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lundi, 22 août 2011

L'INCULPATION DE GBAGBO EST 100% ILLEGALE: LA LOI DE 2005 QUI INVALIDE TOUT



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Même si l'on admet que Laurent Gbagbo était un ex-chef d'Etat au moment de la crise postélectorale, des dispositions légales très claires indiquent une procédure qui n'a pas du tout été respectée. Le ministre de la Justice Jeannot Ahoussou Kouadio est bien placé pour le savoir...


Dans notre édition d'hier, nous titrions, à propos des procédures ubuesques utilisées contre le couple Gbagbo : «Le Droit est mort en Côte d'Ivoire !» Un élément qui mérite d'être mis sur la place publique donne encore plus de force à notre constat. Il s'agit de la loi du 27 mai 2005, «portant statut d'ancien président de la République, d'ancien chef ou président d'institution nationale et d'ancien ministre». En effet, même si l'on admet que les faits supposés reprochés à Laurent Gbagbo ont été commis alors qu'il n'était plus président de la République - ce qui est une absurdité juridique puisque les pouvoirs d'un chef d'Etat s'éteignent au moment de la prestation de serment de son successeur, selon la Constitution -, si l'on élude le mystère qui est fait autour de la nécessaire autorisation du Conseil constitutionnel, on doit tout de même lire cette loi qui est très claire en son article 2. «Aucun ancien président de la République ne peut être poursuivi ou arrêté à raison des faits criminels ou délictueux par lui commis qu'avec l'autorisation de l'Assemblée nationale». L'institution parlementaire, à laquelle Ouattara a coupé les vivres en toute illégalité, n'a jamais donné aucune autorisation, qui ne lui a pas du reste été demandée.

En son article 3, la loi de 2005 dit :  «Lorsqu'un ancien président de la République est susceptible d'être poursuivi ou arrêté en matière criminelle ou correctionnelle, le Procureur général près la Cour de cassation, avisé des faits par tous moyens, saisit par requête le Bureau de l'Assemblée nationale». Autrement dit, Simplice Kouadio Koffi, qui va de conférence de presse en plateaux télé pour évoquer le dossier Laurent Gbagbo, n'était absolument pas compétent pour le poursuivre. A défaut d'un procureur général près la Cour de cassation - prévue par la Constitution mais pas encore mise en place -, seul un procureur relevant de la Cour suprême pouvait, plus ou moins à bon droit, se saisir du dossier. Puis le transmettre ou pas, par la suite, à la juridiction qu'elle estime compétente. Le vice de procédure est patent, voire grossier... Si la Côte d'Ivoire était un Etat de droit tout juste minimal, ce méli-mélo juridique aurait été forcément annulé. En effet, les poursuites contre Laurent Gbagbo n'auraient eu de vernis juridique acceptable que si au terme de la consultation de l'Assemblée nationale, les deux tiers des députés siégeant l'avaient validée.  Ce qui n'a pas été le cas.

Le camp Ouattara a certes déjà trouvé une pirouette. Ils évoquent, dans leurs salons, l'article 55 qui évoque un cas où ces dispositions ne valent pas. C'est-à-dire «pendant les campagnes électorales» ou à «l'occasion des élections». Mais les infractions économiques supposées imputées au président Gbagbo se situent bien après le processus électoral, sous le gouvernement Aké N'Gbo. L'article 55 ne saurait donc être brandi de bonne foi.

Ce qui est le plus piquant dans ce dernier épisode de la série « Le droit est mort en Côte d'Ivoire », dont le scénariste est le chef de l'Etat himself, est que la loi de 2005 qui invalide toute la procédure lancée par Simplice Koffi Kouadio est que l'un des rédacteurs de cette loi est... Jeannot Ahoussou Kouadio, député de Didiévi, et membre de la Commission des Affaires générales et institutionnelles du Parlement au moment de son adoption. On aura décidément tout vu en Côte d'Ivoire !


Par Philippe Brou, in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier »

ABOU CISSE A SON NEVEU ALASSANE OUATTARA: «TANT QUE GBAGBO SERA EN PRISON, TU NE POURRAS PAS REUSSIR»



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Abou Cissé, l’oncle maternel d’Alassane Ouattara (frère de feue Nabintou Cissé, mère d’Alassane) n’est pas du tout tendre avec son neveu. Dans cet entretien, il lui «crache» ses vérités.

 

La Côte d’Ivoire a un nouveau pouvoir depuis le 11 avril dernier, suite à l’arrestation du Président Gbagbo par l’armée française…

Nous avons assisté à l’avènement d’un nouveau pouvoir. Nous subissons, en ce moment, ce pouvoir. Nous savons comment ce pouvoir a été installé. Nous constatons, avec beaucoup d’inquiétudes, la mise en place d’un système de jugement qui ne fait qu’éterniser la crise.

Quelles sont vos inquiétudes?

C’est l’arrestation de certains Ivoiriens, qui à un moment donné, ont eu à diriger ce pays. Notamment le Président Laurent Gbagbo, son épouse, les autres cadres et les militants de la majorité présidentielle. En assignant Gbagbo en résidence surveillée, on ne fait qu’emprisonner celui qui est au pouvoir actuellement. Parce que Laurent Gbagbo en prison pose plus d’inquiétudes que d’apaisement.

Soyez plus explicite…

Le Président Laurent Gbagbo est une personnalité. Cette personnalité a régné pendant dix ans. Plus longtemps, il sera en prison, plus son aura va s’affirmer contre les erreurs du pouvoir actuel. Ce pouvoir n’a pas la dimension de résoudre tous les problèmes des Ivoiriens. Vous allez voir que les gens, sans distinction politique, religieuse, ethnique et régionale, vont se retrouver de plus en plus dans les idées du Président Laurent Gbagbo. A travers cette situation, il a de fortes chances de devenir une icône, un symbole. Il va atteindre une telle dimension que le pouvoir en place ne pourra pas diriger ce pays.

Comment ?

Bon nombre d’Ivoiriens vont se sentir, compte tenu du fait qu’il a mis pratiquement tout le monde en prison, dans l’idéal du Président Laurent Gbagbo. Prenons l’exemple de Mandela lorsqu’ il était en prison. Ce n’était pas lui qui faisait, la révolte en Afrique du Sud. C’est le fait qu’on l’ait mis en prison. Cela a donné une autre valeur à Mandela. Aujourd’hui, Gbagbo va atteindre une dimension telle que la Côte d’Ivoire ne pourra pas être gérée par ceux qui sont là. Il ne va pas utiliser, comme les autres l’ont fait, les armes ou la rébellion. Sa présence en prison va susciter, plutôt, une chaîne de mouvements au niveau de la classe sociale. On n’aura pas besoin des armes ou d’une révolution par la guérilla. C’est le peuple lui-même qui va se soulever. Parce que le pouvoir actuel ne pourra pas répondre à l’attente des préoccupations des Ivoiriens. Ce n’est pas en faisant de grands coups de peinture sur certaines places, qu’on peut dire que ça va, le pays est en train de partir, tout va bien… Le pouvoir actuel doit se dire que les grandes puissances sont en crise. Ce ne sont pas ces pays qui pourront apporter de l’aide à la Côte d’Ivoire.

On parle de plus en plus de réconciliation nationale avec la mise en place d’une commission…

Tout ce qu’on décide, il faut croire. Si c’est une croyance à Dieu, nous pouvons dire oui. Ce sont des gestes et des volontés humaines. Nous ne croyons pas à ce processus tant que le pouvoir ne prend pas sur lui-même de libérer tous les prisonniers politiques. Il faut libérer le Président Gbagbo et ses camarades. Tant que ceux-ci seront en prison, tant qu’on ne fera pas une politique de réconciliation en acceptant les conditions, il n’y aura pas de paix. Tout le monde a été fautif de cette situation. On ne peut pas juger un côté et laisser l’autre.

Alassane Ouattara, dans son discours à la Nation, tend la main aux cadres de la majorité présidentielle…

Nous avons souri de cette main tendue. Au même moment, il continue de mettre les cadres et militants de la majorité présidentielle en prison. Certains viennent d’être inculpés. La réconciliation ne pourra jamais se faire tant que le Président Gbagbo sera en prison. Il faut le libérer. C’est à partir de ce moment que nous pourrons parler de réconciliation. Afin que la Côte d’Ivoire puisse se retrouver. En clair, la réconciliation ne sera possible, si nous ne trouvons pas une solution sur la réconciliation elle-même.

Quelle est cette solution ?

Dans cette situation, il appartient à Alassane lui-même de trouver la solution. Pour qu’il y ait réconciliation, il faut qu’il se libère de la tutelle des Français. Il est emprisonné par les liens qui le lient à la France. C’est l’armée française qui assure, en ce moment, sa sécurité. En plus, il est emprisonné par le fait que le Président Laurent Gbagbo soit en prison. Il est également en prison par rapport à l’ex-rébellion qui l’a aidé. Il arrive que ceux qui vous ont aidé à prendre le pouvoir, trouvent les voies et moyens pour se débarrasser de vous. Parce qu’ils vont trouver que vous êtes gênant. On le voit, aujourd’hui, les dernières sorties des Nations unies. Elles sont en train de se rebiffer en parlant d’injustice. Alassane doit chercher à avoir une victoire intérieure. Cette victoire, c’est libérer tous les dirigeants de la majorité présidentielle.

Quelles explications donnez-vous à ce revirement des Nations unies qui ont aidé Alassane à prendre le pouvoir ?

Lorsqu’ on convoite une belle femme, on utilise tous les mots doux. Lorsque vous l’avez, les conditions dans lesquelles vous mettez la femme finissent par montrer votre vrai visage. Tant qu’Alassane ne prouvera pas aux Ivoiriens qu’il n’est pas attaché à la France, qu’il n’est pas gardé par des troupes françaises, l’Ivoirien dans sa dimension actuelle ne croira pas à tout ce qu’il va faire.

A-t-il vraiment le choix ?

C’est lui qui doit choisir. Avoir l’aval de la population ou être prisonnier de la France. Avec la présence des militaires partout dans les rues, l’Ivoirien va finir par s’habituer. Il ne va plus les respecter. C’est ce qui entraîne les guérillas. Il faut qu’Alassane se ressaisisse. La Côte d’Ivoire n’a pas besoin de prisonniers politiques.

Depuis l’arrivée d’Alassane au pouvoir, rien n’a changé. La situation ne fait qu’empirer…

Il y a des parasites dans l’entourage d’Alassane pour satisfaire leurs poches. Et non pour l’intérêt de la population. Il ne pourra jamais travailler tant qu’il ne permettra pas à l’opposition réelle d’exister. Nous disons que la réconciliation ne sera possible tant qu’il y aura des prisonniers politiques. Dans ce mois de jeûne, un mois de pardon et de réconciliation avec soi même, il faut que les Imams lui disent que la pérennisation de la Côte d’Ivoire ne se trouve pas dans les crises. Encore moins avec l’emprisonnement du Président Gbagbo, son épouse et les autres membres de la majorité présidentielle. Ainsi que les inculpations qu’on voit ici et là.

Que dites-vous du panier de la ménagère ?

Nous vivons une situation dramatique. La vie est devenue très chère. Il y a aussi le marché de l’emploi qui est devenu catastrophique. Parce que la confiance n’est pas encore là. La peur de l’Ivoirien pour faire quelque chose est devenue plus frappante. Alassane a promis beaucoup d’argent en tenant compte de ses relations. On ne dirige pas un pays à coups de dollars ou d’argent. On dirige un pays avec un certain humanisme. Cet humanisme manque, aujourd’hui, à Alassane. La Côte d’Ivoire n’est pas seulement l’économie. C’est une histoire d’humanisme. Ceux qui s’asseyent dans leur bureau pour compter sur l’aide de l’extérieur en auront pour leur compte. Parce que ces pays qui devraient donner de l’argent à la Côte d’Ivoire sont en pleine crise. Ce ne sont pas eux qui vont nous donner de l’argent. Lorsque la population aura faim, elle se soulevera. La destruction des emplois n’arrange pas les choses.

Un commentaire sur les démolitions en cours…

On se rappelle que ceux qui sont au pouvoir actuellement avaient accusé l’ancien pouvoir de tous les maux. Lorsqu’il avait décidé de le faire. Il faut dire que c’était la haine contre le pouvoir de Gbagbo. Nous comprenons mal qu’on aille détruire la Rue princesse. Cette rue n’a pas été créée par un pouvoir. Elle a été créée par des jeunes. Nous ne comprenons pas. Et l’Ivoirien moyen ne comprendra jamais. C’est comme si on allait casser Pigalle en France.

Le pouvoir soutient que c’est un lieu de dépravation…

Il y a des lieux de dépravation dans toutes les villes. La Rue princesse avait sa dimension. Nous pensons que dans chaque ville du monde entier, il y a des zones qui se fabriquent d’elles-mêmes. Ce n’est pas un gouvernement ou un homme politique qui les crée. C’est une situation voulue, fabriquée et acceptée par les populations. C’est ça aussi la liberté. La Rue princesse existait avant l’arrivée de Gbagbo au pouvoir. La Rue princesse est symbole de Yopougon, voire de la ville d’Abidjan. C’est une erreur d’avoir donné l’ordre de casser cette rue. Ce sont des cultures de la jeunesse. L’homme doit se débarrasser de la haine pour embrasser l’amour pour la patrie. Qu’il arrive à aimer les Ivoiriens. S’ils sont venus pour détruire ce qui est construit, on ne finira pas de reconstruire la Côte d’Ivoire.

Et l’insécurité ?

C’est inquiétant. Alassane lui-même n’est pas en sécurité. Raison pour laquelle il est surveillé par l’armée française et les Forces onusiennes. Il se met en sécurité et met les Ivoiriens dans l’insécurité. Il faut donner la sécurité aux Ivoiriens. Notamment aux policiers et gendarmes. Nous ne pouvons pas comprendre qu’on puisse les désarmer. Nous devons apprendre à faire confiance à nos Forces de l’ordre. Il faut débarrasser les rues de tous ceux qui n’ont pas droit aux armes. Aujourd’hui, partout, les gens soutiennent que le temps du Président Gbagbo était le meilleur. Ça veut dire qu’il y a quelque chose qui ne va pas. L’insécurité, la cherté de la vie, la débâcle de nos institutions sont très graves. Diriger un peuple, ce n’est pas seulement avec le talent d’un économiste. Pour diriger un pays, il faut être investi d’un humanisme. Nous prenons l’exemple du Président Gbagbo.

Il est d’un humanisme incroyable. La politique du Président Laurent Gbagbo prenait en compte tout le monde sans distinction d’ethnie, de religion et de région. Contrairement à Alassane dont l’entourage est composé uniquement de gens de leur ethnie et leur région. Ce n’est pas construire une Nation. C’est en tenant compte de ces facteurs que Gbagbo a mené une politique de rassemblement des Ivoiriens. Pour lui, il ne faut pas juger les gens sur la base ethnique ou religieuse. Mais sur la base des valeurs et de la compétence. C’est un humain. Et il est reconnaissant. Il n’oublie jamais ses amis. Lorsque j’étais en prison, il est le seul qui m’a rendu visite. Alors que celui pour qui j’ai été en prison n’est même pas venu me voir. Sans oublier que j’ai vendu deux de mes villas pour le défendre. Afin qu’il soit candidat. Laurent Gbagbo m’adressait régulièrement des courriers pour me demander de ne pas me suicider. Puisqu’on doit continuer la lutte. Au sortir de la prison, il m’a rendu visite à Treichville. La dimension de Gbagbo a dépassé les frontières. Il n’appartient pas à la seule Côte d’Ivoire. Encore moins au Fpi. C’est l’arc-en-ciel. Dieu ne dort pas. Il ne permet pas l’injustice. Laurent Gbagbo a fait beaucoup pour les musulmans. Il a envoyé des milliers de musulmans à la Mecque pour accomplir le cinquième pilier de l’Islam. Et pourtant, il y a des gens qui se targuent d’être musulmans. Alors que leur front ne touche pas le sol. En leur temps, ils n’ont pas pu obtenir une Ambassade en Arabie Saoudite. Laurent Gbagbo n’a jamais mis un journaliste en prison. Malgré tout ce que les journaux racontaient sur lui. Il y avait une liberté totale de la presse. Il était ouvert à toutes les critiques.

Des personnes ne comprendront pas que l’oncle maternel d’Alassane soit du côté de Gbagbo au détriment de son neveu…

Nous sommes libres de nos idées. La politique, ce n’est pas du tribalisme, du régionalisme. Ce sont des idées. Nous disons haut et fort que Laurent Gbagbo ne mérite pas ce qu’on lui fait, aujourd’hui. Alassane lui doit beaucoup. Notamment son retour d’exil et sa candidature. Il a fait beaucoup pour la communauté musulmane. A savoir la facilitation du pèlerinage, l’ouverture d’Ambassade en Arabie saoudite. Lorsqu’ il était au pouvoir, il était à leurs petits soins… La réconciliation ne bute pas sur les mots. Mais sur les conditions dans lesquelles, l’on veut organiser cette réconciliation. On risque de dépenser des milliards pour rien. Nous persistons et signons, il n’y aura pas de paix dans ce pays, tant qu’il y aura des prisonniers politiques. Le pouvoir d’Alassane est composé de personnes venues pour se venger. Nous pensons que l’on doit apprendre à faire la distinction entre les valeurs familiales et les valeurs républicaines. Personne ne peut nous empêcher d’avoir une opinion contraire à notre neveu. Nous ne sommes pas des béni-oui-oui. C’est une grave erreur qu’il commet en décidant de vouloir juger son bienfaiteur d’hier.

Le pouvoir soutient que la réconciliation ne doit pas se faire sans justice…

Les gens le poussent à la faute. Il lui appartient de dire aux puissances qui l’ont aidé à prendre le pouvoir qu’en Côte d’Ivoire, nous n’avons besoin de jugement, mais d’une réconciliation. Il faut qu’il arrête de mettre des peintures blanches partout. Ce n’est pas du développement. Ne semons pas les graines de la haine. Libérons tous les prisonniers politiques. Tant que le Président Gbagbo ne sera pas libre, Alassane ne pourra pas dormir sur la surveillance d’un Ivoirien. A la condition que les soldats français et les forces onusiennes restent en permanence. Tant qu’il ne libérera pas les prisonniers, les Ivoiriens à l’extérieur seront un danger. Non pas parce qu’ils ont des armes. Mais par leur aura sur la Côte d’Ivoire, ils auront une emprise sur l’ensemble des Ivoiriens. Au moindre faux pas, on risque de tomber dans une guerre civile. Pour qu’il puisse avoir la paix intérieure et dormir tranquille, Alassane doit chercher les voies et moyens pour libérer le Président Gbagbo et les autres avant d’entamer le processus de réconciliation. Comme ce qui s’est passé en Afrique du Sud et en Zambie. On a libéré tout le monde. Envoyer l’affaire devant le Tpi, c’est détruire la Côte d’Ivoire à petit feu. Alassane ne pourra pas construire la Côte d’Ivoire. C’est dans la paix des coeurs que l’économie marche. S’il refuse, il ne dirigera pas la Côte d’Ivoire.

Que répondez-vous à ceux qui soutiennent que le tour des gens du Nord est arrivé?

La Côte d’Ivoire n’est pas faite de Dioula. Cette communauté représente 11% de la population. Lorsque nous entendons nos frères dire qu’ils sont au pouvoir, et qu’ils n’ont pas besoin de travailler, cela m’écoeure. Ces propos entraînent des brimades des autres ethnies. Que l’on arrête les exactions à l’encontre de certains de nos compatriotes. Il y a 60 ethnies en Côte d’Ivoire. Elles vivaient en harmonie. On voit des nominations à base ethnique. Ce n’est pas bon.

Quelles explications donnez-vous aux différents drames que vit la Côte d’Ivoire ? Notamment des accidents sur les routes, le bus qui a plongé dans la lagune ? Sans oublier plusieurs collisions de véhicules qui ont entraîné de nombreux morts ?

C’est un message que Dieu lance au pouvoir. Selon les devins, Dieu est en train de parler à Alassane qui a le coeur endurci. Que si le pouvoir n’y prend garde, la Côte d’Ivoire va connaître des lendemains plus atroces. Ce n’est pas de bon augure. Ce sont des signes que les nouveaux tenants du pouvoir doivent prendre au sérieux. Raison pour laquelle, nous lui demandons de libérer le Président Gbagbo et ses camarades.


Une interview de Yacouba Gbané.

 

Source: LA COTE D'IVOIRE VRAIE

samedi, 20 août 2011

DEGUERPISSEMENT DES POPULATIONS: LES VICTIMES ACCUSENT ANNE OULOTO DE FAVORITISME



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Désirée Anne Oulotto, ministre de la Salubrité a décidé de «nettoyer» le District d'Abidjan en le débarrassant de toutes ses ordures. Ainsi, depuis quelques semaines, ses services sont sur les fronts. Des travaux de grandes envergures sont realisés. Il s'agit notamment de l'enlèvement des ordures, le nettoyage des talus, sans oublier la destruction des endroits que Mme la ministre juge encombrants. Ainsi, du Boulevard Latrille à Cocody au Boulevard Valery Giscard d'Estaing en passant par la célèbre Rue princesse à Yopougon, le carrefour de la Riviera 2, le Boulevard François Mitterrand...les bulldozers de Désirée Anne Oulotto sont passés. Ils ont détruit toutes les constructions anarchiques sur les emprises de la Cie, de la Sodeci et autres installations étatiques.

Malheureusement, ces destructions font quelques grincements de dents. Des riverains pensent que la « bulldozer » du gouvernement comme on l'a surnomme fait du favoritisme. La preuve, à la Riviera 2, par exemple, sur la voie menant à Anono, des constructions ont été rasées alors que d'autres construites dans les mêmes conditions que les premières sont restées intactes. Les sinistrés en veulent pour preuve, le célèbre « Poulet Show » de la Riviera 2, qui n'a pas été touché. Alors qu'à côté, le Chawarma, la boulangerie...ont sérieusement été touchés par les services de Mme la ministre de la Salubrité. Plus loin, des commerces qui longent la même voie jugées encombrants sont parties sans que la Pharmacie Ste Athanase, propriété de l'épouse d'un membre du gouvernement actuel soit touché.

Ce même constat est observé par les riverains de la célèbre « Rue princesse ». En effet, dans son acharnement de faire disparaître les maquis et autres bars qui jonchent cette rue, Mme la ministre de la Salubrité a détruit des habitations sans s'attaquer à d'autres installations construites sur des regards et autres emprises de la Sodeci et de la Compagnie ivoirienne d'électricité (Cie). Alors que le but visé par cette opération est la libération de toutes les emprises occupées par les constructions anarchiques. Ces victimes pensent que le ministre de la Salubrité ne respecte pas les normes édictées par ses soins. Elles pensent qu'elle en fait trop.


J.A

Source: ABIDJAN.NET

COMMENT LE PDCI ET LE RDR ONT ARME LES MENTALITES CONTRE GBAGBO EN 10 ANS

 

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Inculpation de l'ancien chef de l'Etat pour « crimes économiques »: Comment le Pdci et le Rdr ont armé les mentalités contre Gbagbo en 10 ans.

 

C'est une première dans l'histoire de la Côte d'Ivoire. Un ancien Président de la République éjecté du pouvoir par un coup d'Etat militaire perpétré par des puissances étrangères (France-Onu-Etats-Unis) et son épouse viennent d'être inculpés par la justice ivoirienne. Laurent Gbagbo, puisque c'est de lui qu'il s'agit, passera bientôt devant la justice pour, dit-on, répondre de ses actes. Selon le Procureur de la République Simplice Koffi Kouadio, il est reproché à l'ex-couple présidentiel les faits de « vols aggravés, détournement de deniers publics, pillage, corruption et d'atteinte à l'économie nationale ». Curieusement, on ne retrouve nulle part dans les chefs d'accusation ayant servi de base à l'inculpation de l'ex-chef de l'Etat et de l'ex-Première Dame, les vaines diatribes ressassées depuis une décennie par l'ancien bloc de l'opposition réuni au sein du Rhdp, et portant sur les supposés crimes de sang qu'aurait commis Laurent Gbagbo durant son règne. Où sont passés les « crimes de sang » farfelus attribués depuis 2000 à Gbagbo et à Simone ? Qu'est-ce qui explique donc ce revirement spectaculaire des nouvelles autorités ivoiriennes, qui ont régulièrement peint dans tous les médias internationaux et particulièrement français, l'ancien couple présidentiel comme un monstre odieux ?

Personne n'ose pour le moment donner une réponse claire à cette question de bon sens. Ce que l'on sait, c'est que depuis 2000, Alassane Ouattara et ses hommes ont habitué les Ivoiriens à ces accusations gratuites contre le Président Laurent Gbagbo et son épouse. Très futés dans l'art de la manipulation, ils ont réussi, à travers les mensonges, à liguer le monde entier contre Laurent Gbagbo, le présentant parfois comme un personnage infréquentable. Tout commence en octobre 2000.

Le charnier de Yopougon

Alors que le Président Laurent Gbagbo s'apprête à prêter serment après sa brillante victoire sur le Général Robert Guéi, le 26 octobre 2000, Alassane Ouattara jette ses militants dans les rues d'Abidjan pour, dit-il, y récupérer le pouvoir. La capitale économique est à feu et à sang, et les manifestants du Rassemblement des républicains (Rdr) d'Alassane Dramane Ouattara tirent sur tout ce qui bouge. Curieusement, le lendemain, sur les ondes d'une Radio étrangère, les Ivoiriens apprennent la découverte d'un charnier derrière la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca) située à Yopougon. Là où les chiffres officiels font état de 57 corps, le Rdr et ses responsables parlent d'une centaine de corps. Pire, sans aucune enquête sur l'identité des personnes enchevêtrées à cet endroit, le parti de Ouattara fait croire à l'opinion nationale et internationale que tous les corps composant ledit charnier sont ceux de jeunes musulmans ressortissants du Nord de la Côte d'Ivoire. Cette histoire poursuit Gbagbo jusqu'à ce qu'un procès vienne rétablir la vérité. Les gendarmes mis en cause dans cette scabreuse affaire montée de toutes pièces par le Rdr ayant été blanchis, faute de preuves. Néanmoins, cette histoire contribuera à ternir l'image de Laurent Gbagbo au plan politique et diplomatique.

L'affaire des enfants esclaves

Après l'épisode du charnier de Yopougon, le Rdr et ses responsables retournent dans leur laboratoire de fabrique de mensonges. Ils en ressortent subitement avec une affaire d'exploitation des enfants dans les plantations de cacao. Le tapage médiatique qui accompagne leur sadique campagne est tel, que la Côte d'Ivoire n'est pas loin de perdre sa place de premier pays producteur du cacao au monde. Les Etats-Unis et d'autres partenaires de la Côte d'Ivoire menacent même d'interdire l'importation du cacao ivoirien sur leurs sols. Heureusement que des organisations internationales effectuent des déplacements sur le terrain pour rétablir la vérité.

Poudrière identitaire de Benoît Chaueur

Pour ternir davantage l'image de Laurent Gbagbo et se donner des arguments pour déstabiliser son régime, le Rdr se voit obligé de se faire des alliés dans tous les pays européens. Sur leur liste se trouve un certain Benoît Chaueur, de nationalité belge. A ce dernier, les officines ouattaristes de manipulation confient la réalisation d'un film sur les velléités exclusionnistes et génocidaires de Laurent Gbagbo. C'est ce qu'il fait lorsqu'il débarque en Côte d'Ivoire. Dans une production intitulée « Côte d'Ivoire, poudrière identitaire », le mercenaire encagoulé fait savoir que dans ce pays, tous les ingrédients sont mis en œuvre par Laurent Gbagbo et son régime pour l'extermination systématique des musulmans et des populations du Nord. Ce pseudo-sociologue fait diffuser son film partout en Europe. L'image de Laurent Gbagbo prend là encore un autre coup. Mais après une contre offensive menée par Mamadou Ben Soumahoro en Belgique, l'ex-chef de l'Etat reprend le dessus. La bourrique de sociologue rentre dans sa coquille et la ferme à jamais.

Escadrons de la mort

Quand survient la crise militaro-politique en septembre 2002, il y a des gens qui sont liquidés par des hommes en tenues militaires. Il s'agit du Dr Benoît Dacoury Tabley, ancien médecin personnel de Laurent Gbagbo quand il était encore dans l'opposition (et frère cadet de Louis-André Dacoury-Tabley, l'ancien numéro 2 de la rébellion), Emile Tehé, président d'un parti politique inconnu et le comédien Camara Yéréfé dit « H ». Sans preuve aucune, le Rdr accuse le régime de Laurent Gbagbo d'avoir constitué une équipe de tueurs à gages qu'il baptise à coup de battage médiatique  « escadrons de la mort ». Dans toute la presse hexagonale, on accuse Simone Gbagbo d'être le cerveau de ces fameux « escadrons de la mort ». Pourtant, les personnages en question sont des anonymes en Côte d'Ivoire. Inconnus qu'ils sont sur le terrain politique, ils ne gênent nullement le pouvoir en place à l'époque au point de mettre à leurs trousses des tueurs. Là encore, la vérité l'emporte sur les mensonges de ses adversaires. Simone Gbagbo intente même des procès en France contre certains journaux hexagonaux, et la justice française condamne entre autres, le magazine Paris Match pour diffamation. Voici comment cette affabulation rocambolesque du Rdr s'est évanouie.

Affaire Jean Hélène et Guy André Kieffer

Après l'assassinat du journaliste franco-belge, Jean Hélène, l'opposition accuse une fois encore le président Laurent Gbagbo et son régime d'avoir commandité le coup. Le Sergent de police Dago Séry, reconnu coupable par la justice à l'issue d'un procès, est condamné à 17 ans d'emprisonnement ferme. Mais pour les opposants qui soutiennent la rébellion et qui veulent à tout prix manger du Gbagbo, cela ne suffit pas. Ils sortent un autre feuilleton. Celui de la disparition d'un autre soi-disant journaliste, Guy André Kieffer, lui aussi, un franco-belge. Simone Ehivet Gbagbo, l'épouse du Président est nommément accusée. Même si elle gagne son procès contre le journal français « Le Monde », cette curieuse disparition devient le chiffon rouge brandit contre Laurent Gbagbo dans tous les débats où la France ne veut pas le voir.

Crise postélectorale

La crise postélectorale sert également d'occasion aux adversaires du président Laurent Gbagbo pour multiplier les accusations farfelues. L'ex-chef de l'Etat est accusé de massacrer des populations civiles et les étrangers vivant en Côte d' Ivoire. Dans cette folie mensongère, Laurent Gbagbo est accusé d'avoir massacré 6 femmes parmi celles qui  manifestent à Abobo pour son départ du pouvoir. Et c'est pour tout cela, selon le Rhdp et ses alliés, qu'il méritait d'aller devant le Tribunal pénal international. Ce sont ces prétendues violations massives des droits de l'Homme attribuées à l'ancien chef de l'Etat ivoirien, qui ont servi à la France pour tromper l'Onu et obtenir une résolution du Conseil de sécurité pour déclencher sa guerre contre Laurent Gbagbo sous le fallacieux prétexte de « droit d'ingérence humanitaire ».

Conséquence, c'est que les adversaires de Laurent Gbagbo ont tout fait pour faire croire aux populations du Nord qu'il existe dans ce pays un individu qui ne les aime pas. A côté d'eux, il y a un groupe dont les esprits ont été armés contre Laurent Gbagbo. D'où la guerre fratricide qui vient d'endeuiller le pays. Et c'est cela qui justifie les massacres des populations d'Anonkoua Kouté, à Abobo, Duékoué et plusieurs villages Abbey, Akyé, Bété, Dida et de l'ouest parce qu'elles ont voté Gbagbo. C'est cela qui justifie aussi la bastonnade pendant le vote de ses représentants dans le Nord du pays et qu'on pourchasse d'autres dans les autres villes et contrées du pays.

Pendant 10 ans, le PDCI-RDA d'Henri Konan Bédié et le RDR d'Alassane Dramane Ouattara ont accusé Laurent (et Simone) Gbagbo de tous les péchés d'Israël. Au moment où ils ont maintenant l'occasion de lui faire payer pour tous ces « crimes » imaginaires, voici que la justice ivoirienne aux ordres de Ouattara se défausse sur de prétendus « crimes économiques ». Tout simplement honteux.


Gninika Ganiakoué, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 44 des samedi 20 et dimanche 21 août 2011.

vendredi, 19 août 2011

MANIFESTE DE L'ALLIANCE IVOIRIENNE POUR LA REPUBLIQUE ET LA DEMOCRATIE (AIRD)


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Un parti créé en 2006 mais dont le manisfeste est plus que jamais d'actualité!


Conscients de la mansuétude de Dieu à l'endroit des peuples de Côte d'Ivoire dans leur diversité ethnique, culturelle et religieuse, source d'enrichissement, nous croyons en l'unicité et en la grandeur de la nation ivoirienne, démocratique, libre, fraternelle et prospère.

Victimes et témoins des meurtrissures et des pires souffrances endurées par les peuples et les populations de Côte d'Ivoire suite à la guerre, nous sommes résolument déterminés à préserver les générations futures des affres engendrées par tout conflit, notamment armé qui nous déshumanise et retarde le développement de notre pays.

A l'AIRD, nous privilégions dans notre vécu quotidien le respect de la dignité humaine, la paix, la justice, la liberté, la solidarité, la tolérance, la démocratie, la bonne gouvernance, l'intégration régionale, la coopération internationale et l'épanouissement des femmes, des jeunes, des personnes âgées ou vulnérables.

Avec la création de ce parti politique affranchi des pesanteurs sectaires et regroupant ainsi des hommes et des femmes de toutes conditions et origines, ayant en partage la promotion de la démocratie et des valeurs républicaines et citoyennes, nous n'agirons que par conviction et dans l'esprit de la primauté de la nation ivoirienne sur les intérêts individuels ou partisans.

Nous ferons partager ces diverses valeurs, auxquelles nous sommes profondément attachés et que nous défendrons avec détermination, à tous nos concitoyens.

La conquête du pouvoir d'Etat par la voie exclusive des urnes, la création de richesses par tous et au profit de chacun et la bonne gouvernance dans la modération et la concertation selon la vision d'une nouvelle dynamique de prospérité et de progrès social dans tous les secteurs d'activités, doivent contribuer au développement harmonieux et durable d'une Côte d'Ivoire respectée de tous ses partenaires.

Notre credo demeurera toujours en l'idée force que rien ne mérite d'être acquis au prix du sang. Tout peut s'obtenir par le travail acharné, le dialogue constant dans un esprit d'ouverture et d'écoute, le respect de la différence dans la cohésion.

Au nom de notre jeunesse qui a plus que jamais besoin de repères et de nouvelles espérances, qui ne soient pas seulement virtuelles, pour relever les nombreux défis et à qui nous devons laisser plus que nous n'avons reçu de nos pères, nous contribuerons à permettre à la Côte d'Ivoire de prendre part à la révolution technologique en vue de son insertion dans le concert des nations tout en restant enracinée dans les valeurs africaines.

Nous en appelons à la conscience nationale de tous les Ivoiriens pour que dans un élan patriotique de solidarité, de pardon et de réconciliation dans la vérité, nous assumions avec dignité et courage notre histoire.

Parti d'ouverture à équidistance de tous les extrêmes, l'AIRD est un espace convivial et fraternel de liberté d'expression, notamment à travers des débats disciplinés dans le dépassement de notre ego, le respect de nos différences, de nos idées et dans la tolérance puisée dans les vertus de nos traditions.

Nos compromis seront obtenus sans compromission et avec la recherche permanente, dans l'humilité, du consensus soutenu par les principes démocratiques.

L'AIRD réaffirme sa foi en une Côte d'Ivoire une et indivisible dans laquelle se perpétuent, au fil des générations, les traditions d'amour, de fraternité, d'hospitalité, de cohésion sociale et de paix.

L'AIRD, notre édifice commun, se présente comme le réceptacle de toutes les forces vives mues par ces idéaux.

Ensemble, avec un mental nouveau et conquérant, semons avec l'AIRD les graines d'une république démocratique dont le respect des valeurs et principes nous fera cueillir les fruits de la dignité, de la liberté et de l'indépendance dans un état de droit.


Le Ministre Eric KAHE

 

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ERIC KAHE: DU «VIVRE ENSEMBLE» AU «VIVRE EN CENDRE»


Le ministre Eric Kahé,
Président de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIDR), le 5 août 2011.


7 août 1960, 7 août 2011. 50+1 ans d'indépendance. En ce premier anniversaire de notre marche vers le deuxième cinquantenaire de notre accession à la souveraineté nationale et internationale, que de signaux inquiétants!


Alors que ne devraient résonner dans nos cœurs que le solennel souvenir de la voix du président Félix Houphouët-Boigny (FHB) et scintiller dans nos yeux l'image historique de la proclamation d'indépendance du haut du perchoir de notre Assemblée nationale!

Ironie du sort, cette Assemblée nationale est sur pause. Ce jour qui aurait dû être celui de notre rassemblement et de l'unité de la Nation autour du drapeau est terni par une chape de froid humain alimenté par un air de suspicion et de délation qui n'épargne personne et contraint certains Ivoiriens à l'exil. Pour ne rien arranger, le dernier rapport d'Amnesty International sur la poursuite des tueries brise bien des cœurs et nous interpelle sur le devenir de notre pays, le devenir de la Nation en construction. L'incertitude et le doute habitent bien des Ivoiriens.

Pour beaucoup, le "vivre ensemble" qui aurait dû être un hymne au rassemblement et à l'union des filles et fils de ce pays est en passe de devenir un "vivre en cendres", au vu du nombre de villages et de quartiers de certaines villes en cendres.

Au chapitre des relations internationales, tout le monde s'accorde pour dire que les Etats n'agissent que dans le sens de leurs intérêts. A l'instar des Etats, les Ivoiriens ne peuvent-ils se donner les ressorts du sursaut?

Si la fille aînée de l'Eglise Catholique a pu se laisser accuser, sous un régime socialiste, de soutenir le génocide hutu, est-ce nos quelques milliers de morts qui vont l'émouvoir au point d'en appeler au nécessaire dialogue politique en Côte d'Ivoire? Quelle que soit la réponse à cette question, nous devons nous convaincre que nous sommes désormais seuls face à notre destin. Il sera ce que nous voudrions qu'il soit.

Nous pouvons et devons transformer nos relations qui sont hélas actuellement de sang et de cendres. Les premières responsabilités incombent aux leaders politiques et le président Laurent Gbagbo a déjà proposé son approche en indiquant que la dimension militaire étant terminée, nous devons aller aux discussions politiques. Cette initiative relève désormais de la volonté de celles et ceux qui sont au pouvoir, sous l'encadrement éventuel de l'Onu.

Certes, la tentation sera grande pour les partisans du nouveau régime de prôner la ligne de la fermeté. Il leur sera aussi loisible de feindre de ne pas voir les crimes et autres exactions de tous genres dans la conquête d'Abidjan, de l'Ouest, etc. Il y a aussi l'option des emprisonnements tous azimuts de tous ceux qui ont été associés d'une manière ou d'une autre à l'exercice du pouvoir postélectoral, en attendant sans doute une des 4 prochaines fêtes nationales pour un geste de grâce.

Dans ces différentes postures, se trouve le plus grand danger de notre avenir qui s'exposerait alors à une poudrière généralisée. Une poudrière avec ses ramifications devant chaque porte. Tout leader qui manque de courage politique ne peut rentrer dans l'Histoire. Jamais les portes de l'Histoire n'ont été aussi grandement ouvertes à chaque Ivoirien et plus singulièrement aux tenants du pouvoir, mais aussi à chaque Ivoirien.

S'il est de bonne guerre pour les pouvoirs de minimiser ou feindre d'ignorer les risques de déflagration future, il nous appartient, société civile et opposition républicaine, de donner l'alerte. Chacun avec sa sensibilité, sans jamais s'écarter de l'essentiel qui est de sauver la Côte d'Ivoire. Telle est la mission de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) qui n'oublie pas la nécessaire libération de ceux qui sont emprisonnés pour avoir, de bonne foi, respecté un arrêt du Conseil Constitutionnel sans la caution duquel les nouvelles autorités, elles-mêmes, n'auraient eu de base légale. Cette libération devient une exigence morale et politique qui ne porte nullement atteinte au besoin de justice. En effet, bon nombre de ceux qui sont détenus aujourd'hui ont agi dans le cadre d'un arrêt de justice, les décisions du Conseil Constitutionnel, qui s'imposent à tous.

Dès lors que toute la classe politique est finalement d'accord sur la nécessité démocratique d'un "parlement critique", il faudra aussi que cette exigence soit connue et acceptée des auteurs des exactions dénoncées par les organisations de défense des droits de l'homme, lesquels auteurs semblent ne pas pouvoir s'accommoder du droit à la différence et qui tuent pour le port d'un T-shirt d'un adversaire politique.

Un pays dont les populations, notamment les leaders politiques, les cadres et même les artistes sont en exil ne peut rassurer ni investisseurs, ni touristes. Le dire c'est aimer son pays. Un pays dans lequel des citoyens rient des malheurs d'autres citoyens, n'est pas une Nation. La Côte d'Ivoire a sans doute besoin d'argent. Mais elle a plus que besoin de paix et d'être une Nation. Nous devons briser nos chaînes du tribalisme. Cela commence par nous reconnaître tribalistes. C'est le sachant que les autres l'utilisent pour nous diviser afin de mieux nous asservir, au détriment des intérêts de nos populations ainsi spoliés de leurs richesses.

C'est en reconnaissant aux populations victimes, de toute localité, de toute région et de toute obédience politique le tort à elles causé, qu'on les détournera de la tentation de vengeance car l'on aura remarqué que chaque épisode de violences politiques impunies est suivi d'un autre épisode au bilan plus catastrophique et donc d'un plus grand désir de vengeance d'une partie de la population.

S'il est vrai qu'il faut du temps pour panser les plaies de la Côte d'Ivoire, il urge alors de ne pas en ouvrir de nouvelles. Notre paix doit se bâtir donc sur une trêve des intelligences et non sur une politique de l'autruche qui risque de cristalliser les rancœurs, encore moins d'une justice post-conflit entièrement à la solde et aux ordres des vainqueurs. Si FHB qui est notre référence historique a imprimé sous son règne un rythme de paix à ce pays et a pu jouir d'une longévité politique, c'est sans doute parce qu'il a su, aux moments nécessaires, oxygéner la marmite, notamment par les séances du Dialogue National. Il a aussi fait droit aux victimes des graves accidents de parcours, comme ceux des "complots de 1963".

Encore que dans son cas, FHB disposait du temps pour agir plus tard. Ce n'est plus le cas des régimes de notre époque où la limitation du mandat et la sanction populaire ne permettent de tabler au mieux que sur 10 ans, sinon sur 5. Dans 4 mois, une année aura été déjà consommée. Il ne restera au mieux que 3, la dernière année étant électorale.

Devant le risque de la tentation pour les extrémistes du pouvoir actuel de profiter de la période du traumatisme des défaits pour leur liquidation politique, l'AIRD doit, au sein du CNRD, prendre sa part d'audace, avec son enracinement républicain qu'on lui connaît et inviter tous les Ivoiriens à une lucidité nationale. Avec la conviction désintéressée de servir le pays, la défense de la liberté, la préservation des droits acquis grâce à l'engagement de nos devanciers, parmi lesquels Laurent Gbagbo à qui tous reconnaissent son combat pour la démocratie et qui reste, qu'on le veuille ou non, une partie de notre Patrimoine. D'autres ont, devant eux, les larges voies de l'autoroute de l'Histoire dans laquelle ils ne pourront s'inscrire que par leurs résultats, par leurs actes car pour l'Histoire, les intentions ou les déclarations d'intentions ne suffisent pas.


Source: CONNECTION IVOIRIENNE.NET

REQUISITOIRE SANS CONCESSION DE MK: «L'HYPOTHETIQUE BILAN POSITIF D'ADO REPOSE SUR DU DETAIL PORTE PAR UNE COMMUNICATION SANS FONDEMENT»

 



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Quatre mois après la prise de pouvoir sanglante par Alassane Dramane Ouattara, le Professeur Mamadou Koulibaly, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire et fondateur du dernier né des partis politiques ivoiriens Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a accordé un entretien sans langue de bois à Pan-African Visions, média panafricain de langue anglaise basé aux Etats-Unis.

Alors que le nouveau régime, entérinant la défaillance complète de l'état de Droit et de l'Etat tout court, se complait dans des dérives autocratiques sans précédent, et que les dirigeants de l'ex-parti au pouvoir - à l'instar du président par intérim du FPI Miaka Oureto - lui font une cour ouverte et pressante afin de faire enfin partie de la coalition gouvernementale, le président de LIDER se positionne fermement dans l'opposition, dans une posture audacieuse et porteuse d'espoir pour de nombreux Ivoiriens traumatisés par les événements récents et l'enlisement catastrophique de leur pays dans le chaos, l'étau néocolonial et la pauvreté durable. Une lecture nécessaire. Mahalia Nteby.


PAV: Professeur Koulibaly, commençons par jeter un coup d'œil sur la situation actuelle en Côte-d'Ivoire, en tant que politicien aguerri, pourriez-vous nous donner franchement votre point de vue sur la Côte-d'Ivoire aujourd'hui?

Mamadou Koulibaly : La situation qui prévaut actuellement en Côte d'Ivoire est extrêmement préoccupante car contrairement aux idées véhiculées autour d'une hypothétique démocratie dans le pays, nous glissons vers un régime autoritaire. La nouvelle armée n'est toujours pas maitrisée et les anciens chefs de la rébellion règnent en maitres sur la ville d'Abidjan et le pays. L'insécurité a certes reculé mais est toujours importante et les exécutions sommaires, les viols, les vols, le racket, les agressions diverses persistent ; l'assemblée nationale a été dissoute de fait par l'Exécutif, ce qui est totalement contraire à la constitution ivoirienne ; un nouveau conseil constitutionnel a été nommé par Alassane Ouattara en dehors de toutes règles constitutionnelles, le pays est gouverné par des ordonnances et des décrets illégaux, le Nord est toujours aux mains de l'ancienne rébellion qui impose son autorité et des taxes parallèles. Nous avons là tous les ingrédients d'un état défaillant qui survit grâce à l'aide publique internationale qui coule à flot depuis l'avènement de Ouattara. Ceci laisse malheureusement présager des lendemains difficiles, car la dette sera un handicap durable. Nous espérons sortir rapidement de cette spirale autocratique et revenir sur la voie de l'état de droit.


En tant que Président de l'Assemblée nationale, on vous a peu entendu durant la crise électorale avant l'arrestation du Président Gbagbo. Pourquoi êtes-vous resté si silencieux?


M.K. : Peut-on réellement parler de silence ? Je me suis exprimé début décembre en proposant mon point de vue sur la sortie de crise. Bien que je ne sois pas pour ce genre de gouvernance, j'ai proposé un partage du pouvoir pour éviter la violence, les morts et le durcissement des clivages ethniques au sein des populations. J'ai tenté une conciliation mais les deux camps y étaient fermement opposés. Dans ce contexte, toute tentative d'apaisement semblait raffermir les positions tranchées des deux camps.


Tous ces évènements liés au processus électoral en Côte d'Ivoire sont terriblement regrettables. Pensez-vous que nous aurions pu éviter toutes ces dérives ?


M.K. : Nous aurions pu éviter le chaos mais, alors que dans votre précédente question vous vous interrogiez sur mon silence, à l'inverse, quand, avant les élections, je me suis insurgé contre les vices entachant l'organisation du scrutin, j'ai été qualifié de trouble-fête pointilleux. D'évidence, il était périlleux d'aborder une élection dans un pays dont la moitié Nord était tenue par une rébellion armée, richement installée dans les détournements économiques et la prise en otage des finances de la zone. De surcroît, l'administration n'était pas redéployée, la commission électorale dite indépendante était composée d'une majorité écrasante d'opposants au Président Gbagbo. Quand on accepte de se jeter dans le feu, la brulure est certaine. Et le président Gbagbo a commis la faute de conduire le pays à des élections sans désarmement préalable des rebelles de Ouattara. Il fallait en assumer les conséquences.


Bien que ça ne fasse que quelques mois que le président Ouattara a pris le pouvoir, selon vous qu'a-t-il fait de positif pour ramener le pays sur la bonne voie.  Si vous deviez le conseiller, quelles voies lui proposeriez-vous de prendre
?

M.K. : En toute honnêteté je ne vois rien de très encourageant actuellement dans l'action d'Alassane Ouattara, tout son hypothétique bilan positif repose sur du détail porté par une communication sans fondement. Si l'on s'attache aux fondamentaux d'une nation, on ne peut que constater que la constitution est piétinée chaque jour, que la démocratie est aujourd'hui sans consistance, que l'Etat de droit est inexistant et que l'économie est prise en otage pour être redistribuée sans appel d'offre à des groupes français amis du pouvoir ivoirien. Le Général de Gaulle disait que les Etats n'ont pas d'amis mais n'ont que des intérêts. La Côte d'Ivoire est l'un des rares pays au monde qui ait des amis. Cependant, les intérêts de ces amis vont à l'encontre de ceux des Ivoiriens eux-mêmes.


Le seul aspect positif de la gouvernance Ouattara est que la déliquescence de l'Etat est formatrice pour les Ivoiriens. Ils peuvent ainsi comprendre que la démocratie ne peut pas se limiter à un bulletin dans l'urne mais qu'il faut aussi des moyens de freiner l'action de l'Etat qui a toujours tendance à devenir prédateur et dirigiste. Ils vivent la défaillance totale de leur Etat qui est dans l'impossibilité de garantir la sécurité et la justice qui sont pourtant ses missions de base. Cette prise de conscience conduit à un éveil de la société civile et c'est cet éveil qui va permettre aux populations de devenir exigeantes envers leurs dirigeants. Le changement sera demandé et insufflé par la base, par l'Ivoirien lui-même qui, ne l'oublions pas, constitutionnellement devrait être le véritable souverain.


Vous êtes connu pour être un fervent critique des Français en Côte-d'Ivoire, que pensez-vous du rôle qu'ils ont joué dans la résolution de l'impasse politique?


M.K. : Je ne suis pas critique des Français en Côte d'Ivoire, mais je suis plutôt critique de l'ingérence et de la domination du gouvernement français dans le pays, que ce soit au niveau monétaire, au niveau militaire ou encore au niveau économique. L'avènement de Ouattara ne fait qu'envenimer les choses. Cela dit, si la Côte d'Ivoire était un véritable état de droit avec des dirigeants soucieux du bien-être de leurs populations, tout cela ne serait pas possible. Il faut comprendre que l'Etat français cherche à satisfaire les Français avant tout et que la richesse de la France, son indépendance énergétique et la survie de ses multinationales passent par la domination des plus faibles, essentiellement des pays d'Afrique et la Côte d'Ivoire est un pion important dans leur stratégie. Si je prône le libéralisme, c'est justement pour lutter, entre autres, contre ces marchés protégés qui favorisent la corruption. Le système actuel, totalement fermé, laisse la Côte d'Ivoire en marge de la mondialisation qui pourrait pourtant lui apporter le progrès. Avec Ouattara, les relations entre la Côte d'Ivoire et la France se sont encore plus politisées et cela augmente considérablement le pouvoir des gens en place qui ne font plus du tout confiance aux populations locales. Le résultat est un dirigisme économique extensif et d'autres formes de politisation de la vie des entreprises incompatibles avec la mondialisation.


L'ancien président Gbagbo, sa famille et certains de ses proches collaborateurs sont toujours en détention, avez-vous été vous-même menacé et avez-vous noté une sorte de justice du vainqueur ?


M.K. : Je n'ai pas été menacé personnellement puisque j'étais au Ghana à l'époque où la répression a été la plus forte, mais ma famille a été inquiétée à de multiples reprises et ma résidence a été totalement saccagée. Certains de mes biens ont été retrouvés par Interpol au Mali. Vous parlez de justice du vainqueur, c'est évident. Ici, la justice repose plus sur l'émotion, sur la vengeance primaire que sur le droit car certaines arrestations se sont faîtes sans aucun fondement. Le fils du Président Gbagbo est en prison parce qu'il est son fils... Vous voyez sur quoi reposent les accusations parfois ! Des civils ont été exécutés parce qu'ils portaient des tee-shirts à l'effigie de Laurent Gbagbo. La situation se calme certes, mais il ne passe pas un seul jour qui ne puisse étayer par des faits cette affirmation. D'évidence, la crainte de faire remonter les enquêtes à 2002 prouve que le gouvernement Ouattara souhaite fuir ses responsabilités et s'orienter vers une justice du vainqueur. Comment laisser toutes les victimes de la rébellion depuis 2002 dans l'oubli ? Comment enquêter sur le casse de la BCEAO (Banque Centrale) d'Abidjan sans enquêter sur ceux de Bouaké et Man qui ont été braqués à l'époque par les Forces Nouvelles ? Comment enquêter sur les crimes des troupes fidèles à Gbagbo et ignorer ceux des FRCI, armée de guerriers mise en place par Ouattara par le biais d'une ordonnance et qui sont les auteurs de nombreuses exactions ? Comment faire pour que la vengeance ne se cache pas derrière la justice pour agir ? Comment faire pour que la justice ne soit pas de la vengeance ? Comment faire pour que la justice actuelle ne soit pas la source de nouvelles frustrations, de nouvelles haines, de nouveaux conflits ? Nous n'avons pas encore de réponses de Ouattara à toutes ces questions.


Vous avez récemment décidé de créer votre propre parti politique; peut-on connaître vos motivations, considérant que jusqu'à la crise, vous avez été un pilier connu du Front patriotique ivoirien, FPI?


M.K. : Mon départ du FPI ne s'est pas fait sur un coup de tête, c'est le fruit d'une longue réflexion. Mais je dois avouer que dans le contexte politique actuel, je ne pouvais plus m'inscrire dans une posture attentiste. L'inertie n'est pas acceptable. Le FPI souhaitait pourtant  instaurer le statu quo dans l'attente de la libération des dirigeants du parti. Les cadres ont refusé de faire un bilan, d'organiser un congrès national et de réorienter la vision du parti. Les Ivoiriens ont pourtant besoin d'une opposition forte qui puisse les défendre compte tenu des velléités autocratiques de l'équipe Ouattara. J'ai donc pris mes responsabilités. Je pense, comme de nombreux Ivoiriens, que nous devons sortir de la logique de la politique fondée sur l'ethnie et la tribu. Je pense que les élites ivoiriennes n'ont pas à diviser les populations pour ensuite régner sur elles. Je crois fermement que nous pouvons réunir les populations pour mieux gouverner le pays.


Quelle est votre réponse aux critiques qui pensent que vous êtes un opportuniste ayant abandonné ses camarades et le navire FPI alors qu'il était en pleine crise?


M.K. : S'ils considèrent que c'est une opportunité, c'est flatteur pour LIDER qui est un jeune parti. C'est très encourageant ! Mon départ, présenté comme une rupture, ressemble plus à un divorce par consentement mutuel. L'inertie s'est opposée à la nécessité d'action. Nous ne regardions plus dans le même sens. Le FPI et LIDER devraient partager un point commun, ce sont deux partis d'opposition au RHDP. L'élan de LIDER devrait donner également de l'eau au moulin du FPI, puisque notre mission démocratique est de former un contre-pouvoir puissant. Mais si le FPI accepte de participer au gouvernement de Ouattara comme cela m'en a l'air, alors LIDER sera aussi opposé au FPI. Je suis parti du FPI à cause des relents tribalistes qui y sont devenus plus vifs, et qui ne me convenaient plus. Le refus du FPI d'assumer ses responsabilités en tant que parti ayant soutenu et conduit des élections sans désarmement m'était insupportable. Le FPI avait pour vocation d'être un parti national et non d'être un club de soutien, une entreprise familiale ou un parti tribal.


D'un point de vue idéologique, LIDER est-il différent du FPI ?


M.K. : LIDER - Liberté et démocratie pour la République - comme son nom l'indique, s'inscrit dans le courant de pensée du libéralisme classique. La liberté, dans le pays, sonne parfois comme un mot creux, un idéal réservé à des pays riches mais inatteignable pour la grande masse des populations des pays pauvres dont le souci est de trouver à manger chaque jour et de pouvoir se soigner pour survivre. Pourtant, partout dans le monde, le recul de la pauvreté est lié à l'augmentation de la liberté. LIDER veut éveiller les Ivoiriens à ces idées pour rompre avec le pessimisme qui confine l'individu dans un attentisme dévastateur. Les Ivoiriens doivent avoir confiance en leurs propres capacités.


Lorsque les populations seront libres d'entreprendre une activité sans rencontrer mille barrières qui découragent les projets ; quand elles ne seront plus étouffées par l'impôt et le poids de l'Etat ; quand elles pourront avoir des titres de propriété qui sécurisent leurs activités et leur descendance ; quand elles pourront commercer librement avec le reste du monde ; quand elles ne seront plus asphyxiées par des entreprises en situation de monopole qui dictent leurs prix; quand toutes ces barrières seront tombées, et quand leurs droits d'accéder à l'éducation, à la santé et à la prospérité seront les vrais enjeux de l'action politique, alors le progrès arrivera enfin. C'est sous cet angle que LIDER voit le progrès. Le parti va présenter le 11 août prochain son manifeste qui permettra de saisir les contours de son programme politique.


Professeur Koulibaly, merci d'avoir accordé à PAV cette interview, et bonne chance dans votre nouvelle aventure politique.

Interview réalisée par Ajong Mbapndah L, in Pan-Afrcian Visions, le 3 aout 2011
*Titre et chapeau par Mahalia Nteby


Source: Le blog de Mahalia Nteby

ET SI L'OPERATION DE SALUBRITE PUBLIQUE CACHAIT EN REALITE UN «BUSINESS» JUTEUX?

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Depuis l'avènement du nouveau régime ivoirien, il s'observe une véritable frénésie à remettre « de l'ordre » dans nos rues, dans notre cadre de vie et notre environnement. Une opération que nous saluons à certains égards ; notamment en ce qui concerne la mise en coupe réglée des conducteurs de mini cars « gbaka » et de taxis intercommunaux « wôrô-wôrô » - notoirement indisciplinés - ainsi que des commerçants ambulants sur des voies essentielles comme le Boulevard Mitterrand, à Adjamé Renauld, depuis les échangeurs de la Gare Nord de la SOTRA jusqu'aux 220 logements.

La furia de celle qu'on surnomme aujourd'hui Ouloto « Bulldozer », Ministre de la Salubrité Urbaine de Ouattara, n'épargne presque rien : quartiers précaires, constructions anarchiques, baraquements de marchés, étals sur les trottoirs, maquis et boîtes de nuits (de la Rue princesse de Yopougon et des Mille Maquis de Marcory), occupations illicites de la voie publique. Nous aurions applaudi des « quatre mains » si cet acharnement ne suscitait pas, au-delà de ses aspects objectivement positifs et bénéfiques, des interrogations légitimes sur  la manière dont l'opération est conduite, au regard de la Réglementation ou plus simplement des convenances. Ce qui accréditerait les dénonciations d'une certaine opinion qui voit en cette frénésie la face visible d'une obscure affaire de gros sous, au centre de laquelle se trouveraient Madame Dominique Ouattara et un certain architecte du nom d'Ibrahim Bakayoko.

En effet, si nous envisageons cette question d'une criante actualité d'un point de vue strictement social et juridique, nous comprenons mal que dans un Etat de droit, l'on puisse mener une opération d'une telle envergure, sans un minimum de campagne de sensibilisation et d'information, visant à avertir les populations et opérateurs concernés - qui, du reste, sont en très grand nombre dans un pays paupérisé par 10 années de crise aiguë. En matière de développement communautaire, il est de notoriété que toute action qui se veut durable et intériorisée par les populations ne doit pas se faire sans leur consentement et leur participation.

Ce faisant, la Ministre de la Salubrité Urbaine, Anne Désirée Ouloto, aurait dû au préalable, associer ces populations à l'action à mener et définir clairement les critères objectifs de choix des sites ainsi que le calendrier selon lesquels les démolitions, déguerpissements et autres destructions devraient se faire. De sorte que tout à fait logiquement, les habitants et occupants de ces sites soient avertis, recensés, recasés ou dédommagés. Mais rien de tout ceci. Aucune sommation ni mesure d'accompagnement.

En revanche, dans le flou le plus artistique, des bulldozers et des chargeuses sont envoyés en croisade contre des citoyens démunis, de petits commerçants et des opérateurs économiques ainsi ruinés, sans leur laisser le moindre recours. La nécessité d'assainir un certain cadre de vie ou de donner un nouveau visage à la ville d'Abidjan - opération, au demeurant, cosmétique - peut-elle justifier qu'on crée une autre plaie, plus grave : la démultiplication du nombre des sans abris, des pauvres et des sans emploi, quand on sait que les premiers (les plus anciens) ne voient pas encore la sortie du tunnel ni un début de réalisation des promesses électorales, faites de ce point de vue, par le chef de l'Etat ?

Qu'est-ce qui justifie donc ces véritables croisées contre la dèche dont les oripeaux nous répugnent tant, en ce moment, à Abidjan ? Nous croyons y avoir un début réponse.

Relativement aux destructions de maquis et de bidonvilles, une certaine opinion abidjanaise fait état d'une affaire de gros sous, un « business » fort juteux dont l'objectif serait de dégager des espaces devenus rares à Abidjan, pour l'élévation d'immeubles et de kiosques de luxe à faire louer aux Ivoiriens et aux opérateurs économiques les plus nantis. Cette opération, selon cette opinion, ne serait donc pas aussi désintéressée qu'on voudrait le laisser croire.

Des sources bien introduites relèvent qu'il s'agirait, en réalité, d'une affaire bien ficelée et pilotée par Mme Dominique Ouattara, la ministre Anne Ouloto et l'architecte Ibrahim Bakayoko dont le cabinet est sis au quartier des affaires du Plateau, au rez-de-chaussée d'un immeuble situé en face du Collège des Filles « Notre Dame du Plateau ».

Monsieur Ibrahim Bakayoko, architecte de son Etat, aurait mis son génie créateur au service de la cause. Il aurait proposé à Mme Ouattara, un plan dit « d'embellissement de la capitale économique » prévoyant le rasage systématique des quartiers précaires, le débarras des trottoirs de tout étal de petits vendeurs et vendeuses et la démolition des maquis et des boîtes de nuit.

A la place, l'architecte ivoirien ambitionnerait de construire des kiosques de son invention, destinés à être proposés soit à la vente soit à la location, à un public ayant la capacité financière de se porter acquéreur.

En ce qui concerne les quartiers précaires, parmi lesquels figure en bonne place « Petit Ouaga », Mme Ouattara aurait le projet d'y bâtir des immeubles, sous le couvert de sociétés immobilières. En réalité, ces sociétés qui, bientôt, noirciraient les pages des annonces légales du très gouvernemental quotidien « Frat-Mat » ne seraient autre chose que des couvertures de la société mère AICI, propriété de Madame Dominique Ouattara. Le tour serait ainsi joué. Pour le financement, aucun souci à se faire, nul besoin de se triturer les méninges : l'assise financière confortable de notre milliardaire de Première Dame ferait tout à fait l'affaire.

L'on se rappelle encore avec acuité que la ministre Anne Désirée Ouloto déclarait, péremptoire, récemment, dans un quotidien de la place, que « de nouveaux kiosques flambants neufs pousseraient très bientôt à la place des anciens » ; corroborant ainsi les suspicions et les informations relevées plus haut. Ces nouveaux kiosques, malheureusement, ne seraient pas à la portée des premiers venus ni des premiers occupants (déguerpis), faute de moyens financiers. De toute évidence, ce seront les vainqueurs et gouvernants d'aujourd'hui qui les rachèteront ou les loueront, pour y installer les leurs.

En définitive, ces destructions de quartiers précaires, d'étals des trottoirs, de la « Rue Princesse », de « Petit Ouaga », du marché de Yopougon-Sicogi, serait une affaire de gros sous et du « Ote-toi que je m'y mette ». Toute autre argumentation, selon ces sources, ne serait que « camouflage et filouterie ».

Au regard de la fièvre avec laquelle ce projet d'assainissement de la ville d'Abidjan est diligenté, comment ne pas accorder de crédit à de telles allégations ? L'opération, si elle veut conserver une once de logique, devrait se poursuivre dans des quartiers d'Abidjan comme Bori-Banan, Mossikro, la casse d'Adjamé et d'Abobo, Bracodi Bar, la gare d'Adjamé jusqu'au Marché gouro, Derrière Rail, Gesco etc, et à l'intérieur du pays dans des bidonvilles célèbres comme « Bardot » à San Pedro, et au final, dans toute la Côte d'Ivoire. Faute de quoi, le gouvernement serait légitimement suspecté de faire de l'assainissement sélectif. Ce qui serait encore plus dommageable à la paix sociale.

D'un autre côté, avec du recul, nous avons fini par nous convaincre que des Ivoiriens ont délibérément travaillé contre leur pays. Histoire de faire clouer au pilori Laurent Gbagbo et d'obtenir sa tête. Car comment comprendre qu'aujourd'hui, un maire RDR comme celui d'Adjamé - donc pro-Ouattara -, dont la commune était le symbole du pire des désordres urbains, ait subitement trouvé l'énergie et les ressources (en plein marasme économique et en pleine sécheresse budgétaire) pour rendre sa commune moyennement propre et rangée ? Cela pouvait donc être fait sans qu'on crie à « l'exclusion » et à « la xénophobie » de Gbagbo ? Ce sont ces choses incompréhensibles voire énigmatiques qui dévoilent la mauvaise foi de certains des premiers magistrats de nos communes, la sinuosité du cœur humain, et qui mettent en lumière une volonté délibérée de nuire, en maintenant intentionnellement des administrés dans la crasse et le désordre. Ceux qui se targuent aujourd'hui de mettre de l'ordre à Abidjan avaient la possibilité de mener ces mêmes actions sous Gbagbo. Ils s'en sont volontairement soustraits. Quitte à faire périr des concitoyens. Aucune raison de s'en faire, tant que cela était porté au passif d'un Laurent Gbagbo injustement incriminé pour leurs propres turpitudes. Ainsi va la politique en Côte d'Ivoire, rétrograde et occulte.

Qu'un projet de salubrité publique et d'assainissement soit mené dans le souci du bien-être des populations ivoirienne est une action louable, à plus d'un titre. Mais il est inacceptable que cette opération se fasse sans un minimum d'égard pour les victimes de toutes ces démolitions et destructions, dont la situation sociale était déjà des plus précaires et infiniment  loin d'être enviable. Cette froideur sidérante, ce manque de sensibilité, de compassion et de prévenance pour ceux qu'on dit gouverner et qu'on plonge, sans appel possible, dans la détresse, au nom du « changement des mentalités », pour notre part, n'est pas compréhensible, encore moins acceptable. Et naturellement, il laisse penser à tout observateur sérieux que le mobile de cette effervescence est à rechercher ailleurs. Notamment, dans une affaire de gros sous au profit de proches du pouvoir Ouattara. Servant, par la même occasion à faire du lustrage politique, plutôt que de s'attaquer aux vrais préoccupations des Ivoiriens qui ont pour nom : réconciliation nationale, sécurité, restauration des services publics, réouverture des universités et remise en train de l'appareil de production mis à mal par l'entrée des FRCI à Abidjan. Toutes choses que nous jugeons inqualifiables.

Vivement, que des mesures d'urgences soient prises au profit de tous ces abidjanais  et de tous ces Ivoiriens réduits, du jour au lendemain, à la misère et au chômage, par ce qui pourrait apparaître comme une obsession du gain et une course à l'enrichissement, pourtant tant décriés chez le précédent régime. Au nom de l'humanité et pas seulement du « changement des mentalités ».


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !

 

DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 295 du jeudi 18 août 2011 (une version revue).

LE MARCHE DE YOPOUGON-SICOGI RASE

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La menace Anne Oulotto continue ses ravages

La destruction massive entamée par la « ministre bulldozer » de Ouattara, Anne Ouloto, n'est pas prête de s'arrêter. Après la Rue Princesse qui a subi la rage destructrice des pelleteuses de Ouloto faisant perdre des millions de francs Cfa aux opérateurs économiques de la zone et mettant du coup plus de deux mille (2000) personnes au chômage, c'est au tour des pauvres commerçantes de faire les frais de la Ministre. Ce sont les vendeuses du plus grand marché de la commune de Yopougon, en l'occurence celui de la Sicogi qui ont subi les affres de cette dernière.

C'est mercredi dernier, aux alentours de 10 heures que les casses ont débuté au dam des commerçantes qui avaient fait mains et pieds pour éviter cela. En effet, elles ont cotisé la somme de deux mille francs par personne pour soudoyer les exécutants de l'ordre de Oulotto. Mais rien n'y fît. Etals en main, courant dans tous les sens pour protéger ce qui pouvait encore l'être. Mais leurs bourreaux sans état d'âme ont accompli soigneusement la sale besogne que Ouloto leur a confiée. Les pauvres vendeuses ont assisté les larmes aux yeux et le cœur meurtri à la destruction de leurs différentes tables." Je viens à peine de faire près de 50000 FCFA d'achat d'aubergines et j'arrive, mon étal est parti en lambeaux. Que vais-je devenir ? C'est mon commerce qui me permet de m'occuper de ma famille", lance dame TRA LOU en larmes. Une autre commerçante non loin d'elle s'écrit "solution ! Solution que vous cherchiez-là, voilà ça maintenant. Ils ont tout cassé. Où allez-vous trouver l'argent pour nourrir vos familles ?. On dit Gbagbo tue les gens mais la faim aussi tue", s'indigne Mme Yao. Un autre visiblement ahuri, éclate: "On a cotisé l'argent pour rien". En effet, ayant eu vent de la démolition imminente du marché, ces braves dames  se sont cotisées et  ont recueilli environ un (1) million de nos francs qu'elles ont remis à des personnes qui faisaient partie des démolisseurs, pour les soudoyer. Mais elles n'ont eu que leurs yeux pour pleurer et constater avec désarroi ce qui leur arrivait. Destruction en mode Ouloto, à qui le tour ?


Tatiana N'GUETTIA, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 43 du vendredi 19 août 2011.

INCULPATION DE GBAGBO : QUATRE MOIS DE BRUITS POUR RIEN


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Tout ça pour ça, serait-on tenté de dire après l'inculpation officielle du président Gbagbo poursuivi non plus pour crimes de guerre passibles devant le TPI mais plutôt pour « crimes économiques ». Pour qui connaît le président Gbagbo, cette mascarade est bien une honteuse opération.

 

Il s'est peut-être mis à couvert en France mais la honte, assurément, risque de rattraper rapidement Alassane Ouattara qui avait juré la perte de Laurent Gbagbo parce qu'il aurait commis d'horribles crimes qui l'enverraient tout droit devant la Cour pénale internationale. Rien de tout cela finalement après quatre mois d'humiliations inutiles. Depuis-hier, les juges du Chef de l'Etat n'ont rien trouvé à reprocher à l'ancien président que de prétendus détournements de deniers publics, un soi-disant braquage de la BCEAO et une tentative de création d'une monnaie ivoirienne. Des chefs d'accusation qui ont provoqué hier l'hilarité générale de ceux qui regardaient le journal de 20 heures au cours duquel l'annonce a été faite.

Alors qu'ils avaient annoncé toutes sortes d'apocalypse sur la tête de l'ancien président, bon selon l'expression de Ouattara pour le Tribunal Pénal International, le Procureur de la République a affirmé hier que ce sont là les seuls  chefs d'accusation qu'ils ont trouvés contre Laurent Gbagbo parce qu'en la matière lui-même  n'est pas tenu par les réquisitions du juge d'instruction.

Ceux à qui on a donc raconté depuis dix ans que Gbagbo est un criminel qui tue de préférence les populations du nord en seront certainement pour leurs frais. Car visiblement, aucune de ces accusations récurrentes n'étaient fondées. Gêné par ailleurs aux entournures face aux accusations d'une justice orientée, le Procureur de la République a indiqué que ce serait faire un équilibrisme de mauvais aloi que de demander que Shérif Ousmane par exemple,  accusé par les organisations de droits de l'homme de crimes massifs contre les partisans de Laurent Gbagbo, soit inculpé parce qu'il est un sauveur. « On était tous ici quand les gens nous tuaient. Il a fallu que ces gens-là viennent nous sauver », a commenté le Procureur qui reprend pour ainsi dire les mêmes rumeurs qu'ils n'ont pu eux-mêmes confirmer.

Alassane Ouattara qui s'est proclamé roi de l'argent durant sa campagne électorale peine aujourd'hui à réunir les moyens nécessaires au fonctionnement de l'Etat. La Côte d'Ivoire n'arrive plus à payer ses fonctionnaires avec ses propres ressources et accumule des impayés depuis son arrivée au pouvoir. Face à cette quadrature du cercle, il n'est pas impossible que le gouvernement ait décidé de rechercher ses difficultés dans des déprédations passées. Et dans ces conditions, ce type d'accusations pourrait bien aider. Mais jusqu'où ? Misère.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 43 du vendredi 19 août 2011.

jeudi, 18 août 2011

DEPUIS L'EXIL, BLE GOUDE DEGAINE A NOUVEAU: «CE QUE J'ATTENDS POUR RENTRER», «J'AI PEUR POUR DROGBA»



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Charles Blé Goudé donne encore de la voix. Dans une interview accordée à L'INTER, la première à un quotidien ivoirien depuis qu'il est allé en exil, le leader des jeunes patriotes pro-Gbagbo, joint au téléphone, a asséné ses vérités et a décidé de se positionner comme l'opposant au président Ouattara.


M. Blé Goudé Charles, qu'est-ce-que ça fait d'être en exil, coupé des réalités de son pays comme vous l'êtes depuis quatre mois?

Blé Goudé: Mais, écoutez, on n'est jamais content d'être en exil. Cependant par devoir, je l'assume. Il y a des Ivoiriens qui sont morts, il y en a qui sont en prison. Par devoir pour tous ceux-là, nous devons tenir, et j'ai décidé de tenir.

Tenir jusqu'à quand?

Jusqu'à ce que mon pays renoue avec la liberté, avec la démocratie et avec la paix. Ça a toujours été le sens de mon combat. Et aujourd'hui plus que hier, je suis déterminé dans ce combat-là pour les Ivoiriens et pour l'Afrique.

Il semble que vous attendez un ultime coup d'Etat pour réapparaître sur la scène politique en Côte d'Ivoire ?

Je ne suis pas un partisan de coups d'Etat. C'est contre les coups d'Etat que nous sommes descendus dans la rue pendant plusieurs années. Nous sommes pour un changement par des moyens démocratiques. Les Ivoiriens ont été tellement traumatisés que je ne crois pas qu'ils aient besoin d'un autre coup de force pour un changement de régime. Ils ont besoin aujourd'hui d'emplois, de structures sanitaires, scolaires et universitaires. Mais la question est de savoir si le régime en place est disposé à se prêter au jeu démocratique.

De là où vous êtes, qu'est-ce qui vous manque le plus?

Oh! Je ne crois pas que ce soit important, ce qui me manque. C'est ce qui manque aux Ivoiriens qui est plus important. Il manque aux Ivoiriens la sécurité, il leur manque la liberté de s'exprimer et de circuler, il leur manque une justice équitable car il suffit aujourd'hui de posséder un fusil en Côte d'Ivoire et on fait la loi. Les Ivoiriens ne veulent plus que leur pays soit une terre de règlement de comptes. Il leur manque la paix, il leur manque le développement. Tout cela est plus important que ce qui me manque là où je suis.

Vous sentez-vous comptable de la mort de milliers de jeunes que vous aviez appelés dans l'armée pour combattre aux côtés des ex-FDS ?

De quoi parlez-vous là? Il est bon, pour la bonne compréhension de chacun, de savoir que j'ai demandé aux jeunes qui le souhaitaient d'aller s'inscrire à l'Etat- major des Armées pour se faire recruter dans l'armée régulière. Pour la simple raison que l'Armée régulière est le seul cadre légal pour le maniement des armes et pour ceux qui veulent défendre leur pays par les armes. D'ailleurs, ce recrutement n'a jamais eu lieu vu que les évènements se sont précipités. Je suis donc fort surpris que l'on s'acharne contre ma personne en laissant en liberté ceux qui ont créé des bandes armées pour renverser le régime de Gbagbo, et qui ne sont nullement inquiétés.

Vous n'avez donc aucune responsabilité dans la récente crise postélectorale?

Ce n'est pas ce que je dis. Moi j'attends que vienne le jour où chacun des acteurs politiques reconnaitra sa part de responsabilité dans la crise que vit notre pays depuis des années. Il faut éviter de désigner d'un côté des méchants et de l'autre des gentils, des blancs comme neige, qui se présentent comme des innocents et jugent les autres. Quant à moi, en tant qu'acteur politique, je ne suis pas innocent dans ce qui est arrivé à mon pays. Mais, bien plus que moi, nombre de tenants du nouveau pouvoir ont été épinglés par des organisations internationales de défense des droits de l'Homme pour des meurtres et des exécutions extrajudiciaires.

Qu'attend-on pour les inculper, eux?

Le porte-parole du gouvernement, Koné Bruno, a dit que les pro-Ouattara n'ont jamais été formellement accusés...

Dites à M. Koné Bruno d'arrêter de tenir des propos qu'il pourrait regretter plus tard. Sinon, je le ramène aux différents rapports publiés récemment par les organisations internationales de Défense des Droits de l'Homme que sont Human Rigth Watch (HRW) et Amnesty International; des rapports qui ont clairement mis en cause le camp Ouattara dans des tueries en Côte d'Ivoire. Même la représentation onusienne en Côte d'Ivoire, je veux parler de l'ONUCI qui a aidé Ouattara à s'installer au pouvoir, a dénoncé les meurtres perpétrés par les Dozos et autres dans notre pays. Alors de quoi parle Koné Bruno?

Avez-vous des nouvelles de votre mentor Laurent Gbagbo?

Non ! Comment puis-je avoir des nouvelles d'une autorité coupée du reste du monde, isolée et à qui ses avocats n'arrivent pas à avoir accès? Le président Laurent Gbagbo est un prisonnier politique à qui ses geôliers dénient tout droit. D'ailleurs, je profite de cet entretien pour demander sa libération. Et je demande à tous les Ivoiriens, à tous les Africains et à tous ceux qui sont épris de justice de s'apprêter afin que nous demandions la libération de ce grand homme.

Croyez-vous, comme certains, à un retour de Gbagbo au pouvoir ?

En politique, ce qui est vrai aujourd'hui n'est pas forcément vrai demain. Nous nous battons pour la libération de Gbagbo car pour qu'un homme fasse de la politique, il faut qu'il soit libre. Ce qui importe pour moi, c'est que l'on comprenne que M. Gbagbo qui avait fait venir M. Ouattara de l'exil, qui avait mis fin à l'exil de M. Bédié, ne peut pas être en prison pendant que ceux-là sont en liberté. Alors je demande d'abord et avant tout qu'on libère le président Gbagbo.

Mamadou Koulibaly pense que c'en est fini pour Gbagbo...

Je ne peux pas l'empêcher de penser ainsi. C'est l'avenir qui nous situera.

Pour qui roulez-vous dans la bataille des clans autour de Gbagbo ?

Je roule pour la Côte d'Ivoire et pour tous les Ivoiriens. L'exil est un moment de formation et de transformation, de bilan, de remise en cause et d'analyse, mais aussi et surtout de perspectives. Dans cette logique, je ne saurai me retrouver dans un combat de clans, si tant est qu'il en existe un autour de Gbagbo. J'appelle, si c'est le cas, les différents protagonistes à unir leurs forces pour demander la libération de Gbagbo, fondateur du FPI.

Koulibaly Mamadou, lui, est définitivement parti du FPI pour créer son parti. Qu'est-ce que cela vous fait ?

Cela ne me fait rien. Vous savez, chacun assume son destin politique, il en choisit l'opportunité et les moyens pour y parvenir. Je n'en dis pas plus.

Alassane Ouattara a appelé les exilés à rentrer dans le cadre de la réconciliation, à quand votre retour en Côte d'Ivoire?

Qui vous a dit que je suis hors de la Côte d'Ivoire ? Je peux être quelque part dans mon pays. Cela dit, je fais la différence entre les récitations, les dictées préparées et les actes politiques de M. Ouattara. Il doit être jugé sur ses actes et non sur ses discours. M. Ouattara aurait libéré le président Gbagbo et tous les autres prisonniers politiques et militaires illégalement détenus dans le nord du pays, qu'il aurait ainsi facilité le retour des exilés en Côte d'Ivoire. La réconciliation est donc une conséquence des actes du gouvernement et non un programme de gouvernement.

Soyez plus explicite...

Je veux dire que c'est au regard du traitement que le pouvoir en place réserve à ceux qui sont en prison, mais aussi aux autres partisans de Gbagbo et en général à tous les Ivoiriens, que la réconciliation suivra. Tout le reste n'est que de la communication pour plaire à la communauté internationale, car la réalité est tout autre sur le terrain. Alassane Ouattara parle de paix et il a la malice dans le cœur. On n'appelle pas des exilés à rentrer pour les inculper.

Avez-vous des contacts avec votre ami, Guillaume Soro, le Premier ministre?

Non!

Il se murmure à Abidjan qu'il aurait envoyé le commandant Wattao vers vous ?

Comment peut-on envoyer un émissaire à quelqu'un dont on ignore le lieu de résidence ?

Où êtes-vous alors ?

Je suis là où je dois être.

Et c'est où, là où vous devez être?

Monsieur, je suis là où je dois être, prenez ça comme ça.

Les élections législatives ont été annoncées pour décembre prochain. Seriez-vous candidat à ces consultations ?

Je ne sais pas ce qui peut se passer d'ici à décembre. Les conditions d'élections transparentes, équitables et ouvertes à tous seront-elles garanties au moment opportun? Le pouvoir en place est-il prêt à se livrer au jeu démocratique et à une véritable compétition électorale? Autant de préoccupations et d'interrogations qui restent à élucider. En tout état de cause, je demande à nouveau à l'opposition de rester vigilante sur toutes ces questions.

Le nouveau pouvoir marque sa présence par la destruction des maquis anarchiques, et la ''Rue princesse'' de Yopougon en a fait les frais ?

D'abord ce n'est pas la ''Rue princesse'' de Yopougon seulement qui en a fait les frais. Je voudrais que vous rectifiiez cela. Les parcs autos qui sont sur le Boulevard Valery Giscard d'Estaing en ont fait les frais, tous les petits commerces de Cocody, de Gobelet, de la Riviera et de bien d'autres quartiers d'Abidjan en ont fait les frais. Bien plus, des habitations de pauvres citoyens ont été détruits sans sommation. C'est scandaleux ! Il est vrai, toute décision tendant à offrir un cadre de vie sain et propre aux Ivoiriens est salutaire. Seulement, il faut y mettre la manière. Dans ce qui est donné de voir en ce moment à Abidjan, a-t-on prévu un lieu pour relocaliser ces commerces détruits? A-t-on envisagé de les dédommager ? Visiblement, non ! Pour un pays comme la Côte d'Ivoire qui sort à peine d'une grave crise, un pays où la pauvreté a gagné du terrain, le secteur informel doit soutenir le formel; toute chose qui contribue à conserver de petits emplois et à réduire la pauvreté, l'oisiveté et ses corolaires. Un bar détruit entraine la destruction d'emplois directs et indirects. C'est vous dire que ces déguerpissements tout aussi anarchiques organisés par le gouvernement de Ouattara auront des conséquences, par exemple sur les chiffres d'affaires de la société Coquivoire qui fournit des maquis en poulets, de Solibra et de bien d'autres qui fabriquent des boissons. Il y a aussi le fait que les entreprises de téléphonie mobile peuvent prendre un coup à travers leurs démembrements de revendeurs qui gagnent généralement plus aux abords des maquis. On est alors tenté de se demander quel était l'opportunité et l'urgence d'une telle action du gouvernement d'Alassane Ouattara. In fine, le paiement de la main à la main des salaires aux militaires, policiers et gendarmes ainsi que les dernières actions relatives au déguerpissent achèvent de convaincre que M. Ouattara fait perdre de l'argent aux Ivoiriens au lieu de leur en faire gagner. N'étant pas à même de réaliser ses promesses électorales, il tente de poser quelques actions d'éclat pour donner l'impression qu'il travaille. Je souhaite que tous ceux qui ont été déguerpis soient relocalisés et dédommagés, comme cela se fait dans des régimes modernes et démocratiques.

Le footballeur Didier Drogba, originaire de votre région, a été nommé vice-président de la commission Dialogue, Vérité et Réconciliation. Que vous dit ce choix ?

Je sais que Didier aime son pays et il aimerait voir les Ivoiriens qui l'aiment s'unir et être traités de manière équitable, sans référence à l'ethnie à la religion et au parti politique. Seulement les intentions de Didier en acceptant ce poste sont-elles celles de ceux qui ont bien voulu qu'il soit membre de la commission réconciliation? On sait que des mauvais coups sont portés au président de la commission lui-même, le Premier ministre Banny. J'ai donc peur pour Didier Drogba. Je crains qu'on ne lui laisse pas les mains libres pour travailler. Cela dit, je pense que Didier Drogba n'a pas été nommé dans la commission de réconciliation parce qu'il est de ma région. Il a été nommé parce que ceux qui l'ont choisi pensent certainement qu'il peut avoir l'autorité et l'influence nécessaires pour aider à réconcilier les Ivoiriens. Donc il appartient au pouvoir en place de laisser les mains libres à ceux qui ont été nommés dans la commission de réconciliation, au risque de saboter leur travail.

La Côte d'Ivoire a connu, à la veille de la célébration de l'indépendance, deux graves accidents qui ont causé de nombreux morts? A qui et à quoi l'attribuez-vous ?

Je voudrais simplement m'incliner devant la mémoire de toutes les victimes de ces deux graves accidents d'autobus et de car qui ont fait plusieurs morts, il y a quelques jours. Pour moi, ce sont des accidents qu'il faut éviter de politiser. Ce n'est pas parce que Ouattara est au pouvoir que nous qui sommes dans l'opposition devons nous réjouir de ce drame. Non! Ceux qui sont morts sont des Ivoiriens qui partaient simplement au travail et qui ne s'intéressent peut-être pas tous à la politique. Je voudrais donc présenter mes condoléances aux différentes familles des disparus et souhaiter un prompt rétablissement à tous ceux qui sont encore à l'hôpital. Je demande à Dieu de faire en sorte de conjurer ce sort, de faire en sorte que la Côte d'Ivoire puisse s'éloigner de ces accidents parce que le pays est en train de gérer une situation post-crise qui a laissé de graves séquelles. Mon grand souhait, c'est qu'un jour, la Côte d'Ivoire sorte des difficultés pour avoir la paix et amorcer le développement. Malheureusement, c'est au moment où la Côte d'Ivoire est déchirée par ces différents drames que M. Ouattara s'offre des vacances en France, pays dont le président, Nicolas Sarkozy, vient lui-même d'écourter ses vacances pour résoudre la crise financière qui secoue son pays. Quel paradoxe ! Il y a également le Premier ministre anglais, David Cameron, qui a dû cesser ses congés suite aux dernières violences qu'a connues son pays l'Angleterre. Mais ce à quoi on assiste en Côte d'Ivoire est plutôt révoltant. Comment M. Ouattara peut-il aussi mépriser les Ivoiriens à ce point, lui qui a décrété trois jours de deuil national et qui s'est rendu dans la foulée au Tchad? En un mot, M. Ouattara voulait juste être président de la Côte d'Ivoire. C'est fait, la vie des Ivoiriens lui importe certainement peu. Sinon, comment comprendre que le gouvernement d'un pays comme la Côte d'Ivoire, un pays qui vit une crise sans précédent, peut aller en vacances au moment où les populations font face aux questions cruciales? Pour tout dire, les tenants du pouvoir donnent l'impression de naviguer à vue.


Source : Le quotidien ivoirien « L'INTER » N° 3966 du jeudi 18 août 2011.

HERMANN ABOA: LA PHOTO DE LA HONTE!

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Il y a des photos qui en disent plus que mille éditos. Le cliché que nous publions ici, et que nous mettons à notre « Une », fait partie de ces clichés qui décrivent à merveille une situation donnée, et démasquent le langage perfide des « communicants » et des « étouffeurs professionnels », très habiles à justifier l’injustifiable. Comme l’image de Pius Njawé, fondateur du quotidien Le Messager et prisonnier personnel de Paul Biya, le président camerounais, à plusieurs reprises, regardant tristement à travers le grillage de sa prison.


Chaque fois qu’un journaliste est emprisonné, c’est toute la profession qui est déshonorée. La situation d’Hermann Aboa est d’autant plus choquante qu’il est un des quinze prisonniers d’une métropole abidjanaise où tous les voleurs, braqueurs et criminels ont été mis en liberté par ceux-là mêmes qui ont désormais à cœur de mettre des universitaires, des hauts fonctionnaires, des hommes politiques et… des journalistes au secret. Tandis que le pays s’enfonce dans une insécurité générée par nos « libérateurs » autoproclamés.

Il faut bien regarder cette photo d’Hermann Aboa. Il n’est pas abattu, non ! Il esquisse même une sorte de petit sourire qui en dit long sur sa force mentale, lui qui est accusé des crimes les plus infâmants par le premier magistrat de son pays, qui a dû regarder une autre émission que la sienne pour se convaincre qu’il lançait des appels au meurtre contre certaines ethnies précises. Il est libre. Libre derrière les barreaux. Et sa liberté intérieure est un moteur pour nous, qui pouvons encore écrire, publier, nous indigner.

Il faut bien regarder cette photo d’Hermann. Elle fera le tour du monde. Et elle édifiera le monde, sur la nature véritable du régime ivoirien, porté à bout de bras par un Occident qui se dit démocratique.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 17 août 2011

COTE D'IVOIRE: GBAGBO ISOLE DANS UN VIDE JURIDIQUE


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Le président Laurent Gbagbo, une vraie patate chaude entre les mains du pouvoir Ouattara

 

Un peu plus de quatre mois après son arrestation, aucune procédure n'a encore été ouverte contre l'ancien président ivoirien.

 

Que faire de Laurent Gbagbo? L'ex-président embarrasse le gouvernement d'Alassane Ouattara. Quatre mois après son arrestation, le 11 avril dernier, Gbagbo est maintenu dans un vide juridique qui préoccupe l'ONU. Chef d'État élu, Alassane Ouattara avait assuré que son prédécesseur allait être jugé pour les violences qui avaient suivi la contestation par Gbagbo des résultats du scrutin présidentiel annoncés le 2 décembre 2010. Deux solutions s'offraient: un procès en Côte d'Ivoire ou devant la Cour pénale internationale (CPI). Aujourd'hui, aucune procédure n'est ouverte. Laurent Gbagbo n'est ni accusé ni libre, et quasiment maintenu au secret.

Le responsable pour les droits de l'homme de l'Onuci, la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire, a fini par s'en émouvoir. Guillaume Ngefa se dit en particulier préoccupé que l'ancien chef de l'État n'ait pas accès à ses avocats. Laurent Gbagbo n'a pu voir brièvement que deux de ses conseils locaux, au cours d'une audience où il était cité comme témoin. Il a en outre reçu la visite du représentant de l'ONU pour la Côte d'Ivoire, Choi Young-jin, et trois représentants du «Conseil des anciens», un groupe informel de personnalités éminentes, l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan, l'ancienne présidente irlandaise Mary Robinson et l'archevêque sud-africain Desmond Tutu.

«Une fin de non-recevoir»

Ses avocats français n'ont pas pu lui rendre visite, ni même s'entretenir avec lui au téléphone. Deux d'entre eux, Me Emmanuel Altit, ancien défenseur des infirmières bulgares retenues en Libye, et sa collaboratrice, Me Jennifer Naouri, se sont pourtant rendus en Côte d'Ivoire en juin et juillet, frappant à toutes les portes, du ministre de la Justice au procureur de la République. En vain. Emmanuel Altit a également sollicité l'Onuci, garant du processus de paix ivoirien. «Nous nous sommes heurtés à une fin de non-recevoir», accuse l'avocat dans une lettre ouverte.

À écouter Me Altit, les conditions de détention de Laurent Gbagbo, détenu à Korhogo, dans le Nord, en font une sorte de masque de fer africain. «Il est enfermé dans une chambre close, à peine éclairée, et ne sort que pour prendre ses repas en compagnie de son médecin, lui aussi incarcéré.» Un avocat togolais de Laurent Gbagbo, Me Joseph Kokou Koffigoh, confirme: «Pour recevoir le représentant de l'ONU ou les anciens, on l'a transféré dans une résidence présidentielle de Kor­hogo. Mais le reste du temps, il est enfermé ailleurs.»

L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à Paris, Ally Coulibaly, dément et assure que le prisonnier vit en permanence dans la villa présidentielle. Me Altit, pour sa part, demande que Laurent Gbagbo soit assigné à résidence dans sa maison de Gagnoa, «pour échapper aux pressions» de son gardien, Fofié Kouakou, un ex-chef de guerre rebelle sous sanction onusienne. L'avocat exige aussi que son client sorte de ses limbes juridiques. Le gouvernement ivoirien semble toujours hésiter. Mercredi dernier, douze personnalités liées à l'ancien président, dont son fils Michel, ont été inculpées, entre autres, d'atteinte à la sûreté de l'État. Vingt-six autres dignitaires les avaient déjà précédés. Mais ni l'ancien chef de l'État ni son épouse, Simone, ne faisaient partie de cette nouvelle vague d'inculpations. Le procureur de la République répond qu'il attend un avis du Conseil constitutionnel.

Impasse politique

Reste l'option de la Cour pénale internationale. Son procureur, Luis Moreno-Ocampo, a lancé une enquête préliminaire sur les violences qui ont précédé la chute de Laurent Gbagbo. Il devrait dire en septembre s'il inculpe ou non des personnalités. Toutefois, la CPI laisse la préséance aux justices nationales: elle n'inculperait Laurent Gbagbo que si la Côte d'Ivoire décide de ne pas le juger. Mais pour Abidjan, la CPI est une arme à double tranchant. La Cour enquête sur les exactions commises par les deux côtés. L'Onuci elle-même affirme que les Forces républicaines, la nouvelle armée ivoirienne, continuent à tuer illégalement. Selon un rapport de la mission onusienne, 26 exécutions sommaires de partisans de Laurent Gbagbo ont encore eu lieu le mois dernier.

L'impasse du cas Gbagbo est aussi politique. Le gouvernement d'Abidjan redouterait, selon les observateurs, qu'un procès fournisse une tribune à Gbagbo, redoutable orateur, et qui compte encore de nombreux partisans dans le pays. Et à l'extérieur, plusieurs chefs d'État de la région ont fait savoir à leur homologue ivoirien qu'ils ne souhaitaient pas voir juger un ex-président, précédent fâcheux aux yeux de nombre d'entre eux.


Pierre Prier, in Le Figaro.fr, mercredi 17 Août 2011.


Source : LA DEPECHE D'ABIDJAN

SIMONE GBAGBO INCULPEE DEPUIS HIER

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L'ex-Première Dame de Côte d'Ivoire, Simone Ehivet Gbagbo, vient d'être inculpée par le sixième cabinet du juge d'instruction d'Abidjan, présidée par la magistrate Delphine Makouéni Cissé. Nous avons reçu l'information hier, très tard dans la nuit, de l'un des avocats membres du Collectif des avocats nationaux des pro-Gbagbo. Pour l'instant, la nouvelle reste à confirmer auprès de la présidente du sixième cabinet, qui n'a pas encore notifié la décision aux conseils juridiques de l'ex-Première Dame. Selon notre source, l'épouse de l'ancien chef de l'Etat ivoirien a été inculpée sur place à Odienné, lieu de sa détention depuis quatre mois, par le juge d'instruction de la section du Tribunal de Première Instance d'Odienné ; agissant aux bons soins de sa patronne à Abidjan qui l'a saisi d'une commission rogatoire qu'il a exécutée. En clair, la présidente Makouéni Cissé ne s'est pas déplacée dans la capitale du Denguélé pour écrouer en personne Mme Gbagbo. Elle a confié la « sale besogne » au juge d'instruction siégeant sur place à Odienné.

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L'ex-Première Dame de l'Etat de Côte d'Ivoire, inculpée principalement pour délits économiques, est poursuivie pour sept chefs d'accusation portant sur les infractions suivantes : vols en réunion, vols à mains armées commis avec violence et effraction, détournements de deniers publics, concussion, atteinte à l'économie publique, pillages et complicité des infractions sus-citées.

Pour l'heure, on peut dire que Simone Ehivet Gbagbo est « vernie », comparativement aux autres déportés de Bouna, Katiola et Korhogo (hormis le Président Laurent Gbagbo, qui n'a pas encore été formellement inculpé par Alassane Ouattara). En effet, les Premiers ministres Pascal Affi N'Guessan et Gilbert-Marie Aké N'Gbo, Michel Gbagbo, le fils de l'ancien chef de l'Etat et toutes les autres personnalités en détention dans les goulags du nord du pays et récemment inculpés, sont poursuivis pour 19 chefs d'accusation : 12 délivrés par le 3ème cabinet du juge d'instruction à Abidjan, et sept autres par le sixième cabinet.

Après l'ex-Première Dame de Côte d'Ivoire, il ne reste plus que le Président Laurent Gbagbo pour que la folie justicière du régime ouattariste soit bouclée.


Anassé Anassé, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 41 du mercredi 17 août 2011.

COTE D'IVOIRE: LE CLIVAGE FONDAMENTAL

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Le dernier-né des partis politiques ivoiriens, Liberté et Démocratie pour la République (LIDER), a fait sa première sortie le 11 août dernier, un mois jour pour jour après le départ hypermédiatisé du FPI de Mamadou Koulibaly, son “président-fondateur”. Quatre mois jour pour jour après le violent kidnapping de Laurent Gbagbo par les forces françaises et leurs supplétifs d’alors, les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). On peut se contenter de considérer ce nouvel objet politique sous l’angle exclusif de la compétition entre les différentes chapelles partisanes. Et il est assez piquant de noter que Le Nouveau Réveil, journal pro-Ouattara, qui s’est enthousiasmé au commencement pour l’aventure politique de Koulibaly, et Notre Voie, journal du FPI, ont eu le même traitement de l’événement. Koulibaly n’est parti qu’avec des « feuilles mortes », et a fait une « maigre moisson ». Leçon de choses: dans l’arène politique, personne ne fait de cadeau à personne. Et les petits “clins d’oeil” ne servent qu’à exacerber les divisions du camp adverse…

Pour notre part, nous voudrions nous attarder sur les enjeux idéologiques de la création de LIDER. Qui revendique très clairement son appartenance à la grande famille libérale. Au moment où les pays-phares du libéralisme vacillent sur leurs bases et redoutent un krach financier et un effondrement du système. Crise de la dette, folie des marchés financiers, conséquences désagréables de la dérégulation et de la désindustrialisation de l’Occident qui en est le corollaire… Les idéologues de la”démondialisation”, nouveau mot pour définir le protectionnisme, commencent à se poser en alternative et à engranger des partisans.

Aujourd’hui, les Etats-Unis, patrie emblématique du libéralisme, vivent en “prenant crédit” auprès de la Chine, toujours dirigée par un Parti communiste qui a jeté aux orties son orthodoxie et adopté une forme de capitalisme d’Etat hybride qui semble relativement lui réussir… pour l’instant. Economiquement piégé, l’Occident libéral engage des guerres au nom de la démocratie. Hier en Irak, aujourd’hui en Côte d’Ivoire et en Libye. Et où demain?

On peut toujours rétorquer que le libéralisme n’y est pour rien, que c’est l’ingérence gouvernementale, de nature profondément keynésienne donc “socialiste” qui a, par exemple, fabriqué la crise des “subprimes”. On peut dire que le libéralisme est par nature pacificateur, parce que, dans sa vision idéelle, les nations qui commercent ensemble ne se font pas la guerre. Mais est-il réaliste d’imaginer qu’une Côte d’Ivoire dirigée demain par le LIDER soit le seul pays qui applique “bien” les recettes miraculeuses du libéralisme “pur”?

Dans son discours de présentation de son parti, Mamadou Koulibaly dit quelquechose qui nous semble pertinent. Selon lui, les concepts de gauche et de droite sont inopérants en Afrique. Le véritable clivage se situe, selon lui, entre l’étatisme castrateur et le libéralisme émancipateur. Mais ces concepts, dans toute leur pertinence, ne sont-ils pas des “pièges” pour une Afrique qui doit faire preuve, plus que jamais, d’une créativité conceptuelle bien son histoire, sa géographie et sa sociologie? Mamadou Koulibaly prend l’exemple du marché foncier pour illustrer les bienfaits que l’affirmation de la propriété individuelle apporterait à la Côte d’Ivoire. Munis de leurs titres de propriété, les paysans devenus exploitants agricoles pourraient obtenir des crédits bancaires, acheter des intrants et des engins, et améliorer leur productivité.

Le schéma est séduisant sur le papier, mais se heurte à un certain nombre de réalités locales. Premièrement la conception profonde que beaucoup d’entre nous ont de la ruralité. Le village est à la fois terroir ancestral inaccessible voire mystique, moyen de production, cimetière et lieu de mémoire. Le paysan dont le cousin rachètera à la banque son titre de propriété, après qu’il ait fait quelques “mauvaises années”, admettra-t-il de bon coeur une transaction de cette nature? Et si c’est l’ancien métayer «allogène » qui récupère ses terres? Sur quel mode seront distribués les titres de propriété, alors que le concept même de propriété est source de conflits, et que ni les “transactions traditionnelles”, très souvent orales, ni le droit coutumier, souvent interprété de manière fantaisiste par les dépositaires du pouvoir local, ne peuvent être un point de départ pertinent? Plus grave, un pays comme la Côte d’Ivoire peut-il “supporter” socialement l’activisme des fonds américains ou asiatiques cherchant à acheter des terres et proposant aux paysans, pauvres parmi les pauvres, des deals qu’ils ne pourront pas refuser?

Au-delà de toutes ces considérations, on peut se poser une question: dans un Etat dominé, occupé militairement par la France et l’ONU, où les élections et les institutions ne tiennent que si elles ne disconviennent pas à la “communauté internationale”, débattre des subtilités du socialisme et du libéralisme est-il aussi fondamental que cela? Le peuple ne doit-il pas arracher le droit de disposer de lui-même avant toute chose? Contrairement à ce que certains disent, Mamadou Koulibaly n’est pas passé du socialisme au libéralisme. Il a de tout temps été libéral. C’est au nom de la nécessaire lutte contre les structures du parti unique qu’il s’est, selon ses propres explications, fait compagnon de route des sociaux-démocrates, des marxistes et des frustrés de tout bord qui se sont réunis pour créer le FPI qui était, selon son fondateur, un « front », une sorte de fédération de plusieurs tendances idéologiques.

Aujourd’hui, après le 19 septembre 2002 et le 11 avril 2011, la question de l’indépendance de la Côte d’Ivoire s’est substituée à celle du multipartisme, depuis que l’alternance d’octobre 2000 a été littéralement “sabotée” par l’ancienne puissance coloniale qui a réussi à se remettre au centre du jeu et à imposer sa volonté. Au-delà du libéralisme, du marxisme, du conservatisme et de toutes les autres écoles de pensée. Un autre “front” ne s’impose-t-il pas désormais? Mamadou Koulibaly, qui s’est refusé à condamner la dernière expédition punitive de la Force Licorne, la qualifiant de “remise en ordre”, considère-t-il que « la guerre de la France contre la Côte d’Ivoire » s’est terminée au bénéfice de la Côte d’Ivoire, pour que la subtilité des choix de société puisse s’exprimer sur une terre désormais “libérée”? Question subsidiaire: face à un RDR membre de l’Internationale libérale, Mamadou Koulibaly, qui prône les vertus du bipartisme, veut incarner une opposition tout aussi libérale que le pouvoir. La Côte d’Ivoire ne mériterait-elle donc rien d’autre que le choix entre un libéralisme de type A – frelaté selon l’interprétation de Koulibaly – et un libéralisme de type B, plus authentique? Le débat est ouvert.


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mardi, 16 août 2011

LIDER, UN ENGAGEMENT RESPONSABLE AU SERVICE DU DEVELOPPEMENT - LE MANIFESTE


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Introduction

Liberté et Démocratie pour la République, en abrégé LIDER, est un parti politique ivoirien créé le 14 juillet 2011, qui s’inscrit dans le courant du libéralisme classique et qui prône la démocratie et l'économie de marché.

Faisant le constat:


de l’échec politique de la Côte d’Ivoire au cours des deux dernières décennies ;


-des limites dangereuses d’un Etat dit fort, au sens où il centralise tous les pouvoirs sans réel contre-pouvoir, qui tient ses populations sous domination, dans un cadre institutionnel inadapté à l’initiative privée, populations qui, pourtant, selon la Constitution de Côte d’Ivoire, sont le véritable souverain du pays, mais dont le rôle se limite à donner la légitimité des urnes à une classe politique qui s’emploie ensuite à les marginaliser dans un système voué à son enrichissement personnel;


-de ce que le dirigisme imposé par la classe politique, le protectionnisme économique et la centralisation administrative ont prouvé leurs limites dans la gestion du pays ;


LIDER a été créé pour permettre aux Ivoiriens de sortir de la spirale de la désespérance, d’accéder aux libertés et de devenir acteurs de leurs propres vies pour ne plus être les victimes d’un système qui exclut leur bonheur.


LIDER souhaite également donner un contenu à la démocratie, en dépassant le simple multipartisme, et en donnant les rênes du pouvoir au peuple pour sortir notre pays de la « république cacaoyère » et lui faire emprunter fermement la voie du progrès.


Tous les Ivoiriens appellent de leurs vœux une société de confiance, de paix et de développement économique. Mais cela reste trop souvent un souhait vague que les discours ne peuvent suffire à réaliser. Ce qu’il faut c’est se mettre d’accord sur la voie pour atteindre cet objectif. Partager des valeurs, c’est précisément cela : être d’accord pour se donner des règles et s’imposer de les respecter parce que l’on a confiance en leur capacité à engendrer les résultats escomptés.


Alors quelle pourrait être cette voie partagée? Quels pourraient être ces règles, principes et valeurs communes qui permettraient un nouveau départ de la Côte d’Ivoire ?


Pour LIDER, il s'agit des règles que les représentants du peuple adoptent dans les formes prévues par la Constitution de Côte d’Ivoire, des principes et valeurs de liberté, de respect des lois, de transparence, de libre concurrence et d’égalité des chances.


Les Ivoiriens s’engagent souvent avec passion dans le combat pour la souveraineté de leur pays face au reste du monde mais négligent totalement le combat plus fondamental de leur propre souveraineté face à leur Etat et ses animateurs.


L’évolution de nombreux pays a démontré au fil du temps que l’affirmation de la souveraineté des populations face à leur Etat, et l’affirmation de leurs libertés, sont en corrélation avec le progrès et le recul de la pauvreté.


Par conséquent, l’enjeu est primordial puisqu’il tient en la question du progrès et du recul de la pauvreté, qui sont la finalité des propositions de LIDER.


Avant de développer les propositions politiques du parti, il convient de s’attaquer à quelques idées reçues qui pourraient fausser l’analyse si elles n’étaient pas repoussées ou précisées.


I – Les idées reçues

1 – Le clivage Droite – Gauche est une grille de compréhension pertinente de la politique en Afrique

En Afrique, on a coutume de parler, comme dans les pays occidentaux, de clivages politiques Droite-Gauche. Il y a des hommes et de femmes qui se disent de Gauche ou de Droite alors que sur notre continent, ce clivage ne représente rien de décisif du point de vue des libertés, et donc du développement de nos pays.

C’est un artifice qui enferme les élites et les populations dans une illusion car, en pratique, les différents gouvernements, qu’ils se prétendent de Droite ou de Gauche, appliquent une politique identique, à savoir un modèle dirigiste dans lequel l’Etat contrôle tout, décide de tout, pour tout le monde et est propriétaire de tout. L’Etat est accaparé par ceux qui le gèrent et le considèrent comme leur propre patrimoine.


Les partis qui se disent de Droite comme ceux qui se disent de Gauche ont la même conception de l’Etat, qui est celle d’une manne qu’il faut gérer et partager alors qu’ils devraient s’atteler à construire des Nations et à les conduire vers la prospérité et le progrès social.


Ainsi, les élites se battent à mort pour le contrôle de l’Etat, dans l’unique dessein de se partager cette manne, alors même que cette institution n’arrive pas à assumer ses missions régaliennes.


Ceci explique qu'après plus de 50 ans d’indépendance, le continent reste à la traîne par rapport au reste du monde.


LIDER entend dépasser les clivages traditionnels du paysage politique ivoirien pour remettre les libertés politiques, économiques et sociales de la personne humaine au centre des préoccupations et des actions du citoyen et de l’Etat, tout en faisant de l’intérêt effectif pour ces libertés la seule vraie ligne de partage idéologique entre les différents pôles politiques.


Il y a ceux qui considèrent que la liberté consiste à faire ce qu’ils veulent de la vie, du travail et du patrimoine des autres, en toute irresponsabilité, et il y a LIDER, qui considère que la liberté est le droit inaliénable pour chacun de faire ce qu’il veut de sa vie, de son travail et de son patrimoine en toute responsabilité, en inscrivant leur action dans les rouages de l’Etat de droit.


Dans le premier cas de figure, il s’agit de tyrannie et c’est malheureusement le modèle qu’appliquent uniformément la plupart des partis politiques au pouvoir en Afrique qu’ils se revendiquent de Droite ou de Gauche. Dans le second cas, il s’agit de liberté. LIDER s’opposera à toute forme de tyrannie incompatible avec la liberté.


2 –Aucun groupe politique ne peut gouverner tout seul un pays

Lorsqu’une équipe politique arrive au pouvoir en Afrique, la coutume est de partager les postes décisifs entre les différentes familles politiques pour éviter les mécontentements postélectoraux. C’est une imposture à l’égard des populations qui se sont déplacées aux urnes pour faire un choix qui au final se retrouve totalement dilué.


Le propre de la démocratie est d’autoriser le vainqueur d’une élection à gouverner seul. Il n’appartient pas à l’opposant d’intégrer l’équipe gouvernante. Sa mission est de se positionner comme contre-pouvoir face au gouvernement pour veiller aux dérives éventuelles. Les gouvernements dits d’union et d’unité nationale sont de nature à tuer les fondements de la démocratie, les libertés, l’opposition et la logique de la République.


Le rôle des partis politiques d’opposition est d’exercer un contre-pouvoir. La concurrence est en effet le meilleur mode de contrôle social. Si l’on élimine ce contrôle et si les libertés individuelles ne sont pas respectées, la démocratie prend les allures d’une dictature légitime et le pillage y devient légal. Sans opposition, la démocratie n’existe pas.


C’est pourquoi LIDER rejette les gouvernements d’union, ne croit pas en l’efficacité des gouvernements d’unité nationale et refuse la logique égoïste du partage de la manne étatique. LIDER croit que la démocratie doit être intégrale, sinon elle n’est pas.


3 – Le retard de l’Afrique est lié à des politiques libérales

Selon nombre d’analystes, les politiques libérales seraient en partie, responsables du malheur de l’Afrique. Ils appuient leurs propos sur l’échec des plans d’ajustement structurel émanant de politiques dites néo libérales qui ont été appliquées sur le continent par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale (BM). Ces politiques étaient pourtant loin d’être libérales et étaient plutôt d’inspiration keynésienne, au sens où elles prônaient l’interventionnisme, la social-démocratie et l’encadrement de l’économie par l’Etat. Elles ont naturellement débouché sur le protectionnisme d’intérêts inavouables.


La vague des privatisations des années 90 ne peut être associée au libéralisme, puisque les concessions se sont faites hors marché, sans appel d’offre et ont débouché sur des monopoles protégés. Ces échecs ont abusivement entaché le libéralisme d’une connotation négative, puisque dans les faits, l’Afrique et essentiellement l’Afrique francophone n’a jamais connu le libéralisme. Dire le contraire est une imposture intellectuelle reposant sur une communication travestie.


La fulgurante montée en puissance de plusieurs pays du Sud-Est asiatique ces vingt dernières années est un exemple édifiant. Alors qu’ils étaient moins bien dotés en richesses naturelles que l’Afrique, leur progression a reposé sur l’application de politiques libérales.


4 – La géométrie tribaliste peut promouvoir la démocratie


Par souci «d’ouverture politique», il est de coutume, en Côte d’Ivoire, de répartir les postes d’Etat par ethnie, selon un quota arbitraire, sous prétexte de satisfaire tous les groupes tribaux, et toutes les régions du pays.


Tant de ministres du Nord, tant du Sud, de l’Ouest, etc. L’on sacrifie ainsi la compétence, la complicité des équipes de travail et l’efficacité des personnes concernées. Cette forme de géopolitique n’est ni nécessaire, ni suffisante et encore moins saine dans une démocratie. Récompenser un groupe sur une base ethnique, exclut toute considération de compétence et dilue la responsabilité.


Lorsque le représentant de l’un des groupes perd un jour sa fonction ou son poste, une crise politique grave s’installe car son ethnie entière se sent frustrée. Sachant que 65 à 100 groupes ethniques peuplent la Côte d’Ivoire, l’insatisfaction est permanente car tous les groupes ne peuvent accéder en même temps au pouvoir.


Chez ceux qui se sentent exclus, la démotivation, les frustrations et la jalousie deviennent le terreau de la haine et des conflits. Le tribalisme ne peut donc être combattu par cet artifice géopolitique restrictif porteur de grands dangers pour la cohésion nationale.


De même, lorsque le soi-disant représentant d’une tribu est mis en cause à tort ou à raison, son groupe entier est indexé, alors même que les groupes ethniques ne peuvent être tenus pour responsables des succès ou des échecs de leurs membres individuels.


5 – Les étrangers sont une menace pour notre pays

Les Ivoiriens ne doivent pas avoir peur des étrangers. Contrairement à l’entendement général, les étrangers ne sont pas un problème mais une richesse pour le pays. Les économies les plus autarciques et les plus fermées sont aussi les moins riches et les moins prospères. A l’inverse, l’histoire montre que les pays les plus ouverts aux étrangers sont aussi ceux qui connaissent le moins de conflits. Un pays comme la Côte d’Ivoire, financé par l’étranger à travers l’aide publique au développement et les ventes de ses matières premières sur les marchés internationaux, peut difficilement justifier une fermeture face à l’étranger. La Côte d’Ivoire doit s’ouvrir et ne doit pas avoir peur de sa propre histoire, ne doit pas avoir peur de l’autre. Il est foncièrement faux de soutenir que l’étranger est une menace pour notre pays.


Les hommes et les femmes qui immigrent en Côte d’Ivoire le font parce qu’ils y trouvent des moyens d’enrichissement personnel. Cet enrichissement ne peut appauvrir la Côte d’Ivoire, il doit au contraire l’enrichir par la mise en œuvre d’une politique appropriée. La responsabilité des Ivoiriens est de créer un cadre de vie qui permette à tous de s’épanouir dans le respect des règles fondamentales de la République que sont la Démocratie et la Liberté.


II – Le positionnement politique de LIDER

De l’indépendance en 1960 jusqu’en 1990, la Côte d’Ivoire a évolué contre sa propre Constitution, dans un environnement politique reposant sur le parti unique.


L’ouverture au multipartisme, imposée sous la pression populaire, s’est heurtée au confort de l’environnement protégé qui portait les responsables du parti unique. Le passage à la démocratie a été douloureux. Les conflits qui s’en sont suivis ont cristallisé le débat politique autour des ancrages régionaux des partis politiques.


LIDER ne se positionne pas par rapport à des schémas qui réduisent l’activité politique à des antagonismes inter-ethniques, à des conflits inter-tribaux ou encore à des conflits personnalisés à l’extrême. LIDER se positionne par rapport à ses propres valeurs et principes : contre le tribalisme et toute politique qui s’y adosse, contre le centralisme et le dirigisme étatique, contre la personnalisation du débat politique, contre la violence politique.


LIDER est pour la liberté, la transparence, les règles claires du jeu politique, la préservation des droits individuels et la responsabilité qui va avec, la citoyenneté et la libre concurrence. Actuellement, l’offre et les pratiques des partis politiques en Côte d’Ivoire ne répondent pas à ces valeurs, à ces règles et à cet idéal.


LIDER souhaite se positionner en dehors de toute problématique ethniciste, en proposant aux Ivoiriens un point de rencontre logique de coexistence et d’inclusion. LIDER souhaite briser le cycle infernal de la violence politique et engager un cycle vertueux reposant sur des valeurs universelles qui placent l’Homme au centre de l’action politique. LIDER est profondément attaché à cet humanisme et place les valeurs liées à l’homme avant les valeurs africaine et ivoirienne.


LIDER a été créé au moment où l’Etat de Côte d’Ivoire est gouverné par une coalition politique dont les valeurs et le programme sont incompatibles avec les siennes. Aussi, LIDER se situe-t-il dans l’opposition. Il prône une opposition sans arme ni violence ; une opposition ferme et sans concession qui sera présente quand il convient de se mobiliser pour la Côte d’Ivoire, mais également quand il faut dénoncer les abus préjudiciables au pays; une opposition préparée pour une alternance démocratique dans quatre ans.


Bien que LIDER s’inscrive sur la voie du libéralisme dont, semble-t-il, se réclame également la coalition gouvernementale au pouvoir, cela ne signifie pas que le parti soit rattaché à cette dernière.


LIDER se présente comme un défenseur des libertés. Notre acception de la liberté va au-delà de la liberté politique et notre libéralisme n’a rien à voir avec la version édulcorée du capitalisme d’Etat que pratique le gouvernement actuel.


Notre conception de la démocratie suppose le strict respect de la Constitution et des Institutions de la République. Peut-on être libéral et violer la Constitution sur laquelle l’on a prêté serment ? Peut-on être démocrate et prendre des ordonnances illégales sans le consentement des représentants du peuple ? Peut-on être démocrate et prélever sur les revenus du peuple des montants faramineux sans l’autorisation des représentants du peuple ? Peut-on être libéral et passer de gros marchés publics de gré à gré, sans aucune transparence ? Peut-on être démocrate et s’endetter dans des proportions qui mettent en péril l’équilibre des générations futures ?


A toutes ces questions LIDER répond «Non» et donc, se démarque de toutes les composantes de la classe politique actuelle.

LIDER propose des politiques alternatives libérales et donne un contenu crédible à ces idées pour sortir de l’illusion des mots en assumant pleinement son rôle. Les pays les plus avancés au monde sont ceux qui ont fait la promotion des valeurs de liberté, de démocratie, d’Etat de droit et de propriété privée.


LIDER souhaite progressivement habituer les populations à ces possibilités nouvelles, afin qu’elles prennent pleinement conscience qu’un avenir meilleur construit sur la base de la liberté est possible. C’est ainsi que les transformations se feront.


Le pari de LIDER est de redonner une place à l’Homme, de réveiller les consciences et de redonner aux citoyens le goût de l’engagement politique et l’espoir de lendemains meilleurs. Avec LIDER, nous cessons d’avoir peur : d’avoir peur du voisin, peur de l’autre, peur du prochain, peur du lendemain, peur de la politique, peur de l’étranger, peur de nous-mêmes en définitive.


III - Les propositions de LIDER

LIDER place la liberté de choix au centre de la prospérité et du développement économique, valorise les libertés individuelles dans le développement de la Côte d’Ivoire et renforce les arguments en faveur de la défense de l'économie de marché, de la propriété privée, de la souveraineté, de la bonne monnaie et de la politique budgétaire adaptée au développement et à des relations internationales pacifiques. La jeunesse et le monde rural, de même que la famille, sont au cœur des préoccupations de LIDER. Cela signifie que LIDER positionne bien l’Etat dans des fonctions essentielles pour la bonne maîtrise de la construction de la Nation.


1) LIDER pour un Etat maitrisé

Plus de cinq décennies après les indépendances, l’État africain reste au cœur des débats intellectuels et politiques concernant le présent et l’avenir du continent. Les raisons de cette préoccupation résultent des crises multiples qui les conduisent à s’embourber, se renouveler, éclater et tomber en faillite.

L’État africain bat le record du plus grand nombre d’épithètes jamais employées. Il a été qualifié de «surdéveloppé», «prébendier» «patrimonial/néo-patrimonial», «rentier», «népotiste», «vacillant», «kleptocrate», «sultaniste», «convivial», «Léviathan boiteux», «bantoustan international», «fantôme», «criminel», «omnipotent mais jamais omniprésent», «bananier ou cacaoyer». Tous ces qualificatifs synthétisent l’incompétence des Etats africains à relever le défi des indépendances. Les nations africaines dominent d’ailleurs nettement la liste des Etats les plus défaillants dans le monde.


LIDER prône l’Etat maitrisé, c'est-à-dire un Etat dont l’action se limite à ses fonctions essentielles et souveraines, à savoir la sécurité du pays et une justice équitable. LIDER veut mettre les Institutions au cœur de tout processus de réformes. Le développement, c’est de la création de valeur, et ceci ne peut se faire sans cadres juridique et institutionnel favorables à l’investissement privé. LIDER fait confiance en la capacité des Ivoiriens et veut libérer leur talent en leur permettant de créer leur propre richesse.


LIDER a une approche décentralisée du développement. Jusqu’à présent, l’Etat était considéré comme le moteur du développement, seul capable de résoudre les problèmes, or le bilan est désastreux. Pour changer le résultat, l’approche doit être changée. LIDER veut libérer les individus pour leur permettre de se prendre en charge en contribuant eux-mêmes au processus de développement. C’est un renversement de la conception même du développement, qui contribue à redonner sa dignité et sa richesse à l’Homme.


Dans ce contexte, LIDER s’engage à réaliser des budgets réalistes et à lutter contre les inégalités de traitement des citoyens face à l’impôt et aux prélèvements obligatoires. L’impôt proportionnel remplacera progressivement l’impôt progressif en application des principes de la flat tax.


Après toutes les expériences désastreuses des régimes présidentiels en Afrique et tirant les leçons de la longue crise ivoirienne, LIDER propose une révision constitutionnelle mettant fin au régime présidentiel actuel pour introduire un régime parlementaire. Selon ce régime, une seule élection permet de désigner les députés au scrutin majoritaire à un seul tour. Le parti ayant la majorité au parlement désigne son représentant qui devient président de la République ou premier ministre selon l’appellation qui lui est donnée dans la Constitution. Ce représentant forme son gouvernement qui a l’obligation de rendre des comptes, en temps réel, au Parlement. Le régime parlementaire éloigne des frustrations tribalistes et régionalistes et assure un meilleur contrôle des hommes politiques par les contribuables.


LIDER s’engage également à poursuivre le processus de décentralisation en octroyant aux communes et départements des financements qui leur permettront d’exercer effectivement leurs compétences. LIDER souhaite sortir la décentralisation de la fiction.


2) LIDER et le monde rural

a) La propriété privée du sol


Aucun développement durable n’a jamais eu lieu sans une responsabilisation des populations par la propriété. Sans droit de propriété, on peut certes progresser, inventer, mais seul un petit groupe de personnes en tire profit pendant que l’immense majorité de la population continue à manquer de tout.

En Côte d’Ivoire, alors que la terre était jadis répartie selon le droit coutumier, le colon français, à son arrivée, a pris possession des terres, expropriant de fait les populations qui en étaient les premiers occupants. Il a exploité le sol et le sous-sol pendant plusieurs siècles jusqu’à son départ dans les années 60. À l’indépendance du pays, la terre a été directement cédée par le colon à l’Etat de Côte d’Ivoire qui, au lieu de la redonner aux successeurs des propriétaires initiaux, l’a gardée déclarant comme principe nouveau que la terre appartenait désormais à l’Etat pour ensuite dire que la terre appartenait à celui qui la mettrait en valeur, créant ainsi la confusion totale. Que de conflits n’a-t-on pas vu naître à cause de ce double standard ?


LIDER propose de reconnaitre ce circuit d’usurpation et de restituer aux propriétaires initiaux leurs terres, en tenant compte des titres de propriété légalement acquis et des achats et ventes ayant eu régulièrement lieu dans l’intervalle.


La terre de Côte d’Ivoire est un capital qui dort. Il faut la réveiller et lui donner la possibilité d’avoir une valeur d’échange sur un marché libre. Il a été souvent reproché à la Côte d’Ivoire de ne pas avoir d’entreprises et d’entrepreneurs. Or, le pays foisonne de paysans individuels ayant des terres qu’ils travaillent, et qui produisent des biens que l’Etat s’empresse de collecter et de commercialiser. C’est une forme de servage qui n’a que trop duré.


Pour mettre un terme à cela, LIDER propose de préciser le cadastre dans les brousses, de délimiter les départements et, à l’intérieur du département, les sous-préfectures et dans la sous-préfecture, les villages, et dans les villages, les propriétés familiales, afin de délivrer des titres de propriété. La terre aura ainsi une valeur et pourra être louée, commercialisée ou transmise à la descendance.


A partir de là, les banques auront la possibilité de fournir de nouveaux produits financiers capables de financer l’agriculteur, la production agricole, et non uniquement la commercialisation des produits agricoles comme cela est le cas en général actuellement.


Les agriculteurs, entrepreneurs agricoles, sont étouffés par des pratiques et des législations qui devraient pourtant leur permettre de s’épanouir en faisant fructifier leurs terres. L’innovation culturale est ainsi freinée, l’archaïsme des méthodes culturales est en déphasage avec le monde moderne et les rendements le sont en conséquence. L’agriculture est un grand secteur privé dépourvu de liberté et de droit de propriété, donc de moyens de sa promotion. Les paysans, ces acteurs privés, sont donc vulnérables, et se retrouvent à la merci de n’importe quel prédateur. Pour LIDER, s’attaquer au foncier rural en définissant un droit de la propriété privée sans ambigüité, c’est aussi lutter efficacement contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté en milieu rural.


Pour libérer l’agriculteur, LIDER place le droit de propriété au cœur de son programme et propose d’en faire le fondement de son action.


b) La commercialisation des produits de rente

La précision des droits de propriété sur les terres sera doublée d’une réorganisation du système de commercialisation des produits agricoles de rente comme le café et le cacao. Après avoir essayé les caisses de stabilisation qui ont donné les résultats que nous connaissons, LIDER propose de libérer le marché du cacao.

La production doit s’organiser autour d’exploitants agricoles propriétaires de leurs terres. La filière sera ainsi composée de nombreux agents privés qui prendront une part active à la commercialisation. Les interventions publiques directes sur la commercialisation domestique et internationale seront limitées à la supervision, au contrôle de la qualité et aux prélèvements fiscaux, mais les prix seront déterminés par le marché mondial du cacao au grand bénéfice des producteurs, qui pourront alors recevoir une part plus élevée de ce prix. Mais, sans droit de propriété privée sur l’agriculture du café et du cacao, de nombreuses distorsions rendront inefficaces les solutions du marché libre.

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CAMPAGNE AGRICOLE A VAVOUA: LE CACAO S'ACHETE A 75F CFA LE KILO


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Le prix du kilogramme bord-champ du cacao a chuté depuis la prise de pouvoir d'Alassane Ouattara. Ainsi, de 1200 F CFA, il est passé à 300 F CFA.


Mais ce nouveau prix n'est pas appliqué dans les provinces. Dans le département de Vavoua où nous étions récemment, selon des producteurs agricoles rencontrés, le prix national du kilogramme du cacao n'est pas appliqué. Il varie selon les localités et surtout selon leur situation géographique. Dans le canton Nattis, le kilogramme s'élève à 150F. Mais, seuls les villages situés sur l'axe Vavoua-Séguéla sont concernés par ce prix. Ces villages sont: Déragon, Bazra-Nattis, Goulinfla,Vrouo I Alladjékro et Ténéfiéro. Dans les autres villages, dont Vrouo II, loin de ce tronçon, les producteurs perçoivent entre 75 F CFA et 100 F CFA pour un kilo de cacao vendu.

Dans le canton Sétis, le prix plancher pratiqué est de 75 F CFA.

Toujours au dire de nos sources, cette mévente serait due à l'impraticabilité des voies d'accès à ces villages. « Quand les pisteurs arrivent, ils évoquent l'état des routes. Selon eux, c'est parce que le carburant coûte cher et qu'ils mettent assez de temps avant d'accéder à nos villages respectifs qu'ils achètent nos produits à vil prix. Lorsque nous nous opposons à cela, ils appliquent "la loi de l'offre et de la demande". Puisqu'ils savent que nous sommes démunis, ils feignent de repartir en ville. Et face à notre détresse, nous sommes obligés de nous soumettre », confie Tra B. E, planteur dans le village de Douffla.

En plus de la mévente de leurs produits agricoles, les paysans de Vavoua sont confrontés à l'insécurité et aux exactions des FRCI. S'agissant de l'insécurité, les producteurs sont régulièrement victimes des agressions des coupeurs de route. Si quelques-uns des leurs ne sont pas tués par ces bandits de grand chemin, ce sont leurs produits agricoles qui sont emportés par ces coupeurs de route dans des destinations inconnues.

Concernant les exactions des éléments des FRCI, un responsable d'une coopérative agricole qui a requis l'anonymat, nous a révélé que ces militaires les rackettent à longueur de journée. Pis, ils imposent des quotas qui varient selon le tonnage des produits transportés. « Si vous transportez, par exemple, 10 tonnes, vous payez 100 000 FCFA. En dessous de 10 tonnes, vous payez 50 000 FCFA. Face à cette situation, certains producteurs éprouvent des difficultés à évacuer leurs produits agricoles. Ces produits restent avec eux et s'usent. Nous avions tenté de négocier pour que les quotas soient revus à la baisse, mais les FRCI ont refusé », a-t-il révélé.

Et d'ajouter que les autorités administratives sont impuissantes face à cette situation.


Une correspondance de Emile Kian in Ivorian.net


Source : RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

JEAN ZIEGLER: «LAURENT GBAGBO REVIENDRA CERTAINEMENT AU POUVOIR»


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Jean Ziegler vice-président du Comité Consultatif du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, ancien rapporteur spécial pour le droit à l'alimentation au sein de la même institution connaît bien l'ONU. Il est par ailleurs l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages parmi lesquels: Main basse sur l'Afrique (1978) L'empire de la honte (2005) La haine de l'Occident (2008) qui dénotent d'une maîtrise des rapports complexes entre les occidentaux et les africains. Il était hier dimanche l'invité de Christian Musampa dans le cadre de l'émission "Sans détours" sur la radio camerounaise Cameroonvoice et pour lui le retour de Gbagbo au pouvoir ne se discute pas.


Savoir lire les événements quand le commun des mortels pense que tout est fini ! En tout cas, Jean Ziegler offre une grille de lecture nouvelle de la situation politique en Côte d'Ivoire et pour lui, c'est bien Gbagbo qui sortira grandi de toute cette tourmente politico-juridique qui montre aussi à quel point les nouveaux gouvernants ne sont pas rassurants. D'abord parce que pour lui les ivoiriens ne se laisseront pas faire. « La communauté internationale s'est trompée sur les orientations et les solutions apportées au problème ivoirien. Sur la base de toutes les défaillances qui ont entaché le système électoral en Côte d'Ivoire, l'unique solution était le recomptage des voix. Par conséquent, l'attaque du domicile de Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, en violation de l'esprit des résolutions de l'Onu, pour installer un larbin comme Ouattara est un acte purement impérialiste », estime Jean Ziegler. Ensuite, parce qu'il estime bien connaître Laurent Gbagbo, il ajoute « Je connais bien Laurent Gbagbo. Je l'ai rencontré pendant son exil ici en France et dans l'international socialiste, c'est quelqu'un qui va certainement revenir au pouvoir(...) il est le seul véritable homme d'Etat de toute la sous-région Ouest Africaine ». L'universitaire préfère d'ailleurs se focaliser sur les capacités de grand lutteur du président Gbagbo qui l'a fait triompher maintes fois alors que la situation semblait compromise. Enfin, parce que la vie nationale continue d'être bloquée et dans ce cas, il faudra bien discuter avec Gbagbo. Laurent Gbagbo lui-même ne le sait que trop. « Il est souvent bon de rire des choses tragiques. D'abord parce que les pleurs ne changeront pas leur cours mais, mieux, leur avènement est porteur de plusieurs enseignements. Pour certains c'est gagné et pour d'autres c'est perdu. Et pourtant... ». Volontairement énigmatique lors de cette première interview accordée à un internaute, Laurent Gbagbo montrait déjà qu'il fallait compter sur lui. Il a d'ailleurs tenu à le redire au fil des interventions de son porte-parole Koné Katinan. Le président Gbagbo y affirme qu'on ne peut pas passer par pertes et profits les relations franco-africaines pour sacrifier les intérêts du peuple de Côte d'Ivoire. Les français doivent gagner, les ivoiriens aussi.

Les autorités françaises ne semblent pour l'instant pas prêtes de l'accepter mais pour combien de temps ? L'histoire de Mandela a pris la même trajectoire il ya aujourd'hui de nombreuses années. Les afrikaneers l'avaient aussi jeté en prison parce qu'il était considéré comme un terroriste. Ce qui n'était pas tout à fait faux parce que la lutte pour l'égalité des races en Afrique du Sud a pris toutes sortes de contours et l'ANC a été un adepte de la lutte armée. Une fois Mandela mis sous les verrous, les blancs ont cru que l'affaire était réglée. Que nenni ! La situation politique fut bloquée pendant de nombreuses années. Au point où le seul moyen de garantir la paix aux populations blanches fut d'aller négocier avec Nelson Mandela qui sortit de prison avant de devenir le premier président noir d'Afrique du Sud. Mandela est aujourd'hui respecté par le monde entier, y compris par les blancs qui ne juraient que sa perte.

La première partie de l'intervention de Jean Ziegler a essentiellement consisté à analyser la situation de la famine dans la Corne de l'Afrique. Sur la question, M. Ziegler a dénoncé la duplicité et la cupidité des organisations internationales méthodiquement soutenues par les Institutions de Bretton Woods qui organisent et imposent à cette partie de l'Afrique une famine non conjoncturelle mais structurelle parce que liée à la spéculation des marchés boursiers sur les coûts des produits alimentaires. Pour lui, il y a à dénoncer un véritable crime contre l'humanité en Somalie où, à cause de la déstructuration de l'Etat, les aides humanitaires sont détournées. Lesquelles aides s'amenuisent à la faveur de la crise financière mondiale qui oblige la réduction du budget de la Fao de 50%. Il est passé de 6000 milliards à 2800 milliards.

Dans la deuxième partie outre la situation en Côte d'Ivoire, Monsieur Ziegler s'est aussi intéressé à l'élection présidentielle au Cameroun, à la guerre en Libye. A propos des élections au Cameroun, il pense qu'elles manqueront une fois encore de transparence à l'instar des autres élections dans certaines contrées d'Afrique comme le Burkina, le Togo, Le Gabon, le Tchad etc.  Et que le peuple Camerounais qui n'a pas encore vécu de véritables élections mérite mieux qu'un dirigeant comme Paul Biya : « Le peuple camerounais ne mérite pas ce genre de dirigeant d'un autre âge [...] qui passe son temps à l'hôtel intercontinental et se balade au bord du lac Leman ». Sur la guerre en Libye, le polémiste suisse a salué l'intervention de l'Otan face à ce qu'il a appelé le projet ou l'intention de Kadhafi d'exterminer tous les habitants de Benghazi.


Joseph Marat, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 40 du mardi 16 août 2011.

lundi, 15 août 2011

LA PROPHETESSE FRANÇAISE NAOMIE AU PASTEUR KONE MALACHIE: «HANANIA, TA VIE EST EN DANGER!»



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Par Naomie le 13 Août 2011.


Shalom!

Entendes-vous ce bruit grandissant, semblable à l'eau arrivant a ébullition dans un récipient?

C'est le bruit de la rumeur!

Une rumeur : je serai mandatée par le FBI afin de procéder à la mise en place à la tête de la Côte d'Ivoire d'un homme!

Quelle fâcherie! Il n'en est rien!

Moi, mon désir ardent, c'est de voir la Côte d'Ivoire accepter dans sa totalité le « joug » de l'amour de Christ sur elle, et rien d'autre.

Puis d'être « targuée » de « gourou » ou bien encore d'autres « petits noms » du même genre!

Baliverne que tout cela!

Je ne répondrai aucunement à ces accusations mensongères, et je continue dans la voie que Christ a ouvert pour moi à la croix!

Parce que voyez-vous, ni rien, ni personne ne peut influencer ma vie consacrée à Dieu, servante que je suis, depuis 1974.

Maintenant, par le « mandat » dont le Seigneur m'a rendu ambassadrice, je dénonce la forfaiture mensongère de HANANIA - et je lui dis : Hanania! Tu es en grand danger mortel! Tu en a menti en te prévalant de Dieu!

Ta parole est demeurée sans écho et tu a conduit un grand nombre dans la désillusion tragique d'une espérance trompée.

Peuple! Tu es en danger d'avoir pris conseil d'un « Hanania » plutôt que de rechercher la face du Seigneur jusqu'à ce que tu la trouve, et tu t'es bercée d'illusion!

Tu as ton salaire en ce jour, et ce salaire n'est que du sable sur lequel le vent de l'Esprit est intervenu et l'a dispersé au quatre coins de la terre!

Tes citernes demeurent vides, et vides sont tes silos à grains!

Homme qui prend défense du mensonge : tu es pareillement en danger! Es-tu prêt à rencontrer ton Dieu?

Maintenant!


COTE D'IVOIRE : "ECOUTE CE QUE YESHUA VEUT QUE TU SACHES!"

Depuis quelques jours, devant le Seigneur de toute la terre, devant lequel je me tiens, prenant la « Cène » je me cantonne dans la Parole de Dieu afin de savoir si oui ou non quelque chose à changé depuis 2005, premier jour ou Yéshua m'interpella pour la Côte d'Ivoire : je peux vous rassurer, rien n'a changé, et la volonté du Très-Haut demeure la même : que la Côte d'Ivoire soit sous le « joug » de l'amour du Seigneur, délivrée du mensonge du Malin, et entrant dans sa destinée issue du cœur de Dieu!

Toutefois, si la volonté du pardon accordé demeure, si la volonté de la restauration perdure, si la bénédiction est en marche, il y a aussi cette parole qui demeure entière : Riche en bonté, lent à la colère, mais ne tenant pas le coupable pour innocent!

Nombres 14/18 - L'Eternel est lent à la colère et riche en bonté, il pardonne l'iniquité et la rébellion; mais il ne tient point le coupable pour innocent, et il punit l'iniquité des pères sur les enfants jusqu'à la troisième et la quatrième génération.

Et Yéshua de nous dire :

Matthieu 5/17 - Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir.

Cette parole est véritable et elle trouve son accomplissement parce que nul péché n'est en Christ, l'Oint de Dieu.

Comme je le fais naturellement, je vais vous donner, ci-après, ce que j'ai noté avec patience alors que l'Esprit saint de Yéshua me montrait ce qu'il me fallait vous rapporter, parce que ces paroles s'adressent à vous tous qui êtes dans l'attente de voir le jour se lever sur les Ténèbres qui recouvrent votre terre.

Mais sachez-le, frères et sœurs, les Ténèbres couvrent la terre toute entière, nous sommes sous le joug de l'esclavage, nous avons fait fit de la liberté qui nous était octroyée parce que nous avons rejeté la croix, et surtout nous avons détourné le regard d'Israël pour qui nous avons affiché le plus grand des mépris.


COTE D'IVOIRE :

NE TE LAISSE PLUS BERNER, N'ACCEPTE PAS POUR VERITE LE MENSONGE DE HANANIA!

Je dis : "HANANIA, TAIS-TOI!"

Le Seigneur, ce jeudi 11 Août, me redis par sa parole, qu'il me donne ce que désire mon cœur! Je ne souhaite rien des biens de ce monde, ce que je désire, c'est ma venue parmi vous, afin de déposer la bénédiction sur votre terre et sur vos vies, comme le désir le Seigneur.

Ce même jour, après avoir lu un message d'un homme qui défend l'homme appelé K.M. Et maintient qu'il est prophète, la « colère » me saisie, celle qui saisie le Seigneur tandis qu'il chassait les marchands du temple, le feu du zèle de l'Esprit saint le dévorant (Jean 2/17)

Comment peut-on avoir l'audace de remettre en question ce qui est probant, c'est à dire la défection d'un homme se fourvoyant dans une parole que Dieu n'a pas dite?

Jérémie ne trouva pas d'explication ni n'en rechercha; il dénonça simplement la forfaiture du mensonge sortant de la bouche de Hanania, prophète, auquel le Seigneur n'avait point dit de dire cette parole.

L'Esprit vivifie, la chair n'est rien! Si nous parlons selon la chair, nous sommes en danger et nous sommes dangereux pour qui nous écoute!

Une des argumentations de cet homme est que K.M. parlait pour certains hommes appelés à prendre les armes au nom de Dieu, et l'autre, tout aussi aberrante (fig. Erreur de jugement, égarement. Aberration des sens, du jugement) est la remise en question des dates données par l'homme alors que le silence a été.

Lorsque Dieu appela certains hommes, certaines femmes pour le servir, il le fit de manière compréhensible, sans ameuter peuple ni battre tambour. De plus, dans l'analyse de ce qui est écrit, il s'agit d'un appel séditieux, qui pourrait faire verser bien du sang et des larmes; mais la vérité est toute autre, c'est le Seigneur qui, sans l'aide de personne (de manière humaine) va procéder à la délivrance de la Côte d'Ivoire, tout comme Israël « vainquit » Pharaon sans arme mais par l'assurance que le temps de sa délivrance était venu.

Israël souffrit avant son départ : songez! Plus de paille mais le même nombre de briques! Des coups, des privations, des blessures... mais au bout de cela, le départ!


Côte d'Ivoire? Es-tu prête à ta délivrance?

La seule vérité en tout cela, c'est que Dieu n'est pas homme pour être trouvé menteur à l'image de l'homme.

Maintenant il faut savoir ceci : Jérémie 18 : Dieu détruit, il rétablit aussi!

Dans Jérémie 20, nous voyons que Dieu est avec Jérémie qui dira alors : Dieu est pour moi comme un « homme fort et terrible (v/11) - Bible martin.

Dieu est celui qui combat pour nous!

Qui a connu la pensée du Seigneur? - 1 Corinthiens 2/16 -

Dans tout ce qui est vécu aujourd'hui, il y a une raison qui est la suivante : il faut que le méchant connaisse ses voies méchantes afin de se repentir.

Mais je peux vous assurer de la parole suivante : Le Seigneur fera en sorte que l'eau ne passe pas sur la tête de celui qui m'est consacré (au Seigneur) il sera arraché de la boue, tout comme le fut Jérémie alors qu'il se tenait emprisonné dans une gangue de boue dans une citerne, et la parole du Seigneur sera sous vos aisselles, le Seigneur se servant d'elle pour votre délivrance.

Par contre, il est écrit qu'une sentence tombera sur « les faiseurs de coussinets pour toutes les aisselles » (hommes et femmes confondus) qui surprennent ainsi les âmes qui doivent vivre et qui s'imaginent que leur âme vivra. (Ezéchiel 13/17)

Ezéchiel 13/20 - C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Eternel: Voici, j'en veux à vos coussinets Par lesquels vous surprenez les âmes afin qu'elles s'envolent, Et je les arracherai de vos bras; Et je délivrerai les âmes Que vous cherchez à surprendre afin qu'elles s'envolent.

TOUS LES COUSSINETS PLACES SOUS LES AISSELLES SERONT DETRUITS.

Toujours la même journée de Jeudi, le Seigneur de me rappeler qu'il est celui qui a établi Jérémie, tout comme Elie qui mis à mort les prophètes de Baals.

L'Esprit saint de dire :

« Ezéchiel ne me fut pas caché, et mes prophètes, chacun pour leur part, accomplirent les œuvres que je leur avaient confiées. Mais à celui-là qui dit : Dieu a dit alors que Dieu n'a pas dit, je lui donnerai pour nourriture non pas du « grain d'orge » mais le fruit de ma colère; cela sera comme des pierres sous ses dents que je lui briserai l'une après l'autre, jusqu'à ce qu'il mette genoux en terre, sac et cendres sur sa tête et se repente de sa méchanceté.

Hanania trouva son salaire!

Lorsque je permis mon peuple déporté, mon prophète pris soin d'avertir ceux qui portaient mon nom afin qu'ils se soumettent à celui qui les écartaient de Jérusalem. Ce fut pour leur bien, et dans ce temps d'exil, ils purent comprendre, et revenir a moi; c'est alors que fut réveille l'Esprit saint parmi mes enfants qui trouvèrent grâce aux yeux de l'oppresseur.

Ils revinrent de leur exil et purent agir en faveur du pays, leur pays, que j'avais promis à leurs pères de leur donner. Il en est de même aujourd'hui.

PAS DE SEDITION! PAS DE REBELLION!

Ce n'est pas par la force que le problème trouvera solution, et je vous le dis encore : Dieu combat pour nous!

Il est bon pour un temps à l'homme de faire silence devant Dieu et tout comme le roi Ezéchias, de savoir que les évènements peuvent nous dépasser, que seule, l'intervention de Dieu est l'ultime recoure.

Esaïe 37. Et dans le feu de la tourmente, le peuple et le roi invoquèrent Dieu soutenant que ce dernier avait été insulté Seigneur Eternel notre Dieu : nous ne savons plus que faire, mais nos yeux sont fixés sur toi!

Zacharie 4/6 - Alors il reprit et me dit: C'est ici la parole que l'Eternel adresse à Zorobabel: Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon esprit, dit l'Eternel des armées.


Avec l'Esprit du Seigneur, voilà ce qui est :

Esaïe 40/29 - Il donne de la force à celui qui est fatigué, Et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance.

Esaïe 40/31 - Mais ceux qui se confient en l'Eternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point.

Il en est ainsi depuis toute chose : l'impossible devient réalisable lorsque ce réalisable est la concrétisation des promesses de notre Dieu.

Par contre la dérision sera la couverture sur le dos de celui qui agit non par la volonté du Seigneur mais sa propre volonté, qui se nomme orgueil.

Le Seigneur de dire : il n'est nulle parole sortant de ma bouche qui soit mensonge, et nul mensonge ne vient de moi!


Aujourd'hui, samedi 13 Août 2011.

Je suis « chagrin » parce que la volonté de l'homme a conduit un grand nombre dans une attente qui a été bafouée, et, ce qui me paraît au dessus de tout, c'est de constater que la tête de K.M. A été mise à prix!

Que celui qui a fait cela se souvienne d'où il vient, et quel était son péché avant de voir Christ sur une croix mourir pour lui dans l'effusion du sang.

Quelle différence existe-t-il entre ce « soi disant » chrétien et l'homme ainsi mis à prix?

Il n'en existe aucune. Chacun des deux ont un besoin urgent de s'humilier devant le trône du Seigneur et de réclamer grâce et pardon.

Jérémie dit à Hanania qu'il perdrait la vie; Elie mis à mort les prophètes de Baal, mais aucun des deux n'agit comme un donneur de prime à des mercenaires!

Il est des actes qui, tout en étant « spectaculaires  dans la foi » n'en demeurent pas moins du SPECTACULUM!

Reprenez-vous et faites cessez cette mascarade qui n'a qu'un seul objectif : faire rire les moqueurs et danser Satan qui mène le bal de l'infamie.

STOP!

Ce matin, je constate le silence absolu, il est encore tôt! Je pense que même dans le silence, la terre est plus bruyante que les « chrétiens » qui se taisent, donnant quitus et approbation à de telles actions.

C'est l'époque où les hommes se regroupent afin d'adorer les idoles païennes (islam, bouddhisme, catholicisme, indouisme) et cela sur le sol de France, et en bien des nations.

Seigneur ! Souffle le vent, mais qui en connait l'origine?

Les piliers du temple sont rongés par la gangrène, et l'homme a érigé un temple, son temple, qui n'a rien de spirituel.

L'homme est comme anesthésié, et il est conduit, telle une bête, à l'abattoir!

Haman veut la destruction du peuple du Seigneur, et travaille, en cela, avec ardeur!

Mais voilà le secret que « Hanania » n'a pas compris : Dieu fait lever une femme, Esther, et un homme dont le nom est Mardochée. (Esther 4/1)

En signe de désolation devant ce qui se trame contre le peuple de Dieu, Mardochée revêt sur son dos un manteau en haillons, manteau de la honte. Esther, dans son incompréhension, et parce que Mardochée est son oncle, à elle, la reine, lui fait porter des vêtements dignes « d'elle » mais Mardochée ne cèdera en rien. Que la honte soit vue de tous!

C'est alors que Mardochée prendra la parole et fera dire à Esther : tu es reine? Soit, mais n'est-ce pas pour un tel jour que l'Eternel Dieu t'a fait accéder à la royauté?

La loi ne permet pas à la reine d'aller vers le roi sans y avoir été conviée, c'est contraire à la loi; celui qui transige cette loi risque sa vie.

Mardochée connait les risques encourus par Esther, mais il s'agit avant tout de sauver le peuple juif déporté d'une mort arrêtée par Haman, et met Esther devant un choix : quand bien même tu n'agirais pas, tu ne seras pas sauvée, ni tous les tiens.

Esther fait dire à son oncle : je suis d'accord en cela, c'est pourquoi qu'il soit proclamé un jeûne de trois jours et trois nuits, puis après cela j'irai. (Esther 4/17).


PEUPLE DE COTE D'IVOIRE :

Publie un jeûne de 3 jours, afin de permettre au  roi de te recevoir !

En agissant ainsi, tu feras que s'ouvre  la porte d'accès qui a ce jour t'es encore fermée.

Il est des stratégies qui ne s'improvisent pas, mais elles s'organisent, surtout lorsque le Seigneur permet l'action; après viendra la victoire et tout comme il en fut pour Mardochée, un manteau royal sera ton lot.

Voici les directives dans l'organisation spirituelle de la préparation de ce jeûne :

. SANCTIFIEZ-VOUS (ne vous rasez pas la tête)

. CONSACREZ-VOUS (ne vous rasez pas la barbe)

. QUE CES TROIS JOURS FASSENT TREMBLER LES MURS DE JERICHO!

. VOS ARMES SONT SPIRITUELLES - IL VOUS FAUT RENTRER DANS LE NAZIREA DIVIN. QUI EST LA RECONSECRATION.

SI VOTRE FOI EST TELLE LE GRAIN DE MOUTARDE, VOUS DIREZ A LA MONTAGNE QUI VOUS EMPECHE LE PASSAGE DE SE JETER DANS LA MER, CE QUI S'ACCOMPLIRAIT CERTAINEMENT!

METTEZ VOTRE FOI EN ACTION!

Par la foi, Pharaon bu le vin amère, c'est par elle qu'Israël s'empara du pays de la promesse, et par ta foi, Côte d'Ivoire, tu deviendras le reflet de la volonté du Seigneur Yéshua : tu seras la tête et non plus la queue, tu prêteras et n'emprunteras plus... Mais n'oublie pas la condition : REVIENT VERS TON SEIGNEUR ET DIEU!

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Dieu veut libérer la rosée du ciel sur nous tous! Recevons le Seigneur, la grâce est avec lui, la rétribution le devance, le suit aussi, et tombent les forteresses du despotisme religieux.

Ce n'est pas dans la fuite que se trouve la solution; c'est dans la sanctification.

Purifiés, nous irons ensemble, mais  ensemble nous disons : que Dieu te réprime Satan, qu'il te réprime! Ainsi que ceux qui sont de ta maison diabolique.

Sanctifiez le nom de l'Eternel des armées; qu'il soit votre crainte - Esaïe 8/13 Enquerrez-vous de Dieu, cherchez sa face! Et le peuple qui marche dans les Ténèbres. Esaïe 9/1-  Le joug tombera seulement à cette condition, et cela créera un événement plus fort que si cela s'était produit par les armes - Esaïe 9/4 -

Esaïe 11/4 et 5 - ... le rejeton poussé des racines de David jugera avec justice les chétifs, et il reprendra avec droiture, afin de maintenir les débonnaires de la terre, et il frappera la terre par la verge de sa bouche, et il fera mourir le méchant par l'Esprit de ses lèvres. La justice sera la ceinture de ses reins, et la fidélité la ceinture de ses flancs.

Amen.

Lorsque Josué reçut de la bouche de Dieu les directives afin de passer les rives du Jourdain et entrer dans le pays de la promesse, il se passa trois jours.

C'est un temps donné pour que le peuple puisse enfin se purifier, se sanctifier et après cela, aller.

Ceci n'est pas une révélation de temps, c'est tout simplement qu'il faut se préparer afin de pouvoir entrer dans la promesse de Dieu.

Nous avons besoin de ce temps mi a part afin de faire « nos ablutions spirituelles » mais au bout du compte, le peuple se lèvera afin d'entrer sans crainte dans les eaux tumultueuses du Jourdain et avec assurance, l'Arche de l'Alliance, les chantres devant eux, les Lévites, les Sacrificateurs, les Prophètes...

Côte d'Ivoire, il est enfin temps de te préparer, c'est ton temps qui est présent.

Ni par force, ni par puissance, seulement par l'action conduite par l'Esprit saint.

Shalom.


Source : Le Site du Ministère de Naomie

samedi, 13 août 2011

LES IVOIRIENS COMMENCENT A VAINCRE LA PEUR: DABOU MARCHE POUR LA LIBERATION DU COUPLE GBAGBO!

 

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Lopou, village et sous-préfecture situé à 25 kilomètres de Dabou, a fêté de façon singulière et mémorable l'an 51 de la Côte d'Ivoire. En ce dimanche 7aout 2011, Lopou se pare sobrement du drapeau national, deuil national oblige. La cérémonie du jour avait failli être annulée, finalement elle aura lieu, avec la bénédiction du Sous-préfet, Mme Kossonou Véh Brigitte.


Les délégations venues des 15 villages de la circonscription prennent d'assaut l'espace de la cérémonie, allant de la Sous-préfecture à l'église catholique. Il y a du beau monde. Prévue pour 8 heures, c'est finalement aux alentours de 10 heures que débutent les festivités. Mme le Sous-préfet a, dans son discours, prôné la paix et la réconciliation entre fils et filles de la Côte d'Ivoire. «Je crois pouvoir affirmer sans risque de me tromper que le premier défi auquel nous avons à faire face est celui de la réconciliation nationale», a-t-elle souligné. «En réalité, a-t-elle précisé, la réconciliation ne se décrète pas, elle est d'abord et surtout une volonté des parties en présence de faire des concessions et de rapprocher les points de vue. En ce sens, la réconciliation se conçoit dans les cœurs et dans les esprits et se vit dans les actes que chacun de nous devrait poser quotidiennement pour soutenir ce grand chantier du président de la République».

L'ombre du président Gbagbo plane sur la cérémonie

Le point d'orgue de la cérémonie a été les défilés des différentes couches socio-professionnelles de la circonscription. Les partis et groupements politiques n'étaient pas en reste. La délégation du Rhdp, composée à peine d'une douzaine de personnes, défile sobrement au son de la fanfare. Ensuite, arrive celle de LMP, groupement politique qui a soutenu le président Gbagbo lors de la présidentielle d'octobre 2010.

Moment d'extase, moment d'émotions. La délégation, qui est composée au début d'un peu plus de 300 personnes, va grossir considérablement. Des hommes, femmes, enfants avec  le V de la victoire en l'air, T-shirts et posters à l'effigie du président Gbagbo ne se dénombrent pas comme le montrent les images ci-dessous:

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Scène émouvante ! Un jeune homme symbolisant le président Gbagbo a les mains liées, à ses côtés, un autre, représentant son épouse Simone, ouvrent le bal, suivis des autres. Scandant des chants de victoire et surtout appelant à la libération de Gbagbo. «On va libérer Gbagbo, on va libérer Gbagbo, on va libérer Gbagbo, on va libérer Gbagbo !».

La foule en liesse acclame sans rompre, en signe d'encouragement et de soutien à la ''revendication'' de LMP. Des vieilles dames en pleurs, inconsolables, des personnes en transe, des chants de victoire. La file interminable, qui a vu de nouvelles personnes gonfler ses rangs, ne se contente pas de sa simple procession à Lopou. Elle s'ébranle vers Youhoulil et N'Doumikro dans une ambiance de fête, sous les hourra des habitants des villages visités. Certains parmi les invités sont mélancoliques, d'autres sont réconfortés de voir que que Lopou n'a pas oublié Gbagbo, que Dabou n'a pas oublié celui que la population ivoirienne appelle affectueusement le « Woody » et que ces populations espèrent vivement sa libération.

Débutée à 10 heures, la cérémonie s'est terminée vers 15 heures, ce dimanche 7 août. Bel hommage à celui qui a lutté pour la conquête des libertés publiques et l'indépendance véritable de la Côte d'Ivoire.


Source: LE NOUVEAU COURRIER N° 292 du samedi 13 août 2011.

DEMOLITIONS ET DEGUERPISSEMENTS TOUS AZIMUTS: THAT'S ALL?

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Ça n'en finit plus dans les forums de discussion sur internet et les points de causeries dans les quartiers. Les Ivoiriens se crêpent le chignon, s'empoignent à volonté et sans retenue. L'objet du scandale ? Le projet d'assainissement de la ville d'Abidjan entrepris depuis quelques semaines par la ministre Anne Ouloto.

 

Vérité pour les uns, erreur pour les autres, si seulement le débat se résumait à cette ambivalence. Dans le fond, tout le monde est d'accord sur la nécessité d'une pareille opération. Mais comment  assainir ? Où assainir ? Tout le débat se résume à la méthode et aux endroits choisis. Loin de l'opération de salubrité publique annoncée à grands renforts de publicité, l'on a plus l'impression d'assister à une chasse aux sorcières qu'à autre chose. Les premiers endroits cassés, rasés ont été les abords des cités universitaires et l'université de Cocody réputés Gbagboïstes. Après quoi, s'en est suivi la Sorbonne, accusé de véhiculer la pensée LMP. Nos pas résonnent encore sur les pavés d'une agora déserte. L'espace la Sorbonne, lieu de rassemblement, de ralliement même, carrefour d'informations et de réflexions, rasé, d'un coup. Chaque périmètre de l'endroit sentait le parfum d'un Laurent Gbagbo que ses adversaires parvenus au pouvoir s'échinent à gommer dans les esprits. Vaine entreprise mais tant qu'ils peuvent essayer... Les monuments, véritables fosses communes selon les légendes RHDP, sont tous passés à la trappe sans qu'on ne présente les ossements retrouvés après leurs destructions aux communautés nationale et internationale. Pour des personnes si friandes de coups d'éclat, déconcertant, non ?

Puis la situation a évolué et après les voies obstruées par les commerçants, ce fut le tour la semaine dernière des mythiques «Mille maquis» de Marcory et «Rue princesse» de Yopougon. Doit-on condamner un gouvernement qui essaie de mettre de l'ordre dans une cité où le désordre s'est érigé en valeur ? L'honnêteté intellectuelle commande de répondre par la négative. Dans ces conditions, où se situe le problème serait-on en droit de se demander ? Eh bien, dans un Etat de droit comme le défend le chef de l'Etat chaque fois qu'il en a l'occasion, on ne déguerpit pas les gens comme on se débarrasse des ordures domestiques. On leur délivre un préavis en bonne et dû forme, ensuite on discute les conditions de recasement et / ou dédommagement. La procédure engagée par les autorités actuelles a-t-elle suivi ce processus ? Une injonction, le terme qui convient le mieux en la circonstance qui nous réunit, a été faite aux responsables des maquis et boîtes de nuit de plier bagage car les sites qui abritent leurs PME seraient détruits. Rien que ça. Même les prisonniers ont des droits, voyons. D'autres avant nous on fait l'état des lieux en ce qui concerne les pertes que la ''mort'' de la seule Rue Princesse occasionnera. Alors, nous nous attarderons peu sur les serveuses de maquis, bars et boîtes de nuit sans salaires, des vendeuses de poissons, de kédjénou, des vendeurs de cigarettes, des portiers, des gérants, de la Solibra, de Canal Plus Horizons, des chauffeurs de taxis, des poissonneries, de Coquivoire, des employés de chawarmas, glaciers... Comme on le voit, cette décision prise sans étude préalable entrainera une réaction en chaîne dont la conséquence immédiate sera la  généralisation de la pauvreté (et dire que nous avons vu cela sans être des économistes).

Pourtant, face à un véritable problème de salubrité publique comme ce à quoi la mythique rue nous exposait, que fallait-il faire ? Régler une fois pour toute la question des nuisances sonores et tapage nocturne en prenant des mesures pour que les maquis soient des espaces non plus ouverts au regard des passants mais fermés (des bars géants). D'ailleurs pour qui a déjà visité la Rue Princesse, elle prenait tout doucement ce visage. Mais le gouvernement a décidé de passer par la force, restant sourd et insensible aux cris de tous ceux qui vivent et font vivre les leurs grâce à cet endroit. Ils persistent à meubler le temps en nous distrayant. Les problèmes urgents sont connus de tous, ils gagnent du temps en privant des familles de leurs sources de revenus. Meubler le temps, gagner du temps, mais qu'attendent-ils ? La pluie de milliards ? «La Côte d'Ivoire n'est ni la Grèce, ni les USA encore moins une entreprise du CAC 40», disait à juste titre un internaute, ils s'en rendront compte bien assez tôt. «Ça fait beaucoup marrer les gens de voir qu'on peut se moquer de la politique, alors que dans l'ensemble, c'est surtout la politique qui se moque de nous», disait Coluche.

Les déguerpis RHDP l'apprennent à leurs dépens, eux qui pleurent en silence, ''va y avoir des désabonnements''. Le plus drôle, c'est le silence étonnant des ambassades occidentales accréditées dans notre pays. Des familles sont jetées à la rue, des emplois sont détruits mais elles n'ont rien vu, elles n'ont rien entendu. Une médaille pour Philipe Carter III, une autre pour Simon alors. Une dernière pour la route, on espère tous que le projet Abidjan ville propre n'oubliera pas Bori Bana, Derrière rails, toutes les constructions qui ne respectent pas les normes, la gare d'Adjamé, la casse, l'abattoir, les véhicules trop âgés pour servir de moyens de transport, les ''apprentis'' accrochés aux portières. Pendant qu'on y est...


«L'humeur de Guy-Constant NEZA», in le quotidien ivoirien « Le Nouveau Courrier » N° 290 du jeudi 11 août 2011.