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mardi, 07 juin 2011

APRES LA FORMATION DU PREMIER GOUVERNEMENT OUATTARA, LE RHDP SE DECHIRE DEJA

 

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On le sentait venir depuis les déclarations un peu désordonnées d'avant la formation du gouvernement. Mais la tempête qui se profilait à l'horizon du PDCI et du RHDP est en train de se transformer en véritable cyclone.


« Après la publication du gouvernement, ça grogne fort au PDCI ! ». « Nouveau gouvernement : le PDCI humilié » ! Hier, comme s'il s'étaient passé le mot, nos confrères du « Nouveau Réveil » et du « Démocrate », deux journaux proches du PDCI-RDA, n'y sont pas allés de mains mortes pour rendre compte de l'ambiance qui prévaut en ce moment à l'intérieur du vieux parti. Et le moins que l'on puisse écrire, c'est que ça sent le roussi. Et, même si les confrères semblaient plus préoccupés à faire baisser la tension par des appels du pied en faveur d'une concertation urgente au sommet du parti pour sauver les meubles, il n'en demeure pas moins que la gravité de la situation n'échappe à personne. Comme le dit la réclame, l'affaire est grave. Très grave, même. En témoigne, en effet, la palette des griefs, de ceux qui ont décidé de e faire désigner sous le vocable de « cadres frustrés ». Mais aussi et surtout la diversité des frondeurs. Mais que reprochent-ils exactement à leur parti et par ricochet à leur allié de chef de l'Etat ?

Beaucoup de griefs

Au PDCI et à son chef, les « cadres frustrés » reprochent essentiellement la trop grande tribalisation des postes de responsabilité au profit des Baoulé, l'ethnie du président du parti. Ils sont d'autant plus convaincus que cette « baouléisation » des portes feuilles ministériels, pour ne pas dire cette « Akanisation », n'est pas fortuite. Puisqu'elle a été précédée d'une justification, a priori, de la part de l'ancien député maire de Béoumi, Adolphe Saraka, sans que personne ne réagisse. « Pour des cadres, cette déclaration (ndlr : celle de M. Saraka estimant que seuls les Baoulé avaient voté pour Ouattara suite à l'appel de Bédié) est très restrictive et sonne comme une gifle à leur engagement au sein du PDCI-RDA. Mieux, ils y voient une déclaration bien préparée pour leur couper l'herbe sous le pied, une manœuvre pour exclure les cadres des autres peuples et des autres régions de la gestion sous l'égide du RHDP », écrit notamment le « Nouveau Réveil ». Mais, même à ce niveau, tous les « Baoulé » ne semblent pas être logés à la même enseigne. Puisque ceux des départements de Sakassou, Béoumi, Bouaké, M'bahiakro et Dimbokro semblent s'être rangés du côté de ceux qui grincent les dents.

Mais au-delà de ces questions tribales, le gros lot des frustrés et des déçus du président du PDCI semble se recruter parmi les jeunes cadres. Ceux que le « Nouveau Réveil » appelle « les éternels jeunes ». Ceux qui ont cru naïvement que le seul départ de Gbagbo aurait suffit à leur bonheur. Et qui, pour les besoins de la cause, ont volontairement fermé les yeux sur les incohérences de leur chef et de la direction du parti qu'il incarne. Le journal lui-même parle de « milliers de cadres du parti qui pensaient qu'une fois la refondation dégagée, leur heure avait sonné, mais qui se disent désabusés de jour en jour et au fil des nominations ». Quelle désillusion !

Mais, s'ils sont durs avec Bédié, les frustrés du PDCI n'en sont pas moins furieux après leur allié. Le chef de l'Etat et son parti le RDR. « Nous ne sommes pas contents. C'est inadmissible. Comment le président Bédié peut-il accepter seulement huit postes ministériels sur trente-six ? Le PDCI ne mérite-t-il pas mieux ? Pour quoi ne pas avoir ajouté sur le quota du PDCI les deux postes initialement prévus pour le FPI » pestent certains militants dont le quotidien « Le Démocrate » s'est fait le porte-voix. Ceux-ci n'hésitant même pas à parler de trahison à mots couverts. Le journal allant jusqu'à préciser que « des militants mécontents menacent de boycotter le RHDP pour les plus modérés ». Les plus durs appelant ouvertement à la rupture d'une alliance qui, de leur point de vue, ne sert visiblement pas les intérêts de leur parti.

Peut-on dès lors déduire que le PDCI et le RHDP sont déjà à la croisée des chemins? Certainement pas. Le chef de l'Etat et son allié du PDCI ayant encore de nombreux leviers sur lesquels ils pourront agir pour calmer la fronde.

Seulement, la multiplicité des foyers de mécontentement quelques jours après la formation du premier gouvernement, alors même qu'on n'a pas encore abordé les élections législatives et leurs lots de conflits inévitables, n'augure pas d'un avenir serein pour la coalition franco-ivoirienne au pouvoir depuis le 11 avril. Quand on y ajoute les moments de tensions prévisibles, comme le seront le congrès du PDCI pour désigner le successeur de Bédié, le congrès du RDR pour remplacer Ouattara et la place que voudront se donner les Forces Nouvelles dans l'avenir institutionnel du pays, il y a de quoi se faire du souci du côté du Golf. Mais sait-on jamais ! Peut-être que Paris saura ramener de l'ordre dans la maison. Attendons de voir, pour ne pas apparaître comme des oiseaux de mauvais augure.


Guillaume T. Gbato, in Notre Voie du 7 Juin 2011.


gtgbato@yahoo.fr


Source: IVOIREBUSINESS.NET

COLERE DES CHEFS DE GUERRE FRCI APRES LE DERNIER RAPPORT DE HUMAN RIGHTS WATCH LES ACCUSANT: CHERIF OUSMANE MENACE OUVERTEMENT LE MINISTRE HAMED BAKAYOKO

 

 

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L'interview du ministre Hamed Bakayoko publiée le 05 juin sur RFI, après la publication du dernier rapport d'Human Right Watch sur la Côte d'Ivoire, continue de faire des vagues au sein de certains chefs de guerre FRCI qui ne veulent pas entendre parler d'enquête ou de Cour pénale internationale.

Un chef de guerre nommément cité dans ce rapport aurait particulièrement été attentif aux propos du ministre de l'Intérieur Hamed Bakayoko à RFI: Il s'agit du célèbre chef de guerre, Cherif Ousmane, Com'zone de Bouaké, qui avait dirigé l'expédition punitive à Abobo contre Ibrahim Coulibaly dit IB, pour le neutraliser.

Selon une source, Chérif Ousmane ne comprend toujours pas que son nom soit mêlé à ces rapports de HWR, et aurait ouvertement menacé ses patrons, Guillaume Soro et Hamed Bakayoko, qu'il mettrait désormais dans son collimateur. Et exigerait d'eux qu'ils montrent patte blanche en affichant leur loyauté envers lui dans toutes leurs déclarations.

Jeudi 2 juin dernier, Human Rights Watch affirmait dans un rapport que 149 personnes avaient été tuées à Abidjan par les FRCI fidèles à Alassane Ouattara, depuis le 11 avril, date de l'arrestation de Laurent Gbagbo, et demandait aux autorités ivoiriennes de sanctionner au moins trois commandants de zone, dont Cherif Ousmane.

L'interview d'Hamed Bakayoko avait donc pour Chérif Ousmane, valeur de test en loyauté envers sa personne. Et il le lui aurait fait savoir, selon cette source.
Le ministre, menacé par le redoutable chef de guerre, lui a effectivement apporté des gages au micro de RFI. Il a royalement blanchi Cherif Ousmane, allant jusqu'à dire que ce dernier était d'une probité morale incontestable, qu'il le connaissait personnellement, et qu'il n'était ni de prêt ni de loin mêlé à ces massacres de Yopougon.

En outre, Hamed Bakayoko s'est montré sceptique quant aux conclusions du rapport de HWR et a prévenu que les témoignages ne suffisaient pas, qu'il lui fallait des preuves tangibles.
Mais conscient de la gravité de ces accusations, le ministre Bakayoko a promis qu'une enquête serait diligentée par la justice et qu'il n'y aurait pas d'immunité si les faits étaient avérés. Ce dernier point aurait particulièrement fâché Cherif Ousmane et d'autres chefs de guerre, qui ne veulent pas entendre parler d'enquête.

Le gouvernement Ouattara va-t-il reculer devant la menace de certains de ses chefs de guerre qui l'ont porté au pouvoir ? Rien n'est moins sûr. Du rififi dans l'air dans les jours à venir.
Nous suivons de prêt le coup de sang du redoutable chef de guerre Cherif Ousmane, dont l'accès d'humeur peut porter un coup fatal à Ouattara en cas de division au sein des FRCI.


Patrice Lecomte


Source: IVOIREBUSINESS.NET

lundi, 06 juin 2011

COTE D'IVOIRE: ACCUSES DE CACHER DES ARMES A OUME 2 PAYSANS CRUCIFIES, 1 DECEDE

 

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M. Raphaël Kouassi Aka, planteur à Binkro, est mort dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 mai dernier dans une prison des FRCI à Oumé. Il sera inhumé ce week-end, certainement sans la moindre autopsie pour déterminer les conditions de sa mort. Le paysan cruellement crucifié à Binkro avant d'être trimbalé au chef lieu de département n'a pu survivre à ses blessures. Comment l'aurait-il pu lui qui, non seulement a vu ses mains et ses pieds transpercées par des pointes d'acier, mais a déclaré avoir certainement eu au moins une côte cassée suite aux tortures et coups qu'il a dû subir avant d'être trainé à Oumé. Depuis la mort de Raphaël Kouassi, les paysans de Binkro ne cessent de louer Dieu pour avoir sauvé, pour l'instant, la vie au frère cadet du défunt, le nommé Privat Kouassi Kacou. Ce dernier a été lui aussi torturé et crucifié mais a survécu à ses blessures.

Les informations ont été recueillies auprès de la famille du défunt et de son frère cadet crucifié mais en vie. Elles nous ont été livrées sous anonymat, les témoins des faits vivant encore dans la terreur à Binkro. Mais tous les témoignages concordent : la mort de Raphaël Kousssi Aka est l'aboutissement dramatique et cruel d'une bagarre somme toute banale entre deux de ses manœuvres, des « frères » burkinabè.

Le paysan Raphaël Kouassi employait un premier manœuvre burkinabè. Ce dernier lui a extorqué par deux fois 160.000 FCFA et 15.000 FCFA pour un travail qui n'a jamais été fait. Finalement, l'escroc lui a proposé d'accepter que son « frère cadet » fasse le travail à sa place. Mais, curieusement, c'est le même « grand frère » escroc qui est allé déclencher une bagarre avec son petit frère qu'il a mis au travail. Face à la violence des deux frères burkinabè, Raphaël Kouassi Aka a cru bien faire de les ramener à Doukuha, un village voisin, chez le responsable de la communauté burkinabé de la localité. L'affaire qui se passe le samedi est reportée à dimanche, faute de traducteur pour bien rendre la version donnée par le patron paysan, témoin de la bagarre entre ses deux manœuvres burkinabè. Le dimanche 29 mai, à son retour à Doukuha comme convenu la veille, Raphaël Kouassi Aka tombe sur une escouade de forces pro-Ouattara excités et tirant en l'air dès qu'il a décliné son identité. Il est désormais accusé et dénoncé sur une liste noire comme étant détenteur de cache d'armes. Simplement parce qu'il est de Binkro, village natal de Parfait Koko Djéi, président du Conseil général d'Oumé. Depuis la prise de la ville par les FRCI, après le renversement du président Gbagbo, ce cadre du FPI est recherché, accusé d'avoir distribué des armes aux jeunes d'Oumé. Raphaël Kouassi, qui ignore tout cela, tombe des nus. Mais il n'a pas le temps de s'expliquer. Il est roué de coups, torturé et plaqué au sol. Ses mains sont transpercées par des pointes d'acier clouées dans la chair à l'aide de marteau, les phalanges brisées. L'opération est également pratiquée dans ses pieds. Son frère cadet, Privat Kouassi Kacou qui l'a accompagné à Doukuha, subit le même sort.

Toujours selon nos informateurs, la nouvelle de « la découverte d'une importante cache d'armes à Binkro » est parvenue à Oumé. Un « gradé » des forces pro-Ouattara y est dépêché. A Doukuha, le « gradé » semble surpris et déçu de tomber plutôt sur deux paysans atrocement torturés par ses hommes mais qui continuent de clamer, « au nom de Dieu », qu'ils ignorent tout de ce qui leur est reproché. Peu importe, le « gradé » ordonne un tour avec les deux victimes à Binkro. Dans ce village, les fouilles effectuées débouchent non pas sur des armes qui n'y ont jamais existé, mais sur des matériels d'équipement de maternité et de dispensaire stockés dans un magasin par le président du Conseil général d'Oumé et en attente d'être remis aux populations bénéficiaires. A défaut d'armes, ces matériels sont pillés et volés ; les deux frères torturés sont trimbalés à Oumé, tout comme le chef du village de Binkro, Gaston Abissé, mis nu et torturé. En cette nuit horrible du dimanche 29 mai, derrière eux, les paysans ont déserté leur village pour la brousse.

Au petit matin du lundi 30 mai, les geôliers ont découvert Raphaël Kouassi Aka mort, porté comme un enfant, dans sa poitrine, par le chef du village de Binkro. Le paysan est décédé des suites de ses tortures. Son corps a été mis à la morgue par ses forces tortionnaires. Sur intervention du préfet d'Oumé, le chef de village traumatisé a été libéré le même lundi à 11h. Raphaël Kouassi sera inhumé ce week-end. Mais que deviendront ses tortionnaires ? Simple question dans un régime qui se déclare ennemi de « l'impunité ». Même en pleine guerre, on ne crucifie pas un ennemi capturé, sans arme.



César Etou, in le quotidien ivoirien Notre Voie


Source : IVOIREBUSINESS.NET

samedi, 04 juin 2011

NOUVELLE INTERVIEW, MAMADOU KOULIBALY SANS DETOUR: LIBERATION DU PRESIDENT GBAGBO, GOUVERNEMENT, EXACTIONS, RETOUR DES EXILES

 

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La semaine qui s'achève a connu la formation du deuxième gouvernement de Ouattara. Fait majeur, le FPI, la principale formation politique aujourd'hui dans l'opposition, n'en fait pas partie. Par ailleurs, les exactions et autres tueries des militants et sympathisants du FPI continuent dans les villes et villages du pays au moment même où des voix s'élèvent ici et là pour demander la libération de Laurent Gbagbo et ses amis et le retour au pays des exilés. De tout cela, Mamadou Koulibaly parle sans détour dans cette interview avec la passion et la détermination qu'on lui connait.

Notre Voie : Vous avez décidé de ne pas entrer dans le gouvernement Soro II. Vous estimez que cela vous gênerait dans la politique nouvelle du FPI que vous voulez mettre en place. Est-ce que cela a été bien compris par ceux de vos camarades qui prônaient «l'entrisme»?

Koulibaly Mamadou : Le FPI a décidé de ne pas entrer dans le nouveau gouvernement pour plusieurs raisons. Tout d'abord, le partage du pouvoir n'est pas une bonne chose. Dès 2000, alors que l'équipe de Laurent Gbagbo avait fait ce choix, on a vu qu'il ne pouvait conduire qu'à l'inertie et à l'échec. De plus, nous considérons que les conditions sécuritaires ne sont pas encore bonnes pour nous permettre cette entrée au gouvernement. Cette participation n'est pas à nos yeux un gage de réconciliation. Le processus de réconciliation est bien plus profond qu'une apparente quiétude simulée dans un partage du gâteau. Nous sommes dans une totale logique de réconciliation mais nous souhaitons y travailler autrement. Cela dit, nous n'avons empêché aucun membre du FPI d'entrer au gouvernement. Seulement ceux qui le font doivent le faire en leur nom et non au nom du parti. Nous ne freinons personne mais nous souhaitons garder notre ligne de conduite. Nous sommes des opposants et nous avons à nous restructurer avant tout, après ce qui nous est arrivé.

N.V. : Que comptez-vous faire pour convaincre ceux qui ne partagent pas votre ligne et éviter ainsi un éclatement de votre parti ?

K.M. : Ils sont libres mais doivent le faire sans engager le parti. Il faut une certaine discipline dans un parti. C'est essentiel si nous voulons avoir une démarche construite et efficace.

N.V. : En choisissant de rester dans l'opposition, vous faites le choix de passer brusquement du stade de parti au pouvoir au parti d'opposition. Ne s'agit-il pas là d'un grand risque ? Le FPI a-t-il les moyens psychologiques, mentaux et financiers pour assumer pleinement un tel choix ?

K.M. : Dans une démocratie, les contre-pouvoirs sont aussi importants que le choix populaire à travers les urnes. Le risque pour un pays réside plus dans des gouvernements d'union qui ne mènent en principe nulle part. L'opposition ne doit pas être considérée comme un groupe de perdants qui attendent amèrement leur tour. L'opposition doit être dynamique et doit veiller à l'action du gouvernement en place pour prévenir des abus, des dangers et erreurs éventuels. Actuellement, les partis politiques bénéficient de financements publics. Nous ferons fonctionner le parti de cette façon si, bien entendu, le pouvoir en place décidait de nous appliquer la loi comme elle lui a été appliquée quand il était à l'époque dans l'opposition. Nous le souhaitons en tout cas pour le bien de la démocratie.

Notre Voie : Vos militants sont actuellement pourchassés, humiliés, maltraités et tués dans beaucoup de cas. Que faites-vous pour les aider ?

K.M. : Nous tentons de faire pression sur les autorités et sur l'ONUCI pour que la situation se rétablisse au plus vite. Nous avons été souvent entendus. De nombreuses personnes ont déjà été libérées. Il faut en remercier les autorités. Nous pouvons déjà noter une amélioration des conditions sécuritaires mais ce n'est pas encore suffisant. Pour aider nos militants, nous tentons de les rassurer et de les inciter à sortir. Les dernières réunions du FPI ont permis de briser un peu le cercle de la frayeur mais il reste du travail, d'autant que leurs craintes sont justifiées.

N.V. : Ils se réfugient dans les brousses, chez des amis ou à l'extérieur, notamment au Ghana et au Libéria. Avez-vous un plan pour leur retour au pays ?

K.M. : Nous n'avons pas de plan particulier sauf à continuer à faire pression sur les autorités pour que l'environnement sécuritaire s'améliore. L'insécurité ne dépend plus de nous. Maintenant que le nouveau gouvernement est formé et que chacun connait sa mission, nous espérons un retour à l'Etat de droit qui permette aux citoyens de vivre et circuler normalement quelle que soient leur appartenance politique, leur ethnie et leur religion.

N.V. : Certains de vos camarades vous reprochent d'avoir un discours très dur à l'endroit de votre parti. Ils ont le sentiment que vous avez oublié les propos que vous teniez au début de la rébellion en 2002 et qui accusaient la France de faire la guerre à la Côte d'Ivoire. Qu'avez-vous à leur dire ?

K.M. : Ce n'est pas parce que l'on appartient à un parti que l'on ne peut pas être critique sur ses actions. Dans mes discours, j'assume toujours la part de responsabilité de notre groupe. Certains n'aiment pas la notion de responsabilité alors ils me disent dur. C'est pourtant en étant responsable que l'on peut faire son autocritique et avancer plus efficacement. Je regrette qu'à un certain moment, nous nous soyons laissés portés par le vent de l'ivoirité, du tribalisme et de bien d'autres maux encore. Vous avez écouté Me Vergès quand il est passé ici avec Roland Dumas expliquer à la télévision ce que nous avions offert à la France ces dernières années. Pensez-vous que nous étions, au moment des élections, dans une logique de la guerre de la France contre la Côte d'Ivoire de Laurent Gbagbo ? Il m'a semblé que nous avions dépassé cette contradiction.

N.V. : Oui mais pour eux, rien n'a changé entre temps sauf que, comme en novembre 2004, la France a décidé d'y aller à visage découvert. Vous semblez oublier ça dans vos propos.

K.M. : Il y a deux façons d'aborder un problème difficile : certaines personnes analysent une situation dans sa globalité et créent même des problèmes plus complexes à résoudre en additionnant et multipliant les griefs préexistants et d'autres externalités, ce qui rend la solution difficilement accessible et surtout démotivante ; d'autres brisent les questions en morceaux pour les résoudre par étape pour ensuite regrouper les petites solutions de chacun des morceaux dans une solution globale plus large. Je pense que la deuxième école de pensée est meilleure. Nous devons nous atteler à gérer les urgences pour être efficaces. Si nous voulons tout gérer d'un coup, nous allons droit dans le mur.

N.V. : Ils vous reprochent aussi de penser ou de croire que c'est dans les urnes que votre candidat a perdu.

K.M. : Je crois que c'est un débat qui est devenu stérile. Nous ne pouvons pas passer les cinq prochaines années à pleurer et à nous morfondre. Quel que soit notre ressenti, nous devons avancer dans le nouvel environnement politique. Nous engager dans un nouveau contrat avec les Ivoiriens en oubliant les vieux démons. Notre rôle est de trouver la voie pour soutenir la démocratie et veiller à l'édification d'un Etat de droit et d'une Nation fraternelle. Nous devons faire des propositions et veiller à ce que la situation que vient de vivre la Côte d'Ivoire ne se renouvelle plus jamais.

N.V. : A propos de la libération du président Laurent Gbagbo, vous avez confié à un confrère que ce n'était pas votre priorité. Cela a fâché nombre de vos camarades. Le savez-vous ?

K.M. : Il faut relire mon interview et reformuler la question. Depuis la signature des accords de Marcoussis, tout s'est enchainé pour que nous en arrivions à la situation finale. Le manque de vision politique a conduit au chaos. La situation de Laurent Gbagbo, même si elle n'est pas une priorité, reste un sujet de préoccupation. En effet, nous ne souhaitons pas qu'il soit le bouc émissaire d'une situation où les responsabilités sont partagées. Son cas est entre les mains de la justice qui doit maintenant faire son travail. Sachant que même si nous nous essayons à nous morfondre jusqu'à la décision de justice, ça ne changerait rien, bien que nous ne soyons pas indifférent au cas de Laurent Gbagbo, il nous faut continuer le combat. Lui-même avait dit que s'il tombait un jour, il faudrait l'enjamber pour continuer le combat. Enjamber ne veut pas dire oublier et les militants devraient le savoir.

N.V. : Avec autant de reproches, pensez-vous qu'ils vous suivront dans vos appels à la mobilisation?

K.M. : Pour l'instant, malgré les peurs et l'insécurité, la mobilisation est forte. Bien que je préside le parti par intérim, je ne compte pas le gérer comme une PME familiale ou un club de soutien. Le FPI n'est pas Koulibaly. Les partisans ne se mobilisent pas pour moi mais pour le parti, pour nos idées, pour notre combat, pour nos valeurs et pour les priorités que nous avons à gérer notamment pour la préparation des élections législatives.

N.V. : Si vous n'êtes pas suivi, comment allez-vous réussir le pari de la mobilisation pour préparer sereinement les prochaines échéances électorales ?

K.M. : Les prochaines échéances électorales sont bien compromises. Le pari de la mobilisation ne repose pas que sur moi mais sur la volonté et la responsabilité de chaque militant. C'est l'engagement personnel qui conduit un individu à prendre part au débat politique. Je pense que les derniers évènements du pays ont conduit les partisans à comprendre l'importance de la politique et de ses dangers. Ils ont compris l'importance de la vision politique. L'une des voies pour affirmer ses idées et les défendre est l'appartenance à un parti politique. Et je pense que «Notre Voie» devrait aussi se mettre dans la logique de cette nouvelle approche du FPI et de l'opposition. Dans les jours qui viennent nous vous ferons des propositions.

N.V. : Par la même occasion, les fâcheuses habitudes dont vous voulez-vous débarrasser risquent d'avoir la peau dure ?

K.M. : Je crois en l'homme et je crois au changement dans des circonstances nouvelles. Le traumatisme des violences entourant le dernier scrutin sera à mon avis formateur. Nous ferons un bilan de nos actions, de nos réussites et de nos échecs. Nous sommes certes en train de nous relever mais la chute a été telle qu'elle ne peut qu'ouvrir une nouvelle ère dans la gestion et la stratégie du parti.

N.V. : Avant d'écrire à Soro pour lui faire savoir votre refus d'entrer au gouvernement, est-ce qu'il y a eu des discussions ?

K.M. :J'avais réuni le FPI et le CNRD et le choix est le fruit d'une décision collective conformément au mandat qui m'a été donné.

N.V. : Combien de portefeuilles ministériels vous proposait-on ?

K.M. : Deux portefeuilles ministériels nous ont été proposés. Nous devions proposer six noms parmi lesquels le président de la République aurait fait le choix.

N.V. : Quel est le prochain agenda du président du FPI par intérim ?

K.M. : Nous travaillons avec les militants sur différents sujets, entre autres : la préparation des élections législatives, la sécurité, la composition de la CEI, le découpage électoral, l'avenir de l'accord de Ouagadougou. Dans les jours et semaines à venir nous allons aborder ces sujets avec les autorités pour faire en sorte que les règles du jeu des prochains scrutins soient admises par tous. Nous avons vu lors de l'élection de novembre dernier que lorsque l'on néglige les dossiers qui fâchent avant le scrutin, on se retrouve dans un blocage meurtrier. L'expérience doit être constructive.


Propos recueillis par Abdoulaye Villard Sanogo


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

L'ERE OUATTARA MARQUE-T-ELLE LA FIN DE LA PREDICATION PUBLIQUE ET DES ACTIVITES EVANGELIQUES?

 

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Les faits qui se sont déroulés la semaine dernière, à Abidjan, donnent de sérieuses raisons de s'inquiéter pour la vie évangélique en Côte d'Ivoire, sous l'ère Alassane Ouattara.

En effet, le témoignage de deux amis pasteurs qui ont personnellement vécu les drames survenus, il y a quelques jours, devant plusieurs témoins, le donne à penser.

Le premier cas est celui d'un pasteur connu dans le quartier des Deux-Plateaux à Cocody, Terminus du bus 82, pour faire des prédications publiques avec un mégaphone, invitant les passants et les habitants du secteur à donner leurs vies à DIEU en recevant JESUS-CHRIST comme leur Seigneur et leur Sauveur personnel. Mais la semaine dernière, cet homme de DIEU a eu la malchance de reprendre ses activités dans la zone, après la terrible bataille d'Abidjan. Une patrouille des FRCI s'est arrêtée à son niveau et l'a enlevé. Pendant deux jours, l'on est resté sans nouvelles de l'Homme de DIEU. Il sera retrouvé sans vie, le deuxième jour. Son corps a été jeté au Terminus du 82, avec des impacts de balle et le mégaphone posé tout juste à côté. Depuis, une peur bleue s'est emparée des églises protestantes et évangéliques de Cocody qui n'osent plus mener d'activités sur la place publique. Un bon nombre d'entre elles ont tout bonnement fermé ou, au meilleur des cas, se réunissent très, très discrètement. La psychose est plus palpable dans le quartier d'Angré où des pasteurs se sont carrément exilés.

Le deuxième cas s'est déroulé à Yopougon, Camp militaire. Un autre Homme de DIEU, en peine pour son pays en crise, a organisé un programme de prière pour la paix en Côte d'Ivoire. Suspecté par les FRCI de prier contre eux, il sera froidement abattu. Sans autre forme de procès. Le message étant on ne peut plus clair et ferme, la quasi-totalité des églises évangéliques s'est résignée à ne plus organiser de programmes évangéliques, de peur de s'attirer les foudres des FRCI qui ne s'embarrassent pas de procédures ou de méthodes d'approche pour indiquer aux églises leurs attentes. En d'autres mots, la liberté de culte n'est plus une valeur ivoirienne. Cela est surtout vrai quand vous avez le malheur d'être une église protestante ou évangélique : vous êtes à priori suspectée d'être pro-Gbagbo et donc susceptible de subir des représailles.

Depuis le temps du Président Houphouët-Boigny jusqu'à Laurent Gbagbo, jamais pareille chose n'a été observée dans ce beau pays où la liberté de culte a toujours été jalousement préservée. Voici la nouvelle Côte d'Ivoire dans laquelle nous sommes condamnés à vivre, en espérant que le Créateur viendra nous délivrer. Un jour. Vive le règne de la terreur !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

COTE D'IVOIRE: «149 PERSONNES PROCHES DE GBAGBO TUEES PAR LES COMBATTANTS D'ALASSANE DEPUIS SON INSTALLATION» (HRW)

 

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Au moins 149 partisans  du Président ivoirien Laurent Gbagbo ont été tués par les combattants d'Alassane Ouattara depuis son installation au pouvoir  mi-avril par la coalition ONUCI-Licorne-FRCI, a affirmé jeudi l'organisation Human Rights Watch.

Plusieurs personnalités ainsi que les populations civiles jugées proches du Président Gbagbo, font l'objet de représailles malgré les nombreux appels à la retenue des organisations internationales.

A Yopougon, considéré comme un bastion du Président Gbagbo., des familles entières ont été exterminées. Selon le quotidien ivoirien « L'Inter », l'on assiste à une « chasse aux sorcières » des sympathisants du Président déchu par la coalition Licorne-ONUCI-combattants pro-Ouattara.

Une vague de violences dirigées principalement contre ses proches s'était abattue suite à la capture le 11 avril du Président ivoirien investi selon les lois constitutionnelles du pays. Des centaines de personnes avaient été arrêtés « arbitrairement » puis déportées dans des camps au nord du pays.

Plusieurs centaines d'autres sont portées disparues. De nombreux témoignages rapportent des massacres et exécutions sur indication. A l'ouest, toutes les organisations internationales présentes sur le terrain s'accordent sur l'existence « de massacres d'envergure dirigés contre les ressortissants Guéré proches  de Laurent Gbagbo et commises par les forces d'Alassane Ouattara»


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COTE D'IVOIRE : APRES AMNESTY ET HUMAN RIGHT, L'ONU DOS AU MUR


La Commission d'enquête de l'ONU chargée de conduire les investigations sur les violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire depuis le 28 novembre 2010 (date du second tour de la présidentielle) rendra jeudi son rapport au Conseil de sécurité, a appris DirectScoop.

Selon certaines indiscrétions, ce rapport pourrait citer nommément « des responsables présumés de haut rang, et apporter les premiers éléments de preuves pour une éventuelle procédure devant la justice internationale. » Un pas qu'ont déjà franchi les organisations internationales de droit de l'homme.

Dans son rapport rendu public le 2 juin, Human Right Watch parle d' « exécutions extra-judiciaires » auxquelles auraient participé de façon active les chefs de guerre, Chérif Ousmane et Ousmane Coulibaly.

Amnesty Internationale, quant à elle, a estimé dans son rapport du 27 mai qu'à partir du moment où « les liens de subordination entre les forces armées des Forces nouvelles et Alassane Ouattara ont été définitivement éclaircis [par décret présidentiel pris le 17 mars et créant les FRCI, nouvelle armée sensée réunir la rébellion des Forces Nouvelles et les Forces de Défense et de Sécurité] », celui-ci devrait assumer « la responsabilité de tous les actes commis ou tolérés par ces forces armées ».

La Commission dirigée par le thaïlandais Vitit Muntabhorn assisté de la béninoise Reine Alapini Gansou et du soudanais Souleïmane Bado, a conduit ses recherches sur le terrain, pendant un mois, voyageant à travers le pays à la rencontre des victimes ou autres survivants des massacres.

Elle avait pour mandat  de mener une « investigation sur les faits et les allégations de violations des droits de l'hommes commis en Côte d'Ivoire suite à l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 dans le but d'identifier les responsables de crimes graves et de les traduire en justice».


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BURKINA FASO : LES FORCES SPECIALES DE COMPAORE INTERVIENNENT CONTRE DES MILITAIRES MUTINS


BOBO DIOULASSO - Des éléments de la sécurité du président burkinabè Blaise Compaoré sont intervenus vendredi matin à Bobo Dioulasso (sud-ouest), contre les militaires mutins, a constaté un correspondant de DirectScoop.

Selon des habitants, des hommes du Régiment de sécurité parésidentielle (RSP), qui avaient rejoint la ville dans la soirée, sont passés à l'action aux environs de 10 heures.

Ils « ont pratiquement encerclé le camp, ils occupent toutes les voies qui mènent au camp et sont entrés pour chercher les militaires qui y sont », a déclaré un résident.

« J'ai vu des éléments du RSP qui tiraient en l'air en allant vers le camp. On a vraiment peur », a ajouté un autre.

Des « tirs d'arme lourde » retentissaient vers le gouvernorat et l'hôpital, non loin du camp Ouezzin Coulibaly où sont basés les mutins, selon un témoin.

C'est la première fois, depuis le début de la grogne des militaires en mars, que le Blaise Compaoré emploie la manière forte pour mater l'une des protestations des militaires, généralement motivées par des revendications financières.

Le Burkina Faso est en proie depuis le mois de février à une crise sociale généralisée. Amorcée par les élèves et étudiants suite au décès dans des conditions non encore élucidées de l'élève Justin Zongo, elle a fini par gagner toutes les autres couches jusqu'aux militaires de la garde prétorienne.

Cette crise avait conduit fin avril à la nomination d'un nouveau gouvernement dans lequel le porte-feuille revenait au Président Compaoré et dirigé par Luc-Adolphe Tiao en remplacement de Tertius Zongo.

Arrivée au pouvoir suite à un coup d'état sanglant qui emportera le père de la révolution en 1987, Thomas Sankara, Blaise Compaoré s'est fait réélire, dans un contexte électoral controversé, pour la 4ème fois. L'opposition exige son départ.


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SENEGAL : «WADE DOIT QUITTER LE POUVOIR AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD» (LEADER D'OPPOSITION)


DAKAR - Le leader du Rassemblement des travailleurs africains / Sénégal (Rta-S), Momar Samb, a reclamé samedi, dans un communiqué, le départ de Wade pour permettre au Sénégal d'avoir une stabilité.

« Il faut tourner le dos définitivement à l'illusion selon laquelle Wade peut entendre la douleur du peuple » a-t-il laissé entendre.
Pour Momar Samb, Abdoulaye Wade entend, au prix de la violence et du meurtre, dérouler son plan machiavélique pour se maintenir au pouvoir contre la volonté populaire.

« Abdoulaye Wade prépare pour la Présidentielle de 2012 un hold-up électoral » mentionne le communiqué.
Momar Samb et ses camarades ont demandé immédiatement le retrait des décrets de redécoupage administratif des collectivités locales.



Source: DIRECTSCOOP.NET

jeudi, 02 juin 2011

LE NOUVEAU GOUVERNEMENT SORO EST DESORMAIS CONNU: VIVE LE DIOULA POWER!


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Le nouveau gouvernement Soro, sous l'ère ADO, a été formé mercredi soir. Il comprend 36 membres dont seulement 5 femmes et 17 nordistes (près de la moitié de l'effectif!): La République des Dioula ou le Dioula Power? Le PDCI-RDA n'aura finalement pas eu son Premier Ministre, ni même un nombre raisonnable et suffisant de portefeuilles ministériels, à la mesure et à la hauteur de son engagement pour Alassane Ouattara. Exit Wodié, exit Anaky! Ainsi vont les alliances politiques au sein du RHDP!


Premier Ministre, Ministre de la Défense : SORO Kigbafori Guillaume

Ministre d'Etat, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice : Me Jeannot Kouadio AHOUSSOU

Ministre d'Etat, Ministre de l'Intérieur : Hamed BAKAYOKO

Ministre d'Etat, Ministre des Affaires Etrangères : Daniel Kablan DUNCAN

Ministre d'Etat, Ministre de l'Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité : Gilbert Kafana KONE

Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement : Albert Toikeusse MABRI

Ministre de l'Economie et des Finances : Charles Koffi DIBY

Ministre de l'Industrie : Moussa DOSSO

Ministre des Infrastructures Economiques : Patrick ACHI

Ministre des Mines, du Pétrole et de l'Energie : Adama TOUNGARA

Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA : Prof. Thérèse Aya N'DRI-YOMAN

Ministre de l'Education Nationale : Kandia Kamissoko CAMARA

Ministre de la Fonction Publique et de la Reforme administrative : Konan GNAMIEN

Ministre de l'Artisanat et de la Promotion des PME : Sidiki KONATE

Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : CISSE Ibrahima

Ministre des Ressources Animale et Halieutiques : Kobena Kouassi ADJOUMANI

Ministre de l'Agriculture : Mamadou Sangafowa COULIBALY

Ministre du Commerce : Dagobert BANZIO

Ministre de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : Albert FLINDE

Ministre chargé des Droits de l'Homme et des Libertés publiques : Gnenema COULIBALY

Ministre de la Culture et de la Francophonie : Maurice Kouakou BANDAMA

Ministre de la Famille, de la Femme et de l'Enfant : Mme Raymonde Goudou COFFIE

Ministre de la Communication : Souleymane Coty DIAKITE

Ministre de l'Environnement et du Développement durable : Remi Kouadio ALLAH

Ministre du Tourisme : Charles Aké ATCHIMON

Ministre de la Construction, de l'Assainissement et de l'Urbanisme : Mamadou SANOGO

Ministre des Sports et Loisirs : Philippe LEGRE

Ministre de la Poste et des Technologies de l'Information et de la Communications : Bruno Nabagné KONE

Ministre des Transports : Gaoussou TOURE

Ministre des Eaux et Fôrets : Clément Bouéka NABO

Ministre chargé de l'Intégration africaine : Adama BICTOGO

Ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique : Alain Michel LOBOGNON

Ministre de la Promotion du Logement : Mme Nialé KABA

Ministre chargé des ex-Combattants et des Victimes de guerre : Mathieu Babaud DARRET

Ministre de la Salubrité urbaine : Anne Désirée OULOTO

Ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de la Défense : Paul Koffi KOFFI

 

BLE GOUDE N'EST PAS MORT: VOICI SA LETTRE AUX IVOIRIENS DEPUIS SON LIEU DE CACHETTE, DANS UN PAYS ETRANGER



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Tous ceux qui rêvent de voir Blé Goudé, ministre de la Jeunesse et des Sports du Président Gbagbo, passer de vie à Trépas doivent encore ronger leur frein. Le leader de la Galaxie patriotique est bel et bien vivant et s'est rappelé au bon vouloir des ivoiriens et des nouvelles autorités ivoiriennes en s'adressant à son peuple, sans distinction d'ethnie, de religion, d'appartenance politique, pour simplement leur dire qu'il est meurtri par toutes les souffrances qui leur sont infligées par le gouvernement d'Alassane Ouattara et sa branche armée des FRCI.

Il annonce que bientôt, il donnera des indications claires et précises pour la poursuite de la lutte.

Pour l'heure, il veut simplement dire aux ivoiriens qu'il se porte bien, et s'organise avec tous ses camarades de la galaxie patriotique, qui ont réussi à s'exiler dans différents pays, pour que bientôt, la démocratie et l'Etat de droit soient de retour en Côte d'Ivoire.

Il pardonne à tous ceux qui ont trahi le Président Gbagbo pour des postes politiques.
Ces derniers sont atteints du syndrome de l'allégeance et de la ''postophilie''.

Ce sont des nomades politiques sans conviction, qui sont intéressés par leur confort matériel, et qui sont aussi touchés par la furie des FRCI, qui balaient tout sur leur chemin.


Christian Vabé


Mes chers compatriotes,


Je suis vivant!

Si certains ont souhaité ma disparition physique, d'autres, plus nombreux certainement, aimeraient me voir en vie afin que je puisse participer au débat politique dans notre pays, la Côte d'Ivoire.

Dans tous les cas, cette situation m'aura permis d'expérimenter la symbolique des funérailles du vivant dont me parlait souvent mon grand-père.

En effet, vivant, j'ai assisté à mes funérailles à plusieurs reprises. Je sais que toutes les tentatives des uns et des autres pour me tuer sinon physiquement, à tout le moins médiatiquement, sont la preuve de l'intérêt qu'ils portent à ma personne et à notre combat.

A ceux qui ont jubilé à l'annonce de ma prétendue mort, je souhaite longue vie. La vie humaine est sacrée. Toutes nos croyances ne nous enseignent- elles pas que nul ne doit ni souhaiter ni fêter la mort de son prochain, fût-il son pire ennemi? Et dire que parmi ceux qui ont jubilé à l'annonce de ma "mort" se trouvent certains individus se targuant d'avoir été mes collaborateurs (?)

Je voudrais inviter ces papillons politiques toujours à la recherche du nectar à méditer les paroles suivantes: " ce sont les abeilles qui produisent le miel".

A vous qui, jusqu' à cette adresse, portiez dans la tristesse et le silence le ''deuil'', soyez rassurés, je suis bel et bien vivant!

Mes chers compatriotes,

Je sais tout ce que nous subissons dans nos quartiers, nos villages, nos campements, nos différents lieux de travail...
Je sais que des villages entiers ont été incendiés, obligeant de nombreuses populations paysannes à trouver refuge en brousse.

Je sais que, invitées à reprendre le service, les forces de l'ordre formées par l'Etat de Côte d'Ivoire sont traquées, humiliées voire assassinées. La dernière trouvaille serait de payer leurs salaires désormais de la main à la main. Du jamais vu!
Je sais que pour échapper à la furie des tortionnaires, de nombreux Ivoiriens sont aujourd'hui refugiés dans des pays voisins sans le moindre sou.

Le fait d'avoir battu campagne pour La Majorité Présidentielle (LMP) étant désormais considéré comme un crime dans notre pays, nous continuons de subir des exactions de tout genre.

Chaque jour, d'honnêtes citoyens sont pris en otage. Les plus chanceux sont libérés moyennant une rançon dont le montant varie selon les humeurs de leurs bourreaux.

Il ne se passe un seul jour sans que nous ne soyons dépossédés de nos biens. Les véhicules, les appareils électroménagers, les fauteuils sont emportés au nom de la démocratie. Même les casseroles, les verres, les cuillères n'échappent pas à leur appétit.

Je sais aussi que certains Ivoiriens, malgré leur appartenance au RHDP, ont vu leurs biens, fruits de plusieurs années de durs labeurs, emportés ; d'autres ont même été tués.

Sous le fallacieux prétexte de recherche de caches d'armes, ils tuent, violent et traumatisent impunément.

Mes chers compatriotes,

Voici autant d'actes qui sont en total déphasage avec l'esprit de réconciliation dont notre pays a plus que jamais besoin; réconciliation dont j'avais déjà ouvert les chantiers à travers plusieurs actions pour tenter de réduire la fracture sociale déjà trop profonde. Souvenons-nous de la Caravane de la Paix.

En clair, au-delà des slogans, la réconciliation doit se traduire en actes concrets surtout quand l'on sait que le président Gbagbo et plusieurs de ses compagnons sont illégalement incarcérés et isolés dans le nord de la Côte d'Ivoire.

En outre, notre pays, atteint du syndrome de l'allégeance et de la ''postophilie'', enregistre le retour de caméléons politiques qui se vantent d'avoir prédit ce que nous vivons aujourd'hui.

Ces nomades politiques sans conviction accusent aujourd'hui le président Gbagbo de tous les maux d'Israël.
Comme vous le savez, chers concitoyens, quelle que soit la virulence d'une épidémie elle ne contamine jamais tout le monde. C'est pourquoi, je voudrais rassurer mes frères Ivoiriens et Africains que dans ce capharnaüm, je demeure lucide.

Mes chers compatriotes,

Dans cette douloureuse épreuve, sachons rester dignes et solidaires. A ce stade de mon propos, je voudrais remercier tous ces Africains et Africaines pour leur soutien à cet autre virage dans l'histoire de notre continent. Point n'est besoin de douter car dans cette montagne de désespoir doit nécessairement se creuser un véritable tunnel d'espérance pour le bonheur des générations futures.

En ce qui concerne les sujets qui engagent la vie et l'avenir de notre pays, la COTE D'IVOIRE, je me prononcerai prochainement.

Je suis vivant!

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.


Charles Blé GOUDE.


NB: Lien audio de son message à la nation:
http://www.ivoirebusiness.net/?q=node/3966



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INTERVIEW - GADJI CELI, PCA DU BURIDA : « VOICI MES CONDITIONS POUR RENTRER AU PAYS »


Suite à la crise postélectorale ivoirienne, de nombreux artistes ont quitté la Côte d'Ivoire pour trouver refuge dans les pays limitrophes. Joint au téléphone le lundi 30 mai 2011 depuis son exil forcé qui l'a conduit successivement au Bénin puis au Ghana, Gadji Céli, Président du Conseil d'Administration (PCA) du Burida crache ses vérités et répond aux préoccupations des uns et des autres.

M. le PCA Gadji Céli, le vendredi 20 mai dernier, le personnel du Burida a failli débrayer parce qu'il leur a été communiqué que depuis Accra vous avez exigé à M. Guédé Sauret le directeur des affaires administratives et financières (DAF) de ne pas payer les salaires. Que cache cette décision ?

Chacun a envie de parler sinon ce n'est pas ce que j'ai dit. Ce n'est pas ce qui s'est passé. Le Directeur Général du Burida (Ndlr ; Michel Baroan) était malade. On m'a fait savoir que nous venions de recevoir un chèque de l'Onuci. J'ai mis à Abidjan deux intérimaires que sont Coulibaly Adama et Ahmed Souaney par rapport à la situation qui a prévalu. Comme ce sont les deux administrateurs, j'ai préféré me faire représenter par eux. En attendant la situation de mon retour. On m'a dit qu'ils ont reçu l'argent. Le DAF a montré le chèque aux employés. Donc, n'arrivant pas à joindre le Directeur Général qui était hospitalisé, j'ai donc appelé le DAF pour lui demander de dire au directeur général de s'arranger s'il va mieux, de tenir une réunion avec les représentants actuels, quelques membres du conseil d'administration et le bureau de la direction pour que tout le monde sache la décision à prendre sur les entrées que le Burida a pu avoir pendant la période de crise. Vous savez au Burida, il y a tellement de bruits. Tout le monde pense qu'il a le droit de parler. Chacun dit ce qu'il a envie de dire. Et comme la presse est à la recherche du scoop, elle fait parler presque tout le monde. Ça devient une cacophonie. Dès que quelqu'un vient vous soumettre un dossier sur le Burida, même s'il n'est pas habileté à parler, vous le faites parler. J'ai demandé qu'avant le paiement des chèques, tout ce corps que j'ai cité un peu plus haut se retrouve et qu'il décide ensemble de la répartition de ce qui a été collecté dans cette situation de crise postélectorale. Parce qu'au Burida, il n'y a pas que les employés à payer. Il y a aussi les droits d'auteurs des artistes à payer. Quand on touche de l'argent comme, c'est le cas, il y a des droits d'auteurs des artistes à payer. En dehors des droits d'auteurs des artistes, il y a aussi les fournitures, les charges fixes, etc. Donc beaucoup de choses à faire. Pour que les percepteurs aillent sur le terrain pour collecter les fonds, il faut payer le carburant pour leurs véhicules, pour qu'ils aillent travailler. Ce sont là des charges fixes. Quand l'argent arrive, pour ne pas que demain ça soit comme l'argent de l'Onuci qu'on avait touché il y a très longtemps et qui a fait du bruit - on ne sait pas trop pourquoi - j'ai alors demandé qu'il y ait cette réunion avant de libérer les chèques. De cette façon, tout le monde saura ce à quoi l'argent va servir. Est-ce mauvais ? Voici tout ce que j'ai dit.

Est-ce que vous êtes en droit après que vous ayez commis des intérimaires de commanditer une telle consigne?

La situation est spéciale. J'entends par-ci et par-là qu'on veut faire la grève. Alors qu'on sait bien que pendant quatre ou cinq mois, on n'a pas travaillé en Côte d'Ivoire. C'est la mauvaise foi qui entraîne les gens à vouloir faire la grève. A situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle ! C'est parce que la situation n'était pas normale, depuis le début de ce mois (Ndlr ; mai) que j'ai demandé que tout le monde soit présent pour savoir de quoi il s'agit. C'est tout ! Quand vous me demandez si cette décision devrait venir de moi, c'est-à-dire que vous préférez que le directeur fasse ce qu'il a à faire. C'est normal ! Mais quand le directeur général fait ce qu'il a à faire, il y a du bruit dans les couloirs. On dit : «On a volé l'argent. On a fait ceci ou on a fait cela ». C'est pourquoi, je lui ai dit : « Appelez tout le monde avant de faire la répartition». Cela revient au même, ce n'est pas une décision pour bloquer les salaires. C'est une décision pour que tout le monde soit éclairé sur l'affaire.

En procédant ainsi, n'est-ce pas faire le travail du DG à sa place?

Pourquoi voulez-vous que je fasse le travail du DG à sa place ? Il fait son travail. Le DG voulait signer les chèques sans qu'il n'ait eu une réunion avec les administrateurs. Je lui ai dit : «Faites la réunion avant de signer les chèques». Je suis tout de même le président, je peux parler avec le DG ! Je peux aussi réunir des collaborateurs pour discuter sur certains points qui lient les employés et le conseil d'administration ! Le travail du DG est de signer les chèques pour payer les salaires des gens. Je peux dire : «réunissez-vous, entendez-vous sur comment vous allez faire pour payer les salaires des gens». Puisque c'est une situation exceptionnelle et on doit plusieurs mois de salaires aux employés et aux artistes. Mais à partir du moment où il y a des grognes dans cette structure, je suis interpellé. Donc, à partir de cet instant, je peux donc intervenir sur certains faits.

Quand est-ce que les agents du Burida pourront percevoir leurs salaires ?

Les agents ont commencé déjà à être payés. Il était question qu'on réunisse les gens et qu'on s'entende sur le mode de paiement. Qui doit être payé dans cette période ? Qui doit attendre ? Est-ce les fournisseurs ? A partir du moment où le DG est malade, on peut essayer de le suppléer. Ne pensez pas qu'on veut prendre sa place. Il fait très bien son travail et je voulais tout simplement que les gens s'asseyent autour d'une table pour discuter pour ne pas qu'il y ait des dissensions.

Vous en parlez tantôt, il y a un an, l'Onuci avait octroyé de l'argent au Burida qui a fait du bruit. Que devient cet argent ?

Mais pourquoi voulez-vous que je vous parle d'une somme d'argent qui nous a été donnée il y a un an ? Ce sont des choses qu'on gère au quotidien. Le DG gère les affaires au quotidien. Ce n'est même pas normal que le DG montre au personnel l'argent qui est rentré. La structure vit et nous ne sommes pas une structure comme les autres. Le Burida n'est pas une structure comme la RTI. Le Burida est une structure spéciale. Parce que dans les structures quand il y a une entrée d'argent, on paye et les employés et les charges fixes. Mais, au Burida quand l'argent rentre, quand on a payé les employés, quand on a résolu la question des charges fixes, il faut maintenant payer les artistes. Vous comprenez que ce n'est pas la même chose. Le Burida est une structure pas comme les autres. Si vous parlez de l'argent de l'Onuci, il faut aussi parler de l'argent des maquis et autres. C'est aussi de l'argent qui rentre.

Qu'en est-il des droits d'auteurs aujourd'hui ?

Seul le directeur général peut vous répondre. La liste de tous les artistes qui ont été payés se trouve au Burida. Tous ceux qui touchent de l'argent émargent. Je suis surpris de savoir que les gens parlent de grève ! Avant l'élection présidentielle, il y a eu deux mois de délestage, pendant lesquels on n'a pas fait les recettes qu'il fallait. Nous ne faisons pas de bénéfices. On encaisse le jour le jour. Avant les élections, on a eu un retard. On voulait le rattraper en décembre (Ndlr ; 2010) parce que ce mois a toujours été notre mois phare. C'est en décembre qu'on fait nos plus grands chiffres. Le Directeur Général s'apprêtait donc à mettre en place une stratégie pour faire le maximum en novembre et décembre. Alors on avait un seul mois de retard qu'on allait rattraper en décembre. Le mois de décembre dernier, on a fait pratiquement cent quarante-deux millions (142.000.000 Fcfa) de recettes. Malheureusement, il y a eu des problèmes d'élections en Côte d'Ivoire. Et tout était bloqué. C'est pour cette raison que le mois de retard que nous avons accusé est resté. Cela fait quatre mois de retard. Pour ça j'entends dire : «on doit beaucoup d'argent. Il a volé l'argent». Il faut arrêter tout ça. Depuis qu'on a commencé au Burida, on a payé les salaires jusqu'à ce que le délestage vienne nous faire un décalage. Non seulement on a payé les salaires mais aussi les droits d'auteurs des artistes. Tout cela est dans les fichiers des ordinateurs au Burida. Celui qui a envie de savoir se rende là-bas. On lui fera le point.

En demandant qu'il y ait une réunion, ne pensez-vous pas que vous jetez votre collaborateur en pâture parce que des agents réclameraient sa tête ?

Pourquoi les gens demandent la démission du Directeur Général (Ndlr ; Michel Baroan) ? Ce dernier, dès qu'il est arrivé, a déjà perçu de l'argent de la part de l'Onuci. Quand il n'était pas là, il n'y avait pas d'argent. On a demandé aux employés d'aller travailler sur le terrain pour ramener de l'argent et être payés. On n'a pas vu l'argent. Ceux qui viennent vous parler, il faut leur demander s'ils travaillent à faire entrer de l'argent au Burida. Parce que leur mission est de travailler pour faire entrer de l'argent. Pour qu'on paye les artistes et verser leurs salaires. S'ils font entrer de l'argent, on va les payer ! Même dans le mois de décembre (Ndlr ; 2010), janvier et février, le DG a dit : « Tout l'argent que vous allez faire entrer, c'est à vous qu'on va le reverser. On a suspendu pour le moment le paiement des droits d'auteurs des artistes. Parce que la plupart des artistes étaient sortis du pays. Pendant cette période où tout était fermé, personne d'autre ne pouvait venir se plaindre.
Pourquoi forcent-ils le DG à partir ? Le DG n'a pas dit qu'il ne les paie pas. Même quand le DG finit de les payer, ils vont dehors dire qu'on leur doit de l'argent. Donc, j'ai demandé qu'ils s'asseyent pour parler de la répartition de cet argent (Ndlr ; droit d'auteur versé par l'Onuci le 23 mai 2011) pour que tout le monde soit au même niveau d'information. Pourquoi sont-ils fâchés contre lui ?

Aujourd'hui, dans la destruction des symboles de l'ancien régime, la ''Sorbonne au Plateau'', l'un des bastions de la commercialisation des Cd piratés a été détruite. Quel est votre regard sur cet état de fait ?

Je suis au firmament du combat de la lutte contre la piraterie. Dire qu'un acte de cette portée vient éradiquer ce fléau, ça ne peut que me faire plaisir ! Maintenant, il faut que la piraterie disparaisse en Côte d'Ivoire.

Quelle lecture faites-vous de l'actualité sociopolitique en Côte d'Ivoire depuis le Ghana ?

Je ne suis pas en Côte d'Ivoire ! Je ne sais pas comment ça se passe. Mais, je crois savoir qu'on parle plus de réconciliation et j'ai déjà pris contact avec Tiken Jah. Qui déborde de sagesse et qui a un discours réconciliateur. Je pense que les autres artistes feraient mieux de suivre la voie que Tiken Jah a choisie. Pour qu'on se retrouve tous pour ramener la paix dans notre pays.

Tiken Jah a pris le taureau par les cornes en se lançant à fond dans la réconciliation nationale. Qu'en pensez-vous exactement ?

Je pense que c'est une bonne chose. Je l'encourage. De toutes les façons, Tiken Jah n'a jamais trahi ce que nous avons pensé de lui. J'ai donné mon accord à mon frère (Ndlr ; Tiken). Parce que nous les artistes, notre rôle premier c'est d'amener les gens à s'entendre. C'est d'amener notre pays à éclore et non de diviser les gens. C'est en cela que je le félicite et je salue aussi Fadal Dey (Ndlr ; à Bamako et administrateur au Burida) qui m'appelle souvent pour qu'on en discute.

Est-ce à dire que vous reconnaissez la responsabilité des artistes ivoiriens dans la crise postélectorale en Côte d'Ivoire ?

Oui ! Sans les artistes beaucoup des choses ne se feraient pas. En Côte d'Ivoire, les artistes ont joué un très grand rôle pour ramener un tant soit peu la paix. Je pense qu'il faut s'appuyer sur le monde artistique pour gagner les cœurs meurtris des Ivoiriens.

Vous dites avoir donné votre position sur le processus de réconciliation en Côte d'Ivoire à l'artiste Tiken Jah. Quelle est la quintessence de ce message ?

Le discours de Tiken Jah est rassembleur et réconciliateur. Il faut faire attention à ceux qui sont dans une autre logique. Parce que la Côte d'Ivoire doit renaître. Tiken Jah de par ce discours-là a compris et je l'en ai félicité. Il a essayé de joindre pratiquement tous les artistes un peu partout pour leur expliquer sa vision. Je pense que lui et moi sommes en phase.

Si tant est que vous vous inscrivez dans le processus de réconciliation nationale, à quand votre retour sur les bords de la lagune Ebrié ?

Vous savez qu'actuellement je n'ai aucun endroit où déposer mes valises à Abidjan. Je suis en train de voir comment relooker cette maison qui a été totalement mise à sac (Ndlr ; aux II Plateaux). Si je suis dans mon pays et que je dors à l'hôtel, ce n'est pas la peine !

Qu'est-ce qui vous a amené à quitter votre pays ?

Il y a que des gens sont venus s'installer dans ma maison. Ils sont restés longtemps. Les habitants de mon quartier sont là, ils peuvent en témoigner. Depuis, je n'y avais pas accès. J'ai erré un peu partout à Abidjan avant de sortir.

Pourquoi selon vous est-ce votre habitation qui a été ''prise en otage'' ?

Je ne sais pas. Vous n'allez pas demander à toutes les victimes à quoi ces occupations illicites répondent ? J'ai fait le constat que j'étais menacé. Je me suis mis à l'abri pour le moment en attendant que les choses s'arrangent. C'était une décision sage de ma part.

Votre retour est donc conditionné par la réhabilitation de votre domicile. N'est-ce pas ?

Dès que les choses se seront arrangées, je reviendrai au pays.

Quel message souhaiteriez-vous adresser aux nouvelles autorités ivoiriennes ?

Je pense que ces artistes-là sont allés travailler. Parce que la musique ivoirienne s'exporte. Les œuvres ivoiriennes sont regardées à la Télé partout. Et donc, voyant que la situation était un peu difficile en Côte d'Ivoire. Tous les espaces culturels étaient fermés. Il n'y avait plus de ''gombo''. C'est tout à fait normal que les artistes aillent travailler ailleurs. Les artistes qui sont sortis, sont au travail. J'ai entendu dire que les artistes ont fui. Non ! N'utilisez pas ce mot, les artistes sont allés travailler ailleurs.

Quelle adresse pouvez-vous donner à l'attention des employés du Burida ?

Je demande aux agents de comprendre la situation du pays et de savoir qu'ils sont notre priorité. Et quand il y aura une possibilité, c'est à eux qu'on fera signe. Aujourd'hui, il y a une entrée d'argent, on ne parle même pas des droits d'auteurs des artistes. Alors que les employés ont été mis en mission par les artistes. Ce sont les artistes qui ont employé des gens pour collecter leur argent sur le terrain. Maintenant, ce sont les employés qui se plaignent. Je leur demande de mettre balle à terre.

Que répondez-vous aux langues qui soutiennent que vous refusez de payer les salaires pour vous assurer un séjour bohémien à Accra ?

(Rires). Les employés qui disent cela ne connaissent pas l'histoire de la Côte d'Ivoire. Je suis Gadji Céli ! Je ne suis pas un parvenu. Il y a un an que je suis au Burida. J'ai 50 ans d'âge aujourd'hui. Ça fait 49 ans que je vis. Je n'étais pas au Burida pendant 49 ans. Je ne sais pas si les gens du Burida m'ont pris dans les rues en train de mendier.

Quel est alors le quotidien de Gadji Céli en ce moment à Accra ?

Je reçois des Western Union de la part des fans depuis Paris (Ndlr ; France) et ailleurs. Le jour où je reviendrai au pays, je viendrai avec toutes les pièces justificatives. Autant les employés n'ont pas touché leurs salaires, autant moi aussi je n'ai pas touché mon salaire. On est tous dans le même cas. Chacun essaie de vivre comme il peut.



In le quotidien L'intelligent d'Abidjan. Interview réalisée par Patrick Krou depuis Accra - Ghana par téléphone.



Source des articles: IVOIREBUSINESS.NET

mercredi, 01 juin 2011

POURQUOI ALASSANE OUATTARA NE PEUT PAS RECONCILIER LES IVOIRIENS

 

ALASSANE OUATTARA.jpeg

 

Après la capture (et non la « capturation » comme l'a dit la Ministre pro-Ouattara de l'Education Nationale, Kandia Camara) du président Gbagbo par les forces spéciales françaises et sa mise à la disposition des FRCI, le nouvel homme fort d'Abidjan, Alassane Dramane Ouattara, n'a de cesse de clamer à l'envi que les Ivoiriens doivent se réconcilier. Il promet y travailler personnellement - ce qui est une bonne chose - mais là où se trouve le hic de l'affaire, c'est que ses actes nous renvoient un tout autre message et finissent de nous convaincre qu'il ne pourra pas réconcilier les Ivoiriens. Décryptage :


1-      Le Président Gbagbo, son épouse et 102 autres personnes sont illégalement incarcérés à Korhogo, Odiénné, Séguéla et Bouna, sans aucun chef d'accusation. Ils croupissent dans des geôles mal famées, pire que des camps de concentration et sont malmenés, interdits de visite et de soins de qualité. Sans compter tous ceux qui sont partis en exil, comme Charles Blé Goudé et bien d'autres. Les ONG et médias internationaux généralement si prompts à hurler avec les loups pour les moindres faits (surtout quand il s'agissait de Gbagbo), sont subitement devenus aphones. Il faut bien se le dire, Laurent Gbagbo a été élu par plus de 51% des Ivoiriens, n'en déplaise aux loges maçonniques qui ont installé de force Alassane Ouattara et aux partisans de la violence politique du RHDP. Tant qu'il sera donc en prison avec son épouse et ses collaborateurs, la paix en Côte d'Ivoire ne sera que très provisoire et factice, et la réconciliation, une vue de l'esprit. Libérer Gbagbo serait un geste majeur de restauration du tissu social déchiré et de réconciliation. Malheureusement, Alassane Ouattara, semble-t-il, le redoute trop pour le laisser en liberté et, surtout, faire de la politique. Il est trop heureux de les avoir vaincus avec l'aide de Sarkozy et il cache très mal son bonheur de les voir brisés et en prison. C'est un vindicatif, on n'y peut rien. Il n'est pas rassembleur. Tout l'opposé de Laurent Gbagbo. C'est d'ailleurs ce qui le perdra. Qu'il assume son coup d'état plutôt que de s'agripper à une légitimité électorale et constitutionnelle usurpée. Dans aucune république digne de ce nom de telles exactions ne peuvent avoir cours. Sauf dans un régime d'exception comme le sien, issu d'un putsch.

2-      Alassane Ouattara a nommé à la tête de la Commission Vérité et Réconciliation, un cacique de son camp, le Premier Ministre Charles Konan Banny. Un homme aussi marqué politiquement qui a été l'un des pires adversaires de Laurent Gbagbo trouvera-t-il le détachement nécessaire pour être neutre, impartial et rassurant pour La Majorité Présidentielle qui a justement beaucoup à dire sur les exactions et les crimes d'épuration des FRCI et d'Alassane Ouattara ? Impossible ! Il faudra donc s'attendre à une foire RHDP où ne se présenteront que les supposés victimes de Gbagbo. Nous le croyons avec une conviction absolue : ce forum sera une grosse farce pour se donner bonne conscience et prétendre avoir rapproché les Ivoiriens ; il ne sera, en réalité, qu'un procès en règle contre le Président Gbagbo pour justifier qu'il soit traduit devant la CPI, en lieu et place des bourreaux des Ivoiriens.

3-      Aucune réconciliation ne peut se faire sans l'armée ivoirienne et les FDS, qui ne font pas moins de 50.000 hommes et femmes en armes. A en croire un journal français qui interrogeait l'un des responsables des FRCI, seulement 20% de cette armée a repris le service. Où sont donc passés les 80 autres pour cent ? En clair, 40.000 soldats armés et bien entraînés sont dans la nature, dont un bon nombre à l'étranger avec le Com-Théâtre Konan Boniface, un redoutable marins (prononcer en anglais). Au point où se sont des FRCI analphabètes et en tenue bigarrées, fortement appuyés par les forces françaises (vous avez dit occupation et recolonisation ?) qui assurent la sécurité présidentielle et, prétendument, celle des citoyens, avec en prime pillages, exactions, chasse à l'homme et assassinats. Pourquoi l'armée ivoirienne, à part quelques officiers supérieurs, n'a-t-elle pas encore fait allégeance à ADO, deux mois après la chute de Laurent Gbagbo ? Tout simplement parce qu'elle ne se reconnaît pas en lui. Depuis le carnage qu'il a mené contre elle en 2002, à Abidjan, Bouaké et Korhogo. D'ailleurs, les quelques-uns qui se sont hasardés à la reddition aux premières heures, se sont faits exécuter par les FRCI. Le message a été donc très clair et il est encore valable aujourd'hui : On ne peut faire confiance à Ouattara. Leurs camps et casernes sont, au surplus, occupés par les FRCI qui paradent avec leurs tenues et galons à Abidjan et eux, ceux qui ont fait acte de reddition s'entend, sont obligés de se mettre en civil et de se trouver d'autres logements. Mauvais signal envoyé aux FDS. Monsieur Ouattara qui, il faut l'avouer, est très peu doué en politique, ne comprend pas encore que ce sont ces erreurs-là qui vont mettre fin prématurément à son règne, s'il ne les corrige. Qui vivra verra !

4-      Bien des églises protestantes et évangéliques ne peuvent plus tenir de cultes à Abidjan parce que menacées par les FRCI. Des pasteurs sont activement recherchés, certains ont abandonné leurs églises et sont en exil au Ghana (j'en connais personnellement), quand d'autres se terrent de maison en maison pour ne pas se faire prendre. Un d'entre eux a été assassiné à Duékoué et de nombreux autres ont été sévèrement battus, séquestrés et dépouillés à Abidjan, comme par exemple à l'Eglise des Assemblées de DIEU d'Adjamé et à l'Eglise Baptiste Œuvres et Missions Internationales de Yopougon. Après des actes aussi graves qui créent une fracture sociale et religieuse, un seul mot aurait suffi pour la réconciliation : « Pardon ! ». Que nenni ! Cette noblesse-là, il ne faut pas la demander à Ouattara. Il ne faut donc rien attendre de lui. Il plane au 7ème ciel à l'idée de faire juger tout le monde et d'avoir tout le monde à sa merci.

5-      Les artistes chanteurs, musiciens et comédiens peuvent constituer un canal puissant pour l'apaisement social. Malheureusement pour Alassane Ouattara, la grande majorité d'entre eux est pro-Gbagbo et donc recherchée. Au lieu d'œuvrer à les rassurer pour les intégrer au processus de réconciliation, on continue de les traquer. En lieu et place, on fait passer sur TCI, uniquement des artistes RHDP, comme Noël Douré, pour des messages sans emprise ou comme Tiken Jah Fakoly, soutien indéfectible et tuteur des rebelles aux premières heures de la crise ivoirienne, au Mali, et d'Asalfo des Magic System qui ne cache pas sa nationalité burkinabé. Impact : Zéro ! Encore un manque de flair politique déroutant et déconcertant !

6-      Un autre indice nous convainc que l'avènement du pouvoir Ouattara n'a pas été du fait des Ivoiriens et qu'il sera difficile de les conduire à la réconciliation : la prise de pouvoir de Ouattara s'est faite sans éclats de joie, sans allégresse, sans liesse populaire, preuve on ne peut plus irréfutable qu'il n'est pas le choix de cœur du peuple de Côte d'Ivoire. Aujourd'hui une atmosphère lourde pèse sur Abidjan, depuis le départ de Gbagbo. Les Ivoiriens, bons vivants, polémistes à souhait et fêtards pleins d'humour ont perdu le sourire et de leur superbe, rasent désormais les murs, n'osent plus s'exprimer en public sur des sujets politiques (ce qu'ils affectionnaient particulièrement), de peur de se faire tuer et hantent nos rues clairsemées (autrefois grouillantes de monde et d'activité) comme des zombies. Quant aux travailleurs, ils n'ont plus le cœur à la tâche. Ils font simplement acte de présence, pour la plupart. Y a-t-il preuve plus grande de l'attachement d'un peuple à son président et de la majorité électorale de Laurent Gbagbo sur ses adversaires ? Abidjan s'est arrêtée de vivre. On n'a plus l'impression de vivre en Côte d'Ivoire. Plus de RTI, plus de presse bleue (à part Notre Voie du FPI, réapparu il y a quelques jours grâce à Mamadou Koulibaly, qui confirme la règle), plus de CRS, plus de BAE, plus de CECOS, plus de débat politique franc et ouvert nulle part, plus de pluralité d'opinion, plus de joie de vivre, plus de liberté. Rien que la pensée unique triomphante. En clair, la Côte d'Ivoire a disparu, au détour d'un coup d'état de la France. Les Ivoiriens le pardonneront-ils à ADO ? Pas si sûr !

7-      La Côte d'Ivoire n'a plus de tribunaux. Les prisons ont été vidées de leur monde par les FRCI et brûlées pour l'essentiel. Les magistrats sont quasi au chômage. Les palais de justice et sections de tribunaux, les commissariats et brigades de gendarmerie ont été pillés, brûlés ou occupés. A qui porter plainte pour un préjudice ou une exaction ? Les Ivoiriens ne se sentent plus en sécurité, ni même en vie ; d'autant que sur indication des militants RHDP et parfois de ressortissants étrangers de la CEDEAO (je connais personnellement un cas), les FRCI débarquent chez d'honnêtes citoyens au milieu de la nuit et les terrorisent, sous le fallacieux prétexte qu'ils détiendraient des armes par-devers eux. Au meilleur des cas, ils sont délestés de leurs biens ou frappés d'une amende lourde à réunir dans les 24 heures. Au-delà de cela, les militants et sympathisants LMP sont hués, moqués, nargués, injuriés dans les marchés, les lieux publics et dans les rues par les militants RHDP qui jubilent ouvertement de la capture de Laurent Gbagbo et de son épouse, à travers des chants très insultants et dégradants. Ils ajoutent à cela la vente de photos et de calendriers avec les images humiliantes de Laurent Gbagbo, son épouse, sa famille et tous ses collaborateurs battus, mis en sous-vêtements, ensanglantés. Certains autres calendriers célébrant leur victoire affichent sur la voie publique, les atrocités de l'épuration ethnique de Duékoué, avec des femmes tailladées à la machette comme du saucisson ou éventrées, des hommes et des jeunes gens égorgés ou décapités, des enfants mutilés. Et les partisans RHDP se les arrachent comme de petits pains pour les accrocher dans leurs maisons. Mon épouse a même entendu l'une d'entre eux, venue acheter son calendrier, dire : « Ils n'ont pas dit qu'ils peuvent ? Ça c'est petit. On va faire pire que ça ! ». Mon DIEU, où est donc passée l'humanité que tu nous as si jalousement donnée ? Parle-t-on de réconciliation dans une telle ambiance de suspicion, d'insécurité, de moquerie et d'humiliation de la partie adverse ? Certainement pas !

8-      Sous l'ère Gbagbo, quoi qu'on puisse lui reprocher, nous n'avons jamais eu besoin de nous endetter pour payer les salaires des fonctionnaires. Sous l'ère ADO, c'est tout autre chose : 400 millions d'euros de la France mendiés par-ci, 13.000 milliards de francs CFA des Institutions de Bretton Woods quémandés par-là. Autant nous dire qu'on vient de vendre notre pays, la Côte d'Ivoire ! Car jamais l'état ivoirien ne se sera autant endetté en aussi peu de temps. Un record inouï ! Exit l'achèvement de l'initiative PPTE du Président Gbagbo et vive l'embrigadement de l'économie  et des ressources minières ivoiriennes. La coalition anti-Gbagbo triomphante va régler ses factures avec ce qui est sensé être notre argent. On n'y verra que du feu. Beaucoup d'Ivoiriens commencent déjà à regretter amèrement le Président Gbagbo. Les nouveaux venus, les valises à peine déposées, parlent déjà dans les couloirs de réduction des salaires. Ils ne pourraient pas tenir longtemps ce rythme, susurrent-ils. Comment alors Laurent Gbagbo y parvenait-il, sans aucun appui extérieur et en pleine guerre ? C'est simple à comprendre : Gbagbo n'est pas un pillard. Il a même la réputation légendaire de ne pas être attaché à l'argent et de n'avoir aucun compte à l'étranger, contrairement à ses adversaires. Toutes les ressources du pays ne pouvaient donc que servir à investir dans le pays et à rehausser le niveau de vie des Ivoiriens. D'où les augmentations substantielles des salaires des enseignants du primaire au supérieur, des magistrats, des préfets et autres cadres de l'Administration territoriale, des agents du Ministère de la Fonction Publique, des médecins, infirmiers et sages-femmes, des policiers, officiers de l'armée et douaniers, etc. C'est, en outre, cette manne financière qui nous a permis de financer, quasiment seuls (les autres bailleurs n'ayant pas tenu intégralement leurs promesses pourtant si attendues) le coûteux processus de sortie de crise ivoirienne et l'élection la plus chère du monde (record Guinness, s'il vous plaît !). Les nouveaux venus ont de lourdes factures à régler et des royalties à verser ici et là, pour services rendus, dont 5 millions de francs à chaque combattant FRCI, promis la main sur le coeur. Soyez-en sûrs, ils ne feront pas dans la dentelle. Doublé du fait qu'ils sont eux-mêmes (et tous) des hommes d'affaires. Tout le contraire de Laurent Gbagbo ! Ça promet pour le bien-être des Ivoiriens ! Ajouté à tout cela et pour ne rien arranger, le prix du cacao qui est passé de 1.000 francs CFA à 350 francs CFA depuis l'arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Où est donc passé le slogan de campagne sur le cacao : « Si je suis élu, les paysans vivront enfin du fruit de leur labeur » ? Croyez-moi, il n'y a pas pire ! Ce n'est certainement pas ainsi qu'on redonnera le sourire aux Ivoiriens et qu'on leur donnera envie de se réconcilier et de souhaiter longévité au pouvoir Ouattara. Non ! Nous en pensons tout le contraire.


Comme on peut le constater et le palper, Alassane Ouattara accumule erreur sur erreur, sûr qu'il est du soutien de la France et de son ami Nicolas Sarkozy, et conduit la Côte d'Ivoire dans le mur. Du feu couve. Une grande déflagration est à redouter, en permanence, à moins de réparer ces erreurs. Les hommes du régime Ouattara ont planqué familles et enfants à l'abri à l'étranger. Cela veut tout dire. A bon entendeur..., salut !


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

lundi, 30 mai 2011

SIMONE GBAGBO, BATTUE MAIS PAS VIOLEE PAR LES FRCI DE OUATTARA

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Vendredi 27 mai, la Première Dame de Côte d'Ivoire, Simone Gbagbo, par ailleurs députée et responsable du FPI, a été auditionnée à Odienné. En présence de trois avocats : Lucie Bourthoumieux, Serge Gbougnon et Ly Ciré Clédor. Selon nos informations, Simone Gbagbo s'est prévalu de son immunité parlementaire. À la question, posée en marge de l'audition, de savoir ce qu'il en était des violences qu'elle a subies, à partir du 11 avril, date de la capture du couple présidentiel et de centaines de dignitaires, officiels et employés, elle a démenti avoir été violée. Elle a en revanche été battue, y compris des coups au visage, avec une férocité inouïe par les FRCI de Ouattara.

Mme Gbagbo a également démenti l'information circulant depuis une dizaine de jours selon laquelle elle aurait été la proie de sadiques habitantes locales, qui auraient fait payer ("200F CFA", a-t-on pu lire) aux voyeurs le droit de l'observer "à travers les vitres" de sa résidence surveillée. Étonnée, elle s'est demandé d'où pouvaient venir "de telles insanités".

De la liste des avocats proposés par sa famille, en l'occurrence sa fille Marie-Antoinette Singleton, Simone Gbagbo, enfin, a désigné comme son seul avocat à ce jour Me Ly Ciré Clédor (qui avait, en fait, déjà été mandaté par la soeur du président Gbagbo).


Source: LE GRI-GRI INTERNATIONAL

INTERVIEW DU PRESIDENT MAMADOU KOULIBALY AU QUOTIDIEN PRO-GOUVERNEMENTAL FRAT-MAT



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Fraternité Matin vient de lancer, dans le cadre de ses Grands débats mensuels, celui portant sur le sujet suivant: quel régime politique pour la Côte d'Ivoire? Les avis sont partagés, nous voulons bien savoir votre position sur cette question.

Dans une période post-crise immédiate, ce n'est pas le moment de changer un régime politique. Cependant, l'histoire de la Côte d'Ivoire nous montre que depuis les indépendances, la Côte d'Ivoire souffre d'un Etat centralisé, omniprésent et osons le dire envahissant, hérité du modèle jacobin importé par la France. En tant que libéral, je prône un Etat minimum, c'est-à-dire un Etat qui assume ses responsabilités au niveau de la sécurité, de la justice mais qui laisse la liberté à ses populations de faire le reste. Bien sûr? l'Etat a le devoir de mettre en place l'environnement institutionnel qui permette à chacun de travailler et d'être propriétaire. Cette vision m'amène à prôner le régime parlementaire en Afrique car c'est dans ladécentralisation du pouvoir que les pays africains trouveront la stabilité. Audace Institut Afrique (AIA), le think tank indépendant que je préside, travaille sur le sujet et publiera en octobre des propositions. J'ai le sentiment que rapidement, la Côte d'Ivoire aurait intérêt à s'orienter vers un régime parlementaire, d'autant qu'elle l'a déjà connu à travers la constitution de 1959.

Les pouvoirs en Afrique, sont tous, ou presque, d'essence présidentialistes, des sortes de monarchies déguisées ou des dictatures en exercice. Et les exemples montrent bien que les pays de type parlementaire, comme le Cap-Vert, ont des réussites de développement que des pays mieux lotis comme la Côte d'Ivoire envieraient. Quelle lecture faites-vous d'un tel constat?

Des chercheurs au sein d'AIA travaillent là-dessus et les premières tendances qui se dégagent de leurs travaux semblent mettre en évidence que dans les régimes parlementaires, certes peu nombreux sur le continent, la liberté économique y est plus importante et les conflits moins fréquents. Bien sûr, je ne souhaite pas tirer de conclusion hâtive mais en octobre, nous aurons avancé le travail et nous pourrons ainsi engager une discussion constructive sur les résultats.

Doit-on voir, dans nos crises à répétition, la matérialisation de cette conception du pouvoir où le Président est tout à la fois?

Il est évident qu'un Etat qui repose sur un homme ou une poignée d'hommes est un Etat fragile. Cependant, des pays comme la France ont opté pour un régime présidentiel qui, sous Sarkozy, est encore plus marqué. Il y a un président omniprésent et pourtant la France ne connaît pas les crises de l'Afrique, parce que le pouvoir là-bas est décentralisé et que les villes, les départements, les régions, ont des pouvoirs et des moyens financiers pour les exercer. Il y a certes le problème de la concentration du pouvoir, mais en Afrique, nous nous heurtons également à la mauvaise gouvernance qu'induit facilement ce modèle. Comme nous ne sommes pas responsables, il faut donc créer des limites pour protéger les populations des excès des pouvoirs en place. Le régime présidentiel complique la chose.

La crise postélectorale qui a fait des morts et d'énormes dégâts a pris fin par l'arrestation du Président Laurent Gbagbo. Regrettez-vous aujourd'hui le fait qu'il n'ait pas cédé pacifiquement le pouvoir à Alassane Ouattara reconnu par la communauté internationale?

J'ai prôné dès le début du mois de décembre 2010 une sortie de crise par le dialogue. Les deux camps adverses que j'ai rencontrés et tenté de convaincre sont restés totalement hermétiques à mes propositions. La situation était figée. Aujourd'hui, bien sûr, lorsque nous comptons les morts et les dégâts, nous ne pouvons que le regretter.

L'on semble vous reprocher votre silence face à cette crise qui aura fait, dit-on, 3000 morts?

Je n'ai pas l'impression d'être resté silencieux. J'ai tenté une médiation qui n'a pas abouti. J'en ai pris acte. La situation reposait ensuite sur des éléments que je ne maîtrisais plus, sur la volonté des hommes politiques. Le silence ne veut pas dire indifférence. Je suis au contraire profondément attristé par tous ces morts et ces souffrances. Je suis d'autant plus touché que cette situation était prévisible et que j'avais d'ailleurs mis en garde contre ces dérives possibles durant la dernière décennie dans différents discours publics et privés. A l'époque, on me reprochait de trop parler! Depuis la signature de l'accord de Marcoussis, tout s'est enchaîné logiquement pour conduire au chaos, mais le dire était devenu politiquement incorrect dans tous les camps.

Il y a même plus: que vous auriez dû démissionner de votre poste de président de l'Assemblée nationale, au lieu de vous installer dans un mutisme?

Les gens dont vous parlez sont alors ceux qui reconnaissent l'institution ! Ces derniers temps, nombre de communications officielles vont à l'inverse ! Si ma démission pouvait débloquer la crise, il est évident que je me serais empressé de le faire. Je crois que certaines personnes mélangent tous les problèmes et les rendent encore plus compliqués.

Le parlement ne fonctionne pas depuis fin avril et les députés ne seraient pas payés depuis deux mois. Quel est votre rôle?

Effectivement, les députés ne sont plus payés depuis fin avril. Le Président Ouattara a pris cette disposition considérant que, depuis le second tour du scrutin, les députés exerçaient dans l'illégalité. Décision étrange sachant que la constitution ivoirienne établit une séparation entre les pouvoirs exécutif et législatif. Dans cette logique, il est étrange également que les fonctionnaires de l'Etat n'aient pas été soumis à ces sanctions. C'est tant mieux d'ailleurs. Je ne cherche pas à polémiquer sur cette histoire de salaires. Ce n'est pas un évènement central et il faut réellement se concentrer aujourd'hui sur la réconciliation et sur les mesures qu'il faudra mettre en place pour que dans l'avenir, nos institutions ne soient plus un terrain de jeu pour les influents. Les conseillers juridiques du Président de la République qui soutiennent cette violation de la constitution doivent savoir qu'ils l'induisent en erreur et au parjure. Selon l'alinéa 4de l'article 59 de la Constitution sur laquelle le serment du Chef de l'Etat a eu lieu, les élections législatives ont lieu 20 jours au moins et 50 jours au plus avant l'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale. Cela voudrait dire tout simplement que l'élection des nouveaux députés doit impérativement avoir lieu avant l'expiration du mandat des députés en place. L'élection législative n'étant pas intervenue, les pouvoirs de l'Assemblée Nationale ne peuvent prendre fin. Le Chef de l'Etat n'a pas raison de suspendre le traitement des députés. Il en est de même des émoluments des membres des autres institutions de la République.

Ils sont nombreux à s'expliquer difficilement que vous soyez libre de vos mouvements, tout comme Miaka Oureto, alors que plus de 200 cadres de votre parti sont assignés en résidence surveillée ou détenus?

Je me pose parfois la question. Je n'ai pas forcément saisi la logique des arrestations. On peut dire que certaines personnes ont été impliquées plus directement dans les excès et d'autres ne se trouvaient tout simplement pas au bon endroit au bon moment. Je ne peux répondre pertinemment à votre question. Il faudrait poser la question au Ministre de l'Intérieur, au ministre de la Défense, au Président lui-même. Je ne suis pas le seul dans ce cas.

Y aurait-il un deal entre vous et le nouveau pouvoir pour faire de vous le successeur de Laurent Gbagbo sans la volonté de la base, comme il se murmure?

Est-ce à dire que vous jugez mon envergure politique tellement faible que je pourrais être un opposant idéal pour le nouveau pouvoir ? Le Fpi n'est pas à la recherche d'un successeur. Pour l'instant, notre préoccupation est plus de réintroduire la notion de parti d'opposition et de contrepouvoir. Nous souhaitons simplement retrouver un espace d'expression pour éviter que le pays ne glisse vers le parti unique et la pensée unique. Ce sera ma contribution à l'ancrage de la démocratie dans notre pays. Le Fpi n'est pas une Pme familiale ou un club de soutien et la Côte d'Ivoire n'est pas une monarchie, autant que je sache.

Votre parti et ses alliés du Cnrd dont vous assumez le secrétariat général par intérim, depuis le 17 mai, en lieu et place de Mme Simone Gbagbo, va-t-il prendre part aux législatives de décembre? Si oui, à quelles conditions et quelles sont vos chances?

Oui, le Fpi et le Cnrd prendront part aux élections législatives et nous sommes conscients des difficultés que nous allons rencontrer. Nous savons que nos chances sont minces. Mais cela ne veut pas dire que nous devons renoncer à nous renforcer en vue des prochaines échéances électorales. Notre objectif est d'être une véritable opposition d'ici à 2015. La Côte d'Ivoire a d'ailleurs intérêt à cela, car un modèle de parti unique est la voie ouverte à tous les excès.Le contre-pouvoir est le moyen de contrôle le plus efficace entre les échéances électorales dans un modèle démocratique. Notre existence est donc un enjeu important pour tous. Du moins, nous osons le croire.

Le Président du Ghana, Atta Mills, aurait œuvré pour que le président du Conseil constitutionnel, Yao N'Dré, organise la cérémonie de prestation de serment. Y-a- t-il eu des négociations ou des pressions sur vous et Atta Mills?

Le Président Atta Mills s'est en effet impliqué en tant que médiateur ou facilitateur dans le dossier ; mais il n'est nullement question de pressions. Moi, j'ai agi parce que je voulais aller à l'apaisement et au retour des conditions de l'Etat de droit en Côte d'Ivoire, après la guerre postélectorale.

Vous parlez sans cesse de réconciliation. Cet engagement n'est-il pas contrarié par des informations selon lesquelles certains cadres de votre parti auraient à cœur de se venger de Ouattara?

Je connais peu de cadres animés d'un désir de vengeance. Il est vrai que les vainqueurs ont utilisé l'humiliation comme moyen de domination et que l'humiliation est le sentiment qui conduit naturellement à la frustration et à la violence. Les cadres avec lesquels je demeure en contact ont pourtant plus envie de revenir chez eux en Côte d'Ivoire que de vivre en exil enlisés dans le désir de vengeance. Le nombre d'Ivoiriens morts a forcément conduit chacun à l'humilité et au devoir de Plus jamais ça! Les esprits se tournent vers l'avenir et la réconciliation. J'ai foi en cet avenir qui devrait nous conduire vers une Nation.

Vous avez dit dans un récent entretien sur les antennes d'une radio que vos médiations au plus fort de la crise se sont heurtées au refus des faucons des deux camps. Pensez-vous pouvoir aujourd'hui faire fléchir les faucons pro-Gbagbo au point d'accepter le principe de la réconciliation nationale?

Je crois sincèrement que chacun est animé d'une volonté de réconciliation nationale. Une tâche importante est aujourd'hui entre les mains de M. Konan Banny et de l'équipe qu'il va former autour de lui, pour faire en sorte que chacun se retrouve dans la responsabilité et le pardon pour avancer vers une solide réconciliation. Cependant, dans le même temps, le Président de la République qui affiche sa volonté de réconciliation parle fréquemment de justice. Ce qui est une bonne chose. Mais de quel concept de justice s'agit-il ?

S'agit-il d'une vengeance justicière qui conduit le vainqueur d'une guerre à imposer aux vaincus et à eux seuls les punitions et autres humiliations ? S'agit-il d'une justice réconciliatrice qui implique que, soit l'on amène tout le monde en justice, soit l'on n'y amène personne ? La réconciliation ne peut être sélective comme le préconise le Président

Ouattara. Soit l'on part sur la piste d'un forum de réconciliation où chacun vient faire son mea culpa et recevoir son absolution, soit l'on traîne tout le monde en justice et chacun paie le prix à payer à la hauteur de ses crimes, sans exception. S'agit-il d'une justice sécurisante qui devrait permettre de rétablir tous les citoyens dans la puissance de tous leurs droits. Elle doit mettre un terme à la violation récurrente et systématique des droits individuels des populations? Cette dernière conception me semble mieux à même d'aider à la reconstruction politique, économique, morale et sociale de la Côte d'Ivoire.

Le Fpi que vous dirigez, aujourd'hui, en l'absence de son président, Affi N'Guessan, incarcéré, est-il prêt à entrer dans le gouvernement d'union proposé par le Président Alassane Ouattara? Si oui, quels sont les noms de vos cadres «ministrables»?

Le Comité central du Fpi élargi à la haute direction du Cnrd vient de décider que les conditions n'étaient pas remplies pour sa participation à un gouvernement d'union nationale. Les conditions de sécurité de ses membres en liberté, celles de ses membres en exil ne militent pas en faveur d'une participation au gouvernement d'union. De plus, la question du statut exact des membres incarcérés à la Pergola, à Katiola, à Odienné, à Bouna et à Korhogo ne rassure guère pour un parti invité à la table du Conseil des ministres. Les militants disent ne pas avoir peur de se trouver franchement dans l'opposition vraie. Ils disent qu'ils ne peuvent pas avoir critiqué les modèles de gouvernement Nzassa et venir maintenant en faire la promotion. De plus, ils ne veulent pas être comptables des politiques que le régime du Rhdp mettra en place. Ils ne veulent pas servir de faire valoir à un régime qui a décapité leur parti. Ils souhaitent que la démocratie s'ancre en profondeur dans notre pays et souhaite une alternance véritable sans gouvernement d'union dans les conditions actuelles. Ils m'ont donné mandat de discuter de toutes ces questions avec les autorités. Ils m'ont demandé de faire savoir que, pour eux, les urgences aujourd'hui ont trait au statut de la Commission électorale? avec la disparition de nombreuses composantes que sont le Mpci le Mpigo, le Mjp. Ils estiment que la commission électorale centrale est très déséquilibrée en leur défaveur. Ils aimeraient parler du nombre de places à l'Assemblée nationale, compte tenu de la démographie qui a évolué ces dix dernières années. Ils aimeraient comprendre le statut actuel de l'Accord de Ouaga que le Président Ouattara appelle accord inter-ivoirien, après que l'un des signataires a été capturé, déporté etincarcéré. Ils veulent comprendre la logique de la construction de la nouvelle armée. Ils ont de nombreuses autres urgences ayant trait à la liste électorale, au découpage électoral, etc. Dans ces conditions, voyezvous, le Fpi n'a pas de ministrables pour le moment. Nous avons d'abord besoin de nous restaurer, de comprendre ce qui nous est arrivé et nous aviserons, si besoin est, quand nous serons mieux adaptés à notre environnement.

L'on spécule assez sur les notions: gouvernement d'ouverture; gouvernement d'union; gouvernement de large ouverture, etc. Quelle pourrait être la bonne formule, pour vous?

Mon point de vue est que quelle que soit l'appellation que l'on souhaite donner à l'ouverture, le partage du pouvoir est une mauvaise chose. L'expérience africaine a pu le mettre en évidence de nombreuses fois. On voit également où a mené le partage du pouvoir sous Gbagbo. Comment voulez-vous gouverner dans ce contexte ? L'équipe du Président Ouattara devrait gouverner seule pour à la fois avoir une chance d'appliquer son programme mais également pour en assumer toutes les responsabilités. C'est le point de vue de Koulibaly Mamadou. Je leur suggère de ne pas s'inquiéter, nous ne souhaitons pas quémander des postes ministériels. Ils pourront travailler à leur programme que nous critiquerons ou soutiendrons en fonction des orientations.

L'opposition n'est pas un groupe de perdants qui restent assis jusqu'au prochain scrutin. Nous avons une vision moderne d'une opposition active et constructive.

Bientôt, les élections législatives. Comment évaluez-vous les chances du Fpi décapité à cette bataille électorale?

Comme je viens de vous le dire, les chances du FPI sont minimes, tant le parti est affaibli.

Aujourd'hui, quand vous regardez la Refondation, que vous dites-vous: on a échoué, on a dévié...

La Refondation est un mot très utilisé mais vide de sens puisque le programme n'a jamais été appliqué. Nous avons d'abord fait l'erreur de nous orienter vers un partage du pouvoir, pour ensuite nous retrouver face à une rébellion armée, un pays ingouvernable, puis un Premier ministre issu des Forces nouvelles, ex-rébellion, et nous étions largement minoritaires dans l'équipe gouvernementale. La Refondation restera donc un programme intéressant qui n'a jamais été appliqué.

De la réunion du Comité central du Front populaire ivoirien que vous avez présidée mercredi dernier, le Comité pose de nombreuses conditions pour entrer dans le prochain gouvernement. Parmi elles, la question de la libération de vos camarades posée comme condition sine qua none. N'est-ce pas une manière de consacrer l'impunité? Les nombreuses conditions du Fpi, ne peuvent-elles pas être vues comme une sorte de chantage?

Peut-on parler de conditions ? Nous ne posons pas de conditions réellement. Nous avons simplement fait un constat. Nous jugeons que, compte tenu de l'insécurité actuelle pour les opposants politiques en Côte d'ivoire et du fait de la détention de nos camarades, l'environnement n'est pas propice à l'entrée du FPI au gouvernement. Poser des conditions voudrait dire que nous sommes indispensables au nouveau gouvernement. Nous ne pensons pas que ce soit le cas. Nous ne pensons pas non plus que les missions qui nous ont été réservées au sein de la nouvelle équipe soient essentielles. Donc, dans ce contexte, je ne pense pas que nous puissions parler de chantage ou de condition sine qua none. Quant à la libération de mes camarades du FPI, vous savez que je n'ai jamais consacré l'impunité. Pour cette raison, certains me trouvent très dérangeant. Je ne souhaite pas non plus m'ériger en juge et déterminer les responsabilités de mes camarades. Ce qui est certain, comme je vous le disais dans votre précédente question, c'est que s'il y a jugement et qu'ils sont les seuls jugés, une part de justice sera faite et si l'on s'arrête là, ce sera une forme de justice du vainqueur animée de vengeance.

D'évidence, comme d'ailleurs semblent le prouver différents rapports, tous les camps ont commis des crimes graves. Je ne dis pas cela pour minimiser les crimes de mon camp mais pour faire une place nécessaire à l'objectivité qui semble brutalement manquer au pays. Je ne crois pas trop au clan des gentils et à celui des méchants. Ainsi, limiter la justice aux perdants de l'élection pourrait profondément saper le processus de réconciliation. Nous pensons d'ailleurs, mes camarades et moi, que la participation du FPI au gouvernement n'est pas franchement une démarche réconciliatrice ou alors ce genre de réconciliation serait une coquille vide. On peut se réconcilier sans partager le « gâteau». Nous ne courrons pas après des postes. Par contre, la manière dont la justice se prononcera dans les mois qui viennent sera au coeur de la dynamique de réconciliation. La justice sélective est profondément injuste et ne peut conduire au pardon et à la réconciliation.

Aujourd'hui, avec du recul, qu'est-ce qui a bien pu expliquer le refus du camarade Gbagbo d'accepter le verdict des urnes? L'en aviez-vous dissuadé?. Auquel cas, de quoi aviez vous eu peur?

- Que votre discours d'homme libre soit mal vu par les autres camarades?

- D'être... tué dans le pire des cas?

Je ne peux me prononcer à la place de Laurent Gbagbo. Il est déjà emprisonné. Je ne vais pas m'octroyer sa liberté d'expression ! Quant à nos conversations privées avant sa chute, elles demeurent de l'ordre du privé. D'évidence, mon parcours politique répond à votre question: est-ce que j'ai peur? Quant à mon statut de libéral, je l'assume et le FPI est un parti ouvert au sens où notre indépendance de penser est respectée. C'est dans la diversité et l'échange que l'on grandit, même si la différence peut parfois réveiller des susceptibilités. Malheureusement, les gouvernements d'union, la rébellion et les différents accords de paix qui l'ont accompagnée, ont brisé la machine et les pensées sont restées sur papier, car nous étions minoritaires au sein des gouvernements. Je reste un libéral avant tout, car je suis persuadé que seule une politique libérale peut apporter le progrès au pays.

Aujourd'hui, vous tentez de redonner vie au Fpi, revenu au pays. Est-ce la fin de votre exil? D'ailleurs, l'on se demande encore, pour quoi cet exil au Ghana?

Je ne me considère pas comme un exilé. Je fais certes des séjours en famille à Accra... Ici, le gouvernement de réconciliation avait totalement marginalisé l'Assemblée nationale et le pays était géré par ordonnances. Cette situation m'a laissé du temps pour faire des allers et retours sur Accra. Parler d'exil est un bien grand mot!

Volet économique. Où en êtes-vous avec votre monnaie flottante?

Effectivement, je pense qu'après plus de 50 ans d'indépendance, il serait nécessaire de revoir les accords monétaires liant les pays de la zone franc à la France, de manière à rendre l'institution monétaire adaptée à la mondialisation et à l'ouverture.

La monnaie est un pilier de l'économie et il est difficile de progresser sans liberté à ce niveau. De plus, l'inflation qui se profile pour les années à venir dans les pays européens expose les pays de la zone à ce risque, alors que l'argument des défenseurs du Cfa est bien souvent la stabilité et la faible inflation. Je crois que dans les années à venir, les pays de la zone franc vont devoir s'asseoir pour aborder sans tabou ces problèmes avec les autorités françaises.

Sinon, nous continuerons à avoir une bancarisation faible et des investissements privés faibles comparés aux flux de l'aide publique au développement. Le monde est aujourd'hui à la flexibilité, au libre marché et à l'ouverture. Le système du franc CFA est protectionniste, appauvrissant et moralement et économiquement indéfendable.

Considérez-vous encore que l'Afrique et ses Cfa arrimés à l'euro devait s'en éloigner, pour trouver la voie d'une indépendance économique?

Je reste convaincu de la nécessité de revoir la parité entre le franc Cfa et l'euro. Mais je vous invite à poser la question aux industriels des pays africains membres de la zone franc.



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 29 mai 2011

MARINE LE PEN: «ALASSANE OUATTARA DOIT ETRE JUGE POUR SES CRIMES»

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Marine Le Pen, Présidente du Front National, lors de son passage vendredi sur la chaîne Française France 2, a déclaré  qu'Alassane Ouattara devrait être jugé pour ses crimes en Côte d'ivoire.

« Il y a quelques jours Monsieur Sarkozy, qui a contribué à mettre en place Alassane Ouattara, était présent à son investiture en Côte d'Ivoire, or le rapport d'Amnesty international indique que les combattants d'Alassane Ouattara se sont rendus coupables de crimes de guerres et de crimes contre l'humanité », a précisé la présidente du Front National avant d'ajouter :

«Je pense qu'Alassane Ouattara doit être poursuivi...ou alors on considère encore une fois qu'il y a des intérêts supérieurs qui font qu'il y a des « gentils criminels de guerre » et des « méchants criminels de guerre », comme il y a de « bons dictateurs » et de « méchants dictateurs ». Ça dépend d'ailleurs du moment. Parce que les gentils dictateurs deviennent des méchants dictateurs en quelques jours...».

Alassane Ouattara, le nouveau chef d'Etat ivoirien installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI, a qualifié vendredi le Président Laurent Gbagbo de « criminel », estimant qu'il devrait rester en « prison ».

Cette sortie de celui qu'on surnomme « le Préfet d'Abidjan » (en référence à ses liens étroits avec le Président français) intervient alors que la procédure judiciaire vient de démarrer avec la deuxième audition jeudi du Procureur désigné par Ouattara.

Laurent Gbagbo, qui a été capturé le 11 avril par les forces armées (Licorne, ONUCI et FRCI) soutenant Ouattara est détenu « illégalement» dans une résidence à Korhogo (nord du pays). Aucun chef d'accusation n'a été, à ce jour, prononcé contre lui, ni contre les nombreuses personnalités enlevées en même temps que lui.

 

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LE PARTI DU PRESIDENT GBAGBO «PAS PRESSE» DE PARTICIPER AU GOUVERNEMENT OUATTARA


 

Le FPI (Front Populaire Ivoirien, parti fondé par le Président Laurent Gbagbo) a soumis mercredi ses préalables quant à son éventuelle participation au prochain « gouvernement d'union » annoncé par  Alassane Ouattara, le nouveau Président installé par la coalition armée Licorne-ONUCI-FRCI.

« Quand les conditions de sécurité, de libération de nos camarades (seront remplies) alors, nous pourrons envisager sérieusement d'entrer au gouvernement. Il n'y a pas d'urgence ! », a indiqué le Professeur Mamadou Koulibaly, à l'issue d'un conclave de plus de 3 heures du Comité Central du parti élargi à ses alliés du Congrès National pour la Résistance et la Démocratie (CNRD).

Selon le rapport final de la rencontre dressé par Mamadou Koulibaly, d'autres questions, non sans importances, feront l'objet dans les jours avenirs de réflexions afin de constituer un mémorandum qui servira de directive.

«La question de la Commission électorale indépendante. Oui ou non, cette Commission est encore valable ou pas, vu que le changement du champ politique est profond. Ils se sont interrogés sur la liste électorale : est-ce que cette liste électorale est encore valide pour aller à des élections à venir ? Est-ce que nous y intégrons les nouveaux majeurs ou pas ? Ils se sont posé la question du découpage électoral et du nombre de députés à l'Assemblée Nationale et du mode de scrutin. Ils aimeraient savoir exactement ce qui va se passer », a-t-il expliqué.

Alassane Ouattara a annoncé, dans la foulée de son investiture en tant que « Président de la République de  Côte d'Ivoire», la constitution d'un gouvernement ouvert au FPI, le parti de son prédécesseur capturé par les forces armées le soutenant.

Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée Nationale et assurant l'intérim de la présidence du FPI, avait interpellé, début mai, les nouvelles autorités sur « l'urgence d'un retour rapide à la normalité », préalable à toute activité politique.

Les exactions se poursuivent, faisant penser à une « chasse aux sorcières » contre les personnes jugées proches du Président Gbagbo, obligées de fuir ou de rester cacher pour échapper à une mort certaine.

Plusieurs organisations internationales des droits de l'homme, ont révélé que la situation sécuritaire reste précaire à Abidjan, plus d'un mois après la capture du Président Gbagbo par la coalition France-ONUCI-Licorne. Les forces de Ouattara commettent encore des exactions sur les civils, ont-elles rapporté.



Source: DIRECTSCOOP.NET

vendredi, 27 mai 2011

INTERVIEW: TRAORE ZANGA (CDT DES FRCI) CRIE SA COLERE: «NOUS AVONS ETE OUBLIES !»


TRAORE ZANGA. CDT FRCI.PNG

« Beaucoup de soldats sont impatients »


C'est dans son bureau situé dans les locaux du Commissariat du 1er Arrondissement au Plateau qu'il nous a reçu. Accompagné de ses camarades de lutte, Traoré Zanga, Commandant du « Groupement guerrier pour la dignité et la justice en Côte d'Ivoire » a dit regretter que ses éléments soient délaissés aujourd'hui. A dire vrai, il n'est pas content et il demande un minimum de reconnaissance.

Interview.

Comment se fait la cohabitation entre vous et les policiers du Commissariat du 1er arrondissement ?

Traoré Zanga : Il faut dire que c'est suite à de durs combats avec les miliciens et mercenaires de Gbagbo que nous nous sommes retrouvés ici. Et, comme les policiers tardaient à reprendre le travail après l'appel du président de la République, nous avons estimé qu'il était bon d'être ici pour les rassurer. C'est étant ici que Mme la commissaire est arrivée. Depuis lors, elle fait son travail normalement. Quant à nous, nous faisons les interventions sur le terrain en cas de vols, bien sûr en collaboration avec la Police. La cohabitation se passe bien.

C'est quand vous allez céder le 1er Arrondissement à l'ensemble des policiers ?

T. Z : Lorsque tout va se stabiliser et que le président de la République va estimer que le pays est réunifié et maîtrisé, nous allons retourner dans les casernes.

Mais le président Ouattara, il y a au moins trois semaines, vous a demandé de retourner dans les casernes.

T. Z : Effectivement, il avait demandé de le faire. Et beaucoup sont rentrés dans les casernes. Mais, tout le monde ne peut pas y rentrer parce qu'il y a des velléités. Ce qui fait qu'il y a encore des check-points. En plus, certaines personnes nous demandent de rester un peu. Elles disent ne pas être assurées par la présence des autres (ex-Fds, Ndlr).

Vous dites que certaines personnes vous demandent de rester un peu, mais il y a que d'autres personnes qui se plaignent des pillages et autres exactions commmis par des éléments des Frci. N'êtes-vous pas informés ?

T. Z : Oui, nous sommes informés. Il faut reconnaître que dans tout groupe, il y a toujours des éléments incontrôlés. Nous travaillons d'arrache-pied pour que cela cesse. Il est important que les uns et les autres sachent qu'aujourd'hui, nous sommes dans un climat apaisé et qu'il faut collaborer avec tout le monde. Ce n'est plus la chasse aux sorcières. Nous passons ce message tous les jours pour que tout le monde revienne à la raison. Mais n'oublions pas que beaucoup de personnes ont subi des préjudices par la faute de voisins ou de collègues « corps habillés ». A la Pj (Police judiciaire, Ndlr) par exemple, bien que le président de la République ait lancé un appel, la reprise est difficile. Le problème, c'est que, entre eux-mêmes, ils n'ont pas été bien. Certains passaient au domicile de leurs collègues avec les escadrons de la mort pour les menacer. Aujourd'hui, on leur demande de venir, mais ils ne viennent pas.

Au 1er Arrondissement où vous êtes, est-ce que tous les policiers ont repris le travail ?

T. Z : Non. Il y a à peine 30% de l'effectif qui a repris.

Et les autres policiers, où sont-ils?

T. Z : Moi, je ne gère pas les Policiers.

Vous êtes combien d'éléments des Frci présents au 1er Arrondissement ?

T. Z : C'est une section, c'est-à-dire 25 éléments.

Comment vous vous êtes retrouvés dans ce commissariat ?

T. Z : Dans la stratégie d'attaque, depuis Abobo, un groupe devait progresser vers Williamsville et un autre vers le Plateau avec le commandant Chérif Ousmane. Donc, nous faisions partie du groupe qui devait progresser vers le Plateau. Après avoir conquis le Plateau, étant donné que le Commissariat du 1er Arrondissement est un poste stratégique, nous avons posté des éléments-là.

Vous êtes venus de Bouaké ou vous étiez à Abidjan et depuis quand avez-vous commencé votre combat?

T. Z : Nous étions à Abobo. Avec l'entêtement de Laurent Gbagbo à rester au pouvoir, nous avons pris des dispositions. Nous avons commencé à Abobo Pk 18, ensuite à Abobo avocatier, à Abobo gare jusqu'au Samanké où nous avons détruit des chars.

Vous faites partie du « commando invisible » ?

T. Z : Ce sont les journalistes qui ont donné ce nom-là. Parce qu'ils ne savaient pas qui combattaient. Sinon, moi le groupe que je dirige, c'est le « Groupement guerrier pour la dignité et la justice en Côte d'Ivoire ».

Après avoir mené le combat qui était juste, selon vous, est-ce que vous avez été récompensés ?

T. Z : Aujourd'hui, les pères de la victoire sont connus. Il y a, entre autres, moi, Traoré Zanga, Coulibaly Sindou à Abobo derrière rails avec Sangaré Fousseni. Quand on évolue vers Adjamé, il y a Coulibaly Ibrahim, Ouattara Lacina dit Barbu et Abass. Ce sont les personnes-là qui ont combattu et qui continuent de combattre.

N'aviez-vous pas de liens avec feu Ibrahim Coulibaly dit IB ?

T. Z : Pas du tout. Je ne le connais même pas.

Comment se fait votre identification aujourd'hui ?

T. Z : L'identification se fait avec beaucoup de désordre. Les initiateurs de l'offensive sont là. Ils savent ceux avec qui ils ont commencé et progressé. Pour l'identification d'Abidjan, il aurait fallu contacter les initiateurs.

Vos éléments n'ont donc pas encore été identifiés ?

T. Z : Ils n'ont pas encore été identifiés. Il y a des éléments qui sont postés au Palais présidentiel. Il y a d'autres à Azito et à la base navale à Yopougon...

N'avez-vous pas de contacts avec les responsables des Frci comme Wattao, Chérif Ousmane sur le sujet ?

T. Z : J'ai de bons rapports avec le commandant Wattao avec qui j'échange. Tout comme avec le commandant Chérif avec qui j'évoluais dans l'offensive. Ils m'ont dit que les dispositions sont en train d'être prises pour que tout le monde soit enrôlé. Mais, il faut dire que beaucoup de soldats sont impatients. Ils n'arrivent pas à comprendre qu'étant au Plateau, leur enrôlement n'ait pas été fait au moment où l'opération se faisait dans cette commune. Je vous apprends que ceux qui font l'enrôlement ont fini au Plateau et se trouvent aujourd'hui à Abobo. Donc, il y a lieu de s'inquiéter...

Vous pensez avoir été oubliés ?

T. Z : Certainement !

Comment vos éléments vivent depuis que vous avez commencé votre combat ?

T. Z : Depuis que nous avons commencé, je n'ai reçu aucune ration alimentaire. D'autres commandants vont venir confirmer ce que je dis. C'est donc nous-mêmes qui soignons nos blessés et nourrissons nos soldats.

D'où tirez-vous alors vos moyens ?

T. Z : De nombreuses personnes, qui épousent notre combat, nous aident avec le peu de moyens qu'elles ont.

A vous entendre, on se rend compte que vous êtes frustrés et déçus ?

T. Z : C'est vrai qu'il n'y a pas eu d'engagement entre nous et quelqu'un. Mais il faut un minimum de reconnaissance.

Vous voulez quoi concrètement ?

T. Z : Le pays est dirigé quand même. Nous pensons qu'ils savent au moins tout ce que nous avons fait. Ils doivent se demander au moins qui sont ces jeunes-là. Et, après s'il y a d'autres paramètres, on pourra en discuter.

L'argent par exemple ?

T. Z : Moi, je ne suis pas trop accroché à l'argent. Si j'étais trop porté sur l'argent, j'aurais abandonné la lutte. Ce que nous avons fait, c'est grand. Donc, on mérite un merci.

Souhaitez-vous, en plus de la réinsertion, intégrer l'armée, la Police, la Gendarmerie et les autres corps para-militaires ?

T. Z : La réinsertion, c'est tout à fait normal. D'autres méritent d'entrer aussi dans l'armée, s'ils le souhaitent et s'ils remplissent les conditions.

Avez-vous posé ces revendications au commandant Chérif Ousmane qui le responsable du Plateau avec qui vous êtes ?

T. Z : Le commandant Chérif Ousmane ne peut pas décider du sort des combattants d'Abidjan. Il n'a pas lancé un appel pour demander aux jeunes d'Abobo de prendre les armes.



Propos recueillis par SYLLA A. in le quotidien ivoirien SOIR INFO


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POUR INSTALLER SA MILICE, OUATTARA DISSOUT: CRS, BAE, CECOS ET DEMIR


Pour mieux installer sa milicie, ouattara vient de dissoudre les unités spéciales des forces de sécuirté nationales chargées de la sécurité intérieure du pays. Il s'agit de:

-La Compagnie Républicaine de Sécurité (CRS)

-La Brigade Anti-Emeute (BAE)

-Le Centre de Commandement des Opérations de Sécurité (CECOS)

-Le Détachement Mobile d' Intervention Rapide (DEMIR)

L'information qui circulait dans le milieu de la police depuis près d'un mois, a été confirmée par des éléments du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos). Qui soutiennent qu'un message affiché à l'école de gendarmerie fait état de la dissolution du Cecos de Guiai Bi Poin.

D'autres sources policières rapportent qu'il en est de même pour la Compagnie républicaine de sécurité (Crs), la Brigade anti-émeute (Bae) et le Détachement mobile d'intervention rapide (Demir) de l'ex-comthéâtre, Boniface Konan.

Selon ces sources, Ouattara reprocheraient à ces unités d'avoir été trop proches du président Gbagbo. Surtout qu'on connaît leur fidélité à la légalité constitutionnelle et à la souveraineté de la Côte d'Ivoire.

Le nouveau régime installé par la France, compte plutôt travailler avec sa milice dont les membres sont pratiquement tous originaires du grand nord de la Côte d'Ivoire acquise à la cause de Ouattara. Aussi les camps de la Bae et de la Crs serviront désormais à leur encasernement.

Les policiers et les gendarmes qui composent ces unités devraient être redéployés dans le Nord, pour la plupart et dans les services civiques, comme la police secours et la police de salubrité. tandis que les autres iront à la police de salubrité. Une façon de les désarmer, pour que sa milice puisse travailler sans être inquiétée.

C'est elle qui va constituer sa nouvelle force spéciale dirigée par un nordiste, le colonel-major Doumbia Lacina, ancien commandant du 1er bataillon.


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OUATTARA APPELLE A LA REACTIVATION DU 43ème BIMA, LA SOUVERAINETE NATIONALE MENACEE!


Au fur et à mesure que les jours passent, Alassane Ouattara montre par ses attitudes et sa nouvelle politique étrangère qu'il n'est ni moins ni plus qu'un gouverneur aux ordres de la France, dont l'unique feuille de route est de permettre à cette petite puissance de reprendre totalement possession de son pré-carré.

La Côte d'Ivoire, la France la veut et elle la veut à elle seule.

Dans une interview accordée à Europe 1, Alassane Ouattara a annoncé avoir demandé le maintien de la force française Licorne en Côte d'Ivoire et la réactivation de la base du 43ème Bataillon d'infanterie de marine (BIMa) à Port-Bouët que le président Gbagbo avait dissout en juin 2009.

"Je l'ai demandé", a déclaré M. Ouattara, interrogé sur le point de savoir s'il avait fait une requête au président Nicolas Sarkozy pour le maintien en Côte d'Ivoire de la force Licorne. "Je demande également que la base française, le 43ème BIMa, soit réactivée et continue en Côte d'Ivoire", a-t-il dit.

Avec cette nouvelle demande, qui demeure surprenante dans une Afrique qui réclame de plus en plus son indépendance, ce sont les accords secrets humiliants de 1960 qui reviennent. Les forces françaises assurent le maintient et la sécurité du pouvoir en place et la France garde l'exclusivité des échanges internationaux. Tout doit désormais passer par elle. C'est ce qui était au temps de Houphouët. On comprend désormais ce qui signifie " leur retour à l'ère Houphouët-Boigny".

C'est cette même politique qui est appliquée au Gabon, au Niger, au Sénégal, au Tchad..., dans la plupart des ex-colonies françaises.

Avec Ouattara, on peut dire que la Côte d'Ivoire gouvernée par la France " is back" !



Source des 3 articles: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

GBAGBO VU DE L'INTERIEUR DU POUVOIR OUATTARA: «UN REDOUTABLE ADVERSAIRE POLITIQUE, IL EST HUMAIN ET GENEREUX»

 

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COMMENT GBAGBO EST VU DE L'INTERIEUR DU POUVOIR OUATTARA :

Entretien révélateur avec un proche de Ouattara enregistré discrètement par un «agent secret»




Appelez-moi DM, 47 ans, américain d'origine sénégalaise, cadre dans un cabinet américain d'évaluation de risque d'investissement. Je rentre d'une mission en Cote d'Ivoire pour le compte d'un de nos clients. Nous avons eu à faire, mes collègues et moi, en plus d'Abidjan, un fructueux déplacement à Yamoussoukro pour assister à l'investiture de monsieur Ouattara Alassane.


Nous ne pouvions pas manquer, comme certains cabinets concurrents qui avaient aussi leurs hommes en mission, ce grand rendez-vous qui se présentait à nous comme une véritable aubaine pour réactiver nos contactes dans l'entourage des présidents africains, et surtout sonder, dans le cas du nouveau pouvoir ivoirien, ceux que nous appelons dans notre jargon les "back sits", et qui ne sont rien d'autres que les hommes de l'ombre qui aspirent un jour à être en première ligne. Ceux-là sont plus ouverts, francs, un peu bavard pour certains, que les officiels qui, très souvent, nous tiennent un langage diplomatique, lorsqu'ils savent l'objet de notre visite.


C'est dans cette perceptive que je fais la rencontre, parmi tant d'autres, de celui que je nommerais AK, à qui je n'ai pas révélé le but réel de séjour en Cote d'Ivoire, et dont j'ai enregistré la conversation à son insu comme le veut ma profession. Rien de méchant en cela, puisque ce que nous faisons peut être assimilé à de l'espionnage. Nos clients ont besoin de savoir où et avec qui, ils iront faire du business. Passé de gros contrats pétroliers nécessite un minimum de garantie.

Je précise que AK que je voyais pour la troisième fois ne sont pas ses initiales réelles. Je me dois sincèrement de protéger l'identité de cet homme intelligent, sympathique, plein de bon sens, dont on m'a dit après, qu'il a d'énormes chances de rentrer au gouvernement dans les jours à venir. Mon but n'étant pas de l'exposer, j'ai délibérément retiré de notre entretien que je publie en dessous de mon introduction, certains passages qui pourraient amener ses connaissances à l'identifier. A lui-même qui se reconnaitra probablement, je voudrais d'ores et déjà lui présenter mes excuses les plus honnêtes pour l'acte que je pose. Qu'il se rassure, ma nature, mon honneur et mon métier ne me permettront jamais de le porter au grand jour. Seulement voilà, je ne pouvais pas m'empêcher de publier cet aveu fait sur Laurent Gbagbo, cet homme politique que j'admire pour ses idées, son audace et son courage à défier la France qui du reste, pour moi, reste un des maux majeurs pour nous les africains. Ne dit-on pas que le meilleur hommage vient de son adversaire? AK et moi avons eu un long échange "amical". C'est peu à peu, astucieusement, comme le veut ma méthode de travail que je l'ai conduit à un jeu de question-réponse. Voici l'extrait concernant uniquement le président Gbagbo que je souhaite partager avec vous, frères africains, pro et anti Gbagbo. Merci pour vos commentaires qui j'en suis sûr seront diamétralement opposés les uns aux autres. C'est ça aussi la beauté de la démocratie qui ne devrait pas nous amener à nous entre-tuer pour le toubab. Que la paix revienne en Cote d'Ivoire.

Moi : Ouf ! Pourrait-on dire. Après tant d'années de lutte, le président Ouattara y est enfin.


AK : Oui, on pourrait voir les choses comme ça. Sauf que nous y sommes pas encore parfaitement. La tâche n'est pas aisée pour être franc avec vous.


Moi : Non, mais, monsieur...


AK : A...


Moi : Pourquoi? Laurent Gbagbo est en résidence surveillée, le président Ouattara est investi aujourd'hui devant ses pairs africains et Sarkozy...


AK : Oui, ça, c'est le coté cérémonial de la prise du pouvoir. Mais le volet sécuritaire qui est du domaine de l'exercice quotidien du pouvoir, nous le laisse croire. Quand vous avez eu affaire à un adversaire politique chevronné, aussi coriace que Laurent Gbagbo, vous ne racolez pas les morceaux aussi aisément après lui. Son ombre, nous en sommes tous conscients au parti, planera encore sur le mandat du président Ouattara, si Allah nous aide à le conduire à terme. Politique jusqu'au bout des ongles, je crois sincèrement qu'il a préféré cette sortie pour mieux nous discréditer à la face du peuple et des panafricanistes. Nous entendons beaucoup de choses à ce propos. Si son départ avait été autre que celui que nous avons connus, gagner l'estime d'une partie de la population qui répugne le président Ouattara aurait été plus facile par des actes concrets de développement. Mais là, c'est très compliqué pour lui et ses collaborateurs que nous sommes. Il y a une partie de la population qui, quelque soit ce que nous ferrons de bien pour elle, ne nous acceptera jamais. Mais ce n'est pas pour autant que nous baisserons les bras dans la voie de la réconciliation.

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Moi : Ses principaux généraux ont faits allégeance ! Avec un peu de temps, leurs subalternes suivront certainement...

AK : Ça fera bientôt deux mois que nous les attendons ! (rires) Nous avons l'impression d'être dans une situation savamment orchestrée, où on nous donne la tête et on garde le cœur pour soi. Hors vous conviendrez avec moi que sans le coeur, le corps ne fonctionne pas ! Avec Gbagbo tout est possible. (rires) Il est d'une perversité hors paire dans son approche de la chose politique, et personne ne peut limiter son champ d'action dans ce domaine. Ce que nous savons, par contre, tous de lui, c'est qu'il affectionne l'adversité. Cela semble l'exciter. C'est homme extrêmement rusé qui ne vous lâche pas dans un affrontement politique. Vous savez, s'il y a quelque chose que Laurent Gbagbo a parfaitement réussi, c'est son appareil sécuritaire. Cette armée qui a fondu dans la nature est une armée redoutable qui dispose de quatre composantes : les FDS, les milices, la FESCI et les mercenaires, le tout avec encore assez d'armes dissimulées un peu partout sur le territoire que nous cherchons vainement.


Moi : Et pourtant, elle n'est pas parvenue à le maintenir au pouvoir...


AK : C'est là où il y a lieu de s'interroger profondément. Hormis le fait que ce soit à cause de la puissance de feu française, l'on pourrait aussi se demander, comment une armée pour laquelle L'ONUCI et la France ont eues une attention particulière, parce que bien équipée et très bien entraînée (nombreux de ses jeunes officiers font partie des meilleurs de leur promotion), peut-elle décrocher et refuser de rejoindre les nouvelles autorités? On suppose que si elle a décrochée, c'est parce qu'elle ne voulait plus suivre son chef. Mais pourquoi ne veut-elle pas nous rejoindre dans ce cas alors?


Moi : Par peur de représailles peut-être !


AK : Je veux bien croire pour ceux qui étaient à des postes de commandements. Mais qu'avons nous comme moyens pour mener des actions de représailles contres des milliers d'hommes de rang sans attirer les regards de la communauté internationale? Non, la vraie cause doit être ailleurs. Est-ce un piège qu'on nous a tendu? Du genre prenez place et nous nous occuperons de vous après. N'oubliez pas que pendant dix ans, elle n'a pas renversé Gbagbo comme nous l'aurions aimés. Aujourd'hui, c'est à ce niveau que se situe notre plus grosse inquiétude. Comment gouverner avec tous ces milliers de militaires dans la nature? Qu'ils fassent allégeance ou pas, ils resteront, de toute évidence une épée de Damoclès sur nos tète. Si nous leur confions la sécurité du pays, ils pourront nous renverser. Si nous les laissons là où ils sont, ils pourraient mener une attaque depuis leur cachette. Je ne vous le cache pas, notre situation est très inconfortable, au point que beaucoup d'entre nous gardent encore femmes et enfants hors du pays.


Moi : Qu'allez-vous faire maintenant? Le premier ministre qui est aussi celui de la défense s'attèle à cela je suppose?


AK : Qui ça? Le jeune frère Soro? Non..., il a joué sa partition, il est maintenant temps qu'il prenne un bon repos mérité. Il faut que le grand-frère (Ouattara) fasse appelle à quelqu'un de plus étoffé, plus âgé ayant un CV requis pour la fonction. Nous sommes en Afrique et cela est très embarrassant pour beaucoup de se voir appeler tonton en privé et de lui donner du monsieur le premier ministre avec révérence en publique. (rires)


Moi : Ç' a quand même marché avec le président Gbagbo !


AK : C'est la particularité de l'homme Gbagbo ça ! (rires) On croyait lui faire mal en lui demandant de prendre le jeune frère comme PM, il l'a accepté pour plutôt mieux ridiculiser nos amis qui étaient au gouvernement dans l'ordre protocolaire.


Moi : La Licorne et l'ONUCI vous aident à sécurisé le pays, je constate?


AK : Oui, mais cela nous fait passer pour un pouvoir à la solde de l'étranger et ne rassure ni nos compatriotes quant à la fin de la guerre, ni les éventuels investisseurs qui verront en cette présence un signe d'instabilité. Voilà pourquoi certains au parti disent que même chassé du pouvoir, Laurent Gbagbo codirige la Côte d'Ivoire avec nous. (rires)


Moi : Vous qui semblez le connaitre, comment le décrirez-vous?


AK : Vous êtes un Gbagboïste, il me semble ! (rires)


Moi : Non, pas nécessairement... Je suis chez vous, autant me faire une idée autre que celle de la presse !


AK : Nos frères sénégalais sont en général pour le président Ouattara. (rires) Ou bien, c'est parce que vous vivez aux USA, vous? Non...Il est humain, généreux, très généreux, amusant, aimant la femme (rires)..., et un redoutable adversaire politique pour ce qui me revenait très souvent des amis du parti qui ont eus à bien le côtoyer. Pour ma part, j'ai eu à le rencontrer que quatre fois où il nous à bien fait rire avec des histoires drôles qu'il aime conter pour détendre l'atmosphère. Mais quand nous allions le croiser, la consigne était claire : faire attention à ce qu'il propose comme solution. Car, il a un don inouï de piéger ses adversaires politiques qui ont fini par le surnommer le boulanger. (rires) Oui, c'est vrai, avec Gbagbo vous prenez goût à la politique qui devient un jeu de réflexion excitant. Ce serait faux de dire qu'il ne nous passionne pas tous quelque part.


Moi : A vous entendre, c'est vous plutôt le gbagboïste ! (rires) Apercevez-vous la noblesse de son combat dont parlent encore ses partisans?


AK : Noblesse de son combat... Vous savez, il y a ceux qui veulent changer les choses et qui n'y arrivent pas. C'est le cas de Gbagbo. Et il y a ceux qui disent, l'ordre est déjà établi, autant faire avec. Pour le reste, le débat peut être lancé en ayant à cœur la question suivante : avons-nous les moyens nécessaires, en tant qu'africain, d'inverser l'ordre de la domination occidentale? S'il s'en est lui-même remis à l'aide divine, c'est parce qu'il n'avait pas la capacité de l'emporter sur la France.

GBAGBO ET OUATTARA 3.jpg

Moi : Attendez-là, je croyais qu'il s'agissait d'un duel entre lui et le président Ouattara ! (rires)

AK : (Rires) Je vous sais intelligent pour croire que c'en est la principale raison. Il y a un chanteur reggae de chez nous qui dit "ils ont partagés le monde, rien ne m'étonne...". C'est Tiken Jah.


Moi : Je m'apprêtais à poser une autre question, lorsque je suis interrompu par une tape dans le dos. Qui vois-je en me retournant?

TH, ancien compagnon d'université aux USA. Devenu membre influent du cabinet présidentiel de son pays, il était du voyage avec son président Toute suite, il se lance dans une violente critique, en anglais bien sûr, pour ne pas que les gens nous comprennent, cela, à l'endroit de la France impérialiste qui venait de renverser le président Gbagbo pour installer Ouattara. Je profite pour lui demander: " what about your boss? How he is seeing the all situation?" (et ton patron? Comment voit-il la situation? ). Il me répond qu'il n'a pas cessé de se plaindre tout le temps qu'a duré le vol de ce que ce petit (Sarkozy) les ait presque obligé à venir à Yamoussoukro. Ce dernier aurait ironisé à un de ses homologues africain en lui disant : "ça t'ennuierait pas de le provoquer (Sarkozy) pour qu'il te bombarde et qu'il me mette à ta place? Toi au moins, tu as la forêt que je n'ai pas, moi ! ".

Lorsque TH nous quitte, AK qui comprend l'anglais, j'aurai du m'en douter vu son niveau d'étude, me fait remarquer que si TH était dans l'opposition en train de courir après le pouvoir d'état, il n'aurait pas tenu ses propos presque désobligeants à l'endroit de son patron à lui, le président Ouattara. Quand il me demande de quel pays est-il? Je presse de lui dire gentiment qu'il n'y aura pas d'incident diplomatique par ma faute. Il a fallu aller à la recherche d'autres sujets avant de revenir sur celui qui m'intéressait le plus ce jour-là, c'est à dire le président Gbagbo.

Moi : Allez-vous vraiment l'envoyer devant la CPI?


AK : J'en sais rien. Je ne suis pas en charge du dossier. Mais si tel était le cas, nous aurions empirés une situation déjà chaotique de laquelle nous peinons vraiment à sortir. Et puis dans le fond, sommes-nous, nous-mêmes exempts de tout reproche? Ce que je sais, par contre, c'est que plus il sera entre nos mains, moins il sera probable que nous subissions une attaque armée de ses partisans. Cela nous donne donc le temps d'asseoir notre pouvoir avec l'aide de l'armée française à laquelle le grand-frère (Ouattara) a demandé un plan de restructuration de la notre en incluant des coopérants français dans sa chaîne de commandement comme au temps du président Houphouët. C'est après cela que nous pourrions être sûrs d'être réellement aux commandes. (rires) La politique, c'est aussi l'art de faire diversion. Garder Gbagbo, c'est amener ses partisans à plus réclamer sa libération que contester la légitimité du président Ouattara.


Moi : Entre nous, de vous à moi, la présidentielle, vous l'avez vraiment remportés? Parce que sur le net, j'ai vu des preuves...


AK : (Eclats de rires) Eh bien là, vous vous êtes dévoilés maintenant ! Vous êtes pour Gbagbo. (rires) Vous savez, il y a un proverbe chez nous qui dit, et je cite : quand vous avez faim et qu'on vous donne à manger, vous ne vous demandez pas, si les mains qui ont cuisiné la nourriture étaient sales. Nous avons le pouvoir et nous avons l'intention de l'exercer pleinement. La polémique des élections, c'est du passé. (rires)


Moi : Il va falloir compter avec la résistance dite patriotique de Blé Goudé alors !


AK : Mais elle était là avec ses meetings qui coutaient au contribuable, et puis nous sommes arrivés au pouvoir ! Vous savez, elle était d'ordre pécuniaire. Et comme ils n'ont plus les caisses de l'état et qu'ils vivent dans des conditions déplorables au Ghana, elle s'essoufflera à coup sûr ! Dans peu de temps beaucoup d'entre eux négocieront leur retour pour retrouver le confort de leur palace qui leur manque tant. La seule chose que nous craignons, je vous le répète, ce sont les militaires et non Blé Goudé que d'aucun déclare mort. Lorsque les français nous auront aidés à les mettre sous l'éteignoir, nous roulerons en roue libre. Les partisans de Gbagbo qui, nous le reconnaissons, est un doué de la politique, n'ont pas la persévérance qui est la notre. C'est elle qui nous a amenée à acculer leur champion pendant dix ans. Leur machine est décapitée, ils baisseront les bras tôt ou tard. Vous verrez qu'à votre prochaine visite, ils seront tous rentrés dans les rangs. Ya rien en face, comme ils avaient l'habitude de nous le dire.



Moi : Pourtant, pour ce que j'ai entendu de nombreux pro-Gbagbo, vous ne seriez pas au bout de vos peines, parce qu'ils ne vous lâcheront pas !



AK : Ils peuvent menacer. Quand ils se seront remis de la chute de Gbagbo, cela leur passera. (rires)

 


Source: TELEDIASPORA.NET

jeudi, 26 mai 2011

LE PRESIDENT GBAGBO RENCONTRE POUR LA PREMIERE FOIS SES AVOCATS !

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Cette nouvelle vient personnellement du conseiller spécial du président Gbagbo, M. Toussaint Alain, alors que de folles rumeurs circulent actuellement sur une éventuelle hospitalisation du Président dans un hôpital célèbre à Abidjan, la PISAM.

Cette nouvelle vient aussi d'être confirmée par l'agence Reuters.

Selon cette agence le président ivoirien, son excellence M. Laurent Gbagbo a pu aujourd'hui rencontrer ses avocats à sa résidence surveillée à Korhogo en vue d'une éventuelle audition par le procureur de Ouattara. Il s'agit de deux avocats, Me Habiba Touré et Me Hervé Gouaméné.

Le président Gbagbo est actuellement détenu arbitrairement dans cette ville du nord de la Côte d'ivoire, fief de la rébellion armée de Soro, à la demande de Ouattara qui dit craindre une tentative d'enlèvement.


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

mercredi, 25 mai 2011

AMNESTY INTERNATIONAL DENONCE LES EXACTIONS DES COMBATTANTS DE OUATTARA

Amnesty international a dénoncé mercredi dans son rapport, les exactions des combattants de Ouattara Alassane contre des populations notamment celles du Président Laurent Gbagbo.

Selon l'organisation, les combattants de Ouattara continuent de pourchasser les partisans du président Laurent Gbagbo. Amnesty international a demandé aussi à Alassane Dramane Ouattara, président installé par la coalition, ONUCI-Licorne- FRCI, à mettre un terme aux exactions qui se poursuivent dans certaines communes.

Dans son dernier rapport l'organisation des défenses des droits de l'homme demande à Alassane Ouattara  » de donner un ordre immédiat à ses forces afin de mettre un terme à ce qui se passe et à juger les auteurs ».

Amnesty international prévient que si Ouattara ne prend pas ses responsabilités, la Côte d'Ivoire risque de basculer vers de nouvelles violences. « On est loin d'une réconciliation. Que Ouattara reconnaisse la responsabilité de ses forces et qu'il suspende les responsables dans l'attente d'un procès. Qu'il protège la population encore en brousse dans les camps de déplacés qui n'osent pas rentrer chez elles, » averti, Salvador Sagès, porte-parole de l'organisation.

Revenant sur l'implication des combattants d'Alassane Ouattara dans les massacres de Duekoué, ouest de la Côte d'Ivoire, Salvador a été ferme. « Nous avons interrogé plus de 100 personnes. Elles ont tous dit que les gens qui ont tué avaient des uniformes des rangers avaient des voitures. Le jour du massacre de Duékoué, le 29 mars, toute la ville était aux mains des Frci. Ils étaient responsables de ce qui se passait là. La responsabilité des Frci n'est plus aucun doute ».

Ce rapport d'Amnesty international intervient alors que les combattants d'Alassane Ouattara sont indexés par l'association française reporter sans frontière (RSF)  dans l'assassinat d'un journaliste à Yopougon. RSF affirme que Sylvain Gagnéto journaliste de « radio Yopougon », connu pour être proche de l'ancien régime, aurait été arrêté et tué avec d'autres personnes par des éléments des FRCI.

 

Source: DIRECTSCOOP.NET

AUX FRANÇAIS DE COTE D'IVOIRE: «OTAGES, SAUVEZ-VOUS !»

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N'étaient le visage et la voix de notre frère en humanité Philippe Rémond, l'un de ceux grâce auxquels, en ces temps de ténèbres, un citoyen français peut encore s'honorer de l'être, elle aurait de quoi faire frémir, l'ovation qui a salué l'engagement pris par Nicolas Sarkozy, dans son adresse aux ressortissants français d'Abidjan, à maintenir sur place les forces armées françaises.

Bien sûr, en l'absence d'images montrant la foule, on peut aisément l'imaginer noyautée par une clique payée pour faire la "claque" à ce moment clé du discours. Mais quoi qu'il en soit, l'écho de cette ovation retentira longtemps dans la mémoire africaine : Sarkozy aurait voulu aggraver le porte-à-faux de la communauté française en Côte d'Ivoire qu'il ne s'y serait pas pris plus sournoisement.

D'autant que, si cela n'avait tenu qu'à lui et à ses nervis du Quai d'Orsay et de Matignon, c'est à Paris que le Président français se serait adressé à la communauté française d'Abidjan, après en avoir réussi l'évacuation massive; on se souvient en effets des efforts pathétiques déployés il y a peu, autant pour persuader sur place les "expatriés" de quitter le pays, que pour faire croire aux téléspectateurs français qu'une foule d'entre eux s'apprêtaient à fuir.

On vient d'assister en somme à la deuxième tentative de prise d'otage des Français de Côte d'Ivoire par les autorités de la République en l'espace d'un mois en demi : faute d'avoir réussi à les victimiser début avril -la recette de 2004 ayant mal vieilli-, il s'agit maintenant de les faire passer collectivement pour une caste de profiteurs que réjouiraient des propos du genre "vous n'avez plus rien à craindre : ces sales nègres menés par le chef Gbagbo sont désormais hors d'état de nuire; les nègres maintenant au pouvoir sont en notre pouvoir : plus rien ne vous empêche, avec notre soutien, de trafiquer à loisir pour contribuer à l'enrichissement de la Métropole".

Les voilà malgré eux embarqués sur l'énorme cargo du pillage méthodique, pistolet sur la tempe et barbouzes à la manœuvre, pris entre le marteau d'une France impudente, effrontément vorace, et l'enclume d'une Afrique au bord de l'explosion libératrice.

Pour déjouer une telle machination, et se sortir du piège mortel tendu à ses propres compatriotes par le premier d'entre eux, la meilleure option ne serait-elle pas celle choisie, peu de temps avant son assassinat, par Philippe Rémond : demander la nationalité ivoirienne, et -pourquoi pas- s'en contenter, en se souvenant que face aux traîtres actuellement associés à ce "trône de malice, qui façonne la peine et l'érige en décret"(1), et bientôt "anéantis par leur propre méchanceté"(2), le droit, la justice et la vérité -même séquestrés !- demeurent, et ne tarderont pas à l'emporter.

C'est sans doute à ce prix qu'une immense majorité d'"expatriés", loyalement épris de leur terre d'adoption, pourront acquérir sur place le poids d'un réel contre-pouvoir, et le mettre, en l'honneur de la France authentique, au service de la vraie Côte d'Ivoire, pour que se lève et que vive l'Afrique.

Alors Philippe Rémond, hier encore odieusement et scandaleusement ignoré par le Prince noir de l'Élysée dans son évocation des souffrances endurées par la communauté française; Philippe Rémond, solidaire jusque dans la mort de ce peuple qu'il aimait; uni à la foule de ces martyrs ivoiriens condamnés à une mort atroce par le petit caporal et son sergent Ouattara, valets serviles de l'internationale prédatrice; Philippe Rémond ne sera pas mort pour rien.


Eliahou Abel

Jérusalem, le 22 mai 2011


(1) Psaume 94:20

(2) Psaume 94:23

UN JOURNALISTE ASSASSINE, UN JOURNAL D'OPPOSITION TRAQUE, LES REGLEMENTS DE COMPTE SE POURSUIVENT EN COTE D'IVOIRE

 

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Reporters sans frontières est choquée d'apprendre l'assassinat de Sylvain Gagnetaud, membre au bureau de l'Organisation des journalistes professionnels de Côte d'Ivoire, rédacteur-adjoint et présentateur d'émissions à la Radio de Yopougon, commune d'Abidjan, théâtre ces derniers mois de violents affrontements entre les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) du Président Alassane Ouattara et des miliciens de l'ancien président, Laurent Gbagbo. Sylvain Gagnetaud était connu pour sa proximité avec le Front Populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, manifestée lors de ses activités journalistiques. Selon des sources convergentes, il aurait été arrêté lors d'une opération de ratissage des forces pro-Ouattara dans le quartier de Koweït à Yopougon, aux environs du 8 mai, et exécuté peu après, en compagnie de jeunes suspectés d'être des miliciens. Cette nouvelle accablante est inquiétante pour l'avenir des médias en Côte d'Ivoire, où les journalistes et les médias affiliés à l'opposition sont traqués par les bandes armées. Ce mardi 24 mai, Nina Bolou, directrice de la société éditrice du quotidien d'opposition Le Temps, dont la réouverture est prévue dans les jours qui viennent, a été arrêtée dans les locaux du journal par des hommes armés.

Reporters sans frontières constate avec une grande déception que l'heure semble plus que jamais aux règlements de compte en Côte d'Ivoire, où la situation demeure toujours tendue et délicate pour de nombreux journalistes. La capacité des forces de l'ordre à faire la lumière sur ce crime aura valeur de test pour les autorités nouvellement investies. Reporters sans frontières exhorte la justice ivoirienne à retrouver et à juger les commanditaires de cet assassinat afin de mettre un terme à l'impunité. L'organisation appelle ainsi le gouvernement du président Alassane Ouattara à tenir ses promesses et à créer les conditions d'une presse libre et indépendante.

Après la chute de Laurent Gbagbo, la radio Yopougon avait été attaquée puis incendiée dans la nuit du 13 au 14 avril 2011. Craignant pour ses jours, Sylvain Gagnetaud avait tenté de fuir, à cette date, alors que le quartier de Yopougon était le lieu de violents combats. Les circonstances de son arrestation et de sa mort restent floues. Malgré la nouvelle encourageante du retour en kiosques de la presse d'opposition, et les promesses faites, les journalistes politiquement engagés auprès de Gbagbo lors des violences électorales, sont traqués. Nina Bolou, directrice des ressources de Cyclone, la société éditrice du journal Le Temps, a été arrêtée ce matin par des hommes armés inconnus. Elle s'était rendue dans les locaux du journal afin de dresser l'état des lieux avec un avocat et un huissier, en vue de la réouverture prochaine du quotidien.


Source: REPORTERS SANS FRONTIERES

MAMADOU KOULIBALY: «IL FAUT RENONCER A LA VENGEANCE JUSTICIERE»

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Président par intérim d'un FPI aux abois et président de l'Assemblée nationale ivoirienne, Mamadou Koulibaly revient, dans un entretien exclusif accordé à RFI, sur cinq mois de crise en Côte d'Ivoire vu de l'intérieur du camp Gbagbo. Présent lors de l'investiture d'Alassane Ouattara, il reconnaît la pleine autorité de ce dernier. Et lui promet un candidat du FPI « à sa taille » dans cinq ans, s'il parvient à reconstituer une opposition républicaine.


Mamadou Koulibaly répond aux questions de Jean-Karim Fall et Christophe Boisbouvier de RFI.


RFI : Pourquoi êtes-vous allé à la cérémonie d'investiture d'Alassane Ouattara samedi dernier ?

Mamadou Koulibaly : Par devoir républicain. La Côte d'Ivoire s'est donnée un président de la République et en tant que président de l'Assemblée nationale, je devais y être.

RFI : Est-ce que ça veut dire que vous, personnellement, reconnaissez Alassane Ouattara comme le président de Côte d'Ivoire ?

M. K. : Oui et ça ne date pas d'aujourd'hui. J'ai déjà signé pour le compte du Front populaire ivoirien une déclaration qui le disait.

RFI : A quel moment avez-vous compris que Laurent Gbagbo avait perdu l'élection ?

M. K. : Après la décision du panel. Le panel ayant conclu que le vainqueur était Ouattara, il fallait que tous les partisans de Gbagbo se rendent compte de l'évidence, que Ouattara était président.

RFI : C'est le sommet du 10 mars à Addis-Abeba. A ce moment-là, vous vous êtes dit, c'est fini ?

M. K. : Je n'ai pas les dates exactes, mais c'est cela.

RFI : Au premier tour, Laurent Gbagbo est arrivé premier avec six points d'avance sur Alassane Ouattara. A ce moment-là, est-ce qu'il pouvait encore gagner ?

M. K. : Oui, il était encore possible de gagner. Si nous avions eu un discours plus rassembleur, si nous ne nous étions pas focalisés sur les discours qui divisent, qui affaiblissent, c'était un moment clé.

RFI : Et le FPI (le Front populaire ivoirien) n'a pas su obtenir le ralliement du PDCI (l'ancien parti unique) de Henri Konan Bédié ?

M. K. : Pas du PDCI, mais de l'électorat du PDCI. Mauvaise stratégie.

RFI : On a souvent dit que Laurent Gbagbo était un boulanger, qu'il roulait ses adversaires dans la farine, mais ne s'est-il pas laissé rouler lui-même dans la farine par Guillaume Soro ?

M. K. : Nous sommes obligés de le constater. Je me suis battu pour que Laurent Gbagbo gagne. Nous avons perdu et on ne va pas pleurer éternellement.

RFI : L'échec du FPI, est-ce que ce n'est pas aussi l'échec d'une expérience socialiste en Afrique de l'Ouest ?

M. K. : Est-ce qu'elle était vraiment socialiste ? Est-ce que nous avons vraiment appliqué notre programme de gouvernement ou est-ce que nous avons fait autre chose ? Je me pose des questions.

RFI : Et est-ce que, au cours de ces dix dernières années, votre parti n'a pas fonctionné en double-commande, c'est-à-dire une direction officielle et disons un cabinet plus secret ?

M. K. : Oui, disons que nous sommes tombés dans le piège des partis qui accèdent au pouvoir et qui se laissent entraîner par l'ivresse du pouvoir. C'est vrai. La personnalité de Laurent Gbagbo était telle que bien qu'ayant cédé le fauteuil de président du FPI à Pascal Affi N'guessan et même s'il ne décidait pas directement des choses, chaque fois que nous avions des décisions importantes à prendre pour le parti, nous lui posions la question d'abord de savoir si cette décision ne gênait pas sa politique générale.

RFI : Le rôle de l'armée française dans la chute de Laurent Gbagbo, ça vous choque ?

M. K. : Non, c'était dans la logique des choses. A partir du moment où nous avions signé l'accord politique de Ouagadougou, il était évident que les choses allaient se terminer de cette façon-là.

RFI : Donc, vous ne dites pas comme certains partisans de Laurent Gbagbo qu'on assiste à une recolonisation de la Côte d'Ivoire ?

M. K. : Non, on assiste à une remise en ordre de la Côte d'Ivoire là où nous, FPI, avons été incapables. On aurait eu notre gouvernement à nous, on aurait peut-être mieux géré la situation, il n'y aurait pas eu de rébellion et on n'en serait pas là aujourd'hui. Mais dans le gouvernement mélangé, on a pensé que tout baignait dans l'huile. Or, l'adversaire nous attendait au tournant. Et on a été victime de notre grande naïveté.

RFI : Le maintien d'une base militaire française à Port-Boué à Abidjan, comme l'a annoncé Nicolas Sarkozy, le président français, et comme l'a confirmé Alassane Ouattara, qu'est-ce que vous en pensez ?

M. K. : De mon point de vu, il n'est pas admissible qu'aujourd'hui encore, les choses se passent entre Paris et Abidjan comme elles se sont passées en 45-46 ou en 1960. L'assistance permanente de la France en matière monétaire, financière, politique, est de nature à infantiliser ces Etats. Mais pour moi, ce n'est qu'une période passagère. Le moment viendra où les mêmes Etats responsables s'assiéront autour d'une table pour renégocier et signer d'autres accords.

RFI : Quelle est la dernière fois où vous avez parlé avec Laurent Gbagbo ?

M. K. : Le lendemain du jour où Pascal Affi N'guessan est rentré d'Addis-Abeba avec les conclusions du panel. Nous nous sommes rencontrés et on a parlé de ces conclusions-là.

RFI : Et là, vous avez peut-être dit à Laurent Gbagbo, « c'est fichu », non ?

M. K. : Il le pensait lui aussi. Et puis, nous nous sommes dits qu'il fallait réfléchir pour savoir quelle attitude adopter. Et depuis, je n'ai plus eu de nouvelles.

RFI : Mais lui avez-vous conseillé, à ce moment-là, de renoncer et de reconnaître la victoire de son adversaire ?

M. K. : Je garde ça pour moi.

RFI : Et depuis, plus aucun contact ?

M. K. : Par la suite, je suis allé à Accra (Ghana) jusqu'au 11 avril.

RFI : Quand vous lui avez dit cela, il n'a pas dû apprécier ?

M. K. : Quand je lui ai dit quoi ? (rires). Quand j'ai eu des démarches auprès des principaux responsables politiques, je me faisais taper dessus de part et d'autre. J'ai préféré m'installer à Accra et attendre la fin pour revenir lorsque l'accalmie serait arrivée ou lorsqu'ils auraient conclu leur jeu.

RFI : Est-ce que vous avez été menacé par les durs du régime de Laurent Gbagbo ?

M. K. : De part et d'autre. Les dieux des deux camps. Ce n'est pas facile de se tenir au milieu avec des tirs croisés de part et d'autre.

RFI : Avez-vous tenté une médiation dans le courant du mois de mars ?

M. K. : Même avant le mois de mars, tout début décembre. Nous n'étions encore qu'à dix ou quinze morts. Justement après l'investiture du président Gbagbo, j'ai suggéré cette idée aux deux camps, comme ça se passe en Afrique en général : lorsqu'il y a une crise post-électorale et que l'on est à cinq cents, six cents morts, on utilise ces morts comme moyen de pression pour rapprocher les camps et aller vers un gouvernement d'union. Des amis à moi ont contacté les cadres autour de Ouattara et Ouattara nous a reçus à l'hôtel du Golf. Nous y sommes allés nuitamment...

RFI : Secrètement ?

M. K. : Secrètement et je lui ai demandé si ce ne serait pas bien que Gbagbo et lui se rencontrent secrètement, se parlent pour éviter à la Côte d'Ivoire le chaos. On était dans un jeu de bras de fer. Personne ne m'a vraiment écouté.

RFI : Que pensez-vous des camarades FPI qui sont exilés aujourd'hui, notamment au Ghana, et qui rêvent de revanche ?

M. K. : J'en ai rencontré très peu qui rêvent de revanche. Je les ai vus arriver presque tous. Nous n'avons pas beaucoup de contacts physiques mais nous nous parlons au téléphone. Tous ne rêvent que d'une chose, revenir rapidement en Côte d'Ivoire. Et ils ont une peur, la peur de se faire arrêter ou de se faire tuer. Ils sont désargentés avec leur famille, des enfants qui ne vont pas à l'école, mais ils n'ont pas l'intention de revanche ou d'un coup d'Etat.

RFI : Avez-vous des nouvelles de Charles Blé Goudé ?

M. K. : Non, aucune nouvelle.

RFI : Demain, si Alassane Ouattara vous demande d'entrer dans un gouvernement d'union nationale. Qu'est-ce que vous répondrez ?

M. K. : Si j'arrive à organiser, avec l'appui du secrétaire général du FPI, une réunion du comité central du FPI et si ce comité central décide que nous devons répondre positivement à l'invitation du président de la République à entrer au gouvernement, j'aviserai. Mais ma propre position, c'est que l'Afrique n'a pas besoin de gouvernement d'union. Et lorsque l'on va aux élections et qu'il y en a un qui gagne, ma philosophie c'est qu'il prenne l'entièreté du pouvoir, qu'il l'assume complètement pendant la durée de son mandat.

RFI : Est-ce que exceptionnellement, vu la crise, la guerre qui s'est produite, il ne faut pas faire un geste de réconciliation et faire entrer dans un gouvernement les principaux partis du pays ?

M. K. : C'est le raisonnement que nous avons tenu en 2000 quand Laurent Gbagbo a gagné les élections. Ca s'est terminé par une guerre. Aujourd'hui, si l'on veut aller à la réconciliation, le gouvernement d'union n'est pas forcément la solution. Il faut déjà renoncer à la vengeance justicière et permettre que l'opposition s'organise et que l'opposition ait le droit d'exister. En étant dans l'opposition, nous pouvons contribuer à la réconciliation.

RFI : Il faut renoncer à la vengeance justicière ? Est-ce que vous voulez dire qu'il faut libérer Laurent Gbagbo ?

M. K. : Je pense qu'on peut lui reprocher tout ce qu'on veut, mais il faut reconnaître qu'il n'est pas le seul à avoir commis toutes les fautes. Je ne dis pas au président de la République Ouattara de ne pas faire la justice, mais je dis qu'un bon geste de réconciliation serait aussi de montrer qu'il est capable de pardonner à Gbagbo et à tous les militants de son parti qui sont en ce moment incarcérés à la Pergola, à Odienné, à Korhogo. Se venger n'est pas forcément bon signe.

RFI : Est-ce que la libération de Laurent Gbagbo et tous vos anciens camarades qui sont en résidence surveillée est votre priorité ?

M. K. : Non, le FPI n'est pas en mesure aujourd'hui de poser des préalables. Ce n'est pas la priorité. Mais si vous ne pouvez pas juger tous les criminels, alors pourquoi ne pas renoncer à cette vengeance et établir un processus qui libérera tout le monde, mais en donnant quand même des leçons à tout le monde. Ou bien vous prenez tout le monde, ou bien vous ne faites rien. Et si vous faites les choses à moitié, ce serait créer des injustices et cela peut être source de nouvelles haines et de nouvelles frustrations qui sont des moteurs très puissants d'instabilité politique, surtout en Afrique.

RFI : Est-ce que vous ne dites pas ça aussi parce qu'actuellement le FPI est décapité et que vous n'êtes peut-être pas en mesure de réunir un comité central parce qu'il y a trop de monde en prison ?

M. K. : Oui, c'est possible. Décapité et surtout apeuré. Les cadres et les militants qui sont à l'étranger ne sont pas chauds pour revenir maintenant, ils ont peur. Ceux qui sont à Abidjan n'osent pas sortir. Et puis, les cadres ne comprennent pas toujours pourquoi certaines personnes sont harcelées et d'autres pas. Quels sont les critères qui permettent d'arrêter un tel plutôt que tel autre. Et lorsque des réunions sont prévues, de très nombreux cadres militants promettent de venir. Mais aux heures de réunion, on ne les voit pas. Ils me disent tous, est-ce que Mamadou, tu nous garantis la sécurité ? Je leur dis que je suis incapable puisque le ministre de l'Intérieur lui-même me dit que pour le moment, il doit avouer qu'il ne maîtrise pas complètement tous ceux qui sont en ville.

RFI : Est-ce que le FPI est mort ou est-ce qu'il pourra revenir au pouvoir un jour ?

M. K. : Le FPI n'est pas mort. Le FPI est très affaibli.

RFI : Vous vous donnez combien de temps dans l'opposition. Cinq ans ? Dix ans ? Peut-être plus ?

M. K. : A court terme, cinq ans. C'est quasiment sûr que les législatives à venir vont être catastrophiques pour nous, mais je pense que dans cinq ans, le président Ouattara trouvera en face de lui un candidat FPI de taille.

RFI : Vous êtes président par intérim. Etes-vous prêt à devenir le président du nouveau FPI ?

M. K. : Le président du FPI est pour le moment incarcéré. Je me bats pour qu'il puisse retrouver la liberté et c'est le congrès qui décidera. Ça ne fait pas partie de mes plans à moyen et long terme pour le moment.

RFI : Si le prochain congrès du FPI vous demande de prendre la présidence du parti, est-ce que vous irez ?

M. K. : Oui, j'irai si le congrès le demande et si je suis candidat, mais ce n'est pas encore dans mes priorités. La priorité, c'est d'abord de reconstituer cette opposition républicaine face à Ouattara. Il n'est pas question que l'on retombe dans un régime de parti unique. Si dans cette dynamique, je réussissais, alors Ouattara pourrait avoir en face de lui une bonne opposition et ce serait ma contribution à la réconciliation. Mais si j'échouais sur ce terrain, que le FPI disparaissait, alors monsieur Ouattara aurait en face des factions dispersées sur l'ensemble du territoire et organisées n'importe comment, qui lui rendraient la vie très difficile. Et cela n'est pas souhaitable.

RFI : Il y a des velléités au sein du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix) de pérenniser la structure RHDP, donc concrètement que le RDR rejoigne « la maison mère », le PDCI. Est-ce que vous ne craignez pas que votre pays, la Côte d'Ivoire, se retrouve en fait avec un RHDP qui règne en maître ?

M. K. : Le risque existe. On se retrouverait dans les partis uniques et les partis uniques vivent dans la peur permanente d'un coup d'Etat, d'un assassinat, d'une instabilité. Et je ne pense pas qu'ils en aient besoin. Par contre, s'ils arrivent à s'organiser pour reconstituer l'ancienne famille PDCI d'Houphouët et, sans nous embastiller, sans bloquer nos comptes, sans nous tuer, s'ils nous permettraient d'organiser nous aussi le CNRD en face un grand mouvement d'opposition, on irait vers un bipartisme en Côte d'Ivoire. Un grand parti au pouvoir et un grand parti d'opposition. C'est possible, c'est jouable. Et c'est dans ce sens-là que j'aimerais bien, avec quelques amis, le secrétaire général, pouvoir travailler. Créer en face du RHDP, un grand mouvement politique d'opposition.


Source: RFI.FR

mardi, 24 mai 2011

LUMIERE SUR LE DISCOURS DE SARKOZY A LA COMMUNAUTE FRANÇAISE EN COTE D'IVOIRE

 

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Sarkozy est finalement venu en Côte d'Ivoire, à l'occasion de la cérémonie d'investiture d'Alassane, ce 21 mai 2011, à Yamoussoukro. Après l'arrestation du président Laurent Gbagbo par les forces spéciales françaises, il est arrivé pour couronner officiellement son poulain ADO. Comme il l'avait promis, il a rencontré des membres de la communauté des expatriés français vivants en côte d'ivoire. Au cours de cette rencontre, il a livré un discours qui traduit dorénavant, la manière dont il compte mener la politique étrangère de la France en côte d'ivoire.

Nous avons lu ce discours pour vous, afin de mettre en exergue les enjeux de l'implication de la France dans cette crise mais aussi les nombreuses contre vérités qu'il renferme.

Ce discours s'articule tout d'abord autour d'un souci permanent : celui de justifier l'intervention de l'armée française, car hantée et acculée de par les critiques qui fusent de toutes parts et même au sein de la classe politique française.

Il commence son propos par un tour de charme destiné à la communauté française. Cette communauté qui aux heures chaudes de la crise avait refusé de se faire évacuer, car ayant en mémoire les déboires qu'avaient connus ceux qui l'ont été aux cours des évènements de 2004. Il leur exprime les préoccupations, les soucis, les inquiétudes qu'il avait ressentis pour eux pendant la crise dite postélectorale. Et leur affirme que c'est surtout à cause d'eux et de leurs familles que l'armée française est intervenue. On le sait, des expatriés français, il n'en était point question : seuls les intérêts économiques français comptaient. N'est ce pas eux qui chaque année rapatrient des capitaux vers leur pays d'origine, la France ? En effet ses agissements (destruction des aéronefs de l'armée ivoirienne, hélicoptère tirant sur les jeunes patriotes sur le pont De Gaule, tueries des jeunes gens sur l'esplanade de l'hôtel ivoire) avaient mis à mal cette paisible communauté livrée ainsi à la vindicte des ivoiriens. L'on se souvient encore des slogans : '' à chacun son blanc'' d'un côté et de l'autre '' à chacun son nègre''.

Poursuivant, il ne cache pas sa joie d'avoir reconquis l'ex colonie, en utilisant le terme de : '' relations fraternelles''. Quelqu'un disait quelque part : « ...les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts... ». Puis, il n'oublie pas de féliciter son Ambassadeur Jean Marc Simon qui a accompli sa mission commandée. On se rappelle comment ce dernier, aidé par celui des USA avait amené Youssouf Bakayoko président de la CEI à l'hôtel du Golf pour y proclamer les résultats de l'élection de décembre 2010. Notons en passant que ce dernier avait bénéficié depuis lors d'un exil doré en France.

Cette opération de charme va plus loin ; il évoqué la disparition des deux français enlevés et deux autres étrangers et promis de non seulement les retrouver, mais de punir les auteurs de cet enlèvement. Là-dessus, il ignore royalement Philippe Rémond, Français vivant à Yamoussoukro, assassiné selon de nombreux témoignages par les FRCI d'Alassane Ouattara. Il va plus loin en affirmant : « On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité», oubliant les nombreux ivoiriens aussi tués en toute impunité. Deux poids, deux mesures donc : la vie du français est plus importante que celle de l'ivoirien.

A maintes reprises il a évoqué la démocratie. Selon ses propos, la France a pour vocation de soutenir la démocratie, donc des régimes démocratiques. Chères frères, cela fait bientôt deux mois qu'Alassane a pris le pouvoir. En Côte d'Ivoire il n'y a pas de démocratie :

- La liberté de réunion est compromise par l'insécurité grandissante

- Les journaux proches de l'opposition ne paraissent plus, ceux qui essaient de contrarier le régime en place sont menacés (exemple du quotidien l'Inter)

- La chasse à l'homme continue : plusieurs de nos ressortissants : plusieurs de nos citoyens sont exilés dans d'autres pays, fuyant les exactions

- Les rackets se sont intensifiés sur nos routes

- Plusieurs personnes politiques et civiles sont maintenues arbitrairement en prison au motif d'appartenir au camp Gbagbo

C'est cela la démocratie que ADO prône et que la France compte soutenir, alors que les médias français restent muets sur tous ces faits évoqués plus haut.

Parlant des élections, il affirme sereinement que le peuple s'est exprimé librement. C'est faire preuve de mauvaise foi : ignorer qu'au nord les rebelles ont intimidés, empêchés, menacés, violés les partisans de la LMP et ont bourrés les urnes, falsifiés les bulletins de vote, etc. Plusieurs observateurs notamment africains ont relevés tous ces manquements graves.

Du mandat de Gbagbo, il le décrit comme ''un décennie de crise et de souffrance''. Les ivoiriens sont encore là, ils ont vécu ces 10 années sous le régime Gbagbo et peuvent témoigner. Pendant 10 ans, des progrès significatifs ont été enregistrés :

- Amélioration des traitements des fonctionnaires

- De nombreux jeunes recrutés dans la fonction publique

- Gratuité de l'école

- Création de centres de soins

- Amélioration des revenus des producteurs agricoles

- Liberté d'expression etc.

Oui, les ivoiriens sont encore là. Tout n'a pas été rose, mais tout n'a pas été négatif non plus.

Puis il va plus loin dans son désir de tronquer l'histoire. En évoquant les présumés tueries des femmes à Abobo et l'utilisation des armes lourdes. A ce niveau, il faut rappeler que plusieurs gendarmes et policiers ont été aussi assassinés par ceux qu'ont a appelés ''les commandos invisibles'', sans compter les déplacements massifs des populations fuyant les combats. Des armes lourdes, il y en avait dans les deux camps. Mais seulement voilà, chose curieuse, l'ONU et la France avaient décidés de ne voir que celles du camp Gbagbo. Comment appeler cela sinon un parti pris pour des forces qui se disaient impartiales.

Dans son discours, il tire des leçons. Intéressons-nous à la deuxième : '' la responsabilité de protéger''. Il affirme : «  la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur un massacre... » Eh oui, elle ouvre les yeux lorsqu'il s'agit des blancs et des partisans de celui qu'elle supporte, et ferme les yeux sur ceux du Rwanda et plus près de nous ceux de Duékoué. A ce sujet, on peut se référer au rapport du Nouvel Observateur, organe de presse français. Les massacres de milliers de guérés de Duékoué reprochés d'être proche du camp Gbagbo, se sont perpétrés au nez et à la barbe des forces onusiennes qui y étaient stationnées.

3ème leçon, il réaffirme que la France a agit sous le mandat de l'ONU. Encore un stratagème quand on veut assouvir ses basses besognes, on utilise la couverture de l'ONU, comme en Libye. Voilà la nouvelle politique africaine de la France.

Avant de terminer, il évoque une série de mesures sur lesquelles la France compte aider ADO. Des mesures qui touchent des domaines sensibles tels que l'éducation, l'armée, la reconstruction, la réconciliation, etc. Mesures qui ressemblent étrangement dans leur description à des consignes qu'il laisse à son protégé ADO. La France compte aider la Côte d'Ivoire ? Quelqu'un a dit : «  les pays n'ont pas d'amis, ils n'ont que des intérêts », sinon, au nom de quelle ''amitié'' ou ''fraternité'' la France s'ingèrerait-elle si ouvertement en Côte d'Ivoire ?

Cerise sur le gâteau : l'armée française sera maintenue en Côte d'Ivoire, bien plus, il sera signé entre les deux pays un nouvel accord de défense. Le ministre français à la défense sera dépêché dans les tous prochains jours en Côte d'Ivoire pour finaliser le document, qui dit-il sera rendu publique puisque publié. Rassurez-vous, la France est experte dans ce genre de traité floues et opaques qui n'offrent aucune lisibilité. Rappelez-vous, l'ancien accord de défense signé le 24 avril 1961 sous Houphouët Boigny.

Pour conclure son propos, il nous éclaire sur la morale de cette histoire : « ... la conviction, la détermination, le courage, les principes finissent par toujours triompher ».

Chers ivoiriens, reprenons à notre compte cette morale. A tous les ivoiriens qui aiment leur pays : notre conviction, notre détermination, notre courage, nos principes finiront par triompher de ce pouvoir ouattariste indigne et vendu à la France.

Côte d'Ivoire, la lutte continue...



Source: POUR UNE COTE D'IVOIRE SOUVERAINE