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samedi, 13 août 2011

OUATTARA RECULE FACE AU COLONEL-MAJOR KONAN BONIFACE

 

KONAN BONIFACE. RETOUR D'EXIL.jpg

Revirement dans la communication du gouvernement qui a précisé, hier, sur les antennes de la nouvelle RTI que le Colonel-Major Boniface Konan n'a jamais été inquiété.

 

Il se passe des choses pas très claires actuellement. Alors que le gouvernement via le commissaire militaire Ange Kessy avait expressément convoqué une conférence de presse pour annoncer urbi et orbi l'inculpation de 62 militaires pro-Gbagbo dont le colonel-major Boniface Konan, le même  Ange-Kessy est venu hier à la télévision pour infirmer ce qu'il avait dit. Aux termes de ce revirement, ni le Colonel-Major Konan, ni le Lieutenant Damalan, ni Honré Zoin l'ancien ministre du Général Guéi du temps du CNSP n'ont été inculpés.

Ils auraient obtenu le rétablissement de leurs soldes et ce serait principalement cela qui aurait été discuté au cabinet du commissaire du gouvernement. Selon RFI, le colonel-major Konan Boniface a juste reçu une notification qui « lui reproche des choses, mais il est en liberté car on suppose qu'il est revenu en Côte d'Ivoire pour travailler à la réconciliation. On lui a aussi notifié qu'on sait où il habite, qu'il n'est plus dangereux et qu'à chaque fois qu'on aura besoin de lui, il sera présent. On a donc pas eu besoin de l'arrêter ». Ange Kessy dit exactement la même chose.

Pourtant, le Colonel Konan a bien failli être arrêté. Sa demande de permission avait même été refusée et le gouvernement a hésité en raison de la personnalité du concerné. Alors de deux choses l'une. Soit le gouvernement n'a jamais voulu arrêter le Colonel Konan et dans ce cas il faudra bien expliquer ce qui s'est passé pour que le commissaire du gouvernement communique abondamment sur son inculpation ou au contraire, son revirement est lié à la pression des autorités ghanéennes qui avaient supervisé l'arrivée de la délégation à Abidjan dans le cadre des négociations pour le retour des militaires exilés, soit enfin les mouvements dans l'armée ajoutés à la mauvaise conjoncture avec les affrontements FRCI-FRCI ont ramolli le Chef de l'Etat.

Dans tous les cas, c'est la première fois que Ouattara revient sur une décision d'inculpation. La crainte de Boniface Konan a donc rendu la lucidité à un gouvernement qui emprisonnait jusque-là à tour de bras.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 39 du samedi 13 août 2011.

UN PARALLELE BIBLIQUE AVEC LA COTE D'IVOIRE


COURONNE ROYALE.jpg

 

QUEL ACCES A QUEL POUVOIR ?

Juges 9 : 1-21

9.1

Abimélec, fils de Jerubbaal, se rendit à Sichem vers les frères de sa mère, et voici comment il leur parla, ainsi qu'à toute la famille de la maison du père de sa mère:

9.2

Dites, je vous prie, aux oreilles de tous les habitants de Sichem: Vaut-il mieux pour vous que soixante-dix hommes, tous fils de Jerubbaal, dominent sur vous, ou qu'un seul homme domine sur vous? Et souvenez-vous que je suis votre os et votre chair.

9.3

Les frères de sa mère répétèrent pour lui toutes ces paroles aux oreilles de tous les habitants de Sichem, et leur coeur inclina en faveur d'Abimélec, car ils se disaient: C'est notre frère.

9.4

Ils lui donnèrent soixante-dix sicles d'argent, qu'ils enlevèrent de la maison de Baal Berith. Abimélec s'en servit pour acheter des misérables et des turbulents, qui allèrent après lui.

9.5

Il vint dans la maison de son père à Ophra, et il tua ses frères, fils de Jerubbaal, soixante-dix hommes, sur une même pierre. Il n'échappa que Jotham, le plus jeune fils de Jerubbaal, car il s'était caché.

9.6

Tous les habitants de Sichem et toute la maison de Millo se rassemblèrent; ils vinrent, et proclamèrent roi Abimélec, près du chêne planté dans Sichem.

9.7

Jotham en fut informé. Il alla se placer sur le sommet de la montagne de Garizim, et voici ce qu'il leur cria à haute voix: Écoutez-moi, habitants de Sichem, et que Dieu vous écoute!

9.8

Les arbres partirent pour aller oindre un roi et le mettre à leur tête. Ils dirent à l'olivier: Règne sur nous.

9.9

Mais l'olivier leur répondit: Renoncerais-je à mon huile, qui m'assure les hommages de Dieu et des hommes, pour aller planer sur les arbres?

9.10

Et les arbres dirent au figuier: Viens, toi, règne sur nous.

9.11

Mais le figuier leur répondit: Renoncerais-je à ma douceur et à mon excellent fruit, pour aller planer sur les arbres?

9.12

Et les arbres dirent à la vigne: Viens, toi, règne sur nous.

9.13

Mais la vigne leur répondit: Renoncerais-je à mon vin, qui réjouit Dieu et les hommes, pour aller planer sur les arbres?

9.14

Alors tous les arbres dirent au buisson d'épines: Viens, toi, règne sur nous.

9.15

Et le buisson d'épines répondit aux arbres: Si c'est de bonne foi que vous voulez m'oindre pour votre roi, venez, réfugiez-vous sous mon ombrage; sinon, un feu sortira du buisson d'épines, et dévorera les cèdres du Liban.

9.16

Maintenant, est-ce de bonne foi et avec intégrité que vous avez agi en proclamant roi Abimélec? Avez-vous eu de la bienveillance pour Jerubbaal et sa maison? L'avez-vous traité selon les services qu'il a rendus? -

9.17

Car mon père a combattu pour vous, il a exposé sa vie, et il vous a délivrés de la main de Madian;

9.18

et vous, vous vous êtes levés contre la maison de mon père, vous avez tué ses fils, soixante-dix hommes, sur une même pierre, et vous avez proclamé roi sur les habitants de Sichem, Abimélec, fils de sa servante, parce qu'il est votre frère. -

9.19

Si c'est de bonne foi et avec intégrité qu'en ce jour vous avez agi envers Jerubbaal et sa maison, eh bien! qu'Abimélec fasse votre joie, et que vous fassiez aussi la sienne!

9.20

Sinon, qu'un feu sorte d'Abimélec et dévore les habitants de Sichem et la maison de Millo, et qu'un feu sorte des habitants de Sichem et de la maison de Millo et dévore Abimélec!

9.21

Jotham se retira et prit la fuite; il s'en alla à Beer, où il demeura loin d'Abimélec, son frère.


Quand la soif du pouvoir devient effrénée

Très ambitieux et sans scrupule, Abimélec se distingue de son père Jerubbaal (Gédéon) qui refusa la royauté pour lui et ses fils (Juges 8 : 22-23). Il se rend favorables les habitants de Sichem par les frères de sa mère (Juges 8 : 31) pour obtenir de l'argent qui lui servira à recruter des mercenaires (3-4). C'est avec eux qu'il massacre ses propres frères, à l'exception du jeune Yotam (5). Désormais, plus rien n'empêche ses partisans de l'introniser.

Malheureusement, l'envie du pouvoir aveugle les yeux, même sur le péché, et les Abimélec n'ont pas manqué jusqu'à présent.

Le rescapé dénonce (7-15).

Yotam recourt à une fable pour dénoncer le crime (Cf. 2 Samuel 12 : 1-4). Il critique ainsi l'autorité du nouveau roi.

Très souvent, quand le pouvoir est décrié, c'est parce qu'il est détenu par des hommes incapables ou convoité par des hommes de la même trempe.

Examen de conscience (16-21).

La parabole de Yotam se termine par une morale. Certes, ce ne sont pas les mérites d'Abimélec mais la démagogie et l'appel au tribalisme qui ont prévalu dans son accession au pouvoir (18).

Quel bonheur un tel pouvoir, obtenu par des intrigues, pourra-t-il apporter à ses bénéficiaires et à ceux qui le lui ont accordé ? (19).

Réflexion : A la lumière de ce texte, les critères d'accession au pouvoir dans nos pays africains aujourd'hui, quel qu'en soit le niveau, glorifient-ils toujours notre Dieu ?


Nestor N. KABELU-MENJI (République Démocratique du Congo)


Source : Le Lecteur de la Bible 2010 (Méditation du mardi 10 août 2010)


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LA PAIX EPHEMERE

Juges 9 : 22-41

9.22

Abimélec avait dominé trois ans sur Israël.

9.23

Alors Dieu envoya un mauvais esprit entre Abimélec et les habitants de Sichem, et les habitants de Sichem furent infidèles à Abimélec,

9.24

afin que la violence commise sur les soixante-dix fils de Jerubbaal reçût son châtiment, et que leur sang retombât sur Abimélec, leur frère, qui les avait tués, et sur les habitants de Sichem, qui l'avaient aidé à tuer ses frères.

9.25

Les habitants de Sichem placèrent en embuscade contre lui, sur les sommets des montagnes, des gens qui dépouillaient tous ceux qui passaient près d'eux sur le chemin. Et cela fut rapporté à Abimélec.

9.26

Gaal, fils d'Ébed, vint avec ses frères, et ils passèrent à Sichem. Les habitants de Sichem eurent confiance en lui.

9.27

Ils sortirent dans la campagne, vendangèrent leurs vignes, foulèrent les raisins, et se livrèrent à des réjouissances; ils entrèrent dans la maison de leur dieu, ils mangèrent et burent, et ils maudirent Abimélec.

9.28

Et Gaal, fils d'Ébed, disait: Qui est Abimélec, et qu'est Sichem, pour que nous servions Abimélec? N'est-il pas fils de Jerubbaal, et Zebul n'est-il pas son commissaire? Servez les hommes de Hamor, père de Sichem; mais nous, pourquoi servirions-nous Abimélec?

9.29

Oh! si j'étais le maître de ce peuple, je renverserais Abimélec. Et il disait d'Abimélec: Renforce ton armée, mets-toi en marche!

9.30

Zebul, gouverneur de la ville, apprit ce que disait Gaal, fils d'Ébed, et sa colère s'enflamma.

9.31

Il envoya secrètement des messagers à Abimélec, pour lui dire: Voici, Gaal, fils d'Ébed, et ses frères, sont venus à Sichem, et ils soulèvent la ville contre toi.

9.32

Maintenant, pars de nuit, toi et le peuple qui est avec toi, et mets-toi en embuscade dans la campagne.

9.33

Le matin, au lever du soleil, tu fondras avec impétuosité sur la ville. Et lorsque Gaal et le peuple qui est avec lui sortiront contre toi, tu lui feras ce que tes forces permettront.

9.34

Abimélec et tout le peuple qui était avec lui partirent de nuit, et ils se mirent en embuscade près de Sichem, divisés en quatre corps.

9.35

Gaal, fils d'Ébed, sortit, et il se tint à l'entrée de la porte de la ville. Abimélec et tout le peuple qui était avec lui se levèrent alors de l'embuscade.

9.36

Gaal aperçut le peuple, et il dit à Zebul: Voici un peuple qui descend du sommet des montagnes. Zebul lui répondit: C'est l'ombre des montagnes que tu prends pour des hommes.

9.37

Gaal, reprenant la parole, dit: C'est bien un peuple qui descend des hauteurs du pays, et une troupe arrive par le chemin du chêne des devins.

9.38

Zebul lui répondit: Où donc est ta bouche, toi qui disais: Qui est Abimélec, pour que nous le servions? N'est-ce point là le peuple que tu méprisais? Marche maintenant, livre-lui bataille!

9.39

Gaal s'avança à la tête des habitants de Sichem, et livra bataille à Abimélec.

9.40

Poursuivi par Abimélec, il prit la fuite devant lui, et beaucoup d'hommes tombèrent morts jusqu'à l'entrée de la porte.

9.41

Abimélec s'arrêta à Aruma. Et Zebul chassa Gaal et ses frères, qui ne purent rester à Sichem.


Coup d'Etat déjoué.

Le discours démagogique du roi autoproclamé n'a guère amélioré le sort du peuple. Le progrès attendu a été de courte durée : 3 ans de repos seulement (22). Les gens de Sichem deviennent infidèles à Abimélec. Les accords sont rompus, la révolte gronde (23). En privant le roi d'une part importante de ses revenus (25), les Sichémites lui adressent un signal fort de rébellion.

Pour expliquer pourquoi les alliés d'hier peuvent devenir ennemis aujourd'hui, la Bible indique que Dieu ne cautionne pas un pouvoir qui s'établit par les intrigues et la violence. Le mal produit des fruits empoisonnés qui provoquent le jugement de Dieu à travers un esprit de discorde (24). Aucune situation ni aucune personne ne pourra échapper à l'autorité du Souverain (1 Samuel 16 : 14 ; Romains 1 : 24).

L'insurrection de Gaal (26-41).

Gaal propose de devenir le chef des Sichémites contre Abimélec et Zébul, son gouverneur (28). Ce dernier informe très vite le roi du soulèvement. Le rapport des forces lui étant alors défavorable, Zébul doit cacher son opposition à Gaal et suggère à Abimélec la meilleure stratégie pour réprimer le mouvement d'insurrection (32-33). La coalition d'Abimélec et de Zébul met Gaal et ses troupes en déroute. Mais combien de temps le règne d'Abimélec tiendra-t-il encore ?

Réflexion : De nos jours, pour se faire entendre, les populations meurtries utilisent le langage des marches pacifiques, des grèves, des sit-in ; certains vont même jusqu'à user de violence. Qu'en penser ? Que privilégier pour se faire entendre ?


Nestor N. KABELU-MENJI (République Démocratique du Congo)


Source : Le Lecteur de la Bible 2010 (Méditation du mercredi 11 août 2010)


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COURONNE ROYALE 3.jpg

LE MAL NE RESTERA JAMAIS IMPUNI !

Juges 9 : 42-57

9.42

Le lendemain, le peuple sortit dans la campagne. Abimélec, qui en fut informé,

9.43

prit sa troupe, la partagea en trois corps, et se mit en embuscade dans la campagne. Ayant vu que le peuple sortait de la ville, il se leva contre eux, et les battit.

9.44

Abimélec et les corps qui étaient avec lui se portèrent en avant, et se placèrent à l'entrée de la porte de la ville; deux de ces corps se jetèrent sur tous ceux qui étaient dans la campagne, et les battirent.

9.45

Abimélec attaqua la ville pendant toute la journée; il s'en empara, et tua le peuple qui s'y trouvait. Puis il rasa la ville, et y sema du sel.

9.46

A cette nouvelle, tous les habitants de la tour de Sichem se rendirent dans la forteresse de la maison du dieu Berith.

9.47

On avertit Abimélec que tous les habitants de la tour de Sichem s'y étaient rassemblés.

9.48

Alors Abimélec monta sur la montagne de Tsalmon, lui et tout le peuple qui était avec lui. Il prit en main une hache, coupa une branche d'arbre, l'enleva et la mit sur son épaule. Ensuite il dit au peuple qui était avec lui: Vous avez vu ce que j'ai fait, hâtez-vous de faire comme moi.

9.49

Et ils coupèrent chacun une branche, et suivirent Abimélec; ils placèrent les branches contre la forteresse, et l'incendièrent avec ceux qui y étaient. Ainsi périrent tous les gens de la tour de Sichem, au nombre d'environ mille, hommes et femmes.

9.50

Abimélec marcha contre Thébets. Il assiégea Thébets, et s'en empara.

9.51

Il y avait au milieu de la ville une forte tour, où se réfugièrent tous les habitants de la ville, hommes et femmes; ils fermèrent sur eux, et montèrent sur le toit de la tour.

9.52

Abimélec parvint jusqu'à la tour; il l'attaqua, et s'approcha de la porte pour y mettre le feu.

9.53

Alors une femme lança sur la tête d'Abimélec un morceau de meule de moulin, et lui brisa le crâne.

9.54

Aussitôt il appela le jeune homme qui portait ses armes, et lui dit: Tire ton épée, et donne-moi la mort, de peur qu'on ne dise de moi: C'est une femme qui l'a tué. Le jeune homme le perça, et il mourut.

9.55

Quand les hommes d'Israël virent qu'Abimélec était mort, ils s'en allèrent chacun chez soi.

9.56

Ainsi Dieu fit retomber sur Abimélec le mal qu'il avait fait à son père, en tuant ses soixante-dix frères,

9.57

et Dieu fit retomber sur la tête des gens de Sichem tout le mal qu'ils avaient fait. Ainsi s'accomplit sur eux la malédiction de Jotham, fils de Jerubbaal.


Les victoires au rendez-vous (42-49).

Après sa conquête frauduleuse du pouvoir et ses premiers succès sur les rebelles de Sichem, Abimélec semble continuer de flirter avec la victoire. Ses trois détachements n'excellent-ils pas par des exploits ? En effet, 1/ ils détruisent tous les gens sortis dans la campagne (42, 44), 2/ ils prennent d'assaut la ville, la détruisent et en massacrent les habitants (45), et 3/ ils incendient la forteresse (Bible en Français Courant : « La salle inférieure du temple ») avec ses occupants, environ mille hommes et femmes (49).

Jusqu'à quand ?

Mû par la peur de perdre le pouvoir, Abimélec massacre des populations sans intentions belliqueuses et détruit une ville qu'il voue à la stérilité et à la malédiction. Cette façon de gouverner peut-elle durer ? Tous ces crimes odieux, Dieu les laisserait-il impunis ? Non, « Dieu amènera toute œuvre en jugement au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal » (Ecclésiaste 12 : 16). Comment vous comportez-vous durant votre pèlerinage sur terre, en route vers le jour du jugement ?

La mort d'Abimélec (50-57).

Elle intervient après plusieurs actes de bravoure. Mais pour Dieu, toutes ses œuvres ne peuvent gommer le sang de ses frères qu'il a répandu des années auparavant. Sa mort violente est la punition qui lui est infligée, suite à ses innombrables crimes (56).

Prière : O Dieu de miséricorde, secours, guéris, protège les victimes des violents et leurs proches, nous t'implorons pour eux, amen.


Nestor N. KABELU-MENJI (République Démocratique du Congo)


Source : Le Lecteur de la Bible 2010 (Méditation du jeudi 12 août 2010)

COTE D'IVOIRE: UNE INFORMATION SOUS INFLUENCE


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Selon le politologue français Michel Galy, les médias occidentaux n'ont pas pris la juste mesure de la crise ivoirienne.


Pour l'Elysée, le Quai d'Orsay et... la presse française, «Laurent Gbagbo doit partir» et «Alassane Ouattara est le président reconnu par la communauté internationale» (en particulier, ces «éléments de langage» officiels sont repris en boucle par RFI). Cette étonnante et suspecte unanimité fait problème et on en vient presque à regretter la presse de combat d'Abidjan, dans laquelle, au moins, le lecteur a le choix entre les polémiques des deux camps «bleus» et «verts»!

Le formatage des esprits

Dans la durée, cet alignement des médias sur les positions officielles a déjà été fortement critiqué, et toujours a posteriori... Ainsi, en 2004, Daniel Schneidermann, réalisant au jour le jour une insolente et indispensable critique des médias (au point qu'il a été licencié de l'émission de télévison Arrêt sur images) ironisait déjà, à propos des massacres de civils ivoiriens (à propos d'une presse française «embarquée», comme en Irak ou en Afghanistan) qu'il fallait trois semaines pour rétablir la vérité, connue sur place, y compris des occidentaux. Pour avoir vu à l'époque des confrères littéralement happés dans les hélicoptères de la force française Licorne vers Bouaké, «retour à 16 heures à l'Ivoire», on peut garantir qu'il ne s'agit pas que de métaphores...

Dans le temps... et l'espace. En ce moment la Libye, hier la Côte d'Ivoire, autrefois l'Irak. Dans l'urgence, les emballements de la presse se déclinent sur trois axes: unanimité politique, ethnocentrisme franco-français, alignement sur des positions militaristes. A vrai dire, ce dernier point résume souvent les précédents: c'est ce que Schneidermann nomme heureusement la «kakisation des esprits», en 2004 comme aujourd'hui!

Pour autant la presse, enfin toute la presse, n'est pas «aux ordres». Pas tous et tout le temps en tout cas. Comment s'explique alors cet alignement, si ce n'est par ces «présupposés» que Pierre Bourdieu opposait aux journalistes dans un débat célèbre et un livre stimulant (Sur la télévision)? Ici et maintenant la «fabrique de l'opinion» formate les esprits, sur la Côte d'Ivoire comme sur d'autres sujets, mais selon des topoï repérables et des processus souvent inconscients. Tout se passe comme si, à un moment donné, le courant dominant produisait un consensus idéologico-médiatique dont il est alors extrêmement difficile de sortir, quitte à ce qu'il vole en éclat quelques mois ou années plus tard, voire s'inverse!

Est-on si loin de 1984? Un social-démocrate devient «un dictateur»; un légaliste forcené se retrouverait pris à son atavisme pour redevenir un «guerrier bété»; ou un libéral du FMI un grand démocrate... Qu'il ait depuis 2002 (comme Foday Sankoh ou Charles Taylor en leur pays) mis la Côte d'Ivoire à feu et à sang par rebelles interposés ne compte pas, ne compte plus. Ces soldats perdus ne sont-ils pas des «rebelles qui sourient», et qu'importe si, dans ces guerres nomades, ce sont littéralement les mêmes qu'à Monrovia ou Freetown. De toute façon, si des exactions et même une violence continue comme «méthode de gouvernement» se produisent au Nord, les journalistes sont au Sud, et dénoncent vertueusement les contre-violences causées par le «coup d'Etat permanent» et la déstabilisation continue. Et alors? «La guerre c'est la paix», comme le savaient déjà les héros d'Orwell -et notre presse française, forcément libre et objective, est bien sûr composée de journalistes héros, intègres et clairvoyants!

Pour La Boétie déjà, l'énigme du pouvoir était non la sujétion au Prince, mais le plaisir, voire le désir des sujets à se soumettre...

Une presse africaniste en question

A l'occasion du printemps arabe, un certain nombre de désinformateurs ont été pris la main dans le sac; patrons d'hebdomadaires «africains», directeurs de «revues» panarabes ont dû reconnaître qu'ils étaient redevables au dictateur Moubarak, à M. Ben Ali -et pas que moralement! Les mêmes ou d'autres écrivent des dossiers systématiquement favorables à M. Ouattara, qui a toujours su traiter les journalistes et les directeurs d'organes de presse -et pas qu'en tenant table ouverte à Paris, Mougins ou Abidjan!

Dans ce contexte de corruption des esprits généralisée se posent des interrogations sur la «presse Rothschild» -pour inverser le stigmate que ses «experts» ont publiquement affiché sur la «presse Bolloré», jugée par eux non pas tant favorable à Laurent Gbagbo que trop tiède dans ses condamnations.

Depuis les années 90, le journaliste Stephen Smith, successivement responsable Afrique à Libération, puis au Monde, a mené une campagne acharnée contre Laurent Gbagbo et en faveur d'Alassane Ouattara. Dénoncé par les intellectuels africains pour ses écrits méprisants, il fut un temps soutenu par des politologues africanistes qui lui ouvrirent leurs colonnes.

Quand, dans un procédé digne d'époques que l'on croyait révolues (procédés typiques de la presse factieuse d'entre deux guerres), on amalgame hommes d'affaires et intellectuels, politiques et militants, pour les dénoncer coram populo, on doit s'attendre à rendre des comptes.

Sans être des admirateurs sans faille de Roland Dumas et de Jacques Vergès, l'un ancien ministre des Affaires étrangères et président du Conseil constitutionnel, l'autre brillant et inlassable avocat «de rupture» depuis la guerre d'Algérie, est-il inadmissible de traiter leur séjour à Abidjan comme «les deux grigous de Gbagbo»? On atteint là des sommets d'une certaine ignominie médiatique... Listes noires et insultes dépassent les bornes de la déontologie ordinaire des journalistes.

Le plus étonnant aujourd'hui: des trois grands quotidiens français, le Figaro est certainement le plus modéré dans son approche du conflit ivoirien.

La rhétorique de la désinformation

La désinformation n'est pas un discours intellectuellement construit: c'est une série de pratiques plus ou moins visibles (plus ou moins conscientes d'ailleurs dans leurs effets de falsification, répétition et mimesis), articulée dans une rhétorique d'inversion ou de déplacement.

On a fait allusion à une «politique de l'information» qui va de la ligne plus ou moins explicite d'un organe de presse, s'inscrivant dans un champ médiatique, dominé à un moment donné par une idéologie consensuelle. Cette politique se décline dans le nombre des articles et leur place, envoi (ou non) d'envoyés spéciaux (et leurs pratiques de terrain), l'acceptation ou le refus de tribunes ou d'entretiens extérieurs, les analyses «maison» des événements culminant dans des éditoriaux parfois signés, souvent courageusement anonymes...

Le recyclage des acteurs, intellectuels ou journalistes étrangers constitue une tactique de choix dans la propagande de masse, à laquelle la blogosphère n'échappe pas; suffit-il, comme Venance Konan par exemple, d'être une «bonne plume» ivoirienne pour pouvoir écrire n'importe quoi (et faire oublier son passé de chantre de l'ivoirité et son militantisme actuel pro-Ouattara)? Loin de tout devoir de réserve (les amis du Prince, réfugiés ou étrangers, n'y sont bien sûr pas tenus!), on peut se permettre ainsi d'user des procédés les plus classiques de l'extrémisme: tribune ignoble sur le physique ou la vie privée du «dictateur» dénoncé; lettre collective dans Le Monde un jour, personnelle dans Libération le lendemain -toujours dans des termes où l'insulte ne cède qu'à l'outrance.

Le sommet a sans doute été atteint en reprochant à Laurent Gbagbo la responsabilité de la guerre urbaine d'Abidjan: tous les observateurs savent que le «commando invisible» d'Abobo vient de la rébellion et de la mouvance Ouattara. Ou encore d'indexer les morts civils de 2000 qui affrontèrent les militaires soutenant le putschiste R. Gueï, se faisant massacrer pour un régime civil et le respect des élections. Ici, l'ironie n'est plus de mise: attribuer les victimes du général Gueï à Laurent Gbagbo est ignoble et digne des procédés de Goebbels: «plus c'est gros, plus ça passe»! Tout comme un quarteron de chercheurs sous influence, ayant en commun de ne pas avoir connu la Côte d'Ivoire depuis dix ans, recyclent l'ivoirité ou attribuent ce faux concept, «l'ethnocratie», à celui qui a un électorat multiethnique! La responsabilité dans ces cas est partagée entre les auteurs et ceux qui laissent passer ces textes: à supposer que la presse se relise, dans quelques années, le rôle des rédactions n'en sortira pas grandi.

Les procédés de désinformation sont légion, et l'ignorance du terrain ne saurait les résumer. Certains sont conscients et servent de marqueur, de repérage dans le champ médiatique: ainsi entendre un «expert» journaliste évoquer sciemment 2004 en déplorant les 10 morts et les 30 blessés de l'armée française à Bouaké sans citer les 60 morts et plus de 1.000 blessés ivoiriens semble significatif. Plus récemment, dans les pseudo débats télévisés (on pense par exemple à un débat de «spécialistes» à 100% ouattaristes: si la conversation manquait de diversité, le forum en ligne était plutôt animé, ayant sans mal remarqué le procédé...), le fait de citer le Conseil constitutionnel ivoirien constitué de pro-Gbagbo (sans d'ailleurs faire référence à l'identique situation française) sans mettre en regard la composition de la CEI à plus des deux tiers pro-Ouattara parait un marqueur évident de partis pris tout à fait voulus.

Les procédés d'inversion, plus scandaleux, ne manquent pas: on se souvient de Jacques Chirac -lui qui a 2004 sur la conscience- traitant Laurent Gbagbo de...  «fasciste»! On a pu récemment entendre des journalistes prendre les commandos d'Abobo pour le «soulèvement du peuple» ou la «désertion de l'armée ivoirienne».

La diabolisation de l'adversaire se fait par calomnies successives, procédant de l'inversion systématique, ou du déplacement victimaire: tactique langagière courante chez les promoteurs de génocide, si l'on en croit les analyses de Jacques Semelin.

Tout ne ressort pas cependant d'une diabolique volonté de désinformation, de la corruption des esprits ou d'une obéissance à des rédactions inféodées: même si cela existe et si l'Afrique, depuis longtemps, a servi de miroir déformant à nos turpitudes. Notons au passage ce que l'on pourrait nommer le «rendement décroissant de l'information», qu'il faudrait approfondir: de la télévision, à la radio et à la presse écrite occidentale, la désinformation régresse, ou se fait moins flagrante; d'autres ont pu travailler bien mieux sur les procédés de «construction» audiovisuelle, qui concernent aussi les réseaux sociaux ou les blogs (comme la fiction, bien écrite et entièrement inventée, du décès de Ouattara au Val-de-Grâce).

Beaucoup vient, au-delà de l'ethos (qui n'est pas qu'une absence d'éthique ou de déontologie!), d'un certain habitus journalistique: pour en avoir partagé quelques épisodes au plus fort des événements de décembre et janvier, on peut assurer de l'intérêt d'une recherche anthropologique sur le journalisme occidental à Abidjan...

Ni presse locale, ni profondeur historique, ni éclairage socioanthropologique: faute de mise en perspective, les journalistes occidentaux interagissent sur le terrain, vivant dans un monde d'autoréférencement. Leur dépendance des «fixeurs» autoproclamés n'en est que plus flagrante, et parfois pitoyable; demi-journalistes, demi-informateurs fonctionnant eux aussi en réseaux (d'ailleurs très majoritairement pro-Ouattara), ces derniers fonctionnent eux aussi en réseaux et jouent un rôle aussi important dans la désinformation que dans l'information.

Il est vrai que le milieu politique ivoirien est préstructuré, dans une inégalité flagrante devant les attentes, collaboration ou refus avec la presse occidentale; globalement tenus pour des ennemis virtuels par le camp Gbagbo -avares de contacts et de données-, les journalistes  venus d'Europe sont accueillis à bras ouverts... et désinformés à proportion par le camp Ouattara... depuis 2002! Ce sont d'ailleurs les supplétifs, on veut bien croire involontaires, de la rébellion: quant au mythe du «smiling rebel» de 2002, lui correspond celui du «commandant du Vent», chef du commando invisible de 2011; et qu'importe si ce sont les mêmes guerriers nomades ayant mis à feu et à sang Liberia, Sierra Leone et Nord de la Côte d'Ivoire, qui s'apprêtent à des massacres de masse à Abidjan et dans le Sud: ce n'est que trop tard que les mêmes s'apercevront que le sourire n'était qu'un rictus complaisant et que le vent d'Abobo ne charriait que l'odeur des cadavres. Aucun mea culpa à attendre de ce que Sartre nommait les «belles âmes», ces idiots utiles de la sanglante Histoire à venir. «On ne savait pas...» diront-ils, comme toujours. Pour autant, à écrire une prose éphémère, faut-il encore qu'elle soit irresponsable?


Michel Galy


Source : SLATE AFRIQUE

GUERRE WATTAO - KONE ZACHARIAS, LA VIOLENCE MONTE D'UN CRAN


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Des éléments des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) se sont tiré dessus hier mercredi 10 août 2011 à Marcory Zone 4, au domicile d'Alini Marwan, opérateur économique vivant en Côte d'Ivoire. Quand nous sommes arrivés sur les lieux hier, le domicile de M. Marwan était occupé par des hommes en treillis, armés de kalachnikov. Sa famille et ses connaissances trouvées sur place étaient encore sous le choc. La peur se lisait sur tous les visages. « On vit une situation d'insécurité totale dans un pays où la justice n'arrive pas à s'exprimer », lâche amer, Soudan Rohan, fils de Soudan Ghassan, associé à Alini Marwan dans la gestion d'une grande entreprise privée de la place. Il nous raconte en quelques mots ce qui s'est passé chez eux ». Courant février, Soudan Fayez (associé à Soudan Ghassan et Alini Marwan, actionnaires majoritaires) instruit une action en justice contre M. Marwan pour l'arrêter. Ainsi, il pourra convoquer une réunion du Conseil d'administration pour mettre la main sur la société.

Comme son action n'a pas marché, il a intenté une autre action civile pour obtenir la nomination d'un administrateur provisoire. « Cette action a été déboutée le 29 juillet dernier à la Cour d'appel », nous confie-t-il, avant de poursuivre: « depuis près de trois mois, ils (Fayez et les actionnaires minoritaires que sont Soudan Rafik et Sabré Rafik) ne cessent d'intenter des actions contre nous pour obtenir qu'on soit mis en prison, ne serait-ce que 20 jours, pour convoquer une réunion du Conseil d'administration dans le but de nous spolier de notre entreprise ». Aux yeux de Soudan Rohan, les associés de son père ne cessent de les accuser de détournement sans apporter de preuve. « Aujourd'hui (NDLR: hier), nous voyons débarquer chez nous des éléments de la Police judiciaire (PJ) accompagnés d'une cinquantaine d'éléments des FRCI appartenant à l'unité du « Commandant » Sansan, en possession d'un mandat d'emmener sans convocation. Ils n'avaient qu'une liste comportant des noms », a-t-il soutenu. La descente des FRCI et des éléments de la PJ au domicile de M. Marwan laisse des traces. Nous découvrons des impacts de balle sur le mur de la maison, preuve que des tirs ont été libérés sur les lieux.

Nous découvrons également un élément des FRCI, prénommé « Robot », blessé à la tête à la suite d'un échange de tirs entre les éléments du Commandant Koné Zakaria, qui patrouillaient dans la zone et ceux du « Commandant » Sansan sur les lieux. « Ils (éléments de Sansan) ont emporté deux ordinateurs portables, cassé des caméras de surveillance, vidé les poches du fils de Marwan et emporté 5 millions de FCFA », soutient Soudan Rohan. Au domicile de M Marwan, nous nous entretenons avec des éléments des FRCI venus en renfort de l'état-major. Selon l'un deux, qui a préféré garder l'anonymat, lorsque les éléments de Sansan sont arrivés sur les lieux, Koné Zakaria, informé et dans la zone, est intervenu également. Il sera rejoint par l'ambassadeur de la Palestine en Côte d'Ivoire, « qui est un ami de la famille », selon les informations recueillies sur place. Plus tard, débarquent au domicile de M. Marwan, « le Commandant » Zanga de l'état-major, lui aussi accompagné de M. Soudan Fayez et de Rafik Soudan, les adversaires de Marwan Alini et Ghassan Soudan. Tous sont embarqués, avec l'adjoint de Sansan, en l'occurrence M. Assalé pour le palais présidentiel. « Il (Zakaria) a interpellé les éléments de Sansan et de la police qu'il a embarqués pour la Présidence », nous a déclaré un élément des FRCI au domicile de M. Marwan.

Des éléments de Sansan, nous a-t-on confié, invités à se rendre à l'état-major pour clarifier cette situation, s'opposent. A une trentaine de mètres du domicile de M. Marwan, les éléments du « Commandant » Sansan refusent de bouger et bloquent la circulation. Le nommé Robot, dont nous parlions plus haut et qui appartient à l'unité de Koné Zakaria, s'énerve. Il veut forcer les éléments de Sansan à obtempérer. Manque de pot pour lui, un élément de Sansan libère des tirs de kalachnikov pour l'effrayer. Robot sort également son arme pour répliquer. Des échanges de coups de feu éclatent, obligeant les riverains à se terrer chez eux aux environs de 15h30. « Robot » frôle la mort, puisqu'une balle lui frôle la nuque. Ensanglanté, il est immédiatement conduit dans une clinique de la place non loin des lieux. Il est soigné et rejoint aussitôt le domicile des Marwan. Nous l'avons aperçu avec un tee-shirt imbibé de sang, assisté d'un médecin. Quelques instants plus tard, des éléments de l'Onuci débarquent, puis repartent aussitôt. Pour éviter qu'un autre affrontement ne se reproduise, Koné Zakaria a laissé quelques uns de ses éléments sur place. En quittant le domicile des Marwan, ceux-ci veillaient au grain, déterminés à empêcher une autre descente des éléments du « Commandant » Sansan, lui-même placé sous l'autorité du Commandant Wattao.


In le quotidien ivoirien « L'Inter ».


Source : IVOIRE GAZETTE

vendredi, 12 août 2011

LE PIEGE DE LA TERREUR SE REFERME SUR LE COLONEL-MAJOR BONIFACE KONAN


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Des informations contradictoires circulaient, hier soir, sur le sort du Colonel-major Boniface Konan officiellement inculpé avec les 57 autres militaires restés fidèles au président Laurent Gbagbo. Leur inculpation est un revirement spectaculaire même si, en la matière, entre ce que dit le pouvoir et ce qu'il fait, il ya toujours un fossé.

 

Le colonel-major Boniface Konan, brillant officier de la marine ivoirienne, revenu à Abidjan dans le cadre des négociations pour le retour des militaires exilés, a été officiellement inculpé, hier, avec 57 autres. 40 parmi les 57 ont été écroués. Jusqu'à tard dans la soirée d'hier, le mandat de dépôt ne concernait pas l'ancien commandant du théâtre des opérations qui en a tant fait bavé sur le terrain à ses ennemis.

Ancien des marines américains parmi lesquels il a fait ses classes, le Colonel-Major Konan s'était exilé au Ghana comme la plupart des officiers restés fidèles au président Gbagbo après avoir refusé de faire allégeance à Alassane Ouattara qui se faisait introniser à l'Hôtel du Golf.

Il y a deux semaines, il était rentré en Côte d'Ivoire à la tête d'une délégation de négociateurs. A sa descente d'avion, le Colonel-Major Konan avait affirmé que son arrivée était un signal pour ceux restés au Ghana et parmi lesquels l'on compte le Commandant Abéhi qui aurait refusé de céder aux chants de sirène du parti au pouvoir, spécialisé dans les voltes-faces.

Les 57 militaires écroués, hier, sont accusés d'avoir armés des miliciens pendant les affrontements qui ont suivi le conflit postélectoral dans le pays. La série des arrestations provoquent l'émoi au sein d'une population qui craint la résurgence de la guerre. Le chef de l'Etat, lui, continue d'alterner bonnes intentions et attitudes provocatrices. Alors qu'il avait solennellement souhaité le rassemblement autour de sa présidence pour aider à la réconciliation nationale, Alassane Ouattara a aussi multiplié les contre-pieds et les crocs-en-jambes. Le plus significatif est sans aucun  doute l'arrestation d'hier, qui risque de décourager les militaires encore réticents et qui, par mesure de précaution, étaient restés à couvert dans les pays où ils se sont exilés.

La Côte d'Ivoire a du mal à faire sa réconciliation. Le Chef de l'Etat a trop de ressentiments au cœur pour donner la chance à la paix. L'organisation des Nations Unies, son alliée objective, dénonce depuis avant-hier des exécutions extra-judicaires et accuse ses hommes, selon les mots du rapport, d'en être les auteurs. Mais s'il est impitoyable envers ses adversaires et en particulier contre  les partisans de Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara sait être magnanime envers les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire qui continuent encore de terroriser les populations dans les villages et petites villes du pays.

A Abidjan, c'est à un harcèlement moral que font face ceux qui ne sont pas convertis au ouattaraïsme et qui sont, pour cela seul, soupçonnés d'être pro-Gbagbo. Tous les postes de commandement de l'Administration sont exclusivement confiés aux pro-Ouattara, à défaut, aux proches d'Henri Konan Bédié.

Privés de salaires, les pro-Gbagbo, ou ceux qui ne sont pas suffisamment ouattaraïstes, sont aussi privés de leurs biens. Outre les comptes encore gelés, la plupart ont encore leur domicile occupé par les FRCI qui règnent en conquistadors dans le pays.

L'arrestation des militaires va encore plomber l'atmosphère déjà trop lourde à Abidjan mais avec Ouattara, la terreur est certainement le meilleur filon pour avoir la paix.


Joseph Titi, in le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N°38 du vendredi 12 août 2011.

ZONES D'OMBRE ET NON-DITS D'UN DISCOURS D'AUTO-CONTEMPLATION


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Dans la soirée du vendredi 6 août 2011 dernier, les Ivoiriens ont eu droit au traditionnel et institutionnel discours à la nation du chef de l'Etat, marquant la célébration de la Fête nationale et la commémoration de l'Indépendance de la Côte d'Ivoire. Pour notre part, il n'aura été qu'une débauche impudique de bons points attribués à soi-même par son auteur, qui fait l'impasse sur des aspects importants de la vie de notre peuple, au sortir d'une crise aussi aiguë que la crise postélectorale ivoirienne, et qui entretient l'omerta sur les actes concrets qui devraient être posés dans l'optique d'une réconciliation et d'une prospérité effectives de notre pays.

Nous avons ainsi pu apprendre avec stupéfaction « le retour de la démocratie en Côte d'Ivoire » là où elle n'a jamais été plus dégradée : des opposants sont en prison ou en exil, leurs biens et ressources sous séquestre, l'Assemblée nationale suspendue, le pays gouverné par ordonnance, le chef de l'Etat encore et toujours chef d'un parti politique (le RDR) - ce qu'interdit notre constitution ; Article 54 -, ses biens non encore déclarés devant la Cour des comptes - comme l'exige la Loi fondamentale, en son Articles 55 -, des journalistes et hommes de médias en prison, le siège du quotidien de l'opposition Notre Voie occupé par des hommes en armes pro-Ouattara, la Commission Electorale Indépendante déjà majoritairement constituée par le RHDP qui enregistre de nouvelles nominations de proches de Ouattara - accentuant un déséquilibre déjà outrancier -, les élections législatives et municipales en approche envisagées dans une ambiance de traque et d'exactions des FRCI contre les pro-Gbagbo et les militants du FPI, le Conseil constitutionnel renouvelé avant terme, au plus grand mépris de notre Constitution. Bref, de quel retour de la démocratie nous parle-t-on, si ne n'est d'exprimer aux Ivoiriens tout le mépris et le peu d'égard qu'on a pour eux ?

Nous avons, en outre, été abreuvés de rhétoriques du genre « respect de Droits de l'homme » en Côte d'Ivoire et de « société souveraine ». Comment peut-on prétendre respecter les Droits de l'homme quand on a été épinglé plusieurs mois de suite par ses ex-partenaires les plus fidèles, les ONG internationales Human Rights Watch, Amnesty International et même par le HCR et l'ONUCI, pour meurtres, crimes, viols et pillages contre des populations sans défense et pour l'incarcération sans inculpation d'opposants politiques ? Ces structures supranationales ont clairement dénoncé la récente promotion de chefs militaires, proches du chef de l'Etat Alassane Ouattara, nommément cités dans des crimes contre l'humanité. Nous aurions bien voulu croire, avec Monsieur Ouattara, au respect des Droits de l'homme en Côte d'Ivoire mais force est de reconnaître qu'il n'en est rien. Les Droits de l'homme en terre ivoirienne ne sont qu'une vue de l'esprit. Ils ne relèvent que du discours officiel et non de la réalité.

Quant à la « société souveraine » du nouvel homme fort d'Abidjan, le peuple ivoirien, il s'est donné des institutions qu'on bafoue allègrement : le Président de la République qu'il s'est donné par la voie des urnes a été bombardé en sa résidence et kidnappé par des armées étrangères dont les bases et missions, en guise de reconnaissance, sont réinstallées, renforcées et reconduites, pour assurer la sécurité et la sûreté du territoire ivoirien. Ces mêmes forces assurent la sécurité du nouveau locataire du Palais présidentiel du Plateau, en appui aux soldats burkinabés récemment recrutés dans la garde rapprochée présidentielle, au milieu d'un parterre de conseillers politiques, diplomatiques et militaires français. Cette « société souveraine » s'est également donné un porte-voix : l'Assemblée nationale. Elle est aujourd'hui aphone, mise sous l'éteignoir. Selon le bon vouloir du « Brave Tchê » Alassane Ouattara. Comment exerce-t-elle alors la souveraineté qu'on lui reconnait subitement, à la faveur d'un discours de circonstance ? Motus, bouche cousue !

Le chef de l'Etat se targue, en outre, de se mettre en peine de la réconciliation nationale : « Nous œuvrons pour le retour de nos frères et sœurs à l'extérieur du pays ». Un d'entre eux en est justement revenu, sous son instigation, et a été mis aux arrêts dans les jours qui ont suivis : le journaliste Hermann Aboa. Sous des chefs d'inculpation aussi imaginaires que surréalistes, révélés non par la justice ivoirienne comme cela se doit, dans tout Etat de droit qui se respecte, mais de sa propre bouche, au détour d'une visite de travail aux Etats-Unis : achat d'armes de guerre et distribution à des milices, sur financement de Laurent Gbagbo (sic !).

Au regard de tout ce qui précède, où se trouve donc cette « Côte d'Ivoire dotée d'un Etat fort, moderne et impartial, avec des Institutions crédibles ; un Etat qui respectera l'indépendance de la justice, qui luttera contre l'impunité et fera la promotion du mérite et de la compétence » ?

« Je salue, dit Alassane Ouattara, la décision des officiers exilés au Ghana, de rentrer au pays, pour prendre une part active au processus de réconciliation ; j'encourage les refugiés demeurant au Liberia à rentrer ». Le fait que quatre mois après la Bataille d'Abidjan, ils en soient encore à se méfier et à redouter un retour en Côte d'Ivoire est un revers et désaveu cinglant pour le pouvoir en place. Si l'invite était aussi fraternelle et sincère qu'on veut le laisser croire, il y a belle lurette que ces Ivoiriens seraient de retour. Sans attendre d'être constamment rassurés par des discours officiels.

« Je lance à nouveau, poursuit-il, un appel à nos frères et sœurs, de tous bords politiques afin de nous retrouver pour bâtir ensemble une patrie de paix... Je continue de tendre la main en particulier à nos frères et sœurs du FPI et de LMP. Leur place est avec nous ( ?). Le gouvernement ne ménagera aucun effort pour garantir le retour et la sécurité de tous ».  Soit dit en passant, les leaders FPI et LMP sont pour l'essentiel en prison, avec à leur tête le Président Laurent Gbagbo et son épouse ainsi que le Premier ministre Affi Nguessan. Leur place est-elle objectivement et effectivement parmi nous ? Hélas, trois fois non ! Les faits parlent plus que les mots. Et on ne peut les falsifier par une effusion émotive occasionnelle fût-elle lyrique et officielle.

Pour Alassane Ouattara « les activités économiques redémarrent, la vie sociale s'anime à nouveau, la presse fonctionne dans toute sa diversité. Il travaille à réduire nos souffrances. La sécurité s'améliore de jour en jour. Les ordures et les dépôts sauvages se font de plus en plus rares. Abidjan retrouvera son lumineux visage de « Perle des lagunes » et toute la Côte d'Ivoire sera à nouveau belle. Les soins de santé des Ivoiriens les plus défavorisés seront gratuits. Les travaux d'assainissement ont commencé, bientôt, c'est toute la Côte d'Ivoire qui sera en chantier. Les jeunes auront des emplois et auront aussi les financements promis pour leurs projets ». Plutôt reluisant comme tableau dans un pays où le chômage a atteint des records et les universités - du reste, fermées - sont occupées par les ex-rebelles, où les hôpitaux sont plus que jamais des mouroirs, où l'appareil de production cassé est en lente agonie, où la misère atteint des summums jamais effleurés et où des arriérés de salaire de deux à quatre mois restent encore à payer aux ex-FDS et dans certaines entreprises publiques (BNETD et bien d'autres) et institutions nationales (Assemblée nationale, CEI etc).

En outre, à quoi peuvent bien servir un cadre de vie et un environnement assainis où l'on est plus susceptible de perdre la vie que la santé, du fait des exactions des FRCI et d'une insécurité permanente, insidieuse, rampante ?

Au final, Alassane Ouattara ne croyait pas si bien dire : « Sans paix, sans sécurité, il ne peut y avoir ni réconciliation, ni développement solidaire ». C'est exactement cette vérité universelle qui est implacablement à l'œuvre, en ce moment, dans notre pays. Absence de paix et de sécurité, c'est, hélas, la triste réalité ivoirienne.

Du sommet de son piédestal et au comble de l'auto-contemplation, il déclame : « Une telle volonté de ramener la paix et la prospérité chez nous attire à nouveau la confiance de nos partenaires. L'image de la Côte d'Ivoire s'est nettement améliorée et notre pays est de retour sur la carte du monde (Y avait-elle disparu ? Mystère !) ». Même si les investisseurs, à défaut de s'y rendre (insécurité et Etat de droit en déliquescence obligent), se contentent d'avoir « à nouveau le regard (seulement le regard) tourné vers la Côte d'Ivoire », dans un contexte mondial de crise financière généralisée, la plupart des pays occidentaux étant au bord de la faillite, avec en tête de file, les Etats-Unis d'un Barack Obama fauché et dans une tourmente historique, sauveur pressenti et attendu d'une Côte d'Ivoire sans le sou.

Cette débauche auto-célébrante aura permis de faire ombrage aux vraies questions qui intéressent les Ivoiriens : la libération du président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques et militaires, la création de richesses nationales sur la base de notre force de travail et de nos ressources propres (humaines et économiques), l'instauration d'une véritable impunité commençant par les siens - si tant est qu'il désire vraiment allier la justice à la réconciliation -, les raisons de la promotion de criminels de guerre qui devraient être traduits devant la CPI, la réunification effective du pays par l'unification des caisses de l'Etat, l'indépendance et la souveraineté de la Côte d'Ivoire. Des points royalement éludés.

En effet, il aurait fallu qu'il nous dise :

- comment il espère réconcilier les Ivoiriens en maintenant Laurent Gbagbo en prison sans aucun chef d'inculpation. Il n'en a pas dit un traître mot ;

- comment il envisage de faire disparaître l'impunité tout en promouvant des militaires proches de lui et déjà épinglés par les organisations des Droits de l'homme pour une comparution éventuelle devant les instances judiciaires internationales ;

- comment il compte mettre fin à la saignée financière inacceptable (au moment où nos coffres-forts sont vides) et à la partition économique et financière de notre pays, avec l'économie parallèle florissante dans la partie Nord de la Côte d'Ivoire, entre les mains des ex-Forces Nouvelles dont la Centrale (Trésor de l'ex-rébellion) est en plein essor ;

- comment il espère éviter à la Côte d'Ivoire de n'avoir pour seule politique de création de richesses et pour seul programme de gouvernement que l'endettement excessif ;

- comment il compte « apporter à notre pays son indépendance totale (sic !) » et affirmer sa souveraineté quand il multiplie en Côte d'Ivoire les bases militaires étrangères (réouverture du 43ème Bima français et une dizaine de l'ONUCI en projet d'urgence), quand les salaires des fonctionnaires ivoiriens sont payés par la France, que sa propre sécurité est assurée par des forces étrangères et quand il semble ne tirer sa légitimité que de la reconnaissance de la « Communauté internationale ».

Au total, un discours qui aura tout dit sauf l'essentiel. Pas donc certain que nous fassions des pas de géant en matière de réconciliation et de cohésion sociale, d'avancées démocratiques, politiques et institutionnelles, de reprise économique et de prospérité nationale. Ouattara nous a servi une litanie de vœux pieux et fait une peinture irréelle de la situation de notre pays. Nous continuons à attendre qu'il se ressaisisse et nous donne des signes concrets et réalistes, à tout le moins autres que cet épanchement auto-contemplateur qui ne nous rassure guère pour l'avenir de notre pays. Nous voulons des actes, pas des discours. Gageons que la tendance sera bientôt inversée.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO


In le quotidien ivoirien "Le Nouveau Courrier" N° 290 du jeudi 11 août 2011.

L'INSECURITE ET L'IMPUNITE ONT ETE PREPAREES: 12 000 PRISONNIERS LIBERES ET ARMES PAR LES FORCES D'ALASSANE OUATTARA



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Les organisations internationales de défense des droits de l'homme dont Human Rights Watch et Amnesty International condamnent dans leurs différents rapports, l'insécurité, les exactions et l'impunité dans lesquelles les forces pro-Ouattara, avec le soutien condescendant du nouveau régime, ont plongé la Côte d'Ivoire depuis l'installation au pouvoir, dans des conditions calamiteuses, du chef de l'Etat, Alassane Dramane Ouattara.

« Les promotions dont viennent de bénéficier en Côte d'Ivoire deux officiers supérieurs (les Com'Zones de l'ex-rébellion armée, Chérif Ousmane et Fofié Kouakou) fortement soupçonnés d'être impliqués dans de graves crimes suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la réalité de l'engagement du président Alassane Ouattara à mettre fin à l'impunité et à rendre justice aux victimes », affirme Human Rights Watch dans un récent communiqué sur la situation en Côte d'Ivoire. Cette attitude du régime Ouattara s'explique aisément par le fait que sa proximité avec l'ex-rébellion armée constitue un secret de polichinelle.

Ce sont, d'ailleurs, ces ex-rebelles baptisés aujourd'hui Frci par un décret de l'actuel chef de l'Etat qui, appuyés activement par la force française Licorne et l'Onuci, ont attaqué en mars-avril derniers, le régime Gbagbo. En avril dernier, dans le cadre de leur guerre contre Abidjan, la capitale économique qui abrite le palais présidentiel et la résidence du chef de l'Etat (le dernier site a été bombardé par l'armée française), les forces pro-Ouattara ont pris d'assaut la maison d'arrêt et de correction d'Abidjan (Maca).

Ils ont libéré environ 6000 prisonniers et leur ont distribué, selon des témoins, des kalachnikovs. L'objectif était de les associer à l'attaque contre Abidjan. Ce qui fut fait. Ces prisonniers libérés et armés ont été baptisés « volontaires » par les forces pro-Ouattara. A l'instar de centaines de jeunes gens d'Abobo à qui les forces pro-Ouattara avaient également distribué des armes, à la fin mars dernier.

Ce sont au total 12 000 prisonniers que les forces pro-Ouattara ont libérés et armés à travers le pays, soutient une source crédible. 12 000 bandits de grands chemins qui, depuis lors, écument Abidjan, Yamoussoukro et les autres villes du pays en commettant, dans une totale impunité, des exactions, pillages, braquages et vols. D'où le climat d'insécurité qui enveloppe le pays.

C'est à juste titre qu'une source proche du Rhdp soutient : « Nous avons tous ouvert la boîte de pandore. Tous, nous en assumons donc les conséquences ». Allusion faite à la situation créée par les 12 000 prisonniers armés et jetés dans la nature.


I. Grhenberg


 

Source : FACEBOOK

jeudi, 11 août 2011

52 MORTS DE LA SOTRA, 21 MORTS SUR L’AUTOROUTE, 1 NOYE D’UNE PINASSE RENVERSEE: POURQUOI CETTE EPIDEMIE D’ACCIDENTS?

 


ACCIDENT MORTEL SUR L'AUTOROUTE.jpg

Le mini car accidenté sur l'autoroute après sa collision avec un camion remorque. Bilan: 21 morts.

 

On aurait dit une épidémie. Une épidémie d`accidents ! Rappelons. Le 5 août, bourré d`usagers, un bus, le 19, plonge tragiquement et déverse tous ses passagers dans la lagune. Bilan provisoire, 52 corps repêchés. On attend que les dieux de la guérison assistent la dizaine de blessés. Toutefois, on n`exclut pas d`autres éventuelles découvertes de corps. Car, dans ce pays béni de Dieu où le ciel est le souverain compagnon de route, personne ne sait combien montent à bord d`un bus. D`ailleurs, il est dit que le conducteur du bus de la Société des transports abidjanais (Sotra) n`a pas encore été retrouvé.

Survenues cinq jours plus tard sur l`autoroute du Nord, les circonstances de cet autre accident entre un mini car et une remorque sont encore troubles. Mais l`accrochage a été fatal pour 21 passagers. Là encore, le décompte des morts n`est pas définitif, puisque 7 passagers sont en examen médical. Dans la foulée, une pinasse, engin artisanal de transport fluvial, a fait un noyé, après avoir déversé ses occupants dans la lagune à Abidjan. En moins d`une semaine donc, la route et la lagune ont englouti plus de 74 âmes. Des parents, des voisins, des anonymes, qui n`avaient pas pris rendez-vous avec la mort. L`Ivoirien en est encore à s`interroger. Pourquoi maintenant ? Pourquoi ces drames successifs en période de la commémoration de l`indépendance du pays, après des élections et au lendemain d`une guerre qui a déjà tué des milliers de personnes ? Faut-il y voir une main invisible ? Une punition des mânes contre les Ivoiriens qui ont choisi de régler dans le sang leurs vieilles querelles de clochers ? Un châtiment divin pour ce pays qui se dit "la nouvelle Jérusalem", mais qui n`est pas encore sorti de l`ancienne Babylone ?

C`est à se demander avec l`archevêque Kutwa Pierre : " Quel est le sens de la vie ?". Certes, pour le guide religieux, la réponse est toute trouvée. Ces tragédies, selon lui, mettent le croyant en prise directe avec la mort et lui rappellent que "nos maisons, si solides soient-elles, ne sont que des tombes de fortune. Car nous sommes de passage, en transition sur la terre". Superstition oblige, certains mystiques, eux, estimeraient que, trop de sang ayant coulé sur cette terre d`hospitalité, seul le sang lavera le sang. Ce qui revient à dire que la nation tout entière doit se racheter d`avoir souillé le sol sacré des ancêtres en implorant l`esprit de morts par des offrandes qui les apaisent. Au carrefour du superstitieux et du religieux, l`Ivoirien ne sait plus à quel saint se vouer.

Dans ce pays où personne ne respectait plus personne, ni rien, où la course au temps pour les particuliers, et aux recettes pour les transporteurs, a poussé à ne plus obéir aux règles, peut-être faudrait-il commencer par là. A respecter les lois, toutes les lois, à commencer par le code de la route. Veiller à la vitesse, les feux tricolores, les panneaux de signalisation, les dépassements, les charges, l`état du véhicule qui est le plus souvent "un France-au-revoir", etc. Combien de fois n`a-ton pas vu des autocars déambuler comme des dromadaires sous le poids des charges ? Des taximètres se parler en roulant ou multiplier les queues de poisson sur la voie ? Conduire, ça ne s`arrête pas à savoir changer de vitesse. Compte aussi, la courtoisie envers l`autre. C`est aussi avoir un sens élevé de la vie. De la sienne, et celle des autres. Cela permet déjà de garder les pieds sur terre, au propre comme au figuré. Ça au moins, c`est rationnel. Et c`est à la portée de tous.

Benoît HILI


Source: LE NOUVEAU REVEIL

LAURENT GBAGBO, TOUJOURS TRES «KAFISSA»!

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Sacrés ivoiriens ! Ils ne cesseront jamais de nous étonner ! Malgré la situation difficile du pays, ils n'ont pas perdu leur sens de l'humour légendaire. Cela est encore une fois prouvé par cette histoire vraie que m'a rapportée mon neveu de sa virée dans un piano-bar, quelque part à Abidjan.

A l'occasion de la célébration de l'Indépendance, un piano-bar très connu des noctambules a fait peau neuve et proposé un spectacle haut en gamme à ses clients.

Après la prestation de certains artistes, le Maître de Cérémonie annonce la vedette du jour, en la personne d'un grand nom de la musique Zouglou. Applaudissements du public composé en grande majorité de jeunes cadres dynamiques.

Il entonne son répertoire, aussitôt repris par l'assistance qui exulte.

A la fin de sa prestation, et dans la mouvance de la réconciliation, cet artiste demande au public d'applaudir pour la paix et la fraternité en Côte d'Ivoire. Le public, conquis, obéit. Après un petit speech où il invite le public a vraiment s'impliquer pour que la réconciliation entre les fils du pays soit effective, l'artiste, croyant bien faire, demande au public :

L'artiste : Si tu aimes Bédié, tape des mains.

Le public : Acclamation (clap ! clap ! clap !).

L'artiste : Si tu aimes Bédié, si tu aimes Bédié, tape encore des mains.

Le public : Acclamations (clap ! clap ! cap !).

L'artiste : Si tu aimes Ado, tape des mains.

Le public : Acclamations (clap ! clap ! clap !).

L'artiste : Si tu aimes Ado, si tu aimes Ado, tape encore des mains.

Le public : Acclamation (clap ! clap ! clap !).

L'artiste : Si tu aimes Gbagbo, tape.... (Il n'a pas même le temps d'achever sa phrase).

Le public : Ovations et cris de joie retentissants : « Le coin est gâté », comme disent les Ivoiriens : « Koudou ! Koudou ! Koudou ! Y a rien en face ! Y a rien en face ! Koudou ! Koudou ! Koudou ! »

A l'instant, tout le public entonne : « C'est comment, comment, Laurent Gbagbo, il est sur terrain ! Devant, c'est maïs ! ».

C'était le délire !

Comme quoi, Laurent Gbagbo est  toujours présent dans le cœur des Ivoiriens !

Nos amis de la fameuse « Communauté internationale » ne l'ont pas encore compris ! Ni le quadrillage d'Abidjan par la France et le verrouillage de la Côte d'Ivoire par l'Onuci ne peuvent enlever cet amour pour Laurent Gbagbo du cœur des Ivoiriens.

Etonné et effrayé, l'artiste de dire : « Eeeh, votre affaire-là, c'est comme ça ! Faut pas me donner problème dèh ! Vous aussi, petit amusement-là! Non, les gars vous êtes graves ! Amusement comme ça là, où y a fusil-là, zouglouman n'aime pas ! A bon entendeur, salut ! »

Que conclure ?

Ce n'est ni les mensonges de la perfide France chaque jour dévoilée ni la « certification » de Young Jin Choi qui lui a valu une décoration qui arracheront de nos cœurs l'amour et l'admiration que nous portons au président authentique des Ivoiriens !

Président Laurent Gbagbo, nous t'aimons ! Et ce sentiment se renforce chaque jour davantage.

Sois fort pour la Côte d'Ivoire ! Sois fort pour le peuple ivoirien !

Laurent Gbagbo, toujours très très « KAFISSA » (en Malinké : Gbagbo est mieux !).

Qui dit mieux ?


Nina Glez

LES DERNIERES NOUVELLES DU PRESIDENT ET DE SON EPOUSE - GBAGBO TOUJOURS DETERMINE

 

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Les dernières nouvelles que nous avons du président Laurent Gbagbo nous viennent essentiellement du dernier reportage réalisé par "Jeune Afrique" et de quelques visites que celui, que les ivoiriens appellent affectueusement le "Woody" a pu bénéficier.

Il faut dire que le président de la république ne décolère pas contre les autorités françaises. Depuis Korhogo où il est en résidence surveillée, il continue d'affirmer, malgré les menaces et les nombreuses offres à lui faites qu'il n'a pas perdu les élections. Son éviction du pouvoir est le fait des  forces françaises, soutient-il. C`est en tout cas ce que nous apprend un reportage réalisé par Jeune Afrique sur son lieu de détention et celui de son épouse Simone Gbagbo.

Dans l`article publié dans la dernière édition de JA sortie cette semaine, le président Laurent Gbagbo persiste à soutenir qu`il a remporté le scrutin du 28 novembre 2010. « Devant ses visiteurs, il s`emporte régulièrement contre l`ancienne puissance coloniale et son président Nicolas Sarkozy. Il réfute les accusations portées contre lui et reporte les fautes sur les ex-rebelles et la France. « Je n`ai pas été battu dans les urnes mais par l`armée française » », rapporte le confrère, qui distille d`autres informations sur le célèbre « prisonnier » de Korhogo, notamment sur son état de santé, ses conditions de détention, ses relations avec son épouse Simone et son audition par le procureur de la République.

Le confrère nous apprend que le chef de l`Etat est « en bonne forme » (...) Dans la résidence présidentielle où il est gardé, il bénéficie de l`assistance de son médecin personnel, Christophe Blé. Ce qui ne l`empêche pas de s`insurger contre ses conditions de détention. « Gbagbo se plaint de ne pouvoir sortir pour se dégourdir les jambes et de ne pas voir la lumière du jour », rapporte Jeune Afrique. Entre son épouse Simone et lui, le téléphone est coupé depuis fin avril, date de leur dernière conversation téléphonique.

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Revenant sur son audition par le procureur de la République, le confrère rapporte que le président Gbagbo a refusé de se soumettre à un quelconque interrogatoire: « Simplice Koffi Kouadio s`est heurté à un mur. Gbagbo affirme ne pas relever d`une juridiction ordinaire et oppose son statut d`exception, notamment sa qualité d`ancien chef de l`Etat, membre du Conseil constitutionnel ». Jeune Afrique donne par ailleurs, les dernières nouvelles de la première dame, en résidence surveillée à Odienné. Elle est privée de téléphone fixe et portable, indiquent les auteurs de l`article. Pour passer des messages, elle n`a pour tout canal que l`évêque d`Odienné, Mgr Antoine Koné et le chef de guerre Ousmane Coulibaly alias Ben Laden.

Elle bénéficie aussi de l`assistance médicale de son médecin personnel, Dr Eugène Djédjé, qui partage son lieu de détention. Pour passer le temps, l`universitaire « dispense des cours d`alphabétisation aux enfants du vigile de la résidence et discute régulièrement avec les gardiens », rapporte le confrère. Tout comme son époux, elle aussi a refusé de se prêter à l`interrogatoire du procureur de la République lors du séjour de celui-ci à Odienné. Elle a brandi son immunité parlementaire « qui n`a jamais été levée ».

 

Source : COTE D’IVOIRE LA VRAIE

mercredi, 10 août 2011

FABRICE DJEDJE, CE HEROS TOTALEMENT OUBLIE!


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Le grave accident de la circulation survenu le vendredi 05 août, 41 morts (nombre, aujourd'hui, relevé à 47 morts, Ndlr) et plusieurs blessés et portés disparus, a plané sur la célébration du 51ème anniversaire de la Côte d’ivoire. L’indépendance de la Côte d’Ivoire a été donc célébrée dans sobriété, hier à la place de la république.

Cette célébration d’après Fraternité matin, a été l’occasion de rendre hommages aux artisans de la renaissance du pays. Parmi ces bienheureux on retrouve des ministres, des ex-ministres, présidents d’institution, des personnalités du monde de l’économie, de la diplomatie, de la politique et de la société civile. Pour Nouveau Réveil, la liste de personne à décorer a fait de nombreux frustrés. Toujours selon Nouveau réveil, l’assistance se demandait sur quels critères ces derniers avaient été sélectionnés : présence à la République du Golf ou le fait d’avoir risqué leur vie.

Pour Soir Info, cette cérémonie a été l’occasion pour le président ADO de lancer un appel à l’opposition (FPI et LMP) à regagner le pays et à œuvrer ensemble pour la reconstruction. Notre Voie quant à lui s’interroge sur le sens de la cérémonie. Etant donné que pour le quotidien la souveraineté et la démocratie ont foutu le camp.

Au-delà de cette revue de presse, l’on a noté que cette cérémonie était tout sauf sobre. Il y’a avait de la joie au palais de la république. Et cette joie était visible pour tous ceux qui y ont été conviés. Vous avez dit deuil national ? Que nenni !

Cette cérémonie était visiblement l’occasion d’honorer tous ceux qui d’une manière ou une autre ont été participants de la guerre livrée à la CI.

Méritaient-ils leur médaille ? Assurément non car leurs œuvres n’ont participé aucunement au développement ni au rayonnement de la CI.
L’hypocrisie, la félonie, la rébellion et la traitrise ont été célébrées.

Youssouf Bakayoko (Monsieur Minuit), Philippe Carter III (M. Rambo), Simon marc (M. le Gouverneur) et Young-Jin Choi (M. Certification), acteurs et auteurs de la grave crise qui a endeuillé et détruit la Côte d’ivoire décorés pour service rendu à la nation!


Soro Guillaume (M. le Rebelle fier de l’être) et ses compagnons (la bande des Rapetous) décorés pour service rendu à la nation !


Des Officiers qui n’ont pas respecté le serment de protéger la nation envers et contre tout décorés !


Des hommes d’affaires, appelant à l’incivisme fiscal décorés !


Des hommes de culture, véritables traîtres à leur pays décorés !


Quel héritage laisserons-nous aux générations futures ? Quelle éducation pour nos enfants ?

Sincèrement que veut on à la fin en Côte d’ivoire ? La justice et le droit ? L’amour et la défense de la nation ? Le respect des décisions de la justice ? Le mérite et la compétence ?
Là, je crois sincèrement que nous sommes mal barrés !

Pour moi, s’il y avait un héros à féliciter et à décorer, c’était tout simplement ce jeune homme que nous avons vu à la télé qui a tout bravé et sauvé la vie de deux personnes lors de l’accident tragique. Lui méritait la reconnaissance de la nation. Et son action a été plébiscitée par tous les ivoiriens.

Voilà une décoration qui aurait recueilli tous les suffrages.
Lui au moins a sauvé des vies !

Lui, c’est Fabrice Djédjé, c’est l’un des neuf rescapés de l’accident du bus de la Sotra.
Ce jeune homme a posé un acte de bravoure qui a permis de sauver des vies. Ayant réussi à sauter du bus avant sa chute, il a pu nager pour atteindre l’autre rive. Mais, épris de compassion, il a rebroussé chemin et a pu sauver ainsi la vie de deux femmes. Enorme ! Les personnes témoins de cet acte l’ont salué à sa juste valeur.
Il mérite la reconnaissance de la nation.
En le décorant, la nation lui aurait signifié qu’il est un vrai héros.
Mais ….

La nation par ma voix te rend cet hommage :

A toi Djédjé Fabrice, sache que la nation t’est reconnaissante
.

Que Dieu, le souverain se souvienne de toi
.
Merci pour ta bravoure ! Merci pour ton geste d’amour !
Dans cette tragédie, elle a été une lucarne pour nous et un exemple à imiter.


Salut à toi, héros!


Nina Glez


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

LA VISITE D'ALASSANE OUATTARA AUX USA A TOURNE AU CAUCHEMAR


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Le chef de l'état ivoirien, Alassane Ouattara a regagné Abidjan, samedi, après une visite de 72 heures aux États-Unis, à l'invitation du Président américain Barack Obama.

 

La très alassaniste TCI a présenté ce déplacement à la Maison Blanche comme le 2ème du genre pour un chef d'état ivoirien, après celui de feu Houphouët-Boigny. Les supports proches du pouvoir n'ont pas été avares en écrits dithyrambiques, du genre « Côte d'ivoire is back » ou « Ouattara obtient en moins d'un an, ce que Gbagbo a cherché pendant 10 ans ».

Hélas, ce que les thuriféraires de Ouattara présentent comme un succès diplomatique a été en réalité un périple cauchemardesque.

Sur l'agenda de Ouattara, ses épigones ont glosé sur un tête-à-tête avec Obama : il n'en a rien été. Le président américain, englué dans une tempête économique avec les sénateurs républicains, n'avait pas le cœur à cela. Il a reçu les quatre présidents africains, les présidents béninois Boni Yayi, guinéen Alpha Condé, nigérien Mahamadou Issoufou et ivoirien Alassane Ouattara, ensemble, dans une petite pièce de la Maison ovale.

Pis, la rencontre que Ouattara devait avoir avec ses compatriotes vivant aux usa, à Four Season hôtel, Pennsylvania avenue, a tourné court. Face à une foule compacte de manifestants hostiles qui rappelaient bruyamment les exactions et exécutions sommaires dont sont victimes les populations en Côte d'ivoire, Alassane Ouattara a préféré rebrousser chemin, selon une source à Washington D.C.

Idem pour sa visite au sénat. Stoppé net par la virulence des propos du sénateur Jim Inhofe.

C'est dit-on, sur la pointe des pieds que le nouvel homme fort d'Abidjan a quitté le pays de l'oncle Sam, vendredi, à deux heures du matin.

Comme on le voit, la presse proche du pouvoir peut continuer à saouler ses lecteurs, la vérité sur ce voyage est implacable : c'est un camouflet diplomatique. Les États-Unis, qui ont été en première ligne dans la crise postélectorale qui s'est achevée par l'arrivée au pouvoir dans des conditions apocalyptiques de M. Ouattara ne veulent pas se faire complices des dérives totalitaires de son régime.

C'est au quotidien que les organisations des droits de l'homme dénoncent les exactions contre les populations civiles dont le seul tort est de partager des convictions avec Laurent Gbagbo. La dernière déclaration en date est celle d'Amnesty international qui s'insurge contre les exactions de la milice dozo pro-Ouattara qui empêche des milliers de réfugiés de regagner leurs domiciles. Barack Obama a beau souligner que « Cette rencontre est l'occasion de souligner le soutien de l'administration (américaine) à des démocraties en développement, de mettre en valeur nos partenariats avec ces pays, et de discuter de l'élaboration d'institutions démocratiques fortes, du développement économique et d'autres sujets régionaux », il sait à travers les signaux en provenance d'Abidjan que les Forces dites républicaines qu'il a aidées par l'entremise de son peu diplomate ambassadeur Philip Carter III à prendre le pouvoir sont devenues un cauchemar pour les ivoiriens de tout bord.


Tché Bi Tché in le quotidien ivoirien "Le Temps".

 

Source : INFO D'ABIDJAN

mardi, 09 août 2011

AU PAYS DES FAUX-SEMBLANTS, TOUT LE MONDE A SA MEDAILLE DU MERITE!

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Décryptage du discours de Ouattara

 

Je viens de lire le discours d'Alassane Ouattara écrit pour le 7 août. Certains l'ont décrit comme un discours versant dans le religieux, rappelant la manière d'écrire du président Gbagbo.

Ouattara étant la créature de l'Occident et particulièrement de la France, je ne pense pas que Monsieur Sarkozy aurait pu écrire ce discours, ou le faire écrire par son « nègre » en écriture Guéno! Car en France, du fait de la séparation de l'Église et de l'État, un tel discours ne pourrait être tenu par un homme politique, tellement il est proche d'une homélie, d'une homélie  « profonde dans le sens du creux », et non d'un discours politique classique !

Alors que Ouattara semble prendre son avion tous les soirs pour « rentrer » au Sénégal, n'ayant pas confiance en l'hospitalité ivoirienne légendaire, il verse dans le sentimental, à tout bout de paragraphe : « mes chers compatriotes » (deux fois), « chères sœurs, chers frères » (trois fois), voulant évoquer une proximité qui n'existe que dans la « chaleur » du langage, mais complètement absente dans la réalité nue d'un homme qui passe son temps en tournées à l'étranger. En fait il fait plus penser à un orateur qui essaie de plagier un prédicateur charismatique qui aurait été engagé pour réveiller, encourager, dynamiser des fidèles, ses derniers fidèles, qui se font rares, car sans revenir sur le détail des résultats électoraux de novembre, il doit convaincre ou plutôt séduire la moitié des troupes restées loyales à Laurent Gbagbo et regagner les déçus de son propre camp qui semblent légion ! Soit beaucoup de monde !

Le problème, c'est que les ivoiriens n'ont pas besoin de télévangéliste qui leur parlerait de recueillement ,de prière, de repos de l'âme des disparus, de souvenirs des victimes dans le cœur et l'esprit, de la beauté de la réconciliation en citant, un trémolo (plutôt qu'un sanglot) dans la voix « Terre d'espérance » et « Patrie de la vraie fraternité »

Alors que les richesses de la Côte d'ivoire filent à la vitesse grand-V hors du pays, les Ivoiriens ne s'émouvront que très peu en s'entendant  appeler par leur président-préfet : « Vous, la plus grande richesse de notre pays ! ». Dans la bouche d'un autre cela aurait pu faire chaud au cœur, mais dans la bouche de Ouattara, ce n'est malheureusement qu'un triste constat : la seule richesse qui demeure, alors que tout a été bradé et donné à Saint- Nicolas, ce sont les mains et l'ouvrage des ivoiriens qui vont travailler pour un salaire de misère afin que la France et l'Occident puissent continuer de mener leur train de vie habituel !

Alors que tout est à reconstruire, que les exilés ont tout perdu, et que d'autres se sont installés chez eux, dans leurs maisons et leurs plantations, que les Frères Cissé continuent de se livrer au racket, à la violence, au rapt et au viol, que les étudiants n'ont plus d'universités ni de professeurs ni de bourses d'études, que les commerçants ont tout perdu, Ado nous parle « d'héritage des pères fondateurs », "de « souveraineté nationale », de « retour à la démocratie », « d'espérance », de « vraie fraternité », de « valeurs », de « ferme conviction », de « nouvelle espérance », de « jouissance des fruits du travail » (et non du fruit ! )... Grâce aux nouveaux chefs de l'armée « qui veillent nuit et jour à la sécurité des personnes », l'avenir s'annonce radieux pour les ivoiriens !

Et puis le Président Ouattara ayant connu l'exil - certes dans des hôtels particuliers en France -  est à même de comprendre la souffrance des exilés d'aujourd'hui ! Comment se laisser entrainer à la douce complainte de l'ancien exilé qui « ne souhaite à aucun ivoirien de connaitre l'exil », alors que le président Gbagbo et les siens sont justement en exil, exilés par ses soins, et qu'il ne les mentionne même pas lorsqu'il parle de la mise en œuvre de la réconciliation et de la justice !

Après avoir énuméré ceux qui ne sommeillent ni ne dorment, les anges gardiens de Côte d'Ivoire, - les frères Cissé et la nouvelle police et gendarmerie qui n'a pas su rassembler plus de 20 pour cent des corps habillés de Gbagbo -, Ouattara encourage ses concitoyens : « Je veux vous rassurer : n'ayez plus peur. » ! Surprenant de candeur ! Ouattara prêche pour lui-même, il a besoin de se convaincre de ce qu'il professe ! Il a besoin d'évoquer la peur, l'insécurité des autres, pour masquer la sienne et se rassurer, lui qui quitte chaque soir cette Côte d'Ivoire si chère à son cœur ! Ici encore le prédicateur Ouattara ne convainc pas ses ouailles par ses vœux pieux ! L'insécurité, les arrestations arbitraires, le racket, sont toujours d'actualité !

Depuis le 11 avril, date à laquelle Ouattara est sorti du Golf Hôtel par la grande porte, le chemin parcouru, - si l'on s'en tient au seul discours d'indépendance - est une traversée de chantiers, « bientôt, c'est toute la Côte d'Ivoire qui sera en chantier », il n'y a rien de concret, après quatre mois, il formule le souhait « qu'ensemble nous construisions cette nouvelle espérance. » phrase bizarre, on s'adosse à une espérance pour construire sur du dur, du concret ! Encore du profond dans le sens du creux ! C'est l'espérance qui met en mouvement pour bâtir !  Elle doit être là au départ, elle ne s'acquiert pas s'il n'y a pas au départ une base solide de confiance en celui qui nous gouverne !

Ce 7 août 2011 doit être «  le point de départ d'une Côte d'Ivoire nouvelle », les quatre mois écoulés sont certainement encore à verser à l'actif « négatif » du Président Gbagbo ! « Une nouvelle ère s'ouvre à nous. Une ère de croissance et de prospérité. » Après le 11 avril, les ivoiriens ont cru que la nouvelle ère commençait à la date de l'intronisation anticonstitutionnelle, le 21 mai, maintenant ils découvrent que la nouvelle page s'écrit à partir du 7 août 2011 !

« En commémorant l'accession de notre pays à la souveraineté nationale, nous célébrons également le retour de la démocratie en Côte d'Ivoire », Ce n'est ni le prédicateur, ni l'homme politique qui parle, mais l'historien révisionniste, qui n'a pas peur d'évoquer le retour à une vraie démocratie, - bafouée par son prédécesseur ! - alors que le multipartisme existait et que la presse était libre, en toute impunité, de s'en prendre au « boulanger » Gbagbo !

« Bientôt », « vous verrez », « mes promesses », « vous aurez », « les investisseurs ont le regard tourné », « très bientôt », « vous sentirez »... A la fin de son discours, Ouattara se projette dans l'avenir  mais le bilan de presque quatre mois de gouvernance reste théorique : en quatre mois pas le moindre signal de relance, de reprise effective des affaires pour la Côte d'Ivoire.  Le président se contente de parler du secteur tertiaire, improductif par définition : « Le gouvernement est à la tâche. Il travaille à réduire vos souffrances » suivent moultes descriptions : « Je tiens à ce que chaque habitant de notre cher pays puisse vaquer librement et en toute sérénité à ses occupations et jouir des fruits de son travail en toute quiétude. Je tiens à ce que chacun d'entre vous puisse vivre en paix, car sans paix, sans sécurité, il ne peut y avoir ni réconciliation, ni développement solidaire. »

En d'autres termes réconciliation et développement solidaire ne sont pas encore à l'ordre du jour puisque les conditions préalables ne sont pas encore remplies. Je suis surprise par l'emploi de certaines expressions : sans travail et sans salaire, comment peut-on « vaquer à ses occupations ? »

Rien n'est dit sur la relance économique, les salaires impayés des fonctionnaires, les indemnités des chômeurs, les bourses des étudiants, les payes de la main à la main des militaires et assimilés si ce n'est que ce bon Alassane veut que les ivoiriens « jouissent des fruits de leur travail ». Mais en fait, il ne fait que brosser, lustrer le cadre d'une Côte d'Ivoire imaginaire, figée, fantomatique !, La vraie Côte d'Ivoire, exsangue, foulée aux pieds de l'Étranger n'est pas évoquée, Ouattara se contentant de banalités et de mensonges à peine déguisés quand il évoque la liberté de la presse : « Depuis la fin de la crise, la vie reprend progressivement son cours : les activités économiques redémarrent, la vie sociale s'anime à nouveau, la presse fonctionne dans toute sa diversité. »

Et que dire du « développement solidaire », pauvre plagiat du « commerce équitable » associatif, destiné à améliorer concrètement la situation des producteurs des pays en voie de développement, qui permet de payer un peu plus les producteurs, et qui dans la bouche de Ouattara se réduit à de vagues opérations de replâtrage destinées à mieux renforcer les acquis d'un système colonial corrompu. Petite solidarité mais peu de développement, le pétrole, le café et le cacao - pour ne citer qu'eux - n'étant pas manufacturés sur place! Même les bus, un des fleurons de la Côte d'Ivoire, au bénéfice d'un bombardement français en avril dernier, doivent être maintenant importés de France !

L'accent est mis sur l'amélioration du « cadre de vie » et de « l'environnement », du » ramassage des ordures » et l'embellissement de la ville, à coup de bulldozers qui détruisent le dernier peu des plus pauvres !

« Santé gratuite » le plus tôt possible, donc dans un avenir incertain pour l'ivoirien qui a besoin de soins maintenant !

« Nous travaillons à la réhabilitation et à la réouverture de nos universités », en attendant, il n'y a plus rien, si ce n'est des cités universitaires transformées en lupanars et casernes de FRCI. Pourquoi Alassane n'a-t-il pas parlé de la rentrée universitaire d'automne 2011 ?

« Les travaux d'assainissement » - intervention des bulldozers - ont exproprié des ivoiriens, mais qu'est-ce en face du « grave danger que sont les inondations » ? En fait Alassane est un grand humaniste, comme le président Sarkozy en Côte d'ivoire puis en Libye, il intervient pour « sauver des vies humaines » !

La « construction du troisième pont » devient une priorité parce que c'est un grand chantier pour les multinationales françaises, construction bien plus urgente que la reconstruction des logements détruits et la réhabilitation des universités et entreprises sinistrées.

Œuvrons pour « Une Côte d'Ivoire dotée d'un État fort, moderne et impartial, avec des Institutions crédibles ; un État qui respectera l'indépendance de la justice, qui luttera contre l'impunité et fera la promotion du mérite et de la compétence. » Dernier paragraphe de Ouattara, le plus essentiel certainement puisqu'il reprend et mène à son apothéose ce discours ! Un « État fort », soutenu, voire porté par le conseiller militaire français, l'ambassadeur de France  et le 43ème Bima, "des institutions crédibles", - lesquelles ? -, puisqu'il ne peut s'agir du Conseil Constitutionnel, du ministère de la Justice, - dépossédés de leurs attributs...-, médailles du mérite distribuées largement à tous les anti-Gbagbo...

Bref, un État de pacotille, où le discours tient certes la route, mais à la façon de ces bus rescapés dont le délabrement vient de contribuer à endeuiller tous les ivoiriens d'Abidjan


Shlomit Abel

 

Source: RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL

OUATTARA PARLE AUX PROMPTEURS ET A EUX SEULS


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Un tantinet tendu pour son premier message à la nation, le Chef de l'Etat a néanmoins retrouvé ses accents d'homme providentiel qui va accomplir tous les miracles attendus par le peuple. Sauf que les faits, eux, ne lui donnent guère raison.


Les ivoiriens ont désormais tout : la démocratie, le retour du pays sur la carte du monde avec des investisseurs prêts à faire leur bonheur, la sécurité, la paix et bientôt la croissance...Et tout ça grâce à lui. Pour sa première grande sortie officielle, à l'occasion de la célébration du cinquante-unième anniversaire d'indépendance de la Côte d'Ivoire, le Chef de l'Etat a peut-être donné le change à ses conseillers en communication qui voulaient certainement le rendre plus communicatif, moins agressif et moins froid. Le résultat est  plutôt mitigé. Car c'est bien aux prompteurs qu'il a pu s'adresser  ce 6 août 2011 et non aux ivoiriens dont les préoccupations ont été pour le moins ignorées, au plus mises en attente.

Ce fut donc un exercice de haute voltige,  mais pour entretenir sans sourciller  un double discours sur des problèmes cruciaux, le Chef de l'Etat n'a pas son pareil. Il en est ainsi de la paix au nom de laquelle Ouattara serait disposé à travailler au retour de tous les exilés. Ils ont leur place dans la construction du pays, dit-il et même le Front populaire ivoirien, l'ennemie juré, y compris la majorité présidentielle ont eu droit à une parade amoureuse en direct sur TCI, au nom de la paix et de la réconciliation nationale. Sauf que le FPI attend depuis des mois qu'Alassane Ouattara reçoive ses mandants qui ont une demande d'audience dans les cahiers de la Présidence et qui, de guerre lasse se sont rabattus sur Henri Konan Bédié qu'ils sont allés voir à Daoukro, il ya quelques semaines, en tant qu'inspirateur théorique de la présidence Ouattara. Comme quoi, ça paraît plus simple sur les écrans de TCI que dans les chambres capitonnées des palais de la République. Le chef de l'Etat garde également sa tactique de l'omerta sur les déportations infligées à ses adversaires, dont la plupart ne sont même  pas encore inculpés, en guise de réponse aux ONG des droits de l'homme qui s'inquiètent encore aujourd'hui des exactions commises par les FRCI. Les villages de petit Akoupé, en pays Akyé, Broudoumé et Nagadoukou dans la région de Gagnoa sont actuellement livrés à ses hommes qui malmènent leurs habitants, incendient leurs maisons et y prennent des otages qui servent par la suite de moyen de rançon. Ce n'est certainement pas à eux que le Chef  de l'Etat s'adresse en affirmant que la sécurité est à nouveau de retour et que les ivoiriens ne doivent plus avoir peur.

Mais Alassane Ouattara évoque aussi, à l'occasion de ce message,  de grands principes comme ceux de la démocratie en indiquant que son avènement à la tête du pays marque le retour de la Côte d'Ivoire dans une ère démocratique. Il ne passe pourtant pas de jour sans qu'il ne défigure le visage institutionnel du pays. L'Assemblée nationale n'a plus droit à son budget  habituel pour assurer son fonctionnement et en violation de la constitution, le président du conseil constitutionnel Paul Yao N'dré vient d'être viré. Pis, Ouattara promet de modifier la constitution alors qu'en vérité, il n'a qu'une initiative en la matière, le peuple étant le seul souverain. Quoi d'étonnant en fait, depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l'Etat fait ce qu'il veut. Il arrête qui il veut, fait geler les comptes de qui il veut et promet des sanctions à des prisonniers sur le sort desquels la justice reste étrangement muette.

Les FRCI quant à elles tirent profit de cette tendance du chef de l'Etat à ne pas se conformer à ses charges. Elles continuent de piller et de tuer. Après avoir dénoncé les chasseurs dozos qui sèment la terreur  dans la partie ouest du pays pour mieux protéger le pouvoir de Ouattara, Human Rights Watch s'inquiète de la promotion des principaux chefs de guerre dans l'armée régulière. L' ONG condamne ces promotions et doute de l'engagement du chef de l'Etat à mettre fin à l'impunité. Finalement, seule compte  l'impunité de ses adversaires politiques.

Mais ce sont sur les préoccupations matérielles des ivoiriens que le discours de Ouattara fuit les réalités nationales. Les déguerpissements sont nécessaires, dit-il pour justifier la brutalité de ceux qui sont commis à cette tâche et qui n'ont pas jugé bon de donner des mises en demeure aux concernés. Les ONG locales et internationales, tout comme les Ambassades promptes à bloquer ce type d'opération sous Gbagbo assistent sans broncher à ces actes qui relèvent d'une violation des droits de l'homme. Ouattara, lui, se veut formel : les droits de l'homme c'est lui qui les respecte. Par ailleurs, il est toujours le Dr. Solution qui a promis monts et merveilles aux ivoiriens.  Ceux qui n'ont pas encore de travail seront bientôt comblés. Le gouvernement va réaliser sa promesse en créant des emplois, promet le chef de l'Etat qui, sur ce chapitre, a au moins déjà montré qu'à défaut d'en créer, il  sait procéder à des annulations de concours sur la base qu'ils auraient été organisés par un gouvernement illégitime et  renvoyer des travailleurs ou geler leurs comptes pour avoir continué à occuper leur poste pendant la période postélectorale. A partir de quand  compte-t-il donc créer ces emplois ? Motus et bouche cousue. Sauf pour se fendre, comme à ses habitudes, d'une petite mystification  pour gogo et rassurer ses ouailles avec des peccadilles comme  le retour du Fonds monétaire international en Côte d'Ivoire, il a pourtant toujours été là, celui de la Banque mondiale et de toutes ces institutions que Ouattara considère toujours comme des entités pouvant développer la Côte d'Ivoire.

Tout va donc bien. Malheureusement, le chef de l'Etat est le seul optimiste. Car malgré les effets d'annonce sur des milliards recouvrés ou encore ses invitations au G8 à Deauville en France ou à la Maison blanche, la situation économique du pays est catastrophique. Les salaires, humiliation suprême pour la fierté nationale, sont payés par la France et des forces de l'ordre traînent encore des arriérés de soldes tout comme de nombreux travailleurs ivoiriens. La grogne jusque-là contenue à cause de la présence des FRCI dans les rues risque de sortir de son lit si les provocations du gouvernement continuent. Et rien que pour cela, Ouattara sur TCI, sur une télévision privée utilisant les infrastructures de la télévision nationale, c'était déjà une très mauvaise affiche.


Joseph Titi

 

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COTE D'IVOIRE : A CHACUN SON DISCOURS


Après la confrontation physique, celle des visions ? Quelques heures avant qu'Alassane Ouattara ne lise son discours à la nation, Laurent Gbagbo a martelé ses convictions dans une déclaration envoyée à la presse nationale.


Il va lui pourrir la vie et ce n'est que justice. Vendredi dernier, l'ancien président de la République a fait parvenir à la presse ivoirienne le contenu d'une déclaration intitulée adresse de Laurent Gbagbo à la nation à l'occasion de la fête de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Même si la déclaration est sobrement référencée, il n'empêche qu'elle est attentatoire à la solennité de l'événement et à l'exclusivité dont Ouattara aurait bien aimé se targuer, lui dont les premières assises ont été par ailleurs parasitées par un stupide accident d'autocar qui a recouvert de deuil sa première fête d'indépendance en tant que chef de l'Etat. L'ancien président qui connaît bien les tendances atlantistes de son successeur lui rappelle notamment dans cette déclaration « qu'il est illusoire de croire qu'un peuple peut assurer le bonheur parfait d'un autre peuple ».

Alassane Ouattara est bien souvent mal à l'aise sur ce type de rhétorique, lui qui a été porté au pouvoir par une kyrielle d'organisations internationales, et principalement  par la détermination des soldats français et de l'Onuci. Samedi, le nouveau chef de l'Etat a pourtant essayé de compter, insistant sur des thématiques telles que la démocratie, l'indépendance nationale et la souveraineté considérées par lui comme la « promesse d'une société souveraine, rassemblée dans la paix et dans le respect des Droits de l'homme ». Mais Ouattara est emprunté quand il parle de ces sujets. Car au contraire de Laurent Gbagbo, il croit aux institutions internationales, à la fameuse communauté internationale. C'est d'ailleurs avec leur crédibilité qu'il a essayé de convaincre et calmer les ardeurs des populations qui commencent à être impatientes. « Les investisseurs ont à nouveau le regard tourné vers la Côte d'Ivoire. Les partenaires au développement que sont la Banque Africaine de Développement, notre institution continentale, la Banque Mondiale, le FMI, l'Union Européenne ainsi que d'autres organisations et institutions sont de retour. Très bientôt, vous sentirez les retombées de ces contacts sur votre quotidien », a-t-il dit dans un plaidoyer pro domo.

Laurent Gbagbo, lui,  ironise sur la position de la monture et le foin. « Je reste persuadé, dit-il , que dans le rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là ( le cavalier ) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture). L'ancien président écrit d'une main ferme et parle d'indépendance nationale d'une tonalité différente coulée dans les sillons tracés par de grands combattants de la liberté : Ghandi, en Inde, Martin Luther King aux Etats-Unis dont le combat profite à présent à Barack Obama, le Général de Gaulle en France, Mao Tsé Toung en Chine, Nelson Mandela en Afrique du Sud et Patrice Lumumba au Congo. « Leur mérite est tout à fait grand dans le contexte qui était le leur. Mais nous devons avoir à l'esprit que leur combat serait vain si nous nous arrêtions à admirer seulement leurs acquis », écrit Gbagbo prêt au sacrifice suprême pour la liberté et l'indépendance de son pays. Et même si « chacun est appelé à donner un sens réel au devoir que nous rappellent les symboles de l'Etat et les armoiries de la République » en faisant sien « le combat permanent qui doit mobiliser toutes les énergies des filles et des fils de notre pays », l'ancien président ne se dérobe point. « En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dan laquelle l'on veut absolument maintenir le peuple africain ».

Au plan interne, Laurent Gbagbo  ne veut pas non plus transiger sur le respect de la constitution ; ce qui n'est pas a priori le fort d'Alassane Ouattara. D'ailleurs comme si sa seule volonté suffisait, il a déjà annoncé qu'il modifierait la constitution. « Sur le plan politique, le respect de la constitution, symbole du contrat social qui fonde notre Nation, est une exigence absolue qui ne peut s'accommoder de compromis possibles ». C'est pourquoi Gbagbo dénonce une fois encore les accords de défense avec la France qui est un accord de dupes. « Le respect de nos institutions me paraît être un autre aspect tout aussi important de l'exercice de notre souveraineté. C'est pourquoi nous avons négocié avec les autorités françaises la rupture des accords de défense qui nous liaient avec l'ancienne puissance coloniale. La crise que connaît notre pays nous aura appris que dans ce monde à compétition ouverte du fait de la mondialisation, les conflits d'intérêts peuvent naître entre les nations même les plus amies. Dans ces conditions, il vaut mieux se donner une marge de manœuvre dans l'exercice de son droit de défense ». Avec ça, il n'est pas sûr que le discours de Ouattara  ait eu  l'effet escompté après le cours d'indépendance du Professeur Laurent Gbagbo.

 

Joseph Titi


Source: Le quotidien ivoirien "Aujourd'hui" N° 35 du mardi 9 août 2011.

lundi, 08 août 2011

COTE D’IVOIRE: HUMAN RIGHTS WATCH «DEÇUE» DE OUATTARA


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L’organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a dénoncé, dans un nouveau rapport publié vendredi 05 août 2011, les récentes promotions dont viennent de bénéficier certains officiers supérieurs fortement soupçonnés d’être impliqués dans de graves crimes en Côte d’Ivoire.

 

« Les promotions dont viennent de bénéficier en Côte d’Ivoire deux officiers supérieurs fortement soupçonnés d’être impliqués dans de graves crimes suscitent de sérieuses inquiétudes quant à la réalité de l’engagement du président Alassane Ouattara à mettre fin à l’impunité et à rendre justice aux victimes », ecrit HRW dans son rapport, précisant que le nouvel homme fort d’Abidjan n’honore pas sa promesse d’instaurer une justice impartiale.

Pour rappel, des chefs de l’ex-rébellion ivoirienne, qui ont contribué à porter Ouattara au pouvoir, ont été officiellement affectés dans la nouvelle armée nationale, le 03 août dernier. Dans la liste apparaissent des officiers régulièrement accusés depuis 2002 d’exactions par l’ONU ou par des ONG.

Le Commandant de Zone (« Com-zone ») Ousmane Chérif, le plus proche de Ouattara, prend le poste de commandant-en-second du Groupe de sécurité de la présidence de la République, pendant que plusieurs rapports indiquent que ce dernier est gravement impliqué dans des actes d’exécutions extra-judiciaires contre des pro-Gbagbo.

Martin Fofié Kouakou, mis en cause par le Conseil de sécurité de l’ONU depuis 2006 pour violations des droits humains et du droit humanitaire international, devient le commandant de la ville de Korhogo.

Le directeur de la division Afrique à Human Rights Watch, interrogé sur la question à indiqué que : « Le gouvernement Ouattara avait promis à plusieurs reprises de rompre avec le passé, époque pendant laquelle les forces de sécurité étaient au-dessus de la loi. Et pourtant, plutôt que de créer une armée susceptible de respecter l’État de droit, M. Ouattara a décerné des promotions à des hommes qui étaient à des postes de commandement lorsque des atrocités étaient commises et qui devraient faire l’objet d’enquêtes au lieu de recevoir des récompenses ».

Si les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo ont été tenus responsables de crimes en Côte d’Ivoire après l’élection présidentielle du 28 novembre, toutes les organisations internationales présentes dans le pays s’accordent sur l’existence de massacres d’envergure contre des proches du président déchu et commis par les forces d’Alassane Ouattara, lors de leur offensive fin mars sur Abidjan.

Selon un quatrième rapport publié par Amnesty International sur la Cote d’Ivoire depuis le début de l’année, les exactions commises par les forces pro-Ouattara n’ont pas cessé avec l’arrestation du rival Gbagbo. L’organisation met en lumière le climat de terreur que fait régner le clan des vainqueurs : Vols, incendies, viols, exécutions sommaires…


Source: AFRISCOOP.NET

dimanche, 07 août 2011

LE PRESIDENT GBAGBO S'ADRESSE AUX IVOIRIENS A L'OCCASION DE LA FETE NATIONALE


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Ivoiriens, Ivoiriennes, peuples de CÔTE D’IVOIRE, très chers compatriotes, très chers habitants de la CÔTE D’IVOIRE.

 

Je voudrais, en ce jour solennel qui marque le 51ème anniversaire de l’Indépendance de notre pays, me joindre à chacun de vous pour rendre d’abord gloire à Dieu, notre Maître qui continue de manifester sa fidélité à notre pays, malgré les tribulations de ces derniers moments.

Ensuite, chaque anniversaire étant une occasion à la fois de faire le bilan et de dégager les perspectives, je voudrais me permettre de partager avec vous quelques réflexions sur le sens profond de la journée de ce 7 août.

Cette réflexion est un exercice de prospection de nous-mêmes qui s’impose à chaque citoyen de ce pays, mais surtout aux dirigeants, et aux responsables politiques et administratifs qui ont la charge de conduire le destin de notre nation, surtout dans le contexte actuel de grands traumatismes causés à notre peuple, qui n’aspire qu’à vivre sa souveraineté en tant qu’acteur et sujet de l’humanité, et non pas comme simple objet ou simple spectateur de la construction de sa propre histoire.

L’Indépendance est une notion forte, qui renvoie à un mouvement de rupture. La rupture ici ne s’entend point d’un isolement ou d’un repli sur soi, position idéale des faibles, mais elle correspond plutôt à une métamorphose de la conscience, qui fait passer celui qui s’en prévaut, de la servitude à sa pleine responsabilisation dans le processus de construction de l’humanité.

Je continue de croire que notre monde tire sa liberté et son dynamisme de la liberté de chacune de ses composantes. Cette conviction est restée la boussole de toute mon action politique, elle ne m’a jamais quitté. C’est pourquoi, dans mes fonctions de Chef d’Etat et de Président de la République, je me suis efforcé malgré l’adversité, de donner corps à cette notion qui semblait devenir évasive et insaisissable pour nos compatriotes.

Je mesure mieux de ma position, les grandes souffrances, mais en même temps le grand mérite de tous ces hommes qui, à travers l’Histoire, ont combattu pour la Liberté et l’Indépendance de leur peuple. Je pense notamment à Martin LUTHER KING, dont l’engagement politique jusqu’à la mort a permis, plus de quarante ans après, l’élection de Barack OBAMA comme Président des ETATS-UNIS d’Amérique; à GHANDI, dont l’ œuvre continue de nourrir l’âme de la grande INDE; au Général de GAULLE qui a refusé la fatalité de la défaite pour restaurer la grandeur perdue de la France; à Mao TSE TOUNG, qui a rompu les liens de la servitude au prix d’énormes sacrifices pour donner à la CHINE sa gloire d’aujourd’hui.

Je loue le courage de MANDELA, de Kwame NKRUMAH, de Patrice LUMUMBA et de tous les autres dignes combattants de l’Afrique, qui sont des exemples de don de soi pour la liberté et la fierté du peuple africain. Je salue plus particulièrement la mémoire de nos illustres pères qui ont combattu pour dessiner les contours de ce que nous appelons Indépendance. Leur mérite est tout à fait grand dans le contexte qui était le leur.

Mais nous devons avoir à l’esprit que leur combat serait vain si nous nous arrêtions à admirer seulement leurs acquis. Les symboles de l’Etat et les armoiries de la République nous rappellent chaque jour notre devoir et notre responsabilité devant notre propre destin. Chacun est appelé à leur donner un sens réel. C’est le combat permanent qui doit mobiliser toutes les énergies des filles et fils de notre pays.

En ce qui me concerne, je continue de refuser la position de la monture dans laquelle l’on veut absolument maintenir le peuple africain. En effet, je reste persuadé que dans le rapport dialectique du cavalier et de la monture, quelles que soient la qualité et la quantité du foin que le cavalier donne à la monture, la position de celui-là (le cavalier) reste largement confortable par rapport à la position de celle-ci (la monture).

Dans un monde de compétition, il est illusoire de croire qu’un peuple peut assurer le bonheur parfait d’un autre peuple; l’Histoire ne donne aucun exemple de ce type. C’est pourquoi, dès ma prise de fonction en tant que Chef d’Etat, j’ai inscrit mes engagements politiques, économiques et sociaux, dans le sens de l’affirmation de notre souveraineté, qui constitue à mes yeux le préalable à tout épanouissement.

Sur le plan politique, le respect de la Constitution, symbole du contrat social qui fonde notre Nation, est une exigence absolue qui ne peut s’accommoder de compromis possibles. Je reste persuadé que si nous tous, nous avions donné à notre Constitution le caractère sacré qui est le sien, la crise ivoirienne aurait connu un meilleur dénouement dans de plus brefs délais. La Constitution reste le gage de notre souveraineté nationale. Elle mérite une mobilisation sans faille autour d’elle.

Je voudrais à ce niveau de mes propos, rendre hommage à tous nos valeureux combattants de la liberté, dont certains ont perdu la vie pour la défense de notre Constitution. Je pense particulièrement à nos braves soldats des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), toutes unités confondues.

Depuis 2002, ils se sont opposés avec héroïsme, dans des conditions souvent très difficiles, à la vassalisation de notre peuple. À chaque fois qu’ils étaient proches de l’emporter, ils en ont été empêchés par la FRANCE. Ça a été le cas en novembre 2004 et en mars 2011, lorsqu’au prix de mille sacrifices, les FDS avaient pris le dessus sur l’ennemi dans la bataille décisive de la ville d’Abidjan. Elles n’ont donc pas perdu la guerre contre l’ennemi officiellement déclaré. Je leur réitère ma grande fierté et je leur demande donc de ne point cultiver un quelconque complexe d’une armée vaincue.

Je joins à ces hommages tous ces milliers de jeunes, de femmes et d’hommes, martyrs de notre jeune Histoire, qui au prix de leur vie, ont su matérialiser notre volonté d’assumer notre destin commun en tant que peuple libre, car souverain.

Je loue le courage et la bravoure du Premier Ministre, le Professeur Aké Gilbert-Marie N’GBO, Professeur émérite d’économie, par ailleurs Président de l’Université d’Abidjan-Cocody, et de l’ensemble des membres de son Gouvernement qui sont soit en prison, soit en exil, pour avoir choisi le camp de la liberté et de la dignité africaine.

J’associe à ces hommages également tous ces grands fonctionnaires de l’Etat qui ont tout perdu et qui vivent dans le dénuement total pour n’avoir rempli que leurs devoirs. Je garde une profonde pensée pour tous ces anonymes exilés, emprisonnés ou vivant dans la peur à cause de leur foi en la grandeur de notre pays et de l’Afrique. L’Histoire leur restituera leur gloire.

Je remercie également ces innombrables Africains vivant en Afrique et ailleurs qui portent chaque jour notre combat qui est surtout le leur, partout où le besoin se fait sentir. Je les rassure de toute mon amitié. Enfin, à tous ceux des autres peuples qui croient au destin de notre continent et qui se sont engagés à nos côtés, je leur témoigne ma profonde gratitude.

Je demande la libération de tous les prisonniers politiques, car il m’appartient à moi, et à moi seul, de rendre compte au peuple souverain de CÔTE D’IVOIRE du mandat qu’il a bien voulu me confier depuis octobre 2000.

Toujours sur le plan politique, le respect de nos Institutions me paraît être un autre aspect tout aussi important de l’exercice de notre souveraineté. C’est pourquoi nous avons négocié avec les Autorités françaises la rupture des Accords de défense qui nous liaient à l’ancienne puissance coloniale. La crise que connaît notre pays nous aura appris que dans ce monde à compétition ouverte du fait de la mondialisation, les conflits d’intérêts peuvent naître entre les nations, même les plus amies. Dans ces conditions, il vaut mieux se donner une marge de manœuvre dans l’exercice de son droit de défense.

Or, ces Accords de défense, dans leur rédaction ancienne, confiaient la défense de notre souveraineté nationale de façon exclusive et entière à une puissance étrangère. Ils limitaient notre liberté d’action. Dans la même logique, la fermeture de la base militaire française du 43ème BIMA est une exigence en adéquation avec la profonde aspiration de notre peuple. L’intervention militaire française violente dans la crise électorale ivoirienne me conforte dans mes choix. Le massacre de nos compatriotes, civils pour la plupart, et surtout jeunes, par l’armée française, nous amène à nous interroger sur le sens de l’Indépendance de notre peuple.

En l’espace de six ans (2004-2011), l’armée française a tiré et tué des citoyens ivoiriens qui ne revendiquaient rien d’autre que leur droit à la liberté. C’est le plus grand traumatisme de ma vie. Mais en même temps, ces deux massacres affermissent ma conviction que le combat pour la souveraineté demeure une question existentielle pour notre peuple. Je ne me lasserai jamais de le mener. Pour cette cause, aucune humiliation ne sera de trop pour moi. J’entends mener ce combat en faisant corps avec mon peuple, avec le concours de tous les combattants de la liberté du monde entier sur la terre de nos ancêtres.

Sur le plan économique, j’ai inscrit mon action dans la logique de l’affirmation de notre souveraineté. En effet, de 2001 à 2011, la CÔTE D’IVOIRE a vécu sur fonds propres en dépit de la division du territoire en deux. Nous avons pu assurer toutes nos obligations en tant qu’Etat à l’intérieur, et tous nos engagements à l’extérieur. Dans la même logique, malgré les difficultés dans la mise en œuvre de la réforme du secteur café-cacao, le transfert de sa gestion aux paysans témoigne également de notre volonté d’affranchir les bases de notre économie de toute aliénation.

Les notions de budget sécurisé et autres, loin d’être de simples diversions thématiques, traduisent ma pensée profonde selon laquelle nous devons compter d’abord sur nous-mêmes pour assurer notre développement. Et la CÔTE D’IVOIRE en a les moyens. Je rappelle que pour le seul exercice budgétaire 2010, malgré une fin d’année tumultueuse, les services des Impôts, des Douanes et du Trésor ont mobilisé plus de 2 200 milliards de nos francs.

Qu’il me soit permis de saluer ici, tous les fonctionnaires et agents de l’Etat de ces grandes administrations qui ont su traduire dans les faits dix ans durant notre volonté de souveraineté. Pour l’année 2011, ces services s’étaient engagés à mobiliser près de 2500 milliards de francs CFA. Malheureusement, le poids de la dette, notamment extérieure, limite la portée de nos performances. L’impact social n’a pas été la hauteur de cette performance du fait du poids de la dette.

C’est pourquoi, dès ma prise de fonction, j’ai élevé cette question au rang de priorité nationale. Le poids de la dette nous rend servile. Notre Indépendance passe aussi par notre affranchissement des chaînes de cette dette. C’est à juste raison que malgré les difficultés de tous ordres, nous avons continué de la rembourser.

Le point de décision de l’Initiative PPTE atteint en 2009, malgré la situation de crise, traduit la reconnaissance de nos efforts par la Communauté financière internationale. Nous devons tous avoir à l’esprit qu’aucun pays ne peut se développer avec l’effort exclusif des contribuables d’un autre pays. De même, un pays qui combat dans un autre pays, combat d’abord et avant tout pour les intérêts économiques de son peuple. C’est à la fois utopique et dangereux de croire et de soutenir le contraire. La CÔTE D’IVOIRE a les moyens de vivre sans endettement excessif, pourvu qu’elle ait la pleine et libre administration de ses richesses. Je reste convaincu que c’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes victimes des attaques que nous subissons.

Sur le plan social, notre détermination à préserver la souveraineté de notre peuple, a fait naître en chacun de nos concitoyens l’énergie nécessaire qui mobilise autour de la Nation. Malgré les anathèmes jetés sur notre jeunesse en galvaudant les grandes valeurs du patriotisme qu’elle incarne, nous avons enregistré des progrès sérieux sur la prise de conscience de notre destin commun. De ce point de vue, notre pays est devenu porteur d’une nouvelle espérance pour toute l’Afrique combattante. Toutes les grandes nations se nourrissent de leur patriotisme. La CÔTE D’IVOIRE qui ambitionne de devenir une grande nation ne peut rougir du sien.

Mes chers compatriotes, de mon lieu de détention, je continue de garder la foi en notre combat. Comme dans tous les combats, il y a des batailles perdues. Mais l’essentiel reste la finalité qui correspond à l’objectif du départ. Qu’une bataille perdue, ne nous détourne pas de notre objectif final qui est l’affirmation de notre existence en tant que communauté de destins libre et souveraine.

L’Indépendance que nous célébrons aujourd’hui exige de nous d’énormes sacrifices. Sur l’humus des corps de combattants tombés pour la liberté, germent toujours les grains de l’espérance des générations à venir. C’est la chaîne de solidarité des générations qui se perpétue jusqu’à la fin des temps. La génération qui se dérobe à ses devoirs de solidarité reste définitivement débitrice de celles qui la suivent, pour ne pas dire de l’humanité toute entière.

Les grandes puissances qui nous en imposent aujourd’hui sont passées par ces épreuves. Leurs générations actuelles jouissent des dividendes de luttes menées par leurs ancêtres. C’est une vieille loi de la nature à laquelle nous devons nous soumettre pour acquérir au bout du compte, notre pleine souveraineté. Demeurons toujours mobilisés et confiants. Car, jamais un peuple qui lutte pour acquérir sa liberté n’a été vaincu. C’est aussi une vérité historique.

Je n’ai jamais cessé de croire que le problème ivoirien doit se régler entre nous, Ivoiriens, avec l’appui sage de l’Afrique. Je continue de m’interroger donc, sur les motivations qui ont gouverné l’action des Autorités françaises, dans un conflit qui était en traitement au niveau africain. J’observe que la crise ivoirienne s’est fortement enlisée chaque fois que le Gouvernement français s’y est impliqué au-delà du raisonnable.

C’est pourquoi j’en appelle au débat politique inter-ivoirien sous l’égide des Africains. L’Afrique a toutes les compétences pour gérer ses propres contradictions. Elle doit s’assumer pleinement si elle veut cesser d’être le théâtre des expériences les plus inimaginables qui méprisent ses propres valeurs. C’est seulement à ce prix que nul n’osera encore contester sa contribution pourtant évidente, à la construction de l’Histoire de notre humanité.

Que Dieu vous bénisse, que Dieu bénisse la CÔTE D’IVOIRE.

Bonne fête de l’Indépendance à toutes et à tous !


Laurent GBAGBO

LE DESESPOIR DES PRO-ADO

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Alassane Ouattara lors de la campagne présidentielle 2010.

ADO pissanci a magni deh ! pissanci ! ADO pissanci a magni deh ! Pissanci ! ADO pissanci a magni deh ! Pissanci ! (Traduire la puissance de ADO est redoutable !)

Ce refrain a rythmé la campagne du candidat ADO. Ces aficionados n'ont cesse de le proclamer à qui veut l'entendre. Comme beaucoup de viande ne gâche pas la sauce, plusieurs qualificatifs lui sont attribués à souhait : Bravetchê, compétent, travailleur, généreux, etc.


Certains amis miens nous serinaient à longueur de journée que ADO est le messie attendu par la CI. La preuve ? Carnet d'adresses impressionnant, très bonne relation avec les grands et décideurs de ce monde ! Pluie de milliards à sa disposition ! Développement de la CI en un temps record ! Rayonnement à nulle autre pareille de la CI! Réunification du pays ! Fin des exactions, des pillages, tueries ! enfin une justice équitable !! Fini la xénophobie, fini les tracasseries routières ! En gros, les ivoiriens pourront vivre au paradis sans débourser un sou !


Bref devant ce déluge de qualificatifs et dispositions particulières de ADO répétés à l'envi par ses partisans, la sagesse humaine nous enseigne que c'est seulement au pied du mur que l'on reconnait le bon maçon.


Trois mois après son installation par la mafia internationale, la France et l'Onu en tête, l'unique président certifié ONU au monde, ADO, doit faire face à la réalité de la gestion des choses publiques.


Face aux décisions de leur président, les ADOrateurs déchantent de jour en jour : le refrain tant proclamé fait place à une grogne généralisée de ses partisans. Ses partisans ne comprennent plus rien. Il s'est annoncé comme un sauveur, il se présente désormais comme un bourreau ; il s'est annoncé comme le messie du changement, il se présente comme un dictateur, bref le paradis annoncé se transforme en cauchemar !

« Qu'avons-nous fait à ADO ? » ; « Nous avons voté pour lui, pourquoi nous traite-t-il ainsi » ; « Dans cette situation difficile, comment peut-il nous enlever le pain de la bouche » ; « Comment allons-nous nous occuper de nos familles ? » ; « Les FRCI nous briment ». Tels sont les griefs à l'encontre du nouveau maître du pays.

Les raisons de ce désamour ? :

- Les bulldozers ont entamé depuis 2 semaines la destruction de tous les commerces et maisons : ADO pissanci a magni deh !!

- Les paysans dans leur grande majorité ne savent plus à quel saint se vouer : ils sont soumis aux diktats des FRCI qui leur font payer des taxes imaginaires : ADO pissanci a magni deh !

- Malgré les discours officiels, on n'a toujours pas abouti à l'unicité des caisses. Au contraire, les rebelles - ont élargi leur système de prédation à toutes les régions. Alors que l'on espérait maintenant avec l'installation du nouveau pouvoir la réunification du pays et de son économie. ADO pissanci a magni deh !

- Les populations sont rançonnées sous peine d'être arrêtées, les FRCI leur extorquent de l'argent régulièrement. Les populations vivent encore dans un effroi sans nom : ADO pissanci a magni deh !

- Pas un seul jour sans un coup d'état (imaginaire) déjoué. Le régime s'est installé dans une paranoïa et est atteint de « complotite ». Bonjour les arrestations arbitraires et les inculpations fantaisistes : ADO pissanci a magni deh !

- Les forces régulières désarmées au profit de bandes armées incontrôlables : ADO pissanci a magni deh !

- Les FRCI, armée républicaine par compétence, sont pointés du doigt par les populations : abus de pouvoir, substitution au juge ; jugement arbitraires, vols : ADO pissanci a magni deh!

- Du côté des transporteurs, soutien incontestable de ADO, le racket et les exactions battent leur plein. : Prélèvement des taxes aux véhicules de transport, pourboire obligatoire aux barrages, les bavures autrefois décriées par ces derniers passent désormais sous silence ! leur voix est inaudible eux si prompts à enclencher des mouvements de grève ! ADO pissanci a magni deh !

- Les prix des denrées alimentaires augmentent chaque jour : sac de riz prix gbagbo 17500 Fcfa, prix ADO 21500 FCFA ou 25000Fcfa d'un commerçant à un autre. ADO pissanci a magni deh !

Toute cette ambiance n'augure rien de bon pour la CI.

Pour terminer, juste cette phrase d'une amie : ''La CI est en deuil depuis 2002, et le 11 avril, nous avons commencé nos funérailles et pleurons tous les jours notre président. Sincèrement on ne peut pas gérer deuil de quelqu'un d'autre ! : Maintenant s'ils veulent nous rejoindre dans nos funérailles, ils sont les bienvenus''.

Les pro-ADO commencent à regretter amèrement d'avoir cru aux promesses du bravetchê. Ils ont vite fait de déchanter tant l'espoir a fait place à la désillusion. Ils crient leur colère et leur profonde déception.


Le maçon GBAGBO serait-t-il meilleur que le maçon ADO ? Il n'y a qu'un pas que de nombreux ADOrateurs ont franchi allégrement, ces derniers temps.

En effet, certains pro-ADO ont même composé un refrain qui semble gagner le pays petit à petit. "ADO pissanci a magni deh!" sera-t-il remplacé par "Gbagbo kafissa" ou "Gbagbo kagni" (Gbagbo est mieux ou meilleur ou Gbagbo est généreux) ?

Le Temps n'est-il pas l'autre Nom du Dieu Tout-puissant ? "Let's wait and see", disent les anglais !


Nina GLEZ, une patriote.

RENDRE TOUJOURS GBAGBO RESPONSABLE DE LEURS PROPRES TURPITUDES! QUELLE MISERE!


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SOTRA - ACCIDENT EN CASCADE DES BUS: OUATTARA ET LE RHDP, LES VRAIS RESPONSABLES. LA PREUVE.

 

La journée du vendredi 5 août a été marquée par une série d'accidents qui n'a laissé personne indifférent. Le matin, l'on apprenait qu'un bus avait plongé dans la lagune et dans l'après-midi, s'était la collision de deux autres bus à Adjamé Indenié. Un machiniste de la SOTRA qui nous a joint, sous couvert de l'anonymat, a tenu à donner des explications.


Ce machiniste qui dit travailler à la SOTRA depuis plus de 13ans avait la voix remplie d'amertume. Il dit être d'autant plus consterné que le journal griot du RDR « le patriote » a titré à sa une que cet accident était la faute du régime Gbagbo. Pour lui ces accidents en cascade ne sont pas des coïncidences et étaient prévisibles car pendant la crise post électorale, les militant RHDP sur instruction de leur responsable ont brulés et cassés plusieurs bus. La SOTRA considérée comme une entreprise de la famille Gbagbo a payé un lourd tribut pendant les affrontements de la ville d'Abidjan qui ont précédés la chute du régime Gbagbo. Presque tous les bus du dépôt d'Abobo ont été calcinés. A cela il faut ajouter le pillage des bus sur les parcs après la chute du régime. Les mercenaires des FRCI venus essentiellement du Burkina et du Mali ont volé des bus pour les conduire dans leur pays d'origine. Les militant RHDP qui ont rallié les FRCI et qui sont presque tous des gens de métier comme la mécanique ont fait main basse sur les moteurs et accessoires des bus restés qui se retrouvent aujourd'hui dans les garages et surtout à la casse d'Adjamé.


La SOTRA qui est une entreprise d'état était donc agonisante au lendemain du 11 avril. Mais après leur accession au pouvoir, les responsables du RHDP se rendant compte qu'ils avaient besoin des bus pour faire tourner l'économie du pays ont demandé aux machinistes de tout mettre en œuvre pour que les bus restants fonctionnent. Ainsi comme des couturiers ils ont dû « raccommoder » les bus pour les mettre sur les lignes. Les bus qui sont aujourd'hui en fonction ne sont plus suffisants pour desservir la ville d'Abidjan. La demande étant restée la même alors que l'offre a diminué, l'utilisation abusive des bus accélère aujourd'hui leur dégradation. Le constat de l'amenuisement des bus est d'autant plus grand que des machinistes ont été affectés dans le service des contrôleurs parce qu'ils n'ont presque plus de matière sur quoi travailler.


Ils convient donc d'interpeller les nouvelles autorités du pays et leur rappeler cet adage qui dit « il ne faut pas s'étonner de recevoir des gouttes de salive sur le visage lorsqu'on crache en l'air. » Il faudrait donc qu'ils assument les conséquences des actes qu'ils ont posés hier. Ils doivent pour cela prendre les dispositions et trouver des solutions pour sortir la SOTRA, notre bien commun, de cette agonie dans laquelle ils l'ont... plongé !, dans leur soif du pouvoir.



Vana Kacou


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

ABIDJAN - ENCORE UN AUTRE ACCIDENT, HIER SAMEDI: «OUATTARA DIEU TE PARLE»!


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Où allons-nous avec tout ça?

A la veille de la célébration de la Fête de l'indépendance de la Côte d'Ivoire, Dieu parle à Alasane Ouattara.

Après le vendredi noir, ce samedi (6 août 2011) après-midi, un mini car gbaka en partance pour Abobo, voulant dépasser un camion de sable s'est renversé, les quatre roues en l'air. On dénombre des morts et de nombreux blessés. Le bilan complet va suivre.

Le pouvoir satanique de Ouattara fait de franc-maçons, dozos et marabouts a besoin de sang.

Multiplions les prières !!!

Que DIEU garde la Côte d'Ivoire!


Notre correspondant sur place.


Source : COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 06 août 2011

UN VENDREDI NOIR POUR LA COTE D'IVOIRE!

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Un vendredi noir comme la Côte d'Ivoire n'a jamais connu: un bus de la SOTRA bondé plonge, aux environs de 6h15 GMT, dans la lagune, ce vendredi 5 août 2011, avec à son bord pas moins 120 passagers. Les dernières informations officielles font état de 10 survivants et de 37 corps repêchés. Un deuxième accident, six heures plus tard, à la hauteur du Groupement des Sapeurs Pompiers Militaires de l'Indénié. Deux autres bus de la SOTRA se télescopent. Bilan: 35 blessés dont 1 grave. Non loin de là, sur l'échangeur des 220 logements, un mastodonde de 32 tonnes fait une sortie de route: plusieurs blessés. Cette journée aura été l'une des plus sombres de l'histoire de la Côte d'Ivoire. A l'approche de la date du 51ème anniversaire de l'indépendance(?) de notre pays. Mauvais présage! Signe des temps? Indices révélateurs d'une chape de ténèbres sur la nation ivoirienne depuis le changement de régime? Il faudra interroger les dimensions spirituelles. Au plus tôt.


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COTE D'IVOIRE : VENDREDI NOIR POUR LA SOTRA SOUS L'ERE OUATTARA


La société des Transports abidjanais (Sotra) a enregistré vendredi  sur ses lignes, deux accidents graves, dont le plus grave de toute l'histoire de la compagnie.

Deux autobus, desservant respectivement les lignes 11 (Adjamé-Koumassi) et 35 (Adjamé - Cocody les 2 plateaux) sont entrés en collision vendredi peu après midi, causant selon plusieurs témoins de nombreux blessés. « C'est une collision face-à-face», à rapporté un témoin.

Cet incident est intervenu alors que venait d'être décrété un deuil national de 3 jours suite à un autre drame survenu vendredi matin.

Un autobus de la Société de transport abidjanais (Sotra) s'est renversé dans la lagune vendredi, voulant éviter une voiture accidentée sur le pont Félix Houphouët-Boigny. Bilan : seulement une dizaine de survivants sur la centaine de passagers qui avait rempli le bus.

Les FRCI (Forces Républicaines de côte d'Ivoire) arrivées quelques minutes plus tard, ont été rejointes par la gendarmerie française en vue de « sauver ce qui pouvait l'être encore ».

Cela porte au nombre de 3 accidents « en l'espace de 15 jours », rappelle-t-on dans un pays où la superstition et les croyances mystiques sont fortement encrées.

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ABIDJAN : COLLISION ENTRE 2 BUS DE LA SOTRA (PLUSIEURS BLESSES)


Deux autobus, desservant respectivement les lignes 11 (Adjamé-Koumassi) et 35 (Adjamé - Cocody les 2 plateaux) sont entrés en collision vendredi peu après midi (à la hauteur des Sapeurs pompiers de l'Indénié), causant selon plusieurs témoins de nombreux blessés. « C'est une collision face-à-face», a rapporté à DirectScoop un témoin.

C'est un « vendredi noir » pour la compagnie qui a enregistré le matin l'un des accidents les plus graves depuis sa création.

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COTE D'IVOIRE : UN AUTOBUS DE LA SOTRA DANS LA LAGUNE


Un autobus de la Société de transport abidjanais (sotra) s'est renversé dans la lagune vendredi, voulant éviter une voiture accidentée sur le pont Félix Houphouët-Boigny. Seulement 3 personnes auraient été sauvées grâce à la diligence de volontaires.

Les FRCI (Forces Républicaines de côte d'Ivoire) arrivées quelques minutes plus tard, ont été rejoints par la gendarmerie française en vue de « sauver ce qui peut l'être encore ».

La ligne 19 desservant les communes d'Adjamé, Treichville et Vridi (Port) est connue pour être « toujours surchargée ».

« C'est le 2ème grave accident qu'enregistre la compagnie en l'espace de 15 jours », rappelle un médecin qui souhaite que « les nouvelles autorités fassent autant preuve de fermeté que dans le dossier de la RTI ».

Le Directeur Général de la RTI avait été à la surprise générale limogé, le gouvernement Ouattara prétextant de « l'absence d'une équipe de reportage à l'aéroport pour couvrir le retour du Président Ouattara ».

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Source textes: DIRECTSCOOP