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vendredi, 30 septembre 2011

PROJET DU «PONT HENRI KONAN BEDIE», UN EXEMPLE DE GUERRE ECONOMIQUE CONTRE LES PAUVRES ET LES PAYS EMERGENTS



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Le Pont Henri Konan Bédié dont la première pierre a été posée à Abidjan le mercredi 7 septembre 2011, à grand renfort de publicité, est un projet initialement connu sous le nom de Pont Riviera-Marcory, dans le cadre «des 12 travaux de l'Eléphant d'Afrique» du régime du Président Bédié déjà en 1996. En1996 donc, pour cet important projet, la maîtrise d'oeuvre est confiée au Bureau National d'Etudes Techniques et de Développement (BNETD) dirigé à l'époque par THIAM Tidiane. Monsieur Thiam désigne alors son ingénieur, le plus expérimenté de ce secteur, pour la conduite technique du projet.

Compte tenu des difficultés financières que rencontrait l'État de Côte d'Ivoire, une équipe technique entièrement ivoirienne, composée de juristes, d'économistes, d'ingénieurs, d'environnementalistes, de sociologues et de spécialistes de marché, proposa un BOT (Built, Operate and Transfert ; le BOT consiste à attribuer un projet par le biais d'appel d'offres à un opérateur privé qui le finance. Ce dernier se rembourse à travers une concession pour une période déterminée).

Le projet est alors confié à un opérateur privé encharge de mobiliser le financement nécessaire à la réalisation du projet, et le remboursement devait par conséquent être assuré par un péage imposé aux automobilistes. Un appel d'offres est lancé à cet effet et le Groupe Bouygues est choisi comme l'opérateur technique et financier du projet. Une convention de concession est signée après plus de deux ans d'études et de négociation. Le coût du projet est négocié à91.8 milliards de FCFA avec une concession de30 ans intégrant les frais financiers, les assurances et les différentes marges bénéficiaires.

Pour la réalisation du projet, le Groupe Bouygues crée une société privée de droit ivoirien (SOCOPRIM) conformément à la convention de concession. Le capital de SOCOPRIM est fixé à 28 milliards de FCFA, détenus par le groupe Bouygues (16 milliards de FCFA), l'Etat de Côte d'Ivoire (4.9 milliards de FCFA), la CAA (1.2 milliards de FCFA), le groupe TOTAL (1.25 milliards de FCFA), et le groupe DEG (4.65 milliards de FCFA). Des bailleurs de fonds sont contactés pour mobiliser le reste du financement nécessaire pour couvrir le coût du projet dont la SFI (21 milliards de FCFA), la BAD (18 milliards de FCFA), la CAA (2.8 milliards de FCFA), la BOAD (6 milliards de FCFA), le groupe PROPARCO (10milliards de FCFA).

Le BNETD propose en outre un échangeur sur le boulevard GISCARD d'ESTAING pour éviter tout engorgement sur le pont Riviera-Marcory et faciliter ainsi, l'accès au dit boulevard. Coût de l'échangeur : 10 milliards de FCFA financés par l'AFD (4 milliards de FCFA) et la BOAD (6 milliards de FCFA).

L'étude d'impact environnemental et le plan de déplacement et de réinstallation de la population occupant l'emprise du projet (l'emprise est l'emplacement du pont, des voies de raccordement et de l'échangeur) sont évalués à 6milliards de FCFA entièrement à la charge de l'État de Côte d'Ivoire.

Le projet final comprend donc un pont de 2 fois3 voies avec un trottoir, une digue, une voie de raccordement au boulevard GISCARD d'ESTAING, une voie de raccordement au boulevard MITTERAND. Le délai de réalisation est estimé à 24 mois, le début des travaux est fixé à fin décembre 1999. La mobilisation du financement du projet « Pont Riviera-Marcory »étant bouclée, la mise en oeuvre du projet pouvait alors démarrer et démarre justement par le plan de déplacement et de réinstallation des occupants de l'emprise du projet. Ce volet prend fin avant le 24 décembre 1999.

Cette opération de déplacement et de réinstallation qui touche le secteur informel, permet de réinstaller de petits commerçants, de petits artisans et des propriétaires de maquis qui deviennent par une juste compensation des pertes, des petites et moyennes entreprises prospères. Ce qui est différent, aujourd'hui, des destructions massives sans contrepartie du pouvoir actuel qui accroît la pauvreté. C'est dans l'attente du démarrage effectif des travaux que le coup d'État du 24 décembre 1999, des "jeunes gens" dirigés par le regretté Robert GUEI, a eu lieu.

A la suite de ce coup d'État qui chassa le Président Bédié du pouvoir, les bailleurs de fonds suspendent bien évidemment leur financement. Le projet est ajourné pendant la période de transition. Après l'élection du Président Laurent Gbagbo, en Novembre 2000, notre modeste personne est nommée à la tête du BNETD. Nous choisissons de reconduire l'équipe projet pour son expérience inestimable et les compétences avérées de ces membres.

Le projet est aussitôt relancé. L'équipe-projet le réévalue en tenant compte de l'inflation. Cette réévaluation a mis en évidence un surcoût de 10 milliards de FCFA qui risquait d'avoir un impact sur le prix du péage et le délai de concession. Pour absorber le surcoût l'équipe projet propose une solution alternative : la construction d'un pont semi-métallique. La proposition technique validée, elle est aussitôt présentée au Président Laurent GBAGBO qui émet, somme toute, des réserves sur un pont à péage au coeur d'Abidjan ! Il demande néanmoins de reprendre les négociations avec l'opérateur technique et financier Bouygues et d'étudier parallèlement une solution sans péage.

Les bailleurs de fonds demandent que les relations entre la Côte d'Ivoire et le FMI soient rétablies avant de donner leur feu vert. Le Ministère de l'Economie et des Finances conduit avec succès le programme intérimaire arrêté avec le FMI. Un programme triennal est conclu en mars 2002. Sa bonne exécution devait conduire à la conclusion du PPTE à la fin du programme. Une mission est prévue pour le 20 septembre 2002 à Washington pour poursuivre les échanges avec le FMI. C'est alors q'un autre coup d'État en Septembre 2002 est tenté avec comme objectif des conspirateurs d'emmener Alassane Dramane Ouattara au pouvoir. Le coup d'État manqué se transforme alors en rébellion et suspend une fois de plus le démarrage du Pont Riviera-Marcory. Les bailleurs de fonds suspendent encore évidemment, leur collaboration avec la Côte d'Ivoire. Après toutes ces péripéties, le Président Laurent Gbagbo demande qu'une solution interne de financement soit trouvée et que le péage soit définitivement écarté.

Le BNETD s'en remet au Ministère de l'Economie et des Finances qui a en charge la recherche de financement. Le Ministère propose donc un compte séquestre à la BNI alimenté par un prélèvement sur le pétrole et un appel public à l'épargne garanti par le compte séquestre. Un opérateur chinois propose au BNETD une solution technique à 60 milliards de FCFA. Le BNETD se propose, sur cette base, de négocier avec l'opérateur Bouygues soit la transformation du contrat de concession en marché public soit la rupture du contrat et l'évaluation des dommages et intérêts. Au vu, de la proposition chinoise, la rupture du contrat est avantageuse pour l'État ivoirien. D'une pierre la Côte d'Ivoire peut réaliser deux coups:

1/réaliser un projet moins cher sur fonds propres

2/ éviter le péage en plein coeur d'Abidjan dans un contexte de pauvreté accentuée.

À la faveur du point de décision du processus PPTE avec les bailleurs de fonds obtenu en2009, le Ministère de l'Economie et des Finances marque son accord pour la mobilisation interne du financement. Cela suppose la réévaluation du projet pour définir le montant à mobiliser, la constitution d'un dossier de consultation des entreprises et la rupture du contrat de concession.

La réévaluation du projet est achevée en 2010. Le gouvernement ivoirien décide de maintenir l'opérateur Bouygues sur la construction de l'échangeur du boulevard Giscard d'Estaing et de négocier la rupture du contrat de concession sur le pont. Une avance de démarrage est payée par l'État ivoirien pour la construction de l'échangeur. Le démarrage des travaux est plusieurs fois reporté avec à chaque fois différents prétexte jusqu'au 11 avril2011.

Pour écarter l'expertise ivoirienne, ADO fait revenir, Serey Eiffel, le dernier Directeur Général français du BNETD (1990-1994) comme conseiller spécial à la Présidence de la République pour les affaires économiques après son passage au Gabon où il a dirigé la société écran d'Alassane Ouattara : l'Institut International pour l'Afrique (IIA). Le projet du Pont Riviera-Marcory est relancé en écartant la solution sans péage du Président Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara reconduit le projet initial réévalué à 125 milliards de FCFA avec à la clé un péage de 700 FCFA par véhicule et par passage, dans un contexte de pauvreté généralisée.

La mise à l'écart des solutions du BNETD signe certainement le retour de l'expertise française en Côte d'Ivoire avec pour corollaire le renchérissement des coûts de tous les projets en portefeuille pour lesquels les études ont été déjà bouclées par le BNETD durant les années de crise, sur ressources propres issues du déploiement du BNETD en Afrique. Ces dossiers« prêts à porter » constituent une « banque »de près de 200 projets et ont permis de gagner du temps lors de la mise en oeuvre du pont de Jacqueville, de l'autoroute du nord, de la route Boundiali-Tingrela, du transfert de la capitale, de la réhabilitation de l'Hôtel Ivoire et du programme d'urgence dans le cadre du rétablissement des relations avec les bailleurs de fonds en 2009.

Dépouiller le peuple ivoirien pour garantir les intérêts de la France-Afrique, lutter contre la concurrence des pays émergents, le Pont Henri Konan Bédié est l'expression de cette nouvelle alliance entre la France et la Côte d'Ivoire et à terme, entre l'occident et l'Afrique et le retour en force des conseillers occultes français car on est mieux servi que par soi-même, dit l'adage. Le mode opératoire de ce pont marque le point de départ de la Solution ADO dans le secteur des Grands Travaux en Côte d'Ivoire et le futur visage français de l'économie ivoirienne avec le financement françafricain occulte de l'Elysée. Nous sommes en plein dans la devise de la France-Afrique : "Ce qui est bon pour la France est obligatoirement bon pour l'Afrique".

Au moment où les ivoiriens souffrent d'une pauvreté accentuée par l'incapacité du régime de Monsieur Alassane Dramane Ouattara à payer les salaires, d'une extermination des micro-entreprises, d'un affaiblissement du portefeuille des petites et moyennes entreprises qui accroît chaque jour le nombre de chômeurs et ne parlons pas de l'insécurité chronique. Au moment où les Ivoiriens sont soignés gratuitement mais sans médicaments. C'est ce moment que Monsieur Alassane Dramane Ouattara et le Groupe Bouygues choisissent pour construire un pont à péage à 700 F CFA le passage et par voiture, là où le Président Gbagbo propose un projet deux fois moins cher et sans péage. Pour faire avaler la pilule au PDCI, ils ont donné le nom du Président Bédié au pont. Comme par hasard, le déblocage de fonds qui a suivi pour lancer les travaux et toute cette effervescence autour du pont coïncident avec l'approche des élections en France, cela rappelle étrangement toutes ces affaires de France-Afrique avec leurs retro commissions.

Les divergences d'approche du développent de la Côte d'Ivoire et la prise en compte stricte des intérêts des ivoiriens par le Président Laurent Gbagbo sont la cause fondamentale de l'emprisonnement du Président légal et légitime de la République de Côte d'Ivoire par la françafrique.


*Docteur-Ingénieur des Ponts et Chaussées de Paris, ex DG du BNETD 2000-2010, Ministre de l'équipement et de l'assainissement du gouvernement Gilbert Aké Ngbo.


In le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

DIALOGUE AVEC ALASSANE OUATTARA - KONE KATINAN: «VOICI LES INSTRUCTIONS DE GBAGBO»



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Le porte-parole du fondateur du FPI évoque, dans cet entretien, l'initiative tardive de dialogue d'Alassane Ouattara, la centralité du rôle de Gbagbo dans la réconciliation, ainsi que l'offensive judiciaire tous azimuts déployée en ce moment.


L'actualité de ces derniers jours est marquée par la manifestation de la volonté d'Alassane Ouattara d'engager des discussions avec le FPI autour des élections législatives. Que pensez-vous de ce revirement ?

Je pense que les personnes les mieux indiquées pour répondre à cette question, ce sont les membres de la direction du FPI. Mais entant que cadre, j'observe que ce revirement s'est fait à la suite d'un voyage que M.Ouattara a entrepris en Occident. Et comme la Côte d'Ivoire est dirigée depuis la France et l'Europe, on peut en conclure que ce sont des instructions qu'il a reçues. Je constate que cela fait plus de trois ou quatre mois que la direction du FPI a déposée - sans suite - une requête auprès de M. Ouattara. Je suppose que tout simplement ceux qui dirigent vraiment la Côte d'Ivoire lui demandent de le faire. Et qu'il s'est exécuté.

Dans le fond, comment le FPI doit-il aborder cette question du dialogue avec Ouattara ?Quel est le regard du porte-parole et représentant du président Gbagbo ?

Comme je l'ai expliqué, ce sont des souhaits, des directives que je peux donner. Le FPI est un parti politique qui a des organes compétents qui décident. Les instructions du président Gbagbo sont en tout cas claires sur la question. Il y a un premier contentieux électoral- il concerne le scrutin présidentiel -qui n'a jamais été vidé. (...) Ce contentieux est pendant. (...) Il faut que cette question-là soit posée et réellement discutée. On n'a pas fini ce contentieux électoral et on nous invite à aller à de nouvelles élections. Et dans les mêmes conditions ! Hier, l'armée (...) qui occupait le Nord du pays n'avait pas désarmé. Aujourd'hui, elle occupe tout le pays. J'ai du mal à voir comment dans ce contexte on peut aller à des élections sans que les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Selon vous, la clé d'une discussion sérieuse, c'est un dialogue entre Gbagbo et Ouattara...

M. Ouattara (...) a besoin de la légitimité du FPI pour gouverner. Et il veut que le FPI lui donne cette légitimité en faisant fi du candidat qu'il a présenté (...) Et qui se trouve être en prison. On se bat pour l'écarter par tous les moyens du débat politique en instrumentalisant le parti qu'il a créé contre lui-même. Evidemment, c'est peine perdue. Entre Gbagbo et le FPI, il y a une telle synergie qu'on ne voit pas comment Ouattara pourrait bien procéder. Pour nous, la question préalable à toute négociation, c'est la libération du président Gbagbo et l'ouverture d'un débat politique franc autour de la question : qui a gagné les élections en Côte d'Ivoire ? On ne peut pas faire l'économie de ce débat entre Ouattara et le président Gbagbo.

Le président Gbagbo a justement lancé un certain nombre d'offensives judiciaires et politiques. Plainte contre l'armée française pour «tentative d'assassinat», demande d'une Commission d'enquête onusienne, plainte contre la candidate à la candidature socialiste Martine Aubry. Quelle est la logique qui en découle ?

Les choses sont simples. Les armes n'ont jamais conféré la légitimité, la clameur publique de la communauté internationale non plus. Quand les clameurs se sont tues, la vérité est têtue, il faut bien qu'elle sorte. L'armée française, manipulée par Nicolas Sarkozy, s'est invitée dans un conflit qui n'était pas le sien. Pendant dix jours, elle alargué des bombes et des missiles sur la Résidence officielle du chef de l'Etat où se trouvait sa famille y compris un enfant de deux ans. En français, cela s'appelle au moins une tentative d'assassinat. Par ailleurs, il y a eu des assassinats. Dans les alentours de la Résidence, il y a eu des personnes qui sont mortes suite au lancer de bombes et de missiles par l'armée française. Nous présenterons les preuves au tribunal. Puisque nous avons l'intention de déposer une autre plainte contre Nicolas Sarkozy pour crimes de guerre. En ce qui concerne Abobo, les gens sont partis d'un fait. Des femmes auraient été tuées à Abobo, dans un endroit contrôlé au moment des faits par deux factions rivales de la rébellion, celles d'IB et de Soro. L'armée ivoirienne était dans une position de retrait. L'armée ivoirienne ne pouvait se trouver sur le théâtre d'opérations. L'ONU a établi qu'il y a eu tueries mais n'a pas pu déterminer qui a tué. Sur la base de la clameur qui accusait le président Gbagbo, l'ONU a donné mandat à l'ONUCI et à la Force Licorne de détruire les armes lourdes dirigées contre les civils. C'est pour cela qu'il est important de savoir qui a tué ces femmes d'Abobo. Il faut situer les responsabilités! Parce que c'est cette tuerie qui a ouvert la voie à la résolution 1975. Parce que c'est au nom de cette résolution, faussement interprétée d'ailleurs, que l'armée française est intervenue. Et a tué de nouveau des Ivoiriens en 2011, après en avoir tué en 2004.Cela ne peut rester sans suites ! Pour ce qui est de Martine Aubry, il nous semble que certaines personnes éprouvent du plaisir à parler du président Gbagbo en termes désobligeants et calomnieux. Les avocats du président Gbagbo considèrent que ces propos ne peuvent pas passer inaperçus. Et ont porté plainte contre elle. Tout cela exprime quelque chose : nous exigeons le respect pour le président Gbagbo. Même s'il est prison.


Par Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » du jeudi 29 septembre 2011.

mercredi, 28 septembre 2011

RETOUR DU 3EME BATAILLON A BOUAKE LES FRCI MENACENT: «NOS 5 MILLIONS, SINON ÇA VA SAIGNER!»

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Les éléments des Frci se sont opposés avant hier dimanche 25 septembre, à l'arrivée des militaires à Bouaké. Raison évoquée : ils ont été floués par leurs chefs. ça sent la poudre dans la capitale du centre.


« Donnez nos 5 millions ou ça va saigner », telle est la menace que les éléments des ex-Forces Nouvelles de Côte d'Ivoire ont lancé avant hier à l'adresse du général Soumaila Bakayoko, ex-chef d'état major des Fafn, devenu chefd'état major des Frci, depuis le mois de juillet dernier. De fait, les militaires du 3e bataillon des Fanci de Bouaké et de la compagnie territoriale de Korogho, devaient regagner leur ancien site. Ainsi, plus de dix(10) cars Utb affrétés pour le transport de ces soldats sont repartis dimanche après-midi sans un seul soldat à son bord. La passation de service qui devait intervenir hier lundi, entre le lieutenant colonel SoualifouKoulibaly, chef de corps sortant et le lieutenant colonel Léon N'goranKouamé, nouveau chef de corps, n'a pas eu lieu. L'ancien chef de corps du 3ème Bataillon qui a reçu des menaces, aurait tenté de négocier. Il a essayé de raisonner les éléments Frci. Il a dit en substance, que tous les problèmes trouvent toujours leurs solutions dans le dialogue et non dans la violence.

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Mais, les hommes en armes campaient sur leur position. «On nous a promis 5 millions de f Cfa par soldat pour aller au front, chasser Laurent Gbagbo du pouvoir et le donner à Alassane Ouattara. Nous avons accompli avec succès notre mission. Nos chefs ont eu des promotions. Nous sommes sortis ''gbanzan'', bredouilles. Et on nous demande de céder la place aux gendarmes, militaires et policiers. Certains de nos camarades, seront dans la nouvelle armée, mais et les autres ils vont devenir quoi ? Pour nous, c'est de la foutaise tout cela. Quand on nous demandait de prendre les armes, ils n'ont pas demandé notre âge, ni notre profession. On veut notre argent. C'est tout. Sinon ça va saigner », a déclaré en substance celui qui passait pour leur meneur.Le collaborateur du général Bakayoko aurait plaidé auprès de ces manifestants en arguant que le retour du 3e bataillon à Bouaké et de la compagnie territoriale de Korhogo , s'inscrit dans le processus de réunification de l'armée et du processus de normalisation du pays. Aussi, les militaires n'ont-ils rien à voir avec la supposée prime de guerre.

Mais, les laissés pour compte (sic) ont mis en garde le chef de corps en ces termes : « Si vous vous entêtez à faire venir vos éléments, nous allons les prendre en otage au meilleur des cas ; sinon ils seront fusillés. ». De guerre lasse, il a dû appeler son successeur resté au camp Galliéni avec ses éléments pour leur déconseiller de partir pour Bouaké. Le nouveau commandant du 3e bataillon de Bouaké a trouvé finalement sage de suspendre la décision de retour dans l'ex-fief des ex-rebelles. Il faut noter que le 3e bataillon de Bouaké a été délocalisée à Anyama du fait de la guerre depuis 2002. Ce n'est pas de sitôt que le lieutenant colonel Léon N'Goran Kouamé et ses éléments vont retrouver leur base.


Laurent Okoué et Youssouf Sylla à Bouaké. In le quotidien ivoirien « Le Quotidien d'Abidjan » du mercredi 28 septembre 2011.


elie_laurent@yahoo.fr


Source : TELEDIASPORA.NET

TUERIES D'ABOBO - GBAGBO SAISIT BAN KI-MOON: CE QUE L'ANCIEN CHEF DE L'ÉTAT RECLAME



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Rebondissement dans l'affaire des tueries de 7 femmes à Abobo. Le week-end dernier, l'ancien chef de l'État, Laurent Gbagbo en résidence surveillée à Korhogo, a reçu la visite de ses principaux avocats au niveau international. A savoir maîtres Lucie Bourthoumieux, Roland Dumas, Jacques Vergès et Marcel Ceccaldi. A cette occasion, Laurent Gbagbo a instruit ses conseils juridiques d'entreprendre toutes les actions nécessaires en vue de faire toute la lumière sur les événements qui se sont déroulés le jeudi 3 mars 2011 à Abobo. Et qui ont causé la mort de sept manifestantes du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

La volonté de l'ancien chef de l'État vient d'être traduite en acte. Hier mardi, nous avons reçu un mail via les services du cabinet d'avocats de Me Bourthoumieux, nous informant que le ministre Justin Katinan Koné, porte-parole de Laurent Gbagbo, venait d'adresser ce jour même un courrier au Secrétaire général des Nations unies, le Sud-Coréen Ban Ki-moon. La lettre dont nous avons reçu copie (voir en fac-similé l'intégralité du courrier) indique dans son objet, que l'ex-numéro un ivoirien demande la mise en place par l'Organisation des Nations unies, d'une commission d'enquête internationale sur les tueries d'Abobo et les actes consécutifs de crimes contre l'humanité en Côte d'Ivoire depuis 2002. « Dans un double souci d'établir la vérité sur ces événements et sur tous ceux qui se sont déroulés dans son pays depuis septembre 2002 et de renforcer la crédibilité de l'ONU dont l'image s'est dégradée dans la conscience d'une bonne partie de la population ivoirienne, le Président Laurent GBAGBO vous demande de constituer une commission d'enquête internationale à l'effet d'établir la réalité des faits et d'en rechercher les auteurs et leurs complices », écrit Koné Katinan.

Me Lucie Bourthoumieux que nous avons jointe dans la soirée au téléphone depuis Paris, nous a situé sur les motivations et les objectifs de la sollicitation de l'ancien chef de l'État. « Le Président Laurent Gbagbo veut que toute la vérité éclate pour déterminer qui sont les véritables auteurs de ces présumées tueries. Parce qu'il n'est pas convaincu que c'est l'armée ivoirienne (dont il était le chef suprême au moment des faits) qui est l'auteur de ces présumées tueries à Abobo », a expliqué l'avocate.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien « L'INTER » du mercredi 28 septembre 2011.


Source : TELEDIASPORA.NET

UNE QUESTION DE LEGITIMITE MORALE

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Un sujet d'actualité a captivé l'opinion publique mondiale durant la semaine qui vient de s'écouler : celui de la démarche de la Palestine visant à demander à l'ONU de l'admettre comme Etat-membre au même titre qu'Israël, la Bosnie, le Sud-Soudan... On a eu l'occasion d'observer une fascinante chorégraphie diplomatique. Bien que conscient de ce que, de toute façon, les Etats-Unis, membre permanent du Conseil de sécurité, poseraient leur veto, le numéro un palestinien Mahmoud Abbas a tout de même «déposé son dossier». Il a ainsi montré qu'il était prêt à accroître la pression exercée sur la communauté internationale pour faire avancer une cause qui marque le pas. Surtout, sa manœuvre vise à délégitimer les Américains, considérés comme les «propriétaires» du dossier Proche-Orient. En effet, ils apparaissent désormais comme des alliés inconditionnels d'une des deux parties qu'ils sont censés réconcilier. Et du coup, ils perdent leur légitimité morale, du moins dans le rôle d'arbitre qu'ils veulent se donner. Et ce n'est pas un hasard si, à la tribune de l'ONU, Nicolas Sarkozy a insisté sur le nécessaire élargissement du cercle des négociateurs...

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Sans légitimité morale, impossible de faire accepter durablement et efficacement son autorité, en dehors de la contrainte, qui n'est qu'un des visages de la lâcheté. Nous devons tous méditer cette maxime dont la pertinence se vérifie régulièrement. Ces derniers jours, la France a continué d'être secouée par des révélations mettant à jour l'incroyable culture du gangstérisme international de ses élites politiques, qui mettent la diplomatie et l'image de leur pays au service d'intérêts personnels et inavouables. Au grand déballage sur les mallettes d'argent se promenant entre les palais africains et les palais français, et expliquant de nombreuses connivences, a succédé le feuilleton judiciaire sur les rétro-commissions récupérées à l'occasion des grands contrats d'armement, planquées dans des comptes en Suisse et progressivement ramenées en espèces en France par des intermédiaires au-dessus de tout soupçon. Les éditorialistes français ont commenté ces scandales et ces révélations sous tous les angles, sauf un, en forme de questionnement. Un pays dont les chefs ont un rapport profondément affairiste avec les grands enjeux diplomatiques, qui propose des avions de guerre et vend des technologies d'espionnage à une «dictature» à travers des hommes sulfureux un jour pour le renverser au nom de la «démocratie» le lendemain peut-il être considéré comme sérieux ? Comment les citoyens français peuvent-ils être sûrs que derrière le bruit et la fureur répandus sur Benghazi et sur Syrte, ne se cachent pas des gratifications que telle ou telle compagnie pétrolière donnera à tel chef d'Etat qui a peu de chances d'être élu, et qui n'a cessé de dire depuis longtemps qu'il sera «riche», selon ses propres termes, quand il quittera le pouvoir ? La France d'aujourd'hui, qui «importe» de l'argent sale par le biais de ses hommes politiques, a-t-elle la légitimité morale pour exporter la démocratie, les droits de l'homme et autres bons concepts qui cachent souvent de bien mesquins intérêts ? Cette question-là, il faudrait qu'on se la pose dans les médias parisiens, où l'on admet avec enthousiasme la fable selon laquelle la France défend, l'arme à la main, le beau et le bien en Libye et en Côte d'Ivoire...

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Devinette... Quelle est la personnalité ivoirienne la plus controversée de la semaine ? Bien entendu, la réponse va de soi ! Eugène Dié Kacou ! Le patron du Conseil national de la presse (CNP) s'est illustré par un zèle répressif inédit dans l'histoire des médias ivoiriens. En un seul jour, il a interdit trois publications : Notre Voie, Aujourd'hui et Prestige. Toutes les trois appartenant à des groupes de presse «bleus». Son dernier coup de théâtre est dans la droite ligne de son action depuis sa réinstallation par le régime Ouattara : déstabiliser économiquement la presse d'opposition par des interdictions qui leur font perdre, à chaque coup, beaucoup d'argent.

Eugène Dié Kacou parviendra-t-il à convaincre l'opinion ivoirienne de sa volonté d'assainir une presse «culturellement» agressive et de bannir la «haine» ? Non, très clairement. Parce qu'il n'a pas, lui non plus, la légitimité morale nécessaire pour mener à bien ce chantier. En un mot comme en cent, il n'est pas crédible. Il n'est pas crédible parce qu'hier, à ce même poste sous un autre pouvoir, il n'a pas manifesté la «rigueur» dont il se veut le chantre aujourd'hui. Il est d'autant plus illégitime que son interprétation de la «haine» à laquelle inciterait la presse est très politiquement orientée. Qui peut vraiment croire que la presse d'opposition est plus virulente, plus «haineuse», que la presse proche du pouvoir ? Le travail de monitoring de l'association Reporters sans frontières lors de la dernière présidentielle a démontré que les pratiques de la presse ivoirienne se «répondent» de manière symétrique.

Eugène Dié Kacou est d'autant plus contestable que cela fait longtemps qu'il n'est plus un authentique défenseur de la liberté de la presse, de la loi sur la presse et du Code de déontologie du journaliste ivoirien. Hier , alors que nous étions embastillés à la Police Criminelle par un procureur qui nous faisait un chantage éhonté pour que nous dévoilions nos sources, Eugène Dié Kacou, président du CNP, à rebours de toutes les organisations professionnelles qui demandaient notre libération inconditionnelle, se transformait - à notre grande surprise - en auxiliaire de justice, en nous demandant de violer le Code de déontologie et de «livrer» nos sources. Depuis deux mois, notre confrère Hermann Aboa est incarcéré pour un prétendu délit qu'il aurait commis dans le cadre de son travail de journaliste. Reporters sans frontières (RSF), le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), le Comité ivoirien pour la protection des journalistes (CIPJ), se sont mobilisés pour le respect de la loi ivoirienne et la libération d'Hermann. Où se trouve notre «doyen» Eugène ? Disparu. Ceux qui ont toujours dit qu'il était fort avec les faibles et faible avec les forts s'en trouvent confortés. Dans ces conditions, l'issue de l'action de celui qui, à son âge, se soucie sans doute de la trace qu'il laisse dans l'Histoire, est malheureusement connue d'avance. Il échouera, et l'on s'en souviendra comme d'un juge partisan. Comme tant d'autres...

 

Théophile Kouamouo, in le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» du 26 septembre 2011.


Source : Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 27 septembre 2011

«LES MILLE COLLINES» DE DIE KACOU

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Le lundi (19 septembre 2011) dernier, le quotidien « Le Jour Plus » a accordé une interview à Eugène Dié Kacou pour faire le point sur la liberté de la presse en Côte d'Ivoire post-crise. Nous nous attendions  à ce qu'il ne noircisse pas le tableau pour faire plaisir à celui qui l'a ramené de l'abîme. Nous étions seulement loin de penser que ce devrait être au prix du mensonge, du manque de responsabilité et de la laideur d'une mentalité discriminante.

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Eugène Dié a pu dire que sous le régime de Gbagbo on lui reprochait de sanctionner les journaux  proches du régime. Oui c'est un argument et pourquoi ne faisait-il que cela. Seulement c'est un mensonge. C'est regrettable qu'à son âge la mémoire de la reconnaissance et celle des événements soit si mince. C'est Laurent Gbagbo qui a ramené le retraité Dié Kacou en fonction au CNP pour lui éviter de broyer du noir pendant  une retraite de misère. Et la vérité, c'est qu'il a été  obligé de démissionner parce qu'il refusait de faire le travail pour lequel il était grassement  payé. Comme  il l'avoue lui-même il ne voulait sanctionner que les journaux qui défendent son bienfaiteur. A l'évidence son mensonge est doublé de la laideur de l'ingratitude.

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Dans la même interview Dié Kacou dit que la situation de la liberté de la presse s'est améliorée  grâce à ses sanctions. Passe les manquements à la déontologie qu'il  sanctionne arbitrairement, Eugène Dié Kacou peut il nous dire, pour parler d'amélioration, combien de journalistes en prison a-t-il comptés sous le régime de Laurent Gbagbo. Qu'il veuille être irresponsable face à la détention des Hermann Aboua, Armand Bohui, Gnahoua Zibrabi, Germain Deguezé, Serge Bogué, Franck Anderson Kouassi... passe encore, mais c'est malsain de ne pas faire semblant d'être conscient de la violation des lois ivoiriennes par le pouvoir public actuel. Pour justifier cette irresponsabilité, Dié Kacou va jusqu'à justifier l'assassinat de Sylvain Gagneto. Il pense qu'il était  journaliste à 20%. Alors suffit-il  d'être militant à 80% pour mériter d'être assassiné sous les yeux d'Eugène Dié Kacou? On n'est pas surpris de la mentalité de ceux qui nous dirigent. Il faut seulement s'armer contre cet esprit des radios mille collines.


Joseph MARAT, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 69 du mercredi 21 septembre 2011.

lundi, 26 septembre 2011

LE COMMANDANT WATTAO S'EST ENFUI DU PAYS

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Une information que nous tenons d'un journal de la place : « Le Quotidien ». Sans pour autant être en mesure de vous la confirmer, nous vous la livrons dans son intégralité, telle que rapportée dans ce journal.


« Au cours de la semaine écoulée, l'écheveau autour du commandant Wattao a commencé à se démêler. Aux dernières nouvelles, il a fuit le pays pour se réfugier dans un pays voisin.

Secret de polichinelle. Le commandant Wattao et les nouveaux tenants du pouvoir n'étaient plus en symbiose depuis la chute du Président Gbagbo le 11 Avril. Pour cause, il lui est reproché d'être le principal acteur de la fuite du pays de Charles Blé Goudé, après la capture de Gbagbo, et de protéger les biens et domiciles des têtes dures de l'ancien régime. Notamment, Konaté Navigué et certains responsables de la galaxie patriotique. Dont les biens sont essentiellement à Marcory, où habitait aussi Blé Goudé. Il aurait été dénoncé auprès de la hiérarchie militaire des Frci par le commandant « le fou » de Treichville, qui espérait une nomination dans l'armée.

Il faut noter que depuis un bon moment déjà, la zone de Marcory était formellement interdite à ce commandant de Treichville. Wattao n'était pas d'accord avec Anne Ouloto qui a démoli son parking dont lui et Blé Goudé sont copropriétaires. En effet, le commandant Wattao avait demandé à la ministre d'épargner son business sur le VGE. Mais la supplication de Wattao n'avait pas été entendue par « Maman Bulldozer ».

L'ex-chef d'Etat major adjoint des Forces nouvelles était interdit d'approcher Alassane Ouattara. Seul Chérif Ousmane avait le droit d'avoir directement accès au Président. Cela procéderait d'un antécédent très fâcheux entre le « Bravetchê » et son poulain d'hier. Ensuite, il est reproché à Issiaka Ouattara (dit Wattao) de détenir des documents compromettants sur Mangly qu'il refuserait de remettre au nouveau pouvoir qui pourrait les utiliser contre l'ancien DG des douanes, sous Gbagbo. Ce sont là, quelques faits qui, selon le pouvoir en place, relégueraient le Commandant Issiaka Ouattara au banc des traîtres.

Il est devenu un homme à abattre. Une affaire de soldats français arrêtés n'était étrangère au pourrissement des rapports entre le commandant et ses chefs, dont le président Alassane Ouattara. Ainsi la semaine dernière, l'homme s'est enfui du pays. Après une escale au Burkina Faso, il serait dans un autre pays d'où il se préparerait encore à partir plus loin.

C'est une situation qui trouble sérieusement le sommeil des tenants du pouvoir actuel qui s'attendent forcément à un retour du bâton, quand on sait qui est Wattao. Un chef de Guerre très craint dans le sérail du pouvoir actuel. Qui a des éléments à sa solde qui lui sont dévoués et qui sont très bien formés et armés. En plus, la quasi-totalité des Chefs de guerre de l'ouest sont des hommes forts de Wattao. Il s'agit entre autres du capitaine Eddy Medi, com-secteur de Danané et du Commandant Zulu, chef de guerre à Blolequin. Le pouvoir en place prend en ce moment même toutes les dispositions pour parer à toutes les éventualités qui découleront de cette situation inattendue ».


Olive Amezady, in le quotidien ivoirien "Le Quotidien" du 26 septembre 2011.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

COTE D'IVOIRE - TAÏ: LES AUTOCHTONES FUIENT EN MASSE LEURS VILLAGES

 

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Selon des informations recueillies sur place, le ministre délégué à la Défense Paul Koffi Koffi se rend aujourd'hui (mercredi 21 septembre 2011) à Ziriglo où un commando de six personnes encagoulées a exécuté des villageois parmi la population allogène et autochtone. Les dernières informations pointent d'ailleurs du doigt la réunion tenue le 14 septembre par les FRCI. Leur vengeance aurait été en effet décidée ce jour-là.


Après avoir accusé des mercenaires libériens pro-Gbagbo d'être à l'origine de l'attaque meurtrière du jeudi 15 septembre dernier dans la petite localité de Ziriglo, le gouvernement se rend aujourd'hui sur les lieux du massacre. Le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi devrait être accompagné du chef d'Etat-major des Forces républicaines de Côte d'Ivoire Soumaïla Bakayoko après avoir annoncé la présence des gendarmes jusqu'à hier invisibles dans ladite localité.

Menacées par les FRCI locales, les populations autochtones de Ziriglo mais aussi de Ningré et Covin affluent désormais vers Taï où leur exode bat son plein. « Ne revenez plus ici », auraient menacé plusieurs soldats des FRCI. De fait, c'est à cette force que les infortunées populations ont affaire depuis le déclenchement de ce massacre attribué pour des raisons évidentes de communication aux miliciens libériens pro-Gbagbo. Pourtant les dernières informations en notre possession montrent que ce sont six personnes encagoulées qui sont à l'origine du massacre. Les populations, après avoir soupçonné un temps le riche planteur burkinabé à qui profitait à priori ce crime ont désormais de nombreux faisceaux d'indice contre les FRCI de la localité qui n'auraient  pas supporté le début de rébellion contre leur autorité dans ce patelin d'environ mille âmes. Selon des informations que nous avons recoupées avec des sources à Abidjan, deux semaines avant les événements, les jeunes du village de Ziriglo ont tenu une réunion à la Mairie de Taï . A cette occasion, deux d'entre eux, en l'occurrence Coulibaly Abou et Jean Toclin ont montré toute leur hostilité à l'ordre instauré par les soldats des FRCI. Cet ordre tient essentiellement au racket sur les populations qui va du droit de péage pour ceux qui quittent le village pour aller au champ aux 25.000 F nécessaires pour répondre à une convocation d'un commandant. Or, tout est sujet à convocation : une simple dispute anodine, des bisbilles entre amoureux... Les camions qui sortent vide du village payent pour leur part 15.000 F,  ceux qui sont chargés 320.000 F et les libérations de « prisonniers » 300.000 F. Les populations de toutes obédiences (autochtones comme allogènes) n'en peuvent plus et au cours de cette réunion, elles applaudissent Coulibaly Abou et Jean Toclan qui dénoncent ouvertement le racket des FRCI. Les deux conférenciers appellent aussi à la levée des barrages. C'est cet  affront que les FRCI auraient lavé dans le sang.

De fait, selon des sources sur place, le 14 septembre, les FRCI tiennent une réunion à Sakré dans un petit village de Taï pour arrêter le principe de l'attaque. Le lendemain, six personnes encagoulées déferlent sur le village endormi. Les récalcitrants sont les premiers visés. Coulibaly Abou est découpé à la machette et son condisciple a la chance de ne pas être dans sa maison ce soir-là. Il réussit à prendre ses deux jambes à son cou. Il serait d'ailleurs à Abidjan après avoir réussi à gagner Taï. Car le lendemain, les FRCI qui vont se donner le prétexte d'avoir été attaquées par des miliciens libériens lourdement armés lesquels seraient venus à pied, les auraient attaquées et se seraient enfuis par la même piste, vont se livrer à une vengeance surfaite mais terrible. Le chef de village Benoit Diaï est arrêté avec ses cinq garçons. Il est accusé de détention illégale d'armes et est amené par le lieutenant Roger Yah qui n'est autre que le chef de la sécurité de Ningré et Ziriglo. A la sortie du village, quatre des cinq garçons sont exécutés, le dernier blessé par balles réussit à s'enfuir. Quant au père dont on ignorait le sort jusqu'à hier, il serait détenu à la prison de Paré.

La terreur depuis s'est emparée des populations autochtones directement visées par les menaces des forces républicaines de Côte d'Ivoire. Les Ouibis, une ethnie minoritaire Guéré qui vit au milieu des populations allogènes a préféré aller se réfugier à Taï pour fuir les exactions qui continuent. Le gouvernement avait annoncé à grand renfort médiatique des gendarmes pour protéger les populations civiles. Mais jusqu'à hier, seul le commandant Doumbia de la légion de Daloa a été vu à Ziriglo. Pour le reste, ce sont les FRCI qui quadrillent et contrôlent le village. Les gendarmes en poste à Taï qui s'étaient rendus sur place pour procéder, comme il est de coutume en pareilles circonstances, aux enquêtes préliminaires ont été menacés et congédiés. Les maîtres du village plus que jamais demeurent les dozos, les burkinabé et un certain Ouremi Amadi, tous des hommes du commandant Loss, le vrai dieu de ce bout de terre ivoirien où l'insécurité est chronique.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 69 du mercredi 21 septembre 2011.

dimanche, 25 septembre 2011

OU ETAIENT LE CNP ET EUGENE KACOU QUAND LES JOURNAUX DU RHDP ONT PONDU CES BRULOTS?



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Voici quelques Unes des journaux de la coalition anti-Gbagbo. Ils se permettaient d'écrire toutes les vacheries possibles et imaginables. Au nom de la liberté de la presse, le président Laurent Gbagbo n'a jamais porté plainte contre eux. Le CNP (Conseil National de la Presse), qui est l'organe de régulation de la presse écrite, était étrangement silencieux devant ces dérives. Aujourd'hui, son président Eugène Kacou retrouve subitement la voix, menace et suspend à tour de bras les journaux libres (Notre Voie et Aujourd'hui) qui disent qu'Alassane Ouattara est un putschiste et qu'il a été installé au pouvoir suite à un coup d'Etat sanglant de la France contre le Président ivoirien Laurent Gbagbo. Ces faits sont ceux de notre histoire récente. Peut-on les falsifier sans être accusé de manipulation et de révisionnisme? Le relever, en outre, est-il un crime de lèse-majesté dans la nouvelle République de Côte d'Ivoire?

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Ce faisant, le constat est évident pour nous, et d'ailleurs, pour tous les Ivoiriens lucides et objectifs: il y a manifestement deux poids et deux mesures. Le CNP est-il désormais aux ordres de Ouattara pour réduire au silence la presse indépendante et celle de l'opposition, instaurer l'ère de l'encensement béat du pouvoir, de la pensée unique et de l'unilatéralisme journalistique? La question reste posée. "Reconnaître Ouattara ou disparaître", telle semble être la nouvelle dévise du CNP. Visiblement, les dictateurs en Côte d'Ivoire ne sont pas forcément du côté où on veut nous obliger à les voir!

Source photos et première partie du premier paragraphe :

FACEBOOK

FRCI, LE DILEMME CORNELIEN D'ALASSANE OUATTARA


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Toutes les épithètes leur avaient été gracieusement décernées. Sans confession. Y compris celle - surréaliste et hallucinante - de « sauveurs » intouchables, par le Procureur de la République, Kouadio Koffi Simplice, en personne. Un moment célébrés par les partisans pro-Ouattara pour avoir mené la bataille d'Abidjan aux côtés des forces spéciales françaises qui a conduit au renversement du Président ivoirien Laurent Gbagbo, l'idylle est aujourd'hui en passe de virer au désaveu complet. Les « sauveurs » du mois d'Avril se sont mués, au fil du temps, en mercenaires fauchés et sans salaire, remontés contre leurs employeurs, ainsi qu'en vulgaires braqueurs de supermarchés et d'agence de transfert d'argent. Ils se sont même payé le luxe d'accrocher à leur tableau de chasse, le vendredi 9 septembre 2011, un trophée impensable et inimaginable : la tête du Substitut du Procureur de la République, Djè Noël, porte-parole du Parquet près le Tribunal de première instance d'Abidjan Plateau, enlevé alors qu'il rentrait chez lui, « séquestré pendant trois heures, de 17h à 20h » (selon ses propres termes) et délesté de la somme de 150 mille francs CFA ainsi que de ses deux portables et de sa montre de valeur. Comment est-ce possible ? De mémoire d'Ivoiriens, jamais pareille scène ne s'est produite contre un magistrat de ce rang, de toute la jeune histoire de la Côte d'Ivoire !

Ouattara a la pression des bailleurs de fonds : il lui faut absolument assainir la situation sécuritaire en Abidjan, ainsi que dans toutes les autres régions du pays. Et particulièrement dans celle de l'Ouest. Ce faisant, il était sensé les avoir remis en caserne et disciplinés. Que non ! Nos chers FRCI continuent de déambuler dans la capitale économique et dans nos villes avec des kalachnikovs en bandoulière, dans des tenues bigarrées. Avec en prime, la gâchette terriblement facile. Au quart de tour, pourrait-on dire ! Les évènements de Blockhaus, dans la commune de Cocody, survenus dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 septembre 2011, entre les jeunes du quartier et quatre éléments FRCI, qui se sont soldés par un blessé par balles de kalachnikov et plusieurs autres à l'arme blanche (couteaux et machettes), victimes des FRCI, en disent long. Entre deux patrouilles, ils se payent une virée dans des résidences privées, des commerces et structures bancaires pour faire le plein de billets de banques, dans l'impunité la plus totale.

Les « Zorro » à l'ivoirienne ne rendent aucun compte. Personne qui puisse les inquiéter. Pas même leur hiérarchie sensé observer la rigueur martiale. Ce sont nos « sauveurs ». Et notre salut a un coût. Du reste, élevé. Pour avoir la vie sauve, nous devons nous laisser plumer sans pousser un pépiement. Parce qu'il faut bien que les précieux « sauveurs » mangent. Or, il se trouve qu'ils ont été les grands oubliés des lignes budgétaires de la République version RHDP, ne pouvant y être tous intégrés.

Ouattara a besoin des FRCI. Il leur doit son fauteuil présidentiel. Même s'il le doit plus encore à la France de Sarkozy. C'est également grâce à eux qu'il peut maintenir cette terreur rampante entretenue dans tout le pays, indispensable à sa victoire aux prochaines élections législatives. Vous avez dit remake de l'élection présidentielle ? Comment donc s'en défaire, sans grabuge, et donner suite aux exigences récentes des institutions de Bretton Woods (Banque Mondiale et Fonds Monétaire International) pour lesquelles il n'est pas question de les greffer aussi massivement à une masse salariale que Ouattara avait lui-même déjà jugé explosive, en son temps, pour récriminer contre Laurent Gbagbo ? Accuser Gbagbo du mal et faire le pire ? Certainement pas ! Comment donc leur payer les milliards nécessaires à leur intéressement et les libérer sans mettre à mal les finances désespérément sinistrées de l'Etat, pendant que les lieutenants de Soro se la coulent douce au Nord avec une « Centrale » officiellement démantelée mais qui continue bel et bien ses activités de rançonnement des populations, des commerçants et des transporteurs ? Les derniers nommés, très amers et excédés, s'en sont d'ailleurs récemment plaints au Ministre des Transports Gaoussou Touré, le mercredi 14 septembre 2011, à l'auditorium de la Caisse de Stabilisation, lors du lancement officiel des activités de l'observatoire de la fluidité des transports, dirigé par l'ancien ministre Adama Coulibaly alias « Adama Champion ». Comment les démobiliser sans les avoir pour longtemps à dos voire contre soi ? Faut-il s'en remettre, pour la protection du régime, à l'armée régulière des ex-FDS réputée fidèle à Gbagbo (pour preuve, elle n'a droit à aucune arme, depuis cinq mois, à part les ex-FAFN) sachant qu'il ne serait pas recevable de les éconduire et de les faire, purement et simplement, remplacer par les ex-rebelles, résolvant ainsi l'épineux problème de leur intégration budgétaire ? Voici la position inconfortable du nouveau locataire du palais présidentiel du Plateau. Un casse-tête chinois. Un vrai dilemme cornélien.

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Il faudra pourtant plancher une fois pour de bon sur ce cas de conscience que constituent les éléments incontrôlés des FRCI pour le pouvoir Ouattara. Et DIEU seul sait s'ils sont nombreux, illettrés et sans formation. Les exactions n'en finissent plus de faire la Une des journaux. Ils ne se passent pas de journées que leurs dérives ne soient mises au grand jour. Plutôt que de faire la fine bouche sur une incursion de prétendus « mercenaires de Gbagbo » à Ziriglo (Sous-préfecture de Taï), dans le Sud-ouest ivoirien, qui n'était rien d'autre, en fait, qu'une expédition punitive d'un ressortissant burkinabé mécontent du nom d'Abdoulaye Kabré, véritable parrain de cartel mafieux dans ladite zone forestière, furieux d'avoir vu sa seigneurie érodée dans ce bled par l'arrivée des FRCI qui y contrôlent désormais tous les trafics, les nouvelles autorités ivoiriennes gagneraient à désarmer leurs propres éléments et à les discipliner. Faute de quoi, il faudra se résoudre à les traduire devant les tribunaux militaires. Tout « sauveurs » qu'ils sont. Parce que nous ne saurions les supporter indéfiniment.

Le samedi 10 septembre 2011, deux d'entre eux se sont faits refroidir par un commando marin FUMACO (l'ex-compagnie d'élite du Colonel-major Konan Boniface). Il a été retrouvé sur eux des cartes professionnelles FRCI. Ces deux quidams venaient de braquer un supermarché de Yopougon Niangon Nord, carrefour Lubafrique, et espéraient s'emparer de la berline de marque Mercédès du soldat pour couvrir leur fuite. Manque de pot pour eux, ils avaient affaire à un professionnel du combat de contact. Prestement désarmés, ils furent abattus avant même de réaliser ce qui leur arrivait.

Voici donc la nouvelle armée de la Côte d'Ivoire. Celle qui est désormais en charge de la sécurité des Ivoiriens. Les « sauveurs » d'un mois se sont transmués en bourreaux impitoyables et en vulgaires délinquants. Faut-il leur en vouloir ? Pas totalement. Leurs employeurs, ceux pour qui ils ont quitté plantations, forêts sacrées et forges, ne les rémunèrent pas. Ils constituent, pour ainsi dire, le cadet de leurs soucis. Leur priorité étant de plaire à Nicolas Sarkozy, servir la France, indemniser les entreprises françaises et leur accorder les meilleurs marchés du moment. Que faire alors ? La chose la plus naturelle du monde, bien entendu : se payer soi-même. Au mépris de la réputation de la corporation et de l'éthique militaire. Voilà où en est la Côte d'Ivoire.

Ouattara, de notre avis, est écartelé entre la nécessité - pour lui - de garder en l'état son armée d'ex-mercenaires pour parer à toute éventualité, avec la peur qu'ils se sont faite, la semaine dernière (le vendredi 16 septembre 2011), de l'incursion des troupes du burkinabé détrôné de Taï, Abdoulaye Kabré (malgré la présence des soldats onusiens malawites), honteusement imputé, encore une fois, à un Laurent Gbagbo injustement assigné à résidence et impuissant à faire quoi que ce soit, et l'urgence de reprofiler, civiliser et professionnaliser les FRCI pour répondre aux exigences de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International, des investisseurs internationaux et aussi (que croit-il ?) des Ivoiriens, toutes obédiences confondues, au bord de la crise de nerfs.

Il est tout autant tenaillé par le désir de les éloigner de lui (la preuve, sa garde rapprochée est entièrement étrangère), parce que ne répondant visiblement et véritablement que du Premier ministre Guillaume Soro dont il ne peut se targuer de cerner toutes les ambitions politiques (avouées et inavouées) et celui de ne pas s'attirer leurs foudres en les sacrifiant sur l'autel des visées françaises de reconfiguration de l'armée ivoirienne qui ne leur accordent pas forcément des postes privilégiés (tous les conseillers de Ouattara, de ce point de vue, sont français ; pas de place pour les nationaux). Ouattara redoute, pour ainsi dire, son propre monstre. Il est laminé, à son égard, par un étrange sentiment ambivalent, contrasté, alambiqué, contradictoire que dépeindrait exactement l'expression « Je t'aime moi non plus ».

Jusqu'à quand durera ce chassé-croisé idyllique de haine-amour entre Ouattara et son armée, pour le plus grand malheur des ivoiriens ? A trop vouloir nuire, le chef de l'Etat ivoirien est aujourd'hui pris à son propre jeu et devra bien, un jour, en sortir pour permettre aux Ivoiriens de retrouver la sérénité et le plaisir de vivre dans un pays sécurisé et paisible.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO

 

In le quotidien ivoirien «Le Nouveau Courrier» N° 325 des samedi 24 et dimanche 25 septembre 2011.

POURQUOI GBAGBO FAIT SI PEUR

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Les  récurrents appels des adversaires de l'ancien président de la République de Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo à le laisser juger par la Cour pénale internationale  a ceci de pathétique qu'ils montrent à quel point Gbagbo inspire de la peur à Alassane Dramane Ouattara et à son parrain blanc Nicolas Sarkozy.


Finalement, il ne se passe pas un seul jour sans qu'on ne parle de Laurent Gbagbo à Abidjan. Que cela soit dans les  médias ivoiriens, à part bien évidement la télévision nationale tenue par les séides du régime en place et particulièrement dans la presse écrite toutes tendances confondues, ou dans les états-majors des partis politiques. D'ailleurs, toutes les visites à l'étranger d'Alassane Dramane Ouattara sont dominées par les sujets se rapportant à l'actualité de Laurent Gbagbo et le chef de l'Etat l'a encore appris à ses dépens lors de son dernier séjour en France. Même Henri Konan Bédié ne trouve grâce aux yeux des médias européens que pour évoquer le devenir de Laurent Gbagbo que le président du parti démocratique de Côte d'Ivoire et son alter ego du rassemblement des républicains alliés dans le rassemblement des houphouëtistes pour la recherche de la paix (RHDP) voudraient voir écrouer à la Cour pénale internationale.

Car même s'il est officiellement inculpé depuis plusieurs mois par le procureur de la République Simplice Koffi, la justice ivoirienne est embarrassée par le cas Gbagbo. D'abord parce qu'en l'état actuel des choses, elle ne peut juger l'ancien président de la République qui bénéficie du statut d'ancien chef d'Etat. Pressée par les politiques qui n'ont pas prévu de plan B à la non reddition de Gbagbo, la justice ivoirienne a violé toutes les procédures en la matière, à commencer par le décret de mise en résidence surveillée précédé par l'acte lui-même. C'est le contraire qui est normal. Les avocats de Gbagbo ont aussi du mal à rencontrer leur client à Korhogo en violation de toutes les règles du permis de communiquer. Mais il reste le fond du problème. Inculpé pour crimes économiques, la justice ivoirienne perd son latin et sa difficulté est celle des politiques. Malgré toutes les possibilités qu'ils ont aujourd'hui pour démontrer toutes les allégations de détournement présentées comme vérifiées à l'époque, le Procureur de la République n'a pas la moindre preuve de crimes économiques provenant d'avantages personnels que le président Gbagbo aurait tirés de son mandat. Les crimes économiques dont il parle seraient la conséquence d'une usurpation de titre. Or, sur cette question il faut un miracle pour que l'accusation démontre qu'Alassane Dramane Ouattara qui s'est fait investir par des personnalités non assermentées dans son QG de l'hôtel du Golfe était président de la République avant l'arrestation du président Gbagbo par les français.

C'est pour quoi aussi bien Dramane que Bédié ne jurent plus que par la Cour pénale internationale censée établir des preuves de la culpabilité de Gbagbo sur des cas de violences politiques dans le pays. Dramane et Bédié espèrent surtout que le président Gbagbo sera lourdement condamné pour qu'il soit à jamais éloigné du paysage politique ivoirien.

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Parce que la survie des deux hommes politiques en dépend. Henri Konan Bédié est un vieil homme de 77 ans. Cet âge le rend inéligible à un autre mandat présidentiel en Côte d'Ivoire et l'expose à la furie des jeunes à l'intérieur. Ces derniers avaient déjà  tenté de le pousser à la retraite sous la présidence Gbagbo qui, de toutes les trois grosses personnalités du pays est le plus jeune et le seul à ne pas hésiter à confier des responsabilités aux jeunes. L'effet Kigbafori (du nom de l'actuel Premier ministre) a en effet rendu la plupart des jeunes militants des partis  ambitieux. La jeunesse du PDCI dont les leaders ont été royalement ignorés lors de la formation du cabinet Dramane ont déjà montré de la déception en critiquant cette mise à l'écart. La présence de Gbagbo à la tête de l'Etat aurait donné plus de force à ce type de revendications à l'intérieur du PDCI. Henri Konan Bédié semble même cacher d'autres projets, notamment la possibilité d'être candidat en 2015 où il pourrait surfer sur la vague nationaliste insufflée au pays par Gbagbo contre Alassane Ouattara dont les conditions d'accession au pouvoir continuent de rebuter l'opinion pro-Gbagbo.

Dramane est donc la solution du moins pire que Bédié joue à fond en espérant renaître de ses cendres, lui que ses partisans appellent aussi le sphinx de Daoukro. Quant à Dramane, il sait qu'un procès de Gbagbo qui s'ouvrirait   à Abidjan serait une tribune populaire contre lui. Il n'a pas envie de voir relancer le débat sur sa légitimité. Son principal écueil demeure cependant le temps. Pour être entendu par la Cour pénale internationale, il faut entre deux ou trois ans de procédure. L'environnement international risque entre-temps d'évoluer pendant ce temps puisque le président français Nicolas Sarkozy et son homologue américain Barack Obama qui sont ses principaux soutiens doivent faire face à des élections cruciales  dans leur pays dans le but d'assurer leur propre survie politique.  La défaite de l'un ou l'autre risque de changer les rapports au pays où les partisans de Laurent Gbagbo auront vaincu la peur. La jeunesse du front populaire ivoirien se prépare déjà à enclencher une série de meetings dits de libération et la direction du parti vient de quitter officiellement la commission électorale indépendante et semble dessiner les contours d'un boycott qui va mettre en doute la crédibilité du scrutin et faire l'impasse sur la reconnaissance nationale que Dramane voulait payer en prenant en otage l'ensemble des procédures électorales.

La France vient d'ailleurs de s'inventer une nouvelle polémique sur l'assassinat manqué de Gbagbo dont la résidence a été la cible de 800 tonnes de la part des avions français et onusiens. Le chef de sa diplomatie Alain Juppé a préféré nier en bloc les assauts des hélicoptères français contre la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo pourtant filmés en mondovision. Sarkozy devra répondre devant la justice de son pays mais aussi devant la conscience de tous ceux qui continuent de se mobiliser dans le monde pour la libération du Président Gbagbo qui n'a jamais été aussi populaire que maintenant.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 71 du vendredi 23 septembre 2011.

 

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LES NOUVEAUX INQUISITEURS

 

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La Ouattarandie a de beaux jours devant elle. En cinq mois, elle s'est offert de nouveaux sicaires qui, de toute évidence, n'ont aucun état d'âme. Les frères Cissé qu'on a fini par appeler les Forces républicaines de Côte d'Ivoire, en partie pour absoudre tous leurs crimes, sont partout dans nos rues avec leurs armes. Elles nous rappellent que nous sommes face à un tyran qui peut décider d'avoir notre tête quand bon lui semble. Avec elles, il faut désormais compter le Conseil national de la presse devenu un instrument d'inquisition contre la liberté de penser. En fait, penser autrement ou critiquer est plus que jamais la pire hérésie que les dramanistes ont décidé d'expurger du corps social. Alors le CNP joue sa partition, menace, suspend. Sa dernière trouvaille fut de menacer quiconque ne reconnait pas que Dramane Ouattara a été élu selon les règles de notre République. Parce que selon sa belle théorie, ceux qui écrivent cela sont des imposteurs et corrompent en plus l'opinion en la persuadant de ne pas reconnaître la réalité.

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Nous sommes donc l'ivraie, qui fait pourrir l'ensemble des bons fruits qui sont au service de la ouattarandie. Et pour qui sait comment ils assainissent, il ne serait pas étonnant qu'ils nous coupent nos bras pour ne plus qu'on écrive les lignes qu'ils détestent tant. Ce ne serait qu'un bon spectacle pour Eugène Kakou qui n'a pas manqué d'applaudir  l'assassinat de notre confrère Sylvain Gagnétaud. Selon ses bonnes dispositions, Gagnétaud n'était que journaliste à 20%. Il avait donc 80% de chance de mourir. C'était écrit, et le président du CNP n'a pas intérêt à remettre en cause les lois de la nature.

Seulement voilà, les faits sont têtus. Le 11 avril, Laurent Gbagbo n'est pas allé se rendre à Dramane Ouattara qui a refusé le recomptage des voix qui lui était proposé comme ultime moyen pacifique de sortie de la crise postélectorale. Nous ne sommes pas les auteurs prolixes et imaginatifs de cette histoire. Ceux que le président du CNP présente comme des gogos ou de parfaits amnésiques pour se rappeler au moins les souvenirs de ces nuits de bombardement, étaient chez eux quand les bruits assourdissants des 800 tonnes de bombes allaient à l'assaut de la résidence de Laurent Gbagbo. Un homme qui était chez lui avec sa femme et ses enfants. Cet homme a été arrêté par l'armée française qui l'a remis à ceux qui se font passer pour des forces républicaines et dont on ne raconte pas assez les tueries.

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Ce n'est pas parce que les ivoiriens ne le crient pas sur tous les toits qu'ils ne savent pas ce qui s'est passé ; et ce n'est pas parce que le CNP se sent fort dans son nouveau rôle de tortionnaire attitré, l'anti-liberté de service de la ouattarandie que ce qu'il veut imposer deviendra une vérité.

Le zèle, c'est connu, peut vous valoir plus des subsides ; il peut même vous donner l'illusion que vous comptez. Mais le zèle au service du mensonge ne rend que plus vil et plus méprisable. Certes, nous avons  besoin, en dépit des contingences conjoncturelles, de nous réunir autour d'un minimum de consensus, d'un certain nombre de valeurs qui nous réunissent. Mais ces valeurs-là se négocient. On ne les impose pas pour montrer qu'on est passé inquisiteur de la République après avoir encouragé à ce même poste la chienlit des uns et l'appel au meurtre des autres.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 71 du vendredi 23 septembre 2011.

samedi, 24 septembre 2011

SCENARIO DU PIRE A ABIDJAN

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Le gouvernement mise sur des législatives fin décembre à Abidjan pour clore la série mortelle dans le pays. Rien n'est pourtant prêt : pas d'argent, pas de sécurité et pas le minimum pour la transparence du scrutin. Le Front populaire ivoirien, l'ex-parti au pouvoir, demande toujours la libération de Gbagbo comme le préalable à une réconciliation dans le pays. Il se plaint aussi du déséquilibre dans la commission électorale. Youssouf Bakayoko, lui, est toujours à la tête de la CEI... Bref, en Côte d'Ivoire, c'est le scénario du pire qui se met irrémédiablement en place.


A moins de quatre mois des législatives prévues officiellement pour la fin de l'année, les forces républicaines de Côte d'Ivoire ont à nouveau fait parler d'elles. A Ziriglo dans la sous-préfecture de Taï d'abord et à Tiébissou ensuite. Pour desserrer la pression autour de lui, le gouvernement maquille ces attaques en des actions de sicaires gagés par l'ancien régime pour le déstabiliser. Les massacres de Ziriglo que tous les témoignages sur place à Taï présentent pourtant comme le résumé mortel de la vengeance des FRCI du coin, ont fait l'objet d'une communication politique. Aussi bien le commandement des FRCI sur place que le gouvernement, ont ainsi accusé les miliciens pro-Gbagbo qui seraient venus du Libéria voisin pour commettre leur forfait avant de s'en aller par la piste dans cette zone extraordinairement militarisée où l'ONUCI a installé ses premières bases militaires.

Les hommes politiques, eux, l'ont compris depuis le début. Leur slogan semble celui-ci : qui veut gagner sans coup férir ménage les forces républicaines de Côte d'Ivoire. C'est ce que dénoncent d'ailleurs les populations de Saïoua qui reprochent à Alphonse Djédjé Mady, qui a des velléités de candidature à la présidence de l'Assemblée nationale, de vouloir profiter de la terreur instaurée par ces forces pour se faire élire député de la circonscription avant de viser la tête de l'hémicycle. Le parti démocratique de Côte d'Ivoire qui a fait l'impasse sur ses ambitions présidentielles pour ne pas gêner Alassane Dramane Ouattara rêve de contrôler l'Assemblée Nationale pour tenir en laisse le Chef de l'Etat.

Or le chef politique des FRCI lui-même Guillaume Soro a décidé de briguer ces législatives pour ne pas mettre entre parenthèses ses ambitions présidentielles. Son duel avec Ouattara dans le nord fait partie des inconnues de cette bataille des législatives qui s'annoncent palpitantes et particulièrement dangereuses. Car pour gagner, la coalition du rassemblement des houphouëtistes pour la recherche de la paix s'est emparée de tous les postes des commissaires centraux de la commission électorale indépendante (CEI) à l'exclusion de deux,   revenant au Front populaire ivoirien, le parti de Laurent Gbagbo toujours en résidence surveillée dans le nord, après avoir été arrêté par les soldats français. Le FPI demande un rééquilibrage des postes parce que ceux détenus par les Forces nouvelles ne se justifient plus dès lors qu'elles affirment avoir intégré l'armée régulière. Sous la présidence Gbagbo, l'opposition détenait la majorité à la CEI avec 16 postes de commissaires centraux. Elle dominait aussi les commissions régionales en raison d'une démultiplication autorisée par Marcoussis et dont le but évident était de faire contrôler le processus électoral par l'opposition.

Tétanisée par la terreur des premiers mois, rythmée par les pillages de domiciles, les vols et les tueries, la base du FPI ne veut plus se laisser conter. La jeunesse du parti lance à partir du 15 octobre prochain un meeting dit de libération. La direction de la JFPI multiplie d'ailleurs à cet égard, des réunions de mobilisation et la peur semble vaincue.

La méfiance voire la haine est perceptible alors que la réconciliation nationale a du mal à se mettre en place. La plupart des ivoiriens n'y voient qu'une foire aux empoignes qui ne fera pas bien mieux que le forum de réconciliation nationale pour lequel l'ancien président avait fait rentrer au pays tous les exilés de l'époque, à commencer par Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara. Piégé par ses premières déclarations, le président de la commission de réconciliation Charles Konan Banny a réussi à enrôler le footballeur Didier Drogba pour faire partie de la direction de la commission. A quelques mois d'une élection pour laquelle le RHDP se montre particulièrement fébrile, les efforts de réconciliation risquent de ne pas être suffisants. Et puis que faire du cas Gbagbo ? Le régime en place a jusque-là choisi de vouloir le conduire à la Cour pénale internationale (CPI), feignant d'ignorer son impact sur la vie des ivoiriens. L'armée ivoirienne continue de rester une des nombreuses inconnues de la vie publique nationale. En dépit de la défaite militaire de Laurent Gbagbo et de l'allégeance de la plupart des chefs de corps, les FANCI et les FRCI ne semblent pas tout à fait prêtes à vivre ensemble. Et même si les altercations ont sensiblement diminué depuis plusieurs semaines, la cohésion au sein des deux forces est encore problématique.  De plus, il faut craindre que les populations de l'ouest, excédées par les exactions des FRCI se révoltent pour croiser le fer avec les nouveaux seigneurs des lieux. Il faudrait, donc,  peut-être, négocier une paix des braves au sein de l'armée mais aussi dans tout le pays. A commencer par la libération des prisonniers politiques, y compris le Président Laurent Gbagbo avec qui le pouvoir doit négocier la paix, si tant est que c'est ce qu'il recherche.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 70 du jeudi 22 septembre 2011.

LEGITIMITE D'ALASSANE OUATTARA - EUGENE KACOU ET LE CNP VEULENT FALSIFIER L'HISTOIRE DE LA COTE D'IVOIRE

 

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Dans sa volonté d'asseoir un régime de fer en Côte d'Ivoire, le chef de l'Etat peut être assuré du soutien à la limite de la folie du patron du Conseil national de la presse, engagé dans une course à l'embrigadement de l'esprit et de la liberté.


Le président du Conseil national de la presse (CNP), certainement pour nous montrer qu'il est au travail, conformément à la promesse d'Alassane Ouattara de remettre ce pays au travail, (comme si tout s'était arrêté avant sa prise de pouvoir), a distribué, hier, à la presse, ses petits biscuits préférés de rappel à l'ordre sur des manquements qu'il aurait noté sur la pratique journalistique. Pour bien faire et pour ne pas être pris à revers sur la partialité légendaire qui transparait généralement de ses courriers, Eugène Dié Kacou a élargi la missive à l'ensemble de la presse nationale. Mais en réalité celle-ci vise les journaux, tels que le quotidien Aujourd'hui, qui refusent jusque-là d'obéir au doigt et à l'œil, à Alassane Ouattara. Pour construire son argumentaire, et prenant appui, selon des indiscrétions sur notre « numéro spécial 19 septembre 2002 », le président du CNP part du constat selon lequel :

« Depuis la fin de la crise postélectorale, des journalistes s'évertuent, dans leurs écrits, à faire admettre à l'opinion que les autorités politiques en place seraient issues d'un coup d'Etat opéré contre leurs prédécesseurs. A cet effet, les concepteurs de ces idées présentent le chef de l'Etat Ivoirien comme un « président installé par coup d'Etat » et son « régime installé par la France », tandis que l'ancien chef de l'Etat est vu comme « renversé par l'Armée française » voire « prisonnier du chef de l'Etat français ». Ce procédé utilisé à foison dans certains journaux traduit, loin du souci d'informer les lecteurs, une tendance inacceptable à la manipulation des faits et de la réalité. Le Président de la République de Côte d'Ivoire exerce son mandat actuel des suites d'élections démocratiques reconnues par la communauté nationale et internationale et, pour lequel, il a été officiellement investi dans ses charges. »

C'est vrai qu'Eugène Kacou est bien dans son élément ; celui de brandir le grand sabre du chef pour trancher la tête à tous les récalcitrants de la cité. Pour mériter son salaire certainement. C'est de bonne guerre, mais de grâce qu'il ne falsifie pas l'histoire, surtout quand celle-ci est aussi récente que la crise postélectorale ivoirienne. Dans sa croisade, le président du CNP nous accuse de vouloir faire passer Alassane Ouattara comme un président installé par coup d'Etat et Laurent Gbagbo comme un président renversé par la France. Peut-être que nous ne maîtrisons pas assez la langue française et n'avons pas fait une école de sciences politiques pour  décrire exactement ce qui s'est passé en Côte d'Ivoire entre le 9 et le 11 avril derniers, mais nous voulons simplement demander comment appelle-t-on une situation politique où un chef d'Etat accède au pouvoir après que son  prédécesseur, encore en exercice selon les lois du pays, soit arrêté suite à plusieurs jours de bombardements intensifs de sa résidence  par une force étrangère, en l'occurrence la France puis remis à son ennemi ? Nous sommes bien curieux de le savoir, car jusqu'à preuve du contraire, cela n'est rien d'autre, à nos yeux,  qu'un coup d'Etat. Autrement, l'on n'aurait pas eu besoin de larguer quelques 800 tonnes de bombes sur la résidence du président Laurent Gbagbo, pour un simple contentieux électoral. Car en démocratie,et Eugène Kacou devrait le savoir,  ce genre de conflit est réglé par le Droit et non la force. On l'a vu en 2000, aux Etats-Unis et récemment encore en Haïti, où l'on a eu recours au recomptage des voix pour départager les différents protagonistes. Chez nous, malgré les appels incessants de l'ex-chef de l'Etat à recompter les voix, rien n'y fit. Parce que justement, fort du soutien de l'armée française, Ouattara a préféré passer en force. Alors de quoi parle Eugène Kacou ? De quelles « élections démocratiques » parle le président du CNP quand il sait lui-même les conditions scandaleuses dans lesquelles le scrutin s'est déroulé en zones CNO ? Les faits sont encore vivaces dans l'esprit de tous.

Et l'histoire est têtue. Vouloir nier cette réalité, comme le fait Dié Kacou c'est se moquer par exemple, du martyr de toutes ces mères de famille qui ont été malmenées et/ou violées  lors du scrutin présidentiel, au Nord, par les  bandes armées de Guillaume Soro. A défaut d'avoir pour ces dames et toutes les autres victimes, des mots de réconfort, il faut au moins respecter leur douleur et leur dignité. En la bouclant tout simplement. Car il est des moments où le silence est vraiment d'or.  Poursuivant, et comme il fallait s'y attendre, le patron du CNP brandit des menaces : « Le CNP met en garde les auteurs de tous écrits de presse qui travestissent les faits et leur rappelle que pareilles dérives les exposent, eux et leurs organes de presse, à la rigueur de la loi. » Si Eugène Kacou pense ainsi nous amener à nous renier, il a tout faux car jamais le quotidien Aujourd'hui n'acceptera de se faire complice de la dictature qui se met en place sous nos yeux.  C'est pourquoi il continuera à dénoncer avec la dernière énergie, la forfaiture et l'imposture où qu'elles se trouvent, fussent-elles au palais présidentiel. Candidat à la suspension à vie, pour préserver notre liberté d'esprit, le quotidien Aujourd'hui attend donc les petites notes arbitraires du président du CNP.

 

Géraldine Diomandé, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 70 du jeudi 22 septembre 2011.

LETTRE OUVERTE D'ABOU CISSE, ONCLE MATERNEL D'ALASSANE OUATTARA A L'IMAM ABOUBACAR FOFANA: «DITES A ALASSANE DE LIBERER GBAGBO»




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Abou Cissé, oncle maternel d'Alassane Ouattara (frère de Nabintou Cissé, mère d'ADO) revient à la charge. Cette fois, à travers un courrier, il interpelle l'imam Aboubacar Fofana et crache des vérités crues.

 

A son excellence Cheick Aboubacar Fofana.


C'est en raison du double titre que vous portez :

- Celui d'imam comme mon père dont l'imamat de l'avis de tous ceux qui l'ont connu fut un exemple à suivre.

-Celui d'être le Cheick et le chef de tous les Imams de Côte d'Ivoire, que j'ai l'honneur de m'adresser, à l'imam, au guide spirituel de la communauté musulmane. Vos sermons de tous les vendredis ne laissent indifférents aucune communauté tant musulmane que d'autres confessions. Ceci fait de vous un guide de référence en témoigne votre nomination au sein d'une des structures de réconciliation nationale. Ce qui corrobore l'homme politico-religieux que vous êtes.

Souvenez-vous au lendemain de l'indépendance de notre pays. Un certain nombre de leaders politiques, ont eu la vie sauve et la Côte d'Ivoire avec à cause de l'intervention du premier des imams de l'époque el hadj Yaya Cissé, en leur faveur. Parce que de façon injuste ou juste de la mort d'un certain Mamadou Koné (ministre) était certaine à cause d'un faux coup d'Etat. Crime ou pas, suscité par nos colonisateurs qui demandent un procès avec tous les tintamarres.

La volonté de l'époque orchestrée par les sbires s'est transformée en ce que l'on a appelé le dialogue national. Ce dialogue comme vous le savez, c'est fait autour de tous les fils de ce pays avec l'assentiment d'un Président qui est arrivé à se libérer des dictats du colon. Les imams qui l'ont suscité tenaient compte des faiblesses humaines et se sont attelés à cultiver, à faire valoir l'humanisme africain. ne faut-il pas croire que tout être si parfait qu'il soit est    la jonction de l'imparfait et du parfait. C'est pourquoi, certains jugements à la lueur de ce qui s'est passé laisseront du goût amer dans le tissu social, dans l'humanisme que nous a enseigné le    premier des Présidents.

C'est pourquoi le Cheick que vous êtes, je demande d'établir le dialogue produit de notre propre inspiration et non de confectionner des procès à l'image de la France au lieu d'être à l'image de l'Afrique. C'est pourquoi les procès, l'appel à la vengeance, l'intolérance ne donneront pas la victoire au pouvoir actuel. Et ne peut engendrer dans le futur d'autres procès, peut-être ceux des dirigeants d'aujourd'hui qui chantent leur victoire au clairon. Vous    conviendrez avec moi les conséquences néfastes pour tout le monde, homme du nord comme du Sud. J'en appelle à votre conscience que la communauté dans son ensemble et les Dioula en particulier,    que le pouvoir est temporel. Aucune ethnie ne peut se prévaloir de diriger le monde jusqu'à la fin des temps.

Si le jugement de l'histoire arrive et sans aucun doute, il arrivera, ce n'est pas parce que vous êtes Dioula avec votre communauté que les conséquences de vos agissements resteront impunies ; qu'aujourd'hui par la volonté de l'Occident, de ceux qui ont la puissance financière,    on détient de façon arbitraire des Ivoiriens qui n'ont eu pendant leur exercice du pouvoir qu'à servir l'Etat dans toute sa dimension.

Aujourd'hui, c'est le Président Laurent Gbagbo et sa suite qu'on veut faire juger. L'instigateur de cette opération ne doit pas avoir la mémoire courte. Des gens qui l'ont fait rechercher par toutes les polices du monde et que seul le Président Laurent Gbagbo a été capable de procéder à l'annulation de toutes les poursuites contre le détenteur du pouvoir actuel, à lui donner le certificat de nationalité refusé en son temps par son allié d'aujourd'hui. En    conséquence faut-il croire que ceux qui sont en prison méritent-ils de l'être ?

Quand bien même les fautes qui restent à vérifier ne ressemblent pas à des crimes nazi. Mais à des actes simples, que tout dirigeant, dans l'exercice du pouvoir temporel peut commettre. La responsabilité en politique et surtout en temps de guerre est partagée. Alassane Ouattara doit    le savoir. Ainsi que ses partisans. Depuis la mort du Président Houphouët-Boigny en passant par ses successeurs, le cas d'Alassane Ouattara reste inique. S'il peut se garder de se condamner lui-même. C'est parce qu'en faisant juger le Président Laurent Gbagbo et son équipe, il se juge lui-même. Il se condamne lui-même. Et enterre pour toujours le Président Félix Houphouët-Boigny.

En effet, toutes les erreurs d'aujourd'hui ne sont que la conséquence de l'incompréhension de la société multiforme, multiraciale que nous avons mise en place avec ses faiblesses et ses avantages. Pourquoi en Afrique du Sud, Nelson Mandela n'a-t-il pas traduit tous les blancs qui ont tué, séquestré la population noire qui ne demandait qu'à vivre en paix ? et Mandela disait lors de son investiture : «L'Afrique du Sud doit être une Nation arc-en-ciel    avec ce qu'il y a de vérité. Celle de s'accepter les uns les autres malgré nos différences».

Mon cher Imam, être à la tête d'une communauté, c'est servir la vérité rien que la vérité. Parce que tout procès sans équité aliène la société contre ses propres dirigeants. Monsieur le guide suprême, avant tout procès, il faut se référer à l'humanisme des Africains. Combien de Dioula sont-ils mariés aux non Dioula ? Combien de Dioula vivent dehors de leur région d'origine ? Faire un procès, arrêter certaines personnes pour des opinions politiques, c'est contribuer à diviser la Côte d'Ivoire. Ce n'est pas d'un forum de réconciliation que l'on pourra souder les différentes communautés. C'est pourquoi, monsieur le guide, en dehors de toutes velléités politiques, un procès politique d'un fils de la Côte d'Ivoire en état actuel ne va qu'envenimer la haine dont les tenants du pouvoir actuel faisaient leur cheval de bataille.

Comment ne pas s'inquiéter, se révolter devant les nominations qui s'adressent aux ressortissants du nord ? Comme si la Côte d'Ivoire n'avait pas aussi d'autres valeurs aussi responsables, bien formés par les différentes universités du monde. Ce genre d'appréciation de l'Etat par le jugement du Président Laurent Gbagbo est le prélude d'un jugement d'Alassane Ouattara lui-même dans la Côte d'Ivoire de demain. Ce jugement aura pour conséquence une guerre tribale. Parce que les victorieux d'aujourd'hui seront les vaincus de demain avec pour corollaires des guerres fratricides.

Comment ne pas s'inquiéter de la destruction massive des biens des gens qui avaient pour seuls biens sur terre, des magasins, des kiosques à café... dont le coût de construction s'élève à des centaines de millions. Tous ces biens détruits au nom de l'insalubrité. Quelle insalubrité?

Mon guide, celui qu'on veut juger mort ou vivant, rentre dans l'histoire par notre incompétence à apprécier l'histoire. Il sera comme Lumumba, N'krumah, Sankara, Mandela... Ceux qui sont morts, à la vérité, ils sont morts parce qu'ils avaient la vérité avec eux. Alors Cheick Aboubacar Fofana, dites à Alassane Ouattara d'arrêter toute procédure judicaire en libérant tous les prisonniers politiques et de favoriser le retour de tous ceux qui sont hors du pays. Afin de consolider l'unité nationale. La Côte d'Ivoire n'a pas besoin de forum de réconciliation. Elle a besoin d'un dialogue national initié par les Ivoiriens eux-mêmes et non par les Français.

Ce que le Président Laurent Gbagbo a apporté à l'islam

Il ne faut pas oublier ce que le Président Gbagbo a fait pour la communauté musulmane. L'apport du Président Laurent Gbagbo à la promotion de l'islam est énorme. Depuis son arrivée au pouvoir, l'islam a plus bénéficié que les autres religions. La subvention et la construction de    mosquée, il le fait. Chaque année, des centaines de billets sont mis à la disposition de la communauté musulmane pour l'accomplissement du hadj. Avec lui le nombre a triplé. La prise en charge des pèlerins de 2006 en 2007 appelé pèlerinage 2006 bis. Le pèlerinage était devenu un véritable et un grand fond de commerce par certaines associations islamiques et par certains leaders. Le point culminant, 2000 pèlerins sont restés en Côte d'Ivoire.

Le président Laurent Gbagbo les a pris en charge en 2007 en leur offrant le meilleur pèlerinage de tous les temps jusqu'alors. La baisse relative du coût du pèlerinage en Côte d'Ivoire (1.5 millions de Fcfa) par rapport aux autres pays de la sous-région. Puisque dans ces pays, le coût se situe entre 2 millions et 3 millions de Fcfa. La gestion de plusieurs institutions d'État par des musulmans. Sans oublier la distribution de vivres et de denrées alimentaires à des guides religieux musulmans pendant le mois de ramadan. Ainsi que des moutons pour la fête de la Tabaski. Octroi de deux ambulances, deux minicars pour les pèlerins de 2005. L'appartenance de la Côte d'Ivoire aux organisations et aux institutions internationales islamiques, Oci (Organisation de la Conférence islamique), Cen-Sad (Communauté des États Sahélo-Sahariens), L'Isesco (Organisation Islamique pour l'Éducation, les Sciences et la Culture), Bid (Banque Islamique de Développement). Notons que cette banque a financé le prolongement de l'autoroute du nord jusqu'à Yamoussoukro, création d'un ministère du culte dont l'un des objectifs était de faciliter le pèlerinage. Il fait des contributions à un certain niveau.

Sur le plan institutionnel, nous avons la présentation institutionnelle des voeux des débuts d'années. Sous les régimes du Président Houphouët et du Président Bédié, seul le nonce apostolique confession chrétienne catholique qui adressait ses voeux aux chefs de l'Etat. Avec le Président Laurent Gbagbo, plusieurs confessions religieuses y compris les musulmans présentent leurs voeux, au chef de l'Etat. Exauçant ainsi le souhaite de la communauté musulmane. Le conflit qui vous a opposé longtemps avec Idriss Koné président du Cni avait impacté négativement la communauté musulmane. Tous les efforts endogènes (au sein de la communauté musulmane tant sur le plan national que international n'ont eu aucun effet dans cette crise, qu'il a apaisé. C'est bel et bien le président Laurent Gbagbo en 2009 au palais de la présidence.

Il faut dire que lorsque le Président Laurent Gbagbo était à l'opposition a trouvé anormal que les musulmans ivoiriens partent chercher leur visa dans les pays limitrophes. Afin de partir au pèlerinage. C'est ainsi qu'une Ambassade de la Côte d'Ivoire à Ryad a été ouverte. Lorsqu'il prend le pouvoir, il fait ouvrir une Ambassade de l'Arabie Saoudite en Côte d'Ivoire. D'autres représentations sont ouvertes. Représentations diplomatiques avec les pays islamiques Ambassade de Côte d'Ivoire en Iran, Ambassade d'Iran en Côte d'Ivoire, Consulat de Côte d'Ivoire à Djeddah (Arabie Saoudite) pour faciliter le pèlerinage à la Mecque sans oublier le renforcement  de la coopération avec la Jamahiriya islamique de Libye, renforcement de la coopération avec les Émirats Arabes Unis, avènement de l'Émir du Qatar en 2001 pour le développement d'écoles confessionnelles et d'université islamiques en Côte d'Ivoire, l'introduction du patrimoine islamique au Musée national des Civilisations de Côte d'Ivoire. Il y a une chose qu'il faut saluer chez le Président Laurent Gbagbo, c'est la suppression de la carte de séjour.

Le contrôle de la carte de séjour se faisait aux abords et dans les mosquées. La création de ladite carte a été la porte ouverte à toutes les dysfonctions sociales. Sans oublier les abus sur la communauté musulmane nationale et étrangère. C'est une réalité sociologique, nous ne sommes contre personne. Contrairement à Bédié, l'Assemblée nationale un Malinké (Koulibaly), la primature un Akan (Affi), le Ces (Fologo), un Sénoufo nordiste, la chancellerie, un Malinké (Youssouf Koné)... Il a donné des pouvoirs politiques aux musulmans. Mieux son dauphin constitutionnel est un musulman. Il s'agit de Mamadou Koulibaly. Jamais, un nordiste ou un musulman n'était    héritier constitutionnel en Côte d'Ivoire depuis le temps d'Houphouët. On s'est arrangé pour ne pas que soit possible. Il a tout donné aux musulmans.

Le droit à l'information religieuse est de mise avec lui. Certains responsables religieux, souvent à travers notre radio, adressent des propos à caractère insurrectionnel contre son régime. Le Président Gbagbo ne demande pas la restriction des programmes ni la fermeture de la radio. en 2005, il y a eu son appui technique et logistique aux pèlerins. Il leur a offert deux mini cars. Même les pays qui sont en majorité musulman ne l'ont jamais fait à leurs pèlerins. Il faut dire sous le Président Gbagbo, le nombre d'association islamique a drastiquement augmenté. C'est du jamais vu dans ce pays. Sous Gbagbo, on a l'aumônerie militaire. Alors que le décret sur l'aumônerie militaire existe depuis 1969. Il n'a jamais été mis en application.

Aujourd'hui avec Gbagbo, les Forces de Défense et de Sécurité vivent pleinement leur foi. A partir de tout cela, nous disons que le Président Laurent Gbagbo est le parrain, le protecteur, le prometteur de l'Islam en Côte d'Ivoire. Nous avons un devoir éthique, moral pour restaurer la vérité. Aucun régime n'a fait ce qu'il a fait pour la communauté musulmane. Son apport au développement de l'Islam est un apport exponentiel. C'est du jamais vu. Laurent Gbagbo a apporté une contribution inestimable pour l'Islam. On ne peut même pas l'identifier.

En plus, L'Islam c'est la justice, les gens ont beaucoup menti pour leur intérêt égoïste. Il faut donc restaurer la vérité et la justice. L'Islam c'est la reconnaissance, un hadit dit que celui qui n'est pas reconnaissant à son prochain ne peut être reconnaissant à Dieu. Tous les musulmans et même tous les croyants et les aspirants à Dieu doivent reconnaissance au Président Laurent Gbagbo. Car il a renforcé la liberté de culte de quelque religion qu'on se trouve. Une telle personnalité doit avoir le soutien de notre communauté dans ces moments difficiles qu'il traverse.

Ne ce reste que pour ces faits énumérés, je vous demande cher Cheick, de demander à Alassane Ouattara de le libérer. Ainsi que son épouse et les autres cadres de Lmp. Excellence, comprenez ma très haute considération.


Abou cissé,

Combattant de la liberté,

Membre fondateur du Rdr.

 

Source : INFO D'ABIDJAN

lundi, 19 septembre 2011

L’INSECURITE CHRONIQUE A L’OUEST TOURNE A LA RECUPERATION POLITIQUE

 

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C'était commode, vu le contexte ivoirien, de désigner des mercenaires libériens comme étant les responsables de l'attaque de Ziriglo, dans la sous-préfecture de Taï. Sauf que la réalité est plus simple à relater. Ziriglo est une agglomération dominée par un certain Aboulaye Kabré, ressortissant burkinabé, planteur de cacao et d'hévéa qui l'exploite comme une rente. Selon des sources sur place, c'est l'auteur de l'expédition punitive.


Le gouvernement n'a pas attendu longtemps pour identifier vendredi les auteurs de l'attaque meurtrière de Ziriglo, dans la sous-préfecture de Taï à 600 Km d'Abidjan. Selon Le Figaro qui cite le ministre de la Défense Paul Koffi Koffi, ce sont les miliciens libériens pro-Gbagbo qui sont à l'origine de l'expédition punitive qui a coûté la vie à quelque 23 personnes dont 22 villageois et 1 FRCI.  Le commandement de cette force pro-Ouattara de la localité interrogé par le journal L'Inter a d'ailleurs expliqué que  «  leurs positions ont été attaquées ce vendredi par des miliciens et mercenaires pro-Gbagbo, ce sont eux qui peuvent faire ça », a indiqué le responsable chargé de la communication du commandant Losseni Fofana dit Loss. Selon lui, ces miliciens profitent de l'accalmie pour attaquer parce qu'ils « bénéficient de la complicité des populations de cette région ». Pourquoi ont-ils donc incendié les cases de leurs protecteurs et tué selon le ministre de la Défense 22 paysans ?

La réalité est que par ces temps qui courent, c'est plus commode de masquer les récurrents problèmes de sécurité dans la zone par ce genre de scoop. Car Ziriglo comme toute la zone forestière de l'ouest est prise en otage par les allogènes burkinabé qui y ont fait de vastes plantations de cacao ; ces dernières années, ils se sont même mis à la culture de l'hévéa et ce sont eux qui sèment la terreur partout, soit pour intimider les populations pour qu'elles abandonnent leur forêt, soit pour se venger de ceux qui ont revendiqué des plantations exploitées au-delà des conventions et à qui l'ancien gouvernement avait accordé protection.

Pour ce qui est de l'attaque d'hier, des sources sur place sont formelles. C'est l'œuvre d'un certain Aboulaye Kabré, ressortissant burkinabé qui a fait de vastes plantations de cacao et d'hévéa à Ziriglo. Le sieur Kaboré a aussi des plantations dans la forêt classée de Cavally. La tradition dans ce patelin est d'ailleurs de nier l'existence de l'Etat. Et pour mieux exploiter les forêts classées, les clandestins  n'hésitent pas à élever des milices contre les forces de l'Etat, notamment les agents des eaux et forêts. S'agissant d'Aboulaye Kabré, les exploitants forestiers lui payent des taxes et les orpailleurs venus des pays limitrophes, parfois d'un peu plus loin, lui versent des sommes importantes. C'est donc le parrain de la grande agglomération de Ziriglo qui est forte d'un millier d'habitants, des ressortissants burkinabé en majorité. Mais l'arrivée des FRCI est  venue éroder son pouvoir. Car ce sont les FRCI qui contrôlent désormais tout : les taxes, les patentes, l'argent  généré par l'exploitation des ressources minières et minéralières. Selon des sources sur place, c'est donc lui qui s'est vengé ainsi en s'attaquant aux Forces républicaines de Côte d'Ivoire mais aussi aux villageois qui l'ont dénoncé auprès des FRCI. C'est ce qui explique aussi l'acharnement du commando venu punir les récalcitrants. Ces derniers ont en effet incendié de nombreuses maisons dans le style de l'expédition punitive de Guitrozon où les assaillants avaient profité de la nuit pour tirer à la kalach, découper à la machette et égorger des habitants endormis.

Sinon pourquoi des miliciens pro-Gbagbo s'en prendraient-ils à des populations qui sont accusées par les FRCI de la localité de les protéger et de ne pas les aider à les mettre hors d'état de nuire ? C'est bien parce que ce n'est pas eux. Par ailleurs, entre Zuédrou le plus grand centre de réfugiés de la région où vivent reclus la plupart des jeunes du village, et Ziriglo, il ya près de 500 Km et  un check-point de l'ONUCI. Il y a en effet des casques bleus malawites dans cette zone. Un mouvement de ce type avec un armement lourd ne leur aurait pas échappé. Au demeurant, la zone ouest est particulièrement militarisée depuis l'arrestation du Président Gbagbo par les français. L'ONU y avait annoncé la construction d'une dizaine de camps militaires pour sécuriser l'ensemble de la zone. Comment avec toutes ces précautions, des supplétifs libériens peuvent-ils y sévir en toute tranquillité, tuant à leur guise et retournant quand bon leur semble ? L'affaire n'est pas claire, comme d'ailleurs toutes les affaires de nos gouvernants.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 67 du lundi 19 septembre 2011.


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LE BLUES DU PATRIOTE


Le gouvernement a réagi en fin de semaine dernière à la plainte du Président Laurent Gbagbo contre Nicolas Sarkozy et l'Armée française par une pusillanimité déroutante. Comme aux lendemains du meeting du Front Populaire Ivoirien (FPI) organisé dans la commune de Koumassi, le gouvernement s'est réuni à nouveau en Conseil des Ministres extraordinaire pour analyser la situation et commenter cette actualité. Ainsi, son porte-parole Bruno Koné s'est expliqué sur les conditions de détention du Président Gbagbo en niant notamment les accusations de tentative d'assassinat qui ne les vise pourtant pas. Mais comme le dit l'adage : qui se sent morveux se mouche ! Et apparemment, le gouvernement est assez enrhumé ; alors il se mouche à chaque mouvement, nous laissant voir sa frilosité et sa pusillanimité.

Alassane Ouattara avait pourtant fait croire qu'il dormait tranquillement pendant que les chiens continuaient d'aboyer. Apparemment, il y en a un qui l'empêche de dormir. Le Président Laurent Gbagbo ne lui a pourtant pas fait crédit d'une seule ligne de sa lettre où  il attaque le Président français sur ses idées reçues de l'homme africain qui ne mérite pas de considération. Un apprenti Gbaka qui commentait l'actualité de ce jour avec ses amis s'est senti désabusé par la propension des journalistes à créer des choses de toutes pièces. « Comment Gbagbo qui est en prison peut-il attaquer Sarkozy, de surcroît là où ça fait mal ? » Vraiment les journalistes !

Pourtant, c'est ce qu'il ya de plus vrai dans la plainte du Président Laurent Gbagbo. Car au nom de quels présupposés, Nicolas Sarkozy s'est-il défoulé autant sur notre pays, tuant et y semant la désolation ? Au nom d'un mandat de l'Organisation des Nations Unies ? Mensonges ! Au nom de notre Constitution ? Archifaux ! Car notre Constitution permet de régler nos contradictions. Et en la matière, c'est le Conseil Constitutionnel qui a le monopole du contentieux électoral.   Et il ne suffit pas de dire comme l'apprenti-gbaka que Laurent Gbagbo est un prisonnier pour que ce débat fasse pschiiit comme Jacques Chirac.

Car l'acte inimaginable posé par le Président français contre le Président Gbagbo tout simplement parce qu'il veut voir un autre à sa place, n'a aucun fondement juridique. Le prétexte de l'élection qu'il a choisi comme acte de communication pour blouser une grande partie de l'opinion mondiale, qui croit facilement à tout ce que débite la télévision, ne durera pas longtemps.

Au plan interne, les ivoiriens commencent à comprendre ce que voulait dire avoir des solutions. C'est la meilleure façon de dire à quelqu'un « je n'ai rien à dire ». Car si l'on voyait comment l'argent se raréfie dans le pays, comment le gouvernement qui a promis le plus de milliards aux populations se promène de pays en pays, mille fois à Paris et mille fois à Washington tendant la gamelle à tout le monde, plus personne ne serait fier d'être ivoirien.

Nous qui avons, en dix années de la gouvernance  Gbagbo, payé nos fonctionnaires sans demander le moindre centime à la France et encore moins aux Etats-Unis ! Nous qui avions franchi des paliers importants de notre souveraineté ! Voir des gens applaudir les fausses promesses du FMI nous cause tellement de blues que nous serions partis loin d'ici si nous n'aimions pas tant ce pays comme l'aime Laurent Gbagbo.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 67 du lundi 19 septembre 2011.

dimanche, 18 septembre 2011

LE TEMOIGNAGE TERRIFIANT D'UN RESCAPE DES MASSACRES DE LA VILLE DE DUEKOUE


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Les troupes de l'ONUCI jouent, ici, les crocs-morts après avoir assisté sans réagir au massacre des populations civiles de Duékoué.

 

Chers lecteurs, le témoignage que je vous propose, ce jour, est totalement authentique. Il a été recueilli par une journaliste française, en séjour depuis quelques jours à Abidjan, qui refuse de cautionner ce que son pays a fait subir à la Côte d'Ivoire et qui espère rétablir la vérité sur les évènements de mars à avril 2011, dans notre pays, en restituant les faits, à travers le témoignage des Ivoiriens qui ont vécu ces drames. Tandis qu'on parle d'allier la justice à la réconciliation dans ce pays, il serait peut-être aussi temps qu'on retrouve et mette aux arrêts ceux qui ont commis ces crimes contre l'humanité. A moins que la justice des vainqueurs les absolve de tout crime et ne rélègue leur condamnation au jugement de DIEU. Pour des raisons évidentes de sécurité, nous gardons l'anonymat de notre témoin. Ames sensibles, s'abstenir. Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

« Dans ce témoignage, je vous ressasse, pêle-mêle, ma traversée de ce désert entaché de douleurs, de larmes et de sang qu'est la crise ivoirienne.

J'avais eu pour mission (dans le cadre de mon boulot), de me rendre en repérage dans la ville de Duékoué.

C'est ainsi qu'après la constitution d'une équipe, nous avons quitté la ville d'Abidjan, le 13 mars 2011, pour l'Ouest du pays. Une fois à Duékoué, la ville était très animée avec ces gamins qu'on pouvait voir jouer à proximité des habitations, les populations qui vaquaient à leurs occupations, sous le regard des ex-FDS (Forces de Défense et de Sécurité). Nous étions précisément logés au Royal Hôtel de Duékoué.

Par endroit, l'on pouvait distinguer la présence des forces onusiennes et des soldats de la Licorne ; et au fur et à mesure que le temps s'écoulait, l'on avait comme l'impression que de nouveaux visages, presqu'inconnus, se montraient au grand jour. C'étaient pour la plupart des illettrés, sinon des personnes qui ne s'exprimaient qu'en Bambara (Malinké, Dioula) et leur nombre croissait, au fil du temps. Cela faisait donc l'objet de discussions au sein des populations.

La plupart s'adonnait à des pratiques telles : vols, braquages à mains armées, viols... .

Cette nuit du 28 au 29 mars, principalement, restera gravée à jamais dans ma mémoire. Ce fut le passage de la quiétude au chaos.

Effectivement, durant cette nuit, l'assaut final avait été lancé sur la ville de Duékoué. Les forces pro-Ouattara attaquaient la ville ainsi que les différentes positions des Forces de Défense et de Sécurité. C'était la psychose totale. On pouvait entendre de partout ces bruits assourdissants qu'émettaient chars, obus et autres armes à feu. Des gens criaient, se lamentaient, on pouvait même apercevoir les colorations bleues et rouges de ces balles qui fusaient de partout. Mes collègues et moi, pris de panique, avions commencé à appeler nos parents des autres villes pour les informer. Puis nous nous sommes mis à prier.

Vers 5h du matin, des individus armés, vêtus de tenues militaires (pantalons et cagoules pour certains), ont envahi notre chambre en s'exprimant de cette sorte : « C'est vous les maudits-là, aujourd'hui-là, on va vous égorger ! ». Un autre survint et dit en Bambara : « Eh kôro, Gbagbo môgô lo ! A faga ! ». Pour traduire : « Ce sont les partisans de Gbagbo, tuons-les ! ».

Je vous jure que j'ai fais pipi dans mon pyjama. J'étais terrifié. Mon collègue, lui, s'est évanoui en entendant ces paroles nous condamnant à une mort irrémédiable et dans sa chute, ils lui ont asséné un coup de machette au visage puis l'ont égorgé, sous mes yeux, en me menaçant dans un langage décousu : « C'est comme ça que toi aussi, on va te tuer ! ». (Larmes)...

Je me suis mis à parler le peu de leur langue que je connaissais. Ils m'ont posé quelques questions, m'on demandé de l'argent ainsi que mes pièces d'identité. Je leur ai fait part du fait que l'on m'avait dérobé mon portefeuille car s'ils avaient pris connaissance de mon nom de famille (qui ne rimait aucunement avec celui d'un ressortissant du nord), je serais un homme mort.

Aux environs de 5h 36 du matin, ils sortirent tout le monde de l'hôtel et nous firent coucher le long de la route. Ils posaient des questions dans leur langue à tous les prisonniers. Ceux qui n'y comprenaient rien du tout étaient immédiatement éventrés ou égorgés ; ils ont même marché sur le ventre d'une femme enceinte puis l'ont égorgée. Ils se prêtaient à des atrocités que l'on ne pouvait imaginer. Les jeunes filles étaient violées et les enfants égorgés.

Nous ne sommes restés que trois personnes ; les membres de mon équipe, hormis moi, avaient tous été exécutés.

Aux environs de 6h 20 du matin, ils nous embarquèrent dans leur véhicule de type 4x4. Ils trouvèrent en route un fou qui faisait son chemin, l'arrêtèrent, lui attachèrent une corde au pénis et relièrent celle-ci à leur véhicule puis démarrèrent à toute vitesse. Imaginez la suite...

Le long des routes, l'on pouvait voir des corps ensanglantés, décapités, sans bras, sans tête. C'était d'une horreur insupportable et malheureusement, ces assassins se réjouissaient. L'un d'entre nous (prisonniers) a eu le malheur de dire qu'il avait soif. Ils ont uriné au sol et lui ont demandé de boire. Il a refusé et ces derniers, comme des barbares, lui ont coupé les lèvres et le pénis ; quelques minutes plus tard, ils l'ont abattu.

C'était vraiment atroce ! J'ai du mal à me retenir... (Larmes).

Ce qui me maintenait en vie, c'est le fait que j'arrivais à communiquer avec eux en Dioula.
Dans leurs causeries, ils ressassaient incessamment : « On va tuer tous les partisans de Gbagbo et après, on réglera le cas de Gbagbo. Ils sont tous des maudits et ils seront exterminés ». C'était pénible.

Le comble, c'est que toutes ces atrocités étaient commises sous le regard des forces françaises et des soldats onusiens qui n'intervenaient aucunement. Ils levaient simplement les mains pour saluer les rebelles.

A un moment donné, ils entraient dans les maisons pour exterminer toutes les familles supposées partisanes de Gbagbo, puis s'adonnaient à des scènes de pillage. Les voitures se suivaient. Lorsque celles-ci s'arrêtaient devant une maison, les mercenaires en ressortaient avec les machettes inondées de sang. Je ne faisais que prier.

Ils poursuivaient leur chemin et tuaient sur leur passage tous les éléments des FDS, leur prenaient leurs uniformes et les enfilaient. Les rues étaient vides et ne laissaient entrevoir que des corps sans vie.

MASSACRE DE DUEKOUE.JPG

Les massacres continuaient et moi, je devenais de plus en plus faible. On ne nous donnait rien à manger et tous les soirs, l'on se faisait tabasser puis lier.

J'ai passé deux jours à me faire traîner comme un gibier dans la ville puis l'un d'eux prit la parole et dit ceci, en riant: « Aujourd'hui, nous irons incendier et tuer tous les parents de Blé Goudé et de Gbagbo. Donnez des treillis à nos prisonniers, ils vont combattre à nos cotés ».

Je partais tout droit à l'abattoir. Nous sommes donc sortis de Duékoué puis avions pris la route d'Issia. J'ai fait semblant de descendre récupérer de l'eau et j'ai sauté dans la brousse. J'ai couru dans la brousse, éperdument, et je suis sorti sur une autoroute que je ne connaissais pas, quelques heures après. J'étais épuisé. Après plusieurs minutes, j'ai aperçu un mini car. Que faire ?
J'ai enlevé l'uniforme duquel j'étais vêtu et je suis resté en culotte. J'ai fais une petite prière et j'ai arrêté la voiture.

Par la grâce de Dieu, le chauffeur a stoppé le véhicule et m'a demandé d'où je venais. Je lui ai dit que je fuyais la guerre. Il m'a demandé aussitôt de monter et je l'ai fait. Ce car transportait des membres d'une famille qui fuyait la ville de Man et qui était passée par un chemin de brousse pour s'en sortir. On lisait sur le visage de chacun la désolation la plus absolue. C'était difficile à supporter. J'ai fini par m'endormir et je me suis réveillé à Agboville (une ville au Sud de la Côte d'Ivoire, située à 79 km de la ville d'Abidjan).

Le car m'y a laissé et j'ai vu de bonnes volontés pour me payer le transport jusqu'à Abidjan. Un homme à qui j'avais relaté mon périple m'a offert un copieux repas et des vêtements, puis m'a payé le ticket de transport pour Abidjan. Je suis bien arrivé à Abidjan et les autres évènements ont suivi. Je m'arrête là.

Je remercie le ciel de m'avoir gardé en vie. Que ces atrocités ne voient plus le jour dans notre pays. Vivement que la paix revienne !


Que Dieu nous bénisse ! ».


Un ivoirien meurtri qui veut la paix pour son pays.

samedi, 17 septembre 2011

SARKADO: LE POIDS DE LA VERTU


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Il était une fois un putschiste félon qui, en l'espace de deux mois à l'hôtel du Golf, parvint à "claquer" 452 milliards de Fcfa (689 millions d'euros), prélevés en toute illégalité sur le compte ivoirien de la BCEAO, après avoir, huit années durant, présidé au détournement par la rébellion qu'il animait de 40 % des ressources de l'État ivoirien.

Et voilà que le plus hypocritement du monde alarmé par l'augmentation du nombre de fonctionnaires (de 92.000 à 132.700) pendant la période où il fomentait et menait sa sanglante guerre civile (de 2000 à 2010), le putschiste félon part en guerre contre le gaspillage, et décide arbitrairement d'annuler 120 concours administratifs.

Devinez donc ce qui se cache derrière la métamorphose de ce flambeur sanguinaire en champion de la saine gestion, pourfendeur du gaspillage et prodigue en économies ?

Simplement, la réalité d'un pays aux finances publiques ruinées par la folie meurtrière du système SarkAdo...

Les investisseurs (hormis quelques charognards de l'immobilier, qui s'enrichissent déjà sur le dos des innombrables "déguerpis" de la vaste opération "villes mortes") persistent à fuir comme la peste un pays toujours rongé par l'anarchie et la délinquance d'État (quel autre nom donner en effet aux exactions quotidiennes des frci?), gangrené par le racket et les détournements de fonds tous azimuts.

Par contre, continuer à faire le malheur des petits, en les enfonçant toujours plus profondément dans la boue d'une précarité pourvoyeuse à terme de juteux dividendes FMIesques, çà, le SarkAdo y excellera toujours...

Si nous avions une suggestion à faire au sous-préfet momentanément en poste à la tête de l'arrondissement ivoirien de l'empire sarkafricain, ce serait de garder secrètes les minutes des sous-conseils qu'il préside, pour épargner aux Ivoiriens encore aptes à la gaieté - en dépit du malheur dont il restera longtemps le symbole - le risque de s'étouffer de rire à la lecture des vœux pieux surréalistes dont elles sont truffées.

Le dernier compte-rendu en date (celui du 7 septembre dernier) nous offre la burlesque mise en scène d'un Drame Man, tour à tour et en vrac:

-soudainement épris de respect de l'environnement lui, le champion toute catégorie du saccage à grande échelle;

-soucieux de sécurité pour tous, après avoir instauré le règne de la terreur dozo et licornue;

- soucieux également de santé publique, après avoir mis à mal le système de santé ivoirien, en commençant par condamner à mort des dizaines de dialysés victimes de l'ignoble boycott imposé par son parrain Sarko, avant d'encourager ce dernier à bombarder les hôpitaux;

- soucieux aussi de présider à l'avènement d'une "école ivoirienne d'excellence" (si vous avez trop mal aux côtes, arrêtez de lire!), après avoir durablement désorganisé le système éducatif en sabotant l'année scolaire en cours au moment de son putsch, et en détruisant écoles et universités;

- soucieux toujours de création d'emplois, après avoir ruiné des millions d'Ivoiriens et jeté sur les routes de l'exil près de trois millions d'entre eux (et il ose promettre et s'engager, le bougre !);

- tout fier d'avoir ramené l'effondrement du taux de croissance provoqué par ses menées criminelles (il était de +4 % en 2010 avec SEM Laurent Gbagbo) de -6 à -5,3 %, évoquant même une projection de croissance de +8 % pour 2012 ! (au rythme actuel, et dans le meilleur des cas, on arriverait péniblement à 2,8 % fin 2012, et il faudrait au moins cinq ans pour atteindre ces mirifiques 8%.)

- enfin pour couronner l'ensemble, auto-promu, lui, le fraudeur invétéré, qui n'a cessé de mentir éhontément sur tout (ses origines, sa fortune, ses compétences, sa victoire aux élections...), en "terminator" de ... la fraude.

Comme quoi, et plus que jamais, Ado solution, c'est PrestigitAdo rêve éveillé sur scène, cauchemar Adormir debout en coulisses...

Quant à la docte (?) assemblée de sinistres fantoches opportunistes suffisamment lâches ou pervertis pour cautionner une telle mascarade, en consentant à avaler autant de couleuvres, à céder au chant d'aussi piètres sirènes, à prendre d'aussi piteuses vessies pour autant de phares d'Alexandrie : ça a la couleur d'un gouvernement, le goût d'un gouvernement, mais ça n'est pas le gouvernement de Côte d'Ivoire, lequel est très provisoirement en prison ou en exil.

 

Eliahou Abel

 

SourceRESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

COTE D'IVOIRE - PLUIES DE MILLIARDS: ALASSANE DRAMANE OUATTARA SEME LE VENT


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Le régime de Ouattara s'est mis hier à rêver de pluies de milliards à la suite de la déclaration conjointe faite par le FMI et la Banque Mondiale qui ont séjourné pendant plus de deux semaines dans la capitale économique ivoirienne. Pourtant, les choses ne sont pas aussi simples en Côte d'Ivoire où la vie quotidienne éclaire  d'une réalité crue la conjoncture économique difficile dans laquelle vivent les abidjanais.


Les ouvriers de dame Kanaté avaient hier la mine des mauvais jours. Leur patronne devait en principe leur verser une partie de leurs dus. Lorsqu'elle a d'ailleurs affirmé, sous le coup de dix heures, qu'elle était à la banque, le petit groupe s'était senti requinqué. Dramane s'est alors emparé des derniers paquets de ciment qui étaient encore dans le magasin et s'est littéralement jeté sur le reste du sable pour faire des briques. Rien, se disait-il, ne pouvait alors contrarier son rêve d'empocher les 85.000 Fcfa qui doivent lui être payés. Mais à 13 heures, la patronne est revenue de ses courses matinales en affirmant que la banque avait des problèmes de connexion et qu'en conséquence, elle n'avait pas pu retirer de l'argent sur son compte. Les problèmes d'informatique, les pannes de guichet, des distributeurs d'ailleurs souvent non alimentés etc... A Abidjan, les gestionnaires de compte et les caissiers ont une panoplie de vocabulaire pour justifier un paiement qui ne viendra pas, parce que par principe, ici la vérité n'est jamais bonne à dire. Le sachant, le gouvernement joue   à fond la carte de la communication et se contente parfois d'expédients comme l'emprunt obligataire pour essayer de maintenir en haleine une population qui croit de moins en moins aux milliards qu'on lui a annoncés pendant la campagne électorale.

Avant-hier d'ailleurs, un sentiment de soulagement se lisait sur le visage du ministre de l'économie et des finances qui sort de deux semaines de réunions éprouvantes avec la délégation conjointe du FMI et de la Banque Mondiale. M. Diby avait de toute évidence besoin de ce type de déclaration diplomatique de clôture de Doris Ross pour être ensuite relayé par les communicants du gouvernement. Mais la joie risque d'être de courte durée. Car les promesses d'appuis budgétaires devront être entérinées en novembre par le conseil d'administration des deux banques. Le FMI et la Banque Mondiale ont refusé d'autoriser le principe des appuis budgétaires pour cette année. Les décaissements probables des 300 milliards devront ainsi attendre l'année prochaine et s'étendre sur trois ans, c'es-à-dire de 2012, 2013 et 2014. La presse quelque peu en retrait de l'euphorie des pro-Ouattara a insisté hier sur les conditionnalités, notamment la bonne tenue des élections législatives. Mais c'est surtout dans les non-dits de la déclaration qu'il faut situer les vrais enjeux du programme de facilité de crédit que le gouvernement négocie depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Le ministre de l'économie et des finances Charles Diby Koffi a même concédé que la promesse de 300 milliards était conditionnée par l'application d'un train de réformes que le communiqué se garde d'énumérer parce qu'elles ont un coût social lourd. Il s'agit notamment de l'augmentation du prix de l'énergie pour combler les pertes de la Compagnie Ivoirienne d'Electricité qui a subi le pillage de ses installations et dont les infrastructures sont désuètes. Le gouvernement avait espéré avoir le temps nécessaire pour convaincre ses partenaires du privé, notamment jusqu'à la fin de 2012. Mais sur cette question, le régime a subi son premier gros revers puisque la discussion a entériné le principe des augmentations dès mars prochain dans une proportion  de 10% au départ pour se stabiliser à la fin à 19% comme le demandaient les deux bailleurs de fonds. Le gouvernement doit aussi débloquer les prix du carburant à la pompe pour laisser la vérité du marché s'imposer. Pour les transporteurs, c'est le principal acquis obtenu sous la présidence Gbagbo qui disparaîtrait ainsi.

Le gouvernement doit aussi accélérer la privatisation d'un certain nombre d'entreprises publiques comme il s'y est engagé depuis plusieurs mois et optimiser ses ressources internes. Sans elles, Alassane Ouattara ne pourra pas faire face au fonctionnement régulier de l'Etat comme actuellement où le gouvernement a choisi de prioriser les salaires des fonctionnaires ivoiriens pour éviter d'entrer en conflit avec les populations. Quant aux autres partenaires, ils sont obligés d'attendre. Les tensions de trésorerie sont perceptibles et les fournisseurs de l'Etat s'en prennent à d'imaginaires agents véreux qui rendraient le versement de leurs dettes aléatoire. Le gouvernement annonce par ailleurs un niveau d'apurement de la dette intérieure que ne reconnait pas par exemple le patronat ivoirien et mise encore sur la peur des populations pour essayer de mieux s'installer.

Officiellement, la dissolution de la Centrale devrait permettre de disposer enfin des impôts du nord, plus de cinq mois après l'arrestation de Laurent Gbagbo par les français après une série de bombardements de sa résidence. Mais à part le communiqué de dissolution, rien n'a encore changé dans les zones centre, nord et ouest du pays toujours aux mains des ex rebelles qui se préparent à aller aux législatives avec leur chef Guillaume Soro. Le FMI et la Banque Mondiale rechignent d'ailleurs à l'idée de voir l'armée du Premier  ministre grossir le nombre des fonctionnaires du pays. « L'incorporation post-crise à la solde de l'État des anciens combattants et des enseignants précédemment non rémunérés du nord du pays aura pour effet d'accroître une masse salariale déjà lourde », déplore la déclaration qui prend pour ainsi dire acte de la défense du gouvernement de faire des économies en réduisant les dépenses habituelles de l'Etat. C'est ce qui explique d'ailleurs la poursuite du recensement des fonctionnaires et agents de l'Etat. Mais le gouvernement est sur des braises. Il ne peut mener l'ensemble des réformes, y compris celle de la filière café-cacao en si peu de temps. Il sait aussi que les législatives ne seront pas crédibles tant que l'opposition n'y sera pas. Bref, le gouvernement sait que ce genre de déclaration même venant du FMI et de la Banque Mondiale ne vaut pas grand-chose et ressemble aux promesses électorales. N'y croient alors que ceux veulent bien y croire.

 

Joseph Titi, in le quotidien ivoirien « Aujourd'hui » N° 66 du samedi 17 septembre 2011.

DECLARATION DE L'AIRD RELATIVE A LA SITUATION SOCIO-POLITIQUE

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11 Avril 2011 - 11 septembre 2011. Voilà maintenant cinq mois que des centaines de milliers d'Ivoiriens sont contraints à l'exil. Parmi ces exilés contre leur gré figurent des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales, de toutes origines ethniques et de toutes confessions religieuses. Pour bon nombre d'entre eux, leur seul tort est soit d'avoir cru en un idéal démocratique, soit d'avoir mis leur foi dans les Institutions dont la Côte d'Ivoire s'est librement dotée. D'autres goûtent aux rigueurs de l'exil du seul fait de leur appartenance ethnique.

Dans leur écrasante majorité, ils ont fait montre, dans les différents pays d'accueil, d'un comportement exemplaire que l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du CNRD, voudrait saluer. Chacun, par sa conduite, aura été un excellent ambassadeur de la Côte d'Ivoire tout en permettant aux autres peuples de mieux comprendre les crises ivoiriennes. Aussi, la direction et l'ensemble des militants de l'AIRD adressent leurs sincères remerciements et expriment leur profonde gratitude aux gouvernements et aux peuples frères des pays qui leur ont accordé l'hospitalité. Outre le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Cameroun, le Mali, c'est à l'ensemble des pays africains, y compris ceux du Maghreb et de l'Afrique Australe que s'adressent nos remerciements et la profonde gratitude du peuple ivoirien. Nous associons à ces remerciements nos frères et sœurs de la diaspora pour leurs soutiens multiformes.

A nos frères et sœurs qui souffrent de situations inattendues et brutales, nous voudrions dire notre solidarité, la même que nous éprouvons pour ceux des Ivoiriens restés aux pays et victimes d'exactions. Après les pillages de leurs biens tandis que leurs maisons sont encore occupées par des non ayant-droits, des Ivoiriens sont confrontés aux pires difficultés, dont certains suite à l'opération "pays propre". L'AIRD s'interroge sur la bonne gouvernance d'une telle opération de déguerpissement sans support pédagogique. En effet, des bulldozers et des moyens qui auraient, par exemple, pu être mobilisés à l'aménagement de plates formes agricoles ou de petites unités de production sont employés à démolir des entreprises et à jeter à la rue de nombreuses familles. Or, la conception de tels produits et leur mise à la disposition des jeunes et des femmes vulnérables en quête d'emplois et d'activités génératrices de revenus (AGR) aurait été d'un appui à la réduction de la pauvreté, un des engagements du gouvernement contenu dans le DSRP (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) apportant par la même occasion une réponse au crucial problème de l'exode rural. Vu que les maquis et autres établissements installés aux abords des rues de nos grandes villes ne sont qu'une partie visible des effets de l'exode rural, c'est en éliminant les causes de l'exode rural que les abords des rues auraient pu être conséquemment nettoyés de toutes ces baraques, sans user de la force et sans exposer inutilement d'autres ivoiriens à la précarité. C'est pour cela que l'AIRD est solidaire des souffrances des nombreux Ivoiriens et Ivoiriennes victimes de cette opération qui aurait pu s'appuyer sur un autre agencement.

Par ailleurs, un mois après l'appel du président Alassane Dramane Ouattara au retour des exilés, l'AIRD fait le constat qu'aucune mesure concrète n'est venue accompagner cet appel. Il apparaît même qu'un sentiment de rejet réciproque se développe entre les Ivoiriens, et la direction de l'AIRD ne manque pas de marquer sa surprise devant un tel désastre pour un peuple qui a, pendant longtemps, affiché au monde entier, sa fraternité, désormais illusoire. Les propos et discours de certains leaders politiques proches du pouvoir sont toujours trahis par un esprit de haine et de caporalisation de l'opposition, esprit abusivement qualifié de vengeance, tant il est vrai que les raisons d'une telle vengeance ne sont objectivement pas fondées. Les institutions chargées de certaines enquêtes et de pans entiers de la réconciliation apparaissent plombées à la fois par leurs attributions, leur positionnement juridique et leur composition qui appellent bien des réserves. Des circonscriptions administratives entières, des quartiers et des villages continuent d'être sous le joug de supplétifs illégalement et lourdement armés.

C'est dans un tel climat que s'annoncent des élections législatives prévues avant la fin de l'année. Notant que l'élection présidentielle qui devait nous apporter la paix et la réconciliation nous a servi le tableau le plus sombre de l'histoire de la Côte d'Ivoire, l'AIRD en appelle, dans l'urgence, au nécessaire et préalable dialogue politique, seul gage d'élections justes et démocratiques et de réconciliation vraie en vue d'une paix durable pour un développement harmonieux de la Côte d'Ivoire et de toute la sous-région. Un tel dialogue qui ne pourra avoir de sens sans la libération des personnalités détenues devra déboucher sur les conditions consensuelles de l'exercice de la démocratie dans notre pays, sans diktat ni mépris, en abordant de façon responsable les questions de la sécurité, de la transparence, de la liberté, du retour des exilés et de l'Etat de droit, de l'indépendance de la Commission Electorale Indépendante (CEI), de la stabilité politique, etc.

Enfin, l'AIRD lance un appel pressant à l'ensemble des Ivoiriens et des acteurs politiques afin que pour une fois, et en raison de la gravité de la situation que vit notre pays et que ne saurait durablement cacher la force d'une communication politique, l'intérêt de la Côte d'Ivoire puisse primer dans toutes les initiatives, actions et réflexions qui seront les leurs, car il est illusoire de prétendre aimer son pays en riant des malheurs de la moitié de sa population ou en surfant sur des clichés régionalistes. La Côte d'Ivoire et ses élites n'ont pas d'autre choix que celui du courage politique.

 

Fait le 12 Septembre 2011.


Pour l'AIRD, le  Ministre Eric KAHE, Président

ET LE BLANC DEVIENT NOIR

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Ils pensaient, ces individus, pouvoir anesthésier notre conscience à coups de pinceau magique. Ils pensaient pouvoir égarer notre intelligence dans de sombres abysses. Stupidité ! Ils croyaient pouvoir nous endoctriner à partir de quelques tours de passe-passe merdiques, de cosmétique grossière mettant en relief un simulacre de ville propre. Bien sûr, ils sont moult ceux qui se sont pris au jeu du changement salubre, comme quoi l'ancien pouvoir en place ne se complaisait que dans les détritus, dans l'inefficacité résiduelle. Et pourtant après quelques semaines de tape à l'œil, de vague blanche sur les artères d'Abidjan, on assiste à nouveau au retour des immondices. Bis répétita !

Ce matin, en sortant de ma commune, quel ne fut mon étonnement de voir par-ci et par-là des tas d'ordures jonchant la chaussée. Je me suis dit qu'il s'agissait sûrement d'une autre cité, d'une autre métropole que celle d'ADO car avec lui, on ne pouvait assister à ce décor apocalyptique digne de « l'infâme dirigeant génocidaire ». Croyez-moi mes amis, je fus encore plus étonné de voir les rues et les carrefours des quartiers de mes frères enturbannés malpropres. D'autant plus étonné que de mémoire d'ivoiriens, jamais je n'avais vu une communauté aussi fière d'enlever sa propre crotte juste pour prouver aux autres que le changement promis était arrivé.

Cependant, comme dit l'adage : « A beau chasser le naturel, il revient au galop ! ». N'en pouvant plus d'être propres, c'est à cœur joie qu'ils se remettent à déverser les eaux usées, les sachets, les épluchures partout. Même cette armée de femmes burkinabé allouée par Blaise COMPAORE pour astiquer Abidjan n'en peut plus de travailler en vain et réclame son maigre émolument. En réalité, les nombreuses promesses n'ont été pures supercheries. Bof ! Elles n'auront que leurs yeux pour pleurer car moi, jamais je ne compatirai à leur malheur.

Et le blanc devient noir, tous ces kilos de peinture blanche déversés dans Abidjan se sont transformés en une couche brune et glauque pareille à la pourriture qu'ils sont. Ils ont voulu du blanc, Dieu leur donne du noir ! À force de coups de pelleteuse, Abidjan est dévasté, les boulevards sont tristes et une atmosphère lourde et opaque étouffe la population. Tout est faux dans cette ville. Les joies sont fausses, les rires sont faux, et les fêtes ont un arrière de goût de mélancolie. Pour sûr, on regrette le passé, on regrette déjà GBAGBO. Et la maxime : « On n'apprécie le vrai bonheur que lorsqu'on l'a perdu » commence à titiller l'esprit de nos frères d'à côté. Mais, trop fiers pour l'admettre, ils se cachent derrière les éternelles excuses : « Il ne fait que commencer ! Dans quelques mois les activités vont reprendre ! ». Autrement dit, ils font dans l'espoir d'un lendemain meilleur. Nous, on n'est serein et on observe les évènements se dérouler, confiant d'avoir fait le bon choix, de ne pas avoir bradé notre dignité.

En somme, on retiendra qu'il ne suffit pas d'être économiste pour être un bon président, qu'il ne suffit pas d'injures et de calomnies pour faire mieux que ceux qu'on dénigre. Ces ânes de la politique ivoirienne l'apprendront à leurs dépens. Hélas, c'est encore nous, le peuple, qui souffrons. L'inflation est croissante, la paupérisation, vivace ; les malades, en grand nombre, succombent dans les hôpitaux bondés ; nos étudiants, l'élite de demain, se rongent les pouces à ne rien faire. Ainsi va la Côte d'Ivoire d'Alassane, un pays au bord du gouffre qui n'a de sursis que grâce à la main tendue. Moi, J'ai les larmes aux yeux à chaque fois que je sors en ville. J'ai l'impression de vivre un long cauchemar mais le brouhaha des balayeuses me rappelle à chaque fois que je suis bien éveillé !


Argentus Côte d'Ivoire


Source: Les Chroniques d'Argentus