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mardi, 24 mai 2011

21 MAI : LE LAPSUS REVELATEUR DE DIABATE

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«Monsieur le Préfet» (cliquer pour voir la vidéo) a lâché, avant de se rebiffer, la toute nouvelle Grande Chancelière nommée par Ouattara, lors de son investiture de samedi.

« Ce lapsus serait passé inaperçu n'eût été le contexte politique ivoirien où Ouattara est considéré par une grande partie de la population ivoirienne, et même africaine, comme l'homme de Paris », estime un observateur.

Alassane Ouattara, arrivée au pouvoir grâce à l'action de l'armée française, a exprimé sa reconnaissance à la France, non sans révéler « une vision commune de l'avenir » avec celle-ci.


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UNE «INTRONISATION» A PLUS DE 20 MILLIARDS


Les dépenses liées à l'investiture du chef d'Etat ivoirien, installé par la coalition armée Licorne-Onuci-FRCI, s'élèvent à plus de 20 milliards, rapporte dans son édition de lundi l'Observateur de Palga, journal burkinabé pro-Ouattara.

« Le coût élevé de l'évènement choque plus d'un ivoirien d'autant plus que le contribuable ivoirien sort de près de 10 ans d'une crise qui s'est soldée ces 4 derniers mois par un épuisement des dernières ressources qui pouvaient exister », commente-t-on à Abidjan. Pour certains, « il s'agit de l'intronisation du nouveau Préfet imposé par la France à la Côte d'Ivoire ».

Alassane Ouattara s'est fait investir Président de la République de Côte d'Ivoire samedi 21 mai à Yamoussoukro en présence d'une vingtaine de chefs d'Etat, dont Nicolas Sarkozy, seul représentant l'Occident.

Le Président Laurent Gbagbo, précédemment investi Président à l'issue de sa victoire constatée par le Conseil Constitutionnel aux élections de novembre 2010, est quant à lui détenu illégalement, sans chef d'accusation et sans droit de visite, dans le nord du pays depuis sa capture le 11 avril par la coalition pro-Ouattara.


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BURKINA FASO: MOUVEMENT DE COLERE DES MILITAIRES A OUAGADOUGOU


Les militaires du camp de gendarmerie Paspanga, en colère, ont tiré en l'air lundi aux environs de 20 heures dans la capitale du Burkina Faso, a-t-on appris d'une source militaire.

Des membres de la Garde nationale réclamaient des indemnités au gouvernement. Le centre de Ouagadouou a de nouveau été le théâtre d'un soulèvement militaire.

« Nous revendiquons des indemnités. Ce sont des sous qui sont déjà là, mais qu'on ne nous verse pas. On ne sait pas où ça va », a expliqué un militaire.

Un officier de l'armée a pour sa part affirmé que les militaires réclament des indemnités spécifiques, les mêmes que la Garde présidentielle.

Les mutins ont ensuite mis en place un barrage routier, bloquant avec des autobus les principales artères autour du camp militaire et refoulant les véhicules s'aventurant jusque-là. Le centre-ville s'est rapidement vidé dans la soirée, les passants sont rentrés chez eux en hâte.

Une mutinerie qui intervient alors que lundi matin, des milliers de collégiens et de lycéens ont de nouveau manifesté à Ouagadougou pour demander au gouvernement de satisfaire aux revendications de leurs professeurs en grève, qui exigent le versement d'indemnités.

Le Burkina Faso est en proie depuis le mois de février à une crise sociale généralisée. Amorcée par les élèves et étudiants suite au décès dans des conditions non encore élucidées de l'élève Justin Zongo, elle a fini par gagner toutes les autres couches jusqu'aux militaires de la garde prétorienne.

Cette crise avait conduit fin avril à la nomination d'un nouveau gouvernement dans lequel le porte-feuille revenait au Président Compaoré et dirigé par Luc-Adolphe Tiao en remplacement de Tertius Zongo.

Arrivée au pouvoir suite à un coup d'état sanglant qui emportera le père de la révolution en 1987, Thomas Sankara, Blaise Compaoré s'est fait réélire, dans un contexte électoral controversé, pour la 4ème fois. L'opposition exige son départ.



Source des 3 articles: DIRECTSCOOP.NET

SOS COTE D'IVOIRE: POUR QUE LE MONDE SACHE

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Enfin, une base de données sur les exactions des FRCI et du pouvoir Ouattara sur les Ivoiriens! Cliquer sur l'image pour accéder au site.

lundi, 23 mai 2011

SARKOZY - L'INTEGRALITE DU DISCOURS DE PORT-BOUET


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A chaud, je partage avec vous l'intégralité du discours que Nicolas Sarkozy a prononcé devant la communauté française réunie sur la base militaire de Port-Bouët. Bien entendu pour qu'on en débatte. Ma première remarque est qu'il est absolument curieux de venir s'expliquer sur des choix diplomatiques et une nouvelle orientation de "politique africaine" devant ce type de public. A priori, ses "explications", Sarkozy les doit soit aux Africains en Afrique, soit aux Français en terre française. Là, la première chose qu'il risque de faire est de créer une sorte de polarisation politique et idéologique sur une communauté qui sera encore plus associée aux errements de la classe politique hexagonale. Alors que les Français sont déjà pris pour cible dans les pays du Sahel en raison des choix de leur gouvernement, une telle mise en scène apparaît comme profondément irresponsable. Le lieu choisi, s'il peut se justifier par des nécessités de sécurité, est également problématique et rappelle l'obsession militariste d'un pays qui lie la perennité sa présence économique en Afrique à ce qu'il faut bien appeller une occupation armée. Pour les questions de fond, le débat est ouvert. Une dernière chose, Sarkozy se préoccupe du sort de Stéphane Frantz di Rippel et Yves Lambelin, deux Français disparus lors de la crise poste électorale - parce qu'ils auraient été enlevés par des forces pro-Gbagbo -, et ignore superbement - comem la presse de son pays - le destin tragique de Philippe Rémond, Français assassiné selon de nombreux témoignages par les FRCI d'Alassane Ouattara. C'est cette logique qui consiste à évoquer des "massacres" en ignorant le plus massif qu'ait jamais connu la Côte d'Ivoire : celui de Duékoué, perpétré par les forces de Ouattara, et qui a fait environ un millier de morts, selon Le Nouvel Observateur.



Mesdames et Messieurs,


Je voudrais d'abord vous demander de bien vouloir excuser notre grand retard qui est dû au fait que nous sommes restés un peu plus longtemps que nous l'avions prévu à Yamoussoukro, compte tenu des impératifs de la cérémonie d'investiture.

Messieurs les Ministres, cher Alain, cher Henri,

Monsieur le Sénateur,

Monsieur l'Ambassadeur,

Madame et Messieurs les Conseillers à l'Assemblée des Français de l'Étranger,

Mesdames et Messieurs, mes chers compatriotes et si vous le permettez mes chers amis,

Je veux d'abord vous dire notre profonde émotion de nous retrouver aujourd'hui en terre ivoirienne, dans ce pays auquel la France est profondément attachée, et dont le destin, au cours des derniers mois, nous a causé tant d'inquiétude.

Notre émotion, mes chers compatriotes, de nous retrouver aujourd'hui à vos côtés, vous dont le sort, tout au long de la crise, n'a cessé d'être au cœur de nos préoccupations. Il n'est pas un moment, je vous l'assure, pendant ces événements, où nous n'avons pas pensé à vous et à vos familles.

A cette émotion se mêle naturellement la joie d'avoir célébré, ce matin, l'investiture du Président Alassane Ouattara. Il s'agit de l'avènement d'une Côte d'Ivoire nouvelle ; une Côte d'Ivoire démocratique, une Côte d'Ivoire en paix ; une Côte d'Ivoire qui retrouve le chemin de la stabilité et de la prospérité et puis surtout une Côte d'Ivoire qui renoue avec la France des relations fraternelles.

Mes chers compatriotes,

Je sais par quelles épreuves vous êtes passés, et si j'ai tenu à vous rencontrer aujourd'hui, c'est d'abord pour vous exprimer, en notre nom à tous et au nom de la nation toute entière, notre sympathie, notre admiration et notre solidarité.

Informé jour après jour des évènements qui se déroulaient ici, nous savons ce que vous avez vécu pendant quatre longs mois : l'inquiétude, l'angoisse, l'angoisse des parents pour la sécurité de leurs enfants ; l'angoisse des chefs d'entreprise, déjà profondément marqués par le traumatisme de 2004 et qui redoutaient de voir le fruit de leur travail à nouveau anéanti ; l'angoisse également quand les pillards frappaient à vos portes, ou quand les combats faisaient rage, parfois tout près de chez vous.

Dans ces circonstances extraordinairement difficiles, vous avez fait preuve d'un grand sang-froid, et d'une confiance inébranlable en l'avenir d'un pays auquel vous êtes profondément attachés. Les Français, tous les Français, par ma voix, vous rendent hommage, et je suis venu vous dire, au nom de chacun d'entre nous, que nous sommes fiers, que nous avons été fiers, de nos compatriotes de Côte d'Ivoire.

Si le pire, lors de cette crise, a pu être évité, nous le devons aussi à votre action, Monsieur l'Ambassadeur, et à celle de vos collaborateurs. Votre calme, votre solidité, le courage et la lucidité dont vous avez fait preuve dans les moments les plus délicats, tout cela n'a échappé à personne. J'ai voulu que vous en soyez récompensé et je veux ici vous dire, une fois de plus, ainsi qu'à tous ceux qui vous ont assisté pendant cette période, mon estime et notre amitié.

Comment enfin, dans ce camp de Port-Bouët, haut lieu de la présence militaire française en Côte d'Ivoire, ne pas saluer le travail admirable effectué, au profit des Ivoiriens et des ressortissants de nombreux pays, par les officiers, sous-officiers et soldats de la Force Licorne tout au long de ces évènements ? Ils ont accompli avec professionnalisme, avec dévouement et avec humanité les missions qui leur étaient confiées. Je veux leur dire qu'ils ont fait honneur à notre armée et je veux leur exprimer, en notre nom à tous, la plus vive reconnaissance de la nation.

Mesdames et Messieurs,

Le pire a été évité, lors de cette crise. Le traumatisme d'une nouvelle évacuation a été évité. L'année scolaire a été perturbée, mais finalement sauvée.

Pour autant, des tragédies individuelles n'ont pas pu être évitées.

Je pense bien entendu à nos compatriotes Stéphane Frantz di Rippel et Yves Lambelin, ainsi qu'aux collaborateurs béninois et malaisien de ce dernier, enlevés le 4 avril et dont nous sommes, toujours depuis lors, absolument sans nouvelles. Que leurs familles, que leurs proches sachent que nous ne les oublions pas. Nous ne ménagerons aucun effort pour les retrouver, je l'espère, je veux y croire, sains et saufs. Nous mettrons également tout en œuvre pour que soient identifiés et punis sévèrement les auteurs de cet enlèvement abject. On ne peut pas toucher à des citoyens français en toute impunité. Ca ne serait pas juste, ça ne serait pas conforme à l'idée que je me fais de la morale. Le Président Ouattara m'a assuré, à cet égard, de son soutien et du plein concours des autorités ivoiriennes.

Je pense également à ceux d'entre vous dont l'outil de travail a subi des dommages graves et dont l'entreprise voit sa survie menacée. C'est un sujet que nous avons évoqué ce matin avec le Président Alassane Ouattara. Il s'y est montré attentif.

Il m'a d'abord promis de se pencher sur le cas des entreprises qui ont subi des dommages lors des manifestations anti-françaises de 2004.

Mais plus largement, nous sommes convenus de travailler à l'adoption rapide de mesures destinées à aider les entreprises à surmonter les conséquences des évènements récents. Dans cet esprit, l'Agence française de développement, en liaison avec les banques locales, soutiendra l'octroi, au cours des deux années à venir, de 100M€ de prêts aux PME, grâce à des crédits bonifiés et des mécanismes de garantie. La partie ivoirienne, pour sa part, étudie un certain nombre de dispositions destinées, à soutenir le secteur privé et à accélérer la relance de l'économie.

C'est un dossier, Monsieur l'Ambassadeur, que je vous demande de suivre personnellement, en liaison avec nos chefs d'entreprise et, naturellement, avec les autorités ivoiriennes. Et comme le Premier ministre François Fillon viendra en Côte d'Ivoire au mois de juillet, j'aimerais que ces dossiers soient réglés ou en voie de l'être pour le mois de juillet, de façon à ce que vous puissiez conclure avec le Premier ministre. Il n'est pas question là non plus de laisser seuls celles et ceux d'entre vous qui ont investi une grande partie de leur vie de travail ici.

Mes chers compatriotes,

L'action de la France, tout au long de la crise ivoirienne, s'est inspirée de principes simples : soutien à la démocratie ; appui aux efforts de la communauté internationale ; respect de nos engagements.

Prévues dès 2007 dans l'Accord Politique de Ouagadougou, les élections se sont longtemps fait attendre. Cinq ans après l'échéance normale, les Ivoiriens ont finalement pu voter le 31 octobre, puis le 28 novembre. Ils se sont déplacés en masse, sous le regard de trois mille observateurs.

Le peuple s'étant exprimé librement en faveur du changement et de la paix, nous avons donc appelé au strict respect de sa volonté.

Mes chers compatriotes,

Je vous demande de comprendre  qu'agir autrement, accepter un véritable hold-up électoral, n'aurait été au final acceptable ni pour les Ivoiriens, ni pour la communauté internationale. C'eût été sacrifier une chance historique de clore une décennie de crise et de souffrances. C'eût été se résigner à l'impuissance, alors que les Nations Unies avaient déployé des moyens considérables. C'eût été, enfin, la certitude d'un recul durable de la démocratie sur le continent africain : pourquoi aller voter si l'élection peut en toute impunité être volée ?

La France n'avait pas de candidat, la France a choisi de soutenir le candidat choisi librement par les Ivoiriens. Très vite, la CEDEAO, l'Union Africaine, et toute la communauté internationale, ont marqué, dans l'unité, leur refus de l'inacceptable.

La seule réponse fut une répression systématique. Chacun se souvient de ces femmes désarmées tombées sous les balles d'une mitrailleuse le 3 mars, ou du massacre sur le marché d'Abobo, provoqué deux semaines plus tard, par des tirs de mortier.

A l'initiative de la France et du Nigéria, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, unanime, a alors autorisé les forces impartiales à détruire les armes lourdes qui menaçaient les populations. La France, avec l'ONU, a pris ses responsabilités. De nombreuses vies - et la démocratie - ont été sauvées.

Je veux le dire avec force pour que chacun le comprenne : la démocratie n'est pas un privilège réservé aux pays occidentaux. C'est une aspiration profonde de chaque peuple, sur tous les continents de la planète. C'est aussi la garantie de la paix et du développement, comme nous le constatons aujourd'hui en Côte d'Ivoire. Voilà la première leçon de cette crise !

Il ne viendrait à l'idée de personne, en Europe ou partout ailleurs en Occident, de transiger sur la démocratie. Il était hors de question de le faire, ici, en Côte d'Ivoire. J'ai été stupéfait, je dois le dire, d'avoir entendu des voix se lever, dans mon propre pays, dans notre pays, pour suggérer entre guillemets un « arrangement » avec un pouvoir devenu illégitime. En matière démocratique, il n'y a pas d'arrangement. Il y a la démocratie ou il y a la dictature. Il y a le respect de l'Etat de droit ou il y a la violence.

Mais il y a une deuxième leçon, qui me paraît tout aussi importante. En Côte d'Ivoire hier comme en Libye aujourd'hui, les Nations Unies ont mis en œuvre un principe qu'elles avaient adopté à l'unanimité en 2005 mais qui n'avait jamais été vraiment appliqué : la responsabilité de protéger. Oui je l'affirme, la communauté internationale ne peut pas fermer les yeux sur un massacre. Dans ces deux crises, l'ivoirienne et la libyenne, face à des dirigeants - j'emploie les mots - qui massacraient leur propre population, la communauté internationale a décidé d'agir avec détermination, et c'est l'honneur de la France d'avoir, avec quelques autres, mené ce juste combat. L'armée française a agi au service de la démocratie. C'est là son honneur.

Troisième enseignement de cette crise -, tout ce que la France a fait, elle l'a accompli en appui aux organisations africaines, et dans le cadre strict de ses engagements vis-à-vis des Nations Unies. La France a eu le souci permanent de l'unité de la communauté internationale Et je veux rendre hommage au ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, pour l'action personnelle qu'il a menée au Haut Conseil de Sécurité, pour garantir cette unité. La France est intervenue en Côte d'Ivoire au nom de principes universels, forte d'un mandat international.

Mes chers compatriotes,

Vous l'avez compris, c'est une nouvelle politique africaine que nous mettons en œuvre. Et même une nouvelle politique étrangère que notre engagement en Côte d'Ivoire a illustrée ces derniers mois.

Mesdames et Messieurs, chers amis,

L'investiture du Président Alassane Ouattara ouvre un nouveau chapitre de l'histoire de la Côte d'Ivoire et des relations franco-ivoiriennes.

Même si c'est aujourd'hui l'espoir qui domine, nous savons que ce pays fait face à d'énormes défis : reconstruction d'une économie exsangue, mise à mal par des années d'inertie et de crise ; défi du rétablissement de l'autorité de l'État, de la reconstruction de forces de sécurité réellement nationales et non pas ethniques; défi de la restauration de l'unité du peuple ivoirien, par des mesures de justice et de réconciliation.

Nous en avons parlé ce matin avec le Président Ouattara, que j'ai trouvé, sur tous ces sujets, lucide et animé d'une détermination sans faille. Je lui ai exprimé la confiance de la France dans sa capacité à relever ces multiples défis. Je l'ai surtout assuré de notre ferme volonté de tout mettre en œuvre pour l'aider et aider la Côte d'Ivoire dans ce moment si crucial de son histoire.

Nous avons déjà mis en place des financements pour permettre à l'État de remettre l'administration en marche et de remplir ses obligations les plus urgentes. Nous serons également à ses côtés pour l'aider à renouer avec l'ensemble des organisations multilatérales.

La France prendra toute sa part de l'effort collectif en faveur de la Côte d'Ivoire. Des moyens importants seront consacrés à la relance de notre coopération bilatérale. Je souhaite qu'une attention particulière soit apportée, dans ce cadre, à des secteurs essentiels comme l'éducation, la formation professionnelle, les infrastructures, secteur sur lequel un travail spécifique du G20 est en cours d'initiative. Alain Juppé et Henri de Raincourt y travaillent déjà.

Pour financer ces secteurs prioritaires, la France mettra en place, conformément à ses engagements internationaux et après l'atteinte du point d'achèvement de l'initiative PPTE par la Côte d'Ivoire, un contrat de désendettement et de développement pour la Côte d'Ivoire. Celui-ci sera d'un montant sans précédent puisqu'il dépassera les 2 milliards d'euros.

Dans le domaine militaire, la France contribuera à la réforme de l'armée ivoirienne. Je vous le dis mes chers compatriotes, nous garderons toujours des forces militaires ici, pour assurer la protection de nos ressortissants, dans ce camp. Mais je veux que les choses soient claires entre nous : l'armée française n'est pas là pour assurer la stabilité de quelque gouvernement que ce soit, fut-il un gouvernement ami.

Ce sont les Ivoiriens qui doivent choisir. Ici, nous avons des milliers de nos compatriotes, leur sécurité doit être assurée et donc il y aura des soldats pour cela, français, en accord avec les autorités de la Côte d'Ivoire. Mais l'armée française n'a pas vocation, c'est une nouvelle époque, à soutenir ou à intervenir dans les affaires des Etats africains. Nous sommes intervenus parce que la communauté internationale nous l'a demandé. Je dois vous dire avec honnêteté, que si nous n'avions pas obtenu de mandat de la communauté internationale, nous ne serions pas intervenus comme nous sommes intervenus. Nous serions intervenus sans mandat si vous aviez été vous-mêmes en danger, pour vous évacuer et pour vous protéger. Mais l'action que nous avons menée, c'est une action dans un cadre international.

J'ai demandé donc au Président Ouattara, et le ministre de la Défense viendra dans les semaines qui viennent, qu'un nouvel accord de défense soit conclu entre nos deux pays. Et j'ai indiqué que cet accord de défense sera publié. La France ne veut plus d'accord secret, d'accord caché. La France n'a rien à cacher. Elle est l'amie de la Côte d'Ivoire, ce sont les Ivoiriens et eux seuls qui choisissent leur gouvernement. C'est cela, la politique africaine de la France.

Mes chers compatriotes,

Dans ce nouveau partenariat franco-ivoirien, vous avez naturellement un rôle majeur à jouer.

Vous aimez profondément ce pays dans lequel nombre d'entre vous sont nés, ou ont vécu une grande partie de leur existence. Vous avez contribué à son développement par votre dynamisme et par vos compétences. Vous l'avez vu, ce pays, se déchirer. Vous en avez été meurtris mais, malgré les épreuves, vous êtes restés ici et vous avez maintenu votre confiance dans ce pays. Vous êtes le cœur battant de la relation entre la Côte d'Ivoire et la France.

Vous faites aussi rayonner, dans ce pays, nos savoir-faire, nos valeurs, notre culture. Vous y êtes l'image de la France.

Aujourd'hui, la Côte d'Ivoire reprend sa marche en avant et compte sur vous pour l'accompagner dans cette nouvelle étape. Le Président Ouattara nous l'a confirmé avec force. Quant à nous et quant à moi, je compte sur vous pour nous aider à établir avec la Côte d'Ivoire la relation renouvelée, sereine, fraternelle, décomplexée - tournons-nous vers l'avenir au lieu de systématiquement évoquer le passé - et équilibrée entre deux grands pays indépendants et maintenant démocratique, que j'appelle de mes vœux.

Croyez bien que ce déplacement, pour nous, c'est un déplacement qui compte. Et pour moi qui aime tant la Côte d'Ivoire, que je ne puisse venir qu'à la 4ème année de mon mandat, ça en dit long sur la situation dans laquelle était tombée la Côte d'Ivoire. Vous, vous le saviez, mais nombre de gens ne le savaient pas ou faisaient semblant de ne pas le savoir.

Mes chers amis, la morale de cette histoire, c'est que la conviction, la détermination, le courage, les principes, finissent toujours par triompher.

Vive la France ! Vive la République et vive la Côte d'Ivoire !


Je vous remercie.



Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 21 mai 2011

INVESTITURE D'ALASSANE OUATTARA: LA GRAND'MESSE DE LA FRANÇAFRIQUE, DE LA FRANC-MAÇONNERIE ET DU NOUVEL ORDRE MONDIAL

 

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Spectacle désolant que celui qu'il nous a été donné de voir, ce jour tristement historique du samedi 21 mai 2011 : les valets africains de la françafrique, de la franc-maçonnerie, du Nouvel Ordre Mondial et du gouvernement fédéral africain (en formation), au grand complet, dans leurs plus beaux apparats du jour, avec à leur tête le Grand prêtre Nicolas Sarkozy, Président de la République française et son âme damnée internationale, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies, venus célébrer leur victoire sanglante contre la jeune démocratie ivoirienne, contre les velléités d'émancipation et d'indépendance du digne peuple ivoirien et contre la légitime aspiration des peuples africains à choisir par eux-mêmes leurs dirigeants et à décider souverainement de leur destinée.

Ce funeste tableau festif peint de l'encre du sang des Ivoiriens nous a laissé apparaître les silhouettes non moins sinistres de tous les comploteurs africains et internationaux de la crise ivoirienne (sans les grands maîtres Barack Obama et Hillary Clinton) parmi lesquels : les présidents Abdoulaye Wade du Sénégal, Goodluck Jonathan du Nigéria, Blaise Compaoré du Burkina faso, Idriss Deby Itno du Tchad, Alpha Condé de la Guinée (nouvelle recrue), Paul Biya du Cameroun, Mahamadou Issoufou du Niger (nouveau venu sous peu), Ali Bongo du Gabon, Faure Gnassingbé du Togo, Helen Johnson Sirleaf du Libéria, Denis Sassou N'Guesso du Congo Brazzaville, le Premier Ministre Raïla Odinga du Kenya, Young Jin Choï de l'ONUCI et Youssouf Bakayoko de la CEI de Côte d'Ivoire.

Les dignes fils de l'Afrique se sont abstenus d'effectuer le voyage de Yamoussoukro. En tout cas, ceux qui ont sondé le secret du complot international contre la Côte d'Ivoire, parmi lesquels les présidents Jacob Zuma d'Afrique du Sud, Edouardo Dos Santos d'Angola, Yahya Jammeh de Gambie et Pedro Pires du Cap Vert.

Le tout, macéré et malaxé dans un reportage en direct de près de 4 heures (du jamais vu, en Afrique) de France 24, un média aux ordres qui n'a de professionnel que le nom, qui nous a servi et ressassé au fil des heures, avec deux consultants acquis à la cause dont le journaliste ivoirien Soro Solo, et une envoyée spéciale - Vanessa Burggraf, toujours au rendez-vous des messes noires contre la Côte d'Ivoire! - tous les mensonges éculés de la crise ivoirienne de 2002, du coup d'état électoral de la France et de la communauté internationale contre le Président Laurent Gbagbo et de la crise post-électorale ivoirienne. Comment le dire autrement quand un journaliste de cette presse de triste renom impute, dans les commentaires de son élément filmé, le rejet de la candidature d'Alassane Ouattara, en 2000, au camp Gbagbo ? Oui, vous avez bien lu ! C'est à y perdre son équilibre mental! Soit dit en passant, Laurent Gbagbo n'était même pas encore au pouvoir. Comment aurait-il donc pu réussir une telle prouesse ! Un tel révisionnisme est tout simplement nauséeux et écoeurant, et dessert grandement ses auteurs, même si - il faut l'avouer - la cause impérialiste l'emporte largement sur l'éthique, la morale et la déontologie, en Occident. iTélé n'a pas manqué à l'appel de la comédie internationale et de la grand'messe françafricaine maçonnique.

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Quant au nouvel investi, Alassane Dramane Ouattara, il a disserté pendant 20 minutes sur la réconciliation - sans jamais prononcer le mot « pardon » à l'adresse des Ivoiriens - et l'avenir de la Côte d'Ivoire retrouvée et rassemblée, à chaque problème de laquelle il aurait une solution, pendant que par sa faute des millions d'Ivoiriens sont au comble du désastre, n'ont pas l'âme à la fête parce qu'ayant tout perdu, pleurent leurs morts par milliers, sont dénoncés et tués à Abidjan et dans d'autres villes du pays, épurés à l'Ouest, s'ils ne sont tout bonnement pillés ou systématiquement rackettés par des rebelles incontrôlés, analphabètes, dépenaillés, déguenillés, aux tenues bigarrées. Des milliers d'autres sont carrément exilés à cause de la chasse implacable à l'homme qu'on orchestre sciemment et savamment et qu'on veut couvrir par des discours et des sourires protocolaires.

Le tout, dans une Côte d'Ivoire dont l'appareil de production est grippée et à genoux par la faute de la rébellion qui a volé, pillé, détruit des entreprises et même déboulonné des machines-outils dans les zones industrielles d'Abidjan, une Côte d'Ivoire où la sécurité est inexistante - le Droit l'étant encore plus -, les libertés une vue de l'esprit, l'administration un rêve ancien (avec des com'zones proprement illétrés qui font autorité devant des préfets, parchemins d'énarques émérites en main), les médias à la pensée unique, la presse pro-Gbagbo muselée et traquée, l'armée un vœu pieux, le pardon et la réconciliation proclamés religieusement sur les antennes mais dans les mots et les comportements relégués aux calendes grecques, la compassion due à ceux qui souffrent le cadet des soucis - la célébration de la victoire tant attendue et souhaitée prenant le pas sur tout le reste -, humanité et solidarité nationale étant désormais inopérantes.

Vive la Côte d'Ivoire françafricaine, maçonnique, dernière ponte du Nouvel Ordre Mondial et vive l'Afrique asservie, bafouée, recolonisée et vassale de l'Occident impérialiste !


Que DIEU délivre et restaure la Côte d'Ivoire! Que DIEU garde et sauve l'Afrique!



DINDE Fernand AGBO

vendredi, 20 mai 2011

INVESTITURE DE OUATTARA: DEPUIS LE BURKINA, DES CENTAINES DE CONVOIS DESCENDENT SUR YAMOUSSOUKRO

 

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Alassane Ouattara, Président de la République de Côte d'Ivoire, installé par les grandes puissances.


La ville de Yamoussoukro est actuellement pleine à craquer. Selon une source proche du Conseil municipal de la capitale politique de la Côte d'Ivoire, chaque jour, ce sont plusieurs dizaines de cars en provenance du Burkina Faso qui arrivent à Yamoussoukro. De sorte que dans cette capitale politique, la circulation est devenue quasi impossible. « Nous sommes surpris par l'évènement. Chaque jour, des Burkinabè viennent à Yamoussoukro. Et lorsqu'on leur demande le motif de ce mouvement massif, ils ne se gênent pas à dire qu'ils viennent célébrer l'investiture de leur fils devenu Président de la République de Côte d'Ivoire. Cette situation nous gène beaucoup, nous qui avions pensé qu'en devenant Président de la République de Côte d'ivoire, ce serait pour l'intérêt de notre pays. Aujourd'hui, nous nous rendons compte que Ouattara veut servir son pays d'origine. Et ça, nous ne l'accepterons jamais. Nous attendons de voir comment il va gouverner. Si ce n'est pas dans l'intérêt du peuple ivoirien, alors nous aviserons et je sais que nous ne serons pas les seuls à agir pour changer les choses. ».

De vrai, toute la ville de Yamoussoukro respire au rythme de la cérémonie dont les préparatifs vont bon train. Yao Boniface, la trentaine environ, n'est pas du tout content. Et se demande pourquoi ce sont les militaires blancs avec à la tête, l'ambassadeur de la France en Côte d'Ivoire, qui sont à l'œuvre pour cette fête supposée être purement ivoirienne. Comme lui, ils sont nombreux à s'interroger sur les raisons de l'implication très active de la France dans une affaire d'Investiture. Blé Gbalé, fonctionnaire en poste dans la ville dit avoir maintenant compris pourquoi le Président Laurent Gbagbo disait de Ouattara qu'il était le candidat de l'étranger. « Nous avons voté Ouattara parce que nous pensions qu'il allait travailler pour le bien des Ivoiriens. Aujourd'hui, cela ne fait l'ombre d'aucun doute. Nous sommes maintenant convaincu que tout ce travail que nous avons fourni pour sa réélection ne va pas nous servir et c'est dommage pour l'ensemble des Ivoiriens ».

Sinon comment comprendre que pour une simple investiture, la capitale Yamoussoukro est bondée. Des Blancs et non des moindres, des hommes d'affaires, des dignitaires de la franc maçonnerie seraient même arrivés. Une source sur place nous apprend que le Président français Nicolas Sarkozy sera présent lors de la cérémonie d'investiture. Pour lui, cela ne fait aucun doute. Il s'agira par cette cérémonie d'installer le chef des francs-maçons à qui, ils vont confier la gestion mystique de la sous région. Quant aux rebelles dits forces républicaines de Côte d'Ivoire, ils font la pluie et le beau temps. Déjà dans la capitale, les taxes communales sont aux mains des rebelles comme cela était et est actuellement le cas dans toutes les villes détenues depuis 2002 par les rebelles de Ouattara, appelés pour la circonstance, forces républicaines de Côte d'Ivoire. Comme quoi, on ne peut jamais cacher le soleil avec la main. Parce qu'en fait d'une gestion démocratique, c'est à une gestion chaotique que Ouattara servira aux Ivoiriens. Lui qui croyait tromper le peuple ivoirien, voilà rattrapé en quelques semaines par son mensonge.



Le 20 mai 2011, in le quotidien Le Temps


Grékou Bayard

REVELATION DEPUIS GOHITAFLA: «LA CRISE IVOIRIENNE FINIRA EN 2011 DANS UN GRAND CHAOS»

 

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Une chrétienne évangélique de Gohitafla, une Sous-Préfecture de la Région de la Marahoué (384 Kms environs d'Abidjan, dans le Centre-Ouest de la Côte d'Ivoire), a rendu témoignage, récemment (Avril 2011), d'une révélation qu'elle a reçue et qui plante le théâtre absolument chaotique de la véritable fin de la crise ivoirienne. Un témoignage à écouter et à faire écouter. Immanquablement!


Ecouter «LA REVELATION DE GOHITAFLA» en cliquant sur:


podcast


Que DIEU bénisse et aie compassion de la Côte d'Ivoire!



DINDE Fernand AGBO

UN FRANÇAIS REVELE: «LES FORCES DE OUATTARA TUENT ET CONSTITUENT DES CHARNIERS ATTRIBUES AUX PRO-GBAGBO»

 

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A la recherche d' informations sur le scandale sexuel du responsable du FMI, un ami à SARKOZY, nous avons rencontré le samedi dernier à l'hôtel Sofitel à Manhattan un touriste français qui, à notre grande surprise, semblait plus préoccupé par les souffrances du peuple de Cote d'Ivoire: "Je ne m'intéresse pas du tout à la vie mouvementée de ce type ( Ndlr: Mr Dominique STRAUSS) " balise t-il d'emblée la conversation avant d'ajouter: " Je suis plutôt outré par le développement du drame ivoirien". Un drame selon lui fabriqué par son pays la France et l'ONU. "Vous, les médias, devriez plutôt aller en Côte d'Ivoire et rendre compte de la souffrance des nombreuses personnes qui sont exécutées chaque jour dans les villes et villages de ce pays mais dont personne ne parle ici à New York.

Ce qui se passe dans cette partie du monde est vraiment triste et révoltant". La cinquantaine révolue, Nicholas LECHIENT insiste à ce que cela soit su car il dit avoir perdu son épouse, une ivoirienne d'ethnie Guéré et 6 membres de sa famille qui ont tous été exécutés par les soldats d'Alassane Ouattara en sa présence dans le quartier de Yopougon alors que, lui, a été épargné à cause de la couleur de sa peau. Très amer, Mr LECHIENT éprouve un véritable dégoût à l'égard des Présidents OUATTARA, SARKOZY et OBAMA: "Ce que ces gens ont créé en Cote d'Ivoire ne s'effacera jamais de la mémoire collective. Ecrivez le, Il y a eu plus de morts en Côte d'Ivoire qu'il n y en a eu ici lors des attentats du 11 septembre et cela continue toujours contrairement aux mensonges des nouvelles autorités ivoiriennes. Ce qui est plus révoltant, c'est que ce sont ceux qui ont commis ces crimes qui sont au pouvoir et se chargent aujourd'hui d'en trouver les responsables.

C'est vraiment la comédie juridique dans ce pays où tous les journaux de l'opposition sont aussi condamnés au silence et leurs sièges transformés en QG des combattants indigènes et incultes de Ouattara. Plus personne ne doit véhiculer d'autres messages que ceux du nouveau Président et ses hommes. Si c'est cela la démocratie voulue par OBAMA et SARKOZY, j'ai pitié pour ces soit disant "grands de ce monde".

Interrogé sur les nombreux charniers découverts chaque jour à Abidjan et attribués aux pro-GBAGBO, le touriste Français est sans détour: "C'est de la distraction. Comme elles sont accusées d'avoir massacré plus d'un millier de personnes à Duekoué, les forces de Ouattara cherchent aussi à épingler le camp GBAGBO. Mais, que cela soit à Duekoué comme à Abidjan, pourquoi les forces pro Gbagbo attendraient elles que les pro Ouattara les attaquent avant d'aller tuer des civils ? Cela a t-il un sens ? Le gouvernement OUATTARA fait des accusations stupides comme si son armée de rebelles n'avait pas combattu. Pourquoi les hommes de Gbagbo tueraient ils des gens qui ont majoritairement voté pour GBAGBO? Or c'est ce que le pouvoir Ouattara cherche à faire avaler au monde entier quand il parle de miliciens pro-Gbagbo et de découvertes bizarres de charniers évidemment constitués par lui-même. Ce sont toutes les personnes que les forces de Ouattara elles mêmes ont exécutées qu'elles ramassent à travers le pays pour en faire des charniers attribués aux miliciens(?) pro Gbagbo. C'est triste et vous comprenez que l'objectif de Ouattara et de ses hommes est de se blanchir dans des procès ridicules qu'ils annoncent.

A un moment où l'on parle de mandats d'arrêt internationaux contre Kadhafi et sa famille, Ouattara et ses tuteurs usent de toutes les combines pour échapper à cette mesure, inévitable pour lui si vraiment la justice est de ce monde. Dans tous les cas, la Cote d'Ivoire est devenue la terre d'expérimentation de toutes les incongruités de cette dernière décennie surtout quand on y forme cinquante après les indépendances "une armée républicaine" avec des analphabètes de tout acabit. Allez y comprendre quelque chose!"


Côte d'Ivoire, terre d'expérimentation de toutes les incongruités de cette dernière décennie


C'est par ces mots que Nicholas LECHIENT a terminé l'entretien qu'il a eu avec nous avant de regagner sa chambre dans ce luxueux hôtel de New York. L'émotion et la rage qu'on a pu lire sur son visage nous ont convaincu sur la réalité du drame des ivoiriens et surtout du black out total dont il fait l'objet de la part des médias étrangers. Mais dans ce monde moderne des nouvelles technologies de l'information où rien ne peut être enterré en cachette, l'espoir est permis. Malgré cette option des nouvelles autorités ivoiriennes de tuer, de traumatiser, de forcer tout le monde au silence, tout se saura maintenant ou plus tard. L'illettré Capitaine et seigneur de guerre qui se croit tout permis à Bouna savait il que la vidéo de son interrogatoire pouvait être regardée sur notre site quelques minutes seulement après la fin de ses errements ?

Une chose est sure; Nicholas LECHIENT connait bien ce pays où il a passé 19 années de sa vie. En insistant sur "Cote d'Ivoire, terre d'expérimentation des incongruités de cette dernière décennie", il nous rappelle que c'est bien ici que, se servant d'une véritable acrobatie juridique sans précédent, Paul Yao N'DRE, Président de la plus haute institution en matière d'élections a déclaré le 5 Mai dernier, Alassane Ouattara vainqueur des Présidentielles du 31 Octobre 2010 après l'avoir fait dans les mêmes conditions pour GBAGBO quelques mois auparavant. En se débrouillant pour trouver des "tra-la-la" inimaginables afin de justifier cette pirouette d'une exclusivité déconcertante, ce grand homme de lois venait ainsi de se signaler dans l'histoire des rares et courageuses prouesses juridico-constitutionnelles dans le monde.

Si, pour s'accommoder ce saut vu comme étonnant et humiliant, d'aucuns ont estimé que Yao n'avait pas de choix, c'est le sérieux et le courage même de la justice ivoirienne qui nous interpellent car elle nous donne des frissons quand nous regardons aujourd'hui comment elle opère pour désigner les responsables des nombreux massacres des ivoiriens pourtant déjà révélés dès les premières heures par les organisations internationales. Certainement une parodie de procès se prépare contre GBAGBO et ses partisans.



Jack SARKORRACHI


Source: TWNews

SOUMAHORO FARIKOU (FENACCI): «LES TRACASSERIES ET RACKETS SE SONT INTENSIFIES», «TOUT LE MONDE EST EN TREILLIS»

 

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Entretien avec... Soumahoro Farikou (Président de la Fédération Nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire) : « 80% des commerces ont été pillés à Yopougon », « Les tracasseries et rackets se sont intensifiés », «Tout le monde est en treillis : les Frci, les évadés des prisons, les coupeurs de route ».


A l'instar des acteurs économiques, les commerçants de Côte d'Ivoire ont été touchés par la crise post-électorale. Mardi 17 mai 2011, à Adjamé, Soumahoro Farikou, président de la Fédération nationale des Commerçants de Côte d'Ivoire (Fenacci) en a parlé et a évoqué des difficultés post-crise. Entretien.


Comment les commerçants sortent-ils de la crise post-électorale?

Soumahoro Farikou : Les commerçants se portent un peu bien. Un peu bien parce que nous avons repris nos activités avec beaucoup de dégâts. Nous sommes en train d'évaluer les dommages subis. La crise post-électorale a engendré des peines et des dégâts. Il y a eu des pillages, des casses des commerces, des marchés ont été pillés à Attécoubé, à Yopougon. 80% des commerces ont été pillés à Yopougon sans compter l'intérieur du pays à Yamoussoukro, Daloa et Okrouyo (une ville du département de Soubré). Aujourd'hui, à la demande du Gouvernement, nous avons repris avec des problèmes.

Peut-on affirmer que tout le monde a repris?

S. F. : Je pense qu'on peut estimer la reprise des commerçants à 55% sur toute l'étendue du territoire national. Les autres commerçants, les 45%, qui n'ont pas commencé, soit ils sont hors du pays, soit ils ont été pillés ou encore leur commerce n'existe plus. Ces derniers sont obligés de rester à ne rien faire en attendant de voir venir.

Quelles difficultés rencontrez-vous dans le cadre de la reprise ?

S. F. : Nos difficultés sont énormes. Nous avons des difficultés d'approvisionnement général. Pendant cette crise, il n'y a pas eu d'importation, les usines n'ont pas véritablement fonctionné. Il n'y a pas de marchandises. Il y a une baisse de production depuis au moins six (6) mois. Au niveau des vivriers, l'approvisionnement est rendu difficile par les difficultés sur les routes. Les tracasseries et rackets que nous avons décriés se sont intensifiés. Avant la crise, il fallait payer 400 000 francs Cfa pour un camion qui vient de San Pedro à Abidjan. Aujourd'hui, c'est le double qu'il faut payer. Les éléments des Frci (ndlr : Forces républicaines de Côte d'Ivoire) prennent 40 à 50 mille francs par camion à chaque corridor. Pour le café-cacao, il faut payer entre 200 et 500 mille francs Cfa pour un camion. Nous avons été saisis par nos représentations de l'intérieur du pays sur ces tracasseries routières. A notre tour, nous avons informé les autorités face à ce fléau qui s'aggrave. En plus du racket, il y a aussi l'insécurité qui est décriée par les commerçants. Au cours de leur voyage, les commerçants ont af faire à des hommes armés. On ne sait pas qui est qui, on ne sait pas qui fait quoi. L'insécurité règne partout. Tout le monde est en treillis. Les Frci, les évadés des prisons, les coupeurs de route, et autres sont tous en treillis. Les camions sont pillés, les commerçants sont volés. C'est la situation post-électorale difficile que vivent les commerçants.

A propos des tracasseries, qu'est-ce qui vous dit que ce sont les éléments des Frci que vous accusez littéralement?

S. F. : Ce n'est pas quelqu'un d'autre. N'est-ce pas les Fds-ci (Forces de sécurité et de Défense de Côte d'Ivoire) qu'on a accusées avant ? Aujourd'hui, ce sont les Forces républicaines de Côte d'Ivoire qui sont là pour nous qui nous rackettent. Ce sont les éléments Frci que nous voyons aux corridors.

Avez-vous des priorités après cette crise?

S.F. : Nous tirons sur la sonnette d'alarme par rapport aux problèmes d'insécurité et de racket en interpellant le Gouvernement et le Président de la République. Sans sécurité, il n'y a pas de développement véritable. La relance économique ne peut pas se faire sans sécurité. Le Gouvernement doit mettre l'accent sur la sécurité et sur le problème du racket. Tu prends un camion, tu vas à Bouaké ou à Daloa, tu es obligé de donner de l'argent à chaque corridor. Ce n'est pas normal. Que ce soit à l'entrée de Dabou, à la sortie de Dabou, sur la route de San Pedro à Grand-Lahou, il faut payer à chaque corridor. A chaque barrage, il faut payer quelque chose aux éléments des Frci. Ils sont là, on ne sait pas si ce sont les vrais, mais ils sont tous en treillis et c'est écrit Frci. Il faut que le Gouvernement mette l'accent sur ce volet. Notre priorité, dans un premier temps, c'est la sécurité des personnes et de leurs biens. Il faut penser à éradiquer le racket parce qu'il fait perdre environ 130 milliards de francs Cfa par an à l'État. Si on n'y prend garde, cette fois-ci, je crois qu'on va passer du simple au double. Les commerçants des pays voisins nous ont interpellés sur la question dans nos échanges. Ils ont dénoncé les tracasseries routières. Pour chaque chargement de bétail, ils sont obligés de payer de l'argent depuis leurs frontières jusqu'à Abidjan. C'est tout ce qui fait que le coût de la vie augmente parce que le commerçant est obligé d'ajouter les frais supplémentaires sur les prix des marchandises.

Vous attendez-vous à un dédommagement?

S. F. : A chacune de nos interventions, nous interpellons l'État concernant tous les dommages subis en 1999, 2000, 2002, 2004, 2010 et 2011. Il faut vraiment créer un fonds d'entraide aux commerçants sinistrés. Depuis les 10 dernières années, les commerçants payent un lourd tribut des crises en Côte d'Ivoire. En plus de biens détruits, parfois les commerçants ont perdu leur vie. Même dans cette crise post-électorale, beaucoup de commerçants sont morts dans la commune de Yopougon, à l'intérieur du pays. Au moins 20 commerçants ont perdu la vie pendant cette crise. Nous attendons la mise sur pied d'un fonds de garantie. Nous remercions le Gouvernement d'avoir fait un geste de 6 milliards de francs Cfa en faveur des grandes entreprises et dernièrement un autre geste de 15 milliards de francs Cfa à l'endroit du syndicat des constructeurs. Mais rien n'est encore fait par rapport aux commerçants de Côte d'Ivoire. Or, notre apport dans l'économie se chiffre à près de 1650 milliards de francs Cfa. Ce chiffre se traduit par 24 millions de tonnes que nous importons et exportons chaque année. Il y a les différentes impositions auxquelles nous sommes soumis chaque année. Je pense qu'avec tout cela, l'État ne doit pas nous oublier. Il faut le dire haut et fort qu'à la demande du Gouvernement, depuis le 15 décembre (2010), on a demandé aux commerçants d'observer des journées villes mortes qui ont été observées sur toute l'étendue du territoire national. Le Gouvernement a même demandé à certains fonctionnaires de ne pas aller au travail. Tout cela a fait que depuis cette période jusqu'à ce jour, il n'y a pas eu véritablement d'activités au niveau des commerçants. Donc, si l'État doit être regardant à notre endroit, en principe, nous ne devons pas être soumis à une pression de paiement d'arriérés d'impôts pendant une certaine période depuis décembre. L'État ne doit pas nous réclamer les arriérés d'impôts de décembre 2010 à juin 2011. Pendant cette période, nous n'avons pas travaillé. Nous sommes dans une période de reprise avec des arriérés de loyers de nos magasins, des arriérés de salaires pour nos employés, des arriérés de factures d'eau et d'électricité et de téléphone. Nous souhaitons que l'État fasse un geste dans ce sens en nous accordons une période sabbatique pour nous permettre de souffler un peu. Nous savons que l'État a des charges, mais l'État doit faire la part des choses en voyant ce qu'il peut faire pour les commerçants. C'est pour cela que nous demandons une période sabbatique. Ainsi, pourrons-nous commencer à payer les impôts à partir de juillet vu que nous n'avons pas travaillé à la demande du Gouvernement. Nous remercions le chef de l'État d'avoir annulé le paiement des vignettes automobiles pour l'année 2011. Cela profite plus aux transporteurs mais assez aux commerçants dont beaucoup n'ont pas de véhicules. Nous contribuons à hauteur de 1650 milliards dans le budget de l'État; ce n'est pas rien. A l'instar des autres corporations, l'État doit faire un geste vis-à-vis des commerçants.

Comment allez-vous gérer ce volet quand on sait que le secteur informel est important dans la communauté des commerçants?

S. F : Oui, c'est vrai. C'est pour cela que nous souhaitons que l'État mette un fonds à la disposition des commerçants de sorte à faciliter le dédommagement des commerçants. Avec le fonds de garantie, les acteurs du secteur informel seront pris en compte. Cependant, on ne peut pas dédommager tout le monde. Ça dépendra du poids de chaque commerçant. Il y a de petits commerçants qui ont un capital entre 200 et 500 mille francs Cfa, on peut les dédommager pour leur permettre de reprendre. Pour les autres commerçants, on verra, avec l'État, si c'est au niveau de l'allègement fiscal que le Gouvernement compte leur venir en aide pour leur permettre de continuer leurs activités. Pour organiser cette opération, nous avons fait un communiqué pour demander à tous les commerçants victimes de dommages de venir se faire inscrire. A cet effet, nous avons ouvert un bureau et commis des huissiers parce que chacun peut venir dire que son commerce a été pillé. Il faudrait qu'il y ait des preuves.

Avez-vous débuté des échanges avec les banques pour d'éventuels financements?

S. F. : Il y a beaucoup de problèmes qu'il va falloir régler parce que les commerçants travaillent sur fonds propres. Dans notre corporation, les banques ne nous font pas de crédit bien que nous travaillons beaucoup avec les banques. Nous sommes les plus gros clients des banques parce que chaque jour que Dieu fait nous versons d'importantes sommes d'argent dans les établissements financiers. Cependant, lorsqu'il y a des difficultés, c'est rare qu'elles prêtent de l'argent aux commerçants. En Côte d'Ivoire, nous n'avons pas de banques commerciales véritables, mais plutôt des banques de dépôt. Les commerçants sont obligés de se débrouiller. C'est pour cela que lorsque surviennent les incendies des marchés, les commerçants perdent des centaines de millions de francs parce qu'ils préfèrent garder leur argent dans des caisses sur les marchés au lieu d'aller le déposer dans les banques et s'entendre dire qu'il n'y a pas de liquidité dès qu'on demande une aide.

Comment comptez-vous régler vos problèmes de financement et d'assistance?

S. F. : Nous envisageons créer notre banque, la Banque des commerçants, et d'autres structures pour consolider notre organisation. Nous allons remettre un document portant sur les états généraux du commerce en Côte d'Ivoire prenant en compte la création d'un Tribunal de commerce, d'un fonds de garantie, d'une assurance, aux autorités du pays. L'inorganisation du secteur est lié au fait qu'il n'y a pas beaucoup de structures mises sur pied pour les commerçants. Il y va de la volonté politique. Il faut réorganiser le secteur du commerce pour faciliter l'insertion des jeunes. C'est un secteur porteur d'emplois méconnu. Nous avons une politique pour le recrutement des jeunes.



In le quotidien ivoirien SOIR INFO.


Entretien réalisé par Hermance KOUKOUA-NTAH


Source : TELEDIASPORA.NET

SUR UN SITE PRO-ADO, PAR UN CHRONIQUEUR PRO-ADO: «QUAND CES SOLDATS QUITTERONT-ILS LES RUES D'ABIDJAN?»

 

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Cela fait une semaine que je cherche mon mécanicien. Il faut qu'il répare ce qu'il reste de l'épave de ma voiture volée et abandonnée en ville dans la crise. Mais il semble qu'il ait changé de travail. Ses voisins disent qu'il est devenu soldat..., soldat FRCI ! Par ces temps qui courent, c'est le travail de tous ceux qui ont une revanche à prendre sur la société. Soldat FRCI !

Ils sont partout dans la ville, ces soldats d'un autre âge. Avec leurs jeans, leurs treillis demi-saison, leurs chaussures hétéroclites, mais surtout leurs armes qui vont des plus sophistiquées aux plus désuètes, ils sont effrayants. Les plus chanceux ont des T-shirts FRCI dans des voitures volées et elles aussi estampillées FRCI. On se croirait dans un autre univers, on se croirait partout sauf à Abidjan et en Côte d'Ivoire.

Ils sont dans des jeeps ou debout sur des pick-up surmontés d'armes intimidantes. Muscles impressionnants, lunettes noires, ils goûtent à une gloire soudaine. C'est une montée d'adrénaline qui les transporte dans un autre monde. Ils se croient dans Rambo II. Ils ne peuvent pas résister à la tentation de se sentir invincibles, eux les tombeurs du régime défunt ivoirien. Ils ont occupé les Commissariats du pays. Leurs petites copines y passent toute la journée, nombreuses comme des mouches. Ceci nous rappelle la triste PC-Crise de la transition militaire de 2000, mais en moins professionnelle.

Nos corps armés n'ont jamais eu autant de Commandants au mètre-carré (m2). Commandant ceci, commandant cela. Il y en a qui ont même gravé leurs noms sur les véhiculés volés ou réquisitionnés, en lieu et place des plaques d'immatriculation. Et ce ne sont pas les célèbres «com'zones» qui ont régné en maîtres absolus sur la partie du pays occupée par la rébellion depuis 2002 et qui sont maintenant habitués à leur rang et à leur statut. Non, ce ne sont pas eux. Ce sont plutôt d'anonymes individus qui subitement se font escorter par des soldats armés jusqu'aux dents, avec gyrophares et égards. Leurs nombreux téléphones croulent sous le poids des appels d'urgence et de sollicitation en tous genres. Et vous voulez que du jour au lendemain, ces individus retournent à une vie ordinaire de soldats ou de civils.

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Mais ce spectacle aura des revers importants. Aucun investisseur, aucun promoteur, aucun citoyen ne fera confiance à la sécurité dans le pays avec cette armée ou cette police anarchique. Il y a de quoi s'inquiéter. Et pourtant, cela dure et dure. Cela fait un mois que l'autre Président est tombé. On pensait alors que la vie reprendrait son cours normal. Mais il faudra patienter.

De nombreux communiqués ont instruit les policiers et gendarmes de reprendre leurs postes. Mais rien n'y fait. Quelques téméraires ont répondu à l'appel, mais pas tous. Imaginez la scène : un officier de police se présentant à des jeunes soldats désorganisés et occupant le Commissariat du 22ème Arrondissement : « Bonjour! Le Gouvernement m'a demandé de venir reprendre mon poste. Je suis le Commissaire de cet arrondissement. Il faut que vous quittiez les lieux ». J'espère pour lui qu'il aura pris soin de se réserver un lit au centre de santé communautaire de Bromakoté, parce que de toute évidence, il sortira de cette scène escamotée.

La bataille d'Abidjan a duré moins de deux semaines. Toutes les forces de sécurité n'ont pu être anéanties. Il faut les rappeler et les mettre à l'oeuvre. Il faut pour cela deux éléments : la sécurité (donc que les nouvelles recrues quittent tous les bâtiments des forces de sécurité) et l'équipement (puisque le matériel de transmission, de travail et les armes ont soit été pillés soit se sont volatilisés dans la nature). J'ai entendu dire que le nouveau pouvoir doute encore de la loyauté des policiers et des gendarmes. Mais le désordre de ces nouvelles recrues est encore plus dangereux. Surtout le jour où ces nouveaux soldats revendiqueront leurs récompenses. Il y a plus inquiétant à Mankono, au Sud-Ouest et à l'Ouest, il faut s' y concentrer.

Il faut agir vite. Avec les pillages, les attaques, l'arbitraire, FRCI risque de finir par vouloir dire désordre. On a presqu'envie de regretter nos policiers-racketteurs. Le nouveau Président avait été ferme les jours qui ont précédé la chute du Commando invisible. Il avait précisé que ne seront intégrés dans les forces nationales que ceux qui étaient dans le processus depuis 2005. Que fera-t-il donc de ces nouveaux combattants qui se sont agglutinés progressivement aux rebelles venant du Nord au fur à mesure de leur progression sur le Palais présidentiel à Cocody et qui ont contribué à assurer sa victoire ? Il faut répondre à cette question et vite, car les habitudes ont la peau dure. Ce que ces jeunes exigeront aujourd'hui pour leur démobilisation sera moins important que ce qu'ils demanderont demain ou le mois prochain. Plus le temps passe, plus il sera difficile de les démobiliser. Les revendications iront crescendo. Ils seront tentés avec le temps qui passe de négocier au prix fort leur démobilisation.

Vous connaissez les «kadogo» ? Ce sont les jeunes soldats qui ont porté Kabila-père au pouvoir. Vous connaissez aussi Rachidi ? C'est l'un de ces jeunes soldats qui, dit-on, a été utilisé pour assassiner Laurent Désiré Kabila qu'ils avaient porté au pouvoir. La Côte d'Ivoire n'est pas le Congo, mais la Côte d'Ivoire a quelque chose qui ressemble à chaque pays qui sort de conflit. L'histoire se suit mais ne doit pas se ressembler.

Par ailleurs, il faut mettre de côté la pudeur et constater que la plupart de ces jeunes nouveaux soldats ont une certaine homogénéité régionale. Pour un pays qui sort de conflit politique, social et identitaire, ceci est très dangereux pour le régime et pour ses efforts de recréer une cohésion nationale. Conseil très amical. A méditer.


Vincent Tohbi Irié


Source: LEBANCO.NET

jeudi, 19 mai 2011

LA MORT SILENCIEUSE DES WE DANS L'OUEST

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Dans l'ouest de notre pays, les Guéré continuent de mourir en silence. Après les exterminations en masse par les rebelles de Ouattara, les réfugiés se meurent lentement à la mission catholique de Duékoué.

Ils sont plus de 27.000 à vivre dans des conditions de vie inimaginables. Leurs maisons sont occupées par les rebelles ou ont été détruites. Leurs enfants et leurs époux ont été assassinés par la rébellion. Le calvaire des guéré se poursuit et pendant ce temps, Ouattara continue sa comédie, avec le soutien des autorités françaises.

Pas plus tard qu'hier (mercredi 18 mai 2011), les rebelles ont assassiné des refugiés partis voir ce qui restait de leurs champs.

Ainsi va la réconciliation à l'ivoirienne, version ADO !

 

Que DIEU délivre et bénisse la Côte d'Ivoire!


Source: FACEBOOK

DROIT DE REPONSE DU «NOUVEAU COURRIER» AU «MANDAT»


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Abidjan, le 15 mai 2011


A Monsieur Le Directeur de Publication du journal Le Mandat


Objet : Droit de réponse au Mandat


Monsieur le Directeur,


Dans votre parution du samedi 14 mai 2011, vous publiez un article intitulé Liberté de la Presse - Voici pourquoi "les journaux bleus" ne paraissent plus, signé de Adaye Kouakou. Grande a été notre surprise de lire certaines « informations » nous concernant, émanant d'un confrère qui n'a pas pris la peine de nous joindre.

Premièrement, votre journal croit savoir que les problèmes de sécurité que nous évoquons n'existent pas et que le ministre de l'Intérieur aurait donné des garanties le 3 mai dernier lors de la journée internationale de la liberté de la presse.

Deuxièmement, vous prétendez que Le Nouveau Courrier est financé par Simone Gbagbo et aurait donc des problèmes financiers qui l'empêchent de revenir dans les kiosques.

Enfonçant le clou dans une sorte de dérision, vous préconisez une solution à ceux que vous qualifiez de ''presse bleue'' : «En entendant de trouver une solution idoine aux vrais problèmes qu'ils ont, ces organes de presse devront opter pour la presse en ligne, comme le fait ''Le Nouveau Courrier'' actuellement ». Sur quel site ? Nous nous interrogeons encore.

Nous protestons face à de telles contrevérités qui visent à dédouaner les autorités ivoiriennes face au musellement d'une partie de la presse.

Nous avons les moyens financiers de paraître, mais nous en sommes empêchés par des obstacles sécuritaires réels qui ont été relevés par Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Au demeurant, de quelles garanties sécuritaires parle Le Mandat ? Le discours musclé du ministre de l'Intérieur le 3 mai a fait un tollé dans la corporation et au sein des organisations de protection de la liberté de la presse ; et nulle part nous ne voyons les garanties sécuritaires dont fait cas Le Mandat.

Au demeurant, nous n'avons jamais été financés par Simone Gbagbo, et nous nous réservons le droit de porter plainte pour diffamation à ce sujet. Nous sommes une entreprise privée qui s'équilibre en dépenses et en recettes grâce aux ventes et à la publicité. Devons-nous ajouter que nos ventes sont sans commune mesure avec celles du Mandat ?

Merci de bien vouloir publier ce droit de réponse, dans les meilleurs délais et dans les mêmes conditions, ainsi que vous l'avez fait pour l'article incriminé.


Pour Le Nouveau Courrier

Stéphane GUEDE

 

Source: LE NOUVEAU COURRIER

mardi, 17 mai 2011

TROP DE SQUELETTES ENCOMBRANTS DANS LE PLACARD DE OUATTARA


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Par Sophie Langlois

 

Alassane Ouattara est le nouveau président « légal » de la Côte d'Ivoire depuis le 6 mai. Mais c'est un chef d'État arrivé au pouvoir par la force, avec du sang sur les mains. Cela aura forcément des conséquences. Les massacres commis par les forces pro-Ouattara dans leur conquête éclair du pays et, surtout, après l'arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril, ont sérieusement entaché son début de mandat.



L'entêtement de Laurent Gbagbo à s'accrocher au pouvoir coûte que coûte a déchiré le pays pendant plus de quatre mois et entraîné des milliers de morts. Mais la victoire des forces pro-Ouattara, parce qu'elle fût vengeresse et sanglante, n'a fait que creuser le fossé encore davantage. C'était bien mal entamer un mandat qu'on veut sous le signe de la réconciliation.

Les images de l'arrestation de Laurent et de Simone Gbagbo, de leur fils ensanglanté, annonçaient une traque sans pitié. D'un côté, Ouattara donnait l'assurance que l'ancien chef d'État serait traité dignement, de l'autre, sa télévision diffusait des images humiliantes. Des images qui ne pouvaient que choquer la moitié des Ivoiriens qui ont voté pour Gbagbo. Des images qui ne pouvaient qu'alimenter les rancunes, la colère, qu'inciter les fidèles du président défait à poursuivre leur lutte insensée.


En infligeant une telle humiliation publique à son adversaire, Alassane Ouattara envoyait un terrible message à ses troupes armées sur le terrain. Montrer en boucle des militaires pro-Ouattara outrager les cadavres des gardes présidentiels a été reçu comme un coup d'envoi à la chasse aux sorcières.


Chasse aux partisans pro-Gbagbo


Dès le 12 avril, Amnesty International dénonçait des actes de représailles et de violences à l'encontre des pro-Gbagbo, rapportait des témoignages de meurtres, d'habitants terrorisés. Le chercheur responsable de l'Afrique à Amnesty International, Salvatore Saguès, lançait ce cri d'alarme sur les ondes de Radio France International le 15 avril.

« Il y a réellement une chasse à l'homme maintenant à Abidjan et il faut y mettre un terme immédiatement. C'est gravissime. Vous savez comment Amnesty a critiqué constamment pendant dix ans ce qu'a fait Laurent Gbagbo. Mais ce qui se passe actuellement est inimaginable ! Il y a des gens sans aucun contrôle qui sont en train de commettre des choses barbares et il faut absolument que cela se sache. Je suis assez étonné de la teneur de la presse en France. On a l'impression que les choses vont de mieux en mieux. Ce n'est absolument pas vrai. Nous n'avons aucune sympathie pour l'ancien régime, mais ce qui est en train de se passer est inadmissible [...] Ces exactions sont commises par des hommes en armes. Soit ce sont des personnes qui appartiennent aux Forces républicaines (pro-Ouattara), soit les Forces républicaines ne font rien pour arrêter ces personnes. Et donc, les autorités sont responsables de ce qui se passe là-bas. Actuellement à Abidjan, il y a des milliers de personnes qui sont terrifiées et qui sont en danger. »


Le plus inquiétant, face aux témoignages innombrables faisant état de cette chasse aux sorcières, c'est le déni du gouvernement Ouattara. « Dire que des personnes se réclamant d'Alassane Ouattara pourchassent des hommes à Abidjan est totalement faux ! Il ne faut pas dire des contrevérités aussi graves que celles-là », déclarait Patrick Achi, le porte-parole du gouvernement Ouattara.


« Venez nous sauver »


Dans les jours qui ont suivi l'arrestation de Laurent Gbagbo, j'ai reçu de nombreux appels d'Ivoiriens en détresse qui voulaient que « le Canada » aille les chercher. « Venez nous sauver, pourquoi le Canada ne fait-il rien? », me demandait-on. Des pro-Gbagbo connus, mais aussi des gens non engagés, dont le seul tort étaient de vivre dans un quartier connu pour héberger des partisans de Laurent Gbagbo, ou, à San Pedro notamment, d'être membre d'une ethnie ayant la réputation de voter davantage pour l'ancien président. Je n'oublierai jamais la voix de cette femme, la mère d'une pro-Gbagbo vivant au Canada, elle-même apolitique. Elle chuchotait pour ne pas se faire entendre des agresseurs dans la rue, en train de piller la maison du voisin. Elle était convaincue d'être la prochaine cible. Je n'ai plus eu de ses nouvelles.

Durant l'offensive des forces pro-Ouattara et après le 11 avril, presque tous les Canadiens d'origine ivoirienne ont connu cette angoisse, insoutenable, d'être sans nouvelles de proches pendant des jours. Beaucoup de concitoyens pris au piège à Abidjan pendant ces jours terribles ont demandé aux autorités canadiennes d'être évacués. Ils n'ont jamais eu de réponse. Pourquoi le Canada n'a-t-il pas offert d'évacuer ses ressortissants en Côte d'Ivoire, comme on l'a fait en Libye ?


Squelettes dans le placard


Selon le journal ivoirien L'Intelligent, 21 chefs d'État auraient confirmé leur présence à la cérémonie d'investiture d'Alassane Ouattara, le 21 mai prochain. Mais c'est aux Ivoiriens que le nouveau chef d'État doit s'adresser. Cet ancien directeur du FMI doit apprendre à se faire aimer d'un peuple profondément déchiré, blessé dans sa chair. Pas une famille en Côte d'Ivoire n'a été épargnée par les violences des quatre derniers mois. Les deux camps pleurent leurs morts.

Le nouveau président ivoirien saura-t-il prendre ses distances de ceux à qui il doit sa victoire ultime ? Ce sont les armes et les rebelles de Guillaume Soro, avec l'appui actif de l'armée française, qui lui ont permis de défaire Laurent Gbagbo. Guillaume Soro est encore le Premier ministre et le ministre de la Défense de la Côte d'Ivoire.


Tant que cet ancien chef des rebelles du nord restera l'homme fort du gouvernement Ouattara, le chemin vers la réconciliation sera un champ miné. Le gouvernement Ouattara restera hanté par les squelettes dans le placard de Guillaume Soro (dont Ibrahim Coulibaly, son ancien frère d'armes, tué à Abidjan le 27 avril, et le ministre Désiré Tagro, secrétaire général de la présidence, tué lors de l'arrestation de Laurent Gbagbo dans des circonstances mystérieuses).


Le nouveau président de la Côte d'Ivoire aura-t-il le courage d'écarter du pouvoir le chef de guerre qui l'a mené au palais présidentiel ?



Sophie Langlois



Source : SOUVERAINETE-AFRICAINE.COM

ENQUETE SUR UN MASSACRE - ALASSANE DRAMANE OUATTARA A ORGANISE DES CRIMES CONTRE L'HUMANITE, AVEC LE SOUTIEN DE NICOLAS SARKOZY




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L'enquête que vous allez découvrir plus bas a été menée par un journaliste de l'hebdomadaire français Le Nouvel Observateur. Il y a deux raisons pour lesquelles je vous invite à prendre le temps de la lire. Depuis le début de la crise postélectorale ivoirienne, et même avant, l'ex-président Laurent Gbagbo a fait l'objet des pires portraits et assertions caricaturesques dans les medias occidentaux, totalement acquis à l'entreprise de diabolisation qui le visait. Gbagbo dictateur, Gbagbo mauvais perdant de l'élection présidentielle, on était habitué.

Cette enquête faite par un organe de presse européen peu réputé pour sa propension à l'exagération, et qui se greffe aux rapports accablants d'organisations humanitaires que l'on ne peut soupçonner de collusion avec l'ancien pouvoir ivoirien, comme Human Rights Watch, Amnesty International, La Croix Rouge, Caritas etc., ruine définitivement ce qu'il restait de la réputation de technocrate bien propre sur lui d'Alassane Ouattara, construite à coup d'articles laudateurs, d'omissions opportunes et de contrevérités savamment distillées. Jean-Paul Mari dépeint ici une fresque hideusement magistrale des exactions organisées par Alassane Ouattara, un homme banal cruellement mortel, dont l'Histoire retiendra qu'il a été capable d'enjamber des dizaines de milliers de cadavres pour s'asseoir dans le fauteuil présidentiel ivoirien.


La lecture de ce document va certainement vous soulever le cœur. Il faut vous forcer à aller jusqu'au bout, même s'il est plus agréable d'ignorer certaines choses. La narration claire et ciselée ne laisse aucune marge au flou. C'est inexorable, insoutenable, sans ellipse, sans pardon. L'opinion publique française et occidentale ne pourra pas échapper au malaise, même si elle est habituée à couvrir du voile de l'ignorance tout ce qui peut lui donner mauvaise conscience: L'horreur de la guerre est arrivée à son comble avec Alassane Dramane Ouattara, soutenu et épaulé par Nicolas Sarkozy, président de la république française.

Mahalia Nteby


Pour voir des photos du massacre de Duékoué, cliquez ici: link


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1.ooo, 2.ooo morts ? On ne sait pas. Mais la grande tuerie de Duékoué a duré toute une semaine, dans la ville, les villages, la brousse.
Accusées : les Forces du Nord du président Ouattara qui ont lancé leurs supplétifs à l'assaut. Jean-Paul Mari a reconstitué sur place la mécanique d'une bataille qui a tourné à l'épuration ethnique.

Duékoué est une ville infecte. L'endroit pue la crasse, la sueur, la peur, la haine, la mort. Ce matin, il fait déjà bien trop chaud et l'humidité trempe le corps. Dans l'église incendiée du quartier Carrefour, il faut marcher entre les cadavres encore frais d'hommes abattus à bout portant, découpés à la machette ou la gorge tranchée, à même le sol, mains liées dans le dos, comme des animaux de ferme.


Dans l'air, il reste cette odeur pois­seuse, reconnaissable entre toutes, mélange de mort, de métal, de sang caillé et de brasier mal éteint, et ces cendres noires aussi collantes que les mouches sur l'ordure. Il y avait un quartier, une population de 10 000 personnes, il ne subsiste plus grand-chose d'humain. Sinon l'église Jésus-Sauveur, carbonisée, les mai­sons noircies, les allées défoncées en terre ocre, le sol noir couvert de gra­vats et de vêtements sales, dispersés. Un cyclone de violence a tout emporté, les abris de bambou, les toits en tôle, les murs de ciment, les fils électriques qui pendent des pylônes et les portes arrachées à mains nues. Restent les pancartes du restaurant Nid d'Abeilles, du salon Hip-Hop Coif­fure, de la pharmacie Médicaments chinois et un poster déchiré d'un foot­balleur africain. Même les arbres ont brûlé, leurs branches basses encore lourdes de mangues. Un gosse traîne dans la ville fantôme, trouve un fruit pourri, le suce. Un homme, un balai de paille à la main, contemple les ruines de sa maison. Un vélo passe, chargé d'une chaise en plastique épar­gnée.

Tuer, tuer, tuer, la solution est tou­jours la même. La solution à quoi ? D'abord à un conflit politique. Entre les Forces du Nord, ex-rebelles devenus l'armée du nouveau président Ouattara, et les Forces du Sud, l'armée de l'ancien président déchu Laurent Gbagbo. Une solution aussi au conflit ethnique qui oppose les Malinkés ou Dioulas du Nord et les Guérés du Sud. Une solution, enfin et surtout, au conflit foncier, la guerre pour la terre, la guerre dans la guerre, pour un village, une ferme, un champ de cacao. Tuer l'autre, le grand propriétaire, le fermier, c'est laisser la terre vide, comme un cimetière fertile, à prendre là, maintenant. Un conflit politico-militaire et la revanche des métayers, cela suffit pour justifier le massacre des innocents. Cela s'appelle une épuration ethnique.

Tout près d'ici, il y a trois grandes fosses communes, de la terre fraîche retournée sur des monceaux de cadavres. Dans l'une d'elles, près de la rivière Guémon, les pieds des morts baignent dans le marécage. Les survivants hésitent à revenir, un œil sur leur passé, l'autre sur la brousse toute proche et la masse sombre des taillis d'où les massacreurs ont surgi. Et s'ils revenaient ?

Duékoué est une ville abandonnée de Dieu et du gouvernement, à sept heures de route et vingt-deux check-points d'Abidjan. Un gros bourg laid, sans âme et sans monument, doté d'une poignée de missionnaires héroïques mais sans conseil général. Personne ne s'y intéresse, sauf quand surviennent les massacres, et l'on vole à son secours quand tout est accompli. Pour son malheur, Duékoué est un carrefour stratégique. Qui tient Duékoué contrôle la circulation régionale, le chemin du cacao jusqu'au premier port du pays, San Pedro, et tout le flux humain et commercial entre le Grand Ouest et ses frontières.

Autre malédiction, la région est riche, la terre fertile, bien arrosée et les prix du café et du cacao ont flambé. Comme par hasard, les grands massacres dits politiques se produisent l'hiver, précisément à l'heure de la récolte. Les grandes terres appartiennent depuis toujours aux Guérés, réputés peu enclins à défricher leur brousse. Depuis une vingtaine d'années, certains ont vendu, loué ou concédé, souvent sans contrat écrit, une parcelle aux Malinkés venus du Mali, du Burkina Faso. Des immigrés durs à la tâche qui ont labouré, pris racine, se sont multipliés. « La terre est à celui qui la travaille», disait Houphouët-Boigny, le vieux sage. C'était avant le débat sur l'«ivoirité», une saleté théorique inventée à Abidjan pour fabriquer des castes. Le prix du cacao a augmenté, les métayers Malinkés sont devenus riches, grignotant parfois les champs au-delà du permis, le propriétaire guère est mort et ses enfants ont voulu réviser, voire annuler les contrats : les conflits ont éclaté.

En 2002, quand le Nord et le Sud se séparent, les premiers massacres renvoient opportunément chez eux une foule de métayers malinkés, leurs fils, leurs voisins, des paysans sans terre mais pleins de rage. On trace sur la carte une belle ligne de démarcation qui passe... juste au-dessus de Duékoué. L'ONU compte les coups, la Force Licorne patrouille, les ONG désertent le coin. Trop compliqué ! Entre les « coupeurs de route», bandits de grand chemin, le groupe d'Amandé, un seigneur de guerre venu du Burkina, fort de 300 hommes, qui s'est adjugé tout le parc naturel du mont Péko, la flopée de milices d'autodéfense, hommes de main des politiques ou simples voyous, dotés de «généraux» et de noms flamboyants de mouvements de libération, les commandos de quartier, les mercenaires du Libéria... la région devient une poudrière. Tous sont armés jusqu'aux dents, menacent, rackettent, volent, saignent, violent et tuent à l'occasion.

Dans le quartier Carrefour, il ne fait pas bon être Malinké et pas une semaine ne passe sans que l'on retrouve un corps ou deux dans les fossés. Face aux Guérés, au nord, existe une variante locale de miliciens, les Dozos, des chasseurs traditionnels malinkés, armés de fusil calibre 12 et de chiens de brousse. Les mystiques guerriers, initiés au grand secret de la forêt, portent des coiffes décorés de dents d'animal et ont le corps bardé de gris-gris supposés les rendre invulnérables aux balles invisibles face à un fauve ou capable d'occire un éléphant d'un seul coup de lance. Avec le temps, la farouche confrérie du Nord s'est dévoyée, agrégeant les jeunes enragés malinkés, faisant une milice de plus. Dix ans plus tard, à l'hiver 2011, quand les Forces du Nord, rebaptisées FRCI, lancent la grande offensive en direction d'Abidjan, la capitale tenue par Laurent Gbagbo, tout est prêt pour la grande revanche. « Vers quatre heures du matin, j'ai été réveillée par des lueurs et des explosions terribles. J'ai hurlé, croyant à un cauchemar. J'avais raison», dit Clémentine Don. A 53 ans, violée deux fois, sa maison pillée, son village dévasté, son mari humilié, encore terrorisée et obsédée par la tache de sang qui profane l'herbe au pied de l'arbre sacré du village, Clémentine est une femme brisée : «Nous sommes souffrants, vous comprenez...» Elle a pourtant tout fait pour échapper à l'horreur.

Née à Carrefour, elle a quitté son quartier dès les premiers incidents en 2001 pour s'abriter dans ce paisible village de Dahoua, à 5 kilomètres au sud de Duékoué. Clémentine, devenue présidente de l'Union des Femmes, a créé une coopérative Contre la Famine ! Tout s'effondre avec les premiers tirs, ce lundi 28 mars. Tremblante, elle suit les combats qui mettent Duékoué à feu et à sang. L'armée régulière du Nord a franchi la ligne rouge de démarcation. Pour en finir au plus vite, les rebelles du Nord ont lancé tous leurs supplétifs dans la bataille, les Dozos, leurs miliciens et même la bande de tueurs du chef de guerre Amande. Ils descendent des montagnes, s'infiltrent par la brousse, dévalent de tous les côtés à la fois, balaient les Forces de Sécurité présidentielles et taillent les milices Guéré en pièces. Ils prennent Duékoué en quelques heures puis... s'arrêtent, font la fête et pillent. C'est l'erreur. Venue du sud, une unité pro-gouvernementale, dotée d'un tank, contre-attaque et reprend le centre-ville. Au passage, les soldats en profitent pour assassiner les civils malinkés et égorgent un imam. Dans l'après-midi, le gros des troupes régulières du Nord, armées de mitrailleuses lourdes et de canons, arrive en renfort, désintègre le tank et met un terme à vingt-quatre heures d'une bataille confuse et sanglante. Au petit matin du mardi 29 mars, des dizaines de cadavres couvrent les trottoirs de Duékoué, les vaillants miliciens Guérés ont déguerpi en laissant leur population sans défense, face à des combattants ivres de bataille.

Carrefour est le premier quartier sur leur chemin. Ils encerclent les maisons. Les hommes sont triés, leur carte d'identité examinée. Un nom malinké : la vie sauve. Une carte d'identité ivoirienne, un nom guère : une balle dans la tête. Dehors, les femmes sont à genoux. « Ils nous forçaient à chanter leur gloire, à répéter : « Guerriers ! Guerriers !», dit Julie, une habitante. Les assaillants se divisent en trois groupes : «Les tueurs, les pilleurs et les gâteurs... Les gâteurs, c'est ceux qui arrosaient nos maisons d'essence avant de mettre le feu.» Un curé et ses enfants de chœur sont surpris devant l'église : «Quel est ton parti ? - Le parti de Jésus-Christ. - Jésus-Christ ? C'est pas un parti !» Ils sont abattus. Au milieu des cris et des explosions, les assaillants insultent leurs victimes : «Vous avez voté Gbagbo ! Traîtres !» Et les anciens métayers exultent : «Vous nous avez pris pour des domestiques. Nous sommes revenus en maîtres. Nous prendrons vos femmes, vos terres, vos champs. Et vous mangerez de la boue !» Et ils tuent. En fin de matinée, Carrefour est en feu. Et les supplétifs commencent à envahir les villages alentour.

A Bahé-B, à quelques kilomètres de Duékoué, Denis bêche son champ de manioc. Il entend du bruit, se dirige vers sa ferme, voit huit hommes en treillis, foulard rouge sur le front et sandales en plastique aux pieds. « Qui est là ?» Trois coups de feu lui répondent. La première décharge de chevrotine le manque, la deuxième lui loge un plomb dans le cou, la troisième lui crible l'épaule. Il tombe, laissé pour mort. Au troisième jour des massacres, les tueurs ne trient plus leurs victimes. «Ma femme, Hélène, mes jumeaux de 4 ans et demi, mon fils de 2 ans... Ils ont tué neuf personnes de ma famille», dit Denis. Couché dans les herbes hautes, paralysé, en sang, Denis entend l'appel au secours de sa nièce, sa fille adoptive, âgée de 13 ans : «Papa ! Au secours ! Ils sont en train de me violer !» Denis aperçoit plusieurs hommes autour de l'enfant, les cris durent une éternité. Puis ils cessent. Et Denis découvrira le corps de sa nièce, abattue d'une décharge dans la poitrine. Toute la nuit, Denis entend les aboiements des chiens des Dozos qui entrent dans la brousse, chassent les rescapés, les paysans dans leurs campements.

Une nuit de chasseurs, d'aboiements, de coups de fusil. Au petit matin, Denis se traîne vers la route et croise une colonne de l'Onuci. Après une longue inertie, les casques bleus commencent à patrouiller, enterrent les morts et cherchent des survivants.

Dans son village, Clémentine a compris que la brousse ne la protégerait pas de la folie de Duékoué. Au moment de fuir, elle est arrêtée par des Dozos et des hommes en armes. Parmi eux, une femme militaire en treillis. Ils parlent dioula, la langue du Nord, et poussent vers l'arbre sacré du village trois hommes, entre 18 et 20 ans, les mains attachées dans le dos. « J'ai entendu des cris bizarres, des couinements, comme si on égorgeait un porc», dit Clémentine. Quand les hommes s'en vont, les paysans se précipitent et trouvent les trois hommes au sol, la gorge tranchée au couteau de chasseur. «Ces cris... je les entends encore, chaque nuit !» Elle appelle l'Onuci, trois fois, au secours, en vain : «Venez ! Ils sont train de tuer dans les campements !» Le lendemain, le groupe d'assassins revient, avec des chiens «pour chercher les fusils cachés», disent-ils. Ils mitraillent un homme sur le palier de Clémentine. Nouvel appel de détresse. Cette fois, un camion blanc arrive. 300 personnes veulent fuir. C'est trop pour le véhicule. On forme une longue colonne de civils à pied qui suivent au pas le camion des casques bleus, sous les cris de rage des Dozos : «Pourquoi les laissez-vous partir ? Laissez-nous faire ! On va en finir avec ces agoutis [rongeurs] !» Clémentine, elle, reste, «pour continuer à informer les autorités». Samedi 2 avril, en fin de matinée, trois autres hommes en treillis, la trentaine, arrivent à mobylette, fusil de chasse à la main, ils cherchent de l'argent, arrachent ses vêtements. Clémentine les supplie : «Je suis vieille. Je suis votre maman.» Ils la violent à tour de rôle. Pillent la maison. S'en vont. Reviennent. Clémentine est surprise de nouveau à 300 mètres de là, dans la maison de sa sœur, 56 ans. Elles sont violées toutes les deux : «On va tuer Laurent Gbagbo, prendre vos femmes ! Vous deviendrez nos domestiques !»

Depuis, Clémentine parcourt Duékoué et la campagne environnante, le souvenir des cris des suppliciés et des violeurs dans la tête, avec un carnet à la main où elle note tout, les morts, les viols, les campements dévastés. Parfois, elle vient à pied jusqu'au camp de réfugiés de la mission catholique du père Cyprien. Ils sont 30 000, venus de Carrefour ou des villages environnants, serrés jusqu'à étouffer dans une enceinte faite pour une paroisse de campagne. 30 000 personnes, dans l'odeur des feux de bois vert, des excréments et du désinfectant, de la misère, de la promiscuité, de la maladie. «La semaine dernière, nous avons perdu 14 enfants à cause des diarrhées, dit le père Cyprien, et 15 de plus ces trois derniers jours.»

Dans la nuit africaine, quand l'orage finit par éclater, c'est toute l'eau d'un ciel peu miséricordieux qui s'abat d'un coup, comme un rideau de plomb glacé, sur des femmes et des enfants debout, tendant une bâche de plastique à bout de bras. Le camp est protégé par une unité de Marocains de l'Onuci, mais il manque de place, vivres, de médicaments, d'eau potable, de tout. 30 000 réfugiés dans un jardin ! Parfois, même le père Cyprien sent le courage lui manquer. Surtout dans la nuit noire, quand il entend les rôdeurs assassins continuer à hurler des menaces sous le nez des survivants : «On vous tuera tous, jusqu'au dernier !» Oui, le père Cyprien tremble lui aussi. Le grand massacre, qui a duré plus d'une semaine, a sans doute fait bien plus de mille morts. Il sait que Duékoué la maudite est un point rouge sur la carte du pays, une ligne de front des ethnies, un laboratoire du Mal, un lieu emblématique de ce que la Côte d'Ivoire pourrait devenir si elle ne trouvait pas, vite, très vite, le chemin de la réconciliation.




Jean-Paul Mari in Le Nouvel Observateur, le 12 mai 2011


Source: SAOTI, Le blog de Mahalia Nteby

PARALLELE AFFAIRE DSK-KIDNAPPING DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

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Parallèles, parallèles


Si l'affaire DSK pouvait ouvrir les yeux des français et de l'indigne parti socialiste .... !
Alors que les ivoiriens dénoncent depuis 2002 l'ingérence dont ils sont victimes et qu'ils ont hurlé au complot international lors du kidnapping de Laurent Gbagbo, la presse française les a discrédités à longueur de colonnes.

Cette même presse, curieusement relaie le doute sur l'affaire DSK....

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Curieux comme dans l' « affaire DSK » tout comme dans l'affaire des élections en Côte d'ivoire, un jeune proche de l'UMP a lancé un tweet suspect. (Voir séquence « Aurore Bergé
» dans cette vidéo à la septième minute).

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La France s'indigne des images de l'homme fort du PS menotté.

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Et comme le dit si bien Bruno Ben Moubamba:

http://moubamba.com/choc-des-images-de-gbagbo-a-strauss-k...

« Les images dégradantes du Président ivoirien, le 11 avril 2011 ! Elles n'ont pas choqué la classe politique française et le FMI !


Ça fait mal ? »


Bizarre, bizarre, vous avez dit bizarre mon cher cousin ? Comme c'est bizarre... !


Allez, encore un effort, un peu d'optimisme et les Français vont finir par comprendre ce qui s'est réellement passé en République de Côte d'Ivoire, en leur nom.

Et comme le dit un de mes amis (Fernand Dindé), « Ils finiront bien par comprendre avec l'affaire STRAUSS-KHAN. Ils comprendront que ce sont des intérêts mafieux qui dirigent désormais le monde et non plus les États. Le centre du pouvoir a changé (il s'est déplacé). Nous sommes en plein dans la mise en place du Nouvel Ordre Mondial. SARKOZY nous l'avait promis au lendemain de la crise financière de 2009.

L'angoisse et la stupéfaction parmi les hommes qui ont encore toute leur raison ne fait que commencer! ».

 

Voir la vidéo "Sarkozy veut imposer le Nouvel Ordre Mondial", cliquer:

 

ICI


Source: INDIGNEZ-VOUS HAUT ET FORT

lundi, 16 mai 2011

MAMADOU KOULIBALY DEVOILE SON AGENDA SECRET

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C'est une interview réalisée par le quotidien "L'inter". Nous la publions telle que nous l'avons reçue. A chacun de juger de la sincérité de celui qui fut un très proche du président Gbagbo.


Les ex-tenants du pouvoir, dans la tourmente après le départ de Laurent Gbagbo du pouvoir, sont à l'épreuve de l'opposition. Affaire de coup d'Etat LMP, réconciliation nationale, entrée du FPI au gouvernement... Autant d'interrogations auxquelles Mamadou Koulibaly le Président de l'Assemblée nationale a bien voulu répondre. A travers cette interview, le numéro 2 du Fpi crache ses vérités et dit tout.


Monsieur le président, la presse à Abidjan rapporte de façon persistante que des cadres LMP préparent une opération de déstabilisation depuis l'extérieur, qu'en dites-vous ?

Je ne suis pas au courant d'une telle opération de déstabilisation. Les militants et cadres avec qui je suis en contact ont tous conservé un esprit républicain. Cependant, dans tous les camps, il y a aujourd'hui encore des passions qui s'expriment soit par la peur, soit par l'agressivité. Au Front populaire ivoirien, nous sommes prêts à appuyer le nouveau gouvernement dans sa mission de réconciliation, à condition que celui-ci fasse preuve d'une réelle volonté d'apaisement. Il est impératif que le gouvernement garantisse la sécurité des biens et des personnes, de toutes les personnes, quelles que soient leurs origines, ethnies, religions, opinions politiques, ce qui permettrait aux dizaines de milliers d'Ivoiriens qui sont réfugiés dans les pays voisins de retourner en Côte d'Ivoire pour y vivre en paix.

Vous vous êtes inscrit dans une approche de collaboration avec les nouvelles autorités, quel est le degré d'adhésion des cadres à cette option ?

Tous les cadres avec lesquels j'ai eu l'occasion de discuter sont prêts à apporter leur contribution à la reprise économique et au retour à la normalité en Côte d'Ivoire. Le gouvernement doit travailler à créer le climat de sécurité qui permettra à toutes les bonnes volontés de se déployer pour le bien de la Côte d'Ivoire. Les objectifs du gouvernement et ceux du Front populaire ivoirien s'accordent sur ce point, mais pour qu'on y arrive, il faut qu'on laisse le FPI travailler, qu'on permette à ses militants de se réunir et d'apporter leurs pierres à la reconstruction de la Nation.

Pourquoi, en dehors de quelques partisans FPI/LMP d'Europe et sur Internet, aucun cadre connu de votre parti n'a contrarié vos positions ?

Chaque fois qu'on a pu discuter, on est tombé d'accord. Cela ne me surprend pas qu'il y ait encore des incompréhensions ici et là. Cela signifie simplement qu'il y a encore un travail d'explications à effectuer. D'où l'urgence d'un retour rapide à la normalité en Côte d'Ivoire.

Peut-on estimer que vous assurez l'intérim au FPI jusqu'à nouvel ordre ?

Je suis le troisième vice-président du Front populaire ivoirien, donc numéro quatre dans la hiérarchie du parti. Le président Affi Nguessan, le premier vice-président Aboudrahamane Sangaré et la deuxième vice-présidente Simone Gbagbo sont aujourd'hui malheureusement dans l'incapacité d'assumer leurs fonctions. La responsabilité de diriger le parti m'échoit donc momentanément et j'assume ce rôle. J'entends travailler avec le concours des instances du parti, que je souhaite réunir rapidement, dès que le gouvernement nous donnera l'assurance que nous pouvons le faire sans danger.

Pourquoi n'êtes-vous pas encore allé voir Laurent Gbagbo, Simone, Affi Nguessan ? Est-ce vrai que c'est parce qu'ils ont refusé de vous recevoir, pour éviter de cautionner votre démarche et vous légitimer auprès de la base ?

Je ne sais pas ce qui vous permet de dire cela. Vous savez, nos camarades sont aujourd'hui emprisonnés ou en résidence surveillée, sans droit de visite. Certains n'ont même pas encore eu l'occasion de consulter leurs avocats. J'ai néanmoins pu, au sortir de l'audience que m'a accordée le président Ouattara, obtenir son autorisation pour voir certains d'entre eux, notamment Simone Gbagbo, Aboudrahamane Sangaré, Diabaté Béh, Geneviève Bro Grébé, Jean-Jacques Béchio, Dakoury-Tabley, Dedi Adèle, Michel Gbagbo, etc. alors qu'ils étaient encore emprisonnés à l'Hôtel du Golf. Très récemment, à l'issue de la prestation de serment du chef de l'Etat, j'ai obtenu l'autorisation du ministre de l'Intérieur pour rendre visite aux camarades retenus à la Pergola. Nous n'avons pas oublié Laurent Gbagbo. Dès que l'opportunité se présentera, j'irai le voir.

Vos proches et amis disent que vous n'avez pas attendu l'arrivée de Ouattara ou le départ de Laurent Gbagbo pour marquer votre différence, car vous vous comportiez déjà comme un opposant dans le FPI. Si pour eux, le FPI aurait gagné à vous écouter, les autres estiment par contre que ce sont vos critiques qui ont perdu le parti...

Ce ne sont certainement pas mes proches et mes amis qui vous ont dit que je me comportais «comme un opposant dans le FPI». Le Front populaire ivoirien est une instance éminemment démocratique au sein de laquelle la diversité des opinons est perçue comme une richesse. J'ai eu l'occasion d'exprimer mes points de vue sur certains sujets ou problèmes, comme d'autres ont exprimé les leurs. Cela n'a donc pas pu conduire le parti à sa perte, d'autant moins que le FPI est très loin d'être perdu. Il est là, il est vivant, et il entend jouer entièrement son rôle dans la difficile et très sensible période de sortie de guerre et reconstruction de l'unité du pays dans laquelle nous nous trouvons.

Est-il possible de décider d'entrer au gouvernement et de proposer des cadres, sans avoir réuni le secrétariat général du parti ? Une rencontre ne pourrait-elle pas assurer un débat et une plus large adhésion, de sorte à atténuer les critiques des militants du net ?

Vous allez vite en besogne. Aucune discussion en ce sens n'a eu lieu à ce jour, à ma connaissance. Une décision relative à une éventuelle participation du Front populaire ivoirien à un gouvernement d'union ne peut intervenir qu'après consultation des militants, afin d'éviter que des décisions personnelles ne prennent le pas sur la volonté du parti. Si le FPI participait à un tel gouvernement, il devrait assumer ce qui s'y ferait. Il serait donc impératif que nous soyons d'accord sur les missions assignées à ce gouvernement. Je suis un partisan de l'organisation rapide d'un secrétariat général et d'un comité central extraordinaire, dès que les conditions sécuritaires seront réunies.

Si les autorités ne peuvent, même avec le soutien des forces impartiales, garantir la liberté de réunion, comment cela peut-il rassurer les cadres qui seront nommés ?

Cela serait un vrai problème. Le gouvernement doit mettre tout en œuvre pour que les libertés fondamentales, dont celle de réunion, de tous les Ivoiriens, qu'ils soient au gouvernement ou pas, soient respectées, et que la sécurité de tous ceux qui ont des intérêts en Côte d'Ivoire soit assurée.

Certains au RHDP et autour du Président de la République doutent que le FPI, LMP et vous-même jouiez franc-jeu. A la lumière de l'expérience vécue au sein de l'ancien pouvoir, qu'avez-vous à dire pour les rassurer ?

Tout d'abord, je crois que la responsabilité de rassurer les gens incombe en premier lieu au gouvernement ! Aujourd'hui encore, dix jours après la prestation de serment du président Ouattara, des pillages et des exactions continuent sur tout le territoire ivoirien. Les Ivoiriens sont toujours dans la peur. Nombre d'entre eux sont toujours en exil ou vivent terrés dans les forêts. Tout le monde a donc intérêt à jouer franc-jeu, toute autre chose serait problématique. Il faut pouvoir se faire confiance, c'est primordial. C'est le manque de confiance et de dialogue qui nous a menés à la guerre. Si le président Ouattara ne fait pas confiance aux Ivoiriens, il ne pourra pas y avoir de réconciliation.

Quel est votre agenda personnel Monsieur le Président par intérim du FPI ?

Quant à moi personnellement, je crois que mon passé parle pour moi. J'étais dès le départ contre la guerre. On n'aurait jamais dû aller si loin dans l'abominable. Je ne suis pas un va-t-en guerre. Je suis un homme qui se veut de dialogue et de consensus. Dès le début de la crise postélectorale, j'ai répétitivement appelé toutes les parties au dialogue et à la mesure. Je n'ai malheureusement pas été écouté. Cela va peut-être changer.


Charles Kouassi


In le quotidien ivoirien L'INTER

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

INVESTITURE D'ADO: BRUITS DE BOTTES A L'APPROCHE DU 21 MAI

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Force de la Résistance Patriotique (Facebook)


Une attaque des « résistants » (combattants restés fidèles au Président Gbagbo et essentiellement composés d'anciens membres des forces de défense et de sécurité) n'est pas à exclure entre le 18 et le 22 mai, a appris DirectScoop d'une source militaire.

Cette information intervient alors que lundi le quotidien ivoirien « l'Inter » alertait l'opinion sur une imminente attaque de combattants présentés comme des « pro-Gbagbo ».

« Nous demandons aux chefs d'Etat invités de s'abstenir du voyage en Côte d'Ivoire (...) Nous attendons le mot d'ordre de notre chef, avant d'entrer en action dans quelques heures. Nous demandons aux populations ivoiriennes de quitter le territoire ivoirien avant le 21 mai 2011», auraient confié les « résistants » au journal.

Des bruits de bottes sont déjà signalés dans le sud-ouest où les FRCI (armée créée par Ouattara) auraient essuyé de sérieux revers. Ceux-ci auraient fui les villes de Méagui et de Soubré, demandant l'aide de l'ONUCI (Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire) présente dans la ville portuaire de San Pédro.

Le « com'zone » (commandant de zone) de Bouna (nord-est) a révélé dans une vidéo circulant sur internet, qu'il serait en possession d'informations faisant état d'une attaque imminente en vue de libérer les prisonniers politiques qui y sont détenus.

A Abidjan, la méfiance entre les ex-FDS, particulièrement la gendarmerie et le nouveau pouvoir, s'est accentuée ces derniers jours avec la brève détention vendredi du Général Guiai Bi Poin à l'hôtel du Golf, commandant du CECOS (Centre de Commandement des Opérations de Sécurité).

Le patron de cette unité d'élite spécialisée dans la sécurisation de la ville d'Abidjan y avait été convoqué avec  une cinquantaine d'officiers, chef de commandement d'unités. La plupart d'entre eux n'avaient d'ailleurs pas répondu à cette convocation.

Alassane Ouattara qui a accédé au pouvoir grâce à une intervention armée menée par la coalition Licorne (France) - ONUCI - combattants pro-Ouattara, prévoit son investiture en tant que Président le 21 mai.



Source: DIRECTSCOOP.NET

 

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DES GENDARMES FRANÇAIS SOLLICITES PAR OUATTARA POUR REGULER LA CIRCULATION


La Côte d'Ivoire est tombée bien bas. C'est le lieu de le dire lorsqu'on se rend dans les rues de la capitale économique.

Incroyable mais vrai!

Des gendarmes de l'armée française en train de régler la circulation à Abidjan à la place de nos forces de l'ordre, depuis ce matin.

Le régime Ouattara a-t-il vendu la Côte d'Ivoire à la France?

C'est à juste titre, au vue de ce spectacle révoltant, que Ouattara est identifié à un gouverneur de la France en Côte d'Ivoire. C'est la France qui l'a installé par la force, c'est elle qui assure sa garde rapprochée et logiquement c'est avec elle que le gouverneur Ouattara est appelé à gouverner.

Ce spectacle est aussi la preuve que les forces de défense et de sécurité (FDS) n'ont toujours pas répondu massivement à l'appel du camp Ouattara. Alors que la plupart des policiers de l'armée nationale se sont évadés dans la nature, les gendarmes restent cloîtrés dans leurs casernes, refusant de collaborer avec les forces rebelles de Ouattara.

Les FRCI, qui sont pour la plupart des analphabètes, dont les éléments ont été pour la plupart recrutés sur le tas, n'ont pas été formés au maintient de l'ordre, à plus forte raison à la gestion d'un commissariat.

Le pouvoir français, encore une fois, vient à la rescousse de son poulain.

Comment de temps cela va durer?



Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

samedi, 14 mai 2011

LE GENERAL GUIAI BI POIN ARRETE, LA GENDARMERIE DANS LE VISEUR DU CAMP OUATTARA

 

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Le général de division Georges Guiai Bi Poin a été arrêté hier, vendredi 13 mai, au Golf hôtel à Abidjan et mis sous mandat de dépôt.


L'information, tombée hier après-midi, a été confirmée par le procureur militaire Ange Kessi Kouamé. «Oui, je confirme que le général Guiai BI Poin a été mis aux arrêts ce matin ( hier vendredi) à 8h », a dit le commissaire du gouvernement, joint par téléphone.

Le général Guiai Bi est, rappelons-le, le commandant d'une unité d'élite- le Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos)- créée par le président Laurent Gbagbo, pour combattre le grand banditisme dans le district d'Abidjan. Après le coup d'Etat contre le régime du président Gbagbo, le général Guiai Bi Poin a fait allégeance au pouvoir d'Alassane Ouattara. «Je suis venu apporter le message de réconciliation parce que je crois fermement à la Côte d'Ivoire. C'est un nouveau départ pour tous les Ivoiriens », avait déclaré l'officier supérieur de la gendarmerie, mercredi 13 avril 2011, après avoir été reçu par Guillaume Soro.

C'est donc à la surprise générale que Guiai Bi Poin a été mis aux arrêts. Le commandant du Cecos a été, selon nos informations, convoqué par un message du Commandant supérieur de la Gendarmerie, le général Tiapé Kassaraté Edouard, lui demandant de se présenter au Golf Hôtel pour y être entendu. Le général Guiai Bi a répondu favorablement à cette convocation en se présentant, hier vendredi à 8h, au Golf Hôtel. Il s'était fait accompagner par son avocat, Maître Thomas Moularé. Mais une fois sur les lieux, le commandant du Cecos a dû attendre plusieurs heures sans être auditionné.

C'est finalement à 12H qu'on lui a signifié son arrestation. Outre le général Guiai BI Poin, bien d'autres officiers de la Gendarmerie ont été également convoqués au Golf Hôtel hier pour être auditionnés. Le colonel Obou Gado Valentin (commandant de la première légion mobile), le colonel Aka Baouéli (commandant le Bureau logistique), le commandant Goué Léopold Magloire du Groupement GCS, le chef d'Escadron Jean Noël Abéi( commandant des Blindés), le chef d'Escadron Yapo Seka Anselme, le capitaine Kouakou Kan Roland, le capitaine Adou Sylvain( responsable du Bureau étude école de la gendarmerie) et le MDL-chef Nassé Guédé (chef de service général du groupe d'appui Cecos) ont été, selon notre source, tous convoqués avec le général Guiai BI. Si le commandant du Cecos est allé répondre à sa convocation, ce n'est pas le cas des autres officiers sus-cités, qui n'ont pas bougé de leur camp pour des raisons que nous ignorons.

D'autres généraux sur la liste

Selon une source proche du dossier relatif aux arrestations en cours, ce sont 52 officiers issus des Forces de Défense et de sécurité (FDS) qui seront entendus par le procureur militaire sur ordre explicite de Soro Guillaume qui tient à régler les comptes à tous les généreaux et officiers de commandemant de la gendarmerie qui ont fait mordre la poussière à ses soldats rebelles lors des combats dans le district d' Abidjan.

Le procureur militaire dispose de trente (30) jours à compter du 4 mai 2011- date à laquelle il a été reçu par Soro Guillaume lui-même- pour accomplir la salle besogne. Selon nos informations, les 52 officiers qui doivent être entendus lors des enquêtes sont issus de tous les corps (Gendarmerie, Police, Douanes, Eaux et forêts, Fanci).

Les premières auditions débuteront lundi 16 mai 2011. C'est à cette date que le général Guiai Bi sera entendu sur les faits qui lui sont reprochés. Il pourrait s'expliquer sur les tueries d'Abobo, notamment la marche des femmes du RHDP lors de laquelle des FDS auraient ouvert le feu sur ces dernières, et le bombardement du marché d'Abobo qu'on impute également aux gendarmes.

Dans la cinquantaine d'officiers qui doivent s'expliquer devant le procureur militaire, il y a quatre officiers généraux sur la liste. Deux d'entre eux ont été déjà mis aux arrêts. Il s'agit des généraux Dogbo Blé Brunot (ex-commandant du Palais et de la Garde républicaine) et Guiai Bi Poin, commandant du Cecos. Reste donc deux autres généraux FDS qui seront arrêtés dans les prochains jours. Le général Dogbo Blé, détenu à Korhogo dans le nord du pays, sera entendu, selon notre source, mercredi 18 mai 2011 par le commissaire du gouvernement Ange Kessi Kouamé.


In le quotidien ivoirien L'INTER


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

PAS MEME ENCORE INVESTI, ADO FAIT LE MENAGE - OUATTARA DEMET DES CHEFS D'INSTITUTIONS PROCHES DE GBAGBO

 


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Le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara a mis fin vendredi aux fonctions des présidents du Conseil économique et social et de la Cour suprême, du Grand chancelier de l'ordre et de deux membres de la Cour constitutionnelle, proches ou soutiens de l'ex-président Laurent Gbagbo.



M. Ouattara a mis fin aux fonctions de Laurent Dona Fologo à la tête du Conseil écononomique et social, le troisième personnage de l'Etat dans l'ordre protocolaire, selon un communiqué de la présidence publié vendredi soir.

En mars, en pleine crise post-électorale née de la présidentielle contestée de novembre 2010, M. Fologo avait notamment déclaré: "On ne négocie pas les résultats d'une élection, il n'y a rien à négocier (...) Quel type de compromis on peut trouver après des élections entre quelqu'un qui été élu (ndlr M. Gbagbo) et l'autre (ndlr M. Ouattara) qui n'a pas été élu?".

Il a été remplacé par Marcel Zadi Kessy, président du Conseil d'administration du groupe Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE)-Société de distribution d'eau de la Côte d'Ivoire (Sodeci).

Le chef de l'Etat a également démis le président de la Cour suprême, Koné Tia, et le Grand chancelier de l'ordre national de la République de Côte d'Ivoire, le général Issouf Koné.

Peu après l'arrestation le 11 avril de Laurent Gbagbo, MM. Tia et Koné avaient fait ensemble allégeance à M. Ouattara. Le premier a été remplacé par le magistrat hors hiérarchie Mamadou Koné, et le second par Henriette Dagri-Diabaté, professeur d'histoire.

Enfin deux membres du Conseil constitutionnel, MM. Jacques André Daligou Monoko et Félix Tano Kouakou, qui figurent sur la liste des proches de Laurent Gbagbo sanctionnés par l'Union européenne, ont aussi été démis de leurs fonctions.

Le président Ouattara, qui a prêté serment le 6 mai et sera investi le 21 mai à Yamoussoukro, a par ailleurs signé l'ordonnance créant la Commission dialogue, vérité et réconciliation, qui sera dirigée par l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny.


Source: AFP

 

NB: Sur Facebook, de:

Théophile Kouamouo

" Au nom de quelle loi Yao N'Dré est-il l'objet d'une procédure judiciaire ? Article 93 de la Constitution: "Aucun membre du Conseil constitutionnel ne peut, pendant la durée de son mandat, être poursuivi, arrêté, détenu ou jugé en matière criminelle ou correctionnelle qu'avec l'autorisation du Conseil." On nage en pleine junte là...! "

La chasse aux chefs d'institutions ne fait que commencer. Le Président de l'Assemblée Nationale, Mamadou Koulibaly sera-t-il inquiété, à son tour, vu que Ouattara n'a aucun égard pour les textes de "son pays"? Attendons de voir!

vendredi, 13 mai 2011

HOMMAGE AUX VICTIMES ET MORTS - ALASSANE OUATTARA: «PLUS JAMAIS ÇA DANS NOTRE PAYS», PENDANT QUE LES FRCI CONTINUENT DE TUER ET DE PILLER!




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Il aurait fallu atteindre encore un peu pour décréter 3 jours d'hommage aux victimes de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire, car au même moment, de nouvelles victimes sont signalées à l'Ouest notamment à Soubré, Daloa et Gagnoa où les combats entre les FRCI de Ouattara et les FDS restées fidèles au Président Gbagbo battent leur plein.

En plus, un génocide d'une rare violence se prépare à l'Ouest où les FRCI ont sommé les populations de Gagnoa de leurs remettre 10.000 prétendues armes remises par Laurent Gbagbo pour leur défense, sinon, ils raseraient tous les villages de Gagnoa dans les jours à venir.

Cette semaine encore, des massacres de populations civiles ont été signalés à Lakota. La semaine dernière, ce sont les villes de Sassandra, de Grand Lahou et de Fresco qui ont subi la furie des hommes de main de Ouattara. Le chef de la sécurité de Gbagbo, le colonel Brouha Nathanaël y a trouvé la mort dans son village où il s'était réfugié, assassiné par les hommes de Ouattara.

Alors monsieur le Président Ouattara, n'est-ce pas un peu tôt pour célébrer les victimes et morts ivoiriens de la crise postélectorale alors que de nouvelles victimes s'ajoutent tous les jours ?
C'est la que la thèse d'une parodie d'hommage aux victimes prend son sens. Car les victimes, c'est malheureusement encore tous les jours, sous votre autorité.


Serge Touré


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TEXTE INTEGRAL DE LA DECLARATION D'ALASSANE OUATTARA LORS DE LA JOURNEE D'HOMMAGE AUX VICTIMES ET MORTS DE LA CRISE POSTELECTORALE


Monsieur le Premier Ministre, Ministre de la Défense, Mesdames et Messieurs les Présidents des Institutions de la République, Mesdames et Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les membres du Corps diplomatique, Messieurs les Officiers généraux, Officiers supérieurs et Commandants de Groupement tactiques,

Monsieur le Gouverneur du District d'Abidjan, Mesdames et Messieurs les Maires des communes d'Abidjan, Honorables Chefs traditionnels et religieux,

Mesdames et Messieurs les Responsables des organisations et associations de la société civile, Mesdames et Messieurs les Représentants des partis ou groupements politiques, Mesdames et Messieurs les Représentants des familles des martyrs et des victimes de la crise post-électorale, Chers frères, chères sœurs, le vendredi 06 mai 2011, devant la Nation entière, j'ai prêté serment en qualité de Président de la République de Côte d'Ivoire.


Cette cérémonie de prestation de serment qui a mis un terme à la longue crise post-électorale qu'a connue notre pays, a été pour moi un moment d'intense émotion, en raison du souvenir douloureux de ces cinq mois de souffrance pour tous les Ivoiriens et pour toutes les populations vivant dans notre pays.

Cinq longs et interminables mois, émaillés d'innombrables pertes en vies humaines, où tous, sans distinction d'ethnie, de religion, de parti politique ou même de nationalité, avons vécu dans la peur, dans l'angoisse, dans la faim, avec la mort.

Oui, ces cinq derniers mois ont été difficiles pour nous tous : hommes, femmes, enfants. Du nord, du sud, de l'est, de l'ouest, du centre. Militants du PDCI, du RDR, du FPI, de l'UDPCI, des Forces Nouvelles, du MFA, de l'UPCI, du PIT... Chrétiens, musulmans ou d'une autre confession religieuse. Tous, nous avons beaucoup souffert.

Chers frères, chères sœurs,

Nombreux sont hélas nos compatriotes qui n'écriront pas avec nous, les pages de la Cote d'Ivoire Nouvelle que nous avons pourtant appelé de tous nos vœux.

Nous, les rescapés, nous devons nous souvenir de nos martyrs et de toutes les victimes de cette crise. Nous devons nous arrêter pour pleurer avec ces milliers de familles endeuillées et attristées.

Je voudrais, au nom de la Nation, m'incliner devant la mémoire de tous ceux et de toutes celles qui sont tombés depuis le déclenchement de la crise post-électorale.

Je présente mes condoléances les plus attristées à leurs familles. Aux blessés, j'exprime ma profonde compassion et je leur souhaite un prompt rétablissement.

A tous les orphelins, à toutes les veuves et tous les veufs, à tous les parents des victimes, je veux leur dire que la Côte d'Ivoire ne les oubliera jamais.

C'est pourquoi, au nom de la Nation, je décrète un deuil national de trois jours à compter d'aujourd'hui.
Pendant ces trois jours, les drapeaux seront en berne.
Dorénavant, la journée du 12 mai sera instituée " Journée des Martyrs ".

Je donne l'assurance à tous qu'aucun crime ne restera impuni. Une Commission Nationale d'Enquête a déjà été constituée pour poursuivre, juger et punir les auteurs des exactions et des tueries.
La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation qui verra le jour bientôt permettra à toute la Nation de comprendre, de situer les responsabilités et de pouvoir pardonner.

Je prends l'engagement, de tout mettre en œuvre, pour que notre rêve commun d'un pays prospère, uni et réconcilié se réalise.
Pour cela, nous devons engager tous ensemble, les chantiers de la reconstruction de notre pays et bâtir dès à présent la Côte d'Ivoire nouvelle à laquelle nous aspirons tous.

Je souhaite enfin, que ces trois jours de prière et de recueillement, nous permettent de faire notre examen de conscience et d'aboutir à la même conclusion : Plus jamais ça dans notre pays !
Que Dieu protège la Côte d'Ivoire.


 

Alassane Ouattara


Source: IVOIREBUSINESS.NET

COTE D'IVOIRE: DE NOUVELLES TUERIES EN PERSPECTIVE...


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Le voyage de Ouattara étonne même ses plus fervents supporters. Tandis qu'il annonce 3 jours de deuil en hommage à tous les morts de la crise post-électorale, il annonce une tournée de remerciements au Sénégal et au Burkina ! Non seulement il ne se sent nullement concerné par son deuil national, ce qui n'est guère étonnant puisqu'un assassin ne porte généralement pas le deuil de ses victimes, mais cette visite de courtoisie de Ouattara ressemble bien à une de ses fuites à l'étranger dont il est coutumier. Ainsi ConnectionIvoirienne, journal en ligne pro-Ouattara hébergé aux pays-bas, se permet-il d'écrire:

Disons le tout net, le bon sens a du mal à comprendre la simultanéité de ces deux événements. Voici un président dont le pays est « couché à plat-ventre » pour reprendre ce terme familier à notre ainé Serge-Nicolas Nzi, un pays pillé, épuisé, déstructuré, sans police, sans gendarmerie, sans armées réelles, truffé de seigneurs de guerre mais aussi de combattants étrangers Burkinabé, Maliens et Libériens entre autres. Un pays qui compte et continue de compter ses morts. Un pays dont la capitale économique est soumise au desiderata des seigneurs de guerre. Un pays qui regorge de près d'un million d'habitants déplacés ou refugiés suite à la grave crise armée née du refus de l'ex-président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale, le 28 novembre 2010 dernier. En clair, les tâches urgentes pour un président élu dans un régime présidentiel aussi fort que celui de la 2èmeRépublique de Côte-d'Ivoire, ne manquent pas. « Ce voyage, c'est de la comédie et de la foutaise ! », nous confiait un collègue ce matin, depuis Londres. « Il n'y a aucune sincérité là-dedans frère, ce sont des larmes de crocodiles »


Dans le même temps, l'ambassade de France en Côte d'Ivoire enverrait des SMS à ses ressortissants pour leur demander d'observer un couvre-feu jusqu'au 18 Mai. Que craint donc Jean-Marc Simon ? La force Licorne se déploie au plateau, de nouveaux légionnaires français se déploieraient dans l'Ouest. Que signifient toutes ces manœuvres ?

On apprend aussi
dans la presse que Soro serait le véritable homme fort du pays, et Ouattara ne pourrait pas s'en débarrasser pour nommer un autre premier ministre choisi par Sarkozy.

Enfin,
les milices FRCI massacreraient actuellement la population à Soubré ! Après être sortis de Yopougon, les résistants ont défait les milices FRCI à Grand Lahou, avant de mener des combats victorieux à Soubré. En représailles, les milices FRCI armées et convoyées par la force française licorne, s'en prennent donc aux populations autochtones. Une chose est certaine, Ouattara a tout intérêt à bien sécuriser Yamoussoukro pour son sacre du 21 mai, plus que jamais menacé.

Il faut donc s'attendre à de grandes manœuvres militaires dans les prochains jours, ce qui explique la fuite de Ouattara, et qui pourraient se terminer par un règlement de comptes programmé dans le camp FRCI. En effet, les massacres de Grand Lahou pourraient bien être reproduits dans tout le pays, conformément à la logique génocidaire du programme Ouattara, par les milices FRCI. Pendant ce temps, l'armée française pourrait traquer et éliminer les résistants. Enfin, l'armée française aurait le beau rôle d'éliminer les FRCI accusés de génocide, jusqu'à Guillaume Soro qui subirait le même sort que son ennemi IB. Alors Ouattara pourrait rentrer de voyage pour son investiture à la tête de la République de la Communauté Internationale.


Source : CRISE IVOIRIENNE LIVE JOURNAL