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jeudi, 05 mai 2011

LE TRAITEMENT DES OPPOSANTS POLITIQUES: LA DIFFERENCE ENTRE GBAGBO ET OUATTARA

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La gestion du pouvoir n'est pas une chose aisée. Entre le putschiste Alassane Ouattara et le Président démocratiquement élu, Laurent Gbagbo, il y a une grande différence. Sous le régime du second, les leaders de l'opposition étaient bien traités. Ils insultaient à longueur de journée le chef de l'Etat sans être inquiétés. Mieux, ils étaient bien traités et choyés. La preuve, Henri Konan Bédié et Alassane étaient en exil, Laurent Gbagbo les a fait rentrer au pays. Ils reçoivent respectivement chacun un salaire mensuel  en tant qu'ancien chef d'Etat pour Bédié et ancien premier ministre pour Alassane. Ils avaient une résidence avec des gardes de corps. Leur sécurité était garantie.

Ils étaient libres de leurs mouvements, leurs militants aussi. Ils animaient des meetings à travers l'ensemble du territoire national. Au cours de ces rencontres, ils tenaient des propos haineux contre leur bienfaiteur qui n'est autre que Laurent Gbagbo. En outre, ce dernier leur rendait régulièrement visite. Il était à leurs cotés quand ceux-ci sont frappés par un malheur. Il a toujours évité d'humilier ses adversaires. Et pourtant, il pouvait se venger d'eux. Puisqu'il a subi des humiliations sous leurs règnes. Il a fait plusieurs fois la prison. Son salaire a été bloqué à maintes reprises.  C'est ça la grandeur d'un homme. Aujourd'hui, ce n'est pas le cas. Alassane prend le pouvoir par les armes. Il arrête Laurent Gbagbo et toute sa famille. Ainsi que ses collaborateurs, les personnalités qui le soutiennent. Les responsables de la majorité présidentielle sont mis aux arrêts. Ils n'ont pas droit à la parole. Leurs portables ont été arrachés. Pas de visites.  La presse internationale ne doit pas les rencontrer.

D'autres sont obligés de s'exiler. Les journaux proches de Gbagbo sont interdits de parution. Leurs locaux, mis à sac.  C'est la chasse aux sorcières. Les militants de Lmp sont assassinés tous les jours. Des militaires sont mis aux arrêts. Et avec la complicité de la France. On revient à l'heure du parti unique. Personne n'a le droit de critiquer le despote Alassane Ouattara. Autre différence : La famille du putschiste est au palais. Son frère est directeur financier et sa nièce, directeur à la communication. Il n'a pas oublié ses frères du Burkina Faso. Le fils de l'ancien président du Faso, Sangoulé Lamizana est nommé directeur général du Port de San Pedro. Les Ivoiriens voient la différence. Ils n'ont que leurs yeux pour pleurer. Le vrai bonheur, on ne l'apprécie que lorsqu'on l'a perdu. Le combat continue.


Enise Kamagaté

 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

CALIXTHE BEYALA: «QU'AURAIS-JE FAIT A LA PLACE D'ALASSANE OUATTARA ? TOUT, SAUF CETTE PORNOGRAPHIE MEURTRIERE !»



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Dès lors que les français ont donné le poste de Président à Alassane Ouattara, il eût été préférable d'arrêter les massacres. Il s'avère aujourd'hui, que cet homme et ses acolytes ont été d'une violence inouïe, inutile... d'ailleurs. Dès lors, ils se sont mis à massacrer des gens, civils, chrétiens, sudistes appartenant à la région de Laurent Gbagbo. On a vu comment ils ont tué Tagro... Tant de morts ! Pour la première fois de ma vie, j'ai assisté à une pornographie meurtrière ! Non seulement on tue, mais on présente ces images d'une sauvagerie extrême à la télévision. Impudique ! Ce qui me donne à penser que nous avons là affaire à des gens soit inintelligents, soit sans aucune conscience, ce qui me semble d'une gravité extrême !

Régner par la peur n'a jamais été une solution. Comment expliquez-vous l'exécution sommaire d'IB ? Je ne le connaissais pas, mais je trouve indécent que le cadavre de ce dernier, leur allié, quoiqu'il ait fait, soit ainsi exposé aux yeux du monde. D'ailleurs, pourquoi ne l'avoir pas tout simplement arrêté et mis à disposition de la justice ? Pourquoi ? J'ai l'impression de revivre malgré moi, un remake des Bokassa, Mobutu et autres sanguinaires africains des années soixante dix. C'était à la mode de tuer les adversaires et d'exposer leurs cadavres ! Il eut mieux valu que Monsieur Ouattara, Président nommé par la Communauté Internationale continuât de palabrer, de négocier, de tenter de convaincre les ivoiriens qu'il est l'homme de la situation. Il a tué tant de personnes qu'il a provoqué une rétractation à la fois identitaire, religieuse...

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Tout ceci fait penser qu'il ne saurait être un Président rassembleur, un président symbolisant les valeurs d'égalité et de justice, de liberté et d'équité ! Laurent Gbagbo avait tous les moyens de l'éliminer depuis dix ans, il ne l'a pas fait, tout au contraire, il lui a permis de se présenter aux élections! Laurent Gbagbo avait tout loisir de faire assassiner Guillaume Soro, il en a fait un premier Ministre. Dans le cas Ivoirien, qui est donc véritablement un meurtrier ?
L'une des valeurs essentielles du continent Noir est la palabre et avec patience et ténacité, on arrive toujours à une solution.

Le compromis, voilà ce qu'il eût mieux fait d'adopter comme posture... Et non la violence. Après tant de morts, comment voulez-vous que les Ivoiriens notamment du Sud et des Chrétiens chez qui d'ailleurs il compte installer son pouvoir l'acceptent ? On le voit déjà : l'armée refuse de le rejoindre, par peur de représailles ; les fonctionnaires refusent de reprendre leurs postes, par crainte d'être égorgé par ses rebelles. La résistance continue. Comment gouverner ? Effectivement, il ne lui reste qu'une solution : massacrer tout le monde! Et je ne m'étais point trompée ! Ils viennent d'assassiner Félix Anoblé proche du PDCI. A quand la fin des massacres ?


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Par Calixthe Beyala, Ecrivaine franco-camerounaise

UN EMPLOYE DE LA RESIDENCE PRESIDENTIELLE: «CE SONT LES FRANÇAIS QUI ONT PRIS GBAGBO»



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Ce sont des soldats français, des « Blancs », qui ont enlevé le président ivoirien renversé, explique, dans cette interview, un employé civil de la présidence ivoirienne, qui était à la Résidence de Cocody durant tout le temps où elle était assiégée. C'est le premier témoignage direct d'un témoin qui n'est ni un officiel français, ni un officiel du camp Ouattara. Les images de fumée diffusées par Arte, une chaîne de télévision française (à partir de la treizième minute), dans le sous-sol de la Résidence, à proximité du tunnel, accréditent fortement le récit ci-dessous. Pour voir la vidéo, cliquer: ICI

 

L'interview: En France, il y a une polémique sur la manière dont le président Gbagbo a été pris. Les officiels et les médias affirment que ce sont les FRCI d'Alassane Ouattara qui l'ont pris, tandis que certains de ses collaborateurs vivant en France disent qu'il s'agit des Forces spéciales françaises. Vous qui étiez sur place, pouvez-vous nous raconter ce qui s'est passé ?

Nous étions nombreux dans le sous-sol. On a entendu un très grand bruit. On s'est vite rendu compte que les Français avaient dynamité le mur de béton [érigé par le président Gbagbo après l'attaque de sa Résidence par l'armée française le 6 novembre 2004] obstruant le tunnel reliant le domicile officiel de l'ambassadeur de France et celui du président de la République. On a entendu un grand bruit, il y avait des éclats de béton partout, beaucoup de fumée, tout le monde courait dans tous les sens, toussait. C'était le désordre ! On a vu malgré tout beaucoup de Blancs qui entraient dans la pièce. Je ne peux pas vous dire combien exactement, puisqu'il y avait beaucoup de fumée et du chaos, mais j'en ai identifié au moins trois. J'ai vu ces Blancs faire monter le président au rez-de-chaussée après l'avoir pris dans le sous-sol. Le président était le premier à monter les escaliers. Ils l'ont aidé à monter. Après, ce qui s'est passé, je ne peux pas le dire. L'ont-ils remis aux rebelles ? L'ont-ils envoyé directement au Golf ? Je ne sais pas.

Pouvez-vous nous raconter les journées que vous avez passées là-bas, les bombardements ?

Les gens descendaient au sous-sol quand il y avait les bombardements. Sinon, on se trouvait généralement au rez-de-chaussée. Le président était régulièrement dans son bureau, et nous dans le salon.

Y a-t-il eu des morts à la Résidence ? Comment sont-ils morts ?

Il y en a eu beaucoup, je ne peux pas compter. Ceux qui sont sortis le 11 avril, beaucoup se sont vu tirer dessus. Lors du bombardement aérien qui a eu lieu dans la nuit du 10 au 11 avril, une partie de la Résidence a pris feu. Des vitres et des éclats de béton sont tombés avec beaucoup de force sur des gens. Des escaliers se sont effondrés sur d'autres personnes. On a vu beaucoup de sang. Après ce bombardement, nous sommes restés dans le sous-sol. Il n'y avait plus d'électricité, il faisait très chaud, nous étions asphyxiés, et les éclats de béton qui ont été projetés lors du dynamitage du mur bouchant le tunnel ont aggravé les dégâts.

Avez-vous été conduit à l'Hôtel du Golf avec le président Gbagbo et sa suite ?

Non. Je ne suis pas allé là-bas. Je me suis caché derrière un escalier en colimaçon. Dans la fumée, on a pensé que tout le monde était monté. Or, je n'étais pas monté. Je me suis enfui deux heures environ après.

Avez-vous des nouvelles des autres employés de la Résidence ?

Non. Aucun.

Avez-vous parlé à des médias en Côte d'Ivoire ?

Non. C'est difficile. Nous ne sommes pas en sécurité. Nos vies sont en danger. Nous souffrons beaucoup.


 

Source: Le blog de Théophile Kouamouo

mercredi, 04 mai 2011

AMINATA TRAORE: «L’ART DE VAINCRE SANS AVOIR RAISON EST LE PROPRE DE L’OCCIDENT»

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Aminata Dramane Traoré est une femme politique et écrivaine malienne


L'intervention militaire conjointe de l'Onuci et de la force française Licorne relève de l'ingérence, affirme l'essayiste et militante altermondialiste. L'ancienne ministre de la Culture du Mali plaide pour une démocratie africaine par et pour les peuples, propre à émanciper le continent du pillage néocolonial.

 

Vous avez longtemps vécu et travaillé en Côte d'Ivoire. Que ressentez-vous à la vue du chaos dans lequel est aujourd'hui plongé ce pays ?



Aminata Dramane Traoré.
Je suis horrifiée. Nous devons cette nouvelle humiliation à notre immaturité politique qui consiste à réduire la démocratie aux élections en perdant de vue le jeu des intérêts dominants et l'asymétrie des rapports de forces.

L'attaque de la résidence du président Laurent Gbagbo et son arrestation ne sont ni plus ni moins qu'une illustration de ce que cheikh Hamidou Khan appelle l'art de vaincre sans avoir raison, qui est le propre de l'Occident.


Je suggère dans ma Lettre au président des français à propos de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique en général une inversion des priorités de manière à privilégier le projet de société, à faire de l'élection le choix de gouvernants capables de réaliser ce projet dans le respect des aspirations des peuples. Riches de leurs expériences individuelles, les principaux protagonistes de la crise ivoirienne (Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara et Konan Bédié) auraient pu, dans une telle perspective, diagnostiquer les politiques économiques mises en œuvre et proposer des alternatives au système capitaliste qui a fait de la Côte d'Ivoire un réservoir de matières premières avec les conséquences sociales, politiques et écologiques que l'on sait.


L'absence de débats de fond sur les conséquences catastrophiques du système néolibéral sur l'emploi, l'agriculture et les sociétés paysannes, le revenu, l'éducation, 
la santé, la cohésion sociale, la relation au pouvoir et à l'argent nuit considérablement à la construction d'une démocratie conforme à la demande des Africains.


Je ne vois pas comment ni pourquoi la démocratie qui est en crise en Occident pourrait faire des miracles en Afrique au point de justifier une expédition punitive. Mais, à propos des dominés, les dominants ne se posent pas ce genre de questions.


Comment jugez-vous la participation des militaires français de la force Licorne à l'offensive militaire qui a délogé Laurent Gbagbo de la résidence présidentielle, le 11 avril dernier ?


Aminata Dramane Traoré.
À ce sujet, on en entend des vertes et des pas mûres de la part des officiels français et des prétendus spécialistes de l'Afrique. Leur thèse peut être ainsi résumée : l'Afrique se mondialise et décide librement de faire du commerce avec les partenaires de son choix, la Chine étant l'un des plus importants. La France et les autres puissances occidentales ne voient pas, semble-t-il, de mal à cette situation. Elles seraient tout simplement soucieuses de nous mettre sur le droit chemin de l'État de droit, qui passe par des élections régulières, transparentes et propres.

Les Ivoiriens n'y seraient pas parvenus tout seuls par la faute de Laurent Gbagbo qui, après avoir été battu, semble-t-il, au deuxième tour de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010 par Alassane Ouattara, se serait accroché au pouvoir.


Les tenants de ce discours le classent aussitôt parmi les dictateurs à qui la France se doit de donner un « avertissement », comme l'a exprimé le premier ministre français, François Fillon, à l'Assemblée nationale. On est stupéfaits par une telle arrogance quand on se réfère à l'opinion que les Français se font de leur démocratie et à la cote de popularité du président Sarkozy, qui est au plus bas.


À mon avis, la France de Nicolas Sarkozy est intervenue militairement, avec les Nations unies en cheval de Troie, pour ce que je considère comme une action de dressage démocratique de l'homme africain. Une bonne partie des populations civiles à défendre ont non seulement présent à l'esprit le discours de Dakar, mais sont parfaitement conscientes des humiliations de l'immigration « choisie » dont le président français est le père. Son nouveau ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, en remet une couche en s'attaquant à l'immigration légale. Si nous comprenons bien, le soutien aux « révolutions » et à la « démocratisation » a des limites. La France nous aime libres et en démocratie. Mais entre nous et chez nous.


Peut-on résumer la crise ivoirienne à une crise postélectorale, à un contentieux entre un « président reconnu par la communauté internationale » et un perdant accroché au pouvoir ?


Aminata Dramane Traoré.
Le contentieux électoral est le prétexte qui, lorsque les enjeux économiques et géostratégiques l'exigent, peut servir de justification à toute sorte d'agression. Mis à part cette instrumentalisation, je ne vois aucune raison de mettre un pays souverain à feu et à sang. Point n'est besoin de rappeler que ce type de contentieux se règle souvent sans qu'aucune goutte de sang ne coule. Nous connaissons bon nombre de cas où les redresseurs de torts ont fermé les yeux sur les fraudes et sont même allés parfois jusqu'à inverser les résultats électoraux.

En somme, loin d´être un problème ivoiro-ivoirien, cette crise est l'une des expressions tragiques de la marche chaotique et macabre du monde depuis la chute du mur de Berlin.


Laurent Gbagbo ne porte-t-il pas une lourde responsabilité dans cette longue crise ?


Aminata Dramane Traoré.
Pas plus que la France et les Nations unies qui, depuis la mort de Félix Houphouët-Boigny, ont joué sans en avoir l'air la carte du « tout sauf Laurent Gbagbo ». Il suffit de se référer à l'édifiant documentaire de Patrick Benquet, la Françafrique, pour comprendre l'ingérence permanente dans nos affaires.

Le passé et le profil de Laurent Gbagbo ne répondent pas aux critères des maîtres du monde dans leur casting des dirigeants des pays dominés. Il fallait qu'il parte. Tous les leviers possibles et imaginables ont été actionnés pour atteindre cet objectif. La mauvaise volonté dans le désarmement de la rébellion, l'asphyxie, ces derniers mois, de l'économie ivoirienne, sans crainte aucune de la souffrance humaine induite par les privations et les pénuries, ainsi que le lynchage médiatique sont autant d'armes au service de l'ingérence et de la déstabilisation.


Je rends personnellement hommage à un homme de courage et de dignité qui a été le premier à défier l'un des hommes politiques les plus puissants du continent africain et à avoir fait de la prison avec sa femme au nom du multipartisme et de la démocratie.


Qu'y a-t-il de commun entre les interventions en Côte d'Ivoire
et en Libye ? La « protection des civils » est invoquée dans un cas comme dans l'autre. Que pensez-vous de cette invocation, qui est un autre nom du droit d'ingérence humanitaire ?

Aminata Dramane Traoré.
Il y a lieu d'étudier de manière approfondie les similitudes et les différences entre ces deux situations. L'une de ces similitudes est l'instrumentalisation des populations civiles qui, dans le cas de la Côte d'Ivoire, sont d'abord victimes de la dérégulation et de la déprotection dans le cadre du libéralisme économique. Contentieux électoral ou pas, les Ivoiriens étaient déjà confrontés aux difficultés croissantes d'accès à l'emploi, à l'alimentation, aux soins de santé.

Ce sort qu'ils partagent avec l'immense majorité des Africains soumis aux diktats du FMI et de la Banque mondiale n'est pas de nature à perturber les dirigeants occidentaux qui, subitement, prétendent voler au secours de la veuve et de l'orphelin à coups de missiles « humanitaires ».


L'argument invoqué est le même dans le cas des deux pays en vue de susciter le maximum d'indignation à l'égard des dirigeants que l'Occident a décidé d'évincer.


La différence de taille entre la Libye et la Côte d'Ivoire, c'est que le lâchage de Muammar Kadhafi, qui était devenu un partenaire privilégié, se situe dans la droite ligne de celui de Zine El Abidine Ben Ali en Tunisie et de Hosni Moubarak en Égypte.


Comment jugez-vous le rôle joué
par les Nations unies tout au long du processus électoral, puis lors de l'offensive contre Laurent Gbagbo ?

Aminata Dramane Traoré.
Le rôle joué par l'ONU en Afrique est le même depuis la fin des années cinquante. Conçue par les grandes puissances, cette organisation sert leurs intérêts. L'ONU n'a jamais été un instrument de paix en Afrique. En 1960, à propos de la mort de Patrice Lumumba, Franz Fanon écrivait : « Il ne fallait pas faire appel à l'ONU. L'ONU n'a jamais été capable de régler valablement un seul des problèmes posés à la conscience de l'homme par le colonialisme, et chaque fois qu'elle est intervenue, c'était pour venir concrètement au secours de la puissance colonialiste du pays oppresseur. » (1) C'est dire jusqu'à quel point il est urgent de repenser le cadre normatif des relations entre les nations.

Comment le continent africain peut-il, dans un tel contexte, reprendre en main son avenir ?


Aminata Dramane Traoré.
L'intervention militaire conjointe de l'Onuci et de la force française Licorne en Côte d'Ivoire constitue, de mon point de vue, l'un de ces grands moments de dévoilement de la nature injuste et cynique du monde actuel. L'assujettissement des classes dirigeantes africaines fait partie de l'agenda de l'Occident. Il leur faut aller à l'assaut de l'Afrique pour s'assurer le contrôle des matières premières, des ressources naturelles indispensables à leurs politiques de croissance et de compétitivité face à la Chine.

Nous sommes rattrapés, en Afrique, par des questions de fond qui n'ont pas été examinées avec rigueur. Nous nous devons de les mettre à plat. La première question qui me semble essentielle est : quelle Afrique voulons-nous à la lumière de l'état du monde globalisé, fragmenté et de plus en plus violent ?


Si nous parvenons à nous saisir de cette question au niveau de chaque pays, des différentes sous-régions et du continent en outillant les populations de telle sorte qu'elles puissent s'impliquer à fond dans l'analyse de l'état des lieux, la formulation, la mise en œuvre et le suivi des solutions pourront jeter les bases d'une démocratie africaine par et pour les peuples.


C'est un chantier gigantesque, mais exaltant, qui n'a rien d'impossible si les élites acceptent enfin de se réconcilier avec le continent.

 

Jeudi, 21 Avril 2011

 

Bibliographie

Mille Tisserands en quête de futur. Bamako : Edim, 1999, 
l'Étau, Actes Sud, 1999.

Le Viol de l'imaginaire, 
Fayard, 2002.

Lettre au président des Français à propos de la Côte d'Ivoire et de l'Afrique en général, 
Fayard, 2005.

L'Afrique humiliée, 
Fayard, 2008.

(1) « La mort de Lumumba : pouvions-nous faire autrement ? », Afrique Action, n° 19, 20 février 1960. Repris dans Pour la Révolution africaine. Écrits politiques, 
François Maspero, 1964, réédité 
en 2001 par La Découverte.


Entretien réalisé par 
Rosa Moussaoui

 


Source: HUMANITE.FR

THABO MBEKI: QU’EST-CE QUE LE MONDE S’EST TROMPE EN COTE D’IVOIRE!

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Une contribution de l'ancien président Sud-africain, M. Thabo Mbeki, parue dans le magazine Foreign Policy en date du 29 avril 2011, fait état de l'échec des Nation Unies dans la crise ivoirienne et encourage les Africains à prendre en main la résolution de leurs propres conflits.


Le second tour des élections présidentielles du 28 novembre 2010 en Côte d'Ivoire montés les uns contre deux autres de longue date des opposants politiques, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Pour cette raison d'une importance stratégique, il était inévitable que ce concours électoral décide de l'avenir à long terme du pays. Toutes les personnes concernées devraient avoir sondé très au sérieux la question critique: Est-ce que les élections de 2010 ont crée les conditions permettant d'établir la base d'un meilleur avenir possible pour le peuple ivoirien ?


Ce qui n'a pas été fait

La communauté internationale a insisté pour que la Côte d'Ivoire mettre fin à la crise et organise des élections démocratiques, même si les conditions n'étaient pas réunies pour mener de telles élections. Bien qu'ils savaient que cette proposition était fondamentalement mauvaise, les Ivoiriens ne pouvaient pas résister à la pression internationale à la tenue des élections.

Cependant, la réalité objective est que les élections présidentielles ivoiriennes n'auraient pas dû avoir lieu au moment où elles se sont tenues. Il était parfaitement prévisible qu'elles ne feraient que renforcer le conflit, même si il a été suggéré qu'elles y mettraient fin.

La rébellion de 2002 en Côte d'Ivoire a divisé le pays en deux parties, avec le nord contrôlé par les rebelles des Forces Nouvelles, qui a soutenu Alassane Ouattara, et le sud aux mains du gouvernement dirigé par Laurent Gbagbo. Depuis lors, la Côte d'Ivoire a eu deux gouvernements, deux administrations, deux armées, et deux leaders «nationaux» .

Toutes élections tenues dans ces circonstances enracinent inévitablement les divisions et les animosités représentées et aggravées par la rébellion de 2002.

Les défauts structurels qui se trouvaient à la base de la rébellion de 2002 comprennent des questions inflammables telles que les tensions trans-nationales qui touchent en particulier la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso, les antagonismes ethniques et religieux en Côte d'Ivoire, le partage du pouvoir politique, et l'accès au pouvoir et aux opportunités socio-économiques.

À cet égard, la communauté internationale a assidûment supprimé une juste appréciation des diverses allégations explosives qui, à tort ou à raison, ont informé et continueront d'informer l'opinion de la population partisane de Gbagbo dans le sud de la Côte d'Ivoire - ainsi qu' une grande partie de l'Afrique francophone !

A savoir que Ouattara est un étranger né au Burkina Faso, qui, avec le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, a été responsable de la rébellion de 2002, que son accession au pouvoir se traduirait par la prise de contrôle du pays en particulier par des étrangers burkinabé, et que, historiquement, Jusqu'ici, il a été prêt à faire avancer les intérêts français en Côte d'Ivoire.

Prenant en compte tout cela, l'Union africaine a compris qu'une solution durable à la crise ivoirienne nécessitait un accord négocié entre les deux factions belligérantes, portant sur les questions interdépendantes de la démocratie, la paix, la réconciliation et l'unité nationales.

Après de longues négociations à partir de 2002, les Ivoiriens ont convenu que l'élection présidentielle ne se tiendrait pas avant que des conditions diverses aient été remplies. Il s'agissait notamment de la réunification du pays, la restauration de l'administration nationale à toutes les parties du territoire ivoirien, et le désarmement des rebelles et de toutes les milices et leur intégration dans le mécanisme de sécurité nationale, ceci au moins deux mois avant la tenue des élections présidentielles. Malgré le fait que rien de tout cela n'ait été honoré, les élections présidentielles ont été autorisées.

En fin de compte, Ouattara a été installé comme président de la Côte d'Ivoire. Gbagbo, et son épouse Simone, ont fini comme des prisonniers humiliés. Beaucoup d'Ivoiriens sont morts et ont été déplacés, de nombreuses infrastructures ont été détruites, et les animosités historiques ont été exacerbées à cette fin.


Beaucoup de choses ont été radicalement faussées tout le long de la route jusqu'à ce résultat.

Les accords portant sur ce qui aurait dû être fait pour créer les conditions d'élections libres et équitables ont été volontairement et dédaigneusement ignorés. Le Conseil constitutionnel ivoirien (CC) est le seul organisme habilité par la Constitution à déterminer le vainqueur dans une élection présidentielle et à installer le président, avec la Commission électorale independante (CEI), chargée de transmettre les résultats provisoires au CC. Toutefois, ceux-là mêmes qui insistent sur le caractère sacré du droit fondamental à toute pratique démocratique, ont choisi de façon illégale de reconnaître le résultat provisoire annoncé par un président de la CEI tout seul, comme le résultat authentique de l'élection présidentielle.

Comme prévu par la loi, Gbagbo a contesté la régularité des élections dans certaines parties du pays, surtout dans le nord. Le CC, à tort ou à raison, a accepté la majorité des plaintes déposées par Gbagbo, a identifié d'autres irrégularités , a annulé les votes dans certains districts, et a déclaré Gbagbo vainqueur. Le président de la CEI n'a pas pris ces prétendues irrégularités en compte et a décidé que Ouattara avait gagné.

L'envoyé de l'ONU, le Secrétaire général Ban Ki-moon, et son collègues sud-coréen, RSSG Young-jin Choi, ont également déterminé que Ouattara avait gagné, mais sur la base de moins de voix que celles annoncées par la CEI, après avoir déterminé que certaines des plaintes déposées par Gbagbo étaient légitimes. En termes de suffrages exprimés pour les deux candidats, la CEI, le CC, et le représentant spécial de l'ONU ont fait trois mesures différentes.

Gbagbo a proposé que pour résoudre cette question, qui porte sur l'importante question de la volonté du peuple ivoirien, une commission internationale devrait être établie pour vérifier les résultats des élections, avec la condition préalable importante que lui et Ouattara doivent accepter la décision de la commission.

Cette proposition a été rejetée par la communauté internationale - en dépit du fait qu'elle aurait réglé le contentieux électoral, sans recourir à la guerre, et malgré le fait que certains observateurs électoraux aient émis des doutes quant à l'équité des élections, en particulier dans le nord de la Côte d'Ivoire.

Par exemple, rapportant aux élections dans le Nord, la mission d'observation électorale de l'Union africaine dirigée par Joseph Kokou Kofigoh, ancien Premier ministre du Togo, indépendant de la société civile Société Civile Africaine pour la Démocratie et l'assistance électorale dirigée par Seynabou Indieguene de Sénégal, et la coordination des experts électoraux en Afrique (CAEE) du Cameroun, Sénégal, Bénin, Mali, Maroc, Gabon, Togo et dirigée par Jean-Marie Ongjibangte du Cameroun, tous ont sonné l'alarme au sujet des élections dans le Nord.

Par exemple, le CAEE a déclaré: «Après le partage d'informations avec d'autres observateurs électoraux nationaux et internationaux, nous vous informons que le second tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire a eu lieu au milieu des problèmes majeurs dans différentes régions du Nord ...

" Ces problèmes étaient le vol des urnes, l'arrestation des représentants des candidats, le vote multiple, le refus d'admettre des observateurs internationaux pour assister aux comptages des bulletins de vote, et l'assassinat des représentants des candidats. A cet effet, nous déclarons que le second tour de scrutin n'a pas été libres, justes et transparentes dans ces localités (nord). "

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Pour sa part, à ce jour, la mission d'observation électorale de la CEDEAO n'a pas publié son rapport sur le deuxième tour de l'élection présidentielle! Pourquoi ?

Il est clair que la Commission internationale indépendante proposée par Laurent Gbagbo aurait pu être établie et habilitée à prendre une décision définitive et contraignante sur ce qui s'était passé. Le temps nous dira pourquoi cela n'a pas été fait!

En outre, le Représentant spécial de l'ONU a pris la décision extraordinaire de dépasser son mandat en déclarant qui avait remporté l'élection présidentielle, contrairement à ses attributions comme indiqué par le Conseil de sécurité. Cette décision a positionné la Mission des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) en tant que partisan dans le conflit ivoirien, plutôt qu'artisan de la paix neutre, à égale distance des parties belligérantes.

A partir de cet instant, l'ONUCI n'avait pas d'autre choix que de travailler activement pour l'installation de Ouattara en tant que président du pays et la suppression de Gbagbo. En fin de compte, cela s'est matérialisé dans l'utilisation flagrante de ses capacités militaires pour ouvrir la voie aux Forces nouvelles afin de vaincre les forces pro- Gbagbo et la capture Gbagbo, sous le prétexte sans vergogne de pour protéger les civils.

Bien que dans l'obligation de respecter son mandat de maintien de la paix, qui consistait à maintenir les forces belligérantes à part, l'ONUCI n'a rien fait pour arrêter avancée des Forces Nouvelles parties du nord au sud, et jusqu'à Abidjan. Ni l'ONUCI , ni les forces françaises Licorne, tel que mandaté par les Nations Unies,n'ont agit pour protéger les civils dans la région de Duékoué, où, évidemment, la plus forte concentration d'assassinat de civils a eu lieu! Cela rappelle l'incapacité de l'Organisation des Nations Unies à mettre fin au plus catastrophique assassinat et abus de civils dans l'est de la République démocratique du Congo!


Les points de la réalité ivoirienne ont un certain nombre de conclusions irréfutables.

Les conditions convenues pour la tenue d'élections démocratiques en Côte d'Ivoire n'ont pas été créés. Malgré les fortes allégations de fraudes électorales, la communauté internationale a décidé de ne mener aucune vérification du processus et des résultats annoncés. Cela a laissé sans réponse la question d'une importance vitale à savoir qui a gagné les élections, et les responsabilités de Ouattara dans les fraudes commises.

L'Organisation des Nations Unies a décidé d'abandonner sa neutralité en tant que conciliateur et décidé d'être un belligérant partisan dans le conflit ivoirien.

La France a utilisé sa place privilégiée au sein du Conseil de sécurité afin de se positionner pour jouer un rôle important dans la détermination de l'avenir de la Côte d'Ivoire, son ancienne colonie dans laquelle, entre autres, elle a d'importants intérêts économiques. Elle a rejoint l'Organisation des Nations Unies pour veiller à ce que Ouattara emerge en tant que vainqueur dans le conflit ivoirien.

Cette initiative répond à des intérêts nationaux de la France, conformément à ses politiques Françafriques , qui visent à perpétuer une relation particulière avec ses anciennes colonies africaines. Cela est conforme aux observations faites par l'ancien président français François Mitterrand, quand il dit: «Sans l'Afrique, la France n'aurait pas d'histoire au 21e siècle», ce que l'ancien ministre des Affaires étrangères français Jacques Godfrain a confirmé quand il a dit: "Un petit pays [France ], avec une petite quantité de force, nous pouvons déplacer une planète à cause [de nos] ... relations avec 15 ou 20 pays d'Afrique ... "

L'UA n'est pas non plus sans reproche, car elle n'a pas su s'affirmer pour convaincre tout le monde à travailler pour parvenir à la réconciliation entre les Ivoiriens, et donc à une paix durable. Malheureusement, les résultats qui ont été réalisés en Côte d'Ivoire consacrent un conflit endémique dans ce pays. Ceci parce qu'elle a placé entre les mains exclusives de la rébellion de 2002 le droit de déterminer de l'avenir du pays, là où la situation objective exigeait et exige encore que les peuples de Côte d'Ivoire s' engagent les uns les autres comme égaux afin de déterminer leur destinée commune.

Au cours de la décennie durant laquelle il a servi comme président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo n'avait aucune possibilité d'agir de son propre chef pour réunifier le pays et réaliser la réconciliation entre ses diverses populations, malgré l'existence d'accords négociés à cet égard. Comme il sert en tant que président du pays, Ouattara ne réussira pas à réaliser ces objectifs, en agissant de son propre chef, en dehors du contexte d'un accord honnête avec les sections de la population ivoirienne représentée par Gbagbo.

Ce qui devait arriver avait été prévu par l'ambassadeur des États-Unis d'alors en Côte d'Ivoire, Wanda L. Nesbitt. En Juillet 2009, elle en informait le gouvernement des États-Unis:

"Il semble maintenant que l'accord de Ouaga IV, [le quatrième accord de l'accord politique de Ouagadougou, qui prescrit que le désarmement doit précéder les élections], est fondamentalement un accord entre Blaise Compaoré [Président du Burkina Faso] et Laurent Gbagbo à partager le contrôle du nord jusqu'à après l'élection présidentielle, en dépit du fait que le texte appelle les Forces Nouvelles à rendre le contrôle du nord au gouvernement et à achever le désarmement complet deux mois avant les élections ...

"Mais les 5.000 soldats des Forces Nouvelles qui doivent être « désarmés », et regroupés dans des casernes dans quatre grandes villes dans le nord et l'ouest jusqu'à ce qu'une nouvelle armée nationale soit créée, représentent une capacité militaire sérieuse que les FAFN [Forces Nouvelles] ont l'intention de garder bien formés et en réserve jusqu'à la fin de l'élection. La remise du pouvoir administratif des FAFN aux autorités civiles du gouvernement était un pré-requis pour les élections , mais, comme les voyageurs vers le nord (y compris le personnel des ambassades) confirment: les FAFN conservent de facto le contrôle de la région en particulier quand il s'agit de finances. "

L'incapacité à résoudre les "pré-requis aux les élections" prédéterminent leurs résultats. Les rebelles au «contrôle» du Nord, cité par l'Ambassadeur Nesbitt, déterminait par le résultat de l'élection présidentielle de 2010. De même, c'était les "capacités militaires" de la rébellion, dont l'Ambassadeur Nesbitt faisait mention, qui ont été utilisées pour s'assurer que Ouattara devienne président de la Côte d'Ivoire.

Il n'est pas étonnant qu'au plus fort de la crise post-électorale, Laurent Gbagbo criait: j'ai été trahi!

À la fin de tout cela, il y a de nombreuses victimes.

L'une d'entre elles est l'Union africaine. Les événements tragiques en Côte d'Ivoire ont confirmé la marginalisation de l'union dans sa capacité à résoudre les défis les plus importants d'Afrique.

Au lieu de cela, l'UA a affirmé la capacité des grandes puissances à intervenir pour résoudre ses problèmes à l'aide de leurs capacités différentes pour légitimer leurs actions en persuadant l'Organisation des Nations Unies d'autoriser leurs interventions égoïstes.

L'ONU a gravement compromis son acceptabilité comme une force neutre dans la résolution des conflits internes, comme celui en Côte d'Ivoire. Il sera désormais difficile pour l'Organisation des Nations Unies de convaincre l'Afrique et le reste du monde en développement que ce n'est pas un simple instrument entre les mains des grandes puissances du monde. Cela a confirmé l'urgence de la nécessité de restructurer l'organisation, basée sur l'idée que dans sa structure actuelle les Nations Unies n'a pas la capacité d'agir en tant que représentant véritablement démocratique de ses Etats membres.

Ainsi, de diverses manières, les événements en Côte d'Ivoire pourraient servir à un moment déterminant en termes de l'urgente nécessité de restructurer le système des relations internationales. Ils ont mis en évidence la réalité de l'équilibre et l'abus de pouvoir dans la période post-électorale, et mis fin à la fiction que les grandes puissances respectent la primauté du droit dans la conduite des relations internationales, même telle que défini par la Charte des Nations Unies, et que, en tant que démocrates, ils respectent les opinions des peuples du monde.

Nous ne pouvons qu'espérer que Laurent et Simone Gbagbo et le peuple ivoirien ne continuent pas à souffrir, victimes maltraitées et humiliées d'un système mondial qui, dans son intérêt, tout en criant haut et fort les droits universels de l'homme, ne cherche qu'à perpétuer la domination du plus grand nombre par quelques-uns qui disposent du pouvoir politique, économique, militaire et médiatique prépondérante.

Vues les procédures perverses et toxiques qui ont frappé la Côte d'Ivoire, on peut se poser la question d'urgence: Combien de violations flagrantes du pouvoir l'Afrique et le reste des pays en développement devront expérimenter avant que la vision d'un système démocratique de la gouvernance mondiale soit réalisée ?



Par Thabo Mbeki


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FOREIGN POLICY.COM

mardi, 03 mai 2011

CONFIDENCES SUR L’ENTRETIEN ENTRE GBAGBO, TUTU, ANNAN ET ROBINSON

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La rencontre n'était pas prévue dans le programme officiel de la délégation des « Elders », ces « aînés », anciennes figures de la scène publique retirées des affaires, et qui offrent leurs bons offices sur un certain nombre de terrains conflictuels. Les « Elders » (Desmond Tutu, Kofi Annan, Mary Robinson), venus à Abidjan à la demande d'Alassane Ouattara, ont tout de même souhaité rencontrer Laurent Gbagbo, notamment pour s'assurer qu'il était bien traité, après les images traumatisantes servies ad nauseum par les médias internationaux le 11 avril. Ils ont, selon des sources diplomatiques, exprimé le souhait de rencontrer Simone Gbagbo aussi, mais ont au final considéré qu'il était pratiquement difficile de faire à la fois le voyage de Korhogo et de se rendre à Odienné. En toute logique, les Elders se sont rendus à l'hôtel Pergola, où sont détenus plusieurs dizaines de cadres de la majorité présidentielle (LMP). Ils ont exprimé le vœu de voir ces cadres retrouver le droit aux communications téléphoniques et aux visites familiales...

A Korhogo, les Elders ont trouvé un Laurent Gbagbo en pleine forme, ce qui dément la rumeur persistante, lancée comme un ballon d'essai par la presse ouattariste, qui évoquait une tentative de suicide. Il a dit être bien traité - son médecin personnel, le docteur Blé, est avec lui - mais a demandé, comme son épouse Simone, si l'on en croit les confidences de Ouattara à La Croix, une Bible. Signe qu'il ne se considère pas comme à la retraite, il a demandé un livre contenant les discours les plus célèbres des plus grands hommes politiques. Séance tenante, le ministre de la Justice de Ouattara, Jeannot Ahoussou Kouadio, lui a remis la biographie de Félix Houphouët-Boigny écrite par Frédéric Grah Mel. Et a promis de lui faire parvenir une Bible version Louis Segond. Les Elders ont été surpris du tonus de Laurent Gbagbo. Kofi Annan est allé jusqu'à lui dire qu'ils s'attendaient à voir un homme non pas rayonnant, mais au visage défait et triste...

La question de la procédure judiciaire lancée contre le président Laurent Gbagbo a été évoquée à la fin de l'entretien par Jeannot Ahoussou Kouadio. Gbagbo a insisté sur sa requête, déjà exprimée, mais visiblement ignorée, de rencontrer ses avocats avant sa première audition. Ahoussou Kouadio a, devant les Elders, promis que la question serait réglée. D'où le report de l'audition en question, qui devait se dérouler ce mardi, mais aura lieu sans doute en fin de semaine... Gbagbo attend également de parler à ses avocats avant de donner une suite à la demande des « Elders » de le voir s'adresser à la Nation, notamment pour encourager ses partisans à aller dans le sens de la réconciliation.

Plus globalement, les Elders sont plus ou moins inquiets quant à la rapidité des procédures judiciaires et « réconciliatrices » mises en place par le gouvernement Ouattara. Ils s'interrogent sur les attributions et le champ de compétence de la Commission Vérité et Réconciliation et aimeraient que toutes les couches sociales soient représentées dans son bureau, y compris les femmes. Ils ont peur que les procès qui s'engagent s'inscrivent dans la logique de la « justice des vainqueurs » et perturbent le processus de réconciliation.

Bon à savoir : le 6 avril 2011, les « Elders » avaient accablé Laurent Gbagbo, estimant qu'il était le « premier responsable » de la violence en Côte d'Ivoire « qu'il a déclenchée (...) en refusant de quitter le pouvoir ».


 

Une correspondance de Philippe Brou


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

samedi, 30 avril 2011

UNE INTERVIEW DE LAURENT GBAGBO: INTOX OU REALITE?

 

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Ci-dessous, une interview que le président Laurent Gbagbo aurait accordée depuis sa résidence surveillée de Korhogo. Le contenu semble tout à fait vraisemblable mais les circonstances paraissent impensables. Une question légitime se pose donc au lecteur: Intox ou réalité? A chacun d'apprécier.

 

Nous vous proposons en exclusivité la première interview du président LAURENT GBAGBO après son arrestation. Genève, 24 avril 2011, 22 heures 41, nous recevons un sms d'un numéro de portable ivoirien qui nous est inconnu. Il est écrit : "Cest Laurent Gbagbo. Appelez-moi si vous pouvez, c'est pas une blague". Après quelques minutes d'interrogation, nous appelons le numéro qui sonna finalement au bout d'une vingtaine de minutes. Ce qu'on croyait être une mauvaise blague s'avère être une heureuse surprise. Le président Laurent Gbagbo himself au bout du fil. Le scoop était énorme pour le petit monsieur que nous sommes, devenu journaliste pour la circonstance. Après un instant de conversation off, le président accepte de nous accorder une interview. Celle-ci n'étant pas préparée, nous lui avons posé les questions au fur et à mesure qu'elles nous passaient par la tête.



NT : Comment allez-vous monsieur le président?

LG : Ça va... Et chez vous?

NT : Je vais bien, merci.

LG : Je voudrais avant tout m'incliner devant les dépouilles des victimes sans exclusive, et manifester ma compassion à tous ceux qui ont perdus un être cher pendant cette guerre absurde qu'aucun démocrate n'aurait permis. Que Dieu soit avec eux en ces moments difficiles. Soyons forts dans cette autre épreuve à nous imposée par l'adversaire. Il n'y rien qui soit qui n'ait pas de fin ici bas

NT : Pouvez-vous, pour le besoin de l'interview, nous expliquez, comment se fait-il que vous avez un téléphone alors que vous êtes sensés ne pas en disposer?

LG : Quelqu'un a du l'oublier ici. Je l'ai entendu sonner, je me suis gardé de répondre. Et puis voilà, l'idée m'est venue de contacter quelques personnes dont vous. (rires)

NT : Avez-vous une idée de votre lieu d'incarcération?

LG : Posez la question à ceux qui me tiennent prisonnier.

NT : Votre vie est-elle en danger?

LG : On a beau appréhender le danger, c'est celui qui vous l'apporte qui est déterminant dans son évaluation. Est-ce que celui qui me tient prisonnier ici est-il un homme dangereux? Seule la réponse à cette question vous situera.

NT : Vous a-t-on signifié le ou les chefs d'accusation justifiant de votre arrestation?

LG : Non. J'attends toujours de le savoir.

NT : Le premier ministre Soro dit que vous aurez pu éviter ce gâchis, j'emploie son propre terme, en acceptant l'exil doré.

LG : C'est vrai que nous aurions pus. Mais en acceptant uniquement le recomptage des voix. Au lieu de cela, ils ont malheureusement choisis la voie des armes par laquelle ils sont venus en 2002. Je ne suis pas rentré en politique pour le gout du luxe. Mais plutôt pour défendre mes idées que je trouve justes et bonnes pour mes compatriotes. Mes origines modestes font de moi quelqu'un de très peu attaché au confort royal. Si je me suis refusé à m'offrir un seul petit appartement en occident, ce n'est pas après mon exercice du pouvoir que l'envie me viendrait d'y aller vivre ! Je me sens mieux dans mon pays. Évitons donc de réduire l'africain au seul goût du luxe. La maison qu'ils ont aidés à détruire est la propriété de l'état de Cote d'Ivoire, tout comme son contenu qui aurait servi à tous ceux qui se succèderont à la tête de notre pays. Ce n'est pas moi qui l'ai construite et encore moins meublée.

NT : Que dites-vous de ces images humiliantes de vous qui ont faites le tour du monde?

LG : Vous savez, ce que vous appelez humiliation et moi avons peut-être en commun un chemin. (rires) Ce n'est pas la première fois que ma vie la croise. C'est d'ailleurs la deuxième fois, pour ceux qui l'ignorent, que Ouattara nous la sert, ma femme, mon fils et moi. Sauf que cette fois-ci il y a ajouté d'autres membres de ma famille, mes collaborateurs et mes partisans. Est-ce une manière pour lui de me remercier, moi, qui n'ai jamais voulu toucher à un seul de ses cheveux? Je n'en sais rien. (rire) C'est quand vous vous prenez pour mieux que tous que vous êtes malheureux d'être humilié. Honnêtement, je n'ai pas de problème avec ça. Personne ne me reprochera de n'avoir pas été moi-même au-delà de ma fonction de président de la république. Certains m'en voulaient de ne pas les regarder de haut. En avaient-ils besoin pour se sentir inférieur? Être président n'est pas une fin en soi. Un président de la république est un être humain comme vous et moi. Vouloir lui dénier cette qualité, c'est l'aider à se prendre pour ce qu'il n'est pas. Voici comment on construit un dictateur qui après vous terrorise.

NT : En face on vous accuse aussi d'avoir tué !

LG : Oui, j'entends les gens le dire. Ils auraient peut-être aimés qu'on ne se défende pas depuis 2002. Qui a introduit la violence en politique dans notre pays ? Quand vous armez des marcheurs qui attaquent les forces de l'ordre, il faut aussi accepter qu'il en meure quelques uns dans le maintient de l'ordre ! Les policiers, militaires et gendarmes égorgés souvent lâchement, est-ce de mon fait? La présente chasse ouverte à l'homme, les viols, les ivoiriens qui ont perdus leurs biens... c'est peut-être aussi moi ?! Soyons sérieux, et que les autres ne me voient pas dans leur miroir. Dire de Gbagbo qu'il est un dictateur n'empêchera pas nos compatriotes de nommer leur bourreau.

NT : Ne sentez-vous pas trahi par tous ces pasteurs qui vous entouraient?

LG : Ce serait simpliste que de croire qu'un président ne sait pas dissocier sa foi de sa fonction. Maintenant, si vous me demandez ai-je honte de ma croyance en Dieu, je vous répondrais non. Elle, au moins, m'a empêchée d'infliger ce que je subis à mes adversaires. Et j'en suis très heureux. Vous saurez un jour pourquoi.

NT : Pourquoi avoir acheté tant d'armes que vous n'avez pas utilisés contre les hélicoptères français pendant les bombardements de votre domicile?

LG : Parce que je n'étais pas en guerre contre la France. C'est peut-être à monsieur Sarkozy de nous expliquer pourquoi avons-nous eu droit à ce déluge de feu sur nos têtes. Pour un contentieux électoral? Ou bien pour tordre le coup à la démocratie? Dans mon entendement, l'armement ne doit pas à servir à faire la guerre, mais à dissuader l'ennemi. Je ne me reconnais pas comme un être violent, méchant, cruel, assassin. C'est pourquoi que j'ai plaidé pour le recomptage des voix qui aurait désigné le vrai vainqueur de l'élection, et l'aurait mis à l'aise dans l'exercice de son pouvoir. Mais à cela, ils ont préféré un coup d'état en bonne et due forme. La guerre n'est pas une bonne chose. On sait quand on la commence, mais on ignore quand elle prendra fin. Voyez ce qui continue de se passer à Abidjan.

NT : Reconnaissez-vous Ouattara comme président?

LG : Je ne crois pas que cela l'aiderait.

NT : Il parle de son investiture à la mi-mai.

LG : A sa place j'aurais assumé mon coup d'état. Quelqu'un qui joue à cache cache avec son ombre est dangereux pour lui-même. On est soit putschiste ou démocrate. Mais jamais les deux à la fois.

NT : Le premier ministre français François Fillon soutient qu'aucun soldat français n'est rentré à votre domicile.

LG : Je ne lui en veux pas de soutenir le contraire, il n'y était pas avec nous.

NT : Pouvez-nous faire le film de votre arrestation.

LG : Permettez que je n'en dise pas un mot pour l'instant.

NT : N'était-ce pas suicidaire de défier la communauté internationale?

LG : Penser ainsi voudrait dire qu'on est pour ne pas que les choses changent. J'ai plus peur de la population qui vous chasse par la rue, parce que vous êtes un dictateur corrompu, que du dictat des puissances impérialistes. J'ai certes perdu le pouvoir par le vœu de la France, une chose qui, de toute les façons, aurait été une réalité en fin de mon mandat. Mais je suis très heureux de ne pas être celui par qui mon pays sera pillé. Ceci est une des choses essentielles que je retiendrai de ma présidence

NT : Feriez-vous la même chose si c'était à refaire ?

LG : Absolument. S'il y a une chose que je ne supporte pas c'est la soumission. Surtout quand elle engage la vie de tout un peuple. Mes convictions ne sont pas négociables. Tant pis si j'en paie le prix.

NT : Croyez-vous en la réconciliation prôné par Alassane Ouattara?

LG : C'est vrai qu'on dit du menteur qu'il se ment toujours à lui-même en premier. Mais il faut toujours faire l'effort de croire aux intentions des uns et des autres jusqu'au jour où ils vous démontrent le contraire. Ce que je constate par contre, c'est qu'il va falloir batailler pour y parvenir vu la grandeur de ce désastre jamais observée dans notre pays. De la barbarie des temps anciens. Les gens tués froidement ; des villages incendiés avec leurs populations réfugiées en brousse... C'est une méchanceté gratuite qui ne grandit pas son commanditaire.

NT : Avez-vous les nouvelles de votre femme, votre fils et autres collaborateurs détenus au Golf?

LG : En lieu et place d'une réponse à votre question, je demanderais à Ouattara de les faire libérer immédiatement, tout comme je lui demande de faire cesser ces graves exactions perpétrés sur les populations partout dans le pays. Nous avons un régime présidentiel qui fait de moi le premier responsable de ce qu'il pourrait leurs reprocher. Qu'il fasse honneur à la Cote d'Ivoire, pendant qu'il est encore temps en rétablissant l'état de droit très rapidement. La terreur ne résout rien. Le calme qu'elle procure est très souvent trompeur. Les gens sont certes apeurés, c'est dans l'ordre des choses, parce que face à une situation nouvelle. Mais qu'il ne les amènent pas à s'y habituer et à surmonter leur peur.

NT : Alassane Ouattara est-il un danger pour la démocratie?

LG : Pour ce que nous voyons, il serait insensé de dire non. Arrêter Affi pour avoir donné une interview et fait une déclaration qui dépeint la situation socio-politique. C'est impensable après de longues années de lutte pour l'instauration de la démocratie ! Que Ouattara fasse attention dans son envie de tuer la démocratie, les ivoiriens sont très jaloux de leur liberté devenue effective depuis une décennie. L'homme politique qui ne met pas le peuple au centre de ses préoccupations s'expose gravement.

NT : Ouattara peut-il gouverner la Côte d'Ivoire ?

LG : Il lui faudra bien ! Puisqu'il en a rêvé avec obsession. Maintenant qu'il l'a obtenu en cadeau à coup de canon de Sarkozy, il n'a pas le choix ! Va-t-il y parvenir? Tout dépendra de son acceptation par le peuple de Côte d'Ivoire durement éprouvé par sa passion pour les armes et dont on peut imaginer le rejet pour sa personne.

NT : Le tout n'était donc pas de réussir son coup d'État ?

LG : Absolument pas ! Renverser Gbagbo et se proclamer président était peut-être l'étape la plus facile. Mais qu'en sera-t-il pour chaque ivoirien ayant subit le courroux de ses hommes? La réconciliation entre lui et le peuple sera laborieuse, peut-être même jamais une réalité. Le problème de sa légitimité se posera à lui de façon récurrente.

NT : Comment faites-vous pour garder votre légendaire bonne humeur, malgré ce que vous traversez?

LG : Que voulez-vous que je fasse, mon cher Navy? Il est souvent bon de rire des choses tragiques. D'abord parce que les pleures ne changeront pas leurs courts, mais, mieux leur avènement est porteur de plusieurs enseignements. Pour certains c'est gagné et pour d'autres c'est perdu. Et pourtant...

NT : Vous considérez-vous toujours comme président de la Côte d'Ivoire?

LG : Si tel était cas, je suis bien loin du palais présidentiel maintenant. (rire)

NT : Votre chute n'a pas été saluée par une lièsse populaire.

LG : C'est à Ouattara qu'il faut porter ce message.

NT : Le mot de la fin aux internautes pour qui vous êtres un héros africain et à vos électeurs qui sont traqués par les rebelles de Ouattara.

LG : Merci à nos amis internautes qui se mobilisent pour la Côte d'Ivoire, mes partisans, mes collaborateurs, ma famille et moi. Cela me va droit au cœur de savoir qu'ils existent. Au delà de mes électeurs, je recommande à tous mes compatriotes et africains de rester dignes.

NT : Au revoir Monsieur le président en espérant qu'il ne vous arrivera rien.

LG : Si tel était le cas, il aura prouvé à tous ce qu'il est (Rire).

Que Dieu benisse la Cote d'Ivoire!


Source: FACEBOOK

FELIX ANOBLE, PROCHE DE IB, EXECUTE PAR LES HOMMES DE SORO: LE PDCI, PAS D'ACCORD!


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Aussi incroyable que cela puisse paraître, le sergent Ibrahim Coulibaly chef du "commando invisible" était soutenu par une branche du PDCI, le parti d'Houphouet Boigny, dirigé aujourd'hui par l'ex-président Henri Konan Bédié.

La preuve, M. Félix Anoblé, le porte parole du sergent Ibrahim Coulibaly est un militant du PDCI-RDA, membre du bureau politique de la Jeunesse de ce parti. Il n'était pas seul.

Notre correspondance sur place nous fait savoir que ce ralliement à la cause de "IB" n'a pas du tout été apprécié par Soro et ses hommes.

Malgré l'intervention de Bédié lui-même auprès de Ouattara et Soro pour ne pas attenter à la vie de Felix Anoblé, rien y fit. Les hommes de Soro Guillaume sur instruction personnelle de celui-ci, viennent d'exécuter Felix Anoblé, porte parole de IB et membre du bureau de la jeunesse du PDCI-RDA.

Un autre membre du PDCI et proche de IB est actuellement en fuite.

L'ex-président Bédié a appelé en personne le président de la jeunesse de son parti, pour avoir des explications sur ces ralliements. Konan Bertin dit KKB (c'est de lui qu'il s'agit) a dit ne pas être au courant.

Felix Anoblé est un membre influent du PDCI-RDA. Neveu de M. Duncan l'ex-premier ministre de Bédié. Il fait partie des hommes de mains et de confiance du sulfureux président de la jeunesse du PDCI-RDA KKB. Il est vraiment étonnant qu'il ne sache rien.

KKB, il faut le signaler, n'est pas en Côte d'Ivoire. Sous la fallacieux prétexte d'un problème de santé, il est allé se réfugier en France.


Avec cette nouvelle affaire, on le voit, la coalition PDCI-RDR n'est pas aussi forte qu'on le prétend.

A suivre...


Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE


COTE D’IVOIRE: GENOCIDE EN PREPARATION A YOPOUGON, FIEF PRO-GBAGBO, QUI SERA RASE DANS LES HEURES QUI VIENNENT PAR LA FORCE LICORNE

 



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Le vendredi 29 Avril 2011, par IvoireBusines.net.


De source proche de certains soldats français de la force Licorne, désabusés et écœurés par tant d'injustices graves contre le peuple de Côte d'Ivoire, la Licorne s'apprêterait dans les toutes prochaines heures, à raser la ville de Yopougon à coups de bombes, pour casser la résistance héroïque menée par les soldats restés fidèles au Président Gbagbo.

Il est donc demandé avec insistance à tous ceux qui ne seraient pas des combattants, de quitter urgemment la ville, car la France va y commettre un véritable génocide, pire que celui du Rwanda. Des tonnes de bombes seront larguées au hasard sur les maisons. C'est un véritable carnage qui s'y prépare.

Le Président installé par la Communauté internationale, Alassane Ouattara, ne maîtrise plus rien en Côte d'Ivoire, dépassé qu'il est par les évènements qu'il a lui-même crées à coups de mensonges et d'intoxication. Certains pensent déjà qu'il s'est trompé de pays et a trompé tout le monde, notamment la Communauté internationale.

C'est donc la force Licorne qui a pris les choses en mains à Abidjan, où elle contrôle et dirige toutes les opérations militaires. Les FRCI ne sont que des faire-valoir. C'est la Licorne qui a neutralisé IB, le chef du commando invisible d'Abobo, il y a deux jours avant de le livrer aux hommes de Cherif Ousmane.

C'est encore elle qui va larguer des tonnes de bombes dans les heures qui viennent à Yopougon sur des milliers de populations civiles, en voulant neutraliser les Forces de défense et de sécurité (Fds) restées loyalistes au Président Gbagbo, qui leur opposent une résistance farouche.

Les heures qui viennent seront encore insoutenables pour le peuple de Côte d'Ivoire.

Mais la victoire n'est pas hors d'atteinte malgré les apparences de défaite suite à la capture du Président Gbagbo par la même Licorne.

Souvenons-nous la guerre du Vietnam entre les GI's américains et le pauvre peuple vietnamien. Malgré les tonnes de bombes lancées par les Gi's, la victoire a été du côté des vietnamiens.

Souvenons-nous de la guerre d'Algérie. Un million de morts algériens causés par la France pendant huit ans. Au bout du compte, la victoire a été du côté du peuple algérien.

Tout près de nous, on se souvient de la débâcle des Gi's en Somalie avec ces images fortes des Gi's trainés morts dans les rues de Mogadiscio. Une fois de plus, le peuple somalien, après près de 100.000 morts, a libéré la Somalie.

Il y a donc des raisons d'espérer d'une libération future de la Côte d'Ivoire des mains de la France et des Etats Unis. Il faut tout simplement y croire et continuer à dire non à la dictature d'Alassane Ouattara.


Christian Vabé

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

L'EX-PUTSCHISTE IVOIRIEN «IB» TUE PAR LES FORCES DE OUATTARA

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Les forces d'Alassane Ouattara ont tué mercredi soir l'ex-putschiste Ibrahim Coulibaly, dit «IB», chef du «commando invisible» dans le nord d'Abidjan, qui était perçu comme une menace par le pouvoir même s'il avait contribué à la chute de Laurent Gbagbo.

Plusieurs centaines de membres des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), équipés de pick-up surmontés de mitrailleuses lourdes et de lance-roquettes, ont lancé mercredi matin une attaque d'envergure contre le fief d'«IB» dans le quartier populaire d'Abobo (nord), a constaté l'AFP.

Après cette «opération de sécurisation et de pacification», «IB est allé se réfugier dans une cour (d'habitations) non loin d'une usine à PK-18 (secteur nord d'Abobo)», a déclaré à l'AFP le capitaine Léon Kouakou Alla, porte-parole du ministère de la Défense. Dans cette cour, Ibrahim Coulibaly «a pris en otage toute une famille. Les FRCI ont effectué des tirs de sommation à deux reprises et il a réagi avec des tirs nourris. Les FRCI n'ont eu d'autre choix que de riposter, et la riposte lui a été fatale», a ajouté le porte-parole.

L'affrontement qui a eu lieu vers 20H00 (locales et GMT) a fait «deux soldats tués et plusieurs blessés» côté FRCI, et «sept morts» dans le camp adverse, dont «IB» lui-même, a-t-il précisé. Les FRCI avaient durant la journée progressé dans son fief sans rencontrer de réelle résistance.

Le «commando invisible» avait contribué à la chute de l'ex-président Laurent Gbagbo le 11 avril, en déstabilisant son régime par la prise de contrôle progressive du nord d'Abidjan au début de l'année. Le président Ouattara avait appelé vendredi l'ex-putschiste de 1999 et 2002 à désarmer ses hommes, sous peine d'y être contraint par la force. «On demandait une semaine, dix jours, le temps de bien expliquer aux combattants qu'ils doivent désarmer sans conditions. Il faut les convaincre qu'ils peuvent déposer les armes sans craindre pour leur vie», avait déclaré à l'AFP au début de l'offensive Félix Anoblé, numéro deux du «commando invisible».

---> Réécoutez le son, Avec le «commando invisible» dans les rues d'Abidjan

«IB» avait demandé à être reçu par le chef de l'Etat pour se mettre à sa disposition. Son entourage avait accusé le Premier ministre Guillaume Soro de faire obstacle à cette demande. M. Soro a été l'adversaire historique d'Ibrahim Coulibaly au sein de la rébellion responsable du putsch raté de 2002 contre M. Gbagbo, force dont il prit finalement la tête et qui forme désormais le gros des FRCI.

Ibrahim Coulibaly, l'un des personnages les plus mystérieux de la scène ivoirienne depuis une décennie, avait revendiqué ces derniers jours sa part dans la chute de M. Gbagbo, tout en assurant se placer sous l'autorité d'Alassane Ouattara, dont il avait été le garde du corps. Dans un entretien au quotidien français La Croix à paraître jeudi, M. Ouattara a évalué à près de 3.000 morts le bilan des violences post-électorales en Côte d'Ivoire, tandis que l'ONU fait état de près de 1.000 morts.


AFP

Source: LIBERATION.FR

 

vendredi, 29 avril 2011

REVELATION SUR LA COTE D'IVOIRE REÇUE PAR UN CHRETIEN EVANGELIQUE IVOIRIEN LE 20 JANVIER 2011


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Chers amis,

 

J'observerai un jeûne (au pain et à l'eau) du Lundi au Vendredi pour intercéder en faveur de mon pays et de ses habitants (quel qu'ils soient...).

Que le DIEU de bonté soit tendre et protecteur avec ceux qui confessent son Saint Nom et croient en sa puissance d'amour salvatrice.

Je vous exhorte à le faire avec tous les hommes de bonne volonté... pour nos amis, nos parents, nos camarades, notre pays.


Bien-aimés,

Face à ce que j'ai vu en songe aujourd'hui, jeudi 20 janvier 2011, au petit matin entre 4h00 et 5h00, je crois qu'il est plus que jamais urgent pour l'Eglise de se lever et de mener le combat spirituel en faveur de la Côte d'Ivoire.

En effet, dans le songe, je voyais que des forces étrangères avaient pris d'assaut la Côte d'Ivoire, elles ont attaqué de partout avec des armes lourdes. Les détonations étaient insupportables. C'était presque le chaos en Côte d'Ivoire. Plusieurs institutions bancaires et des bâtiments ont été détruits.

Chose bizarre dans ce songe, je ne voyais en aucun moment l'armée ivoirienne (FDS). Ces forces étrangères semblaient avoir le dessus quand tout d'un coup, il y a eu une confusion. Alors, la situation s'est inversée et ces forces ont pris la fuite. Nul ne pouvait expliquer comment la situation a été soudainement renversée. Après ces violences d'une extrême gravité, un calme s'est abattu sur la Côte d'Ivoire. Les dégâts étaient incalculables. Je voyais par-ci et par-là des débris, de la cendre... La désolation était terrible.

C'est alors que je me suis réveillé vers 5h00. J'étais profondément troublé et bouleversé face à cette horreur. Alors je me suis mis à combattre et à intercéder pour la Côte d'Ivoire. DIEU m'a donné un passage pendant le moment de prière et j'ai prié sur la base de ces versets bibliques.


Voici les versets bibliques : Psaumes 86 : 14-17 (pour une prière efficace, remplacer « me », « moi » et « servante » par « Côte d'Ivoire »).


14 O DIEU ! des orgueilleux se sont levés contre moi, une troupe d'hommes violents en veulent à ma vie ; ils ne portent pas leurs pensées sur toi.

15 Mais toi, SEIGNEUR, tu es un DIEU miséricordieux et compatissant, lent à la colère, riche en bonté et en fidélité ;

16 Tourne vers moi les regards et aie pitié de moi, donne la force à ton serviteur, et sauve le fils de ta servante !

17 Opère un signe en ma faveur ! Que mes ennemis le voient et soient confus ! Car tu me secours et tu me consoles, ô ETERNEL !

 

Interprétation du songe :

 

Dans cette attaque de la Côte d'Ivoire par des forces étrangères, la victoire de la Côte d'Ivoire ne viendra pas de son armée (FDS) mais de l'ETERNEL lui-même, qui va créer une situation de confusion (Psaume 86 : 17) et entraîner la fuite de ces forces. C'est pourquoi dans le songe, l'armée ivoirienne était invisible. C'est l'armée des cieux qui donnera la victoire à la Côte d'Ivoire.

L'attaque sera très violente et les dégâts seront importants, mais DIEU va restaurer la paix en Côte d'Ivoire.

 

Sujets de prières :

 

1-      Prier pour que DIEU fasse grâce à la Côte d'Ivoire et pardonne le péché du peuple, de l'Eglise et des dirigeants ;

2-      Invoquer la bonté et la miséricorde de DIEU pour qu'il épargne le pire à la Côte d'Ivoire ;

3-      Prier pour les familles et pour leur protection ;

4-      Que DIEU fasse un signe en faveur de la Côte d'Ivoire (Psaume 86 : 17) ;

5-      Que les ennemis de la Côte d'Ivoire soient dans la confusion (Psaume 86 : 17) ;

6-      Que DIEU donne la force à la Côte d'Ivoire et à ses fils (Psaume 86 : 16) ;

7-      Que DIEU secourt la Côte d'Ivoire (Psaume 86 : 17) ;

8-      Que DIEU console la Côte d'Ivoire (Psaume 86 : 17) ;

9-      Que DIEU restaure la Côte d'Ivoire tout entière ;

10-    Que DIEU établisse une paix durable et définitive en Côte d'Ivoire.


Merci de faire circuler ce message autour de vous !

 

mercredi, 27 avril 2011

APRES LA RECONCILIATION IMPOSSIBLE, VOICI LA PACIFICATION MILITAIRE

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La troisième pacification de la Côte d'Ivoire


Dans son dernier discours à la Nation, Alassane Dramane Ouattara a évoqué la "pacification" de la Côte d'Ivoire, qui devrait intervenir dans les deux mois qui viennent. Ce concept de "pacification", de nature fondamentalement militaire, me semble plus juste pour décrire la situation actuelle du pays d'Houphouët-Boigny que celui, menteur, de réconciliation. Il nous ramène à l'histoire de ce pays, et à deux périodes qui l'ont fondamentalement structurée.


Au début du vingtième siècle, la première pacification est menée par le gouverneur Gabriel Angoulvant. Après la conquête de la nouvelle possession de l'Empire français, il a engagé la "mise au pas" de ses structures locales de gouvernement, brisant les chefferies indociles, destituant les roitelets revêches, punissant collectivement les ethnies rebelles. Au final, le territoire tout entier s'est soumis à l'occupant, ce qui a rendu possible son exploitation économique dans la plus grande quiétude.

La seconde "pacification" de la Côte d'Ivoire, qui est en partie le sujet de la thèse de l'étudiant Laurent Gbagbo - soutenue en 1979 à l'Université de Paris VII - est rendue nécessaire par le "désordre" et la "contestation" nés du bouillonnement politique d'avant l'indépendance. Elle se déroule dans les années 1950 et 1960. Le parti de Félix Houphouët-Boigny, le PDCI-RDA, défie l'ordre colonial, de Treichville à Dimbokro. Prenant acte de la force de la répression, Houphouët décide de "composer". Il s'implique dans la grande opération de nettoyage politique qui vise les "extrémistes" de son propre camp, qui sont éliminés politiquement ou éliminés tout court. Pour empêcher toute compétition politique - et protéger le nouveau pacte franco-ivoirien -, il installe, comme ailleurs en Afrique, un système à parti unique. Comme Angoulvant, il mate les groupes ethniques rebelles, puis a l'intelligence de créer un système rassurant pour tous. Cette "pacification" terminée, l'exploitation économique néocoloniale peut commencer.

Depuis vingt ans, ce système néocolonial là, celui qui a vu naître le "miracle ivoirien", s'est épuisé. Avant d'entrer profondément en crise avec le coup d'État de décembre 1999, l'accession au pouvoir de l'opposant historique Laurent Gbagbo en octobre 2000, puis la rébellion de septembre 2002 qui a remis au goût du jour, dans le sud du pays, un discours critique, voire de rupture, vis-à-vis de l'ancienne métropole, dont les arbitrages et l'autorité ont été vivement contestés. Après neuf ans d'affrontements tantôt larvés tantôt musclés, après plusieurs épisodes de guerre par procuration (à travers les rebelles des Forces nouvelles) ou ouverte (dont la campagne de bombardements aériens des symboles civils et militaires de l'État ivoirien a été la phase la plus spectaculaire), la France officielle a réussi à "avoir la peau" de l'ennemi Laurent Gbagbo, incarnation du nationalisme ivoirien.

L'armée nationale décapitée, la Licorne est désormais en première ligne, avec un Alassane Ouattara dont le rôle rappelle celui d'Ahmadou Ahidjo aux premières années de l'indépendance camerounaise. Les  soldats dépenaillés des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ne peuvent être, au fond, que des supplétifs, et leur attirail ridicule met plus que jamais en valeur la supériorité technique et "civilisationnelle" des troupes françaises. La troisième "pacification" de la Côte d'Ivoire est en marche. Elle se caractérise déjà par le "meurtre symbolique" du chef de la Résistance ivoirienne, de son épouse et de ses proches - l'on se souvient irrésistiblement des cas Béhanzin, Samory et Lumumba. La "punition collective" des ethnies et catégories sociales à problèmes, visant à installer un climat de terreur, est engagée. La chape de plomb, nécessaire à toute opération de nettoyage politique, pèse sur le pays. Par devoir "patriotique", les médias occidentaux ferment les yeux sur les massacres et les exactions de leurs alliés. Cela suffira-t-il pour enterrer à jamais la part indocile de l'âme ivoirienne ?

Rien n'est moins sûr, et les mois qui viendront serviront de test pour les apprentis sorciers de la recolonisation de l'Afrique. La France a misé sur un cheval qui n'a pas que des atouts. La principale faiblesse d'Alassane Ouattara est sa drôle d'armée, tout aussi incompétente que la légion improvisée qui sert de prétexte à l'intervention de l'OTAN en Libye. Spécialisés depuis 2002 dans les pillages et la répression des plus faibles, les rebelles ivoiriens ont conquis Abidjan et se paient sur le dos de la bête. Ce qui oblige et obligera l'ex et néo colonisateur à organiser des patrouilles mixtes en coordination avec des caporaux hâtivement transformés en officiers, et passibles de poursuites pour crimes contre l'humanité. Déjà, des photos de chars français portant fièrement le drapeau bleu blanc rouge et patrouillant dans les rues d'Abidjan sont diffusées...

De plus, malgré tous les artifices, le camp Ouattara n'a ni une base politique suffisante, ni les moyens d'imposer à moyen terme une terreur qui réduirait à la clandestinité toute opposition. En prenant le parti d'installer dans les commissariats et les rues d'Abidjan une milice très clairement ethnique (les FRCI), qui, en raison de ses pillages, est devenue la principale ennemie de la classe moyenne ivoirienne, Ouattara creuse le fossé qui le séparait de la population de la capitale économique, des non-Nordistes et des non-musulmans. On peut, par ailleurs, s'interroger sur les moyens que la France mettra à la disposition de son "gouverneur à la peau noire" en Côte d'Ivoire. La crise du crédit qui enserre l'Occident n'est pas un bon signe. En 2011, le FMI ne peut pas tout. L'inévitable tournure dictatoriale du régime Ouattara et les massacres de masse de ses hordes font déjà de lui un partenaire encombrant. Il n'est pas sûr qu'en 2011, Paris puisse toujours changer le cours de l'Histoire en Afrique avec quelques commandos d'élite et une poignée de conseillers techniques. Malgré les apparences d'une victoire totale, une partie politique et diplomatique serrée est engagée en Côte d'Ivoire.


 

In RESISTANCE COTE D'IVOIRE ISRAEL


Source: Le blog de Théophile Kouamouo

UN SENATEUR AMERICAIN REVELE: IL Y A EU DES FRAUDES MASSIVES EN COTE D'IVOIRE!

 

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Le sénateur républicain James Inhofe


Malgré le fait que la France ait organisé le coup d'Etat en Côte d'Ivoire avec l'aide des américains, il existe des politiciens honnêtes et sincères. Bien davantage aux Etats-Unis qu'en France d'ailleurs. D'ailleurs, seul un sénateur américain a eu le courage d'interpeler publiquement la Secrétaire d'Etat Clinton sur la question...

Pour le Sénateur républicain James Inhofe, pas de doute, l'ONU se trompe. Selon les éléments en sa possession, des fraudes massives ont en effet été constatées dans le Nord de la Côte d'Ivoire lors du second tour de l'élection. Le sénateur demande donc au Département d'Etat américain de revoir sa position à la lueur de faits établis.

Extrait du passage relatif aux fraudes électorales :
Verbatim du Sénateur Inhofe : « J'ai reçu de nombreuses preuves convaincantes qu'il y a eu des fraudes électorales massives dans le Nord du pays sous contrôle des rebelles. Il y a eu des bulletins de votes volés...J'en ai référé deux fois au Secrétaire d'État Hillary Clinton. Par une fraude avérée, Ouattara aurait bénéficié de 94 873 voix, sur une liste électorale d'une seule des cinq régions du Nord sous son contrôle. Et si l'on multiplie ce chiffre par quatre, on est proche de la marge de voix qui lui a donné la victoire contre M. Gbagbo, c'est-à-dire 400.000.
Donc si des fraudes comparables ont eu lieu dans toutes les régions du Nord de la Côte d'Ivoire, Gbagbo est le président légitimement élu dans ces élections du 28 Novembre.

Mais si cela est trop compliqué, on peut apprécier la situation autrement :
Dans ces 5 régions, j'ai attiré l'attention, dans mon courrier au Secrétaire d'État, sur le fait que Gbagbo avait obtenu des milliers de voix dans ce que nous appellerions les primaires; et néanmoins, lors du vote final, le candidat Gbagbo a obtenu Zéro voix dans certains cantons. C'est là une impossibilité statistique : vous ne pouvez pas n'obtenir aucune voix, particulièrement si vous en aviez déjà obtenu quelques milliers auparavant ! J'ai écrit au Secrétaire Clinton pour qu'elle soutienne l'établissement de nouvelles élections, mais ma demande n'a pas été traitée avec l'attention souhaitée.

Mais avec les dernières nouvelles indiquant que Ouattara a tué un millier de personnes dans la région de Duékoué (rapport en français sur les viols et les tueries), j'espère que les USA reconsidéreront leur position et appelleront à la tenue d'un nouveau scrutin. »


 

Le 26 avril 2011, par IvoireBusiness.net


Rédigé par JSS, April 21st, 2011 and filed under Afrique, Divers


 

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RECOLONISATION: LA FRANCE DANS LE BOURBIER IVOIRIEN


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L'ambassadeur français Jean-Marc Simon


La crise ivoirienne ressemble à celle de l'Irak. La seule différence c'est que les acteurs ne sont pas les mêmes. En Irak, ce sont les Américains. Ils ont pensé qu'en enlevant Saddam Hussein, tout allait

se passer comme sur des roulettes. La vie allait reprendre comme si de rien n'était. Malheureusement, c'est le contraire qui s'est produit. Plus de dix ans que le pays est dans une situation d'instabilité. Aucune lueur d'espoir ne pointe à l'horizon. C'est l'incertitude. L'avenir est en pointillé. Jusqu'à ce jour, les Américains n'ont pu ramener la paix. Il ne se passe pas de jour sans qu'il n'y ait des attentats. Le pays est devenu un far-west. Il n'y a aucune loi. On ne peut pas dénombrer jusqu'à ce jour, les soldats américains tués.

Les Français ont le même comportement en Côte d'Ivoire. Après leur coup d'Etat, l'Hexagone a du mal à faire asseoir le pouvoir de son poulain, Alassane Ouattara. Au fur et à mesure que les jours passent, la situation s'enlise. Pas de lisibilité. L'armée française ne maîtrise rien sur le terrain. Elle ne fait que perdre des soldats. Les informations font état de ce que cette armée a perdu plus de 400 hommes dans les affrontements. Sarkozy et ses amis de l'Elysée pensaient que tout allait être facile pour eux. Ils sont confrontés à la réalité du terrain. Ils mordent la poussière face aux jeunes qui font la résistance. Il se raconte que l'armée de Sarkozy a dû abandonner trois chars dans les combats à Yopougon.

En tout cas, la France a tout calculé sauf la côte de popularité du Président Laurent Gbagbo à Abidjan. Il pèse plus de 64% de voix à Abidjan. C'est une donnée non négligeable qui fausse les calculs de la France. On se rappelle qu'en septembre 2002, lors de la tentative de coup d'Etat qui s'est muée en rébellion, Tuo Fozié avait dit qu'il n'avait pas compté avec la mobilisation populaire des Ivoiriens.


 

Le 26 avril 2011, in Le Temps


Enise Kamagaté

 

Source: IVOIREBUSINESS.NET

mardi, 26 avril 2011

HOTEL DU GOLF: L'EX-GOUVERNEUR DAKOURY TABLEY TABASSE A MORT PAR LES HOMMES DE OUATTARA



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Ces images que nous venons de recevoir de l'ex-gouverneur de la BCEAO, M. Philippe-Henry Dakoury-Tabley achèvent de convaincre même les plus sceptiques de la barbarie du régime Ouattara.

Cet homme qui a volontairement démissionné de la BCEAO sous la pression de la France, qu'a-t-il fait pour mériter un tel sort? Pour tous ceux qui connaissent le brillant passé de cet éminent économiste, ils savent qu'il n'a jamais été un homme politique qui aurait fait du tort même à une mouche.

Pourquoi alors ce traitement inhumain envers sa personne?

PHILIPPE DAKOURY-TABLEY TABASSE 2.JPG

On le comprend aisément, la seule et unique raison, c'est qu'il est un proche du président Gbagbo. Dans l'Etat de droit d'Alassane Ouattara, c'est un crime.

Cette scène qui choque le bon sens se déroule à l'Hôtel du Golf, QG du camp Ouattara protégé par l'Onuci et les soldats de la force française « Licorne ». Il venait d'être capturé avec le président Gbagbo dans sa résidence, à Cocody, par les soldats français de la « Licorne » et remis aux rebelles. Nous sommes le 11 Avril 2011.

Avec de tels agissements, la réconciliation version Ouattara a de beaux jours devant elle.


 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE



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LES MERCENAIRES ENGAGES PAR OUATTARA NE SONT PAS CONTENTS: LA RAISON



Les mercenaires d'Alassane Ouattara ne sont pas contents de lui. Alors, pas du tout. Ils menacent de tout « gâter » à Abidjan.

La raison de leur mécontentement n'est rien d'autre que le paiement de leur solde.

Dans le contrat signé entre ces derniers et le putschiste, chaque mercenaire devra percevoir la somme de 5 millions de Fcfa. Leur mission étant terminée, Alassane refuse de respecter sa part du contrat. Les mercenaires soutiennent que tant qu'ils n'auront pas perçu leur dû, ils ne quitteront pas les rues. Mieux ils vont lui faire sa peau.

Ainsi, malgré son appel à quitter les rues et à rentrer dans les casernes, ses combattants les occupent toujours. Ils obligent la population à se cotiser pour assurer leurs pitances quotidiennes.

Ceux qui s'y refusent voient leurs domiciles pillés le lendemain.

Le pillage des domiciles, des commerces, des banques et des magasins, voici un moyen qu'ils ont aussi trouvé pour se faire payer. Et cela se passe actuellement en toute impunité. La population civile est livrée à elle-même.

Ce n'est pas la première fois que le pion de la France se comporte avec les mercenaires dont il loue les services. En effet, en octobre 2000, pour la constitution du charnier de Yopougon, il a demandé les services d'un chauffeur malien du nom de Mory Kamagaté. Ce dernier devait ramasser les corps qui jonchaient les rues, après le refus du Général Robert Guéi de quitter le pouvoir, pour les mettre non loin de la prison civile de Yopougon. Le travail terminé, il a été payé en monnaie de singe. Il a perçu 5 millions de Fcfa en faux billets de banque. Avant d'être ramené dans son Mali natal.


 

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE


 

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DE VIOLENTS COMBATS A L'ARME LOURDE SIGNALES A YOPOUGON

 

 

Des combats d'une rare violence et à l'arme lourde sont signalés ce lundi en milieu d'après-midi dans le quartier populaire de Yopougon. Plusieurs habitants restés terrés chez eux ont confirmé avoir entendus de fortes détonations dans les zones suivantes: Maroc, annanerai, carrefour sorbonne, quartier millionnaire et quartier de Sicogi dans les environs de la mairie.


Cette fois-ci les forces pro-ouattara aidées des soldats de la licorne ont décidé d'attaquer en même temps par toutes les entrées de cette commune.

Les combattants restés fidèles au président Gbagbo opposent actuellement à ces forces coalisées une résistance farouche. Les forces pro-ouattara sont mises en difficultés.

On nous signale de nombreux corps se soldats rebelles qui jonchent actuellement les rues de cette commune resistante et quelques engins de la force licorne tombés aux mains des combattants pro-Gbagbo.

Il est 21H GMT (ce lundi 25 avril 2011), les combats continuent dans la commune de Yopougon.

Ces combats surprennent plus d'uns d'autant plus que dimanche les négociations entre belligérants semblaient aboutir vers un retour au calme. IB avait quant à lui manqué à une rencontre annoncé avec Soro Guillaume.

Dans un communiqué provenant de ses services, il avait aussitôt appelé les hommes de son « rival » à déserter.  Alassane Ouattara avait exigé vendredi le retour en caserne de toutes les forces en présence et souhaité la reprise par la police et la gendarmerie des opérations de sécurité.

La situation sécuritaire en Côte d'Ivoire reste délétère même après la capture du président Laurent Gbagbo par l'armée française "Licorne".



Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

DE LA LEGITIMITE DE MONSIEUR OUATTARA ET DES ELIMINATIONS PHYSIQUES DES ELITES IVOIRIENNES



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Maître Josette KADJI, Avocat près la Cour Pénale Internationale pour le Rwanda pose la question de la légitimité de Monsieur Ouattara ainsi que des éliminations physiques et des arrestations systématiques des élites ivoiriennes.

 

" J'ai l'impression que le Monde marche sur la tête dès qu'il s'agit de la Côte d'Ivoire, car enfin à quoi joue-t-on lorsque tout le monde semble oublier que la Côte d'Ivoire a une Constitution et que cette Constitution dit que pour être considéré comme Président de la Côte d'Ivoire, il faut que l'impétrant ai prêté serment devant le Conseil Constitutionnel.

La phase de la proclamation des résultats définitifs par le Conseil Constitutionnel a été escamotée soit ! Mais quid de la prestation de serment qui donne lieu à l'établissement d'un arrêt par le Conseil Constitutionnel, acte qui fait foi partout où besoin est (BCEAO, par exemple) ?

Tout le monde sait que sans cette formalité substantielle, Ouattara n'a aucune légitimité, mais tout le monde devient aveugle et feint de l'ignorer.

A quel titre Ouattara fait des discours, prend des décisions, reçoit allégeance des généraux, décide de mettre en «résidence surveillée» le Président dont l'acte judiciaire de prestation de serment se trouve dans les archives du Conseil Constitutionnel ?

Tout cela manque de base légale et confirme l'affirmation selon laquelle nous sommes devant un coup d'état.

Tout le monde feint d'ignorer que ce n'est pas la mise à l'écart seule du Président Gbagbo qui confère une légitimité et une légalité à Ouattara.

Le mode de fonctionnement actuel de Ouattara tombe dans ce que nous voyons chaque fois qu'un individu fait un coup d'état : prise de pouvoir par les armes, arrestations et éliminations de ceux qui étaient à la tête de l'État, ou travaillaient pour le gouvernement, opposants arrêtés torturés et tués et j'en passe...est-ce là l'attitude d'un président ayant pris le pouvoir légalement ?

Qu'ont fait ces personnes qui justifient leur arrestation ? Quel est leur crime ? Nous sommes bien en présence de ce qu'il est convenu d'appeler « coup d'état », et Ouattara et la France ont beau y faire rien ne peut changer cette pénible réalité pour eux.

Ouattara sera toujours vu comme un usurpateur installé par les armes à la suite d'un coup d'état perpétré par un pays étranger, la France.

Il n'a pas pris les rênes du pouvoir selon la Constitution de la Côte d'Ivoire, point!

Alors, que la fameuse « communauté internationale « arrête de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes, il ne peut y avoir en Côte d'Ivoire qu'un seul président à la fois et c'est celui dont la prestation de serment se trouve actuellement dans les archives du Conseil Constitutionnel.

Et cette prise de pouvoir brutale et illégale fait présager des jours sombres. "


Me Josette KADJI, Avocat

lundi, 25 avril 2011

DECLARATION DU FRONT POPULAIRE IVOIRIEN RELATIVE A LA SITUATION SOCIOPOLITIQUE EN COTE D'IVOIRE

 

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La situation sociopolitique dans notre pays a été marquée cette semaine par deux faits majeurs:

- Les tentatives des nouvelles autorités pour remettre en marche la machine économique et sociale ;

- Le processus de légitimation du nouveau régime à travers le ballet des Présidents et Chefs d'Institutions.

Vivement préoccupés par la persistance de l'insécurité et dans le souci de contribuer à la normalisation rapide de la vie politique, économique et sociale du pays, le Front Populaire Ivoirien (FPI) et La Majorité Présidentielle (LMP), par ma voix, estiment indiqué :

  • de faire le point de la situation sociopolitique nationale ;
  • d'analyser le processus de légitimation institutionnelle entrepris par le nouveau régime ;
  • d'évoquer la nécessité d'une solution politique de sortie de crise.


I- SITUATION SOCIOPOLITIQUE NATIONALE

Presque deux semaines après les douloureux événements du 11 avril 2011, la situation sociopolitique reste marquée par la persistance de l'insécurité et des atteintes aux libertés et aux droits de la personne humaine.

En l'absence des forces régulières de police et de gendarmerie, des combattants armés continuent de sévir dans les différents quartiers d'Abidjan et à l'intérieur du pays. Chaque jour, il est fait écho d'arrestations arbitraires et de détentions abusives sous le prétexte de la recherche de caches d'armes. Les violations de domiciles sont monnaies courantes et les actes de pillages continuent.

Pour échapper aux exactions, voir à la mort, les cadres, militants et sympathisants du FPI et de LMP vivent depuis plus d'un mois dans la clandestinité, la peur et la précarité, séparés de leurs familles, femmes et enfants. Beaucoup d'entre eux ont pris le chemin de l'exil. A ce jour, plus de dix mille (10 000) exilés sont enregistrés au Ghana, Togo et Bénin.

Le sentiment d'insécurité est renforcé à Abidjan en particulier par la poursuite des combats, notamment à Yopougon et à Abobo ou entre groupes d'auto-défense, Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) et partisans d'Ibrahim Coulibaly dit IB, on ne sait plus qui attaque qui. Le tout est que les populations fuient les quartiers, abandonnant leurs domiciles aux pilleurs. Ces pillages sont d'une telle ampleur et si systématiques qu'ils apparaissent comme une dimension du plan de conquête d'Abidjan.

Dans ce contexte de violence, l'Etat de droit et les libertés sont étouffés. L'arbitraire règne en maître. Les acquis démocratiques de la longue lutte du FPI sont aujourd'hui menacés. « Notre Voie », le quotidien du FPI ne peut paraître ; les bureaux ont été saccagés, le matériel informatique et technique emporté et l'imprimerie d'un coût de près de cinq cent millions (500 000 000) FCFA incendiée. L'opposition est réduite au silence.

C'est le règne de la pensée unique dans l'audiovisuel comme dans la presse écrite et une ambiance de dictature s'installe progressivement sur le pays. Elle alimente la peur et la méfiance des uns. Elle encourage les actes d'agression et d'humiliation perpétrés par les autres. Le pays est divisé : entre les vainqueurs du 11 avril et les autres.

Comment combler cette fracture ? Comment rassembler et légitimer les institutions représentatives à même de restaurer la paix et la cohésion nationales ?

La guerre et la violence ont montré leurs limites. Malgré le 11 avril 2011, le pays n'a pas retrouvé la paix ; au contraire les positions se sont radicalisées et la fracture sociale s'est élargie ; il n'y a pas de solution militaire à une crise politique. Mais en même temps, il serait illusoire d'espérer résoudre la crise politique par des arrangements entre Chefs d'Institutions.


II- DE LA LEGITIMATION INSTITUTIONNELLE

Les visites au Chef de l'Etat, du Président de l'Assemblée Nationale d'une part et du Président du Conseil Constitutionnel d'autre part, remettent au goût du jour les questions initiales de la crise post-électorale que sont la question de la légitimité et celle de la légalité.

Les aborder aujourd'hui signifie que le 11 avril ne les a pas régler. Mais les aborder par le biais des institutions est une illusion ; car ces questions sont d'abord politiques, c'est-à-dire qu'elles sont en liaison avec les choix et les déterminations du peuple, avant d'être juridiques et institutionnelles.

C'est pourquoi est d'avance vouée à l'échec, toute solution qui chercherait, comme cela semble se dessiner à l'heure actuelle, à faire l'impasse sur l'ouverture de négociations franches et sincères avec les forces politiques et sociales significatives du pays.

Au demeurant, comment le groupe parlementaire FPI peut-il siéger dans la sérénité et participer activement aux débats de l'Assemblée Nationale alors que sa Présidente est emprisonnée pour des motifs politiques et sans que son immunité parlementaire n'ait été levée?

Comment le Groupe parlementaire peut-il avoir une oreille attentive au discours du Chef de l'Etat alors que Laurent Gbagbo, Fondateur du parti croupit en prison en un lieu inconnu de ses proches et que cette situation divise le pays ?

Comment le Président du Conseil Constitutionnel peut-il justifier et fonder l'investiture de deux Présidents pour la même élection présidentielle ? Etc.

En définitive, seule une solution politique issue de négociations et d'un consensus de la classe politique peut permettre à notre pays d'éviter le ridicule et de sortir dignement de cette crise politique.


III- D'UNE SOLUTION POLITIQUE DE SORTIE DE CRISE

Sortir le pays de la crise exige courage politique et sens élevé de la responsabilité. Faire preuve de courage politique, c'est regarder la vérité en face et reconnaître que le pays est en crise et que cette crise est principalement d'ordre politique.

Faire preuve de responsabilité, c'est reconnaître que depuis la chute du mur de Berlin et dans les pays en développement et en transition démocratique comme le nôtre, il n'y a pas trente-six mille manières de résoudre une crise politique, mais une seule, celle de la négociation et du dialogue politique. Elle exige humilité, hauteur de vue et ouverture d'esprit, sens de l'intérêt national. Elle exige de la patience ; mais elle est durable si la sincérité et la bonne foi animent les différents acteurs.

En l'occurrence, la solution politique de sortie de crise permettra de restaurer la confiance mutuelle, d'assurer la décrispation de l'environnement sociopolitique et de créer les conditions de la paix, de la sécurité, de la réconciliation nationale et de la stabilité politique.

La solution politique de sortie de crise adressera les questions suivantes liées à :

- L'ordre public et la sécurité des personnes et des biens ;

- Au désarmement, au retour des militaires dans les casernes, au rapatriement des mercenaires, etc. ;

- La sécurité physique, juridique et professionnelle des membres des Forces de Sécurité et de Défense (FDS) loyalistes ;

- L'adoption d'une solution négociée, dans la dynamique de la réconciliation nationale pour mettre fin aux mouvements armés à Yopougon et à Abobo ;

- La réinstallation des déplacés et le retour des exilés ;

- Le rétablissement des médias d'Etat et le traitement équitable des différents courants d'opinion ;*

- La restauration des acquis démocratiques ;

- L'adoption d'une loi d'amnistie pour fermer la grande parenthèse et la crise sociopolitique en Côte d'Ivoire et pour poser les jalons de la réconciliation nationale ;

- La libération du Président Laurent Gbagbo et de tous les prisonniers politiques.


CONCLUSION

Terre d'espérance, la Côte d'Ivoire est à genoux, mais elle ne s'est pas encore écroulée. Elle peut et elle doit se relever avec l'engagement de tous ses fils et de toutes ses filles.

C'est pourquoi il est impérieux que s'engage ici et maintenant, le dialogue politique et des négociations avec les forces politiques et sociales pour fonder un consensus national pour un nouveau contrat social ; un contrat pour la restauration et pour la réconciliation nationale.


Fait à Abidjan, le 21 avril 2011

 

Pascal Affi N'guessan

Président du FPI

 

Source: ABIDJAN 360

COTE D'IVOIRE: SORO GUILLAUME VEUT ENCORE RESTER PREMIER MINISTRE

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Alain Lobognon, proche collaborateur de Soro Guillaume, chef du gouvernement Ouattara, a rejeté samedi, tout « nouveau débat sur (la) question » de la succession de son mentor, estimant qu'il n'avait « pas encore totalement accomplie » sa mission.

« Guillaume Soro n'est pas un planton de service. Il n'est pas chargé de venir nettoyer un fauteuil pour le céder à une autre personne », a-t-il soutenu dans une interview accordée à nord-sud, un quotidien jugé proche de la rébellion des Forces Nouvelles.

La décision de quitter la Primature, selon le conseiller spécial du chef de la rébellion pro-Ouattara, devrait revenir à Soro Guillaume.

« J'ose croire que le jour où tout rentrera dans l'ordre, le jour où la situation du pays s'y prêtera, M. Soro pourrait prendre la décision lui-même de quitter la primature, en concertation bien évidemment avec le chef de l'Etat. Ce jour-là, le PDCI (parti dirigé par Henri Konan Bédié, allié politique de Ouattara) pourra désigner ce Premier ministre tant attendu», a-t-il concédé.

L'annonce de la formation d'une nouvelle équipe dirigeante par Alassane Ouattara, Président installé par la communauté internationale, a réveillé la polémique concernant le poste de Premier Ministre, promis entre les 2 tours au PDCI d'Henri Konan Bédié.

Alassane Ouattara avait désigné Soro Guillaume à la tête de son gouvernement aux lendemains des élections controversées de novembre 2010. « C'était plus en tant que chef de guerre car Ouattara n'avait pas d'armée », estiment plusieurs observateurs.

Si officiellement, ce serait avec l'accord et la bénédiction de Bédié, de plus en plus des sons discordants se font ressentir au sein des cadres du parti sexagénaire.

 

Source: DIRECTSCOOP.NET

dimanche, 24 avril 2011

LAURENT GBAGBO CAPTURE PAR L'ARMEE FRANÇAISE, LIVRE AUX FRCI ET ILLEGALEMENT MAINTENU PRISONNIER A KORHOGO



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Laurent Gbagbo dans l'hélico de l'ONUCI le transportant à Korhogo
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Laurent Gbagbo descendant de l'hélico de l'ONUCI, à son arrivée à Korhogo
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Laurent Gbagbo accueilli sur le tarmac par le Com-Zone de Korhogo, Fofié Kouakou, et les chefs militaires de l'ONUCI
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Laurent Gbagbo escorté jusqu'au command-car qui doit le conduire à sa résidence surveillée

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Des nouvelles du président et de ses collaborateurs



Toussaint Alain dans son allocution, ce jour (samedi 23 avril 2011) à la manifestation, Place de la Bastille à Paris, a dit:


Le président (Laurent Gbagbo) va bien, il ne peut pas parler longtemps au téléphone car son temps de communication est limité.
Il est à Korhogo (nord-est), la Première Dame est à Odienné (dans le nord-ouest).
Le président était au courant de la marche, il a donc appelé pour faire dire aux Ivoiriens qu'il les aime et les remercie (pour les actions qu'ils mènent), ainsi que tous les africains.
Il nous informe qu'il n'a toujours pas signé le document reconnaissant Ouattara comme vainqueur de l'élection présidentielle.
Ce qui a fait dire à Alain Toussaint que l'investiture que Ouattara annonce en grandes pompes n'en est pas une.
Le président a aussi ajouté qu'il est en train d'écrire ses mémoires sur la crise ivoirienne, mais il n'a pas confiance aux rebelles qui sont capables de les saisir, donc il écrit plus dans sa tête.
Enfin, le président a dit qu'il travaillait aussi sur le plan diplomatique avec quelques pays amis et que c'est loin d'être fini.



Les collaborateurs du Président Laurent Gbagbo détenus à la Prison de KATIOLA:


1- Le Directeur du protocole : KONE Boubacar

2- Le Chef de Cabinet : KUYO Téa Narcisse

3-Le Ministre Jean-Jacques BECHIO

4-La Ministre Géneviève BRO GREBE

5-L'Inspecteur Général d'Etat : Aboudramane SANGARE



Les collaborateurs du Président Laurent Gbagbo détenus à la Compagnie Territoriale De KORHOGO (CTK), sous le commandement du Com-zone Fofié Kouakou:

1- Le Général de Brigade DOGBO BLE Bruno
2- Le Médecin-Colonel DALEBA René
3- Le Commissaire Principal de police MONNET Denis
4- Le Chef de Bataillon DUA Kouassi Norbert
5- Le Commissaire de Police GUEDE Zakali
6- Le Capitaine-Major de Police KOBLI Rémi
7- Sous-lieutenant ZAKRO Hervé
8- L'Adjudant GOSSE Matthieu
9- L'Adjudant ZOKOU Bi Traguié
10- L'Adjudant KOUAME Kouakou
11- Le Maréchal Des Logis (MDL) Chef GNALOKO Jonas
12- Monsieur ADON Eustache
13- Monsieur LOBA Amos
14- Le Sergent-chef FAITAI Kouakou Jean-Henry
15- Monsieur DELI Kié
16- Le MDL SOPI Grah
17- Le MDL KENE K. Laurent
18- Le MDL TCHIKA Fabrice
19- Le Sergent NIAMKE Ekolan
20- Monsieur BAHI Patrice (Sécurité rapprochée)
21- Monsieur DJEKOURI Aimé
22- Monsieur ZEZA Kaka Jean-Louis
23- Monsieur YODE Ozy



Source : Nicole Meley (Facebook)


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AFP, le 23 avril 2011 - Côte d'Ivoire: Simone Gbagbo en résidence surveillée dans le nord-ouest (Odienné)


Simone Gbagbo, épouse du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo, retenue depuis le 11 avril au QG du chef de l'Etat Alassane Ouattara à Abidjan, a été placée en résidence surveillée dans le nord-ouest du pays, a indiqué samedi le ministre de la Justice.

Mme Gbagbo "est partie à Odienné, en résidence surveillée, hier (vendredi), très tôt le matin", a déclaré à l'AFP Jeannot Ahoussou Kouadio.
L'ancienne "dame de fer" et pasionaria du régime défait avait été arrêtée avec son mari et une centaine d'autres personnes à la résidence présidentielle à Abidjan, après une offensive des forces du nouveau chef d'Etat Alassane Ouattara, appuyées par la force française Licorne et l'ONU.

L'ex-couple présidentiel a dans un premier temps été retenu au Golf Hotel, QG de M. Ouattara.
M. Gbagbo a été transféré le 13 avril dans le nord du pays, fief de son rival. Selon des sources concordantes, il se trouve dans une résidence présidentielle dans la grande ville de Korhogo, sous la garde des forces pro-Ouattara et de l'ONU.
Mme Gbagbo, autant respectée pour son parcours dans l'opposition que crainte pour son rôle de "présidente" à poigne, a été souvent accusée d'être liée aux "escadrons de la mort" contre les partisans du camp adverse.

Des enfants et des employés arrêtés le 11 avril avec les Gbagbo ont été libérés du Golf Hotel la semaine dernière.
Vendredi soir, le chef du parti de M. Gbagbo, le Front populaire ivoirien, Pascal Affi N'Guessan, qui était en résidence surveillée dans un autre hôtel d'Abidjan, a été transféré au Golf après avoir accordé une interview à des médias.

M. N'Guessan était depuis la semaine dernière à l'hôtel de La nouvelle pergola avec d'autres personnalités du camp du président déchu qui s'y trouvent toujours, sous la protection des Forces républicaines de M. Ouattara, et de Casques bleus de la mission onusienne Onuci.
La chute de Laurent Gbagbo est intervenue à l'issue de plus de quatre mois d'une crise née de la présidentielle du 28 novembre 2010, et de dix jours de guerre dans la capitale économique.

Le président Ouattara, après son investiture qu'il prévoit dans la deuxième quinzaine de mai, doit former un gouvernement d'union comportant notamment des représentants de l'ancien pouvoir.
Son gouvernement, tout en prônant la réconciliation, a annoncé qu'il allait demander des enquêtes sur les "crimes" présumés du régime dé
fait.

Source: AFP

OUATTARA FACE A LA REALITE DU POUVOIR

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Huit jours après le coup d'Etat (du 11 avril 2011, ndlr) qui sanctionne l'ambition présidentielle d'Alassane Dramane Ouattara, la Côte d'Ivoire n'est toujours pas sortie de l'ornière politico-militaro-sociale. Plusieurs éléments militent en faveur d'une éventuelle et imminente déflagration à Abidjan. Même si Gbagbo n'est plus là, on aurait souhaité qu'il soit là; ça fait plus rassurant.

Laurent Gbagbo, une patate chaude entre les mains d'Alassane D. Ouattara

Comme premier élément de ce cocktail Molotov à haut risque, Laurent Gbagbo, le président légalement réélu, 28 novembre 2010, à la tête de la Côte d'Ivoire demeure prisonnier de son tombeur Alassane Dramane Ouattara. Un prisonnier bien encombrant pour le « président reconnu par la communauté internationale » au point où « l'élu de la communauté internationale » ne sait plus dans quelle main garder sa patate chaude.

Les heures qui ont suivi son arrestation par les forces spéciales françaises puis sa remise aux rebelles des Forces nouvelles rebaptisés Forces républicaines de Côte d'Ivoire (Frci), le Président Laurent Gbagbo est conduit au QG d'Alassane Ouattara à l'hôtel du golf, lui, son épouse Simone, son fils Michel, une bonne partie de son cabinet et même le personnel domestique de la résidence présidentielle de Cocody-Ambassades. Tout ce beau monde va y subir les pires atrocités jusqu'à ce que l'opinion nationale et internationale apprenne que « Laurent Gbagbo se trouve quelque part en résidence surveillée », sans plus de précision.

Dans la foulée, l'on apprend depuis quatre jours, que le Président Gbagbo est à « Korhogo ». Le choix de cette ville de l'extrême nord ivoirien intrigue le commun des observateurs de la scène politique ivoirienne. Un des bastions des Forces nouvelles de Guillaume Soro, Korhogo reste et demeure la zone de prédilection d'un des redoutables chefs de guerre : Fofié Kouakou.

Une énigme pour les enfants Gbagbo. Au nom de Marie-Antoinette Singleton, fille du Président Gbagbo, un avocat à la tête d'un collectif de confrères, demande « conformément au droit national et international, et aux principes qui gouvernent le respect des droits de l'Homme, de bien vouloir me faire délivrer à moi-même, ainsi qu'à mes confrères, un permis de visite afin de rencontrer, dans des conditions conformes au droit, Monsieur le Président Laurent GBAGBO et son épouse. »

Certes, il faut redoubler de vigilance et c'est ce que font les avocats. Mais c'est l'histoire du gardien de prison dont la liberté dépend du prisonnier. Tout le monde entier, en effet, sait que Laurent Gbagbo est entre les mains d'Alassane Dramane Ouattara, qu'il se débrouille pour le tenir en vie. Sinon, gare à Ouattara ! Il ne ferait que pâlir un CV politique déjà pas reluisant.

Les énigmes nommées Korhogo et Fofié

Bon à savoir: alors que la commune d'Abobo à Abidjan est l'objet des pires atrocités de la part des commandos invisibles dirigés par le sergent-chef Ibrahim Coulibaly auto-gradé « général » pour les besoins de sa sempiternelle ambition présidentielle, une fronde naissait au sein des Forces nouvelles et dirigée comme par enchantement, par Fofié Kouakou. La tête toujours coincée dans les Accords politiques de Ouagadougou, ce dernier, Fofié, refuse de donner des éléments pour combattre à Abidjan contre ses anciens frères d'arme des Forces de défense et de sécurité du Général Philippe Mangou. Des escarmouches s'en suivent entre ses fidèles et ceux de Chérif Ousmane dont Ibrahim Coulibaly reste le seigneur de guerre en qui ils ne cessent de croire ; les hommes du com-zone de Korhogo ont le dessus après une rude bataille. Depuis, l'on n'entend plus parler ni de Fofié Kouakou ni de ses combattants dans la bataille d'Abidjan. Du moins, jusqu'à ce jeudi 14 avril 2011, d'un média français qui parle au conditionnel, l'opinion apprenne que « Laurent Gbagbo est à Korhogo ». L'information a fini par être « validée » à force de sa récurrence.

Soro ou l'os dans la gorge de Ouattara

En entendant que l'histoire décrypte dans les jours à venir les contours de la présence du Président Gbagbo à Korhogo, « l'élu de la communauté internationale », Alassane Dramane Ouattara continue de gérer ses patates chaudes. Entre autres dossiers brûlants de l'heure, notons en seconde priorité, le tonitruant Premier ministre. Véritable os parmi les ossements de la crise ivoirienne, Guillaume Soro n'en est pas moins venimeux. Le premier malheur d'Alassane Ouattara pourrait venir de lui. Le président du Rdr a commis l'erreur de promettre la primature à tour de bras. Alors que le Pdci-Rda d'Henri Konan Bédié attendait tout sagement ses « royalties » de campagne présidentielle, Ouattara maintient contre toute attente son « petit en arme ». Alors même que Guillaume Soro anciennement PM de Gbagbo dépose le tablier pour faire allégeance au « nouvel élu », ce dernier, Ouattara le confirme à la surprise générale.

C'est l'adage de « qui goutte goutera » et Guillaume Soro ne serait plus prêt à lâcher la portion. Une précipitation dans les promesses de campagne qui coûtera cher à Ouattara. De sources diplomatiques, la France de Nicolas Sarkozy ferait une très forte pression suivie de menaces à peine voilées sur Alassane Dramane Ouattara. De sources concordantes, ce pays ne « demanderait » plus mais « exige » d'Alassane Dramane Ouattara de nommer « un cadre de LMP au poste de Premier ministre pour faciliter la réconciliation nationale et faire revenir la confiance au sein des populations civiles ». La France voudrait dire que les populations ivoiriennes n'ont pas confiance en M. Ouattara qu'elle n'aurait pas fait mieux. Mais pas une nomination à l'emporte-pièce. La France exige, ajoutent nos sources, que ce cadre LMP soit « un proche du Président Laurent Gbagbo ».

Laurent Gbagbo sait-il que ce genre de tractations a lieu en ce moment ? A-t-il avancé un nom ou donné son accord pour la nomination de son « proche » au poste de Premier ministre de son tombeur ? Pour la première question, c'est probable que Gbagbo sache, car à un tel niveau d'implication plus aucune discussion ne se fait sans vous, tant que vous êtes en vie, ce qui est le cas en ce moment. Quant à la deuxième question, il est quasiment impossible que le Président Gbagbo donne ne serait-ce que son accord de principe, pour une initiative dont l'objectif premier est de polir l'image de son tombeur. On ne fait pas de passe à son adversaire, c'est connu en politique et Gbagbo sait que Ouattara est en plein dans des difficultés de gestion.

Impossible donc encore pour deux autres raisons.

La première est que Laurent Gbagbo a refusé de signer une lettre de reddition sanctionnant la chute de son régime. Ce, au moment où les missiles de l'armée française pleuvaient sur sa résidence officielle. Il n'a donc pas signé sa reddition, un refus qui a un impact négatif sur le pouvoir embryonnaire d'Alassane Ouattara. Lequel pouvoir ne repose pas sur le droit, mais est issu d'un coup d'Etat.

Deuxième raison de ce hic, Laurent Gbagbo est resté ferme, insensible et imperturbable face à la « proposition indécente » de la France. Avant le lancement de la première bombe sur sa résidence, la France a promis à Laurent Gbagbo, la bagatelle de quatre cent millions (400.000.000) d'euros, pour signer sa propre reddition. Le refus de l'ex-président ivoirien a précipité le largage des autres missiles sur son palais. Avec autant de couleuvres qu'il a refusé d'avaler au risque de sa vie, et la vision cauchemardesque des centaines de corps des Jeunes Patriotes sans vie qui jonchaient les jardins de son palais, peut-on encore croire que Laurent Gbagbo puisse avaliser un proche pour le poste de Premier ministre dans un régime dirigé par Alassane Dramane Ouattara? Pas vraiment et ce serait mal connaitre cet historien passionné de Jules César, Moïse...

Et même si par extraordinaire Gbagbo acceptait de valider un ministrable dans son entourage immédiat, il est quasi impossible à Ouattara - à moins de l'expédier hors de ce monde -, de déboulonner un Guillaume Soro qui n'est pas venu sur la scène politique les mains vides et les pieds nus. Soro a fait irruption avec des hommes chargés de fusils d'assaut, lui-même arborant un ensemble vert treillis et chaussé de brodequins. Lui qui a été nommé Premier ministre avant l'heure par Alassane Dramane Ouattara n'est pas pauvre en atouts. Le premier et le plus solvable de ses atouts en ces temps de guerre reste et demeure son armée. Les Forces nouvelles toujours prêtes à lui obéir à l'image des Issiaka Ouattara alias Wattao, Touré Hervé alias Vétcho, Morou Ouattara, Fofié Kouakou et bien d'autres chefs de guerre qui ont jusqu'ici constitué l'épine dorsale des stratégies de pression de Guillaume Soro dans toutes les négociations et accords politiques.

L'autorité a foutu le camp : Abidjan, poudrière à ciel ouvert

En attendant que le couple Sarkozy-Ouattara trouve la solution à l'énigme Soro, des nouvelles boîtes de pandores se sont ouvertes, béantes les unes que les autres. Parmi elles, l'insécurité ambiante dans le District d'Abidjan et toutes les villes de Côte d'Ivoire. Tout le monde s'en inquiète y compris les guerriers venus du nord. Une véritable force à l'image des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire (forces régaliennes), faisant office d'autorité publique, fait défaut. Une bonne partie des troupes du chef d'Etat-major des armées ivoiriennes s'est évanouie dans la nature, après le coup d'Etat d'Alassane Dramane Ouattara. Emportant les armes de dotation et certaines de guerre. Quant aux différentes casernes, même si elles sont restées imprenables, personne ne sait, deux semaines après la chute du « Chef Suprême », où sont passés les chefs d'unités spéciales.

C'est pareil partout dans les villes qui abritent des garnisons. Si bien que les populations ivoiriennes respectueuses des lois républicaines ne savent plus à quelles autorités se fier. Les mouvements rebelles une fois arrivés à Abidjan se sont métastasés et se sont jetés dans la course aux pillages systématiques. Les populations du District d'Abidjan font face à des forces parallèles et antinomiques qui foisonnement à tous les coins de rue sans que personne, ni même les soit disant come-zones, ne sache qui fait quoi. Cocody Riviera Les Rosiers, il est environ 8 h ce lundi 18 avril, ça devrait être le jour de la reprise du travail, un adolescent, 16 ans environ, se met à chanter, kalachnikov à la traine : « An tôkô bê commando. An nana Abidjan ka Gbagbo faka » Traduction : « Nous sommes des commandos. Nous sommes arrivés à Abidjan pour tuer Gbagbo ».

Résultats du chaos, la quasi totalité des familles abidjanaises sont visitées de jour comme de nuit, des arrestations et exécutions sommaires, par des éléments se réclamant des Forces républicaines de Côte d'Ivoire d'Alassane Dramane Ouattara. Les hommes de M. Ouattara ont fini par montrer leur réel objectif. A savoir piller tout sur leur passage, à commencer par les sociétés d'Etat. Tous les véhicules d'immatriculation d'Etat sont d'office réquisitionnés par les pro-Ouattara et acheminés vers des destinations plus au nord de la Côte d'Ivoire d'où ils seront certainement vendus dans les pays limitrophes. Pendant que les grands font mains basses sur les sociétés d'Etat, les petits, sans vergogne rendent visite aux familles cossues de Cocody leur « champ de bataille » de prédilection. « Ils ont l'argent ici, à Cocody, et puis nous on souffre à Bagdad (ndlr, Abobo). On est là pour se servir et puis on va partir. A bâtard ! »

Ainsi plusieurs forces se partagent la ville d'Abidjan. Question : qu'adviendra-t-il quand les subdivisions Frci pro-Ouattara n'auront plus rien à piller et que ce qu'ils ont pillés se trouvera entre les mains des clans rivaux ? Personne n'en sait rien. Une chose est sûre, c'est qu'ils ont beau se côtoyer sur le terrain, ces combattants-pillards ne se connaissent pas. Ou du moins se reconnaissent par leurs méthodes : « ça, ce sont les hommes de IB (ndlr, Ibrahim Coulibaly), c'est eux qui travaillent comme ça », se dédouane un jeune chef de groupe venu « surveiller » un sous quartier huppé de Cocody où des résidents se sont bien résolus à lui verser, lui et ses « compagnons de guerre », l'argent de « gardiennage ». Du coup, ils en ont fait leur « territoire ».

Désarmement : l'autre piège tendu à Ouattara

Ces groupes armés se forment au moment où l'Organisation des Nations Unies décide de mettre le holà. En effet, si la décision du Conseil de sécurité, attendue mardi 19 avril 2011, tombe effectivement, il faudra compter avec ses dégâts collatéraux. Que deviendront ces groupes armés qui ont combattu aux côtés des chefs de guerre pour prendre la bastille d'Abidjan ? Ibrahim Coulibaly s'est investi « Président de la République de Côte d'Ivoire », parallèlement à Alassane Dramane Ouattara. En ce moment même, il nous revient de façon récurrente qu'il courtise les Jeunes Patriotes livrés à eux-mêmes après le ralliement et la fuite de certains leaders. Ceux-ci sont disséminés à Yopougon, la plus grande commune du District d'Abidjan où ils combattraient « pour l'honneur et pour leur propre survie » et rechignent à déposer les armes malgré les appels de leurs chefs. Du pain béni.

Si Ibrahim Coulibaly qui voue une haine recuite à Alassane Ouattara qu'il n'a de cesse d'accuser « d'étranger qui veut diriger la Côte d'Ivoire » - un discours récemment ressassé dans la commune d'Adjamé, précisément aux 220 logements - réussit à rallier certains Jeunes Patriotes, par quel stratagème pourra-t-on le pacifier ? En outre, laissera-t-il désarmer ses hommes sans rien demander en contrepartie ? Quelle compensations exigerait-il ? Il en est de même pour Guillaume Soro. Le Secrétaire général des Forces nouvelles ne démordra pas si facilement, lui grâce à qui « Ouattara est devenu président ».

Qui viendra les désarmer, lui et ses combattants ? Sont-ce la France, les Casques bleus de l'Onu avec qui ils ont pactisé pendant neuf (9) ans que dure cette crise que toute la communauté internationale a créée de toute pièce ? Autant dire que le « nouveau régime » a du pain sur la planche.

Les éléments ci-dessus montrent clairement qu'un coup d'Etat ne suffit pas pour effacer Laurent Gbagbo dans l'esprit des Ivoiriens. Et que, bien que ce dernier ne soit plus aux commandes comme l'ont voulu Nicolas Sarkozy, Barack Obama, Ban Ki-Moon, Young Jin-Choï, l'Onu, l'Union africaine, la Cedeao et les militants du Rhdp, force est de constater que l'ombre de Laurent Gbagbo continue de planer sur la Côte d'Ivoire et son génie politique continuera d'embarrasser même ses plus farouches adversaires.

Même en résidence surveillée, fut-elle dans le fief des Frci, le Woody de Mama demeure redoutable comme un fauve en cage.

 

Simplice Allard

Source: COTE D'IVOIRE LA VRAIE

SIGNEZ LA "PETITION POUR LA LIBERATION IMMEDIATE DE LAURENT GBAGBO"

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Laurent Gbagbo, Président constitutionnellement élu en Côte d'Ivoire, investi le 4 décembre 2010, a été livré, le 11 avril 2011, par l'armée française, avec la complicité de l'ONU, à Alassane Ouattara, imposé à la Côte d'Ivoire sur la base de résultats frauduleux illégalement proclamés, mais reconnus par le représentant du secrétaire général de l'ONU, le Coréen Young-jin Choi. A l'écrasement militaire, rappelant les pires heures de sa politique coloniale en Afrique, la France a ajouté l'humiliation dont avait été victime le Congolais Patrice Lumumba avant d'être assassiné il y a un demi-siècle avec la complicité de l'ONU.

Laurent Gbagbo, opposant historique depuis la fin des années 1960 qui a incarné la lutte pour le multipartisme et la démocratie en Côte d'Ivoire, n'a jamais pris les armes et a été élu en 2000. Il a été remis par les éléments de la Force française Licorne à ceux-là même qui ont voulu le renverser par un coup d'Etat militaire en septembre 2002 précipitant la partition du pays et plongeant celui-ci dans une crise meurtrière pour le peuple ivoirien.

Nous, soussignés,

Pacôme Adjourouvi, Albert Bourgi, Guy Labertit, Christian Mensah, Calixthe Beyala, Olympe Bhëly Quenum, Marcel Amondji, Cheikh Oumar Diarrah, Amath Dansokho, Michel Galy, Gaston Kelman, Malick Ndiaye, Hermann Yaméogo,  Jean Marie Teno, Francis Kpatindé, Théophile Kouamouo, Léopold Gnininvi, Hervé Emmanuel Nkom...

DÉNONÇONS

  • l'intervention de la France en Côte d'Ivoire qui outrepasse le mandat de l'ONU et viole le droit international ;
  • les mensonges d'Etat du gouvernement français et la complaisance de nombreux médias;
  • les exactions et les tueries perpétrées par les troupes d'Alassane Ouattara contre les partisans de Laurent Gbagbo depuis son arrestation illégale, dont la première victime a été l'ancien ministre de la Justice et de l'Intérieur Désiré Tagro.

CONDAMNONS

la politique guerrière, illégitime et coûteuse, conduite par le Président Sarkozy, avec la complicité des Etats-Unis, de chefs d'Etat d'Afrique et de l'ONU ayant mis sous tutelle la diplomatie africaine.

DEMANDONS

La libération immédiate de Laurent Gbagbo car la réconciliation ne peut se faire en Côte d'Ivoire qu'avec Laurent Gbagbo vivant et libre.    

 

Pour signer, cliquez sur: LIBEREZ LAURENT GBAGBO