âme et d'un Américain sans identité. Ceux qui vous ont précédé, ont dirigé ce pays en considérant notre culture, notre identité. Sinon comment comprendre que des hommes d'Etat qui ont fêté leurs milliards alors que le peuple mourait de faim n'ont pas été inquiétés, ni jugés ? Et comment comprendre, venu à la rescousse d'une Côte d'Ivoire moribonde, Premier ministre à l'époque, vous avez bradé l'essentiel du tissu économique, qui, à court terme, devait aboutir à la fameuse dévaluation, mettant en péril l'âme de la Côte d'Ivoire. Faut-il vous soustraire de cette comédie de gestion qui ne pouvait qu'aboutir à l'avènement du Président Laurent Gbagbo, à qui on veut faire porter tout un chapelet de crimes? Faut-il laisser écrire l'histoire des vainqueurs sur le papier du mensonge alors que le Président Laurent Gbagbo n'est pas le produit qui a modelé l'actuelle situation ?

Non, monsieur Alassane Ouattara ! Vous êtes dans le même bateau avec ceux qui vous ont précédé. Vous êtes en attente du temps pour écrire l'histoire vraie que seule la génération future appréciera. Alors monsieur Alassane Ouattara, vous qui êtes le petit fils de l'empereur Ouattara dont le règne était fait d'équité et de justice vous ne pouvez, petit fils de Mangan Cissé, le roi des rois de l'empire du Ghana, vous autorisez à commettre de l'injustice face à une situation qui ne demande que la mesure.

Monsieur Alassane Ouattara, une justice sans le savoir n'est pas une justice, un savoir sans justice n'est pas un savoir. La faute du Président Laurent Gbagbo, n'a rien de criminel. Et les faits qui lui sont reprochés semblent être le fait de notre désir de nuisance. Ce qui indique bien qu'il n'a fait que terminer l'oeuvre de ses prédécesseurs. Et si le hasard a fait de vous le nouvel homme fort, faites attention à vous-mêmes. Car autant responsable que vos prédécesseurs, les actes que vous posez aujourd'hui ne se différencient pas du passé. Et l'histoire, mon fils, est têtue. Alors, évite à la Côte d'Ivoire, à ses enfants, ces procès qui n'ont ni tête ni queue, qui à long terme ou à court terme, vous balanceront dans les geôles de l'histoire et nos compatriotes Dioulas en souffriront. Parce qu'ils ne savent pas que le pouvoir temporel ne s'identifie pas à un homme, à une race. Vous êtes un économiste, je vous demande de faire l'économie d'un procès pour que vous puissiez appliquer votre savoir pour des bonnes causes. Faites l'économie d'un procès, pour ne pas être victime de vos alliés. Notamment les Forces nouvelles qui n'attendent qu'une petite erreur pour s'accaparer le pouvoir. Et j'ose croire que ce premier faux pas sera l'ouverture d'un procès contre nature.

La Côte d'Ivoire a besoin d'une démocratie humaine. Et non une démocratie tribale, et si vous ne le savez pas, vous êtes dans le collimateur du temps. Savez-vous ce que c'est que le temps ? Et bien, c'est l'affirmation de Dieu. Il vous dit, par ma voix, que l'homme Laurent Gbagbo est innocent. Il vous dit aussi de vous réconcilier avec lui et de l'amener dans le jeu démocratique, pour qu'il s'exprime, qu'il se désavoue dans le jeu démocratique. Les Ivoiriens n'ont pas d'animosité entre eux. Ils vaquent à leur occupation, seulement, ils ont faim. Ce qu'ils veulent, c'est du travail, la paix et la liberté. Et non des procès dont tout le monde est fautif.

Mais sachez, aux dires des uns et des autres, un procès transformera la Côte d'Ivoire en un pays ingouvernable, cela malgré vos talents. Ce ne sont pas vos armées qui empêcheront le peuple de se défaire de ce nouveau joug colonial. Je suis Dioula, musulman et fils d'Iman. Je dis et je le répète, ne laissez pas rentrer seul dans l'histoire le Président Laurent Gbagbo. Et sachez que sans le Président Laurent Gbagbo et sa suite, il n'y a pas de développement apaisé. Et sans le Président Laurent Gbagbo, il n'y a pas de sécurité pour vous. Parce que vous êtes seul parmi les soixante ethnies, si jamais la raison ne vous revient pas.

Enfin, monsieur Alassane Ouattara, je ne suis d'un parti que lorsque ce parti incarne la liberté, la tolérance. La création du Rdr devait, dans la conquête comme dans l'exercice du pouvoir, nous inscrire dans des grands partis et vous devez vous installer dans l'histoire des grands hommes comme les Nelson Mandela. Mais aujourd'hui, je me pose la question de savoir qui de vous et le Président Laurent Gbagbo est démocrate ? N'est-ce pas aux ex-rebelles qu'il appartenait de l'incarcérer? Parce que vous êtes censé ne pas être de connivence avec l'insurrection. Votre devoir devait être de défendre un Président pour que vous ne subissiez pas, les mêmes vexations que votre prédécesseur. N'est ce pas grâce à lui que vos différentes pièces administratives vous ont été livrées, notamment : le certificat de nationalité, votre carte d'identité, votre passeport ivoirien, votre éligibilité et votre dignité d'homme Ivoirien. Comment pouvez-vous accepter de pourfendre cet homme de cœur qui a trahi ses proches. Parce qu'il vous a donné tous vos papiers. Alors que pour ces mêmes papiers, les autres vous pourchassaient par Interpol, dans le monde entier.

A la lumière de ce que je vois, je crains de savoir que les grands vainqueurs de ces élections ne sont pas les partis et leurs leaders. Mais bien les combattants rebelles. Et si je ne m'abuse, ce sont eux qui devaient être au pouvoir pour juger les trois (03) Présidents que sont : Bédié, Gbagbo et vous-même. Peut-être, avec ceux-là et avec l'âme d'Africains lucides qu'ils ont, ils auraient évité à la Côte d'Ivoire sa dislocation et son érection en département français.

Pourquoi au Mali n'a-t'on pas fait un grand procès à Moussa Traoré? Et pourtant, le Mali se porte mieux ! Pourquoi Nelson Mandela, le grand Mandela, n'a t-il pas emprisonné tous les blancs qui l'ont incarcéré pendant 27 ans ?

Monsieur Alassane Ouattara, vous êtes devant l'histoire, mais sachez que la vraie victoire, celle qui vaut d'être vécue, est celle que l'on a sur soi-même.

 

A quoi sert la victoire ?

A quoi sert ta victoire ?

Des morts et des morts élus après ta victoire

Et des prisonniers qui aux larmes sèches te regardent, regardent ta victoire

Sans âme, plus que tu es victoire sans être né comme les autres

De multiples cimetières, qui à perte de vue, gisent des hommes

Des femmes, des enfants qui ne voulaient que vivre

A quoi sert ta victoire, seigneur, toi qui est venu de loin de très loin ?

Et conquérir le cœur des peuples des cimetières

Qui aujourd'hui sombrent dans l'épée et pour l'épée sur l'existant qui n'est plus

A quoi sert ta victoire, toi qui viens de loin dans ce lointain pays qui n'est pas le mien ?

A quoi sert ta victoire, sinon remplir à nouveau tes cimetières avec ses hommes et ses femmes prisonniers ?

Dont tes protecteurs veulent qu'ils soient pendus, fusillés par les cordes d'esclaves

Par les armes qui ont fait leur preuve en tuant notre peuple sans arme

A quoi sert ta victoire, juvénile victoire?

A te pendre dans le temps, dans le bref temps de l'histoire.

 

Abou Cissé,

Membre fondateur du Rdr et combattant de la liberté

 

In le quotidien ivoirien « Le Temps » du 06 octobre 2011.

 

Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

jeudi, 06 octobre 2011

UNE DES FILLES DU COUPLE GBAGBO PARLE...

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Dans ce témoignage poignant, Marie-Antoinette Singleton, une des filles du couple Gbagbo qui vit aux Etats-Unis, parle de ses parents et de son frère Michel, auxquels elle n'a pas le droit de parler, même par téléphone. Elle évoque également sa certitude que le combat mené par ses parents vaut la peine d'être mené. Et se terminera par la victoire de la Côte d'Ivoire indépendante.

 

Cela fait plus de cinq mois que vos parents et votre frère Michel ont été arrêtés. Avez-vous des nouvelles régulières d'eux ? Si oui, ces nouvelles sont-elles rassurantes ?

Non, nous n'avons pas de nouvelles régulières d'eux. Mais ça va ! Ils se portent bien, selon ce que nous avons pu avoir comme informations. On ne nous a pas encore donné l'autorisation de leur parler ni de les voir. Mes avocats se battent pour ça. Une lettre en ce sens a été envoyée au ministre de la Justice qui a refusé tout simplement...

Votre famille a subi de gros chocs émotionnels. Comment on survit à une telle bourrasque ?

Toute la famille a été déstabilisée, dispersée. Mais ayant grandi dans un environnement de combattants, ce n'est pas qu'on souhaite des choses pareilles mais on se fait un moral plus ou moins prêt à résister à de telles bourrasques. Et on bénit Dieu qu'ils soient en vie, c'est l'essentiel. Et comme il s'agit d'une vision... La vision n'est pas morte, nous avons l'espoir de voir la vision s'accomplir. Ça suffit pour tenir bon. Pour ce qui est du quotidien, on est obligés de se réorganiser. Parce que tout le monde a été délocalisé...

Et vos sœurs, elles vont bien ?

Oui, elles vont bien.

Quel regard portez-vous sur les premiers mois d'Alassane Ouattara ? Lors des moments les plus durs d'avril, on vous a entendu avec des accents politiques. Et nous sommes curieux d'avoir votre analyse sur ce régime qui a déjà passé l'étape symbolique des cent premiers jours. Que pensez-vous d'eux ? Avez-vous eu des contacts avec eux ? La réconciliation qu'ils prônent vous semble-t-elle envisageable ?

D'un point de vue personnel, je trouve qu'ils ne font pas un bon boulot. Même s'ils semblent avoir des raisons de kidnapper des gens pour leurs opinions politiques, je ne comprends pas pourquoi le contact avec la famille devrait être un problème. Je ne comprends pas pourquoi ils ne permettent même pas un coup de fil. C'est aberrant, cela n'a pas de sens.

Au-delà de cet aspect personnel, familial, j'étais le vice-consul à Washington. Quand il y a eu ces événements,  je me suis retirée. Et j'ai reçu une note du ministère des Affaires étrangères me demandant, en tant que diplomate, de rentrer sur Abidjan. Ce qui n'est pas envisageable. Je n'ai plus personne à Abidjan. Tous nos domiciles ont été totalement pillés. Tout ce qui n'a pas été emporté a été détruit.  J'ai fait savoir à l'ambassadeur que je n'étais en mesure de rentrer.

Pour ce qui est de la réconciliation, il faut que les gens soient réalistes. Il y a un grand nombre de personnes qui sont réfugiées à l'étranger, apeurées. Certains continuent à subir des exactions. Il ne faut donc pas rester dans la théorie. Il faut porter des actions concrètes sur le terrain qui montrent le désir de voir les gens se réconcilier.

Vous vous êtes beaucoup impliquée dans le plaidoyer, au service de la cause des vôtres et des autres détenus politiques. Avez-vous eu des contacts haut placés dans ce cadre, en Côte d'Ivoire et à l'étranger ?

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J'ai surtout des contacts avec la population. C'est une action qui concerne avant tout les Ivoiriens. C'est vrai que mes parents sont impliqués, à un niveau suffisamment haut. Mais tous les Ivoiriens que je connais ont subi une perte. C'est au niveau de la communauté que nous travaillons, que nous menons des actions.

Des ONG de défense des droits de l'homme, des gouvernements étrangers vous ont écoutée ?

Pas de gouvernement étranger pour ma part. Le sénateur Inhofe, ici aux Etats-Unis, est très impliqué et nous essayons de lui donner le maximum d'informations. J'ai envoyé un courrier au secrétariat général de l'ONU et à la structure spécialisée chargée des droits de l'homme. Sans réponse.

Durant les bombardements, est-ce que vous vous êtes dit, à un moment donné, que votre place était aux côtés de vos parents, de votre mère, à la Résidence, plutôt qu'au chaud, d'une certaine manière ?

Non. Je ne crois pas que quelqu'un aurait envie de se retrouver dans cette atmosphère-là. Je me suis  dit que si Dieu a permis qu'un membre de la famille soit à l'extérieur c'est pour une raison. Rien n'est le fruit du hasard quand on croit en Dieu. Il a sans doute permis que je sois à l'extérieur pour donner un autre son de cloche, le point de vue de la famille. C'était une expérience traumatisante d'après ce que tout le monde m'a dit. Mes sœurs, mes amis... Des gens qui n'étaient même pas à la Résidence mais dans les environs en sont sortis traumatisés. Je pense que personne ne souhaiterait vivre ça.

Quelle image de tous ces événements vous a le plus marquée ?

Le souvenir le plus douloureux, ce sont les humiliations que certaines personnes comme le gouverneur Dacoury-Tabley ont subies. C'est allé vraiment trop loin. C'était énorme. J'ai lu au-delà de la première réaction d'humiliation, de violence contre la Première Dame, le président et Michel, j'ai vu des gens qui subissaient quelque chose sur la base de la vision qu'ils ont. Quand je vois les photos de la Première Dame par terre, les cheveux arrachés, je vois la violence, certes. Mais je vois aussi la sérénité sur son visage. C'est un combat qu'elle mène depuis qu'elle est jeune. Un combat pour la Côte d'Ivoire, pour l'Afrique. Personne n'enlèvera cette conviction de son esprit. Dieu étant fidèle, lorsqu'on met sa cause dans la main de Dieu, on ne se laisse pas envahir par l'anxiété. Je n'ai pas vu la peur sur leur visage, ni sur le visage de Michel. Michel avait du sang sur la tête, sur le dos, mais il avait les mains croisées. Je n'ai pas vu de panique sur son visage. Et moi je rends gloire à Dieu pour ça. Et pour les films qu'on a pu voir du président à l'hôtel du Golf. Il expliquait seulement ce qui venait de se passer, et ce qu'il avait suggéré de faire. Passé l'effet de violence, j'ai vu des gens qui croient en leur combat. Et qu'ils font ce qu'il faut faire. Si les humiliations sont le prix à payer, ils sont prêts à payer ce prix-là.

Que pensez-vous de l'attitude et de la démarche politiques de Mamadou Koulibaly qui était le numéro deux du système Gbagbo ?

Moi, je n'étais pas du tout impliqué dans la politique, vous savez. J'ai suivi ces choses-là de loin. Je ne connais pas les motivations de Mamadou Koulibaly, le raisonnement qui l'a amené à prendre une telle décision. J'avais déjà été déçue de voir qu'il n'a pas pris en main le problème de succession. La solution pour moi était qu'il prenne le pouvoir dans le chaos que nous avons vécu après le 11 avril. Il ne l'a pas fait. Il a choisi de faire autre chose. Aujourd'hui, il décide de se séparer du FPI. Je ne sais pas s'il a cru en cette vision. Parce que dans la matérialisation d'une vision, il y a des choses qui ne sont pas forcément positives, qu'on n'approuve pas. Mais cela ne nous pousse pas à abandonner cette vision pour autant. Si le président Gbagbo devait laisser tomber sa vision sous prétexte que les individus ne faisaient pas leur part du travail, le FPI n'existerait pas. La démocratie n'existerait pas en Côte d'Ivoire. Il faut comprendre la vision et être prêt à payer le prix et à porter le fardeau. Manifestement, nous ne sommes pas nombreux à réfléchir comme cela. C'est bien dommage, mais on verra jusqu'où les choses iront. Quand on parle de vision, on ne se limite pas aux hommes. Parce qu'il  y en aura toujours pour la porter.

On a senti des dissensions entre des collectifs d'avocats se réclamant de la défense du président Gbagbo...

Je ne souhaite pas en parler parce que ce n'est pas très beau et cela peut faire irrespectueux. Le moment viendra certainement où ces questions-là seront résolues.

En tant que femme, que diriez-vous à Dominique Ouattara si vous l'aviez en face de vous ?

Franchement, je ne sais pas, je ne pense pas à elle... Donc je n'ai pas de propos préparé. Il faut peut-être que je réfléchisse à ce sujet...

Et si vous aviez Simone Ehivet Gbagbo en face de vous ?

(Rires). Que je l'aime énormément, que je suis fière d'elle, qu'elle m'inspire, et que je suis prête à porter le flambeau, à marcher dans ses pas. Je vais m'organiser pour. Je lui dirai de tenir bon, parce que le Dieu qu'elle sert est fidèle. Cette vision qu'il leur a donnée pour la Côte d'Ivoire, elle s'accomplira certainement.

Que diriez-vous aux Ivoiriens qui vivent dans le pays, qui ont cru en Laurent Gbagbo et qui sont aujourd'hui apeurés après une répression qui n'est toujours pas terminée ?

Je leur dirai que le combat vaut absolument la peine d'être mené. Personne ne viendra mener à notre place le combat de libération de notre pays. C'est difficile. Je suis de tout cœur avec eux. Je ne demande à personne de faire des actes de folie. Ce qu'il faut savoir, c'est que nous avons un devoir de libération vis-à-vis de notre pays et de notre continent. Et que si nous ne prenons pas sur nous de le faire, les générations prochaines le feront. C'est une réaction naturelle. Tous les peuples aspirent à cette liberté et passent par des moments difficiles pour l'acquérir. Nous devons passer par ces moments difficiles. Le combat ce n'est pas seulement d'être dans la rue, de manifester. Mais si chacun a son niveau choisit de rectifier les erreurs qui nous ont mené là où nous sommes et choisit de marcher différemment, c'est déjà le début du combat. Que chacun quotidiennement fasse sa part. Tout le monde n'est pas soldat. Mais ce combat, nous devons de toute façon le mener.


Recueilli par Théophile Kouamouo

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

PLAINTES DEVANT LA CPI, LE TEMPS PRESSE!

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Chacun a jusqu'au 31 octobre pour envoyer sa plainte et/ou dénonciation des violations et crimes de guerre de tout ordre (violation des Droits de l'Homme, crimes économiques, etc) commis entre 2002 et 2010, à la CPI. Même un simple mail qui détaille les faits et l'accusation suffit. Celui qui le désire peut faire une lettre postale. On peut le faire en tant que victime, ayant-droit ou simple témoin, individuellement ou en tant qu'association.

Il faut que les faits soient clairs et précis avec des noms, dates et lieux. On peut accompagner cela de pièces à conviction (ce n'est pas une obligation) comme des enregistrements vidéo (même YouTube est permis), des coupures de presse (journal papier ou article en ligne), des rapports d'ONG internationales comme Amnesty, Human Rights, Croix Rouge et d'ONG locales Lidho, Fidhop, etc...

Email : otpnewsdesk@icc-cpi.int

Adresse postale:
International Criminal Court
Po Box 19519
2500 CM, The Hague
The Netherlands

A chaque patriote sa plainte ou dénonciation. Ne restons pas les bras croisés. Chacun est/connaît au moins une victime. C'est le moment d'agir, ne perdons pas de temps, ne soyons pas passifs. Ne remettons pas à demain.


La lutte continue !!!

LA COTE D'IVOIRE, UN PAYS EMERGENT EN 2020? RESTONS SERIEUX!


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Alassane Ouattara sait-il que courant 2010, du 26 au 28 avril exactement, le secteur privé ivoirien au grand complet a tenu un séminaire de trois jours à Yamoussoukro dans le but d'étudier sur tous les angles la possibilité de faire de la Côte d'Ivoire un pays émergent ? Alassane Ouattara sait-il que ce projet, initié par le patronat ivoirien, qui a vu la participation de l'Etat de Côte d'Ivoire - oui, c'était bien un Etat et non un clan que Laurent Gbagbo dirigeait - représenté pour la circonstance par Moussa Dosso, ex et actuel ministre de l'industrie et de la promotion du secteur privé, a accouché de conclusions et de directives précises sur comment y arriver ?

Alassane Ouattara sait-il que les différents ateliers qui ont meublé ce conclave ont déterminé qu'il est peu probable, voire carrément impossible, que la Côte d'Ivoire atteigne cet objectif avant le terme d'une génération entière de trente ans. Et qu'en conséquence, le secteur privé ivoirien a baptisé son programme Côte d'Ivoire 2040 ?

Si nous, nous le savons, c'est qu'Alassane Ouattara a forcément eu vent de ce projet. Si même ce n'était pas le cas, il a eu l'occasion, en novembre 2009, exactement un an avant les présidentielles, de participer aux rencontres « Face au Patronat » organisées par le même secteur privé, sous l'égide de la Confédération générale des entreprises de Côte d'Ivoire, qui avaient alors réuni les principaux candidats à l'élection présidentielle - sauf Laurent Gbagbo, apparemment « oublié ». Et devant ce parterre de sommités économiques du pays, Ouattara-le-présidentiable avait entendu de vive voix les attentes des grands patrons ivoiriens et renouvelé sa volonté de faire siennes les recommandations expertes du secteur privé sur l'avenir économique du pays.

Au secours Malachie !

Apparemment, la rigueur sacerdotale de l'économiste chevronné que l'on disait innée n'est plus que relique du passé ! Voilà notre chef d'Etat à la tribune des Nations Unies, à Washington, bien loin du bidonville homonyme et récemment déguerpi par sa politique bulldozérienne, en train de prétendre sans sourciller que son « ambition est de faire de la Côte d'Ivoire, à l'horizon 2020, un pays émergent ».

Tonnerre d'applaudissements ! En 2020, soit dans un peu moins d'une décennie, nous avons quelques chances, à en croire la docte science ouattariste, de nager dans les eaux douces de l'émergence et de voir les effluves de la prospérité se déverser sur nous en moins de temps que ce qu'il aura fallu au Mexique, à l'Ile Maurice ou à l'Afrique du Sud pour y arriver.

Au secours, Malachie ! Mais de vous à moi, est-ce vraiment sérieux de fabuler sur des questions si sensibles, auxquelles une large partie de la population croit, car relativement ignorante des principes économiques de base ? Est-ce vraiment sérieux d'insulter même l'intelligence de la minorité qui prend le temps de s'éduquer sur ces questions ? Est-ce si coûteux de délivrer un message responsable, qui épouse tous les contours du sujet et avance des propositions réalistes et réalisables ?

A en croire la pensée classique, « il n'est pas de vent favorable pour celui qui ne sait pas où il va ». A en croire le discours ivoirien, il n'est pas d'émergence salutaire pour quiconque ne croit aux ambitions de Ouattara. Et tout le monde, de Christine Lagarde à Eugène Dié Kacou, voudrait que l'on y fasse allégeance et qu'on s'émeuve devant les images de notre omniprésident à la tribune de l'ONU.

Le climat social apaisé réclamé par les investisseurs, une réalité ?

Non merci. Les prestidigitateurs politiques qui font fi du minimum en matière de bonne gouvernance et de gestion économique ne sont pas ceux que nous saluerons comme Caius Julius Caesar. Astérix résistants à la manipulation médiatique et à la politique politicienne, nous resterons. Avec quelques questions : le climat social apaisé que réclament les investisseurs, où les tueries attribuées aux FRCI se conjuguent à l'imparfait, est-il réalité ? Est-ce le cas à Yopougon Nouveau Quartier où il y a quelques jours à peine, tout un quartier a été assiégé par ces ostrogoths incontrôlables ? Ou encore à Blockhaus où il y a peu, un véritable combat de rue s'est engagé entre « sauveurs » et « sauvés » ? Et que dire de la dette intérieure ? Ces entreprises nationales qui ont vu leur gagne-pain partir dans la fumée des bombes françaises ont-elles été indemnisées ? Le seront-elles avec les derniers 150 millions de dollars « donnés » à la Côte d' Ivoire par la Banque Mondiale ? Quand est-ce que les recommandations du secteur privé sur le contexte macroéconomique seront-elles appliquées ? Quand est-ce que le modèle de développement de la Côte d'Ivoire, qui a atteint ses limites depuis longtemps, sera-t-il révisé ?

Faute de réponses précises à ces quelques questions sommaires, « la Côte d'Ivoire pays émergent » est encore un doux rêve qu'il vaut mieux ignorer. Le surdoué qui, parait-il, dirige ce pays, n'ignore pas ces détails. Mais pour les besoins de la manipulation, on lance une communication d'envergure sur l'émergence que l'on sait bien que l'on n'atteindra pas en huit ans. C'est qu'il faut bien intégrer un nouveau jargon au vocabulaire ivoirien ! Après la comptine de la réconciliation, il faut bien que les victimes de la terreur s'habituent à un terme moins conflictuel. Alors « pays émergent », essayons ! Faisons la promotion de l'émergence, en répétant inlassablement la chose comme des incantations de dozos et en ignorant royalement les prérequis les plus évidents que sont l'Etat de droit et la justice équitable pour tous.

Tout cela n'est pas bien sérieux. Ouattara-le-pragmatique ne croit pas plus que nous que la Côte d'Ivoire enjambera toutes les étapes du développement et se réveillera un bon matin avec un taux de croissance continu comparable à celui des BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). On considèrera donc que ses « ambitions » sont un énième calcul politicien destiné à amuser la galerie.


Fabien d'Almeida

 

Source : NOUVEAU COURRIER.INFO

mardi, 04 octobre 2011

ALASSANE OUATTARA, LE NOUVEAU BEN ALI DE LA FRANCE?


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C’était le 13 septembre dernier. Laurence Ferrari recevait, sur le plateau de TF1, Alassane Ouattara, le nouveau chef de l’Etat ivoirien. Durant cet entretien, la présentatrice de la chaîne parvenait à faire l’impasse sur les sujets les plus dérangeants pour son interlocuteur. Pas un mot sur la grande insécurité qui règne dans le pays, entretenue par les éléments les plus criminalisés de la nouvelle armée, dominée par les ex-rebelles qui ont combattu Laurent Gbagbo durant neuf ans. Aucune question sur les promotions dont ont bénéficié les chefs de guerre accusés, dans des rapports de  l’ONU et des organisations de défense de droits de l’Homme, d’exécutions sommaires ou de recrutement d’enfants-soldats.

Quelques mois plus tôt, une présentatrice de CNN, interviewant Alassane Ouattara, insistait sur le sort d’Hermann Aboa, journaliste de la RTI arrêté pour des faits relevant de l’exercice normal de sa profession, et dont Reporters sans frontières, le Comité pour la protection des journalistes, et même certains quotidiens pro-Ouattara, ont demandé la libération. Cette question n’était visiblement pas prioritaire pour la journaliste française, qui a préféré donner l’occasion à Ouattara de parler du phénoménal taux de croissance que la Côte d’Ivoire devrait avoir en 2012, et des grands travaux d’infrastructure engagés par son exécutif. Les mauvaises langues diront que ce tropisme n’est pas étonnant, dans la mesure où Martin Bouygues, actionnaire principal de TF1 et  ami proche d’Alassane Ouattara depuis une vingtaine d’années, à qui la construction du troisième pont d’Abidjan a d’ores et déjà été confiée, est un professionnel du béton…

Aucune enquête sur la fortune de Dominique Ouattara et ses liens avec les «biens mal acquis»

Au-delà de l’anecdote, de nombreux observateurs africains sont frappés par l’incroyable protection dont bénéficie Alassane Ouattara en France, où tout est mis en œuvre dans les cercles politiques et médiatiques les plus influents, pour sculpter sa légende. Opposant, il passait pour la victime immaculée de l’ivoirité, un concept tellement flou qu’il a servi à diaboliser successivement Henri Konan Bédié, Robert Guei et Laurent Gbagbo. Ses propos incendiaires attisant, dès 1999, le «dolorisme» nordique et la fameuse «charte du Nord» rédigée dès le début des années 1990 par ses partisans n’ont quant à eux presque jamais été relevés dans les médias français. Ses relations troubles avec la rébellion qui a éclaté le 19 septembre 2002 alors que son parti avait des représentants au sein du gouvernement de réconciliation mis en place par Laurent Gbagbo n’ont jamais été véritablement interrogés, y compris après que des enquêtes d’ONG comme Global Witness aient mis en lumière la forte implication de cadres de premier plan de sa formation politique dans l’économie de contrebande en zone «occupée» et le trafic du «cacao de la guerre». La fortune de son épouse, dont l’agence immobilière a géré le patrimoine de chefs d’Etat comme Omar Bongo Ondimba, symbole de toute la lutte contre les «biens mal acquis» des  présidents africains en Occident, n’a jamais fait l’objet d’enquêtes sérieuses dans la presse parisienne.

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Durant l’épreuve de force qui a suivi l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, toute la classe politique française s’est alignée derrière Ouattara, au nom de la validation onusienne de son élection, sur laquelle de nombreuses zones d’ombre persisteront toujours. En effet, pour la première fois dans l’histoire mondiale, un organisme chargé de proclamer les résultats d’un scrutin donnait un taux de participation officiel (70%), puis se ravisait plusieurs jours plus tard, et augmentait de 11% ce taux, en validant des centaines de procès-verbaux où le nombre d’électeurs dépassait largement le nombre d’inscrits… Ce détail plutôt comique n’est que l’une des nombreuses données troublantes qui, mises à la disposition de l’opinion, auraient soutenu la demande du camp Gbagbo, qui sollicitait alors un recomptage des voix, comme cela a été fait dans le même type de circonstances à Haïti. Mais, une fois de plus, l’omerta pro-Ouattara a prévalu.

Un establishment politico-médiatique parisien déterminé à soutenir Ouattara

Aujourd’hui, Alassane Ouattara est au pouvoir. Amnesty International a accusé ses troupes d’avoir perpétré le plus grave massacre de l’histoire contemporaine de la Côte d’Ivoire dans le quartier Carrefour à Duékoué. Un massacre aux motivations purement ethniques, comme le prouvent les cartes d’identité collectées et jetées à proximité des charniers. Amadé Ouérémi, le chef de milice burkinabé accusé d’avoir dirigé ce massacre, n’a été ni inculpé ni même désarmé. Il continue de semer la terreur dans la région. Imaginons un seul instant qu’il s’agissait d’un mercenaire à la solde de Laurent Gbagbo durant sa présidence. Qu’aurait écrit la presse hexagonale ?

La détermination de l’establishment politico-médiatique parisien à soutenir Alassane Ouattara est telle que même la mort de Philippe Rémond, un professeur d’Université français, tué selon ses amis par les forces soutenant Alassane Ouattara lors de leur entrée à Yamoussoukro en mars dernier, a été fort peu médiatisée. L’enquête n’a pas avancé d’un pas, aucune inculpation n’a été enregistrée, l’enterrement s’est déroulé dans la plus grande indifférence… Ressortissant français, le fils aîné de Laurent Gbagbo, qui n’a jamais été un activiste de premier plan, est incarcéré depuis plus de cinq mois à Bouna, petite ville du nord du pays. Motif officiel : «il était avec son père», nous apprend le ministre de la Justice de Ouattara.

Sur le terrain du dialogue politique, les choses ne s’améliorent pas en Côte d’Ivoire. Le FPI, parti de Laurent Gbagbo, a suspendu sa participation aux travaux de la Commission électorale indépendante (CEI), pour une raison qui mérite que l’on s’y attarde. La CEI est contrôlée à 95% par des membres de la coalition au pouvoir. En clair, ce sont les partisans de Ouattara qui doivent organiser de bout en bout un scrutin au cours duquel ils seront arbitre et partie. Quand l’on sait qu’en 2003, à la faveur des accords de Linas-Marcoussis, la France faisait pression pour que cette Commission soit plus «équilibrée», alors qu’elle était nettement moins favorable au pouvoir de l’époque, l’on mesure le degré d’amertume qui peut être celui de l’opposition d’aujourd’hui en Côte d’Ivoire.

Les Français, qui aiment à croire que leur exécutif est l’héroïque accompagnateur des révolutions arabes, avec les promesses de démocratisation qu’elles charrient, doivent se souvenir d’une chose. C’est le soutien œcuménique de la classe politique française, gauche et droite confondues, et l’aveuglement de la presse de leur pays face aux dérives progressives de Zine-el-Abidine Ben Ali, qui ont contribué à forger et à renforcer sa dictature «développementaliste». Petit signe qui vaut son pesant de signification. Ouattara et Ben Ali ont un point commun. Ils ont l’un et l’autre signé des contrats globaux de communication avec Anne Méaux, la patronne d’Image 7, une société chargée de dompter les médias hexagonaux à leur profit.


Théophile Kouamouo


Source: LE NOUVEAU COURRIER.INFO

LE SITE DU NOUVEAU COURRIER EST PRET!

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Je suis très fier de présenter à vous, lecteurs, et à toute la communauté, le tout nouveau site du "Nouveau Courrier". Nous avons longtemps hésité avant de le lancer. Parce que le modèle encore indéfini des médias en ligne en Côte d'ivoire fait qu'on se demande toujours si ce qu'on a à perdre n'est pas plus grand que ce qu'on a à gagner quand on plonge dans la grande marmite du numérique.

Plus qu'un site, nous espérons, à moyen terme, former une vraie et forte communauté autour du site du "Nouveau Courrier", qui sera un complément idéal à l'offre papier. La première chose que nous vous demanderons, c'est d'imposer le leadership de ce site en le faisant connaître. A travers un travail de diffusion des liens qui vous semblent le plus intéressants sur les réseaux sociaux, dans les forums et dans vos sites et blogs.

Mais arrêtons de parler. Cliquez ICI pour découvrir notre site. Que dis-je, votre site !


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

CRIME DE SANG EN COTE D'IVOIRE: LA CPI LIVRE LES RESULTATS DE SES ENQUETES - OUATTARA ET SORO INDEXES



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Les récentes sorties médiatiques de deux membres du gouvernement Ouattara posent à nouveau la question de la comparution du chef d'Etat ivoirien M. Laurent Gbagbo devant la cour pénale internationale. Selon le ministre des Droits de l'homme et des Libertés publiques du gouvernement Ouattara «un transfèrement du Président, Laurent Gbagbo à la Haye serait à l'étude». Ce transfèrement, selon lui «faciliterait le processus de réconciliation».

Dans le même registre, Guillaume Soro déclarait "La guerre qui a eu lieu en Côte d'Ivoire est finie. Ceux qui doivent répondre devant la justice répondront devant la justice. Je lis dans les journaux .Il faut libérer Gbagbo pour qu'il y ait la réconciliation. « Mais arrêtons! », a-t-il déclaré lors d'une cérémonie à Bouaké : «Faites la repentance et dites aux Ivoiriens ce que vous avez fait contre eux », a-t-il poursuivi à l'adresse des partisans du président Gbagbo.

Visiblement cette course de vitesse engagée par le camp Ouattara aurait pour but de dépassionner le débat à la veille des élections législatives prévues le 11 décembre 2011 et alors même que les bruits d'un possible coup de force ne se dégonflent toujours pas du coté d'Abidjan. Des arrière-pensées de politique intérieure seraient donc à la base de cette subite accélération du gouvernement Ouattara. La Cpi ne devrait cependant pas se laisser embarquer dans cette course à l'échalote si elle ne veut pas voir sa crédibilité sérieusement entamée. Les opposants d'Alassane Ouattara ont cru déceler dans cette agitation gouvernementale une tentative d'instrumentalisation de la Cpi par son gouvernement.

A propos de la crise ivoirienne, le procureur de la Cpi, M Luis Moreno-Ocampo avait demandé en juin dernier, l'autorisation des juges pour diligenter une enquête impartiale sur les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre commis en Côte d'Ivoire depuis la dernière élection présidentielle, le 28 novembre 2010.

Effectivement et pour faire suite à la requête du camp Ouattara, la Cpi a enquêté en Côte d'Ivoire et remis un rapport intitulé «situation in the Republic of Côte d'Ivoire». La version publique de ce document est consultable en ligne à l'adresse suivante : http://www.icc-cpi.int/iccdocs/ doc/doc1223025.pdf

Les dépositions des victimes y ont été classées en deux groupes. Celles relatives à des faits ayant eu lieu avant le 28 novembre 2010 et celles qui sont liées à des faits postérieures à cette date. Les juges de la Cpi ont sélectionné des faits classés comme des atteintes graves aux droits humains. Sur un ensemble de 655 victimes interrogées, 567 ont déclaré faire partie du lot concerné par les violences de l'après 28 Novembre. Lorsque les juges se sont penchés sur les auteurs de ces crimes, il est apparu très clairement que les hommes de Ouattara ont été les responsables des violences sur 3/4 de cette population et les hommes de M. Gbagbo sur 1/4.

Les juges se sont aussi penchés sur le cas des victimes de la période antérieure au 28 novembre 2011. La responsabilité des hommes de Ouattara et Soro est presque totale dans ce dernier cas de figure. 68% attribuée aux hommes de M. ouattara, 28% aux hommes de Guillaume Soro et 4% aux hommes de Gbagbo.

Au regard de ce document, les trois principaux responsables des crimes contre l'humanité perpétrées en Côte d'ivoire ces dernières années, sont clairement identifiés. Messieurs Alassane Ouattara, Guillaume Soro et le président Laurent Gbagbo.

S'il s'agit de punir ceux qui ont été sur le terrain alors ce sont les chefs militaires qui ont fait exécuter les ordres de barbarie qui devront être recherchés et poursuivis. Mais si à l'inverse ce sont les hauts responsables politiques qui devront répondre, alors les trois cités nommément par le rapport de la Cpi devraient être tous convoqués par la Cpi.

Ouattara et Soro Guillaume peuvent s'appuyer sur leur logique de «justice des vainqueurs» en Côte d'ivoire, mais on ne voit pas vraiment pourquoi la Cpi prendrait le risque de se décrédibiliser en les suivant dans cette logique et surtout après avoir rendu publique ce document.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LE BLUES

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Aujourd'hui, je ne suis pas enclin à écrire. Mon moral est bas, mes yeux larmoient, je suis triste et je m'en veux de ressentir une telle apathie, moi qui suis censé recharger vos accus par mes textes vivifiants.  J'ai le blues ! Mon pays sombre dans une dictature des plus fermes et je me sens prisonnier d'une ville que je ne reconnais plus. Tenez ! L'autre soir, vers 23H j'ai parcouru Abidjan d'un bout à l'autre. J'ai regardé partout, observé dans tous les recoins. Rien, pas un seul policier à l'horizon. Rien ! Libre à vous de faire du 220 à l'heure, de brûler les feux rouges, d'effectuer des dépassements dangereux. Rien ! Libre à un quidam de vous dépouiller, de vous molester, de vous kidnapper. Rien ! Abidjan est dévêtu, sans attribut, sans gangue, livré à son propre sort. Pourvu que le préfet Ouattara dorme dans les bras de la licorne, le reste n'est que vacuité.

Ecrire, pour dire quoi ? Qu'ils sont dans les hôtels feutrés, entre deux avions, autour d'une bouteille de champagne Boërl & Kroff, à parler de réconciliation, à discuter, sanglés  dans leurs vestons en soie, de la paix, de notre paix. Ecrire pour dire que  nos nouveaux dieux décident de la viabilité de notre nation, de nos joies, de nos peurs. Écrire pour dénoncer leur regard inquisiteur qui désigne les vainqueurs et les vaincus, les martyrs et les bourreaux, les vaillants et les pleutres. Dois-je m'indigner de la réconciliation concoctée comme une tomate farcie, farcie d'hypocrisie, de haine, de dédain, de mépris, d'injustice ?  La réconciliation-décret, la réconciliation-ordonnance mûrit dans les hautes sphères de la démagogie. La réconciliation-tintamarre  qui abrutit les tympans mais effleure à peine les cœurs !

Je suis triste  mes frères, j'ai le spleen à fleur de peau et je m'excuse si je ne m'en cache point. La bienséance aurait voulu que je  taise ce sentiment et que je feigne l'écrivain optimiste, au feuillet pétillant de propos galvanisants. Mais que dire si ce n'est que je suis affligé de constater que, dans cet autre millénaire, nous sommes encore le sujet d'étude d'autres civilisations. Ils élaborent des théories, émettent des thèses, observent des constances  et expérimentent leurs trouvailles sur nous, le peuple-cobaye. Tout, absolument tout ce qui nous arrive a été soigneusement organisé, planifié, prémédité par des sociologues, des criminologues, des psychologues occidentaux. Ils se jouent de nous comme le chimiste se joue des molécules pour créer une réaction en chaîne. Nous sommes les pions d'un échiquier gigantesque et ses fabulateurs nous mènent par le bout du nez.  Et cela, nous le savons tous !

Cependant, je ne veux pas ainsi dénier notre part de responsabilité dans le drame immonde que nous vivons. Il serait simpliste voire inconvenant de faire porter le chapeau de notre déconfiture à la France entière. Car le mal est passé par nous, sujets trop passifs, excellents conducteurs. D'hier à aujourd'hui, nous portons  en notre sein les germes de notre déficience. De Lumumba à Gbagbo en passant par Sankara, le schéma est le même et les félons ne sont pas bien loin. Mamadou Koulibaly, le vertueux, Mamadou Koulibaly le constant a  tôt fait de déguster la coupe de la traitrise. Même Allou Eugène, cet effacé politique se donne à cœur joie dans l'amnésie sélective. Au demeurant, notre manque de cohésion, nos désunions, nos conflits d'égo trop  haineux font de l'Afrique un continent à la traîne balloté par la communauté dite internationale.

Je suis triste mes frères car j'ai l'impression qu'une nouvelle cartographie de la côte d'ivoire s'est faite et que ses frontières se limitent désormais au district d'Abidjan. On s'extasie de la reprise des chantiers publics dans la ville, de quelques artifices ça et là et on oublie le reste du pays. Quand ils roulent dans leurs bolides suréquipés sur les voies "dépoussiérées" de la capitale économique,  pensent-ils aux autres régions, aux autres villes, aux autres villages? Là où l'autorité du préfet fait place aux dictats des FRCI ? A l'ouest se dessine actuellement un sinistre tableau fait de spoliation de terre, de guéguerre intercommunautaire, de milices armées d'allogènes, de crise humanitaire. Soit, un tableau apocalyptique ! Même le PAM par la voix de son représentant Alain Cordeill reconnaît la situation alimentaire déplorable qui prévaut particulièrement dans le moyen Cavally.  Et la visite surfaite d'Alassane Ouattara, prévue du 13 au 15 octobre n'y changera rien quand on devine aisément la portée électoraliste de ce déplacement.

Cinq mois de souffrance, cinq mois de disette, de crainte sous-jacente, de mesures vexatoires et l'enthousiasme des "houphouëtistes" peine à se maintenir. Si tant est qu'ADO  est si aimé et si populaire, pourquoi personne ne s'aventure dans la chansonnette  à son honneur, lui notre sauveur universel ? Même nos artistes zouglou pourtant très promptes à faire sortir des singles  traduisant la reconnaissance du peuple à leurs hommes politiques semblent en panne d'inspiration.  Je suis triste pour mon pays dépecé en districts, en régions selon la guise d'un individu.

Excusez-moi, je n'ai pas la force aujourd'hui de simuler un sourire, de pousser  un "on y va !"ou "battons nous !". J'ai juste envie de fermer les rideaux, d'éteindre la lumière et de fléchir les genoux pour invoquer notre Dieu car lui seul à la vraie solution à nos problèmes. Mes frères, j'espère que vous tous, vous ferez de même,  vous porterez votre voix au SEIGNEUR afin qu'Il ouvre les vannes de sa bénédiction sur notre nation, qu'Il frappe les impies et les orgueilleux, qu'Il rétablisse la justice divine dans nos vies. J'éteins mon ordinateur en espérant que demain le soleil se lèvera sur la Côte d'Ivoire et que l'arc-en-ciel, signe de l'alliance éternelle, illuminera de couleur le firmament  ivoirien. DECONNEXION...


Source : LES CHRONIQUES D'ARGENTUS

11:10 Écrit par Fernand AGBO DINDE dans Société ivoirienne | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : côte d'ivoire, crise ivoirienne, les chroniques d'argentus, le blues | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | | Pin it! |  Imprimer | | |

MICHEL GALY: POURQUOI OUATTARA ET SORO RISQUENT LA CPI


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Après l'intervention militaire d'Abidjan en avril dernier, l'Onuci, et au-delà le système des Nations unies, ont renoué avec leur pire histoire : ainsi l'Histoire rappelle que l'action du contingent international au Congo a été, en 1960, extrêmement ambigu, notamment en se faisant le relais des intérêts américanos belges, et contribuant à créer la situation qui a livré Patrice Lumumba à ses bourreaux.

Poussant à des élections mal préparées et sans désarmement des rebelles (l'ONUCI a tenu sous le boisseau un rapport interne qui dès fin 2010 dénonçait cette situation) le représentant du secrétaire général de l'Onu en Côte d'Ivoire, M. Choi, a fait plus : proclamant dans une séquence bien réglée par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis M. Ouattara élu (au lieu de certifier l'élection comme le prévoyaient les accords de Ouagadougou) depuis son quartier général du Golf, il a monté une sanglante opération militaire pour renverser le régime de Laurent Gbagbo sous les bombes. La « responsabilité de protéger »est bien morte début avril : détournant la résolution 1975 lui permettant de détruire les armes lourdes menaçant les civils, l'ONU est intervenu par des hélicoptères d'assaut en tuant, à l'inverse de son mandat et à l'encontre du droit international, des civils désarmés -quelques centaines ou quelques milliers ? En même temps que la résidence et la présidence, les hélicoptères de M. Choi ont en effet délibérément bombardé des camps habités par des familles de militaires (Agban et Akouédo), un supermarché, une université et un hôpital- puis ont tiré sur des civils proches du président Laurent Gbagbo, qui essayaient de faire autour de lui un bouclier humain, pour protéger leur régime et leur Constitution.

Transformant en cibles vivantes les personnels occidentaux et même africains des agences des Nations unies, cette forfaiture risque d'avoir de très graves conséquences pour l'institution et l'idéal de concorde entre nations égales, qu'elle a autrefois représenté : déjà au Nigeria, le mouvement fondamentaliste Boko Haram s'en est pris violemment aux membres des Nations unies (18 morts à Abuja, fin août dernier), et il est à craindre que ces actes se multiplient.

Crimes de guerres que partagent les militaires français de Licorne, forces spéciales faisant prisonnier un président nommé par son Conseil Constitutionnel en déployant chars et hélicoptères pour participer au même massacre : quand les donneurs d'ordre rendront-ils des comptes ?

Mais ce sont surtout Alassane Ouattara et son chef de guerre, Guillaume Soro, qui pourraient dans l'immédiat relever de la Cour pénale internationale, pour le « massacre d'Abidjan » commis pendant les mois d'avril et mai dans la capitale, l'épuration ethnique en brousse contre les peuples Guéré, Bété et Attié, faisant suite au massacre de Duékoué -plus de mille victimes hommes, femmes et enfants- à tel point que le CICR est sorti de sa neutralité pour condamner implicitement le camp Ouattara pour cet acte qui pourrait être qualifié de génocidaire.

Quelle retenue des chancelleries, des médias et des « organisations des droits de l'homme » devant ces crimes de guerre - et pour certains, de génocide ! Il apparaît que les FRCI pro Ouattara ont exterminé en deux mois plus de 3000 ivoiriens au bas mot, le massacre étant « protégé » par les patrouilles de la force Licorne et de l'ONUCI qui, au lieu de sauvegarder les civils, ont laissé faire - et pourraient logiquement être poursuivis pour cette passivité ou même pour leur complicité.

Les ONG et le CICR n'en sortent pas indemnes : ils ont les chiffres et des morts civils de la « bataille d'Abidjan » (la Croix rouge ivoirienne ayant, par exemple, ramassé les cadavres) et des milliers de morts de la conquête de la capitale ou des colonnes infernales en brousse- et se refusent à les communiquer, renforçant par leur silence la gouvernance Ouattara.

Qu'ils aient ordonné ou échoué à empêcher ces massacres - l'instruction le dirait -, Guillaume Soro et Alassane Ouattara en portent la responsabilité politique- ni plus ni moins que Jean Pierre Bemba ou Charles Taylor dans leurs procès respectifs. Si leur menace perpétuelle est actuellement de déférer Laurent Gbagbo à la CPI, leurs actes les rendent eux aussi passibles du même tribunal : nul doute que cette institution internationale, suspectée et même accusée d'être un relais des intérêts occidentaux et de pratiquer le « deux poids deux mesures »  en Afrique voudra pour une fois équilibrer les inculpations.

Bien plus, depuis 2002, ces deux leaders du RDR et de la rébellion (dont 2011 a démontré la complicité active depuis leur coup d'Etat, en 2002) sont judiciairement comptables du « système de violence continue » qui a livré Bouaké, Korhogo et la partie septentrionale du pays à l'arbitraire total d'une guérilla sans foi ni loi, si ce n'est aux exactions bien pires des Dozos. Combien de milliers de morts (sans doute plus de 8000 cadavres au passif des rebelles !), viols, ou exactions criminelles sont impunis et parfois méconnus ? Leur défèrement éventuel à la CPI sera l'occasion de faire la lumière sur ces violences et de les punir enfin, tout en révélant les bailleurs de fonds, instructeurs et complices occidentaux (et sans doute français !) de la déstabilisation, depuis une décennie, de la Cote d'Ivoire.

Il est cependant une autre voie : devant cet équilibre de la terreur judiciaire, un pas vers la libération des prisonniers et des déportés politiques, une annulation de toute procédure judiciaire permettant leur réintégration dans le jeu politique en vue des législatives de décembre.

Bien sûr, cela suppose aussi que des conditions équitables soient remplies : les partisans de Laurent Gbagbo ont actuellement 3 délégués sur 31 (à la Commission Electorale Indépendante, Ndlr), les mouvements fantômes rebelles en possédant autant ! Présidée par Youssouf Bakayoko par qui le coup d'Etat franco-onusien a été légitimé, cette institution très contestée prévoit de réintégrer des dizaines et peut-être des centaines de milliers d' « électeurs » pro Ouattara sur les listes électorales (sans compter les milliers de sahéliens s'installant dans la « nouvelle Cote d'ivoire », selon eux, le « pays de tous ») : qui peut aller aux élections avec une commission électorale partisane et des listes d'électeurs truquées ?

Et que se passerait-il si l'Elysée cessait d'être un protagoniste et arrêtait de souffler sur les cendres du conflit ? Les élections françaises de 2012 pourraient être l'occasion pour une majorité de gauche de rompre avec le camp du néolibéralisme et de la Françafrique la plus sanglante, ce qu'incarne Alassanne Ouattara. Si l'Occident retirait ses deux contingents militaires, Licorne et Onuci, la régulation du conflit se ferait spontanément- et sans nul doute, pour Abidjan et le Sud, au profit des partisans de Laurent Gbagbo.

Une solution négociée n'est elle pas meilleure que ces perspectives ? Une judiciarisation du conflit, au lieu de conduire à la réconciliation, serait à coup sur le signal du retour à la violence, si ce n'est à la guerre civile.

 

Par Michel Galy


Source : LE GRI-GRI INTERNATIONAL

lundi, 03 octobre 2011

COMMENT ONT-ILS FAIT POUR ARRIVER JUSQUE-LA?

 

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COMMENT ONT-ILS FAIT POUR

ARRIVER JUSQUE-LA?

 

ETONNANT NON ?!!!


Sans commentaires.

dimanche, 02 octobre 2011

VOICI LE DOCUMENT EXPLOSIF REMIS PAR LE FPI ET LE CNRD A ALASSANE OUATTARA



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INTRODUCTION

Le Front Populaire ivoirien (Fpi) et ses alliés du congrès national pour la résistance démocratique (Cnrd) accueillent avec beaucoup d'espoir ce début de dialogue républicain à travers l'audience que lui accorde le Président Alassane Ouattara ce jeudi 30 septembre 2011 au Palais de la Présidence. Faisant suite à trois (03) demandes d'audience dont deux (2) émanant du Cnrd dans son ensemble et une (1) du Fpi seul, cette rencontre ouvre, nous en sommes persuadés, la voie à la réalisation de la démocratie pleine et entière dans la côte d'ivoire post crise électorale.

Aussi convient-il d'accorder la plus haute priorité à l'ouverture du dialogue politique pour la restauration de la démocratie dans notre pays.

Dès lors, saisissant cette opportunité historique le Fpi/Cnrd qui entend pleinement assumer sa position de parti dans l'opposition en toute responsabilité entend exposer sans ambiguïtés le constat qu'il fait de l'environnement politique actuel. Mais pour éviter un exposé trop «large et éparpillé», il se concentrera sur les préoccupations urgentes liées à la sécurité, à l'Etat de droit et au fonctionnement des institutions de l'Etat, à la réconciliation nationale et au jeu démocratique.

Ce faisant, les élections à venir, revêtent pour le Fpi/Cnrd, des enjeux de taille non seulement parce qu'elles représentent un repère majeur pour la paix dans notre pays mais aussi et surtout, elles réconcilieront les ivoiriens avec les institutions de la république qu'ils se sont librement données à travers la constitution. Car en vérité, la représentativité d'un parti politique fusse-t-il dans l'opposition se mesure à sa représentation nationale quand la crédibilité des dirigeants d'un Etat se jauge par l'organisation d'élections transparentes, crédibles, ouvertes et acceptées de tous. C'est donc le lieu pour nous de réaffirmer notre doctrine d'accession au pouvoir d'Etat par les urnes et notre disponibilité à assumer notre part dans les prochaines élections.

Celles-ci intervenant après une crise post électorale sanglante ne sauraient être une opération toute «banale». C'est pourquoi pour assurer à ces élections et singulièrement à l'élection législative, tout son sens il conviendrait de se concentrer avec sérieux sur trois (3) éléments importants qui en influenceront l'issue. Il s'agit d'abord de l'environnement sécuritaire, ensuite du cadre organisationnel et enfin de l'environnement judiciaire. Ces trois facteurs imbriqués représentent le gage d'une élection réussie dont émaneront des institutions crédibles, acceptées et respectées des citoyens ivoiriens, à des habitants et des amis de la côte d'ivoire.

Pour les besoins d'ordre rédactionnel nous présentons les attentes du Fpi/Cnrd sur chacune des préoccupations.

I- De l'environnement sécuritaire

C'est un truisme d'affirmer que la situation sécuritaire est des plus délétère. Des hommes armés se réclamant des Forces républicaines de côte d'ivoire(Frci) ou des chasseurs traditionnels dont l'aire culturelle d'activité était bien circonscrite dans le nord (dozo), paradent dans les centres urbains et ruraux. Il n'existe aucun site habité de notre pays (villages, villes, quartiers, campements) qui ne dispose de son contingent de Frci ou de dozos. Ceux-ci continuent d'occuper des brigades de gendarmeries, des commissariats de police, des cantonnements forestiers et des postes douaniers. Ils font la loi selon leur bon vouloir, s'érigent en «officiers de police judiciaire, procureurs et juges». Dans ces conditions le citoyen est livré à lui-même car le corps préfectoral demeure impuissant devant ces personnes armées et qui se croient investis de tous les pouvoirs y compris celui d'ôter la vie aux populations.

Il ne se passe pas de jours sans que les exactions diverses, les tueries et les humiliations ne soient exercées sur les populations. La liberté de circuler est gravement entravée aussi bien pour les personnes que pour les biens. Si cette situation prévalait déjà en zones dites cno avant l'élection présidentielle, elle s'est généralisée depuis la crise post électorale à l'ensemble du territoire nationale.

Par ailleurs, les biens, maisons, les plantations des personnes privées sont confisqués par les Frci et les dozos. Pour le Fpi/Cnrd, la période électorale est un moment très sensible où par la force d'arguments, les candidats se donnent les moyens d'acquérir l'adhésion du maximum d'électeurs à leur cause. La période électorale est un moment de grande mobilité où les horaires de circulation ne se mesurent qu'à la stratégie de conquête de l'électorat. Les candidats se déplacent à toute heure et selon la disponibilité des électeurs. La nuit n'est pas un obstacle à cette activité et la liberté d'aller et de venir avec les moyens (biens) de déplacement qui sied au candidat et à son équipe est de mise. La trop grande insécurité qui prévaut actuellement dans le pays est à tout point de vue incompatible avec une vie nationale paisible.

C'est pourquoi le Fpi/Cnrd est fortement préoccupé par la situation délétère qui prévaut depuis avril 2011 et qui perdure aussi s'agissant de la sécurité des personnes et des biens nous faisons deux (2) groupes de propositions.

 

Il s'agit dans l'immédiat :

- de procéder au retrait total et au désarmement des Frci et des dozo ;

- d'encaserner les militaires; de rétablir la police et la gendarmerie dans leur mission de sécurité intérieure.

 

Le Fpi/Cnrd voudrait avoir la garantie que pendant la période électorale, par exemple, que ces personnes désarmées ne sortiront pas de leur lit pour empêcher la libre circulation des personnes et des biens, influencer le libre exercice du devoir électoral et pour commettre des voies de fait susceptibles d'entacher la sincérité du vote.


Dans le court terme:

- il faudrait réactiver les fondamentaux de l'accord politique de Ouagadougou (Apo) en particulier l'accord complémentaire IV relatif à la nouvelle armée.


Cet accord, seul consensus national autour des forces armées, donnent les éléments pour régler de manière efficace et définitive l'environnement sécuritaire national. Les autorités actuelles n'ayant pas dénoncé l'Apo (et en ont-elles d'ailleurs le droit ?), il convient de prendre des dispositions y inscrites et applicables à tous les corps armés (militaires, gendarmes, policiers, agents des eaux et forêts et agents de la douane, etc.) pour rapprocher des hommes qui se sont combattues et de leur réapprendre à vivre ensemble. C'est une telle approche qui évitera la création d'une armée sur des bases partiales qui peut, certes, satisfaire un camp mais sans jamais assurer la réconciliation des factions de l'armée entre elles, ni la réconciliation de l'armée avec le peuple.

Pour nous, toutes les décisions prises depuis l'élection présidentielle et qui se poursuivent actuellement donnent le net sentiment de la construction d'une «armée des vainqueurs» d'une guerre postélectorale. Créer un environnement sécuritaire immédiat et bâtir une armée nouvelle sur la base de l'Apo, voilà les ingrédients d'un environnement sécuritaire favorable non seulement à la tenue d'élections crédibles, transparentes et ouvertes à tous mais aussi d'un meilleur «vivre ensemble» qui contribuera durablement à la vie démocratique et apaisée dans notre pays.

II- De l'Etat de droit et le fonctionnement des institutions de l'Etat

Le peuple de côte d'ivoire s'est librement dotée d'une constitution en août 2000. C'est sur cette constitution que vous avez prêté serment en mai 2011 en jurant de la protéger et de la respecter. Le respect de cette constitution était de mise dans notre pays depuis sa promulgation jusqu'au 19 septembre 2002. L'insécurité, l'absence des administrations régnaient dans les zones Centre-Nord-Ouest (Cno). Néanmoins, dans la partie du pays dénommée zone gouvernementale, la constitution ivoirienne était scrupuleusement respectée et protégée et les institutions de la république fonctionnaient.

À l'inverse, depuis le 11 avril 2011, il est courant de constater de graves violations de la loi fondamentale ivoirienne. Retenons à titre d'exemples :


- le nouveau chef d'état n'a pas déclaré ses biens et continue d'être président du Rdr.

- la nomination à la présidence du conseil économique et social d'une personnalité qui n'en est pas membre ;

- le replacement du président et des membres du conseil constitutionnel dont le mandat était en cours ;

- la dissolution de fait de l'assemblée nationale.

 

En outre, dans le fonctionnement de l'appareil administratif de notre pays, les nominations civiles et militaires se font sur des bases claniques, soit partisanes, soit tribales, excluant toute notion de compétence. Dans la plupart des cas, surtout concernant les conseils d'administration, on n'attend pas les délais règlementaires pour procéder à des remplacements de personnes soupçonnées d'être non membres du clan.

Face à ces dérives, le Fpi/Cnrd préconise un dialogue politique pour renforcer la gouvernance démocratique dans notre pays et ainsi normaliser la vie publique. Par ailleurs, l'environnement judiciaire se caractérise par ce que les organisations des droits de l'homme qualifient à juste titre de «justice déséquilibrée». Le Fpi/Cnrd adhère à ce constat car depuis l'avènement du nouveau pouvoir le 11 avril 2011 suite à la guerre post électorale, la justice ivoirienne s'est acharnée sur les cadres et militants du Fpi/Cnrd. De plus, la liberté de presse est mise à mal par le président du conseil national de la presse (Cnp).

Pendant ce temps, les tueries massives, les exactions, les confiscations de biens, de domiciles et de plantations perpétrées par les hommes en armes (Frci et dozos) proches du pouvoir ne font l'objet d'aucune mesure judiciaire ne serait ce que les enquêtes préliminaires. Même dans l'ouest, notamment à Duékoué, où les populations Wê sont confrontées à des tueries massives ciblées telles que rapportées par les organisations internationales des droits de l'homme et l'Onuci, il n'y a aucune suite judiciaire. C'est le lieu de donner quelques indications majeures sur des faits marquants qui seront fortement gravés dans l'histoire de nos pays et dans la mémoire collective des ivoiriens et des africains :


-la déportation au nord du président Laurent Gbagbo à Korhogo, de son épouse Simone (Odienné) et de son fils Michel (Bouna) ;

-déportation du président du Fpi Affi N'guessan, des cadres du Cnrd/Lmp et militants du Fpi au nord-est (Bouna) ;

-la déportation du vice-président du Fpi Sangaré Abou Drahamane et de plusieurs cadres du parti et du Cnrd à Katiola au centre nord ;

-la déportation du premier ministre Aké N'gbo, économiste émérite de renommée internationale et des membres de son gouvernement à Boundiali au nord ;

-le lancement de plusieurs mandats d'arrêts internationaux contre les cadres, ministres et militants du Fpi/Cnrd contraints à l'exil dans la sous région ouest africaine où on dénombre près d'un million d'exilés auquel il convient d'ajouter au moins deux millions de déplacés internes ayant fuit les exactions et exécutions sommaires.

-le gel des avoirs des cadres et militants Lmp/Cnrd non seulement au plan national et aussi à l'extérieur de la côte d'ivoire ;

- l'incarcération des hauts gradés de l'armée ivoirienne à Korhogo et Abidjan.

 

Ce survol succinct de l'environnement judiciaire pré élections législatives et autre permet de parler d'une véritable insécurité judiciaire dans le pays pour les membres du Fpi/Cnrd. Pour se justifier les autorités évoquent la lutte contre l'impunité. Mais l'on est en droit de savoir si dans une communauté humaine il est vrai de considérer qu'il n'y a qu'un camp des fautifs face à un autre des «saints» ? Telle n'est pas notre conviction et plus cela ne correspond à rien de la situation actuelle de notre pays.

Au demeurant, l'on constate qu'il a fallu attendre quatre mois (4) après l'arrestation de Laurent Gbagbo et de son épouse pour lui «coller» le chef d'accusation de crime économique. Son fils, Michel Gbagbo, à qui le ministre de la justice avait trouvé un délit de patronyme sur le plateau de Tci (télévision ivoirienne du camp Ouattara) écope désormais d'un chef d'accusation d'atteinte à la sûreté de l'état. Chef d'accusation d'ailleurs devenu très générique pour tous les déportés, trois à quatre mois après leur arrestation et leur détention. C'est donc dans un environnement judiciaire crispé et véritablement délétère que les élections législatives sont annoncées. Objectivement que peut on attendre d'un parti politique dont les référents moraux, les inspirateurs, les principaux cadres dirigeants sont emprisonné ou exilés ? Que peut-il valoir si les ressources humaines et financières sur lesquelles ce parti peut compter pour une compétition équitable sont bloquées?

La situation à laquelle le Fpi/Cnrd est invité s'apparente à un jeu de perte «si tu ne t'y engages pas tu perds et si tu y renonces tu perds !» dans ces conditions comme le disent les ivoiriens renoncer n'est il pas mieux ?

Mais nous ne voulons pas pour autant désespérer de la côte d'ivoire de ses filles et fils, et de ses politiques. C'est pourquoi aussi difficile que soit la situation nous gardons l'espoir dans le discernement et la clairvoyance du Président Alassane Ouattara de mettre un frein à cette machine judiciaire. Ce qui est attendu et qui fonde notre espérance, c'est plus une décision politique. Ainsi, nous suggérons pour un apaisement général, la création des conditions pour :

 

-la libération du Président Gbagbo Laurent, de son épouse et de son fils ;

-la libération du Président, du Fpi, Pascal Affi N'guessan, du vice-président Sangaré Abou Drahamane, des cadres et militants du Fpi/Cnrd-Lmp

-la libération de tous les détenus militaires de la crise post électorale;

-le retour de tous les exilés et les déplacés -l'arrêt de toutes les procédures judiciaires.

 

Pour la mise en oeuvre de cette noble mission à la fois politique et humanitaire, nous suggérons la prise d'une loi d'amnistie générale et la mise en oeuvre de la loi portant financement des partis politiques.

III. De la Réconciliation nationale

La réconciliation nationale représente un vaste programme transversal dont la mise en oeuvre nécessite l'engagement effectif et non supposé de tous les acteurs de notre société. Puisqu'il s'agira de réconcilier les différences et de recréer la confiance, la réconciliation doit être comme un espace de dialogue et de vérité pour aboutir à une cohésion sociale nationale renforcée. Le Fpi en fait une préoccupation majeure basée sur une analyse en profondeur dont un aperçu succinct est, ici, présentée.

 

Ainsi trois points essentiels méritent l'attention :

- Les origines de la fracture sociale

- Les justifications de la réconciliation

- La mise en oeuvre du processus de réconciliation en parcourant l'histoire de la côte d'ivoire, l'on note que différentes situations assimilables aux fractures ont jalonné la vie sociale du pays.

 

Toutefois il convient de noter que le pays a connu une paix relative jusqu'en 1999 date du coup d'état même si les épisodes douloureux du temps colonial, les arrestations de 1963, de la crise du Sanwi, de la guerre en pays Guébié, du retour tumultueux au multipartisme, de l'arrestation des leaders de l'opposition et responsables syndicaux en 1992, du boycott actif des élections de 1995, de la gestion difficile de la succession du Président feu Félix Houphouët-Boigny ne peuvent être ignorés.

Ainsi donc le coup d'état du 24 décembre 1999 apparaît véritablement comme le point de départ de la grande fracture sociale en ce sens qu'il mettait fin pour la première fois en côte d'ivoire aux activités d'un gouvernement légalement établi et des institutions de la république. Le régime militaire issu du coup d'état à travers sa mauvaise gestion des résultats de l'élection présidentielle contribuera à la détérioration du climat politique.

Arrivé au pouvoir en octobre 2000 dans «les conditions calamiteuses» le Président Laurent Gbagbo va prendre de grandes initiatives pour rétablir la cohésion nationale. En témoignent les gouvernements d'ouverture successifs (27 octobre 2000 : Fpi, Pdci, Pit), janvier 2001 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci) et août 2002 (Fpi, Pdci, Pit, Udpci, Rdr).

Par ailleurs, il organise un forum national pour la réconciliation nationale auquel participent tous les leaders dont les présidents Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara rentrés de France où ils étaient en exil, de même que le général Guéi robert retranché avant dans son village natal dans les montagnes de l'ouest après son échec électoral d'octobre 2000. Ce forum a formulé des recommandations pertinentes à même de «ressouder» la société ivoirienne.

Malheureusement l'attaque armée intervenue la nuit du 18 au 19 septembre 2002 viendra briser l'espoir suscité par cette amorce de stabilisation de la situation sociopolitique.

Ainsi au lendemain de l'attaque du 19 septembre 2002 la côte d'ivoire va être défigurée et divisée en deux zones : La zone centre -nord- ouest contrôlée par les rebelles et la zone gouvernementale. Cette guerre, représentera un traumatisme encore plus grand que le coup d'état de 1999 au regard des violences, des exactions, des meurtres et du nombre de victimes.

Les ivoiriens ont perdu confiance les uns dans les autres et se regardent alors désormais en chiens de faïence. Les accords successifs conclus à l'extérieur n'ont pas réussi à rétablir la paix. C'est alors que le président Laurent Gbagbo initie le dialogue direct avec le secrétaire général des forces nouvelles aboutissant à l'accord politique de Ouagadougou (Apo) le 04 mars 2007. Cet accord a défini une série d'étapes civilo-militaires comme gage d'une élection présidentielle apaisée.

A la vérité les aspects essentiels de cet accord n'ont pu être mis en oeuvre précipitant la côte d'ivoire dans des élections dont la gestion maladroite et contradictoire par les institutions nationales et internationales a conduit à l'affrontement militaire d'avril 2011. Cet affrontement s'est soldé par la victoire militaire de Alassane Ouattara aidé par les forces coalisées (France -Onuci-Frci) et l'arrestation du président Laurent Gbagbo, sa famille et ses collaborateurs.

Devenu président de la côte d'ivoire dans les conditions ci-dessus décrites, Alassane Ouattara prône la réconciliation et la lutte contre l'impunité. C'est alors que nous assistons depuis avril 2011 à la persécution des pro-Gbagbo (tueries et exécutions sommaires, vols, viols, confiscation de biens et patrimoine... action judiciaire unilatérale) on compte par centaine de milliers les exilés et déplacés intérieur. Pendant ce temps, le processus de réconciliation piétine et aucune visibilité n'est perceptible tant au niveau de la méthode que de l'action. Toutefois, le Fpi est convaincu que la réconciliation se justifie amplement. Il l'a démontré en 2001 en inspirant et en soutenant l'initiative du président Gbagbo pour organiser le forum national pour la réconciliation. Il ne cesse de déclarer par tout moyen (diplomatique, politique et communicationnel) sa disponibilité à prendre part à la réconciliation nationale prônée par les nouvelles autorités.

Le rétablissement de la paix, les conséquences graves et multiples de la crise sur la société ivoirienne, la détresse et les souffrances multidimensionnelles des populations, l'idéal d'un développement socio-économique et la cassure de la côte d'ivoire sont au moins des éléments suffisants non exhaustifs qui justifient la réconciliation nationale. Ce processus comportera des étapes et niveaux d'intervention, des méthodes et des approches impliquant toute la communauté nationale. Il s'agira en réalité de retrouvailles autour de l'arbre à palabre à l'africaine au cours desquelles chaque «famille» sera conduite par son «père ou chef spirituel ou inspirateur». Tous devraient être présents à commencer par le Président Laurent Gbagbo et tous les exilés. Il faut alors créer les conditions de ce rassemblement dont l'initiative appartient aux autorités. Des choix clairs et des priorités doivent être établis en toute sincérité : réconciliation et lutte contre l'impunité en concomitance, pardon et justice en concomitance et pour quelle priorité et quel résultat ?

Le Fpi ne croit pas à une réconciliation à la Nuremberg, ni à un oubli forcé. Il est adepte d'une approche méthodique basée sur une première sécurisation du processus de concertation à travers la manifestation d'une volonté des autorités publiques de rassembler tous les acteurs. À partir de ce gage de sécurité dont une amnistie générale n'est pas le moindre aspect, l'on est rassuré d'un processus non piégé et donc ouvert et crédible. Au demeurant, le Fpi prône une approche inclusive à travers une démarche emprunte d'humilité, de tolérance, d'acceptation et de considération mutuelles. La côte d'ivoire doit faire face à elle-même en interrogeant sa propre histoire sociopolitique pour trouver les racines de la crise contemporaine. Dès lors, aucun sujet ne doit être tabou et tout doit être abordé. À titre illustratif, il faudra passer en revue les éléments actuels et lointains qui ont pu s'accumuler pour créer les conditions d'une crise aussi grave que celle-ci.

 

À présent une chronologie succincte:

- Les évènements d'avant les années 50 et l'instrumentalisation de la diversité ethnique et des communautés par le pouvoir coloniale (ex : l'association des ressortissants de côte d'ivoire et les évènements de 1938) ;

- Les années 50 et la lutte pour l'émancipation avec la manipulation ethnique contre le Pdci, le nationalisme anti gouvernement fédéral, l'utilisation des leaders politiques non ivoiriens, la lutte pour le leadership dont les points culminant sont repris dans le rapport damas auxquels, il convient d'ajouter la mort de Biaka Boda ; frustrations et regroupement forcé des partis politiques.

- Les années 1960 avec les faux complots de Houphouët-Boigny dont certaines personnalités de la vie actuelle garde un amer souvenir. À cela s'ajoute la crise du Sanwi, la gestion approximative des problèmes de cohésion restés en suspens avant les indépendances et non élucidés par la suite.

- La décennie 1970, avec l'affaire Kragbé Gnangbé à Gagnoa. Arrêté par l'armée ivoirienne, il n'est jamais réapparu ; la répression des leaders syndicaux estudiantins et enseignants ; l'arrestation de jeunes officiers de l'armée ;

- La décennie 1980 caractérisée par la crise économique et l'avènement des premières mesures d'ajustements structurels que les ivoiriens ont dénommés "la conjoncture". La répression des mouvements sociaux, et exil de citoyens ivoiriens dont Laurent Gbagbo en France. Premières révoltes publiques de Félix Houphouët-Boigny contre le système de prévarication capitaliste avec "la crise du cacao".

- La décennie 1990 : la réinstauration du multipartisme dans des conditions tumultueuses et non acceptées de tous les acteurs ; la "loubardisation" du milieu estudiantin; l'accentuation de la crise économique et la surchauffe de la vie politique et syndicale dont les points forts sont l'arrestation de leaders politiques, syndicaux et de la société civile (février 1992), la mauvaise gestion de la succession de Félix Houphouët Boigny (décembre 1993), notamment le refus du premier ministre d'alors de l'application de la constitution ; le boycott actif des élections présidentielles par la coalition de l'opposition Fpi-Rdr suivi de plusieurs arrestations et condamnations et l'humiliation du chef d'état major (1995), le mandat d'arrêt international contre Alassane Ouattara avec l'emprisonnement de plusieurs cadres du Rdr (1998) et la déclaration à caractère ethnique, régionaliste et religieux du leader du Rdr à Paris (1999), le summum des évènements des années 1990 étant le coup d'état du Général Guéi (24 décembre 1999).

- La décennie 2000 se caractérise par l'éclatement au grand jour de la crise qui puise sa source dans un passé lointain et proche dont le cumul aboutit à la situation actuelle :


 2000 :

  • nouvelle constitution, nouveau code électoral ; profond désaccord sur les critères d'éligibilité à la présidence de la république;
  • élection et accession de Laurent Gbagbo à la présidence de la république malgré la tentative de confiscation du pouvoir par le général Guéi. Formation d'un premier gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Pit) ;
  • refus du Rdr de participer aux élections législatives et troubles de 2 jours à Abidjan (décembre 2000) ;


 2001 :

  • deuxième gouvernement d'ouverture (Fpi, Pdci, Udpci)
  • coup d'état manqué (8-9 janvier 2001)
  • organisation du forum pour la réconciliation nationale
  • élections municipales : le Rdr obtient la majorité des communes


 2002 :

  • élections (départementales) des conseils généraux le Fpi et le Pdci arrivent coude à coude tandis que le Rdr cantonnée en région nord n'obtient à peine que 15% des départements.
  • Gouvernement de très large ouverture avec la participation du Rdr (5 août 2002) ;
  • septembre 2002, tentative de coup d'état muée en rébellion et consacrant la partition du pays;


 2003 :

  • accord de Linas Marcoussis et formation d'un gouvernement de réconciliation national avec la présence des partis politiques et des mouvements rebelles signataires dudit accord suite à la désignation d'un premier ministre dit consensuel (Seydou Diarra) ;
  • déclaration officielle de fin de belligérance entre les Fds et les forces de la rébellion ;
  • installation de la "centrale", régie financière de la rébellion dans les zones Cno ;


 2004 :

  • tentative de marche à Abidjan de l'opposition alliée aux forces de la rébellion (G7) interdite et réprimée par le gouvernement (mars 2004) ;
  • tentative de libération des zones occupées par la rébellion (opération dignité novembre) ;
  • intervention de l'armée française (Force Licorne) qui attaque l'armée ivoirienne et massacre des jeunes patriotes aux mains nues ;


 2005 :

  • report de l'élection présidentielle avec prolongation du mandat du Président Gbagbo par le conseil constitutionnel conformément à la constitution ; la communauté internationale suit ;
  • Prolongation subséquente du mandat des députés ;
  • nomination du nouveau premier ministre (Charles Konan Banny) et d'un nouveau gouvernement de réconciliation.


 2006 :

  • tentative de dissolution de l'assemblée nationale par la communauté internationale (Gti) qui se heurte au soulèvement des ivoiriens ;
  • Lancement des audiences foraines et tentatives de révision unilatérale de la liste électorale occasionnant des affrontements meurtriers dans plusieurs localités;
  • crise des déchets toxiques : le Premier ministre présente sa démission et celui du gouvernement au Président de la république Laurent Gbagbo qui, séance tenante le reconduit. Après deux (02) semaines, le Premier ministre présente la liste de nouveaux ministres sans photo de famille avec le président de la république (une grande première dans l'histoire de notre nation !) ;
  • consultation générale des populations du pays par le président de la république concluant à la nécessité d'un dialogue direct avec la rébellion ;


 2007 :

  • Lancement du dialogue direct aboutissant à l'accord Politique de Ouagadougou (Apo) ;
  • mise en place d'un nouveau cadre institutionnel (Premier ministre et gouvernement) ;
  • organisation de la flamme de la paix à Bouaké ;


 2008-2009 :

  • Le pays retrouve un calme relatif permettant la mise en oeuvre d'une partie de l'Apo, la circulation des personnes sans beaucoup d'entrave, la réalisation de l'identification, du recensement et du contentieux électoral avec la distribution des rôles (Cei, conseil constitutionnel, Onuci, communauté internationale en particulier la France, les Usa et l'Ue) avec toutefois des entraves graves sur le volet militaire,
  • Visites des régions par le président de la république.


 2010 :

  • découverte de fraude organisée par le président de la Cei sur la liste électorale aboutissant à la dissolution de la Cei et du gouvernement ;
  • mise en place d'une Cei et d'un gouvernement remaniés ;
  • Pression de la communauté internationale pour l'organisation des élections alors que le désarmement (point majeur de l'accord politique de Ouagadougou) n'est pas réalisé ;
  • organisation de l'élection présidentielle débouchant sur des résultats contradictoires, le conseil constitutionnel (juge des élections) proclamant finalement la victoire de Laurent Gbagbo ;


 2011 :

  • L'union africaine préconise une médiation en nommant un haut représentant suite à la mission du panel des chefs d'état du conseil de paix et de sécurité qui reconnaissait la victoire de M. Ouattara ;
  • M. Ouattara déclenche l'affrontement militaire avec l'appui de la France et de l'Onuci ;
  • arrestation de Laurent Gbagbo et prise de pouvoir par m. Alassane Ouattara ;
  • Vastes mouvements de répression contre les personnes soupçonnées d'être "partisans de Gbagbo" (militaires, cadres, intellectuels, populations, etc.).


Ce survol chronologique rappelle que la crise actuelle est la résultante de plusieurs frustrations, et même des méprises sur l'évolution de la société ivoirienne. Des concepts ont été introduits dans le langage politique sans que l'on en mesure toujours les conséquences. Aussi à l'occasion des travaux de la commission dialogue vérité et réconciliation, il faudra s'appesantir sur des thèmes dont la compréhension purgerait les malentendus et favoriserait de ce fait la réconciliation. Ainsi au moins sept (07) groupes thématiques mériteraient d'être abordés en profondeur en se référant à l'histoire de leur avènement et aux compréhensions antagoniques qu'ils ont engendrées.

 

1- La nationalité ivoirienne avec pour corollaire la xénophobie, l'exclusion, l'ivoirité ;

2- La cohésion nationale comprenant l'intégration nationale, le régionalisme, le tribalisme, la religion et la cohabitation, le népotisme, etc.

3- La constitution, les lois et règlements et le respect des institutions de la république ;

4- L'état de droit, les droits humains, l'appareil judiciaire, la démocratie, le multipartisme et le mode de scrutin ;

5- La défense et la sécurité nationale : l'armée et la police ;

6- L'intégration sous-régionale et le droit d'établissement ;

7- Le problème foncier : foncier rural, urbain, droit de la femme et des jeunes sur la terre, le droit des étrangers et des allochtones sur les terres, etc.

 

Les thématiques (non exhaustives) évoquées ci-dessus devront être abordées sans langue de bois et faire l'objet d'une analyse rigoureuse dans une démarche toute méthodique du processus de mise en oeuvre de la réconciliation. S'il est de notoriété que la crise est d'ordre essentiellement politique liée à la prise et à la gestion du pouvoir d'état, retenons que plusieurs mécanismes plus ou moins lointains ont été actionnés pour assouvir ces ambitions politiques. C'est pourquoi le FPI préconise une grande attention dans les éléments relatifs à la période et aux acteurs à considérer, à la faisabilité, à la durée et au choix du type de réconciliation. Mais auparavant nous ne répéterons jamais assez, il y a lieu de créer les conditions idoines à la réussite de ce "grand rassemblement sous l'arbre à palabre à l'africaine".

Ainsi il conviendra de couvrir au moins la période de 1990 à 2011 pour mieux apprécier les fondements de la crise dont la phase post électorale 2010-2011 n'est que le point culminant d'un iceberg social et politique profond et lointain. Les acteurs sont à rassembler et à identifier dans la classe politique consensuelle certes, mais aussi dans toute la société nationale au titre duquel on ne saurait ignorer la société civile, les forces belligérantes (militaires, rébellion, etc.), les leaders religieux, les groupes sociaux, les ressortissants des pays frères et amis et les membres de la communauté internationale avec en tête la France. Pour une bonne conduite du processus de réconciliation, il faudra adopter des termes de références (Tdr) consensuels et transcrits par au moins un acte (décret) pour lui conférer une valeur dépassant le simple symbole et soustraire sa mise en oeuvre de tout folklore et amalgame entre cérémonie de réjouissance ou de retrouvailles et la réconciliation. Un tel acte réglementaire devra indiquer la durée assortie d'un chronogramme et d'indicateurs de performance acceptables et vérifiables pour tous.

En outre le processus en lui-même doit clairement établir la typologie des manquements à pardonner ou à absoudre par des mécanismes idoines à convenir. De là, des résolutions à caractères obligatoires seront formulées en vue d'un nouveau départ de la cohésion nationale et préparant les esprits à une bonne intégration sous-régionale. Afin de donner à la réconciliation les chances de réussite attendue, les autorités sont invitées à créer les conditions minimales de confiance en prenant une loi d'amnistie générale pour arrêter les poursuites judiciaires, libérer les biens confisqués, restaurer la libre circulation des personnes et des biens et garantir la sécurité par l'encasernement des forces militaires, favoriser le retour des exilés.

Au total, le Fpi s'inscrit pleinement dans la réconciliation préalable à la reconstruction et au développement. Ce référant à l'histoire de l'humanité, trois (03) modèles de réconciliation s'offrent à la côte d'ivoire :


  • le modèle de justice grecque du IVème siècle avant J-C, préconisant l'oubli pour ne pas ressusciter les maux et les blessures du passé ;
  • le tribunal de Nuremberg institué par les vainqueurs de la deuxième guerre mondiale qui retient une sanction imprescriptible pour les crimes contre l'humanité ;
  • la commission vérité et réconciliation inspirée par l'Afrique du sud qui construit une voie entre l'oubli et la vengeance.


Le Fpi privilégie la voie sud africaine car il est faux de croire que dans ce pays il y a un camp des victimes en face d'un autre, celui des bourreaux.

IV- Du jeu démocratique

S'il est indéniable que le Fpi est le fils des élections au regard de sa doctrine d'accession au pouvoir par les urnes, il n'en demeure pas moins très attaché aux conditions d'organisation du processus électoral. C'est d'ailleurs parce que le Fpi ne voit d'autre possibilité de prise de pouvoir qu'il fait du cadre organisationnel des élections sa grande priorité. Au demeurant, le Fpi est d'avis constant que la non participation à une élection laisse des traces mais il pense fortement à prendre part à un scrutin aux contours biaisés est le pire des risques démocratique à ne jamais tenter.

Au surplus, nous disons que c'est une grave erreur de gouvernance en ne créant pas les conditions de la pleine participation de tous les acteurs politiques au processus électoral. Cette participation de tous passe nécessairement, nous dirons même obligatoirement par l'assainissement du cadre organisationnel des élections. Car si le penseur affirme «qu'à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire» que vaudrait une élection gagnée d'avance par un groupement de partis politiques qui, par le refus obstiné d'un jeu transparent s'adjugeait une majorité aux ordres.

La nature a horreur du vide a-t-on coutume de dire. Dans un hémicycle composé uniquement de parts alliés, il n'est pas évident que l'harmonie projetée soit de mise. Bien au contraire les rivalités internes peuvent s'exacerber et fragiliser dangereusement la cohésion sociale de la nation. Une alliance politique quelle qu'elle soit n'est jamais définitive, elle est toujours conjoncturelle en fonction de l'opportunité du moment. L'histoire récente de notre pays nous en donne plusieurs exemples. Le pouvoir corrompt le détenteur et le pouvoir absolu corrompt absolument. Voilà ce qui fonde la nécessité de disposer d'une contradiction démocratique pour l'équilibre de la république. Dans le cas contraire c'est l'absolu avec pour corollaire l'abus et in fine, le chaos. Pour avoir subi les affres du parti unique mais surtout pour en avoir analysé les contradictions, le Fpi sait de quoi il parle. Évitons le recul démocratique de la côte d'ivoire en mettant en place un cadre organisationnel des élections acceptables pour tous.

Les prochaines élections devront être l'occasion de panser ou d'atténuer le traumatisme né de l'organisation chaotique de l'élection présidentielle d'octobre 2010. Elles devraient être, et nous le répétons parce que nous en sommes convaincus, la base durable d'une réconciliation nationale autour des institutions de la république et renforcer l'unité et la cohésion nationale. C'est un virage historique et exaltant à ne pas rater.

Aussi, le Fpi/Cnrd ne peut faire l'économie d'un certain nombre de préoccupation majeure assortie de suggestion forte à même d'assurer des élections acceptables pour tous et un environnement post électoral apaisé.

À cet effet, le Fpi/Cnrd se préoccupe du déséquilibre encombrant de la composition de la commission électorale indépendante (Cei) dont sur 31 membres 27 proviennent des partis du Rhdp. La tendance de dire qu'on ne change pas les règles de jeu en cours de partie s'apparente dangereusement à l'expression «le débat est clos» lancé par le Pdci en 1995 aux yeux de la coalition de l'opposition du front républicain (Fpi-Rdr). Dans la république le débat sur les conditions d'élection qui déterminent l'avenir de la communauté ne saurait jamais être «clos». Tout au contraire, seul le dialogue républicain permanent assure le bien individuel et collectif. La république n'est jamais un champ d'application des règles sportives encore qu'à chaque étape d'un tournoi sportif l'on procède à des ajustements du corps arbitral et chaque match est toujours précédé d'une réunion technique pour harmoniser les points de vue. Non ! La composition actuelle de la Cei est trop suspecte aux yeux du Fpi/Cnrd car à la vérité quelle est l'existence réelle «des Mpci, Mpigo, Mjp» fondus dans les forces nouvelles (Fn) et qui ont publiquement adhéré au Rhdp ?

La responsabilité des dirigeants et du chef de l'état en personne est de rassurer l'opposition, non à travers les déclarations d'intention mais en posant des actes qui convainquent. La composition de la Cei est un challenge qu'ensemble nous devons lever. Non moins important est le challenge portant sur le président de la Cei M. Youssouf Bakayoko dont la partialité, le parjure et la responsabilité sont patents et ne sauraient être occultés pendant l'élection présidentielle. Le président du conseil constitutionnel a bien été remplacé. Pour rassurer l'opposition de la crédibilité de la Cei, il faudra remplacer l'actuel président par une personnalité consensuelle, crédible et non partisane. La côte d'ivoire en dispose autant qu'on voudra car l'essentiel est de présenter les gages d'équité qu'à chaque acteur pour sa pleine participation aux élections. Que dire des notions de certification et de validation ?

Pour le Fpi/Cnrd il y a un besoin de clarification de ces notions, les responsabilités institutionnelles y afférentes et surtout du positionnement protocolaire des organismes chargés de chaque aspect. Cette préoccupation prend tous son sens dans les élections à venir au regard de la confusion enregistrée après l'élection présidentielle d'octobre 2010. La liste électorale recelait des points de désaccord qui n'ont pas été purgés avant l'élection présidentielle. Ce sont des points politiques et non techniques que la Cei n'a pas le droit de traiter en dehors de tout arrangement entre partis. Le faisant, la Cei et son président outrepassent leur mission et compromettent sciemment la sincérité des futures élections.

L'accès au media d'état est une donnée fondamentale de la démocratie en période électorale. C'est un sujet d'ordre stratégique qui a besoin d'être inscrit au chapitre des préoccupations tout comme les hypothèques qui pèsent aujourd'hui sur les journaux proches de l'opposition. Des préoccupations sus-évoqué découle les propositions du Fpi/Cnrd relatives au cadre organisationnel des élections :


-1) Révision de la composition de la Cei

Cette préoccupation tient son fondement de ce qu'après l'élection présidentielle, des leçons doivent être tirées de la nécessité d'un organe arbitral équilibré dans lequel chaque acteur a confiance. Le Fpi/Cnrd pense qu'il faut revisiter les données en retenant pour l'essentiel : l'équilibre et la confiance. Pour se faire, dans la mesure où l'échiquier politique national se gère entre deux blocs que sont le Rhdp et le Cnrd, la Cei doit être composée de quinze (15) membres pour chaque partie, le trente et unième membre devant être proposé par le président de la république.

-2) Changement du président de la Cei

Nous ne le répéterons jamais assez que l'enjeu est d'organiser des élections crédibles basées sur la confiance des acteurs au système arbitral. Le Fpi/Cnrd a fini de faire confiance à M.Youssouf Bakayoko. Il n'est plus à nos yeux un arbitre et même un juge crédible. Nous demandons des pourparlers pour désigner une personne acceptable par les deux parties. Car dans une compétition dès lors qu'un camp ne fait pas confiance à l'arbitre, il ne peut l'accepter. D'ailleurs même le processus judiciaire prévoit la récusation du juge de siège.

-3) Nécessité de clarification des notions de certification et de validation

Ces deux notions si elles ne sont pas bien comprises par les acteurs et surtout par les institutions dédiées sont susceptibles d'engendrer des équivoques regrettables. C'est pourquoi le Fpi/Cnrd demande une clarification par des définitions précises de ces notions à formuler dans un document de valeur règlementaire suite à un accord entre parti ; il est également suggérer de désigner les institutions chargées de ces aspects tout en établissant l'ordre protocolaire.

-4) La liste électorale

Comme indiqué plus haut, plusieurs points de discordes demeureraient sur la liste électorale notamment les personnes n'ont prises en compte en 2010 et les nouveaux majeurs. Pour ces points politiques le Fpi/Cnrd demande une réunion politique pour une décision consensuelle à laquelle la Cei doit se soumettre.

-5) Les découpages électoraux et les circonscriptions électorales

Le dernier découpage électoral date de 2000, au moment de la rédaction du nouveau code électorale adopté par référendum. Deux éléments avaient été pris en compte : la population et la superficie. Cette dernière étant fixe, il apparaît indiquer d'adapter le nombre de députés et la répartition de leur nombre dans les circonscriptions à l'évolution de la population sur la base de documents techniques fiables.

-6) L'accès aux médias d'Etat

Le Fpi/Cnrd suggère que cette préoccupation fasse l'objet de décisions consensuelles pour que les partis engagés dans la compétition aient un accès équilibré à ces organes publics.

-7) La date des élections législatives

Le Fpi/Cnrd face à l'importance des problèmes à réglés suggère que la date des élections soit repoussée d'au moins... par les autorités ivoiriennes. Toutes ces propositions sont pour nous fondamentales car gage de transparence et de crédibilité des futures élections. Il s'agit de redonner confiance à tous les acteurs et en particulier à l'opposition démocratique que représente le Fpi/Cnrd.

 

V- Chronogramme de mise en oeuvre

Une revue d'ensemble permet de classer les mesures demandées comme suit :


- Au titre de la sécurité

 

  • désarmement des Frci et encasernement des militaires
  • désarmement des dozos et regroupement dans leur ère culturelle
  • réhabilitation des policiers, gendarmes dans leur mission
  • réactivation de l'Apo
  • création de la nouvelle armée conformément à l'Apo
  • libération des domiciles des biens confisqués et dédommagement


- Au titre du cadre organisationnel des élections


  • révision de la composition de la Cei
  • changement du président de la Cei
  • clarification des notions de certification et de validation
  • redressement de la liste électorale
  • découpage électoral et circonscriptions électorales
  • conditions d'accès aux médias d'état
  • élections législatives


- Au titre de l'Etat de droit


  • Loi d'amnistie
  • Libération des détenus
  • retour des exilés
  • retour des déplacés
  • Financement des partis politiques sur les ressources publiques


Le chronogramme ci-après (voir en annexe) est suggéré à titre indicatif étant entendu que le délai de 15 décembre 2011 arrêté pour les législatives peut être prorogé de 30 à 45 jours.

 

CONCLUSION GENERALE

Après une décennie de crise militaro-politique pleine et entière la côte d'ivoire est face à son destin. De la lucidité dans les choix et dans l'établissement des priorités dépendra l'avenir de ce pays. La sagesse voudrait que l'on privilégie tout ce qui rassemble. Les élections à venir devrait constituer le premier grand test du «vivre ensemble» parce que la participation de tous découlera du degré de consensus autour de cette opération. Cela constituera un pas de géant.

Pour se faire la mise en confiance de tous les acteurs est une nécessité. Ceci suppose un environnement sécuritaire maîtrisé, un cadre organisationnel des élections consensuel et enfin le retour au calme avec le règne de l'état de droit.

Le Fpi/Cnrd estime que la responsabilité de cet apaisement général appartient en priorité au chef de l'état car c'est à l'aune des grandes décisions que l'on s'inscrit dans l'histoire immortelle. Il doit ouvrir le dialogue politique ici et maintenant. Nous sommes prêts à jouer notre partition car il faut à tout prix nous éloigner de la «République des vainqueurs, avec une armée des vainqueurs, un parlement des vainqueurs et in fine, une réconciliation des vainqueurs».


Fait à Abidjan, le 29 septembre 2011


FPI/CNRD

 

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DOCUMENT DU FPI-CNRD REMIS A OUATTARA

DE LA PRETENDUE SUSPENSION DE L'ASSEMBLEE NATIONALE DE COTE D'IVOIRE PAR ALASSANE OUATTARA



ASSEMBLEE NATIONALE IVOIRIENNE.gif

« Le mandat de l'actuelle législature a pris fin avec la chute de Laurent Gbagbo ». Alassane Ouattara répondait ainsi à l'Honorable Gaston Ouassénan Koné, Député, ancien Président du Groupe parlementaire PDCI, venu il y a quelques mois s'enquérir auprès de lui des indemnités des députés en souffrance depuis Mars 2011. Cette position d'Alassane Ouattara était officiellement confirmée quelques jours plus tard par le Porte-parole du gouvernement, le ministre Bruno Koné qui lançait à la presse que l'Assemblée Nationale était provisoirement suspendue. Trois faits au moins semblent confirmer cette position d'Alassane Ouattara : son refus en avril dernier de se rendre à l'Assemblée Nationale à l'invitation du président Mamadou Koulibaly pour s'adresser aux Députés de la 9ème législature à l'occasion de la séance solennelle d'ouverture de la première session ordinaire de l'année 2011; le non-paiement à ce jour des indemnités parlementaires d'avril à août 2011 ; la non- tenue de la première session ordinaire de l'année 2011, conformément à l'article 62 de la Constitution qui dispose : « Chaque année, l'Assemblée Nationale se réunit de plein droit en deux sessions ordinaires. La première session s'ouvre le dernier mercredi d'avril ; sa durée ne peut excéder trois mois. La deuxième session commence le premier mercredi d'octobre et prend fin le troisième vendredi de décembre ».

Mais tous ces faits et déclarations n'avaient pas un caractère véritablement officiel et l'on avait pensé qu'une normalisation interviendrait tôt ou tard avant les élections législatives, le temps pour Alassane Ouattara de prendre conscience de l'importance de l'Assemblée Nationale dans la vie de la Nation et des conséquences que l'absence de celle-ci pourrait entrainer. C'est peine perdue. En effet, le 25 septembre 2011, de retour de voyage aux Nations-Unies, Alassane Ouattara parlant du nouveau Parlement qu'il voulait mettre en place, a déclaré ceci : « il est essentiel que nous puissions mettre en place cette grande Institution qu'est le Parlement dont le mandat est venu à expiration depuis décembre 2005 ». C'est donc officiel, pour Alassane Ouattara, il n'y a plus d'Assemblée Nationale en Cote d'Ivoire.


En vérité, Alassane Ouattara et ses conseillers juridiques, encore une fois, abusent des ivoiriens. Ils sont dans le faux. C'est Ouassénan Koné qui a raison, le mandat de l'actuelle législature (la 9ème) court jusqu'à l'installation de la prochaine législature c'est à dire après les élections projetées. Il ne prend pas fin avant celles-ci (I). C'est à tort que Alassane Ouattara, qui n'a ni titre, ni qualité, ni pouvoir pour bloquer le fonctionnement de l'Assemblée nationale ait pourtant agi dans ce sens (II). L'absence de réaction vigoureuse des Députés et particulièrement du Président de cette Institution depuis le mois d'Avril à ce jour, s'apparente à une démission de fait des députés face à une grave violation de la Constitution, d'autant plus inacceptable qu'elle porte sérieusement atteinte à la séparation des pouvoirs et à la Représentation Nationale (III). Il faut se réjouir de voir le Président Mamadou Koulibaly, réagir ces derniers temps pour, enfin, s'inquiéter de la fin lamentable qu'Alassane Ouattara réserve à l'Institution parlementaire qui lui a été confiée.


I - LE MANDAT DE LA 9ème LEGISLATURE COURT JUSQU'A L'INSTALLATION DE LA PROCHAINE LEGISLATURE


La poursuite du mandat parlementaire en cours trouve son fondement d'abord dans l'article 59 de la Constitution, ensuite dans l'Avis no 2005-01CCSG du 15 décembre 2005 du Conseil Constitutionnel, le tout conforté par une pratique continue et acceptée par l'ensemble de la classe politique.

La pratique parlementaire et gouvernementale confirme et consolide la poursuite du mandat de la 9ème législature.


En effet, l'article 59 alinéa 1 de la Constitution fixe à 5 ans la durée normale du mandat parlementaire. Il précise même à l'alinéa 3 que le mandat se termine à la fin de la 2ème session ordinaire de la dernière année de son mandat. Il en ressort que c'est en décembre 2005 qu'aurait du prendre fin la 9ème législature. Or tout le monde aura constaté que l'Assemblée Nationale, passée cette échéance, a continué de fonctionner jusqu'en 2010, sans qu'aucun parti ni groupement ou responsable politique n'ait trouvé à redire. Les partis politiques et mouvements membres du RHDP qui avaient fort bruyamment contesté la poursuite du mandat du Président de la République au-delà d'octobre 2005 n'ont émis aucune protestation au cours de cette période contre la poursuite du mandat de la 9ème législature. Les Députés du RHDP ont continué de siéger aux cotés de ceux du FPI, de l'UDPCI, du PIT, du groupe Solidarité ainsi que du groupe Loyauté. Courant 2010 on s'en souvient, le Groupe parlementaire RHDP avait demandé la mise en place d'une commission d'enquête parlementaire à propos de l'affaire Désiré Tagro. De même, le gouvernement de son côté a continué durant toute cette période de travailler avec l'Assemblée Nationale comme prévu et organisé par la Constitution. Le fruit de cette collaboration institutionnelle est matérialisé par une quarantaine de lois votées par l'Assemblée Nationale au cours de la période 2005-2010 ( Voir Adresse à la Haute attention du peuple de Côte d'Ivoire du Président Mamadou Koulibaly, l'Inter du 29 septembre 2011).

Il ressort des faits qu'au-delà de la durée formelle du mandat parlementaire (5ans), l'Institution a fonctionné avec le sentiment, tant de ses membres que des autres institutions politiques, que cette pratique n'était pas contra legem , qu'elle était conforme à la Constitution. Mais cette intime conviction source d'une pratique politique notoire, continue, uniforme et incontestée repose sur un double fondement juridique : l'article 59 alinéa 4 de la Constitution et l'Avis no 2005-013 /CC/SG du 15 décembre 2005.

L'article 59 de la Constitution prescrit la continuité parlementaire 

Après avoir établi la durée du mandat parlementaire à 5 ans en son premier alinéa, l'article 59 en son alinéa 4 dispose que les « élections ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale. ».


Deux observations s'imposent ici :

D'une part, le Constituant distingue la durée formelle du mandat (5 ans), de la durée matérielle, effective, qui elle n'intervient qu'avec l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée Nationale, laquelle elle-même, dépend de l'organisation préalable d'élections destinées à renouveler le Parlement. Cette formule de fin de mandat n'est pas propre à la seule Assemblée Nationale, on la retrouve également à propos de la durée du mandat présidentiel fixée à 5 ans mais dont l'article 39 alinéa 1 de la constitution dispose que « les pouvoirs du Président de la République en exercice expirent à la date de la prise de fonction du Président élu, laquelle a lieu dès la prestation de serment ». Ce qui veut dire ici aussi, qu'il faut d'abord organiser des élections avant que n'intervienne la fin effective du mandat présidentiel en cours. 

D'autre part, le Constituant prévoit des élections de renouvellement du corps législatif, enfermées dans une double conditionnalité temporelle. Concernant le moment, elles doivent intervenir avant la fin des pouvoirs. Concernant le délai, elles doivent être organisées entre 20 et 50 jours.


Il faut voir que c'est l'organisation des élections qui donne leur sens à la notion de souveraineté nationale et à la durée du mandat prescrite par la Constitution. L'élection, c'est l'acte périodique par lequel le peuple souverain désigne ceux qui auront qualité pour le représenter et exprimer sa volonté.


Il apparait ainsi que la fin du mandat parlementaire, ne va pas sans la condition de l'organisation des élections en vue du renouvellement du corps législatif.


L'usage du mot « avant » indique clairement que ces élections sont une nécessité pour sanctionner la fin du mandat en cours mais aussi et surtout un préalable à celle-ci, préalable dont le sens et la portée ne s'éclairent que par le souci du constituant d'éviter à la fois un vide parlementaire ( la non représentation du peuple souverain conformément à l'article 32 alinéa 1 « le peuple exerce sa souveraineté par la voie du referendum et par ses représentants élus »), et un vide juridique( l'absence de l'Assemblée nationale ,organe institutionnel chargé de faire les lois de la République). Peut-on imaginer un seul instant que le pouvoir judiciaire soit suspendu par l'exécutif ? Que l'ensemble du système judiciaire soit interdit d'exister ou empêché de fonctionner pour rendre la justice ?


Enfin, il s'agit pour le constituant d'éviter un vide parlementaire ou juridique qui porterait immanquablement atteinte au principe de l'existence, de la séparation et de l'équilibre des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, tel que prévu et organisé par la Constitution du 1er Août 2000 dans son Préambule et aux Titres II, III , IV, V, VI, VII, VIII, IX, XIV. La continuité parlementaire et par conséquent la continuité de l'actuelle législature se déclinent aussi du principe de la séparation et de l'équilibre des pouvoirs, un principe inscrit dans le préambule de la Constitution et donc de valeur constitutionnelle. C'est d'ailleurs dans ce sens que s'est prononcé le Conseil Constitutionnel formellement saisi à propos de la prolongation du mandat de la 9ème législature.


L'avis n° 2005-013/CC/SG du 15 décembre 2005 autorise la prolongation du mandat de l'actuelle législature


A suffisance, la mauvaise foi politique et juridique a caractérisé le (faux) débat lancé fin 2005 par le RHDP, exigeant la fin obligatoire en octobre 2005 du mandat du Président Laurent GBAGBO, malgré la crise militaro-politique qui a fait obstacle à l'organisation à cette époque de l'élection présidentielle. En vue de clore ce débat qui touchait également les Députés, le Président de la République a tenu à s'assurer, en sa qualité de garant du respect de la Constitution, de la conformité de la poursuite de la 9ème législature à celle-ci. C'est dans ce contexte et dans ce cadre qu'il a saisi le Conseil Constitutionnel d'une demande d'Avis à l'effet de savoir « si le défaut d'élection dû à la situation de crise que connaît la Côte d'Ivoire, entrainait la dissolution et la fin des pouvoirs de l'Assemblée Nationale ? ».


Dans son Avis précité du 15 décembre 2005, le Conseil Constitutionnel a apporté une réponse claire et négative qu'il importe de rappeler.


Le Conseil constate d'abord, « que l'atteinte portée à l'intégrité du territoire depuis le 19 septembre 2002 n'a pas permis la tenue d'élection dans les délais constitutionnels ». Puis il poursuit aussitôt par un considérant mémorable : « ...considérant cependant, qu'à défaut d'élections dans les délais constitutionnels, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin sans porter atteinte à des principes et des règles de valeur constitutionnelle à savoir :

- la séparation et l'équilibre des pouvoirs exécutif et législatif, la cessation des fonctions de l'Assemblée Nationale pouvant rompre l'équilibre ;
- la continuité de la vie de la Nation, qui implique le maintien du Parlement.
- La mise en œuvre de l'article 48 de la constitution au terme duquel l'Assemblée nationale se réunit de plein droit et ce aux fins de contrôle des mesures exceptionnelles pouvant être prises par le Président de la République.

De ce qui précède, le Conseil Constitutionnel tire la conclusion que « l'Assemblée Nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs ».


Faut-t-il rappeler qu'aux termes de l'article 88 de la Constitution, c'est au Conseil constitutionnel et à lui seul que revient la compétence de régulation du fonctionnement des pouvoirs publics. Si l'article 34 de la Constitution donne au Président de la République mission de « veiller au respect de la Constitution », en revanche en ce qui touche le fonctionnement des Institutions de la République, ses attributions au titre de l'article 48 de la Constitution qui du reste sont exceptionnelles, ne concernent nullement leur régulation mais plutôt la prise de mesures exceptionnelles en vue d'assurer leur fonctionnement régulier dans l'hypothèse ou celui-ci serait « gravement menacé ou interrompu » . Par ailleurs il aurait été paradoxal, vue la nature présidentielle du régime ivoirien, qui postule une stricte séparation des pouvoirs politiques, exécutif et législatif, de confier à l'un, la compétence de réguler le fonctionnement de l'autre, sans affecter ce principe et sans détruire l'équilibre constitutionnel et politique institué à dessein. Sous cet angle, les mesures prises par Alassane Ouattara et qui ont pour effet ou pour conséquence d'empecher le fonctionnement de l'Assemblée nationale sont manifestement anticonstitutionnelles.


Mais elle l'est encore plus, d'autant qu'elle méconnait l'Avis du 15 décembre 2005, rendu par l'Autorité habilitée à réguler le fonctionnement des pouvoirs publics. Or, l'Avis du 15 décembre 2005 disposant que « l'Assemblée Nationale n'est pas dissoute, elle demeure en fonction », s'impose sans discussion à Alassane Ouattara. Il s'impose parce que aucune autre Autorité n'est habilitée à donner un autre Avis sur la question.


Ainsi Alassane Ouattara n'a pas compétence pour mettre fin au fonctionnement de l'Assemblée nationale ni pour la suspendre ; mieux il est même tenu, au regard, tant de l'article 98 que de l'article 48 de la Constitution, d'assurer par tous les moyens, y compris par des mesures de caractère exceptionnel, le fonctionnement régulier de l'institution parlementaire. Il ne saurait dans ces conditions constituer un obstacle au fonctionnement de l'institution parlementaire sans se rendre coupable de violation manifeste et délibérée de la Constitution.


II - SUSPENSION OU EMPECHEMENT DE l'ASSEMBLEE NATIONALE DE FONCTIONNER ?


Alassane Ouattara en vérité n'a pris aucun acte formel de dissolution, ni de suspension de l'Assemblée nationale, cependant le résultat à l'arrivée est le même : celle-ci ne fonctionne pas depuis le 11 avril 2011, aucune réunion officielle ni même officieuse, n'a été tenue! La première session ordinaire 2011 qui devrait s'ouvrir le dernier mercredi du mois d'avril n'a jamais eu lieu.


Dans les faits il y a blocage, il y a empêchement de l'Assemblée nationale de fonctionner du fait de certains actes posés par Alassane Ouattara :

- Il y a d'abord les déclarations affirmant la fin du mandat des Députés de la 9ème législature. Lancées officiellement dans le contexte socio-politico-militaire actuel, caractérisé par une insécurité généralisée, de tels messages sont de nature à tempérer fortement les ardeurs des représentants du Peuple. 
- La non allocation d'un budget de fonctionnement à l'Assemblée nationale. Sans moyens financiers comment l'institution pourrait-elle faire face aux dépenses courantes que sont le salaire du personnel, les indemnités parlementaires, le fonctionnement de l'administration... ?
- Le refus du versement de leurs arriérés d'indemnités aux députés de la 9ème législature, malgré l'insistance de ceux-ci auprès de AO . Le silence par lui adopté sur cette question ne peut être interprété autrement que dans ce sens ; 
- L'arrestation et la détention de nombreux Députés en dépit de leurs immunités qui traduit de la part d'Alassane Ouattara un mépris manifeste de l'institution parlementaire, de son « essence souveraine », de ses principes et règles fondamentaux. Cette violation flagrante de la Constitution a pour conséquence directe d'empêcher des députés de siéger et pour conséquence indirecte, de dissuader les députés non arrêtés mais craignant pour leur liberté, tant de parole que d'aller et de venir, de participer aux sessions parlementaires, dans la mesure ou « la couverture immunitaire statutaire » que leur garantissait les articles 67 et 68 de la Constitution a été rendue inopérante par Alassane Ouattara.

Et pourtant la Constitution fait obligation à Alassane Ouattara, sauf si elle est suspendue en droit ou en fait, de ne pas bloquer mais d'assurer le fonctionnement régulier des institutions y compris l'Assemblée Nationale qui vote le budget de l'Etat (article 48 précité).


En effet, notre régime constitutionnel est de type présidentiel et se présente donc comme un régime de séparation rigide et équilibré des pouvoirs. Dans un tel régime le Président de la République ne peut ni dissoudre ni suspendre l'Assemblée nationale et à fortiori bloquer son fonctionnement. A l'inverse, la responsabilité politique du Président de la République et de son Gouvernement ne peut être engagée devant l'Assemblée Nationale.


A la vérité, affirmer que l'Assemblée Nationale est suspendue relève à notre sens d'une grave méconnaissance du rôle et des missions de cette institution dans le fonctionnement de l'Etat. En effet, la Constitution confie à l'Assemblée Nationale des missions propres qu'elle exécute seule, et des missions qu'elle exécute en liaison obligatoire avec le Président de la République, mais toutes ces missions s'inscrivent dans le principe de la continuité de l'Etat.


MISSIONS PROPRES DEVOLUES A L'ASSEMBLEE NATIONALE


Au titre des fonctions propres, Les fonctions législatives et le vote du budget sont certainement les mieux connues. Ce sont des attributions propres et permanentes que nul ne peut confisquer ni exercer en ses lieux et place, pas même le Président de la République, du fait du principe de la séparation des pouvoirs. L'adoption du budget par voie d'ordonnance suite à une habilitation formelle de l'Assemblée Nationale est une exception qui ne saurait être érigée en une règle de gouvernement sauf bien sur s'il s'agit d'un régime d'exception.


Outre ces deux fonctions, d'autres sont prévues dont l'importance n'est pas des moindres.

Aux termes de l'article 32 de la Constitution, les députés sont des représentants du Peuple souverain, élus comme tels, avec pour mission d'exprimer sa volonté dans le temps de leur mandat. Seul le Peuple qui l'a mandaté peut mettre fin au mandat du Député, à l'exclusion du Président de la République qui n'est rien d'autre qu'un autre élu mandaté aussi par le même Peuple. En déclarant la fin de l'Assemblée Nationale, Alassane Ouattara se rend-t-il compte qu'il s'arroge le droit de mettre fin au mandat des Députés qu'il na pas désignés, en lieu et place de leur mandant qui est le Peuple de Côte d'Ivoire ? Pense-t-il être égal ou supérieur au Peuple de Côte d'Ivoire au point d'ignorer la souveraineté et la volonté de celui-ci ?
L'Assemblée nationale est par ailleurs chargée d'une mission de contrôle de l'action gouvernementale, même si la responsabilité politique de l'exécutif ne peut être mise en cause. C'est le sens des moyens d'information prévus par l'article 82 de la Constitution que sont les questions orales et écrites et les commissions d'enquête parlementaires. Qui assurera un tel contrôle sur le Gouvernement en l'absence de l'Assemblée nationale ? 
L'Assemblée Nationale est également chargée de surveiller le Président de la République agissant es qualité dans le cadre de l'article 48 de la Constitution qui confère à celui-ci des pouvoirs exceptionnels. De même, l'Assemblée Nationale joue un rôle déterminant en cas de crime de haute trahison du Président de la République, la responsabilité pénale de ce dernier pouvant être engagée. Aucune autre Institution en dehors de l'Assemblée Nationale ne peut assumer de telles fonctions.

L'Assemblée Nationale est chargée de la protection des Députés, en s'assurant du respect des immunités parlementaires tant pendant les sessions qu'en dehors des sessions. Comment une telle obligation pourra-t-elle etre assurée en son absence ?


Le Président de l'Assemblée Nationale assure l'intérim de la Présidence de la République en cas de vacance du pouvoir (article 40 de la Constitution). En l'absence du Parlement comment réglerait-on la question du vide juridique qu'entrainerait une éventuelle vacance du pouvoir ?

L'Assemblée Nationale est enfin chargée, tout comme le Président de la République, de protéger la Constitution par le déferrement au Conseil constitutionnel, des engagements internationaux visés à l'article 84 avant leur ratification, ainsi que des lois avant leur promulgation. Comment désormais assurer efficacement cette fonction protectrice de la loi fondamentale en l'absence de l'Assemblée nationale ?

ATTRIBUTIONS DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE IMPLIQUANT OBLIGATOIREMENT L'ASSEMBLEE NATIONALE.


Il en va ainsi en matière de référendum ou le Président de la République est tenu de consulter le Bureau de l'Assemblée nationale (article 43 alinéa 1). Toute déclaration de guerre, doit être autorisée par l'Assemblée nationale (article 73) de même que la prorogation de l'état de siège au-delà de 15 jours requiert également son autorisation (article 74 alinéa 2). Il y a enfin la procédure budgétaire telle qu'organisée par l'article 80 de la Constitution. Si l'éventualité d'un référendum, d'une déclaration de guerre ou d'un état de siège n'est qu'hypothétique, en revanche s'agissant du budget nous sommes dans l'actualité récente. Le budget actuel a été adopté par voie d'ordonnance sans aucune habilitation parlementaire préalable ainsi que l'exige l'article 75 alinéas 1,2 et 3. Nous sommes ici dans un cas de violation flagrante de la Constitution.


Ce qui précède montre bien la complexité de la fonction parlementaire qui ne saurait être réduite à la seule fonction de voter la loi. Suspendre l'Assemblée Nationale reviendrait par conséquent à paralyser le Gouvernement et l'Etat dans la gestion du pays, sauf bien sûr si le Président décide de gouverner par voie d'ordonnances. Mais, alors nous serions dans l'hypothèse d'un coup d'Etat qui ne dirait pas son nom.


A l'évidence, le régime instauré par Alassane Ouattara est un régime d'exception dans lequel les violations quotidiennes délibérées de la Constitution loin d'être le fruit de l'ignorance participent d'une politique délibérée pour atteindre des objectifs politiques majeurs. S'agissant du cas particulier de l'Assemblée nationale, les motivations et les objectifs n'échappent à personne.


POURQUOI Alassane Ouattara A-T-IL BLOQUE LE FONCTIONNEMENT DE L'ASSEMBLEE NATIONALE ?


Les blocages contre le fonctionnement de l'Assemblée ne sont pas fortuits mais bien pensés et pour cause. En empêchant le parlement de fonctionner, Alassane Ouattara escompte les gains suivants :

-Tout d'abord Alassane Ouattara manœuvre dans le but d'être la seule institution politique active dans le jeu politique. Gouvernant alors par ordonnances du fait de l'absence du Parlement du champ politique, il peut agir en « dictateur constitutionnel » tant dans le domaine du règlement que dans celui de la loi. Actuellement, le train de mesures prises par voie d'ordonnances, c'est-à-dire dans le domaine de la loi qui relève normalement de l'Assemblée Nationale, en sont la preuve : l'ordonnance portant découpage des circonscriptions électorales ; l'ordonnance sur les collectivités territoriales... 
- En l'absence du Parlement, il est débarrassé du contrepoids politique qu'il constitue et se trouve dégagé de tout contrôle parlementaire sur l'action gouvernementale tel qu'institué par l'article 82 précité. Ainsi son Gouvernement n'aura-t-il pas à se justifier pour les hauts faits d'armes des FRCI qui émaillent hélas le triste quotidien des ivoiriens. Tout comme il n'aura pas à s'expliquer sur son engagement précipité dans des accords de défense avec la France.
- En l'absence du parlement il peut continuer de garder en détention le Président Laurent Gbagbo, les membres de son Gouvernement ainsi que des députés, notamment Simone Gbagbo, Présidente du Groupe parlementaire FPI, malgré les immunités fonctionnelles qui les couvrent, sans être interpelé par l'Assemblée nationale ou son Bureau, sur cette grave et manifeste violation de la Constitution.

I
II - SAUVER L'ASSEMBLEE NATIONALE, DE LA FIN PREMATUREE PROGRAMMEE PAR Alassane Ouattara : UN DEFI MAJEUR A RELEVER POUR LA SURVIE DE LA REPUBLIQUE, DE LA DEMOCRATIE ET DE LA LEGALITE CONSTITUTIONNELLE

Au regard de la Constitution, Alassane Ouattara ne peut pas suspendre l'Assemblée Nationale, cela ne souffre d'aucune discussion. Il n'a pas compétence pour le faire et l'on serait bien curieux d'être instruit de la disposition constitutionnelle qui lui confère un tel pouvoir exorbitant mais surtout de l'acte pris pour décider d'une telle suspension.


L'argument tiré des élections législatives projetées pour « décembre 2011 », pour justifier la suspension de la 9ème Législature ne peut nullement prospérer, il est même dangereux pour notre système politique qui s'en trouverait profondément modifié et affecté dans sa nature de régime présidentiel. Cela reviendrait à établir une prééminence du pouvoir exécutif sur le pouvoir législatif dans la mesure où le premier peut mettre fin à l'existence du second sans possibilité pour le second d'abréger le mandat du premier. Cela est contraire à la lettre et à l'esprit de notre Constitution qui institue une séparation équilibrée des deux pouvoirs. Ensuite accepter un tel argument c'est accepter l'instabilité parlementaire subséquente à de tels aménagements dictés par des considérations essentiellement circonstancielles. Enfin, on ne voit pas pourquoi la simple annonce d'une élection dont la date est susceptible de modification, devrait mettre fin au mandat de l'Assemblée Nationale, nonobstant les dispositions pertinentes de la Constitution et l'Avis du Conseil Constitutionnel du 15 décembre 2005. En Côte d'Ivoire, les élections présidentielles prévues pour 2005 ont finalement eu lieu en 2010 et le contexte reste le même, il n'a pas fondamentalement changé, bien au contraire.


Bien entendu les déclarations multiples d'Alassane Ouattara et de ses collaborateurs pour marteler que le mandat parlementaire a pris fin depuis 2005, de même que diverses mesures prises pour empêcher le fonctionnement de l'Assemblée nationale telles que la confiscation du budget du Parlement et le non- paiement des députés et des fonctionnaires de l'institution, ne sont pas en soi des actes formels de suspension. Ils sont tout simplement des obstacles destinés à décourager la reprise des activités parlementaires ou à donner prétexte à ceux qui ne souhaitent pas voir le Parlement revivre, d'en sonner le glas.


Mais ces déclarations et ces obstacles n'empêchent pas la convocation de la deuxième session ordinaire du Parlement dans les formes prévues par la Constitution en son article 62 alinéa 3. Il n'est pas inutile à ce stade de reprendre une disposition de la Constitution de la IIème République française (Constitution du 4 novembre 1848, article 68) dont la pertinence pour notre propos est notable : « ...Toute mesure par laquelle le Président de la République dissout l'Assemblée Nationale, la proroge ou met obstacle à l'exercice de son mandat est un crime de haute trahison. ».

Oui, si AO s'oppose au fonctionnement de l'Assemblée nationale et s'il pose des actes matériels pour concrétiser un tel projet au lieu d'agir pour en faciliter le fonctionnement, devoir républicain auquel l'invitent les articles 34 et 48 de la Constitution, alors il aura trahi le serment qu'il a prêté conformément à l'article 39 : « ...je jure solennellement et sur l'honneur de respecter et de défendre fidèlement la Constitution.... Que le Peuple me retire sa confiance et que je subisse la rigueur des lois, si je trahis mon serment ».

C'est le lieu de rappeler au professeur Mamadou Koulibaly , que ce n'est pas à Alassane Ouattara qu'il revient légalement de convoquer l'Assemblée nationale en sessions ordinaires ou de donner son accord , mais plutôt au Président de l'Assemblée Nationale qu'il continue de demeurer en vertu de l'article 59 alinéa 3 et de l'Avis du Conseil Constitutionnel du 15 décembre 2005 , car les sessions sont de plein droit (article 52), elles ont un caractère statutaire et ne requièrent en aucun cas l'autorisation de Alassane Ouattara.


Le Président de l'Assemblée Nationale, le Bureau, Les responsables des Groupes parlementaires et l'ensemble des députés doivent agir dans l'urgence afin que se tienne la deuxième session ordinaire qui normalement doit s'ouvrir le 5 octobre 2011.


La convocation de cette session qui rentre dans l'ordre normal des choses, aurait pour effet positif de repositionner l'Assemblée nationale dans la vie de l'Etat en cette étape cruciale de l'histoire de notre pays, de lui permettre de jouer le rôle qui est normalement le sien dans un Etat de démocratie soucieux des droits et libertés des citoyens et du respect des lois. Elle permettra aussi et surtout d'éviter à la Côte d'Ivoire le dangereux précédent de voir dans notre régime politique de type présidentiel, régime de séparation stricte et équilibré des pouvoirs, l'Assemblée Nationale suspendue par les simples déclarations du Chef de l'exécutif.


KOUDJA KOUASSI JEAN-NOEL, Docteur en Droit, Politologue.


Source : LA COTE D'IVOIRE DEBOUT

samedi, 01 octobre 2011

CHARLES KONAN BANNY EST-IL PROPHETE?

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« Aucune victoire par la force ne peut être tenue pour définitive car le vaincu d’aujourd’hui fourbira ses armes dans l’espoir de devenir le vainqueur de demain ».

 

Dixit Charles Konan Banny, à l'investiture de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, le mercredi 28 septembre 2011, à Yamoussoukro.

 

Est-ce une prophétie ? Wait and see !

 

Comme dit si bien mon ami Alexis G. : « C’est un terrible aveu. Il faut comprendre par cette phrase que Banny considère que Ouattara est arrivé au pouvoir par la force et qu’il jouit d’une victoire précaire ».

 

L'Histoire nous situera!

vendredi, 30 septembre 2011

MALGRE LES PERSECUTIONS: LE FPI RESTE INCONTOURNABLE

 

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Malgré sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des discussions avec Le Front populaire ivoirien (Fpi). La preuve que ce parti reste la première force politique du pays.


Vous n'avez pas rêvé. Miaka Oureto et ses camarades étaient bel et bien au palais présidentiel hier, pour des échanges-vérités avec l'actuel occupant des lieux. 5 mois, après l'arrestation puis la détention arbitraire de Laurent Gbagbo, le pouvoir se résout à entamer des discussions avec le fer de lance de l'opposition ivoirienne.

Un scénario sur lequel personne n'aurait parié, le 11 avril 2011. Et pourtant, l'homme du moment a dû se plier à cette implacable «exigence démocratique». Dialoguer avec l'adversaire. La rencontre historique d'hier constitue sans équivoque la preuve qu'en dépit de sa volonté affichée de diriger la Côte d'Ivoire d'une main de fer en brisant l'opposition, le pouvoir Ouattara n'a pas d'autre choix que d'entamer des pourparlers avec le parti fondé par Laurent Gbagbo. Mais, en fait, le Fpi s'impose au nouveau régime comme une force politique incontournable et majoritaire. La première du pays, avec La majorité présidentielle (Lmp), qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner l'élection présidentiel de novembre 2010, avant d'être spolié de sa victoire suite au complot international. De bonnes sources, il est établi que Ouattara n'avait pas en projet de dialoguer avec le parti de celui qu'il considère, non pas comme un adversaire politique, mais comme un ennemi qu'il faut humilier et éliminer par tous les moyens. Le mentor du Rdr et la rébellion ont d'abord compté sur la menace, l'intimidation, la violence, les exactions et la persécution. Le locataire du palais, nous dit-on, entendait venir à bout du Fpi et de l'opposition par la terreur.

Mais l'homme, après avoir manœuvré en vain, a bien été obligé de descendre de son piédestal pour rencontrer la direction de ce parti. Voici que le pouvoir est acculé sur le terrain de la démocratie, le terrain de prédilection de Laurent Gbagbo. Qu'importe qu'il tende à ses interlocuteurs une oreille agacée. Ouattara est contraint d'écouter ses adversaires parler, de vive voix, des sujets qu'il ne veut pas entendre évoquer. Ce sont les vérités du Fpi au pouvoir "dictatorial" de Ouattara qui ne mise que sur la force. Il s'agit de la libération de Laurent Gbagbo et des siens, de l'arrêt des poursuites engagées contre eux et de la traque des cadres et militants Lmp, de la levée des sanctions injustes qui les frappent, de l'ouverture du jeu démocratique, entre autres points. Des conditions indispensables à une réconciliation vraie et à des élections législatives crédibles, telles que voulues par les bailleurs de fonds. 

Ouattara acculé

En fait, Ouattara qui fait le dur apprentissage de la démocratie, n'a pas d'alternative. Ici, la force n'étant pas à l'ordre du jour, il est acculé sur plusieurs points. La Banque mondiale et le Fmi ont exigé qu'il organise des législatives démocratiques et crédibles, c'est-à-dire libres, transparentes, ouvertes à tous..., s'il veut recevoir quelques «gouttes» de milliard. Or, des législatives sans la principale force politique du pays, celle qui a permis à Laurent Gbagbo de gagner la présidentielle 2010 avec 52% des voix, n'aurait vraiment aucun sens.

Hélas, nous convenons que les réalités du moment ne sont pas propices à un scrutin législatif ouvert à l'opposition. Du coup, Ouattara se trouve dans l'obligation de discuter, bien malgré lui, des conditions posées par le Fpi. Par ailleurs, les capitales européennes viennent d'infliger Ouattara un revers cinglant sur le plan diplomatique. Il n'est plus le chouchou de la communauté internationale. Son mandat d'arrêt international contre les proches du Président Laurent Gbagbo a été rejeté du revers de la main par ses alliés qui ont jeté le document à la poubelle. Ce qui signifie que son projet d'envoyer Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale (Cpi) a très peu de chance d'aboutir. D'autant plus qu'à travers le monde entier, des voix de grande dimension comme Desmond Tutu, l'archevêque anglican Sud-Africain, qui a dirigé la commission vérité et réconciliation en Afrique du Sud, s'élèvent pour demander la libération du président Gbagbo. Ce qui met Ouattara dans une position inconfortable.

Car on ne comprend pas qu'il s'acharne à poursuivre, à emprisonner, à torturer, à humilier et à persécuter ceux avec qui il prétend vouloir faire la paix. Se conduire ainsi, c'est donner la preuve qu'on est un ennemi de la paix qui ne tient pas vraiment à la réconciliation. Une telle image gêne terriblement le nouvel occupant du palais, au moment où les choses sont mal engagées pour son parrain, le président Nicolas Sarkozy en difficulté devant la gauche socialiste, à quelques mois de la présidentielle en France. De plus, l'homme qu'il a choisi pour diriger la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), Charles Konan Banny, son «collègue» ex-gouverneur de la Bceao et ex-Premier ministre, vient d'être investi à Yamoussoukro, en qualité de président de ladite commission. Ouattara est donc tenu de donner un «signal fort» dans le sens de la réconciliation. Même si cela doit le conduire à faire des choses qu'il ne voulait pas au départ. 

Ne dit-on pas que la faim chasse le loup hors du bois ? Il faut seulement espérer que le mentor du Rdr retrouve le bon sens pour comprendre qu'il ne peut pas diriger seul la Côte d'Ivoire par l'instauration un autoritarisme kaki, en écartant les partisans de Laurent Gbagbo. Il ne fera que continuer à enfoncer ce pays. Jusqu'à ce que, à la fin de son règne, son nom soit inscrit dans les annales comme la page la plus noire de l'histoire de la Côte d'Ivoire.


K. Kouassi Maurice

 

Source : LE TEMPS

J'AI FAIT LE REVE D'UNE GRANDE COTE D'IVOIRE ET D'UN GRAND PRESIDENT



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Les turpitudes de la vie politique ivoirienne de cette dernière décennie auront réussi le tour de force de nous plonger, nous, Ivoiriens bons vivants pleins d'humour, dans une mélancolie, une torpeur et une léthargie d'après-guerre qui nous consument lentement mais sûrement. Au point de nous donner la nostalgie de ses beaux jours du temps passé où il faisait bon vivre en Côte d'Ivoire (même en temps de crise) et où notre pays faisait l'objet de toutes les envies.

Sortie tout droit d'un cauchemar, la réalité actuelle sur cette belle terre éburnéenne n'incline guère plus à la joie, à la sérénité et à l'espoir d'une cohésion sociale sans hypocrisie. Les sourires et les regards ne sont plus francs, les belles amitiés d'il y a quelques temps se retrouvent empruntées dans leurs nouveaux épanchements ; même les liens familiaux en sont arrivés à se distendre, la jovialité s'est figée dans du plâtre et n'est plus que sa propre ombre et les cœurs, plus que jamais amers. La prise de parole libre et publique devient un exercice d'un péril certain. Chaque mot doit être pesé, chaque pas, mesuré. Pour chaque « dérapage », vous pouvez en répondre de votre vie ou, au meilleur des cas, de votre journal. CNP oblige !

La sécurité ? S'en remettre à la grâce de DIEU. Car ceux dont elle constitue la principale attribution en sont devenus la principale menace. On ne sait par quelle prestidigitation abracadabrantesque. En Côte d'Ivoire, désormais, l'insécurité est, à titre principal, le fait des FRCI, nos bien-aimés « sauveurs ». Peut-on envisager pire tableau ? L'actualité nous renseigne largement sur cette réalité désormais toute ivoirienne. Les tueries de Ziriglo, dans la Sous-préfecture de Taï, menées par les FRCI, en expédition punitive contre une population sans défense et excédée, qui a protesté contre le fait d'être régulièrement l'objet du racket, des injustices, des exactions et de l'insécurité entretenus par les nouveaux occupants de leur village, en est un exemple patent. A titre de parole de consolation et de commisération, le ministre délégué à la défense Paul Koffi Koffi, n'a rien trouvé d'autre à leur dire que ces propos totalement irréels : « Nous enverrons plus de FRCI pour assurer votre sécurité. Ils vont s'installer ici pour longtemps. Que vous le vouliez ou pas, vous êtes obligés de les accepter. Celui qui ne veut pas des FRCI, qu'il change de pays et aille vivre ailleurs ». Paroles d'un ministre de la République ! Rien qui soit plus désolant.

Lourd tribut que le prix que nous payons à la politique, dans ce pays ! Pour aboutir, au final, à une réconciliation à la baïonnette, en marche et cadence militaires.

Mais nous ne nous résignons pas à cette sombre peinture de notre patrie et souhaitons, pour l'heure (seulement pour l'heure), ne pas nous afficher de façon définitive comme ivoiro-dépressif pratiquant. Nous avons, à l'instar du combattant des droits civiques, l'afro-américain Martin Luther King Jr - auteur du célèbre discours « I have a dream » délivré sur les marches du Lincoln Memorial, à Washington D.C, le 28 octobre 1963, dans lequel il manifeste sa volonté et son espoir de connaître une Amérique fraternelle - fait le rêve d'une grande Côte d'Ivoire et - malgré tout - d'un grand président.

Une grande Côte d'Ivoire où l'amour sincère reprenait le dessus sur la haine et la méfiance morbide, où le pardon faisait place à la rancœur et au sentiment de vengeance ; où le militant RHDP et le militant LMP marchaient bras dessus-dessous en s'esclaffant d'un rire bon enfant, se serraient les coudes pour désherber, repeindre, restaurer ensemble toutes les infrastructures et services pillés et incendiés du pays ; où tous les fils et filles du pays, dans un seul et même élan fraternel, balayaient les rues de nos villes au sein d'associations de quartier, sans attendre d'être rémunérés ou de bénéficier d'une quelconque reconnaissance ou distinction sociale ; où les femmes, les hommes et les jeunes réalisaient des ouvrages d'intérêt public, conduisaient des actions de développement communautaire, menaient des opérations de propreté dans nos hôpitaux et maternités, avec à leur tête les hommes de DIEU, les chefs de partis locaux et nos hommes en armes.

J'ai fait un rêve où les Ivoiriens s'étaient vraiment et totalement pardonnés, non pas sur ordre, par communiqué officiel, décret présidentiel ou annonce de presse ; où ils bénissaient et priaient pour ceux qui avaient été leurs ennemis, donnaient à boire et à manger à ceux qui s'étaient révélés être leurs bourreaux, portaient leurs enfants sur leurs épaules et les chérissaient, compatissaient sincèrement à leurs douleurs et détresses. Ne se reconnaissant désormais qu'en un seul et unique peuple. Indivisible et bienheureux. J'ai rêvé d'un peuple qui a fait sa catharsis et qui a été conquis par l'amour.

Oui, j'ai fait un rêve où l'ethnie n'était plus une référence politique ou religieuse mais simplement une information indicative pour les statistiques de l'administration. J'ai fait un rêve où les journaux ivoiriens faisaient vraiment de l'information et avaient cessé d'être les caisses de résonnance des obédiences politiques et les courroies de transmission de la haine ambiante, dans une guerre de chiffonniers dépenaillés.

J'ai fait un rêve où tous les Ivoiriens et les hautes autorités de l'Etat en exil étaient rentrés en chantant, la tige de fleur au coin de la bouche, accueillis et célébrés chez eux par les militants LMP et RHDP de leur quartier, en totale symbiose, même si de ligne politique différente ; où les ex-FDS de retour au pays ont été reçus par un comité d'accueil présidé par les ex-FAFN, à une cérémonie au cours de laquelle ils ont fait la promesse sincère de ne jamais plus offrir aux Ivoiriens ce spectacle désolant d'affrontements et de guerre fratricides.

J'ai fait le rêve de la naissance d'une vraie nation ivoirienne plus que jamais fraternelle, prospère et unie, avec une économie amorçant une émergence fulgurante, le travail pour devise réaffirmé, la droiture et la justice pour socle, la vérité et la crainte de DIEU pour fondement moral et spirituel.

Mais j'ai aussi fait le rêve que cette nouvelle Côte d'Ivoire est née sous l'impulsion d'un grand président, unificateur, rassembleur, magnanime, repentant, modeste, initiateur d'une réconciliation vraie, pas celle des vainqueurs en cours en ce moment, mais celle fondée sur l'amour, le pardon, la compassion et la vérité. Un grand président qui a libéré Laurent Gbagbo, son épouse Simone, son fils Michel et tous ses partisans et collaborateurs croupissant dans les geôles ivoiriennes. Un grand homme d'Etat qui a remis à tous leurs fautes et crimes, y compris ceux humblement reconnues de ses propres affidés, dans une amnistie générale à la sud-africaine. Ce geste majeur de miséricorde l'a grandi encore plus, l'a fait aimer même par ses pires détracteurs et a ramené la consolation, la joie de vivre et le bonheur dans le cœur meurtri de chaque ivoirien.

Ce grand homme a pansé les plaies du peuple, a mis du baume au cœur des affligés, a consolé les veuves et les orphelins de la crise ivoirienne issue de tous les bords et de toutes les conditions par des paroles appropriées et des actes de grande munificence, a rassuré tous ceux que ses actes antérieurs avaient terrifié ou apeuré, qui se sont terrés, qui n'osaient plus se montrer, et a secouru le malheureux et le pauvre, en leur accordant la priorité de toutes ses actions.

Oui, j'ai fait le rêve qu'Alassane Ouattara a su rassembler à nouveau tous les Ivoiriens, leur a redonné la joie de servir leur pays et d'en être ressortissant, a formé un nouveau gouvernement en prenant conseil auprès des présidents Gbagbo et Bédié, dans une union sacrée de salut national pour la Côte d'Ivoire qu'ils jurent tous d'aimer et de chérir. Après avoir, chacun en ce qui le concerne, fait amende honorable auprès du peuple ivoirien déchiré pour le mal qu'il lui a personnellement fait, en reconnaissant sa part objective dans la déflagration nationale. Parce que tout pardon et toute absolution part de la repentance.

Ensuite, dans un brassage ethnique, politique, religieux et régionaliste achevé, ils ont procédé ensemble, sous la signature du chef de l'Etat, à la nomination dans les institutions et services du pays de valeurs sûres dont cette nation regorge en termes de compétence, de qualification et d'excellence. En prenant l'engagement formel et formalisé de veiller à une alternance systématique et tournante à la tête de l'Etat, tous les quinquennats, entres les formations politiques les plus significatives du pays. Toutes choses qui auront eu le mérite incommensurable de solder définitivement 10 années de crise ivoirienne et de taire, ad vitam aeternam, toutes les rancœurs qu'a cristallisées la crise postélectorale.

Merveilleux, ce rêve, non ? Mais malheureusement, ce n'est qu'un rêve. Certainement, totalement fou. Pourra-t-il malgré tout, un de ces prochains matins, devenir réalité et faire émerger cette nouvelle nation que nous appelons de tous nos vœux ? Fasse le Créateur que cette prière soit entendue en haut ! Comme disent les anglophones : « Dream can come true » ! A moins qu'à défaut d'accéder à la grandeur, nous ne nous satisfassions tous de notre triste petitesse et de nos médiocrités individuelles.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 329 du jeudi 29 septembre 2011.