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jeudi, 24 février 2011

HENRI KONAN BEDIE ET LE «PARADOXE DE CONDORCET»

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Dr Pierre Franklin Tavares, l'homme de lettres cap-verdien (ci-contre) ne démord pas, dans cette réponse qu'il vient de rédiger à un vieil ami: Henri Konan Bédié est et demeure la clé pour sortir de la crise ivoirienne. Même si nous ne partageons pas toutes ses thèses, il est tout de même intéressant de le lire. Au nom de la diversité d'opinion. Et surtout, au nom de la recherche de solutions de sortie de crise pour notre pays. Dussent-elles rester lettres mortes. Bonne lecture à tous!


HENRI KONAN BÉDIÉ ET LE « PARADOXE DE CONDORCET »[1]

Bien cher Jean-Paul,

Te lire me ravira toujours. Merci, pour ton approche profonde, comme toujours. Cependant, elle me semble reposer sur quelques malentendus que je voudrais lever. D'abord, à propos du sous-titre de ma Lettre ouverte à Henri Konan Bédié : Considérations radicales. Tu objectes que, parce que « radicales », elles auraient dû me conduire non pas à un appel vers Bédié, mais à tout autre chose que tu ne précises pas. Cependant, entendons-nous sur les mots. En effet, est « radical », en son sens et sa signification propres, ce qui touche ou appartient à la racine d'une chose ou d'un phénomène, que celui-ci soit botanique, linguistique, politique ou autre. Radical, nous le devons à radicalis, radix : racine. Par conséquent, est donc radical, ce qui précisément indique un retour vers la racine. C'est ainsi qu'il faut entendre mes considérations, et non pas autrement. Elles sont un ensemble de propos et de réflexions qui, par questions successives, mènent à l'ouvert de la racine. Selon elles, vers quelle racine les Ivoiriens devraient-ils revenir, encore qu'ils puissent librement la refuser et emprunter d'autres voies, y compris celles qui les éloigneraient de la racine ? La racine, c'est, et depuis le début, l'Institution présidentielle, à la fois objet et enjeu de tous les conflits. Elle est « cause » et « en cause ». Car la Présidence de la République, dont les prérogatives essentielles sont fixées par la Constitution[2], a réduit et écrasé toute la vie publique ivoirienne. Elle est devenue le point de contraction ultime de la vie du pays-État et un obstacle pour la construction de la nation. C'est que la figure et la gestion du père, Félix Houphouët-Boigny, pour lequel cette Institution a été conçue et modelée, est devenu obsolète. Si les Ivoiriens n'y prennent garde, bientôt elle ne sera plus qu'un paillasson sur lequel chaque candidat devra essuyer ses chaussures pour gouverner. C'est le risque le plus grand que pose cette chute de l'Institution centrale qui domine encore plus profondément la conscience et la vie publique qu'on ne le croit. La classe politique est entièrement déterminée par cette Institution, - comme si n'étaient hors d'elle nulles réalité et existence politiques. Il faut sortir de l'expérience quasi « traumatique » de cette Institution qui est « hantée » par son auteur et son constructeur (H. Arendt). Cette Institution concentre et dénature le pouvoir en un pouvoir quasi absolu (prestige, protocole, signature, dévolution des marchés, richesse, etc.) et procure trop d'ivresse, en faisant croire à tous que le pouvoir n'est qu'en elle. La vie démocratique, elle, dans son surgissement premier, posa la question que le roi Pelasgos adressa à son peuple, et qui consistait pour lui à chercher « une pensée profonde qui nous sauve »[3]. Il s'agissait, pour la cité grecque d'Argos, de savoir si elle devait accorder ou refuser le droit d'asile et le devoir d'hospitalité aux Danaïdes, en vertu d'un antique lien de parenté. Accepter, c'était satisfaire aux obligations de l'asile et de l'hospitalité mais, du même coup, endurer une guerre contre ceux qui les poursuivaient, leurs cousins, les fils d'Égyptos. Refuser, c'était faillir au premier des devoirs. Aussi Pelasgos, ne daignant pas trancher seul, convoqua-t-il le peuple pour rechercher « une pensée profonde qui [...] sauve ».

Ce fut le premier partage décisif du pouvoir qui plaça le peuple au centre du jeu politique, comme décideur. Et le peuple, dans une approbation directe, trancha pour l'accueil. Il est significatif que la démo-cratie soit née de la question du droit d'asile (droit des gens) et surtout par l'acception d'un roi de partager le pouvoir. Sur la suggestion de Jéthro (Réuel), son beau-père, Moïse fit en son temps le partage des pouvoirs[4]. Le partage du pouvoir en pouvoirs distincts est consubstantiel à la démocratie. Partager, ce n'est pas réduire mais augmenter. Comme le partage du pain accroît, dans le Souvenir répété du rompt frumentaire, la communauté religieuse à laquelle tu appartiens. La force du partage est incommensurable, lorsqu'elle habite les Institutions, la société civile et les familles. En termes matérialistes, on dirait division du travail. Le partage précède et est au cœur du droit. C'est pourquoi je garde au fond de moi, toujours, comme un repère, les paroles mémorables d'Andromaque :

Voici la règle que je loue et que je me prescris :

Ni dans ma cité ni dans mon ménage,

Nul pouvoir où ne soit le droit[5].

Dans la cité, comme dans la famille, et plus encore au niveau de l'État, le partage en général et le partage des pouvoirs en particulier sont la règle fondatrice. Partager, c'est donc postuler (admettre comme légitime) que l'autre est un semblable et un égal à soi. C'est pourquoi Montesquieu dit, dans L'esprit des lois, que le principe qui fonde et constitue la République est l'égalité : Lorsque que cesse la vertu [l'égalité], la République est une dépouille. Ainsi, la culture démocratique, qui organise la vie de la République, est la capacité continue d'accepter de voir en l'autre un même que soi, au moins en droit. La chose, il est vrai, n'est pas facile. Aussi, la démo-cratie n'a-t-elle rien de naturel. Elle est une conquête sur soi à inscrire dans les Institutions, et dont le patrimoine ne peut faire l'objet d'une hypothèque, sous peine de la transformer en débris. En effet, nul système démocratique, aucun régime démocratique n'est viable sans culture démocratique, qui repose sur un labeur quotidien. C'est pourquoi je m'inscrirai toujours dans la filiation de Clisthène. Seuls les tyrans n'entendent rien à ce qui est dit ici. Mais Jean-Paul, après cette courte digression, revenons à ce constat : est-ce vraiment un hasard si les pays africains les plus stables et les moins corrompus sont précisément ceux où le pouvoir est équilibré, réparti, partagé ? Et les présidents de ces pays sont-ils moins président que Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié ou Alassane Ouattara ?  Le vent des Jasmins se lève, c'est d'entre tous mon préféré[6]. C'est pourquoi, à moins d'une terrible méprise, il ne faut pas ramener la crise ivoirienne à un conflit de personnes. Ce serait commettre une bien lourde erreur d'analyse et de connaissance. Par exemple, l'idée qui consiste à dire que, pour « sortir » de la crise, il faudrait simplement écarter Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié ou Alassane Ouattara  ne changera rien à la difficulté ni aux dérives qui sont d'ordre structurel. Le général Robert Guéi a été ivre, dès qu'il s'y est installé. Quiconque s'y installe peut le devenir, à moins d'une grande force d'humilité. En somme, si nous considérons la crise dans sa double face, il faudra réaménager son côté objectif (institutionnel, structurel) qui, par suite, amoindrira le côté subjectif, la place des élus (individualités, protagonistes, conjoncturel). Écarter ou supprimer le côté subjectif, autrement dit les hommes, c'est laisser l'essentiel  subsister. Ce n'est pas déraciner. Il n'y aurait donc là rien de bien radical. La racine, Jean-Paul, c'est l'institution présidentielle, pas les hommes. Au reste, l'Institution présidentielle a elle-même déjà été considérablement affaiblie, par un processus dont j'ai rappelé les grandes phases[7]. À présent, en proie à une schizophrénie, l'Institution présidentielle ivoirienne s'est dédoublée. Elle est, de fait, affaiblie. Il ne s'agit que de dire en droit ce qui est de fait. La réforme, par elle-même, n'est donc pas difficile. À moins de turbulence idéologique testamentaire ou coranique ! Ainsi, le « geste de dévoilement tranchant, attendu », que tu attendais, parce qu'annoncé par le sous-titre de ma Lettre ouverte à Henri Konan Bédié, et inscrites dans mes réflexions sur la Constitution ivoirienne, ne peut pas être un tumulte, mais bien et simplement un apaisement, avec ceux qui peuvent faire la paix. Au total, mes considérations sont radicales, dans la mesure où elles exposent et proposent de réformer la Présidence de la République qui, dois-je le rappeler, n'est au fond qu'une partie de la Constitution. Gardons bien à l'esprit la vérité suivante : ce n'est pas la Présidence de la République qui fait la Constitution. Tout au contraire, c'est la Constitution qui fait et établit la Présidence de la République. Tu le concevras donc aisément, la double réforme proposée constitue la rupture la plus forte qu'il puisse y avoir, la plus radicale donc dans la vie publique ivoirienne, depuis la formation du pays-État, en 1958, et la proclamation de sa souveraineté le 7 août 1960. Cette double tâche réalisée, la crise diminuera en intensité et les mœurs politiques s'ajusteront. L'organisation et le déroulement des élections présidentielles deviendraient moins dramatiques ou pas du tout. On peut ne pas vouloir voir. Mais comment ne pas voir que la crise postélectorale n'est qu'une des variations - et sans doute pas la dernière - de la crise de la Présidence ivoirienne ? Sinon, comment comprendre que les fautes de la Commission Électorale Indépendante se soient transformées en erreurs de l'Onuci et que celles-ci aient muté en méprise du Conseil Constitutionnel ?[8] Le coup d'État de décembre 1999, les élections « calamiteuses » de 2000, le coup de force de 2002, les événements de 2004, etc. tout cela pour une présidence, une présidence au pouvoir absolu ! Il est fini, pour longtemps, le temps des hyper-présidents. En France, on voit vers quelle difficulté la présidence forte à conduit le pays. Jean-Paul, soyons, comme le réclame Hegel, les fils de notre époque.

Sur la base de l'ensemble des considérations précédentes, il appert que la philosophie, parce qu'elle modère, pondère, dans l'exercice d'une attention volontaire, vise à la racine des choses. La philosophie est un exercice radical de radicalité, qu'il ne faut pas confondre avec de l'agitation. La sagesse, en tant qu'elle est le πέρας [le péras, le limité, le fini], écrit Hegel, est la véritable cause d'où peut naître l'excellent[9]. La sagesse, qui vise à faire « naître l'excellent », suggère donc la double réforme indiquée plus haut.

Passons à présent au deuxième point que tu évoques : la célèbre théorie de Clausewitz. Mais tu sais, plus d'un en parlent mais n'ont pas lu son ouvrage intitulé De la guerre. Aujourd'hui, il est de bonne guerre, en raison des événements du monde, de citer Carl  von Clausewitz. Mais, l'avoir lu conduit à être aussi nuancé que lui dans son analyse de la guerre. Récemment, j'ai eu un instructif et bel échange épistolaire avec un chef d'État sur cet auteur. Je propose que nous amorcions un débat autour de son œuvre, relativement à l'impossible guerre d'Abidjan. Il t'appartient d'en fixer la problématique.

Pour terminer à regret cette correspondance, je voudrais revenir sur Henri Konan Bédié.  Contrairement à toi et à bien d'autres, je ne crois pas qu'il soit, au plan politique, un homme terminé, ou « largué » voire « excédentaire », selon tes mots. Un correspondant anonyme m'a fait un courriel qu'il conclut par la formule suivante : Mais Bédié tout de même ! Une parole d'André Gide dit que l'on ne fait pas de littérature avec de bons sentiments. Mais, ajouterais-je, encore moins avec de mauvais sentiments. C'est une recommandation philosophique voire une précaution cognitive que de ne pas prendre appui sur les sentiments, c'est-à-dire la conscience commune. J'y obéis volontiers. Sans état d'âme, je prends acte du rapport de forces politiques issu des dernières présidentielles : Henri Konan Bédié est l'une des clés, une des clés, dis-je. Que coûte-t-il à la Côte d'Ivoire de faire tourner cette clé dans la serrure, la crise, pour voir si elle fonctionne ou pas, si elle est bonne ou non ? Les Ivoiriens ont tout essayé. Ils ont fait appel à tous les génies de la terre, sans qu'aucun de ces hommes n'ait pu résoudre la crise. Et si la solution n'était qu'à portée de main, proche, et non pas ailleurs, au loin ? Observons Bédié ! Il est la caution morale et l'apporteur de suffrages qui accorde toute légitimité à Alassane Ouattara. Ce dernier l'a bien mieux compris que Laurent Gbagbo. C'est pourquoi, il en a fait son « Nyerere », là où les frontistes, par un excès d'optimisme et justement parce qu'ils croyaient et continuent de croire Henri Konan Bédié « usé », l'ont traité en vieux « chien crevé », pour reprendre un mot d'Engels. En tous les cas, pour qui sait ce qu'est le « paradoxe de Condorcet », Bédié est la clé. Au plan politique et dans le contexte actuel, il est, de facto, qualitativement plus fort qu'Alassane Ouattara et, par conséquent, quantitativement, plus fort que Laurent Gbagbo. Il est la pierre de touche de la crise institutionnelle. S'il le veut, en un mot, que dis-je, en un discours mémorable il changera la face de la crise actuelle. Ce serait son immense mérite. Si j'avais été le conseiller d'un chef d'État impliqué dans la résolution de cette crise, bien avant Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, j'eus d'abord consulté Henri Konan Bédié. C'est pourquoi, non par sympathie mais selon une analyse rationnelle fondée sur le « paradoxe de Condorcet », je ne crois pas à une autre solution qu'un « dialogue interne ». Moins coûteux. Plus facile. Sans doute plus  productif. Tous les autres « médicaments » ont montré leur amertume certes, mais aucun d'eux ne contenait de « principe actif ». Il faut recentrer le débat entre Ivoiriens, et au premier chef entre les principaux protagonistes, ceux-là mêmes qui font et portent l'agon, la lutte. En tous les cas, l'histoire seule nous dira où étaient le vrai et la vérité.


Jean-Paul, vois-tu et entends-moi bien, Henri Konan Bédié est l'applicateur du « paradoxe de Condorcet »[10]. En cela, il est et demeure la clé.


En retour de tes salutations, Elvire te transmets ses amitiés.


Dans l'attente patiente de te lire, avec l'intérêt que je porte à tes réflexions, dis mes amitiés à la famille.


Épinay, le 21 février 2011


Dr Pierre Franklin Tavares

Mobile : +336-87-34-21-22




[1] Nicolas de Condorcet, Essai sur l'application de l'analyse à la probabilité des décisions rendues à la pluralité des voix, Imprimerie royale, Paris, 1775.  Pour l'explication, se reporter à la dernière note de cette lettre.

[2] Constitution ivoirienne : Titre III, du Président et du Gouvernement, articles 34 à 57.

[3] Eschyle, Les Suppliantes, in Tragédies, Les Belles Lettres, Paris, 1921 et 1923, folio classique, Gallimard, Paris, 1982 pour la préface, p. 73.

[4] Exode, 18, 13 - 27.

[5] Euripide, Andromaque, in Tragédies complètes I, édition et notes de Marie Delcourt-Curvers, Gallimard, folio classique, Paris, 1962, p. 376.

[6] La Révolution tunisienne de Jasmin, qui balaie toute la bande géographique arabo-musulmane.

[7] P. F. Tavares, La guerre d'Abidjan n'aura pas lieu, Paris, février 2011.

[8] P. F. Tavares, Ibid.

[9] Hegel, Platon, t. 3, La philosophie grecque, Leçons sur l'histoire de la philosophie, Vrin, Paris, 1972, p. 447.

[10] Le « paradoxe de Condorcet » : lors d'un vote avec trois candidats, les électeurs peuvent préférer le premier au second, le second au troisième, mais le second au premier. C'est l'énigme ou l'équation qui définit tout corps électoral et que la candidat Henri Konan Bédié a mis en application.

LA NATIONALISATION DES BANQUES FRANÇAISES EN COTE D'IVOIRE, UN TOURNANT HISTORIQUE POUR LES IVOIRIENS


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Dr Prao Yao Séraphin, Economiste, Enseignant-Chercheur


Ces derniers temps, la situation économique évolue plus vite que les questions sociopolitiques en Côte d'Ivoire. Et pour cause, la France, par le biais, de ses relais au sein de l'Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), agitée par une schizophrénie, s'attaque sans fondement, à la locomotive de la zone UEMOA.  On sait que depuis le deuxième tour, un contentieux électoral s'est transformé  en une crise internationale au regard des acteurs impliqués.

Le jeudi 23 décembre 2010,  sept ministres des finances de l'UEMOA ont autorisé uniquement les représentants du Dr Alassane Ouattara, à gérer les comptes de la Côte d'Ivoire. En plus, le Conseil a décidé « que les représentants régulièrement désignés par le gouvernement légitime de Côte d'Ivoire sont les seuls habilités à prendre des mesures relatives au fonctionnement de l'UEMOA au nom de ce pays ».

Ces délinquants économiques ont remis le couvert à la conférence des chefs d'Etat, le 22 janvier 2011à Bamako, pour adopter une position commune sur le dossier Ivoirien. Sous la pression des chefs d'Etats africains réunis en sommet à Bamako (Mali), Philippe-Henry Dacoury-Tabley, le gouverneur ivoirien de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest (BCEAO),  a été contraint de démissionner.

Faisant suite à ce « coup d'Etat économique et bancaire » au sein de la BCEAO, le président Laurent Gbagbo, a pris, le 25 janvier 2011, un décret de réquisition de la direction nationale ainsi que les Agences nationales de la BCEAO. Mais c'est mal connaître les ennemis de la Côte d'Ivoire, comme le diable, ils sont persévérants. Dans le souci permanent d'asphyxier l'économie ivoirienne, la France, use de tous les moyens. Plus de sept millions d'ivoiriens (les paysans) n'arrivent pas à vendre leurs produits : le cacao et le café.

Contrairement à ce qu'elle a fait en Guinée avec le déversement de faux billets, lorsque ce pays avait décidé de sortir de la zone franc pour créer sa monnaie, cette fois-ci en Côte d'Ivoire, la France décide de fermer sans préavis, les filiales des banques françaises.  En effet, le 14 février 2011, la BICICI et la CITIBANK (américaine) ont fermé leurs portes à leurs clientèles. Le 17 février,  c'était au tour de la SGBCI de fermer, elle aussi ses portes.

Face à cette autre provocation, le président de la république de la Côte d'Ivoire, a pris ses responsabilités en réquisitionnant la BICICI et la SGBCI.

Les médias français ont vite fait de condamner « ces nationalisations » de banques françaises en Côte d'Ivoire, comme si c'était une nouveauté dans l'histoire des pays. Mais force est de constater qu'en Côte d'Ivoire, deux termes nouveaux font leur apparition : la réquisition et la nationalisation.

Nous proposons ici d'éclairer les ivoiriens sur les nationalisations en économie et les conditions dans lesquelles, elles surviennent. On s'apercevra très vite que, les pays industrialisés sont les champions de la nationalisation, la France en tête. L'histoire récente de la crise financière conforte cette position.

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1- Définition des termes réquisition et nationalisation

Commençons par définir la réquisition. Selon « Le Petit Robert 1 » édition 1977, la réquisition est une opération par laquelle l'Administration exige d'une personne ou d'une collectivité, soit une prestation d'activité, soit la prestation ou la remise de biens. En fait, c'est une mesure par laquelle, au nom de l'intérêt général et dans des conditions strictement définies par la réglementation, des autorités administratives ou militaires imposent à des personnes physiques ou morales la fourniture de certaines prestations moyennant indemnisation (services personnels), mise à la disposition de biens meubles ou immeubles, etc.

Une réquisition pendant la Seconde Guerre mondiale était une action de prendre des biens (par exemple : l'armée allemande et la Gestapo pouvaient prendre un hôtel, une maison... pour s'y installer.  La réquisition n'est pas un épiphénomène, c'est un ordre de reprendre le travail, donné par les autorités administratives aux travailleurs, par exemple, en grève, lorsque l'ordre public paraît menacé.

En France, dans le même ordre d'idée, pour veiller à assurer l'approvisionnement en pain à Paris,  un arrêté préfectoral de 1790 réglemente encore aujourd'hui les congés annuels de la profession des boulangers. Toujours en France, pour vacciner les  millions de français contre la grippe A, il a bien fallu  réquisitionner le personnel médical qui a été employé. Réquisition « en vertu de la loi du 5 mars 2007 sur la préparation du système de santé aux menaces sanitaires de grande ampleur, qui prévoit un dispositif dénommé "plan blanc élargi" ».

Quant à la nationalisation, pour beaucoup, c'est un gros mot, porteur de tous les simplismes économiques au mieux et de toutes les formes de mépris pour la propriété, au pire. Pour d'autres, c'est enfin le nirvana économique, l'emploi fonctionnarisé pour tous, avec des CDP (contrats de travail à durée perpétuelle), la restitution au peuple de ce dont on l'a privé depuis deux ou trois millénaires etc.

Nationaliser, c'est le fait pour un Etat, de prendre autoritairement le contrôle capitalistique d'une entreprise qui passe ainsi d'un statut privé à un statut public quelque soit la forme juridique utilisée. La France qui est un pays dit « jacobin », c'est-à-dire dont les citoyens jugent souvent que l'Etat pense mieux et plus loin qu'eux-mêmes, a été une des premières terre d'élection des nationalisations. Au point que, à peine élu à la Présidence de la République, appliquant le programme sur lequel il s'était engagé, François Mitterrand procéda à la nationalisation de la majeure partie de l'économie Française.

Faut-il condamner les nationalisations dans un pays ?  Bien sûr que non, car l'histoire récente a montré que les nationalisations peuvent parfois servir à quelque chose, qu'elle soit totale ou partielle, temporaire ou permanente. Certains pays ont pourtant été très longtemps réputés pour leur hostilité viscérale à l'égard des nationalisations, les Anglo-saxons en tête. Mais comme nous le verrons à travers ce papier, parfois les circonstances invitent à nationaliser pour le bien-être du peuple.

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2- Les exemples  de nationalisation dans l'histoire

Pourquoi ne pas commencer par la « très populaire nationalisation » du Canal de Suez en juillet 1956. En visite à Alexandrie pour célébrer le cinquième anniversaire de la révolution, le président égyptien Gamal Abdel Nasser, annonce son intention de nationaliser le canal de Suez et de geler tous les avoirs de la Compagnie universelle du canal de Suez.  Sa décision survient après le refus de la Grande-Bretagne et des États-Unis de participer au financement de la construction du barrage d'Assouan. La réaction de Nasser provoque une crise internationale car la France et l'Angleterre perçoivent des droits de péage sur cette voie maritime qui relie la méditerranée à la mer Rouge. La riposte viendra d'abord d'Israël qui attaquera l'Égypte le 29 octobre, puis de la France et du Royaume-Uni qui enverront des troupes. Mais finalement, l'ONU mettra fin au conflit en obtenant le retrait des troupes occidentales des rives du canal et le président Nasser ressortira grandi de cette crise politique.

Par le passé, la France a beaucoup nationalisé les entreprises de toutes sortes.  Quand se précisent les menaces de guerres, le gouvernement du Front populaire décide de nationaliser partiellement l'industrie aéronautique (1936-1937), et de réaliser sa décentralisation. Car, surtout implantée dans la région parisienne, cette branche est vulnérable ; de plus, le niveau des salaires se répercute sur les coûts. Les régions du Sud de la  Loire bénéficient de ces transferts. L'Etat coordonne, répartit les tâches. Chaque industriel ou chaque société nationale, se voit confier la série complète d'une partie homogène de l'appareil commandée au titre d'un plan précis ; puis le montage final est effectué dans l'usine du groupe qui a conçu le projet.

Outre la motivation idéologique en 1936 ou 1944-1946, se sont surtout des raisons d'efficacité technique qui poussent l'Etat à concentrer par la nationalisation l'aéronautique, l'armement, l'énergie électrique, gazière et houillère, en assumant les frais d'équipement excessifs pour le capitalisme privé.

En France, les nationalisations de la Libéralisation peuvent être classées en trois catégories : les entreprises qui ne pouvaient être reconstruites sans le financement public : Charbonnages, Electricité et Gaz de France. Celles qui devaient permettre de mieux orienter le crédit, c'est-à-dire les quatre principales banques de dépôts (Crédit lyonnais, Société générale, B.N.C.I. et C.N.E.P., ces deux dernières regroupées dans la B.N.P. en 1966) et 34 compagnies d'assurance. La nationalisation de Renault n'a été qu'une mesure de sanction contre un patron collaborateur.

En Angleterre, la Seconde Guerre mondiale devait coûter cher à  ce pays, ébranler sa puissance et lui faire perdre définitivement au profit des Etats-Unis son rôle de « leadership mondial ».  De 1945 à 1991, la politique des Travaillistes au pouvoir a consisté à mettre en application un programme de réformes publié pendant la guerre et connu sous  le nom de rapport Beveridge (1942). Une période très importante de reconstruction, de mise en place du « Welfare State » (Etat providence) et d'amorce de la décolonisation (1947 Indépendance de l'Inde et de Pakistan) devait se traduire par de gros sacrifices demandés aux Anglais, par des crises (1947-1949) et par une soumission, jugée trop importante, aux Etats-Unis.

Durant cette période de reconstruction, on assistera à un essor de l'économie d'autant plus marqué que l'appareil productif avait été peu détruit par la guerre. Le gouvernement travailliste voulant assurer à la  communauté la maîtrise de grands secteurs d'intérêt public, nationalisa les mines, la sidérurgie, le gaz et l'électricité, l'aviation civile et les transports routiers, ainsi que les télécommunications. Dans le secteur du crédit, la Banque d'Angleterre fut nationalisée (loi du 14 février 1946). Le projet de nationaliser encore 3% de l'industrie et du commerce, par opposition qu'il provoqua, contribua à chasser les travaillistes du pouvoir.

En Mai 2006, précisément, le 1er mai, à travers le décret suprême n° 28701, le président bolivien Evo Morales a nationalisé les hydrocarbures. A compter de cette date, les 26 compagnies étrangères - dont Petrobras (Brésil), Repsol (Espagne), Total (France), ExxonMobil (Etats-Unis) - présentes dans le pays passent sous le contrôle de la compagnie nationale YPFB (Yacimientos Petrolíferos Fiscales Bolivianos), qui se chargera du transport, du raffinage, de la commercialisation et de la transformation du pétrole et du gaz. La répartition des revenus pour les champs les plus productifs - 2 831 685 mètres cubes de gaz par jour - se fera sur la base de 82 % pour l'Etat et 18 % pour l'entreprise concessionnaire - exactement l'inverse du partage jusque-là en vigueur - et, pour les champs moins importants, ne pourra être inférieure à 51 % en faveur de l'Etat. Le ciel n'est pas tombé sur la tête du président bolivien et de son peuple.

L'histoire récente de l'actualité monétaire nous apprend énormément sur les nationalisations, surtout lorsqu'il s'agit des pays dits hostiles à ces pratiques.

L'histoire n'a pas oublié la crise  des subprimes qui a débuté à Wall street, aux Etats-Unis. Les banques les plus prestigieuses et les plus arrogantes aussi, ont commis des fautes graves. Si la crise a éclaté en 2007, elle trouve son fondement dans la mini-récession traversée par les Etats-Unis en 2001 et dans la folie des innovations financières ces deux décennies passées.

Point n'est besoin de revenir sur les causes mais plutôt sur les mesures prises pour juguler cette crise. Mais retenons par exemple qu'entre 2000 et 2007, la dette des ménages américains est passée de 85% du PIB à 116%, soit un endettement supplémentaire de 5000 milliards de dollars d'euros. Les ménages ne pouvant plus rembourser leurs prêts hypothécaires et les banques ne pouvant se refaire sur le prix des maisons en chute libre, les prêteurs, disséminés dans le monde entier avec le mécanisme de la titrisation, se retrouvent avec des créances pourries, ce qui va occasionner pour eux des pertes substantielles.

Pour tenter d'arrêter cette crise, le Trésor américain a décidé le dimanche 7 septembre, de mettre sous tutelle gouvernementale les organismes de refinancement hypothécaire Freddie Mac et Fannie Mae, afin de restructurer leurs finances particulièrement touchées par la crise financière. Washington a signé un chèque de 200 milliards de dollars pour assurer la survie de ces deux entreprises. L'Etat a apporté par contre une aide de 85 milliards de dollars à l'assureur AIG (ex numéro un des assurances au niveau mondial) pour éviter une crise financière planétaire car AIG compte 74 millions de clients dans le monde, employant 116.000 personnes dans 130 pays. Mais en contrepartie, l'ensemble des actifs d'AIG, évalués à 1.050 milliards de dollars en juin 2008, seront apportés comme garantie à la banque centrale, le prêt ayant été calqué sur celui consenti pour sauver le constructeur automobile Chrysler dans les années 80. Mais voici que le 29 septembre 2008, toutes les bourses mondiales s'effondrent, elles ont perdu la boussole. Pour sauver le système financier, le « plan Paulson » a donné le ton avec 700 milliards de dollars déboursés pour venir au secours des banques en détresse.

En Europe, au total, entre le 15 et le 30 septembre, la BCE a sorti 914 milliards d'euros de ses caisses, à la demande de la FED, pour lubrifier les marchés. Les mesures prises ont eu pour objectif de s'attaquer à la fois aux problèmes de liquidités et de solvabilité des banques. Les gouvernements européens, ont de leur côté relevé le gant avec l'injection de 1500 milliards d'euros (360 milliards pour la France, 480 milliards d'euros pour l'Allemagne, 380 milliards d'euros pour la GB, etc.). Aujourd'hui la crise est manifeste avec à sa clé la raréfaction du crédit, qui a son tour crée le chômage. Dans ce tourbillon monétaire et financier, on aura vu tous les acteurs reconnaître la nécessité du retour de l'Etat comme garant de la stabilité de l'économie.

A chaque fois qu'il y a eu une crise, l'Etat a toujours agi avec force même si la résolution de la crise nécessitait des nationalisations. On peut citer entre autres, la panique bancaire de 1907, le krach de 1929 (le jeudi 24 octobre), la crise pétrolière de 1973, le lundi noir de 1987 où le dow jones a perdu 22,6%, la crise asiatique débutée le 2 juillet 1997 qui dura jusqu'en 1998 et la crise actuelle. Mais ce qui est frappant dans la dernière crise, celle des subprimes, c'est le grand retour de l'Etat dans la gestion du marché. Par exemple, la Grande Bretagne, par le biais de son premier ministre, Gordon Brown, a annoncé dimanche 17 février la nationalisation de la Northern Bank, un établissement de Newcastle qui a subi de plein fouet la crise des subprimes. C'est la première fois depuis les années 1970 qu'une société est officiellement nationalisée au Royaume-Uni. Début octobre 2008, le gouvernement britannique annonçait un plan de soutien aux huit plus grandes banques du pays. A Londres, les huit banques concernées par ce plan de sauvetage sont Abbey, qui appartient à l'Espagnol Santander, Barclays, HBOS, qui est en train d'être rachetée par Lloyds TSB, HSBC, Lloyds TSB, Nationwide Building Society, la plus grosse banque non cotée du pays, Royal Bank of Scotland et Standard Chartered. Toutes ont confirmé leur participation au plan de recapitalisation. La participation de l'Etat s'élevait jusqu'à 50 milliards de livres (65 milliards d'euros), ce qui revient à une nationalisation partielle. Le Trésor devait débloquer 200 milliards de livres pour leur assurer une liquidité suffisante à court terme.

Le Benelux a volé aussi au secours de la banque Fortis pour lui éviter d'être emportée par la crise financière.  Les gouvernements de Belgique, Pays-Bas et Luxembourg, les trois pays où est principalement implantée Fortis, ont annoncé dimanche soir leur intention de nationaliser le bancassureur en y injectant un total de 11,2 milliards d'euros. Objectif: éviter une contagion de la crise financière venue des Etats-Unis.

Quand on pense à ce que les Etats-Unis et la Grande Bretagne pensaient jusque là des modes français de gestion de l'économie, et des nationalisations en particulier, il n'est pas faux de dire que, psychologiquement tout du moins, la technique « nationalisation » avait conquis de nouveaux émules.

Le monde s'est rendu compte que la crise financière a entraîné de nouvelles attitudes recourant à l'État comme garantie : émetteur de plans de socialisation des pertes, et maintenant actionnaire de secours. La mode du moment devenant la nationalisation des banques.

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3- La nationalisation des banques doit permettre le développement du système financier et bancaire.

Dans l'histoire, il est courant de voir les gouvernements nationaliser les banques afin qu'elles deviennent des agents de développement et non des caisses de dépôts. Cette pratique a été « un sport national » de la France.

En France, le désir de la gauche de renforcer l'Etat face aux groupes bancaires et financiers, d'obtenir la maîtrise de la sélectivité du crédit conduit à la nationalisation effective en février 1982 de 36 banques. Les banques  à intérêts étrangers majoritaires et aux taux dépôts inférieurs à un milliard de francs restent privées, avec 13% des dépôts et 16% des crédits en 1982. La loi de réforme bancaire votée en décembre 1983 revalorise le Conseil national du crédit, banalise les banques, y compris les mutualistes, en les soumettant toutes à la tutelle de la Commission de contrôle des banques. Le « paysage bancaire » change : Suez cède le C.I.C au Groupe des Assurances Nationales et reconstitue une fédération des banques (Indosuez, banque la Hénin, Sofinco, Banque parisienne de Crédit, Vernes). Le C.C.F. contrôle l'Européenne de Banque (ex-Rothschild).  Les banques sont encouragées à mieux soutenir les PME et les sociétés innovatrices (capital-risque, capital-développement). La « déréglementation » exige des banques françaises une nouvelle compétitivité, sur les marchés internationaux de capitaux (« big bang » de Londres en octobre 1986), pour la valorisation de la trésorerie des entreprises ou pour la gestion des patrimoines. Après le changement des présidents des banques publiques en été 1986, la dénationalisation s'engage (Paribas, en janvier 1987).

Regardons un instant le paysage financier et monétaire de l'UEMOA et de la Côte d'Ivoire.  Il est vrai que le système financier et monétaire africain est très hétérogène. Au sein de l'UEMOA en général, les banques sont les principaux intermédiaires dans le financement de l'activité économique. Elles sont quasiment les seules à assurer la transformation des ressources liquides de court terme en emplois à plus long terme. Les banques de second rang détiennent entre 85% et 95% des actifs du secteur financier, à l'exception du Kenya où ce taux s'élève à 42%. Les systèmes financiers africains en général et ceux de l'UEMOA en particulier, sont peu profonds, étroits, peu diversifiés et n'assument pas leur rôle dans le financement du développement (Popiel ,1995)[1].  Le système bancaire de la zone UEMOA est aujourd'hui encore oligopolistique.  Les grandes banques de l'UEMOA concentrent plus de 79% des actifs en 2009. La Commission bancaire estime que ces grandes banques (qui ont un total bilan supérieur à 100 milliards FCFA) couvrent 71,1% du réseau d'agences, 76,8% des comptes bancaires et 70,7% des effectifs. Quant aux banques de taille moyenne (qui ont un total bilan compris entre 50 et 100 milliards), elles détiennent 12,2% des actifs du système bancaire, contre 14,8% précédemment.

En outre, signale la Commission bancaire, elles cumulent 10,6% des implantations, 8,1% des comptes de la clientèle et 12,1% des effectifs des établissements de l'Union.

Les petits établissements (total bilan inférieur à 50 milliards FCFA), détiennent 8,7% des actifs avec 18,3% des implantations, 15,1% des comptes bancaires et 17,3% des effectifs.

Dans le cadre de l'UEMOA, huit groupes internationaux sont présents sur le marché bancaire de l'Union : la Société Générale, BNP Paribas, African Financial Holding/Bank Of Africa (AFH/BOA), Ecobank Transnational Incorporated, la Belgolaise, CALYON (groupe Crédit Agricole), Citibank et Standard Chartered Bank.

Mais force est de constater que le taux de bancarisation est faible : entre 3 et 7 % dans la zone UEMOA. En comparaison, la France était en 2001 à un taux de 99% (Daniel et Simon, 2001)[2].

La frilosité des banques dans la zone UEMOA est tout de même incompréhensible au regard de leurs rentabilités.  En effet,  les banques de l'UEMOA ont enregistré  une rentabilité moyenne proche de 12 % en 1999, rentabilité qui a, certes, décru par la suite du fait notamment des troubles politiques en Côte d'Ivoire, mais qui se maintient tout de même autour de 5%.

Ce qu'il faut retenir c'est que le secteur bancaire a  été absent dans le financement du développement en Afrique même avant la création du franc CFA.  L'économie était déjà aux mains des sociétés commerciales comme la S.C.O.A et la C.F.A.O, qui en développant  un monopole de traite ont établi une domination commerciale par la confiscation de la monétarisation de l'économie. Elles disposaient du contrôle de l'émission monétaire et du crédit à travers la Banque du Sénégal en 1853[3] puis de la Banque de l'Afrique Occidentale[4] dont elles étaient actionnaires. L'économie était essentiellement une économie de traite qui consistait, par un réseau commercial à drainer vers les ports, pour l'exportation, les productions africaines et à importer les produits de la métropole, par le biais des intermédiaires, afin de les vendre aux populations locales. La clef de voûte du système économique donc de l'économie de traite est un réseau bancaire très intégré et quasi monopolistique, avec la BAO et le Crédit foncier de l'Ouest-africain.

Aujourd'hui encore, rien n'a changé substantiellement dans le financement bancaire en Afrique.  La faiblesse des crédits à l'économie est frappante en zone franc en général : 9% du PIB dans la CEMAC, 17% dans l'UEMOA.  Ce taux est de 35% du PIB au Brésil, 37% en Inde, 65% en Tunisie et 120% en Chine.

Au sein de l'UEMOA, la Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest (BCEAO) n'a permis l'émulation d'un système bancaire très développementaliste.  D'ailleurs, elle n'est pas une banque centrale  à proprement parlé puisqu'elle n'a pas les attributs.

L'objectif ultime de sauvegarde de la valeur interne et externe de la monnaie limite  la politique monétaire de l'UMOA, essentiellement à assurer un contrôle de la liquidité globale de l'économie à l'intérieur de l'Union. Ce faisant, il en résulte un financement des économies, sans pression excessive sur la monnaie centrale. La volonté de contrôler la monnaie se traduit par l'élaboration d'un programme monétaire institué depuis 1975, dont la philosophie de base est  d'ajuster la liquidité de l'économie en fonction de l'évolution attendue des agrégats réels (PIB, prix, finances publiques, balance des paiements) et des objectifs d'avoirs extérieurs fixés par le Conseil des Ministres de l'UMOA[5].

Dans la zone UEMOA, la baisse des taux directeurs en 2000 n'a pas engendré une hausse des crédits  distribués.  En Côte d'Ivoire, selon Pascal Labazée et Yves Fauré (2000, p.114)[6], les taux d'intérêt pratiqués par les grandes banques ivoiriennes restent élevés :

«  Ces taux hors commissions sont compris entre 14 et 20%, l'importance des marges  bancaires (de 5 à 8,5%) selon les établissements expliquent en grande partie le coût final du crédit ».

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En Côte d'Ivoire, la situation est presque pareille. Au 31 décembre 2009, on peut classer les banques installées en Côte d'Ivoire en trois catégories : grande pour un total du bilan supérieur à 100 Mds de FCFA, moyenne pour un total compris entre 50 Mds et 100 Mds et petite pour un total inférieur à 50 Mds. Sont donc classés du plus grand au plus petit :


-Les grandes banques : SGBCI, ECOBANK, BIAO, BICICI, BACI, BNI, SIB et BOA.

-Les banques moyennes: CITI BANK, STANDARD CHARTERED BANK, BRIDGE BANK et BHCI.

-Les petits établissements : ALIOS, BFA, ACCESS BANK, UBA, VERSUS BANK, COFIPA et BRS.


Au total, les actifs s'élèvent fin décembre 2009 à 3 129 569 millions de FCFA contre 2 811 684 en 2008, soit un bond de 11%.

Le système bancaire ivoirien a un caractère oligopolistique. L'activité bancaire est concentrée au niveau de 5 banques qui détiennent 75% de l'encours des crédits (SGBCI, BICICI, BNI, SIB, BIAO).  En termes de poids économique, les établissements de crédits de la Côte d'Ivoire représentent environ 37% du poids de l'ensemble des bilans bancaires de l'UEMOA, soit une part légèrement inférieure à celle du PIB ivoirien dans l'économie sous-régionale (40%).

Dans la zone UEMOA, donc la Côte d'Ivoire y compris, les banques rationnent le crédit. Mais le rationnement du crédit en Afrique a une autre connotation.  La majorité de la population est exclue des services bancaires. Or le rationnement du crédit fait référence à l'exclusion bancaire et financière, c'est-à-dire l'impossibilité d'avoir accès ou  avoir un accès limité aux différents produits et services du secteur bancaire. A l'époque coloniale, les services financiers étaient réservés qu'aux colons. Cette situation n'a guère évolué même durant la période postcoloniale jusqu'à nos jours. Invariablement revient à l'esprit des populations que les services bancaires ne sont pas à leur portée. Du coup, la demande potentielle de crédit n'est pas manifestée rendant quasiment le système bancaire surliquide. Les africains n'ont pas confiance dans le système bancaire de leur pays, il a été toujours étranger à la majorité des populations. L'éloignement physique comme psychologique des populations africaines des services bancaires et financiers conduit à la faible demande de prêts. Les demandes de crédit adressées au secteur bancaire sont rares car les garanties et les formalités exigées n'incitent pas à penser à ce projet.

Finalement, les PME et les PMI n'ont qu'en dernier recours le secteur financier informel, en dehors de l'autofinancement. Les africains ont gardé jalousement l'idée selon laquelle, les banques ne financent que les grandes entreprises déjà bien installées qui sont d'ailleurs les filiales des multinationales. Ces dernières appartenant aux occidentaux, les populations assimilent le crédit bancaire voire même les services bancaires comme réservés aux « blancs ». Le rationnement devient dans ce cas institutionnel et sociologique. C'est un sentiment partagé par Pascal Labazée et Yves Fauré (2000, p.112) à propos des petits patrons ivoiriens :

« Le peu de dossiers de prêts déposés aux banques tient aussi, pour partie, au renoncement des entrepreneurs eux-mêmes »

La nationalisation des banques françaises ne doit pas être un tonneau vide mais une occasion pour donner au secteur bancaire la possibilité d'être un important levier du développement de la Côte d'Ivoire. Par ailleurs, les ivoiriens n'ont pas à avoir peur au point de faire la course aux guichets.

D'ailleurs, le pays a connu par le passé une telle crise suite aux difficultés des banques.  Face à ces difficultés bancaires, les déposants ivoiriens ont fait la course aux guichets : entre 1986 et 1992, les dépôts chutaient de 94 milliards de FCFA soit près de 15% des dépôts en 1986. Dès 1988-1989, plusieurs instituts de crédit ont été liquidés : la Banque ivoirienne de construction et de travaux publics (BICT), la Banque nationale pour l'épargne et le crédit (BNEC), la Banque ivoirienne pour le développement industriel (BIDI), et le crédit de la Côte d'Ivoire (CCI).

Les années 90 ont le terreau de la libéralisation financière censée permettre une implication des banques dans le développement des pays en développement. Mais le retrait  de l'État n'a rien changé en termes de financement monétaire de l'économie. Selon OUEDRAOGO Ousmane (1999, p.82)[7], « l'essentiel des crédits octroyés va toujours au commerce et surtout à la commercialisation des produits agricoles exportés (crédits du reste refinancés presque automatiquement par la banque centrale) tandis que les dossiers de crédits importants sont suivis par les maisons mères et que, sur place, des directeurs généraux adjoints expatriés, à l'ombre des directeurs généraux locaux, font la décision ».

Cette fois, cette nationalisation des banques doit permettre à l'Etat de favoriser une véritable bancarisation  en Côte d'Ivoire. La majeure partie de la population  est exclue des services bancaires. Les banques n'offrent ni services adéquats aux populations, ni crédits bancaires pour financer l'investissement. Bien qu'il soit difficile d'être tout à fait affirmatif sur ce point, on peut cependant penser que les banques commerciales ont contribué au faible niveau de développement au sein de l'UEMOA, en offrant moins de  crédits et des moyens de financement dans la Zone (Serre, 1988 ; Guillaumont, 1988 ; Haudeville, 1990)[8].

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C'est également l'occasion d'entreprendre des reformes qui permettront au secteur bancaire de jouer son rôle de « financier du développement ».

Même au niveau de l'UEMOA, le développement d'un marché sous-régional des facteurs de production implique une coopération pour la création  d'un entreprenariat national et sous-régional  facilités par un système financier puissant et fort.

Cette nationalisation ne doit pas oublier le secteur agricole car en Côte d'Ivoire, en dépit de son état de " sur-bancarisation " (beaucoup de salariés dans le secteur bancaire pour peu d'encours), l'offre de crédit bancaire au secteur agricole y est globalement coûteuse (taux d'intérêt prohibitif sauf pour les institutions de micro-finance) et insuffisante (beaucoup de paysans exclus des circuits bancaires). Seuls les grands exploitants agricoles (des urbains double-actifs pour la plupart) peuvent bénéficier du système bancaire classique. Finalement, la majorité des paysans contractent des crédits de type commercial sous forme d'avances en nature ou liquidité émanant respectivement de leurs fournisseurs ou de leurs clients. Pour inverser la tendance, une politique volontariste en faveur du secteur agricole s'impose d'autant plus que  la capacité à rembourser des crédits investis dans des activités agricoles est tributaire de la technicité et des compétences en gestion de l'emprunteur, mais aussi de facteurs extérieurs tels le climat (sécheresse) ou la santé (décès). Ces risques indépendants du débiteur ne sont actuellement pas couverts par des mécanismes spécifiques. Bien que ces risques ne relèvent pas de la fonction de crédit, ce sont pour l'instant les banques qui les supportent en subissant de plein fouet les problèmes de recouvrement qu'ils impliquent.


CONCLUSION

L'abandon de l'effort interne au niveau du processus de développement serait dommageable pour les économies africaines, la dette de ses pays étant aujourd'hui un obstacle à leur développement.

En Côte d'Ivoire, plusieurs facteurs caractérisent le système bancaire ivoirien : la prépondérance des capitaux étrangers, la prépondérance du financement d'opérations à court terme de secteur tel que l'agriculture (crédit de campagne) au détriment du financement des investissements, la faiblesse de crédits alloués aux petites et moyennes entreprises, les difficultés énormes liées à la collecte de l'épargne.

La nationalisation, si elle doit permettre d'accorder une place importante dans le financement de l'investissement, alors ce serait une très bonne chose car le rôle des banques commerciales dans le financement du développement reste limité. Si d'aucuns disent qu'elles n'ont ni les moyens, il n'en demeure pas moins qu'elles n'ont pas non plus la volonté de s'attaquer au financement des secteurs stratégiques de l'économie.

Le plus souvent les banques privilégient leur rentabilité au détriment du financement du développement car le risque accompagnant de tels investissements étant incompatibles avec le rendement attendu du capital.

La préférence des banques pour la gestion de leur trésorerie au détriment des prêts et l'existence des marchés informels, dont les taux créditeurs s'appliquent à l'épargne liquide placée, sont corrélés à des opportunités de crédits.

Avec la nationalisation des banques françaises, une nouvelle structure du système bancaire peut être la suivante :

Parmi les banques commerciales, il sera convenable de distinguer les banques de gros et les banques de détail ; les premières traitant  probablement avec une clientèle ciblée et très sélectionnée et les secondes, constituant des banques de proximité dont les capitaux seront à majorité nationaux privés ou publics.

Les banques de détail  pourront être des banques des petites et moyennes entreprises, des artisans et des particuliers à revenus très faibles, avec une compétence géographique nationale en phase avec les réalités sociales, culturelles et économiques du pays. En somme, ces banques seront une sorte de microcrédit évolué.

Quant aux structures d'appui, il est du ressort de l'Etat de créer  une structure de garantie collective pour pallier l'absence ou l'insuffisance de garanties individuelles chez les nouveaux  promoteurs et artisans.  Ceci pourrait résoudre l'épineux problème de la viabilité de la théorie des signaux dans les pays africains.

Avec la nationalisation de ces grandes banques françaises, le gouvernement devra donner également comme mission au système bancaire, celle de créer un cordon ombilical entre le secteur moderne et les institutions financières décentralisées existantes.

En tout cas, la nationalisation des banques françaises doit être le tournant historique dans la reconquête du pouvoir bancaire et financier au bénéfice du développement.


Dr Prao Yao Séraphin


Economiste, Enseignant-Chercheur
Vice-président de la Cellule de Veille et d'Eveil (CVE) de la Côte d'Ivoire.



[1] Paul A. Popiel. 1995. Systèmes financiers en Afrique subsaharienne. Document de synthèse de la Banque mondiale, no.260F. Série du département technique Afrique.

[2] Daniel A., Simon M.-O. (2001), «L'utilisation des moyens de paiement et l'accès au crédit des bénéficiaires de minima sociaux», Rapport d'enquête réalisé par le CREDOC pour le Conseil national du crédit et du titre, Paris.

[3] Après l'abolition de l'esclavage, le 1/8e des indemnités reçues par les colons est affecté à la création d'une banque de prêts et d'escompte par décret du 21 décembre 1853. Mais le seul établissement bancaire de l'AOF à l'époque ne sera limité qu'à Saint-Louis et Gorée.

[4] La Banque du Sénégal contrôlée par les commerçants bordelais qui exerçaient pratiquement leur monopole sur l'économie du Sénégal, fut dissoute et remplacée par la Banque de l'Afrique Occidentale (BAO) par décret du 29 juin 1901 dont le siège  est fixé à Paris, contrairement à la Banque du Sénégal.

[5] Dans chaque pays, « Le Comité apprécie le montant des besoins de financement de l'activité et de développement de l'Etat et des ressources disponibles pour y pourvoir, ainsi que des concours susceptibles d'être apportés par la Banque Centrale, selon les dispositions de ses Statuts, les directives du Conseil des Ministres de l'Union et les règles générales fixées par le Conseil d'Administration » (Article 56).

[6] Labazée P (dir.) (2000), Fauré Y-A. (dir.),  « Petits patrons africains : entre l'assistance et le marché », Paris : Karthala (Hommes et Sociétés).

[7] OUEDRAOGO Ousmane (1999), Plaidoyer macroéconomique pour l'Afrique, édition Karthala.

[8] Serre J.M (1988), « La politique monétaire», in P. et S. GUILLAUMONT, pp 233-270. ; Guillaumont P., Guillaumont Jeanneney S. (1988), « Stratégies de développement comparées : Zone Franc et Hors Zone Franc », Paris, Economica. ; Haudeville B. (1990), « Epargne informelle et financement de l'entreprise productive », in G. HENAULT et R. M'RABET, pp 77-85.

ZUMA DECOUVRE LE VRAI VISAGE D'ADO ET DU RHDP

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A l'approche du verdict du panel, les pro-Ouattara paniquent et s'en prennent à Zuma.


Quelques partisans de l'opposant Alassane ouattara s'en sont pris mardi au Président sud-africain, Jacob Zuma, à l'arrivée du Panel des chefs d'État à l'Hôtel du Golf venu rencontrer leur leader. Ces jeunes surexcités reprochent à l'Afrique du Sud, sa « neutralité » dans la crise ivoirienne et accuse le Président Zuma d'être « pro-Gbagbo ».

Une unité, partie en reconnaissance lundi à l'Hôtel du Golf, QG de l'opposant Ouattara, avait été refoulée par le camp Ouattara. Prétextant l'absence du Président burkinabé, Alassane ouattara avait refusé, avant de se rétracter plus tard, de rencontrer les panélistes avec Zuma.

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Selon un officiel sud-africain, les propositions du panel tourneraient autour d'un « partage du pouvoir » ou d'une « reprise des élections ». Des propositions qui semble-t-il ne rencontreront pas l'assentiment du camp Ouattara qui refuse d'accepter sa défaite aux présidentielles de novembre 2010, constatée par le Conseil Constitutionnel, plus haute juridiction de donner les résultats définitifs de la présidentielle.
« Si nous disons non on ne nous blâmera pas pour cela, d'autant que le panel a pour mission de travailler dans le cadre d'une feuille de route du conseil de paix et surtout reconnaissant la victoire du président Ouattara», a estimé un proche de Ouattara.

Le Conseil Constitutionnel a proclamé Laurent gbagbo élu avec 51,45% des suffrages. Le juge se fondant sur des cas de fraudes massives avérées et d'exactions commises sur les populations, notamment sur les partisans du Président Gbagbo, dans plusieurs zones du nord, a annulé certains votes.


Source: IVOIREVOX.COM

 

Dernière heure:

Jacob Zuma et les Chefs d'Etat du panel de l'UA opposés au partage du pouvoir. Propositions : Laurent Gbagbo demeure à son poste de Président de la République jusqu'à l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle. Préalables : désarmement effectif des rebelles et des milices, révision et nettoyage du fichier électoral, redéploiement de l'Administration sur toute l'étendue du territoire national.

mercredi, 23 février 2011

REUNIONS SECRETES A L'HOTEL DU GOLF ET AILLEURS CONTRE LA PAIX EN COTE D'IVOIRE

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Certaines des informations contenues dans cet article sont décalées et ne sont donc plus à l'ordre du jour. Quant à d'autres, leur gravité extrême devrait nous inciter à une vigilance de tous les instants pour éviter à la Côte d'Ivoire de tomber dans le chaos d'une guérilla urbaine incontrolable, au moment où les travaux du panel des chefs d'Etats africains nous autorisent à commencer à espérer une sortie de crise civilisée dans notre pays. Surtout quand on sait que depuis quelques jours, le protégé d'ADO, Doumbia Major, invite sur son compte Facebook les militants du RHDP capables de combattre à se constituer en cellules de 6 personnes, dans tous les quartiers et villes de Côte d'Ivoire, pour la guerre. Il se trouvera des hommes sur cette terre pour appeler de tels individus des démocrates. Ils ne l'ont pas été pendant l'élection présidentielle, ils ne le seront pas maintenant. A bon entendeur..., salut!


Depuis quelques mois, la communauté internationale, la France de Sarkozy et la Cedeao ont pris sur elles, avec les rebelles, d'installer par la force Ouattara au pouvoir à l'issue d'une élection qu'il a perdue, dans les urnes. Ainsi, le pays est devenu l'asile de tous les renégats de la terre, agissant dans l'ombre. Mais depuis quelques jours, la brume épaisse qui enveloppait leur forfaiture en gestation commence à s'éclaircir. Votre journal lève un pan de voile:

Le 27 décembre 2010 une réunion des comploteurs s'est tenue de 20h25 à 23h06, à Abobo Plateau Dokui

Chez Adama Sanogo, plus précisément au domicile de son épouse Mme Claire Budapest.
.
A cette réunion, étaient présentes 21 personnes.

L'objet : Une planification générale d'attaque sur Abidjan :

a/ 1er bataillon : le commis à l'action ce jour-là était un certain Dosso, appuyé par Lamine.

b/ 2ème bataillon, ancien camp Akouédo, attaque dirigée par M. Kassoum appuyé par Dominique.

c/ Agban sera attaqué par M. Koné qui sera appuyé par Colombo.

d/ La télévision sera attaquée par St Clair appuyé par Nicolas.

e/ La radio sera prise par BM, appuyé par Oumar.

f/ Le Palais sera attaqué par M. Souleymane, appuyé par M. Jacques.

g/ La Résidence sera attaquée par Inza, appuyé par M. Dany Amer.

h/ Le Camp commando sera attaqué par Ahmed.

i/ La Gendarmerie, la Brigade de recherche et la préfecture de police attaquées par Doumbia.

La nuit d'avant, ils avaient fait la reconnaissance du domicile de Bertin Kadet, Emile Guiriéoulou, Blé Goudé. Le top départ sera donné par le blocage des deux ponts par les chars français.
Nous savions aussi qu'après l'attaque de N'Dotré, ils se sont leurrés, en croyant que Gbagbo passait ses nuits sur la route d'Agboville. Ainsi, un camion « UN 8564 » bourré d'armes avait pris la route d'Agboville. Avec un soldat de la Licorne déguisé en journaliste reporter. Il est bloqué à N'Dotré, où se trouvaient des assaillants mêlés à la foule, ils ont tenté de corrompre le jeune gendarme en faction avec 100.000 F. Tentative vaine, le jeune réclamait une feuille de mission ou un ordre de ses supérieurs. « Même pour 1 million, je ne vous laisserai pas passer ».

Réunion à Bouaké le 28 janvier 2011. De 18 h 25 mn à 23 h 22 mn.

Etaient présents :


Chérif Ousmane, Alassane du Burkina, Koné Zacharia, BM de Guiglo, Ahmed d'Abidjan-Abobo, Kaboré de Korhogo, Dramane de San Pedro, Diakité d'Abobo, Gaoussou (un officier venant du Burkina, arrivé spécialement pour diriger les opérations à Abobo). Capitaine Sékou Konaté, Malien, venu spécialement pour prendre la tête des éléments de Gagnoa, 3 Casques bleus, 5 Licornes.

Au cours de cette énième réunion, Koné Zacharia s'est interrogé sur le projet de prendre Abobo pour en faire une base des rebelles. La réponse de Diakité, responsable d'Abobo a été, on ne peut plus claire, nous attendons la fin du couvre-feu.

Toujours, au cours de cette même réunion, Chérif Ousmane se disait prêt à déclencher les hostilités à Yamoussoukro le mardi 8 février à 4 heures du matin. Quant à Eddy de Danané et Fofana de Man, joints au téléphone, ils se disent prêts pour prendre Bangolo, Duékoué pour progresser à Daloa.

Le 6 février à Korhogo

16 véhicules de l'Onuci sont venus décharger à la gendarmerie de Korhogo des treillis et des munitions. Dans cet arsenal, se trouvaient 30 mitrailleuses. La caserne de gendarmerie sert aussi de parking à 20 cargos de l'Onuci, détachés pour transporter les éléments rebelles dans les villages environnants.

5 hélicoptères ont été chargés de transporter des éléments sur Abidjan. Ils ont été déposés au 43e Bima et par la suite ventilés sur leurs sites d'Abobo, Port-Bouët II, Adjamé, Adjouffou, Dabou, et San Pedro.

A Cocody Danga, les rebelles de Ouattara avaient logé sur place 10 mercenaires commis pour attaquer le domicile du Général Mangou.

25 autres mercenaires qui devaient s'attaquer à la télévision ivoirienne de 20 h à 4 h du matin, s'y trouvent encore avec les 10 premiers.

Au 30 janvier 2011, voici les effectifs des éléments présents à Korhogo:

Venant du Burkina:

48 mercenaires (Cedeao) et 325 recrues.

Venant du Mali:

25 mercenaires (Cedeao) et 340 recrues. Parmi ces éléments 50 mercenaires et 260 recrues ont été déversés à Abobo. Ils ont été logés au Pk 18, derrière rail et Anyama.

Au 30 janvier toujours, les éléments chargés de l'attaque du 8 février à Yamoussoukro, selon Chérif Ousmane, étaient au nombre de 715.

Pour San Pedro, 625, Gagnoa; 440 selon Zacharia Koné.

SORO GUILLAUME REBELLE IVOIRIEN.png

Le 16 janvier s'est tenue une réunion secrète au 43ème Bima de 11h à 13h.

Etaient présents Koné Zacharia, Bm, Ahmed Inza Laciné, 14 Licornes, 7 Casques bleus, un certain Diarrassouba, Chérif Ousmane de Bouaké, commandant Losseni Fofana de Man, Eddy Com-zone de Danané, Koné Issiaka chargé des jeunes parqués au mouroir du Golf Hôtel, Moussa Dosso chargé de la sécurité du président Ouattara, Ibrahim Konaté, Directeur de société. L'objectif principal de la réunion c'était de galvaniser le moral de leurs troupes qui commençaient à s'inquiéter des promesses financières non tenues et aussi des tergiversations de leur président et ses commanditaires.

C'est au cours de cette réunion que pour la première fois, on a parlé de morts et c'est Zacharia Koné qui sans détours, à dit: « Ceux qui sont morts au Golf sont morts, ceux qui sont morts à Abobo sont morts. Prenez courage».

A Bouaké, réunion secrète le 25 janvier de 23 heures à 3 heures du matin.

Etaient présents, un certain Victor (celui qui convoie les armes et les mercenaires venus de l'Amérique du Sud; Tuo Fozié (qui semble avoir repris du service) Chérif Ousmane de Bouaké, Losseni Fofana de Man, Eddy de Danané, Koné Zacharia, Bm. La rencontre avait pour objet, la présentation de matériels de guerre fournis par divers pays, membres du complot.


France:

• 335 mitrailleuses de portée 15,9 mm dotées d'un canon latéral 40 m de missile

  • 325 colis de tente (bivouac)
  • Un lance-flamme de portée 500 m.


Burkina Faso:

• 520 colis de Kalachs plus (+) munitions

  • 250 caisses de mitrailleuses


• 25 cargos militaires de transport de troupes

  • 2 chars de combat.


Mali:

  • 660 Kalachs plus (+) munitions


• 420 cartons de treillis plus (+) chaussures pataugasses

  • 2 chars de combat.


Onuci:

• 81 véhicules, repeints en couleur des Fds

Réunion du 10 février dernier au Golf Hôtel, de 20 h à 2 heures du matin.

Cette réunion avait pris l'allure d'un tournant décisif dans l'organisation du complot. :

Etaient présents, Soro Guillaume, Ahmed Bakayoko, M. Carlos (?) représentant de Sarkozy, Koné Zakaria, Shérif Ousmane, Capitaine Donald représentant le Général Beth, Ambassadeur de France au Burkina Faso, Coordonateur de l'attaque en préparation, capitaine Mohamed représentant le Gal Palenfo, Inza, Bm, Ahmed, les sempiternels exécutants des basses besognes, M. Victor, fameux et mystérieux convoyeur d'armes et de mercenaires sud- américains.

Fofana Losseni de Man, le Cema des rebelles Soumaïla Bakayoko, Souleymane, lui représenterait l'ancien ministre Ouédraogo Emile, chargé du suivi de la rébellion pour le compte de Blaise Compaoré, 2 éléments blancs de l'Onuci (Casque bleu) venant de Sebroko, Eddy de Danané, Konaté Sekou, officier capitaine Malien, le maire d'Abobo, Adama Toungara, le chef des dozo de Duékoué, le vieux Moussa, Kassoum, un autre officier du Burkina Faso, Cheick Chérif, le tuteur des rebelles d'Abobo, Diabaté le mobilisateur d'Abobo, Coulibaly, le chef zone de Dibobli.
La réunion était dirigée par Soro Guillaume. D'entrée de jeu, il remercia les participants pour leur courage et ce qu'ils font pour la Côte d'Ivoire. Après avoir auparavant demandé une minute de silence, on ne sait trop pourquoi? Cependant, il parlera d'un coup qui les affecterait beaucoup, mais néanmoins leur demandera de ne pas baisser les bras, convaincu que le pouvoir sera bientôt à eux. Mais la nouvelle du jour, fut comme une douche froide pour cette assemblée.

C'est Soro qui parle: «Le président Alassane Ouattara est dans un état critique en France. Son docteur vient de m'appeler. Pour le moment, il sera remplacé par le Général Palenfo qui était au Sénégal et est présentement au Burkina, il viendra le dimanche (note de la rédaction: dimanche 13 février...)»

Voici l'essentiel de cette réunion dite secrète, qui n'est rien d'autre qu'un secret de polichinelle.
S'agissant de l'absence remarquée de Wattao et de Morou, Soro déclarera qu'après avoir pris un coup qu'ils seraient dans une clinique à Paris.

Concernant Palenfo, selon des sources burkinabé, le Général serait effectivement arrivé à Ouagadougou mais a finalement renoncé à son voyage de Bouaké. Il serait reparti à Dakar, au Sénégal, où Soro l'a rejoint.

En effet, la situation à Bouaké serait très délétère:

Plusieurs accrochages entre les mercenaires qui ont envahi la ville et les anciens rebelles des Fafn ont eu lieu. Des attaques à l'arme blanche contre les mercenaires étrangers sont devenus monnaie courante dans la ville. Les anciens rebelles dit-on, ne veulent pas des mercenaires venus d'ailleurs pour détruire leur pays et repartir tranquillement chez eux.

Les chefs de fil de ce mouvement seraient Tuo Fozié, Vetcho, Fofié qui seraient totalement opposés à ces étrangers à Bouaké. Ces derniers auraient pour soutien le seul Shérif Ousmane.

Pour revenir à la réunion du Golf, les responsables des rebelles sous la dictée de Soro auraient créé 3 grands groupes.

Le premier groupe serait basé à Abobo, à Anyama et à Adjamé. Il sera dirigé par Koné Zackaria.

Le 2ème groupe sera basé à Yamoussoukro et sera dirigé par Shérif Ousmane.

Le 3ème groupe sera basé à San Pedro et sera dirigé par IB.

Le mercenaire Victor, fournisseur d'armes a confirmé sa disponibilité de leur fournir toutes sortes d'armes dont ils auraient besoin. Quant à M. Carlos, représentant de Sarkozy, leur a confirmé une fois de plus tous les encouragements et la disponibilité de Sarkozy et de Chirac pour atteindre leur objectif.

Le dernier intervenant fut le très loubard ministre de l'Intérieur du gouvernement du Golf, Ahmed Bakayoko qui a tenu les propos ci-après :

« Je vous prie de regarder dans Le Quotidien n°065 du mardi 22 novembre 2009. J'étais à un meeting à Korhogo et à l'époque, j'étais le Directeur adjoint national de campagne d'Ado chargé de la jeunesse.

J'avais déclaré haut et fort que rien ne se fera dans ce pays sans nous. Ceux qui ont pris mes propos pour de la plaisanterie ont vu; ceux qui veulent jouer avec ça maintenant verront. Le Rdr a les moyens de faire tomber le ciel sur la tête des Ivoiriens si l'honneur d'Alassane est bafoué.

Nous comptons donc sur vous pour le combat pour notre cher beau pays ». Voici les quelques propos ubuesques d'Ahmed Bakayoko.

ALASSANE OUATTARA 2.jpg

Réunion du 11 février 2011 au 43ème Bima

Cette fois-ci, ce sont les chefs de guerre qui se sont retrouvés. Il y avait Ib, Zackaria Koné, Shérif Ousmane, Eddy de Danané, Inza le tueur à gages, Losseni de Man, Bm de Guiglo, Ahmed et Diakité d'Abobo, Coulilaby de Dibobli, le Lieutenant-colonel à la retraite Fofana de Bingerville.

La réunion a été dirigée par Ib qui a exprimé d'entrée de jeu son scepticisme à propos de l'attaque d'Abidjan en posant deux problèmes.

Le 1er problème, sur l'effectif réel des assaillants présents à Abidjan.

Le 2ème problème, sur le nombre de maisons disponibles pour rétablir une base réelle à Abobo.

Le représentant d'Abobo, Diakité aurait affirmé que le maire aurait mis à la disposition de la rébellion trois de ses maisons: deux à Abobo et une à Anyama.

Quant à Zackaria, il aurait affirmé que les dates des attaques seraient communiquées ultérieurement à une réunion à Bouaké.

Eddy de Danané déclara qu'il a des armes, des éléments et pas de munitions.

Réunion du 13 février 2011 à Yamoussoukro

Toujours présents: Inza, Cheick, Shérif, Bm, un certain Mouminy, capitaine Sékou Diabaté de Gagnoa, Doumbia le représentant de Shérif Ousmane. C'est Doumbia qui a dirigé la réunion. Il a dit être venu à Yamoussoukro pour introduire les chefs rebelles de Bouaké à Yamoussoukro. Le chef s'appellerait Kalifa et les éléments seraient au nombre de 415. Ceci pour préparer l'attaque de Yamoussoukro du 16 au 18 février à 4 h du matin. Cette attaque sera dirigée par Shérif Ousmane lui-même.

Le même jour, le capitaine Sékou Diabaté attaquera Gagnoa à la même heure.

Une autre attaque serait dirigée entre le 18 et le 21 février, à Abobo par Ib.

Dans cette même période entre vendredi et samedi, il y aura une attaque du corps de génie récemment installé à Adjamé et à la Caserne des Sapeurs-pompiers. Dans cette caserne, selon leur source infiltrée, sont planquées 400 kalaches que les rebelles veulent prendre.

Enfin, selon des sources patriotiques bien informées, le camp commando d'Abobo serait dans leur collimateur avec la complicité d'un gradé de ce camp. Comme on le voit, les assaillants n'ont pas baissé les bras. Ouattara continue de narguer la République en stockant des armes. Et en planifiant des attaques imminentes.

Quelques exemples d'arsenal disséminés à travers le pays:

A Sassandra ville, ils ont stocké :

394 kalachs

18 mitrailleuses

3 A52

600 treillis militaires

325 chaussures lèkè

Carrefour 26 :

201 kalachs

7 mitrailleuses

230 chaussures lèkè

60 treillis militaires

Moribadougou

197 kalachs

14 mitrailleuses

12 lance-roquettes

2 A52

70 treillis

60 chaussures lèkè

Cette liste n'est pas exhaustive. Nous vous fournirons d'autres détails sur cet arsenal de la mort que Ouattara et ses hommes ont ventilé à travers le pays.

Bouaké particulièrement est devenu un gigantesque dépôt d'armes, mis à la disposition de renégats prêts à mettre le pays à feu et à sang comme le disait Ahmed Bakayoko.




Ange-Marie Ibo Djêgba


Source: Quotidien LE TEMPS du 18 février 2011

dimanche, 20 février 2011

CRISE POSTELECTORALE ET DIALOGUE INTERNE: LETTRE OUVERTE AU PRESIDENT HENRI KONAN BEDIE

 

HENRI KONAN BEDIE.jpg

Dr Pierre Franklin Tavares revient à la charge après « La guerre d'Abidjan n'aura pas lieu - Considérations radicales », avec cette fois-ci, une lettre ouverte au Président Henri Konan Bédié, l'invitant à être le médiateur d'un dialogue interne ivoirien entre le Président Laurent Gbagbo et le Premier Ministre Alassane Dramane Ouattara, pour la paix sur les bords de la Lagune Ebrié. La Côte d'Ivoire est malade et chacun rue à son chevet pour lui proposer son « élixir » en vue de la guérir, tant le mal est profond. C'est de bonne guerre et même louable, fraternel. Mais, pour notre part, sans préjuger de l'action de cet autre remède, nous nous interrogeons : Henri Konan Bédié qui est une partie du problème ivoirien et qui voue une rancune tenace au Président Gbagbo (il ne l'a jamais appelé « Président » et il n'a jamais assisté à une Fête de l'indépendance (Fête nationale) à ses côtés ; c'est tout dire), peut-il se sublimer pour se prêter à cette mission que lui « assigne » Pierre Franklin Tavares ? L'histoire nous le dira. Attendons donc de voir. Pour l'heure, bonne lecture !


À Son Excellence M. Henry Konan Bédié-Hôtel du Golf-Bvd de France - Riviera-Abidjan-République de Côte d'Ivoire-Paris, le 13 février 2011.


Objet : Dialogue interne.

 

Monsieur le Président, mes premiers mots seront des paroles de respect et de salutations cordiales. Et, pour être d'emblée dans la sphère qui sied à l'esprit de cette lettre, je les fais immédiatement suivre par une pensée : « aucune vérité ne vaut qu'on lui sacrifie une nation ». Moins bien encore, des résultats électoraux.

Ce courrier, le quatrième que je vous adresse depuis 1997, prend pour cadre et motif « la crise postélectorale » que traverse la Côte d'Ivoire et ne vise qu'à un but : « le dialogue interne » comme outil de paix sociale, de cohésion nationale et facteur de développement.

Je sais bien que, pour lors, nombre de personnalités et de militants des deux camps, RHDP et LMP, sont opposés à l'idée voire à toute initiative de dialogue. Mais, je n'en ai pas inventé les vertus. Socrate, par exemple, en matière de pédagogie, en a fait sa méthode. Et depuis la philosophie qui a accepté ce sol et ce socle a considérablement fructifié. Cabral Amilcar, inlassable ingénieur de la connaissance, fit de la causerie l'instrument aratoire qui permet de mettre au jour les causes ultimes. Félix Houphouët-Boigny, dans le domaine politique, l'a présenté comme « l'arme des forts ». Et en l'abandonnant, les Ivoiriens ne se sont pas seulement désarmés et affaiblis, mais historiquement fourvoyés ; et - si rien n'est entrepris - ils goûteront à l'amertume des « coups de la guerre funeste ». Épargnez-leur ce drame ! C'est, au reste, pour cela que je m'adresse à vous. Combien est-il rassurant de savoir que les belliqueux sont minoritaires, quoique très actifs et placés au-devant de la scène médiatique. Ma pétition est donc toute simple : devenez ou soyez l'infatigable artisan de la paix, dans la filiation de celui qui vous désigna comme son dauphin.

Les temps anciens offrent des leçons. Adraste, qui engagea une guerre et subit un terrible revers, regretta les influences qui l'y avaient conduit : « Les jeunes gens et leur clameur, dira-t-il, m'ont étourdi ». La réponse de Thésée, auprès duquel il vint réclamer de l'aide, fut claire : « Tu as écouté le sang chaud, et non les têtes sages » (Euripide, Les Suppliantes, 1962). En effet, Monsieur le président, s'il est des guerres justes, il en est d'injustes. Celle qui concerne la Côte d'Ivoire n'est pas bonne ni même utile. Les Africains savent que l'on peut vaincre sans avoir raison. Soyez la « tête sage ». D'autant que, dans le « dialogue interne » qui ne fait aucune place à la « folle jactance », celui qui convainc ne peut le faire que s'il est du côté de la raison. Car, tout y est clair, méthodique, la vérité y trouve sa vraie place. Les « palabres », elles, laissent échapper les causes.

J'ai la faiblesse de croire que la nature et l'orientation des événements nationaux vous obligent à reporter sine die votre retrait annoncé de la vie publique ivoirienne et internationale. Car, votre implication, bien plus que votre liberté, est une nécessité historique. Comment quitteriez-vous la vie publique, au moment même où le pays, l'État et la nation (en construction) menacent d'être emportés ? C'est que, à l'analyse, après tous les sommets, concertations et accords, seul un dialogue de type interne ou une causerie tripartite peut épargner à la Côte d'Ivoire une descente aux enfers. Or, vous semblez être la personne la plus qualifiée pour conduire ce processus, comme j'ai essayé de l'étayer récemment dans l'article La guerre d'Abidjan n'aura pas lieu. Certes, plus d'un vous croient usé. Ils se trompent. Seules les oreilles de notre silence sauront entendre les frappes de vos paroles à venir.

Il y a quatre possibilités : l'asphyxie financière de l'État ivoirien, la guerre directe (Ecomog, etc.) contre le régime en place, la résistance des patriotes et le dialogue interne des trois leaders. Je note que les trois premières éventualités, par des chemins différents, aboutissent au même résultat, et donc ne divergent pas fondamentalement. Dans la première, par étouffement, le peuple « paie » pour ce dont il n'est pas responsable. Comme au Zimbabwe, le Simbacayo, si beau qu'on le disait construit par le diable (Carl Ritter, L'Afrique, 1825). Dans la deuxième, « fatigué », le peuple est exposé aux affres de la mort, alors qu'il ne plaide qu'à vivre libre. Tel fut le cas du Libéria, terre de liberté. Dans la troisième éventualité, le peuple est au devant de la scène et acteur, mais à quel prix participe-t-il à son propre désastre ? Ce fut le cas d'Haïti, naguère perle des Antilles. En tous les cas, à bien y regarder, la Côte d'Ivoire est comme la synthèse ouest-africaine du Zimbabwe (construction : édifices), du Libéria (liberté : abolition du travail forcé) et d'Haïti (richesse sucrière : cacao). En vérité, il n'y a qu'une alternative : la guerre ou la paix. La guerre pourrait certes désigner un vainqueur, mais dans quelles conditions de destruction gouvernera-t-il la Côte d'Ivoire ? La paix, moins couteuse et préventive, est un « dialogue interne » à trois : MM. Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara et vous-même. Qu'est-ce qui l'empêche, sinon l'orgueil des hommes, vanité des vanités ? Dans cette crise, les intérêts matériels sont devenus secondaires.

Surmontons l'orgueil. Laissons la vanité à sa propre vanité. Dès lors, comment envisager le « dialogue interne » qui, tendant au consensus national, au compromis historique, et peut-être même à un « programme commun et provisoire de gouvernement » entre les parties en conflit, tire sa nécessité première du péril qui menace d'emporter ce qui reste de la Côte d'Ivoire ? Cela aucun ne peut-il l'entendre, le comprendre ?

Je reste convaincu que, sous votre égide, et avec le double accord de MM. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, il sera possible de surmonter cette crise qui, depuis vingt ans maintenant, ravage et dévaste la Côte d'Ivoire. Sans doute d'autres personnalités pourraient-elles vous aider à accomplir cette démarche. Ce cadre nouveau de concertation, qui s'appuiera uniquement sur des Ivoiriens, sans refuser le concours des amis, pourrait être le laboratoire tant attendu pour la recherche de solutions idoines. Le « dialogue interne » est aux antipodes des démarches antérieures.

Une poignée d'hommes de foi bonne peut déplacer les montagnes ! Puisse le Ciel vous aider à accepter ce qui est ici proposé.

Restant à votre disposition,


Je vous prie de croire, Monsieur le Président, en l'expression de ma très haute considération.


Dr Pierre Franklin Tavares

Mobile : +336-87-34-21-22

Courriel : tavarespf@hotmail.com

samedi, 19 février 2011

VIDEO INEDITE: LA VERITE SUR LA FERMETURE DES BANQUES EN COTE D'IVOIRE

Vidéo inédite:


La vérité sur la fermeture des banques en Côte d'Ivoire


Le Ministre ivoirien délégué au Budget, Justin Koné Katinan

dans cette vidéo éclaire la communauté nationale et internationale

sur la fermeture de certaines banques en C.I.


Pourquoi l'Etat a t-il nationalisé la SGBCI et la BICICI?
La CI sort elle de l'UEMOA?
Le salaire des fonctionnaires?
Vers la création d'une monnaie ivoirienne?

Visualiser le débat

cmrci

Plus de Télévision GRATUITE et d'info sur www.facebook.com/telediaspora.net

Copyright © Fév. 2011

MAHALIA NTEBY: « LES BANQUES QUI ONT FERME DOIVENT ETRE A JAMAIS INTERDITES D'EXERCER EN COTE D'IVOIRE »



BICICI ABIDJAN.jpg

La fermeture de la BICICI et de Citigroup va-t-elle être suivie de celle d'autres banques et cela va-t-il porter le coup fatal à Gbagbo?


La stratégie de l'asphyxie financière du régime Gbagbo était annoncée depuis belle lurette. Cela aurait pu être étouffé dans l'œuf si les conséquences qui s'imposaient avaient été tirées de la guerre des 6 jours de la France contre la Côte d'Ivoire en Novembre 2004. Malheureusement, la solution de facilité a été privilégiée et le pays est resté accroché au franc CFA, comme si tout avenir en dehors de cette monnaie esclavagiste était impensable.  Ceci est assez incompréhensible quand on sait que la voix la plus autorisée en la matière, celle du Professeur Mamadou Koulibaly, économiste le plus brillant de Côte d'Ivoire et actuel président de l'Assemblée  Nationale, s'est toujours élevée pour combattre le franc CFA. Il faut croire qu'il n'a pas été assez écouté dans son propre camp et que certains doivent aujourd'hui s'en mordre les doigts. Enfin, mieux vaut tard que jamais ! Même s'il eut été souhaitable que la sortie de la zone franc se fit selon un calendrier défini par les autorités ivoiriennes, qui aurait permis d'éviter ou de mieux gérer certains des violents soubresauts traversés ces jours-ci, elle est aujourd'hui inéluctable. Le bras de fer dans lequel la France s'est engagée aura au moins servi à cela : pousser Laurent Gbagbo à tourner le dos au franc CFA auquel il était jusqu'alors très attaché. De cela, les Ivoiriens peuvent se réjouir.

Maintenant, il est évident que les décisions de fermeture de la BICICI et de Citigroup affectent le fonctionnement économique du pays. Tous les individus et sociétés qui y ont des comptes sont de facto pris en otage par ces banques, qui bloquent de façon tout à fait illégale leurs avoirs. Ceci est le résultat de l'immixtion de la politique dans le monde des affaires. Tous ceux qui doutaient du rôle d'agents de la politique française joué par les entreprises hexagonales ne peuvent plus nier l'évidence. Il semble certain que le gouvernement ne peut se contenter de « poursuivre en justice» ces banques, comme cela a été annoncé. Elles doivent aussi être purement et simplement fermées et à jamais interdites d'exercer sur le territoire ivoirien. D'autre part, il est temps que les Ivoiriens agissent de façon cohérente face à la situation à laquelle ils sont confrontés depuis une dizaine d'années. Au niveau de l'Etat, il est accablant de constater qu'aucun agrément bancaire n'a été accordé aux banques chinoises, indiennes, sud-africaines ou brésiliennes qui souhaitent pourtant s'implanter en Afrique subsaharienne, sous le prétexte jamais avoué de protéger les intérêts des banques françaises et donc de la Françafrique. Cela doit et va changer, car il est évident que l'Etat ivoirien  et les autres gouvernements africains ont compris, à l'aune de la crise traversée par la Côte d'Ivoire, qu'ils doivent privilégier les relations commerciales avec des Etats qui prônent et appliquent la non-ingérence dans les affaires intérieures de leurs partenaires.

J'ai aussi beaucoup de mal à comprendre qu'il y ait encore des Ivoiriens qui ont des comptes dans les banques occidentales. Au plus tard après l'alerte de décembre 2010, quand la SGBCI et la BICICI avaient déjà fermé leurs portes pendant une matinée pour empêcher les fonctionnaires de toucher leurs salaires, il y aurait du avoir un mouvement de foule pour procéder à la fermeture des comptes dans lesdites banques et la réouverture de ces derniers dans des établissements comme la SIB, Bridge Bank, la BNI... Dans le même ordre d'idées, Orange en Afrique n'hésite pas à écouter systématiquement les conversations téléphoniques de ses clients afin d'en faire profiter l'ambassade de France ainsi que les services de renseignement français et les collabos locaux à leur solde. En Côte d'Ivoire par exemple, le rebelle Hamed Bakayoko, lorsqu'il était ministre des NTIC dans le cauchemardesque gouvernement wouya wouya (de pacotille, ndlr) issu de l'accord politique de Ouagadougou, recevait fidèlement les écoutes des conversations de tous les acteurs du camp présidentiel. Aujourd'hui encore, Orange transmet les écoutes à Alassane Dramane Ouattara, qui est lui-même mis sur écoute afin que ses donneurs d'ordre puissent le contrôler. Dans ces conditions, il est difficile de comprendre qu'un citoyen qui se respecte puisse encore avoir un compte dans une banque non ivoirienne, téléphoner avec Orange, rouler en Peugeot ou faire le plein chez Total, d'autant plus qu'il existe une pléiade d'alternatives.

Quant à dire que ces mesures vont faire tomber le régime Gbagbo, je n'y crois pas. Ceux qui souffrent de ces mesures sont de tous les bords. Le dioula d'Abobo dont l'enfant malade va mourir parce que son père n'aura pu aller chercher 30.000 francs CFA au distributeur de la BICICI pour lui acheter les médicaments pour le sauver, comme le fonctionnaire lambda. Au contraire, je pense que bientôt, nous observerons un déferlement des populations vers l'hôtel du Golf et les ambassades des pays de l'Union européenne, pour chasser ceux que les Ivoiriens considèrent à raison comme responsables de leurs problèmes. Je pense également que le gouvernement ivoirien ne tardera pas à ordonner la fermeture immédiate des opérateurs économiques français en Côte d'Ivoire : d'ici peu, Bouygues, Orange, Total, CFAO, SGBCI et tous les autres seront contraints de mettre la clé sous la porte ou seront nationalisés et alors là, la partie deviendra vraiment intéressante...


Mahalia Nteby

Source: SAOTI, Le Blog de Mahalia Nteby

jeudi, 17 février 2011

LA MIR (MONNAIE IVOIRIENNE DE LA RESISTANCE) EST-ELLE INFAISABLE ?

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En ces temps de « guerre », il est de plus en plus question d'une « Monnaie ivoirienne de la résistance » soit la « MIR » dont vous apercevez le spécimen ci-contre. Les économistes sont plutôt divisés sur la question à savoir si la Côte d'Ivoire peut battre monnaie dans les circonstances actuelles, avec une Côte d'Ivoire coupée en deux entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo. On dit souvent que « l'argent est le nerf de la guerre » et cela s'avère vrai.

Cependant, l'idée d'une nouvelle monnaie nationale en Côte d'Ivoire taraude l'esprit des économistes ivoiriens depuis près de 5 ans déjà. En 2007, Mamadou Koulibaly, docteur en économie et président de l'Assemblée nationale se plaignait du fonctionnement du « compte d'opérations » déposé au Trésor français et où se trouve la majorité des avoirs extérieurs des pays de la zone franc : « Pour être libres, nous allons créer notre monnaie » avait t-il lancé. «  Ce serait une catastrophe pour la zone UEMOA et toute l'Afrique. Car la Côte d'Ivoire représente, à elle seule, la locomotive de l'Union. Et le Sénégal qui l'épaule, ne pourra pas seul tenir debout. Ce sera alors l'éclatement de l'union », lui avait répondu le Sénégalais Doudou N"Doye, président l'UPR.

Certains économistes posent des préalables à la question de faisabilité du projet, tel que : l'unification des caisses entre le nord et le sud, la réunification militaire du pays et la stabilité économique et sociale de la Côte d'Ivoire. Au delà des préalables, d'autres mettent en garde contre la probable non reconnaissance de la devise ivoirienne à l'extérieur des frontières ivoiriennes et même à l'intérieur du pays, notamment les zones centre, nord et ouest (communément appelé zone CNO). De sorte que certains économistes parlent d'une monnaie mort née.

MIR SPECIMEN 2.jpg

Néanmoins, le projet est-il réellement infaisable ?

On pourrait dire non, il est empiriquement démontré que des situations graves révèlent de grandes créations. Déjà au 19ème siècle, précisément en 1862, Clément Juglar, le spécialiste des crises que l'on retrouve dans tout cours d'économie, disait ceci à propos des crises: « Tout s'arrête pour un temps, le corps social paraît paralysé ; mais ce n'est qu'une torpeur passagère, prélude de plus belles destinées. En un mot, c'est une liquidation générale. Il ne faut donc jamais désespérer ni trop espérer de son pays, se rappelant sans cesse que la plus grande prospérité et la plus grande misère sont sœurs, et se succèdent toujours ». Il est bien dit que la crise est le prélude de belles destinées. Au 20ème siècle, les régulationnistes tels que Michel Aglietta, Bernard Billaudot, Robert Boyer, Benjamin Coriat démontraient théoriquement et empiriquement (sur une étude allant de la fin du 19ème siècle au début des années 1970) que la crise est l'occasion du changement du mode de regulation et des régimes d'accumulations. Parmi ces changements figurent le changement des formes de la monnaie incluses parmi les 4 autres formes institutionnelles.

Au-delà du volet théorique, l'histoire nous montre bien que les grandes crises révèlent les grands changements, Notons que bien souvent d'importantes décisions monétaires ont été prise en temps de crise : la crise de 1929, la fin de la Seconde Guerre Mondiale en 1947 avec le Plan Marshall puis la Guerre du Kippour et les chocs pétroliers en 1979. Il est donc possible, voire souhaitable, pour un pays en mal de souveraineté nationale de poser le problème de son autonomie monétaire.

Au niveau technique, les économistes pessimistes invoquent un supposé problème d'inconvertibilité d'une nouvelle monnaie ivoirienne à l'extérieur ce qui poserait le problème de l'exportation de nos biens à l'étranger. Ce qui n'est en réalité pas un problème ou du moins un problème déjà présent. Rappelons que le franc CFA étant une monnaie divisionnaire, elle n'est point convertible internationalement, pourtant nous commerçons bien avec les Etats-Unis dont la devise est le dollar. En d'autres termes, il nous suffira d'établir une intra-conversion administrée par le Trésor public ivoirien ou la future Banque Centrale Ivoirienne (BCI), qui elles pré-détiendront des stocks de devises internationales.

L'autre problème que pourrait poser la MIR relève du domaine psycho-politique. Car une nouvelle monnaie ivoirienne devra compter sur la confiance totale de l'ensemble des ivoiriens en elle. Or, les partisans de Ouattara ne reconnaitrons pas cette monnaie. En sus, nul ne doute que l'économiste Alassane Ouattara n'hésitera pas à faire circuler du Franc CFA sur la territoire ivoirien tout en émettant des faux « MIR » afin de pousser à l'hyperinflation comme en Zimbabwe en 2009, ce qui pourrait conduire au désordre monétaire.

En somme le projet du « MIR » n'est pas infaisable. Mais face aux possibles difficultés exogènes et endogènes que cette monnaie devra affronter, il nous faudra de la volonté et du professionnalisme afin d'assurer nos échanges de manière efficace.

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Extrait du rapport : Introduction à l'Etude de faisabilité objective de la MIR (Décembre 2010 -Janvier 2011)


Jean-Philippe OBO et le cercle d'économistes ivoiriens à Paris


Source: IVOIRENEWS

L'ETAT MET LE CAP SUR LA SOUVERAINETE MONETAIRE

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Lentement mais sûrement, la Côte d'Ivoire est en train de conquérir sa souveraineté monétaire. La rupture brutale provoquée par la Bceao- Siège depuis Dakar y est pour quelque chose. Après avoir essayé vainement les armes diplomatique, militaire et politique, Sarkozy et sa Françafrique, ont décidé de désorganiser voire tuer le secteur bancaire de l'espace de l'Union économique et monétaire ouest-africain, (Uemoa).

Certainement, selon leurs propres termes, «étouffer financièrement et économiquement le camp Gbagbo». Dans l'espace, Uemoa, la France est membre très influent dans le Conseil d'administration. La Banque centrale des Etat de l'Afrique de l'Ouest (Bceao). Mieux, c'est elle qui contrôle et manipule à volonté plus de la moitié des avoirs extérieurs des pays ayant en commun, l'usage du Franc Cfa à travers le compte d'opération logé au Trésor français.

Ainsi, après le dernier sommet des chefs d'Etat et gouvernement de l'Uemoa tenu à Bamako au Mali, le gouverneur en fonction Dakoury-Tabley Henri Philippe a été contraint à la démission et depuis, le vice-gouverneur, le Burkinabé Jean Baptiste Compaoré, a pris l'intérim pour trois mois. Comme il n'attendait que ça, le premier acte qu'il a posé, c'est de déconnecter l'agence nationale de la Bceao pour la Côte d'Ivoire, du système informatique de la Banque d'émission.

Le gouvernement Aké N'Gbo ne se fera pas pier pour réquisitionner les agents nationaux de la Bceao travaillant en Côte d'Ivoire. Dès cet instant, Abidjan a mis le cap sur son autonomie. Ce qui fait mal à Bceao- Siège surtout que la Côte d'Ivoire, c'est le pays phare de l'Uemoa avec environ 40%. Face à cette nouvelle donne qui laisse entrevoir non seulement la désagrégation de l'Uemoa, avec à la clé une dévaluation du Fcfa, un nouveau conseil des ministres des Finances de l'Uemoa, a été tenu à Dakar ; le 5e en moins de deux mois. C'est à l'issue de cette rencontre que Jean-Baptiste Compaoré va brandir le bâton des sanctions contre les banques qui vont collaborer avec le gouvernement du Premier Aké N'Gbo.

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Comme il fallait s'y attendre, l'un des satellites en Côte d'Ivoire, la Banque internationale pour le commerce et l'industrie en Côte d'Ivoire (Bicici), filiale de la Banque nationale de Paris (Groupe Bnp Paribas), qui boycottait la transaction manuelle, mise en place par le gouvernement, a sauvagement et de façon inélégante, fermé nuitamment ses agences en Côte d'Ivoire. En attendant, le départ des autres épargnants, il convient de préciser que la Bicici perd avec le non virement des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat, un dépôt mensuel d'environ 7 milliards de Fcfa sur lesquels, elle ne percevra plus des agios.

Par ailleurs, la Citibank qui a également fermé son agence a pris soin d'ouvrir ses guichets automatiques dit-on à l'hôtel Sebroko. En clair, nous sommes passés à une autre phase de la crise ivoirienne et qui porte à croire, que tout est mis en œuvre, pour pousser la Côte d'Ivoire, non seulement à bout, mais l'obliger à sortir de l'Uemoa. En le faisant, ceux qui poussent la Côte d'Ivoire confortent le ministre délégué au Budget Koné Katinan Justin quand il dit :

«Nous n'avons pas l'intention de sortir de l'espace communautaire, mais si on y oblige, nous aviserons». Pour montrer la bonne foi et faisant la posture de la mentalité de l'orphelin avec une vision de souveraineté affichée par le gouvernement Aké N'Gbo, le budget d'Etat 2011, est essentiellement bâti sur la mobilisation des ressources internes. Cap sur la souveraineté monétaire Le budget d'Etat 2011 s'équilibre en recettes et en dépenses à 2907,320 milliards de Fcfa dont 924,7 milliards de Fcfa seront mobilisés par la Direction générale des impôts (Dgi) contre 938 milliards de Fcfa des douanes ivoiriennes qui promettent mobiliser 1000 milliards de Fcfa.

S'agissant de la mobilisation des ressources, il convient de rappeler cette déclaration en substance du ministre Koné Katinan : « Nous n'attendons rien en terme de mobilisation des ressources extérieures, mais sur l'honneur nous prenons l'engagement d'honorer nos obligations envers nos créanciers extérieurs». Aux grands maux, un traitement de choc approprié. Pourrait-on dire. C'est ce que vient de faire le gouvernement à travers sa déclaration du 14 février 2011, avec la série de mesures prises pour sécuriser le paiement régulier des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat.

Mais aussi et surtout ceux des travailleurs du secteur privé. Pour les salaires du mois de février et des mois à venir, la Direction générale du trésor et de la comptabilité publique est instruite à l'effet de procéder à l'ouverture d'office, de comptes dans les autres banques afin d'y effectuer les virements des salaires des fonctionnaires et agents de l'Etat.

Par ailleurs, le gouvernement qui ne veut plus se laisser distraire et se faire surprendre, a décidé de la fermeture immédiate dans ces deux banques, des comptes de sociétés d'Etat et ceux des sociétés à participation financière publique, afin de procéder à leur ouverture dans les autres banques. Pendant que le Garde des Sceaux est instruit d'engager sans délai, des poursuites judiciaires contre ces deux banques. En outre, un secrétariat est créé au sein du Trésor afin d'informer et d'orienter les usagers des secteurs privés et publics de ces deux banques.


Bamba Mafoumgbé


Source : GBAGBO.CI

samedi, 12 février 2011

ET SI LE PDCI AVAIT TRAHI LE RDA?

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« Les grandes trahisons sont toujours effacées par l'histoire », telle est la  pensée d'Alexandre Sanguinetti. Il semble que cette affirmation se fonde sur l'altération des faits par le temps mais notre intime conviction est que le temps ne fait que parsemer le doute dans notre conscience sans diluer totalement des faits. Si on s'accorde sur ce fait alors il est possible d'affirmer que le Parti Démocratique de Côte d'ivoire (PDCI) a trahi le Rassemblement Démocratique Africain (RDA).

N'est-ce pas là, une affirmation gratuite ? Bien sûr que non, si l'on donne une définition acceptable de ce qu'est la « trahison ».

En effet, la trahison est l'action de trahir, c'est-à-dire de dénaturer, d'altérer quelque chose ou la pensée première.

Le RDA a été un vaste et puissant mouvement africain dont la portée historique échappe parfois à ceux qui en sont les promoteurs. Le PDCI-RDA en était une section. Mais le PDCI, c'est le cas de le dire, a agi avec perfidie vis-à-vis du RDA. En tout cas, tel est notre sentiment et nous entendons la justifier à travers cette contribution.

L'argumentation dans cette contribution s'articule autour de trois points logiques.

Le premier point reviendra sur la philosophie première du RDA et de sa section ivoirienne le PDCI.

Le deuxième point mettra en lumière la trahison historique  du PDCI à l'égard des idéaux du RDA.

Le troisième point  proposera au PDCI-RDA de  revenir à ses premières amours, en ayant une attitude digne.

  1. LA NAISSANCE DU RDA ET DU PDCI-RDA

Il est connu de tous que l'occident nous dépouille sans contrepartie. Mais cela ne date pas d'aujourd'hui. Avant les indépendances des années 60, ce constat a été fait par les pères des indépendances, d'où la nécessité d'une lutte sans merci pour le rétablissement de notre dignité. C'est ce qui a motivé la création du RDA.  Enfanté au milieu de l'indifférence générale, accueilli avec un grand scepticisme ou une souriante ironie, la date de naissance du RDA remonte à Bamako, en 1946. Le congrès constitutif du RDA s'ouvre le 18 octobre 1946 à Bamako où plus de 800 délégués venus par tous les moyens de Guinée, de la Côte d'ivoire, du Sénégal, du Dahomey (actuel Benin), du Niger, du Soudan (actuel Mali), du Cameroun, du Tchad, se trouvèrent réunis.  Le congrès dura trois jours pour donner naissance à ce « gros bébé noir ». Pour la première fois, des hommes politiques d'Afrique occidentale et d'Afrique équatoriale française se rassemblent pour reconquérir leurs droits. Le 21 octobre, le RDA voit le jour sous la direction de Houphouët-Boigny. Dans presque tous les territoires, il devient la principale force politique. Le RDA est un grand mouvement anticolonialiste d'Afrique noire, avec des sections inter-territoriales (UPC au Cameroun, PDCI en Côte d'Ivoire, PDG en Guinée, l'Union Soudanaise au Mali). Qu'il nous soit permis de rappeler quelques phrases du manifeste du RDA : « le fédéralisme du Mouvement républicain populaire (MRP) ne peut tromper, aujourd'hui, aucun africain. Il n'est en effet,  que le masque d'un régime d'autorité, comme l'assimilation, que nous rejetons formellement, n'est qu'une chape de plomb jetée sur l'originalité africaine ».

Le RDA était donc un mouvement qui luttait contre l'impérialisme tout court. Pour s'en convaincre, il suffit d'être attentif au propos de Félix Houphouët Boigny : « s'appuyant sur toutes les couches sociales d'Afrique, notre mouvement puise sa confiance dans l'avenir, dans celle que la masse africaine a placée en lui comme dans la lutte héroïque des forces démocratiques du monde entier, sûres de leur victoire contre les forces impérialistes ».   Mais l'apparentement du RDA au Parti communiste lui attire les foudres de Paris dès le début des années 1950, sans  pour autant l'abattre complètement : ses sections restent à l'avant-garde de la marche vers l'émancipation.

  1. LA TRAHISON DU PDCI-RDA

Homme politique de « premier plan », pour reprendre à notre compte les mots du Général De Gaulle, Félix Houphouët Boigny (FHB) est véritablement un militant engagé pour la dignité de l'africain.

En 1944, FHB crée le syndicat agricole africain (SAA) pour la défense des intérêts paysans. Houphouët est alors, à la fois président et secrétaire général. La première décision prise est de lutter pour la revalorisation du salaire journalier des travailleurs des plantations : 6 F par jour aux travailleurs des plantations, contre 3,50 F offerts par les colons. Une plainte fut portée contre le président du SAA pour cette décision. Il fut même l'objet d'enquêtes depuis Paris (le ministère des Colonies envoya un inspecteur), pour comportement anti-français.

On l'a dit plus haut que le RDA a vu le jour sous la direction de Houphouët-Boigny et que ce mouvement luttait pour la dignité et l'émancipation de l'africain.  Le PDCI-RDA en est une section de ce mouvement d'émancipation des peuples d'Afrique noire. Tous les observateurs de la scène politique en Côte d' Ivoire sont unanimes pour dire que le PDCI est un parti de paix, de tolérance, de développement et d'unité. Pourtant ils sont en nombre limité, ceux qui savent que le PDCI est un parti de combat.  A ces derniers, il convient de rappeler que le fondement de ces idéaux se trouve dans la prise de conscience d'un homme, Félix HOUPHOUET-BOIGNY, dans son cri d'indignation comme il le dit lui-même : « On parle de la naissance de notre mouvement, le PDCI-RDA. En fait, tout est parti du Syndicat Agricole Africain. En 1932, je vous l'ai dit, j'étais jeune médecin à Abengourou. Et devant la détresse des cultivateurs de l'Indénié, je me suis permis, avec l'accord du Gouverneur d'alors, Bourgine, d'inviter mes compatriotes à faire la grève de la vente du cacao. J'ai écrit un article de presse intitulé, ON NOUS A TROP VOLÉ.»

Ainsi que dans le préambule des statuts adoptés au 5ème Congrès :

«Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire dit PDCI, né du Syndicat Agricole Africain de Côte d'Ivoire, fidèle reflet des aspirations profondes de nos masses a pour mission, dans le cadre du Rassemblement Démocratique Africain d'affirmer au niveau de la Côte d'Ivoire la personnalité africaine. Il s'assigne en conséquence pour but de promouvoir une politique de bien-être, de paix, de neutralité absolue et de coopération internationale dans l'égalité, la tolérance, la solidarité et la dignité».

Le PDCI  a été un grand parti de combat. Pour ceux qui ne le savent pas, le 6 février 1949, au cours d'un meeting, des incidents éclatent entre partisans et adversaires du RDA. Le bilan de cette journée est de 2 morts et plusieurs blessés. Mais  en réalité, c'était une provocation montée de toute pièce selon les militants. La plupart des dirigeants du PDCI furent arrêtés et emprisonnés à Grand-Bassam par l'autorité coloniale, en l'occurrence le gouverneur Péchoux.  On pouvait noter l'arrestation de huit militants du Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) (Dadié, Ekra Mathieu, Sery Koré, Ladji Sidibé, Jacob William, Paraiso, Allo Jérôme, philippe Vierra, Lama Kamara, Jean Baptiste Mockey).

Le 24 décembre 1949, en Côte d'Ivoire, environ 4000 femmes se rassemblent aux alentours de la prison de Grand-Bassam pour protester contre l'incarcération arbitraire de leurs maris, de leurs fils et de leurs frères membres du RDA.  Marie Séry Koré, présidente du comité féminin du PDCI à Treichville est à la tête de cette révolte. Il parait que cette femme digne, aurait administré une magistrale paire de gifles à un des colons zélé et excité, qui empêchait les femmes d'avancer vers le palais de justice et la prison civile. Trois mois plus tard, les prisonniers du PDCI passaient en jugement et furent condamnés à des peines atténuées.

Si avoir de la dignité, c'est avoir un comportement qui mérite l'estime ou avoir le respect de soi-même, on peut dire qu'aujourd'hui, le PDCI-RDA a trahi le RDA.  Comment comprendre l'atténuation du zèle brulant du PDCI pour le respect de la dignité du peuple ivoirien ? Le comportement des dirigeants actuels du vieux parti intrigue, c'est le cas de le dire. On se souvient de la déclaration d'un porte-parole du PDCI-RDA, appelant les nations unies à mettre sous tutelle un pays que ce même parti, à aider à conquérir une indépendance nominale en 1960.  Alors qu'on recherchait les voies de sortie de crise, monsieur Claude Emolo préconise à cet effet, de "mettre en place un nouveau cadre institutionnel sous l'égide de l'ONU dont le mandat prendra fin dès la prestation de serment du nouveau président". Il clarifie même ses propos en ces termes : "Cette institution onusienne aura, entre autres, les pouvoirs suivants : administration générale des affaires courantes de la nation, conduite du processus électoral dans tous ses aspects jusqu'à la prestation de serment du nouveau président élu".

On peut également citer la création du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), le 18 mai 2005 à Paris, sur l'initiative du président Henri Konan Bédié soutenu par le Dr Alassane Dramane Ouattara.

Les appels incessants du RHDP à la désobéissance civile, à ne pas travailler, à ne pas payer les taxes et impôts, jettent un discrédit sérieux sur le PDCI-RDA, le noyau dur de ce mouvement. Le RHDP « tue » l'économie ivoirienne, casse des maisons, manifeste violemment, agresse, avec la bénédiction du vieux parti.  Le PDCI appelle aujourd'hui comme d'ailleurs ses alliés du RHDP à la destruction de la Côte d'Ivoire par les soldats de l'Ecomog. Quelle honte pour un parti qui prétend lutter pour le bien-être des ivoiriens. Pourquoi le vieux parti tourne le dos à la négociation alors même  que le dialogue a toujours été une « religion » au PDCI.  Il n'y a pas de commentaires additionnels à faire à propos de ce nouveau visage du PDCI-RDA : le parti a trahi le combat du RDA. Ces errements sont contraires aux idéaux  du parti du « bélier de Yamoussoukro ».

Le PDCI-RDA a tout simplement trahi le puissant mouvement d'émancipation des africains qu'est le RDA.

  1. UNE BRETELLE DE SORTIE POUR LE PARTI DU « BELIER DE YAMOUSOUKRO »

Nous avons vu que le parti de feu Félix, Houphouët Boigny (FHB),  a trahi les idées pionnières du RDA. Ce qui est consternant, c'est  que Félix Houphouët Boigny et Henri Konan Bédié ont une légitimité historique. Que signifie donc ce terme ?

Pour le professeur Pierre Kipré, avoir la légitimité historique, c'est réussir à travers le temps, à poser des actes significatifs dans ta communauté, à mener un combat en faveur de l'évolution politique et démocratique de la communauté.

Dans ce cas, nul ne peut contester à FHB, la légitimité historique de premier plan dans notre pays, cependant l'accord est moins large sur les autres politiciens ivoiriens du vieux parti. Le PDCI d'aujourd'hui s'est affaissé au point qu'il est composé de politiciens aux ordres.  La vacuité politique du PDCI désole de nombreux d'ivoiriens, qui se demandent quelle piqûre injecter à ce parti pour lui redonner ses lettres de noblesse.

Bédié a été en France alors qu'il était étudiant, un militant endurci de la Fédération des Etudiants d'Afrique Noire Française (FEANF), à l'époque avant l'indépendance. Etre militant de la FEANF en France, ça supposait  être fondamentalement anti-colonialiste.  La Fédération fut créée à Bordeaux dans la nuit du 31 décembre 1949 au 1er janvier 1950 et luttait  pour la libération et l'indépendance de l'Afrique.  Elle  prônait l'indépendance nationale, l'unité africaine et la démocratie garante du développement économique. On se souvient des manifestations à Paris, au quartier latin, des étudiants africains après l'assassinat du Congolais Patrice Lumumba en 1961.

Ainsi, la FEANF reposait sa force sur la lutte qu'elle menait contre un seul  ennemi, la France, c'est-à-dire son gouvernement. Aujourd'hui,  cette même  France a pris de l'âge  avec des tentacules un peu partout se  métamorphosant en des réseaux maffieux  qui se nomme françafrique, dont les effets sont désastreux pour le développement des pays africains.

Pourquoi donc le PDCI-RDA d'Henri Konan Bédié (aujourd'hui) peut se comporter comme un suppôt de la France ?

Il existe encore une bretelle de sortie pour le vieux parti, qui, disons-le, a construit la Côte d'Ivoire.

Le PDCI-RDA doit se réconcilier avec les idées du RDA en abandonnant les voies  qui assujettissent le peuple ivoirien.

Si le PDCI-RDA avait encore un peu de dignité, il serait bon qu'il se désolidarise de ceux qui complotent pour détruire le pays, pour lequel, Félix Houphouët Boigny, a lutté toute sa vie.

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Dr Prao Yao Séraphin

 

Economiste et Analyste politique

Président du Mouvement de Libération de l'Afrique Noire (MLAN)

www.mlan.fr

praoseraph@yahoo.fr

CRISE ELECTORALE IVOIRIENNE: LA SOLUTION PAR LE JUGEMENT DE SALOMON

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INTRODUCTION

Selon la Bible, « ce qui a été c'est ce qui sera, et ce qui s'est fait, c'est ce qui se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil » (cf. Ecclésiaste 1 :9 et 3 :15). Cette parole du Sage, trouve une belle illustration dans l'étape actuelle de la crise armée en Côte d'Ivoire. Celle-ci, rappelons-le, est marquée par une remise en cause irrégulière de la décision du Conseil Constitutionnel ayant proclamé définitivement le Président Laurent GBAGBO vainqueur de l'élection présidentielle du 28 novembre 2010. Cette situation a été provoquée à la fois par le Président de la CEI et par le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies, Certificateur du processus électoral en Côte d'Ivoire.

Le premier a, de façon illégale, annoncé le résultat provisoire du scrutin, alors qu'il était hors délai, dans un hôtel servant de quartier général au candidat OUATTARA, en l'absence du représentant du candidat GBAGBO et des membres de la commission centrale de la CEI, lesquels n'ont pas pu valider les résultats qui leur avaient été transmis par les commissions électorales locales, comme l'exige le mode opératoire en vigueur.

Quant au second, il a outrepassé sa mission de Certificateur pour se substituer aux institutions nationales compétentes en proclamant les résultats définitifs de l'élection. Pour y parvenir, il a refusé de dire si les résultats provisoires, tels que proclamés par le Président de la CEI, l'ont été conformément aux normes en vigueur ou pas. Il a gardé le même silence sur la régularité, par rapports aux normes en vigueur, du procédé que le Conseil Constitutionnel a utilisé pour donner le résultat définitif.

Le Président de la CEI  et le Certificateur l'ayant désigné vainqueur du scrutin, M. OUATTARA se considère comme tel, même s'il est resté retranché à son Hôtel-Q.G. d'où il lance des mots d'ordre directement ou par personne interposée. Pendant ce temps, le Président Laurent GBAGBO, régulièrement proclamé vainqueur par la juridiction compétente, est au travail avec le Gouvernement formé par le Premier Ministre qu'il a désigné, conformément à la loi. Cela a suffi pour que la crise armée, déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, se poursuive à ce jour et de plus belle. Malgré la décision de la haute juridiction électorale, on est encore à se demander qui, des deux candidats au second tour, est le  véritable vainqueur de l'élection présidentielle ?

Dans la recherche de solution à cette crise, chacun y va de son inspiration, en attendant celle qui va s'imposer en définitive. En priant et en y réfléchissant personnellement, Dieu, le révélateur de ce qui est profond et caché (cf. Daniel 2 :22), s'est manifesté en moi. A partir des paroles des deux principaux protagonistes de cette crise, Dieu m'a fait la grâce de me révéler lequel des deux est le Président élu par le peuple de Côte d'Ivoire. Pour le faire, le Seigneur s'est servi du jugement de Salomon, eu égard à la similitude des propos tenus par nos « deux Présidents», avec ceux tenus par les deux parties à ce jugement historique : deux femmes revendiquant la maternité d'un seul enfant.

La jurisprudence du Roi Salomon vient donc éclairer nos pensées, afin de nous faire découvrir la  solution à la crise ivoirienne, dans sa nouvelle dimension : crise due au résultat du second tour de l'élection présidentielle. Pour faire connaître la solution à cette crise à partir du jugement de Salomon, je voudrais d'abord présenter ce jugement (1). Par la suite, j'appliquerai le principal enseignement tiré de ce jugement, à la crise électorale en cours (2).

1. PRESENTATION DU JUGEMENT DE SALOMON

Le Roi Salomon a prononcé ce jugement historique au début de son règne. Sa nouvelle s'est répandue comme une traînée de poussière au sein de son peuple. L'autorité du Roi et sa réputation se sont accrues. L'on a été marqué par sa sagesse reconnue comme venant de Dieu. A cette étape de ma réflexion, je voudrais d'abord rappeler le contenu de ce jugement (1.1), avant d'en faire une analyse qui met en exergue le principal enseignement qu'on peut en tirer (1.2).

1.1. Rappel du contenu du jugement de Salomon

L'histoire du jugement du Roi est rapportée par la Bible dans le premier livre des Rois, aux versets 16 à 28 du chapitre 3. Selon le texte biblique, deux prostituées se sont présentées devant le jeune Roi (cf. le verset 7 du même chapitre), pour lui demander de les départager. La question soumise au Roi ne manquait pas de complexité. Les deux femmes qui cohabitaient seules avaient accouché à trois jours d'intervalle. L'une, après avoir tué par mégarde son enfant, a profité du sommeil de l'autre pour lui voler son bébé vivant et pour abandonner, aux côtés de cette dernière, le bébé qui était mort.

Lorsque la vraie mère du bébé vivant s'est réveillée, elle a constaté qu'en lieu et place de son enfant, il y avait un autre qui était mort, et qui n'était autre que le fils de sa voisine. Mais cette dernière prétendait le contraire. Le seul bébé vivant se retrouvait ainsi avec « deux mères ». Du jamais vu ! On peut penser qu'un enfant ait deux pères, mais pas deux mères.

Les deux prétendantes recoururent à l'arbitrage du Roi Salomon pour les départager. Chacune a plaidé sa cause pour revendiquer la maternité du bébé. Le Roi qui était animé par l'Esprit de Dieu avec qui il avait communié la veille, n'a pas eu besoin d'une expertise extérieure, pour avoir des éléments de preuve afin de trancher entre les deux dames. Il a ordonné qu'on lui apporte une épée. Lorsque cela a été fait, il a donné cet autre ordre : « Coupez en deux l'enfant qui vit, et  donnez-en  la moitié à l'une et la moitié à l'autre. »

L'annonce de cet ordre a suffi pour faire éclater la vérité. La Bible indique à cet effet : « La femme dont le fils était vivant sentit ses entrailles s'émouvoir pour son fils, et elle dit au Roi : Pardon, mon seigneur, donnez-lui l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. Mais l'autre dit : Il ne sera ni à moi ni à toi ; coupez-le. » Après avoir écouté les déclarations des deux prétendantes, le Roi a prononcé son jugement, en ces termes : « Donnez à la première l'enfant qui vit, et ne le faites point mourir. C'est elle qui est sa mère. »

Tel est le contenu du jugement historique du Roi Salomon, un jugement qui l'a rendu célèbre et influent, avant la richesse matérielle.

1.2. Analyse du contenu du jugement de Salomon

Le jugement du Roi Salomon peut susciter beaucoup de commentaires et analyses dans plusieurs disciplines dont le droit. Sous cet angle, il constitue une source d'inspiration dans la recherche des preuves d'une prétention ou d'une allégation, notamment dans le règlement d'un conflit. Nous savons qu'en la matière, les fausses déclarations des parties sont légions. Les témoins ne s'y soustraient pas souvent, malgré le serment qu'ils prêtent « de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité. » C'est alors que le Juge se retrouve dans l'embarras pour trancher le litige qui lui est soumis, dans le bon sens, le sens de la vérité.

On a souvent brandi le jugement de Salomon aux parties en conflit, pour tester leur bonne foi. Dans ce sens, on invite une partie au conflit à renoncer à ses prétentions afin de sauver la situation que le conflit risque de ruiner.  On lui demande de faire comme la vraie mère qui aurait renoncé à sa réclamation. Mais à y voir de plus près, ce n'est pas ce qui s'est passé.

Il faut remarquer que la vraie mère n'a pas renoncé à sa prétention. Ce n'est d'ailleurs pas ce que demandait le Roi Salomon. Elle a plutôt refusé que son fils soit coupé en deux, de peur qu'il ne meure et qu'elle ne le perde irrémédiablement. Parlant de son fils, elle a même dit de façon explicite : « Ne le faites point mourir ! » Tandis que la fausse mère était favorable à la mort de l'enfant, de sorte qu'il ne soit ni à l'une ni à l'autre. Elle s'est même écriée : « Coupez-le ! »

Le Roi qui était à la recherche de la vraie mère de l'enfant a alors compris que la vérité était du côté de celle qui a dit : « Ne le faites point mourir ! » Il a même repris cette injonction, dans sa décision, en ordonnant qu'on remette l'enfant à son auteur, sa vraie mère. Le Roi a compris qu'à travers cette injonction, elle a donné la preuve qu'elle est la vraie mère de l'enfant.

Pour parvenir à sa sage décision, le Roi Salomon a simplement dit ce qu'il voulait qu'on fasse de l'enfant : le couper en deux. Il n'a rien conseillé aux prétendantes et ne leur a fait aucune recommandation. Cela ne les a pas empêché de réagir comme il fallait, selon que l'enfant est à l'une et n'est pas à l'autre. Le Roi a alors tiré la vérité de leur réaction face au malheur dont il avait décidé de frapper l'enfant. La vraie mère a refusé que l'enfant soit frappé du malheur suprême qu'est la mort. Par contre la fausse mère a accepté que l'enfant en soit frappé de sorte à ce que les deux se retrouvent dans la même condition : être sans enfant.

Tel est le principal sens du jugement de Salomon que Dieu, le Sage et Juge Suprême m'a rappelé, pour me révéler sa solution à la crise électorale en cours, une solution qu'il a déjà arrêtée et qu'il se donne le temps et les moyens d'appliquer, malgré les apparences du moment. Mais ne l'oublions pas, si l'homme regarde à l'apparence, Dieu regarde bien au-delà, du fond du cœur (cf. 1Samuel 16 :7). Car, « il connaît ce qui est dans les ténèbres et la lumière demeure en lui » (cf. Daniel 2 :22 et Psaume 139).

Pour nous rassurer quant à notre victoire finale, dans la crise actuelle, il a plu à Dieu de me révéler que sa solution est dans le jugement qu'il a inspiré au Roi Salomon, ainsi qu'il convient de l'expliciter dans les lignes qui suivent.

2. APPLICATION DU JUGEMENT DE SALOMON

Dans le jugement de Salomon que nous venons d'examiner, j'ai relevé qu'il constitue une source d'inspiration en matière de preuve d'allégations ou de prétentions des parties à un conflit. Ces preuves sont souvent données par les parties sans qu'elles s'en rendent compte. Par conséquent, elles ne peuvent ni mentir, ni tromper. La méthode du Roi nous permet de savoir qui du candidat GBAGBO et du candidat OUATTARA a été élu Président de la République de Côte d'Ivoire par la majorité des votants.

Pour appliquer cette méthode dans la résolution de la crise actuelle, nous allons partir de la décision de recourir à la force armée. Elle a été officiellement retenue par la CEDEAO (Communauté Economique des Etats de l'Afrique de l'Ouest). Le recours à la force des armes entraînera d'énormes dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines en Côte d'Ivoire. Une telle solution  ressemble, à quelques variables près, à la mise à mort  de l'enfant dans le jugement de Salomon.

En me référant à la jurisprudence du Roi Salomon, j'examinerai d'abord la réaction des deux prétendants au poste de  Président de la République de Côte d'Ivoire, face à la perspective de l'usage de la force armée (2.1). J'en déduirai par la suite, auquel des deux revient ce poste, pour avoir été majoritairement choisi par les Ivoiriens (2.2).

2.1. La réaction de chaque prétendant face à l'usage de la force armée

A l'instar des « deux mères » du litige tranché par le Roi Salomon, nos « deux Présidents » ont réagi différemment à la décision de recourir à la force armée. Cette force, je le répète, vient en réalité, non pas pour autre chose, mais pour semer la mort en Côte d'Ivoire et accroître ainsi la souffrance des populations.

Le premier qui a réagi à cette perspective meurtrière est le Président en exercice, SEM. Laurent GBAGBO. Il a exprimé sa réaction alors que la perspective était en gestation et que ses auteurs ne l'avaient pas encore rendue explicite. Comme un visionnaire, il a vu la chose venir et il a réagi à la manière de la vraie mère de l'enfant qu'on devait couper en deux.

A deux reprises solennelles, lors de son investiture en date du 04 décembre dernier et dans son adresse à la Nation le 21 de ce même mois, le Président GBAGBO a lancé un appel à l'apaisement et au dialogue, dans la légalité républicaine. En optant pour la force du dialogue afin d'éviter la force des armes, le Président GBAGBO s'est engagé à préserver la vie des populations. Il défend ainsi le droit à la vie consacré par l'article 2 de notre Constitution qui en fait un droit inaliénable, la personne humaine étant sacrée. Tel est le sens de sa main tendue.

En particulier dans son message à la Nation, le Président de la République a expressément dit : « Je ne veux pas que le sang d'un seul Ivoirien soit versé. » Ce passage du discours du Président de la République constitue une autre traduction de l'injonction de la vraie mère de l'enfant qui devrait être coupé en deux. « Ne faites point mourir l'enfant », avait dit cette mère.

En réagissant en second lieu, comme la seconde femme du jugement de Salomon, le Président OUATTARA s'est inscrit dans la même optique que celle-là. Il a opté pour l'usage de la force armée, sachant bien qu'elle va semer la mort en Côte d'Ivoire,  pour accroître la souffrance des populations. Il a donc choisi la mort des Ivoiriens ! N'est-ce pas là le sens des opérations « villes mortes » et « pays mort » qu'il a successivement lancées ? Il veut qu'on sème la mort en Côte d'Ivoire. C'est exactement ce que réclamait la seconde femme, celle qui n'était pas la  vraie mère de l'enfant litigieux. Elle avait dit sans ambages : « L'enfant ne sera ni à moi, ni à toi ; coupez-le ! »

Pour celui qui suit l'actualité en Côte d'Ivoire, le discours violant et guerrier du Président du R.D.R. n'est pas nouveau. « Je frapperai ce pouvoir moribond et il tombera », avait-il prédit avant de renverser le Président Henri KONAN BEDIE. Le 24 décembre 1999, il passa de la parole à l'acte et inaugura ainsi les séries de coups d'Etat en Côte d'Ivoire. En mai 2002, il avait annoncé qu'il allait mélanger ce pays pour le rendre ingouvernable, de sorte que la gouvernance de ce pays ne fût ni à lui, ni à quelqu'un d'autre. En septembre 2002, il passa de la parole à l'acte, à travers la tentative de coup d'Etat qui s'est transformée en rébellion. Depuis lors, on ne compte plus les morts voulus par lui.

Les réactions des deux prétendants au poste de Président de la République de Côte d'Ivoire à l'instar des deux prétendantes à la maternité de l'enfant litigieux dans le jugement de Salomon, aident à dénouer la crise actuelle : elles permettent de savoir à qui revient le fauteuil présidentiel dans notre pays. Nous pouvons ainsi dire lequel des deux est le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire.

2.2. Le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire

La méthode du Roi Salomon a été inspirée par Dieu lui-même. Elle est de portée universelle et peut être utilisée comme telle, en toute objectivité. Elle a sa place dans cette crise électorale où nous cherchons le vrai titulaire  du fauteuil présidentiel, siège du pouvoir, car les deux prétendants reconnaissent que c'est Dieu qui donne le pouvoir. Le Président Laurent GBAGBO l'a solennellement dit, lors de sa première prestation de serment en octobre 2000. Le Président Allassane OUATTARA nous a rafraîchi la mémoire en le disant pour conclure le débat télévisé qu'il a eu en novembre dernier avec le Président Laurent GBAGBO.

En recourant à cette méthode, nous constatons, dans le jugement de Salomon, qu'il y a une femme qui ne voulait pas la mort de l'enfant et il y a une qui voulait sa mort. Dans la crise électorale actuelle, nous constatons qu'il y a un prétendant qui ne veut pas la mort d'un seul Ivoirien et il y a un qui veut la mort de plus d'un Ivoirien, même s'il prétend ne pas souhaiter la mort de beaucoup d'Ivoiriens, comme si un minimum de morts n'a pas de valeur à ses yeux.

En toute objectivité et partialité, le Roi Salomon a tranché : « Ne faites point mourir l'enfant, il a pour mère celle qui ne veut pas sa mort ». En d'autres termes, celle qui veut sa mort n'en est pas la vraie mère. Elle est une fausse mère qui veut prendre l'enfant par fraude et par ruse. Elle est disqualifiée !

Le lecteur comprend aisément que rapportée au règlement de la crise actuelle qui oppose le Président GBAGBO au Président du R.D.R., le fauteuil présidentiel revient au premier. Il ne veut pas qu'un seul Ivoirien meure pour ce fauteuil, pour le pouvoir. Alors, il tend la main à son adversaire, puis l'invite au dialogue et à la discussion, autour des lois que nous nous sommes librement données et qui nous régissent. Il accepte même que les bulletins de vote soient recomptés par des experts internationaux. Malgré la décision irrévocable du Conseil Constitutionnel ! Il est donc le vrai titulaire du poste de Président de la République de Côte d'Ivoire. Un poste qui fait de lui le protecteur des citoyens ivoiriens, selon la formule du serment qu'il a prêté le 4 décembre dernier. On comprend dès lors pourquoi il ne peut pas accepter que le sang d'un seul Ivoirien soit versé.

Il en va différemment de M. OUATTARA. N'étant pas le vrai titulaire du fauteuil présidentiel, il veut s'y installer par la fraude et la violence. A défaut d'y parvenir par ces moyens archaïques, il accepte  que l'on sème la mort au sein peuple ivoirien, partout où il se trouve. Il ne le cache pas et il est même soutenu dans cette perspective. Il nous fournit ainsi, chaque jour, les preuves de sa volonté d'usurper ce qui n'est pas à lui, ce que le peuple a refusé de lui donner. La fraude et la violence ayant échoué, il pense réussir en semant la mort à travers les opérations « villes mortes » et « pays mort ».

Nul doute que si le Roi Salomon avait été saisi du litige qui oppose nos deux prétendants au fauteuil présidentiel, c'est sans peine qu'il aurait débouté M. OUATTARA de toutes ses prétentions, pour proclamer le Président Laurent GBAGBO comme en étant le vrai titulaire. Il aurait ainsi confirmé la décision du Conseil Constitutionnel ivoirien, même si cette décision s'impose déjà à tous et à toutes, selon l'article 98 de notre Constitution. Néanmoins, on peut voir dans la juridiction électorale suprême, un autre Salomon. Elle a comme ce dernier condamné la fraude et dit le droit avec vérité, en proclamant définitivement le Président GBAGBO vainqueur et en recevant solennellement son serment.

Toutefois, étant donné que cette crise demeure,  et que nous la vivons encore, je voudrais conclure par dire  comment elle sera dénouée.


CONCLUSION

La réflexion qui précède est en fait le fruit d'une révélation que Dieu m'a faite lorsque j'observais la une d'un organe de la presse écrite. L'organe a présenté côte à côte l'appel au dialogue du Président Laurent GBAGBO et l'appel à la force armée d'un représentant du Président du R.D.R. En réfléchissant sur ces deux appels, Dieu m'a dit : « Tu vois, M. OUATTARA est tombé sous le coup du jugement de Salomon. Il en sera de son sort comme il en a été de celui de la fausse mère de l'enfant qui devait être découpé. De même qu'elle a perdu son procès, de même M. OUATTARA perdra le procès en cours en Côte d'Ivoire.»

Le Seigneur faisait ainsi comprendre au Juge que je suis que le Président GBAGBO et M. OUATTARA sont en fait en procès. Mais devant quelle juridiction, lorsqu'on sait que la seule juridiction compétente a déjà vidé sa saisine ? Celle de la communauté internationale ? Le Seigneur m'a rappelé que la communauté internationale n'a pas d'existence juridique, elle ne saurait être une juridiction. Est-ce la juridiction de ces hommes et autres structures internationales qui se penchent en ce moment sur le dossier ivoirien ? Le Seigneur a encore répondu par la négative, ces hommes et ces structures n'étant que des acteurs accessoires du processus de sortie de crise en Côte d'Ivoire. Il a ajouté que le dossier ivoirien est désormais entre ses mains, lui le Juge Suprême, acteur principal de ce  processus.

Le Seigneur a précisé qu'il va appliquer la solution qu'il a jadis inspirée au Roi Salomon.

Il va d'abord permettre au Président GBAGBO de continuer à agir comme la vraie mère de l'enfant. Pendant ce temps, il va davantage pousser M. OUATTARA dans la logique de la fausse mère de l'enfant. Avec le temps dont il est le seul maître, l'on découvrira, à l'œil nu, auquel  des deux il a donné le pouvoir de présider aux destinées de la Côte d'Ivoire, à travers les suffrages régulièrement exprimés, le 28 novembre dernier. Après que le monde entier aura clairement découvert le vrai Président et le faux Président, Dieu permettra que le vrai s'impose et que le faux disparaisse. Le premier débarrassé du second, par la grâce de Dieu, pourra tranquillement gouverner la Côte d'Ivoire, dans le temps qui lui est limitativement imparti.

Nous n'y arriverons pas sans adversité. Car, comme dans le jugement de Salomon, aussi longtemps que Dieu n'aura pas exécuté sa décision, le faux Président poursuivra ses manœuvres. C'est ce que faisait la fausse mère. Elle a continué à réclamer tantôt la maternité de l'enfant, tantôt la mort de ce dernier. De même qu'elle faisait pression sur la vraie mère, de même nous subirons la pression du faux Président qui bénéficie de grands soutiens ici et ailleurs.

Cependant, en comptant sur Dieu, nous pouvons résister à cette pression, jusqu'au temps de notre délivrance (cf. 1Pierre 5 : 8-10). Etant donné que ce temps peut être long, nous pouvons demander à Dieu de l'abréger (cf. Matthieu 24 :22). Nous devons en outre rester à l'écoute de Dieu. Il a souvent des instructions à nous donner pour nous encourager et nous fortifier, afin que nous puissions tenir et agir comme il faut, comme il veut, dans l'attente de notre délivrance et de notre victoire finale.

Récemment, au cours d'un moment de prière et de méditation de la Parole de Dieu, j'ai  clairement reçu de lui qu'en réponse à nos prières, il va changer la situation en notre faveur, par la puissance du Saint-Esprit. Par conséquent, il nous demande de ne pas nous laisser effrayer par nos adversaires. Selon le Seigneur, ils feront tout ce qu'ils veulent et tout ce qu'ils peuvent, pour saper notre morale et pour nous angoisser, dans l'intervalle de temps qui précède notre délivrance. Nous n'avons pas à craindre car, tout ce qu'ils feront est la preuve qu'ils ont échoué.

Dieu met toujours une faille dans leur système pour nous donner une lueur d'espoir, en attendant la victoire finale. Il suffit d'observer l'actualité depuis la fin du scrutin du second tour, jusqu'à maintenant, pour s'en convaincre. Avec le temps qui s'écoule, Dieu fait tomber les masques, il met à nu tout ce qui était caché, il fait éclater la vérité, il suscite de grands soutiens pour nous. En Côte d'Ivoire, en Afrique et dans le monde entier, notre voix porte de plus en plus et on commence par nous écouter.

Nous devons donc garder espoir. Ceux qui contestent notre leadership à la tête de notre pays sont sous le coup du jugement de Salomon. Lorsque Dieu va appliquer cette jurisprudence dans la résolution de la crise actuelle, ce sera pour confirmer et consolider ce leadership. Croyons en cette perspective et avançons, dans la prière et dans l'action, selon que Dieu nous disposera.


QUE DIEU BENISSE LA COTE D'IVOIRE,

AINSI QUE TOUS SES HABITANTS

JE VOUS REMERCIE.


VOTRE SERVITEUR

Sébastien ZAHIRI ZIKI

07 567 961 zahiriziki@yahoo.fr

CRISE ELECTORALE IVOIRIENNE: PLAIDOYER POUR LA SOLUTION JURIDIQUE

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INTRODUCTION

La Côte d'Ivoire est encore en crise, malgré la tenue de l'élection présidentielle censée nous sortir définitivement de cette crise armée déclenchée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002.  Une autre crise armée ? Y répondre par l'affirmative serait comme si on considérait que la première avait cessé. Ce qui n'est pas le cas, dès lors que nos frères rebelles ont toujours refusé de désarmer, avant l'organisation des élections générales. Ainsi, la crise armée initiale demeure, aussi longtemps que ces auteurs n'auront pas déposées les armes prises. On peut donc dire que c'est cette crise armée qui se poursuit, aujourd'hui.

Elle prend seulement une nouvelle tournure, avec une ampleur tout aussi nouvelle. Ceux qui l'avaient commanditée et qui la soutenaient dans l'ombre, œuvrent désormais à visage découvert, aux côtés de leurs poulains. Nous pouvons nous rendre compte que depuis le 19 septembre 2002, rien n'a véritablement changé, si ce n'est la tactique. Celle-ci est le fruit d'une stratégie ficelée avec ingéniosité, par ceux qui nous font la guerre.

Cependant, lorsque nous nous rappelons que derrière tout ce qui nous arrive, il y a toujours la main de notre Dieu, le Tout-puissant, nous pouvons voir les choses autrement. C'est Dieu qui est en train de faire tomber les masques que portaient ceux qui faussement, nous faisaient croire, pour les uns, qu'ils n'étaient rien dans la survenance de cette crise et, pour les autres, qu'ils étaient simplement ici, pour nous accompagner dans sa résolution.

Avec les masques qui tombent, c'est la vérité qui éclate de jour en jour, là où le mensonge s'installait pour toujours !

Avec les masquent qui tombent, c'est le temps de notre délivrance qui s'annonce à l'horizon, pour que sonne le glas de la rébellion !

Le prétexte des manœuvres en cours, mobile de la nouvelle tournure de la crise armée en Côte d'Ivoire, n'est autre que le résultat définitif de l'élection présidentielle proclamé par le Conseil Constitutionnel. La haute juridiction compétente a proclamé vainqueur, le candidat sortant, SEM. Laurent GBAGBO. C'était après avoir examiné les seules réclamations présentées par lui. A sa suite et contre toute attente, le Certificateur a annoncé qu'il ne reconnaît pas ce résultat mais le résultat provisoire que la CEI aurait donné en faveur du candidat OUATTARA. Pourtant, la CEI n'a jamais proclamé de résultat provisoire. C'est plutôt le Président de cette structure qui a proclamé ce qui lui semblait être le résultat provisoire, mais dans des conditions manifestement illégales : hors délai - dans un hôtel servant de quartier général au candidat OUATTARA - en l'absence du représentant du candidat Laurent GBAGBO et des membres de la commission centrale - sans avoir été validé par ces derniers, conformément au mode opératoire en vigueur.

En certifiant le résultat donné dans de telles conditions, le Certificateur du processus électoral s'est manifestement détourné de sa mission. Celle-ci consistait pour lui, à authentifier ce processus en disant si chacune de ses deux dernières étapes (proclamation des résultats provisoires par la CEI et proclamation du résultat définitif par le Conseil Constitutionnel) s'est déroulée comme prévue par la législation en vigueur. Le Certificateur n'étant autre que le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies, sa position est partagée et soutenue par ses mandants, au mépris des principes et règles en vigueur. Ils brandissent même leurs armes lourdes contre la solution juridique défendue par les autorités ivoiriennes. Ils poursuivent ainsi la crise armée en cours dans notre pays. C'est pourquoi je parle à la fois de crise armée (usage ou menaces d'usage des armes à feu) et de crise électorale (née des résultats du scrutin électoral).

Dans une précédente contribution au débat, j'ai présenté et examiné le droit applicable en la matière. Je considère que la meilleure voie pour sortir de cette crise est le recours au droit en vigueur. Je sais néanmoins que des solutions contraires au droit sont annoncées ou proposées par des voix qui ne sont pas des moindres. Le débat étant encore ouvert, aucune solution n'ayant été imposée définitivement, je voudrais poursuivre ma contribution à la solution de cette crise, à travers ce plaidoyer en faveur de la solution juridique, c'est-à-dire la solution qui est conforme au droit, à la loi.

Pour le succès de ce plaidoyer, je m'emploierai à examiner, d'une part, les mérites de la solution juridique (1) et, d'autre part, les limites des solutions non juridiques (2).

1. LES MERITES DE LA SOLUTION JURIDIQUE

Malgré la célèbre formule latine, ubi societas, ibi jus, l'on a considéré que les sociétés africaines actuelles étaient peu soucieuses du droit parce que leurs ancêtres, les sociétés africaines précoloniales auraient fonctionné sans droit. Certes d'éminents historiens ont démenti cette thèse aux mobiles racistes. Cependant, nos ex-colons et leurs descendants continuent de croire que le droit est un luxe pour nous. Ainsi, lorsqu'un problème, d'une ampleur comme la crise ivoirienne, se pose, la tendance est de trouver des arrangements politiques, au mépris des règles de droit déjà prévues pour régler ce genre de problème. On se détourne ainsi de la solution juridique qui n'est pourtant pas sans intérêt. Elle a des mérites dont je voudrais ici, examiner les trois principaux. Ce sont :

-          La consolidation de la démocratie par la force du droit (1.1),

-          La construction de l'unité nationale sur le socle du droit (1.2),

-          Le retour définitif à une paix durable en Côte d'Ivoire (1.3).

1.1. La consolidation de la démocratie par la force du droit

Il est généralement admis que force reste au droit, comme pour soutenir que le droit a en lui ou à sa disposition la force qui lui permettra d'inspirer respect et de s'imposer. Cette force du droit peut être mise à la disposition de la démocratie, afin de la consolider et de la promouvoir.

La démocratie est définie étymologiquement comme le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple. Toutefois, le peuple ne pouvant pas directement exercer le pouvoir, dans son ensemble, il le fait par le biais de ses représentants, choisis en son sein. Le choix de ceux-ci obéit à des règles de droit préalablement déterminés. Il en va de même de l'exercice du pouvoir par le peuple et au sein du peuple, notamment des rapports entre gouvernants et gouvernés. Par exemple, dans un régime démocratique, les citoyens (gouvernés) possèdent à l'égard du pouvoir (gouvernant) un droit de participation (vote) et un droit de contestation (liberté d'opposition). L'exercice de ces droits contribue à l'expression de la démocratie.

Pour nos pays qui ont vécu sous le régime du parti unique, plusieurs décennies durant, l'ouverture au multipartisme a été  un pas important dans la voie de la démocratie. Mais le multipartisme en lui seul ne suffisant pas, d'autres mécanismes interviennent dans la réalisation et la consolidation de cette démocratie. Il s'agit en l'occurrence de l'élaboration et de l'observation de règles de droit au sein de l'Etat, par toutes ses composantes publiques comme privées.

Le droit est défini au sens large, comme l'ensemble des règles qui régissent la vie en société. Dans les sociétés modernes, il s'agit de règles élaborées suivant un processus qui emporte l'adhésion de la majorité des citoyens, en préservant les droits de la minorité. La promotion de l'Etat de droit ou du droit dans l'Etat est un moyen efficace pour l'émergence de sociétés démocratiques. Pour certains, le droit peut paraître répugnant parce que contraignant. Toutefois, cela ne saurait être un obstacle à y recourir, dans nos rapports les uns avec les autres y compris dans nos rapports avec l'Etat et ses représentants. On évitera ainsi de tomber dans l'anarchie ou l'arbitraire ; ce qui favoriserait la dictature d'un seul individu ou d'un groupe d'individus sur la société toute entière.

Le droit n'est pas immuable. Il peut changer au gré des intérêts du peuple qui l'a élaboré. Au gré de l'intérêt général. Mais, tant qu'il n'a pas encore changé, il s'impose et chaque citoyen doit y obéir. Lorsqu'on doit le changer, on doit y aller en se soumettant à la volonté du peuple, de la majorité du peuple. Celle-ci s'exprime suivant les règles de procédure prévues à cet effet. Il en est ainsi de l'ordonnancement juridique en Côte d'Ivoire. Nos règles ont l'avantage de ne pas déroger à ce qui se passe ailleurs, notamment en droit français dont nous nous sommes inspirés.

Il résulte de ce qui précède que dans la résolution de la crise ivoirienne, à ses débuts comme à l'étape actuelle, la priorité devrait être donnée au droit en vigueur.  Ce droit a prévu tous les mécanismes de règlement d'un tel conflit. Le fonctionnement normal de nos institutions et de la société ivoirienne, en général, repose sur des règles de droit préétablies, car nous sommes dans un Etat de droit. Lorsque survient une crise au sein de notre société, on devrait donc interroger le droit en vigueur et s'y conformer, sans arrière pensée.

Pour la présente étape de la crise ivoirienne, le droit nous donne une voie de sortie à travers l'article 98 de la Constitution ivoirienne qui dispose : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux Pouvoirs Publics, à toute autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale. » En s'y conformant, on respecte la volonté du peuple qui y est clairement exprimée, en même temps qu'on contribue à l'expression et à la consolidation de la démocratie par le droit. On devrait donc s'y conformer pour ne pas affaiblir le droit, au risque d'affaiblir la société et de la rendre instable.

On peut avoir des opinions différentes sur tel ou tel aspect des règles de droit en vigueur. Cela est tout à fait normal, chaque être humain étant doté d'un libre arbitre. Ce libre arbitre est le fondement de la liberté d'expression, laquelle constitue un droit inaliénable pour chaque individu. Cependant, la vie en société a ses exigences et contraintes qui freinent notre liberté là où commence celle des autres. Le tout est régi par le droit, en vue d'harmoniser la vie en société, en préservant à la fois l'intérêt général et les intérêts particuliers. C'est pourquoi, force doit rester au droit. Cette force du droit contribuera ainsi à la consolidation de la démocratie au sein de la société.

1.2. La construction de l'unité nationale sur le socle du droit

Si la société ivoirienne a besoin de démocratie pour se moderniser, elle a aussi besoin d'unité pour former une grande nation, une nation développée. L'adage ne dit-il pas que l'union fait la force ? La force pour propulser le développement ! Le besoin d'unité nationale est d'autant plus pressant et prioritaire que nous venons de tribus ou ethnies aux pratiques parfois divergentes. Les luttes anticoloniales n'ont pas permis l'émergence d'une véritable nation. Nous avons donc hérité de la colonisation un Etat plutôt qu'une nation. La nation restant à construire, l'Etat constituait le creuset de base pour sa construction.

Les pères des indépendances ont  perçu très tôt la nécessité de la construction de l'unité nationale. Ils ont travaillé à cela en utilisant divers autres moyens au nombre desquels le monopartisme ou le parti unique. En Côte d'Ivoire, sans que le parti unique ait été expressément prévu par la Constitution, il a fonctionné comme un Parti-Etat, tant sa confusion avec l'Etat était manifeste dans la pratique et dans la vie de notre jeune nation. On a alors parlé de parti unique de fait, car la Constitution prévoyait bien le multipartisme. Le fait ayant pris le dessus sur le droit, pour construire l'unité nationale, les pères fondateurs ont imposé le parti unique, refusant tout recours au multipartisme. On a prétexté d'un consensus favorable à cette situation.

A l'heure du bilan, peut-on dire que cette option a été satisfaisante ? La primauté du fait sur le droit a-t-elle permis de  réaliser le résultat escompté ? Au regard de ce qu'il nous a été donné de voir depuis la rupture du consensus le 30 avril 1990, on peut répondre par la négative. Il y a d'abord eu la Charte du Nord qui a commencé à circuler du vivant du garant de l'unité nationale, le Président HOUPHOUET-BOIGNY. Il y a ensuite eu la rébellion armée qui a entraîné la partition du pays en deux, sans toutefois franchir la ligne rouge de la sécession.

Même si la construction de l'unité nationale est une œuvre de longue haleine, l'option de la construire en privilégiant le fait par rapport au droit a montré ses limites. Il faut donc poursuivre cette œuvre en inversant l'ordre des choses : privilégier le droit sur le fait. Le bon fonctionnement d'une société reposant d'abord sur des règles de droit, il faut donner la primauté au droit, dans la construction de l'unité nationale. Il en va d'autant plus ainsi que la nation n'est pas seulement un concept sociologique, mais aussi un concept juridique.

Le droit peut valablement contribuer à la construction de l'unité nationale. L'élaboration du droit est certes l'œuvre de sources formelles, mais il y a d'abord les sources matérielles. Il s'agit de l'ensemble des circonstances et de situations factuelles. Lorsqu'on  les codifie, elles deviennent des règles de droit régissant la vie en société. Leur codification est le fruit d'un tri, d'une sélection parmi tant d'autres. Le mode de codification met en jeu des acteurs de diverses opinions et conditions sociales. Le peuple dans son ensemble y participe à travers le vote, pour faire valoir l'intérêt général. La règle de droit, fruit de cette œuvre collégiale, contribue ainsi  à la construction de l'unité nationale. De la sorte, le droit devient la référence ou la boussole pour toutes les composantes de la société,  de même que le socle de leur unité,  dans la diversité.

1.3. Le retour définitif à une paix durable en Côte d'Ivoire

Le troisième mérite de la solution juridique est de ramener définitivement et durablement la paix en Côte d'Ivoire. On définit généralement la paix comme l'absence de querelle ou de conflit entre des individus, au sein d'un Etat ou entre plusieurs Etats. La paix est ainsi définie par rapport au conflit. Lorsqu'il y a la paix, c'est qu'il n'y a pas de conflit et vice versa. Pour maintenir la paix ou pour la rétablir, on veille à éviter le conflit ou à y mettre fin, en le réglant.

Dans la situation de conflit armé que vit la Côte d'Ivoire depuis l'échec de la tentative de coup d'Etat transformé en rébellion, le retour de la paix passait donc par la fin de la rébellion. Si tout le monde en était d'accord, la question restait de savoir comment y parvenir ? La réponse qui a été apportée à cette question a été de discuter avec les rebelles. Les discussions ont pris toutes les formes possibles, dans le temps et dans l'espace, ici et ailleurs. Mais, à l'heure du bilan, le résultat est que tous les efforts et sacrifices consentis se sont avérés vains. Plutôt que de sortir de la crise, nous nous y sommes enfoncés, comme dans un gouffre. Nous nous sommes ainsi éloignés de la paix tant attendue et qui pointait à l'horizon. Tel est le sentiment qui anime plus d'un, au regard de la crise actuelle née du résultat définitif de l'élection présidentielle. Quelle que soit le dénouement de cette crise, on peut dire que les méthodes utilisées par les hommes n'ont pas conduit le pays à la paix, comme ils le voulaient.

Parlant de la paix selon Dieu, le Révérend Pasteur John MACARTHUR soutient : « La paix est beaucoup plus que l'absence de quelque chose. C'est la présence de la justice qui produit des relations justes. La paix, ce n'est pas simplement la fin de la guerre ; c'est l'établissement de la justice. » (cf. Les Béatitudes, secret du bonheur, Editions La Maison de la Bible, 2002, Collection Disciple, p. 165).

La justice est définie comme la vertu par laquelle on rend à chacun ce qui lui est dû. En cela, on peut aussi la définir comme étant le pouvoir de faire droit à quelqu'un. Dans cette optique, on parle du pouvoir judiciaire, c'est-à-dire le pouvoir de rendre la justice. Dans un Etat organisé sur le droit et autour du droit, ce pouvoir est exercé par des institutions habilitées. Ces institutions exercent la justice sur la base de règles de droit bien déterminées.

Il apparaît dans ces conditions que si la vraie paix consiste à établir la justice entre individus et au sein de la société, non seulement que cette justice est rendue par des institutions établies à cet effet, mais aussi elle est rendue en application du droit en vigueur. Le droit, par le biais de la justice, contribue ainsi au maintien et au rétablissement de la paix.

Avec le droit, point n'est besoin de rechercher indéfiniment le consensus entre les parties en conflit. Point n'est non plus besoin de chercher à les réconcilier de force, contre leur gré. Point n'est encore besoin de poursuivre sans cesse le dialogue. Ce dialogue se transformerait très rapidement en dialogue de sourds, pour se solder en un marché de dupes ! N'est-ce pas ce à quoi nous avons assisté dans le processus de règlement de la crise armée en Côte d'Ivoire ? Même l'APO, fruit du dialogue direct inter ivoiriens, objet de tous nos espoirs de sortie de crise par la voie pacifique, s'est avéré être un marché de dupes, un dialogue de sourds. Alors que nous avions conclu pour le désarmement des rebelles avant les élections, ils voyaient les choses autrement. Ils n'ont pas raté l'occasion que leur offrait l'élection présidentielle pour démontrer pourquoi ils voyaient le désarmement autrement que ce qu'en disait l'APO, reniant ainsi leur signature.

Fort heureusement, dans la crise post électorale actuelle, le droit se dresse encore pour montrer le chemin du retour définitif à une paix durable : la haute juridiction électorale ayant dit le droit, il faut s'en tenir à sa décision, pour sortir d'une décennie de crise armée. Nul n'est compétent pour remettre en cause cette décision. Tous doivent donc s'y plier, comme l'exige le droit en vigueur, la Constitution ivoirienne. Cette exigence constitutionnelle est la voie d'une paix définitive et durable.

La meilleure illustration de ce qui précède, c'est la situation que nous vivons depuis un mois dans le pays.  Les jours où nos adversaires  appellent les populations à se soulever contre la  décision de la juridiction électorale, la paix est troublée et les familles sont endeuillées, même si leur appel n'est pas suivi comme ils le souhaitaient. Par contre, les jours où leurs appels cessent de se faire entendre, les populations se remettent tous au travail en toute quiétude. Les embouteillages reprennent à Abidjan ! La moralité qu'on en tire, c'est que le respect du droit est une grande source de paix. Il faut donc respecter le droit en vigueur en Côte d'Ivoire, pour faire régner la paix dans ce pays.

En conséquence de tout ce qui précède, je peux dire qu'en faisant prévaloir la solution juridique, dans le règlement du conflit en cours, on fera d'une pierre plusieurs coups : en même temps qu'on règle définitivement la crise armée en Côte d'Ivoire, on contribue aussi à la consolidation de la démocratie, à la construction de l'unité nationale et au retour d'une paix durable dans ce pays. Ce sont là les grands mérites de la solution juridique, c'est-à-dire la solution qui est conforme au droit en vigueur. Il en va autrement lorsqu'on minimise cette solution et qu'on l'écarte, au profit de solutions non juridiques.

2. LES LIMITES DES SOLUTIONS NON JURIDIQUES

Comme leur nom l'indique, les solutions non juridiques sont les solutions qui ne privilégient pas le droit en vigueur. On y recourt ou on conseille d'y recourir, comme si le droit n'avait pas prévu de mécanisme de règlement des conflits. Pour la crise ivoirienne, en général, comme dans sa phase actuelle, en particulier, la loi a prévu toutes les voies de règlement. On devrait donc recourir au droit pour s'en sortir. Malheureusement, au lieu de cela, diverses solutions non juridiques sont proposées aux protagonistes de cette crise comme dans l'opinion publique. Au nombre de ces solutions, trois ont retenu mon attention. Il s'agit de :

-          L'installation amiable ou forcé de M. OUATTARA à la tête de notre pays.

-          Le partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA.

-          La reprise du second tour de l'élection présidentielle.

Je voudrais examiner ces propositions en mettant en exergue leurs limites.

2.1. L'installation amiable ou forcée de M. OUATTARA à la tête du pays

L'installation de M. OUATTARA en qualité de Président de la République est la solution la plus en vue dans les propositions qui sont faites. Elle est soutenue par les institutions internationales et par plusieurs Chefs d'Etats en Afrique et hors d'Afrique. Ce soutien n'est pas seulement moral ou affectif. Il est aussi diplomatique, logistique, matériel, financier et même militaire. Leurs auteurs sont prêts à recourir à la force des armes pour faire de M. OUATTARA le Président de la République de Côte d'Ivoire. Ils avaient privilégié l'option militaire, avant de se raviser, au rythme de leurs rencontres avec le Président en exercice, SEM. Laurent GBAGBO.  Sans clairement abandonner cette voie guerrière et meurtrière, ils ont changé l'ordre de priorité, en mettant en avant la voie diplomatique qui est celle du dialogue et de la négociation.

Les soutiens de M. OUATTARA s'appuient exclusivement sur le rapport du Certificateur du processus électoral, M. CHOI, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations-Unies en Côte d'Ivoire. M. CHOI y déclare avoir certifié comme étant exacts et conformes aux faits, « les résultats provisoires proclamés par la CEI. » Il a expliqué qu'il a utilisé des méthodes scientifiques pour arriver à la conclusion que c'est M. OUATTARA qui a remporté le second tour de l'élection présidentielle dans notre pays.

Les partisans  et autres soutiens de M. OUATTARA déduisent du rapport de M. CHOI que le peuple de Côte d'Ivoire a porté son choix sur lui. Ils estiment donc qu'ils luttent pour le respect de la volonté du peuple ivoirien. Toutefois, l'examen du rapport de M. CHOI confronté à la réalité des faits permet de soutenir qu'il  ne traduit pas la volonté du peuple exprimé au cours du scrutin litigieux. J'en ai pour preuves les nombreuses failles de la certification. Ces failles portent sur un certain nombre de points parmi lesquels je retiendrai trois.

Le premier point c'est que M. CHOI parle de résultats provisoires qu'aurait donné la CEI. Pourtant, il sait bien que la CEI n'a pas pu donner les résultats provisoires. Cette structure avait trois jours à compter de la fin du scrutin pour le faire. Mais elle n'a pas pu le faire pour des raisons inavouées. Certes un jour avant l'expiration du délai de proclamation des résultats provisoires, il y a eu des incidents entre les commissaires centraux de la CEI. Cependant, au lendemain de cet incident et à une heure de l'expiration du délai, le Président de la CEI est apparu au petit écran pour annoncer que tout était rentré dans l'ordre au sein de la commission centrale. Il a ajouté que les commissaires centraux étaient à pied d'œuvre pour permettre à leur structure de proclamer les résultats provisoires dans le délai qui leur est imparti par le code électoral (article 59 nouveau).

C'est plus tard que le Président de la CEI a donné ce qu'il prétend être les résultats provisoires, dans les conditions irrégulières qu'on ne cessera pas de dénoncer :

-          Hors délai (trois jours ou 72 heures à compter de la fin du scrutin)

-          Dans un hôtel servant de quartier général de campagne au candidat OUATTARA

-          En l'absence des membres de la commission centrale

-          En l'absence du représentant du candidat GBAGBO

-          Sans que les résultats aient été validés par les commissaires centraux.

Le deuxième point c'est que dans son rapport, M. CHOI soutient que même en tenant compte de toutes les réclamations du Président GBAGBO, M. OUATTARA sort vainqueur du scrutin, sans en rapporter la preuve. Il s'est contenté d'annoncer le taux des suffrages recueillis par chaque candidat. Il n'a donné ni le nombre de voix obtenues par chacun, ni le nombre de voix écartées en vertu des réclamations du Président GBAGBO. Or sur ce point, le Conseil Constitutionnel a proclamé la victoire du Président GBAGBO en ne prenant en compte qu'une partie de ses réclamations. M. CHOI, le Certificateur, devrait donc étayer sa méthode par des preuves irréfutables, sans se contenter de simples déclarations. Même au cours de sa longue conférence de presse, il n'a osé donner le moindre chiffre. Comment peut-on croire à de telles allégations, lorsque le Certificateur occulte la substance des faits ? Le Conseil Constitutionnel ayant donné des chiffres, pour le contrarier valablement, M. CHOI aurait dû donner les chiffres sur lesquels il s'est basé pour faire son rapport.

Le troisième point qui découle du précédent c'est que M. OUATTARA et ses partisans  reprochent au Conseil Constitutionnel d'avoir invalidé les résultats de certains départements, alors que le Certificateur prétend que malgré cela M. OUATTARA sort vainqueur du scrutin. Est-ce pour eux une façon de remettre en cause cet aspect de la certification ? Si tel est le cas, que reste-t-il de la certification, lorsqu'on sait que, contrairement aux prétentions de M. CHOI, la CEI n'a pas donné de résultats provisoires ? On peut aisément déduire de toutes ces contradictions que le vainqueur du scrutin n'est pas celui qu'a désigné M. CHOI, mais le Président Laurent GBAGBO désigné par le Conseil Constitutionnel. On comprend dès lors pourquoi le Certificateur a occulté les chiffres sur la base desquels il a obtenu les taux des suffrages annoncés. On comprend également pourquoi M. OUATTARA refuse la proposition pertinente du Président GBAGBO de faire éclater la vérité, en recomptant les voix, à partir des bulletins de vote. Il s'oppose ainsi à la manifestation de la vérité.

C'est donc à juste titre que le Christ JESUS a déclaré : « Quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu'elles sont faites en Dieu. » (cf. Jean 3 :20-21). Si cette déclaration traduit l'expérience personnelle de son auteur, elle n'illustre pas moins la situation que vit la Côte d'Ivoire à travers le Président GBAGBO et M. OUATTARA.

Le premier agit selon la vérité et veut que la lumière soit faite sur le résultat du scrutin. Par contre, le second s'obstine à refuser que la vérité soit dite, préférant les ténèbres à la lumière, de peur que ces manœuvres frauduleuses ne soient dévoilées. Or le Christ a indiqué que celui qui est dans cette dernière situation tombe sous le coup du jugement divin (cf. Jean 3 :19). Ce jugement n'est autre qu'un jugement de condamnation sans recours, dès lors qu'il vient du Juge Suprême.

On peut dès lors se demander si tous ceux qui soutiennent encore M. OUATTARA peuvent accepter de l'imposer à la Côte d'Ivoire, sur la base du faux et du mensonge, en dehors de la vérité ? S'ils acceptent de le faire malgré tout bon sens, peuvent-ils réussir ? Je ne peux y croire car, le temps travaille à l'éclatement de la vérité. Plus le temps passe, plus le monde entier  découvre que la vérité n'est pas avec M. OUATTARA. Ainsi, en plus d'avoir le droit contre lui, on découvre que la vérité est contre lui. Il ne lutte plus contre le Président GBAGBO seul, mais aussi contre le droit et la vérité. Contre Dieu qui est droit et vérité ! Ceux qui continueront de l'aider dans une telle voie sans issue, tomberont aussi sous le coup du même jugement divin.

C'est pourquoi, ni à l'amiable, ni par la force, M. OUATTARA ne parviendra à occuper le fauteuil présidentiel. Il ne sera pas Président de la République de Côte d'Ivoire. Ce point de vue qui est loin d'être une vue de l'esprit est  confortée par la Parole de Dieu qui dit : « L'homme ne triomphera point par la force. » (cf. 1Samuel 2 :9). Or, il ne le cache plus, il compte sur la force des armes pour triompher, pour s'imposer à la Côte d'Ivoire. Oubliant que cette méthode a déjà  échoué, il ignore qu'elle échouera toujours, par la grâce de Dieu. Nous n'avons donc pas à craindre les menaces des armes à feu, quelque sophistiquées soient-elles et d'où qu'elles viennent.

2.2. Le partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA

La solution tenant au partage du pouvoir entre le Président GBAGBO et M. OUATTARA n'a pas encore été sérieusement avancée. Elle est simplement envisagée par certains observateurs, à l'instar de ce qui a été retenu dans certains pays d'Afrique où des crises ont éclaté, à l'issue d'élections présidentielles. Deux principaux schémas sont proposés : la création d'un poste de Vice-Président de la République pour  l'un des antagonistes ou  la nomination de l'un d'eux au poste de Premier Ministre.

Dans les deux cas de figure, un obstacle majeur apparaît : il s'agit de savoir lequel des deux occupera le poste subalterne de Vice-Président ou de Premier Ministre ? Cet obstacle à lui seul suffit pour rejeter ladite solution. Ceux qui ont envisagé cette solution en sont conscients. Cependant, quelques-uns parmi eux soutiennent qu'étant donné que nous sommes en politique où tout est possible, une telle solution n'est pas à écarter du revers de la main.

Quand bien même cet obstacle était franchi, des obstacles spécifiques se dressent contre l'admission de chacun de ces deux postes, comme solution possible.

S'agissant du poste de Vice-Président, il se heurte contre la Constitution en vigueur.  Celle-ci ne prévoit pas de poste de Vice-Président. La création de ce poste nécessite une modification de la Constitution. Or les exigences en la matière sont si majeures que le recours à l'article 48 de la Constitution est inopérant. C'est pourquoi cette solution n'est pas sérieusement envisagée et ne saurait l'être, dans les conditions actuelles.

Pour ce qui est du Poste de Premier Ministre, il a l'avantage d'avoir été prévu par la Constitution. Cependant, l'expérience récente des huit dernières années n'autorise pas à y recourir, si on veut vraiment faire avancer le pays vers des lendemains meilleurs, pour le bien-être des populations. Avec cette solution, on n'échappera pas à des crises d'autorité au sommet de l'Etat. Ce qui exposera le pays à de grands risques de blocages institutionnels. Il en sera ainsi même si c'est pour une période de transition limitée que cette solution sera mise en œuvre.

Il faut ajouter par ailleurs, qu'au cours des dix dernières années, l'expérience des Gouvernements d'union a montré ses limites. Les Ivoiriens qui ont le sens de l'humour y ont vu des Gouvernements de crabes, de scorpions et de reptiles. C'est une raison supplémentaire pour que la solution du partage formel du pouvoir, entre les deux antagonistes, ne puisse pas prospérer.

2.3. La reprise du second tour de l'élection présidentielle

Certains observateurs ont proposé la reprise du second tour de la présidentielle. Sans que cette solution ne constitue véritablement une solution juridique, elle est défendue, en grande partie, par des arguments juridiques.

Les auteurs de cette solution se réfèrent à l'article 64 nouveau du code électoral qui dispose en son premier alinéa : « Dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble, il prononce l'annulation de l'élection. » Selon eux, lorsque le Conseil Constitutionnel est saisi pour prononcer le résultat définitif de l'élection, il a le choix entre seulement deux solutions : entériner les résultats provisoires proclamés par la CEI (article 63 nouveau) ou annuler tout le scrutin (article 64 nouveau).

Leur proposition serait dès lors un arrangement politique pour rectifier « l'erreur d'interprétation » qu'aurait commise la haute juridiction électorale. Cette proposition viserait en outre à rétablir la paix. Cette proposition appelle, de ma part, quelques observations.

D'abord elle tend à limiter les pouvoirs de l'organe de contrôle qu'est le Conseil Constitutionnel, au profit de l'organe contrôlé qu'est la CEI. On refuse ainsi au premier le pouvoir d'invalider des résultats sans remettre en cause l'ensemble du scrutin, alors que ce pouvoir est reconnu au second. On fait dire au texte ce qu'il ne dit pas.

Or à bien lire le texte, il parle d'une situation de troubles généralisés sur toute l'étendue du territoire national. C'est pourquoi le texte précise que les irrégularités constatées doivent être « de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d'ensemble. » Il en va autrement lorsque les fraudes ou irrégularités dénoncées au Conseil Constitutionnel qui en a fait le constat sont ciblées ou isolées.

Par ailleurs, on peut reconnaître que, comme c'est souvent le cas des textes de lois, le texte litigieux peut faire l'objet d'interprétations divergentes et donner lieu à des controverses doctrinales. Or nous savons qu'en la matière, la doctrine n'est pas source de droit et ne fait pas autorité. Dans ces conditions, la seule interprétation à laquelle l'on doit s'en tenir, c'est celle de la juridiction suprême compétente en la matière : le Conseil Constitutionnel. Seule sa décision fait autorité et s'impose comme telle.

En respectant la décision du Conseil Constitutionnel, c'est la volonté souveraine du peuple de Côte d'Ivoire qu'on a respecté. Car c'est ce peuple qui, à travers la Constitution, a investi le Conseil Constitutionnel de l'autorité de dire le droit, en pareille situation. Aucune autre personne physique ou morale n'a été investie d'un tel pouvoir. Le peuple souverain de Côte d'Ivoire ayant parlé à travers le Conseil Constitutionnel, aucune personne n'est habilitée à remettre en cause sa décision, d'une manière ou d'une autre. Tel est le sens de l'article 98 de la Constitution qui dispose clairement : « Les décisions du Conseil Constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux Pouvoirs Publics, à toute Autorité administrative, juridictionnelle, militaire et à toute personne physique ou morale. »

On ne peut donc pas proposer la reprise de l'élection présidentielle sans frustrer le peuple dont la volonté a été exprimée par l'institution qu'elle a investie à cet effet, le Conseil Constitutionnel.  C'est cette volonté qui fait de SEM. Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d'Ivoire. La volonté du peuple exprimée directement par le vote, a été traduite par la décision du Conseil Constitutionnel, conformément aux normes en vigueur. Si cette institution a trahi sa mission, le peuple de Côte d'Ivoire est suffisamment mûr pour se faire entendre. Il en a fait la preuve, à maintes reprises, ces dix dernières années, en se soulevant contre les impostures dont elle a été victime. L'histoire est récente et connue de tous !  Point n'est besoin de rappeler les évènements d'octobre 2000,  de janvier 2003, de novembre 2004, de janvier 2006, etc.

On ne peut pas non plus proposer la reprise de la présidentielle au nom de la paix lorsqu'on sait qu'il suffit de s'incliner face à la volonté du peuple exprimée par le Conseil Constitutionnel pour que la paix règne dans notre pays. La vraie paix c'est celle qui se construit sur le droit, par la justice et dans la vérité. On ne peut donc pas s'attendre à la paix lorsqu'on foule au pied le droit, lorsqu'on prône l'injustice et lorsqu'on refuse que la vérité éclate.


CONCLUSION

Au regard de tout ce qui précède, force est de reconnaître que la vraie solution à cette crise est dans le droit, le droit en vigueur en Côte d'Ivoire appelé aussi droit positif. Nous avons ainsi à notre disposition les moyens pour régler nos conflits. Ce sont la Constitution et le code électorale que nous avons plébiscités lors du référendum de juillet 2000.  Peut-être qu'ils changeront un jour, puisqu'aucune règle de droit n'est immuable de nos jours. Nous ne sommes plus au temps des Lois des Mèdes et des Perses réputées irrévocables dans la Bible (cf. Daniel 6 :9).

Il faut donc accepter et s'approprier  la solution juridique, celle dite par la plus haute juridiction compétente en matière électorale. Nous devons le faire, eu égard à ses mérites dont j'ai relevé les principaux. Nous devons aussi le faire, compte tenu des limites des solutions non conformes au droit en vigueur. La survenance de la présente crise qui consacre l'échec de la prédominance des solutions non conformes au droit applicable, dans le processus de règlement de la crise armée initiale, illustre l'inefficacité de telles solutions. Autant elles s'écartent du droit en vigueur, autant elles éloignent la paix de notre pays.

Il faut recourir avec courage et sans faux-fuyant à la solution juridique. Elle seule épargnera à notre pays de nouveaux dégâts matériels et de nombreuses pertes en vies humaines. Elle seule neutralisera les menaces de toutes sortes qu'on fait planer sur notre pays et ses dirigeants légitimes.

Il faut alors se battre pour la prédominance de la solution juridique au cours des négociations qui ont lieu en ce moment. Il ne s'agit pas d'une bataille avec des armes physiques et par des actes de violences. Dieu les a en horreur ! Il s'agit d'abord de la bataille spirituelle qu'on livre auprès de Dieu, avec les armes spirituelles dont la prière en première ligne (cf. 1Timothée 2 :1-3). Elle est plus puissante et plus efficace qu'une arme quelconque qui peut se nommer sur terre. Il s'agit ensuite de la bataille psychologique de communication, pour sensibiliser l'opinion publique nationale et internationale sur les vertus de la solution juridique. Cette solution étant connue à travers la décision du Conseil Constitutionnel, il s'agira aussi de communiquer sur le sens de cette solution.

La cause défendue étant juste, son succès est garanti. Nous avons des raisons d'espérer que la solution juridique finira par s'imposer. Si les hommes refusent de s'y soumettre, Dieu veille au grain pour la leur imposer. Car, hier comme aujourd'hui, nous dit la Bible, c'est Dieu le  Très Haut « qui domine sur le règne des hommes et qui le donne à qui il lui plaît. » (cf. Daniel 4 :17). Les deux principaux protagonistes le savent. Et, au regard de ce qui précède, le choix de Dieu est connu. C'est ce choix qu'il va bientôt imposer, à travers le droit, après nous avoir suffisamment fait voir tout ce qui se tramait dans les ténèbres, depuis au moins dix ans.


« Que votre cœur ne se trouble point, croyez en Dieu et croyez en moi »,

Nous dit notre Seigneur Jésus-Christ, selon Jean 14 :1.


Et à moi d'ajouter :

QUE DIEU VOUS BENISSE,

QU'IL BENISSE LA COTE D'IVOIRE,

AINSI QUE TOUS SES HABITANTS

JE VOUS REMERCIE.


 

VOTRE SERVITEUR

Sébastien ZAHIRI ZIKI

07 567 961 zahiriziki@yahoo.fr

lundi, 07 février 2011

REVELATIONS DU PASTEUR KONE MALACHIE SUR LA COTE D'IVOIRE

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Chers lecteurs, je vous donne ici, le lien des révélations reçues par le Pasteur KONE Malachie sur la Côte d'Ivoire ou plus exactement sur la crise ivoirienne et son dénouement miraculeux. Je ne m'y prononce pas. Prière, les écouter et vous en faire une idée propre.


Cliquer sur le lien ci-dessous pour télécharger le fichier audio du témoignage du prédicateur ivoirien:


http://afrobox.net/audio/118/revelation-du-pasteur-kone-m...


Que DIEU vous bénisse et que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire!


DINDE Fernand AGBO

DECLARATION DE IPCI SUR L'IMMIXTION FLAGRANTE DE LA COMMUNAUTE INTERNATIONALE DANS LES AFFAIRES INTERIEURES DE LA COTE D'IVOIRE

 

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A la veille du premier tour de l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire, nous mettions en garde la Communauté Internationale, dans toutes ses composantes, contre toute velléité de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire. Et cela parce que le Seigneur nous avait révélé les risques d'affrontements et de violence qui découleraient de ce scrutin, et du projet de certaines puissances de mettre la Côte d'Ivoire sous une quelconque tutelle. Nous estimions alors que la Côte d'Ivoire pouvait et devait régler ses incompréhensions par elle-même.

Si le premier tour s'est déroulé à peu près correctement, avec l'aide des Nations Unies et de la Communauté Internationale, le deuxième a conduit aux affrontements que nous redoutions et a fait naître une crise.

Malheureusement les dérives constatées çà et là dans la gestion de cette crise par les Nations Unies et la Communauté Internationale, sensées travailler pour la paix, nous laissent perplexes.

Il y a manifestement une réelle volonté de mise sous tutelle de la Côte d'Ivoire par la Communauté Internationale. Cette attitude répond assurément à un souci évident de mépriser les nations dites faibles.

Par conséquent, nous réitérons ici notre ferme opposition à ce projet funeste contraire au bon sens et au plan de Dieu pour cette nation.

En effet cette levée de bouclier du « monde entier » contre la Côte d'Ivoire ne doit pas nous troubler, car les promesses de l'Eternel Dieu pour notre nation qui entre dans son jubilé sont manifestes. A ce titre, et en tant que Nation choisie, Dieu veut faire de la Côte d'Ivoire un instrument de sa gloire, un modèle d'espérance promise à l'Humanité.

Pour ce faire, Dieu va l'affranchir de toutes formes de tutelle dans tous les domaines de son existence ! C'est donc ce processus qui est en marche et qui s'achèvera effectivement par la victoire éclatante de l'Eternel des Armées.

C'est pourquoi, nous en appelons au peuple de Côte d'Ivoire afin qu'il garde son calme et ne s'inquiète point car la délivrance et l'élévation sont acquises. Selon que le Psaume 75 le proclame en ses versets7 et 8 « ce n'est ni de l'orient, ni de l'occident' ni du désert que vient l'élévation. Mais Dieu est celui qui juge... » L'heure est venue de se tourner vers Dieu et d'obéir à Sa parole.

Bientôt nous chanterons tous à l'unisson ce cantique du Psaume 126 en son verset 3 « L'Eternel a fait pour nous de grandes choses; Nous sommes dans la joie».

 

Heureuse la "Côte d'Ivoire" dont l'Eternel est le Dieu! Heureux le peuple qu'il choisit pour Son héritage! Psaume 32 :12


Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire ! Vive la Côte d'Ivoire ! Vivent les Ivoiroises ! Vivent les Ivoirois !

 

IPCI

Intercesseurs Pour la Côte d'Ivoire

vendredi, 04 février 2011

LA FRANCE S'APPRETE A NOUS SERVIR PIRE QUE CHIRAC (Réédition)


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A lire, cet autre texte écrit le 28 avril 2007 et posté pour la première fois sur Regards croisés, le 24 mars 2008, et au sujet duquel les récents développements de l'actualité politique ivoirienne nous donnent raison. Appréciez, tout simplement.



Je vous envoie pour lecture l'intégralité du discours tenu par le Professeur Mamadou KOULIBALY, Président de l'Assemblée Nationale, sur la tribune de la Caravane de la Paix, qui a connu son apothéose le Samedi 21 Avril 2007, au complexe sportif de Yopougon Selmer, à Abidjan.

A la vérité, quand j'ai achevé la lecture de ce brillant speech, j'ai été gagné par le sentiment diffus et confus que la crise ivoirienne est loin d'être finie et qu'elle risque de rebondir de la pire des façons.
Qu'est-ce qui me fonde à le dire? Les termes du Pacte colonial scellé par la France avec les Chefs d'Etat africains, dont le Président Mamadou KOULIBALY a élucidé, en des termes accessibles à tous, deux dispositions totalement amorales:

1- « La première disposition dit que le pouvoir que le Chef de l'Etat français donne à un Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée, à Paris ». En un mot, la France ne nous considère pas comme des hommes indépendants. C'est écrit et signé.

2- « La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays (la Côte d'Ivoire), toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est D'ABORD la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français ».

Et bien d'autres choses encore que je vous laisse le soin de découvrir. Avec effarement.
Toutes choses qui me font dire que si Sarkozy est élu au deuxième tour de l'élection présidentielle française, nous ne seront pas sortis de l'auberge. Pourquoi?

Premièrement, SARKOZY tient un discours (ultra)nationaliste (immigration choisie, identité nationale) sans s'affranchir, pour autant, du Pacte colonial et de la Françafrique, au contraire de Jean-Marie LE PEN. Dont le mauvais score, du reste, réjouit moins les Africains que le bon score de SARKOZY ne les abat. Quel paradoxe!
Les Ivoiriens pourraient donc avoir droit aux coups redoublés d'un eugéniste (partisan de la catégorisation et de l'épuration raciale) et d'un colon sorti tout droit de la féodalité la plus achevée du 18ème siècle, dans ses pires archaïsmes. Je pèse bien mes mots. Je me méfie grandement de cet homme devant qui les français tombent en extase! Ce qui est loin d'être une consigne de vote en faveur de Ségolène ROYAL, même si elle passe pour être le moindre mal, dans cet authentique film d'horreur.

Deuxièmement, SARKOZY est issue du noyau le plus dur des milieux maçonniques français. A ce titre, il va concentrer entre ses mains des pouvoirs financiers, médiatiques, politiques et ...spirituels effrayants qui feront, immanquablement, de lui un dictateur des temps modernes, digne rejeton de la pire oligarchie ultralibérale de France et de la mafia françafricaine la plus hystérique, la plus rance et la plus nauséeuse. J'en ai même des sueurs froides pour la France elle-même. Si elle investit cet homme à la mi-Mai, son déclin sera désormais imparable.

Troisièmement, SARKOZY est issue d'une famille d'émigrés. Ce qui a fait dire à LE PEN qu'il n'a pas une goutte de sang français dans les veines. De la hauteur vertigineuse du piédestal où il est parvenu à se hisser par la force de ses poignées et par son intelligence ( je dirais plutôt sa ruse, son opportunisme) politique, je sens planer, de façon confuse et insidieuse, l'ombre menaçante d'un royaliste surfait (il se veut plus français que les français) qui va mener une vie infernale aux autres émigrés et immigrés, en France, sans pour autant coller la paix à l'Afrique dont les ressources doivent l'aider à relever une France en déclin.
Ne voudra t-il pas au nom de l'amour qu'il porte à "cette France qui lui a tout donné et à laquelle il veut tout donner, à son tour", lui rendre la Côte d'Ivoire? Mains et pieds liés si nécessaire?
Vu sous cet angle, SARKOZY risque de voler la vedette à Super Menteur, au grand CHIRAC himself, grand colon devant l'Eternel.
Rien qu'à y penser, j'en ai des crispations.

Dans la même veine, la présence de WATTAO, en France, actuellement (officiellement pour raison de santé) et l'apathie à peine voilée des deux leaders que sont ADO (dont SARKOZY est le parrain de mariage. Mauvais présage) et BEDIE pour les magnifiques résultats du Dialogue direct, ne m'inspire rien qui vaille.

Au total, Ivoiriens, célébrons certes la paix "retrouvée" entre nous, mais gardons un œil grand ouvert sur la Chiraquie , pardon la Sarkozie. Les jours à venir ne s'annoncent pas chantants.

Que DIEU vous bénisse, tous, et que DIEU garde et bénisse la Côte d'Ivoire.


DINDE Fernand AGBO

 

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MAMADOU KOULIBALY.gif

Quotidien Le Temps N° 1201 du 23 avril 2007


Réunification, identification, élections / Mamadou Koulibaly à Guillaume Soro : "Adoptez la cadence du Président de la République".


Le professeur Mamadou Koulibaly, Président de l'Assemblée nationale a trouvé tribune, le samedi dernier, à l'apothéose de la caravane de la paix, pour exprimer le vœu des Ivoiriens, susceptibles d'aider le Premier ministre Guillaume Soro à réussir sa mission. C'était au complexe sportif de Yopougon.

« Je rends gloire à Dieu le Tout-puissant qui nous a donné cette occasion aujourd'hui, de nous retrouver, ce 21 avril 2007, pour nous parler. Je rends gloire à Dieu, parce que ce jour, est mon jour anniversaire. Je me tape mes 50 ans et je pense que c'est avec beaucoup d'émotion que je franchis cette étape. On ne dira plus maintenant qu'il est jeune. Je suis entré dans la catégorie des vieux. Je suis donc un doyen, puisqu'il y a Charles Blé Goudé et vous tous pour la relève. Merci Seigneur, merci à chacun d'entre vous.

Madame la Première Dame, quand Charles Blé Goudé m'a fait part de son projet d'organiser une caravane de la paix, j'ai donné mon accord, j'ai soutenu, j'ai appuyé. Parce que c'était une bonne initiative, de mon point de vue, pour amplifier ce que le Président de la République, lui-même, avait commencé à Abidjan, depuis trois ans maintenant. Il a lancé une campagne de paix. Il a dessiné lui-même les T-shirts de la paix, il a fait rédiger une charte de la paix, il a fait produire des casquettes, des pins et différents types de documents pour sa campagne de paix. Elle a été menée dans le District d'Abidjan. Et je voudrais sincèrement féliciter Charles, parce qu'il a assisté à deux meetings à Anyama et à Abobo. Après ça, il m'a dit : " président, moi je vais foncer sur les autres villes. Est-ce que c'est une bonne idée ? " Je lui ai dit : " si ça ne tient qu'à toi, c'est une très très bonne idée. Il faut aller parler aux gens. On verra ". Tu l'as fait, c'est très bien. Le résultat est là. Bravo à Charles Blé Goudé, bravo à tous les jeunes patriotes, bravo au COJEP, bravo à l'Alliance, bravo aux parlement et Agoras, bravo à tous les vieux, toutes les vieilles, tous les jeunes qui ont fait le déplacement, pour répondre à cet appel.

Les échos sont très favorables, partout où vous êtes passés avec la caravane. Les Ivoiriens se sont sentis soulagés, ils se sont sentis heureux, ils se sont sentis réconciliés, ils se sont sentis plus proches, les uns des autres. Et puis, en réalité, ils ont découvert qu'ils ont tous été trompés. Merci pour l'accueil que vous avez réservé à la caravane, partout où elle est passée.
A partir de ce soir, la caravane ne s'arrête pas. Elle va continuer au-delà d'Abidjan, au-delà des zones gouvernementales ; il faut anticiper le mouvement, il faut accompagner le mouvement, il faut parler à vos parents et amis qui sont de l'autre côté, pour qu'ils comprennent bien de quoi il s'agit.

Madame la Première Dame, en acceptant de venir, je me suis dis que Seydou Diarra avait un handicap sérieux. Il n'a pas voulu compter sur nous, il n'a pas voulu compter avec nous, il n'a pas voulu compter avec la Côte d'Ivoire. Il a été nommé à Paris. Il a accepté sa nomination, il est venu, il a voulu travailler. Mais au lieu de travailler pour nous, il a voulu travailler contre nous et vous vous souvenez ce qui est arrivé. Nous avons dit non et chacun sait ce qui est arrivé. Charles Konan Banny est arrivé de la même façon. Sa première réaction a été de dire : " Je dissous la représentation nationale ". Vous avez dit non. Et Dieu seul sait ce qui a suivi. Il y a eu mort d'hommes, destruction de biens, perte de confiance et de valeurs. Moi j'ai accepté, parce que le Président de la République nous a demandés à tous, d'aider Guillaume Soro à réussir sa mission. Konaté Siriki vient de dire qu'il faut que nous aidions le Premier ministre à réussir sa mission. J'aimerais dire à Konaté Siriki que la manière dont a été nommé Soro Guillaume exige que nous l'aidions nécessairement. Contrairement aux autres Premiers ministres, qui venaient s'opposer au Président de la République, cherchant un pouvoir alors qu'ils l'avaient, cherchant un poste alors qu'ils étaient installés dans le fauteuil, le Président Gbagbo a demandé que l'on puisse aider Guillaume Soro. J'aurais été mal à l'aise de le faire, si vous-mêmes ici, vous ne l'aviez pas renouvelé. Merci d'être venu à ce meeting. Je ne sais pas si le public a remarqué que Siriki Konaté est arrivé sans garde du corps ONUCI. Il a fait confiance aux patriotes ivoiriens. Je lui ai demandé s'il n'avait pas de crainte. Il m'a dit rien du tout, il se sent assuré et je lui ai dit : " Là où nous allons, vous serrez rassuré. Ne vous en faites pas". Siriki, vous êtes là, les jeunes vous applaudissent et je pense que c'est une bonne chose.

Vous savez, notre pays, la Côte d'Ivoire est un tout petit pays en Afrique avec 322 000 km2. Lorsque nous avons pris l'indépendance, l'ancienne puissance coloniale n'a pas jugé utile de nous considérer comme des hommes indépendants. Elle a considéré que nous étions des esclaves sur un territoire qu'elle a conquis en Afrique. Au moment de l'indépendance, de Gaulle nous a fait signer des papiers. Je vous invite à lire ces papiers. Dans ces papiers, il y a deux dispositions qu'il faut que vous rapportiez à vos amis à Bouaké. La première disposition dit que le pouvoir que le chef de l'Etat français donne à Président africain, c'est juste un pouvoir de délégation, pour représenter sur le territoire africain, la volonté de celui qui gère l'Elysée à Paris. Nous avons appelé cela indépendance, parce que nous n'avions pas le choix. Il fallait quelque chose pour sortir du joug colonial. Nous avons pris la première solution qui s'est présentée. Mais en réalité, comment admettre qu'ici, pour construire la route Tingréla-Odienné, le Président soit obligé d'appeler d'abord, de Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac, pour demander son avis. Si le Président français dit non, ça ne se fait pas. S'il dit oui, ça se fera avec son nom que cette route portera, comme nous avons ici, le boulevard Giscard d'Estaing, le boulevard Mitterrand, le pont Général de Gaulle et je ne sais plus quelle autre avenue dans notre capitale.

La deuxième disposition de ces accords qui sont encore valables aujourd'hui, dit que dans ce pays, toutes les richesses que l'on peut trouver, que ce soit de l'or, du diamant, de l'uranium, quelle que soit la matière, c'est d'abord la propriété de l'armée française, donc du gouvernement français. Nous avons signé cela. Quand le Président Gbagbo était dans l'opposition, nous nous sommes engagés à rompre avec ce type de relation que nous avions avec la France. Quand il est arrivé au pouvoir, il a mis ce schéma en application.

Malheureusement, nous n'avons pas eu d'oreilles attentives à Paris. Nous avons tout fait, nous avons expliqué que nous ne cherchions pas à chasser les Français de la Côte d'ivoire. Mais nous cherchions simplement à être nous-mêmes, à nous gérer nous-mêmes, à élire notre Président nous-mêmes, à être propriétaires de nos matières, nous-mêmes et puis à acquérir notre dignité. Personne n'a voulu nous écouter. Quand la rébellion a éclaté, vous ne le saviez pas, ils sont venus nous voir une première fois. Ils nous ont dit : " Si vous nous faites un petit cadeau, on vous débarrasse des rebelles tout de suite". On leur a cédé le terminal à conteneurs, ils n'ont rien fait. Je ne sais ce qu'ils vous ont dit de l'autre côté, mais ils sont venus nous dire : " Monsieur le Président, si vous nous renouvelez le contrat sur l'électricité, on vous appuie à l'ONU et vous verrez. Les résolutions qui vont sortir vous seront favorables. Nous avons suivi. Ils n'ont rien fait. D'ailleurs, quand ça été signé, le nouveau discours qu'ils ont cultivé à l'Onu, c'est une transition sans Gbagbo. Mais pendant que nous faisions cela, les bonshommes nous faisaient payer notre facture d'eau et d'électricité. L'argent (plusieurs milliards de francs) du budget de l'Etat que nous avons utilisé pour gérer cette crise, auraient pu nous permettre d'investir pour construire un nouveau barrage électrique, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre de construire de nouvelles turbines électriques, on ne l'a pas fait. Ça aurait pu nous permettre d'investir pour accéder à de nouvelles nappes phréatiques pour tirer de l'eau pour Abidjan et les villes. On ne l'a pas fait. Aujourd'hui, nous sommes dans le délestage, l'eau courant manque dans les quartiers d'Abidjan. La guerre ne nous arrange pas du tout ! Qu'on soit à Aboisso ou à Tingréla, à Touba ou à Bouna, elle ne nous arrange pas, elle ne nous a pas arrangés du tout. Mais pendant ce temps, eux on fait leur argent.

M. Konaté, nous avons un accord monétaire avec la France. Est-ce que vous savez que nos devises en dollar, en yen, en deutschemark, sont déposées au trésor public français. C'est cet argent qu'ils font fructifier, ils dépensent comme ils veulent et quand on a des problèmes, ils nous envoient quelques milliards que nous partageons entre pays francophones de cette zone monétaire. Ils présentent cela comme de l'aide, alors qu'en réalité, c'est notre sueur, déposée dans leur trésor, qu'ils détournent et nous font croire qu'ils nous aident. Pendant que vous, à Bouaké, et nous à Abidjan, nous sommes en train de nous chamailler, les bonshommes nous pompent notre fric, nous pompent notre dignité, richesse et en définitive, nous pompent notre vie entière. Nous restons tous appauvris, les jeunes ne vont pas à l'école, les enfants sont malades, les maternités manquent, les routes se dégradent, les hôpitaux sont dans de mauvais états, au Nord comme au Sud.

Monsieur le porte-parole, il faut transmettre aux populations de Bouaké et d'ailleurs, que notre problème à nous, n'était pas avec les populations de là-bas. Si vous avez écouté tous les discours de Blé Goudé, de Mme Gbagbo et tous les discours des jeunes patriotes, en aucun moment, ils n'ont insulté les populations de l'Ouest, de l'Est, du Centre. Bien au contraire, tous, nous avons montré l'agresseur de la main : Jacques Chirac, la France et le reste. Il faut donc être à l'aise ici. Ça dépendrait de moi, vous pourriez vous promener à Abidjan, sans garde ONUCI. Ce qui compte pour nous, c'est la prise de conscience collective que nous avons, qu'il est temps maintenant que nous arrêtions le gâchis. Il est temps que nous prenions notre pays, que nous le soignions et que nous le fassions avancer.

C'est dans ce contexte que je me permettrai de donner quelques pistes au Premier ministre Guillaume Soro. Parce que d'une part, vous avez souhaité que nous l'aidions, d'autre part le Président de la République a souhaité qu'on puisse l'aider. Et lui-même s'est dit engager dans le processus. Et puis, quand on m'a dit que j'étais invité et que vous serriez-là, j'ai pris le soin de parler aux Ivoiriens, de parler aux patriotes, pour essayer de savoir qu'est-ce que Mamadou Koulibaly peut faire pour aider le Premier ministre de Laurent Gbagbo. Ils ne sont pas tous là. Blé Goudé et l'Alliance sont là, pendant qu'Eugène Djué est en meeting à Tiébissou. D'autres sont ailleurs. Ils m'ont dit plusieurs choses en vrac. Ils ont dit : " Faisons en sorte que ce Premier ministre ne termine pas son mandat comme ces prédécesseurs". Et pour cela, ils m'ont dit : "Monsieur le Président, si vous pouvez dire à Guillaume Soro ou à ses représentants qui seront là, de faire encore un tout petit effort". Ils disent que dans le discours du Premier ministre, il a demandé pardon aux Ivoiriens. C'est vrai, c'est bien. Il a demandé pardon en tant que Premier ministre de tous les Ivoiriens, au nom de tous les Ivoiriens. C'est bien, c'est bon.

Mais eux auraient voulu quand-même que Guillaume Soro demande pardon, non pas en tant que Premier ministre, parce qu'à ce titre il n'a encore rien fait aux Ivoiriens. Mais qu'en tant que Secrétaire général du MPCI, il demande pardon aux Ivoiriens. Ils sont d'accord pour ça et le souhaite vivement, ils le veulent, ils le désirent. Ils m'ont dit d'ajouter que dans son discours, il a dit que depuis quelques années, nous nous sommes mesurés, nous nous sommes injuriés, nous nous sommes battus, nous nous sommes tués pour une situation sans résultat. Les patriotes ivoiriens disent d'expliquer qu'en réalité, il y a deux résultats au moins. Le premier, c'est que pendant qu'on se battait, le chômage augmentait. Pendant qu'on se battait, le pays était détruit. Vous qui êtes là-bas dans le nord, vous savez très bien de quoi je parle. La situation est catastrophique. Nous sommes ici, au sud, nous savons très bien de quoi nous parlons. La situation est catastrophique. Il n'y a pas eu de guerre à Vridi, mais les usines ont fermé. Il n'y a pas eu de guerre à Yopougon, mais les usines dans la zone industrielle ont fermé. C'est un résultat, même s'il est négatif. On l'accepte et on dit ça suffit. On ne le fait plus. Mais il y a un autre résultat qu'ils m'ont demandé de vous signaler pour porter cela au Premier ministre. Il y a le fait que vous soyez ici. C'est parce que nous nous sommes battus, injuriés, entre-tués que nous avons fini par prendre conscience qu'au-delà de nos préoccupations tribales, mesquines, régionales, il y a quelque chose au-dessus qui s'appelle la nation ivoirienne, qui s'appelle la Côte d'Ivoire et qui nous commande tous. Et c'est au nom de la Côte d'Ivoire que, vous et Blé Goudé, vous vous tenez la main ici, que vous faites des accolades à Mme Simone Gbagbo, que vous serrez la main de Mamadou Koulibaly. C'est une prise de conscience de la nation qui est aujourd'hui, le capital, le plus grand, qui nous reste après cette crise. Le mauvais résultat, on le prend, on va le corriger, mais il y a un bon résultat. C'est que nous avons pris conscience que ce pays nous appartient et que nous n'avons pas le droit de le détruire, parce que les générations suivantes arrivent, les générations futures arrivent. Et elles ne devienent pas grandes d'un coup. Ce sont des enfants qui naissent, qui grandissent et puis dans le fil de leur cycle de vie, s'il n'y a que malheur, il n'y a que difficultés, nous finissons par fabriquer des citoyens de mauvais niveau, dégradés qui ne peuvent pas construire un pays. Ils m'ont dit de signaler cela. Il y a résultat : un bon et un mauvais. Ils m'ont demandé de vous suggérer de dire au Premier ministre que dans son discours, il a présenté des objectifs qui sont bons. Il a dit premièrement : l'identification des populations avec ce que cela contient, enrôlement sur les listes électorales. Il a dit deuxièmement : la réunification de la Côte d'Ivoire. Les patriotes ici, disent que c'est bon et que c'est bien.

Troisième objectif : il a dit les élections. Vous venez d'en parler. C'est bon, c'est bien. Mais ceux que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que cette trame ressemble à ce que Seydou Diarra et Banny voulaient faire : identifier, réunifier, aller aux élections. Même si ces objectifs sont bons, il faut cependant remodifier l'ordre de présentation. L'objectif n°1, c'est la réunification de la Côte d'Ivoire, avec son cortège de disparition de la zone de confiance, le désarmement, le redéploiement de l'administration etc. objectif n°2 : pas de problème, identification des populations avec les listes électorales qui suivent. Objectif n°3 : on va aux élections. Les gens que j'ai consultés m'ont dit de vous suggérer que si le Premier ministre, conformément aux actes qui ont été posés dernièrement à Tiébissou et dans la zone de confiance, remettait ces objectifs à l'endroit en commençant par la réunification, il aurait plus de chance de réussir, qu'en restant dans le schéma que Seydou et Banny avaient suivi. C'est un schéma qui conduit souvent à des blocages. Or, personne ne souhaite aujourd'hui que le processus soit bloqué. Vous avez entendu tout le monde crier : " On veut la paix ! On veut la paix ! ". Ils m'ont suggéré de porter la réflexion ici, sur l'idée que le Premier ministre dit dans son discours qu'il faut que nous sortions du fétichisme des dates. Vous avez écouté, beaucoup de gens ont interprété cela comme si le Premier ministre disait : " Vous savez, 10 mois ne vont pas suffire, on va aller plus loin ". Alors que ce n'est pas ce qu'il voulait dire.

Le temps nous est compté. Nous avons 46 ans d'indépendance, nous sommes encore pauvres. Nous avons 13 ans de succession d'Houphouët-Boigny, nous ne sommes pas encore arrivés à régler les problèmes. Nous avons 8 ans après le coup de Robert Guéi, nous sommes encore dans les séquelles. Nous avons 7 ans de pouvoir de Laurent Gbagbo avec toutes les difficultés que nous avons et nous avons 5 ans de crise quand-même aigüe avec un pays balafré. Les gens que j'ai consultés m'ont dit que si le Premier ministre dit de sortir du fétichisme des dates, il faudrait qu'il explique aux Ivoiriens que ça ne signifie pas qu'on va s'attarder, qu'on va piétiner, qu'on va traîner le pas, qu'on ne va pas avancer. Parce que les gens vont interpréter cela comme des astuces politiciennes, comme un jeu pour dribbler, pour feinter, comme du blocage. Or, ce n'est pas du tout cela que nous souhaitons. Si derrière le fétichisme des dates, il veut dire qu'il ne faut pas le bousculer pour avancer, peut-être, mais le Président de la République avance. Vous avez vu comment il avance. C'est la première fois, depuis qu'il est au pouvoir, qu'il permet à un de ses Premiers ministres de présider un Conseil des ministres. Il ne l'a pas fait pour Affi N'Guessan, il ne l'a pas fait pour Seydou, il ne l'a pas fait pour Banny. Il l'a fait pour Soro, sans que Soro ne le demande. C'est un signe que le Président de la République est pressé. Même s'il dit « allons doucement », il donne le rythme, il donne la cadence. La zone de confiance est détruite. Le Premier ministre n'a qu'à serrer ses baskets et suivre le rythme. Qu'il laisse de côté le fétichisme des dates. " Le temps est un autre nom de Dieu ", dit le Président de la République. Il faut déifier ce temps, il faut y croire. On n'en a pas suffisamment. Il faut aller vite. Parce que beaucoup de gens ici se demandent si Soro ne va pas changer encore, si les élections françaises finissent. Il faut leur donner tort. Il faut adopter la cadence et la rythmique du Président de la République et vous verrez que toutes ces forces que vous voyez ici, vont se coaliser pour vous soutenir et avancer. Voilà les messages qui m'ont été donnés pour vous, en tant que porte-parole, pour que vous puissiez les transmettre à vos camarades.

Au-delà de ses messages, je suis venu avec quelques cadeaux pour vous. Il faut que vous les acceptiez et les emportiez. C'est du fond du cœur. Il y a là-dedans, tous les objets que le Président de la République a confectionnés pour sa campagne de la paix, dont la séance d'aujourd'hui fait partie. Il faut aller à la paix maintenant, c'est Gbagbo qui le dit...".


Propos recueillis par Frimo D. Koukou

 

koukoudf@yahoo.fr

mercredi, 02 février 2011

PANEL DE L'UA SUR LA CRISE IVOIRIENNE: LES JEUNES PATRIOTES NE VEULENT PAS DE COMPAORE



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In Le Nouveau Courrier N°194 du 02 Février 2011 par Frank Toti


Le leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, a animé une conférence de presse hier au Baron de Yopougon. Au menu, la composition du Panel de l'Ua censé évaluer la crise post-électorale ivoirienne et proposer des solutions.

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Charles Blé Goudé et l'alliance des jeunes patriotes ont salué l'initiative des chefs d'Etat africains de mettre sur pied un panel pour évaluer la crise post-électorale. Selon lui, la solution militaire préconisée par certains chefs de l'Etat de la Cedeao était une honte pour l'Afrique. Seulement, il se trouve qu'il ya un problème dans la composition du panel. Où figure le président burkinabé aux côtés des présidents sud-africain, tanzanien, mauritanien et tchadien. Le leader des jeunes patriotes a en effet été sans équivoque quant à la présence de Blaise Compaoré dans le panel des cinq chefs d'Etat africains. «Si tant il est vrai qu'on voudrait que la Cedeao soit représentée dans le panel, il n'y a aucun problème. Parce qu'il y a plusieurs pays dans la sous-région. Nous ne comprenons pas la présence de Compaoré dans le panel, il faut donc l'en retirer», a-t-il dit. Car selon lui, le président burkinabé a démontré qu'il n'est pas la solution mais plutôt le problème de la crise ivoirienne. «Pour nous, Blaise Compaoré doit être récusé et nous le récusons. Et il n'est pas le bienvenu en Côte d'Ivoire. Il est un danger pour la sous-région. C'est lui qui a déstabilisé la Sierra-Léone, le Libéria», a fait savoir Blé Goudé. Car, explique-t-il, Compaoré égale à Ouattara, Blaise Compaoré égale à Nicolas Sarkozy. Au dire de leader de la jeunesse patriotique, le président burkinabé a aggravé la crise ivoirienne dans son rôle de médiateur, après avoir offert gîtes et couverts aux rebelles qui ont attaqué la Côte d'Ivoire. Parce que, justifie le «Général», l'ex-facilitateur tire d'importants profits de la crise en Côte d'Ivoire d'une part et apparaît comme un belligérant dans la crise ivoirienne, d'autre part.

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Dans la foulée, Charle Blé Goudé demande au SG de l'Onu Ban Ki Moon et son représentant spécial, Young Jin Choi, d'éviter de biaiser la noble mission des chefs d'Etat africains, avec des déclarations plus que partisanes. A moins qu'ils ne ruent dans les brancards pour éviter que le monde entier ne découvre la vérité sur les élections en Côte d'Ivoire et leurs nombreux mensonges couverts, pour faire plaisir à Nicolas Sarkozy.

Les jeunes patriotes ont invité l'ensemble des Ivoiriens d'accord avec l'évaluation de la situation par le panel de chefs d'Etat, et qui disent non à la présence de Blaise Compaoré dans ce panel, à un grand rassemblement à la Place de la République du Plateau, samedi prochain.


Source: LE NOUVEAU COURRIER

dimanche, 30 janvier 2011

FRAUDE MASSIVE D'ADO A L'ELECTION PRESIDENTIELLE: CAS DU DEPARTEMENT DE FERKESSEDOUGOU

 

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Au premier tour de l'élection, le candidat Alassane Dramane Ouattara a obtenu dans le département de Ferké 71 082 voix soit plus de 87 % des voix avec un taux de participation record de 87.48%.
Au second tour, Monsieur Alassane Dramane Ouattara a réalisé un score extraordinaire de 84 153, soit 13 071 voix supplémentaires au second tour dans le seul département de Ferké.
Comment peut-on expliquer ce score exceptionnel de 13 071 voix supplémentaires dans ce seul département de Ferké ?
A l'analyse des statistiques fournis par la CEI, ce score extraordinaire à Ferké ne peut s'expliquer que par la réalisation simultanée et invraisemblable de plusieurs facteurs ou faits.

Premier fait qui expliquerait ce score inédit : le report total (100%) des voix obtenues par le candidat Bédié en faveur du candidat Alassane Ouattara dans tout le département de Ferké.
Le candidat du PDCI a appelé à voter celui du RDR. De ce fait, l'on pourrait croire que le report des voix de Bédié pourrait expliquer ce score extraordinaire d'Alassane Dramane Ouattara dans le département de Ferké. Mais que non. A l'analyse, Bédié a obtenu uniquement 1731voix au premier tour dans tout le département de Ferké. De ce fait, même un report de 100% des voix de Bédié (ce que l'on sait difficilement réalisable) ne peut expliquer le score d'Alassane Ouattara. Ce report de 100%, même s'il était acquis extraordinairement au profit d'Alassane Dramane Ouattara, laissera un gap de 11 340 voix (13 071 - 1731 = 11 340).

Deuxième fait qui expliquerait ce score irréaliste : le report total (100%) des voix obtenues par tous les autres candidats du premier tour (excepté le candidat Laurent Gbagbo) en faveur du candidat Alassane Dramane Ouattara dans tout le département de Ferké.
L'ensemble des autres candidats ont obtenus en totalité 1 612 voix dans le département de Ferké. Le report de la totalité de ces voix (ce que l'on sait difficilement réalisable) en faveur d'Alassane Dramane Ouattara ne peut non plus expliquer son score record de 13 071 voix supplémentaires dans ce département. Ce report quoiqu' une fois de plus de 100% (1612 voix) laisse toujours un gap de 9 728 voix (11 340 - 1612 = 9 728).

Troisième fait qui expliquerait ce score surréaliste : la réduction de plus de 81% des bulletins nuls à Ferké lors du second tour.

Les bulletins nuls ont été réduits de plus de 81% à Ferké, passant de 3 837 au premier tour à seulement 735 au second tour. Cette extraordinaire réduction de bulletins nuls permet un gain supplémentaire de 3102 voix qui sont tous allés en faveur d'Alassane Dramane Ouattara puisque les voix du candidat Laurent Gbagbo ont baissé au second tour dans tout le département, passant de 3 032 voix au premier tour à 2774 voix au second.
Cette réduction des bulletins nuls quoiqu'en faveur d'Alassane Dramane Ouattara ne peut non plus expliquer le score étonnant d'Alassane Dramane Ouattara de plus de 13 071 voix supplémentaires car en accordant tous ces bulletins nuls au candidat du RDR, il subsiste toujours un énorme gap de 6 626 voix (9 728 - 3102 =6 626).

Quatrième fait qui expliquerait ce score incroyable : des militants ou sympathisants de LMP ont votés Alassane Dramane Ouattara au second tour.
Cette dernière explication est improbable car l'analyse des résultats révèle que les scores obtenus par le candidat de la LMP au second tour sont légèrement supérieurs à ceux du premier tour, excepté les résultats du département de Ferké où le candidat de la LMP a perdu 258 voix au profit d'Alassane Dramane Ouattara.
Ces faits, pris individuellement ne peuvent expliquer le score obtenu par Alassane Dramane Ouattara à Ferké.
Bien plus, c'est fait mis ensemble n'expliquent pas non plus le score incroyable d'Alassane Dramane Ouattara à Ferké. Car bien que :
- la totalité des voix de Bédié au premier tour (1731) aient été octroyées à Alassane Dramane Ouattara ;
- la totalité des voix de tous les autres candidats du premier tour (1 612) aient été octroyées à Alassane Dramane Ouattara ;
- les bulletins nuls du second tour on été réduits extraordinairement de plus de 81%, comparativement au premier tour, octroyant par la même occasion un gain de 3102 voix à Alassane Dramane Ouattara au second tour ;
- le candidat de LMP ait perdu 258 voix, toutes au profit d'Alassane Dramane Ouattara,
le score supplémentaire de 13 071 voix obtenus par Alassane Dramane Ouattara à Ferké est nettement supérieur de 6 368 voix au cumul de l'ensemble des voix cités plus haut (1731+1 612+3102+ 258 = 6 703 ; 13 071 - 6 703 = 6 368).

Ce score d'Alassane Dramane Ouattara au second tour à Ferké ne peut s'expliquer que si en plus d'avoir obtenu de manière incroyable l'ensemble des voix citées plus haut, Alassane Dramane Ouattara a obtenu également d'autres voix exceptionnelles. C'est ce qui a été fait pour justifier la fraude au nord. Ces voix supplémentaires frauduleuses ne pouvaient être obtenus qu'en gonflant de manière frauduleuse le nombre de votants. C'est ce qui a été fait en falsifiant le taux de participation dans tout le nord et plus particulièrement à Ferké. Taux déjà très élevé au premier tour (87.48 %) et qui a été extraordinairement porté à 95.03 % pour justifier la fraude. Ce taux donne un bonus de plus de 8%.Ce qui voudrait dire que plus de 6000 personnes, issus du département de Ferké (chiffre correspondant au bourrage des urnes de plus de 6 300 voix supplémentaires) , quoique favorables au candidat Alassane Dramane Ouattara (puisque ces personnes ont toutes voté pour Alassane Ouattara au 2ème tour) ne sont pas sortis au premier tour pour voter leur candidat. Ce qui pour notre part est invraisemblable dans le contexte actuel de l'élection présidentielle en côte d'ivoire.

Ce sont les mêmes observations qui découlent de l'analyse des résultats du département de Korhogo avec 28 244 voix supplémentaires au second tour, octroyées au candidat Alassane Dramane Ouattara et qui ne peuvent être justifiées ni par le report de la totalité des voix du candidat Bédié (9116), ni par le report de la totalité des voix de tous les autres candidats du premier tour (4 251), ni même par la réduction drastique des bulletins nuls de 79% permettant d'obtenir 8 693 voix supplémentaires en faveur du candidat Alassane Dramane Ouattara. Là aussi, ses partisans, en plus de toutes ces voix, ont porté frauduleusement le taux de participation à 87.26 % permettant le bourrage des urnes de plus de 7000 voix supplémentaires .Comme nous l'avions indiqué plu haut, cela signifierait que plus de 7000 personnes, inscrites dans le département de Korhogo, quoique favorables à Alassane Dramane Ouattara ne sont pas sortis au premier tour pour voter leur candidat.

L'analyse est quasiment la même pour le département de Boundiali où le candidat du RDR a obtenu 8 302 supplémentaires au second tour en usant de la fraude par le bourrage des urnes.

En conclusion, il convient de noter que pour assurer la victoire de leur candidat, les partisans de Monsieur Alassane Dramane Ouattara, prétextant d'un taux exceptionnel de participation notamment dans leur zone, ont procédé à des bourrages d'urnes. Pour ce faire, ils ont usé de violence, d'intimidation et de séquestration afin d'atteindre leur objectif sans en être empêchés ou gênés. C'est la seule explication plausible permettant de comprendre les scores inexplicables réalisés en zone CNO par le candidat du RDR lors du second tour de l'élection présidentielle. A ce propos, il est édifiant de noter que les observateurs ont souligné des cas graves de violences dans le nord avec séquestration. Deux observateurs de l'Union Africaine, séquestrés par les rebelles, ont eu la vie sauve grâce à l'Opération des Nations Unie en Côte d'Ivoire (ONUCI). Aussi, il convient de noter qu'alors que tous les observateurs annonçaient un taux de participation autour de 70% au second tour, le taux du second tour annoncé par Monsieur Youssouf  Bakayoko (80.19%) n'est pas loin de celui du premier tour (83.73%) avec des records jamais égalés dans les zones CNO. L'exemple de Ferké qui a fait l'objet de notre analyse l'illustre bien avec un taux de participation record de 95,03% au second tour.

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Pour finir, je vous présente (ci-contre) le Procès-Verbal des résultats de la région du Bandama où les partisans d'Alassane Dramane Ouattara n'ont pas réussi à camoufler le tripatouillage des résultats (certainement qu'ils l'on réussi dans d'autres localités). Ils ont fait des erreurs énormes et incompréhensibles qui ne sont pas passées inaperçues à la commission centrale, à Abidjan.


Une correspondance particulière

samedi, 29 janvier 2011

EPITRE A SON EXCELLENCE MONSIEUR LAURENT GBAGBO, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE DE CI

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Excellence, Monsieur le Président,


Je m'adresse à vous, par cette lettre ouverte offerte, comme qui dirait, à la curiosité du public, pour attirer votre bienveillante attention sur les faits ci-après. Je vous remercie par avance de me lire, avec attention, jusqu'au bout.

Excellence, comme vous le savez, depuis le 28 novembre dernier, nombre de nos compatriotes, dont des chefs de famille, des personnalités politiques, des cadres, des travailleurs compétents et autres, adultes ou jeunes,  séjournent, contre leur volonté, depuis plus de 2 mois, à l'hôtel du Golfe. Selon des sources bien informées, ils sont entièrement dépendants de leurs ravisseurs. Leur existence est liée, directement et inexorablement, à ceux-ci, y compris pour chaque geste de la vie quotidienne : impossible de parler, de manger, de boire, de bouger, de satisfaire leurs besoins naturels sans autorisation préalable. Il s'agit ici d'une régression au stade infantile. Ainsi donc, pris par violence, ou par ruse, ou par surprise, ces compatriotes, privés de leur propre liberté, sont pris en otage.

Et, comme dans toute prise d'otage, ces compatriotes constituent, pour leurs ravisseurs, la garantie pour  obtenir la satisfaction de leur revendication, du moins l'exécution de leur plan satanique de prise de pouvoir sans avoir acquis la victoire par la voie des urnes.

En effet, ces ravisseurs tiennent en laisse nos compatriotes et les utilisent comme moyen de pression vis-à-vis de l'opinion internationale, en vue d'astreindre et vous et le peuple ivoirien à céder à leur exigence. Par ailleurs, c'est aux fins d'éviter d'être attaqués ou bombardés, autrement dit, c'est pour se mettre à l'abri, que ces ravisseurs maintiennent, comme des boucliers humains, nos compatriotes à l'hôtel du Golfe.

Le choix du Golf Hôtel n'est pas gratuit.

Dans toute prise d'otage, le choix du lieu et des victimes n'est jamais gratuit. En général, les preneurs d'otages choisissent des lieux jugés stratégiques et des personnes sensibles. Par exemple, la prise d'otages du 13 décembre 2010 à Besançon, en France, a eu lieu dans une école maternelle. Le choix de l'établissement n'est pas dû au hasard : le preneur d'otage était lui-même issu de ce quartier de la Planoise, au sud-ouest de Besançon, dont il avait fréquenté le collège et il s'en était pris à des enfants âgés de moins de 6 ans. La prise d'otages de Manille (Philippines) en août 2010 eut lieu dans un autobus transportant un groupe de touristes venus de Hong Kong. La prise d'otages de Moscou (850 personnes), perpétré en octobre 2002, par une cinquantaine de rebelles tchétchènes eut lieu au théâtre de la Doubrovka de Moscou, pendant la comédie musicale Nord-Ost, destinée à la jeunesse. La prise d'otages du 20 novembre 1979 par des fondamentalistes islamistes et opposants à la famille royale saoudienne, eut lieu à la grande mosquée Al-Masjid al-Haram, à La Mecque (Arabie saoudite), etc.

Dans le même ordre d'idées, le choix du Golf Hôtel n'est pas gratuit. Jadis surnommé « l'oasis dans la ville », le Golf Hôtel d'Abidjan, 5 étoiles, situé dans le quartier résidentiel de la Riviera, à une demi-heure de l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny et à 10 minutes du centre ville, est bâti sur un des plus beaux et reposants sites d'Abidjan. Il domine la lagune Ebrié et offre 306 chambres de luxe climatisées dont  11 suites et 3 appartements agréablement décorées, avec une vue sur la baie de Cocody ; ce qui ajoute un plus à son charme magique. Cet hôtel est devenu une forteresse jalousement gardée par les forces onusiennes et les rebelles. Ceux-ci, les rebelles, en ont fait, depuis 2002, leur quartier général. Tout le monde le sait et c'est, en connaissance de cause, que le président du RDR a déménagé de sa villa cossue, pourtant située à une centaine de mètres seulement de cet hôtel, pour y installer son Quartier Général, assuré d'être désormais sous la bonne garde des Casques bleus de l'ONU et des rebelles, assuré de consolider  son prestige, assuré de rendre intouchable, inaccessible, inattaquable.

Excellence, c'est fort de cette « barricade », qu'il peut tenir des discours enflammés, brandir des menaces et des sanctions, lancer des mots d'ordre guerriers et des appels à la désobéissance, sans être pour le moins inquiété, et sans que nos compatriotes qui s'y trouvent, dans les conditions précaires au goût carcéral, ne puissent en sortir, malgré votre appel et en dépit des cris de détresse de leurs parents et amis.

Pourquoi Bédié et les autres ne peuvent sortir d'eux-mêmes du Golf Hôtel ?

Excellence, la réponse est toute simple. En général, les otages disposent de peu ou pas de moyens, ni de manœuvre pour fuir ou pour s'échapper. Et même, la fuite, lorsqu'elle s'avère possible n'est que rarement tentée, parce que la plupart des otages restent inhibés par la peur d'être éliminés, par le doute, et de surcroît, par la fascination pour leur situation dont ils désirent intensément connaître l'évolution ou dont ils espèrent ardemment une issue heureuse. Et puis, les otages sont parfois aussi coincés par la honte publique (ce que Pierre Amédée appelle le « Zéguiré zo »), tentés de se protéger des sanctions possibles à leur sortie (exécutions, exclusion, etc.), eu égard à leurs propres antécédents.

Par ailleurs, au cours de leur captivité, certains prisonniers développent ce qu'on appelle le « syndrome de Stockholm ». C'est le phénomène psychique qui, curieusement, incite des individus pris en otage à manifester une certaine sympathie vis-à-vis de leurs ravisseurs. Ce syndrome, décrit en 1978 par le psychiatre américain F. Ochberg auquel on doit cette dénomination, porte le nom de la capitale suédoise, parce qu'il a été observé pour la première fois, en août 1973, dans cette ville, chez plusieurs employés de banque du Crédit suédois. Bien qu'ils aient été, malgré eux, les victimes d'un hold-up manqué, ces employés avaient défendu leurs agresseurs qui les avaient pris en otage des heures durant ; et même, certains ont témoigné en leur faveur, lors du procès qui a suivi l'arrestation de ces preneurs d'otages. Qui plus est, une employée du Crédit suédois est allée même, par la suite, jusqu'à devenir la femme d'un des attaquants de la banque. Comme on le voit, le syndrome de Stockholm peut parfois être d'intensité si forte qu'il conduit certaines victimes à épouser la cause des ravisseurs ou des terroristes ou à participer à leurs actions, comme l'atteste la déclaration de M. Henri Konan Bédié du 21 décembre dernier. Il est même arrivé que le meurtre d'otages ou de policiers n'ait pas pu remettre en cause ce puissant courant d'empathie ou de sympathie. Ce fut, par exemple, le cas de Patricia Hearst, qui n'avait pas hésité à attaquer une banque avec ses anciens agresseurs devenus complices. Ce fut aussi le cas de certains passagers qui avaient également développé des sentiments positifs envers leurs ravisseurs, en décembre 1999, pendant le détournement de l'avion indien, qui avait connu de multiples escales imprévues entre New Delhi, Lahore et Dubaï...

C'est aujourd'hui le cas de nos compatriotes, pris en otages au Golf Hôtel qui, par honnêteté par rapport à leur propre inconscience, proclament, haut et fort, M. Ouattara vainqueur des élections, alors même qu'ils connaissent fort bien les subterfuges et les faux dont celui-ci a fait usage et qui, conséquemment, refuse le recomptage des bulletins de votes et la vérification des Procès-verbaux du scrutin du 28 novembre dernier.

Les preneurs d'otages

Excellence, en général, les preneurs d'otages sont des forcenés, c'est-à-dire des individus qui présentent des troubles de la personnalité et qui se comportent, d'abord et avant tout,  comme des hors-la-loi, en un mot des bandits. Rappelons, entre autres exemples, que le preneur d'otages de Besançon était un dépressif, qui « n'avait pas pris son traitement ». Quant au preneur d'otages philippin, Roland Mendoza, c'était un ancien policier honoré en 1986 comme un des dix meilleurs officiers du pays, mais qui avait été renvoyé en 2008 de la police, étant accusé de vol, d'extorsion et d'infractions liées à la drogue...

Les troubles psychologiques, souvent importants, dont les preneurs d'otages souffrent ont un rapport direct avec leurs origines, leurs identités, leurs frustrations, leurs enfances, leurs déficits sociaux, sexuels et sanitaires au plan physique et psychologique, et autres ; c'est cela qui les amène, bien souvent, à prendre leurs rêves pour la réalité et à embarquer, dans leurs aventures suicidaires, des personnes innocentes et fragiles.

Ces troubles, qu'on nomme, en psychologie, paranoïa, appartiennent au groupe des psychoses et se caractérisent, entre autres, par un délire systématisé. Ces troubles n'affaiblissent généralement pas les capacités intellectuelles. Mais, ils donnent à l'orgueil une dimension si démesurée qu'on aboutit à une surestimation de soi-même. On parle alors d'« hypertrophie du moi », laquelle est mêlée de susceptibilité, d'angoisses de persécution, de jugement faux, de mensonges, de raisonnement apparemment logique mais reposant sur des postulats faux et parfois grossiers, de relents d'agressivité, de désir permanent de vengeance, etc.

Dans ce sens, une analyse psychocritique (méthode d'analyse inspirée par la psychanalyse et illustrée par Charles Mauron, à partir des thèses de Roger Fry) des discours et déclarations des occupants du Golf Hôtel, permet de relever des faits et des relations issus de leurs personnalités inconscientes, du moins de découvrir leurs motivations psychologiques inconscientes, ainsi que de comprendre les fondements ou les mobiles de l'obsession du pouvoir et des références permanentes à la violence, au mensonge, à la communauté internationale, etc.

Fins de prise d'otages

Excellence, dans la plupart des cas de prise d'otages, même les plus graves, comme ici, ce n'est pas la police qui intervient, mais une unité spécialisée de la police ou de l'armée. Cela permet, du fait que cette structure possède des techniques de pointe et des instruments appropriés, d'aboutir à des dénouements moins malheureux. Aux États-Unis, c'est le FBI ou le SWAT qui intervient dans la majorité des cas. En Russie, c'est généralement le FSB qui intervient. En France, c'est un Groupe d'intervention de la police nationale dit GIGN qui intervient, etc.

En effet, en France, à la prise d'otages du 13 décembre 2010 à Besançon, c'est le GIGN qui avait pu finalement intervenir,  et le preneur d'otages avait, avec un tir de taser, été neutralisé, sans incident majeur. L'intervention du GIGN avait permis un dénouement heureux : les vingt enfants avaient été récupérés sains et saufs. Le forcené avait, lui, été interpellé, selon le ministre de l'Education, M. Luc Chatel, qui se trouvait sur place.

On se rappelle que, à l'issue de la prise d'otage, le gouvernement s'était félicité de cette heureuse fin. L'Elysée et la place Beauvau avaient aussitôt réagi. Le président Nicolas Sarkozy s'est réjoui, dans un communiqué officiel, de « l'heureux dénouement de la prise d'otage" et avait félicité les autorités « qui sont intervenues dans cette opération avec sang-froid, professionnalisme et détermination ». Le ministre de l'Intérieur, M. Brice Hortefeux, avait applaudi de la même façon et avait souligné, dans un communiqué, que « cette intervention, extrêmement professionnelle, démontre, une nouvelle fois, la remarquable efficacité des forces de sécurité pour désamorcer une situation aussi délicate et éviter, avant tout, que l'irréparable ne soit commis ».

Libérer et prendre en charge les otages du Golf Hôtel

Excellence, connaissant votre humanisme et votre bonne volonté, je vous interpelle de vive voix : entendez les pleurs et les cris de cœur des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants privés des leurs, et qui s'affalent, chaque jour un peu plus, au cachot du désespoir et de la consternation. Allez, s'il vous plaît, au-delà de la main tendue. Libérez nos compatriotes. Redonnez-leur vie et dignité. Et, qu'une prise en charge psychologique soit, quoi qu'il en soit, effectuée après leur libération, afin d'éviter un stress post-traumatique et en vue de tuer en eux les vilains sentiments. Cette aide psychologique leur permettra également de revenir dans la république et de reprendre plus facilement contact avec la nouvelle réalité qui les entoure. Je vous en remercie par avance.

Veuillez agréer, Excellence, Monsieur le Président, l'expression de ma très haute considération.


Londres, le 29 janvier 2011

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Léandre Sahiri

(Docteur ès Lettres. Professeur. Politologue. Ecrivain. Auteur, entre autres,  de : « Le Code noir de Louis XIV », « La victoire par la voie des urnes », « Lettre ouverte aux Noirs qui ne lisent pas »...). Directeur de Publication du journal libre et indépendant Le Filament.

mercredi, 26 janvier 2011

METTRE UN COUP D'ARRET URGENT A L'HECATOMBE OUEST-AFRICAINE QUI SE PREPARE EN COTE D'IVOIRE



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En lisant ce titre, un coup de froid pourrait presque parcourir la colonne vertébrale de toute personne en peine pour le peuple ivoirien et de quiconque redoute des lendemains difficiles, incontrôlés et incontrôlables à la crise postélectorale que vit la Côte d'Ivoire. En effet, depuis quelques semaines, la communauté occidentale pilotée par les Etats-Unis et la France pompeusement appelés « communauté internationale » pour les besoins de la cause, fait macérer la Côte d'Ivoire dans la psychose d'une opération militaire pour, dit-on, « exfiltrer » quasi « pacifiquement » le président élu Laurent GBAGBO et installer douillettement à sa place son adversaire, Alassane Dramane OUATTARA, qui a perdu l'élection présidentielle et qui est allergique à la recherche de la vérité pour dénouer ce blocage politique que connaît notre pays.

Cette option peut séduire les va-t-en-guerres qui ne connaissent pas les Ivoiriens et leur détermination à défendre, par vagues de milliers de milliers, leur dignité et la souveraineté de leur pays. En plus, Laurent GBAGBO, loin d'être un orphelin dans son pays - bien au contraire ! - est entourée d'une armée loyaliste, aguerrie par huit années de crise armée, prête à en découdre jusqu'à la dernière goutte de sang. Est-ce devant ce peuple et cette armée-là qu'on veut venir ôter Laurent GBAGBO et espérer gouverner la Côte d'Ivoire dans la quiétude ? Que nul ne se prenne à rêver d'une manière aussi démente. Ce scénario échafaudé d'une façon totalement déraisonnable par un Alassane OUATTARA épuisé et en perte de vitesse qui appelle la « communauté internationale » à attaquer son propre (?) pays, aiguillé en cela par un Nicolas SARKOZY en plein délire, pris en flagrant délit de mensonge éhonté lors de la troisième conférence de presse de son obscure mandat à la tête de l'Etat français, est un scénario de l'apocalypse. Que le monde entier le sache.

Même d'un point de vue africain, la Côte d'Ivoire n'est pas orpheline : des pays comme l'Angola, le Ghana, le Cap Vert et l'Afrique du Sud, et bien d'autres plus discrets, ont compris le vrai enjeu de la crise postélectorale ivoirienne et réclament le réexamen des documents électoraux pour une sortie de crise pacifique. Les ennemis de la Côte d'Ivoire n'en ont cure. Mais honnêtement, pensent-ils que ces pays amis laisseront dépecer la Côte d'Ivoire sans un pépiement, sans broncher ? Rien n'est moins sûr. Il se trouve même que de nombreux volontaires africains sont prêts à venir faire la guerre sur les bords de la lagune Ebrié, au nom de l'honneur, de la dignité, de la liberté et de la souveraineté de l'Afrique. Il suffit simplement de leur faire appel ou d'ouvrir une liste et nous aurons bien vite fait de refuser du monde. Que le monde le sache : il n'y aura pas de guerre propre en Côte d'Ivoire. C'est un leurre dont la France berce toute la terre.

Nicolas SARKOZY attaquera les Ivoiriens et il y perdra la face. Les armées qui enverront leurs soldats se faire canarder en Eburnie n'auront aucune reconnaissance de sa part et ces derniers et leurs familles, aucune indemnité ou indemnisation. Parce que la France sortira exsangue et humiliée de ce conflit, elle mordra la poussière devant un peuple digne et déterminé à se faire respecter. Leur déconvenue sera telle que de violentes crises ou des levées de boucliers insurrectionnelles succèderont à leur expédition ivoirienne sur leurs propres territoires. C'est certainement la raison pour laquelle le Nigéria demande une résolution onusienne avant de partir en guerre contre la Côte d'Ivoire. Histoire de sauver la face, se donner bonne conscience et d'avoir une couverture sociale pour les familles de leurs futurs morts.

Pour faire un appendice au grossier et grotesque mensonge de Nicolas SARKOZY à sa conférence de presse d'avant-hier, lundi 24 janvier, en tant que nouveau président du G20-G8 pour l'année 2011, relevons que sur le dossier tunisien, le fils de Nagy-Bocsa a crânement affirmé (pince sans rire), que la puissance coloniale (la France, prise à défaut) n'a pas à s'immiscer dans les affaires intérieures de son ex-colonie. On en tomberait presqu'à la renverse tant le propos est incroyable, surréaliste, abracadabrantesque, provenant de cet affidé des sciences françafricaines les plus rétrogrades. Tunisie-Côte d'Ivoire, deux poids deux mesures, pourrait-on dire ! Or donc, il ne faut pas s'ingérer dans les affaires internes de son ex-colonie !? En Côte d'Ivoire, on ne s'embarrasse pourtant d'aucune éthique ou élégance diplomatique pour clouer le pays d'Houphouët-Boigny au pilori, menacer vertement le président démocratiquement élu d'un pays souverain de traduction devant le TPI et lui lancer un ultimatum totalement insolite. La mauvaise foi dans cette crise ivoirienne est absolument sidérante !

Mais au-delà de cet aspect moral des choses, ce que l'on ignore et surtout ce que feint d'ignorer cette nébuleuse mafieuse prétendument adoubée « communauté internationale » ou ce qu'elle refuse de prendre en compte dans ce crescendo apologétique de la violence appelée de tous ses vœux par le candidat Alassane OUATTARA (et ses aficionados), c'est qu'il n'y a pas que des Ivoiriens en Côte d'Ivoire. La Côte d'Ivoire, en tant que nation hospitalière, compte officiellement en son sein une incroyable population de plus de 30% d'étrangers mais officieusement, tous s'accordent en Côte d'Ivoire pour reconsidérer ce taux à la hausse, soit un peu plus de 40% de non nationaux. Le pays de la sous-région ouest-africaine qui vient après la Côte d'Ivoire dans ce classement, est le Sénégal, avec... moins de 5% d'étrangers (et là nous sommes extrêmement généreux !). En France, chez les donneurs de leçons universels, un taux de seulement 1,5% d'étrangers sème la panique parmi les hommes politiques et les spécialistes de la prospective, de la planification et des statistiques. Une telle fièvre ne s'est pas encore emparée du peuple digne, fier et hospitalier de Côte d'Ivoire. Et ce n'est pas le droit d'en être saisis qui nous en serait dénié.

La Côte d'Ivoire compte en son sein, sur une population d'environs 20 millions d'habitants, au moins 3 millions de burkinabé, 2 millions de maliens, 1 million de sénégalais, 1 million de guinéens, ½ million de nigérians, ½ million de ghanéens et de libériens, et des milliers de citoyens du reste de l'Afrique et du monde intégrés, prospères et vivant dans une paix totale, parmi lesquels 16.000 français. Comme nous pouvons le voir, la Côte d'Ivoire est une terre d'accueil (et même d'asile, de refuge) et aucun pays sur la planète ne peut s'en prévaloir, dans la même proportion. Plus singulièrement, elle représente le complet microcosme de toute la CEDEAO.

Alors, que des chefs d'Etats africains, véritables suppôts et potentats au service de l'Occident, en mal de pub et de légitimité, adeptes obscures d'une philosophie aplaventriste totalement rétrograde et anachronique dans un monde en pleine mutation du point de vue des libertés, réunis dans une incontestable association de malfaiteurs, se préparent à attaquer un pays frère abritant des milliers voire des millions de leurs concitoyens, cela relève des énigmes de l'histoire, du mystère fonctionnel du complexe cerveau humain et, plus simplement, du suicide collectif.

Ces hommes pensent-ils un seul instant pouvoir « exfiltrer sans effusion de sang », comme ils disent, le président Laurent GBAGBO et lui arracher ainsi le pouvoir au profit de leur filleul, Alassane OUATTARA ? Se posent-ils seulement la question de savoir comment le candidat du RHDP gouverne-t-il ensuite une Côte d'Ivoire en ébullition, une Côte d'Ivoire désormais irréversiblement entrée en irruption ? A la vérité, ils ont pris toutes les dispositions pour une guerre totale en Côte d'Ivoire, à défaut d'effrayer Laurent GBAGBO pour qu'il se sauve la queue entre les jambes et parte en exil, à défaut de parvenir à museler la RTI ou asphyxier économiquement les Ivoiriens pour qu'ils capitulent. Une guerre pour faire des millions de morts. Les pays occidentaux ne sont-ils pas en train de mettre leurs ressortissants à l'abri en leur demandant de quitter immédiatement la Côte d'Ivoire ? Nous aurons certainement, ici, un scénario pire que le Rwanda et le Libéria réunis. Ce discours faussement pacifiste n'est, en fait, tenu que pour donner le change à une opinion publique internationale qui commence à comprendre et qui est de moins en moins encline à accepter une explosion de violence, une expédition massacreuse, dans le Golfe de Guinée. Car le vent est désormais en train de tourner et ils veulent faire vite, avant d'être eux-mêmes mis au ban des nations et épinglés à leur tour.

Mais savent-ils au moins que si les Ivoiriens se retrouvent dos au mur et contraints de faire la guerre dans un baroud d'honneur, leurs ressortissants n'échapperont pas à une inévitable vendetta générale et que même leurs territoires ne seront pas épargnés par des bombardements ivoiriens ? En clair, c'est toute la sous-région ouest-africaine qui va flamber à grand feu. Le savent-ils ?, continuons-nous à nous interroger avec angoisse. Pas pour la Côte d'Ivoire. Mais pour la sous-région et l'Afrique entières ! Et comment comptent-ils rétablir la cohabitation, la cohésion sociale, économique, sécuritaire et politique qui sera ainsi effroyablement mise à mal sur tout le continent après cette sortie hasardeuse aux conséquences apocalyptiques ?

Les conclusions du 16ème sommet de l'Union Africaine qui se tient du 24 au 31 janvier 2011, à Addis-Abeba en Ethiopie - auquel l'énigmatique et hyper président français Nicolas SARKOZY veut s'arroger le droit de participer - nous le dirons. Il faut espérer que le bon sens l'emporte sur la logique du pire en pleine expansion et sur la folie meurtrière incontrôlée en préparation. Au surplus, les Africains ont lancé une pétition contre cette participation provocatrice et altière du fils de Nagy-Bocsa à ce qu'ils considèrent comme leur chasse gardée et l'expression de leur souveraineté, leurs chefs d'Etats aux ordres dussent-ils y prendre des décisions retorses contre le pays frère de Côte d'Ivoire. La sagesse et l'intelligence triompheront-elles ? Attendons de voir.

 

Que DIEU bénisse la Côte d'Ivoire !



DINDE Fernand AGBO

mercredi, 19 janvier 2011

NOUVEL APPEL A LA GREVE GENERALE DE L'ANCIEN PREMIER MINISTRE OUATTARA


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Abidjan, le mardi 18 janvier 2011. Comme d'habitude, Alassane Dramane Ouattara a lancé un appel à la grève générale à compter de ce jour... et comme d'habitude, celui-ci a été superbement ignoré par les populations ivoiriennes. Mais où sont donc passés ses 54% d'électeurs ???

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A ce rythme, même les bébés qui naissent ces jours-ci seront sanctionnés !

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Mahalia Nteby


Source: Le Blog de Mahalia Nteby