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jeudi, 07 avril 2011

SIDIKI BAKABA: «SI LES IVOIRIENS NE VOULAIENT PAS DE GBAGBO, IL S'EN IRAIT»

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Acteur et réalisateur proche de Laurent Gbagbo, Sidiki Bakaba est resté dans la résidence présidentielle à Abidjan. Pour SlateAfrique, il raconte son engagement et l'ambiance sur place.

 

Acteur et réalisateur ivoirien proche de Laurent Gbagbo, Sidiki Bakaba se trouve à ses côtés dans la résidence de Cocody. Acteur dans de nombreuses pièces de théâtre et au cinéma dans le très beau Visages de femmes (Désiré Ecaré, 1972), Bako, l'autre rive (Jacques Champreux, 1977) et Camp de Thiaroye (Ousmane Sembene, 1987), il est auteur de plusieurs documentaires et fictions. Il a récemment tourné Cinq siècles de solitude, la victoire aux mains nues, sur les événements politiques qui ont secoué la Côte d'Ivoire entre 2002 et 2004. Il est occupé à filmer les combats des derniers jours, et nous l'avons eu au téléphone ce mercredi 6 avril, sur fond de tirs assourdissants, pendant l'assaut lancé au matin par les forces pro-Ouattara contre Laurent Gbagbo. Sidiki Bakaba, 62 ans, un Ivoirien «nordiste» issu du grand groupe mandingue, explique à SlateAfrique les raisons pour lesquelles il reste loyal, jusqu'au bout, à son ami Laurent Gbagbo. Ce dernier l'avait nommé directeur du Palais de la culture dès son accession à la présidence en 2000.

SlateAfrique - Pourquoi êtes-vous toujours à la résidence aux côtés de Laurent Gbagbo?

Sidiki Bakaba - Un proverbe indien disait à l'époque de Gandhi que le paysan laboure en temps de paix, mais laisse la houe en temps de guerre pour aller défendre son pays. J'ai fait un film sur les événements de 2002-2004 qui s'appelle La victoire aux mains nues, et qui raconte le massacre qui s'est produit devant l'hôtel Ivoire. Je continue de filmer aujourd'hui, j'étais tout à l'heure sur un véhicule RPG et j'ai dû sauter pour me protéger. Je défends mon pays.

SlateAfrique - Vous défendez votre pays ou votre ami Laurent Gbagbo?

S.B. - Mon pays! Je reste aux côtés de Laurent Gbagbo. C'est un grand frère, c'est aussi la réalité. Mais je vois des gamins de 22 ans qui ont la rage au cœur, qui veulent l'indépendance réelle et totale. Nous, à notre adolescence, nous avons connu l'indépendance, qui a été un échec lamentable et du bluff, avec des rapports de conseils des ministres qui étaient d'abord visés à Paris. La plupart des jeunes d'aujourd'hui en Côte d'Ivoire n'ont pas eu la chance de faire des études comme nous, mais ils savent ce que c'est que la défense de la souveraineté. En Tunisie, il n'a pas fallu une semaine pour faire tomber le président Ben Ali. On ne se pose pas la question de savoir pourquoi les Ivoiriens, à l'inverse, sont là pour défendre leur Président. Il y a ici des gens extraordinaires qui sont écœurés par le mensonge dont on leur rebat les oreilles. Chaque fois que je filme un de ces jeunes en gros plan, ils disent: «Je veux la vraie indépendance Papa, pas ce que vous avez vécu.» Il faut libérer ce pays et les autres pays. J'ai toujours été un homme de spectacle et voilà que, depuis quelques jours, je suis un militaire.

SlateAfrique - Comment est l'ambiance à la résidence de Cocody?

S.B. - Très familiale, tranquille. Les gens chantent et prient. Tout va bien. Laurent est souriant pour ceux qui ont la chance de le voir. Il n'y a aucune panique.

SlateAfrique - Ne pensez-vous pas que la Radiotélévision ivoirienne (RTI) a déversé de la propagande incitant à la haine ces derniers mois?

S.B. - Elle a diffusé des films qui ont été faits par les Français eux-mêmes, comme ce documentaire sur la Françafrique qui a galvanisé les gens. Quand on parle de propagande, croyez-vous que c'est seulement la télévision française qui dit la vérité? Tout est faux! Hier encore, le soir du 5 avril, on en riait ici: on annonçait que Laurent avait signé un papier pour sa reddition! Ce matin, on a commencé à nous canarder. Les dépêches disent que ce n'est pas la France qui est derrière, que ce sont les combattants pro-Ouattara qui donnent l'assaut, qu'ils ont déjà d'ailleurs mis le pied dans notre cour. Je peux vous dire que tout est faux, puisque j'y suis: nous avons en face de nous l'armée française, le Bima, ou alors ce sont des Ivoiriens aux visages pâles et aux yeux bleus. Ils attendent le soir pour que les hélicoptères viennent nous canarder. Je ne sais pas quelle est leur stratégie, mais c'est de la lâcheté. Mais dans toutes les guerres, c'est pareil. La guerre ne se fait pas seulement avec des armes, mais aussi avec des images. J'ai filmé les corps des jeunes qui tombent du côté de l'armée pro-Alassane, j'ai tout filmé: les liasses d'argent qu'ils ont dans les poches, ce sont des faux, comme on fait au cinéma. Le premier billet de la liasse est vrai, et à l'intérieur, il n'y a que du papier. Si on est réduit à payer des mercenaires avec du papier...

SlateAfrique - Pourquoi vous engagez-vous de la sorte au risque de votre vie?

S.B. - Je n'ai plus l'âge de ces gamins que je filme. Nous, les Soninkés, nous avons un âge auquel nous n'avons pas le droit de parler. Or, à mon âge, parler est un devoir. Des deux côtés, il y a de l'exagération. Quand j'entends sur la RTI que celui qui est en face est un étranger, alors là je dis non! C'est un candidat à la présidentielle. Si on va sur ce terrain, alors moi aussi je suis visé.

SlateAfrique - Vous reproche-t-on le fait que soyez du Nord dans l'entourage de Gbagbo?

S.B. - Le premier qui me dit que je suis un étranger, je lui donne un coup de pied! Je suis né Français en 1949. L'indépendance m'a trouvé ici. J'ai une patrie, la Côte d'Ivoire. Je ne vais pas faire comme d'autres artistes et aller me planquer à Paris! Je dois être là où ça se passe. Tout est faux! Tout à l'heure, je repartirai filmer sur le front! Si le Burkina avait été agressé comme l'est la Côte d'Ivoire, si la France avait été agressée comme l'est la Côte d'Ivoire, j'aurais aussi filmé!

SlateAfrique - Le poison de l'ivoirité n'a-t-il pas détruit la Côte d'Ivoire?

S.B. - Je suis le premier à le dire! Quand la hyène veut manger son petit, elle l'accuse de sentir la chèvre. Ce n'est pas Gbagbo qui a amené l'ivoirité. Laurent Gbagbo, un Bété, a écrit en 1971 un texte intitulé Soundjata, lion du Manding. Son héros, c'est le premier empereur de l'Afrique de l'Ouest. Et dans cette pièce, il écrit souvent: «Plutôt la mort que la honte.» L'ivoirité, j'en ai moi-même été victime en 1992 quand on m'a considéré comme un pestiféré dans mon pays, parce que j'étais l'ami d'un opposant à Houphouët-Boigny, ce même Gbagbo qui a fait mettre toutes mes affaires dans un conteneur pour que je reparte en France. Il y a eu dans les journaux des pages d'insultes à mon égard, sous le seul prétexte que je ne serais pas Ivoirien, mais Mandingue, Malinké, Soninké. Ils n'avaient pas d'autres arguments. C'est de l'incompétence, de la jalousie, de la faiblesse que de dire celui-là n'est pas Ivoirien. Laurent m'a dit de ne pas répondre et je suis reparti en France.

A table, un jour, quelqu'un m'a posé la question de mes «horizons». Laurent s'est fâché, il a été blessé à ma place, et a répondu: «Vous ne savez pas qu'il vient d'Abengourou?» Je suis né dans cette ville, chez les Agnis, en pays akan. Je considère cela comme une richesse. Tenez, il y a un jeune écrivain ivoirien, Koffi Kwahulé, qui écrit pour la Comédie française. Il est Baoulé de père et de mère et il est né à Abengourou comme moi. Et voilà que les écrivains ivoiriens se réunissent pour dire qu'il est Ghanéen! Pourquoi? Aucun d'eux n'arrive à sa cheville! Je peux vous dire que tout ce qui a été dit contre Ouattara, toutes ces années de rejet, c'est terrible. Je me bats, je suis au feu, je prends des risques... Vous savez, on dit chez nous: «Donne tout à l'étranger.»

Il y aurait une psychanalyse à faire, une histoire à raconter. Quand les Akans sont venus du Ghana en suivant la reine Pokou, le peuple Baoulé est né [Baoulé signifie l'enfant est mort, ndlr]. La reine Pokou a sacrifié son enfant pour passer en Côte d'Ivoire. Comment peut-on traiter les Akans d'étrangers? Il faut que nous nous asseyons dans ce pays pour résoudre le problème de l'ivoirité. Le jour où les petits Ivoiriens auront appris à l'école à quel point ils sont riches de leurs origines, nous aurons une nation. Pour l'instant nous n'avons pas de nation, mais un peuple dont on ne s'est pas occupé sérieusement pendant cinquante ans.

SlateAfrique - Que reprochez-vous à Alassane Ouattara?

S.B. - Je ne lui reproche rien, à lui. C'est mon frère aussi. Le problème politique qui est posé, avec les élections, je le regarde simplement, je l'observe. Je ne dis rien. Tout cela ne mérite pas qu'on s'arme pour venir bousiller tout le monde. Mais les gamins sont obligés de se battre: on a en face de nous des blancs! On a fait un monstre de Laurent Gbagbo. On peut tout lui reprocher, sauf l'ivoirité. Je souhaite qu'ils s'apaisent tous les deux. Il faut que nous, les plus de 50 ans, cessions d'être égoïstes et pensions aux enfants, les jeunes qui font 70% de notre population et qui se battent et tombent aujourd'hui.

SlateAfrique - Laurent Gbagbo est-il décidé à partir ou à mourir? Y a-t-il des discussions dans son entourage sur la stratégie à avoir, ou pour lui dire qu'il aurait du partir plus tôt?

S.B. - Je ne pense pas qu'il partira. Cela fait quatre mois qu'on est là. Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Laurent Gbagbo, ils l'auraient déjà fait partir.

SlateAfrique - Une manifestation contre la RTI menée par les partisans de Ouattara n'a-t-elle pas été réprimée dans le sang, le 16 décembre?

S.B. - Il arrive que dans les manifestations, quand des tirs interviennent, il y ait une riposte. Voilà dix ans que nous sommes dans le sang. Nous avons un Président qui est l'un des plus démocrates du continent. Il a une démocratie qui est en avance. Il y a la liberté d'expression ici. Les discussions ici dans son entourage portent plutôt sur le fait qu'il ne sévit pas assez. Il n'est pas assez dur. Avec le pouvoir, il faut être beaucoup plus dur. Il y a eu des exactions de tous les côtés, on a découvert un charnier énorme à Duékoué. On ne va pas dire que Gbagbo est allé encore faire un charnier là-bas! Si les Ivoiriens ne voulaient pas de Gbagbo, ils se lèveraient, et il s'en irait. Si ce sont d'autres gens qui dictent son départ, il ne partira pas. A sa place, je ne bougerais pas. Quand on n'est pas d'accord, on doit être capable de dire non. J'ai des échos de l'Occident: je peux vous dire qu'il n'est pas question d'exil. Personne n'a fui, tout le monde est ici. Quelquefois, des tirs tombent dans la cour, mais ça ne fait peur à personne. Laurent Gbagbo dérange, comme Sékou Touré, comme Sankara, comme Lumumba, parce qu'il tient le langage de la souveraineté.

SlateAfrique - A-t-il peur de poursuites devant la Cour pénale internationale?

S.B. - On peut lui attribuer tout ce qu'il n'a pas fait! On a vu ce qui s'est passé avec Saddam! Les armes de destruction massives en Irak, on ne les a jamais vues... L'Occident n'arrête pas de se contredire. Aujourd'hui, on conteste ce qui s'est passé au Vietnam, en Irak. Ici, Obama avait été fêté comme un dieu, et certains ont tatoué son nom sur leurs bras. Mais Obama est un Président de l'Amérique de droite, point barre. Comme Kofi Annan, qui n'a fait que combattre l'Afrique, ils sont aux ordres et n'ont pas de pensée africaine.

 

Propos recueillis par téléphone par Anne Khady Sé.

 

Source: SLATEAFRIQUE

lundi, 04 avril 2011

EPURATION ETHNIQUE ANTI WE A DUEKOUE: LE TEMOIGNAGE D'UN HUMANITAIRE DE LA REGION

 massacre-duekoué

Ce témoignage est celui d'un habitant de Duékoué exerçant dans l'humanitaire, qui pour des raisons évidentes, préfère garder l'anonymat. Mais qui s'engage sur l'honneur et se dit prêt à témoigner devant n'importe quelle juridiction à l'avenir. Une liste des morts et des disparus de Duékoué est déjà en train d'être constituée pour ce qui apparaît comme le massacre de plus forte ampleur dans l'histoire de la guerre en Côte d'Ivoire.


La prise de Duékoué par les FRCI (ainsi se sont baptisées les troupes de Ouattara) a eu lieu le lundi 28 mars 2011. Les journaux qui leur sont proches confirment bien cette date, dans leurs parutions de lundi et mardi. De même que l'intervention d'Alain Lobognon, porte-parole de Soro. Une depêche de l'AFP est disponible à ce sujet.

Après la prise de la ville, les FDS ont replié sur Guiglo, laissant les populations aux mains des rebelles. A Guitrozon et Petit-Duékoué, toutes les populations se sont refugiées en brousse, fuyant d'éventuelles exactions. Il en est de même des populations des villages Wê de Dahoua, Bahé, Pinhou et Glaou.

Jusqu'à mercredi, la ville de Guiglo, coincée entre Bloléquin (occupée par les FRCI) et Duékoué (également occupée), et sans défense aucune (les FDS ont décroché vers le Sud en passant par Taï) n'était pas prise par les FRCI, à la grande surprise des populations. On le comprendra dans ce qui suit.

Les FRCI tenaient à massacrer les populations du quartier « Carrefour », soupçonné d'abriter un groupe d'autodéfense. Les tueries ont eu lieu dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, dans le quartier « Diaye Bernard » communément connu sous le nom de « Carrefour ». En regardant une carte Google Earth, on peut localiser ce quartier qui a accueilli près de 9 000 réfugiés, suite aux conflits de janvier 2011 à Duékoué.

Il est situé à l'entrée de la ville de Duékoué, le long de l'axe Issia-Duékoué-Man. Il est limité à l'Est (axe Duékoué-Issia) par une zone marécageuse qui donne sur la scierie NSD-THANRY et le camp de l'ONUCI. A l'Ouest, le quartier est bordé par les marécages du Guémon. Ce sont ces marécages qui isolent ce quartier du centre-ville. Le Nord du quartier est traversé par la route non-bitumée Duékoué-Bagohouo-Kouibly. Le Nord est donc en zone rebelle, puisque le poste FDS est implanté dans le quartier. Le Sud du quartier est la voie bitumée Issia-Duékoué-Man.

Une fois la ville conquise le lundi 28 mars, les pillages ont commencé dans la nuit du lundi et se sont poursuivis toute la journée du mardi 29. Les populations étaient toutes terrées chez elles, les rebelles tirant pour couvrir leurs forfaits. Ainsi ont été pillés les hôtels Ermitage, Matchaix et Monhessea. L'hôtel en construction de l'homme politique Séa Honoré, pourtant proche de Ouattara, a été pillé à partir du jeudi. Il en fut de même pour tous les domiciles des FDS (qui ont quitté la ville) et de tous les cadres proches de Gbagbo. Au cours des combats, des véhicules appartenant au riche commerçant DEMBA, d'origine malienne, ont été brûlés. Au moins 7 gros camions, communément appelés « remorques » et servant au transport de cacao. Dans des circonstances non encore élucidés, l'Imam Konaté, connu pour ses efforts de paix et de rassemblement et proche des cadres LMP de la région et du ministre Issa Malick Coulibaly, ex-DNC de Gbagbo, a été tué à son domicile.

Dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 mars 2011, les rebelles ont bouclé le carré du quartier Carrefour. Il a suffit pour cela de se positionner tout le long de l'axe Duékoué-Issia (au Sud) et d'occuper de la même façon le Nord du Quartier. Les zones Est et Ouest étant marécageuses, donc peu propices à la fuite, quelques rebelles suffisaient à empêcher toute sortie du quartier. Le reste de la troupe pouvait donc investir le quartier et se livrer à l'exécution de tout mâle ne parlant pas malinké. Les Wê, autochtones de Duékoué, ont donc été systématiquement massacrés, au seul motif de leur appartenance ethnique. Le CICR parle de 867 morts. Mais les disparus, les tués en brousse, portent ce nombre à au moins 1200 personnes. L'objectif est de modifier le rapport démographique et électoral en faveur du RDR, dans cette région stratégique et riche, mais où les conflits fonciers sont un grand souci pour les autorités politiques.

Il convient de signaler que, devant l'ampleur des massacres et l'émoi créé, l'ONUCI s'est vue obligée de désarmer le samedi 2 avril 2011, à 15H, les rebelles postés au corridor de Guitrozon. « Pourquoi, tuez-vous tant de personnes? », s'est exclamé l'officier marocain de l'ONUCI. A Petit-Duékoué, le même samedi vers 14 heures, deux rebelles qui avaient abattu sommairement des villageois ont été abattus, après sommation, par l'ONUCI.

 

 Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

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De la même source, les deux articles ci-dessous:

Ce sont les forces pro-Ouattara qui ont libéré les 6000 prisonniers de la Maca

 

Qui a pris la responsabilité politique de libérer les prisonniers de la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, entraînant mécaniquement une recrudescence de l'insécurité et de la confusion dans un contexte déjà troublé ? Les dépêches des agences de presse (dont l'AFP) se refusent à trancher. Le camp Gbagbo accuse le camp Ouattara. Alain Lobognon, conseiller spécial de Guillaume Soro, a rejeté cette accusation sur son compte Twitter, attribuant ce choix pour le moins irresponsable à l'adversaire. Les FDS l'auraient fait pour couvrir leur fuite.

Anciens pensionnaires de la MACA, disposant donc de bons informateurs parmi les prisonniers, le journaliste Saint-Claver Oula (rédacteur en chef du Nouveau Courrier) et moi avons enquêté sur le sujet. Nos conclusions, après vérification et recoupements.

- Ce sont « les hommes d'IB » (Ibrahim Coulibaly, qui passe pour être la tête du « commando invisible » pro-Ouattara à Abidjan) qui ont libéré les prisonniers. Les détenus de droit commun, les prévenus et les bandits de grand chemin.

- Les prisonniers ont été conduits à Abobo PK 18, où les combattants pro-Ouattara ont tenté de les convaincre de s'enrôler auprès d'eux parce que c'est sous le régime Gbagbo qu'ils auraient été emprisonnés. Ceux qui ont dit « oui » ont pris les armes et sont aujourd'hui au nombre des combattants. Ce qui explique (en partie) les pillages très graves enregistrés à Angré, le quartier de Cocody le plus proche d'Abobo.

- Certains prisonniers ont été « libérés » de toute forme d'obligation militaire et ont tenté de joindre qui leur famille qui des amis dans un district d'Abidjan déserté et où la méfiance règne. Bien entendu, ils seront tentés, alors qu'ils n'ont pas un sou vaillant et que les déplacements massifs font qu'ils ne retrouveront pas forcément leurs familles, de se payer sur le dos de la bête.

 

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Qui sont les dozos, accusés des massacres à Duékoué ?

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« Il y a eu 330 personnes tuées à Duékoué de lundi à mercredi [...]. La plupart ont été exécutés par les "dozos", des FRCI ». Cette accusation provient de l'ONUCI, considérée comme "très compréhensive" vis-à-vis desdites FRCI (Forces républicaines de Côte d'Ivoire, pro-Ouattara. Mais elle n'explique pas pour les profanes qui sont ces fameux "dozos", qui font partie des combattants du "président reconnu par la communauté internationale".

Les dozos sont les membres d'une confrérie ancestrale de chasseurs traditionnels en pays malinké (Nord de la Côte d'Ivoire, mais aussi Burkina Faso et Mali). Une confrérie à caractère ethnique, donc. Ils sont craints pour leurs supposés pouvoirs mystiques. Ils seraient invulnérables aux balles et créeraient l'effroi chez les militaires de l'armée ivoirienne. Les dozos sont en général analphabètes et frustes. Confinés dans un univers tribal, ils n'ont qu'une faible compréhension des concepts républicains.

Depuis le déclenchement de la rébellion le 19 septembre 2002, ils ont été accusés de nombreux massacres, mais ils n'ont jamais été démobilisés ni désarmés. Leurs dérives étaient prévisibles. Durant la guerre en Sierra Leone, leurs alter ego, les kamajors, se sont rendus coupables de graves crimes contre l'humanité.

Les massacres perpétrés par les dozos de Ouattara mettront forcément en lumière la nature réelle et le parcours des combattants des FRCI, qui se pose déjà en armée "officielle" de la Côte d'Ivoire. En dehors des dozos, on retrouve une majorité de jeunes civils, enrôlés sur une base ethnique après le 19 septembre 2002, des mercenaires "prêtés" par des Etats étrangers comme le Burkina Faso voisin et quelques officiers ou sous-officiers déserteurs des FDS, quasiment tous issus du Nord de la Côte d'Ivoire - ils sont désormais "secourus" par des déserteurs plus récents, sortis du rang des loyalistes lors de la crise postélectorale.

Est-il possible de faire d'un agglomérat de combattants soudés par le "revanchisme ethnique" une armée nationale, respectueuse de tous les individus et de toutes les ethnies du pays ? Difficile de répondre à cette question. Beaucoup plus difficile que de vanter le "professionnalisme" de l'assaut des FRCI sur Abidjan.

 

Théophile Kouamouo

jeudi, 31 mars 2011

LEVE-TOI, ETERNEL!

Prières et paroles pour la Côte d'Ivoire, mon pays!

 

"Lève-toi, ETERNEL! et que tes ennemis soient dispersés! Que ceux qui te haïssent fuient devant ta face!" (Nombres 10: 35).

"Ceux-ci s'appuient sur leurs chars, ceux-là sur leurs chevaux; Nous, nous invoquons le nom de l'ETERNEL, notre DIEU. Eux, ils plient et tombent; Nous, nous tenons ferme, et restons debout. ETERNEL, sauve le roi!" (Psaume 20: 8 à 10).

"ETERNEL! le roi se réjouit de ta protection puissante. Oh! comme ton secours le remplit d'allégresse!". "Le Roi se confie en l'ETERNEL; Et, par la bonté du Très-Haut, il ne chancelle pas". "Lève-toi, ETERNEL, avec ta force! Nous voulons chanter, célébrer ta puissance." (Psaume 21: 2, 8 et 14).

"Lève-toi, ô ETERNEL! Que l'homme ne triomphe pas! Que les nations soient jugées devant ta face! Frappe-les d'épouvante, ô ETERNEL! Que les peuples sachent qu'ils sont des hommes!" (Psaume 9: 20 et 21).

"Lève-toi, ETRENEL! ô DIEU, lève ta main! N'oublie pas les malheureux!". "Brise le bras du méchant, punis ses iniquités, et qu'il disparaissent à tes yeux!" (Psaume 10: 12 et 15).

"Fais lever sur nous la lumière de ta face, ô ETERNEL!" (Psaume 4: 7).

"Ne t'éloigne pas de moi quand la détresse est proche, quand personne ne vient à mon secours" (Psaume 22: 12).

"Elève-toi sur les cieux et que ta gloire soit sur toute la terre! Afin que tes bien-aimés soient délivrés, sauve par ta droite, et exauce-nous!" (Psaume 108: 6 et 7).

"Avec DIEU, nous ferons des exploits; il écrasera nos ennemis" (Psaume 60: 14).

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

 

 

DINDE Fernand AGBO

lundi, 28 mars 2011

TELECHARGEZ « REGARDS CROISES », VOTRE BLOG PREFERE: MISE A JOUR DU 28 MARS 2011

 

LOGO IVOIRE-BLOG.png

 

Pour télécharger la mise à jour du 28 mars 2011 de votre blog préféré, veuillez cliquer :

ICI

 

Vous pouvez également effectuer votre téléchargement en passant par la nouvelle catégorie que nous avons créée à cet effet dans la colonne de droite (dernier titre, en bas) : « Télécharger le blog Regards Croisés : Lancer l'export de la mise à jour du (date de la dernière mise à jour) ».

Comment visualiser le blog Regards Croisés, une fois le téléchargement effectué ?

1-      Double-cliquer dans le fichier zip (compressé : en icône de livres rouge, bleu et vert empilés, avec le titre en minuscule sans accent « regardscroises », terminé par un nombre en milliers et le mot « zip ») ;

2-      Si votre ordinateur comporte un logiciel « WinRAR » installé, il vous fera apparaître un encart de dialogue sous forme de tableau. Cliquer dans « Extraire vers » et choisissez le dossier (ancien ou nouveau) ou le périphérique où vous voulez conserver votre archive zip extraite;

3-      Une fois l'opération effectuée, vous allez vous retrouver avec deux nouveaux documents, dans le dossier ou le périphérique d'accueil que vous aurez choisi: un dossier (jaune) « regardscroises » et un fichier « index.html »). Votre extraction est donc achevée. Faire alors un double-clique dans le fichier « index.html ». Vous découvrirez avec émerveillement votre blog préféré Regards Croisés dans toute sa splendeur (seuls quelques fichiers ne seront pas actifs parce que hors connexion) ! Bonne lecture !


DINDE Fernand AGBO

LES IMAGES QUE SARKOZY CACHE A LA FRANCE

Mobilisation pour la paix en Côte d'Ivoire


Les Ivoiriens veillent dans la commune du Plateau

pour soutenir les institutions et le Président de leur pays.

 

Visualiser l'intégralité de la vidéo

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cmrci
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Copyright © Mars 2011

PROJET DE CREATION D'UNE MONNAIE IVOIRIENNE: VOICI LE RAPPORT DES EXPERTS

MONNAIE IVOIRIENNE 3.jpg

Liste des membres du GRIEF-CI, par ordre alphabétique:


Nom et prénoms, Fonctions, Mails, Contacts téléphoniques

BONY Kacou Nathanaël

Expert monétaire, philosophe, politologue
05 32 87 90 07 47 32 43

DAGBO Godé Pierre
Politologue, Spécialiste des sciences politiques, ex-Directeur du CEPICI
pjgode@yahoo.com
01 35 34 65

DAKOURY Djahi Maurice

Economiste, expert en monnaie, finances et banques.
Moris_galey@yahoo.fr
05 51 22 51

DEDY Séri Faustin

Sociologue
seridedy@yahoo.fr
07 24 15 97

DEROU Jean

Historien
jeanderou@yahoo.fr
08 48 83 63

ECHIMANE Mozou Vincent

Economiste, expert en monnaie
07 86 97 30 05 99 55 02

ESSO Loesse Jacques

Statisticien, Economiste
07 90 54 57

GBAKA J. Noël

Juriste
jngbaka@yhoo.fr
05 87 96 97

GBAKA Kouadio G.

Economiste
07 26 50 47

KIGBAFORY Silué

Economiste, Politologue
08 37 42 36

KORE Gboyéré Adèle

Doctorant, Spécialiste en micro-finance
Koreadele2002@yahoo.fr
03 59 96 58

KOUAME Kouassi Franck Désiré

Economiste, expert en monnaie, finances et banques.
kfdrecherche@yahoo.fr
44 20 98 76 02 86 78 98

LOHOURIGNON Maurice

Economiste, expert en monnaie, finances et banques. Directeur de l'aménagement du territoire (Primature)
mauloko@yahoo.fr lohourignon@yahoo.fr
07 88 86 26

SEHI Bi Tra Jamal

Doctorant, Spécialiste en Développement économique et social
bijamal@yahoo.fr
07 72 18 22

SOBIA Assiata

Economiste
ishasobia@yahoo.fr
07 00 72 91

WAUTTABOUNA Ouattara

Professeur agrégé, Economiste, CAPEC
02 18 47 71

ZAKO Lobé

Expert en finances et banques.
christzako@yahoo.fr
09 54 36 71


Introduction

Le Groupe de Réflexion pour l'Indépendance Economique et Financière de la Côte d'Ivoire (GRIEFCI), composé d'universitaires et de professionnels spécialistes des questions économiques, monétaires, financières et bancaires, s'engage, par ce travail, à mener une réflexion sur la souveraineté monétaire de la Côte d'Ivoire. Par cette contribution, il exhorte les plus hautes autorités politiques incarnant la souveraineté de notre pays à prendre la décision de la création d'une monnaie ivoirienne. Les circonstances actuelles militent en faveur de l'acquisition par la Côte d'Ivoire de sa souveraineté monétaire.

De même qu'un pays souverain se dote d'un droit positif, d'une armée et de divers symboles d'Etat (un drapeau, un hymne national et autres emblèmes), de même ce pays, sur la base de sa souveraineté est fondé de battre sa monnaie.

La Côte d'Ivoire indépendante depuis 1960 partage avec sept (7) autres pays de l'Afrique de l'Ouest, trois (3) institutions :

- Une monnaie, le Franc de la Communauté Financière Africain (FCFA);

- Une Banque Centrale, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(BCEAO) ;

- Et une Union Monétaire, l'Union Monétaire Ouest Africaine (UMOA), devenue depuis 1994, l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA)1. (1 Les pays membres de l'UEMOA sont aujourd'hui au nombre de huit (8) : le Sénégal, la Guinée Bisau, la Côte d'Ivoire, le Togo, le Benin, le Niger, le Mali et le Burkina Faso). Cette coopération faite sur la base de l'auto-limitation de sa souveraineté, génère des externalités négatives empêchant la Côte d'Ivoire d'utiliser pleinement l'outil monétaire pour promouvoir son développement économique et social.

Dans la perspective pour la Côte d'Ivoire de prendre en main son destin monétaire, il apparaît approprié de s'interroger sur le concept de monnaie.

A- Du concept de la monnaie.

On ne peut envisager la création d'une monnaie sans connaître sa nature, sans s'initier à sa logique conceptuelle, sans en maîtriser ses contours.

La définition de la monnaie à travers ses fonctions ne dévoile pas sa véritable nature. C'est dans la nature de la monnaie, dans les conceptions que l'on en a, qu'on peut comprendre les diverses mouvances de l'ordre monétaire. La quête de la « science » de la monnaie est un impératif. Appréhendée conceptuellement la monnaie, c'est s'avancer sûrement dans la mise en œuvre de la création d'une nouvelle monnaie. La monnaie dans son essence est valeur. La monnaie ne joue pas le rôle de mesure de valeur, elle est cette mesure, elle est même valeur vécue. C'est autour de son essence valeur que viennent se greffer l'ensemble de ses fonctions et leurs articulations pour une structure économique et sociale donnée. En somme, la monnaie donne corps à la valeur, elle apparaît essentiellement comme l'incarnation, la matérialisation de la valeur.

␣ La monnaie bien collectif, réalité sociale fondée sur la foi (fiduciaire)


La monnaie, du fait qu'elle soit à la disposition d'un grand nombre d'usagers et non réservée à un seul individu, est un bien collectif. Bien collectif particulier que le marché n peut pourvoir, d'où l'intervention nécessaire de l'Etat pour le fournir. La monnaie est donc par essence un bien « socio-politique ». La monnaie dépend d'une sorte de plébiscite continuel auquel prend part toute la communauté. Le fait monétaire est une représentation collective et que la monnaie est fiduciaire, c'est-à-dire fondée sur la foi.

En réalité, cette fonction sociale ne fonde pas sa valeur mais la confirme. Car après tout c'est la société qui accepte la monnaie ou la rejette.
En somme, la monnaie est l'expression de l'unité et de la cohésion nationales juridiquement, politiquement et militairement protégées.

␣ De la définition de la monnaie.


S'il nous faut donner une définition de la monnaie, nous dirons que la monnaie est une créance de la société sur le système bancaire. Elle donne droit à celui qui la détient, le droit de pendre part au produit social. La monnaie objective la créance de la société sur le système bancaire.

␣ La monnaie, attribut de la souveraineté.

Au-delà de son essence d'être valeur, la monnaie est un pouvoir. C'est un attribut de la souveraineté. Une souveraineté politique et juridique ne peut être forte et sans une souveraineté monétaire. Car la monnaie constitue un véritable outil politique économique, capable d'orienter et d'impulser le développement économique.

Le contexte politico-économique


Le Conseil des ministres de l'économie et des finances de l'UEMOA, réuni à Bissau, le 23 décembre 2010, refuse d'accepter en son sein des personnalités non nommées par M. Alassane Ouattara, "le Président reconnu par la communauté internationale". A son tour, la Conférence des Chefs d'Etat et de gouvernement de l'UEMOA du 22 janvier 2011 à Bamako (Mali), entérine la décision de Bissau et pousse le Gouverneur de la BECEAO, l'ivoirien Philippe Henry DAKOUY-TABLEY à la démission. Comme conséquence immédiate, la Côte d'Ivoire se trouverait privée de toutes ses ressources financières gérées par la BCEAO, et par la même occasion verrait ses avoirs extérieurs en devises du compte d'opération logé au trésor français bloqué. Comme si cela ne suffisait pas, deux banques commerciales, filiales de banques françaises de droit ivoirien, la Banque Internationale pour le Commerce et l'Industrie de Côte d'Ivoire (BICICI) et la Société Générale de Banque de Côte d'Ivoire (SGBCI) ferment les portes le 16 et 17 février 2011, sans préavis sur injonction du gouvernement français ; du coup, les déposants ivoiriens de ces banques sont privés de leur épargne créant ainsi d'énormes préjudices.

Devant une telle adversité sans nom, tendant à asphyxier économiquement, monétairement et financièrement la Côte d'Ivoire, celle-ci se voit dans l'obligation de réagir.

Elle ne peut accepter que l'outil monétaire et l'organisation monétaire commune, l'UEMOA dont elle est le membre le plus important, car représentant 40% du PIB de L'union, soient utilisés pour désorganiser son économie, contrairement aux accords qui les régissent. Elle est consciente que cette situation n'a pu être possible que par l'abandon de son outil monétaire aux mains de la France, l'ex-puissance coloniale. Ceci nous renvoie à la problématique suivante : la Côte d'Ivoire est-elle légitimement fondée de reprendre son pouvoir régalien de battre monnaie ?

Le présent document de travail se propose alors d'analyser les principaux fondements du droit à la souveraineté monétaire ivoirienne en allant des choix stratégiques (I) aux dispositions techniques (III) en passant par les mesures institutionnelles (II).

CHOIX STRATEGIQUES

A- De la dénomination de la monnaie ivoirienne.


De l'Antiquité à nos jours, divers objets ont joué le rôle de monnaie parmi les quels le poids à peser l'or. Il ne s'agit pas du poids effectif de la monnaie, mais du symbole représentant le lingot d'or ou d'argent.

La plupart des civilisations ivoiriennes (Krou, Mandé, Akan et Gur) ont en commun des pratiques monétaires traditionnelles basées sur l'or et l'argent.

Le choix du nom de la monnaie ivoirienne peut en outre pouvoir évoquer l'identité nationale et l'or symbole universel de la richesse. Les propositions ci-après de dénomination obéissent à l'une ou l'autre des axes d'exploration :

a) le DASIKA, composé de DASI (argent) bien connu chez les Gur, les Mandé et les Krou d'une part, et de SIKA bien connu des peuples Akan pour désigner l'or, l'argent et la richesse. L'avantage d'une telle proposition, c'est de valoriser les usages culturels de notre pays en matière monétaire.

b) l'Ivor, composé du préfixe Iv en relation avec l'identité ivoirienne (Côte d'Ivoire) et du suffixe Or représentant universel de la richesse qui destine la Côte d'Ivoire à la prospérité.

c) l'Africor, un nom très évocateur dans une perspective d'intégration africaine.

B- Du régime de change

Les échanges internationaux de biens et services ou de capitaux nécessitent l'échange de monnaie ou de devises. Le régime de change, ensemble de règles qui organisent les échanges de monnaies entre elles, constitue un facteur important dans le choix stratégique.
La plupart des pays du monde font l'objet du régime de change flottant ou flexible au détriment du régime de change fixe devenu inopérant depuis la fin du système de Bretton Woods en 1971 et officiellement disparu en 1976 à la Conférence de Kingston en Jamaïque.
Le choix de la Côte d'Ivoire pourrait se porter sur le régime de change flottant ou flexible. L'avantage d'un tel régime c'est de dispenser théoriquement la Banque Centrale de Côte d'Ivoire d'intervenir sur le marché pour soutenir sa monnaie. L'équilibre extérieur se réalisant automatiquement par la rencontre de l'offre et de la demande des devises. Par ailleurs, le trésor public serait à l'abri des influences négatives consécutives aux déficits budgétaires d'une nation de référence dans le cadre des changes fixes.

C- De la réglementation de changes.


Avant la mise en circulation de la nouvelle monnaie, il est indispensable de se doter d'un dispositif juridique d'encadrement. La législation et la réglementation devraient :

a) donner cours légal et pouvoir libératoire à la nouvelle monnaie sur toute l'étendue du territoire ;

b) habiliterlaBanqueCentraleàémettrelanouvellemonnaie;

c) fixer les conditions dans lesquelles la nouvelle monnaie sera mise en circulation en remplacement de l'ancienne en précisant notamment le début de conversion et la fin ; en somme, déterminer la période de conversion ;

d) définirlerégimejuridiquedesopérationsendevises,habiliterlaBanqueCentraleàen éditer les règles d'application ;

e) préciser le traitement applicable aux différentes catégories d'avoirs, d'engagements et de contrats financiers pendant et après la mise en circulation de la nouvelle monnaie.

D- De la convertibilité et de la garantie de la monnaie ivoirienne.

Pour assurer à la nouvelle monnaie la confiance interne et externe dont elle a besoin pour prospérer, il faut soigneusement mettre en place tout le dispositif opérationnel du marché des changes. La transition a plus de chance de se faire dans de meilleures conditions si :

a) les taux de change sont préalablement unifiés sur tout l'étendu du territoire ivoirien ;

b) le système des changes confère à la monnaie nationale la convertibilité maximale à partir d'un règlement minimal ;

c) le dispositif institutionnel est renforcé par l'installation ou l'implantation d'un marché des changes compétitifs ;

d) l'on organise rationnellement au sein de la Banque un service des changes chargé de faire les opérations en devises pour le compte des Administrations publiques et surtout de surveiller les activités des cambistes et autres intermédiaires financiers.

Le processus de crédibilisation de la nouvelle monnaie devra en outre comporter des ressources en or gérés par la Banque Centrale qui pourrait être sollicité en dernier ressort. Ceci constituant le socle de la garantie.

E- Des reformes macroéconomiques

L'économie ivoirienne doit être repensée à la lumière du concept de l'économie politique de la souveraineté. Une économie capable de se propulser par sa propre dynamique. L'objet étant de faire de la Côte d'Ivoire une économie émergente relativement forte dans l'espace d'une décennie, dans la sous-région et dans le monde, pourquoi pas ? il faut introvertir l'économie ; cela signifie :

- que son fonctionnement doit être principalement axé sur ses ressources internes, l'extérieur n'étant qu'un appoint ;

- que les décisions prises, les activités et le système productif lui-même doivent répondre en priorité aux besoins internes de la Côte d'Ivoire.

Les reformes macroéconomiques doivent concerner d'une part, les grands agrégats économiques et d'autre part, la restructuration des secteurs économiques.

  • Les grands agrégats

L'ensemble des interventions de l'Etat doit concourir à la réalisation du fameux carré magique ; c'est-à-dire assurer :

la croissance du PIB ;

la croissance de l'emploi, donc à réduire le chômage ;

la stabilité des prix, donc à lutter contre l'inflation ;

et enfin, l'équilibre extérieur par des excédents de la balance commerciale.

Les moyens pouvant permettre la réalisation de et objectif (carré magique) sont les suivant :

- la politique monétaire, en agissant sur les taux d'intérêts ;

- la politique fiscal (hausse ou baisse des impôts, assiette, etc.) ;

- la politique budgétaire du gouvernement ;

- la politique de revenus.

• Les reformes structurelles

Restructurer l'économie ivoirienne c'est réorganiser dans une démarche déstructuration-restructuration, l'ensemble des secteurs économiques à savoir : l'agriculture, l'industrie et le secteur tertiaire.

␣ Restructuration du secteur agricole

L'impératif de la restructuration du secteur agricole s'impose pour lutter contre la faim, la pauvreté et atteindre l'autosuffisance alimentaire ; l'objectif concret étant la réduction de l'importation massive des produits alimentaires.

La modernisation de l'agriculture comprend outre sa mécanisation, l'utilisation d'intrants (engrais, pesticides, etc.), de semences améliorées ou de hauts rendements produits de nos laboratoires. Ceci nous fait penser à l'industrialisation en amont de l'agriculture. Quant à l'industrialisation en aval, elle va concerner toutes les industries de transformation des produits agricoles, débouchés logiques de l'agriculture. L'industrialisation de l'agriculture va être enfin couronnée par l'industrie mécanique et chimique qui fournirait à cette agriculture tout ce dont elle a besoin pour se moderniser (machines, outils, produits chimiques, etc.). L'agriculture peut alors être utilisée comme secteur d'accumulation du capital. Restructurer l'agriculture, c'est créer l'articulation et la cohérence entre l'agriculture et l'ensemble des secteurs économiques, c'est-à-dire, primaire, tertiaire et secondaire.

␣ Restructuration du secteur industriel

Il faut dans l'immédiat asseoir et/ou renforcer les industries de transformation de nos produits agricoles vivriers et d'exportation (fruits et légumes, café, cacao, caoutchouc, etc.). L'articulation agro-industrie doit guider l'orientation industrielle, les deux se servant mutuellement de débouchés. Dans le secteur tertiaire, nous mettons l'accent à dessein sur la restructuration du système bancaire et financier.

␣ Restructuration du secteur bancaire et financier


Les circonstances actuelles de tentative d'étouffement bancaire et financier de notre économie, nous donne la chance par les mesures prises par le gouvernement pour la sécurisation, de s'engager dans la voie espérée. En s'appropriant les locaux de la BECEAO d'une part, et les banques étrangères fautives, d'autre part, il appartient donc à l'Etat d'orienter le système monétaire et financier dans le sens du développement de notre pays. Il faut populariser la guerre que nous mène la France en intégrant les micro-finances dans la réformes du système bancaire et financier. En d'autres termes, il faut utiliser le système bancaire et financier pour le financement de l'économie ivoirienne.


F- Du mode de financement de l'économie

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LES IVOIRIENS REPONDENT A BARACK OBAMA

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In Le Nouveau Courrier N°237 du 28 Mars 2011 Sékou Asségoué GodPeace

 

Comme nous l'indiquions dans notre parution du samedi, après deux jours de travaux consacrés à la 39ème session ordinaire de la Conférence des Chefs d'Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao), tenue les 23 et 24 mars 2011 à Abuja, cette organisation sous-régionale a produit un long communiqué en 37 points. Il a fallu pour cela 2.577 mots, soit 16.462 caractères (espaces compris). Un communiqué dont la longueur n'est certainement pas proportionnelle à la pertinence des résolutions. Outre la litanie des félicitations d'autosatisfaction distribuées aux membres influents du club des chefs d'Etat de la Cedeao pour leur docile allégeance à la tutelle, on en retiendra que l'Afrique de l'Ouest a étalé, à travers ce communiqué, son immaturité, sa politique de la facilité par le suivisme et le silence en vue de s'adonner à ce qu'elle sait faire le mieux : la mendicité.


Les questions abordées pour ne pas dire évoquées par le communiqué vont des performances économiques de l'Afrique de l'Ouest (points 6 à 9) aux questions institutionnelles (points 29 à 36), en passant par l'Accord de Partenariat Economique (APE) (points 10 et 11), la paix et la sécurité régionale (points 12 à 26), la consolidation de la démocratie (point 27) et la situation en Libye (point 28).

Comme il fallait s'y attendre, la Côte d'Ivoire, devenue un guichet de récompenses de la tutelle occidentale à ses bons élèves, a figuré au menu de ce sommet. Ainsi, "Fortement préoccupés par les cycles de violence et la détérioration rapide de la situation sécuritaire et humanitaire en Côte d'Ivoire, et considérant que cette situation constitue une menace majeure à la paix et à la sécurité régionale, les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont décidé d'adopter des mesures urgentes visant à assurer la protection des vies humaines et le transfert immédiat du pouvoir du Président sortant, M. Laurent Gbagbo, et au Président élu, S. E. M. Alassane Ouattara, et à pacifier l'environnement sécuritaire. A cet effet, le Sommet a adopté une résolution spéciale A/RES.1/03/11". La Cedeao demande à l'ONU de prendre des mesures plus contraignantes contre la Côte d'Ivoire.

Au lendemain de la réunion de la Cedeao, le président américain s'est, le vendredi 25 mars dernier, directement adressé au peuple ivoirien. Cette adresse se situait à la veille d'une grande manifestation populaire en faveur du président Laurent Gbagbo. En guise de réponse à ce message de Barack Obama au peuple ivoirien, la place de la République, lieu mythique de la résistance ivoirienne a refusé du monde, rappelant la Tunisie et l'Egypte. Cette Tunisie et cette Egypte que veut copier, sans succès le camp du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), dont la révolution orange s'est transformée en de multiples "commandos invisibles" qui tuent et égorgent à l'aveuglette.

Si comme l'a dit le président Barack Obama, le "monde a les yeux braqués sur la Côte d'Ivoire", le monde aura-t-il le courage de tirer les leçons de ce qu'il a vu du samedi au dimanche, en face du palais de la présidence de la république, au quartier du Plateau, centre administratif et des affaires? Au volet habituellement politique de ses rassemblements, la galaxie patriotique ivoirienne, conduite par sa jeunesse, a ajouté un volet spirituel en intercédant en faveur de la paix en Côte d'Ivoire et en invoquant la protection divine sur Laurent Gbagbo. Un rassemblement qui aura duré au bas mot 20 heures, soit de 12h à 8h du matin. Pendant toute cette période, la densité populaire n'a guère baissé. Inédit dans le pays.

Selon Obama, le fait pour le peuple ivoirien de maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir ne pourra que conduire la Côte d'Ivoire à " plus de violence, à plus de civils innocents blessés et tués et à un plus grand isolement diplomatique et économique". A l'inverse, si Laurent Gbagbo décide de quitter le pouvoir, les Ivoiriens reprendront leur destin et leur pays en main afin de bâtir une économie florissante. En direction des Ivoiriens, le président Barack Obama, dira : "Vous méritez des chefs comme le président Ouattara, capables de rétablir votre pays à la place qui lui est due dans le monde". Il justifie sa position par le fait que "l'élection, l'an dernier, a été libre et honnête, et le président Alassane Ouattara est le chef démocratiquement élu de la nation".

C'est malheureusement à ce niveau que commence la souffrance morale des Ivoiriens qui ont véritablement "mal au cœur", quand on tente de leur faire croire que la dernière élection présidentielle a été libre et honnête. En effet, cette élection a été seulement "ouverte", en autorisant des candidatures ne répondant pas aux critères constitutionnels. Mais en zones CNO, elle n'a été ni juste, ni transparente encore moins libre. Les armes aux mains des rebelles ont empêché l'organisation d'un scrutin libre et équitable. La Commission Electorale Indépendante (CEI), contrôlée à plus de 80% par le RHDP et ses alliés rebelles, a aussi contribué à vicier la véracité des résultats. C'est ce qui explique l'intervention du Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire pour empêcher le triomphe de la force des armes sur celle du droit. M. Choi, de l'Onuci, a beau dire le contraire, les Ivoiriens qui ont vécu les faits ne peuvent le suivre. Le président Obama a l'excuse d'avoir été trompé par Choi et peut donc s'abriter derrière le bénéfice de la bonne foi pour soutenir le discours qui est le sien. Encore qu'il pouvait, s'il le voulait, se donner les moyens d'une expertise contradictoire. Mais il trouve "injuste le recomptage des voix".

En félicitant Alassane Ouattara de "son offre d'un avenir pacifique à tous les Ivoiriens: un gouvernement participatif, la réunification et la réconciliation", Obama dit aux Ivoiriens ce qu'ils savent déjà, à savoir que Ouattara est le parrain de la rébellion, qu'il est le seul capable de désarmer. C'est donc conscient de cette réalité que Laurent Gbagbo l'invite à la table de la négociation.

Au vu du succès de la manifestation de samedi en faveur de Laurent Gbagbo, il faut croire qu'en matière de choix, les Ivoiriens, sinon la grande partie des Ivoiriens a définitivement fait le sien. Partageant avec Obama la conviction qu'ils "méritent un avenir fait d'espoir, pas de peur", les Ivoiriens sont sortis massivement, pour braver la peur et redire que l'espoir ne saurait se trouver dans l'imposition d'un président porté au bout des baïonnettes de rebelles armés par la communauté internationale. Alassane Ouattara fait justement peur aux Ivoiriens par les méthodes de son système et par celles de ses alliés. A commencer par l'usage abusif du mensonge, la manipulation et la désinformation. Quatre mois après le 28 novembre 2010, les Ivoiriens redoutent en l'équipe d'Alassane Ouattara les prémices d'une dictature. Les "griffes sorties" avant même d'exercer le pouvoir et les souvenirs de la parenthèse 1990-1993 à la Primature, font simplement peur à bon nombre d'Ivoiriens, ceux-ci ayant été plus terrifiés que rassurés en 4 mois.

Le silence sur les atrocités commises à l'Ouest par les rebelles, alliés d'Alassane Dramane Ouattara, fait peur aux Ivoiriens qui redoutent le pire avec une éventuelle arrivée d'Alassane Ouattara au pouvoir. Le système du mensonge et de la dénégation de toute valeur à la vie humaine, bâtis par les partisans d'Alassane Ouattara, fait très peur et fait craindre le pire. Peuple de paix, les Ivoiriens découvrent l'horreur de civils innocents égorgés ou brûlés. Ce qui, à Guitrozon, en 2005, était perçu comme un grave accident de parcours veut être imposé à notre quotidien. Chaque fois que les médias et de prétendues organisations des droits de l'homme imputent ces assassinats à Laurent Gbagbo, la révolte populaire le dispute à l'indignation. Témoins des faits, les Ivoiriens ne peuvent accepter pareille manipulation.

La crainte du président Condé de la Guinée de voir "Alassane paraître comme le président des Occidentaux" a dépassé le stade de la simple crainte pour devenir une réalité en Côte d'Ivoire.

Convaincus, comme Obama, de "mériter la chance de déterminer (leur) destin", les Ivoiriens ne veulent justement pas se voir imposer un chef par la communauté internationale. Par leur résistance, les Ivoiriens veulent "le triomphe de la démocratie en Côte d'Ivoire", contrairement à ceux qui croient que l'exercice de la démocratie se trouvera dans le choix de celui qui incarne les intérêts occidentaux. Si c'est la condition pour "trouver un ami et un partenaire dans les Etats-Unis d'Amérique", il est temps pour les dirigeants américains de sortir de la tromperie de Choi, afin de manifester leur amitié au peuple ivoirien qui leur tend les bras, sans préjugés ni rancune, ni rancœur.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

samedi, 26 mars 2011

ANYAMA: DES PRETRES OTAGES DES REBELLES DE OUATTARA

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FDS (Forces de Défense et de Sécurité) de Côte d'Ivoire

 

La ville d'Anyama, à la lisière de la commune d'Abobo, a été hier le théâtre d'affrontements entre Fds et rebelles de Ouattara. Très tôt hier (vendredi 25 mars 2011, ndlr), les rebelles ont lancé une offensive sur le 3ème bataillon militaire. Avec pour objectif d'occuper ce camp, d'où ils lanceront certainement des attaques sur d'autres localités de la région. Les combats ont fait rage, a-t-on appris. Les rebelles, en grand nombre et avec un armement conséquent arrivent à prendre le dessus aux environs de midi. Ils pensent avoir définitivement le contrôle de la ville.

Un groupe de rebelles se dirigent vers le séminaire d'Anyama et prennent en otage, selon les témoignages recueillis, les prêtres qui se trouvaient sur les lieux. Selon ces rebelles, ces hommes de Dieu cacheraient des soldats de Laurent Gbagbo. Durant plusieurs heures, les rebelles de Ouattara vont faire voir des vertes et des pas mures aux religieux à qui ils reprochent plus tard d'être des pro-Gbagbo.

C'est plus tard, en milieu d'après midi, que les Fds qui s'étaient repliés de manière stratégique vont mener une contre-offensive fatale aux rebelles de Ouattara pour libérer le 3ème bataillon militaire d'Anyama. Et libérer par la même occasion les hommes de Dieu qui étaient depuis quelques heures, prisonniers des rebelles de Ouattara. Selon une source militaire, la contre-offensive des Fds a été fatale aux rebelles qui ont subi d'énormes pertes dans leur rang. Les hommes de Mangou en ont profité pour contrôler hier plusieurs endroits stratégiques, notamment le carrefour N'Dotré précédemment aux mains des rebelles de Ouattara.


Franck Toti


Source LE NOUVEAU COURRIER

vendredi, 25 mars 2011

APRES UN MOIS DE GUERILLA, POURQUOI LE CAMP OUATTARA APPELLE L'ONUCI AU SECOURS


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In Le Nouveau Courrier N°235 du 25 Mars 2011 par Gilles Naismon

 

Quand ils avaient leur commando dit invisible qui régnait encore en maître à Abobo et dont des éléments semaient la terreur dans d'autres quartiers à Abidjan, le camp Ouattara justifiait ces actes par des reflexes de défense de la population. Sans en appeler à une intervention des Casques bleus de l'Onuci. Aujourd'hui, c'est tout à fait le contraire. Ouattara crie au loup. Voici les raisons.


Guérilla contre guérilla ! Les rebelles d'Alassane Ouattara qui se font appeler commando invisible, et dont la stratégie de prise du district d'Abidjan était basée sur une guérilla urbaine, perdent considérablement du terrain. À Abobo où ce commando a établi son quartier général, c'est la psychose depuis que les maîtres des lieux se sont rendus compte qu'ils opèrent désormais sur leur «territoire» avec un autre commando invisible qui neutralise leurs éléments. Si bien que la situation devient incontrôlable.

A Abobo, Williamsville, Adjamé, Attécoubé, Koumassi... c'est le branle-bas dans le camp des rebelles d'Alassane Ouattara. Au sein de la hiérarchie politique et militaire de l'Hôtel du Golf, c'est le désarroi. Le commando invisible du commandant Fokker, un ancien militaire à la retraite, qui a rejoint les rebelles sur le terrain de la guérilla urbaine, semble porter ses fruits. La terreur et la peur ont changé de camp. Face à cet échec militaire de l'opposition politico-armée, la seule alternative pour Ouattara qui voit tous ses plans déjoués, c'est d'appeler au secours l'Onuci et ses mercenaires.

Ainsi, dans un communiqué produit à l'Hôtel du Golf, Ouattara a appelé les Casques bleus au «recours immédiat à la force légitime» pour «protéger les populations civiles» victimes des violences post-électorales. « Compte tenu de l'ampleur et de l'urgence de la situation (...), le gouvernement demande au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution pour autoriser le recours immédiat à la force légitime en vue de protéger les populations civiles en danger imminent (...) La mise en place de check-points permanents dans les quartiers d'Abidjan les plus exposés à la violence et l'intensification des patrouilles» et «l'installation de bases militaires de l'Onuci à Abobo et à Yopougon.»

Il s'agit clairement pour Ouattara, à décrypter ce communiqué, de sécuriser sa rébellion d'Abobo, qui perd du terrain, et de déstabiliser Yopougon, le cœur de la résistance, avec l'appui de ses alliés de l'Onuci. Le numéro un de la «République de l'Hôtel du Golf», veut une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu qui pourrait modifier la mission de l'Onuci afin qu'elle exerce désormais à visage découvert. Et il met dans la balance pour avoir gain de cause.


Source : LE NOUVEAU COURRIER

jeudi, 24 mars 2011

REVELATIONS DE L'APOTRE BOLLY GUY-ROGER ET DU GROUPE DE PRIERE «BUISSON ARDENT» SUR LA COTE D'IVOIRE

 

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A la faveur de la crise ivoirienne, de nombreuses révélations spirituelles ont été reçues par des hommes de DIEU et des groupes de prière, parmi lesquelles les célèbres prophéties du Pasteur Koné Mamadou Malachie et ces trois éloquentes révélations que je vous propose ce jour, chers lecteurs, de découvrir : deux de l'Apôtre Bolly Guy-Roger et une du Groupe d'intercession « Buisson Ardent ». La Bible ne dit-elle pas que « DIEU parle cependant, tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, et l'on ni prend point garde. Il parle par des songes, par des visions nocturnes, quand les hommes sont livrés à un profond sommeil... Alors il leur donne des avertissements et met le sceau à ses instructions »  Job 33: 14-16? Bonne lecture ! Que DIEU bénisse et délivre la Côte d'Ivoire !


Apôtre Bolly Guy-Roger, Fondateur de l'église El Shaddaï de Yopougon, Terminus 47.

Cel : 02 76 00 59


Songe 1 : Les insurgés

Date : Nuit du 18 au 19 septembre 2002


Je me trouvais dans les rues d'un village. Le chef de ce village était assis sur un trône élevé. Soudain apparurent des individus agités qui suscitèrent une bruyante émeute. Ils voulaient destituer le chef. Je me disais : « Mais qu'est-ce que ce roi a fait pour mériter que ceux-ci lui en veuillent tant ? ». Alors quelqu'un me parla. C'était un prophète d'une église, que je connaissais bien. Il était debout auprès de moi et me dit ceci : « Regarde bien ces insurgés. Tu verras ce qui leur arrivera ». Aussitôt, un vent violent survint de l'extrémité du village, le traversa avec fracas et emporta tous les agitateurs. Puis le village retrouva un calme des plus profonds.

A mon réveil, au milieu de la nuit, mon téléphone sonna. Une de mes filles, pleine d'alarme, m'appela pour me dire ceci : « Papa, tout va bien chez toi ? Chez nous ici, ça tire des coups de feu sans arrêt ». C'est ainsi que je fus mis au courant de la tentative de coup d'état qui se mua en rébellion armée.

 

Songe 2 : Retour à l'envoyeur

Date : 2004 (le jour précis ne m'a pas été indiqué par l'Homme de DIEU)


Je me trouvais à la plage. Pendant que je contemplais le paysage, je me retrouvai nez à nez avec un missile échoué sur la plage, l'extrémité ayant piquée sur le sable. Je m'écriai : « Mais c'est un missile ! ». Ce missile avait été lancé sur le pays mais n'avait pas explosé. Pendant que j'avais les yeux fixés sur ce spectacle, le missile s'éleva de terre, et s'en retourna en direction de la mer d'où il était venu. Je pris une fois encore la parole pour crier : « Le missile retourne à l'endroit d'où il est venu ! ».

Aussitôt après, je vis la carte de la Côte d'Ivoire et celle de l'Afrique du Sud se rapprocher pour ne former qu'un seul pays. La Côte d'Ivoire prit un élan de développement sans précédent : on y voyait le métro, le tramway, et d'autres grandes infrastructures fleurirent partout dans le pays.


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Groupe d'intercession « Buisson Ardent » :

 

« Paroles du Seigneur reçues le 22 novembre 2002, pendant la semaine de jeûne que nous avions décrétée pour la Côte d'Ivoire après l'attaque des rebelles » :


La révélation fut reçue par le frère KOUAKOU L. (aujourd'hui en DEA à l'Université de Cocody), pendant que nous élevions à DIEU des prières pour la Côte d'Ivoire et qu'il priait pour la délivrance des assaillants (on ne les appelait pas encore rebelles ou FAFN) de l'esprit de destruction qui les possédait :

Il vit dans une vision claire une main énorme dans laquelle se trouvait une très grande, une immense épée, une épée comme il n'en avait jamais imaginé. Alors, il se prosterna pour demander l'interprétation de cette vision forte au SEIGNEUR.

L'Esprit de DIEU lui dit alors : « La condamnation de ceux pour qui tu pries a été scellée depuis leur création. Ne prie donc plus pour eux. L'heure est arrivée pour moi de me lever pour les détruire avec ce glaive que tu vois. Je les exterminerai tous de cette nation ; personne ne pourra résister, aucun esprit ne pourra tenir devant ce glaive. Ils périront tous car mon glaive ne reviendra pas à moi sans avoir accompli mon œuvre. De cette nation, je détruirai tout ce qui n'est pas à ma gloire, je repousserai tout ceux et tout ce qui la crible ».

Puis le SEIGNEUR nous donna cette référence des Ecritures pour appuyer son décret : Esaïe 28 : 21 et 22 : « Car l'Eternel se lèvera comme à la montage de Peratsim, il s'irritera comme dans la vallée de Gabaon pour faire son œuvre, son œuvre étrange, pour exécuter son travail, son travail inouï. Maintenant, ne vous livrez point à la moquerie (assaillants) de peur que vos liens ne soient resserrés : Car la destruction (...) est résolue, je l'ai appris du Seigneur, de l'Eternel des Armées ».


Le Groupe d'Intercession « Buisson Ardent »

Novembre 2002


APPENDICE

Au cours des six années d'intercession ardente qui ont suivi, le SEIGNEUR a sans cesse confirmé ce décret dans notre groupe de prière (14 frères et sœurs, 8 années de chaîne ininterrompue de jeûne et de prière pour la Côte d'Ivoire après le coup d'Etat de Décembre 1999 [deux intercesseurs de permanence dans le jeûne par jour (24h bouclées), sept jours sur sept], avec 3 jours de jeûne ininterrompu, uniquement à eau, toutes les fins de mois, pendant lesquelles nous convoquions un rassemblement de prière (4 à 6h d'intercession par rassemblement), samedi et dimanche, après les cultes, pour porter le pays devant le Trône de DIEU. Et cela, de 2000 à 2008). Cette mobilisation exceptionnelle était notre réponse à cet appel direct que nous avait adressé le SEIGNEUR : « L'heure du combat est arrivé. Que les intercesseurs ne baissent pas les bras, qu'ils continuent de prier et qu'ils redoublent d'effort dans la prière ».

Pour nous donc, au sein de ce groupe de prière, il n'y a pas de crise postélectorale. Il n'y a qu'une crise ivoirienne en pleine continuité. C'est le combat de 2002 qui se poursuit, jusqu'à la victoire annoncée par le SEIGNEUR ETERNEL !!!

Heureux quiconque ne sera pas trouvé sur le chemin de ce glaive!


Le Responsable du groupe.

Encore et toujours sur la brèche pour la Côte d'Ivoire

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!

mercredi, 23 mars 2011

COTE D'IVOIRE, UNE CRISE POUR LA CREATION D'UN BLOC CONTINENTAL AFRICAIN

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Le « gentil » Ouattara, va  t-il triompher du « méchant » Gbagbo ? Ouattara, alias ADO pour les intimes, est un pote de DSK au FMI, mais serait aussi lié à la CIA. Beaucoup de sigles en 3 lettres non ? Derrière l'habituel catéchisme des médias, on retrouve tous les ingrédients du Mondialisme le plus carnassier. Dernier gibier dans la ligne de mire : la Côte d'Ivoire. Une nation africaine forte, possédant d'immenses ressources naturelles, qui est priée de laisser sa place à la construction d'un Bloc Africain unifié, pour le plus grand bonheur des marchés, multinationales et autres vampires apatrides.

Conte de Noël Ivoirien

Difficile d'échapper au nouveau matraquage qui agite la médiacratie française en ce moment sur la Côte d'Ivoire. Comme d'habitude avec nos journalistes, la situation est simple et se découpe entre les gentils emmenés par le très gentil Alassane Ouattara, contre les méchants, avec à leurs têtes, le très méchant Laurent Gbagbo qui s'accroche au pouvoir comme une sangsue à sa proie. Les « défenseurs de la démocratie occidentaux », Naboléon en tête, sont bien sûr là pour que la liberté l'emporte. Cette belle histoire, vous la connaissez, on nous l'a assez servie comme « conte de Noël » entre deux diatribes contre la neige qui empêche nos bons français de « consommer » leurs vacances dans des contrées exotiques et pas chères. Une unanimité qui ne souffre d'aucune nuance. Au passage, nous pouvons admirer et tirer notre chapeau à l'ensemble de la presse française qui se distingue encore une fois par sa profonde inutilité et malhonnêteté. Ont-ils une seule fois donné la parole au camp adverse ? Donner la parole aux Ivoiriens ? Les envoyés spéciaux sont-ils sortis de l'Hôtel de luxe dans lequel campe le camp de Ouattara ?

Bref, avant même de commencer à se renseigner, un esprit habitué aux fourberies du Système aura déjà ressenti la puanteur de la manipulation à grande échelle qui s'exhale des dossiers médiatiques servis aux français sur ce sujet. Nos médias sont sûrement trop occupés à relayer benoîtement les gesticulations du nain de l'Elysée, lui-même dernier wagon de la locomotive Américaine en matière de politique étrangère.

Donc Gbagbo est le « mal » incarné en Afrique, accusé de fraudes électorales, et ne veut pas quitter le pouvoir, ce serait le Roi « illégitime », qui empêche le bon ADO de mener les réformes réclamée par cette fameuse « Communauté Internationale ». D'abord fraude, il y a eu des deux côtés, l'une est elle plus grave que l'autre ? Gbagbo serait illégitime ? Plus qu'un Moubarak régulièrement élu avec 95 % des voix et dont le régime ne tient que par perfusion de dollars US. Bien sûr, Moubarak n'a pas son pareil pour maintenir la bande de gaza hermétiquement close, et son musellement des Frères Musulmans arrange tout le monde Washington à Tel-Aviv en passant par Paris.... Bref, Gbagbo est un « dictateur » qui ne sert plus à rien, qu'il est temps de remplacer par quelqu'un de plus « attentif » aux intérêts  « internationaux ». Plusieurs forces travaillent de manière souterraine dans ce conflit. Des « forces » que nous ne connaissons que trop bien et qui travaillent inlassablement au même but : la construction de  cinq blocs continentaux unifiés, appelés à devenir le squelette du futur gouvernement mondial qu'ils appellent de leurs vœux.

La « FrancMacAfrique »

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Bien sûr, nous venons vite aux intérêts économiques en Afrique et ils sont énormes, suscitant les appétits et la convoitise de toutes les organisations supranationales qui se repaissent des cadavres des Nations. Ainsi la Franc Maçonnerie, véritable appellation de la Françafrique et dont on retrouve les traces de tabliers mal lavés dans cette crise ivoirienne. Certains africains, voir le site ivoirebusiness.com, parlent de guerre maçonnique contre la Côte d'Ivoire : « Au plan africain, les ennemis les plus acharnés du régime de Laurent Gbagbo sont des francs-maçons très actifs. » (...) Certains analystes pensent qu'il est exagéré de penser que les francs-maçons sont les ennemis objectifs de la Côte d'Ivoire républicaine. Pour eux, le fait principal est qu'après la disparition des réseaux Foccart et l'atonie des réseaux Pasqua, le « club » le plus efficace utilisé par la « Françafrique » est celui de la « maçonnerie ». Ainsi, il n'est pas inutile de noter l'imbrication historique entre les services secrets français et les « frères de lumière » : deux patrons du « Grand Orient », ces dernières années, ont été des hommes du renseignement : Michel Baroin et Philippe Guglielmi. En Côte d'Ivoire aussi, des francs-maçons ont souvent été des « honorables correspondants »...

Comme on le voit l'activité des Frères .: en Afrique est pour le moins visible et puissante, les réseaux français qui ont perpétués le pillage des ressources dans un contexte de Post-colonisation sont les intérêts financiers, servis par les relais maçonniques. Evidemment, on ne peut passer sous silence les intérêts de Bolloré en Côte d'Ivoire, ami proche de Sarkozy, voir à ce propos cet entretien très instructif de Philippe Evanno (chercheur à la Sorbonne, directeur de l'Institut de Prospective Africaine). Celui-ci va plus loin : « Philippe Evanno souligne que cette affaire traduit «une opposition entre l'ONU et une nation. Plus généralement, on peut se demander si nous ne sommes pas en train d'assister à un renversement de situation concernant la gestion des dossiers africains et leur domination actuelle par les organisations internationales contrôlées par les États-Unis». En réalité, «cette crise a eu pour mérite de manifester au grand jour le fait que les organisations africaines étaient sous contrôle américain ».

ADO, l'homme lige des élites internationalistes

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Ce système de domination s'appuie sur des réseaux, la Franc Maçonnerie, les multinationales, les organisations non gouvernementales, les organisations supranationales et sur des pions que l'on couvre de titres ronflants qui permettent d'infuser ce sentiment d'unanimité partout. Alassane Ouattara est l'homme de la situation, depuis ses débuts de jeune économiste au FMI dont il a gravit les échelons jusqu'a devenir directeur adjoint de l'institution, en passant par un poste de ministre et celui de Gouverneur de la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO), ADO a vraiment le profil Mondialiste type. A ce titre, il pratique le copinage, les intrigues et les « petits arrangements entre amis » comme un précepte quasi « religieux ». Son épouse Dominique Ouattara, juive séfarade de Constantine (Algérie) est fidèle aux « valeurs » de son mari. Cette « femme fatale » n'a cessé d'agir dans l'ombre des chefs d'Etat africains, allant de manigances en combines financières pour se hisser, ainsi que son mari, jusque dans les plus hautes sphères du pouvoir. Ce qui permet à ce même bloggeur ivoirien de conclure après avoir décrit les nombreux « business » de Madame : « Le cumul des activités très rémunératrice d'ADO et l'empilement de « pompes à fric » de Dominique supposent des moyens de réintégration « légale » sur des comptes en banques des fortunes ainsi dégagées. Il faut donc couvrir cela sous une apparence inattaquable. C'est donc l'humanitaire qui devient la priorité. Tout d'abord, à partir 1980, elle effectue des missions « humanitaires » en Côte d'Ivoire. Les flux financiers prenant de l'ampleur, elle décide, en 1998, de créer la fondation Children of Africa. Quoi de plus imparable ? Qui croirait que les enfants d'Afrique sont la couverture d'un gigantesque système de prédation et de transferts de fonds. Cosa Nostra en a rêvé, Dominique Ouattara l'a fait ! »

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Un couple modèle avec de bonnes relations dans les cercles de pouvoir et notoirement lié à la CIA, si l'on en croit Jean-François Probst, l'ancien bras droit de Jacques Chirac, qui est un éminent spécialiste de l'Afrique : « il est évident que depuis longtemps la CIA téléguide avec quelques longues cornes, et assez facilement semble-t-il, le couple Alassane et Dominique Ouattara ».

On retombe toujours sur les péchés mignons des mondialistes : les ONG, les organisations supranationales, les « think thank », CIA,  l'humanitaire... Jamais les voies de l'Enfer n'avaient été aussi bien pavées de toutes leurs bonnes intentions.

Il serait injuste de clôturer ce chapitre sur ADO, sans le citer dans le texte. A l'instar de ses amis, il pratique l'Open Conspiracy et a déjà livré ses intentions et ses objectifs dans des discours. Il est à ce titre utile de remonter un petit peu en arrière lorsque le jeune Ouattara faisait l'espoir de ses maîtres au FMI. Ainsi, ce discours tiré du site du FMI est éloquent à plus d'un titre sur ce qu'il se passe vraiment en Afrique et dont la Côte d'Ivoire n'est que la terrible illustration :

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L'Intégration Régionale en Afrique: Une Étape Importante vers l'Intégration Mondiale

Allocution de M. Alassane D. Ouattara
Directeur Général Adjoint du Fonds Monétaire International
à la 1ère Conférence des Ministres de l'Économie
et des Finances de la Francophonie

Monaco, le 14 avril 1999

 

Le discours n'est qu'un recyclage africain des poncifs mondialistes : « l'Afrique n'échappera pas à la Mondialisation, il ne faut pas essayer de s'y soustraire » ... « les pays en voie de développement n'ont pas vraiment le choix ... ils devront s'intégrer aux marchés internationaux s'ils veulent réussir... » On peut noter aussi l'exaltation du modèle de l'Union Européenne comme voie à suivre ses « succès depuis les années 50 sont une preuve des avantages de l'intégration régionale ». On retrouve aussi ce discours récurrent des mondialistes, à savoir que de toute façon nous n'avons pas le choix, il y a une seule solution et ce sont eux qui nous la proposent et de toute façon nous l'imposeront !

C'est le mécanisme bien connu de mise en place du Nouvel Ordre Mondial par la création de Blocs Continentaux Unifiés. Les références à ce sujet ne manquent pas : Pierre Hillard, Aldous Huxley.... Ainsi que Robert Muller : » Une Union mondiale pourrait être construite comme une superstructure et un système commun de politiques des cinq continents. On pourrait concevoir cinq Unions continentales: l'Union européenne, union Américaine, union Africaine, union Asiatique et une  Union Australienne. »

Vers l'Union Africaine et vers le Nouvel Ordre Mondial

Une fois que les mondialistes auront eu la peau de Gbagbo, ils vont pouvoir installer leur domination d'une manière plus efficace. Une grande Nation comme la Côte d'Ivoire, doit être mise à genoux pour laisser place à l'Union Africaine, calquée sur le modèle de l'UERSS. Les calendriers étant décidément bien fait le Fonds Monétaire Africain sera sur les rails en 2011 avec un budget de 42.68 milliards de dollars. Le but serait de faciliter l'intégration effective et prévisible des économies africaines à travers notamment l'harmonisation des politiques économiques et financières, l'élimination progressive des taux de change différents et des entraves à la production et au commerce, ainsi que l'octroi de ressources financières nécessaires pour assurer la stabilité des fondements macroéconomiques des États parties.

On touche donc là la vraie signification de toute cette mascarade, de cette « croisade » médiatique et politique contre le « mal ». Selon Philippe Evanno« Aujourd'hui, c'est la place et la domination des États-Unis sur le continent africain qui sont en jeu. le bouclage de cette domination se joue sur la présidentielle ivoirienne, puisque c'est sur cette présidentielle que l'on joue l'annulation pure et simple de la souveraineté des Etats africains». Une perte de souveraineté des Etats pour l'accélération des plans de « fusion/acquisition » des Continents par les internationalistes. Peut être, aussi que les immenses richesses naturelles de Côte d'Ivoire (pétrole, cacao, bois, café, ressources minières...) les rendent aussi impatients?  Surtout dans un contexte de rivalité avec les chinois, bien décidés eux aussi à profiter des richesses de l'Afrique.

En tout cas, le grand mouvement est lancé...

Les derniers bastions de souverainetés nationales sont en train de tomber, le Nouvel Ordre Mondial est en marche, et comme il nous l'avait promis, Sarkozy nous y entraîne sans que rien ne semble pouvoir les arrêter. Ici comme ailleurs, les derniers Etats souverains doivent faire allégeance au futur pouvoir mondial, ceux qui refusent sont les « méchants », l'histoire retiendra surtout qu'ils furent les pions usés d'un pouvoir supranational qui n'a pas d'amis, mais qui n'a que des esclaves. Cela ne vous rappelle personne ?


 

Source : INFOGUERILLA

EMBARGO SUR LE CACAO IVOIRIEN: LE FRONT ANTI-GBAGBO DANS LA TOURMENTE

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Financial Times

 

Un article paru dans le Financial Times de ce matin (mardi 22 mars 2011), à la page 34, dans  la rubrique « Companies and Markets », sous les plumes de Jack Farchy et Javier Blas, dit que l'un des gros exportateurs de cacao de Cote d'Ivoire, le trader Noble Group a déclaré qu'il acceptait d'écouler son stock avant le 31 mars, et qu'il allait dorénavant payer les taxes au gouvernement Aké N'Gbo. Ce groupe chinois de Hong Kong se désolidarise ainsi du front anti-Gbagbo des traders européens et américains que sont Barry Callebaut, Archer Daniels Midland, Cargill, Olam, Touton, Ecom Agroindustrial et Armajaro, qui continuent la résistance mais avec la peur au ventre. Selon l'article du FT, des responsables de ces groupes européens et américains disent que si jusqu'au 31 mars Gbagbo a encore la réalité du pouvoir, ils n'auront plus d'autre choix que de lui payer les taxes afin de sortir le cacao.

On se rappelle que le gouvernement du Président Gbagbo avait donné jusqu'au 31 mars aux exportateurs de cacao qui faisaient de la rétention de stock d'écouler le cacao qui se trouvait dans leurs entrepôts, faute de quoi ces stocks seraient saisis et vendus par le gouvernement. Ces exportateurs obéissaient ainsi à l'interdiction d'exporter le cacao dans le but de ne pas payer la taxe sur l'exportation à l'Etat, dans le plan d'asphyxie financière que le locataire du Golf voulait appliquer, avec la complicité de l'Union Européenne qui avait interdit aux bateaux immatriculés dans l'espace européen de desservir les ports ivoiriens.

C'est donc une très grande victoire du peuple de Côte d'Ivoire qui vient de faire échec au plan diabolique de blocage du cacao. Après la victoire sur les banques, vient s'ajouter celle du cacao. Félicitations à tout le gouvernement Aké N'Gbo qui travaille d'arrache-pied pour résoudre les problèmes auxquels est confronté notre pays et donner espoir aux ivoiriens.
Contrairement aux apparences, les golfeurs sont acculés, ils ne savent plus quoi faire.


Vigilance donc d'ici le 31 mars !


Source : Facebook Apollos Dan Thé

mardi, 22 mars 2011

ABIDJAN BRULE-T-IL ? - OUATTARA LECTEUR DE MALAPARTE

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Par Michel Galy, politologue

Qui dirige la guerre civile contre le régime de Laurent Gbagbo ? Peut être faudrait il dire « Guillaume Soro », tant l'option militaire lui reste assignée, dans un jeu de rôle peut être réglé avec son mentor et « président », Alassane Dramane Ouattara, si ce n'est le nouveau « général » Ibrahim Coulibaly, selon la dernière rumeur (ex-garde du corps d'ADO et éphémère leader de la rébellion) ? Ou bien faut il mettre aussi en ligne ONUCI et surtout « Force licorne » ? Tant certaines techniques de guérilla urbaine se trouvent alliées visiblement à cette vieille tradition de la « guerre révolutionnaire » , tout ce savoir pratique sur les émeutes- et comment les réprimer, le contrôle des communautés villageoises- et le perpétuel renseignement, lié - via l'Infanterie de Marine, à la tradition coloniale la plus classique ; considérons donc « Ouattara » comme un emblème, le Signifiant d'un « intellectuel collectif » et voyons comment il applique la théorie à la chose militaire.

 

Alassane Ouattara et la conquête du pouvoir

La phase actuelle de tentative de contrôle d'Abidjan peut être mise en perspective par la longue durée de la conquête du pouvoir par Alassane Ouattara, depuis sa nomination « sous influence »par Félix Houphouët Boigny, en 1990, comme Premier ministre (et gouvernant de fait, les derniers temps, par substitution à un vieux président très affaibli).

Au delà des controverses sur sa nationalité d'origine, il faut bien reconnaître son extériorité culturelle et personnelle au monde politique ivoirien (et à la connaissance en profondeur de ses modes de vie) jusqu'à la fondation du RDR.

A cause du poids minoritaire du « bloc ethnico régional » qui le soutient (« dyoula », ce nouvel ethnonyme contemporain, regroupe les originaires du Nord de la Cote d'Ivoire, principalement Malinkés et Senoufo- mais aussi, et c'est bien le problème fondamental de la nation ivoirienne, les quelques 27% d'étrangers migrants, issus surtout du monde sahélien mandingue), M. Ouattara se trouve devant une alternative constante: soit passer des alliances, soit trouver une voie parallèle d'accéder au pouvoir.

Il adoptera en fait les deux : d'un côté son alliance implicite avec la communauté « dyoula » non ivoirienne (comme les très nombreux ressortissants du Mali et du Burkina : 3 à 4 millions dans le Sud ivoirien) en fait le candidat naturel d'une minorité migrante qui même à la troisième génération ne peut obtenir la nationalité ivoirienne : un changement législatif ou réglementaire les concernant lui donnerait (aux Nordistes en général) une majorité automatique à l'avenir.

En attendant que ces règles de nationalité soient revues (les étrangers ne votant évidemment pas) une alliance interne Ouattara-Bédié (et au-delà électorat dyoula-akan) a été rendue possible par une exclusion progressive du pouvoir et des prébendes du vieux parti , le PDCI RDA. Ce qui peut paraître une erreur stratégique majeure de la part de M. Gbagbo et de son parti, le FPI, était basé sur une analyse classiciste de la société ivoirienne. Analyse juste dans la capitale (où la population nordiste, toutes nationalités confondues, représente au moins 50 % de la population et le bloc akan- dont les baoulé, environ 20%), erronée dans les campagnes (où les akan et les dyoula ont voté sur des bases très ethnicistes) d'après les résultats des dernières élections de décembre 2010. Si on considère en effet que chacun des trois grands « blocs ethnico- régionaux » contrôle environ 1/3 de la population (et de l'électorat), seule une alliance bloc krou-bloc akan(en somme les « sudistes ») pouvait empêcher l'hégémonie d'ADO et du bloc « dyoula » - alors que en septembre 2002, devant l'invasion rebelle, l'union sacrée des sudistes ralliait bété et baoulé, FPI et PDCI autour des institutions républicaines - et implicitement contre Ouattara et son parti, le RDR.

Le pari risqué du Fpi et les alliances du Rdr

Le FPI, malgré les analyses politiques de terrain, a fait pour les dernières élections (malgré les avertissements des sociologues connaisseurs du « pays réel ») le pari risqué  d'une nouvelle Côte d'ivoire débarrassée du « joug ethnique » qui serait remplacé autour de Laurent Gbagbo, à la fois par un pouvoir charismatique amplifié par les médias d'Etat et à ses côtés par une alliance interclassiciste et « progressiste ».

La tactique classique des « technologies électorales à l'ivoirienne »  du parti présidentiel, a aussi échoué : malgré les traditions bien houphouétistes des cadeaux préélectoraux, de la conquête des populations par le ralliement (souvent intéressé !) des leaders. Le « réflexe légitimiste » autour du président en place n'a pas non plus fonctionné, tandis que l'analyse politologique appliquée en termes de néopatrimonialisme, voire de caciquisme local (chaque notable drainant sa « clientèle » , qui n'est pas qu' électorale) a échoué pour l'électorat baoulé et dyoula : la conquête à la marge de l'électorat Pdci (et singulièrement baoulé) s'est traduite par des cooptations individuelles, des rachats de notables , des mesures de développement ponctuelles (du genre des sous préfectures multipliées sans nécessité administrative), des tentatives de casser l'unité du parti d'Henri Konan Bédié, des mesures symboliques fortes - comme le maintien artificiel de Yamoussoukro comme capitale politique - tout cela en vain !

La politique d'Alassanne Ouattara, de son coté, a été bel et bien inverse : ralliement de M. Konan Bédié et du PDCI, alliance depuis 2002 avec la diplomatie française (et plus généralement appui sur ses réseaux internationaux personnels, notamment ceux du FMI) et la presse internationale (en particulier la « presse Rothschild », systématiquement favorable: cf l'étonnante et intrigante filiation Stephen Smith -Hoffnung - Cessou de Libération), qui en fait effectivement le candidat de l'étranger (et non « étranger » - comme s'en est ancrée pourtant la croyance au Sud).

Objectivement, l'étonnant formatage des médias occidentaux et la mise en condition des opinions publiques est le meilleur appui du leader du RDR à l'étranger, et si l'on suit les analyses gramsciennes, le préalable idéologique aux appuis politiques, puis militaires - ce qu'a longtemps sous-estimé le régime de Laurent Gbagbo, faisant à l'inverse le choix d'un repli sur la scène nationale.

Les solidarités ethniques et les « technologies électorales » ont fait le reste : en décembre, l'électorat baoulé et plus généralement akan a voté Konan Bédié comme un seul homme, puis - et c'est là le plus étonnant, s'est reporté massivement sur ADO : la persistance de ce que Mémel Foté nommait « destinée manifeste » pour les akan à gouverner[1] avait fait minimiser leur amertume d'être exclus du pouvoir et de ses prébendes. La « gouvernance par la violence »[2] au Nord rendant impossible toute opposition et élection démocratique a été illustrée jusqu'à la caricature par des scores « à la soviétique » portant M. Ouattara à plus de 95% dans certaines localités, éliminant le FPI (ce qui est possible) et même l'électorat PDCI (ce qui est une preuve de fraude, si l'on considère les élections précédentes ) ; par ailleurs les chiffres des électeurs dépassant souvent ceux des habitants, seule la nationalité accordée dans les zones rebelles à des Sahéliens et/ou des fraudes massives peuvent expliquer d'étonnants et univoques résultats.

Un conflit en trois temps

En 2000, la décision pour le moins paradoxale d'ADO de faire voter ses partisans en faveur de la Constitution -prévue pour l'exclure, n'avait qu'un but : empêcher le pays- et les observateurs extérieurs, de réaliser les 30% environ des votes qu'il aurait enregistrés s'il avait été le seul à préconiser le « non ».

Des lors de 2000 jusqu'à aujourd'hui M. Ouattara a développé une stratégie en permanence double : d'extraversion et d'alliances ouvertes à l'intérieur, d'instrumentalisation de l'ethnicité et de conquête militaire de l'autre.

Le premier temps est bien évidemment, en 2002, celui de la conquête du Nord -faute on le sait de conquérir l'ensemble du territoire, objectif initialement prévu.
Pour un observateur sur la longue durée, sa proximité avec les acteurs du coup d'Etat est suffisamment probante pour le lui attribuer avec une forte probabilité, même si les commanditaires extérieurs- à l'exception de M. Compaoré (qui a fourni la « base arrière » du Burkina, des instructeurs, du matériel militaire et peut être des soldats), et les financiers restent mal connus.

Une phase parallèle serait la série des « négociations internationales » où le pouvoir de Laurent Gbagbo a tout cédé, sans contreparties : notamment la composition déséquilibrée de la CEI, la candidature et la nationalité même de M. Ouattara, la composition du corps électoral et l'organisation des élections, la mise sous tutelle rampante du pays loyaliste par les deux corps expéditionnaires: force Licorne et ONUCI. L'extraversion du combat politique a fonctionné à l'avantage d'ADO, avec l'aide de la diplomatie française.

La deuxième phase est elle d'un processus électoral conçu comme la « continuation de la guerre par d'autres moyens », notamment dans la partie Nord occupée par un régime rebelle qui n'est autre que racket, violence arbitraire et élimination de toute opposition.

Or, «  une élection n'a de sens que si elle est approuvée comme mode de régulation politique par tous ceux qui y participent. Autrement dit : pas d'élection sans démocratie instituée, pas de démocratie possible sans Etat installé, et pas d'Etat concevable sans nation construite autour d'un contrat social. On voit bien, par exemple dans le cas ivoirien, que le vrai défi d'une élection est de faire en sorte que la minorité battue tienne son échec pour légitime », affirme le spécialiste Bertrand Badie de l'Institut d'Etudes politiques de Paris, dans un entretien qui pourrait constituer la base d'une analyse théorique de la situation politologique ivoirienne.

Il conclue significativement sur l'échec récent, en réinterprétant pour l'occasion la « formule canonique » de Clausewitz: « En Côte d'Ivoire, l'élection n'apparaissait que comme le prolongement de la guerre intestine amorcée en 2002 en mobilisant d'autres moyens ; on ne s'étonnera pas que les résultats électoraux soient eux aussi le prolongement de la guerre civile par d'autres moyens ».

La cause profonde n'est pas que l'adoption d'une tactique volontariste et militariste, mais d'un échec structurel, toujours d'après Badie du « système de gouvernance mondiale » : d'un interventionnisme sans précédent des Nations Unies qui ont en quelque sorte « pris le pouvoir par le haut » dans la dernière décennie - comme auparavant les institutions de Bretton Woods(dont se réclame M. Ouattara) l'avaient fait dans les « deux décennies perdues du développement », pour toute l'Afrique sub-saharienne, y compris la Cote d'Ivoire.

Allant plus loin, Bertrand Badie pointe l' impossibilité d'organiser des élections libres et représentatives sous contrôle et occupation internationale, si certaines conditions n'ont pas été remplies ;au Mozambique, au Liberia, en Sierra Leone, « au-delà du travail déjà souligné de démilitarisation, un vrai effort de réintégration nationale a été accompli, de renouvellement des administrations rendues plus civiles et davantage plurales, de mise à l'écart des seigneurs de la guerre, souvent, comme en Sierra Leone ou au Liberia, grâce aux tribunaux spéciaux, d'un réel effort de conviction pour que les adversaires d'hier deviennent des partenaires politiques aujourd'hui. Bref, on a à un moment su faire l'effort d'aller vers les sociétés en crise et de leur redonner un minimum de vie et d'intégration. Aujourd'hui, il ne semble rester que des obsessions de puissance ou de micropuissance, une survalorisation du politique et du militaire, c'est-à-dire tout ce qu'il faut pour aboutir à l'échec ».

Erreurs qui discréditent définitivement l'ONU en Cote d'Ivoire, notamment le représentant spécial du secrétaire général, M. Choï : pour le politologue parisien en effet, « il faut bien admettre que les Nations unies se sont placées dans une impasse qui, en l'occurrence, a de multiples facettes. D'abord, l'ONU s'est piégée par excès de confiance : une authentification de résultats électoraux obtenue dans un contexte si tendu aurait dû mobiliser davantage de moyens, plus de temps, et plus de garanties qui auraient ainsi désarmé par avance d'éventuelles contestations. En allant trop vite dans cette œuvre périlleuse de substitution à un souverain national, elle s'oblige maintenant à ne pas se dédire et se place objectivement dans une situation conflictuelle. Les Nations unies perdent une bonne partie de leur légitimité, comme tout médiateur, dès lors qu'elles ne sont pas reconnues comme acteur impartial par les deux partenaires ».[3]

La bataille d'Abidjan

La troisième phase est en effet celle de la « conquête du Sud » et de la « bataille d'Abidjan » qui n'en est qu'un épisode. Les buts et les méthodes de la guérilla urbaine, replacée dans le recommencement d'une guerre civile à outrance sont plus complexes qu'il n'y parait.

Dans le contexte politico-militaire déjà analysé, la « bataille d'Abidjan »s'appuie à la fois sur le Nord et les troupes rebelles, sur le noyau de combattants regroupés à l'hôtel du Golf, mais aussi, indirectement ou directement, sur la force Licorne et l'Onuci (et peut être , mais cela reste à prouver, sur un « commando ECOMOG » formé de militaires de pays CEDEAO, comme le Burkina ou Nigeria, et encore Libéria); et enfin le « milieu » sociétal de la guérilla urbaine semble bien les quartiers « dyoula », nordistes ivoiriens et étrangers mêlés, à savoir Abobo et Anyama, Adjamé et les quartiers mixtes comme Koumassi ou Marcory.

Il s'agit moins d'ailleurs de conquêtes territoriales que de ségrégation et purification ethnique, pour aboutir à des quartiers homogènes, sur le « modèle de Brazzaville », par référence à la guerre au Congo (1997-1999[4]). Elargir la base sociale de la rébellion à partir d'un groupe restreint de combattants : telle parait être la tactique, qui a si bien réussi au Nord, et qui est tentée dans les quartiers « dyoula » d'Abobo et Anyama - puis étendue à d'autres quartiers de la capitale, en s'appuyant notamment, comme en 2002, sur les micro quartiers précaires e t les bidonvilles.

Enfin, et ce but n'est nullement incompatible avec le premier, il s'agit aussi de rendre la capitale littéralement ingouvernable, à la fois pour démontrer l'incapacité du camp Gbagbo à gouverner, faire tomber les couches moyennes et les Akan côté ouattariste, et à terme de provoquer une intervention internationale dans la capitale.

Sur le plan militaire, le « centre de commandement de la République du Golf » coordonne les actions dans la capitale, avec les troupes rebelles du Nord - tout en restant en liaison permanente avec les chancelleries occidentales et les corps expéditionnaires

Le premier assaut frontal contre les sièges des media (RTI) et du pouvoir (Présidence, Primature) ayant échoué dans le sang le 16 décembre, d'autres cibles moins classiques des coups d'Etat sont visées, avec des succès inégaux ; la double stratégie déjà analysée se reproduit : extraversion diplomatique d'un côté, subversion localisée en « tache d'huile » et descente du Nord de l'autre.

Curzio Malaparte conseille en effet dans son célèbre ouvrage sur la «  Technique du coup d'Etat »[5] un mode d'intervention innovant: «  La clé de l'Etat, ce n'est pas l'organisation bureaucratique et politique, mais l'organisation technique, c'est-à-dire les centrales électriques, les chemins de fer, les téléphones, le port, etc. »

On remarquera en effet que le relais de la RTI, opportunément situé à Abobo a été touché dans les combats récents autour de ce quartier rebaptisé « Bagdad », privant le pouvoir de M. Gbagbo de son arme médiatique la plus efficace. Mais depuis l'hôtel du Golf et son contre-gouvernement s'est mis en place une tactique d'étouffement économique qui au-delà de l'infrastructure physique de la Ville, vise à paralyser tous les secteurs, appareils techniques, organisations d'Etat, parfois réels, parfois virtuels - et qui n'est objectivement possible qu'avec l'alliance et la complicité des puissances africaines et occidentales alliées à M. Ouattara.

Effectivement, l'étau se resserre pour les couches urbaines moyennes qui voient arriver leur propre destruction : fin des comptes en banque, des transferts d'argent de la diaspora et de la monnaie, télévision et radios subverties ou supprimées, pénuries multiples (alimentation, essence, gaz, bus, etc)...

C'est que les buts visés sont la paralysie du système bancaire (mise au ban de la Cote d'Ivoire hors de la BCEAO par la CEDEAO ; décision rapide de la BNP et Société générale de fermer leurs filiales ivoiriennes, vraisemblablement sur ordre), du système d'exportations du café cacao (injonction du gouvernement américain à des multinationales comme Cargill), du réseau diplomatique (reconnaissance d'ambassadeurs parallèles et retrait de l'agrément aux anciens).

Le danger sociétal de la destruction de la Ville elle-même en tant qu'infrastructure : eau, électricité, habitat, transports, est aussi d'abattre tout ce qui fait le quotidien possible - et les conséquences à terme touchent la nature du pouvoir lui-même. On peut se souvenir qu'en Amérique Latine, les pronunciamentos et les dictatures ont provoqué cette même érosion, voire la destruction des classes intermédiaires, et la solution par une dictature militaire à l'ivoirienne et un pouvoir très coercitif n'est pas exclu.

Mais en fait apparaît aussi dans le camp Ouattara une « stratégie nihiliste » (voire terroriste : c'est ainsi qu'une désinformation médiatique classique met en avant la violence effective de la répression, quand la déstabilisation de la capitale est le fait des attaquants) qui à terme est incompatible avec les voies diplomatiques et militaires, même si tactiquement elle semble hâter la victoire. C'est celle de la « terre brûlée » ou au mieux ce que ses adversaires nomment ironiquement « dyoulaisation » du pays, en référence à la destruction de l'Etat et de ses appareils techniques (notamment des infrastructures urbaines), et de la formidable régression structurale de la partie Nord, sous contrôle rebelle.

Cette démarche « destructrice - régressive » correspond à la formule peut être apocryphe que prêtent ses adversaires à M. Ouattara : « La Cote d'Ivoire peut brûler si je ne suis pas président ... »

Extension du domaine de la lutte

La suite de cette troisième étape du conflit, qui dans sa phase élargie, pourrait mener le Sud au bord du génocide, serait celui de l' instrumentalisation des identités ethniques en brousse, et en ville, qui pourrait amener une ethnicisation totale des quartiers et des affrontements à l'arme lourde, suivis de transferts de populations, ce que nous avions d'ailleurs prévu depuis décembre 2010.

Comme au Nord en 2002, la Conquête du Sud prend les civils pour cibles, ou plutôt, en dehors d'Abidjan, comme masse de manœuvre. Le but est moins de tuer que de terroriser. L'armée rebelle, ou « Forces nouvelles » selon l'acronyme de Marcoussis qui tient autant de l' « agit- prop » (comme « forces impartiales » ou  « zone de confiance »...), chasse devant elle les autochtones guéré, la guerre se greffant en partie sur les conflits fonciers qui les opposent aux migrants dyoula- provoquant déjà 50.000 réfugiés au Liberia.

Les forces en présence tiennent compte en effet des populations migrantes, qui comme à Abidjan, servent de « réserve civile », d'asile et d'appui à la progression rebelle, ainsi qu'à sa gouvernance.

Certes électoralement Laurent Gbagbo maîtrise à 54% la capitale, et dans les campagnes du Sud l'autochtonie krou est d'une grande force symbolique. Mais démographiquement les nordistes dyoula représentant environ la moitié de la population de la population d'Abidjan, et autant dans les grandes villes de l'Ouest comme Daloa ou Gagnoa : ce sont sans doute les prochaines cibles pour faire « exploser » la paix civile au Sud- tandis que les attaques entre Duékoué et Toulepleu visent dans l'immédiat une « libérianisation de la guerre » (dans ses formes et dans ses alliances avec les nomades guerriers de ce pays, en attendant Sierra Leone, Guinée, etc.. dans un cycle connu). Et par ailleurs, dans une visée géopolitique constante, la prise du Port de San Pedro, sans lequel le « Ouattaraland » du Nord, enclavé, n'aurait d'autre ressource à terme, pourrait n'avoir pour objectif qu'une réunification avec le Burkina Faso.

Cependant l'offensive rebelle, et son long cortège de violences dans la capitale ou en brousse, a peut être un but plus perver s: provoquer l'intervention internationale que l'état major ouattariste demande de manière récurrente.

Dans cette perspective, des « violences extrêmes » (le modèle rwandais semble inadapté, malgré les massacres envisageables, quand la moitié d'une population est opposée à une autre...), une décision de l'UA, cautionnée par l'ONU, justifierait les positions interventionnistes de la CEDEAO. Sous influence nigériane, une nouvelle ECOMOG deviendrait une nouvelle « faction combattante » comme au Liberia ou en Sierra Leone et viendrait, dans cette hypothèse, de Bouaké.

Feraient-ils la jonction, comme le souhaite le camp Ouattara, avec les forces Licorne et ONUCI ? Ceux ci sont on le sait, dans la capitale, alors que leur mandat est la protection des civils: seraient-ils attirés par exemple dans les combats de l'Ouest, ou assureraient-ils, comme dans la paradoxale alliance autour de la « République du Golf », la coordination d'une force armée multiforme : ECOMOG, Licorne, ONUCI et... Forces rebelles?

Une escalade meurtrière pourrait s'ensuivre, cauchemar des stratèges étrangers : si les partisans civils de Laurent Gbagbo, les corps francs de l'Ouest et les alliés extérieurs comme l'Angola ou l'Afrique du Sud entraient en lice, la Cote d'Ivoire serait finalement à feu et à sang et deviendrait dès lors ingouvernable pour longtemps ! Bien que le modèle rwandais ne soit pas pertinent, celui des violences extrêmes n'est pas exclu : se sentant le « dos à la mer » devant l'offensive dyoula, les sudistes et les partisans de M. Gbagbo dans la capitale pourraient se transformer en contre guérilla ; les partisans occidentaux de M. Ouattara le voient-ils vraiment gouverner sur des monceaux de cadavres, répétant la fameuse formule russe à Varsovie : « l'ordre règne »  dans la capitale ?

Appliquer les règles de Curzio Malaparte semble facile au « commando » pro-Ouattara d'Abobo ; devenir le Bonaparte ivoirien et administrer des ruines serait autrement plus complexe, dans le résistible avènement d'Alassane Ouattara ...

Reste à comprendre la stratégie militaire et politique de Laurent Gbagbo et de ses alliés : ce qui n'est pas « une autre histoire », mais bien, dans une interaction permanente, l'autre versant, l'autre version de la même Histoire.




[1] : MEMEL-FOTE, H., «Un mythe politique des Akan en Côte d'Ivoire : le sens de l'Etat», in : Mondes Akan. Identité et pouvoir en Afrique occidentale, P. VALSECCHI et F. VITI (sous la direction), Paris, L'Harmattan

[2] Cf. Michel Galy, « Politologie d'une rébellion. Une « gouvernance par la violence » au Nord de la Côte d'Ivoire ? », Cultures & Conflits, 65, printemps 2007.

[3] Bertrand Badie, 20 janv. 2011, entretien publié sur Le Monde.fr -

[4] Voir : Patrice Yengo, Dans La Guerre civile du Congo-Brazzaville - 1993-2002 - Chacun aura sa part, Paris, Karthala, 2006.

[5]Curzio Malaparte, Technique du coup d'Etat, Paris, Grasset, 2008.


Source: Le Blog de Théophile Kouamouo

dimanche, 20 mars 2011

SOUVERAINETE DE LA COTE D'IVOIRE: LES VERITES CRUES DE PAUL YAO-N'DRE (PRESIDENT DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL DE COTE D'IVOIRE)



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A la faveur des journées portes ouvertes de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) à Abidjan, Paul YAO-N'DRE, parrain de la 49ème promotion de ladite école, a prononcé un important discours qui tranche avec la langue de bois.


«Depuis dix ans, avec la crise du 19 septembre 2002, la Côte d'ivoire est à la croisée des chemins. Assurément, les Ivoiriens sont à la recherche d'un Etat démocratique, moderne et souverain aux fondements solides avec des acteurs compétents, producteurs de développement durable, pour son accomplissement total.

Bâtir un Etat démocratique, moderne et souverain

Cette option est aux antipodes du parti unique, donc du monolithisme ou du jacobinisme. Toutefois, cette quête de la civilisation multidimensionnelle, libre et souveraine, rencontre depuis la chute du mur de Berlin en 1989 d'énormes difficultés.

Les survivances du parti unique en Afrique sont des obstacles à l'émergence d'un Etat démocratique, moderne et souverain. Ceux-ci se situent tant au plan interne qu'au niveau international. L'évolution du processus démocratique en Afrique, notamment francophone noire depuis le « vent de l'Est » et ses corollaires la «Pérestroïka » et la «glasnost», révèle des survivances monolithiques. C'est dire que le processus démocratique en Afrique rencontre des oppositions et des résistances depuis sa mise en œuvre. Sans nier les entraves internes, il y a lieu de noter que celles extérieures restent majeures aux plans économique, financier et politique. La dialectique de l'alliance dans la dépendance fait apparaître deux composantes intimement liées: la protection des privilèges étrangers est la condition d'existence et de maintien de certains chefs d'Etat africains et de leur régime. En d'autres termes, la préservation du statut quo et ses mécanismes régulateurs se fondent sur des relations d'échange très personnalisées.

A ce niveau, la politique et l'économie s'interpénètrent et se réalisent par des circuits de pots de vin, de passe-droits, de faveurs individuelles et, dans certains cas précis, des contributions aux campagnes électorales des partis politiques et candidats des ex-pays colonisateurs. D'où le rejet des dirigeants africains des nouvelles générations dont le discours reflète les aspirations des populations. Il s'agit donc pour l'extérieur d'éviter tout changement ou toute forme de développement du processus de démocratisation susceptible de mettre en équation les «positions acquises». La nécessité de construire un Etat démocratique, moderne et souverain passe par la conception et la mise en œuvre de la politique de Refondation. Aussi, l'Etat démocratique requiert-il changement de vision et d'horizon, de mentalités et de comportements. Il suscite raisonnement, approches plurielles des problèmes et solutions consensuelles. Il exhorte à l'unité et à l'identité nationales par les sensibilités diverses aux fins d'un progrès économique, social et culturel engendré par le travail de tous dans la solidarité pour le bonheur partagé de tous.

En d'autres termes, l'édification d'un Etat démocratique en Côte d'ivoire nécessite la mise en œuvre d'actions et d'activités aux plans politique, économique et social par rapport au pouvoir politique et relativement au peuple. Il faut, d'abord, la voie de la transition pacifique à la démocratie, c'est-à-dire des élections justes et transparentes sans entraves, ni violences. Ainsi, l'accession au pouvoir par le suffrage universel légitime le pouvoir d'Etat et son dépositaire. Ensuite, l'avènement d'un Etat démocratique requiert un environnement propice et la mise en place d'institutions fortes, ointes par la légitimité et la légalité, et l'existence de règles devant favoriser l'intervention des citoyens dans toutes les cellules sociales quant à la prise des décisions. Enfin, la reconnaissance et l'exercice des droits et libertés des citoyens concrétisent la démocratie et favorisent l'évolution positive de l'Etat démocratique moderne. Il s'agit de l'égalité politique, l'égalité des chances:

-          L'égalité politique désigne un droit égal à élire et à se faire élire. L'égalité de suffrage comporte le droit d'accès au lieu de vote, la libre expression de l'opinion par le vote et l'élection à une fonction publique de tout individu qui jouit du droit de vote.

-          L'égalité devant la loi signifie que tout le monde sera traité de la même manière par le système juridique.

-          L'égalité économique permet à tous les citoyens de jouir d'un minimum de sécurité économique. Un niveau de pauvreté extrême étant un obstacle à la participation de l'individu à la vie de la société.

-          La liberté de parole, la liberté de presse, la liberté de circulation et la liberté de religion sont essentielles dans un Etat démocratique.

-          L'éducation est un principe fondamental de la démocratie. Le citoyen appelé à faire des choix, à trancher différentes questions doit être capable de lire, écrire, compter juger et décider.

Le règne de la loi, notamment la Constitution, est concomitant à l'émergence d'un Etat démocratique et moderne. Les producteurs de la loi, tous les citoyens et tous ceux qui vivent sur le territoire national doivent être soumis à la loi. C'est l'Etat de droit. Cet Etat démocratique et moderne doit reposer sur des fondements solides pour sa viabilité.

La souveraineté et la Constitution, fondements d'un Etat démocratique moderne

La souveraineté et la Constitution sont à l'Etat ce que représentent le cœur et les poumons dans la régulation du corps humain. L'Etat démocratique et moderne à bâtir doit être souverain et reposer sur une Constitution solide. La spécificité de l'Etat, par opposition aux autres sujets de droit, tient à la faculté de se prononcer dans tous les domaines avec le pouvoir du dernier mot : cela s'appelle la souveraineté. La souveraineté est le pouvoir exclusif que possède tout Etat mais dont la limitation ne procède que du droit national et international. La notion de souveraineté est étroitement liée à celle d'indépendance. On peut même dire que la souveraineté, fondement anthropologique de l'Etat, est une notion qui se confond avec celle d'indépendance:

-          Au plan interne, l'Etat est maître chez lui. Il a l'exclusivité ou le monopole des compétences à l'intérieur de ses frontières: il exerce des compétences autonomes et dispose de la liberté totale de décision, il a la plénitude des compétences, c'est-à-dire celles dont le contenu ne souffre d'aucune limitation. Tous les problèmes économiques, sociaux, culturels et politiques sont du domaine d'intervention de l'Etat.

-          Au niveau international, la souveraineté implique la non-ingérence dans les affaires intérieures de l'Etat, outre le droit de légation, le droit de conclure des traités, le droit de réclamation internationale et le droit de protection diplomatique. Les immixtions graves présentes dans les affaires domestiques de la Côte d'Ivoire dépassent tout entendement civilisationnel. Le principe de l'indépendance qui consacre l'émergence de l'Etat sur la scène internationale conforte son existence.

L'indépendance est un processus et une situation. C'est d'abord l'acte par lequel une collectivité étatique accède à la qualité de sujet de droit international. C'est ensuite la position d'un Etat dans les relations internationales et dont les organes dirigeants ne sont soumis à aucune autorité extérieure. Dans son application, la notion d'indépendance revêt également deux aspects: l'indépendance politique et l'indépendance économique.

L'indépendance politique

L'exercice du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes conduit à l'indépendance politique. Le principe de non-intervention protège et garantit l'indépendance politique. Naguère considéré comme un principe politique, le principe de l'autodétermination, du point de vue de sa juridicité, ne soulève aucune difficulté actuellement. Non seulement, il repose sur une base coutumière mais également il a été consacré par des traités (article 1er commun aux Pactes internationaux du 19 décembre 1966 relatifs aux droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels). Le droit pour un groupement humain de se constituer en Etat, donc de témoigner de lui-même, a une signification particulière dans le cadre territorial:

Il permet, d'une part, à un peuple de déterminer librement son statut international. La charte des Nations unies et le problème colonial en offrent un exemple. Par sa résolution du 14 décembre 1960 (1514 XV), l'Assemblée générale de l'Onu proclame solennellement «la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et dans ses manifestations. Elle réaffirme la légitimité de la lutte que les peuples, sous domination, mènent pour l'exercice de leur droit à l'autodétermination et à l'indépendance et prie tous les Etats de leur apporter une aide matérielle et morale ».

D'autre part, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes affirme la liberté pour chaque entité, parvenue au stade de juger d'elle-même, de choisir sans contrainte son système politique, économique et social et sa forme de gouvernement. Ce qui implique la non-intervention dans ses affaires intérieures. Le principe de non-intervention ou non-ingérence postule l'obligation de ne pas s'immiscer dans les affaires intérieures d'un Etat. Aussi sont-elles interdites les ingérences politiques, économiques ou militaires. Mais, l'histoire des relations internationales montre que les cas d'intervention sont beaucoup plus fréquents que ceux de non-intervention. D'où la légalité douteuse de telles interventions. Aussi, pour certains Etats, l'indépendance devient-elle relative. C'est le cas de notre pays, la Côte d'Ivoire, depuis le coup d'Etat de décembre 1999 et coup d'Etat manqué du 19 septembre 2002, mué en rébellion. La conquête de l'indépendance économique n'échappe pas aussi à toutes ces pesanteurs.

L'indépendance économique

Elle passe nécessairement par l'autodétermination économique. Aussi l'indépendance économique se présente-t-elle comme le pendant de l'indépendance politique. Le principe de la souveraineté permanente de chaque Etat sur ses richesses et ressources naturelles est l'un des moyens d'accession à l'indépendance économique. Il est aujourd'hui, pleinement consacré.

Les Etats latino-américains ont joué un rôle dans la formulation du principe. Le Mexique, l'Uruguay et le Chili, par leurs actions successives, ont amené l'Assemblée générale de l'Onu à adopter le droit de souveraineté permanente de chaque Etat sur ses richesses et ressources naturelles. Il s'agit des Résolutions du 21 décembre 1952, du 14 décembre 1962 et la charte des droits et devoirs économiques des Etats du 12 décembre 1974. Ce principe vise à mettre un terme à l'exploitation sans partage des ressources naturelles par les puissances étrangères.

Ainsi, les résolutions de 1952 et de 1962 prévoient le libre exercice par chaque Etat de son droit souverain sur ses ressources naturelles. La résolution du 1er mai 1974 relative à l'instauration d'un nouvel ordre économique international va dans le sens des préoccupations des Etats en développement: une souveraineté permanente intégrale de chaque Etat sur ses ressources naturelles et sur ses activités économiques; un contrôle de l'Etat sur ses ressources et leur exploitation. Le principe de la souveraineté permanente de chaque Etat sur ses ressources naturelles est juridiquement acquis désormais par le mode coutumier de formation des normes. Malgré les tentatives de la doctrine et de la jurisprudence occidentales de vider le principe de son contenu, son insertion dans l'ordre juridique positif ne fait plus de doute, aujourd'hui. Ainsi, le principe de la souveraineté permanente revêt une portée impérative plutôt qu'une force obligatoire. La souveraineté et la Constitution ont un rapport de caractère dialectique. De la souveraineté résulte la Constitution. Celle-ci conforte et protège celle-là. Les deux consolidant la viabilité d'un Etat démocratique moderne.

La Constitution, fondement juridique de l'Etat, est l'ensemble des règles écrites ou coutumières qui déterminent, d'une part, la forme de l'Etat, la dévolution et l'exercice du pouvoir et, d'autre part, les Institutions qui incarnent ce pouvoir. Il est donc indispensable que la souveraineté, la Constitution ainsi que les Institutions soient respectées et, au besoin, protégées pour inscrire l'Etat démocratique dans la modernité pour le développement durable. Et c'est ce que les Ivoiriens ne cessent de faire depuis la crise du 19 septembre 2002. D'où l'importance du potentiel humain pour restituer à un Etat démocratique, moderne et souverain sa vertu dans son évolution positive.

Le potentiel humain, notamment les élèves de la 49ème promotion (de l'ENA, ndlr), vecteur de la réalisation d'un Etat démocratique, moderne et souverain

Les agents de l'Etat, en particulier les fonctionnaires, constituent le fleuron de l'Administration ivoirienne. Celle-ci doit être davantage au diapason de l'évolution pour son adaptabilité constante aux fins de bâtir un Etat démocratique, moderne et souverain. Aussi, les agents de l'Etat, notamment les fonctionnaires de cette 49ème promotion, doivent-ils accomplir trois missions essentielles: garantir les valeurs républicaines, défendre l'intérêt général et promouvoir le progrès économique et social. En d'autres termes, les agents de l'Etat et les fonctionnaires de la 49ème promotion doivent être auréolés d'une éthique et d'une philosophie nouvelles de la modernisation de l'Administration, c'est-à-dire mettre en œuvre une politique de relations de travail rénovée, une politique de développement des responsabilités, une politique d'accueil et de service à l'égard des usagers.

C'est pourquoi, j'encourage les fonctionnaires et agents de l'Etat à redoubler d'effort, compte tenu de la situation de crise que traverse notre pays, la Côte d'Ivoire. De manière particulière à vous mes filleuls, de la 49ème promotion (2009-2010), je vous exhorte à la pondération pour mener à bien une carrière fructueuse. La vie sociale doit entrer en symbiose avec la vie professionnelle pour vous conférer l'équilibre et la stabilité. Au plan professionnel, le respect de la hiérarchie, la compétence, la probité et la bonne humeur doivent guider vos actions comme valeurs cardinales dans l'Administration. C'est à ce prix que nous bâtirons ensemble, dans un élan collectif, un Etat démocratique, moderne et souverain ivoirien pour un respect de sa loi fondamentale, de sa Constitution, de l'état de droit, des droits humains et de sa souveraineté. C'est un impératif dû par tout citoyen ivoirien. C'est pourquoi, nous devons résister et résister, lutter et lutter pour vaincre.

Cet Etat démocratique, moderne et souverain en appelle à une coopération nationale et internationale, librement consentie, avec des avantages comparatifs équitables au profit des concitoyens pour un développement durable. En d'autres termes, aucun Etat ne peut vivre en autarcie. La Côte d'Ivoire reste donc ouverte au partenariat aux plans bilatéral, sous-régional, continental et universel. Cette collaboration doit reposer sur des avantages mutuels afin que les ivoiriens puissent également en tirer profit pour leur épanouissement total et leur bonheur.

Chers Ivoiriens, quelles que soient nos convictions idéologiques, philosophiques, politiques et confessionnelles, nous n'avons tous qu'un patrimoine: la Côte d'Ivoire. Nous avons donc l'impérieux devoir de la préserver. Puisons en nous, dans nos consciences, des énergies, des connaissances, des expertises, un savoir-faire pour trouver une solution pacifique négociée à cette crise. C'est à nous tous, Ivoiriens, de prendre d'abord nos responsabilités dans le règlement de ce différend. Les apports extérieurs ne seront ensuite que complémentaires. Il est encore temps d'agir. Agissons maintenant. C'est en cela que nous montrerons notre capacité à nous affirmer. Selon l'évangile (Psaumes 42/7-11), David a traversé des circonstances très difficiles et les a décrites comme des vagues et des flots passant sur lui. Alors, il se posa la question suivante: Pourquoi es-tu abattue, mon âme? Et pourquoi es-tu agitée au-dedans de moi? Il répondit lui-même: «Attends-toi à Dieu». S'attendre à Dieu, c'est se reposer sur ses promesses, c'est-à-dire, «il ne te laissera pas, il ne t'abandonnera pas» (Hébreux 13/5).

Ivoiriens, ne craignons point, car Dieu est avec nous. Il nous fortifiera, oui il nous aidera, oui il nous soutiendra par la droite de sa justice. En d'autres termes, s'attendre à Dieu, c'est nous amarrer à une «ancre de l'âme, sûre et ferme» (Hébreux 6/19). C'est une ancre qui nous préserve d'être ballotés par les tempêtes de la vie dans un monde dont Satan est le prince (Jean 14/30). Nos cœurs sont troublés par les incertitudes des temps pénibles dans lesquels nous vivons, par des nouvelles contrariantes et décourageantes. Mais, nous ne serons pas ballotés si nos vies sont ancrées dans l'espérance de Dieu. Dans la mesure où nous gardons cette espérance devant nous, elle nous aidera à vivre une vie qui glorifiera le Seigneur; elle apportera joie et paix dans nos vies et dans nos maisons pour une Côte d'Ivoire réconciliée avec elle-même, solidaire et prospère pour tous.

Dieu bénisse la Côte d'Ivoire et nous garde. Je vous remercie».


Propos recueillis par Renaud Djatchi.


Source : Le blog de Benoît Boéhi

IMPACTS DE LA GUERRE SUR L'ECONOMIE IVOIRIENNE: LES AVEUX ET REVELATIONS DE CERTAINS PATRONS FRANÇAIS



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Plus la guerre s'installe dans la durée en Côte d'Ivoire, plus les langues se délient. Dernier fait en date, les aveux et révélations de certains patrons français au cours d'une réunion secrète à l'Elysée. «Quand la Côte d'Ivoire tousse, c'est toute la sous-région qui s'enrhume », dit-on.


Depuis plus de quatre mois, la Côte d'Ivoire vit la première guerre ouverte de son histoire depuis 50 ans. Les effets néfastes de l'interdiction d'exporter le cacao d'origine Côte d'Ivoire, ordonnée par l'Ue et voulue par Ouattara Alassane candidat malheureux à la dernière présidentielle de 2010, et l'embargo de l'Ue sur les ports d'Abidjan et de San Pedro, se traduisent par une baisse drastique des activités à l'import et à l'export au niveau des deux ports. Par ricochet, disons que c'est un véritable temps de vache maigre pour les transitaires et tous les acteurs du secteur maritime ivoirien. Mais aussi et surtout les douanes ivoiriennes dont quelques-unes des missions sont de non seulement collecter l'impôt sur les cordons douaniers pour l'Etat, mais aussi assurer la protection de l'industrie locale contre l'invasion des marchandises prohibées qui viendraient concurrencer les produits «Made in Côte d'Ivoire» sur le marché ivoirien.

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Si les pertes sont énormes pour l'économie ivoirienne (pas de données chiffrées pour l'instant), il n'en est pas moins pour les entreprises françaises qui opèrent aussi bien dans le secteur maritime que de la banque. C'est très conscients des effets néfastes de la guerre montée de toutes pièces par Nicolas Sarkozy en Côte d'Ivoire pour aider son poulain Ouattara, que des chefs d'entreprise français ont pris part à une réunion secrète qui s'est tenue récemment à l'Elysée sur la situation en Côte d'Ivoire. Au menu de cette réunion, à laquelle a assisté un aréopage hétéroclite de personnalités françaises, la question économique en priorité.

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Au cours de cette rencontre, « Bouygues, les responsables de Bnp Paribas et la Société Générale de banque, d'un commun accord, sont allés voir Sarkozy et se plaindre de ce que cette crise postélectorale qui s'est installée dans la durée alors qu'elle avait été programmée pour durer 48 heures, avait des conséquences graves sur les affaires en Côte d'Ivoire en particulier, mais aussi dans toute la zone africaine. Par conséquent, il fallait faire quelque chose d'urgence pour endiguer les pertes financières énormes qui prenaient, à tout point de vue, l'allure d'une catastrophe irréversible. Pis, les dirigeants des banques fermées, par leur seule volonté, voudraient venir à Abidjan pour prendre attache avec le pouvoir en place. Ce qui aurait été ressenti par Sarkozy et son gouvernement comme un camouflet ».

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Par ailleurs, au niveau de l'espace Uemoa, les effets de la guerre en Côte d'Ivoire sont également ressentis aussi bien au Burkina Faso, au Mali qu'au Niger. Si au Burkina Faso, ça grogne sous le manteau contre le régime de Blaise Compaoré, la Mauritanie dont les nationaux contrôlent jalousement et gèrent officiellement 30.000 boutiques de détaillants en Côte d'Ivoire n'est pas épargnée. Il est à préciser que bon nombre de ces boutiques sont fermées du fait de la persistance de la guerre à peine larvée en Côte d'Ivoire.


Elisée Koffi

 

Source : GBAGBO.CI


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Intervention de l'Ecomog en Côte d'Ivoire : La Cour de justice de la Cedeao dit non

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Les 15 Etats de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) ont reçu l'ordre de la Cour de justice régionale de s'abstenir de l'usage de la force en Côte d'Ivoire, dans une décision provisoire vendredi. Le tribunal, qui avait été saisi d'une requête déposée au nom du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo, « ordonne aux Etats membres et aux institutions de la Communauté de se conformer strictement à l'article 23 du règlement de la Chambre », a indiqué la présidente de la Cour, Awa Daboya Nana. « Cet article, a-t-elle précisé, prévoit que, quand un conflit vient devant la Chambre, les Etats membres doivent s'abstenir de toute action susceptible d'aggraver le conflit ». L'affaire sera jugée sur le fond, le 9 mai.

Laurent Gbagbo avait saisi, en février, la Cour de justice de la Cedeao pour contester la décision de la Communauté économique d'exiger son départ de la présidence de Côte d'Ivoire. Le 7 décembre, un sommet de la Cedeao avait exigé le retrait du pouvoir du chef de l'Etat sortant ivoirien, reconnu son rival Alassane Ouattara vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre et suspendu la Côte d'Ivoire de l'organisation régionale.

La Cedeao avait également menacé de déloger M. Gbagbo par la force, s'il refusait. L'avocat de Laurent Gbagbo, Mohamed Faye, s'est félicité de cette décision, soulignant qu'« aucune institution de la Cedeao ne devrait prendre quelque initiative que ce soit, susceptible d'aggraver la situation, tant que le tribunal ne se sera pas prononcé sur le fond ». « La Cedeao est une communauté économique qui a décidé de s'ingérer dans les affaires intérieures d'un Etat membre, ce qui est hors de sa juridiction », avait argumenté en février un porte-parole de Monsieur Gbagbo, Ahoua Don Mello.

La décision de la Cour de justice n'aura cependant pas d'implication immédiate, la Cedeao semblant avoir écarté un éventuel usage de la force en Côte d'Ivoire. Le Nigeria, pays dont le président, Goodluck Jonathan, est le président en exercice de la Cedeao, a souligné le 24 février que toute action militaire pour déloger Laurent Gbagbo du pouvoir devait être placée « sous l'égide de l'Onu ».


Source : AFP

samedi, 19 mars 2011

COTE D'IVOIRE - PENURIE DE MEDICAMENTS: MSF ACCUSE «LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE»


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Médecins Sans Frontières (MSF) a signalé mardi les « grandes difficultés pour se faire soigner » que rencontraient les victimes des violences en Côte d'Ivoire « du fait de l'insécurité mais aussi des ruptures d'approvisionnement en médicaments résultant des sanctions internationales ».

« Pour peser sur la crise politique, la communauté internationale a imposé des sanctions commerciales et financières qui, ajoutées aux difficultés de transport, provoquent des ruptures d'approvisionnement en médicaments et matériel médical », commente l'organisation sur son site internet.

Cette situation, selon l'organisation, fait que « dans plusieurs régions du pays, des structures de santé manquent de médicaments de base et aussi de traitements pour soigner des maladies chroniques ou aiguës, notamment pour faire des dialyses rénales».

La ministre de la Santé Publique, Christine Adjobi, a dénombré le 7 mars, « 24 décès » pour la période de janvier à février chez les personnes dialysées consécutivement à la décision de l'Union Européenne d'infliger à la Côte d'Ivoire un embargo sur les bateaux à destination de ce pays y compris ceux transportant des médicaments.

Les étudiants du SYNESS (Syndicat National des Etudiants en Science de la  Santé de Côte d'Ivoire) ont organisé, le 24 février, une marche sur le siège de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) à Abidjan suivie d'un sit-in devant l'édifice. Ils se sont insurgés contre cette mesure « arbitraire » qui prive les malades de médicaments.

Selon le SYNACASCI (Syndicat National des Cadres de la Santé), il ne faut pas faire d'amalgame entre politique et affaires sociales. Le syndicat a par ailleurs menacé de poursuivre l'OMS et l'UE (Union Européenne) devant les tribunaux pour « crime contre l'humanité ».

Le Dr Christine Adjobi, Ministre ivoirien de la Santé publique, avait elle-même condamné le 26 février l'embargo sur les médicaments imposé à la Côte d'Ivoire par l'Union Européenne. « Qu'est-ce que la santé a à voir dans cette situation?  », s'était écriée la ministre qui a dénoncé « un crime contre l'humanité ».

Cette mesure d'embargo fait partie d'une série de décisions de l'Union Européenne visant à asphyxier le pays à tous les niveaux, notamment au plan économique, diplomatique et sanitaire. L'UE espère obtenir ainsi le départ du président Laurent Gbagbo du pouvoir et imposer à la tête du pays l'opposant Alassane Ouattara.

Le Conseil constitutionnel ivoirien, plus haute juridiction chargée de donner les résultats définitifs de l'élection présidentielle a proclamé Laurent Gbagbo, élu (51, 45%) contre son adversaire Alassane Ouattara (48%).


Source: IVOIREVOX

HUIT ANS D'INGERENCE NEOCOLONIALE FRANÇAISE...ET DE RESISTANCE HEROÏQUE DU PEUPLE IVOIRIEN


CARTE COTE D'IVOIRE 2.jpg

Par Luis Basurto (*), le 12 mars 2011

La crise en Côte d'Ivoire n'est pas née en décembre 2010, le 2 de ce mois, jour de l'annonce solitaire, surprenante et hors délai des résultats électoraux provisoires du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010 faite par le président de la Commission électoral ivoirienne flanqué des ambassadeurs de la France et des USA dans le quartier général électoral du candidat Alassane Dramane Ouattara, l'orthodoxe économiste du FMI. La crise ivoirienne n'est pas née seulement du refus arrogant de la France, ayant obtenu le soutien des USA et de l'Onu, de reconnaître les résultats électoraux définitifs proclamés par le Conseil Constitutionnel ivoirien, l'instance suprême, la seule, qui avait le pouvoir légal de le faire.   La crise ivoirienne est née le 18 septembre 2002 au soir. La tentative de putsch, ratée, de ce jour là contre Laurent Gbagbo fut repêchée rapidement par un plan B de la France avec l'intervention efficace de l'armée française, le 43ème Bima, basée à Abidjan. Jacques Chirac ordonna rapidement la partition du pays sécurisant les rebelles dans le nord du pays en essayant parallèlement de déposséder Gbagbo de tous ses pouvoirs réels, ses pouvoirs constitutionnels, par les "accords" dits de Kléber, à Paris : il choisit  et désigna depuis janvier 2003 presque directement deux premiers ministres ivoiriens, Seydou Diarra en 2003 et Charles Konan Banny en 2005, qui bien entendu obéissaient aux instructions et aux injonctions de Paris. L'ingérence française, militaire, diplomatique et politique, fut constante depuis septembre 2002, elle vient donc de loin. La crise ivoirienne est un état quasi permanent depuis plus de huit ans du à cette ingérence permanente et intense.

La victoire de la force contre l'état de droit c'est justement ce qui s'est passé depuis 2002. Les putschistes pro-Ouattara furent requalifiés 'forces nouvelles » par l'interventionnisme chiraquien, par l'ingérence grossière. Laurent Gbagbo, historien, enseignant universitaire, social-démocrate modéré -fondateur du Front Populaire Ivoirien-FPI affilié à l'Internationale socialiste- fut élu le 22 octobre 2000 ayant long temps lutté pour les libertés politiques et contre le régime autocratique de Félix Houphouët-Boigny, l'allié inconditionnel de la France néocolonialiste. Mais, depuis le jour même de son investiture ses rivaux de l'ex parti unique houphouëtiste, le PDCI -Parti Démocratique de Côte d'Ivoire- l'ancien président Henry  Konan Bédié et l'ancien premier ministre d'Houphouët, A.D.Ouattara,  firent tout pour tenter de le déstabiliser et de l'éjecter de la présidence. Les putschistes du 18 septembre 2002 n'étaient pas à leur première tentative. Et la rébellion soutenue par J. Chirac commit dès le premier jour des crimes inavouables, des exactions les plus extrêmes, crimes de guerre et crimes contre l'humanité. Leurs responsables n'ont jamais été ni jugés ni condamnés. L'impunité -ainsi que la déloyauté et le cynisme- est ainsi devenue la règle dans la vie politique ivoirienne depuis septembre 2002.

La guerre civile, ouverte ou larvée, en Côte d'Ivoire est un état quasi permanent depuis septembre 2002. Et le coup d'Etat permanent, contre les institutions ivoiriennes et les élus, s'est érigé en système pérenne. En novembre 2004 les soldats français commirent contre des civils ivoiriens désarmés des tueries jamais poursuivies ni punies. Le 9 novembre 2004 face à l'hôtel Ivoire à Abidjan 57 civils ivoiriens furent sauvagement tués par l'armée française. Un reportage diffusé plus tard par Canal Plus en France montra les images horrifiantes, insupportables, de ce massacre. On l'a oublié ? Fin 2005 la France et son faux-nez onusien, l'Onuci, essayèrent de dissoudre rien de moins que l'Assemblée nationale ivoirienne, c'est ainsi que le 15 janvier 2006 le GTI, « groupe de travail international », annonça par communiqué banal qu'il « prenait acte » de la fin du mandat des députés ivoiriens. Cette ingérence inadmissible  provoqua le refus ferme des civils ivoiriens qui défilèrent par milliers ; les manifestations de colère patriotique furent stigmatisées par la France et diabolisées par ses médias français et ceux de la « communauté internationale ». Mais l'immixtion, l'ingérence grossière, ne put passer.

Chirac introduit l'ONU dans son dispositif géopolitique pour masquer le rôle néocolonial central de la France et « légitimer » l'ingérence ouverte en se drapant des « décisions » onusiennes. C'est ainsi que fut créée l'Onuci, la « mission de l'ONU pour la Côte d'Ivoire », avec un corps expéditionnaire de soldats, policiers et fonctionnaires civils chargés officiellement de s'interposer entre belligérants et de protéger la population civil mais dans les faits ayant plutôt couvert, consolidé, le pouvoir de la rébellion « nordiste » pro-Ouattara et ouvertement essayé d'éroder la souveraineté de l'Etat ivoirien. A l'ONU, touts les textes émanant du Conseil de sécurité furent, et le sont toujours, rédigés rien de moins que par les seuls diplomates français qui se livraient ensuite à un intense travail de lobbying pour les faire entériner par les membres permanents et non-permanents de cette instance.

A présent Nicolas Sarkozy ne fait rien d'autre que continuer cette aventure chiraquienne et il le fait avec beaucoup de conviction car A.D.Ouattara est son ami personnel. Ils partagent l'amitié avec certains potentats français comme Martin Bouygues et ce fut l'ancien maire de Neuilly-sur-Seine et actuel président qui  officia son mariage avec Dominique Folloroux, une femme d'affaires française liée aux milieux oligarchiques français. L'agitation, l'activisme et les gesticulations théâtrales sont la marque personnelle de Sarkozy, comportements pas moins hasardeux et dangereux pour autant, alors qu'il est dans la stricte continuité de Chirac et d'autres de Gaulle essayant à tout prix de sauvegarder le pré carré néocolonial français en Afrique.

En 2004, Jacques Chirac et Georges W. Bush commirent en Haïti un coup d'Etat « en douce » contre Jean Bertrand  Aristide, embarqué par la force dans un avion et envoyé à l'exil forcé en Afrique. Oublié tout cela ? Ils utilisèrent le même schéma qu'en Côte d'Ivoire, à quelques détails près, à savoir d'abord un coup d'Etat contre le président Aristide « justifié »  par une rébellion soutenue en sous main dès l'extérieur par les USA et le prétexte « d'éviter aux haïtiens une guerre civile », ensuite arriva le piétinement des institutions haïtiennes et finalement la totale mise sous tutelle du pays sous la bannière de l'ONU, la Minustah -Mission des Nations Unies pour la stabilisation d'Haïti- pilotée et contrôlée par le couple USA-France. Le bilan de cette ingérence et de l'écrasement de la souveraineté haïtienne est là, un bilan pitoyable, un bilan honteux. Les exactions des soldats onusiens en Haïti restent impunies. L'échec de l'interventionnisme de l'Onu, de sa Minustah, qui est celui du couple néocolonial USA-France est aisément démontrable par le bilan à tirer de six ans d'ingérence : embourbés dans les affrontements sociaux et politiques, ils -les USA, la France et l'ONU- ont été incapables même d'organiser et de garantir des élections crédibles, sans trop s'attarder sur l'incompétence manifeste, tragique pour les haïtiens, à faire face à l'urgence humanitaire créée par le séisme terriblement meurtrier de janvier 2010.

La crise ivoirienne n'est pas qu'une simple crise postélectorale comme nous essayons de le démontrer en rappelant les faits. Elle débuta le soir du 18 septembre 2002, donc à présent plus de huit ans se sont écoulés. L'état de guerre civile ne date pas non plus des élections du 28 novembre 2010 mais de l'institutionnalisation des putschistes pro-Ouattara du 18 septembre 2002 et de la banalisation de leurs méthodes antidémocratiques et sanguinaires : la longue et tenace tentative de prise du pouvoir directe d'A.D.Ouattara commença plus huit ans en arrière avec l'acte « fondateur » d'un putsch manqué. Ce putschistes furent promus, par l'ingérence militaire et politique française, et l'agitation médiatique -la propagande- qui l'accompagnait, par une ingérence néocoloniale, en acteurs politiques « crédibles » alors qu'ayant commis des crimes de guerre et crimes contre l'humanité et occupant en toute illégalité la moitié nord du pays, devenue zone de non-droit où toutes les exactions et trafics ont été et sont toujours possibles. La primauté de la force sur le droit c'est justement ce que les putschistes ratés pro-Ouattara, repêchés et requalifiés par J.Chirac, ont démontré et ouvertement revendiqué depuis 2002. L'impunité est érigée en système de par les exactions scandaleuses, non poursuivies et sanctionnées devant aucune juridiction ivoirienne ou internationale, des rebelles pro-Ouattara, mais aussi de l'armée française - le 43ème Bima puis la « Force Licorne » - et de son supplétif onusien, l'Onuci.

La résistance des civils ivoiriens et de l'Etat de Côte d'Ivoire est légitime et légale. La résistance contre l'ingérence néocoloniale française est un droit imprescriptible mais aussi  le devoir patriotique des ivoiriens. La défense ferme de la souveraineté et de l'intégrité de l'Etat et du territoire ivoiriens contre l'ingérence grossière et les desseins néocoloniaux de la France, épaulée à présent ouvertement par les USA -par l'axe impérialiste USA-Union Européenne qui fait tomber ses masques- est la seule conduite possible des ivoiriens s'ils veulent sauvegarder leur liberté, leur indépendance et leur dignité, celles du peuple ivoirien et celles de leur pays, pilier de l'ouest africain. L'avenir de l'Afrique et de l'ensemble des pays et des peuples du monde voulant préserver leur indépendance nationale et leur liberté passe par le combat héroïque et la victoire souhaitable des patriotes ivoiriens.


(*) Luis Basurto : Enseignant, syndicaliste.


Source : MONDIALISATION.CA

vendredi, 18 mars 2011

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU JEUDI 17 MARS 2011


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Le Conseil des Ministres du jeudi 17 mars 2011 s'est tenu sous la présidence de Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire.

Les questions d'actualité et la création de nouvelles collectivités ont été à l'ordre du jour de ce Conseil des Ministres.

Au plan sécuritaire,

Entre le 10 et le 17 mars 2011, après leur déroute dans la tentative de prise de la ville d'Abidjan par ce qu'ils ont appelé «la révolution orange», les rebelles ont décidé de procéder à des attaques terroristes et sporadiques dans la ville d'Abidjan.

  • Ainsi, dans la Commune d'Abobo, au niveau de la Société FILTISAC, le vendredi 11 mars 2011 des rebelles à bord de véhicules banalisés ont attaqué et emporté quatre véhicules.
  • Un convoi des Forces de Défense et de Sécurité et une soute vide d'essence des Forces de Défense et Sécurité ont été attaqués également dans la dite zone.
  • Le lundi 14 mars 2011, la position des Forces de Défenses et de Sécurité à l'entrée du premier pont de Yopougon a été attaquée provoquant des affrontements entre rebelles et Forces de Défenses et de Sécurité aux alentours de la Résidence du Général Philippe Mangou, Chef d'Etat Major de l'armée nationale de Côte d'Ivoire.

Le bilan est de 7 blessés du côté des Forces de Défense et de sécurité de l'armée de Côte d'Ivoire et de 2 morts du côté des rebelles avec des kalachnikovs récupérées par nos forces.

  • Le mardi 15 mars 2011 aux Deux Plateaux dans la Commune de Cocody ; 4 jeunes gens ont été tués par des rebelles ; plusieurs domiciles ont également été attaqués avec malheureusement des pertes en vies humaines.
  • Le ratissage en cours à Port-Bouët 2 dans la Commune de Yopougon s'est soldé par des échanges de tirs causant des pertes en vies humaines.
  • A l'Ouest de la Côte d'Ivoire, les locaux de la Sous-préfecture de Guézon ont été attaqués : bilan deux décès.
  • Des affrontements ont eu lieu entre Toulepleu et Bloléquin entre les Forces de Défense et de Sécurité et les rebelles dans la nuit du dimanche 13 au lundi 14 mars 2011.
  • Un hélicoptère de l'ONUCI a été immobilisé par la population locale à l'Aéroport de San-Pedro l'obligeant à redécoller et à quitter la ville.
  • Le Vice-président du Conseil Général de Sinfra a été abattu.

Le Président de la République Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO déplore ces nombreuses pertes en vie humaine et matériels. Il exprime sa compassion à toutes les familles endeuillées.

  • Le Terrorisme, forme dégénérée de la rébellion, est le moyen choisi par celle-ci pour s'attaquer au pouvoir. Il s'empare malheureusement du quotidien des Ivoiriens. La bataille contre le terrorisme est donc l'affaire de tous. C'est la raison pour laquelle le Président de la République de Côte d'Ivoire, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO appelle les Ivoiriens à une plus grande responsabilité et une plus grande collaboration entre les citoyens et les Forces de Défense et de Sécurité afin que toutes les présences suspectes dans notre environnement soient neutralisées.

Le Président de la République Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO appelle les Ivoiriens à être sereins car nous assistons ces jours aux derniers soubresauts d'une rébellion qui s'éteint en se camouflant dans des véhicules de transport en commun (gbaka et woro woro).

Le Président de la République de Côte d'Ivoire son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO rassure les Ivoiriens du fait que nos forces de l'ordre sont déployées sur le terrain pour faire obstacle à l'avancée du terrorisme.

Au plan diplomatique,

  • Suite à l'invitation de l'Union Africaine à son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire de se rendre à Addis-Abeba afin de participer à la réunion du Conseil de Paix et de Sécurité consacrée à la crise ivoirienne, le Président de la République a dépêché le Président du FPI, Monsieur Pascal AFFI N'Guessan et le Ministre des Affaires Etrangères Monsieur Alcide DJEDJE pour le représenter.
  • Affirmant la victoire de Monsieur Alassane OUATTARA sans avoir effectué l'évaluation complète des élections, seul gage pour découvrir la vérité sur les élections en Côte d'Ivoire, l'Union Africaine reconnaît néanmoins le Conseil Constitutionnel comme seule institution habilitée à conférer le statut de président à un candidat.

Les conclusions de la réunion du Conseil de Paix et de Sécurité constituent une sorte de compromis des positions divergentes autour de la crise ivoirienne.

  • Remerciant les Chefs d'Etat de l'Union Africaine pour avoir préservé la souveraineté de la Côte d'Ivoire et le respect de ses institutions, le chef de l'Etat Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO prend acte du cadre de discussion proposé par l'Union Africaine et attend le haut représentant mandaté par l'Institution pour envisager le schéma de dialogue inter-ivoirien seul gage de sortie pacifique de la crise, seul moyen  pouvant préserver la sécurité des citoyens et la stabilité nécessaire au développement de notre pays la Côte d'Ivoire.

Le Chef de l'Etat Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO engage le gouvernement à redoubler d'ardeur pour trouver des solutions pour résister aux sanctions que la communauté internationale nous impose.

Le Chef de l'Etat appelle donc les rebelles à déposer les armes, à cesser les violences et informe toute la communauté nationale et internationale que les décisions prises par un prétendu président non investi sont nulles et de nul effet.

Le Président de la République de Côte d'Ivoire son Excellence Laurent GBAGBO interpelle le Président Jonathan GOODLUCK, Président du Nigéria, pour l'assistance militaire qu'il apporte aux rebelles en convoyant 500 mercenaires sur Bouaké pour les appuyer.

Le Président de la République tient à informer les Chefs d'Etats de la sous région qui se prêtent à ce jeu qu'il n'hésitera pas à user de son droit légitime de défense au cas où des atrocités seraient commises à l'encontre des Ivoiriens.

Le Chef de l'Etat Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO s'adressera bientôt à la Nation ivoirienne.

  • Au plan économique,

La fermeture des banques, les sanctions de l'Union Européenne et l'insécurité grandissante, perturbe l'économie ivoirienne.

Des mesures sont prises pour faire face aux impacts des sanctions.

Pour les entreprises du secteur privé, un effort exceptionnel va être fait pour leur permettre de faire face à leurs engagements sociaux.

  • Au titre de la communication,

La RTI a été informée par la société Canal Horizon que le signal de la télévision ivoirienne est suspendu pour une raison de force majeure.

Le Gouvernement a pris acte de cette tentative d'étouffement médiatique et prendra des mesures appropriées.

  • Au titre de la décentralisation,

Le Conseil des Ministres a autorisé la signature d'un décret portant érection de 37 départements et circonscriptions administratives en collectivités territoriales.

Pour rappel, la Côte d'Ivoire a connu une accélération du processus de décentralisation en 2005 en passant ainsi de 58 départements à 95.

Les départements concernés par ces présents décrets sont :

  1. AKOUPE
  2. ARRAH
  3. ATIEGOUAKRO
  4. BETTIE
  5. BLOLEQUIN
  6. BOTRO
  7. DIDIEVI
  8. DIKODOUGOU
  9. DOROPO
  10. FRESCO
  11. GUEYO
  12. GUITRY
  13. KANI
  14. KANIASSO
  15. KORO
  16. KOUIBLY
  17. KOUNAHIRI
  18. KOUN-FAO
  19. KOUTO
  20. MADINANI
  21. M'BATTO
  22. MINIGAN
  23. NASSIAN
  24. NIAKARA
  25. OUANGOLODOUGOU
  26. OUANINOU
  27. PRIKRO
  28. SAMATIGUILA
  29. SOUDEGUE
  30. SIKENSI
  31. SINIMATIALI
  32. TEHINI
  33. TIAPOUN
  34. TRANSUA
  35. YAKASSE-ATTOBROU
  36. ZOUAN-HOUNIEN
  37. ZOUKOUGBEU

Enfin, au titre des mesures individuelles,

Le Conseil des Ministres a autorisé la signature de 27 décrets portant nomination des directeurs des Affaires Administratives et Financières au titre :

  • du Ministère de la Justice et des Droits de l'Homme ;
  • du Ministère de l'Intérieur ;
  • du Ministère des Affaires Etrangères ;
  • du Ministère des Mines et de l'Energie ;
  • du Ministère de la Santé et de la Lutte contre le SIDA ;
  • du Ministère de la Construction et de l'Urbanisme ;
  • du Ministère de l'Agriculture ;
  • du Ministère de l'Equipement et de l'Assainissement ;
  • du Ministère des Transports ;
  • du Ministère de l'Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle ;
  • du Ministère de l'Environnement, des Eaux et Forêts ;
  • du Ministère de la Jeunesse et de l'Emploi ;
  • du Ministère de l'Industrie et du Développement du Secteur Privé ;
  • du Ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfant ;
  • du Ministère des Technologies de l'Information et de la Communication ;
  • du Ministère de la Culture ;
  • du Ministère de la Recherche Scientifique ;
  • du Ministère des Sports ;
  • du Ministère du Commerce ;
  • du Ministère de la Solidarité, de la Reconstruction et de la Cohésion Sociale ;
  • du Ministère du Travail ;
  • du Ministère Délégué auprès du Ministère de l'Economie et des Finances chargé du Budget ;
  • du Ministère Délégué auprès du Ministère de l'Education Nationale chargé de l'Enseignement Supérieur ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Premier Ministre chargé de la Sécurité Sociale ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Premier Ministre chargé des Handicapés ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Ministère de l'Education Nationale chargé de la Vie Scolaire et Estudiantine ;
  • du Secrétariat d'Etat auprès du Ministère de la Solidarité, de la Reconstruction et de la Cohésion Sociale Chargé des Victimes de Guerre.

Je vous remercie.


Fait à Abidjan, le 17 mars 2011


Source : Site Officiel de la Présidence de la République

lundi, 14 mars 2011

CONFERENCE DE PRESSE DE MADAME LE MINISTRE DE LA SANTE ET DE LA LUTTE CONTRE LE SIDA, LE LUNDI 07 MARS 2011



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Objet :

Situation sanitaire de la Côte d'Ivoire, depuis l'embargo de l'Union Européenne sur les ports de Côte d'Ivoire


Mesdames et Messieurs les journalistes,


Je voudrais avant tout propos vous saluer et vous remercier pour avoir répondu à notre appel.

C'est avec le cœur meurtri que je m'adresse à vous pour vous informer des effets dévastateurs de l'embargo sur les ports ivoiriens.

Ainsi, la notification de la mise en œuvre de l'embargo maritime de l'UE sur les ports autonomes de Côte d'Ivoire se traduit par l'impossibilité à partir du 11 Février 2011 d'embarquer dans l'UE des produits courants et pharmaceutiques à destination de notre pays et ce dans le cadre des sanctions infligées à la Côte d'Ivoire.

Mesdames et messieurs, je voudrais vous rappeler que le  profil épidémiologique de notre pays est préoccupant, car il  est marqué par un niveau très élevé des principaux indicateurs de morbidité et de mortalité.

Ces indicateurs qui traduisent le mauvais état de santé des ivoiriens sont par ordre de fréquence ; le paludisme (69,25 cas pour 1000 habitants), le VIH/sida (3,4 cas pour cent habitants), la tuberculose (393 cas pour 100 mille habitants), la malnutrition chronique constatée chez un enfant sur trois de moins de 5 ans, et les maladies à potentiel épidémique pour ne citer que celles-ci.

Les maladies chroniques que sont l'hypertension artérielle, le diabète, l'insuffisance rénale, et les cancers ne sont pas en reste, et font payer un lourd tribut à la population.

Je voudrais aussi rappeler que dès notre prise de fonction, sont survenues dans le contexte épidémiologique et environnemental  que nous connaissons,   les urgences sanitaires ci-après :

  • Les épidémies de fièvre jaune survenues à partir du 22 novembre 2010 dans quatre districts sanitaires de la zone CNO que sont Séguéla, Mankono, Béoumi et Katiola, avec notification de 11 décès sur les 21 cas enregistrés.
  • Une épidémie de choléra à Abidjan depuis le 21 janvier 2011, localisée à quatre districts sanitaires que sont Adjamé-Plateau, Attécoubé, Yopougon-Ouest et Abobo. A ce jour, 509 cas ont été notifiés dont 12 décès.
  • Une épidémie de rougeole dans les districts sanitaires d'Adiaké, Tiapoum et Aboisso que nous gérons depuis le 17 février 2011.
  • Parallèlement à la riposte contre ces situations d'urgence, nous assurons la prise en charge des victimes des violences postélectorales dans toutes les structures de soins du territoire national. A la date du 03 Mars 2011, nous avons enregistré 1233 victimes dont 1134 blessés et 99 décès.
  • Enfin, nous organisons, avec la cellule humanitaire mise en place par le gouvernement, la prise en charge des personnes déplacées:

-         au nombre de 25.000 pour   les régions des Montagnes (Man, Danané) et Moyen Cavally (Guiglo, Bangolo et  Duékoué),

-         de 13.000 pour les régions du Moyen Comoé, des Lacs, du Nzi Comoé, de la Marahoué, du Haut Sassandra et  du Zanzan ,

-         et de 600 personnes provenant d'Abobo pour la paroisse St Ambroise Jubilé d'Angré.

Des dispositions sont en train d'être prises pour la gestion de 1500 déplacés à l'église évangélique de Yopougon Gesco.


Mesdames et Messieurs les journalistes,


Avec la situation des urgences sanitaires  que nous venons d'évoquer dans un pays au profil épidémiologique très préoccupant,  que vaudrait notre   système de santé sans médicaments ?

C'est ainsi que parallèlement à la riposte contre  les  épidémies, et à la prise en charge des victimes d'agressions, nous avons instruit nos services de nous évaluer les stocks en produits pharmaceutiques afin de gérer au mieux  les approvisionnements en médicaments, vaccins, produits sanguins et intrants.

De ce rapport, il est ressorti  que dans le secteur public, certains médicaments tels que ceux de l'hémodialyse sont en rupture, et que les autres médicaments de première nécessité comme les ARV, les antipaludiques, les antibiotiques sont disponibles pour les deux à quatre mois à venir.

La plupart des intrants et des consommables dont les solutés, les gants, les nécessaires pour prélèvement de sang, les films pour appareil de radiologie étaient à un mois de stock.

Dans le secteur privé, les pharmacies étaient également à deux mois de stock.

Pour les produits d'hémodialyse, leur rupture persistante a occasionné de janvier à février 2011 déjà 24 décès,  et ce nombre pourrait s'accroître les jours à venir si cet embargo perdurait.


Quels sont les facteurs  qui contribuent à la tension des stocks ?


Ces facteurs  sont   d'une part l'impact négatif de l'embargo sur les navires de l'Union Européenne  approvisionnant la Côte d'Ivoire en médicaments  et d'autre part les dysfonctionnements du système bancaire.

Pour ce qui est de l'embargo sur les navires à destination de notre pays, il faut noter que 90% au moins des approvisionnements en médicaments se font à partir de l'UE.  Ceux-ci sont acheminés dans 80% des cas par voie maritime et 20%des cas par voie aérienne.

Par ailleurs, la mise en œuvre de cet embargo a comme conséquence qu'un certain nombre de conteneurs de produits pharmaceutiques embarqués avant le 10 février 2011, sont   sur mer et ne pourront pas arriver directement en Côte d'Ivoire, car  débarqués à Dakar au Sénégal avant d'être probablement  réacheminés par d'autres voies sur Abidjan, avec un rallongement significatif du délai de livraison.

Tenant compte de ces stocks flottants, les stocks actuels pourraient permettre dans les perspectives les plus optimistes, une couverture des besoins en produits pharmaceutiques de la Côte d'Ivoire pour 1 mois en moyenne, soit fin mars 2011.

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En une vingtaine de jours de mise en œuvre de cet embargo ignoble sans précédent de l'Union Européenne, les grossistes privés sont en moyenne à 17% de taux de rupture de stock alors que celui-ci se stabilisait en situation normale, entre 2 et 3%.

En  ce qui concerne la Pharmacie de la Santé Publique qui est la centrale publique d'achats de médicaments, elle présente actuellement 70% de taux de rupture de stock sur ses produits traceurs y compris les consommables de dialyse. A cette difficulté, il convient de relever l'insuffisance d'approvisionnement des structures sanitaires, en raison de l'indisponibilité de liquidité pour la PSP en vue de s'approvisionner  en  carburant.

Par ailleurs, la fermeture des banques aggrave les difficultés d'approvisionnement en médicaments aussi bien pour le secteur public que pour les grossistes privés en raison des problèmes liés au règlement des fournisseurs à l'étranger.

A ce jour, il convient de relever que certaines pharmacies privées refusent le système du tiers payant et imposent à la clientèle un  règlement au comptant, avec pour conséquences une difficulté d'accès aux médicaments, des risques accrus de prolifération des médicaments contrefaits et d'automédication des populations.

Mmes et Mrs, je m'interroge avec vous encore une fois : que vaut un système de santé dans le monde sans médicaments, et particulièrement dans un continent comme l'Afrique qui connaît une résurgence des épidémies de toutes sortes ?

J'ajoute que cette indisponibilité des médicaments essentiels et des dispositifs médicaux, aura pour conséquences à très court terme, l'arrêt de certaines interventions chirurgicales, la mauvaise prise en charge médicale de certaines pathologies, les difficultés d'assurer les soins infirmiers, tout ceci contribuant à augmenter sans nul doute, la morbidité et la mortalité déjà élevées dans nos populations.

C'est pourquoi, en voulant asphyxier  les populations ivoiriennes  en médicaments, l'Union Européenne ne fait rien d'autre que de programmer méthodiquement la mort des populations ivoiriennes. Il s'agit ni plus ni moins d'un holocauste.

Mmes et Mrs les journalistes, nous refusons qu'on utilise la porte d'entrée du système sanitaire pour l'extermination des populations de Côte d'Ivoire.

L'Etat de Côte d'Ivoire, dont la mission est d'assurer la santé de ses populations, ne comptant pas rester inactif devant ce véritable désastre humanitaire assimilable à un crime contre l'humanité, continue de prendre des dispositions pour y faire face.

C'est l'occasion pour la Côte d'Ivoire, avec à sa tête le Président Laurent GBAGBO et son Gouvernement d'interpeller les traditionnels partenaires de la santé en Côte d'Ivoire que sont l'OMS et l'UNICEF pour leur silence coupable qui va à l'encontre de leur mandat qui devrait les emmener à dénoncer de pareils agissements et à manifester leur solidarité agissante au peuple de Côte d'Ivoire.

J'en appelle aux peuples qui ont connu par le passé de tels génocides, afin qu'ils se mobilisent aux côtés du peuple de côte d'Ivoire pour dénoncer cette mesure inique.

Avant de clore mon propos, je voudrais faire une mention particulière à tous les acteurs et professionnels de la santé qui, en cette période difficile, au péril parfois de leur vie, continuent sans relâche de porter secours et assistance aux populations  sur toute l'étendue du territoire national.

J'associe à ces remerciements toute la population de côte d'Ivoire qui fait preuve de civisme et de maturité d'esprit en ne tombant pas dans le piège de la révolte dans lequel toutes ces manœuvres ourdies par les ennemis de notre pays tendent à la pousser.

Mmes et Mrs les journalistes, encore une fois merci de nous avoir consacré votre précieux temps.

Vous êtes  tous témoins devant l'histoire de ce crime contre l'humanité perpétré en  Côte d'Ivoire par l'Union Européenne dont l'attitude est assimilable au tir sur une ambulance d'un snipper embusqué, alors qu'elle se targue de faire partie des peuples qui ont inscrit le droit à la santé dans la Charte des Nations Unies,  mais  pour qui, peut-être, les populations vivant en Côte d'Ivoire ne sont certainement pas des êtres humains devant jouir de ce droit fondamental reconnu à tout peuple.

Devant ces faits, et dans le souci d'assurer son devoir régalien, le gouvernement s'attèle à faire éviter à la Côte d'Ivoire une pénurie grave de médicaments afin de préserver la santé de ses populations.

La souveraineté d'un Etat passe aussi par la capacité de ses gouvernants à prendre en charge de manière autonome et durable son peuple.

C'est pourquoi, je remercie l'UE qui donne l'occasion à l'Etat de Côte d'Ivoire de prendre ses responsabilités.

Dieu bénisse toujours la Côte d'Ivoire !

Je vous remercie.


Madame le Ministre de la Santé et de la Lutte contre le SIDA

Dr Christine NEBOUT ADJOBI


Dispositions prises pour la prise en charge des déplacés


Des médicaments, intrants et kits d'une valeur de 23 millions de FCFA ont été acheminés par le gouvernement sur les deux principaux sites d'accueil des déplacés internes Duékoué et la paroisse St Ambroise du Jubilé de Angré pour la prise en charge des malades de ces sites qui hébergent pour Duekoué 25 000 déplacés et Angré 600 déplacés.

Des équipes médicales sont installées en permanence sur ces sites pour également lutter contre les maladies à potentiel épidémique. Des dispositions sont entrain d'être prise pour la gestion de 1500 déplacés à l'église évangélique de Yopougon GESCO.

 

Source: Ministère ivoirien de la Santé et de la Lutte contre le Sida.

dimanche, 13 mars 2011

L'UNION AFRICAINE OFFRE UN CADEAU EMPOISONNE A ALASSANE DRAMANE OUATTARA


ALASSANE DRAMANE OUATTARA ET SORO.jpg

L'Union Africaine, à travers son Conseil de Paix et de Sécurité (CPS), a reconduit, simplement reconduit jeudi 10 mars, à Addis-Abeba, la « clameur internationale » selon laquelle le candidat Alassane Dramane OUATTARA est le président élu reconnu par la communauté internationale. Là où on attendait une décision circonstanciée fondée sur les observations et conclusions du comité des experts du panel des Chefs d'Etat africains, qui ont été édifiés sur les fraudes massives et les violences perpétrées par le RHDP dans les zones Centre Nord et Ouest de la Côte d'Ivoire pendant le scrutin présidentiel de novembre 2010.

Après avoir appris cette nouvelle, qui à première vue est défavorable à la Côte d'Ivoire républicaine, nous nous sommes sentis fortement raffermi dans notre sérénité.

En effet, sans peut-être le savoir ou s'en rendre compte, l'Union Africaine, venait ainsi de remettre au centre des débats le Conseil Constitutionnel de Côte d'Ivoire, présidé par l'éminent Professeur de Droit Paul YAO-N'DRE, celui qu'on a traité de tous les noms d'oiseaux : homme de droit mal inspiré, juriste lige, ami de GBAGBO vendu à de mesquins intérêts despotes voire partisan du népotisme. Pourquoi ? Pour avoir dit le droit, dans toute sa rigueur, dans toute sa pureté et dans toute sa splendeur.

Or donc nul ne peut être président en Côte d'Ivoire sans avoir été antérieurement déclaré comme tel par le Conseil Constitutionnel ? Ceux qui ont proclamé ADO président étalent ainsi leur irrépressible mauvaise foi sinon leur incurie. Tout bien considéré, une façon bien discrète d'avouer que tout le tintamarre mondial orchestré par les médias internationaux, sous l'instigation malveillante de Nicolas SARKOZY et Barack OBAMA, pour faire d'Alassane Dramane OUATTARA le président de la Côte d'Ivoire n'est que vacuité, un véritable coup d'épée dans l'eau, une annonce pieuse qui n'engage pas le peuple ivoirien et ses institutions républicaines. L'acte étant dépourvu de toute légalité, en plus de n'être revêtu d'aucune légitimité. Retour donc à la case départ. Chez les ivoiriens, la quiétude est désormais de mise : en effet, rien, absolument rien ne se ferait en dehors de la constitutionnalité. Et le monde peut y compter avec le digne fils de Côte d'Ivoire, le Professeur Paul YAO-N'DRE.

En faisant donc cette sortie on ne peut plus couarde et honteuse qui a jeté l'opprobre sur le peuple africain tout entier, les Chefs d'Etats de l'Union Africaine, qui ont peut-être cru rendre service à Alassane Dramane OUATTARA, viennent inconsciemment de lui offrir un cadeau empoisonné au cyanure, un piège mortel dont il ne pourrait sortir indemne. Parce que les arrêts du Conseil Constitutionnel sont « insusceptibles de recours », nous dit la Constitution. Pour leur faire plaisir, l'institution suprême ivoirienne en matière électorale pourrait officiellement leur répondre en réitérant sa décision initiale et clore ainsi, définitivement, le débat.

Pour la suite des évènements, les Ivoiriens n'ont plus qu'à s'en remettre à DIEU et à faire bloc pour le respect de leur Constitution, autour du président qu'ils ont élu, le Président Laurent GBAGBO. La Constitution, rien que la Constitution ! Car en fait de négociations et de recherche de voies de sortie pacifique de la crise ivoirienne, de manière générale, et de la crise postélectorale, singulièrement, la « communauté internationale », pilotée par des cercles maçonniques et illuminati, mus par des intérêts mystico-politico-mafieux, cherche à imposer à la Côte d'Ivoire un homme lige pour servir sa cause et lui assurer des prébendes définitives sur les richesses de son sous-sol. Le peuple digne de Côte d'Ivoire y oppose et y opposera toujours une fin de non recevoir.


Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !


DINDE Fernand AGBO